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 LES CROISADES : GENERALITES

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Lanaelle
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MessageSujet: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:26






Généralités


1. Les origines de la croisade
A. les causes lointaines
a) Les pèlerinages à Jérusalem
b) La guerre contre l’infidèle

B. Les causes proches
a) L’Empire Byzantin, à l’origine de la croisade.
b) L’appel du pape Urbain II et la prédication de la première croisade
C. Un Islam divisé




2. La création et la défense des Etats latins d’Orient (Iere – IIIe croisade)


A. la première croisade (1096-1099)
a) La croisade populaire
b) le voyage des chevaliers vers Jérusalem
c) Création des Etats latins d’Orient

B. la deuxième croisade (1147-1149)
a) L’échec de la deuxième croisade
b) Saladin et la chute du premier royaume de Jérusalem
C. la Troisième croisade (1189-1192)




3. Les croisades du XIIIe siècle, déviation et impuissance


A. la quatrième croisade (1202-1204)
a) La prise de Constantinople par les croisés
b) Les responsabilités

B. La cinquième croisade (1217-1221)
C. La sixième croisade (1228-1229)
D. Les croisades de Louis IX




4. Les structures de la Croisade


A. Organisation et idéologie de la croisade
B. Financement des croisades
C. L’acheminement des troupes et du ravitaillement
D. L’esprit de la croisade




5. Bilan


A. Adaptations militaires
B. Confrontation de l’Orient et l’Occident

a) L’Empire byzantin et la croisade
b) L’Islam et la croisade
























SOURCES : https://fr.wikipedia.org/wiki/Croisades


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 5 Nov - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:27







Les croisades du Moyen Âge (1) sont des pèlerinages(2) armés, prêchés par le pape, par une autorité spirituelle de l’Occident chrétien (3) comme Bernard de Clairvaux (4), ou par un souverain comme Frédéric Barberousse (5).

Elles furent lancées par restaurer l’accès aux lieux de pèlerinages chrétiens en Terre Sainte , autorisés par les Arabes Abbassides (6), mais qu’interdirent les Turcs Seldjoucides (7) en 1071 quand ils prirent Jérusalem aux Arabes. Elles débutèrent en 1095, répondant aussi à une demande de l’empereur de Byzance inquiet de l’attitude des Turcs. Les Byzantins parlaient grec, étaient chrétiens, mais depuis 1054 se définissant comme en rupture avec Rome (orthodoxes (08) et non catholiques romains). Les croisés ne firent pas de conquêtes durables, se désintéressèrent de la question une fois que Saladin (9) eut rétabli l’accès aux pèlerinages, hormis pour ceux qui s’étaient installés sur place, et en fin de compte affaiblirent les Byzantins plutôt qu’ils les aidèrent.

La définition traditionnelle, retenue pour cet article, englobe la période 1095-1291, du concile de Clermont (10) à la prise de Saint-Jean-d’Acre (11), en se limitant aux expéditions en Terre Sainte (12). Une vision plus large va jusqu’à la bataille de Lépante (1571) (13), pour inclure la Reconquista (14) espagnole, en incluant toutes les guerres contre les infidèles (15) et les hérétiques (16) sanctionnées par le pape, qui y attache des récompenses spirituelles et des indulgences (17).

La première croisade (18) débute en 1096 avec des milliers de pèlerins piétons, pour réoccuper une partie des terres perdues lors de l’expansion arabe du IXe siècle, et ainsi rendre à Jérusalem accessible au pèlerinage. Elle aboutit à la fondation des Etats latins d’Orient (19), dont la défense justifie les sept autres croisades principales de 1147 à 1291, date de la perte des dernières positions latines en Orient (20). A partir de la quatrième croisade, qui s’empare de Constantinople (21) en 1204, l’idée est parfois dévoyée : des expéditions sont organisées par le pape contre ses opposants chrétiens (Albigeois (22), Hohenstaufen, Aragon (23) ou encore Hussites (24) au XVe siècle…) ou païens (baltes) (25). Si elles permettent le maintien des Etats latins d’Orient, les croisades n’ont plus pour objectif Jérusalem.

Les cités marchandes italiennes ont bénéficié des croisades, et développé dans la foulée les liens entre places commerciales européennes.





NOTES :


(1) Le Moyen Âge est une période de l'histoire de l'Europe, s'étendant du Ve siècle au XVe siècle, qui débuta avec le déclin de l'Empire romain d'Occident et se termina par la Renaissance et lesGrandes découvertes. Située entre l'Antiquité et l'époque moderne, la période est subdivisée entre le haut Moyen Âge (VIe   Xe siècle), le Moyen Âge central (XIe   XIIIe siècle) et le Moyen Âge tardif (XIVe   XVe siècle).




(2) le pèlerinage est un voyage effectué par un croyant, le pèlerin, vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion





(3) l’expression occident chrétien définit un concept associant une aire géographique : l’ « Occident » à l’Eglise catholique romaine et au protestantisme issu d’une réforme de cette dernière. Il s’agit historiquement d’Etats européens, issus de l’ancien Empire romain d’Occident et qui, d’un  point de vue religieux, sont restés sous contrôle de Rome jusqu’à la Réforme.


Le christianisme occidental (catholicisme et protestantisme) en bleu et violet
le christianisme orienta (orthodoxe) en rouge








(4) Bernard de Clairvaux : Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, nè en 1090 ou 1091 à Dijon, et mort le 20 août 1153 à l’abbaye de Clairvaux, est un moine français, réformateur de la vie religieuse.

Directeur de conscience et important promoteur de l’ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d’une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouoir et entrainer les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l’église catholique mettront en œuvre.

C’est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XIIe siècle »), marquée par une profonde transformation de l’économie, de la société et du pouvoir politique.

Il joue un rôle dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares.

Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi Saint Bernard de Clairvaux. Il est déclaré docteur de l’Eglise en 1830 par Pie VIII.


Saint Bernard avec sa crosse d’abbé, tenant la Règle bénédictine pour
l’ordre cistercien qu’il a réformé, église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon.






(5) Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (en allemand : FriedrichI., Barbarossa, 1122 – 10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi des Romains, roi d’Italie, duc de Souabe et duc d’Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé

Second mariage avec Béatrice Ier de Bourgogne :
• Rainald ou Renaud (*1161 - † 1164), enterré à Lorsch
• Béatrice (*1162 - †1174 ou 1179) enterré à Lorsch
• Guillaume (*1163 - †1164), enterré à Lorsch
• Frédéric V de Souabe (*16 juillet 1164 à Pavie - † 28 novembre 1169/1170) duc de Souabe, enterré à Lorsch
• Henri VI (*1165 - † 1197), empereur germanique, roi de Sicile, marié à Constance de Sicile (*1154 - †1198), fille du roi Roger II ; il est le père de l’empereur germanique Frédéric II ;
• Conrad (*1167 - †1191) dit Frédéric VI de Souabe ,duc de Souabe
• Agnès (*octobre/novembre 1168 ou  1174 - † 8 octobre 1184), enterré à la cathédrale de Spire
• Conrad II de Souabe (*1169 - †1196), duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (*1171 - † 1200), comte palatin de Bourgogne, marié à Marguerite de Blois († 1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
• Sophie (1175 - † ?), marié à Guillaume, marquis de Montferrat
• Philippe Ier de Souabe (*1177 - †1208), duc de Souabe, roi de Germanie/ roi des Romais, marié en 1197 à Marie de Byzance (*1181 - † 1208) fille de l’empereur Isaac II Ange.





(6) les Abbassides sont une dynastie musulmane qui règne sur le califat Abbasside ( = un califat sunnite qui gouverne le monde musulman de 750 à 1258) de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750.

Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachid, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au Xe siècle, puis des Seldjoukides au XIe siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une tranche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de Calife sous la tutelle des Sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Egypte par l’Empire ottoman, en 1517.




(7) les Seldjoukides, Seldjoukides ou Saljûqides sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, comprenant l’Irak actuel, ainsi que sur l’Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.




(08) Le christianisme orthodoxe ou orthodoxie est l’une des trois principales confessions chrétiennes. Il est organisé en de nombreuses Eglises territoriales (et non nationales) qui forment trois ensembles distincts, les Eglises des deux conciles, les Eglises des trois conciles et les Eglises des sept conciles dite « Eglise orthodoxe » ou « Communion orthodoxe ». ces dénominations officielles autant que techniques se réfèrent aux conciles christologiques dont elles acceptent les conclusions.

Les églises orthodoxes sont nées de la culture grecque, c’est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d’Eglises partage une compréhension, un enseignement et des offices d’une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme d’une partie d’une seule Eglise. La Bible et la liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes.

L’Eglise orthodoxe représente dans le monde la deuxième confession chrétienne en nombre de fidèles après l’Eglise catholique romaine et avant l’Eglise anglicane. Tout chrétien orthodoxe voit son année rythmée par le calendrier liturgique de l’Eglise dont il dépend.




(9) Saladin ou Salâh ad-Yûsuf et Selahedînê Eyûbï, né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Egypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.

Lui-même dirige l’Egypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nâsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.




(10) Le concile de Clermon – aujourd’hui Clermont-Ferrand – s’est tenu en Auvergne en 1095. Le pape Urbain II l’avait convoqué pour traiter des problèmes de discipline ecclésiastique, à la suite du concile de Plaisance qui s’était tenu six mois plus tôt, mais l’un des faits notables de ce concile est l’appel d’Urbain II à la noblesse de la chrétienté, lui demandant de lutter contre les Turcs qui menacent l’Empire byzantin et de délivrer les lieux saints occupés par les musulmans.




(11) le siège de Saint-Jean-d’Acre est une opération militaire livrée en 1291 qui se solda par la prise de la ville et la fin de la présence franque en Terre Sainte. Cette date, qui symbolise la perte des dernières positions latines en Orient, est fréquemment considérée par les historiens comme celle de la fin des croisades médiévales.




(12) La Terre Sainte (en grec : Agioi topoi ; en latin : Terra Sancta) est le nom donné par les chrétiens à la région où est né et à vécu Jésus-Christ, avec une importance toute particulière accordée à Jérusalem lieu de sa mort et selon la foi chrétienne, de sa réssurection. L’article qui suit sera donc traité du point de vue chrétien.




(13) la bataille de Lépante est l’une des plus grandes batailles navales de l’histoire. Elle s’est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce, à proximité de Naupacte – appelée alors Lépante. Dans le contexte de la Quatrième guerre vénéto-ottomane, la puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réunis sous le nom de Sainte Ligue à l’initiative du pape Pie V. la bataille se conclut par une défaite pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 20 000 hommes. L’événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte de 1565, il sonnait comme un coup d’arrêt porté à l’expansionnisme ottoman.

Certains historiens estiment qu’il s’agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d’Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaines.





(14) La Reconquista (mot espagnol et portugais, en français Reconquête) est le nom donné à la reconquête des royaumes musulmans de la Péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. Elle commence en 718 dans les Asturies, et s’achève le 2 janvier 1492 quand Ferdinant II d’Aragon et Isabelle de Castille, les « Rois cahtoliques » (los Reyes Catolico), chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade, achevant l’unification de l’essentiel de l’actuelle Espagne – excepté la Navarre, incorporé en 1512.

Depuis le VIIIe siècle, une grande partie de l’Espagne est sous domination musulmane. A la toute fin du XIe siècle, le pape Urbain II encourage la Reconquista de l’Espagne occupée par les Maures. Au XIIe siècle, les Etats chrétiens du nord de l’Espagne commencent donc la reconquête. L’avancée est lente, mais au milieu du XIIIe siècle, après la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa, il ne reste aux musulmans que le petit royaume de Grenade qui finira par tomber  en 1492.





(15)  Le vocabulaire des croisades comprend un certain nombre de termes spécifiques à cette époque de conflits qui vit s’opposer croisés et musulmans, les premiers nommant les autres Sarrasins, ceux-ci les appelant mécréants ou infidèles.




(16) Dans l’antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin d’Epicure était une telle hairesis. Au fil des conciles qui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d’ »hérésie » fut fréquemment opposée à celle d’ »orthodoxie ». elle acquit une valeur péjorative dans l’historiographie des églises trinitaires (catholique ou orthodoxe), et depuis lors, le mot hérésie désigne avant tout une opinion, doctrine ou dogme considéré comme sortant du cadre de ce qui est généralement admis ou tenu pour acquis dans les domaines de la pensée, de la connaissance, de la religion. Selon Michel Serres, on est toujours l’hérétique de quelqu’un : les trinitaires eux-mêmes sont des « hérétiques » aux yeux des chrétiens anté-chalcédoniens qui  ont conservé les doctrines d’avant l’année 451.

L’hérésiologue est un spécialiste de  l’étude des hérésies ou un auteur d’ouvrage contre les hérésies.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:28

(17) Dans l’église catholique romaine, l’indulgence (du latin indulgere, « accorder ») est la rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle encourue en raison d’un péché déjà pardonné.





(18) La première croisade s’est déroulée de 1096 à 1099 à la suite, entre autres, du refus intervenu en 1078 des Turcs Seldjoukides de laisser libre le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Cette croisade s’achève par la prise de Jérusalem.











(19) Les Etats « latins » (ou « francs ») d’Orient sont les fiefs que plusieurs chefs croisés se découpèrent au Levant.

Quatre Etats furent créés dans la foulée de la première croisade :
• Le comté d’Edesse, de 1098 à 1146
• La principauté d’Antioche, de 1098 à 1268
• Le comté de Tripoli, de 1102 à 1288
• Le royaume de Jérusalem, de 1099 à 1291
(20) Le Levant désignait tratitionnellement en français les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée : en premier lieu le Liban et la Syrie (les Etats du Levant au sens français) ; mais la région du Levant inclut également Israël, la Palestine, la Jordanie, voir l’Egypte. […]






(21) Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 à 1930). Son nom original, « Byzance », (venant soit du mot grec buzô signifiant « resserré » en référence au Bosphore, soit d’un mot thrace désignant le « rivage »), n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris par les historiens modernes.

Les habitants de Byzance sont les « byzantins » et ceux de Constantinople les « Constantinopolitains ». « Constantinople » est la francisation de Konstantinoupolis, qui, en grec, signifie «la ville de Constantin ». ce nom lui a été donné par l’empereur romain Constantin Ier lui-même, qui choisit d’en faire la capitale de l’empire à partir du 11 mai 330 et qui la proclama la « deuxième Rome ».





(22) La croisade des Albigeois (1208-1229) (ou croisade contre les Albigeois) est une croisade proclamée par l’Eglise catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme et dans une faible mesure le valdéisme. Dès le XIIe siècle, les textes de l’époque parlent d’hérésie albigeoise sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.





(23) La Croisade d’Aragon est un conflit opposant entre 1284 et 1285 les armées du Roi de France Philippe III « le Hardi » à celles du roi d’Aragon Pierre III.





(24) Les croisades contre les hussites sont des campagnes militaires des féodaux et de l’Eglise catholique contre les paysans et les partisans de Jan Hus en Bohême de 1420 à 1434. Ce furent les premiers combats en Europe où des armes portatives à poudre comme les mousquets firent une contribution décisive.




(25) Aussi appelées croisades nordiques, les croisades baltes ont été menées par les puissances de l’Occident chrétien contre les peuples païens du nord-est de l’Europe riverains de la mer Baltique à partir de la fin du XIIe siècle : les peuples baltes, y compris les habitants originels de la Prusse orientale désignés sous le nom de vieux-prussiens (ou borusses).

Leur lancement a été officiellement prononcé par Célestin III en 1193, mais les royaumes germaniques et scandinaves convertis au catholicisme avaient déjà commencé à envoyer des croisés à la conquête de leurs voisins à cette date. Elles durent jusqu’au début du XIXe siècle ; comme bien des croisades, elles se détournent de leur but originel et s’achèvent par la territorialisation des ordres militaires qui les ont conduites.
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:29













Jérusalem restait pour les chrétiens le centre du monde spirituel terrestre. Le pèlerin pouvait s’y recueillir devant le calvaire et le Saint-Sépulcre (1)  La « vraie croix » (2)  y était vénérée. La conquête de la Palestine (3) par les Arabes (Jérusalem fut prise en 638) n’affecta guère les pèlerinages vers les lieux saints ; les Fatimides imposèrent simplement une redevance aux pèlerins. Les dangers à braver en chemin faisaient partie de la spiritualité du pèlerinage. Parmi les fidèles se répandait même l’idée que le pèlerinage lavait les péchés. Avec la fin de la piraterie dans la seconde moitié du Xe siècle, le flux des pèlerins s’amplifia. En 1009, le calife (4) fatimide (5) du Caire, al-Hakim (6) , fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à l’Empire byzantin (7) de le rebâtir, et les pèlerinages furent à nouveau autorisés. A l’approche du millénaire de la mort du Christ (1033), le flot des pèlerins (08) augmenta encore. De nombreux monastères furent construits dans la ville. Les plus riches pèlerins étaient parfois dépouillés par les bédouins, et certains groupes de pèlerins s’organisèrent en véritables troupes armées. En 1045, l’abbé Richard emmenait avec lui sept cents compagnons qui ne purent arriver que jusqu’à Chypre. Les Turcs Seljoukides prirent Jérusalem aux Arabes Abassides en 1071 et, contrairement à eux, interdirent totalement aux pèlerins chrétiens l’accès à la vielle sainte : des massacres de pèlerins eurent lieu. L’historien Jacques Heers mentionne un pèlerinage d’une troupe importante, conduite en 1064 par Siegfried, archevêque de Mayence, attaquée et presque entièrement décimée à Ramallah par des Bédouins le 25 mars 1065. Cependant, Robert Mantran, un autre historien, mentionne que des pèlerinages, dont six entre les années 1085 et 1092, se sont déroulés sans que les sources mentionnent des difficultés particulières. Les persécutions des pèlerins furent l’œuvre de troupes de pillards ou le résultat de manœuvres politico-religieuse délibérées.









Au IVe siècle, Saint Augustin (9) avait exprimé une théorie de la juste guerre à laquelle l’Eglise s’était ralliée. Au IXe siècle, les papes s’étaient efforcés de créer les « milices du Christ » pour protéger Rome, menacée par la seconde vague d’invasions. Le pape Jean VIII (10) accordait même l’absolution à ceux qui étaient prêts à mourir pour la défense des chrétiens contre les Sarrasins (11) en Italie. A partir de la fin du Xe siècle, l’Eglise s’efforça de christianiser les mœurs guerrières des chevaliers en leur proposant entre autres de combattre les Sarrasins aux frontières de la chrétienté, en Espagne. En 1063, dans une lettre envoyée à l’archevêque de Narbonne, le pape écrivit que ce n’était pas un péché de verser le sang des infidèles. Ce document innovait en affirmant que prendre part à  une guerre utile à l’Eglise était une pénitence comme l’aumône ou un pèlerinage. Le  succès n’avait pas été au rendez-vous, mais l’Eglise autorisait, voire encourageait désormais la lutte contre les musulmans, et y autorisait la participation des chevaliers francs. Les royaumes frontières étaient devenus les vassaux du Saint-Siège, atout important dans la lutte des papes (12) contre le Saint-Empire romain germanique(13) .

De plus, les Normands affirmaient que les Byzantins étaient lâches, riches et rusés. Pour les Français du Nord, les musulmans étaient des hérétiques suivant le dogme d’un faux prophète.[/color]







NOTES :



(1) Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ, c’est-à-dire la grotte (maintenant englobée dans l’église du Saint Sépulcre, à Jérusalem) où le corps de Jésus de Nazareth fut déposé au soir de sa mort sur la Croix.



Edicule abritant le tombeau du Christ (au centre de l’église
du Saint –Sépulcre)




Entrée du tombeau du Christ par la Chapelle de l’ange avec au centre la pierre
sur laquelle l’ange était assis






(2) La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, serait la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié.

Selon la tradition chrétienne, c’est Sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Elle est devenue dès lors une des principales reliques de la chrétienté, faisant l’objet d’une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom de staurothèqes sont spécialement fabriqués pour abriter les fragments.

Pour le Christianisme, la Croix du Christ est en effet considéré comme l’instrument du salut de l’humanité puisque selon cette religion, le Christ, par sa mort, a racheté les hommes de leurs péchés, et particulièrement du péché originel. Deux fêtes marquent, dans le calendrier liturgique catholique, l’importance de cette relique : le Recouvrement de la Croix (3 mai) et l’Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre).






(3) Palestine est un nom attesté depuis Hérodote qui désigna la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï.

La zone n’est pas clairement définie. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la philistie et l’Idumée. A l’époque des croisades, le Pérée au nord-est de la Mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La région de Palestine correspond aux territoires aujourd’hui situés à l’ouest du Jourdain et inclut l’Etat d’Israël, les territoires palestiniens occupés, une partie du royaume de Jordanie, le Liban du Sud et le plateau du Golan.

Dans les traditions musulmane, juive et chrétienne, la Palestine est la région originaire du peuple juif, où vécurent Jésus-Îsâ et les premiers chrétiens. Dans ce contexte, elle est la Terre Sainte ou Promise des juifs et la Terre Sainte des chrétiens. Pour les musulmans est  aussi une des Terres Saintes.





(4) Le mot calife, Khalife, ou caliphe (prononcé halif en arae) est une romanisation de l’arabe Khalîfa, littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), terme dérivé du verbe khalafa signifiant « succéder », titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 et, pour les sunnites, jusqu’à l’abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les Ibadites (a) ne reconnaissent plus aucun calife depuis 657, tandis que les chiites remplacèrent le califat par l’imamat sous le règne d’Ali (b). L’autorité d’un calife s’étend sur un califat (c). Il porte aussi le titre de commandeur des croyants (titre représentant un chef musulman), titre aboli chez les chiites après la mort d’Ali.

Les critères de choix sont différents entre les chiites et les sunnites mais le porteur du titre a pour rôle de garder l’unité de l’Islam et tout musulman lui doit obéissance : c’est le dirigeant de l’oumma(d), la communauté des musulmans.  Pour les sunnites, la fonction est élective. Les chiites pensent à l’inverse que si un calife doit être choisi, il devra l’être selon le principe de l’imamat (e). L’actuel et unique prétendant des chiites duodécimains est Muhammad al-Mahdi, en occultation depuis 939 et qui n’est rien d’autre que le Mahdi (f).

(a) l’ibadisme est l’école la plus ancienne en islam, elle a été fondée moins de 50 ans après la mort du prophète Mahomet.
L’ibadisme a été chassé par d’autres courants musulmans pour ses pensées politiques : selon les ibadites, le commandeur des croyants ne doit pas être nécessairement de la lignée de Mahomet, ni d’une certaine race ou couleur. […]

(b) Abu al-Hasan Alî ibn Abî Tâlib (v.600-661), souvent désigné simplement par son prénom Ali, est le fils d’Abû Tâlib, oncle du prophète de l’islam Mahomet, qui l’a élevé et protégé comme son propre fils après la mort de son grand père ‘Abd al-Mottalib.il a été à la fois le protégé, le cousin, le disciple et le gendre de Mahomet en épousant sa fille Fatîma, née de sa première épouse Khadija en 622. […]

( c) Un califat ou Khalifat est le territoire reconnaissant l’autorité d’un calife, successeur de Mahomet, le prophète de l’islam, dans l’exercice politique du pouvoir. Ce mot sert aussi à désigner le régime politique lui-même et la période pendant laquelle il s’exerce.

(d) l’oummat, ou ummat, est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalités, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent. Le terme est synonyme de ummat islamiyya, «la Nation Islamique ». Elle nait avec l’hégire en 622 […]. De l’oumma découle une notion de solidarité entre les musulmans[…]

(e) l’imamat est le système de direction spirituelle et politique par les imans chiites.

(f) El Mahdi(« personne guidée (par Dieu) ; celle qui montre le chemin ») ou le Mahdi Mountadhar ou le Khalifat Allah (« roi élu par Dieu) est le « sauveur » attendu de tous les musulmans à l’exception des coranites qui devrait apparaitre à la fin des temps tel qu’annoncé par certains hadiths.




(5) Les Fatimides (également appelés Obeydides ou Banu Ubayd depuis le manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l’Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l’Egypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l’Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen Orient.

Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens – pour laquelle le callife doit être choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre du prophète de l’islam Mahomet les fatimide considèrent les Abbasides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. L’établissement de leur califat débute au Maghreb, grâce à l’appui des Berbères kutamas de Kabylie qui vont renverser le pouvoir local Aghlabide. Après un intermède en Ifriqiya, ils finiront par s’établir dans la ville du Caire qui pendant leur règne prendra un essor considérable.




(6) Al-Hâkim, né en 985 au Caire, est le petit-fils de Al-Muizz li-Dîn Allah, le fils de Nizar al-‘Azîz Billah, et d’al-Sayyida al-‘Azîziyya, sa mère, chrétienne. Lorsque son père meurt à Bilbays le 14 octobre 996, il devient le sixième calife fatimide. Il n’est alors âgé que de onze ans. […]




(7) L’Empire byzantin (Empire romain d’Orient) est le nom de convention donné par les historiens, depuis l’auteur allemand Jérôme Wolf qui en est l’inventeur au XVIe siècle, à la partie orientale de l’Empire romain issue du partage de pouvoir impérial au IVe siècle entre deux empereurs, l’un régnant sur l’Orient (pars orientalis) avec pour Capitale Constantinople (anciennement appelée Byzance), l’autre sur la partie occidentale (pars occidentalis) avec comme capitale Milan plus Ravenne. C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle que l’appellation « byzantin » se généralise pour l’Empire romain d’Orient, mais en fait, il n’existe pas de fondation ni de début de l’Empire byzantin : […]




(08) Le pèlerin est un croyant qui effectue un voyage vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu sacré selon sa religion.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:30

(9) Augustin d’Hippone ou Saint Augustin, né dans la province d’Afrique au municipe de Thagaste (actuelle Souk Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie) est un philosophe et théologien chrétien romain de la classe aisée, ayant des origines berbères, latines et phéniciennes. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, c’est l’un des quatre Pères de l’Eglise (a) occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Eglise (b).

Trois de ses livres sont particulièrement connus : Les Confessions, La Cité de Dieu et De la Trinité.
[…]

(a) Pères de l’Eglise : auteurs ecclésiastiques, généralement (mais non exclusivement) des évêques, dont les écrits, les actes et l’exemple moral ont contribué à établir et à défendre la doctrine chrétienne. Ceux que le Père Henri du Lubac appelle « nos pères dans la Foi » sont donc des personnages qui satisfont à quatre exigences de l’Eglise
* avoir appartenu à la période de l’Eglise antique (avant le VIIIe siècle)
* avoir mené une sainte vie
* avoir écrit une œuvre complétement exemple d’erreurs doctrinales, et qui doit constituer une excellente défense de la doctrine chrétienne ou en être une illustration
* avoir bénéficié de l’approbation implicite ou explicite de l’Eglise. […]

(b) Dans l’église catholique, un docteur de l’Eglise est un baptisé, homme ou femme, dont l’Eglise reconnait l’autorité exceptionnelle dans le domaine de la théologie (eminens doctrina). La profondeur de leur foi, alliée à la sûreté de leur pensée et la sainteté de leur vie donnent à leurs écrits et leur enseignement un poids et une influence durable et remarquable dans le développement de la doctrine chrétienne. […]



(10) Jean VIII, né à Rome vers 820, pape du 14 décembre 82 au 16 décembre 882. Il est surtout connu pour ses interventions en direction de l’Eglise de Constantinople pour mettre fin au schisme de Photius





(11) Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi « mahométans », « Arabes », « Ismaélites » ou « Agarènes ». d’autres termes sont employé également comme « Maure », qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de « sarrasin » est déjà employé dans La Chanson de Roland (1080 avant notre ère), texte dans lequel il s’applique aux Basques. Les mots « islam » et « musulmans » n’existaient pas en Occident médiéval. […]




(12) La querelle des Investitures est le conflit qui opposa la papauté et le Saint Empire romain germanique entre 1075 et 1122. Elle tire son nom de l’investiture des évêques. Au Moyen Âge, l’investitrue est un acte par lequel une personne met une autre en possession d’une chose. Au XIe siècle, les souverains estiment que le fait de confier à un évêque ou à un curé des biens matériels leur permet de choisir l’officiant et de lui accorder les investitures spirituelles. Cette mainmise du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel a comme conséquence une défaillance profonde du clergé, qui n’assure plus son rôle.

La réforme grégorienne qui débute au milieu du XIe siècle entend lutter contre les manquements du clergé à ses devoirs, ce qui incite le pape à vouloir le contrôler, au détriment du pouvoir politique. Les monarques du Saint-Empire romain germanique, pour qui les évêques sont aussi des relais de l’autorité impériale, s’opposent alors à cette prétention. Après une lutte sans merci entre les empereurs et les papes, la querelle des Investitures aboutit à une victoire provisoire du spirituel sur le temporel.






(13) Le Saint Empire romain est un regroupement politique de terre d’Europe occidentale et centrale au Moyen Âge, dirigé par l’Empereur des Romains mais aujourd’hui disparu. Il se considérait, du Xe siècle jusqu’à sa suppression par Napoléon, comme le continuateur légitime de l’Empire d’Occident des Carolingiens, mais également de l’Empire romain. L’adjectif Saint n’apparait que sous le règne de Frédéric Barberousse (attesté en 1157) pour légitimer le pouvoir de manière divine. […]
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:32










A l’époque de la première croisade, les Byzantins nommaient les Occidentaux Francs ou Celtes, mais les Occidentaux les plus connus étaient normands. D’abord employés comme mercenaires, pour leur courage et leur cohésion, et appréciés des généraux byzantins, ils menèrent très tôt leur propre politique. En 1041, ils réalisent la conquête de toute l’Italie du Sud où ils fondent un royaume indépendant. De 1081 à 1085, ils mènent une série d’attaques contre la Grèce, sous la direction de Robert Guiscard (1).

Afin de faire face à ses nouveaux ennemis, Turcs Seljoukides, l’empereur byzantin demande l’aide de soldats occidentaux. L’objectif était que ceux-ci se mettent au service de l’empire. Cette demande de troupes fut interprétée par le pape comme un appel au secours face aux envahisseurs menaçants.
Au concile de Plaisance de juin 1095, les ambassadeurs de l’empereur byzantin Alexis Comnène (2) réclament aux Occidentaux une assistance militaire pour lutter contre les Turcs. Byzance n’appelle pas pour autant à la croisade : lutte contre les menaces présumées des Arabes et certaines des Turcs est davantage une question géopolitique de défense de l’Empire.

La pénétration des Seldjoukides en Asie Mineure byzantine s’était accompagnée de plusieurs pillages et exactions contre la population locale. En Syrie, déjà sous domination musulmane, l’arrivée des Turcs suscite moins de brutalité. Les chrétiens de Syrie ne semblent pas demander d’aide.









Vingt ans après la prise de Jérusalem aux Arabes par les Turcs et six mois après le concile de Plaisance, Urbain II convoque un concile à Clermont en 1095 auquel participent surtout des évêques francs. Un des canons du concile promet l’indulgence plénière, c’est-à-dire la remise de la pénitence imposée pour le pardon des péchés (et non la rémission des péchés) à ceux qui  partiront délivrer Jérusalem. Pour clore le concile, au cours d’un célèbre prêche public le 27 novembre 1095, Urbain appelle aux armes toute la chrétienté. Il évoque les « malheurs de chrétiens d’Orient ». Il appelle les chrétiens d’Occident à cesser de se faire la guerre et à s’unir pour combattre les « païens » et délivrer les frères d’Orient. Il ne cache pas les souffrances qui attendent les pèlerins A cet appel lancé directement aux chevaliers sans passer par les rois, la foule enthousiaste répond : « Deus lo volt » (Dieu le veut) (3) et décide de prendre la croix, c’est-à-dire fait vœu d’aller à Jérusalem. Le signe de ce vœu est une croix de tissu, symbole de renoncement et d’appartenance à la nouvelle communauté des pèlerins en armes dotés de privilèges. On appelle ceux qui la portent les cruce signati.

Urbain II essaie alors de tempérer l’enthousiasme que son appel a suscité et qu’il juge déraisonnable : les clercs ont interdiction de partir sans le consentement de leur supérieur, les jeunes maris sans celui de leur femmes et les laïcs sans celui d’un clerc. Il est cependant impossible de renoncer au vœu de partir sous peine d’excommunication. Urbain II reste dix mois de plus en Francie Occidentale (4) pour y prêcher la croisade. Son appel s’adresse surtout à son milieu d’origine, la noblesse franque du Sud de la Loire. Mais à l’été 1096, les contingents réunis dépassent largement ce cadre. Godefroid de Bouillon (5), duc de Basse-Lotharingie et son frère Baudouin de Boulogne (6) ont rejoint l’expédition, ainsi que le frère du roi, Hugues de Vermandois, Robert de Normandie et Etienne de Blois (7). Bohèmond (08), fils ainé de Robert Guiscard, décide lui aussi de se croiser. Le départ est fixé au 15 août 1096.

Le succès considérable, qui parait peu explicable dans l’état d’esprit actuel du moins, pourrait avoir, disent certains, des explications matérielles : le mouvement de paix et le resserrement des liens vassaliques limitent les possibilités d’aventure en Occident. En partant en croisade, le chevalier peut ainsi garder sa possibilité de salut sans renoncer pour autant au métier des armes. Il convient toutefois d’observer que le départ en croisade est très couteux, certains croisés vendent leurs biens pour s’équiper à cette fin et subissent un préjudice grave du fait de leur longue absence. Jacques Heers précise dans l’Islam cet inconnu que les croisés « quittaient leurs biens et leurs familles pour se mettre au service de Dieu ». La rétribution céleste n’empêche pas d’ailleurs, l’espoir de récompenses matérielles en Orient.









A la fin du XIe siècle, le Proche-Orient était divisé. Au Sud, les Fatimides chiites étaient au pouvoir en Egypte et contrôlaient une partie de la Palestine. Le reste du Proche-Orient était sous la domination des Seldjoukides, un peuple turc nomade converti à l’Islam sunnite au IXe siècle qui a mis fin à l’empire arabe et d’une manière générale à la suprématie des Arabes ; Arabes absent des croisades pour cette raison. En 1055, les Seldjoukides ont pris le contrôle du califat abbaside à Bagdad (9). Après la victoire  de Mantzikert en 1071, les Turcs atteignirent le Bosphore, mais très tôt, l’Empire Seldjoukide fut divisé en une série de principautés rivales dont la principale était le sultanat de Roum. La Syrie était aussi divisée en plusieurs Etats indépendants autour d’Alep (10), de Damas (11), de Tripoli(12), d’Apamée(13) et de Shaizar(14).

Au Proche-Orient les divisions étaient d’ordre religieux et ethnique. Les Turcs sunnites étaient minoritaires. La population arabe était de confession chiite, ismaélienne ou chrétienne. Les chrétiens étaient eux-mêmes de différentes tendances : orthodoxes, melkites, et monophysites. Il y avait des Arméniens en Syrie du Nord. Pour ces populations musulmanes ou chrétiennes, les croisades étaient des expéditions militaires de secours après l’invasion musulmane, expéditions auxquelles ils prirent part en faisant entre les croisés dans Antioche, ou pendant la traversée du Liban avant le siège de Jérusalem.

L’affaiblissement de l’Islam a permis l’essor du commerce par les villes italiennes en Méditerranée. Venise, Bari et Amalfi(15) ont noué des liens avec l’Orient, et, Pise(16) et Gênes(17) ont chassé les sarrasins de la mer Tyrrhénienne. La Méditerranée devint un lac latin. Les villes italiennes créent des comptoirs de commerce fructueux, qu’elles réussiront à conserver après la fin des croisades. Elles détournent à leur profit le commerce entre Orient et Occident. Les croisades sont une étape décisive de l’essor de l’Occident chrétien et du déclin du monde arabe amorcé dès le Xe siècle en Orient.[/b]





NOTES :


(1) Robert de Hauteville dit Robert Guiscard – « le rusé » - (en italien : Roberto d’Altavilla, Roberto il Guiscardo ; latin ; Robertus de Altavilla, Robertus cognomento Guiscardus), né vers l’an 1020, mort le 17 juillet 1085, duc d’Apulie et de Calabre, est l’un des plus célèbres aventuriers normands issus du duché de Normandie qui s’illustrèrent en Méditerranée. A partir de 1057, il continua la conquête de l’Italie méridionale sur les Byzantins avant d’entamer celle de la Sicile musulmane à partir de 1060 en compagnie de son frère cadet Roger. Ensemble, ils jetèrent les fondations du futur royaume de Sicile.

Il est le fils de Tancrède de Hauteville, petit seigneur normand sans fortune dans la région de  Coutances, dans l’ouest du duché de Normandie et de sa seconde épouse Frédésende,








(2) Alexis Ier Comnène est empereur byzantin du 1er avril 1081 au 15 août 1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d’Anne Dalassène et le neveu de l’empereur Isaac Ier Comnène.

Son règne de 37 ans est l’un des plus longs de l’Empire byzantin et aussi l’un des plus agités.

De son mariage avec Irène Doukas, Alexis à 9 enfants :
• Anne Comnène qui épouse Nicéphore Bryenne
• Marie Comnène mariée à Grégoire Gabras puis à Nicéphore Katakalon
• Jean II Comnène son successeur
• Andronikos Comnène, sebastokratôr
• Isaac Comnène, sebastokratôr
• Eudocie Comnène mariée à Michel Iasitès
• Théodora Comnène qui épouse Constantin Kourtikès puis Constantin Ange. La dynastie des Ange descend de Théodora
• Manuel Comnène
• Zoé Comnène

Surtout Alexis va associer étroitement sa famille, enfants, neveux, nièces dans un réseau complexe d’alliances matrimoniales qui lient les Comnènes à toutes les grandes familles de l’aristocratie byzantine.








(3) Dieu le veut ! (deus vult en latin classique ; Deus lo vult en bas latin ; Deus lo volt en langue d’oc) est un cri de ralliement des croisés lancé avant le combat contre les troupes musulmanes. Il fut utilisé dès la première croisade. Il constitue la devise de l’ordre du Saint-Sépulcre, chevaliers catholiques.
Au cours du discours du pape Urbain II appelant à la première croisade à la fin du concile de Clermont, en 1095, afin de venir en aide aux Chrétiens d’Orient persécutés par les Turcs, le moine prédicateur Pierre d’Amiens, dit Pierre l’Ermite, lance ce cri qui est repris par la foule présente.








(4) La Francie Occidentale est le royaume que reçut le carolingien Charles le Chauve lors du partage de Verdun, en 843. Il s’agit des anciennes régions de Neustrie et d’Aquitaine, avec la partie ouest de l’Austrasie et le nord de la Bourgogne, autrement dit, la France des quatre fleuves. Cette partie apparait vite comme la seule Francie, puisqu’au Xe siècle, la Francie orientale devient la Germanie puis l’Empire (germanique)








(5) Godefroy de Bouillon, né  vers 1058, soit à Baisy dans l’Alleu de Genappe (aujourd’hui Baisy-Thy dans la province du Brabant wallon en Belgique) ou soit à Boulogne dans le comté de Boulogne (aujourd’hui Boulogne-sur-Mer dans le département Pas-de-Calais en France), et mort le 18 juillet à Jérusalem, est un chevalier francs, duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d’avoué du Saint-Sépulcre.

Fils de Sainte Ide de Boulogne, héritier des ducs de Basse-Lotharingie et d’Eustache II, comte de Boulogne, du royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Il appartient à un clan de ducs, comtes et évêques, à un groupe aristocratique qui gouverne la Lotharingie depuis 950 au moins.









(6) Baudouin de Boulogne, né en 1065, est le troisième fils d’Eustache II, comte de Boulogne et d’Ide de Lorraine. Il participe à la première croisae de 1096, à la suite de laquelle il devient comte d’Edesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort le 2 avril 1118.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:33

(7) Etienne II Henri (Estienne Henri) (†19 mai 1102) fut comte de Blois, Châteaudun, Chartres Meaux et Seigneur de Sancerre, Saint-Florentin, Provins, Montereau, Vertus, Oulchy-le-Château, Château-Thierry, Châtillon-sur-Marne et Montfélix

Il était le fils du comte Thibaud III de Blois et de Gersende, fille du comte Herbert Ier du Maine. En 1080, à Chartres, il épouse Adéle d’Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre. Ils ont eu pour descendance connue :

• Guillaume de Blois (avant 1092 – v.1150), seigneur de Sully, déshérité pour des problèmes mentaux. Il épouse cependant l’héritière de la seigneurie de Sully et a des descedants.
• Thibaud IV le Grand (avant 1092-1152), comte de Blois, de Tours, de Châteaudun, de Chartres et de Champagne
• Eudes , mort jeune
• Mathilde (†1120),mariée en 1115 à Richard d’Avranches, 2e comte de Chester. Ils meurent lors du naufrage de la Blanche-Ne en1120
• Etienne (v.1092-01154), comte de Mortain, puis rois d’Angleterre en 1135
• Henri (v.1096-1171), abbé de Glastonbury puis évêque de Winchester
• Eléonore mariée vers 1120 à Raoul de Vermandois et répudiée en 1142
Trois filles possibles dont la filiation n’est pas prouvée :
• Agnès, épouse d’Hugues III, seigneur du Puiset
• Adélaïde (Adela ou Lithuise), mariée vers 1112 (et séparée en 1113) à Milon de Bray, vicomte deTroyez
• Alix épouse Renaud (Renard, Raynard), comte de Joigny

Enfant illégitime possible :
Emma, épouse de Herbert de Winchester. Il semble toutefois qu’Emma n’ait rien à voir avec la maison de Blois. Elle serait plutôt la fille de Hunger fitz Odin, seingeur de Broad Windsor (Dorset). Elle est la mère de Guillaume FitzHerbert archevêque d’York (1143-1147 ; 1153-1154)






(08) Bohémond de Tarente ou de Hauteville ou encore Bohémond Ier d’Antioche le Grand (autant pas sa taille que par son prestige) (vers 1054- 6 ou 7 mars 1111), prince de Tarente et prince d’Antioche, est un des meneurs de la première croisade.

Il est le fils ainé de Robert Guiscard, et de sa première épouse Aubrée de Buonalbergo. Il a épousé Constance de France et ils ont eu un fils, Bohémond II d’Antioche.






(9) Bagdad : […] les origines de la ville remontent au moins au VIIIe siècle et probablement aux périodes préislamiques. Elle fut la capitale de l’empire abbasside à partir du VIIe siècle et un centre culturel et de connaissance très important pendant des siècles, jusqu’au milieu du XIIIe siècle. […]






(10) Alep : il s’agit de l’une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée, étant habitée depuis le VIe millénaire av.J.-C. Ceci est dû à son emplacemet stratégique des points de vue militaire et commerciale entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie. D’ailleurs, le centre de la ville a été classé au patrimoine mondiale de l’humanité par l’Unesco en 1986. Elle est arrosée par la rivière Quoueiq, l’ancien Belos des Grecs.






(11) Damas est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées. Elle est aussi la ville la plus peuplée de la grande Syrie (Assyrie)(des traces archéologiques remontent au IVe millénaire av. J.-C.). Elle est citée dans la Bible, dans le livre de la Genèse, et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes.
Damas connut l’influence de nombreuses civilisations dont celles des Assyriens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Arabes et Turcs. De la fin du XIIe siècle av.J.-C. à -734, elle est le centre du royaume d’Aram-Damas.
Elle fut l’un des berceaux du christianisme et vit Saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans l’église d’Ananie, la plus vieille de Syrie (aujourd’hui dans le quartier chrétien de Bab Touma)



La « maison d’Ananie » (Eglise souterraine).

En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l’adoption de la langue arabe, elle devint le centre culturel et administratif de l’empire musulman durant près d’un siècle. Par la suite, elle resta une place culturelle majeure et un pôle économique de premier plan profitant de sa situaion géographique privilégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie en direction de la Chine et commerce des épices avec l’Inde).
Les croisés l’assiégèrent en 1148. […]







(12) Tripoli – 2ème ville du Liban, se situe à 85 km au nord de Beyrouth.
Le nom de la cité proviendrait du grec Tripolis. Elle aurait été nommée ainsi du fait de sa séparation en trois parties distinctes par les commerçants venant de Tyr, Sidon et Aradis.

A partir de 1070, Tripoli est sous la domination des Banû’Ammâr, qui se sont rendus indépendants des califes fatimides d’Egypte. En 1102, lors de la première croisade, la ville fut assiégée par Raymond IV de Toulouse et défendue par le qâdî Fakhr al-Mulk. Le siège dura près de 10 ans, infligeant de lourds dégâts à la ville, qui tomba aux mains des croisés en 1109. Elle fit ensuite, durant le temps des croisades, la capitale du comté de Tripoli, l’un des principaux Etats francs du Levant. En 1289, les mamelouks, emmenés par le sultan Qala’ûn, conquirent la ville. Le commerce était un des atouts de la ville, les principaux flux monétaires se faisaient entre les grandes familles de la région du levant via la Banque Raffoul. Actuellement le port garde son ampleur mais le flux s’est concentré sur la capitale Beyrouth.

Du temps des Mamelouks, Tripoli garde encore un cachet tout spécial constitué par les nombreux monuments religieux reconnus par les couleurs blanches et noires de leurs façades. La vieille ville renferme des églises et quelques mosquées hors du commun. […]






(13) Apamée, (en grec ancien, Apameia ; Arabe : Afamia), actuellement Qal’at al-Madhïq est un site archéologique en Syrie, située près de l’Oronte, à 55 km au nord-ouest de Hama.


[…]
Pendant la période byzantine, elle devint un archevêché. La ville eut fort à souffrir de la guerre qui opposa les Perses aux Byzantins sous le règne de l’empereur Héraclius

[…]






(14) Shaizar, Shayzar, ou Chayzar est une ville et forteresse médiévale en Syrie qui joua un rôle important dans les conflits entre chrétiens et musulmans à l’époque des croisades.

Shaizar était une ville antique, connue au XIVe siècle av.J.-C. en Egypte sous le nom de Senzar ou Sezar dans les Lettres d’Amarna. Pour les Grecs, elle était connue sous le nom Sidzara, mais les Séleucides l’ont rebaptisée Larissa, en référence à la ville de Thessalie de même nom d’où de nombreux colons étaient originaires.

Elle est à nouveau connue sous le nom de Shaizar sous l’Empire romain puis sous le nom Sezer sous l’Empire byzantin.

La ville, prise par les Arabes en 638, leur est disputé par les byzantins : Nicéphore II Phocas la met à sac en 969, Basile II l’investit en 999. Elle devient un poste avancé de l’empire byzantin, administré par un évêque. L’émir arabe Ali Ibn Mounqidh s’en empare le 19 décembre 1081 et fonde la dynastie des Monquidhites, ou famille des Banu-Munqidh. Les byzantins échouent à la reprendre malgré plusieurs tentatives.

Pendant les croisades, elle est à la frontière entre la principauté d’Antioche et les Seldjoukides. Le régent d’Antioche Tancrède de Hauteville l’attaque en 1108 et 1110, puis finalement signe un traité avec les Monqidhites. En 1111, Tancrède, Baudouin de Boulogne et Bertrand de Tripoli assiègent la forteresse pendant deux semaines, mais abandonnent après l’intervention de Mawdûd, atabeg de Mossoul. En 1113, après la mort de Ridwan d’Alep, elle est attaquée par les Assassins.

Elle est assiégée le 26 avril 1138 lors d’une campagne commune entre les Francs d’Antioche et les Byzantins de Jean II Comnène, mais Zengi peut lever le siège dès le 21 mai faute d’entente entre les allées chrétiens.

Le château et détruit par un tremblement de terre en 1157. La ville est immédiatement attaquée et pillée, aussi bien par les Assassins que par les Francs, avant d’être prise par l’armée d’Alep. Nur ad_din la restaure, mais un autre séisme en 1170, un raid des Korasmiens en 121 puis l’invation mongole de 1260 achèvent de la ruiner. Le château actuel est restauré sous les règnes de Baybars et de son successeur Qalâ’ûn.






(15) Amalfi est une commune dans la province de Salerne dans la région Campanie en Italie.

Amalfi a été un des principaux ports d’Europe du IXe et XIIe siècle.

Les premières mentions d’Amalfi remontent au VIe siècle. La ville devint rapidement une puissance maritime faisant le commerce des céréales, du sel et des esclaves, exportant du bois de construction vers l’Egypte et la Syrie et important en Occident les soieries de l’Empire Byzantin. Les marins d’Amalfi, les premiers d’Occident à utiliser la boussole, firent la fortune de la ville. Au IXe siècle, les marchands amalfitains utilisaient déjà une monnaie en or alors que la plus grande partie de l’Italie en était encore à une économie de troc.

Les relations d’Amalfi avec l’Orient sont encore illustrées à l’heure actuelle par la cathédrale dont les portes ont été fondues à Constantinople en 1066 et acheminées jusque-là par la mer. Egalement au milieu du XIe siècle (vers 1070), des marchands amalfitains établis à Jérusalem furent peut-être à l’origine de la fondation des Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

La république maritime indépendante d’Amalfi atteignait une population d’environ 70 000 personnes lorsqu’en 1131, elle fut conquise par le roi Roger de Sicile. La ville passa en 1137 sous la domination de Pise et commença à décliner rapidement.

Pourtant, subsistent les témoins de l’âge d’or d’Amalfi entre le Xe et le XIIe siècle, lorsque cette république maritime commerçait avec l’Orient, notamment un campanile mauresque, un plan urbain calqué sur le modèle arabe et Duomo d’inspiration byzantine. Tous les quatre ans, une régate est organisée pour rappeler que les doges de la cité rivalisaient avec ceux de Venise, Gêns et Pise pour le contrôle de la Méditerranée.

Le 25 novembre 1343, la ville fut durement touchée par un raz de marée. Cette catastrophe médiévale eut de lourdes répercussions économiques.






(16) Pise est une ville italienne d’environ 89 620 habitants, chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno et située sur la via Aurelia.

Les origines de Pise sont mal connues. La cité était située à la confluence de l’Arno et de l’Auser (maintenant disparu). On a proposé que la ville ait été fondée par les Pélasges, les Grecs, les Etrusques ou les Ligures. Néanmoins, des vestiges archéologiques, datant du Ve siècle av.J.-C. attestent la présence d’une ville le long de la mer ligure, qui faisait du commerce avec les Gaulois et les Grecs. Une nécropole étrusque a été découverte durant les fouilles de l’Arena Garbaldi en 1991.

Les auteurs de la Rome antique parlent aussi de Pise comme étant une ancienne cité. Servius a écrit que la ville aurait été fondée au XIIIe siècle av.J.-C., par Pelops, le roi des Pisans. Strabon attribuait la fondation de Pise au héros Nestor, roi de Pylos, à la suite de la chute de Troie. Quand à Virgile, dans son Enéide, il écrit que Pise était déjà, à l’époque, un centre important.

Le rôle maritime de Pise doit avoir été considérable, puisque les autorités de l’antiquité attribuaient à Pise l’invention des rostres. La ville devait bénéficier de l’absence de port sur la côte ligure, entre Gênes, alors une bourgade, et Ostie, le port de Rome. Pise servait de base navale, d’où partaient les flottes qui devaient combattre les Ligures, les Gaulois ou les Carthaginois.

[…]

La puissance maritime de Pise s’accroît et atteint son apogée au XIe siècle, période dont date la réputation d’être l’une des quatre républiques maritimes d’Italie. A la même époque, Pise devient un centre commercial primordial et contrôle une grande partie de la marine marchande et de guerre de la Méditerranée. Ceci lui permet de s’étendre et de piller en 1005 Reggio de Calabre. Elle lutte aussi continuellement contre les pirates sarrasins, qui ont leurs bases en Corse et en Sardaigne. En 1017, avec l’aide de Gênes, la cité capture la Sardaigne, ce qui lui donne le contrôle de la mer Tyrrhénienne, d’autant plus que les Pisans chassent rapidement les Génois de Sardaigne (ce qui devait faire napitre la rivalité des deux républiques). Entre 1030 et 1035, Pise défait successivement de nombreuses villes siciliennes et conquiert Carthage (puis Mahdia en 1088). En 1051-1052, l’amiral Jacopo Ciurini envahit la Corse, accentuant la rivalité avec Gênes. En 1063 a lieu le sac de Palerme, sous la direction de l’amiral Giovanni Orlanda et du roi normand de Sicile, Roger Ier. C’est ce pillage de la ville sarrasine qui permet le début de la construction de la cathédrale et les autres monuments du fameux champ des miracles (Campo dei Miracoli) qui deviendra ensuite la Piazza del Duomo.

En 1060, Pise bat Gênes et consolide ainsi sa suprématie en Méditerranée. […]






(17) Gênes (Genova en italien, Zena en ligurien) est une ville italienne, capitale de la Ligurie.
[…]

Au Moyen Âge, Gênes est l’une des quatre Républiques maritimes italiennes avec Venise, Amalfi et Pise dont elle devint la plus puissante pendant plusieurs siècles à la suite des Croisades. Elle connait en particulier deux apogées, tout d’abord de 1284 à 1381, militairement et politiquement, puis de 1550 à 1630 environ, financièrement cette fois. On appelle cette période « le siècle des Génois ».

La république de Gênes comprend la Ligurie actuelle, la Corse et des colonies au Moyen Orient, en Grèce, autour des bouches du Danube, en crimée et en Afrique du Nord. Du XIIIe siècle à la fin du XVe, la mer Noire est une mer génoise, Caffa en Crimée est la plus importante des colonies avec 80 000 habitants, il faut ajouter que les Génois ont fondé des colonies loin sur le Danube. De plus, ils contrôlent les grandes routes terrestres dans le cas où la route des Détroits aurait été fermée. Elle succombe sous la pression des troupes de Napoléon Ier et ne fut réinstituée qu’en 1815. Le congrès de Vienne accorde l’ancienne république « à perpétuité aux Etats de S.M. le roi de Sardaigne ».
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:34













De nombreux prédicateurs populaires relaient l’appel de la croisade. Le plus connu est Pierre l’Ermite(1). Beaucoup attendant l’Apocalypse partent sans espoir de retour avant la date officielle fixée par le pape. Pierre l’Ermite commence sa prédication dans le Berry, puis l’Orléanais (2), la Champagne(3), la Lorraine(4) et la Rhénanie(5), emmenant dans son sillage quinze mille pèlerins, encadrés par des nobles et des chevaliers dont Gautier Sans-Avoir (6). Arrivé à Cologne le 12 avril 1096, il continue de prêcher auprès des populations germaniques, tandis que Gautier Sans-Avoir conduit les pèlerins en direction de Constantinople.

Des bandes parties de Rhénanie s’acharnent au départ sur les communautés juives des villes rhénanes, cherchant à les convertir de force. Le refus du baptême est, pour le peuple, considéré comme une insulte à Dieu pouvant attirer sa colère sur les hommes. Présents depuis des siècles, les Juifs deviennent soudain des étrangers et des assassins du Christ qu’il convient de punir avant de délivrer les lieux saints. Peut-être douze mille Juifs ont-ils péri en 1096. Certains évêques protègent la communauté de la ville. Le pape condamne ces violences, souvent l’œuvre de la lie de la société. Il ne semble pas que Pierre l’Ermite ait appelé à persécuter les Juifs, mais les terreurs créées par les pogroms commis en Germanie lui permettent d’obtenir des communautés juives des régions qu’il traverse le ravitaillement et le financement des croisés.

Ayant persuadé un certain nombre de Germaniques à partir, il quitte Cologne à la tête d’environ douze mille croisés le 19 avril 1096 et traverse le Saint-Empire et la Hongrie en suivant le Danube. Sur le chemin, les troupes dirigées par Pierre l’Ermite se livrent à des confrontations locales dans Belgrade et dans le faubourg de Constantinople, incapables de s’acheter par leurs propres moyens leur nourriture. Les groupes partis du Nord de la Francie occidentale et de Rhénanie en avril 1096, arrivent sans trop de difficultés à Constantinople quelques mois plus tard. Mais la plupart des groupes germaniques ne sont jamais arrivés à Constantinople, anéantis ou dispersés par les troupes hongroises.










Carte de la première croisade



Quatre armées de chevaliers partent à la date prévue.

Celle de la Francie du Nord et de la Basse-Lorraine, conduite par Godefroi de Bouillon suit la route du Danube.

La deuxième armée venant des régions du Sud de la Francie, dirigée par le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, et le légat du pape, Adhéma de Monteil (7) passe par la Lombardie(08), la Dalmatie (9) et le Nord de la Grèce.

La troisième, d’Italie méridionale, commandée par le prince normand Bohémond gagne Durazzo (10) par mer
.

La quatrième, de la Francie centrale, dont les chefs sont Etienne de Blois et Robert de Normandie passe par Rome.

Les premières troupes de chevaliers arrivent à Constantinople au moment où les croisés populaires passés Asie Mineure commencent à massacrer des villages chrétiens. Si les premières arrivées se passent bien, au fur et à mesure que les troupes croisées arrivent, les incidents se multiplient. L’empereur Alexis Ier Commène cherche à obtenir un serment d’allégeance de la part des chefs croisés, et à rendre à l’empire toutes les terres qui lui appartenaient avant l’invasion turque. La plupart acceptent. Les croisés assiègent Nicée (11) qui est rendue en juin 1097 aux byzantins. Ils battent plusieurs émirs turcs en marchant à travers l’Anatolie (12), traversent le Taurie, parviennent en Cilicie(13) et mettent le siège devant Antioche le 20 octobre 1097. Les croisés manifestent des ambitions territoriales pour leur propre compte. Baudouin de Boulogne aide l’arménien Thoros (14) à secouer la tutelle turque à Edesse (15) et devient son héritier. Le siège d’Antioche est long et difficile. Les croisés développent un fort ressentiment contre les Byzantins qu’ils accusent de double jeu avec les Turcs. Bohémond réussi à faire promettre aux combattants qu’il prendrait possession de la ville, s’il y entrait en premier et si l’empereur byzantin ne venait pas lui-même prendre possession de la ville. Grâce à une complicité intérieure, il parvient à entrer dans la ville. Aussitôt les assiégeants se retrouvent assiégés par les Turcs et subissent un siège très éprouvant. L’armée de secours, dirigée par Bohémond parvient à vaincre les Turcs sans l’aide de l’empereur. Les croisés s’estiment déliés de leur serment de leur fidélité et gardent la ville pour eux.

Pendant l’été, les chefs croisés prennent le contrôle des places-fortes dans les régions voisines d’Antioche. L’historien arabe Ibn Al Athir rapporte que de nombreux actes de barbarie ont été perpétrés par de très nombreux croisés fanatisés. C’est le cas lors de la prise de Maara où la population  est massacrée malgré la promesse de Bohémon de laisser la vie sauve à ses habitants. « A l’aube, les Franj arrivent : c’est le carnage. Pendant trois jours ils passèrent les gens au fil de l’épée ». Mais le plus terrifiant reste ces actes de cannibalisme rapportés par le chroniqueur franc Raoul de Caen « A Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfant sur des broches et les dévoraient grillés » ou par un autre chroniqueur franc Albert d’Aix «  Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les sarrasins tués mais aussi les chiens ! ». Le supplice de la ville de Maara ne prend fin que le 13 janvier 1099 (soit environ un mois après la prise de la ville), lorsque des centaines de Franj armés de torche parcourent les ruelles,  mettant le feu à chaque maison. Ce terrible épisode contribue à creuser entre les Arabes et les Franj un fossé que plusieurs siècles ne suffisent pas à combler. Les populations paralysées par la terreur ne résistent plus et les émirs syriens s’empressent d’envoyer aux envahisseurs des émissaires chargés de présents pour les assurer de leur bonne volonté, leur proposer toute l’aide dont ils auraient besoin.


L’armée ne prend la route de Jérusalem qu’en janvier 1099. Les chrétiens syriens indiquent la route la plus sûre aux chevaliers latins. Ils descendant le long de la côte, prenant plusieurs villes. Ils prennent Bethléem (16) le 6 juin et assiègent Jérusalem le lendemain. Par une ironie de l’histoire, les Arabes avaient entretemps repris la ville aux Turcs. Les croisés manquent d’eau, de bois, d’armes et ne sont pas assez nombreux pour investir la ville. Une expédition à Samarie (17) et l’arrivée d’une flotte génoise à Jaffa leur fournissent tout ce qui leur manque. La ville est prise le 15 juillet 1099 après un assaut de deux jours. Une fois les croisés entrés dans la ville, de nombreux habitants furent tués jusqu’au matin suivant. Le bilan humain varie selon les sources : pour  les auteurs chrétiens, en particulier Raymond d’Aguilers, ils ont utilisé pour les décrire une image empruntée au texte de l’Apocalyspe, où il est question du « sang montant jusqu’au frein des chevaux ». Tancrède et Gaston de Béharn avaient de leur côté donné leurs bannières de protection aux réfugiés sur les toits de la mosquée Al-Aqsa en signe de sauvegarde. Le gouverneur de Jérusalem s’était barricadé dans la Tour de David, il rendit la tour à Raymond de Toulouse en échange de la vie sauve pour lui et ses hommes.

Ce massacre dont la description a été répétée à satiété n’a pas été aussi systématique que l’histoire au XXIe siècle le prétend. Des lettres hébraïques retrouvés dans la Géniza du Caire au XIXe siècle, rapportent qu’une partie des juifs de Jérusalem furent amenés sous escorte à Ascalon où leur coreligionnaires d’Egypte les rachetèrent, eux et leurs livres. On y note avec surprise que les Francs avaient respecté les femmes. Les chrétiens avaient été expulsés précédemment par les gouverneurs Fatimide  vers l’Egypte ; les croisés à leur tour paraissent avoir vidé la ville de sa population musulmane ; on a dit que ces réfugiés avaient commencé à peupler à Damas le faubourg de  Salihiyé et Saladin cherchera à retrouver leur descendance pour les ramener à Jérusalem quand il reprendra la ville cent ans plus tard.







Un certain nombre de pèlerins après avoir accompli leurs dévotions prirent le chemin de retour. Ils ont délivré Jérusalem, et donc accompli leur vœu. D’autres croisés s’apprêtèrent à rester en Orient. Godefroy de Bouillon fut élu par les siens comme prince de Jérusalem. Godefroy n’a joué aucun rôle décisif pendant la croisade mais les barons préférèrent ce conciliateur sans ambition à l’impétueux et intransigeant Raymond de Saint-Gilles désigné par le pape comme chef militaire de la croisade. Il refusa d’être nommé roi du royaume de Jérusalem. Il dit : «  je ne porterais pas une couronne d’or, là où le Christ porta une couronne d’épines ». il prit alors le nom d’Avoué du Saint-Sépulcre, soit advocatus Sancti Sepulchri, réservant les droits éminents du nouvel Etat à l’église. En septembre, il resta seul dans ses nouvelles possessions avec seulement trois cents chevaliers et deux mille piétons. Les établissements  francs étaient très isolés les uns des autres et mal reliés à la mer. Jérusalem devint la capitale du royaume latin de Jérusalem qui s’étendait jusqu’à la mer Rouge et à l’isthme de Suez (18). Repeuplée de chrétiens, elle était le siège des ordres militaires du Temple de Jérusalem et de  l’hôpital de Saint-Jean, ainsi qu’un site actif de pèlerinage. Jérusalem devint alors une cité romane. Le Saint-Sépulcre fut reconstruit en 1149. Une citadelle fut édifiée, dite tour de David. Chrétiens d’Orient et latins cohabitèrent sans trop de difficultés.

En Occident, la nouvelle de la prise de Jérusalem provoqua le départ de nouvelles armées dépassant parfois le millier d’hommes. Mais fautes d’ententes, ces arrières croisades échouèrent toutes en Anatolie, face aux Turcs qui avaient provisoirement refait leur unité. La mer devint alors le seul moyen de communication avec l’Occident. L’archevêque Daimbert de Pise, arrivé à Jaffa avec cent vingt bateaux, se fit nommer patriarche latin de Jérusalem, et suzerain de la principauté d’Antioche et du royaume de Jérusalem, se fit attribuer un quart de Jérusalem et la totalité de Jaffa (19). Godefroi, de son côté promit aux Vénitiens qui venaient de prendre Haïfa, le tiers de toutes les villes qu’ils aideraient à conquérir. Des contingents, norvégiens, arrivés eux aussi par bateau aidèrent également les croisés établis en Terre sainte à occuper les villes de la côte.

Quelques mois  plus tard, après la mort de Godefroi, son frère Baudouin, comte d’Edesse, se fit couronner roi de Jérusalem par le patriarche latin de la ville. Il étendit le royaume de Jérusalem par les conquêtes d’Arsouf (20), de Césarée (21), de Beyrouth et de Sidon(22). De son côté, Raymond de Toulouse fit la conquête, avec l’aide de Gênes du comté de Tripoli(23). Les marchands italiens, d’abord réticents à l’idée d’une aventure guerrière risquant de détériorer leurs relations commerciales avec l’orient, commencèrent à voir dans les croisades un moyen d’élargir le champ de leurs activités et d’acheter les produits d’Orient à leur source, sans passer par l’intermédiaire des musulmans ou des Byzantins.

A partir de 1128, l’Islam reprit l’initiative autour des souverains de Mossoul (24), l’atabeg(25) Zengi (26). Le pape Calixte II (27) songea à organiser une nouvelle croisade pour secourir les Latins d’Orient mais son appel demeura sans suite. Cependant, durant tout le XIIe siècle, des pèlerins, individuellement ou en groupe, accomplirent le pèlerinage vers Jérusalem et secoururent les Francs. Zengi parvint à reprendre Edesse.





NOTES :


(1) Pierre l’Ermite (1053-†1115) ou Pierre L’Hermite ou Pierre d’Amiens ou Pierre d’Achères est un religieux français du XIe siècle, qui prêcha la croisade après l’appel d’Urbain II au concile de Clermont et qui prit ensuite la tête d’une des principales croisades populaires de 1096. Il échappa au massacre des croisés de Civitot, rejoignit la croisade des barons, la suivit jusqu’à Jérusalem, mais disparut au moment de la prise de la ville.

C’est un bienheureux catholique fêté le 8 juillet.






(2) L’Orléanais est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Orléans. L’Orléanais a aussi constitué un comté puis un duché.

La province a regroupé de nombreuses régions différentes, comme la Beauce, la Puisaye, la Sologne, le Gâtinais, le Blaisois, le Vendômois, et elle se trouve aujourd’hui répartie sur plusieurs départements. Elle correspond à la majeure partie du Loiret et du Loir-et-Cher, et s’étend aussi  sur le Cher, l’Yonne, l’Eure-et-Loir, l’Essonne, la Seine-et-Marne, l’Indr-et-Loire, les Yvelines et la Sarthe. Elle forme par ailleurs une grande partie de la région centre, et se trouve aussi répartie sur la Bourgogne, l’Île-de-France et les Pays de la Loire.

L’Orléanais regroupe de nombreuses villes, comme Orléans, sa capitale historique, mais aussi Blois, Etampes, Chartres, Rambouillet, Romorantin-Lanthenay, Montargis, Vendôme, Gien ou Châteaudun.

L’Orléanais est apparu au IXe siècle et Hugues Capet a été le dernier comte héréditaire d’Orléans. Par la suite, le titre fut donné en apanage aux fils cadets des rois de France. érigée en duché en 1344, la province entre dans le domaine royal en 1498. Elle et finalement disloquée en 1790 lors de la création des départements.






(3) La Champagne est une ancienne province française, formée en 1065 à partir d’un comté palatin par la réunion autour de Provins, troisième métropole du Royaume de France, de comtés issus du démantèlement de la fraction occidentale de l’Austrasie mérovingienne, c’est-à-dire l’est de la France. elle recouvrait l’ex région administrative Champagne-Ardenne, le sud du département de l’Aisne et la majeure partie du département de la Seine-et-Marne jusqu’à la Brie française. Elle s’étendait à l’ouest sur la Brie mouvante, qui est située entre les cours supéreur de l’Yerres et la via Agrippa. Au nord, la frontière changeante avec la Principauté de Liège incluait Sugny et excluait Givet. Son terroir a donné son nom au vignoble de Champagne.

Le nom de Champagne, écrit Champaigne pour une prononciation identique, apparait au Bas Moyen Âge et renvoie aux Campanenses, les Champenois mentionnés sous ce nom latin une première fois au Haut Moyen Âge. L’extension future du comté de Champagne et sa zone géographique naturelle correspondent alors à six diocèses issus de l’Antiquité, ceux des Lingons de Langres, des Senones de Sens, des Tricasses de Troyes, des Rèmes de Reims, des Meldes de Meaux et des Catalaunes de Châlons.

Cette province devient au Moyen Âge un pôle économique majeur en Occident grâce aux foires de Champagne qui se succèdent dans ses différentes villes tout au long de l’année. A la cour de Champagne avide de raffinement, celle entre autre de Thibault de Champagne, l’importateur de la rose des parfums dite Rose de Damas, les premiers écrivains français, tel Chrétien de Troyes, inventent la littérature courtoise et érigent la langue vulgaire au rang de standard culturel. En 1129, les comtes de Champagne, protecteurs des juifs tel Rachi, se dotent de la plus prestigieuses des abbayes, le Paraclet, et du premier réseau bancaire. Pairs de France ayant régné un temps sur l’Angleterre, ils jouent, jusqu’à la réunion au domaine royal en 1284 et la ruine organisé par Philippe le Bel, un rôle politique au moins aussi important que celui des évêques de Reims, qui sacrent le roi de France.






(4) La Lorraine est une région culturelle et historique du Nord-Est de la France. son nom est hérité de Lothaire II de Lotharingie. Son territoire correspond à peu près à celui de l’ancien Gouvernement de Lorraine-et-Barrois supprimé en 1790.
Ses habitants sont appelés les Lorrains.

[…]

La région a été formée en autres à partir des anciens duchés de Lorraine et de Bar, des Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun, des comtés de Vaudémont et de Créhange, des principautés de Salm et de Commercy et de la partie sud du duché de Luxembourg (dont la prévôté de Thionville). Le comté de Sarrewerden, d’abord rattaché aux districts de la Moselle et de la Meurthe, a finalement été attribué au département du Bas-Rhin en novembre 1793 car sa population était en majorité protestante.





(5) La Rhénanie est une région de l’ouest de l’Allemagne, qui doit son nom au Rhin, qui la traverse. Elle regroupe les territoires principalement situés sur la rive gauche du Rhin.

[…]

La Rhénanie a longtemps été éclatée entre de multiples entités politiques, telles que :
• L’Electorat de Cologne
• L’Electorat de Trèves
• Les villes libres d’Empire d’Aix-la-Chapelle et de Cologne
• Les duchés de Clèves, de Gueldre, de Juliers et de Berg
• Les comtés de la Marck et de Moers
• L’évêché de Spire
• Une partie du Palatinat du Rhin






(6) Gautier Sans-Avoir, mort en 1096, est, avec Pierre l’Ermite, un des chefs de la croisade populaire, partie en avant-garde de la première croisade bien avant la mise en marche de celle des nobles et seigneurs.






(7) Adhémar ou Adémar de Monteil (né vers 1055 et mort le 1er août 1098 à Antioche) est un évêque du Puy de 1077 à 1098 et le légat pontifical de la première croisade.
Il est issu de la maison des Adhémar, famille noble du Dauphiné, celle des seigneurs de Monteil. Contrairement à ce qui a été écrit, cette famille n’est pas issue des rois Wisigoth ni de Charlemagne, mais plutôt des Comtes de Valences. Ses parents, Armann Rotboldus et Adalhisia, ont eu trois enfants :  Adhémar, ,seigneur de Monteil, Lambert François, seigneuru de Peyrins et Guillaume Hugues, qui hérite de Monteil à la mort de son frère. […]


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 6 Nov - 11:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:35

(08) La Lombardie (en italien : Lombardia ; en lombard : Lumbardia) est une région d’Italie septentrionale, située au sud de la Suisse, à l’est du Piémont, à l’ouest de la Vénétie et au nord de l’Emilie-Romagne. La ville de Milan en est le chef-lieu.

Pendant et après la chute de l’Empire romain, l’Italie fut ravagée par des séries d’invasions tribales. La dernière et la plus marquant fut celle des Lombards, ou Longobardi, qui vinrent vers 570. Leur long règne donna à la région, dont Pavie était la capitale, son nom actuel, la Lombardie. Les noblesses franque, bavaroise et lombarde entretiennent des relations étroites pendant plusieurs siècles. Après des querelles initiales et la conversion des Lombards au christianisme, les relations entre les Lombards et les populations locales s’améliorèrent. Finalement, la langue et la culture des Lombards s’assimilèrent avec la culture latine, laissant des traces dans de nombreux noms, le code civil, des lois, et cetera.

La fin du règne Lombard arriva en 774, lorsque le roi franc Charlemagne conquit Pavie et annexa le Royaume d’Italie (principalement l’Italie du nord et centrale) à son empire ; Les anciens ducs et nobles lombards furent remplacés par d’autres vassaux, prince-évêques ou marquis germaniques. Le XIe siècle marqua un essor économique important dans la région, dû au développement du commerce et surtout des conditions agricoles. De façon similaire à d’autres régions en Italie, cette évolution mena à une meilleure connaissance des villes, dont la richesse grimpante leur permit de défier le pouvoir suprême féodal traditionnel, représenté par les empereurs germains et leurs légats locaux. Ce processus atteint son apogée aux XIIe et XIIIe siècles, lorsque différentes ligues lombardes formées de villes alliées de Lombardie, généralement menées par Milan, vainquirent l’Empereur Hohenstaufen Frédéric Ier à Legnano, ainsi que son petit-fils Frédéric II, à Parme. […]




(9) la Dalmatie (en croate Dalmacija, en italien Dalmazia, en latin Dalmatia) est une région littorale de la Croatie, ainsi que le Monténégro, le long de la mer Adriatique et comprenant historiquement l’Herzégovine et la Bosnie. […]




(10) Durazzo : Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut à l’origine de la via Egnatia, et était connue sous les noms d’Epidamme (grec ancien : Epidammos) et puis Dyrrhachium.

[…]

La ville revêt une importance stratégique pour Rome car c’est le port d’arrivée des Romains qui traversent la mer Ionienne depuis Brunisium, et le point de départ de la Via Egnatia, la route militaire qui traverse le sud de la péninsule balkanique d’ouest en est et mène à Byzance en passant par Thessalonique.
[…]

Au IXe siècle, Dyrrachium devient la capitale d’un thème (divisions administratives de l’Empire byzantin) et plusieurs stratèges (membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté) commandant ce thème sont connus par des sceaux. Le rôle stratégique de Dyrrachium perdure et la vile tient ainsi une place importante dans de nombreux épisodes militaires de l’Empire byzantin […]

Pendant les siècles suivants, la possession de la ville fut disputée entre l’Empire byzantin, la Bulgarie (989-1005), les Normands de Sicile (1082-1083,1107-1108,1185) – commandés par Robert Guiscard, ces derniers y défirent l’empereur grec Alexis Ier Comnène en 1081-, l’Empire serbe (début du XIVe sièce), le royaume de Sicile (1376-1379) et les Vénitiens (1205). Venise y créa un duché, en 1205, qui fut la possession à plusieurs princes de la Maison capétienne d’Anjou-Sicile. Dès le XIVe siècle, la population de la ville, jusque-là surtout grecque, devint majoritairement albanaise et la population totale de Durrës atteignit environ 25 000 habitants.

Les turcs ottomans atteignirent la ville en 1392 mais elle fut laissée sous le contrôle de Venise de 1392 à 1501. A la tête de ses troupes, Skanderberg assiégea la ville en 1447.
[…]




(11) Nicée, aujourd’hui Iznik (en Turquie) est une cité fondée vers 300 av.J.-C., tour à tour grecque, byzantine et ottomane du nord-ouest de l’Anatolie. Elle est surtout connue comme ayant été le siège des premier et deuxième concile de Nicée (les premier et septième conciles des débuts de l’Eglise chrétienne), le lieu où fut rédigé le symbole de Nicée (datant du premier concile), et la capitale de l’Empire de Nicée après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 jusqu’à ce qu’elle soit reprise par les Byzantins en 1261. […]




(12) l’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie.

[…]

Alors que les califes, au VIIe siècle, s’étaient emparés de l’Arménie et de l’actuel Kurdistant, les gréco-romains dits « byzantins » leur résistèrent en Anatolie ; plus tard, au XIe siècle, les Turcs Selçus réussirent à s’y établir et y fondèrent le sultanat de Roum (« des Romains ») ou d’Ikoniion (Konya), ne laissant aux empereurs byzantins que tiers nord-ouest du pays. Après que la quatrième croisade se fut emparée de Constantinople en 1204, les Byzantins formèrent deux empires de Nicée et de Trébizonde.

A la chute des Seldjoukides, dix petites principautés turques s’établirent à leur place : l’une d’elles, celle d’Ertogrul est à l’origine de l’émirat d’Osman, qui s’établit sur les rives de la mer de Marmara, en face de Constantinople. Les descendants d’Osman prirent le nom d’Ottomans : ce fut le cas de l’émir Orhan, qui en 1332 prit pied en Europe, à Gallipoli. Enfint de 1381 à 1387, Murad Ier, fils d’Orhan, soumit toute l’Asie Mineure, inaugurant l’Empire Ottoman qui dura jusqu’au traité de Sèvres en 1920. Au sein de celui-ci, les non-musulmans devait payer un impôt supplémentaire, le haraç (impôt foncier sur les terres) et subir l’enlèvement des garçons (recrutement forcés consistant à réquisitionner des garçons enfants et adolescent dans les population chrétienne pour les élever comme des Turcs musulman) pour le corps des janissaires (ordre militaire très puissant composé d’esclave d’origine chrétien et constituant l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane): pour y échapper, la majorité anatolienne passa progressivement à l’islam et à la langue turque. […]




(13) La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie.

Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.





(14) Thoros d’Edesse ou Thoros Edesatsi est un ancien curopalate byzantin qui fut lieutenant de Philaretos Brakhamios.

En 1095, il élimina la garnison turque de la citadelle d’Edesse et se rendit maitre de la ville.
Il résista aux attaques seldjoukides, mais dut demander l’aide des croisés qui venaient de mettre le siège devant Antioche (1098).Baudouin de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon, répondit à l’appel. Il s’imposa petit à petit, menaça de parti rejoindre les croisés et obligea Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouva peu après (9 mars 1098) la mort au cours d’une émeute, peut-être avec la complicité de Baudouin qui devint alors comte d’Edesse.




(15) Edesse : Şanlıurfa (souvent appelée simplement Urfa) est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai (en arménien, ou Orhai, en araméen), puis Edesse (ou Edessa) puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Edesse est Osroé, qui provient peut-être du nom de satrape osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Eve séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah.

[…]

Au VIIe siècle, Edesse tombe aux mains de la dynastie arabo-musulmane sunnite des Omeyyades à qui elle appartient jusqu’en 1095 (en dehors de quelques années sous le contrôle de Philaretos Brakhamios, sous le gouverneur Basile Apokapès), date à laquelle elle est prise par l’arménien Thoros. La ville passe ensuite aux croisés qui en font la capitale d’une principauté latine qui subsiste jusqu’en 1144 : le comté d’Edesse.

Conquise et mise à sac par les troupes de Zengi en 1147, elle passe, durant les siècles qui suivirent, entre plusieurs mains.




(16) Bethléem est une ville située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte 30 000 habitants, essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s’étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.

La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l’appelle aussi Ephrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d’Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C’est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d’un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel (a), situé à l’entrée de la ville.
Depuis 1995, aux termes des accords d’Oslo, la ville est sous administration de l’Autorité palestinienne.

(a) Le Tombeau de Rachel est un site saint d’une haute importance dans le judaïsme. Il est situé à côté de la ville de Bethléem sur le territoire biblique de Judée, en actuelle Cisjordanie. C’est le lieu où, selon la tradition, est enterrée Rachel, femme de Jacob, qui est décédée en donnant naissance à Benjamin.

« Rachel mourut donc et fut ensevelie sur le chemin d’Efrath, qui est Beht Lehom. Jacob éleva un monument sur sa tombe : c’est le monument du Tombeau de Rachel, qui subsiste encore aujourd’hui. »


La tombe de Rachel



L’entrée du tombeau en 2005




(17) Samarie (en arabe : As-samera ; en hébreu : Shomron) est une ancienne ville de la Terre d’Israël.

C’était la capitale du Royaume d’Israël aux IX et VIIIe siècles av.J.-C. Les ruines de la ville situées dans les montagnes de Samarie, dans le territoire gouvernée par l’Autorité palestinienne, à quelques kilomètres de Naplouse.

Selon la Bible, elle a été fondée par Omri, roi d’Israël, vers 876 av. J.-C. Elle a été détruite par le roi assyrien Sargon II lors de la chute du royaume d’Israël en – 722. On en voit encore les ruines des murailles du palais royal d’habitations et d’entrepôt. On y a aussi ostraca, témoignages précieux de l’écriture israélite du IXe siècle avant J.-C.

La ville est reconstruite un peu plus tard et est active aux périodes assyrienne, babylonienne, perse et hellénistique. Elle est assiégée et détruite par Jean Hyrcan Ier au IIe siècle avant J.-C.

Puis, vers 30 avant J.-C., Hérode Ier le Grand fait reconstruire la ville sous le nom de Sébaste (Auguste en grec), dont les ruines, ainsi que celles de la ville biblique sont encore visible. Le village arabe voisin porte toujours le nom de Sébaste.




(18) l’Isthme de Suez est un isthme (a) d’Egypte qui relie l’Afrique à l’Asie, plus précisément au Sinaï, en séparant la mer Rouge de la mer Méditerranée. Son nom est tiré de la ville de Suez, établie au bord de la mer Rouge.

Depuis 1869, il est traversé par le canal de Suez qui permet de relier les deux mers. Cette voie navigable lui confère ainsi une frontière nette entre les deux continents, faisant de l’Afrique un continent à part entière, indépendant de l’Eurasie d’un point de vue géographique. Cependant, d’un point de vue historique et culturel, le canal n’a jamais créé de scission nette entre l’Afrique du Nord et le Proche-Orient.

(a) un Isthme est un territoire plus ou moins étroit entre deux mers ou deux golfes, qui réunit deux grandes étendues de terre. Isthme se prononce « isme », le th étant muet.




(19) jaffa est la partie sud, ancienne de la ville de Tel Aviv-Jaffa en Israël. C’est un des ports les plus anciens du monde sur la côte orientale de la mer Méditerranée.

Le port de Jaffa, est très sollicité dans l’antiquité et le Moyen Âge, était, comme les deux autres ports de la Palestine ancienne – Acre et Césarée – une des étapes importantes de routes de l’Orient des Européens. Au Moyen Âge, Jaffa était une des Echelles du Levant, bien que d’une importance secondaire en comparaison d’Acre. Une partie du port et quelques mosaïques ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Jaffa, ville arabe avant l’exode de sa population en 1948, a fusionné en 1950 avec la ville juive de Tel Aviv.




(20) Arsouf : Apollonie est une ville antique située dans la plaine du Sharon sur la côte méditerranéenne entre Jaffa et Césarée en Israël.

La ville a eu différents noms au cours de l’histoire : Arshof, Sozousa, Arsuf, Arsour. Le site est dominé par les ruines d’une forteresse de l’époque des croisades.

[…]

Pendant les Croisades, la ville est attaquée deux reprises par les Croisés en1099. Elle est prise en 1101 par Baudouin Ier avec l’aide de la flotte génoise. La ville est appelée Arsour par les croisés. En août 1187, elle tombe au main de Saladin mais elle est reprise le 7 septembre 1191 lors de la Bataille d’Arsouf qui oppose Richard Cœur de Lion à Saladin. En 1241, Jean II d’Ibelin entreprend la construction d’un vaste château concentrique au nord de la cité. En 1261, les Hospitaliers achète la ville à la famille d’Ibelin. En 1265, le sultan mamelouk Baybars conquiert la ville. La forteresse tombe ensuite en ruine et il ne subsiste qu’un petit village.





(21) Césarée, en Israël, est le nom d’une ville antique et moderne, située sur la côte méditerranéenne à 20 km au sud de la ville de Dor, entre Netanya et Hadera. Les vestiges impressionnants de la ville antique permettent d’admirer les ruines de la capitale royale d’Hérode Ier le Grand, et nombre de monuments d’époque romaine et médiévale des croisades.

Son nom vient du grec ancien : paralios kaisareio signifiant Césarée maritime ; le nom latin est Caesarea Maritima, Césarée maritme, ou encore Caeserea Palestinae c’est-à-dire Césarée de Palestine ; en arabe le nom de la ville et qaysârya et en hébreu, qeysariya.

La ville a été construite sur l’emplacement d’un port connu sous le nom de Tour de Straton ou en grec Stratonos pyrgos, en latin : Turris Stratonis.






(22) Sidon ou Saïda est une ville du Liban. Elle fut dans l’Antiquité la capitale incontestée de la Phénicie. La ville était construite sur un promontoire s’avançant dans la mer. Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous son roi Zimrida, au XVIIIe siècle. Elle est aussi appelée Sagette ou Sayette durant les Croisades (nom donné par les Francs) et Sidon dans la Bible. Son nom signifie « pêcherie ».

Elle possède une longue et riche histoire et traversa les siècles avec des destinées diverses au contact des différents peuples qui la contrôlèrent, les Phéniciens, les Assyriens qui la ruinèrent en 677 avant J.-C., les Perse achéménides, les Macédoniens, les Séleucides, les Romains et plus tard les Croisés, les Arabes, les Ottomans et les Français. La ville moderne est aujourd’hui l’une des plus importantes du Liban.

[…]

En 551,Sidon subit un violent séisme. Ancien évêché, la ville est assez modeste et sans grande importance lorsqu’elle est conquise par le générale arabe Yaîd b. Abî Sufyân en 637. Les géographes arabes la décrivent comme une place forte qui servait de port de guerre à Damas. Elle acquiert de la notoriété à l’époque des Croisades, elle sera assiégée en 1107 puis libérée soit contre rançon, soit avec l’aide de secours damascènes. Elle est finalement prise en 110-1111 par les Croisés de Baudouin, roi de Jérusalem, avec l’aide de la flotte norvégienne de Sigurd Ier. Son blocus durera 47 jours. Baudouin la donne alors à l’un de ses fidèles barons, Eustache Granier ou Grenier seigneur de Césarée. Ses descendants conserveront cette seigneurie jusqu’en 1260.

Sidon deviendra chef-lieu de la seigneurie de Sagette, englobant le château de Beaufort au sud-ouest, seconde des quatre baronnies du royaume de Jérusalem. Reprise au comte Renaud de Grenier par Saladin en 1187, ses remparts seront rasés. Envahie par les Arabes, rendue aux troupes de Grenier par Saladin avant sa mort, attaquée par les Mongols, Sagette sera vendue par le comte Julien de Grenier aux Templiers. La ville sera le refuge des survivants du siège de Saint Jean d’Acre.
Elle est mise à sac par les Mongos en 1260 ; puis, la même année, tombe sous le contrôle de Templiers jusqu’en 1291. De 1291 à nos jours elle redevient musulmane. […]






(23) le comté de Tripoli était l’un des Etats latins d’Orient fondés à la faveur de la première croisade. Il est situé sur le territoire de l’actuel Liban et subsista de 1102 à 1258.






(24) Mossoul (en arabe : al mawsil et en kurde : Mûsil) est une ville du nord de l’Irak, chef-lieu de la province de Ninive, en Haute Mésopotamie.

Le nom de Al-Mawssil a été donné par les Arabes lorsqu’ils ont conquis la région de la Haute Mésopotamie au VIIe siècle. Auparavant, la ville se nommait Ninawa, transceit en Ninive en français. Le nom de Ninawa est mentionné à 34 reprises dans la Bible. Capitale de l’empire assyrien, Ninive connu son Âge d’or durant le VIIIe siècle av.J.-C. L’héritage archéologique de la ville témoigne de la vitalité de la culture assyrienne dont la grande bibliothèque d’Assurbanipal fut l’illustraion. Ninive est tombée dans les mains des Chaldéens en l’an 611 av.J.-C., marquant la fin de l’empire assyrien. Aujourd’hui, le nom de Ninive est donné à la fois au site archéologique de la ville et à la province qui s’étend sur une vaste plaine aux alentours de Mossoul. Et puisque, actuellement la plupart des habitants de Ninive sont arabes, le nom Al-Moussel est retenu et utilisé à la place de Ninive. […]






(25) Atabeg, Atabey ou atabek (père du prince) est un titre de noblesse turc.
A l’époque des Seldjoukides, il s’agissait d’un dignitaire jouant le rôle de tuteur d’un jeune prince. Quand un prince seldjoukide mourait, la régence était attribuée à un atabeg chargé de protéger et de guider les héritiers. Ils épousaient souvent les mères veuves et de ce fait, assumaient d’une certaine manière la paternité par procuration.

Aux XIe et XIIe siècles, des dynasties ont été fondées par des mamelouks affranchis qui occupaient des hautes postes administratifs dans la cour des puissants émirs. A la mort de ces derniers, ils se sont retrouvés titulaires eux-mêmes de la régence et ont privés les héritiers de la légitimité de leur pouvoir, profitant de l’occasion pour usurper le trône. Ces usurpateurs prirent le titre d’atabeg car ils n’osaient pas prendre le titre de sultan.

Aussi, le XIIe siècle, en Mésopotamie (Irak) est l’ « âge des atabegs » (des régents). Ils ont fondés différentes dynastie et ont placé leurs héritiers, les émirs seldjoukides, dans diverses principautés.
Le plus célèbre était probablement Zengi, atabeg de Mossoul depuis 1128. Il s’est imposé rapidement, dominant une grande partie du nord de la Mésopotamie et de la Syrie (y compris Alep). Après la période seldjoukide, le titre a été moins utilisé.

[…]






(26) Imad ed-Din Zengi, ou Himad el-zain Zankay ibnou takaykh al-zewane (également appelé Zangi, Zengi, Zenghi, Zengui, Zenki ou Zanki, et surnommée Sanguinus, en français le sanglant, par les chroniqueurs francs des croisades) (1087-1146) est le fils de Aq Sunqur al-hajib, gouverneur d’Alep sous le sultan Malik Shah Ier.

Il devient atabeg de Mossoul en 1127 et d’Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il est également le fondateur éponyme de la dynastie zengide.






(27) Calixte II ou Callistus II en latin (kallistos, le plus beau en grec ancien) né Gui de Bourgogne (1050-1124) fut 162e pape catholique (1119-1124). Pape clunisien et cistercien issu de la famille des comtes palatins de Bourgogne, de la maison d’Ivrée, il résout la querelle des investitures (45 ans de guerre de pouvoir hiérarchique opposant la papauté aux empereurs germaniques) et instigue entre autres le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, contribue aux croisades et à la fondation de l’ordre cistercien et ordre du Temple…
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:36







L’initiative de la croisade revient au roi Louis VII (1). Il désirait se rendre ne pèlerinage à Jérusalem pour expier ses fautes : un crime dont le souvenir le tourmentait : l’incendie d’une église dans laquelle un certain nombre de personnes avaient cherché refuge. Il obtient du pape la nouvelle promulgation d’une bulle de croisade, jusque-là sans effet. La prédication revient à Bernard de Clairvaux à Vézelay (2)  le 31 mars 1146 puis à Spire. En Germanie, la prédication populaire d’un ancien moine cistercien provoque une nouvelle flambée de violence contre les Juifs que Bernard de Clairvaux parvient à stopper.









Les armées franques et germaniques réunissent plus de 200 000 croisés, dont une bonne part d’éléments populaires particulièrement indisciplinés et prompts à la violence, principalement dans l’armée de Conrad III (3) , l’empereur germanique. Une grande partie n’est pas composée de soldats mais de civils : des gens pauvres, qui se sont croisés pour se faire pardonner leurs péchés et assurer leur salut dans la vie éternelle. Il n’est donc guère surprenant que l’empereur germanique ait eu pu de contrôle sur une telle armée. Conrad III part de Ratisbonne (4) en mai 1147 suivant la rive du Danube (5) en direction d’Edesse. Les Francs, ayant à leur tête Louis VII, partent de Paris un mois plus tard, soit en juin 1147, par le même chemin que les troupes germaniques. L’indiscipline dans l’armée germanique provoque des incidents dans les Balkans.

A Constantinople, l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène (6) souhaite retrouver sa suzeraineté sur Antioche et demande aux deux souverains de lui prêter hommage. Conrad III et Louis VII refusent. Ils perdent donc l’appui et l’aide des Byzantins qui refusent de les approvisionner, ce qui a pour conséquence de compliquer la traversée de l’Asie Mineure.
L’empereur de Constantinople, soucieux de voir les importants effectifs croisés aux portes de sa cité, les presse de franchir le Bosphore pour rejoindre l’Asie.


Alors que les armées byzantines sont occupées à surveiller les croisés, Roger II de Sicile (7) en profite pour s’emparer de Corfou (08), de Céphalonie (9) et pour piller Corinthe (10) et Thèbes (11). C’est l’amiral Georges d’Antioche, émir des émirs, c’est-à-dire le premier ministre de Roger II, qui, bien que syrien et orthodoxe, commande de la flotte sicilienne opérant les ravages sur les rivages byzantins. La deuxième croisade favorise donc les ambitions normandes dans l’Empire byzantin. Manuel Ier Comnène se résigne à signer un traité avec le sultan de Roum.

Les relations s’enveniment entre Francs et Germaniques, qui décident de cheminer séparément. L’armée de Conrad est  battue à Dorylée (12). Conrad se réconcilie avec Manuel qui lui propose des vaisseaux byzantins qui les emmènent à Acre. Louis VII et son armée suivent le littoral, mais harcelés dans la vallée du Méandre, il abandonne les non-combattants à Antalya (13). Ces derniers, privés de protection militaire sont massacrés par les Turcs. A ce moment de l’expédition, les trois quarts des effectifs partis d’Europe ont disparu.

Louis VII embarque avec ses chevaliers vers Antioche. Raymond de Poitiers (14), prince d’Antioche, lui propose une expédition contre Alep, qui menace ses possessions. Mais il ridiculise Louis VII en ayant une aventure avec sa nièce Aliénor d’Aquitaine (15), épouse du roi. Louis VII soucieux de réaliser son pèlerinage, peu enclin à écouter son rival et ignorant les réalités militaires des Etats latins d’Orient, refuse. Il rejoint donc Conrad à Jérusalem. Leur pèlerinage terminé, certains repartent en Europe ; les deux souverains se laissent entrainer par les barons de Jérusalem dans une expédition contre, non pas Edesse comme prévu, mais Damas. Les croisés abandonnent le siège au bout de quatre jours (24-28 juillet 1148). La deuxième croisade se termine sans aucun résultat. Le prestige de Louis VII est fortement entamé. L’échec de cette deuxième croisade est attribué par l’opinion populaire aux excès de péchés des croisés. L’échec de la deuxième croisade est même reproché à Bernard de Clairvaux car il avait prêché une croisade de pénitence sans se soucier de l’organisation.









Les atabeks de Mossoul ont remis à l’honneur le thème du djihad (16) et étendent leur contrôle sur la Syrie. Nur-al-Dîn, le fils de Zengi, s’assure le contrôle définitif d’Edesse. Les chefs des Etats latins sont obligés de s’allier avec l’empire byzantin. Les vizirs fatimides se maintiennent en faisant appel soit aux Francs et soit aux Syriens. Finalement Saladin, qui est un kurde à l’esprit religieux, parvient à devenir vizir du dernier fatimide et, à la mort de celui-ci devient lieutenant de l’atabek pour l’Egypte et rétablit le sunnisme (1169), réalisant ainsi l’union de la Syrie et de l’Egypte. Saladin attaque les positions franques. Il cherche à isoler les Latins. Il conclut pour cela des alliances avec les Seldjoukides en 1179, avec l’Empire byzantin et Chypre en 1180. En effet, l’Empire byzantin est menacé en Europe par les Hongrois, les Serbes et les Normands de Sicile et n’a plus les capacités de soutenir ses anciens alliés.

Une trêve avec les latins est cependant conclue en 1180. Elle est renouvelée en 1185. Saladin en profite pour s’assurer le contrôle d’Alep et de Mossoul. En même temps, de graves dissensions internes minent le royaume de Jérusalem. Le roi Baudouin IV est très malade – il est lépreux. La classe dirigeante se déchire sur sa succession. Le royaume de Jérusalem, menacé, ne peut compter sur aucun secours extérieur. A la mort de Baudouin, Sibylle (17), sœur du roi défunt, et son mary Guy de Lusignan (18) sont couronnés. Raymond III, comte de Tripoli, déçu d’être écarté, demande l’aide de Saladin. Celui-ci refuse dans un premier temps car il vient de renouveler la trêve avec le royaume. Mais Renaud de Châtillon (19), un seigneur brigand, pille une caravane arabe se rendant à Damas en 1187 et refuse, malgré l’ordre du nouveau roi, de rendre le butin. Saladin proclame la guerre sainte. Lors de la bataille de Hattin (20), les chevaliers francs sont presque tous capturés et ne  sont délivrés qu’en échange d’une rançon ou de leurs châteaux. Renaud de Châtillon, deux cents templiers (21) ou hospitaliers (22) sont tués et presque tous les chevaliers sont capturés. Les sergents ou piétons sont massacrés ou vendus comme esclaves. Saladin prend l’une après l’autre les places fortes de l’intérieur. Il autorise le départ contre rançon d’une partie des combattants et des habitants vers Tyr pour embarquer vers l’Europe, le reste de la population est livrée à l’esclavage. A Jérusalem, Balian d’Ibelin (23) obtient de Saladin  une capitulation honorable permettant le rachat d’un tiers de la population le 2 octobre 1187 (environ 10 000 habitants sont livrés à la déportation et l’esclavage). Les proclamations triomphales envoyées à travers le monde musulman y consacrent la gloire du vainqueur. Les établissements sont alors réduits à Tyr et à Beaufort (24) pour le royaume de Jérusalem et à Tripoli, au Krak des chevaliers (25), à Antioche et à Margat (26) au nord.







NOTES :


(1)  Louis VII, dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs et d’Adélaïde de Savoie (v.1092-1154).

Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d’Aquitaine (1137-1152), Constance de Castille (1154-1160) et Adèle de Champagne (1160-1180).

Avec Aliénor d’Aquitaine, il a eu
• Marie de France (1145- 11 mars 1198), épouse en 1164 Henri Ier de Champagne, comte de Troyes, dit « Le Libéral ». Régente du Comté de Champagne de 1190 à 1197.
• Alix de France (1150-1195), elle épouse Thibaut V de Blois dit « Le Bon » (1129-1191), comte de Blois 1152-1191

Avec Constance de Castille, fille d’Alphonse VII de Castille, il a eu :
• Marguerite de France (1158-1197), épouse en 1172 le prince d’Angleterre Henri, duc de Normandie (mort en1183) et en 1185/1186, le roi de Hongrie   Bela IIII
• Adèle de France (1160-1221) (ou Alix, comtesse de Vexin) (1160 -1218 ou 1221), épouse en 1195 Guillaume III de  Ponthieur (ou de Montgomery)
Avec Adèle de Champagne (ou Adèle de Blois)
• Philippe Auguste (1165-1223),  Roi de France
• Agnès ou Anne de France (1171-1240), impératrice byzantine par son mariage avec Alexis II Comnène en 1180, empereur de Constantinople (1169-1183). Puis par un autre mariage en 1183 avec Andronic Ier Comnène, empereur de Constantinople (1183 -1185). Vers 1204 elle épouse Théodore Branas, seigneur d’Andrinople.

D’une maitresse au nom resté inconnu, il est le père de Philippe de France (mort en 1161).






(2) Vézelay est une commune française située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est un chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Avallon.
Renommée en raison de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine et de la colline classée au patrimoine mondial de l’humanité, elle est le point de départ de l’une des principales voie de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la via Lemovicensis.







(3) Conrad III, né en 1093 et mort le 15 février 1152 à Bamberg, est le premier membre de la maison de Hohenstaufen à avoir été élu roi des Romains en 1138. Il règne de 1138 à sa mort en  1152 sans jamais avoir été couronné empereur.

Il est le second fils du duc de Souabe Frédéric Ier et de son épouse Agnès de Franconie. Par sa mère, il est le neveu du l’empereur Henri V. il reçoit le titre de duc de Franconie vers 1116 et le conserve jusqu’à sa mort.

Il épouse en premières noces Gertrude de Comburg (morte vers 1130-1131), fille du comte Henri de Rothenburg. Ils ont au moins deux filles :
• Berthe, abbesse d’Erstein en 1153
• Gertrude

Veuf, il se remarie avec Gertrude de Sulzbach, fille du comte Bérenger Ier de Sulzbach. Ils ont au moins deux fils :
• Henri-Bérenger (1136/1137-1150), élu co-roi de Germanie le 13 mars 1147 à Ratisonne
• Frédéric IV (1144/1145 – 1167) duc de Souabe






(4) Ratisbonne (en allemand : Regensburg), est une ville allemande, située dans le Land de Bavière et baignée par le Danube. Elle est située à 88 km de Nuremberg et à 103 km de Munich, proche de la République tchèque.

Ratisbonne est une des plus anciennes villes d’Allemagne et possède un passé riche en événements, comme le prouve la multitude de noms que la cité a porté depuis presque deux millénaires. Le nom Radaspona est apparu pour la première fois dans la littérature vers 770, dans une œuvre d’Aribon de Freising. Il est néanmoins issu d’appellations celtes plus anciennes. C’est de cette appellation que découle le nom français actuel.






(5) le Danube est le deuxième fleuve d’Europe par sa longueur (après la Volga qui coule entièrement en Russie). Il prend sa source dans la Forêt-Noire en Allemagne lorsque deux cours d’eau, la Brigach et la Breg, se rencontrent à Donaueschingen. C’est à partir de cet endroit qu le fleuve prend le nom de Danube. Cependant, si l’on considère que la source officielle du Danube est celle de la Breg, la Brigach qui est un peu plus courte est donc le premier affluent important du fleuve.

[…]

Au IXe siècle, le bassin du moyen-Danube est l’aire d’installation des tribus magyares venues de l’Oural, qui peuplent l’actuelle Hongrie pour y fonder, avec les populations germaniques, slaves et valaques qui y transhumaient déjà, la nation hongroise sous le roi Etienne Ier de Hongrie.

La route Charlemagne, qui fut utilisée entre 1096 et 1099 par l’armée de Godefroy de Bouillon lors de la première croisade, longea également le Danube de Rastibonne jusqu’à Belgrade. Environ 340 ans plus tard, l’armée ottomane prit la même route dans le sens inverse. Le Danube fut pour elle l’artère principale pour le transport de troupes et de ravitaillement durant sa campagne à travers l’Europe du Sud-Est. Le fleuve permettait aux Ottomans d’avancer rapidement et dès 1440 ils livraient les premières batailles pour Belgrade située à 2 000 kilomètres de l’embouchure du fleuve. La conquête de la ville ne réussit toutefois qu’en 1521 et quelques années plus tard à peine, en 1526, l’armée ottomane a vaincu le royaume de Hongrie lors de la première bataille de Mohacs. Comme le roi Louis II de Hongrie fut tué pendant la bataille, la Hongrie fut intégrée à l’Autriche des Habsbourg. Cet événement marque la naissance de la « monarchie danubienne ».[…]






(6) Manuel Ier Comnène (28 novembre 1118 – 24 septembre 1180) est empereur byzantin (1143-1180) à  une période charnière pour l’empire. Manifestant sa volonté de le restaurer dans sa gloire passée et de réaffirmer Byzance dans sa suprématie sur le monde méditerranéen au XIIe siècle, Manuel poursuit une politique étrangère ambitieuse et énergique. Pour se faire, il s’allie au pape et aux puissances occidentales montantes, envahit l’Italie, maîtrise le passage de la deuxième croisade à travers son empire et établit un protectorat byzantin sur les royaumes croisés d’Outremer. Faisant face au djihad islamique en Terre Sainte, il fait cause commune avec le Royaume de Jérusalem et participe à l’invasion de l’Egypte fatimide. Manuel recompose la carte politique des Balkans et de la Méditerranée orientale en plaçant les royaumes de Hongrie et d’Outremer sous l’hégémonie byzantine et en menant de compagnes agressives aussi bien à l’ouest qu’à l’est. Toutefois, vers la fin de son règne, les réalisations de Manuel en Anatolie sont compromises par la défaite à la bataille de Myriokephalon.

L’historien latin Guillaume de Tyr décrit Manuel comme sage, bon et brave. Manuel est aussi loué par Robert de Clari comme étant « un homme généreux et plein de sagesse ». une telle estime pour un souverain byzantin est rare parmi les chroniqueurs occidentaux, et cette réputation positive a mené quelques historiens modernes à le voir comme un innovateur inspiré qui compte plus sur la coopération que sur la confrontation avec l’Occident et les Croisés.

Nommé Megas (« le Grand ») à Byzance, Manuel est connu pour avoir inspiré une loyauté intense à ceux qui l’ont servi. Il apparait comme un héros dans une histoire écrite par son sécretaire Jean Kinnamos et chez qui on retrouverait toutes les vertus : du courage au combat, en passant par l’intelligence, l’humanité, jusqu’à ces compétences en philosophie et même en médecine. Jean Phokas, un soldat qui combat dans l’armée de Manuel le décrit comme glorieux empereur, « sauvegardant le monde ».

Manuel est de plus  renommé pour son charisme et son affinité pour l’Occident, ce qui l’amène à organiser des joutes et même à y participer, chose inhabituelle pour les Byzantins. Il est représentatif d’un nouveau genre de souverains byzantins dont la pensée est influencée par les croisés occidentaux. Homme de guerre accompli et doté d’un grand courage, Manuel s’est consacré aux armes tout au long de son règne avec diverses fortunes.

Fils de Jean II Comnène et d’Irène de Hongrie (qui changea son nom hongrois – Piroska – à son mariage), il épousa :

• Berthe de Sulzbach († 1160) en premières noces en 1146, fille du comte Gebhard III de Sulzbach et de Mathilde de Bavière, sœur de Gertrude, mariée à Conrad III. De cette union naquit :

**** Marie (1152 - † 1182), fiancée à Béla III de Hongrie puis à Guillaume de Sicile, et mariée ensuite en 1180 à Rainer de Montferrat (1163 -†1182)
**** Anne (1154 - †1158)

• Marie d’Antioche (1145- †1182) en secondes noces en 1161, fille de Raymond de Poitiers prince d’Antioche et de Constance d’Antioche, qui lui donna pour enfant :

**** Alexis II Comnène (1169 - †1183)







(7) Roger II de Sicile (22 décembre 1095 – 26 février 1154) est le second fils du Grand Comte Roger de Hauteville, premier comte normand de Sicile, et d’Adélaïde de Montferrat. Fondateur du royaume de Sicile (1130), il unifie toutes les conquêtes des Normands en Italie sous une seule couronne. Avec les Assises d’Ariano (1140), il jette les bases d’un royaume centralisé, investissant le roi et sa bureaucratie d’une autorité absolue. Roger II de Sicile fait preuve d’une politique extérieure énergique, menant plusieurs expéditions guerrières en direction de l’Afrique du Nord et de l’Orient byzantin.

Le premier mariage de Roger II avec Elvire de Castille, fille d’Alphonse VI de Castille, vers 1118, donnera cinq fils : Roger d’Apulie, Tancrède de Bari, Alphonse de Capoue, Guillaume de Sicile, Henri de Sicile et une fille.

Elvire meurt en 1139 et Roger II se marie dix ans plus tard avec Sibylle, fille d’Hugues II, duc de Bourgogne. Cette dernière meurt en 1151 et Roger se marie avec Béatrice de Rethel, fille du comte de Rethel, avec laquelle il espère avoir d’autres fils, elle lui donnera une fille posthume, Constance de Hauteville (qui donnera naissance à Frédéric II roi de Sicile et empereur germanique) destinée après l’extinction de la lignée des Hauteville, à transmettre le royaume à la maison de Hohenstaufen.






(08) Corfou ou Corcyre est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. Elle est la capitale de la périphérie des Îles Ioniennes.

[…]

Aux XIe et XIIe siècles, les Normands du Royaume de Sicile s’emparent de Corfou à plusieurs reprises, mais l’île est à chaque fois reconquise par les Byzantins parfois aidés des Vénitiens : elle est normande de 1081 à 1085, de 1147 à 1149 puis de 1185 à 1191.

De 1199 à 1204 (ou 1206), Corfou fait partie du domaine des héritiers de Margaritus de Brindisi, sous l’autorité de l’amiral génois Léon Vetrano.

En 1204, l’Empire byzantin est partagé entre les participants de la Quatrième croisade. Corfou connait alors une première domination vénitienne de 1204 à 1210, appartient ensuite au Despotat d’Epire, est conquise en 1257 par Manfred de Sicile et fait partie du Royaume de Naples des Angevins de 1266 à 1386.

[…]


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:37

(9) Céphalonie est une île grecque de la mer Ionienne réputée pour ses gouffres. C’est la plus grande et la plus montagneuse des îles Ioniennes. Les villes principales sont Argostoli, la capitale, Lixouri dans la péninsule de Paliki et Sami (port vers Patras et Ithaque)

[…]

Lors du partage de l’Empire romain en 385, Céphalonie échoit à l’Empire d’Orient, dit byzantin, auquel elle reste rattachée jusqu’en 982. Durant cette période, les Céphalonites sont christianisés, mais l’île subit plusieurs invasions (Goths, Slaves, Sarrasins) et assimile aussi des Albanais et des Aroumains fuyant les invasions et venus du continent. Au Xe siècle, Constantin VII Porphurogénète indique que l’île fait partie du thème de Céphalonie, qui a été créé par l’empereur byzantin Léon VI de Sage.

Elle est disputée aux XIe et XIIe siècle entre les Normands, les Grecs, les Vénitiens et les Pisans. Le normand Roger de Hauteville, surnommé Robert Guiscard, y meurt de dysenterie le 17 juillet 1085 au large de la baie d’Athéras alors qu’il essayait de conquérir l’île. C’est son fils Bohémond de Hauteville qui réussira cette conquête et donnera le nom de Guiscard (aujourd’hui Fiskardo) au village de Panormos, en l’honneur de son père. En 1103 et 1125, les croisés attaquent l’île. Les Vénitiens alliés aux Génois s’emparent du principal château de Cépholonie.

L’île est brièvement occupée par les Normands de Sicile en 1147 puis reconquise par l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène allié aux Vénitiens.

En 1185, le roi de Sicile Guillaume II de Sicilie conquiert Cépholonie et la cède à l’amiral Margaritus de Brindisi, en le nommant comte Palatin de Céphalonie et Zante. En 1194 Margaritus de Brindisi et remplacé par Matteo Orsini, son petit-fils par une de ses filles.

Lors du partage de l’empire byzantin au cours de la quatrième croisade, l’île est attribuée à Venise ; cependant elle reste aux mains de Mattéo Orsiine, qui se reconnait toutefois vassal à la fois de Venise, du Saint-Siège et de la principauté d’Achaïe. La famille Orsini règne sur l’île jusqu’en 1324, puis est remplacée par la famille Tocco qui gouvernera jusqu’en 1479.

[…]






(10) Corinthe était l’une des plus importante cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[…]

A l’époque byzantine, Justinien entreprit la construction d’un rempart de l’isthme de Corinthe (Hexamilion) en 530, mais la ville subit néanmoins les attaques des Avars, des Slaves puis des Normands. Elle eut à souffrir de plusieurs séismes : 551, novembre 856.

Au début de l’établissemnet de la principauté d’Achaïe, l’Acrocorinthe, défendue par le byzantin Léon Sgouros, fut assiégé pendant 5 ans entre 1205 et 1210. En 1358, elle fut attribuée par le prince Robert de Tarente au sénéchal Niccolo Acciaiuoli, puis passa au duc d’Athènes Nério Ier ACcuiaiuoli vers 1370, et revint par mariage aux Byzantins du despotat de Morée en 1395.

En 1400 devant l’avance turque Théodore Paléologue, despote de Morée et frère de l’empereur byzantin Manuel II, vendit plusieurs places fortes dont Corinthe aux Hospitaliers ; devant les protestations des habitants du Péloponnèse, elles furent cependant rétrocédées en 1404 à Théodore Paléologue.

En 1458 la ville de Corinthe fut conquise par les Turcs malgré la résistance de l’Acrocorinthe. La ville, centre du sandjak de Morée de la province de Roumélie, prit le nom de Gördes.






(11) Thèbes est une ville grecque de Béotie, siège d’un dème.
Elle fut dans l’antiquité l’une des principales cités de Grèce et était liée à de très nombreux mythes antiques.

[…]

A partir du IXe siècle, Thèbes connut une nouvelle période d’apogée. Elle devint le siège du Stratégos de Grèce centrale.

En 1040, elle fut ravagée par les Bulgares, puis prise par les Normands en 1146. Roger de Sicile y fit prendre des soyeux qu’il amena avec lui a Corfou et en Sicile, introduisant ainsi en Occident l’industrie de la soie.

En 1205, elle échut à Boniface de Montferrat qui la céda à Othon de la Roche. Thèbes devint alors capitale du Duché d’Athènes.

Du temps de la Grèce ottomane, Thèbes fut supplantée par sa voisine Livadia.






(12) La seconde bataille de Dorylée eut lieu à Dorylée le 25 octobre 1147 pendant la deuxième croisade. Conrad III, manquant de provisions, stoppa afin que ses troupes puissent se reposer. Celles-ci furent quasiment réduites à néant par une attaque des turcs seljoukides. Par conséquent, les croisés allemands se retrouvèrent incapables de poursuivre leur croisade et Conrad rejoint les forces de Louis VII de France avec les 2 000 hommes qui lui restait.






(13) Antalya est une grande ville touristique du sud de la Turquie dans la préfecture de la province du même nom. Elle dispose d’un aéroport international, l’aéroport d’Antalya.

[…]

Depuis sa fondation en 150 av.J.-C. par Attale II, roi de Pergame, qui l’appela Attaleia, la ville a toujours été habitée. Les Romains, les Byzantins et les Seldjoukides occupèrent la ville avant qu’elle ne tombe sous la loi ottomane. Elle fut alors nommée Adalya (ou Adalia).

Antalya était connue durant le Moyen Âge en Europe sous le nom de Satalieh (ou Satalia)

(14) Raymond de Poitiers, né en 1115, mort le 29 juin 1149, prince d’Antioche de 1136 à 1149, second fils de Guillaume IX de Poitiers, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers et de Philippe de Toulouse.

De son mariage en 1136 avec Constance d’Antioche, il avait eu :
• Bohémond III (†1201), prince d’Antioche
• Marie (1145 - †1182), mariée en 1161 à l’empereur Manuel Ier Comnène (†1180)
• Philippa (v.1148 - †1178), mariée à Onfroy II de Toron (†1179)
• Baudouin (†1176) tué pendant la bataille de Myriokephalon
• Raymond († avant 1181)






(15) Aliénor d’Aquitaine, dite également Eléonore d’Aquitaine ou de Guyenne, née vers 1122 ou 1124 et morte le 31 mars ou le 1er avril 1204, à Poitiers et non l’abbaye de Fontevraud, ,a été tour à tour reine de Francs , puis d’Angleterre.

Duchesse d’Aquitaine, elle occupe une place centrale dans les relations au XIIe siècle entre les royaumes de France et d’Angleterre : elle épouse successivement le roi de France Louis VII, à qui elle donne deux filles, puis Henri Plantagenêt, le futur roi d’Angleterre Henri II, renversant ainsi le rapport de forces en apportant ses terres à l’un puis à l’autre des deux souverains. A la cour fastueuse qu’elle tient en Aquitaine, elle favorise l’expression poétique de troubadours en langue d’oc. A compter de os premier mariage (pendant lequel elle a participé à la deuxième croisade), elle joue un rôle politique important dans l’Europe médiévale.

De son mariage avec Louis VII, elle aura deux filles :
• Marie 1145-11 mars 1198), qui épouse en 1164, Henri Ier, comte de Champagne, dit «Le Libéral » et devient régente du comté de Champagne de 1190 à 1197
• Alix (1150-1195), qui épouse Thibaud V de Blois dit «Le Bon » (1129-1191) comte de Blois 1152-1191

De son mariage avec Henri II d’Angleterre et durant les treize années qui suivent, elle aura 5 fils et 3 filles :
• Guillaume de Plantagenêt (17 août 1153-1156)
• Henry dit Henri le Jeune (28 février 1155- 11 juin 1183), qui épouse Marguerite, fille de Louis VII le Jeune, roi de France
• Mathilde (août 1156-1189) qui épouse Henri le Lion ( ? – 1195) duc de Saxe et de Bavière en 1168
• Richard (8 septembre 1157-1199) qui devient roi d’Angleterre sous le nom de Richard Cœur de Lion, épousé Bérangère de Navarre (1163-1230) et meurt sans descendance légitime
• Geoffroy (23 septembre 1158 – 1186) duc de Bretagne par son mariage en 1181 avec la duchesse Constance (1161-1201) fille et héritière du duc Conan IV le Petit, mort en 1171
• Aliénor (septembre 1161-1214), qui en 1177 épouse le roi Alphonse VIII de Castille (1155-1214), mariage dont est issue Blanche de Castille
• Jeanne (octobre 1165-1199), qui épouse, en 1177, Guillaume II (1154-1189) roi de Sicile puis, en 1196, Raymond VI de Toulouse (1156-1222) dont elle a un fils Raymond VII de Toulouse (1197-1249), dernier des comtes de Toulouse et meurt après la naissance-mort de leur fille à Fontevrault
• Jean (27 décembre 1166-1216), dit Jean sans Terre, roi d’Angleterre (1199-1216) qui épouse Isabelle d’Angoulême (ca 1188-1246) dont elle a un fils, Henri II d’Angleterre (1207-1272)






(16) Le jihad ou djihad, également écrit jihâd ou djihâd, un devoir religieux pour les musulmans. En arabe, ce terme signifie « effort », « lutte » ou « résistance » voir « guerre menée au nom d’un idéal religieux ». Le mot jihâd et employé à plusieurs reprises dans le Coran, souvent dans l’expression idiomatique « al-gihâd bi amalikum wa anfusikum » qui peut se traduire par « lutter avec vos biens et vos âmes ». Ainsi, le jihâd est parfois défini par l’expression « faites un effort dans le chemin de Dieu ».

Le concept de jihâd a varié au cours du temps et, parfois, ses interprétations successives ont été en concurrence. Le jihad et parfois considéré comme le sixième pilier de l’islam par une minorité au sein du sunnisme bien qu’il n’en ait pas le statut officiel. Dans le chiisme duodécimain, il est considéré comme l’une des dix pratiques religieuses du culte. La notion de djihad existait également au sein du babisme, une religion indépendante proclamée à Chiraz en Iran en 1844.

L’islam compte quatre types de jihad : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée. Le jihad par le cœur invite les musulmans à « combattre afin de s’améliorer ou d’améliorer la société ». Le jihad peut aussi être interprété comme une lutte spirituelle, dans le cadre du soufisme par exempe, mais aussi armée. Cette dernière interprétation a pu servir d’argument à différents groupes musulmans à travars l’histoire pour promouvoir des actions contre les « infidèles » ou d’autres groupes musulmans considérés comme opposants et révoltés.

Le jihad ne doit pas être confondu avec l’ijtihad qui désigne, en droit musulman, l’effort de réflexion pour interpréter les textes fondateurs de l’islam.
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:38

(17) Sibylle de Jérusalem (°1159 - †1190), reine de Jérusalem de 1186 à 1187, est une fille d’Amaury Ier de Jérusalem et d’Agnès de Courtenay. Elle était la sœur de Baudouin IV le lépreux.

De son premier mariage, célébré en octobre 1176, avec Guillaume Longue Epée de Montferrat (v.1150 - † 1177), elle a eu :
• Baudouini V ou Baudouinet (1177 - †1186) , roi de Jérusalem

Elle se remarie ensuite en avril 1180 avec Guy de Lusignan (1159- †1194), et a :
• Alice de Lusignan († St. Jean d’Acre, septembre ou octobre 1190)
• Marie de Lusignan(† St. Jean d’Acre, septembre ou octobre 1190)
• Deux autres enfants.




(18) Guy de Lusignan (1159-1194), est un comte de Jaffa et d’Ascalon de 1180 à 1186, roi de Jérusalem de 1186 à 1192, et roi de Chypre de 1192 à 1194. Il est le fils d’Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.
Cadet sans fortune, les intrigues de son frère Amaury lui font épouse rla princesse Sibylle de Jérusalem, héritière du royaume de Jérusalem. Il montre rapidement ses limites à assurer le gouvernement et l’avenir du royaume, aussi son beau-frère Baudouin le Lépreux l’écarte de la succession et désigne son neveu Baudouin IV pour lui succéder. Mais la mort de ce dernier amène Guy de Lusignan et Sibyllle au pouvoir. Moins d’un an plus tard, ses maladresses ont apporté le désastre aux croisés, sous la forme de la défaite de Hattin, et Saladin conquiert la plus grande partie du royaume. Seul, Conrad de Montferrat le tient en échec devant la ville de Tyr. Guy libéré, la rivalité éclate entre Guy et Conrad, et finit par aboutir à un compromis, où Conrad devient roi de Jérusalem et Guy reçoit l’île de Chypre de Richard Cœur de Lion.

Il épouse en avril 1180 la princesse Sibylle de Jérusalem (1159 - †1190), fille d’Amaury Ier, roi de Jérusalem et d’Agnès de Courtenay. De ce mariage sont nés :
• Alice de Lusignan (†1190)
• Marie de Lusignan (†1190)
• Deux autres enfants






(19) Renaud de Châtillon, né vers 1120, mort en 1187 à Hattin, prince consort d’Antioche (1153-1163), puis seigneur consort d’Outre-Jourdain et Seigneur d’Hébron.

De son premier mariage (1153) avec Constance d’Antioche (1127- †1163), il eut :
• Agnès d’Antioche (†1184), mariée à Béla III, roi de Hongrie

De son second mariage (1177) avec Etiennette de Milly, dame d’Outre-Jourdain, il eut :
• Alix de Châtillon (†1235), mariée à Azzo VI d’Este






(20) la bataille de Hattin ou la bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine






(21) L’Ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers.

Cet ordre fut crée à l’occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129 à partir d’une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il oeuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe chrétienne d’Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l’ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Après la perte définitive de la Terre Sainte consécutive au siège de Saint Jean d’Acre de 1291, l’ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d’un procès en hérésie. La fin tragique de l’orre mena à nombre de spéculations et de légende sur son compte.






(22) Hospitaliers : L’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, généralement connu dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l’époque des Croisades jusqu’au début du XIX siècle.

Son origine remonterait à la fin du XIe siècle dans l’établissement des marchands amalfitains à Jérusalem et la création d’hôpitaux, d’abord à Jérusalem, puis en Terre Sainte, d’où leur nom d’ «Hospitaliers ». a la suite de donations, ils vont posséder des établissements, prieurés et commanderies dans toute l’Europe catholique. A l’instar des Templiers, il assume rapidement une fonction militaire pour défendre les pèlerins qu’il accueille sur les chemins de Jérusalem, puis pour combattre les Sarrasins aux côtés des Francs de Terre Sainte.

Après l’expulsion des Croisés de Terre Sainte (1291), l’Ordre s’installe à Chypre avant de conquérir l’île de Rhodes (1310) et de devenir une puissance maritime pour continuer à être le rempart de la chrétienté contre les Sarrasins. A la suite de la disparition de l’Ordre du Temple (1314), les Hospitaliers reçoivent les biens des Templiers, ce qui fait d’eux l’ordre le plus puissant de la chrétienté.

Expulsé de Rhodes (1523) par la conquête turque, l’Ordre s’installe à Malte (1530), dont il est considéré comme le souverain, par décision de Charles Quint. Avec sa flotte maritime de guerre, l’Ordre se transforme en une puissance politique qui prend de plus en plus d’importance en Méditerranée centrale jusqu’à la bataille de Lépante (1571) et jusqu’aux premiers traités des royaumes d’Europe avec les Ottomans. Après quoi il se consacre surtout à des opérations de guerre de course et transforme Malt en magasins d’échanges du commerce méditerranéen avec une quarantaine reconnue dans tous les ports de Méditerranée.

En 1798, Bonaparte expulse le Grand-Maitre et les chevaliers de l’archipel maltais au nom de la République française. L’Ordre qui s’était placé sous la protection de Paul Ier de Russie, une majorité de chevaliers s’exilent à Saint Pétersbourg et élisent le tzar comme grand maitre en 1798.

Mais avec l’abdication du grand-maitre Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s’ouvre pour l’Ordre en période noire qui ira jusqu’à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur catholique est l’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, fondé officiellement en 1961.






(23) Balian d’Ibelin (vers 1142/3 -1193) est un croisé influent du Royaume de Jérusalem, membre de la maison d’Ibelin. Il est connu pour avoir assuré la défense de Jérusalem en 1187 et participé à la troisième croisade.

[…]

Balian d’Ibelin est le troisième fils de Balian le vieux d’Ibelin, seigneur d’Ibelin et de Raman, connétable du comté de Jaffa et d’Helvis (ou Alvis) de Rama.

[…]

La seigneurie d’Ibelin (Yebna en arabe, Yavneh en hébreu) est une des arrières-fiefs du Royaume de Jérusalem. Ses frères ainés sont Hugues et Baudouin. Leur sœur Ermengarde épouse Elinard de Bures, prince de Galilée et de Tibérias. Son père, Balian ou Barisan, à l’origine connétable d’Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, avait refusé de suivre ce dernier dans sa révolte contre le roi et en a été récompensé par la main de Helvis, héritière de Rama et la concession du château d’Ibelin.

A la mort de Hugues, le frère ainé de Balian, en 1170, Rama passe à Baudouin, qui lui donne Ibelin.

Balian d’Ibelin épouse en 1177 Marie Comnéne (1154-1217), nièce de l’empereuru byzantin Manuel Ier Comnène, veuve d’Amaury Ier, roi de Jérusalem, et a :
• Jean d’Ibelin (mort en 1236), seigneur de Beyrouth et d’Arsur, connétable et bailli du royaume de Jérusalem, et bailli de Chypre.
• Philippe d’Ibelin (mort en 1227), régent du royaume de Chypre
• Helvis d’Ibelin (morte en 1216), mariée à Renaud de Grenier, comte de Sidon, puis à Guy de Montfort, seigneur de Castres
• Marguerite d’Ibelin, mariée à Hugues II de Saint-Omer (†1204), prince titulaire de Galilée, puis à Gautier III de Brisebarre (†1229), seigneur de Césarée.





(24) la forteresse de Beaufort, appelée Qala’at ash-Shqif est un château fort ancien du Moyen Orient, reconstruit au XIIIe siècle et appelé « beau fort » par les croisés. Il est situé à environ un kilomètre au sud-sud-ouest du village d’Arnoun, dans le Liban actuel.


Forteresse de Beaufort




(25) Le Krak des Chevaliers, ou Krak de l’Hospital – le terme « Krak » dérive du syriaque karak signifiant « forteresse » - Qal’ at al-hosn (la forteresse imprenable) ou Hisn al-Akrâd (forteresse des Kurdes) est un château fort datant de l’époque des croisades. Il est situé dans l’ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Les chevaliers de l’Hôpital (ou Hospitaliers) gérèrent le fort de 1142 à 121, date de sa conquête par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (Baybars Ier), sultan des Mamelouks. Cette conquête mit fin à 129 ans d’invincibilité du fort.



Vue du Krak des Chevaliers





(26) La forteresse de Qalaat Marqab était connue des Croisés sous le nom de (le) Margat. Elle est située à quelques kilomètres au sud du prt de Baniyas sur la côte syrienne.

Un premier château a été construit en 1062 par un seigneur musulman local. Les musulmans contrôlent la forteresse pendant la première croisade malgré l’existence de la principauté d’Antioche.

En 1104, les Byzantins prennent le Margat.

En 1109, Tancrède de Hauteville enlève Baniyas puis Gibel (Jabla) et remet cette dernière à Renaud Ier Masoier. C’est Renaud II Masoier qui s’empare de Margat et se charge de son entretien jusqu’en 1185. La forteresse s’avère trop grande pour la famille Masoier.

En 1188, elle est vendue aux Hospitaliers qui en font leur quartier général en Syrie. Saladin en fait le siège puis renonce. Il pense la forteresse imprenable. Le Marqab est un des rares territoires restants sous le contrôle des Croisés après les conquêtes de Saladin.

En 1203 et jusqu’en 1205, les Hospitaliers lancent plusieurs expéditions contre Hama et Homs. Le sultan d’Alep, Malik Zahir Gazi, envoie une armée qui détruit les tours d’enceinte de Margat mais il se retire quand son général est tué d’une flèche.

Au début du XIIIe siècle, Margat est à l’apogée de sa puissance militaire. Les Hospitaliers ont une garnison de mille personnes et des vivres pour cinq années. L’évêque de Valénie (Banyas) y transporte sa résidence.

En 1269 et 1270, Margat repousse les assauts de Baybars. En 1271, le Krad est pris mais les Hospitaliers gardent solidement la côte. En 1281, Margat est assiégé par une armée de 7000 hommes. Les Hospitaliers ne sont que 220 chevaliers et 200 fantassins. Après une sortie au cours de laquelle ils ne perdent qu’un seul chevalier et 12 sergents, ils mettent les musulmans en fuite.

En avril 1285, presque un siècle après la tentative de Saladin, le sultan Mamelouk bahrite d’Egypte Qala’ûn prend la forteresse après un travail de sape qui a fait s’effrondrer une partie des remparts. Les Mamelouks laissent les Hospitaliers partir en emportant tout ce qu’ils peuvent. Les Hospitaliers se replient à Tartous puis à Arouad d’où il partiront vers Chypre. Les ottomans n’ont pas détruit la forteresse. Ils en font une garnison.


Entrée de la forteresse



La cour et le puits. On peut remarquer des reconstructions ottomanes en
Calcaire blanc posées sur les soubassements en basalte.

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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:39






Quand la nouvelle de la prise de Jérusalem par Saladin parvient en Occident, le pape Grégoire VIII (1) lance des appels à une nouvelle croisade et à la paix. Richard de Poitou, futur Richard Cœur-de-Lion (2), prend la croix le premier, bientôt suivi par son père, Henri II d’Angleterre (3)et par  le roi de France, Philippe Auguste (4). Dans le même temps, la flotte navale de Guillaume II de Sicile (5) fait voile vers les avant-postes de  Tripoli, Antioche et Tyr et assure le ravitaillement des dernières places fortes en armes et en hommes. Le même mois, l’empereur Frédéric Ier Barberousse (6) quitte Ratisbonne avec la plus grande armée croisée jamais rassemblée, au moins 20 000 chevaliers. Il suit la route terrestre. L’hostilité entre byzantin et croisés germaniques est très important et Barberousse menace de marcher sur Constantinople. Sous la pression l’empereur Isaac Ange (7) signe la paix et s’engage à faire traverser le détroit à l’armée germanique. Alors que la traversée de l’Anatolie s’achève, Barberousse se noie le 10 juin 1190 accidentellement dans les eaux du fleuve Saleph, (actuellement Göksu, eau bleue en Asie Mineure) et une grande partie de ses troupes retourne en Europe. Quelques centaines de chevaliers germaniques seulement parviennent à Acre (08).

Un conflit franco-anglais retarde le départ des rois des deux royaumes jusqu’en 1190. Embarquant à Gênes et à Marseille, les troupes de croisés hivernent en Sicile où ils se disputent sur de nombreux sujets politiques et personnels. La prise de Chypre par le roi d’Angleterre assure aux croisés une base proche du lieu des conflits.

En Terre Sainte, le roi de Jérusalem Guy de Lusignan a commencé à assiéger Acre avec une petite troupe en août 1188. Les deux souverains arrivent à Acre avec la plus grande armée franque jamais réunie. Les troupes de Saladin la tiennent à leur tour dans un demi-siège préjudiciable à ses communications et à son ravitaillement. Mais Saladin ne parvient pas à briser l’encerclement d’Acre et les Francs reprennent la ville aux musulmans le 12 juillet 1192 après deux ans de siège. L’échec des musulmans tient en partie à leur mode de combat, inadapté à celui de l’armée franque, mais surtout à la lassitude des troupes musulmanes. Les alliés et les vassaux avaient été contraints d’amener des contingents, mais la campagne avait été longue et n’avait même pas la perspective d’un butin compensateur.

Après la prise d’Acre, Philippe Auguste retourne en France. Richard Cœur-de-Lion, resté seul, bat les musulmans à Arsouf. Arrivé à Jaffa en septembre, il passe l’année en Palestine du sud, période durant laquelle il fait reconstruire Ascalon (9) pour fortifier les frontières méridionales du Royaume de Jérusalem (10). Il force l’admiration de l’ennemi par ses prouesses. Par deux fois (en décembre 1191 puis en juin 1192) il parvient à quelques kilomètres de Jérusalem, mais ne peut reprendre la ville. En effet, il ne peut pénétrer trop longtemps à l’intérieur des terres sous peine de voir ses communications coupées. Il s’occupe aussi de régler les problèmes dynastiques du royaume de Jérusalem. Guy de Lusignan, dont la femme est décédée, conserve le titre royal qui doit revenir à sa mort à Isabelle, l’héritière du trône, et à son époux Conrad de Montferrat (11). Après avoir signé un traité par lequel Saladin renonce à éliminer les colonies franques de Syrie, il repart pour l’Angleterre en octobre 1192 et est capturé par Léopold V de Babenberg (12), duc d’Autriche et emprisonné pendant un an et demi.

La troisième croisade a empêché la chute de la Syrie franque et permis l’établissement d’un second royaume de Jérusalem, en fait Royaume d’Acre, réduit à une frange côtière où les communautés marchandes italiennes jouent un rôle considérable. Les souverains anglais et français se détournent désormais de la croisade. Pour les chevaliers, elle devient une sorte de rite de passage et une institution. En 1194, l’ordre des Trinitaires (13) est fondé par Jean de Matha (14) pour le rachat des captifs prisonniers des musulmans. Il est plus tard confirmé par le pape Innocent III dans la bulle Operante divine dispositionis.

L’empereur Henri VI (15), fils de Frédéric Barberousse et maitre du royaume de Sicile (16) veut reprendre la croisade à son compte dans le but d’imposer sa suzeraineté à l’empereur byzantin et aux royaumes nouvellement institués de Chypre et d’Arménie (17). Il lance l’appel à la Croisade à Bari (18) en 1195, les allemands se rassemblent en Italie du sud au cours de l’été et débarquent à Acre en septembre 1197.  Ils prennent Sidon et Beyrouth et rétablissent la continuité territoriale entre Acre et Tripoli, mais leur armées se disperse immédiatement après l’annonce de sa mort, survenue  à Messine le 29 septembre 1197.




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NOTES :



(1) Grégoire VIII (Alberto di Morra) est un prélat italient qui naquit à Benevento et devint cardinal de Saint-Laurent en Lucina, pape du 21 octobre 1187 au 17 décembre 1187, date de sa mort. Il est appelé  « Ensis Laurentii » dans la prophétie e Saint Malachie.

Avant de devenir pape, il fut chanoine régulier de l’abbaye Saint-Martin de Laon. Devenu pape en octobre 1187, il leva l’excommunication du roi Henri II d’Angleterre qui avait fait assassiner Thomas Becket.

Il émit peu de temps après son accession à la papauté la bulle Audita tremendi qui apelait à la troisième croisade contre les musulmans menés par Saladin, qui venait de conquérir Jérusalem. Il mourut avant de voir le début de celle-ci.









(2) Richard Ier d’Angleterre, dit Cœur de Lion (8 septembre 1157, palais de Beaumont à Oxford – 6 avril 1199, château de Châlus Chabrol) fut roi d’Angleterre, duc de Normandie, duc d’Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d’Anjou de 1189 à sa mort en 1199. Il fut aussi mécène de troubadours et auteur de poèmes.
Fils d’Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine, Richard est élevé dans le duché d’Aquitaine à la cour de sa mère, ce qui lui vaut dans sa jeunesse le surnom de Poitevin. Il devient comte de Poitiers à l’âge de onze ans et duc d’Aquitaine lors de son couronnement à Limoges. Après la mort subite de son frère ainé le roi Henri le Jeune en 1183, il devient héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, de la Normandie et du Maine.

Pendant son règne, qui dure dix ans, il ne séjourne que quelques mois dans le royaume d’Angleterre et n’apprend jamais l’anglais. Il utilise toutes ses ressources pour partir à la troisième croisade, puis pour défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il a prêté allégeance au roi Philippe, constituent la plus grande partie de son héritage Plantagenêt.

Les Anglais l’appellent Richard Ier, les Français Richard Cœur de Lion, dans les régions occitanes, il est surnommé Oc e No, et les sarrasins, Melek-Ric  ou Malek al-Inkitar (roi d’Angleterre).

En son temps, il est considéré comme un héros, et souvent décrit comme tel dans la littérature. Il est aussi un poète et un écrivain célèbre à son époque, notamment pour ses compositions en occitan, sa langue maternelle.

[…]

Il épouse Bérangère de Navarre.

[…]

A la suite des manœuvres du roi français Philippe, le duc Léopold V de Babenberg capture Richard sur son chemin de retour, près de Vienne, à l’automne 1192. Richard l’a en effet publiquement insulté durant la croisade. Emprisonné à Dürnstein, il est ensuite livré à l’empereur Henri VI qui réclame une rançon de cent cinquante mille marcs d’argent, équivalant à deux années de recettes du royaume d’Angleterre. Bien que les conditions de sa captivité ne soient pas strictes, il est frustré par l’impossibilité de voyager librement.

Richard a, avec une maitresse inconnue, un fils illégitime, Philippe de Cognac. Ce dernier épouse Amélie de Cognac (†1199), fille d’Itier, seigneur de Cognac, Villebois et Jarnac. Philippe de Cognac venge son père en assassinant en 1199 Adémar V de Limoges.







(3) Henri II (5 mars 1133 – 6 juillet 1189) fut comte d’Anjou et du Maine, duc de Normandie et d’Aquitaine et roi d’Angleterre.
Fils de Geoffroy V d’Anjou et de Mathilde l’Emperesse, fille du roi du roi Henri d’Angleterre, il participa aux efforts de sa mère pour reprendre le trône d’Angleterre occupé par Etienne de Blois et fut fait duc de Normandie à l’âge de 17 ans. Il hérita de l’Anjou en 1151 et épousa peu après Aliénor d’Aquitaine dont le mariage avec le roi Louis VII de France avait récemment été annulé par le second concile de Beaugencey. Etienne signa un traité de paix après l’expédition d’Henri en Angleterre en 1153 et ce dernier monta sur le trône un an plus tard.

[…]

De son mariage avec Aliénor d’Aquitaine il aura :
• Guillaume (17 avril 1153 – avril 1156)
• Henri le Jeune (28 février 1155 – 11 juin 1183), épouse Marguerite de  France en 1172, aucun enfant
• Richard Ier (8 septembre 1157 – 6 avril 1199, épouse Bérangère de Navarre en 1191, aucun enfant
• Mathilde (août 1156 - 28 juin 1189), épouse Henri XII de Bavière en 1168 ; cinq enfants
• Geoffroy (23 septembre 1158 – 19 août), épouse Constance de Bretagne en 1181 ; trois enfants
• Aliénor (13 octobre 1162 – 31 octobre 1214), épouse Alphonse VIII de Castille ; douze enfants
• Jeanne (octobre 1165 – 4 septembre 1199)
a) épouse Guillaume II de Sicile en 1177 ; un enfant
b) épouse Raymond VI de Toulouse en 1196 ; deux enfants
• Jean (24 décembre 1166 – 19 octobre 1216)
a) épouse Isabelle de Gloucester en 1189 ; aucun enfant
b) épouse Isabelle d’ Angoulême en 120 ; cinq enfants dont le roi Henri III








(4) Philippe II dit « Philippe Auguste », né le 21 août 1165 à Paris et mort à Mantes le 14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie des capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d’Adèle de Champagne.

Le surnom d’ « Auguste » lui fut donné par le moine Rigord après que Philippe II eut ajouté au domaine royal en juillet 1185 (traité de Boves) les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois et également parce qu’il était né au mois d’août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu’il  a accru considérablement le domaine.

Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton le nomme « Philippe le Magnanime » dans sa chronique La Philippide rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord que Philippe II lui avait demandé d’expurger, la jugeant moins laudatrice qu’il le souhaitait.

Philippe Auguste reste l’un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l’époque féodale.

Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de 1204, Re Franciae, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs. Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (Philippe roi des Francs – ou des  Français), à la différence par exemple de Richardus rex Angliae (Richard roi d’Angleterre), mais comme Henri roi des Romains.

• Mariage en 1180, avec isabelle de Hainaut, comtesse d’Artois (1170-1190), fille de Baudouin V de Hainant ;
1- Louis VIII (1187 – 1226), et postérité
2- et 3- des jumeaux (nés et morts en 1190)

• Mariage en 1193, avec Ingeburge de Danemark (1176-1238), fille de Waldemar Ier, roi de Danemark (1157-1182), sœur de Knut VI, roi de Danemark (1182-1202). Répudiée en 1193, rétablie officiiellement en 1200 (dans les faits, elle ne retrouve jamais sa place conjugale), sans postérité

• Mariage en 1196, avec Agnès de Méranie (v.1172-1201), fille de Berthold IV de Méranie, donne naissance à trois enfant naturels, dont les deux survivants sont néanmoins reconnus héritiers légitimes de Philippe Auguste par le pape Innocent III :

4- Marie (v.1198-1224), qui épousa en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis se remaria en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v. 1165-1235), et postérité
5- Philippe Hurepel (1200-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216 Mathilde de Danmartin (v.1202-1259), deux enfants : jeanne et Albéric
6- Jean-Tristan (mort-né en 1201)

• Avec «une certaine dame d’Arras » :
7- Pierre Charlot (1205-1249), évêque de Noyon









(5)  Guillaume II de Sicile, aussi nommé Guillaume le Bon (né en 1154 à Palerme et mort le 18 novembre 1189 dans la même ville), est le fils de Guillaume le Mauvais, de la dynastie des Hauteville, et de Marguerite de Navarre. Roi de Sicile de 1166 à 1189, Guillaume II est surnomé « le bon » en raison de sa politique de clémence et de justice envers les communes et les barons de Sicile, en opposition avec le règne de son père.

En 1177, Guillaume épouse la princesse Jeanne d’Angleterre, fille du roi Henri II d’Angleterre, de cette union nait Bohémond de Sicile.








(6) Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (1122 – 10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi des Romains, roi d’Italie, duc de Souabe et duc d’Alsace, comte Palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.

Second mariage avec Béatrice Ier de Bourgogne :

• Rainald ou Renaud (*1161 - †1164), enterré à Lorsch
• Béatrice (*1162 - † début 1174 ou 1179), enterré à Lorsch
• Guillaume (*1163 - †1164), enterré à Lorsch
• Frédéric V de Souabe (* 16 juillet 1164 à Pavie ; † 28 novembre 1169/1170), duc de Souabe, enterré à Lorsch
• Henri VI (1165 - †1198) empereur germanique, roi de Sicile ; marié à Constance de Sicile (*1154 -†1198), fille du roi Roger II. Il est le père de l’empereur germanique Frédéric II
• Conrad (*1167- †1191) dit Frédéric VI de Souabe, duc de Souabe
• Agnès (*octobre/novembre 1168 ou 1174 - †8 octobre 1184), enterrée à la cathédrale de Spire
• Conrad II de Souabe (*1169 - † 1196) duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (*1171 - †1200) comte de palatin de Bourgogne, marié à Marguerite de Blois (†1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
• Sophie (*1175 - ?), mariée à Guillaume, marquis de Montferrat
• Philippe Ier de Souabe (*1171 - †1208), duc de Souabe, roi de Germanie/ roi des Romais, marié en 1197 à Marie de Byzance (*1181 - †1208) fille de l’empereur Isaac II Ange.









(7) Isaac Ange (né en septembre 1156, mort en janvier 1204) est un empereur byzantin (1185-1195 et 1203-1204), fils d’Andronic Ange et d’Euphrosyne Kastamonides. C’est un arrière-petit-fils d’ Alexis Ier Comnène.








(08) Acre ( en hébreu : Akko ; en arabe : Akkâ ; appelée Ptolémaïs dans l’Antiquité ; aussi connue dans le monde chrétien sous le nom de Saint Jean d’Acre) est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes.

[…]

Dans la continuité de l’Empire romain, la ville d’Acre fait partie de l’empire byzantin avant d’être conquise en 638 par les arabes. Cette domination s’achève avec Baudouin Ier, le 26 mai 1104, lorsque la ville tombe aux mains des croisés. Reprise par le sultan Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise par les rois Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade en juillet 1191. Elle devient au XIIIe siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre Sainte. Au mois dès le XIIe siècle, des hommes s’inspirant du prophète Elie vivent en ermites dans les grottes du mont Carmel, Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, leur donne vers 1209 une règle de vie centrée sur la prière. L’appellation officielle de ce très ancien institut est celle d’Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel, mais on les appelle habituellement en français les Grands Carmes.

L’installation de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et la fondation de l’hôpital apportent à la ville un nouveau nom, celui de Saint Jean d’Acre. Jusqu’en 1291, la ville sera un grand centre intellectuel, non seulement chrétien mais aussi juif. En effet, de nombreux juifs, souffrant de persécutions en Occident, se rendent en Terre Sainte. Le rabbin Yehiel de Paris y fonde une yeshiva qui sera connue au-delà de la Terre Sainte. Nahmanide, grand kabbaliste d’Espagne le remplacera. En 1291, la ville est prise par les mamelouks. Cette date marque la fin du royaume latin de Jérusalem et de la présence occidentale en Terre Sainte. C’est une des causes du projet Rex Bellator.

Durant les croisades, la vieille ville d’Acre était divisée en quartiers contrôlés par des marchands venus de tout le pourtour méditerranéen, notamment les vénitiens, pisans, génois, français et germanique.
[…]


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 6 Nov - 11:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:40

(9) Ascalon ou Ashkelon est une ville balnéaire d’Israël sur la côte méditerranéenne dans le district sud, au nord de la Bande de Gaza. Elle est située à 64 km au sud de Tel-Aviv.
[…]

En août 1099, les croisés, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, assiègent la ville. Ils la prennent provisoirement aux Fatimides en 1102, mais la forteresse résiste jusqu’en 1153. Ce n’est qu’à cette date que la ville est véritablement intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III. La bataille navale d’Ascalon confirme la domination maritime de Venise sur Constantinople en 1126.

La ville est reprise par Saladin en 1187. La forteresse est rasée pour ne pas tomber entre les mains de Richard Cœur de Lion roi d’Angleterre. Le roi d’Angleterre prend Ascalon et Jaffa, négocie auprès de Saladin le libre accès des pèlerins à Jérusalem et retourne en Angleterre en 1192. En 1270, le sultan mamelouk Baybars rase complètement la ville.
[…]






(10) Le royaume de Jérusalem était un royaume chrétien créé en Orient en 1099 au terme de la première croisade et disparu en 1291.

Il s’agit de l’Etat latin d’Orient le plus méridional. Le royaume, à partir du règne de Baudouin Ier, s’étend sur la Palestine, dominant le littoral de Gaza et Daron jusqu’à Beyrouth. Vers l’intérieur, le royaume va jusqu’à la vallée du Jourdain. Plus tard, l’autre rive du Jourdain sera occupée jusqu’à la mer Rouge, formant la terre d’Outre-Jourdain.

Le royaume de Jérusalem est né de la première croisade et de la prise de Jérusalem (15 juillet 1099). Goderoy de Bouillon en fut le premier souverain, mais se contenta du titre d’Avoué de Saint-Sépulcre. Il fallut d’abord combattre une première contre-attaque fatimide, qui fut battue à Ascalon le 12 août 1099. Le royaume se limitait aux villes de Jérusalem et Bethléem, du port de Jaffa et de la route reliant Jérusalem et Jaffa.
[…]






(11) Conrad de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici), né vers 1145/47 et assassiné le 28 avril 1192, est seigneur de Tyr de 1187 à 1192, marquis de Montferrat de 1190 à 1192 et roi de Jérusalem en 1192, fils de Guillaume V, marquis de Montferrat et de Judith de Babenberg.

Sa première épouse n’est pas connue…

Il se remarie ensuite au début de l’année 1187 avec Theodora, sœur de l’empereur Isaac II Ange.
On ne sait ni quand ni sous quel prétexte ce mariage est annulé, mais il le fut, car Théodora est encore vivante en 1195 et
Conrad épouse en troisième noces le 24 novembre 1190 Isabelle (1172-1206), reine de Jérusalem que les barons du royaume ont contraint à se séparer d’Onfroy IV de Toron. De ce mariage est née :

• Marie (1192-1212), reine de Jérusalem, mariée à Jean de Brienne (†1237).

Il est le cousin de Louis VII de France et de l’empereur Frédéric Barberousse, et issu d’une famille de croisés. Son frère ainé Guillaume était venu en Terre Sainte en 1176 avait épousé Sibylle de Jérusalem, mais était mort peu après. Leur père, le marquis Guillaume V, qui avait déjà combattu en Terre Sainte en 1147 s’y rend de nouveau en 1185, lorsque son petit-fils Baudouin V en devient roi, et y reste quelques temps, puisqu’il y est toujours lors de la bataille de Hattin où il est capturé par Saladin.






(12) Léopold V de Babenberg (1157 – 31 décembre 1194 à Graz) ou Léopold V le vieux est duc d’Autriche de 1177 à sa mort et duc de Styrie de 1192 à sa mort. Il est le fils d’Henri II Jasomirgott et de la princesse byzantine Théodora Comnène.

Léopold V épouse en 1172 Hélène (v.1158 – 1199), fille du roi Géza II de Hongrie, de cette union nait :

• Frédéric (1174-1199)
• Léopold VI (1176 -1230)

Le 17 août 1186 est négocié l’acte de Georgenberg, par lequel Léopold V hérite en 1192 de la Styrie et de quelques territoires en Haute-Autriche. C’est un premier pas en direction de l’Autriche actuelle.

Léopold est surtout resté célèbre pour sa participation à la troisième croisade, durant laquelle il entre en conflit avec Richard Cœur de Lion soit à Acre, soit à Ascalon selon les sources. Lors du voyage de retour en 1192, le roi d’Angleterre doit s’arrêter à Vienne, où il est capturé à Erdberg (IIIe arrondissement Landstrasse actuel). Le roi est gardé pendant un certain temps à Dürnstein avant d’être livré à l’empereur Henri VI. La rançon énorme de six mille « Eimer » d’argent (environ 100 000 marks d’argent ou, selon les sources 23,3 tonnes) est utilisée pour la construction de la fonte de monnaie viennoise, d’une nouvelle enceinte fortifiée ainsi que pour la fondation des villes nouvelles de Wiener Neustadt et Friedberg.

Pour cet acte, le duc est excommunié et puni de l’interdit par le pape Célestin III. Cependant, cette décision n’a apparament jamais été publiée. L’évêque de Vérone est envoyé pour transmettre à Léopold V les conditions pour lever l’excommunication : Léopold V doit libérer les otages anglais, repayer la rançon et partir en Terre Sainte en croisade pour la même duré que la captivité de Richard Ier.


Les conditions ne sont pas encore remplie quand Léopold V commence déjà à préparer la nouvelle croisade. Cependant, il est blessé lors d’un tournoi et se casse la jambe. Il promet alors au prêtre d’Hartberg de remplir toutes les conditions nécessaires pour la levée de l’excommunication en cas de guérison. Un peu plus tard, il promet également à l’évêque de Salzbourg Adalbert de se soumettre au pape. L’excommunication est levée, mais Léopold V ne guérit plus. Il meurt le 31 décembre 1194 de ses blessures et est enterré à l’abbaye d’Heiligenkreuz. Ses états sont divisés entre ses deux fils : l’ainé, Frédéric, reçoit l’Autriche, et le cadet, Léopold, la Styrie.






(13) l'Ordre de Trinitaires : L’ordre de la Très Sainte Trinité et des captifs, dit ordre des Trinitaires ou Mathurins, est un ordre religieux catholique fondé vers 1194 à Cerfroid par les Français Saint Jean de Matha et Saint Félix de Valois, à l’origine pour racheter les chrétiens captifs des Maures. C’est la plus ancienne institution officielle de l’Eglise catholique consacrée au service de la rédemption sans armes à la main. Aujourd’hui ils aident les prisonniers et les captifs de toutes sortes.

Le nom latin de l’ordre est « ordo Sanctissimae trinitatis et captivorum » et son sigle esst « O.SS.T. ». Son charisme et son apostolat sont représentés sur une mosaïque datant de 1210 montrant le Christ libérant deux captifs, un noir et un blanc.

C’est la vision qu’a eue le fondateur lors de sa première messe célébrée à Paris le 28 janvier 1193. Offerte par Innocent III à Saint Jean de Matha, la mosaïque se trouve encore aujourd’hui à Rome sur le fronton de l’hospice de Saint-Thomas-in-Formis.

C’est un des deux ordres dits rédempteurs de l’église, l’autre fondé quelques années plus tard est l’ordre de Notre Dame de la Merci ou Mercédaires.





(14) Jean de Matha est un religieux français, né le 23 juin 1160 à Faucon-de-Barcelonnette et mort à Rome le 17 décembre 1213. Il est le fondateur, avec Saint Félix de Valois, de l’Ordre de la Sainte Trinité (appelé aussi Ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs, ou Trinitaires)







(15) Henri VI, dit « le Sévère » ou « le Cruel » , est né en novembre 1165 à Nimègue et mort le 28 septembre 1197 près de Messine. Roi de Germanie dès 1169, il est sacré empereur en 1191, succédant à son père Frédéric Barberousse. Il est également roi de Sicile de 1194 à sa mort.

Fils aîné de l’empereur Frédéric Barberousse et de Béatrice de Bourgogne, Henri est sacré roi de Germanie le 15 août 1169 à Aix-la-Chapelle. Il se marie le 27 janvier 1186 à Milan avec Constance de Hauteville, la fille posthume du roi de Sicile Roger II, ils ont un fils Frédéric II. Ce mariage permet la réconciliation de l’empereur et du successeur de Roger, le roi Guillaume II.






(16) Le royaume de Sicile, également appelé royaume normand de Sicile, est créé en 1130 par Roger II sur l’île de sicile, de Calabe, les Pouilles, et Naples. Ce royaume traverse plusieurs phases marquées par les dominations successives des Normands, des Souabes (autre nom pour la dynastie des Hohenstaufen, descendants de Frédéric de Souabe), des Angevins et des Aragonais.





(17) l’Arménie, en forme longue la République d’Arménie est un pays sans accès à la mer situé dans la région du Moyen Orient, au Petit Caucase.

[…]

Dotée d’un riche héritage culturel, elle est une des plus anciennes civilisations au monde. Bien que l’Arménie soit un pays constitutionnellement séculier, la religion chrétienne y tient une place importante. Elle fut d’ailleurs la première nation à adopter le christianisme comme religion d’Etat en 301.

[…]

En 428, l’Arménie est divisée entre les Sassanides et les Byzantins.

[…]

La région est ensuite envahie par les Arabes qui établissent l’Emirat d’Arménie. Vers l’an 885, la dynastie bagratide s’impose en Arménie, et l’indépendance du pays est alors reconnue. A l’époque, l’Arménie a comme capitale Ani. Avec une population surpassant celle des métropoles européennes comme Paris, Londre et Rome, la ville devient le centre culturel, religieux et économique du Caucasse.

L’Empire byzantin s’engage dans une lutte pour subjuger l’Arménie et réussit finalement en 1045. Mais il est ensuite trop affaibli pour défendre la région contre les Turcs Seldjoukides qui, en 1064, ruinent l’Arménie et continuent d’avancer vers le reste de l’Asie Mineure. […] des milliers d’Arméniens partent en exil pour s’établir dans des régions plus prometteuses telles que la Moldavie, la Transylvanie, la Hongrie, l’Ukraine, la Pologne, Chypre, divers ports de la Méditerranée et surtout en Cilicie. Dans cette dernière région est fondé en 1137 un royaume arménien qui prolonge la souveraineté arménienne jusqu’en 1375, le Royaume arménien de Cilicie.

L’Arménie est l’alliée des croisés de Terre Sainte. Plusieurs mariages ont lieu entre princesses arméniennes et souverains francs d’Orient – par exemple le comte Baudouin de Boulogne épouse une Arménienne et devient maître du comté d’Edesse. Il y a aussi des mariages entre des princes arméniens et des princesses chypriotes. En 1190, Henri VI, empereur romain germanique, remet la couronne royale à Léon II d’Arménie. En 1199, Léon II lui rend la pareille en lui offrant lui aussi une couronne. La culture arménienne est alors très ouverte sur celle de l’Europe et des Etats latins d’Orient. En 1374, Léon VI de la Maison de Lusignan est le dernier roi arménien avant l’invasion du pays par les Mamelouks en 1375.






(18) Bari est une ville italienne, située dans les Pouilles, sur la côte adriatique.
Entre les XIIe et XIVe siècles, Bari devient le port de départ des croisades.
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:41






Les années entre 1187 et 1204 marquent un tournant dans l’histoire de l’Orient latin :

• L’arbitrage des rois de France et d’Angleterre à propos de la rivalité entre Guy de Lusignan et Conrad de Montferrat pour le trône crée un précédent qui sera réitéré par la suite : avant le roi était un souverain dont l’accession par les barons du royaume, après, il sera souvent désigné par la cour de France. Cette évolution amène l’affaiblissement du pouvoir royal devant les autres puissances du royaume, jusqu’à sa disparition vers 1240.

• La perte de  l’hinterland, conquise par Saladin, transforme les Etats latins d’Orient en Etats côtiers. Avant, la puissance était une puissance terrienne, tenue par la noblesse, après, la puissance sera commerciale, tenue par les marchands et les représentants des républiques italiennes.


• La conquête de Chypre et la création du royaume de Chypre (1) fournissent un refuge possible aux latins d’Orient et des domaines sont distribués aux nobles qui ont perdu une partie de leurs domaines palestiniens. Mais ces nobles, possédant à la fois des domaines chypriotes et palestiniens, vont le plus souvent se consacrer à ceux de Chypre, qui leur rapportent des revenus et délaisser ceux de Palestine qui les obligent à des efforts de défense, ce qui va diminuer les forces défensives du royaume de Jérusalem, et finalement un refus de la noblesse chypriote à combattre hors du royaume.

• Enfin, l’ouverture de nouvelles cibles pour les croisades (Constatinople –1204, Albigeois-1209,…) a pour effet immédiat la diminutiono du nombre de croisés qui viennent en Orient : l’empire latin de Constantinople (2) offre plus de domaines à acquérir que la Terre Sainte, et le voyage en Albigeois représente un moindre coût pour un bénéfice spirituel identique.














La quatrième croisade est appelée par le pape Innocent III en 1202. Dès le début de son pontificat, il souhaite lancer une nouvelle croisade vers les lieux saints d’inspiration purement pontificale. Il forge l’idée de « croisades politiques » qui sera reprise par ses successeurs. Il lève le premier des taxes pour financer les croisades et exprime le premier le droit à «l’exposition de  proie », c’est-à-dire le droit pour le pape d’autoriser les catholiques à s’emparer des terres de ceux qui ne réprimeraient pas l’hérésie.









la croisade est prêchée en France par le légat Pierre de Capoue (3) et le curé de Neuilly-sur-Marne, Foulques de Neuilly (4), avec beaucoup de succès auprès de la noblesse champenoise. Elle est dirigée par le marquis Boniface de Montferrat (5). Mais la IVe croisade ne prend pas le tour prévu par le pape. Les croisés traitent avec Venise. Ils louent une flotte pour 85 000 marcs (6) d’argent pour transporter 4 500 chevaliers, 9 000 écuyers et 20 000 fantassins. Les croisés, qui ne peuvent pas payer leurs voyages aux armateurs vénitiens, sont détournés par eux à Zara (7) sur la côte dalmate qu’ils prennent pour Venise. Le pape excommunie les croisés et Venise (08) mais lève très vite l’excommunication pour les croisés. Philippe de Souabe, beau-frère d’Alexis Ange, fils de l’empereur byzantin déchu Isaac II (9), promet l’aide de l’empire byzantin pour la croisade si Isaac est rétabli dans son trône. Innocent III espère tirer parti des divisions byzantines pour rétablir l’unité de l’église. Il ne s’oppose pas à une nouvelle déviation de la croisade vers Constantinople à l’instigation des Vénitiens, sous prétexte de rétablir Isaac II dans ses droits, ni à la prise de la ville par les croisés et les Vénitiens le 13 avril 1204. Enrico Dandolo (10) fait désigner Baudouin de Flandre (11) comme empereur d’Orient. Innocent III accepte le fait accompli se satisfaisant des promesses d’union des Eglises et de soutien aux Etats latins d’Orient. Mais, informé des excès des croisés, il parle le premier de détournement de la croisade et accuse les Vénitiens. Le concept de déviation est donc contemporain à la quatrième croisade.









si Innoncent III est à l’origine du dévoiement de l’idée des croisades, la responsabilité de Venise est écrasante dans la prise de Constantinople. La république utilise au mieux les circonstances pour servir ses intérêts. Depuis 1082, elle a obtenu dans l’Empire byzantin des privilèges commerciaux immenses qui  ont presque sans arrêt été renouvelés. Mais elle se sent menacée par la concurrence commerciale de Gênes et de Pise qui ont obtenu des avantages semblables, par la piraterie que l’Empire byzantin ne réprime pas et par l’hostilité de plus en plus grande des Grecs. En 1172 et 1182, des émeutes anti-latines ont abouti au massacre et à  l’expulsion de marchands italiens. Attaqué  de toute part l’Empire est en voie de désagrégation. La conquête de Constantinople permettrait aux Vénitiens de circuler dans la mer Noire qui est pour l’instant interdite aux étrangers. Les intérêts économiques de Venise la poussent à vouloir dominer Constantinople. Le doge (12) Enrico Dandolo dispose de moyens de pression considérables : les créances des croises, le « bon droit » d’Alexis IV et les immenses richesses de la vieille capitale.

En fait, l’empire vénitien sera l’établissement le plus durable de ceux issus de la quatrième croisade. A Venise, échoit un quartier entier de Constantinople, les ports de Coron (13) et de Modon au sud du Péloponnèse (14) et la Crète (15) qui fournit à partir du XIVe siècle, le bois, le blé et les denrées agricoles. Les  îles grecques où se sont installées de nombreuses familles vénitiennes restent plus ou moins dans la mouvance de la Sérénissime.

La déviation de l’idée même de croisade et le pillage de Constantinople chrétienne transforment les ordres militaires en puissances financières et, par là même, politiques.






NOTES :



(1) le royaume franc (ou latin) de Chypre est l’Etat latin d’Orient le plus récent quant à sa création, et celui qui subsista le plus longtemps (de 1192 à 1489), grâce à sa situation insulaire. Le qualificatif de « franc » vient du nom donné en Orient, aussi bien par les Grec que par les Turcs et les Arabes (Franghi), aux Occidentaux en général (en référence à l’Empire franc de Charlemagne). L’adjectif « latin » fait référence à la langue liturgique de l’Eglise catholique à laquelle appartenaient les « Francs ».







(2) L’Empire latin de Constantinople ou Empire latin d’Orient est un Etat éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à  la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des croisés latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par l’Empereur Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.






(3) Pietro Capuano, en latin Petrus Capuanus (mort à Viterbe le 30 août 1214) est un prélat italien, cardinal et philosophe scolastique, légat du pape.

Capuano est issu d’une famille noble amalfitaine. Il enseigne à l’université de Paris avant d’être créé cardinal de Capoue par Celestin III, puis employé comme légat par Innocent III. En 1197, il est envoyé comme tel en Pologne et en Bohême pour introduire la réforme ecclésiastique notamment la règle de célibat des prêtres. En 1198 il part en mission en France pour prêcher la quatrième croisade, avec le curé Foulques de Neuilly. Il est également chargé de réconcilier les rois de France et d’Angleterre et de régler l’affaire du divorce de Philippe Auguste avec Ingebruge deDanemark et de son mariage avec Agènes de Méranie.

[…]

En 1202-1204, Capuano participe comme légat à la quatrième croisade. Il s’oppose en vain au projet vénitien d’attaquer l’empire byzantin. Après la prise de Constantinople en 1204, il acquiert des reliques, dont celles de l’apôtre Saint André qu’il fait transférer à Amalfi le 8 mai 1208. Il est présent à la bataille d’Andrinople en 1205 où il enjoint les croisés qui voulaient rentrer en Occident après cette défaite à rester. Cette même année, il échoue avec son homologue le cardinal Soffrid à résoudre la crise de succession à la principauté d’Antioche entre Bohémond IV, soutenu par les Latins d’Antioche et Raymond-Roupen, soutenu par les Arméniens.






(4) Foulques de Neuilly est un prédicateur français du XIIe siècle, curé de Neuilly-sur-Marne

Nommé curé de Neuilly en 1191, il est décrit vivant come un laïc dans l’ignorance. Il se transforma soudainement et suivit les cours de Pierre le Chantre à Paris. Il se met à prêcher et devient célèbre par sa piété et son éloquence. Le pape Innocent III l’invite à prêcher la quatrième croisade en 1199. Il s’acquitta de cette mission avec zèle et tant de succès que des murmures grandirent concernant l’usage qu’il faisait des sommes d’argent importantes que drainait son activité. Il fonde à la fin du XIIe siècle l’Abbaye de Saint-Antoine-des-Champs au Faubourg Saint-Antoine à Paris, chargée de recueillir les femmes de mauvaise vie. Il mourut bientôt de ses fatigues en 1201.






(5) Boniface de Montferrat de la famille des Alérame (vers 1150 -  4 septembre 1207) (en italien Bonifacio del Monferrato) était marquis de Montferrat et roi de Thessalonique de 1205 à 1207. Il fut aussi l’un des chefs de la quatrième croisade.

Boniface est le troisième fils de Guillaume V de Montferrat et Judith de Babenberg (fille de Conrad III de Hohenstaufen), né après le retour de son père de la deuxième croisade. Boniface appartient donc à la famille des Aleramici. Il est le jeune frère de Conrad Ier de Jérusalem.

Boniface a d’abord été marié vers 1170 à Helena del Bosco. Ils ont eu trois enfants :
• Guillaume VI (1173-1225), marquis de Montferrat
• Béatrice mariée à Henry II del Carretto, marquis de Savone
• Agnès de Montferrat mariée à Henri Ier de Constantinople en 1207.
Selon Nicétas Choniatès, Boniface se marie, fin 1186- début 1187, avec Jeanne de Châtillon, fille de Renaud de Châtillon et sa première épouse la princesse Constance d’Antioche.
Certaines sources affirment qu’en 1197, Boniface épouse Eléonore, une des filles de son cousin Humbert III de Savoie. Si tel est le cas, elle est morte en 1202. Usseglio est sceptique quant à ce mariage. Il est à noter que, dans ses chansons Vaqueiras ne fait aucune allusion à cette épouse.

En 1204 à Constantinople, il se marie avec Marguerite de Hongrie, fille du roi Bela III de Hongrie, elle est la veuve de l’empereur Isaac II Ange. Ils ont un fils :
• Démétrios, né en 1205, roi de Thessalonique







(6) le marc est une ancienne unité de masse, valant huit once (a) ou une demi-livre (b). Ce terme vient du francique marka adopté par le latin médiéval marca issu du sens « marque, signe » par l’intermédiaire de celui de « lingot de métal muni d’une marque officielle ». le marc d’argent a donné son nom à diverses monnaies, dont le mark finlandais et le mark allemand
En France, dans les unités françaises prémétriques, le système de masse se disait sous l’Ancien Régime « les poids de marc » et le mark équivalait à environ 244,75 grammes actuels.

(a) L’once est une unité de masse, encore utilisée dans certains pays, dont la valeur est comprise entre 24 et 33 grammes.

(b) La livre est une unité de masse, divisée en onces, tombée en désuétude dans de nombreux pays depuis l’adoption du système métrique par ceux-ci. La livre couramment utilisée de nos jours est soit la livre anglaise qui pèse exactement 453,59237 g, soit un « demi kilogramme » (exactement 500 grammes).


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:42

(7) Zara : Zadar (Zara en italien) est une ville et une municipalité de Croatie située au nord de la Dalmatie. Elle est le chef-lieu du Comitat de Zadar.

Sur un ancien des Liburnes, la ville est transformée en colonie romaine après que ceux-ci aidèrent Octavien dans la première guerre dalmate (35-33 av.J.-C.). elle fut alors baptisée lader. Sous l’empire, la ville fut prospère, en raison du commerce du vin et de l’huile. Son toponyme (illyrient) était sans doute Hal Zara. La colonie romaine tombe lors de l’invasion des Goths, puis en 538 sous domination byzantine. La domination byzantine s’achèvera dans la 2ème moitié du XIVe siècle. Les Vénitiens détournent la quatrième croisade pour piller la ville lors de son siège en 1202. Ce sont alors les Hongrois qui, en vertu du traité de Zadar, contrôlent la ville avant qu’elle ne passe en 1409 sous la domination de Venise. Pendant quatre siècles, la ville servira à repousser l’invasion des Turcs.

[…]






(08) Venise est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 118 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliés par des ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel.

[…]

Fondée peu après 528, elle fut la capitale pendant onze siècle (697-1797) de la République de Venise. Durant le Moyen Âge et la Renaissance, la ville fut une grande puissance maritime, à l’origine de la quatrième croisade et victorieuse lors de la bataille de Lépante en 1571 contre l’empire Ottoman. Grâce à ses liens avec l’Asie et le Proche-Orient dont le marchand et explorateur Marco Polo fut l’initiateur, elle devint également l’une des principales places commerciales d’Europe, notamment de la soie, des céréales et des épices. Enfin, elle est un centre culturel majeur, du XIIIe à la fin du XVIIe sicèle, dont les peintres de l’Ecole vénitienne (dont Titien, Véronèse et Le Tintoret), Carlo Goldoni et Antonio Vivaldi sont les principaux représentants.

Son nom provient du peuple qui habitait la région avant le Xe siècle, les Veneti. Dénommée Venetiae en latin, elle est parfois surnommée la « Cité des Doges », la « Sérénissime », la « Reine de l’Adriatique », la « Cité des eaux », la « Cité des Masques », la « Cité des Ponts » ou encore la « Cité flottante. La ville est aujourd’hui célèbre pour ses canaux – notamment le Grad Canal – et ses gondoles, ses nombreuses églises, la place Saint-Marc, le palais des Doges, le Pont des Soupirs, sa biennale ainsi que son carnaval.






(9) Isaac II Ange (né en septembre 1156, mort en janvier 1204) est un empereur byzantin (1185-1195 et 1203-1204), fils d’Andronic Ange et d’Euphrosyne Kastamonides. C’est un arrière-petit-fils d’Alexis Ier Comnène.






(10) Enrico Dandolo, en latin Henricus Dandulus, (né en 1107 à Venise – mort en mai 1205 à Constantinople) fut le 41ème doge de Venise, élu en 1192.

Enrico Dandolo est élu alors qu’il est âgé de 85 ans. Il réussit cependant à obtenir d’importantes concessions pour Venise lors de la quatrième croisade dont il est l’un des acteurs majeurs. Sa politique assurera la domination de Venise sur plusieurs territoires du bassin oriental de la Méditerranée : Venise devient une grande puissance européenne et maritime. il est considéré comme l’un des plus grands doges de Venise.

Il est le fils du puissant juriste et membre de la cour ducale, vitale Dandolo, qui était un proche conseiller du doge Vital II Michele. Son oncle, également nommé Enrico Dandolo, a été patriarche de Grado, le plus haut rang religieux à Venise.
Avant d’être doge, Enrico Dandolo sera aussi ambassadeur : à Ferrare, deux fois auprès du roi Guillaume II de Sicile et en 1183 à Constantinople. Il est également avocat pour des monastères vénitiens.

Vers 1201-1202 la politique qui avait caractérisé l’Adriatique au cours des dix années précédentes s’était apaisée et le dogat de Dandolo était dans une phase déclinante. De nouveaux évènements arrivèrent à maturation qui allaient impliquer Venise et son doge.

En 1198, le pape Innocent III est élu. Il lance une croisade, la quatrième, qui aurait dû partir de Venise en 1201. Cependant lorsque les croisés arrivent dans la lagune, ils ne sont pas en mesure de payer les Vénitiens. Dandolo, fin politique, leur demande alors d’aider Venise à reconquérir Zadar en échange d’un délai de paiement. Les croisés acceptent et la flotte prend le large sous le commandement d’Enrico Dandolo.

Il fut marié à une femme du nom de Contessa, d’une famillle inconnue (peut-être Minotto).
On ne lui connait avec certitude qu’un fils, Ranier qui occupe les fonctions de vice-doge au cours de l’absence de son père à Constantinople et qui meurt en 1209 lors de la guerre contre Gênes pour le contrôle de la Crête. […]







(11) Baudouin de Flandre et de Hainaut aussi nommé Baudouin de Constantinople (°1171- †1205 ou 1206) est un comte de Flandre (Baudouin IX) de 1194 à 1205, un comte de Hainaut (Baudouin VI) de 1195 à 1205 et un empereur de Constantinople (Baudouin Ier) de 1204 à 1205.

Il est le fils de Baudouin V, comte de Hainaut, et de Marguerite d’Alsace, comtesse de Flandre.

Il avait épousé le 6 janvier 1186 Marie de Champagne (1174 - †1204), fille d’Henri Ier le Libéral, comte de Champagne et de Marie de France. il laissait deux fillettes, à la merci de leur ambitieux suzerain :

• Jeanne (1199-1200 - †1244), comtesse de Flandre et de Hainaut, mariée à :
1. en 1212 Ferrand du Portugal (1188 - †1233)
2. en 1237 Thomas II de Savoie (1199 - †1259), prince de Piémont



• Marguerite II (ca. 1202 - †1280) comtesse de Flandre et de Hainaut (1182 - †1244)

1. vers 1212 (séparés en 1221) Bouchard d’Avesnes (1182 - †1244)
2. en 1223 Guillaume II de Dampierre (0196 - †1231)







(12) Le doge était le premier magistrat de plusieurs républiques italiennes, particulièrement de Venise et Gênes. Héritier du dux, fonctionnaire byzantin au temps où Ravenne et Venise faisaient partie de l’Empire byzantin, ce fonctionnaire devenu puissant essaye de créer une succession dynastique mais doit céder la place, au temps des duchés médiévaux, à un personnage élu par ses pairs nobles. C’est la seule magistrature avec le procureur de Saint-Marc qui est viagère (dogat à vie, généralement donné à un homme d’expérience) ;

La dogaresse est la femme du doge.






(13) Coron ou Koroni est une ville de Messénie, au sud du Péloponèse. Elle appartint longtemps aux Vénitiens.

La ville est fondée durant l’Antiquité. Aux VIe et VIIe siècles, une forteresse fut érigée sur les ruines de la ville. Cette forteresse fut occupée sans interruption jusqu’à aujourd’hui. En 1206, les Vénitiens s’emparent de la ville et de la forteresse, qui constitue un bon point d’appui le long de sa route de commerce vers la Terre Sainte. Vers 1500, la ville et la forteresse sont prises par les troupes turques de Bayezid II et passent ainsi sous domination ottomane. Coron est reprise par les Vénitiens au cours de la guerre de Morée et ils la conservent jusqu’à la reconquête ottomane en 1715. […]







(14) Le Péloponnèse est une péninsule grecque […]. Elle a donné son nom à la périphérie du même nom

[…]

A partir du XIIe siècle, il est appelé Morée, mot d’étymologie incertaine, aucune des explications proposées (entre autres : forme de la péninsule qu’on comparait à une feuille de mûrier, importance de la culture de cet arbre dans la région) ne semblant convaincante. La Morée est conquise après la quatrième croisade pour les Francs de Guillaume de Champlitte et de Geoffroi Ier de Villehardouin, lequel y fonde une principauté en 1248 : la principauté d’Achaïe ou de Morée. A la mort de son fils, la principauté passe aux Angevins de Naples (1278) puis aux Navarrais (1396), en lutte contre les Byzantins. […]







(15) La Crète est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». cinquième île de la Méditerranée en superficie, elle est rattaché à la Grèce en 1913 […]

• 395-824 : la Crète fait partie de l’Empire romain d’Orient, dit byzantin
• 894-961 : la Crète appartient aux Abbassides, dynastie arabo-musulmane
• 961-1204 : reconquêtes par les Byzantins
• 1204-1696 : après la prise de Constantinople par les croisés, Candie (la Crète) devient vénitienne
• 1699 : la Crète est conquise par les Ottomans qui, comme à Chypre, y installent des populations musulmanes
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:43






La cinquième croisade est précédée de la croisade des enfants déclenchée simultanément dans la région parisienne, en Rhénanie et dans le nord de l’Italie, peu après l’émotion suscitée, à la Pentecôte 1212, par les processions ordonnées pour aider à la victoire sur les Sarrasins d’Espagne. A la suite d’une vision, le jeune berger Estienne de Cloyes-sur-le-Loir (1) rassemble des pèlerins et les mènes vers Saint-Denis pour y rencontrer le roi Philippe Auguste. A la même époque, d’autres groupes partent de Germanie et se rendent vers les ports de Gênes et de Marseille. Les chroniqueurs mentionnent  que certains réussirent à embarquer et qu’ils sont vendus comme esclaves ou bien meurent de faim pendant le voyage. Certains réussissent à gagner Rome. L’empereur Frédéric II fait pendre quelques-uns des trafiquants marseillais compromis dans l’affaire. Malgré un nom qui vient de traductions incertaines et de documents tardifs, ce mouvement affecte fort peu de véritables enfants ; les participants sont surtout de pauvres gens désireux de donner une leçon aux chrétiens plus favorisés, chez qui l’idée de croisade s’émoussait.

Dans le même temps, Innocent III (2) essaie de convaincre le sultan d’Egypte de restituer Jérusalem aux chrétiens, pour que la paix s’installe entre musulmans et chrétiens. La construction d’une forteresse musulmane sur le mont Thabor, bloquant Acre, le décide à prêcher la croisade au quatrième concile de Latran (3) en 1215. Les armées de la Hongrie, de l’Autriche, et de la Bavière s’attaquent d’abord à la forteresse du Mont-Thabor. Puis le 31 mai 1218, l’armée des croisés mouille sa flotte devant Damiette (4), port situé sur la grande branche oriental du Nil et gardant la route du Caire. Alors que la ville est assiégée, Saint François d’Assise et un de ses disciples se présentent à l’armée musulmane. Ils sont arrêtés comme espions. Ils n’ont la vie sauve que grâce au sultan d’Egypte. Après un long siège, les croisés s’emparent de Damiette le 5 novembre 1219. Après le saccage de la ville, le légat du pape Pélage Galvani (5) les persuade d’attaquer Le Caire. Harcelés sans cesse par les troupes du sultan ayyoubide Al-Kamel (6) , les croisés doivent capituler sans conditions.




[/b]





NOTES :



(1) cloyes-sur-le-Loir est une commune française située dans le département d’Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.
L’ancien prieuré bénédictin de l’abbaye de Thiron fut fondé en 1115. L’Eglise de Cloyes servit de halte aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1212, le jeune berger Estienne rassembla des jeunes (ou des pauvres) de la région pour ce que l’on appela la croisade des enfants.








(2) Lotario, de la famille des comtes de Segni, (Gavignanno, 1160 – Pérousse, 1216), élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom d’Innocent III, est considéré comme l’un des plus grands papes du Moyen Âge.

Giovanni Lotario ou Lothaire est issu par son père, Trasimond, de la puissante famille des comtes de Segni, descendants de la Gens Anicia et des comtes de Tusculum lesquels avaient donné à  l’Eglise beaucoup de papes, et par sa mère de la noblesse romaine. Il étudie la théologie d’abord à Rome puis à Paris […]

Théologien et homme d’action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la Chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu’il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d’exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzman ainsi que Saint François d’Assise et ses frères mendiants et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements, la réforme de l’Eglise, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.

C’est sous son pontificat qu’eut lieu la quatrième croisade, qui échappa au pouvoir de la papauté et se termina par le sac de Constantinople par les Croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxe et catholiques.









(3) le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent nommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l’Eglise catholique il s’est tenu au latran en 1215 sur l’initiative du pape Innocent III. Le concile Latran IV marque l’apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l’effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par les réformateurs du XIe siècle (en particulier par Grégoire VII). Pendant les trois semaine que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l’emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.









(4) Damiette est un port du gouvernorat du même nom, en Egypte, dans le delta du Nil, à environ 200  km au nord-est du Caire.

Dans l’Egypte ancienne, la cité était nommée Tamiat, mais elle perdit de l’importance durant la période grecque après la construction d’Alexandrie.

Damiette repris de l’importance durant les XIIe et XIIIe siècles dans le cadre des Croisades. En 1169 une flotte du Royaume de Jérusalem, avec des soutiens de l’Empire byzantin attaqua le port, mais fut défaite par Saladin.

Durant les préparations de la cinquième croisade en 1217, il fut décidé que Damiette serait la cible de l’attaque. Le contrôle de Damiette impliquait le contrôle du Nil, et les croisés pensaient pouvoir conquérir l’Egypte à partir de là. Après l’Egypte ils pourraient attaquer la Palestine et reprendre Jérusalem. Le port fut assiégé et occupé par les croisés de Frise en 1219, mais en 1221 les croisés furent vaincus devant Le Caire et chassés d’Egypte.

Damiette fut aussi la cible de la septième croisade, menée par Saint-Louis. Sa flotte arriva en 1249 et s’empara rapidement du fort. Il refusa de le rétrocéder au roi de Jérusalem, à qui il avait été promis durant la cinquième croisade. Après l’échec de Mansourah et la capture du roi, les croisés furent contraints de rendre la ville.

Saint-Louis donna aux remparts d’Aigues-Mortes la forme qu’avaient ceux de la ville égyptienne.
Du fait de son importance pour les croisés, le sultan Mamelouk Baybars détruisit la ville et la reconstruit quelques kilomètres plus loin avec de meilleures fortifications. Aujourd’hui un canal la relie au Nil, ce qui en fait de nouveau un port important. La ville moderne a une population d’environ 1 million d’habitants.








(5) Pélage Galvani ou Pélage d’Albano (ca.1165, Guimaraes, Portugal ou Gusindos, Leon - †1230, Mont Cassin) est un bénédictin du Portugal ou de Leon, cardinal et docteur en droit canon. Il devient en 1219 légat pontifical et chef religieux de la cinquième croisade mais son intransigeance et son fanatisme ont été la cause de l’échec de cette croisade

Il entre dans l’Ordre Bénédictin en 1178 et étudie la théologie à Paris. Le pape Innocent III le fait cardinal-diacre de Sainte-Lucie  à Septisolio en 1206 (ou en 1207). Plus tard, il est promu au rang de cardinal-prêtre de Sainte-Cécile (entre le 25 fév

En 1213, Innocent III le charge d’une mission diplomatique à Constantinople en vue d’une réconciliation entre l’Eglise Byzantine et l’Eglise Romaine. Mais l’orgueil, le fanatisme et l’intransigeance de Pélage font échouer cette mission, ainsi que le projet d’Innocent III de réunifier la chrétienté afin de faire face à l’Islam.

[…]










(6) Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn “le Parfait” (v. 1177 - † 8 mars 1238) est un vice-roi d’Egypte sous le règne de son père al-Adel puis un sultant ayyoubide d’Egypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est le fils du sultan ayyoubide Al-Adel et le neveu de Saladin.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:44





 

Lors de son couronnement à Aix-la-Chapelle en 1220, Frédéric II promet au pape de partir en croisade. Mais dans l’empire, il doit faire face à la résistance des communes  lombardes en 1225-1226 et tarde à accomplir son vœu. Entre temps, les croisés déjà arrivés en Orient, après avoir restauré quelques places fortes, commencent à repartir pour l’Occident. Or la papauté cherche à desserrer l’étau que fait peser l’empereur du Saint-Empire sur ses Etats pontificaux en éloignant l’ambitieux souverain. Frédéric et donc excommunié par Grégoire IX (1) en 1227 pour ne pas avoir  honoré sa promesse de lancer la sixième croisade. Il embarque à Brindisi (2) pour la Syrie l’année suivante alors que son excommunication n’est pas levée. Sa brève croisade se termine en négociations et par un simulacre de bataille avec le sultan Malik al-Kamel « le Parfait », avec qui des liens d’amitié s’étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa. Il récupère sans combattre les villes de Jérusalem (où le Temple restait aux musulmans), de Bethléem et de Nazareth. Il est ensuite couronné roi de Jérusalem le 18 mars 1229. Alors que Frédéric II est parti en Orient pour respecter sa promesse de se croiser, le pape lance contre lui une armée financée par une taxe sur les revenus du clergé et les reliquats des sommes prélevées pour la croisade des Albigeois (3). L’Orient latin est remis en selle pour une dizaine d’années.

En 1237, une nouvelle croisade est lancée par le pape Grégoire IX. Cette « croisade des barons » (4) est dirigée par le comte de Champagne (5), le duc de Bourgogne (6) et Richard de Cornouailles (7). Elle poursuit la tradition des négociations avec les princes musulmans, en exploitant leurs rivalités. Le comte Richard obtient la restitution d’une grande partie du royaume de Jérusalem (1239-1241), complétant ainsi l’œuvre de Frédéric II.



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NOTES :



(1) Grégoire IX, né Ugolinio de Anagni ou Hugolin d’Anagni (v.1145- 22 août 1241) -, est pape de 1127 à 1241. Successeur d’Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l’Inquisition, ainsi que par les conflits avec l’empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d’Angleterre, mais aussi avec la  population de Rome.








(2) Brindisi est une ville de la province de Brindisi dans les Pouilles en Italie.

[…]

C’est une ville importante de la côte adriatique, célèbre depuis l’Antiquité (Brundisium). Son port en branches de cerf (d’où son nom Brunda, en messapien = branches de cerf ; cf. albanais : bri = corne et dre = cert ; cf. en grec « brenteséion ») le seul vraiment protégé de la côte adriatique, en fait une porte vers l’Orient dès l’époque romaine.

[…]

Après la chute de l’Empire romain d’Occident, elle fut prise par les Ostrogoths, puis passa en 535 sous la domination de Byzance, jusqu’en 1070, avec l’arrivée des Normands. D’ici partit la sixième croisade en 1228 sous Frédéric II du Saint-Empire.









(3) La croisade des Albigeois (1208-1229) (ou croisade contre les Albigeois) est une croisade proclamée par l’Eglise catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme et dans une faible mesure le valdéisme. dès le XIIe siècle, les texte de l’époque parlent d’hérésie albigeoise sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.

Le catharisme était surtout implanté en Languedoc, lequel était dominé par deux familles, la maison de Toulouse et la maison de Trencavel. N’ayant pas réussi à s’entendre pour faire front, le comte Raymond IV de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raymond-Roger Trencavel se  prépare à se défendre contre la croisade. Une fois Béziers et Carcassonne prises et le vicomte Trencavel emprisonné, les croisés désignent l’un des leurs, Simon de Montfort, pour poursuivre la lutte (1209). Cette croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d’abord pour le compte de Simon de Montfort, puis après la mort de ce dernier( 1218) et l’échec de son fils Amaury, pour le  bénéfice de la couronne. Cela n’empêche pas la lutte contre le catharisme, d’abord sous la direction des évêques locaux, puis sous celle de l’inquisition (à partir de 1233).

Finalement, les vicomtés de Carcassonne, d’Albi et de Béziers sont annexées au domaine royal en 1226 ; le comté de Toulouse passe à Alphonse de Poitiers, un frère de Saint-Louis en 1249 et est annexé en 1271. Le Languedoc, qui se trouvait au début du XIIIe siècle dans la sphère d’influence du royaume d’Aragon est entièrement passé à la fin du siècle sous celle du roi de France. à cette époque, le catharisme est éradiqué en Languedoc, et seulement quelques cathares ont pu se réfugier en Lombardie.








(4) la croisade de 1239, aussi nommée croisade des barons, est une expédition organisée par la noblesse française à la suite de l’appel du pape Grégoire IX visant à protéger Jérusalem. Bien préparé militairement, mal préparé diplomatiquement et dirigée par le comte de Champagne qui manquait de sens politique, elle n’apporta aucun résultat aux croisés. Pour des raisons mal connues, elle n’est pas considérée comme une croisade à part entière. Elle était composée d’une imposante armée. Mais les chiffres sont approximatifs et souvent différents.








(5) comte de Champagne : Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Posthume »puis « Thibaud le Chansonnier », né le 30 maid 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de 1201 à1253 (sous le nom de Thibaud IV) et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibaud Ier).

Il était le fils de Thibauld III, comte de Champagne et de Blanche de Navarre (1177-1229). Son parrain fut Philippe Auguste, roi de France qui l’éduqua à la cour. Il fut confié aux bons soins de Blanche de Castille, épouse du prince héritier, le futur Louis VIII, […]

[…]

Vers 1220, il épousa Gertrude de Dabo (1204 - †1225), fille d’Albert Ii de Dabo-Moha, comte de Dabo, de Moha et de Metz, et veuve de Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en espérant s’approprier le comté de Metz. Après l’échec de cette tentative, il répudia Gertrude.

En 1223, il épousa en secondes noces Agnès de Beaujeue, cousine du futur Saint-Louis qui fut sa compagne de jeux à la cour de France et mourut en 1231. Elle était fille de Guichard IV, sire de Beaujeu et de Sibyllle de Hainaut, fille de Baudouin V de Haineaut. Ils eurent :

• Blanche (1223- †1283), mariée en 1236 avec Jean Ier le Roux (†1286), duc de Bretagne
En 1224, il participa aux campagnes de Louis VIII contre les Anglais, et notamment au siège de La Rochelle, puis contre les Cathares, mais quitta la croisade une fois effectués les quarante jours de service requis, au grand mécontentement du roi.
[…]

En 1232, il épousa en troisième noces Marguerite de Bourgon (1211-1256), fille d’Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et d’Alix de Forez qui lui donnera :
• Eléonore (1233- † jeune)
• Thibaut II (1238 - †1270), comté de Champagne et roi de Navarre
• Béatrice (1242 - †1295), mariée en 1258 à Hugues IV (1212 - †1272), duc de Bourgogne
• Pierre, mort en 1265
• Marguerite (†1306), mariée en 1255 à Ferry III (†1302) duc de Lorraine
• Henri Ier le Gros (1244 - †1274), comte de Champagne et roi de Navarre.

[…]

En 1239, à la suite de l’appel du pape Grégoire IX, il conduisit une croisade en Terre Sainte



(6) duc de Bourgogne : Hugues IV de Bourgogne, né le 9 mars 1213, mort à Villaines-en-Duesmois le 27 octobre ou 30 octobre 1272, duc de Bourgogne de 1218 à 1272, roi titulaire de Thessalonique (1266-1272), est le fils du duc de Bourgogne, Eudes III, et d’Alix de Vergy.

[…]

En 1238, il partit combattre en Terre Sainte dans une croisade menée par le comte Thibaut IV de Champagne et revint en 1241.

Il accompagna ensuite le roi de France Saint Louis à la septième croisade. Il dirigea l’un de deux camps de l’armée croisée au cours du siège de Mansourah, l’autre camp étant dirigé par le roi de France en personne. Il fut fait prisonnier avec son roi au cours de la retraite de Fariskur, à la suite de la trahison d’un sergent félon.

Il épouse en premières noces, en 1229, Yolande de Dreux (†1248), fille du comte de Dreux, Robert III et d’Aénor, dame de Saint-Valéry, et eut :

• Eudes (†1269), comtes de Nevers, d’Auxerre et de Tonnerre
• Jean (†1267), seigneur de Bourbon et comte de Charolais.
• Adélaïde ou Alix, dite « Aleyde de Brabant » (1233-†1273), mariée, en 1251, au duc de Brabant Henri III (†1261)
• Marguerite (†1277), mariée après 1239, date de la promesse de mariage, en premières noces au seigneur de Mont-St-Jean, Guillaume III (†1256), et en secondes noces, vers 1258-1259 au vicomte de Limoges, Gui VI (†1263). Marguerite fut régente de la vicomté de Limoges de 1263 à 1275, jusqu’au mariage de sa fille marie, l’héritière, avec Arthur II de Bretagne
• Robert II, (†1306), duc de Bourgogne

Veuf, il se remarie, en 1258, avec Béatrice de Champagne (†1295), fille de Thibaud Ier, roi de Navarre et comte de Champagne, et de Marguerite de Bourbon, et eut :

• Beatrice (1260 -†1328), mariée en 1276 à Hugues XIII, seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême (1259 - †1310)
• Hugues (1260 - †1288), seigneur de Montréal et vicomte d’Avallon
• Marguerite († après 1300) mariée vers 1280 avec Jean I de Chalon, seigneur d’Arley (1259-†1316)
• Jeanne, nonne, (†1295)
• Isabelle, (1270-†1323), mariée en premières noces à Rodolphe Ier de Habsbourg 1216-†12910), empereur romain germanique, puis avec Pierre de Chambly, seigneur de Neauphle.








(7) Richard d’Angleterre dit Richard de Cornouailles (5 janvier 1209, Winchester – 2 avril 1272, Berkhamstead), fils de Jean sans Terre, roi d’Angleterre et d’Isabelle d’Angoulême.
En 1240, il rejoint la croisade en Terre Sainte. Il y reste quelques mois et rembarque à Saint Jean d’Acre le 3 mai 1241 à destination de l’Angleterre.
[…]

En 1231, il épouse en premières noces Isabelle Marchal (1200-1240) qui lui donne :

• Jean (1232-1233)
• Isabelle (1233-1234)
• Henri (1235-1271), marié en 1269 à Constance de Moncade, comtesse de Bigorre (†1310)
• Nicolas (1240-1240)
Il se remarie en 1243 avec Sancie de Provence (1228-1261), fille de Raymond Bérenger IV, comte de Provence et de Béatrice de Savoie, avec laquelle il a :

• Richard (1246-1246)
• Edmond (1249-1300), comte de Cornouailles, marié en 1272 à Marguerite de Clare (1249-1313)

Veuf, il épouse en troisièmes noces, le 16 juin 1269, Béatrice de Falkenbourg (1253-1277), qui ne lui donne pas d’enfant.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:45





La situation reste confuse en Orient. Les Francs s’allient aux Syriens contre l’Egypte. Les Templiers attaquent l’Egypte en 1243, sont vaincus, et en 1244, les Korasmiens (1) (bandes turcomanes au service des Egyptiens) reprennent Jérusalem. Le pape Innocent IV (2) lance un nouvel appel à la croisade. Le roi de France, Louis IX, et celui de Norvège décident de prendre la croix mais seul Louis IX part accompagné de barons anglais et du prince de Morée (3). Il part d’Aigues-Mortes en France et débarque à Chypre en 1248. L’armée croisée s’empare de Damiette en 1249 et entreprend la conquête de l’Egypte. Cette campagne est un lourd échec durant lequel Louis IX est capturé avec ses hommes en 1250. Les succès de l’armée égyptienne, principalement composée des Mamelouks (4) a pour conséquence l’arrivée au pouvoir de ces derniers qui massacrent les derniers ayyoubides (5).

La captivité de Louis IX provoque la croisade des pastoureaux à l’initiative d’un certain Job, au Jacob ou Jacques, moine hongrois de l’ordre de Cîteaux qui prétend avoir reçu de la Vierge Marie une lettre affirmant que les puissants, les riches et les orgueilleux ne pourront jamais reprendre Jérusalem, mais que seuls y parviendront les pauvres, les humbles, les bergers, dont il doit être le guide. Des milliers de bergers et de paysans prennent la croix, et marchent vers Paris, armés de haches, de couteaux et de bâtons. Sur la route, les pastoureaux accusent abbés et prélats de cupidité et d’orgueil, et s’en prennent même à  la chevalerie, accusée de mépriser les pauvres et de tirer profit de la croisade. Les juifs sont molestés.  Des villes sont pillées. Il s’ensuit une féroce répression et seuls quelques rescapés parviennent jusqu’à Marseille et s’embarquent pour Acre, où ils rejoignent les croisés.

Pour être libérés, les prisonniers du sultan d’Egypte doivent verser une lourde rançon et abandonner Damiette. Louis IX séjourne ensuite plusieurs années en Terre Sainte pour mettre en état de défense les territoires conservés par les Francs. Dans le même temps, il noue des relations diplomatiques avec le successeur de Gengis Khan (6), Qubilaï (7), croyant à l’intérêt d’une alliance pouvant prendre l’Islam à revers.

Il négocie des trêves avec les princes musulmans avant de repartir pour la France en 1254. Cette conciliation est de courte durée. Les Etats latins d’Orient sont de nouveau menacés par les Egyptiens. Urbain IV (08) appelle à une huitième croisade. Les croisés partent de 1265 à 1272. Ils consacrent leurs efforts à aider les Francs d’Acre à défendre leurs dernières places. Pour Louis IX, cette huitième croisade est un pèlerinage expiatoire. Il se dirige vers Tunis car il espère convertir au christianisme l’émir hafside (9) al-Mustansir (10) et, peut-être, faire de la Tunisie une base d’attaque vers l’Egypte mamelouke qui contrôle alors la Terre Sainte. Il apparait très vite que l’émir n’a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage. En Orient, Edouard d’Angleterre parvient à amener le sultan à accorder une nouvelle trêve aux latins.

Le deuxième concile de Lyon (11), présidé par Grégoire X (12) en 1274 décide d’une nouvelle croisade. Mais les hésitations des princes et les lenteurs de la préparation font qu’elle n’a jamais eu lieu. Après la chute de Tripoli en 1289, Nicolas IV (13) proclame une autre croisade. Mais elle échoue à sauver Acre en 1291. A partir de cette date, il n’y a plus d’Etats latins en Orient. Les Latins sont ainsi privés d’une base commerciale importante.



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NOTES :


(1) les Khwarezmiens également Chorasmiens, Kharezmiens ou Korasmiens. L’ancien royaume iranien de Khwarezm, entre la mer Caspienne et la mer d’Aral, est attesté depuis l’Antiquité.

Islamisé et turquisé au Moyen Âge, il devient une puissance majeure d’Asie Centrale aux XIIe – XIIIe siècles avant d’être balayé par les Mongols gengiskkhanids en 1221.

Le shah du Kharezm et le reste de  ses armées vont vagabonder pendant des années entre l’Iran, l’Inde et le Proche-Orient. En 1244, ils s’emparent de Jérusalem, pratiquement désarmée depuis Frédéric II, et la pillent de fond en comble. Les princes ayyoubides utilisent leur concours contre les croisés, avant  de se retourner contre eux et de les détruire. Le grand raid des Kharezmiens affaibliti les Etats latins d’Orient, mais aussi les Ayyoubides, qui dépendent de plus en plus de leurs mercenaires mamelouks ?








(2) Innocent IV, né Sinibaldo de Fieschi (vers 1180/90 – 7 décembre 1254), est pape du 25 juin 1243 à sa mort. Il appartenait à l’une des principales familles de Gênes. Formé à Parme et Bologne, il passait pour l’un des meilleurs canonistes de son époque. Son pontificat est notamment marqué par la lutte contre Frédéric II dans le cadre de la longue querelle du sacerdoce et de l’Empire.







(3) La principauté d’Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202-1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région.








(4)  Les mamelouks sont les membres d’une milice formée d’esclaves, affranchis et recevant une solde à l’issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.

Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d’abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance de Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géogierns,etc.), d’Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaine du Kipchak). Au départ, la position n’est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.








(5) La dynastie musulmane des Ayyoubides ou Ayyubides est une famille arabe d’origine kurde et descendante d’Ayyoub. A l’origine ce sont des officiers des émirs Zengi puis Nur ad-Din. Ensuite, Saladin prend le pouvoir en Egypte en 1170, puis unifie la Syrie contre les Francs, avant de conquérir la plus grande partie des états latins d’Orient. Après lui, les sultans Al-Adel et Al-Kamil règnent en Egypte jusqu’en 1250, tandis que d’autres princes ayyoubides se succèdent en Syrie jusqu’en 1260 et au Yémen jusqu’en 1229.









(6) Gengis Khan, littéralement : « souverain universel », d’abord nommé Temüdjin, né vers 1155/1162 pendant le Khamag Mongol, dans ce qui correspond à l’actuelle province de Khentii en Mongolie, mort en août 1227 dans l’actuel Xian de Quingshui (Chine), est le fondateur de l’Empire mongol, le plus vaste empire continu de tous les temps.

Issu d’un chef de clan de la tribu Bordjigin, il utilise son génie politique et militaire pour rassembler plusieurs tribus nomades de l’Asie de l’Est et de l’Asie Centrale sous l’identité commune de « mongoles » ; il en devient le khan (dirigeant), puis le Tchingis Khagan (empereur ou chef suprême), avant même de se lancer à  la conquête de la Chine. A la fin de son règne, il contrôle une grande partie de l’Asie, avec, outre la Mongolie, la Chine du nord et la Sogdiane.

Après sa mort, l’empire est considérablement agrandi par ses successeurs, qui le dirigent encore pendant plus de 150 ans. Son petit-fils, Kulilaï Khan, est le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Pour les Mongols, qui le considèrent comme le père de leur nation, Gengis Khan est une figure légendaire entourée d’un grand respect. Mais, dans nombre de régions d’Asie ravagées par ses guerres ou celles de ses successeurs, il est considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire.

Il a établi des lois en faveur des femmes, pour éviter les conflits entre tribus. Ainsi, l’interdiction de kidnapper des femmes, de les vendre à des époux, et l’interdiction de l’adultère sont les principes de son empire.








(7) Kubilai Khan ou Kûbilaï Khân, né le 23 septembre 1215, mort le 18 février 1294, est un khagan mongol puis un empereur de Chine de la dynastie Yuan qu’il fonda.

Petit-fils de Gengis Khan (v.1160-1227), il nait l’année de la prise de Pékin par celui-ci. En 1260, il succéde à son frère Möngke comme grand khan des Mongols.

Il est particulièrement connu en Occident parce que c’est à sa cour que réside plusieurs années le Vénitien Marco Polo, dont le célèbre récit le Dévisement du monde décrit sous de nombreux aspects la Chine à l’époque de Kubilai.








(08) Urbain IV, né Jacques Pantaléon (Troyes, ca. 1195- Pérousse, 2 octobre 1264), est pape du 29 août 1261 à sa mort.

Il était le fils d’un savetier de Troyes.

Il est clerc à la cathédrale vers 1210, prêtre et prédicateur vers 1215, attaché à  l’évêque de Laon en 1216, docteur en théologie en 1220.

Il devient archidiacre de Laon en 1238, de Liège en 1241. Il  est évêque de Verdun de 1253 à 1255. En 1255, le pape Alexandre IV le nomme patriarche de Jérusalem.

Il est élu pape le 29 août 1261. Un mois plus tôt, le 25 juillet 1261, Michel III Paléologue a repris Constantinople aux croisés. Son chapelain est le mathématicien Campanus de Novare. En 1263 et en 1264, il négocie avec Louis IX et son frère Charles d’Anjou en vue de donner à ce dernier la couronne du royaume de Sicile, à charge pour lui de la conquérir par une expédition militaire contre Manfred de Hohenstaufen, fils bâtard de l’empereur Frédéric II.

En 1264, il instaure la Fête de l’Eglise universelle qui deviendra la Fête-Dieu. Cette fête avait déjà été célébrée à Liège sous le nom de « Saint-Sacrement » en 1246.







(9) Les Hafsides sont une dynastie d’origine berbère masmoudienne qui gouverne puis règne sur l’Ifriqiya, soit la Tunisie, le Constantinois et la Tripolitaine, entre 1207 et 1574.
Etroitement liés aux Almohades, au nom desquels ils gouvernent l’Ifriqiya à partir de 1207, les Hafsides deviennent indépendants sous Abû Zakariyâ Yahyâ en 1236 et se maintiendront au pouvoir jusqu’à l’annexion de la Tunisie par l’Empire ottoman en 1574.







(10) Abû ‘Abd Allah Muhammad al-Mustansir est le sultan hafside de Tunis entre 1249 et 1277.

Fils d’Abû Zakariyâ Yahyâ, qui établit en 1228 la capitale du royaume à Tunis puis l’étend sur le Maghreb, reconstituant ainsi l’ancien royaume des Zirides de la fin du Xe siècle, Abû ‘ Abd Allah Muhammad al-Mustansir lui succède en 1249. Il prend le titre d’ « émir des croyants » et fait de Tunis un port méditérranéen prospère et paré de nombreux monuments. Les royaumes de Tlemcen et de Fès reconnaissent alors sa suzeraineté.

[…]








(11) Le deuxième concile de Lyon est un concile catholique convoqué le 31 mars 1272, qui s’est tenu à Lyon en 1274. Il a été présidé par le pape Grégoire X, réunissant environ cinq cent évêques, soixante abbés et plus de mille prélats. La première session s’est ouverte  le 7 mai 1274, avec cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet,16 juillet et 17 juillet. Jacques Ier d’Aragon, l’ambassadeur de l’empereur Michel Paléoglogue et des membres du clergé grec et les ambassadeurs du Khan du Tatar étaient présents.

Les principaux sujets étaient :
• La conquête de la Terre Sainte
• L’union des églises d’Orient et d’Occident
• L’élection pontificale

Thomas d’Aquin avait été convoqué au concile, mais mourut en route à Fossanova, Bonaventure de bagnorea était présent aux quatre premières sessions, mais mourut à Lyon le 15 juillet.








(12) Tedaldo ou Tebaldo Visconti (1210, Plaisance – 10 janvier 1276, Arezzo), élu 184e pape le 1er décembre 1271 sous le nom de Grégoire X.






(13) Nicolas IV (Girolamo Masci) (né le 30 septembre 1227 à Ascoli Piceno et mort le 4 avril 1292 à Rome) est le 189e (191e ?) pape de l’Eglise catholique, de 1288 à 1292. Dans la prophétie de Saint Malachie, il est connu sous la devise «Picus inter escas »

Girolamo Masci est élu à la suite d’un conclave qui dura 10 mois et 19 jours (du 3 avril 1287 au 22 février 1288), ce qui en fait le quatrième plus long à avoir été tenu. Franciscain connu sous le nom de Jérôme d’Ascoli, il avait été ministre général de son Ordre. Durant son pontificat, il couronna Charles II d’Anjou en tant que roi de Sicile en 1289.

Arghoun, khan des Mongols ilkhanides gouvernant la Perse, lui écrit une demande d’alliance en 1290 contre les Mamelouks. Cela fait suite à une demande d’alliance à Philippe IV le Bel en 1289, resté sans réponse. Cette dernière lettre est aujourd’hui conservée au Vatican.
Son pontificat aura fait en tout quatre ans, un mois et demi.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:46







L’initiative de la croisade revient le plus souvent au pape, plus rarement à un souverain. Ainsi en 1267, Louis IX se croise lui-même après en avoir informé le pape. Le pape prêche lui-même la croisade ou en confie la prédication à des clercs autorisés. Au XIIe siècle, il faut souvent freiner l’ardeur des prédicateurs populaires à l’origine de nombreux excès. De la IIe à la IVe croisade, la prédication de la croisade est confiée à  l’ordre Cistercien.

Le pèlerin reçoit des privilèges spirituels et matériels constituant le statut du croisé. Lors de la première croisade, Urbain II promet à celui qui meurt en chemin ou au combat la rémission des péchés, à ceux qui accomplissent le vœu de croisade l’indulgence plénière. A partir d’Innocent III, les canonistes élaborent une doctrine cohérente de la croisade. Ils justifient ainsi la guerre sainte (1) , pourtant contraire au message évangélique, en arguant que les infidèles ont occupé la Terre consacrée par la mort du Christ et maltraité des chrétiens. La guerre de conquête et les conversions forcés sont justifiées par l’impossibilité qu’ont les missionnaires chrétiens à propager la parole de Dieu en terre musulmane. Il faut donc la conquérir pour pouvoir annoncer l’Evangile. Les canonistes fixent aussi une hiérarchie des indulgences suivant le temps  passée en Terre Sainte : deux ans pour une indulgence plénière. Avec le quatrième concile du Latran, l’indulgence plénière est étendue à ceux qui contribuent à la construction de bateaux pour la croisade alors que jusque-là seuls les combattants en bénéficiaient. C’est un appel direct aux armateurs de villes italiennes. Les décisions ont comme but d’associer toute la chrétienté à l’idéal des croisades et non pas seulement les combattants. Il suffit pour cela d’aider financièrement à l’organisation de la cinquième croisade. En proposant à tous les fidèles de participer à la croisade par la prière, le don ou le combat, le pape inaugure la spiritualisation de la croisade.

La bulle quantum praedecessores stipule que le croisé, sa famille et ses biens sont placés sous la protection de l’Eglise. Il est cependant son voyage exempté de taxes, d’aide, de péages. Le paiement de ses dettes est suspendu jusqu’à son retour.  Le pouvoir civil proteste contre cet empiétement de l’Eglise qui le prive de soldats et de revenus. D’ailleurs dès la première croisade, Urbain II précise que le vassal doit obtenir l’aval de son seigneur afin de diminuer les conflits. Après l’échec de la IIe croisade, le statut de croisé est le plus souvent attribué à  des hommes en armes.  Au XIIIe siècle, la croix est donnée à des femmes, des enfants, des vieillards qui doivent alors racheter leur vœu.









Le financement varie lui aussi avec le temps. Lors de la première croisade, les croisés doivent financer eux-mêmes leur voyage. Beaucoup gagent des terres auprès des ordres monastiques dont les propriétés foncières augmentent. Là encore, il s’agit d’une entorse au droit féodal car en théorie le fief ne peut revenir qu’au seigneur. Au cours du XIIe siècle le seigneur en vient à exiger l’aide de ses vassaux. Les rois de France lèvent des contributions en 1166, 1183 et 1185, un ou deux deniers par livre de biens pour la défense des terres franques en Orient. La dîme saladine (2) de 1188 est le véritable premier impôt levé sur les biens meubles et les revenus en France et en Angleterre.

De son côté l’Eglise passe de la collecte des dons à la taxation. C’est Innocent III qui impose pour la première fois le clergé. En 1199, il décide de prélever un quarantième des revenus de l’ensemble du clergé et un dixième pour les cardinaux, d’où le nom de décimes. Le quatrième concile de Latran, qu’il préside, décide par ailleurs de frapper les revenus ecclésiastiques d’un impôt d’un vingtième et les biens du pape et des cardinaux d’un impôt d’un dixième. La décime devient courante au XIIIe siècle. Elle entraine la création d’une administration financière spécialisée. Ce sont les légats qui en contrôlent la levée, ainsi que les autres ressources : legs, rachat de vœux, dons assortis d’une indulgence proportionnelle. Si dans l’ensemble, les sommes sont consacrées à la croisade, toutefois il y a parfois des détournements. Le reliquat de la décime versée par le clergé français pour la croisade des Albigeois est même utilisé pour mener la guerre contre Frédéric II (3). Ce « détournement » affaiblit la cause de la croisade.









Lors des deux premières croisades, les croisés empruntent la route terrestre et traversent l’Empire byzantin. L’empereur s’engage à assurer des marchés approvisionnés le long du parcours. En terre byzantine, les croisés connaissent des problèmes de change, les changeurs byzantins leur proposant des taux défavorables. Lors de la traversée de l’Anatolie, il faut  prévoir vingt jours de vivres. Mais les attaques des Turcs et le manque d’eau provoquent des pertes considérables parmi les bêtes et les hommes. De ce fait lors de la troisième croisade, deux des trois souverains choisissent la voie maritime.

La route maritime est ancienne. Dès la fin du XIe siècle, les pèlerins scandinaves et anglais gagnaient la Terre Sainte en contournant la péninsule ibérique. D’ailleurs le seul succès de la deuxième croisade a été la prise de Lisbonne par des croisés anglais et flamands. Au XIIe siècle, Gênes, Pise puis Venise commencent à ravitailler les Etats latins et ceci dès la fin de la première croisade. Les cités maritimes italiennes aident à la prise de ports. Elles transportent régulièrement des pèlerins. Lors de la IIIe croisade, Gênes s’engage à assurer le passage de six cent cinquante chevaliers, mille trois cent écuyers, autant de chevaux et le ravitaillement pour le compte de Philippe Auguste. Au XIIIe siècle, les accords entre les ports italiens et les croisés portent plutôt sur la location de bateaux.

Les croisades permettent le développement de l’activité commerciale des cités italiennes. En échange de l’aide de Gênes, les barons francs attribuent aux Génois une part de butin, un quartier ou fondouk, l’exemption des taxes dans les villes conquises. Outre au transport et au ravitaillement des Etats latins, les comptoirs servent de support aux importations en Occident des produits de luxe de l’orient comme les épices, aux exportations en Orient de draps de laine, d’armes, de bois et de fer. L’Orient devient ainsi le champ des rivalités entre Gênes et Venise. Après la quatrième croisade et la prise de Constantinople par les croisés, Gênes est exclue des terres byzantines. La cité offre donc son appui à Michel VIII Paléologue (4) qui, redevenu maitre de Constantinople, donne à ses alliés le monopole du commerce en mer Noire.

Afin d’éviter d’avoir à changer leur monnaie à un taux désavantageux, les croisés utilisent un système d’escompte. Les Templiers versent en Syrie l’argent dont Louis VII a besoin et se font rembourser à Paris. Les croisades permettent ainsi de développer les activités bancaires.








Dès l’origine de la croisade, l’expédition est une entreprise féodale réservée à la chevalerie. L’accomplissement du vœu de croix devient une étape indispensable à la formation du parfait chevalier. Dans l’imaginaire chevaleresque, le christ devient le parfait seigneur pour  lequel on peut se sacrifier. Le chevalier croisé est donc un miles christi, « chevalier du Christ ». Les chroniqueurs comparent les croisés au peuple élu qui écrit une nouvelle histoire sainte. Les prédicateurs n’hésitent pas  non plus à parler des richesses qui attendent les croisés en Terre Sainte. Ils parlent d’une terre riche et fertile qui comblera leurs espérances.

Le fait que des milliers d’hommes et de femmes se soient mis en mouvement et aient accepté de braver le danger et la souffrance pour l’amour de Dieu est la preuve que les masses humaines de la fin du XIe siècle étaient très réceptives à la promesse de l’indulgence plénière mais surtout à l’espoir que la récupération du Saint-Sépulcre serait le début d’une ère nouvelle dans l’histoire de l’Eglise et du monde. L’attente eschatologique (5) et millénariste (6) est très forte dans le peuple. Empêcher la venue de l’Antéchrist (7), hâter la parousie font partie de ses préoccupations. Ceux qui ont répondu à l’appel de la croisade, sont aussi convaincus que Dieu leur a assigné une tâche : libérer les lieux saints et purifier le monde du mal afin de préparer son retour. Les armes de la victoire sont pour ces masses, la pénitence symbolisée par la croix cousue sur le vêtement, les jeûnes, les  prières, les processions, d’où les nombreuses mortifications que s’infligent les pèlerins. Les croisades révèlent pour la première fois en Occident l’existence d’une spiritualité populaire tournée vers l’action, moyen de gagner le salut.

Dans les milieux populaires, la croisade fait appel au merveilleux. Les foules voient des signes et des prodiges manifestant la volonté divine au moment des prédications, ce qui les entrainent à partir. Des rumeurs circulent sur les croix marquées dans la chair des croisés morts ou vivants. Ces « prodiges » sont accompagnés de prophéties et entretiennent l’idée que la fin du monde approche. L’attente de la parousie (08) se colore de légendes politiques. Le roi des derniers jours prendra sa couronne sur le Golgotha (9) et sera un Franc. De même, la soumission du « roi des Grecs » est dans toutes les traditions, le prélude au retour d’un âge d’or. La foule cherche aussi à imposer l’idéal de pauvreté et de pénitence aux grands notamment lors de la première croisade. Les attentes millénaristes ont pour corollaire le fanatisme et la violence contre les juifs et les musulmans. Les millénaristes « tendent à faire table rase du groupe des autres ». Les croisades répondent ainsi à l’attente des fidèles aspirant à un salut qui semble difficile à atteindre dans la vie quotidienne.
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NOTES :





(1) Une guerre sainte est une guerre dont l’origine est la religion. Cette guerre est lancée au nom d’un Dieu ou approuvée par une autorité religieuse. Le concept apparait chez Augustin d’Hippone dans son célèbre ouvrage la Cité de Dieu contre les païens où il expose que, si les païens ne veulent pas comprendre les beautés et vérités du christianisme dès qu’on leur expose, il faudra se résoudre à leur faire la guerre, en commentant la parole de Saint Luc.
Ce terme s’applique, entre autres, aux guerres qui  ont opposé les catholiques aux protestants durant le XVIe siècle, mais aussi à toute guerre qui oppose deux religions.






(2) La dîme saladine est un impôt institué en 1188 par Henri II d’Angleterre et Philippe Auguste pour financer la troisième croisade contre le chef musulman Saladin. C’est le premier impôt véritable créé pour les croisades. Il porte sur les biens meubles et les revenus. Philippe Auguste cherche à le maintenir à son retour des croisades.

Toute la population était imposée sauf ceux qui partaient se battre. Ceux qui restaient en Europe et qui ne payaient pas l’impôt étaient punis de l’excommunication. Le clergé racheta sa part en versant 5 000 marcs d’argent.






(3) Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu’empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d’Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l’appelait « l’Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l’arabe, le normand et l’allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade – la seule croisade pacifique- et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.
Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms de Stupor Mundi (la « stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu’on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l’Empereur endormi » dans les profondeurs d’une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d’un sommeil magique dans le cratère de l’Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu’au lendemain de sa mort, son fils le futur roi Manfred Ier de  Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s’est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l’asile de la paix. »






(4) Michel VIII Paléologue est un empereur byzantin du XIIIe siècle qui règne entre 1261 et 1282.
Michel VIII est coempereur de Nicée de 1259 à 1261, puis empereur byzantin de 1291 à 1282.

[…]

Michel VIII est le fils du général Andronic Paléologue et de Théodora Doukas. Issus d’une famille illustre, descendante des Comnènes (Ange et Doukas), Michel fait partie de l’aristocratie byzantine et reçoit son éducation à la cour de Jean III Doukas Vatatzès.

[…]







(5) L’eschatologie est le discours sur la fin du monde ou la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, celle-ci est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme.

La plupart des religions monothéistes ont des doctrines qui affirment que des membres « choisis » ou « dignes » de la seule vraie foi seront « épargnés » ou « délivrés » du jugement et de la colère de Dieu à venir. Ils seront envoyés au paradis avant, pendant, ou après ce jugement, en fonction du scénario de la fin des temps qu’elles retiennent.
L’eschatologie cosmique s’occupe de la fin des temps, parfois du Jugement dernier, de la résurrection. Quant à l’eschatologie individuelle, elle traite de la vie après la mort, de la destinée de l’âme post mortem (qui prend diverses formes : séjour dans l’Hadès des Grecs ou dans le Sheol des juifs, réincarnation, etc.)/






(6) Le millénarisme, ou chiliasme (ou encore, mais de façon erronée, chialisme) est une doctrine religieuse qui soutient l’idée d’un règne terrestre du Messie, après que celui-ci aura chassé l’Antéchrist et préalablement au Jugement dernier.

Cette pensée est présente dans certains courants du judaïsme, dans l’Apocalypse de Jean, dans les écrits des Pères apostoliques et dans l’islam sunnite et chiite.

Depuis la fin du XIXe siècle on assiste à une résurgence du millénarisme à travers plusieurs communautés religieuses comme les Evangéliques, les Témoins de Jehova, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (les mormons), le mouvement rastafari ou encore certains mouvements écologistes.

Par extension de sens, des traditions similaires présente dans d’autres religions, prophétisant le retour ou la venue d’une divinité instaurant un règne souvent précédé de phénomènes extraordinaires ou des calamités, sont parfois également appelées millénarisme.
Toujours par extension, le mot peut servir à désigner dans le langage courant des types de pensée non plus religieuse mais politiques.






(7) L’ Antéchrist est une figure commune à  l’eschatologie chrétieenne et islamique, mais dans un sens différent. Elle apparait dans les épîtres de Jean et dans la deuxième épître aux Thessaloniciens de Paul de Tarse sous des formes variables mais puise ses origines dans la notion d’ « anti-messie » déjà présente dans le judaïsme.

Le terme désigne parfois un individu  - souvent monstrueux -, parfois un groupe ou un personnage collectif. Cette figure d’imposteur maléfique qui tente de se substituer à Jésus-Christ a nourri de nombreuses spéculations et interprétations dès les premiers développements du christianisme à travers la littérature patristique, qui se sont enrichis encore au fil des siècles, situant l’intervention de l’Antéchrist lors des dernières épreuves précédant la fin du monde.

Dans l’islam, diverses traditions prophétiques (hadiths) mettent en scène al-dajjâl (l’imposteur) – l’équivalent de l’Antéchrist – dont la venue est un point déterminant de l’eschatologie musulmane. Il apparait à la fin des temps et doit être éliminé par le prophète Îsâ (Jésus) lors de son retour. Les traditions sont nombreuses à ce sujet et varient selon les confessions et les commentateurs.

Nombres de personnages, de personnalités, voire d’entités, sont assimilés à l’Antéchrist au cours des siècles et jusqu’à nos jours, essentiellement dans des contextes ou épisodes eschatologiques et millénaristes.





(08) Le mot parousie est un terme biblique utilisé par les chrétiens pour désigner la seconde venue du Christ sur la Terre, la première étant sa naissance





(9) Le Golgotha ou mont du Calvaire était une colline située dans l’Antiquité à l’extérieur de Jérusalem, sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés. Il est connu pour être le lieu où Jésus a été crucifié, d’après les évangiles.

Son emplacement fait débat : au IVe siècle, sous la direction d’Hélène, la mère de l’empereur Constantin Ier, un petit monticule a été désigné comme étant le lieu de crucifixion de Jésus. C’est ce lieu qui est aujourd’hui appelé Golgotha, bien que de nombreux historiens doutent de la pertinence de cette localisation. Elle est désormais incluse dans la basilique du Saint-Sépulcre.
On lui donne d’autres noms tels que Calvaire (Calvarium en latin) ou Kraniou Topos en grec, « lieu du crâne »


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:47





Les croisades contribuent à éloigner les chrétiens des musulmans mais surtout les catholiques des orthodoxes. Après les croisades, les catholiques ne peuvent plus, durant cinq siècles, faire le pèlerinage de Jérusalem. Principalement, les croisades ont fait l’objet d’un transfert de connaissances de l’Orient vers l’Occident. Elles ont  aussi permis à l’Occident de créer des comptoirs de commerce en Orient, qui ont pris en mains une partie du commerce entre l’Europe et l’Orient, jusque-là monopole oriental. Venise a atteint son but.

L’Europe a conservé des croisades un profit économique dont les musulmans n’ont pas vu l’importance.

L’idée de croisade est « encore vivante au début des Temps modernes, sous Charles Quint et à la bataille de Lépante, et encore lors du siège de Vienne en 1683 ».








Un certain nombre d’adaptations visent à limiter l’échauffement au soleil : plusieurs auteurs signalent de nombreuses morts dues à  l’insolation. Le heaume est souvent remplacé par le chapeau de fer, le long haubert (1) par une cotte de maille plus courte, le haubergeon (2), ou par le gambison (3)(vêtement rembourré porté sous la cotte de maille, pour amortir les chocs). De même, des housses couvrent les armures et les chevaux, pour limiter l’échauffement au soleil. Les chevaux turcomans sont aussi achetés (ou volés) en grand nombre, pour remplacer les chevaux tués au combat ou morts. L’armement local, d’excellente qualité (les armuriers de Damas avaient excellente réputation), sert aussi pour remplacer les armes que les combattants européens ont perdues ou cassées. De façon plus large, l’emploi de la masse turque, qui permet de défoncer les pièces d’armure, se généralise en Europe après les croisades. Elle entraine l’abandon du heaume (4) à sommet plat, remplacé par les casques bombés, déviant les coups.

Les principales adaptations militaires sont situées toutefois dans la tactique. L’efficacité meurtrière des archers montés, qui souvent visent les chevaux des Francs, pousse à une remise en cause du combat fondé sur la recherche du choc frontal. Le recours plus fréquent à l’infanterie, protégeant les chevaux derrière de longs boucliers, et aux archers et surtout aux arbalétriers, plus puissants et précis que les archers, permet de rivaliser avec les chevaliers musulmans. Des unités d’arbalétriers (5) montés sont aussi créées, ainsi que des unités de cavalerie légère indigène, les turcopoles (6) très utiles aussi pour le renseignement.

Mais la tactique favorite, la charge massive créant la rupture de l’armée ennemie, n’est pas abandonnée, et l’armement lourd non plus. D’une part, les habitudes et les dépenses lourdes dans cet armement font qu’il était difficile de les abandonner. D’autre part, l’armement lourd assure une supériorité certaine à des combattants chrétiens le plus souvent en infériorité numérique. Enfin, en choisissant le moment du combat pour que les combattants n’attendent pas en armes sous le soleil, et pour que  le combat soit bref, les Européens ont parfois d’excellents résultats.

Pour soutenir la cause de la défense de la Terre Sainte, les premiers ordres de moine-soldats sont fondés, mêlant à l’instinct guerrier l’idéal monastique. Les premiers ordres, français et espagnols, sont constitués en communautés, ascétisme et prière purifiant l’épée destinée à défendre le pèlerin et à pourfendre le « païen », l’identifiant au glaive de l’archange Saint Michel transperçant le dragon. Au XIVe siècle, alors qu’il n’y a plus de croisades en Terre Sainte de nombreux nouveaux ordres apparaissent, toujours dotés d’un idéal de sacrifice et de pureté, toujours voués à la prière et à la mortification. Mais les mortifications sont dédiées à une dame plus souvent qu’à Dieu, fêtes et tournois prennent le pas sur la prière. Le crépuscule du Moyen Âge transforme les ordres de chevalerie en cercles aristocratiques où s’élabore un art de vivre, un langage allégorique, une imagerie littéraire ou graphique qui transpose dans l’illusion la geste chevaleresque.












bien que dirigées contre les musulmans, les croisades ont été contrires aux intérêts de l’Empire byzantin. Les troupes qui traversent l’Empire byzantin commettent d’inévitables excès de par leur taille. Il arrive ainsi que les Normands profitent des croisades pour attaquer l’Empire. Les mesures prises par les empereurs pour protéger l’Empire des croisés (surveillance des troupes latines, alliance avec les Turcs,…) entrainent une grande méfiance vis-à-vis de Byzance et un sentiment de trahison. Alexis Comnène est traité de perfide et de traitre. La propagande normande amplifie le thème de perfidie grecque qui devient un lieu commun et une explication aux échecs des croisés. Elle légitime la prise de Constantinople en 1204. Pour les Byzantins, cet événement fait définitivement des croisades un acte de piraterie dont le but religieux n’est qu’une façade.

La notion de croisade ou de guerre sainte est incompréhensible pour les Byzantins. Les guerres sont pour eux uniquement des actes politiques. L’Eglise orthodoxe est hostile à l’emploi des armes par les laïcs et encore plus par les clercs. Les Byzantins sont donc indignés de voir, parfois, des prêtres latins participer personnellement aux combats. Malgré ces différences au XIIe siècle, pour la plupart des latins, les byzantins sont des frères chrétiens. La conscience du schisme ne dépasse guère les milieux ecclésiastiques. Ce sont finalement les événements de 1024 qui creusent réellement et définitivement la séparation entre catholiques et orthodoxes. La haine du Latin devient plus forte que celle du Turc.









A la fin du XIe siècle, le djihad a perdu sa force d’attraction parmi les musulmans. L’Occident latin est entré dans une phrase de reconquête aux dépens de l’Islam. De même que les musulmans reconnaissent les communautés juive et chrétienne, les Etats chrétiens d’Orient et la Sicile accordent aux musulmans des institutions propres et une certaine liberté de culte. Aux excès des premiers croisés – un trait classique de tout assaut quels que soient les assaillants – a donc succédé une cohabitation acceptable et tout à fait comparable à la pratique musulmane.

Les musulmans de l’époque ne perçoivent pas le motif religieux de la croisade et celle-ci tient peu de place dans les ouvrages des chroniqueurs arabes mis à part ceux originaires des pays voisin des Francs comme Ibn-al-Athir (7). L’opinion publique des pays menacés ou lésés uniquement, en premier lieu  la Syrie du Nord, est réellement hostile aux croisés. De fait, les croisades n’ont pas provoqué de « contre-croisade ». Ainsi le regain d’intérêt pour la guerre sainte, le djihad, ne sert surtout qu’à rassembler la Djazira, la Syrie, l’Egypte, les Arabes et les Kurdes ainsi que d’éliminer les Chiites. En revanche, l’établissement d’un Etat militaire en Egypte dans la seconde partie du XIIIe siècle peut être considéré comme une conséquence directe des croisades. Cet Etat est très intolérant envers les dhimmis (08) (juifs et chrétiens) car il craint une alliance à revers entre eux et la puissance mongole en pleine expansion.

Les croisades n’ont pas favorisé la connaissance réciproque des deux civilisations. Des contacts plus enrichissants se sont noués en Espagne, en Sicile et à Constantinople après 1204. Comme toute propagande, celle des croisades est plutôt négative. Les musulmans sont accusés à cette occasion d’idolâtrie, d’immoralité et même de louer et justifier la violence, alors que les chrétiens eux-mêmes faisaient l’apologie de la guerre pour rassembler et recruter des chevaliers sous la bannière du Christ. Les croisades ont été l’occasion pour les chrétiens occidentaux d’être confrontés à une masse de non-chrétiens. Les disputations (9) religieuses sont rares. Les conversations religieuses vers le christianisme se sont rarement faites sous la contrainte. Le missionnaire Ricoldo loue l’hospitalité des musulmans.

Finalement, leur effet politique essentiel, et reconnu par tous, aura été de retarder de près de deux siècles la prise de Constantinople par les Turcs. Ce délai sera mis à profit par les principaux Etats européens pour se former et se consolider, confinant la poussée ottomane sur la rive sud de la Méditerranée.





NOTES :




(1) un Haubert est un type de robe masculine médiévale. Ou, du point de vue de l’armement, c’est cette même robe réalisé dans un tissu de mailles annulaire (style cotte de maille)  et destiné à la protection corporelle.  L es cottes de mailles existaient depuis l’antiquité.  Le haubert est un objet datant  du Moyen Âge.


haubert







(2)  haubergeon : petit haubert, armure de maille de
chevalier au Moyen Âge.







(3) un jaque (ou jacque, gambison, doublet armant) est un vêtement matelassé, ou multicouche, destiné à servir de protection lors d’un combat. Il peut être porté seul (jaque) ou associé à une autre défense (gambison, cotte à armer)



Gambison de combat


Gambison du XIIIe siècle





(4) le heaume est un casque de cavalerie très vieux emblématique de la chevalerie, protégeant toute la tête.




Heaume médiéval avec masque facial mobile


Ancien heaume germanique


Heaume XIIe –XIIIe siècle


Heaume de combat XIVe siècle.






(5) arbalétriers :  l’arbalète (du latin arcuballista) est une arme de jet, constitué d’un arc monté sur un fût et lançant des projectiles appelés « carreaux ».


Arbalète : Dessin de Leonard de Vinci,
aux alentours de 1500.






(6) les turcopoles, ou turcoples, étaient des combattants auxiliaires des croisés, souvent des archers, montant des chevaux arabes, équipés et habillé à la turque. En français, le mot apparait au XIIe siècle.

[…]

Ils étaient essentiellement au service des divers ordres militaires établis à Chypre, à Jérusalem, à Rhodes et autres lieux, et servaient à contrer la tactique turque de harcèlement s’appuyant sur de forces plus mobiles que les lourds chevaliers francs. Ils étaient commandé par un frère Sergent, appelé Turcopolier. Plus tard, l’ordre teutonique appela sa propre cavalerie indigène Turkopolen.

Les Turcopoles étaient des mercenaires que l’on pouvait louer le temps d’une campagne militaire. Plus typés que les combattants venant d’Occident, ils pouvaient facilement servir d’espions ou d’éclaireurs et infiltrer les camps ennemis. Outre les services qu’ils rendirent aux ordres religieux, ils furent aussi à la solde de Byzance […]







(7) Ibn-al-Athir : Abu  al-Hassan Ali’izz al-Din ibn al-Athir historient arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires ; ca.1231), considérée comme l’un des plus important livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade.






(Cool Un dhimmi est, suivant le droit musulman, un citoyen non-musulman d’un Etat musulman, lié à celui-ci par un « pacte » de protection.

Le terme dhimmi s’applique essentiellement aux « gens du Livre » (Ahl al-kitâb), qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l’acquitement d’un impôt de capitation (jizya) d’un impôt (kharâj), d’une certaine incapacité juridique et du respect de certaines obligations discriminantes édictées dans un « pacte » conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, certains droits ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et leurs biens.

Le terme dhimma désigne ce régime juridique auquel sont soumis les dhimmis et l’expression Ahl adh-dhimma désigne la communauté des dhimmis auxquels l’ensemble de  ces règles sera appliqué de façon plus ou moins stricte à travers l’histoire, selon les périodes et les lieux dans le monde arabo-musulman.






(9)  disputation : dans la scolastique médiévale, la disputatio était, avec la lectio, une des méthodes essentielles et omniprésentes d’enseignement et de recherche, ainsi qu’une technique d’examen dans les universités à partir du début du XIIIe siècle. Le terme désignera progressivement ensuite les débats sur les sujets de théologie, d’abord entre juifs et chrétiens, puis à l’époque de la Réforme.


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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:48

1. Croisade Populaire lors de la 1ère croisade

A. Contexte et prédication
B. Persécution de juifs
C. Sur la route de Constantinople
D. Civitot et le massacre


2. Croisade des enfants


3. Première croisade des pastoureaux (1251)

A. Origine
B. Naissance



4. Seconde croisade des pastoureaux (1320)

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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:49

LA CROISADE POPULAIRE


La croisade populaire est un mouvement religieux populaire qui se déroula en marge des croisades officielles. Son but était d’atteindre Jérusalem, cependant, la plupart de ces croisades populaires vont dévier de leur objectifs itinial pour se transformer en véritables massacres collectifs. La première eut lieu à la suite de l’appel aux croisades du pape Urbain II (1) en 1095. Il y eut par la suite plusieurs autres croisades populaires : la croisade des enfants en 1212, les croisades des Pastoureaux de 1251 et 1320, et une autre en 1291 qui provoque la chute de Saint Jean d’Acre.




CROISADE POPULAIRE LORS DE LA PREMIERE CROISADE




A. Contexte et prédication


Lorsque le pape Urbain II lance le 27 novembre 1095 son appel à délivrer les Lieux Saints, il escomptait une mobilisation de la classe combattante, mais n’avait pas prévu que la ferveur religieuse allait entrainer un grand nombre d’hommes et de femmes issus des couches populaires de la société sur la route de Jérusalem. Depuis plusieurs années, les paysans avaient subi plusieurs années de sécheresses et de famines, et pour certains d’entre eux, la croisade leur apparaissait comme une échappatoire à leur condition miséreuse. Plusieurs phénomènes astronomiques leur apparaissent également comme autant de signes envoyés par Dieu : chutes de météorites, aurores boréales, éclipse lunaire et apparition de comètes. Une épidémie d’intoxication par l’ergot, qui incite en général les gens à partir nombreux en pèlerinage, éclate peu avant le concile de Clermont (2) . La conviction que la fin du monde était proche a également connu un regain de popularité. La réponse à l’appel d’Urbain II a été au-delà de toute attente : Urbain escomptait tout au plus quelques milliers de chevaliers, il obtient une migration d’environ 40 000 croisés, la plupart non combattants, y compris des femmes et des enfants.

Moine charismatique et très bon orateur, Pierre l’Ermite (3), d’Amiens, est le chef spirituel du mouvement. Il est connu pour monter un âne et porter des vêtements simples. Il prêche énormément dans le nord de la France et en Flandre et prétend avoir été directement nommé par le Christ dans ce dessein (il produisait pour le prouver une prétendue lettre de la main de Dieu) et il est probable que certains de ses disciples le voyaient comme le véritable instigateur de la croisade. La croyance populaire estime que l’armée de Pierre l’Ermite est composée de paysans incultes et analphabètes prenant toute ville de taille importante se trouvant sur leur chemin pour Jérusalem, ce qui était peut-être vrai de certains d’entre eux. La longue tradition des pèlerinages à Jérusalem a cependant contribué à ce que le plus grand nombre connaissent l’emplacement et la distance de Jérusalem. Bien que la majorité de ces croisés ne soient pas entrainé ni équipés pour le combat, quelques chevaliers les accompagnent, comme le futur chroniqueur Foucher de Chartres (4) et Gautier Sans-Avoir (5). Celui-ci, comme son nom l’indique, est un pauvre chevalier sans seigneur ni vassaux, mais d’une bonne expérience guerrière.







NOTES :

(1) Eudes de Châtillon ou Odon de Lagery, né à Châtillon-sur-Marne en 1042, mort à Rome le 29 juillet 1099, 159e pape sous le nom d’Urbain II (1088-1099).
C’est un bienheureux pour l’Eglise catholique romaine, célébré le 29 juillet.

Il est à  l’origine de la première croisade en lançant, le 27 novembre 1095, l’appel de Clermont qui en sera le déclencheur.
Né dans la noblesse champenoise en 1042, dans la Marne, Eudes est élève à Reims de l’écolâtre Bruno, […]






(2) Le concile de Clermont s’est tenur en Auvergne en 1095. Le pape Urbain II l’avait convoqué pour traiter des problèmes de disciplines ecclésiastique, à la suite du concile de Plaisance qui s’était tenu six mois plus tôt, mais l’un des faits notables de ce concile est l’appel d’Urbain II à la noblesse de la chrétienté, lui demandant de lutter contre les Turcs qui menacent l’Empire byzantin et de délivrer les lieux saints occupés par les musulmans.







(3) Pierre l’Ermite (1053- † 1115) ou Pierre L’Hermite ou Pierre d’Amiens ou Pierre d’Achères est un religieux français du XIe siècle, qui prêcha la croisade après l’appel d’Urbain II au concile de Clermont et qui prit ensuite la tête d’une des principales croisades populaires de 1096. Il échappa au massacre des croisés de Civitot, rejoignit la croisade des barons, la suivit jusqu’à Jérusalem, mais disparut au moment de la prise de la ville.







(4) Foucher de Chartres (Chartres, vers 1055/1060 – Etats latins d’Orient, après 1127) est un chroniqueur médiéval.

Après avoir assisté au concile de Clermont (1095), il fut l’un des grands guides spirituels de la première croisade auprès d’Etienne de Blois. Il assista à la prise de Jérusalem par les croisés et devint en 1100 chapelain auprès du premier roi de Jérusalem, Baudouin Ier. Il est connu pour être l’auteur de l’Histoire de Jérusalem, et du Sermon de la prise de Jérusalem (vers 1127) […]







(5) Gautier Sans-Avoir, mort en 1096, est, avec Pierre l’Ermite, un des chefs de la croisade populaire, partie en avant-garde de la première croisade bien avant la mise en marche de celle des nobles et seigneurs.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 10 Avr - 12:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:50

B. Persécution de juifs


L’annonce et la prédication de la première croisade en 1095 entrainent une flambée d’antijudaïsme. Dans certaines régions de France et d’Allemagne, les juifs sont considérés comme des ennemis, à l’instar des musulmans : on les croit responsables de la crucifixion, et ils sont plus visibles que les lointains musulmans. De nombreuses personnes se demandent pourquoi parcourir des milliers de kilomètres pour combattre des non chrétiens quand il y en a près de chez eux.

Il se peut également que les croisés qui persécutent les Juifs soient animés d’intentions pécuniaires. Les communautés juives en Rhénanie sont relativement riches, en raison de leur isolement et aussi parce qu’ils ne sont pas soumis aux interdictions religieuses en ce qui concerne le prêt d’argent. Nombre de chevaliers doivent emprunter pour financer leur voyage, et comme l’Eglise catholique romaine interdit l’usure (1) , un certain nombre d’entre eux se retrouvent endettés auprès de Juifs usuriers. Les croisés se débarrassent ainsi commodément de leurs dettes sous couvert de mission religieuse.

Au total, plus de 5000 juifs sont massacrés.



C.Sur la route de Constantinople


Pierre rassemble son armée à Cologne le 12 avril 1096, prévoit d’y rester quelque temps et prêche la Croisade auprès des Allemands. Les Français ne sont cependant pas enclins à attendre Pierre et les Allemands, et quelques milliers de croisés français, sous la direction de Gautier Sans-Avoir, partent et atteignent la Hongrie le 8 mai, la traversent sans incident et arrivent au bord de la Save et de Belgrade, qui sont sur la frontière avec l’empire byzantin. Le gouverneur de Belgrade, surpris de cette arrivée et n’ayant aucune instruction sur ce qu’il convient de faire, leur refuse l’entrée de la ville. Il s’ensuit des accrochages entre les croisés et les soldats de Belgrade et, pour comble de malheur, seize hommes de Gautier sont surpris en train de voler dans le marché de Semlin, un village hongrois. Ils sont dépouillés de leurs armures et pendus. Enfin, les croisés sont autorisés à pénétrer dans le territoire byzantin jusqu’à Nis, où ils sont ravitaillés, et à continuer leur route, sous escorte, jusqu’à Constantinople.

Pierre l’Ermite et les autres croisés quittent Cologne le 20 avril. Vingt mille croisés partent avec eux, et d’autres groupes doivent les suivre. Quand ils atteignent le Danube, certains décident de descendre le fleuve par bateau, mais le plus grand nombre continue par voie de terre et entre dans le royaume de Hongrie à Ödenburg. Ils traversent le pays sans incidents et se regroupent à Semin. La vue des armes des seize compagnons de Gautier Sans Avoir, pendues sur les murs de la ville, accroit la méfiance des croisés et un différend sur le prix d’une paire de chaussures au marché dégénère en émeute au cours de laquelle les croisés prennent la ville d’assaut et tuent environ quatre mille hongrois. Pour échapper aux représailles, les croisés traversent la Save à Belgrade mais quelques escarmouches les opposent aux troupes byzantines. Les Belgradois ont fui leur ville que les croisés pillent et incendient. Ils marchent pendant sept jours et arrivent à Nis le 3 juillet. Le commandant de la ville leur promet des vivres et une escorte jusqu’à Constantinople, s’ils laissent la ville. Pierre accepte mais quelques Allemands ne faisant pas partie de l’armée de Pierre se prennent de querelle avec les habitants le long de la route et incendient un moulin. La ville de Nis envoie alors sa garnison contre les croisés, lesquels sont écrasés, et nombre d’entre eux (environ un quart) sont tués. Les survivants atteignent Sofia le 12 juillet et sont conduits sous escorte vers Constantinople, qu’ils atteignent le 1er août.

L’empereur Alexis Ier Comnène, ne sait pas trop quoi faire de cet exode d’une ampleur inhabituelle. Il les ravitaille et leur conseille d’attendre l’armée des barons à proximité de la ville, mais les croisés commencent à piller les faubourgs de la ville. Alexis, inquiet pour la sécurité de Constantinople, organise la traversée du Bosphore par les croisés, laquelle commence le 7 août, et leur assigne comme lieu de séjour le camp de Civitot (2).


D. Civitot et le massacre


30 000 croisés se retrouvent à Civitot. Les premiers arrivants sont les compagnons de Pierre l’Ermite, rejoints par les croisés de Gautier Sans-Avoir et un certain nombre de croisés italiens et allemands. La plupart des croisés ne sont pas enclins à la prudence et à la patience et font route vers Nicomédie (3), en territoire turc. Là une querelle oppose les Allemands et les Italiens aux Français. Les premiers choisissent pour chef un Italien du nom de Renaud, et les français choisissent Godefroy Burel. Pierre l’Ermite a totalement perdu son influence sur les croisés.

Malgré les conseils d’Alexis, les croisés attaquent les villes turques. Renaud, à la tête de six mille allemands et italiens prend la forteresse de Xerigordon et l’utilise comme bas pour piller les environs de Nicée. En représailles, le sultan Seldjoukide (4) Kiliç Arslan Ier (5) envoie une armée qui coupe les points d’eau approvisionnant Xerigordon, assiège la citadelle puis la prend d’assaut. Les croisés n’ont comme choix que la mort ou la conversion à l’Islam.

Kiliç Arslan envoie ensuite des espions à Civitot qui font courir le bruit que Renaud et ses croisés ont pris Nicée. Pierre l’Ermite était alors à Constantinople pour ramener des vivres au camp et la plupart des chefs demandent à attendre son retour, mais la plupart des croisés, enthousiasmés par la victoire et aussi par la perspective du pillage, et soutenus par Godefroy Burel, veulent y aller immédiatement. Le 21 octobre, vingt-cinq mille croisés prennent la route de Nicée, laissant quelques femmes, enfants, vieillards et malades à Civitot.

A trois miles du camp, à un endroit où la route est resserrée, l’armée turque attend en embuscade les croisés, qui sont pour la plupart massacrés. Les garçons et les filles les plus jeunes sont épargnés pour être réduits et vendus en esclavage. Seuls trois mille croisés, conduits par Godefroy Burel, s’enfuient et reviennent à Civitot, qui est assiégée par les Turcs. Mais les Byantins réussissentà évacuer les croisés rescapés par bateaux.







NOTES :





(1) L’usure est un terme financier qui désigne les prêts abusifs assortis de taux d’intérêt trop élevés. Au Moyen Âge, elle est quasi-synonyme de prêt à intérêt tout court.







(2) Civitot est le nom d’un camp à proximité de Nicée où s’installa la croisade populaire de Pierre l’Ermite, peu après son arrivé à Constantinople en 1096.






(3) Nicomédie est une ville d’Asie Mineure, capitale du royaume de Bithynie. Elle est appelée Izmit aujourd’hui. Hannibal s’y donna la mort en 183 av.J.-C. et l’historient Arrien y naquit vers 90 ap.J.-C. Elle fut la capitale des empereurs Dioclétien et Constantin.

[…]

La perte graduelle de contrôle de l’Asie Mineure à la fin du XIe siècle renforce le rôle stratégique de Nicomédie, qui devient la principale base des campagnes d’Alexis Ier Comnène pour défendre la côte asiatique contre les Turcs. Ces derniers, qui étaient déjà brièvement entrés à Nicomédie comme alliés de Nicéphore III Botaniatès en 1078, s’en emparent en 1087, mais la perdent dès 1090. La ville sert régulièrement dans les décennies suivantes d’étapes aux croisés, notamment en 1096-1097 et 1147

[…]






(4) Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestant vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran comprenant l’Irak actuel, ainsi que sur l’Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.






(5) Kiliç Arslan, Kilitich-Arslan ou Kilij Arslan est un sultan Seldjoukide de Roum (1092-1107). Il est le fils et successeur de Süleyman Ier (1074-1086).

Après la mort au combat de son père à Alep en 1086, il est capturé par le vainqueur Tutuch, fondateur de la dynastie seldjoukide de Syrie. Le sultanat de Rum est alors confié au régent Abû’l-Qasim. Tutuch marche sur l’Anatolie afin de l’émiminer. Les Byzantins l’obligent à se retirer, sauvant du désastre les seldjoukides de Roum.

[…]

Il a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099). Il anéantit la croisade populaire de Pierre l’Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096). Croyant le danger écarté, il se retourne alors contre ses ennemis turcs à l’Est.

[…]
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MessageSujet: Re: LES CROISADES : GENERALITES   Dim 10 Avr - 12:57

PREMIERE CROISADE DES PASTOUREAUX (1251)



A. Origine

La 1re croisade des pastoureaux naît à la suite de la défaite de Louis IX de France à Mansourah le 5 avril 1250 qui vit la mort de Robert d'Artois frère du roi et la capture du souverain capétien. La connaissance de l'événement se répandit en Europe du Nord entre l'été et l'automne 1250. Dans une lettre-circulaire de Louis IX de France adressée à toute la chrétienté le jour de sa libération le 6 mai 1250, celui-ci appelle tous les chrétiens à la croisade en guise de revanche contre les Infidèles en se préparant, s'armant et en marchant vers Jérusalem ; il confie le soin aux prélats de répandre son message et de faire des prières pour assurer le succès de cette entreprise. Les prédicateurs franciscains et dominicains s'en chargèrent.

B. Naissance

À la suite de ce message, des campagnards pauvres se mirent en mouvement lors de la Semaine Sainte, d'où le nom de croisade des "pastoureaux", terme qui signifie à l'origine "bergers".
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