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 PREMIERE CROISADE (1096 - 1099)

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Lanaelle
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MessageSujet: PREMIERE CROISADE (1096 - 1099)   Dim 10 Avr - 11:51





La première croisade s’est déroulée de 1096 à 1099 à la suite, entre autres, du refus intervenu en 1078 des turcs Seldjoukides (1)  de laisser libre le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Cette croisade s’achève par la prise de Jérusalem.






En 1078, les Turcs Seldjoukides délogent de Jérusalem les Fatimides (2)  qui y étaient installés depuis 970. A une période de libre accès à Jérusalem par les pèlerins chrétiens se substitue le massacre par les Turcs de la totalité de la population de Jérusalem, la soumission des populations chrétiennes aux vexations et à l’esclavage. Dans le même temps, vaincus à la bataile de Manzikert (3) en 1071, les byzantins ne peuvent  empêcher les Turcs de s’établir à Nicée (4)  en 1078 et d’y  fonder un royaume en 1081. A la fin du XIe siècle, l’empereur Alexis Ier Comnène (5), dont l’empire chrétien d’Orient se trouve menacé par l’invasion des Turcs, demande à plusieurs reprises les aides de Rome contre les Seldjoukides.




En 1095, lors d’un séjour en France, le pape Urbain II (6) prend acte de la fureur des chevaliers à qui les Turcs barrent dorénavant la route de Jérusalem (que les Arabes avaient toujours laissée libre) et répond à la demande d’Alexis Ier. Ainsi, le 27 novembre 1095, au cours du Concile de Clermont qu’il a fait réunir, le pape lance un appel à la croisade, et prêche pour secourir l’empereur byzantin et la libération de la Terre Saint à Jérusalem. En échange de leur participation à la croisade, il promet le pardon de leurs péchés aux chevaliers qui iraient porter secours aux chrétiens d’Orient.

Il désigne Adhémar de Monteil (7), évêque du Puy-en-Velay, pour diriger cette croisade

Il s’agit aussi, pour la papauté, de renforcer son autorité en rassemblant, dans un projet commun, une noblesse occidentale toujours désireuse de s’affranchir de la tutelle spirituelle de Rome.







Le petit peuple réagit en grand nombre, notamment en Berry à l’appel de Pierre l’Ermite (08) qui lance son fameux « Dieu le veut » (9) , en Orléanais, à Poissy où Gautier Sans-Avoir le rejoint, en Champagne et en Lorraine. Le 12 avril 1096 c’est avec quelque 15 000 pèlerins que Pierre l’Ermite et Gautier Sans-Avoir (10) parviennent à Cologne.

Gautier, emmenant une majorité de Français, quitte le premier Cologne et gagne la Hongrie où le roi Coloma (11) lui accorde le libre passage. A Semlin, dernière place hongroise avant le territoire byzantin, des incidents avec les Hongrois se soldent par la pendaison de seize croisés pillards. Arrivant à Nis le 18 août, Gautier continue sa route via Sofia, Philippopoli et Andrinople jusqu’à Constantinople qu’il atteint le 20 juillet sous escorte byzantine.

Les troupes de Pierre l’Ermite atteignent à leur tour Semlin, prennent la ville d’assaut devant le refus de fournir du ravitaillement. D’après le chroniqueur Albert d’Aix, ils auraient agi ainsi après avoir vu suspendus aux remparts les armes et vêtements appartenant à des pèlerins qui faisaient partie de la bande de Gautier et qui avaient été tués.

Ils investissent ensuite et pillent Belgrade, désertée par ses habitants qui avaient trouvé refuge en territoire byzantin sur l’autre rive de la Save. A Nis, les troupes de Pierre sont encadrées par le gouverneur Nicétas qui ne leur permet de continuer leur chemin qu’à la condition expresse de ne s’arrêter désormais pas plus de trois jours devant une ville.

Cette troupe se présente finalement devant Constantinople le 1er août 1096. Là, l’empereur Alexis Ier leur conseille, dans un premier temps, d’attendre la croisade menées par les barons, mais devant leurs excès, il leur fait traverser le Bosphore le 6 août et leur assigne la place forte de Kibotos (Civitot) (12). Les Turcs leur donnent alors méthodiquement la chasse et les tuent comme des bêtes fauves. Avec leurs ossements, ils élèvent une gigantesque pyramide que les chevaliers croisés retrouveront sur leur passage.

En septembre ils rejoignent les environs de Nicée et une troupe, dirigée par un noble italien du nom de Renaud s’empare de la forteresse de Xerigordon. Le 29 septembre, le sultan Kilij Arslan (13) reprend la place forte.

Le 21 octobre 1096, las d’attendre, ils se remettent en mouvement vers Nicée, mais ils sont exterminés à peine sortis du camp de Civitot. Gautier Sans-Avoir, le Comte Hugues de Tubilingue et Gautier de Teck perdent la vie dans ce combat. Sur 25 000 hommes, seuls 3 000 parviennent à regagner l’empire byzantin. Ils s’amalgament à la croisade des barons, donnant les terribles tafurs (14).

Les maladies et la famine continuant à décimer de plus en plus de croisés, Pierre l’Ermite lui-même désespéra du succès de l’expédition. Le désordre le plus complet régnait du reste dans l’armée ; l’espionnage des musulmans y était tellement fréquent que Bohémond menaça ceux-ci d’être coupés en morceaux et rôtis pour servir de nourriture aux soldats affamés. La propagande arabe reprendra ces menaces après les croisades pour  discréditer Bohémond.








En parallèle à la croisade de Pierre l’Ermite, d’autres bandes s’illustrent par encore plus de barbarie. Ce sont les bandes de Volkmar (Folkmar), de Gottschalk, d’Emich de Flonheim (15) et d’Emich de Leisingen.

• Volkmar avec environ 12 000 hommes passent par la Saxe et la Bohême, massacrant des juifs à Rastibonne et à Prague avant d’être dispersés en Hongrie.
• Le prêtre allemand Gottschakl regroupe une bande de 15 000 hommes et se rend en Hongrie où ses croisés comment différents méfaits avant d’être massacrés ou capturés par les Hongrois.
• Emich de Leisingen, enfin,  chevalier-brigand du Rhin, se livre à de véritables pogroms dans les villes qu’il traverse durant le mois de mai : Metz, Spire, Trèves, Worms, Mayence et Cologne. A Mayence, où se trouve un centre d’étude talmudique ce qui affecta profondément le talmudiste Rachi (16). Loin d’être désorganisée, la troupe d’Emich de Leisingen, où figurent de nombreux seigneurs (Guillaume Ier, dit « le Charpentier, vicomte de Melun et Gâtinais, clarembaud de Vendeuil, Thomas de Marle (17), Drogon de Nesles) s’étant vu refuser l’entrée en Hongrie, leur armée entreprend le siège de Wieselburg où elle est écrasée par les Hongrois. Emich réussit à s’enfuir et regagner son pays tandis que Thomas, Clarembaud et Guillaume le Charpentier rejoignent Hugues de Vermandois (18).










Le succès de l’appel de Clermont dépasse les espérances du pape et parait difficilement explicable. L’évolution de la condition matérielle et de l’idéal chevaleresque au cours du XIe siècle a dû en favoriser le retentissement en créant un état de disponibilité. Le départ en Orient est un moyen de s’affranchir de la contrainte du lignage, en un temps où le mouvement de paix et le resserrement des liens vassaliques limitent les occasions d’aventure. La croisade réalise la fusion de l’esprit féodal et des préceptes chrétiens (le chevalier réalise au service du Christ et de l’Eglise son devoir vassalique.

L’appel à la croisade, adressé surtout à  la noblesse du sud de la Loire, d’où  est issu Urbain II, dépasse largement ce cadre : aux Provençaux s’ajoutent Godefroi de Bouillon (19), duc de Basse-Lotharingie et son frère Baudouin de Boulogne (20), Hugues de Vermandois, frère du roi Philippe Ier de France, avec des chevaliers français et champenois et le groupe conduit par Robert II de Normandie (21), qui vend son duché à son frère Guillaume II le Roux (22) et Etienne de Blois (23). Le départ est fixé au 15 août.

Le premier à partir est Hugues de Vermandois. Il quitte la France vers le milieu du mois d’août 1096 avec une suite respectable et passant par l’Italie, où il reçoit l’étendard de Saint-Pierre à Rome. Godefroi de Bouillon finance son expédition par la vente ou en hypothéquant certaines de ses possessions, part également  au  mois d’août. Bohémond de Tarente (24), à la nouvelle de ces départs, décide lui aussi de se croiser. Il abandonne le siège d’Amalfi qu’il était en train d’entreprendre, et passe l’Adriatique avec une petite armée normande et son neveu Tancrède (25), au début de novembre. Le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles (26), rassemble, quant à lui, avec le légat du pape Adhémar de Monteil, la plus grande des armées des croisés, qui traverse la Dalmatie, non sans difficultés, durant l’hiver et parvient à Thessalonique début avril 1097 et à Constantinople le 21 du même mois.

Formée de contingents féodaux cheminant isolément, encombrée de non combattants, la croisade ne répond pas au désir du pape qui l’aurait voulu unie sous la direction d’un légat et d’un chef laïc. Elle répond encore moins aux vœux d’Alexis Ier Comnène, qui avait triomphé des Petchenègues (27), s’était débarrassé de l’émir de Smyrne, Zachas (28), et entretient des rapports pacifiques avec les Saljûdiques de Rum. L’arrivée de la croisade pose à l’Empire byzantin des problèmes de ravitaillement et de surveillance. Cependant Alexis avait fait préparer des approvisionnements et assuré aux croisés qu’il faciliterait leur passage à condition qu’ils respectent leurs engagements de paix.





Si les souverains ne répondent pas à  l’appel du pape, de grands féodaux le font :

• Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, qui en 1087 a participé à la Reconquista ;
• Guillaume des Baux et son fils Raymond des Baux (29) ;
• Guillaume II, Sire Malet de Graville ;
• Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Hauteville de la famille des princes normands d’Italie ;
• Hugues le Grand, comte de Vermandois, frère du roi de France Philippe Ier
• Robert Courteheuse, duc de Normandie, fils de Guillaume le Conquérant, son chevalier banneret Jehan des Landes
• Robert (30), Comte de Flandre
• Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, son frère Baudouin de Boulogne et leur cousin Baudouin du Bourg (31) ;
• Etienne II, comte de Blois
• Enguerrand Ier (32), comte d’Amiens et son fils Thomas.
• Hugues II (33), comte de Saint-Pol et son fils Enguerrand.


Quatre armées se constituent par des regroupements régionaux :

• Les Lorrains, menés par Godefroy de Bouillon et Baudouin de Boulogne, qui traversent l’Allemagne et les Balkans ;
• Les Normands d’Italie, conduits par Bohémond de Tarente et Tancrède de Hauteville, débarquent en Epire ;
• Les méridionaux autour de Raymond de Saint-Gilles, qui passent par l’Italie du Nord, la Serbie et la Macédoine ;
• Les Français dont Hugues le Grand, Robert Courteheuse et Robert de Flandre.






L’un des premiers à répondre à l’appel d’Urbain II, en 1095, Godefroy de Bouillon devient aussi l’un des principaux chefs de la première croisade. Vaillant, déjà réputé pour sa bravoure et sa sainteté, il part de Vézelay avec une suite nombreuse, il passe par Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Sofia, arrive à Constantinople le 23 décembre 1096, et se heurte aussitôt à Alexis Ier Comnène. Les Méridionaux se présentent devant Constantinople en avril 1097. Des incidents surgissent avec l’arrivée de troupes plus importantes, entre Raymond de Toulouse et les mercenaires petchenègues, entre Bohémond et les habitants de Castoria qui lui refusent le ravitaillement.

Alexis Ier se méprend des intentions des croisés, qu’il croit venus offrir leurs services à son empire pour récupérer ses terres – à l’instar de ces troupes scandinaves qui depuis plusieurs siècles se mettaient à son service. Il exige donc un serment de fidélité et la promesse de restituer à l’empire byzantin les terres qui lui ont appartenu avant la conquête turque et de tenir en fief de l’empereur toutes les autres terres conquises.

Hugues de Vermandois, arrivé le premier à Constantinople après un naufrage lors de la traversée de l’Adriatique, prête sans difficulté à Alexis le serment. S’estimant féal sujet et homme lige le seul empereur germanique, Godefroy de Bouillon refuse tout d’abord de prêter le serment d’allégeance exigé par le Basileus de tous les chefs croisés. Il faut lui couper les vivres pour le faire céder à contre coeur.  Il s’engage ainsi à remettre au basileus tous les territoires ayant appartenu à l’empire byzantin qu’il pourrait enlever à l’Islam. Triomphant et magnanime, Alexis Comnène témoigne de sa satisfaction en le comblant de somptueux cadeaux : chevaux de prix et vêtements de parage, tissus précieux et coffrets remplis de besants d’or. Raymond de Saint-Gilles, prétextant qu’il ne pouvait servir d’autre suzerain que le Christ, se borne à jurer de respecter la vie et l’honneur de l’empereur. Bohémond de Tarente prêterait volontiers serment, si on le nomme grand domestique (34) de l’Orient, charge qui lui donnerait le commandement des forces impériales en Asie Mineure, par conséquent le commandement de l’expédition. Cependant, Tancrède de Hauteville se soustrait au serment en passant sur la rive asiatique.






Après la réunion des quatre armées, les croisés avec des troupes byzantines se dirigent vers Nicée qui est assiégée à partir de mai 1097. Cependant, lorsque la ville est sur le point d’être prise, le 16 juin, les Turcs font le choix de se rendre aux Byzantins et les croisés sont surpris, sinon déçus, de voir soudain le drapeau byzantin flotter sur la ville qu’ils s’apprêtaient à attaquer.

Les croisés sont étonnés des négociations secrètes des Grecs et se méfient désormais des intentions du Basileus.

Les croisés reprennent leur route vers la Terre Sainte. De son côté Qilij Arslan Ier (35), sultan de Roum, bat le rappel des Turcs seldjoukides et attaque par surprise les croisés à la bataille de Dorylée (36) le 1er juillet 1097. La victoire des croisés leur ouvre la voie de l’Anatolie.

L’armée progresse difficilement, endurant la faim et la soif, perdant ses chevaux en grand nombre et rendant les guides grecs responsables de ses maux. Vainqueur des Danichmendides et de l’émir de Cappadoce à Héraclée, les croisés traversent le Taurus et sont accueillis favorablement en Cilicie par les Arméniens (37) installé là depuis le milieu du XIe siècle.







Le 20 octobre, les croisés arrivent devant Antioche. Tancrède, neveu de Bohémond, et Baudouin de Boulogne s’emparent des places ciliciennes de Tarse (38) et de Mamistra (39), qu’ils abandonnent à la suite de dissensions. Baudouin se rend ensuite dans le Haut-Euphrate, où il prend Ravendel et Turbessel (40), qu’il laisse en fief aux compagnons arméniens qui l’ont guidé. Appelé à Edesse (41) par l’arménien Thoros, désireux de secouer la tutelle turque, il devient le fils adopter et héritier.

Le siège d’Antioche (42) commence en novembre 1097, avec du matériel apporté par une flotte génoise. Mais l’hiver rend le ravitaillement difficile et la famine s’installe dans le camp des chrétiens. Un chroniqueur évoque la présence de pratiques anthropophages au cours du siège d’Antioche. Ainsi, après la conquête de la Palestine, Raoul de Caen, chroniqueur de la première croisade écrivait : «  A ma’arat, les nôtres firent cuire les païens adultes dans les marmites et embrochèrent les enfants pour les manger rôtis ».

Cependant, l’historiographie ne considère pas Raoul de Caen comme une source fiable : on le voit notamment quand il déclare que les croisés se sont trouvés face à  une « statue de Mahomet » dans le temple de Salomon. René Grousset, dans son histoire des Croisades, fait remarquer que les actes incriminés étaient commis sur des cadavres (« ils ouvraient les cadavres ») par les Tafurs, bandes de Ribauds affamés (« il y eut là des nôtres qui manquèrent du nécessaire »). Toujours selon Grousset et aussi selon Xavier Yvanoff, constatant la terreur que cet acte avait engendré chez leurs adversaires, les chefs croisés firent courir le bruit que Bohémond de Tarente, voulant brûler les espions musulmans introduits dans son camp, donna l’ordre de le faire sur des broches afin de faire croire qu’ils seraient dévorés.

Malgré les victoires remportées sur les armées de Damas (décembre), puis d’Alep (février 1098), le moral des assiégeants est très bas. Les défections sont nombreuses (Pierre l’Ermite, Etienne II de Blois, et le chef du contingent byzantin soupçonné d’intriguer avec les Turcs). Bohémond parvient à se faire promettre la ville au détriment de l’empereur byzantin s’il y entrait le premier.

Une émeute débarrasse Baudouin de Boulogne de Thoros (43) d’Edesse en mars 1098. Baudouin, son héritier, fonde le comté d’Edesse. Bohémond parvient à entrer dans Antioche avec la connivence de la population (3 juin 1098). Les croisés, entrés dans la ville, se trouvent en situation d’assiégés, entre la garnison turque restée dans la citadelle, et les renforts conduits par l’atabey de Mossoul, Kerbogha (44). Une série de visions et la découverte de la Sainte Lance (45) leur permettent de garder le moral. Mais des fugitifs, persuadés de la chute imminente de la ville, ont rejoint Alexis Comnène qui a atteint Philomelium à la tête d’une armée de secours. Alexis, qui veut garder les conquêtes faites par la croisade (Smyrne, Ephèse, Sardes), et ne tient pas à se mesurer à Kerbogha, rebrousse chemin. Bohémond de Tarente, victorieux de Kerbogha (28 juin), maitrise Antioche. Seul Raymond de Saint-Gilles prétent faire respecter les droits de l’empereur sur la ville. Mais comme Alexis n’a pas porté assistance à ses vassaux, ceux-ci se considèrent déliés de leur engagement. La croisade a rompu avec Byzance.

Durant l’été, tandis qu’une épidémie sévit à Antioche et emporte le légat Adhémar de Monteil, les croisés se répandent dans les régions voisines, s’emparent au sud de Lattaquié (46) et de Ma’arrat (47), ou consolident leurs positions en Silicie. Les tergiversations du conseil des barons au sujet d’Antioche et du commandement irritent le reste de l’armée, qui détruit les fortifications de Ma’arrat, conquise par Saint-Gilles pour le forcer au départ.

Après la prise d’Antioche, lassé de la querelle interminable qui oppose Bohémond de Tarente et Raymond de Saint-Gilles, Godefroy se retire temporairement chez son frère Baudouin a Edesse, d’où il rejoint les croisés lorsqu’ils reprennent enfin la route pour Jérusalem






L’armée croisée prend la route de Jérusalem (13 janvier 1099), remontant la vallée de l’Oronte, sans être inquiétée par les émirs arabes de la région. Rejoignant la côte, elle s’empare de Tortose et de Maraclée. Sous la pression de ses soldats, Raymond de Toulouse doit abandonner le siège d’Arqua (48) dont il comptait faire le centre de ses futures possessions. Suivant la côte jusqu’à Jaffa, les croisés entrent à Behtléem le 6 juin et mettent le siège devant Jérusalem le lendemain.

La ville, fortifiée et entourée de ravins, sauf au nord, attend des secours d’Egypte. Les assiégeants manquent d’eau, de bois et d’armes et ne sont pas assez nombreux pour l’investir. Une expédition en Samarie et l’arrivée d’une flotte génoise à Jaffa fournissent le matériel nécessaire à la construction de machines de siège. Une série de jeûnes purificateurs et une procession autour de la ville rendent son sens de pèlerinages à la croisade. Après un assaut difficile de deux jours, la ville est prise le 15 juillet. les chroniqueurs francs utilisent le registre de l'Apocalypse pour décrire la force des combats dans la cité : « entrés dans la ville, les pèlerins poursuivaient, massacraient les Sarrasins jusqu’au Temple de Salomon… où il y eut un tel carnage que les  nôtres marchaient dans le sang jusqu’aux chevilles ». En réalité, la lutte la plus violente eut lieu dans la Tour du Temple, investie par la garnison turque, dont Raymond de Toulouse obtint la reddition et le sauf conduit. La population musulmane et juive ne fut pas exterminée maris chassée de la ville vers Ascalon ou Damas, comme l’attestent les écrits retrouvés dans la Geniza du Caire. Le sac de Jérusalem est en effet amplifié par des chroniqueurs arabes pour en faire un récit épouvantable et rassembler le monde musulman contre les croisés.

Dans les mois qui suivent, un certain nombre de pèlerins, croyant avoir rempli le vœu, repartent pour l’Occident et y portent la nouvelle du triomphe du christianisme. Ayant refusé dignement la couronne de Jérusalem, Godefroi de Bouillon prend le titre d’avoué du Saint-Sépulcre (49), réservant ainsi les droits de l’Eglise sur le nouvel Etat. C’est donc son frère qui devient roi sous le nom de Baudouin Ier de Jérusalem. En juillet, avec les autres princes, il surprend l’armée égyptienne de secours à Ascalon, assurant la survie de son Etat. Les Fatimides reprennent néanmoins le contrôle d’Ascalon après une révolte populaire. En septembre, Godefroi de Bouillon reste seul avec trois cents chevaliers et deux mille piétons pour défendre ses conquêtes (Jérusalem, Jaffa, Lydda, Ramla, Bethléem, Hébron) auxquelles s’ajoutent bientôt la Galilée. Baudouin Ier affronte à trois reprises les Fatimides, lors des batailles de Ramlo 1101,1102 et 1105).

Voulant se tailler un fief, Raymond de Saint-Gilles commence le long siège de tripoli en 1102. Deux ans plus tard, Baudouin Ier décide de profiter d’un conflit interne des Seldjoukides, qui oppose le shah (50) seldjoukide Barkyaruq (51) à son frère, pour tenter de prendre Harran (52), qui ouvrirait la voie sur Mossoul et Baghdad. De plus, l’émir de Mossoul, Jekermish (53), affronte son voisin II Ghazi ibn Ortoq (54), seigneur de Mardin et d’Alep.

Néanmoins, le frère d’II Ghazi, Soqman ibn Ortoq (55), se réconcilie avec Jekermish, battant baudouin Ier et ses troupes. L’armée d’Edesse est entièrement détruite ou capturée et ses chefs, Baudouin et son vassal, Josselin de Courtenay (56), sont capturés. L’avancée des croisés vers la Perse est ainsi bloquée. Peu de temps après, profitant de l’affaiblissement des croisés, les Turcs d’Alep reprennent Artâh et les Byzantins s’emparent de la Cilicie et de Lattaquié.

En 1105, Raymond de Saint-Gilles meurt lors du siège de Tripoli. Celui-ci se poursuit, sous la direction de son cousin, Guillaume Jourdain, soutenu par Byzance. L’émir de Tripoli tente d’obtenir l’aide de Soqman ibn Ortoq, vainqueur de la baille d’Harran, mais celui-ci meurt en route. Le blocus de Tripoli se fait plus intense, et en 1108 Bertrand de Saint-Gilles, le fils de Raymond IV, arrive avec des troupes. Pour abriter entre la rivalité de ce dernier et de Guillaume Jourdain (57), le roi de Jérusalem Baudouin Ier marche aussi sur Tripoli, rejoint par le prince d’Antioche, Tancrède de Hauteville. Baudouin Ier décide de diviser le futur comté de Tripoli en deux parties, et accepte la reddition de Tripoli. Peu de temps après la prise de la ville, Guillaume Jourdain meurt assassiné, le comté de Tripoli revenant ainsi  à Bertrand de Saint-Gilles (58).

En Occident, la croisade continue à être prêchée. Le pape Pascal II prononce l’excommunication contre ceux qui n’ont pas accompli leurs vœux, renvoyant à Jérusalem les déserteurs, tels Etienne de Blois et Hugues de Vermandois.







Un certain nombre de pèlerins, après avoir accompli leurs dévotions, reprennent le chemin du retour. Ils ont délivré Jérusalem et par là même occasion accompli leurs vœux. Mais d’autres croisés préfèrent rester en Orient.

Godefroy de Bouillon est choisi par ses pairs comme prince de Jérusalem. Il refuse d’être nommé roi du Royaume de Jérusalem. Il est alors nommé Avoué du Saint-Sépulcre (59) soit advocatus Sancti Sepulchri. En Septembre, il reste seul dans ses nouvelles possessions avec seulement 300 chevaliers et 2000 piétons. Les établissements francs sont dangereusement isolés les uns des autres et mal reliés à la mer.

En Occident, la nouvelle de la prise de Jérusalem provoque le départ de nouvelles armées dépassant parfois le millier d’hommes. Mais fautes d’ententes, ces « arrières » croisades échouent toutes en Anatolie devant les Turcs qui ont refait provisoirement leur unité. La mer devient alors le seul moyen de communication avec l’Occident. L’archevêque patriarche latin de Jérusalem et suzerain de la principauté d’Antioche et du royaume de Jérusalem. Il se fait donner un quart de Jérusalem et la totalité de Jaffa. Godefroy, de son côté promet aux Vénitiens qui viennent de prendre Haïpha, le tiers de toutes les villes qu’ils aideraient à conquérir. Quelques mois plus tard après la mort de Godefroy son frère Baudouin, comte d’Edesse, se fait  couronner roi de Jérusalem par le patriarche latin de la ville. Il étend le royaume de Jérusalem par les conquêtes d’Arsouf, de Césarée, de Beyrouth et de Sidon. De son côté, Raymond de Toulouse, avec l’aide de Gênes, fait la conquête du comté de Tripoli. Les marchands italiens, d’abord réticents à l’idée d’une aventure guerrière risquant de détériorer leurs relations commerciales avec l’Orient, commencent à voir dans les croisades un moyen d’élargir le champ de leurs activités et d’acheter les produits d’Orient à leur source même sans passer par l’intermédiaire des musulmans ou des Byzantins.





(1) Les Seldjoukides, Seljoukides ouSaljûqides sont les membres d'une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l'Iran, comprenant l'Irak actuel, ainsi que sur l'Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.


(2) Les Fatimides (également appelés Obeydides ou Banu Ubayd depuis le Manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l'Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, laSicile et une partie du Moyen-Orient.

Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d'Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam Mahomet, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. L'établissement de leur califat débute au Maghreb, grâce à l'appui des Berbères kutamas de Kabylie qui vont renverser le pouvoir local Aghlabide. Après un intermède en Ifriqiya, ils finiront par s'établir dans la ville du Caire qui pendant leur règne prendra un essor considérable.




(3) La bataille de Manzikert (en turc: Malazgirt Meydan Muharebesi) eut lieu le26 août 1071 et vit l’armée byzantinede l’empereur Romain IV Diogène être mise en déroute par l’armée du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert [ou Mantzikert] actuellement Malazgirt en Turquie, au nord du lac de Van.








(4)  Nicée (en grec : Νίκαια; aujourd’hui Iznik en Turquie) est une cité fondée vers 300 av. J.-C., tour à tour grecque, byzantine et ottomane du nord-ouest de l’Anatolie. Elle est surtout connue comme ayant été le siège des premier et deuxième concile de Nicée (les premier et septième conciles des débuts de l’Église chrétienne), le lieu où fut rédigé le symbole de Nicée (datant du premier concile), et la capitale de l’Empire de Nicée après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 jusqu’à ce qu’elle soit reprise par les Byzantins en 1261.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 6 Nov - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PREMIERE CROISADE (1096 - 1099)   Dim 10 Avr - 11:58

(5) Alexis Ier Comnène (grec : Ἀλέξιος Α' Κομνηνός, v. 1058N 1-1118) est empereur byzantin du 1er avril 1081 au 15 août 1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d’Anne Dalassène et le neveu de l’empereur Isaac Ier Comnène.

Son règne de 37 ans est l’un des plus longs de l’Empire byzantin et aussi l’un des plus agités. À son arrivée au pouvoir, l'Empire sort d'une période de guerres civiles qui ont mis à bas les structures impériales solides de l'ère macédonienne tandis que les menaces extérieures s'amoncellent, conduisant à des pertes territoriales importantes, allant jusqu'à menacer la survie même de l'Empire. De ce fait, les premières années du règne d'Alexis sont toutes entières consacrées à la lutte d'abord contre les Normands puis contre les Petchénègues et les Seldjoukides. Il parvient dans un premier temps à défendre efficacement les frontières de l'Empire avant de parvenir à reconquérir une partie de l'Asie Mineure dans le sillage de la Première croisade, même si ses relations avec les Croisés sont ambivalentes. En parallèle de cette intense politique étrangère, il procède à des réformes de grande ampleur de toute l'administration de l'Empire, fondant la légitimité de sa famille sur un réseau d'alliances matrimoniales particulièrement dense. La famille impériale devient le cœur du pouvoir. Enfin, il est aussi très impliqué dans les affaires religieuses de son époque.

À sa mort Alexis lègue à son fils un territoire consolidé et agrandi. Son œuvre restauratrice et réformatrice est l'une des plus importantes de l'histoire de l'Empire byzantin. Cependant, si à court et moyen terme le gouvernement d'Alexis Ier est un succès, son bilan reste contrasté. Il ne parvient qu'imparfaitement à rétablir la puissance byzantine car la reconquête de l'Asie Mineure reste partielle. En outre, l'économie de l'Empire commence à subir la concurrence des républiques italiennes. Il est aussi accusé d'avoir mis fin à un début de renaissance culturelle. Enfin, les bases sur lesquelles repose désormais l'autorité impériale, c'est-à-dire sur les liens familiaux, apparaissent comme fragiles à long terme.

[…]

De son mariage avec Irène Doukas, Alexis a 9 enfants :
• Anne Comnène qui épouse Nicéphore Bryenne.
• Marie Comnène mariée à Grégoire Gabras puis à Nicéphore Katakalon.
• Jean II Comnène son successeur.
• Andronikos Comnène, sebastokratōr
• Isaac Comnène, sebastokratōr.
• Eudocie Comnène mariée à Michel Iasitès.
• Theodora Comnène qui épouse Constantin Kourtikès puis Constantin Ange. La dynastie des Angedescend de Théodora.
• Manuel Comnène.
• Zoé Comnène

Surtout, Alexis va associer étroitement sa famille, enfants, neveux, nièces dans un réseau complexe d'alliances matrimoniales qui lient les Comnène à toutes les grandes familles de l'aristocratie byzantine.



(6) Eudes de Châtillon ou Odon de Lagery, né à Châtillon-sur-Marne en 1042, mort à Rome le 29 juillet 1099, 159e pape sous le nom d'Urbain II (1088–1099).

C'est un bienheureux pour l'Église catholique romaine, célébré le 29 juillet.

Il est à l'origine de la première croisade en lançant, le 27 novembre 1095, l'appel de Clermont qui en sera le déclencheur.


(7) Adhémar ou Adémar de Monteil (né vers 1055 et mort le 1er août 1098 à Antioche), est un évêque du Puy de1077 à 1098 et le légat pontifical de la première croisade.

Il est issu de la maison des Adhémar, famille noble du Dauphiné, celle des seigneurs de Monteil. Contrairement à ce qui a pu être écrit, cette famille n’est pas issue des rois wisigoths ni de Charlemagne, mais plutôt des comtes de Valence. Ses parents, Armann Rotboldus et Adalhisia, ont eu trois enfants : Adhémar, seigneur de Monteil, Lambert François, seigneur de Peyrins et Guillaume Hugues, qui hérite de Monteil à la mort de son frère.


(08) Pierre l’Ermite (1053 - + 1115) ou Pierre L’Hermite ou Pierre d’Amiens ou Pierre d'Achères est un religieux français du XIe siècle, qui prêcha la croisade après l’appel d’Urbain II au concile de Clermont et qui prit ensuite la tête d’une des principales croisades populaires de 1096. Il échappa au massacre des croisés de Civitot, rejoignit la croisade des barons, la suivit jusqu’à Jérusalem, mais disparut au moment de la prise de la ville.

C'est un bienheureux catholique fêté le 8 juillet.

Selon certains auteurs il serait né vers 1050 et serait le fils de Renauld L'Ermite, de la Maison d'Auvergne, et d'Alide de Montaigu, de la Maison de Picardie. Il aurait été, avant de rentrer veuf dans les ordres, marié à Béatrix de Roussy, de la Maison de Normandie, avec laquelle il aurait eu deux enfants : Pierre et Ailide.

Selon d'autres il appartiendrait à une famille du nom de L'Hermite, seigneurs de Bétissart, fixée aux Pays-Bas, qui serait elle-même issue des seigneurs de L'Hermitage en Auvergne.

Ces affirmations sont contestées par d'autres auteurs, qui précisent d'autre part que rien ne vient confirmer que L'Hermite était son nom de famille, à une époque il n'existait pas de noms de famille et que ces généalogies ont été inventées au XVIIe siècle.



(9) Dieu le veut ! (deus vult en latin classique, Deus lo Vult en bas latin, Deus lo volt en langue d'oc) est un cri de ralliement des croisés lancé avant le combat contre les troupes musulmanes. Il fut utilisé dès la première croisade. Il constitue la devise de l'ordre du Saint-Sépulcre, chevaliers catholiques.

Au cours du discours du pape Urbain II appelant à la première croisade à la fin du Concile de Clermont, en 1095, afin de venir en aide aux Chrétiens d'Orient persécutés par les Turcs, le moine prédicateur Pierre d'Amiens, dit Pierre l'Ermite, lance ce cri qui est repris par la foule présente.


(10) Gautier Sans-Avoir, mort en 1096, est, avec Pierre l'Ermite, un des chefs de la croisade populaire, partie en avant-garde de la première croisade bien avant la mise en marche de celle des nobles et seigneurs.

Son origine n'est pas connue avec certitude. Michaud1 le dit du village de Noyers, près de Langres, mais son affirmation, insuffisamment documentée, ne peut pas être prise en compte. Guibert de Nogent le dit « né au-delà de la Seine ». On considère qu'il était neveu d'un Gautier, seigneur de Poissy, et peut-être du village de Boissy-sans-Avoir. Il serait fils d'Hugues Sans-Avoir, cité en 1058comme témoin d'un acte de Galéran III, comte de Meulan, et frère de Guillaume et de Simon Sans-Avoir, tous deux croisés en 1096 et tués à la seconde bataille de Ramla en mai 1102

Il est le fils cadet du seigneur de Poissy, en France, n’était qu’un pauvre chevalier sans espoir d’obtenir un quelconque fief. Impressionné par la passion religieuse de Pierre l’Ermite, il a voué son épée au service de Dieu, sans attendre que nobles et seigneurs se constituent une armée pour une véritable expédition guerrière. Sa fougue et son impatience sont telles qu’il n’a pas supporté les lenteurs du grand prédicateur. Réunissant autour de lui les plus déterminés et les plus combatifs des pèlerins, rameutant ceux qui portait une arme et savaient s’en servir, il a pris les devants. C’est avant tout un homme de guerre. Il a su maîtriser et organiser son troupeau de dix ou douze mille croisés. Il a trouvé des chefs, tels que Turpin d’Etampes, pour les encadrer et les discipliner. Le pillage a été interdit, et même des gredins comme les Compagnons de la Sainte Croix se le tiennent pour dit.

Tout le long de la croisade, depuis son départ d'Île-de-France jusqu'à sa mort près de Nicée, Gautier Sans-Avoir est perçu comme un modèle de courage, d'honneur et d'humilité. Son exemple, en tant que noble engagé dans les croisades, contraste avec celui des barons normands et francs qui se sont engagés dans l'aventure avec l'idée de se tailler des fiefs en Terre sainte.

Cette figure du chevalier obscur et désintéressé devient un symbole de l'idéal de chevalerie médiévale et un prototype des moines-guerriers des ordres militaires. En 1118 (un peu plus de vingt ans après sa mort), cet idéal est l'un des piliers de la fondation du plus célèbre de ces ordres militaires du Moyen Âge: les templiers.


(11) Koloman Árpád dit le Bibliophile (hongrois : Könyves Kálmán), né vers 1065, décédé le 3 février 1116, inhumé à Székesfehérvár, fut roi de Hongrie de 1095 à 1116. Il est le fils de Géza Ier et de sa première épouse Sophie de Looz


(12) Civitot est le nom d’un camp militaire de la première croisade, installé à proximité de Nicée et où s’installa la croisade populaire de Pierre l'Ermite peu après son arrivée à Constantinople en 1096.


(13) Kılıç Arslan, Kilitch-Arslan ou Kilij Arslan est un sultan seldjoukide de Roum (1092-1107). Il est le fils et successeur de Süleyman Ier (1074-1086)

Après la mort au combat de son père à Alep en 1086, il capturé par le vainqueur Tutuch, fondateur de la dynastie seldjoukide de Syrie. Le sultanat de Rum est alors confié au régent Abû'l-Qasîm. Tutuch marche sur l'Anatolie afin de l'éliminer. Les Byzantins l'obligent à se retirer, sauvant du désastre les seldjoukides de Roum.

Profitant de la mort du sultan grand seldjoukide Malik Châh Ier (1092), Kılıç Arslan regagne l'Anatolie à la fin de l'année. L'émir de Smyrne, Zachas, lui offre la main de sa fille pour s'en faire un allié contre Byzance. Kılıç Arslan le fait assassiner l'année suivante pour obtenir la faveur d'Alexis Ier Comnène.

Il a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099). Il anéantit la croisade populaire de Pierre l'Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096). Croyant le danger écarté, il se retourne alors contre ses ennemis turcs à l'Est.
En mai 1097, Kılıç Arslan est en campagne dans la région de Malatya. Les Croisés assiègent Nicée avec le soutien de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Kılıç Arslan conclut une trêve avec Danichmend et marche vers l'ouest mais doit se replier le 21 mai sur Konya devant l'ampleur des forces croisées. Nicée est livrée aux Byzantins (19 juin). Les dignitaires du sultanat sont épargnés et la jeune sultane, accompagnée de son nouveau-né, est reçue à Constantinople avec les honneurs royaux. Elle est conduite auprès de son frère, l'émir de Smyrne, qui devant la menace franque et byzantine abandonne ses possessions en Égée pour reconduire sa sœur auprès de Kılıç Arslan.

En mai 1097, Kılıç Arslan est en campagne dans la région de Malatya. Les Croisés assiègent Nicée avec le soutien de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Kılıç Arslan conclut une trêve avec Danichmend et marche vers l'ouest mais doit se replier le 21 mai sur Konya devant l'ampleur des forces croisées. Nicée est livrée aux Byzantins (19 juin). Les dignitaires du sultanat sont épargnés et la jeune sultane, accompagnée de son nouveau-né, est reçue à Constantinople avec les honneurs royaux. Elle est conduite auprès de son frère, l'émir de Smyrne, qui devant la menace franque et byzantine abandonne ses possessions en Égée pour reconduire sa sœur auprès de Kılıç Arslan.

Kılıç Arslan conclut alors une alliance avec Danichmend et rassemble les Turcs, tandis que les Francs quittent Nicée pour marcher sur Konya (juin). Les Turcs leur tendent une embuscade près de Dorylée (17 rajab 490 A.H../1er juillet 1097). Mais la cavalerie légère turque ne peut rien contre les armures des chevaliers francs qui forcent le passage. Kılıç Arslan, encerclé, prend la fuite, suivi par Danichmend et la plupart des émirs. L'armée turque restée sur place est taillée en pièces. Les Francs traversent lentement l'Anatolie et le 21 octobre 1097, mettent le siège devant Antioche puis se lancent à la conquête de la Syrie et de la Palestine.

Durant l'été 1101, les Turcs provisoirement unis massacrent trois expéditions de croisés qui traversaient l'Anatolie.


(14) Le nom de Tafurs est donné à des bandes de combattants chrétiens actifs durant la première croisade, et auxquels sont prêtés de nombreuses atrocités.
Leur nom proviendrait d'une variante de trutani(« vagabond », « mendiant »), épithète que leur chef, le « roi Tafur », normand, dont on sait peu de choses quant à l'origine, s'est approprié. Il dirigeait avec Pierre l'Ermite la bande de civils, les Ribauds qui se joignirent à la première croisade et qui furent responsables de quantité de méfaits. Cette troupe peu disciplinée fut souvent comparée à une bande de brigands, détrousseurs et violeurs.
La vérité est peut-être moins négative que cela : les Croisés les estimaient beaucoup car ils étaient de très bons combattants et bien souvent les chevaliers eurent recours à eux pour les sortir de situations difficiles.

On prête notamment aux Tafurs des actes d'anthropophagie, commis dans un but de survie. Les seuls témoignages de ces actes proviennent de Raoul de Caen et d'une Chronique anonyme de la première croisade. Ces affirmations sont cependant à prendre avec du recul, Raoul de Caen étant considéré comme une source peu fiable.



(15) Emich de Flonheim ou Emich de Vlanheim, est un comte de Flonheim, près de Mayence et également le chef d’une croisade populaire composée d’allemands qui se signalèrent par les massacres de Juifs qu’ils commirent en Rhénanie au cours de l’année 1096. Il est parfois confondu avec Emich de Leisingen.

Après l’appel lancé par Urbain II à la fin du concile de Clermont et appelant à délivrer les Lieux Saints, occupés par les Musulmans, de nombreux paysans et gens du peuple, pris par la ferveur religieuse, partent en groupe en direction de Jérusalem, conduits par Pierre l’Ermite et par Gautier Sans-Avoir. D’autres personnes imitant leur exemple, décident également de se croiser. Gottschalk, un prêtre allemand de Rhénanie, prêche en Allemagne et regroupe de nombreux croisés venant du sud de l’Allemagne, de Lorraine et de l’est de la France et auquel se joint le comte Emich et plusieurs de ses soldats. Partant du principe qu’avant de partir combattre les infidèles loin en Orient, il faut d’abord s’occuper de ceux qui vivent au sein de la chrétienté, et également dans le but de se procurer l’argent nécessaire pour financer le voyage, ces croisés se mettent à persécuter et massacrer les Juifs d’Allemagne.

Il n’est pas aisé de déterminer quelle bande de croisés a commis ces atrocités, mais des Juifs refusant le baptême sont assassinés à Metz et Magenza (nom yiddish de Mayence) en mai 1096. Le même mois, une autre bande oblige des Juifs de Spire à se faire baptiser et massacre les autres, bien qu’ils se soient réfugiés dans le palais épiscopal. Le 18 mai, ce sont 800 Juifs de Worms, également réfugiés auprès de l’évêque, qui sont massacrés, probablement par le contingent du comte Emich, qui est probablement responsable d’un autre massacre de Juifs commis à Cologne le 29 mai.

Emich s’identifie au personnage du dernier empereur des prophéties apocalyptiques, qui doit conduire une armée contre les Musulmans et prendre la couronne à Jérusalem. Les histoires d’apocalypse sont très populaires durant le Moyen Âge, et dans toutes ces histoires, la punition et la conversion des Juifs est un élément important préparant la seconde venue du Christ. Les récents travaux de Jean Flori ont mis en évidence l’influence des prophéties de l’Apocalypse auprès des Croisés.

Au-delà de la rhétorique des croisades, il y a une réalité simple, constituée par le fait que les Juifs sont des proies faciles. Emich et ses compagnons font partie d'un groupe de croisés peu recommandables, comme Guillaume Charpentier, vicomte de Melun et du Gâtinais, qui a pris part à la Reconquista, et Thomas de Marle, plus tard seigneur de Coucy, qui rançonnait les pèlerins de Jérusalem. Le contingent d'Emich continue sa route en suivant le Danube jusqu'à la frontière hongroise. Le roi de Hongrie lui interdit l'accès à ses terres, mais les croisés passent outre et assiègent Wieselbourg. La plupart son tués par les soldats hongrois. Emich et ses soldats retournent alors dans leurs domaines rhénans. Thomas et Guillaume s'enfuient vers l'Italie et rejoignent le contingent d'Hugues de Vermandois.

Emich et sa troupe ne sont pas les seuls responsables des persécutions envers les Juifs. Pierre l'Ermite, sans toutefois appeler à les tuer, collecte régulièrement de l'argent auprès des Juifs pour nourrir les croisés. À la prise de Jérusalem, les croisés ont mis le feu à la synagogue, brulant les Juifs qui s'y étaient réfugiés.



(16) Rabbi Chlomo ben Itzhak HaTzarfati ( Rabbi Salomon fils d’Isaac le Français) plus connu sous les noms de Rachi, Rabbi Salomo et Salomon de Troyes, né à Troyes vers 1040 et mort dans la même ville le13 juillet 1105, a sûrement été pour sa communauté juive troyenne un rabbin respecté, un exégète et un poète fameux, un légiste et un décisionnaire célèbre. Pour la France septentrionale au XIe siècle, en particulier par ses gloses et écrits divers en ancien français, il demeure surtout un écrivain, un philosophe, un chroniqueur vigneron champenois qui atteste de la saveur et de l'état de la langue orale et véhiculaire d'alors.

Principalement connu de nos jours pour ses commentaires sur la quasi-totalité de la Bible hébraïque et du Talmud de Babylone, il est l’une des principales autorités rabbiniques du Moyen Âge et compte parmi les figures les plus influentes du judaïsme. Il est aussi l’un des savants juifs ayant le plus marqué l'histoire des idées de l'Occident chrétien. Son exégèse biblique, appelée Commentaire, a en effet inspiré à Abélard pour le Paraclet, par l'intermédiaire des tossafistes, le premier cours sur la Genèse depuis Saint Jérôme, initiant l'étude de l'Ancien testament, puis a influencé, par le truchement de Nicolas de Lyre, la traduction de la Bible par Martin Luther.


(17) Thomas de Marle, dit Thomas Feriæ, de la Fère (vers 1073 - † 1130), fils d'Enguerrand de Boves et d'Ade (Adèle) de Marle et Coucy, était sire de Coucy, seigneur de La Fère qui lui venait de son grand-père maternel, Létard (ou Létaud) de Marle (ou de Roucy), frère du comte Ebles Ier de Roucy.

Avant de partir en croisade, Thomas fut marié en premières noces avec Ide de Hainaut († 1101), fille de Baudouin II de Hainaut et veuve de Guy de Chièvres. Il eut avec Ide de Hainaut deux filles :
• Ide ou Bazilie qui épousa :
• en premières noces, Alard, seigneur de Chimay dont naquit :
• Gille, et
• Hadevide qui épousa Canon, seigneur de Villers et Ham
• puis en secondes noces, Bernard d'Orbais, dont naquit :
• Enguerrand.
• Béatrice, mariée à Erard III, seigneur de Breteuil-en-Beauvaisis dont naquit :
• Valéran, seigneur de Breteuil,
• Erard, comte de Squillace au royaume de Naples
• Hugues de Breteuil.

Vers 1102, il épousa en secondes noces une fille de Roger, seigneur de Montaigu et d'Ermengarde. Ce mariage fut annulé en 1104 pour cause de consanguinité.
En troisièmes noces, il épousa en 1104 Mélisende de Crécy († 1114), fille de Guy (†1147), seigneur deCrécy, avec laquelle il eut :
• Mélisende de Crécy (v.1107 - † ?) qui épousa :
• Adelelme, fils d'Adam, châtelain d'Amiens,
• Hugues IV, sire de Gournay, seigneur de la Ferté, Beaussault et Gaillefontaine.
• Enguerrand II de Coucy (v.1110 - † 1147/1149)
• Robert de Boves (? - † 1191), sire de Boves et comte d'Amiens. Il épousa Béatrix de Saint-Pol, fille de Hugues II, comte de Saint-Pol.


Thomas de Marle fut seigneur de Coucy, Boves, Marle, La Fère, Crépy et Vervins. Comme la paternité de son père était douteuse, ce dernier détestait son fils Thomas et aurait voulu le déshériter. Sa mère Ade de Marle, connue aussi sous le nom d'Ade (Adèle) de Roucy, fut répudiée par son mari pour adultère.

Parti en avril 1096 avec son père pour la Première croisade, Thomas s'y couvrit de gloire et participa à plusieurs batailles :
• le siège de Nicée en juin 1097
• la Bataille de Dorylée en juillet 1097
• la Bataille d'Al-Bara en décembre 1097
• le Siège d'Antioche en juin 1098
• en juillet 1099, le Siège de Jérusalem : il fut l'un des premiers croisés à entrer dans la Ville sainte.



(18) Hugues Ier de Vermandois, dit « Hugues le Grand », né en 1057, mort le 18 octobre 1102, comte de Vermandois et de Valois, fils d'Henri Ier, roi de France, et d'Anne de Kiev.
Il est le frère cadet du roi Philippe Ier.

Il épouse Adélaïde de Vermandois (v.1062 † 1122), carolingienne, fille d'Herbert IV, comte de Vermandois et de Valois, et d'Alix de Valois. Il succède à son beau-père Raoul IV en 1080. Il est ainsi le fondateur de la lignée des comtes de Vermandois capétiens.
Il fonde une collégiale à Saint-Quentin en l'honneur de Sainte Pexine.


Il prend la croix avec Godefroy de Bouillon et combat au siège de Nicée, à Dorylée. Après la prise d'Antioche, où il gagne le surnom de "Grand", les Turcs viennent assiéger la ville et Hugues, découragé, abandonne les croisés et revient en France sans avoir accompli son vœu. La prise de Jérusalem le couvre de honte et, pour réparer son manquement, il repart vers la Palestine ; il est blessé dans un combat au bord du fleuve Halys et meurt à Tarse, en Cilicie.


(19) Godefroy de Bouillon, né vers 1058, soit à Baisy dans l'alleu de Genappe (aujourd'hui Baisy-Thy dans la province du Brabant wallon en Belgique) soit à Boulogne dans le comté de Boulogne (aujourd'hui Boulogne-sur-Mer dans le département Pas-de-Calais en France), et mort le 18 juillet 1100 àJérusalem, est un chevalier franc, duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

Fils de sainte Ide de Boulogne, héritier des ducs de Basse-Lotharingie et d'Eustache II, comte de Boulogne, du royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Il appartient à un clan de ducs, comtes et évêques, à un groupe aristocratique qui gouverne la Lotharingie depuis 950 au moins1.

[…]

Après un assaut difficile de deux jours, la ville défendue par les Fatimides d'Égypte est prise le 15 juillet1099. Godefroy est au premier rang des assaillants (les deux premiers sont Letold et Gilbert de Tournai, puis viennent Godefroy et son frère Eustache). Sous ses ordres ainsi que ceux de Tancrède et de Raymond de Toulouse, les Juifs et musulmans6 sont massacrés sans pitié, aussi bien hommes que femmes3. Ce massacre « n'est pas seulement un crime, mais une faute politique grave puisqu'il fait des Fatimides (…) des adversaires désormais moins disposés à un accord éventuel »7.
La couronne de roi de Jérusalem lui est proposée après la prise de la ville, mais il la refuse, arguant qu'il ne peut porter de couronne d'or là où Jésus Christ a dû porter une couronne d'épines. Il accepte le titre d'Avoué du Saint-Sépulcre et se contente de la charge de baron.
Ce choix signifie qu'il considère la Terre sainte, et Jérusalem avant tout, comme la propriété du Christ et donc, par extension, du Saint-Siège. Il se positionne ainsi en serviteur, en défenseur de l'Église. Il est nominalement seigneur du Saint-Sépulcre tout en se maintenant sous l'autorité ecclésiastique. Son titre lui confère les responsabilités suivantes : il doit d'abord avec ses vassaux garder Jérusalem et le tombeau du Christ, puis distribuer des terres aux chevaliers, conquérir et pacifier les villes aux alentours, rendre la justice et pérenniser l'économie locale. Godefroy donne à ses nouveaux États un code de lois sages, connu sous le nom d'Assises de Jérusalem. Il doit compter avec l'opposition de Daimbert de Pise, le patriarche de Jérusalem qui désire faire du Royaume de Jérusalem une théocratie avec le Pape à sa tête représenté par le patriarche. Daimbert s'est allié avec Tancrède de Hauteville.

Godefroy décède le 18 juillet 1100 en revenant d'une expédition contre le sultan de Damas, vaincu devant Ascalon ; Les causes de sa mort sont inconnues : une légende rapportée par le chroniqueur Albert d'Aix veut qu'il ait été empoisonné après avoir mangé une pomme de cèdre que lui a offerte l'émir de Césarée au cours d'un repas. Le chroniqueur arabe Ibn al-Qalanisi évoque une flèche empoisonnée musulmane. Il est plus probable qu'il meurt de fièvres, mal fréquent dans cette région touchée par des épidémies de peste8. Apprenant la nouvelle, Baudouin abandonne Édesse et rentre à Jérusalem où il se fait couronner roi de Jérusalem le 25 décembre.


(20) Baudouin de Boulogne, né en 1065, est le troisième fils d'Eustache II, comte de Boulogne et d'Ide de Lorraine. Il participe à la première croisade de 1096, à la suite de laquelle il devient comte d'Édesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort le 2 Avril 1118.

Baudouin de Boulogne a deux frères aînés : Eustache III, comte de Boulogne, destiné à recueillir l’héritage paternel, et Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, destiné à recueillir l’héritage maternel (son oncle Godefroy III le Bossu, n'ayant pas d'enfants, l'a nommé comme son héritier). De fait, Baudouin est destiné à suivre une carrière ecclésiastique, voire épiscopale, afin de soutenir les politiques de ses deux frères. Mais pour des raisons mal connues, il abandonne cette voie pour celle des armes. Quand Godefroy met le siège devant Stenay pour conquérir les domaines de son oncle, lui et son frère Eustache organisent les renforts afin de l’aider.

Ayant quitté définitivement les ordres, il épouse Godehilde (+1097), fille du seigneur anglo-normand Raoul II de Tosny. Il semble que Godefroy de Bouillon l’a alors considéré comme son héritier, comme le laisse supposer la présence de Baudouin et l’absence d'Eustache à de nombreux actes de Godefroy.

Mais, au moment de partir en croisade, Baudouin, compte tenu des difficultés que son frère a eues pour rentrer en possession des biens de son oncle, préfère prendre part à la première croisade et tenter sa chance en Orient.

Il accompagne ses deux frères dans la Croisade, jusqu’à l’arrivée de celle-ci devant Antioche en octobre 1097. C’est à ce moment que Thoros, seigneur d'Édesse, demande de l’aide aux Croisés pour faire face aux attaques turques. Baudouin de Boulogne répond à l’appel de Thoros et s'impose peu à peu à Édesse, menaçant de repartir auprès des Croisés et obligeant Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouve peu après (9 mars 1098) la mort au cours d’une émeute, peut-être avec la complicité de Baudouin, qui devient alors comte d’Édesse.

Godehilde de Tosny étant morte en 1097, il épousa Arda (en), une Arménienne, ce qui le fait mieux accepter par la population arménienne ; d’autant qu’il repousse efficacement les Turcs, agrandissant ses domaines jusqu’aux rives de l'Euphrate. Il songe à s’étendre vers le Dyarbekir lorsqu'il apprend la mort de son frère Godefroy. Il part alors recueillir la succession de Jérusalem, confiant le comté d'Édesse à son cousin Baudouin du Bourg.

Le jeune royaume de Jérusalem ne possède alors qu’un seul port,Jaffa, les autres ports de Palestine étant tenus par les Fatimides d’Égypte. C’est un grave problème pour une colonie qui ne peut communiquer avec le reste de la chrétienté que par la mer. La première tâche de Baudouin est donc de s’assurer le contrôle du littoral et il prend successivement les ports d’Arsouf,Césarée (1101), Saint-Jean-d’Acre (1104), Beyrouth et Sidon (1110). Il s'empare également d'Ayla (1116) sur la mer Rouge. En même temps, il doit faire face à plusieurs contre-attaques fatimides et abbassides.

En 1113, Baudouin répudie son épouse Arda en la jetant dans un couvent pour épouser Adélaïde de Savone, veuve du comte Roger Ier de Sicile. Ce mariage lui apporte une dot considérable pour remplir le trésor, et l’appui précieux de la flotte sicilienne. Néanmoins, le divorce d'avec sa première femme n'est jamais proclamé par l'Église, ce qui le rend coupable de bigamie. Il consent à se séparer d'Adélaïde sous la pression du Saint-Siège, mais uniquement après avoir dépensé sa dot. Il meurt peu après, en évitant par cette dernière séparation de mourir excommunié.
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MessageSujet: Re: PREMIERE CROISADE (1096 - 1099)   Dim 10 Avr - 12:04

(21) Robert II de Normandie dit Robert Courteheuse (vers1051/1052 – février 1134, château de Cardiff), fut comte du Maine de 1063 à 1069, puis duc de Normandie de 1087 à1106. Il fut aussi un prétendant malheureux au trône d'Angleterre. Son surnom de Courteheuse (anglo-normandpour Courte botte) provient de sa petite taille. Fils aîné de Guillaume le Conquérant, il hérita à sa mort du duché de Normandie (1087) mais se heurta aux ambitions de ses deux frères cadets, Guillaume le Roux et Henri Beauclerc, rois successifs d'Angleterre sous les noms de Guillaume II et Henri Ier. En 1106, le second lui infligea une défaite à la bataille de Tinchebray et le captura. Robert termina sa vie comme prisonnier. L'historiographie anglo-normande le dépeint comme un prince faible et turbulent mais rappelle aussi ses exploits guerriers lors de la première croisade.

Fils de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et de Mathilde de Flandre, il fut fiancé à Marguerite († 1063), sœur d'Herbert II, comte du Maine. Il épousa Sybille de Conversano († 1103) en 1100. Ils eurent deux fils :

• Guillaume Cliton († 1128), comte de Flandre de 1127 à 1128.
• un fils dont le prénom est inconnu, né en 1101.

Il eut aussi plusieurs enfants illégitimes de maîtresses inconnues :
• une fille qui épousa Hélie de Saint-Saëns.
• Richard (v. 1079 – v. 1099), qui fut tué à la chasse dans la New Forest dans des conditions étrangement similaires à celles qui virent la mort de son oncle Guillaume le Roux quelques mois plus tard.
• Guillaume (v. 1079-1111), qui fut tué à Jérusalem alors qu'il s'était exilé en Terre sainte à la suite de la défaite de son père.


(22) Guillaume II d'Angleterre, dit Guillaume le Roux (vers 1060 – 2 août 1100), est roi d'Angleterre de 1087 à 1100 en succédant à son père Guillaume le Conquérant. Son règne est surtout marqué par l'opposition avec son frère aîné Robert Courteheuse, le duc de Normandie, les deux hommes se disputant le contrôle de l'Angleterre et de la Normandie. En 1096, à la faveur du départ de son frère pour la première croisade, Guillaume le Roux parvient à étendre sa domination sur le duché de Normandie, mais sa mort accidentelle quatre ans plus tard interrompt précocement la réunion de ces deux États.

Les historiens du XIIe siècle, tous ecclésiastiques, entretinrent une image assez négative du personnage, rappelant surtout sa morale douteuse, ses mauvaises manières et sa mort dramatique. Les historiens actuels ont un avis plus nuancé. Ils reconnaissent que Guillaume a réussi à maintenir l'ordre en Angleterre et a restauré la paix en Normandie. Mort à seulement quarante ans, il n'a pas été en mesure de montrer l'étendue de ses capacités.


(23) Étienne II Henri (Estienne Henri) († 19 mai 1102), fut comte de Blois, Châteaudun, Chartres, Meaux et seigneur de Sancerre, Saint-Florentin, Provins, Montereau, Vertus,Oulchy-le-Château, Château-Thierry, Châtillon-sur-Marne etMontfélix1.

Il était le fils du comte Thibaud III de Blois et de Gersende du Maine, fille du comte Herbert Ier du Maine. En 1080 à Chartres, il épouse Adèle d'Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant.
En septembre 1096, avec le duc Robert Courteheuse, il rejoint l'armée de Robert II de Flandre pour participer à la première croisade. Découragé par les rigueurs et les difficultés du siège d'Antioche, il déserte de la ville assiégée en 1098, afin d'éviter une mort inéluctable. Mais sa réputation sera ternie parce que des croisés survivent, et réussissent à reprendre Jérusalem en 1099.

De retour à Blois, il est fraîchement accueilli par sa femme qui se dit offusquée, elle, Adèle d'Angleterre fille de Guillaume le Conquérant d'être mariée à un lâche. Elle le persuade de penser à sa réputation et de retourner en Terre sainte.

Il rejoint la seconde vague de participants à la première croisade qui part au printemps 1101. Il rachète sa conduite précédente par une mort au combat à Ramla, le 19 mai 1102. Albert d'Aix rapporte qu'il aurait été capturé puis décapité.

En 1080 à Breteuil, mariage confirmé à Notre-Dame de Chartres en 1081, il épouse Adèle d'Angleterre (v. 1067-1137), fille de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandres. Ensemble, ils ont pour descendance connue6 :
• Guillaume de Blois (avant 1092-v. 1150), seigneur de Sully, déshérité pour des problèmes mentaux. Il épouse cependant l'héritière de la seigneurie de Sully et a des descendants ;
• Thibaud IV le Grand (avant 1092-1152), comte de Blois, de Châteaudun, de Chartres et de Champagne ;
• Eudes, mort jeune.
• Mathilde († 1120), mariée en 1115 à Richard d'Avranches, 2e comte de Chester . Ils meurent lors du naufrage de la Blanche-Nef en 1120.
• Étienne (v. 10927-1154), comte de Mortain, puis roi d'Angleterre en 1135 ;
• Henri (v. 1096-1171), abbé de Glastonbury puis évêque de Winchester.
• Éléonore, mariée vers 1120 à Raoul de Vermandois et répudiée en 1142 ;

Trois filles possibles dont la filiation n'est pas prouvée9 :
• Agnès, épouse d'Hugues III, seigneur du Puiset ;
• Adélaïde (Adela ou Lithuise), mariée vers 1112 (et séparée en 1113) à Milon de Bray, vicomte deTroyes ;
• Alix épouse de Renaud (Renard, Raynard), comte de Joigny

Enfant illégitime possible :
• Emma, épouse de Herbert de Winchester. Il semble toutefois qu'Emma n'ait rien à voir avec la Maison de Blois. Elle serait plutôt la fille de Hunger fitz Odin, seigneur de Broad Windsor (Dorset). Elle est la mère de Guillaume FitzHerbert, archevêque d'York (1143-1147, 1153-1154).



(24) Bohémond de Tarente ou de Hauteville ou encoreBohémond Ier d'Antioche le Grand (autant par sa taille que par son prestige) (vers 1054 - 6 ou 7 mars 1111), prince de Tarente et prince d'Antioche, est un des meneurs de la première croisade.
Il est le fils aîné de Robert Guiscard, et de sa première épouse Aubrée de Buonalbergo.



(25) Tancrède de Hauteville (vers 1070/1072 -5 décembre 1112) est un chevalier normand d'Italie méridionale, membre de la maison de Hauteville, qui participa à la première croisade avant de devenir prince de Galilée et régent de la principauté d'Antioche. Il est le fils du seigneur normand Odon le Bon (Odonis boni marchisi selonOrderic Vital) et d’Emma de Hauteville, fille de Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile.

Par sa mère, il est petit-fils de Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile ainsi que neveu de Bohémond, prince de Tarente. Il naît aux alentours de 1071 en Italie méridionale. Au début de l’année 1096 il participe avec ses oncles Roger Ier de Sicile et Bohémond de Tarente au siège de la ville révoltée d’Amalfi, lorsque parvient la nouvelle de l’appel à la Croisade lancé par le pape Urbain II à Clermont. Bohémond et Tancrède décident d’y participer et débarquent en novembre 1096 à Avlona sur la côte albanaise, dans le territoire de l’empire byzantin.

Il est l’époux de Cécile de France, aucune descendance.


(26) Raymond IV (ou VI) de Toulouse, mieux connu sous le nom de Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - † 1105) est un comte de Saint-Gilles (1060-1105), duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105), marquis de Provence (v. 1085 - 1105), comte de Toulouse (1094-1105) et comte de Tripoli (de 1102 à 1105, sous le nom de Raymond Ier).

Raymond est le second fils de Pons, comte de Toulouse, et d'Almodis de la Marche. À la mort de son père, son frère aîné Guillaume IV hérite de l’ensemble des biens paternels, Raymond devant se contenter du comté de Saint-Gilles, qui se résume à une moitié de l’évêché de Nîmes, du château de Tarascon, de la terre d’Argence et de la moitié de l’abbaye de Saint-Gilles.

Implanté à proximité de la Provence, il épouse vers 1060 une princesse provençale qui serait soit une fille du comte Bertrand Ier de Provence, soit une fille du comte Geoffroy Ier de Provence. À cette époque, le comté de Provence est tenu en indivision par les descendants du marquis Guillaume Ier de Provence et de son frère.

En 1065 sa cousine Berthe, comtesse de Rouergue décède, et Raymond s’empare de ses biens et titres aux dépens du veuf, Robert II d’Auvergne. Seul le comté de Rouergue lui apporte une puissance territoriale, les autres titres de Narbonne et de Gothie sont uniquement des titres théoriques apportant une suzeraineté plutôt théorique sur la Languedoc. Son frère étant particulièrement peu ambitieux, il use des titres de duc de Narbonne, marquis de Gothie et comte de Toulouse, ainsi que l’atteste une charte de 1088.

À la fin des années 1070, il prend le parti de l'archevêque d'Arles Aicard contre le comte de Provence et le pape. Il devient comte indivis de Provence vers 1085, à la mort de son oncle Bertrand, et prend le titre de marquis de Provence en 1093, à la mort de son cousin le marquis Bertrand II de Provence.

En 1074, il refuse de répondre à l’appel du pape Grégoire VII pour lutter contre les Normands, et le pape, se souvenant du mariage consanguin de Raymond, l’excommunie à deux reprises, en 1076 et en 1078. Ces excommunications sont levées en 1080, à la mort de la première épouse de Raymond.

En 1087 il se rend en Espagne et participe à la Reconquista contre les Musulmans. Son frère Guillaume meurt en 1094 au cours d'un pèlerinage à Jérusalem, et, conformément au testament de son père, il hérite de ses biens, comtés de Toulouse, d'Albi, de l'Agenais et du Quercy. Il épouse peu après Elvire de Castille, qui lui apporte en dot une fortune importante.

Avec toutes ses acquisitions, la création du grand comté de Toulouse est bâtie sur quatre principes : relations cordiales avec l'Église, héritage, mariage et en dernier recours appel à la force.

Sage administrateur, il se prépare à la croisade en réunissant une importante fortune, sans aliéner ses possessions. Une bonne partie de cette fortune vient de la dot d’Elvire de Castille, qui l’accompagne en Terre Sainte. Pour l’augmenter, il ordonne la dévaluation du denier de Toulouse, et met en gage quelques terres annexes. Ainsi, une partie du Rouergue est donnée aux vicomtes de Rodez. Cette fortune, qu’il reconstitue au fur et à mesure des pillages, lui permet de payer son armée, et même de financer les autres chefs, quand ceux-ci se retrouvent à court d’argent. Il est ainsi le plus riche des croisés, ce qui lui permit mais sans succès de proposer en janvier 1099 aux autres princes croisés de les prendre à sa solde pour commander la croisade : 10 000 sous d'or à Godefroy de Bouillon et Robert de Normandie, 6 000 à Robert de Flandre, 5000 à Tancrède de Hauteville...

Il commande l'une des quatre armées de la première Croisade, celle des Provençaux, qui gagne Constantinople par voie terrestre. Selon une hypothèse qui ne fait pas l’unanimité parmi les historiens, le pape l’aurait nommé chef militaire de la croisade, à côté du légat Adhémar de Monteil, chef spirituel et théoriquement politique. Mais il se comporte toujours en égal des autres chefs et non comme leur supérieur.

Il épouse en premières noces vers 1066 la fille d'un comte de Provence, qui peut être soit Bertrand Ier de Provence, soit Geoffroy Ier de Provence2. De ce mariage est né :
• Bertrand († 1112), comte de Toulouse, d'Albi, d'Agen, de Rouergue et du Quercy, marquis de Gothie, duc de Narbonne et comte de Tripoli.

Probablement veuf, il se remarie avec Mathilde de Hauteville († av. 1094) et fille de Roger Ier, comte de Sicile, et de Judith d'Évreux.
Il se marie ensuite pour la troisième fois en 1094 avec Elvire de Castille, fille d'Alphonse VI, roi de Castille et de Léon et de sa maîtresse Jimena Munoz. Elle donna naissance à :
• Alphonse Jourdain (1103 † 1148), comte de Toulouse, d'Albi, etc.


(27) Les Petchénègues ou Petchenègues sont un peuple nomade d'origine turque qui apparaissent à la frontière sud-est de l'empire khazar au VIIIe siècle. Ils s'installent au Xe siècle au nord de la mer Caspienne. Selon la légende, ils constituent la tribu Peçenek des Oghouzes, issue de Dağ Han (« prince montagne »).


(28) Zachas aussi appelé Tzachas en grec byzantin Τζαχᾶς, Chaka Bey en turc (Çaka Bey)note ou Émir Chaka de Smyrne, était un émir turc seldjoukide qui a régné sur un État indépendant basé à Smyrne(aujourd'hui Izmir), il est mort en 1093.

Emprisonné par les Byzantins tandis qu’il effectue une razzia en Asie Mineure, Zachas apprend le grec en quelques mois. Il devient un habitué du palais impérial. Il est même gratifié d’un titre de noblesse (protonobélissime). Dans le but de s’emparer de l’Empire, il s’installe à Smyrne avec l’aide d’un armateur grec et constitue une flotte de guerre d’une centaine de bâtiments. Il occupe d’abord de nombreuses îles (dont Rhodes, Chios et Samos) et étend son autorité sur la côte égéenne. Il se proclame basileus et lance sa flotte à l’assaut de Constantinople à partir de 1090. Alexis Ier Comnène doit déployer d’énormes forces pour repousser ses attaques et détruire une partie de ses vaisseaux.

À la fin de l’année 1092, Zachas offre la main de sa fille au sultan de Rum Kılıç Arslan Ier, fils de Süleyman Ier Shah, jusque-là emprisonné par Malik Shah Ier, pour s’en faire un allié contre Byzance. L’année suivante, sur une suggestion d'Alexis Comnène, Kılıç Arslan ayant invité à un banquet à Abydos son beau-père, le poignarde semble-t-il de sa propre main. Le fils de Zachas lui succède. Il perd ses possessions au profit des croisés après la bataille de Dorylée en 1097.


(29) Raymond de Baux, seigneur de Marignane, né vers 1075-1085 ou en 1095, mort en 1149 à Barcelone, est un Seigneur des Baux qui joua un rôle politique et militaire de premier plan dans la Provence de la première moitié du XIIesiècle. Il est fils de Guillaume Hugues, 3e Seigneur des Baux, et de Vierna (peut-être) de Pasquière.

Lors de la Première croisade, il accompagne en 1104 son frère Guillaume en Terre Sainte et, le 31 janvier 1105, est parmi les témoins au testament de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse.

Rentré en Provence en 1110, le 13 décembre 1112 accepta sans récriminer la donation de la Provence que son héritière Douce fait à son mari Raymond Bérenger III, comte de Barcelone, son futur beau-frère.

En 1114, il équipa sept galères pour coopérer avec le Comte de Provence à l'expédition contre les Sarrasins, qui s'étaient emparés des Baléares, et leur reprend l'île de Majorque.

Pour lui témoigner sa gratitude, Raymond-Bérenger lui concéda, l'année suivante, le fief de Berre. Il intervint par la suite en faveur du comte de Barcelone au début de la guerre que celui-ci eut à soutenir contre Alphonse Jourdain. C'est au cours de cette lutte, qu'il obtint vers 1116 la main d'Étiennette de Provence, belle-sœur du comte de Barcelone.

Pendant les luttes pour la possession de la Provence entre Raymond Bérenger et Alphonse Jourdain Comte de Toulouse (1109-1125), apparemment Raymond restera à l’écart même s'il s'alliera au Comte de Toulouse afin de ravager la région de Saint-Gilles, ce qui lui valut d'être excommunié le 22 juin1121. La paix signée le 16 octobre 1125 entre les deux Comtes (Alphonse Jourdain obtiendra le Comtat Venaissin) ratifiera, dans les faits, la définitive partition de la Provence. Mais sera seulement après la mort de son beau-frère (1131) que Raymond prendra les armes contre le nouveau Comte de Provence, le jeune Bérenger-Raymond.

Il se révolta alors à nouveau avec l'appui du comte de Toulouse, des Sabran, et d'un très grand nombre de barons provençaux. C’est le commencement des guerres Baussenques qui ravageront la Provence pendant plus de 50 ans.

Une fois Bérenger-Raymond mort en 1144, Raymond se rendit à Wurtzbourg auprès de l'empereur Conrad III pour obtenir de lui l'investiture sur la Provence. Conrad, en termes ambigus, la lui accorda le 4 août 1145 et lui attribua toutefois le droit de battre monnaie à Arles, Aix et dans leur château de Trinquetaille avec le pouvoir de la faire librement circuler dans tout le royaume de Provence. Muni de ce diplôme, il continua la lutte contre Raymond-Bérenger le Vieux, oncle de Raymond-Bérenger II.
La guerre sévit à Arles dont les tours furent rasées et atteignit son paroxysme vers 1145. À cette date, Raymond-Bérenger vint en Provence, vainquit ou gagna à son parti bon nombre de seigneurs provençaux, qui se soumirent à Tarascon en février 1146 et, lorsque Alphonse Jourdain fut parti pour la croisade en 1148, Raymond de Baux, isolé, dut se soumettre.
Pendant cette période, en 1147 Raymond donnait le domaine de Silvacane au monastère de Sainte-Marie de Morimond pour permettre aux moines la fondation d’une église et d’un nouveau monastère.
Isolé et abandonné par ses alliés, en 1149 Raymond décida d’aller à Barcelone pour se soumettre et obtenir la restitution du château de Trinquetaille et, peu après, il y mourut. Son fils Hugues II lui succéda.

Il se marie en 1116 avec Étiennette de Provence et de Gévaudan, morte après 1160, fille de Gilbert, vicomte de Gévaudan, de Millau et de Carlat, et de Gerberge d'Arles, comtesse héritière de Provence. Elle lui donna plusieurs enfants:
• Hugues II, mort en Sardaigne en 1179, qui lui succède comme seigneur des Baux,
• Guillaume, qui en 1130 cède avec ses frères des droits de passage au monastère de Boscodon. En 1150, après la mort de son père, il se soumet au Comte de Provence, devient chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et meurt au printemps du 1160,
• Bertrand Ier, mort vers 1181, seigneur des Baux après son frère, marié à Thiburge II, comtesse héritière d'Orange,
• Alasacie, citée en 1142 et mariée à Pierre de Lambesc,
• Gilbert, cité en 1137, meurt en 1160,
• peut-être Matelle, mariée successivement à Pierre II de Gabarret, vicomte de Béarn, puis à Pierre-Centulle III, comte de Bigorre ;


(30) Robert II de Flandre dit Robert le Hiérosolymitain ou Robert II de Jérusalem (1065 - † 1111). Il est le fils du comte Robert Ier de Flandre (v. 1035 - † 1093), et de Gertrude de Saxe. Il est comte de Flandre de 1093 à 1111.

Étant le fils le plus âgé de Robert Ier, ce dernier l'associe au gouvernement dès 1086, probablement pour asseoir définitivement la branche cadette des Baudouinides de Flandre sur le comté. C'est lui qui assure la régence du comté lors du pèlerinage de son père en Terre sainte (1085-1091). Le soutien à l'Église est alors notable à l'intérieur du pays, le comte de Flandre se choisissant, en 1089, comme chef de l'administration de ses domaines, le prévôt du chapitre de Saint-Donatien de Bruges.
En 1096, il répond à l’appel à la première croisade lancée par le pape Urbain II, et suit Godefroid de Bouillon, après avoir organisé le conseil de régence du comté. Il est avec Hugues de Vermandois, Raymond de St-Gilles, Robert Courteheuse, Baudouin II de Hainaut, Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Hauteville, l’un des principaux chefs de la croisade. Il participe au siège de Nicée, à la prise d’Antioche en octobre 1097 et à la prise de Jérusalem, le 15 juillet 1099, où il se couvre de gloire en entrant dans Jérusalem parmi les premiers chevaliers vainqueurs. En septembre 1099, il refuse la royauté sur la ville sainte et rentre en Flandre avec le duc de Normandie, ramenant une précieuse relique, le bras de saint Georges, offerte par l’empereur Alexis Ier Comnène; c’est l’église abbatiale d'Anchin qui la reçoit.

Dans le même temps est construit l'abbaye Saint-André de Bruges dans le quartier Sint-Andries. Sa croisade, égrainée de nombreux pillages, lui vaut son surnom de Robert de Jérusalem. Durant cette absence, l’empereur Henri IV avait tenté de s’emparer de la Flandre impériale.

Lorsque, après la mort de Gérard, deux candidats se disputèrent le siège de Cambrai, l'ambition de Robert se prêta volontiers aux desseins de la papauté ; Urbain II avait déposé Waucher, l'évêque impérial, au profit de son compétiteur français Manassès, et Pascal II fit inviter par l'archevêque de Reims le comte de Flandre à prêter l'appui de ses armes à la bonne cause. C'est à ce moment que l'ancien diocèse d'Arras fut distrait de celui de Cambrai et considéré comme un ressort distinct (1094). Le roi de France et le comte avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l'ingérence d'un évêque allemand.

Plusieurs seigneurs du voisinage secondèrent l'entreprise du comte de Flandre, auquel ils avaient ouvert leurs places fortes : c'étaient Amaury de Gouy, Hugues d'Oisy, Manassès de Rumilies, Anselme de Bouchain, d'autres encore.

En octobre 1102, Henri IV accoure au secours de Waucher. Il s'empare de Lécluse, de Bouchain, de Marquion (que Robert venait d'élever sur le territoire cambrésien), de Palluel, d'Inchy. Robert préfère faire amende honorable et se rend à Liège le 29 juin 1103, pour prêter hommage à Henri IV.

Mais dès 1105, le nouvel empereur, Henri V, marche sur la Flandre, appuyé par le comte de Hainaut Baudouin III et les Hollandais. Ils échouent devant Douai et une nouvelle paix est signée, reconnaissant au comte de Flandre la possession de Douai ainsi que celle de la cité de Cambrai et de sa châtellenie.

Le roi d’Angleterre Henri Ier refusant de payer les traites de la rente annuelle accordée au comte de Flandre en échange d'une aide qui lui a été apportée, Robert, en bon vassal, s’allie au roi de France Louis VI et attaque la Normandie. En diversion, Thibaud II de Champagne, beau-frère d'Henri Ier, dresse les barons français contre leur roi. Robert marche alors sur Meaux, mais il se noie en franchissant la Marne sur un pont qui s'effondre au passage de sa cavalerie.

Marié en 1092 avec Clémence de Bourgogne, fille de Guillaume Ier de Bourgogne et d'Étiennette de Bourgogne, Robert à 3 enfants:
• Baudouin VII (v. 1093-1119), comte de Flandre de 1111 à 1119
• Guillaume (1094-1109)
• Philippe (1095-) (mort jeune)


(31) Baudouin de Rethel, appelé de Bourcq ou du Bourg, mort le 21 août 1131, est comte d'Édesse de 1100 à 1118 sous le nom de Baudouin II d'Édesse, puis roi de Jérusalem de 1118 à 1131 sous le nom de Baudouin II de Jérusalem.

Il est le fils cadet de Hugues, comte de Rethel et de Mélisende de Montlhéry. Avant la Première croisade, il possède la seigneurie de Bourcq, dans les Ardennes, d'où lui vient son nom (longtemps orthographié à tort du Bourg). En 1095, il se croise dans le contingent de ses cousins Eustache III de Boulogne, Godefroy de Bouillon et Baudouin de Boulogne. Il suit ce dernier à Édesse, et c’est ainsi qu’il se retrouve comte d’Édesse lorsque Baudouin succède à son frère Godefroy.

Il épouse Morfia de Malatya et ont 4 enfants :

• Mélissende
• Alix
• Hodierne
• Yvette


(32) Enguerrand de Boves ou Enguerrand Ier de Coucy (env.1042 - 1116). Fils de Dreux ou Drogon de Boves. De son père, il hérite de la seigneurie de Boves, et en épousant en premières noces Ade de Marle, il acquiert les seigneuries de Marle, de Coucy et de La Fère.

En 1085, il devient comte d'Amiens du chef de sa grand-mère. En 1105, l'abbaye de Saint-Fuscien au sud d'Amiens est dotée par Enguerrand de Boves de la seigneurie tout entière.

Il devient possesseur en 1080 du château de Coucy, dont il donne le nom à la Maison formée par ses descendants.

Enguerrand Ier et Ade de Marle, fille de Létaud (ou Liétard) de Roucy (ou de Marle), seigneur de Marleet Coucy, et nièce du comte Ebles Ier de Roucy2 ont deux enfants :
1. Thomas de Marle
2. Agnès de Coucy

Guibert, abbé de l'abbaye de Nogent-sous-Coucy note que Thomas de Marle eut une mère si ignominieuse, c'est-à-dire d'une vie si débordée et débridée, que pour cela il ne fut jamais beaucoup aimé de son père. Ade était en fait une femme indépendante, au tempérament généreux et à la personnalité affirmée, menant sa vie (amoureuse notamment) à sa guise. Ce type de femmes libres, "scandaleuses", à qui on ne pouvait passer la laisse, est moins rare qu'il semblerait au Moyen Age parmi les aristocrates héritières de seigneuries : qu'on pense à Sibylle de Porcien, à Aliénor d'Aquitaine, à Elisabeth Ière Tudor un peu plus tard... Ainsi, il n'est pas avéré que son héritier Thomas de Boves soit réellement son enfant : Enguerrand ne le traitait pas vraiment en fils, et Thomas ne voyait pas forcément en Enguerrand un père. En général, ils se détestaient, même !

Enguerrand n'est pas non plus exempt de péchés, puisqu'il s'adonne fort à l'amour des autres femmes. Selon les sources, après avoir répudié Ade de Marle pour adultère ou après son veuvage, Enguerrand de Boves épouse en secondes noces Sibylle de Château-Porcien. Femme de condition dégradée (le comté de Porcien, qui fut puissant, se réduit en peau de chagrin : son héritière ne parviendra pas à le sauver), Sibylle est la fille de Roger, comte de Porcien, et ex-épouse de Godefroi Ier de Namur, qui l'avait répudiée pour inconduite notoire. Sa vie libre l'apparente à Ade de Marle, mais en mode décadent.

Il participe à la première croisade en 1096 et est présent au siège d'Antioche qui capitule le 3 juin 1098. La légende dit que c’est Enguerrand Ier qui, au cours d’un combat contre les Maures lors de la première croisade en Terre sainte, ayant perdu sa bannière, découpa en bandes son manteau bleu doublé de rouge pour en faire une nouvelle qui deviendra par la suite les armoiries de Coucy : trois bandes rouges et trois bandes faites de cloches, tête-bêche, bleu azur et blanc (fourrure héraldique : le vair).

En 1100, revenu en France, il entre en conflit avec son fils Thomas de Marle et obtient alors l'appui de son cousin l'évêque Enguerrand de Laon. Il se réconcilie ensuite avec lui au cours des événements de la Commune d'Amiens pour lutter contre les bourgeois révoltés.

Les habitants d'Amiens ayant obtenu du roi Louis-le-Gros, la permission de s'établir en commune, avec le soutien de l'évêque Geoffroy et de Guermond son vidame, demandèrent à Thomas de les soutenir dans leurs œuvres contre Adam, le châtelain qui tenait la garde de la Tour du Castillon pour Enguerrand, le comte, père de Thomas. Mais Thomas se réconcilia avec son père et combattit avec lui contre les habitants d'Amiens. Les habitants obtinrent le soutien du roi Louis-le-Gros qui leur envoya du renfort. Le siège dura deux ans. Sibylle, la marâtre de Thomas, et qui ne l'aimait guère (elle espérait qu'il soit déshérité par Enguerrand), trahit son beau-fils en renseignant le vidame Guermond. Thomas, sérieusement blessé dans une embuscade, chercha à se venger et fit exécuter Gautier, demi-frère de Sibylle. Le clergé décida alors de l'excommunier en 1114 lors de l'assemblée de Beauvais. Le roi assaillit Thomas, enleva les châteaux de Crépy et Nogent, et ruina les forts érigés sur les terres appartenant à l'abbaye Saint-Jean de Laon.


(33) Hugues II de Campdavaine ou Campdavesne († en 1130 ou 1131), fut comte de Saint-Pol de 1083 à 1118, après avoir succédé à son frère Guy mort sans postérité.

Il était le fils d’Hugues Ier et de Clémence.
Le pape Grégoire VII, le 25 novembre 1078, qualifia les trois fils d'Hugues, Guy, Hugues et Eustache, comtes de Saint-Pol.

Ayant accompagné avec Enguerrand, son fils, l'an 1096, Robert Courteheuse, duc de Normandie, à la première croisade, il se distingua au siège d'Antioche. Il monta parmi les premiers à l'assaut deJérusalem. Il perdit son fils, qui fut tué devant Marah. Ils furent les héros de la chanson de geste La chanson d'Antioche composée au commencement du XIIe siècle par le pèlerin Richard.

À son retour, il prit les armes pour le comte de Hainaut contre Robert II, comte de Flandre.

Il eut aussi à combattre le successeur de Robert II, Baudouin à la Hache. En 1115, ce dernier lui prit le château d'Encre, dont il fit don à Charles de Danemark, son cousin. En l'an 1117, ce fut le château de Saint-Pol qui lui fut enlevé. Mais, peu de temps après, il lui rendit ce dernier à la requête du comte de Boulogne.

Après la mort de Baudouin à la Hache, il entra dans la ligue formée par Clémence de Bourgogne, la veuve de Robert II, ayant pour but d'exclure Charles de Danemark du comté de Flandre, et d'y mettre à sa tête Guillaume d'Ypres. Charles triompha de tous les confédérés et étant entré dans le comté de Saint-Pol, il en rasa toutes les forteresses et contraignit le comte à lui demander la paix. Elle lui fut accordée à condition de rentrer dans la mouvance de la Flandre dont ses prédécesseurs s'étaient affranchis.

Sa première épouse fut Elissende de Ponthieu, fille d'Enguerrand II, comte de Ponthieu et d'Aumale, et d'Adèle de Normandie. Il l'épousa avant 1091 et eut pour enfants:

• Enguerrand, mort lors de la première croisade à Marah en Palestine.
• Hugues III, qui lui succéda.
• Béatrix de Saint-Pol, devenue héritière du comté d'Amiens, le reporta dans la maison de Boves en épousant Robert, second fils de Thomas de Marle.

Selon l’historien Charles du Cange3, Hugues II épousa en deuxième noce Marguerite de Clermont-Beauvaisis, comtesse d'Amiens veuve de Charles de Danemark. Ils eurent:
• Raoul
• Guy

Marguerite de Clermont épousa ensuite Baudouin d'Encre dont elle eut une fille qui fut mère de Gautier, seigneur d'Heilli, selon un généalogiste du temps de Philippe Auguste.

Selon d'autres historiens Marguerite de Clermont se serait marié avec Thierry d'Alsace.
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MessageSujet: Re: PREMIERE CROISADE (1096 - 1099)   Dim 10 Avr - 12:14

(34) Le titre de « domestikos » (en grec : δομέστικος, du latin domesticus signifiant « qui appartient à la maison ») ou « domestique » désignait, du IVe au VIIe siècle dans l’Empire romain tardif puis dans l’Empire byzantin, le premier adjoint d’un général, d’un ministre ou du gouverneur d’une province. Il était utilisé dans l’armée, l’administration palatiale, de même que dans l’administration ecclésiastique. Avec la création des thèmes et la disparition du magister militum (maitre des milices), les domestiques devinrent les commandants des six grands corps de l’armée byzantine non stationnés en province, lestagmata. Le plus important, le domestique des scholes, prit à partir du XIe siècle le titre de « megas domestikos » ou « grand domestique ».


(35) Kılıç Arslan, Kilitch-Arslan ou Kilij Arslan est un sultan seldjoukide de Roum (1092-1107). Il est le fils et successeur de Süleyman Ier (1074-1086).

Après la mort au combat de son père à Alep en 1086, il capturé par le vainqueur Tutuch, fondateur de la dynastie seldjoukide de Syrie. Le sultanat de Rum est alors confié au régent Abû'l-Qasîm. Tutuch marche sur l'Anatolie afin de l'éliminer. Les Byzantins l'obligent à se retirer, sauvant du désastre les seldjoukides de Roum.

[…]

Il a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099). Il anéantit la croisade populaire dePierre l'Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096). Croyant le danger écarté, il se retourne alors contre ses ennemis turcs à l'Est.
[…]


(36) La bataille de Dorylee est une bataille livrée le 1er juillet1097 qui oppose les combattants de la première croisade aux forces du sultanat de Roum. Elle s’achève par la victoire des croisés et la déroute des Seldjoukides.






(37) Le royaume arménien de Cilicie ou royaume de Petite-Arménie (à ne pas confondre avec le royaume d'Arménie de l'Antiquité) est un État fondé en Cilicie, au sud-est de l'Anatolie, par des réfugiés arméniens fuyant l'invasion seldjoukide de l'Arménie. Il fut indépendant et allié des Mongols entre 1080 et 1375, date de la chute de sa capitale, Sis, aux mains des Mamelouks.

Ce royaume fut fondé par la dynastie roupénide, une famille arménienne apparentée aux rois bagratides et Arçrouni, qui régnèrent à diverses époques sur l'Arménie et la Géorgie. Ce bastion de la chrétienté orientale fut un allié précieux pour les Croisés, et il fut également le cœur du nationalisme et de la culture arménienne, l'Arménie elle-même se trouvant alors sous occupation étrangère.

Parmi les principales villes et châteaux du royaume, on comptait le port de Korikos, Vitzada, Lampron, Barbaron, Partzerpert, Vahka, Hromgla, Tarse, Anazarbe, Tel Hamdoun, Mamistra (actuelle Misis), Adana et le port d'Ayas (Aias).


(38) Tarse (en turc Tarsus ; en grec Tarsos est une ville de Cilicie (turc İçel), en Turquie.

Tarse est situé sur la rivière Tarsus. À l'origine, Tarse était un port maritime important. Aujourd'hui, ce port se trouve à une quinzaine de kilomètres à l'intérieur des terres, à cause d'un envasement important.

Elle succède à un village fortifié qui a été construit durant la période néolithique et détruit des suites d'un conflit armé considéré comme l'un des tout premiers du croissant fertile après celui de Qermez Dere en Djezireh irakienne.

[…]

Durant la première croisade, Tarse fut prise par les Croisés aux Seldjoukides en 1097. Plus tard, elle fut annexée en1173 par les Arméniens. Léon II fut couronné roi d'Arménie en 1199 dans la cathédrale de Tarse. La ville fut conquise en1359 par les Mamelouks d'Égypte (fin du royaume d'Arménie en 1375) puis par les Ottomans en 1515.


(39) Mopsueste (en grec ancien Μοψουεστία) ou Mopsus ou Mamistra ou Mopsucrenae est une ville antique de Cilicia Campestris (plus tard la province de Cilicia Secunda) sur le Pyramos (l'actuel Ceyhan Nehri), un fleuve situé à 20 km de l'actuelle Adana (l'antique Antioche de Cilicie). La ville s'est appelée Misis, et depuis les années 1960, elle s'appelleYakapinar.

[…]

Entre 1097 et 1133, la ville passe aux mains des Croisés qui nomment un archevêque latin. Tancrède l'annexe à la Principauté d'Antioche, mais la ville est continuellement disputée entre Latins, Grecs et Arméniens. Jean II Comnène puis Manuel Ier la reconquièrent ainsi pour l'Empire byzantin respectivement en 1137 et1159. Les Arméniens en gagnent le contrôle peu après, d'abord comme sujets byzantins puis de façon autonome après 1173.

Après un incendie dévastateur en 1266, Mamistra, selon le nom qu'elle a pris, devient en 1268 la capitale du royaume arménien de Cilicie.


(40) La forteresse de Tilbeşar, appelée Turbessel par les croisés, Tell Bâchir par les Arabes (en arabe : tall bāšir).

Le tell se situe entre les villages de Belören, Gündoğan et Yeniköy dans le district d'Oğuzeli de la province de Gaziantep en Turquie. À 12 km au sud d'Oğuzeli et à 28 km au sud-est de Gaziantep, dans la vallée du de la rivière Sajour, riche de nombreux sites archéologiques, affluent de la rive droite de l'Euphrate qu'elle rejoint en Syrie. Cette vallée est une route naturelle pour aller de la haute Mésopotamie vers le plateau anatolien ce qui fait la valeur stratégique de la position de la forteresse de Tilbeşar.

[…]

La ville reprend de l'importance pendant la période médiévale aux XIe et XIIe siècles. Sous le nom de Turbessel, la forteresse devient la résidence des comtes d’Edesse.

En 1097, pendant la première croisade, Baudouin de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon prend les forteresses de Ravendel et Turbessel, qu’il laisse en fief aux compagnons arméniens qui l’ont guidé. Il est appelé à Édesse par l’arménien Thoros qui est menacé par les Seldjoukides. Baudouin de Boulogne répond à cet appel et se fait adopter comme successeur de Thoros. À la mort de Thoros, Baudouin devient ainsi comte d'Édesse (1098).

En 1100, lors de la mort de Godefroy de Bouillon, Baudouin de Boulogne confie le comté d'Édesse à son cousin Baudouin du Bourg. Son cousin Josselin l'y rejoint en 1101 et se voit confier le comté d'Édesse sous le nom de Josselin Ier d'Édesse.
En octobre 1108, près de Turbessel, Tancrède d’Antioche, avec 1500 chevaliers et fantassins francs, et 600 cavaliers turcs envoyés par Ridwan d'Alep affronte Baudouin du Bourg et les 2000 hommes deJawali, atabeg de Mossoul. Tancrède et Ridwan prennent l’avantage. Les hommes de Jawali se réfugient à Turbessel.

À partir de 1110, Mawdûd ibn Altûntâsh, atabeg de Mossoul, reprend l’offensive contre les Francs et attaque le comté d’Édesse. Mawdûd tente d’assiéger successivement Édesse puis Turbessel, mais doit lever le siège à chaque fois, et Josselin réussit une sortie qui surprend l'arrière garde de l'armée turque alors qu'elle fait retraite.

Un jour de 1113, des messagers envoyés par Baudouin du Bourg au prince d’Antioche font étape à Turbessel. Là Josselin leur parle de la situation économique, leur fait valoir que le comte d’Édesse est ruiné et leur propose de rejoindre son service. Apprenant la nouvelle, Baudouin entre dans une violente colère contre celui qu’il considère comme un ingrat. Ne voulant pas tenter de prendre d’assaut Turbessel, il feint d’être gravement malade et appelle Josselin à Édesse. Josselin, espérant la succession du comté, accourt, mais est jeté en prison dès son arrivée et doit renoncer à Turbessel.

Le 28 novembre 1144, alors que le comte Josselin II d'Édesse s'est retiré à Turbessel, Zengi l'atabegde Mossoul et d'Alep fait le siège d'Édesse qu'il prend fin décembre. En 1146, Zengi meurt assassiné, son fils Nur ad-Din lui succède comme émir d'Alep. Josselin II tente de reconquérir Édesse, mais sans succès.

[…]


(41) Şanlıurfa (souvent appelée simplement Urfa) est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d'abord nommée Urhai(en arménien, ou Orhai, en araméen), puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd'hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d'Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d'Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah. D'autres textes désignent la ville comme celle de Rûh, l'une des villes construites après le Déluge.

[…]

Au VIIe siècle, Édesse tombe aux mains de la dynastie arabo-musulmane sunnite des Omeyyades à qui elle appartient jusqu'en 1095 (en dehors de quelques années sous le contrôle de Philaretos Brakhamios, sous son gouverneur Basile Apokapès), date à laquelle elle est prise par l'Arménien Thoros. La ville passe ensuite aux croisés qui en font la capitale d'une principauté latine qui subsiste jusqu'en 1144 : le comté d'Édesse.

Conquise et mise à sac par les troupes de Zengi en 1147, elle passe, durant les siècles qui suivirent, entre plusieurs mains.


(42) Le premier siège d'Antioche eut lieu du 21 octobre 1097au 2 juin 1098. Le second siège lui succède lorsque les musulmans tentèrent de reprendre la ville aux croisés et dura du 7 juin au 28 juin 1098.





(43) Thoros d'Édesse ou Thoros Edesatsi est un ancien curopalate byzantin, qui fut lieutenant de Philaretos Brakhamios.

En 1095, il élimina la garnison turque de la citadelle d'Édesse et se rendit maître de la ville.

Il résista aux attaques seldjoukides, mais dut demander de l’aide des croisés qui venaient de mettre le siège devant Antioche (1098). Baudouin de Boulogne, le frère de Godefroy de Bouillon, répondit à l’appel. Il s’imposa petit à petit, menaça de partir rejoindre les croisés et obligea Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouva peu après (9 mars 1098) la mort au cours d’une émeute, peut-être avec la complicité de Baudouin qui devint alors comte d’Édesse.



(44) Kerbogha (, en turc : Kürboğa, francisé en Corbaran par un chroniqueur), mort en 1102 était un atabey (émir) de Mossoul de 1096 à 1102. C'était un chef de guerre qui jouissait d'une grande renommée mais qui subit une cuisante défaite à Antioche lors de la première croisade.


(45) La Sainte Lance (ou « lance de Longin (Longinus) ») est l’une des reliques de la Passion du Christ. Elle est considérée comme étant l’arme qui a percé le flanc droit de Jésus lors de sa crucifixion.


(46) Lattaquié est une ville de Syrie (en arabe : al-Lāḏiqīya, en latin : Laodicea ad Mare, proche de la mer), chef-lieu du gouvernorat homonyme. Cette ville est établie sur un site très anciennement occupé, proche de l'ancienne Ougarit. La cité qui fut un chef-lieu de satrapie sous le royaume séleucide portait alors le nom de Laodicée de Syrie ou Laodicée de la mer parce qu'elle a été refondée par Séleucos Ier qui a donné à la ville le nom de sa mère Laodicé et de sa fille.

Après la domination romaine et byzantine, elle fit partie, à l’époque des croisades, de la principauté d'Antioche, avant de retomber aux mains des Mamelouks puis des Turcs (Empire ottoman). Pendant l'entre-deux-guerres, elle est la capitale d'un éphémère État des Alaouites sous mandat français.

Elle doit son importance ancienne et actuelle, d’une part au fait qu’elle possède le seul port bien protégé de la côte syrienne et, d’autre part, à la proximité de la vallée fertile de l’Oronte, ce qui a entraîné la création d’une industrie alimentaire et textile.


(47) La ville de Ma`ârra an-Nu`mân est une ville de Syrie sur la route d’Alep à Hama, dans la province d'Idlib.

Appelée Arra dans l’antiquité, c'est le site d'une forteresse utilisée au temps des croisades et connue sous le nom de La Marre. Son nom actuel est la combinaison de son nom traditionnel et du nom de son premier gouverneur musulman Nu`mân ben Bachir, un des compagnons du prophète Mahomet.

[…]

Le 11 décembre 1098, la forteresse fut prise par les croisés de Raymond IV de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et Bohémond de Tarente, dit Bohémond de Hauteville après un siège de trois semaines. Le 5 janvier 1099, Raymond démantela la forteresse de Ma`arrat après que les croisés y eurent massacré des milliers de personnes, mais le chiffre de 20 000 paraît plus probable. Le 13 janvier, l'armée reprit sa marche vers le sud, nu-pieds et vêtus en pèlerins, suivie par Robert II de Normandie et Tancrède, neveu de Bohémond.
[…]


(48) Tell Arqa, `Arqa ou Arka est un site archéologique situé près du village de Minyara au Liban à 12 km au nord-est de Tripoli.

Après le siège d'Antioche, l'armée franque est en marche vers le sud. Une partie des troupes arrive le 12 février 1099 devant Arqa. En dépit de la bienveillance des gouverneurs arabes de Tripoli, elle s'y trouvera bloquée par la résistance des musulmans installés dans la forteresse. Raymond de Saint-Gilles y perdra le 26 février 1099, Anselme de Ribemont comte d'Ostrevent, ambassadeur des Francs auprès de l'empereur grec, Alexis Comnène. Ne parvenant à la prendre, il lève le siège au bout de trois mois et poursuit vers Jérusalem.


(49) Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ, c'est-à-dire la grotte (maintenant englobée dans l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem) où le corps de Jésus de Nazareth fut déposé au soir de sa mort sur la Croix.


(50) Chah, shah ou schah, terme persan, est le titre porté par les empereurs de Perse. Ce terme a été emprunté par d'autres langues où il désigne plus généralement le souverain ou le monarque d'un État. Il apparaît également dans d'autres titres dérivés.


(51) Rukn ad-Duniya wa ad-Dîn Barkiyarûq ou Berk-Yaruq ou encore Barkyaruq, sultan saljûqide, fils de Malik Chah Ier. Shah de Perse, de la dynastie des Seldjoukides. Il succède à son frère Mahmud Ier en 1093. Il règne en Irak et à l’ouest de l’Iran jusqu’à sa mort en 1105.

Après la mort de Malik Chah en 1092, l'empire seldjoukide sombre dans l'anarchie. Barkiyarûq son fils aîné doit lutter contre la révolte de tous les siens. Son oncle, Tutuş, qui occupe Damas et Alep, lui dispute la Perse. Il est battu et tué près de Ray (26 février 1095). Le reste du règne de Barkiyarûq se déroule à lutter contre ses frères. Les possessions seldjoukides se divisent définitivement en trois états :
• le sultanat de Perse, à Barkiyarûq et à ses frères ;
* Mu`izz ad-Dîn Ahmad Sanjar a reçu, tout jeune encore (il n’avait que dix ou douze ans), le gouvernement du Khorasan, avec résidence principale à Merv (1096).
* Nasir ad-Dîn Ier le Fars et Ispahan (1093).
* Barkiyarûq a reçu l’Irak
• les royaumes d'Alep et de Damas aux fils de Tutuş ;
• le sultanat de Roum à Kılıç Arslan Ier, fils de Süleyman Ier Shah.

En Perse, malgré l’établissement de noyaux turcs (au Khorasan, en Azerbaïdjan, vers Hamadhan), le fond de la population reste iranien.

Lors de la Première croisade, il ordonne à son lieutenant Kerbogha, atabeg de Mossoul, de marcher à la tête d'une armée contre les croisés à Antioche, mais celle-ci est défaite en 1098.

Barkiyarûq meurt de la tuberculose en janvier 1105. Son fils Malik Chah II successeur désigné est rapidement renversé par son oncle Mohammed Ier qui prend le pouvoir.


(52) La bataille de Harran est une bataille qui a opposé les musulmans aux Francs le 7 mai 1104. Si les Francs avaient remporté cette bataille, la route de Mossoul et éventuellement celle de Bagdad leur aurait été ouverte, mais cette défaite marque l’arrêt de leur expansion en Orient.




(53) Jekermish est un atabeg de Mossoul de 1102 à 1107. Il ne tenta pas d’actions contre les Francs, à l’exception de Baudouin du Bourg, comte d'Édesse, qui était son voisin.


(54) Najm ad-Din Il Ghazi ibn Ortoq († 1122) était un officier turc de la famille des Ortoqides au service des seldjoukides, fils d’Ortoq ibn Aksab. Il était seigneur de Mardin et devient atabeg d’Alep de 1118 à 1122.



(55) Soqman ibn Ortoq ou Mu’în ed-Dîn Sökmen2 († 1105) était un officier turc de la famille des Ortoqides au service des seldjoukides. Il était seigneur de Mardin et gouverneur de Jérusalem avant la prise de la ville par les Francs.



(56) Josselin Ier de Courtenay, né entre 1070 et 1075, mort en1131, est un membre de la maison de Courtenay, parti aux Croisades en 1101, et devenu seigneur de Turbessel de 1102à 1113, prince de Galilée et de Tibérias de 1113 à 1119 et comte d’Édesse de 1119 à 1131. Il est fils de Josselin, seigneur de Courtenay, et d’Isabelle de Montlhéry.

[…]

Il épouse vers 1100-4 une fille de Constantin Ier, prince d'Arménie, qui prend le prénom de Béatrice après son mariage et qui donne naissance à un fils :
• Josselin II († 1159), comte d’Édesse.

Cette arménienne meurt avant 1120 et Josselin se remarie en 1121 avec Marie de Salerne, sœur deRoger de Salerne, prince régent d'Antioche. Elle apporte Azaz en dot, mais le prince Bohémond II dénonce l’accord vers 1125 et reprend Azaz. Marie de Salerne donne naissance à :
• une fille mentionnée par Guillaume de Tyr, qui est abbesse de Sainte Marie la Grande à proximité du Saint-Selpulchre. Elle témoigne en 1162 lors du procès en annulation du mariage d’Amaury Ieret de sa nièce Agnès de Courtenay.


(57) Guillaume de Cerdagne († 1110) surnommé Jourdain après avoir été (re)baptisé dans les eaux du fleuve du même nom, comte de Cerdagne (1095-1099) et de Tripoli (1105-1110), fils de Guillaume Raymond comte de Cerdagne et de Sancha de Barcelone.

Il accompagna à la première croisade Raymond de Saint Gilles, qui était le demi-frère de sa mère. Lorsque celui-ci mourut, prenant pour prétexte l'absence du fils aîné de Raymond Bertrand et la minorité du second fils Alphonse Jourdain, il s'intitula comte de Tripoli. Quelques années plus tard, Bertrand arriva en Terre Sainte pour recueillir la succession et Baudouin Ier de Jérusalem arbitra la succession en divisant le comté en deux. Guillaume fut assassiné et Bertrand réunifia le comté.



(58) Bertrand de Toulouse (dit parfois aussi Bertrand de Tripoli), né vers 1065 et mort en 1112, est un comte de Toulouse, de Rouergue, d’Agen, d’Albi et du Quercy, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne de 1096 à 1108, et comte de Tripoli de 1109 à 1112. Il est fils de Raymond de Saint Gilles.

[…]

Il épousa en juin 1095 Hélène de Bourgogne (v.1080 † 1141), fille d'Eudes Borrel, duc de Bourgogne, et de Sibylle de Bourgogne, qui donne naissance à :
• Pons (v. 1096 † 1137), comte de Tripoli.
Veuve, Hélène se remarie à Guillaume Ier Talvas, comte de Ponthieu


(59) Le titre d'avoué du Saint-Sépulcre (autrefois orthographié Sépulchre) fut le seul qu'accepta le duc de Basse-Lotharingie Godefroy de Bouillon lorsqu'on lui offrit le trône de Jérusalem, au lendemain de la prise de la ville par les Croisés, car il ne voulut pas ceindre une couronne d'or là où le Christ avait porté une couronne d'épines.
Dès sa mort, son frère et successeur, Baudouin Ier refusa de se contenter du titre d' avoué du Saint Sépulcre et s'intitula roi de Jérusalem.
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