Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

forum privé
 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 ETATS LATINS D'ORIENT

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: ETATS LATINS D'ORIENT   Lun 22 Fév - 14:35











Les États « latins » (ou « francs »)d’Orient sont les fiefs que plusieurs chefs croisés se découpèrent au Levant.


Quatre États furent créés dans la foulée de la première croisade :

• le comté d’Édesse, de 1098 à 1146 ;
• la principauté d’Antioche, de 1098 à1268
• le comté de Tripoli, de 1102 à 1288 ;
• le royaume de Jérusalem, de 1099 à1291.


Près d’un siècle plus tard, Richard Cœur de Lion conquit l’île de Chypre sur un seigneur byzantin et donna l’île à Guy de Lusignan qui y fonda une monarchie :

• le royaume de Chypre de 1192 à 1489.


Lors de la prise de Constantinople, au cours de la quatrième croisade, plusieurs États furent également fondés dans l’Empire byzantin :

• l’empire latin de Constantinople de 1204 à 1261  ;
• le royaume de Thessalonique, de 1205 à 1222  ;
• la principauté d’Achaïe, de 1205 à 1428  ;
• le duché d’Athènes, de 1205 à 1458  ;
• le duché de Naxos, de 1210 à 1566.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 13:22, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 19:50





Le comté d'Édesse est l’un des premiers États latins d’Orient, le plus avancé dans le monde islamique. C’est aussi le premier à être reconquis par les musulmans, une cinquantaine d’années après sa création.






Initialement limité aux environs d’Édesse, le Comté d'Édesse a connu une expansion telle que ses comtes sont parvenus à contrôler des territoires de part et d’autre du cours supérieur de l’Euphrate, des régions de Mélitène (Malatya), de la Commagène(autour de Samosate et de Marach), du Chabakhtan (autour de Turbessel) et de l’Osrohène (autour d'Édesse). Sa capitale était Édesse et ses principales villes Turbessel, Revendel, Aintab(Gaziantep), Dülük (Doliché près de Gaziantep),Marach (Kahramanmaraş), Bira (Birecik), Tell-Muzen, Gargar et Malatya.

Le comté d’Édesse est bordé au nord par le sultanat de Roum et lesDanichmendides, à l’est par la région de Diyarbakır, au sud par l’émirat de Mossoul, la Djazirah et l’émirat d’Alep et à l’ouest par la principauté d’Antioche et la Cilicie arménienne.



Localisation du comté d’Édesse







Aux alentours de l’an 1000, la région est peuplée de syriaques de religion chrétienne. Au cours du XIe siècle, la dépossession des princes d’Arménie de leurs principautés en échange de domaines dans l’empire byzantin, puis la pression seldjoukide sur l’Arménie, incitent la population à quitter la Grande Arménie et à s’installer en Cilicie. Une importante communauté arménienne s’installe à Édesse. Pendant la période de domination de Philaretos Brakhamios, un certain nombre de nobles arméniens prennent possessions de places fortes dans la partie ouest du futur comté d’Édesse comme à Bira ou Malatya. L’élément latin de la population est resté marginal, même si elle compose la plus grande partie des dirigeants du comté.
Du point de vue religieux, trois patriarches coexistent à Édesse durant la période comtale, le plus souvent en bonne entente les uns avec les autres: le latin, le syriaque et l’arménien.











Le comté d’Édesse n’est pas une création de la première croisade. En 1050, la ville était byzantine, puis un Arménien Philaretos Brakhamios s’en empara en 1077. Il était alors à la tête d’une principauté qui s’étendait d’Antioche à Édesse. Sa puissance et sa situation géographique gênaient les Turcs seldjoukides, qui lui prirent rapidement la majeure partie de ses terres, ne lui laissant que les alentours de Marach. Édesse est prise en 1087 par les Seldjoukides, après une campagne qui débuta en 1086, et le sultan seldjoukide Malik Shah Ier confie la ville à l’émir turc Buzan († 1094). À la mort de Malik Shah (1092), son frère Tutuş tente d’attaquer ses neveux pour s’emparer du sultanat, et oblige Buzan et Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d’Alep, à l’accompagner dans son expédition, mais, au moment de la bataille décisive, les deux gouverneurs abandonnent Tutuş. Ce dernier est alors obligé de faire retraite, mais attaque Alep en représailles et tue en 1094 Aq-Sonqor, ainsi que Buzan venu le secourir.

En 1095, un ancien lieutenant de Philaretos, Thoros, élimine la garnison seldjoukide de la citadelle d’Édesse et se rend maître de la ville. Il résiste aux attaques seldjoukides, mais, devant la pression sans cesse croissante doit demander de l’aide aux Croisés qui viennent de mettre le siège devant Antioche (1098). Baudouin de Boulogne, le frère de Godefroy de Bouillon répond à l’appel et vient avec quelques chevaliers, et prend possession en route des cités de Turbessel et de Ravendel, dont les populations arméniennes se sont soulevées contre les Turcs à leur approche. Il s’impose petit à petit dans le gouvernement de la ville, menaçant d'abandonner la ville et rejoindre les Croisés pour obliger Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouve peu après la mort au cours d’une émeute (9 mars 1098), peut-être avec la complicité de Baudouin qui devint alors comte d’Édesse.







À son avènement, le comté d’Édesse se réduit à la ville et à ses alentours, ainsi que des cités de Turbessel et de Ravendel. Les Ortoqides tiennent les environs de Saruj et de Mardin, les Danichmendides dominent le nord jusqu'à Samosate et les Byzantins tiennent la région de Marach, au bord de la Cilicie, qui leur a été remise par les Francs en 1097. Quelques cités, comme Bira et Malatya, sont tenues par des chefs arméniens.

Les deux premiers objectifs de Baudouin Ier sont de se concilier la population arménienne, afin qu’elle sache que leur protection est toujours assurée malgré la prise de pouvoir, et d’augmenter le territoire du comté. Pour le premier objectif, il épouse une noble arménienne, stratégie qui est reprise par la suite par ses deux successeurs. Pour le second, il commence par occuper le territoire situé entre Édesse et l’Euphrate, en prenant Saruj à Balak l’Orthoqide et Samosate au turc Ibn-Ghazi Balduk, probablement un cadet danishmendide6. Puis Baudouin de Boulogne apprend la mort de son frère Godefroy de Bouillon, confie le comté à son cousin Baudouin du Bourg et se rend à Jérusalem pour y être couronné roi.







Baudouin II continue la politique de son prédécesseur. Il noue une alliance avec Gavril, seigneur de Malatya, qui a besoin de sa protection face aux Danishmendides, et épouse sa fille Morfia.

Les Byzantins possesseurs de Marach depuis 1097, y avaient nommé un gouverneur arménien, Thatoul, mais les Francs guignaient cette place. C’est d’abord Bohémond de Tarente, prince d’Antioche qui tente de prendre la place en 1100 avant d’être appelé au secours de Malatya et capturé par les Turcs. Puis Josselin de Courtenay, seigneur de Turbessel, s’empare en 1104 de la ville qui devient un fief du comté.

La même année, les Francs d’Antioche et d’Édesse organisent une opération concertée contre Harran, dans le but d’ouvrir la route qui permettrait de prendre Mossoul, puis Bagdad. Mais des querelles entre les chefs francs retardent l’opération et permettent aux chefs musulmans d’organiser la défense de la ville, puis l’arrivée d’une armée de secours qui défait les Francs le 7 mai 1104. Baudouin II et Josselin de Courtenay sont capturés, Tancrède assure la défense d’Édesse assiégée tandis que Bohémond de Tarente se rend en grande hâte pour chercher une armée de secours. Pendant la captivité de Baudouin II, le comté est administré par Tancrède qui, devant également assurer la régence de la principauté d’Antioche, le confie à Richard de Salerne, qui en profite pour rançonner les habitants d’Édesse.

Baudouin II et Josselin de Courtenay sont libérés en 1108, et reviennent à Édesse dont ils reprennent le contrôle, mais les exactions de Tancrède et de Roger de Salerne, pendant leur captivité, ainsi que le peu d’empressement à négocier leur libération, qui a fini par aboutir sans leur aide, suscitent leur colère, et ils se trouvent contre la principauté d’Antioche. Allié à Jâwali Saqâwâ, atabeg de Mossoul, il envahit la principauté d’Antioche, mais est repoussé par Tancrède, allié à Ridwansultan d’Alep. Tancrède n’ose cependant pas le poursuivre, craignant l’arrivée d’une armée de secours conduite par Jawali. Les arméniens, craignant de tomber à nouveau sous la coupe des Normands à la suite de la victoire de Tancrède, envisagent un instant de s’émanciper de la domination latine, avant de voir revenir Baudouin II.

Mais les musulmans commencent à s’organiser en contre croisade et la ville d’Édesse est leur première cible. Mawdûd ibn Altûntâsh, le nouvel atabeg de Mossoul, assiège Édesse une première fois en 1110 et ravage la campagne aux alentours. Le roi Baudouin Ier de Jérusalem mène une armée de secours qui force la levée du siège, mais les campagnes à l’est de l’Euphrate, jugées trop exposées aux razzias turques, sont évacuées. Mawdud tente une nouvelle incursion en avril 1112 et, après avoir tenté de prendre Édesse, assiège Saruj. Josselin de Courtenay, qui défend la ville, fait une sortie qui prend les Turcs par surprise et pille leur camp. Les Turcs reviennent alors à leur projet de siège d’Édesse, mais Josselin a rejoint la ville pour aider Baudouin. Il parvient à y déjouer le complot de quelques arméniens qui se disposaient à livrer la ville aux Turcs.

La partie du comté d’Édesse sur la rive orientale de l’Euphrate est constitué de quelques villes imprenables entourées de campagnes dépeuplées et razziés par les Turcs, alors que de la rive occidentale, autour de Turbessel est en pleine prospérité. En 1113, Baudouin, ruiné par les invasions turques, s’empare de Turbessel au détriment de son seigneur Josselin de Courtenay, qui se retire dans le royaume de Jérusalem où le roi Baudouin lui confie la principauté de Galilée. Profitant de la présence de Baudouin à Turbessel, des arméniens tentent à nouveau de livrer la ville à Mawdud, mais le complot est découvert et Baudouin ordonne le 11 mai 1113que tous les arméniens soient expulsés de la ville d’Édesse. En février 1114, une grâce leur permet de revenir dans la ville. Un seigneur arménien de Kaisun, entre le comté et la Cilicie, Vasil Dgha, accepte d’être inféodé aux Turcs et Baudouin décide de le soumettre, pour éviter d’être pris en tenaille. Vasil Dgha tente de demander secours auprès de Thoros, seigneur des montagnes ciliciennes, mais ce dernier livre Vasil à Baudouin, qui s’empare de Kaisun et de Raban. Puis Baudouin élimine les derniers seigneurs arméniens de Bira et de Gargar, qu’il remplace par des seigneurs francs. Grousset explique qu'à partir de cette date, l'existence d'une seigneurie purement franque voisine d'une principauté purement arménienne (la Cilicie arménienne) vont diminuer les risques d'interférences dans leur politique intérieure et renforcer la collaboration franco-arménienne.



Expansion du comté d’Édesse, de 1098 à 1131







Le roi Baudouin Ier de Jérusalem meurt le 2 avril 1118 au moment où Baudouin du Bourg quitte Édesse pour faire ses dévotions à Jérusalem. Il y arrive le jour des obsèques du roi et, avec l’aide d’Arnoul de Roeux, patriarche de Jérusalem, et de Josselin de Courtenay avec qui il s’est réconcilié, incite les barons de la Haute Cour du Royaume à voir sa candidature d’un œil favorable, au détriment des droits d’Eustache III de Boulogne, le frère du défunt roi. Baudouin est élu et sacré roi de Jérusalem le 14 avril 1118. En retour, Baudouin, qui avait confié temporairement le comté d’Édesse à un de ses cousin, Galéran du Puiset, l’inféode définitivement à Josselin Ier de Courtenay à la fin du mois d’août 1119.

Mais il est capturé en 1122 par Balak, ainsi que le roi Baudouin II qui s’est porté à son secours. La régence du comté est assurée par Geoffroy le moine, seigneur de Marach. Par fidélité, une vingtaine de soldats arméniens se rendent à Kharpout, où ils sont détenus et tentent un coup de force qui réussit à libérer Josselin, mais échoue pour Baudouin II. Josselin se venge ensuite en ravageant les alentours d’Alep, qui appartiennent à Balak, puis il participe à la coalition franco syrienne contre Aq Sonqor Bursuqî, atabeg de Mossoul en 1124. Puis des incursions lui permettent de progresser vers l’est et d’étendre le comté d’Édesse jusqu’au cours du Tigre vers Mardin et Amida. En 1131, alors qu’il assiège le château de Tell-Arran, devenu un repaire de brigands, pour le détruire, il est pris dans un éboulement d’une sape et grièvement blessé. Il apprend peu après que Ghazi Gumuchtegin, émir danishmendide, envahit l’ouest de ses états et constatant que son fils Josselin refuse de s’y rendre, estimant manquer de troupes, se rend en litière pour faire face à l’armée de Ghazi. Ce dernier préfère se retirer, tant Josselin avait fait preuve de sens militaire par le passé, et Josselin meurt à Doulouk, laissant le comté à son fils qui s’était montré timoré.







Josselin II de Courtenay, le nouveau comte, va rapidement montrer qu’il n’a pas l’envergure de son père. Il commence par soutenir les prétentions de la princesse Alix d’Antioche contre Foulques d’Anjou, roi de Jérusalem, mais le roi reprend facilement les choses en main. En 1138, il participe avec Raymond de Poitiers à la croisade franco-byzantine contre Alep et participe au siège de Shaizar, mais les Francs ne soutiennent que mollement les actions byzantines, si bien que l’empereur Jean II Comnène finit par abandonner l’entreprise, ruinant les espoirs de faire d’Alep un nouvel état latin. Vers 1141-1143, Josselin conclut une alliance avec les Orthoqides, également menacé par Zengi. Cette alliance aurait pu être de taille à vaincre Zengi, mais les Orthoqides, se rendant compte du caractère brouillon de Josselin, préfèrent y mettre fin et se rapprocher de Zengi. Josselin est alors isolé, car il s’est brouillé avec Raymond de Poitiers, prince d’Antioche, Zengi décide alors d’envoyer une armée qui prend Édesse le 23 décembre 1144, puis Saruj en février 1145. Il assiège Bira en mars 1145, mais ne parvient pas à prendre la ville.

Zengi est assassiné le 15 septembre 1146 et Josselin II en profite pour reprendre Édesse le 27 octobre 1146. Mais Nur ad-Din le fils de Zengi, assiège de nouveau la ville, d’où Josselin s’enfuit le 2 novembre 1146. Édesse est reprise peu après et sa population chrétienne, qu’elle soit syriaque ou arménienne, est massacrée.

Josselin II se replie sur Turbessel. La prise d’Édesse a suscité une seconde croisade en Europe et l’arrivée de cette croisade fournit un répit aux restes du comté d’Édesse, réduits à la rive ouest de l’Euphrate. Mais les croisés, au lieu de chercher à combattre Zengi et à reprendre Édesse, se tournent contre Damas, pourtant alliée des Francs. Quand ils repartent vers l’Europe, en 1149, Nur ad-Din reprend l’offensive. Le 29 juin 1149, il bat les Francs d’Antioche à Ma’arratha et tue Raymond de Poitiers.

Pendant qu’il s’empare d’une partie de la principauté d’Antioche, Josselin s’adonne à la luxure et aux plaisirs et fait persécuter les chrétiens syriaques, au lieu de chercher à assurer la défense du comté. Mas`ûd Ier, sultan seldjoukide de Qonya en profite pour prendre Mar’ash et assiéger Turbessel, mais l’intervention du roi Baudouin III de Jérusalem l’oblige à battre retraite. Qâra Arslan, émir orthoqide de Kharpout, s’empare de Gargar en 1150. Josselin est capturé le 4 mai 1150 alors qu’il se rend à Antioche et emprisonné à Alep, où il meurt en 1159. Sa femme Béatrice tente de défendre Turbessel au nom de son fils Josselin III mais, dépassée, obtient l’accord du roi Baudouin III pour vendre ses possessions (c'est-à-dire Turbessel, Doulouk, Rawadan et Aintab et leurs environs) aux Byzantins en août 1150. Ces derniers sont incapables de défendre leurs nouvelles possessions et Turbessel est prise par Nur ad-Din le 12 juillet 1151.



Fin et chute du comté d’Édesse, de 1131 à 1150











Bien que cet état soit l’état latin l’Orient le plus éloigné du royaume de Jérusalem, les liens familiaux entre les comtes d’Édesse et les rois de Jérusalem ont particulièrement resserré les liens féodaux entre les deux états, mettant le comté d’Édesse sous la suzeraineté effective du roi de Jérusalem.
Baudouin de Boulogne, le premier comte, ne l’est pas resté longtemps. En 1100, il prend à Jérusalem la succession de son frère Godefroy de Bouillon, devient le roi Baudouin Ier et confie le comté à un de ses cousins, Baudouin du Bourg, qui l’avait accompagné à Édesse. Lorsque Baudouin Ier meurt, les barons du royaume lui choisissent comme successeur Baudouin du Bourg, qui est couronné sous le nom de Baudouin II. Après avoir confié la régence du comté à un de ses cousins, Galéran du Puiset, il finit par inféoder Édesse à un autre cousin, Josselin de Courtenay. C’est ainsi que les comtes d’Édesse tenaient leur fief directement de la main du roi de Jérusalem, contrairement à la principauté d’Antioche et au comté de Tripoli, où la succession s’est très rapidement faite sur le mode de l’héritage filiatif, même si, lors de l’absence d’un seigneur majeur, le roi de Jérusalem était régent de droit de ces principautés.






Le comte d’Édesse avait plusieurs vassaux, le plus souvent des seigneurs arméniens qui s’étaient mis sous la protection franque afin de résister à la pression musulmane. Par la suite, ces fiefs étaient passés directement aux mains de nobles francs.







Dès 1099, Baudouin de Boulogne se rend maître de Bira (Birecik), ou qui est un point stratégique, car la ville lui assure un point de passage sur l'Euphrate et donc des communications avec la principauté d'Antioche. Dans un premier temps, il laisse la ville à un chef arménien du nom d'Abelgh'arib de la famille des Pahlavouni. Mais à partir de 1115, le comte Baudouin du Bourg cherche à éliminer la noblesse arménienne à la suite de plusieurs complots, assiège Bira en 1117 et prend la ville. Abelgh'arib se retire à la cour de Thoros II, prince d'Arménie, et Baudouin donne le fief à son cousin Galéran du Puiset, qui épouse la fille d'Abelgh'arib. Après la prise d'Édesse, Zengi tente de prendre Bira, mais doit lever le siège à cause d'une émeute à Mossoul. Bira est cédé en 1150 avec le reste du comté d'Édesse aux Byzantins, qui la perdent en 1151.


seigneurs de Bira
• 1099 - 1117 : Abelgh'arib
• 1117 - 1127 : Galéran du Puiset († 1127)







Vingt cinq ans avant l'arrivée des croisés, Marach est confiée à Philaretos Brakhamios par Romain IV Diogène, empereur byzantin. À la suite de la bataille de Manzikert, en 1071, Philaretos profite de son isolement de l'empire pour se tailler une principauté en Cilicie et autour d'Édesse et Antioche, mais ses possessions sont prises par les Turcs et seul Mar'ash reste en son pouvoir29. Il meurt entre 1086 et 1092, mais Mar'ash reste arménienne, et quand les Croisés l'atteignent le 13 octobre1097, ils la rendent aux Byzantins, qui y nomment gouverneur un arménien du nom de Thatoul.

Bohémond de Tarente, prince d'Antioche tente de prendre la ville en l'assiégeant en1100, mais il lève le siège pour secourir Gabriel de Malatya et est capturé peu après par les Turcs. En 1104, ce sont les Francs d'Édesse, conduit par Josselin de Courtenay, alors seigneur de Turbessel, qui assiègent et prennent la ville. Mar'ash devient alors une seigneurie franque, donnée à plusieurs seigneurs successifs, dont tous ne sont pas connus. Parmi eux, il y a Geoffroy le moine, régent du comté d'Édesse en 1122 pendant la captivité de Josselin de Courtenay. Le dernier seigneur, Renaud, est tué en même temps que Raymond de Poitiers lors de la bataille d'Inab, le 28 juin 1149. Josselin II réunit alors la seigneurie au comté, mais néglige de lui attribuer une garnison suffisante et Mas'ûd Ier s'empare de la ville le 11 septembre 1149.

seigneurs de Marach
• 1097-1104 : Thatoul, gouverneur arménien pour Byzance
• 1104-1108 : Roger de Salerne († 1119), ensuite régent d'Antioche.
• avant 1119-1124 : Geoffroy le Moine († 1124)
• avant 1136-1146 : Baudouin de Marach (tué à Édesse en novembre 1146)
• 1146-1149 : Renaud († 1149), marié à Agnès de Courtenay







La ville de Malatya est tenue par l'arménien Gabriel, qui l'a reçue de Philaretos Brakhamios. Menacé par les Danismendides, il demande successivement l'aide et la protection de Bohémond de Tarente, prince d'Antioche (en 1100), puis de Baudouin du Bourg, comte d'Édesse, en 1101, en offrant à ce dernier la main de sa fille Morfia. Mais la population syriaque de Malatya se révolte et livre la ville à Danichmend, qui fait tuer Gabriel.


seigneur de Malatya
• 1085-1103 : Gabriel






Turbessel est l'une des premières possessions de Baudouin de Boulogne, car la population arménienne de la ville se révolte au début de l’année 1098 contre sa garnison, lors de son passage en direction d’Édesse. En mars 1098, Baudouin de Boulogne est comte d’Édesse, et il reçoit en aout son frère Godefroy de Bouillon qui a quitté Antioche en raison de la peste qui y sévit. Baudouin lui donne en fief Ravendel et Turbessel, mais ce dernier les lui rend en novembre, quand la croisade repart en direction de Jérusalem. En 1101, le comte Baudouin du Bourg accueille à Édesse un de ses cousins, Josselin de Courtenay et lui donne Turbessel en fief. Josselin seconde Baudouin dans ses entreprises contre les musulmans, mais les incursions turques qui pillent les campagnes à l’est de l’Euphrate entre 1110 et 1113 appauvrissent le domaine comtal de Baudouin. Au contraire, la seigneurie de Turbessel, à l’ouest de l’Euphrate est en pleine prospérité, protégée par le fleuve. La mésentente s’installe entre les deux seigneurs francs, et Baudouin finit par confisquer la seigneurie, qui est ensuite rattachée au domaine comtal et devient l’une des résidences des comtes d’Édesse. Après la prise d'Édesse, en 1144, Turbessel devient la capitale du comté, avant d'être cédée aux Byzantins en 1150, puis prise par Nur ad-Din en 1151.

seigneurs de Turbessel
• 1098 : Godefroy de Bouillon
• 1101-1113 : Josselin de Courtenay







Ceci est une liste des différents dirigeants du comté d'Édesse :

• 1095-1098 : Thoros, Arménien, gouverneur d’Édesse
• 1098-1100 : Baudouin Ier de Boulogne, adopté par le précédent, devient roi de Jérusalem en 1100
• 1100-1118 : Baudouin II du Bourg, cousin du précédent, devient roi de Jérusalem en 1118
• 1104-1108 : régence de Richard de Salerne
• 1118-1119 : Galéran ou Waleran du Puiset, seigneur de Bira, cousin de Baudouin II, gouverneur d'Édesse
• 1119-1131 : Josselin Ier de Courtenay
• 1131-1149 : Josselin II de Courtenay, fils du précédent


Comtes titulaires d’Édesse

• 1149-1159 : Josselin II de Courtenay
• 1159-1200 : Josselin III de Courtenay, fils du précédent


En 1365, le roi Pierre Ier de Chypre relève le titre de comte d'Édesse — comte de Rochas, Rohas, Ruchas ou encore Roucha, selon la terminologie alors en usage chez les chrétiens de Terre Sainte et de Chypre — au profit de membres de la noblesse chypriote.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 13:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 20:16





La principauté d’Antioche, dont le territoire est en Turquie et en Syrie, était l'un des États latins d'Orient constitué lors des croisades (1098-1268).



Principauté d’Antioche en 1135







La fondation de la principauté est due à la seule volonté de Bohémond de Tarente de se tailler un État en Terre Sainte. Avant de participer à la croisade, Bohémond de Tarente, fils aîné de Robert Guiscard, s'était vu préférer son demi-frère cadet Roger Borsa comme duc des Pouilles et de Calabre.

Antioche était une ancienne ville byzantine qui n'avait été conquise par les musulmans qu'une dizaine d'années auparavant, en 1084. Et lors de leur passage à Constantinople, le basileus Alexis Ier Comnène avait exigé par serment des principaux chefs croisés qu'ils lui restituent les terres précédemment perdues par les Byzantins - et seul Raymond IV de Toulouse avait refusé de prêter serment.





Face aux difficultés pour assiéger Antioche, Bohémond vit là l'occasion de se faire accorder un fief. Tout d'abord il menaça, prétextant l'allongement du siège, de retourner en Italie chercher des renforts, mais ses capacités de stratège et l'importance du contingent l'accompagnant étaient nécessaires aux croisés, qui lui promirent tout ce qu'il souhaitait pourvu qu'il restât. Ensuite, le départ de Tatizius, le représentant du Basileus lui donna l'occasion de prétendre à une trahison, laquelle pouvait autoriser les croisés à se considérer déliés de leur serment. Enfin, s'étant assuré - par une intelligence à l'intérieur de la ville - d'y pouvoir enfin pénétrer, il fit promettre par les chefs de la croisade que le premier à y entrer la posséderait. C'est ainsi qu'au petit matin du 3 juin 1098, lorsque la ville fut investie, seule la bannière de Bohémond flottait sur la ville.

À peine entrés dans la ville, les croisés doivent subir à leur tour le siège mis en place par une armée seldjoukide qui tenta de reprendre la ville. La découverte de la Sainte-Lance permit aux croisés de reprendre courage et de repousser cette armée.

Bohémond devint alors le chef incontesté de la ville et refusant le titre byzantin deduc d'Antioche, s'intitula prince d'Antioche, marquant ainsi une indépendance vis-à-vis de Byzance.






Le 13 juin 1098, Les armées croisées reprennent leurs routes vers Jérusalem, excepté Bohémond qui doit désormais assurer son fief, sinon l'étendre. Il est cependant capturé en 1100 et son neveu Tancrède devient régent et agrandit la principauté, prenant les villes de Tarse et Latakia à l'Empire byzantin. Bohémond fut libéré en 1103, et laissa la régence à Tancrède pour partir chercher de nouvelles troupes en Italie. Il utilisa ses troupes pour attaquer Byzance en 1107 et fut battu à Dyrrhachium et fut obligé par Alexis IerComnène de signer le traité de Déabolis dans lequel il acceptait qu'Antioche reconnaissait être vassal de l'Empire Byzantin jusqu'à la mort de Bohémond et le retour à Byzance des terres conquises par les croisés depuis leur passage à Constantinople en 1097. Bohémond attaqua aussi Alep avec Baudouin Ier de Jérusalem et Josselin Ier d'Édesse, et quand Baudouin et Josselin furent capturés, Tancrède devint aussi régent d'Edesse. Bohémond laissa une fois de plus la régence à Tancrède pour repartir en Italie, où il mourut en 1111.

Alexis Ier réclama le retour de la principauté à Byzance, mais Tancrède, soutenu par le comte de Tripoli et le roi de Jérusalem refusa. Il mourut en 1112 et Bohémond II lui succéda, sous la régence du neveu de Tancrède, Roger de Salerne, qui battit les Seldjoukides en 1113.

Cependant, le 27 juin 1119, Roger fut tué à Ager Sanguinis et Antioche devint un état vassal de Jérusalem avec le roi Baudouin II comme régent jusqu'en 1126. Bohémond II, qui épousa Alix, fille de Baudouin II, ne gouverna que quatre ans, avant d'être tué en 1130, et Baudouin II, puis son gendre Foulque d'Anjou assurèrent la régence au nom de Constance, la fille de Bohémond II. En 1136, Constance, encore âgée de 10 ans, épousa Raymond de Poitiers, qui en avait 36.

Raymond, comme ses prédécesseurs, attaqua la province byzantine de Cilicie. L'empereur Jean II Comnène riposta et assiégea Antioche, força Raymond à reconnaître sa suzeraineté et une administration grecque, mais une émeute formentée par Josselin II d'Édesse obligea les grecs à fuir la ville. Jean II projetait de reprendre les états croisés quand il mourut en 1142.






Après la chute d'Édesse en 1144, Antioche fut attaquée par Nur ad-Din. Mal secouru par la deuxième croisade, la plus grande partie de l'est de la principauté fut perdue et Raymond fut tué à la bataille d'Inab en 1149. Baudouin III de Jérusalem devint régent au nom de la veuve de Raymond, jusqu'en 1153 quand elle épousa Renaud de Châtillon. Renaud entra immédiatement en conflit avec Byzance, ayant pillé l'île byzantine de Chypre. Il fut attaqué en 1158 par Manuel Ier et dut s'humilier et reconnaître sa suzeraineté.

Renaud fut fait prisonnier par les Musulmans en 1160 et la régence fut assurée par le patriarche d'Antioche (Renaud ne fut pas libéré avant 1176, et ne revint jamais à Antioche). Manuel épousa Marie, fille de Raymond et de Constance. En 1163, Bohémond III succéda à sa mère, mais fut fait aussi prisonnier dans les années qui suivirent et le cours de l'Oronte devint la frontière définitive entre Alep et Antioche. Bohémond revint en 1165 et épousa une nièce de Manuel Ier ; il autorisa aussi l'établissement d'un patriarche grec orthodoxe dans la ville.


Grâce à l'aide de flottes italiennes, l'état d'Antioche survécut à la reconquête de Saladin. Ni Antioche, ni Tripoli ne participèrent à la troisième croisade, bien que les restes de l'armée de Frédéric Barberousse s'arrêta quelque temps à Antioche en1190 pour enterrer leur roi. Le fils aîné de Bohémond III, nommé Raymond devint comte de Tripoli après la bataille de Hattin et épousa une princesse arménienne en1194, mais mourut en 1199. Bohémond III mourut en 1201.

Sa succession fut le début d'une guerre de succession entre Bohémond IV, second fils de Bohémond III, soutenu par les Latins d'Antioche, et Raymond-Roupen, fils de Raymond et petit-fils de Bohémond III, soutenu par les Arméniens. Ce ne fut qu'en1221 avec la mort de Raymon-Roupen que la guerre prit fin. Bohémond IV mourut en 1233 et Antioche, gouverné par son fils Bohémond V ne prit pas grande part à la cinquième croisade, ni à la lutte entre Frédéric II et les barons d'orient, ni à la septième croisade de Saint-Louis. Bohémond IV évita habilement de se soumettre à l'empereur germanique en réaffirmant la suzeraineté byzantine sur la principauté d'Antioche.







En 1254, Bohémond VI épousa Sibylle, une princesse arménienne, mettant fin à la lutte entre les deux états, bien que sur ce point la Petite-Arménie était le plus puissant des deux et Antioche était le vassal. Alors commença le conflit entre les Mamelouks et les Mongols ; quand les Mongols furent vaincus à la bataille d'Aïn Djalout en 1260, Baybars se retourna contre leurs alliées, Antioche et l'Arménie. La ville fut prise en 1268 avec la totalité du nord de la Syrie franque ; trente-trois ans plus tard, ce fut le tour d'Acre et les États croisés disparurent. Le titre de prince d'Antioche passa à l'extinction des comtes de Tripoli, aux rois de Chypre issus d'une branche cadette de la famille de Poitiers-Antioche.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 13:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 20:44




La principauté était, même pendant sa plus grande extension, plus petite que le comté d'Édesse et que le royaume de Jérusalem. Elle s'étendait au nord-est du bord de la mer Méditerranée, et bordé par le comté de Tripoli au sud, le comté d'Édesse au nord-est, les États musulmans (notamment ayyubide et mamelouk) à l'est, éphémèrement l'empire byzantin et surtout le Royaume arménien en Cilicie au nord-ouest.

Il y avait probablement 20 000 habitants au XIIe siècle, principalement des arméniens et des chrétiens orthodoxes, avec quelques musulmans à l'extérieur de la ville. Il y avait très peu de catholiques romains en dehors des croisés, même si un patriarcat latin y fut établi en 1100.









• De tous les États francs d'Orient, seule la principauté d'Antioche ne relevait pas du royaume de Jérusalem : le prince d'Antioche ne prête pas l'hommage et dispose d'une pleine souveraineté. Pour ce qui est des rapports de la principauté avec Constantinople, la situation peut être résumée à grandes lignes. Bohémond de Tarente en 1108 (traité de Deabolis-Devol) avait fini par se reconnaître l'homme lige du basileus. Mais Tancrède, qui est régent pendant la minorité deBohémond II, ne cède pas aux exigences des Byzantins. Il faut attendre la campagne de 1137, menée par Jean II Comnène, pour que le prince d'Antioche reconnaisse la souveraineté byzantine.

• Cependant, bien que la principauté d'Antioche ne soit pas du royaume, il peut arriver que le roi de Jérusalem la gouverne quand son prince vient à manquer





Les principales seigneuries vassales de la principauté d'Antioche sont :

• la seigneurie de Valénie et Marqab ;
• la seigneurie de Saône et de Sardoine ;
• la seigneurie de Harrenc ;
• la seigneurie de Cerep ;
• la seigneurie de Capharda.

Par ailleurs, il arriva que le prince d'Antioche revendiquât la suzeraineté de ses voisins : Tancrède revendiquait cette qualité pour le comté d'Édesse et il fut un temps le suzerain du comte de Tripoli Guillaume Jourdain.



]


De sa fondation en 1098 à la prise de la ville par les Mamelouks, plusieurs princes se sont succédé à la tête de la principauté d'Antioche, l'un des premiers États latins d'Orient.


Maison de Hauteville






Maison de Poitiers


1163-1201 : Bohémond III le Bègue († 1201), fils de Raymond de Poitiers et de Constance d'Antioche
marié en premières noces (1169) à Orgueilleuse de Harenc († 1175)
marié en secondes noces (1176) à Théodora Comnène, qu'il répudia en 1180
marié en troisièmes noces (1181) à Sibylle, qu'il répudia en 1199
marié en quatrièmes noces (1199) à Isabelle
1201-1216 : Bohémond IV le Borgne (1172 † 1233), second fils de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en premières noces à Plaisance († 1217), fille d'Hugues III Embriaco, seigneur du Giblet et d'Étiennette de Milly
marié en secondes noces (1218) à Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.
1216-1219 : Raymond-Roupen d'Antioche (1199 † 1221), fils de Raimond IV d'Antioche, comte de Tripoli (fils aîné de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc) et d'Alix d'Arménie.
marié à Helvis de Lusignan († 1217), fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.
1219-1233 : Bohémond IV, restauré
1233-1252 : Bohémond V († 1252) fils de Bohémond IV et de Plaisance de Giblet
marié en premières noces (1225) à Alix de Champagne, mariage annulé en 1227.
marié en secondes noces (1235) à Lucienne de Segni, petite-nièce du papeInnocent III
1252-1268 : Bohémond VI le Beau (1237 † 1275), fils de Bohémond V et de Lucienne de Caccamo-Segni
marié en 1254 à Sibylle († 1290), fille d'Héthoum Ier, roi d'Arménie


La ville d'Antioche fut définitivement prise en mai 1268, mais le titre de prince d'Antioche continua à se transmettre :

1268-1275 : Bohémond VI
1275-1287 : Bohémond VII († 1287), comte de Tripoli, fils du précédent
1287-1299 : Lucie († 1299), comtesse de Tripoli, sœur du précédent
mariée à Narjod de Toucy, amiral sicilien



Maison de Toucy

1299-1300 : Philippe de Toucy († 1300), fils de la précédente


Maison de Lusignan


1300-1308 : Marguerite de Lusignan (1244 † 1308), fille d'Henri (lui-même fils de Bohémond IV) et d'Isabelle de Lusignan
mariée à Jean de Montfort (mort en 1283), seigneur de Tyr et de Toron
1308-1324 : Henri II de Chypre, roi de Chypre
Les rois de Chypre le portèrent ensuite, ou l'attribuèrent à leurs fils cadets.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 21:11




Le comté de Tripoli était l'un des États latins d'Orient fondés à la faveur de la première croisade. Il était situé sur le territoire de l'actuel Liban et subsista de 1102 à 1258.








• Ce n'est que plusieurs années après la constitution des autres États latins d'Orient que fut créé ce comté. Raymond de Saint-Gilles commença par s'emparer de la forteresse de Tortose (1102). Il tenta vainement de s'emparer de Homs dans l'arrière-pays, sur le cours de l'Oronte, citadelle dont la possession aurait permis à l'État d'exister plus longtemps. Il mit le siège devant Tripoli en1104, mais la ville résista plusieurs années, car ravitaillée par mer par les Égyptiens. Raymond mourut en 1105, et son cousin Guillaume Jourdain lui succéda. Le siège n'était pas encore terminé qu'arriva d'Europe Bertrand, le fils de Raymond de Saint Gilles qui disputa à Guillaume la possession du comté. Baudouin Ier roi de Jérusalem vint avec toute son armée arbitrer le litige. Ces renforts permirent la prise de la ville (12 juillet 1109). Baudouin Ier résolut la succession de Tripoli en partageant le comté en deux, mais l'assassinat de Guillaume en 1110 permit à Bertrand de réunifier le comté.

• Ses descendants dirigèrent le comté jusqu'en 1187, et le comté passa alors aux princes d'Antioche.


• La population franque du comté était principalement constituée de Croisés originaires d'Occitanie et d'Italie. Des États latins d'Orient, c'était le seul où l'on parlait la langue d'oc, contrairement aux autres qui parlaient la langue d'Oil, aussi la domination des Normands d'Antioche fut mal acceptée.

• Le XIIIe siècle fut parsemé d'intrigues de révoltes et d'assassinat. Il vit même le seigneur de Gibelet injurier son suzerain aux portes de Tripoli. La dernière comtesse, Lucie fut déposée en 1288 et Tripoli devint une commune autonome sous le protectorat de Gênes. Les Francs étaient beaucoup plus préoccupés de leurs querelles internes que de la progression des Mamelouks.


• Ceci leur permit de mettre le siège devant la ville en février 1289, qui fut prise le27 avril 1289, ce qui entraîna le massacre de la population.






En 1102, Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse, décide de se tailler un fief en Orient qui ne devient le comté de Tripoli qu'en 1109, après la prise de la ville.


Maison de Toulouse


1102-1105 : Raymond Ier de Saint Gilles (v.1050 † 1105) qui s'attribua le titre pendant le siège de 1104 avant la prise de la ville.

1105-1110 : Guillaume Jourdain († 1110), comte de Cerdagne, neveu de Raymond Ier

1109-1112 : Bertrand (1066 † 1112), fils de Raymond Ier et de Ne de Provence
marié en 1095 à Hélène, fille d'Eudes Ier Borrel, duc de Bourgogne

1112-1137 : Pons (1098 † 1137), fils du précédent
marié en 1115 à Cécile de France, veuve de Tancrède de Hauteville

1137-1152 : Raymond II († 1152), fils du précédent
marié à Hodierne de Jérusalem, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem

1152-1187 : Raymond III († 1187), fils de Raymond II et d'Hodierne de Jérusalem
marié en 1174 à Eschive de Bures, sœur d'Elinard de Bures,prince de Galilée
Sans enfant, Raymond III lègue Tripoli à son filleul Raymond d'Antioche


Maison d’Antioche-Poitiers

1187-1189 : Raymond IV d'Antioche († 1199), fils aîné de Bohémond III, prince d'Antioche et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en 1194 à Alix, fille de Roupen III, prince d'Arménie et d'Isabelle de Toron
*****   en 1189, son père le rappelle à Antioche et confie Tripoli à son second fils.


1189-1233 : Bohémond IV le Borgne (1172 † 1233) prince d'Antioche, second fils de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en premières noces à Plaisance de Giblet († 1217)
marié en secondes noces (1218) à Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.


1233-1252 : Bohémond V († 1252) prince d'Antioche, fils de Bohémond Ier et de Plaisance de Giblet
marié en premières noces (1225) à Alix de Champagne, mariage annulé en 1227.
marié en secondes noces (1235) à Lucienne de Segni, petite-nièce du pape Innocent III

1252-1275 : Bohémond VI le Beau (1237 † 1275) prince d'Antioche, fils de Bohémond V et de Lucienne de Segni
marié en 1254 à Sibylle († 1290), fille d'Héthoum Ier, roi d'Arménie

1275-1287 : Bohémond VII († 1287), fils de Bohémond VI et de Sibylle d'Arménie.
marié à Marguerite de Brienne († 1327), petite-fille de Jean de Brienne par Louis d'Acre

1287-1288 : Lucie († 1299), fille de Bohémond VI et de Sibylle d'Arménie.
mariée en 1275 à Narjod de Toucy, amiral de Sicile.


Comtes titulaires de Tripoli

Le titre de comte de Tripoli se transmit de la même manière que celui de prince d'Antioche et arriva aux Lusignan de Chypre. Les rois de Chypre l'attribuèrent à des cadets ou à des seigneurs chypriotes.

• Pierre de Lusignan, fils cadet du roi Hugues IV, qui relève pour lui, probablement avant son premier mariage en 1342, le titre de comte de Tripoli in partibus infidelium. Il est couronné roi de Chypre en 1358.

• Pierrot de Lusignan, fils du roi Pierre Ier, il lui succède à la dignité de comte de Tripoli probablement en 1358. Il monte à son tour sur le trône de Chypre après l'assassinat de son père en janvier 1369.
• Jacques de Lusignan, né en 1358, fils de Jean, prince d'Antioche. Il est titré comte de Tripoli par le jeune roi Pierre II le 17 octobre 1372. Époux de Marguerite de Lusignan, la sœur du roi, il est toutefois écarté du trône en 1382 par les barons de Chypre qui lui préfèrent son oncle Jacques Ier. Il meurt vers 1396.

• Jean de Lusignan, né vers 1386, fils du précédent à qui il succède vers 1396, il meurt probablement sans alliance avant 1432.

• Pierre de Lusignan, né vers 1387, nommé Connétable de Jérusalem en 1415, il épouse sans doute la même année Isabelle de Lusignan, fille du roi Jacques Ier. Il succède à son frère comme comte de Tripoli vers 1432. Il exerce la régence pour son neveu le roi Jean II en 1432 et cumule les dignités de Sénéchal de Jérusalem et de Connétable de Chypre. Il meurt à Nicosie le 7 février 1451 ou 1452.
• Juan Tafures, titré comte entre 1469 et 1473 par Jacques II de Chypre, déchu en 1477 par la reine Catherine Cornaro.

• Jean de Nores, appartenant à une très ancienne famille noble de Chypre, il achète le titre de comte de Tripoli à la République de Venise en 1490.
• Louis de Nores, son fils.

• Jacques de Nores, son fils, capitaine général de l'artillerie de la Sérénissime, tué à la prise de Nicosie par les Turcs en 1570.

• Alvise de Nores, chanoine de Padoue, cousin du précédent, relève le titre vers 1586.











Il arriva que le prince d'Antioche revendiquât la suzeraineté de ses voisins : Tancrède fut un temps le suzerain du comte de Tripoli Guillaume Jourdain.

Le comté se composait des fiefs suivants :


• Le comté de Tripoli proprement dit
• le comté de Montferrand
• les seigneuries de :
• Botron
• Buissera
• Calmont
• Chastel Blanc
• Chastel Rouge
• Fontaines
• Gibelacar
• Gibelet
• La Colée
• Le Puy
• Moinetre
• Nephin
• Raisagium Montanée
• Saïda
• Terra Galifa
• Tokle
• Tortose Maraclée
• le Krak des Chevaliers


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:03, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 21:40




Le royaume franc (ou latin) de Chypre est l'État latin d'Orient le plus récent quant à sa création, et celui qui subsista le plus longtemps (de 1192 à1489), grâce à sa situation insulaire. Le qualificatif de « franc » vient du nom donné en Orient, aussi bien par les Grecs que par les Turcs et les Arabes (Franghi), aux Occidentaux en général (en référence à l'Empire franc de Charlemagne.) L'adjectif« latin » fait référence à la langueliturgique de l'Église catholique à laquelle appartenaient les "Francs".





Durant le premier siècle des croisades, Chypre était une province de l'Empire grec. En 1184, Isaac Doukas Comnène, gouverneur de l'Arménie, qui avait déjà tenté de s'y rendre indépendant, dut se réfugier à Chypre. Avec de fausses patentes impériales, il se fit reconnaître gouverneur de l'île par les autorités locales, et se rendit rapidement indépendant, puis se proclama empereur de Chypre. L'empire tenta de reprendre le contrôle de Chypre, mais la marine byzantine fut repoussée par une escadre envoyée par le roi de Sicile Guillaume II le Bon.

Au cours de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion, dérouté par une tempête, aborda Chypre, où Isaac Comnène réquisitionna l'une de ses nefs en paiement de droits d'escale. Richard fit débarquer son armée et battit sans difficulté Isaac Comnène, puis occupa rapidement l'île (fin mars 1191). Ne sachant trop quoi faire de sa conquête, Richard la vendit à l'Ordre du Temple, qui réprima durement l'insurrection mais rendirent l'île à Richard, qui dut leur restituer leur argent (plus un paiement pour la répression contre les Grecs). Finalement Richard revendit l'île à Guy de Lusignan, qui avait été chassé du royaume de Jérusalem par ses propres barons. Guy s'y installa avec trois cents chevaliers et deux cents écuyers qui venaient d'être dépossédés de leurs biens par les conquêtes de Saladin sur le continent.

Guy de Lusignan mourut en avril 1194 : son frère Amaury lui succéda. Administrateur sage et adroit, il commença par redistribuer les fiefs pour se réserver un domaine royal suffisant. Il s'occupa ensuite de l'administration religieuse : il négocia avec le Saint-Siège la création d'un archevêché latin à Nicosie et de trois évêchés à Paphos, Limassol et Famagouste. Enfin, il clarifia le statut juridique de l'île : son frère Guy avait été roi à titre personnel et investi par l'Angleterre, lui n'était que seigneur de l'île. Amaury s'adressa au Saint-Siège et à l'Empire, et obtint en1195 de l'empereur Henri VI le titre de roi de Chypre. Par mariage, Amaury devint également roi de Jérusalem, mais les deux royaumes se séparèrent à sa mort en1205. Son fils Hugues Ier lui succéda à Chypre, mais mourut lui-même à l'âge de 23 ans en 1218, laissant un fils âgé de neuf mois, Henri Ier. La reine mère, Alix de Champagne, confia la régence à Philippe d'Ibelin, auquel succéda Jean d'Ibelin en1227.

Le 21 juillet 1228, l'empereur Frédéric II, à la tête de la sixième croisade, débarqua à Limassol. En tant que suzerain du royaume, il réclama la régence. Ce comportement autoritaire lui valut l'hostilité de la noblesse et la guerre des Lombards commença entre les représentants de l'empereur, d'une part, et les barons de Chypre et de Syrie d'autre part, et ne cessa qu'en 1233 par la victoire des barons conduits par Henri Ier, qui venait d'atteindre la majorité, et Jean d'Ibelin. En 1247, le pape Innocent IV, releva le royaume de tout hommage vis-à-vis du Saint-Empire.
Henri Ier mourut en 1253, puis son fils Hugues II en 1267. La couronne passa alors à son cousin Hugues III.

Hugues III hérita également du royaume de Jérusalem et tenta de combattre pour sa sauvegarde, mais face à l'opposition des certains barons partisans de Charles d'Anjou et à celle des barons latins de Chypre, qui déclaraient ne pas devoir le servir en dehors de l'île, dut y renoncer. Son fils Henri II de Chypre réussit à se faire reconnaître roi de Jérusalem, mais ne put empêcher la prise de Saint-Jean-d'Acre en 1291 par les Mamelouks, marquant la fin du royaume de Jérusalem.

À Chypre même, commença alors une période de querelles entre le roi et les nobles du royaume, où l'on vit des rois détrônés (Henri II) ou assassinés (Amaury II, Pierre Ier) et le royaume de Chypre perdre son indépendance sous forme de protectorat génois, puis vénitien. Ceux-ci finirent par détrôner la dernière reine, Catherine Cornaro, en 1489. Venise garda l'île durant 82 ans.

Durant toute la période franque et latine (y compris vénitienne), la population locale grecque et orthodoxe fut réduite en servitude et se révolta vainement à plusieurs reprises, jusqu'en 1571, où elle finit par accueillir en libératrices les troupes de l'Empire ottoman. Les Turcs ne furent cependant pas plus débonnaires que les Latins, et instaurèrent un nouveau système d'exploitation : celui des Timars, système qui dura trois siècles, avant d'être remplacé en 1878 par la colonisation anglaise. Ce n'est qu'en 1960 que la population grecque de l'île put s'émanciper.







Les Croisades conduisirent à l'établissement d'une dynastie de rois de Chypre originaires de France.

Après sa conquête par Richard Cœur de Lion, l'île de Chypre fut d'abord confiée aux Templiers, puis à la maison de Lusignan.


Maison de Lusignan

1192-1194 : Guy de Lusignan (1160 † 1194),roi en Chypre, fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon. marié en 1180 à Sybille d'Anjou-Jérusalem, reine de Jérusalem (1159 † 1190)

1194-1205 : Amaury Ier de Lusignan (1145 †1205), seigneur de Chypre, puis roi de Chypre en 1195, et roi de Jérusalem (1197-1205), frère du précédent.  
Marié en premières noces avant 1175 à Echive d'Ibelin († 1196).
marié en secondes noces en 1198 à Isabelle Ire d'Anjou-Jérusalem, reine de Jérusalem(1171 † 1206)

1205-1218 : Hugues Ier de Lusignan (1195 † 1218), roi de Chypre, fils d'Amaury Ier et d'Echive d'Ibelin.
marié en 1210 à Alix de Champagne (1195 † 1246), régente titulaire de Jérusalem, fille d'Henri de Champagne et d'Isabelle Ire de Jérusalem
• 1205-1210 : régence de Gautier de Montbéliard

1218-1254 : Henri Ier de Lusignan (1217 † 1254), roi de Chypre et régent titulaire de Jérusalem, fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.
marié en premières noces en 1229 à Alix de Montferrat (vers 1210 † 1233)
marié en secondes noces en 1237 à Stéphanie de Barbaron (vers 1220 †1249)
marié en troisièmes noces en 1250 à Plaisance d'Antioche (vers 1235 †1261)
• 1218-1228 : régence de Philippe d'Ibelin († 1217)
• 1228-1232 : régence de Jean d'Ibelin († 1236

1254-1267 : Hugues II de Lusignan (1252 † 1267), roi de Chypre, fils d'Henri Ier et de Plaisance d'Antioche.
marié en 1264 à Isabelle d'Ibelin (1252-1282)
• 1253-1261 : régence de Plaisance d'Antioche, sa mère
• 1261-1264 : régence d'Isabelle de Lusignan, fille d'Hugues Ier
• 1264-1267 : régence d’ Hugues de Poitiers-Lusignan, fils d'Henri de Poitiers et d'Isabelle de Chypre qui lui succède sous le nom d'Hugues III.


Maison de Poitiers-Lusignan


1267-1284 : Hugues III de Lusignan (1235 †1284), roi de Chypre et de Jérusalem, cousin du précédent.
marié en 1264 à Isabelle d'Ibelin (1241-1324)

1284-1285 : Jean Ier de Lusignan (1267 †1285), roi de Chypre et de Jérusalem, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin.

1285-1306 : Henri II de Lusignan (1271 †1324), roi de Chypre, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin.
marié en 1317 à Constance (1303 † 1344), fille de Frédéric II de Sicile

1306-1310 : Amaury II de Lusignan (1272 † 1310), gouverneur de Chypre (après avoir déposé Henri II), prince de Tyr, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin.
marié en 1292 à Isabelle, fille de Leon III, roi d'Arménie.

1310-1324 : Henri II de Lusignan de nouveau.

1324-1359 : Hugues IV de Lusignan (1295 † 1359), roi de Chypre, fils de Guy de Chypre (fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin) et d'Echive d'Ibelin.
marié en premières noces en 1308 à Marie d'Ibelin (1294 † 1318)
marié en secondes noces en 1318 à Alice d'Ibelin (1304 † après 1386)

1359-1369 : Pierre Ier de Lusignan (1328 † 1369), roi de Chypre, fils de Hugues IV et d'Alix d'Ibelin.
marié en premières noces en 1343 avec Echive de Montfort
marié en secondes noces en 1553 avec Eléonore d'Aragon (1333 † 1416)

1369-1382 : Pierre II de Lusignan (1357 †1382), roi de Chypre, fils de Pierre Ier et d'Eléonore d'Aragon.
marié en 1376 à Valentine Visconti (1361 † avant 1393)

1382-1398 : Jacques Ier de Lusignan (1334 †1398), roi de Chypre, de fils de Hugues IV et d'Alix d'Ibelin.
marié en 1365 à Helvis de Brunswick-Grubenhagen(1353 † 1421)

1398-1432 : Janus de Lusignan (1375 † 1432), roi de Chypre, fils de Jacques Ier et d'Helvis de Brunswick-Gubenhagen.
marié en premières noces en 1400 (mariage annulé en 1408) avec Anglesia Visconti († 1439)
marié en secondes noces en 1411 avec Charlotte de Bourbon (1388 † 1422)

1432-1458 : Jean II de Lusignan (1418 † 1458), roi de Chypre, fils de Janus et de Charlotte de Bourbon.
marié en premières noces en 1440 à Amédéa de Montferrat (1429 † 1440)
marié en secondes noces en 1442 à Hélène Paléologue (1428 † 1458)

1458-1464 : Charlotte de Lusignan, (1442 †1487) reine de Chypre, fille de Jean II et d'Hélène Paléologue.
mariée en premières noces en 1456 à Jean de Coimbra, Infant de Portugal, fils de Pierre de Portugal, 1er duc de Coimbra, (1433 †1457)
mariée en secondes noces en 1459 à Louis de Savoie, comte de Genève (1436 † 1482)

1464-1473 : Jacques II de Lusignan le bâtard (1418 † 1473), roi de Chypre, fils illégitime de Jean II et de Mariette de Patras.
marié en 1468 à Catherine Cornaro.

1473-1474 : Jacques III de Lusignan, le posthume (1473 † 1474), fils de Jacques II et de Catherine Cornano.

1474-1489 : Catherine Cornaro (1454 † 1510), veuve de Jacques II. Elle fut détrônée par les Vénitiens.

En 1571, les Turcs prennent l'île de Chypre.

• Prétendants au trône de Chypre

Charlotte de Chypre, renversée en 1460, ne renonce pas au trône et reste prétendante jusqu'à sa mort, en 1487. C'est ensuite son cousin Charles Ier de Savoie, son plus proche héritier légitime, car petit-fils de Louis Ier de Savoie et d'Anne de Lusignan, qui reprend à son compte ses prétentions sur Jérusalem, Chypre et l'Arménie, et les transmet à ses descendants.
L'actuel chef de la maison de Savoie et prétendant au trône d'Italie, Victor-Emmanuel de Savoie, se veut toujours roi titulaire de Chypre







Elles sont identiques à celle du royaume de Jérusalem et suivent de la même manière ses Assises (1). La différence majeure entre les institutions de ces deux royaumes est qu'à Jérusalem, les nobles ont commencé à se créer des fiefs avant que le royaume n'existe tandis qu'à Chypre, c'est le roi qui a préexisté à la noblesse et qui lui a distribué des fiefs, d'où des pouvoirs royaux plus étendus qu'à Jérusalem.





(1) Les Assises de Jérusalem sont des recueils de lois qui décrivent les institutions du royaume de Jérusalem et qui furent utilisées et adaptées pour leroyaume de Chypre. Ces lois du royaume, d'abord sous formes écrites et dispersées, sont réunies en recueil au cours du XIIIe siècle.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 22:11



L'Empire latin de Constantinople ouEmpire latin d'Orient est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l'Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des croisés Latins. Il dure jusqu'en 1261, année de la reconquête de la ville par l'Empereur Michel Paléologue, qui restaure l'Empire byzantin.



Carte de l'Asie mineure et des Balkans en 1204 ;
l'empire latin de Constantinople est indiqué en
mauve, avec ses vassaux.







En 1198, le pape Innocent III lance la quatrième croisade. Les croisés concluent un traité avec les Vénitiens qui prévoit le transport et le ravitaillement de l'armée contre 85 000 marcs d’argent et la moitié du butin.

Au printemps 1202, la croisade compte le tiers des effectifs prévus et verse seulement 50 000 marcs aux Vénitiens. Un moratoire est accordé à condition que les croisés aident Venise à reprendre le port dalmate de Zara au roi de Hongrie. La prise de cette ville chrétienne (novembre 1202) suscite des protestations dans l’armée. Le pape excommunie Vénitiens et croisés, mais lève aussitôt la peine pour ces derniers. Pendant l’hivernage, le jeune prince byzantin Alexis Ange arrive à Zara et demande aux croisés de rétablir sur le trône impérial son père Isaac II, renversé par Alexis III Ange en 1195. En échange de cette aide, il promet des versements élevés, la contribution des Byzantins à la croisade et l’union des Églises. Malgré l’opposition d’une partie de l’armée et du légat papal, le projet est adopté.


Au printemps suivant, la croisade met le siège devant Constantinople le 24 juin. Le17 juillet, un premier assaut de la capitale provoque la fuite d’Alexis III. Isaac II, rétabli, doit associer son fils Alexis au pouvoir. Incapables de tenir les promesses faites aux croisés de plus en plus impatients, et tandis que la population grecque leur est de plus en plus hostile, ils sont renversés par une émeute populaire qui porte au pouvoir Alexis V Doukas, anti-latin convaincu.

En mars 1204, un traité conclu entre le doge de Venise Enrico Dandolo et les croisés, le Partitio terrarum imperii Romanie, décide par avance le partage de l’Empire byzantin. Constantinople est prise et livrée au pillage les 12 et 13 avril. La population grecque est massacrée, les églises et les monastères profanés. La ville, pillée et en partie brûlée, est désertée par sa population qui ne reviendra qu’en 1261. Le pape Innocent III accepte d’abord le fait accompli, justifié par les promesses d’union des Églises et l’aide de l’Empire latin à Jérusalem, avant de parler de détournement de la croisade et d'en accuser les Vénitiens.





Le choix du nouvel empereur est confié à une commission de douze membres, six Vénitiens et six Francs. Deux chefs francs convoitent le titre impérial : Boniface de Montferrat et Baudouin IX de Flandre. Sur les six hommes d'Église choisis pour représenter les Francs, un seul est partisan de Boniface de Montferrat, tandis que la plupart des barons soutiennent la candidature de Baudouin de Flandre.


Préféré à Boniface de Montferrat, Baudouin de Flandre est élu empereur sous le nom de Baudouin Ier le 16 mai 1204 par les douze électeurs.


Si l'Empire latin de Constantinople est souvent considéré comme la continuation de l'Empire byzantin, les historiens modernes mettent aujourd'hui l'accent sur le fait que ces deux entités sont totalement différentes : en effet, si Baudouin conserve un gouvernement impérial ainsi qu'un cérémonial directement inspiré de Byzance, il s'applique à introduire en Orient les règles de la féodalité, rompant ainsi avec les traditions grecques.






La partitio reprend les termes du traité de 1202 sur le partage pour moitié entre les croisés et les Vénitiens des conquêtes effectuées. Les croisés doivent concéder à Venise « un quart et demi » des terres byzantines, les trois cinquièmes de la ville, le patriarcat et de nouveaux privilèges commerciaux, les ports de Coron et Modon, la Crète, l'île de Négrepont, entre autres. La croisade a été l'occasion pour Venise de se constituer un empire colonial qui va servir ses intérêts commerciaux pendant plusieurs siècles.

L’Empire latin obtient le quart des terres et s'étend à Constantinople, la Thrace et le nord-ouest de l’Asie Mineure) ; les Vénitiens reçoivent les territoires qui s'étendent au sud d'Andrinople, jusqu'à la mer de Marmara. D'autres États sont constitués :

• le royaume de Thessalonique, conquis par Boniface de Montferrat et qui s'étend sur la Macédoine et la Thessalie. En 1227, à la mort de Démétrios de Montferrat, le royaume passe à l'empereur Frédéric II de Hohenstauffen ;

• le duché d'Athènes, dont la capitale est fixée à Thèbes, octroyé à Othon de la Roche, et qui devient la terre d'accueil pour les Latins, qui supplantent les aristocrates grecs. En 1208, le pape Innocent III y fonde l'archevêché d'Athènes ;

• le duché de Naxos, que se constitue le Vénitien Marco Sanudo, neveu du dogeEnrico Dandolo, regroupant toutes les îles de l'archipel des Cyclades ;

• la principauté d'Achaïe ou de Morée, gouvernée par Geoffroi Ier de Villehardouin et partagée en douze baronnies, y compris les terres données aux Hospitaliers, aux Templiers et à l'archevêque de Patras. La féodalité de Morée conserve les mœurs et coutumes des pays d'origine : Champagne, Picardie ou Bourgogne.

Au sein de chaque État vassal de l'empire, la féodalité conduit au partage des terres entre les seigneurs ayant participé à la Croisade.


Certains hauts barons n'obtiennent cependant que des terres non encore conquises (surtout situées en Asie), que Baudouin leur cède sur sa part et sur lesquelles ils ne mettront jamais les pieds : Henri de Flandre obtient ainsi le « royaume d'Andremite, Pierre de Bracheux le « royaume de Konya », le comte de Blois se voit attribuer le « duché de Nicée » tandis que Rénier de Trit reçoit le « duché de Philippopoli.



L'Empire Latin et les États grecs en 1204.







Sous l'influence de Baudouin et des Francs, la civilisation latine est introduite dans tous les territoires formant l'Empire latin, par l'application des coutumes féodales et des cours d'Occident.

L'histoire de l'Empire latin n'est qu'expéditions, sièges ou défenses des places fortes en pays insoumis : devant combattre sur tous les fronts, les Francs doivent en outre faire face à l'hostilité des Grecs. Ainsi en février 1205, à la mort d'Hugues de Saint-Pol, les Grecs de sa seigneurie de Didymotique s'allient à Jean Kalojan, roi des Bulgares. S'ensuit une sanglante défaite, le 14 avril 1205 à Andrinople, au cours de laquelle Baudouin de Flandre disparaît, sans que son corps soit retrouvé.

Quelques semaines plus tard, le doge vénitien Enrico Dandolo meurt à Constantinople, laissant les Vénitiens sans directives quant au choix d'un nouvel empereur. C'est finalement Henri de Hainaut, le frère de Baudouin, qui devient empereur.






De 1206 à 1216, l'Empire latin s'affermit sous le gouvernement d'Henri : il conquiert l'Épire et la Macédoine mais échoue également devant les Bulgares, à Andrinople.


Kalojan organise en 1205-1206 le siège puis le massacre de Philippopoli, au cours duquel l'archevêque est massacré, les notables écorchés vifs ou décapités, la ville rasée et réduite en cendres ; il s'empare ensuite d'Arcadiopolis, puis de Visoï, où il massacre toute la population.

Les exactions des Bulgares entraînent en Europe un ralliement aux Latins. Henri de Flandre peut conquérir le Dimot et, le 20 août 1206, il est couronné empereur à Constantinople. Il repart ensuite en expédition contre les Bulgares.

Au printemps 1207, les Bulgares assiègent Andrinople : également harcelé par les Grecs en Asie, Henri de Flandre parvient tout de même à libérer la ville. Le 8 octobre 1207, Kalojan meurt devant Andrinople, probablement assassiné par l'un de ses hommes.

En novembre 1208, Henri conclut une trêve avec les Bulgares et marie une de ses filles à Slav, un prince bulgare neveu de Kalojan. Il met à profit ces temps de paix pour se concilier ses anciens ennemis, tâchant de s'allier les Grecs, qu'il rappelle à Constantinople et admet à sa cour.

Il parvient également à intéresser l'Occident à l'Empire latin.
De 1209 à 1212, il mène la guerre contre les barons de Salonique : ceux-ci, au décès de Boniface de Montferrat, avaient refusé de lui prêter hommage et avaient proclamé pour suzerain Guillaume de Montferrat ; le 2 mai 1210, le royaume de Salonique est déclaré partie intégrante de l'Empire latin de Constantinople.
Il mène également la guerre contre les Grecs de Nicée et d'Épire et les Serbes.







En 1216, à la mort sans postérité d'Henri de Flandre, une délégation de barons offre le trône à Pierre II de Courtenay, comte de Tonnerre, d'Auxerre et de Namur et époux de Yolande de Flandre, sœur de Baudouin et d’Henri. Couronné à Rome le 9 avril 1217, il jure de maintenir les privilèges des Vénitiens. Il tombe cependant dans une embuscade tendue par des Grecs dans les montagnes d'Albanie et n'atteindra jamais Constantinople : il meurt en prison au cours de l'hiver 1218-1219.

Sa veuve, Yolande de Courtenay, donne peu de temps après naissance à Baudouin II de Courtenay, né à Constantinople dans la chambre des porphyrogénètes. L'empire est alors confié à Conon de Béthune, qui meurt le 17 décembre 1219 ; il est remplacé par un gouvernement collégial composé de Geoffroy de Merry, Narjot de Toucy et Théodore Branas.

En 1220, Robert de Courtenay, fils de Yolande, est couronné empereur. Son règne est marqué par le renforcement des relations avec les Grecs de Nicée mais, en 1224, la victoire de Jean III Doukas Vatatzès sur les frères Lascaris renforce la menace que les Grecs font peser sur l'Empire latin, chassé de ses territoires d'Asie et mal gouverné.

Au cours de l'hiver 1227, les barons déposent Robert de Courtenay, qui meurt en Morée en janvier 1228, et proclament empereur Baudouin II de Courtenay.

En 1229, la couronne est proposée à Jean de Brienne, ancien roi de Jérusalem. Il devient empereur associé à Baudouin II. En 1245 l'Empire, réduit à la seule ville de Constantinople, est au bord de la faillite.






Chassés de Constantinople, les Grecs n'en ont pas moins constitué trois États indépendants, soustraits à l'Empire latin de Constantinople et tenus par des dynastes grecs : l'Empire de Nicée, ledespotat d'Épire et l'Empire de Trébizonde.

Alexis III est emprisonné par son gendre Théodore Ier Lascaris qui se fait reconnaître empereur à Nicée. Il échoue dans ses efforts militaires et diplomatiques pour reprendre Constantinople, mais maintient vivante dans sa capitale la tradition impériale byzantine.

En 1235, Jean III Doukas Vatatzès, empereur de Nicée, allié aux Bulgares d'Ivan Asen II, assiège sans succès Constantinople défendue par Jean de Brienne avec l’appui d’une escadre vénitienne, mais réussit à reconquérir la Thrace et la Macédoine.

Un second siège de Constantinople a lieu en 1260, après la victoire de Michel Paléologue sur Guillaume de Villehardouin à la Bataille de Pélagonia, au cours de l'automne 1259. Le siège est un échec.

Le 25 juillet 1261, le général Alexios Stratigopoulos entre par surprise dans Constantinople : ayant fui le palais des Blachernes pour le palais de Boucoléon, le jeune empereur Baudouin II s'enfuit à Thèbes puis dans les Pouilles, avant de parvenir en France en 1262.



L'Empire Latin en 1230







Le 13 avril 1204, après la prise de Constantinople par laquatrième croisade un concile de six Vénitiens et de six Francsse réunit et choisit Baudouin IX, comte de Flandre et de Hainautpour diriger les terres conquises, qui deviennent l'Empire latin de Constantinople.


Empereurs latins de Constantinople


Maison de Hainaut

1204-1205 : Baudouin Ier de Hainaut (v. 1171 † 1205), comte de Flandre et de Hainaut, fils de Baudouin VIII, comte de Flandre et de Hainaut, et de MargueriteIrede Flandre
élu empereur le 13 avril 1204, sacré le 13 mai 1204.
marié le 6 janvier 1186 àMarie de Champagne(v.1174 † Jérusalem 9 août 1204), fille d’Henri Ier le Libéral comte de Champagne et de Marie de France. Jamais couronnée impératrice, car morte àSaint-Jean d'Acre avant de rejoindre son mari.
Battu par le tzar des Bulgares le 14 avril 1205 à la Bataille d'Andrinople, Baudouin meurt en captivité peu après. Son frère Henri est élu régent de l’empire. Après la confirmation des rumeurs de la mort de Baudouin, il est élu empereur

1205-1216 : Henri de Hainaut (v. 1176 † 11 juillet 1216), frère du précédent
sacré empereur le 20 août 1206
marié en premières noces le 4 février 1207 Agnès de Monferrat († 1208), fille deBoniface, marquis de Montferrat, roi de Thessalonique et d’Hélène de Busca
marié en secondes noces 1213 avec Marija, fille de Kalojan, tsar des Bulgares
Après la mort en des circonstances inconnues d’Henri de Hainaut, la couronne est offerte à son beau-frère Pierre II de Courtenay, comte de Nevers, d’Auxerre et de Tonnerre


Maison capétienne de Courtenay

1217-1219 : Pierre II de Courtenay (v. 1155 † juin 1219), fils de Pierre Ier de France, sire de Courtenay
sacré empereur à Rome le 9 avril 1217, il se rend à Constantinople, mais est capturé en chemin et meurt dans les geôles de Théodore Ange, despote d’Epire
marié le 1er juillet 1193 en secondes noces à Yolande de Hainaut (v. 1175 † 26 août 1219), sœur de Baudouin et d’Henri.
A leur mort, leur fils aîné Philippe refuse le trône et préfère le marquisat de Namur, si bien que c’est leur second fils Robert qui devient empereur.

1219-1228 : Robert de Courtenay (v. 1201 † janvier 1228), fils des précédents
marié en 1228 et secrètement à une fille de Baudouin de Neuville, chevalier artésien.
À sa mort, son frère Henri renonce au trône, gardant le marquisat de Namur, laissant le trône à Baudouin II. Comme il est mineur la régence est confiée à Jean de Brienne, qui demande à être associé au trône.

1228-1261 : Baudouin II Porphyrogénète (fin 1217 † 1273), frère du précédent.
fiancé à Pérouges le 19 avril 1229, et marié en 1234 à Marie de Brienne (v. 1225 † après 1275), fille de Jean de Brienne et de Berengère de Castille.

1231-1237 : Jean de Brienne (v. 1170 † 27 mars 1237), beau-père de Baudouin II.
nommé régent de Constantinople en 1229, sacré empereur en 1231.
marié en 1224 Berengère de Castille (1204 † 12 avril 1237), fille d’Alphonse IX roi de León de Berengère de Castille.

Le 25 juillet 1261, l’empereur de Nicée Michel VIII Paléologue reprend Constantinople aux Latins, met fin à l’empire latin de Constantinople et restaure l’empire byzantin. Baudouin II et ses descendants ne portent plus qu’un titre vide de sens.




Empereurs titulaires

1261-1273 : Baudouin II de Courtenay.

1273-1283 : Philippe Ier de Courtenay (1243 † 15 décembre 1283), fils du précédent.
marié le 15 octobre 1273 à Béatrice de Sicile (v.1252 † 1275), fille de Charles Ierd’Anjou, roi de Sicile et de Béatrice de Provence.

1283-1307 : Catherine de Courtenay (1274 † 1307), fille du précédent.
mariée à Charles de France (1270 † 1325), comte de Valois

1307-1346 : Catherine II de Valois-Courtenay (1303 † 1346), fille des précédents.
mariée en 1313 à Philippe Ier de Tarente († 1332), prince de Morée

1346-1364 : Robert de Tarente (1326 † 1364), fils des précédents.
mariée en 1347 à Marie de Clermont († 1387), fille de Louis Ier de Clermont, duc de Bourbon, et de Marie d’Avesnes

1364-1374 : Philippe II de Tarente (1329 † 1374), frère du précédent.
marié en 1355 à Marie de Calabre, fille de Charles de Calabre et de Marie de Valois

1374-1380 : Marguerite de Tarente († 1380), sœur du précédent.
marié en 1352 à François des Baux, duc d'Andria.

1380-1383 : Jacques des Baux († 7 juillet 1383), fils des précédents.
marié en 1382 à Agnès de Durazzo, fille de Charles d’Anjou, duc de Durazzo, et de Marie de Calabre.
Jacques des Baux décède sans enfant légitime. Son unique sœur, Antonia des Baux, femme du roi Frédéric II de Sicile était morte en 1374 également sans enfants. Le plus proche parent est Jean d’Artois (1321 † 1387), comte d’Eu, fils de Robert III d’Artois et de Jeanne de Valois-Courtenay, sœur de Catherine II. Il ne semble pas avoir fait acte de prétention au trône latin de Constantinople. Aussi Jacques des Baux est-il considéré comme le dernier des empereurs latins titulaires de Constantinople.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:15, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 22:49




Le royaume de Thessalonique est l’un des États latins qui apparurent après la conquête de Constantinople par les Croisés en 1204. Érigé autour de Thessalonique, qui avait été la deuxième ville en importance de l’empire byzantin, vassal de l’empire latin de Constantinople, son existence fut éphémère, se terminant vingt ans après sa création par la prise de la ville par le despote

d’Épire, Théodore Ier l’Ange, et la création d’un « empire de Thessalonique » encore plus éphémère.


Carte du royaume en 1204








Lors de sa création en 1204, le royaume de Thessalonique comprenait, si on le compare à l’étendue de la Grèce contemporaine, un territoire incluant les régions administratives de la Macédoine-centrale, de la Macédoine-Orientale-et-Thrace, de la Thessalie et une partie de la Grèce centrale. Au Sud, sa frontière était constituée par le fleuve Sperchios et sa vallée à l’Ouest, jusqu’au golfe Maliaque à l’Est. L’État voisin était le duché d’Athènes, également État croisé qui devint rapidement vassal du royaume de Thessalonique. À l’Ouest, le massif montagneux du Pinde et son prolongement au sud le séparait du despotat d’Épire, un État byzantin. Au Nord, la frontière coïncidait approximativement avec la frontière actuelle entre la Grèce et la Bulgarie. À l’Est, il jouxtait l’empire latin de Constantinople. Contrairement à la situation actuelle, les régions de Kastoria, d’Édesse, de Véria et de Florina ne faisaient pas partie du royaume de Thessalonique, mais appartenaient aux territoires méridionaux de la Bulgarie qui s’étendaient entre le royaume de Thessalonique à l’Est et le despotat d’Épire à l’Ouest. Les frontières du Nord et de l’Ouest du royaume varièrent considérablement au gré des conflits entre ces trois États.











Lors de la conquête de Constantinople par l’armée croisée en 1204, le marquis Boniface de Montferrat était considéré comme le candidat favori au trône impérial tant par les croisés eux-mêmes que par les Byzantins. Pendant le sac de la ville, il avait eu soin d’occuper le grand palais ; parmi ses captives se trouvait la veuve d’Isaac II, Marguerite de Hongrie, qu’il s’empressa d’épouser pour mieux assurer ses droits. De fait la population de Constantinople voyait déjà en celui-ci son futur empereur et l’acclamait comme Ayos vasileas marchio (le saint empereur, le marquis). Toutefois les Vénitiens considéraient que ce grand magnat italien, proche parent de la dynastie impériale de Hohenstaufen, frère de Conrad de Montferrat, n’était pas assez malléable et serait susceptible de favoriser la grande rivale de Venise en Méditerranée, Gênes. C’est donc Baudouin IX de Flandre qui fut élu empereur.

Boniface accepta cette décision à contrecœur et, refusant l’Anatolie qui lui était proposée, entreprit de conquérir Thessalonique, alors deuxième ville de l’empire byzantin. En août 1204, il signa un traité d’alliance avec les Vénitiens, leur cédant ses droits sur les îles de la mer Égée qu’il s’était fait concéder en 1203 par l’empereur byzantin Alexis III, de même que sur la bande de Kassandra en Macédoine contre le paiement de 1 000 marks d’argent et un « loyer » annuel de 10 000 florins; Boniface devenait ainsi le vassal des Vénitiens. Grâce à cet appui, il put défier l’empereur latin, Baudouin, qui revendiquait également la ville.

Baudouin ayant dirigé ses armées sur Thessalonique en dépit des protestations de Boniface, ce dernier répliqua en attaquant l’armée de Baudouin près d’Andrinople. Une entente entre les deux fut négociée par les barons et les Vénitiens au terme de laquelle Baudouin accepta que Boniface garde Thessalonique, mais exigea qu’il tienne de lui cette possession. Boniface abandonna donc la suzeraineté de Venise pour la transférer aux Latins; en conséquence de quoi, il n’utilisa jamais officiellement le titre de « roi de Thessalonique ». La situation se détendit par la suite lorsque Boniface donna sa fille en mariage à Henri de Flandre, successeur de Baudouin Ier, le 4 février 1207 et par le renouvellement des termes de suzeraineté au printemps de la même année .

Après avoir fait de Thessalonique sa capitale, Boniface partit à la conquête des territoires situés au sud. Il dut toutefois faire face à la résistance initiale des Byzantins dont l’aristocratie avait en bonne partie fui Constantinople pour se réfugier en Grèce continentale et en Asie mineure. Ce fut entre autres le cas de Léon Sgouros, beau-fils de l’empereur Alexis III, qui, après avoir succédé à son père comme gouverneur de Nauplie et d’Argolide, avait réussi à la faveur de la croisade à conquérir Athènes et Thèbes avant d’entrer en Béotie et en Thessalie. Après avoir capturé Alexis III, qui avait joint ses forces à celles de Sgouros, Boniface attaqua ce dernier qu’il força à se réfugier à l'Acrocorinthe où il subit un siège de cinq ans.

C’est au cours de cette campagne en 1204 contre Sgouros que Boniface s’empara d’Athènes qu’il érigea en duché vassal et qu’il confia au Bourguignon Otton de la Roche. La même année et l’année suivante, il avança dans le Péloponnèse où fut créée la principauté d'Achaïe ou de Morée, qui fut confiée d’abord à Guillaume de Champlitte, puis à Geoffroi de Villehardouin, le neveu de l’historien. Ainsi, tous les territoires situés au sud du fleuve Sperchios devenaient des territoires vassaux du royaume de Thessalonique. Au printemps 1205, il occupa l'île d’Eubée, originairement attribuée aux Vénitiens, qu’il inféoda à trois chevaliers originaires de Vérone. Après la prise d’Athènes, Boniface franchit l’isthme de Corinthe et, pénétrant dans le Péloponnèse, mit le siège simultanément devant Corinthe et Argos où se trouvaient encore les forces byzantines de Sgouros. Le début d’une révolte à Thessalonique le força cependant à retourner dans cette ville où il mit fin à la révolte pendant qu’à la même époque l’empereur latin Baudouin était fait prisonnier par le tsar bulgare Kalojan lors de la bataille d’Andrinople le 14 avril 1205.





Le règne de Boniface ne dura qu’un peu moins de trois ans; il périt dans une embuscade tendue par les troupes de Kalojan dans les Rhodopes le 4 septembre 1207. Le royaume échut à son fils, Démétrios, encore enfant, de telle sorte que le pouvoir véritable fut exercé par différents nobles. Sous la conduite du régent Hubert II de Biandrate et du connétable Amédée de Pofoy, un mouvement se dessina qui voulait mettre un terme aux liens entre le royaume et l’empire latin tout en favorisant l’ascension au trône du deuxième fils de Boniface, Guillaume IV de Montferrat.

Le despote d’Épire, Michel Ier Doukas, tenta de tirer avantage de la situation et attaqua son voisin après avoir conclu une alliance avec les Bulgares qui s’étaient déjà avancés jusqu’à Thessalonique en 1207, campagne durant laquelle le tsar perdit la vie. Son héritier était un enfant en bas âge qui fut rapidement remplacé par Boril, un de ses neveux. À l’été 1208, l’empereur Henri affronta Boril qu’il défit, prit le contrôle de la Thrace, y compris Philippopoli et marcha contre Hubert II et les barons rebelles de Thessalonique. Il y installa son frère Eustache comme régent au nom de Démétrios et parvint à s’assurer de la loyauté des différents vassaux du Péloponnèse. Sentant le vent tourner, Michel Doukas maria sa fille à Eustache et fit soumission à l’empereur.







À sa mort en 1215, Michel Ier eut pour successeur son demi-frère, Théodore Comnène Doukas. Théodore avait séjourné longtemps à la cour de Théodore Ier Laskaris, empereur de Nicée, dont il avait reconnu la suzeraineté. Mais une rivalité ne manqua pas d’éclater entre les deux puissances qui désiraient toutes deux se présenter comme les successeurs légitimes de l’empire byzantin. Énergique et dépourvu de scrupules, Théodore entreprit d’agrandir le despotat aux dépens à la fois des Bulgares et du royaume de Thessalonique dont il parvint en neuf ans, soit de 1215 à 1224, à s’emparer de différentes places fortes. L’empereur Henri tenta de l’arrêter, mais mourut à Thessalonique au printemps 1216. L’année suivante, son successeur, Pierre de Courtenay, se rendit à Rome pour recevoir sa couronne des mains du pape. Il revint en quittant l’Italie pour Durazzo qui dépendait du despotat. Théodore fit arrêter l’empereur latin qui fut tué sur place ou alla finir ses jours plus tard dans une prison du despotat, non sans avoir dû entretemps reconnaitre à Guillaume IV de Montferrat tous les droits et obligations de roi latin de Thessalonique, en faisant ainsi le véritable souverain.

La régence de l’impératrice Yolande de Hainaut, puis celle de Conon de Béthune, ne permit pas à l’empire latin d’intervenir en faveur du royaume qui avait perdu, après la mort de Boniface, beaucoup de ses chevaliers retournés en Occident. Théodore en profita pour s’emparer de Serres et de l’ensemble du territoire du royaume de Thessalonique à l’exception de Thessalonique elle-même.

Entretemps, face au danger que représentait l’avance des forces armées du despote, la veuve de Boniface de Montferrat et l’héritier du trône, Démétrios, s’étaient réfugiés en 1222 à Rome auprès du pape Honorius III. Ils pressèrent celui-ci d’appeler à une nouvelle croisade qui aurait délivré la ville de Thessalonique et assuré la survie du royaume. Cet appel ne reçut toutefois pas la réponse attendue et la croisade qui se forma sous la direction de Guillaume de Montferrat était trop faible pour produire le résultat escompté. Réunie en mars 1224 dans le sud de l’Italie, la modeste armée ne parvint en Thessalie qu’en 1225. Pour sa part, l’empereur latin Robert de Courtenay, fils de l’infortuné Pierre de Courtenay, était trop occupé par la lutte contre l’empereur de Nicée, Jean III Doukas Vatatzès, pour envoyer des renforts.




Évolution territoriale du despotat d'Épire au
détriment, entre autres, du royaume de Thessalonique,
entre 1205 et 1230







Une lutte à finir se dessinait entre le despote d’Épire et l’empereur de Nicée pour la conquête de Constantinople. S’étant emparé de Thessalonique en 1224, Théodore, trop sûr de sa victoire se fit couronner « empereur de Thessalonique » en 1227 par le métropolite d’Ohrid, celui de Thessalonique ayant refusé de présider à la cérémonie. Cet éphémère « empire de Thessalonique » se termina trois ans plus tard, lorsque Théodore décida d’attaquer non pas Jean Vatatzès, mais la Bulgarie, espérant sans doute libérer ainsi la voie vers Constantinople. Le tsar bulgare Jean Asen défit Théodore et le fit prisonnier. Le frère de Théodore, Manuel, réussit toutefois à s’échapper et à prendre le pouvoir à Thessalonique. Mais, sans arrière-pays, sans armée véritable, l’ « empire de Thessalonique » ne fut plus qu’un État-client de la Bulgarie.

1227 marqua également la mort de l’infortuné Démétrios retourné en Italie après qu’une épidémie eut emporté Guillaume de Montferrat et décimé son armée. Après sa mort, le titre de roi de Thessalonique, sans contenu réel, fut porté par divers personnages.






Comme les autres États croisés, le royaume de Thessalonique fut organisé sur le modèle féodal en vigueur en Europe de l’Ouest, les institutions byzantines qui avaient eu cours jusque-là furent abolies et Boniface redistribua les propriétés des plus riches habitants parmi ses barons. Le changement ne fut cependant pas aussi radical qu’on pourrait l’imaginer. Certes, la féodalité telle qu’on la connaissait en Europe de l’Ouest était inconnue à Byzance. Toutefois, l’institution de la pronoïa et son extension sous les Comnènes, de même que la puissance de plus en plus grande que s’était attribuée l’aristocratie terrienne aux dépens de la puissance impériale offraient de nombreuses similitudes. L’administration politique et militaire fut confiée à des nobles latins, pour la plupart d’origine lombarde, ce qui augmenta l’influence de l’Italie du nord dans la région. Ceci ne veut pas dire nécessairement que les Latins aient été mal accueillis par la population locale. Contrairement aux États successeurs, Trébizonde, Épire et Nicée, où l’aristocratie byzantine avait établi son pouvoir, nombreux furent ceux qui accueillirent les Latins en libérateurs. Nicolas Choniates note que lorsque lui-même et ses collègues fonctionnaires fuirent Constantinople pour se réfugier en province, ils furent souvent objets de dérision et de propos haineux de la part de la population qui se réjouit de ce que ceux qui les avaient gouvernés ainsi que leurs collecteurs de taxes en étaient maintenant eux-mêmes réduits à la pauvreté. Lorsque l’empereur Baudouin, à l’été 1204, se rendit à Thessalonique avec son armée, la population vint à ses devants pour lui souhaiter la bienvenue et l’acclamer comme empereur. II en fut de même pour Boniface de Montferrat dans sa conquête de la Thessalie. En fait, au fur et à mesure que les seigneurs latins s’installaient, nombreux furent les grands propriétaires terriens ayant reçu leurs domaines de l’empereur, qui s’adaptèrent et les tinrent simplement dorénavant des nouveaux seigneurs. Ce n’est que devant l’arrogance et le mépris de ces mêmes seigneurs ainsi que devant leur intransigeance religieuse que l’attitude des populations se modifia, que des révoltes éclatèrent et que l’on demanda l’aide des Bulgares.

Il en alla de même dans le domaine religieux. Thessalonique fut érigée en archevêché avec un archevêque latin et les évêques byzantins furent remplacés par des évêques latins. Toutefois, au niveau paroissial, si la population fut tenue de payer une taxe pour financer les églises latines, elle put continuer à fréquenter ses propres églises comme elle l’avait toujours fait. Contrairement à ce qu’il avait fait pour les propriétaires terriens, Boniface de Montferrat n’accapara pas les terres appartenant à l’Église et ce ne fut que pendant le mouvement de sédition sous la régence d’Hubert II que les biens d’Église furent confisqués au profit de laïcs et que les fils des prêtres grecs furent astreints au service militaire.

Bien que l’économie du pays ait été fondée sur l’agriculture, Thessalonique était devenue au XIIe siècle un centre commercial qui attirait les commerçants de Scythie, d’Italie, de la péninsule Ibérique et jusqu’aux pays celtes de la Transalpine. Les marchands italiens avaient déjà commencé à y installer des colonies et les Normands l’avaient brièvement occupée en 1185. Les Vénitiens étaient sortis grands gagnants de cette quatrième croisade. Moins intéressés par les conquêtes territoriales qu’à étendre leur empire commercial et à empêcher leurs concurrents, les Génois, de faire de même, ils s’étaient emparés ou avaient acheté (voir plus haut) les îles ou ports qui pouvaient servir de base à ce commerce, se constituant ainsi « un empire de bases navales ». Thessalonique, relais important vers la mer Noire, ne pouvait que profiter de ces développements.















Maison de Montferrat

• Démétrios de Montferrat (1225-1230)
• Empereur Frédéric II. (1230-1239)
• Boniface II de Montferrat (1239-1240)
• Hélène, nièce de Démétrios (et peut-être sœur de Boniface 1240
• Guillaume VII de Montferrat (1253-1284)
• Yolande (Irène) de Montferrat, femme de l’empereur Andronic II, 1303 régente, † 1317


Ancienne maison de Bourgogne

• Hugo IV de Bourgogne (1266-1271) (prétendant)
• Robert II de Bourgogne (1273-1305) (jusqu’en 1284 prétendant)
• Hugo V de Bourgogne (1305-1313)
• Louis de Bourgogne (1313-1316)
• Ode IV de Bourgogne (1316-1321); celui-ci vendit ses droits en 1321 à Philippe de Tarente







1204-1207 : Boniface Ier, marquis de Montferrat (1150 † 1207), fils de Guillaume V de Montferrat et de Judith de Babenberg

marié avec :
en 1170 Hélène de Busca († 1204)
Alice de Savoie († 1202), fille d'Humbert III, comte de Savoie
en 1204 Marguerite de Hongrie (1175 † 1223)
1207-1222 : Démétrios de Montferrat (1205 † 1227), fils du précédent et de Marguerite de Hongrie

En 1222, le royaume est conquis par Théodore Doukas, despote d'Épire.



Rois titulaires



1222-1227 : Démétrios de Montferrat

En 1266, Baudouin II, empereur latin de Constantinople, donne à Hugues IV de Bourgogne les droits sur le royaume de Thessalonique, dont il est le suzerain.

1266-1272 : Hugues IV, duc de Bourgogne

1272-1305 : Robert II, duc de Bourgogne, fils d’Hugues IV

1305-1313 : Hugues V, duc de Bourgogne, fils de Robert II

il cède ses droits à son frère Louis.
1313-1316 : Louis

il meurt quelques semaines après avoir débarqué dans le Péloponnèse.
1316- : Eudes IV, duc de Bourgogne (1295 - 1349), frère aîné de Louis. Il est le dernier à porter le titre.

En 1314, les Catalans du duché d'Athènes attribuent de leur côté le titre à Guigues de la Tour († 1317), troisième fils d'Humbert Ier de Viennois, leur droit se fondant sur d'anciens projets de conquête de Bernat de Rocafort1.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 23:20




La principauté d'Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202-1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région. La bataille des îles Échinades (1427) ouvre la voie à sa reconquête par les troupes byzantines.
La Chronique de Morée relate la conquête franque et une partie de l'histoire de la principauté.









La majeure partie de la région est conquise par Guillaume de Champlitte et Geoffroi de Villehardouin entre 1205 et 1206. Guillaume gouverne l’Achaïe jusqu’à son retour en France en 1209. Lui succède alors son fils Hugues qui meurt la même année.

Selon la Chronique de Morée, les terres de la principauté sont divisées après la conquête (vers 1209) en douze hautes baronnies par un conseil formé de dix seigneurs francs et grecs, présidé par Geoffroi de Villehardouin. En réalité, cet épisode est probablement apocryphe : les listes données par les différentes versions de la chronique reflètent des situations postérieures à 1209 et les différentes baronnies n'ont pas été créées à la même époque. Les listes des versions grecque et française sont datables de 1228-1230 (avènement de Geoffroy II d'Achaïe) tandis que celle de la version navarraise date des environs de 1260.

Selon la version grecque, les douze baronnies étaient (vers 1230) : Calamata(domaine personnel des Villehardouin), Acova/Mategrifon (Gauthier Ier de Rozière),Carytena/Skorta (Hugues de Bruyères), Véligourt ou Véligosti (Mathieu Ier de Mons), Geraki ou Nivelet à (Guy de Nivelet), Passavant (Jean Ier de Neuilly ou Nully), Nicli(Guillaume Ier de Morlay), Calavryta (Othon de Tournay), Gritsena (messire Luc, inconnu par ailleurs), Patras (Guillaume Aleman), Chalandritsa (Audebert ou Robert de Dramelay) et Vostitsa (Hugues Ier de Lille ou de Charpigny).
Des fiefs étaient aussi attribués à divers évêques et ordres de chevalerie.







Geoffroi Ier de Villehardouin prend alors les rênes de la principauté jusqu’à sa mort. Les Villehardouin composent avec l’orthodoxie de leur peuple, exemptant les prêtres orthodoxes de la corvée et de l’obligation de servir les armes. Cela vaut à Geoffroy II d'Achaïe une brève excommunication, promptement levée devant la nécessité de composer avec l’un des plus puissants seigneurs francs. La Bataille de Pélagonia, perdue par Guillaume II de Villehardouin en 1259 marque le début du déclin de la principauté. Capturé, Guillaume doit céder aux Byzantins une partie du sud-est de la Morée, dont la ville de Mistra. Rapidement, les Francs et les Byzantins entrent en conflit, et une armée byzantine envahit la principauté, mais les Grecs sont repoussés en 1263 (bataille de Prinitza) et 1264 (bataille de Makryplagi) et doivent renoncer à reconquérir l'ensemble de la péninsule. Afin d'obtenir de l'aide, Guillaume devient vassal de Charles Ier d'Anjou.



Situation après la libération de Guillaume II






Dépourvu de descendants mâles, il accorde la main de sa fille Isabelle à Philippe, le fils de Charles d’Anjou, roi de Sicile. Mais Philippe décède avant son beau-père : Charles d’Anjou, à la mort de Guillaume II d’Achaïe, récupère ainsi la principauté. Son fils Charles II d’Anjou la rend cependant à Isabelle et à ses maris successifs, les princes-consorts Florent de Hainaut et Philippe Ier de Savoie.





En 1307, Charles II d’Anjou reprend la principauté à Philippe de Savoie et Isabelle pour l'attribuer à son fils, Philippe Ier de Tarente. Ce dernier la cède en 1313 à Mathilde, la fille aînée d’Isabelle Ire, et à son mari Louis de Bourgogne, qui débarque en Grèce et écrase un autre prétendant, Ferdinand de Majorque, l’époux d’Isabelle de Sabran, nièce d’Isabelle Ire et cousine de Mathilde qui revendiquait la principauté pour lui-même. Cependant, Louis décède dès 1316. Mathilde est mariée de force, en 1318, avec un prince de la maison d’Anjou, Jean de Durazzo qui, dès 1321, la répudie mais garde la principauté. En 1333, Jean de Durazzo vend ses droits à son neveu, Robert d’Anjou, prince de Tarente alors que la mère de celui-ci, Catherine de Valois-Courtenay assure la régence de la principauté grecque.

À la mort de Robert, en 1364, son épouse, Marie de Bourbon lui succède brièvement. Une femme célibataire a peu de légitimité dans ce monde féodal et guerrier pour assurer le gouvernement. Sans doute désireuse de transmettre le trône à son propre fils, issu d’un premier mariage, elle cède néanmoins la principauté à beau-frère, Philippe II de Tarente, empereur titulaire de l’empire latin de Constantinople.

En 1313, la légitimité des prétentions au trône de la principauté par Ferdinand de Majorque était plutôt faible. Son petit-fils, Jacques, dépossédé du royaume de Majorque, va cependant la relever cinquante ans plus tard. Il épouse, en 1362, la reine Jeanne, puissante et ambitieuse princesse angevine de dix ans son aînée. Il n’est pas certain que Jacques aie jamais mis pied à terre en Grèce. Une chose est sûre cependant : en 1373, le prince Philippe II cède ses droits sur la principauté d’Achaïe à Jeanne et son époux. Jacques ne profite pas longtemps de ce titre, il meurt en janvier 1375. Le neveu des princes achaïens, Robert Ier et de Philippe II, Jacques des Baux, succède à Jeanne sur le trône de la principauté. Il décède en 1383 et la principauté revient aux rois de Naples, Charles III puis Ladislas qui n’exercent qu’un contrôle nominal et lointain. Pendant ce temps, cinq prétendants se battent pour le contrôle de la principauté. Le Navarrais Pierre de Saint-Supéran se déclare vainqueur en 1396. Son épouse, issue d’une vieille famille de marchands et d’aventuriers génois, lui succède en tant que régente de leurs enfants. Mais elle est écartée du trône par son neveu, Centurion II Zacharie, avec l’accord de Ladislas de Naples.






Donner la principauté en dot à sa fille unique, Catherine, promise à Thomas Paléologue, est, pour Centurion Zacharie, une fiction bienvenue pour sauver la face : les armées impériales byzantines menées par Théodore II Paléologue et Jean VIII ont investi l’Achaïe en 1417, ne laissant aux Latins que quelques rares places fortes. La principauté est incorporée au Despotat de Morée.

En 1460, le sultan Mehmed II s'empare du Péloponnèse. Thomas Paléologue et son épouse Catherine s'enfuient à Corfou, puis s'installent à Rome.







La Principauté d'Achaïe recevait l'hommage des baronnies extérieures au Péloponnèse suivantes : Le duché d'Athènes, le duché de Naxos les trois baronnies des seigneurs terciers d'Eubée, le marquisat de Bodonitza et le comté palatin de Céphalonie et Zante à quoi il faut ajouter la seigneurie de Salone
Les « Assises de Romanie » ajoutent quatre grands fiefs situés dans le Péloponèse : la seigneurie de Karytaina ou Skorta contrôlée par Hugues de Bruyères, celle de Patras fondée par Pierre Ier Aleman, celle d'Akova ou Matagrifon donnée à Gauthier Ier de Rozière et celle de Kalavryta à Othon de Tournay. Les possesseurs de ces onze fiefs auxquels les Assises adjoignent le « maréchal de Romanie » avait le rang de pairs à la cour princière.

Les seigneurs latins de Morée, qui ont besoin de l’appui des grands propriétaires grecs, les archontes, les laissent développer leurs biens patrimoniaux. Les paysans de Morée, s’ils ne semblent pas payer plus d’impôts qu’avant 1204, voient leurs libertés notablement amoindries : ils vivent dans le cadre d’une seigneurie dont ils dépendent entièrement. Ils sont attachés à leur terre qu’ils ne peuvent quitter sans autorisation seigneuriale, comme aussi pour se marier ou marier leur fille. Le seigneur dispose du vilain et peut le céder à un tiers. Le paysan n’est plus vraiment libre (il peut être affranchi) mais n’est pas un serf (on ne peut vendre autoritairement sa terre en cas d’endettement, il peut disposer de ses meubles et de ses animaux, il peut prendre d’autres terres à bail).


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 23:29



Le duché d'Athènes était l'un des États des Chevaliers croisés mis en place en Grèce après la quatrième croisade au détriment de l'Empire byzantin.
Le duché s'étendait sur l'Attique et laBéotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L'acropole d'Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le centre réel du duché était la ville de Thèbes.









Les villes d’Athènes et de Thèbes sont conquises dans les années 1204-1205 par Othon de la Roche, un seigneur bourguignon de l'entourage du roi de Thessalonique Boniface de Montferrat. Othon prend le titre de μεγασκυρ (megaskyr, soit « grand-seigneur ») et peut-être celui de duc1. La suzeraineté théorique du duché passe du royaume de Thessalonique à l'empire latin de Constantinople, mais dans les faits le duché est indépendant.

Le Duché d'Athènes comprenait les fiefs directs suivants[réf. nécessaire] : Seigneurie puis après 1311 comté de Salona, seigneurie d'Égine, seigneurie de Thèbes,marquisat de Bodonitza jusqu'en 1414.
En 1309 le duché passe à Gautier V de Brienne. Ce dernier, en lutte contre les Grecs de Thessalie soutenus par le Despotat d’Épire et l'empire byzantin, achète les services de la compagnie des Almogavres, un groupe de mercenaires catalans présent en Grèce depuis une dizaine d'années. Mais Gauthier se brouille ensuite avec les Almogavres et trouve la mort au cours d'une bataille contre ces derniers en1311.

Son héritier, Gautier VI de Brienne, continue à revendiquer le titre ducal mais en pratique il se limite à la seigneurie d'Argos et de Nauplie. Il a comme successeur son neveu, Guy III d'Enghien. L'héritière de ce dernier, Marie d'Enghien, veuve du Vénitien Pietro Cornaro, cède Argos et Nauplie à la république de Venise en 1388.





Les Almogavres prennent le contrôle du duché et y imposent les Usatges de Barcelone. Ils demandent au roi Frédéric II de Sicile de prendre la suzeraineté du duché. Ce dernier nomme ducs plusieurs de ses fils, qui ne mettent jamais les pieds en Grèce et se contentent de régner à travers des vicaires généraux. Quelques familles catalanes et siciliennes s'implantent dans le duché, la plus connue est issue du fils illégitime du roi Alphonse Frédéric d'Aragon, comte de Salona. Le comté de Salona fut le plus important fief dépendant du duché durant la période catalane.

En 1315-1316, les Catalans du duché d'Athènes sont appelés par l'infant Ferdinand de Majorque, qui s'efforce de conquérir la principauté d'Achaïe ; ils arrivent cependant trop tard pour pouvoir lui prêter main-forte, et l'infant est tué en juillet 1316.

Profitant de la faiblesse des Grecs, confrontés à l'avance des Turcs en Anatolie et des Serbes dans les Balkans, les Catalans se portent alors vers le nord. Entre 1318et 1319, en s'appuyant sur Salona, ils conquièrent la Phthie, la Phocide et une partie de la Thessalie, formant le duché de Néopatrie, qui est uni à celui d'Athènes. Mais en 1337, l'empereur serbe Stefan Dušan s'empare à son tour du nord de la Thessalie.

En 1379, les duchés sont attaqués par la compagnie de Navarre, un groupe de mercenaires navarrais qui conquièrent notamment Thèbes. En 1381, les duchés passent non plus au roi de Sicile, mais au roi Pierre IV d'Aragon. Ce dernier, bien que soucieux de la préservation de l'acropole d'Athènes (« le plus beau joyau qu'un roi puisse posséder », écrit-il), n'envoie que de faibles renforts dans les duchés.





En 1388, un aventurier florentin, Nerio Acciaiuoli, conquiert Athènes, puis Néopatrie en 1390. Après une éphémère domination vénitienne (1395-1402), les Acciaiuolirestent maîtres des duchés. Après la reconquête byzantine de l’Achaïe en 1430, ils doivent reconnaître l'autorité de Constantinople, mais parviennent à se maintenir.






Le duché est envahi par les forces ottomanes après la chute de Constantinople, invasion facilitée par des luttes internes à la dynastie ducale. En 1456, Mehmed II prend Athènes.






Malgré leur perte des duchés en 1388-90, le titre de duc d'Athènes et de Néopatrieest porté par les rois d'Aragon, puis d'Espagne jusqu'à nos jours. Les descendants de Gautier de Brienne portèrent eux aussi le titre de duc d'Athènes, transmis à leurs héritiers, les Enghien.







a) Ducs francs

• 1205-? (après février 1225)  : Othon de la Roche
• ? (après février 1225)-1263 : Guy Ier de la Roche
• 1263-1280 : Jean Ier de la Roche
• 1280-1287 : Guillaume Ier de la Roche
• 1287-1308 : Guy II de la Roche
• 1309-1311 : Gautier V de Brienne


b) Ducs catalans

• 1311-1312 : Roger Desllor, chevalier roussillonnais de l'entourage de Gautier de Brienne, porté par les Amulgavares à la tête du duché.
• 1312-1317 : Roger-Manfred, fils de Frédéric II de Sicile
• 1317-1338 : Guillaume II, fils de Frédéric II
• 1338-1348 : Jean d'Aragon, marquis de Randazzo, fils de Frédéric II
• 1348-1355 : Frédéric, marquis de Randazzo, fils de Jean
• 1355-1377 : Frédéric III de Sicile
• 1377-1379 : Marie Ire de Sicile
• 1379-1387 : Pierre IV d'Aragon
• 1387-1388 : Jean Ier d'Aragon

       • Vicaire

Les ducs catalans d'Athènes furent des enfants ou des souverains non résidents qui déléguaient le gouvernement du duché à des Vicaires.

• 1312-1316 : Berenguer Estanyol, vicaire de Roger-Manfred ;
• 1316-1317 : Guillaume Thomas ;
• 1317-1330 : Alphonse Frédéric d'Aragon, frère bâtard du duc Guillaume II et son vicaire ;
• 1330-1331 : Odo de Novelles ;
• 1332-1335 : Nicolo Lancia ;
• 13??-1356 : Raimondo Bernerdi
• 1356-1359 : Jacques-Frédéric d'Aragon, comte de Salona, vicaire du roi Frédéric III ;
• 1359-1359 : Gonsalvo Ximénès d'Arenos ;
• 1359-1361 : Mateu de Montcada, comte d'Aderno et d'Agosta qui délègue ses pouvoirs à En Thomas de Pou ;
• 1361-1363 : Roger Ier de Lauria ;
• 1363-1367 : Mateu de Montcada de nouveau ;
• 1367-1371 : Roger Ier de Lauria rétabli ;
• 1371-1375 : Mateu de Peralta ;
• 1375-1381 : Louis Frédéric d'Aragon, comte de Salona ;
• 1381-1382 : Felipe Dalmau VI, vicomte de Rocabertí ;
• 1382-1383 : Ramon de Villanova ;
• 1383-1385 : Roger II et Antoine de Lauria ;
• 1385-1388 : Per de Pau, le dernier défenseur de l'Acropole le 2 mai 1388

c) Ducs florentins

• 1388-1394 : Nerio Ier Acciajuoli
• 1394-1395 : Antonio Ier Acciaiuoli
• 1395-1402 : contrôle vénitien avec les Podestats suivants :
• 1395-1397 : Albano Contarini;
• 1397-1399 : Lorenzo Venier ;
• 1399-1400 : Ermoaldo Contarini ;
• 1400-1402 : Nicolo Vitturi.
• 1403-1435 : Antonio Ier Acciaiuoli rétabli ;
• 1435-1439 : Nerio II Acciaiuoli ;
• 1439-1441 : Antonio II Acciaiuoli ;
• 1441-1451 : Nerio II Acciaiuoli ;
• 1451-1454 : Bartolomeo Contarini, époux de Chiara Giorgio, la veuve de Nerio II, régents pour ;
• 1451-1454 : Francesco er Acciaiuoli, fils de Nerio II ;
• 1455-1456 : Francesco II Acciaiuoli, fils d’Antonio II.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 7 Nov - 14:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 2011
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 3 Avr - 23:49



Le Duché de Naxos est un des États croisés fondés après la quatrième croisade sur des territoires byzantins. Il s'étendit sur une partie des Cyclades, îles de la mer Égée en Grèce. Il était centré sur Naxos, conquise en premier par Marco Sanudo. Le duché, fondé par des Vénitiens se plaça rapidement sous la suzeraineté de l'empereur latin de Constantinople. Le système féodal occidental fut surimposé au système byzantin. Les deux christianismes,catholique et orthodoxe, cohabitèrent ainsi.
Le duché fut d'abord gouverné par la dynastie des Sanudi (XIIIe etXIVe siècles) puis par celle des Crispi (XVe et XVIe siècles). En 1537, l'attaque par Khayr ad-Din Barberousse soumit le duché à la suzeraineté ottomanefaisant du duc un tributaire du Sultan. En 1566, le dernier duc italien, fonctionnaire ottoman, fut remplacé parSélim II qui nomma Joseph Nassi. Celui-ci géra le duché jusqu'en 1579 ; après une période intermédiaire où le titre fut attribué à divers personnages, le duché fut dissous vers 1617.






En 1204, la IVe croisade s'empara de Constantinople, et les vainqueurs se partagèrent l'Empire byzantin. La souveraineté nominale sur les Cyclades échut aux Croisés, sauf Andros et Tinos qui furent (théoriquement) attribuées, la première à Venise, la seconde à l'empereur latin de Constantinople. Les îles ne purent cependant être occupées rapidement ; après quelques années, un accord fut finalement conclu entre l'Empereur latin et Venise, autorisant des citoyens vénitiens agissant à titre privé à les conquérir, à condition d'en faire hommage à l'Empereur. Cette nouvelle suscita des vocations. De nombreux aventuriers armèrent des flottes à leurs frais, dont un riche Vénitien résidant à Constantinople,Marco Sanudo, neveu du Doge Enrico Dandolo. Il s'empara sans coup férir de Naxos en 1205 et en 1207 il contrôlait ainsi la plupart des Cyclades, directement ou par l'intermédiaire de vassaux (dont le seul à être clairement attesté est Marino Dandolo, pour Andros). D'autres seigneuries furent créées durant la même période en mer Égée : les frères Andrea et Geremia Ghisi devinrent ainsi maîtres de Tinos, Mykonos et des Sporades3 mais ne dépendaient pas du duché. L'histoire particulière de chaque île est mal connue pour le XIIIe siècle, et certaines dynasties (Barozzi, Querini) que l'on pensait s'être installées dès la fondation du duché semblent n'avoir acquis leurs possessions qu'à partir du XIVe siècle.

Marco Sanudo fonda le duché de Naxos avec les principales îles comme Naxos, Paros, Antiparos, Milos, Siphnos, Kythnos et Syros. Les Ducs de Naxos devinrent vassaux de l'empereur latin de Constantinople en 1210. Les Latins imposèrent le système féodal occidental sur les îles qu'ils dominaient. Venise ne profitait donc plus directement de cette conquête, cependant la République y avait trouvé avantage : l'Archipel avait été débarrassé de ses pirates, mais aussi des Génois et la route commerciale vers Constantinople était sécurisée. Les habitats redescendirent vers les côtes et y furent fortifiés par les seigneurs latins : Paroikia sur Paros, le port sur Naxos ou Antiparos.
La coutume de la Principauté de Morée, les Assises de Romanie devint rapidement la base de la législation dans les îles6. En effet, à partir de 1248, le Duc de Naxos devint le vassal de Guillaume II de Villehardouin et donc à partir de 1278 de Charles Ierde Sicile. Le système féodal fut appliqué même pour les plus petites propriétés, ce qui eut pour effet de créer une importante « élite locale ». Les « nobles francs» reproduisirent la vie seigneuriale qu'ils avaient laissée derrière eux : ils se construisirent des « châteaux » où ils entretinrent une cour. Aux liens de vassalité s'ajoutèrent ceux du mariage. Les fiefs circulèrent et se fragmentèrent au fil des dots et des héritages. Ainsi, en 1350, quinze seigneurs dont onze Michieli se partageaient Kéa (120 km² et quelques dizaines de familles alors).






Cependant, ce système féodal « franc » (comme on appelait tout ce qui venait d'Occident à l'époque) se surimposa au système administratif byzantin, conservé par les nouveaux seigneurs : les taxes et corvées féodales étaient appliquées aux divisions administratives byzantines et l'exploitation des fiefs continuait selon les techniques byzantines. La loi byzantine resta aussi en vigueur pour les mariages et les propriétés pour la population locale d'origine grecque. Il en était de même pour la religion : si la hiérarchie catholique dominait, la hiérarchie orthodoxe subsistait et parfois, lorsque le curé catholique n'était pas disponible, la messe était célébrée par le pope orthodoxe. Les deux cultures se mêlèrent étroitement. On peut le voir dans les motifs des broderies populaires dans les Cyclades : les influences italiennes et vénitiennes y sont très présentes.







Au XIIIe siècle, la tentative de reconquête de l'Égée par Alexis Philanthropénos pourMichel VIII Paléologue, l'Empereur byzantin échoua devant Paros et Naxos, mais certaines îles avaient été conquises et gardées par les Byzantins entre 1263 et127811,12. En 1292, Roger de Lauria ravagea Andros, Tinos, Mykonos et Kythnos, peut-être une conséquence de la guerre qui faisait rage entre Venise et Gênes. Au début du XIVe siècle, les Catalans firent leur apparition dans les îles, peu avant les Turcs. Le déclin des Seldjoukides laissa en effet le champ libre en Asie mineure à un certain nombre de principautés turkmènes dont les plus proches de la mer lancèrent à partir de 1330 des razzias dans l'archipel où les îles furent régulièrement pillées et leurs habitants emmenés en esclavage. Les Cyclades connurent alors un déclin démographique. Même lorsque les Ottomans commencèrent à s'imposer et à unifier l'Anatolie, les expéditions se poursuivirent, jusqu'au milieu du XVe siècle, en partie à cause du conflit entre Venise et les Ottomans.






En 1383 la dynastie des Sanudo fut renversée et céda la place à celle des Crispo. La conquête ottomane de la Grèce en fit le dernier État latin en Orient. En 1418, le duc reconnut comme suzeraine la seigneurie de Venise, qui dirigea de facto le Duché.

Le Duché de Naxos passa temporairement sous protection vénitienne en 1499-1500et 1511-1517.
En 1566 le dernier duc Giacomo IV Crispo fut déposé par le Sultan Selim II qui installa à sa place un marrane portugais, Joseph Nasi. À la mort de ce dernier en 1579, divers prétendants se disputèrent sa succession, dont l'avant-dernier ducGiacomo IV Crispo. Finalement, le duché fut placé sous la dépendance du capudan pacha, qui nomma divers « bey-ducs » ayant un statut intermédiaire à la fois de gouverneur ottoman et de fermier des impôts, mais continuant à porter le titre de duc et à jouer un rôle « féodal » dans la juridiction du duché où les Assises de Romanieétaient toujours en vigueur. Ce statut fut supprimé en 1617.

Quelques îles du Duché restèrent dirigées pour quelques décennies par des seigneurs latins, Tinos demeurant vénitienne jusqu'au début du XVIIIe siècle.



]


a) Famille Sanudo



Armes des Sanudo, ducs de Naxos



• Marco Ier Sanudo (1205 ? -1227 ?) Fondateur de la dynastie
• Angelo Sanudo (1227 ?-1244) Fils du précédent
• Marco II Sanudo (1244-1303) Fils du précédent
• Guglielmo Sanudo (1303-1323) Fils du précédent
• Niccolò Sanudo (1323-1341) Fils du précédent
• Giovanni Sanudo (1341-1362) Frère du précédent
• Fiorenza Sanudo (1362-1371) Fille du précédent avec son second mari et cousin Niccolo Sanudo Spezzabanda
• Niccolo III dalle Carceri (1371-1383) Fils de la précédente



b) Famille Crispo



Armes des Crispo, ducs de Naxos


• Francesco I Crispo (1383-1397) Assassin du précédent et époux de Fiorenza Sanudo, nièce de Niccolò Sanudoet Giovanni Sanudo
• Giacomo Ier Crispo (1397-1418) Fils du précédent
• Giovanni II Crispo (1419-1437) Frère du précédent
• Giacomo II Crispo (1437-1447) Fils du précédent
• Gian Giacomo Crispo (1447-1453) Fils pas encore né à la mort du précédent. Régence assurée par les oncles du précédent : Niccolo Crispo puis Guglielmo Crispo
• Guglielmo II Crispo (1453-1463) d'abord régent puis Duc
• Francesco II Crispo (1463) Neveu du précédent
• Giacomo III Crispo (1463-1480) Fils du précédent
• Giovanni III Crispo (1480-1494) Frère du précédent
• Régence directe de la République de Venise (1494-1500)
• Francesco III Crispo (1500-1511) Fils du précédent
• Régence directe de la République de Venise (1511-1518)
• Giovanni IV Crispo (1517-1564) Fils du précédent ; en 1537 passage sous souveraineté ottomane


c) Sous souveraineté ottomane

• Giacomo IV Crispo (1564-1566) Fils du précédent
• Joseph Nasi (1566-1579)



    1) Bey-ducs


• à partir de 1580, pendant moins de 3 ans : Süleyman (un chrétien converti), qui résida à Naxos
• Konstantinos Kandakouzenis, un phanariote qui ne résida pas sur place et abusa de sa position
• Après 1598 : Ioannis Choniatis, un Grec d'Athènes, de façon intermittente avec un autre personnage
• en 1600 : Carlo Cicala, un Sicilien catholique proche de l'Espagne, frère du capitan pacha Sinan Cicala. N'ayant pu obtenir l'éloignement des fonctionnaires ottomans locaux, et en bute à l'opposition des Vénitiens, alors ennemis des Espagnols, il ne prit pas effectivement possession du duché, qui fut à nouveau affermé à Choniatis
• de 1616 à 1617 : Gasparo Gratiani, un aventurier croate ayant participé aux négociations entre l'Empire ottoman et l'Autriche.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   

Revenir en haut Aller en bas
 
ETATS LATINS D'ORIENT
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» la forêt d'orient
» [Kaspi, André] Comprendre les Etats-Unis d'aujourd'hui
» Spectacle de l'association Etoile d'Orient à Dijon
» Luc Orient de Eddy Paape et Greg
» Ahlam Tsouli ou l'Orient multiple

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique :: HISTOIRE :: LES CROISADES-
Sauter vers: