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 LES GRANDES BATAILLES

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Lanaelle
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MessageSujet: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 12:58








Dans l'action militaire, les Templiers étaient des soldats d'élite. Ils ont fait preuve de courage et se sont révélés être de fins stratèges. Ils étaient présents sur tous les champs de batailles où se trouvait l'armée franque et ont intégré les armées royales dès 1129.









SOURCES :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_du_Temple#Les_principales_batailles
http://templier.weebly.com/grandes-batailles.html


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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 13:30




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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 14:00



Le second siège d’Ascalon de 1153 est un épisode guerrier de la deuxième croisade qui voit la ville d'Ascalon, dernier bastion fatimide(1) en Palestine, prise par les croisés (2) du Royaume de Jérusalem (3) après un siège d'environ 5 mois.









Le siège d'Ascalon de 1153 succède de 5 ans au siège de Damas qui a été une grosse défaite pour le roi Baudouin III de Jérusalem (4). Voulant effacer cet échec cuisant, Baudouin III décida alors de lancer une attaque sur Ascalon, dernière place forte du littoral résistant encore aux croisés et constituant une menace pour le royaume de Jérusalem.

Ascalon était une ville fortifiée s'adossant à la mer. Brièvement prise par les chrétiens aux Fatimides en 1102 après un premier long siège, la ville était repassée sous le contrôle de ces derniers à la suite de la révolte de sa population en juillet 1102. Ses habitants étaient exercés au métier des armes, et l’Égypte fatimide assurait son ravitaillement en vivres, armes et soldats.

Au début de l’année 1150, Baudouin III se rendit tout d'abord à Gaza («Gadres»), afin de relever cette ville, ruinée à l'époque. L’emplacement avait été choisi stratégiquement afin de couper tout lien terrestre entre Ascalon, situé à 20 kilomètres au nord, et l’Égypte. La construction d'une forteresse fut rapidement achevée et confiée aux Templiers. Dès ce moment, Ascalon se trouva isolée et son approvisionnement ne put se faire que par la mer.







Baudouin III et son armée arrivèrent devant Ascalon le 25 janvier 1153, accompagnés par les Templiers de Bernard de Tramelay (5), les Hospitaliers de Raymond du Puy (6) , le clergé de Jérusalem et sous la protection de la «Vraie Croix» (7), symbole du royaume croisé de Jérusalem.

Tandis que Géraud de Sidon (08) assurait le blocus de la ville à l’aide de quinze galères, la ville était attaquée à l'aide d'un grand nombre d'engin de siège (9), puis, au bout de 2 mois, par « une tour roulante d'une immense hauteur, semblable à une forteresse avec sa garnison », construite grâce aux renforts de pèlerins venus d’Occident.

Au cinquième mois de siège, une flotte d'environ soixante-dix navires fatimides fit se replier les galères franques participant au blocus.

C'est en tentant d'incendier la tour roulante (10) que les assiégés créèrent eux-mêmes une brèche dans leurs propres remparts. En effet les fatimides, encouragés par cette victoire navale, entassèrent une grande quantité de bois, d'huile, de soufre et d'autres matières combustibles entre la tour et les murailles, et enflammèrent le tout. Le vent, « qui venait de l'orient », poussa l'incendie, qui dura un jour et une nuit, contre la ville. Les pierres calcinées du rempart s'écroulèrent le lendemain.

Ici se place un évènement qui reste assez mystérieux: alors que la victoire semblait assurée, Bernard de Tramelay et quarante Templiers se ruèrent seuls dans la brèche tandis que leurs frères d'armes en interdisaient l’accès aux autres combattants. Selon certaines chroniques, c'est afin de protéger le roi d'une possible embuscade que les templiers agirent de la sorte; selon d'autres, les Templiers furent victime de leur cupidité. Quoi qu'il en soit, les templiers et Bernard de Tramelay furent massacrés et la brèche comblée grâce à des matériaux fournis par la flotte égyptienne. Les cadavres des quarante frères du Temple et de Bernard de Tremelay furent pendus aux murailles de la ville.











Alors que le découragement gagnait les armées franques et Baudouin III en personne, les évêques intervinrent et s'opposèrent à la retraite. Le lendemain, les forces fatimides opérèrent une sortie tandis que l'armée chrétienne, exhortée par les prêtres, se ruait devant les murailles. Une véritable bataille s’engagea devant la ville, qui se solda par de nombreuses pertes dans les rangs fatimides. Devant le désastre, des ambassadeurs furent désignés pour proposer une capitulation à Baudouin, ce qui fut accepté. Les musulmans abandonnèrent la ville le troisième jour.







La ville fut intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III, et devint une tête de pont pour les armées chrétiennes en partance pour l’Égypte pendant les deux décennies suivantes.
Ascallon fut reprise par Saladin (11) le 4 septembre 1187. Après la capitulation d’Acre en 1191, Ascalon tomba aux mains de Richard Cœur de Lion (12), qui y construisit une forteresse menaçant l’Égypte. Saladin exigea qu'elle soit démantelée en préalable à la paix de 1192. Pressé de rentrer en Angleterre, Richard Cœur de Lion céda et la ville fut une seconde fois rasée.




(1) Les Fatimides (également appelés Obeydides ou Banu Ubayd depuis le Manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l'Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient. […]





(2) Un croisé est un chevalier chrétien occidental qui a participé aux croisades du Moyen Âge. Il est appelé croisé car il a une croix cousue sur ses vêtements.

Le terme croisade n'apparaît qu'au XVe siècle, celui de croisé, qui n'existe pas en latin et qui est issu des langues vernaculaires, n'apparaît qu'au concile de Latran IV en 1215, auparavant le chevalier croisé est désigné comme un pèlerin armé.





(3) Le royaume de Jérusalem était un royaume chrétien créé en Orient en1099 au terme de la première croisade et disparu en 1291.

Il s'agit de l’État latin d'Orient le plus méridional. Le royaume, à partir du règne de Baudouin Ier, s’étend sur la Palestine, dominant le littoral de Gaza et Daron jusqu'à Beyrouth. Vers l’intérieur, le royaume va jusqu’à la vallée du Jourdain. Plus tard, l’autre rive du Jourdain sera occupée jusqu’à la mer Rouge, formant la terre d’Outre-Jourdain.





(4) Baudouin III de Jérusalem (1131 - † 10 février 1162 à Beyrouth), fils deFoulques V d'Anjou et de Mélisende de Jérusalem, fut roi de Jérusalem de 1143 à1162.

Malgré un début de règne difficile (perte de la ville d'Édesse, échec de la seconde croisade), suivi ensuite de l'unification de la Syrie musulmane, il a su résister à la poussée zengide, obligeant parfois Nur ad-Din à la défensive, et a également su conclure une alliance avec Byzance, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre-offensive islamique.





(5) Bernard de Tramelay ( - 16 août 1153) est le quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152 - 16 août 1153).

Bourguignon de naissance et ancien commandeur de Dole, en Franche-Comté, il semblerait avoir succédé à un Maître appelé Hugues, dont l'existence est fort douteuse et que seul Du Cange cite. Suivant les chroniqueurs des croisades, Bernard de Tremblay aurait rebâti la ville de Gaza.

Il est mort lors de la bataille d'Ascalon, avec tous les Templiers qui étaient sous ses ordres, à l'avant-dernier assaut du 14 août 1153 peu avant la prise de la ville. L'obituaire de Reims signale sa mort le 17 des calendes de septembre, soit le 16 août. Cela correspond aux dates des chroniques, puisque Ascalon tomba entre les mains de Baudouin III, le 19 août de cette même année.





(6) Raymond du Puy, né en 1080 et mort entre 1158 et 1160, est un chevalier français, second supérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1123 à 1158/1160.

Raymond du Puy fut officiellement le second supérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem1. Il succéda entre 1121 et 1123 à Gérard l'hospitalier, fondateur de la congrégation de l'Hôpital, après un ou deux intérims de Pierre de Barcelone et Frère Roger.




(7)  La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, serait la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié.





(08)   Géraud Granier (ou Grenier), ( v.1101-v.1171), est le fils aîné d'Eustache Granier (ou Grenier) et d'Emma de Chocques.

Après le décès de son père survenue le 15 juin 1123, il hérite du comté de Sidon, un des principaux fiefs du royaume de Jérusalem.





(9) engins de siège


Réplique d’un bélier au château des Baux, en France.


Réplique d'un trébuchet



Reconstitution d'une pierrière
au château de Castelnaud.






(10) Tour de siège


Beffroi médiéval d'après un dessin
français du XIXe siècle.




Tour de siège anglaise du Moyen Âge.





(11) Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf (en arabe) et Selahedînê Eyûbî(en kurde) né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 11933est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.

Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183à 1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.





(12) Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion (8 septembre 1157, palais de Beaumont à Oxford – 6 avril 1199, château de Châlus Chabrol) fut roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d'Anjou de 1189 à sa mort en 1199. Il fut aussi mécène de troubadours et auteur de poèmes.

Fils d’Henri II d'Angleterre et d’Aliénor d'Aquitaine
Epoux de Bérengère de Navarre ; héritier Arthur Ier de Bretagne


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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 15:44






Charles-Philippe Larivière : La Bataille
de Montgisard, 1177




La bataille de Montgisard est une importante bataille livrée entre Saladin et Baudouin IV le Lépreux (1) le 25 novembre 1177. Baudouin IV, au cours de cette bataille réussit avec des effectifs réduits à repousser Saladin qui cherche à envahir le royaume de Jérusalem







En 1177, Philippe d’Alsace (2), comte de Flandre arrive en Terre sainte avec une armée. À cette époque, le royaume de Jérusalem et l’empire byzantin projettent de s’allier pour organiser une campagne commune contre l’Egypte, gouvernée par Saladin. Une escadre byzantine aborde peu après à Saint-Jean-d’Acre (3), mais Baudouin, gravement atteint de lèpre ne peut pas prendre la tête de l’armée du royaume et propose à Philippe d’Alsace d’en prendre le commandement. Celui-ci refuse, prétendant qu’il est venu à Jérusalem pour faire ses dévotions et défendre le royaume et non porter la guerre dans des états voisins. Son refus fait échouer l’expédition et les byzantins retournent chez eux.

Philippe d’Alsace quitte Jérusalem, et se rend en octobre 1177 à Tripoli, où il aide le comte Raymond III (4)  à assiéger sans succès la forteresse de Hama au début du mois de septembre 1177. Il se rend ensuite à Antioche et, avec le prince Bohémond III d’Antioche (5), il assiège à la fin du mois de novembre la forteresse de Harenc.






Baudouin IV avait également envoyé des troupes au siège de Hama, dégarnissant le royaume, car il ne restait plus à Jérusalem que cinq cent chevaliers, comprenant les garnisons des Templiers et des Hospitaliers. En apprenant le projet d’attaque franco-byzantine, Saladin avait quitté Damas pour l’Egypte, afin d’organiser la défense et la résistance du pays. Plus tard, ses espions lui apprennent l’abandon de cette expédition, puis le siège de Hama, qui occupe la plus grande partie de l’armée franque. Entre le 18 et le 23 septembre, il pénètre dans le royaume de Jérusalem avec son armée forte de trente mille soldats, évite la forteresse de Gaza dont les Templiers avaient renforcé la garnison et marche sur Ascalon.

Dès qu’il apprend la nouvelle, le roi part avec toutes les troupes qu’il a pu trouver au-devant de Saladin et arrive à Ascalon peu avant Saladin. Avant de partir, Baudouin avait convoqué l’arrière ban du royaume, mais celui-ci est capturé par l’armée de Saladin avant d’arriver à Ascalon. Saladin met le siège devant Ascalon, Baudouin tente une sortie mais doit battre retraite immédiatement. Saladin s’avise que le royaume est sans défense, lève le siège d'Ascalon et poursuit sa route vers Ramla, qu’il prend sans aucun mal, la ville ayant été évacuée, et l’incendie, puis assiège Mirabel et Lydda. Pensant que la défense du royaume est totalement paralysée, Saladin autorise ses soldats à se disperser pour piller la région et, ne voulant pas s'encombrer de prisonniers, en fait égorger un certain nombre.







À Ascalon, Baudouin IV décide de tenter le tout pour le tout, malgré son infériorité numérique. Il demande à Eudes de Saint-Amand (6), maître de l'Ordre du Temple, retranché avec quatre-vingt Templiers à Gaza de venir le rejoindre. Avec les quelques seigneurs qui sont avec lui, Renaud de Châtillon, le seigneur d'Outre-Jourdain (7) , Baudouin d'Ibelin, seigneur de Ramla (08), son frère Balian d'Ibelin, seigneur de Mirabel (9),Renaud Grenier, comte de Sidon (10), et Josselin III de Courtenay (11), l’oncle du roi, il dispose d’une armée de cinq cents chevaliers et de quelques milliers de soldats.


Il quitte Ascalon, suit une route en arc de cercle pour contourner l’armée de Saladin et le rejoint en un lieu nommé Mons Gisardus (Tell el-Jezer), près de Ramla. Il attaque l’armée ennemie par le nord alors que Saladin le croit toujours au sud-ouest. Bénéficiant de l’effet de surprise et voulant à tout prix venger le massacre des prisonniers, l’armée franque charge celle de Saladin, amollie et alourdie par le butin. Taqi al-Din tente de contenir la charge ennemie mais plusieurs émirs, dont son propre fils, sont tués, et le reste finit par prendre la fuite.


C’est ensuite aux mille Mamelouks (12) de la garde personnelle de Saladin de tenter de contenir la charge franque, mais ils sont tous tués. Les prisonniers survivants en profitent pour se libérer et attaquer leurs gardiens. Saladin lui-même échappe de peu à la mort, ordonne à tous de prendre la fuite et profite de la nuit qui tombe pour échapper aux chevaliers croisés.


Saladin repart alors vers l'Égypte, tout en étant harcelé pendant sa retraite par les Bédouins. Il ne réussit à rentrer qu'avec seulement le dixième de son armée et arrive au Caire le 8 décembre 1177, à temps pour démentir la nouvelle de sa mort. Baudoin le suit jusque dans la péninsule du Sinaï mais fut incapable de prendre l'avantage .







Cette bataille a eu un énorme retentissement dans la chrétienté et contribué pour beaucoup au prestige de Baudouin le Lépreux, que l’on compare bientôt à Godefroy de Bouillon (13), Raymond IV de Toulouse (14) dit de Saint-Gilles ou à Tancrède de Hauteville. (15)


Mais les Francs n’ont pas réussi à tirer avantage de cette victoire et vont subir des défaites au cours des deux années suivantes. Le 10 mars 1179, en revenant d’un raid, il manque d’être capturé à Panéas au cours d’un affrontement où est tué le connétable Onfroy II de Toron (16). Le 10 juin 1179, l’ost est battu à Marj Ayoun et de nombreux soldats sont tués ou fait prisonniers. Enfin le 29 août 1179, Saladin assiège et détruit le Chastelet du Gué de Jacob (17), forteresse que Baudouin venait de faire édifier pour garder la frontière. Mais les deux royaumes sont épuisés et en 1180, une trêve est conclue entre les deux rois.


Saladin a également perdu sur le champ de bataille de Montgisard une superbe édition du Coran calligraphiée qui lui fut rendue lors de la trêve obtenue après l'assaut de Saladin sur le Krak de Moab commandé par Renaud de Chatillon. Celui-ci dévalisait toutes les caravanes venant d'Égypte et qui étaient destinées à Damas.




(1) Baudouin IV de Jérusalem (1161 - 16 mars 1185), dit le Lépreux, est le fils d'Amaury Ier de Jérusalem issu de sa première union avec Agnès de Courtenay, et fut roi de Jérusalem de 1174 à 11851. Sa sœur, la reine Sibylle de Jérusalem était la mère de son neveu, son héritier le roi-infant Baudouin V. Il avait une demi-sœur à l'issue du second mariage de son père avec Marie Comnène, la reine Isabelle Ire de Jérusalem.





(2) Philippe Ier de Flandre, dit Philippe d'Alsace, né en 1143, et mort à Saint-Jean d'Acre (Royaume de Jérusalem) le 1er juin 1191, est un monarque français.

Fils du comte de Flandre Thierry d'Alsace et de Sibylle d'Anjou (†1165), il fut comte de Flandre de 1157 à 1191 et comte de Vermandois par mariage de 1167 à1185, puis à titre viager de 1186 à 1191.
Il est l’époux de : 1) Elisabeth de Vermandois ; 2) Mathilde de Portugal, aucun enfant de ces mariages. Il a un fils illégitime : Thierry de Flandre.

Son règne débute en tant que comte associé dès 1157, particulièrement durant les croisades de son père. Il met fin au piratage des côtes flamandes en battant   Florent III de Hollande (1163). Par héritage, il récupère le pays de Waes (au nord de Gand) et celui des Quatre-Métiers (Flandre impériale).




(3) Acre (en hébreu : Akko ; en arabe : ʿAkkā ; appelée Ptolémaïs dans l'Antiquité ; aussi connue dans le monde chrétien sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d'un port en eaux profondes.


[…]  Dans la continuité de l'Empire romain, la ville d'Acre fait partie de l'empire byzantin avant d'être conquise en 638 par les arabes. Cette domination s'achève avec Baudouin Ier, le26 mai 1104, lorsque la ville tombe aux mains des croisés. Reprise par le sultan Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise par les rois Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion durant la troisième croisade en juillet 1191. Elle devient au XIIIe siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre sainte. Au moins dès le XIIe siècle, des hommes s'inspirant du prophète Élie vivent en ermites dans les grottes du mont Carmel. Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, leur donne vers 1209 une règle de vie centrée sur la prière. L'appellation officielle de ce très ancien institut est celle d'Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel, mais on les appelle habituellement en français les Grands Carmes.





(4)  Raymond III de Tripoli (vers 1140 † 1187) est un comte de Tripoli de 1152 à1187, un prince de Galilée de 1174 à 1187 et fils de Raymond II, comte de Tripoli, et d'Hodierne de Jérusalem.

Il succède à son père comme comte de Tripoli et combat les armées de Nur ad-Din pendant les années qui suivent. Il est fait prisonnier en 1164 et les intrigues politiques, ainsi que l’état de sa trésorerie (pour payer sa rançon) ne permettent sa libération qu’en 1172.

En 1174, il devient prince de Galilée et de Tibériade par son mariage avec Echive de Bures, veuve de Gautier de Saint-Omer. Ce mariage fait de lui l'un des plus puissants seigneurs d’outremer, mais le livre aux intrigues de la cour de Jérusalem. Le roi Amaury Ier vient de mourir. Son fils Baudouin IV, encore mineur, est malheureusement atteint de la lèpre. Raymond assure la régence du royaume de Jérusalem de 1174 à 1176, mais ses conseils de prudence ne sont pas toujours suivis.




(5) Bohémond III dit le bègue, né entre 1142 et 1149, mort en 1201, prince d'Antioche (1163-1201), fils de Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, et deConstance d'Antioche.

[…]

Il épouse en premières noces vers 1169, Orgueilleuse de Harenc († vers 1178) et eut deux enfants : Raymond IV, comte de Tripoli († vers1199) et
Bohémond IV, comte de Tripoli et prince d’Antioche (1172 - † 1233).

Il se remarie vers 1176 avec Théodora Comnène, et eut : constance, Philippe et Manuel de Poitiers (1176 – † 1211)





(6) Eudes (Odon) de Saint-Amand est le 8e maître de l'Ordre du Temple.

Il est originaire d'une famille noble du Limousin mais est arrivé sans doute assez jeune en Palestine car lorsqu'il parvient à la tête des templiers il a déjà derrière lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. »

À peine élu il s'oppose au roi Amaury Ier de Jérusalem en refusant de livrer à la justice du roi Gantier du Mesnil, un templier coupable du meurtre d'un émissaire du Vieux de la Montagne. L'affrontement entre les deux hommes n'a pas lieu du fait de la mort du roi, remplacé par le jeune et malade Baudouin IV de Jérusalem, puis de celle de Nur ad-Din, l'Atabeg d'Alep, a qui succède Saladin. En 1177, ce dernier lance un raid sur les alentours d'Ascalon avec environ 20 000 hommes. Aussitôt Baudouin IV s'avance à sa rencontre avec à peine 3 000 fantassins et 375 chevaliers dont 80 templiers conduits par leur chef. Ceux-ci chargent à l'avant-garde et bousculent les premières lignes du sultan Ayyoubide.




(7)  Renaud de Châtillon, né vers 1120, mort en 1187 à Hattin, prince consort d'Antioche (1153-1163), puis seigneur consort d'Outre-Jourdain et seigneur d'Hébron.

Certaines sources font de Renaud de Châtillon le fils d'Henri Ier, seigneur de Châtillon et d'Ermengarde de Montjay mais, d'après Jean Richard, il aurait été fils d'Hervé II de Donzy, qui était seigneur de Gien, Châtillon (Châtillon-sur-Loing, actuellement Châtillon-Coligny) et Donzy.

C'est un cadet sans fortune, mais qui passe pour être un magnifique guerrier. Il part pour la Terre sainte et, au printemps 1153, épouse Constance, princesse régente d'Antioche, veuve de Raymond de Poitiers.

De son premier mariage (1153) il eut : Agnès d’Antioche († 1184)

De son second mariage en 1177 avec Etiennette de Milly, dame d’Outre-Jourdain, il eut : Alix de Châtillon († 1235)


La seigneurie d'Outre-Jourdain aussi appelée seigneurie de Montréal, du nom de sa capitale, était au XIIe siècle un fief du royaume de Jérusalem situé à l'est du Jourdain.




(08)  Baudouin d'Ibelin, aussi connu sous le nom de Baudouin de Rama était un noble croisé du royaume de Jérusalem. Il était le second fils de Balian d'Ibelin et d'Helvis de Rama.

Après la mort de son frère aîné Hugues, il hérita de Rama et d'Ibelin et donna Ibelin à son frère cadet Balian. Baudouin et Balian soutinrent Raymond III de Tripoli contre Miles de Plancy pour la régence pendant la minorité de Baudouin IV, et en 1177 les frères combattirent à la bataille du mont Gisard.

[…]


Il avait épousé en premières noces avant 1157 Richilde, fille de Gramand Ier seigneur de Bethsan dont il eut :

• Thomas d'Ibelin, seigneur de Rama († 1188)
• Echive d'Ibelin, († 1196); mariée avant 1175 avec Amaury II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem (1145 †1205)
• Stéphanie d'Ibelin, mariée à Amaury, viscomte de Naplouse.
Il se sépara de Richilde en 1174 pour se remarier en 1175 avec Isabelle Gothman (+ 1177), puis après 1180 avec Marie fille de Renier, connétable de Tripoli


La seigneurie de Rama ou seigneurie de Ramla est un arrière-fief du royaume de Jérusalem. Elle s'étendait autour de la ville de Ramla, en Israël, entre Jérusalem et Jaffa.

Il y a des seigneurs dès 1106. Dépendant initialement du domaine royal, la seigneurie est rattachée au comté de Jaffa en1126. En 1148, le fief passe à la famille Ibelin. La seigneurie est conquise par Saladin en 1187. Les Croisés la réoccupèrent de 1229 à 1260.




(9) Balian d'Ibelin (vers 1142-32 – 11932), est un croisé influent du Royaume de Jérusalem, membre de la maison d'Ibelin. Il est connu pour avoir assuré la défense de Jérusalem en 1187 et participé à la troisième croisade.


Le nom de Balian vient d'une déformation du nom de Barisan par la prononciation en français du XIIe siècle. Balian d'Ibelin est parfois appelé Balian le jeune (du vivant de son père) ; Balian de Rama, mais ce sont ses frères, puis l'un de ses neveux qui sont seigneurs de Ramla ; ou Balian de Naplouse.

L'origine du prénom Balian est donc de style médiéval. C'est un prénom masculin d'étymologie latine qui serait d'après toute vraisemblance parenté à l'ancien français vaillant qui signifie valeureux ou robuste.

Balian d'Ibelin épouse en 1177 Marie Comnène (1154-1217), nièce de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène, veuve d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et a :

• Jean d'Ibelin (mort en 1236), seigneur de Beyrouth et d'Arsur, connétable et bailli du royaume de Jérusalem, et bailli de Chypre.
• Philippe d'Ibelin (mort en 1227), régent du royaume de Chypre
• Helvis d'Ibelin (morte en 1216), mariée à Renaud de Grenier, comte de Sidon, puis à Guy de Montfort, seigneur de Castres
• Marguerite d'Ibelin, mariée à Hugues II de Saint-Omer († 1204), prince titulaire de Galilée, puis à Gautier III de Brisebarre († 1229), seigneur de Césarée.

La seigneurie de Mirabel est un des fiefs du royaume de Jérusalem.

La forteresse de Mirabel fut conquise dans la première décennie du royaume croisé et intégrée dans le comté de Jaffa. Après la révolte d'Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, elle devint le siège d'une seigneurie donnée à Balian d'Ibelin. Elle fut conquise en 1187 par Saladin.



La forteresse de Mirabel. Elle a fait l'objet de
restaurations par les ottomans au XVIIIe siècle.





(10) Renaud Granier (ou Grenier) (né vers 1130 - mort en 1202) était comte de Sidon.

Renaud était le fils de Géraud Granier (ou Grenier) et Agnès de Bures, et petit-fils de Eustache Granier (ou Grenier). En1170, il épousa Agnès de Courtenay, qui avait été déjà mariée trois fois: tout d'abord avec Renaud de Marash, qui la laissa veuve; deuxièmement à Amaury Ier de Jérusalem, Comte de Jaffa et d'Ascalon et futur roi de Jérusalem, avec lequel elle eut deux enfants, Baudouin et Sibylle, et enfin à Hugues d'Ibelin, qui venait de mourir.

Plusieurs années après la mort d'Agnès, probablement après 1190, il épousa Helvis d'Ibelin, fille de ses amis Balian et Marie Comnène. Il eut trois enfants, apparemment tous de son mariage avec Helvis, bien que certains historiens considèrent que les deux filles aient été d'Agnès : c'est possible en ce qui concerne Agnès, l'aînée, qui aurait porté ainsi le prénom de sa mère, chose courante à l'époque.

• Agnès, mariée à Raoul de Saint-Omer et de Tibériade (sans postérité finale).
• Euphémie, morte en bas âge.
• Balian Granier (ou Grenier), marié à Ide de Reynel, et succéda à Renaud à Sidon en 1202.


Le comté de Sidon est un des principaux fiefs du royaume de Jérusalem.

La ville de Sidon fut conquise en décembre 1110, érigée en comté et donnée à Eustache Grenier. Elle fut momentanément conquise par Saladin de 1187 à 1197 et rendue aux descendants d'Eustache Grenier. Julien Grenier la vendit à l'Ordre du Temple, mais la ville fut détruite par les Mongols la même année, puis conquise par les Mamelouks.




(11) Josselin III de Courtenay, mort avant 1200, est un comte titulaire d'Edesse, un sénéchal du royaume de Jérusalem et le fils de Josselin II de Courtenay, comte d'Edesse, et de Béatrice de Saône.

Né aux alentours de 1135, il passe son enfance à Turbessel, résidence des comtes d’Édesse. La ville d’Édesse est prise le 23 décembre 1144, son père est capturé en 1150, et sa mère, après avoir tenté de défendre les restes du comté d’Édesse autour de Turbessel, finit par vendre les dernières villes du comté et à se réfugier dans le royaume de Jérusalem.

[…]

Il avait épousé Agnès de Milly, fille d'Henri Bubalus qui lui avait donné deux filles :
• Béatrix, mariée à Guillaume de Lusignan, seigneur de Valence, puis en 1208 à Othon V de Henneberg († 1245).
• Agnès, mariée à Guillaume de Mandélée11.




(12) Les mamelouks (arabe :  (singulier) mamlūk,  (pluriel) mamālīk, possédé ; (turc) : Memlüklüler) sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.




(13)  Godefroy de Bouillon, né vers 1058, soit à Baisy dans l'alleu de Genappe(aujourd'hui Baisy-Thy dans la province du Brabant wallon en Belgique) soit à Boulogne dans le comté de Boulogne (aujourd'hui Boulogne-sur-Mer dans le département Pas-de-Calais en France), et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc, duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

Fils de sainte Ide de Boulogne, héritier des ducs de Basse-Lotharingie et d'Eustache II, comte de Boulogne, du royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Il appartient à un clan de ducs, comtes et évêques, à un groupe aristocratique qui gouverne la Lotharingie depuis 950 au moins.






(14) Raymond IV (ou VI)  de Toulouse, mieux connu sous le nom de Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - † 1105) est un comte de Saint-Gilles (1060-1105), duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105),marquis de Provence (v. 1085 - 1105), comte de Toulouse (1094-1105) et comte de Tripoli (de 1102 à 1105, sous le nom de Raymond Ier).






Raymond est le second fils de Pons, comte de Toulouse, et d'Almodis de la Marche. À la mort de son père, son frère aîné Guillaume IV hérite de l’ensemble des biens paternels, Raymond devant se contenter du comté de Saint-Gilles, qui se résume à une moitié de l’évêché de Nîmes, du château de Tarascon, de la terre d’Argence et de la moitié de l’abbaye de Saint-Gilles.

[…]

Il épouse en premières noces vers 1066 la fille d'un comte de Provence, qui peut être soit Bertrand Ier de Provence, soitGeoffroy Ier de Provence. De ce mariage est né :
• Bertrand († 1112), comte de Toulouse, d'Albi, d'Agen, de Rouergue et du Quercy, marquis de Gothie, duc de Narbonne et comte de Tripoli.

Probablement veuf, il se remarie avec Mathilde de Hauteville († av. 1094) et fille de Roger Ier, comte de Sicile, et de Judith d'Évreux.

Il se marie ensuite pour la troisième fois en 1094 avec Elvire de Castille, fille d'Alphonse VI, roi de Castille et de Léon et de sa maîtresse Jimena Munoz. Elle donna naissance à :
• Alphonse Jourdain (1103 † 1148), comte de Toulouse, d'Albi, etc.




(15)  Tancrède de Hauteville (vers 1070/1072 - 5 décembre 1112) est un chevalier normand d'Italie méridionale, membre de la maison de Hauteville, qui participa à la première croisade avant de devenir prince de Galilée et régent de la principauté d'Antioche. Il est le fils du seigneur normand Odon le Bon (Odonis boni marchisi selon Orderic Vital) et d’Emma de Hauteville, fille de Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile. Il était l’époux de Cécile de France.







(16)  Onfroy II de Toron, né vers 1117, mort vers 1179, était seigneur de Toron, connétable du royaume de Jérusalem, fils d'Onfroy Ier de Toron.

Il devint seigneur d'Hébron peu de temps avant 1140 et épousa la fille de Rénier Brus, seigneur de Banias. Ce mariage lui apporta Banias qu'il ajouta à Toron. Onfroy devint ensuite châtelain d'Hébron en 1149 quand celui-ci retourna au domaine royal. En 1153, il devint connétable du royaume quand Baudouin III de Jérusalem devint seul régnant après une lutte contre sa mère Mélisende.

[…]

Il est l’époux de Philippa d’Antioche et eut un fils Onfroy III de Toron.




(17) Le Chastelet du Gué de Jacob est appelé aussi Bayt al-Ahzan ou Metzad Ateret.

Forteresse de Terre Sainte construite par l'ordre du Temple en 1178 au Gué-Jacob sur le Jourdain, lieu de passage des pèlerins. Alors qu'elle était en chantier, elle fut entièrement démolie sur les ordres de Saladin en 1179.


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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 20:54





La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade (1), en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan (2), aux forces de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.









Après le décès, à Acre, du jeune roi Baudouin V de Montferrat (3), âgé de huit ans, le régent Raymond III de Tripoli est destitué, le trône de Jérusalem échoit à Guy de Lusignan, nouvel époux de Sibylle (4), la sœur du roi Baudouin IV le Lépreux, décédé le 16 mars 1185.

Fin 1186 ou début de 1187, Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal, brise la trêve en vigueur depuis près de six ans entre Francs et musulmans en s'emparant d'une caravane, pourtant sous forte escorte, qui se rend du Caire à Damas. Il en massacre les hommes en armes et emprisonne les commerçants et les caravaniers dans sa citadelle de Kérak. Par la suite, il attaque d'autres caravanes de pèlerins allant à La Mecque, et projette même de détruire le lieu sacré de l'Islam.

Saladin essaie de se montrer patient et fait preuve de diplomatie, préférant se consacrer entièrement à la gestion de son pays. Son empire est délabré par de nombreuses années de guerre civile entre seigneurs arabes et les croisés. Il vient d'achever l’unification des musulmans, et même la ville de Mossoul, qu’il a assiégée à plusieurs reprises, a signé la paix (en 1186). La trêve, qu'il a personnellement signée avec Raymond de Tripoli, doit lui permettre de préparer la riposte, et il estime que le moment de la rompre n'est pas encore arrivé. Il envoie donc des émissaires porteurs de messages d’indignation à Renaud de Châtillon, mais le somme de respecter la trêve, de relâcher les prisonniers et de restituer les biens saisis. Méprisant, Renaud lui conseille de demander à Mahomet de venir les sauver.

Ne pouvant laisser cet affront impuni, Saladin réunit un peu plus de 12 000 soldats à Damas, puis dès le mois de mars assiège la citadelle de Al-Karak puis la citadelle de Shaubak (5), avant de se diriger vers Banias (6) près deTibériade. Les troupes musulmanes rencontrent par hasard une délégation de barons francs, qu'elles tuent ou font prisonniers.

De leur côté, les croisés s’enlisent dans leurs querelles internes. En mars1187, Raymond de Tripoli, fort de la trêve de quatre ans signée avec Saladin et sûr de son soutien, refuse de prêter hommage au nouveau roi de Jérusalem. Celui-ci, désireux de se débarrasser de son rival qu'il accuse de complaisance envers les musulmans, se prépare à attaquer Tibériade, qui appartient à la femme du comte de Tripoli. Alerté, ce dernier conclut une alliance avec Saladin qui débloque la ville.

Le 30 avril 1187, conformément à leur alliance, Saladin demande à Raymond de Tripoli de laisser ses éclaireurs faire une reconnaissance du côté du lac de Tibériade. Le comte, embarrassé, ne peut refuser. Il exige cependant que les soldats musulmans quittent son territoire avant le soir et ne s’en prennent ni aux biens, ni aux personnes. Le 1er mai, 7 000 cavaliers passent sous les murs de la ville. Le soir même, alors qu'ils font le chemin en sens inverse, ils rencontrent 150 chevaliers de l'Ordre du Temple qui ont attaqué une colonne près de Séphorie, au nord de Nazareth. C'est le massacre. Seuls trois Templiers parviennent à s'enfuir, dont le maître de l'Ordre, Gérard de Ridefort (7).

À la suite de ce désastre, Raymond de Tripoli se repent et met ses forces à la disposition de Guy de Lusignan. Le 24 juin, les Francs sont prêts. Ils ont réuni une grande armée constituée de 2 000 chevaliers (dont 1 200 Templiers commandés par Gérard de Ridefort et Hospitaliers, menés par le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse (08)) et 13 000 fantassins. Ils sont soutenus par 40 000 mercenaires, en majorité des musulmans, dont 2 500 cavaliers et 7 000 fantassins payés et armés par les Templiers. En face, de nouvelles troupes ont rejoint Saladin, qui dispose au total de plus de 60 000 soldats.






Le 2 juillet, dans l'après-midi, l'armée des Francs arrive à Séphorie. Ils sont à l'abri de toute attaque et disposent là de vivres en quantité et d'eau à volonté, grâce aux fontaines de la cité. Pour forcer les Francs à venir à lui, Saladin attaque la cité de Tibériade où se trouve toujours la comtesse Échive de Bures, l'épouse de Raymond de Tripoli. Ses troupes réussissent à prendre la ville basse, qui est incendiée, et poussent la population à se réfugier dans la forteresse, tout en laissant passer des messagers qui rejoignent l'armée franque à Séphorie, distante d'environ vingt-sept kilomètres de Tibériade. Saladin espère ainsi pousser les Francs à l’affrontement.
Le soir même de l'attaque, le roi réunit un conseil. Face à la menace qui pèse sur Tibériade, les trois beaux-fils de Raymond de Tripoli veulent que l'armée vole au secours de leur mère, mais Raymond s'oppose à eux : selon lui, il convient d'attendre Saladin en position de force. Les Sarrasins seraient alors épuisés par leur progression sur des routes poussiéreuses et brûlantes, ainsi que par le manque cruel d'eau. Il déclare qu'il « préférerait perdre Tibériade et tout ce qu'elle renferme plutôt que l'unique armée du Royaume ». Renaud de Châtillon accuse Raymond de lâcheté. Néanmoins, c'est lui qui emporte la décision à la fin du conseil.

Après la fin du conseil, Gérard de Ridefort va s'entretenir personnellement avec le roi sous sa tente pour le convaincre de changer d'avis. Il rappelle la réputation de traîtrise de Raymond de Tripoli et argue que concéder une victoire aux Sarrasins alors que l'armée était si proche serait un signe de faiblesse. Il laisse également entendre que si le roi ne laisse pas ses hommes venger les morts de la fontaine de Cresson, les Templiers risquent fort de déserter. Guy de Lusignan se range à l'avis du Maître de l'Ordre.

L'armée franque, divisée en trois corps, se met en route à l'aube du 3 juillet. Les hommes souffrent de la chaleur et les réserves d'eau sont vite épuisées. Saladin a pris soin de faire combler les puits et d'empoisonner les trous d'eau. Sans jamais engager le combat, des cavaliers les harcelèrent de tous côtés de leurs flèches, et ralentissent la marche. Cette tactique réussit si bien, qu'au soir du 3 juillet, le roi propose de rejoindre le village de Hattin où se trouve l'un des rares points d'eau. Mais Saladin devine le projet et lui barre la route. À la nuit tombée, les Francs sont obligés de bivouaquer parmi les pierres brûlantes, sur le sable desséché. Leurs outres sont vides. Toute la nuit, ils sont harcelés, et doivent veiller pour la troisième nuit consécutive.








Mouvements des troupes jusqu'à la bataille



Au matin du 4 juillet, la journée s'annonce encore plus chaude que la veille. De plus, les Francs se trouvent sous le vent. Saladin positionne ses troupes afin de bloquer toute tentative de sortie, et fait mettre le feu aux broussailles. Le vent pousse la fumée et le feu vers les croisés. Sans eau pour se rafraîchir, les Francs étouffent sous leurs imposantes cuirasses. Ils mènent cependant des combats pour tenter de percer les lignes ennemies et de gagner les rives du lac de Tibériade.





Peu à peu, les Francs sont repoussés et contraints de se rassembler sur une élévation appelée les Cornes de Hattin, un piton basaltique dominant la plaine voisine. Raymond de Tripoli réussit à se créer une sortie vers Séphorie en emmenant avec lui le fils du prince d'Antioche, ses chevaliers et quelques barons syriens. Quelques détachements réussissent également à s'enfuir vers Tyr. Le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse, blessé, réussit à gagner Ascalon avec quelques cavaliers évitant ainsi une mort certaine.



Cavaliers musulmans

Le reste des forces défendent leur position élevée sur les Cornes de Hattin. Selon les récits des chroniqueurs, la bataille est terrible et les morts nombreux des deux côtés. La chute de la tente royale symbolise la défaite franque, alors que le roi et ses grands barons parviennent à trouver refuge dans la forteresse de Tibériade.







Ecussons des participants à la bataille de Hattin






Le lendemain, 5 juillet, sans espoir de secours, les barons sortent de la forteresse et se rendent à Saladin. Parmi les prisonniers de marque :

• Guy de Lusignan, roi de Jérusalem ;
• Amaury II de Lusignan (9), connétable du royaume de Jérusalem ;
• Geoffroy de Lusignan (10) , comte de Jaffa et d'Ascalon ;
• Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain ;
• Gérard de Ridefort, grand-maître de l'Ordre du Temple ;
• Onfroy IV de Toron, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal ;
• Guillaume de Montferrat (11).

Le roi de Jérusalem est conduit à Damas, avec les autres nobles capturés, en vue d'être libérés contre rançon. Tous les Templiers et Hospitaliers survivants, à peu près 300, sont immédiatement mis à l'écart et décapités en place publique, sauf les grands-maîtres, le templier Gérard de Ridefort est fait prisonnier avant d'être libéré moyennant rançon et l'hospitalier Garnier de Naplouse réussit à fuir jusqu'à Ascalon. Les autres chevaliers francs sont faits prisonniers, mais leurs vies sont épargnées, hormis celle de Renaud de Châtillon, décapité par Saladin. Les soldats turcs et musulmans au service des Francs, les turcopoles, considérés comme traîtres et renégats, sont massacrés sans pitié. Les autres combattants francs sont faits prisonniers et réduits en esclavage.






Un peu plus de 30 000 soldats meurent en une journée des deux côtés. La fine fleur de la chevalerie franque est décimée, et les défenses du royaume de Jérusalem quasiment réduites à néant. Les musulmans infligent aux croisés une dure défaite psychologique, car ils ont perdu la relique de la Vraie Croix, emblème de la chrétienté.
La Palestine passe sous le règne de Saladin. Lors du seul mois de juillet, il prend la citadelle deTibériade (le 6 juillet), les cités de Saint-Jean-d'Acre, de Césarée de Sidon et de Jaffa. Cette dernière résiste plus longtemps à l’armée d'al-Adel (12) venue d’Égypte mais finit par tomber, et ses habitants sont vendus en esclavage. Le 6 août, c'est au tour de Beyrouth, avant Ascalon le 4 septembre et Gaza le 5. Le 20, Saladin commence le siège de Jérusalem, qui n'est plus défendue que par 6 000 hommes levés en hâte parmi les habitants et dirigés par Balian d'Ibelin.

La ville sainte tombe le 2 octobre 1187. Elle n'est pas pillée, et les habitants qui en ont les moyens sont libérés ; les autres finiront esclaves.

Les Templiers négocient leur sortie. Saladin conclut un marché avec notamment Balian d'Ibelin qui promettait de détruire les lieux saints musulmans si la ville et ses habitants n'étaient pas épargnés. Cependant, Saladin en tenant sa promesse a évité de verser du sang. De même qu'il avait permis aux chevaliers d'Acre et d'Ascalon de s'exiler à Tyr, ceux de Jérusalem rejoignent aussi Tyr, dernier bastion de la résistance franque.
En novembre, Saladin vient mettre le siège devant Tyr, défendue par le baron Conrad de Montferrat (13). Les Francs réussissent à incendier une partie de la flotte musulmane, et obligent Saladin à abandonner le siège, son importante armée devant être démobilisée à l'entrée de l'hiver. Sur le chemin du retour, il s'empare encore des villes de Lattaquié,Tartous, et Safed en territoire syrien.

Hattin modifie considérablement l'équilibre des forces au détriment des chrétiens. Cependant, cette défaite des croisés, une fois connue en Occident, va provoquer un vigoureux sursaut des principaux souverains de la chrétienté : l'empereur Frédéric Barberousse (14), le roi de France Philippe Auguste (15) et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, étant le seul qui obtiendra quelques résultats. Des renforts considérables vont commencer à affluer. La troisième croisade commence peu après.





(1) Le lac de Tibériade, mer de Galilée ou lac de Genézareth est un lac d'eau douce d'une superficie de 160 km situé au nord-est d’Israël. La revendication syrienne sur une partie de sa rive orientale a fait achopper les dernières négociations pour la conclusion d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, sous l'égide des États-Unis.

Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.





(2) Guy de Lusignan (1159-1194), est un comte de Jaffa et d’Ascalon de 1180 à1186, roi de Jérusalem de 1186 à 1192, et roi à Chypre1 de 1192 à 1194. Il est fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.

Sixième fils de Hugues VIII de Lusignan et de Bourgogne de Rançon, époux de Sibylle de Jérusalem dont il eut deux enfants : Alice de Lusignan et Marie de Lusignan.






(3) Baudouin V de Jérusalem ou Baudouinet (août 1177 † août 1186), est roi de Jérusalem de 1183 à 1186, fils de Guillaume de Montferrat, comte de Jaffa etd'Ascalon, et de Sibylle de Jérusalem.



(4) Sibylle de Jérusalem (°1159 † 1190), reine de Jérusalem de 1186 à 1187, est une fille d'Amaury Ier de Jérusalem et d'Agnès de Courtenay. Elle était la sœur de Baudouin IV le lépreux.

De son premier mariage, célébré en octobre 1176, avec Guillaume Longue Epée de Montferrat (v.1150 † 1177), elle a eu :

• Baudouin V ou Baudouinet (1177 † 1186), roi de Jérusalem

Elle se remarie ensuite en avril 1180 avec Guy de Lusignan (1159 † 1194), et a :
• Alice de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190)
• Marie de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190).
• deux autres enfants.




(5) Le krak de Montréal ou de Mont Réal, aussi appelé par les historiens arabesKarac el Chobac, château d'al-Shawbak ou de Schaubak est un château fort datant du XIIe siècle, à l'époque des croisades. Il est situé dans la région d'Édom (« Idumée ») à environ 50 km au sud-est de la mer Morte. Les ruines d'al-Shawbak sont situées en Jordanie.







(6) Baniyas, Banias ou Panéas est un site archéologique qui s'est appelé Césarée de Philippe pendant la période romaine. Le site est situé sur le mont Hermon à la source de la rivière Baniyas, près d'une des sources du Jourdain. Il a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem pendant les croisades. Le site est à l'est de la frontière internationale entre Israël et la Syrie dans le territoire occupé par Israël dans le Golan depuis 1967.




(7) Gérard de Ridefort, ou encore Girard de Ridefort, né en Flandre dans les années 1140, et mort le 4 octobre 1189 devant Acre, est le dixième maître de l'Ordre du Temple. Soutenant Guy de Lusignan contre Raymond III de Tripoli, il contribue à la reprise de la guerre entre Saladin et le roi, à l'encontre de la politique menée depuis Amaury Ier. Ayant fourni le prétexte des hostilités, il pousse le roi à entreprendre la bataille de Hattin, et est par là l'un des principaux responsables de la chute du Royaume de Jérusalem.




(08) Garnier de Naplouse aussi connu sous le nom de Garnier de Syrie est le 10e supérieur
de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.


Initialement profès de l'Ordre des Hospitaliers à Naplouse, sa patrie, il fut investi, en 1177, de la charge de précepteur ou commandeur de l'Hôpital de Jérusalem par Roger de Moulins alors Grand Maître des Hospitaliers. Bien qu'il fût percé de coups à la funeste bataille de Hattin en 1187, qui décida du sort de Jérusalem, Garnier de Naplouse parvint toutefois à gagner la ville d'Ascalon et s'y rétablit de ses blessures.
Trois ans plus tard, en 1190, il est à son tour promu à la dignité de Grand Maître, après la mort du prédécesseur Hermangard d'Asp.
Garnier de Naplouse participa à la Bataille d'Arsouf et ne mourut qu'un an plus tard vers la fin l'an 1192, sans avoir cessé de combattre pour la défense de la Terre sainte.




(9) Amaury II de Lusignan, né vers 1145 dans le Poitou, décédé à Saint-Jean-d'Acre le 1er avril 1205, est le quatrième fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.


D’abord connétable du royaume de Jérusalem, il succède à son frère Guy de Lusignan comme seigneur de Chypre de 1194 à 1205, est sacré roi de Chypre en1194, puis épouse Isabelle Ire de Jérusalem et devient roi de Jérusalem de 1197 à1205.




(10) Geoffroy de Lusignan (1150 † 1224), comte de Jaffa et d'Ascalon (1186-1193), seigneur de Vouvant et Mervent, de Montcontour et de Soubise, fils deHugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan, et de Bourgogne de Rançon.

Il vint en Terre Sainte et, lorsque son frère Guy devint roi de Jérusalem, reçut les comté de Jaffa et d'Ascalon. Il combattit à la bataille de Hattin et fut fait prisonnier. Il renonça à ses comtés lorsque son frère mourut et revint en Europe.

Il avait épousé :

1) avant 1200 Eustach(i)e de Chabot, héritière de fiefs à Vouvant et Mervent, d'où
***Geoffroy II de Lusignan, seigneur de Vouvant et Mervent, et de Montcontour, identifié par le roman de Jean d'Arras, vers 1400, au personnage redoutable de Geoffroy-la Grand'Dent, fils de la fée Mélusine

2) vers 1202 Humberge de Limoges, fille d'Adémar V, vicomte de Limogeset de Sarra de Cornouailles
• Guillaume de Lusignan, seigneur de Vouvant et Mervent, et de Montcontour, épousé ca. 1226 Marguerite de Mauléon, d'oú
***Valence de Lusignan, dame de Vouvent et Mervent, et de Montcontour, épousée vers 1247 Hugues III de Parthenay, décédé en 1271




(11) Guillaume V de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici)(en occ. et en piem. Guilhem, en it. Guglielmo) (v. 1115 † 1191), également connu sous le nom de Guillaume l'ancien pour le distinguer de son fils aîné, Guillaume Longue Épée, est marquis de Montferrat de 1136 à sa mort en 1191. Guillaume est le fils unique du marquis Rénier Ier et de sa femme Gisèle, fille de Guillaume Ier, comte de Bourgogne et veuve du comte Humbert II de Savoie. Il est probable qu'il soit l'un des plus jeunes enfants de ses parents, car il combattait encore en 1187.

Guillaume épouse Judith de Babenberg, fille de Léopold III d'Autriche et d'Agnès de Franconie, quelque temps avant le 28 mars 1133, et eut :

• Guillaume Longue Épée (v. 1140 † 1177), comte de Jaffa et d'Ascalon, père du roi Baudouin V de Jérusalem,
• Conrad (v. 1145/7 † 1192), roi de Jérusalem,
• Boniface (v. 1150 † 1207), marquis de Montferrat et fondateur du royaume de Thessalonique,
• Frédéric, qui entra dans les ordres devient évêque d'Alba,
• Rénier (1162 † 1183), marié dans la famille impériale de Byzance.
• Agnès († 1202), mariée à Guy Guerra III Guidi, comte de Casentino. Ce mariage est annulé vers 1180 en raison du défaut d'enfant, et Agnès entre dans le convent de Sainte Marie di Rocca delle Donne.
• Adelasia ou Azalaïs († 1232), mariée vers 1182 à Manfred II de Saluces. Elle a été regente au nom de son petit-fils Manfred III.
• une fille dont le prénom est inconnu, mariée à Albert, marquis de Malaspina.




(12) Al-Malik al-`Âdil Sayf ad-Dîn Safadin (dit « le Juste »), (né en 1143 - mort en 1218), est un sultan ayyoubide de 1200 à 1218. Après avoir vécu dans l'ombre de son frère Saladin, il profite des luttes de pouvoir entre les fils de ce dernier pour se poser en arbitre des querelles de ses neveux, puis finit par les éliminer pour devenir le sultan suprême de l'empire ayyoubide.




(13) Conrad de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici), né vers 1145/47 et assassiné le 28 avril 1192, est seigneur de Tyr de 1187 à 1192, marquis de Montferrat de 1190 à 1192 et roi de Jérusalem en 1192, fils de Guillaume V, marquis de Montferrat et de Judith de Babenberg.



Conrad de Montferrat, par François-Édouard Picot,
1843 (Musée de Versailles, Salle des croisades)





(14) Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (en allemand : Friedrich I., Barbarossa, 1122 – 10 juin 1190), fut empereur romain germanique,roi des Romains, roi d'Italie, duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.

Premier mariage avec Adela von  Vohburg, annulé.

Second mariage avec Béatrice de Bourgogne et eut :

• Rainald ou Renaud (*1161-†1164)
• Béatrice (1162-† début 1174 ou 1179)
• Guillaume (*1163 - †1164)
• Frédéric V de Souabe (*16 juillet à Pavie ; † 28 novembre 1169/1171), duc de Souabe
• Henri VI (*1165 - † 1197) empereur germanique, roi de sicile, marié à Constance de Sicile (*1154 - †1198) fille du roi Roger. Il est le père de  l’empereur germanique Frédéric II
• Conrad (*1167 - † 1191) dit Frédéric VI de Souabe, duc de Souabe
• Agnès (* octobre/novembre 1168 ou 1174 ; †8 octobre 1184)
• Conrad II de Souabe ( 1169 - † 1196), duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (* 1171 - † 1200), comte palatin de Bourgogne, marié à Marguerite de Blois (†1230), comtesse de Bourgogne, Comtesse de Blois
• Sophie (* 1175  - ?)
• Philippe Ier de Souabe (* 1177 - † 1208), duc de Souabe, roi de Germanie/ roi des Romains, marié à Marie de Byzance (*1181 ; 0134 1208), fille de l’empereur Isaac II d’Ange




(15) Philippe II dit « Philippe Auguste », né le 21 août 1165 à Paris et mort à Mantes le 14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne.


Marié en 1180 avec Isabelle de Hainaut, comtesse d’Artois (1170-1190), fille de Baudouin V de Hainaut, ils ont eu :

• 1. Louis VIII (1187 -1226) et postérité
• 2. Et 3. Des jumeaux (nés et morts en 1190)

Marié en 1193 avec Ingeburge de danemark (1176-1238), fille de Waldemar Ier, roi de Danemark, sœur de Knut Ier, roi de Danemark. Répudiée en 1193, rétablie officiellement en 1200, sans postérité


Marié en 11963 avec Agnès de Méranie, fille de Berthold IV de Méranie, qui donne naissance à trois enfants naturels, dont les deux survivants sont néanmoins reconnus héritiers légitmes de Philippe Auguste par le pape Innocent III :

• 4. Marie (v.1198-1224), avec postérité
• 5. Philippe Hurepel (1200-1234), avec postérité

Avec « une certaine dame d’Arras » :

• 7. Pierre Charlot (1205-1249), évêque de Noyon


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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 22:03





La bataille d'Arsouf eut lieu le 7 septembre 1191, à Arsouf (ou Arsour selon l'orthographe que l'on pouvait trouver à l'époque, aujourd'hui Apollonie), en Terre sainte, dans le cadre de la Troisième croisade. Elle opposa une armée croisée forte de 20 000 hommes commandée par Richard Ier d'Angleterre, renforcée par des contingents de Chevaliers de l'Ordre du Temple dirigés par Robert de Sablé (1)  et des Chevaliers de l'Ordre de L'Hôpital menés par Garnier de Naplouse, à une armée Ayyoubide forte de 20 000 hommes (dont une majorité montée), commandée par Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb. Il s'agit de la première victoire croisée depuis 14 ans, la dernière datant de 1177, quand Baudouin IV de Jérusalem réussit à repousser une force ayyoubide (2) également dirigée par Saladin.


Après une série de raids et d'escarmouches menées par les forces de Saladin, les deux armées se rencontrèrent dans la plaine d'Arsouf, au matin du 7 septembre 1191. Les forces de Richard résistèrent aux nombreuses charges de cavalerie sarrasines ayant tenté de détruire la cohésion de l'armée croisée. Subitement, lorsque les Hospitalliers se débandèrent, les Sarrasins continuèrent à avancer, jusqu'à ce que Richard rallie ses forces avant de victorieusement contre-attaquer



Bataille d'Arsouf, par Eloi Firmin Feron
(tableau du XIXe siècle)






Après la chute de Jérusalem, une troisième croisade avait été lancée à partir de l'Europe. L’entreprise semblait aisée pour les croisés, mais des querelles entre les rois de France et d’Angleterre retardent leur départ. À elle seule, l'armée allemande de l’empereur Frédéric Barberousse pouvait inquiéter Saladin, mais la noyade accidentelle de ce dernier entraîne la dispersion de son armée. Les rois Français et anglais Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ainsi que le grand-maitre de l'Ordre du Temple, Robert de Sablé arrivent enfin en Terre Sainte au printemps 1191 et permettent la prise de Saint-Jean-d’Acre assiégée depuis deux ans.

Philippe Auguste retourne alors en France, en laissant sur place une partie des troupes françaises (10 000 hommes sous le commandement du duc Hugues III de Bourgogne (3). Des négociations sont entamées entre Saladin et Richard Cœur de Lion, à propos de la libération des défenseurs d’Acre en échange de la restitution de la Vraie Croix et du versement d’indemnités mais, trouvant que Saladin fait traîner les choses, Richard ordonne le massacre des prisonniers musulmans, commettant ainsi une faute politique qui révolte les populations musulmanes.


Progression de la troisième croisade de Césarée à Jaffa


Ayant détruit l’option diplomatique, il s’engage avec son allié le Grand-maitre Templier, Robert de Sablé dans la reconquête du littoral palestinien et quittent Saint-Jean-d’Acre le 22 août 1191 en direction de Caïffa. Dès la sortie de la ville, l’armée croisée est assaillie par les cavaliers musulmans qui sont repoussés, et l’armée se regroupe en une masse compacte et protégée par les armures que les musulmans ne parviennent à entamer. Le ravitaillement est assuré par la flotte qui suit l’armée, laquelle ne s’éloigne pas des côtes. Après avoir pris sans encombre Caïffa, évacuée la veille par sa garnison, les Francs continuent leur route et arrivent en vue d'Arsouf le 5 septembre. Richard envoie un émissaire à Saladin pour des pourparlers et ce dernier, désirant gagner du temps délègue son frère Al-Adel. Onfroy IV de Toron sert d’interprète, mais les négociations n’aboutissent pas, et l’armée repart vers Arsouf le 7 septembre.






Le poète Ambroise fait une description précise de l’ordre de marche de l’armée : d’abord les Templiers mené par Robert de Sablé, suivis des troupes angevines et bretonnes, puis Guy de Lusignan avec les chevaliers poitevins, les Normands, les Anglais, les Français avec le chevalier flamand Jacques d’Avesnes (4) et les barons capétiens avec le comte Robert II de Dreux (5), son frère Philippe (6), évêque de Beauvais et Guillaume des Barres (7), et à l’arrière garde les Hospitaliers mené par Garnier de Naplouse. Henri II, comte de Champagne (08), garde le flanc gauche de l’armée, face à la plaine, et Richard Cœur de Lion et Hugues III de Bourgogne patrouillent en permanence le long de la colonne, prêts à faire face au danger qui peut venir de n’importe où.






Quand l’armée croisée atteint les abords d’Arsouf, Saladin donne le signal de l’attaque et les cavaliers turcs, au nombre de trente mille selon les dires d’Ambroise, encerclent les croisés et les criblent de flèches. Les soldats, protégés par leurs armures n’ont que peu de perte, mais de nombreux chevaux sont tués. Un moment les croisés sont au bord du désastre rappelant celui de la bataille de Hattin. Mais Richard, bien que piètre politique, met en œuvre ses qualités de stratège. Il ordonne aux Hospitaliers de l’arrière-garde de tenir coûte que coûte, et adopte dans un premier temps une attitude défensive, et interdit aux chevaliers de poursuivre les Turcs, qui tentent leur technique de la fuite simulée. La discipline est telle que les chrétiens obéissent. Faisant preuve d'adresse, les archers et les arbalétriers de Richard infligèrent des pertes notables aux cavaliers turcs.


Mais comme les troupes ne peuvent tenir indéfiniment et que les pertes s’accumulent, il commence à mettre en place une charge destinée à entourer les cavaliers turcs pour les anéantir. Au moment où les chevaliers chrétiens entourent les cavaliers ayyoubides, les sons des trompettes devaient indiquer aux croisés d’infléchir leur charge vers l’intérieur afin de tailler en pièces les soldats musulmans et d'anéantir l’armée de Saladin. Mais l’impatience d’un Hospitalier et du chevalier anglais Thomas Carrew déstabilise la manœuvre qui devient une charge directe, qui balaye l’armée de Saladin, mais ne peut pas l’empêcher de se replier. Les archers musulmans, qui étaient descendus de leur monture et qui se trouvent en première ligne sont décapités ou renversés, et achevés par les sergents. La charge croisée enfonce ensuite les cavaliers turcs qui prennent la fuite. Craignant un piège, Richard interdit la poursuite et leur ordonne de faire demi-tour, tandis que Saladin regroupe ses troupes, au nombre de vingt mille soldats, sur une colline voisine. Ils attaquent la cavalerie franque qui revient vers Arsouf et tuent un certain nombre de chevaliers dont Jacques d’Avesnes, mais les Francs font volte-face et chargent à nouveau, dispersant encore les troupes sarrasines, lesquelles fuient une nouvelle fois et se réfugient dans des collines boisées. Conscient qu’il est dangereux de continuer dans ce terrain couvert, Richard ordonne de nouveau la fin de la poursuite.






La supériorité militaire, qui appartenait aux Musulmans depuis les années 1170, revient de nouveau aux Francs pour une longue période, selon l’historien René Grousset qui parle de soixante ans, mais il convient de nuancer cette durée, car il y a la défaite du comte de Bar à Gaza (1239) et la Bataille de Forbie (9) (1244) qui contredisent cet avis. À vrai dire, il n’y a eu pratiquement aucune véritable bataille en rase campagne dans les décennies qui suivent. L’avenir montre même que, sans le soutien d’une armée croisée venue d’Europe, les Francs d’Orient n’ont pas vraiment les moyens militaires de se lancer dans des campagnes : on verra notamment le roi Amaury II de Lusignan y renoncer lorsque la quatrième croisade est détournée sur Constantinople.


Saladin, qui n’a pas réussi à vaincre les croisés, ni par le harcèlement, ni par la bataille, voit son prestige diminué auprès de ses troupes. Il tente de défendre Ascalon, mais ses émirs refusent de le suivre et il doit se résoudre à pratiquer la tactique de la terre brulée, en ordonnant la destruction de Jaffa, d’Ascalon et de Ramla.

Richard Cœur de Lion n’exploite pas son succès. Il entreprend la reconstruction de Jaffa, alors qu’il aurait pu surprendre l’armée de Saladin à Ascalon, ou reprendre Jérusalem, mal défendue par une garnison trop faible et des fortifications qui n’ont pas encore été réparées depuis le siège de 1187.




(1)  Robert IV de Sablé, seigneur de Sablé, un des principaux barons du Maine, alors sous domination anglaise, est le onzième maître de l'Ordre du Temple qu'il a dirigé de 1191 à sa mort en 1193. Il a combattu au côté de Richard Cœur-de-Lion pendant la troisième croisade. Il a aussi laissé une œuvre poétique.




(2) La dynastie musulmane des Ayyoubides ou Ayyubides est une famille arabe d’origine kurde et descendante d’Ayyoub. À l’origine ce sont des officiers des émirs Zengi puis Nur ad-Din. Ensuite, Saladin prend le pouvoir en Égypte en 1170, puis unifie la Syrie contre les Francs, avant de conquérir la plus grande partie des états latins d’Orient. Après lui, les sultans Al-Adel et Al-Kamil règnent en Egypte jusqu’en 1250, tandis que d’autres princes ayyoubides se succèdent en Syrie jusqu’en 1260 et au Yémen jusqu’en 1229.




(3) Hugues III, né en 1148, mort à Tyr le 25 août 1192, duc de Bourgogne de 1162 à1192, fils de Eudes II, duc de Bourgogne, et de Marie de Blois.
[…]

Après la chute de Jérusalem, il s'engagea dans la troisième croisade, participa à la bataille d'Ascalon et à la prise d'Acre. Philippe II Auguste, lorsqu'il rentra en France, lui confia le commandement du détachement français (près de 10 000 hommes). Il combat au côté de Richard Cœur de Lion et meurt à Tyr.

En 1165, il épouse en premières noces Alix de Lorraine (1145 - †1200), fille deMatthieu Ier, duc de Lorraine, et de Judith de Hohenstaufen, aussi appelée Berthe (1123 - 1195), et eu :

• Eudes III (1166 - †1218), duc de Bourgogne ;
• Alexandre (1170 - †1205), seigneur de Montagu, auteur de la branche des seigneurs de Montagu ;
• Douce (1175 - †1219/), mariée en 1196 avec Simon de Semur (†1219) seigneur de Luzy ;
• Alix de Bourgogne (1177 - 1220), mariée à Béraud VII, seigneur de Mercœur.

Il répudie Alix en 1183 et se remarie en 11842 avec Béatrice d'Albon (1161 - †1228), héritière du Dauphiné, fille de Guigues V d'Albon, dauphin de Viennois et de Béatrice de Montferrat et eu :

• André Guigues VI (1184 - †1237), dauphin de Viennois ;
• Mahaut (1190 † 1242), mariée en 1214 à Jean Ier (1190 † 1267), comte de Châlon et d'Auxonne ;
• Anne (1192 † 1243), mariée en 1222 à Amédée IV (1197 † 1253), comte de Savoie.



(4) Jacques Ier d'Avesnes (1152 - 7 septembre 1191) est le fils de Nicolas d'Avesnes dit le beau et Matilda de la Roche. Il est seigneur d'Avesnes, de Condé, de Guise, Leuze et de Landrecies à partir de 1171.

En 1156, il signe la Charte d'Hirson.

En 1170, il participe à la bataille de Carnières, engagé dans l'élite des chevaliers du Hainaut et au siège de Rouen. Ensuite, il se retourna contre le comte de Hainaut et se fit vassal du Roi d'Angleterre, Henri.

En 1174, Jacques d’Avesnes, fait assassiner l’évêque de Cambrai. Le comte de Hainaut, Baudouin V fait raser le château de Condé pour punir ce turbulent vassal. En 1186, il participe à la signature entre le comte de Hainaut et le comte de Flandre.

Deux ans après il suit Philippe d'Alsace en partance pour la Terre sainte avec sept mille hommes dont il prend le commandement. Il participe au siège de Saint-Jean-d'Acre et repousse avec le Roi de France et le Roi d'Angleterre les troupes de Saladin. Au départ de Philippe Auguste, il prend le contrôle de l'aile droite de l'armée de Richard Cœur de Lion. Lors de la bataille d'Arsouf en 1191, il eut la jambe coupé par une hache et le bras droit tranché d'un coup de cimeterre. Au moment de sa mort le 7 septembre, il s'écria « Ô Richard, venge ma mort ! ». Il expira sur le même champ de bataille que Gérard d'Avesnes.

Il se marie avec Adèle dame de Guise (? - 23 Sep 1266), ils ont pour enfants :

• Gautier II d'Avesnes (1170 † 1244),
• Bouchard d'Avesnes (ca.1170 † 1244),
• Adélaïde D'Avesnes (~1180, 23 septembre 1216) qui épousa Engelbert IV d'Enghien.




(5) Robert II de Dreux, né vers 1154, mort le 28 décembre 1218, comte de Dreux, de Brie et de Braine, fils de Robert Ier, comte de Dreux, et d'Agnès de Baudement, dame de Braine.

Il participe à la troisième croisade et se signale à la bataille d'Arsur et au siège d'Acre (1191). Revenu en France, il combat les Anglais (1195-1198), puis mène des troupes à la Croisade des Albigeois en 1210 et participe au siège de Termes. Il aide son frère Philippe, évêque de Beauvais, en lutte contre le comte de Boulogne et commande l'aile gauche de l'armée du roi Philippe Auguste lors de la bataille de Bouvines (1214).

Robert II de Dreux et Yolande de Coucy, son épouse, sont inhumés en la nécropole familiale de l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine


Marié en premières noces en 1177 (et séparé en 1181) avec Mahaut de Bourgogne (1150 † 1192), fille de Raymond de Bourgogne, comte de Grignon, et d'Agnès de Montpensier ; mariage sans postérité.

Marié en secondes noces en 1184 avec Yolande de Coucy (v. 1164 † 1222), fille de Raoul Ier, seigneur de Coucy et d'Agnès de Hainaut, d'où :
• Robert III Gasteblé (1185 † 1234), comte de Dreux
• Eléonore (1186 † ap. 1248), mariée à Hugues III de Châteauneuf-en-Thymerais († 1229), puis à Robert de Saint-Clair
• Pierre Mauclerc (v.1187 † 1250), duc de Bretagne
• Isabelle (1188 † ap. 1242), mariée à Jean II de Pierrepont (1205 † 1251), comte de Roucy
• Alix (1189 † 1258), mariée vers 1200 à Gaucher IV de Mâcon († 1219), seigneur de Salins (fils de Géraud Ier de Mâcon), puis en 1221 à Renaud III de Choiseul (1195 † 1239)
• Philippa (1192 † 1242), mariée en 1219 à Henri II de Bar (1190 † 1239)
• Henri, archevêque de Reims (1193 † 1240)
• Agnès (1195-1258), mariée à Etienne II de Bourgogne, comte d'Auxonne († 1241)
• Yolande (1196-1239), mariée à Raoul II de Lusignan, comte d'Eu († 1250)
• Jean (1198 † 1239), comte de Mâcon et de Vienne
• Jeanne (1199 † 1272) religieuse, abbesse de Fontevraud
• Geoffroy (1200-1219)




(6)  Philippe de Dreux, né en 1158, mort le 2 novembre 1217, évêque-comte de Beauvais, élevé à la dignité de pair de France par Philippe Auguste.

Philippe de dreux était le fils de Robert Ier de France, comte de Dreux, et d'Agnès de Baudement, dame de Braine.

Prélat belliqueux, ce soldat mitré du XIIe siècle alla deux fois guerroyer en Terre sainte (en 1179 et pendant la troisième croisade) et resta la seconde fois prisonnier à Bagdad. Ne cherchant que rencontres et batailles, il se signala aux combats d'Arsouf et de Saint-Jean-d'Acre où il fut pris par les Musulmans en1190.

À son retour en Occident, il combattit les Anglais en se mesurant à Richard IerCœur de Lion (1197). Ils le firent prisonnier près de Milly le 19 mai 1197. Il resta longtemps en prison et fut délivré en 1202.

Il prit part à la croisade contre les Albigeois en 1209, et se signala en 1214auprès de Philippe-Auguste à la bataille de Bouvines.

Interprétant d'une manière digne du temps les lois canoniques qui défendaient aux prêtres de verser le sang, il renonça à l'épée et aux armes tranchantes et n'utilisa plus que sa masse d'arme pour assommer ses ennemis.



(7) Guillaume des Barres († 1234), est le plus grand chevalier français du XIIe siècle. Attaché au service de Philippe-Auguste, il joue un rôle déterminant, d'après le chroniqueur Guillaume le Breton, lors de la bataille de Bouvines.

Guillaume des Barres est issu des seigneurs de Oissery (Seine-et-Marne). Son père, du même nom, a servi le roi Louis VII le Jeune. Il meurt en 1179. Parmi les Barres, le plus célèbre est son oncle Evrard des Barres, maître des Templiers de 1149 à 1151.
Guillaume des Barres est sans doute né vers 1160.


Seigneur d'Oissery en 1179, il prend pour épouse la veuve de Simon III de Montfort le Chauve (1117-1181), Amicie de Leicester (?-1215). Il devient donc le beau-père deSimon IV de Montfort, qui mènera la croisade des Albigeois au début du XIIIe siècle.




(08) Henri de Champagne (29 juillet 1166 † 10 septembre 1197), comte palatin de Champagne (Henri II 1181-1197) et roi de Jérusalem j.u. (1192-1197), est un fils d'Henri Ier, comte de Champagne et de Marie de France.

[…]

Marié le 5 mai 1192 avec Isabelle de Jérusalem, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène, il laisse trois filles :

• Marie, née vers 1193 et morte avant 1205.
• Alix de Champagne (vers 1195 † 1247), qui épousera successivement Hugues Ier de Lusignan roi de Chypre, Bohémond V, prince d'Antioche et Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (vers 1196 † 20 décembre 1250) qui épousera en 1215 Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venizy.



(9) La bataille de La Forbie, également connue sous le nom de bataille de Harbiyah, s'est déroulée pendant les croisades, les 17 et 18 octobre 1244, près du village de La Forbie au nord-est de Gaza.

La bataille a opposé deux armées :

• les armées croisées venant du royaume de Jérusalem, des ordres de chevalerie croisés (Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, Ordre Teutonique et Ordre des Hospitaliers) et de troupes venues du territoire de Homs et de la Transjordanie tombés sous la domination des Ayyoubides dirigées par Gautier IV de Brienne.

• l'armée égyptienne du sultan As-Salîh Ayyûb, renforcée par des mercenaires Khorezmiens dirigés par le Mamelouk Baybars. La bataille voit la victoire de Baybars.




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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 22:29





La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte. Durant plusieurs affrontements à proximité de Mansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans. Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IX (1) fut même fait prisonnier au cours de la retraite.






Après la prise de Damiette, les croisés hésitent entre aller prendre Alexandrie pour isoler l’Égypte, ou attaquer directement Le Caire. Cette option l’emporta quand les renforts amenés par Alphonse de Poitiers (2) arrivèrent d'Europe. Les croisés progressent vers le sud à partir du 21 décembre.
Mansourah était la seule ville protégeant Le Caire, aussi les Ayyoubides décidèrent de la défendre. Ils purent bloquer les croisés sur un bras du Nil qui protégeait Mansourah.







Pendant plus d’un mois, les croisés restent bloqués, toutes leurs tentatives de franchissement du bras du Nil, notamment par la construction d’une digue, échouent. À la faveur d’une complicité, l’armée franque franchit ce bras du Nil par un gué, le matin du 8 février.

Malgré les conseils de prudence des templiers, Robert d’Artois (3) qui commande l’avant-garde, est pressé par son ancien gouverneur Fourcaut du Merle qui l'entraîne par la bride. Ils se jettent sur les Turcs, suivis des Templiers du grand-maître Guillaume de Sonnac (4) et des Hospitaliers de Jean de Ronay (5). Ils bousculent le petit corps gardant la rive ; sans attendre le gros de l’armée, Robert d’Artois exploite son avantage, entraînant à sa suite les Templiers, et traverse presque sans opposition le camp sarrasin. L’émir Kahreddin est tué. Les croisés entrent par surprise à l’intérieur de Mansourah et se répandent dans la ville, quand les mamelouks turcs, qui s’étaient repliés, sont repris en main par leur chef Rukn ad-Dîn Baybars(Baybars l’Arbalétrier). Les assaillants sont tous massacrés, dont le comte de Salisbury, à l’exception de quelques chevaliers, dont Guillaume de Sonnac qui y perd un œil.





En arrière, le gros de l’armée croisée affronte les Sarrasins dès sa traversée du fleuve et réussit à repousser la cavalerie adverse qui l’avait contre-attaquée. Dès le lendemain (9 février), Baybars attaque les croisés qui résistent et installent leur camp devant Mansourah.

Une nouvelle bataille générale a lieu le 11 février. Les mamelouks utilisent du feu grégeois. Si Charles d’Anjou est sauvé de la capture par Louis IX, qui remporte la victoire, Robert d'Artois, Guillaume de Sonnac et Jean de Ronay sont tués.







Le 5 avril, touchés par une épidémie, privé de ravitaillement par la perte de leur flotte, capturée par les Mamelouks, les croisés font retraite. Le 7 avril, le roi est fait prisonnier. Alors que les Mamelouks réclament le prix fort pour le libérer ainsi que d'autres prisonniers croisés, Louis IX décide de négocier. Début mars, il se dit prêt à accepter la proposition faite en1249 par le sultan Malik al-Salih Ayyoub de rendre Damiette en échange de Jérusalem. Mais le nouveau sultan al-Mu'adham, qui vient d’arriver en Égypte, refuse. À la mi-mars, les galères égyptiennes détruisent ou capturent les nefs de la flotte franque, coupant toute retraite vers Damiette.

Louis IX est le premier souverain français à être capturé sur un champ de bataille.

Le 6 mai 1250, Damiette est restituée aux musulmans. Louis IX est libéré contre le retrait de ses troupes du territoire égyptien et du paiement d’un million de dinars de rançon. Fin mai, tous les Francs ont quitté le pays.




(1) Louis IX, dit « le Prudhomme », plus connu sous le nom de Saint Louis depuis sa canonisation par l'Église catholique en 1297, est très probablement né à Poissy, le 25 avril 1214, et mort à Tunis le 25 août 1270. Considéré comme un saint de son vivant, il est le 44e roi de France, pays sur lequel il règne pendant plus de 43 ans. Neuvième roi de France issu de la dynastie des Capétiens directs, il est le cinquième enfant et quatrième fils connu du roi Louis VIII, dit « Louis le Lion » et de la reine Blanche de Castille, de laquelle il reçoit une éducation très stricte et très pieuse durant toute son enfance. Aîné des membres survivants de sa fratrie, il hérite de la couronne à la mort de son père, alors qu'il n'est âgé que de douze ans. Il est alors sacré le 29 novembre 1226 en la cathédrale de Reims, mais c'est la reine mère qui, conformément au testament de Louis VIII, exerce la régence du royaume jusqu'à la majorité du nouveau monarque.

Il a épousé Marguerite de Provence et eut :

Blanche, Isabelle, Louis, Philippe III (le Hardi, roi de France), Jean, Jean Tristan, Pierre d’Alençon, Blanche, Marguerite, Robert de Clermont , Agnès




(2)  Alphonse de Poitiers, né le 11 novembre 1220 à Poissy et mort le 21 août 1271,prince de sang royal français, était le frère du roi Saint Louis. Il fut comte de Poitiers, de Saintonge et d'Auvergne de 1241 à 1271, ainsi que comte de Toulouse de 1249 à 1271.

Il est l’époux de Jeanne de Toulouse, aucune postérité




(3) Robert Ier d'Artois est né en 1216 et mort à Mansourah le 8 février 1250. Comte d'Artois (1237-1250), il est le deuxième fils de Louis VIII et de Blanche de Castille et le frère de Saint Louis.

Marié à Mathilde, fille d'Henri II de Brabant et de Marie de Hohenstaufen, il eut :

• Blanche (1248 † 1302), mariée avec le roi Henri Ier de Navarre puis avecEdmond de Lancastre, un prince cadet anglais.
• Robert II (1250 †1302)




(4)  Guillaume de Sonnac ou de Saunhac ou encore de Sennai, est un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut d'abord recteur de la commanderie d'Auzon, puis précepteur de la commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon et précepteur de la province d'Aquitaine à partir de 1236. Il devint maître de l'ordre du Temple en1247.





(5) Jean de Ronay, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il est nommé commandant de l'Ordre par le supérieur de l'Ordre Guillaume de Chateauneuf. Il deviendra lieutenant ad interim des Hospitaliers, de 1244 à 1250, pendant la captivité de Guillaume de Chateauneuf.


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MessageSujet: Re: LES GRANDES BATAILLES   Dim 17 Avr - 22:46




La reconquête de l'île de Majorque sur les Almohades par Jacques Ier d'Aragon, dans le cadre de la Reconquista, débute en septembre 1229. L'essentiel est achevé en trois mois, mais elle dure jusqu'en 1231.









En 903, les maures s'emparent de Majorque, alors chrétienne (romains, vandales puis byzantins).

Avant 1229, plusieurs tentatives de reprise de Majorque avaient été tentées, sans succès durable, dont celle de l'expédition catalano-pisane de 1114.

Le premier débarquement important de troupes chrétiennes catalanes, après l'escale à la Dragonera et à Pantaleu, a lieu le 12 septembre 1229, dans la baie de Santa Ponsa. 143 navires de transport, sécurisés par une dizaine de navires de guerre, auraient débarqués une armée de 20 000 hommes, parfois en plusieurs étapes. L'essentiel du premier transport, soit 1 500 chevaliers et 15 000 hommes de troupe est disponible pour le premier affrontement.

Les croisés sont attendus car la préparation de la croisade, suscitant de nombreux débats, était publique. Le roi chrétien avait sommé le wâlî de lui rendre un navire capturé. Le soldat Rindemeya est choisi pour planter l'étendard royal sur la plage de Santa Ponça. Les autorités almohades, siégeant à Medina Mayorqua aux ordres du wâlî Abou Yahia sont déjà en guerre interne du fait de leur régime intolérant, avec des rebelles qu'elles ne contrôlent plus. La division est installée parmi les rangs maures.

Les Almohades de Majorque n'ont donc ni les moyens ni le temps de faire des fortifications conséquentes. Mais ils sont avertis et leur résistance attend les croisés.

La première bataille à Santa Ponsa, près du village à quelques cinq kilomètres des côtes, est rude. Les Croisés pensent avoir fait l'essentiel des efforts pour prendre le chemin de la capitale. Mais ils doivent déchanter , camper et sécuriser leurs arrières et avant-gardes, ainsi que la tête de pont. La supériorité maritime (bateau type coque à voile) et technique (armure et arme de fer) est de leur côté, ainsi que le nombre, mais le commandement général animé par Nuño Sançh pour les Catalans, les gens du Roussillon et les Occitans affiliés à la ville de Montpellier, Pedro de Portugal pour les Aragonais ou les catalans de la maison du roi, ainsi que les différents seigneurs catalans des troupes croisés semblent incapables de surprendre les Maures, à la fois plus mobiles et agressifs, et instaurant une défense constante. Les forces alliées et mercenaires, cantonnées à un rôle d'arrière-garde ou de défense, se révèlent efficaces, mais les troupes catalanes, appuyées par une force aragonaise de faible envergure, apparaissent de plus en plus désemparées. Les plans de conquête, conçus à Barcelone, nécessairement, doivent s'adapter.





Le roi constatant le piétinement prend le commandement et décide de faire passer en première ligne les troupes initialement prévue en soutien, car elles étaient essentiellement étrangères, d'origine occitane, française et italienne. Ces troupes, cantonnées à des tâches techniques et munies d'armes performantes (arbalètes), passent à l'attaque et perforent en une furia francese le dispositif maure à Illetas le 27 septembre. Mieux, en poursuivant leur avancée, elles parviennent devant la capitale. Au soir du 27 septembre, le roi qui a participé à la bataille d'Illetes a laissé au château de Bendinat l'image légendaire d'un dîner frugal, à base de pain, d'ail et d'olive, avec son commentaire : « havem ben dinat » (littéralement « Nous avons bien dîné », ou « Tous les dîners sont bons, les soirs de victoire »).

Dès le 14 septembre 1229, les galères royales étaient entrées dans la baie de Palma, pour y entamer le siège.





La ville de Madîna Mayûrqa (aujourd'hui Palma de Majorque) tombe en décembre, le jour de la saint Sylvestre de la même année, après trois mois d'un siège où les technicités, les machines italiennes et provençales ont fait merveille.

Le souverain maure de Palma le wâlî Abou Yahia, propose de se rendre, contre la vie sauve, ce que les croisés refusent.

Les rebelles maures de l'île ont opposé une forte résistance aux troupes catalanes ; lorsque les murailles s'effondrent, les croisés massacrent un grand nombre d'habitants, nécessairement devenus sans défense, et rasent quelques quartiers qu'elles jugent dangereux. Le roi Jacques, déjà mécontent de la tenue de ses troupes, est horrifié par ses massacres.





Après la capitale, Palma, la reprise de l'île continue, en installant des places-fortes dans les endroits stratégiques. Ce sont en général des châteaux garnis de tour de guet.

Les chevaliers templiers qui ont joué un rôle décisif dans la préparation et dans la conduite de l'opération militaire, participent activement à la mise en place de la nouvelle administration royale.

Les seigneurs qui ont financé la conquête prennent leur part, ils taxent la population et parfois mettent en esclavage les contributeurs trop pauvres ou insolvables. L'archevêque de Barcelone reçoit la moitié de la Medina, et une portion de côte jusqu'à Banyalbufar. Le roi qui, par la convention de la medietas régis, détient l'autre moitié de la Medina, s'efforce de protéger les artisans maures et les communautés paysannes. Il interdit les expulsions de ces populations, ne voulant pas se priver de main d'œuvre pour mettre en valeur les terres conquises. Il ne peut empêcher les déplacements massifs de populations organisées par les seigneurs, libres sur leurs domaines. Conscient que la colonisation n'est qu'une étape lointaine, alors qu'elle était posée comme une condition première de l'occupation chrétienne par les autorités religieuses, le roi opère lentement un revirement favorable à la masse paysanne de la population maure. Une fraction de l'église catalane va ainsi concevoir une haine face aux prétendus chrétiens ou juifs de l'île, les soupçonnant de déviance cathare ou hérétique. Les communautés originellement maures, appauvries par la conquête et par la fiscalité seigneuriale, mettent plus d'une décennie à retrouver une forme de prospérité. Il est vrai que la reconquête a mis fin aux pratiques de piraterie antérieures.










La forteresse d'Alaró, dernier bastion maure, se soumet en 1231. Mais la résistance musulmane se poursuit dans les régions montagneuses et dans les grottes, refuges des derniers rebelles de l'île jusqu'en 1232. Une fois la conquête terminée, Jacques Ier confirme l'attribution les terres aux nobles selon les dispositions mises par écrit dans le Llibre del Repartiment ; son revirement vers la tolérance envers les populations maures ou juives favorise l'instauration d'institutions spécifiques, ainsi que la vassalisation facile de l'île de Minorque, qui conserve sa liberté religieuse en étant protégée par la flotte catalane.

Le cadastre atteste ainsi de dons de terres franches, en franc alleu, aux combattants nobles ou simples soldats, ainsi que des terres frumentaires sous forme d'alleu aux pobladors ou colons venant principalement d'Ampurias ou du Roussillon. Il y aura aussi des régisseurs et des contremaîtres catalans dans les campagnes. Ce sont ses éléments catalans, fondus dans la masse paysanne, qui, avec la pratique d'un christianisme tolérant permettent le retour de la langue et de la culture catalane sur l'île, telles qu'au IXe siècle, avant la prise de celle-ci par les maures.






Le roi a compris la spécificité de l'île : un pivot central en méditerranée pour le commerce maritime et pour la sécurité de ce commerce.

L'île intègre un domaine royal vaste, aux possessions géographiquement décousues. Le long règne de Jacques Ier lui laisse le temps d'organiser la domination catalane sur ses reconquêtes.






Mais les principes médiévaux d'héritage s'appliquent. Il faut répartir les terres royales. Par son testament, le roi crée le royaume de Majorque, qui devient indépendant à sa mort. Ses héritiers n'auront de cesse de reconstituer l'ensemble du domaine royal, par des guerres fratricides. Pierre IV d'Aragon s'empare du royaume de Majorque pour le réunir à sa couronne.

Le royaume de Majorque est juridiquement aboli en 1716.

Chaque année depuis le XIIIe siècle, à Palma, la Fête de l'étendard célèbre le 31 décembre le retour de Majorque au sein des royaumes chrétiens d'europe.

En 1929, une croix de pierre a été érigée à l'entrée du port de plaisance, récent, de Santa Ponsa, plusieurs centaines de mètres avant la plage du débarquement, pour rappeler l'événement historique décisif.


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