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 PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES

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Lanaelle
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:26

Leonardo Patrasso


Leonardo Patrasso (né vers 1230 à Guarcino dans le Latium, Italie, et mort à Lucques le 7 décembre 1311) est un cardinal italien du XIVe siècle. Il est un parent (oncle ou cousin) du pape Boniface VIII.


Leonardo Patrasso est chanoine à Alatri. En 1295 il est élu évêque de Godon en Grèce, en 1297 il est transféré à Aversa et en 1299 promu archevêque de Capoue. Il est administrateur du diocèse d'Ostia et Velletri en 1298-1299.

Le pape Boniface III le crée cardinal lors du consistoire de 2 mars 1300. Le cardinal Petroni participe au conclave de 1303, lors duquel Benoît XI est élu et au conclave de 1304-1305 (élection de Clément V). Il est nommé doyen du Collège des cardinaux en 1309.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:33

Nicolas Caignet de Fréauville



Nicolas Caignet de Fréauville est un cardinal français né à Fréauville enNormandie et décédé le 15 janvier 1323 à Avignon. Il est membre de l'ordre des dominicains.


Nicolas Caignet de Fréauville est professeur de philosophie et de théologie à la Sorbonne deParis et prieur. Il est confesseur du roi Philippe le Bel. En 1304, il est intermédiaire entre les français et les flamands. Pendant la dispute entre le roi de France et le pape Boniface VIII, il est convoqué par le pape à Rome, mais ne s'y rend jamais.

Caignet de Fréauville est créé cardinal par le pape Clément V lors du consistoire du15 décembre 1305. Le cardinal Caignet assiste au concile de Vienne en 1311. Il est camerlingue du Sacré Collège en 1312-1313 et prêche la croisade en France comme légat. Il est l'auteur de plusieurs œuvres sur la liturgie.
Il participe au conclave de 1314-1316, lors duquel Jean XXII est élu.
Son tombeau, un orant, se trouvait dans la chapelle du Rosaire de l'église des Jacobins de Rouen.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:34

Arnaud d’Aux


Arnaud d'Aux de Lescout est un cardinal français né vers 1260/1270 à La Romieu en Midi-Pyrénées et décédé le 14 août 1320 (ou le 24 août) à Avignon. Il est un parent du pape Clément V.

Arnaud d’Aux de Lescout étudie à Agen, à Orléans et à Bologne. Il est chanoine à Coutances et en Comminges et vicaire général de Bordeaux, où son parent Bertrand de Got est archevêque. En 1306 il est élu évêque de Poitiers.

De Lescout est créé cardinal par le pape Clément V lors du consistoire du23 décembre 1312. Le cardinal d'Aux est camerlingue de la Sainte Église en 1313.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:34

Arnaud Nouvel


Arnaud Novel (ou Arnaud Nouvel) est un cardinal français né à Saverdun en Midi-Pyrénées et décédé le 14 août 1317 à Avignon. Il est membre de l'ordre des cisterciens et est l'oncle du pape Benoît XII (par sa mère).


Novel est professeur à l'université de Toulouse et abbé de Fontfroide à Narbonne. Il est nommé vice-chancelier de la Sainte-Église en 1307. Il est un ami du pape Clément V.
Novel est créé cardinal par le pape Clément V lors du consistoire du 19 décembre 1310. Il participe au conclave de 1314-1316, lors duquel Jean XXII est élu et est envoyé en 1312 comme légat apostolique en Angleterre pour négocier une paix entre le roi et les lords anglais (c'est le pape qui prend la régence de la Chancellerie).
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:36






Considerantes dudum


Considerantes Dudum est une bulle pontificale. Elle a été fulminée par le pape Clément V le 6 mai 1312 lors du Concile de Vienne.

Elle avait pour but de fixer le sort des templiers après le procès en hérésie qui avait été instruit à leur encontre :

• ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verront attribuer une rente et pourront vivre dans une maison de l'ordre,
• tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiront un châtiment sévère (la peine de mort).

D'après cette bulle, le sort des principaux dignitaires à savoir le maître de l'ordre, le visiteur de France, le maître de la province de Terre sainte, celui de Normandie, celui d'Aquitaine/Poitou et celui de Provence ainsi que le cubiculaire Olivier de Penne devait être réservé à la décision du pape mais ce ne fut pas le cas pour les premiers cités.



Ad fructus uberes

Ad fructus uberes est une bulle pontificale fulminée par le pape Jean XXII le10 juin 1317.

Elle a pour but de reconnaître l'existence de l'ordre de Montesa dans le royaume d'Aragon. Cet ordre hérite, par la même occasion, des biens de l'ordre du Temple dans cette région.




Omne datum optimum


La bulle pontificale Omne datum optimum est fulminée le 29 mars 1139par le pape Innocent II. Elle officialise l'ordre du Temple et reconnaît sa règle, accorde à ses membres tout butin conquis sur les Sarrasins en Terre Sainte et les place (l'ordre et ses maisons) sous la protection directe du Saint Siège. Elle les libère du même coup du paiement de ladîme — tout en leur accordant la jouissance des dîmes qui leur auront été données en accord avec les évêques — et de tout hommage. Un hommage étant un acte de soumission, les Templiers, relevant directement de l'autorité papale, ne pouvaient contracter hommage envers un seigneur, qui était un laïc.


La présence d'un prêtre dans chaque maison fut autorisée par cette bulle, en même temps que fut réalisée l'attribution à l'ordre d'oratoires et de sépultures qui lui soient propres. Les dirigeants eurent désormais la possibilité de chasser les membres indignes ou inutiles. L'élection d'un maître étranger à l'ordre fut prohibée, au même titre que l'attribution de statuts à un membre sans l'accord d'un maître et du chapitre.

Les premiers mots du texte latin, qui donnent son titre à la bulle, sont les mêmes que ceux de l'Épître de Jacques (1:17) :

« Toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation. »
(cf. Épître de Jacques sur Wikisource, ) Jc 1 17

« Omne datum optimum et omne donum perfectum de sursum est, descendens a Patre luminum, apud quem non est transmutatio nec vicissitudinis obumbratio. »


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 0:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 20:58

Unam Sanctam


Unam Sanctam est une bulle pontificale de Boniface VIII sur l'unité de l'Église donnée le 18 novembre 1302. Cette bulle fut lancée à l'occasion d'un concile de prélats français réunis à Rome. Elle proclamait la suprématie de l'Église sur l'État et, de ce fait, l'obligation pour toute créature humaine de se soumettre au souverain pontife.

L'authenticité de la bulle, sur laquelle ont été formulées des objections, est demeurée hors de doute.


Histoire

La bulle fut écrite au moment d'un dur conflit entre le pape Boniface VIII et Philippe le Bel, qui voulait s'émanciper de la tutelle de l'Église sous la gouverne du pape. Elle fait suite à la bulle Ausculta fili et à la réaction française qui lui fit suite. Boniface VIII écrivit également une bulle d'excommunication, Super Petri Solio, mais celle-ci ne fut jamais publiée.

Philippe le Bel réagit à cette bulle de manière assez radicale : il envoie un commando s'emparer du pape à Anagni. Le pape fut arrêté en 1303 par Guillaume de Nogaret, nouveau conseiller du roi, d'après les ordres de Philippe, qui voulait l'amener en France et le faire juger par un concile. Devant son arrestation, le pape se couvrit de sa tiare, prit en main sa crosse et les clefs, en disant : « Je suis pape, je mourrai pape ». Boniface est délivré par la population locale, mais ne résiste pas au choc. Il meurt un mois plus tard à Rome le 11 octobre 1303.

Philippe retiendra la leçon, et en 1305 (après le bref règne de Benoît XI), il fait élire un pape français à sa dévotion, Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, qui régnera sous le nom de Clément V : ce sera le premier pape d'Avignon.


Doctrine

La bulle réaffirme la nécessité d'appartenir au corps du Christ pour obtenir le salut éternel (cf Extra Ecclesiam Nulla Salus). Ce document cite l'arche de Noé et la tunique du Christ en exemples. Elle critique ceux qui ont adhéré au schisme grec en citant la parole du Christ à Pierre : Pais mes brebis (Pais = impératif du verbe paître).

De plus, elle déclare que le pouvoir temporel est exercé en relation avec le pouvoir spirituel en mentionnant la théorie médiévale des deux glaives : ces deux glaives sont ceux du Christ, mais seul le glaive spirituel peut gouverner le glaive temporel :


Les paroles de l'Évangile nous l'enseignent : cette puissance comporte deux glaives [...] Tous deux sont au pouvoir de l'Église, le glaive spirituel et le glaive temporel. Mais celui-ci doit être manié pour l'Église, celui-là par l'Église. [...] Le glaive doit donc être subordonné au glaive, et l'autorité temporelle à l'autorité spirituelle.

Et puisque le pape est défini comme le vicaire du Christ, la bulle écrit qu'il est nécessaire de lui être soumis :

Dès lors, nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain.

Les principales propositions sont tirées des écrits de Thomas d'Aquin, Hugues de Saint-Victor et des lettres d'Innocent III. Le texte fut incorporé à l'intérieur du Corpus juris canonici. Sa rédaction fut influencée par des théologiens comme Gilles de Rome.


Importance

La rédaction de la bulle lui donne la valeur d'une constitution apostolique. Sans introduire rien de radicalement nouveau en matière doctrinale, elle se présente comme un exposé des principes qui règlent les rapports entre le pouvoir spirituel de l'Église et les pouvoirs temporels.

Sa notoriété vient de son caractère général, de l'ampleur de ses considérants, et sa conclusion solennelle, selon la clausule officielle des énoncés dogmatiques :

Nous déclarons, nous proclamons, nous définissons qu'il est absolument nécessaire au salut que toute créature humaine soit soumise au Pontife Romain.

À travers cette formule c'est en pratique la vision chrétienne du monde qui est définie : toute réalité humaine, personnelle ou collective, entre dans le processus de sanctification. Par ce fait même, elle relève de l'autorité de l'Église. Aucun domaine ne peut être mis à part ; l'indépendance des réalités terrestres, en particulier de l'ordre politique, est niée, quoique l'autonomie soit sauvegardée.
Cette bulle est souvent citée en référence dans les discussions sur l'autorité de l'Église et du siège apostolique. Elle a en outre figuré dans les références théologiques de la déclaration Dominus Iesus.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 21:16

Super patri solio


Super patri solio est une bulle pontificale fulminée par le pape Boniface VIII en 1303.

Par cette bulle, le pape prononce une sentence d'excommunication contre Philippe le Bel. Pour en empêcher la publication, Guillaume de Nogaret organise le coup de main connu sous l'appellation d'attentat d'Anagni.





Pastoralis præeminentiæ


La bulle papale Pastoralis præeminentiæ, publiée par le pape Clément V le 22 novembre 1307, ordonnait à tous les rois chrétiens d'arrêter tous les membres de l'ordre du Temple, et de mettre sous séquestre toutes leurs terres et leurs biens, au nom de la papauté, à l'exception des possessions de l'ordre dans la péninsule ibérique.


Importance de la bulle


Publiée pendant le procès des templiers par le roi de France Philippe IV le Bel, cette bulle a eu un impact considérable sur le sort des templiers et, plus important encore, sur la position du Saint-Siège à propos de cette affaire.

Clément V entendait de cette manière garder le contrôle sur la procédure lancée par Philippe le Bel en l'empêchant de clore trop prématurément le procès. Si le pape s'était abstenu de faire une telle démarche, cautionnant du même coup par son silence l'action entamée par le roi de France contre l'ordre le 13 octobre de la même année (1307), on aurait probablement abouti à un arrangement entre Carpentras et Paris, en faveur du roi.
Bien au contraire, la bulle Pastoralis præeminentiæ garantissait que le procès serait public, et mené conjointement par les légats du pape et les légistes royaux.





Subit assidu


Subit Assidue est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 5 juillet 1308dans le cadre du procès de l'ordre du Temple.

Elle a pour but d'indiquer qu'il y aura deux procédures distinctes: l'une concernera les personnes physiques et l'autre l'Ordre en tant que personne morale. Aussi, chaque procédure sera tout d'abord composée d'une enquête et ensuite d'un jugement. La bulle Faciens misericordiam, fulminée le 12 août de la même année, crée des commissions pour chacune de ces deux procédures.





Faciens misericordiam


Faciens misericordiam est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 12 août 1308 dans le cadre du procès de l'ordre du Temple.
Elle crée des commissions diocésaines, chargées d'enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l'Ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d'un concile œcuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera du sort de l'ordre par la bulle Vox in excelso.

La commission pontificale de Paris est composée de : Gilles Aycelin (archevêque de Narbonne), Guillaume Durand (évêque de Mende), Guillaume Bonnet (évêque de Bayeux), Raynaud de La Porte (évêque de Limoges), Jean de Montlaur (archidiacre de Maguelonne), Matthieu de Naples(notaire apostolique), Jean de Mantoue (archidiacre de Trente) et Jean Argani (prévôt de l'église d'Aix)





Regnans in coelis


Regnans in coelis est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le12 août 1308 dans le cadre du procès de l'ordre du Temple.
Elle a pour but de convoquer le concile de Vienne, qui doit entendre les rapports des commissions créées par la bulle Faciens misericordiam, fulminée la même journée.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 21:19

Vox in excelso


Vox in excelso est une bulle pontificale fulminée datée du 22 mars 1312, mais rendue publique uniquement le 3 avril de la même année par le pape Clément V, lors du concile de Vienne. Elle établit officiellement la dissolution de l'Ordre du Temple, mais elle ne le condamne pas.
Elle fut adoptée lors d'un consistoire secret quelques jours avant sa publication, auquel assistèrent quelques cardinaux. Les quatre cinquièmes de l'assistance se prononcèrent pour la suppression.


Extrait du texte de Vox in excelso


« Considérant donc l'infamie, les soupçons et les insinuations bruyantes et autres choses précitées qui se sont élevées contre l'ordre, et aussi la réception secrète et clandestine des frères de cet ordre; que nombre de ces frères se sont éloignés des coutumes générales, de la vie et des habitudes des autres fidèles du Christ, et ceci surtout quand ils recevaient d'autres [hommes] parmi les frères de leur ordre; [que] pendant cette réception, ils faisaient faire profession et jurer à ceux qu'ils recevaient de ne révéler à personne le mode de leur réception et de ne pas quitter cet ordre, en raison de quoi des présomptions se sont fait jour contre eux;
Considérant en outre le grave scandale que ces choses ont fait naître contre l'ordre, qui ne semblait pas pouvoir s'apaiser tant que cet ordre subsistait, et également le danger pour la foi et les âmes; que tant de choses horribles ont été commises par de très nombreux frères de cet ordre [...] qui sont tombés dans le péché d'une atroce apostasie contre le seigneur Jésus-Christ lui-même, dans le crime d'une détestable idolâtrie, dans l'exécrable outrage des Sodomites [...];
Considérant également que l'Église Romaine a parfois supprimé d'autres ordres illustres pour des faits bien moindres que ceux ci-dessus mentionnés, sans même qu'un blâme soit attaché aux frères : non sans amertume et tristesse de cœur, non pas en vertu d'une sentence judiciaire, mais par manière de provision ou d'ordonnance apostoliques, le susdit ordre du Temple et sa constitution, son habit et son nom par décret irrévocable et valable à perpétuité, et nous le soumettons à une interdiction perpétuelle avec l'approbation du saint concile, interdisant formellement à quiconque de se permettre à l'avenir d'entrer dans ledit ordre, de recevoir ou de porter son habit, ou d'agir en tant que Templier. Quiconque transgressera ceci encourra la sentence d'excommunication ipso facto.
En outre, nous réservons les personnes et les biens de cet ordre à l'ordonnance et disposition de notre siège apostolique, dont, par la grâce de la faveur divine, nous entendons disposer pour l'honneur de Dieu, l'exaltation de la foi chrétienne et la prospérité de la Terre Sainte avant la fin du présent concile. »




Contexte historique


Clément V scelle le sort de l'Ordre du Temple. Il est désormais aboli, sans l'approbation du Concile (seul le consistoire réduit s'était prononcé). Le silence auquel l'assemblée a été contrainte n'a pas plu à tous. Le Concile de Vienne (alors ville d'Empire), ouvert en octobre 1311, a failli mal tourner, du point de vue du pape et du roi de France. Rassemblant quelque 200 prélats, le concile a été convoqué pour examiner trois questions : l'affaire des Templiers et l'examen des charges qui pèsent contre eux, le lancement d'une nouvelle croisade et la réforme de l'Église. Mais son principal objectif est, quoi qu'il arrive, de régler le problème que pose l'ordre du Temple.

Philippe le Bel souhaiterait que le pape condamne l'ordre, mais des groupes de plus en plus nombreux de religieux souhaitent la tenue d'un procès en bonne et due forme, et que la défense des templiers soit assurée2. Par ailleurs, neuf templiers3 ont fait le déplacement afin de défendre l'ordre, et prétendent que 1500 à 2000 de leurs frères sont à Lyon et dans les environs, prêts à venir témoigner pour défendre l'ordre. Clément V, craignant un coup de force, écrivit, en décembre 1311, à Philippe le Bel, pour l'informer de l'arrivée de ces templiers et ordonna qu'on remette ces templiers au geôlier.
Il semblait à beaucoup de religieux qu'un procès et une défense pourraient laver les Templiers d'un certain nombre d'accusations. Mais le roi de France contre-attaque, le mois suivant, et convoque des États généraux pour le 10 février1312 à Lyon, à proximité de Vienne. Ces États généraux approuvent le principe de la suppression du Temple. Habilement, Philippe le Bel écrit au pape pour lui transmettre cette revendication et demande la création d'un nouvel ordre. C'est là l'un des souhaits, déjà ancien, du roi de France qui a aussi l'ambition d'installer un de ses fils à la tête du nouvel ordre.

Accompagné d’une forte escorte, Philippe le Bel arrive à Vienne, le 20 mars. Cette manifestation de force laisse peu de choix au concile et aux prélats. Deux jours plus tard, le consistoire secret approuve la suppression de l'ordre, à la majorité de quatre cinquièmes des voix.

De nombreuses voix, tantôt de manière désabusée, tantôt de manière véhémente, s'opposèrent à la décision prise par le pape. On peut citer en exemple le moine cistercien Jacques Thérine, qui enseignait la théologie à l'Université de Paris, et qui s'offusqua de la suppression de l'ordre : il publia un manifeste, intitulé Contra Impugnatores Exemptiorum, dans lequel il s'interroge sur la question de la culpabilité des Templiers, qu'il met en doute5.


Après Vox in excelso


Pour clore la lecture publique de la bulle, Clément V annonce finalement le projet d'une nouvelle croisade. C'est là aussi l'un des vœux de Philippe le Bel. Le roi de France échoue cependant sur un point, la création d'un nouvel ordre militaire qui aurait pu être le fer de lance de l'expédition vers la Terre sainte. Reste encore à régler un point d'importance : l'avenir des biens de l'Ordre du Temple. Par une bulle fulminée le 2 mai 1312, "Ad providam Christi vicarii", le pape attribue le patrimoine des Templiers à l'Ordre de l'Hôpital (qui deviendront les chevaliers de Malte). Les Hospitaliers auront bien du mal à rentrer en possession des biens du Temple attribués par la papauté. Dès la première vague d'arrestations, en 1307, la fortune des Templiers a été mise sous séquestre. Nombre de puissants en avaient dès lors commencé le dépeçage. Toutefois, les biens situés en Aragon, en Castille, au Portugal et à Majorque virent leur sort réservés par la bulle Ad providam, dans l'attente d'une décision ultérieure.

Le dernier acte de l'affaire du Temple se jouera le 18 mars 1314 avec la mise à mort du dernier maître de l'Ordre, Jacques de Molay, et celle de Geoffroy de Charney, brûlés vifs à Paris, sur ordre royal, car déclarés "relaps" lorsqu'ils revinrent sur leurs aveux.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Ven 15 Avr - 21:28

Ad providam


Ad providam est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 2 mai 1312 lors du Concile de Vienne. Elle donne à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem les biens et terres de l'ordre du Temple alors aboli par la bulle Vox in excelso du 22 mars 1312.


Motivation de la décision papale


Les biens et terres appartenant aux templiers avaient été donnés pour protéger et sauvegarder la Terre sainte et lutter contre les infidèles. Le pape Clément V jugea, conjointement au concile de Vienne, que les possessions de l'ordre du Temple, mises sous séquestre sous l'autorité papale au moment de l'arrestation massive ordonnée par la bulle Pastoralis praeminentiae d'octobre 1307, devaient être transférées à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont les moines étaient les Hospitaliers. Le pape leur en transféra l'intégralité des biens et à perpétuité, à l'exception des possessions situées dans la péninsule ibérique.



Exceptions


Les terres templières situées sur les terres des rois de Castille, d'Aragon, de Portugal et de Majorque n'étaient pas concernées par cette bulle. Le pape en réservait le sort, et les mettait à l'abri d'une trop grande gourmandise des rois, de façon à ce qu'il puisse en disposer plus tard.

Jacques II, roi d'Aragon, désirait que ces terres ne reviennent pas aux hospitaliers, mais à l'ordre aragonais de Calatrava. L'attribution de ces biens (entre autres des forteresses) posait problème au roi, car si les hospitaliers n'étaient pas fidèles au roi, et qu'ils venaient à entrer en possession de forteresses sur les côtes et aux frontières, cela pourrait causer de graves problèmes au royaume, qui serait ainsi dépossédé de moyens militaires de défense. Et même s'ils restaient loyaux et obéissaient aux ordres du roi (ce qu'ils n'étaient pas tenus de faire), une telle puissance militaire ne pourrait causer que des conflits. Le roi d'Aragon avait tout intérêt à garder un certain contrôle sur ces possessions, ce que lui permettait l'ordre de Calatrava, un ordre national et plus proche de la monarchie.



Les négociations aragonaises


1. Avec Clément V

Les négociations commencèrent le 14 février 1313. Le pape écouta les émissaires aragonais lui exposer le problème que leur posait l'attribution des possessions templières.

• Comme beaucoup des forteresses avaient été données aux templiers par le roi d'Aragon, il ne semblait pas« raisonnable de les confier à d'autres personnes sans la volonté et l'assentiment du roi. »
• La grande résistance des Templiers en Aragon lors de leur arrestation illustrait la puissance militaire qui pouvait être déployée à partir des forteresses.

Les émissaires exposèrent les solutions que proposait Jacques II, si le pape décidait de donner ces possessions aux Hospitaliers :

• il garderait toutes les forteresses.
• tous les anciens Templiers devraient lui jurer fidélité.
• les propriétés valenciennes des Templiers seraient dévolues à l'ordre de Calatrava.

Mais Clément refusa, arguant qu'il ne pouvait trancher le conflit sans causer de scandale. Un cardinal conseilla aux émissaires de taire leurs revendications, d'accepter la décision papale, et de poser leurs conditions en Aragon. Les émissaires s'y refusèrent au départ, puis soumirent finalement cette requête au pape, qui la jugea "contraire à la justice et à toute raison".

Les Hospitaliers arrivèrent le 28 mars à Carpentras, où était fixée la Curie, mais les négociations avec les diplomates aragonais en étaient au même point. Le pape les convoqua sur-le-champ, leur expliquant pourquoi il avait pris cette décision. Visiblement, ce discours était destiné plus aux Aragonais qu'aux Hospitaliers eux-mêmes.

Clément V convoqua les ambassadeurs aragonais le 1er avril, pour leur annoncer que leurs solutions n'étaient pas acceptables « ni de facto, ni de jure » (ni de fait, ni de droit).

Le même cardinal réitéra sa tentative pour convaincre les ambassadeurs de retourner en Aragon, pour prendre des instructions et de laisser la dévolution à l'Hôpital se faire, après quoi ils pourraient librement transgresser les directives du Saint Siège. Mais les ambassadeurs restèrent sur place et continuèrent les négociations pour obtenir satisfaction.


2. La mort de Clément V

À l'annonce de la maladie du pape, Jacques II interdit à ses ambassadeurs de lui reparler de cette affaire, pour éviter qu'elle ne lui soit jugée de façon défavorable. En prenant cette décision, Jacques II espérait que les tractations seraient plus aisées avec son successeur. Clément V meurt le 20 avril 1314, laissant les négociations telles que le souhaitait Jacques II.


3. Avec Jean XXII

De fait, un compromis fut trouvé le 10 juin 1317 avec le successeur de Clément V, Jean XXII, élu le 7 août 1316. Dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, les biens du Temple iraient à l’Hôpital, mais dans le royaume de Valence, les biens des deux ordres seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé d’après sa principale forteresse, l'Ordre de Montesa. Les territoires relevant de cet ordre ont reçu le nom de Maestrat (en valencien) ou Maeztrazgo (en castillan). Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle en date du 10 juin 1317, la règle le 22 novembre et avec acceptation le 3 décembre 1317, par le pape Jean XXII, qui lui donna, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne, et placé sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Tous les biens du Temple lui sont transférés en 1319, lorsque ceux-ci furent jugés par le pape « non coupable et réconcilié avec la Foi. ».


Les biens des templiers en Castille

Au lieu de se lancer comme les Aragonais dans des négociations avec le pape, Ferdinand IV de Castille prit possession des biens et terres templières en Castille, sans s'embarrasser des réactions papales. Les Hospitaliers et le Saint Siège s'en offusquèrent mais l'affaire dura tant et si bien qu'en 1366, le pape Urbain V se plaignait encore que le royaume de Castille n'avait toujours pas rempli ses obligations vis-à-vis de l'ordre de l'Hôpital.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES ET BULLES PONTIFICALES DU PROCES   Mar 19 Avr - 10:59

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