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 TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)

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Lanaelle
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MessageSujet: TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)    Ven 8 Avr - 21:07










La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s’acheva en 1192, est une série d’expéditions menées par Frédéric Barberousse (1), empereur germanique, Philippe Auguste (2), roi de France et Richard Cœur de Lion (3), roi d’Angleterre, dans le but de reprendre Jérusalem et la Terre Sainte à Saladin.

Cette croisade a permis la reprise d’un certain nombre de ports de Terre Sainte, mais n’a pas permis la reconquête de l'arrière-pays palestinien, ni la reprise de Jérusalem. Cependant, la libre circulation à Jérusalem fut autorisée aux pèlerins (4) et marchands chrétiens.







A la mort de Nur ad-Din (5), en mai 1174, Saladin alors vizir d’Egypte, se proclame sultan d’Egypte et reprend le programme d’unification des arabes syriens et égyptiens pour ensuite combattre les envahisseurs en Syrie, reconquérir leurs états et les chasser de Syrie. Il commence par éliminer les fils de Nur ad-Din, s’empare de Damas dès novembre 1174, puis d’Alep en juin 1183. Il tente plusieurs incursions contre le royaume de Jérusalem, mais ce dernier est défendu par le Roi Baudouin IV le Lépreux (6), dont l’esprit de tactique et de diplomatie réussit à repousser les attaques de Saladin ou à minimiser les défaites franques.

Tout change entre 1185 et 1186 avec la mort de Baudouin le Lépreux et l’arrivée sur le trône de Guy de Lusignan (7), un roi dépourvu du moindre sens politique et sans grande autorité sur les barons. Comme Guy se révèle incapable de soumettre Renaud de Châtillon (08) et de mettre fin à ses pillages, Saladin envahit le royaume et écrase la chevalerie franque à Hattin (9) le 4 juillet 1187.

A la suite de sa victoire obtenue à Hattin, Saladin entreprend de reconquérir le royaume de Jérusalem afin de chasser les envahisseurs de Syrie et de Palestine. Continuant sa reconquête, le 2 octobre 1187, Saladin réussit entre temps à prendre Jérusalem défendue par Balian d’Ibelin (10).


Le 13 juillet 1187, un navire sous les ordres du croisé Conrad de Montferrat (11), arrive en vue de Saint-Jean-d’Acre où il ne peut débarquer voyant que le port est aux mains des musulmans. En effet, Saladin, dans ses desseins de reconquête, a entrepris de reprendre les cités côtières les unes après les autres. Conrad se rend alors  à Tyr, et il y débarque alors que la ville est assiégée par les arabes et que les croisés sont en train de négocier leurs conditions de reddition. Sa présence remonte le moral de ces derniers qui mettent fin aux pourparlers. Conrad prend en main la défense de la ville contre les arabes qui finissent par lever le siège le 2 janvier 1188, permettant aux croisés de garder une tête de pont en Palestine.

Afin de neutraliser l’efficace Conrad de Montferrat, Saladin libère au cours du printemps (ou en juillet) 1188, le brouillon Guy de Lusignan qu’il avait fait prisonnier à Hattin. Mais Montferrat refuse à Guy l’accès de Tyr, soutenu par une grande partie de la noblesse française qui reprochent à Lusignan la défaite. Guy de Lusignan décide alors en août 1189 d’assiéger Acre avec une poignée de chevaliers. Saladin, occupé à conquérir le comte de Tripoli (12) et la principauté d’Antioche (13) le laisse faire, sachant qu’il est confiant dans la résistance de Saint-Jean-d’Acre. Les possessions franques se réduisent bientôt à Antioche (14), Tripoli (15), Tyr (16), le Krak des Chevaliers (17) et la forteresse de Margat (18).







L’une des premières actions de Conrad de Montferrat avait été de prévenir l’Occident de la chute de Jérusalem  (19) en envoyant Josse, archevêque de Tyr. Avant d’arriver à Rome, il rencontre le roi Guillaume II de Sicile (20), qui envoie une flotte et une troupe de deux cents chevaliers. Mais Guillaume, alors en lutte contre l’empire byzantin, ne peut envoyer plus de renforts et meurt peu après. Son successeur Tancrède de Lecce (21) ne peut pas soutenir son action, car il doit lutter contre Henri de Hohenstaufen (22) qui lui dispute le trône de Sicile. Josse se rend ensuite à Rome, où il rencontre le pape Grégoire VIII (23), qui décide de la reconquête des territoires perdus et émet le 29 octobre 1187, la bulle Audita tremendi appelant à la troisième croisade. Les royaumes anglo-angevin et français sont alors en guerre, mais les légats du pape imposent à Henri II de Plantagenêt (24), roi d’Angleterre et Philippe Auguste, roi de France une entrevue à Gisors le 21 janvier 1188 où ils obtiennent des deux souverains leur engagement dans la croisade. Ils lèvent dans leurs états la « dîme saladine » (25) pour financer une nouvelle croisade, mais la révolte du prince Richard Cœur de Lion, soutenu par Philippe Auguste, contre son père Henri II, puis la mort de ce dernier le 6 juillet 1189 retardent le départ de la croisade.







L’empereur germanique Frédéric Barberousse répond également à l’appel du pape ; il prend la croix à la cathédrale de Mayence le 27 mars 1188, quitte Ratisbonne le 11 mai 1189 à la tête d’une armée forte de cent mille hommes, selon les chroniqueurs contemporains, traverse le royaume de Hongrie et prend la direction de Byzance.

Il  doit y faire face à l’hostilité de l’Empereur byzantin Isaac Ange (26), car ce dernier est en guerre contre le Royaume de Sicile (27), un allié du Saint-Empire romain germanique. De plus Isaac Ange, depuis la défaite de Myriokephalon (28) a conclu une alliance avec Saladin contre Kiliç Arslan II (29), sultan seldjoukide de Roum (30) et la venue de la croisade risque d’affaiblir son alliée. Face à l’énorme supériorité numérique des Allemands, il n’ose pas engager le combat mais cherche à entraver et à ralentir l’armée impériale. De guerre lasse, Frédéric fait saccager la région de Philippopoli et la ville d’Andrinople, de sorte qu’Isaac Ange doit céder et faire traverser le Bosphore à l’armée germanique, tout en informant Saladin de la progression des croisés.

En Asie Mineure, le sultan Kiliç Arslan II est favorable à laisser le libre passage de l’armée de Frédéric Barberousse, car il espère que la croisade affaiblisse son ennemi Saladin. Mais son autorité vieillissante ne peut empêcher des bandes turcomanes de harceler l’armée chrétienne. Lorsque l’armée arrive devant Konya (31), le 18 mai 1190, le vieux sultan fait acte de soumission, mais il est aussitôt mis sous tutelle par son fils ainé qui attaque aussitôt l’armée de Frédéric. Ce dernier le met en déroute et prend d’assaut la ville de Konya.

L’armée germanique continue sa route et arrive en Cilicie où elle est reçue par le prince II d’Arménie. Les musulmans commencent à prendre peur et le château de Baghras (32), la forteresse la plus au nord de l’empire ayyoubide, est évacuée et prise par un Foulque de Bouillon, chevalier franc, cousin de Léon II d’Arménie (33). Frédéric Barberousse continue sa route vers la Terre Sainte quand il se noie en traversant le Saleph (appelé aujourd’hui Göksu) le 10 juin 1190. Bien que son armée soit plus nombreuse que celle de Saladin, ses troupes se dispersent immédiatement après sa mort. La plupart des hommes rentrent en Europe tandis qu’une faible partie, conduite par le fils de Frédéric, Frédéric de Souabe (34), rejoint Antioche après qu’une épidémie en décima encore quelques-uns. Une fois les survivants remis sur pied, le prince Bohémond III d’Antioche (35) tente de les entrainer vers une opération sur Alep, mais ils préfèrent rejoindre les croisés français et anglais à Saint-Jean-d’Acre (7 octobre 1190).






Malgré leur promesse lors de l’entrevue de Gisors en janvier 1188, les souverains français et anglais ne partent pas immédiatement et se font même la guerre dans l’année qui suit. Quand Henri II meurt le 6 juillet 1189, Richard Cœur de Lion lui succède sur le trône de l’Empire Angevin. (Alors qu’il était comte d’Anjou, il fut le premier noble d’Europe à prendre la croix, en novembre 1187. Il reprit donc le projet de croisade avec plus de détermination que son père). Finalement, les deux souverains ne remplissent leur vœu qu’un an plus tard. Le 4 juillet 1190, les deux rois partent de Vézelay, et ayant pris deux routes différentes, Philippe s’embarquant à Gênes et Richard à Marseille, ils se rejoignent à Messine en Italie. Ils passent six mois à hiverner dans le royaume de Sicile, pour n’en repartir qu’en mars 1191. D’évidence chaque souverain chercher à surveiller  l’autre, ce qui  retarde leurs arrivées en Terre Sainte, malgré les demandes pressantes des croisés déjà engagés dans le conflit, au siège d’Acre.






Philippe Auguste s’embarque de Messine le 30 mars 1191 et arrive en vue de la côte de la terre sainte le 20 avril. Richard Cœur de Lion part le 10 avril, mais une tempête déroute sa flotte sur Chypre. Cette île est gouvernée par Isaac Doukas Comnène (36) lequel s’est rendu indépendant de l’empire byzantin cinq ans auparavant. Sa politique, hostile aux croisés, le conduit à informer Saladin des mouvements de la croisade, et ses gens pillent deux navires anglais, en perdition et forcés d’aborder l’île. Richard réagit en débarquant à Limassol le 6 mai et entreprend de combattre Isaac, lequel est battu et capturé à Nicosie le 21 mai. Puis il embarque et arrive à Acre le 7 juin. Richard ami de Robert de Sablé (37) vend l’île de Chypre aux Templiers contre la modique somme de 25 000 marcs d’argent. Le Grand Maitre de l’Ordre du Temple, Robert de Sablé y installe donc une première base solide pour les Templiers avant de partir lui aussi rejoindre Acre ; il vent l’île quelques années plus tard à Guy de Lusignan. La base des Templiers est transférée à Acre.








Dès sa libération par Saladin en août 1189, Guy de Lusignan était parti mettre le siège devant Saint-Jean-d’Acre avec une poignée de chevaliers dont le Grand Maitre de l’Ordre du Temple Gérard de Ridefort (38) qui fut capturé puis exécuté le 4 octobre 1189 devant Acre, il fut remplacé dans ses fonctions deux ans plus tard par Robert de Sablé, grand ami du roi Richard, ayant passé dix-neuf ans à sa cour. Occupé à conquérir la principauté d’Antioche, Saladin n’avait pas réagi, n’y voyant qu’une opération de diversion destinées à l’obliger à lever le siège de la forteresse Beaufort, âprement défendue par Renaud de Grenier (39), comte de Sidon (40). Quand Guy de Lusignan décide de s’occuper de secourir Acre, son armée est fermement retranchée dans son camp et des renforts ont commencé à le rejoindre : les rescapés de la croisade allemandes, des croisés français et anglais qui ont dévancé le départ des souverains. C’est le cas du comte Henri II de Champagne (41), neveu des deux rois, qui arrive le 27 juillet 1190 et annonce l’arrivée prochaine de ses deux oncles, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion (la mère d’Henri II est en effet fille de Louis VII de France (42) et d’Aliénor d’Aquitaine (43), donc sœur de Philippe par son père et de Richard par sa mère). Chaque troupe qui arrive grossit le dispositif des croisés et isole de plus en plus les assiégés qui ne peuvent pas non plus compter sur une aide maritime, la mer étant largement dominée par les escadres chrétiennes. Une querelle dynastique commence entre le roi Guy de Lusignan, qui doit son trône à sa femme Sibylle (44) laquelle vient de mourir, et Conrad de Montferrat, qui vient d’épouser Isabelle (45), la sœur de Sibylle, mais ne compromet pas les opérations du siège.

L’arrivée du roi de France devant Saint-Jean-d’Acre le 20 avril 1191, ainsi que du roi d’Angleterre et du nouveau Grand Maitre Templier Robert de Sablé deux mois plus tard, isole complètement et efficacement Acre de l’extérieur. La rivalité latente entre les deux souverains européens qui épouse la rivalité entre les deux prétendants au royaume de Jérusalem, divise le camp croisé en deux factions. Tandis que le Roi de France  prend parti pour Conrad de Montferrat, Richard soutient Guy de Lusignan.

Le 2 juillet 1191, les habitants d’Acre font parvenir à Saladin un message disant qu’ils sont à bout de ressources et qu’ils sont dans l’obligation de capituler. Saladin tente une attaque désespérée le lendemain et échoue. Le 4 juillet, la ville entame des négociations de reddition et ouvre ses portes aux croisés le 12 juillet.

Le 28 juillet, pour résoudre le conflit entre Guy et Conrad, une assemblée des barons du royaume et des principaux chefs croisés décide du compromis de Saint-Jean-d’Acre par lequel Guy de Lusignan est confirmé comme roi de Jérusalem, mais que le royaume reviendrait ensuite à Isabelle et à son mari Conrad de Montferrat. Loin de résoudre le problème, ce compromis divise les forces chrétiennes et risque de paralyser toute action franque après le départ des croisés.

Sachant politiquement qu’il ne peut se permettre de laisser le royaume de France sans roi, Philippe Auguste annonce son départ vers l’Europe. Il laisse sur place une partie de son armée (10 000 hommes sous le commandement du duc Hugues III de Bourgogne(46)), et spécifie que toutes les conquêtes faites par ses troupes reviendront à Conrad de Montferrat. Le 3 aout, il embarque à Tyr en direction de Brindisi.







Un accord conclu entre Saladin et les croisés prévoit la libération des défenseurs d’Acre contre le versement d’une rançon et la restitution de la Vraie Croix (47), perdue à Hattin. Mais Saladin fait trainer l’exécution de cet accord et l’impatient Richard Cœur de Lion ordonne le massacre des défenseurs par un de ses vassaux, le Seigneur de Jourdain (20 août 1191). Cet acte de barbarie, qui contraste avec les générosités de Saladin dans le passé, représente une grave faute pour Richard, car il le prive d’une monnaie d’échange,  et renforce le sentiment anti-croisé parmi les musulmans. Par la suite, Saladin fait exécuter en représailles tous les chrétiens capturés au cours des combats suivants.

Richard et son allié le Grand Maitre de l’Ordre du Temple, Robert de Sablé entreprennent alors la reconquête du littoral palestinien entre Acre et Ascalon (48). Le 22 août, ils quittent Saint Jean d’Acre en direction de Caïffa (Caiphas) (49). Dès leur sortie de la ville, l’armée est attaquée par Al-Adel, frère de saladin, qui est repoussé avec difficulté. L’armée franque se réorganise en colonne serrée, opposant sa masse compacte aux harcèlements musulmans. Elle ne s’encombre pas de bagages et ne s’écarte pas de la côte, l’intendance étant assurée par la flotte. Les armures, la discipline résistent sans problème à la mobilité des Sarrasins, et les croisés atteignent et prennent sans encombre Caïffa, évacuée la veille par sa garnison. L’armée continue le long de la côte, tandis que Saladin fait détruire les différentes forteresses, pratiquant ainsi la politique de la terre brûlée (50). Les croisés arrivent en vue d’Arsouf le 5 septembre, où l’attend l’armée de Saladin.



Les reconquêtes chrétiennes de la troisième croisade.


Le combat est engagé le 7 septembre 1191. L’armée croisée, assaillie par les troupes de Saladin, tient la position sans céder aux ruses turques et notamment à celle de la fuite simulée. Les cavaliers musulmans sont  incapables d’entamer les rangs compacts des chevaliers bardés d’armures. Bien que Richard avait ensuite prévu un mouvement tournant qui aurait pu anéantir l’armée de  Saladin, l’impatience de quelques chevaliers et Hospitaliers déclenche prématurément une charge simple qui ne fait que disperser les troupes musulmanes.

Saladin veut alors défendre Ascalon, mais ses émirs s’y refusent, et il doit abandonner la ville le 23 septembre 1191 après l’avoir fait complétement démolir. Il se dirige vers Jérusalem en faisant également raser Ramla (51). Pendant ce temps, Richard Cœur de Lion entreprend de faire reconstruire Jaffa (52), commettant une erreur stratégique, car il aurait pu alors s’emparer de Jérusalem, dont les fortifications, délabrées depuis le siège de 1187, ne permettaient pas la défense, ou surprendre l’armée ayyoubide pendant les travaux de démolition d’Ascalon.

En octobre 1191, Jaffa redevient une puissante place forte, mais le moral de l’armée croisée, restée inactive, a baissé. Richard entreprend des négociations avec Saladin, par l’intermédiaire d’Onfroy IV de Toron (53), qui parle l’arabe, et d’Al-Adel, le frère de Saladin. Mais Saladin, voyant le moral de l’armée de son adversaire, n’accorde que le littoral et refuse de rendre Jérusalem. Richard Cœur de Lion décide de marcher sur Jérusalem en déroute. La période n’est pas vraiment favorable car les pluies inondent l’armée qui chemine dans la boue et trouve la plupart des forteresses démantelées, les privant d’abris. L’armée arrive le jour de Noël à Betenoble (Beit Nuba) près de Latroun, à un  vingtaine de kilomètres de la ville sainte, mais Richard hésite alors à continuer. Toutes les hésitations de Richard permettent à Saladin de fortifier la ville pendant l’automne 1191. Les barons syriens, les Templiers et les Hospitaliers font valoir que Saladin peut intercepter les convois de ravitaillement à tout moment et isoler l’armée. Ils considèrent que même si Jérusalem est facilement prenable, elle sera difficilement défendable, car la plupart des croisés ne pensent pas s’installer en Terre Sainte. Rares sont ceux qui pensent s’installler dans le royaume, et les populations chrétiennes estiment qu’il n’est pas possible de coloniser l’arrière-pays sans une nouvelle immigration d’une population européenne. Aussi les croisés quittent-ils Betenoble le 13 janvier 1192 pour se replier sur Ibelin (54).







Richard Cœur de Lion, ayant beaucoup appris sur la situation politique syrienne depuis le massacre de Saint Jean d’Acre, entame des négociations avant la campagne à Betenoble. Voulant gagner du temps, Saladin charge son frère Al-Adel des pourparlers. Il est même envisagé de marier Al-Adel avec Jeanne d’Angleterre (55), sœur du roi Richard et de donner le royaume de Jérusalem aux époux, mais ce projet échoue en raison du refus de Jeanne. Malgré ce désaccord et l’incursion à proximité de Jérusalem, une amitié se noue entre Richard et Al-Adel, et peu à peu se dessine l’idée d’un partage de la Palestine, la possession du littoral étant reconnue aux chrétiens, et celle de l’hinterland à Saladin. Les croisés occupent et reconstruisent Ascalon au printemps 1192.

Les hostilités cessent pendant le printemps 1192, car l’antagonisme entre Guy de Lusignan et Conrad de Montferrat se réveille et les barons syriens et croisés se rendent compte que le compromis de Saint Jean d’Acre est inapplicable. Richard finit par résoudre le litige en vendant l’île de Chypre à Guy de Lusignan qui en devient le souverain (56) et en acceptant Conrad de Montferrat comme roi de Jérusalem (57). Le 28 avril 1192, Conrad est  assassiné, et les barons choisissent pour roi Henri II de Champagne qui épouse Isabelle, la veuve de Conrad.





Richard reçoit alors des nouvelles inquiétantes d’Europe. Il apprend que Philippe Auguste cherche à s’emparer d’une partie de ses possessions dans l’ouest de la France, et que son frère Jean sans Terre (58) se révolte. Le 24 mai 1192, tous les croisés se regroupent à Ascalon et persuadent Richard de conduire l’armée sur Jérusalem, alors que ce dernier songe à rentrer en Europe. La troupe quitte Ascalon le 7 juin et arrive peu après à Qalandiya, en vue de Jérusalem. Richard y installe son camp mais hésite à attaquer Jérusalem, laissant à l’armée ayyoubide le temps de se ressaisir. Finalement, Richard décide de battre en retraite, au grand mécontentement des croisés. Au retour, après avoir surpris et pillé une importante caravane egyptienne, il rentre sur Ramla où le nouveau roi Henri II de Champagne  le rejoint. Il envisage encore d’attaquer Jérusalem, mais s’y refuse à nouveau. Les croisés apprendront plus alors que les dissensions entre les troupes kurdes et turques menaient la garnison de Jérusalem au bord de la mutinerie, et que la prise de la ville aurait été aisée.

Le 31 juillet, Saladin contre-attaque sur Jaffa et prend la ville basse, mais Richard intervient avec sa flotte et le bat à deux reprises, les 1er et 5 août.






Les négociations continuent avec comme ébauche d’accord la possession du littoral aux chrétiens et celle de l’hinterland à Saladin, mais le point de désaccord qui reste concerne les forteresses de Gaza (59), Ascalon et Daron, que Saladin juge menaçantes pour l’Egypte et le Sinaï. En effet, ce territoire de faible largeur proche du royaume de Jérusalem constitue le point faible de l’Etat ayyoubide, car si les chrétiens l’occupaient, ils couperaient les communications entre l’Egypte et la Syrie. Pressé de rentrer en Europe, Richard cède, mais obtient pour les pèlerins chrétiens le libre accès à Jérusalem sans taxes, ainsi que la libre circulation des marchands des deux confessions à l’intérieur de la ville. Le traité est conclu le 2 septembre 1192. Richard quitte la Terre Sainte le 9 octobre pour revenir en Occident.








Les succès de la troisième croisade, la prise de Saint Jean d’Acre, la reconquête d’une partie du littoral, qui sera complétée par les règnes d’Henri II de Champagne et d’Amaury II de Lusignan (60) ont assuré aux Etats Latins d’Orient, au bord de l’anéantissement en 1189, une survie d’un siècle. Mais plusieurs constats sont à faire à propos de l’avenir de ces colonies latines en Orient.

Le premier est que les barons syriens se jugent en effectif insuffisant, après l’hécatombe de Hattin, pour contrôler et dominer le territoire complet de l’ancien royaume de Jérusalem, et constatent que peu de croisés ont le projet de s’installer en Orient. Au cours des décennies suivantes, cet état de fait va s’aggraver avec le détournement de la quatrième croisade sur Byzance et l’organisation de la croisade des Albigeois, qui vont détourner un certain nombre de croisés de l’Orient. Cette faiblesse numérique va inciter les nobles d’Orient à se consacrer sur le littoral en abandonnant l’hinterland aux musulmans. La richesse économique du royaume ne va plus tirer son origine des domaines fonciers mais du commerce, faisant du royaume de Jérusalem un état maritime et commerçant, dépendant économiquement des républiques (Venise, Gênes et Pise) et lui faisant perdre sa vocation militaire.

Le second constat est que la rivalité pour le pouvoir entre Guy de Lusignan et Conrad de Montferrat créa  un précédent pour le royaume : l’arbitrage de la succession fut réglée par un souverain européen et étranger au royaume alors que précédemment c’étaient les barons du royaume qui désignaient leur roi. De plus en plus souvent le roi sera ensuite un souverain désigné par une cour européenne, et le royaume de Jérusalem, dominé économiquement par les républiques italiennes, le sera politiquement par les cours européennes. Le troisième constat est que le maintien des chrétiens en Terre Sainte n’a pas seulement dépendu des armes, mais aussi de la diplomatie. L’amitié entre Richard Cœur de Lion et Al-Adel annonce celle de  Frédéric II de Hohenstaufen  (61) avec Al-Kamel (62), qui permettra la restitution de Jérusalem aux chrétiens en 1229 ? jusqu’en 1250, les relations entre croisés et musulmans seront sous le signe des négociations, malgré l’arrivée de plusieurs croisades.







La conquête de Chypre par le roi d’Angleterre est un acte totalement imprévu au regard des objectifs de la croisade. L’installation de Robert de Sablé et de ses Templiers puis de Guy de Lusignan comme souverain permet la création d’un nouvel Etat latin en Orient dont le caractère insulaire prépare à servir de refuge face aux  reconquêtes mamelouks à la fin du XIIIe siècle. Mais cette situation présente deux inconvénients de taille :

• D’une part, pour contrôler l’île, peuplée par une population grecque et orthodoxe qui s’est déjà révoltée contre les Templiers en 1191, il faut y installer des troupes et des chevaliers, ce qui aggrave le dépeuplement de la Palestine.
• D’autre part, les barons possessionnés à Chypre seront de plus en plus réticents à intervenir militairement en Palestine. Ils préféreront jouir de leurs domaines chypriotes plutôt que de passer leur temps à défendre leurs domaines syriens. En 1273, une grande partie de la noblesse chypriote refusera même de suivre le roi Hugues III de Chypre (63), affirmant que le service militaire n’est dû au roi qu’à l’intérieur du royaume.







Un certain nombre de chevaliers germaniques qui restent en Terre Sainte après  la croisade rejoignent une fraction de l’Ordre de Saint-Jean déjà composée de chevaliers germaniques. Cette fraction devient alors si importante au sein de l’ordre qu’elle s’en sépare pour former l’Ordre Teutonique. Appelé par Conrad de Mazovie (64), les chevaliers teutoniques quittent progressivement la Terre Sainte pour rejoindre les abords de la mer Baltique et évangéliser les pays baltes au cours des croisades baltes.




(1)  Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (en allemand : Friedrich I., Barbarossa, 1122 – 10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi des Romains, roi d'Italie, duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen1 ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.
Second mariage avec Béatrice Ire de Bourgogne :
• Rainald ou Renaud (* 1161 † 1164), enterré à Lorsch
• Béatrice (* 1162, † début 1174 ou 1179), enterrée à Lorsch
• Guillaume (* 1163 † 1164), enterré à Lorsch
• Frédéric V de Souabe (* 16 juillet 1164 à Pavie; † 28 novembre 1169/1170), duc de Souabe, enterré à Lorsch
• Henri VI (* 1165; † 1197), empereur germanique, roi de Sicile, ∞Constance de Sicile (* 1154; † 1198), fille du roi Roger II. Il est le père de l'empereur germanique Frédéric II.
• Conrad (* 1167; † 1191) dit Frédéric VI de Souabe, duc de Souabe
• Agnès (* octobre/novembre 1168 ou 1174 ; † 8 octobre 1184), enterrée à la cathédrale de Spire
• Conrad II de Souabe (* 1169 † 1196), duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (* 1171 † 1200), comte palatin de Bourgogne, ∞ Marguerite de Blois († 1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
• Sophie (* 1175 † ? ), ∞ Guillaume, marquis de Montferrat
• Philippe Ier de Souabe (* 1177 † 1208), duc de Souabe, roi de Germanie / roi des Romains, ∞ 1197 Marie de Byzance (* 1181; † 1208), fille de l'empereur Isaac II Ange.



(2) Philippe II dit « Philippe Auguste », né le 21 août 1165 àParis et mort à Mantes le 14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne.




Le surnom d'« Auguste » lui fut donné par le moine Rigord après que Philippe II eut ajouté au domaine royal en juillet1185 (Traité de Boves) les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois et également parce qu'il était né au mois d'août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu'il a accru considérablement le domaine.

Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton le nomme « Philippe le Magnanime » dans sa chronique La Philippide rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord que Philippe II lui avait demandé d'expurger, la jugeant moins laudatrice qu'il le souhaitait.

Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.

Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de 1204, Rex Franciæ, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs6. Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (Philippe roi des Francs - ou des Français), à la différence par exemple de Richardus rex Angliæ (Richard roi d'Angleterre), mais comme Henri roi des Romains.

• Avec Isabelle de Hainaut, comtesse d'Artois (1170-1190, mariage en 1180), fille de Baudouin V de Hainaut :

• 1- Louis VIII (1187-1226), et postérité ;
• 2- et 3- des jumeaux (nés et morts en 1190).

• Avec Ingeburge de Danemark (1176-1238, mariage en 1193), fille de Waldemar Ier, roi de Danemark (1157-1182), sœur de Knut VI, roi de Danemark (1182-1202). Répudiée en 1193, rétablie officiellement en 1200 (dans les faits, elle ne retrouve jamais sa place conjugale), sans postérité ;

• Avec Agnès de Méranie (v.1172-1201, mariage en 1196), fille de Berthold IV de Méranie, donne naissance à trois enfants naturels, dont les deux survivants sont néanmoins reconnus héritiers légitimes de Philippe Auguste par le pape Innocent III :


• 4- Marie (v. 1198-1224), qui épousa en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis se remaria en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v.1165-1235), et postérité ;
• 5- Philippe Hurepel (1200-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216Mathilde de Dammartin (v.1202-1259), d'où deux enfants : Jeanne et Albéric ;
• 6- Jean-Tristan (mort-né en 1201) ;
• Avec « une certaine dame d'Arras » :
• 7- Pierre Charlot (1205-1249), évêque de Noyon.


(3)  Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion(8 septembre 1157, palais de Beaumont à Oxford –6 avril 1199, château de Châlus Chabrol) fut roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d'Anjou de 1189 à sa mort en 1199. Il fut aussi mécène de troubadours et auteur de poèmes.

Fils d’Henri II d'Angleterre et d’Aliénor d'Aquitaine, Richard est élevé dans le duché d'Aquitaine à la cour de sa mère, ce qui lui vaut dans sa jeunesse le surnom de Poitevin. Il devient comte de Poitiers à l'âge de onze ans et duc d’Aquitaine lors de son couronnement à Limoges. Après la mort subite de son frère aîné le roi Henri le Jeune en 1183, il devient héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, de la Normandie et du Maine.

Pendant son règne, qui dure dix ans, il ne séjourne que quelques mois dans le royaume d’Angleterre et n'apprend jamais l'anglais. Il utilise toutes ses ressources pour partir à la troisième croisade, puis pour défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il a prêté allégeance au roi Philippe, constituent la plus grande partie de son héritage Plantagenêt.

Les Anglais l’appellent Richard Ier, les Français Richard Cœur de Lion, dans les régions occitanes, il est surnommé Oc e No, et les Sarrasins, Melek-Ric ou Malek al-Inkitar (roi d'Angleterre).

En son temps, il est considéré comme un héros, et souvent décrit comme tel dans la littérature. Il est aussi un poète et un écrivain célèbre à son époque, notamment pour ses compositions en occitan, sa langue maternelle.

Richard naît probablement au palais de Beaumont en Angleterre. Troisième fils d’Henri II d’Angleterre (l’aîné, appelé Guillaume, né en 1153, est mort à l’âge de trois ans) et d'Aliénor d'Aquitaine, Richard n’est pas destiné à succéder à son père. Il est cependant le fils préféré de sa mère (qui avait eu deux filles de son premier époux, le roi Louis VII de France) et, lorsque ses parents se séparent, il devient son héritier à la couronne d’Aquitaine en 1168, puis au titre de comte de Poitiers.

Il épousa Bérangère de Navarre et ils eurent un fils Arthur Ier de Bretagne (11891199)


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MessageSujet: Re: TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)    Ven 8 Avr - 21:15

(4) Un pèlerinage (du latin peregrinus, « étranger ») est un voyage effectué par un croyant, le pèlerin, vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion.
Le déplacement des hommes et des femmes, généralement à pied, vers des lieux où ils entrent en contact avec le sacré est une pratique qui apparaît dans de très nombreuses cultures jusqu'à nos jours, et est constaté dès Stonehenge en 2400 av. J.-C. Le pèlerinage est un phénomène quasi universel de l'anthropologie religieuse. Le pèlerin rencontre le surnaturel en un lieu précis où il participe à une réalité autre que la réalité profane.




(5) Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil (vers 1117/8 -15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddîn " lumière de la religion " (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la Contre-Croisade du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu'en Égypte et prône pour cela l'unification des musulmans.

Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.
Une double nuance se trouve dans la signification étymologique de la titulature de Nûr al-Dîn, elle exprime à la fois le feu (nâr) dirigé contre les Infidèles ainsi que lumière (nûr) de la religion (dîn) selon le jeu de mots d'un thuriféraire de l'époque qui place Nûr al-Dîn au centre de la propagande qui permit de revivifier le concept de jihâd.




(6) Baudouin IV de Jérusalem (1161 - 16 mars 1185), dit le Lépreux, est le fils d'Amaury Ier de Jérusalem issu de sa première union avec Agnès de Courtenay, et fut roi de Jérusalem de 1174 à 11851. Sa sœur, la reine Sibylle de Jérusalem était la mère de son neveu, son héritier le roi-infant Baudouin V. Il avait une demi-sœur à l'issue du second mariage de son père avec Marie Comnène, la reine Isabelle Ire de Jérusalem.




(7) Guy de Lusignan (1159-1194), est un comte de Jaffa et d’Ascalon de 1180 à 1186, roi de Jérusalem de 1186 à 1192, etroi à Chypre de 1192 à 1194. Il est fils d’ Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.

Cadet sans fortune, les intrigues de son frère Amaury lui font épouser la princesse Sibylle de Jérusalem, héritière du royaume de Jérusalem. Il montre rapidement ses limites à assurer le gouvernement et l'avenir du royaume, aussi son beau-frère Baudouin le Lépreux l'écarte de la succession et désigne son neveu Baudouin V pour lui succéder. Mais la mort de ce dernier amène Guy de Lusignan et Sibylle au pouvoir. Moins d'un an plus tard, ses maladresses ont apporté le désastre aux croisés, sous la forme de la défaite de Hattin, et Saladin conquiert la plus grande partie du royaume. Seul Conrad de Montferrat le tient en échec devant la ville de Tyr. Guy libéré, la rivalité éclate entre Guy et Conrad, et finit par aboutir à un compromis, où Conrad devient roi de Jérusalem et Guy reçoit l'île de Chypre de Richard Cœur de Lion.

Il épouse en avril 1180 la princesse Sibylle de Jérusalem (1159 † 1190), fille d’Amaury Ier, roi de Jérusalem et d’Agnès de Courtenay. De ce mariage sont nés :
• Alice de Lusignan († 1190)
• Marie de Lusignan († 1190).
• deux autres enfants.




(08) Renaud de Châtillon, né vers 1120, mort en 1187 à Hattin, prince consort d'Antioche (1153-1163), puis seigneur consort d'Outre-Jourdain et seigneur d'Hébron.

Certaines sources font de Renaud de Châtillon le fils d'HenriIer, seigneur de Châtillon et d'Ermengarde de Montjay mais, d'après Jean Richard, il aurait été fils d'Hervé II de Donzy, qui était seigneur de Gien, Châtillon (Châtillon-sur-Loing, actuellement Châtillon-Coligny) et Donzy.

De son premier mariage (1153) avec Constance d'Antioche (1127 † 1163), il eut :
• Agnès d'Antioche († 1184), mariée à Béla III, roi de Hongrie
De son second mariage (1177) avec Étiennette de Milly, dame d'Outre-Jourdain, il eut :
• Alix de Châtillon († 1235), mariée à Azzo VI d'Este




(9) La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.








(10) Balian d'Ibelin (vers 1142-3 – 1193), est un croisé influent du Royaume de Jérusalem, membre de la maison d'Ibelin. Il est connu pour avoir assuré la défense de Jérusalem en1187 et participé à la troisième croisade.

Le nom de Balian vient d'une déformation du nom de Barisan par la prononciation en français du XIIe siècle. Balian d'Ibelin est parfois appelé Balian le jeune (du vivant de son père) ; Balian de Rama, mais ce sont ses frères, puis l'un de ses neveux qui sont seigneurs de Ramla ; ou Balian de Naplouse.

L'origine du prénom Balian est donc de style médiéval. C'est un prénom masculin d'étymologie latine qui serait d'après toute vraisemblance parenté à l'ancien français vaillant qui signifie valeureux ou robuste.

Balian d'Ibelin épouse en 1177 Marie Comnène (1154-1217), nièce de l'empereur byzantin Manuel IerComnène, veuve d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et a :

• Jean d'Ibelin (mort en 1236), seigneur de Beyrouth et d'Arsur, connétable et bailli du royaume de Jérusalem, et bailli de Chypre.
• Philippe d'Ibelin (mort en 1227), régent du royaume de Chypre
• Helvis d'Ibelin (morte en 1216), mariée à Renaud de Grenier, comte de Sidon, puis à Guy de Montfort, seigneur de Castres
• Marguerite d'Ibelin, mariée à Hugues II de Saint-Omer († 1204), prince titulaire de Galilée, puis àGautier III de Brisebarre († 1229), seigneur de Césarée.




(11) Conrad de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici), né vers 1145/47 et assassiné le 28 avril 1192, est seigneur de Tyr de 1187 à 1192, marquis de Montferrat de 1190 à 1192 et roi de Jérusalem en 1192, fils de Guillaume V, marquis de Montferrat et de Judith de Babenberg.





Il est cousin de Louis VII de France et de l'empereur Frédéric Barberousse, et issu d’une famille de croisés. Son frère aîné Guillaume était venu en Terre sainte en 1176 avait épousé Sibylle de Jérusalem, mais était mort peu après. Leur père, le marquis Guillaume V, qui avait déjà combattu en Terre Sainte en 1147 s’y rend de nouveau en 1185, lorsque son petit-fils Baudouin V en devient roi, et y reste quelque temps, puisqu’il y est toujours lors de la bataille de Hattin où il est capturé par Saladin.

Sa première épouse n’est pas connue. En 1186, le chroniqueur byzantin Niketas Choniates mentionne que Conrad était veuf depuis peu de temps, sans nommer l’épouse morte. Une allusion du chroniqueur Ralph de Coggeshall dans son récit mentionnant l’arrestation de Richard Cœur de Lion lors de son retour de croisade laisse supposer que cette première épouse est parente de Meinhard II de Görtz.

Il se remarie ensuite au début de l’année 1187 avec Theodora, sœur de l’empereur Isaac II Ange.

On ne sait ni quand ni sous quel prétexte ce mariage est annulé, mais il le fut, car Théodora est encore vivante en 1195 et Conrad épouse en troisièmes noces le 24 novembre 1190 Isabelle (1172-1206),reine de Jérusalem que les barons du royaume ont contraint à se séparer d’Onfroy IV de Toron. De ce mariage est née :
• Marie (1192-1212), reine de Jérusalem, mariée à Jean de Brienne († 1237)
Une de ses épouses est une protagoniste du Le Décaméron (Journée I, 5).




(12) Le comté de Tripoli était l'un des États latins d'Orient fondés à la faveur de la première croisade. Il était situé sur le territoire de l'actuel Liban - au centre de la carte ci-contre et subsista de 1102 à 1258.




(13) La principauté d’Antioche, dont le territoire est en Turquie et en Syrie, était l'un des États latins d'Orient constitué lors des croisades (1098-1268).




(14) Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle compte 213 296 habitants, les Antiochiens.
Elle est située au bord du fleuve Oronte.
Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[…]

La cité est détruite en grande partie par un terrible tremblement de terre en526, lequel aurait fait plus de 250 000 victimes, puis prise et pillée de nouveau par les Perses en 540 qui déportent une grande partie de sa population dans les environs d'Ecbatane. La ville est reconstruite parJustinien qui élève une nouvelle muraille, sur une superficie plus réduite, et la refonde sous le nom de Théoupolis (Cité de Dieu).

Reprise par les Perses Sassanides en 614, puis par Héraclius, elle est enlevée par les Arabes en 638 sous le califat d'Omar. Antioche redevient byzantine en 966 lors de la reconquête de Nicéphore Phocas. Un siècle plus tard, en 1084, les Turcs seldjoukides s'en emparent.

La ville est conquise par les croisés le 2 juin 1098 après un siège de 8 mois. Ils en font la capitale d'une principauté au profit de Bohémond Ier de Tarente, fils aîné de Robert Guiscard. Cette principauté décline assez rapidement et se limite aux faubourgs d'Antioche. La ville est reprise par le sultanmamelouk Baybars en 1268. Sa chute annonce la fin de la domination chrétienne en Syrie.




(15) Tripoli est, de par son importance démographique et économique, la deuxième ville du Liban. Sa population est estimée à 190 000 habitants environ. Chef-lieu du gouvernorat du Liban-Nord et du district de Tripoli, la ville constitue également le noyau d'une Fédération de municipalités, créée en 1982 et nommée Tripoli al-Fayha'a (Tripoli l'oasis), qui l'associe aux communes d'El-Mina et de Beddawi.

Tripoli se situe à 85 kilomètres au nord de Beyrouth. Sa population est à 80 % de confession sunnite et minoritairement alaouite, grecque orthodoxe et maronite.

Le nom de la cité proviendrait du grec Tripolis. Elle aurait été nommée ainsi du fait de sa séparation en trois parties distinctes par les commerçants venant de Tyr, Sidon et Aradis.

À partir de 1070, Tripoli est sous la domination des Banû ’Ammâr, qui se sont rendus indépendants des califes fatimides d'Égypte. En 1102, lors de la première croisade, la ville fut assiégée par Raymond IV de Toulouse et défendue par le qâdî Fakhr al-Mulk. Le siège dura près de 10 ans, infligeant de lourds dégâts à la ville, qui tomba aux mains des croisés en 1109. Elle fut ensuite, durant le temps des croisades, la capitale du comté de Tripoli, l'un des principaux États francs du Levant. En 1289, les mamelouks, emmenés par le sultan Qala'ûn, conquirent la ville. Le commerce était un des atouts de la ville, les principaux flux monétaires se faisaient entre les grandes familles de la région du levant via la Banque Raffoul. Actuellement le port garde son ampleur mais le flux s'est concentré sur la capitale Beyrouth.




(16) Tyr est une ville du Sud du Liban. C'est le chef-lieu du Caza de Tyr dans la Mouhafazah du Sud-Liban.




(17) Le Krak des Chevaliers, ou Krak de l'Hospital — le terme « krak » dérive du syriaque karak signifiant « forteresse » —,Qal`at al-Hosn1 (La forteresse imprenable) ou Hisn al-Akrād2(forteresse des Kurdes) est un château fort datant de l'époque des croisades. Il est situé dans l'ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les chevaliers de l'Hôpital (ou Hospitaliers) gérèrent le fort de1142 à 1271, date de sa conquête par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (Baybars Ier), sultan des Mamelouks. Cette conquête mit fin à 129 ans d'invincibilité du fort.


Cour supérieure et intérieure


Dominant d'environ 500 mètres la plaine d'El-Bukeia, le Krak des Chevaliers fait partie d'un réseau défensif qui parcourt les frontières des anciens États latins d'Orient et contrôle la trouée d'Homs, point stratégique au carrefour des routes reliant Homs, à l'est, à la ville côtière de Tortose, à l'ouest, et Antioche, au nord, à Tripoli puis Beyrouth, au sud. C'est l'un des châteaux croisés les plus prestigieux et les mieux conservés.




(18) La forteresse de Qalaat Marqab était connue des Croisés sous le nom de (le) Margat. Elle est située à quelques kilomètres au sud du port de Baniyas sur la côte syrienne.


La cour et le puits. On peut remarquer des
reconstructions ottomanes en calcaire blanc posées
sur les soubassements en basalte.



Un premier château a été construit à 1062 par un seigneur musulman local. Les musulmans contrôlent la forteresse pendant la première croisade malgré l’existence de la principauté d'Antioche.
En 1104, les Byzantins prennent le Margat.
En 1109, Tancrède de Hauteville enlève Baniyas puis Gibel (Jabla) et remet cette dernière à Renaud Ier Masoier. C’est Renaud II Masoier qui s’empare de Margat et se charge de son entretien jusqu’en 1185. La forteresse s'avère trop grande pour la famille Masoier.

En 1188, elle est vendue aux Hospitaliers qui en font leur quartier général en Syrie. Saladin en fait le siège puis renonce. Il pense la forteresse imprenable. Le Marqab est un des rares territoires restants sous le contrôle des Croisés après les conquêtes de Saladin.

En 1203 et jusqu’en 1205, les Hospitaliers lancent plusieurs expéditions contre Hama et Homs. Le sultan d'Alep, Malik Zahir Gazi, envoie une armée qui détruit les tours d'enceinte de Margat mais il se retire quand son général est tué d'une flèche.

Au début du XIIIe siècle, Margat est à l'apogée de sa puissance militaire. Les Hospitaliers ont une garnison de mille personnes et des vivres pour cinq années. L'évêque de Valénie (Banyas) y transporte sa résidence.

En 1269 et 1270, Margat repousse les assauts de Baybars. En 1271, le Krak est pris mais les Hospitaliers gardent solidement la côte. En 1281, Margat est assiégé par une armée de 7000 hommes. Les Hospitaliers ne sont que 220 chevaliers et 200 fantassins. Après une sortie au cours de laquelle ils ne perdent qu'un seul chevalier et 12 sergents, ils mettent les musulmans en fuite.
En avril 1285, presque un siècle après la tentative de Saladin, le sultan Mamelouk bahrite d’Égypte Qala'ûn prend la forteresse après un travail de sape qui a fait s’effondrer une partie des remparts. Les Mamelouks laissent les Hospitaliers partir en emportant tout ce qu’ils peuvent. Les Hospitaliers se replient à Tartous puis à Arouad d'où ils partiront vers Chypre. Les ottomans n'ont pas détruit la forteresse. Ils en font une garnison.




(19) Le siège de Jérusalem par l’armée de Saladin eut lieu du 20 septembre au 2 octobre 1187, et se termina par la reprise de Jérusalem aux croisés, la chute presque totale du royaume de Jérusalem. Ce fut, malgré le rétablissement officialisé du droit de passage des pèlerinages chrétiens (objet principal de la première croisade), une cause de la troisième croisade.




(20) Guillaume II de Sicile, aussi nommé Guillaume le Bon (né en 1154 à Palerme et mort le 18 novembre 1189 dans la même ville), est le fils de Guillaume le Mauvais, de la dynastie des Hauteville, et de Marguerite de Navarre. Roi de Sicile de 1166 à 1189, Guillaume II est surnommé « le Bon » en raison de sa politique de clémence et de justice envers les communes et les barons de Sicile, en opposition avec le règne de son père.

En 1177, Guillaume épouse la princesse Jeanne d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, alors âgée de onze ans. De cette union est né Bohémond de Sicile.
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MessageSujet: Re: TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)    Ven 8 Avr - 21:19

(21) Tancrède de Lecce, né vers 1138 et mort le 20 février 1194 à Palerme, est un roi normand de Sicile.

Tancrède est le fils bâtard du prince Roger de Hauteville, duc d'Apulie, fils aîné du roi Roger II de Sicile, et d'Emma, fille du comte Achard II de Lecce ; il héritera de ce grand-père (en1149) du comté de Lecce (en Apulie), d'où son nom deTancrède de Lecce. Banni un moment du royaume siculo-normand sous le règne houleux du roi Guillaume le Mauvais, il vit à Byzance avec d'autres exilés du royaume.

Il épousa Sybille de Medania et eurent 5 enfants :
• Roger de Sicile
• Guillaume de Sicile
• Marie Albine de Lecce
• Valdrade de Hauteville




(22)  Henri VI, dit « le Sévère » ou « le Cruel », est né en novembre1165 à Nimègue et mort le 28 septembre 1197 près de Messine. Roi de Germanie dès 1169, il est sacré empereur en1191, succédant à son père Frédéric Barberousse. Il est également roi de Sicile de 1194 à sa mort.

Fils aîné de l'empereur Frédéric Barberousse et de Béatrice de Bourgogne, Henri est sacré roi de Germanie le 15 août 1169à Aix-la-Chapelle. Il se marie le 27 janvier 1186 à Milan avecConstance de Hauteville, la fille posthume du roi de SicileRoger II. Ce mariage permet la réconciliation de l'empereur et du successeur de Roger, le roi Guillaume II.

Il épouse Constance de Hauteville et ont un fils le futur Frédéric II.




(23) Grégoire VIII (Alberto di Morra) est un prélat italien qui naquit à Benevento et devint cardinal de Saint-Laurent en Lucina, pape du 21 octobre 1187 au 17 décembre 1187, date de sa mort. Il est appelé « Ensis Laurentii » dans la prophétie de saint Malachie.
Avant de devenir pape, il fut chanoine régulier de l'abbaye Saint-Martin de Laon. Devenu pape en octobre 1187, il leva l'excommunication du roi Henri II d'Angleterre qui avait fait assassiner Thomas Becket.

Il émit peu de temps après son accession à la papauté la bulle Audita tremendi qui appelait à la troisième croisade contre les musulmans menés par Saladin, qui venait de conquérir Jérusalem. Il mourut avant de voir le début de celle-ci.




(24) Henri II (5 mars 1133 - 6 juillet 1189)n 1 fut comte d'Anjou et duMaine, duc de Normandie et d'Aquitaine et roi d'Angleterre.

Fils de Geoffroy V d'Anjou et de Mathilde l'Emperesse, fille du roi Henri d'Angleterre, il participa aux efforts de sa mère pour reprendre le trône d'Angleterre occupé par Étienne de Blois, cousin de sa mère et neveu de son grand-père Henri Ier. Faitduc de Normandie à 17 ans, il hérita du comté d'Anjou en 1151 et épousa peu après la duchesse Aliénor d'Aquitaine, dont le mariage avec le roi Louis VII de France avait récemment étéannulé par le second concile de Beaugency. Après l'expédition d'Henri en Angleterre en 1153, le roi Étienne signa le traité de Wallingford par lequel il acceptait comme héritier Henri. Ce dernier monta sur le trône un an plus tard.

Henri II se révéla un souverain énergique et parfois brutal qui chercha à récupérer les terres et les privilèges de son grand-père, Henri. Au début de son règne, il restaura l'administration royale dévastée par la guerre civile et rétablit l'autorité de laCouronne sur le pays de Galles et ses possessions continentales. Sa volonté d'accroître le contrôle royal de l'Église lui valut l'opposition de son ami Thomas Becket, l'archevêque de Cantorbéry, et la dispute qui dura une grande partie des années 1160 se solda par l'assassinat de l'ecclésiastique en 1170. Sur le continent, Henri II entra en conflit avec Louis VII et les deux souverains s'affrontèrent dans ce qui a été qualifié de « guerre froide » pendant plusieurs décennies. Henri II agrandit ses possessions continentales souvent aux dépens du roi de France et en 1172, il contrôlait l'Angleterre, une grande partie du pays de Galles, la moitié orientale de l'Irlande et la moitié occidentale de la France ; ces territoires ont été qualifiés d'« Empire Plantagenêt » par les historiens.

Henri II et Aliénor eurent huit enfants et cela provoqua de fortes tensions sur la succession et le partage de l'Empire, des frictions encouragées par Louis VII et son fils Philippe-Auguste. En 1173, le fils aîné d'Henri II, Henri le Jeune organisa un soulèvement pour protester contre sa mise à l'écart du gouvernement et il fut rejoint par sa mère et ses frères Richard et Geoffroy ainsi que par les comtes de Flandre et de Boulogne. Cette grande Révolte fut écrasée mais la réconciliation ne dura pas longtemps et Henri le Jeune mourut après une nouvelle révolte en 1183. L'invasion de l'Irlande permit à Henri II d'offrir des terres à son fils cadet Jean mais le roi avait du mal à satisfaire les désirs de pouvoir de tous ses fils. Philippe II parvint à convaincre Richard qu'il risquait d'être évincé de la succession au profit de Jean et il se révolta en 1189. Henri II fut vaincu et il mourut peu après au château de Chinon d'une hémorragie digestive provoquée par un ulcère.

L'Empire Plantagenêt s'effondra rapidement sous le règne de Jean dans les premières années du XIIIe siècle mais les réformes d'Henri II eurent un impact durable notamment dans le domaine juridique et la définition du droit anglais. Les historiens du XVIIIe siècle considéraient qu'il avait largement contribué à la création d'une monarchie anglaise et finalement, d'une Grande-Bretagne unifiée. L'expansion de l'Empire britannique durant l'époque victorienne entraîna un regain d'intérêt pour sa création de l'Empire Plantagenêt même si le traitement infligé par le roi à ses fils et à Becket a fait l'objet de débats.

Henri est né au Mans le 5 mars 1133 ; il était le premier fils du comte Geoffroy V d'Anjou et de Mathilde l'Emperesse ainsi nommée en raison de sa première union avec l'empereur Henri V. Le comté d'Anjou avait été créé au Xe siècle et les souverains Plantagenêt avaient étendu leurs possessions via des mariages et des alliances. En théorie, le comte était le vassal du roi de France mais l'influence royale s'affaiblit au XIe siècle et le comté disposait d'une large autonomie.

Il est l’époux d’Aliénor d’Aquitaine, de leur union sont nés :

• Guillaume, (17 août 1153 – avril 1156)
• Henri le Jeune, (28 février 1155 – 11 juin 1183), épouse Marguerite de France en 1172 ; aucun enfant
• Mathilde, (août 1153 – 28 juin 1189), épouse Henri XII de Bavière en 1168 ; cinq enfants
• Richard Ier (8 septembre 1157 – 6 avril 1199), épouse Bérangère de Navarre en 1191 ; aucun enfant
• Geoffroy (23 septembre 1158 – 19 août 1186), épouse Constance de Bretagne en 1181 ; trois enfants
• Aliénor (13 octobre 1162 -  31 octobre 1214) ; épouse Alphonse VIII de Castille ; douze enfants
• Jeanne (octobre 1165 -  4 septembre 1199) ;
a) épouse Guillaume II de Sicile en 1177 ; un enfant
b) épouse Raymond VI de Toulouse en 1196 ; deux enfants
• Jean  (24 décembre 1166 -  19 octobre 1216),
a) épouse Isabelle de Gloucester en 1189 ; aucun enfant
b) épouse Isabelle d’Angoulême en 1200 ; cinq enfants dont le roi Henri III




(25)  La dîme saladine est un impôt institué en 1188 par Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste pour financer la troisième croisade contre le chef musulman Saladin. C'est le premier impôt véritable créé pour les croisades. Il porte sur les biens meubles et les revenus. Philippe Auguste cherche à le maintenir à son retour des croisades.

Toute la population était imposée sauf ceux qui partaient se battre. Ceux qui restaient en Europe et qui ne payaient pas l'impôt étaient punis de l'excommunication. Le clergé racheta sa part en versant 5 000 marcs d'argent.




(26) Isaac II Ange (né en septembre 1156, mort en janvier 1204) est un empereur byzantin (1185-1195 et 1203-1204), fils d’Andronic Ange et d’Euphrosyne Kastamonides. C’est un arrière-petit-fils d’Alexis Ier Comnène.




(27) Le royaume de Sicile, également appelé royaume normand de Sicile, est créé en 1130 par Roger II sur l'île de Sicile, la Calabre, les Pouilles, et Naples. Ce royaume traverse plusieurs phases marquées par les dominations successives des Normands, des Souabes(autre nom pour la dynastie des Hohenstaufen, descendants de Frédéric de Souabe), des Angevins et des Aragonais.




(28)  La bataille de Myriokephalon (ou Myriocephalum) est une bataille entre l'empire byzantin et les Turcsseldjoukides en Phrygie le 17 septembre 1176.





(29)  `Izz ad-Dîn al-Malik al-Mu`zim Qilij Arslân ben Mas`ûd, II. İzzeddin Kılıç Arslan ou Kılıç Arslân IIest un sultan seldjoukide de Rum. Il succède à son père Mas`ûd Ier en 1156.

Mas`ûd Ier meurt vers 11562. Il a eu sept enfants dont cinq fils. L'aîné est mort avant lui. Le second Kılıç Arslan lui succède. Le troisième est assassiné peu après l'accession au trône de Kılıç Arslan.

Kılıç Arslan règne à Konya d'où il poursuit la guerre contre les Croisés, les l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène et le roi danichmendide de Sivas Nizâm ad-Dîn Yaghi Basan et aussi contre son frère Chahanchah, quatrième fils de Mas`ûd qui s'est allié aux Danichmendides.




(30)  Le sultanat de Roum ou sultanat d'Iconium est un sultanat seldjoukide établi de 1077 à 1307 en Anatolie à la suite de la bataille de Mantzikert.




(31) Konya est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom.

Elle est traditionnellement connue pour ses tapis à motifs de maisons (en frise) et ses etliekmek.

Elle abrite dans la mosquée d'Ala'ad Dîn le mausolée dynastique où sont enterrés huit sultans du sultanat d'Iconium, ainsi que le mausolée de Jalâl ud Dîn Rûmî, appelé couramment Mevlana, un mystique persan soufi, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs.

Konya est l'ancienne Iconium de l'Antiquité, capitale de la Lycaonie. Remontant à un site de l'âge du cuivre daté d'environ - 3 000, elle fut dominée successivement par leHatti, les peuples de la mer, la Phrygie, les Galates, les Cimmériens, les Perses, le royaume de Pergame. Elle fut évangélisée par l'apôtre Paul entre 45 et 49, et est le lieu de naissance de sainte Thècle d'Iconium.

Elle devint, à la suite de la bataille de Manzikert, capitale de 1074 à 1294 du sultanat seldjoukide d'Iconium et demeura après le démembrement de cet empire celle de l'émirat karamanide.

Bajazet Ier l'annexa à l'empire ottoman en 1392. Elle fut longtemps la résidence de Djem ou Zizim.

Ibrahim, fils de Méhémet Ali, pacha d'Égypte, y remporta, le 21 décembre 1832, une grande victoire sur les troupes du sultan Mahmoud II (voir Bataille de Konya).

Elle est le lieu de naissance du 1er ministre de la Turquie Ahmet Davutoğlu.





(32) Léon II ou Levon II, dit « le Grand » (v. 1150, † 1219), est un prince des Montagnes roupénide ayant régné de 1187 à 1199, avant d'être sacré roi d'Arménie1 en 1199. Il est un fils de Stéphane, prince roupénide, et de Rita de Barberon, et le frère et successeur de Roupen III. Ses grands-pères étaient Léon Ier, prince des Montagnes, et Smbat, seigneur héthoumide de Barbaron.

Il a épousé le 3 février 1188 en premières noces une Isabelle, dont on ne connaît pas grand-chose, mis à part qu'elle était nièce de Sibylle, la troisième femme du prince Bohémond III d'Antioche. Les époux se séparent en 12062, mais une fille était née entre temps :
• Rita (après 1195, † 1220), mariée en avril 1214 à Jean de Brienne († 1237).
En secondes noces, il épouse le 28 janvier 1210 Sibylle (1199, † après 1225), fille d'Amaury II, roi de Chypre, et d'Isabelle Ire, reine de Jérusalem. De ce mariage naît :
• Isabelle (1216, † 1252), reine d'Arménie, mariée en 1221 à Philippe d'Antioche († 1225), puis en 1226 à Héthoum Ier de Barbaron (1215 † 1270).




(33) Bagras ou Baghras est le nom d'une ville et d'un château en Turquie dans les monts Amanus.

La forteresse, connue sous le nom de Gastun (ou Gaston,Guascon, Gastim), offrait une base pour une force chargée de couvrir les portes syriennes, les passes (col de Belen) entre Iskenderun et Antioche. Elle a été bâtie sur deux niveaux autour d'une petite colline, ses fortifications ressemblant aux constructions arméniennes de l'époque. L'eau était fournie par des aqueducs.

Elle fut construite autour de 1153 par les templiers et occupée par ces derniers ou par la   ce que Baghras fût forcée de capituler devant Saladin le 26 août 1189. La forteresse fut reprise par les troupes du roi Léon II d'Arménie en 1191, ce qui créa un contentieux important avec les templiers, le roi refusant de leur restituer la forteresse. Après une longue négociation, Baghras revint finalement aux templiers en 1216. Elle continua de leur servir comme quartiers généraux du nord, et fut le point de départ de l'expédition désastreuse conclue par une défaite à Darbsâk en 1236. Si on se réfère aux chroniques arméniennes, la forteresse résista à un siège des forces d'Alep à la même époque. Après la prise d'Antioche par le sultan Baybarsen 1268, la garnison perdit toute motivation, et un des frères déserta pour lui présenter les clés de la forteresse. Les défenseurs qui restaient dans la place décidèrent alors de détruire ce qu'ils pouvaient avant de finalement livrer le château. Malgré la perte de ce dernier, Héthoum II et Léon IV, rois d'Arménie, battirent un raid mamelouk dans ses environs en 1305.




(34)  Frédéric V de la maison des Hohenstaufen ( né le 16 juillet 1164 à Pavie - † 28 novembre 1170), était duc de Souabe de 1167 jusqu'à sa mort en 1170. Il était le plus âgé des fils survivants de Frédéric Barberousse et de Béatrice Ire.




(35)  Bohémond III dit le bègue, né entre 1142 et 1149, mort en 1201, prince d'Antioche (1163-1201), fils de Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, et de Constance d'Antioche.

Il succède à sa mère en 1163, son beau-père Renaud de Châtillon étant prisonnier à Alep depuis trois ans et devant le rester encore seize ans. Au cours d'un engagement contreNur ad-Din, il fut lui-même fait prisonnier, mais fut libéré l'année suivante, sur une intervention diplomatique de l'empereur Manuel Ier Comnène. Bohémond fit une visite de reconnaissance à Byzance (1165) et, au cours des entrevues avec Manuel Ier, accepta de recevoir à Antioche un patriarche grec, qui fut Athanase II. Mécontent, le patriarche latin Aymeri de Limoges quitta la ville en jetant l'interdit sur la ville. Ce n'est qu'à la mort d'Athanase (1170) qu'il reviendra dans la ville.
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MessageSujet: Re: TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)    Ven 8 Avr - 21:32

(36)  Isaac Doukas Comnène, né vers 1155 et mort empoisonné vers 1195, est l'arrière-petit-fils de Jean II Comnène et est empereur usurpateur de Chypre de 1184 à 1191.

Isaac Doukas Comnène se rebelle contre le règne tyrannique d'Andronic Ier Comnène et il prend le pouvoir à Chypre, où sa réputation est aussi mauvaise que celle d'Andronic. Alors que le gouvernement byzantin est incapable de le combattre, Richard Cœur de Lion y parvient grâce à laTroisième croisade. Isaac fait piller un des navires de Richard, et comme il refuse de le dédommager, Richard envahit l'île en 1191 et le dépose.




(37)  Robert IV de Sablé, seigneur de Sablé, un des principaux barons du Maine, alors sous domination anglaise, est le onzième maître de l'Ordre du Temple qu'il a dirigé de 1191 à sa mort en 1193. Il a combattu au côté de Richard Cœur-de-Lion pendant la troisième croisade. Il a aussi laissé une œuvre poétique.

Robert IV était le fils de Robert III de Sablé et de Emma ou Hersende.

En 1174, Robert IV de Sablé épousa Clémence de Mayenne, fille de Geoffroy III de Mayenne et d'Isabelle de Meulan, née vers 1160. Juhel III de Mayenne, son frère, lui donna pour dot la seigneurie d'Angon dans le Cotentin, près de Coutances. Elle paraît plusieurs fois dans les actes de son mari, mais n'est pas connue plus tard que 1189. Elle ne figure pas à côté de sa belle-mère Emma ou Hersende dans sa dernière charte, quand il partit pour la croisade en 1190. Il était certainement veuf lorsqu'il entra dans l'ordre du Temple.

Robert eut de ce mariage :
1. Geoffroi, dit Geoffroy de Cornillé, du nom d'une seigneurie angevine, en la Boissière-Saint-Florent, dont Robert le Bourguignon avait donné le domaine au Ronceray, et que Geoffroi, dernier du nom, attribua pour la part qui lui restait à l'abbaye du Perray-Neuf en 1190. Il fit encore un don à l'abbaye du Perray, en Écouflant, au mois d'août 1200 ;
2. Marguerite, dite Marguerite de Sablé, (1175-1238), femme de Guillaume des Roches ;
3. Philippe, femme de Geoffroi Marteau. « Messire Robert de Sablueuil eut deux filles, lit-on dans une enquête du XIVe siècle sur l'usage des comtés d'Anjou, de Touraine et du Maine ; desquelles messire Guillaume des Roches ot l'ainznée, et par ce ot ledit Guillaume toutes les baronnies qui appartenoient audit Guillaume et toutes les autres seigneuries li remestrent ensement les baronnies quittes et délivrées à tenir et à expleiter, par raison d'ainznesse, sans que messire Jeuffroi Marciau qui ot l'autre à femme en eust ne tenist riens outre LX livres de rente, que li diz Robert li avoit donné en mariage ». Malgré le dernier membre de phrase qui semblerait indiquer que Philippe avait été mariée du vivant de son père, ce qui fixerait le mariage de Marguerite, sa sœur, à une époque antérieure, l'abbé Angot affirme qu'il n'en est rien.


Il ajoute que quoi qu'en dise Bertrand de Broussillon, Gilles Ménage avait fini par identifier exactement Geoffroi Marteau dans ses dernières Additions, devinant dans « Jeuffroi Marciau, » le nom Geoffroi Martel ou Marteau qui lui est donné expressément dans les chartes de l'hôtel-Dieu d'Angers. Le 8 janvier 1195, en effet, Geoffroi Marteau, sur le conseil de Philippe (de Sablé), sa femme, concède à l'aumônerie tout ce que lui avait donné Foulque de Mastac, son père, sur Femart et le Piré. Il fut père :

1. de Guillaume Marteau, seigneur d'Arvert et chevalier, mort avant le 7 juin 1225 ;
2. de Foulque de Mastas, qui à son tour confirma ses donations ;
3. de Robert de Sablé, seigneur de Mastas (Matha) et Mornac en Saintonge, qui portait un écu à la bande losangée, qui est de Mastas, et au revers un contrescel, avec l'aigle de Sablé et le mot SECRETUM en exergue. Ce dernier était père de Foulque de Mastas qui devait 200 livres en 1252 pour la rançon de son père et devait hommage à Henri III d'Angleterre, roi d'Angleterre, pour une terre de l'île d'Oléron assignée à son frère Geoffroi.

Robert IV avait vers 1170 un sceau armorié sans doute de l'écu chargé d'un aigle qu'on voit encore sur la statue tombale de son père.




(38)  Gérard de Ridefort, ou encore Girard de Ridefort, né enFlandre dans les années 1140, et mort le 4 octobre 1189devant Acre1, est le dixième maître de l'Ordre du Temple. Soutenant Guy de Lusignan contre Raymond III de Tripoli, il contribue à la reprise de la guerre entre Saladin et le roi, à l'encontre de la politique menée depuis Amaury Ier. Ayant fourni le prétexte des hostilités, il pousse le roi à entreprendre la bataille de Hattin, et est par là l'un des principaux responsables de la chute du Royaume de Jérusalem.




(39)  Renaud Granier (ou Grenier) (né vers 1130 - mort en1202) était comte de Sidon

Renaud était le fils de Géraud Granier (ou Grenier) et Agnès de Bures, et petit-fils de Eustache Granier (ou Grenier). En 1170, il épousa Agnès de Courtenay, qui avait été déjà mariée trois fois: tout d'abord avec Renaud de Marash, qui la laissa veuve; deuxièmement à Amaury Ier de Jérusalem, Comte de Jaffa et d'Ascalon et futur roi de Jérusalem, avec lequel elle eut deux enfants, Baudouin et Sibylle, et enfin à Hugues d'Ibelin, qui venait de mourir. Son mariage avec Amaury fut annulé en 1163 quand il fut découvert que les deux époux étaient apparentés avec un degré de consanguinité prohibé. Plusieurs historiens ont affirmé que son mariage avec Renaud a également été annulé, puisque eux aussi étaient apparentées au degré prohibé pour le mariage, mais il semble que ce soit dû à une confusion dans les textes de Guillaume de Tyr; Guillaume dit que Géraud découvrit le lien de parenté entre “les deux personnes mentionnées précédemment”, mais il semble que la remarque s'adresse en fait au mariage d'Agnès et d'Amaury (voir Hamilton, The Leper King & his Heirs (Le roi lépreux et ses héritiers) pour la controverse à ce sujet).

Si, comme il semble, Renaud était toujours marié à Agnès lorsqu'Amaury mourut en 1174 et que son fils Baudouin IV, lépreux et âgé de 13 ans seulement, lui succéda, Renaud aurait donc été le beau-père du roi. Lorsqu'il fallut élire le bailli du royaume, Renaud a soutenu la candidature de Raymond III de Tripoli (cousin germain d'Amaury) contre Milon de Plancy.

Renaud était présent à la bataille du mont Gisard en 1177, mais pas à la bataille du gué de Jacob en1179, étant arrivé trop tard avec ses troupes. Selon Guillaume de Tyr, il aurait pu sauver de nombreux rescapés de la bataille s'il avait continué sa route, mais suivant l'avis des premiers fuyards qu'il croisa, il retourna à Sidon, laissant de nombreux rescapés se faire tuer dans une série d'embuscades. Il participa à la défense du royaume quand Saladin envahit le territoire en 1183 ; là Guillaume de Tyr le cita parmi ceux qui « se distinguèrent par leurs prouesses au combat ». Sa femme était parfois présente lors des campagnes militaires, s'occupant du roi lépreux, son fils malade mais déterminé.

Dans l'ouvrage Lignages d'Outremer, il est dit que Renaud était extrêmement laid mais particulièrement intelligent. Comme d'autres barons francs, il parlait l'arabe. Il était passionné de littérature arabe et était ami avec le frère de Saladin Al Adil. Lorsqu'il négocia pour le compte de Conrad auprès d'Al Adil, Richard Cœur de Lion, qui soutenait son adversaire Guy de Lusignan, l'apprit par Onfroi de Toron et se détacha alors de Renaud. Cela, ajouté au fait qu'il avait fui à la bataille de Hattin, fit que les chroniqueurs occidentaux l'accusèrent même, ainsi que Raymond de Tripoli, à tort, de s'être converti secrètement à l'islam.

Plusieurs années après la mort d'Agnès, probablement après 1190, il épousa Helvis d'Ibelin, fille de ses amis Balian et Marie Comnène. Il eut trois enfants, apparemment tous de son mariage avec Helvis, bien que certains historiens considèrent que les deux filles aient été d'Agnès : c'est possible en ce qui concerne Agnès, l'aînée, qui aurait porté ainsi le prénom de sa mère, chose courante à l'époque.

• Agnès, mariée à Raoul de Saint-Omer et de Tibériade (sans postérité finale).
• Euphémie, morte en bas âge.
• Balian Granier (ou Grenier), marié à Ide de Reynel, et succéda à Renaud à Sidon en 1202.




(40)  Le comté de Sidon est un des principaux fiefs du royaume de Jérusalem.

La ville de Sidon fut conquise en décembre 1110, érigée en comté et donnée à Eustache Grenier. Elle fut momentanément conquise par Saladin de 1187 à 1197 et rendue aux descendants d'Eustache Grenier. Julien Grenier la vendit à l'Ordre du Temple, mais la ville fut détruite par les Mongols la même année, puis conquise par les Mamelouks.




(41) Henri de Champagne (29 juillet 1166 † 10 septembre 1197),comte palatin de Champagne (Henri II 1181-1197) et roi de Jérusalem j.u.1 (1192-1197), est un fils d'Henri Ier, comte de Champagne et de Marie de France.

Marié le 5 mai 1192 avec Isabelle de Jérusalem, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène, il laisse trois filles :
• Marie, née vers 1193 et morte avant 1205.
• Alix de Champagne (vers 1195 † 1247), qui épousera successivement Hugues Ier de Lusignan roi de Chypre,Bohémond V, prince d'Antioche et Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (vers 1196 † 20 décembre 1250) qui épousera en 1215 Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venizy.




(42) Louis VII, dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 àParis, roi des Francs de 1137 à 1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie(v. 1092-1154).

• Avec Aliénor d'Aquitaine :
• Marie de France (1145 - 11 mars 1198), épouse en 1164 Henri Ier de Champagne, comte de Troyes, dit « Le Libéral ». Régente du Comté de Champagne de 1190 à 1197.
• Alix de France, (1150 - 1195), elle épouse Thibaut V de Blois dit « Le Bon » (1129 - 1191),comte de Blois 1152 - 1191.

• Avec Constance de Castille, (v.1138 - 1160) fille de Alphonse VII de Castille.
• Marguerite de France (1158 - 1197), épouse en 1172 le prince d’Angleterre Henri, duc de Normandie (mort en 1183), et en 1185/1186, le roi de Hongrie Bela III.
• Adèle de France (1160-1221) (ou Alix, comtesse de Vexin) (1160 - 1218 ou 1221), épouse en1195, Guillaume III de Ponthieu (ou de Montgomery).

• Avec Adèle de Champagne (ou Adèle de Blois) :
• Philippe Auguste (1165 - 1223), roi de France.
• Agnès ou Anne de France (1171 - 1240), impératrice byzantine par son mariage avec Alexis IIComnène en 1180, empereur de Constantinople (1169-1183). Puis par un autre mariage en 1183 avec Andronic Ier Comnène, empereur de Constantinople (1183-1185). Vers 1204 elle épouse Théodore Branas, seigneur d’Andrinople.

D'une maîtresse au nom resté inconnu, il est le père de Philippe de France (mort en 1161).




(43)  Aliénor d’Aquitaine, dite également Éléonore d'Aquitaine oude Guyenne, née vers 1122 ou 1124 et morte le 31 mars ou le 1er avril 1204, à Poitiers et non à l'abbaye de Fontevraud, a été tour à tour reine des Francs, puis d’Angleterre.

Duchesse d’Aquitaine, elle occupe une place centrale dans les relations au XIIe siècle entre les royaumes de France et d’Angleterre : elle épouse successivement le roi de France Louis VII, à qui elle donne deux filles, puis Henri Plantagenêt, le futur roi d’Angleterre Henri II, renversant ainsi le rapport des forces en apportant ses terres à l’un puis à l’autre des deux souverains. À la cour fastueuse qu'elle tient en Aquitaine, elle favorise l'expression poétique des troubadours en langue d'oc. À compter de son premier mariage (pendant lequel elle a participé à la deuxième croisade), elle joue un rôle politique important dans l’Europe médiévale.

Aliénor d'Aquitaine est la fille aînée de Guillaume X, duc d’Aquitaine, lui-même fils de Guillaume IX le Troubadour, et d’Aénor de Châtellerault, fille d'Aymeric Ier de Châtellerault, un des vassaux de Guillaume X.

Elle épouse en premières noces Louis VII de France et en deuxièmes noces Henri II d’Angleterre

De ces deux unions sont nés :

• Marie de France
• Alix de France
• Guillaume d’Angleterre
• Henri le Jeune
• Mathilde d’Angleterre
• Richard Ier
• Geoffroy d’Angleterre
• Aliénor d’Angleterre
• Jeanne d’Angleterre
• Jean d’Angleterre




(44) Sibylle de Jérusalem (°1159 † 1190), reine de Jérusalem de1186 à 1187, est une fille d'Amaury Ier de Jérusalem et d'Agnès de Courtenay. Elle était sœur de Baudouin IV le lépreux.

Son oncle Baudouin III meurt en 1161, mais les barons du royaume demandent à son frère Amaury de se séparer d’Agnès de Courtenay, qu’ils jugent trop volage et intrigante, s’il tient à devenir roi. Une parenté opportune est mise au jour et permet la séparation des époux, tout en reconnaissant la légitimité de leurs deux enfants, Baudouin et Sibylle. Amaury se remarie avec Marie Comnène qui donne naissance à une fille, Isabelle.

De son premier mariage, célébré en octobre 1176, avec Guillaume Longue Epée de Montferrat (v.1150 † 1177), elle a eu :

• Baudouin V ou Baudouinet (1177 † 1186), roi de Jérusalem
Elle se remarie ensuite en avril 1180 avec Guy de Lusignan (1159 † 1194), et a :

• Alice de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190)
• Marie de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190).
• deux autres enfants.




(45)  Isabelle Ire de Jérusalem (1172 † 1205) est une reine de Jérusalem de 1192 à 1205, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène. Cette princesse puis reine était fort peu intéressée par les affaires politiques, mais n'en a pas moins été mariée quatre fois selon les nécessités du royaume et a été obligée pour les mêmes raisons de se séparer de son premier mari.

Lorsque son père hérite de la couronne de Jérusalem, en1162, il est marié à Agnès de Courtenay, et les barons du royaume annoncent à Amaury qu’ils n’accepteront pas Agnès comme reine. Ils mettent donc Amaury en demeure de choisir entre le trône et son épouse. Amaury répudie sa femme et est couronné roi de Jérusalem. Deux enfants étaient nés de ce premier mariage : Baudouin IV le lépreux et Sibylle. Le 29 août 1167, Amaury se remarie avec Marie Comnène, petite nièce de Manuel Ier Comnène, empereur byzantin, laquelle donne naissance en 1172 à une fille, Isabelle de Jérusalem.

Elle épouse en premières noces au krak de Moab en novembre 1183 Onfroy IV, seigneur de Toron. Ils n’ont pas eu d’enfant et les barons du royaume l’obligent à se séparer de son mari.

Elle est remariée à Acre le 24 novembre 1190 à Conrad de Montferrat († 1192), seigneur de Tyr,marquis de Montferrat puis roi de Jérusalem et donne naissance à une fille posthume :
• Marie de Montferrat (été 1192 † 1212), reine de Jérusalem, mariée à Jean de Brienne.

Veuve, elle se remaria le 5 mai 1192 avec Henri II de Champagne (1166 † 1197), comte de Champagne et roi de Jérusalem, et eut pour enfants :

• Marie de Champagne (1193 † avant 1205), fiancée à Guy de Lusignan, fils d'Amaury II
• Alix de Champagne (1195 † 1246), fiancée à Jean de Lusignan, fils d'Amaury II, mariée successivement (1210) à Hugues Ier de Lusignan roi de Chypre, (1225) à Bohémond V, prince d'Antioche et (1241) à Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (v. 1196 † 1250), fiancée à Hugues de Lusignan mariée vers 1213 à Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Vénisy.

De nouveau veuve, elle épousa à Acre en janvier 1198 Amaury II de Lusignan, déjà roi de Chypre et eut :

• Sybille de Lusignan (1198 † après 1225), mariée à Léon II, prince d'Arménie
• Mélisende de Lusignan(† après 1249), mariée à Bohémond IV, prince d'Antioche
• Amaury de Lusignan (1201 † 1205)




(46)  Hugues III, né en 1148, mort à Tyr le 25 août 1192, duc de Bourgogne de 1162 à 1192, fils de Eudes II, duc de Bourgogne, et de Marie de Blois.

Il régna d'abord sous la tutelle de sa mère, puis s'en dégagea. Il combattit le comte de Chalon en 1166, aidé par Louis VII de France. En 1171, Hugues partit, avec le comte Étienne Ier de Sancerre, combattre en Terre sainte. De retour en France, il lutta contre le comte de Nevers (1174), puis contre le seigneur de Vergy qui lui refusaient l'hommage.
Après la chute de Jérusalem, il s'engagea dans la troisième croisade, participa à la bataille d'Ascalon et à la prise d'Acre. Philippe II Auguste, lorsqu'il rentra en France, lui confia le commandement du détachement français (près de 10 000 hommes). Il combat au côté de Richard Cœur de Lion et meurt à Tyr.

En 1165, il épouse en premières noces Alix de Lorraine (1145 - †1200), fille de Matthieu Ier, duc de Lorraine, et de Judith de Hohenstaufen, aussi appelée Berthe (1123 - 1195), et eu :

• Eudes III (1166 - †1218), duc de Bourgogne ;
• Alexandre (1170 - †1205), seigneur de Montagu, auteur de la branche des seigneurs de Montagu ;
• Douce (1175 - †1219/), mariée en 1196 avec Simon de Semur (†1219) seigneur de Luzy ;
• Alix de Bourgogne (1177 - 1220), mariée à Béraud VII, seigneur de Mercœur1.
Il répudie Alix en 1183 et se remarie en 11842 avec Béatrice d'Albon (1161 - †1228), héritière du Dauphiné, fille de Guigues V d'Albon, dauphin de Viennois et de Béatrice de Montferrat et eu :

• André Guigues VI (1184 - †1237), dauphin de Viennois ;
• Mahaut (1190 † 1242), mariée en 1214 à Jean Ier (1190 † 1267), comte de Châlon et d'Auxonne ;
• Anne (1192 † 1243), mariée en 1222 à Amédée IV (1197 † 1253), comte de Savoie.




(47) La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, serait la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié.

Selon la tradition chrétienne, c'est sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Elle est devenue dès lors une des principales reliques de la chrétienté, faisant l'objet d'une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom des taurothèques sont spécialement fabriqués pour abriter les fragments.

Pour le christianisme, la Croix du Christ est en effet considérée comme l'instrument du salut de l'humanité puisque, selon cette religion, le Christ, par sa mort, a racheté les hommes de leurs péchés, et particulièrement du péché originel. Deux fêtes marquent, dans le calendrier liturgique catholique, l'importance de cette relique : le Recouvrement de la Croix (3 mai) et l'Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre).
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MessageSujet: Re: TROISIEME CROISADE (1189 - 1192)    Ven 8 Avr - 21:43

(48) Ashkelon ou Ascalon est une ville balnéaire d'Israël sur la côte méditerranéenne dans le district sud, au nord de la Bande de Gaza. Elle est située à 64 km au sud de Tel-Aviv.

La ville ancienne d'Ascalon fut une des cinq capitales des Philistins du XIIe au Xe siècle av. J.-C. Le nom d'Ascalon revient assez souvent dans la Bible (par exemple Amos 1, Cool.

Ancienne colonie de Tyr, elle fut embellie par Hérode (qui y était né), et devint la seconde ville du pays par la grandeur. On y remarquait le temple de Dercéto.

Elle est conquise par les Arabes en 638 par le calife `Umar. Elle est occupée par l'émir Mu`âwiya gouverneur de la Syrieet futur calife omeyyade.

En 1098, le calife fatimide Al-Mustansir Billah fait construire un mechhed y recevoir le crâne de Husayn troisième imam chiite. Ce crâne aurait été transféré au Caire dans un autre mechhed. En août1099, les Croisés, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, assiègent la ville. Ils la prennent provisoirement aux Fatimides en 1102, mais la forteresse résiste jusqu'en 1153. Ce n'est qu'à cette date que la ville est véritablement intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III. La bataille navale d'Ascalon, confirme la domination maritime de Venise sur Constantinople en 1126.

La ville est reprise par Saladin en 1187. La forteresse est rasée pour ne pas tomber entre les mains de Richard Cœur de Lion roi d'Angleterre. Le roi d'Angleterre prend Ascalon et Jaffa, négocie auprès de Saladin le libre accès des pèlerins à Jérusalem et retourne en Angleterre en 1192. En 1270, le sultan mamelouk Baybars rase complètement la ville.




(49) Haïfa est une ville côtière d’Israël située sur les bords de la mer Méditerranée.

Le nom de cette cité est mentionné dans le Talmud auIIIe siècle de l’ère chrétienne. Il s’agit alors d’une bourgade située aux environs de Shikmona, la principale ville juive de la région. Conquise et intégrée à l’empire byzantin, elle fut ensuite successivement placée sous la domination desPerses et de l’empire arabe. En 1100, les Croisés font le siège de la ville avant de l’intégrer dans la Principauté de Galilée. Ce furent les Mamelouks qui reprirent les lieux en1265 avant qu’elle ne soit progressivement désertée et abandonnée jusqu’au XVIIe siècle.




(50) La politique de la terre brûlée est une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, et en cas de conflit militaire, à détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables par l'adversaire.

Cela peut concerner une tactique offensive, consistant à ravager les territoires de l'adversaire afin de l'empêcher de reconstituer ses forces ou de trouver un refuge, ou bien une tactique défensive consistant, face à une arméed'invasion, à se déplacer ou à se retirer (retraite) en détruisant ou en brûlant tout derrière soi (habitations, récoltes, bétail, routes, ponts, moyens de communications et de production), afin d'ôter à l'ennemi toute possibilité de ravitaillement.

Au sens figuré, cette expression désigne aussi l'attitude d'une personne qui, risquant de perdre face à un adversaire, saccage la place que celui-ci s'apprête à prendre afin de minimiser ses gains et de gêner toute progression ultérieure.




(51) Ramla est une villeisraélienne et la capitale administrative du District centre. La population de la ville s’élevait en 2004 à 63 462 habitants (d'après le bureau des statistiques israélien) et est constituée à 80 % de Juifs, à 16 % d'Arabes musulmans et à 4 % d'Arabes chrétiens. Il y existe une minorité de Karaites.

On pense que c'est l'ancienne Arimathée ou Arimathie. Elle fut le centre de la seigneurie de Rama pendant les Croisades.

C'est à la prison de Ramla que fut pendu le 31 mai 1962 aux alentours de minuit, le criminel nazi Adolf Eichmann reconnu notamment coupable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, à la suite de sa participation à l'organisation de la Solution finale contre le peuple juif. Le bourreau qui officia à son exécution fut l'agent pénitentiaire Shalom Nagar.




(52) Jaffa (en hébreu יָפוֹ, en hébreu standard Yafo, en hébreu tibérien Yāp̄ô ; dans les tablettes de Tell al Amarna de 1350 av. J.-C., Yapu) est la partie sud, ancienne de la ville de Tel Aviv-Jaffa en Israël. C'est un des ports les plus anciens du monde sur la côte orientale de la mer Méditerranée.

Le port de Jaffa, très sollicité dans l'antiquité et au Moyen Âge, était, comme les deux autres ports de la Palestine ancienne — Acre et Césarée — une des étapes importantes de routes de l'Orient des Européens. Au Moyen Âge, Jaffa était une des Échelles du Levant, bien que d'une importance secondaire en comparaison d'Acre. Une partie du port et quelques mosaïques antiques ont survécu jusqu'à aujourd'hui.

Jaffa, ville arabe avant l'exode de sa population en 1948, a fusionné en 1950 avec la ville juive de Tel Aviv.

[…]

Les Croisés de Godefroy de Bouillon conquièrent Jaffa en 1099, après que les pèlerinages chrétiens furent rendus de plus en plus difficiles par les califes. L'année suivante, Pise, puissance maritime du moment, qui un des ports de départ des pèlerins chrétiens d'Europe, reçoit de Godefroy de Bouillon des privilèges au port de Jaffa. Le roi Baudoin Ier y crée le comté de Jaffa et le confie à Hugues Ier du Puiset. Lorsque le comte Hugues II du Puiset est accusé de relations adultères avec la reine deJérusalem, Mélisende, le comté est divisé, et la ville de Jaffa est annexée aux domaines royaux. Dès lors, les princes héritiers du royaume de Jérusalem commencent à porter aussi le titre de « comtes de Jaffa et d'Ascalon ».

Un des comtes de Jaffa, Jean d'Ibelin a été un des auteurs du fameux codex Les Assises de Jérusalem. Le voyageur juif d'Espagne Benjamin de Tudèle ne trouvera à cette époque à Jaffa qu'un seul juif, un teinturier.

Le 10 septembre 1191, trois jours après la bataille d'Arsouf, Jaffa se livre à Richard Cœur de Lion. En dépit des efforts de Saladin pour la réoccuper le 30 juillet 1192 (pendant l'absence de Richard), la ville retombe dans les mains du roi anglais revenu à temps. Le 2 septembre1192, on signe le traité de Jaffa qui garantit trois ans de trêve entre les deux camps belligérants : chrétiens et musulmans.

L’ordre des Chevaliers Teutoniques reçoit en 1196 plusieurs propriétés à Jaffa des mains du roi Henri II de Champagne. Cependant en 1196, le sultan ayyoubide de Damas, Malik Adel, frère de Saladin, reconquiert Jaffa, en tirant profit des funérailles du roi Henri à Acre et en y massacrant deux mille croisés. La ville est toutefois reprise bientôt, une fois de plus, par les armées chrétiennes. Ses murs sont renforcés à l'occasion de l'arrivée en Terre sainte de deux souverains illustres. Le premier, en 1228 est l'empereur d'Allemagne et roi de Sicile et de Jérusalem, Frédéric II de Hohenstaufen, le Stupor mundi. Il réussit à obtenir à Jaffa le 18 février 1229 un traité de paix fortement avantageux avec le sultan Malik Al-Kamel d'Égypte. Plus tard, en 1250 arrive à Jaffa le roi Louis IX de France qui vient récemment d'être libéré de sa captivité égyptienne. Accompagné par son épouse,Marguerite de Provence, il y bâtit un couvent et une église.





(53) Onfroy IV de Toron, né vers 1166, mort vers 1192, seigneur de Toron (1179-1183), puis d'Outre-Jourdain et de Montréal(1187-1189), fils d'Onfroy III de Toron et d'Étiennette de Milly. Il était également le beau-fils des second et troisième maris de sa mère, Miles de Plancy et Renaud de Châtillon.

Les Toron étaient une des premières familles croisées et membres de la faction des barons, à l'opposé des nouveaux venus qui venaient d'Europe pour combattre et s'allier à la famille royale. Onfroy devint seigneur de Toron à la mort de son grand-père Onfroy II de Toron.
En 1180, il devint fiancé d'Isabelle de Jérusalem, fille du roiAmaury Ier, à la condition que Toron soit annexé au royaume. En novembre 1183, Onfroy adolescent et Isabelle, âgée de onze ans furent mariés au krak de Montréal, qui fut peu après assiégé par Saladin. La mère d'Onfroy convainquit Saladin d'épargner la tour où vivaient les jeunes mariés, mais il continua à bombarder le reste du château.Baudouin IV de Jérusalem arriva alors avec son armée et fit lever le siège.

En 1186, quand Baudouin V mourut, Renaud de Châtillon tenta de convaincre Onfroy de prétendre au trône selon les droits de son épouse, que la reine douairière Marie et la faction Ibelin voulait couronner. Cependant, Onfroy, connu comme peu ambitieux et peu conflictuel, décrit comme calme et même efféminé, ne se pensa pas fait pour le trône. Il préféra soutenir Guy de Lusignan, le mari de Sibylle, la demi-sœur d'Isabelle, à qui il jura fidélité. Renaud et les autres familles suivirent son choix, et même les Ibelin, même si Guy était arrivé récemment d'Outremer.

Guy se révéla être un roi très médiocre, et Saladin envahit le royaume en 1187. Onfroy fut capturé à labataille de Hattin, fut libéré et retourna au krak pour en préparer la défense. Il fut de nouveau capturé quand le krak tomba en 1189, mais recouvra la liberté.

Les barons de Jérusalem s'étaient résignés à accepter Guy de Lusignan comme roi à cause du manque d'autres candidats (dû à la défection d'Onfroy). En 1190 pendant la troisième croisade, l'archevêque de Pise et l'évêque de Beauvais annulèrent le mariage d'Isabelle et d'Onfroy, au prétexte qu'Isabelle n'avait pas l'âge requis et avait été contrainte par son beau-frère Baudouin IV. L'annulation était au profit de Conrad de Montferrat, qui voulait épouser Isabelle pour prétendre au trône. Onfroy et Isabelle formaient un couple soudé et Isabelle ne voulait pas se séparer et préférait Onfroy à Conrad plus âgé, mais Onfroy ne voulait pas de conflit avec les autres barons. Il fut aussi intimidé par un chevalier français, Guy de Senlis, qui le défia, défi qu'Onfroy ne releva pas. Conrad épousa Isabelle et obtint le trône, avec l'appui des Ibelins et des autres barons.

Onfroy combattit bientôt avec Richard Cœur de Lion, d'abord à la conquête de Chypre, puis contreSaladin. Parlant l'arabe, il participa aux pourparlers entre Richard et Saladin. En 1192, Conrad de Montferrat fut tué par des Assassins, et Richard et Onfroy furent suspectés d'avoir commandité le crime, mais c'est peu probable. Isabelle épousa Henri II de Champagne, malgré les protestations d'Onfroy qui estimait que l'annulation de son mariage n'était pas valable.

Il mourut peu après, et la seigneurie de Toron fut revendiquée par sa sœur Isabelle (mariée à Roupen III, prince d'Arménie). Cette revendication se transmit à la famille de Montfort, dont les membres furent seigneurs de Toron et de Tyr.




(54) La seigneurie d'Ibelin est un des arrières-fiefs du royaume de Jérusalem.

En 1141, Ascalon était encore tenue par les Fatimides d'Égypte, et les armées égyptiennes envahissaient chaque année le royaume croisé à partir d'Ascalon. Ibelin fut construit dans le but de contenir ces attaques. Le château initial, bâti par le roi Foulque de Jérusalem avait quatre tours. La seigneurie fut donnée à Barisan d'Ibelin, puis fut conquise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187.

Le site d'Ibelin était occupé depuis les temps les plus anciens ; les Romains l'appelaient Iamnia. LesJuifs y avaient le Conseil de Yavné après la destruction du second Temple de Jérusalem. Les Arabes le nommèrent Yebna. Le château croisé fut construit entre Jaffa et Ascalon, près de Montgisard et deRama.
Actuellement, Ibelin s'appelle Yavné.




(55) Jeanne d'Angleterre est une princesse anglaise qui futreine de Sicile puis comtesse de Toulouse.

Jeanne, née au château d'Angers en 1165, est la fille du roiHenri II d'Angleterre, et d'Aliénor d'Aquitaine. Deux de ses frères, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, furent rois d’Angleterre.

Aliénor d’Aquitaine confie son éducation à l’abbaye de Fontevraud.


Le 13 février 1177 à Palerme, elle épouse en premières noces le roi Guillaume II de Sicile dont elle aurait eu un fils selon Robert de Torigni, Bohémond (Boamundus). Elle est couronnée reine de Sicile le jour-même.


Veuve en 1189, elle accompagne son frère Richard Cœur de Lion, qui participe à la troisième croisade, en Terre sainte. Le roi envisage même de la marier à Al-Adel, frère de Saladin et de confier aux deux époux le royaume de Jérusalem, mais Jeanne refuse d'épouser un prince musulman et Saladin refuse d'autoriser son frère à se convertir au christianisme, ce qui met fin au projet. Revenu de Terre Sainte, Richard, qui a des prétentions sur le comté de Toulouse, ne peut les défendre par les armes, occupé à combattre Philippe Auguste, et préfère se faire un allié du comte Raymond VI de Toulouse en lui donnant sa sœur en mariage.
Elle épouse donc, en octobre 1196, à Rouen et en secondes noces, Raymond VI (VIII), comte de Toulouse († 1222) dont elle a :

• Raymond VII (IX) († 1249) ;
• un enfant mort né le 4 septembre 1199.


Elle n'a pas été une comtesse passive. En mars 1199, alors que son mari règle un litige en Provence, un vassal du Lauragais se révolte et Jeanne vient elle-même assiéger le château. Affectée par la mort de Richard Cœur de Lion, le 6 avril 1199, elle se rend à Rouen auprès de son autre frère Jean sans Terre, mais affaiblie par sa grossesse, se retire à Fontevraud, accouche d'une enfant mort-né et meurt peu après.






(57) Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu'ils s'emparèrent de la ville. C'est l'un des États latins d'Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099 - 1187 et 1229 - 1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n'appartient pas aux soldats croisés.

Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville, et ne disparut réellement qu'avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.

Les rois occidentaux qui, postérieurement à la disparition des États chrétiens de Terre sainte, se revendiqueront Rois de Jérusalem, dont parmi eux les rois de France, ne sont pas repris ici.






(58) Jean (24 décembre 1166 ou 1167 – 18/19 octobre 1216), dit sans Terre fut roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1199 à sa mort.

Cinquième et dernier fils du roi Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, Jean n'était pas destiné à monter sur le trône ou à recevoir un quelconque territoire en héritage ; il fut donc surnommé Jean sans Terre par son père. Cela changea après la révolte ratée de ses frères aînés entre 1173 et 1174 et il devint le fils préféré d'Henri II qui le fit seigneur d'Irlande en 1177 et lui accorda des terres sur le continent. La mort de trois de ses frères (Guillaume, Henri et Geoffroy) et l'accession au trône de Richard Ier en 1189 en fit l'héritier apparent. Jean tenta sans succès de prendre le pouvoir alors que son frère participait à la Troisième croisade mais il devint finalement roi en 1199.

Il fut l’époux d’Isabelle de Gloucester, aucune descendance.

Puis il épousa Isabelle d’Angoulême ; de cette union sont nés :

• Herni III
• Richard
• Jeanne
• Isabelle
• Aliénor






(59) La Forteresse de Gaza, située à proximité d'Ascalon en Terre Sainte, a été donnée à l'ordre du Temple en 1149.




(60) Amaury II de Lusignan, né vers 1145 dans le Poitou, décédé à Saint-Jean-d'Acre le 1er avril 1205, est le quatrième fils deHugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.


D’abord connétable du royaume de Jérusalem, il succède à son frère Guy de Lusignan comme seigneur de Chypre de1194 à 1205, est sacré roi de Chypre en 1194, puis épouse Isabelle Ire de Jérusalem et devient roi de Jérusalem de 1197à 1205.

Il épousa en premières noces vers 1175 Echive d'Ibelin († 1196), fille de Baudouin, seigneur d'Ibelin etde Rama, et de Richilde de Bethsan, qui donne naissance à :

• Bourgogne (1180 † 1210), mariée à Raymond VI de Toulouse, puis à Gautier de Montbéliard
• Guy, mort jeune, fiancé à Marie de Champagne-Jérusalem,
• Jean, mort jeune, fiancé à Alix de Champagne-Jérusalem,
• Alix, morte jeune
• Helvis († 1216-9), mariée à Raymond-Roupen d'Antioche
• Hugues Ier (1193 † 1218), roi de Chypre, fiancé à Philippe de Jérusalem, puis marié à Alix de Champagne-Jérusalem
Veuf, il se remarie en janvier 1198 avec Isabelle, reine de Jérusalem, fille du roi Amaury Ier et de Marie Comnène d'où :

• Sybille (1198 † 1252), mariée à Léon II, prince d'Arménie
• Mélisende, qui épousa Bohémond IV, prince d'Antioche
• Amaury (1201 † 1205)




(61) Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancôneet mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vite excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.

Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms deStupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix ».






(62) Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn « le Parfait » (v.1177 † 8 mars 1238) est un vice-roi d'Égypte sous le règne de son père al-Adel puis un sultan ayyoubide d'Égypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est fils du sultan ayyoubide Al-Adel et le neveu de Saladin.







(63) Hugues III de Lusignan (1235 † 1284) est un roi de Chypre(1267-1284), de Jérusalem (1268-1284), et le fils d'Henri de Poitiers-Antioche et d'Isabelle de Lusignan (ascendance).





(64) Conrad Ier de Mazovie (en polonais Konrad I Mazowiecki) (°1187/1188, † 31 août 1247), de la dynastie Piast, fils de Casimir II le Juste et d'Hélène de Znojmo, duc de Mazovie et de Cujavie en 1202 et duc de Cracovie de 1229 à 1232, puis de 1241 à 1243.

Entre 1207 et 1210 Conrad épouse Agafia de Rus, fille de Svyatoslav III Igorevich . Ils eurent 10 enfants :
1. Boleslas Ier de Mazovie (c. 1210 - 17 avril 1248), duc de Mazovie (1247—1248)
2. Casimir Ier de Cujavie (né entre 1210 et 1213 - mort le 14 décembre 1267) Prince de Cujavie(1247–1267)
3. Siemowit Ier de Mazovie (c. 1213 - 24 juin 1262), succède à son frère ainé comme Duc de Masovie (1248–1262)
4. Eudoxia (1215–1240), mariée au Comte Dietrich Ier de Brehnie et la Wettin
5. Ludmila (née avant 1225)
6. Ziemomysł (né entre 1216 et le 4 juillet 1228 - mort entre le 10 juillet et le 18 septembre 1241)
7. Salomea (née entre 1220 et 1225 - morte après le 30 août 1268), nonne
8. Judith (née entre 1222 et 1227 - morte 4 décembre entre 1257 et 1263), mariée en première noce à Mieszko II l'Obèse duc d'Opole, en seconde noce à Henri III le Blanc duc de Wrocław
9. Dubraka (v. 1230-1265)
10. Mieszko (1235-1237)
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