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 SEPTIEME CROISADE (1248 - 1254)

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Lanaelle
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MessageSujet: SEPTIEME CROISADE (1248 - 1254)   Mer 6 Avr - 11:45



La septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX de France, Saint Louis. Décidée  par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Egypte en 1249. Vaincue par les maladies, l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250, et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre le royaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks. La croisade prend fin en 1254 avec le retour du roi de France après la mort de Blanche de Castille (1), sa mère qui assurait la régence du royaume pendant son absence.






En 1229, l’empereur Frédéric II (2), également roi de Jérusalem, avait réussi à obtenir le retour de la ville de Jérusalem au royaume de même nom après des négociations avec l’émir ayyoubide (3)  al-Kâmil (4). Mais son islamopholie et sa politique brutale vis-à-vis noblesse d’Orient avaient causé une guerre civile en Terre Sainte, entre ses partisans et ses ennemis. Après l’élimination des partisans de l’empereur (1243), l’anarchie féodale prévaut en Palestine. A partir du 1241, des bandes de pillards musulmans, les Kwârizmiens (5), installés jusque-là dans la région d’Edesse et pillant les campagnes syriennes, tant chrétiennes que musulmanes, en sont chassés par les princes ayyoubides de Syrie. Ils sont réduits à piller la Mésopotamie où ils risquent d’être anéantis par les Mongols, lorsque l’émir ayyoubide d’Egypte, menacé par la coalition des Ayyoubides de Syrie, leur offre assistance. Regroupés au nombre de dix mille, ils continuent les pillages et prennent également les villes chrétiennes de Tibériade et de Jérusalem (23 août 1244), puis battent une coalition des armées syriennes, tant franques que musulmanes à La Forbie (6) (17 octobre 1244).

Ayant appris ces nouvelles, le roi Louis IX de France, gravement malade à Pontoise, en décembre 1244, fait le vœu de partir en croisade s’il guérit. Contrairement aux précédentes croisades, cette septième croisade est exclusivement composée de nobles du royaume de France. D’ailleurs cette entreprise n’est pas vue d’un bon œil par d’autres membres de la chrétienté : l’islamophile Frédéric II envoie une ambassade secrète pour avertir le sultan d’Egypte, et la république de Venise (7), important partenaire commercial de l’Egypte, craint qu’un débarquement n’entraine la rupture des contrats commerciaux.









Si la France du début des années 1240 n’est pas ravagée de part en part des guerres et des conflits internes et externes, il serait erroné d’affirmer que paix et harmonie règnent d’un bout à l’autre du royaume. Quoique le traité de Paris (08), ratifié en 1229, eut mis fin à la croisade des Albigeois, contraignant le comte de Toulouse (9) à céder une grande partie de son territoire à la couronne, cette décision ne sera effective qu’en 1271, soit une année après la mort de Louis IX. Cet exemple parmi d’autres  d’une région jadis indépendante et soudainement placée sous contrôle royal, illustre parfaitement la situation tendue dans laquelle un royaume aux institutions encore fragiles –renforcées par la suite, précisément par Louis IX – pouvait se trouver, bâti sur un territoire aux nombreuses régions à tendance dissidente qui risquaient, de manière durable, de mettre en péril la cohésion interne du royaume, et peut-être  même la survie de la dynastie capétienne.

En parallèle à ces tensions internes, la situation en Orient et dans le reste de l’Europe n’était guère plus paisible, loin s’en faut. Rappelons simplement les invasions mongoles qui « ruinèrent » l’Europe orientale, en 1241, ou plus  proche de notre sujet, la prise, en 1244, de Jérusalem par les troupes d’Aiyûb (10), sultan d’Egypte. Ces quelques exemples suffisent à rendre compte de la double complexité politique au moment où Louis IX fit le vœu de  croisade. D’une part, contenir les nombreuses tendances à la sécession interne, ainsi que les conflits externes à son royaume. D’autre part trouver, au sein même des régions dissidentes, le soutien matériel, humain et financier nécessaire à la réalisation de la croisade. Nous verrons plus loin comment Louis IX résolut de manière magistrale cette deuxième condition.






Alors que les préparations matérielle, financière ainsi que spirituelle ont été, comme nous le verrons, méticuleusement organisées et ont obtenu un certain succès, la préparation diplomatique fut, selon Jacques le Goff (11), un échec. On peut s’étonner qu’au niveau financier la plupart des revenus provinrent de France. Le Goff explique cela de la manière suivante :

«L’Empereur Frédéric II et le Pape Innocent IV (12) feignirent de soutenir le projet de Louis, mais le premier avertit ses amis musulmans en Orient des projets du roi de France et le second détourna contre le seul Frédéric II, en Europe, les mesures de financement de la croisade décidées par le concile de Lyon (13) en 1245. Les rois de Castille et d’Aragon tout absorbés par la Reconquista dans la péninsule ibérique, ne bougeront pas. Seuls quelques contingents anglais se joignent à l’armée de Saint Louis ».

Ainsi, le roi ne pouvait s’attendre à obtenir un grand soutien en Europe occidentale. Quant à l’Europe orientale, Jonathan Riley-Smith nous indique qu’elle était ruinée par l’invasion mongole de 1241. On peut également ajouter que du côté anglais il y avait des tensions entre la dynastie des Capétiens et celle des Plantagenêts et que du côté norvégien le roi du même pays refusait le départ de troupes militaires pour des raisons qui ne sont pas mentionnées ici.

Le règne de Louis IX se situe au cœur d’une lutte permanente entre le pouvoir temporel de l’Empereur et le pouvoir spirituel du pape, qui est d’après Le Goff, très vive surtout entre le XIIe et le XIVe siècle.

Elu pape le 25 juin 1243, Innocent IV doit fuir l’Italie, environ un an plus tard, chassé par Frédéric II, Empereur du Saint-Empire romain germanique. Le conflit entre ce dernier et la papauté s’était, en effet, envenimé à la suite du cette élection. Le caractère coriace du nouveau pape une explication. Le souverain pontife décida, le 27 septembre 1244, d’organiser un concile à Lyon pour le 24 juin 1245, en vue de prononcer un jugement contre l’Empereur. Le but premier de ce concile fut donc de réfléchir aux moyens de réfréner Frédéric II, ainsi que l’avance également Steven Runciman (14). Cherchant à défendre les intérêts de la croisade, Louis IX put tout de même obtenir au concile de Lyon deux décrets importants sur lesquels nous reviendrons plus loin.  Cependant il faut savoir «  qu’en ce milieu du XIIIe siècle, la France était une grande puissance, et que Louis IX était déjà le plus grand et le plus respecté de tous les princes chrétiens. » Son royaume était suffisamment riche  pour qu’il se passe de leur aide dans la préparation de la croisade. Il était donc en position de force face à l’empire et la papauté qui s’épuisaient dans des luttes contre l’autre. Il n’a pourtant pas manqué de déférence envers les deux pouvoirs et pratiqué une politique de neutralité. En ne cherchant pas à défendre les intérêts de l’une ou de l’autre partie mais plutôt à les réconcilier ou du moins à ménager les affrontements, Louis IX montra que ce fut par souci de justice qu’il estima défendre tantôt le pape, tantôt l’empereur. Deux événements peuvent illustrer cela : d’une part, d’après l’interprétation qu’Elie Berger fait de Matthieu Paris, le roi de France aurait refusé l’offre du pape, Grégoire IX (15), de nommer roi des Romains le comte Robert d’Artois, frère de Louis IX, décision qui aurait pu être considérée comme une usurpation du titre d’Empereur vis-à-vis de Frédéric II et, dans ce cas, manifester un manque de respect du roi à l’égard de ce dernier.

D’autre part, un échange de quelques missives dont deux extraits retiendront particulièrement notre attention, nous montre comment le roi a tenu tête à l’Empereur pour défendre les intérêts de son royaume. Le 3 mai 1241, des archevêques français se rendant à un concile convoqué par Grégoire IX sont fait prisonniers sous l’ordre de Frédéric II. Louis IX écrit alors à ce dernier pour lui demander des explications et l’Empereur rétorque sèchement :

« […] Que votre royale majesté ne s’étonne pas si César retient étroitement et en angoisse ceux qui étaient venus pour mettre César en angoisse.[…] »


Louis IX écrit alors une lettre habile qui permettra aux archevêques d’être libérés. Un autre événement nous montre que le roi prit la défense de la papauté pour éviter qu’elle fût renversée par la puissance de l’Empire. En effet, après qu’Innocent IV eut été chassé d’Italie par Frédéric II, en 1244, le pape transporta à Lyon la cour de Rome pour y rester jusqu’à la mort de l’empereur, en 1250. Trois années auparavant, ce dernier avait cherché à marcher sur Lyon, mais Louis IX avait envoyé une importante armée pour défendre le pontife qui avait contraint Frédéric II à renoncer à ses projets.

On peut finalement, à la suite de Le Goff, qualifier la préparation diplomatique d’échec car elle ne permit pas de réconciliation entre le Pape et l’Empereur, et surtout parce que très peu de soutien fut obtenu pour la préparation de la septième croisade, ce qui lui confère un « caractère essentiellement français et capétien », singularité relevée par René Grousset (16). Une singularité que Riley-Smith modère, lorsqu’il déclare :

« Des prédicateurs furent également envoyés en Angleterre, en Allemagne de l’Ouest et en Scandinavie. […] La plupart des croisés étaient français, mais il y avait aussi des Norvégiens, des Allemands, des Italiens, des Ecossais, et quelque deux cents Anglais. »





Avant de partir, Louis IX confia, en juin 1248, la régence à sa mère, Blanche de Castille avec des conseillers. Il lui accorda plena potestas (en français : pleins pouvoirs). Il a dû aussi organiser la défense du territoire, qui consistait principalement à se prémunir contre les Anglais et les Aragonais.





Lorsque Louis IX décide de se croiser, la situation en Terre Sainte n’est guère à l’avantage des puissances chrétiennes ; Jérusalem est une nouvelle fois tombée aux mains des musulmans, et l’armée franque a été écrasée à la bataille de Forbie. Pourtant, d’autres événements diligentèrent le roi de France à prendre la croix.

Au cours du chapitre qui va suivre, nous nous intéresserons tout particulièrement à l’événement qui, pour plusieurs sources, semble expliquer à lui seul le choix de Louis IX de se croiser. Postulant que ledit événement ne suffit gère à expliquer pareille décision, nous évoquerons la soudaine guérison du roi – victime d’une grave maladie. Passées les explications symboliques, nous nous interrogerons sur des raisons davantage pragmatiques ayant pu pousser Louis Ix à organiser cette croisade.





L’historien peu attentif pourrait penser qu’apprenant les événements politiques et militaires se produisant en Terre Sainte, Louis IX décida de se croiser pour reprendre la ville de Jérusalem aux mains des musulmans. Certes, les attaques musulmanes contre les colonies chrétiennes implantées dans la ville datent d’avant décembre 1244 – période communément admise comme étant celle durant laquelle Louis IX fit son vœu de croisade – mais celui qui penserait voir corrélation entre les événements en Terre Sainte et la décision de Louis IX de se croiser ferait un grave anachronisme concernant la rapidité avec laquelle un événement pouvait être rapporté d’un bout à l’autre de la Méditerranée, au XIIIe siècle. De fait, Louis IX prit connaissance des événements d’Orient plusieurs mois après avoir exprimé son désir de partir en croisade.

L’événement qui, de par la multiplicité des sources, mais aussi des livres scientifiques qui en parlent, semble avoir eu une importance prépondérante – pour ne pas dire fondamentale – dans le choix de Louis IX d’organiser un pèlerinage armé fut la grave maladie qui frappa le souverain à la fin de l’année 1244. Quoique contenant quelques fois des différences sur les détails, les sources de Jean de Joinville (17), Matthieu Paris (18), Guillaume de Saint-Pathus (19) et Guillaume de Nangis  nous permettent, une fois comparée, de reconstituer la trame des événements.

En  décembre 1244, Louis IX, gravement malade – souffrant probablement de dysenterie – semblait à l’article de la mort et promit  de prendre la croix s’il se remettait de sa maladie. Sa guérison, quelques semaines plus tard fut perçue comme un miracle et renforça le roi dans sa décision de partir en croisade. De fait, « [il […] renouvela [son vœu] une fois guéri] ». Matthieu Paris affirme que ce n’était pas Louis IX mais sa mère qui, voyant son fils inconscient, aurait fait, en son nom, le vœu de croisade. Les récits  de Joinville et de Saint-Pathus, ainsi que l’analyse de Jonathan Riley-Smith et de William Chester Jordan – qui affirment que Blanche de Castille tenta, au contraire de dissuader son fils de participer à la croisade – tendent à nous convaincre qu’il y a une erreur ou tout du moins une sur interprétation des événements par le chroniqueur anglais.






Nous l’avons dit, Louis IX fit son vœu de croisade avant même de connaitre les événements qui eurent lieu à Jérusalem – « […] [sa] prise par les Khorezmiens et […] la défaite des colons latins à la bataille de Harbiyah (La Forbie) […] » - ne l’apprenant que plusieurs semaines, voire plusieurs mois postérieurement à sa décision. Dès lors, une question simple se pose : pour quelles raisons Louis IX décida-t-il de se croiser ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision. Jordan et Riley-Smith voient dans cette décision, une manière de s’affranchir une fois pour toute de l’autorité maternelle, en affirmant son indépendance, à l’image de sa sœur, Isabelle (21), qui avait refusé d’épouser l’héritier de l’Empereur pour choisir – après s’être elle aussi remise d’une grave maladie – de se « [… ] voue[r] à la virginité perpétuelle. »

Loin d’affirmer que Smith et Jordan postulent des inepties historiques, nous ne pouvons-nous empêcher d’avoir des doutes quant à la pertinence d’une assertion psychologique impossible à vérifier, et qui parait être en contradiction avec la suite des événements tels que Louis IX les organisa. En effet, si partir en croisade était pour lui une manière d’éloigner sa mère, pourquoi l’avoir précisément choisie pour régente ? Aussi, l’on nous pardonnera d’avoir les plus grandes réserves en ce qui concerne ce point de vue relevant davantage de la psychologie, voire de la psychanalyse que de l’analyse historique.

Il en va différemment de l’aspect « héréditaire », si l’on peut dire, de la Croisade. A bien des égards, en effet, Louis IX était, dans une certaine mesure, destiné à partir en Croisade. Comme le fait remarquer Riley-Smith :

« […] depuis 1095 presque chaque génération [de Capétiens] avait donné son croisé. Le frère de son arrière-arrière-arrière-grand- père avait pris part à la Premier Croisade ; son arrière-grand-père et son grand-père avaient respectivement été des chefs des Seconde et Troisième Croisades ; son père était mort en revenant de l’Expédition albigeoise[…] A cette époque, le poids des traditions familiales concernant les croisades pesait lourd sur un grand nombre d’épaules ; il n’en était pas moindre sur celle de Louis[…]. »

En clair, c’est bien dans la tradition familiale que se fonde cette décision, motivée également, dans une mesure plus difficile à vérifier, par une volonté d’affranchissement vis-à-vis de Blanche de Castille, la reine-mère.

Ainsi, tant le contexte politique, que la foi chrétienne du roi et que son héritage familial peuvent expliquer la décision de Louis IX de se croiser, et de réaffirmer son vœu quelque temps après son rétablissement. A la suite de sa décision, il s’engagea, durant plus de trois ans, corps et âme, dans la préparation qui fut l’une des plus minutieuses qu’il fut jamais donné de voir. Les chapitres suivant traiteront particulièrement de cette préparation, en détaillant les aspects, économiques, matériels et religieux d’une telle entreprise.





S’il est difficile de remettre en question l’engagement religieux de Louis IX dans la préparation de la Septième Croisade, ainsi que la suite du texte nous l’enseignera, il serait erroné de penser que le roi négligea le côté davantage pragmatique de la préparation, c’est-à-dire le financement ainsi que les moyens de transports, essentiels si l’on entend transborder des milliers de soldats jusqu’en Egypte.

Dans le chapitre suivant, nous présenterons les différents moyens financiers et logistiques sur lesquels Louis IX put compter, fournis par sa famille, ses amis, ses alliés, mais aussi parfois par ses anciens ennemis. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux apports financiers et humains, dans un premier temps. Par la suite, nous focaliserons notre attention sur l’obtention des bateaux, seuls moyens de transport envisageables lors d’une telle entreprise. Enfin, nous nous arrêterons sur la fondation du port d’Aigues-Mortes, ville de départ de Louis IX lors de ses deux croisades, et tenterons d’expliquer les raisons qui motivèrent le roi à fonder ce port, en place d’en choisir un existant déjà.





Tout comme Jordan l’a fait remarquer dans un livre vanté par Jacques Le Goff :

« Louis IX n’avait ni matériel pour envahir l’Orient, ni même la possibilité de s’y rendre. A cela, il faut ajouter les problèmes logistiques de bases, comme l’approvisionnement en nourriture des participants à la croisade, ainsi que la possibilité d’être soignés sur place, en Egypte. »

Toutefois, avant de considérer ces problèmes, Louis IX devait régler celui de l’apport humain. L’équipement du croisé, comme celui de n’importe quel soldat, étant le plus souvent – pour ne pas dire tout le temps – à la charge de l’intéressé, seules des personnes possédant une certaine fortune personnelle, ou subventionnées par un riche seigneur – en qualité, le plus souvent, de vassaux – pouvaient espérer participer à ce que l’histoire appellera « septième croisade ».

D’après Jordan, les voix de Joinville, de Mauvoisin ainsi que celle de Sarrasin convergent pour nous indiquer que l’armée formée pour la Croisade du roi comprenait – ces chiffres restent approximatifs – entre deux mille cinq cent et deux mille huit cents chevaliers, dix mille soldats de grade inférieur, mais à l’équipement complet, cinq mille archers entre cinq mille et cinq mille six cent sergents montés. Jordan relève que la majeure partie de ces combattants furent fournies par Louis IX lui-même, et le reste par ces vassaux, eux-mêmes seigneurs à un niveau moindre que le sien.

L’un des trois frères de Louis IX, Alphonse de Poitier, se doit de retenir notre attention, eu égard au rôle qu’il joua dans la préparation de la croisade. Non qu’elle fût plus engagée par rapport à Robert Ier d’Artois et Charles Ier de Sicile, les deux autres frères du roi, mais parce que nous pouvons attacher l’effort de guerre d’Alphonse à des sources davantage documentées. Ainsi, l’on s’est aperçu que durant l’année 1250 – du 2 février jusqu’à Noël, pour être précis – il dépensa près de cinq mille livres pour la Croisade. Quand bien même celle-ci était partie depuis longtemps, cela démontre que le roi devait pouvoir compter, avant de quitter la France, à ce que les soutiens financiers se poursuivraient après son départ.

On peut également relever l’apport financier de la sœur du roi, Isabelle, qui utilisa l’argent de son héritage paternel pour payer dix chevaliers supplémentaires. De son côté, Jean de Joinville ainsi que son cousin, le comte de Sarrbrücken et son frère Gobert VII d’Apremont participèrent également au financement de vingt autres chevaliers.

Si la famille de Louis IX joua un rôle important dans la croisade, du point de vue du soutien moral, mais aussi du soutien matériel, elle n’en eut pas le monopole. Ainsi, le comté de Champagne fournit environ mille hommes, comprenant un nombre important de chevaliers.

En marge de ces généreuses contributions, l’on peut également considérer celles fournies par les Burgondes, les Flamands et les Bretons. Il parait clair que les deux premiers nommés ont participé de manière non anecdotique à  l’envoi de nouvelles troupes pour le roi. Il semble que l’apport breton, au niveau humain, fut également important : le duc Pierre Ier de Bretagne (22), qui fut mortellement blessé en 1250, avait en effet convoqué le ban et l’arrière-ban des chevaliers bretons.

Comme nous l’avions annoncé plus haut, les aides financières ou logistiques ne provinrent pas uniquement des alliés de Louis IX ; ses anciens rivaux et dissidents du sud de la France participèrent également à la préparation de la croisade. Raymond VII de Toulouse , Hugues X de Lusignan (23) et dans une moindre mesure quelques autres seigneurs fournirent également leur part au roi. Les raisons de ces donations ne résultent évidemment pas d’une soudaine amitié entre le roi et ces anciens ennemis, mais bien d’une obligation souveraine, résultante de la victoire de Louis IX sur ces seigneurs et sur lesquelles nous ne nous attarderons pas, limités que nous sommes par notre sujet.

Un aspect problématique, qui aujourd’hui pourrait faire sourire mais qui dut, dans certaines circonstances, enrayer la machine si bien huilée de Louis IX, fut que, trop souvent, les barons du roi qui avaient fait, librement ou contraints, le vœu de croisade, mouraient avant même le départ, ou peu de temps après. Tel fut le cas, entre autres de Raymond VII de Toulouse, ainsi que d’Hugues de Lusignan. Le problème soulevé par la mort d’individus comme eux orbitent autour du fait que les pensions régulièrement versées par ces personnes au profit de la croisade avant et pendant son accomplissement, n’étaient plus assurées. Elles pouvaient ainsi forcer le roi à des réorganisations financières urgentes. Ces nombreux décès, conduisirent le Concile de Lyon à pousser les postulants à la croisade à prendre des dispositions en faveur de celle-ci – sur le plan financier – en cas de mort.

Jordan relève l’importance de mentionner le fait qu’il ne faut en aucun cas croire que les seigneurs, mais néanmoins vassaux du roi, durent se débrouiller pour financer les apports qu’ils fournirent à la croisade. Cela ne fut vrai qu’au début, mais après, le roi se dut d’aider financièrement ses fournisseurs, ce qu’il fut avec un zèle particulièrement marqué envers ses anciens ennemis, afin d’éviter une soudaine rébellion qui eut pu tout gâche. Ainsi, sa mère, Blanche de Castille, versa plus de vingt mille livres au comte de Toulouse, Raymond VII, et l’on estime que les dépenses personnelles de Louis IX, pour la seule armée, allèrent entre cinq cents mille et un million de livres, pour les deux premières années du conflit.





Après avoir réglé la problématique financière, ou plus exactement, après avoir explicité la manière dont cette problématique fut réglée par Louis IX, nous sommes immédiatement confronté à une autre problématique : celle du moyen de transport. Bien sûr, des routes commerciales reliant la France à l’entier pourtour méditerranéen existent d’ores et déjà – utilisées par des marchands venus de tous les horizons – mais transborder plus de quinze mille personnes, auxquelles il faut ajouter le matériel de guerre, la nourriture, les animaux, etc., est sans commune mesure avec le simple commerce d’époque. Et quoique roi, Louis IX ne pouvait fournir à lui seul suffisamment de bateaux pour permettre un embarquement de toutes les troupes. Les périodes fastes des conflits navals de la Grèce antique étant depuis fort longtemps révolues, et les batailles du XVIe siècle, symbolisées par l’invincible Armada (24), défaite par la flotte anglaise, restant un fait historique d’avenir que jamais Louis IX ne put connaitre, il n’est guère étonnant de voir que le roi de France n’avait, au XIIIe siècle, qu’un potentiel naval très restreint, pour ne pas dire inexistant.

C’est donc dans la location, mais également dans le prêt et la donation que Louis IX trouva les moyens de rassembler le nombre de bateaux nécessaires aux transports. Il parvint en moins de deux ans, à obtenir la location de trente-six navires en provenance de Venise, de Marseille et de Gênes. De leur côté, les alliés – volontaires ou contraints – du roi, contribuèrent à cette tâche dans la mesure de leurs moyens. Joinville et son cousin louèrent un navire à  leurs frais, tandis que le Comte de Toulouse négocia avec succès des contrats de locations à Marseille, contrats qui furent en évidence le fait que Louis IX dut verser, non seulement à son frère Alphonse de Poitier – qui en plus des donations dont il a été fait mention précédemment, investi plus de six mille livres en locations de navires et payement de salaires des marins – mais encore à d’autres de ses barons, des sommes nons négligeables.





Parallèlement aux problématiques dont nous venons de faire l’écho, s’en inscrit une troisième, davantage politique pour Louis IX, le choix du lieu à partir duquel les bateaux prendraient la mer.  Choisir un port existant déjà nous semblerait, de nos jours, la solution la plus envisageable. Ce serait pourtant faire fi du contexte politico-militaire de l’époque, notamment au niveau des dissidences internes au royaume, encore manifeste dans certaines régions, en particulier celles englobant dans leur territoire, des villes comme Montpellier, Marseille ou Narbonne. Peu désireux de devoir démarcher, ou faire des concessions, Louis IX choisit de fonder, ou plus exactement d’agrandir et de renforcer, le port d’Aigues-Mortes (25) afin d’éviter, à lui-même et à ses descendants capétiens, d’être forcés de discuter avec l’ennemi.

Cette volonté de s’affranchir des bâtons que les seigneurs des régions dissidentes auraient pu vouloir lui mettre dans les roues ne s’accomplit pas sans mal pour le roi. Rapidement, le problème de l’approvisionnement d’Aigues-Mortes se pose. En effet, le nouveau port n’est sur aucune route commerciale, et subit la concurrence de villes proches comme Nîmes et Montpellier. Le problème de Nîmes fut réglé de manière rapide par le roi qui au mépris de quelque loi, obligea des personnes de la région à lui vendre, ou simplement à lui céder certaines portions de leurs territoires afin de permettre à Louis IX de détourner les voies commerciales de la ville de Nîmes en direction d’Aigues-Mortes. Il en fut tout autre en ce qui concerne Montpellier, ville sous domination aragonaise, et davantage prédisposée à résister par la force aux méthodes coercitives de Louis IX. Aussi, ce dernier usa-t-il de méthodes diplomatiques, offrant protection aux grands de la ville, contre un possible empiètement de la couronne aragonaise dans les affaires des Montpelliérains.

Ainsi, en moins de quatre ans, fut construit ce que Jordan considère comme un imposant symbole de l’autorité des rois capétiens.





Les sixièmes et septièmes croisades furent menées par un pouvoir séculier, ce qui n’entre pas dans la ligne traditionnelle des croisades précédentes dites pontificales. Celle que nous abordons n’est pourtant pas dénuée de sens spirituel. Bien  au contraire, l’image de piété que le roi renvoie à ses contemporains nous semble symbolique de sa préparation.





A la fin de l’année 1244, Louis IX prit la croix et se lança rapidement dans les préparatifs. Il devient un croisé, appelé cruce signatus selon les termes de l’époque. Il n’attendit pas que le pape Innocent IV déclarât la guerre,  ainsi que l’usage l’aurait voulu, et, de fait, obtint relativement peu de soutien de la part de la papauté. Par ailleurs, d’après Le Goff, en ce milieu du XIIIe siècle, la croisade envisagée par Louis IX s’ancrait dans une ligne traditionnelle qui n’était plus en vogue. L’Espagne et l’Italie avaient une politique d’expansion économique et territoriale en Méditerranée qui n’avait pas de projet religieux et les guerres saintes pontificales étaient uniquement orientées vers les hérétiques internes à la Chrétienté.

Il faut se rendre compte tout d’abord que la croisade prise de façon générale a constitué un regroupement prodigieux d’hommes et qu’il a été déployé des forces exceptionnelles pour l’époque. A ce sujet, Michel Villey déclare :

« La croisade en Orient connut plus vastes rassemblements de troupes, les armes les plus coûteuses, les châteaux-forts les plus puissants, de l’histoire militaire du Moyen-Age ».

Jacques Le Goff qualifie de « chiffres considérables pour l’ époque » l’estimation des vingt-cinq mille soldats qui auraient été rassemblés dans l’armée de la Septième Croisade et précise même que, selon Matthieu Paris, « il n’y avait pas assez de bateaux pour embarquer tous les soldats », ce qui dénoterait une surabondance d’hommes prêts à partir en Orient. Comment a-t-il été possible de regrouper tant d’hommes ? La prédication est le moyen direct par lequel l’appel est fait au peuple.

La finalité de la prédication était de convaincre le soldat potentiel de prendre la croix. Pour ce faire, on l’informait sur les avantages tant spirituels que matériels que lui apporterait une prise de la croix. En particulier, le XVIIe canon du Premier concile de Lyon contient une liste précise de ces avantages et d’autre part de la politique de Louis IX en matière de préparation spirituelle. Un des éléments relevés de ce concile est l’interdiction des tournois, dont Jacques Le Goff fait mention dans deux de ses ouvrages. Il relève que l’interdiction des tournois avait déjà été déclarée au quatrième concile de Latran  (26) de 1215 mais qu’elle n’avait pu être réellement appliquée ; nous nous permettrons de supposer que Louis IX la réitéra entre 1245 et 1248, si l’on admet que le décret du Concile de Lyon fut directement appliqué. On peut s’étonner que les tournois de chevaliers fussent interdits pour trois ans dans le contexte de préparation d’une guerre. Quel est le motif de cette répréhension de la violence. Dans l’imaginaire médiéval, recueil de différents essais écrits par Jacques Le Goff, le médiéviste se fonde sur un exemplum de Jacques de Vitry, datant du début du XIIIe siècle, pour affirmer que l’Eglise voyait les tournois comme menant aux sept péchés capitaux (27). On comprend mieux leur interdiction ; ceux-ci étant considérés comme moralement répréhensibles : ils entravaient la préparation spirituelle du royaume. Il ajoute, sur la base d’autres sources littéraires, deux raisons pratiques à leur interdiction. D’une part un trafic de monnaie se faisait autour de ces jeux qui entraient en concurrence avec l’aumône et d’autre part les jeunes chevaliers en quête d’exercice se défoulaient dans les tournois alors que c’est à la croisade qu’on les destinait.

C’est au cours de l’année 1245, après que le concile de Lyon se fut réuni en juin  et que Louis IX eut demandé au Pape, selon la tradition, de choisir un légat pontifical pour diriger la prédication, que celle-ci commença. Le choix du légat se porta sur Eudes de Châteauroux (28) qui fut désigné à cet effet, comme l’a écrit Guillaume de Nangis, pour l’année 1245 des Chroniques capétiennes.

Au concile de Lyon, Louis IX exhorta, à la suite de Quatrième concile du Latran, les nobles et les riches à la modestie dans le vêtement et la nourriture. Prônant la sobriété, il a lui-même cherché à l’incarner, allant bien au-delà de ce que prescrivait l’Eglise. A l’image de sa conception de la croisade, Louis IX fait figure de pèlerin. Le chroniqueur Salimbene de Adam de Parme (29), membre de l’ordre franciscain, fournit, à ce propos, de très bonnes descriptions physiques du roi, puisqu’il fut un témoin oculaire du séjour de Louis IX à Sens, celui-ci y étant pour assister au chapitre général des Franciscains, alors qu’il se rendait à Aigues-Mortes, embarquer pour Chypre. Dans son texte, Salimbene parait mettre en évidence une similitude entre le comportement idéal de pauvreté et d’humilité que le Christ embrassa,  et le renoncement de Louis IX aux fastes vestimentaires pour vivre à la manière d’un humble pèlerin, ou tout du moins, en donner l’impression à ses contemporains.

Un autre aspect de la préparation spirituelle que l’on relève, dans ce texte, est la campagne de prières, qui révèle le caractère du pieu du roi, voyant une nécessité de la prière des clercs pour la réussite de son entreprise.

Au-delà de la source de Salimbene de Parme, l’on voit que le roi avait des liens étroits avec d’autres ordres, tant cisterciens que mendiants. Ceux-ci le soutenaient spirituellement, en échange de quoi il leur octroyait aumônes et privilèges.

Le Goff nous enseigne que la plupart des biographes de Louis IX reconnaissent dans cette volonté d’humilité un tournant dans la vie du roi. Selon cet historien, ce tournant serait apparu dès 1248, presque parallèlement à la grande enquête de 1247 allant dans le sens de la politique dite « pénitentielle », de recueil des plaintes dues à d’éventuelles exactions commises par les officiers du roi dont parle également Michel Balard. Louis IX  a ainsi cherché à montrer l’exemple pour que tout le royaume participe à un effort de sanctification dans le but que Dieu bénisse la croisade. C’est donc dans le contexte de préparation à la croisade que le roi décida de donner une nouvelle orientation à sa vie spirituelle et à sa politique.








Dès 1247, Louis IX envoie à Chypre une  équipe de fournisseurs chargés d’organiser l’intendance et le ravitaillement de la future expédition. Afin de disposer d’un port situé sur le domaine royal, Louis IX ordonne la construction du port d’Aigues-Mortes. C’est de ce port qu’il embarque le 25 août 1248,  avec une grande partie de la noblesse française. La flotte débarque à Limassol le 17 septembre 1248 où elle est reçue par le roi Henri Ier et s’apprête à hiverner dans l’île. Cet hivernage va permettre aux d-chefs de la croisade de préparer leur stratégie en vue de cette expédition. Une précédente croisade, celle de Thibaut IV de Champagne (30) en 1239, avait montré qu’il n’était pas envisageable de marcher directement sur Jérusalem, aussi les croisés décident de débarquer en Egypte pour y prendre des villes et les échanger contre Jérusalem.

L’époque est favorable pour les croisés. L’empire ayyoubide de Saladin est divisé entre le sultan d’Egypte, l’émir de Damas et celui d’Alep, qui se font la guerre. Malik al-Salih Ayyoub (31), sultan d’Egypte assiège Alep, et les émirs syriens, cherchent à négocier l’alliance des croisés contre leur cousin. Mais le roi de France, pas encore au fait de la politique d’Orient, ne veut pas s’allier à des musulmans et les éconduit.

Au printemps 1249, la ville de Saint-Jean-d’Acre, qui doit livrer les navires pour transporter l’armée en Egypte, est déchirée entre les Pisans et les Génois qui se livrent à des combats de rue. Louis IX doit intervenir pour  négocier la paix. L’escadre arrive enfin à Limassol, mais peu après le départ pour l’Egypte, une tempête la disperse. Les premiers navires arrivent en vue de Damiette le 4 juin.





Les huits mois d’hivernage à Chypre avaient permis au sultan Malik al-Salihh Ayyoub de se préparer à  l’invasion, mais il se trouve au mois de mai à Damas, ne sachant pas si le  débarquement doit se faire en Egypte ou en Syrie. Gravement malade, il rentre en Egypte et confie l’armée à l’émir Fakhr al-Dîn Ibn al-Sheikh qu’il envoie à Damiette pour s’opposer au débarquement. Le 5 juin 1249, les croisés débarquent sous les charges successives des soldats musulmans, et réussissent à mettre le pied sur le rivage, puis à repousser l’armée ayyoubide. Plusieurs émirs sont tués et Fakhr al-Din décide d’abandonner la plage. Il se replie sur Damiette (32), mais n’ose pas y rester et se réfugie à Ashmûn-Tannâh, plus au sud. Pris de panique, les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil. Avec prudence car ils craignent un piège, le 6 juin, les croisés peuvent entrer dans Damiette, et s’en emparer.

L’armée se met alors à attendre l’arrivée du reste de la flotte, dispersées par la tempête. Lorsqu’elle est enfin réunie, il est trop tard pour marcher sur Mansourah et Le Caire. En effet, la crue du Nil a commencé et les croisées doivent attendre qu’elle se termine en octobre 1249. Ce  délai laisse le temps aux Egyptiens de se ressaisir en pratiquant une guérilla contre les Francs. Alphonse de France, comte de Poitiers et frère du roi arrive le 24 octobre 1249, en même temps que la décrue du Nil. Le conseil du roi se met alors à choisir entre Alexandrie et Le Caire comme prochain objectif. Une majorité de nobles se prononcent pour Alexandrie, qui présente l’avantage d’être un port et de renforcer les liaisons avec l’Occident. Mais Robert Ier, comte d’Artois et frère du roi, les convainc de marcher sur Le Caire et fait échouer les négociations avec le sultan qui propose d’échanger Damiette contre les villes d’Ascalon (33), de Jérusalem et de Tibériade (34).

Le sultan Malik al-Salih Ayyoub, au dernier stade de la maladie, meurt le 23 septembre 1249. Sa veuve, Shajar al-Durr, mère de l’héritier al-Mu’azzam Tûrân-shâh (35), prend le pouvoir et fait tenir secrète la nouvelle de sa mort, craignant que les Francs n’en profitent ou que les Mamelouks ne se révoltent.

L’armée prend le chemin du Caire le 20 novembre 1249. L’émir Fakhr al-Dîn organise de nombreuses escarmouches pour harceler les croisés. Le 7 décembre 1249, six cents cavaliers musulmans attaquent les Francs entre Fâriskûr et Sharimsâh. Ils sont repoussés, mais malgré l’interdiction de Louis IX de se lancer à la poursuite des soldats qui battent en retraite, les Templiers voulant venger l’un des leurs le font et tuent la moitié des assaillants. Le 21 décembre, l’armée arrive à proximité de Mansura et installe un camp, régulièremnet attaqué par les musulmans. Pour attaquer la ville, il faut franchir un bras du Nil, le Bahr al-Saghîr, mais Fakhr al-Dîn tient fermement l’autre rive. Ayant appris d’un déserteur bédouin l’existence d’un gué à Salamûn, quelques kilomètres en aval, Louis IX et son armée traversent le Bah al-Saghîr le 8 février 1250. Le comte d’Artois est l’un des premiers à mettre le pied sur l’autre rive et, malgré les conseils de prudence des Templiers, se met à charger le camp musulman, suivi par les Templiers qui ne peuvent l’abandonner. Le camp investi, Fakh al-Dîn tué et l’armée en déroute. Mais, au lieu de faire acte de sagesse et d’attendre l’arrivée de l’armée royale, Robert d’Artois se met en tête d’investir Mansura. Il s’engage dans la ville et se rue vers la forteresse toujours suivi des Templiers qui avaient tenté de le raisonnner ; malheureusement pour eux, les musulmans s’étaient regroupés autour d’un chef mamlouk, un certain Baybars, qui organise la contre-attaque. Toute l’avant-garde est massacrée ce jour-là.

Les Mamelouks, ayant défait l’avant-garde, chargent maintenant l’armée croisée qui achève la traversée du gué. Le régiment d’arbalétriers, seul capable de s’opposer aux archers,  et l’infanterie n’ont pas encore traversé la rivière qui  est malgré tout profonde pour ses soldats à  pied. Pour éviter l’anéantissement de sa cavalerie, Louis IX  lui ordonne de charger les Mamelouks. Il reprend pour peu de temps l’avantage, mais subit de nouveau les assauts musulmans. Ce délai permet aux arbalétriers de jeter un pont de fortune, de franchir le gué, et de repousser la cavalerie mamelouk.

Louis IX fait doubler le pont, et l’infanterie traverse à son tour le Bahr al-Saghîr. Le 11 février, l’armée musulmane attaque de nouveau l’armée franque et est repoussée après une bataille très rude. Mais le vent tourne pour les croisés. L’accumulation des morts entraine des épidémies, et le nouveau sultan, Tûrân Châh, qui se trouvait en Mésopotamie à la mort de son père, arrive à Mansura le 28 février et organise la défense. Il fait venir des bateaux qui repoussent la flotte croisée sur le Nil. En plus des épidémies, c’est la disette qui frappe l’armée croisée, et Louis IX se résout à battre en retraite le 5 avril.

L’avant-garde de l’armée arrive à Fâriskûr, son arrière-garde est à Shâramsâh avec le roi, lequel est gravement malade et doit se réfugier dans une maison de la bourgade, défendue par Gaucher de Châtillon (36), lequel trouvera la mort à Munyat Abu Abdallah le 6 avril 1251. Les barons syriens, avec Philippe de Montfort (37) à leur tête, décident de parlementer avec les chefs musulmans pour négocier l’échange de Damiette contre la vie sauve des soldats croisés, mais un sergent du nom de Marcel, circonvenu des émirs, trahit : il se présente auprès des barons syriens comme un envoyé de Louis IX et les incite à se rendre au nom du roi (6 avril 1250). Embarrassé par le nombre de prisonniers, les musulmans massacrent les blessés, mais un accord est conclu entre Tûrân Shah et Louis IX, échangeant la vie sauve et la liberté de l’armée croisée contre damiette et une rançon de 500 00 livres tournois.

C’est alors qu’un évènement vient remettre en cause ces accords : le précèdent sultan était peu apprécié de son peuple et de ses soldats mamelouks et son fils, peu connu, passe pour être incapable. La colère gronde et les officiers mamelouks tuent Tûrân châh le 2 mai 1250 après l’avoir poursuivi toute la journée et prennent le pouvoir en Egypte. Après avoir hésité à égorger tous les prisonniers, les Mamelouks décident de reprendre à leur compte l’accord de libération des prisonniers. Cependant, et malgré la venue au monde de Jean Tristan, la reine Marguerite de Provence (38) réussit à Conserver Damiette (jusqu’au 6 mai 1250). Pour la rançon, Louis IX demande une avance aux Templiers, et devant le refus de ces derniers, doit envoyer le sénéchal de Joinville sur les nefs templières pour prendre l’argent de force. Libéré, Louis IX quitte l’Egypte le 8 mai et aborde à Saint-jean-d’Acre le 13.






Malgré son échec, Louis IX est reçu allègrement par les chrétiens d’Orient surtout les maronites libanais qui viennent à Saint-Jean-d’Acre par milliers pour les saluer. Il est vrai qu’il se soucie du sort du royaume et ne compte pas rentrer en Europe aussitôt après avoir rempli l’obligation de combattre contre les musulmans. Sans sa présence, les chrétiens du Levant ne peuvent compter que sur la protection de leur roi Conrad II (39), fils de l’empereur Frédéric II, qui reste au loin en Germanie et qui est ouvertement islamophile et allié de l’Egypte.  La présence de Louis IX représente un espoir non négligeable face aux Mamelouks, beaucoup plus fanatiques que leurs prédécesseurs Ayyoubides.

Aussi, malgré la demande de la régente Blanche de Castille, qui souhaite revoir son fils et lui rendre les destinées du Royaume de France, malgré le conseil de nombreux barons qui veulent rentrer, Louis IX décide d’entamer en Syrie un séjour qui va durer quatre ans. Bien que les droits à la couronne du royaume de Jérusalem soient détenus par les Hohenstaufen, Louis IX est considéré comme le souverain du royaume pendant son séjour.

Le royaume de Jérusalem se trouve momentanément en paix, car Al-Nasir Yusuf (40), émir iayyoubide d’Alep, n’acceptant pas la prise de pouvoir des Mamelouks en Egypte, s’empare de Damas qui rejette la domination mamelouk, puis de Gaza et revendique le sultanat d’Egypte. Il envahit l’Egypte, mais est battu à  El’Abbâsa le 2 février 1251. Pour le roi Louis IX,  la question se pose de savoir à qui s’allier. Les Ayyoubides lui envoient une ambassade qui se montre très intéressante, car avec Damas ils ont repris le contrôle de Jérusalem qu’il propose de céder, mais le roi ne peut pas conclure ouvertement une alliance, car les Mamelouks retiennent encore de nombreux prisonniers croisés qui pourraient alors être exécutés. La situation permet au roi d’envoyer un ultimatum à l’Egypte et d’obtenir la libération des prisonniers sur la simple promesse de ne pas s’allier aux Ayyoubides. Finalement, entre l’Ayyoubide qui tient Jérusalem  et qui commence à faire preuve d’incapacité et les Mamelouks qui promettent la rétrocession de Jérusalem quand ils auraient reconquis l’émirat de Damas, Louis IX choisit de s’allier aux Mamelouks en mars 1252. Mais la guerre entre les Mamelouks et les Ayyoubides inquiètent les dirigeants musulmans qui craignent un affaiblissement des leurs en Syrie face aux Francs, et Al-Musta’sim (41), calife de Bagdad, intervient et impose la paix entre les deux ennemis, réduisant à néant les espoirs de Louis IX de récupérer Jérusalem.

Mais l’œuvre de Louis IX en Terre Sainte ne s’arrête pas à cette politique extérieure. Dès son arrivée, il décide de renforcer les défenses de ce qui reste du royaume de Jérusalem. Il renforce les fortifications de Jaffa, Saint-Jean-d’Acre, Césarée, Sidon. Ces actions montrent rapidement leur bien-fondé car peu après la paix entre les Mamelouks et les Ayyoubides, une troupe de Bédouins en garnison à Gaza pour le compte de l’émir de Damas évacuent la ville conformément aux traités et repartent vers le nord en passant à côté de Jaffa. Quelques escarmouches les opposent aux arbalétriers chrétiens, mais si le bourg n’avait pas été fortifié, il aurait probablement été pillé et saccagé, car ils pillèrent quelques villages avant d’assiéger en vain Saint-Jean-d’Acre, puis de piller la ville basse de Sidon dont les fortifications n’étaient pas achevées. En représailles, les chrétiens tentent de prendre Panéas, mais échouent.

Louis IX doit cependant renforcer l’autorité royale dans un royaume qui a appris à se passer d’un roi depuis vingt ans et met au pas les ordres militaires (Temple et Saint-jean de l’Hospital) qui se considèrent comme quasiment indépendants. Il intervient également dans les affaires de la principauté d’Antioche et écarte Lucienne de Segni (42) qui ne veut pas mettre fin à la régence. Il confirme Bohémond VI (43) comme prince, et négocie un traité qui met fin entre l’antagonisme entre la Petite-Arménie et Antioche.

Pour contrer la paix et l’alliance entre les Mamelouks et les Ayyoubides, il amorce un rapprochement avec les Ismaëliens (44) et envoie une ambassade auprès du Khan mongol de Perse. Cette action n’aboutit pas, car Louis IX est déjà reparti en  France au retour de l’ambassade, mais cette démarche est à la base de l’alliance entre les khans mongols, le royaume  de Petite-Arménie et la principauté d’Antioche dans la décennie qui suit.






Sa mère Blanche de Castille, à qui Louis IX avait confié le royaume avant de partir en croisade, meurt le 27 novembre 1252. Il ne peut différer son départ, car son royaume se retrouve sans régence, et embarque à Saint-Jean-d’Acre le 24 avril 1254. Il laisse derrière lui Geoffroy de Sargines, nommé sénéchal du royaume assisté d’une centaine de chevaliers et d’une centaine de sergents.


De retour en France, il se préoccupe du sort des chevaliers blessés, en particulier des aveugles, pour qui il fonde à Paris, un hôpital spécialisé : l’hôpital des Quinze-Vingts (45).





Même si la septième croisade n’a pas atteint le résultat escompté, elle n’est pas sans conséquence pour les Etats latins d’Orient, ni sans importance. L’échec de la campagne d’Egypte est à imputer à l’inexpérience des croisés en matière de politique orientale. L’action de Louis IX en Terre Sainte a été déterminante pour la survie du royaume. Il a apporté une stabilité à ce royaume qui se passait de roi depuis vingt ans et était déchiré par l’anarchie féodale. Face au nouveau danger mamelouk, il a renforcé les défenses des places fortes chrétiennes et a amorcé  une politique d’alliance, qui aurait pu porter ses fruits si elle avait été suivie.

Mais, bien qu’il ait laissé un représentant derrière lui après son départ, le royaume retombe rapidement dans l’anarchie, et le conseil des barons est incapable de s’entendre pour négocier une alliance avec les Mongols, lors de leur invasion de 1260. L’anarchie sera telle que lors de l’extinction de la dynastie des Hohenstaufen, le nouveau roi Hugues III de Chypre (46) ne parviendra pas à s’imposer dans le royaume.



(1)  Blanche de Castille, née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille, et morte le 27 novembre 1252 à Melun, reine de France, est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt : elle est donc la nièce des rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle est l’épouse de Louis VIII de France.




(2) Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.


Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms deStupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix ».

• Première épouse : Constance d'Aragon (1179 - 23 juin 1222), fille du roi Alphonse II d'Aragon et veuve du roi Aymeric de Hongrie. Mariage le 15 août 1209 à Messine.

• Henri II, ou Henri VII de Germanie (1211- 12 février 1242), duc de Souabe

• Deuxième épouse : Isabelle II de Jérusalem (Yolande de Brienne), reine de Jérusalem (1212 - 25 avril 1228). Mariage le 9 novembre 1225 à Brindisi.
• Marguerite (novembre 1226 - août 1227)
• Conrad IV, roi des Romains et de Jérusalem (25 avril 1228 - 21 mai 1254)

• Troisième épouse : Isabelle d'Angleterre (1217 - 1er décembre 1241), fille du roi Jean d'Angleterre. Mariage le 15 juillet 1235 à Worms.
• Jordanus (1236-1236)
• Agnès (1237-1237)
• Marguerite de Sicile  (1237-1270), mariée à Albert, comte palatin de Saxe, margrave de Misnie
• Charles-Othon (Henri) (18 janvier 1238 – mai 1254)

• Enfants de Bianca Lancia (1210-1246), qui pourrait avoir épousé l'empereur en secret :
• Constance de Hohenstaufen (1230-1307), qui épousa Jean III Doukas Vatatzès, empereur de Byzance
• Manfred Ier de Sicile (1232-1266), roi de Sicile, tué à la bataille de Bénévent
• Yolande (Violante) de Souabe (1233-1264), qui épousa Riccardo Sanseverino, comte deCaserte

• Enfant illégitime d'une comtesse sicilienne :
• Frédéric de Pettorano (né en 1212), qui s'enfuit en Espagne avec sa femme et ses enfants en 1238/1240.

• Enfants illégitimes d'Adélaïde (Adelheid) d'Urslingen (v. 1195 - v. 1234) :
• Enzio (Henri), roi de Sardaigne (1215-1272)
• Catarina di Merano (1216/1218 - 1272), mariée une première fois avec un inconnu puis avec Giacomo del Carreto (Jacopo Caretto), marquis de Noli et de Finale, margrave de Savone

• Enfant illégitime de Mathilde ou Marie d'Antioche (1200-1225), elle-même peut-être fille illégitime de Bohémond III d'Antioche :
• Frédéric, prince d'Antioche et podestat de Florence (1221-1256), tué à la bataille de Foggia

• Enfant illégitime de Manna, nièce de l'archevêque Berardo de Messine :
• Richard, comte de Chieti (1225 - 26 mai 1249), tué à la bataille de Fossalta

• Enfant illégitime de Richina (Ruthina) de Beilstein-Wolfsölden (v. 1205-1236) :
• Marguerite de Souabe (1230-1298), mariée à Thomas d'Aquin, comte d'Acerra

• Autres enfants illégitimes :
• Gerhard (mort après 1255)
• Selvaggia (1223-1244), épousa Ezzelino III da Romano, podestat de Vérone
• Blanchefleur (1226-1279), dominicaine à Montargis, France


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MessageSujet: Re: SEPTIEME CROISADE (1248 - 1254)   Mer 6 Avr - 11:51

(3) La dynastie musulmane des Ayyoubides ou Ayyubidesest une famille arabe d’origine kurde et descendante d’Ayyoub. À l’origine ce sont des officiers des émirs Zengi puis Nur ad-Din. Ensuite, Saladin prend le pouvoir en Égypte en 1170, puis unifie la Syrie contre les Francs, avant de conquérir la plus grande partie des états latins d’Orient. Après lui, les sultans Al-Adel et Al-Kamil règnent en Egypte jusqu’en 1250, tandis que d’autres princes ayyoubides se succèdent en Syrie jusqu’en 1260 et au Yémen jusqu’en 1229.




(4) Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn « le Parfait » (v.1177 † 8 mars 1238) est un vice-roi d'Égypte sous le règne de son père al-Adel puis un sultan ayyoubide d'Égypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est fils du sultan ayyoubide Al-Adel et le neveu de Saladin



(5) Les Khwarezmiens également Chorasmiens, Kharezmiens ou Korasmiens. L'ancien royaume iranien de Khwarezm, entre la mer Caspienne et la mer d'Aral, est attesté depuis l'Antiquité.
Islamisé et turquisé au Moyen Âge, il devient une puissance majeure d'Asie centrale aux XIIe   XIIIe siècles avant d'être balayé par les Mongols gengiskhanides en 1221.
Le shah du Kharezm et le reste de ses armées vont vagabonder pendant des années entre l'Iran, l'Inde et le Proche-Orient. En 1244, ils s'emparent de Jérusalem, pratiquement désarmée depuis Frédéric II, et la pillent de fond en comble. Les princes ayyoubides utilisent leur concours contre les croisés, avant de se retourner contre eux et de les détruire. Le grand raid des Kharezmiens affaiblit les États latins d'Orient, mais aussi les Ayyoubides, qui dépendent de plus en plus de leurs mercenaires mamelouks.




(6) La bataille de La Forbie, également connue sous le nom de bataille de Harbiyah, s'est déroulée pendant les croisades, les 17 et 18 octobre 1244, près du village de La Forbie au nord-est de Gaza.

La bataille a opposé deux armées :

• les armées croisées venant du royaume de Jérusalem, des ordres de chevalerie croisés (Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, Ordre Teutonique et Ordre des Hospitaliers) et de troupes venues du territoire de Homs et de la Transjordanie tombés sous la domination des Ayyoubides dirigées par Gautier IV de Brienne.
• l'armée égyptienne du sultan As-Salîh Ayyûb, renforcée par des mercenaires Khorezmiens dirigés par le Mamelouk Baybars. La bataille voit la victoire de Baybars.







(7) La République de Venise dite la Sérénissime (enitalien, Serenissima Repubblica di Venezia ; en vénitien,Serenìsima Repùblica Veneta) est un État progressivement constitué au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s'est développé par l'annexion de territoires divers et de comptoirs commerciaux le long des côtes de la Mer Adriatique, en Méditerranée orientale et en Italie du nord, jusqu'à devenir une des principales puissances économiques européennes. Venise occupe alors une place prépondérante dans les échanges économiques entre l'Occident et l'Orient méditerranéen, byzantin ou musulman.

La République de Venise a construit son indépendance politique et sa puissance économique grâce au commerce maritime. Les Vénitiens ont noué des alliances avec l’Empire de Byzance. La flotte vénitienne aide militairement l’Empire byzantin contre les invasions arabes et normandes et contre les pirates croates qui nuisent au commerce. L’Empire byzantin accorde des privilèges commerciaux à Venise. Les Vénitiens peuvent établir des comptoirs dans l’Empire pour profiter du commerce.

Lors des Croisades, Venise est un lieu d’escale pour les croisés et développe un axe de commerce Nord-Sud (avec les Anglais et les Flamands). Entre le XIe etXIIIe siècles, Venise émerge puis se développe auXIVe siècle, via la « Bourse du Rialto », qui facilite le développement d'une flotte commerciale et le quadruplement de la superficie de l'Arsenal de Venise, véritable « État dans l'État », sur lequel la cité construit sa richesse qui permet de développer son importance politique.

La Sérénissime, avec ses institutions aristocratiques remarquablement stables sur près d'un millénaire, contribue à son rôle politique essentiel.




(08) Le traité de Paris de 1229 (appelé aussi traité de Meaux-Paris ou simplement traité de Meaux) met fin au conflit albigeois opposant le royaume de France au comté de Toulouse. Il prépare le rattachement définitif des pays occitans au royaume de France.




(9) Raymond VII (IX) de Toulouse ( juillet 1197 à Beaucaire– † 27 septembre 1249 à Millau), est un comte de Toulouse, de Saint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1222 à 1249. Il était fils de Raymond VI, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Jeanne d'Angleterre. Par sa mère, il était petit fils du roi Henri II d'Angleterre, neveu des rois d'Angleterre Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre et par conséquent cousin du roi Henri III d'Angleterre.




(10) Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb (v. 1207 † 1249) est sultan ayyubide d’Égypte de 1240 à 1249 et de Damas de 1245 à 1249. Il est fils d’Al-Kamel, sultan d’Égypte et de Damas, et d’une concubine nubienne.




(11) Jacques Le Goff, né le 1er janvier 1924 à Toulon et mort à Paris le 1er avril 2014, est un historien médiéviste français.

Il s'intéresse particulièrement dans ses recherches à l'anthropologie médiévale, et à l'histoire des mentalités. Ses maîtres sont Charles-Edmond Perrin (1887-1974), le directeur de thèse de Georges Duby(1919-1996), et Maurice Lombard (1904-1965). Il rappelle aussi volontiers l'influence d'Henri Pirenne (1862-1935), un des fondateurs de l'École des Annales, et d'Henri Michel, qui fut son professeur d'histoire au lycée de Toulon.




(12) Innocent IV, né Sinibaldo de Fieschi (vers 1180/90 –7 décembre 1254), est pape du 25 juin 1243 à sa mort. Il appartenait à l'une des principales familles de Gênes. Formé à Parme et Bologne, il passait pour l'un des meilleurs canonistes de son époque. Son pontificat est notamment marqué par la lutte contre Frédéric II dans le cadre de la longue querelle du sacerdoce et de l'Empire.




(13) Le premier concile de Lyon dirigé par le pape Innocent IV se tient entre le 26 juin et le 17 juillet 1245 à Lyon. Il a pour but principal la déposition de l'empereur Frédéric II dans le cadre de la lutte entre l'empereur du Saint empire et la papauté.




(14) Mieux connu sous le nom de Steven Runciman, Sir James Cochran Stevenson Runciman, CH (7 juillet 1903-1er novembre 2000), est un historien britannique, spécialiste du Moyen Âge. Son ouvrage le plus connu est l’Histoire des Croisades (titre original : A History of the Crusades) publiée de 1951 à 1954 en trois volumes.




(15) Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v.1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.




(16) René Grousset (5 septembre 1885 à Aubais - 12 septembre1952 à Paris) est un historien français, spécialiste de l'Asie, et membre de l'Académie française.




(17) Jean de Joinville (v. 1224 - 24 décembre 1317), également connu sous le nom de Sire de Joinville, est un noble champenois et biographe de Louis IX de France (dit Saint Louis).

Sénéchal de Champagne et historien du règne, il suit Louis IX à Aigues-Mortes lors de la septième croisade. C'est en partie grâce à ses témoignages que Saint Louis est canonisé en 1297.


De ses deux épouses successives, Alix de Grandpré et Alix de Reynel, il a plusieurs enfants :
• Geoffroy de Briquenay
• Jean d'Ancerville
• Jean de Joinville, seigneur de Reynel (mort en 1304). À sa mort, son frère hérite de la seigneurie de Reynel ;
• Anseau de Joinville, (1265-1343), sire de Joinville (en 1317, à la mort de son père), il est seigneur de Rimaucourt puis de Reynel(1304). Il est maréchal de France, d'où postérité ;
• Gautier de Beaupré
• André de Bonney
• Marguerite, première épouse de Jean, seigneur de Charny et mère de Geoffroi de Charny
• Alix

Sa petite-nièce, Jeanne de Joinville (1286-1356), fille de Pierre de Joinville, épousa sir Roger Mortimer(1287 - pendu à Londres, 29 novembre 1330), 1er comte de March et 8e baron de Wigmore, d'où 11 enfants.




(18) Matthieu Paris (en latin, Matthæi Parisiensis, littéralement Mathieu le Parisien1) (v. 1200-1259) était un moine bénédictin anglais, historien, artiste enlumineur, hagiographe,cartographe, sculpteur et encore ouvrier en métal.

Au monastère bénédictin de Saint-Albans, il continua l'œuvre historique de Roger de Wendover, la Chronica Majora, en l’élargissant par l’ajout des événements étrangers. Il est connu pour son admiration envers Frédéric II du Saint-Empire, auquel il attribua le surnom de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde »).

Matthieu Paris résuma sous le titre Historia Anglorum ouHistoria Minor de nombreuses et longues chroniques datant de 1067 à 1253. Il fut aussi l’auteur de biographies de saints et de moines, dont une Life of Saint Albans. Il illustra ses ouvrages de sa propre main par de nombreuses enluminures et reste l’un des principaux talents de son époque en Angleterre.




(19) Guillaume de Saint-Pathus, est un Franciscain né en 1250 à Saint-Pathus, décédé en 1315, et petit-fils de Guillaume des Barres. Il fut de 1277 à 1295 confesseur de la reine Marguerite de Provence.
Il est connu pour une biographie de Saint-Louis, œuvre commandée par une de ses filles, Blanche de France, née en 1253, dont Guillaume fut aussi le confesseur de 1296 à 1314 environ.
Il écrivit aussi un panégyrique de ce roi.




(20) Guillaume de Nangis est un moine bénédictin de l'abbaye Saint-Denis, mort en 1300, connu commechroniqueur.

Garde des chartes de Saint-Denis de 1289 à 1299, il est l'auteur d'une Chronique des rois de Franceet de Vies de Saint Louis et de ses frères, Philippe le Hardi et Robert, insérées dans la collection d'André Duchesne, et publiées à part par Géraud en 1843.

Il a également écrit une Chronique latine dite chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 à 1300 avec les continuations de cette chronique de 1300 à 1368 Édition H. Géraud, vol. 1, Paris, 1843.

Ayant sans doute consulté les manuscrits latins sur lesquels sont basées les Grandes Chroniques de France, il écrivit une longue Chronique (« Chronicon ») de l'histoire du monde depuis sa création, fortement inspirée jusqu'à 1112 de Sigebert de Gembloux ; après cette date toutefois le matériel est de première main et nous est précieux à nous comme il le fut à Joinville. Précieuse également la lettre du connétable arménien Smbat à Henri Ier de Chypre incluse dans sa Vie de Louis IX.

La Chronique de Guillaume de Nangis trouva des continuateurs jusqu'en 1368.




(21) Isabelle de France, née en mars 1225 et morte le 23 février 1270, dite « Bienheureuse Isabelle de France », est la fille du roi de France Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille. Elle est morte sans alliance ni postérité, fondatrice du monastère des clarisses urbanistes de Longchamp près de Paris.




(22) Pierre Ier de Bretagne, dit aussi Pierre de Dreux puis Pierre« Mauclerc » puis Pierre de Braine, né vers 1187 à Dourdan, mort le 26 ou 27 mai 1250 en mer, est un noble du XIIIe siècle, d'ascendance capétienne de la maison de Dreux. Il fut baillistre de Bretagne de 1213 à 1237, comte de Richmond et seigneur de Machecoul.

Pierre de Dreux épouse, en mars 1213, Alix de Thouars (1201-21/10/1221), duchesse de Bretagne, fille de Guy de Thouars († 13/04/1213 à Chemillé), vicomte de Thouars, baillistre de Bretagne, et de Constance de Bretagne (vers 1161 – septembre 1201 à Nantes), duchesse de Bretagne, et dont il a trois enfants :

• Jean Ier de Bretagne (1217-08/10/1286 à Marzan), duc de Bretagne, qui épouse (1236) Blanche de Navarre (1226-1283), fille de Thibaut Ier de Navarre (30/05/1201 à Troyes – 14/07/1253 à Pampelune), comte de Champagne et roi de Navarre, et d'Agnès de Beaujeu († 11/07/1231) ;
• Yolande de Bretagne (1218-10/10/1272), qui épouse (janvier 1236) Hugues XI de Lusignan(1221-06/04/1250), seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues X de Lusignan (1185-05/06/1249 à Damiette), comte de la Marche, et d'Isabelle d'Angoulême (1188-04/06/1246), comtesse d'Angoulême ;
• Arthur de Bretagne (1220-1224), mort en bas âge.

Pierre de Dreux aurait ensuite épousé, en février 1230, une certaine Nicole (vers 1205-06/02/1232), d'origine inconnue (elle serait peut-être apparentée à la famille Paynel) ou selon une autre hypothèse récente une fille d'Olivier de Varades, dont en tout état de cause il a un autre fils :

• Olivier de Braine (1231-1279), qui hérite de la seigneurie de Machecoul (il devient ainsi Olivier Ier de Machecoul et fonde le rameau familial de Machecoul). Il épouse (vers 1250) Marquise de Coché (1235-28/11/1268), marquise de Souché, dame de Coché, de La Bénate et du Coutumier, fille d'Olivier de Coché, seigneur de Coché et de La Bénate, et de Pétronille de Clisson, dame de La Bénate. Puis il épouse (1268) Eustachie de Vitré (vers 1240 – après 1288), dame des Huguetières, fille d'André III de Vitré, (vers 1180-08/02/1250 à Mansurah), baron de Vitré, et de Thomasse de La Guerche (née vers 1215), dame de Mareuil et de Villemomble.


Pierre de Dreux épouse ensuite, en janvier 1236, Marguerite de Montaigu (1189-27/11/1241), fille de Brient de Montaigu, dame de Montaigu, de Commequiers, de La Garnache puis de Machecoul, et veuve d'Hugues Ier de Thouars († 1230), et dont il n'a pas d'enfants.
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MessageSujet: Re: SEPTIEME CROISADE (1248 - 1254)   Mer 6 Avr - 11:56

(23) Hugues X de Lusignan dit le Brun (vers 1185 - †5 juin 1249 devant Damiette), sire de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues IX de Lusignan. Il était un grand seigneur, comptant parmi les plus puissants barons du royaume de France.

Marié à Isabelle d’Angoulême, ils eurent 9 enfants :

1. Hugues XI de Lusignan, († 6 avril 1250), sire de Lusignan, comte d’Angoulême,comte de la Marche. Il épousa en janvier 1236 Yolande de Dreux (fille de Pierre Ier Mauclerc, duc de Bretagne), comtesse de Pemthièvre, de Porhoët.
2. Agathe alias Agnès de Lusignan, († ap. le 7 avril 1269), épouse de Guillaume II de Chauvigny, baron de Châteauroux.
3. Alice de Lusignan, († ap. le 9 février 1256), épouse en 1247 Jean Ier de Warenne († 1304),comte de Surrey, de Warenne, de Sussex, vice-roi d'Écosse.
4. Guy de Lusignan, († ap. le 18 octobre 1288), seigneur de Cognac, d'Archiac, de Merpins.
5. Geoffroy de Lusignan († av. 4 mars 1274), seigneur de Jarnac de Château-Larcher et deChâteauneuf, épousa avant 1246 Aumode de Sainte-Hermine et avant 1259 Jeanne, vicomtesse de Châtellerault.
6. Guillaume de Valence, († en mai 1296), seigneur de Valence, de Montignac, de Bellac, de Rancon, de Champagnac, de Westford & comte de Pembroke, épousa avant le 13 août 1247 Jeanne de Montchensy ou de Munchensy († ap. 20 sept.1307). Jeanne, petite fille de Guillaume le Maréchal, lui apporte le comté de Pembroke et fait de Guillaume l'un des barons le plus puissant d'Angleterre, grâce à la volonté politique de son frère utérin, Henri III Plantagenêt.
7. Aymar de Lusignan, dit de Valence, († 4 déc. 1260 à Paris), seigneur de Couhé ; Clerc en 1248, évêque de Winchester (1250-1260), successeur de Guillaume de Raley. Aymar a été élu le 4 novembre 1250, et son élection a été confirmée à Lyon par Innocent IV le 14 janvier de l'année suivante.
8. Isabelle de Lusignan, († 14 janvier 1300), épouse (~1243/44) Maurice de Craon († av. 27 mai 1250) seigneur de Craon, sénéchal d’Anjou, de Touraine, du Maine (1249-1272).
9. Marguerite de Lusignan, († 1288), épouse Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, puisAimery IX de Thouars, vicomte de Thouars, et en 3è noces, après 1257, Geoffroy V de Châteaubriant, baron de Châteaubriant.




(24) L’Invincible Armada (en espagnol Grande y Felicísima Armada, « la grande et très heureuse flotte ») est, en1588, le nom de la flotte d'invasion armée espagnole à destination de l'Angleterre. Elle est affrétée par le très-catholique Philippe II d’Espagne, et est destinée à emporter soldats (dont les fameux Tercios stationnés en Flandre), munitions et vivres à travers la Manche. Sa mission est la conquête de l'Angleterre protestante d’Élisabeth Ire, menace permanente pour la souveraineté espagnole sur ses territoires des Pays-Bas. La mission était initialement projetée pour établir Marie Stuart sur le trône d'Angleterre et rétablir sur celui d'Écosse.

La flotte espagnole se composait de 130 navires, en majorité des galions, transportant 30 000 hommes, dont environ 20 000 soldats.




(25) Aigues-Mortes : […] En 1240, Louis IX, qui veut se débarrasser de l'emprise des marines italiennes pour le transport des troupes pour les croisades, s'intéresse à la position stratégique que représente ce lieu pour son royaume. À cette époque, Marseille appartient à son frère Charles d'Anjou, roi de Naples, Agde au Comte de Toulouse et Montpellier au roi d'Aragon. Saint Louis souhaite un accès direct à la mer Méditerranée. Il obtint des moines de l'Abbaye la ville et les terres alentour par échange de propriétés. Les habitants sont exemptés de la gabelle, impôt prélevé sur le sel qu'ils peuvent prendre sans contrainte. Il construit une route entre les marais et y bâtit la tour Carbonnière pour servir de tour de guet et ainsi protéger l'accès à la ville. Saint-Louis construit ensuite la tour de Constance pour abriter sa garnison. En 1272, le fils et successeur de Louis IX, Philippe le Hardi, ordonne la poursuite de la construction de remparts pour ceinturer complètement la petite ville. Les travaux ne s’achèveront que 30 ans plus tard.

C'est de cette ville que Louis IX part par deux fois pour les Croisades : la septième croisade en 1248 et la huitième croisade en 1270 pour Tunis, où il meurt de dysenterie. 1270 constitue à tort, pour beaucoup d'historiens, la dernière étape d'un processus engagé à la fin du XIe siècle. Le jugement est hâtif car le transfert de croisés ou de mercenaires à partir du port d'Aigues-Mortes a continué. L'ordonnance donnée en 1275 au chevalier Guillaume de Roussillon par Philippe III le Hardi et le pape Grégoire X après le concile de Lyon de 1274 en guise de renfort à Saint-Jean d'Acre en Orient, démontre que l'activité maritime y perdure toujours en vue d'une neuvième croisade qui n'aura jamais lieu5. De ce fait de 1270 découle la croyance populaire voulant que la mer atteigne Aigues-Mortes à cette époque. En fait, comme le confirment les études de l'ingénieur Charles Léon Dombre, l'ensemble du port d'Aigues-Mortes comprenait le port proprement dit, qui se trouvait dans l'étang de la Marette, le Canal-Viel et le Grau-Louis, le Canal-Viel étant le chenal d'accès à la mer. C'est approximativement sur le Grau-Louis qu'est construite aujourd'hui La Grande-Motte.

Au début du XIVe siècle, Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le 11 novembre 1307, quarante-cinq d'entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la Tour de Constance.




(26) Le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent nommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l'Église catholique. Il s'est tenu au Latran en 1215 sur l'initiative du pape Innocent III. Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par les réformateurs duXIe siècle (en particulier par Grégoire VII). Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.




(27) Dans la religion catholique, les péchés capitaux correspondent aux péchés dont découlent tous les autres1. Ainsi, le mot capital n'est pas en rapport avec la gravité (par exemple, le meurtre n’y figure pas ; le blasphème non plus)2. Il vient du latin caput (« tête »), par comparaison à cette partie du corps qui dirige l’ensemble : le péché capital conduit à d’autres péchés. Pour cette raison, la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin indique que l’appellation de « vices » serait plus appropriée que celle de « péchés ».

Les sept péchés capitaux identifiés par Thomas d'Aquin sont l’acédie(ou la paresse spirituelle), l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie.




(28) Eudes de Châteauroux, aussi Ottone de Castro Rodolfi da Châteroux, surnommé le cardinal Candius ou Blancus, (né vers 1190 à Châteauroux en Berry, et mort à Orvieto le 25 janvier 1273) est un cardinal français du XIIIe siècle.




(29) Fra Salimbene de Adam de Parme (Parme, 9 octobre1221 - Montefalcone, Reggio d'Émilie, 1288), est un moine franciscain disciple de Joachim de Flore (Gioacchino da Fiore) dont la seule œuvre qui nous soit parvenue,Chronique (Chronica), est une source importante pour l'histoire de l'Italie du XIIIe siècle.




(30) Thibaut IV de Champagne, dit « Thibaut le Posthume » puis « Thibaut le Chansonnier », né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de1201 à 1253 (sous le nom de Thibaut IV), et roi de Navarre de1234 à 1253 (sous le nom de Thibaut Ier).

Vers 1220, il épousa Gertrude de Dabo (1204 † v. 1225), fille d'Albert II de Dabo-Moha, comte de Dabo, de Moha et de Metz, et veuve de Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en espérant s'approprier le comté de Metz. Après l'échec de cette tentative, il répudia Gertrude.
En 1223, il épousa en secondes noces Agnès de Beaujeu, cousine du futur Saint-Louis qui fut sa compagne de jeux à la cour de France et mourut en 1231. Elle était fille de Guichard IV, sire de Beaujeu et de Sibylle de Hainaut, fille de Baudouin V de Hainaut. Ils eurent :

• Blanche (1226 † 1283), mariée en 1236 avec Jean Ier le Roux († 1286), duc de Bretagne

En 1232, il épousa en troisième noces Marguerite de Bourbon (1211-1256), fille d'Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et d'Alix de Forez qui lui donnera :
• Eléonore (1233 † jeune)
• Thibaut II (1238 † 1270), comte de Champagne et roi de Navarre,
• Béatrice (1242 † 1295), mariée en 1258 à Hugues IV (1212 † 1272),duc de Bourgogne
• Pierre, mort en 1265
• Marguerite († 1306), mariée en 1255 à Ferry III († 1302) duc de Lorraine
• Henri Ier le Gros (1244 † 1274), comte de Champagne et roi de Navarre.




(31) Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb (v. 1207 † 1249) est sultan ayyubide d’Égypte de 1240 à 1249 et de Damas de 1245 à 1249. Il est fils d’Al-Kamel, sultan d’Égypte et de Damas, et d’une concubine nubienne.




(32) Damiette est un port du gouvernorat du même nom, en Égypte, dans le delta du Nil, à environ 200 kilomètres au nord-est du Caire.

Dans l'Égypte ancienne, la cité était nommée Tamiat, mais elle perdit de l'importance durant la période grecque après la construction d'Alexandrie.

Damiette reprit de l'importance durant les XIIe et XIIIe siècles dans le cadre des Croisades. En 1169 une flotte du Royaume de Jérusalem, avec des soutiens de l'Empire byzantin attaqua le port, mais fut défaite par Saladin.

Durant les préparations de la cinquième croisade en 1217, il fut décidé que Damiette serait la cible de l'attaque. Le contrôle de Damiette impliquait le contrôle du Nil, et les croisés pensaient pouvoir conquérir l'Égypte à partir de là. Après l'Égypte ils pourraient attaquer la Palestine et reprendre Jérusalem. Le port fut assiégé et occupé par des croisés de Frise en 1219, mais en 1221 les croisés furent vaincus devant Le Caire et chassés d'Égypte.
Damiette fut aussi la cible de la septième croisade, menée par Saint Louis. Sa flotte arriva en 1249 et s’empara rapidement du fort. Il refusa de le rétrocéder au roi de Jérusalem, à qui il avait été promis durant la cinquième croisade. Après l'échec de Mansourah et la capture du roi, les croisés furent contraints de rendre la ville.

Saint Louis donna aux remparts d'Aigues-Mortes la forme qu'avaient ceux de la ville égyptienne.

Du fait de son importance pour les croisés, le sultan Mamelouk Baybars détruisit la ville et la reconstruit quelques kilomètres plus loin avec de meilleures fortifications. Aujourd'hui un canal la relie au Nil, ce qui en fait de nouveau un port important. La ville moderne a une population d'environ 1 million d'habitants.




(33) Ashkelon ou Ascalon est une ville balnéaire d'Israël sur la côte méditerranéenne dans le district sud, au nord de la Bande de Gaza. Elle est située à 64 km au sud de Tel-Aviv.

[…] En 1098, le calife fatimide Al-Mustansir Billah fait construire un mechhed pour y recevoir le crâne de Husayn troisième imam chiite. Ce crâne aurait été transféré au Caire dans un autre mechhed. En août1099, les Croisés, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, assiègent la ville. Ils la prennent provisoirement aux Fatimides en 1102, mais la forteresse résiste jusqu'en 1153. Ce n'est qu'à cette date que la ville est véritablement intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III. La bataille navale d'Ascalon, confirme la domination maritime de Venise sur Constantinople en 1126.
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MessageSujet: Re: SEPTIEME CROISADE (1248 - 1254)   Mer 6 Avr - 12:01

(34) Tibériade est la capitale de la Galilée, dans le nord d'Israël. C'est une ville historique et touristique réputée. La cité antique est située dans la partie sud de l'agglomération d'aujourd'hui.

Construite en 21 ap. J.-C. par Hérode Antipas, un fils d'Hérode le Grand, la ville doit son nom à l'Empereur Tibère. Après la destruction du Temple de Jérusalem, le foyer de la vie spirituelle juive se transporte vers le nord et Tibériade devient la capitale d'Israël et le centre des études rabbiniques. La ville n'est pas citée dans le Nouveau testament. La ville est aussi un ancien évêché.

La ville est prospère jusqu'au XIe siècle, puis pâlit à l'époque des Croisés.

Le rabbin Moïse Maïmonide y est enterré, aux côtés de son père Maïmon ben Yossef HaDayan.

Tibériade sera ensuite remise aux Juifs, à Joseph Nasi, duc de Naxos, et Doña Gracia Nasi, parSoliman le Magnifique. Après la mort de Joseph en 1579, le marrane Alvaro Mendes, redevenu en1585 à Istanbul Salomon ben Yaïsh, obtient cette concession avec le titre de duc de Mytilène, et tente de la faire vivre avec l'aide de l'Angleterre, mais la ville déclinera jusqu'au XVIIIe siècle.




(35) Al-Malik al-Mu`azzam Tûrân Châh, Al-Mu'adham, Touran Shahou Tûrân Châh (Turquemin) fut le dernier sultan ayyubide effectif d’Égypte (1249-1250), fils de Malik al-Salih Ayyoub.


(36) Gaucher de Nevers ou Gaucher de Châtillon, mort en 1250, est comte de Nevers, de Tonnerre et d'Auxerre de 1241 à 1250.

Il est le fils de Guy III de Châtillon, comte de Saint-Pol, et de son épouse Agnès II de Donzy, comtesse de Nevers, de Tonnerre et d'Auxerre.

Sa mère meurt en 1225 et son père est tué l'année suivante au siège d'Avignon1. Il est recueilli, ainsi que sa sœur Yolande par leur grand-mère maternelle Mathilde de Courtenay. En 1236, il épouse Jeanne, fille de Philippe Hurepel, comte de Clermont.

En 1242, il combat contre les Anglais dans le comté de la Marche et, en 1248, il accompagne le roi Louis IX vers l'Égypte (Septième croisade). À Chypre, une épidémie fait de nombreuses victimes parmi les croisés, dont son beau-frère Archambaud IX de Bourbon, le mari de sa sœur Yolande. Gaucher de Châtillon est tué en 1250, après la défaite de Mansourah, en protégeant avec bravoure l'accès du village où s'est arrêté le roi, très affaibli par la maladie.

Il n’a pas de descendance de son épouse Jeanne de Clermont. Les comtés de Nevers, Auxerre et Tonnerre passent donc à sa sœur Yolande de Châtillon.




(37) Philippe de Montfort, né en Terre sainte, probablement à Sidon vers 1206, assassiné à Tyr le 17 mars 1270, fut seigneur de la Ferté-Alais, de Bréthencourt et seigneur de Castres-en-Albigeois de 1228 à 1239, seigneur de Toron de1239 à 1257 et seigneur de Tyr de 1246 à 1270. Il était fils de Guy de Montfort, seigneur de la Ferté Alais, de Bréthencourt et de Castres et d'Helvis d'Ibelin.

Né en Terre Sainte, frère utérin de Balian Grenier, comte de Sidon, il vint en France vers 1211 quand son père y retourna, pour aider son frère aîné Simon de Montfort, qui dirigeait la croisade des Albigeois. En 1212, son père reçut la seigneurie de Castres-en-Albigeois.

Il épousa vers 1220 Éléonore de Courtenay (1208 † 1230), fille de Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople, et de Yolande de Hainaut. Ils auront un fils, Philippe (1225 † 1270), qui lui succédera dans ses fiefs français.

Philippe Ier part en 1228 avec la sixième croisade, mais ne reste pas en Orient et rentre pour prendre possession des domaines de son père, tué lors du siège d'un château près de Pamiers. En 1239, l'appel de l'Orient se fait à nouveau sentir, il laisse ses domaines de Castres, la Ferté-Alais et Bréthencourt à son fils Philippe, tout juste majeur, et participe à une expédition croisée dirigée par Thibaud IV de Champagne et Richard de Cornouailles. Après la défaite de Gaza, en 1241, les barons rentrent en Europe, mais Philippe s'installe définitivement dans le royaume de Jérusalem, où il épouse Marie d'Antioche (1215 †), dame de Toron, fille de Raymond-Roupen, prince d'Antioche et d'Helvis de Lusignan. Marie d'Antioche avait en outre des droits sur le royaume arménien de Cilicie, mais ne put jamais les faire valoir avec succès en 1248.


Philippe et Marie eurent :
• Jean de Montfort († 1283), seigneur de Toron et de Tyr
• Onfroy de Montfort († 1284), seigneur de Beyrouth et de Tyr
• Alix, vivante en 1282 et en 1295
• Helvis, vivante en 1282 et en 1295


Une lutte opposa peu après les barons du royaume et les partisans de l'empereur Frédéric II et Philippe prit avec son cousin Balian d'Ibelin la tête du parti des barons. Il prit la ville de Tyr, tenue par les impériaux, en 1243 et devint connétable du royaume de 1244 à 1251. En 1246, il reçoit la seigneurie de Tyr, et rejoint à Damiette la septième croisade de Saint-Louis, de 1248 à 1251. En 1256, il expulse les Vénitiens de Tyr, ce qui entraina la Guerre de Saint-Sabas. En 1257, il cède Toron à son fils Jean, devenu majeur.

À la fin de sa vie, Philippe apparaissait comme l'un des barons capable de persuader les rois européens de lancer une croisade, aussi le sultan mamelouk Baybars engagea des assassins qui le tuèrent à Tyr, le 17 mars 1270.




(38) Marguerite de Provence, née en 1221 à Forcalquier et morte le 20 décembre 1295 à Paris, est une reine de France, épouse de Louis IX.
Elle est la fille de Raimond-Bérenger V, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie.

Quelques années passent sans qu’aucune naissance n’arrive, la cour et l'entourage royal commencent à craindre que Marguerite ne soit stérile. Blanche de Castille lui propose de l'accompagner en pèlerinage auprès de la tombe de saint Thibaut, un moine de lignage de l'illustre famille Montmorency, réputé pour accorder la fécondité, mais les prières n'ont pas l'effet escompté. On désespère et la rumeur court d'une possible séparation. Cependant, après six ans de mariage naît un premier enfant, suivi de nombreux autres :

• Blanche (1240-1243) ;
• Isabelle (1242-1271) épouse en 1255 Thibaut II de Navarre, comte de Champagne ;
• Louis (1244-1260) ;
• Philippe III le Hardi (1245-1285, roi en 1270) ép. 1 : Isabelle d'Aragon, ép. 2 : Marie de Brabant ;
• Jean (né et mort en 1248) ;
• Jean Tristan de France (1250-1270). Il naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1265Yolande de Bourgogne ;
• Pierre (1251-1284). Il naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1272 Jeanne de Châtillon,comtesse de Blois ;
• Blanche (1253-1320). Elle naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1269 Ferdinand de la Cerda, infant de Castille ;
• Marguerite (1254-1271) épouse en 1270 Jean Ier, duc de Brabant ;
• Robert (1256-1317), comte de Clermont ;
• Agnès (1260-1325) épouse en 1270 Robert II, duc de Bourgogne.




(39) Conrad IV (1228-1254) fut roi de Germanie de 1237 à 1254,roi de Sicile (en tant que Conrad Ier) de 1250 à 1254, roi de Jérusalem (en tant que Conrad II) de 1228 à 1254 et duc de Souabe (en tant que Conrad III) de 1235 à 1254.

Fils de Frédéric II Hohenstaufen et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière (1227-1273) en 1246.
Ils ont un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe.




(40) Al-Malik an-Naser Salah ad-Dîn Yusuf, né vers 1228, mort après 1260 est le dernier sultan ayyoubide d'Alep de 1236 à1260 et de Damas de 1250 à 1260. Il est fils d'El-Malek el-Aziz Mohammed, émir d'Alep, petit-fils d'El-Malik ed-Zahir Ghazi, émir d'Alep, et arrière-petit-fils de Saladin, sultan d'Égypte et de Syrie.




(41) Abû Ahmad al-Musta`sim bi-llah `Abd Allah ben Mansûr al-Mustansir surnommé al-Musta`sim2est né en 1213. Il a succédé à son père Al-Mustansir comme trente septième et dernier calife abbasside de Bagdad en 1242. Il est mort le 20 février 1258.




(42) Lucienne Conti de Segni, est une princesse d'Antioche par mariage. Elle était fille de Paolo Conti, comte de Segni et petite-nièce du pape Innocent III.

Elle épouse Bohémond V († 1252) prince d'Antioche et comte de Tripoli donne naissance à :

• Bohémond VI (1237 † 1275) prince d'Antioche et comte de Tripoli
• Plaisance, (1236 † 1261), mariée en 1250 à Henri Ier de Chypre, puis en 1254 (mariage annulé en 1258) à Balian d'Ibelin, seigneur d'Arsouf (1239 † 1277)


Le mariage avait été voulu par le pape dans le but d'augmenter son influence en Orient, mais aussi de favoriser un réconciliation entre les églises de Rome et d'Orient. Régente à la mort de son mari, en 1252, elle séjourne plus souvent à Tripoli et délaisse Antioche, qui devient le lieu de luttes religieuses et ethniques entre les populations latines, grecques et arméniennes. Très autoritaire, elle gardait son fils Bohémond sous une étroite tutelle. Profitant d'une visite que sa mère et lui faisaient à saint Louis, qui se trouvait alors à Jaffa en Syrie (Septième croisade), il demanda aide au roi. Impressionné par la valeur du prince, le roi l'arma lui-même chevalier et obligea Lucienne de Segni à mettre fin à la régence, afin que Bohémond puisse redresser la situation à Antioche et gouverner les deux états2.




(43) Bohémond VI de Poitiers, né en 1237, mort en 1275,comte de Tripoli (1251-1275) et prince d'Antioche (1251-1268), fils de Bohémond V d'Antioche et de Lucienne de Segni.

Il commence son règne sous la régence de sa mère, et il doit faire intervenir Saint Louis pour mettre fin à cette tutelle. Le conflit est latent avec le puissant voisin de Cilicie arménienne, depuis l'éviction de Raymond-Roupen d'Antioche par le grand-père de Bohémond. Saint Louis l'aide à conclure une paix définitive, Bohémond épouse en1254 Sibylle, fille du roi Héthoum Ier d'Arménie.

Durant sa régence, sa mère peuple le pays de personnalités romaines, comme son frère Paolo de Segni qui devient évêque de Tripoli. La féodalité Tripolitaine s'en offusque et s'agite, le conflit s'aggrave avec la rivalité entre les Vénitiens, soutenus par le prince et les Génois soutenus par le seigneur du Gibelet. Bertrand Embriaco, cousin du seigneur de Gibelet, blesse Bohémond sous les murs de Tripoli (1258) et est assassiné peu après.

Lors de la guerre entre les Mongols et les Mamelouks, Bohémond suit l'Arménie et s'engagea au côté des Mongols, mais ceux-ci sont battus en 1260 à la bataille d'Aïn Djalout. Les vainqueurs se retournent alors contre les alliés de leurs vaincus. En mai 1268, Baybars met le siège devant la ville d'Antioche. Bohémond, est absent de la ville qui est prise, mettant ainsi définitivement fin à la principauté. Il se replie à Tripoli et meurt en 1275.

Bohémond et Sibylle ont 4 enfants :
• Bohémond VII, comte de Tripoli († 1287),
• Isabeau,
• Lucie, comtesse de Tripoli († 1299),
• Marie († 1280) mariée à Nicolas de Saint-Omer († 1294), seigneur de Thèbes, bailli de Morée




(44) L'ismaélisme, ou ismâ`îlisme est un courant minoritaire de l'islam chiite. Ses membres sont appelés ismaéliens, ismâ`îliens Son nom provient d'Ismaïl ben Jafar. L’ismaélisme n'est pas spécifiquement persan, ni arabe, ni indien ; il a une longue histoire qui est complexe et, loin d'être unifié, l’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux (Mubârakiyya, Khattâbiyya, Qarmates, Druzes,Mustaliens, Nizârites, Septimain).
Les adeptes de l'ismaélisme sont appelés ismaéliens ou ismaīlis ; il ne faut pas les confondre avec les ismaélites. descendants d'Ismaël, prophète de l'islam et patriarche biblique.




(45) Le centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts est actuellement situé 28, rue de Charenton, dans le 12earrondissement de Paris. L'hôpital a donné son nom au quartier des Quinze-Vingts, 48e quartier de Paris et l'un des quatre quartiers de cet arrondissement.
Ce site est desservi par la station de métro Bastille.

L'hospice des Quinze-Vingts a été fondé vers 1260 par saint Louis (Louis IX de France) sans que l'on connaisse le détail et l'époque précise de cette fondation. Il était alors situé rue Saint-Honoré au coin de la rue Saint-Nicaise, sur une pièce de terre appelée « Champourri ». Le nom de Quinze-Vingts veut dire trois cents (15 × 20 = 300) dans le système de numération vicésimal et, de fait, l'hospice comprenait trois cents lits. Le but était de recueillir les aveugles de Paris qui étaient fort en détresse. Le fait que lors de la septième croisade certains des Croisés aient eu les yeux crevés joua certainement un rôle dans cette fondation.

« Aussi li benoiez roys fit acheter une piece de terre de les Saint-Ennouré, où il fist fere une grant mansion porce que les poures avugles demorassent ilecques perpetuellement jusques à trois cents ; et ont tous les ans de la borse du roy, pour potages et autres choses, rentes. En laquelle méson est une église que il fist fere en l'eneur de saint Remi, pour que lesditzs avugles oients ilecques le service Dieu. »

Le pape Clément IV recommanda cette institution aux prélats dans une bulle datée de 1265, en les invitant à favoriser les quêteurs qui demandaient l'aumône pour ces pauvres. La gestion de l'établissement semble toutefois avoir laissé à désirer :

« Je ne sais trop pourquoi le roi a réuni dans une maison trois cents aveugles, qui s'en vont par troupes dans les rues de Paris, et qui, pendant que le jour dure, ne cessent de braire. Ils se heurtent les uns contre les autres, et se font de fortes contusions ; car personne ne les conduit. Si le feu prend à la maison, il ne faut pas en douter, la communauté sera entièrement brûlée, et le roi obligé de la reconstruire à de nouveaux frais. »




(46) Hugues III de Lusignan (1235 † 1284) est un roi de Chypre(1267-1284), de Jérusalem (1268-1284), et le fils d'Henri de Poitiers-Antioche et d'Isabelle de Lusignan (ascendance).

Il épouse le 23 janvier 1255 Isabelle d'Ibelin (1241 † 1324), fille de Guy d'Ibelin, maréchal et connétable de Chypre, et de Philippa Berlais, qui donne naissance à :

• Jean Ier de Lusignan (1267 † 1285), roi de Chypre
• Bohémond de Lusignan (1268 † 1281)
• Henri II de Lusignan (1271 † 1324), roi de Chypre
• Amaury II de Lusignan (1272 † 1310), gouverneur-régent de Chypre
• Marie de Lusignan (1273 † 1322) mariée en 1315 à Jacques II d'Aragon
• Aimery II de Lusignan (1275 † 1316) connétable de Chypre
• Marguerite de Lusignan (1276 † 1296), mariée en 1288 à Thoros III, roi d'Arménie.
• Guy de Lusignan (1278 † 1303) connétable de Chypre
• Alice de Lusignan (1279 † 1324) mariée en 1295 à Balian d'Ibelin
• Helvis de Lusignan, mariée à Héthoum II, roi d'Arménie.
• Isabelle de Lusignan (1280 † 1319) mariée à Constantin de Neghir, seigneur de Partzerpert († 1308), puis à Oshin Ier, roi d'Arménie.
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