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 DEUXIEME CROISADE (1146 - 1149)

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Lanaelle
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MessageSujet: DEUXIEME CROISADE (1146 - 1149)   Sam 9 Avr - 14:42






La deuxième croisade commença en 1147 après avoir été lancée en décembre 1145  par le pape Eugène III (1)  à la suite de la chute d’Edesse en 1144. Elle s’acheva en 1149 par un échec total pour les croisés, qui rentrèrent en Europe sans avoir remporté de victoire militaire en Orient.







Les chrétiens avaient réussi l’impossible en reprenant la ville de Jérusalem aux musulmans en 1099. Après la bataille d’Ascalon (2), où ils repoussèrent l’armée de secours égyptienne, ils fondèrent quatre Etats latin, qui se trouvèrent rapidement isolés en Orient. Confrontés aux Turcs d’un côté et aux Byzantins de l’autre, les croisés étaient en état de guerre quasi permanent. De surcroît, de nombreux pèlerins avaient décidé de retourner en Europe après la croisade, satisfaits d’avoir rempli leurs serments et pressés de retrouver leurs terres et leurs familles.

La prospérité du royaume de Jérusalem ayant affaibli son esprit guerrier et les querelles internes réduisant ses ressources, lorsque la forteresse frontalière d’Edesse (3) tomba aux mains de Zengi (4) de Mossoul le 24 décembre 1144, la situation du royaume chrétien devint critique.

En apprenant la nouvelle, le pape Eugène III émit, le 1er décembre 1145, la bulle pontificale Quantum praedecessores, appelant à une nouvelle croisade. Cet appel resta d’abord sans réponse, bien que le roi de France Louis VII (5) eût envisagé de se rendre lui-même en Terre Sainte.








Il n’y  eut pas d’enthousiasme populaire pour la croisade comme on avait pu l’observer en 1095 et 1096. Cependant, Bernard de Clairvaux (6), un des hommes les plus célèbres et les plus estimés de la chrétienté de l’époque, eut l’idée de promettre l’absolution de tous les péchés commis à ceux qui prendraient la croix. Le pape Eugène III dépêcha Bernard de Clairvaux, connu comme prédicateur hors pair, pour prêcher la deuxième croisade et accorda les mêmes indulgences que le pape Urbain II avait accordées pour la première croisade. Le 31 mars 1146, jour de Pâques, en présence de Louis VII et de la reine Aliénor d’Aquitaine, il prêcha la croisade à une foule immense, à Vézelay en Bourgogne au lieu-dit «la croix de Saint-Bernard » à quelques centaines de mètres de la basilique, en contre-bas, à mi flanc de coteau sur le penchant face à Asquins et non au sommet de la colline en raison de l’exiguïté de l’abbatiale qui s’avéra bien trop petite pour contenir la foule, évaluée selon la tradition orale à 100 000 personnes.


Pour commémorer l’événement, l’abbé du monastère, Ponce de Montbroissier fait élever une chapelle commémorative « la chapelle Sainte-Croix » consacrée en 1152 et une croix en pierre qui fut détruite à la Révolution.  A la suite de son prêche, Louis VII, sa femme Aliénor d’Aquitaine, les princes et seigneurs, et toute l’assistance se prosternèrent aux pieds de Bernard et se mirent à réclamer des croix de pèlerin, à tel point que l’on raconte que le tissu vint à manquer et que Bernard de Claivaux lui-même donna son habit pour que l’on y taille des croix.

Bernard se rendit alors en Germanie et la rumeur des miracles qui se multiplièrent à chacun de ses pas à certainement contribué à la réussite de sa mission. A Spire, l’empereur du Saint-Empire romain germanique, Conrad III de Hohenstaufen (7), et son neveu Frédéric Barberousse (08) reçurent la croix des mains de Saint-Bernard. Le pape Eugène vint en personne en France pour encourager l’entreprise.

Malgré tout son zèle, Bernard n’était pas nature ni bigot, ni persécuteur. Comme lors de la première croisade, le prêche provoqua par inadvertance des attaques contre les juifs ; un moine français nommé Rodolphe (9) inspira des massacres de juifs en Rhénanie,  à Cologne, Mayence, Worms et Spire, en déclarant que les juifs ne contribuaient pas financièrement au secours de la Terre Sainte. Bernard, l’archevêque de Cologne et l’archevêque de Mayence étaient farouchement opposés à ces accusations et Bernard se rendit en Germanie pour résoudre le problème et apaiser la foule. Bernard trouva Rodolphe à Mayence, parvint à le réduire au silence et le fit retourner dans son monastère.

La nouvelle entreprise attira des souverains de toute l’Europe, à l’instar d’Aliénor d’Aquitaine, qui était alors reine de France, mais aussi Thierry d’Alsace (10), comte de Flandres ; Henri (11), futur comte de Champagne ; Robert Ier de Dreux (12), frère de Louis VII ; Alphonse Ier de Toulouse (13) ; Guillaume III de Nevers (14) ; Guillaume III de  Warenne (15), 3e comte de Surrey ; Hugues VII de Lusignan (16), Amédée III de Savoie (17), et de nombreux autres nobles et évêques.







A l’appel de la deuxième croisade, de nombreux Germains du sud se portèrent volontaires pour la croisade en Terre Sainte. Cependant, les Saxons du nord étaient réticents. Ils firent par à Saint-Bernard de leur souhait de faire campagne contre les peuples slaves païens au nord-est de l’Empire, lors d’une réunion du Reichstag à Francfort le 13 mars 1147. Le pape Eugène III approuva le plan des Saxons et émit le 13 avril une bulle papale (Divina dispensatione) stipulant qu’il n’y aurait aucune différence au niveau des récompenses spirituelles, quelle que soit la croisade. Ceux qui se portèrent volontaires pour la croisade contre les Slaves étaient principalement les Danois, les Saxons,  et les Polonais, bien qu’il y eût également des Bohémiens. Le légat du pape, Anselme de Havelberg, fut placé à la tête des opératons. La campagne elle-même fut menée par des familles saxonnes tels que les Ascaniens, Wettin et Schauenburgers.

Outrés par la participation des Germains à cette croisade, les Abodrites (18) envahirent par anticipation la Wagrie en juin 1147, entrainant le mouvement des croisés à la fin de l’été 1147. Après avoir expulsé les Abodrites des territoires chrétiens, les croisés prirent en ligne de mire les forteresses de Dobin et de Demmin. Parmi les forces qui attaquèrent Dobin se trouvaient les troupes de Knut V (19) et Sven III (20) de Danemark, celles d’Adalbert II, l’archevêque de Brême, et le duc de Saxe Henri le Lion (21). Lorsque certains croisés suggérèrent de ravager la campagne, d’autres objectèrent en demandant  « le pays qu’on dévaste n’est-il pas notre pays, et le peuple qu’on combat n’est-il pas notre peuple ? ». L’armée saxonne d’Henri le Lion se retira après que le chef païen Niklot (22) eut accepté que la garnison de Dobin fasse son baptême. Après le siège infructueux de Demmin, un contingent de croisés fut persuadé par les margraves (23) de plutôt attaquer la Poméranie. Ils atteignirent la ville de Stettin, déjà convertie au christianisme, d’où les croisés se dispersèrent après avoir rencontré l’évêque Albert de Poméranie et le duc Racibor Ier (24). Selon Bernard de Clairvaux, l’objectif de la croisade était de combattre les Slaves païens « jusqu’au jour où, avec l’aide de Dieu, ils seront soit convertis soit éradiqués. » Cependant, la croisade échoua en grande partie dans son entreprise de conversion des Wendes. Les conversations obtenues par les Saxons à Dobin étaient surtout des conversions symboliques, vu que les Slaves revinrent à leurs croyances païennes à la suite de la dispersion des armées chrétiennes. Albert de Poméranie dit à ce sujet : «S’ils étaient venus pour renforcer la foi chrétienne… ils auraient dû le faire par la prédication, non par les armes. »

A la fin de croisade, les campagnes du Mecklembourg (25) et de la Poméranie furent pillées et dépeuplées dans un bain de sang, particulièrement par les troupes d’Henri le Lion. Cela aura eu pour conséquences de faciliter d’autres victoires chrétiennes dans les décennies suivantes. Les autochtones slaves perdirent également une grande partie de leur matériel de production, ne leur permettant d’offrir par la suite qu’une résistance limitée aux  envahisseurs.







A la mi-mai 1147, une flotte de près de deux cent navires quitta le port de Darmouth en Angleterre et se dirigea vers la Terre Sainte. Elle emmenait une armée de croisés composée de Flamands, de Frisons, de Normands, d’Anglais, d’Ecossais, ainsi que de quelques Germains et Français. Ni prince ni roi ne prit part à la  croisade à ce stade ; de fait, l’Angleterre connaissait à ce moment une période d’anarchie (26).

La flotte longeait les côtes, mais le mauvais temps les fit s’arrêter e 16 juin à Porto où l’évêque du lieu les convainquit de poursuivre jusqu’à  Lisbonne afin de prêter main forte au roi Alphonse Ier de Portugal qui voulait délivrer la ville alors occupée par les Maures. Puisqu’il s’agissait aussi de combattre les musulmans, les croisés, sous la conduite du flamand Arnoul d’Arschot, acceptèrent de se joindre à Alphonse. Le siège de Lisbonne commença le 1er juillet 1147 ; la ville tomba le 24 octobre, et les croisés se livrèrent au pillage avant de remettre la ville au roi du Portugal. Certains s’installèrent à Lisbonne, parmi lesquels Gilbert de Hastings (27), qui fut élu évêque ; mais la plus grande partie de la flotte reprit la route en février 1148.

Presque au même moment, dans une autre partie de la  Péninsule Ibérique, Alphonse VII de Castille (28), aidé de Garcia Ramirez (29), roi de Navarre, de Raimond-Bérenger IV (30), comte de Barcelone, et aussi de croisés venus d’Italie et de France, réussit à reprendre Alméria le 17 octobre 1147 ; en 1148 et en 1149, ce furent aux villes de Tortosa, Fraga et Lérida de revenir dans le giron de la chrétienté.






Josselin II d’Edesse (31) tenta de reprendre Edesse après le meurtre de Zengi , mais Nur ad-Din réussit à le vaincre en novembre 1146. Le 16 février 1147, les croisés français se réunirent à Etampes pour discuter de l’itinéraire à suivre. Les Germains avaient déjà décidé de voyager à travers la Hongrie du fait de l’impraticabilité de la route maritime, Roger II (32), roi de Sicile, étant un ennemi de Conrad. Beaucoup de nobles français se méfièrent de la route terrestre traversant l’empire byzantin dont la réputation souffrait encore des pertes occasionnées aux premiers croisés. Néanmoins, ils décidèrent de suivre Conrad à dater du 15 juin. Roger II en fut offensé et refusa d’y participer plus longtemps. En France, l’abbé Suger (33) et le comte Guillaume II de Nevers (34) furent élus à la régence du royaume pour toute la durée de la croisade. En Germanie, un nouveau prêche fut prononcé par Adam d’Ebrach et Otton de Freising (35) qui prirent également la Croix. Le 13 mars 1147 à Francfort, Frédéric (36), le fils de Conrad, fut élu roi, sous la régence de l’archevêque de Mayence Heinrich Ier Felix von Harburg (37). Cinq and plus tard, Conrad III (38) désigna son neveu, Frédéric Barberousse, comme son successeur. Les Germains avaient prévu leur départ pour Pâques mais ils ne  purent partir avant mai.







Les croisés français, sous la conduite du roi Louis VII, partent de Metz en juin 1147. Ils rejoignent l’armée germanique conduite par Conrad III de Hohenstaufen, dans la vallée du Danube. L’indiscipline de l’élément populaire, surtout dans la croisade germanique, provoque des incidents au passage de l’armée dans les Balkans.

L’armée française, est de plus considérablement ralentie par la suite des épouses , Aliénor d’Aquitaine en tête (mais aussi Sybille d’Anjou, Faydide de Toulouse, Florine de bourgogne), et par leur bagages. Passant après  l’armée germanique, et sur une seule route, elle a du mal à se ravitailler en Hongrie. La présence de très nombreuses suivantes provoque bien des distractions au campement, et détourne l’esprit de pèlerinage (castra non casta, campement qui n’a rien de chaste). Ainsi ralenti, le convoi met cinq mois pour atteindre Constantinople, le 4 octobre

Le basileus (39), Manuel Ier Comnène (40), craint que les troupes des croisés ne renforcent la principauté d’Antioche, où il veut rétablir sa souveraineté, et qu’elles affaiblissent l’alliance germano-byzantine contre Roger II de Sicile . En effet, pendant que Conrad III et Louis VII refusent de prêter hommage au basileus à l’automne, et retiennent ainsi les troupes byzantines, Roger II s’empare de Corfou et de Céphalonie, pille Corinthe et Thèbes. Manuel Ier Comnène doit conclure un traité avec le sultan Mas ûd Ier de Rum (41).







L’armée de Conrad III arrive la première à Constantinople mais les relations entre l’empereur germanique et l’empereur byzantin, Manuel Ier Comnène, sont tendues. Les Germains, désirant traverser l’Asie Mineure le plus vite possible, n’attendent donc pas les Français et partent vers Edesse

Conrad III divise son armée en deux unités. L’une d’elle est annihilée par les Seldjoukides lors de la bataille de Dorylée (42), le 25 octobre 1147. L’autre division est également massacrée au début de l’année 1148, et s’en retourne à la rencontre de l’armée française.

Les relations de l’empereur byzantin avec l’armée française sont meilleures qu’avec l’armée germanique, mais il refuse néanmoins de lui fournir des renforts et fait même promettre de rendre à l’Empire byzantin tout territoire pris à l’ennemi. L’armée française rencontre à Nicée les survivants de l’armée germanique (composée également de forces tchèques et polonaises, comme l’atteste le chroniqueur byzantin  Jean Cinnamus). Pour éviter d’avoir à traverser les déserts d’Anatolie comme l’armée germanique, le roi de France choisit un itinéraire plus long. Mais, à  l’Epiphanie 1148, dans les défilés du mont Cadmos (43), l’avant-garde est séparée du convoi, et les turcs infligent une défaite à l’armée  française.

Les survivants des deux armées arrivent finalement en Syrie par la mer. Le roi Louis VII suit le littoral, mais harcelé dans la vallée du Méandre, doit abandonner les non-combattants à Antalya (Attaleia) et s’embarque pour Antioche avec ses chevaliers.  Conrad III,  réconcilié avec Manuel Comnène, gagne Acre sur des vaisseaux byzantins. Les mauvais rapports entre les croisés et Byzance, aussi bien qu’entre eux-mêmes, ont réduit de trois-quarts les forces de la croisade.







Louis arriva finalement à Antioche le 19 mars, plus tard que prévu à cause d’une mer tempétueuse. Amédée III de Savoie (44) étant mort le 30 août 1148 en cours de route à Chypre, Louis fut accueilli par Raymond de Poitiers (45), oncle d’Aliénor d’Aquitaine, qui attendit de lui de l’aide face aux Turcs et pour qu’il l’accompagne dans une expédition à Alep, cité musulmane et porte d’entrée vers Edesse. Mais Louis refusa, préférant finir son pèlerinage à Jérusalem plutôt que de se focaliser sur l’aspect militaire de la croisade. Aliénor voulut continuer, mais son oncle l’implora de rester pour accroître le domaine familial et de divorcer de Louis, si le roi refusait d’aider la cause militaire de la croisade. Aliénor fut mise aux arrêts et Louis passa rapidement d’Antioche au comté de Tripoli. Début avril, Otton de Freising et ce qui restait de ses troupes arrivèrent à Jérusalem, et Conrad peu de temps après. Foucher d’Angoulême (46), patriarche latin de Jérusalem (47), fut envoyé pour inviter Louis à se joindre à eux. La  flotte qui s’était arrêtée à Lisbonne arriva à ce moment, tout comme les provençaux qui avait quitté l’Europe sous le commandement d’Alphonse Jourdain , comte de Toulouse. Alphonse mourut à Césarée et ne put donc pas se rendre à Jérusalem. Une supposition voudrait qu’il ait été empoisonné soit par Aliénor d’Aquitaine, soit par Raymond II de Tripoli (48), le neveu qui craignait ses aspirations politiques dans le comté. Le but originale de la croisade était Edesse, mais le roi Baudouin III de Jérusalem (49) et les Chevaliers du Temple préférèrent Damas.







La noblesse de Jérusalem s’est félicitée de l’arrivée des troupes venues d’Europe, et une annonce informe qu’un concile devrait se réunir pour décider de la meilleure cible pour les croisés. Ce concile se réunit le 24 juin 1148, lorsque la haute cour de Jérusalem rencontre avec les croisés récemment arrivés d’Europe à Palmarea, près d’Acre, une ville importante du royaume croisé de Jérusalem. C’est la plus spectaculaire assemblée de la cour dans toute son existence.

A la fin de compte, la décision d’attaquer la ville de Damas est prise. Damas était une ancienne alliée du Royaume de Jérusalem qui avait changé son allégeance pour celle avec les Zengîdes et avait attaqué, en 1147, le royaume allié de la cité de Bosra. En juillet, leurs armées réunis à Tibériade marchèrent contre Damas, près de la mer de Galilée par le biais de Banivas. Il y avait peut-être  50 000 soldats au total.







L’intention des croisés était soit de reprendre Edesse, soit d’attaquer Alep, centre de la puissance de Nur ad-Din. Mais Louis VII prend ombrage des rapports trop amicaux entre sa femme, Aliénor d’Aquitaine, et le prince d’Antioche, Raymond de Poitiers, par ailleurs oncle d’Aliénor. Il tient aussi à entrer à Jérusalem en même temps que Conrad III, arrivé par mer. Baudoin III s’est entendu avec Conrad III pour attaquer d’abord Damas, plus proche. Les rivalités entre croisés vont donc rediriger l’expédition contre Damas, malgré la trêve qui existe entre cette ville et les Francs.

Le siège de Damas commence le 24 juillet 1148 et est levé quatre jours plus tard.

Les croisés décidèrent d’attaquer Damas par l’ouest, où le verger pourrait leur fourni un approvisionnement alimentaire constant. Le 23 juillet, ils arrivèrent à Daraiya. Le lendemain, les musulmans, qui s’étaient préparés pour l’attaque, ont constamment attaqué l’armée croisée à travers les vergers de  Damais. Les défenseurs avaient demandé l’aide de Saif ad-Din Ghazi  (50) de Mossoul et Nur ad-Din (51) d’Alep qui a personnellement mené une attaque sur le camp des Croisés. Les croisés furent repoussés contre les murs des vergers où ils furent victimes d’embuscade et de guérilla.

D’après Guillaume de Tyr (52), les croisés décidèrent le 27 juillet de bouger sur les plaines à l’est de la cité qui possédaient moins de fortification mais également d’eau et de vivre. Il a été rapporté qu’Mu’in ad-Din Unur (53) promit de rompre son alliance avec Nur ad-Din si les croisés rentraient chez eux. Cependant, Nur ad-Din et Saif ad-Din arrivèrent et avec Nur ad-Din, il était impossible d’obtenir de meilleures positions. Les seigneurs croisés locaux, installés sur une plaine sans point d’eau en plein soleil, refusèrent de poursuivre le siège et les trois rois durent abandonner la ville sans autres choix. D’abord, Conrad, puis le reste de l’armée décidèrent de se retirer sur Jérusalem le 28 juillet pendant que des archers turcs ne cessaient de les harceler. Une fois à Jérusalem, les français eurent vent de la décapitation par l’ennemi de Raymond, roi d’Antioche, ce qui provoqua un coup dur pour la croisade. Conrad III et Louis VII rentrent en Occident sans aucune victoire militaire.







Chacune des forces chrétiennes se sent trahie par l’autre. L’émirat de Damais sort épuisé de cette épreuve. Nur ad-Din en profite pour en prendre le contrôle en 1154. Un nouveau plan a été élaboré pour attaquer Ascalon et  Baudouin III de Jérusalem commet l’erreur de la prendre en 1153, ce qui amène l’étendue du conflit jusqu’en Egypte. Conrad y mène ses troupes mais à défaut du manque du manque de confiance quant à la réussite du siège, celui-ci ne se voit apporter aucun soutien. Par leur défaite, cette méfiance mutuelle persiste pendant  une génération, et contribue à la ruine des royaumes chrétiens en Terre Sainte. La maladresse des croisés aboutit à créer contre eux un front commun de l’islam. Après avoir quitté Ascalon, Conrad retourne à Constantinople pour maintenir son alliance avec Manuel. Louis reste à Jérusalem jusqu’en 1149.

De retour en Europe, Bernard de Clairvaux sort humilié de l’échec de la croisade et en pâtit en termes de crédibilité. Il croit de son devoir d’envoyer des excuses au pape. Il en rejette la faute sur les péchés commis par les croisés. Lorsqu’il échoue à l’appel d’une nouvelle croisade, il tente de se dissocier du fiasco de la deuxième croisade. Il meurt  en 1153. De cet échec, la couronne de France perd également beaucoup aux points de vue financiers, politiques, militaires et stratégiques.

La croisade obtient des résultats mitigés. Bien que les Saxons aient affirmé leur possession de Wagria et Polabia, les Païens conservent le contrôle de la terre d’Obodrite et de Lübeck. Les saxons reçoivent également un tribut du chef Niklot, en autorisant la colonisation de l’évêché de Havelberg, et libérant quelques prisonnières danois. Toutefois, les différents chrétiens se soupçonnent et s’accusent mutuellement de saboter leur campagne. Dans  la Péninsule Ibérique, les campagnes en Espagne, ainsi que le siège de Lisbonne, ont été parmi les quelques victoires chrétiennes de la deuxième croisade. Elles sont considérées comme des batailles décisives de la Reconquista qui sera achevée en 1492.

En Orient, la situation est beaucoup plus sombre pour les chrétiens. En Terre Sainte, la deuxième croisade a des conséquences désastreuses à long terme pour Jérusalem. Damas n’a plus confiance dans le royaume croisé, et la ville a été remise à Nur ad-Din en 1154. Baudoin III réussit enfin à saisir Ascalon en 1153, faisant ainsi rentrer l’Egypte dans la sphère du conflit. Le royaume de Jérusalem a été en mesure de faire de nouveaux progrès en Egypte, en occupant brièvement Le Caire dans les années 1160. Cependant, les relations avec l’Empire byzantin ont été mitigées, et les renforts en provenance d’Europe restent rares après la catastrophe de la deuxième croisade. Le roi Amaury Ier de Jérusalem (54) s’allie avec les byzantins et participe à une invasion combinée de l’Egypte en 1169, mais finalement l’expédition échoue. En 1171, Saladin, neveu d’un des généraux de Nur ad-Din, est proclamé sultan d’Egypte, réunissant l’Egypte et la Syrie et entourant complètement le royaume des croisés. Pendant ce temps, l’alliance byzantine s’est terminée par la mort de l’empereur Manuel Ier  en 1180, et en 1187, Jérusalem capitule devant Saladin. Ses forces s’étendent vers le nord pour capturer toutes les grandes cités des Etats croisés, précipitant la troisième croisade.








On raconte, et ce n’est pas une boutade, que les croisés revenant défaits de Damas en Syrie, en rapportèrent une variété de prunier à pruneaux, nommée de ce fait prunier de Damas. On les critiqua alors, en disant qu’ils étaient allés là-bas « pour des prunes », expression actuelle signifiant : pour « pas grand-chose », voir « pour rien ».


(1) Eugène III (Bernardo Paganelli di Montemagno), né à Pisevers la fin des années 1080 et mort à Tivoli le 8 juillet 1153, disciple de saint Bernard et moine de Clairvaux, fut pape de1145 à 1153.


(2) Le premier Siège d'Ascalon fut mené par l'armée croisée commandée par Godefroy de Bouillon, le 12 août 1099, pendant la première croisade.





(3) Şanlıurfa (souvent appelée simplement Urfa) est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d'abord nommée Urhai(en arménien, ou Orhai, en araméen), puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd'hui Şanlıurfa ou Riha enkurde. Le nom antique d'Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d'Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah. D'autres textes désignent la ville comme celle de Rûh, l'une des villes construites après le Déluge.

[…]

Au VIIe siècle, Édesse tombe aux mains de la dynastie arabo-musulmane sunnite des Omeyyades à qui elle appartient jusqu'en 1095 (en dehors de quelques années sous le contrôle de Philaretos Brakhamios, sous son gouverneur Basile Apokapès), date à laquelle elle est prise par l'Arménien Thoros. La ville passe ensuite aux croisés qui en font la capitale d'une principauté latine qui subsiste jusqu'en 1144 : le comté d'Édesse.
Conquise et mise à sac par les troupes de Zengi en 1147, elle passe, durant les siècles qui suivirent, entre plusieurs mains.


(4) Imad ed-Din Zengi,ou Himad el-zain Zankay ibnou takaykh al- zewane (également appelé Zangi, Zengi, Zenghi, Zengui,Zenkî ou Zanki, et surnommé Sanguinus, en français le Sanglant, par les chroniqueurs francs des croisades) (1087-1146) est le fils de Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d'Alep sous le sultan Malik Shah Ier.
Il devient atabeg de Mossoul en 1127 et d'Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il est également le fondateur éponyme de la dynastie zengide.


(5) Louis VII, dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie(v. 1092-1154).

Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, et Adèle de Champagne. Son fils Philippe Auguste lui succéde.

• Avec Aliénor d'Aquitaine :
• Marie de France (1145 - 11 mars 1198), épouse en 1164 Henri Ier de Champagne, comte de Troyes, dit « Le Libéral ». Régente du Comté de Champagne de 1190 à 1197.
• Alix de France, (1150 - 1195), elle épouse Thibaut V de Blois dit « Le Bon » (1129 - 1191),comte de Blois 1152 - 1191.

• Avec Constance de Castille, (v.1138 - 1160) fille de Alphonse VII de Castille.
• Marguerite de France (1158 - 1197), épouse en 1172 le prince d’Angleterre Henri, duc de Normandie (mort en 1183), et en 1185/1186, le roi de Hongrie Bela III.

• Adèle de France (1160-1221) (ou Alix, comtesse de Vexin) (1160 - 1218 ou 1221), épouse en1195, Guillaume III de Ponthieu (ou de Montgomery).

• Avec Adèle de Champagne (ou Adèle de Blois) :
• Philippe Auguste (1165 - 1223), roi de France.
• Agnès ou Anne de France (1171 - 1240), impératrice byzantine par son mariage avec Alexis IIComnène en 1180, empereur de Constantinople (1169-1183). Puis par un autre mariage en 1183 avec Andronic Ier Comnène, empereur de Constantinople (1183-1185). Vers 1204 elle épouse Théodore Branas, seigneur d’Andrinople.

D'une maîtresse au nom resté inconnu, il est le père de Philippe de France (mort en 1161).


(6) Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Dijon et mort le 20 août 1153 à l'abbaye de Clairvaux, est un moine français, réformateur de la vie religieuse.

Directeur de conscience et important promoteur de l'ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d'une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l'église catholique mettront en œuvre.

C'est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XIIe siècle »), marquée par une profonde transformation de l'économie, de la société et du pouvoir politique.

Il joue un rôle dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares.
Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est déclaré docteur de l'Église en1830 par Pie VIII.



(7) Conrad III, né en 1093 et mort le 15 février 1152 à Bamberg, est le premier membre de la maison de Hohenstaufen à avoir été élu roi des Romains en 1138. Il règne de 1138 à sa mort en 1152 sans jamais avoir été couronné empereur.

Conrad est le second fils du duc de Souabe Frédéric Ier et de son épouse Agnès de Franconie. Par sa mère, il est le neveu de l'empereur Henri V. Il reçoit le titre de duc de Franconie vers 1116 et le conserve jusqu'à sa mort.

À la mort d'Henri, en 1125, Conrad et son frère aîné Frédéric le Borgne sont candidats à la succession impériale, mais c'est le duc de Saxe Lothaire de Supplinbourg qui remporte les suffrages des électeurs. Pour avoir contesté l'élection de Lothaire, Frédéric est mis au ban de l'Empire, mais il parvient à réunir suffisamment de soutiens pour faire élire Conrad antiroile 18 décembre 1127 à Nuremberg. Conrad franchit les Alpes pour être sacré roi d'Italie par l'archevêque de Milan Anselme V de Pusterla. Il finit par se soumettre à Lothaire en 1133.

Bien que Lothaire ait désigné le duc de Saxe Henri le Superbe comme successeur, les électeurs choisissent Conrad après sa mort, le 4 décembre 1137. Il est sacré roi de Germanie par le légat pontifical Dietwin le 7 mars 1138 à Aix-la-Chapelle. Henri le Superbe ayant refusé de se soumettre, il est mis au ban de l'Empire et ses domaines sont redistribués : Albert l'Ours reçoit la Saxe et Léopold IV de Babenberg reçoit la Bavière. Après une révolte des Saxons, restés fidèles à la dynastie des Welf, Conrad accepte d'inféoder la Saxe à Henri le Lion, le fils d'Henri le Superbe, en 1142.

Conrad participe à la deuxième croisade. Il part de Ratisbonne en mai 1147, rencontre l'empereur Manuel Ier à Constantinople, mais ses troupes sont anéanties à Dorylée, en Asie mineure, le 25 octobre. Il rejoint le roi de France Louis VIIet part pour Saint-Jean-d'Acre au printemps 1148. L'échec dusiège de Damas, au mois de juillet, incite le roi à prendre le chemin du retour. Il repart pour Constantinople le 8 septembre.

Jamais sacré empereur, Conrad utilise le titre de « roi des Romains » jusqu'à sa mort. Lorsque son fils aîné Henri Bérenger trouve la mort, en 1150, il désigne son neveu Frédéric Barberousse pour lui succéder.


Conrad III épouse en premières noces Gertrude de Comburg(morte vers 1130-1131), fille du comte Henri de Rothenburg. Ils ont au moins deux filles :
• Berthe, abbesse d'Erstein en 1153 ;
• Gertrude.

Veuf, Conrad III se remarie avec Gertrude de Sulzbach, fille du comte Bérenger Ier de Sulzbach. Ils ont au moins deux fils :
• Henri-Bérenger (1136/1137-1150), élu co-roi de Germanie le 13 mars 1147 à Ratisbonne ;
• Frédéric IV (1144/1145-1167), duc de Souabe.


(08) Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (en allemand : Friedrich I., Barbarossa, 1122 – 10 juin 1190), futempereur romain germanique, roi des Romains, roi d'Italie, duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.
Second mariage avec Béatrice Ire de Bourgogne :
• Rainald ou Renaud (* 1161 † 1164), enterré à Lorsch
• Béatrice (* 1162, † début 1174 ou 1179), enterrée à Lorsch
• Guillaume (* 1163 † 1164), enterré à Lorsch
• Frédéric V de Souabe (* 16 juillet 1164 à Pavie; † 28 novembre 1169/1170), duc de Souabe, enterré à Lorsch
• Henri VI (* 1165; † 1197), empereur germanique, roi de Sicile, ∞Constance de Sicile (* 1154; † 1198), fille du roi Roger II. Il est le père de l'empereur germanique Frédéric II.
• Conrad (* 1167; † 1191) dit Frédéric VI de Souabe, duc de Souabe
• Agnès (* octobre/novembre 1168 ou 1174 ; † 8 octobre 1184), enterrée à la cathédrale de Spire
• Conrad II de Souabe (* 1169 † 1196), duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (* 1171 † 1200), comte palatin de Bourgogne, ∞ Marguerite de Blois († 1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
• Sophie (* 1175 † ? ), ∞ Guillaume, marquis de Montferrat
• Philippe Ier de Souabe (* 1177 † 1208), duc de Souabe, roi de Germanie / roi des Romains, ∞ 1197 Marie de Byzance (* 1181; † 1208), fille de l'empereur Isaac II Ange.


(9) Radulphe (aussi graphié Radulph, Rodolphe, etc.) était un moine français qui, sans permission de ses supérieurs, quitta son monastère de France et voyagea vers la vallée du Rhin durant la deuxième Croisade (1144-1147), où il prêcha « que les Juifs devaient être massacrés comme ennemis de la religion chrétienne ». À Cologne, Simon dit « le Pieux » fut tué et mutilé ; à Spire, une femme fut torturée pour la convaincre de chrétienté.

Des prélats séculiers firent tout ce qu'ils purent pour protéger les Juifs. Arnold, évêque de Cologne, leur donna un château fortifié comme refuge, et leur permit de s'armer ; les croisés se retinrent d'attaquer le château, mais tuèrent tous les Juifs non convertis qui tombaient entre leurs mains. Heinrich Ier Felix von Harburg archevêque de Mayence, admit dans sa maison des Juifs poursuivis par une foule ; la foule se fraya un chemin à l'intérieur, et les tua sous ses yeux.

L'archevêque en appela à Bernard de Clairvaux, le chrétien le plus influent de son temps ; ce dernier répondit par une dénonciation forte de Radulphe, et exigea la fin des violences exercées contre les Juifs. Comme Radulphe poursuivait sa campagne, Bernard de Clairvaux se rendit en personne en Allemagne, « protesta énergiquement contre l'attitude antichrétienne de Radulph » et força le moine à regagner son monastère.

Puis, en 1147, le corps mutilé d'un chrétien fut trouvé à Wurtzbourg ; les chrétiens accusèrent les Juifs du crime et, malgré les protestations de l'évêque Emicho de Linange, les attaquèrent, tuant vingt d'entre eux et en blessant beaucoup plus ; l'évêque enterra les morts dans son jardin.

D'Allemagne, l'idée de Rodolphe de « commencer les croisades à la maison » repassa en France, et des Juifs furent massacrés à Carentan, Rameru et Sully.

En Bohême, 150 Juifs furent tués par des croisés. Après que la terreur fut passée, le clergé chrétien local fit ce qu'il put pour aider les Juifs survivants ; et ceux qui avaient accepté le baptême sous la contrainte furent autorisés à revenir au judaïsme sans encourir les sinistres peines de l'apostasie.


(10) Thierry d'Alsace  (vers 1099/1101 - † 17 janvier 1168 à Gravelines), fils du duc Thierry II de Lorraine (Thierry le Vaillant) (v.1055 - † 1115) et de Gertrude de Flandre (v.1070 - † 1117), elle-même fille du comte Robert Ier de Flandre dit le Frison et de Gertrude de Saxe.

Il fut seigneur de Bitche (dates non connues) et comte de Flandre de 1128 à 1168. Veuf en 1133 de Marguerite de Clermont-Beauvaisis (veuve de Charles le Bon), qui ne lui laisse qu’une fille, il se remarie à son arrivée en Palestine avec Sibylle d'Anjou.

Sa première épouse, Marguerite de Clermont ou (Swanhilde ?), meurt en 1133, laissant une seule fille, Laurette, qui fut mariée quatre fois:
1. Ivan, seigneur d'Alost
2. Henri II, duc de Limbourg
3. Raoul Ier, comte de Vermandois;
4. Henri IV, comte du Luxembourg.
Laurette s'est finalement retirée à l'abbaye de Forest à Bruxelles, elle y meurt en 1170.

Thierry d'Alsace s'est remarié avec Sibylle d'Anjou, veuve de Guillaume Cliton. Ils eurent 6 enfants :
1. Philippe d'Alsace (†1191)
2. Mathieu d'Alsace (†1173), marié à la comtesse Marie de Boulogne
3. Marguerite d'Alsace (†1194), mariée à Baudouin V, comte de Hainaut
4. Gertrude d'Alsace (†1186), mariée à Humbert III de Savoie puis à Hugues d'Oisy,elle se retire en 1177 comme religieuse à Messines (Messen), Flandre occidentale, Belgique
5. Mathilde (†1194), abbesse de Fontevraud
6. Pierre, évêque de Cambrai (†1176)



(11) Henri Ier le Libéral, né en décembre 1127 à Vitry, et mort le16 mars 1181 à Troyes, est comte de Champagne et de Brie de 1152 à 1181, le fils aîné du comte Thibaud IV le Grand et de Mathilde de Carinthie.

Marié en 1164 à Marie de France (1145-1198), fille de Louis VII le Jeune et d'Aliénor d'Aquitaine, il est le père de :
• Henri II (1166 † 1197), comte palatin de Champagne, puis roi de Jérusalem ;
• Marie (1174 † 1204), mariée en 1186 à Baudouin IX, comte de Flandre et de Hainaut, puis empereur latin de Constantinople († 1206) ;
• Thibaud III (1179 † 1201), comte de Champagne ;
• Scholastique († 1219), mariée à Guillaume IV, comte de Mâcon († 1226).


Il prit la croix en 1146, mais ne partit en croisade qu'un an plus tard. Il s'illustra à la bataille du Méandre où furent battus les Turcs et il fut fait chevalier par l'empereur de Byzance Manuel Ier Comnène. Revenu en France en 1150, il reçut en apanage les comtés de Vitry et de Bar, il rencontra des difficultés avec ses voisins immédiats. Comte de Champagne à la mort de son père en 1152. En 1164, il fonda l'hospice de Sézanne. Il reprit la croix en 1176 et se rendit en Orient de 1179 à 1181. Il revint à Troyes et y mourut le 16 mars 1181. Il repose en la collégiale de Saint-Étienne de Troyes, qu'il a fondé.


(12) Robert Ier de Dreux, dit le Grand, naquit vers 1125 et mourut le 11 octobre 1188, comte de Dreux, cinquième fils de Louis VI le Gros, roi de France et d'Adèle de Savoie.

En 1137, il reçut, en apanage, de son frère Louis VII devenu roi à la mort de leur père, le comté de Dreux, dont il garda le titre jusqu'en 1184 quand il le céda à son fils Robert II.

Par son mariage, en 1145, avec Harvise d'Évreux, il devint comte du Perche. À l'occasion de ses noces, en 1152, avec Agnès de Baudement, dont il adopta les armes, il reçut le comté de Braine et les seigneuries de Fère-en-Tardenois, d'Arcy, de Nesles, de Longueville, de Quincy-sous-le-Mont, deSavigny-sur-Ardres de Baudement, de Torcy, de Chailly deLongjumeau et fonda la seigneurie de Brie-Comte-Robert.

Avec son frère le roi Louis VII, Robert Ier participa à la deuxième croisade en 1147 et à l'échec du siège de Damas en1148. Avant la fin de la croisade, il revint en France, et fomenta une conspiration contre son frère Louis VII, en espérant lui prendre le pouvoir. Mais, son action fut contrecarrée avec succès par l'abbé Suger de Saint-Denis qui assurait la régence du royaume en l'absence du roi.

Au cours de la guerre civile anglaise (1135-1154), il combattit contre les Anglais et participa en 1154 au siège de Sées en Normandie.

Il mourut en 1188, et sera inhumé en l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine. Ce prince accorda en 1180 une charte communale à la ville de Dreux, déjà depuis longtemps érigée en commune, et fonda la ville de Brie-Comte-Robert, ainsi appelée de son nom.


(13) Alphonse Jourdain (° 1103 - † 1148), est un comte de Toulouse, de Rouergue, d'Albi, de l'Agenais et du Quercy, marquis de Gothie, de Provence et duc de Narbonne de 1108 à 1148. Il est fils de Raymond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse…, puis comte de Tripoli et de sa troisième épouse, Elvire de Castille.

Il avait épousé avant 1125 Faydive, fille de Raymond Decan, seigneur de Posquières et d’Uzès, qui donne naissance à :
• Raymond V (1134 † 1194), comte de Toulouse
• Alphonse, cité en 1155 et en 1177
• Faydive († 1154), mariée en 1151 à Humbert III, comte de Savoie.



(14) Guillaume II de Nevers, comte de Nevers et d'Auxerre, né en 1083, mort le 20 août 1148, est un aristocrate français.

Guillaume II de Nevers est le fils de Renaud II, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et d'Agnès de Beaugency. À la mort de son père en 1089, il demeura sous la tutelle de son grand-père, Guillaume Ier jusqu'à la mort de celui-ci, en1097 ou en 1100.

Après la prise de Jérusalem, il décida de se rendre en Terre sainte en renfort. Il arriva à Constantinople en 1101 avec 15 000 hommes. Il entreprit de traverser l'Anatolie, mais son armée fut écrasée par les Turcs, et il fut l'un des rares rescapés à parvenir à Antioche.

Il épousa Adélaïde, avec laquelle il eut Guillaume III (1110-1161) et Anne, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

Il contribua avec son épouse en 1144 à la fondation du prieuré Notre-Dame de La Fermeté à La Fermeté (Nièvre).




(15) Guillaume (III) de Warenne (v. 1119 – 19 janvier 1148), 3e comte de Surrey, fut un important baron anglo-normand du règne d'Étienne d'Angleterre.

Il est le fils du 2e comte de Surrey Guillaume (II) de Warenne († 1138) et d'Isabelle (ou Élisabeth) de Vermandois, fille de Hugues le Grand de Vermandois. Par sa mère, il était demi-frère des jumeaux Robert de Beaumont et Galéran IV de Meulan, et cousin du roi de France Louis VII.

En secondes noces, il épousa Ela (ou Adélaïde, Hélène) de Ponthieu († 14 octobre 1174), fille du comte Guillaume Ier de Ponthieu. Ils eurent une fille :
• Isabelle de Warenne (v. 1137 – 12 juillet 1203), épouse le fils d'Étienne d'Angleterre, Guillaume de Blois, comte de Boulogne.

Devenue veuve en 1159, Isabelle de Warenne est un parti fort intéressant, car elle est l'héritière de son père, et était donc comtesse de Surrey en son propre droit (de jure). Le roi Henri II d'Angleterre aurait voulu qu'elle épouse son frère Guillaume FitzEmperesse, mais ce mariage est refusé par Thomas Becket ce qui provoque un nouvel incident de discorde entre les deux hommes. Finalement, Isabelle épouse en avril 1164, Hamelin d'Anjou, demi-frère bâtard d'Henri II.




(16) Hugues VII de Lusignan, dit le brun, né vers 1065, mort en 1151, seigneur de Lusignan, fils deHugues VI de Lusignan et d'Ildégarde de Thouars.

Il fut l'un des nombreux croisés de la famille et accompagna Louis VII de France à la deuxième croisade en 1147.

Il épousa Sarrasine († 1144) et eut :
• Hugues VIII de Lusignan (1106 † 1172)
• Guillaume de Lusignan, qui épouse Denise dame d'Angle
• Rorgon de Lusignan
• Simon de Lusignan, seigneur de Lezay
• Galeran de Lusignan
• Aénor, mariée à Geoffroy IV, vicomte de Thouars




(17) Amédée (Amé) III de Maurienne ou plus couramment Amédée III de Savoie, plus rarement de Savoie-Maurienne, dit « le Croisé », né vers 1095 et mort le 30 août 1148 à Chypre lors de la deuxième croisade, est le 7e comte de Maurienne, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais, marquis de Suse et d'Italie (comte de Turin), et il est le premier à porter le titre de comte de Savoie, à partir de 1143. Il est le fils du comte et marquis Humbert II de Savoie.

Amédée naît vers 1080 ou 1095, selon la tradition, probablement à Montmélian. Il est le fils du comte Humbert II et de Gisèle de Bourgogne-Ivrée. Cette dernière est la sœur de Guy, archevêque de Besançon, futur 160 e pape sous le nom de Calixte II.

Au cours de cette croisade, le comte Amédée III tombe malade. Il est transféré vers Chypre où il meurt dans la ville de Nicosie, le 30 août 1148. Il est inhumé dans l'église Sainte-Croix.

Avant son départ pour la croisade, il fait le choix d'Amédée d'Hauterive, abbé de Hautecombre, futur évêque de Lausanne (1110-1159) pour être le tuteur de son fils, Humbert, et l'aider à l'administration de son comté.

Les historiens ne sont pas sûr de l'existence du nombre de mariage, les sources manquant. D'après le site sabaudia.org, Amédée aurait été marié à une certaine Gertrude, fille de Simon, duc de Lotharingie, mais sans postérité. Son mariage avec Mathilde ou Mahaut d'Albon de Viennois est par contre mentionné en 1123. Elle est la fille du comte Guigues III d'Albon et sœur du futur Guigues IV d'Albon.

L'union donne naissance à quatre garçons et six filles, dont :
• Alix de Savoie ou Élise (n. v. 1123 - ?), marié vers 1140 à Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux » (1137-†1194) ;
• Mathilde de Savoie ou Mahaut (1125 - 1158), épouse Alphonse Ier de Portugal ;
• Agnès de Savoie (1125 - 1172), épouse du comte Guillaume Ier de Genève ;
• Humbert III de Savoie (1136 - 1189) dit « le Bienheureux », futur comte de Savoie ;
• Jean de Savoie (?), prêtre ;
• Pierre de Savoie (?), prêtre ;
• Guillaume de Savoie (?) ;
• Marguerite de Savoie (? - 1157), fondatrice de l’abbaye de Bond (?) ;
• Isabelle de Savoie (?) ;
• Juliane ou Julienne de Savoie (? - 1194), abbesse de Saint-André-le-Haut de Vienne.




(18) Les Abodrites (ou Obodrites, Obotrites) sont une confédération tribale slave établie au VIe siècle dans les régions connues aujourd'hui sous le nom de Holstein et de Mecklembourg, au Nord-Est de l'Allemagne. Sa capitale est Luibice, l'actuelle Lübeck. À partir de1147, les Abodrites deviennent la cible de croisades avant d'être intégrés au Saint-Empire romain germanique en 1164.

La confédération abodrite est composée de trois tribus principales: les Wagriens, les Polabes et les Abodrites à proprement parler. Elle est gouvernée par un roi, mais les familles nobles ont un pouvoir très important.

Le pays des Abodrites est parfois désigné sous le nom de "Slavonie" ou "Esclavonie" ("royaume éphémère... fondé en 1047 par Gottschalk" selon le "Larousse du XXe siècle", tome 6, 1933).




(19) Knut V de Danemark (appelé Knut III par certains auteurs) (1130-1157), co-roi de Danemark de 1154 à 1157

Knut est le fils du prince Magnus Ier le Fort Nilsson et de son épouse Richiza, la fille de Boleslas III le Bouche-Torse de Pologne et le petit-fis du roi Niels de Danemark.

Il devient co roi de Danemark en 1147 après l'abdication d'Éric III de Danemark, et il règne sur le Jutland. La couronne lui est longtemps disputée par Sven III de Danemark qui règne sur la Seeland et qui finit par l'assassiner lors d'un festin donné à l'occasion de la paix qui venait d'être conclue à Roskilde entre eux le 9 août 1157.

Le roi Knut laisse plusieurs enfants illégitimes dont:
• Saint Niels d'Århus (11??-1180), moine .  ;
• Valdemar (mort en 1235/1236), qui devient avant l'âge canonique évêque de Slesvig en 1184. Lorsque son homonyme Valdemar devient duc de ce pays, il se brouille avec lui et s'enfuit en Suède en 1192 où il tente en vain de se faire proclamer roi. En 1207 il se fait élire archevêque de Brême malgré la volonté du Pape Innocent III.




(20) Sven III Grathe, nommé anciennement en français ouSuenon Grathe, né vers 1125 et mort le 23 octobre 1157, est co roi de Danemark de la fin 1146 à 1157.

Fils illégitime d'Erik Emune. Dans une période de guerre civile danoise parfois intense, il règne à partir de 1147 sur une partie du royaume la Seeland en même temps que ses cousins Knut V Magnussen (Jutland) et Valdemar le Grand.

En 1152, le prince suédois Johan Sverkersson l'Ancien fils du roi Sverker l'Ancien lors d'une expédition dans le royaume de Danemark enlève Inga Eriksdatter, la femme de Karl Jarl du Halland et sa sœur Aase Eskildsdatter, dont il fait ses maîtresses. Le roi danois pour venger l'honneur national qu'il estime bafoué entreprend pas moins qu'une invasion du Småland, malgré les offres de paix du roi Sverker et la mort du prince Johan qui est tué en 1153 ou1154 par des paysans mécontents.

En 1157 Sven III organise un banquet de « réconciliation » avec les deux autres prétendants au trône. Il fait assassiner Knut, le 9 août mais Valdemar réussit à s'échapper. Le roi est ensuite défait à la bataille de Grathe ou Grade, près de Viborg par le jeune Valdemar et ses alliés. Sven III meurt sous les coups de simples paysans dans un marais lors de la retraite précipitée de sa troupe vaincue.

Il épouse en 1152 Adélaide de Wettin, fille Comte Conrad Ier le Pieux de Wettin et Liutgarde von Ravenstein, veuve elle épousera 1157 Adalbert Comte de Ballenstedt (+1172).




(21) Henri le Lion (1129/1131-1195; en allemand, Heinrich der Löwe) fut duc de Saxe à partir de 1142 et duc de Bavière à partir de 1156. Il était le plus riche des nobles allemands, au moins jusqu'à l'enrichissement de la dynastie rivale des Hohenstaufen pendant le règne de Frédéric Ier.
Le lion est son animal héraldique.

En premières noces, il épousa en 1147 Clémence de Zähringen, avec qui il a trois enfants,
• Henri mort jeune accidentellement
• Gertrude de Bavière, (née en 1152 ou plus probablement 1155 - † 1197), épouse en 1166 Frédéric IV de Souabe et en 1177 Knut VI de Danemark.
• Richenza († 1168) fiancée en 1167 à Knut VI de Danemark

Il divorce d'avec elle en 1162.

Le 1er février 1168 il épousa en secondes noces Mathilde d'Angleterre (1156-1189), fille de Henri II(1133-1189), dit Henri Courtemanche, roi d'Angleterre, et d'Aliénor (1122-1204), duchesse d'Aquitaine. Elle donne naissance à six enfants:
• Richenza (II) dite Mathilde (née en 1172 † 1209/1210) fiancée en 1184 à Guillaume le Lion roi d'Écosse, elle épouse en 1189 Geoffroy III du Perche et en 1204 Enguerrand III de Coucy.
• Henri (1173 -† 1227), comte palatin du Rhin,
• Lothaire (né 1174/1175 - † 1190)
• Otton IV (1174 -† 1218), empereur romain germanique
• un fils anonyme né en 1182 † jeune
• Guillaume de Lunebourg (1183 -† 1214), duc de Lunebourg, tige de la maison de Brunswick.

Par ailleurs il a une fille illégitime
• Mathilde († 1219) qui épouse Henri Borwin Ier de Mecklembourg




(22) Niklot Ier, né vers 1090, tué en août 1160 à Bützow. Il fut prince des Obodrites des Chizzinites et des Cirpanites de 1131 à 1160. Il fut également seigneur de Schwerin.

Niklot Ier est d'origine inconnue il est le père de trois fils:
• Pribislav Ier, prince de Mecklembourg
• Vratislav ( pendu en 1164),
• Prislav, seigneur de Laaland (1175), il épouse vers 1159 une princesse danoise Catherine , fille de Knud Lavard, dont deux enfants.

Il fut le dernier souverain du peuple des Obodrites. Il est prince de 1131 à 1160, des Obodrites, des Chizinites, des Cirpanites, il fut également prince de Schwerin, Quetzin et Malchow. Jusqu'à l'âge de trente ans il résiste aux exigences germaniques, en particulier celles d'Henri le Lion, il s'opposa à la christianisation de son peuple.

Sa résistance débuta en 1129, lorsque Lothaire II donna le territoire des Obodrites à son vassal Knud Lavard. Niklot Ier combattit avec le neveu de Henri de Liubice († 1127), Pribislav contre Lothaire II etKnud Lavard, lorsque ce dernier est assassiné en 1131 lors d'un conflit de succession au Danemark,Pribislav de Wagrie et Niklot se partagent le territoire des Obodrites, Niklot reçoit la partie est. Les années suivantes Niklot s'allie avec des nobles saxons, comme Adolphe Ier de Holstein pour affaiblir Pribislav.

En 1147, ses alliés, les Danois, les Polonais, les Tchèques s'allièrent pour entreprendre une croisade contre lui. Le royaume de Niklot surmonta cette attaque, mais des années plus tard, Valdemar Ier de Danemark et Henri le Lion conquirent l'ouest du pays des Obodrites. En 1160, les deux souverains décidèrent de lui livrer bataille. En août 1160, Niklot Ier fut tué à Bützow, les Obodrites perdait leur prince et leur liberté. Son fils Pribislav se convertit au christianisme, en 1167, il peut recouvrer l'héritage de son père.

Niklot Ier est la fondateur de la Maison de Mecklembourg, il fut l'ascendant des princes de Mecklembourg, des ducs de Mecklembourg, des comtes de Schwerin et de Ratzebourg.




(23) Margrave (de l'allemand markgraf, qui se traduit littéralement par « comte de la marche ») était un titre de noblesse donné aux chefs militaires des marches (ou mark), dans l'empire carolingien, puis à certains princes du Saint-Empire romain germanique.

Le titre équivalent en français est marquis. Le margraviat est la juridiction sur laquelle il a autorité.

Le féminin margravine désigne l'épouse d'un margrave. Cela dit une femme pouvait être margrave, telle la princesse Yde, margrave d'Autriche à son départ pour les croisades.

Au Moyen Âge, un margrave était le gouverneur d’une marche carolingienne, c’est-à-dire d’une province frontalière. Comme les régions éloignées avaient tendance à avoir une grande importance pour les souverains qui en étaient éloignés et qu’elles étaient souvent très grandes, les margraves avaient des pouvoirs plus étendus que les nobles qui administraient des provinces plus centrales.

La plupart des marches, et donc des margraves, se trouvaient sur la frontière orientale de l’empire carolingien, et plus tard sur la bordure du Saint-Empire romain germanique (par ex. dans l'ouest sur l'Escaut, la marche de Valenciennes).

La marche d’Espagne constitue une exception. Elle était située à la frontière avec le monde musulman(Gothie) et correspondait à ce qui est aujourd’hui la Catalogne.

En Europe centrale, les margraviats les plus importants étaient la Marche de l’Est saxonne et la Marche de l’Est bavaroise (qui correspond à l’actuelle Basse-Autriche), qui en latin était appeléMarchia Orientalis, ce qui peut se traduire par la « région frontalière orientale ». Aux XIXe et XXe siècles, ce nom était parfois traduit en Ostmark, mais les documents médiévaux rédigés dans la langue vernaculaire ne mentionnent que le nom de Ostarrichi. À l’époque, l’Autriche était un poste avancé du Saint Empire, à la frontière avec les Hongrois et les Slaves. Au sud-est, la Styrie, aujourd’hui encore appelée Steiermark en allemand, était une autre marche importante.

Marggrabova est un exemple typique de ville des marches de l’est. Elle se trouvait en Prusse-Orientaleet doit son nom au margrave Albert Ier de Brandebourg (aujourd’hui, cette ville est située en Pologne et a été rebaptisée Olecko).

Avec le temps, le titre de margrave est devenu héréditaire.




(24) Racibor Ier (en polonais Racibor I) est né vers l’an 1112 et décédé vers 1155/1158. Il a régné sur la Poméranie occidentale. Il a succédé à son frère Warcisław Ier de Poméranie, assassiné vers 1147.

Avant de monter sur le trône, Racibor résidait à Kamień Pomorski, d’où il lançait régulièrement des attaques contre le Danemark, la Suède et la Norvège. En 1135, il a coulé la flotte danoise au large de l’île de Rügen et il a complètement détruit Roskilde, la capitale des Danois. Deux chroniques scandinaves (Annales Nestredienses et Annales Sorami) relatent ces faits. En 1136, avec son neveu Dunimysł, il a pillé la ville de Konghelle.

Lorsqu’il a succédé à son frère, il s’est installé dans la capitale Szczecin d’où il a continué à mener régulièrement des incursions et des pillages en Scandinavie, tout en entretenant de bonnes relations avec la Pologne.

En 1155, il a fondé l’abbaye des Prémontrés de Grobe, sur l’île d’Usedom. Ce sont les fils de Warcisław Ier de Poméranie, Bogusław et Casimir, qui lui succédent.

Racibor épouse Przybysław, probablement fille de Yaroslav Świętopełkowica prince Vladimir de Volhynie. Ils eurent deux enfants:
• Małgorzata, épouse de Bernard Ier de Ratzeberg
• Świętopełk Raciborowic
L'historiographie lui attribue également deux autres fils:
• Warcisław (?)
• Bogusław de Sławno (?)




(25) Le Mecklembourg, en allemand Mecklenburg, est une région de l'Allemagne septentrionale, comprise entre la mer Baltique, la Recknitz, la Trebel, l'Elbe, la Basse-Saxe et le Holstein.

À partir du XIIe siècle, le duché de Mecklembourg fait partie du Saint-Empire romain germanique, d'abord sous suzeraineté saxonne puis directement. Jusqu'à la fondation des États libres de Mecklembourg-Schwerin et de Mecklembourg-Strelitz en 1918, le duché est plusieurs fois partagé puis de nouveau rassemblé sans que jamais les différentes parties ne deviennent totalement indépendantes. Les différents souverains portent ainsi le même titre de duc puis, à partir de 1815, de grand-duc de Mecklembourg.
Le nom de « Mecklenburg » vient du nom du château de Mikilenburg (« grand château »), situé entre les villes de Schwerin et de Wismar, et qui a été la résidence ancestrale de la maison de Mecklembourg.

Les villes indépendantes qui sont en bord de mer et membres de la Hanse sont Rostock et Wismar. Les deux autres villes indépendantes sont Schwerin et Neubrandenbourg. Le Mecklembourg est le pays d'origine de Fritz Reuter (équivalent bas-allemand de Frédéric Mistral).




(26) À la mort du roi Henri Ier d'Angleterre, en 1135, Étienne de Blois s'empare du trône aux dépens de l'héritière légitime et désignée Mathilde l'Emperesse, la fille du défunt roi. En 1138, les partisans de l'Emperesse se déclarent, et un conflit ouvert éclate en Normandie, puis après le débarquement de celle-ci en Angleterre en 1139, sur le sol anglais. La guerre civile anglaise, aussi appelée Anarchieou Naufrage (d'après celui de la Blanche-Nef au cours duquel Henri Ier perd son seul fils légitime), dure de 1138 à 1153. Elle ne cesse qu'après la signature du Traité de Wallingford en 1153 par lequel Henri, duc de Normandie et fils de l'Emperesse, est désigné héritier et successeur par Étienne.


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MessageSujet: Re: DEUXIEME CROISADE (1146 - 1149)   Sam 9 Avr - 14:53

(27)  Gilberto de Hastings (Hastings ?, - Lisbonne, 27 avril 1166) fut le premier évêque de Lisbonne après la conquête de la ville sur les Maures en 1147.

Gilberto était anglais. Il intégra l'armée destinée à la Seconde croisade. La flotte transportant celle-ci s'arrêta à Porto, le dernier port de la route de la Méditerranée aux mains des chrétiens. C'est alors que le comte du Portugal Afonso Henriques, avec l'aide de l'archevêque de Braga,João Peculiar convainquit les croisés d'attaquer Lisbonne.

Après la prise de la ville en octobre, la grande mosquée fut immédiatement purifiée et consacrée à Notre Dame en tant que Cathédrale. João Peculiar restaura l'évêché et nomma Gilberto évêque. On parle de restauration bien que pendant les quatre siècles maures les chrétiens de Lisbonne avaient leur évêque mozarabe. En mettant ainsi les évêchés des territoires qu'il contrôlait sous la tutelle de l'archevêque de Braga, le nouveau roi Afonso allait à l'encontre de la coutume qui plaçait les évêchés portugais sous les archevêchés léonais. Il cherchait à émanciper le Portugal, autant politiquement que spirituellement, de la mainmise par l'Imperator Alphonse VII de León et Castille.


En 1150, Gilberto s'installa à la tête de la Sé de Lisboa. Il introduisit dans l'évêché le rite suivi par l'Église de Salisbury, en Angleterre. L'évêché de Lisbonne s'y conforma jusqu'en 1536, lorsque l'archevêque Alphonse II introduisit le rite romain (en réponse au schisme de l'Église anglicane).

En 1151, il envoya des lettres en Angleterre, afin d'obtenir de l'aide pour la Reconquista.

Il fonda les paroisses de São Vicente de Fora, Mártires e Santa Justa.
Il fut enterré dans la Sé de Lisboa.




(28) Alphonse VII l'Empereur, né le 1er mars 1105 à Caldas de Reis et mort le 21 août 1157 à Santa Elena ou Viso del Marqués, est roi de Galice de 1112 à 1157 et de León et Castille de 1126 à 1157. Il est couronné Imperator totius Hispaniae, « empereur de toutes les Espagnes » en 1135.

Il est le fils d'Urraque, reine de León et de Castille, et du comte Raymond de Bourgogne
À partir du 9 décembre 1117, il se permit de porter le titre d'empereur que l'on attribuait aux souverains de León, comme étant les plus proches héritiers du royaume wisigothique. Ce titre était surtout honorifique. De plus, à la même époque c'était son beau-père (deuxième époux de sa mère), le roi d'Aragon Alphonse Ier le Batailleur, qui se présentait comme le légitime détenteur du titre. Le différend sur le titre et sur leur souveraineté sur un certain nombre de territoires est réglé entre les deux monarques en juin 1127 avec la signature dupacte de Támara.

Le 26 mai 1135 à León, il fut couronné « empereur » après la mort d'Alphonse Ier d'Aragon en septembre 1134. Son ambition était, en profitant de la faiblesse passagère de l'Aragon, d'unifier sous sa coupe les territoires chrétiens des Espagnes, renouant avec les splendeurs du royaume wisigothique.

Il était le maître de l'Église, et le protecteur des musulmans, qui formaient une grande partie de ses sujets. Son règne se termina par une campagne sans succès contre le pouvoir grandissant des Almohades. Bien qu'il ne fût pas battu, sa mort dans la passe de Muradel dans la Sierra Morena pendant son retour à Tolède intervint dans des circonstances qui montraient qu'il n'était pas l'homme qu'il prétendait—le roi de deux religions. Bien qu'il fût un grand roi, le personnage est dans une certaine mesure la victime des confusions de son époque - chrétien en croyance et ambition, mais plus qu'à moitié oriental dans sa famille.
En 1128, Alphonse VII épouse Bérengère de Barcelone, fille de Raimond-Bérenger III de Barcelone, dont il a trois enfants :

• Sanche III de Castille (1134-1158) qui épouse Blanche de Navarre, fille du roi García V de Navarre.
• Constance de Castille (v. 1136-1160) qui épouse le roi Louis VII de France
• 1137 : Ferdinand II (1137-1188) qui épouse Urraque de Portugal
• Sancha de Castille (vers 1139-1177) qui épouse Sanche VI le Sage, roi de Navarre.

En 1152, il se marie en secondes noces avec Richezza de Pologne (v.1140-1185), fille de Ladislas II le Banni, dont il a deux enfants :
• Ferdinand de Castille (mort en 1157)
• Sancha de Castille (mort en 1208), épouse d'Alphonse II d'Aragon.

De sa maîtresse Gontrodo Pérez, il a :
• Urraque Alphonse de Castille, l'Asturienne (morte en 1164), épouse du roi García V de Navarre.

De sa maîtresse Urraca Fernández de Castro, naît :
• Stéphanie Alphonse, l'Infortunée (1139/48-1180).




(29) García V de Navarre dit le Restaurateur, né en 1110, mort le 21 novembre 1150 à Lorca. Il régna sur la Navarre de1134 à 1150.
Fils de Ramiro II de Monzon et de Christine de Bivar (fille duCid Campeador). Ramiro II était le fils de Sanche de Uncastillo, fils illégitime de García IV de Navarre. À la mort d'Alphonse Ier d'Aragon sans descendance, la noblesse navarraise élit Garcia pour roi de Navarre.

García V de Navarre épousa en 1130 Marguerite de l'Aigle. De cette union naquirent :
• Sanche VI de Navarre, successeur de son père.
• Blanche de Navarre (1133-1156), en 1151 elle épousaSanche III de Castille, leur fils fut Alphonse VIII de Castille (postérité).
• Marguerite de Sicile (1128-†1183), en 1150 elle épousaGuillaume Ier de Sicile dit le Mauvais, ils furent les parents de Guillaume II de Sicile dit le Bon.

Veuf, García V de Navarre épousa en 1144 Urraca de Castille (†1189). De cette union naquirent :
• Sancha de Navarre († 1176), elle épousa Gaston V de Béarn (sans postérité). Veuve elle épousa en 1165Pedro Manrique de Lara, seigneur de Molina et vicomte de Narbonne (postérité).
• Urrique de Navarre qui épousa Garcia de Najera.




(30) Raimond-Bérenger IV de Barcelone, dit le Saint (né en 1113à Barcelone - mort le 6 août 1162 à Borgo San Dalmazzo,Italie) est un comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona et de Cerdagne, de 1131 à sa mort. Son règne marque un renforcement sans précédent du pouvoir des comtes de Barcelone. À la suite de son mariage avec l'héritière duroyaume d'Aragon, Pétronille, prévu par les accords matrimoniaux de Barbastro, en 1137, Raimond-Bérenger IV assura l'union de ses domaines propres et du royaume d'Aragon : il porta le titre de « prince » d'Aragon et de comte de Ribagorce à partir de 1137.

À la mort de son frère, le comte de Provence Bérenger-Raimond, il assura la tutelle de son neveu, Raimond-Bérenger. Il est pour cette raison parfois désigné sous le nom de Raimond-Bérenger II de Provence.

Il profita également de l'affaiblissement des Almoravides pour étendre ses possessions vers le sud. Chargé de la défense du royaume d'Aragon, il repoussa d'abord les musulmans des terres qu'ils avaient enlevées aux Aragonais après la défaite de Fraga. Allié aux rois de León, Alphonse VII, et de Navarre, Garcie V, il fit la conquête de la puissante cité d'Almeria en 1144. Il s'empara ensuite des régions de Lérida et de Tortose entre 1147 et 1152, fixant les limites méridionales de la Catalogne.

Raimond-Bérenger IV affronta également les comtes de Toulouse, Alphonse Jourdain et son fils Raimond V, dans le sud du royaume de France et en Provence, au cours de la « grande guerre méridionale ». De grands seigneurs comme les vicomtes de la famille Trencavel, les comtes de Rodez et les vicomtes de Narbonne, changèrent fréquemment de camp, au gré de leurs intérêts et de la conjoncture politique du moment.

Raimond-Bérenger est le fils du comte de Barcelone, Raimond-Bérenger III, et de sa troisième épouse, Douce de Gévaudan. Celle-ci est l'héritière des comtés de Gévaudan, par son père, Gilbert Ier, et de Provence, par sa mère, Gerberge de Provence. Il naît en 1113 à Barcelone. Dès 1126, son père l'associe, avec son frère cadet, Bérenger-Raimond, au pouvoir, puisqu'il rencontre le roi d'Aragon,Alphonse Ier.

En août 1150, Raimond-Bérenger IV épouse Pétronille d'Aragon, fille du roi d'Aragon Ramire II le Moine et d'Agnès de Poitiers, fille du duc d'Aquitaine Guillaume IX le Troubadour et de son épousePhilippe de Toulouse. Ils ont ensemble plusieurs enfants :

• Pierre (1152 - avant 1158) ;
• Raimond (1157 - 1196), roi d'Aragon et comte de Barcelone sous le nom d'Alphonse II (1162 - 1196) ;
• Pierre (1158 - 1181), comte de Provence sous le nom de Raimond-Bérenger IV (1173 - 1181) ;
• Douce (1160 - 1198), mariée en 1168 au roi de Portugal, Sanche Ier ;
• Sanche (1161 - 1223), comte de Cerdagne (1161 - 1223) et lieutenant de Provence (1181 - 1184).

Il eut également un fils naturel, né de mère inconnue :
• Bérenger (? - 1211/1212), abbé de Montearagón, évêque de Lérida et archevêque de Narbonne.




(31) Josselin II de Courtenay, († 1159) est le dernier comte d'Édesse, de 1131 à 1149, et le fils de Josselin Ier et de Béatrice d'Arménie.

De son épouse Béatrice de Saône, Josselin II avait eu :
• Josselin III († 1200), comte titulaire d'Édesse, seigneur de Joscelin (seigneurie autour de Saint-Jean-d'Acre).
• Agnès de Courtenay, mariée à Amaury Ier, roi de Jérusalem
• Isabelle de Courtenay, mariée en 1159 à Thoros II, prince d'Arménie



(32) Roger II de Sicile (22 décembre 1095 - 26 février 1154) est le second fils du Grand Comte Roger de Hauteville, premier comte normand de Sicile, et d’Adélaïde de Montferrat. Fondateur du royaume de Sicile (1130), il unifie toutes les conquêtes des Normands en Italie sous une seule couronne. Avec les Assises d'Ariano (1140), il jette les bases d'un royaume centralisé, investissant le roi et sa bureaucratie d'une autorité absolue. Roger II de Sicile fait preuve d'une politique extérieure énergique, menant plusieurs expéditions guerrières en direction de l'Afrique du Nord et de l'Orient byzantin. Son union avec Béatrice de Rethel donnera une fille, Constance, qui enfantera Frédéric II, roi de Sicile et empereur germanique.

Le premier mariage de Roger II avec Elvire de Castille, fille de Alphonse VI de Castille, vers 1118, donnera cinq fils : Roger d'Apulie, Tancrède de Bari, Alphonse de Capoue, Guillaume de Sicile, Henri de Sicile, et une fille. Elvire meurt en 1139 et Roger II se marie dix ans plus tard avec Sibylle, fille de Hugues II, duc de Bourgogne. Cette dernière meurt en 1151 et Roger se marie avec Béatrice de Rethel, fille du comte de Rethel, avec laquelle il espère avoir d'autres fils. Sa dernière femme lui donne une fille posthume, Constance de Hauteville destinée, après l'extinction de la lignée des Hauteville, à transmettre le royaume à la maison de Hohenstaufen.




(33) Suger de Saint-Denis est un homme d'Église et homme d'État français. Il serait né à Chennevières-lès-Louvres, en 1080 ou1081 et mort à Saint-Denis le 13 janvier 1151.




(34)  Guillaume II de Nevers, comte de Nevers et d'Auxerre, né en 1083, mort le 20 août 1148, est un aristocrate français.

Guillaume II de Nevers est le fils de Renaud II, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et d'Agnès de Beaugency. À la mort de son père en 1089, il demeura sous la tutelle de son grand-père, Guillaume Ier jusqu'à la mort de celui-ci, en1097 ou en 1100.
Après la prise de Jérusalem, il décida de se rendre en Terre sainte en renfort. Il arriva à Constantinople en 1101 avec 15 000 hommes. Il entreprit de traverser l'Anatolie, mais son armée fut écrasée par les Turcs, et il fut l'un des rares rescapés à parvenir à Antioche.

Il épousa Adélaïde, avec laquelle il eut Guillaume III (1110-1161) et Anne, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

Il contribua avec son épouse en 1144 à la fondation du prieuré Notre-Dame de La Fermeté à La Fermeté (Nièvre).




(35) Otton de Freising, né à Klosterneuburg en 1112, mort le28 septembre 1158 à l'abbaye de Morimond où il est inhumé, était un évêque et chroniqueur allemand. Historien de Frédéric Barberousse, il est aussi un des grands théoriciens de l'histoire de l'époque médiévale.

Fils de Léopold III d'Autriche, margrave d'Autriche, et d'Agnès de Germanie, fille de l'empereur empereur Henri IV, Otton appartient à la dynastie germanique des Babenberg.




(36) Frédéric IV de Souabe dit Frédéric de Rothenbourg de la maison des Hohenstaufen (1145; † 19 août 1167 à Rome) était duc de Souabe, succédant à son cousin Frédéric Barberousse, Empereur romain germanique en 1152 et duc de Franconie comme son père de 1152 à sa mort.

Frédéric de Rothenbourg est le fils de Conrad III de Hohenstaufen et de sa femme Gertrude de Sulzbach et ainsi donc l'héritier direct à couronne. Cependant, sur son lit de mort, Conrad III bien conseillé par les deux seules personnes présentes dans la pièce, son neveu Frédéric Barberousse et l'évêque de Bamberg, désigne Frédéric Barberousse comme successeur et lui transmet les insignes impériaux.

Frédéric Barberousse perdit son temps dans l'obtention de la caution des clercs Bavarois, et convoqua l'archevêque de Cologne à un Diète d'Empire précipité. Là, les électeurs de l'Empire, à l'exception du "primus inter pares", Henri Ier, archevêque du Main et un allié du Pape) élisent Frédéric Barberousse en tant que roi des Romains au lieu de son cousin de six ans. Le jeune homme reçoit en compensation le duché de Souabe et le duché de Franconie qu'il conserve jusqu'à sa mort.

Frédéric IV de Rohtenburg participe aux campagnes de Barberousse en Italie, mais il fait partie des nombreuses victimes au sein de l'armée impériale qui succombent d'une affection après l'occupation de Rome en 1167. Frédéric Ier Barberousse donne alors le duché de Souabe et le duché de Franconie à son fils âgé de trois ans, Frédéric V.


Frédéric IV se maria avec Gertrude de Bavière. Elle était la fille de Henri le Lion et de sa première femme, Clémentie de Zähringen. Ils n'eurent aucun enfant.Veuve, Gertrude se maria à Knut VI de Danemark. Elle mourut sans héritier.




(37) Heinrich Ier Felix von Harburg ou Henri Ier Felix fut archevêque et prince-électeur de Mayence de1142 à 1153. Il était aussi archichancelier du Saint-Empire romain germanique.

Henri I, surnommé Felix, d'une maison illustre, réunissait, en sa personne, les prévôtés de la cathédrale et de la collégiale Saint-Victor devant Mayence lorsqu'il fut élu pour succéder à l'archevêque Markolf.

Ce fut à Francfort que se fit son élection en présence des légats du pape, de saint Bernard, et de l'empereur, qui l'investit aussitôt des droits régaliens. Mais il ne reçut qu'en 1145 le pallium, qui lui fut apporté par le cardinal Théoduin. L'an 1146, un moine nommé Raoul, excitant les peuples de Mayence, de Cologne, et des lieux voisins, à massacrer les Juifs,

l'archevêque Henri consulta, par lettres, sur ce point l'abbé de Clairvaux. La réponse fut qu'il fallait réprimer le fanatique et lui interdire la prédication.

L'empereur Conrad III de Hohenstaufen, se disposant à partir pour la croisade, confia, l'an 1147, à l'archevêque de Mayence la tutelle de Henri (1137-1150), son fils, qu'il venait de faire élire roi des romains, avec le vicariat de l'empire. Le prélat vint en grand cortège, la même année, trouver le pape Eugène III, à Trêves, où il fit une entrée pompeuse, le premier dimanche de l'Avent. Il remit au pontife une lettre du jeune prince, son élève, qui l'appelait carissimum patrem ac prœceptorem, atque adjutorem nostrum.

Henri avait entrepris de réformer, malgré eux, ses chanoines. Pour se venger, ils l'accusèrent auprès du pape de négligence dans l'exercice de ses fonctions. Obligé de se défendre, il fait partir, l'an 1152, Arnoul de Selenhofen, prévôt de la collégiale de Saint-Pierre, pour aller plaider sa cause à Rome. Ce député, qu'il avait comblé de bienfaits, trompa ses intentions, d'une manière aussi ingrate que perfide; car, au lieu de le justifier, il appuya les griefs allégués contre lui, et demanda des commissaires au pape, pour venir les vérifier sur les lieux.

Deux cardinaux, Bernard et Grégoire, envoyés pour ce sujet, s'étant rendus, l'an 1153, à Worms, déposèrent le prélat accusé, sans égard pour une lettre que saint Bernard leur avait écrite en sa faveur (lettre 302), et lui substituèrent Arnoul. Les historiens sont partagés sur ce jugement. Othon de Frisingue, écrivain grave et contemporain, le donne pour équitable . Conrad, auteur de la chronique de Mayence, qui vivait au XIIIe siècle, et Dodechin, prétendent qu'il fut le fruit de la corruption, et qu'une somme d'argent, offerte aux légats, en fut le prix. Quoi qu'il en soit, Henri, après en avoir appelé au tribunal de Jésus-Christ, se retira en Saxe, où il mourut à l'abbaye Amelungsborn et fut inhumé àEinbeck, consumé de chagrin, le premier septembre de la même année. Son archevêché ne l'avait pas enrichi. Il avait coutume de dire :

Fui dives canonicus, pauper præpositus, mendicus episcopus.




(38) Conrad III, né en 1093 et mort le 15 février 1152 à Bamberg, est le premier membre de la maison de Hohenstaufen à avoir été élu roi des Romains en 1138. Il règne de 1138 à sa mort en 1152 sans jamais avoir été couronné empereur.

Conrad est le second fils du duc de Souabe Frédéric Ier et de son épouse Agnès de Franconie. Par sa mère, il est le neveu de l'empereur Henri V. Il reçoit le titre de duc de Franconie vers 1116 et le conserve jusqu'à sa mort.

À la mort d'Henri, en 1125, Conrad et son frère aîné Frédéric le Borgne sont candidats à la succession impériale, mais c'est le duc de Saxe Lothaire de Supplinbourg qui remporte les suffrages des électeurs. Pour avoir contesté l'élection de Lothaire, Frédéric est mis au ban de l'Empire, mais il parvient à réunir suffisamment de soutiens pour faire élire Conrad antiroile 18 décembre 1127 à Nuremberg. Conrad franchit les Alpes pour être sacré roi d'Italie par l'archevêque de Milan Anselme V de Pusterla. Il finit par se soumettre à Lothaire en 1133.

Bien que Lothaire ait désigné le duc de Saxe Henri le Superbe comme successeur, les électeurs choisissent Conrad après sa mort, le 4 décembre 1137. Il est sacré roi de Germanie par le légat pontifical Dietwin le 7 mars 1138 à Aix-la-Chapelle. Henri le Superbe ayant refusé de se soumettre, il est mis au ban de l'Empire et ses domaines sont redistribués : Albert l'Ours reçoit la Saxe et Léopold IV de Babenberg reçoit la Bavière. Après une révolte des Saxons, restés fidèles à la dynastie des Welf, Conrad accepte d'inféoder la Saxe à Henri le Lion, le fils d'Henri le Superbe, en 1142.

Conrad participe à la deuxième croisade. Il part de Ratisbonne en mai 1147, rencontre l'empereur Manuel Ier à Constantinople, mais ses troupes sont anéanties à Dorylée, en Asie mineure, le 25 octobre. Il rejoint le roi de France Louis VII et part pour Saint-Jean-d'Acre au printemps 1148. L'échec dusiège de Damas, au mois de juillet, incite le roi à prendre le chemin du retour. Il repart pour Constantinople le 8 septembre.

Jamais sacré empereur, Conrad utilise le titre de « roi des Romains » jusqu'à sa mort. Lorsque son fils aîné Henri Bérenger trouve la mort, en 1150, il désigne son neveuFrédéric Barberousse pour lui succéder.


Conrad III épouse en premières noces Gertrude de Comburg(morte vers 1130-1131), fille du comte Henri de Rothenburg. Ils ont au moins deux filles :
• Berthe, abbesse d'Erstein en 1153 ;
• Gertrude.

Veuf, Conrad III se remarie avec Gertrude de Sulzbach, fille du comte Bérenger Ier de Sulzbach. Ils ont au moins deux fils :
• Henri-Bérenger (1136/1137-1150), élu co-roi de Germanie le 13 mars 1147 à Ratisbonne ;
• Frédéric IV (1144/1145-1167), duc de Souabe.




(39) Basileus signifie « roi » en grec ancien. Le terme, utilisé dans la Grèce antique, désignait entre autres les empereurs romains pour les Grecs, et c'est pourquoi il est aussi le titre des empereurs byzantins.




(40) Manuel Ier Comnène (28 novembre 1118 – 24 septembre1180) est empereur byzantin (1143-1180) à une période charnière pour l’empire. Manifestant sa volonté de le restaurer dans sa gloire passée et de réaffirmer Byzance dans sa suprématie sur le monde méditerranéen au XIIe siècle, Manuel poursuit une politique étrangère ambitieuse et énergique. Pour ce faire, il s’allie au pape et aux puissances occidentales montantes, envahit l’Italie, maîtrise le passage de la deuxième croisade à travers son empire et établit un protectorat byzantin sur les royaumes croisés d’Outremer. Faisant face au djihad islamique en Terre sainte, il fait cause commune avec le Royaume de Jérusalem et participe à l’invasion de l’Égypte fatimide. Manuel recompose la carte politique des Balkans et de la Méditerranée orientale en plaçant les royaumes de Hongrie et d’Outremer sous l’hégémonie byzantine et en menant des campagnes agressives aussi bien à l’ouest qu’à l’est. Toutefois, vers la fin de son règne, les réalisations de Manuel en Anatolie sont compromises par la défaite à la bataille de Myriokephalon.


L’historien latin Guillaume de Tyr décrit Manuel comme sage, bon et brave. Manuel est aussi loué par Robert de Clari comme étant « un homme généreux et plein de sagesse ». Une telle estime pour un souverain byzantin est rare parmi les chroniqueurs occidentaux, et cette réputation positive a mené quelques historiens modernes à le voir comme un innovateur inspiré qui compte plus sur la coopération que sur la confrontation avec l’Occident et les Croisés.

Nommé Megas ( « le Grand ») à Byzance, Manuel est connu pour avoir inspiré une loyauté intense à ceux qui l’ont servi. Il apparaît comme un héros dans une histoire écrite par son secrétaire Jean Kinnamos et chez qui on retrouverait toutes les vertus : du courage au combat, en passant par l’intelligence, l’humanité, jusqu’à des compétences en philosophie et même en médecine. Jean Phokas, un soldat qui combat dans l’armée de Manuel, le décrit comme un glorieux empereur,« sauvegardant le monde ».

Manuel est de plus renommé pour son charisme et son affinité pour l’Occident, ce qui l’amène à organiser des joutes et même à y participer, chose inhabituelle pour les Byzantins. Il est représentatif d’un nouveau genre de souverains byzantins dont la pensée est influencée par les croisés occidentaux. Homme de guerre accompli et doté d’un grand courage, Manuel s’est consacré aux armes tout au long de son règne avec diverses fortunes.

Fils de Jean II Comnène et d’Irène de Hongrie (qui changea son nom hongrois — Piroska — à son mariage), il épousa :
• Berthe de Sulzbach († 1160) en premières noces en 1146, fille du comte Gebhard III de Sulzbach et de Mathilde de Bavière, sœur de Gertrude, mariée à Conrad III. De cette union naquit :
• Marie (1152 † 1182), fiancée à Béla III de Hongrie puis à Guillaume II de Sicile, et mariée ensuite en 1180 à Rainier de Montferrat (1163 † 1182)
• Anne (1154 † 1158)
• Marie d’Antioche (1145 † 1182) en secondes noces en 1161, fille de Raymond de Poitiers prince d’Antioche et de Constance d’Antioche, qui lui donna pour enfant :
• Alexis II Comnène (1169 † 1183)




(41) Rukn ad-Dîn Mas`ûd ben Qilij Arslân, Rükneddin Mesud ou Mas`ûd Ier est un sultan seldjoukide de Rum. Il est le troisième fils de Kılıç Arslan Ier et le successeur de son aîné Malik Shah Ier en 1116. Il décède vers 1156 et est enterré à Iconium.




(42) La seconde bataille de Dorylée eut lieu à Dorylée le 25 octobre 1147 pendant la deuxième croisade. Conrad III, manquant de provisions, stoppa afin que ses troupes puissent se reposer. Celles-ci furent quasiment réduites à néant par une attaque des turcs seljoukides. Par conséquent, les croisés allemands se retrouvèrent incapables de poursuivre leur croisade et Conrad rejoint les forces de Louis VII de France avec les 2 000 hommes qui lui restait.







(43) La bataille du mont Cadmos ou bataille du défilé de Pisidie ou bataille de Laodicée est une défaite de l'armée franque de Louis VII de France face aux Turcs seldjoukides de Rum lors de la deuxième croisade, le6 janvier 1148.





(44)  Amédée (Amé) III de Maurienne ou plus couramment Amédée III de Savoie, plus rarement de Savoie-Maurienne, dit « le Croisé », né vers 1095 et mort le 30 août 1148 à Chypre lors de la deuxième croisade, est le 7e comte de Maurienne, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais, marquis de Suse et d'Italie (comte de Turin), et il est le premier à porter le titre de comte de Savoie, à partir de 1143. Il est le fils du comte et marquis Humbert II de Savoie.


Amédée naît vers 1080 ou 1095, selon la tradition, probablement à Montmélian. Il est le fils du comte Humbert II et de Gisèle de Bourgogne-Ivrée. Cette dernière est la sœur de Guy, archevêque de Besançon, futur 160 e pape sous le nom de Calixte II.


Les historiens ne sont pas sûr de l'existence du nombre de mariage, les sources manquant. D'après le site sabaudia.org, Amédée aurait été marié à une certaine Gertrude, fille de Simon, duc de Lotharingie, mais sans postérité. Son mariage avec Mathilde ou Mahaut d'Albon de Viennois est par contre mentionné en 11231. Elle est la fille du comte Guigues III d'Albon1 et sœur du futur Guigues IV d'Albon.

L'union donne naissance à quatre garçons et six filles, dont :
• Alix de Savoie ou Élise (n. v. 1123 - ?), marié vers 1140 à Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux » (1137-†1194) ;
• Mathilde de Savoie ou Mahaut (1125 - 1158), épouse Alphonse Ier de Portugal ;
• Agnès de Savoie (1125 - 1172), épouse du comte Guillaume Ier de Genève ;
• Humbert III de Savoie (1136 - 1189) dit « le Bienheureux », futur comte de Savoie ;
• Jean de Savoie (?), prêtre ;
• Pierre de Savoie (?), prêtre ;
• Guillaume de Savoie (?) ;
• Marguerite de Savoie (? - 1157), fondatrice de l’abbaye de Bond (?) ;
• Isabelle de Savoie (?) ;
• Juliane ou Julienne de Savoie (? - 1194), abbesse de Saint-André-le-Haut de Vienne.




(45)  Raymond de Poitiers, né en 1115, mort le 29 juin 1149,prince d'Antioche de 1136 à 1149, second fils de Guillaume IX de Poitiers, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers et de Philippe de Toulouse.

Il épousa en 1136 Constance, âgée de 10 ans, fille et héritière de Bohémond II, prince d'Antioche et d'Alix de Jérusalem, et assura le gouvernement de la principauté après les régences de Baudouin II et de Foulque, rois de Jérusalem. Le mariage avait eu l'approbation du patriarche d'Antioche, mais pas celui d'Alix de Jérusalem, à qui Raymond avait fait croire qu'il devait l'épouser. Les premières années du règne commun de Raymond et de Constance furent occupées par des conflits avec l'empereur byzantin Jean II Comnène, qui cherchait à récupérer la Cilicie et à réaffirmer ses droits sur Antioche. Raymond fut obligé de lui prêter hommage et de s'engager à lui céder Antioche dès que Jean II lui aurait conquis des terres plus à l'est. L'expédition de1138, à laquelle prit part Jean et Raymond, fut naturellement un échec : Raymond n'était pas pressé de se conquérir un fief, ce qui aurait signifié pour lui la perte d'Antioche. Jean retourna à Constantinople après avoir demandé en vain le retour de la citadelle d'Antioche.

Il y eut ensuite une lutte entre Raymond et le patriarche, Raoul de Domfront. Raymond était gêné par l'hommage qu'il avait dû prêter au patriarche en 1135, qui était membre de l'opposition et qui s'était fait élire de manière irrégulière. Raymond triompha en 1139, faisant déposer le patriarche et le remplaçant par Aimery de Limoges. En 1142, Jean II Comnène revint à l'attaque, mais Raymond refusa de reconnaître sa précédente soumission, et Jean ravagea les abords de la ville, incapable de lancer une autre action contre Raymond. Par la suite Manuel Ier Comnène, successeur de Jean II, obligea Raymond à faire une visite humiliante à Constantinople où il dut renouveler son hommage et accepter la présence d'un patriarche grec.

Pendant la deuxième croisade, Louis VII, roi des Francs et sa femme Aliénor d'Aquitaine, nièce de Raymond, s'arrêtèrent à Antioche. Raymond chercha à les inciter à prendre Alep et Césarée (de Syrie)avant de descendre vers Jérusalem, mais Louis VII refusa. Les relations de Raymond avec sa nièce étaient si intimes que l'archevêque Guillaume de Tyr insinue qu'il existe entre eux une relation charnelle. Aliénor se range du côté de son oncle et menace Louis VII. À son retour en France, Aliénor se retire sur ses terres d'Aquitaine. Le couple fait alors savoir au pape qu'ils souhaitent l'annulation de leur mariage. Aliénor épousa en secondes noces le futur roi d'Angleterre en 1152.

Le 29 juin 1149, Raymond fut tué à la bataille d'Inab, pendant une expédition contre Nur ad-Din. Raymond est décrit par Guillaume de Tyr comme un seigneur d'ascendance très noble, de figure grande et élégante, le plus beau des princes de la terre, un homme d'une conversation et d'une affabilité charmante, fort dans le maniement des armes et dans l'expérience militaire, protecteur des lettres bien qu'illettré, un croyant sincère et un mari fidèle, mais une personnalité entêté, colérique et peu raisonnable.


De son mariage avec Constance d'Antioche, il avait eu :
• Bohémond III († 1201), prince d'Antioche
• Marie (1145 † 1182), mariée en 1161 à l'empereur Manuel Ier Comnène († 1180)
• Philippa (v.1148 † 1178), mariée à Onfroy II de Toron († 1179)
• Baudouin († 1176) tué pendant la bataille de Myriokephalon
• Raymond († avant 1181)




(46)  Foucher d'Angoulême, prélat français et archevêque de Tyr, il fut patriarche latin de Jérusalem de son élection le 25 janvier (ou le 20 février) 1146 à sa mort, le 20 décembre 1157, en Palestine.




(47)  Le Patriarche latin de Jérusalem est l'un des patriarches catholiques orientaux. C'est le titre le plus ancien parmi tous les patriarches catholiques orientaux puisqu'il date de 1099 et le seul de rite latin.
En effet, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, une structure religieuse, le patriarcat latin, est créée à Jérusalem en complément d’une structure temporelle, qui sera le royaume de Jérusalem.




(48)  Raymond II de Tripoli (v. 1120 † 1152) est un comte de Tripoli de 1137 à 1152 et fils de Pons, comte de Tripoli, et de Cécile de France.

En 1137, l’atabeg Zengi envahit la principauté d’Antioche, puis le comté de Tripoli. Le comte Pons lui livre bataille à Mont-Pèlerin, mais est capturé et exécuté. Les Seldjoukides prennent ensuite la direction de Jérusalem où le roi Foulque rassemble ses troupes. Raymond II les poursuit et les surprend alors qu’ils assiègent Montferrand, mais Raymond est vaincu et emprisonné.

L’émir de Damas, inquiet de la puissance montante de Zengi s’allie au royaume de Jérusalem et les deux armées le défont et le repoussent. Ce n’est qu’en 1142 que Raymond II est libéré contre rançon. Pour éviter qu’une nouvelle invasion turque ne prenne le comté au dépourvu, il confie le krak des Chevaliers aux Hospitaliers. Ceux-ci conservent le krak pendant cent trente ans, jusqu’à sa prise par les Mamelouks en 1271.

La défaite n’a pas anéanti les forces de Zengi, qui prend Édesse en 1144. Il est assassiné en 1146, et son fils Nur ad-Din lui succède, et achève la conquête du comté d’Édesse et d’une partie de la principauté d’Antioche. L’annonce de la prise d’Édesse suscite une seconde croisade, mais les croisés commettent de nombreuses erreurs, d’abord en traversant l’Anatolie, où les Turcs déciment l’armée, puis en attaquant Damas, le seul allié musulman des Francs. Parmi les croisés, se trouve Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et grand-oncle de Raymond II, qui, semble-t-il, revendique le comté de Tripoli pour lui, et meurt empoisonné peu après. Accusé du meurtre, Raymond refuse de se joindre à la croisade.

Son épouse Hodierne de Jérusalem le trompe si ouvertement qu'il songe à la répudier. Baudouin II parvient à éviter le scandale, mais sa fille Mélisende est soupçonnée d'illégitimité. Ils restent mariés, mais la mésentente règne dans le couple, Hodierne ne voulant pas changer ses habitudes. Raymond II est assassiné en avril 1152 par deux Assassins, probablement à l'instigation de son épouse.


Il épouse en 1131 Hodierne de Rethel († 1152), fille de Baudouin II, roi de Jérusalem et de Morfia de Malatya, qui donne naissance à :
• Raymond III (v. 1140 † 1187), comte de Tripoli et prince de Galilée.
• Mélisende, fiancée en 1159 à l’empereur Manuel Ier Comnène, qui rompt les fiançailles, ayant des doutes sur la légitimité de Mélisende.




(49)  Baudouin III de Jérusalem (1131 - † 10 février 1162 à Beyrouth), fils de Foulques V d'Anjou et de Mélisende de Jérusalem, fut roi de Jérusalem de 1143 à 1162.

Malgré un début de règne difficile (perte de la ville d'Édesse, échec de la seconde croisade), suivi ensuite de l'unification de la Syrie musulmane, il a su résister à la poussée zengide, obligeant parfois Nur ad-Din à la défensive, et a également su conclure une alliance avec Byzance, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre offensive islamique.




(50) Saif ad-Dîn Ghâzî († 1149) est un émir zengide de Mossoulde 1146 à 1149. Il était fils de Zengi, émir d’Alep et de Mossoul.

En 1146, son père Zengi assiège la forteresse de Qal’at Ja’bar quand il est assassiné, le 15 septembre par Yarankach,un de ses serviteurs qui voulait échapper à un châtiment. Ses troupes se dispersent, mais deux des fils de Zengi parviennent à en reprendre le contrôle, et le partage de l’empire zengide se réalise de manière informelle : Nur ad-Din, l’aîné prend la tête de l’armée d’Alep et s’intitule émir d’Alep, tandis que Saif ad-Din Ghazi devient émir de Mossoul et prend la tête de l’armée de cette ville, abandonnant la dépouille de leur père qui est embaumée et inhumée par les habitants de Rafiqâ.

Ce partage sera à terme bénéfique pour la cause islamique face aux croisés. En effet, Mossoul se trouve à la frontière de la Mésopotamie et l’émir de Mossoul intervient dans les luttes de pouvoir qui opposent le calife abbasside au sultan seldjoukide. Zengi émir de Mossoul et d’Alep, avait ainsi dû se partager entre l’Irak et la Syrie, dispersant partiellement ses efforts contre les Francs. De plus Nur ad-Din garde des bons rapports avec son frère, ce qui lui assure une puissance amie sur ses arrières.

Mais Saif ad-Din doit lutter pour assurer sa position à Mossoul. Le sultan seldjoukide Mas`ûd avait deux ans auparavant placé son fils cadet Alp-Arslan comme suzerain de Zengi, mais ce dernier l'avait neutralisé et obligé à l’accompagner au siège. Avec la mort de Zengi, Alp-Arslan tente d’utiliser les troubles pour regagner le pouvoir. Deux conseillers de Zengi, le chef du diwan Jemal al-Din Muhammed et l’émir hajab Salah al-Din Muhammad al-Yaghisiyani prennent parti pour Saif ad-Din et, profitant de l’inexpérience du jeune seldjoukide, endorment sa vigilance dans les plaisirs, donnant à Saif ad-Din le temps nécessaire de prendre le contrôle de Mossoul. Quand Alp-Arslan se présente à Mossoul, il est arrêté et emprisonné dans la citadelle.

Que Saif ad-Din Ghazi privilégie les affaires de l’Iraq ne lui fait pas perdre de vue le jihad contre les Francs, mais il n’intervient qu’en concertation avec son frère Nur ad-Din. Ainsi, à l’arrivée de la deuxième croisade, les deux frères se tiennent prêt à combattre les croisés, mais ceux-ci préfèrent assiéger Damas. L’atabeg de la ville, Mu'in ad-Din Unur, demande l’aide des zengides, mais leur refuse l’entrée de la ville et utilise leur présence pour intimider les croisés et les forcer à lever le siège.
Saif ad-Din Ghazi meurt en novembre 1149, et ses deux frères, Nur ad-Din et Qutb ad-Dîn Mawdûd. Ce dernier prend les devants et se fait reconnaître atabeg de Mossoul. Nur ad-Din s’empare alors de Sindjar et envisage de s’attaquer à son frère, quand les vétérans de son armée refusent de combattre, estimant que cette guerre fratricide allait affaiblir les forces musulmanes face aux Francs et obligent les deux frères à conclure la paix.




(51)  Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil (vers 1117/8 -15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddîn " lumière de la religion "  (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la Contre-Croisade du XIIe sièclequi lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu'enÉgypte et prône pour cela l'unification des musulmans.

Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.

Une double nuance se trouve dans la signification étymologique de la titulature de Nûr al-Dîn, elle exprime à la fois le feu (nâr) dirigé contre les Infidèles ainsi que lumière (nûr) de la religion (dîn) selon le jeu de mots d'un thuriféraire de l'époque qui place Nûr al-Dîn au centre de la propagande qui permit de revivifier le concept de jihâd.




(52) Guillaume de Tyr (Jérusalem, vers 1130 - † 1184) est archevêque de Tyr de 1175 à 1184, historien des croisades au Moyen Âge et le précepteur du roi de Jérusalem Baudouin IV le Lépreux.




(53)  Mu'in ad-Din Unur († 1149) est un ministre, puis un régent de l’émirat bouride de Damas de 1135 à 1149.

Il commence son service auprès des Bourides comme mamelouk, c'est-à-dire soldat esclave, de Tughtekin, atabeg de Damas et reste dans l’ombre pendant de nombreuses années. Tughtekin meurt en 1128, suivi par son fils Buri Taj el-Moluk, mort en 1132 et son petit-fils Shams al-Muluk Isma’il, assassiné 2 février 1135. Ce dernier, voyant en permanence des complots dans son entourage avait décidé de donner Damas à Zengi, atabeg d’Alep et de Mossoul, et de se retirer dans une de ses forteresses. Au moment de l’assassinat, Zengi est déjà en route pour Damas, mais Zumurrud Khâtûn, la mère d’Ismâ’il, s’est dépêchée de faire reconnaître son autre fils, Shihab ad-Din Mahmud, comme atabeg.

Mu'in ad-Din Unur prend alors la tête de l’armée et assure la défense de la ville face à Zengi qui met le siège. Un jeune prince prétendant au sultanat seldjoukide, Dawûd, l’accompagne et l’émir de Damas, sur les conseils de de Mu’in ad-Din Unur accepte de lui faire allégeance pour ôter à Zengi un des prétextes de son attaque. Puis le calife al-Mustarshid envoie un ambassadeur, Bish ibn Kherîm, qui négocie la paix et la levée du siège le 16 mars 1135, moyennant une reconnaissance, purement nominale, de la suzeraineté d’Alep pour Damas et incitant Zengi à intervenir en Iraq pour soutenir la candidature de Dawud.

Qîrkhân ibn Qârâjâ, émir de Homs meurt en 1136, et ses fils échangent avec Shihab ad-Din Mahmudla ville contre Palmyre. Mahmùd donne alors la ville ne fief à Mu'in ad-Din Unur. Un an plus tard, en juin 1137, Zengi tente de nouveau la conquête de l'émirat de Damas et commence par assiéger Homs. Raymond II, comte de Tripoli, prévenu, ne souhaite pas qu'un chef de guerre musulman aussi puissant s'installe dans une ville si proche du comté de Tripoli et envoie une armée aux abords de Homs, obligeant Zengi à lever le siège le 11 juillet et à attaquer les Francs à Montferrand (ou Ba'rîn), où il les défait et prend la citadelle.

En 1138, Zumurrud Khatun, la mère de l'atabeg, épouse Zengi et lui apporte Homs en dot, et Mu'in ad-Din Unur reçoit en échange Ba'rîn. Dans la nuit du 22 au 23 juin 1139, Shihab ad-Din Mahmud est assassiné et Mu'in ad-Din Unur réagit avec fermeté, faisant exécuter les assassins et plaçant Jemal ad-Din Muhammad, demi-frère du précédent atabeg, sur le trône, lequel le remercie en lui donnant en fief Ba'albek, mais Unur se contente de déléguer un gouverneur pour assurer le gouvernement de Damas. En effet, un autre demi-frère, Bahrâm Shâh, s'est réfugié à Alep et demande à Zengi de l'aider à monter sur le trône de Damas. Zengi commence par assiéger Ba'albek, le 20 août 1139, la ville capitule le 10 octobre et la citadelle le 21 octobre et Zengi, malgré ses serments d'épargner les soldats, les fait crucifier. Cette action, destinée à intimider les Damascènes, les détermine au contraire à résister. Puis il met le siège devant Damas le 6 décembre. La ville résiste, Jemal ad-Din Muhammad meurt peu après, le 29 mars 1140. Unur place sur le trône Mujir ad-Din Abaq, le fils de Muhammad, encore enfant. Pour se débarrasser de Zengi, il fait appel à Foulque d'Anjou, roi de Jérusalem avec qui il avait conclu une alliance en 1138. L'arrivée de Foulque suffit à faire partir Zengi, et Mu'in ad-Din Unur aide ensuite les Francs à reprendre Panées sur les Zengides (mai 1140).

À la suite de la prise d'Édesse par Zengi, une nouvelle croisade arrive d'Europe mais ses chefs, au lieu d'attaquer l'empire zengide, s'attaquent à Damas, rompant l'alliance franco-damascène. Damas est assiégée le 24 juillet 1148 et Mu'in ad-Din Unur fait appel à toutes les troupes de l'émirat pour résister aux croisés. C'est alors que Nur ad-Din et Saif ad-Din Ghazi, fils et successeurs de Zengi approche avec son armée et les croisés lèvent le siège le 28 juillet et battent en retraite, voulant éviter d'être pris en tenaille entre les Zengides et les Damasènes, et ne voulant pas non plus que Damas tombe au pouvoir de Nur ad-Din.
Par la suite Mu'in ad-Din Unur ordonne quelques raids contre les Francs en Galilée, un raid avec Nur ad-Din contre Antioche, mais la paix et l'alliance entre les Francs et Damas finit par être restaurée en mai 1149. Mais il meurt peu après de dysenterie, le 28 août 1149.

René Grousset lui attribue une épouse qui serait la mère de Jemal ad-Din Muhammad, donc une veuve de Buri Taj el-Moluk, mais Amin Maalouf et la Foundation for Medieval Genealogy sont muets sur le sujet.

René Grousset lui attribue également une fille qu’il aurait mariée à Mujir ad-Din Abaq, information confirmée par Amin Maalouf, mais pas par la Foundation for Medieval Genealogy.




(54) Amaury Ier de Jérusalem (1136 † 1174), comte de Jaffa et d’Ascalon de 1157 à 1163, roi de Jérusalem de 1163 à 1174, fils cadet de Foulques d'Anjou, roi de Jérusalem et de Mélisende de Jérusalem. Le nom Amaury s'écrit aussi Amalric ou Almaric.
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DEUXIEME CROISADE (1146 - 1149)
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