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 ORDRES MILITAIRES

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Lanaelle
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MessageSujet: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 12:32




Les ordres militaires sont des ordres religieux chrétiens dédiés à la protection armée de la religion. Ils sont constitués au Moyen Âge dans le contexte de la guerre sainte motivé par les croisades et la Reconquista.


Contexte historique

a) la péninsule Ibérique
b) La Terre Sainte
c) La Prusse orientale


Origine des ordres militaires

a) les premiers chevaliers
b) création de l’ordre du Temple


ordres militaires en Terre Sainte

a) Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
b) Ordre Teutonique
c) Autres ordres militaires


Ordres militaires de la Reconquista

a) Ordre de Calatrava
b) Ordre de Santiago
c) Ordre d’ Alcantara
d) Ordre d’Aviz
e) Ordre de Montesa
d) Ordre du Christ



Ordres militaires de Prusse Orientale

a) Chevaiers Porte-Glaive
b) Ordre de Dobrin



Evolution des ordres militaires

Descriptions et organisations


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Lanaelle
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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 15:37




Les ordres religieux militaires sont nés en réponse aux attaques musulmanes sur les lieux saints chrétiens.






Le territoire qui vit la première confrontation fut la péninsule Ibérique (1). Avec l'invasion musulmane en 711 et la bataille de Guadalete (2), presque toute la péninsule tombe sous la domination maure  en moins de cinq ans. La Reconquista (3)(reconquête)commence en 718 lorsque les musulmans sont défaits à la bataille de Covadonga (4) par Pelayo (5), noble d'origine wisigothe (6) ou asture (7). Seule la frange nord de l'Espagne, correspondant aux actuels Pays basque, Cantabrie, Asturies et Galice, reste sous domination chrétienne, au sein du royaume des Asturies (08).








Les Lieux Saints (9) de Terre sainte (10) font partie de l'Empire byzantin jusqu'à la conquête des Sassanides (11) en 610. Suit la paix du califat arabe, omeyyade (12) et abbasside (13). La domination musulmane fait perdre au christianisme sa position privilégiée, mais elle est assez bien ressentie par les courants minoritaires du christianisme, Syriaques (14),Nestoriens (15), Arméniens (16), admis à partager les lieux saints avec le clergé grec orthodoxe (17) laissant les lieux saints accessibles aux pèlerinages. Mais la pression musulmane sur l'Empire byzantin et la destruction du Saint-Sépulcre (18), en 1009, par le calife fatimide du Caire, al-Hakim (19), va provoquer les croisades à l'appel de Urbain II (20), en 1095, pour la reconquête de la Terre Sainte et la création des états latins d'Orient.






Les puissances germaniques et scandinaves christianisées se lancent au XIIe siècle dans la conquête des territoires bordant la mer Baltique. Les chrétiens d'Europe occidentale, à l'appel de Célestin III (21), vont leur venir en aides en lançant en 1193, les croisades baltes (22) permettant la christianisation des peuples païens du nord-est de l'Europe et également les habitants originels de la Prusse-Orientale désignés sous le nom de Vieux-Prussiens (23) (ou borusses).






(1) La péninsule Ibérique est la péninsule à la pointe sud-ouest de l’Europe.

Ses premiers habitants connus sont les Lusitaniens et les Ibères. Puis les Carthaginois, les Celtes et enfin les Romains l'occupent successivement, la nommant Hispanie et y laissant la culture prédominante désormais, latine et chrétienne.

À la chute de l’Empire romain, les Wisigoths s'y installent, la rebaptisent Bétique avant d'en être chassés par les Maures, qui eux la renomment Al-Andalus.

Au Moyen Âge, la péninsule est divisée en de nombreux États, les taïfas côté musulman, et des petits royaumes chrétiens dans le Nord. Durant sept siècles, elle représente un important carrefour entre les cultures chrétienne et musulmane (dont il reste de nombreux vestiges), jusqu'à la chute de Grenade en 1492.




(2) La bataille du Guadalete (en arabe :معركة وادي لكة (Maʿrakat wādī laka) ouمعركة شذونة (Maʿrakat šiḏūna (Sidonia))) se déroule le 19 juillet 711sur les rives du Guadalete, au sud de la péninsule Ibérique, et oppose le Califat omeyyade au Royaume wisigoth. Les Omeyyades y obtiennent une victoire décisive qui précipite la chute du Royaume wisigoth et permet la conquête de la péninsule Ibérique par les musulmans.





(3) La Reconquista (mot espagnol et portugais, en français Reconquête) est le nom donné à la reconquête des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. Elle commence en 718 dans les Asturies, et s'achève le2 janvier 1492 quand Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, les « Rois catholiques » (Los Reyes Católicos), chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade, achevant l'unification de l'essentiel de l'actuelle Espagne — excepté la Navarre, incorporée en1512.

Depuis le VIIIe siècle, une grande partie de l'Espagne est sous domination musulmane. À la toute fin du XIe siècle, le pape Urbain II encourage la Reconquista de l'Espagne occupée par les Maures. Au XIIe siècle, les États chrétiens du nord de l'Espagne commencent donc la reconquête. L'avancée est lente, mais au milieu duXIIIe siècle, après la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa, il ne reste aux musulmans que le petit royaume de Grenade qui finira par tomber en 1492.






(4) La bataille de Covadonga, qui se déroule pendant l'été 722, oppose le califat omeyyade au royaume des Asturies. La victoire asturienne marque le début traditionnel de la Reconquista, qui s'étalera sur plusieurs siècles.






(5) Pélage (en latin Pelagius, en espagnol Pelayo [el Conquistador]), né à la fin du VIIe siècle, mort en 737 à Cangas de Onís (Asturies), est le premier roi des Asturies. Il règne de 718 à 737.

Pélage est le fils d’un noble nommé Favila, duc de Cantabrie.
Elu roi en 718, Pélage fonde le royaume des Asturies, fixe sa capitale dans la petite ville de Cangas de Onis, et se présente comme le continuateur des rois wisigoths dont le souvenir restera longtemps vivace dans les mémoires des chrétiens du Nord.

Il épouse une noble d’origine wisigothe, Gaudiosa. De ce mariage, naissent :
• Favila (mort en 739), successeur de Pélage ;
• Ermesinde, mairée à Alphonse le Catholique, beau-frère et successeur de Favila.








(6) Les Wisigtohs ou Tervinges étaient un peuple germanique issus des Goths. Les Wisigoths migrèrent depuis la région de la mer noire et s’installèrent vers 270 – 275 dans la province romaine abandonnée de Dacie (actuelle Roumanie), au sein de l’Empire romain.
[…]
Les Wisigoths migrèrent à nouveau vers l’ouest dès 376 et vécurent au sein de l’Empire romain d’Occident, en Hispanie et en Aquitaine.
[…]
Après la chute de l’Empire romain d’Occident (476), les Wisigoths ont continué pendant près de 250 ans à jouer un rôle important en Europe occidentale. C’est peut-être le peuple « barbare » le plus prestigieux d’Europe, tant par sa longue histoire et ses origines mythiques, que par les traces qu’il laissa longtemps dans les esprits.
[…]






(7) Les Astures étaient un peuple celtibère, établi en Hispanie.

Ils montaient à cheval, élevaient du bétail et vivaient dans des huttes circulaires aux murs en pierre sèche.

Les Astures furent les premiers occupants indo-européens du nord-ouest de l’Hispanie.

Situés entre les Callaeci et les Cantabres, ils occupaient les territoires espagnols actuels des Asturies (dont le nom vient de ce peuple), du nord de la province de León (ex royaume de León), de l’ouest de la province de Lugo, de la province d’Ourense, du nord de la province de Zamora, ainsi que l’extrême nord-est du territoire portugais actuels de la région de Trás-os-Montes.



Conventus Asturum, province romaine





(08) Le royaume des Asturies fut la première entité politique chrétienne établie sur la Péninsule Ibérique après la chute du Royaume wisigoth (qui suivit la mort du Roi Rodrigue à la Bataille de Guadalete) et la Conquête musulmane de l'Hispanie. Le royaume perdura de 718 à 925, lorsque Fruela II accéda au trône du Royaume de León.





(9) Lieux saints
1. Jérusalem, Jésus, juif, fit sans doute plusieurs pèlerinages au Temple de Jérusalem, c'est à Jérusalem qu'il fut arrêté, jugé et condamné. Il fut crucifié en l'an 30 sur le mont Golgotha (la Via Dolorosa dans Jérusalem serait le chemin que Jésus suivit, chargé de sa croix, jusqu'au lieu du supplice) et enterré le soir même. Pour les chrétiens il fut revu vivant le troisième jour et resta visible à ses disciples pendant encore 40 jours. On trouve à Jérusalem l'église du Saint-Sépulcre (où le corps de Jésus crucifié avait été déposé). Sous le roi Salomon, la ville est nominalement l'image terrestre de la Jérusalem céleste, ce qui explique pourquoi les cartes anciennes dans les pays christianisés sont orientées vers Jérusalem et que les cathédrales catholiques et anglicanes sont également tournées vers elle. En tout cas les cathédrales gothiques sont « orientées » : Jésus étant « la lumière du monde », l'abside est tournée vers l'est.
2. Bethléem, lieu de naissance de Jésus selon les évangiles.
3. Nazareth, ville où grandit Jésus (fils du charpentier) et tenta de prêcher dans la synagogue.
4. Antioche, première ville christianisée par Paul et où naît le nom de « chrétiens ».
5. Rome, lieu du martyre des saints Pierre et Paul (en 66 ou 67). Centre du christianisme après Antioche. Pierre étant considéré comme le premier évêque de Rome, ses successeurs acquirent au fil des temps une prééminence et suprématie illustrée par le titre de 'pape'.
Un certain nombre d'Églises chrétiennes possèdent leurs villes saintes propres. l'Église de Jérusalem en compte 22.





(10) La Terre sainte (en grec : Agioi Topoi ; en latin : Terra Sancta) est le nom donné par les chrétiens à la région où est né et a vécu Jésus-Christ, avec une importance toute particulière accordée à Jérusalem lieu de sa mort et selon la foi chrétienne, de sa résurrection.






(11) Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour la région tant sur le plan artistique que politique et religieux.

Ce fut, avec l'empire romano-byzantin, l'une des deux grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui mit en déroute Artaban V, le dernier roi parthe(arsacide), elle prit fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur)Yazdgard III (632-651). Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvint pas à repousser le califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l'Empire sassanide englobait la totalité de l'Iran actuel, l'Irak et l'Arménie d'aujourd'hui, Caucase sud (Transcaucasie) y compris le Daghestan du sud, l'Asie Centrale du sud-ouest, l'Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie(Anatolie) et de la Syrie d'aujourd'hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du Golfe Persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l'Empire iranien », ou Empire des Aryens.

On considère l'ère sassanide comme l'une des périodes les plus importantes de l'histoire de l'Iran. Sous bien des aspects, elle représente l'accomplissement au plus haut degré de la civilisation perse et fut le dernier grand empire iranien avant la conquête musulmane de la Perse et l'adoption de la religion musulmane. Leur influence culturelle s'étendait bien au-delà des frontières de l'empire pour atteindre l'Europe de l'Ouest, l'Afrique, la Chine et l'Inde, et joua un rôle dans la formation de l'art médiéval européen et asiatique. Cette influence se perçoit aussi dès l'apparition du monde islamique et lors de la conquête de l'Iran par les musulmans. La culture aristocratique et unique de la dynastie en est la preuve.






(12) Les Omeyyades, ou Umayyades, sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayyah ibn ʿAbd Šams, grand-oncle du prophète Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Mahomet.





(13)  Le califat abbasside est un califatsunnite qui gouverne le monde musulman de 750 à 1258.
La dynastie des Abbassides, fondée par As-Saffah, est issue d'un oncle de Mahomet, Al-Abbâs. Elle arrive au pouvoir à l'issue d'une véritable révolution menée contre les Omeyyades, apparentés de manière plus éloignée au prophète de l'islam. Ils veulent un État plus profondément musulman, où les Iraniens convertis à l'islam auront une part égale à celle des Arabes. Après plus de trois ans de guerre, le général abbasside Abû Muslim triomphe des Omeyyades en750 à la bataille du Grand Zab.
Sous les Abbassides, le centre de gravité de l'islam se déplace de laSyrie vers l'Irak où une nouvelle capitale est fondée en 762 : Bagdad. La civilisation arabo-musulmane est à son apogée, dans un empire qui s'étend de l'Atlantique aux rives de l'Indus. […]






(14)  les syriaques :  Les Araméens sont un peuple antique du Proche et du Moyen-Orient dont l'héritage – en tout premier lieu la langue, dans laquelle le Christ aurait prêché – se transmet à l'époque moderne au sein de communautés ethnico-religieuses du même nom.
Les Araméens modernes s'identifient ou sont identifiés comme Syriaques, mais également comme Assyriens, Assyro-Chaldéens, Chaldo-Assyriens ou Araméo-Assyro-Chaldéo-Syriaques. Le terme « syriaque » désigne tous les Araméens chrétiens, où qu'ils vivent en Orient (Syrie, Irak, Iran, Liban, Turquie...).

Depuis le début du XXe siècle, des communautés araméennes se sont installées en Amérique, en Europe ou en Australie. Les Araméens n'ont jamais eu un empire unifié, ils ont été divisés en petits royaumes indépendants dans tout le Proche-Orient. Pourtant, ils vont avoir le privilège d'imposer leur langue et leur culture à l'ensemble de cette région.




(15)  Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistent en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l'origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople(428-431). Après la condamnation de Nestorius et de son enseignement, le nestorianisme devient une hérésie. Les Nestoriens rejettent les formulations dogmatiques issues du concile d'Éphèse et des conciles suivants. Le nestorianisme est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l'Antiquité et du Moyen Âge à partir de l'Église d'Orient. Des Églises liées à ce courant du christianisme oriental perdurent à l'Est de l'Anatolie et au Nord de la Mésopotamie (Turquie et Irak). Il y va de l'Église assyrienne et de son homologue unie à l'Église catholique : l'Église chaldéenne.




(16)  Les Arméniens sont une nation et un groupe ethnique originaire du Caucase et du Haut-plateau arménien. Ils forment également une importante diaspora autour du monde. Ils furent les premiers à accepter le christianisme en tant que religion nationale créant et conservant une branche distincte de cette religion, l'Église apostolique arménienne. Le christianisme est adopté comme religion d'État du royaume arménien en 301 ap. J.-C.




(17)  Le christianisme orthodoxe ou orthodoxie est l'une des trois principales confessions chrétiennes. Il est organisé en de nombreuses Églises territoriales (et non nationales) qui forment trois ensembles distincts, les Églises des deux conciles (a), les Églises des trois conciles (b) et les Églises des sept conciles (c) dite « Église orthodoxe » ou « Communion orthodoxe ». Ces dénominations officielles autant que techniques se réfèrent aux conciles christologiques dont elles acceptent les conclusions.

Les Églises orthodoxes sont nées de la culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d'Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d'une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d'une seule Église. La Bible et la liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes.
L'Église orthodoxe représente dans le monde la deuxième confession chrétienne en nombre de fidèles après l'Église catholique romaine et avant l'Église anglicane. Tout chrétien orthodoxe voit son année rythmée par le calendrier liturgique de l'Église dont il dépend.


(a) les Eglises des deux conciles reconnaissent :

• Le premier concile de Nicée de 325
• Le premier concile de Constantinople de 381



(b) Les Eglises des trois conciles reconnaissent :

• Le premier concile de Nicée de 325
• Le premier concile de Constantinople de 381
• Le concile d’Éphèse de 431


(c)  Les Eglises des sept conciles reconnaissent :

• Premier concile de Nicée (325)
• Premier concile de Constantinople (380-381)
• Concile d’Éphèse (431)
• Concile de Chalcédoine (451)
• Deuxième concile de Constantinople (553)
• Troisième concile de Constantinople (680-681)
• Concile in Trulllo (692)
• Second concile de Nicée (787)






(18)  Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ, c'est-à-dire la grotte (maintenant englobée dans l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem) où le corps de Jésus de Nazareth fut déposé au soir de sa mort sur la Croix.


L’entrée principale de l’église du Saint-Sépulcre.





Entrée du tombeau du Christ par la Chapelle de l’ange
avec au centre la pierre sur laquelle l’ange était assis.






(19)  Al-Hâkim, né en 985 au Caire, est le petit-fils de Al-Muizz li-Dîn Allah, le fils de Nizar al-‘Azîz Billah, et d'al-Sayyida al-‘Azîziyya, sa mère, chrétienne.

Calife fatimide du 19 octobre 996 au 19 février 1021.






(20)  Eudes de Châtillon ou Odon de Lagery, né à Châtillon-sur-Marne en 1042, mort à Rome le 29 juillet 1099, 159e pape sous le nom d'Urbain II (1088–1099).
C'est un bienheureux pour l'Église catholique romaine, célébré le 29 juillet.
Il est à l'origine de la première croisade en lançant, le 27 novembre 1095, l'appel de Clermont qui en sera le déclencheur.





(21)  Célestin III (Giacinto di Pietro di Bobone), né à Rome vers 1106, connu d'abord sous le nom de cardinal Hyacinthe (diacre du titre de Sainte-Marie), pape du 14 avril 1191 à sa mort le 8 janvier 1198, fut élu à 85 ans. Il était membre de la célèbre famille Orsini.






(22) Aussi appelées croisades nordiques, les croisades baltes ont été menées par les puissances de l'Occident chrétien contre les peuples païens du nord-est de l'Europe riverains de la mer Baltique à partir de la fin du XIIe siècle : les peuples baltes, y compris les habitants originels de la Prusse orientale désignés sous le nom de Vieux-prussiens (ou borusses).
Leur lancement a été officiellement prononcé par Célestin III en1193, mais les royaumes germaniques et scandinaves convertis au catholicisme avaient déjà commencé à envoyer des croisés à la conquête de leurs voisins à cette date. Elles durent jusqu’au début du XIVe siècle ; comme bien des croisades, elles se détournent de leur but originel et s'achèvent par la territorialisation des ordres militaires qui les ont conduites.






(23) les vieux-prussiens : les Borusses ou Prussiens (ce dernier terme étant dérivé du premier) étaient un peuple balte habitant le pourtour sud-est de la mer Baltique, entre la Vistule et le Niémen.

Après la conquête des Prussiens par les chevaliers-moines de l'Ordre Teutonique (XIIIe siècle) et la fondation du Duché de Prusse (1525), le terme Prussiens a finalement servi à désigner l'ensemble des habitants du duché (puis du royaume), qui étaient majoritairement d'origine allemande.


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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 16:12





La question de l'origine de ces ordres a fait débat : Joseph von Hammer compara dès 1818 les ordres militaires chrétiens (en particulier les Templiers (1)) avec certains modèles islamiques tels que les Assassins chiites (2). En 1820, Jose Antonio Conde suggéra qu'ils étaient créés sur le modèle du ribat (3), une institution religieuse fortifiée qui combinait mode de vie religieux et combat contre les ennemis de l'islam. Aucune de ces opinions, ne sont aujourd'hui retenues, Jean de Joinville, biographe de saint Louis rapporte la visite du Vieux de la Montagne (4), chef des nizâriens, à Acre après la création des Templiers, comme d'ailleurs aucun ribat ne soit apparu en Palestine avant la fondation des ordres militaires.







Il faut peut-être rechercher la création du « moines-soldats » dans les Chevaliers de Saint-Pierre (5) (milites Sancti Petri), milice créée en 1053 par le pape Léon IX (6) pour lutter contre les Normands d'Italie du Sud, à la Bataille de Civitate (7) ou dans la mise en place de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (08), après la prise de Jérusalem en 1099, par Godefroy de Bouillon. L'Ordre avait pour mission d'aider le patriarche de Jérusalem (9) dans ses diverses tâches. Un certain nombre d'hommes d'armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre. Les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (milites sancti Sepulcri). Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Ce n'étaient pas encore des moines-soldats, ils n'avaient pas prononcé de vœux.








Depuis la prise de Jérusalem, un semblant de paix existe en Palestine. Des bandes de « grands ou petits chemins », des incursions sarrasines, font régner une insécurité constante. Une grande partie des croisés étaient rentrés au pays après la conquête, il existe bien une soldatesque, mais trop souvent limitée aux villes, les chemins nécessitaient des déplacements en groupe. L'augmentation des dispensaires et leur dispersion était un problème pour les pèlerins malades et pour les Hospitaliers (10).

Suivant Guillaume de Tyr (11), Hugues de Payns (12), un baron champenois, faisant très certainement partie des chevaliers du Saint-Sépulcre dès 1115, propose à Baudouin II, roi de Jérusalem, la création d'une communauté des « Pauvres Chevaliers du Christ » pour assurer la sécurité des routes. Lors du concile de Naplouse, en 1120, ces « chevaliers » sont invités à reprendre les armes. La nouvelle confrérie est installée par Baudouin et Gormond de Picquigny, patriarche de Jérusalem, sur l'ancienne mosquée al-Aqsa, dite aussi, temple de Salomon (13). Ils tiennent de là leur nom de miles Templii, les chevaliers du Temple, les Templiers.

Très vite ces chevaliers, qui prononcent les vœux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté, mais qui combattent efficacement les infidèles, posent problème au regard des principes de l'Église ; ces « chevaliers du Christ » sont en état de péché les armes à la main. Hugues fait appel à son parent, l'abbé de Clairvaux, pour intercéder auprès du pape. Bernard de Clairvaux compose De laude nove militie dans laquelle il développe l'idée de malicidium, de non homicide en tuant le mal en l'homme et non l'homme. Hugues reprend ces propos dans sa lettre Christi militibus qu'il soumet, en janvier 1129, au concile de Troyes qui approuve le nouvel ordre. Le premier ordre militaire est officiellement créé.







(1) L'ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers.
Cet ordre fut créé à l'occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129, à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312a 2 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.






(2) les assasins chiites :  Les nizâriens, nizârites, nizaris sont une communauté mystique (chiite ismaélienne) active depuis le XIe siècle jusqu'en 1257.

Ils sont aussi appelés bâtinîs ou batiniens car ils professent une lecture ésotérique du Coran, le bâtin étant le côté secret des choses.

En 1094, à la suite d'une scission importante dans le chiisme ismaélien fatimide, une nouvelle prédication (da‘wa al-jadîda) fut organisée par Hasan-i Sabbâh, à partir du fort érigé sur le mont Alamût, au sud-ouest de la mer Caspienne.

À la fin du Moyen Âge, le développement de la communauté ismaélienne se poursuivit clandestinement sous le couvert du soufisme et a coïncidé avec l'essor de l’ismaélisme oriental (25 millions de fidèles de nos jours), avec à leur tête l'Aga Khan.

Leur idéologie, reposant sur la maxime « Rien n'est vrai, tout est permis » de l'Imam Nizâr , cherche à promouvoir « la paix entre les Hommes par l'exaltation du libre-arbitre ».





(3)  Le ribat était considéré comme étant originellement une petite forteresse construite comme une ligne de défense frontalière dans les premiers temps de la conquête musulmane du Maghreb. Ces fortins servent alors à protéger les frontières de l'islam.
Ils deviennent donc avec le temps des gîtes pour les voyageurs mais aussi des refuges pour les mystiques. […]






(4)  Le Vieux de la Montagne (Chaykh al-Jabal) est l'appellation commune donnée par les Croisés au grand-maître de la secte des Assassins, Hassan ibn al-Sabbah, réfugié dans sa forteresse au sommet du piton rocheux d'Alamut.


Ruines de la forteresse d’Alamut


Par la suite, ce surnom fut donné à divers chefs ismaéliens successeurs de Hassan ibn al-Sabbah, en Syrie notamment, par exemple Rachid ad-Din Sinan.






(5) Les Chevaliers de Saint Pierre (milites Sancti Petri) constituaient une milice qui fut notamment recrutée par le pape Léon IX pour lutter contre les Normands d'Italie du Sud, à la Bataille de Civitate, en 1053.






(6) Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg (en français Eguisheim-Dabo) (Dabo ?Eguisheim ? 21 juin 1002 – Rome,19 avril 1054), couronné pape le12 février 1049 sous le nom de Léon IX, fut surtout un pape voyageur, œuvrant pour la paix en Europe. Son pontificat est marqué par le début de la réforme grégorienne.






(7) La bataille de Civitate est une bataille du Moyen Âge. Elle a eu lieu le 18 juin 1053. Les Normands des comtes Onfroi d'Apulie et Richard Ier d'Aversa y ont défait les forces anti-normandes à Civitate, près de Foggia, dirigées notamment par le pape Léon IX et l'empereur germanique Henri III le Noir. Léon IX fut capturé et emprisonné.






(08)  L’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre religieux créé par Godefroy de Bouillon après la prise de Jérusalem en 1099. Constitué de chanoines, cet ordre a pour fonction la protection du Saint-Sépulcre mais aussi la vie liturgique du sanctuaire. Avec l'extension des conquêtes en Terre sainte, l'ordre se développe en étendant sa mission de protection des lieux saints sur l'ensemble du Royaume franc de Jérusalem.

Avec la perte des États latins d'Orient, l'ordre se replie sur l'Europe. En 1489, Innocent VIII décide la suppression de l'ordre canonial et son incorporation à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.



Emblème de l’ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem







(9)  Le titre de Patriarche de Jérusalem est traditionnellement porté par l'évêque de Jérusalem. Ce diocèse est l'un des plus anciens et des plus prestigieux de la Chrétienté, du fait de sa situation en Terre sainte. Il fut érigé en patriarcat en 451, au concile de Chalcédoine.

Aujourd'hui, trois chefs d'Église, dont un catholique, portent le titre de Patriarche de Jérusalem.
Les Patriarches de Jérusalem actuellement en fonction sont :

• Sa Béatitude Théophile III, Patriarche de la Sainte Cité de Jérusalem et de toute la Palestine. Théophile III est le chef de l'Église orthodoxe de Jérusalem.
• Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem. Il est le chef duPatriarcat latin de Jérusalem (Église latine de Jérusalem).
• Sa Béatitude Nourhan Ier, Patriarche arménien de Jérusalem. Nourhan IerManoukian est le primat du Patriarcat arménien de Jérusalem.


Le primat de l'Église grecque-catholique melkite, résidant à Damas en Syrie, porte le titre de Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melkites.





(10) L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieuxcatholique hospitalier et militaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.







(11) Guillaume de Tyr (Jérusalem, vers 1130 - † 1184) est archevêque de Tyr de 1175 à 1184, historien des croisades au Moyen Âge et le précepteur du roi de Jérusalem Baudouin IV le Lépreux.







(12) Hugues II de Payns est un chevalierchampenois, fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, (né à une date inconnue et mort en 1136).

Dans le contexte de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, le chevalier Hugues de Payns organisa, en 1119, la milice des pauvres chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. En 1129, cette milice fut fondée en ordre monastique et militaire qui prit le nom d'ordre du Temple.




(13) Le Temple de Salomon (héb. : בית המקדש, translit. Beit HaMiqdash, « Maison de la sanctification »), également connu sous la dénomination de Premier Temple, fut, selon la Bible, le premier temple juif de Jérusalem, construit par le roi Salomon.


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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 20:53





La création de l'ordre du Temple, démontre l'utilité de chevaliers dévoués à la sécurité des pèlerins en chemin vers Jérusalem. Les « hostelleries », en même temps, hôpital et auberge, créées par les ordres hospitaliers et installées sur les routes de pèlerinage, vont aussi nécessiter protection. Les ordres hospitaliers les plus importants vont pour beaucoup se transformer à l'image des Templiers en ordre milit








En 1080, le Frère Gérard (1) crée une nouvelle « hostellerie » (hôpital) de Jérusalem. C'est en 1099, que les armées croisées de Godefroy de Bouillon prennent Jérusalem et Gérard se met au service des croisés en soignant avec ses servants tous les blessés. Pour services rendus, Godefroy offre aux « moines noirs » de Gérard le casual (village fortifié) de Hessilia en Palestine et son fief de Montboon en Brabant ainsi que deux fours banaux. Gérard fait alors construire près de l’hostellerie de Jérusalem une église dédiée à saint Jean Baptiste. La reconnaissance officielle de l'Église vient en 1113 par le pape Pascal II (2) qui impose, en plus des vœux de pauvreté, obéissance et chasteté, un quatrième vœu, celui d'hospitalité. Le premier ordre hospitalier est officiellement créé.

Le rôle militaire des hospitaliers commence réellement en 1137 quand Foulques I, roi de Jérusalem leur cède le castel Bath-Gibelin à l'est de Gaza. Ils construisent en 1140 Margat (3) au nord de Tripoli, ils achètent la même année Belvoir (4) au nord de Naplouse (5). Puis ils détiennent Sare, Chastel Rouge (6), Akkar al-Atiqa (7), Belmont et font construire à Jérusalem, Acre, Antioche, et Tortosa. En 1142, Raymond II, comte de Tripoli, leur cède la forteresse d'Homs et surtout le krak des Chevaliers ainsi que toutes les terres perdues à charge pour eux de les reconquérir.

L'Église proteste contre cette militarisation de l'ordre de Saint-Jean et ne voit dans les Hospitaliers, justement, que des hospitaliers. Le concile de Troyes n'a entériné le statut de « moine-soldat » que pour l'ordre du Temple, mais d'aucune façon il n'a été question de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La règle de Raymond du Puy (08) vers 1130, ni celle de Roger de Moulins (9) en 1182, ne font état d'un quelconque statut de chevalier. Mais après la bataille de Hattin, en 1187, l'Église reconnaît en eux le meilleur rempart de la chrétienté comme Saladin a reconnu en eux ses pires ennemis. Le statut de « moine-soldat » n'est confirmé, qu'en 1205 dans la forteresse de Margat , lors du chapitre général de l'ordre qui se tient sous le magistère d'Alfonso de Portugal.







Frédéric Barberousse, venu, lors de la troisième croisade, à la tête d'une forte armée de chevaliers germaniques, se noie en Turquie en traversant le Saleph (aujourd'hui le Göksu) le 10 juin 1190. Si ses troupes se dispersent immédiatement après sa mort en rentrant en Europe beaucoup restent sous les ordres du fils de Frédéric, Frédéric de Souabe. Ils rejoignent Antioche où le prince Bohémond III d’Antioche tente de les entraîner dans une opération sur Alep, mais finalement ils préfèrent rejoindre les croisés français et anglais à Saint-Jean-d’Acre. Après le retour en France de Philippe Auguste, la prise de Chypre par Richard Cœur de Lion et le traité de paix de ce dernier avec Saladin le 2 septembre 1192, les chevaliers germaniques qui restent en Terre sainte se regroupent avec des Hospitaliers chevaliers germaniques pour former l’ordre Teutonique (10).

Lors de cette 3ème croisade durant le siège de Saint-Jean d'Acre, des bourgeois de Brême et de Lübeck soucieux d'assurer la sécurité et les soins des pèlerins, formèrent une communauté hospitalière sous tutelle Teutonne (i.e. Allemande) et prirent le nom, de « maison de l'hôpital des Allemands de Sainte Marie de Jérusalem»: Domus Hospitalis Sancte Marie Theutonicorum Hierosolomitani(l'hôpital de campagne, fut transféré à Acre dès sa prise : le 13 juillet 1191. La dénomination « de Jérusalem » fait écho au premier hôpital allemand (construit à Jérusalem), à une date peut être antérieure à 1118). Cette communauté hospitalière a été fondée en 1190, puis militarisé en 1198, en tant que confrérie chevaleresque à la protection des pèlerins en Terre Sainte : « La majorité des croisés arriva à Acre peu avant la mort d'Henri VI (empereur du St Empire Romain Germanique), en septembre 1197. Leur retour, après une expédition qui rencontra peu de succès, s'organisa à partir de février 1198. C'est entre ces deux dates que l'hôpital des Allemands devint un ordre militaire, transformation confirmée le 19 février 1199 par le pape Innocent III. (11) »






Avant les croisades, il existait à Jérusalem, en dehors des murailles de la ville sainte, un hôpital pour lépreux, placé sous l’invocation de saint Lazare (12). Dépendant des patriarches grecs-melkites (13) de Jérusalem, il était desservi par des moines arméniens soumis à la règle de saint Basile-le-Grand. Après la prise de Jérusalem en 1099, les croisés atteints par la lèpre vinrent naturellement se faire soigner à l’Hôpital Saint-Lazare, beaucoup restèrent au sein de la communauté monastique et prononcèrent leurs vœux. Après l'adoption de la Règle de saint Augustin (14), l’ordre de Saint-Lazare fut confirmé comme ordre hospitalier par le pape Alexandre IV (15) en 1255.

Il est établi que les chevaliers lépreux de l'ordre de Saint-Lazare ont participé à des actions militaires comme la prise de Saint-Jean d’Acre en 1191, la bataille de Mansourah (16) en 1250 et ils participèrent aux côtés des autres ordres militaires à la défense de la dernière citadelle des chrétiens en Orient lors du siège de Saint-Jean d’Acre en 1291. Il n'est pas certain que l'Ordre ait été reconnu par Rome comme un ordre militaire.





(1) Frère Gérard ou Gérard l'hospitalier(vers 1047 dans une famille de la région d'Amalfi (Italie)– 3 septembre 1120) est le fondateur d'une congrégation qui deviendra par la suite l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.


Frère Gérard, fondateur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem,
gravure par Laurent Cars, c. 1725






(2) Pascal II (Raniero de Bieda, né vers 1050 àSanta Sofia, mort le 21 janvier 1118 à Rome) était un religieux bénédictin italien du Moyen Âge, qui fut le 160e pape de l'Église catholique du 13 août 1099 au  21 janvier 1118, succédant à Urbain II.

Il lutta contre les empereurs Henri IV et Henri V. Le pontificat de ce bénédictin a duré 18 ans, 5 mois et une semaine.




(3) La forteresse de Qalaat Marqab était connue des Croisés sous le nom de (le) Margat. Elle est située à quelques kilomètres au sud du port de Baniyas sur la côte syrienne.
[…]

En 1188, elle est vendue aux Hospitaliers qui en font leur quartier général en Syrie.Saladin en fait le siège puis renonce. Il pense la forteresse imprenable. Le Marqab est un des rares territoires restants sous le contrôle des Croisés après les conquêtes de Saladin.
[…]




La cour et le puits. On peut remarquer des reconstructions ottomanes
en calcaire blanc posées sur les soubassements en basalte.






(4) Belvoir : Kokhav ha Yarden ((he) כוכב הירדן, en français l'Etoile du Jourdain) est un site archéologique en Israël. Il est situé à l’extrémité orientale du plateau d’Issachar (plateau de Kokhav), en bordure de la Basse Galilée. On y trouve des vestiges archéologiques de différentes époques, dont les ruines d’une ancienne localité juive, les ruines d’un village arabe et le reste d’une magnifique forteresse de l’époque des Croisades, la forteresse de Belvoir. Il fait aujourd’hui partie des Parcs Nationaux d’Israël.

Le site se trouve sur un sommet à une hauteur de 312 m au-dessus du niveau de la mer et à 550 m par rapport à la vallée duJourdain qui s’étend à ses pieds par l’est.
L’historien musulman du XIIIe Abu Chama a décrit ainsi dans l’un de ses livres la forteresse croisée établie sur le lieu : fixée solidement entre les étoiles, comme un nid d’aigles, un lieu où habite la lune.




La forteresse des Croisés vue d’avion
en direction du sud-est





(5) Naplouse est une importante cité de Cisjordanie qui comptait 126 132 habitants en 2007. Elle se situe à environ soixante-trois kilomètres au nord deJérusalem. Ses habitants sont principalement des musulmans et environ 300 Samaritains. Le principal lieu saint de ceux-ci, le mont Garizim, surplombe en effet la ville.

La ville abrite des lieux saints musulmans, chrétiens, samaritains et juifs.

[…]


Les Croisés arrivent ici en 1099 avec Tancrède et la renomment « Naples » (le nom de la « Naples » italienne vient aussi d'une ancienne « Neapolis », tout comme « Nabeul » en Tunisie). La cité devient une des villes majeures du royaume de Jérusalem. Elle est épargnée des combats, et des croisés s'y installent même. Leconcile de Naplouse s'y réunit en 1120 et jette les fondations des premières codifications et lois du royaume franc. La communauté samaritaine a le droit de construire une nouvelle synagogue vers 1130, l'ancienne étant transformée en église.

C'est vers 1140 et le milieu du XIIe siècle que les Arabes musulmans et leurs troupes turques reprennent leurs attaques à partir de leur base arrière de Damas. Ils brûlent les églises et une partie de la ville en 1137, mais finissent par être repoussés. La reine Mélisende de Jérusalem demeure à Naplouse qui retrouve sa prospérité, entre 1150 et 1161. Les croisés restaurent et agrandissent la ville, font construire une nouvelle église dédiée à la Passion du Christ et une autre à sa Résurrection, ainsi qu'une vaste hôtellerie pour les pèlerins chrétiens.

Cependant les musulmans commandés par la dynastie ayyoubide s'emparent de Naplouse en 1187. La majorité des chrétiens latins s'enfuit par crainte de vengeance, tandis que les chrétiens arabes grecs-orthodoxes et les Samaritains demeurent, ainsi bien sûr que les musulmans.

Les églises croisées et la synagogue samaritaine sont transformées en mosquées.




(6)  Chastel Rouge, ou Qal`at Yahmour est une petite forteresse croisée au nord-ouest de la Syrie qui appartenait au Comté de Tripoli. Elle est également identifiée au Castrum Rubrum des textes latins. Elle se situe dans le village de Yahmour, à une douzaine de kilomètres de Tartous et à une dizaine de Safita, qui abritent toutes deux des places fortes templières, Tortose et Chastel Blanc.

Peu d’informations certaines sont disponibles sur la prise du lieu et son développement par les croisés. Ceci est dû au fait qu’il s’agissait d’une petite place, mais également à des doutes quant à son identification dans les sources médiévales. Dès le début du XIIe siècle, la place forte semble être aux mains d’une famille franque, les Montolieu, vassale des comtes de Tripoli. Elle appartenait ainsi, avec le Krak des Chevaliers, Chastel Blanc et Arima entre autres, à la ligne de défense du Comté.

Les comtes de Tripoli cédèrent la place aux Hospitaliers en 1177. Les Montolieu reçurent 400 besants d’or en dédommagement. En 1188, elle fut attaquée et ruinée par Saladin. Les Croisés l’ont très probablement récupérée par la suite et gardée jusqu'à la chute du Comté un siècle plus tard.




(7) ʿAkkār al-ʿAtīqā ا (ʿAkkār la libre),Qalaʿa ʿAkkār (citadelle d’ʿAkkār),Gibelacar nom donné par les croisés, contraction de Jabal ʿAkkār (mont ʿAkkār’')

Le château aurait été construit aux alentours de l'an 1000 par une personnalité appelée Muhriz ibn Akkar.

La forteresse est restée la propriété de cette famille jusqu'en 1019 lorsqu'elle est prise par le calife fatimide, al-Hakim bi-Amr Allah.

En 1109, après la prise de Tripoli, le fils de Raymond de Saint-Gilles devenu le comte Bertrand de Tripoli marche vers Rafanée. L'atabeg bouride de DamasTughtekin préfère conclure un traité. Bertrand de Tripoli reçoit les forteresses du Moinestre et d'ʿAkkār, contre la promesse de ne plus attaquer Rafanée.

Le sultan zengide Nur ad-Din prend la forteresse pendant ses campagnes en Syrie.

En 1170 les croisés parviennent à reprendre la place. Amaury Ier roi de Jérusalem la remet aux Hospitaliers. La citadelle va faire partie de la seigneurie de Nephin pour revenir finalement au comte de Tripoli Bohémond IV en 1202.

En 1271, az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari ("Baybars") après la prise duKrak des Chevaliers vient mettre le siège devant ʿAkkār qui finit par capituler.






(08) Raymond du Puy, né en 1080 et mort entre 1158 et 1160, est un chevalier français, second supérieur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem



Raimond Dupui, gravure par Laurent Cars, c. 1725



Issu probablement d'une famille chevaleresque, Raymond du Puy fut officiellement le second supérieur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il succéda entre 1121 et 1123 à Gérard l'hospitalier

fondateur de la congrégation de l'Hôpital, après un ou deux intérims de Pierre de Barcelone (supérieur intérimaire de 1120 à 1121/1122) et Frère Roger.

Sous son magistère, Raymond du Puy reçoit de nombreuses donations, notamment dans le comté de Tripoli, pour défendre la Terre sainte contre les Sarrasins. C'est sous sa maîtrise que l'Hôpital reçu ses premières concessions de châteaux (Bethgibelin en 1136 et le Krak des chevaliers en 1142/1144). À l'exemple des Templiers, il va développer auprès des pèlerins la protection en leurs apportant la sécurité dans leurs déplacements aux Lieux saints. Il va, peu à peu, embaucher des chevaliers et des gens d'armes comme mercenaires et participer, par personnes interposées, à la défense du Royaume de Jérusalem.

L'importance politique du grand maître s’accrut, puisque, en juin 1148 à Acre, il est parmi les princes qui prennent la décision d'assiéger Damas. Le 19 août 1153, il participe à la prise d'Ascalon (voire à Banyase en 1157 ou lors de la coalition contre Alep en 1159).

Raymond du Puy obtient de nombreux privilèges et exemptions de la papauté, lui procurant les ressources financières nécessaires à son indépendance et lui donnant sa liberté vis à vis des autorités diocésaines au grand dam de celles-ci. Il donna à la congrégation ses premiers statuts qui porte son nom et dont l'approbation par le pape Eugène III entre 1145 et 1153 permet de dire que, qu'alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre.

Il meurt entre 1158 et 1160 à la tête de son Ordre.





(9) Roger de Moulins ou Roger de Molins ou Molenest le 8e supérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1177 à sa mort en 1187, il succéda àJoubert de Syrie.



Roger de Molins (collection particulière)

Ses premiers soins, après son installation en Terre sainte, furent d'exhorter le régent et les principaux seigneurs du royaume à continuer avec vigueur la guerre contre Saladin. Mais la jalousie et la concurrence entre les grands pour le gouvernement de l'État, pendant l'infirmité du roi ; les intelligences criminelles de quelques seigneurs avec les infidèles, et la division qui survint de son temps entre les deux ordres militaires des Hospitaliers et des Templiers (bien que le pape Alexandre III persuada Roger de Moulins de faire une trêve en 1179) ; tout cela ne contribua pas moins aux conquêtes de Saladin, que sa propre valeur et le courage de ses soldats.

En 1184, il visita l'Europe avec Arnaud de Toroge, grand maître des Templiers et Héraclius, patriarche latin de Jérusalem afin de plaider, auprès des rois et du pape, l'envoi d'une nouvelle croisade pour renforcer les États latins d'Orient qui sont à la merci de la puissance grandissante de Saladin, l'unificateur du monde musulman. Au cours de ce voyage, il établit l'ordre des Hospitaliers en Angleterre, en France et en Allemagne. Et durant son retour de voyage en 1185, il aida les Normands à attaquer la Thessalonique. En son temps, le grand maître des Hospitaliers devint plus impliqué dans la politique du royaume de Jérusalem.

Roger de Molen s'opposa à Renaud de Châtillon et Guy de Lusignan et refusa d'ailleurs de rendre sa clé à la trésorerie royale quand Guy de Lusignan fut couronné roi de Jérusalem en 1186.
Il prit part à l'offensive contre Saladin à Cresson près de Nazareth le 1er mai 1187, où il fut tué par une blessure de lance.

Garnier de Naplouse, fidèle serviteur et ami de Roger de Molen fut pressenti pour être son héritier en 1187 et, en raison de son état de santé, c'est Hermangard d'Aspqui sera élu en 1188. Garnier de Naplouse sera finalement élu en 1190.




(10) La maison de l'hôpital des Allemands de Sainte Marie de Jérusalem ((la) Domus hospitalis Sancte Marie Theutonicorum Hierosolomitani") et plus tard, l' ordre de la Maison de Sainte-Marie-des-Teutoniques((la) Ordo Domus Sanctæ Mariæ Teutonicorum), plus connu sous le nom d’ordre des Chevaliers teutoniques ((de)Deutscher Ritterorden ou Deutschritter-Orden), d’ordre Teutonique ou de maison des chevaliers de l'hôpital de Sainte-Marie-des-Teutoniques à Jérusalem ((de)Haus der Ritter des Hospitals Sankt Marien der Deutschen zu Jerusalem), est un ordre militaire chrétien apparu au Moyen Âge.

Les armes de l’Ordre sont constituées d'une croix de sable, chargée d’une croix potencée au champ d’argent. Saint Louis permit d’y adjoindre quatre fleurs de lys d’or.



Croix de l’ordre Teutonique





(11) Lotario, de la famille des comtes de Segni, (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216), élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom d'Innocent III, est considéré comme l'un des plus grands papes du Moyen Âge.

Théologien et homme d'action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la Chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu'il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d'exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzmán ainsi que saint François d'Assise et ses frères mendiants et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements (dont le mariage), la réforme de l'Église, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.

C'est sous son pontificat qu'eut lieu la quatrième croisade, qui échappa à son contrôle en s'achevant par le sac de Constantinople par les Croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxes et catholiques.




(12) Lazare (he : El-azar, Dieu a aidé) est un personnage de l'entourage de Jésus, apparaissant dans les récits du Nouveau Testament, et ainsi devenu protagoniste de légendes orientales et occidentales du début de l'histoire chrétienne. Il est essentiellement connu par un récit de l'Évangile selon Jean(chapitre 11) selon lequel Lazare, mort depuis quatre jours et enterré, aurait été ramené à la vie par Jésus.




(13) grecs-melkites : L'Église grecque-catholique melkite,Église grecque-melkite catholique ouÉglise catholique melkite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melkites, avec résidence à Damas en Syrie (titulaire actuel : Sa Béatitude Grégoire III Laham depuis 2000).

Le titre de patriarche d'Antioche est également porté par quatre autres chefs d'Église.

Les Melkites sont des Chrétiens de rite byzantin ayant rejoint l'Église catholique en1724. L'histoire des Melkites remonte au Concile de Chalcédoine, et est tout à fait singulière.

Contrairement aux autres Églises de la région qui vont soutenir le Monophysisme (Coptes, Syriaques), les Melkites vont soutenir les décisions du Concile, et vont rejeter l'hérésie monophysite, ce qui leur vaudra l'appellation péjorative à l'époque de Melkites (Malka, en syrien, veut dire « Empereur », ce qui était une façon de stigmatiser leur soutien à l'Empire byzantin, l'Empereur byzantin Marcien ayant lui-même convoqué le Concile de Chalcédoine). Les Melkites sont historiquement rattachés à trois Patriarcats, ceux d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie. Des contacts réguliers ont lieu entre les Melkites et les missionnaires catholiques (Dominicains, Franciscains), établis en Terre Sainte bien avant l'union de Florence. On rapporte que des ecclésiastiques Melkites prennent très tôt le parti de Rome et certains d'entre eux font déjà mention du nom du Pape lors des offices en1440. Néanmoins la majorité des Melkites refuse l'union de Florence, qui est abandonnée.



(14) La Règle de saint Augustin dérive de plusieurs écrits dont une lettre authentique d'Augustin d'Hippone. Elle est destinée à régler la vie d'une communauté d'hommes à l'identification discutée, mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans Les Confessions. Selon Luc Verheijen, auteur d'une étude de 750 pages qui fait désormais autorité en la matière, la règle remonterait bien à Augustin lui-même1. Augustin l'aurait écrite à son départ du monastère des laïcs d'Hippone, lorsqu'il devint évêque titulaire du lieu à la mort de son prédécesseur Valérius.

Augustin n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre monastique ou religieux au sens institutionnel du terme, mais d'organiser la vie religieuse d'un groupe d'hommes pieux qui lui en avaient fait la demande et auxquels il s'adressa sous la forme d'une lettre développée.

Ce texte a parfois été attribué à tort à Césaire d'Arles, archevêque d'Arles de 502 à542, à l'intention d'une communauté religieuse en difficulté après la mort de sonabbé. L'attribution de cette règle à Césaire, qui remonte à Érasme et que l'on trouve par exemple chez Gustave Bardy, a été remise en cause depuis.

Au cours du Moyen Âge, et surtout à partir du XIe siècle, l'autorité ecclésiastique entreprit de discipliner la vie des clercs et de les organiser en communautés de chanoines soumises à la règle de saint Augustin comme les prémontrés fondés par Norbert de Xanten. Par la suite, la règle a été adoptée par d'autres communautés régulières et notamment par l'ordre des Dominicains et celui des Ermites de saint Augustin.




(15) Alexandre IV, né Rinaldo Conti di Segni(Jenne1, diocèse d'Agnani, vers 1199 –25 mai 1261), est pape de 1254 à 1261.

Son pontificat est marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxe etcatholique, la protection des universités, les faveurs accordées aux ordres mendiants dans leur différends avec les séculiers et les tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares.

Par sa mère, il fait partie de la famille du pape Grégoire IX, dont il était le neveu, et de la famille du pape Innocent III. Son oncleGrégoire IX le fait cardinal en 1227, puis cardinal-évêque d'Ostie en 1231.




(16)  La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte. Durant plusieurs affrontements à proximité de Mansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans. Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IX fut même fait prisonnier au cours de la retraite.




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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 22:31






La péninsule Ibérique fut le siège de la plus longue guerre sainte puisqu'elle durera près de huit cents ans. Elle apportera dans al-Andalus (1) aux ordres militaires espagnols une renommée encore plus grande que celle des Templiers ou des Hospitaliers. À partir de 1031, le califat omeyyade de Cordoue, se scinde en taïfas (2) permettant aux chrétiens de reprendre l'initiative militaire avec la conquête de Tolède en 1085. C'est pendant cette période que les Templiers et les Hospitaliers s'installent en Espagne en y fondant de nombreuses commanderies. En 1134, à la mort de Alphonse Ier d'Aragon, celui-ci cède son royaume aux Templiers, aux Hospitaliers et aux chanoines du Saint-Sépulcre. Pour protéger Tolède des raids en provenance de Courdoue à travers les hautes plaines la séparant de la Sierra Morena, l'empereur Alphonse VII s'empare, en 1147, de la citadelle de Qualat Rawaah (château guerrier), à 130 km au sud de sa capitale, sur les marécage du Guadiana. Il charge les Templiers de la défense de cet avant-poste, mais ceux-ci, doutant de pouvoir le conserver face à des rumeurs d'expédition, l'évacuent en 1157. Il faut donc très certainement rechercher l'origine de ordres militaires de la Reconquista, non dans les Templiers, mais dans les hermangildas, groupes de paysans, inspirés des ribats, qui s'engagent par serment à protéger les chrétiens. Il est possible qu'ils prononçaient des vœux de célibat au moins temporaires.








L’emblème de l’ordre: la croix fleur-de-lysée de gueules



Après l'abandon de Qualat Rawaah, Sanche III de Castille confie en 1158, par l'intermédiaire d'un noble commun de leur connaissance, Diego Vélasquez, la forteresse de Calatrava (3) (Qualat Rawaah) et les terres environnantes à Ramón Sierra, abbé du monastère navarrais cistercien (4) de Santa Maria de Fitero. Avec l'aide de Vélasquez, Sierra transfère toute sa congrégation à Calatrava. Il y est rejoint très certainement par des hermangildas que Vélaquez organise en chevaliers réguliers en les dotant de la règle bénédictine (5) de Cîteaux (6). En 1164, à la mort de Ramón Sierra, les moines se donnent un nouvel abbé et les chevaliers de Calatrava un nouveau maître en la personne de don García. Celui-ci jure de respecter la règle cistercienne et demande à Cîteaux de reconnaître ses frères. Cîteaux accueille la congrégation en véritables frères, et non en confrères, heureux de les reconnaître « non soldats du monde, mais soldats de Dieu ». C'est la même année, en 1164, que le pape Alexandre III reconnaît l'ordre de Calatrava comme ordre religieux militaire.








Emblème ordre de Santiago
(Ordre de Saint-Jacques de l'Épée)





Au milieu du XIIe siècle, les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle (7) sont régulièrement attaqués par des brigands. C'est alors qu'un hermangildas, organisé en confrérie de Cáceres, propose aux chanoines de Saint-Éloi du León de protéger les pèlerins. Ces chevaliers de Cáceres reçoivent, vers 1164, la ville d'Uclés, à la frontière de la Castille, au sud du Guadiana, pour en assurer la défense contre les Maures.

Les chevaliers de Cáceres reçoivent en 1171, du légat du pape, le cardinal Jacinto, une règle fondée sur celle de saint Augustin. Le pape Alexandre III reconnaît an 1175 les chevaliers de Cáceres comme ordre religieux sous le nom d'ordre de Saint-Jacques-de-l'Épée. Cet ordre en accueillant des chevaliers mariés, non comme confrères, mais comme frères à part entière, marque ainsi sa différence ; il est alors connu comme un ordre militaire sous le nom d'ordre de Santiago (ordre de Saint-Jacques).







L’ordre d’Aviz (en portugais ordem de Avis), ou ordre de Saint-Benoît d’Aviz (Ordem de São Bento de Avis), est un ordre religieux militaire portugais fondé au XIIe siècle.

La Milice des Frères d'Évora est née avant 1176, date à laquelle le roi Alphonse Ier, qui a pris la ville éponyme aux Maures en 1165, leur confie la forteresse de Coruche, ainsi que des biens dans la ville de Santarém. Le second roi de Portugal Sanche Ierleur confie la défense des châteaux de Juromenha (Alentejo), Alpedriz (à proximité de Leiria) et Alcanede (à proximité de Santarém). La mission de la milice est bien évidemment de prendre une part active à la Reconquista non seulement sur le sol portugais mais également ailleurs dans la péninsule en collaborant avec d'autres souverains chrétiens, comme le montre sa participation à la bataille d'Alarcos (1195) aux côtés du royaume de Castille.

Le premier maître de la milice est Pedro Afonso, fils illégitime du premier roi de Portugal. Bien que soumis à l’autorité spirituelle de Calatrava, le nouvel ordre prend rapidement une large autonomie, en particulier après son emménagement à Aviz, dans la province de l’Alentejo, offerte par le roi Alphonse II de Portugal en 1211, date à laquelle la confrérie prend son nom.

Comme Calatrava, l’ordre obéit à la règle de saint Benoît et intègre l’ordre cistercien. Les chevaliers portent l’habit blanc cistercien, avec la croix fleurdelysée verte au côté gauche, sous laquelle sont représentés deux oiseaux (aves signifie oiseaux en portugais, avec une prononciation proche de celle d’Aviz). D'ailleurs, jusqu'en 1391, date à laquelle le pape Boniface IX autorise la sécession, Avis garde un lien de dépendance militaire et spirituelle avec l'ordre de Calatrava.


L’emblème de l’ordre : la croix
fleur-de-lysée de sinople




L'ordre contrôle un vaste territoire, de la vallée du Tage à l'Alentejo, jusqu'à la frontière avec le royaume de Castille. La fin de la Reconquista au Portugal - avec, en 1249, la prise de Faro par le roi Alphonse III de Portugal - et le rôle économique et social de l'ordre attise l'intérêt du pouvoir royal qui n'a de cesse, dès le XIVe siècle, de lier leurs destinées respectives. Ainsi, le roi Pierre Ier obtient-il de Rome la maîtrise de l'ordre pour la famille royale.

En 1385, le grand maître de l’ordre d’Aviz, Jean, fils illégitime de Pierre Ier, accède au trône de Portugal, initiant la dynastie d’Aviz. À partir de cette date, les grands maîtres sont tous choisis dans la famille régnante, et l'ordre est officiellement au service du pouvoir royal.

Au XVIe siècle, l’ordre se transforme en un ordre honorifique de la couronne portugaise, l’office de grand maître étant rattaché à la couronne en 1551, et perd tous ses caractères religieux. Il est dissous en 1834 puis restauré en 1894 sous le gouvernement d’Ernesto Hintze Ribeiro, comme ordre purement honorifique. De nouveau dissous en 1910 par le Gouvernement Provisoire de la République de Teófilo Braga, il est de nouveau restauré par Sidonio Pais en 1918 pour récompenser les militaires ayant combattu l’Allemagne dans les Flandres, en Angola et au Mozambique pendant la Première Guerre mondiale.

L’ordre militaire d’Aviz est actuellement purement honorifique, destiné à décorer les militaires se distinguant individuellement ou collectivement.











l’emblème de l’ordre : la croix de gueules
fleur-de-lysée de sinople






Lors de la suppression de l'ordre du Temple, les biens de ceux-ci doivent être dévolus à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mais Jacques II d'Aragon ne veut pas d'un renforcement d'un ordre souverain qu'il ne pourrait pas contrôler. Il refuse donc la réunion des biens des Templiers de ses états à ceux des Hospitaliers, il souhaitait les joindre à ceux de l'ordre de Calatrava. Une longue négociation s'engage avec le pape Jean XXII (08) et qui se termine par une bulle datée du 10 juin 1317 qui entérine la création d'un ordre de Montesa. Jacques a finalement obtenu que les biens des Templiers et les biens des Hospitaliers sur le territoire de Valence soit attribués à un ordre national sous la responsabilité du roi et non du pape. Jacques attribue le château et le territoire de Montesa à l'ordre pour en faire son couvent. En échange, il concède la dévolution des biens des Templiers aux Hospitaliers sur les territoires d'Aragon et de Catalogne. L'ordre n'est effectif que le 22 juillet 1319 après des manœuvres de retardement de l'ordre de Calatrava. Le premier grand-maître de l'Ordre est Guillem d'Erill, hospitalier catalan, nommé par le pape.









Croix de l’ordre du Christ



Le pape a attribué les biens des Templiers, après leur disparition, aux Hospitaliers, mais Denis Ier (9), de la même façon qu'en Espagne, et pour les mêmes raisons d'affirmation du pouvoir royal, refuse au pape la réunion des biens du Temple à ceux des Hospitaliers. Dès 1318, les anciens Templiers ne sont certainement plus admis dans les nouvelles congrégations. Après d'encore plus longues négociations, mais sans compensation, il obtient de Jean XXII une bulle Ad ea ex quibus (10) du 14 mars 1319, permettant la création de l'ordre du Christ. Il était prescrit dans cette bulle que le grand-maître devait, avant sa prise de fonction, rendre hommage au roi et lui prêter serment. Ce qu'aucun grand-maître n'oubliera de faire, faisant de l'ordre du Christ le plus fidèle soutien du pouvoir royal26. Le premier grand-maître est Gil Martinez, un chevalier de l'ordre d'Aviz et le couvent est établi, non pas à Tomar, siège des anciens Templiers, mais à Castro Marim, en Algarve.

Sous la direction de Henri le Navigateur, troisième fils de Jean Ier et clavero (grand-maître ou plutôt gouverneur) de l'ordre du Christ, celui-ci va partir à la conquête des Nouveaux Mondes, en 1425, les îles de Madère et des Canaries, en 1445 les Açores, sont conquises par les chevaliers du Christ, puis c'est les côtes d'Afrique et Lagos, les îles du Cap-Vert, qui vont faire sa richesse en même temps que celle du Portugal.





(1)  Al-Andalus est le terme qui désigne l'ensemble des territoires de la péninsule Ibérique et de la Septimanie qui furent sous domination musulmane de 711 (premier débarquement) à 1492 (chute de Grenade) . L'Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n'en constitua longtemps qu'une petite partie.

La conquête et la domination du pays par les Maures furent aussi rapides qu'imprévues et correspondirent à l'essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l'Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel.






(2) Une taïfa ou royaume de taïfa est un royaume situé dans la région d'Al-Andalus. Durant les périodes d'instabilité politique, il y a eu plusieurs taïfas en Al-Andalus. Chaque taïfa est basée sur un nœud urbain central, la médina primitive, et règne sur des zones plus ou moins vastes.



(3) Forteresse de Calatrava la Nueva, située à Aldea del Rey, dans la province de Ciudad Real. Elle fut fondée en 1217 sur le site du château de las Dueñas pour servir de siège à l'ordre de Calatrava, désirant quitter Calatrava la Vieja.





(4) L'ordre cistercien (en latin Ordo cisterciensis) est un ordre monastique de droit pontifical.





C'est une branche réformée des bénédictins dont l'origine remonte à la fondation de l'abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098.

L'ordre cistercien joue un rôle de premier plan dans l'histoire religieuse du XIIe siècle. Par son organisation et par son autorité spirituelle, il s'impose dans tout l'Occident, jusque sur ses franges. Son influence se révèle particulièrement forte à l'est de l'Elbe où l'ordre fait « progresser à la fois le christianisme, la civilisation et la mise en valeur des terres ».

Restauration de la règle bénédictine inspirée par la réforme grégorienne, l'ordre cistercien promeut ascétisme, rigueur liturgique et érige, dans une certaine mesure, le travail comme une valeur cardinale, ainsi que le prouve son patrimoine technique, artistique et architectural. Outre le rôle social qu'il occupe jusqu'à la Révolution, l'ordre exerce une influence de premier plan dans les domaines intellectuel ou économique ainsi que dans le domaine des arts et de la spiritualité.

Il doit son considérable développement à Bernard de Clairvaux (1090-1153), homme d'une personnalité et d'un charisme exceptionnels. Son rayonnement et son prestige personnel en ont fait au XIIe siècle le plus célèbre des cisterciens. S'il n'en est pas le fondateur, il demeure le maître spirituel de l'ordre.






(5)  règle bénédictine : La règle de saint Benoît est une règle monastique écrite par Benoît de Nursie pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire (cénobitisme). Rédigée peut-être entre 530 et 556, elle gouverne en détail la vie monastique (modalités liturgiques, de travail, de détente, etc.).

Benoît a fondé, vers 529, une communauté de moines sur le Mont-Cassin en Italie. Au cours des siècles qui suivent, cette règle est progressivement adoptée par un nombre croissant de monastères en Occident ; au-delà de sa grande influence religieuse, elle a une grande importance dans la formation de la société médiévale, grâce aux idées qu'elle propose : une constitution écrite, le contrôle de l'autorité par la loi et l'élection du détenteur de cette autorité, Benoît ayant voulu que l'abbé soit choisi par les frères. Encore aujourd'hui, plusieurs milliers de moines et moniales à travers le monde s'inspirent de la règle de Saint Benoît.




(6) L’abbaye de Cîteaux, située dans la commune française de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux en Bourgogne, canton de Nuits-Saint-Georges, berceau et chef de l’ordre cistercien, fut fondée par Robert de Molesme abbé de Molesmes en 1098.Maison-mère à la tête de plusieurs centaines de monastères ayant marqué pendant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale du monde chrétien, elle fit de Cîteaux un centre spirituel majeur de l’Europe.




(7) Saint-Jacques-de-Compostelle, lieu de pélérinage.
Le pèlerinage sur le tombeau supposé de Jacques fils de Zébédée était un des plus importants de la Chrétienté au Moyen Âge, avec ceux de Jérusalem de Rome et de Tours.




(08)  Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d'une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII.

Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ans d'exercice.





(9)  Denis de Portugal, surnommé le Laboureur, le Roi Agriculteur, le Roi Poète, le Roi Troubadour ou le Père de la Patrie ou encore le Libéral, naquit à Lisbonne le9 octobre 1261 et mourut à Santarém le7 janvier 1325. Il était le deuxième fils du roi Alphonse III et de son épouse l'infante Béatrice de Castille (1242-1303) et devint le sixième roi de Portugal en 1279 (et le cinquième de l'Algarve) à la place de son aîné Robert qui avait été déclaré bâtard de Mahaut de Dammartin. Il est en outre considéré comme l'un des plus importants poètes troubadours portugais des XIIIe etXIVe siècles.






(10) Ad ea ex quibus est une bulle pontificale fulminée par le pape Jean XXII le 14 mars 1319.

Elle a pour but de reconnaître l'existence de l'ordre du Christ dans le royaume du Portugal. Cet ordre hérite, par la même occasion, des biens de l'ordre du Temple dans cette région.


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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 22:39










Les Chevaliers Porte-Glaive ou Frères de l'Épée (en latin : Fratres Militiae Christi, « frères de l'armée du Christ », en allemand : Schwertbrüder) sont un ordre militaire organisé en 1202 à Dünamünde par Albert de Buxhoeveden, évêque de Livonie, et composé de « moines guerriers » germaniques dans le but de christianiser les populations baltes. Leur règle se fonde principalement sur celle des Templiers. Ils sont connus également sous le nom de Milice du Christ de Livonie ou simplement d'Ordre livonien. Les membres de cet ordre portaient une robe de serge blanche avec la chape noire ; deux glaives rouges croisés de noir étaient brodés sur la poitrine, et un autre à l'épaule gauche.

L'ordre, déjà maître d'une partie de la Livonie, entreprit en 1216 la conquête de l'Estonie, qu'il soumit entièrement en 1223.

Albert, évêque de Riga (ou Prince-Évêque deLivonie), fonda cette confrérie pour l'aider à convertir les païens de Courlande, de Livonie, du Zemgale et de Latgalie le long du golfe de Riga, mais bien vite l'ordre eut tendance à ignorer la suzeraineté toute théorique des évêques. Il s'appela d'abord Ordre des Frères de l'armée du Christ. Le premier grand-maître fut Winno de Rohrbach.

En 1218, Albert demanda son assistance au roi du Danemark Valdemar II, mais Valdemar au lieu de cela s'entendit avec la confrérie et conquit le Nord de l'Estonie.




Les quartiers généraux de la confrérie étaient à Fellin (Viljandi) en Estonie, où les murs du château du Grand-Maître subsistent encore. D'autres places fortes se trouvaient à Wenden (Cēsis), Segewold (Sigulda) et Ascheraden (Aizkraukle). Les commandeurs de Fellin, de Goldingen (Kuldīga), Marienburg (Alūksne), de Reval (Tallinn), et le bailli de Weissenstein (Paide) formaient un Conseil de cinq membres autour du maître de l'Ordre.



Les Frères furent pratiquement annihilés par les Lituaniens et les Semigalliens à la bataille de Šiauliai en 1236. En conséquence, la confrérie fut incorporée l'année suivante à l'ordre des Chevaliers teutoniques. À partir de ce moment, ils furent sur tous les points (règle, habillement et activité) une branche autonome de l'Ordre teutonique, avec leur propre Maître (qui était sujet de jure du Grand-Maître de l'Ordre teutonique). Entre 1237 et 1290, ils conquirent en totalité la Courlande, la Livonie et la Semigallie. En 1346, l'Ordre acheta le reste de l'Estonie au roi du Danemark Valdemar IV.

L'ordre teutonique sombra dans le déclin après sa défaite à la bataille de Grunwald en 1410 puis la sécularisation de ses territoires prussiens par Albert de Prusse en1525, mais l'Ordre de Livonie parvint à maintenir une existence indépendante. Pendant la guerre de Livonie, cependant, ils souffrirent de la défaite décisive que leur infligèrent les troupes de la Russie moscovite à la bataille d'Ergeme en 1560. L'ordre de Livonie chercha alors une protection auprès du roi Sigismond II Auguste, qui était intervenu au cours d'une guerre entre l'évêque Guillaume de Riga et les Frères en 1557.

Après être parvenu à un accord avec le roi polonais et ses représentants (particulièrement Mikołaj « Czarny » Radziwiłł), le cinquantième et dernier grand-maître, Gotthard Kettler, sécularisa l'ordre et se convertit au luthéranisme. Dans la partie méridionale des domaines appartenant aux Frères, il créa pour sa famille le duché de Courlande et de Semigallie. Cette création fut possible grâce au Pacte de Wilno, le 28 novembre 1561, qui décida aussi de la cession de territoires au royaume polono-lituanien de Sigismond II Auguste, et du Nord de l'Estonie au Danemark et à la Suède.


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MessageSujet: Re: ORDRES MILITAIRES   Lun 4 Avr - 22:43





Dans l'histoire des ordres militaires, on distingue une cassure très nette : le moment où ils ne sont plus en mesure d'accomplir leur rôle principal dans la région qui les a vus naître. En 1291 avec la chute de Saint-Jean d'Acre, les ordres de Terre sainte entament un reflux vers l'Occident. Les Templiers paient le prix de ce repli sur leurs possessions en 1312 où ils sont supprimés par le pape, à la suite d'un procès en hérésie. L'Hôpital s'enrichit alors des dépouilles du Temple et continue sa mission guerrière à Chypre puis Rhodes. Pour les ordres prussiens et ibériques, c'est le XIVe siècle qui voit la fin de la particularité des ordres militaires et leur stabilisation en puissances foncières. Les ordres ibériques seront progressivement soumis au contrôle royal, comme au Portugal dès le XIVe siècle et en Espagne sous les Rois catholiques. Les chevaliers teutoniques ont dirigé un État en Prusse-Orientale, à compter de 1231, qualifié de monastique. Puissance foncière, cette théocratie a conféré aux moines-soldats des pouvoirs cumulés sur les terres annexées et a duré jusque 1525, date à laquelle, après conversion à la religion réformée de Luther, elle finit par se séculariser en duché (laïc) de Prusse-Orientale.

Au cours de l'époque moderne, la plupart des ordres disparaissent ou perdent leur caractéristique. Seul survit de nos jours l'ordre souverain de Malte, qui se veut l'héritier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en revenant à son premier rôle d'ordre hospitalier au travers du statut d'ONG humanitaires sans toutefois abandonner le titre d'ordre militaire.










La caractéristique des ordres militaires est la fusion du mode de vie des communautés d'ecclésiastiques, moines ou chanoines, avec une action guerrière.
Les membres de ces ordres sont donc des combattants, souvent des milites combattant à cheval, des chevaliers au premier sens du terme d'homme à cheval. Tous les combattants ne sont pas obligatoirement issus de la noblesse, mais peuvent être recrutés parmi la paysannerie libre. Dans ce cas, ils ne sont pas chevaliers, mais sergents d'armes. Seuls les chevaliers revêtent le manteau de l'Ordre auquel ils appartiennent (blanc pour les Templiers et les Teutoniques, noir pour les Hospitaliers).

Tous obéissent à des règles de vie en communauté qui sont celles de religieux. Ces règles sont souvent calquées sur celles d'ordres monastiques, comme la règle cistercienne adoptée par les ordres hispaniques, ou canoniaux, comme la règle de saint Augustin.

Toutefois, comme il existe dans les monastères des frères dont le rôle propre n'est pas de prier, mais de subvenir aux besoins de la communauté, il existe dans les ordres militaires des frères servants dont le rôle est de soutenir l'Ordre et son activité de combat par leur travail: ce sont les frères de métier (ou sergents). Les paysans qui exploitent les terres des commanderies ne font pas partie de l'ordre, mais bénéficient de sa protection spirituelle.

À l'exception du Temple, les ordres admettent généralement les femmes pour les fonctions liées à l'activité hospitalière et charitable. Les donatrices de l'Ordre du Temple peuvent uniquement prétendre au statut de sœur du Temple.

Les ordres militaires intègrent des prêtres (souvent appelés frères chapelains) pour célébrer l'office divin et assurer l'accompagnement spirituel. Tous les frères ont prononcé des vœux religieux.

Ce sont néanmoins les combattants qui occupent tous les postes de direction dans une structure strictement hiérarchisés. À la tête s'en trouve souvent un maître ou grand maître, ne répondant qu'au pape, permettant à l'ordre d'échapper à l'autorité des évêques et aux juridictions épiscopales. Le maître est généralement entouré de dignitaires tels le grand commandeur, le maréchal, le turcopolier commandant les turcopoles...

Pour soutenir leur action guerrière dans ces contrées souvent inhospitalières, les ordres bénéficient de l'apport financier d'un réseau de possessions en Occident, appelées commanderies. Possessions grâce auxquelles ils ont souvent été vecteur d'innovations techniques, notamment pour le système de gestion financière des Templiers. À la base de l'organisation, on trouve la commanderie, circonscription regroupant des terres et maisons appartenant à l'ordre et dirigée par un commandeur. Entre ces commanderies et l'état-major de l'ordre, on trouve généralement des structures intermédiaires telles les baillies et les provinces pour le Temple, les prieurés et les langues à l'Hôpital... Les ordres implantés dans les pays ibériques ont créé une structure nationale chapeautant les commanderies locales : l'encomienda mayor (en espagnol, la commanderie majeure ou principale).
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