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 SIXIEME CROISADE (1228 - 1229)

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Lanaelle
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MessageSujet: SIXIEME CROISADE (1228 - 1229)   Mer 6 Avr - 14:02



La sixième croisade, de 1228 à 1229, est une expédition organisée par l’empereur romain germanique Frédéric II pour reconquérir les territoires du royaume de Jérusalem perdus depuis la conquête par Saladin (1), ainsi que sa capitale. Elle a été un succès pour les croisés, mais ses objectifs sont atteints par la diplomatie d’un empereur excommunié plutôt que par les combats, au grand scandale de la chrétienté. Cette méthode a créé un précédent qui influence les croisades suivantes.

L’intervention de Frédéric II a cependant été désastreuse pour  les institutions du royaume de Jérusalem qui, se retrouvant sans roi, manque désormais d’un pouvoir central et se retrouve en proie à l’anarchie, les différentes factions (les barons, les ordres de chevalerie, les compagnies maritimes commerciales) avant chacune sa propre politique sans qu’un souverain puisse arbitrer leurs querelles.









La cinquième croisade, qui avait cherché à se rendre maîtresse d’une partie de l’Egypte afin de négocier l’échange des territoires égyptiens contre Jérusalem et le reste des territoires conquis par Saladin, avait d’abord connu un succès avec la prise de Damiette puis avec l’acception, par le sultant d’Egypte, d’échanger Damiette contre Jérusalem. Mais l’intransigeance du légat Pélage avait fait échouer la croisade et lui avait fait perdre tous ces avantages.

Jean de Brienne, roi de Jérusalem, se rend à Rome pour discuter avec le pape Honorius III (2) des conditions d’une nouvelle croisade et se plaint du légat Pélage (3) et de son comportement au cours de la croisade. Le pape lui donne raison.

Peu après la naissance de Frédéric II de Hohenstaufen, ses deux parents étaient morts, et le futur Honorius II avait été tuteur du jeune prince. Se faisant encore des illusions sur son ancienne pupille et espérant que Frédéric honorerait une promesse de se croiser, qu’il avait faite en 1200 lors de son couronnement, Honorius III, conseillé par Herman de Salza (4), grand maître de l’Ordre Teutonique, propose à Jean de Brienne (5) de marier sa fille Isabelle (6) à  l’empereur, espérant ainsi que ce dernier partirait se croiser avec toutes les ressources du Saint-Empire romain germanique. Intéressé par cette perspective, Jean de Brienne accepte, mais le lendemain du mariage, célébré le 9 novembre 1225, Frédéric II écarte Jean de Brienne du gouvernement du royaume.





En fait , Frédéric II, élevé en Sicile, avait développé une admiration pour l’Islam, qui y était encore très présent après trois siècles d’occupation musulmane et malgré la présence normande qui lui succéda pendant deux siècles. Son islamophilie allait plus loin que la politique d’alliance que pratiquaient les rois de Jérusalem, car elle s’appliquait également aux sciences et à la civilisation islamiques ; elle masquait également une politique antipapiste et anticléricale.

L’échec de la cinquième croisade avait eu pour cause, une plus de l’intransigeance du légat, le front commun dressé par les trois frères, princes ayyoubides d’Egypte, de Damas et d’Alep. Mais cette alliance vole en éclats en 1224, et les trois princes se font alors la guerre. En 1226, le pape ordonne à Frédéric II de partir en croisade, sous peine d’excommunication. En septembre 1224, Al-Kamil (7), sultan d’Egypte, s’apprête à combattre son frère, sultan de Damas, mais redoute des traitrises de la part de ses troupes, ainsi que les bandes kharismiennes (08). Aussi appelle-t-il à son secours Frédéric II, lui promettant en échange la ville de Jérusalem.

Dès le mois d’octobre 1227, Frédéric II envoie des troupes sous le commandement du duc Henri IV de Limbourg (9), puis de cinq cents chevaliers sous le commandement de Riccardo Filangieri (10). Mais le pape Grégoire IX (11) s’impatiente et l’excommunie le 28 septembre 1227, lui interdisant implicitement, puis formellement de partir en croisade.






Frédéric II passe outre cette interdiction et s’embarque le 28 juin 1228 de Brindisi en direction de la Syrie. Il avait cependant trop tardé, car al-Mu’azzam, l’émir de Damas, était mort le 11 novembre 1227, laissant son émirat à un fils al-Nasir Dâwûd, un jeune homme inexpérimenté. Cette situation nouvelle écarte tout danger pour Al-Kamil qui regrette maintenant d’avoir appelé Frédéric II, lequel ne peut cependant plus reculer.






Les croisés débarquent à Limassol, dans le royaume insulaire de Chypre, le 21 juillet 1228. Le trône chypriote était alors occupé par un enfant de onze ans, Henri Ier (12), sous la régence de Jean d’Ibelin. Frédéric II est reçu par Jean d’Ibelin (13), mais ses opposants, avec Amaury Barlay à leur tête, approchent l’empereur et l’engagent à éliminer le régent et tout le clan d’Ibelin. Au cours du banquet donné en l’honneur de l’empereur, ce dernier demande au régent des comptes sur sa gestion des finances des royaumes de Chypres et de Jérusalem. Energiquement, Jean d’Ibelin refuse, arguant qu’il n’est pas responsable de la régence de Chypre que devant la Cour de Nicosie et de ses possessions et titres sur Beyrouth que devant la Haute Cour du royaume de Jérusalem. L’Empereur, bien que courroucé, n’ose emprisonner Jean d’Ibelin qui par se retirer et se retrancher dans sa forteresse de Dieudamour. En bute à l’hostilité d’une partie de la noblesse chypriote, mais n’osant pas poursuivre les représailes à cause de nouvelles provenant de la Syrie, Frédéric II embarque le 3 septembre à destination de Saint-Jean-d’Acre.






L’empereur débarque à Saint-Jean-d’Acre le 7 septembre, précédé par la mauvaise réputation que lui occasionne son séjour  Chypriote. Le soutien d’Al-Kamil, sur lequel il comptait, n’existe plus, en raison de la mort de l’émir de Damas. Frédéric II a tablé sur la diplomatie pour entreprendre sa croisade, qui souffre de ce fait d’un manque de préparation militaire et financière. Il n’a apporté avec lui que six cents chevaliers dont la fidélité est amoindrie par son excommunication. Il doit même emprunter de l’argent pour payer ses troupes. Il commence par faire fortifier la ville de Jaffa (mi-novembre 1228). Il apprend peu après que son beau-père  Jean de Brienne se venge en envahissant ses domaines napolitains et hésite entre revenir en Europe en se déshonorant de ne pas avoir combattu  ou rester en Terre Sainte et risquer la perte du royaume de Sicile. Les conditions climatiques rendent la navigation impraticable et décident pour lui.






Depuis 1224, les Ayyoubides sont en proie à la guerre civile, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’Al-Kamil avait demandé l’aide militaire de Frédéric II. La mort d’al-Mu’azzam, l’émir de Damais, le 7 septembre 1227 remet en cause cette alliance et pour Al-Kamil, Frédéric II n’est plus le bienvenu. La guerre n’est pas finie, car le nouvel émir, al-Nasir Dâwûd, appelle  en août 1228 à son secours un de ses oncles, Al-Ashra, prince de la Jazirah. Ce faisant, il fait rentrer le loup dans la bergerie, car Al-Ashraf ambitionne d’écarter son neveu pour s’emparer de Damas. Chacun des frères, Al-Kamil et Al-Ashraf, fait assaut de déclarations diplomatiques, utilisant la menace de la croisade germanique, pour intimider son adversaire. A la fin du mois de novembre 1228, les deux frères se mettent d’accord sur le partage de l’émirat de Damais, mais al-Nasir Dâwûd, averti du complot, se retranche dans Damas, qui est assiégée par ses deux oncles. Durant le séjour de  Frédéric II en Palestine, les Ayyoubides sont plus occupés par leurs luttes familiales que par la menace des croisés.

Après avoir terminé les travaux de fortification de Jaffa, Frédéric II commence les négociations avec Al-kamil. Ce dernier est en train d’assiéger Damas et ne la prend que le 12 juillet 1229. Un accord est conclu le 18 février 1229 : Frédéric II s’engage à la neutralité dans les affaires ayyoubides et Al-Kamil rend la ville de Jérusalem, Nazareth (14), Bethléem (15) et leurs environs aux Francs ; les deux souverains concluent une trêve de dix ans.





Mais le patriarche Gérold, mécontent des raisons de la rétrocession de Jérusalem dans ces conditions, jette l’interdit sur la ville. Malgré ses griefs à l’encontre de l’empereur, le pape Grégoire IX juge malvenu cet interdit sur Jérusalem au moment où elle redevient possession chrétienne et adresse un blâme au patriarche.

Cela n’empêche pas l’empereur de faire son entrée dans la ville le 17 mars et de se faire couronner roi de Jérusalem le lendemain. Par le passé, les alliances entre les Musulmans et les Francs avaient été mal vues par l’opinion politique islamique, aussi Frédéric II ne cherche pas à froisser les Musulmans lors de son séjour à Jérusalem et confirme le droit aux musulmans d’y pratiquer leur religion, n’hésitant pas à reprocher à un prêtre d’avoir pénétré sans autorisation dans la mosquée principale. Qu’il soit réellement irrité par les attaques de Gérold ou qu’il se serve de ces querelles comme prétexte, il quitte Jérusalem au bout de trois jours sans avoir pris le temps de relever les murailles de la ville, la laissant à la merci du premier pillard venu.

Il reste un mois à Acre, tentant de régler les problèmes consécutifs à  ses méthodes autoritaires, puis rembarque d’Acre le 1er mai  1229. Après une brève escale à Chypre, il quitte définitivement l’Orient le 10 mai à destination de l’Italie, laissant les Etats Latins d’Orient en proie à la guerre civile entre partisans et ennemis de l’empereur.







En apparence, la sixième croisade est un succès : Jérusalem est de nouveau chrétienne et Frédéric II a montré que les Etats Latins d’Orient peuvent se maintenir par des moyens autres que militaires. Cette stratégie diplomatique sera reprise par la suite, notamment lors des croisades de 1239.

Mais, en repartant vers l’Occident, il laisse derrière lui un grand nombre de problèmes non résolus. Les fortifications de Jérusalem ne sont pas rebâties, et la vile se trouve désormais à la merci du premier émir venu. C’est ce que fit d’abord al-Nasir Dâwûd, l’émir de Damas dépossédé par son oncle Al-Kamil et devenu ensuite émir de Transjordanie, qui prit la ville en 1239 et fit détruire la Tour de Davis, la seule forteresse de la ville, puis les Kharismiens qui  la pillèrent en 1244.

Ensuite, sa politique autoritaire sème le chaos en Terre Sainte et il laisse le royaume sans roi résident. Officiellement, le roi est son fils Conrad (16), mais ce dernier ne mettra jamais les pieds en Terre Sainte.  Peu après le départ de Frédéric II, la guerre éclate entre les barons de Terre Sainte et les officiers et partisans impériaux et dure jusqu’en 1243. A l’issue de l’élimination du parti impérial, les barons se divisèrent en plusieurs factions et partagèrent le pouvoir avec d’autres groupes : les Templiers (17), les Hospitaliers (18), les Génois (19), les Vénitiens (20), les Pisans (21). Chacun de ces groupes avait sa propre politique intérieure et extérieure, parfois en conflit avec elle d’un autre groupe, et l’absence d’un roi, puis le refus de se doter d’une régence forte, empêchèrent l’existence d’un pouvoir central capable d’arbitrer les litiges. A la disparition du dernier descendant de Frédéric II et d’Isabelle, en 1239, le roi Hugues II (22) tentera une restauration monarchique, sans succès. Et les Mamelouks (23) n’eurent aucun mal à conquérir ce royaume en proie à l’anarchie en 1291





(1) Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf et Selahedînê Eyûbî, né à Tikrit en1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à1250 et en Syrie de 1174 à 1260.

Lui-même dirige

l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers duXIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.


(2)  Honorius III (Rome, date inconnue - Rome 18 mars 1227), né Cencio Savelli fut pape de 1216 à 1227. Il lança la cinquième croisade qui avait été décidée par son prédécesseur lors du concile de Latran. Il soutint également la croisade des albigeois.





(3) Pélage Galvani ou Pélage d'Albano (ca. 1165, Guimarães, Portugal ou Gusindos, León † 1230,Mont Cassin) est un bénédictin du Portugal ou de León, cardinal et docteur en droit canon. Il devient en 1219 légat pontifical et chef religieux de la cinquième croisade mais son intransigeance et son fanatisme ont été la cause de l'échec de cette croisade.





(4) Hermann von Salza (né en 1179 à Langensalza mort le20 mars 1239 à Salerne) fut le quatrième grand maître de l'ordre Teutonique (1209 - 1239).



Hermann von Salza est originaire de Thuringe. Il naît à Langensalza aux environs d'Eisenach dans une famille deministériaux. Le moment précis où il entre dans l'ordre est inconnu, probablement au cours de la dernière décennie duXIIe siècle.

C'est en 1209 qu'il apparaît pour la première fois en tant que grand maître de l’Ordre Teutonique. Durant son magistère, le rayon d'action des chevaliers teutoniques ne se cantonne pas uniquement à la Terre sainte.

En 1211, Hermann von Salza conduit une expédition contre lesCoumans à la demande du roi André II de Hongrie. Les chevaliers s'établissent au sud-est de la Transylvanie et tentent d'y créer un État autonome. Quelques grandes villes comme Brașov ont vu alors le jour. L'ordre y prospère jusqu'en1225, quand il est expulsé de Hongrie par le roi poussé à le faire par la noblesse hongroise.

C'est durant cette période que Hermann von Salza est également en contact avec Frédéric II du Saint-Empire, dont il est l'ami et le conseiller pendant une vingtaine d'années. Il sert à plusieurs reprises de médiateur entre l'empereur et la papauté.

Dans le même temps, Hermann von Salza ne cesse pas ses activités en Terre sainte puisqu'il prend part, durant lacinquième croisade, à la prise de Damiette en 1219. Hermann convainc plus tard Frédéric II de diriger la sixième croisade et arrange partiellement le mariage entre l'empereur et la fille de Jean de Brienne, alors roi de roi de Jérusalem. À la fin de cette croisade, Hermann revint en Europe et œuvre pour lever l'excommunication dont l'empereur avait fait l'objet, chose obtenue en 1230.

C'est également sous le magistère de Hermann von Salza que Conrad de Mazovie demande à l'ordre de l'aider militairement à convertir les Prussiens au christianisme. En 1230, les chevaliers Teutoniques s'installent sur la basse Vistule à la frontière de la Pologne et commencent leur longue campagne d'évangélisation forcée des peuplades baltes.

Les excellentes relations qui unissaient le grand maître au pape d'une part et à l'empereur d'autre part lui permirent d'obtenir de nombreux privilèges et de nombreuses donations (notamment par la Bulle d'or de Rimini) qui renforcèrent le pouvoir de l'ordre Teutonique. Il parvint également à obtenir le rattachement des chevaliers porte-glaives à l'ordre en 1237.

Hermann von Salza passa la fin de sa vie en Italie du Sud, où il s'éteignit le 20 mars  1239.






(5)  Jean Ier de Brienne, (né vers 1170/1175 - mort le27 mars 1237 à Constantinople), est un roi de Jérusalem de1210 à 1225, puis un empereur latin de Constantinople de1229 à 1237. Il était fils cadet d'Érard II, comte de Brienne et d'Agnès de Montfaucon ou de Montbéliard (v. 1150 - + après 1199).

Il épousa en 1210 (à quarante ans) Marie de Montferrat (1191 - † 1212), reine de Jérusalem, fille deConrad de Montferrat et d'Isabelle de Jérusalem, roi et reine de Jérusalem, qui donna naissance à :
• Isabelle II (1211 - † 1228), reine de Jérusalem, mariée à Frédéric II, empereur germanique.
Veuf, il se remaria en 1214 avec Rita d'Arménie (ap. 1195 - † 1220), fille du Léon II, roi d'Arménie et d'Isabelle, qui donna naissance à :

• Jean (1216 - † 1220).
De nouveau veuf, il se remaria en 1224 avec Bérengère de Léon, fille du roi Alphonse IX de León et deBérengère de Castille. De ce troisième mariage, il eut :
• Alphonse d'Acre (ca. 1225 - † 1270), comte d'Eu
• Louis d'Acre (ca. 1225 - ca. 1297-1301), marié à Agnès de Beaumont, vicomte de Beaumont-au-Maine, Fresnay et Sainte-Suzanne
• Jean d'Acre († 1296), bouteiller de France, épouse en 1251/1252 Marie de Coucy, veuve du roiAlexandre II d'Écosse dit Le Pacifique.
• Marie de Brienne (1225 - † 1275), mariée en 1234 à Baudouin II de Courtenay (1218 - † 1273),empereur latin de Constantinople et margrave de Namur.




(6) Isabelle II de Jérusalem, parfois nommée Yolande de Brienne (1212 - † 1228), est reine de Jérusalem de 1212 à 1228 et impératrice consort du Saint-Empire et reine consort de Sicile de 1225 à 1228. Elle est la fille de Jean de Brienne et de Marie de Montferrat.

Elle est l’épouse de Frédéric II du Saint-Empire et eut un fils, le futur Conrad IV du Saint-Empire


(7)  Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn « le Parfait » (v.1177 † 8 mars 1238) est un vice-roi d'Égypte sous le règne de son père al-Adel puis un sultan ayyoubide d'Égypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est fils du sultan ayyoubide Al-Adel et le neveu de Saladin.




(08)  Les Khwarezmiens également Chorasmiens, Kharezmiens ou Korasmiens. L'ancien royaume iranien de Khwarezm, entre la mer Caspienne et la mer d'Aral, est attesté depuis l'Antiquité.

Islamisé et turquisé au Moyen Âge, il devient une puissance majeure d'Asie centrale aux XIIe   XIIIe siècles avant d'être balayé par les Mongols gengiskhanides en 1221.

Le shah du Kharezm et le reste de ses armées vont vagabonder pendant des années entre l'Iran, l'Inde et le Proche-Orient. En 1244, ils s'emparent de Jérusalem, pratiquement désarmée depuis Frédéric II, et la pillent de fond en comble. Les princes ayyoubides utilisent leur concours contre les croisés, avant de se retourner contre eux et de les détruire. Le grand raid des Kharezmiens affaiblit les États latins d'Orient, mais aussi les Ayyoubides, qui dépendent de plus en plus de leurs mercenaires mamelouks.



(9)  Henri IV de Limbourg, né en 1195, mort le 25 février 1247, futduc de Limbourg et de Berg de 1226 à 1247. Fils de Waléran III, duc de Limbourg et comte de Luxembourg, et de Cunégonde de Lorraine.

D'abord seigneur de Montjoie, il épousa l'héritière du comté de Berg, fille du comte Adolphe III, mort à Damiette en 1218. Ils ne purent hériter immédiatement du comté, celui-ci étant revendiqué par Engelbert, archevêque de Cologne. Engelbert étant le principal conseiller de Frédéric II, eut gain de cause, et obtint le comté de Berg à titre viager, moyennant une rente versée à Henri et Ermengarde.

Engelbert fut assassiné le 7 novembre 1226 et Henri hérita du comté du Berg, peu après le Limbourg. Il confia alors Montjoie à son frère Waléran qui possédait déjà Fauquemont. Il combattit ensuite le comte Frédéric d'Isenberg, son beau-frère, qui était soupçonné de l'assassinat d'Engelbert. Frédéric d'Isenberg fut arrêté, torturé et exécuté. Dietrich, le fils de Frédéric d'Isenberg, créa à la suite de cet événement la lignée des comtes de Limburg.

En 1228, il s'engagea aux côtés de Frédéric II dans la sixième croisade et le précéda en Terre sainte. Revenu en Allemagne, il guerroya contre l'archevêque de Cologne, entre 1238 et 1241, et compta parmi les partisans des Hohenstaufen.


Il épousa en 1218 Ermengarde de Berg († 1248), comtesse de Berg, fille d'Adolphe III, comte de Berg et de Berthe de Sayn, et eut :

• Adolphe IV (1220 † 1259), comte de Berg
• Waléran IV († 1279), duc de Limbourg





(10)  La famille Filangieri est une grande famille de la noblesse italienne, de Nocera en Campanie ; d'origine normande et issue du baronnage italo-normand, cette famille bien implantée dans le Mezzogiorno depuis le milieu du XIe siècle occupa une place importante dans l'histoire du royaume de Sicile et du royaume de Naples, même après la chute des Hauteville à la fin du XIIe siècle, évincés par les Hohenstaufen.

Le nom de la famille est à l'origine un surnom normand pris par les frères Robert, Guillaume, Roger et Tancrède, fils d'Anger (Filii Angerii en latin) : « Fitz Anger », c'est-à-dire, « fils [d']Anger ».


À l'origine de cette famille, un noble normand du nom de Roger d'Arnes (nommé aussi Tichel), qui semblerait appartenir à la famille ducale normande (incertain)4 et à la famille Hauteville. Roger d'Arnes serait mort le 2 novembre 1023.

On lui connait au moins trois enfants, trois fils qui quittèrent le duché de Normandie pour l'Italie du Sud : Turgis, Anger et un certain Silvanus, qui auraient suivi Robert Guiscard vers 1046.

• Turgis, devenu en Italie comte de Sanseverino et de Rota, meurt en novembre 1081. En 1067, il est excommunié par le pape Alexandre II. En effet, avec deux autres Normands, Guillaume de Hauteville et Guimond de Moulins, il s'était emparé de biens appartenant à l'archevêché de Salerne. Turgis est à l'origine de la branche familiale des Sanseverino ;

• Anger, valeureux guerrier et compagnon de Robert Guiscard avec qui il arrive en Italie et faisant probablement partie de la bande de ce dernier en Calabre. Il reçoit plus tard des terres dans la région de Salerne et meurt en avril 1104. Il fut inhumé dans l'église de Cava de' Tirreni (près de Salerne). Anger est à l'origine de la branche familiale des Filangieri et des Candida ou de Candie.

Quatre fils d'Anger prennent plus tard le surnom de « Fitz Anger », « Fils [d']Anger », qui donne plus tard le nom de famille italien : Filangieri. Le cadet de ces frères, Tancrède Fitz Anger (Tancredi Filangieri en italien), est mentionné comme faisant partie des principaux barons normands présents lors du couronnement à Palerme de Roger II de Sicile (1130).

Plus tard, Richard Filangieri (Riccardo Filangieri en italien ; † 1244) fut dans la première moitié du XIIIes., maréchal d'Empire du royaume de Sicile (sous domination des Hohenstaufen) et du Saint-Empire romain germanique, alors dirigés par le roi-empereur Frédéric de Sicile, et participa à la Sixième croisade.

Les familles Filingieri et Filangieri di Candida Gonzaga sont issues de la Maison Filangieri.




(11)  Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v.1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.




(12)  Henri Ier de Lusignan dit le Gros (1217 † 1254), roi de Chypre (1218-1254), est le fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.

Il est né le 3 mars 1217 et son père meurt le 10 janvier 1218. Comme il n'a que neuf mois, la régence du royaume est confiée à sa mère Alix de Champagne et à son onclePhilippe d'Ibelin. En 1220, la régente signe les accords de Limassol qui règle les litiges entre la noblesse et le clergé latin de Chypre à propos des domaines appartenant aux monastère grecs et donnés à la noblesse. Un litige entre Philippe et Alix en 1225 et arbitré par le pape Honorius III écarte Alix et confirme Philippe, qui meurt en 1227 et est remplacée par son frère Jean d'Ibelin, le vieux seigneur de Beyrouth. Le suzerain du royaume de Chypre, l’empereur Frédéric II épouse en 1225 la reine de Jérusalem et annonce son intention de partir en croisade. Il dépouille aussitôt Jean de Brienne de la régence du royaume de Jérusalem et revendique celle de Chypre, aussi le régent décide par précaution de faire couronner Henri en 1225, à l'âge de huit ans, mais Frédéric II réussit à se faire des partisans parmi les nobles chypriotes.


En juillet 1228, Frédéric II arrive, à la tête de la sixième croisade et retire la régence à Jean d'Ibelin pour l’exercer lui-même. Puis Frédéric rejoint la Palestine où il réussit par la négociation la rétrocession de Jérusalem aux Latins. Il quitte l’Orient en mai 1229 en laissant Chypre aux mains d'un conseil de régence composé de cinq barons et en organisant le mariage d’Henri Ier avec Alix de Montferrat. Jean d'Ibelin arme une escadre qui débarque à Chypre, élimine les régents et conquiert l’île de Chypre, mais l’empereur envoie Roger Filangeri qui prend le contrôle de quelques cités de Syrie, dont Beyrouth qui appartient à Jean d’Ibelin. La guerre civile continue à Chypre, et Jean d’Ibelin, battu à Casal-Imbert en mai 1232 défait les impériaux à Agridi le 15 juin 1232 et assiègent les régents retranchés dans le château de Cérines. A Pâques 1233, Henri Ier est proclamé majeur peut commencer son règne. Les résistants de Cérines se rendent en juin 1233.


En 1247, le pape Innocent IV place le royaume de Chypre sous la protection pontificale et dégage Chypre de la suzeraineté impériale. La même année, sur la demande des Hospitaliers, il envoie une escadre pour défendre Ascalon assiégée par le sultan d'Égypte, mais une tempête l'empêche de défendre efficacement la ville qui est prise.


En 1248, Henri accueille Saint Louis et la septième croisade, qui hiverne à Chypre de septembre 1248 à mai 1249. Il l'accompagne en Égypte et participe à l'attaque sur Mansourah, mais les deux rois sont faits prisonniers à Fariskur. Il rentre ensuite dans son royaume insulaire et meurt à Nicosie le 18 janvier 1254.




(13)  Jean d'Ibelin (né vers 1179 - mort en 1236) , surnommé le vieux seigneur de Beyrouth, est un important noble croisé du XIIIe siècle qui assure à plusieurs reprises le gouvernement du royaume de Jérusalem. Il était le fils aîné de Balian d'Ibelin, seigneur d’Ibelin et de Naplouse, et de Marie Comnène, veuve du roi Amaury Ier de Jérusalem.

Il s'était marié en premières noces vers 1201 avec Helvis († 1208), fille de Raymond, seigneur de Nephin, qui avait donné naissance à cinq fils morts jeunes.

Il se remarie en 1209 avec Mélisende, dame d'Arsouf, veuve de Thierry d'Orca, et fille de Guy, seigneur d'Arsouf, qui donne naissance à :

• Balian d'Ibelin († 1247), qui lui succéda comme seigneur de Beyrouth
• Jean d'Ibelin (1212 † 1258), seigneur d'Arsouf et connétable de Jérusalem
• Raoul d’Ibelin
• Hugues d'Ibelin († 1238)
• Baudouin d'Ibelin († 1266)
• Guy d'Ibelin connétable de Chypre
• Isabelle d'Ibelin, nonne



(14) Nazareth  est une ville du nord d'Israël, en Galilée. C'est la plus grande ville arabe du pays avec 66 000 habitants en 2008 (estimations), dont 69 % sont musulmans et 30,9 % chrétiens. La population des banlieues est en majorité musulmane. Un faubourg, Nazareth Illit (Haute Nazareth), est majoritairement juif. La région métropolitaine compte 210 000 habitants, dont 85 000 juifs.

La tradition chrétienne fait de Nazareth la ville de Joseph et de Marie.

À Nazareth, la Basilique de l'Annonciation (catholique) est la plus grande des églises du Moyen-Orient. Elle a été inaugurée en 1964 par le Pape Paul VI et consacrée en1969 sur le site d'églises plus anciennes, elles-mêmes édifiées sur une grotte identifiée comme celle de l'Annonciation.
[…]   Lors de la première croisade, Nazareth est la proie d'âpres combats avant d'être conquise par les croisés en 1099. Les lieux de culte chrétiens y sont alors en ruines et le chevalier sicilo-normand Tancrède, devenu Prince de Galilée, en fait sa capitale. Il ordonne la construction d'une cathédrale en amont de la grotte située au centre de la ville. Ce qui constitue le plus grand bâtiment construit par les croisés est endommagé par le tremblement de terre de 1102.


La protection des lieux est confiée à l'ordre du Temple durant les XIIe et XIIIe siècles. Si les pèlerins ont la possibilité de se rendre dans ces lieux durant de longues années, la chute de Saint-Jean-d'Acre(Akko) et l'expulsion des croisés de Palestine (1291) met fin aux pèlerinages : la ville est alors détruite par les Mamelouks. Quand les Ottomans dominent la région au début du XVIe siècle, ils en expulsent les chrétiens et il faut attendre le règne de l'émir du Liban Fakhr-al-Din II (1590–1635) pour que les chrétiens puissent à nouveau s'y rendre : suite aux accords plus généraux entre Henry IV et le monde ottoman, les chrétiens sont encouragés à s'installer dans la ville qui devient une cité importante de la région. Des moines franciscains s'y installent en 1620 et sont autorisés à bâtir un monastère et une église à proximité de la grotte de l'Annonciation. Soumis aux raids de bédouins qui rendent difficile l'accès à cet établissement, les moines font appel au patriarche maronite du Liban pour trouver des ouvriers qui vont constituer la nouvelle population chrétienne du site, avec des chrétiens arabes grec-orthodoxes, encouragés à y implanter leur propres lieux de culte.

Mais la chute de Fakhr ad-Din et les raids bédouins ont raison de cette nouvelle implantation et il faut attendre le règne du sultan Dahir al-Omar (1730-1775) pour que la ville, qui a décliné entre temps, soit à nouveau sécurisée. En 1730, l'ordre des Franciscains obtient du sultan ottoman un firman afin de reconstruire un nouveau lieu de culte, qui survit jusqu'en 1955. À cette date, il est détruit pour permettre la construction de la présente basilique.




(15) Bethléem est une ville située enCisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte 30 000 habitants, essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Sonagglomération s'étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.

La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l'appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d'Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C'est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d'un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l'entrée de la ville.





(16)  Conrad IV (1228-1254) fut roi de Germanie de 1237 à 1254,roi de Sicile (en tant que Conrad Ier) de 1250 à 1254, roi de Jérusalem (en tant que Conrad II) de 1228 à 1254 et duc de Souabe (en tant que Conrad III) de 1235 à 1254.

Fils de Frédéric II Hohenstaufen et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière (1227-1273) en 1246.
Ils ont un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe.



(17) L'ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers.
Cet ordre fut créé à l'occasion du concile de Troyes, ouvert le13 janvier 1129, à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.




(18)  L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.




(19)  La République de Gênes est l'une des grandesrépubliques maritimes italiennes (ou thalassocratie) qui a duré près de huit siècles, du milieu du XIe siècle à 1797, après l'abdication du dernier doge de Gênes, Giacomo Maria Brignole. Son apogée économique fut le XVIe siècle « Le siècle des Génois » (El siglo de los genoveses) tandis que son apogée militaire alla de 1284 à 1381. Les formes de gouvernement subirent de nombreux changements dans cette longue période.

Sérénissime comme Venise dès 1339, Gênes fut aussi appelée par ses citoyens, soucieux de se distinguer de leurs rivaux, « superbe république » (superba repubblicaen italien), d'après le surnom donnée par Pétrarque en1358, « Gênes la superbe ».


[…]

Durant le bas Moyen Âge, aux XIIe et XIIIe siècles, Gênes connaît une période de prospérité et de montée en puissance grâce à son grand commerce (soie, épices, or, pierres précieuses, alun). La vie des institutions de la « Commune » est dominée par les rivalités entre ses quatre grandes familles, lesFieschi, Grimaldi, Doria et Spinola.

Les croisades apportèrent à Gênes une immense prospérité en transportant les troupes chrétiennes outre-mer. Les marins génois prirent une part considérable dans la prise de Saint-Jean-d'Acre en 1191. Le commerce génois s'avéra florissant dans le Sud des royaumes latins.

En 1259, par le traité de Nymphaeon, les Génois obtinrent du basileus Michel VIII Paléologue des avantages commerciaux considérables et le quartier de Galata, de l'autre côté de la Corne d'Or. Bien vite, le comptoir de Galata attira plus de navires que Constantinople elle-même. La mer Noire devint le domaine réservé des Génois. Ceux-ci s'assurèrent le contrôle des bouches du Danube (port de Licostomo) et du Nistre (port de Montecastro), remontant ces fleuves et ouvrant des comptoirs secondaires jusqu'à respectivement San Giorgio et Policromia. Cette domination sans partage malgré les tentatives de Venise et de l'Empire de Trébizonde s'acheva an 1475, dans un contexte de luttes pour la principauté de Théodoros, quand les assiégeants ottomans s'emparent de Caffa.




(20) La République de Venise dite la Sérénissime (en italien, Serenissima Repubblica di Venezia ; en vénitien, Serenìsima Repùblica Veneta) est un État progressivement constitué au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s'est développé par l'annexion de territoires divers et de comptoirs commerciaux le long des côtes de la Mer Adriatique, en Méditerranée orientale et en Italie du nord, jusqu'à devenir une des principales puissances économiques européennes. Venise occupe alors une place prépondérante dans les échanges économiques entre l'Occident et l'Orient méditerranéen, byzantin ou musulman.


La République de Venise a construit son indépendance politique et sa puissance économique grâce au commerce maritime. Les Vénitiens ont noué des alliances avec l’Empire de Byzance. La flotte vénitienne aide militairement l’Empire byzantin contre les invasions arabes et normandes et contre les pirates croates qui nuisent au commerce. L’Empire byzantin accorde des privilèges commerciaux à Venise. Les Vénitiens peuvent établir des comptoirs dans l’Empire pour profiter du commerce.

Lors des Croisades, Venise est un lieu d’escale pour les croisés et développe un axe de commerce Nord-Sud (avec les Anglais et les Flamands). Entre le XIe etXIIIe siècles, Venise émerge puis se développe auXIVe siècle, via la « Bourse du Rialto », qui facilite le développement d'une flotte commerciale et le quadruplement de la superficie de l'Arsenal de Venise, véritable « État dans l'État », sur lequel la cité construit sa richesse qui permet de développer son importance politique.

La Sérénissime, avec ses institutions aristocratiques remarquablement stables sur près d'un millénaire, contribue à son rôle politique essentiel.

À partir du XVIe siècle, elle connaît une phase de déclin économique (le commerce maritime s'est déplacé de la Méditerranée vers l’Atlantique), politique et de régression territoriale quelque peu occultée par une extraordinaire floraison artistique, avant de disparaître, en1797, vaincue par Napoléon Bonaparte, alors général aux ordres du Directoire révolutionnaire français. La Sérénissime, avec ce qui restait de son domaine territorial, passe alors par le traité de Campo-Formio sous la souveraineté autrichienne.


[…]   Comme les trois autres grands ports d'Italie, Gênes, Pise et Amalfi, Venise était une ville-État qui établit son pouvoir par la proximité maritime, en italien Repubblica Marinara. Elle distança ses concurrentes en plusieurs étapes, la première étant la quatrième Croisade. En 1202-1204, elle participa à la quatrième croisade et reçut ainsi plusieurs territoires lors du dépeçage de l'Empire byzantin, notamment plusieurs îles grecques et une partie de la ville de Constantinople. Ces positions lui assuraient le contrôle commercial de toute la Méditerranée orientale. Jusque là reine de l'Adriatique, elle devenait un point de passage obligé entre l'Orient maritime et l'Occident continental.




(21)  La République de Pise était un État indépendant de facto centré sur la cité toscane de Pise à la fin du Xe et au XIe siècle. Elle croît jusqu’à devenir une puissance économique, un comptoir commercial dont les marchands dominent le commerce méditerranéen et italien durant un siècle, avant d’être surpassée et supplantée par Gênes. La puissance de Pise, en tant que solide nation maritime, s’accroît pour atteindre son apogée au XIe siècle, époque à laquelle elle acquiert sa gloire, qui la classe désormais traditionnellement parmi les quatre Républiques maritimes historiques principales d’Italie.

Une flotte pisane de 120 navires prit part à la Première Croisade et les Pisans jouèrent un rôle crucial dans la prise de Jérusalem en 1099. Sur leur trajet vers la Terre Sainte, les Croisés pisans, menés par leur archevêque Daimbert, le futur patriarche de Jérusalem, mirent à sac plusieurs îles byzantines.

Pise et les autres républiques maritimes profitèrent de la croisade pour établir des comptoirs commerciaux et des colonies sur les côtes orientales de la Méditerranée, en Syrie, au Liban et enPalestine. Les Pisans fondèrent notamment des colonies à Antioche, Acre, Jaffa, Tripoli, Tyr, Joppa, Latakia et Accone. Leurs possessions s’étendaient également sur certaines parties de Jérusalem et Césarée, ainsi que sur de plus petites colonie (avec une autonomie moindre) au Caire, à Alexandrie et bien sûr Constantinople, où l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène leur accorda des droits spéciaux de mouillage et de commerce. Dans toutes ces villes, des privilèges furent accordés aux Pisans accompagnés d’une immunité fiscale, en échange d’une contribution à la défense en cas d’attaque. Au XIIe siècle, le quartier pisan, dans la partie orientale de Constantinople, atteignit 1 000 habitants. Durant plusieurs années, Pise constitua le principal partenaire commercial et le plus important allié militaire de l’Empire byzantin, dépassant même Venise.
En Méditerranée occidentale, bien que le pape Grégoire VII ait accordé à Pise la suzeraineté sur les îles Baléares en 1085, et que les marchands pisans aient été parmi les initiateurs de l'expédition des Baléares entre 1113 et 1115, l'entreprise échoua dans sa tentative de reprise permanente du taïfa musulman local.




(22)  Hugues III de Lusignan (1235 † 1284) est un roi de Chypre(1267-1284), de Jérusalem (1268-1284), et le fils d'Henri de Poitiers-Antioche et d'Isabelle de Lusignan (ascendance).

Il épouse le 23 janvier 1255 Isabelle d'Ibelin (1241 † 1324), fille de Guy d'Ibelin, maréchal et connétable de Chypre, et de Philippa Berlais, qui donne naissance à :

• Jean Ier de Lusignan (1267 † 1285), roi de Chypre
• Bohémond de Lusignan (1268 † 1281)
• Henri II de Lusignan (1271 † 1324), roi de Chypre
• Amaury II de Lusignan (1272 † 1310), gouverneur-régent de Chypre
• Marie de Lusignan (1273 † 1322) mariée en 1315 à Jacques II d'Aragon
• Aimery II de Lusignan (1275 † 1316) connétable de Chypre
• Marguerite de Lusignan (1276 † 1296), mariée en 1288 à Thoros III, roi d'Arménie.
• Guy de Lusignan (1278 † 1303) connétable de Chypre
• Alice de Lusignan (1279 † 1324) mariée en 1295 à Balian d'Ibelin
• Helvis de Lusignan, mariée à Héthoum II, roi d'Arménie.
• Isabelle de Lusignan (1280 † 1319) mariée à Constantin de Neghir, seigneur de Partzerpert († 1308), puis à Oshin Ier, roi d'Arménie.




(23)  Les mamelouks sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.
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SIXIEME CROISADE (1228 - 1229)
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