Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

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 MOYEN AGE TARDIF

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Lanaelle
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MessageSujet: MOYEN AGE TARDIF   Mar 16 Fév - 23:54






Les premières années du XIVe siècle furent marquées par la transition de l’optimum médiéval vers le petit âge glaciaire (1). Les années 1313-1314 et 1317-1321 furent particulièrement pluvieuses dans toute l’Europe et l’échec des récoltes provoqua une série de famines dont la plus importante, celle de 1315-1317 (2), fit plusieurs millions de morts. Ce  changement climatique qui s’accompagna d’une baisse des températures entraina une détérioration de la situation économique.

Ces difficultés furent suivies en 1347 par une épidémie de peste(3) surnommée la Peste noire (4). Originaire d’Asie, la maladie se répandit rapidement à toute l’Europe et tua probablement un tiers de la population en quelques années. Les villes furent particulièrement touchées en raison de la forte densité de population ; la ville de Lübeck en Allemagne perdit ainsi 90% de ses habitants. De vastes régions furent dépeuplées et les seigneurs avaient du mal à trouver asse de serfs pour cultiver leurs exploitations. Les terres les moins productives furent abandonnées et les survivants se concentrèrent sur les zones les plus fertiles. Si le servage déclina en Europe de l’Ouest, il se renforça à l’Est car les seigneurs l’imposèrent à leurs sujets qui étaient jusqu’alors libres. Du fait du manque de main-d’œuvre, les salaires des ouvriers augmentèrent en Europe occidentale mais les autorités répondirent en adoptant des mesures pour limiter cet accroissement, comme l’ordonnance des Travailleurs (5) de 1349 en Angleterre. Ces tensions entrainèrent des soulèvements comme la Grande Jacquerie (6) française de 1358 ou  la révolte des paysans (7) anglais de 1381. Le traumatisme de la peste noire entraina un renforcement de la piété qui se traduisit par l’apparition des flagellants (08), tandis que les juifs furent accusés d’être responsables (9) de l’épidémie.

La révolution commerciale fut initiée dans le Nord de l’Italie avec l’apparition des premières banques (10) facilitant les échanges commerciaux. Les bénéficiaires de ces développements, comme les Fugger (11) en Allemagne, les Médicis (12) en Italie ou des individus comme Jacques Cœur (13) en France, accumulèrent d’immenses fortunes et une large influence politique. Le système financier de l’Incanto des galées du marché (14) permit la création de l’Arsenal de Venise (15) employant des milliers d’employés et produisant des galères (16) sur un rythme presque industriel. Les guildes (17) se développèrent dans les villes et des organisations reçurent des monopoles sur le commerce de certains produits comme le Staple avec la laine d’Angleterre. A l’inverse, les foires déclinèrent avec le développement de routes maritimes entre la Méditerranée et l’Europe du Nord et des villes comme Bruges devinrent des places financières de premier plan avec la création des premières bourses. Après la dépopulation causée par la Peste Noire, les villes connurent une forte croissance démographique. Vers 1500, Venise (18), Milan (19), Naples (20), Paris et Constantinople comptaient chacune plus de 100 000 habitants, tandis qu’une vingtaine d’autres dépassaient les 40 000 personnes.






NOTES :



(1) le petit âge glaciaire (PAG) est une période climatique froide survenue en Europe et en Amérique du Nord du début du XIVe siècle à la fin du XIXe siècle approximativement. Elle se caractérise par des périodes puis de maximum successifs des glaciers, auxquelles correspondant plusieurs minimums de températures moyennes très nets. Elle succède à l’optimum climatique médiéval (OCM), une période plus chaude. Cependant, elle est contemporaine d’une série bien plus longues d’hivers froids, entre les XIIIe et XXe siècles. Le petit âge glaciaire a d’abord été considéré comme un  phénomène global, mais une meilleure connaissance de l’optimum climatique médiéval est venue tempérer cette affirmation.






(2) la grande famine de 1315-1317 est une famine qui se déroule de 1315 à 1317 en Europe, qui pour certains historiens s’étend jusqu’en 1322. C’est l’une des premières famines du XIVe siècle. Elle aurait marqué la fin de la croissance démographique du XIe au XIIIe siècle. Elle aurait causé plusieurs millions de morts.






(3) la peste (en latin pestis, « maladie contagieuse ») est une maladie à multiples facettes qui est mortelle pour l’homme. Elle est causée par le bacille Yersina pestis, découvert par Alexandre Yersin de l’institut Pasteur en 1894, bacille qui est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (il est dans ce cas question de peste sauvage).

La peste étant principalement véhiculée par le rat noir, qui la transmet à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées (puce du rat Xeopsylla cheopis, dans les pays chauds comme l’Inde, ou Nosopsyllus fasciatus en Europe), les rongeurs sauvages constituent le réservoir naturel de la maladie. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent infecter l’humain par contact avec l’animal infecté ou morsure par ce dernier.

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l’économie, la religion et les arts. Ainsi, la peste noire de 1347-1352  a profondément marqué l’Europe en exterminant 25% à 50% de la population européenne. La population française quant à elle chuta de 41% sur la même période soit 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l’époque. Cependant, plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l’époque.  Par analogie, d’autres maladies à forte morbidité pour d’autres espèces sont également nommées peste, comme la pesta aviaire, celle du canard, celle du porc. Elles n’ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.






(4) la peste noire est une pandémie de peste bubonique, causée par la bactérie Yersina pestis, qui a touché la population européenne entre 1347 et 1352. Elle n’est ni la première ni la dernière épidémie de ce type, mais elle est la seule à porter ce nom. En revanche, elle est la première épidémie de l’histoire à avoir été décrite par les chroniqueurs contemporains.

On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50% de la population européenne en cinq ans, faisant environ 25 millions de victimes. Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d’autant qu’après cette première vague, la maladie refit ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés : entre 1348 et 1355 en France, et entre 1360 et 1369 en Angleterre, notamment.






(5) L’ordonnance des travailleurs est une mesure législative de régulation et contrôle des prix délivrée par le roi Edouard III d’Angleterre le 18 juin 1349.

Elle fut révoquée par le Statute Law Revision Act de 1863 et le Statute Law (Irlande) Revision Act’ en 1872. L’ordonnance  fut délivrée en réponse à l’apparition de la peste noire en Angleterre entre 1348 et 1350. Durant cette période, 30 à 40% de la population mourut. Le déclin de la population engendre une très forte demande de travailleurs dans l’agriculture en Grande-Bretagne. Les propriétaires fonciers ont à faire face à des salaires croissants pour entretenir des travailleurs et doivent parfois laisser leurs terres inexploitées. Les salaires des travailleurs augmentèrent et entrainèrent en une inflation dans l’économie, les biens devenant plus chers à produire.

Les élites les plus aisées souffrirent de ce bouleversement soudain de l’économie. La difficulté de trouver des travailleurs créa de la frustration. John Gower dit des travailleurs de l’après-peste : « ils sont paresseux, ils sont rares, ils sont âpres au gain. Pour la moindre chose qu’ils font ils demandent la plus forte paie ».

L’ordonnance comprenait entre autres les mesures suivantes :
• Toute personne âgée de moins de 60 ans devait travailler
• Les employeurs ne devaient pas employer de main d’œuvre excédentaire
• Les salaires ne devaient pas être supérieurs à ceux d’avant la peste
• La nourriture devait être vendue à un prix raisonnable sans profit excédentaire.

L’ordonnance est considérée comme largement inefficace. Malgré le renforcement de l’ordonnance par le parlement anglais, avec le statut des travailleurs de 1351, les travailleurs continuèrent à demander de très forts salaires et la majorité de l’Angleterre (la classe des travailleurs) bénéficia d’une période de relative prospérité avant que les salaires et les prix ne retrouvassent les proportions d’avant la peste avec l’augmentation du nombre de travailleurs. Tandis que la situation fut finalement inversée, la peste modifia radicalement la structure sociale de la société anglaise.






(6) La Grande Jacquerie est un soulèvement paysan survenu en 1358 dans les campagnes d’Île-de-France, de Picardie, de Champagne, d’Artois et de Normandie, lors de la guerre de Cent Ans dans un contexte de crise politique, militaire et sociale. Cette révolte tire son nom de Jacques Bonhomme, figure anonyme du vilain, puis sobriquet désignant le paysan français, probablement du fait du port de vestes courtes, dites Jacques. Elle eut pour chef un dénommé Guillaume Carle.

Cette révolte est à l’origine du terme « jacquerie » repris pour désigner toutes sortes de soulèvements populaires. C’est sous la plume du chroniqueur Nicole Gilles, mort en 1503, contrôleur du Trésor Royal sous Charles VIII de France que l’on trouve ce terme dans les chroniques et annales de la France parues dès 1492.

Ses causes sont multiples, mais peu évidentes. Ainsi, l’imopularité de la noblesse en est une (après la défaite de Poitiers). La simultanéité des révoltes autour de Paris en mai-juin 1358, le mouvement insurrectionnel d’Etienne Marcel et les mouvements qui agitent les villes de Flandres interdisent de les traiter comme des phénomènes isolés.






(7) La révolte des paysans fut un important soulèvement populaire ayant eu lieu en Angleterre en 1381. La révolte fut causée par plusieurs facteurs dont les tensions économiques et sociales provoquées par la Peste Noire dans les années 1340, les taxes élevées nécessaires au financement de la Guerre de Cent Ans contre la France et l’instabilité du pouvoir politique à Londres. L’événement déclencheur fut  l’intervention de John Bampton dont les tentatives pour collecter l’impôt par tête dans la ville de Brentwood dans l’Essex le 30 mai 1381 se terminèrent par de violents affrontements qui se multiplièrent dans tout le Sud-Est de l’Angleterre. Une grande partie de la société rurale dont  de nombreux artisans et représentants locaux se souleva pour exiger une réduction des taxes, la fin du servage et la démission des principaux conseillers du roi. […]




(08) Les flagellants étaient les membres d’un mouvement chrétien qui atteignit son apogée durant le XIIIe siècle et le XIVe siècle en Europe occidentale. Ceux qui y prenaient part pensaient que la pratique de la Flagellation leur permettait d’expier leurs péchés, atteignant ainsi la perfection, de manière à être acceptés au royaume des cieux après l’Apocalypse. Ils allaient en procession par les villes, nus jusqu’à la ceinture et armées d’un fouet dont ils se flagellaient publiquement, en chantant des cantiques, pour expier leurs péchés.

Il convient d’éviter l’erreur largement répandue qui consiste à confondre les flagellants avec les Pénitents (a). Ces derniers apparus en 1267 avec la création, à Rome, par Saint Bonaventure (b) de la première confrérie de pénitents , sous le vocable  « Confrérie du Gonfalon ».


(a) une confrérie de pénitents (ou archiconfrérie de pénitents) est une association, sans but lucratif, relevant cumulativement du droit associatif (en France loi de 1901) et du droit canon, qui réunit des hommes et des femmes, de religion chrétienne, catholique, dans le but de pratiquer publiquement et le culte catholique, en portant une tenue spécifique, et de pratiquer, également mais cette fois dans la discrétion, des actes de charité. Les Confréries sont placées sous la vigilance de l’évêque du diocèse dans lequel elles ont leur siège et qui autorise leur création.

(b) Saint Bonaventure O.F.M., né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, sous le nom de Giovanni da Fidenza, mort à Lyon dans le nuit du 14 et 15 juillet 1274, prit le nom de Bonaventure lors de son entrée dans les ordres.
Théologien, archevêque, cardinal, Docteur de l’Eglise (surnommé le « Docteur séraphique »), ministre général des Franciscains, il est à l’instar de Jean Duns Scot et Thomas d’Aquin, l’un des piliers de la théologie chrétienne au Moyen Âge. Canonisé en 1452, il reste connu sous le nom de Saint Bonaventure.





(9) responsables :  l’empoisonnement de puits est un acte de manipulation malveillante des sources d’eau potable, afin de causer la mort ou la maladie, ou d’empêcher à un adversaire d’accéder à des ressources d’eau fraiche.
Les accusations contre les juifs d’empoisonnement de puits, sont avec les accusations de crime rituel, et celle de profanation d’hosties, les plus fréquemment émise pendant le Moyen Âge. Elles ont conduit à des massacres et aux pillages de leurs biens (pogrom).
Ces accusations surgirent souvent en cas de catastrophe, épidémie, inondation, sécheresse. La communauté juive joua souvent le rôle de bouc émissaire. De plus, les Juifs occupant souvent des métiers de commerçants ou de financiers, certains débiteurs trouvaient facile de se libérer d’une dette envers un juif, en ameutant la population et en organisant un pogrom.

Parmi les accusations d’empoisonnement de puits les plus notables, il faut mentionner celle qui se propagea en même temps que la grande peste du XIVe siècle, et mena à la disparition de nombreuses communautés juives d’Europe.



(10) banques : le terme banquiers lombards ou plus simplement Lombards fait référence aux prêteurs sur gages (a) du Moyen Âge, un type de banque qui apparait en Lombardie, région prospère du nord de l’Italie. Le terme est parfois utilisé dans un sens péjoratif et certains ont été accusés de pratiquer l’usure (b).


(a) un prêt sur gage est un prêt fait après dépôt d’un bien en garantie ; le montant du prêt est proportionnel à la valeur du bien déposé.
Le prêt sur gage existe en Chine depuis plus de 2000 ans. Il apparait en Europe au Moyen Âge, à Freising, en Allemagne, où le premier établissement de prêt sur gage est fondé en 1198.

(b) l’usure désigne l’intérêt d’un prêt au taux abusif.
Anciennement, l’usure désignait tout intérêt indépendamment du taux.
Le prêt consiste en un capital ou une marchandise vendue à crédit. Le taux d’usure est défini par l’Etat ou bien fixé par la coutume.


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mar 16 Fév - 23:55

(11) la famille Fugger est une famille de marchands et de banquiers du Saint-Empire germanique, qui domina la finance européenne à la fin Moyen Âge et pendant la Renaissance. Ils sont à l’origine de la pratique moderne de la banque et de la finance, avec la famille Welser. On considère que Jacob Fugger rassembla la plus grande fortune privée de son temps.



Jacob Fugger (1459-1525) par Durer.





(12) la maison de Médicis (Medici en italien) est une famille patricienne de Florence dont la puissance commence à l’époque de la Renaissance italienne entre le Moyen Âge et les Quattrocento et Cinquecento (XVe et XVIe siècles italiens).




Armoiries des Médicis






(13) Jacques Cœur (vers 1395/1400, Bourges – 25 novembre 1456, Île de Chios) est un marchand français, négociant-banquier et armateur. Il fut le premier français à établir et entretenir des relations commerciales suivies avec les pays du Levant. En 1436, Charles VII le nomme Grand Argentier du royaume de France. Il se lance dans de nombreuses entreprises commerciales et industrielles, et amasse une fortune considérable qui lui permet d’aider Charles VII, à l’époque « le petit Roi de Bourges », à reconquérir son territoire occupé par les Anglais. Mais sa réussite éclatante l’amène à la disgrâce : en invoquant diverses accusations, ses rivaux et ses nombreux débiteurs, dont le roi, provoquent sa chute en 1451. Emprisonné puis banni en 1454, il meurt en exil.






(14) Le système de l’Incanto des galées du marché, appelé aussi « système des carats », est l’un des plus anciens et principal ancêtres des sociétés par actions. Il a permis à Venise d’entreprendre à partir du XIVe siècle des aventures maritimes à très grande échelle, en armant à son apogée, au milieu du XVe siècle, une flotte évaluée à 6 000 galères, dont le nombre permet de prendre des risques, sous forme de convois réguliers, et de régner sur la Méditerranée, au détriment des grands rivaux comme Gênes, puis Bruges et Anvers





(15) l’arsenal de Venise, aussi appelé arsenal de la République Sérénissime, est construit en 1104 sur l’initiative du doge Ordelafo Faliero. Ce chantier naval joue un rôle déterminant dans la construction de l’empire vénitien, par le quadruplement de la puissance navale. Ceint par 3 km de Murailles crènelées de briques rouges, il emploie jusqu’à 16 000 personnes à son apogée et peut être considéré à la fois par sa taille, par son ancienneté ainsi que par l’ingéniosité de sa conception et de son fonctionnement (travail à la chaîne) comme l’un des premiers sites véritablement « industriels » apparus en Europe.



Porte terrestre de l’arsenal de Venise.





(16) une galère (du grec médiéval, galéa) est un type de navire à voiles et rames, d’abord d’usage commercial puis à fonction essentiellement militaire. Elle est mue par des galériens qui constituent la chiourme. Ce sont généralement des esclaves ou des repris de justice. Leur force musculaire est employée à actionner les rames, lorsque le vent ne souffle pas dans la bonne direction et lors de manœuvres d’attaques ou de parades.



Galère de l’Ordre de Mate, reconstitution du Musée
d’histoire navale de Venise




Autre galère présentée au Musée d’histoire
navale de Venise






(17) une guilde désignait au Moyen Âge (XIe – XIVe siècle) une association ou coopération de personnes pratiquant une activité commune, généralement des marchands, qui, s’étant dotés de règles et de privilèges spécifiques, demandaient protection aux autorités d’une ville ou d’un Etat. De nos jours, ce terme, quelque peu désuet, désigne une association privée ayant un but précis.
Ce mot proviens du vieux norois gildi signifiant « coopération » ou « assemblée » ou « troupe » (autour d’un repas ou d’une trinquerie, beuverie, potacio) et par extension, accord, entente, de personne entre elles. D’autres orthographes sont signalées en ancien français ou néerlandais : guilde, guild ou ghilde. Est attesté le déterminant issu du latin médiéval ancré dans le langage juridique saxon à partir de gilda, gildum, geldum, à savoir : prestation, tribut, service.
Les premières guildes se mettant au service de marchands, apparues en Allemagne du Nord sous le règne d’ Henri Ier, précèdent la Ligue hanséatique (a).

(a) La Hanse, Ligue hanséatique, Hanse germanique ou Hanse teutonique était l’association des villes marchandes de l’Europe du Nord autour de la mer du Nord et de la mer Baltique. Cette Hanse se distinguait des autres hanses en ce que son commerce reposait sur des privilèges jalousement défendus qui leur avaient été octroyés par divers souverains européens.
Pendant trois siècles, cette hanse en particulier, et à moindre degrés les hanses par extension, eurent un rôle dominant au niveau commercial, puis politique, en Europe. Actives du XIIe au XVIIe siècle, leur déclin et quasi-disparition ont été achevés en 1648 avec les traités de Westphalie signant la fin de la guerre de Trente Ans et de la guerre de Quatre-Vingt Ans.

La croissance de la ligue hanséatique a lieu dans un monde où colonisation et évangélisation vont de pair. Elle est particulièrement liée à la montée de l’ordre des Chevaliers Teutoniques, au prosélytisme catholique servant de façade aux jeux de pouvoir mondiaux de l’époque.






(18) Venise (italien : Venezia , en vénitien : Venexia) est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 118 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliées par des ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel – elle et sa lagune sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. […]

Fondée peu après 528, elle fut la capitale pendant onze siècles (697-1797) de la République de Venise. Durant le Moyen Âge et la Renaissance, la ville fut une grande puissance maritime, à l’origine de la Quatrième croisade et victorieuse lors de la bataille de Lépante en 1571 contre l’Empire ottoman. Grâce à ses liens avec l’Asie et le Proche-Orient, dont le marchand et explorateur Marco Polo fut l’initiateur, elle devint également l’une des principales places commerciales d’Europe, notamment de la soie, des céréales et des épices. Enfin, elle est un centre culturel majeur, du XIIIe à la fin du XVIIe siècle, dont les peintres de l’Ecole vénitienne (dont Titien, Véronèse et Le Tintoret) , Carlo Goldoni et Antonio Vivaldi sont les principaux représentants.

Son nom provient du peuple qui habitait la région avant le Xe siècle, les Veneti. Dénommée Venetiae en latin, elle est parfois surnommée la « cité des Doges », la « Sérénissime », la « Reine de l’Adriatique », la « Cité des Eaux », la « Cité des Masques », la « Cité des Ponts » ou encore la « Cité flottante ». la ville est aujourd’hui célèbre pour ses canaux – notamment le Grand Canal – et ses gondoles, ses nombreuses églises, la Place Saint-Marc, le Palais des Doges, le Pont des Soupirs, sa Biennale ainsi que son carnaval.





(19) Milan (en italien Milano, du latin Mediolanum ; en lombard Milàn) est une ville d’Italie au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine de Pô,[…]

Fondée durant l’Antiquité par des peuples celtes, les Insubres, Milan est conquise en -222 par les Romains et sera la capitale de l’Empire romain d’Occident pendant un siècle, de 286 à 402. Elle devient durant les siècles suivants un lieu majeur du christianisme, gouverné par des comtes puis par la famille Visconti, qui en font l’une des places financières les plus importantes du Moyen Âge. De 1395 à 1796, la ville forme le Duché de Milan, fief du Saint-Empire romain germanique
successivement sous la domination de la France, des Habsbourg d’Espagne et de l’Autriche, avant de rejoindre en 1859 le Royaume d’Italie. Au début du XXe siècle, Milan devient la région la plus industrielle du pays et est à l’avant-garde du processus de consolidation de la jeune nation italienne. […]




(20) Naples (en italien Napoli ; en napolitain Napule) est une ville d’Itaie, capitale de la région de Campanie. […]
Fondée durant l’Antiquité, capitale du Royaume de Naples et du Royaume des Deux-Siciles, la ville et, en général, tout le Mezzogiorno subit un déclin socio-économique relatif depuis l’annexion au Royaume d’Italie en 1860. […]
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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mar 16 Fév - 23:56






Le bas Moyen Âge vit l’apparition de puissants Etats-Nations(1) monarchiques comme l’Angleterre, la France, l’Aragon, la Castille et le Portugal. Les nombreux conflits internes renforcèrent l’autorité royale sur les seigneurs locaux mais le financement des guerres nécessitait l’augmentation des impôts et la création de méthodes de collecte plus efficaces. Le besoin d'obtenir le consentement des contribuables accrut les pouvoirs d’assemblées représentatives comme les Etats généraux (2) en France et le Parlement d’Angleterre (3).

Tout au long du XIVe siècle, les rois de France cherchèrent à étendre leur autorité aux dépens de la noblesse mais les tentatives destinées à prendre le contrôle des possessions anglaises dans le Sud-Ouest de la France déclenchèrent la guerre de Cent Ans (4). Le début de ce conflit fut à l’avantage des Anglais, qui remportèrent les batailles de Crécy (5), de Poitiers (6) et d’Azincourt (7) et s’emparèrent de larges portions du territoire français. Ces défaites causèrent de graves troubles au sein du royaume de France, qui se traduisirent par les actions des grandes compagnies (08) et la guerre civile entre Armagnac et Bourguignons (9). La situation se retourna néanmoins au début du XVe siècle avec les succès de Jeanne d’Arc (10) (d.1431), qui permirent aux Français de reprendre l’ascendant. A la fin de la guerre en 1453, les Anglais ne possédaient plus sur le continent que la ville de Calais (11) mais l’économie française avait été fortement affectée par les combats (12). Le conflit contribua à forger des identités nationales des deux côtés de la Manche. Les affrontements témoignèrent également de l’évolution des technologies militaires et l’arc long anglais (13) souverain au début du conflit montra son infériorité face à l’artillerie de campagne à la fin de la guerre comme lors de la bataille de Castillon (14) en 1453.


Dans le territoire de l’actuelle Allemagne, le Saint-Empire continua d’exister mais le choix (15) de l’empereur se faisant par élection (16) après 1356 (17), aucun véritable Etat-Nation ne put se constituer autour d’une dynastie durable et l’Empire resta un regroupement lâche de plusieurs centaines d’entités. A l’Est, les royaumes de Pologne (18), de Hongrie et de Bohême (19) se renforcèrent, tandis que les principautés russes commencèrent à émerger du  joug tatar (20). Dans la péninsule ibérique, les royaumes chrétiens continuèrent de reprendre des territoires aux musulmans (21) malgré les rivalités et les crises de succession. En Angleterre, la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par une longue guerre civile appelée guerre des Deux Roses (22), qui ne se termina que dans les années 1490 avec la victoire de la maison Tudor(23) d’henri VII (24) (r ?1485-1509) lors de la bataille de Bosworth (25) en 1485. La Scandinavie fut unifiée par l’union de Kalmar (26) durant tout le XVe siècle mais le mécontentement de la noblesse suédoise concernant la centralisation au Danemark et le bain de sang de Stockholm (27) en 1520 entrainèrent la désintégration de l’union trois ans plus tard.







NOTES :



(1) un Etat-nation est un concept théorique, politique et historique, désignant la juxtaposition d’un Etat, en tant qu’organisation politique, à une nation, c’est-à-dire des individus qui se considèrent comme liés et appartenant à un même groupe. C’est donc la coïncidence entre une notion d’ordre identitaire, l’appartenance à un groupe, la nation, et une notion d’ordre juridique, l’exercice d’une forme de souveraineté et d’institutions politiques et administratives qui l’exercent, l’Etat. Sans cette coïncidence, on parlera plutôt d’un Etat multinational.





(2) dans le système politique du royaume de France, on désignait par Etats Généraux les assemblées extraordinaires réunissant les trois ordres (les états) de la société (noblesse, clergé, tiers état) convoquées par le roi pour traiter d’une crise politique, en général une guerre ou une question diplomatique et décider d’une aide militaire ou fiscale.

L’institution est créée en 1302 par le roi Philippe le Bel pour donner une apparente légitimité à ses décisions en réaction contre la Bulle Ausculta fili. Ils réunissaient au début le clergé, la noblesse et la bourgeoises des bonnes villes, qui prendra par la suite le titre de Troisième état puis de Tiers Etat. Jusqu’en 1484 ils étaient réunis de manière distincte par région de langue d’oïl ou de langue d’oc.
Véritables assemblées des représentants des peuples  de France, fondées sur  le principe fondamental selon lequel ils ne sont pas des peuples tributaires mais libres, et qu’aucune contribution ne peut être exigée d’eux sans leur consentement, elles n’avaient aucun rôle législatif ou juridictionnel, contrairement aux parlements avec lesquels elles ne doivent pas être confondues.
Ils se réunirent sur une période de 487 ans, jusqu’en 1789. […]






(3) le Parlement de l’Angleterre, en anglais Parliament of England, était le parlement du Royaume d’Angleterre. Créé au XIIIe siècle, il a de plus en plus limité le pouvoir de la monarchie : de tribunal suprême, il est devenu le principal organe de conseil du roi, puis l’arbitre des crises politiques et le censeur éventuel du souverain. Ce rôle de contrôle et de modérateur de la monarchie sera à la base de la démocratie à l’anglaise qui se met en place plusieurs siècles après.

Par l’acte d’union de 1707 (a),  il forme la base du Parlement de Grande-Bretagne (b) et, plus tard, du Parlement du Royaume-Uni.


(a) les actes d’Union (The Acts of Union), sont des actes parlementaires anglais et écossais passés respectivement en 1706 et 1707 (date d’effet le 1er mai 107 du calendrier julien ou du 12 mai 1707 du calendrier grégorien utilisé en France), portant sur l’association du royaume d’Ecosse et du royaume d’Angleterre (comprenant le Pays de Galles) qui deviennent ainsi le royaume de Grande-Bretagne. Cela se solde donc par la dissolution des parlements respectifs des deux royaumes (Parlement d’Angleterre et Parlement d’Ecosse)  au profit d’un parlement commun, le Parlement de Grande-Bretagne.

(b) le Parlement de Grande-Bretagne fut formé en 1707 à la suite de la ratification des actes d’Union par le Parlement d’Angleterre et celui d’Ecosse. Les actes aboutissent à la création d’un nouveau Royaume unifié de Grande-Bretagne et dissolvent les parlements d’Angleterre et d’Ecosse au profit d’un seul parlement, siégeant au Palais de Westminster, ancien siège du Parlement d’Angleterre, près de la Cité de Londres. Il dura pendant pratiquement un siècle, jusqu’à l’Acte d’Union regroupant les parlements d’Angleterre et d’Irlande en un seul Parlement du Royaume-Uni qui est en place depuis le 1er janvier 1801.


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mar 16 Fév - 23:57

(4) La guerre de Cent Ans est un conflit, entrecoupé de trêves plus ou moins longues, opposant de 1337 à 1453 la dynastie des Plantagenêts (a) à celle des Valois (b), et à travers elles le royaume d’Angleterre et celui de France.

Au début du XIVe siècle, trois axes de tensions favorisent son émergence : la « grande dépression médiévale », théorisée par Guy Bois (crise démographique conjuguée à une stagnation économique du fait de l’alourdissement de la pression fiscale seigneuriale), les constants affrontements entre Plantagenêt et Capétiens pour la souveraineté et le contrôle des fiefs de Guyenne et, enfin, le conflit dynastique pour la couronne de France qui nait en 1328 à la mort de Charles IV, dernier fils de Philippe IV. […]

(a) Plantagenêt est le surnom d’une dynastie princière issue de la première lignée des comtes d’Anjou, les Iingelgeriens (1), et la Maison de Châteaudun (2). Ses membres furent aussi comte du Maine (3), puis par mariage rois d’Angleterre, ducs de Normandie et finalement ducs d’Aquitaine.


(1) les Ingelgeriens sont un lignage de la noblesse franque, qui établit l’autonomie et la puissance du comté d’Anjou entre 930 et 1060, profitant des luttes entre les derniers Carolingiens et les Robertiens, ancêtre des Capétiens.

(2) La maison de Châteaudun est un lignage médiéval qui posséda la vicomté de Châteaudun et le comté du Perche.

(3) le comté du Maine constitue un gouvernement distinct du comté de Laval à partir du XVe siècle et du Perche. En 1790, il a donné naissance en partie au département de la Sarthe. Sa capitale en était la ville de Le Mans. Le Maine fut par la suite un duché.
Il est à distinguer de la province du Maine.

Le comté du Maine apparait au IXe siècle, à l’époque carolingienne. Il occuoupe une position stratégique, puisqu’il se trouve sur la frontière de la Bretagne, de la Normandie et de l’Anjou. Il sert donc l’Etat tampon jusqu’à la fin du Moyen Âge et connait plusieurs guerres liées aux Capétiens et aux Plantagenets. Il est rattaché au domaine royal en 1204 puis est disloqué en 1790 lors de la création des départements.


(b) La maison de Valois est la branche cadette de la dynastie Capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons.
Elle tire son nom de l’apanage donné à Charles, fils de Philippe III le Hardi et père du roi Philippe VI. La branche ainée s’est éteinte en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets. […]






(5) La bataille de Crécy opposa à partir du milieu de l’après-midi du 26 août 1346 l’armée du royaume de France à une armée venue d’Angleterre pour saccager et piller les terres proches des rivages de la Manche. Cette bataille violente et sanglante où les monarques respectifs, Philippe VI de Valois et Edouard III, furent présent et actifs, se conclut au soir du second jour par une victoire écrasante de l’armée anglaise, pourtant en infériorité numérique, sur la chevalerie et l’infanterie française et de ses alliés, qui accusèrent des pertes très importantes du fait de l’indiscipline et des lacunes du commandement. Cette grande bataille marqua le début de la guerre de Cent Ans et le retour d’une technique traditionnelle d’archerie.








(6) la bataille de Poitier : Lors de la guerre de Cent Ans, après leur éclatante victoire à la bataille de Crécy (1346), les Anglais se sont solidement établis en Guyenne et mènent régulièrement des raids dans le Sud de la France. En 1355 déjà, le roi de France Jean II manquant de fonds n’avait pu les combattre. Il réunit en 1356 les états généraux qui lui accordent ce dont il a besoin pour lever une armée. La bataille à lieu à Nouaillé-Maupertuis près de Poitier. Quoique numériquement très supérieurs, Jean II conduit ses troupes par une tactique irréfléchie et se fait prendre.








(7) La bataille d’Azincourt (Artois) (Battle of Agincourt en anglais) se déroule le vendredie 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans.

Les troupes françaises, fortes de quelque 18 000 hommes, tentent de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V (a), forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de regagner Calais, devenue anglaise depuis 1347, et donc par là même l’Angleterre.

Débarquée dès le 13 août au lieu-dit « Chef-de-Caux », près de la ville d’Harfleur, l’armée anglaise parvient au bout d’un mois et demi de siège (17 août – 7 octobre 1415) à prendre cette dernière, s’assurant ainsi d’une tête de pont en Normandie. Jugeant la saison trop avancée, Henri V se refuse à marcher sur Paris, et comme son aïeul Edouard III en 1346, il se dirige alors avec son armée vers le Nord de la France en vue de rembarquer vers l’Angleterre. L’Ost du roi de France, Charles VI (b) (absent car atteint de maladie mentale), parvient à rattraper les Anglais le 24 octobre. La bataille qui s’ensuit se solde par une défaite importante pour le camp français : la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers en majorité Gallois. Equipés de grands arc à très longue portée.

Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, est souvent considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fait que se renforcer par la suite avec l’intention des armes à feu. Elle est, en réaction, en cause majeure de l’épopée de Jeanne d’Arc, puis de l’investissement dans l’artillerie qui deviendra une spécialité française.
Pour les Anglais, cette bataille reste l’une des victoires les plus célébrées, notamment par William Shakespeare dans une pièce de théâtre, Henri V.




(a) Henri V d’Angleterre est le second monarque issu de la maison de Lancastre qui a succédé aux Plantagenêt au pouvoir.

TITRES :
Roi d’Angleterre et seigneur d’Irlande : 21 mars 1413 – 31 août 1422
Couronnement : 13 octobre 1399 en l’Abbaye de Westminster
Duc d’Aquitaine : 15 octobre 1399 – 31 août 1422
Prince de Galles : 15 octobre 1399 – 21 mars 1413

BIOGRAPHIE
Dynastie : Maison de Lancastre
Date et lieu de naissance : 9 août 1387 ou 16 septembre 1387, à Monmouth (Pays de Galle)
Date et lieu de décès : 31 août 1422, au Château de Vincennes (France)
Père : Henri IV d’Angleterre
Mère : Marie de Bohun
Conjoint : Catherine de Valois
Enfants :
• Henri VI (son successeur)
• Thomas de Lancastre (1413-1421°
• Jean de Lancastre (1421)
• Henri de Lancastre (1421-1422)


(b) Charles VI, dit « le Bien-Aimé » ou « le Fou » comme il a été surnommé au XIXe siècle (né à Paris le 3 décembre 1368 – mort à Paris le 21 octobre 1422) est roi de France de 1380 à 1422. Fils du roi Charles V et de Jeanne de Bourbon, il est le quatrième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Il est couronné le 4 novembre 1380 en la Cathédrale de Reims.

Il se maria à Amiens avec Isabeau de Bavière le 17 juillet 1385. Ils eurent douze enfants :
1. charles (1386-1386), sans postérité ;
2. Jeanne (1388-1390), sans postérité ;
3. Isabelle (1389-1409), mariée d’abord (1396) au roi Richard II d’Angleterre, puis (1407) au duc Charles d’Orléans, de qui elle eut une fille
4. Jeanne (1391-1433) mariée en 1396 à Jean V (1389-1442) duc de Bretagne, et postérité ;
5. Charles (1392-1401), premier dauphin, duc de Guyenne, sans postérité ;
6. Marie de Valois (1393-1438), abbesse à Poissy, sans postérité ;
7. Michelle de Valois (1395-1422) mariée en 1409 à Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, d’où une fille ;
8. Louis de Guyenne (1397-1415) second dauphin, duc de Guyenne, sans postérité ;
9. Jean (1398-1417) troisième dauphin, duc de Touraine, sans postérité ;
10. Catherine de Valois (1401-1438), reine consort d’Angleterre, épouse en 1420 Henri V d’Angleterre, puis secrètement entre 1425 et 1428 Owen Tudor, dont postérité, notamment Edmond Tudor ;
11. Charles VII (1403-1461), roi de France, et postérité ;
12. Philippe de France (1407-1407), sans postérité.
Odette de Champdivers (Odinette), sa maitresse, lui donna une fille qui fut légitimée, Marguerite de Valois, connue sous le nom de demoiselle de Belleville.






(08) les compagnies de mercenaires recrutées du XIIe siècle au XIVe siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une « route » (« troupe » en français de l’époque)




(9) La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons est un conflit qui ravagea le royaume de France, déjà en lutte avec le royaume d’Angleterre pendant la Guerre de Cent Ans.





(10) Jeanne d’Arc, née vers 1412 à Domrémy village du duché du Bard dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l’évêché de Toul pour le spirituel (actuellement dans le département des Vosges en Lorraine), et morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d’Angleterre, est une héroïne de l’histoire de France, chef de guerre et sainte de l’Eglise catholique, surnommée depuis le XVIe siècle « la Pucelle d’Orléans » et, depuis le XIXe siècle, « mère de la nation française ».
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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mar 16 Fév - 23:59

(11) sa proximité avec l’Angleterre fait de Calais une place militaire stratégique. L’histoire de la ville est marquée par plusieurs sièges dont celui de 1346 lors de la guerre de Cent Ans, où le roi Edouard III d’Angleterre choisit Calais pour débarquer en France, la visse passant alors sous le contrôle anglais, celui de 1436, où Philippe le Bon , duc de Bourgogne, attaque les Anglais cherchant à libérer Calais, et celui de 1558 où la France réussit finalement à récupérer la ville restée pendant plus de deux siècles sous occupation anglaise. En 1595, Calais est capturée par les Espagnols qui la rendent deux ans plus tard. […]





(12) les combats : pendant la guerre de Cent Ans, les expéditions anglaises furent appelée chevauchées. Il s’agissait de long raids dévastateurs sur plusieurs centaines de kilomètes et sur un front de plusieurs kilomètres.

Ces chevauchées avaient pour but principale, de se bâtir une gloire facile, de récupérer du butin et ruiner les riches territoires qui fournissaient au roi de France les moyens financiers et humains qui alimentaient son armée en finances et en soldats. En tarissant ces sources, les chevauchées affaibliraient fortement le roi de France et ses vassaux qui ne pourraient plus disposer de réserves, tout en enrichissant le roi d’Angleterre et ses alliés.

Le terme est aussi appliqué plus vastement pour désigner toute campagne de ce genre pendant la période médiévale, par exemple la chevauchée du Hainaut de Charles comte d’Anjou en 1254.

Suite aux chevauchées anglaises qui pillent le royaume de France, le roi Charles V réalisant que le temps de mobiliser ses troupes, les quelques milliers d’homme anglais ont souvent déjà rembarqué pour leur île, ne cherche plus à les intercepter, fortifie les villes et adopte la tactique militaire de la terre déserte.






(13) L’arc long anglais, également appelé longbow ou arc droit, est une évolution de l’arc gallois. Il s’agit d’un arc médiéval très puissant, d’environ 2 mètres de long, très utilisé par les Anglais, à la fois pour la chasse et la guerre.





Son utilisation par l’armée anglaise nait de ses déconvenues lors des guerres en Pays de Galles et en Ecosse. Les Anglais décident alors d’y recourir massivement, ce qui permet de vaincre les piquiers gallois, puis écossais. Cette arme se révèle encore décisive pendant la plus grande partie de la guerre de Cent Ans (particulièrement lors des batailles de Crécy, de Poitiers et d’Azincourt). […]




(14) la bataille de Castillon eut lieu le 17 juillet 1453 entre les armées d’Henri VI d’Angleterre et celle de Charles VII de France. Cette victoire décisive pour les Français met fin à la guerre de Cent Ans.








(15) choix : une monarchie élective est un type de monarchie où le monarque accède au trône par une élection et non de façon héréditaire.




(16) Elections : les princes-électeurs étaient des princes, grands féodaux ou souverains, investis d’une fonction élective à des trônes impériaux.




(17) 1356 : la Bulle d’or, parfois appelée bulle d’or de Nuremberd ou bulle d’or de Metz, est un texte essentiel du Saint-Empire romain germanique, promulguée par l’empereur Charles IV en 1356 à Metz. Elle donne à l’institution impériale sa forme définitive et attribue le choix du roi aux princes-électeurs. Elle tire son nom de la forme du document original, scellépar une bulle d’or métallique.

La ville de Francfort-sur-le-Main conserve un exemplaire original de cette fameuse bulle d’or. Il en existe une copie aux archives de la ville de Metz. Une copie originale enluminée fut remise au royaume de Bohème, aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale autrichienne. Les copies originales encore conservées ont été promues au registre internationale Mémoire du monde en 2013.

La bulle d’or est composée de trente-et-un articles qui fixent de façon minutieuse les règles de transmission de la dignité impériale. Selon les normes électorales fixées par cette bulle d’or, le roi devait être élu à la majorité des voix du collège électoral de sept membres comprenant trois ecclésiastiques et quatre laïcs ; ces princes-électeurs étaient d’un côté les archevêques de :
• Cologne
• Mayence
• Trèves

Et d’autre, les :
• Roi de Bohème
• Comte palatin du Rhin
• Margrave de Brandebourg
• Duc de Saxe

Le roi était alors réputé in imperatorum promovendus (« devant être promu empereur »), mais la bulle restait muette quant à la confirmation par le pape. Mais les conditions d’élection étaient si bien précisées qu’elles ne pouvaient plus être contestées. Le pape n’avait donc plus d’arbitrages à rendre. La bulle d’or de 1356 reconnut aux archevêques de Mayence la primauté pour l’élection du roi et la présidence du collège électoral.

La bulle d’or définit aussi les prérogatives impériales. L’empereur était le suzerain de tous les fiefs impériaux. Il détenait le pouvoir judiciaire suprême. Les électeurs avaient rang de souverains, et la prééminence sur tous les autres princes de l’Empire. Leurs terres n’étaient plus démembrables et devaient être transmise du père au fils ainé. Ils obtenaient le droit de justice souveraine.





(18) le Royaume de Pologne des Jagellons désigne la Pologne des années comprises entre le couronnement de Ladislas II (a) à la suite de l’Union de Krewo (b) en 1385 et l’Union de Lublin (c) en 1569.

(a) Ladislas II Jagellon (Ladislas II de Pologne) ou Wladyslaw II Jagiello, ou encore en lituanien Jogaila Algirdaitis (né en 1352/1362 à Vilnus, mort en 1434 à Grôdek Jagiellonski). Grand-Duc de Lituanie de 1377 à 1392, et roi de Pologne de 1386 à 1434. Il est l’un des 24 membres fondateurs de l’Ordre du Dragon, destiné à défendre le christianisme face à ses ennemis, et particulièrement face aux Ottomans.

Il est le fils d’Algirdas (ou Olgierd, duc de la Lituanie (1345-377)) et de Juliana de Tver.
Il contracta 4 unions.
En 1386, la reine Hedwigue Ier de Pologne (1372-1399) dont il eut un enfant
• Elisabeth Bonifacia (1399-1399)
En 1402 avec Anne de Celje (1380-1416), petite-fille de Casimir III de Pologne, ils eurent un enfant :
• Edwige (1408-1431)
En 1417 avec Elisabeth de Pilcza (1372-1420), fille d’Otton de Pilica
En 1422 avec Sophie de Holszany (1405-1461), fille d’André prince de Holszany. Ils eurent trois enfants :
• Ladislas III Jagelon (1424-1444)
• Casimir (1426-1427)
• Casimir IV Jagelon (1427-1492)

(b) l’Union de Krewo (ou Union de Krevo) était un accord politique et dynastique entre la reine de Pologne, Hedwige d’Anjou et le Grand-Duc de Lituanie, Jogaila Algirdaitis. Ce fut le commencement de l’Union de Pologne-Lituanie. Le document a été signé dans la ville de Krewo, le 14 août 1385. Les termes en étaient :

• Le mariage de la reine de Pologne et du grand-duc Jogaila Algirdaitis
• Le couronnement de Jogaila Algirdaitis comme roi de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagelon
• La libération de tous les prisonniers chrétiens détenus par les Lituaniens à la religion catholique
• La libération de tous les prisonniers chrétiens détenus par les Lituaniens.

Dans un premier temps, la noblesse polonaise n’était pas satisfaite des arrangements dynastiques, et était partagée entre l’opposition aux chevaliers Teutoniques et la menace croissante des Russes. Mais les chefs des deux Etats jugèrent que l’union ferait une plus grande force face aux menaces extérieures. […]

(c ) L’Union de Lublin (lituanien : Liublino unija ; polonais : Unia lubelska ) est une traité politique signé le 1er juillet 1589 à Lublin (Pologne), qui unit le Royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie en un seul Etat, la République des Deux Nations, dirigé par une monarchie électorale.





(19) Le Royaume de Bohême est un royaume situé dans la région de la Bohême en Europe Centrale, dont la plupart des territoires se trouvent actuellement en République Tchèque. Le royaume fit partie du Saint-Empire jusqu’à sa dissolutoin en 1806, date à laquelle il est devenu une partie de l’Empire d’Autriche, puis de l’Empire austro-hongrois en 1867. Après la défaite des puissances centrales lors de la Première guerre mondiale et le traité de Versailles, l’Empire austro-hongrois fut dissous et la Bohême fut intégrée en 1818 dans la nouvelle République Tchécoslovaque laquelle se scinde en deux états indépendants, la République tchéque correspondant à l’ancien Royaume de Bohême et la Slovaquie.





(20) le joug tatar (ou joug mongol) est la période pendant laquelle la Rus’ a été sous domination des Khans mongols de la Horde d’Or, du point de vue des Russes. Elle débute par l’invasion de la Russie par les Mongols de Batu à partir de 1236 et s’achève en 1480 lorsque Ivan III refuse de payer le tribut demandé par les Mongols. Outre les conséquences immédiates qu’une telle domination étrangère ne peut qu’exercer sur une nation, le joug tatar « a laissé, dans la conscience populaire russe, un souvenir précis et sans nuance : celui d’un pouvoir étranger, de l’esclavage, de la contrainte et de l’arbitraire ». cependant, les historiens s’accordent à penser que cette période n’a pas été sans effet bénéfique sur la Russie, notamment en unifiant un pays qui se trouvait, au début du XIIIe siècle, morcelé en une multitude de principautés rivales.





(21) reprendre des territoires aux musulmans : La conquête des Almohades désigne le bref moment de la réunification du Pays d’al-Andalûs sous l’égide des Almohades, qui mènent une poussée irrésistible sur tout l’espace disponible de la péninsule ibérique, balayant les restes de leurs adversaires battus à Marrakech, les Almoravides.
Ils ne stabilisent pas leur pouvoir, et se heurtent aux armées combinées des royaumes de Castille, d’Aragon et du comté de Barcelone.

Datation : 1147-1212

Conséquence : fin de la période dite de la conquête almoravide

Abu Yusuf Yaqub al-Mansur et son père Abu Yaqub Yusuf étendent leur autorité à tout le pays d’al-Andalus ; les Almohades infligent une défaite à Alphonse VIII de Castille à la bataille d’Alarcos en 1195. C’est une mauvaise surprise pour les chrétiens, alors divisés concernant la démarche à suivre et préoccupés par la fondation de leurs états, à tel point qu’ils perçoivent l’arrivée de leurs adversaires comme un contre-mouvement dans leur Reconquista.

Par conséquent, cette défaite de la Castille va engendre une union nouvelle des royaumes chrétiens pour faire front à cette nouvelle menace ; à la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa perdue par les Almohades le 16 juillet 1212, al-Andalus tombe dans le chaos. En 1229, avec la perte des îles Baléares lors de la conquête de Majorque, les Almohades perdent également le contrôle de la méditérranée.

La réduction du territoire ne laisse alors qu’une poche entre les mains des Sarrasins que pour trois siècles encore : le Royaume de Grenade (édification de la frontera militar).





(22) La guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles qui ont eu lieu en Angleterre entre la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York. Cette guerre des roses liée aux droits de succession, débute en 1455 et ne prend fin qu’un 1485, quand le dernier des rois des Plantagenêt Richard III d’Angleterre meurt au champ d’honneur et que Henri Tudor devient roi sous le nom d’Henri VII et qu’il fonde la dynastie des Tudor. Il réunit ainsi les deux maisons royales en se mariant à Elisabeth d’York et permet la fin de la guerre entre la maison des Lancastre et des York. Elle apparait aussi a posteriori comme une conséquence de la clôture de la guerre de Cent Ans, supprimant irrémédiablement toute expansion anglaise en France et reportant la violence prédatrice des chevaliers et combattants sur eux-mêmes et leur nation.

La maison de Lancastre descendait de Jean de Gand, duc de Lancastre et 3ème fils du roi Edouard III

Celle d’York descendait de son frère Edmond de Langley (1341-1402), 4ème fils du roi Edouard II, devenu duc d’York en 1385.

L’emblème de la maison de Lancastre était la rose rouge, tandis que celui des York était la rose blanche. D’où le nom donné à leur guerre, a postériori (car la rose rouge n’est choisie comme emblème lancastrien qu’en 1485, lors de la dernière bataille du conflit).








(23) La famille Tudor est à l’origine d’une dynastie royale qui a donné son nom à la période de l’histoire anglaise située entre 1485 et 1603. L’ère Tudor marque la fin de la guerre civile qu’a constituée la guerre des Deux Roses et couvre le règne de cinq monarques qui ont contribué à faire de l’Angleterre une puissance européenne majeure.

La dynastie Tudor ou Maison Tudor (Tudur en gallois) voit son origine remonter au XIIIe siècle. Elle comprend une suite de cinq monarques d’origine galloise qui régnèrent sur le royaume d’Angleterre et le Royaume d’Irlande de 1485 jusqu’à 1603. Les trois principaux monarques, Henri VII d’Angleterre, Henri VIII d’Angleterre et la reine Elisabeth Ier, orchestrèrent la mutation du royaume d’Angleterre d’une arrière-cour européenne toujours plongée dans le Moyen Âge en un puissant Etat de la Renaissance.





(24) Henri Tudor (né le 28 janvier 1457 au Château de Pembroke dans le Pays de Galles et mort le 21 avril 1509 au Palais de Richmond dans le Surrey), fut comte de Richmond (1457-461), puis roi d’Angleterre à partir de 1485 sous le nom d’Henri VII, premier souverain et fondateur de la dynastie Tudor.





(25) la Bataille de Bosworth, ou bataille de Bosworth Field, est l’avant-dernier affrontement de la guerre des Deux-Roses, guerre civile anglaise qui oppose les maisons de Lancastre et d’York durant la seconde moitié du XVe siècle. Cette bataille a lieu le 22 août 1485 et voit la victoire du parti Lancastre, dont le chef , Henri, Comte de Richmond, devient par la suite le premier roi de la maison Tudor. Son adversaire Richard III, dernier roi de la maison d’York, est tué durant l’affrontement. Les historiens considèrent la bataille de Bosworth comme marquant la fin de la dynastie Plantagenêt, ce qui en fait un moment-clef de l’histoire de l’Angleterre.







(26) L’union de Kalmar ou Union de Calmar (en danois, suédois et norvégien, Kalmarunionen) a réuni les trois royaumes scandinaves de Danemark, Suède et Norvège sous un seul monarque, de 1397 à 1523. Ces trois royaumes relâchent leur souveraineté, tout en maintenant leur indépendance. Le mécontentement suédois envers la centralisation du pouvoir au Danemark est la cause principale du conflit qui met fin à l’union.





(27) Le Bain de sang de Stockholm (suédois : Stockholms blodbad ; danois : det stockholmske blodbad) est un massacre qui a suivi l’invasion de la Suède par les forces danoises de Christian II du Danemark. Le « Bain de sang de Stokholm » proprement dit est la série d’évènements qui se sont produits entre le 4 et le 10 novembre 1520
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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:00






Même si les empereurs de la dynastie des Paléologues (1) reprirent Constantinople aux croisés en 1261, l’Empire n’était plus composé que d’une petite portion des Balkans autour de Constantinople et de territoires côtiers au sud de la Mer Noire et autour de la Mer Egée. Ses anciennes possessions dans les Balkans avaient été divisées entre les nouveaux royaumes de Serbie (2) et de Bulgarie. La situation byzantine se détériora encore plus avec l’émergence en Asie Mineure au XIIIe siècle de la tribu turque des Ottomans (3), qui s’étendit vers l’Ouest (4) tout au long du XIVe siècle. La Bulgarie devint un vassal en 1366 tout comme la Serbie après la défaite de Kosovo (5) en 1389. Inquiets de cette expansion (6)  sur des terres chrétiennes, les Européens de l’Ouest déclarèrent une croisade mais leur armée fut battue à la bataille de Nicopolis (7) en 1396. Au début du XVe siècle, l’Empire byzantin se réduisait à quelques territoires autour du Constantinople et la ville fut finalement prise (08) par les Ottomans de Mehmed II (9) en 1453.




NOTES :  


(1) Les Paléologues sont une famille de noble d’origine grecque dont est issue la dernière dynastie ayant gouverné l’Empire byzantin. Originaires de Macédoine, les Paléologues s’illustrèrent surtout comme commandants militaires et gouverneurs de provinces. Après la quatrième Croisade, divers membres de la famille s’établirent en Epire   ou trouvèrent refuge dans l’Empire de Nicée voisin où Michel VIII usurpa le trône en 1259, reprit Constantinople en 1259  et fut couronné empereur byzantin en 1261. Ses descendants gouvernèrent l’empire jusqu’à la chute de Constantinople aux mains des Turcs ottomans le 29 mai 1453. Pendant cette période, la famille Paléologue gouverna également, de façon intermittente, le despotat de Morée. D’autres s’établirent en Italie où une branche des Paléologues deviendra seigneurs de Montferrat, héritage qui sera transféré ultérieurement à la famille Gonzague qui régnait sur le duché de Mantoue. Le nom a également été porté par des familles Phanariotes, sans qu’il soit démontrable (faute d’archives suffisantes) s’il s’agit de descendants, de parents par alliance ou d’homonymes.





(2) le royaume de Serbie est le nom du régime en place entre 1882 à 1918 en Serbie dans la continuité de la principauté de Serbie. Le royaume de Serbie correspond à un ancien statut juridique de la Serbie, déjà porté par l’Etat médiéval des XIIIe et XIVe siècles.



(3) l’Empire ottoman a duré de 1299 à 1923 (soit presque 624 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie, qui occupe une partie de son ancien territoire, ainsi qu’à de nombreux Etats souvent passés sous d’autres dominations avant les indépendances de la seconde moitié du XXe siècle.
Fondé par un clan turcique Oghouzes (a) en Anatolie (b) occidentale, l’Empire ottoman s’étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : toute l’Anatolie, le haut-plateau arménien, les Balkans, le pourtour de la mer noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, le pourtour de la péninsule arabique, l’Egypte et une partie du littoral de l’Afrique du Nord. Dans le cadre de ses relations internationales, l’Empire ottoman était appelé Sublime Porte ottomane ou simplement Sublime Porte, du nom de la porte d’honneur.

XXXXXXXXXXX

(a) Les Oghouzes , Oghuz ou Oguz (en turc de Turquie), également Turcomans, furent l’une des branches principales des Turcs du VIIIe au Xe siècle. Lors de la migration des Turcs aux Xe et XIIe siècles, les Oghouzes firent partie des Turcs de la région de la mer Caspienne qui migrèrent vers le sud et l’ouest en direction de l’Asie occidentale et de l’Europe orientale, et non vers l’Est en direction de la Sibérie.
Les Oghouzes sont considérés comme les ancêtres des Turcs occidentaux modernes : Turcs de Turquie, Turkmènes, Turcs du Khorassan et Gagaouzes (Gök Oguz : Oghouzes bleus ou célestes), dont les effectifs combinés dépassent les cent millions.
[…]

XXXXXXXX

(b) L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Coruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire. Dans le sens politique donné par les autorités turques, elle désigne toute la partie asiatique de la Turquie (97% du territoire du pays, les 3% restants étant situés en Thrace orientale).




(4) Les guerres entre les peuples turcs et l’Empire byzantin sur une période de près de quatre siècles, du milieu du XIe siècle à la chute de Constantinople en 1453.

Ces guerres  n’ont pas seulement influé sur les deux belligérants : elles ont aussi compté parmi les éléments déclencheurs des croisades, entrainé la destruction de l’Empire byzantin, le successeur de l’Empire romain de l’Antiquité, et permis à l’Empire ottomant de devenir une des plus grandes puissances de l’époque. […]




(5) la bataille du Kosovo Polje est une bataille qui opposa l’Empire ottoman à une coalition de princes chrétiens des Balkans, le 15 juin 1389, au Kosovo, sur le « champ des Merles ».Les principaux contingents de la coalition étaient ceux du prince serbe Lazar hrebeljanovic et du roi de Bosnie Tvrtko Ier. Ces troupes auraient été renforcnées d’autres contingents chrétiens des  Balkans, dont des Valaques, des hongrois et des Croates.

La mythification de cette bataille a servi de fondation au mythe serbe sur le Kosovo, selon lequel il s’agirait du berceau de leur nation. Cependant les Serbes n’étaient pas les seuls à participer à cette guerre. En outre, l’empire serbe, hérité de Dusan, s’était effondré sitôt après sa mort en 1355, c’est-à-dire  23 ans auparavant, et non pas après la bataille du Kosovo.

Cette bataille est également très importante dans l’histoire turque car elle permet l’établissement durable des Ottomans dans les Balkans, et serait, selon la thèse des nationalistes turcs, à l’origine du drapeau actuel.








(6) les guerres ottomanes en Europe sont les guerres qui, après la chute de Constantinopls (1453), ont opposé l’Empire ottoman en expansion au nord et à l’ouest, à l’Europe chrétienne du XIVe siècle au XVIIIe siècle.
Les principaux adversaires des Ottomans furent d’abord la République de Venise, le Saint-Empire, et la Pologne-Lithuanie ; s’y ajouta la Russie vers la fin du XVIIe siècle. Au contraire, des puissances comme la France, la Suède et la Prusse s’alliaient sporadiquement avec la Sublime Porte, et au cours du XVIIe siècle, la Pologne-Lithuanie fut temporairement alliée au Khanat des Tatars de Crimée. Enfin au XVIIIe siècle, des patriotes polonais cherchèrent à faire alliance avec les Ottomans.


Situation géopolitique dans les Balkans en 1500.




(7) La bataille de Nicopolis



La bataille constitue un des tournants de la conquête des Balkans par les armées de l’Empire Ottoman. Alors que les Paléologues rivalisent avec les cantacuzène pour le pouvoir à Constantinople, ces derniers demandent par deux fois – en 1346 et en 1252 – l’aide de l’armée ottomane pour combattre leurs rivaux. Lors de sa dernière intervention, cette armée, au lieu de franchir de nouveau le Bosphore, décide de s’installer en Thrace. Les Ottomans conquièrent la Thrace et asservissent la Bulgarie et la Serbie. […]






(08) La chute de Constantinople est un événement historique qui a lieu le 29 mai 1453, lors de la prise de la ville par les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de l’Empire romain d’Orient, aussi qualifié d’Empire Byzantin, et sa fin définitive en tant qu’entité juridique.
Le siège qui débute au début du mois d’avril 1453 intervient alors que la situation de Constantinople s’est considérablement dégradée lors des siècles précédents. En 1453, l’empire se réduit aux alentours de Constantinople et au Péloponnèse et il n’est plus en état de résister à la puissance montante qu’est l’Empire Ottoman à cette époque.
[....]







(9) le sultan Mehmed II le Conquérant ou Mehmed II « Fatih » fut le 7e  sultan de l’Empire Ottoman.

Il était le 4e fils de Mourad II. Il serait né le  30 mars 1432 à Edirne de Huma Hatun.
C’est la prise de Constantinople en 1453 qui lui valut son surnom de « Fatih » (Conquérant, en outre il s’était proclamé lui-même « Kayser-i Rum », littéralement « le César des Romains ». il régna à deux reprises (entre 1444  et 1446 et puis entre 1451 et 1481) ; dans l’intervalle, c’est son père Mourad II qui reprit le pouvoir.

C’était un homme vigoureux et un chef militaire redoutable.

Il était curieux de littérature et des beaux-arts. Il écrivit des poèmes en turc et en persan, et composa des chansons. Il s’intéressait à la philosophie et aux sciences, à l’astronomie en particulier. Il fit venir à Constantinople des artistes italiens, dont Gentile Bellini, qui ne séjourna dans la capitale que quelques mois, le temps d’exécuter le portrait du Sultan qui lui avait demandé à l’occasion des accords de paix conclus entre la République de Venise et l’Empire Ottoman (24 janvier 1479). Selon certains auteurs dépourvus de crédits et prompts à idéaliser le monarque, Mehmed II aurait appris l’arabe, le persan, l’hébreu, le latin et le grec, mais sa connaissance de ces deux dernières langues au moins est fortement sujet à  caution.

Il mourut le 3 mai 1481 à Gebze. Son fils Bayezid lui succéda.

Il eut sept épouses, une fille et quatre fils : Mustafa, Bayezid, Cem (ou Jem/Djem) et Korkut



Portrait de Mehmed II par Gentile Bellini (1479)


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:02






Au niveau religieux, le XIVe siècle fut marqué par la Papauté d’Avignon(1) de 1305-1378, durant laquelle le pape résida dans la ville du même nom dans le Sud de la France, cette situation  était liée à l’affrontement entre le pape Boniface VIII (2) et le roi Philippe IV  (3)de France concernant  l’autorité pontificale. Après la mort rapide du successeur (4) de Boniface VIII, le conclave (5) désigna Clément V (6) (pape 1305-1314), qui refusa de se rendre à Rome et fit venir la Curie (7) à Avignon quatre ans plus tard. Durant cet exil, parfois qualifié de « captivité babylonienne »(08), la Papauté passa sous l’influence grandissante de la Couronne de France. Le pape Grégoire XI (9) (pape de 1370-1378) décida de retourner à Rome en 1377 mais les conflits en Italie (10) et l’autoritarisme réformateur de son successeur Urbain VI (11) (pape 1378-1389) provoquèrent le Grand Schisme d’Occident (12). Durant cette période qui dura de 1378 à 1418, il y eut deux puis trois papes rivaux, chacun soutenu par des Etats différents. Après un siècle de troubles, l’empereur Sigismond (13) organisa en 1414 le concile de Constance (14), qui déposa deux papes rivaux et désigna Martin V (15) (pate 1417-1431) comme seul pape.


En plus du schisme, l’Eglise catholique était traversée par des controverses théologiques. Le théologien anglais John Wyclif (16) (d.1384) fut ainsi condamné pour hérésie après avoir traduit la Bible en anglais et avoir rejeté la doctrine de transsubstantiation (17). Ses écrits influencèrent le mouvement des Lollards (18) en Angleterre et des Hussites (19) en Bohème. Cette dernière révolte fut aussi inspiré par les travaux du moine Jan Hus (20), qui fut brûlé vif pour hérésie en 1415. Les accusations d’hérésie furent également détournées pour servir des besoins politiques, et la dissolution de l’Ordre du Temple en 1312 permit le partage de leur fortune entre le roi Philippe IV de France et les Hospitaliers.


Le rejet de ces évolutions théologiques par la Papauté éloigna le clergé des laïcs et ce fossé fut accentué par l’accroissement du commerce des Indulgences (21) et le pontificat marqué par les excès et le népotisme (22) d’Alexandre VI (23) (pape 1492-1503). Des mystiques (24) comme maitre Eckhart (25) (d.1327) ou Thomas a Kempis (26) (d.1471) rédigèrent des travaux appelant les laïcs à se concentrer sur leur vie spirituelle intérieure, ce qui posa les bases de la Réforme protestante (27) du XVIe siècle. Aux côtés du mysticisme, les croyances concernant la sorcellerie (28) se répandirent ; l’Eglise ordonna l’éradication (29) de ces pratiques en 1484 et publia le Malleus Maleficarum (« Le Marteau des Sorcières) (30) en 1486, qui servit de base à la chasse aux sorcières (31).






(1) La papauté d’Avignon désigne la résidence du pape en Avignon (France). Cette résidence qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis Saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives :
**** la première, de 1309 à 1378 celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Eglise catholique romaine et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome.

**** la seconde, de 1378 à1418, coïncide avec le Grand Schisme d’Occident où deux papes rivaux (même trois si l’on considère l’éphémère pape de Pise) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome, et l’autre à Avignon




(2) Boniface VIII (ca. 1235-1303), originaire d’Anagni dans le Latium en Italie, de son vrai nom Benedetto Caetani, est un pape de l’Eglise catholique romaine. Ses armes portaient des ondes, et son prénom original était Benedetto, qui signifie « béni » en italien. Le pape Boniface VIII lors de la querelle qui l’oppose à Philippe IV le Bel mourut de honte après avoir été frappé au visage par Sciarra Colonna, avec un gantelet de fer, accompagnant Guillaume de Nogaret, envoyé direct du Roi. Cet événement, qui relève  plus probablement de la légende, est connu sous le nom de l’attentat d’Anagni.

D’abord avocat et notaire du pape à Rome, il obtint le chapeau de cardinal en 1281 par Martin IV et fut élu pape le 24 décembre 1294 après que Célestin V eut renoncé à ses fonctions.  […]





(3) Philippe IV, dit « Philippe le Bel » ou le roi de fer, né à Fontainebleau en avril/juin 1268 et mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314, fils de Philippe II le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d’Aragon, il est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.
Devenu roi à l’âge de 17 ans, à la mort de son père en octobre 1285, Philippe le Bel est considéré comme un monarque important par les historiens.
Sous son règne, le royaume de France atteignit l’apogée de sa puissance médiévale. Il était, avec entre 16 et 20 millions d’habitants, l’Etat le plus peuplé de la chrétienté ; il connait une grande prospérité économique ; le pouvoir royal accomplit de nombreux progrès, si bien qu’on voit dans Philippe IV, entouré de ses « légistes », le premier souverain « moderne » d’un Etat puissant et centralisé.

[…]

Le 14 aout 1284, Philippe épouse à l’âge de 16 ans, Jeanne Ier de Navarre (reine de Navarre de 1274 à 1305), ce qui lui confère le titre de roi consort de Navarre (Philippe Ier) de 1284 à 1305.

De cette union naissent sept enfants :
• Louis X de France (1289-1316), roi de Navarre et de France de 1314 à 1316 , et postérité ;
• Marguerite de France (1290-1294) (promise en 1294 à Ferdinand IV de Castille), sans postérité
• Philippe V de France (v.1291-1322), roi de France de 1316 à 1322, et postérité
• Isabelle (1292-1358), reine consort d’Angleterre en épousant Edouard II d’Angleterre (1284-1327), et postérité dont notamment Edouard III d’Angleterre (1312-1377)
• Blanche de France, (v.1293-peu après 1294), sans postérité
• Charles IV de France (1294-1328), ,roi de France de 1322 à 1328, et postérité
• Robert de France (v.1296-1308), sans postérité
Bien que veuf encore jeune (37 ans), Philippe IV ne se remarie pas et resta fidèle au souvenir de son épouse décédée.





(4) Benoît XI, Nicolas Boccasini, né en 1240 à Trévise dans le Saint Empire Romain Germanique et mort en 1304 à Pérouse succéda à Boniface VIII et fut pape de 1303 à 1304.
Fils d’un berger de Trévise, il avait été maitre d’école. Entré chez les dominicains, il devint Maître général de l’ordre des Prêcheurs. Il est créé cardinal en 1298 par Boniface VIII. Il est élu pape en octobre 1303 à la mort de Boniface VIII. […]




(5) Le conclave (mot dérivé du latin cum et clave, littéralement « avec clé » et désignant en latin classique une « pièce fermée à clef ») désigne pour  l’Eglise catholique romaine le lieu où sont enfermés les cardinaux rassemblés pour élire le pape pendant la période dite Sede vacante. Par extension, il désigne aussi l’assemblée elle-même et son travail.
On affirme dans la tradition catholique que le conclave se déroule sous la direction du Saint-Esprit, cela doit être relativisé en prenant en compte la liberté d’action effective des cardinaux, comme l’a rappelé le futur Benoît XVI en 1997.






(6) Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en 1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l’église collégiale (qu’il avait fait bâtir) à Uzeste. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clement V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l’actuel département de la Gironde les châteaux dit « clémentins » :
Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.
On retient de lui l’image d’un pape de bonne foi qui manquait toutefois d’audace et d’esprit de décision, autant par tempérament qu’en raison d’une santé déliquescente.






(7) la curie romaine est l’ensemble des dicastères et autres organismes du Saint-Siège qui assistent le pape dans sa mission de pasteur suprême de l’Eglise catholique. « La Curie Romaine dont le pontife suprême se sert habituellement pour traiter les affaires de l’Eglise tout entière, et qui accomplit sa fonction en son nom et sous son autorité pour le bien et le services des Eglises, comprend la Secrétairerie d’Etat et Secrétariat du Pape, le Conseil pour les affaires publiques de l’Eglise, les Congrégations, Tribunaux et autres Instituts ; leur constitution et compétence sont définies par la loi particulière ».





(08) l’Exil à Babylone est le nom qu’on donne généralement à la déportation à Babylone des Juifs de Jérusalem et du Royaume de Juda sous Nabuchodonosor II.
(9) Pierre Roger de Beaufort (né en 1329 ou 1331 sur la commune de Rosiers d’Egletons en Corrèze – mort le 27 mars 1378 à Rome) fut le 201e pape du 30 décembre 1370 à sa mort sous le nom de Grégoire XI. Il fut le dernier pape français.






(10) la Guerre des Huit saints (1375-1378) est le conflit armé qui opposa le pape Grégoire XI à une coalition des communes italiennes conduite par la République Florentine, conflit qui aboutit au Grand Schisme d’Occident et à la fin de la papauté d’Avignon.




(11) Urbain VI (Bartolomeo Prignano) (né en 1318 à Naples – mort le 15 octobre 1389 à Rome) fut le 202e pape de l’Eglise catholique romaine.

Premier pape italien, élu à Rome, depuis le retour du Saint-Siège dans la ville éternelle le 17 janvier 1377, il est élu pape et succède au dernier pape d’Avignon Grégoire XI au printemps 1378. Il est soutenu par le royaume de Naples.

C’est un pape très autoritaire ; le collège des cardinaux, composé majoritairement de cardinaux français, lui reproche alors d’avoir été élu sous la pression de la population romaine en insurrection.
Urbain VI se rend tellement odieux auprès des cardinaux français que, six mois plus tard et malgré les avertissements et les reproches de la mystique Catherine de Sienne, ceux-ci, se réfugient à Fondi dans le Royaume de Naples et élisent l’un des leurs, Robert de Genève qui prend le nom de Clément VII. Celui-ci reçoit bientôt l’appui du roi Charles V de France qui espère voir la papauté s’installer de nouveau à Avignon afin de pouvoir mieux la contrôler.

Effectivement, Clément VII s’installe à Avignon, d’où il entreprend de lutter contre Urbain VI.
Ce dernier perd peu à peu ses alliés, devenant un tyran paranoïaque. Il fait torturer et disparaitre ses propres cardinaux mais nomme 29 cardinaux afin de contrer les rebelles. Il meurt le 15 octobre 1389.
C’est le début du Grand Schisme d’Occident, qui verra deux (et même parfois trois) Papes sur le trône de Saint Pierre et qui ne prendra fin qu’en 1417 avec le Concile de Constance.
 


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:03

(12) on appelle Grand Schisme d’Occident (ou Grand Schisme) la crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des XIVe et XVe siècles (1378-1417), divisant pendant quarante ans la chrétienté catholique en deux obédiences.

Cette crise survient en Europe en pleine guerre de Cent Ans, à la faveur des transformations d’un système féodal qui ne répond plus aux besoins d’une société en pleine mutation. En effet, l’Eglise n’a plus le rôle culturel et social qui était le sien au début du Moyen Âge et qui l’avait rendue indispensable à l’exercice du pouvoir. Au Moyen Âge Tardif, les mutations économiques induisent la création d’Etats modernes que l’Eglise n’a plus les moyens d’assujettir culturellement. Sur le terrain politique, cela se traduit par l’affrontement du roi de France Philippe le Bel et du pape Boniface VIII qui cherchent à affirmer la primauté absolue de leur pouvoir. En Italie, les luttes du Pape et de l’Empereur débouchent sur l’affrontement entre guelfes et gibelins (a) du XIIe au XIVe siècle.
Ces tensions et conflits aboutissent dans un premier temps à l’installation en 1309 de la papauté à Avignon puis en 1378, au Grand Schisme.

Celui-ci, inscrit dans une crise profonde du sentiment et de la pensée religieuse, est marqué par deux successions pontificales simultanées, l’une à Rome et l’autre à Avignon (dont les tenants en titre sont qualifiés d’antipape par leurs adversaires). L’Eglise, dont une partie du rôle social et culturel a été prise en charge par la bourgeoisie depuis le XIIIe siècle, sort moralement et spirituellement affaiblie de cette crise : le gallicanisme (b) se développe, les particularismes nationaux s’exacerbent, le sentiment religieux se modifie, de nouvelles hérésie émergent.

XXXXXX

(a) les guelfes et les gibelins sont deux factions (parti ou, plus souvent, brigate ou sette) médiévales qui s’opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l’Italie des Duecento et Trecento. A l’origine, elles soutenaient respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint Empire : la pars Guelfa appuyait les prétentions de la dynastie des « Xelfs » et de la papauté, puis de la maison d’Anjou, la pars Gebellina, celle des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint Empire. […]

(b) Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique cherchant à promouvoir l’organisation de l’Eglise Catholique en France de façon largement autonome par rapport au pape.

D’une part, le gallicanisme réduit l’intervention du pape au seul pouvoir spirituel et ne lui reconnaît pas de rôle dans le domaine temporel. D’autre part, s’il reconnait au pape une primauté spirituelle et juridictionnelle, il cherche à la limiter fortement, au bénéfice des conciles généraux dans l’Eglise (c’est le conciliarisme = théorie ecclésiologique qui estime qu’un concile œcuménique a autorité suprême dans l’Eglise catholique, c’est-à-dire supérieur à celle du Pape.), des évêques dans leurs diocèses et des souverains dans leurs états. En pratique, cela se traduit surtout par une mainmise étroite du souverain français sur les nominations et les décisions des évêques.






(13) Sigismond est un prince de la maison de Luxembourg né le 14 février 1368 à Nuremberg et mort le 9 décembre 1437 à Znojmo. Il règne sur la Hongrie à partir de 1387, sur la Germanie à partir de 1411 et sur la Bohême à partir de 1419, avant d’être sacré empereur des romains en 1433.
Fils de l’empereur Charles IV et de sa 4e épouse, Elisabeth de Poméranie, il est le troisième (et dernier) empereur de la maison de Luxembourg. Il vend en 1415 la marche de Brandebourg au burgrave Frédéric de Nuremberg, de la maison de Hohenzollern.

Il convoque le concile de Constance (1414-1418) qui met un terme au Grand Schisme d’Occident, et proclame les Hussites hérétiques : cet acte déclenche le soulèvement du royaume de Bohême, qui assombrit les quinze dernières années de son règne.




(14) Le concile de Constance (45 sessions du 5 novembre 1414 au 22 avril 1418) est, pour l’Eglise catholique romaine, le XVIe concile œcuménique. Il est convoqué par l’empereur Sigismond Ier et l’antipape Jean XXIII, et présidé par le cardinal Jean allarmet de Brogny. Il met fin au Grand Schisme d’Occident.

A la suite du concile de Pise de 1409, l’Eglise catholique se retrouvait avec trois papes à sa tête : Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII. Dans la confusion générale, l’Empereur choisit de se substituer au Sacré Collège défaillant, comme certains canonistes lui en conféraient le droit. Jean XXIII, successeur d’Alexandre V, lui en fournit l’occasion : il fut vaincu par le roi de Naples, Ladislas Ier, partisan de Grégoire XII, et dut se réfugier à la cour impériale. Sigismond accepta à condition qu’un concile fût tenu dans une ville d’Empire. Il put donc annoncer que le 1er novembre 1414, le concile se réunirait à Contance.

Sigismond s’assura ensuite du succès du futur concile. Devant la résistance de Jean XXII et de ses partisans italiens, il modifia le mode de scrutin. Le vote par nation remplaça le vote par tête, ne laissant à l’Italie qu’une seule voix. Comprenant son échec, Jean XXIII s’enfuit le 20 mars 1415. Mes Pères conciliaires adoptèrent le 6 avril le décret Hæc sancta, affirmant la supériorité du concile sur le pape. Jean XXIII fut arrêté et déposé. Grégoire XII, après avoir reconvoqué le concile par la voix de son légat, démissionna par procurateur le 4 juillet 1415 au sein du concile. Sigismond fit avancer ses troupes en Espagne et au Portugal, écrasant les partisans de Benoît XIII.
Lors de ce concile eut aussi lieu le procès de John Wyclif et de Jan Hus qui furent condamnés pour hérésie.

Avant de procéder à une nouvelle élection, les Pères conciliaires s’assurèrent de leur indépendance en votant le 30 octobre 1417 le décret Frequens. Celui-ci disposait que le concile se réunirait de nouveau en 1423, puis en 1430, puis tous les 10 ans à compter de cette date. Dès lors, le concile n’était plus soumis au bon vouloir du pape. Ceci fait, le concile élut le 11 novembre, jour de la Saint Martin, le Romain Oddone Colonna, qui prit le nom de Martin V. le nouveau pape présida alors le concile qui siégea jusqu’au 22 avril 1418. Martin V, rejetant les appels de la France à gagner Avignon, et ceux de l’empereur à choisir une ville d’Empire, choisit de partir pour Rome, où il fit une entrée triomphale le 22 septembre 1420.




(15) Oddone Colonna (Genazzano, 1368 - rome, 1431) est le 204e pape (1417-1431) sous le nom de Martin V.

Il suivit des études de droit à l’université de Pérouse et entre dans la curie romaine en tant que protonotaire apostolique. En 1405, il fut promu cardinal-diacre de San Giorgio in Velabro. Il prit part au concile de Pise et à l’élection des antipapes Alexandre V et Jean XXIII dans la tentative échouée de réconcilier les obédiences d’Avignon et de Rome issues du Grand Schisme d’Occident.




(16) John Wyclif (ou Wycliff, Wycliffe, ou encore Jean de wiclef) (v.1331-+1384) est un théologien anglais et précurseur de la Réforme anglaise, et plus généralement de la réforme protestante.




(17) la transsubstantiation est, littéralement, la conversion d’une substance en une autre. Le terme désigne, pour certains chrétiens (en particulier les catholiques), la conversion du pain et du vin en Corps et Sangs du Christ lors de l’Eucharistie.

Sur le plan religieux les chrétiens catholiques romains, arméniens (catholiques) et maronites emploient le terme « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l’Eucharistie, le pain et le vin, par la consécration de la Messe, sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en Corps et Sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou espèces (texture, goût, odeur : les apparences) initiales.





(18) Les Lollards sont les membres ou sympathisants d’un mouvement de contestation religieuse ou sociale apparu en Angleterre au XIVe siècle.

« De quel droit ceux qui s’appellent seigneurs, dominent-ils sur nous ? A quel titre ont-ils mérité cette position ? Pourquoi nous traitent-ils comme des serfs ?
Puisque nous descendons des mêmes parents, Adam et Eve, comment peuvent-ils prouver qu’ils valent mieux que nous, si ce n’est qu’en exploitant nos labeurs, ils peuvent satisfaire leur luxe orgueilleux ? - John Ball

Lollards vient du moyen allemand lollaert, dont la racine lullen signifie marmonner, chantonner à voix basse.

L’appellation de Lollards fut d’abord attribuée à certains groupes d’Europe continentale (Hollandais) suspects de cacher des croyances hérétiques sous un souci d’intensifier la dévotion, mais après 1382, elle fut attribuée par dérision aux partisans de John Wyclif, auxquels elle resta attachée.




(19) le hussitisme est un mouvement social et religieux inspiré par les doctrines de Jan Hus. Après l’indépendance de la Tchécoslovaquie, une partie libérale du clergé catholique s’inspire également des doctrines pour créer l’Eglise tchécoslovaque, puis Eglise tchécoslovaque hussite, qui représente aujourd’hui la troisième Eglise de la République Tchèque.




(20) Jan Hus (de préférence à Jean Huss) est un théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque des XIVe et XVe siècles, né entre 1369 et 1373 dans le sud de la Bohême.

Son excommunication en 1411, sa condamnation par l’Eglise pour hérésie, puis sa mort sur le bûcher le 6 juillet 1415, lors du concile de Constance déclenchent la création de l’Eglise hussite et les croisades contre les hussites. Le protestantisme voit en lui un précurseur.

La langue tchèque lui doit son diacritique, le hácek.

Les Tchèques ont fait de lui un héros national, allégorie de leur combat contre l’oppression catholique, impériale et allemande. Son supplice, le 6 juillet, est commémoré par un jour férié.
Jean Hus compte au nombre des martyrs de la pensée.






(21) Le commerce des indulgences vient de la possibilité dans l’Eglise catholique romaine d’acheter des indulgences (du latin indulgere, « accorder »), c’est-à-dire la rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle encourue en raison d’un péché pardonné. Cette pratique qui remonte au IIIe siècle reçoit une définition juridique dans les décrétales (en latin epistola decretalis ou, au pluriel, litteræ decretales) est une lettre par laquelle le pape, en réponse à une demande, édicte une règle en matière disciplinaire ou canonique.) pontificales au XIIe siècle. L’indulgence obtenue en contrepartie d’un acte de piété (pèlerinage, prière, mortification), don, va au cour du temps se transformer en un commerce lucratif.





(22) le népotisme est la tendance de certains supérieurs ecclésiastiques, évêques et papes, et par extension de certains dirigeants d’autres institutions, à favoriser l’ascension des membres de leurs familles dans la hiérarchie qu’ils dirigent, au détriment des processus de sélection ordinaires, du mérite et, le plus souvent, de l’intérêt général.

Le terme est parfois utilisé, par extension, pour désigner la tendance à favoriser ses protégés ou ses amis proches au détriment de processus de sélection ordinaires, du mérite ou de l’intérêt général, mais l’usage est alors assez impropre : il vaudrait mieux parler de favoritisme ou de copinage par exemple.

Dans le contexte de la curie romaine, le népotisme a trouvé sa réalisation la plus emblématique dans le phénomène des cardinaux-neveux, comme Alexandre VI : Borgio qui nomma son fils César Borgia cardinal à l’âge de 18 ans. […]

L’historiographie distingue traditionnellement deux périodes :
• Grand népotisme, avant le concile de Trente : les faveurs accordées à la famille consistent en des aliénations du patrimoine de Saint Pierre ;
• Petit népotisme, après ce concile, consistant en des avantages révocables ou viagers.





(23) Rodrigo de Borja, né Roderic Llançol i de Borja le 1er Janvier 1431 à Xàtiva (royaume de Valence, couronne d’Aragon), mort le 18 août 1503, devenu Rodrigo Borgia après son arrivée en Italie, fut pape sous le nom d’Alexandre VI de 1492 à 1503.
Il est connu pour ses mœurs dissolues. Son pontificat est marqué en 1493 par la bulle Inter caetera qui partageait le Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal.

Issu d’une famille noble installée dans le royaume de Valence après que celle-ci eut participé à la Reconquista, Rodrigo de Borja est le neveu et le fils adoptif du pape Calixte III (Alphonse Borja). Il fut le père de six enfants reconnus (il en aurait eu sept ou huit de trois ou quatre maitresses différentes).
Le pape Calixte III le fit venir en Italie où il lui offre la meilleure éducation avec l’humaniste Gaspard de Vérone. Il obtient son doctorat en droit civil et canonique à Bologne.

[…]

Un des témoins les plus crédibles de la conduite scandaleuse du pape Alexandre Borjia est Johan Burchard (ou Jean Burckhard), de Strasbourg. Ce prélat, maitre des cérémonies de la cour pontificale, tint de 1483 à 1508 un journal très précis, jour par jour, parfois même heure par heure, de tous les événements qui se déroulèrent au Vatican.

[…]

Aimant s’entourer d’œuvres d’art et d’objets précieux, Alexandre VI fut un mécène généreux ; il protégea les artistes (Pinturiccio, notamment, à qui il commande le célèbre décor des appartements Borgia, au Vatican) et montre de grandes capacités dans la remise en ordre de l’administration de l’Eglise





(24) le Mystique rhénane est un courant spirituel catholique de grande ampleur, qui s’est étendu approximativement des Flandres à la Rhénanie, entre le XIIIe et le XIVe siècle.

[…]

(25) Eckhart von Hochheim, dit Maitre Eckhart, (c.1260-c.1328) est un théologien et philosophe dominicain, le premier des mystiques rhénans. Il étudia la théologie à Erfurt, puis Cologne et Paris. Il enseigna à Paris, prêcha à Cologne et Strasbourg, et administra la province dominicaine de Teutonie depuis Erfurt.




(26) Thomas a Kempis, nom latinisé utilisé en français Thomas von Kempen ou Thomas Hemerken (1380 ?-24 juillet 1471) est un moine allemand du Moyen Âge. On lui attribue l’un des livres de dévotion chrétiennes les plus connus, L’Imitation de Jésus-Christ.





(27) amorcée dès le XVe siècle et culminante au XVIe siècle, la Réforme Protestante est une volonté d’un retour aux sources du christianisme et aussi, par extension, un besoin de considérer la religion et la vie sociale d’une autre manière. Elle reflète l’angoisse des âmes, par la question du salut, centrale dans la réflexion des réformateurs, qui dénoncent la corruption de toute la société engendrée par le commerce des indulgences. Les réformateurs profitent de l’essor de l’imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vulgaires (notamment l’allemand après la première traduction réalisée par Martin Luther), et montrent qu’elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge ni du Purgatoire. La référence à la Bible comme norme est néanmoins une des principales motivations des réformateurs. Ce principe, Sola Scriptura, les guidera.

Commencée par Martin Luther en Allemagne, et Ulrich Zwingli à Zurich, puis Martin Bucer à Strasbourg et plus tard Jean Calvin à Paris et Genève, la Réforme touche une majeure partie de l’Europe du Nord-Ouest. Les tentatives de conciliation ayant échoué, elle aboutit à une scission entre l’Eglise catholique romainie et les Eglises protestantes. La Contre-Réforme catholique engagée à l’issue du concile de Trente ne permet à l’Eglise catholique qu’une reconquête partielle des populations passées au protestantisme.

L’adoption de la réforme a aussi un caractère politique. C’est un moyen pour les princes d’affirmer leur indépendance face à la papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Ecosse et aux Pays-Bas espagnols. La Réforme se traduit donc au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l’empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Ecosse.




(28) La sorcellerie désigne souvent la pratique d'une certaine forme de magie, dans laquelle le sorcier ou la sorcière travaille avec les énergies globales, que ce soit celles des plantes, des cycles lunaires, des saisons ou même des entités. Selon les cultures, la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de soupçon voire d'hostilité, parfois avec ambivalence. Certaines doctrines religieuses considèrent toute forme de magie comme de la sorcellerie, la proscrivent ou la placent au rang de lasuperstition. Elles opposent le caractère sacré de leurs propres rituels aux pratiques de la sorcellerie.

La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe. Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Chaque société possède ses propres conceptions en matière de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à l'au-delà et à la mort et d'esprits bons ou mauvais ; il est parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.

Ce terme est également employé de façon péjorative en référence à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette acception, l'accusation portée à l'encontre de ceux qui utilisent des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie se sont rencontrées dans la plupart des sociétés humaines. De telles accusations ont parfois mené à des chasses aux sorcières. Dans d'autres sociétés, les chamans ou les griots étaient non seulement bien acceptés en tant que praticiens des rituels traditionnels et d'intercesseurs avec les forces et les énergies de l'invisible, mais respectées, parfois craints, et souvent placés en positions socialement dominantes.

Pour les religions monothéistes (principalement le judaïsme, le christianisme et l'islam), la sorcellerie fut souvent condamnée et considérée comme une hérésie. La notion de sorcellerie prit une grande importance pour les catholiques et les protestants à la fin du Moyen Âge. À cette époque la sorcellerie a progressivement été assimilée à une forme de culte du Diable. Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment combinées à d'autres charges d'hérésie contre des groupes tels que les Cathares et les Vaudois. Certains groupes anciens ou modernes se sont parfois plus ou moins ouvertement réclamés d'un culte "sataniste" dédié au mal.





(29) Eradication : Summis desiderantes affectibus (en français : « désireux d’ardeur suprême ») est une bulle promulguée par le pape Innocent VIII le 5 décembre 1484. Elle est rédigée en réponse à la demande de l’inquisiteur Heinrich Kramer à disposer de pouvoirs explicites à poursuivre la sorcellerie en Allemagne, après avoir essuyé un refus d’aide par les autorités ecclésiastiques locales. Cette bulle pontificale conduit les deux inquisiteurs Heinrich Kramer et Jacques Sprenger à mener en Allemagne, une chasse aux sorcières cruelle. Ceux-ci rédigeront, en 1486 ou 1487, le Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières), un traité sur la sorcellerie et les moyens pour lutter contre la sorcellerie (livre toujours édité de nos jours). Innoncent VIII, donne une pleine approbation pontificale à l’inquisition afin de procéder à la correction, l’emprisonnement, punition et châtiment de ces personnes « selon leurs mérites ». La bulle reprend essentiellement les vues de Kramer, sur le fait qu’une épidémie de sorcellerie et une hérésie se produisent dans la vallée du Rhin en particulier dans les diocèses de Mayence, Cologne, Trèves, Salzbourg et Brême, comprenant les accusations de certains actes.

La bulle exhorte les autorités locales à coopérer avec les inquisiteurs et menace ceux qui entravent leur travail d’excommunication. Malgré cette menace, la bulle omet de s’assurer que Kramer obtienne le soutien qu’il espérait, l’obligeant à se retirer et rassembler son point de vue sur la sorcellerie dans son livre Malleus Maleficarum.

Summis desiderantes affectibus est publié dans la préface du livre pour signaler l’approbation papale de son travail.

La bulle, qui synthétise les crimes spirituels et séculaires de la sorcellerie, est souvent considéré comme avant ouvert la porte à la chasses aux sorcières de l’époque moderne. La bulle est également considérée comme « clairement politique », inspirée par des conflits de compétence entre les prêtres catholiques allemands et les clercs de l’office de l’inquisition qui répondent plus directement au pape.




(30) Le Malleus Maleficarum (« Marteau des sorcières, c’est-à-dire marteau contre les sorcières), est un traité des dominicains allemands Henri Institoris (Heinrich Kramer) et Jacques Sprenger, ayant eu place de coauteur, publié à Strasbourg en 1486 ou 148. Il connut de nombreuses rééditions.

Le 5 décembre 1484, le pape Innocent VIII fait paraitre une bulle, à savoir une lettre pontificale faisant acte d’autorité, mettant en garde contre la sorcellerie. Ce document apporte de la légitimité aux deux inquisiteurs, Jacques Sprenger et Henry Institoris (Kraemer), qui s’attaquent alors au problème. Les deux hommes publient le livre Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières). Catholiques et protestants l’accepteront par la suite comme faisant autorité dans la lutte contre la sorcellerie. Il présentait des arguments théologiques et juridiques contre la sorcellerie, et fournissait des directives pour repérer et éliminer les sorcières.

Dans l’étude qui précède sa traduction du Marteau des sorcières, Amand Danet a bien montré « comment la lecture cosmologique, attentive aux désordre et au mal du monde, fait progressivement place, chez les inquisiteurs, à une lecture démonologique centrée sur le maléfice, puis anthropologique et sexologique, accablant la femme, accusée d’être la complice de Satan. »







(31) La chasse aux sorcières est la recherche et la condamnation de personnes accuées de pratiquer la magie noire. Elle se rencontre à toutes les époques et dans toutes les grandes civilisations, jusqu’à sa remise en cause progressive par le christianisme, puis par la culture scientifique et technologique.
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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:04






Le Moyen Âge tardif connut une réaction contre la scolastique menée par l’Ecossais Jean Duns Scot (1) (d.1308) et l’Anglais Guillaume d’Ockham (2) (d.c.1348), qui s’opposaient à l’application de la raison à la foi. Ockham  insista sur le fait que le fonctionnement différent de la foi et de la raison permettait la séparation entre la science et la théologie. Dans le domaine juridique, le droit romain s’imposa dans les secteurs auparavant régulés par le droit coutumier (3) sauf en Angleterre, où le système de common law (4) resta dominant.

L’éducation restait principalement centrée sur la formation du futur clergé. Les apprentissages des bases comme la lecture ou le calcul continuaient de se faire en famille ou auprès du prêtre du village mais les études supérieures du trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) se faisaient dans les écoles de cathédrales et dans les universités se trouvant dans les villes. L’emploi des langues vernaculaires s’accrut avec des auteurs comme Dante (5) (d.1321), Pétrarque (6) (d.1374) et Boccace (7) (d.1375) en Italie, Geoffrey Chaucer (08) (d.1400) et william Langland (9) (d.c.1386)  en Angleterre et François Villon (10) (d.1463) et Christine de Pisan (11) (d.c.1430) en France. Les ouvrages de nature religieuse continuaient de représenter la majorité des éditions et étaient généralement rédigés en latin mais la demande d’hagiographies en langues vernaculaires s’accrut chez les laïcs. Cette évolution fut alimentée par le mouvement Devotio moderna(12) et la formation des Frères de la vie commune (13) mais également par les travaux des mystiques allemands comme Maitre Eckhart et Jean Tauler (14) (d.1361). Le théâtre du Moyen Âge (15) était très souvent de nature religieuse même si les formes étaient plus variées. Les drames liturgiques (16) côtoyaient les farces (17), les moralités (18) et à la fin de la période, les mystères (19). A la fin du Moyen Âge, le développement de la presse typographique (20) entraina la création de maisons d’édition dans toute l’Europe et facilita la production des livres. Les taux d’alphabétisation s’accrurent mais restèrent néanmoins à un niveau assez bas ; on estime ainsi qu’un homme sur dix et une femme sur cent savaient lire en 1500.
Dès la fin du XIIIe siècle, des explorateurs européens comme le Vénitien Marco Polob(21) (d.1324) cherchèrent de nouvelles routes commerciales vers l’Asie. L’attrait des richesses et des produits d’Extrême-Orient dont l’approvisionnement était contrôlé par les marchands arabes et vénitiens poussa à la recherche de voies maritimes permettant de contourner leur monopole. A partir de 1415, le prince portugais Henri le Navigateur (22) (d.1460) encouragea l’exploration maritime des côtes occidentales de l’Afrique et les îles Canaries, les Açores et le Cap-Vert furent découverts (23) avant sa mort. L’introduction de navires plus performants comme les caravelles (24) permit aux navigateurs portugais de longer les côtes africaines jusque dans l’hémisphère sud et en 1486, Bartolomeu Dias (25) franchit le cap de Bonne-Espérance et la  pointe Sud de l’Afrique. Deux ans plus tard, Vasco de Gama (26) arriva en Inde et ramena avec lui un chargement d’épices dont la valeur était considérable en Europe. Les expéditions portugaises furent imitées par d’autres pays européens et en 1492, le marin génois Christophe Colomb (27) découvrit l’Amérique pour le compte de la couronne d’Espagne (28), tandis que l’Angleterre finança le voyage de Jean Cabot (29) (d.c. 1499) qui explora les actuelles provinces maritimes (30) du canada en 1497.






NOTES :


(1) Jean Duns Scot (vers 1266 à Duns – 1308 à Cologne), dit aussi John Duns Scotus en anglais, Johannes Duns Scotus en allemand, surnommé le « docteur subtil » (Doctor subtilis), est un théologien et philosophe écossais, fondateur de l’école scolastique dite scotiste. Il fut la fierté de l’ordre franciscain, et influença profondément Guillaume d’Ockham, de la même manière que Thomas d’Aquin le dominicain fut admiré de son ordre.
L’école scotiste et l’école thomiste seront constamment en conflit, suivant les rivalités des deux ordres mendiants. […]



John Duns Scot




(2) Guillaume d’Ockham ou Guillaume d’Occam (v.1285-9 avvril 1347), dit le « Docteur invincible » et le « Vénérable initiateur » (Venerabilis inceptor), était un philosophe, logicien et théologien anglais, membre de l’ordre franciscain, considéré comme le plus éminent représentant de l’école scolastique nominaliste (ou « terministe », selon la terminologie ockhamienne), principale concurrente des écoles thomiste et scotiste.

[…]






(3) la coutume est un « usage juridique oral, consacré par le temps et accepté par la population d’un territoire déterminé ». La coutume est un des sources du droit.






(4) La common law, ou « droit commun », du moyen anglais commune laue (laue provenant du vieux norrois lagu « droit »), correspondant à l’anglo-normand « commune ley », est un principe juridique bâti essentiellement sur le droit jurisprudentiel par opposition au droit civiliste ou codifié.

C’est une conception, d’origine anglaise, qui marque la prééminence des décisions des tribunaux, la jurisprudence. Elle est en vigueur au Royaume-Uni (sauf en Ecosse où le droit est mixte car influencé par le modèle latin), en Irlande, au Canada (sauf au Québec, qui utilise un droit mixte), aux Etats-Unis (sauf en Louisiane, Californie (d’origine) et Porto Rico, où des systèmes mixtes sont utilisés) et d’une façon générale dans les pays du Commonwealth.

Dans les pays de tradition romaine, où l’on parle de droit romano-civiliste, c’est le principe législatif qui domine, organisé sous forme de codes, à l’exemple du Code civil suisse.

L’expression common law est difficilement traduisible en français, bien que l’origine de ce mot provienne d’une expression franco-normande «commune ley » signifiant « loi commune ». L’expression « droit commun » (que recommande pourtant le Dictionnaire juridique Dahl, éditions Dalloz, Paris, 2008) laisserait supposer qu’il existe des cours d’exception, alors que les décisions de justice de la chancellerie (equity) viennent seulement compléter la common law. « Droit coutumier » sous-entendrait qu’il s’agit seulement d’un droit verbal, issu de la tradition. Enfin, « droit jurisprudentiel » serait insuffisant puisque la common law s’appuie aussi sur les lois votées par le parlement.



Carte du système juridique dans le monde





(5) Dante Alighieri (Durante degli Alighieri dit « Dante ») est un poète, écrivain et homme politique florentin né entre la mi-mai et la mi-juin 1265 à Florence et mort le 14 septembre 1321 à Ravenne.
« Père de la langue italienne », il est, avec Pétrarque et Boccace, l’une des « trois couronnes » qui imposèrent le toscan comme langue littéraire.

Poète majeur (« il sommo poeta » ou simplement « il poeta ») du Moyen Âge, il est l’auteur de la Divine Comédie, souvent considérée comme la plus grande œuvre écrite dans cet idiome et l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.


Portrait de Dante, détail d’une fresque de la chapelle du Bargello
attribué à Giotto di Bondone







(6) Francesco Petrarca, en français Pétrarque (Arezzo, 20 juillet 1304 – Arquà, 19 juillet 1374), est un érudit, poète et humaniste italien. Avec Dante Alighieri et Boccace, il compte parmi les premiers grands auteurs de la littérature italienne.

Plus que Dante avec Béatrice, Pétrarque est passé à la  postérité pour la perfection de sa poèsie qui met en vers son amour pour Laure. Pour beaucoup, l’ensemble de sa gloire, l’essentiel de sa renommée, la portée de son influence, tant stylistique que linguistique, tiennent uniquement à un volume, son immortel Canzoniere dans lequel il rénova la manière des écrivains du « dolce stil novo ».

C’est dans cet œuvre majeure qu’il « se présente comme une sorte de Janus regardant à la fois vers le passé et l’avenir, l’antiquité et la chrétienté, la frivolité et le recueillement. Le lyrisme et l’érudition, l’intérieur et l’extérieur ».

Il est également l’homme qui, durant ses nombreux voyages, a retrouvé les Correspondances de Cicéron jusqu’alors perdues. Ces dernières sont à  l’origine de la volonté de Pétrarque de publier ses propres lettres.


Pétraque peint par par Andrea del Castagno,
Galerie des Offices, Florence





(7) Giovanni Boccaccio (en français Jean Boccace, mais le plus souvent simplement Boccacio ou Boccace) (1313 à Certaldo en Italie – 21 décembre 1375 dans sa ville natale) est un écrivain italien.

Son œuvre en toscan, notamment son recueil de nouvelles le Décaméron, qui eut un énorme succès, le fait considérer comme l’un des créateurs de la littérature italienne en prose.



Portrait de Boccace, détail d’une œuvre de
Andrea del Castagno, 1449






(08) Geoffrey Chaucer est un écrivain et poète anglais né à Londres dans les années 1340 et mort en 1400 dans cette même ville. Son œuvre la plus célèbre est Les Contes de Canterbury. Il est l’un des principaux auteurs de langue anglaise du XIVe siècle avec John Gower, William Langland et le Pearl Poet, et  il est largement considéré comme l’un des pères de la littérature anglaise.



Portrait de Chaucer le pèlerin dans le manuscrit Ellesmere
des Contes de Canterbury






(9) William Langland (v.1330-v.1386) est l’auteur supposé de Pierre le laboureur (Piers Plowman), poème narratif allégorique considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature anglaise du Moyen Âge antérieur à Geoffrey Chaucer.

Ecrite en vers allitératifs non rimés, et découpée en sections appelées passus, du latin pas, cette allégorie, partiellement sociale, partiellement théologique, décrit la quête du narrateur à la recherche de la véritable vie chrétienne, relatée d’un point de vue catholique médiéval.



William Langland rêvant, détail d’un vitrail de l’église
St Mary the Virgin à Cléobury Mortimer, Shropshire







(10) François de Montcorbier dit Villon, né en 1431 (à Paris ?) et disparu en 1463, est le poète français le plus célèbre de la fin du Moyen Âge.

Ecolier de l’université, maitre de la faculté des Arts dès 21 ans, il mène tout d’abord la vie joyeuse d’un étudiant indiscipliné du Quartier Latin.

A 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et fuit Paris. Amnistié, il s’exile de nouveau, un an plus tard,  après le cambriolage du collège de Navarre. Accueilli à Blois, à la cour du prince-poète Charles d’Orléans, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable. Emprisonné à  Meugn-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après quelques six ans d’absence. De nouveau arrêté lors d’une rixe, il est condamné à la pendaison. Après appel, le parlement casse le jugement mais le bannit pour 10 ans ; il a 31ans. Ensuite, on perd totalement sa trace.

Villon connait une célébrité immédiate. Le Lais, long poème d’écolier, et le Testament, son œuvre maitresse, sont édités dès 1489 – il aurait eu 59 ans. Trente-quatre éditions se succèdent jusqu’au milieu du XVIe siècle. Très tôt, une « légende villon » prend forme sous différents visages allant, selon les époques du farceur escroc au poète maudit.

Son œuvre n’est pas d’accès facile : elle nécessite notes et explications. Sa langue (dont certains termes ont disparu ou changé de sens) ne nous est pas familière. Les allusions au Paris de l’époque, en grande partie disparue et relevant de l’archéologie, son art du double sens et de l’antiphrase le rendent souvent difficilement compréhensible, même si la recherche contemporaine a éclairci beaucoup de ses obscurités.



Image censée représenter François Villon dans la plus ancienne
édition de ses œuvres (Pierre Levet, 1489)





(11) Christine de Pizan (ou, dans des textes plus anciens, christine de Pisan), née à Venise en 1364 et morte au monastère de Poissy vers 1430, est une philosophe et poétesse française de naissance italienne.
Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, hommes ou femmes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.
Auteur prolifique, elle composa des traités de politique, de philosophie et des recueils de poésies. Elle se retira dans un couvent à la fin de sa vie, où elle écrivit un Ditié de Jeanne d’Arc. On lui doit, entre autres, cent ballades d’amant et de dame et la Cité des dames. Son travail majeur a été accompli entre 1400 et 1418.



Christine de Pizan écrivant dans sa chambre (1407)


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 5 Nov - 21:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:06

(12) la devotio moderna, ou « dévotion moderne », est un mouvement de réforme personnelle et un courant de spiritualité chrétienne diffusé par les Frères de la vie commune et les chanoines de Windesheim aux Pays-Bas. Cette dénomination est due à Jean Busch. Chroniqueur de l’abbaye de Windesheim. Ce mouvement marqua un changement considérable dans la spiritualité chrétienne.




(13) La communauté des Frères et sœurs de la vie commune est un mouvement laïc de dévotion chrétienne qui vit le jour dans les Pays-Bas bourguignons durant le XIVe siècle et se rattache au courant plus vaste de la « dévotion moderne » ou « devotio moderna ». le fondateur et promoteur de cette communauté est Gérard Groote qui forma une première communauté de « Sœurs de la vie commune » dans sa propriété familiale de Deventer le 20 septembre 1374. Les Frères et Sœurs de la vie commune eurent une grande influence, particulièrement en contribuant au développement de formes de piété et de vie chrétienne adaptées à la vie laïque séculière.




(14) Jean Tauler (Taulerus), né vers 1300 à Strasbourg et mort le 16 juin 1361 dans la même ville, est un théologien, un mystique et un prédicateur alsacien influent, surnommé « le docteur illuminé ». il fut le disciple strasbourgeois de Maitre Eckhart.


Statue de Jean Tauler (Eglise Saint-Pierre-le-Jeune
protestante de Strasbourg)





(15) Le théâtre au Moyen Âge se présente sous des formes multiples et souvent peu instutitionnalisées : quasiment aucun édifice réservé à cet art ne nous est parvenu et les gens de théâtre (acteurs, dramaturges) n’étaient pas considérées comme des artistes de premier plan. Les pièces de théâtre se jouaient en extérieur.




(16) Le drame liturgique apparait dans les églises vers l’an mille. Ce sont d’abord des interpolationis dans la liturgie, faite de courtes questions, en latin, suivies de courtes réponses, également en latin, puis on y intercale de courtes pièces dont les sujets sont empruntés à l’Ancien et au Nouveau Testament ou à la vie des saints. Evoluant peu à peu, le drame liturgique se joue, au milieu du XIIe siècle, sur le parvis de l’église, dans ses propres décors. Les acteurs sont maintenant des laïcs appartenant à des confréries, dont la plus célèbre est la Confrérie de la Passion, et le latin est remplacé par le français. Le drame, né des cérémonies religieuses, devient divertissement.

On trouve en 1514 une forme absolue de drame liturgique à Bolzano avec près d’une centaine d’ « acteurs ».
Principaux drames liturgiques :
• Les Vierges folles ;
• Les Prophètes du Christ ;
• Le Jeu d’Adam (fin du XIIe siècle).



(17) La farce est un genre théâtral né au Moyen Âge, qui a comme but de faire rire et qui a souvent des caractéristiques grossières. Son origine remonte à l’Antiquité gréco-romaine, et on en trouve déjà des traces chez Aristophane et Plante, et surtout dans les atellanes latines.





(18) La moralité est un genre littéraire et théâtral du Moyen Âge et du XVIe siècle, didactique et allégorique. Elle met en scène des personnages allégoriques, représentant les vices et vertus des hommes ainsi que les défauts de la société : le thème central est l’antagonisme entre le Bien et le Mal.





(19) Le mystère, initialement orthographié mistère (du latin médiéva mistérium, « cérémonie »), est un genre théâtral apparu au XVe siècle. Il se composait d’une succession de tableaux animés et dialogués écrits pour un public très large, mettant en œuvre des histoires et des légendes dont l’imagination et la croyance populaire s’étaient nourries. Le surnaturel et le réalisme s’y côtoyaient. La Passion du Christ était un de ses sujets traditionnels.




(20) La presse typographique est un dispositif destiné à imprimer des textes et des illustrations sur du papier, en exerçant une forte pression sur la feuille de papier placée sur une forme imprimante, ensemble de caractères en relief ou gravure sur bois, préalablement encrés, de manière que l’encre se dépose sur le papier. L’opération répétée permet d’obtenir un grand nombre d’exemplaires identiques. C’est la mise au point de la presse, conjointement à l’emploi des caractères mobiles en plomb et l’encre grasse spécifique, qui constitue l’invention majeure de Johannes Gutenberg, celle de l’imprimerie en Occident. Il est certain que les Chinois et les Coréens, à des époques antérieures, ont utilisé les caractères en relief, mais ils n’ont pas utilisé la presse, ni réalisé la synthèse qui caractérise l’œuvre de Gutenberg.

La presse typographique a constitué la base de l’imprimerie pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce qu’elle soit supplantée par la presse offset.


L’atelier de Joost Amman en 1568






(21) Marco Polo (né le 15 septembre 1254 à Venise et mort le 8 janvier 1324 à Venise) était un marchand italien, célèbre pour son intitulé « livre des Merveilles ». ce livre a fait connaître l’Asie aux Européens et a eu un succès considérable. Marco Polo part avec son père et son oncle Niccolo et Maffeo pour l’Asie où il servit, avec eux, Kubilai Khan, l’empereur mongol. Après un périple de 23 ans, il est fait prisonnier par les Génois et rédige avec Rustichello de Pise une description des Etats de Kubilaï et de l’Orient. Marié, père de trois filles, il meurt en 1324 et est enterré dans l’église de San Lorenzo à Venise. Il n’est pas le premier Européen à atteindre la Chine mais son récit a influencé Christophe Colomb et d’autres voyageurs. Fra Mauro établit la carte du monde en se basant, en partie, sur son récit.


Portrait imaginaire, estampe d’après une peinture du XVIe sièce
provenant de la Galerie de Mgr Badia à Rome






(22) Henri le Navigateur, en portugais : Henrique o Navegador, également appelé Infante Dom Henrique (Infant Don Henri), né le 4 mars 1394 à Porto et mort le 13 novembre 1460 à Sagres, prince de Portugal, est souvent considéré comme la figure la plus importante du début de l’expansion coloniale européenne. Lui-même n’a jamais vraiment navigué et n’a donc fait aucune découverte géographique. Son rôle dans ce domaine s’est uniquement limité à du mécénat. L’épithète de « navigateur » qui lui a été attribuée est donc purement honorifique.

Il est le troisième fils de Jean Ier de Portugal, le fondateur de la dynastie d’Aviz. Sa mère est Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur d’Henri IV d’Angleterre. Henri le Navigateur ne s’est jamais marié et n’a pas eu de descendance.



Henri le Navigateur






(23) On nomme découvertes portugaises l’ensemble des voyages et des explorations maritimes réalisé par les portugais ou à l’initiative du Portugal entre 1415 et 1543. Ces découvertes ont donné lieu à l’expansion portugaise et contribué à dessiner la carte du monde. A l’origine de ces voyages, il y avait d’abord l’idée de poursuivre la reconquista en terre africaine, mais aussi la volonté de trouver une alternative au commerce méditerranéen qui avait été bloqué par l’Empire ottoman. Avec ces découvertes les portugais inauguraient l’ère des grandes découvertes européennes qui s’étend du XVe au XVIIe siècle et qui s’accompagne de progrès technologiques et scientifiques dans les domaines de la navigation, de la cartographie et de l’astronomie. Le Portugal met au point les premiers navires capables de naviguer en toute sécurité en pleine mer

La date de 1415 avec la conquête de Ceuta est traditionnellement choisie pour fixer le début des découvertes réalisées sous l’impulsion de l’état portugais. Bien que Denis Ier et Alphonse IV aient joué un rôle dans ces découvertes avec le développement de la forêt de Leiria et les expéditions aux îles Canaries, ce n’est qu’à partir de 1415 sous l’impulsion de Jean Ier (1385-1433) que les portugais décident l’exploration systématique de la côté africaine. Ce règne marque aussi l’apogée du royaume.
L’autre grand personnage lié aux découvertes est le troisième fils de Jean Ier, Henir le Navigateur qui se verra confier la politique d’outre-mer : à la tête de l’ordre du Christ (héritier portugais de l’Ordre du Temple), bénéficiant du quint des richesses découvertes, il disposera des moyens nécessaires pour envoyer les marins portugais découvrir de nombreuses terres d’Afrique et ouvrir les routes maritimes vers des contrées jusqu’alors inaccessibles.




(24) une caravelle (du portugais caravela) est un navire à voiles à hauts bords inventé par les Portugais au début du XVe siècle pour les voyages d’explorations au long cours.



Modèle de caravelle portugaise à voiles latines





(25) Bartolomeu Dias (vers 1450 en Mirandela – 29 mai 1500 au large du Cap de Bonne-Espérance) est un explorateur portugais.
Un de ses parents, Denis Dias e Fernandes, durant la décennie de 1440 aurait commandé des expéditions maritimes le long de la côte du Nord de l’Afrique, découvrant le Cap Vert et l’Île de Gorée. Durant sa jeunesse, il reçut des cours de mathématiques et d’astronomie.



Bartolomeu Dias




(26) Vasco da Gama (en portugais communément francisé en Vasco de Gama, né vers 1460 ou 1469 à Sines au Portugal et mort le 24 décembre 1524 à Cochin aux Indes, est un grand navigateur portugais, traditionnellement considéré comme le premier Européen à arriver aux Indes par voie maritime en contournant le cap de Bonne-Espérance, en 1498.


Vasco da Gama





(27) Christophe Colomb (en italien, Cristoforo Colombo) (né entre le 25 août et le 31 octobre 1451 à Gênes, dans la République de Gênes, et mort le 20 mai 1506 à Valladolid, en Espagne) est un navigateur de la fin du XVe et du début du XVIe siècle au service des monarques catholiques espagnols Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon.

Christophe Colomb est la première personne de l’histoire moderne à traverser l’océan Atlantique et, en cherchant une nouvelle route vers les Indes orientales (avec Cipango, le Japon, comme premier objectif), il découvre une route aller-retour entre le continent américain et l’Europe.

Il effectue en tout quatre voyages en tant que navigateur pour le compte des souverains espagnols, qui le nomment avant son premier départ amiral, vice-roi des Indes et gouverneur général des territoires qu’il découvrirait. La découverte des Caraïbes marque le début de la colonisation de l’Amérique par les Européens et fait de Colomb un acteur majeur des grandes découvertes des XVe et XVIe siècles. Son premier voyage est considéré comme la rupture majeure entre le Moyen Âge et les temps modernes dans l’historiographie de la civilisation occidentale.

Même si des fouilles archéologiques ont établi que des peuples européens comme les vikings ou des pêcheurs (basques, bretons…) avaient déjà eu connaissance de ce nouveau continent, Colomb est aujourd’hui universellement reconnu comme le premier Européen qui a « découvert l’Amérique », où il accoste pour la première fois dans la nuit du 11 au 12 octobre 1492. Il meurt moins de deux ans après son retour de sa quatrième et dernière expédition en Amérique, après avoir vu ses prérogatives sur les terres découvertes contestées par le roi Ferdinand, et toujours persuadé d’avoir atteint les Indes orientales, le but originel de son expédition.

Les historiens dressent le portrait d’un marin hors pair, « un des meilleurs navigateurs de tous les temps », ou même « le plus grand marin de tous les temps », mais « piètre politicien ». il apparait « comme un homme de grande foi, profondément attaché à ses convictions, pénétré de religiosité, acharné à défendre et à exalter le christianisme partout ». Par ailleurs, le personnage est controversé du fait des tortures infligées aux peuples autochtones et à leur mise en esclavage.


Portrait de Christophe Colomb, attribué à Ridolfo del Ghirlandaio :
yeux bleux, visage allongé au front haut, nez aquilin, menton orné
d’une fossette, cheveux devenus blancs dès l’âge de 30 ans






(28) Couronne d’Espagne :
Rois catholiques, ou même « Rois très catholiques », est un titre reçu par Isabelle Ier de Castille et Ferdinand II d’Aragon, accordé par le pape Alexandre VI en compensation pour l’octroi du titré très chrétien aux rois de France.

Leur mariage secret (1469) donne naissance à l’union des couronnes de Castille et d’Aragon en 1474. C’est sous leur règne qu’est entreprise l’annexion des Îles Canaries.

Pendant dix années, ils mènent les guerres de Grenade, qui se concluent en l’Année cruciale : la ville de Grenade, assiégée à partir de 1491, capitule le 2 janvier 1492. Sur la vega (la plaine en contrebas de Grenade qui abrita le campement de leur armée), ils fondent la ville de Santa Fe.

Une légende voudrait qu’Isabelle la Catholique ait financé avec ses bijoux le voyage de Christophe Colomb en Inde par une nouvelle route vers l’ouest, qui l’amena à découvrir les Amériques le 12 octobre 1492. En réalité, les fonds provenaient de Luis de Santangel, chancelier de la maison roayle, de Gabriel Sanchez, trésorier d’Aragaon, et d’Isaac Abravane. Les deux premiers étaient des conversos, le troisième était le juif le plus célèbre d’Espagne.



les armoiries des rois catholiques





(29) Giovanni Caboto (vers 1450-1498) connu en français sous le nom Jean Cabot et en anglais sous le nom John Cabot, est un navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre. De dix ans plus âgé que Christophe Colomb, il poursuit la même quête : la route maritime des Indes par l’ouest.
Le lieu de naissance de Cabot est incertain : certaines pensent qu’il est originaire de Gênes alors que d’autres le font naître à Gaète près de Naples. Il part vivre pour Venise encore enfant et y obtient la nationalité. Il épouse une Vénitienne qui lui donne trois fils (Ludovico, Sebastiano et Sancio). […]


Jean Cabot – fresque de la salle de l’Ecusson du palais des
Doges par Giustino Menescardi






(30) le terme provinces maritimes est le nom donné à l’ensemble des trois provinces de la côte est du Canada, soit le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et l’Île-du-Prince-Edouard.
A la différence des provinces de l’Atlantique, les Maritimes n’incluent pas Terre-Neuve-et-Labrador.


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:07






L’infanterie et la cavalerie légère continuèrent à se répandre aux dépens de la cavalerie lourde. Les armures devinrent de plus en plus perfectionnées avec l’apparition d’armures de plates(1) offrant une meilleure protection contre les armes à feu. Les armes d’hast (2) devinrent l’armement standard de l’infanterie et leur utilisation fut notamment illusrée par les mercenaires suisses (3) et germaniques (4). La composition des armées évolua également avec  l’emploi grandissant de mercenaires (5) comme les condottieres (6) recrutés par les cités-Etats italiennes. A l’inverse, le bas Moyen Âge vit l’apparition des premières unités professionnelles permanentes comme les compagnies d’ordonnance (7) françaises.

L’élevage de moutons à laine longue autorisa la réalisation de textiles plus résistants tandis que le remplacement de la quenouille (08) traditionnelle par le rouet (9) permit d’accroitre fortement la production du filage (10). L’habillement fut révolutionné par l’apparition de boutons permettant un meilleur ajustement des vêtements. Les moulins à vent furent améliorés par la création du moulin-tours qui pouvaient pivoter afin d’être utilisés quelle que soit la direction du vent. L’apparition du haut fourneau en Suède vers 1350 accrut la production et la qualité du fer. Les premiers brevets furent créés en 1447 à Venise pour protéger les droits des inventeurs.






NOTES :



(1) les armures de plates sont composées de plaques de métal et tout ou partie de celles-ci sont fixées sur des sangles ou armatures de cuir. Dans le cas d’une armure segmentée romaine, ce sera le cas de toutes les pièces. Sur une armure quinzième, ce mode de fixation sera plutôt réservé aux spallières (a)  et aux jambières (b), mais il existera toujours.

Souvent confondues avec l’armure de plaque (faite d’une seule pièce) elles ont l’avantage d’offrir une meilleure mobilité, mais au détriment du poids et de la protection.


Torse  en plates



Une armure de plates




(a) la spalière (ou espalière ou spallière ou épaulière) est une pièce d’armure protégeant l’épaule de l’homme d’armes au Moyen Âge et reliant les brassards  à la cuirasse


Paire de spalière

(b) la jambière est une pièce de vêtement ou d’armure qui couvre le bas de la jambe depuis le pied jusqu’au-dessus du genou. Récemment, le sens de jambière a tendance à englober celui du mot guêtres. Cela semble lié à la fréquence d’usage dans le domaine de la mode, comme aussi par l’effet de traduction anglaise par un seul et même mot. Cette assertion récente, accessoire de mode, a été popularisée, dans les années 1980 par les films comme Flashdance ou Fame, ainsi que par la vague  d’aérobic de l’époque



Jambières d’armures






(2) une arme d’hast est une arme blanche composée d’une lame ou d’une pointe métallique fixée au bout d’un long manche, généralement en bois, appelé hampe. Elle est utilisée pour le combat rapproché.

La plus répandue est la lance, utilisée notamment par les lanciers. Celle-ci, malgré son nom, ne se lance pas (contrairement par exemple au javelot, qui est jeté) en Occident, mais peut être utilisée au lancé dans le cas de la lance de bambou, plus légère que la lance en bois plein, principalement utilisée en Chine.

[…]



Maniement d’un nunti , une arme d’hast






(3) les mercenaires suisses sont des soldats remarqués pour avoir vendu leur service dans des armées étrangères, en particulier les armées des rois de France, durant le début de l’époque moderne de l’histoire européenne, depuis la fin du Moyen Âge au Siècle des Lumières.






(4) les mercenaires germaniques : les lansquenets étaient des mercenaires, le plus souvent « allemands » opérant du XVe à la fin du XVIe siècle. Ils ont servi dans la plupart des armées européennes de l’époque et ont acquis une grande réputation dans la première moitié du XVIe siècle pour leur efficacité mais aussi leur brutalité.





(5) un mercenaire est un combattant étranger aux parties en conflit, « spécialement recruté dans le pays ou à l’étranger » et qui « prend une part directe aux hostilités ». ce combattant doit également avoir un « avantage personnel » à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d’une rémunération « nettement supérieure à celle » de ses homologues de l’armée régulière.

Un mercenaire est un combattant de métier qui est recruté moyennant finance par un Etat, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation légale ou non, en-dehors du système statutaire de recrutement militaire d’un pays. Un combattant de carrière, bien que rémunéré et parfois recruté sur contrat, se distingue d’un mercenaire par son adhésion à un statut professionnel découlant d’une législation ou d’une coutume locale stable. Les services des mercenaires sont généralement sollicités soit pour une opération militaire identifiée et pour une durée limitée, soit pour un type de service spécialisé. La durée d’engagement et le caractère provisoire ou permanent de leur emploi ne sont pas en revanche des critères de distinction entre militaire réguliers et mercenaires, car certains mercenaires peuvent se voir attribuer des fonctions institutionnelles durables (comme la Garde Varengienne des empereurs de Byzance au Moyen Âge et l’actuelle Garde suisse pontificale, celle-ci n’étant pas considéré comme composée de mercenaires par la convention de Genève).

[…]






(6)  apparus en Italie au Moyen Âge, les condottieres ou condottieri, condottiero au singulier, en italien (« mercenaires », de l’italien condotta, contrat de louage), sont des chefs d’armées de mercenaires.





(7) Les compagnies d’ordonnance sont les premières unités militaires permanentes (et donc professionnelles) à disposition du roi de France.





(08) une quenouille est un instrument ancien utilisé pour le filage des matières textiles et surtout du lin, du chanvre ou de la laine, mais elle peut être utilisée avec toutes les fibres que l’on file habituellement.



Quenouille étrusque (fin du VIIe – 1re moitié du VIe siècle av. J. –C.)



Une quenouille en style typique valdôtain à la Foire de Saint-Ours






(9) un rouet est un instrument ancien à roue actionné par une pédale ou une manivelle, et servant au filage de la laine, le chanvre ou le lin et toute autre fibre.




Rouet en bois, XIXème siècle, musées départementaux
de la Haute-Saône




Image photochrome d’une irlandaise filant au rouet



Portrait d’Anna Codde de Maarten van Heemskerk (1529)




(10) Le filage est le fait de produire des fils textiles à partir de divers matériaux bruts.

Cette opération peut se faire à la main, à l’aide d’un fuseau ou d’un rouet.

Avec la Révolution industrielle, le filage s’est réalisé dans des usines : les filatures.


Le vêtement au travers des âges (périodes anciennes)


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MessageSujet: Re: MOYEN AGE TARDIF   Mer 17 Fév - 0:54





En Italie, le Moyen Âge Tardif correspondit avec les périodes culturelles du Trecento (1)  et du Quattrocento (2) qui virent la transition vers le mouvement de la Première Renaissance (3). A l’inverse, l’Europe du Nord et l’Espagne poursuivirent l’utilisation de l’art gohtique (4), qui devint de plus en plus élaboré jusqu’à la fin de la période. Ces raffinements donnèrent naissance au gothique international (5), dont les plus beaux exemples furent Les Trois Riches Heures du duc du Berry (6) dont la réalisation s’étala sur tout le XVe siècle ou la coupe de Sainte Agnès (7). Le Primitif flamand (08) représenté par des artistes comme Jan van Eyck (9) (d.1441) et Rogier van der Weyden (10) (d.1464) rivalisa avec les mouvements picturaux de l’Italie. Le mécénat se développa chez les classes marchandes d’Italie et des Flandres, qui commandèrent des peintures, des bijoux, du mobilier et des faïences. La production de soie se développa en Italie et dans le Sud de la France, et cela permit aux élites et aux églises de ne plus dépendre des importations byzantines ou musulmanes. L’industrie de la tapisserie se développa en France et dans les Flandres avec des productions comme la Tenture de l’Apocalypse (11) ou La Dame à la licorne (12).

Dans les églises et les cathédrales, les tombes et les caveaux devinrent plus élaborés, tandis que les retables (13) et les chapelles  (14) se répandirent. A partir des années 1450, les livres imprimés se répandirent même s’ils restaient coûteux ; environ 30 000 éditions d’Incunable (15) furent réalisées  avant 1500. En Europe du Nord, des petits ouvrages xylographiés (16), les incunables xylographiques (17), presque tous religieux, devinrent accessibles mêmes aux paysans, tandis que les techniques de taille-dou (18) s’adressaient à une clientèle plus aisée. En musique, l’ars nova (19) polyphonique (20) représenté notamment par les poètes français Philippe de Vitry (21) (d.1361) et Guillaume de Machaut (22) (d.1377) remplaça l’ars antiqua (23) caractérisé par le plain-chant (24).







NOTES :


(1) Le Trecento correspond au XIVe siècle italien ; s’y déroule le mouvement appelé Pré-Renaissance. Le terme Trecento est également utilisée en histoire de la musique italienne pour désigner le courant de l’Ars nova italienne






(2) Le Quattrocento , contraction de millequattrocento en italien, est le XVe siècle italien, succédant au Moyen Âge. C’est la siècle de la Première Renaissance, mouvement qui amorce le début de la Renaissance en Europe.

Ce mouvement qui se caractèrise en peinture par une rupture avec le goût byzantin régnant dans toute l’Europe, apparait à Florence en premier lieu.

A cette période, un véritable bouillonnement culturel voit s’affirmer en matière d’art, dans les cités de Venise, Milan, Rome et Mantoue pour ne citer que les plus émergentes. On assiste à une véritable compétition des cités-Etats qui s’offrent les services d’artistes aux noms prestigieux. D’autres capitales italiennes, comme Bologne, Ferrare, Urbino, Bari, Pérousse, Padoue, Naples, Palerme et Ravenne, ont contribué aussi par leurs échanges nombreux, au renouveau artistique.





(3) en histoire de l’art, on appelle Première Renaissance la période du Quattrocento qui, s’étendant des années 1420 à 1500, marque la rupture avec l’art de la Pré-Renaissance.






(4)  L’art gothique ou art français (en latin francigenum opus) est une période artistique s’étendant sur environ quatre cent ans, qui s’est développée à partir de la seconde partie du Moyen Âge en France puis en Europe occidentale.

Apparu en région d’Île-de-France vers le XIIe siècle, l’art gothique français se développe en Europe, évoluant au XIVe siècle vers le gothique internatiional au caractère plus profane. L’art gothique est d’abord illustré par l’architecture, mais aussi par la sculpture, la peinture sur bois, le vitrail, et l’enluminure.

Initialement dénommé francigenum opus (art français) au Moyen Âge, le terme gothique n’apparaitra qu’à partir de la renaissance, une expression utilisée par les artistes italiens Antonio Averlino (Le Filarète) et Giorgio Vasari, pour désigner un art du Moyen Âge qu’ils jugeront de leur point de vue barbare et grossier.
Le mouvement artistique gothique est précédé par la période romane et suivi par la période renaissance.


La Sainte-Chapelle (1242-1248) à Paris,
chef-d’œuvre de l’art gothique






(5) Le gothique international (ou style international, ou art européen vers 1400) est une phase tardive de l’art gothique qui s’est simultanément développée sur les terres franco-flamandes, en Bourgogne, en Bohême et dans le nord de l’Italie entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle avant de se propager largement à travers l’ensemble de l’Europe occidentale et centrale, justifiant ainsi le nom donné à cette période par l’historien d’art français Louis Courajod à la fin du XIXe siècle.

Ce style, nommé « weicher Stil », ou « style doux » en allemand, et influencé par l’esprit courtois dont témoigne également la littérature, est marqué par une recherche nouvelle de l’élégance précieuse, et se traduit par l’emploi de tons plus vifs, jouant volontiers sur des appariements de couleurs primaires, par un affinement des représentations du gothique, par une plus grande attention aux détails – par exemple des étoffes et des drapés – et à l’observation de la  nature – notamment des végétaux et des animaux. D’un autre côté, le gothique international se fait aussi l’écho des inquiétudes de l’époque, et connait une inspiration plus sombre, s’attachant à des représentations plus crues et saisissantes de la mort. L’art s’engage alors vers une relative sécularisation de ses fonctions, les œuvres ainsi produites pour une élite de cour pouvant annoncer les commandes bourgeoises qui se développeront au XVe siècle.

Historiquement, ce style peut être considéré comme la dernière manifestation d’un art du Moyen Âge, cosmopolite, par apposition aux évolutions ultérieures qui distingueront, à partir du XVe siècle, d’un côté l’école italienne, qui, poursuivant un mouvement amorcé par Giotto et de ses suiveurs donnera lieu à la Première Renaissance, de l’autre l’école flamande, qui sera marquée de manière décisive et définitive par les innovations picturales d’Hubert et Jan van Eyck. En Europe du Nord, des continuations de ce style qualifiées de « gothique tardif », concernant tout particulièrement les éléments décoratifs, peuvent subsister jusqu’au XVIe siècle, dans la mesure où aucun terme alternatif n’a su s’imposer pour le remplacer avant la Renaissance. L’usage et l’extension du terme varient cependant quelque peu parmi les historiens d’art, certains préférant même le considérer, « à de nombreux égards, [comme] non réellement pertinent […] dans la mesure où il tend à aplanir les différences comme les détails de la transmission [artistique] ».





(6) Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean Ier de Berry et actuellement conservé au musée Condé à Chantilly (France) sous la cote Ms.65.

Il est commandé par le duc de Berry aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit est probablement complété, dans certaines miniatures du calendrier, par un peintre anonyme dans les années 1440.

Certains historiens de l’art y voient la main de Barthélemy d’Eyck. En 1485-1486, il est achevé dans son état actuel par le peintre Jean Colombe pour le compte du duc de Savoie.
Acquis par le duc d’Aumale en 1856, il est toujours conservé dans son château de Chantilly, dont il ne peut sortir, en raison des conditions du legs du duc.

Sur un total de 206 feuillets, le manuscrit contient 66 grandes miniatures et 65 petites. La conception du livre, longue et complexe, a fait l’objet de multiples modifications et revirements. Pour ses décors, miniatures mais aussi calligraphie, lettrines et décorations de marges, il a été fait appel à de nombreux artistes, mais la détermination de leur nombre précis et de leur identité reste à l’état d’hypothèse. Réalisées en grande partie par des artistes venus des Pays-Bas, à  l’aide des pigments les plus rares, les peintures sont fortement influencées par l’art italien et antique. Après un oubli de trois siècles, les Très Riches Heures ont acquis rapidement une grande renommée au cours des XIXe  et XXe siècles, malgré leur très rare exposition au public. Les miniatures ont contribué à façonner une image idéale du Moyen Âge dans l’imaginaire collectif. C’est particulièrement le cas des images du calendrier, les plus connues, représentant à la fois des scènes paysannes, aristocratiques et des éléments d’architectures médiévales remarquables. Il s’agit de l’un des plus célèbres manuscrits enluminés.


Scène du mois de septembre dans Les Très Riches
Heures du duc de Berry du XVe siècle.





(7) La coupe de Sainte Agnès (en anglais : Royal Gold Cup) est une coupe ou hanap en or massif richement décorée d’émail et de perles. Réalisée pour la famille royale française à la fin du XIVe siècle, elle est ensuite devenue la propriété de plusieurs monarques d’Angleterre avant de passer près de 300 ans en Espagne. Depuis 1892, la coupe appartient à la collection du British Museum. Thomas Hoving, ancien directeur du Metropolitan Museum of Art de New York, a dit d’elle que « de tous les trésors qui nous sont parvenus, trésors royaux compris, il s’agit du plus spéctaculaire ».
La coupe mesure 23,6 cm de haut et 17,8 cm de diamètre ; elle pèse 1,935 kg. Elle est munie d’un couvercle, mais son support triangulaire s’est perdu.
[…]



Coupe royale dorée





(08) Le Primitif flamand est une expression apparue au XIXe siècle pour désigner les peintres actifs dans les anciens Pays-Bas méridionaux aux XVe et XVIe siècles, dans les villes florissantes de Tournai, Bruxelles, Bruges, Gand et Anvers, bénéficiant de la prospérité du duché de Bourgogne. L’Exposition des Primitifs flamands et d’Art ancien qui s’est tenue à Bruges en 1902 a fait le succès de ce groupe de peintres à l’origine de la Renaissance nordique.
[…]





(9) Jan van Eyck (né vers 1390 peut être à Maaseik et mort à Bruges le 9 juillet 1441) est un peintre né dans les territoires soumis à l’autorité du prince-évêque de Liège Jean de Bavière (1390-1417), qui devient son protecteur. Il est célèbre pour ses portraits d’un réalisme minutieux. Ses tableaux  les plus connus sont les époux Arnolfini et la Vierge du Chancelier Rolin. Il termina par ailleurs le fameux retable de l’Agneau mystique, commencé par son frère Hubert van Eyck. Il est l’un des premiers artistes qui signèrent leurs œuvres.


Jan van Eyck



La vierge du chancelier Rolin






(10) Rogier van der Weyden (Tournai, 1399/1400 – Bruxelles, 18 juin 1464) est un peintre primitif flamand.

Né Roger de La Pasture, il fit traduire littéralement son nom en « Van der Weyden » lors de son installation à Bruxelles en 1435. La dénomination de Rogier van der Weyden retenue actuellement provient d’un acte notarié signé par le peintre. Il est dénommé en outre « Rogier van Brugghe » par Carel van Mander dans son ouvrage Schilder-Boeck, premier  dictionnaire biographique de référence sur les peintres néerlandais, flamands et allemands



Saint Luc dessinant la Vierge, musée
des beaux-arts de Boston







(11) La tenture de l’Apocalypse (ou les tapisseries de l’Apocalypse ou encore l’Apocalypse d’Angers) est une représentation de l’Apocalypse de Jean réalisée à la fin du XIVe siècle sur commande du duc Louis Ier d’Anjou. Cette œuvre est le plus important ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. L’ensemble, composé de six pièces successives découpées chacune en quatorze tableaux, est exécuté d’après des cartons de Hennequin de Bruges et témoigne du prestige de son commanditaire. La tenture est léguée à la cathédrale d’Angers au XVe siècle par le roi René.

Après une longue période de négligence et de dégradations, elle est partiellement recomposée à partir du milieu du XIXe siècle, puis conservée et exposée dans le musée de la Tapisserie de l’Apocalypse. Celui-ci est situé, sur le site du château d’Angers, dans une très longue galerie construite à cet effet et inaugurée en 1954.



Une des parties des six pièces qui composent
la tenture de l’Apocalypse







(12) La tapisserie dite de La Dame à la licorne est une composition de six pièces du début du XVIe siècle, c’est-à-dire postérieures de moins d’une génération de La Chasse à la licorne. Chef-d’œuvre des débuts de la Renaissance française, elles sont visibles au musée national du Moyen Âge de l’hôtel de Cluny à Paris.



La dame à la licorne – la vue






(13)  Le retable (du latin retro tabula altaris : en arrière d’autel) est une construction verticale qui porte des décors sculptés et/ou peints en arrière de la table d’autel d’une édifice religieux (église, chapelle). L’étymologie du mot français est la même que le catalan retaule ou l’espagnol retablo, alors que le terme italien est  pala d’altare.

Orné de représentations historiées ou figurées, le retable peut être en différents matériaux (métal, ivoire, bois, émail, pierre) et ses décors sont souvent dorés. Il a l’avantage sur l’antependium de l’autel d’être largement visible. Il est fréquent qu’un retable se compose de plusieurs volets, deux pour un diptyque, trois pour un triptyque voir davantage pour un polyptyque.

Le retablier est un sculpteur ou un architecte qui réalise des retables. Il s’associe les compétences de nombreux artisans-artistes (sculpteurs, peintres, doreur, polychromeur, huchier) pour les réaliser.


Retable de la cathédrale Sainte-Marie de Tolède





(14) Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.

On désigne comme chapelle soit un édifice religieux secondaire dans une paroisse, soit un lieu de culte au sein d’un bâtiment ou ensemble de bâtiments ayant une fonction précise (château, hôpital, école, cimetière, etc.).




La chapelle axiale de la Vierge dans la
basilique Saint-Denis, France






(15) Un incunable est, par convention, un livre imprimé en Europe avant le 1er janvier 1501.
L’appellation est parfois improprement étendue aux « post-incunables » livres d’aspect comparable mais imprimés ultérieurement, avant 1525-1530 voire, pour les pays nordiques, avant 1550.



La Chronique de Nuremberg, incunable de 1493






(16) La xylographie est un procédé de reproduction multiple d’une image sur un support plan, papier ou tissu, en utilisant la technique de la gravure sur bois, ou xylogravure, comme empreinte pouvant être reproduite par impression, à meilleur prix que le travail réalisé à la main par des copistes. Ce terme tend à être utilisé pour désigner les gravures produites avant l’invention et la diffusion de l’imprimerie. L’image reproduite peut être celle d’un texte.






(17) Un incunable xylographique (ou tabellaire) est un petit livre d’environ 50 pages  maximum, imprimé en Europe dans la deuxième moitié du XVe siècle au moyen de blocs de bois sur lesquels sont taillés des textes et illustrations.

Le contenu de ces livres concerne presque toujours des thèmes religieux, destinés à un public populaire, et certains titres étaient souvent réédités avec de nouveaux blocs de bois. Bien que l’on a longtemps cru que les incunables xylographiques ont précédé l’invention de la presse typographique par types de mobiles de Johannes Gutenberg, car existant au début des années 1450, il est désormais accepté que la plupart des blocs en bois ayant survécu ont été imprimés dans les années 1460 ou plus tard, et que les plus vieux exemplaire pourraient dater d’environ 1451. Ils auraient été une alternative bon marché et populaire aux livres composés, qui étaient encore très chers à cette époque. Les xylographies des décennies antérieures, imprimées sur une seule face d’une feuille, incluaient souvent des passages de texte avec des oraisons, des indulgences et autres contenus.
Les incunables xylographiques sont très rates, et quelques éditions ont survécu par fragments.


Page de l’Apocalypse






(18) La taille-douce désigne l’ensemble des procédés de gravure en creux sur une plaque de métal. Elle s’oppose à la taille d’épargne. Dans la première, l’encore se dépose dans les creux, tandis que dans la seconde, l’encre est appliquée en surface. L’impression de la plaque de métal se fait sur une presse à taille-douce.







(19) Ars nova est un courant de la musique médiévale occidentales, centrée sur la France, et qui englobe une période comprise entre l’écriture du Roman de Fauvel (1310-1314) et la mort de Guillaume de Machaut (1377). On utilise parfois ce terme pour désigner, d’une manière générale, l’ensemble de la musique polyphonique européenne du XIVe siècle, ce qui inclut des compositeurs italiens tels  Francesco Landini, Jacopo da Bologa, Ghérardello da Firenze ou encore Lorenzo da Firenze. On se sert plutôt du terme parallèle Trecento (ce qui signifie XIVe siècle en italien)  pour désigner la musique créée par ceux-ci et leurs compatriotes.






(20) En musique, la polyphonie est la combinaison de plusieurs mélodies, ou de parties musicales chantées ou jouées en même temps.






(21) Philippe de Vitry, est né dans une ville nommée Vitry, selon les recherches à ce sujet il pourrait s’agir de Vitry-en-Artois dans le Pas-de-Calais ou de Vitry-en-Parthois en Champagne le 31 octobre 1291 et mort à Meaux le 9 juin 1361, est évêque de Meaux, compositeur et théoricien français de la période médiévale. Il est l’auteur présumé du traité Ars nova musicae publié vers 1320.

Considéré par ses contemporains comme un esprit brillant, loué pour ses connaissances en mathématiques, philosophie, poésie, rhétorique et musique, il est une figure emblématique du Moyen Âge. Seule une partie de ses compositions musicales – quelqes motets et chansons – et de ses traités de musique nous sont parvenus. Sa musique se démarque de celle de Pérotin (v.1160-v.1230) et son influence, qui perdure plus d’un siècle après son décès, se reconnait, par exemple dans les œuvres de  Guillaumes de Machaut ou de Guillaume Dufray.



Philippe de Vitry






(22)  Guillaume de Machaut, né probablement à Machault, près de Reims en Champagne Ardennes, vers 1300 et mort à Reims en 1377, est le plus célèbre écrivain et compositeur français du XIVe siècle. Il a mené une vie dans le monde laïc, au service de mécènes et en liens étroits avec la Couronne de France, et une vie ecclésiastique en tant que chanoine de Reims. Etant clerc lettré et maitre des arts, il a marqué pendant au moins un siècle la production artistique européenne.






(23) L’ars antiqua par opposition à l’ars nova, nom générique donné à la musique médiévale occidentale des XIIIe siècle et début du XIVe siècle reposant principalement sur le plain-chant et la technique de l’organum. L’ars antiqua est une période allant de 1240 à 1320 […]. Les signes utilisés n’ont pas encore de valeur rythmique définie.





(24) Le plain-chant est un genre musical sacré. Dans la musique occidentale médiévale, le plain-chant est :
- un chant, donc une musique vocale,
* a cappella c’est-à-dire sans accompagnement instrumental,
* monodique, c’est-à-dire à une seule voix, non polyphonique,
* modal, c’est-à-dire que chaque pièce est sans modulation harmonique et s’inscrit dans un cadre modal (ou mode) fixe
- et qui suit une rythmique verbale, c’est-à-dire sans division ni mesure.

Le terme est l’équivalent français du latin Cantus Planus. Ici, le terme plain( à ne pas écrire « plein ») est de la même famille que plaine, et désigne quelque chose qui n’a pas de rupture, d’accident ou d’altération (« planus » a donné l’anglais « plain »)

Le plain-chant est un type de musique vocale traditionnel, apparaissant généralement dans un contexte religieux. Ce style musical est ancien et répandu. Il n’est pas propre aux rites catholiques, mais on en trouve également des exemples dans les cantillations et les pièces de rites hébreux, musulmans ou bouddhistes. Bien que les termes soient souvent pris l’un pour l’autre, il convient de distinguer le plain chant (un style musical) du chant grégorien (un répertoire liturgique modifié dans ce style après la Renaissance).
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