Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

forum privé
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Sam 30 Avr - 15:23






Pas pour nous seigneur,
Pas pour nous
Mais pour la Gloire de ton Nom






Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Sam 30 Avr - 15:39







Naissance de l'Ordre du Temple

A. Le contexte religieux et politico-militaire
B. Les prémices de l’ordre du Temple
C. La fondation de l’ordre du Temple
D. La recherche de soutien
E. Le concile de Troyes
F. L’Éloge de la Nouvelle Milice
G. La reconnaissance pontificale



Organisation et mission de l’ordre

A. Règle et statuts
B. La réception dans l’ordre
C. Hiérarchie
D. Les maîtres de l’Ordre du Temple
E. Protection des pèlerins et garde de reliques
F. Les sceaux templiers
G. Tenues des chapitres
H. Le transport maritime
I. Les templiers cubiculaires du pape



Les Templiers

A. L’habit
B. La croix pattée rouge
C. Le visage templier
D. La vie quotidienne



Les Templiers et la guerre

A. Le cheval
B. L’équipement militaire
C. Le drapeau
D. Le saint patron
E. Les templiers vus par leurs ennemis
F. Les principales batailles



Les Templiers et l’argent

A. Le financement
B. La lettre de change
C. Le trésor de l’ordre
D. La garde du trésor royal



Le patrimoine des Templiers

A. La maison du Temple de Jérusalem
B. Les forteresses Orientales
C. Les forteresses ibériques
D. Les forteresses dans l’Europe de l’Est
E. Les commanderies




La chute de l’ordre

A. Les raisons
B. L’arrestation des Templiers



Le procés


A. Le concile de Vienne
B. Le sort des dignitaires
C. Absous par le pape




Le sort des Frères

A. Les Templiers en France
B. Les Templiers du royaume d’Aragon
C. Les Templiers du Portugal
D. Les Templiers d’Angleterre
E. Les Templiers d’Écosse
F. Dans le monde germanique


Les légendes au sujet des Templiers








Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 16:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Sam 30 Avr - 16:06





L'ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers.


Cet ordre fut créé à l'occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129, à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers un réseau de  interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.


Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint Jean d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.







Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Sam 30 Avr - 23:42








Aux XIe et XIIe siècles, le renouveau du monachisme chrétien (1)  vit la fondation de nombreux ordres religieux avec notamment les convers (2)  qui privilégiaient le travail manuel, et la rénovation de la vie canoniale (3) qui adopta la Règle de Saint-Augustin (4), les chanoines (5)  (ordre de Saint-Lazare de Jérusalem (6) ) ou des moines (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (7) ) s’engageant dans des activités hospitalières ou dans la vie paroissiale. C’est dans ce contexte religieux que l’Église catholique incita les chevaliers du siècle à devenir des Milites Christi, autrement dit des « chevaliers du Christ » désirant combattre les infidèles en Terre Sainte.

Le pape Urbain II (08)  prêcha la première croisade le 27 novembre 1095, dixième jour du concile de Clermont (9).  La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d’exactions voire d’assassinats.

Le pape demanda donc au peuple chrétien d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux chrétiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! » et tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés (terme qui n'apparaît qu'au concile de Latran IV en 1215). Cette action aboutit le 15 juillet 1099 à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon. (10)


Hugues de Payns  (11) , futur fondateur et premier maitre de l’ordre du Temple vint pour la première fois en Terre Sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne (12), alors en pèlerinage. Ils en revinrent en 1107 puis y repartirent en 1114, se mettant alors sous la protection et l’autorité des chanoines du Saint-Sépulcre, avec leurs chevaliers qui oeuvrèrent alors à la défense des possessions de ces chanoines et la protection du tombeau du Christ.







Après la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon fut désigné roi de Jérusalem par ses pairs, titre qu’il refusa, préférant porter celui d’Avoué du  Saint-Sépulcre (13). Il mit en place l’ordre des Chanoines du Saint-Sépulcre (14) qui avait pour mission d’aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d’hommes d’armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre (15).

Une institution similaire constituée de chevaliers, appelés chevaliers de Saint-Pierre (16) (milites sancti Petri), fut créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Par extension, les hommes chargés d’assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Il est fort probable qu’Hugues de Payns intégra cette institution dès 1115. Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient à l’hôpital Saint-Jean de Jérusalem situé tout près.

Lorsque l’ordre de l’Hôpital (17) , reconnu en 1113, fut chargé de s’occuper des pèlerins venant d’Occident, une idée naquit : créer une milice du Christ (Millitia Christi) qui ne s’occuperait que de la protection de la communauté des chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre Sainte, alors en proie aux brigands locaux. Ainsi, les chanoines s’occuperaient des affaires liturgiques, l’ordre de l’Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire de protection des pèlerins. Cette répartition ternaire des tâches reproduisait l’organisation de la société médiévale, qui était composée de prêtres et moins (oratores, littéralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores).


C’est ainsi que l’ordre du Temple, qui se nommait à cette époque militia Christi, prit naissance avec l’ambiguïté que cette communauté monastique réunit dès le départ les oratores et les bellatores.







C'est le 23 janvier 1120, lors du concile de Naplouse (18)  que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer (19) , la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Salomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem et de défendre les États latins d'Orient. (20)

Dans un premier temps, Payns et Saint-Omer se concentrèrent sur le défilé d'Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins ; par la suite, l'une des plus grandes places fortes templières en Terre Sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin. (21)

Le nouvel ordre ainsi créé ne pouvait survivre qu'avec l'appui de personnes influentes. Hugues de Payns réussit à convaincre le roi de Jérusalem Baudouin II (22) de l'utilité d'une telle milice, chose assez aisée au vu de l'insécurité régnant dans la région à cette époque. Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond de Picquigny (23) la mission de « garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins » (« ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones ») pour la rémission de leurs péchés, mission considérée comme un quatrième vœu habituel pour les ordres religieux militaires.

Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem qui correspond aujourd'hui à la Mosquée al-Aqsa mais qui était appelée — à tort — à l'époque « temple de Salomon » car étant selon la tradition juive située à l'emplacement du Temple de Salomon. C'est ce « temple de Salomon » dans lequel ils installèrent leurs quartiers (notamment les anciennes écuries du Temple) qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple. Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. Voici donc la liste de ces chevaliers, précurseurs ou « fondateurs » de l'ordre :


• Hugues de Payns, originaire de Payns en Champagne ;
• Godefroy de Saint-Omer, originaire de Saint-Omer dans le Comté de flandre ;
• André de Montbard, originaire de la Bourgogne, oncle de Bernard de Clairvaux ;
• Payn de Montdidier, originaire de la Somme en Picardie ;
• Geoffroy Bisol, originaire de Frameries dans le comté de Hainaut ;
• Rolland, originaire du marquisat de Provence ;
• Archambault de Saint-Amand ;
• Gondemare

Le premier don (de trente livres angevines) reçu par l’ordre du Temple vint de Foulque, comte d’Anjou, qui devint par la suite roi de Jérusalem.





(1) Le monachisme chrétien est pratiqué de l'Antiquit jusqu'à nos jours. Il trouve son origine dans la tradition évangélique et les pratiques spirituelles orientales. Les moines et les moniales, au sein d'unordre monastique, suivent en général une règle dont la plus ancienne est la règle de saint Augustin et la plus répandue celle de saint Benoît ; ces deux règles, et leurs nombreuses interprétations, ont justifié des modes de vie et d'organisation variés.

La vie monastique, le plus souvent au sein d'un monastère ou d'un couvent, qui peut être une abbayelorsqu'il est dirigé par un abbé ou une abbesse (de l'araméen abba, père), connaît deux formes principales : le cénobitisme (vie en communauté) et l'érémitisme (du grec eremos, désert : vie en solitude).




(2) Dans l'usage courant, les frères lais (appelés aussi convers pour les moines et sœurs laies ou converse pour les moniales) sont les membres des ordres religieux catholiques chargés principalement des travaux manuels et des affaires séculières d'un monastère. Les frères lais ont été connus, en divers lieux et à différentes époques, sous les noms de fratres conversi, laici barbati, illiterati ou encoreidiotæ. Bien que membres de leurs ordres respectifs, ils forment une catégorie séparée des moines du chœur, qui se consacrent principalement à l'Opus Dei — « l'œuvre de Dieu » — et à l'étude.






(3) Vie canoniale :   Dans la tradition catholique, le chapitre d'un Ordre ou d'une Congrégation religieuse est l'assemblée des religieux, clercs, frères ou religieuses, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle. Chaque abbaye a son chapitre à intervalles réguliers, voire quotidiens. Tous les membres de la communauté y prennent part. Les instituts religieux ont leur chapitre, au niveau régional (appelé 'chapitre provincial') ou général ('chapitre général') à intervalles fixés par leurs statuts propres:

• le mot chapitre a son origine dans la réunion quotidienne des moines au début de laquelle un chapitre (capitulum) de la règle de saint Benoît était lu, puis commenté par le père abbé
• ensuite les questions concernant la vie de leur communauté étaient discutées par les moines ou nonnes. Cela pouvait être la distribution des tâches et offices, la coulpe, l'admission de nouveaux membres, mais aussi des élections, etc. Les décisions du père abbé étaient en principe précédées d'une discussion au cours du chapitre

On distingue plusieurs chapitres, selon leur composition, certains pouvant réunir des moines de plusieurs abbayes et organiser la vie de l'ordre religieux.




(4) La Règle de saint Augustin dérive de plusieurs écrits dont une lettre authentique d'Augustin d'Hippone. Elle est destinée à régler la vie d'une communauté d'hommes à l'identification discutée, mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans Les Confessions. Selon Luc Verheijen, auteur d'une étude de 750 pages qui fait désormais autorité en la matière, la règle remonterait bien à Augustin lui-même. Augustin l'aurait écrite à son départ du monastère des laïcs d'Hippone, lorsqu'il devint évêque titulaire du lieu à la mort de son prédécesseur Valérius.

Augustin n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre monastique ou religieux au sens institutionnel du terme, mais d'organiser la vie religieuse d'un groupe d'hommes pieux qui lui en avaient fait la demande et auxquels il s'adressa sous la forme d'une lettre développée.
Ce texte a parfois été attribué à tort à Césaire d'Arles, archevêque d'Arles de 502 à 542, à l'intention d'une communauté religieuse en difficulté après la mort de son abbé. L'attribution de cette règle à Césaire, qui remonte à Érasme et que l'on trouve par exemple chez Gustave Bardy, a été remise en cause depuis.

Au cours du Moyen Âge, et surtout à partir du XIe siècle, l'autorité ecclésiastique entreprit de discipliner la vie des clercs et de les organiser en communautés de chanoines soumises à la règle de saint Augustin comme les prémontrés fondés par Norbert de Xanten. Par la suite, la règle a été adoptée par d'autres communautés régulières et notamment par l'ordre des Dominicains et celui des Ermites de saint Augustin.






(5) Un chanoine (du nom latin médiéval canonicus de même sens, lui-même issu de l'adjectif du latin classique canonicus : « relatif à une règle, régulier » ; et du grec ancien κανών (kanôn), règle) est un membre du clergé attaché au service d'une église. Au Haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd'hui, il existe des chanoines religieux (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).







(6) L’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem
, ou ordre des hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem, est un ordre hospitalier fondé à Jérusalem aux XIe ou XIIe siècle pour accueillir les pèlerins atteints de la lèpre, il ouvrira ses portes aux croisés et chevaliers lépreux pendant les croisades nommés Lazarites. Certains de ses chevaliers lépreux participent à la défense des états latins d'Orient. Après la perte de la Terre sainte, il se regroupe en France autour de leur grand maître à la commanderie de Boigny-sur-Bionne jusqu'à la confiscation de tous les biens de l'ordre en France à la Révolution. L'ordre subit bien des aléas du fait de ses protecteurs jusqu'au moment où Louis XVIII dilapide les derniers biens de l'ordre pendant son exil.









(7) L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier etmilitaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.







(08)  Eudes de Châtillon ou Odon de Lagery, né à Châtillon-sur-Marne en 1042, mort à Rome le29 juillet 1099, 159e pape sous le nom d'Urbain II (1088–1099).



C'est un bienheureux pour l'Église catholique romaine, célébré le 29 juillet.
Il est à l'origine de la première croisade en lançant, le 27 novembre 1095, l'appel de Clermont qui en sera le déclencheur.




(9) Le concile de Clermont — aujourd'hui Clermont-Ferrand — s’est tenu en Auvergne en 1095. Le pape Urbain II l’avait convoqué pour traiter des problèmes de discipline ecclésiastique, à la suite du concile de Plaisance qui s’était tenu six mois plus tôt, mais l’un des faits notables de ce concile est l’appel d’Urbain II à la noblesse de la chrétienté, lui demandant de lutter contre les Turcs qui menacent l’Empire byzantin et de délivrer les lieux saints occupés par les musulmans.






(10)  Godefroy de Bouillon, né vers 1058, soit à Baisy dans l'alleu de Genappe (aujourd'hui Baisy-Thy dans la province du Brabant wallon en Belgique) soit à Boulogne dans le comté de Boulogne(aujourd'hui Boulogne-sur-Mer dans le département Pas-de-Calais en France), et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc, duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre."





Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:29, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Sam 30 Avr - 23:51

(11)  Hugues II de Payns est un chevalier champenois, fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, (né à une date inconnue et mort en 1136).
Dans le contexte de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, le chevalier Hugues de Payns organisa, en 1119, la milice des pauvres chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. En 1129, cette milice fut fondée en ordre monastique et militaire qui prit le nom d'ordre du Temple.







(12)  Hugues Ier de Champagne (né en 1074 et mort en 1126), est le troisième fils du comteThibaut Ier de Champagne et d'Adélaïde de Valois.

En janvier 1093 il devient comte de Troyes, de Vitry et Bar-sur-Aube. En 1102 il se dit premiercomte de Champagne, bien qu'il ne le tienne pas en entier.

Il eut pour épouses : En 1094, Constance de France († 1125), fille du roi Philippe Ier de France. Ce mariage fut annulé en 1105 faute d'enfants ; En 1110, Isabelle de Bourgogne, fille du comteÉtienne Ier de Bourgogne dit Tête Hardie. En 1123 Isabelle donne tardivement naissance à un fils prénommé Eudes de Champlitte. Hugues ne reconnaît pas l'enfant et chasse la mère et son fils.

N'ayant pas participé à la première croisade, le comte assiste et donne son consentement en1104 avant son départ pour un premier séjour en Palestine à une Charte du duc Hugues II de Bourgogne en faveur du prieuré Saint-Marcel de Fleurey-sur-Ouche1. Il part cette même année et rentre en 1107 de Palestine. En août 1114, il repart en Terre sainte accompagné de Hugues de Payns. Ce dernier est l'un des fondateurs et maître de l'ordre du Temple en 1118 à Jérusalem
Revenu en 1116, le comte favorise l'expansion de l'abbaye de Clairvaux fondée en partie grâce à ses fonds par saint Bernard de Clairvaux. En 1125, il abdique, transmet son héritage à son neveu Thibaut IV de Blois et rejoint l'ordre du Temple en Terre sainte. Thibaut IV de Blois renonce au titre de comte de Champagne et emploie uniquement celui de comte de Blois




(13)  Le titre d'avoué du Saint-Sépulcre (autrefois orthographié Sépulchre) fut le seul qu'accepta le duc de Basse-Lotharingie Godefroy de Bouillon lorsqu'on lui offrit le trône de Jérusalem, au lendemain de la prise de la ville par les Croisés, car il ne voulut pas ceindre une couronne d'or là où le Christ avait porté une couronne d'épines.
Dès sa mort, son frère et successeur, Baudouin Ier refusa de se contenter du titre d' avoué du Saint Sépulcre et s'intitula roi de Jérusalem.





(14)  L’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre religieux créé par Godefroy de Bouillonaprès la prise de Jérusalem en 1099. Constitué de chanoines, cet ordre a pour fonction la protection du Saint-Sépulcre mais aussi la vie liturgique du sanctuaire. Avec l'extension des conquêtes en Terre sainte, l'ordre se développe en étendant sa mission de protection des lieux saints sur l'ensemble du Royaume franc de Jérusalem.





Avec la perte des États latins d'Orient, l'ordre se replie sur l'Europe. En 1489, Innocent VIII décide la suppression de l'ordre canonial et son incorporation à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.





(15)  Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ, c'est-à-dire la grotte (maintenant englobée dans l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem) où le corps de Jésus de Nazarethfut déposé au soir de sa mort sur la Croix.



L’entrée principale de l’église du Saint-Sépulcre.




Édicule abritant le tombeau du Christ (au centre de l'église du Saint-Sépulcre)






(16)  Les Chevaliers de Saint Pierre (milites Sancti Petri) constituaient une milice qui fut notamment recrutée par le pape Léon IX pour lutter contre les Normands d'Italie du Sud, à la Bataille de Civitate, en 1053.






(17)  L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom deOrdo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier etmilitaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.








(18)  Le concile de Naplouse est une assemblée de religieux et de nobles du Royaume de Jérusalem qui s'est ouvert à Naplouse le 16 janvier 1120 (ou le 23), présidé par le roi Baudouin II de Jérusalem et le Patriarche latin de Jérusalem Gormond de Picquigny.

Le concile publie vingt-cinq canons dans le but de restaurer la morale et la discipline pour apaiser la colère divine dans le Royaume de Jérusalem, affligé depuis quatre ans de plusieurs calamités, entre autres par l’invasion de sauterelles, la famine et les défaites militaires.


Les trois premiers canons rappellent le concordat, notamment les droits de l’Église sur les dîmes. Les canons 4 à 19 concernent les châtiments à infliger aux délits sexuels et conjugaux : l’adultère (4-6), le proxénétisme (7), la sodomie (8/11), les relations sexuelles entre Francs et Sarrasins (12-15) et la bigamie (17-19). Le canon 5, par exemple, condamne à la castration et à l’expulsion du royaume les hommes coupables d’adultère, et les femmes à la rhinotomie (ablation du nez) ; le canon 8 condamne les sodomites adultes au bûcher. Les six derniers canons concernent les clercs qui prendraient les armes ou abandonneraient leur statut ecclésiastique (20-21), les fausses accusations (22), les différentes punitions pour vol (23).


C'est lors de ce concile que fut entérinée la création de la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin: pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem.


L'Ordre du Temple fut créé à partir de cette milice, lors du concile de Troyes neuf ans plus tard.






(19)   Godefroy de Saint-Omer (aussi connu sous le nom de Geoffroi de Saint-Omer) était un chevalier flamand, Gaulois de nation et l'un des membres fondateurs de l’ordre du Temple en1118.

Dans le contexte de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, avec le chevalier Hugues de Payns il organisa, en 1119, la milice des pauvres chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. En 1129, cette milice fut fondée en ordre monastique et militaire qui prit le nom d'ordre du Temple. Avec Hugues de Payns il fera plusieurs allers et retours entre le royaume de France et Jérusalem afin de trouver des soutiens financiers pour l'Ordre. En 1127, nous retrouvons sa trace à Rome auprès du pape Honorius III pour organiser une nouvelle croisade. En 1130, il repart à Jérusalem avec Hugues de Payns (qui venait de recevoir des sommes d'argent et des biens énormes de la couronne d’Angleterre) après qu'il a convaincu sa famille de donner à l'ordre les redevances des Flandres du comte Guillaume Cliton. Geoffroy fut nommé duc de Thèbes et c'est dans cette contrée lointaine qu'il termina sa vie aventureuse.





(20)  Les États « latins » (ou « francs ») d’Orient sont les fiefs que plusieurs chefs croisés se découpèrent au Levant.

Quatre États furent créés dans la foulée de la première croisade :

• le comté d’Édesse, de 1098 à 1146 ;
• la principauté d’Antioche, de 1098 à 1268
• le comté de Tripoli, de 1102 à 1288 ;
• le royaume de Jérusalem, de 1099 à 1291

Près d’un siècle plus tard, Richard Cœur de Lion conquit l’île de Chypre sur un seigneur byzantin et donna l’île à Guy de Lusignan qui y fonda une monarchie :

• le royaume de Chypre de 1192 à 1489 (liste des rois).



Etats latins d’orient au XIIe siècle


Lors de la prise de Constantinople, au cours de la quatrième croisade, plusieurs États furent également fondés dans l’Empire byzantin :

• l’empire latin de Constantinople de 1204 à 1261 ;
• le royaume de Thessalonique, de 1205 à 1222;
• la principauté d’Achaïe, de 1205 à 1428 ;
• le duché d’Athènes, de 1205 à 1458;
• le duché de Naxos, de 1210 à 1566.




(21) Le château Pèlerin, appelé aussi forteresse d'Atlit, était une des plus grandes forteresses templières en Terre sainte. Elle est bâtie sur un éperon rocheux entouré d'eau qui se situe sur la côté méditerranéenne, à environ 25 km au nord de Césarée et à environ 12 km au sud d'Acre et du mont Carmel, alors dans le royaume franc de Jérusalem. Elle est construite à l'est de la Tour du Détroit, cette dernière étant déjà en possession des Templiers. Château Pèlerin se trouve aujourd'hui à proximité du village d'Atlit en Israël et du site archéologique néolithique d'Atlit Yam.



Château pelerin




(22)  Baudouin de Rethel, appelé de Bourcq ou du Bourg, mort le 21 août 1131, est comte d'Édesse de 1100 à 1118 sous le nom de Baudouin II d'Édesse, puis roi de Jérusalem de 1118 à 1131 sous le nom de Baudouin II de Jérusalem.





Il est le fils cadet de Hugues, comte de Rethel et de Mélisende de Montlhéry. Avant la Première croisade, il possède la seigneurie de Bourcq, dans les Ardennes, d'où lui vient son nom (longtemps orthographié à tort du Bourg). En 1095, il se croise dans le contingent de ses cousinsEustache III de Boulogne, Godefroy de Bouillon et Baudouin de Boulogne. Il suit ce dernier àÉdesse, et c’est ainsi qu’il se retrouve comte d’Édesse lorsque Baudouin succède à son frère Godefroy.




(23)  Gormond, Germond, Guarmond ou encore Waremond (mort à Sidon en 1128), prélat picard originaire de Picquigny, fils ou frère d'Arnoul de Picquigny (suivant les sources)

[…]
Il participe aux croisades. Il fut patriarche latin de Jérusalem de 1118 à 1128, successeur de Arnoul de Chocques. Pour protéger les pèlerins en Terre sainte, il encouragea en 1118 la création par Hugues de Payns de l'ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, noyau de l'ordre du Temple. C'était un homme simple et craignant Dieu, selon Guillaume de Tyr. Il ordonne des travaux. Il reçoit la ville de Tyr à composition. Il mourut en 1128.
Il fut régent du royaume de Jérusalem de 1123 à 1124, lors de la captivité de Baudouin II.



(24)  André de Montbard (1103-1156) est un des neuf chevaliers fondateurs de l'ordre du Temple, et le cinquième maître de l'Ordre entre 1153 et 1156.


André de Montbard nait en 1103 au château de Montbard en Bourgogne. Il est le fils du premier comte de Montbard, Bernard Ier (1040-1103), et de Humberge de Roucy. Il a cinq frères, dont l'ainé Raynard de Montbard, et une sœur : sainte Alèthe de Montbard (mère de saint Bernard de Clairvaux).
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Dim 1 Mai - 20:10





Cependant, la notoriété de la milice ne parvenant pas à s’étendre au-delà de la Terre Sainte et c’est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de St-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambault de Saint-Amand et Rolland), embarqua pour l’occident en 1127 afin de porter un message destiné au pape Honorius II (1) et à Bernard de Clairvaux (2) .


Fort du soutien du roi Baudouin et des instructions du patriarche Gormond de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants :

• Faire reconnaitre la milice par l’Église et lui donner une règle : rattachés aux chanoines du Saint-Sépulcre, les chevaliers suivaient comme eux la règle de Saint Augustin ;
• Donner une légitimité aux actions de la milice puisque la dénomination de moine-chevalier, un amalgame d’une nouveauté absolue, pouvait être en contradiction avec les règles de l’Église et de la société en général ;
• Recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre la milice en Terre Sainte.



La tournée occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commença en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l’Angleterre (où ils reçurent de nombreux dons), la Flandre et enfin  la Champagne.


Cette démarche d’Hugues de Pays, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125.







Arrivant à  la fin de sa tournée en Occident et après avoir porté le message du roi de Jérusalem à Bernard de Clairvaux afin qu’il aidât les Templiers à obtenir l’accord et le soutien du pape, Hugues de Payns  participa au concile de Troyes (ainsi nommé parce qu’il s’est déroulé dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes).


Le 13 janvier 1129, le concile s’ouvrit en présence de nombreuses personnalités religieuses dont le prologue de la règle primitive du Temple donne les noms : le cardinal Mathieu d’Albano, légat du pape en France, les archevêques de Reims et de Sens, ainsi que dix de leurs évêques suffragants, quatre abbés cisterciens (ceux de Citeaux, Clairvaux, Pontigny et Troisfontaines), deux abbés clunisiens (ceux de Molesmes et Vézelay), deux chanoines, deux maitres et un secrétaire.

En plus des religieux, se trouvaient des personnages laïcs : Thibaut IV de Blois (3), comte de Champagne, André de Baudement, sénéchal du comté de Champagne, Guillaume II (4) , comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre.


Le concile mena à la création de l’ordre du Temple et le dota d’une règle propre. Celle-ci prit pour base la règle de Saint Benoit( 5) (présence des cisterciens Bernard de Clairvaux et Étienne Harding (6) , fondateur de Citeaux) avec néanmoins quelques emprunts à la règle de Saint Augustin, que suivaient les chanoines du Saint-Sépulcre aux côtés desquels vécurent les premiers Templiers. Une fois la règle adoptée, elle devait encore être soumise à  Étienne de Chartres, patriarche de Jérusalem.








L’Éloge de la Nouvelle Milice (De Laude novae militiae) est une lettre que Saint Bernard de Clairvaux envoya à Hugues de Payns, dont le titre complet était Liber ad milites Templi de laude novae militiae et écrite après la défaite de l’armée franque au siège de Damas en 1129.


Bernard y souligne l’originalité du nouvel homme : le même homme se consacre autant au combat spirituel qu’aux combats dans le monde.


«  Il est assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seuls forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seuls forces de l’âme, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidement rare, c’est de voir les deux choses réunies. (§1) »


De plus, ce texte contenait un passage important où Saint Bernard expliquait  pourquoi les Templiers avaient le droit de tuer un être humain :


« Le chevalier du Christ donne la mort en toute sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore ; […] Lors donc qu’il tue un malfaiteur, il n’est point homicide mais Malicide. […] La mort qu’il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu’il reçoit, le sien propre. […] »


Mais pour cela, il fallait que la guerre soit « juste ». c’est l’objet du §2 de l’Éloge de la Nouvelle Milice. Bernard est conscient de la difficulté d’un tel concept dans la pratique, car si la guerre n’est pas juste, vouloir tuer tue l’âme de l’assassin :


« Toutes les fois que vous marchez à l’ennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice séculière, vous avez à craindre de tuer votre âme du même coup dont vous donnez la mort à votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l’âme en même temps.[…] la victoire ne saurait être bonne quand la cause de la guerre ne l’est point et que l’intention de ceux qui la font n’est pas droite. (§2) »



Bernard fait donc  bien l’éloge de la Nouvelle Milice, mais non sans nuances et précautions… Tous ses §7 et 8 (= ch.IV) tracent un portrait volontairement idéal du soldat du Christ, afin de la donner comme un modèle qui sera toujours à atteindre. Le premier à critiquer Saint Bernard est le moine cistercien Isaac de Stella (7)  qui voit dans la confusion des fonctions tripartites indo-européennes (« ceux qui prient » (oratores), « ceux qui combattent » (bellatores) et « ceux qui travaillent » (laboratores)) une « monstruosité », mais les contradicteurs restent minoritaires.


Cet éloge permit aux Templiers de rencontrer une grande ferveur et une reconnaissance générale : grâce à Saint Bernard, l’ordre du Temple connut un accroissement significatif : bon nombre de chevaliers s’engagèrent  pour le salut de leur âme ou, tout simplement, pour prêter main forte en s’illustrant sur les champs de bataille.








Plusieurs bulles pontificales officialisèrent le statut de l’ordre du Temple.

La bulle Omne datum optimum (08) a été publié par le pape Innocent II (9)  le 29 mars 1139 sous la maitrise de Robert de Craon (10) , deuxième maitre de l’ordre du Temple. Elle fut d’une importance capitale pour l’ordre puisqu’elle était à la base de tous les privilèges dont jouissaient les Templiers. En effet, grâce à elle, les frères du Temple eurent le droit de bénéficier de la protection apostolique et d’avoir leurs propres prêtres.


On vit donc une nouvelle catégorie émerger dans la communauté, celle des frères chapelains qui officieraient pour les Templiers. De plus,  cette bulle confirma le fait que l’ordre du Temple n’était soumis qu’à  l’autorité du pape. La bulle créa aussi une concurrence  pour le clergé séculier (11) (ce que ce dernier vit souvent d’un mauvais œil). De nombreux conflits d’intérêt éclatèrent entre les Templiers et les évêques ou les curés.

Les privilèges qu’elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne fut pas aisé de retrouver l’originale.

La bulle Milites Templi (12) (Chevaliers du Temple) a été publiée le 9 janvier 1144 par le pape Célestin II (13).  Elle permit aux chapelains du Temple de prononcer l’office une fois par an dans  des régions ou villes interdites, « pour l’honneur et la révérence de leur chevalerie », sans pour autant autoriser la présence de personnes excommuniées dans l’église. Mais ce n’est en réalité qu’une confirmation de la bulle Omne datum optimum.

La bulle Militia Dei (14) (Chevalerie de Dieu) a été publiée par le pape Eugène III (15) , le 7 avril 1145. Cette bulle permit aux Templiers de construire leurs propres oratoires, mais aussi de disposer d'une totale indépendance vis-à-vis du clergé séculier grâce au droit de percevoir des dîmes et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimetières. De plus, la protection apostolique fut étendue aux familiers du Temple (leurs paysans, troupeaux, biens…).

Des plaintes furent déposées par des Templiers auprès du pape concernant le fait que le clergé prélevait un tiers du legs fait par les personnes désireuses de se faire enterrer dans les cimetières de l’ordre. La bulle Dilecti filii (16) ordonna en conséquence au clergé de ne se contenter qu’un d’un quart des legs.





or=#cccc00](1) Honorius II (né Lamberto Scannabecchi), cardinal d'Ostie à partir de 1117, pape du 21 décembre 1124 au 13 février 1130. Après cinq ans et deux mois de pontificat, il sera inhumé dans labasilique Saint-Jean du Latran.








(2)  Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Dijon et mort le 20 août 1153 à l'abbaye de Clairvaux, est un moine français, réformateur de la vie religieuse.



Directeur de conscience et important promoteur de l'ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d'une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l'église catholique mettront en œuvre.

C'est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XIIe siècle »), marquée par une profonde transformation de l'économie, de la société et du pouvoir politique.

Il joue un rôle dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares.
Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.





(3)  Thibaut de Blois ou Thibaut IV le Grand (né vers 1090/1095, mort le 10 janvier 1152), futcomte de Blois, de Chartres et de Châteaudun, comte de Meaux, de Troyes et de Champagne(1125-1151 : Thibaud II) et seigneur de Sancerre (1102-1151)





(4)  Guillaume II de Nevers, comte de Nevers et d'Auxerre, né en 1083, mort le 20 août 1148, est un aristocrate français. Guillaume II de Nevers est le fils de Renaud II, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et d'Agnès de Beaugency.

À la mort de son père en 1089, il demeura sous la tutelle de son grand-père, Guillaume Ier jusqu'à la mort de celui-ci, en 1097 ou en 1100.

Après la prise de Jérusalem, il décida de se rendre en Terre sainte en renfort. Il arriva à Constantinople en 1101 avec 15 000 hommes. Il entreprit de traverser l'Anatolie, mais son armée fut écrasée par les Turcs, et il fut l'un des rares rescapés à parvenir à Antioche.

Il épousa Adélaïde, avec laquelle il eut Guillaume III (1110-1161) et Anne, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.
Il contribua avec son épouse en 1144 à la fondation du prieuré Notre-Dame de La Fermeté àLa Fermeté (Nièvre).





(5)  La règle de saint Benoît est une règle monastique écrite par Benoît de Nursie pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire (cénobitisme). Rédigée peut-être entre 530 et 556, elle gouverne en détail la vie monastique (modalités liturgiques, de travail, de détente, etc.).

Benoît a fondé, vers 529, une communauté de moines sur le Mont-Cassin en Italie. Au cours des siècles qui suivent, cette règle est progressivement adoptée par un nombre croissant de monastères en Occident ; au-delà de sa grande influence religieuse, elle a une grande importance dans la formation de la société médiévale, grâce aux idées qu'elle propose : une constitution écrite, le contrôle de l'autorité par la loi et l'élection du détenteur de cette autorité, Benoît ayant voulu que l'abbé soit choisi par les frères. Encore aujourd'hui, plusieurs milliers de moines et moniales à travers le monde s'inspirent de la règle de Saint Benoît.





(6)  Étienne Harding (Dorset, Angleterre, seconde moitié du XIe siècle 1060 - 28 mars 1134), est un prieur puis abbé de l'abbaye de Cîteaux de 1099 à 1133, rédacteur notamment de la Charte de charité cistercienne.








(7)  Isaac de l'Étoile (vers 1105/1120 - vers 1178) est un moine cistercien et théologien du XIIe siècle. Né en Angleterre et sans doute d'origine noble, il vient étudier en France, sans doute dans les écoles cathédrales de Laon, Chartres et Paris. Il opte de devenir moine vers 1143, probablement à Pontigny, d'où il est envoyé en 1147 comme abbé à L'Étoile, près de Poitiers, qui avait rejoint deux ans auparavant l'Ordre de Cîteaux, dans la filiation de Pontigny. Plus tard, avec quelques compagnons dont Jean de Trizay, il fonde sur l'île de Ré le monastère des Châteliers ; on prétendra longtemps qu'il y termine son existence, alors qu'à partir de 1985, grâce à la découverte de documents inédits, on est plutôt porté à penser qu'il meurt vers 1178 dans son abbaye de l'Étoile.





(08)  La bulle pontificale Omne datum optimum est fulminée le 29 mars 1139 par le papeInnocent II. Elle officialise l'ordre du Temple et reconnaît sa règle, accorde à ses membres tout butin conquis sur les Sarrasins en Terre Sainte et les place (l'ordre et ses maisons) sous la protection directe du Saint Siège. Elle les libère du même coup du paiement de la dîme — tout en leur accordant la jouissance des dîmes qui leur auront été données en accord avec les évêques — et de tout hommage. Un hommage étant un acte de soumission, les Templiers, relevant directement de l'autorité papale, ne pouvaient contracter hommage envers un seigneur, qui était un laïc.
La présence d'un prêtre dans chaque maison fut autorisée par cette bulle, en même temps que fut réalisée l'attribution à l'ordre d'oratoires et de sépultures qui lui soient propres. Les dirigeants eurent désormais la possibilité de chasser les membres indignes ou inutiles. L'élection d'un maître étranger à l'ordre fut prohibée, au même titre que l'attribution de statuts à un membre sans l'accord d'un maître et du chapitre.




(9) Innocent II (Gregorio Papareschi), né à Rome (Italie), est un pape du 14 février 1130 au24 septembre 1143.








(10)  Robert IV le Bourguignon dit Robert de Craon, sire de Craon, fils de Renaud le Bourguignon et d'Ennoguen de Vitré.





Il est le second maître de l'Ordre du Temple de 1136/1137 jusqu'en janvier 11491. Né sans doute à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe, d'origine angevine, il est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. Il s'installe en Aquitaine et est fiancé à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. Peut-être à la suite d'une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre sainte. Il y devient rapidement templier.

Robert n'est pas présent au Concile de Troyes. Toutefois, il est de retour en Occident en 1132. À ce moment, il est sénéchal du Temple, ce qui permet d'attester que déjà à l'époque, une hiérarchie était en place. On remarque que le sénéchal était un titre qui fut ensuite réservé au Temple en Orient : on pourrait en déduire qu'alors l'ordre n'était pas assez implanté en Occident pour distinguer les hiérarchies. Or donc, Robert est en Occident en 1132, probablement pour faire connaître l'ordre. Il y retourne en 11362.

Il s'impose à la fois par sa valeur militaire, mais aussi par sa piété. Aussi est-il désigné maître, sans doute en juin 1136, à la mort du fondateur de l'ordre, Hugues de Payns. Il se révèle un brillant organisateur et fait de l'Ordre du Temple un acteur majeur des États Latins d'Orient. Son rôle législatif interne est considérable et le 29 mars 1139 le pape Innocent II, par sa bulle «Omne datum optimum» accorde à l'Ordre un certain nombre de privilèges. Ainsi, les templiers sont exemptés de la dîme, de la juridiction épiscopale (ce qui signifie que l'Ordre possède ses propres ecclésiastiques qui ne relèvent pas des évêques) et sont habilités à porter la croix rouge sur fond blanc.

Robert de Craon est moins heureux sur le plan militaire. À peine élu, il bat l'émir d'Alep mais laisse ses chevaliers se livrer aux pillages. L'émir se retourne alors contre eux et les taille en pièces. Robert de Craon autorise les templiers d'Espagne à lancer une expédition importante (près de 70 vaisseaux) contre Lisbonne, mais c'est aussi un échec. En 1140, les templiers résistent avec héroïsme à une armée de turcs bien plus nombreuse lors de la bataille de Teqoa





(11)  Les termes régulier et séculier opposent deux modes de fonctionnement face au monde ; leur emploi est associé à la cosmologie perçue par les sacerdoces.

• Séculier : qui vit dans le siècle.
• Désigne le pouvoir temporel, la justice de l'État, qu'il faut distinguer du pouvoir spirituel.
• Par extension : laïc, non relié à l'autorité et/ou l'influence religieuse.
• Clergé séculier : clergé non régulier ; le clergé séculier regroupe donc les prêtres en paroisse, les diacres, les évêques, les cardinaux, etc.

• Régulier : soumis à une règle de vie, telle que celle des moines.

• Clergé régulier, répondant à la règle d'un ordre monastique ;

• voir les articles détaillés Monachisme | Liste des ordres réguliers catholiques | Clergé régulier.
Les clercs réguliers vivent selon une règle, souvent à l'écart des hommes dans des monastères ou des abbayes. Les clercs séculiers vivent « dans le siècle », parmi les laïcs.

Il ne faut pas, cependant, assimiler régulier à cloîtré : certains ordres réguliers, en particulier les ordres catholiques mendiants (comme les franciscains ou les dominicains), sont des ordres réguliers sans être cloîtrés pour autant. Ils ne vivent pas dans des monastères (n'étant pas moines) mais des couvents et restent libres de vivre dans le siècle.





(12)  Milites Templi (expression latine signifiant Soldats du Temple) est une bulle papale écrite par le pape Célestin II le 9 janvier 1144 qui commande au clergé de protéger et soutenir les Chevaliers du Temple mais aussi aux fidèles de contribuer à leur cause, notamment dans ce dernier cas en accordant des indulgences aux bienfaiteurs de l'ordre.
Cette bulle papale leur permet également de célébrer l'office divin dans les régions soumises à l'interdit quand les collecteurs étaient présents.

La bulle Milites Templi constitue avec Omne datum optimum et Militia Dei la base de la formation de l'Ordre et de son succès.





(13)  Célestin II (Guido di Città di Castello), né à Città di Castello(Ombrie), ce qui l’avait fait nommer Gui du Chastel avant son exaltation, il étudia sous Bernard de Clairvaux succéda à Innocent II en 1143, et fut pape de 1143 au 8 mars 1144. Il mit fin aux querelles intérieures de l’Église avec l’aide de Bernard de Clairvaux, troublée par Arnaud de Brescia, mais mourut dès l’année suivante.





Il essaya de mettre un terme à la guerre entre l’Écosse et l’Angleterre. Il releva la France de l’interdit de trois ans après l’absolution de Louis VII (1137–80).





(14)  Militia Dei (traduction latine d’Armée de Dieu) est une bulle pontificale fulminée par lepape Eugène III en 1145 et qui confirme l'indépendance des Chevaliers du Temple vis-à-vis du clergé séculier en leur donnant le droit de prélever des dîmes ainsi que de   bâtir leurs propres chapelles et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimetières.

La bulle Militia Dei constitue avec Omne datum optimum et Milites Templi la base de la formation de l'Ordre et de son succès.

Les Templiers se plaindront au pape que le clergé séculier n'applique pas correctement la bulle Militia Dei, ce qui amènera Alexandre III à la confirmer par une autre bulle similaire, Dilecti filii, en 1198.





(15)  Eugène III (Bernardo Paganelli di Montemagno), né à Pise vers la fin des années 1080 et mort à Tivoli le 8 juillet 1153, disciple de saint Bernard et moine de Clairvaux, fut pape de 1145 à 1153.









(16)  Dilecti Filii est une bulle pontificale. Elle a été fulminée par le pape Innocent III en 1198. Cette bulle était un rappel de la bulle Militia Dei au clergé séculier qu'ils ne devaient se contenter que du quart des legs faits à l'ordre du Temple.

Cette bulle fait suite aux plaintes de Templiers. En effet, il semble que le clergé prélevait alors un tiers des legs fait à l'ordre par les personnes désireuses d'être enterrées dans les cimetières de l'ordre. Ce privilège fut institué par le pape Innocent III, et permettait non seulement aux Templiers de se faire enterrer dans leurs propres cimetières, mais encore d'y admettre ceux qu'ils y acceptaient. Certaines conditions entouraient toutefois cet enterrement :

Le clergé séculier n'était pas en mesure de réclamer quoi que ce soit des legs fait par des gens en bonne santé, par des gens guéris après une maladie ou par ceux enterrés ailleurs. Mais un quart des biens légués au Temple par des personnes sur leur lit de mort devait leur être transmis.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Lun 2 Mai - 12:27










Après le concile de Troyes, où l’idée d’une règle propre à l’ordre du Temple a été acceptée, la tâche de la rédigée fut confiée à Bernard de Clairvaux,  qui lui-même la fit écrire par un clerc qui faisait sûrement partie de l’entourage du légat pontifical présent au concile, Jean Michel (Jehan Michiel), sur des propositions faites par Hugues de Payns.


La règle de l’ordre du Temple faisait quelques emprunts à la règle de Saint Augustin mais s’inspirait en majeure partie de la règle de Saint benoit suivie par les moines bénédictins. Elle fut cependant adaptée au genre de vie active principalement militaire, que menaient les frères templiers. Par exemple, les jeûnes étaient moins sévères que pour les moines bénédictins, de manière à ne pas affaiblir les Templiers appelés à combattre. Par ailleurs, la règle était adaptée à la bipolarité de l’ordre, ainsi certains articles concernaient aussi bien la vie en Occident (conventuelle) que la vie en Orient (militaire).


La règle primitive (ou latine car rédigée en latin), écrite en 1128, fut annexée au procès-verbal du concile de Troyes en 1129 et contenait septante-deux articles. Toutefois, vers 1138, sous la maitrise de Robert de Craon, deuxième maitre de l’ordre (1136-1149), la règle primitive fut traduite en français et modifiée. Par la suite, à différentes dates, la règle fut étoffée par l’ajout de six cent neuf retraits ou articles statutaires, notamment à propos de la hiérarchie et de la justice au sein de l’ordre.







Les commanderies avaient, entre autres, pour rôle d’assurer de façon permanente le recrutement des frères. Ce recrutement devait être le plus large possible. Ainsi, les hommes laïcs de la noblesse et de la paysannerie libre pouvaient prétendre à être reçus s’ils répondaient aux critères exigés par l’ordre.

Tout d’abord, l’entrée dans l’ordre était gratuite et volontaire. Le candidat pouvait être pauvre. Avant toute chose, il faisait dont de lui-même. Il était nécessaire qu’il fut motivé car il n’y avait pas de période d’essai par le noviciat (1). L’entrée était directe (prononciation des vœux) et définitive (à vie).

Les principaux critères étaient les suivants :

• Etre âgé de plus de 18 ans (la majorité pour les garçons était fixée à 16 ans) (article 58 de la règle) ;
• Ne pas être fiancé (article 669) ;
• Ne pas faire partie d’un autre ordre (article 670) ;
• Ne pas être endetté (article 671) ;
• Etre en parfaite santé mentale et physique (ne pas être estropié) (article 672) ;
• N’avoir soudoyé personne pour être reçu dans l’ordre (article 673) ;
• Etre un homme libre (le serf d’aucun homme) (article 673) ;
• Ne pas être excommunié (article 674).


Le candidat était prévenu qu’en cas de mensonge prouvé, il serait immédiatement renvoyé : « … Si vous en mentiez, vous en seriez parjure et en pourriez perdre la maison, ce dont Dieu vous garde. »
(extrait de l’article 668).







Les Templiers étaient organisés comme un ordre monastique, suivant la règle créée pour eux par Bernard de Clairvaux. Dans chaque pays était nommé un maitre qui dirigeait l’ensemble des commanderies et dépendances et tous étaient sujets du maitre de l’ordre, désigné à vie, qui supervisait à la fois les efforts militaires de l’ordre en Orient et ses possessions financières en Occident.


Avec la forte demande de chevaliers, certains parmi eux se sont aussi engagés à la commande pendant une période prédéterminée avant d’être renvoyés à la vie séculière, comme les Fratres conjugati, qui étaient des frères mariés. Ils portaient le manteau noir ou brun avec la croix rouge pour les distinguer des frères ayant choisi le célibat et qui n’avaient pas le même statut que ces derniers.

Les frères servants (frères casaliers et frères de métiers) étaient choisis parmi les sergents qui étaient d’habiles marchands ou alors incapables de combattre en raison de leur âge ou d’une infirmité.


A tout moment, chaque chevalier avait environ dix personnes dans des positions de soutien. Quelques frères seulement se consacraient aux opérations bancaires (spécialement ceux qui étaient éduqués), car l’ordre a souvent eu la confiance des participants aux croisades pour la bonne garde de marchandises précieuses.  Cependant, la mission première des Chevaliers du Temple restait la protection militaire des pèlerins de Terre Sainte.







L’expression « grand maitre » pour désigner le chef suprême de l’ordre est apparue à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle dans des chartes tardives et dans les actes du procès des Templiers. Puis, elle a été reprise et popularisée par certains historiens des XIXe et XXe siècle. Elle est aujourd’hui largement répandue. Or, ce grade n’existait pas dans l’ordre et les Templiers eux-mêmes ne semblaient pas l’utiliser. Cependant, dans des textes tardifs apparaissent les qualificatifs de « maitre souverain » ou « maitre général » de l’ordre.  Dans la règle et les retraits de l’ordre, il est appelé Li Maistre et un grand nombre de dignitaires de la hiérarchie pouvaient être appelés ainsi sans l’adjonction d’un qualificatif particulier. Les précepterus des commanderies pouvaient être désignés de la même façon. Il faut donc se référer au contexte du manuscrit pour savoir de qui l’on parle.  En Occident comme en Orient, les hauts dignitaires étaient appelés maitres des pays ou provinces : il y avait donc un maitre en France, un maitre en Angleterre, un maitre en Espagne, etc. aucune confusion n’était possible puisque l’ordre n’était dirigé que par un seul maitre à la fois, celui-ci demeurant à Jérusalem. Pour désigner le chef suprême de l’ordre, il convient de dire simplement le maitre de l’ordre et non grand maitre.


Durant sa période d’existence, s’étalant de 1129 à 1312, date à laquelle le pape Clément V (2) fulmina la bulle Vox in excelso (3), officialisant la dissolutioon de l’ordre du Temple, soit 183 ans, l’ordre du Temle a été dirigé par vingt-trois maitres.




(1) Dans toutes les traditions religieuses, orientales comme occidentales le noviciat est une période d’initiation — et de probation (incluant des ‘épreuves’) — à la vie religieuse stable. Par extension, dans la tradition catholique, il a pris le sens canonique de lieu (bâtiment) où se fait cette initiation.






(2)  Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de Villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en 1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » : Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.




On retient de lui l'image d'un pape de bonne foi qui manquait toutefois d'audace et d'esprit de décision, autant par tempérament qu'en raison d'une santé déliquescente.




(3)  Vox in excelso est une bulle pontificale fulminée datée du 22 mars 1312, mais rendue publique uniquement le 3 avril de la même année par le pape Clément V, lors du concile de Vienne. Elle établit officiellement la dissolution de l'Ordre du Temple, mais elle ne le condamne pas.
Elle fut adoptée lors d'un consistoire secret quelques jours avant sa publication, auquel assistèrent quelques cardinaux. Les quatre cinquièmes de l'assistance se prononcèrent pour la suppression.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Lun 2 Mai - 15:08





La vocation de l’ordre du Temple était la protection des pèlerins chrétiens pour la Terre Sainte (4). Ce pèlerinage comptait parmi les trois plus importants de la chrétienté du Moyen Âge.  Il durait plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied, ainsi qu’en bateau pour la traversée de la mer Méditerranée. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne. Généralement, les pèlerins étaient débarqués à Acre, appelée aussi Saint Jean d’Acre, puis devaient se rendre à pied sur les lieux saints.  En tant que gens d’armes (gendarmes), les Templiers sécurisaient les routes, en particulier celle de Jaffa à Jérusalem et celle de Jérusalem au Jourdain. Ils avaient également la garde de certains lieux saints : bethléem (5)  Nazareth (6), le Mont des Oliviers (7), la vallée de Josaphat (08), le Jourdain, la colline du Calvaire (9) et le Saint-Sépulcre à Jérusalem.


Tous les pèlerins avaient droit à la protection des Templiers. Ainsi, ces derniers participèrent aux croisades, pèlerinages armés, pour effectuer la garde rapprochée des souverains d’Occident. Aussi, en 1147, les Templiers prêtèrent main forte à l’armée du roi Louis VII (10) attaquée dans les montagnes d’Asie Mineure durant la deuxième croisade (1147-1149). Cette action permit la poursuite de l’expédition et le roi de France leur en fut très reconnaissant. Lors de la troisième croisade (1189-1192), les Templiers et les Hospitaliers assuraient respectivement l’avant-garde et l’arrière-garde de l’armée de Richard Cœur de Lion (11) dans les combats en marche. Lors de la cinquième croisade, la participation des ordres militaires, et donc les Templiers, a été décisive dans la protection des armées royales de Louis IX (12) devant Damiette.


L’ordre du Temple a aidé exceptionnellement les rois en proie à des difficultés financières. A plusieurs reprises dans l’histoire des croisades, les Templiers renflouèrent les caisses royales momentanément vides (croisade de Louis VII), ou payèrent les rançons de rois faits prisonniers (croisade de Louis IX).


En Orient comme en Occident, l’ordre du Temple était en possession de reliques (13). Il était parfois amené à les transporter pour son propre compte ou bien convoyait des reliques pour autrui. Les chapelles templières abritaient les reliques des saints auxquelles elles étaient dédiées. Parmi les plus importantes reliques de l’ordre se trouvaient le manteau de Saint Bernard, des morceaux de la couronne d’épines (14), des fragments de la Vraie Croix (15).







Le mot sceau (16) vient du latin sigillum signifiant marque. C’est un cachet personnel qui authentifie un acte et atteste d’une signature. Il existe une vingtaine de sceaux templiers connus. Ils appartenaient à des maitres, hauts dignitaires, commandeurs ou chevaliers de l’ordre au XIIIe siècle. Leurs diamètres varient entre quinze et cinquante millimètres. Les sceaux templiers français sont conservés au service des sceaux des Archives nationales de France. le sceau templier le plus connu est celui des maitres de l’ordre sigilum militum xristi qui représente deux chevaliers armés chevauchant le même cheval.

Il n’y a pas de consensus établi sur le symbolisme des deux chevaliers sur un même cheval. Contrairement à une idée souvent répétée, il ne s’agirait pas de mettre en avant l’idéal de pauvreté puisque l’ordre fournissait au moins trois chevaux à ses chevaliers. L’historien Georges Bordonove exprime une hypothèse qui peut se prévaloir d’un document d’époque avec Bernard dans son De laude novae militiae.


« leur grandeur tient sans doute à cette dualité quasi institutionnelle : moine, mais soldat […] Dualité qu’exprime peut-être leur sceau le plus connu qui montre deux chevaliers, heaumes en têtes, lances baissées, sur le même cheval : le spirituel et le temporel […] chevauchant la même monture menant au fond le même combat, mais avec des moyens différents.[…] »



Alain Demurger explique pour sa part que certains historiens ont cru y reconnaitre les deux fondaterus de l’ordre, Hugues de Payns et Godefroid de Saint-Omer. Il retient cependant une autre explication : le sceau symboliserait la vie commune, l’unioni et le dévouement.






Un chapitre (17) (latin : capitulum, diminutif de caput, sens premier : « tête ») est une partie d’un livre qui a donné son nom à la réunion de religieux dans un monastère durant laquelle étaient lus des passages des textes sacrés ainsi que des articles de la règle. L’usage vient de la règle de Saint Benoit qui demandait la lecture fréquente d’un passage de la règle à toute la communauté réunie (RB §66,Cool. Par extension, la communauté d’un monastère est appelée le chapitre. La salle spécifiquement bâtie pour recevoir les réunions de chapitre est aussi appelée « salle capitulaire » (18), « salle du chapitre », ou tout simplement « chapitre ». la tenue se déroule à huit clos et il est strictement interdit aux participants de répéter ou de commenter à l’extérieur ce qui s’est dit durant le chapitre.


Dans l’ordre du Temple, il existait deux types de réunion de chapitre : le chapitre général (19) et le chapitre hebdomadaire (20).





(4) La Terre sainte (en grec : Agioi Topoi ; en latin : Terra Sancta) est le nom donné par les chrétiens à la région où est né et a vécu Jésus-Christ, avec une importance toute particulière accordée à Jérusalem lieu de sa mort et selon la foi chrétienne, de sa résurrection. L'article qui suit sera donc traité du point de vue chrétien.




(5)  Bethléem (en arabe بيت لحم bayt laḥm) est une ville située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte 30 000 habitants, essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s'étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.



La tombe de Rachel peinte en 1911

La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l'appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d'Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C'est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d'un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l'entrée de la ville.



L'entrée du tombeau en 2005

Depuis 1995, aux termes des accords d'Oslo, la ville est sous administration de l'Autorité palestinienne.




(6)  Nazareth (en arabe : الناصرة (an-Nāṣira) et en hébreu : נצרת (Nāṣereth)) est une ville du nord d'Israël, en Galilée. C'est la plus grande ville arabe du pays avec 66 000 habitants en 2008(estimations), dont 69 % sont musulmans et 30,9 % chrétiens. La population des banlieues est en majorité musulmane. Un faubourg, Nazareth Illit (Haute Nazareth), est majoritairement juif. La région métropolitaine compte 210 000 habitants, dont 85 000 juifs.


La basilique de l'Annonciation pendant la nuit


La tradition chrétienne fait de Nazareth la ville de Joseph et de Marie.




Basilique de l’annonciation

À Nazareth, la Basilique de l'Annonciation (catholique) est la plus grande des églises du Moyen-Orient. Elle a été inaugurée en 1964 par le Pape Paul VI et consacrée en 1969 sur le site d'églises plus anciennes, elles-mêmes édifiées sur une grotte identifiée comme celle de l'Annonciation.



Grotte de l'Annonciation dans la crypte




(7)  Le mont des Oliviers  (הר הזיתים en hébreu, جبل الزيتون en arabe) est une colline à l'est deJérusalem ; il englobe en fait les deux collines situées immédiatement au nord de celle-ci.



Vue du Mont des Oliviers


Le lieu est important pour les trois religions monothéistes.
Lieux remarquables :

• Yad Avshalom
• Tombe de Zacharie
• Tombe de Benei Hezir
• Grotte de Josaphat
• Cave des Prophètes
• Tombe de Houldah
• Tombeau de la fille de Pharaon
• Vallée du Cédron nécropole
• Église de Toutes-les-Nations
• Église Sainte-Marie-Madeleine (Jérusalem)
• l'Hôpital allemand Augusta Victoria (en)
• l'Université Brigham Young - Jérusalem
• Cimetière juif du mont des Oliviers




(08)  La vallée de Josaphat (ou de Jeoshaphat) est une vallée située à proximité de Jérusalem et du mont des Oliviers en Israël. L'endroit connu sous cette dénomination est une portion de la vallée du Cédron qui se trouve précisément entre le mont du Temple et le mont des Oliviers.



Vue de la vallée du Cédron ou de Josaphat
depuis le mont Scopus



Dans le judaïsme, cette vallée est mentionnée dans le livre de Joël comme la Vallée du Verdict (Yehoshaphat selon la traduction d'André Chouraqui).
Pour les Chrétiens, elle est la vallée du Jugement dernier.




(9)  Le Golgotha ou mont du Calvaire était une colline située dans l'Antiquité à l'extérieur de Jérusalem, sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés. Il est connu pour être le lieu où Jésus a été crucifié, d'après les évangiles.



Schéma no 1 : le site du tombeau du Christ


Son emplacement fait débat : au IVe siècle, sous la direction d'Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, un petit monticule a été désigné comme étant le lieu de crucifixion de Jésus. C'est ce lieu qui est aujourd'hui appelé Golgotha, bien que de nombreux historiens doutent de la pertinence de cette localisation. Elle est désormais incluse dans la basilique du Saint-Sépulcre.



Le Christ après la crucifixion, par Gérard David (XVIe siècle)



On lui donne d'autres noms tels que Calvaire (Calvarium en latin) ou Kraniou Topos (Κρανιου Τοπος en grec, « lieu du crâne »).




(10)  Louis VII, dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie (v.1092-1154).





Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, et Adèle de Champagne. Son fils Philippe Auguste lui succéde.




(11)  Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion (8 septembre 1157, palais de Beaumont à Oxford– 6 avril 1199, château de Châlus Chabrol) fut roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d'Anjou de 1189 à sa mort en 1199. Il fut aussi mécène de troubadours et auteur de poèmes.





Fils d’Henri II d'Angleterre et d’Aliénor d'Aquitaine, Richard est élevé dans le duché d'Aquitaine à la cour de sa mère, ce qui lui vaut dans sa jeunesse le surnom de Poitevin. Il devient comte de Poitiers à l'âge de onze ans et duc d’Aquitaine lors de son couronnement à Limoges. Après la mort subite de son frère aîné le roi Henri le Jeune en 1183, il devient héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, de la Normandie et du Maine.

Pendant son règne, qui dure dix ans, il ne séjourne que quelques mois dans le royaume d’Angleterre et n'apprend jamais l'anglais. Il utilise toutes ses ressources pour partir à la troisième croisade, puis pour défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il a prêté allégeance au roi Philippe, constituent la plus grande partie de son héritage Plantagenêt.

Les Anglais l’appellent Richard Ier, les Français Richard Cœur de Lion, dans les régions occitanes, il est surnommé Oc e No , et les Sarrasins, Melek-Ric ou Malek al-Inkitar (roi d'Angleterre).

En son temps, il est considéré comme un héros, et souvent décrit comme tel dans la littérature. Il est aussi un poète et un écrivain célèbre à son époque, notamment pour ses compositions en occitan, sa langue maternelle.





(12)  Louis IX, dit « le Prudhomme », plus connu sous le nom de Saint Louis depuis sa canonisation par l’Eglise catholique en 1297, est très probablement né à Poissy, le 25 avril 1214, et mort à Tunis le 25 août 1270.






Il est le fils de Louis VIII de France et de Blanche de Castille.

Il fut l’époux de Marguerite de Provence et eut onze enfants dont le futur Philippe III et Jean Tristan qui mourut lors de la huitième croisade.




(13)    Les reliques (du latin reliquiae, « restes »), sont les restes matériels qu'a ou qu'aurait laissés derrière elle une personne vénérée en mourant : soit des parties de son corps, soit d'autres objets qu'il a ou avait, pour les croyants, sanctifiés par son contact. Le culte des reliques reposant sur le possible transfert de la sacralité du corps saint sur le dévot, leur émiettement multiplie leurs bienfaits puisque chaque parcelle conserve la charge sacrale primitive. La conservation et le culte de dulie relative de ces restes sont une pratique en vigueur dans plusieurs religions. Il en découle des croyances et des pratiques religieuses variées, mais aussi de vifs débats quant à leur authenticité, le commerce ou le culte quasi superstitieux dont elles ont été ou sont encore l'objet, les « détracteurs » des reliques qui pratiquent le scepticisme scientifique n’ayant souvent pas plus d’arguments décisifs pour prouver leur fausseté ou cette superstition que les défenseurs pour prouver leur authenticité, leur virtus ou leur potestas réelles.

À partir du Siècle des Lumières qui voit les philosophes et écrivains de l'Encyclopédie combattre l'obscurantisme religieux, il y a un glissement des reliques de saints vers les reliques profanes de grands personnages historiques.




(14)  La Sainte Couronne ou couronne du Christ est, selon la tradition chrétienne, la couronne d'épines posée sur la tête du Christ avant sa crucifixion.



Couronne d'épine de l'église
Saint-Michel de Dijon en Bourgogne.



Cet instrument de la Passion, mentionné dans les Évangiles canoniques attribués à Marc, Matthieu et l'Évangile attribué à Jean, est évoqué par les premiers Pères de l'Église comme Clément d'Alexandrie ou Origène. Faisant partie des reliques attribuées à Jésus, elle devient un symbole chrétien.

Plusieurs sanctuaires revendiquent posséder cette relique. L'archevêché de Paris prétend la posséder au sein du trésor de la Sainte-Chapelle mais il est fait mention de la Sainte Couronne ou un de ses fragments au Palais électoral de Munich, en la basilique San Domenico de Bologne, en la cathédrale de Pise ou de Trêves, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit d'une relique de première classe (don d'une Sainte Épine qui a été enchâssée dans un reliquaire en forme de couronne d'épines) ou de contact(transfert de la sacralité de la Sainte Épine en la mettant en contact avec un bout de bois devenant lui-même une relique).




(15)  La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, serait la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié.

Selon la tradition chrétienne, c'est sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Elle est devenue dès lors une des principales reliques de la chrétienté, faisant l'objet d'une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom de staurothèques sont spécialement fabriqués pour abriter les fragments.

Pour le christianisme, la Croix du Christ est en effet considérée comme l'instrument du salut de l'humanité puisque, selon cette religion, le Christ, par sa mort, a racheté les hommes de leurs péchés, et particulièrement du péché originel. Deux fêtes marquent, dans le calendrier liturgique catholique, l'importance de cette relique : le Recouvrement de la Croix (3 mai) et l'Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre).




(16)  Un sceau est une empreinte destinée à garantir l'authenticité d'un document ou d'une information, et à rendre évidente son éventuelle divulgation ou son altération. Le terme désigne également l'objet, la matrice qui permet de réaliser cette empreinte.




Sceau de l'Ordre du Temple





(17) Dans la tradition catholique, le chapitre d'un Ordre ou d'une Congrégation religieuse est l'assemblée des religieux, clercs, frères ou religieuses, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle. Chaque abbaye a son chapitre à intervalles réguliers, voire quotidiens. Tous les membres de la communauté y prennent part. Les instituts religieux ont leur chapitre, au niveau régional (appelé 'chapitre provincial') ou général ('chapitre général')à intervalles fixés par leurs statuts propres:


• le mot chapitre a son origine dans la réunion quotidienne des moines au début de laquelle un chapitre (capitulum) de la règle de saint Benoît était lu, puis commenté par le père abbé
• ensuite les questions concernant la vie de leur communauté étaient discutées par les moines ou nonnes. Cela pouvait être la distribution des tâches et offices, la coulpe, l'admission de nouveaux membres, mais aussi des élections, etc. Les décisions du père abbé étaient en principe précédées d'une discussion au cours du chapitre


On distingue plusieurs chapitres, selon leur composition, certains pouvant réunir des moines de plusieurs abbayes et organiser la vie de l'ordre religieux.




(18)   La salle capitulaire, aussi appelée salle du chapitre, est le lieu où se réunit quotidiennement la communauté religieuse d'une abbaye.




Salle capitulaire de l’abbayde de Fontdouce





(19) chapitre général : Il réunissait tous les cinq ans au moins, les hauts dignitaires de l'ordre qui y débattaient des questions politiques et décidaient des actes qui engageaient l'ordre. C'était aussi la cour d'appel interne à l'ordre qui réglait les problèmes disciplinaires graves. Il a pu être réuni en Terre Sainte, à Jérusalem, Acre, Césarée, Nicosie (1291), ou bien en Europe, Paris (1147), Montpellier (1293) ou Arles (1296).



Salle du chapitre – commanderie de Coulommiers


Le 27 avril 1147, huit jours après Pâques, fut réuni dans la commanderie du Temple de Paris, un chapitre général de l'Ordre du Temple en France. Devant le pape Eugène III, le roi de France, Louis VII, et de nombreux prélats, les Templiers et leur maître Evrard des Barrèss' engagèrent pour la première fois pour la croisade.





(20)  Le chapitre hebdomadaire se déroulait dans toutes les commanderies de l'ordre du Temple où vivaient plus de quatre frères, généralement le dimanche après la messe. Il servait à régler les litiges entre frères et punir les manquements à la règle. Trente articles en précisent le fonctionnement (articles 386 à 415). Les frères entraient tous ensemble dans la salle, parfois en campagne une tente de campement réservée à cet usage.

Ils se signaient en silence, découvraient leurs têtes puis récitaient un patenôtre et enfin s'asseyaient. Celui qui présidait le chapitre faisait un sermon qu'il commentait ensuite.

La justice templière rendue par le chapitre, comportait quatre niveaux de sanction :

• 1°) Avertissements et pénitences de un à trois jours
• 2°) Pénitence et perte de l'habit pour un an et un jour
• 3°) Perte temporaire de l'habit
• 4°) Perte définitive de l'habit, renvoi de la maison


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Lun 2 Mai - 15:13





Le lien entre l’Orient et l’Occident était essentiellement maritime.  Pour les Templiers, l’expression  « outre-mer » désignait l’Europe tandis que « l’en deça des mers » et plus précisément de la mer Méditerranée, représentait l’Orient. Afin d’assurer le transport des biens, des armes, des frères de l’ordre, des pèlerins et des chevaux, l’ordre du Temple avait fait construire ses propres bateaux. Il ne s’agissait pas d’une flotte importante, comparable à celles des XIVe et XVe siècles, mais de quelques navires qui partaient des ports de Marseille, Nice (comté de Nice), Saint-Raphaël, Collioure ou d’Aigues-Mortes en France et d’autres ports italiens.  Ces bateaux se rendaient dans les ports orientaux après de nombreuses escales.


Plutôt que de financer l’entretien de navires, l’ordre pratiquait la location de bateaux de commerce appelés « nolis ». Inversement, la location de nefs templières à des marchands occidentaux était pratiquée. Il était d’ailleurs financièrement plus avantageux d’accéder aux ports exonérés de taxes sur les marchandises que de posséder des bateaux.  Les commanderies situées dans les ports jouaient donc un rôle important dans les activités commerciales de l’ordre. Des établissements templiers étaient installé à Gênes, Pise ou Venise, mais c’était dans le sud de l’Italie, plus particulièrement à Brindisi, que les nefs templières méditerranéennes passaient l’hiver.


Les Templiers d’Angleterre se fournissaient en vin du Poitou à partir du port de La Rochelle.


On distinguait deux sortes de bateaux, les galères et les nefs. Certaines larges nefs étaient surnommées huissiers car dotées de portes arrières ou latérales (huis), ce qui permettait d’embarquer jusqu’à une centaine de chevaux, suspendus par des sangles afin d’assurer la stabilité de l’ensemble pendant le voyage.


L’article 119 des retraits de la Règle indique que  « tous les vaisseaux de mer qui sont de la maison d’Acre sont au commandement du commandeur de la terre. Et le commandeur de la voûte d’Acre, et tous les frères qui sont sous ses ordres sont en son commandement et toutes les choses que les vaisseaux apportent doivent  être rendues au commandeur de la terre ».

Le port d’Acre était le plus important de l’ordre. La voûte d’Acre était le nom d’un des établissements possédés par les Templiers dans la ville, celui-ci se trouvant près du port. Entre la rue des Pisans et la rue Sainte-Anne, la voûte d’Acre comprenait un donjon et des bâtiments conventuels.


Voici les noms de navires du Temple :
• Le Templère, le Buscart, le Buszarde du Temple vers 1230 reliant l’Angleterre au continent
• La Bonne Aventure en 1248, la Rose du Temple en 1288-1290 à Marseille
• L’Angellica en Italie du Sud
• Le Faucon en 1291 et 1301 ainsi que La Santa Anna en 1302 à chypre




(VOIR ARTICLE SUPPLEMENTAIRE CI-DESSOUS)


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 10:14





Afin d'assurer le transport des biens, des armes, des frères de l'ordre, des pèlerins et des chevaux, l'ordre du Temple louait les services de navires marchands, mais avait fait également construire ses propres bateaux. Ceux-ci convoyaient après de nombreuses escales les personnes et équipements pour les croisades à destination des ports orientaux, mais étaient également utilisés pour des liaisons commerciales à travers toute l'Europe.






Les Templiers utilisèrent au moins trois types de bateaux différents: les bateaux de transports d'hommes et de marchandises, les bateaux de guerre, et les navires huissiers destinés au transport des chevaux.
• En Méditerranée, le navire de guerre était la galère, et les navires de charge étaient: le navas construits principalement à Venise et à Gênes; les navires huissier, larges nefs dotées de portes arrières ou latérales (huis), permettant d'embarquer jusqu'à une centaine de chevaux, suspendus par des sangles afin d'assurer la stabilité de l'ensemble pendant le voyage; les Paranza (ou Paranzella), grosses barques utilisées pour la pêche ou le transport, en partance principalement du Sud de l'Italie avec des cargaisons de marchandises ou de pèlerins pour la Terre Sainte (probable ancêtre de la Balancelle ainsi désigné à partir du XIXe siècle lorsque ce type de bateau a commencé à se répandre en Méditerranée). Certains bateaux pouvaient transporter de huit cents à deux mille personnes.
• En Atlantique, le navire de transport était la nef, aussi appelée nau par les portugais et nao par les espagnols, qui au besoin pouvait être militarisé et devenir navire de guerre. Au début du XIIIe siècle, un autre type de voilier apparut au nord de l'Europe, le cogge appelé aussi Koggen, également navire de transport ou de guerre.



Nef, Caraque ou Nave


Galère de Malte


Paranzella ou Balancelle







Les Templiers étaient établis dans plusieurs villes de la côte de Terre sainte, d'Europe et en Petite Arménie. À partir de 1162, puis tout au long du XIIe siècle, les voyages organisés par les Templiers au départ de la Provence (Saint Gilles et Arles principalement) et de l'Italie du Nord vers la Terre Sainte, montrent leur rôle dans la protection de celle-ci.

Les ports de Marseille , Nice (Conte de Nice), Saint-Raphaël, Collioure, Toulon ou d'Aigues-Mortes en France étaient utilisés, ainsi que d'autres ports italiens. Les commanderies situées dans ou à proximité des ports jouaient donc un rôle important dans les activités commerciales de l'ordre. Des établissements maritimes templiers étaient installés en Provence, en Italie à Gênes, Pise ou Venise, ou encore dans la Petite Arménie (à Ayas par exemple ), mais c'était dans le sud de l'Italie, plus particulièrement à Brindisi et à Trani, que les nefs templières méditerranéennes passaient l'hiver pour y être radoubées. L'Ordre se dota dès le XIIe siècle, puis courant du XIIIe siècle d'une vingtaine de commanderies côtières:

Tripoli au Liban, Tortose, Lattaquié (crée dès 1154, et qui perdura jusqu'en 1287), Acre, Sidon (Château de la Mer), ou encore Jaffa en Terre Sainte. Mais aussi Gaza et Ashkelon, au sud du royaume de Jérusalem, Port-Bonnel et Alexandrette en Cilicie, ou encore Tyr au Sud-Liban actuel, où les Templiers possédaient un quartier entier.

Le port d'Acre était le plus important de l'ordre. La voûte d'Acre était le nom d'un des établissements possédés par les Templiers dans la ville, celui-ci se trouvant près du port.






Voici quelques noms de navires utilisés ou possédés par les templiers :

• Le Templère, le Buscart, le Buszarde du Temple vers 1230, reliant l'Angleterre au continent
• La Bonne Aventure en 1248, et la Rose du Temple en 1288-1290 à Marseille (l'appartenance de ces 2 navires à l'Ordre du Temple n'étant pas certaine, ils étaient peut-être simplement nolisés). C'est à partir de ce port que le commandeur du Passage était chargé d'écouler en Orient les hommes et matériels de l'Ordre.
• La Bénite, en latin "Sanctus", affrétée par Jean Ier de Dreux en 1248
• L'Angellica en Italie du sud
• La Santa Anna, qui se trouvait en 1302 à Famagouste (Chypre), et qui était nolisé (affreté) à des marchands occidentaux
• Le Faucon (ou (la) Falcon Templum, à ne pas confondre avec un navire hospitalier de même nom17) basé à Saint-Jean-d’Acre, d'une capacité de transport de 1 500 personnes, qui se trouvait également à Famagouste (Chypre) en 1301. Sous le commandement de Roger de Flor, il participa à l'évacuation en 1291 de la population civile d'Acre, lors de la chute du siège de l'Ordre. Il fut désarmé à Marseille, lors de la fuite de Roger de Flor, accusé par Jacques de Molay d'avoir détourné à son profit une partie des trésors sauvés avec la population
• L'Olivette, acheté en 1301 par Roger de Flor, toujours templier et conseiller de Frédéric II de Sicile.
• La mestre galie, vaisseau amiral de l'Ordre à partir de 1248, abritait dans sa cale les dépôts réguliers des participants de la croisade, et avait semblerait-il un pont blindé et ignifugé
• l' Allégresse et la Nave Angélique, navires de guerres ayant participé à la huitième croisade (1270).
• La Sainte Trinité: en septembre 1306, trois contrats concernaient ce navire pour un voyage entre Marseille et les Pouilles.
• En 1293, les templiers firent l’acquisition de six galères auprès de Venise, venues compléter les deux vaisseaux dont ils disposaient déjà à Chypre, pour assurer la protection de l’île.

Au nord, les templiers utilisèrent les ports de Boulogne, Barfleur, ainsi que les ports des villes flamandes. La Rochelle fut également utilisée, mais ce port aurait eu un statut particulier, principalement pour des liaisons commerciales avec l'Angleterre et la Flandre.






Sur le plan commercial, les Templiers se livrèrent tout au long du XIIIe siècle, à de fructueuses activités: le vin tint la première place dans leur négoce et ils l'exportèrent surtout vers l'Angleterre et la Flandre. Mais une autre utilisation du port pourrait expliquer son importance stratégique et son développement: de nombreuses marchandises en provenance de l'Europe du Nord, comme Bristol en Angleterre par exemple, étaient débarquées à La Rochelle, transportées par voie fluviale puis terrestre jusqu'aux ports de Méditerranée, comme Collioure, pour être à nouveau embarquées en direction de la Terre Sainte, évitant ainsi le détroit de Gibraltar, beaucoup plus risqué. Le transport des marchandises était effectué soit sur des navires loués à des particuliers, soit sur leurs propres navires. En plus des navires marchands, la flotte templière semblait y être très importante.


La légende voudrait que la veille de l'arrestation des templiers, soit le 12 octobre 1307, 17 ou 18 navires de cette flotte aient appareillé pour une destination inconnue.






Faxfleet a été l'une des rares commanderies de Grande-Bretagne à avoir un accès direct à la mer, d'autre étant par exemple Dunwich ou Strood. Les Templiers d'Angleterre se fournissaient en vin du Poitou principalement à partir du port de La Rochelle.

Au sud, les templiers utilisèrent les ports de Marseille, Toulon, également commanderie templière, ainsi que Collioure, et Majorque, qui fut quant à elle une commanderie maritime.







Le port de Marseille reçu dès les premières années du XIIIe siècle la faveur des Templiers et des Hospitaliers, de par sa localisation entre le Nord de la France, via le couloir rhodanien, et la mer. À partir de la troisième croisade (1189-1192), Marseille s’affirmait déjà comme le principal port d’embarquement des pèlerins se rendant de France à Acre, prenant le pas sur le port de Saint-Gilles, menacé d’ensablement et concurrencé par Aigues-Mortes.

Les Templiers étaient implantés en bordure du barri vieux donnant sur la place platea templi, un des lieux de débarquement des marchandises. Un magister passagii (maître du passage) veillait sur les comptes du Temple lors des transbordements de marchandises et d'hommes: Guillaume de Gonesse (1255), Henri de Dôle (1260-1274 et 1280), Simon de Quincy (1303), ou encore Jean de Villamer (1306).







L'Ordre du Temple se développant rapidement dans les Pouilles, les Templiers de Barletta commencèrent à envoyer de l'aide en Terre Sainte, principalement alimentaire, en profitant du fait que la ville était un port d'une certaine importance. Les livraisons ont été faites principalement en utilisant des bateaux appartenant à l'Ordre: paranza S. Nicola (aux ordres de Benvenuto et de Martino Martino de Dragundo); paranza S. Albano (aux ordres de Mani et Omibani); paranza S. Cristoforo (d'Andrea de Iadeva); paranza S. Nicola (de Nicola Stramatia de Bari).

Charles Ier d'Anjou est souvent intervenu pour faciliter le transport des marchandises et des denrées alimentaires de Barletta en Terre Sainte.

Les exportations de marchandises à partir du Royaume de Sicile et de la Catalogne à destination de la Terre Sainte se multiplièrent, en particulier les derniers temps du royaume de Jérusalem, celui-ci étant soumis à de rudes sècheresses. Le Temple s'occupa également de venir en aide, après la chute d'Acre, aux quelques 100 000 réfugiés de Syrie, qui reçurent près de mille tonnes de fret en 1295.






Une activité méconnue et pourtant lucrative des templiers était le commerce des esclaves blancs: des prisonniers de guerre, des enfants enlevés voire achetés à leurs parents, étaient transportés en grand nombre de l'Orient vers l'Occident. Ils participaient au fonctionnement des Maisons du Temple, principalement en Italie et en Aragon. À la fin du XIIIe siècle, la plaque tournante de ce commerce florissant était le port d'Ayas du Royaume arménien de Cilicie. Les Templiers y ouvrirent un comptoir vers 1270, et y firent le commerce d'esclaves turcs, grecs, russes et circassiens.






Si les deux premières croisades furent exclusivement terrestres, la troisième croisade (1189-1192) fut pour la première fois terrestre et navale. Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste prirent en effet la mer, après avoir acheté ou loué des navires . C’est la première fois que de grands rassemblements de navires nordiques pénètraient en Méditerranée. C’est aussi la première grande entreprise maritime des Francs qui ouvrit la série des croisades maritimes. Il ne s’agissait plus, comme au XIIe siècle de porter secours au royaume de Jérusalem avec quelques centaines de chevaliers, mais de conquérir des villes gardées par d’imposantes murailles, et donc de transporter par voie de mer de véritables armées, ce qui n’avait encore jamais été fait sur de pareilles distances. Les nefs, construites àVenise, Gênes et Marseille, devinrent de plus en plus imposantes, capables de porter plusieurs centaines d’hommes et leurs chevaux.

La quatrième croisade (1202-1204) fut exclusivement maritime et à forts effectifs français, mais seules les villes italiennes étaient à même de fournir la flotte de transport.

La cinquième croisade (1217-1221) se fit avec une très faible participation française, le royaume étant accaparé par la lutte contre les Albigeois. C'est pourtant à partir de cette période que l'ensemble des navires appartenant à l'Ordre du Temple peut être réellement considéré comme une flotte.

Lors du siège de Damiette en août 1218 ont participé 4 "Koggen" et 2 nefs équipés par les Templiers et les Hospitaliers. L'un des navires du Temple fut même sacrifié en novembre 1218: précipité contre les murailles de la ville, il entraina avec lui un grand nombre d'assaillants musulmans.



Cornelis Claesz van Wieringen : Navire brisant la chaîne
de Damiette lors la cinquième croisade, XVIe siècle.



Lors de la Guerre de Saint-Sabas (1256-1258) est mentionnée une bataille navale entre Gênes et les navires templiers.

Il fallut attendre la Septième croisade (1248-1254), pour que le Temple se dotât d'un vaisseau amiral, que Jean de Joinville visita en 1250. Cette mestre galie abritait dans sa cale les dépôts réguliers des participants de la croisade, et avait semblerait-il un pont blindé et ignifugé!

La huitième croisade (1270) n'implique probablement que deux navires templiers, l' Allégresse et la Nave Angélique.

En 1279, le Grand Maître Guillaume de Beaujeu prit cependant part à une querelle féodale dans le comté de Tripoli, qui opposait Guy de Gibelet à Bohémond VII d'Antioche. Lors de ce déploiement, 13 galères templières furent armées et constituèrent le corps expéditionnaire vers Tripoli. Cependant, 5 navires furent perdus dans une tempête, avec le reste des Templiers évacués de Sidon. Ce qui amena Guillaume de Beaujeu à rentrer sur Acre, et permit à Bohémond VII de prendre possession de l'Ile d'Al-Hlaliyé, au large de Sidon.

À la fin du XIIIe siècle, la flotte templière prit également part à faire respecter l'embargo commercial imposé par le pape contre les zones musulmanes. Himbert Blanc, Maître provincial d'Auvergne, convainquit le pape Clément V en 1306 de confier un groupe de navires au commandement du capitaine Pierre de Lengres Marseille dans ce but.






Les rois d'Angleterre Jean sans terre et Henri III avaient confié l'administration de leur marine à des Templiers: Roger du Temple, aumônier du roi Jean sans terre avait la responsabilité administrative de la flotte royale; le frère Thomas, capitaine d'un bateau templier, fut placé au service d'Henri III d'Angleterre entre 1224 et 1226; de plus, Robert IV de Sablé commanda la flotte de Richard Cœur de Lion en 1190 lors de la Troisième croisade.







Aucune trace ni mention historique n'a été retrouvée sur la saisie ou la destruction des navires de l'Ordre du Temple, ni en France, ni dans les ports des autres pays d'Europe. De nombreuses hypothèses ont vu alors le jour:
- Une partie de la flotte templière aurait pu s'échapper et rejoindre les côtes portugaises ou écossaises pour y trouver refuge:
- Une autre partie aurait traversé l'Atlantique et accosté sur les rives de l'Amérique du Nord, deux siècles avant Christophe Colomb.

- Une autre partie enfin, serait devenue une force navale clandestine, cherchant vengeance en s'attaquant presque exclusivement aux navires de l'Église Romaine, ou à ceux des pays ayant soutenu l'arrestation des templiers. Ces navires portant le pavillon Jolly Roger, auraient ainsi considérablement fait augmenter la piraterie à cette époque, en Atlantique, Manche, Mer du Nord et Méditerranée. Ce pavillon aurait pour origine Roger II de Sicile (1095 - 1154), lui-même surnommé "Jolly Roger": celui-ci l'aurait hissé lors du schisme Anaclet II (anti-pape) / Innocent II, et de son combat contre les forces papales. Il aurait ensuite été désigné patron de La flotte de l'Ordre du Temple par les capitaines de navires templiers qui seraient parvenus à échapper à la dissolution de l'Ordre, en signe de révolte contre Rome. Ne pouvant plus porter le pavillon templier, ceux-ci auraient hissé le Jolly Roger lorsqu'ils croisaient les navires français, anglais ou de la papauté.



SOURCE :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Flotte_de_l%27ordre_du_Temple


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 10:43

(SUITE DE L’HISTOIRE DE L’ORDRE DU TEMPLE)







Le terme cubiculaire (cubicularius) désignait au Moyen Âge celui qu’on nommait aussi le « chambrier », c’est-à-dire le responsable de la chambre à coucher (cubiculum) du pape. Il ne doit pas être confondu avec le camerlingue (1) (camerarius), qui avait à l’époque la direction des finances et des ressources temporelles de la papauté. Ces fonctions bien distinctes à l’origine, ont été regroupées au début de l’Epoque moderne sous le terme cubiculaires, avant d’être divisées à nouveaux en plusieurs catégories de camériers (2).



Les cubicularii, d’abord simples domestiques du pape, avaient également des fonctions cérémonielles, d’intendance et de garde personnelle rapprochée. Ils bénéficièrent de fonctions de plus en plus importantes au fil des siècles.


Les premiers chevaliers de l’ordre du Temple à occuper cette fonction sont mentionnés par Malcolm Barber auprès du pape Alexandre III (3), sans que leur nom soit cependant cité. C’est surtout à partir du milieu du XIIIe siècle que les templiers vont se succéder à cette fonction, pour certains à plusieurs reprises, comme Giacomo de Pocapalea, ou Hugues de Verceil (4), et parfois en doublon comme sous Benoit XI (5). Les derniers templiers cubiculaires de Clément V furent Giacomo da Montecucco, Maitre de la Province de Lombardie, arrêté puis emprisonné à Poitiers en 1307, d’où il s’échappa en février 1308, pour se réfugier dans le Nord de l’Italie, et enfin, Olivier de Penne (6) de 1307 à 1308, également arrêté et parfois confondu avec Giacomo da Montecucco par certains historiens. On retrouve ce dernier devenu commandeur hospitalier de La Capelle-Livron après la dissolution de l’ordre.





(1) Le camerlingue de la Sainte Église romaine est le cardinal placé à la tête de la Chambre apostolique, service de la Curie romaine chargé des biens temporels du Saint-Siège pendant la période sede vacante du pouvoir pontifical, conformément aux dispositions de la Constitution apostolique Universi Dominici gregis sur la vacance du siège apostolique et l'élection du Pontife romain. La fonction de camerlingue de la Sainte Église romaine, est assurée, depuis le 20 décembre 2014, par le cardinal Jean-Louis Tauran.




(2) Dans l'Église catholique romaine, le camérier est un membre de la Famille pontificale, chargé du service personnel du pape. Il y avait aussi des camériers (Erbkämmerer) auprès des cours des princes-évêques du Saint-Empire romain germanique.




(3) Élu pape sous le nom d'Alexandre III en 1159, Rolando Bandinelli est né vers 1105 à Sienne et mort le 30 août 1181 à Civita Castellana.








(4)  Hugues de Verceil : Uguccione di Vercelli) est un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut l'avant-dernier maître de la province de Lombardie . Il occupa également les fonctions de cubiculaire du Pape.




(5)  Benoît XI, de son vrai nom Nicolas Boccasini, né en 1240 à Trévise dans le Saint Empire Romain Germanique et mort en 1304 à Pérouse, a été pape de l’Église catholique de 1303 à1304.







(6)  Olivier de Penne ((la): Oliverius de Penna) est un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut cubiculaire du pape Clément V et qui bénéficia de sa protection lors du procès intenté aux templiers. À la suite de la dissolution de l'ordre, il a peut-être intégré l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en tant que commandeur de La Capelle-Livron.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 10:57




Les hommes de toutes origines et de toutes conditions constituaient le corps du peuple templier à chaque niveau de la hiérarchie. Différents textes permettent  aujourd’hui de déterminer  l’apparence des frères chevaliers et sergents.






La reconnaissance de l’ordre du Temple ne passait pas seulement par l’élaboration d’une règle et d’un nom, mais aussi par l’attribution d’un code vestimentaire particulier propre à l’ordre du Temple.

Le manteau des Templiers faisait référence à celui des moines cisterciens.


Seuls les chevaliers, les frères issus de la noblesse, avaient le droit de porter le manteau blanc, symbole de pureté de corps et de chasteté. Les frères sergents, issus de la paysannerie, portaient quant à eux un manteau de bure (1) , sans pour autant que ce dernier ait une connotation négative. C’était l’ordre qui remettait l’habit et c’est aussi lui qui avait le pouvoir de le reprendre. L’habit lui appartenait, et dans l’esprit de la règle, le manteau ne devait pas être un objet de vanité. Il y est dit que si un frère demandait un plus bel habit, on devait lui donner le « plus vil ».

La perte de l’habit était prononcée par la justice du chapitre pour les frères qui avaient enfreint gravement le règlement. Il signifiait un renvoi temporaire ou définitif de l’ordre.


Dans sa bulle Vox in excelso d’abolition de l’ordre du Temple, le pape Clément V indiqua qu’il supprimait « le dit ordre du Temple et son état, son habit et son nom », ce qui montre bien l’importance que l’habit avait dans l’existence de l’ordre.






Il semble que la croix pattée (2) rouge n’ait été accordée que tardivement aux Templiers en 1147, par le pape Eugène III. Il aurait donné le droit de la porter sur l’épaule gauche, du côté du cœur. La règle de l’ordre et ses retraits ne faisaient pas référence à cette croix. Cependant, la bulle papale Omne datum optimum la nomma par deux fois. Aussi est-il permis de dire que les Templiers portaient déjà la croix rouge en 1139. C’est donc sous la maitrise de Robert de Craon, deuxième maitre de l’ordre, que la « croix de gueules » devint officiellement un insigne templier. Il est fort probable que la croix des Templiers ait été issue de la croix de l’ordre du Saint-Sépulcre dont avaient fait partie Hugues de Payns et ses compagnons d’armes. Cette croix rouge était potencée, cantonnée de quatre petites croix appelées croisettes.


La forme de la croix des Templiers n’a jamais été fixée. L’iconographie templière la présenta grecque simple, ancrée, fleuronnée ou pattée. Quelle qu’ait été sa forme, elle indiquait l’appartenance des Templiers à la chrétienté et la couleur rouge rappelait le sang versé par le Christ. Cette croix exprimait aussi le vœu permanent de croisade à laquelle les Templiers s’engageaient à participer à tout moment. Il faut cependant préciser que tous les Templiers n’ont pas participé à une croisade.







Dans son homélie (1130-1136), appelée De laude novae militiae (Eloge de la nouvelle milice), Bernard de Clairvaux présente un portrait physique et surtout moral des Templiers, qui s’opposait à celui des chevaliers du siècle :


«Ils se coupent les cheveux ras, sachant de par l’Apôtre que c’est une ignominie pour un homme de soigner sa coiffure. On ne les voit jamais peignés, rarement lavés, la barbe hirsute, puant la poussière, maculés par les harnais et par la chaleur… ».


Bien que contemporaine des Templiers, cette description était plus allégorique que réaliste, Saint Bernard ne s’étant jamais rendu en Orient. Par ailleurs, l’iconographie templière est mince. Dans les rares peintures les représentants à leur époque, leurs visages, couverts d’un heaume, d’un chapeau de fer ou d’un camail, ne sont pas visibles ou n’appraissent que partiellement.


Dans l’article 28, la règle latine précisait que « les frères devront avoir les cheveux ras », ceci pour des raisons à la fois pratiques et d’hygiène dont ne parlait pas Saint Bernard, mais surtout « afin de se considérer comme reconnaissant la règle en permacence ». De plus, « afin de respecter la règle sans dévier, ils ne doivent avoir aucune inconvenance dans le port de la barde et des moustaches. » Les frères chapelains étaient tonsures et rasés. De nombreuses miniatures, qui représentent les Templiers sur le bûcher, ne sont ni contemporaines, ni réalistes. A ce moment, certains s’étaient même rasés pour montrer leur désengagement de l’ordre.

Enfin, les peintres officiels du XIXe siècle ont imaginé les Templiers à leur manière, mêlant idéalisme et romantisme, avec de longues chevelures et de grandes barbes.







« […] car de notre vie vous ne voyez que l’écorce qui est par dehors. Car l’écorce est telle que vous nous voyez avoir de beaux chevaux et belles robes, et ainsi vous semble que vous serez à votre aise. Mais vous ne savez pas les forts commandements qui sont par dedans. Car c’est une grande chose que vous, qui êtes sire de vous-même, deveniez serf d’autrui. » (Extrait de l’article 661 de la règle).


La règle de l’ordre et ses retraits nous informent de manière précise sur ce que fut la vie quotidienne des Templiers en Occident comme en Orient. Cette vie était partagée entre les temps de prières, la vie collective (repas, réunion), l’entrainement militaire, l’accompagnement et la protection des pèlerins, la gestion des biens de la maison, le commerce, la récolte des taxes et impôts dus à l’ordre, le contrôle du travail des paysans sur les terres de l’ordre, la diplomatie, la guerre et le combat contre les infidèles.






(1)  La bure est un tissu de laine assez grossier1. Cette étoffe sert de base à la confection de vêtements pour les religieux et en particulier pour les frocs des moines.




(2)  Une croix pattée est un type de croix dont les bras sont étroits au niveau du centre et larges à la périphérie, le nom venant du fait que les bras de la croix font penser à des pattes. Il existe plusieurs variantes de croix pattée.




Croix pattée rouge : une forme possible
de la croix des Templiers


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 21:58, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 12:26









Un ordre de chevalerie ne va pas sans cheval. Ainsi, l’histoire de l’ordre du Temple fut intimement liée à cet animal. Pour commencer, un noble qui était reçu dans l’ordre pouvait faire don de son destrier (1), un cheval de combat que les écuyers tenaient à dextre, c’est-à-dire de la main droite (donc à gauche). Après 1140, on comptait de nombreux donateurs de la grande noblesse léguant aux Templiers des armes et des chevaux.


Pour équiper son armée, l’ordre du Temple fournissait trois chevaux à chacun de ses chevaliers dont l’entretien était assuré par un écuyer (articles 30 & 31 de la règle). La règle précise que les frères pouvaient avoir plus de trois chevaux, lorsque les maitres les y autorisaient. Cette mesure visait sans doute à prévenir la perte des chevaux, afin que les frères eussent toujours trois chevaux à disposition.

Ces chevaux devaient être harnachés de la plus simple manière exprimant le vœu de pauvreté. Selon la règle (article 37) « nous défendons totalement que les frères aient de l’or et de l’argent à leur brides, à leurs étriers et à leurs éperons ». Parmi ces chevaux se trouvait un destrier qui était entrainé au combat et réservé à la guerre. Les autres chevaux étaient des sommiers ou bêtes de somme de race comtoise ou percheronne (2). Ce pouvaient être aussi des mulets appelés « bêtes mulaces ». Ils assuraient le transport du chevalier et du matériel. Il y avait aussi le palefroi (3), plus spécialement utilisé pour les longs déplacements.


Selon les retraits, la hiérarchie de l’ordre s’exprimait à travers l’attribution réglementaire des montures. Les retraits commencent ainsi : « le maitre doit avoir quatre bêtes… » indiquant l’importance du sujet.

D’ailleurs, les trois premiers articles du maitre de l’ordre (articles 77,78 et 79) portaient sur son entourage et le soin aux chevaux. On apprend ainsi que les chevaux étaient nourris en mesures d’orge (céréale coûteuse et donnant beaucoup plus d’énergie aux chevaux que la simple ration de foin) et qu’un maréchal-ferrant se trouvait dans l’entourage du maitre.

Parmi les chevaux du maitre se trouvait un turcoman, pur-sang arabe (4) qui était le cheval de guerre d’élite et de grande valeur car très rapide.

Quatre chevaux étaient fournis à tous les hauts dignitaires (voir la partie : la hiérarchie de l’ordre) : sénéchal, maréchal, commandeur de la terre et du royaume de Jérusalem, commandeur de la cité de Jérusalem, commandeurs de Tripoli et d’Antioche, drapier, commandeurs des maisons (commanderies), turcopolier. Les frères sergents tels que sous-maréchal, le gonfanonier, le cuisinier, le maréchal-ferrant et le commandeur du port d’Acre avaient droit à deux chevaux. Les autres frères sergents ne disposaient que d’une seule monture. Les turcopoles, soldats arabes au service de l’ordre du Temple, devaient fournir eux-mêmes leurs chevaux.

C’était le maréchal de l’ordre qui veillait à l’entretien de tous les chevaux et du matériel, armes, armures et brides sans lesquels la guerre n’était pas possible. Il était responsable de l’achat des chevaux (article 103) et il devait s’assurer de leur parfaite qualité. Un cheval rétif devait lui être montré (article 154) avant d’être écarté du service.

Les destriers étaient équipés d’une selle à  « croce » (à crosse), appelée aussi selle à arçonnière, qui était une selle montante pour la guerre et qui permettait de maintenir le cavalier lors de la charge. Les commanderies du sud de la France, mais aussi celles de Castille, d’Aragon et de Gascogne, étaient spécialisées dans l’élevage des chevaux. Ceux-ci étaient ensuite acheminées dans les Etats latins d’Orient par voie maritime. Pour cela, ils étaient transportés dans les cales des nefs templières et livrés à la caravane du maréchal de l’ordre qui supervisait la répartition des bêtes selon les besoins.
Lorsqu’un templier mourait ou était envoyé dans un autre Etat, ses chevaux revenaient à la maréchaussée (article 107).

Rares sont les représentations des Templiers. Il nous est cependant parvenu une peinture murale d’un chevalier du Temple en train de charger sur son destrier. Il s’agit d’une fresque de la chapelle de Cressac en Charente, datant de 1170 ou 1180.





(voir la partie : habillement du templier)


Le noble des XIIe et XIIIe siècles devait se faire fonctionner un équipement complet (vêtement et armes) pour être adoubé chevalier. Ce matériel, nécessitant essentiellement des métaux, valait une somme importante. Les chevaliers et sergents templiers devaient disposer d’un tel équipement.

La protection du corps était assurée par un écu, un haubert (cotte de maille) ainsi qu’un heaume ou un chapel de fer.

• L’écu (ou bouclier) de forme triangulaire, pointe en bas, était fait de bois et recouvert d’une feuille de métal ou de cuir. Il servait à protéger le corps, mais sa taille fut réduite dans le courant du XIIe siècle pour être allégé et donc plus maniable.

• La cotte de mailles était constituée de milliers d’anneaux en fer de quelques millimètres de diamètre, entrelacés et rivetés. Cette cotte était constituée de quatre parties :

** Les chausses de mailles attachées à la ceinture par des lanières de cuir.

** le haubert protégeait le corps et les bras. Il est à noter que le haubert fut raccourci au genou au cours du XIIIe siècle pour être plus léger, après quoi il fut appelé « haubergeon ». il se distinguait par des manches courtes et l’absence de protection de tête solidaire.

** le camail ou coiffe de mailles. Un « mortier » ou casquette en tissu matelassé était  posé sur la tête pour supporter le camail ainsi que le heaume.

** les mains étaient protégées par des gants en mailles appelés gants d’arme (article 325 de la Règle)

Le casque était alors une calotte de fer comportant éventuellement une protection du visage fixe. Le chapel de fer devait son nom à sa forme très proche du chapeau de paille à larges bords ne protégeant pas le visage. Plus tard, le « heaume » apparut. Il couvrait toute la tête jusqu’au bas du cou.


Le sous-vêtement se composait d’une chemise de lin et de braies. La protection du corps était renforcée par le port de chausses éventuellement matelassées en tissu ou cuir et attachées par des lanières, ainsi que par un « gambison » ou « gambeson » en tissu matelassé et recouvert de soie. Pour finir, le surcot, porté sur la cotte, est aussi appelé jupon d’arme, cotte d’arme ou « tabard ». il était cousu d’une croix rouge, insigne de l’ordre, devant comme derrière. Il permettait de reconnaitre les combattants templiers sur le champ de bataille comme en tout  lieu. Le baudrier, porté autour des reins, était une ceinture spéciale qui permettait d’accrocher l’épée et de maintenir le surcot près du corps.


Selon la règle , le templier recevait comme armement  une épée, une lance, une masse et trois couteaux lors de sa réception dans l’ordre.

Les épées suivaient les modes occidentales de l’époque. Elles étaient donc à lames droites à double tranchant, maniées à une main à la création de l’ordre puisque les modèles maniés à deux mains n’apparaitront que plus tard (toute fin du XIIe siècle). La lance est en arme de chevalier, destinée à  charger « à la lance couchée » sur l’ennemi. La masse d’arme est constituée d’une hampe courte (selon modèles, de 40 à 80 cm) et d’une tête ferrée ou entièrement constituée de fer présentant d’éventuelles protubérances. L’épée était accompagnée, selon la mode de l’époque, d’un couteau qui lui était esthétiquement appareillé de 30 à 40 cm de longueur totale. Les deux autres couteaux étaient des outils d’usage général, servant aux menus travaux, à l’entretien du corps, du cheval et à la nutrition.






Le drapeau de l’ordre du Temple était appelé le gonfanon baucent. Baucent, qui signifie bicolore, avait plusieurs graphies : baussant, baucent ou balcent. C’était un rectangle vertical composé de deux bandes, l’une blanche et l’autre noire, coupées au tiers supérieur. Porté en hauteur au bout d’une lance, il était le signe de ralliement des combattants templiers sur le champ de bataille, protégé en combat par une dizaine de chevaliers. Celui qui en était responsable était appelé le gonfanonier. Selon la circonstance, le gonfanonier désignait un porteur qui pouvait être un écuyer, un soldat turcopole ou une sentinelle. Le gonfanonier chevauchait devant et conduisait son escadron sous le commandement du maréchal de l’ordre.







Le gonfanon devait être visible en permanence sur le champ de bataille et c’est pourquoi il était interdit de l’abaisser. Ce manquement grave au règlement pouvait  être puni par la sanction la plus sévère, c’est-à-dire la perte de l’habit qui signifiait le renvoi de l’ordre. Selon l’historien Georges Bordonove, lorsque le gonfanon principal tombait parce que son porteur et sa garde avaient été tués, le commandeur  des chevaliers déroulait un étendard de secours et reprenait la charge. Si celui-ci venait à disparaitre à son tour, un commandeur d’escadron devait lever son pennon noir et blanc et rallier tous les Templiers présents.

Si les couleurs templières n’étaient plus visibles, les Templiers survivants devaient rejoindre la bannière des Hospitaliers. Dans le cas où celle-ci était tombée, les Templiers devaient rallier la première bannière chrétienne qu’ils apercevaient.


Le gonfanon baucent est représenté dans les fresques de la chapelle templière San Bevignate de Pérouse en Italie. La bande blanche se situe dans la partie supérieure. Il est aussi dessiné dans la chronica majorum, les chroniques de Matthieu Paris en 1245. Dans ce cas, la bande blanche se trouve dans la partie inférieure.





Saint-Georges (5)  était le saint très vénéré par les ordres militaires et religieux, mais les Templiers considéraient Marie comme leur Sainte Patronne.






Les croisés dans leur ensemble étaient perçus par les Arabes comme des barbares ignorants parfois même accusés de cannibalisme, comme lors de la prise de la ville de Ma’arrat al-Numan, pendant la première croisade, et furent ensuite parfois désignés comme les cannibales de Maara. Au début du XIIe siècle, les Templiers se révélèrent être les combattants les plus redoutables que durent affronter les Arabes. Cependant, en dehors du champ de bataille, on note qu’une certaine tolérance religieuse les animait. En 1140, l’émir et chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh, par ailleurs ambassadeur auprès des francs, se rendit à Jérusalem. Il avait l’habitude d’aller à l’ancienne mosquée al-Aqsa, « lieu de résidence de mes amis les Templiers ». l’émir rapporta une anecdote pendant laquelle les Templiers prirent ouvertement sa défense lors de la prière. Alors que la façon de prier des musulmans était à la fois inconnu et incomprise des Francs nouvellement arrivés en Orient, les Templiers, eux, faisaient respecter ce culte, même si celui-ci était qualifié d’infidèle.


Quelques années plus tard, en 1187, lors de la bataille de Hattin, le chef musulman Saladin fit décapiter au sabre, sur place et en sa présence, près de deux cent trente prisonniers Templier. Le secrétaire particulier de Saladin concluait en parlant de son maitre : «Que de maux il guérit en mettant à mort un Templier ». En revanche, les chefs militaires arabes épargnaient les maitres de l’ordre prisonniers parce qu’ils savaient que dès qu’un maitre mourait, il était immédiatement remplacé.






(voir la partie : les grandes batailles)

Dans l’action militaire, les Templiers étaient des soldats d’élite. Ils ont fait preuve de courage et se sont révélés être de fins stratèges. Ils étaient présents sur tous les champs de batailles où se trouvait l’armée franque et ont intégré les armées royales dès 1129.

• Second siège d’Ascalon (16 août 1153)

Le siège de Damas ayant été une grosse défaite pour le roi de Jérusalem, Baudouin III, celui-ci décida de lancer une attaque sur Ascalon.

Le maitre de l’ordre, Bernard de Tramelay, appuya l’avis du roi et  l’attaque fut lancée le 16 août 1153. Ce fut une hécatombe pour  les Templiers qui pénétrèrent au nombre de quarante dans la cité derrière leur maitre. En effet, ils furent tous tués par les défenseurs égyptiens de la cité et leurs corps suspendus aux remparts.


Cet épisode a soulevé de nombreuses polémiques car certains prétendirent que les Templiers voulaient entrer seuls dans la cité afin de s’approprier tous les biens et trésors alors que d’autres pensaient qu’ils voulaient, au contraire, marquer l’ordre d’un fait d’armes.

Toutefois, la ville d’Ascalon tomba le 22 août 1153 et l’ordre du Temple élut un nouveau maitre : André de Montbard. Il accepta cette nomination pour contrer l’élection d’un autre chevalier du Temple, Guillaume II de Chanaleilles, fils de Guillaume Ier (l’un des héros de la Première Croisade aux côtés du comte de Toulouse Raymond IV, dit Raymond de Saint-Gilles), favori du roi de France Louis VII et qui aurait permis au roi de contrôler l’ordre


**  Bataille de Montgisard (25 novembre 1177)


Cette bataille, menée le 25 novembre 1177, fut l’une des premières du jeune roi de Jérusalem Baudouin IV, alors âgé de seize ans. Les troupes du roi avaient été renforcées par quatre-vingts Templiers venus de Gaza à marche forcée.

Cette alliance de forces eut raison de l’armée de Saladin à Montgisard, près de Ramla.


** Bataille de Hattin (4 juillet 1187)

Après la mort du roi Baudouin V, Guy de Lusignan devint roi de Jérusalem par le biais de sa femme Sybille, sœur du roi Baudouin IV.

Sur les conseils du Temple (alors commandé par Gérard de Ridefort) et de l’Hôpital, Guy de Lusignan apprêta l’armée. Comme le temps était particulièrement aride et que l’unique point d’eau se situait à Hattin, près de Tibériade, le roi fit prendre cette direction à ses troupes.

Le 4 juillet 1187, Saladin encercla les Francs. Presque toute l’armée fut faite prisonnière (environ quinze mille hommes), ainsi que le roi lui-même. Saladin ayant une aversion particulière pour  les Templiers, ceux-ci furent tous exécutés par décapitation (ainsi que tous les Hospitaliers). Un seul Templier  fut épargné, le maitre en personne : Gérard de Ridefort.


** Bataille d’Arsouf (7 septembre 1191)

Après la chute de Jérusalem, une troisième croisade fut lancée à partir de l’Europe. Richard Cœur de Lion se retrouva seul après le retrait de la majorité des troupes allemandes de Frédéric Barberousse (après la noyade de ce dernier dans un fleuve) et le retour de Philippe Auguste en France. le maitre templier Gérard de Ridefort fut capturé puis exécuté le 4 octobre 1189 devant Acre, il fut remplacé dans sa fonction deux ans plus tard par Robert de Sablé, grand ami du roi Richard, ayant passé dix neuf ans à sa cour. Richard fit marcher son armée le long de la mer, ce qui lui permit de rester en communication avec sa flotte et, ainsi, d’assurer continuellement l’approvisionnement de ses troupes. Formée d’une immense colonne, l’armée de Richard avait pour avant-garde le corps des Templiers mené par le nouveau maitre de l’ordre du Temple, Robert de Sablé, venaient ensuite les Bretons et les Angevins, Guy de Lusignan avec ses compatriotes Poitevins, puis les Normands et les Anglais et enfin en arrière-garde les Hospitaliers.

** Dans les premiers temps de la bataille, Richard subit l’initiative de Saladin mais reprit la situation en main pour finalement mettre l’armée de Saladin en déroute par deux charges successives de la chevalerie franque et ce malgré le déclenchement prématuré de la première charge.


** Conquête de Majorque


Les chevaliers du Temple sont particulièrement actifs auprès du souverain Jacques Ier d’Aragon, tant pour préparer la bataille que pour la conduire.  Ils joueront un rôle déterminant dans la gestion des terres conquises, dans leur peuplement et leur rattachement durable à la couronne d’Aragon.


** Bataille de Mansourah (8 février 1250)

Le comte Robert Ier d’Artois, désobéissant aux ordre de son frère le roi Louis IX, voulut attaquer les troupes égyptiennes malgré les protestations des Templiers qui lui recommandaient d’attendre le gros de l’armée royale. L’avant-garde franque pénétra dans la cité de Mansourah, s’éparpillant dans les rues. Profitant de cet avantage, les forces musulmanes lancèrent une contre-attaque et harcelèrent les Francs. Ce fut une véritable hécatombe. De tous les Templiers, 295 périrent. Seuls quatre ou cinq en réchappèrent. Robert d’Artois lui-même, instigateur de cette attaque sans ordre, y perdit la vie.


Saint-Louis reprit l’avantage le soir même en anéantissant les troupes qui venaient d’exterminer son avant-garde. Cependant, les Templiers avaient perdu entre-temps presque tous leurs hommes. Cette bataille finira par une lourde défaite et la capture de Louis IX, libéré contre une rançon. La nouvelle de cette défaite fut désastreuse car personne n’imaginait la défaite d’un roi si religieux.







(1) Le destrier est un cheval de guerre et de tournoi associé aux chevaliers du Moyen Âge en Europe occidentale. Entraîné à porter son cavalier en armure et ses équipements en situation de conflit, rompu à la charge au galop lors de jeux militaires (les joutes et la quintaine), il est le plus coûteux et le plus réputé des chevaux de l'époque. Son utilisation en tournoi remonte peut-être à la fin du XIe siècle. Au combat, il se généralise au milieu du XIIe siècle. Il joue un grand rôle sur les champs de bataille occidentaux jusqu'à l'arrivée de la poudre à canon à la fin du XIVe siècle, dont l'emploi met définitivement fin à la suprématie militaire de la chevalerie au début du XVIe siècle. La pratique des tournois continue jusqu'au début duXVIIe siècle, puis le dressage classique s'impose parmi la noblesse. Les destriers disparaissent des registres, remplacés par des chevaux baroques.

Une controverse existe au sujet de son modèle, certains historiens soutenant encore qu'il s'agissait d'un immense animal au physique de cheval de trait, mesurant jusqu'à 1,80 m au garrot. Les recherches récentes prouvent une taille plus modeste (1,50 m en moyenne) et un physique plus proche du cheval de selle robuste. Des essais de reconstitution sont mis en place depuis 1991, par croisement entre un cheval de selle athlétique et un cheval de trait léger.

Le destrier est bien connu de la culture populaire à travers ses représentants dans les romans de chevalerie arthuriens et la matière de France, comme Bayard, Gringalet et Veillantif. Il est désormais repris comme monture de guerre dans les univers des jeux de rôle et des jeux vidéo médiévaux fantastiques.




(2) Le Percheron est la plus connue des races de chevaux françaises. Ce cheval de trait est issu selon la légende d'étalons arabes amenés dans le comté du Perche au VIIIe siècle, mais il est en vérité le résultat d'une longue sélection par ses éleveurs. Sa capacité à déplacer rapidement desvéhicules hippomobiles à l'attelage au trot est privilégiée dès la fin du XVIIIe siècle et le début duXIXe siècle, ce qui lui vaut son surnom de « diligencier » et son emploi massif pour les postes et la compagnie des omnibus. Avec l'arrivée du chemin de fer, il est sélectionné pour tracter de plus lourdes charges au pas et au trot, en travail agricole et au labour.

Son registre d'élevage est ouvert en 1883, en France, sous l'impulsion des Américains. Exporté partout dans le monde, le percheron devient l'une des races de trait les plus répandues, en particulier aux États-Unis et au Royaume-Uni, où il participe à la conquête de l'Ouest, puis est utilisé massivement durant la Première Guerre mondiale. Il connaît une forte régression avec lamotorisation, et, en France, n'est plus élevé que pour sa viande à partir des années 1970. Son registre d'élevage englobe d'autres races de trait locales françaises (Augeron, trait du Maine,Berrichon, Nivernais, Bourbonnais, trait de la Loire et trait de Saône-et-Loire), alors séparées, en 1966. L'élevage du Percheron redémarre dès les années 1960 aux États-Unis, mais il faut attendre les années 1990 pour observer le même regain en France, époque où il est exporté auJapon pour les courses de trait-tract. Les 20 000 membres de la race recensés dans le monde en 2009 restent néanmoins menacés.



Etalon Percheron au Haras de Cluny,
Saône-et-Loire, France



Ce cheval grand et puissant à sang froid, réputé docile et facile à manœuvrer, porte une robe grise ou noire. Il retrouve une certaine place en attelage de loisir et pour les activités de débardage, l'élevage pour la viande ne concernant plus qu'un tiers des effectifs. Les éleveurs français tentent d'alléger son modèle pour le rendre plus sportif en important des étalons américains pour le croisement.




(3) Le palefroi est, durant le Moyen Âge, un type de cheval de grande valeur utilisé pour laselle, par opposition au destrier, monture de guerre.



Une peinture du Moyen Âge montrant des palefrois

Il ne s'agit pas d'une race. C'est un cheval de marche utilisé par le chevalier ou par la dame pour se déplacer.




(4)  Le cheval arabe et le pur-sang arabe (PSA), lignée pure élevée principalement par les bédouins, forment une race chevaline de selle originaire du Moyen-Orient. Avec sa tête très typée et son port de queue relevé, l'arabe fait partie des races les plus facilement identifiables. Il est souvent cité comme le « plus beau cheval du monde ». C'est aussi l'une des races les plus anciennes qui soient, des fouilles archéologiques ayant prouvé que des chevaux caspiens, très proches physiquement de l'arabe, vivaient en Mésopotamie dès la plus haute antiquité. Au cours de l'histoire, les chevaux arabes ont quitté leur Moyen-Orient natal pour gagner d'autres régions à l'occasion de guerres ou d'échanges commerciaux. Ils sont utilisés en croisement pour apporter de la vitesse, de l'endurance, de l'élégance et des os solides aux autres races de chevaux. On trouve désormais des arabes dans la plupart des élevages modernes de chevaux de selle.



Mirage, étalon pur sang arabe.


Le cheval arabe vit traditionnellement sous un rude climat désertique qui le rend apprécié par les peuples nomades bédouins, allant jusqu'à partager la tente de leur famille avec lui. Cette relation étroite a forgé une race de bonne nature, intelligente et toujours prête à apprendre, qui a développé une grande endurance et une résistance exceptionnelle à l'effort prolongé du fait de son utilisation à la guerre.

Le cheval arabe est réputé être l'une des meilleures montures en compétitions d'endurance, mais il peut être monté pour tout type de compétition équestre. Ces chevaux sont désormais répandus dans de très nombreux pays à travers le monde et sur les cinq continents.




(5)  Georges de Lydda (vers 275/280 à Lydda (aujourd'hui Lod en Israël) - 23 avril 303), Saint Georges pour les chrétiens, est un martyr du IVe siècle, saint patron de la chevalerie de toute la chrétienté (ordre du Temple, ordre Teutonique, ordre de la Jarretière, ordre de Saint-Michel et Saint-Georges…), il est principalement représenté en chevalier qui terrasse un dragon : allégoriede la victoire de la foi chrétienne sur le démon (du bien sur le mal).




Portrait by Hans von Kulmbach (circa 1510).

Son nom vient du grec ancien γεώργος / geôrgos, « agriculteur ». Il est honoré le 23 avril, le 3 novembre (translation des reliques et dédicace de l'église de Lydda (Israël), au IVe siècle) et le 23 novembre en Géorgie.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 13:48









Les templiers devaient exercer une activité économique, commerciale et financière pour payer les frais inhérents au fonctionnement de l’ordre et les dépenses de leurs activités militaires en Orient.

Cependant, il ne faut pas confondre cette activité économique et financière avec celle plus sophistiquée des banquiers italiens à la même époque. L’usure, c’est-à-dire une transaction comportant le paiement d’un intérêt, était interdite par l’Église aux chrétiens et de surcroit aux religieux.

Comme le dit l’Ancien Testament (Deutéronome, 23, 19) :

«Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour l’argent, ni pour les vivres, ni pour aucune chose qui se prête par intérêt »


Les Templiers prêtaient de l’argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes…Le montant du remboursement était parfois supérieur à la somme initiale lorsqu’il pouvait être camouflé par un acte de changement de monnaie. C’était une façon courante de contourner l’interdit.


Lors de la croisade  de Louis VII, le roi de France en arrivant à Antioche demanda une aide financière aux Templiers. Le maitre de l’ordre, Évrard des Barrès (1), fit le nécessaire. Le roi de France écrivait à son intendant en parlant des Templiers, « nous ne pouvons pas nous imaginer comment nous aurions pu subsister dans ces pays [Orient] sans leur aide et leur assistance. (…) Nous vous notifions qu’ils nous prêtèrent et empruntèrent en leur nom une somme considérable. Cette somme leur doit être rendue (…-. » La somme en question représentait deux mille marcs d’argent.






L’activité financière de l’ordre prévoyait que les particuliers pussent déposer leurs biens lors d’un départ en pèlerinage vers Jérusalem, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Rome. Les  Templiers  inventèrent ainsi le bon de dépôt. Lorsqu’un pèlerin confiait aux Templiers la somme nécessaire à son pèlerinage, le frère trésorier lui remettait une lettre sur laquelle était inscrite la somme déposée. Cette lettre manuscrite et authentifiée prit le nom de lettre de change. Le pèlerin pouvait ainsi voyager sans argent sur lui et se trouvait plus en sécurité. Arrivé à destination, il récupérait auprès d’autres Templiers l’intégralité de son argent en monnaie locale. Les  Templiers ont mis au point et institutionnalisé le service du change des monnaies pour les pèlerins.







Il s’agissait d’un coffre fermé à clé dans lequel étaient gardés de l’argent, des bijoux, mais aussi des archives. Ce coffre-fort était appelé huche. Le maitre de l’ordre à Jérusalem en effectuait la comptabilité avant que celle-ci ne fût transférée à la fin du XIIIe siècle au trésorier de l’ordre. Trois articles des retraits de la règle nous renseignent sur le fonctionnement financier de l’ordre. Le maitre pouvait autoriser le prêt d’argent (sans intérêt) avec ou sans l’accord de ses conseillers selon l’importance de la somme. Les revenus provenant des commanderies d’Occident était remis au trésor du siège de l’ordre à Jérusalem.


Tous les dons en argent de plus de cent besants (2) étaient concentrés dans le trésor de l’ordre. Les commanderies de Paris ou de Londres servaient de centres de dépôts pour la France et l’Angleterre. Chaque commanderie pouvait fonctionner grâce à une trésorerie conservée dans un coffre. Au moment de l’arrestation des Templiers en 1307, il a été retrouvé un seul coffre important, celui du  visiteur de France, Hugues de Pairaud (3). L’argent qu’il contenait a été confisqué par le roi et a immédiatement rejoint les caisses royales.

La suppression de l’ordre par Philippe IV le Bel (4) ayant pour objectif de récupérer le trésor des templiers est une hypothèse cependant contestée, le trésor du Temple étant bien inférieur au trésor royal. Le roi a en fait pallié ses difficultés financières en essayant d’établir des impôts réguliers, en taxant lourdement les juifs et les banquiers lombards, parfois en confisquant leurs biens et en pratiquant les  dévaluations monétaires.






Elle a débuté en 1146  lorsque Louis VII, en partance pour la deuxième croisade, avait décidé de laisser le trésor royal sous la garde du Temple de Paris (5). Par la suite, cela se développa, si bien que nombre de souverains firent confiance aux trésoriers de l’ordre. Cette pratique, qui ne mêlait ne rien les activités financières du Temple et celles de la Couronne, prit fin durant le règne de Philippe IV Le Bel.

Une autre grande personnalité, Henri II d’Angleterre (6), avait laissé la garde du trésor au Temple. Par ailleurs, de nombreux Templiers de la maison d’Angleterre étaient également des conseillers royaux.





(1) Évrard des Barrès (ou Everard des Barres, il existe plusieurs graphies) est le troisième maître des Templiers et gouverne l'ordre de mars 1149 à 1152. Il est déjà un des principaux dignitaires de l'Ordre du Temple lorsque décède, en janvier 1149, le maître Robert de Craon, puisqu'Evrard porte alors le titre de Précepteur de France. À peine désigné, il doit intervenir militairement à la tête de ses templiers pour sauver le roi de France Louis VII, engagé dans la deuxième croisade, dans les gorges de Pisidie.

Selon le chroniqueur Odon de Deuil Évrard des Barrès est un homme très religieux, éminemment respectable et possédant les valeurs d'un chevalier, courageux et énergique. Son influence sur Louis VII semble avoir été forte. Lorsque la croisade se termine, par un échec devant Damas, Louis VII rentre en France suivi par Evrard lequel prête une somme d'argent importante au souverain. C'est un précédent qui va faire école. Cependant le maître laisse ses troupes sur place lesquelles remportent une victoire en défendant Jérusalem contre un raid de troupes turques (vers 1149/1150).

Evrard des Barrès embrasse à son retour la vie monastique à Clairvaux et abdique en 1152malgré les pressions des templiers pour qu'il reste à leur tête. Il meurt en 1174. C'est Bernard de Tramelay qui lui succède.




(2) Le besant est un ornement de style roman. Désigne un disque saillant sculpté sur un bandeau ou une archivolte.





En numismatique, le besant est une pièce byzantine d'or ou d'argent. Le terme était souvent employé en Occident (« besant d'or ») pour désigner le solidus, sou d'or de 4,48 grammes appelé aussi hyperpère ou hyperpérion. Besant est l’abréviation de Byzantius nummus, c’est-à-dire monnaie de Byzance.

En orfèvrerie désigne un disque de métal, d'or ou d'argent entrant dans la composition d'un écu de moins de huit besants, se dit tourteaux.

En héraldique le besant et tourteau est un type de figuration représentant un disque de petite taille.

La rançon que saint Louis, fait prisonnier en Égypte lors de la septième croisade, a dû verser pour sa libération, ainsi que celle de ses deux frères, fut de 400 000 besants d'or. Cette somme fut réunie et versée par l'ordre du Temple.





(3) Hugues de Pairaud est d'une famille noble du Forez. C'est par son oncle Humbert de Pairaud qu'il est reçu dans l'Ordre du Temple, à Lyon (1263).

Il a été commandeur de Chalon-sur Saône, ou de sa baillie, mais à une date indéterminée. Il fut commandeur de Bonlieu, commandeur d' Epailly en 1280 et 1284. Quatre ans plus tard, il est commandeur de Bures, puis maître de province de l'Ordre du Temple en France en 1296. Ensuite, il devint Visiteur de France (représentant du maître de l'Ordre du Temple dans la province).

Sur le témoignage d'un certain sergent du Faur au procès des Templiers, existe l'hypothèse d'une compétition entre Hugues de Pairaud et Jacques de Molay pour la maîtrise à la tête de l'Ordre. Se présentant pour cette charge au cours du chapitre général de l'automne 1291 sur l'île de Chypre, Jacques de Molay remporta l'élection organisée avant le 20 avril 1292, comme l'indique un document qui le reconnaît à cette date comme nouveau maître de l'ordre du Temple. Cependant une fois élu, Demurger remarque que nous n'avons aucune trace de contestation de l'autorité de Jacques de Molay sur l'Ordre, y compris par Hugues de Pairaud.

Peu avant l'arrestation des Templiers, Hugues de Pairaud, au courant de ces rumeurs, confie à Pierre Gaudès, précepteur de lacommanderie de Dormelles et de Beauvoir un coffre contenant 1 189 pièces d'or et 5 010 pièces d'argent.

« C'est assavoir que frère Hugues de Peraut, jadis visiteur du Temple, de Montlhéry ou il estoit en garde, li dit que il avait baillié en garde un petit coffre à un frère qui avait nom frere Pierre Gaudes, jadis commandeur des maisons de Dormelles et de Biauvoir, près de Moret »

Ce coffre est remis à un pêcheur de Moret-sur-Loing qui le cacha sous son lit. Lors de l'arrestation des Templiers, le pêcheur confia le coffre au bailli royal de Sens, Guillaume de Hangest qui confisqua la somme d'argent et la versa directement dans le trésor royal.

Hugues de Pairaud fut arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, emprisonné à Loches et finalement amené à Paris. Il fait partie des dignitaires de l'Ordre que le pape Clément V souhaite interroger en personne, mais sa requête ne sera pas satisfaite.

Au cours de son interrogatoire en novembre 1307, il mentionne la présence d'Henri de Dole lors de sa réception à Lyon11 et l'on sait grâce au témoignage d'un certain Dominique de Dijon que cet Henri était vers 1280 « magister passagii ultramarini ». Le maître du passage outremer, « C'est-à-dire qu'il avait la responsabilité de l'acheminement et du passage vers l'Orient latin des moyens et des hommes nécessaires à l'action du Temple ».

Après le relaps de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud est conduit en prison à Montlhéry, où il fut probablement emprisonné jusqu'à sa mort.




(4)  Philippe IV, dit Philippe le Bel ou le Roi de fer (né à Fontainebleau en avril/juin 1268 – mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314), fils de Philippe III le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.





Le 14 août 1284, Philippe épouse à l'âge de 16 ans Jeanne Ire de Navarre (reine de Navarre de 1274 à 1305), ce qui lui confère le titre de roi consort de Navarre (Philippe Ier) de 1284 à 1305.
De cette union naissent sept enfants ;

• Louis X de France (1289-1316), roi de Navarre et de France de 1314 à 1316, et postérité ;
• Marguerite de France (1290-1294) (promise en 1294 à Ferdinand IV de Castille), sans postérité ;
• Philippe V de France (v. 1291-1322), roi de France de 1316 à 1322, et postérité ;
• Isabelle (1292-1358), reine consort d'Angleterre en épousant Édouard II d'Angleterre (1284-1327), et postérité dont notammentÉdouard III d'Angleterre (1312-1377) ;
• Blanche de France (v. 1293-peu après 1294), sans postérité ;
• Charles IV de France (1294-1328), roi de France de 1322 à 1328, et postérité ;
• Robert de France (v. 1296-1308), sans postérité.
Bien que veuf encore jeune (37 ans), Philippe IV ne se remarie pas et resta fidèle au souvenir de son épouse décédée.





(5)  La Tour du Temple et son enclos constituaient la Maison du Temple, ancienne forteresse parisienne située dans le nord du Marais, au sein du 3e arrondissement de Paris, qui fut détruite en 1808.

Construite par les Templiers à partir de 1240, pendant le règne de saint Louis, elle devint par la suite une prison. Elle doit sa célébrité au fait qu’elle servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1795 et que le dauphin Louis-Charles de France âgé de 10 ans (Louis XVII pour ses partisans) y serait mort. Devenue lieu de pèlerinage royaliste dès le début duXIXe siècle, la Tour du Temple fut pour cette raison détruite sur ordre de Napoléon Ier en 1808.





(6) Henri II (5 mars 1133 - 6 juillet 1189)n 1 fut comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie et d'Aquitaine et roi d'Angleterre.
Fils de Geoffroy V d'Anjou et de Mathilde l'Emperesse, fille du roi Henri d'Angleterre.





Il épousa Aliénor d’Aquitaine. Ils eurent 8 enfants dont
Henri le jeune, époux de Marguerite de France, roi d’Angleterre en tandem avec Henri II ; Richard Ier, époux de Bérangère de Navarre, roi d’Angleterre ; Jean (sans Terre) époux en premières noces d’Isabelle de Gloucester et en deuxièmes noces  Isabelle d’angoulême ; de ce second mariage, il eut 5 enfants dont le futur roi Henri III.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 3 Mai - 20:21





(Pour plus de renseignements, voir les parties :
Possessions occidentales et possessions orientales)



L’ordre du Temple possédait principalement deux types de patrimoines bâtis : des monastères appelés commanderies situés en Occident et des forteresses situées au Proche-Orient et dans la péninsule ibérique.






La maison du Temple à Jérusalem fut le siège central de l’ordre depuis sa fondation en 1129 jusqu’en 1187, date de la chute de la ville sainte (1) reprise par Saladin (2). Le siège central fut alors transféré à Acre, ville portuaire du royaume de Jérusalem. A la perte de la ville par les chrétiens en 1291, le siège de l’ordre fut à nouveau transféré dans la terre chrétienne la plus proche, l’île de Chypre. C’est à Chypre que vivait Jacques de Molay (3), le dernier maitre de l’ordre avant son retour en France pour y être arrêté. Le siège de l’ordre n’a jamais été installé en Occident.






Pour pallier la faiblesse de leurs effectifs, les croisés entreprirent la construction de forteresses dans les  Etats latins d’Orient. Les Templiers ont participé à cet élan en faisant édifier pour leur besoin de nouveaux châteaux forts. Ils entreprirent également de reconstruire ceux qui avaient été détruits par Saladin vers 1187 et acceptèrent d’occuper ceux que les seigneurs d’Orient (ou d’Espagne) leur donnaient faute de pouvoir les entretenir. Certains d’entre eux permettaient de sécuriser les routes fréquentées par les pèlerins chrétiens autour de Jérusalem. Servant d’établissement à la fois militaire, économique et politique de l’ordre, la place forte représentait pour les populations musulmanes un centre de domination chrétienne. Les Templiers occupèrent un nombre plus important de places fortes dans la péninsule ibérique afin de participer à la Reconquista.


Au XIIe siècle, après la chute de la ville de Jérusalem devant les forces de Saladin en 1187, les Templiers parvinrent à résister quelques mois dans certaines de leurs places fortes mais, peu à peu, en perdirent la plus grande partie.


Il fallut attendre l’issue de la troisième croisade, menée par les rois de France, d’Angleterre et l’empereur d’Allemagne, pour que les Templiers reconstituassent leur dispositif militaire en Terre Sainte.

Au XIIIe siècle, dans le royaume de Jérusalem, les Templiers possédaient quatre forteresse :

• Le château Pèlerin (4) , construit en 1217-1218
• La forteresse de Safed  (5) reconstruite en 1240-1243
• Le château de (6) et la forteresse de Beaufort (7) tous deux cédés par Julien, seigneur de Sidon en 1260.


Dans le comté de Tripoli, ils disposaient du château de Tortose (08) reconstruit en 1211, d’Arima (9) et du Chaste Blanc (10).

Au nord, dans la principauté d’Antioche, les places fortes templières étaient Baghras (Gaston) (11) récupérée en 1216, ainsi que Roche de Roissel (12) et Roche-Guillaume (13) qu’ils détenaient toujours, Saladin ayant renoncé à les conquérir en 1188.






Dès 1128, l’ordre reçoit une première donation au Portugal, des mains de la comtesse régnante du Portugal, Thérèse de León (14), veuve d’Henri de Bourgogne : le château de Soure (15) et ses dépendances. En 1130, l’ordre a reçu 19 propriétés foncières. Vers 1160, Gualdim Pais achève le château de Tomar, qui devient le siège du Temple au Portugal.


En 1143, Raimond-Bérenger IV (16), comte de Barcelone, demanda aux Templiers de défendre l’Église d’Occident en Espagne, de combattre les Maures et d’exalter la foi chrétienne. Les Templiers acceptèrent non sans réticence, mais se limitèrent à défendre et pacifier les frontières chrétiennes et à coloniser l’Espagne et le Portugal. Une nouvelle population chrétienne venait en effet de s’installer autour des châteaux donnés aux Templiers, la région étant pacifiée. La Reconquista (17) fut une guerre royale. De ce fait, les ordres de chevalerie y étaient moins autonomes qu’en Orient. Ils devaient fournir à l’armée royale un nombre variable de combattants, proportionnel à l’ampleur de l’opération militaire en cours.

Ainsi les Templiers espagnols ont  participé à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1211, à la réunion de Majorque au royaume d’Aragon en 1229, à la prise de Valencia en 1238, de Tarifa en 1292, à la conquête de l’Andalousie et du royaume de Grenade.
Au Portugal, les Templiers ont pris part à la prise de Santarém (1146) et à celle d’Alcácer do Sal (1217).

L’action de l’ordre du Temple dans la péninsule ibérique fut donc secondaire, car l’ordre tenait à privilégier ses activités en Terre Sainte. Cependant, il possédait bien plus de places fortes dans la péninsule ibérique qu’en Orient. En effet, on dénombre au moins septante-deux sites rien que pour l’Espagne et au moins six pour  le Portugal (on compte seulement une vingtaine de places fortes en Orient). C’est également dans cette zone que l’on trouve les édifices qui ont le mieux résisté au temps  (ou qui ont  bénéficié de restaurations), comme les châteaux d’Almourol (18), Miravet (19), Tomar (20) et Peñiscola (21).






A la différence de l’Orient et de la péninsule ibérique où les Templiers faisaient face aux musulmans, l’Europe de l’Est, où les ordres religieux-militaires étaient également implantés, les a confrontés au paganisme. En effet, les territoires de la Pologne, de la Bohême, de la Moravie, de la Hongrie, mais aussi de la Lituanie et de la Livonie formaient un couloir de paganisme, constitué de terres sauvages en grande partie non encore défrichées, pris en tenailles entre l’Occident catholique et la Russie orthodoxe. Borusses (Prussiens), Lituaniens, Lives ou Coumans, encore païens, y résistaient à l’avancée – lente mais inexorable – du christianisme depuis plusieurs siècles. La christianisation catholique, qui nous intéresse ici, se faisait à l’initiative de la papauté mais avec le soutien des princes germaniques convertis (qui y voyaient l’occasion d’agrandir leurs possessions terrestres en même temps que de renforcer les chances de salut pour leur âme) et avec l’appui des évêques, notamment celui de Riga, qui tenaient en quelque sorte des places fortes en territoire païen.

Après la disparition en 1238 de l’ordre de Dobrin (22) (officiellement reconnu par le pape Grégoire IX sous le nom « Chevaliers du Christ de Prusse »), qui avait procédé aux premières conversions, les Templiers se virent invités formellement à prendre pied en Europe orientale. A cet effet, furent octroyés à l’ordre trois villages le long de la rivière Bug ainsi que la Forteresse de Łuków  (23)(qu’ils se virent confier en 1257, en même temps que la mission de défendre la présence chrétienne dans cette région). Tout au long du XIIIe siècle, la présence des Templiers en Europe orientale est allée en augmentant et on compta jusqu’à quatorze établissements et deux forteresses templières.

Cependant, les Templiers (tout comme les Hospitaliers, qui furent également présents en Europe orientale) cédèrent rapidement la place à l’ordre Teutonique dans la lutte contre le paganisme dominant ces régions reculées. Les deux ordres hésitaient à ouvrir un troisième front venant s’ajouter à ceux de la Terre Sainte et de la péninsule ibérique, alors que l’idée première de cette installation aux frontières du christianisme était surtout de diversifier les sources de revenus afin de financer la poursuite des activités principales de l’ordre en Terre Sainte.

Autre région d’Europe orientale, mais plus méridionale, la Hongrie dut faire face tout comme la Pologne aux invasions dévastatrices des Mongols aux alentours de 1240. Présents là aussi, les Templiers envoyaient des informations aux rois occidentaux sans pour autant arriver à les alerter suffisamment pour qu’une réaction volontaire et efficace fût déclenchée.







Une commanderie était un monastère dans lequel vivaient les frères de l’ordre en Occident. Elle servait de base arrière afin de financer les activités de l’ordre en Orient et d’assurer le recrutement et la formation militaire et spirituelle des frères de l’ordre. Elle s’est constituée à partir de donations foncières et immobilières. Le terme  « préceptorie » alors que le mot français correct est « commanderie » ; et il est de plus ridicule de distinguer deux structures différentes, préceptorie et commanderie… ».

Dans les premières années de sa création, les dons fonciers ont permis à l’ordre de s’étaboir partout en Europe. Puis, il y a eu trois grandes vagues de donations de 1130 à 1140, de 1180 à 1190 et de 1210 à 1220. Tout d’abord, on peut noter que tous les hommes qui entraient dans l’ordre pouvaient faire le don d’une partie de leurs biens au Temple. Ensuite, les dons pouvaient provenir de toutes les catégories sociales, du roi au laïc. Par exemple, le roi Henri II d’Angleterre céda au Temple la maison forte de Sainte-Vaubourg et son droit de passade sur la Seine au Val-de-la-Haye, en Normandie.
Un autre exemple que l’on peut citer est le don fait en 1255 par le chanoine Étienne Collomb de la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre d’un cens perçu dans le bourg de Saint-Amâtre.

Même si les dons étaient en majorité composés de biens fonciers ou de revenus portant sur des terres, les dons de rentes ou revenus commerciaux n’étaient pas négligeables. Par exemple, Louis VII céda en 1143-1144 une rente de vingt-sept livres établies sur les étals des changeurs à Paris.

Les dons pouvaient être de trois natures différentes :

• Donation pro anima : il pouvait s’agir d’une donation importante (qui était souvent à l’origine de la création d’une commanderie) ou alors d’un don foncier mineur ne portant que sur quelques parcelles. La motivation du donateur était d’invoquer le salut de son âme à la rémission de ses péchés.
• Donation in extremis : ce type de donation était réalisé en majeure partie par des pèlerins agissant par précaution. Ils effectuaient ce don avant de partir en Terre Sainte. Peu  nombreuses, ces donations ont été vite remplacées par le legs testamentaire.
• Donation rémunérée : le donateur agissait dans le but de percevoir un contre-don. Il ne s’agissait pas exactement d’une vente mais plutôt d’un don rémunéré, assurant le donateur d’un avoir lui permettant de recevoir de quoi vivre. Le bénéficiaire (à cette occasion l’ordre du Temple) était également gagnant dans ce type de don, le contre-don étant d’une valeur inférieure. Le but de ce type de donation était de faciliter le processus de don, sachant que la cession de tout ou partie d’un bien foncier pouvait sérieusement entamer le revenu du donateur ou celui de ses héritiers. Il n’était pas rare d’ailleurs que certains conflits entre l’ordre et des héritiers survinssent en de pareils cas, le litige se réglant parfois par le biais de la justice.

Après la réception de ces dons, il restait à  l’ordre du Temple d’organiser et de rassembler le tout en  un ensemble cohérent. Pour ce faire, les Templiers ont procédé à nombre d’échanges ou de ventes afin de structurer leurs commanderies et  de rassembler les terres pour optimiser le revenu qui pouvait en être tiré. On peut prendre le processus de remembrement comme parallèle, tout au moins à propos du regroupement des terres autours ou dépendant d’une commanderie.

Par essence, on peut citer tous les pays de l’Occident chrétien du Moyen Âge comme terres d’établissement de l’ordre du Temple. Ainsi, il y eut des commanderies templières dans les pays actuels suivants : France, Angleterre, Espagne, Portugal, Écosse, Irlande, Pologne, Hongrie, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas. De même, il existait des commanderies en Orient.

Selon Georges Brodonove, on peut estimer le nombre de commanderies Templières en France à 700. La qualité de ces vestiges est très diverse aujourd’hui. Très peu ont pu garder intégralement leurs bâtiments. Certaines commanderies ont été totalement détruites et n’existent plus qu’à l’état archéologique, ce qui est le cas par exemple de la commanderie de Payns dans le fief du fondateur de l’ordre. En France, trois commanderies ouvertes au public présentent un ensemble complet : pour le nord, la commanderie de Coulommiers, en région centre se trouve la commanderie d’Arville et au sud la Commanderie de la Couvertoirade.

Seuls les documents d’archives et en particulier les cartulaires de l’ordre du Temple permettent d’attester de l’origine templière d’un bâtiment.




(1) chute de la ville sainte : Le siège de Jérusalem par l’armée de Saladin eut lieu du 20 septembre au 2 octobre 1187, et se termina par la reprise de Jérusalem aux croisés, la chute presque totale du royaume de Jérusalem. Ce fut, malgré le rétablissement officialisé du droit de passage des pèlerinages chrétiens (objet principal de la première croisade), une cause de la troisième croisade.




(2)  Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf (en arabe) et Selahedînê Eyûbî (en kurde) né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.





Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.




(3)  Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 et mort le 18 mars 1314, fut le 23e et dernier maître de l'ordre du Temple.



Après avoir combattu en Terre sainte, il est élu à la tête de l’ordre en 1292. À cette date, l'ordre est en crise après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latins d'Orient et de Saint-Jean-d'Acre en mai 1291. La défense de ces lieux étant la raison d'être des Templiers, leur réputation est affaiblie. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l'ordre en Orient et en Occident, à préparer la reconquête des lieux saints et à nouer des alliances solides en Europe.

C'est dans cette dernière tâche qu'il échoue. En 1307 il est arrêté à Paris sur ordre de Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d'hérésie et de pratiques obscènes. Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiennent pas. À la suite d'un procès peu équitable, Jacques de Molay est exécuté en mars 1314 sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris.

La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour de la malédiction qu'il aurait lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque historique Les Rois maudits de Maurice Druon en 1955.




(4) Le château Pèlerin, appelé aussi forteresse d'Atlit, était une des plus grandes forteresses templières en Terre sainte. Elle est bâtie sur un éperon rocheux entouré d'eau qui se situe sur la côté méditerranéenne, à environ 25 km au nord de Césarée et à environ 12 km au sud d'Acre et du mont Carmel, alors dans le royaume franc de Jérusalem. Elle est construite à l'est de la Tour du Détroit, cette dernière étant déjà en possession des Templiers. Château Pèlerin se trouve aujourd'hui à proximité du village d'Atlit en Israël et du site archéologique néolithique d'Atlit Yam.








(5) La forteresse de Safed ou Safet ou Saphet était une forteresse templière en Terre sainte. Elle se situait à l'est de la ville d'Acre (actuellement en Israël), et au nord du lac de Tibériade.







(6) Le château de Sidon aussi appelé le château de la Mer ou Sagette, Sayette par les croisés(en arabe : Ṣaydā) est forteresse de Terre sainte situé à Sidon (actuelle Saïda) construite sur une presqu'île en 1227.





(7)  La forteresse de Beaufort, appelée Qala'at ash-Shqif est un château fort ancien du Moyen-Orient, reconstruit au XIIIe siècle et appelé « Beau fort » par les croisés. Il est situé à environ un kilomètre au sud-sud-ouest du village d'Arnoun, dans le Liban actuel.







(08) Le château de Tortose se situe au bord de la mer Méditerranée en Syrie. Il était l'une des importantes forteresses du comté de Tripoli







(9) La forteresse d’Arima  est une forteresse franque au nord-ouest de la Syrie qui appartenait au Comté de Tripoli. Elle est située au sud-ouest du Djebel Ansariyah à vingt kilomètres au sud-est de Tortose.







(10)  Le Chastel Blanc (baptisé la tour blanche par les habitants de la région) se situe en Syrie entre Tortose et Tripoli dans les montagnes intérieures. Il a été construit par les templiers sur des fortifications déjà existantes. Cette tour n’était pas l'unique fortification de la ville syrienne de Safita, mais c’est la seule à avoir résisté durant toute la période - y compris au tremblement de terre de 1202. La ville de Safita est bâtie sur trois collines. La tour a été construite sur la colline qui offre la meilleure vue sur la campagne environnante et particulièrement sur les autres citadelles de la région.


entrée


Après s'en être emparés en 1110, les Templiers agrandirent et consolidèrent le Chastel Blanc pour en faire l'une des places fortes quadrillant le comté de Tripoli.




(11) Bagras ou Baghras est le nom d'une ville et d'un château en Turquie dans les monts Amanus.





La forteresse, connue sous le nom de Gastun (ou Gaston, Guascon, Gastim), offrait une base pour une force chargée de couvrir les portes syriennes, les passes (col de Belen) entreIskenderun et Antioche. Elle a été bâtie sur deux niveaux autour d'une petite colline, ses fortifications ressemblant aux constructions arméniennes de l'époque. L'eau était fournie par des aqueducs.




(12) Forteresse de l'Ordre du Temple située sur la marche de l'Amanus, Roche de Roissel est une des deux places fortes, avec Roche-Guillaume, que Saladin renonça à prendre en 1188 après la chute de Jérusalem en 1187.

Elle est définitivement reprise par les mamelouks du sultan Baybars en 1268.




(13) La Roche-Guillaume était une forteresse templière en Terre sainte. Elle était située dans la principauté d'Antioche (Turquie) au nord de la ville.

Désormais, il ne reste de ce site que la chapelle castrale.

Les Templiers entrèrent en possession de la forteresse à une date inconnue, en revanche on sait qu'elle était possédée par la famille de la Roche.

En 1118, Saladin assiégea le château car un chevalier nommé Jehan Gale s'y trouvait. Celui-ci, excommunié de la communauté chrétienne pour meurtre, trouva refuge chez le sultan en territoire musulman. Il reçut pour mission d'éduquer le neveu du sultan mais voulant racheter sa faute, il livra l'homme aux Templiers. Pour se venger Saladin assiégea La Roche-Guillaume mais fut contraint à lever le siège à cause de mauvaises nouvelles de Palestine.

Le roi de Petite Arménie prend le château en 1203 mais il fut repris par les Templiers en 1237 en même temps que celui de Trapessac à quelques kilomètres de là.
Il a été reconquis par les Musulmans en 1298-1299.



(14) Thérèse de León (v. 1080- 11 novembre 1130), fille illégitime du roi Alphonse VI de León et Castille et Jimena Munoz, est comtesse régnante du Portugal. Elle est la mère du premier roi de Portugal Alphonse Ier. Elle est la sœur de : Elvire de Castille, Urraque Ire de León et de Sancho Alfonsez.





Elle a épousé Henri de Bourgogne et eut deux enfants, Alphonse Ier de Portugal et Urraca Henrique


(15) Le château de Soure est situé dans la ville, paroisse (en portugais freguesia) et conseil dumême nom, dans le District de Coimbra, au Portugal.





Il se dresse dans la vallée du fleuve Mondego, sur une colline basse formée par les alluvions au confluent de la rivière Arunca et de son affluent l'Anços, la ville s'étant développée à l'abri de ses murs.

Actuellement en ruines, il faisait partie de la ligne défensive avancée de Coimbra, joignant leschâteaux de Santa Eulália, Miranda do Corvo (disparus de nos jours), Montemor-o-Velho, Penelaet Lousã.



(16) Raimond-Bérenger IV de Barcelone, dit le Saint (né en 1113 à Barcelone - mort le 6 août 1162à Borgo San Dalmazzo, Italie) est un comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona et de Cerdagne, de 1131 à sa mort. Son règne marque un renforcement sans précédent du pouvoir des comtes de Barcelone. À la suite de son mariage avec l'héritière du royaume d'Aragon, Pétronille, prévu par les accords matrimoniaux de Barbastro, en 1137, Raimond-Bérenger IV assura l'union de ses domaines propres et du royaume d'Aragon : il porta le titre de « prince » d'Aragon et de comte de Ribagorce à partir de 1137.





À la mort de son frère, le comte de Provence Bérenger-Raimond, il assura la tutelle de son neveu, Raimond-Bérenger. Il est pour cette raison parfois désigné sous le nom de Raimond-Bérenger II de Provence.

Il profita également de l'affaiblissement des Almoravides pour étendre ses possessions vers le sud. Chargé de la défense du royaume d'Aragon, il repoussa d'abord les musulmans des terres qu'ils avaient enlevées aux Aragonais après la défaite de Fraga. Allié aux rois de León, Alphonse VII, et de Navarre, Garcie V, il fit la conquête de la puissante cité d'Almeria en 1144. Il s'empara ensuite des régions de Lérida et de Tortose entre 1147 et 1152, fixant les limites méridionales de la Catalogne.

Raimond-Bérenger IV affronta également les comtes de Toulouse, Alphonse Jourdain et son filsRaimond V, dans le sud du royaume de France et en Provence, au cours de la « grande guerre méridionale ». De grands seigneurs comme les vicomtes de la famille Trencavel, les comtes de Rodez et les vicomtes de Narbonne, changèrent fréquemment de camp, au gré de leurs intérêts et de la conjoncture politique du moment.




(17)  La Reconquista (mot espagnol et portugais, en français Reconquête) est le nom donné à la reconquête des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. Elle commence en 722dans les Asturies, et s'achève le 2 janvier 1492 quand Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, les « Rois catholiques » (Los Reyes Católicos), chassent le dernier souverain musulman de la péninsule,Boabdil de Grenade, achevant l'unification de l'essentiel de l'actuelle Espagne — excepté la Navarre, incorporée en 1512.

Depuis le VIIIe siècle, une grande partie de l'Espagne est sous domination musulmane. À la toute fin du XIe siècle, le pape Urbain II encourage la Reconquista de l'Espagne occupée par les Maures. Au XIIe siècle, les États chrétiens du nord de l'Espagne commencent donc la reconquête. L'avancée est lente, mais au milieu du XIIIe siècle, après la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa, il ne reste aux musulmans que le petit royaume de Grenade qui finira par tomber en 1492.



(18)  Le château d'Almourol (portugais : Castelo de Almourol), érigé en 1171 par Gualdim Pais,maître de la province du Portugal (Templiers), se trouve sur une petite île rocheuse au milieu duTage au Praia do Ribatejo, Barquinha, Portugal. Il a servi de forteresse aux chevaliers de l'Ordre du Temple pendant la Reconquista







(19)  Le château de Miravet est une forteresse de l'ordre du Temple située à Miravet en Catalogne, dans la province de Tarragone, située dans le nord-est de l'Espagne.





À l'emplacement d'un château arabe, les templiers firent construire au XIIe siècle une nouvelle forteresse de forme trapézoïdale. Une première cour est entourée d'une muraille de vingt-cinq mètres de hauteur. La basse-cour est ceinte d'un second rempart. Le rez-de-chaussée du donjon était occupé par la chapelle. Celle-ci avait un chevet en abside (semi-circulaire).




(20)  Le château de Tomar fut construit par l'ordre du Temple vers 1160, sous l'impulsion du maître de la province, Gualdim Pais (1156-1196), pendant la Reconquista. À l'intérieur de la forteresse se trouve le Couvent de l'Ordre du Christ qui regroupe tous les styles architecturaux pratiqués au Portugal entre les XIIe et XVIIIe siècles, témoin capital en particulier du style manuélin.







(21) Le château de Peñíscola (Province de Castellón, Espagne) est une forteresse du royaume de Valence, en Espagne. Il est situé sur la partie la plus élevée du rocher qui domine la cité, atteignant une hauteur de 64 m au-dessus du niveau de la mer. Son périmètre est d'environ230 m et il a une hauteur moyenne de 20 m. Les Templiers ont construit cet ouvrage sur les restes de l'ancien alcazar arabe entre 1294 et 1307.







(22) L’ordre de Dobrzyń ou Frères de Dobrzyń (en polonais Bracia Dobrzyńscy, en allemand Orden von Dobrin) est un ordre militaire qui a été créé en Pologne au XIIIe siècle pour se défendre des incursions destribus prussiennes païennes. En latin, ces chevaliers étaient appelés Fratres Milites Christi (de Prussia, de Dobrin, de Mazovia) et leur surnom était le chevaliers prussiens de Jésus-Christ.



L’ordre a été fondé en 1216, par Christian, l’évêque missionnaire de Prusse, pour protéger la Mazovie et laCujavie contre les attaques des tribus prussiennes païennes qui défiaient continuellement Conrad Ier de Mazovie qui n’arrivait pas à juguler leur menace.

Les Frères de Dobrzyń offraient assistance et protection aux missionnaires cisterciens qui tentaient d’évangéliser la Prusse. Sur leur armure, ils portaient un manteau blanc sur lequel figuraient une épée rouge levée et une étoile rouge symbolisant la révélation du Christ aux païens. Les règles de leur ordre étaient similaires à celles des Templiers et à celles des chevaliers Porte-Glaive.

En 1228, l’année où l’ordre fut reconnu par le pape Grégoire IX, le duc Conrad Ier lui cède la ville de Dobrin (en polonais Dobrzyń nad Wisłą) ainsi que le territoire autour de cette ville faisant frontière avec la Prusse.

L’ordre de Dobrzyń a été le seul ordre militaire jamais créé en Pologne. Au début, il était composé d’une quinzaine de chevaliers, venus de Basse-Saxe et du Mecklembourg, commandés par maître Brunon. Par suite de leur trop petit nombre (l’effectif n’a jamais dépassé 35 chevaliers) et de leur manque d’efficacité contre les Vieux prussiens, la majorité des membres a rejoint l’ordre Teutonique vers 1235, avec la bénédiction papale. En 1237, Conrad de Mazovie a envoyé les chevaliers restants à Drohiczyn, pour renforcer cet avant-poste. La dernière mention des Frères de Dobrzyń date de 1240, quand Daniel de Galicie s’est emparé de Drohiczyn.




(23)  L'ancienne forteresse de Łuków en Pologne était une place forte cédée en 1257 par Siemovit Ier, duc de Mazovie aux templiers.

Les templiers apparaissent dans l'est de l'actuelle Pologne en 1239. Boleslas V le Pudique, alors duc de Sandomir leur ayant fait don de trois villages à l'est du fleuve Vistule. Il s'agissait des villages de Dręszew, Skuszew et Stare Orzechowo qui remplissaient un rôle important pour la défense des frontières de ce duché mais ils ne furent pas en mesure de les conserver.

Ce même Boleslas, devenu également duc de Cracovie en 1243 et qui était le cousin deSiemovit Ier, cherchait à diminuer l'emprise des chevaliers teutoniques dans la région. En1253/54, il institua un évêché à Łuków dont le premier évêque d'origine franciscaine s'appuya sur les templiers afin de mener à bien sa mission d'évangélisation. En 1257, les chevaliers teutoniques obtinrent du pape Alexandre IV que le « status quo ante » soit rétabli mais c'est pourtant cette année-là que les templiers entrèrent en possession de la place forte de Łuków.

La forteresse protégeait la frontière avec des territoires occupés par une tribu païenne de Sudovie .


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mer 4 Mai - 10:34





La chute de l’ordre du Temple fait également l’objet d’une polémique. Elle serait le fait du roi de France Philippe IV le Bel qui aurait agi dans le but unique de s’approprier le trésor des Templiers. Cependant, les raisons pour lesquelles l’ordre a été éliminé sont beaucoup plus complexes et celles exposées ci-dessous n’en représentent probablement qu’une partie.






L’une des premières raisons fut la perte de la ville de Saint Jean d’Acre, qui entraina celle de la Terre Sainte.

En effet, le 28 mais 1291, les croisés perdirent Acre à  l’issue d’un siège sanglant. Les chrétiens furent alors obligés de quitter la Terre Sainte et les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n’échappèrent pas à cet exode. La maitrise de l’ordre fut déplacée à Chypre. Or, une fois expulsé de Terre Sainte, avec la quasi-impossibilité de la reconquérir, la question de l’utilité de l’ordre du Temple s’est posée car il avait été créé à l’origine pour défendre les pèlerins allant à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Ayant perdu la Terre Sainte et donc la raison même de leur existence, une partie de l’ordre se pervertit. Le peuple percevait d’ailleurs depuis plusieurs décennies les chevaliers comme des seigneurs orgueilleux et cupides menant une vie désordonnée (les expressions populaires « boire comme un templier » ou « jurer comme un templier » sont révélatrice à cet égard) : dès 1274 au deuxième concile de lyon (1) ils durent produire un mémoire pour justifier leur existence.

Une querelle opposait également le roi de France Philippe IV le Bel au pape Boniface VIII (2) ce dernier ayant affirmé la supériorité du pouvoir pontifical sur le pouvoir temporel des rois, en publiant une bulle pontificale en 1302, Unam Sanctam (3). La réponse du roi de France arriva sous la forme d’une demande de concile aux fins de destituer le pape, lequel excommunia en retour Philippe le Bel et toute sa famille par la bulle Super Patri Solio. Boniface VIII mourut le 11 octobre 1303, peu après l’attentat d’Anagni (4). Son successeur, Benoit XI (5), eut un pontificat très bref puisqu’il mourut à son tour le 7 juillet 1304. Clément v  (6) fut élu  pour lui succéder le 5 juin 1305.


Or, à la suite de la chute d’Acre, les Templiers se retirèrent à Chypre puis revinrent en Occident occuper leurs commanderies. Les Templiers possédaient d’immenses richesses (certains vivant dans un luxe ostentatoire alors qu’ils avaient fait vœu de pauvreté), augmentées par les redevances (droits d’octroi, de péage, de douane, banalités, etc) et les bénéfices issus du travail de leurs commanderies (bétail, agriculture…). Ils possédaient également une puissance militaire équivalente à quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers entrainés au combat, force entièrement dévouée au pape : une telle force ne pouvait que se révéler gênante pour le pouvoir en place. Il faut ajouter que les légistes royaux, formés au droit romain, cherchaient à exalter la puissance de la souveraineté royale ; or la présente du Temple en tant que juridiction pontificale limitait grandement le pouvoir du roi sur son propre territoire.

L’attentat d’Anagni est un des reflets de cette lutte des légistes pour assurer un pouvoir aussi peu limité que possible au roi. La position des légistes, notamment Guillaumes de Nogaret (7), en tant que conseillers du roi, a sûrement eu une influence sur Philippe le Bel.

Enfin, certains historiens prêtent une part de responsabilités dans la perte de l’ordre Jacques de Molay, maitre du Temple élu en 1293 à Chypre après la perte de Saint Jean d’Acre. En effet, à la suite de cette défaite, un projet de croisade germa de nouveau dans l’esprit de certains rois chrétiens, mais aussi et surtout dans celui du pape Clément V. Le pape désirait également une fusion des deux ordres militaires les plus puissants de Terre Sainte et le fit savoir dans une lettre qu’il envoya à Jacques de Molay en 1306. La maitre y répondit qu’il s’opposait à cette idée, craignant que l’ordre du Temple soit fondu dans celui des Hospitaliers, sans pour autant être catégorique.  Cependant, les arguments qu’il avança pour étayer ses propres vues étaient bien minces. Enfin, Jacques de Molay manqua de diplomatie en refusant au roi d’être fait chevalier du Temple à titre honorifique.


Aujourd’hui, l’implication du pape dans l’arrestation des Templiers peut faire polémique. Certains historiens parlent de trois rencontres entre Philippe le Bel et Clément V, étalées de 1306 à 1308, au cours desquelles fut discuté le sort des Templiers. Toutefois, ces historiens se fondent sur la seule source contemporaine, un chroniqueur italien du nom de Giovanni Villani qui fut le seul à indiquer une rencontre en 1305 entre le roi et le pape, soi-disant pour aborder la question de la suppression de l’ordre. Il est à noter que d’autres historiens estiment qu’il n’est pas sérieux de se fier uniquement à Villani, car les Italiens de l’époque avaient un fort ressentiment contre Clément V, pape français.  Les mêmes historiens attestent d’une rencontre entre le roi de France et le pape au mois de mai 1307, quelques mois donc avant l’arrestation. Les légistes royaux invoqueront, un an après, cette rencontre en affirmant que le pape avait alors donné son autorisation au roi pour procéder à cette arrestation.

Par la bulle Faciens misericordiam (08) Clément V nomma en 1308 des commissions pontificales chargées d’enquêter sur l’ordre, en marge de la procédure séculière engagée par le roi de France, Philippe IV le Bel.






L’idée de détruire l’ordre du Temple était déjà présente dans l’esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d’aveux afin d’entamer une procédure. Ce fut chose faite grâce à un atout majeur déniché par Guillaume  de Nogaret en la personne d’un ancien Templier renégat : Esquieu de Floyran (aussi dénommé « Sequin de Floyran », ou encore « Esquieu de Floyrac »). Selon la thèse officielle, Esquieu de Floyran (bourgeois de Béziers ou prieur de Montfaucon) était emprisonné pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamné à mort qui se confessa à lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d’entrée dans l’ordre et la sodomie. Esquieu de Floyran n’ayant pas réussi à vendre ces rumeurs à Jacques II d’Aragon (9), y parvint en 1305 auprès du roi de France, Guillaume de Nogaret payant par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les idées de « reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre frères, baisers obscènes exercés par les chevaliers du Temple ».

Philippe le Bel écrivit au pape pour lui faire part du contenu de ces aveux.


En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs demanda une enquête pontificale au pape. Ce dernier la lui accorda le 24 août 1307. Cependant, Philippe le Bel était pressé. Il n’attendit pas les résultats de l’enquête, prépara l’arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête l’exaltation de la Sainte-Croix. Il dépêcha des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu’à leur arrestation massive en France au cours d’une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. Le but d’une action menée en quelques heures était de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d’éviter que ces derniers, alarmés par l’arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupassent et ne devinssent alors difficiles à arrêter.


Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et ses hommes d’armes pénétrèrent dans l’’enceinte du Temple de Paris où résidait le maitre de l’ordre Jacques de Molay. A la vue du l’ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. A Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du maitre de l’ordre.


Un scénario identique se déroula au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies furent arrêtés. Ils n’opposèrent aucune résistance. Quelques-uns réussirent à s’échapper avant ou pendant les arrestations. Les prisonniers furent enfermés pour la plupart à Paris, Caen, Rouen, et au château de Gisors. Tous leurs biens furent inventoriés et confiés à la garde du trésor royal.

Ceux qui, en 1306, avaient recueilli Philippe IV le Bel pendant les émeutes de Paris se retrouvaient maintenant incarcérés  dans l’attente de leur procès.




(1)  Le deuxième concile de Lyon est un concile catholique convoqué le 31 mars 1272, qui s'est tenu à Lyon en 1274. Il a été présidé par le pape Grégoire X, réunissant environ cinq cents évêques, soixante abbés et plus de mille prélats. La première session s'est ouverte 7 mai1274, avec cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet, 16 juillet et 17 juillet. Jacques Ier d'Aragon, l'ambassadeur de l'empereur Michel Paléologue et des membres du clergé grec et les ambassadeurs du Khan du Tatar étaient présents.

Les principaux sujets étaient :

• la conquête de la terre sainte,
• l'union des églises d'Orient et d'Occident,
• l'élection pontificale.
Thomas d'Aquin avait été convoqué au concile, mais mourut en route à Fossanova. Bonaventure de Bagnorea était présent aux quatre premières sessions, mais mourut à Lyon le 15 juillet.



(2) Boniface VIII (ca. 1235 - 1303), originaire d'Anagni dans le Latium en Italie, de son vrai nom Benedetto Caetani, est un pape de l’Église catholique romaine. Ses armes portaient des ondes, et son prénom original était Benedetto, qui signifie « béni » en italien. Le pape Boniface VIII lors de la querelle qui l'oppose à Philippe IV le Bel mourut de honte après avoir été frappé au visage par Sciarra Colonna, avec un gantelet de fer, accompagnant Guillaume de Nogaret, envoyé direct du Roi. Cet événement, qui relève plus que probablement de la légende, est connu sous le nom de l'attentat d'Anagni.






(3)  Unam Sanctam est une bulle pontificale de Boniface VIII sur l'unité de l'Église donnée le 18 novembre 1302. Cette bulle fut lancée à l'occasion d'un concile de prélats français réunis à Rome. Elle proclamait la suprématie de l'Église sur l'État et, de ce fait, l'obligation pour toute créature humaine de se soumettre au souverain pontife.
L'authenticité de la bulle, sur laquelle ont été formulées des objections, est demeurée hors de doute.




(4)  L'attentat d'Anagni (septembre 1303) est l'événement le plus célèbre et le plus marquant de la lutte opposant le roi de France Philippe le Bel au pape Boniface VIII.

À l'origine, Philippe IV le Bel est mêlé à de nombreux sujets de discordes avec le pape Boniface VIII etBernard Saisset, l'évêque de Pamiers1. Ce dernier incite notamment certains comtes à se défaire de la tutelle du roi de fer1. Au début de l'année 1303, Philippe le Bel est menacé d'excommunication. Conseillé par son nouveau chancelier, Guillaume de Nogaret, il réplique par la convocation d'un concile œcuménique à Lyon dont le but serait de juger le pape, que plusieurs qualifient d'« indigne », et de le déposer. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe le Bel avant l'arrivée de Nogaret, prépare la bulleSuper patri solio (Petri solio excelso2), qui l'excommunie officiellement.

L'apprenant, Nogaret décide d'organiser un coup de main contre le pape avant la publication et la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre. Il recrute une troupe de 600 cavaliers et de 1 500 fantassinsmenés par deux chefs de guerre, par surcroît ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino.

Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1303, ils investissent la petite ville d'Anagni dans le Latium, où réside le pape pendant l'été. Ils réussissent à s'emparer sans trop de mal du palais pontifical de la ville3. Cependant, les buts de Nogaret et de Colonna ne sont pas les mêmes. Nogaret veut simplement lui notifier la citation à comparaître au concile ; Colonna veut s'emparer de la personne du pape et l'obliger à renoncer à sa charge. Nogaret parvient à calmer son complice et lit solennellement son acte d'accusation au pape. Celui-ci fait face avec dignité sans céder sur aucun point, déclarant : « Voici mon cou, voici ma tête. »

Maurice Druon décrit la scène dans Les Rois maudits : « (...) Là, le vieux pape de 68 ans, tiare en tête, croix en main, seul dans une immense salle désertée, voyait entrer cette horde en armures. Sommé d'abdiquer, il répondait : "Voilà mon cou, voilà ma tête ; je mourrai, mais je mourrai pape." Sciarra Colonna le giflait de son gantelet de fer. Et Boniface lançait à Nogaret : "Fils de Cathare ! Fils de Cathare !" »

Mais dans sa biographie sur Philippe le Bel, Jean Favier affirme que ce n'est qu'au XIXe siècle que prit naissance le mythe affirmant que Sciarra Colonna aurait giflé le pape. En réalité, aucun témoin contemporain ne parlerait de cette « gifle », qui semble aujourd'hui plus une métaphore qu'un acte réel et historique.

Il est établi que le pape avait alors plutôt 68 ans que 98, mais la polémique persiste toujours quant à la gifle elle-même.
Le lendemain, la population d'Anagni s'est ressaisie. Supérieure en nombre, elle réussit à chasser la troupe de Sciarra Colonna. Nogaret parvient à s'enfuir. Libéré, Boniface VIII repart pour Rome où il meurt un mois après, le 11 octobre. La légende dit qu'il est mort de chagrin, à la suite de toutes les humiliations subies.

Son successeur, Benoît XI, abroge la bulle Super Patri Solio. Cependant il écarta de l'amnistie les coupables directs de l'attentat d'Anagni, Sciarra Colonna et Nogaret, en fulminant en particulier contre eux et quelques autres complices la bulle d'excommunicationFlagitiosum Scelus, du 7 juin 1304, les citant à comparaître devant son tribunal, dans le délai d'un mois, à Pérouse, sous peine d'être condamnés par contumace. Nogaret, pour sa part, ne se présentant pas, est resté canoniquement sous le coup de la sentence d'excommunication.

Le nouveau pape décède à son tour le 7 juillet 1304. Le nouveau pape, Clément V, élu en 1305, est un Français. Il installe la papauté àAvignon en 1309 et lève en 1311 toutes les condamnations portées contre le roi et ses conseillers, déclarant que durant tout le conflit l'attitude de Philippe le Bel avait été « bonne et juste. »



(5) Benoît XI, de son vrai nom Nicolas Boccasini, né en 1240 à Trévise dans le Saint Empire Romain Germanique et mort en 1304 à Pérouse, a été pape de l’Église catholique de 1303 à1304.







(6) Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de Villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en 1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste1. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » : Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.





On retient de lui l'image d'un pape de bonne foi qui manquait toutefois d'audace et d'esprit de décision, autant par tempérament qu'en raison d'une santé déliquescente2.




(7)  Guillaume ou Guilhem de Nogaret (né vers 1260 à Saint-Félix de Caraman et mort le11 avril 13131 à Paris). Juriste français, originaire du Languedoc, qui devint conseiller du roi de France Philippe IV le Bel, son garde du Sceau, Nogaret fut à partir de 1306 le véritable maître d'œuvre de la politique royale. L'attentat d'Anagni contre le pape Boniface VIII, leprocès des Templiers et bien d'autres affaires ont fait de Nogaret une figure noire de l'historiographie.



(08)  Faciens misericordiam est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 12 août 1308 dans le cadre du procès de l'ordre du Temple.

Elle crée des commissions diocésaines, chargées d'enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l'Ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d'un concile œcuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera du sort de l'ordre par la bulle Vox in excelso.

La commission pontificale de Paris est composée de : Gilles Aycelin (archevêque de Narbonne),Guillaume Durand (évêque de Mende), Guillaume Bonnet (évêque de Bayeux), Raynaud de La Porte(évêque de Limoges), Jean de Montlaur (archidiacre de Maguelonne), Matthieu de Naples (notaire apostolique), Jean de Mantoue(archidiacre de Trente) et Jean Argani (prévôt de l'église d'Aix).




(9)  Jacques II d'Aragon dit le Juste (en catalan Jaume El Just, en castillan Jaime el Justo), né le10 août 1267 à Valence et mort le 2 novembre 1327 à Barcelone, est roi de Sicile, puis roi d'Aragon, comte de Barcelone et roi de Valence. C'est le second fils de Pierre III d'Aragon et deConstance de Hohenstaufen.




Il est d'abord roi de Sicile de 1285 à 1291 sous le nom de Jacques Ier puis, à la mort de son frère aîné le roi d'Aragon Alphonse III le Franc, abandonne la Sicile à son jeune frère Frédéric II de Sicile pour devenir lui-même roi d'Aragon de 1291 à 1327.
En 1295, il occupe le royaume de Murcie aux dépens de la Castille, mais il doit rendre ce royaume en 1304 par le traité de Torrellas.
Il a un rôle important pour la gestion des biens et des personnes lors de la dissolution de l'Ordre du Temple dans le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le royaume de Valence, comme le détermine la bulle pontificale Ad providam du 2 mai 1312.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mer 4 Mai - 12:20





Puisque tous les Templiers du royaume de France avaient été arrêtés, Philippe IV le Bel enjoignit aux souverains européens (Espagne et Angleterre) de faire de même. Tous refusèrent car ils craignaient les foudres du pape. Le roi de France n’en fut pas découragé et ouvrit donc le procès des Templiers (1)


Cependant, l’ordre du Temple était un ordre religieux et ne pouvait subir à ce titre la justice laïque. Philippe le Bel demanda donc à son confesseur, Guillaume de Paris (2), aussi Grand Inquisiteur de France, de procéder aux interrogatoires des cent trente-huit Templiers arrêtés à Paris. Parmi ces chevaliers, trente-huit moururent sous la torture, mais le processus des « aveux » avait été enclenché, donnant lieu aux accusations d’hérésie et d’idolâtrie. Parmi les péchés confessés le plus souvent, l’inquisition enregistra le reniement de la Sainte-Croix, le reniement du Christ, la sodomie et l’adoration d’une idole (appelée le Baphomet). Trois Templiers résistèrent à  la torture et n’avouèrent aucun des comportements obscènes.

Afin d’essayer de protéger l’ordre du Temple, le pape Clément V publia la bulle Pastoralis præminentiæ (3) qui ordonnait aux souverains européens d’arrêter les Templiers qui résidaient chez eux et de mettre leurs biens sous la gestion de l’Église. Le roi pour en tirer une légitimité au nom du peuple et pour impressionner le pape, convoqua à Tours les États généraux de 1308 (4) qui approuvèrent la condamnation de l’ordre alors que le pape avait fait  interrompre la procédure royale enclenchée par Philippe le Bel. De plus, le pape demandait à entendre lui-même les Templiers à Poitiers. Mais, la plupart des dignitaires étant emprisonnés à Chinon, le roi Philippe le Bel prétexta que les prisonniers (72 en tout, triés par le roi lui-même) étaient trop faibles pour faire le voyage. Le pape délégua alors deux cardinaux pour aller entendre les témoins à Chinon. Le manuscrit ou parchemin de Chinon (5) qui en traite indique que le pape Clément V a donné l’absolution aux dirigeants de l’ordre à cette occasion.


La première commission pontificale se tint le 12 novembre 1308 à Paris. Elle avait pour but de juger l’ordre du Temple en tant que personne morale et non les personnes physiques. Pour ce faire, elle envoya dès le 8 août une circulaire à tous les évêchés afin de faire venir les Templiers arrêtés pour qu’ils comparaissent devant la commission. Un seul frère dénonça les aveux faits sous la torture : Ponsard de Gisy, précepteur de la commanderie de Payns. Le 6  février 1310, 15 Templiers sur 16 clamèrent leur innocence. Ils furent bientôt suivis par la plupart de leurs frères.

Le roi de France souhaita alors gagner du temps et fit nommer à l’archiépiscopat de Sens un archevêque qui lui était totalement dévoué, Philippe de Marigny, demi-frère d’Enguerrand de Marigny (6).


Celui-ci envoya au bûcher le 12 mai 1310, 54 Templiers qui avaient renié leurs aveux faits sous la torture en 1307 et étaient donc relaps. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311.






Le concile de Vienne (7), qui se tint le 16 octobre 1311 au sein de la Cathédrale Saint-Maurice de Vienne, avait trois objectifs : statuer sur le sort de l’ordre, discuter de la réforme de l’Église et organiser une nouvelle croisade.


Cependant, lors du concile, quelques Templiers décidèrent de se présenter : ils étaient au nombre de sept et désiraient défendre l’ordre. Le roi, voulant en finir avec l’ordre du Temple, partit en direction de Vienne avec des gens d’arme afin de faire pression sur Clément V. Il arriva sur place le 20 mars 1312.

Le 22 mars 1312, le pape fulmina la bulle Vox in excelso (08) qui ordonnait l’abolition définitive de l’ordre. Pour ce qui est du sort des Templiers et de leurs biens, le pape fulmina deux autres bulles :

• Ad providam (9) le 2 mai 1312, concernait les biens du Temple qui furent légués en totalité à l’ordre de l’Hôpital (à l’exception de l’Espagne et du Portugal, où deux autres ordres naquirent des cendres de l’ordre du Temple, l’ordre de Montesa et l’ordre du Christ).
• Considerantes dudum (10)le 6 mai 1312 quand à elle, déterminait le sort des hommes. Ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verraient attribuer une rente et pourraient vivre dans une maison de l’ordre alors que tous ceux ayant nié ou s’étant rétractés, subiraient un châtiment sévère (la peine de mort).

Toutefois, le sort des dignitaires de l’ordre du Temple restait entre les mains du pape.





Une commission pontificale fut nommée le 22 décembre 1313. Elle était constituée de trois cardinaux et d’avoués du roi de France et devait statuer sur le sort des quatre dignitaires de l’ordre. Devant cette commission, ils réitérèrent leurs aveux. Le 11 ou 18 mars 1314, les quatre Templiers furent amenés sur le parvis de Notre-Dame de Paris afin que l’on leur lût la sentence. C’est là que Jacques de Molay, maitre de l’ordre du Temple, Geoffroy de Charnay (11), précepteur de Normandie, Hugues de Pairaud, visiteur de France et Geoffroy de Goneville, précepteur en Poitou-Aquitaine apprirent qu’ils étaient condamnés à la prison à vie.


Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l’Inquisition, furent déclarés relaps et remis au bras séculier (en l’occurrence, la justice royale). Voici la description qu’en fit, dans sa chronique latine, Guillaume de Nangis (12), un chroniqueur de l’époque :

« Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme à cette affaire, voilà que tout à coup et inopinément deux d’entre eux, le grand maitre et le maitre de Normandie, se défendirent opiniâtrement contre le cardinal qui avait prononcé le sermon et contre l’archevêque de Sens Philippe de Marigny (13), revenant sur leur confession et sur tout ce qu’ils avaient avoué ».

Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux Templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l’île aux Juifs (14) afin d’y être brûlés vifs. Geoffroy (ou Godefroi) de Paris fut un témoin oculaire de cette exécution. Il écrivit dans sa Chronique métrique (1312-1316), les paroles du maitre de l’ordre :

« […] Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort.[…] » proclamant jusqu’à la fin son innocence et celle de l’ordre, Jacques de Molay s’en référa donc à la justice divine et c’est devant le tribunal divin qu’il assignait ceux qui sur Terre l’avaient jugé. La malédiction légendaire de Jacques de Molay « Vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération » lancée par des ésotéristes et historiens par la suite inspira les Rois maudits de Maurice Druon. Les deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C’est avec la plus grande dignité qu’ils moururent. Guillaume de Nagis ajouta : « on les vit si résolus à subir le supplice du feu, avec une telle volonté, qu’ils soulevèrent l’admiration chez tous ceux qui assistèrent à leur mort… ».


La décision royale avait été si rapide que l’on s’aperçut après coup que la petite île où l’on avait dressé le bûcher ne se trouvait pas sous la juridiction royale, mais sous celle des moines de Saint-Germain-des-Prés. Le roi dut donc confirmer par écrit que l’exécution ne portait nullement atteinte à leurs droits sur l’île.


Giovanni Villani, contemporain des Templiers, mais qui n’assista pas à  la scène, ajouta dans sa Nova Cronica que « le roi de France et ses fils éprouvèrent grande honte de ce péché », et que « la nuit après que ledit Maitre et son compagnon eurent été martyrisés, leurs cendres et leurs os furent recueillis comme des reliques sacrées par les frères et autres religieuses personnes, et emmenés en lieux consacrés. ». Ce témoignage est toutefois sujet à la suspicion, Villani étant un Florentin et ayant rédigé son ouvrage entre une et deux décennies après les faits.





L’original du parchemin de Chinon a été retrouvé en 2002 par l’historienne Barbara Frale aux archives secrètes du Vatican et publié en 2007 avec l’ensemble des documents relatifs au procès. Il indique que le pape Clément V a finalement absous secrètement les dirigeants de l’ordre. Leur condamnation et mise à mort sur le bûcher est donc bel et bien la responsabilité du roi Philippe le Bel et non celle du pape ni de l’Église contrairement à une fausse idée largement répandue. Les quatre dignitaires qui ont avoué ont tous été absous, mais seuls les deux qui ont ensuite renié leurs aveux ont été exécutés.




(1) Le procès de l'ordre du Temple est une affaire judiciaire internationale du XIVe siècle. L'ordre du Temple est accusé en 1307 par la royauté française de plusieurs chefs d'accusation comprenant l'hérésie, la simonie, la sodomie et l'idolâtrie. Cette affaire prend une ampleur particulière car elle met en cause un ordre militaire composé de religieux et également parce qu'elle est une des conséquences de la lutte entre le roi de France Philippe IV Le Bel et le pape Clément V. L'affaire débute au matin du13 octobre 1307, et se termine avec la bulle papale Considerantes dudum fulminée par Clément V le 6 mai 1312 et la mort du maître de l'ordre Jacques de Molay sur le bûcher le 11 ou 18 mars 1314. Les biens de l'ordre sont dispersés dans les années qui suivent, notamment le 10 juin 1317 lorsque le papeJean XXII reconnait par la bulle papale Ad fructus uberes l'existence de l'Ordre de Montesa dans le royaume d'Aragon, ainsi que le 14 mars 1319 en ce qui concerne l'Ordre du Christ dans le royaume du Portugal.




(2) Guillaume Humbert, (parfois orthographié Guillaume Ymbert), aussi appelé Guillaume de Paris, est un dominicain nommé inquisiteur de la foi en 1303. Il fut
inquisiteur général du royaume de France (il n'y avait pas de Grand Inquisiteur de France), et confesseur du roi de 1305 à 1314, et il instruisit, de 1307 à 1314 deux procès retentissants : celui de Marguerite Porete et celui des Templiers.

L'arrestation des Templiers amena le pape Clément V à suspendre les pouvoirs de l'inquisiteur, après une plainte d'Edouard II d'Angleterre, mais la réponse « audacieuse et méprisante » qu'écrivit Philippe IV le Bel contraignit le Pape à faire marche arrière et à rendre ses fonctions à Guillaume.

Il devint archevêque de Sens en 1309.




(3) La bulle papale Pastoralis præeminentiæ, publiée par le pape Clément V le 22 novembre 1307, ordonnait à tous les rois chrétiens d'arrêter tous les membres de l'ordre du Temple, et de mettre sous séquestre toutes leurs terres et leurs biens, au nom de la papauté, à l'exception des possessions de l'ordre dans la péninsule ibérique.

Publiée pendant le procès des templiers par le roi de France Philippe IV le Bel, cette bulle a eu un impact considérable sur le sort des templiers et, plus important encore, sur la position du Saint-Siège à propos de cette affaire.

Clément V entendait de cette manière garder le contrôle sur la procédure lancée par Philippe le Bel en l'empêchant de clore trop prématurément le procès. Si le pape s'était abstenu de faire une telle démarche, cautionnant du même coup par son silence l'action entamée par le roi de France contre l'ordre le 13 octobre de la même année (1307), on aurait probablement abouti à un arrangement entre Carpentras et Paris, en faveur du roi.
Bien au contraire, la bulle Pastoralis præeminentiæ garantissait que le procès serait public, et mené conjointement par les légats du pape et les légistes royaux.


(4) États généraux de 1308
États généraux du royaume de France, convoqués par Philippe IV le Bel le 25 mars 1308, au sujet de la mise en jugement et de la condamnation des Templiers. Ils se réunissent entre le 5 et le 15 mai 1308 à Tours et approuvent la condamnation de l'ordre.


(5)  Le parchemin de Chinon est un document historique qui tendrait à prouver qu’en 1308, le pape Clément V a secrètement absous le dernier maître des Templiers, Jacques de Molay, et les autres responsables de l’ordre du Temple, des péchés que l’Inquisition leur avait reprochés. Ce document, ou plus précisément ses copies ou extraits, étaient connus de longue date par les spécialistes ; la découverte en 2002 et l'étude de l'original conservé aux archives secrètes du Vatican, par l'historienne italienne Barbara Frale, puis sa publication par le Vatican en 2007, ont révélé son existence au grand public.




(6)  Enguerrand de Marigny, né à Lyons-la-Forêt en Normandie vers 1260 et mort pendu au gibet de Montfaucon à Paris le 30 avril 1315, était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel, comte de Longueville.




(7) Le concile de Vienne est pour l'Église catholique romaine le quinzième concile œcuménique. Il fut convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Il se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 à Vienne et aboutit à la suppression de l'Ordre.

Outre la question centrale des Templiers, ll traita également de la querelle des spirituels qui divisait l'ordre franciscain. Il interdit les béguinages, et légiféra sur la présence de l'islam en terre chrétienne. Les propositions de réforme de Guillaume Durand, évêque de Mende, y furent présentées.



(08) Vox in excelso est une bulle pontificale fulminée datée du 22 mars 1312, mais rendue publique uniquement le 3 avril de la même année par le pape Clément V, lors du concile de Vienne. Elle établit officiellement la dissolution de l'Ordre du Temple, mais elle ne le condamne pas.

Elle fut adoptée lors d'un consistoire secret quelques jours avant sa publication, auquel assistèrent quelques cardinaux. Les quatre cinquièmes de l'assistance se prononcèrent pour la suppression.




(9) Ad providam est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 2 mai 1312 lors du Concile de Vienne. Elle donne à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem les biens et terres de l'ordre du Temple alors aboli par la bulle Vox in excelso du 22 mars 1312.




(10) Considerantes Dudum est une bulle pontificale. Elle a été fulminée par le pape Clément V le 6 mai1312 lors du Concile de Vienne.
Elle avait pour but de fixer le sort des templiers après le procès en hérésie qui avait été instruit à leur encontre :

• ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verront attribuer une rente et pourront vivre dans une maison de l'ordre,
• tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiront un châtiment sévère (la peine de mort).


D'après cette bulle, le sort des principaux dignitaires à savoir le maître de l'ordre, le visiteur de France, le maître de la province de Terre sainte, celui de Normandie, celui d'Aquitaine/Poitou et celui de Provence ainsi que le cubiculaire Olivier de Penne devait être réservé à la décision du pape mais ce ne fut pas le cas pour les premiers cités.




(11) Geoffroy de Charnay (v. 1251 - 1314) est le dernier commandeur de l'Ordre du Temple pour la baillie de Normandie. Il fut livré aux flammes du bûcher sur l'île aux Juifs à Paris le 18 mars 1314 en compagnie de Jacques de Molay.

Geoffroy de Charnay ((la): Gaufridus de Charneio, peut-être de Charny) a rejoint l'ordre du Temple vers 1268/70 et a occupé successivement des fonctions importantes en son sein. D'abord en 1271 comme simple compagnon de Mathieu Sauvage alors commandeur de Sidon puis en 1283, il est peut-être commandeur du Lieu-Dieu du Fresne, puis de la commanderie de Villemoison en 1294 et de celle de Fretay en 1295 avant de retourner en Orient et d'occuper la fonction de drapier en 1304 puis d'être nommé commandeur de la baillie de Normandie en 1307 peu de temps avant l'arrestation des templiers.




(12) Guillaume de Nangis est un moine bénédictin de l'abbaye Saint-Denis, mort en 1300, connu comme chroniqueur.

Garde des chartes de Saint-Denis de 1289 à 1299, il est l'auteur d'une Chronique des rois de France et de Vies de Saint Louis et de ses frères, Philippe le Hardi et Robert, insérées dans la collection d'André Duchesne, et publiées à part par Géraud en 1843.

Il a également écrit une Chronique latine dite chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 à 1300 avec les continuations de cette chronique de 1300 à 1368 Édition H. Géraud, vol. 1, Paris, 1843.

Ayant sans doute consulté les manuscrits latins sur lesquels sont basées les Grandes Chroniques de France, il écrivit une longue Chronique (« Chronicon ») de l'histoire du monde depuis sa création, fortement inspirée jusqu'à 1112 de Sigebert de Gembloux ; après cette date toutefois le matériel est de première main et nous est précieux à nous comme il le fut à Joinville. Précieuse également la lettre du connétable arménien Smbat à Henri Ier de Chypre incluse dans sa Vie de Louis IX.
La Chronique de Guillaume de Nangis trouva des continuateurs jusqu'en 1368.




(13) Philippe de Marigny ou Philippe Le Portier de Marigny.

Fils de Philippe de Marigny, seigneur d'Ecouis, et de sa deuxième femme. Il est le demi-frère d’Enguerrand et le frère de Jean de Marigny.

Il est secrétaire du roi et membre du conseil privé du roi Philippe IV avant de rentrer dans les ordres. En 1306, il devient évêque de Cambrai jusqu’en juin 1309, quand Philippe le Bel le nomme archevêque de Sens. Il dût attendre avril 1310 pour une reconnaissance du pape Clément V.

Chargé du procès des Templiers, il envoie au bûcher 54 frères Templiers jugés relaps le 10 mai 1310 devant l'abbaye Saint-Antoine de Paris. Les hauts dignitaires passent ensuite devant une commission apostolique dont il fait partie. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay est brûlé sur le bûcher.

Il aurait été enterré dans l'église du prieuré Saint-Laurent-en-Lyons.




(14) L’île aux Juifs (ou île des Juifs), ensuite appelée île des Templiers, est une ancienne île de la Seine, à Paris.

Elle est située juste à l’ouest de l’île de la Cité, sur la partie méridionale de l'actuel Square du Vert-Galant, près du Palais de la Cité, et faisant face sur l'autre rive à la Tour de Nesle et au clos de Laas, terres de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à laquelle l'île appartient aussi. L'un des bras de la Seine le sépare de l'enceinte sud du Palais de la Cité, terminée par la salle de la Pointe, et un autre, du couvent des Augustins, fondé en 1300

C'est le plus grand des îlots alluvionnaires qui prolongent l'île de la Cité sur sa partie occidentale. L'île tire sans doute son nom d'exécutions antérieures qui y auraient été faites sous prétexte de religion durant le Moyen Âge. C'est d'ailleurs sur cette île que furent brûlés vifs, le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers, et Geoffroy de Charnay, grand prieur de Normandie, qui protestèrent de leur innocence sur le bûcher.

Elle a ensuite été rattachée à l'île de la Cité, ainsi que deux autres petites îles adjacentes, l'île à la Gourdaine et l'îlot du Passeur-aux-Vaches (ou « île aux Bœufs »), par Henri IV lors de la construction du Pont Neuf commencée en 1577, sur l'emplacement de l'actuel square du Vert-Galant.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mer 4 Mai - 15:09





La dissolution de l’ordre lors du concile de Vienne (1)  et ensuite la mort de Jacques de Molay marquèrent la fin officielle de l’ordre du Temple. Les biens templiers, en particulier les commanderies, furent reversés par la bulle papale Ad Providam en majeure partie à  l’ordre de l’Hôpital. Pour autant, tous les chevaliers, frères et servants templiers n’ont pas été exécutés, bon nombre d’entre eux sont retournés à la vie civile ou ont été accueillis par d’autres ordres religieux.







L’ordre étant déclaré éteint en 1312, le pape Clément V ordonne de faire comparaitre tous les Templiers des provinces, et de les faire juger par des conciles provinciaux. S’ils sont absous, on pourra leur donner une pension prise sur les biens de l’ordre. En Catalogne par exemple, le mot de la fin est donné par l’archevêque de Tarragone, Guillem de Rocaberti, qui prononce, le 4 novembre 1312, l’innoncence de tous les templiers catalans. La commanderie du Mas Deu, devenue possession Hospitalière, verse des pensions aux chevaliers, mais également aux non-nobles et aux frères servants. En décembre 1318, le pape Jean XXII s’adresse aux évêques de France, pour les avertir que certains frères de l’ex-ordre du Temple « avaient repris les vêtements laïques », et leur demande de supprimer les pensions aux Frères qui ne se soumettraient pas à cet avertissement.


Philippe le Bel voulant mettre la main sur certains des biens des Templiers, les Hospitaliers n’auront de cesse de faire respecter les décisions papales, et finiront par obtenir à peu près partout, là où était décidé la dévolution des biens des Templiers.







Dans le royaume d’Aragon, les Templiers se répartirent dans différents ordres, principalement dans l’ordre de Montesa (2), créé en 1317 par le roi d’Aragon Jacques II, à partir de la branche des Templiers reconnue innocente lors du procès de 1312 en France. les biens du Temple y furent transférés en 1319, mais également dans l’ordre de Saint-Georges d’Alfama, créé dans la même période par fusion entre l’ordre de calatrava (3) et les Templiers de France réfugiés en Espagne. Quant aux biens des Templiers, dans le royaume d’Aragon et le comté de Barcelone, ils iront à l’Hôpital lorsque les Templiers ne les avaient pas déjà vendus à des personnes de confiance, et dans le royaume de Valence, les biens Templiers et ceux des Hospitaliers seront fusionnés dans le nouvel Ordre de Montesa (4).







Au Portugal, ils passèrent à l’ordre du Christ (5). Successeur « légitime du Temple », la Milice du Christ est fondée en 1319 par le roi Denis Ier du Portugal (6) et le pape Jean XXII (7). Les biens des Templiers ont été « réservés » à l’initiative du roi, pour la Couronne portugaise à partir de 1309, et transférés à l’Ordre du Christ  en 1323. On retrouve de nombreuses influences de l’ordre du Christ dès le début des « Grandes découvertes » portugaises, dont on verra la croix sur les voiles des navires de Vasco de Gama (08) lors du passage du cap de Bonne-Espérance en 1498 (alors que les voiles des navires de Christophe Colomb (9) lors de sa traversée de l’Atlantique en 1492, portent plus probablement la croix de’ l’ordre de Calatrava).






En Angleterre, le roi Edouard II a tout d’abord refusé d’arrêter les Templiers et de saisir leurs biens. Il convoque son sénéchal de Guyenne et lui demande de rendre compte, à la suite de quoi, il rédige le 30 octobre, puis le 10 décembre 1307, des lettres au pape, ainsi qu’au roi du Portugal, de Castille, d’Aragon et de Naples. Il y défend les chevaliers du Temple, et les encourage à faire de même. Le 14 décembre, il reçoit confirmation du pape d’arrêter les Templiers. Il ordonne le 8 janvier 1308, que l’on se saisisse de tous les membres de l’ordre présent dans son pays, et qu’on les assigne  à résidence, sans recourir à la torture.

Un tribunal est dressé en 1309, qui finit pas absoudre en 1310  les Templiers repentis. Le transfert des biens des Templiers vers les Hospitaliers, ordonné par la Bulle papale de Clément V en 1312, n’a de plus pas été éxécuté avant 1324. C’est à cette date que l’Église du Temple, siège des Templiers à Londres, fut transférée aux Hospitaliers, avant de revenir à la couronne d’Angleterre en 1540 lorsque le roi Henri VIII (10) dissolut l’ordre des Hospitaliers, confisqua leurs biens, et nomma le prêtre de l’Église du Temple « the Master of the Temple ».







En Écosse, l’ordre de Clément V de confisquer tous les biens des Templiers, n’est pas totalement appliqué, en particulier depuis que Robert Ier d’Écosse (11) a été excommunié, et n’obéit plus au pape. Mr Willliam de Lamberton (Bishop of St Andrew), accorde en 1311 sa protection aux Templiers en Écosse.

En 1312, ils sont même absous en Angleterre et en Écosse par Edouard II d’Angleterre (12), et réconciliés dans l’Église.  Puis en 1314, les Templiers auraient aidé Robert de Bruce à remporter la bataille de Banneckbum (13) contre les anglais mais leur présence au sein de cette bataile est hypothétique. Par contre, de nombreuses traces templières ont été laissées en Écosse bien après 1307, dans le cimetière de Kilmartin par exemple, ou encore dans le village de Kilmory.





En Europe centrale, les biens de l’ordre furent confisqués puis redistribués pour certains aux Hospitaliers, et pour d’autres à l’ordre Teutonique. Mais peu d’arrestations eurent lieu dans cette province, et aucun Templier ne fut exécuté. Les princes allemands, séculiers et ecclésiastiques, avaient  pour grand nombre pris parti pour les Templiers. L’ordre, se sentant soutenu par la noblesse et les princes, semblent s’être  peu préoccupé de cet appareil judiciaire : le synode (14)  de la province ecclésiastique de Mayence renvoya absous tous ceux de sa circonscription. Le synode de la province de Trêves fut réuni, et après une enquête, prononça également la sentence d’absolution. Enhardis par ces deux jugements, les Templiers essayérent de se maintenir sur les bords du Rhin, dans le Luxemborug et le diocèse de Trêves, et probablement aussi dans le duché de Lorraine. Restés sous la protection de leur famille et des seigneurs locaux, beaucoup de chevaliers se virent attribuer une rente à vie, et d’importantes indemnités durent même être versées par les Hospitaliers, en dédommagement des biens confisqués, à tel point qu’ils durent parfois revendre les biens qui venaient de leur être attribués.




(1)  Le concile de Vienne est pour l'Église catholique romaine le quinzième concile œcuménique. Il fut convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Il se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 à Vienne et aboutit à la suppression de l'Ordre.

Outre la question centrale des Templiers, ll traita également de la querelle des spirituels qui divisait l'ordre franciscain. Il interdit les béguinages, et légiféra sur la présence de l'islam en terre chrétienne. Les propositions de réforme de Guillaume Durand, évêque de Mende, y furent présentées.




(2)  L’ordre de Saint-Georges-d'Alfama.
Du nom d'un château, appartient à la couronne d'Aragon.





Il a été fondé en 1201 pour protéger les côtes catalanes des pirates musulmans.

Bien qu'engagé dans la reconquête de Valence au XIIIe siècle, il n'est reconnu qu'en 1373.
Mais dès 1400, il fusionne avec l’ordre de Montesa.



(3) L’ordre de Calatrava est un ordre militaire hispanique fondé au XIIe siècle.



Il est le premier ordre militaire espagnol.




(4)  L’ordre de Montesa était un ordre militaire valencien fondé au XIVe siècle.





Après la suppression des Templiers en 1312, le roi d’Aragon Jacques II le Juste s’opposa à la décision pontificale de transfert des biens du Temple à l’ordre de l’Hôpital. Après quelques affrontements, un compromis fut trouvé : dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, les biens du Temple iraient à l’Hôpital, mais dans leroyaume de Valence, les biens des deux ordres seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé d’après sa principale forteresse, Montesa. Les territoires relevant de cet ordre ont reçu le nom de Maestrat (en valencien) ou Maeztrazgo (en castillan). Le Maestrat est divisé aujourd'hui en Baix Maestrat et Alt Maestrat.

Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle en date du 10 juin 1317, la règle le 22 novembre et avec acceptation le 3 décembre 1317, par le pape Jean XXII, qui lui donna, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne, et placé sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Tous les biens du Temple lui sont transférés en 1319, lorsque ceux-ci furent jugés par le pape « non coupable et réconcilié avec la Foi. »

Le rôle fondamental de l’ordre était la défense de la frontière sud du royaume valencien.

En 1400, il absorbe l’Ordre de Saint-Georges d'Alfama, du royaume d’Aragon-Catalogne, dont il adopte la simple croix rouge ; c’était l’ancienne croix du Temple.
En 1587, il fut rattaché à la Couronne d’Espagne, et le roi en devint le Grand Maître en 1594.

Au XIXe siècle, l’état espagnol expropria l’ordre de ses possessions. Par conséquent, aujourd’hui, il n’est plus qu’un ordre honorifique.




(5)  L'ordre du Christ (Real Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo) est un ordre honorifique officiel de la république portugaise ayant pour grand-maître le président de la république portugaise.





C'est à l'origine un ordre militaire religieux qui reçoit en dévolution les biens de l'ordre du Temple au Portugalaprès leur disparition en 1312. Il a été fondé en 1319, par la bulle Ad ea ex quibus de Jean XXII en date du14 mars 1319, permettant la création de la « Christi Militia » sous le patronage de Saint Benoît.

L'ordre se développe sous Henri le Navigateur, grand maître de l'Ordre. C'est durant le règne de Manuel Ierque l'ordre entame une évolution d'un ordre régulier vers un ordre séculier. En 1529 et 1530, Jean III, aidé du frère Antoine de Lisbonne, tente de ramener l'ordre à ses origines sans grand succès. D'autre tentatives échouent encore comme la dernière celle de Marie la Pieuse. En 1834, quand le gouvernement devient anti-catholique après la défaite de Michel Ier lors de la guerre civile, avec la suppression des ordres religieux, et la confiscation de leurs biens, l'ordre du Christ disparaît définitivement en tant qu'ordre religieux militaire pour n'être plus au Portugal qu'un ordre honorifique permettant à la royauté constitutionnelle de distinguer les membres de sa noblesse.

Avec la révolution du 5 octobre 1910, l'ordre est supprimé comme tous les ordres honorifiques puis rétabli en 1917, pour décorer les combattants de la Première Guerre mondiale. Depuis ce moment l'ordre du Christ, ayant pour grand-maître le président de la république portugaise, est un ordre honorifique officiel de la république portugaise.

En cinq siècles, de 1319 à 1834, l'ordre évolue d'un ordre religieux militaire à un ordre honorifique de la royauté portugaise. Après une courte suppression de 1910 à 1917, il est finalement rétabli comme ordre honorifique de la république portugaise. Il faut noter que parallèlement à l'ordre religieux militaire, le Saint-Siège décerne une distinction honorifique sous le nom d'ordre du Christ, ce qui a créé quelques conflits entre royauté portugaise et papauté. Il existe aussi quelques ordres de fantaisie ou pseudo ordres qui se réclament sans véritables fondements de l'ordre du Christ ou, mythologie oblige, des Templiers portugais.




(6) Denis de Portugal, surnommé le Laboureur, le Roi Agriculteur, le Roi Poète, le Roi Troubadourou le Père de la Patrie ou encore le Libéral, naquit à Lisbonne le 9 octobre 1261 et mourut à Santarém le 7 janvier 1325.





Il était le deuxième fils du roi Alphonse III et de son épouse l'infante Béatrice de Castille (1242-1303) et devint le sixième roi de Portugal en 1279 (et le cinquième de l'Algarve) à la place de son aîné Robert qui avait été déclaré bâtard de Mahaut de Dammartin. Il est en outre considéré comme l'un des plus importants poètes troubadours portugais des XIIIe et XIVe siècles




(7) Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d'une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII.





Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ans d'exercice.


.

(08) Vasco da Gama (en portugais), communément francisé en Vasco de Gama, né vers 1460 ou 1469 à Sines au Portugal et mort le 24 décembre 1524 à Cochin aux Indes, est un grand navigateur portugais, traditionnellement considéré comme le premier Européen à arriver aux Indes par voie maritime en contournant le cap de Bonne-Espérance, en 1498.







(9)  Christophe Colomb (en italien, Cristoforo Colombo) (né entre le 26 août et le31 octobre 1451 à Gênes, dans la République de Gênes, et mort le 20 mai 1506 à Valladolid, en Espagne) est un navigateur de la fin du XVe et du début du XVIe siècle au service des monarques catholiques espagnols Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon.



Ce portrait a été exécuté dans la première moitié du XVIème siècle,
après la mort de Colomb. Il est exposé, dans une vitrine du Musée de
la mer et de la navigation de Gênes, "Il Padiglione del Mare e della
Navigazione". L'auteur, Ridolfo Ghirlandaio, était le fils de
Domenico Ghirlandaio. Il est aussi connu sous le nom de Ridolfo Bigordi.
Ce peintre, lui non plus, n'a jamais résidé en Espagne. Il est peu
probable qu'il ait rencontré l'Amiral
.


Christophe Colomb est la première personne de l'histoire moderne à traverser l'océan Atlantique et, en cherchant une nouvelle route vers les Indes orientales (avec Cipango, le Japon, comme premier objectif), il découvre une route aller-retour entre le continent américain et l'Europe.

Il effectue en tout quatre voyages en tant que navigateur pour le compte des souverains espagnols, qui le nomment avant son premier départ amiral, vice-roi des Indes et gouverneur général des territoires qu'il découvrirait. La découverte des Caraïbes marque le début de la colonisation de l'Amérique par les Européens et fait de Colomb un acteur majeur des grandes découvertes des XVe et XVIe siècles. Son premier voyage est considéré comme la rupture majeure entre le Moyen Âge et les temps modernes dans l'historiographie de la civilisation occidentale.

Même si des fouilles archéologiques ont établi que des peuples européens comme les Vikings ou des pêcheurs (basques, bretons…) avaient déjà eu connaissance de ce nouveau continent, Colomb est aujourd'hui universellement reconnu comme le premier Européen qui a « découvert l'Amérique », où il accoste pour la première fois dans la nuit du 11 au12 octobre 1492. Il meurt moins de deux ans après son retour de sa quatrième et dernière expédition en Amérique, après avoir vu ses prérogatives sur les terres découvertes contestées par le roi Ferdinand, et toujours persuadé d'avoir atteint les Indes orientales, le but originel de son expédition.

Les historiens dressent le portrait d'un marin hors pair, « un des meilleurs navigateurs de tous les temps », ou même « le plus grand marin de tous les temps », mais « piètre politicien ». Il apparaît « comme un homme de grande foi, profondément attaché à ses convictions, pénétré de religiosité, acharné à défendre et à exalter le christianisme partout ». Par ailleurs, le personnage est controversé du fait des tortures infligées aux peuples autochtones et à leur mise en esclavage.




(10)  Henri VIII (né Henry, 28 juin 1491 – 28 janvier 1547) fut roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à sa mort. Il est le fils d’Henri VII, roi d’Angleterre et d’Elisabeth d’York.



Henri VIII par Hans Holbein le Jeune


La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage avec Catherine d'Aragon et à son annulation fut l'une des principales causes du schisme de l'Église d'Angleterre avec Rome et de la Réforme anglaise. Henri VIII supervisa cette séparation avec notamment la dissolution des monastères et fut pour cela excommunié ; il resta néanmoins un fervent défenseur des fondamentaux de la théologie catholique. Henri VIII se remaria à cinq reprises et il fit exécuter deux de ses épouses.

En politique étrangère, Henri VIII participa notamment aux guerres d'Italie contre la France de François Ier en s'alliant fréquemment à Charles Quint. Ses succès sur le continent furent cependant limités. Dans les îles britanniques, il s'opposa à plusieurs reprises à l'Écosse alors alliée à la France tandis que son règne marqua le début d'une plus grande influence anglaise en Irlande. Ces guerres et les dépenses fastueuses du roi affectèrent profondément les finances du Royaume et les mesures prises pour équilibrer le budget ne firent qu'aggraver la situation économique de l'Angleterre.


Henri VIII était un homme de la Renaissance athlétique et éduqué qui s'exerçait à l'écriture et à la musique. Néanmoins, un accident de joute et l'usure du temps affectèrent la santé physique et mentale du roi qui devint obèse et était à la fin de sa vie considéré comme un tyran égoïste. Au fil de ses mariages, il avait écarté de sa succession ses deux filles Marie et Élisabeth au profit de son fils Édouard. Tous ses enfants légitimes montèrent néanmoins sur le trône mais en l'absence de descendance, ils furent les derniers de la dynastie Tudor.




(11)  Robert Ier d'Écosse, également appelé Robert de Brus (en normand), Roibert a Briuis (en écossais médiéval), Robert the Bruce ou Robert Bruce (en anglais moderne) est un monarque écossais, né le 11 juillet 1274 au château de Turnberry et décédé le 7 juin 1329 à Cardross.Comte de Carrick, appartenant à la maison Bruce, il est roi d'Écosse de 1306 à 1329.




Il est le fils de Robert Bruce et de Margaret de Carrick. Il est l’époux en premières noces Isabelle de Maar dont il eut une fille Marjorie et  en secondes noces Elisabeth de Burgh dont il eut  5 enfants : Elisabeth de Burgh, David II d’Ecosse, Marguerite , Matilda et Jean.




(12) Édouard II d'Angleterre (25 avril 1284, château de Caernarfon, Pays de Galles –21 septembre 1327), est roi d'Angleterre de 1307 jusqu’à sa déposition, en janvier 1327.

Il est le fils du roi Édouard Ier (Plantagenêt) et d'Éléonore de Castille.

Édouard II, appelé Édouard de Carnarvon, est le sixième roi de la dynastie Plantagenêt, commencée avec Henri II, fils de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou. Compris entre les règnes vigoureux de son père Édouard Ier et de son fils Édouard III, celui d’Édouard II est marqué par l’incompétence et la querelle politiques, et par la défaite militaire. Édouard est, sa vie durant, plus enclin aux plaisirs de la cour et aux divertissements qu’à ses devoirs de souverain. Il est incapable de refuser les plus grandes faveurs à ses divers favoris, dont les plus célèbres sont Pierre (Piers) Gaveston, un chevalier d’origine gasconne qui est fait comte de Cornouailles, puis un jeune seigneur anglais, Hugues le Despenser, provoquant de constants troubles politiques et, probablement, à terme, sa déposition.

Alors que son père Édouard Ier avait conquis tout le Pays de Galles et les basses terres écossaises, qu’il gouvernait d’une main de fer, l’armée d’Édouard II est défait lors de la bataille de Bannockburn, dont la conséquence est de soustraire l'Écosse au contrôle de son voisin anglais et de permettre aux forces écossaises d’incontrôlables raids à travers le nord de l’Angleterre. Il faut ajouter à ce règne troublé la fin dramatique du roi, dont la mort mystérieuse au château de Berkeley laisse planer des doutes sur ses causes. Plus positivement, Édouard II s'intéresse de près aux universités d'Oxford et de Cambridge.




(13)  La bataille de Bannockburn est une écrasante victoire de l’armée écossaise menée par Robert Bruce sur les troupes anglaises dirigées par Édouard II d'Angleterre pendant la première guerre d'indépendance écossaise. Elle est marquée par l'utilisation par Robert Bruce de carrés de piquiers nommés schiltrons sur lesquels viennent s'écraser les charges de cavalerie anglaises1. Cette bataille entraîne une remise en question tactique de l'armée anglaise, ce qui aura un impact majeur sur les tactiques de combat de la guerre de Cent Ans.




(14)  Le mot synode désigne dans le christianisme une réunion, une assemblée délibérative d'ecclésiastiques. Les termes « synode » et « concile » furent longtemps synonymes et interchangeables, sauf au niveau local, où a toujours été employée la désignation de synode diocésain et non pas concile.

Depuis la fin du XXe siècle, les Églises tendent à réserver le terme de « concile » aux assemblées œcuméniques, catholiques ou orthodoxes


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 22:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mer 4 Mai - 15:11





L’historien et archevêque Guillaume de Tyr  rédige à partir de 1167 Historia rerum in partibus transmarinis gestarum, ouvrage dans lequel il se révèle d’abord favorable aux Templiers puis de plus en plus critique à leur égard à mesure qu’ils prennent de la puissance (privilèges pontificaux comme l’exemption de la dîme  et de l’excommunication, droit de réaliser des quêtes dans les églises, comptes à rendre exclusivement au  pape). Peu à peu, dit-il, les membres de l’ordre deviennent arrogants et irrespectueux envers la hiérarchie ecclésiastique et séculière : Guillaume de Tyr est ainsi à l’origine des premières légendes sur les Templiers, tantôt apologétiques (légendes des neufs chevaliers restés seuls pendant neufs ans), tantôt critiques, les accusant notamment à plusieurs reprises de trahir les Chrétiens pour de l’argent.


La fin tragique des Templiers a contribué à générer des légendes à leur sujet. Parmi d’autres, leur quête supposée du Saint-Graal, l’existence d’un trésor caché (comme celui envisagé à Rennes-le-Château par exemple), leur découverte éventuelle de documents cachés sous le Temple d’Hérode, certaines hypothèses de leurs liens avec les francs-maçons. De plus, certains groupements ou sociétés secrètes (tels que la Rose-Croix) ou certaines sectes, telles que l’ordre du Temple solaire (et ses survivances, comme le Collège Templier), la Militia Templi ou l’Ordo Templi Orientis, se réclameront par la suite de l’ordre, affirmant leur filiation en s’appuyant sur la survivance secrète de l’ordre, sans parvenir pour autant à le prouver, ou en produisant même parfois de faux documents.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE   

Revenir en haut Aller en bas
 
HISTOIRE DE L'ORDRE DU TEMPLE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Marilyn Monroe
» Son Dernier Ordre par Abnett (5/5)
» [Fluff] L'Histoire de l'Empire et de Sigmar
» Nouvelle Ordre Mondial => C'est quoi cette histoire ?
» Médailles MONACO ORDRE de SAINT CHARLES

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique :: HISTOIRE :: L' ORDRE DU TEMPLE-
Sauter vers: