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 PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES

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Lanaelle
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MessageSujet: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 11:54







Jacques de Molay
Hugues de Pairaud
Geoffroy de charnay
Olivier de Penne
Geoffroy de Gonneville
Bertrand de Sartigues
Exemen de Lenda
Philippe de Naplouse
Guillaume de Beaujeu






Philippe IV le Bel
Guilllaume de Nogaret
Guillaume de Plaisians
Enguerrand de Marigny
Pierre de Bologne
Raoul de Presles
Edouard II d’Angleterre
Jacques II d’Aragon
Ferdinand IV de Castille
Denis Ier de Portugal
Jacques II de Majorque
Charles II d’Anjou
Hugues II de Chypre
Amaury II de Chypre
Balian d’Ibelin
Philippe d’Ibelin
Charles de Valois
Louis d’Evreux
Alphonse XI de Castille
Sanche de Majorque






Guillaume Humbert
Clement V
Bérenger Frédol
Etienne de Suisy
Benoit XI
Esquieu de Floyran
Arnaud de Faugères
Gilles de Rome
Gilles Ier Aycelin
Guillaume IV Durand
Raynaud de La Porte
Landolfo Brabcaccio
Jean de Savigny
Philippe de Marigny
Guillaume Bonnet
Pierre d’Aspelt
Jacques Duèze
Guillaume Le Maire
Leandro Patrasso
Nicolas Caignet de Fréauville
Arnaud d’Aux
Arnaud Novel





Considerantes dudum
Ad fructus uberes
Omne datum optimum
Unam sanctam
Super patri solo
Pastoralis praeminentae
Subit assidu
Facius misericordium
Regnans in coelis
Faciens misericordium
Vox in excelsio
Ad providam
Considerantes datum


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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 12:37



Jacques de Molay


Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 et mort le18 mars 1314, fut le 23e et dernier maître de l'ordre du Temple.

Après avoir combattu en Terre sainte, il est élu à la tête de l’ordre en 1292. À cette date, l'ordre est en crise après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latins d'Orient et de Saint-Jean-d'Acre en mai 1291. La défense de ces lieux étant la raison d'être des Templiers, leur réputation est affaiblie. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l'ordre en Orient et en Occident, à préparer la reconquête des lieux saints et à nouer des alliances solides en Europe.

C'est dans cette dernière tâche qu'il échoue. En 1307 il est arrêté à Paris sur ordre de Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d'hérésie et de pratiques obscènes. Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiennent pas. À la suite d'un procès peu équitable, Jacques de Molay est exécuté en mars 1314 sur unbûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris.

La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour de la malédiction qu'il aurait lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque historique Les Rois maudits de Maurice Druon en 1955.



Avant  l’accession à la maitrise

• Jeunesse
• Reception dans l’ordre du temple
• Départ pour l’Orient

Le maitre de l’ordre du Temple

• Election et gouvernement
• Diplomatie et gestion de l’ordre
• L’activité militaire


La chute

• L’arrestation
• Les interrogatoires et le dernier combat
• Le procès et l’exécutioni


Légendes

• La malédiction


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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 12:45

Avant l’accession à la maitrise


• Jeunesse

Jacques est né à Molay dans la Haute-Saône, dans l'actuel canton de Vitrey-sur-Mance, à la limite de la Haute-Marne, en Franche-Comté. La date exacte de sa naissance reste inconnue, se situant vraisemblablement entre 1244 et 1249. Il est le fils aîné d'une famille de petite ou moyenne noblesse. Cette famille, sa jeunesse, son parcours jusqu'à sa réception dans le Temple sont mal connus.


Blason famille de Molay



• Reception dans l’ordre du temple

Il est reçu dans l'ordre en 1265 à la commanderie de Beaune par Humbert de Pairaud, qui occupe le poste de « Visiteur de France et d'Angleterre », et en présence d'Amaury de La Roche, maître en France et ami du roi de France Louis IX. Comme le veut la règle, l'aspirant est reçu devant l'ensemble des frères présents, on lui fait lecture de ses devoirs et de ses vœux, puis on lui remet le manteau de l'ordre. Quarante-deux ans plus tard, lors de son procès, il va devoir répondre de l'accusation d'avoir participé à cette occasion à un rituel initiatique scandaleux.



Chapelle de la commanderie de Beaune
où Jacques de Molay a été ordonné



• Départ pour l’Orient



Aucun document n'a été retrouvé permettant de connaître les premières années de Jacques au sein de l'ordre, ni sa carrière, ni les lieux où il a résidé. Pour l'historienne Barbara Frale, il était probablement un proche du grand maître Guillaume de Beaujeu, une hypothèse que l'historien Alain Demurger ne suit pas car on manquerait de documents pour l'attester. Quoi qu'il en soit, Jacques devient templier au moment où la Terre sainte et les positions de l'ordre sont menacées par les Mamelouks. Il est donc rapidement envoyé en Orient en tant que chevalier, combattant, entre 1266 et 1271 au plus tard.

En 1291, les Mamelouks mènent une offensive décisive contre les Francs en Terre sainte. Après un siège de deux mois, Saint-Jean-d'Acre tombe et le grand maître Guillaume de Beaujeu, qui défend la ville en personne, est blessé mortellement. Les dernières positions franques sont évacuées ou prises dans les mois qui suivent. Les Templiers comme les autres s'enfuient vers Chypre, royaume franc où l'ordre est solidement implanté. Jacques de Molay participe à ces derniers combats et à l'évacuation vers Chypre.



Le maitre de l’ordre du Temple

• Election et gouvernement

Après la mort de Guillaume de Beaujeu, Thibaud Gaudin est élu à la tête de l'ordre. Sa mort précoce au début de l'année 1292 oblige les Templiers à une nouvelle élection. L'ordre procède donc comme le veut leur règle à la réunion d'un chapitre à Chypre. Un collège de treize électeurs doit proposer des noms de frères capables d'assumer la fonction. Celle-ci est disputée par Hugues de Pairaud et Jacques de Molay. Ce dernier est élu en avril 1292 grâce au soutien des Comtois et des Bourguignons, assez nombreux sur l'île à cette date.



Armoiries du Maitre Jacques de Molay

Comme de nombreux frères et dirigeants sont morts lors de la perte de la Terre sainte, Jacques procède à de nombreuses nominations avec l'accord du chapitre : Baudouin de Landrin est nommé maréchal, Berenguer de Saint-Just commandeur de la terre, Guillaume de la Tour turcopolier, Raymond de Barber sous-maréchal, Marin de Lou trésorier et d'autres postes de moindre importance. De nombreux Bourguignons et Aragonais sont promus, ce qui donne une indication sur les inclinaisons politiques du nouveau grand maître.

• Diplomatie et gestion de l’ordre

En 1293, le grand maître se rend en Europe pour régler à la fois des questions diplomatiques et des affaires internes à l'ordre. Il débarque à Marseille et réunit un chapitre général à Montpellier. Il durcit un peu la règle de l'ordre afin de renforcer la discipline et la réputation des frères et rappelle l'obligation de charité et d'hospitalité des commanderies. Il se rend ensuite en Aragon pour mettre fin à un différend patrimonial entre Jacques II et les templiers locaux. Ce conflit est réglé avec succès et l'alliance avec la couronne aragonaise confirmée. Il se rend également en Angleterre pour négocier avec Édouard Ier l'annulation de lourdes amendes infligées au maître du Temple dans ce royaume. Il se rend ensuite à Rome où Boniface VIII, suzerain de l'ordre, vient d'être élu pape. Pour se le concilier, il offre des cadeaux à ses proches. Boniface se montre favorable à Jacques de Molay et fulmine plusieurs bulles réaffirmant l'immunité et les privilèges des frères en chrétienté. Début 1296, il réunit un chapitre général à Arles avec les maîtres des différentes provinces de l'ordre pour entériner ces décisions.


En parallèle à la gestion des affaires de l'ordre, il multiplie les rencontres pour obtenir de l'aide en vue de la reconquête de la Terre sainte. Il obtient du royaume de Naples, de l'Aragon et de l'Angleterre le droit, pour les domaines templiers, d'exporter librement vers Chypre les vivres, les armes, les chevaux et l'argent.


À l'automne 1296, après une tournée de trois années, il rentre à Chypre, siège de l'ordre. Il doit contenir les ambitions du roi Henri II d'amoindrir les privilèges et les possessions des templiers sur l'île. Ils y sont en effet solidement implantés au point de susciter crainte et convoitise chez Henri : cinq commanderies et quatre châteaux forts auxquels sont rattachés une cinquantaine de domaines ou de villages. Ils y recèlent de nombreuses armes et des tonnes de vivres. En plus de la production agricole, l'ordre pratique le commerce et le négoce, affrète des caraques pour exporter du coton ou du sucre. Il prête de l'argent, se porte garant, aide des familles à récupérer des otages. Le Temple respecte en revanche sa règle de ne jamais commercer avec les musulmans et tente de pourchasser les chrétiens qui s'y adonnent. Le grand maître poursuit le recrutement et le transfert de templiers pour Chypre dans toutes les provinces de l'ordre, avec une préférence notable pour la Bourgogne, sa terre natale, et la couronne d'Aragon, son allié. Le but de ces augmentations d'effectifs est évidemment la reconquête de la Terre sainte.


Les jugements des historiens actuels sur la gestion du grand maître sont contrastés. Jonathan Riley-Smith et Anthony Luttrell pensent que l'ordre était dans une situation catastrophique et que Jacques de Molay s'avéra incompétent. Alain Demurger affirme que ces assertions sont basées sur les aveux extorqués aux Templiers et donc douteuses ; pour lui le grand maître s'est avéré un bon diplomate, un chef et un gestionnaire capable.

• L’activité militaire

La priorité du nouveau grand maître est religieuse et militaire, pour l'historien Alain Demurger : « il croit à la croisade, à la reconquête de Jérusalem […] la croisade n'est pas en 1300 un idéal mort. Jérusalem n'est pas un objectif de doux rêveur, Jacques de Molay en a une expérience pratique ».


Il doit également se consacrer de toute urgence à la protection des États chrétiens subsistants : Chypre et l'Arménie. Ces deux royaumes sont sous la menace d'une attaque mamelouk. En 1298, le château de Roche-Guillaume, situé en Arménie mais défendu par les Templiers est pris par les Mamelouks. Jacques de Molay et le grand maître des Hospitaliers Guillaume de Villaret se rendent en Arménie pour défendre le royaume.


À cette date, le rapport de forces entre chrétiens et Mamelouks penche nettement en faveur de ces derniers qui ne cessent de progresser. Les chrétiens peuvent cependant compter sur les Mongols de Perse dirigés par Mahmud Ghazan Khan dont l'expansionnisme les pousse à convoiter les terres mameloukes. Le khan envoie un ambassadeur à Nicosie en 1300 pour nouer une alliance. Le roi de Chypre, le roi d'Arménie et Jacques de Molay décident de l'escorter jusqu'au pape pour appuyer l'idée d'une alliance.


En attendant les résultats de cette initiative diplomatique, Henri II, Guillaume de Villaret et Jacques de Molay lèvent une flotte en vue d'un raid sur l’Égypte. Les chrétiens, à bord de seize galères et d'une dizaine de petits navires, sont accompagnés d'un émissaire mongol. En juillet 1300, ils pillent Rosette et Alexandrie avant de regagner Chypre. Le butin est considérable et les chrétiens ont envoyé un signe fort à Mahmud Ghazan, démontrant leur détermination à engager le combat projeté. Le chef mongol leur envoie par la suite un message pour les prévenir qu'il a l'intention de lancer bientôt sa campagne et les invite à débarquer en Arménie pour organiser une offensive commune.


Le roi de Chypre envoie une armée en Arménie accompagnée de 300 chevaliers des deux ordres dirigés par les grands maîtres en personne. Ils prennent d'assaut l'île d'Arouad, proche de la côte syrienne, avec pour objectif de la transformer en base pour leurs futures opérations. Ils prennent ensuite la cité portuaire de Tortose, pillent la région, capturent de nombreux musulmans qu'ils revendent comme esclaves en Arménie en attendant l'arrivée des Mongols. Cependant, Mahmud Ghazan tombe malade et renonce à sa campagne. Les chrétiens décident dès lors de rentrer à Chypre mais Jacques de Molay laisse une garnison templière à Arouad avec l'espoir de relancer une offensive l'année suivante. À partir de l'île, il organise de nombreux raids sur les terres musulmanes. Enseptembre 1302, l'île est pourtant reprise par les Mamelouks, qui exécutent la plupart des templiers présents sur place.


La chute

• L’arrestation


Fin 1306, le pape Clément V, alors installé en France, convoque les grands maîtres pour organiser avec eux la prochaine croisade et leur faire part de son projet d'unir les deux ordres. Jacques de Molay présente un plan ambitieux issu de son expérience : pour lui, il est inutile d'envoyer des petites armées guerroyer contre les musulmans de même qu'il est inutile de prendre appui sur l'Arménie qui est un royaume trop faible. Il suggère le départ en croisade de l'ensemble des souverains d'occident sous la direction papale, avec une armée d'au moins 20 000 hommes, les républiques italiennes fournissant le transport. Il cherche aussi à faire condamner par le pape le commerce que pratiquent les Italiens avec les musulmans. Concernant l'union des ordres, Jacques de Molay rejette toute idée de fusion.
Peu après son arrivée, le grand maître reçoit des nouvelles inquiétantes : le roi de France Philippe le Bel serait en train d'accumuler des charges contre son ordre, d'anciens templiers témoigneraient de manquements à la charité (richesse et avarice de l'ordre), de comportements dépravés et, beaucoup plus grave, de pratiques hérétiques. De Molay n'apprécie pas Philippe, responsable de la mort de Boniface VIII lors de l'attentat d'Anagni. C'est de plus un ennemi de l'Aragon, principal allié des templiers, et enfin un roi agressif qui cherche à contrôler l’Église — avec succès, puisqu'il contraint Clément à s'installer dans son royaume — et les ordres religieux afin de mettre la main sur leur patrimoine lorsque l'occasion s'en présente. En outre, Philippe le Bel a emprunté des sommes importantes auprès du Temple et ne règle pas ses dettes.

Pour couper court aux rumeurs et à l'enquête des Français, Jacques de Molay demande une enquête pontificale à Clément V. Ce dernier la lui accorde le 24 août 1307. Philippe le Bel n'attend pas les résultats de l'enquête et hâte l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix. Il dépêche des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur ordonnant de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. L'ordre est également donné de ne rien divulguer de cette opération avant le jour prévu. Le but est clair, il s'agit de profiter du fait que les templiers sont disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter qu'alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ils ne se regroupent et ne deviennent alors difficiles à arrêter.

Jacques de Molay ne semble pas prendre trop aux sérieux les menaces françaises. L'enquête menée par Guillaume de Nogaret n'ayant recueilli que des témoignages provenant de templiers chassés de l'ordre à cause de leur mauvaise conduite, il considère que leur parole est de peu de poids. Le12 octobre 1307, Jacques de Molay se rend à Paris pour assister aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois, frère du roi. Il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Le lendemain, le vendredi 13 octobre, le piège se referme comme prévu et Jacques de Molay et sa suite sont arrêtés, les biens du Temple saisis.

Le nombre des personnes arrêtées est difficile à préciser, car les documents ne les recensent pas avec précision. Les procès-verbaux des interrogatoires de la fin octobre indiquent 138 membres de l'ordre arrêtés à Paris, ainsi que 94 en province. La commission pontificale de 1310-1311 interroge quelque 231 templiers, et on en compte 546 détenus dans une trentaine de lieux en 1310.

Dès qu'il apprend la nouvelle de l'arrestation des templiers, Clément V se précipite à Poitiers afin de commander la tenue d'un consistoire. L'objectif est de mettre en place un tribunal où le pape et ses cardinaux pourront entendre les plaintes et les accusations. Hugues de Pairaud, maître de France, se rendant à ce tribunal pour témoigner en compagnie de seize ou dix-sept frères de l'ordre, est pourtant arrêté et emmené à Loches. Le consistoire dure plusieurs jours et le pape décide finalement de s'opposer au roi40. Il écrit d'ailleurs à Philippe le Bel le 27 octobre 1307 pour signifier son indignation devant l'arrestation des templiers et le mépris dont le roi a fait preuve en agissant de la sorte41. Il s'agit d'une atteinte directe aux prérogatives papales et Clément V en est parfaitement conscient : l'initiative de l'enquête a certes été prise au nom de l'Inquisition, par l'entremise de Guillaume Humbert, mais elle a été commandée par un prince séculier et non par le pape. De fait, le combat que ce dernier commence à mener pour la défense de l'ordre a aussi pour but la sauvegarde de l'indépendance et de l'autorité du Saint-Siège.


• Les interrogatoires et le dernier combat

Dans toute la France, des inquisiteurs interrogent et torturent plus de 138 templiers. Philippe triomphe, car nombreux sont ceux qui passent aux aveux et ils sont extrêmement graves : reniement du Christ, crachats sur la croix et baisers obscènes lors de l'intronisation, sodomie entre frères, idolâtrie. Jacques de Molay avoue lui aussi une partie des crimes : reniement et crachat lors de son admission en 1265. Les aveux du grand maître sont rendus publics et portent un coup décisif à la réputation du Temple. Les rois d'Angleterre et d'Aragon, au départ hostiles à Philippe, changent d'avis après ces révélations. Le pape, qui veut reprendre la main, leur ordonne de procéder à l'arrestation des frères présents dans leurs États. En Aragon et à Chypre, les templiers refusent de se soumettre et prennent les armes.

Cependant, Clément V considère avec méfiance la fiabilité de ces aveux et il envoie deux cardinaux Béranger Frédol et Étienne de Suisy interroger directement Jacques de Molay. Philippe refuse et le pape doit le menacer d'excommunication pour qu'il finisse par céder. Le 27 décembre 1307, les cardinaux accèdent enfin au grand maître : celui-ci leur affirme que les aveux lui ont été extorqués, clame son innocence et leur remet un document dans lequel il enjoint tous les templiers qui ont avoué à se rétracter. Le pape décide de suspendre la procédure royale mais le roi garde emprisonnés les templiers, au moins 178 à cette date.

Jacques de Molay reste aux mains du roi, à Chinon. En août 1308, les cardinaux l'interrogent de nouveau et selon le procès-verbal il change encore de discours : il revient à ses premiers aveux. Les cardinaux l'absolvent et le réintègrent dans l'unité de l'Église. Ayant été pardonné, de Molay est désormais lié à ses aveux, en cas de nouvelle rétractation, il risque désormais le bûcher pour relaps.

Un an plus tard, le 26 novembre 1309, il comparaît devant la commission pontificale chargée d'enquêter sur les templiers, en présence de Guillaume de Nogaret. Jacques de Molay tente à nouveau de se défendre, il se plaint de ne pas posséder les moyens nécessaires. Les commissaires lui rappellent qu'il est accusé d'hérésie et lui font lecture de ses aveux à Chinon. De Molay marque sa surprise à cette lecture, affirme qu'il ne peut parler devant eux et ajoute « il faudrait réserver à de tels pervers le sort que leur réservaient les Sarrasins et les Tartares : eux ils tranchent la tête aux pervers ». Lors d'une nouvelle comparution deux jours plus tard, le grand maître déclare qu'il ne peut se défendre seul face à ses adversaires, se disant « pauvre chevalier illettré », il ne connaît pas le latin et n'a pas les moyens d'acheter de l'aide. Il déclare que l'ordre possède les plus beaux lieux de culte, qu'aucune autre institution n'a versé autant de sang pour la défense du Christ. Il refuse de parler davantage devant les commissionnaires et réclame d'être conduit directement au pape, le seul à pouvoir l'interroger. Mais il n'est jamais amené devant le pape et n'est plus interrogé.

Les différents retournements de Jacques de Molay ne trouvent pas d'explication évidente. Il n'est pas prouvé qu'il ait été torturé mais plusieurs lettres contemporaines l'affirment et cela pourrait expliquer ces revirements49. L'erreur du grand maître a sans doute été de se reposer entièrement surClément V. Ce dernier a bien tenté de le défendre dans un premier temps, mais il finit par préférer un compromis avec le puissant roi de France, au détriment des templiers.


• Le procès et l’exécution


En décembre 1313, le pape nomme une nouvelle commission de trois cardinaux pour juger Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, maître de France, Geoffroy de Gonneville, maître d’Aquitaine et de Poitou, et Geoffroy de Charnay, maître de Normandie. En mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux et clament leur innocence et celle du Temple. En conséquence, les juges condamnent Pairaud et Gonneville à la prison à vie, Molay et Charnay au bûcher, condamnés comme relaps pour être retombés dans leurs erreurs. Philippe les livre aux flammes le jour même, sur l'île aux Juifs. Geoffroi de Paris, clerc royal et présent lors du bûcher, rapporte l'attitude et les dernières paroles du grand maître :

« Le maître, qui vit le feu prêt, s'est dépouillé immédiatement sans peur, et se mit tout nu en sa chemise. Il ne trembla à aucun moment, bien qu'on le tire et bouscule. Ils l'ont pris pour le lier au poteau, et lui, souriant et joyeux, se laisse faire. Ils lui attachent les mains, mais il leur dit : « Seigneurs au moins, laissez-moi joindre un peu mes mains, et vers Dieu faire oraison, Car c'en est le temps et la saison. Je vois ici mon jugement, où mourir me convient librement. Dieu sait qui a tort et a péché, le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir. En cette foi je veux mourir. Voici ma foi, et je vous prie, que devers la Vierge Marie, dont notre Seigneur le Christ fut né, mon visage vous tournerez ». On lui a accordé sa requête. Et la mort le prit si doucement que chacun s'en émerveilla »
— Geoffroi de Paris, Chronique métrique de Philippe le Bel.


Geoffroy de Charnay monte sur le bûcher après lui et prend la parole pour faire l'éloge du grand maître, mort en martyr. Un autre chroniqueur, un Florentin affirmant tenir ses informations d'un parent témoin de la scène, rapporte que les ossements des morts sont recueillis dans la nuit par des religieux et mis à l'abri dans des lieux saints.


Légendes


• La malédiction

Dès le XIVe siècle, le destin tragique de Jacques de Molay inspire des auteurs. Boccace parle de lui dans son De casibus virorum illustrium (Des cas d'hommes illustres) comme parfait exemple d'homme modeste que la Fortune a porté au sommet et dont la chute fut d'autant plus spectaculaire. Cependant, c'est souvent la fin des Templiers et de l'ordre qui marque la littérature et en particulier le bûcher spectaculaire du 11 mai 1310 durant lequel 54 templiers sont brûlés.


La légende la plus connue et la plus ancienne autour de Jacques de Molay concerne la malédiction qu'il est censé avoir lancée contre Philippe le Bel et les Capétiens. Selon l'historienne Colette Beaune, cette légende est née après un épilogue stupéfiant pour les contemporains de Philippe le Bel : comment le roi le plus puissant de la chrétienté, doté de trois fils, a-t-il pu voir s'achever sa dynastie et plonger son royaume dans la guerre de Cent Ans ? Dans les mentalités médiévales, comment expliquer la chute de cheval, l'adultère de ses brus, la mort précoce de ses trois fils si ce n'est par une raison surnaturelle ? La malédiction est cependant plus souvent attribuée àBoniface VIII, pape dont la mort est imputable à Philippe. C'est au XIVe siècle que la malédiction est clairement formulée. Paolo Emilio rédige par la suite une histoire de France pour le compte du roiFrançois Ier où il met en scène la mort d'un Jacques de Molay maudissant le roi et le pape et les convoquant devant le tribunal de Dieu. Les historiens des siècles suivants reprennent son récit.

Cette légende s'est maintenue jusqu'à la suite romanesque historique Les Rois maudits, rédigée par Maurice Druon entre 1955 et 1977. Cette suite et ses adaptations télévisées contribuent à populariser encore davantage Jacques de Molay et sa malédiction :

« Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! »
— Les Rois maudits, 1955
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 12:48


Hugues de Pairaud



Hugues de Pairaud est d'une famille noble du Forez. C'est par son oncle Humbert de Pairaud qu'il est reçu dans l'Ordre du Temple, à Lyon (1263.


Il a été commandeur de Chalon-sur Saône2, ou de sa baillie, mais à une date indéterminée. Il fut commandeur de Bonlieu4, commandeur d' Epailly en 1280 et 1284. Quatre ans plus tard, il est commandeur de Bures, puis maître de province de l'Ordre du Temple en France en 12966. Ensuite, il devint Visiteur de France (représentant du maître de l'Ordre du Temple dans la province).


Sur le témoignage d'un certain sergent du Faur au procès des Templiers, existe l'hypothèse d'une compétition entre Hugues de Pairaud et Jacques de Molay pour la maîtrise à la tête de l'Ordre. Se présentant pour cette charge au cours du chapitre général de l'automne 1291 sur l'île de Chypre, Jacques de Molay remporta l'élection organisée avant le 20 avril 1292, comme l'indique un document qui le reconnaît à cette date comme nouveau maître de l'ordre du Temple. Cependant une fois élu, Demurger remarque que nous n'avons aucune trace de contestation de l'autorité de Jacques de Molay sur l'Ordre, y compris par Hugues de Pairaud.


Peu avant l'arrestation des Templiers, Hugues de Pairaud, au courant de ces rumeurs, confie à Pierre Gaudès, précepteur de la commanderie de Dormelles et de Beauvoir un coffre contenant 1 189 pièces d'or et 5 010 pièces d'argent.


« C'est assavoir que frère Hugues de Peraut, jadis visiteur du Temple, de Montlhéry ou il estoit en garde, li dit que il avait baillié en garde un petit coffre à un frère qui avait nom frere Pierre Gaudes, jadis commandeur des maisons de Dormelles et de Biauvoir, près de Moret »


Ce coffre est remis à un pêcheur de Moret-sur-Loing qui le cacha sous son lit. Lors de l'arrestation des Templiers, le pêcheur confia le coffre au bailli royal de Sens, Guillaume de Hangest qui confisqua la somme d'argent et la versa directement dans le trésor royal.

Hugues de Pairaud fut arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, emprisonné à Loches et finalement amené à Paris. Il fait partie des dignitaires de l'Ordre que le pape Clément V souhaite interroger en personne, mais sa requête ne sera pas satisfaite.


Au cours de son interrogatoire en novembre 1307, il mentionne la présence d'Henri de Dole lors de sa réception à Lyon11 et l'on sait grâce au témoignage d'un certain Dominique de Dijon que cet Henri était vers 1280 « magister passagii ultramarini ». Le maître du passage outremer, « C'est-à-dire qu'il avait la responsabilité de l'acheminement et du passage vers l'Orient latin des moyens et des hommes nécessaires à l'action du Temple ».


Après le relaps de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud est conduit en prison à Montlhéry, où il fut probablement emprisonné jusqu'à sa mort.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 12:51

Geoffroy de Charnay



Geoffroy de Charnay (v. 1251 - 1314) est le dernier commandeur de l'Ordre du Temple pour la baillie de Normandie. Il fut livré aux flammes du bûcher sur l'île aux Juifs à Paris le 18 mars 1314 en compagnie de Jacques de Molay.


Geoffroy de Charnay ( Gaufridus de Charneio, peut-être de Charny) a rejoint l'ordre du Temple vers 1268/70 et a occupé successivement des fonctions importantes en son sein. D'abord en 1271 comme simple compagnon de Mathieu Sauvage alors commandeur de Sidon puis en 1283, il est peut-être commandeur du Lieu-Dieu du Fresne, puis de la commanderie de Villemoison en 1294 et de celle de Fretay en 1295 avant de retourner en Orient et d'occuper la fonction de drapier en 1304 puis d'être nommé commandeur de la baillie de Normandie en 1307 peu de temps avant l'arrestation des templiers.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:00

Olivier de Penne



Olivier de Penne serait l'un des fils d'Olivier II de Penne, seigneur de Cestayrols et d'Ambialet, et d'Alpaïde de Balagier dont le mariage se situe vers 1245.








L’ordre du Temple


On ne connait pas l'année de son entrée dans l'ordre. La commanderie templière la plus proche de son lieu de naissance étant celle de Vaour.


Six mois avant l'arrestation des templiers, et d'après la déposition faite par Géraud de Caus, il se trouvait à Paris où il fut témoin de la réception d'un nouveau frère, Jean de Pronay par Hugues de Pairaud.


• Procès de l’ordre


Son statut de cubiculaire lui permit de rester sous la protection de Clément V. On mentionne son évasion en février 1308, ce qui fit dire au roi de France que « si le pape n'était pas en mesure de garder un templier, comment pouvait-il en garder deux mille ? ».


L'historienne Elena Bellomo pense, contrairement à ce qu'indique Heinrich Finke, qu'il s'agit de Giacomo de Montecucco, le dernier précepteur de Lombardie arrêté à Poitiers et également cubiculaire, et non pas d'Olivier de Penne. Ce dernier étant toujours en détention après cette date. Il est nommément cité dans la bulleconsiderantes dudum qui fixa le sort des templiers et par laquelle il fut mis à la disposition du siège apostolique (du pape). On constate d'après cette bulle qu'Olivier de Penne faisait partie des principaux dignitaires de l'ordre au moment de sa chute, dont le sort aurait dû être réservé à la décision du pape, contrairement aux autres membres de l'ordre.



L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem


Il serait devenu commandeur de La Capelle-Livron en 1314, et le serait resté jusqu'en 1318. C'est sans doute pendant cette période qu'il essaya de faire rattacher l'hôpital d'Aubrac à cette commanderie, mais sans succès. On note qu'en 1964, Louis d'Alauzier réfuta l'hypothèse qu'il puisse s'agir du même individu11 mais ne semble pas avoir connaissance de l'histoire d'Olivier de Penne, le templier et de son statut privilégié auprès du pape.

Il est sûr en tout cas, d'après la pièce citée ci-dessous datant de 1338, qu'Olivier de Penne fut vers 1318, précepteur de la moitié de la seigneurie de Cas près de Caylus, moitié confisquée aux Templiers et donnée à l'ordre de St-Jean :

Super tertio articulo interrogatus dixit quod ipse loquens tempore quo Dominus Oliverius de Penna miles preceptor tunc temporis dicti loci de Cas et fuit post tempus quo Templarii tenebant dictum locum, ipse emit redditus et proventus dicti loci pertinentes ad dictum preceptorem et ordinem Sancti Johannis Ihrlm, ipse vendidit bailiviam et emolumentum bayliviæ et decorum pertinentium ad dictum preceptorem et ordinem, novem libras turonenses. ... Interrogatus de tempore dixit se non recordari sed bene sunt viginti anni vel circa.

En 1338 cette moitié était possédée par Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII et apparemment sortie des possessions de l'ordre de St-Jean.

Un Olivier de Penne était commandeur de Renneville de 1319 à 1328, également mentionné commandeur de Rayssac en 1327.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:05


Geoffroy de Gonneville




Geoffroy de Gonneville était un dignitaire templier qui était maître de la province d'Aquitaine et de Poitou. En 1307, il est arrêté avec de nombreux autres templiers par Philippe le Bel. Le pape se réserve de le juger en personne avec quatre autres dignitaires de l'ordre : Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Rimbaud de Caromb1. Pendant son interrogatoire par Guillaume de Nogaret, il donne des détails sur le rituel obscène voire hérétique que le roi de France attribue au Temple.


Le 11 mars 1314, alors que le grand maître de Molay et le Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux et sont condamnés au bûcher pour relaps, Geoffroy de Gonneville reste sur sa position et est condamné à la prison à vie.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:10

Bertrard de Sartiges



Bertrand de Sartiges (né vers 1260) est un templier français.


Né au château de Sartiges, près de Mauriac, il est reçu dans l'Ordre des Templiers au fort de Tortosaen Espagne mauresque, par le chevalier Adée de Perucsa qui en était le preceptor (les « commandeurs » des Templiers étaient ainsi appelés, dans l'idée que la fonction préemptait sur le titre) et devenu depuis châtelain du même fort. Au cours même de la cérémonie de réception, après que Bertrand de Sartiges ait fait les promesses réglementaires et reçu le manteau insigne de l'Ordre, mais avant que les rites finaux soient complétés, les Sarrazins attaquèrent la place. Ce baptême du feu précoce contribua à la légende de de Sartigues, qui après de multiples prouesses guerrières revient en France muni d'une glorieuse réputation.


Devenu lui-même preceptor de la commanderie de Carlat (nommée « Cari », diocèse de Clermont-Ferrand, dans le Processus contra templarios, document d'accusation établi par les clercs du pape), il reçoit à son tour de nombreux chevaliers, dont Guillaume Textor du diocèse de Limoges et Guillaume de Masaye du diocèse de Clermont-Ferrand. C'est dans ce poste qu'il se trouve au moment du procès des Templiers.


Arrêté avec 69 autres templiers de sa province, il est interrogé le 4 juin 1309 par Aubert Aycelin de Montaigut, évêque de Clermont, chargé d'instruire contre les templiers d'Auvergne, et soutient énergiquement l'innocence de l'ordre du temple sans céder aux tortures.


Amené à l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, il est choisi le 28 mars 1310 par ses pairs comme l'un des quatre représentants de l'ordre (Pierre de Bologne procurateur de l'Ordre à Rome, Renaud de Provins preceptor de la maison du Temple d'Orléans, et Guillaume de Chambonnet2) chargés de le défendre devant une commission nommée par le pape Clément V.


Par le Parchemin de Chinon dévoilé récemment après plus de 600 ans dans les archives secrètes du Vatican, on sait que Clément V avait absous les Templiers. Le Processus contra templarios des clercs du pape ne contient aucune déposition de de Sartiges - ce qui ne veut pas dire qu'il échappa à la condamnation de Philippe le Bel, car il disparait entièrement de l'histoire après 1310 et a probablement été tué dans la même foulée que les autres défendeurs de l'Ordre.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:18

Exemen de Lenda



Exemen de Lenda (Simon de Lenda, Ximen de Lenda) était un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut le dernier maître de province en Aragon et en Catalogne.



Exemen a d'abord été commandeur avant d’accéder au rang de maître de province. Il est mentionné initialement comme commandeur de Cantavieja avant de se voir confier la commanderie d'Horta de Sant Joan.


En 1301, il mène une ambassade auprès de Philippe le Belconcernant les négociations de paix relatives à la Castille.


Sa nomination comme maître de la province templière d'Aragon et de Catalogne fut confirmée par Jacques de Molay le 8 septembre 1307. En août, le roi Jacques II d'Aragon avait pourtant demandé au maître de l'Ordre que ce poste échoit à Dalmau de Timor, alors commandeur de Barberà mais Jacques de Molay répondit qu'il ne pouvait le faire sans le consentement du chapitre. Ce dernier préférant nommer Exemen de Lenda à la suite de la mort du maître précédent de la province, Bérenger de Cardona. Exemen de Lenda occupera ce poste jusqu'à la suppression de l'ordre.


Il fut l'un des templiers arrêtés lors des opérations d'arrestation menées dans la forteresse de Peniscola et dans les possessions templières situées à Valence le 1er décembre 1307. Il est à noter que cette arrestation eut lieu peu de temps avant l'arrivée en Espagne de la bulle Pastoralis præminentiæ le 18 janvier, alors qu'elle avait été fulminée par le pape Clément V le 22 novembre.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:21

Philippe de Naplouse



Philippe de Milly, appelé aussi Philippe de Naplouse, est le septième maître de l'Ordre du Temple de janvier 1169 au3 avril 1171.


Philippe de Milly issu d'une famille originaire de Picardie est né cependant au début du XIIe siècle à Naplouse dans le royaume de Jérusalem, fils de Guy de Milly et d'Étiennette de Naplouse. Il échange avec le roi Baudouin III de Jérusalem sa seigneurie de Naplouse contre celle de Montréal, puis devenu veuf entre dans l'Ordre du Temple en1168. Il est élu maître au début de 1169 et succède àBertrand de Blanquefort. Son seul fait d'armes semble être la défense de Gaza devant les troupes de Saladin. Il démissionne de sa dignité avant la Pâque de 1171 alors qu'il est à Constantinople avec le roi Amaury Ier de Jérusalem. La fin de sa vie est inconnue mais il est probable qu'il entre dans un monastère cistercien ainsi qu'il est d'usage pour un templier quittant le service actif. Eudes de Saint-Amand lui succède.


Il eut deux filles dont Étiennette de Milly.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 13:49

Guillaume de Beaujeu



Guillaume de Beaujeu (parfois cité comme Guillaume de Beaulieu), mort en 1291 (lors du Siège de Saint-Jean-d'Acre), était le 21e maître de l'Ordre du Temple.






Biographie



Guillaume de Beaujeu est toujours présenté comme étant originaire de Bourgogne et apparenté à Charles Ier d'Anjou. Il fut d'abord seigneur de Sevans avant de rejoindre l'Ordre des Templiers.


La plupart des historiens s'accordent pour penser que sa mère Catherine était la fille de Guillaume VIII, Dauphin d'auvergne mais son père est souvent qualifié à tort de seigneur deBeaujeu. Si tel est le cas, il s'agit alors de Guichard de Beaujeu, seigneur de Monpensier de 1216 à 1256.


Il serait donc frère avec Humbert de Beaujeu, connétable de France et Héric de Beaujeu, maréchal de France. Quoi qu'il en soit, son appartenance à la maison de Beaujeu n'est pas remise en cause comme en atteste le blason qu'il portait.



Seigneur de Sevans


Le toponyme de Sevans n'étant plus d'usage et les informations concernant cette seigneurie étant absentes, il est difficile de déterminer de quelle seigneurie il s'agit. De plus, elle est parfois désignée sous le nom de Sevens.




Blason de la famille de Beaujeu



Ce pourrait être Sept-Vents mais l'éloignement géographique semble trop important et l'histoire généalogique de la maison de Beaujeu ne fait pas ressortir d'alliances avec le duché de Normandie à cette époque.



Ou alors, Il pourrait s'agir de Seveux comme le pensait l'Académie des sciences de Besançon car les seigneurs de Beaujeu étaient peut-être également seigneurs de Ray à cette même époque et avaient des liens avec le comté de Bourgogne grâce au mariage d'Alix de Savoie, fille d'Amédée III de Savoie et arrière petite-fille de Guillaume Ier de Bourgogne, comte de Bourgogne avecHumbert III de Beaujeu, seigneur de Beaujeu.



Maitre de l’ordre du Temple


Entré dans l'ordre en 1253, il commença sa carrière en tant que châtelain du château Pèlerin, était commandeur de la province de Tripoli en 1271 puis maître de la province du royaume de Sicile depuis deux ans et n'était pas en Terre Sainte lorsqu'il fut élu maître de l'Ordre du Temple, le 13 mai 1273. Le chapitre désigna le frère Goufier (de roannais) comme grand commandeur tenant lieu de maître en attendant son arrivée et envoya les frères Bertrand de Fox et Guillaume de Ponçon le chercher.



Blason de Guillaume de Beaujeu


Il est d'abord présent au deuxième concile de Lyon avant un voyage en Angleterre afin de récupérer les sommes considérables empruntés par Édouard Ier d'Angleterre (Acte signé à Londres le 11 août 1274).

Il n'arriva qu'en septembre de cette année dans la ville d'Acre, reste à peu près unique des établissements chrétiens en Orient. Lorsqu'en 1291, le sultan d'Égypte Khalil al-Ashraf vint mettre le siège devant cette place, Guillaume de Beaujeu mérita, par ses talents guerriers et l'ascendant de son caractère, que tout ce qui restait de défenseurs à la Terre Sainte se missent sous son commandement.



Il justifia cet honneur par ses prodiges d'héroïsme et la glorieuse mort qu'il trouva sous les murs de la ville assiégée. Lorsque les mamelouks parviennent à rompre les remparts de Saint-Jean-d'Acre et y pénètrent le 17 mai 1291, Guillaume reçut une flèche sous l'aisselle7. La légende raconte que se retirant vers les lignes arrières, il est apostrophé par un templier à qui il aurait répondu : « je ne m'enfuis pas, je suis mort ». Il sera ramené à la commanderie où il décédera quelques heures plus tard.



Les hommes de son temps


Au cours de sa vie et comme maître de l'ordre du Temple, Guillaume de Beaujeu a côtoyé des hommes remarquables :

• Grégoire X, Pape lors du deuxième concile de Lyon.
• Hugues de Revel, grand maître des Hospitaliers au cours de ce même concile.
• Bohémond VII de Tripoli, prince d'Antioche avec qui il avait des relations conflictuelles.
• Tommaso Agni, patriarche latin de Jérusalem à Saint-Jean-d’Acre lors d'un convention signée entre les vénitiens et la seigneurie de Tyr.
• Nicolas de Lorgue, grand maître des Hospitaliers, à l'origine de la médiation entre le prince d'Antioche et les templiers.
• Jean de Villiers, également Grand maître des Hospitaliers qui était à ses cotés lors de la bataille de Saint-Jean d'Acre.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 14:03






Philippe IV le Bel



Philippe IV, dit « Philippe le Bel » ou le Roi de fer (né àFontainebleau en avril/juin 1268 – mort à Fontainebleau le29 novembre 1314), fils de Philippe III le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, est roi de France de1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.

Devenu roi à l'âge de dix-sept ans, à la mort de son père enoctobre 1285, Philippe le Bel est considéré comme un roi important par les historiens.

Sous son règne, le royaume de France atteignit l'apogée de sa puissance médiévale. Avec entre seize et vingt millions d'habitants, c'était l'État le plus peuplé de la Chrétienté, il connaît une grande prospérité économique, le pouvoir royal accomplit de nombreux progrès, si bien qu'on voit dans Philippe IV, entouré de ses « légistes », le premier souverain « moderne » d'un État puissant et centralisé.


Philippe IV eut des difficultés à reprendre la maîtrise des finances de son royaume et à mettre fin aux mutations monétaires. Pour cela, il a été conduit à abattre l'Ordre du Temple qui était devenu une puissance financière internationale, expulser les Juifs, procéder à une dévaluationsen rétablissant une monnaie d'or qui restera ferme pendant plus d'un siècle. À la fin du règne, les foires champenoisessont concurrencées par le commerce maritime direct de l'Europe du Nord avec l'Italie.

Plusieurs affaires marquent le règne de Philippe IV. Le procès de l’évêque de Troyes, Guichard, accusé d'avoir tué la reine par sorcellerie, le procès de l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, qui ne fit qu'aggraver les démêlés du roi avec le Saint-Siège, ou encore l'emprisonnement des brus du roi et l'exécution de leurs amants, mais surtout le célèbre procès des Templiers.


Philippe le Bel est souvent entrevu comme un roi qui n'est plus celui du Moyen Âge « classique ». Bien qu'il ait été reconnu comme un souverain pieux et que son gouvernement ait continué l'évolution vers la centralisation de l'État amorcée un siècle plus tôt, bien qu'il ait eu une vénération spéciale pour son grand-père Louis IX dont il obtint la canonisation en 1297, Philippe IV apparaît comme un roi symbole d'une rupture avec le passé. Ses contemporains déplorèrent les détériorations survenues depuis « le temps de monseigneur Saint-Louis », considéré comme le bon temps ; on pressentit ainsi qu'avec ce roi d'un nouveau type, annonciateur d'une autre époque. Il ne faut pas cependant exagérer la « modernité » de Philippe le Bel.






Biographie

• Personnalité

Politique financière

• Désordre et instabilité monétaire
• Assainissement des finances du royaume



Vers un État centralisateur et administrateur

La tentative de conquête de la Flandre

Rapport avec les mongols ilkhanides

Les affaires religieuses sous Philipe IV le Bel

• Confit de pouvoir avec le pape
• Anéantissement de l’ordre du Temple
• Expulsion définitive des juifs



Acrroissement du domaine royal et de l’influence française en Europe

Scandale occasionné par les belles-filles du roi

Mort

Mariage et descendance

postérité


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 0:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 14:49

Biographie

Philippe IV le Bel est le second fils de Philippe III le Hardi, après Louis (1264-1276). Il a deux frères utérins cadets, Robert (1269 - av. 1276) et Charles de Valois, comte de Valois. Par le remariage de son père, il a, en outre, trois autres frère et sœurs : Louis, comte d'Évreux, Marguerite de France qui épouse en 1299 Édouard Ier roi d'Angleterre et Blanche (1278-1306), qui épouse en 1300 Rodolphe III, duc d'Autriche.

Son père confie une partie de l'éducation du jeune Philippe à Guillaume d'Ercuis, son aumônier. À la différence de son père, Philippe le Bel reçoit par le soin de son précepteur une bonne éducation3. Il comprend le latin et aime étudier.

Le 6 janvier 1286, à la cathédrale de Reims, Philippe IV le Bel est sacré et couronné par l'archevêque Pierre Barbet.


• Personnalité

Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « roi de marbre » ou « roi de fer », il se démarque par sa personnalité rigide et sévère. L'un de ses plus farouches opposants, l'évêque de Pamiers Bernard Saisset, dit d'ailleurs de lui : « Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue. » Philippe le Bel fut un roi qui souleva au cours de son règne beaucoup de polémiques, le pape Boniface VIII le traitant par exemple de « faux-monnayeur ».


Politique financière


• Désordre et instabilité monétaire

Sous le règne de Philippe IV, les traditions féodales sont abandonnées pour mettre en place une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontente les grands seigneurs et les nouveaux impôts dressent les bourgeois contre le pouvoir royal.

À l'aide de juristes, notamment de son fidèle collaborateur Guillaume de Nogaret, Philippe IV transforme un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous (où par exemple la justice royale prévaut), et un impôt national est prélevé sur tout le royaume de France.

Son règne est particulièrement agité sur le plan monétaire. Le roi et ses conseillers multiplient les émissions de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, qui donnent un sentiment d'incohérence de la politique royale. Ces mutations monétaires aboutissent à un mécontentement général dans le royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la bonne monnaie.


Dans la pratique, le roi ne contrôle pas tous les paramètres de la politique monétaire. Les assemblées de prélats et de barons, convoquées périodiquement au début du XIVe siècle pour donner leur avis sur la question monétaire, réclament toutes le retour à la bonne monnaie de Saint Louis, quelque peu idéalisée. Il est vrai que la politique monétaire de Philippe le Bel est très instable. Le système monétaire a été bouleversé de fond en comble. Cette situation, qui n'avait pas de précédent historique, contraste fortement avec les pratiques monétaires de ses prédécesseurs, Saint Louis et Philippe le Hardi, dont les monnayages sont alors considérés comme des modèles de stabilité. Pour l'opinion publique, le résultat des mutations est facile à comprendre : bien que le roi agisse selon son bon droit, toute transformation de la monnaie est assimilée à un abus déloyal, voire à une falsification pure et simple.

Par ailleurs, le règne de Philippe le Bel se traduit par une période de changements majeurs. L'innovation la plus remarquable de cette période est sans doute l'apparition durable d'émissions de monnaies d'or. Le retour à un vrai bimétallisme s'est accompagné de sévères crises monétaires, attisées par la spéculation internationale, la concurrence des monnaies seigneuriales et les incohérences du système monétaire. La carence en métaux précieux provoque une forte dévaluation de la monnaie de compte, qui se traduit dans la pratique par de nombreuses émissions de nouvelles monnaies. L'inflation, provoquée par ces mutations, mécontente la noblesse, les bourgeois des bonnes villes et l'Église qui voient leurs revenus diminuer considérablement. Des réévaluations des pièces d'argent et de billon sont tentées mais leur résultat est plus que mitigé : des émeutes populaires éclatent, et surtout, l'argent finit par ne plus être monnayé, car son prix d'achat est fixé trop bas. Le roi, après avoir tenté en vain de stabiliser sa monnaie, se trouve dans une position politique difficile. À la fin de son règne, il doit affronter la fronde d'une partie de ses sujets.


• Assainissement des finances du royaume

Pour assainir les finances et acheter le Quercy aux Anglais contre une rente de 3 000 livres, il s'attaque à ceux qui ont de l'argent, y compris aux religieux de l'Église catholique, aux Lombards, aux Juifs (« Don de joyeux avènement » en 1285) et aux Templiers.


Pour pallier ses difficultés financières, il établit des impôts réguliers, taxant lourdement les Juifs et les Lombards, confisquant parfois leurs biens, et pratique les dévaluations monétaires. Il conserve les richesses monétaires de l'ordre des Templiers après l'avoir dissout. Il centralise le pouvoir royal. La dure crise économique que subit le royaume de France sous son règne provoque de vastes mouvements de révoltes de la part du peuple mais aussi des nobles et de l'aristocratie. Pour contrer ces graves difficultés économiques, il altère le cours de la monnaie.



Vers un État centralisateur et administrateur


Philippe IV s’entoure de légistes, des conseillers compétents qui jouent un rôle décisif dans sa politique. Les légistes appartiennent pour la plupart, au début, à la petite noblesse puis, à la bourgeoisie ou à la noblesse de robe. Les légistes sont apparus sous Philippe Auguste et sont formés au droit romain pour faire évoluer une monarchie féodale, où les pouvoirs du roi sont limités par ses vassaux, vers une monarchie absolue. Il termine cette centralisation commencée par son grand-père, Louis IX, mais ce système sera remis en cause par les Valois directs. Outre les légistes, le roi est entouré de ses héritiers et de sa famille.

L’administration du royaume, limitée à la cour du roi chez ses prédécesseurs, va se diviser en trois sections sous le règne de Philippe le Bel :

• Le Grand Conseil qui examine les dossiers politiques ;
• Le Parlement qui se charge de la justice ;
• La Chambre des comptes, spécialisée dans les affaires financières, elle établit des taxes pour les exportations, soumet les terres de l'Église à une redevance (les décimes), introduit une taxe pour toute vente, et réalise des manipulations monétaires en changeant le poids ou le taux des métaux précieux des pièces sans en changer la valeur, ce qui fait donner à Philippe IV le surnom de « faux-monnayeur » par ses détracteurs.

Ces transformations rendirent Philippe Le Bel très impopulaire dans tous les niveaux de la société.

Philippe IV a aussi créé l’embryon des états généraux, en ordonnant la tenue d’assemblées formées de représentants des trois ordres : le clergé, la noblesse et la bourgeoisie (à cette époque on ne parle pas de tiers état). Ces assemblées étaient très peu réunies, seulement lors de crises et n’avaient pas beaucoup de pouvoir, leur rôle n’étant que d’approuver les propositions du roi et de ses conseillers.

Sous le règne de Philippe IV, la France abandonna ses traditions féodales pour devenir un État avec une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontenta les grands seigneurs, les nouveaux impôts dressèrent les bourgeois contre le pouvoir, et les paysans, accablés de taxes diverses, se révoltèrent.


La tentative de conquête de la Flandre


Lorsque le comte de Flandre, Gui de Dampierre, allié au roi Édouard Ier d'Angleterre, rompit son hommage de vassal au roi de France en 1297, Philippe IV mobilisa 60 000 hommes pour envahir son comté. Cette affaire pousse aussi le roi à développer le premier arsenal de marine aux Clos aux galées et à se doter d'une flotte de guerre pour combattre le roi d'Angleterre puis les Flamands révoltés. Philippe IV subit d’abord deux échecs avant d'être victorieux des Flamands :

• Les Matines de Bruges : à l’aube du 18 mai 1302 à Bruges, des insurgés flamands armés attaquèrent une des garnisons françaises de la ville. Selon la tradition, pour distinguer les Français, ils auraient abordé les occupants des chambres en leur demandant de répéter après eux le shibboleth : « schild en vriend », difficile à prononcer pour un francophone car le « ch » transcrit un son guttural inconnu en français, le « r » est roulé et « ie » se prononce « i » et qui signifie « bouclier et ami ». Cette version couramment admise manque cependant de crédibilité. Une autre version, nettement plus crédible et logique, dit qu'il s'agirait plutôt de la phrase « des gildens vriend », « ami des guildes ». Environ mille soldats français de la garnison sont démasqués et assassinés au pied du lit. On appelle cette journée « Matines de Bruges » ou « Matines brugeoises », par analogie aux « Vêpres siciliennes » qui chassèrent les Français de Sicile vingt ans plus tôt.

• La bataille des éperons d’or : le 11 juillet 1302, les chevaliers français menés par Robert II d'Artois furent écrasés ce jour-là près de Courtrai par des milices communales flamandes de la même façon que la bataille de Mansourah et comme celles futures de Crécy et d’Azincourt.

• La bataille de Mons-en-Pévèle : le 18 août 1304, le roi parvient à remporter une belle victoire, quelques jours après la victoire de ses navires à Zierikzee. Une escouade de Français avait réussi à crever les tonneaux de bière placés sur un petit tertre par les Flamands pour se désaltérer: ceux-ci n'ont plus à boire. Cette après-midi là, le roi échappa à la mort : 600 Flamands, en désespoir de cause, firent un ultime raid vers le camp royal. Par chance, Philippe s'était dévêtu de son armure royale. Les Flamands ne le reconnurent pas et il réussit à sauter sur un cheval et se dégager à grands coups de hache d'armes. « Le roi se combat ! le roi se combat ! » criait-on dans le camp des Français. De nombreux seigneurs perdirent la vie, dont le vicomte de Turenne et Mathieu IV de Montmorency. Le roi attribua cette victoire à la protection de la Vierge et dans la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris, accolée au premier pilier oriental côté sud, il fit dresser une statue équestre en bois en ex-voto face à l'autel de Marie.



Rapport avec les Mongols ilkhanides


En 1289, Arghoun, khan des Mongols ilkhanides, gouvernant la Perse, envoie un message à Philippe le Bel lui demandant son alliance contre les Mamelouks et les Kiptchak, l'année suivante il fait la même demande au pape Nicolas IV. Cette demande d'alliance reste sans réponse de la part de Philippe le Bel.


Les affaires religieuses sous Philippe IV le Bel


• Conflit de pouvoir avec le pape

Le règne de Philippe IV le Bel est marqué par ses différends avec le pape Boniface VIII, dont le point central est le droit que s'attribue le roi de France d'imposer -taxer- les biens de l'Église situés dans son Royaume, la France. Ce que va contester le Pape, soucieux de conserver la force du principe de pré-éminence du pape sur les rois, du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. La décrétale Clericis laicos du 24 février 1296 est le point de départ. Boniface VIII, qui a alors d'autres préoccupations (conflits avec les Aragonais de Sicile et les Colonna), se trouve dans l'embarras et, en dépit de son caractère hautain, cède bientôt. Les bulles Romana mater (février 1297) et Etsi de statu (juillet 1297) donnent au roi gain de cause. Ce dernier document contient une renonciation formelle aux prétentions émises pour la défense des biens ecclésiastiques contre l'arbitraire des rois dans la décrétale Clericis laicos.

Cependant, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris (précurseurs des états généraux, qui apparaissent pour la première fois sous son règne). Le roi cherche l'appui de tous ses sujets afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. Ce dernier menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France.

Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi envoie alors son conseiller (et futur garde des Sceaux), le chevalier Guillaume de Nogaret, avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni, résidence d'été du pape, proche de Rome, et fief des Caetani, la famille du pape.

Le 7 septembre 1303, Nogaret et Colonna arrivent à Anagni et trouvent le pape seul dans la grande salle du palais épiscopal de Caetani abandonné par ses partisans. Le vieil homme de 68 ans est assis sur un haut siège, en habit de cérémonie, et ne réagit pas à l'irruption de la troupe armée. En voyant Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna approcher, il incline légèrement la tête et déclare : « Voilà ma tête, voilà mon cou, au moins je mourrai en pape! »

Guillaume de Nogaret recule, impressionné, tandis que Sciarra Colonna, dans sa haine de Boniface VIII, se serait avancé insolemment et lui aurait, dit-on, donné une gifle avec son gantelet de fer.

Peu de temps après le 9 septembre, la population de la ville d'Anagni se révolte et dégage le pape des mains des Français mais ce dernier tombe malade et meurt un mois plus tard à Rome le11 octobre 1303.

Cet énorme scandale éclabousse Philippe le Bel, bien qu'il n'en soit pas directement responsable, mais ceux qui ne le savaient pas encore comprennent qu'il vaut mieux ne pas s'opposer au roi de France. D'après Jean-François Chantaraud dans L'état social de la France, cette partie d'échec remportée par Philippe IV contre le Pape constitue la clé de voûte de la fusion française des pouvoirs temporel et spirituel : dès lors, le chef de l'exécutif détient le monopole de la légitimité à dire le juste et l’État va devenir le producteur des justifications sur lesquelles il fait reposer ses propres décisions.


• Anéantissement de l’ordre du Temple

Après le très court pontificat de Benoît XI, Clément V, d'origine française, installé par Philippe le Bel en Avignon dans le Sud de la France, sera d'une aide précieuse pour anéantir l'ordre du Temple. Le vendredi 13 octobre 1307, les Templiers sont mis en prison puis torturés pour leur faire admettre l'hérésie dans leur ordre. Le maître de l'ordre, Jacques de Molay, périt sur le bûcher à Paris en 1314après avoir été déclaré relaps. Selon Geoffroi de Paris, témoin oculaire de l'événement et chroniqueur de l'époque, ses dernières paroles auraient été :

« Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamnés à tort : Dieu vengera notre mort. »

Une succession de malheurs touchait alors la famille royale capétienne, dont la plus célèbre reste l'affaire des deux brus adultères du roi (affaire de la tour de Nesle). Marguerite de Bourgogne, capétienne, fille du duc Robert II de Bourgogne (1248-1306) et d'Agnès de France (1260-1325),Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, toutes deux filles du comte Othon IV de Bourgogneet de la comtesse Mahaut d'Artois, épousent respectivement les rois Louis X de France, Philippe V de France et Charles IV de France, les trois fils de Philippe le Bel.


• Expulsion définitive des juifs

Philippe le Bel prit, comme plusieurs des rois ses prédécesseurs, une mesure d'expulsion des Juifs du royaume parce qu'ils pratiquaient l'usure, mais cette fois la mesure sera définitive. Ceux-ci avaient en France le statut d'étrangers résidants avec la permission - et sous la juridiction directe - du roi. Les étrangers, ou aubains, pouvaient posséder des immeubles, mais ils ne pouvaient pas les léguer à leurs héritiers, ceux-ci revenant à leur mort au ban du seigneur, c'est-à-dire au roi en ce qui les concernait. En 1289, Philippe le Bel expulse les juifs du Poitou. En 1306, il promulgue un édit d'expulsion général dont Juliette Sibon estime qu'il a concerné 100 000 juifs. Ensuite, les droits que leurs communautés avaient sur certains immeubles qui leur avaient été affectés pour leur servir par exemple de synagogues, furent remis en adjudication au profit du trésor royal. On trouve plusieurs exemples de ces adjudications:

• La synagogue-de-Dun-le-Roi (actuellemement commune de Dun-sur-Auron). Vidimus et confirmation de l’adjudication après enchères du 8 février 1308 [acte en français] par Hugues Gouhaut, bailli de Bourges, à Jean de Patinges, de la Synagogue de Dun le Roy, sise dans le pourpris du chasteau, pour le prix de 11 livres tournois, qui seront rendues par led. Hugues dans les comptes des biens des juifs, février 1310 (Archives Nationales-JJ 41, fol. 103, no 192 = 42B, fol. 91, no 191) ;
• La synagogue-de-Janville : commune de Janville. Adjudication à Jean Le Grand, de la Synagogue de Yenville, avec deux places en dépendant, la 2nde appelée la Miquerie, janvier 1313 (Archives Nationales-JJ 48, fol. 95 v°, no 167) ;
• La Petite-Synagogue-d’Orléans : commune d’Orléans. La Petite Synagogue des juifs, sise à Orléans, 4 avril 1307 (Archives Nationales-JJ 44, fol. 23-24, no 37, vidimus de décembre 1317).



Accroissement du domaine royal et de l’influence française en Europe

Pendant le règne de Philippe le Bel le domaine royal s’est agrandi grâce à la politique d’assujettissement des grands féodaux et aussi :

• à la suite de son mariage en 1284 avec Jeanne Ire de Navarre, fille unique et héritière d'Henri Ier, roi consort de Navarre et comte de Champagne. Par cette union, il acquiert en dot le comté de Champagne et la Navarre et devient le premier roi de France et de Navarre ;

• en 1286, il achète le comté de Chartres à Jeanne de Blois-Châtillon ;

• en 1301, le comte Henri III de Bar est contraint de prêter hommage pour ses terres sur la rive gauche de la Meuse (Barrois Mouvant) ;

• après sa victoire à Mons-en-Pévèle en 1304, le traité d'Athis-sur-Orge lui permet d'annexer les châtellenies de Lille, Douai et Béthune.

• après sa victoire au siège de Lyon en 1310, cette ville est rattachée à la France par le traité de Vienne signé le 10 avril 1312.



Scandale occasionné par les belles-filles du roi

En avril 1314, année même de la mort de Philippe le Bel, un énorme scandale éclate : Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X de France, déjà roi de Navarre à la mort de sa mère Jeanne Ire de Navarre, et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel), sont dénoncées par Isabelle de France (fille de Philippe le Bel et reine consort d'Angleterre) dans l'affaire de la tour de Nesle. Elles auraient trompé leurs maris avec les frères Philippe et Gauthier d'Aunay, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. Une enquête est menée et les deux frères avouent, sous la torture, entretenir des relations adultérines avec deux des belles-filles du roi. Les deux amants sont jugés et condamnés pour rapt d'honneur sur personne de majesté royale ; ils sont exécutés sur-le-champ en place publique à Pontoise : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles au gibet. Une telle cruauté s'explique par l'affront fait à la famille royale, mais aussi par l'atteinte aux institutions du royaume : cet acte met en péril la dynastie capétienne et le royaume de France. « Quelles auraient été la légitimité et l'autorité d'un futur souverain dont on aurait pu mettre en doute la royale paternité ? »

Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard. Occupant une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon, elle y meurt en1315 (certains disent qu'elle fut étranglée, mais ses conditions d'incarcération ne mettent pas en doute une mort d'épuisement).

Blanche de Bourgogne est aussi tondue mais bénéficie d'un « traitement de faveur » : elle est emprisonnée pendant sept ans, puis obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet et non du futur roi de France (du moins, c'est ce que l'on croit, puisque son époux deviendra le roi Charles IV le Bel en 1322), Blanche a donc un traitement moins cruel que sa belle-sœur. Elle devient reine de France en prison le 21 février, jusqu'à ce que son mariage soit annulé le 19 mai par le pape Jean XXII.

Quant à la troisième, la comtesse Jeanne de Bourgogne et d'Artois, femme du futur Philippe V de France, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère Mahaut d'Artois, elle se réconcilie avec son mari le roi Philippe le Long et devient reine de France en 1317.


Mort


Le 4 novembre 1314, Philippe le Bel rend visite à son oncle le comte Robert de Clermont et c'est lors d'une partie de chasse en forêt de Pont-Sainte-Maxence (forêt d'Halatte) qu'il fait une chute de cheval « éprouvant un saisissement subit, avec impossibilité de prononcer une parole » (un probable accident cérébro-vasculaire, qui frappera également son frère Charles de Valois plus tard, est évoqué sans que l'on puisse dire si cette atteinte cérébrale est antérieure, contemporaine ou consécutive à la chute), dont on le relève avec une blessure à la jambe (une fracture ?). Les chroniques du temps se partagent entre l'accident ou la maladie inexplicable13. Transporté en bateau à Poissy, puis porté en litière à Fontainebleau, il meurt quelques semaines plus tard, le 29 novembre 1314. Il est le premier roi de France qui naît et qui meurt au château de Fontainebleau.

Son cœur et ses entrailles furent déposés séparément à l'église du Prieuré de Poissy, le cœur dans une urne retrouvée le 28 juillet 1687 lors de travaux dans un des caveaux. Son corps sera inhumé dans la basilique de Saint-Denis. Sa sépulture, comme celles des autres princes et dignitaires reposant en ce lieu, sera profanée par les révolutionnaires en octobre 1793.

Il fut le premier roi de France à demander par testament une tripartition de son corps (dilaceratio corporis, « division du corps » en cœur, entrailles et ossements) avec des sépultures multiples. Cette pratique devint à partir du XIIIe siècle un privilège de la dynastie capétienne dans le royaume de France (majoritairement les rois, parfois les reines ou les proches, et ce malgré l'interdiction par une décrétale en 1299 du pape Boniface VIII qui voyait cette pratique se répandre chez certains membres de la Curie romaine) qui permettait la multiplication des cérémonies (funérailles du corps, la plus importante, puis funérailles du cœur et funérailles des entrailles) et des lieux (avec un tombeau de corps, un tombeau de cœur et un tombeau d'entraille, comme les gisants royaux à entrailles de l'abbaye de Maubuisson) où honorer le roi défunt.

Les Grandes Chroniques de France signalent que Pierre de Latilly, évêque de Châlons, fut emprisonné un moment en 1315, soupçonné d'avoir empoisonné le roi défunt19.



Mariage et descendance

Le 14 août 1284, Philippe épouse à l'âge de 16 ans Jeanne Ire de Navarre (reine de Navarre de 1274 à1305), ce qui lui confère le titre de roi consort de Navarre (Philippe Ier) de 1284 à 1305.

De cette union naissent sept enfants :

• Louis X de France (1289-1316), roi de Navarre et de France de 1314 à 1316, et postérité ;
• Marguerite de France (1290-1294) (promise en 1294 à Ferdinand IV de Castille), sans postérité ;
• Philippe V de France (v. 1291-1322), roi de France de 1316 à 1322, et postérité ;
• Isabelle (1292-1358), reine consort d'Angleterre en épousant Édouard II d'Angleterre (1284-1327), et postérité dont notamment Édouard III d'Angleterre (1312-1377) ;
• Blanche de France (v. 1293-peu après 1294), sans postérité ;
• Charles IV de France (1294-1328), roi de France de 1322 à 1328, et postérité ;
• Robert de France (v. 1296-1308), sans postérité.

Bien que veuf encore jeune (37 ans), Philippe IV ne se remarie pas et resta fidèle au souvenir de son épouse décédée.


Postérité

La nature même du pouvoir de ce grand souverain reste une énigme : fut-il le jouet de ses ministres ou le premier « roi absolu » ? La plupart des analyses tendent vers la seconde proposition, au vu de sa politique au long terme qui témoigne d'une volonté unique et cohérente (alors qu'il changea souvent de conseillers), et de son caractère intransigeant.

Grâce à l'aide de juristes, il transforme véritablement un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous, et un impôt national est prélevé sur tout le royaume de France.

Il agrandit également le territoire du royaume, notamment avec l'annexion de Lille après la signature du traité d'Athis-sur-Orge.

Ses contemporains le jugent comme étant d'une rare beauté, et son physique tout entier « semblait une vivante image de la grandeur et de la majesté des rois de France » (d'après une chronique médiévale)
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 15:29

Guillaume de Nogaret



Guillaume ou Guilhem de Nogaret (né vers 1260 à Saint-Félix de Caraman et mort le 11 avril 1313 à Paris). Juriste français, originaire du Languedoc, qui devint conseiller du roi de France Philippe IV le Bel, son garde du Sceau, Nogaret fut à partir de 1306 le véritable maître d'œuvre de la politique royale. L'attentat d'Anagni contre le pape Boniface VIII, le procès des Templiers et bien d'autres affaires ont fait de Nogaret une figure noire de l'historiographie.





Biographie


• Les jeunes années : Nogaret homme de loi en Languedoc (1282-1295)


La famille Nogaret tenait une petite propriété ancestrale à Nogaret, près de Saint-Félix-de-Caraman (aujourd'hui Saint-Félix-Lauragais), d'où elle tirait son nom. Le grand-père de Guillaume de Nogaret aurait été Raymond de Nogaret, un Toulousain cathare condamné pour hérésie.

On sait peu de choses sur la jeunesse de Guillaume de Nogaret, si ce n'est qu'il étudia le droit à l'université de Montpellier, et qu'il y devint professeur de droit romain en 1287. Dans ces années, la carrière de Guillaume est alors celle de nombreux hommes de loi du Midi : elle se partage entre l'enseignement du droit, à Montpellier, et des activités de conseil juridique en faveur de divers « clients », tels l'évêque de Maguelonne, le roi de Majorque et le roi de France. Il s'entremit ainsi lors de l'achat par le roi de la part qu'avait dans la seigneurie de Montpellier l'évêque de Maguelonne.

En 1293, Nogaret entre au service du roi de France Philippe IV le Bel et devient juge-mage de lasénéchaussée de Beaucaire-Nîmes pendant deux ans, fonction à responsabilité, qui est plus que celle d'un juge au sens strict, dans l'une des sénéchaussées les plus importantes du royaume.



• Nogaret « conseiller du roi » : la montée vers le pouvoir (1295-1303)


Engagé au service du roi à Paris à la fin de 1295, Nogaret agit jusque vers 1301-1302 en tant qu'enquêteur en Champagne et dans les provinces orientales du royaume. Il s'agrège dans le même temps à certaines institutions, le Parlement, où il siège à partir de 1298, et le Conseil du roi où sa présence est attestée dès 1300. Nogaret fait, durant ces années, ses preuves : il effectue principalement des tâches de caractère administratif, dans lesquelles il agit en exécutant et n'a pas l'initiative.
Ses responsabilités s'accroissent à partir du tournant du siècle. En effet, il est désormais personnellement chargé de la conduite, d'un bout à l'autre, d'affaires d'importance (projet de pariageavec le roi de Majorque sur la ville de Montpellier, négociations relatives à l'acquisition par le roi de la justice de Figeac, rédaction d'une charte de franchises pour cette ville..).


C'est de cette époque également que date sa participation aux affaires religieuses, en coulisses tout d'abord lors des troubles religieux du Languedoc et du procès de l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset,¬ accusé d'hérésie afin de contrer la décision du pape Boniface VIII de créer ce nouvel évêché. Le conflit éclate au grand jour quand, en mars 1303, il fait connaître par un célèbre discours les « crimes » de Boniface VIII. Le nom de Guillaume de Nogaret sera principalement lié à la querelle de Philippe le Bel avec ce pape. En 1300, il fut envoyé en ambassade auprès du pape, dont il a laissé un compte-rendu pittoresque et hautement coloré.



• Boniface VIII et l’attentat d’Anagni (1303)


Le 12 mars, lors d'une assemblée solennelle tenue au Louvre en présence de Philippe le Bel, Guillaume de Nogaret prononça un discours au cours duquel il lança des accusations d'hérésie contre Boniface VIII qui avait menacé le roi de déposition, et réclama la convocation d'un concile général pour examiner son cas. Le roi réserva sa réponse.

Aussitôt après, Nogaret partit pour l'Italie et entra en contact avec des membres de la famille Colonna, ennemie de celle de Boniface VIII. En juin suivant, à Paris, le légiste Guillaume de Plaisians (qui fit désormais figure de second de Nogaret) accusa de nouveau Boniface VIII d'hérésie devant le roi, lequel, cette fois-ci, accepta de lancer des poursuites.

Boniface VIII s'apprêtait, en réponse, à promulguer une sentence d'excommunication contre le roi lorsque Nogaret et Sciarra Colonna, le 7 septembre, arrivèrent à Anagni, dans le Latium, où le pape résidait. Avec leur petite armée, Nogaret et Colonna entrèrent par surprise dans la ville. Le palais pontifical fut pris d'assaut et le pape fait prisonnier. On ne sait pas comment il fut traité pendant les quelques heures où il fut détenu (la « gifle » infligée à Boniface VIII par Sciarra Colonna avec son gantelet de métal serait une légende inventée par un chroniqueur tardif). L'objectif de Nogaret était probablement de le ramener en France pour le faire comparaître devant un concile général, convoqué à l'initiative du roi de France, et qui aurait fait déposer le pape.

Mais tout ne se passa pas comme prévu. Le 9 septembre 1303, un soulèvement de la population obligea Nogaret et ses alliés à prendre la fuite et à libérer Boniface VIII. La mort de celui-ci à Rome un mois plus tard, le 11 octobre, sauva toutefois la mission de Nogaret. L'élection du timide Benoît XImarque le début du triomphe de la France sur la papauté, bien que celui-ci commença par citer à comparaître Nogaret devant la Curie, le 7 juin 1304, en le qualifiant, dans la bulle Flagitiosum scelus, de l'un des « fils de perdition, premiers nés de Satan et enfants du mal ». Excommunié aux côtés deSciarra Colonna, il est ainsi exclut de l'absolution générale accordée le 12 mai 1304.

À son retour, lorsqu'il rendit compte au roi de sa mission, Guillaume de Nogaret fut chaleureusement remercié par l'attribution de terres en Bas Languedoc à Marsillargues, Calvisson, Congénies dont une cloche du XVIIIe, la « cloche Nogaret » perpétue le nom de son illustre famille, et Aujarguesnotamment. Il reçut également une grosse somme d'argent.

L'influence française trouva son aboutissement avec l'élection, deux ans plus tard, pour succéder à Benoît XI, de l'archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, désormais Clément V, qui installa lapapauté en Avignon. Huit ans après l'attentat d'Agnini, soit le 27 avril 1311, Guillaume de Nogaret obtint ainsi de Clément V l'absolution pour tous les protagonistes du conflit avec Boniface VIII et la levée de son excommunication (bulle Rex gloriae). Il devait en échange, à titre de repentance, s'engager à partir pour la prochaine croisade, et se rendre dans un certain nombre de lieux depèlerinage en France et en Espagne, mais il ne le fit jamais.


• Nogaret maitre d’œuvre de la politique royale (1306-1313)

Le 21 juillet 1306, une ordonnance royale, préparée par ses soins, tenue secrète jusqu'au bout, déclenche l'arrestation, l'incarcération, puis la spoliation totale et l'expulsion des Juifs de France. Il veille en personne à la confiscation des biens juifs et recouvre contre leurs débiteurs, à leur place et à son profit personnel, les créances qu'ils détenaient sur des tiers.

En septembre 1307, quelques jours après l'émission par la chancellerie royale de l'ordre d'arrestation des Templiers (qu'il a probablement rédigé en personne), Nogaret obtient le poste de garde du Sceau, où il succède à Pierre de Belleperche. Il prépare en secret l'arrestation des Templiers, la destruction du Temple et la confiscation des biens.

Il orchestre l'annexion de Lyon en assiégeant l'archevêque Pierre de Savoie, qui détient alors la juridiction temporelle sur la ville. Le coup de force de 1310 est légalisé par le traité de Vienne signé deux ans plus tard.


a) La suppression de l’ordre du Temple


Dans ce cadre, il lance une campagne de diffamation pour préparer l'opinion. Le vendredi 13 octobre 1307 (l'opinion gardera en suspicion le vendredi 13), à l'aube, à l'office des Laudes, il fait arrêter, emprisonner, torturer les Templiers. Puis il orchestre leurs procès en joignant dépositions faites sous d'épouvantables tortures, faux témoignages, stipendiés, parfois grotesques.

Il est mort en 1313 rendant ainsi anachronique la malédiction qu'aurait prononcée sur le bûcher, selonMaurice Druon, le maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay : « Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu… » puisque Jacques de Molay fut brûlé en 1314, mais cette malédiction pourrait avoir visé Guillaume Humbert, dit « Guillaume de Paris », grand inquisiteur de France, et confesseur du roi de 1305 à 1314, où il instruisit, de 1307 à 1314, le procès des Templiers.



Héritage



C'est son fils cadet Guillaume II qui hérite de la seigneurie de Manduel.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 15:31



Guillaume de Plaisians




Guillaume de Plaisians, originaire du village de Plaisians dans les Baronnies (Dauphiné), fut un des légistes (membre du Conseil du roi, préfiguration du Ministre), de Philippe IV le Bel, roi de France, au tournant des xiiie et xive siècles.
Il apparaît souvent associé aux actes de Guillaume de Nogaret, principal des Conseillers, dans nombre de dossiers.


Il apparaît également dans la longue lutte du roi contre les Templiers, dans divers actes au côté de Guillaume de Nogaret, Pierre Flote, Gilles Aycelin (évêque de Narbonne), Philippe de Villepreux et, plus tard, Enguerrand de Marigny qui fut le conseiller des dernières années du règne. Guillaume de Plaisians décédera avant le procès final de 1314. La position de Guillaume de Plaisians — Plaisians, alors terre d'Empire —, quoiqu'exceptionnelle, n'était pas inédite. Joinville, un des très proches de Saint Louis, et chroniqueur de la vie du roi, était également règnicole (ressortissant) du Saint-Empire romain germanique.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 15:40

Enguerrand de Marigny




Enguerrand de Marigny, né à Lyons-la-Forêt en Normandie vers 1260 et mort pendu au gibet de Montfaucon à Paris le30 avril 1315, était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel, comte de Longueville.






Origine


Né dans une vieille famille de petit baronnage appelé « Le Portier », fieffée à Lyons et à Rosay, la famille n’avait pris le nom de Marigny (ou Margny, hameau de Dampierre-en-Bray) que vers 1200, lors du mariage d’Hugues Le Portier, le grand-père d'Enguerrand, avec Mahaut de Marigny, Enguerrand entra comme écuyer au service de Hugues II de Bouville, chambellan et secrétaire de Philippe le Bel, puis en 1295 fut attaché comme panetier à la maison de la reine Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel, qui fit de lui un de ses exécuteurs testamentaires. Enguerrand épousa la filleule de celle-ci, Jeanne de Saint-Martin. En 1298, il reçut la garde du château d’Issoudun.


Le bras droit de Philippe le Bel


Après la mort de Pierre Flotte à la bataille de Courtrai en 1302, il devint le grand conseiller de Philippe le Bel, qui le nomma coadjuteur du royaume, le plaçant ainsi à la tête de l'administration. En 1306, il fut envoyé pour présider la Chambre des Comptes de Normandie. Il reçut de Philippe le Bel de nombreux présents, mais aussi une pension d’Édouard II d'Angleterre.


Cultivé et adroit, il était l’homme qu’il fallait pour servir les plans de Philippe le Bel, dont il avait la confiance. Il partagea la haine que s’attira le roi dans l’opinion publique en dévaluant la monnaie. En 1304 il participe à la Bataille de Mons-en-Pévèle. Il fut l'agent dans le conflit qu’il eut avec Louis, comte de Nevers, fils de Robert III de Flandre, emprisonnant Louis et forçant Robert à abandonner Lille, Douai et Béthune par le traité de Pontoise en 1312.

Il obtint pour ses frères des sièges épiscopaux. En 1306, son demi-frère, Philippe de Marigny, reçut l’évêché de Cambrai et, en 1309, l’archevêché de Sens. Son autre demi-frère Jean de Marigny reçut l’évêché de Senlis, l’évêché de Beauvais en 1312. Il deviendra archevêque de Rouen et chancelier sous le règne de Philippe VI de Valois. Un autre de ses parents, Nicolas de Frauville, fut fait confesseur du roi et cardinal.
Le roi le nomma Gardien du Trésor sur lequel sa mainmise fut assurée à partir de 1309. Sa situation devint plus délicate quand les princes du sang, qui tenaient à faire la guerre aux Flamands, furent déçus par ses négociations de paix en septembre 1311. Il fut nommé la même année chancelier de France. Il fut accusé d’avoir reçu des pots-de-vin et Charles de Valois le dénonça lui-même au roi ; mais Philippe le soutint et cette attaque n’eut aucun résultat. Il harangua les États généraux de 1314 et réussit même à faire décider une augmentation des impôts pour la guerre de Flandre, s’attirant par là une grande rancune


Disgrâce


La mort de Philippe le Bel, le 29 novembre 1314, fut le signal de la réaction contre sa politique. Le parti féodal, dont le roi avait considérablement limité le pouvoir, se retourna contre ses ministres et surtout contre le principal d'entre eux, le coadjuteur.


Enguerrand fut arrêté sur l’ordre de Louis X, répondant à la demande de Charles de Valois ; on porta sur lui quarante et un chefs d’accusation (la totalité de ceux-ci sont répertoriés dans les Grandes Chroniques de France). On refusa de l’entendre ; mais comme ses comptes étaient en ordre et ne présentaient aucune irrégularité, Louis X le Hutin souhaitait seulement condamner l'ancien bras droit de son père au bannissement dans l’île de Chypre. Charles de Valois présenta alors une accusation de sorcellerie qui, bien que totalement fausse, fut plus efficace.

Enguerrand refusa de se défendre face à un tribunal où l’accusateur principal n’était autre que son propre frère cadet, l’évêque Jean de Marigny. Cette trahison, selon toute vraisemblance, le rendit très amer.

La seule déclaration de l'accusé fut d'affirmer avec énergie que, dans tous ses actes, il n’avait fait que servir son roi, Philippe le Bel. Il fut condamné et pendu le 30 avril 1315 au gibet de Montfaucon. Son corps resta exposé au gibet pendant deux ans, jusqu’en 1317, quand un second procès, demandé par le nouveau roi Philippe V le Long, le disculpa des méfaits qu'on lui imputait et réhabilita sa mémoire. Ses restes furent alors inhumés dans l’église des Chartreux de Vauvert, puis transférés en 1325 ou 1326 dans la collégiale d’Écouis, qu’il avait lui-même fondée en 1312-1313, et où l’on peut toujours admirer un remarquable ensemble de statues qu’il avait commandées.

Louis X laissa les enfants prendre possession de l’héritage de leur père.

Sur son lit de mort, en 1325, son ennemi juré, Charles de Valois, fut pris de remords et ordonna qu’on distribuât des aumônes aux pauvres de Paris en leur demandant de prier conjointement pour son âme et pour celle d’Enguerrand de Marigny.


Mariage et descendance


Il se marie à deux reprises :

• avec Jeanne de Saint-Martin, dont il a trois enfants :
• Louis, filleul de Louis X le Hutin ;
• Marie, religieuse à Maubuisson ;
• Isabelle (+ 1339), qui épouse en 1309 Guillaume, seigneur de Tancarville, puis Hugues d'Auxy, et postérité ;


• avec Alips de Mons (qui est inhumée également à Écouis), et dont il a quatre autres enfants :

• Isabelle, (+ 1321) qui épouse en 1315 Jean de Nolasque, baron de Verson, Forneville etGliseulles ;
• Alips, religieuse ?, (puis) épouse Pierre de Fécamp : succession dans les Gamaches et les Châtillon-sur-Marne ;
• Raoul, gouverneur du Dauphiné, protonotaire royale et vice-amiral, épouse Sibylle de Nolasque, sœur de Jean ;
• Thomas, sans alliance.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 16:08

Pierre de Bologne


Pierre de Bologne, dit Pierre de Bologne II, né en 1706 en Martinique - mort le 18 août 1792 à Dardenac, Gironde est un poète français du XVIIIe siècle, membre du parlement de Metz.



Prénommé comme son père Pierre de Bologne Ier, colon à laGuadeloupe2, époux de Catherine Herigoyen, frère de Georges de Bologne Saint-Georges, et oncle de Joseph Bologne de Saint-George, il fut secrétaire du roi, audiencier au Parlement de Metz et membre des académies d'Angers et de la Rochelle.

Il épouse Bénédicte Husson, à La Rochelle, par contrat de mariage du 2 février 1738. le couple eut un fils nommé Pierre-Clément de Bologne et une fille Bénédictine de Bologne.


Pierre de Bologne, conseiller du roi, fut anobli le 6 mars 17558 probablement en application de l’Édit du roi de France Louis XIV de septembre 1658 confirmé par une déclaration du même roi en date du10 avril 1706. Il vécut à Metz où il fut secrétaire du roi, audiencier au parlement de 1749 à 1781.


Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines d’Europe :

« Bologne (Pierre de), de Metz, 6 mars 1755. — Né à la Martinique en 1706, secrétaire du roi, maison et couronne de France près le parlement de Metz, de 1749 à 1781 ; il habita longtemps cette ville et composa des odes sacrées et divers morceaux de poésie qui ont été imprimés. Il fit enregistrer, le 11 janvier 1764, à la Guadeloupe, ses lettres de provision de secrétaire du roi qui lui accordent les privilèges de noblesse du premier degré. Mais aucune concession ou confirmation d'armoiries n'y sont jointes. On le croit originaire du Dauphiné, où Pierre de Bologne était châtelain de Saint-André et d'où Claude de Bologne aurait passé en Lorraine. »
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 16:23

Raoul de Presles



Raoul de Presles ou de Praelles, seigneur de Lizy, était un légiste français du XIVe siècle, conseiller du roi Philippe IV le Bel.


Né vers 12701 Raoul de Presles est de basse extraction, puisque sa mère est serve auprès de l'abbaye de Saint-Denis. Affranchi par l'abbé, il débute une carrière ecclésiastique.

En 1300, il est affranchi une seconde fois et quitte l'Église sans avoir obtenu la prêtrise. Juriste expérimenté, Presles s'établit alors à Laon et devient l'un des meilleurs avocats de la cité. Il travaille entre autres pour Enguerrand IV de Coucy et reçoit en échange de ses services l'importante seigneurie de Lizy. Sa fortune commence à croître grâce à ses revenus fonciers et à la spéculation. Bien que son honnêteté soit douteuse, il est au début des années 1300 l'un des principaux notables de Laon.

En 1303, Presles vient s'installer à Paris et entre au service de la reine Jeanne, dont il est le juriste chargé des affaires du comté de Champagne.

À la mort de la reine, il sert l'héritier de la couronne Louis de Navarre, avant de devenir l'avocat du roi Philippe le Bel. En 1310, il dépose contre les templiers et joue un rôle crucial dans leur condamnation. Son dévouement est grassement récompensé par le roi. Il exerce également son talent en 1311 lors du conflit avec le comté de Flandre en faisant déclarer parjure et coupable de lèse-majesté Louis de Nevers.

Ce grand procédurier volontiers retors se consacre également au mécénat. Il fonde à Paris, près de la place Maubert, un collège pour étudiants: le collège de Presles.

La mort de Philippe le Bel en 1314 marque la chute de Raoul de Presles. Le nouveau roi Louis X, qui l'avait pourtant employé lorsqu'il était roi de Navarre, le destitue et le fait jeter en prison. Avec Pierre de Latilly et Enguerrand de Marigny, Presles est la victime de la réaction orchestrée par le tout-puissant comte de Valois qui s'abat sur les conseillers du feu roi. Accusé d'avoir empoisonné Philippe le Bel, il est torturé mais ne lâche aucun aveu. En septembre 1315, sa femme, son frère et ses amis obtiennent sa grâce auprès du roi. Il est donc libéré, aucune preuve n'ayant été trouvée contre lui.

Raoul de Presles retrouve la faveur royale avec l'avènement de Philippe V le Long en 1316. Il est un des importants conseillers de ce prince, qui lui donne en septembre 1317 des lettres de noblesses.

Charles IV le Bel, qui règne à partir de 1322, le compte également au nombre de ses conseillers.


Raoul de Presles meurt en 1329. Il laisse un fils illégitime, Raoul, qui devient un des conseillers de Charles V de France.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 20:30

Édouard II d’Angleterre


Édouard II d'Angleterre (25 avril 1284, château de Caernarfon, Pays de Galles – 21 septembre 1327), est roi d'Angleterre de 1307 jusqu’à sa déposition, en janvier 1327.

Il est le fils du roi Édouard Ier (Plantagenêt) et d'Éléonore de Castille.

Édouard II, appelé Édouard de Carnarvon, est le sixième roi de la dynastie Plantagenêt, commencée avec Henri II, fils de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou. Compris entre les règnes vigoureux de son père Édouard Ier et de son fils Édouard III, celui d’Édouard II est marqué par l’incompétence et la querelle politiques, et par la défaite militaire. Édouard est, sa vie durant, plus enclin aux plaisirs de la cour et aux divertissements qu’à ses devoirs de souverain. Il est incapable de refuser les plus grandes faveurs à ses divers favoris, dont les plus célèbres sont Pierre (Piers) Gaveston, un chevalier d’origine gasconne qui est fait comte de Cornouailles, puis un jeune seigneur anglais, Hugues le Despenser, provoquant de constants troubles politiques et, probablement, à terme, sa déposition.

Alors que son père Édouard Ier avait conquis tout le Pays de Galles et les basses terres écossaises, qu’il gouvernait d’une main de fer, l’armée d’Édouard II est défaite lors de la bataille de Bannockburn, dont la conséquence est de soustraire l'Écosse au contrôle de son voisin anglais et de permettre aux forces écossaises d’incontrôlables raids à travers le nord de l’Angleterre. Il faut ajouter à ce règne troublé la fin dramatique du roi, dont la mort mystérieuse au château de Berkeley laisse planer des doutes sur ses causes. Plus positivement, Édouard II s'intéresse de près aux universités d'Oxford et de Cambridge.






Prince de Galles

Quatrième fils du roi Édouard Ier et de son épouse Éléonore de Castille, Édouard II est né au château de Caernarfon. Il est le premier prince anglais à porter le titre de prince de Galles, enregistré par le Parlement de Lincoln le 7 février 1301.

Édouard devient héritier du trône à seulement quelques mois, après le décès de son frère Alphonso le19 août 1284. Son père, chef militaire remarquable, initie son héritier dès l'enfance à l'art de la guerre, bien que le jeune Édouard lui préfère la navigation et l'artisanat, activités unanimement considérées à cette époque comme indignes d'un roi.
On a supposé que l'intérêt du prince pour des activités si éloignées de la formation de prince a pu se développer en réaction à son père, esprit dominateur et inflexible.

Même si Édouard prit part à plusieurs campagnes contre l'Écosse, ce contact avec l'univers militaire et tous les efforts de son père ne parvinrent à empêcher le jeune prince de contracter des habitudes extravagantes, frivoles, qu'il conserva sa vie durant.

Édouard Ier attribuait les penchants de son fils à l'influence d'un chevalier gascon de sa suite, Pierre (Piers) Gaveston, pour lequel Édouard de Cærnarvon avait la plus grande affection. Le roi finit par exiler le chevalier de la cour, après que le prince eut tenté de faire attribuer à son ami un titre réservé aux membres de la famille royale. L'ironie est que c'était Édouard Ier lui-même qui avait distingué ce Gaveston pour son intelligence, ses manières et ses talents et qui, en 1298, avait décidé de lui faire intégrer la suite du prince de Galles.

Édouard Ier meurt le 7 juillet 1307, sur le chemin d'une nouvelle campagne contre les Écossais, ponctuant un conflit qui fut la caractéristique de son règne.

Le chroniqueur Jean Froissart raconte que le roi mourant demanda à son fils que, dès sa mort, il fasse bouillir son cadavre afin d'en détacher les os (pratique mortuaire caractéristique du Moyen Âge) ; il garderait ces os avec l'armée anglaise jusqu'à la soumission des Écossais. Mais le fils ignore la requête paternelle et fait enterrer son père à l'abbaye de Westminster. Il rappelle aussitôt Gaveston en Angleterre et met un terme à la campagne militaire commencée la même année


Mariage et descendance

Le 25 janvier 1308, à Boulogne-sur-Mer, Édouard épouse Isabelle, fille du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire, sœur de trois princes qui devaient tous devenir rois de France à la suite de leur père (Louis, Philippe et Charles). Le mariage se révèle un échec presque dès le début : Édouard néglige son épouse au profit de ses favoris, avec lesquels il passe son temps à imaginer comment limiter la puissance des pairs du royaume afin de consolider le pouvoir hérité de son père.

Quatre enfants cependant sont issus de cette union :

• le futur Édouard III, roi d'Angleterre ;
• Jean d'Eltham (1316-1336), comte de Cornouailles ;
• Éléonore de Woodstock (1318-1355), épouse de Reynold II le Noir (1295-1343), comte de Gueldre ;
• Jeanne (1321-1362), qui épouse en 1328 David II d'Écosse (1324-1371).

Édouard est également le père d'un enfant illégitime, Adam FitzRoy, qui accompagne son père dans sa campagne contre les Écossais durant l'année 1322 et meurt peu après



Roi  d’Angleterre


Édouard est couronné en l'abbaye de Westminster à Londres le24 février 1308 par Henry Merewell (alias Woodlock), évêque de Winchester. Bien qu'Édouard soit physiquement aussi impressionnant que son père, il lui manque la volonté et l'ambition de son prédécesseur. On a écrit qu'Édouard II « était le premier roi depuis la conquête de Guillaume qui ne soit pas un homme d'affaires ». Il accorde beaucoup d'attention aux divertissements et aux jeux de cour, mais aussi du temps aux pratiques sportives et aux arts mécaniques. Il semble avoir été si écrasé par la personnalité de son père qu'il manque dramatiquement de confiance en lui : un courtisan, un favori possédant une volonté plus forte que celle d'Édouard peut tenir le roi dans sa main.


• Guerre avec les Barons


Lorsque Édouard part en France épouser Isabelle à Boulogne-sur-Mer, il laisse le pouvoir à son ami et conseiller Pierre (Piers) Gaveston, nommé régent à l'occasion. Ce dernier reçoit également le comté de Cornouailles, ainsi que la main de la propre nièce du roi, Marguerite de Gloucester, fille de la sœur d'Édouard, Jeanne d'Acre, et de Gilbert de Clare (1243-1295) : autant d'honneurs qui étaient jusqu'alors à la seule portée des plus grands seigneurs du royaume.

Très vite, plusieurs grands barons prennent ombrage de la faveur de Gaveston, assez pour exiger son bannissement. Afin d'éviter l'affrontement armé, le roi doit entériner l'exil de son ami en Irlande, par les Ordonnances de 1311. Cependant Édouard fait marche arrière peu après et rappelle son ami. Mais, sous prétexte que le favori conduisait le roi à la folie, le cousin du roi le comte de Lancastre et ses alliés font assassiner Gaveston dès son retour sur le sol anglais.

Le comte de Warwick, que Gaveston avait insulté auparavant, le capture et le conduit auprès de deux Gallois qui le mènent à Blacklow Hill, où ils l'exécutent, le premier lui perçant le cœur de son épée, le second le décapitant (un monument nommé « Croix de Gaveston » se dresse toujours à Blacklow Hill, juste à côté du petit village de Leek Wootton. La douleur d'Édouard est profonde : après qu'on lui a restitué le corps de son ami, le roi conserve ses restes plusieurs semaines à ses côtés, avant que l'Église puisse procéder, de force, à l'enterrement.

Immédiatement après ces évènements, Édouard se concentre sur le moyen d'éliminer ceux qui, à ses yeux, l'ont trahi, tandis que la fronde des barons retombe, ces derniers ne voyant plus d'utilité à l'épreuve de force après la mort de Gaveston. À la mi-juillet, Aymar de Valence, 2e comte de Pembroke, conseille au roi de faire acte d'autorité en partant en guerre contre les barons qui s'étaient soulevés. Ces derniers, peu désireux de risquer leur vie, entament des négociations avec le roi en septembre 1312. En octobre, les comtes de Lancastre, de Warwick, d'Arundel et de Hereford demandent le pardon royal. Édouard l'accorde ; mais son ressentiment demeure.


a) Édouard et Piers Gaveston

L'intimité entre personnes du même sexe n'était pas condamnée, en tant que telle, au Moyen Age (on se souvient de Philippe Auguste partageant sa couche avec Richard Cœur-de-Lion sans que pour autant les deux souverains fussent soupçonnés de relation à caractère sexuel), même si elle peut donner lieu à plaisanteries ou moqueries. Ce n'est pas l'objet de l'affection qu'on stigmatise à l'époque, mais les pratiques sexuelles qu'elle pourrait induire. Celles interdites par l'Église sont unanimement condamnées, dont, bien sûr, la sodomie, pratique dite « contre nature », qu'elle soit effectuée par un couple hétéro ou homosexuel. Les plus violents détracteurs d'Édouard voyaient en lui un roi sodomite (si tant est qu'ils en aient pu apporter la preuve) ou un roi que son affection démesurée pour ses favoris avait rendu indigne du trône.

Plusieurs sources contemporaines en effet critiquent les relations du roi avec Gaveston, au point qu'Édouard en aurait ignoré et humilié sa femme. Les chroniqueurs de l'époque définissent cette relation comme « excessive, immodérée, au-dessus de toute mesure et raison »2 et condamnent le« penchant du roi pour une sexualité dévoyée et interdite ». Les chroniqueurs de Westminster disent que Gaveston amena le roi à repousser les douces embrassades de sa femme. Le chroniqueur de Meaux (qui écrivit des décennies plus tard) regrette qu'Édouard ait pris trop de plaisir à la sodomie.

Gaveston est généralement décrit comme athlétique et de belle apparence ; plus âgé que le roi, au moins d'une année, il avait exercé le métier des armes en Flandre avant de devenir un proche compagnon d'Édouard. Il avait la réputation d'avoir un esprit vif, cinglant et sa fortune ne cessa de croître à mesure qu'Édouard lui octroyait plus d'honneurs, dont la possession du comté de Cornouailles.

Presque immédiatement après son mariage, la reine Isabelle écrivait à son père Philippe le Bel pour se plaindre du comportement de son époux envers Gaveston. Même si leur relation était certainement intime, sa nature exacte est impossible à déterminer. Bien que plusieurs remarques de chroniqueurs font état de pratiques homosexuelles (n'excluant pas, par ailleurs, l'accomplissement du devoir conjugal), beaucoup de ces auteurs sont soit postérieurs à l'époque concernée, soit franchement hostiles au roi et à son ami. Tant Édouard que Gaveston se marièrent jeunes et eurent des enfants – sans compter le fils illégitime d'Édouard, qui laisse penser qu'il ne fréquentait sa femme que par obligation dynastique. On a pu avancer, assez plausiblement mais sans conclusion définitive, que les deux jeunes hommes avaient contracté un lien de fraternité adoptive, eux-mêmes se qualifiant de « frères d'armes ».

La relation du roi à son favori fut par la suite exploitée par le dramaturge Christopher Marlowe qui fit, assez inhabituellement pour l'époque, référence au caractère sexuel de cette dernière. Le plus souvent, la nature de la relation est allusive, ou encore citée comme un exemple de la destinée guettant les rois influencés par leurs favoris et devenus étrangers à leurs propres sujets3.


• Conflit avec l’Écosse

Durant cette période, le roi Robert Bruce reconquiert méthodiquement l'Écosse. De 1307 à 1314, à l'occasion de chaque campagne menée par Édouard II, il recouvre contre lui plus de terres qu' Édouard Ier n'en avait pris durant son long règne. Le roi écossais utilise de petites troupes pour tendre des pièges à une armée anglaise nombreuse (principe de la «guérilla», ou de la guerre d'usure). Il occupe brièvement des châteaux pour protéger ses hommes, et fait du pays une arme contre Édouard : après des attaques rapides, Bruce et ses hommes disparaissent dans les collines, au lieu d'affronter la supériorité numérique des Anglais. Bruce unifie l'Écosse contre l'ennemi commun, et l'on raconte qu'il aurait dit craindre davantage le défunt Édouard Ier que le vivant Édouard II.


En juin 1314, seuls les châteaux de Stirling et de Berwick restent sous contrôle anglais. Ce même mois, l'armée d'Édouard II, composée de 20 000 hommes à pied et de 3 000 cavaliers, fait face à celle de Robert Bruce, composée de piétaille et de fermiers munis de piques longues de plus de 4 mètres. En effet, Édouard sait qu'il doit conserver le point stratégique de Stirling s'il veut assurer le moindre succès anglais. Mais le château est en constant état de siège et le commandant anglais, sire Philippe de Mowbray, a averti Édouard qu'il livrerait la place aux Écossais, à moins que le roi ne vienne aux alentours du 24 juin pour briser le siège. Édouard ne peut se permettre de perdre son dernier château en terre écossaise : il décide de lancer son armée entière pour contrer le siège et obliger les Écossais à une rencontre décisive.

Mais il commet une grave erreur en pensant que sa seule supériorité numérique suffira à lui assurer une victoire stratégique. Non seulement Robert a l'avantage de connaître la date à laquelle Édouard arrivera dans le Nord pour combattre, mais il a également eu le temps de choisir le champ de bataille. Alors qu'Édouard avance sur la route principale de Stirling, Robert place ses hommes de chaque côté de la route nord, une partie dans une forêt dense, une autre dans le coude d'une rivière difficilement repérable par l'envahisseur. Robert donne également ordre à ses hommes de creuser des fondrières et de les recouvrir de fougères, afin d'arrêter toute charge de cavalerie.

Édouard, quant à lui, ne publie la convocation du ban et de l'arrière-ban, soit 21 540 hommes, qu'à partir du 27 mai 1314. En outre, l'armée va se révéler indisciplinée. La veille de la bataille, Édouard décide de déplacer nuitamment son armée et la place dans une zone marécageuse, sa cavalerie répartie en neuf escadrons, face aux soldats à pied. La bataille de Bannockburn est ainsi décrite par les chroniqueurs comme la pire défaite essuyée par l'armée anglaise depuis celle d'Hastings en 1066.

Cette défaite va durablement influencer la stratégie militaire anglaise, qui utilisera des procédés similaires à ceux de Robert Bruce, un siècle plus tard, pour écraser les armées françaises : le jeune Henri V d'Angleterre devait employer la même tactique contre la cavalerie française sur le champ de bataille d'Azincourt en 1415 et remporter alors une victoire décisive.


• Règne des Despenser

Après la mort de Gaveston, le roi témoigne d'une faveur grandissante envers son neveu par alliance (également beau-frère de Gaveston), Hugues Despenser le Jeune. Mais, comme avec Gaveston, les barons sont rapidement indignés par les honneurs que le roi fait pleuvoir sur les Despenser père et fils, particulièrement à partir du moment où Despenser le Jeune, en 1318, se met en tête de se faire attribuer le comté de Gloucester avec les terres de sa dépendance.

En 1320, la situation politique anglaise recommence à être dangereusement instable. Édouard transgresse la loi en faveur de Despenser le Jeune : lorsque le seigneur de Braose de Gower vend son titre à son gendre, procédure parfaitement légale dans les marches galloises, Despenser demande au roi de lui céder Gower en lieu et place du bénéficiaire. Contre le droit et la loi, Édouard confisque Gower qu'il offre à son favori, déclenchant immédiatement la fureur de la plupart des barons. En 1321, le comte de Hereford, en accord avec le comte de Lancastre et d'autres seigneurs, prend les armes contre la famille Despenser, et le roi est contraint de trouver une issue à la crise. Le 14 août, à Westminster, accompagné des comtes de Pembroke et de Richmond, le roi déclare bannis les Despenser, père et fils.

La victoire des barons montre cependant la limite de leur cohésion : avec le départ des Despenser, beaucoup de seigneurs, oublieux de leurs liens – familiaux, politiques – veulent remplir le vide laissé par les deux favoris. Désireux de gagner les bonnes grâces d'Édouard, ces seigneurs appuient Édouard dans son désir de vengeance contre les barons, dans le seul but d'accroître leurs propres fortunes et pouvoir. Les campagnes qui suivent voient l'exécution de nombreux opposants à Édouard, dont le comte de Lancastre, propre cousin d'Édouard (il était le fils d'Edmond « le Bossu », frère du roi Édouard Ier), décapité en présence du roi lui-même.

L'opposition abattue, les Despenser de retour, le roi et ses favoris deviennent les maîtres incontestés du royaume : au Parlement de York, en 1322, Édouard publie une loi qui abroge toute ancienne ordonnance limitant son pouvoir et empêchant toute tentative d'empiétement. Le roi n'est plus soumis à la volonté du Parlement, et les hauts seigneurs, les prélats et les Communes doivent endurer la loi royale en silence.


a) Isabelle quitte l’Angleterre

Une dispute entre la France et l'Angleterre éclate à l'occasion du refus d'Édouard de rendre hommage à son beau-frère et cousin le roi de France, dont il était le vassal en tant que duc de Guyenne. Après plusieurs tentatives avortées pour reprendre possession des territoires (un défaut d'hommage pouvait entraîner une confiscation de ces terres), Édouard finit par envoyer son épouse négocier les termes d'un traité de paix avec le roi de France. Réjouie à l'idée de quitter la cour d'Angleterre, Isabelle débarque en France en mars 1325 : elle retrouve sa famille et son pays natal, et s'éloigne enfin des Despenser et de son époux, qu'elle abhorre désormais tous ensemble.

Le 31 mai 1325, Isabelle consent à un traité de paix favorable à la France, qui requiert qu'Édouard, duc d'Aquitaine, vienne rendre hommage au roi Charles IV, en France. Mais Édouard envoie son fils le prince de Galles à sa place. Cette décision se révèle être une erreur stratégique monumentale, qui aide à précipiter la chute d'Édouard et des Despenser : en effet, la reine, désormais en possession de son fils le prince héritier, peut déclarer qu'elle ne reviendra jamais en Angleterre tant que les Despenser ne sont pas chassés.



b) Débarquement en Angleterre d’Isabelle et de Mortimer


Quand l'escorte d'Isabelle – loyale à Édouard et renvoyée en Angleterre par Isabelle – revient à la cour le 23 décembre, elle apporte des nouvelles autrement plus choquantes pour le roi : à Paris, Isabelle entretient désormais une liaison, au vu et su de tous, avec Roger Mortimer - dont Édouard avait auparavant mal récompensé et offensé la famille - et tous deux échafaudent un débarquement sur les côtes du royaume. Édouard se prépare à ce débarquement mais est trahi par ses proches : son fils refuse de quitter sa mère, afin de partager son infortune et son malheur ; le demi-frère d'Édouard, le comte de Kent, épouse la cousine de Mortimer, Marguerite Wake ; enfin, des seigneurs, tels John de Cromwell ou le comte de Richmond, choisissent également de se ranger du côté de Mortimer.


En septembre 1326, Mortimer et Isabelle débarquent en Angleterre. Édouard est surpris par le maigre effectif de leurs troupes et tente immédiatement de lever une immense armée pour les écraser. Mais un nombre important de vassaux refusent de combattre la reine et Mortimer : le cousin du roi, Henri de Lancastre, comte de Leicester depuis 1323 — frère du comte de Lancastre décapité — n'est même pas convoqué par le roi, et démontre d'ailleurs sa loyauté en levant sa propre armée, en s'emparant d'une part du trésor des Despenser à l'abbaye de Leicester, puis en marchant vers le sud pour faire jonction avec Mortimer.

L'invasion a bientôt trop de renfort et de soutien pour pouvoir être contenue. Par conséquent, le roi ne parvient pas à réunir l'armée qu'il souhaite, et tant Édouard que les Despenser se voient bientôt totalement isolés. Ils quittent Londres le 2 octobre, laissant la ville sombrer dans le chaos. Le 15 du même mois, un soulèvement de la population conduit à la capture puis la décapitation de John le Marshal — Londonien accusé d'être un espion à la solde des Despenser — et du trésorier d'Édouard, Walter Stapeldon, évêque d'Exeter, avec deux de ses écuyers. Le roi trouve tout d'abord refuge àGloucester (il l'atteint le 9 octobre), puis fait voile vers le sud du pays de Galles, afin d'organiser sa défense sur les terres des Despenser. Mais Édouard se voit dans l'incapacité de réunir une armée et ses propres serviteurs l'abandonnent, lui et Despenser le Jeune, le 31 octobre.

Le 27 octobre déjà, Despenser l'Aîné avait été accusé d'encourager le gouvernement illégal de son fils, de s'enrichir aux dépens des autres, de spolier l'Église et d'avoir pris part à l'exécution illégale du comte de Lancastre. Il est pendu puis décapité à la potence de Bristol. Henri de Lancastre, comte de Leicester, est alors envoyé au pays de Galles, afin d'en ramener le roi et Despenser le Jeune et, le 16 novembre, Henri s'empare d'Édouard, de Despenser le Jeune et de leurs proches, près de Tonyrefail (où une plaque rappelle aujourd'hui l'événement). Les soldats royaux sont relâchés, Despenser le Jeune est envoyé auprès d'Isabelle à Hereford, tandis que le roi est amené à Kenilworth par son propre cousin.


c) La chute des Despenser


Les représailles contre les alliés d'Édouard débutent immédiatement après : le comte d'Arundel, sire Edmund FitzAlan, vieil ennemi de Roger Mortimer, est décapité dès le 17 novembre, en compagnie de deux de ses domestiques, John Daniel et Thomas de Micheldever. S'ensuivent le procès et l'exécution de Hugh Despenser, le 24 novembre.

Despenser le Jeune subit un châtiment violent et une foule immense, prévoyant la sentence, s'amasse pour le voir mourir – contrairement au cliché, ces exécutions publiques n'étaient pas vues comme des réjouissances populaires, mais bien plutôt comme des exemples à méditer. Hugues le Despenser est jeté bas de son cheval, déshabillé ; sa peau griffonnée de versets bibliques stigmatisant la corruption et l'arrogance ; puis il est conduit vers la Cité de Londres, sur la place du marché, où on le présente à la reine Isabelle, à Mortimer et aux lancastriens. Hugues le Despenser est alors condamné à être pendu comme voleur, châtré puis écartelé comme traître (hanged, drawn and quartered), ses membres devant être dispersés à travers le pays. Simon de Reading, vassal de Despenser, est également pendu aux côtés de son maître, accusé d'insultes envers la reine Isabelle. Le chancelier d'Édouard II, Robert Baldock, est conduit à la maison d'arrêt de Londres, mais une foule de Londoniens envahissent le bâtiment, le molestent gravement avant de le jeter à la prison de Newgate, où Baldock est assassiné par des détenus.



• Abdication


L'emprisonnement du roi pose à Isabelle et à Mortimer le difficile problème de son avenir : la solution la plus simple est l'exécution, qui fait passer les titres et pouvoirs du souverain à son fils et héritier Édouard de Windsor, qu'Isabelle peut encore contrôler vu son jeune âge, tout en rendant impossible un éventuel retournement de situation en faveur du roi déposé et sa restauration. Mais la mentalité médiévale – et, plus généralement, monarchique – a toujours répugné à cette extrémité : exécuter un homme désigné par Dieu équivaut à porter atteinte à l'autorité divine ; de plus, jamais aucun souverain Plantagenêt n'avait posé ce problème tant juridique que politique : la solution envisagée créerait un précédent. Bien que la majorité des seigneurs considèrent qu'Édouard a échoué dans ses devoirs de souverain, une exécution suppose un procès préalable, la reconnaissance de la trahison du roi et, déjà, plusieurs prélats, dépositaires du pouvoir spirituel, arguent qu'un monarque, désigné par Dieu, ne pouvait être légalement déposé et exécuté ; en cas contraire, Dieu punirait le pays des régicides. Par conséquent, il est décidé d'emprisonner Édouard pour le reste de sa vie.

Cependant, le pouvoir légal continue à résider en la personne du roi, même emprisonné. Et même si Isabelle se fait remettre le Grand sceau, dont elle use pour gouverner au nom du roi son époux et du prince héritier, ses actes restent juridiquement illégaux et peuvent à tout moment être remis en cause.

Dans ces circonstances, le Parlement choisit d'agir comme autorité supérieure au roi. Les représentants de la Chambre des communes sont réunis, et les débats s'ouvrent : l'archevêque d'York parmi d'autres prétendent craindre la foule de Londres, loyale à Mortimer. D'autres souhaitent que le roi vienne au Parlement solennellement abdiquer, plutôt que d'être déposé par décision de la reine et de son général. Mortimer réplique en ordonnant au lord-maire de Londres, Richard de Bethune, d'écrire au Parlement pour demander à ses membres de se rendre à la maison des corporations, où ils font serment de protéger la reine et le prince Édouard de Windsor, et de déposer le roi. Mortimer convoque la même nuit les hauts seigneurs pour une rencontre secrète, durant laquelle ces derniers apportent leur soutien unanime à la déposition du roi. Finalement, le Parlement consent à ce que le roi soit démis. Mais même s'il a donné son accord, il ne dépose pas formellement Édouard ; une fois sa décision prise, il demande au roi vaincu de l'accepter.

La demande étant purement formelle, les jeux sont faits. Déjà, le 13 janvier, Édouard doit remettre sa couronne et son sceptre aux envoyés du parlement. Le 20 janvier 1327, au château de Kenilworth, Édouard II est informé des accusations portées contre lui : incompétence ; abandon de la majesté royale au détriment du pays et de l'Église ; refus des bons conseils et obstination dans des occupations indignes d'un monarque ; perte de l'Écosse, de territoires en Gascogne et en Irlande due à l'inefficacité de son gouvernement ; préjudices envers l'Église, et emprisonnement de ses représentants ; autorisation de mettre à mort des nobles, de les déshériter, de les emprisonner ou de les bannir ; incapacité à rendre une bonne justice au lieu de gouverner pour son seul intérêt et au profit de son entourage ; enfin, fuite en compagnie d'un ennemi notoire du royaume, laissant ce dernier sans gouvernement, ayant perdu par conséquent la confiance et la foi de ses peuples. Édouard, profondément choqué par ce jugement, pleure tout le temps de l'audition. Il se voit alors offrir un choix : soit abdiquer au profit de son fils, soit refuser et proposer le trône à quelqu'un d'expérience qui ne sera pas de sang royal — probablement Roger Mortimer. Le roi, regrettant que son peuple haïsse tant son règne, accepte d'abdiquer en faveur de son fils. Destitué, Édouard est tondu. Les seigneurs, à travers la personne de sir William Trussel, viennent alors reprendre leurs hommages, et le règne d'Édouard II s'achève aussitôt.

L'abdication est annoncée et enregistrée à Londres le 24 janvier 1327. Le jour suivant est proclamé le premier du règne d'Édouard III – qui, à 14 ans, est encore sous la coupe de sa mère Isabelle et de Mortimer. Quant à l'ancien roi, il demeure emprisonné. Dans les coffres de la Tour de Londres, le nouveau roi et Isabelle trouvent 78 156 livres sterling, amassées par Edouard II en rançonnant et en harcelant son Echiquier, une somme énorme.


Sa mort

L'autorité d'Isabelle et de Mortimer est si fragile qu'ils n'osent pas remettre le roi déchu entre les mains de leurs ennemis politiques (Mortimer est loin de faire l'unanimité et les rivalités nobiliaires se réveilleront tôt ou tard). Le 3 avril 1327, Édouard II est extrait du château de Kenilworth, placé sous la garde de deux affidés de Mortimer, puis conduit et emprisonné au château de Berkeley dans le Gloucestershire, où l'on pense qu'il est assassiné par un agent à la solde d'Isabelle et de Mortimer, le21 septembre 1327. La ruse utilisée à cette fin est exemplaire de duplicité, puisque la missive donnant l'ordre funeste à ses geôliers, rédigée en latin et sans ponctuation, peut avoir deux sens antinomiques : « Eduardum occidere nolite timere bonum est. ». En français : « Ne tuez pas Édouard, il est bon de craindre...de faire cette chose » ou bien : « Ne craignez pas de tuer Édouard, c'est chose bonne ».
La rumeur court, après sa mort, qu'Édouard a été tué par l'insertion d'une pièce de cuivre dans son anus, supposée être la fin méritée d'un sodomite. Cette méthode aurait eu le bénéfice de faire apparaître la mort du roi comme naturelle : ceci grâce au fait qu'un tube de métal aurait été inséré au préalable dans son rectum, permettant au fer rouge de pénétrer dans le corps sans laisser de marques de brûlure sur l'anus. Cette rumeur est rapportée par le chevalier Thomas de la Moore (?- après 1347) : « Dans la nuit du 11 octobre 1327, le roi reposant sur un lit fut soudainement agrippé, tandis qu'un grand matelas… le tinrent plaqué, un fer de plombier, chauffé au rouge, fut introduit dans ses parties secrètes de façon qu'il brûlât des parties internes au-delà des intestins ».

Le récit de T. de la Moore n'est cependant corroboré par aucune autre source contemporaine ; bien plus, aucun écrit du XIVe siècle ne révèle ce qui s'est exactement passé. Le plus proche chroniqueur, dans le temps et l'espace des évènements, Adam Murimuth, établit par ailleurs qu'une rumeur populaire disait plutôt que le roi avait été étouffé. Quant à la chronique de Lichfield, qui reflète également l'opinion publique, elle dit de son côté que le roi déchu avait été étranglé. Cependant, la plupart des chroniques ne proposent pas au décès de cause autre que naturelle. Il faudra attendre la longue "Chronique Brut", composée par un polémiste lancastrien (anti-Mortimer, l'alliance entre Mortimer et le cousin du roi ayant fait long feu, comme il était à prévoir) dans le courant des années 1330, pour que commence à circuler l'histoire d'une tige de cuivre plongée dans les entrailles du roi, qui a tant marqué les esprits.

Édouard est inhumé dans le déambulatoire gauche de la cathédrale de Gloucester, où son fils Édouard III lui fait bâtir une tombe magnifique.

Sa fin tragique, traitée par de nombreux dramaturges (en particulier Christopher Marlowe, contemporain de Shakespeare) et autres historiens britanniques, constitue une bonne partie de la trame du tome V (La Louve de France) des Rois maudits, roman de Maurice Druon, qui ne reste qu'un roman. Ce dernier met en scène Édouard II, assassiné par les chevaliers Maltravers et Gournay sur l'ordre de la reine Isabelle, à l'instigation de son amant Roger Mortimer. Reprenant la thèse de la Moore, reprise par le dramaturge Christopher Marlowe, Druon imagine les meurtriers du roi l'empalant avec une barre de fer rouge dans le rectum afin qu'on ne puisse établir avec certitude qu'il a été assassiné.

Dans sa pièce Édouard II, Christopher Marlowe met en scène l'assassinat de ce monarque à l'instigation de sa propre femme, la reine Isabelle, et de son amant, Roger Mortimer, tous deux régents du royaume, le jeune prince Édouard, futur Édouard III, étant trop jeune pour régner.

Dans sa biographie sur l'épouse du roi, Isabelle de France, Alison Weir met en avant la théorie – basée sur la lettre de Fieschi – selon laquelle Édouard s'échappa de sa prison et finit ses jours en exil. Ian Mortimer, dans sa biographie d'Édouard III, prétend de son côté qu'Édouard II survécut 14 années après sa mort supposée en 1327, et mourut en Italie.

Après l'annonce publique du décès du roi, le règne d'Isabelle et de Mortimer ne dure guère : le traité de paix de Northampton, entre l'Angleterre et l'Écosse, est très mal perçu par la population anglaise. Mortimer perd petit à petit ses soutiens. Le 19 mars 1330, le comte de Kent, frère d'Édouard II, est exécuté pour avoir fomenté la restauration de ce dernier (on raconte que Mortimer lui avait soufflé de fausses informations quant à la survie d'Édouard, de manière à le piéger). Toutefois, l'exécution du comte, prince royal, oncle d'Édouard III, par Mortimer, prive ce dernier de son dernier appui. Par conséquent, dès qu'Édouard III atteint l'âge de 18 ans, en 1330, il fait exécuter Mortimer, sous quatorze chefs d'accusation, dont le plus important était l'assassinat du roi son père Édouard II (écartant ainsi tout doute sur la survie de ce dernier). Si Édouard III épargne sa mère – fille et sœur de rois –, lui assurant un confortable revenu, il s'assure cependant qu'elle se retire de la vie publique. Isabelle meurt au château de Castle Rising dans le comté de Norfolk, le 23 août 1358.



Titres


• Comte de Chester et prince de Galles (1301-1307) ;
• Roi d'Angleterre (1307-1327) ;
• Duc de Guyenne ou d'Aquitaine (1307-1327) ;
• Prétendu suzerain d'Écosse ;
• Comte de Ponthieu.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 20:40

Jacques II d’Aragon


Jacques II d'Aragon dit le Juste (en catalan Jaume El Just, encastillan Jaime el Justo), né le 10 août 1267 à Valence et mort le 2 novembre 1327 à Barcelone, est roi de Sicile, puis roi d'Aragon, comte de Barcelone et roi de Valence. C'est le second fils de Pierre III d'Aragon et de Constance de Hohenstaufen.

Il est d'abord roi de Sicile de 1285 à 1291 sous le nom de Jacques Ier puis, à la mort de son frère aîné le roi d'Aragon Alphonse III le Franc, abandonne la Sicile à son jeune frère Frédéric II de Sicile pour devenir lui-même roi d'Aragon de 1291 à 1327.

En 1295, il occupe le royaume de Murcie aux dépens de la Castille, mais il doit rendre ce royaume en 1304 par le traité de Torrellas.

Il a un rôle important pour la gestion des biens et des personnes lors de la dissolution de l'Ordre du Temple dans le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le royaume de Valence, comme le détermine la bulle pontificale Ad providam du 2 mai 1312.







Jacques II d'Aragon s'est marié quatre fois :

• Isabelle de Castille, le 1er décembre 1291,
• Blanche d'Anjou, le 1er novembre 1295,
• Marie de Chypre, le 15 juin 1315,
• Elisenda de Montcada, le 25 décembre 1322.

Seule sa deuxième épouse, Blanche d'Anjou, lui donne dix enfants :

• Jacques d'Aragon et d'Anjou (1296 - Tarragone,1334),
• Alphonse IV le Bénin, roi d'Aragon et comte de Barcelone,
• Marie d'Aragon et d'Anjou (es) (1299-1347), mariée avec Pierre de Castille et Molina,
• Constance d'Aragon et d'Anjou (es) (1300-1327), mariée avec Don Juan Manuel,
• Blanche d'Aragon et d'Anjou (1301-1348), religieuse,
• Isabelle d'Aragon et d'Anjou (en) (1302-1330), mariée en 1315 avec Frédéric le Bel,
• Jean d'Aragon et d'anjou (es) (1304-1334), archevêque de Tolède, de Tarragone, patriarche d'Alexandrie,
• Pierre d'Aragon et d'Anjou (es) (1305-1381), comte de Ribagorce et d'Ampuries, puis de Prades,
• Raimond Bérenger Ier d'Empúries (es) (1308-1364), comte de Prades, puis comte d'Empuries(1341-1364) et seigneur de la ville d'Elche,
• Yolande d'Aragon et d'Anjou (1310-1353), mariée d'abord avec Philippe (1297-1330), fils dePhilippe Ier de Tarente, puis avec Lope Ferrench IV de Luna.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 20:47

Ferdinand IV de Castille




Ferdinand IV de Castille, dit l'Ajourné, est né à Séville le6 décembre 1285, il meurt à Jaén, le 7 septembre 1312 (à 26 ans). Il est le fils de Sanche IV de Castille et de Maria Alfonso de Molina. Inhumé tout d'abord en la chapelle royale de la cathédrale de Cordoue, son corps sera finalement transféré en l'église collégiale de San Hipolito à Cordoue.






Biographie


Il règne le 25 avril 1295 à la mort de son père tout d'abord sous la tutelle de sa mère jusqu'en 1301, en 1296 son oncle Jean de Castille se proclame roi de Castille sous le nom de Jean Ier mais sera rapidement relégué dans le Léon et contraint d'abdiquer en sa faveur en 1301, date à laquelle il règne personnellement sous des auspices cléments surtout grâce à l'action de sa régente mère qui aura su en cette période de troubles maintenir la légitimité de son fils en s'appuyant sur le peuple lorsque cela fut nécessaire contre une partie de la noblesse s'appuyant sur les royaumes chrétiens voisins.

En 1301, il s'allie au Portugal puis avec l'Aragon. Il repoussa les Maures qui avaient conquis ses États, et leur enlève provisoirement Gibraltar, en 1310, et Quesada.


Descendance


Il est d'abord accordé par contrat en 1294 avec Blanche de France (fille de Philippe IV le bel)

Marié à Valladolid le 23 janvier 1302 avec Constance de Portugal, fille de Denis Ier de Portugal et d'Isabelle d'Aragon, (née le 3 janvier 1290, décédée à Sahagún dans la Province de León, le 18 novembre 1313, inhumée à Valladolid). Trois enfants naîtront de cette union:

1. Eléonore (1307-1359) reine d'Aragon et de Valence
2. Constance (1309-1311)
3. Alphonse XI de Castille (1311-1350)



Sa mort


On raconte qu'ayant fait jeter du haut d'un rocher deux gentilshommes, les frères Carvajal, accusés d'assassinat, ceux-ci, avant d'être précipités, l'ajournèrent à comparaître devant Dieu dans 30 jours, et qu'en effet il mourut au bout de ce terme ; d'où viendrait son surnom.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 20:57


Denis Ier de Portugal








Denis de Portugal, surnommé le Laboureur, le Roi Agriculteur, le Roi Poète, le Roi Troubadour ou le Père de la Patrie ou encore le Libéral, naquit à Lisbonne le 9 octobre 1261et mourut à Santarém le 7 janvier 1325. Il était le deuxième fils du roi Alphonse III et de son épouse l'infante Béatrice de Castille (1242-1303) et devint le sixième roi de Portugal en1279 (et le cinquième de l'Algarve) à la place de son aîné Robert qui avait été déclaré bâtard de Mahaut de Dammartin. Il est en outre considéré comme l'un des plus importants poètes troubadours portugais des XIIIe et XIVe siècles.






Son règne


Comme héritier du trône, Denis fut très tôt formé par son père pour diriger le Portugal.

Lorsqu'il monta sur le trône, le Portugal était de nouveau en conflit avec l'Église catholique romaine. Denis tenta de résoudre le problème en signant un traité avec le pape Nicolas III où il promettait de protéger les intérêts de Rome au Portugal, particulièrement en concédant asile au Portugal à l'Ordre du Temple, persécuté en France, sous le nom d'Ordre du Christ.



Rois de Portugal : Denis Ier


La Reconquista étant terminée, Denis Ier fut surtout un roi administrateur et pacifique malgré de petits conflits avec laCastille dont il obtint la possession des bourgades de Serpa etMoura, les territoires au-delà du Guadiana et la rectification des frontières de Ribacoa. Il signa pour cela le traité d'Alcañices avec Ferdinand IV de Castille le12 septembre 1297. Ce traité est encore en vigueur. Une fois le problème résolu, aucune autre guerre n'eut lieu durant son règne, justifiant ainsi le souvenir qu'il a laissé d'un roi étrangement pacifique pour son époque.

Ainsi, les priorités de gouvernement furent essentiellement l'organisation du pays et la continuation des actions de son père. Denis a publié le noyau du Code civil et criminel se concentrant sur la protection des classes moins favorisées contre les abus de pouvoir.

Durant son règne, il voyagea dans le pays, visitant les bourgs et apportant des solutions aux problèmes rencontrés. Avec l'aide de son épouse, la reine Isabelle d'Aragon dite sainte Isabelle (1271-1336), Denis essaya d'améliorer la vie des pauvres et fonda diverses institutions de charité.

Préoccupé par les infrastructures du pays, Denis ordonna l'exploitation de mines de cuivre, d'argent, d'étain et de fer et organisa les exportations de ces produits vers les autres pays européens. Il signa le premier traité de commerce avec l'Angleterre en 1308 et fonda la marine marchande portugaise.

Denis institua la première réforme agraire du Portugal, redistribua des terres en morcelant les terres féodales et ecclésiastiques, encouragea l'agriculture et fonda diverses communautés rurales, des marchés et des foires. Sous son règne, le Portugal produisit plus de céréales, dépassant ses propres besoins, et exporta l'excédent. Un de ses plus grands bienfaits fut la plantation de pins pour protéger les terres arables de l'avance des sables sur les côtes. La forêt de pins de Leiria existe toujours.

Denis forma une marine marchande pour commercer avec la Catalogne, la Bretagne, l'Angleterre et les pays nordiques. Installant des marchands génois à Lisbonne, il fut le promoteur des grands navigateurs et fit venir des pays voisins des techniciens en navigation. Les Açores auraient été découvertes une première fois sous son règne.

Denis Ier mit le Portugal sur un pied d'égalité avec les autres royaumes de la péninsule Ibérique.

La culture fut un autre de ses foyers d'intérêt. Denis aimait la littérature et écrivit lui-même quelques livres sur des thèmes comme l'administration ou la chasse et des ouvrages de poésie. Il a été un des plus grands et plus féconds troubadours de son temps. Nous sont parvenues 137 cantigas qui lui sont attribuées, et appartenant à tous les types: 73 cantigas de amor, 51 cantigas de amigo et 10 cantigas de escarnio y maldecir; de plus nous avons la musique originale des sept cantigas découvertes par le professeur Harvey L. Sharrer dans l'Archivo Nacional de la Torre do Tombo, sur un parchemin qui servait de couverture à un livre de minutes notariales du XVIe siècle, qui aujourd'hui porte le nom de Parchemin Sharrer. Par son décret « Magna Charta Priveligiorum », il fonda, en 1290, l'Université de Lisbonne qu'il transféra à Coimbra en 1307, où il défendit l'utilisation et l'enseignement du latin à la place du portugais (le portugais devint pourtant la langue de la cour royale).

Les dernières années de son règne furent marquées, cependant, par des conflits entre ses deux fils :Alphonse, l'héritier légitime et Alphonse Sanches, comte d'Albuquerque son fils illégitime. À sa mort en 1325, il est enterré au Monastère de Saint-Denis à Odivelas, qu'il avait fondé durant son règne.


Descendance


• De son mariage en 1282 avec Élisabeth d'Aragon dite sainte Isabelle ou Élisabeth (1271-1336)
• Constance (3 janvier 1290-18 novembre 1313) qui épousa Ferdinand IV de Castille.
• Alphonse IV de Portugal (1291-1357) son successeur

• De Marie Pires (sa maîtresse) :
• Jean Alphonse (1288-1336) seigneur de Lousã et Arouse

• De Marinha Gomes :
• Marie Alphonse qui épousa João de Lacerda, noble de Castille.

• d'Aldonça Rodrigues Telha,
• Alphonse Sanches (1289-1329) comte d'Albuquerque, rival d'Alphonse IV



Titre complet


Roi de Portugal et de l'Algarve par la grâce de dieu
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:01

Jacques II de Majorque



Jacques II (catalan : Jaume II) né le 31 mai 1243, mort le29 mai 1311, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, baron d'Aumelas et seigneur de Montpellier, de1276 à sa mort.

Troisième fils du roi d'Aragon Jacques Ier le Conquérant et de Yolande de Hongrie, il reçoit une éducation soignée conduite sans doute par le « docteur illuminé », Raymond Lulle. Après la mort de ses frères Alphonse et Ferdinand, il devient le second dans la succession à la couronne. Par testament de 1262, son père divise ses possessions : l'aîné, infant Pierre, reçoit les royaumes d'Aragon et de Valence avec le comté de Barcelone, alors que Jacques reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. À cette date, il semble également que son père lui reconnaît la fonction de procureur général dans son héritage. Il peut donc s'initier à l'exercice du pouvoir, qui lui revient à la mort du Conquérant en 1276.

Devenu roi, Jacques II doit faire face aux appétits de ses puissants voisins, le roi de France Philippe le Hardi au nord et son frère Pierre, fâché de n'avoir pu récupérer tout l'héritage du Conquérant, au sud. Les rapports entre Pierre III d'Aragon, l'aîné, et Jacques II de Majorque, le cadet, tous deux fils de Jacques Ier le Conquérant, sont toujours tendus. Le roi d'Aragon considère les terres de son frère comme une verrue dans les siennes, alors que le roi de Majorque y voit une entité cohérente.

Dès 1279, il doit accepter la suzeraineté de son frère pour les Baléares et de Philippe III de France pour la seigneurie de Montpellier. Le danger le plus menaçant semblant être la couronne d'Aragon, Jacques II choisit le parti de Philippe III dans la croisade d'Aragon de 1284-1285, menée contre Pierre III d'Aragon. Après la déroute de cette expédition, Pierre confisque les Baléares en représailles. En 1286, Jacques II mène une expédition contre le principal allié de Pierre III au nord des Pyrénées, le vicomte de Castelnou, vassal nominal de Jacques II, expédition qui se conclut par la prise du château de Castelnou. L'hostilité entre le royaume de Majorque et la couronne d'Aragon se poursuit sous le règne du fils et successeur de Pierre III, Alphonse III. Ce n'est qu'en 1295, avec le traité d'Anagni, que le principe de la restitution de Majorque et d'Ibiza, augmentées de l'île de Minorque, est acceptée par le roi Jacques II d'Aragon, autre fils de Pierre III. Cette restitution n'est effective qu'en 1298, et Jacques de Majorque doit se considérer vassal de son neveu Jacques d'Aragon pour toutes ses possessions.

La paix obtenue, Jacques II tente de réorganiser son royaume en établissant de nouvelles impositions, en soumettant les institutions majorquines au pouvoir royal. Il met également en place une politique de prestige, fondée sur des grands travaux, comme celui du palais des rois de Majorque à Perpignan et celui de la cathédrale de Palma de Majorque, débutée après la conquête de Majorque par Jacques Ierle Conquérant ou encore le château de Bellver à Majorque. La plupart de ces travaux sont encore en cours à sa mort le 29 mai 1311.



De son mariage de 1275 avec Esclarmonde de Foix, fille du comte Roger IV de Foix, il a deux filles Sancia, future reine consort de Naples et comtesse de Provence, Isabelle qui épousa à Perpignan le 29 novembre 1299 Juan Manuel de Castille et Leon dit l'écrivain seigneur de Villena, Escalona, Penafiel, Cartagena, Lorca y Elche gouverneur général du royaume de Castille et Leon, sénéchal de Castille (fils de Manuel de Castille et de Leon lui même fils de Ferdinand III de Castille et de Leon) et quatre fils, les infants Jacques, Sanche, Ferdinand et Philippe. Jacques et Philippe se tournent vers les ordres pour devenir franciscains. C'est donc le second fils de Jacques II, Sanche, qui lui succède. Ferdinand, figure aventureuse, est le père de Jacques III, le dernier roi « indépendant » de Majorque.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:12

Charles II d’Anjou



Charles II d'Anjou, dit le Boiteux, né vers 1254, mort le 6 mai 1309 à Naples, est le fils de Charles Ier d'Anjou et de Béatrice de Provence. Il est titré dès sa naissance prince de Salerne, puis, après la mort de ses parents, roi de Naples (ou Sicile Péninsulaire), comte de Provence, d'Anjou et du Maine de 1285 à 1309.




Comte Charles II de Provence, gravure de
l'histoire des Comtes de Provence par
Antoine de Ruffi, 1655.







Biographie


À la mort de sa mère, il devient comte de Provence. Il fait entreprendre des fouilles sous l'église de Saint-Maximin et découvre le tombeau de Sainte Marie-Madeleine en 1279, à la suite de quoi il décide d'ériger la ville en cité royale et fait construire une basilique en l'honneur de la patronne de Provence, qui demeure aujourd'hui un exceptionnel ensemble architecturale gothique en Provence. Après les Vêpres siciliennes, il rejoint son père à Naples et assume la régence pendant que son père se rend en France pour armer une flotte. En 1284, au cours d'un engagement contre la flotte aragonaise, commandée par Roger de Lauria, il est fait prisonnier et reste captif à Barcelone pendant quatre ans. À la mort de son père, il est toujours en captivité. Libéré le 8 novembre 1288 grâce au traité de Canfranc, et à la condition de laisser en Aragon trois de ses fils en otage: Louis, Robert et Raymond Béranger. Il se fait couronner roi de Naples le 29 mai 1289 en la cathédrale de Rieti. Malgré les pressions belliqueuses du pape Nicolas IV et du comte d'Artois, il conclut une trêve avec l'Aragon en 1289.

La guerre contre la Sicile reprend à partir de 1296.

Par le traité de paix de Caltabellotta, signé le 31 août 1302, il abandonne la Sicile à Frédéric d'Aragon et lui donne sa fille Éléonore en mariage.

Il aurait été à l'origine du nom d'un de ses palais, le Palais de Quisisana.

Il meurt en 1309, laissant le trône à son fils Robert, dit le Sage. Un autre de ses fils, Charles Martel de Hongrie, dispute le trône de Hongrie à André III.



Titres :


• Roi de Naples de 1285 à 1309
• roi de Jérusalem
• Comte d'Anjou de 1285 à 1290.
• Comte du Maine de 1285 à 1290.
• Comte de Provence
• Comte de Forcalquier



Charles d'Anjou



Mariage et descendance


Il épouse en 1270 Marie de Hongrie (v. 1257-1323), fille d'Étienne V, roi de Hongrie et d'Élisabeth, fille de Sheihan, khan des Coumans. Ils ont eu quatorze enfants :

• Charles Martel (1271 † 1295), roi titulaire de Hongrie
• Marguerite (v.1273 † 1299), comtesse d'Anjou et du Maine, mariée en 1290 à Charles de Valois(1270 † 1325)
• Louis (1274 † 1297), franciscain, évêque de Toulouse
• Robert le Sage (1277 † 1343), roi de Naples
• Philippe Ier de Tarente (1278 † 1332), prince de Tarente et d'Achaïe
• Blanche (1280 † 1310), mariée en 1295 à Jacques II (1267 † 1327) roi d'Aragon
• Raymond-Bérenger (1281 † 3 octobre 1305) Comte de Piémont et Comte d'Andria.
• Jean (1283 † ), prêtre
• Tristan (1284 † 1286)
• Éléonore (1289 † 1341), mariée en 1302 à Frédéric II (1272 † 1336), roi de Sicile
• Marie (1290 † 1347), mariée en 1304 à Sanche Ier (1276 † 1324), roi de Majorque, puis en 1326 àJacques de Ejerica (1298 † 1335)
• Pierre (1292 † 1315), comte de Gravina
• Jean de Durazzo (1294 † 1336), duc de Durazzo, prince d'Achaïe
• Béatrice (1295 † 1321), mariée en 1305 à Azzo VIII d'Este († 1308), puis en 1309 à Bertrand des Baux († 1351), comte d'Andria
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:17

Henri II de Chypre


Henri II de Lusignan mort le 31 août 1324, roi de Chypre(1285-1306 et 1310-1324) et de Jérusalem (1285-1291), fils d'Hugues III de Chypre et d'Isabelle d'Ibelin.




Biographie


Il succéda à son frère Jean Ier le 20 mai 1285 ; on soupçonnait Henri d'avoir empoisonné Jean. Charles d'Anjou qui contestait les droits de Jean au trône de Jérusalem était mort en 1285, permettant à Henri de reprendre Acre aux Angevins. Avec une flotte, Henri attaqua Acre défendue par Hugues Pellerin, le lieutenant de Charles et la ville fut prise le 29 juin 1286. Henri fut couronné à Tyr le 15 août 12862 mais retourna à Chypre en nommant bailli son oncle Philippe d'Ibelin. À cette date, Acre était une des rares cités portuaires restant du royaume de Jérusalem. Pendant son règne, les Mamelouks prirent Tyr, Beyrouth, et les autres cités, ainsi que le comté de Tripoli. Le siège final d'Acre commença le 5 avril 1291. À la fin des combats, Henri s'échappa vers Chypre avec la plupart de ses nobles, et la ville tomba le 28 mai.
Henri continua à régner à Chypre, et continua à prétendre au trône de Jérusalem, projetant souvent de reconquérir les terres perdues. Il s'allia avec Ghazan, le khan mongol de Perse quand celui-ci envahit l'empire mamelouk en 1299 ; il essaya d'empêcher les navires Génois de commercer avec les mamelouks, espérant les affaiblir économiquement et écrivit deux fois au pape Clément V demandant une nouvelle croisade.


Gouvernement de l’île


Son règne à Chypre fut prospère et il s'impliqua dans la justice et l'administration du royaume ; les minutes de la Haute Cour furent conservées (en français et en italien plutôt qu'en latin) à partir de son règne et étendit le rôle de la Cour, qui était un conseil des nobles, à un corps apte à juger les criminels. Il souffrait d'épilepsie, qui le rendait de temps en temps impuissant, et la noblesse était insatisfaite. Un de ses frères Guy, conspira contre lui en 1303 et fut exécuté. En 1306 son frère Amaury seigneur de Tyr, conspira avec les Templiers pour l'écarter du trône. Amaury prit le titre de gouverneur et régent de Chypre, plutôt que celui de roi. Henri fut exilé en Arménie, dont le roi Oshin était le beau-frère d'Amaury. Cependant, Amaury fut assassiné en 1310, Oshin libéra Henri, qui revint à Chypre et retrouva son trône avec l'aide des Chevaliers de l'Hôpital, emprisonna de nombreux complices d'Amaury, parmi lesquels leur frère Aimery, leur beau-frère Balian d'Ibelin, prince de Galilée et d'autres parents de Balian. En 1313, il supervisa la dissolution de l'Ordre du Temple à Chypre et le transfert de leurs propriétés aux Chevaliers de l'Hôpital.


Postérité


Il épousa le 16 octobre 1317 Constance, fille de Frédéric II de Sicile et d'Eléonore d'Anjou, mais n'eut pas d'enfants. Il mourut le 31 août 1324.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:19

Amaury II de Chypre



Amaury II de Lusignan, né vers 1272, assassiné en 1310,seigneur de Tyr (1284-1291), gouverneur et régent de Chypre (1306-1310), fils d'Hugues III de Chypre et d'Isabelle d'Ibelin.

Il épousa en 1292 Isabelle, fille de Léon III, roi d'Arménie, et eut :

• Hugues († 1323), seigneur de Crusoche
• Henri, assassiné en Arménie avant 1323
• Guy († 1344), gouverneur de Serre, roi d'Arménie sous le nom de Constantin II.
• Jean († 1343), connétable et régent d'Arménie
• Bohémond († 1344), seigneur de Korikos
• Marie, marié à Léon IV, roi d'Arménie.


Il tenta en 1299 un débarquement à Tortose, mais sans succès. En 1306, soutenu par une partie de la noblesse, il écarta son frère Henri II du pouvoir, l'assignant à résidence, puis l'exilant en Arménie et s'intitula gouverneur et régent de Chypre, en attendant la couronne. Il persécutait les barons loyalistes et fut assassiné le 5 juin 1310. Les barons loyalistes rendirent le trône à Henri II.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:20

Balian d’Ibelin


Balian d'Ibelin, mort en 1315 fut un prince titulaire de Galilée. Il était fils de Philippe d'Ibelin et de Simone de Montbéliard

Il épousa Alice de Lusignan († 1324), fille d'Hugues III de Lusignan, roi de Chypre et d'Isabelle d'Ibelin.

Il soutint la révolte de son beau-frère Amaury II de Chypre contre son autre beau-frère Henri II de Chypre et fut emprisonné en 1310 jusqu'à sa mort.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 21:22

Philippe d’Ibelin


Philippe d'Ibelin (1253-1318), est le fils de Guy d'Ibelin, maréchal et connétable de Chypre, et de Philippa Berlais.

Il fut sénéchal du royaume de Chypre.

Il épousa en premières noces Marie, fille de Vahram d'Hanousee et de Marie d'Ibelin, et en secondes noces vers1295 Marie Embriaco († 1331), dame du Gibelet. De ce second mariage, il eut 5 enfants dont une seulement aura une descendance:

• Jean d'Ibelin (1302 † après 1317).
• Guy d'Ibelin, sénéchal de Chypre († 1331), marié à Marguerite d'Ibelin, un enfant parvient à l'âge adulte, Alice.
• Balian d'Ibelin († 1349), marié également à une dénommée Marguerite d'Ibelin, sans postérité.
• Isabelle d'Ibelin (1300 † après 1342), mariée d'abord à Fernand de Majorque, prince d'Achaïe († 1316), un enfant naît de cette union : Ferdinand (1316-† 1342).
• Helvise d'Ibelin (1307 † après 1347), mariée en 1324 à Henri II de Brunswick-Grubenhagen.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 22:20

Charles de Valois


Charles de Valois (né à Vincennes le 12 mars 1270, mort au Perray (aujourd'hui Le Perray-en-Yvelines), le16 décembre 1325), fils du roi Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon, il devient comte de Valois etd'Alençon en 1285. En 1290, il est fait comte de Chartreset du Perche et la même année, son beau-père Charles II d'Anjou lui cède les comtés d'Anjou et du Maine.

Il fut également roi titulaire d'Aragon et empereur titulaire de Constantinople.





Biographie

Charles de Valois collectionne les principautés. Il eut en apanage les comtés de Valois, d'Alençon et du Perche. Il devint en 1290 comte d'Anjou et du Maine, par son mariage avec Marguerite, fille aînée de Charles II d'Anjou, roi nominal de Sicile ; par un deuxième mariage, contracté avec l'héritière de Baudouin II de Courtenay, dernier empereur latin de Constantinople, il avait aussi des prétentions sur ce trône.

Petit fils de St Louis, Charles de Valois est fils, frère, beau-frère et gendre de rois ou de reines (de France, de Navarre, d'Angleterre et de Naples), en attendant d'être de surcroît, après sa mort, père du roi (Philippe VI) donnant ainsi naissance à la lignée des Valois .


• Enfance et famille


Charles est le quatrième fils du prince Philippe de France et Isabelle d'Aragon. Ses trois frères aînés sont les princes Louis, Philippe (né en 1268) et Robert (né en 1269). Lorsqu'il vient au monde au début du printemps 1270, son père accompagne son grand-père le roi Louis IX à la huitième croisade. Quelques mois plus tard, en août 1270, le roi meurt devant Tunis, laissant le trône à Philippe III qui rentre en France. Mais sur le chemin du retour, sa mère, la reine Isabelle d'Aragon, meurt en janvier 1271 des suites d'une chute de cheval, laissant Charles et ses frères orphelins.
L'enfance de Charles est très mal connue. Son aîné Louis meurt en 1276, faisant de son frère Philippe l'héritier du trône. Son autre frère Robert décède à la même époque. Entretemps, Philippe III s'est remarié avec Marie de Brabant, avec laquelle il a trois enfants: Louis, futur comte d'Évreux, Marguerite qui épousera Édouard Ier d'Angleterre, et Blanche qui s'unira au duc d'Autriche Rodolphe III


• La campagne d’Aragon


Le 30 mars 1282 se déroule à Palerme les Vêpres siciliennes. Mécontents de leur roi Charles d'Anjou, oncle de Philippe III de France, les Siciliens massacrent ses troupes et le chassent du pouvoir. Peu après, ils offrent la couronne au roi Pierre III d'Aragon, débarqué à Palerme à la tête d'une flotte aragono-catalane. Par mariage, Pierre III est lié aux Hohenstaufen, anciens rois de Sicile et ennemis jurés de la papauté. Son armée chasse ensuite de l'île l'armée fidèle à Charles d'Anjou, lequel se réfugie à Naples dans la partie continentale de son royaume.

Furieux et inquiet de cette intrusion aragonaise en Italie, le pape Martin IV excommunie Pierre III et lui confisque son royaume d'Aragon. Le pape prépare par la suite avec le roi de France une croisade anti-aragonaise. Reste à trouver un nouveau souverain pour ce royaume. Leur choix se porte sur le jeune Charles de Valois, fils d'Isabelle d'Aragon, sœur de Pierre III. Charles épouse alors Marguerite, petite-fille de Charles d'Anjou pour renforcer sa position en Sicile. En février 1284, une assemblée réunie à Paris le proclame, à quatorze ans, roi d'Aragon sous l'autorité du Saint-Siège, la première de ces couronnes imaginaires qui allaient jalonner son existence.


Le 4 mars 1285, Philippe III prend l'étendard à Saint-Denis et lance l'expédition contre l'Aragon. Charles l'accompagne. En juin, ils pénètrent dans le royaume, et c'est au château de Lhers que Charles est couronné roi par le cardinal légat. Cependant, celui-ci n'ayant aucune couronne à disposition, il doit se contenter de le sacrer avec son chapeau cardinalice. Cette croisade d'Aragon entreprise par son père tourne bien vite au désastre. La flotte française est détruite à la bataille des Formigues, tandis que la dysenterie décime la troupe. Charles a cru conquérir un royaume et n'a gagné que le ridicule d'avoir été couronné avec un chapeau de cardinal, ce qui lui valut le sobriquet de « roi du chapeau6 ». Il n'osa jamais user du sceau royal qu'il s'est fait faire à cette occasion et dut renoncer au titre.
Au retour de la campagne, Philippe III meurt le 5 octobre 1285 à Perpignan. Son fils Philippe le Bel, frère aîné de Charles, devient le roi Philippe IV.


• Sous Philippe le Bel


a) Conseiller de son frère


En tant que seul frère germain du roi, Charles de Valois jouit d'une certaine influence au Conseil du roi de France. Toutefois, lui et les autres princes n'ont que peu de prise sur la volonté royale. Philippe le Bel se repose en effet surtout sur un groupe de conseillers issus de la petite noblesse ou de la bourgeoisie que l'on a regroupés sous le nom de légistes : Pierre Flote, Guillaume de Nogaret,Enguerrand de Marigny, Pierre de Latilly, etc..


b) Premières armes : Hainaut et Guyenne


C'est en 1292 que le comte de Valois mène sa première expédition contre Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, accusé de piller des églises confiées à la garde du roi. Charles rassemble une armée à Saint-Quentin qui suffit à effrayer le comte. Escorté par Charles, ce dernier vient se soumettre à Paris.

Un conflit éclate entre la France et l'Angleterre en 1294 : la Guerre de Guyenne. Charles de Valois est chargé d'envahir la Gascogne, alors fief du roi Édouard Ier d'Angleterre en tant que duc d'Aquitaine. Avec le connétable Raoul de Nesle, il prend Rions le 8 avril10 puis Saint-Sever, toutefois rapidement repris par les Anglais. Le conflit tournant à l'avantage des Français, il rentre en France quelques semaines plus tard, laissant le commandement au comte de Foix.


c) La première campagne de Flandre (1297)


En 1297, Philippe le Bel entre en guerre contre les Flamands qui se sont alliés à l'Angleterre. Charles rejoint l'ost royal à Compiègne le 6 juin, avant de mener avec le connétable de Nesle une percée vers Orchie qu'il prend sans difficulté. Le 23 juin, il retrouve son frère devant Lille. Le roi le charge alors de pousser jusqu'en Flandre occidentale. Il balaie une armée yproise sur la Lys le 16 juillet, prend Warneton et pille sauvagement les campagnes environnantes, provoquant la colère et même des représailles de la part des paysans flamands. Après un court retour à Lille, il repart vers le nord en compagnie de son cousin Robert d'Artois. Les deux hommes remportent la bataille de Furnes le 20 août.

Charles prend ensuite Courtrai puis rejoint son frère à Bruges, tandis qu'Édouard Ier a débarqué à Damme. Il s'empare de cette cité, mettant en fuite la flotte anglaise, mais Édouard s'est depuis longtemps installé à Gand. L'hiver approchant, aucune des armées n'est en mesure de progresser et une trêve est signée en octobre.

Philippe IV récompense très généreusement son frère pour ses faits d'armes. Il érige son comté d'Anjou en pairie et lui offre l'hôtel de Nesle à Paris, qui va devenir sa résidence favorite ainsi que le siège de son administration.


d) La conquête de la Flandre (1300)


Fin 1299, les trêves successives signées avec la Flandre s'apprêtent à prendre fin, et Philippe le Bel souhaite une reprise des hostilités. Nommé lieutenant du roi et commandant en chef, Charles de Valois prend la tête de l'armée royale à Lens début janvier 1300.

Il reçoit la soumission de Douai dès le 6 janvier, et arrive sans encombre à Bruges, ville pro-française, le 16 janvier. Il envoie deux armées assiéger Damme et Ypres, tandis que lui-même se dirige vers Gand où se sont réfugiés le comte Gui de Dampierre et son fils Robert de Béthune. Il échoue à prendre la ville, mais brûle les campagnes alentours tandis que le port de Damme, réputé imprenable, tombe aux mains des Français en avril, suivi par presque toute la province.

Enfermé dans Gand, sa dernière place forte, Gui de Dampierre est contraint de se rendre. Le 8 maiCharles reçoit sa soumission à Aardenburg. Ses conditions sont douces, ce qui encourage les dernières cités résistantes Audenarde et Ypres à se rendre.

Charles de Valois rentre à Paris le 24 mai accompagné de ses prisonniers que sont le comte de Flandre, Robert de Béthune et d'autres grands seigneurs flamands.


e) L’expédition italienne

e.1) catherine de Courtenay et le trône de Constantinople

En 1300, deux grandes opportunités s'offrent à Charles de Valois. Veuf depuis la mort de Marguerite d'Anjou l'année précédente, Charles se cherche une nouvelle épouse et trouve un excellent parti en la personne de Catherine de Courtenay, princesse pauvrement dotée mais héritière en titre de l'Empire latin de Constantinople en tant que petite-fille du dernier empereur latin Baudouin II de Courtenay. Certes l'empire a disparu depuis la prise de Constantinople par Michel VIII Paléologue en 1261, mais ces prétentions peuvent servir à justifier des expéditions en Méditerranée orientale. L'affaire se conclut rapidement entre Charles et les Courtenay, à l'avantage des deux partis. Toutefois, le comte a besoin pour se remarier de dispenses pontificales que le pape Boniface VIII va marchander.


e.2) Le vicaire pontifical

Le souverain pontife cherche en effet à pacifier ses États ainsi qu'à chasser les Aragonais de la Sicile. Boniface VIII propose à Valois de reconquérir l'île au profit du roi de Naples Charles II d'Anjou, son ancien beau-père. Contre une décime et d'autres garanties financières, Charles accepte de se rendre en Italie.

Toutefois, il a soin de retarder son départ, le temps d'obtenir l'argent pontifical et de célébrer son mariage avec Catherine le 28 janvier 1301. De plus Philippe le Bel, peu enclin aux expéditions lointaines, est inquiet du départ de son frère et exige du pape son retour immédiat au cas où le royaume de France serait en danger. Il n'est donc pas question pour Charles d'aller reconquérir Constantinople.
Le nouvel empereur de Constantinople quitte Paris en avril 1301 et s'attarde en route, d'abord en Savoie puis chez le marquis Azzo VIII d'Este. Ce n'est que le 12 septembre qu'il rencontre le pape àAnagni. Boniface VIII le nomme vicaire pontifical dans les territoires du Saint-Siège et le charge de parvenir à un accord avec Florence afin de pacifier la Toscane.


e.3) Passage à Florence

Or le comte de Valois n'est absolument pas au fait des subtilités et des imbroglios de la politique italienne. Mal conseillé et passablement cupide, il ne va cesser de se vendre au plus offrant. Florence est au début du XIVe siècle une ville guelfe, résolument hostile au pouvoir impérial mais aussi relativement méfiante envers la tutelle pontificale. Toutefois, les guelfes se divisent à partir de 1301 en deux partis : les Blancs, favorables à une entente avec les Gibelins et farouchement indépendantistes, et les Noirs partisans de relations étroites avec le Saint-Siège. Lorsque Charles de Valois arrive à Sienne dans le but de négocier avec les Florentins, la ville s'est dotée d'un gouvernement guelfe modéré.

Charles commet une première erreur en se liant avec le chef des guelfes noirs Corso Donati, qui achète soixante-dix mille florins l'appui du prince français. Déjà le comte de Valois apparaît aux yeux des Florentins comme l'instrument de la vengeance des guelfes noirs. Le jour de la Toussaint, après avoir juré de respecter les coutumes de la cité, il fait une entrée solennelle dans Florence.

Quatre jours plus tard, Donati et les Noirs réalisent un véritable coup d'État en s'emparant du gouvernement de la cité. Ils massacrent les Gibelins et pillent la ville tandis que Charles de Valois se contente de cacher chez lui les chefs des Blancs. Le 8 novembre, un gouvernement guelfe noir s'installe avec la bénédiction du vicaire pontifical. Ce nouveau régime bannit de nombreux citoyens gibelins ou blancs et fait raser leurs maisons. Parmi ces exilés se trouve Dante Alighieri qui fait apparaître quelques années plus tard les princes capétiens dans sa Divine Comédie. Dépassé par les événements et corrompu par la plupart des clans florentins, Charles de Valois altère gravement par sa conduite la réputation française en Italie. En vain Boniface VIII l'enjoint-il d'intervenir pour modérer la tyrannie des extrêmes du parti guelfe.


e.4) La campagne de Sicile (1302)

Il reste cependant au comte de Valois à reconquérir la Sicile. Il quitte Florence le 12 avril 1302 pour rejoindre Naples avant de se diriger en mai vers le sud. La situation angevine est alors difficile, Charles II d'Anjou ayant dû lever le siège de Messine. Le 9 mai, Charles est nommé par son cousin d'Anjou capitaine général en Sicile. Il reçoit le pouvoir de traiter avec son ennemi Frédéric III d'Aragon à condition de se conformer aux désirs angevins. De plus, il se voit adjoindre à la tête des troupes le fils de Charles d'Anjou, le duc de Calabre.

À la tête de 3 000 cavaliers et 20 000 hommes de pied, il s'embarque pour la Sicile et prend aussitôt Termini le 29 mai. Toutefois, les deux commandants Valois et Calabre s'entendent mal et des rixes éclatent entre leurs hommes. Après quelques pillages, Charles met le siège successivement devant les petites villes de Coriglione et Sciacca. La première se révèle imprenable, la seconde ne se rend qu'au bout de quarante-trois jours. Au cœur de l'été la guerre s'enlise. Les Aragonais mènent une sorte de guérilla, se contentant de défendre les châteaux et d'attaquer les convois de ravitaillement angevins. Ceci sans grand succès.


e.5) Une paix honteuse

Frédéric III songe à demander la paix tandis que la situation du comte de Valois vis-à-vis du pape devient intenable. En effet, Philippe le Bel vient de réunir un concile afin de condamner le pape après la bulle Unam Sanctam. Mais surtout le désastre de Courtrai a grandement compromis la situation française en Flandre, et le roi a plus que jamais besoin d'avoir son frère à ses côtés.

Valois ne peut donc dans ces circonstances rester le soldat du pape. Sans en référer ni à Charles d'Anjou ni au duc de Calabre, il entame alors des négociations avec Frédéric III. Les deux hommes se rencontrent à Caltabellotta et y signent la paix le 31 août. À l'issue de ce traité, l'Aragonais garde la Sicile en viager, l'île devant revenir à sa mort à Charles II.

Au retour, le comte de Valois repasse par Rome où Boniface VIII l'accueille plutôt chaleureusement, tout en refusant de ratifier la paix. Il croise dans la cité papale l'ambassade française envoyée par son frère et tente d'arrondir les angles avec le souverain pontife. Le chroniqueur Giovanni Villani a ainsi résumé l'aventure italienne de Charles de Valois : « Charles était venu en Toscane pour faire la paix, et il la laissa en guerre. Il alla en Sicile faire la guerre et y fit une paix honteuse ». Durant son séjour il reçoit d'énormes sommes d'argent de la part de nombreux princes et factions, ce qui ne l'empêche pas d'être endetté à son retour en France.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 23:21


• Retour en Flandre


Dès son retour d'Italie, Charles de Valois reçoit de son frère la mission de venger la déroute de Courtrai. Il est chargé de réunir l'armée à Amiens pour mai 1303, mais les seigneurs répondent très lentement à l'appel de Philippe IV et l'ost ne fut réuni que le 9 août. Cependant les difficultés financières de la monarchie sont alors dramatiques et l'armée ne peut pas se mettre en mouvement. Pire encore, les bourgeois d'Arras se soulèvent, prenant en otage le connétable de Châtillon et le maréchal Miles de Noyers. Charles de Valois tente de parlementer avec les rebelles mais il n'obtient pas de succès. Finalement, le frère du roi parvient en septembre à faire une incursion jusqu'à Bailleul, lorsque des trêves sont signées entre Français et Flamands.

Lors de l'hiver 1303-1304, Charles accompagne son frère dans son voyage en Midi afin de convaincre ses sujets de lui octroyer des subsides. Au printemps, il séjourne en Normandie, toujours afin de lever des fonds.

La guerre franco-flamande reprend en avril 1304. Philippe IV commandant en personne, le comte de Valois n'occupe dans cette campagne qu'une position subalterne. Le 17 août, il joue un rôle notable dans la victoire de Mons-en-Pévèle. Il commande l'un des contingents de l'armée royale et vient à la rescousse de son frère alors que ce dernier est très menacé par les Flamands. Après la bataille, Charles participe au siège de Lille. C'est devant cette cité qu'une béguine est arrêtée pour avoir tenté de l'empoisonner sur ordre des Flamands. En septembre il joue un rôle dans la signature de la trêve. Peu après, pour sceller l'alliance entre la France et le comté de Hainaut, qui est resté fidèle au roi, Charles marie sa fille Jeanne à Guillaume d'Avesnes, fils aîné du comte Jean de Hainaut. En 1305 est finalement signé le traité d'Athis-sur-Orge qui permet à Philippe le Bel d'annexer Lille, Béthune et Douai.


• A la poursuite d’une couronne

a) Le projet de croisade

À partir de 1305, le comte de Valois commence à mettre sur pied une expédition pour conquérir son empire de Constantinople. Il peut pour cela compter sur l'appui du nouveau pape Clément V qui lui accorde de larges subsides. Tout en se ménageant l'appui de Charles de Sicile, il signe avec Venise un traité d'alliance le 19 décembre 1306. En échange d'avantages commerciaux accordés par Philippe IV, les Vénitiens acceptent de fournir la flotte nécessaire à Charles.
Les années 1307 et 1308 sont marquées par d'intenses négociations avec des alliés potentiels, tel que Frédéric d'Aragon (qui lui propose les services de la Compagnie catalane) ou même le roi Léon IV d'Arménie. En avril 1307, à la suite d'une entrevue à Poitiers, il obtient des décimes de la part de Clément V. En 1308, il scelle une alliance avec le roi de Serbie et commence à envoyer ses premières troupes en Orient, sous le commandement de Thibaut de Chepoy.

Mais le projet de croisade est en passe d'avorter. Les négociations de Charles avec les Aragonais échouent, Catherine de Courtenay meurt soudainement le 12 octobre 1307, tandis que Philippe IV utilise les décimes pour éponger les dettes royales. L'expédition de Thibaut de Chepoy se solde par un échec. De plus, c'est désormais vers le trône du Saint-Empire que se porte l'attention de Charles de Valois.


b) La candidature à la couronne impériale (1308)

Charles se remet à convoiter une nouvelle couronne quand l'empereur Albert de Habsbourg meurt assassiné le 1er mai 1308. Son frère l'y encourage car il ne souhaite pas prendre lui-même le risque d'un échec. Philippe pense en effet qu'un homme de paille sur le trône impérial serait une bonne chose pour la France. Dès juin 1308, il envoie en Allemagne trois ambassadeurs auprès des princes électeurs, puis leur écrit pour recommander son frère.

Le pape Clément V soutient officiellement cette candidature mais, las de la tutelle que lui fait subir Philippe le Bel, il a peut-être favorisé en sous-main la candidature d'Henri de Luxembourg. Les électeurs sont quant à eux très partagés. Les princes ecclésiastiques comme l'archevêque de Trêves Baudouin de Luxembourg, frère d’ Henri, sont a priori favorables au comte de Valois. En revanche les princes laïcs ne veulent pas subir la domination d'un empereur trop puissant, que ce soit un Capétien ou un Habsbourg. Après une deuxième entrevue avec le pape à Poitiers, Philippe IV et Charles de Valois croient l'affaire en bonne voie.

Mais cette entreprise avorte complètement à la fin de 1308. L'archevêque de Cologne et l'évêque de Mayence, envers lesquels de sérieuses avances ont été effectuées, ne répondent que par de bonnes paroles. Surtout, Henri de Luxembourg fait des concessions politiques auprès des princes qui se rallient à sa cause. Le revirement de l'archevêque de Trêves en sa faveur fait le reste. Henri est élu roi des Romains le 27 novembre 1308.

c) Abandon du trône fantoche de Constantinople

Catherine de Courtenay lui ayant cédé ses droits sur le trône de Constantinople, la mort de celle-ci ne rend absolument pas caduques les revendications de Valois sur cet empire. Cependant, remarié depuis juillet 1308 avec Mahaut de Châtillon, le comte cherche à se débarrasser de cette couronne devenue encombrante. Cette dernière revient à Catherine, fille aînée de Charles et de feu Catherine de Courtenay. Celle-ci n'étant qu'une enfant, le comte de Valois s'échine à lui trouver un mari capable de le décharger de cette responsabilité.

Catherine est déjà fiancée au duc Hugues de Bourgogne, mais celui-ci n'a que quatorze ans et semble peu en mesure de mener une expédition en Orient. Charles jette alors son dévolu sur un des fils de Charles II d'Anjou-Sicile, Philippe, prince de Tarente. Il envoie au roi de Sicile une ambassade dirigée par son fidèle conseiller Guillaume du Perche tandis qu'il apprend l'échec de l'expédition de Thibaut de Chepoy. L'affaire traîne en longueur. Les conventions signées avec le duc de Bourgogne n'étant pas rompues, Clément V refuse en 1310 d'accorder les dispenses nécessaires. Il faut attendre le6 avril 1312 pour que Philippe IV annule les dispositions conclues entre Valois et Bourgogne. Clément V se montre ensuite plus accommodant, accorde les dispenses, et le mariage entre Philippe de Tarente et Catherine II de Courtenay est célébré à Fontainebleau en juillet 1313. En échange d'un douaire, Philippe reçoit les droits de sa femme sur Constantinople qu'il se charge de reconquérir.

Après avoir réglé ses comptes avec les Vénitiens, Charles doit encore payer d'énormes frais d'expédition. Cependant, du fait des nombreux subsides papaux reçus, il tire de cette aventure ratée un substantiel bénéfice financier.

• La fin du règne de Philippe le Bel

a) Le procès des Templiers

Le comte de Valois assiste passivement à l'une des grandes affaires des dernières années du règne de son frère, à savoir le procès des Templiers. Dans le même temps, du fait de ses bonnes relations avec Clément V, il convainc Philippe IV de mettre un terme au procès de feu Boniface VIII. Toutefois en échange, le pape condamne et supprime l'ordre du Temple à l'issue du concile de Vienne. Charles a sans doute été soulagé de la chute des Templiers auxquels il devait de l'argent. Néanmoins, il se prétend créancier du Temple et il obtient du roi près d'un neuvième des biens de l'ordre déchu, soit une somme considérable.


b) L’expédition contre Lyon (1310)


Valois dirige en 1310 l'expédition royale menée contre Lyon et son archevêque Pierre IV de Savoie. Ce dernier accepte mal la tutelle qu'entend exercer le roi de France sur la cité des Gaules et a suscité une émeute populaire contre les agents du roi. Charles, accompagné de son neveu Louis de Navarre, prend facilement la ville en passant par la Saône, grâce à un pont de bois bâti en quelques jours.

Philippe le Bel fait son entrée solennelle dans la ville l'année suivante. En 1312, le concile de Vienne reconnaît le rattachement de Lyon au royaume de France.


c) Les affaires flamandes et le conflit de Marigny

En 1308, Charles de Valois revendique le comté de Namur au nom de ses filles, en tant qu'époux de Catherine de Courtenay, descendante de Baudouin II de Courtenay, marquis de Namur. Mais pour une fois Philippe le Bel ne soutient pas son frère et tranche en faveur du comte Jean Ier de Namur, qui peut garder son fief.

Le comte joue toujours un rôle clé dans la politique flamande de son frère et de son principal ministre Enguerrand de Marigny. Afin de sceller l'entente entre le roi et Louis de Nevers, l'héritier pro-français du comté de Flandre, Charles propose de marier sa propre fille Isabelle avec Louis de Crécy, fils aîné de celui-ci. Nevers accepte mais se retourne contre Philippe IV, qui finit par l'emprisonner. Cette trahison brise l'accord signé entre Charles et Louis.

Pour sauvegarder la paix d'Athis, Valois dirige en 1311 l'ambassade royale aux conférences de Tournai avec les Flamands ; il s'y brouille avec le coadjuteur Enguerrand de Marigny, qui l'éclipse ouvertement. Le frère du roi ne pardonne pas l'affront et devient un adversaire résolu du ministre.

En 1313, le comte de Flandre Robert de Dampierre se révolte à nouveau et Philippe IV monte une expédition contre lui. Charles de Valois, assisté par son neveu et filleul Charles de France, est chargé de diriger le quatrième corps de l'ost, stationné à Tournai. Cependant Marigny parvient à convaincre le roi de négocier avec les Flamands, à la grande fureur de Valois et Louis de Navarre, persuadés que la monarchie tient là une excellente occasion de châtier définitivement les rebelles. Par la suite, Charles n'est pas le dernier à accuser le coadjuteur d'avoir vendu la paix et de s'être par là rendu coupable de trahison.


d) Activités intérieures et diplomatiques

Charles de Valois mène au cours des dernières années du règne de son frère plusieurs ambassades. Le 24 février 1308, il assiste en compagnie de son demi-frère Louis d'Évreux au couronnement de sa nièce Isabelle, sacrée reine d'Angleterre après avoir épousé le nouveau roi Édouard II.

En France, il assiste aux États généraux et acquiert des marques de gratitude supplémentaires de la part du roi. En juillet 1312, il reçoit le droit d'amortissement que la monarchie essaie pourtant de réduire. Un an plus tard, il bénéficie du droit de battre monnaie. Toujours en 1313, il est au centre des fêtes splendides données à Paris pour préparer une prétendue croisade.

En 1314 il fait partie du tribunal chargé de juger les responsables de l'affaire de la tour de Nesle, les frères Gauthier et Philippe d'Aunay et les brus du roi. Son frère Philippe IV s'éteint le29 novembre 1314, après avoir peut-être recommandé à ses fils de prendre conseil auprès de leur oncle Valois.


Le mentor de Louis le Hutin


• Prise du pouvoir et chute de Marigny

La mort de Philippe le Bel et l'avènement de Louis X permettent au comte de Valois d'occuper le premier rôle sur le plan politique. Très influent sur l'esprit de son neveu, il joue un rôle crucial dans le gouvernement royal au cours du règne de celui-ci. Son propre chancelier Étienne de Mornay devient ainsi chancelier de France. Il est l'un des principaux artisans du mariage de Louis X avec Clémence de Hongrie, issue de la Maison d'Anjou de laquelle il est proche.

Très irrité par la faveur dont jouissait Marigny sous le règne de Philippe IV, Charles de Valois entreprend de le faire condamner. Dès son avènement, Louis X retire au coadjuteur la gestion du Trésor royal et nomme une commission chargée d'examiner sa gestion des comptes. Cette commission, malgré les efforts de Charles, donne quitus au favori le 24 janvier 1315. Mais au mois de mars, à la suite d'une violente altercation entre Charles de Valois et Enguerrand de Marigny , ce dernier est arrêté et jugé non seulement pour malversations, mais aussi pour sorcellerie. Marigny est condamné à mort et exécuté le 30 avril.

Charles de Valois récupère certaines dépouilles du défunt, notamment la terre Champrond. Il fait aussi emprisonner d'autres anciens ministres de son frère, tels que Pierre de Latilly ou Raoul de Presles.


• Les ligues de 1314-1315

Louis X et Charles de Valois font surtout face au cours de leur passage au pouvoir aux ligues nobiliaires qui s'étaient établies dans plusieurs provinces dès les dernières semaines du règne de Philippe IV. Contrairement à une idée répandue, il n'a pas encouragé cette « réaction féodale » et a tenté d'en limiter la portée, se faisant ainsi le parfait auxiliaire de la monarchie.

Lui-même est victime d'une ligue baronniale au sein de son comté d'Anjou, tandis que son fils Philippevoit se rebeller ses vassaux du Maine. Ces ligues s'opposent aux abus des agents du pouvoir comtal dont l'organisation s'inspire largement de celle de l'administration royale. Ce n'est qu'en 1317 que Charles et Philippe de Valois viennent définitivement à bout de ces oppositions. Ainsi, si Charles de Valois, qui a toujours eu la confiance de son frère, s'en est pris aux ministres de celui-ci, c'est par ressentiment personnel, non dans le but d'affaiblir la royauté.

Charles est aussi probablement à l'origine de l'affranchissement des serfs du domaine royal décidé par Louis X le Hutin. Lui-même avait déjà pris cette mesure envers les serfs de son comté de Valois en131148. Enfin, en septembre 1315, il accompagne son neveu au cours d'une nouvelle campagne en Flandre qui se termine par une retraite forcée due aux intempéries désastreuses.


La crise de succession de 1316


Louis X meurt subitement le 5 juin 1316 à Vincennes. Il laisse une fille, Jeanne, soupçonnée de bâtardise du fait de la conduite scandaleuse de sa mère Marguerite de Bourgogne, et une seconde épouse enceinte. En attendant l'accouchement de la reine Clémence, il se pose la question de la régence. Charles de Valois, qui est l'aîné de la famille capétienne et qui a exercé la réalité du pouvoir sous le règne précédant, peut prétendre à cette charge. Mais il est rapidement devancé par son neveu Philippe de Poitiers, frère cadet de Louis X. Celui-ci se trouve alors à Lyon où il assiste au conclave. Prévenu très rapidement de la disparition de son ainé, il se considère immédiatement comme régent.

D'après quelques chroniques, tandis qu'il part pour Paris, le comte de Poitiers aurait croisé sur sa route son oncle Charles de Valois, son frère Charles de La Marche et le comte Guy IV de Saint-Pol, venus lui demander de renoncer à la régence au profit de son oncle. Philippe aurait rassuré ces derniers par quelques bonnes paroles et se serait enfui la nuit tombée vers la capitale. Là, il aurait trouvé le palais de la Cité occupé par des hommes d'armes de Valois et de La Marche. Selon ces chroniques, il demande au connétable Gaucher de Châtillon de dégager la place avant de pénétrer dans le palais. En réalité, il ne semble pas impossible que les comtes de Valois, de La Marche et d'Évreux aient exercé de fait une sorte de régence à Paris en attendant le retour de Lyon du comte de Poitiers, avec l'intention de lui remettre le pouvoir.

Poitiers possède cependant un sérieux rival dans l'exercice de la régence en la personne du duc Eudes de Bourgogne, tuteur des enfants de Clémence de Hongrie et surtout oncle de la petite Jeanne de Navarre, la fille de feu Louis le Hutin. Bien qu'il n'ait aucun grief contre Eudes, Charles de Valois reste fidèle à son neveu, probablement dans l'espoir d'avantages matériels substantiels.

Le 15 novembre 1316, Clémence de Hongrie met au monde le petit Jean Ier, qui meurt au bout de cinq jours. Le comte de Poitiers, faisant fi des droits de sa nièce Jeanne, se proclame alors roi sous le nom de Philippe V et fixe son sacre à Reims pour le 6 janvier 1317. L'attitude du comte de Valois est à cet instant ambiguë. Philippe étant contesté par de nombreux vassaux, au premier rang desquels se trouvent son propre frère Charles de la Marche et le duc de Bourgogne, son soutien lui est indispensable. Charles est donc tenté de marchander cet appui afin d'éponger ses dettes.
Philippe accède probablement aux demandes de son oncle qui assiste donc à son sacre le 6 janvier. Il y est l'un des deux seuls pairs laïcs présents. Son propre fils Philippe de Valois, comte du Maines'est quant à lui enfui de la ville de Reims en compagnie du comte de La Marche et boude la cérémonie.


Le règne de Philippe V

• Un rôle politique désormais secondaire

Sous Philippe V, le comte de Valois retrouve en quelque sorte la place qui était la sienne sous le règne de son frère : celle d'un prince influent et respecté, mais n'ayant pas de prise directe sur le gouvernement royal. En 1317 le pape Jean XXII l'enjoint de rétablir la concorde au sein de la famille royale, notamment en réconciliant le roi avec son frère cadet Charles de La Marche, ce qui est chose faite en juin. Tout au long de cette année, le souverain pontife n'a de cesse d'appeler Philippe V et Valois à s'entendre pour le bien du royaume, preuve que l'oncle du roi n'est probablement pas satisfait de sa légère mise à l'écart.


• Affaires matrimoniales : Flandre et Artois

Toujours en 1317, un sérieux différend l'oppose à son demi-frère Louis d'Évreux. Celui-ci avait en effet conclu un accord pour marier une de ses filles avec Louis de Crécy, fils aîné de Louis de Nevers. Or cette année-là, Charles reprend son précédent projet de marier une de ses filles avec ce même Louis de Crécy. Louis de Nevers accepte finalement la proposition de Valois. Furieux, Évreux se plaint à son neveu Philippe V qui parvient à trouver une solution. Il accorde la paix au comte de Nevers, lui rend tous ses biens et finalement marie sa propre fille Marguerite avec Louis de Crécy. Pour satisfaire Évreux, il donne en mariage à son fils aîné Philippe la convoitée Jeanne de Navarre, fille de Louis X. Charles de Valois se retrouve donc complètement joué, et il faut attendre 1320 pour le voir consentir à abandonner son projet.

Après l'échec du coup de main de Robert d'Artois sur la province éponyme en 1316, le comté avait été placé sous séquestre entre les mains de Charles de Valois et de Louis d'Évreux, en attendant d'être restitué à sa propriétaire légitime Mahaut d'Artois. Toutefois l'agitation des nobles artésiens ne cesse pas et tout au long de l'année 1317, Charles aide son neveu à en venir à bout, conformément à la politique qu'il a menée sous Louis X. En 1318, le Parlement se prononce en faveur de Mahaut qui récupère donc l'Artois. Son neveu Robert accepte de se soumettre et en échange, épouse Jeanne de Valois, une des filles de Charles.


• Les faveurs papales et royales


Jusqu'à la fin de sa vie, Charles de Valois entretient des relations privilégiées avec Jean XXII, qui le sollicite pour une foule de petites affaires et le recommande pour arbitrer des conflits entre les princes étrangers. En échange, le pape lui accorde des annates et implore en 1320 le roi Philippe d'éponger ses dettes, toujours aussi importantes. Philippe le Long s'empresse de donner satisfaction à son oncle afin d'éviter de se le mettre à dos60. Son entourage profite aussi de la faveur royale : Philippe V dote richement sa fille Marie de Valois pour son mariage avec Charles de Calabre, son trésorier Jean Billouart est anobli, son chancelier Jean de Cherchemont devient chancelier de France en 1321.

Philippe V aide également son oncle dans ses problèmes monétaires. Possédant de son frère Philippe IV le droit de battre monnaie, Charles de Valois a fait circuler ses pièces jusqu'à Paris. Néanmoins le roi se trouve en devoir de réprimer les abus des monnaies seigneuriales. Valois se retrouve par conséquent à court d'argent et menacé de procès, mais son neveu vient à sa rescousse en rachetant son droit de monnayage sur Chartres et Angers puis le libère de toutes les contraventions encourues.

Finalement, Charles de Valois n'a fait que très peu d'opposition au gouvernement de son neveu et se voit largement récompensé de sa fidélité, certes intéressée. Il est alors le premier prince du royaume derrière le roi, avant même l'héritier présomptif Charles de La Marche. En 1321, alors que Philippe V se meurt, son prestige en France et en Occident est immense.


Retour au pouvoir sous Charles IV


• Une influence considérable[/size

Philippe V meurt le 3 janvier 1322, laissant la couronne à son frère cadet Charles de La Marche, qui devient Charles IV. Charles de Valois exerce sur son neveu et filleul la même influence dont il jouissait sous Louis X, ce qui lui permet de revenir au pouvoir. Il place de nouveau ses familiers au Conseil : Jean Billouart devient Trésorier, Jean de Cherchemont, un temps écarté de la chancellerie, récupère son poste dès 1323. Jean du Chastelier, conseiller auprès de sa chambre des comptes, devient maitre lais de la Grand'chambre du Parlement. Tous ces personnages forment ce que Raymond Cazelles nomme l'« équipe de Charles de Valois », conseillers importants que l'on retrouve plus tard dans l'entourage de Philippe VI.

Le comte et sa famille sont comblés de faveurs par le roi. Son fils aîné Philippe est un ami proche du roi qui l'accompagne dans bien des déplacements.

Charles de Valois joue un rôle crucial dans l'annulation du mariage de Charles le Bel avec Blanche de Bourgogne. Il est en effet le parrain des deux mariés, ce qui lui permet de déposer devant les enquêteurs que ceux-ci n'avaient pas l'âge légal requis lors de leur union en 1308. Il intervient en personne auprès de Jean XXII pour faire annuler le mariage, qui est dissout le19 mai 1322.

Preuve de son autorité, Jean XXII continue de l'entretenir de toutes sortes d'affaires plus ou moins importantes touchant à la royauté. Il lui envoie notamment le double de ses lettres au roi. Le comte a aussi une intense activité diplomatique : il travaille à maintenir de bonnes relations entre la France, le Royaume de Majorque et l'Aragon et se mêle de diverses affaires italiennes.


[size=16]• Une nouvelle croisade ?


En janvier 1323, une assemblée regroupant des princes tels que Charles de Valois se réunit à Paris afin de projeter une nouvelle croisade. Sont reçus à l'occasion les envoyés du roi d'Arménie et de l'empereur Andronic II Paléologue, ce dernier souhaitant unir Latins et Grecs contre la menace turque.

Charles IV et son oncle envoient une première ambassade à Jean XXII dirigée par Étienne de Mornay, mais le pape reste évasif quant à un éventuel soutien financier. Plus tard dans l'année 1323, Valois envoie une deuxième ambassade conduite par Bouchard de Montmorency. Charles met sa personne, ses enfants et ses biens à la disposition du pape pour prendre la Croix, mais réclame en échange un important subside afin d'armer 8000 chevaliers et 30 000 hommes de pied. Le départ de l'expédition est fixé pour 1325, pour une durée de cinq ans. En mai 1323 Valois reçoit la réponse de Jean XXII. Le pape lui propose entre autres deux décimes, l'armement de douze galères, une décime par an durant l'expédition, et l'appui de Venise et Gênes. Charles IV et Charles de Valois trouvent ces offres insuffisantes et laissent à Jean XXII l'initiative d'offres financières plus élevées, arguant que la France ne peut pas soutenir à elle seule cette entreprise intéressant toute la chrétienté.

Finalement l'affaire n'aboutit pas et le comte de Valois se désintéresse ensuite définitivement des affaires orientales.

• La couronne d’Arles

En 1324, le roi Jean de Bohême, beau-frère de Charles IV, se cherche des alliés dans le but de succéder à Louis de Bavière sur le trône du Saint-Empire. Afin de se concilier le comte de Valois, il lui propose de reconstituer en sa faveur le royaume d'Arles et de Vienne. Cette idée séduit Valois, mais la royauté française ne peut alors se permettre de voir un nouveau royaume émerger à ses frontières. De plus, ni le dauphin du Viennois ni le comte de Savoie ne veulent tolérer un voisin si puissant, et l'affaire n'a pas de suite.


• La guerre de Saint-Sardos

a) Echec du projet de mariage anglais


Les relations entre la France de Charles le Bel et l'Angleterre d'Édouard II sont d'abord très cordiales. En 1323, Charles de Valois propose au roi d'Angleterre de marier sa fille Marie avec le prince héritier Édouard de Chester. Charles envoie une ambassade à Londres qui se montre si complaisante avec Édouard II qu'elle accepte de le suivre lors d'une campagne contre les Écossais, et finit par tomber entre les mains de ceux-ci. Édouard reporte sa décision lorsque son ancien opposant Roger Mortimer s'évade de la tour de Londres pour venir se réfugier en France.

b) Vers la guerre

Le 18 juillet 1323 le roi d'Angleterre envoie une ambassade auprès de Charles IV et du comte de Valois. Il réclame la livraison de Mortimer mais le roi de France refuse. L'Anglais décide alors de prétexter un degré de parenté trop élevé pour annuler le mariage entre son fils et Marie de Valois. Quant au roi de France, il rappelle à Édouard qu'il n'a toujours pas prêté hommage pour son duché de Guyenne.

On en est là lorsque la situation s'envenime franchement au printemps 1324 avec l'affaire de la bastide de Saint-Sardos. Ce village agenais se trouve alors dans une situation complexe. Bien que situé sur les terres du duché de Guyenne, donc du roi d'Angleterre, il appartient au prieur de Sarlat, dépendant du roi de France. Le sire de Montpezat, seigneur gascon donc vassal d'Édouard, construit sur le site une bastide, mais le Parlement de Paris proclame que celle-ci se trouve sur les terres du Royaume de France. Montpezat réplique en chassant les soldats français qui se sont installés dans la place et fait pendre l'officier royal qui les commandait. Furieux, Charles IV demande réparation au roi d'Angleterre et le somme de lui prêter hommage. Comme le Plantagenêt tergiverse, la guerre devient inévitable. Jean XXII demande au comte de Valois de s'entremettre afin de maintenir la paix, sans résultat. La guerre éclate en juillet 1324.

c) La campagne de Guyenne


Le roi confie à Charles de Valois la tête d'une forte expédition chargée de mettre au pas la Gascogne. L'oncle du roi combat aux côtés des plus hauts princes du royaume: Philippe d'Évreux, Robert d'Artois, Louis de Clermont, le vieux connétable Gaucher de Châtillon, Miles de Noyers et enfin son propre fils Charles. Pour lui faire face, le roi d'Angleterre a dépêché son frère Edmond de Kent70. Nommé lieutenant général du roi, Valois s'avance vers le sud. Il est à Dourdan le 19 juillet 1324, à Cahors le 8 août. Il exige la reddition d'Agen qui obtempère le 15 août. Il s'empare ensuite de Pont-Sainte-Marie et d'autres bourgs mais échoue devant Saint-Sever et Puymirol.

Finalement, l'ost arrive devant La Réole le 25 août et met le siège devant la puissante forteresse. C'est à cette occasion qu'est utilisée pour la première fois l'artillerie à poudre en Europe. Au début du siège, les Anglais effectuent une sortie qui coûte notamment la vie au comte de Boulogne. Après les avoir péniblement refoulés, Charles de Valois bloque la ville et l'encercle d'engins de siège et d'artillerie. Ce siège meurtrier dure cinq semaines avant qu'Edmond de Kent ne consente à se rendre. Le frère du roi d'Angleterre signe une trêve le 22 septembre. La ville est rendue le lendemain et des otages sont livrés aux Français. Édouard II a jusqu'à Noël pour signer cette trêve qui court jusqu'aux octaves de Pâques1325.

Ces conditions sont jugées bien douces à Paris, d'autant plus que Valois a laissé Kent en liberté, le faisant même escorter jusqu'à Bordeaux par son fils Charles72. L'expédition est cependant une réussite, puisque les Anglais ne possèdent plus alors en Gascogne que quelques places de faible importance. Valois renforce la forteresse de La Réole et y installe une garnison, tout en faisant raser le château de Montpezat dont le sire, responsable de la guerre, a eu la bonne idée de mourir peu avant. Le 11 décembre 1324, il est de retour à Paris.

d) les négociations de paix

Édouard II ne s'en tient cependant pas pour dit et accuse Charles de Valois de l'avoir attaqué à l'improviste. Devant la mauvaise volonté du Plantagenêt, Charles IV convoque son oncle à Bergerac pour reprendre la campagne le 1er mai suivant. Finalement, le roi d'Angleterre se montre conciliant et envoie son épouse Isabelle négocier la paix en France. Bien que la reine fasse scandale lors de son séjour en affichant ouvertement sa liaison avec Mortimer, les négociations se poursuivent tant bien que mal. Édouard propose une nouvelle alliance au comte de Valois. Cette fois, il offre en mariage sa fille Jeanne à Louis de Valois, dernier fils de Charles.

Cette union ne se concrétise pas, mais la paix entre la France et l'Angleterre est signée en mai 1325. La Guyenne est restituée à Édouard II, mais les officiers du duché seront désormais nommés par le roi de France. Édouard de Chester, titré duc d'Aquitaine par son père, se rend en France pour prêter hommage à Charles IV. L'arrivée dans le royaume du jeune duc va favoriser la future expédition organisée par la reine Isabelle et Mortimer pour renverser Édouard II. Mais Charles de Valois n'assistera pas à cette guerre civile anglaise.

• La mort


En août 1325, Charles de Valois est soudainement victime d'une paralysie de la moitié du corps ou d'une attaque de goutte. À 55 ans, sentant la mort venir, il est pris de remords pour avoir fait exécuter Marigny. Pensant au salut de son âme, il fait distribuer des aumônes aux pauvres de Paris qui doivent « prier Dieu pour Monseigneur Enguerrand de Marigny et pour Monseigneur Charles de Valois. »

Le comte de Valois meurt le 16 décembre 1325 à Nogent-le-Roi. Ses obsèques sont célébrées superbement à Paris en présence de Charles IV le Bel et de la famille royale. Son corps est inhumé chez les dominicains de la rue Saint-Jacques et son cœur au couvent des frères mineurs de la capitale.
Sa mort, précède de deux ans seulement celle de Charles IV. Son fils devient roi en 1328 sous le nom de Philippe VI, premier de la branche des Valois : une revanche posthume pour l'homme dont on a dit : « Fils de roi, frère de roi, oncle de trois rois, gendre de roi, gendre d'empereur, père de roi, mais jamais roi lui-même ».


Unions et descendance



Il a été marié trois fois :
1. le 16 août 1290 à Corbeil avec Marguerite d'Anjou (1273 † 1299), comtesse d'Anjou et du Maine, fille du roi de Naples Charles II et de Marie de Hongrie, dont il a :
• Isabelle (1292 † 1309), mariée en février 1298 à Jean III (1286 † 1341), duc de Bretagne, sans postérité ;
• Philippe (1293 † 1350), comte de Valois, qui devient roi de France (Philippe VI) en 1328 et fonde ainsi la dynastie des Valois ;
• Jeanne (vers 1294 † 1352), mariée en 1305 à Guillaume Ier d'Avesnes (vers 1286 † 1337),comte de Hainaut, dont huit enfants et postérité, notamment Philippa de Hainaut ;
• Marguerite (vers 1295 † 1342), mariée en 1310 à Guy de Châtillon († 1342), comte de Blois, d'où 3 enfants, dont le Bienheureux Charles de Blois (1319-1364) ;
• Charles II (1297 † 1346), comte d'Alençon, fonde la branche des ducs d'Alençon ;
• Catherine (1299 † 1300), sans postérité ;

2. le 28 février 1301 à Saint-Cloud avec Catherine de Courtenay (1274 † 1307), impératrice titulaire de Constantinople, qui lui donne :
• Jean (1302 † 1308) comte de Chartres, sans postérité ;
• Catherine (1303 † 1346), impératrice titulaire de Constantinople, mariée en 1313 à PhilippeIer de Tarente (1278 † 1332),
• Jeanne de Valois, (1304 † 1363), mariée en 1318 à Robert III d'Artois (1287 † 1342), et postérité ;
• Isabelle (1306 † 1349), abbesse de Fontevrault ;

3. en juillet 1308 à Poitiers avec Mahaut de Châtillon (1293 † 1358), fille de Guy IV de Châtillon,comte de Saint-Pol, dont il a :
• Louis (1309-1328), comte de Chartres et d'Alençon, seigneur de Châteauneuf-en-Thymerais, sans descendance ;
• Marie (1309-1328), mariée en mai 1324 à Charles de Calabre (1298 † 1328), d'où cinq enfants dont Jeanne Ire de Naples ;
• Isabelle (1313-1383), mariée en 1336 avec Pierre Ier de Bourbon (vers 1311 † 1356) et postérité ;
• Blanche (1317-1348), mariée en mai 1329 à Charles IV (1316 † 1378), empereur germanique, d'où deux filles.

D’une relation avec Hélène de Brossard (née en 1250 à Nogent-le-Rotrou) :
• Marguerite de Brossard (1286-1352), épouse de Guillaume IV de Beaumont-Bressuire, seigneur de Glénay (~1270-1328) d’où postérité.
• Antoine de Brossard (1289-1346), époux de Judith de Ponthieu. Ancêtres de Sébastien de Brossard
• Jeanne de Brossard (1290-)

D'une relation avec N. de Neuilly :
• Guillaume de Neuilly (~1300-?), Seigneur de Neuilly, Seigneur de Damigny, Seigneur du Cercueil et Seigneur de Lonray d'où postérité



Ascendance




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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 23:23

Guy d’Évreux



Louis de France, né le 3 mai 1276 et mort le 19 mai 1319 à Longpont-sur-Orge, comte d'Évreux, d'Étampes et de Beaumont-le-Roger, fils du roi de France Philippe III le Hardi (1245-1285) et de Marie de Brabant (1254-1321), était un prince français de la dynastie capétienne.

Demi-frère cadet du roi Philippe IV le Bel, il reçut en apanage de celui-ci, en 1298,1300 ou 1307 (selon les sources...) le comté d'Évreux ainsi que le comté de Longueville qui venait d'être confisqué à Enguerrand de Marigny (1314).

Il est notamment le grand-père de Charles II le Mauvais



Louis fut élevé avec ses frères et sœurs au château de Vincennes et au Louvre. Il n'avait que neuf ans lorsque son père Philippe III mourut subitement au retour de la désastreuse Croisade d'Aragon. Dans son testament, il gratifiait Louis d'une pension annuelle et perpétuelle de 15 000 livres, assignée sur des terres nobles. En 1297, Philippe IV le Bel lui céda la seigneurie de Beaumont-le-Roger.

Louis d'Évreux fut un personnage discret, brillant surtout par ses qualités de diplomate. Son influence politique réelle est difficilement mesurable.

L'une de ses plus importantes missions diplomatiques fut son rôle de négociateur duTraité d'Athis-sur-Orge en 1305. À l'inverse de nombre de ses contemporains, c'était un prince attaché à la paix. Pour lui, un seigneur du sang n'est véritablement « grand qu'à proportion qu'il est soumis à Dieu, au souverain et aux lois »2. Il défendit avec fermeté le droit de l'État contre l'Église et seconda son frère Philippe IV le Bel dans sa lutte contre Boniface VIII. En 1314, il s'opposa à une nouvelle guerre contre les Flamands et poussa son frère à la négociation, ce qui amena à la "convention de Marquette" qui permit de sauvegarder la paix entre la France et la Flandre.

Il participa en 1297 aux campagnes de Flandre, ainsi qu'en 1304 et en 1315. Il se distingua surtout à lavictoire de Mons-en-Pévèle.

En 6 octobre 1298, son frère Philippe IV lui donna en apanage le comté d'Évreux, peut-être afin de combler ses difficultés financières. Il reçut en même temps les seigneuries d'Étampes, de Meulan, deGien, d'Aubigny etc.

En 1308, son nom fut évoqué pour devenir le candidat de la France au trône impérial.

En 1316, à la mort de Louis X le Hutin, Louis se rallia à son neveu le comte de Poitiers dans sa lutte pour l'obtention de la Régence. Devenu roi sous le nom de Philippe V, celui-ci récompensa son oncle en érigeant le comté d'Évreux en pairie. Le comte d'Évreux devient également un conseiller écouté du jeune souverain.

En 1317, il eut un important différent avec son frère Charles de Valois. En effet Évreux avait obtenu le prestigieux mariage d'une de ses filles avec le petit-fils du comte Robert III de Flandre, Louis de Crécy. Mais ce projet fut abandonné après la révolte du père de ce dernier Louis de Nevers. Valois en profita pour obtenir la promesse d'une union entre Louis et une de ses propres filles. Philippe V intervint pour barrer la route à son oncle Valois, et finalement Nevers épousa Marguerite, la deuxième fille du roi de France. Enfin, afin d'apaiser le comte d'Évreux, le roi accorda pour son fils Philippe la main de la petite Jeanne de Navarre, fille du défunt Louis X et prétendante éventuelle à la couronne de France. De cette dernière union, naîtra Charles II le Mauvais.

Souhaitant "quitter le siècle", le comte d'Évreux organisa le partage de ses biens entre ses enfants à l'été 1318 et se retira à l'Abbaye Notre-Dame de Longpont. Il n'y resta que quelques mois et mourut subitement en 1319 à 43 ans. Son frère Valois devint le tuteur de ses deux fils mineurs.



Il épousa en 1301 Marguerite d'Artois (ca 1285 † 1311), fille de Philippe d'Artois et de Blanche de Bretagne, et eut :

• Marie (1303 † 1335), mariée vers 1314 avec Jean III de Brabant (1300-1355)
• Philippe (1305 † 1343) comte d'Évreux, et roi de Navarre par mariage
• Charles (1306 † 1336), comte d'Étampes
• Marguerite (1307 † 1350), mariée en 1325 avec Guillaume XII d'Auvergne (v. 1300-1332)
• Jeanne d'Évreux (1310 † 1371), mariée en 1325 Charles IV de France (v. 1295-1328)

Louis dEvreux fut également père naturel d'un fils, Jean, baron de Polissac (-1397), qui eut une descendance.

Il est à l'origine de la maison capétienne d'Évreux-Navarre.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 23:31

Alphonse XI de Castille


Alphonse XI de Castille (Alfonso XI en castillan) (né le 13 août 1311 à Salamanque - mort le 26 mars 1350 à Gibraltar) fut roi de Castille et de León. Alphonse XI était le fils du roi Ferdinand IV (1295-1312) et de Constance de Portugal. Connu comme "le Justicier" (El Justiciero en castillan), il fut un desmonarques les plus marquants du Moyen Âge ibérique par sa participation à la Reconquista et ses décisions touchant à l'organisation administrative du royaume.





Biographie


Son père, soudainement malade, décède le 7 septembre de l'année suivant sa naissance à l'issue d'un règne relativement court et peu brillant ; sa mère meurt en novembre de la même année. Proclamé roi à Jaén à l'âge de trois mois, il ne peut évidemment régner et la régence est assurée par son grand-oncle Jean de Castille (fils d'Alphonse X le Sage), son oncle Pierre de Castille et de Molina (fils de Sanche IV le Brave) et sa grand-mère María de Molina (veuve de ce dernier). Les deux premiers décèdent en 1319 à Pinos Puente, près de Grenade, victime d'une contre-attaque des Maures. María de Molina assume alors seule la régence jusqu'à sa mort en1321: la régence passe alors à Jean de Haro (fils de Jean de Castille et donc petit-fils d'Alphonse X le Sage) et à Don Juan Manuel (un des plus puissants nobles castillans, neveu d'Alphonse X). Jusqu'à la majorité d'Alphonse XI, en 1325, les régents et la noblesse se livrent à des luttes pour le pouvoir continuelles, on frôle le démembrement du royaume.

Alphonse XI appartient à la dynastie castillane dite de Bourgogne (branche cadette de la Maison d'Ivrée). Il est le fils de Ferdinand IV, le petit-fils de Sanche IV et l'arrière-petit-fils d'Alphonse X. Quoique issu d'un lignage prestigieux, il appartient à une branche cadette de celui-ci, née des conflits surgis lors du règne d'Alphonse le Sage (1252-1284). La mort prématurée de l'héritier du trône, Ferdinand de la Cerda, en1275, avait en effet semé des troubles entre deux camps. D'un côté, certains soutenaient qu'à la mort d'Alphonse X, le trône devait revenir à l'aîné de feu Ferdinand de la Cerda. De l'autre, de puissants seigneurs avaient convaincu Sanche, le deuxième fils d'Alphonse X, que la couronne lui reviendrait à la mort de son père. C'est ce dernier clan qui finit par l'emporter, dans la douleur, et après de violentes luttes. À l'époque d'Alphonse XI encore, certains remettent en cause la légitimité de cette branche, et notamment le très puissant don Juan Manuel. Ces troubles ne s'apaisent qu'en 1331 avec la renonciation définitive d'Alphonse de La Cerda.

Entre temps, il contracte un mariage avec Constance de Castille, fille du plus puissant des nobles castillans, don Juan Manuel (petit-fils du roi Ferdinand III et neveu d'Alphonse X). Cette union n'est pas consommée et Constance est répudiée en 1327 et enfermée au château de Toro.

En 1328, il épouse sa cousine Marie-Constance de Portugal, qu'il abandonne deux ans plus tard pour vivre publiquement avec sa maîtresse Leonor de Guzmán, héritière d'une de la plus puissante famille nobiliaire d'Andalousie et descendante d'Alphonse IX de León. L'attitude d'Alphonse XI envers son épouse provoque la colère de son beau-père, Alphonse IV de Portugal, qui lui déclare la guerre en1336. Les deux rois cesseront les hostilités en 1340 grâce aux efforts diplomatiques déployés par lepape Benoît XII.

Intronisé au monastère royal de las Huelgas de Burgos en 1331, il consacre l'essentiel de son règne au raffermissement de l'autorité royale et à la guerre contre les Maures.


La guerre contre les Maures


L'objectif d'Alphonse XI est le contrôle du Détroit de Gibraltar et d'éviter ainsi à de nouvelles troupes musulmanes de le traverser. Dès 1328, il s'allie au roi d'Aragon Alphonse IV afin de bénéficier de la flotte catalane. Les combats s'engagent dès 1330 et le sort des armes est initialement plutôt favorable aux Musulmans, menés par le sultan mérinide Abu al-Hasan ben Uthman, qui reprennent Gibraltar, que la Castille avait conquise en 1309. La fin de la guerre castillano-portugaise permet l'alliance des deux royaumes à partir de 1340 et la coalition chrétienne remporte cette même année la victoire décisive du Salado, malgré une défaite maritime au cours de laquelle la flotte aragonaise est dispersée et la flotte castillane réduite à cinq bateaux survivants.

En 1343, Alphonse XI remporte une nouvelle victoire sur les rives du fleuve Palmones qui lui ouvre la route d'Algésiras; la ville tombe en 1344 après un long siège de vingt-et-un mois. Gibraltar reste aux mains des Maures mais l'essentiel est acquis: le détroit est sous contrôle castillan. C'est précisément en tentant de prendre la ville qu'Alphonse XI meurt de la peste le 26 mars 1350.


Politique intérieur


La période s'écoulant de la fin du XIIIe siècle à la moitié du XIVe siècle est particulièrement troublée dans le royaume de Castille. De l'intronisation de Sanche IV de Castille à la majorité d'Alphonse XI, le royaume connaît une série de conflits domestiques, liés à des successions plus ou moins problématiques comme l'éviction par Sanche IV de son neveu Alphonse de La Cerda - qui, en tant que fils aîné de Ferdinand de la Cerda, aurait du succéder à son grand-père Alphonse X - ou la disparition prématurée du même Sanche IV et de Ferdinand IV, laissant tous deux des héritiers trop jeunes pour régner. Ces successions difficiles laissent le champ libre à la noblesse castillane qui manœuvre pour confisquer le pouvoir royal. Les protagonistes de ces conflits n'hésitent pas à faire appel aux rois voisins (Aragon, Portugal ou France) qui espèrent ainsi en tirer de substantiels bénéfices territoriaux, tels le royaume de Murcie pour l'Aragon ou une extension du royaume de Navarre pour le Philippe le Bel...

La situation économique du royaume est difficile. Plusieurs mauvaises années de récolte appauvrissent considérablement le peuple, provoquant famine et augmentation de la mortalité. Non contents d'entretenir des mouvements séditieux contre la royauté, bon nombre de seigneurs se livrent à des actes de brigandage systématiques dans les campagnes, ajoutant encore aux difficultés connues par la peuple. En 1332, soucieux de gagner une fidélité sans faille parmi les membres de sa cour, il fonde l'ordre de la Bande, ordre militaire laïque, destiné à accueillir les chevaliers pauvres de sa suite.

Alphonse XI s'attache à réformer l'organisation administrative et juridique du royaume. L'histoire retient deux mesures-phares de son règne.


Dès 1345, il instaure un nouveau modèle de conseil municipal, composé d'hommes du tiers état choisis par le roi sur proposition des villes (regidores). Les conseillers sont nommés à vie et doivent siéger deux jours par semaine pour gouverner la ville, au service du roi et à celui de la population. Le premier conseil est créé à Burgos, puis sont dotées les villes de León, Ségovie et Madrid. Le système est ensuite implanté dans l'ensemble du royaume. Le but d'Alphonse XI est de se doter d'un réseau de conseils sur l'ensemble du territoire, censément fidèles à sa fonction et contrebalançant le pouvoir de la noblesse locale.

Le deuxième fait important du règne d'Alphonse XI est la publication de l'ordonnance d'Alcala, somme juridique de 58 lois promulguées dans la ville d'Alcala de Henares. Ce nouveau corpus législatif est le fruit d'une tentative d'unification et de clarification des lois locales préexistantes. Il détermine notamment l'ordre de prééminence des différents codes dans le royaume de Castille : en premier lieu s'applique l'ordonnance d'Alcala, puis éventuellement le Fuero Juzgo1 et enfin les Siete Partidas2. Enfin, en cas de doute d'interprétation ou d'absence de disposition sur un sujet donné, le roi a faculté de trancher. Devant la levée de boucliers de la noblesse qui entend préserver privilèges et spécificités locales hérités de la tradition et des nombreuses négociations menées lors des régences de Maria de Molina, Alphonse XI est contraint de prévoir une application différenciée suivant qu'on se trouve sous juridiction royale directe ou sous juridiction seigneuriale.


Descendance et succession


De son union avec Marie-Constance de Portugal naît le futur Pierre Ier, dit le Cruel.

Sa relation avec sa favorite Leonor de Guzmán lui apporte de nombreux enfants illégitimes:
• Pierre Alphonse de Castille, seigneur d'Aguilar de Campoo
• Jeanne de Castille, seigneure de Trastamare
• Sanche Alphonse de Castille, seigneur de Ledesma.
• Henri de Trastamare, le futur roi Henri II
• Fadrique Alphonse de Castille, frère jumeau d'Henri, Maître de l'Ordre de Santiago et seigneur de Haro
• Ferdinand Alphonse de Castille, seigneur de Ledesma
• Tello de Castille, seigneur d'Aguilar de Campoo et de Biscaye.
• Jean Alphonse de Castille, seigneur de Badajoz et de Jerez de la Frontera
• Sanche de Castille, Comte d'Alburquerque
• Pierre de Castille

Alphonse XI délaisse son épouse et son fils légitimes pour se consacrer entièrement à sa famille illégitime, qu'il dote richement en terres, et qui est élevée à un statut proche de celui de la reine et de l'infant. Cette situation entraîne de graves rancœurs chez Pierre Ier et sa mère, qui, après la mort du roi, font preuve d'un esprit de vengeance affirmé envers les héritiers bâtards du roi défunt. Les rivalités se traduisent en luttes et aboutiront à une guerre ouverte entre le roi Pierre et le bâtard Henri de Trastamare, chacun s'appuyant sur un camp composé de nobles, de membres du clergé, de villes, mais aussi d'armées étrangères (françaises et anglaises, le conflit de la Guerre de Cent Ans débordant à cette occasion jusque dans la péninsule). Henri l'emporte et prend la place du monarque légitime, assassiné, consacrant la nouvelle dynastie de Trastamare


Mort

Très impliqué dans les opérations de Reconquista, Alphonse XI meurt de la peste le 26 mars 13503, lors du siège de Gibraltar. Il est inhumé en la chapelle royale de la cathédrale de Cordoue puis transféré en l'église collégiale de Saint Hippolyte à Cordoue qu'il a fondée en 1340 après la bataille du Salado.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Jeu 14 Avr - 23:33

Sanche de Majorque


Sanche I (en catalan Sanç I), né en 1276 et mort le 4 septembre 1324 à Formiguères, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, seigneur de Montpellier, est un souverain catalan du XIVe siècle.


Deuxième fils du roi Jacques II de Majorque et d'Esclarmonde de Foix, l'infant Sanche est enlevé en1285 avec ses frères Jacques, Philippe et Ferdinand par son oncle le roi Pierre III d'Aragon, alors en conflit avec leur père. Retenu au château de Torroella de Montgrí, il n'est libéré qu'en 1295, au moment de la paix d'Anagni. Son père l'envoie alors à Paris en compagnie de son aîné l'infant Jacques. Ce dernier renonce à la couronne pour devenir franciscain en 1299. Sanç devient alors l'héritier du trône de Majorque.

En 1302, il épouse Marie d'Anjou, la fille du roi de Naples Charles II. Ce mariage vient renforcer la paix récente conclue entre les maisons d’Anjou et de Barcelone.

À la mort de son père Jacques II en 1311, Sanche accède au trône. Il poursuit une politique d'apaisement avec ses deux puissants voisins, le roi de France Philippe le Bel et le roi d'Aragon Jacques II.

À partir des années 1315, l'absence de descendance de Sanche influe sur la politique régionale. Son cousin, le roi Jacques II d'Aragon, réclame la succession de Majorque, dans le but de compléter sa maîtrise de la Méditerranée occidentale. Sanche préfère quant à lui remettre sa couronne à son neveu Jacques, fils de l'infant Ferdinand de Majorque. Cette succession est reconnue par le roi d'Aragon en échange du support majorquin à la conquête du royaume de Sardaigne du début des années 1320.

Sur le plan de la politique intérieure, Sanche profite de la dissolution de l'ordre des Templiers pour accroître ses possessions - les Templiers du royaume de Majorque sont néanmoins reconnus innocents et finissent leur vie paisiblement. Il tente également de museler l'aristocratie du Roussillon, qui a pris les armes contre son père lors de la croisade d'Aragon de 1325. Le vicomte de Castelnou Jaspert V passe ainsi la plus grande partie de son principat en dehors de ses domaines. En revanche, d'autres lignages de l'aristocratie, restés fidèles aux souverains de Majorque, bénéficient d'une fulgurante ascension. Ainsi Pierre VI de Fenouillet est créé vicomte d'Ille en 1314.

À la mort de Sanche le 4 septembre 1324 dans sa résidence d'été à Formiguères1, son neveu et héritier, Jacques, est encore un enfant. Il est donc remis à la garde d'un conseil de nobles et soumis à l'autorité d'un tuteur, l'infant Philippe plus jeune frère de Sanche devenu ecclésiastique. La nomination de l'infant Philippe comme tuteur déclenche une agitation de l'aristocratie locale. Le comte de Foix, cousin germain de Sanche, tente de prendre sa place, soutenu par une partie des anciens conseillers de Sanche. Cette situation confuse n'est résolue qu'à la fin des années 1320, lorsque Jacques III accède à la majorité.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 9:52





Guillaume Humbert


Guillaume Humbert, (parfois orthographié Guillaume Ymbert), aussi appelé Guillaume de Paris, est un dominicain nommé inquisiteur de la foi en 1303. Il fut
inquisiteur général du royaume de France (il n'y avait pas de Grand Inquisiteur de France), et confesseur du roi de 1305 à 1314, et il instruisit, de 1307 à 1314 deux procès retentissants : celui de Marguerite Porete et celui des Templiers.

L'arrestation des Templiers amena le pape Clément V à suspendre les pouvoirs de l'inquisiteur, après une plainte d'Edouard II d'Angleterre, mais la réponse « audacieuse et méprisante » qu'écrivit Philippe IV le Bel contraignit le Pape à faire marche arrière et à rendre ses fonctions à Guillaume.
Il devint archevêque de Sens en 1309.





Biographie

Le procès de Marguerite Porete


Humbert prit une part active au procès en hérésie de Marguerite Porete, une mystique, poétesse et béguine. Elle fut accusée d'Antinomisme et brûlée vive en 1310 comme hérétique.

Ce procès eut peu de retentissement, car si Porete par sa mystique, ses écrits, menaçait l'ordre religieux (et incidemment l'ordre social) elle ne menaçait nullement l'ordre royal. Elle n'était que « l'une des innombrables femmes sacrifiées, en Europe, chaque année sur les bûchers ». En effet, pour le bon peuple, Porete n'était qu'une de ces innombrables sorcières exaltées qui encombraient les bûchers via les salles capitulaires (salles de tortures).

Ce fut une proie facile, tout à fait déconnectée des réalités, elle pensait, jusque dans ses derniers instants, que l'Église allait reconnaître le bien-fondé de sa doctrine (le poretisme) qui préfigurait le quiétisme.



Le procès des Templiers


Le procès des Templiers est bien plus lourd, plus long et bien plus retentissant car ceux-ci loin d'accepter la Chronique d'un supplice annoncé se défendirent vigoureusement jusque sur le bûcher.
Pour mener à bien ce défi (l'accusation était faible et les en jeux énormes), Philippe le Bel donna pleins pouvoirs à Guillaume Humbert dans une lettre royale du 24 août 1307.

« Par ce manifeste, Nous nous sommes rendus aux prières et aux réquisitions de Guillaume de Paris, inquisiteur de la foi; nous lui avons promis le secours de notre bras ;… nous avons décidé que les Templiers seraient entendus, parce que s'il est parmi eux des innocents, il faut qu'ils soient éprouvés comme l'or dans la fournaise. »

Il était ainsi possible de faire passer des aveux aux Templiers et par tous les moyens de torture, à savoir la Question tant ordinaire qu'extraordinaire. Car Philippe voulait à tout prix « habiller ses spoliations d'un manteau de légalité » tant juridique que morale et religieuse.

Guillaume Humbert instruisit ces procès avec Guillaume de Nogaret et Nicolas de Lyre.

Durant ces procès, il fut nommé coadjuteur de l'évêque de Paris puis de l'archevêque de Sens en 1309. À cette époque, l'archevêché de Sens gouvernait le diocèse de Paris.

Destitué par le pape Clément V à la demande d'Édouard II, il fut réinstallé en grande pompe par Philippe IV le Bel.
On perd curieusement sa trace après 1314… pour certains, Guillaume de Paris, Grand Inquisiteur de France serait mort poignardé quelque temps après l'assassinat du dernier Grand Maître des Templiers : Jacques de Molay « supplicié sur le bûcher ès l'îlot des juifs, le 18 mars 1314 ».

Curieusement également, peu de chroniques rapportent ce fait.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 0:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 10:31


Clement V



Portrait de Clément V XIXe siècle



Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de Villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale(qu'il avait fait bâtir) à Uzeste. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » : Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.

On retient de lui l'image d'un pape de bonne foi qui manquait toutefois d'audace et d'esprit de décision, autant par tempérament qu'en raison d'une santé déliquescente.




Biographie

• Son élection


Après un court pontificat, la mort de Benoît XI, en juillet 1304, fit ouvrir le conclave de Pérouse et laissa éclater les dissensions du Sacré Collège entre cardinaux bonifaciens et anti-bonifaciens. Les discussions durèrent jusqu’au mois de juin 1305, et les cardinaux se mirent d'accord pour choisir un pontife hors de leurs rangs, qui par le même coup n'aurait pas été mêlé aux problèmes de la politique bonifacienne. Ainsi, le 5 juin 1305, ils désignèrent l’archevêque de Bordeaux, dont le nom fut choisi par Napoléon Orsini, parmi trois prélats choisis hors du Sacré Collège.

Différents récits se contredisent sur le déroulement de l'élection. Selon le récit du chroniqueur Jean Villani6, le parti italien du Sacré Collège, bonifacien, devait nommer trois évêques de France, et le parti français choisir celui des trois qu'il préférerait. Mis au courant de la liste, Philippe le Bel alla trouver Bertrand de Got pour s'accorder avec lui, en échange de son élection au trône pontifical. Selon Villani, ceux-ci se seraient rencontrés en forêt près de Saint-Jean-d'Angély et le roi de France aurait fait promettre au cardinal de réaliser six actions dès lors qu'il débuterait son pontificat : révoquer les actions de Boniface VIII à son encontre, redonner aux Colonna leur honneur et dignité, ou encore accorder à la France les décimes du Clergé pour une durée de cinq ans. Cependant, cette rencontre n'a pu être vérifiée et serait contredite par plusieurs chroniques prouvant que les deux hommes ne se trouvaient pas à Saint-Jean-d'Angély à cette date. D'après Ferretto de Vicente, les habitants de Pérouse, las de voir les cardinaux préférer leurs maisons personnelles au palais pontifical et à son conclave, les poussèrent à se réunir à nouveau au palais, les y enfermèrent, et les privèrent du toit et des vivres tant qu'ils ne se seraient pas accordés. Un troisième récit fait intervenir Robert d’Anjou à la tête de « trois cents cavaliers aragonais armés et d’une multitude d’almogavares qui ne l’étaient pas moins ». Impressionnés par tant de lances, les cardinaux français et italiens qui étaient représentés à égalité dans le conclave s’empressèrent de se mettre d’accord sur une seule chose : choisir un pontife hors de leurs rangs. Selon Jean Favier, enfin, la nomination de Bertrand de Got est à la fois désirée par le roi de France, et considérée comme acceptable par Francesco Caetani, neveu de Boniface VIII et chef de file de son parti depuis la sortie du conclave de Matteo Rosso, malade, qui s'opposait par contre à un candidat extérieur au Sacré Collège. Napoléon Orsini, allié des Colonna, convainc Caetani de favoriser de Got, et de rallier son parti à cette candidature.

Le nouveau pape choisit de régner sous le nom de Clément, le cinquième, le 24 juillet 13059.

• Son refus de rejoindre Rome

Bertrand de Got aurait voulu se faire couronner à Vienne (Dauphiné) comme son lointain prédécesseur Gui de Bourgogne qui en fut l’archevêque de 1083 à 1110 et qui régna, jusqu’en 1124, sous le nom de Calixte II. Mais Philippe le Bel préféra Lyon et le nouveau pape obtempéra. Dans un froid glacial, Clément V se dirigeait vers la vallée du Rhône, puis remonta vers la capitale des Gaules, pour son couronnement. La cérémonie déploya ses fastes devant le roi de France, en la basilique Saint-Just, le dimanche 14 novembre 1305.

Peu décidé à se rendre à Rome, où régnait le marasme le plus total (troupes pontificales en guerre contre Venise pour le contrôle de Ferrare), il semblerait que la prime intention de Clément V fut de passer son pontificat à Bordeaux. Rome au XIIIe siècle n'était pas encore la capitale politique et administrative de l'Église, la cour pontificale étant itinérante, mais elle gardait la prééminence car elle conservait les reliques des apôtres Pierre et Paul. Entre février et mars, il séjourna à Cluny, Nevers et Bourges avant de rejoindre son ancien archevêché, traînassant d’abbayes en diocèses de France et nommant des cardinaux à sa dévotion.

Quand il s'approcha de Bordeaux, les Gascons tout au long du chemin le saluaient et l'acclamaient. Il trouva une ville en liesse lors de son arrivée en juillet 1306. Cela entraîna la prise de mesures de sécurité et de ravitaillement par le sénéchal d'Aquitaine. Le 4 septembre 1306, le pape quitta son ancienne ville épiscopale et, en chemin, passa à Villandraut, où il était né et dont il était le seigneur.


• L’affaire des Templiers


Clément V fut d'abord le pape du procès de l'Ordre du Temple. Philippe le Bel, le 17 novembre 1307, avait fait parvenir à Clément V les aveux de hauts dignitaires templiers. En Guyenne, le pape, malade, malgré ces premiers aveux et la promesse royale de lui remettre tous les coupables, manquait d’enthousiasme. Cela était insupportable à Guillaume de Nogaret. Le Garde des Sceaux pensa avoir trouvé la parade en faisant prononcer par Pierre Dubois, avocat de Coutances, une diatribe en place publique « contre ceux qui refusaient de faire manger le pain du roi » aux chevaliers du Temple.


• Le pape s’installe près d’Avignon dans le Comtat Venaissin


Troublé par la tournure des événements et pour tenter d’amadouer le roi de France, Clément V décida de s’installer provisoirement en pays plus neutre que la Guyenne anglaise. Il choisit le Comtat Venaissin, fief pontifical. Le Comtat Venaissin avait été cédé, en 1229 selon les termes du Traité de Paris, par Raymond VII de Toulouse à la papauté. Rome en prit officiellement possession quelques décennies plus tard, en 1274, après la mort d’Alphonse de Poitiers et de son épouse, Jeanne de Toulouse, fille du comte Raymond.

Clément V y arriva avec sa suite le 9 mars 1309 et s’installa d’abord dans le couvent des dominicains hors les murs d'Avignon. Seul le Comtat Venaissin (ex-marquisat de Provence des comtes de Toulouse), était terre pontificale. Avignon était de plus une possession du comte de Provence, roi de Naples et à ce titre vassal du Saint-siège.

Malgré les positions favorables à son égard du comte de Provence et du Dauphin du Viennois, Clément V n’avait pas pris en compte que la pression française sur ses fiefs de la rive gauche du Rhône devenait de plus en plus prégnante. Au bas de Villeneuve-lès-Avignon elle était matérialisée par la tour Philippe-le-Bel, véritable donjon contrôlant le pont Saint-Bénézet. Elle venait d’être achevée, en 1307, après quinze ans de travaux. Quant au pont, qui reliait Avignon (terre d’Empire) à Villeneuve-lès-Avignon (royaume de France), il avait été construit entre 1177 et 1184. Cet ouvrage mesurait neuf cent quinze mètres de long, avait vingt-deux piles et de nombreuses arches de bois. Personne ne se doutait à cet instant que neuf pontifes allaient se succéder dans cette ville pendant plus d’un siècle.



• Le concile de Vienne

Clément V, traînait tellement les pieds, qu’en définitive le concile, au cours duquel le premier pape du Comtat devait condamner les templiers, ne fut convoqué qu’en 1311 et encore sur ferme injonction du roi de France. Le Souverain Pontife quitta sa résidence de Notre-Dame du Groseau, près de Malaucène, le 18 septembre pour rejoindre Vienne.

Le verdict si prévisible fut seulement proclamé le 13 avril 1312, en séance plénière du concile de Vienne, et en présence du roi de France Philippe IV le Bel, il promulgua la bulle « Vox in excelso » qui supprimait l'Ordre du Temple. Ce qui n’était pas prévu par le roi de France était que tous les biens des templiers fussent attribués aux chevaliers de Rhodes.

Un mois plus tard, le Pape décréta, par la bulle « Ad providam » la dévolution des biens du Temple à l'ordre de l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem, et régla le sort des Templiers par la bulle « Considerantes dudum » fulminée le 2 mai 1312.

Mais en Provence, qui jouxtait Avignon et le Comtat Venaissin, ni Charles II ni son successeur Robert d’Anjou ne cédèrent de bonne grâce les commanderies templières aux Hospitaliers. Certaines d’entre elles étaient encore en possession du comte de Provence en 1319.


• La mort de Clément V

Mais pour l’instant, dans le Comtat Venaissin, Clément V était au plus mal, sans doute atteint d'un cancer des intestins. Ses « physiciens » (médecins), pour tenter d’apaiser ses douleurs, lui faisaient ingurgiter des émeraudes pilées. Rongé par la maladie, il publia le 24 mars les décrétales du concile et quitta sa retraite de Monteux, avec l’espoir de rejoindre Villandraut, le fief de sa famille près de Langon. Le pape atteignit les rives du Rhône le 5 avril 1314 pour s’éteindre, quinze jours plus tard, le20 avril 1314, à Roquemaure dans la demeure du chevalier Guillaume de Ricavi qui l’avait hébergé.

La dépouille de Clément V fut ramenée à Carpentras pour des hommages solennels. Durant la veillée funèbre, un cierge renversé mit le feu au catafalque et carbonisa le mollet du pontife défunt.


• Son transfert en Aquitaine


Le 1er mai 1314, le Sacré Collège arriva à Carpentras pour élire un nouveau pape. On sait que le jeune Pétrarque assista au défilé préalable au conclave qui réunissait vingt-trois cardinaux dont quinze cisalpins et huit transalpins. Les luttes de tendances entre Italiens, Gascons et Français furent telles que deux longs mois passèrent sans qu’un accord fût possible pour trouver un successeur à Clément V.
Sous l’inventif prétexte de donner une vraie sépulture au pontife défunt, le 24 juillet, le conclave fut attaqué aux cris de « Patria Venaissini19 ! Mort aux Italiens ! Nous voulons un pape ! ».

Les responsables de ce coup de force étaient Bertrand de Got, seigneur de Monteux, et Raymond Guilhem de Budos, Recteur du Comtat, neveux de Clément V. Ils pillèrent la ville, incendièrent nombre de demeures et surtout emportèrent avec eux le trésor de guerre de leur oncle, un million de florins destinés à la croisade. Affolés, les cardinaux s’égaillèrent comme des moineaux.

À la fin du mois d’août 1316, ses restes furent transférés à Uzeste, dans la collégiale comme il en avait exprimé le souhait dans son codicille du 9 avril 1314. Dante, qui ne l’aimait pas, le plaça en son Enfer tout en le traitant, pour sa servilité face au roi de France, de pasteur sans principe capable des œuvres les plus basses.


Les faits marquants de son pontificat



• Cardinaux ayant participé au conclave de Pérousse et qui élurent Clement V

• Niccolò Alberti di Prato, évêque d’Ostie et Velletri, doyen du Sacré Collège,
• Giovanni Minio, évêque de Porto et Sainte-Rufine, sous-doyen du Sacré Collège,
• Giovanni Boccamazza (ou Boccamiti), évêque de Frascati,
• Teodorico Ranieri de Orvieto, évêque de Palestrina,
• Leonardo Patrasso, évêque d’Albano,
• Pedro Rodríguez, le cardinal d’Espagne, évêque de Sabine,
• Robert de Pontigny, titulaire de Sainte-Pudentienne,
• Gentile Portino da Montefiore, titulaire des saints Sylvestre et Martin au Mont,
• Walter Winterbourne, titulaire de Sainte-Sabine,
• Napoleone Orsini Frangipani, diacre de Saint-Adrien,
• Landolfo Brancaccio, diacre de Saint-Angelo in Pescheria,
• Guglielmo de Longhi, diacre de Saint-Nicolas in Carcere Tulliano,
• Francesco Napoleone Orsini, diacre de Sainte-Lucie in Silice (alias in Orphea),
• Francesco Caetani, diacre de Sainte-Marie in Cosmedin,
• Luca Fieschi des comtes de Lavagna, diacre de Sainte-Marie in Via Lata.

• Cardinaux absents

Ne purent participer au conclave :


• Matteo Orsini Rosso, diacre de Sainte-Marie in Portico,
• Jean Lemoine, titulaire des saints Marcellin et Pierre,
• Giacomo Caetani Stefaneschi, diacre de Saint-Georges in Velabro,
• Riccardo Petroni, diacre de Saint-Eustache.

Se trouvaient dans l’impossibilité de participer les cardinaux déposés par Boniface VIII :
• Giacomo Colonna
• Pietro Colonna.




• les trois consistoires


Le 15 décembre 1305, à Lyon, le nouveau pontife désigne ses premiers cardinaux. Il remet leurs chapeaux à cinq de ses neveux : Bérenger Frédol le Vieux, Arnaud Frangier de Chanteloup, Arnaud de Pellegrue, Raymond de Got et Guillaume Ruffat de Fargues. Sont aussi de la promotion : Pierre de La Chapelle-Taillefert, Pierre Arnaud, Thomas Jorz, dit Anglicus, confesseur d’Édouard II, Nicolas Caignet de Fréauville, confesseur de Philippe le Bel et Étienne de Suisy, vice-chancelier du roi de France.

Le 19 décembre 1310, il procède à sa seconde nomination de cardinaux. Ils sont au nombre de cinq : Arnaud de Faugères (ou Falguières), Bertrand des Bordes, Arnaud Nouvel, Raymond-Guilhem de Fargues, son neveu, et Bernard Jarre (ou Garve) de Sainte-Livrade, son parent.

Le 24 décembre 1312, pour la troisième fois, il désigne ses cardinaux. Entrent dans le Sacré et Antique Collège : Guillaume de Mandagout, Arnaud d’Aux de Lescout, Jacques Arnaud Duèze, le futur Jean XXII, Béranger Frédol le Jeune, petit-cousin du pape, Michel de Bec-Crespin, Guillaume-Pierre Gaudin, Vital du Four et Raymond Pierre.

Clément V est passé dans l'histoire pour avoir ordonné la suppression (sous la pression de Philippe le Bel) de l'ordre des Templiers et pour avoir, en 1309, installé le Saint-Siège à Avignon. Or, ce dernier point est une erreur largement répandue : en effet, sous Clément V la curie était itinérante. Le premier pape qui fixa la curie à Avignon fut en fait son successeur Jean XXII qui, avant d'être pape, fut évêque de la ville
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 10:36

Bérenger Frédol


Bérenger Frédol l'Ancien est un cardinal français né au château de Lavérune en Languedoc-Roussillon et décédé le11 juin 1323 à Avignon. Il est un neveu du pape Clément V et l'oncle du cardinal Bérenger Frédol le Jeune.


Bérenger de Frédol est chanoine et sous-chantre au chapitre de Béziers et y est abbé de Saint-Aphrodise. Il est chanoine au chapitre de Narbonne, archidiacre de Corbières, chanoine à Aix et professeur à l'université de Bologne. Pendant le pontificat de Clément V, il est vicaire de Rome. Il est élu évêque de Béziers en 1294. Comme évêque, de Frédol est chargé par le pape avec la compilation du Liber Sextus des décrets et il est auditeur de la rote romaine.

De Frédol est créé cardinal par le pape Clément V lors duconsistoire du 15 décembre 1305. Le cardinal de Frédol est nommé grand pénitencier en 1306 et intervient dans le procès de l'ordre du Temple.

Il participe au conclave de 1314-1316, lors duquel Jean XXII est élu. De Frédol est nommé doyen du Collège des cardinaux en 1321.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 10:38

Étienne de Suisy


Étienne de Suisy, le cardinal de Bruges, est un cardinal français né à Suisy près de Laon en Picardie et décédé le 10 décembre 1311 à Vienne (Isère).


Étienne de Suisy est garde des sceaux, vice-chancelier du roi de France et chancelier de France de 1302 à 1304. Il est archidiacre de Bruges. Il est élu évêque de Tournai en 1300, mais l'élection n'est jamais confirmée.

De Suisy est créé cardinal par le pape Clément V lors du consistoire du 15 décembre 1305. Le cardinal de Suisy est prieur d'Ispagnac en 1307 et camerlingue du Collège des cardinaux en 1310-1311.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 10:40

Esquieu de Floyran


Esquieu de Floyran (ou Floyrac ou Foyrac) était un prieur de Montfaucon, dépendance de l'abbaye Saint-Martial de Limoges. Le commandeur de Payns Ponsard de Gizy, qui est interrogé le 27 novembre 1309 dans le cadre du procès de l'ordre du Temple, le cite comme un des délateurs principaux:


« [...]les traîtres qui ont proposé des faussetés et déloyautés contre ceux de l'ordre du Temple: Guillaume Robert, moine, qui les a mis à la question, Esquius de Floyrac de Biterris, comprieur de Montfaucon, Bernard Pelet, prieur du Mas d'Agen, et Gérard de Boizol, chevalier, venu à Gisors.[...] »


Esquieu de Floyran aurait informé le roi Jacques II d'Aragon dès 1305 qui, ne le croyant probablement pas, lui aurait promis une somme d'argent s'il parvenait à prouver ce qu'il avançait. Il se tourna alors vers le roi de France Philippe le Bel. Ce dernier, sans preuve qu'il ait plus cru les faits avancés que le roi d'Aragon, demande quand même à Guillaume de Nogaret de vérifier ces informations.

Après le déclenchement du procès, Esquieu de Floyran a écrit à Jacques II d'Aragon le 28 janvier 1308, afin de lui demander de tenir son engagement et de verser la somme d'argent promise:


« [...]Qu'il soit Manifeste à votre royale Majesté que je suis l'homme qui a révélé les faits concernant les templiers au Seigneur Roi de France.[...] »
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 10:48

Arnaud de Faugères



Arnaud de Faugères ( ? - Avignon, † 17 septembre 1317), appelé aussi Arnaud de Fougères, Arnaud de Falguières.


Prévôt d’Arles, archevêque d'Arles (1308-1310), puis cardinal-évêque de Sabine (1310).


Ancien prévôt d’Arles, il en devient archevêque en 1308 avec l’appui du comte de Provence et roi de Sicile, Robert. Il intervient à la demande du pape Clément V auprès de Philippe le Bel et, en récompense, est nommé cardinal-évêque de Sabine le 19 décembre 1310. Peu de temps après, Arnaud de Faugères est chargé d’informer des crimes dont sont accusés les Templiers. Il meurt le 12 ou le 17 septembre1317. Il est remplacé à l’archevêché d’Arles par son frère Gaillard de Faugères.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:04

Gilles de Rome


Gilles de Rome (Ægidius Colonna ou Columna, Colonne, Romanus, Romain), né à Rome en 1247 et mort le 22 décembre 1316 à Avignon, est un théologien et philosophe italien, surnommé Docteur très fondé (doctor fundatissimus) et Prince des théologiens (theologorum Princeps).





Biographie

Le couvent de Sainte-Marie du peuple à Rome le reçoit comme novice dans la communauté des ermites de Saint Augustin. L'université de Paris le reçoit comme élève après le noviciat, en 1269, où il suit les leçons de Thomas d'Aquin. Il est bachelier de théologie en 1281, puis docteur en 1283 (ou 1284). De cette époque datent les commentaires sur le Cantique des Cantiques et l'Épître aux Romains, sur les Sentences de Pierre Lombard, et sur plusieurs ouvrages d'Aristote.

Il enseigne avec éclat la théologie dans l'université de Paris, général de l'Ordre de saint-Augustin, en1292 et son renom le fait choisir par Philippe le Hardi pour être le précepteur de son fils aîné, plus tard appelé Philippe le Bel. C'est à la demande de son élève que Gilles de Rome compose le Du gouvernement des princes (De Regimine principum), et dans lequel il trace le code détaillé des devoirs d'un souverain. Ce livre a été presque aussitôt traduit en français. Lorsque son disciple nouvellement couronné entre dans Paris en 1285, Gilles de Rome le harangue au nom des maîtres de l'Université, et lui déclame un discours censé faire pénétrer la morale de l'Église dans le cœur de ce roi. Ce discours a formé un traité, le De Informatione principum.

En 1287, à Florence, une assemblée générale des religieux de Saint Augustin décrète que sa doctrine sera désormais réputée la saine doctrine, que dans toutes les chaires de l'ordre ses décisions seront admises et soutenues, et que pas un lecteur ne devra s'en écarter.


Il est élu prieur de la province de Rome, puis général de l'ordre des Augustins en 1292. Après l'abdication de Célestin V en décembre 1294, Gilles de Rome compose le Liber de renuntiatione papæ, dans lequel il défend le droit du pape Boniface VIII contre ses adversaires. Voulant témoigner sa gratitude au docte théologien, Boniface VIII lui cède l'archevêché de Bourges en 1295, avec l'assentiment de Philippe le Bel. Il quitte alors sa communauté et l'école pour diriger ce diocèse. Jacques de Viterbe lui succède à l'université de Paris.

Il ne s'en montra pas moins attaché au Saint-Siège dans la querelle du roi et de Boniface VIII : au plus fort de la dispute, Gilles de Rome se rend auprès du Pape et devient un de ses défenseurs les plus énergiques. C'est même à lui qu'on attribue la rédaction de la bulle Unam Sanctam, ainsi qu'un Traité de la puissance ecclésiastique (De ecclesiastica potestate), où il se fait le théoricien d'une forme de théocratie pontificale. Il compose également un traité intitulé Capitula fidei christianæ, à l'usage des missionnaires, et participe au concile de Vienne en 1311, où furent condamnés les Templiers.

Cinq ans plus tard, à la fin décembre 1316, il rend son âme à Dieu dans l'église d'Avignon, mais, suivant une disposition testamentaire, son corps est porté à Paris pour être inhumé dans l'église des Augustins. Sur sa pierre tombale, qui portait un gisant, on pouvait lire :

« HIC IACET AULA MORUM. VIA MVNDICITIE. ARCHIEPHILOSOPHIE ARISTOTELES PERSPICACISSIMVS COMMENTATOR. CLAVIS ET DOCTOR. THEOLOGIE LVX. IN LVCEM REDVCENS DUBIA. FRATER EGIDVS DE ROMA. ORDINIS FRATRVM HEREMITARVM SANCTI AVGVSTINI. ARCHIEPISCOPVS BITVRENSIS. QUI OBIIT ANNO DOMINI .CCC.XVI. DIE VIGESIMA MENSIS DECEMBRIS. »


De regimine principum


Dans sa première édition (Augsbourg, 1473), le Traité du gouvernement des princes forme un volume in-folio de trois ou quatre cent pages, divisé en trois livres fortement inspirés de l'œuvre d'Aristote : le premier dédié à la morale, le second à la propriété et à l'économie au sens traditionnel, le troisième à la politique.

Dans le premier livre, il loue les Anciens d'avoir placé la contemplation au-dessus de l'action, et l'action au-dessus des plaisirs des sens. Cependant, l'action, selon lui, est impuissante sans la charité, et la contemplation sans la grâce. Et ce qu'Aristote appelle du nom d'amitié, c'est le dévouement, l'humanité, un sentiment très voisin de la charité. Il rappelle aux princes et aux rois que ce n'est pas assez pour eux de chercher le bonheur au-dessus des plaisirs, des richesses, de la gloire, mais que même l'exercice légitime du pouvoir ne doit point leur suffire ; l'âme doit chercher une félicité encore plus haute dans la contemplation et la connaissance de la vérité : car plus est élevé le rang que l'homme occupe ici-bas, et plus il doit chercher à ressembler à Dieu.

Dans le deuxième livre, il traite d'abord de la société conjugale : au nom de la raison et du droit naturel, le mariage doit être indissoluble, et l'homme ne doit épouser qu'une seule femme. Les princes doivent aussi éviter la consanguinité dans leurs alliances, afin d'étendre le plus possible les liens qui les unissent entre eux. Ce n'est point d'après les conseils des femmes que la maison doit être dirigée, et il ne faut point non plus leur confier ses secrets. Cependant, il faut les traiter comme nos compagnes, et non comme nos esclaves. Le but immédiat du mariage, c'est de continuer l'espèce humaine. Les devoirs des parents envers leurs enfants sont l'instruction et l'éducation. L'instruction, c'est l'enseignement du trivium et du quadrivium. L'éducation est quant à elle divisée en trois époques, pendant lesquelles sont enseignées l'histoire, l'éducation morale et la gymnastique. Concernant la propriété individuelle, il essaye de concilier la doctrine biblique et celle d'Aristote. Il se rapproche finalement de ce dernier et de Saint Augustin pour légitimer l'esclavage. Il recommande aussi aux princes d'avoir toujours leurs caisses garnies d'or et d'argent, pour n'avoir point recours à l'emprunt.

Dans le troisième livre, Gilles de Rome fait la distinction entre la monarchie et la tyrannie, et convient que la monarchie héréditaire est le gouvernement le plus adapté. Il distingue aussi la loi civile et la loi religieuse. Il parle en termes excellents de la justice, des qualités morales et des connaissances qui conviennent à un juge, de la nécessité d'introduire l'équité dans la loi et de la différence qui existe entre le droit naturel et le droit positif. Il termine par un chapitre sur l'art militaire qui n'est qu'une reproduction de l'ouvrage de Végèce : De re militari.

La renommée de cet ouvrage est parvenue jusqu'à Dante Alighieri qui le cite dans son Banquet (IV,XXIV, 9).


De ecclesiastica potestate

Le Traité de la puissance ecclésiastique, écrit à Rome pendant la querelle de Boniface VIII avec Philippe le Bel, est dédié au souverain pontife. En vérité, Gilles de Rome ne fait que réduire en système les prétentions théocratiques exposées dans les trois bulles de Boniface VIII : Ausculta fili,Clericis laicos et Unam Sanctam.

Le Romain soutient que le souverain pontife est l'arbitre de l'âme, et par là de l'homme tout entier. Or s'il est ici-bas, comme Dieu lui-même, le souverain maître de la créature humaine, il a nécessairement le même pouvoir sur la société. Il appartient donc au chef de l'Église d'instituer les rois et de les détrôner quand il les juge indignes du rang qu'ils tiennent de lui. Ce que le corps est à l'âme, ce que la matière est à l'esprit, le pouvoir temporel l'est au pouvoir spirituel; ou, pour parler plus exactement, les deux pouvoirs, figurés par les deux glaives, sont dans la main du Vicaire de Dieu, quoiqu'il ne les exerce pas de la même manière. Il retient pour lui le pouvoir le plus élevé, le pouvoir spirituel, tandis que l'autre est confié par délégation aux princes séculiers, afin qu'ils en usent suivant ses ordres et sous la pression de son contrôle. De là cette maxime qui diffère à peine par l'expression de celle que nous l'on trouve dans le Traité du gouvernement des princes de Thomas d'Aquin : « Il est évident que l'art de gouverner les peuples consiste à les coordonner aux lois de l'Église, comme la matière est coordonnée à la forme. »

Maîtresse de la société, parce qu'elle est maîtresse de l'homme, maîtresse de l'homme parce que Dieu lui a donné le gouvernement des âmes, l'Église ne peut pas admettre qu'il existe une institution quelconque en dehors de son autorité. Les droits qu'elle exerce sur les personnes, sur les personnes publiques comme sur les personnes privées, atteignent donc nécessairement les propriétés. Nul ne peut posséder légitimement, soit un champ, soit une vigne ou quelque chose que ce soit, s'il ne les possède sous l'autorité de l'Église et de par l'Église. « L'enfant qui recueille la succession de son père est moins redevable à son père qu'à l'Église : car si son père l'a engendré selon la chair, l'Église l'a régénéré selon l'esprit, et autant l'esprit l'emporte sur la chair, autant les droits que sa régénération spirituelle lui confère l'emportent sur ceux qu'il tient de sa génération charnelle. » De là une autre conséquence encore plus audacieuse, s'il est possible : c'est que les hérétiques, les mécréants, tous ceux qui vivent en dehors de l'Église et même les fidèles, avant d'avoir reçu l'absolution d'un péché mortel, sont absolument indignes de posséder, et au lieu d'être les propriétaires de leurs biens, n'en sont que les détenteurs injustes. Cependant, l'auteur du Traité de la puissance ecclésiastique ne tarde pas à reconnaitre que la puissance de l'Église, telle qu'il la veut, telle qu'il la conçoit, admet difficilement une limite.


Autres ouvrages

Le rhéteur a composé des commentaires sur la Rhétorique d'Aristote, et le dialecticien sur l’Art ancien, ainsi qu'un De Medio demonstrationis. L’Art ancien comprenait ici les Universaux, lesPrédicaments, les Six Principes de Gilbert de la Porrée, l’Interprétation.

Le philosophe a produit encore des Questions métaphysiques et des traités sur l'Être et l'Essence, la Matière du ciel contre Averroès, lesDegrés des formes accidentelles, la Différence entre l'Éthique, la Politique et la Rhétorique, les Parties essentielles de la philosophie, laFormation du corps humain, le Livre des causes, la Bonne Fortune, laMort et la vie.

Le théologien a donné au public des études sur la Résurrection des morts, la Sainte-Trinité et la foi catholique (commentaire sur la décrétale Firmiter), la Célébration des messes (commentaire sur la décrétale Cum Marthæ), l’Oraison dominicale et la Salutation angélique, le Tractatus de corpore Christi, les Theoremata quinquaginta de corpore Christi, lesTheoremata de hostia consecrata, la Distinction des articles de foi, l’Arche de Noé, le Caractère dans les sacrements, la Divine influence sur les bienheureux, les Louanges de la sagesse divine, laPrédestination, la Prescience, le Paradis, l’Enfer, le Péché originel, le Mouvement, la Composition, leLieu et la Mesure des anges, la manière dont les rois, en ce qui concerne les biens, appartenant à la couronne, peuvent exercer des œuvres de libéralité.

Quelques autres opuscules ont encore eu les honneurs de l'impression : De Intentionibus in medio ; De Deviatione malorum culpæ a Verbo ; De Erroribus philosophorum ; De Intellectus possibilis Pluralitate ; De Subjecto theologiæ ; Oratio in coronatione regum Francorum ; un commentaire sur les deux Épîtres aux Corinthiens, sur les Livres des Éthiques, un traité des Idées et des formes, diverses questions posées et résolues, divers commentaires des œuvres de Boèce et Aristote.

Également attaché à Thomas d'Aquin dans le domaine de la théologie, Gilles de Rome en prit vaillamment la défense dans une circonstance critique. Un professeur d'Oxford, du nom de Guillaume de La Mare, de l'ordre des Franciscains, avait fait œuvre de mauvais interprète de plusieurs points de doctrine enseignés par le Docteur angélique, dans un ouvrage nommé Reprehensorium ouCorrectorium D. Thomæ. Gilles de Rome s'empressa d'opposer le Defensorium seu Correctorium corruptorii librorum S. Thomæ Aquinatis (Venise, 1516, in-fol.). Il n'est pas étonnant que le docteur ait été pour beaucoup dans l'adoption des doctrines thomistes au sein des Augustins20.
Quelle qu'ait été la fécondité, quel qu'ait été le renom de ce docteur, il n'y a rien de nouveau dans ses écrits si nombreux et si divers : c'est un interprète, un apologiste fervent de Saint Thomas. Ou bien il défend Saint Thomas, ou bien il provoque ses adversaires. Cependant, Henri de Lubac note plus encore l'influence du Pseudo-Denys et celle d'un aristotélisme à la manière d'Averroès.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:30

Gilles Ier Aycelin


Né sans doute en 1252, il est baptisé dans la chapelle Saint-Michel de Mauzun. Il est le fils de Pierre II Aycelin de Montaigu vivant à Paris en 1280 avec Adélaïde Flotte, elle-même fille d’un damoiseau d’Auvergne et se qualifiant de seigneur de Broussolière ou Bressolie, sœur de Pierre Flote, chancelier de France.


Il ne se destinait probablement pas à la carrière ecclésiastique et aurait fait des études de droit à Montpellier. Il fut protégé par Guy de la Tour archevêque de Clermont, dont il est prévôt à partir de 12851. Cette même année, il devient chanoine de Narbonne et possède en 1289 des prébendes à Rouen, Bayeux, Le Puy, Billom et Orcival ainsi que trois prieurés. Ayant participé en 1288 à une mission pour le roi de France à Rome, il fut nommé en novembre 1290archevêque de Narbonne par le pape avant d'avoir été ordonné prêtre le 27 mars1291 à Naves (Corrèze) par Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges. Il partit pour l’Italie afin de recevoir le pallium et fut sacré à Orvieto le 23 mai avec l’assistance de son frère.

Clerc de l'hôtel du roi à partir de 1285, il fait partie des conseillers les plus influents de la cour et envoyé en ambassade par le roi à Rome, en Angleterre, en Lorraine. Il seconde le chancelier Pierre Flotte dès 1293.

À Narbonne, il fit construire de 1290 à 1311 le donjon du Palais des archevêques qui existe toujours. En 1299, il convoqua à Béziers un concile provincial dont les actes ont été publiés par Dom Martène. En 1308, il fonde une collégiale de treize chanoines dans l'église de Châteldon, avec autorisation du pape. Il se prononça pour Philippe le Bel dans les démêlés que ce roi eut à soutenir contre le pape Boniface VIII, déclara que ce pontife était déchu, et interjeta appel de sa sentence au futur concile. Plus tard, il fut l'un des commissaires nommés (8 août 1309) pour examiner la conduite des templiers, et ouvrit l'avis que ces derniers ne fussent point entendus dans leur défense; son zèle fut récompensé par le poste de chancelier de France en 1310, qu'il tient quelques mois.

Le 5 mai 1311, il est transféré par le pape Clément V du siège de Narbonne à celui de Rouen, où il fait son entrée le 29 août 1312 et où il resta jusqu'à sa mort.

Il avait fondé en 1314 le collège de Montaigu, destiné à la fondation de bourses pour les écoliers, qui a longtemps porté son nom à Paris et lui légua une partie de ses biens. Il rédigea son testament à Châteldon le 13 décembre 1314. Il donne à son neveu Gilles la forteresse de Châteldon et d'autres biens donnés par le roi à Puy-Guillaume et Paslières. Il fait également de nombreuses donations et legs à des couvents et institutions religieuses. Il meurt le 13 juin 1318 à Avignon où il pratiquait comme prélat la chasse aux bénéfices ecclésiastiques et en obtint même en une seule journée vingt-trois qui étaient devenus vacants. Il fut inhumé le 17 août en l’Église Saint-Cerneuf de Billom dans laquelle se trouve son enfeu classé en 1862. Ses frères et sœurs, oncle et grand-oncle sont inhumés dans le même tombeau, dans le mur latéral de la chapelle.

D’après François Duchesne, sa statue se serait trouvée sur la tour droite de la porte des tours à Domme avec celle de Philippe le Bel.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:49


Guillaume IV Durand



Guillaume VI Durand, né à une date inconnue à Puimisson et mort en 1330, est un évêque de Mende en Gévaudan. Il est le neveu de Guillaume Durand, son prédécesseur. Il porte le numéro VI comme étant le sixième évêque de Mende à se prénommer Guillaume. Cependant si cinq de ses prédécesseurs se sont prénommés ainsi, la littérature privilégie souvent le numéro IV (ou IIII) ou simplement le II pour le différencier de son oncle. On le retrouve ainsi également nommé Guillaume Duranti II.



Blason de Guillaume Durand









Biographie


1. Ses débuts, les querelles

Il est né, comme son oncle, à Puimisson, près de Béziers. Il a trois frères : Pierre qui hérite des biens familiaux, Bernard et Pons tous deux chanoines à Mende.

Le 7 mars 1291 il obtient un premier poste à Banassac, en Gévaudan, où le pape lui offre la collation de Saint Médard. Il succède ainsi à l'un de ses parents, Hugon d'Aquisvisis. Il devient ensuite chanoine puis archidiacre à Mende avant de devenir évêque le 17 décembre 1296. Il n'était alors pas encore prêtre (donc non éligible à la qualité d'évêque) mais il obtient une dérogation du pape Boniface VIII. Il ne prend cependant possession de son évêché que le 23 octobre 1304.

Peu de temps après sa prise en main de l'évêché il rentre en conflit avec les barons du Gévaudan, principalement les Peyre. Lorsque, en octobre 1304, il prend possession de l'évêché, il réunit ses chanoines et déclare qu'il comptait corriger l'injustice dont son église est victime, et ne jamais pardonner le complot ourdi par Astorg de Peyre, Guigue de Cénaret et Hugues de Quintinhac. Il faut savoir que, depuis 1161 et la Bulle d'or obtenue par Aldebert III du Tournel, les évêques de Mende ont tout pouvoir politique sur Mende et le Gévaudan. Mais une partie du pouvoir est également détenu par la Vicomté de Grèzes, ancienne possession des rois d'Aragon, rattachée au domaine royal français en 1258. Grèzes est basé en terre de Peyre, la plus grande ville était alors Marvejols. De plus, Marvejols était bailli des sénéchaux de Beaucaire qui souvent passaient outre la juridiction de l'évêque.

Il laisse également les chevaliers de la Garde-Guérin continuer leurs agissements, bien que cela lui déplaise, à l'image de ses prédécesseurs (dont Aldebert qui craignait la présence de ces chevaliers sur la voie Regordane).

Guillaume Durand cherche alors à légitimer son pouvoir. En 1302, il obtient de la Chaise-Dieu les prieurés de Fournels, de Brion, de Termes, de Saint-Pierre-le-Vieux et du Bacon. En juin de cette même année, il ramène en la cathédrale de Mende des reliques de la Vraie Croix offertes par le roi de France.


2. L’acte de paréage

Guillaume Durand n'apprécie pas l'acte signé de la Bulle d'or, et l'assouvissement d'Aldebert en faveur du roi de France, qui engage ses successeurs. Il veut donc remettre en question la place du Roi en Gévaudan, continuant ainsi un procès qui a été entamé par ses prédécesseurs 36 ans auparavant, et visant à définir les limites de chacun des deux partis. Entre 1301 et 1302, il rédige un « Mémoire sur le paréage », où il démontre la légitimité du pouvoir temporel de l'Église. Pour réaliser cette enquête, il s'entoure de plusieurs notables du pays, tels Gaucelin de la Garde, évêque de Maguelone ou Pierre de La Chapelle-Taillefert, archevêque de Toulouse.
Le 3 février 1307 tout est prêt, et il conclut alors un acte de paréage avec le roi Philippe le Bel. Cet acte sépare ainsi le Gévaudan en trois terres : celle de l'évêque, celle du Roi et les terres communes. Ce traité consacre définitivement la soumission des barons à l'autorité de l'évêque ou du roi, même s'ils ont encore droit de justice sur la terre commune.

Cet acte permet donc à l'évêque de devenir Comte de Gévaudan. Il obtient ainsi le droit, entre autres, de battre sa monnaie. Ce statut de comte-évêque sera d'ailleurs conservé jusqu'à la disparition du Gévaudan à la Révolution française. Par conséquent Mende devient officiellement capitale civile et religieuse. Un bailli royal étant basé à Marvejols, alors qu'un bailli épiscopal dirige Mende. La justice, les impôts et amendes sur les terres communes seront à la charge des barons, en accord avec le Roi et l'évêque.

Les barons tentent de s'insurger contre cet acte qui limite leur pouvoir, et intentent un procès devant le Parlement de Paris. Le verdict tombe en leur défaveur en 1341.


3. La lutte contre les Templiers

Guillaume Durand est très proche du Roi Philippe le Bel. Ce dernier souhaite, avec l'aide du pape Clément V voir disparaître l'Ordre du Temple. En août 1308, l'évêque fait partie des huit commissaires nommés par le Pape pour instruire le procès des Templiers. Il rend ainsi un rapport le 5 juin 1311, qui lui vaut l'hostilité des Templiers. Dans celui-ci il préconise de prendre une « ordonnance pontificale » plutôt qu'une instruction judiciaire. Menacé, il est autorisé par le pape à se constituer une garde personnelle pour se prémunir d'un attentat, au cours de l'année 1312.

La présence des Templiers en Gévaudan est avéré par certaines marques sur les pierres (dont une croix de Malte sur le roc de Peyre, lieu du château des barons du même nom), mais ils n'étaient peut-être pas très nombreux, et n'avaient aucune possession. En effet le Gévaudan abritait principalement les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, rivaux des Templiers.


4. La réforme de l’Église

En même temps que se tient le procès des Templiers, Guillaume Durand présente son rapport intitulé Tractatus de modo generalis Concilii celebrandi, où il préconise une réforme de l'Église. Il en fait la lecture le 16 octobre 1311 lors du Concile de Vienne. Il remet en cause l'absolutisme de Rome. Il prône en faveur du mariage des prêtres, de la gratuité des sacrements, et milite contre les fêtes religieuses qu'il juge trop licencieuses.

Cette requête n'est pas acceptée par l'Église, et certains craignent même qu'elle puisse provoquer un schisme. Il n'en est finalement rien, mais cette réforme est rejetée. Cela ne change en rien la confiance que le pape place en lui au sujet des Templiers.


5. Juriste auprès du roi

En 1316 il intervient en qualité de juriste pour conforter le droit de succession de Philippe V de France, à la suite de la mort de Jean Ier. Il devient ainsi conseiller royal. C'est ainsi qu'il négocie, en 1317, un traité avec la Castille, et arbitre un acte de paréage entre l'évêque de Rodez et le comte d'Armagnac, acte annulé finalement par le pape Jean XXII. Guillaume Durand sert alors d'interlocuteur entre le roi de France et le pape lors de plusieurs arbitrages.

Il s'occupe aussi de la politique étrangère. Ainsi, entre 1319 et 1321, il se rend en Angleterre pour conclure la paix entre les rois d'Angleterre et d'Écosse.


6. Préparation de la croisade et mort


En 1323, il s'associe avec Amalric II, vicomte de Narbonne afin de préparer une croisade, mais le projet et finalement abandonné. Cette idée de croisade ressurgi en 1329 à la demande du pape Jean XXII et du roi de France Philippe de Valois. Il est alors mandé de se rendre en Égypte, en compagnie de Pierre de Palu (Pierre III de la Palude), patriarche deJérusalem.

Le 24 avril 1329, alors qu'il se sent à l'article de la mort, il obtient du pape le droit de recevoir l'absolution. Il meurt à Nicosie, à Chypre, en juillet 13301. Il est inhumé à gauche de l'autel de l'église Sainte-Marie de Beaulieu de Nicosie. Cette église ayant été détruite au XVIe siècle, il ne reste plus rien de la dépouille comme du tombeau de Guillaume Durand.


7. Son gisant


Guillaume Durand avait fait ériger une chapelle dédiée à saint Privat au sein du prieuré Notre-Dame-de Cassan, près de Béziers dans l'Hérault. Un gisant lui a alors été élevé, et placé dans cette chapelle. Ce cénotaphe a été acquis par la Société archéologique du Midi de la France le 10 août 1833, et ainsi a été déplacé au Musée des Augustins deToulouse.

Il s'agit d'une sculpture de marbre, de près de deux mètres de longueur, 60 centimètres de profondeur et 26 centimètres de hauteur. L'évêque y est représenté en habits pontificaux, les bras croisés sur sa poitrine et accompagné de la crosse d'évêque. Ses pieds sont appuyés sur un dragon.




Le gisant de Guillaume Durand,
musée de Augustins de Toulouse

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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:55

Raynaud de La Porte



Raynaud ou Regnault de La Porte, né vers 1260/1265 et mort en 1325, homme d'Église français, fut évêque de Limoges, archevêque de Bourges et cardinal-évêque d'Ostie et Velletri, puis de Sainte-Praxède





Biographie

Issu de la petite noblesse, il est né dans le Limousin, à Allassac, diocèse de Tulle, entre 1260 et 1265.

1. Carrière ecclésiastique

Il fut d'abord archidiacre de Combrailles, puis de Limgoes et chanoine du chapitre de la cathédrale du Puy. Lorsque son confrère chanoine de Limoges Guy de Neufville devint évêque du Puy en 1292, il fit de lui son vicaire général. Il fut élu évêque à son tour par le chapitre de Limoges le 15 novembre 1294 et fut confirmé à ce poste par Célestin III en avril 1295.

À la tête d'un grand diocèse, de trois cent paroisses, il convoqua un premier synode diocésain dès 1297, un second en 1310 et entreprit l'édification du chœur de sa cathédrale.




2. Carrière diplomatique

Il joua un rôle de conciliateur entre Philippe le Bel et Boniface VIII au concile de1302. Puis Clément V le nomma parmi les huit évêques commissaires pour le procès des Templiers. Il fut présent à la plupart des interrogatoires de novembre 1309 à septembre 1310. En tant qu'évêque de Limoges, il participa encore au concile de Vienne en 1311. Le 31 décembre 1316, il quitta Limoges pour l'archevêché de Bourges d'où, avec Jean de Cherchemont, il réorganisa l'université d'Orléans. Jean XXII l'envoya en Flandre en tant que nonce en 1317.


3. Cardinal

Le pape Jean XXII le créa cardinal des saints Nérée et Achillée, lors du consistoire du 20 décembre 1320, et il résida à Avignon. Il fut nommé ensuite cardinal-évêque d'Ostie et Velletri, en mars 1321 puis de Sainte-Praxède le 1er août 1321.

Il décéda en août 1325 et fut, à sa demande, inhumé dans la cathédrale de Limoges où se trouve son mausolée.



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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:58

Landolfo Brancaccio



Landolfo Brancaccio (né à Naples, Italie, et mort le 29 octobre 1312 à Avignon) est un cardinal italien du XIIIe siècle.

Les autres cardinaux de la famille sont Niccolò Brancaccio (1378), Rinaldo Brancaccio (1384), Ludovico Bonito (1408), Tommaso Brancaccio (1411),Francesco Maria Brancaccio (1633) et Stefano Brancaccio (1681).


Le pape Célestin V le crée cardinal lors du consistoire du 18 septembre 1294. Le cardinal Brancaccio est légat apostolique en Angleterre et en Sicile et administrateur du royaume de Sicile avec le prince Philippe de Tarente, le fils deCharles II de Sicile. Il assiste au concile de Vienne en 1311-1312.

Landolfo Brancaccio participe au conclaves de 1294 (élection de Boniface VIII), 1303 (élection de Benoît XI) et de 1304-1305 (élection de Clément V).
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 11:59

Jean de Savigny



Jean de Savigny, mort janvier 1315, est un prélat français du xiiie siècle et du début du xive siècle.


Jean de Savigny monte sur le siège de Nevers en 1296. Il est chargé souvent des négociations difficiles et importantes. Dès la première année de son épiscopat, il est député à Rome par le clergé de France pour faire part au pape Boniface VIII des besoins de l'église, et l'année suivante le pape le commet pour visiter et réformer l'abbaye de Fontevrault.

En 1305 il reçoit à Nevers le pape Clément V. En 1310, il assiste au concile provincial de Paris, et l'année suivante il est un des pères du concile général de Vienne, tenu par Clément V. En 1313 il consacre l'église collégiale de Tannay.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 12:03

Philippe de Marigny


Philippe de Marigny ou Philippe Le Portier de Marigny.


Sa devise est: Ni peur, ni crainte.


Fils de Philippe de Marigny, seigneur d'Ecouis, et de sa deuxième femme. Il est le demi-frère d’Enguerrand et le frère de Jean de Marigny.

Il est secrétaire du roi et membre du conseil privé du roi Philippe IV avant de rentrer dans les ordres. En 1306, il devient évêque de Cambrai jusqu’en juin 1309, quand Philippe le Bel le nomme archevêque de Sens. Il dût attendre avril 1310 pour une reconnaissance du pape Clément V.

Chargé du procès des Templiers, il envoie au bûcher 54 frères Templiers jugés relaps le 10 mai 1310 devant l'abbaye Saint-Antoine de Paris. Les hauts dignitaires passent ensuite devant une commission apostolique dont il fait partie. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay est brûlé sur le bûcher.

Il aurait été enterré dans l'église du prieuré Saint-Laurent-en-Lyons.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 12:22

Guillaume Bonnet



Guillaume Bonnet, natif du diocèse du Mans et mort le 3 ou 12 avril 1312 à Angers, est un évêque français du xive siècle.


Fils de Bertrand Bonnet, seigneur de Beuville et de La Chapelle, Guillaume Bonnet est élevé dans le diocèse d'Angers et devient archidiacre de Passais.

Clément V qui, par une bulle de 1305, s'est réservé la faculté de pourvoir à l'église de Bayeux, en cas de vacance, nomme en 1306, pour la gouverner, Guillaume Bonnet, alors trésorier de l'église d'Angers. Philippe le Bel l'envoie dans le Hainaut avec Robert, comte de Boulogne, en 1307, afin d'obliger Guillaume, comte de Flandre, à lui rendre hommage pour son fief d'Ostrevant qui relève de la couronne de France.

Clément V le nomme l'un des évêques chargé de l'examen de la cause des Templiers.
En 1308, il donne une maison qu'il possède rue de la Harpe à Paris, et quelques pièces de terre au village de Gentilly, pour la fondation d'un collège qui prit le nom de collège de Bayeux, destiné à des jeunes gens de son diocèse et des diocèses du Mans et d'Angers.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 13:00

Pierre d’Aspelt



Pierre d'Aspelt (né en 1245 à Aspelt (comté de Luxembourg) et mort le 5 mai 1320) était évêque de Bâle et archevêque de Mayence ; il est également fondateur de la chartreuse de l'Archange-Michel, près de Mayence.





Biographie


Pierre d'Aspelt est né vers le milieu du treizième siècle, de parents honnêtes mais peu aisés, à Aspelt, village du Pays de Luxembourg, à quinze kilomètres de la ville de ce nom et à cinq myriamètres de Trèves. Il fut dénommé d'Aspelt de l'endroit dont il était originaire. Dès son plus jeune âge il se sentit une vocation particulière pour l'étude à laquelle il se livra avec ardeur, malgré le peu de moyens que ses parents pouvaient lui fournir pour parvenir, et chercha à développer les heureuses dispositions que la nature lui avait départies, autant que cela lui fut possible pendant ce siècle peu éclairé. Après avoir fréquenté pendant quelque temps une école élémentaire à Trêves, il se vit obligé, faute de secours, d'aller chanter aux portes pour pourvoir à sa subsistance, jusqu'à ce que par une application soutenue pendant ses moments de loisir, il fut parvenu à se familiariser assez avec les connaissances qu'on enseignait alors communément dans les petites écoles, pour pouvoir donner lui-même des leçons aux enfants.


1. Le maitre d’école et médecin


Alors il devint maître d'école. Cet état, il l'embrassa pour trouver moyen d'amasser quelques épargnes afin de pouvoir continuer ses études scientifiques. Parvenu à ce but, il quitta son école et alla fréquenter une université dont le nom n'a pas été transmis à la postérité d'une manière certaine, bien que quelques auteurs dénomment celle de Paris : Il s'y voua à l'étude de l'art de guérir. Dès qu'il eut obtenu le degré de Docteur en médecine il retourna dans sa patrie où il se livra à la pratique : il avait acquis tant d'habileté dans son art, disent les auteurs contemporains, qu'il savait juger de l'état et du danger de ses malades en les entendant tousser.

Mais, ajoute-t-on, ses connaissances médicales n'étaient pas les seules qu'il avait acquises ; il était également bien versé dans les sciences théologiques, surtout dans l'Écriture Sainte. Il s'était, du reste, fait ordonner prêtre catholique. Cette circonstance doit d'autant moins nous étonner, qu'à cette époque et même encore longtemps après, beaucoup de médecins étaient clercs.


2. Un médecin éminent


Sur ces entrefaites la réputation de Pierre d'Aspelt s'étant considérablement répandue, le puissant comte Henri IV de Luxembourg l'attacha à sa personne et le prit pour son médecin. Le séjour qu'il fit à la cour lui donna de fréquentes occasions pour faire apprécier ses talents et son expérience dans les affaires; aussi le comte Henri finit-il par le consulter souvent, non seulement sur sa santé mais encore sur ses affaires domestiques ainsi que sur des questions de politique, et toujours il eut à se louer des avis que son médecin lui donnait.

On a aussi prétendu que Pierre a rempli les mêmes fonctions de médecin auprès de la personne de l'empereur RodolpheIer du Saint-Empire; mais, si l'on a égard aux dates; ainsi qu'à divers autres événements de la vie de ce prince, comparés avec les gestes de Pierre d'Aspelt, on est forcé d'élever des doutes très fondés sur la véracité de cette circonstance. Quoi qu'il en soit, une circonstance vraisemblablement fortuite, mais se rattachant directement à la carrière médicale que ce grand homme avait embrassée, vint tout à coup l'élever à la dignité d'un des premiers princes de l'Église d'Occident, dignité qu'il remplit, avec non moins d'éclat que la mission de soulager l'humanité souffrante. Si nous en croyons les données qui semblent les mieux fondées, il fut député un jour par le comte Henri de Luxembourg auprès du pape Nicolas IV, ou plus vraisemblablement Boniface VIII, pour une négociation importante.



3. Le prévôt


Pendant son séjour à la cour du Souverain-Pontife il eut occasion de mettre ses connaissances iatriques en pratique, en guérissant le Pape d'une maladie que les autres médecins avaient déclarée incurable : on dit communément qu'il s'agissait d'un flux de sang, peut- être d'une hémorrhagie ou encore d'une fistule à l'anus. Le Pape voulut témoigner sa reconnaissance à Pierre d'Aspelt en le nommant Prévôt de la Cathédrale Saint-Pierre de Trèves.

Lorsqu'il lui conféra ce bénéfice, le Souverain-Pontife déclara que: un médecin aussi habile à guérir le corps méritait bien de devenir également le médecin d'un grand nombre d'âmes. À son retour, Pierre voulut prendre possession de la dignité de prévôt pour laquelle il exhiba ses bulles ; le chapitre s'y opposa sous prétexte de l'humilité de l'extraction du nouveau titulaire ; mais en réalité parait-il, parce qu'il n'avait pas été consulté pour cette nomination. Le pape, qui ne pouvait ou ne voulait pas procéder contre les immunités de l'église de Trêves, dédommagea amplement son protégé en lui accordant en échange des provisions de Prévôt de Prague, de Bingen et de Wischeradprès de Prague, d'écolâtre à collégiale Saint-Siméon près de Trêves et finalement de curé de Birthingen et de Nittel dans le même diocèse.


4. Évêque de Bâle


Et l’année suivante, c'est-à-dire en 1296, il fut choisi pour succéder à Pierre I de Rawen ou de Reichenstein, et sacré évêque de Bâle, sous le nom de Pierre II dans la liste des prélats de cette église, qu’il gouverna avec une rare distinction, malgré les difficultés qu’il dut éprouver dans une administration qui était neuve pour lui, eu égard aux occupations auxquelles il s’était livré jusqu’alors ; et il étendit même son domaine temporel par l’acquisition de plusieurs terres, entre autres du château de Honberg et de la ville de Liechsdall que l’Empereur Albert Ier d'Autriche avait également eu la pensée d’acheter : ce qui fut la cause de beaucoup de persécutions que notre évêque eut à subir de la part de ce prince.

Ce différend ne fut cependant pas de longue durée puisque nous voyons déjà en 1300 l'évêque Pierre II, chargé d'une mission importante par le même empereur, retourner auprès du pape Boniface VIII.


5. L’archevêque de Mayence


Gérard II d'Epstein, archevêque de Mayence étant venu à mourir subitement sur ces entrefaites, au mois de février 1305, le chapitre métropolitain désigna pour lui succéderBaudouin de Luxembourg, frère du comte Henri IV qui fut plus tard empereur sous le nom d’ Henri VII. L'évêque de Bâle fut encore, paraît-il, chargé d'aller demander la confirmation de cette nomination par le Pape. Mais Clément V, qui pour lors était assis sur la chaire de Saint-Pierre, ne voulut pas accorder cette ratification à cause de la jeunesse du nouvel-élu qui n'avait que dix-huit ans. En conséquence le chapitre s'assembla pour procéder à un nouveau choix ; mais on ne put tomber d'accord sur un nom dans le diocèse.

Le Pape désigna l'évêque de Bâle lui-même pour succéder à l'archevêque Gérard II, et le chapitre l'accueillit en cette qualité, sans doute sur la puissante recommandation de l'empereur. En conséquence Pierre d'Aspelt résigna l'évêché de Bâle et vint prendre possession de l'archevêché de Mayence où il joua un rôle très important dans l'histoire de son époque.

En effet, non content de présider à plusieurs conciles diocésains et provinciaux, il prit une part très active aux affaires de l'Empire. Il ne cessa pas non plus de porter un grand attachement à la Maison des comtes de Luxembourg à laquelle il devait sa fortune et au service de laquelle il s'était trouvé d'abord, comme nous l'avons vu. En 1307, il contribua puissamment à l'élection de Baudouin à l'archevêché de Trêves ; et lorsqu'en 1308, après la mort de l'empereur Albert I les voix des Princes-Électeurs assemblés à Reynse se trouvaient d'abord très partagées sur le choix du successeur à donner à ce prince, il eut le talent de leur persuader de se n'unir tous à lui pour procéder à cette élection et d'accepter celui qu'il dénommerait.

Il désigna Henri IV, comte de Luxembourg, qui fut en effet proclamé et qui forma ainsi la souche de la Maison impériale dite de Luxembourg. Deux ans après il contribua encore beaucoup à faire choisir Jean Ier de Bohême, fils de l'empereur Henri de Luxembourg pour roi de Bohême. Il accompagna même ce jeune prince dans ses nouveaux états, le maria en1310 à l'héritière de ce royaume, le couronna à Prague le 11 février 1311 et demeura à sa cour pendant un an pour prendre part au gouvernement, parce que pendant ce temps l'empereur son père était occupé en Italie. Ces circonstances motivèrent le refus que l'archevêque de Mayence fit présenter au Souverain-Pontife d'assister au concile de Vienne, tenu en 1311; et son excuse fut la seule entre celles des prélats allemands que le pape a admise comme fondée.


6. Le prince-électeur


L'attachement que l'archevêque Pierre d'Aspelt portait à la famille impériale était tellement connu de tous, que Frédéric, marquis de Misnie, qui s'était allié à Henri Ier de Carinthie qui venait d'être chassé du trône de Bohême à cause de sa tyrannie et de ses exactions, se crut autorisé à se venger sur lui pour le tort qu'il prétendait que Jean e nouveau roi de Bohême avait fait à son allié, et alla faire une irruption sur les terres du diocèse de Mayence où il commit de grands dégâts, à tel point que l'empereur Henri fut obligé d'avouer que l'archevêque avait souffert bien des déboires et bien des pertes pour lui et pour sa maison : aussi après le retour de Pierre dans son diocèse, l'empereur lui fit-il de riches présents, entre autres d'un fauteuil еn or massif, garni de pierres précieuses. Ce fauteuil a été, dit-on, conservé pendant longtemps à Mayence.


La nouvelle de la mort inopinée et prématurée de Henri VII du Saint-Empire (août 1313) en Italie, causa à l'archevêque de Mayence, un si grand chagrin qu'il s'écria en l'apprenant: depuis cinq siècles le décès d'aucun prince n'aura entraîné après soi autant de malheurs que celui de l'empereur Henri VII !

Aussi les embarras que l'Allemagne eut à subir à la suite de cet événement n'ont-ils que trop vérifié cette prophétie. Lorsque Louis, duc de Bavière fut élu empereur pour succéder à Henri VII, l'archevêque Pierre d'Aspelt était encore une fois à la tête des électeurs qui avaient pris parti pour ce prince. Mais comme ce choix rencontra beaucoup de difficultés et occasionna plusieurs guerres intestines, le public a dit qu'à cette occasion l'archevêque Pierre avait entièrement oublié son état de médecin, puisque par l'élection qu'il venait de faire d'un nouvel empereur, il avait rendu l'Empire plus malade que bien portant.

Pour ce qui regarde l'administration intérieure de son diocèse, Pierre d'Aspelt sut constamment, par un gouvernement sage, une piété soude et une vie exemplaire s'attacher ses subordonnés et s'acquérir l'estime des princes allemands aussi bien que de son clergé, bien qu'il montrât beaucoup de sévérité à l'égard de ce dernier sur le chapitre des mœurs.


7. Le fondateur


Il fut le fondateur de la chartreuse Saint-Michel de Mayence. Son économie était devenue proverbiale. Et en effet, bien qu'il vécut dans des temps très agités, il avait trouvé les moyens d'amasser une épargne de 16,278 livres de deniers, somme très considérable alors, et qu'il employa à payer les anciennes dettes de son église ainsi qu'à faire de nouvelles acquisitions pour elle. Les élections à l'empire auxquelles il prit part ne contribuèrent pas peu, non plus, à l'avantage de son temporel. En effet, par le traité qu'il fit à cette occasion avec le comte Henri de Luxembourg, ce dernier dut promettre :

1. de confirmer toutes les immunités et les privilèges de l'église de Mayence
2. d'assister l'archevêque contre tous ses ennemis et ce même au besoin de sa propre personne
3. de ne jamais permettre que les affaires ni les personnes ecclésiastiques fussent jugées par des tribunaux séculiers ou laïcs
4. de confirmer à l'église de Mayence le péage de Lahnstein (Lahneck) et la possession de Seligenstadt ainsi que du Bachgau
5. de protéger l'archevêque dans ses fonctions d'archi-chancelier
6. de restituer tous les frais qu'il serait dans le cas de faire à l'occasion de l'élection projetée
7. de lui abandonner le péage d'Ehrenfels en payement des sommes que l'empereur Albert lui devait encore
8. de payer à la Cour de Rome trois mille marcs d'argent que lui, Pierre, devait encore pour le Pallium, etc.



8. Le financier


Avec l'empereur Louis de Bavière il convint, outre la confirmation des articles du traité précédent qui trouvaient encore alors une application : que le nouvel empereur lui continuerait la possession du péage d'Ehrenfels, comme dédommagement des sommes qu'il avait dépensées pour l'empereur Henri ; qu'il lui abandonnerait plusieurs fiefs de l'empire, entre lesquels particulièrement la ville de Gotha et d'autres possessions en Thuringe, pour le cas où Louis viendrait à s'emparer de ce pays, ce qui cependant, pour le dire en passant, n'a jamais eu lieu. Louis de Bavière s'obligea en outre d'abandonner à l'archevêque et ce dans toutes les églises du diocèse de Mayence, ce qu'on nommait les preces primaria: à lui payer dix mille marcs d'argent pour les frais de son élection et de son couronnement, et, jusqu'à l'achèvement de ce paiement, à lui céder certaines terres en engagère.
Enfin, Pierre d'Aspelt est mort la veille de la fête de Saint-Boniface, le 4 juin 1320, après avoir occupé le siège archiépiscopal de Mayence pendant près de quinze ans.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 13:52

Jacques Duèze, futur Jean XXII



Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d'une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII.

Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ansd'exercice.





Naissance et premières charges


Arnaud Duèze et Hélène (de Bérail, de Béral), de Béraldi, d'une famille de banquiers, bourgeois aisés de Cahors, ville active dans le domaine commercial et bancaire, eurent plusieurs enfants :





Jacques Duèze fait ses études chez les dominicains à Cahors puis son droit à Montpellier et à la faculté de théologie à Paris. Il enseigne à Toulouse. Il est nommé archiprêtre à Cahors, chanoine de Saint-Front à Périgueux, archiprêtre deSarlat et doyen du Puy. Il est le clerc de Charles II d’Anjou et fait partie de l’entourage de Saint Louis d’Anjou à Toulouse. Évêque de Fréjus en 1300, il est appelé par Charles II d'Anjou roi de Naples comme chancelier de Provence en 1308. Il est nommé évêque d’Avignon le 18 mars 1310 puis cardinal-évêque de Porto en 1313.


Début du pontificat


Après la mort de Clément V, le Sacré Collège s'installe à Carpentras, le 1er mai 1314, pour élire un nouveau pape. Or, trois partis étaient en compétition : les Gascons au nombre de dix, les Italiens au nombre de sept, adversaires acharnés des Gascons, avec Napoléon Orsini, Nicolas Albertini de Porto, et des cardinaux Français d’origines diverses : trois Languedociens, un Quercinois et deux Normands complétaient le Sacré Collège. Les luttes de tendances entre Italiens, Gascons et Français furent telles que deux longs mois passèrent sans qu’ils parviennent à un accord pour trouver un successeur à Clément V.


1. Une élection difficile


Le 24 juillet 1314, le conclave est attaqué. Les responsables de ce coup de force sont Bertrand de Got, seigneur de Monteux, et Raymond Guilhem de Budos, recteur du Comtat Venaissin, neveux de Clément V. Ils pillent la ville, incendient nombre de demeures et surtout emportent avec eux le trésor de guerre de leur oncle, un million de florins destinés à la croisade. Affolés, les cardinaux s’enfuient.

Deux ans plus tard, la chrétienté est toujours sans pape. Sur l’initiative de Philippe de France, comte de Poitiers, frère du roi Louis X le Hutin, un nouveau conclave est réuni à Lyon. Il commence ses travaux, au début du mois de mars 1316, avec un certain mauvais vouloir. Les cardinaux, entre deux sessions, apprennent que, le 5 juin, le Hutin a rendu l’âme.

Le comte de Poitiers qui n’est pour l’instant que régent car la reine Clémence attend un enfant qui sera Jean I le posthume et mourra à quatre jours, veut accélérer l'élection pour rentrer à Paris. Le 28 juin, prenant prétexte de la célébration d’un service funèbre en l’honneur du roi défunt, celui-ci assemble le Collège des cardinaux dans l’église des Dominicains. Elle est aussitôt cernée par les troupes de Guigue de Forez et, lors de l’office, le Régent en fait murer portes et ouvertures. Les cardinaux se devaient de trouver un pape.

Cependant, il faut attendre jusqu’au 7 août 1316, pour que Napoléon Orsini s’entende avec ses collègues Francesco Caetani et Arnaud de Pellegrue. Les trois cardinaux proposent d’élire le candidat pour lequel s’étaient déjà prononcés Philippe de Poitiers et Robert d’Anjou, nouveau comte de Provence et roi de Naples. C’était Jacques Duèze, originaire de Cahors, ancien évêque d’Avignon et cardinal de Porto, en qui ses confrères ne voyaient qu’un vieillard cacochyme.

Le pape était âgé de 72 ans. Il n’est pas impossible que son âge avancé fût pris en considération par les cardinaux qui pensaient élire ainsi un pape de transition. D'autant que n'étant ni italien ni gascon, il n'avait eu qu'un rôle politique effacé jusqu'alors. Or son aspect chétif, sa petite taille, son teint pâle et sa voix fluette cachaient une robuste santé renforcée par une remarquable hygiène de vie. Le pape mourut à 90 ans, après 18 ans d'un pontificat qui fut le plus long de tous ceux des papes d’Avignon.

Dans Lyon en liesse, le nouveau pape est couronné le 5 septembre et choisit le nom de Jean XXII. Il décide alors de rejoindre Avignon. Le Souverain Pontife débarque au pied du pont Saint-Bénézet, le 2 octobre 1316, et s’installe dans le palais épiscopal qu’il avait longtemps occupé.


2. Le complot


Une procédure judiciaire avait été ouverte contre l’évêque de Cahors, Hugues Géraud, accusé de malversations. Ce dernier se sentant perdu, décide d’empoisonner le pape. Il s’assure la complicité de deux personnes de l'hôtel pontifical : Pons de Vassal et Isar d’Escodata.

Il se procure des poisons et des statuettes de cire pour procéder à l’envoûtement du pape. Le rite est d’abord pratiqué contre Jacques de Via qui mourut (coïncidence ?) le13 juin 1317. Trois figurines de cire à l’effigie du pape, de Bertrand du Pouget et de Gaucelme de Jean sont cachées dans des pains et confiées à des messagers pour les porter dans le palais épiscopal. L’attitude étrange des voyageurs attire l’attention de la police pontificale qui découvre ces voults. À la fin de mars 1317, toutes les personnes impliquées, dont Hugues Géraud, sont arrêtées. Celui-ci est déclaré coupable de l’assassinat de Jacques de Via, dégradé de l’épiscopat et livré au bras séculier ; il périra sur le bûcher.

Ce complot illustre les pratiques d’une époque où le recours à la sorcellerie n’était pas exceptionnel. Par une bulle papale de 1318, Jean XXII élargit les pouvoirs donnés aux inquisiteurs pour intenter des procès aux sorciers. En 1317, Jean XXII fait aussi mener un procès inquisitoire contre l'archevêque d'Aix-en-Provence Robert de Mauvoisin, un membre de la famille de Clément V et du « parti gascon », ancien ami d'Hugues Géraud. Robert de Mauvoisin est en particulier accusé d'avoir eu recours aux prédictions d'un astrologue juif, Moïse de Trets, pour savoir combien de temps le pape vivrait et à quel moment il valait le mieux lui envoyer des cadeaux pour obtenir sa bienveillance. Moïse lui avait aussi confectionné des talismans. L'archevêque ne fut pas accusé de sorcellerie, mais dut démissionner, et c'est un proche de Jean XXII, Pierre Des Prés, qui lui succéda.



3. Choix d’Avignon pour résidence


Pour Clément V, prédécesseur de Jean XXII, Avignon avait été plutôt une halte qu’une résidence. Au contraire Jean XXII fut le pape qui s’implanta effectivement à Avignon. Le choix de cette ville présentait de nombreux avantages. En effet l’Église possédait déjà lecomtat Venaissin, grâce au traité de Paris, signé le 12 avril 1229 entre Louis IX, roi de France, et le comte Raymond VII de Toulouse. Ce dernier précisait dans ce traité « quant aux païs et domaines qui sont au-delà de ce fleuve (Rhône) dans l’Empire, avec tous les droits qui peuvent m’appartenir, je les ai cédés précisément et absolument à perpétuité à l’église romaine. ». Avignon qui ne faisait pas partie de cette donation car la ville appartenait aux comtes de Provence, présentait de nombreux avantages. Elle est située au carrefour d’axes de communication, elle dispose d’un port fluvial et possède le fameux pont Saint-Bénezet, premier ouvrage de franchissement du Rhône en remontant ce fleuve. De plus cette ville se trouve à l’intérieur d’une riche zone agricole produisant les ressources nécessaires au ravitaillement d’une population nombreuse telle que celle de la cour pontificale.

Seulement neuf jours après son élection, Jean XXII se réserve le 16 août 1316 la disposition du couvent des frères prêcheurs. Son neveu Jacques de Via étant évêque d’Avignon, il le nomme cardinal sans lui désigner de remplaçant, afin de disposer du palais épiscopal qu’il avait habité auparavant. Il sait que ces bâtiments sont dans le secteur de la ville le plus facile à défendre, d’où son choix. Il entreprend d’adapter son ancien palais à sa nouvelle charge. Guasbert Duval(ou Gasbert de la Val) vicaire général, compatriote du pape et futur évêque de Marseille, est chargé des acquisitions nécessaires à l’agrandissement. Il est nommé le 26 août 1323 archevêque d'Arles, puis archevêque de Narbonne le 1eroctobre 1341 par le pape Benoît XII. Les premiers travaux sont confiés à Guillaume de Cucuron. Le logement du pape se trouve dans l’aile ouest, ainsi que les bureaux et appartements de ses plus proches collaborateurs. Le côté nord est constitué par l’église paroissiale Saint-Étienne qui est transformée en chapelle pontificale. À l’est, sont installés les logements des cardinaux neveux, ainsi que différents services.

Dans cette aile orientale, mais plus au sud, se trouvent les services du trésorier et du camérier. Au sud un bâtiment est construit pour les audiences.



L’épineuse question des franciscains


Toute la chrétienté est secouée par un profond débat sur la pauvreté de l'Église. Il a été initié par les franciscains et a en leur sein même provoqué des fractions, l'Ordre des frères mineurs se divisant en conventuels et spirituels.


1. Spirituels et conventuels


Pour tenter de calmer ces tensions, Jean XXII, le 7 avril 1317, canonise Louis d'Anjou, archevêque franciscain de Toulouse proche des spirituels. Mais le frère aîné du roi Robert est surtout porté sur les autels comme étant un homme de toute science, toute pitié et toute charité, plein de compassion envers les pauvres.

Ce geste lui attire la gratitude de Michel de Césène, général des franciscains, qui intervient auprès du Souverain Pontife pour qu'il fixe la constitution franciscaine. Aussi, le 7 octobre 1317, Jean XXII rend publique sa décrétale Quorumdam Exigit qui reconnait les délibérés du dernier Chapitre Général de Pérouse comme « lucides, solides et mûrs », tout en attribuant des biens propres aux frères mineurs.

Le pape ordonne de plus que tous les minorites soient revêtus de l'habit des conventuels et obéissent à leurs supérieurs sous peine d'excommunication. Ce qui met hors d'eux les partisans de la pauvreté absolue de l'Ordre. Dès le mois de décembre, les spirituels et les fraticelles entrent en révolte ouverte. À la demande de Michel de Césène, ministre général des Mineurs, le pape réagit durement en prononçant, par les bulles du30 décembre 1317 et du 23 janvier 1318, l'excommunication des spirituels et des fraticelles.


Parmi ceux-ci, il fallait faire un exemple. Jean XXII charge Michel Monachi, dit Lemoine, inquisiteur franciscain, d'instruire l'affaire et d'excommunier les insoumis. Ainsi, à Marseille, il fait arrêter cinq franciscains. Un seul confesse ses erreurs ; les quatre autres, dénommés Jean Barrani, Dieudonné Michaëlis, Guilhem Sancton et Pons Rocha de Narbonne ayant refusé de se rétracter, ils sont jugés coupables et brûlés vifs le7 mai 1318 dans le cimetière des Accoules à Marseille. Du coup, spirituels et fraticelles les proclament saints et martyrs. Et dans leurs prêches ils traitent ouvertement le pape d'Antéchrist et de monstre dévorant.


Un franciscain languedocien, Bernard Délicieux, se rend à Avignon pour défendre devant le Souverain Pontife la cause de ses frères. Dès son arrivée, en mai 1318, il est arrêté et envoyé à Carcassonne devant le tribunal de l'Inquisition présidé par Jacques Fournier, dit Novellès, évêque de Pamiers. Son procès débouche, le 8 décembre 1319, sur une condamnation à la prison perpétuelle.


2. Michel de Césène et Guillaume d’Occam


Mais Jean XXII, tout en condamnant les déviances des spirituels, ne se prive pas d'utiliser les compétences des conventuels. Le 15 août 1318, à la demande de Philippe V, il envoie une ambassade à Louis de Nevers, fils du comte de Flandre. Celle-ci est conduite par Michel de Césène.

Pour la circonstance, le général des franciscains s'attache les services du très avisé Guillaume d'Occam, célèbre franciscain qui soutient des thèses originales sur l'existence de Dieu et la présence réelle dans l'eucharistie.

L'ambassade des deux mendiants est couronnée de succès : le comte de Flandre accepte les offres de paix du roi. Jeanne, la fille du Hutin, renonce à toutes ses prétentions sur la couronne de France. Mais elle conserve ses droits sur celle de Navarre, qui lui venait de sa grand-mère, et doit épouser Philippe d'Évreux, cousin du roi de France. Il est prévu qu'un traité ultérieur formalisera cet accord sous l'égide pontificale.

Jean XXII fait encore un geste envers les frères mendiants, le 17 avril 1320, en portant sur les autels Thomas de Canteloupe, évêque franciscain anglais, mort en 1282 ; en revanche, il refuse de sanctifier la moniale Claire de Montefalco, décédée en 1308, à cause de ses évidentes sympathies pour les fraticelles.


3. La querelle sur la pauvreté de l’Église


En dépit des concessions pontificales, des divergences éclatent à nouveau au début de l'année 1322. Ubertin de Casale, théoricien des franciscains spirituels, que le cardinal Napoléon Orsini avait pris sous sa protection en le choisissant comme pénitencier, est sollicité par le Souverain Pontife pour lui présenter une relation motivée sur la question de la pauvreté. Ses conclusions sont immédiatement condamnées par le pape.

Pour répliquer à cette bulle pontificale du 26 mars 1322 dans laquelle le principe de la pauvreté de l'Église est remis en question, Michel de Césène réunit, à Pérouse, le 4 juin suivant, le Chapitre Général. Il défend les arguments du spirituel Béranger Talon que le pontife a jeté en prison pour avoir affirmé que Nicolas III avait fait de la pauvreté un dogme dans sa bulle « Exit qui seminal ».
Le 8 décembre le pontife avignonnais réplique au Chapitre de Pérouse par la bulle Ad conditionem canonum. Il y décide que le Siège Apostolique se déchargera sur les « pauvres » franciscains de tous les biens qu'il gérait en leur nom.

Le 14 janvier 1323, Jean XXII accepte pourtant, au cours d'un consistoire, d'écouter les arguments des minorites. Leur porte-parole, Bonagrazia de Bergame, dans une péroraison enflammée, se met à contester au pape le droit de régenter leur Ordre car celui-ci était de droit divin. Excédé par cette outrance le Souverain Pontife envoie aussitôt l'impertinent reconsidérer ses thèses entre quatre murs.

Enfin Jean XXII, par sa décrétale Cum inter non nullus, condamne le Chapitre de Pérouse. Du coup Louis de Bavière, auquel le pape contestait l'Empire, se fait un devoir de soutenir les franciscains dans une déclaration faite à Sachsenhausen ; une Église pauvre ne pouvant lui contester le droit de légiférer sur les affaires terrestres. Jean XXII réplique à cette prise de position par sa décrétale Quia quorundam et convoque sans façon Michel de Césène à Avignon. Préférant rester en Italie dans son bastion de Pérouse, le général des franciscains se fait passer pour malade et délègue à sa place les frères Modeste Custodio et Jean Fidanza. Prudent, le cardinal Orsini convainc le pape de charger Ubertin de Casale de porter sa décrétale auprès du roi d'Aragon.



Politique intérieure


1. Les premiers palais des papes


Dès son arrivée, profitant de sa connaissance du diocèse d’Avignon, Jean XXII le réorganise. Un de ses premiers actes fut de doter la manse du chapitre canonial de Notre-Dame des Doms en lui adjoignant les abbayes de Saint-Paul-de-Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence, et de Saint-Michel de Frigolet, à Barbentane. D’emblée, le nouveau pape s’impose comme un remarquable administrateur et un grand bâtisseur. À peine installé depuis un trimestre, il fait construire un château neuf, dans ce qui allait devenir Châteauneuf-du-Pape. Les comptes de la Révérende Chambre Apostolique nous apprennent que Jean XXII consacra 3 000 florins à la restauration du vieux château datant du XIIe siècle.

Les travaux vont durer de 1317 à 1333. Son maître d’œuvre est Raynaud Hébrard et son maître charpentier Raymond Mézières. Ce dernier dut faire descendre deux trains entiers de bois flotté sur le Rhône par les radeliers de Seyssel. Dans le même temps, le pontife fait planter, par des vignerons venus de Cahors, le premier vignoble pontifical.


On dit que c’est encore l’amour du bon vin qui décide sa Sainteté, en 1317, à acquérir auprès de Jean II, Dauphin du Viennois, le terroir et la ville de Valréas. Cet achat est conclu le 13 août 1317 pour 16 000 livres parisis que Jean XXII va récupérer par imposition sur les villes et les villages du Comtat Venaissin. Et c'est le 20 septembre 1325qu'il achète à Giraud Amic de Sabran son vignoble de Séoule (aujourd’hui Sylla), sur le terroir de Saint-Saturnin-lès-Apt.

À la même période le pontife fait construire d’autres châteaux neufs à Bédarrides, Barbentane, Châteauneuf-de-Gadagne (alors Giraud-Amic), Noves et Saint-Laurent-des-Arbres. Pour les décorer et orner, il fait venir Pierre du Puy, un franciscain de Toulouse qualifié de « peintre du pape », assisté de Pierre Massonnier. Entre 1316 et 1322, l’architecte de tous ces chantiers est Guillaume Giraud de Cucuron, que le pape va combler de bénéfices à Noves, Saint-Andiol et faire chanoine de Saint-Agricol d’Avignon.

En 1322, quand l’abbé de Cluny rétrocède à Jean XXII Pont-de-Sorgues où depuis 1274 était installé l’atelier de frappe des monnaies pontificales, le pontife y fait aménager le premier palais des papes près du château ayant appartenu aux comtes de Toulouse.


2. La restruturation des diocèses occitans


Puis, entre 1317 et 1318, ce fut une énorme mutation que fit subir le pape à la majorité des diocèses du sud de la France. Celui de Toulouse, fut amputé des diocèses de Saint-Papoul, le 22 février 1317, de Lombez, le 11 juillet 1317, et deLavaur, le 26 septembre 1317. Pour faire passer sa réforme, Jean XXII jugea politique d'élever l’évêché toulousain au statut d’archevêché le 26 mai 1317. L’archidiocèse de Narbonne, quant à lui, fut amputé des diocèses d’Alet, après la suppression de l’éphémère évêché de Limoux, et de Saint-Pons-de-Thomières, le 1er mars 1318.

Du diocèse de Clermont fut sorti celui de Saint-Flour, le 22 février 1318 ; du diocèse d’Albi, Castres, en 1317, et de celui d’Agen, Condom, en 1317. Le diocèse de Poitiers se vit retirer ceux de Luçon et de Maillezais, le 13 août 1317 ; celui de Cahors, Montauban, le 25 juin 1317 ; Pamiers, ceux de Rieux, le 11 juillet 1317, et de Mirepoix, le 27 septembre 1317. Du diocèse de Périgueux, ce fut Sarlat ; de celui de Limoges, Tulle, et de Rodez, Vabres, tous constitués en évêchés le13 août 1317.

En multipliant ainsi les évêchés, le second pape d’Avignon, en bon cadurcien, remettait le pouvoir spirituel à des prélats citadins, alliés naturels de la bourgeoisie marchande. Jean XXII n'oublia pas la ville des comtes-évêques de Cahors en y créant en 1332 une université afin de renforcer cette élite.




3. Réorganisation du Comtat Venaissin


Afin d’asseoir sa puissance en tant que comte du Venaissin, Jean XXII informe le grand maître Foulques de Villaret, le 13 juin 1317, qu’il désirait se faire restituer toutes les possessions que les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem géraient dans le Comtat depuis 1276.

L’ordre de l’hôpital, mal dirigé par Foulques de Villaret, était très endetté. En 1319, les chevaliers déposent Foulques et le remplacent par Maurice de Pagnac. Jean XXII convoque les deux protagonistes à Avignon. Pour éviter la dilapidation des possessions, il interdit les aliénations des terres et met en place des ressources nouvelles. Il sauve ainsi cet ordre prestigieux.

Il entreprit ensuite de restructurer l’administration de ses États. Par la « bulle de dismembration », en date du 12 avril 1320, il autorisa son neveu Arnaud de Trian, Recteur du Comtat, à quitter Pernes pour s’installer à Carpentras qui devint ainsi la nouvelle capitale du Venaissin.

Le 18 juin 1319, il nomme sur la recommandation des dignitaires de l'Ordre le Prieur de Provence Hélion de Villeneuve Grand Maître des hospitaliers. le pape se fait céder les biens gérés par l’Ordre dans le Comtat. Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem se dépossèdent de tous leurs fiefs comtadins, des droits relevant de l’ancienne baillie du Temple à Richerenches ainsi que de la majorité de leurs biens propres.


4. La croisade des Pastoureaux

À la suite d’un pèlerinage au Mont-Saint-Michel, des groupes de miquelets, essentiellement de jeunes paysans du nord de la France, s’étaient organisés pour partir en croisade. Ce sont les Pastoureaux. Ce vaste mouvement populaire est soutenu par les prêches enflammés d’un bénédictin apostat et d’un prêtre interdit pour sa conduite, qui les ont convaincus de l’urgence du « Saint Voyage » pour aller combattre les infidèles. Par bandes entières, ces Pastoureaux convergent vers Paris où ils entrent le3 mai 1320. Cinq jours plus tard, averti de ce mouvement incontrôlé et subversif, Jean XXII lance l’excommunication contre tous ceux qui se croisent sans l’autorisation pontificale.


Après quelques pogroms, ils se laissent convaincre de quitter Paris recrutant sur leur passage de nouveaux adeptes. Au début du mois de juin, les Pastoureaux traversèrent la Saintonge et le Périgord, qu’ils dévastent et pillent. De plus en plus nombreux, ils entrent en Guyenne. Arrivés dans l’Agenais, ils se divisent en deux groupes. Le premier traverse les Pyrénées par le chemin de Saint-Jacques pour continuer ses massacres en Espagne. Le second groupe remonta la vallée de la Garonne massacrant cagots et juifs.

Mis au courant du carnage, Pierre Raymond de Comminges, que Jean XXII venait de nommer archevêque de Toulouse, écrit au pape pour lui demander aide et conseil. Le pape accuse alors le roi de France d’irresponsabilité et s’étonne, auprès de son légat Gaucelme de Jean, « que la prévoyance royale ait négligé de réprimer les excès et le pernicieux exemple des Pastoureaux, qu’on devrait plutôt appeler loups, rapaces et homicides, dont les procédés offensent gravement la Majesté Divine, déshonorant le pouvoir royal et préparant, pour tout le royaume, des dangers inexprimables si on ne les arrête pas ».

Ce qui n’empêche point, le 25 juin, les Pastoureaux de s’en prendre aux juifs d’Albi et de Toulouse. Quatre jours plus tard, ils sont aux portes de Carcassonne où l’armée royale les attend. Placée sous le commandement d’Aimeric de Cros, le sénéchal du Languedoc, elle a le soutien des troupes du jeune Gaston II de Foix-Béarn, alors âgé de douze ans. Les Pastoureaux sont écrasés.

Les rescapés du massacre s’enfuient vers la région de Narbonne. Les consuls, avertis par le Sénéchal, mettent leur cité en état de défense. Le pape écrit à l’archevêque Bernard de Fargues pour qu’il fasse de même. Les routes et les cols sont barrés et l’on pend systématiquement les chemineaux, les fuyards et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un pastoureau. Bref il n’en resta plus un seul en Languedoc à l’automne 1320 .


5. Le pape spolie les juifs

Mais les malheurs des juifs n’en étaient pas finis pour autant. Charles IV de France, troisième fils de Philippe le Bel, après la mort de son frère Philippe, est couronné à Reims par l’archevêque Raymond de Courtenay, le 9 février 1322. Considérant que son Trésor est trop limité, il n’hésite pas à poursuivre la politique de son père et fait expulser les juifs de France afin de récupérer leurs biens. Jean XXII trouve la mesure excellente et, pour ne pas être en reste, il fait de même avec les juifs d’Avignon et du Comtat qui se réfugient en Dauphiné et en Savoie. Pour parfaire l’expulsion, le pape juge utile et nécessaire de faire jeter à bas les synagogues de Bédarrides, Bollène, Carpentras, Le Thor, Malaucène, Monteux et Pernes.


Cette chasse aux juifs n’empêche pas la justice royale de se pencher sur le cas d’un brigand gascon du nom de Jourdain de l’Isle. Ses actes lui valent d’être arrêté en mai1322, à la veille de la Trinité. C’est un neveu par alliance de Jean XXII. Accusé de viols, assassinats, rapines et brigandages, il est condamné à mort et exécuté le mois suivant.


6. Le pape et la sorcellerie


Jean XXII publia, en août 1326, la bulle Super illius specula, assimilant pratiquement la sorcellerie à l'hérésie. Une voie que suivirent ses successeurs de Benoît XII à Alexandre V en pérennisant la chasse aux sorcières.


7. Le pape conteste en vain les innovations musicales


Le compositeur et théoricien Philippe de Vitry avait publié vers 1320 à Paris son fameux traité Ars Nova, qui faisait le point sur des innovations en matière de notation musicale permettant aux compositeurs de l'époque de s'affranchir de certaines contraintes rythmiques et d'enrichir le langage musical.

Le pape, sollicité par certaines autorités ecclésiastiques, rédige en 1324–1325, la décrétale Docta Sanctorum Patrum dans laquelle il fustige ces innovations et leurs conséquences : « ils mettent toute leur attention à mesurer les temps, s'appliquent à faire les notes de façon nouvelle, préfèrent composer leurs propres chants que chanter les anciens, divisent les pièces ecclésiastiques en semi-brèves et minimes ; ils hachent le chant avec les notes de courte durée, tronçonnent les mélodies par des hoquets, polluent les mélodies avec des déchants et vont jusqu'à les farcir de « triples » et de motets en langue vulgaire ».

Cette décrétale resta sans effet et le Pape en prit son parti puisqu'il finit par témoigner à Philippe de Vitry son estime en le comblant de bénéfices et en l'invitant à Avignon.



Politique extérieure


1. Italie du Nord

Bénéficiant de la protection des royaumes de France et de Naples, la papauté n'est plus vulnérable aux intrigues italiennes ou à une intervention de l'armée impériale en Italie. Par contre le pape est conscient de la prééminence des gibelins dans les villes du nord de l'Italie et s'inquiète en particulier de la puissance de Matteo Visconti. À la mort de l'empereur Henri VII en 1313, il y a concurrence entre Louis de Bavière et Frédéric d’Autriche avec une double élection faite respectivement à Aix-la-Chapelle et à Bonn. Les princes s'étant divisés en deux factions, Jean XXII pense pouvoir en profiter : il refuse de choisir entre les deux élus. Il déclare l'Empire vacant et nomme le roi de Naples Robert le Sage vicaire pour l'Italie le 14 mars 1314. Le conflit tourne à l'épreuve de force avec les gibelins : Matteo Visconti, le maître de Milan récemment excommunié, envoie son fils Marco Visconti assiéger Gênes. Robert le Sage débloque la ville le 21 juillet 131818. Le légat Bertrand du Pouget, envoyé à la tête d'une armée pontificale pour appliquer la décision s'acquitte de sa tâche avec rudesse et s'attire de nombreuses inimitiés.


2. Le pape et l’empereur


Louis IV de Bavière, vainqueur de Frédéric d’Autriche à Mühldorf le28 septembre 1322, entreprend de faire valoir ses droits en Italie et proteste contre l’occupation de la Lombardie « terre d’empire » par les troupes pontificales et angevines. Intervenant militairement en faveur des Visconti, il délivre Milan assiégée le 28 juillet 1323 et occupe Pavie. Il prend contact avec les milanais qui se posent en vicaires du roi des Romains et se heurtent aux représentants du pape. Ce conflit soulève une question de principe : le pape prétend être le vicaire de l'empire en Italie pendant la vacance du trône impérial. Or, à ses yeux le trône est vacant puisque la désignation de Louis de Bavière n'a pas obtenu l'approbation pontificale. Le 8 octobre 1323, le pape déclare que le « Bavarois » a usurpé les droits dont il fait usage ; s'il n'y renonçait pas dans les trois mois, il serait excommunié ; en attendant, le vicariat d'empire en Italie reviendrait au roi de Naples, Robert d'Anjou. Cet ultimatum est le point de départ d'une querelle qui durera près d'un quart de siècle. L'empereur dépêche une armée dans la péninsule et répond qu'il tient l'Empire de Dieu seul grâce à l'élection des princes et donc que son élection ne requiert aucune confirmation et que la seule prérogative papale en la matière est de le couronner.

Jean XXII qui est peu conciliant de caractère, doit faire comprendre au monde chrétien que le déplacement de la papauté de Rome à Avignon n'affecte aucunement l'autorité du successeur de Pierre. Excellent juriste, il entend faire appliquer à la lettre les textes canoniques. Loin de se soumettre, Louis de Bavière riposte en publiant trois « appellations », entre décembre 1323 et mai 1324 : destinées en principe au pape, elles s'adressent aussi à tous ceux qui sont capables en Allemagne, dans les villes surtout, de discerner les enjeux du débat. Jean XXII l'excommunie le 23 mars 1324. De son côté, de la chapelle des Teutoniques de Sachsenhausen, Louis lance un appel au concile général pour juger le pape, accusé d'hérésie et d'usurpation de bien d'autrui. Les papes d'Avignon qui vivent dans l'opulence se heurtent depuis des années à l'opposition des ordres mendiants et Louis de Bavière, accueille et soutient les Franscicains. Le 22 mai, l’alliance entre l’empereur excommunié et les franciscains spirituels est rendue publique. Ce front uni est aussi inattendu que dangereux. Aussi le 11 juillet, le pape déclare le Bavarois déchu de ses droits impériaux et contumax, puis le 14 juillet 1324, Jean XXII dépose Louis de Bavière.



3. Les franciscains soutiennent l’Empire…


Mais, Louis de Bavière sait que le pape est vulnérable et ne cède pas. Le coût de la réorganisation du Saint-Siège en un État moderne lui suscite des ennemis : la levée des annates et la centralisation, mécontentent les collateurs ordinaires dont elle rogne les prérogatives et pousse à bout les contribuables impitoyablement pressurés. La fraction de l'ordre franciscain qui prône une pauvreté radicale se dit profondément scandalisée par la richesse des dignitaires ecclésiastiques ; certains de ces « Spirituels » professèrent le joachimisme qui annonçait l'irruption d'une ère nouvelle. Condamnés par la papauté, persécutés à l'intérieur de leur famille religieuse, ils pouvaient penser qu'ils étaient seuls à être marginalisés ; or, en 1323, nombreux sont ceux qui contestent le poids de la fiscalité papale, l'accusant de servir à financer le faste de la cour avignonnaise. Dans les faits, Jean XII refusait le luxe des cours princières même s'il n'était pas austère. Les Fraticelles eurent la surprise de voir la majorité de leurs confrères, ministre général en tête, les rejoindre dans l'opposition au pape : celui-ci venait de condamner une opinion partagée par la plupart des franciscains, la pauvreté personnelle du Christ. En promulguant ce texte, Jean XXII se fait des adversaires dans toute la chrétienté et nombre de théologiens de talent, tel Guillaume d'Occam qui les rallient. Louis de Bavière en joue et accueille les franciscains en rupture de ban auxquels se joint Marsile de Padoue dont l'œuvre maîtresse, le Defensor pacis, subordonne le pouvoir spirituel au temporel24. Conseillé par cet état-major, Louis décide de se rendre à Rome pour se faire couronner. Il descend en Italie avec son armée et met fin à une série de succès militaires du Légat Bertrand du Pouget qui a rallié l'Émilie et la Romagne, occupé Modène, Parme et Reggio à l'été 1326 et soumis Bologne (qui pourrait être une capitale pontificale plus stable que Rome) en février 1327.

A Avignon, une algarade entre Michel de Césène et le pontife déclenche une tempête. Le9 avril 1327, Jean XXII se permet de traiter le général des franciscains de « tyran, fauteur d’hérésie et serpent réchauffé dans le sein de l’Église ». Assigné à résidence, Césène s’attend à être arrêté à tout moment. C’est alors que l’on apprend à la Cour pontificale que Louis de Bavière et ses troupes impériales sont entrés en Italie. Arrivé à Trente, il déclare que Jean XXII – qu’il n’appelle plus que le « prêtre Jean » ou « Jacques de Cahors » – est hérétique et indigne du trône de saint Pierre. Puis, il quitte le Trentin le15 mars pour rejoindre la Lombardie.

Le 27 mai, Michel de Césène et Guillaume d'Occam, accompagnés de François d’Ascoli, Bonagrazia de Bergame et Henri de Talheim, s’éclipsent d’Avignon. À Aigues-Mortes, ils sont rejoints par le cardinal Pierre d'Arrablay qui tente de les convaincre de retourner dans la cité papale. Sa mission échoue. Les cinq franciscains embarquent et passent parPise au cours du mois de juin 1327. L’archevêque pisan, Simone Saltarelli, en informe aussitôt le Siège Apostolique d’Avignon. Le 11 octobre 1327, alors que Louis de Bavière entre dans Pise, Simone Saltarelli quitte la ville avec ses familiers et nombre de clercs. Il se réfugie à Sienne, puis à Massa Maritima le7 janvier 1328, ensuite à Florence et, pour terminer, s'installe à Avignon auprès du pape.

Poussé par les franciscains, l'empereur excommunié qui est attendu par les gibelins comme celui qui pourra s'opposer au légat du Pape se rend rapidement impopulaire par de nombreux impairs. Le 31 mai 1327, à Milan, il reçoit la couronne des rois lombards des mains d'un évêque excommunié, car l'archevêque s'est absenté pour ne pas officier. Il fait arrêter Galeazzo Visconti qui l'a pourtant reçu fastueusement mais manifeste trop d'esprit d'indépendance. L'empereur se croyant tout permis nomme trois évêques. Sa popularité s'effondre même chez les gibelins les plus convaincus : pour rentrer dans Pise, il doit assiéger la ville pendant un mois. Rome lui ouvre ses portes plus pour se venger du transfert de la papauté à Avignon que par attrait pour l'empereur. Le légat Giovanni Orsini ayant ordonné à tout le clergé de quitter la ville, c'est Sciarra Colonna, un membre puissant de la noblesse romaine qui, en tant que représentant du peuple romain, couronne l'empereur, le 17 janvier 1328. En recourant à des laïcs pour sacraliser une fonction qui est en partie religieuse, Louis de Bavière perd tout son crédit. Le pape saisit l'occasion pour déclarer la déchéance de l'empereur le 3 avril 1328. Seule l'incapacité des électeurs à s'entendre empêche l'élection d'un nouvel empereur.


4. ….et font sacrer un antipape


Le 9 avril, l'empereur est rejoint à Rome par Michel de Césène et Guillaume d'Occam. Ils lui apportent leur soutien et il n’est pas négligeable, le général des franciscains justifiant sa présence par un axiome très occamiste : « Tout pape peut errer dans la foi ou dans les mœurs, mais l’Église prise dans son ensemble n’erre jamais ». Cela pousse Louis à surenchérir : le 14 avril, il déclare Jean XXII déposé pour hérésie. Michel de Césène et Guillaume d'Occam n’ont aucune peine à convaincre le Bavarois qu’il lui faut un nouveau Souverain Pontife à sa convenance. Souhaitant s'assurer le soutien des romains, il édicte le 23 avril que le pape ne pourrait plus quitter Rome sans leur accord et qu'il ne devrait pas s'éloigner plus de 2 jours! Mais aucun cardinal n'a abandonné le pontife et il se passe donc d'élection : il désigne le franciscain Pietro Rainalucci da Corbara sur proposition de Michel de Césène. Il fait valider cette désignation par acclamation par le peuple Romain. L'antipape prend le nom de Nicolas V et est couronné à Saint-Pierre le 22 mai 1328. Le pontife n'étant reconnu par aucun évêque, il promeut seize clercs mais aucun n'est reconnu dans son diocèse : l'audience de Nicolas V se limite à des couvents franciscains. Louis de Bavière nomme alors Marsile de Padoue « Vicaire au spirituel » de Rome avant de s’en retourner à Pise annoncer qu’il repasserait sous peu le col du Brenne.

Dans cette affaire, Louis de Bavière s'est complètement discrédité : La chrétienté reste fidèle à Jean. Il sort de Rome sous les huées le 4 aout 1328. Il s'établit à Pise après avoir ravagé le Duché de Spolète. Nicolas V ne peut se maintenir à Rome et doit fuir et rejoindre l'empereur à Pise en janvier 1329, dérogeant ainsi à l'édit du 23 avril. Apprenant que les Visconti se rapprochaient du Légat Bertrand du Poujet, Louis redoute de voir se fermer l'itinéraire d'un retour en Italie. Il quitte précipitamment Pise pour soutenir les gibelins de Lombardie, mais il trouve porte close. Pendant ce temps, Bertand du Pouget renforcé par une armée florentine exerce une répression féroce contre les gibelins. Louis de Bavière regagne la GermanieN 25 et la Ligue gibeline privée de chef et de raison d'être se dissout en 1330. Rassurées par leur prochain départ d’Italie, le 12 août, les cités de Florence et de Pise jugent opportun de signer la paix avec les Impériaux.

Nicolas V est isolé, après maints périples, il se réfugie, le 11 avril 1329, chez le comte de Donoratico. Celui-ci obtient la vie sauve du franciscain au bout d’un an de transactions. L’antipape doit accepter de se soumettre et faire amende honorable. Livré à Jean XXII, il abdique le 25 août et abjure publiquement ses erreurs le 6 septembre. Selon l’expression des chroniqueurs de l’époque, « le pape le traite en ami et le garde en ennemi ». Il meurt consigné dans le palais pontifical le 16 octobre 1333.

Louis de Bavière très affaibli se met en quête d'une solution négociée. Mais les points de vue sont inconciliables et les négociations durent 7 ans sans aboutir : Louis veut bien reconnaître ses fautes, mais il refuse catégoriquement de faire dépendre l'exercice de son pouvoir de l'approbation du Saint-Siège ; or le Saint-Siège maintient cette exigence. Benoît XII, qui succède en 1334 à Jean XXII, est plus souple que son prédécesseur mais ne cède pas sur la question de l'approbation papale. Aux divergences de fond venaient s'ajouter les lenteurs d'une procédure canonique extrêmement complexe.


5. Jean XXII et l’Espagne


La mort du roi Sanche de Majorque le 4 septembre 1324 avait entraîné un conflit entre Jaime III (ou Jacques) de Majorque neveu du défunt mais âgé seulement de 10 ans et Jaime II d’Aragon. Jean XXII intervint et fit accepter Philippe de Majorque comme tuteur du jeune roi. Les perpignanais s’étant emparés du jeune roi, l’interdit fut jeté sur Perpignan. Un compromis fut trouvé le 24 septembre 1325 : Jaime II d’Aragon renonçait à tous ses droits sur Majorque et Jaime III de Majorque devait épouser la fille de l’infant Alphonse grâce à une dispense pontificale. Jean XXII accorda cette dérogation après que le roi d’Aragon eut pacifié la ville de Perpignan et rendu le jeune roi de Majorque au régent Philippe. Jean XXII remportait ainsi un brillant succès politique.


Le royaume de Naples


Le roi de Naples, Robert d'Anjou, comte de Provence, avait, depuis son second mariage avec Sancia de Majorque, écouté d'une oreille favorable les thèses des fraticelles. Parmi les ordres mendiants, Jean XXII avait fait son choix et aux franciscains, partisans de la pauvreté absolue de l'Église, il privilégia l’Ordre des dominicains qui défendait la notion de pauvreté relative de l’Église.


1. La canonisation de Thomas d’Aquin


À Avignon, durant le premier semestre 1323, on ne parla que de la canonisation de Thomas d’Aquin, théologien dominicain dont le procès commencé en 1318 s'était terminé en 1322.

Thomas d’Aquin étant issu de la famille des comtes d’Aquino, dans le royaume de Naples, cela servit de prétexte à Jean XXII pour inviter à cette cérémonie Robert d’Anjou afin de tenter de le remettre dans le droit chemin de la vérité. Le comte-roi assista en personne au consistoire 18 juillet 1323 au cours duquel le pape proclama la sainteté de la vie et des mœurs du futur « Docteur Angélique ».



2. Les frères de la Pauvre Vie et les Angevins de Naples


Philippe de Majorque, beau-frère du roi Robert et « mystique étrange et révolutionnaire », juge judicieux, quant à lui, de s’affronter vivement à la papauté. Le 6 décembre 1329 (« jour saint Nicolas »), dans un violent prêche, il défend, contre Jean XXII, les béguins et ses frères de la Pauvre Vie, une branche des fraticelles ou « zelanti » en Italie. Grâce au couple royal, ce franciscain avait pris une place décisive dans la Cour angevine. Ce fut d’ailleurs à sa demande que Delphine de Sabran, amie et confidente de la reine Sancia, prononce, en 1331, ses vœux de pauvreté. Pour réaliser sa promesse elle dut vendre les seigneuries et le patrimoine foncier que lui avait légué, en 1317, son défunt époux Elzéar, comte d’Ariano.

Sous la double influence de Philippe de Majorque et de la comtesse de Sabran, la Cour de Naples était devenu un repaire de franciscains intransigeants. Les chapelains royaux, Andrea de Galiano et Pietro de Cadeneto, soutenaient les thèses de Michel de Césène. Roberto de Mileto, autre éminence grise de la Cour, était un proche d’Angelo Clareto, tête pensante des fraticelles. La reine Sancia avait même accueilli deux évêques en rupture de ban, Giovanni de Bartholeo, relevé de son siège de Calvi, et Guillaume de la Scala, qui était devenu son confesseur.


3. Divergences avec le roi Robert


Jean XXII souhaite profiter de l'affaiblissement de l'empereur pour prendre le contrôle de toute l'Italie.

Jean de Luxembourg, dit l'Aveugle, roi de Bohême et fils d'Henri VII qui avait été évincé de l'élection de Louis IV car trop jeune, a des vues sur la Lombardie. L’Italie du nord est en proie à de nombreux conflits. La ville de Brescia est l’objet de l’un d’eux : cette ville guelfe, assiégée par les gibelins, fait appel à Jean de Bohème. Ainsi il y répond en décembre 1330 et les ayant libéré, s'impose comme maitre des Brescians. Lancé contre les gibelins, il met la main en 1331 sur les villes gibelines de Bergame, Pavie, Verceil et Novare. Il continue son offensive et s'empare de villes aux confins des états pontificaux : Parme, Reggio et Modène. Il prend aussi Lucques, ce qui inquiète les Florentins. Des négociations s'engagent avec les autorités pontificales et le 17 avril 1331, Jean de Luxembourg restitue Parme, Reggio et Modène mais les récupère comme fiefs tenus du Saint-Siège. L'idée est de créer un royaume guelfe en Italie du Nord subordonné à l'autorité pontificale équivalent au Royaume de Naples pour l'Italie du Sud. Cela permettrait aussi de limiter les possibilités pour Robert d'Anjou de soumettre la papauté à un véritable protectorat.


Par ailleurs, Jean de Bohème fréquente de longue date la cour de Philippe VI. Le roi de Bohême a besoin du soutien français dans les affaires lombardes et négocie à Fontainebleau un traité d'alliance qui serait cimenté par le mariage d'une de ses filles avec le futur Jean le Bon. Les clauses militaires du traité de Fontainebleau stipulent qu'en cas de guerre, le roi de Bohême se joindrait à l'armée du roi de France avec quatre cents hommes d'armes si le conflit se déroule en Champagne ou dans l'Amiénois ; avec trois cents hommes, si le théâtre des opérations est plus éloigné. Les clauses politiques prévoient que la Couronne lombarde ne serait pas contestée au roi de Bohême s'il parvient à la conquérir ; et que s'il peut disposer du royaume d'Arles, celui-ci reviendrait à la France. Enfin la ville de Lucques est cédée au Roi de France. Mais le roi Robert, comte de Provence, ne peut qu’être hostile à ce projet soutenu par Jean XXII et les villes italiennes ont depuis longtemps goûté à leur indépendance : il n'est plus possible désormais de leur imposer la soumission à un royaume guelfe comme c'est le cas en Italie du Sud. Guelfes et gibelins s'allient et créent une ligue à Ferrare qui repoussent les forces de Jean de Luxembourg et de Bertrand du Pouget. Brescia, Bergame, Modène et Pavie tombent à l'automne 1332. Jean de Luxembourg retourne en Bohème en 1333 et Bertrand du Pouget est chassé de Bologne par une insurrection en 1334.



Fin du pontificat


1. controverse théologique sur la vision béatifique


Bien qu’il fût attentif à éviter les controverses, Jean XXII provoqua un grave différend qui eut un grand retentissement. Ce bourreau de travail et remarquable gestionnaire – il venait de restructurer efficacement les finances pontificales – aborda le sujet complexe de la vision béatifique. Dans un sermon à Notre Dame des Doms prononcé le 1er novembre 1331, commentant un texte de Bernard de Clairvaux, il affirma, contrairement à l’opinion générale des théologiens, que les âmes des justes ne contemplent pas Dieu avant la résurrection des corps et que c’est seulement après celle-ci qu’elles auront la contemplation de l’essence divine. Cette idée fut reprise dans deux autres sermons les15 décembre 1331 et 5 janvier 1332. Dans ce prêche, Jean XXII conclut sa nouvelle orientation théologique en déclarant que les damnés n’iraient en enfer qu’après la résurrection des corps.

Il y eut une insurrection dans l’Église. Certains franciscains recommencèrent à dénigrer le pape. Mais leur général, Gérard Odon, défend les thèses pontificales et prononce le 19 décembre 1333 à Notre Dame de Paris un sermon reprenant les propos du pape.

En revanche les partisans de Louis de Bavière s’empressèrent de qualifier Jean XXII d’hérétique. Napoléon Orsini, le cardinal au train de vie le plus opulent du Sacré Collège et qui avait été à l’origine de son élection, lâcha le pape et se rapprocha de ses ennemis les spirituels. On parla de destitution. Philippe de Majorque fut même pressenti pour lui succéder. Ce frère de la Pauvre Vie, était le candidat du cardinal Napoleone qui œuvra ouvertement pour un concile déposant le « pape hérétique ». Le pape est alors appelé par dérision Jacques de Cahors. Une assemblée de prélats et de théologiens réunie le 19 décembre 1333 se prononce contre la doctrine pontificale. La Sorbonne ne manque pas de faire part au roi de France de ses inquiétudes… L’archevêque Pierre Roger est immédiatement mandé à Avignon où il arrive à la fin du mois de février 1332 et fait un prêche devant le pape sans le sermonner.

Le sagace sermon avignonnais de Pierre Roger avait tant charmé Jean XXII qu’il le désigne pour prêcher, à Paris, le sainct voyage d’Oultre Mer, une croisade qui n’eut jamais lieu. Et, gravement malade, le pape se rétracte le3 décembre 1334. En fait, le pape déclara ce 3 décembre 1334 : "Nous déclarons comme suit la pensée qui EST et qui ÉTAIT la nôtre. [...] Nous croyons que les âmes purifiées séparées des corps sont rassemblées au ciel [...] et que, suivant la loi commune, elles voient Dieu et l'essence divine face à face" (Jean XXII: bulle Ne super his du 3 décembre 1334, rédigée peu avant sa mort). L'expression "qui est et qui était" prouve qu'il a cru cela durant toute sa vie.

Jean XXII affirme également : "Nous croyons que les âmes purifiées séparées des corps [...] voient Dieu et l'essence divine face à face [...]. Mais si de façon quelconque sur cette matière autre chose avait été dit par nous, [...] nous affirmons l'avoir dit ainsi en citant, en rapportant, mais nullement endéterminant ni même en y adhérant (recitando dicta sacrae scripturae et sanctorum et conferendo, et non determinando, nec etiam tenendo)" (Jean XXII: bulle Ne super his du 3 décembre 1334).

L'honnêteté historique permet de déterminer que ce fut toujours sa position, même si les ennemis contemporains du pape Jean XXII ont voulu faire croire que les disputatio exposant les différents point de vue étaient des affirmations pontificales ex cathedra, ce que Jean XXII a toujours récusé.


2. La dernière initiative pontificale


Les nouvelles venues des plats pays du nord étaient peu rassurantes. Le duc Venceslas de Brabant était en butte aux menaces de guerre de ses voisins depuis qu’il avait accueilli Robert d’Artois, le beau-frère félon du roi de France. Le1er mars 1334, l’affaire parut assez sérieuse à Avignon pour que le pape envoie en légation Hugues Aimeric, évêque du Tricastin, et Jean Artaud, évêque de Marseille. Ils partirent quatre jours plus tard porteurs de missives pour le duc de Brabant, les échevins de Malines et Louis de Nevers, comte de Flandre.


3. Décès


Le 4 décembre 1334, à l'aube, Jean XXII mourait à 90 ans.


Jean XXII a été avant tout le grand organisateur de l'administration pontificale et de la structuration du fonctionnement ordinaire de l'Église. Il a étendu la réserve des collations, mis en place une fiscalité sur les bénéfices, créé les rouages d'un gouvernement central. Il se montra un excellent gestionnaire et laissa une trésorerie importante à son successeur.

Jean XXII qui avait fait agrandir l’église Notre Dame des Doms et restaurer les portails, désira que sa dépouille y eut sa sépulture. Son neveu, Jacques de Via décédé en 1317, s’était déjà fait enterrer dans une chapelle de cette église. Le tombeau de Jean XXII est un magnifique monument qui servit de modèle à ses successeurs. Il s’agit d’un tombeau à dais en pierre fine de Pernes avec de multiples clochetons. Le monument, attribué au sculpteur anglais Hugues Wilfred, a été mutilé à la Révolution et mal restauré. Toutes les statuettes qui garnissaient les niches ont disparu sauf deux qui se trouvent au musée du Petit Palais. La statue du pape, brisée, a été remplacée par celle d’un évêque.


Bulles


Les bulles de Jean XXII sont contenues dans 70 volumes manuscrits.

• 1317 - canonisation de Saint-Louis de Toulouse
• 1317 - du 13 juin, reconnaissant l'Ordre de Montesa, affilié à Cîteaux, réunissant dans le Royaume de Valence, dépendant du roi d'Aragon, les biens de l'Hôpital et du Temple.
• 1317 - du 7 octobre : Sancta Romana, désignant les spirituels franciscains, apostoliques, bégards et tenants du Libre Esprit, dit Fraticelles, imposant la hiérarchie des 3 vertus monastiques : l'obéissance, la chasteté et la pauvreté.
• 1317 - Spondent quas non exhibent, condamnant les alchimistes à des amendes, déclarant infâmes les laïcs s'adonnant à l'art hermétique et dégradant les religieux le pratiquant.
• 1318 - élargissant les pouvoirs donnés aux inquisiteurs pour intenter des procès aux sorciers.
• 1318 - reconnaissant Cambridge comme université.
• 1319 - du 15 mars, reconnaissant les Chevaliers du Christ; Ordre du Christ (Portugal)
• 1319 - du 27 octobre, ordonnant la sécularisation de l'église de Saint-Malo.
• 1320 - du 12 avril : Bulle de dismembration, autorisant son neveu, Arnaud de Trian à quitter Pernes pour Carpentras, nouvelle capitale du Comtat Venaissin, plaçant la seigneurie de Carpentras sous son autorité et sa juriction temporelle.
• 1320 - ordonnant de dépouiller de l'habit religieux le frère Bernard Délicieux.
• 1322 - remettant en cause le principe de la pauvreté du Christ et des Apôtres.
• 1322 - du 8 décembre : Ad conditionem canonum
• 1323 - du 12 novembre : Cum inter nonnulos condamnant la doctrine de la pauvreté du Christ et des Apôtres.
• 1324 - Docta Sanctorum Patrum (s'il s'agit de la date avant Pâques, en 1325)
• 1326 - chargeant l'abbé de l'Abbaye de Saint-Martin de Nevers, d'excommunier Bernard Marchand, officier de justice séculière à Autun, coupable d'avoir emprisonné un moine, avec copie à l'abbé de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun.
• 1329 - du 14 février, instituant le Collège de Gaillac, dans le Tarn
• 1329 - du 27 mars : In agro dominico (de) condamnant à titre posthume 28 propositions de Maître Eckhart.
• 1331 - sur la vision béatifique
• 1334 - séparant l'Italie de l'Empire d'Allemagne (bulle jamais mise en œuvre par ses successeurs)
• 1334 - Ne super his


Jean XXII et l’alchimie


La situation de Jean XXII par rapport à l'alchimie est paradoxale. D'un côté il a promulgué la décrétale Spondent quas non exhibent (1317) contre les alchimistes.

« Ils promettent des richesses qu'ils ne produisent pas, les pauvres alchimistes, et, en même temps, eux qui s'estiment sages, tombent dans la fosse qu'ils ont creusée. Car, sans aucun doute, les maîtres de cet art d'alchimie se leurrent les uns les autres... Ces mêmes hommes dissimulent par des paroles leur imposture, jusqu'à feindre enfin, dans une transmutation truquée, l'or et l'argent véritables que la nature interdit d'être. Parfois leur témérité va jusqu'à frapper les caractères de la monnaie publique sur du métal honnête devant des yeux honnêtes, et par ce seul moyen ils dupent le peuple ignorant du feu alchimique. (...) Nous décidons par cette constitution édictale que quiconque aura fait de l'or ou de l'argent de cette manière... qu'il soit contraint de payer au Trésor public, pour distribuer aux pauvres, à titre de peine, une quantité d'or ou d'argent égale à celle de l'or alchimique. »


D'un autre côté, deux traités d'alchimie sont attribués à Jean XXII : L’élixir des philosophes et L'art transmutatoire. Ceci rejoint le visage paradoxale de ce pape vis à vis de la figure du démon. Il est à la fois indéniable qu'il était persuadé plus que ses prédécesseurs de l'action diabolique dans le monde, et a engagé à ce titre de nombreuses enquêtes, mais en même temps, la postérité, pour des raisons très difficile à cerner, s'est complue à le décrire sous des traits sataniques, et à lui prêter des écrits, des actions en accord avec ce portrait inventé et sulfureux.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:22

Guillaume III Le Maire



Guillaume Le Maire fut évêque d'Angers de 1291 à 1317, sous le règne de Philippe IV le Bel


Guillaume Le Maire devient évêque d'Angers en février 1291. Le prélat entre dans la cité angevine et prend possession de son diocèse.

Guillaume Le Maire appuiera son souverain dans sa démarche de confiscation des biens des Templiers qui mènera finalement à la dissolution de cet ordre.

Le 13 octobre 1311, Guillaume Le Maire participe à l'ouverture du Concile de Vienne.

Ce concile œcuménique doit décider de l'avenir de l'Ordre des Templiers. Il rédigea l'avis suivant dans un mémoire présenté lors de ce concile sous le nom de "Gesta Guillelmi Majori Andeg. episc. ab ipsomet relata" 1: "Il y a, dit l'évêque, deux opinions au sujet des Templiers ; les uns veulent détruire l'Ordre sans tarder, à cause du scandale qu'il a suscité dans la Chrétienté et à cause des deux mille témoins qui ont attesté ses erreurs ; les autres disent qu'il faut permettre à l'Ordre de présenter sa défense, parce qu'il est mauvais de couper un membre si noble de l'Église sans discussion préalable. Eh bien, je crois, pour ma part, que notre seigneur le pape, usant de sa pleine puissance, doit supprimer ex officio un ordre qui, autant qu'il a pu, a mis le nom chrétien en mauvaise odeur auprès des incrédules et qui a fait chanceler des fidèles dans la stabilité de leur foi."


En 1317, Guillaume Le Maire évêque d'Angers prête serment au nouveau roi de France Philippe V, dans le château de Villevêque, la résidence épiscopale des évêques d'Angers.
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PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES
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