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 ETATS LATINS D'ORIENT

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Lanaelle
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MessageSujet: ETATS LATINS D'ORIENT   Jeu 5 Mai - 21:55








LES ETATS LATINS D’ORIENT



GENERALITES

LES ETATS

COMTE D’EDESSE
A. Etendue géographique
B. Population
C. Histoire
1. Edesse avant l’arrivée des Francs
2. Baudouin Ier de Boulogne
3. Baudouin II du Bourg
4. Josselin Ier de Courtenay
5. Josselin II et la chute du Comté

D. Organisation féodale
1. Les comtes d’Edesse
2. Les principaux fiefs
a) La seigneurie de Bira
b) La seigneurie de Marach
c) La seigneurie de Mélitène
d) La seigneurie de Turbessel


PRINCIPAUTE D’ANTIOCHE
A. Histoire
1. La prise d’Antioche
2. Les premières décennies
3. La principauté entre Byzance et l’Arménie
4. La chute de la principauté

B. Géographie et démographie
C. Institution
1. Indépendance
2. Seigneuries vassales
a) Seigneurie de Valénie et Marqab
b) Seigneurie de Saône et de Sardoine
c) seigneurie de Harrenc
d) seigneurie de Cerep
e) Seigneurie de Capharda
3. armoiries
4. Liste des princes d’Antioche
a) les différentes maisons
b) généalogie
 - 1 de Bohémond Ier à Bohémond III
 - 2 de Bohémond III à Bohémond IV



COMTE DE TRIPOLI

A. Histoire
B. Les comtes de Tripoli
1. les différentes maisons
2. généalogie


C. Institutions
1. organisation féodale
a)  Comté de Tripoli, proprement dit
b) Comté de Montferrand
c) seigneuries :

• Botron
• Buissera
• Calmont
• Chastel Blanc
• Chastel Rouge
• Fontaines
• Gibelacar
• Gibelet
• La Colée
• Le Puy
• Moinetre
• Nephin
• Raisagium Montanée
• Saida
• Terra Galifa
• Toklé
• Tortose Maraclée
• Le kak des Chevaliers


2. Armoiries



ROYAUME DE JERUSALEM

A. Composition féodale

1. Comté de Jaffa
a) Seigneurie d’Ascalon
b) Seigneurie d’Ibelin
c) Seigneurie de Rama
d) Seigneurie de Mirabel

2. La Seigneurie d’Outre-Jourdain, ou de Montréal
A. histoire de la Seigneurie d’Outre-Jourdain
1. Expansion du royaume de Jérusalem
2. création et développement de la seigneurie d’Outre-Jourain
3. Saladin
4. Renaud de Châtillon
5. La fin de la Seigneurie d’Outre-Jourdin
B. les places fortes de la Seigneurie
a) le Krak de Montréal
b) le Château de Val-Moïse
c) le Krak de Moab
d) la Ville d’Ayala et l’Île de Graye
e) Ahamant
C. Féodalité


LA PRINCIPAUTE DE GALILEE, ou de TIBERIADE

A. La Seigneurie de Banias
B. La Seigneurie de Beyrouth
C. La Seigneurie d’Haifa
D. La seigneurie de Nazareth
E. La seigneurie de Toron


LE COMTE DE SIDON



ARMOIRIES

HISTOIRE

A. Le royaume de Jérusalem
B. Le royaume de Saint Jean d’Acre

INSTITUTION

1. Le roi
2. La noblesse et la Haute – Cour
3. Les cours judiciaires
4. Les officiers du royaume
a) Connétables
b) Maréchaux
c) Sénéchaux
d) Chambellans
e) Bouteillers
f) Chanceliers
g) Baillis
h) Vicomtes et châtelains

ECONOMIE

POPULATION

L’EGLISE CATHOLIQUE





SEIGNEURIES DEPENDANTES DU DOMAINE ROYAL

A. Seigneurie d’Arsouf
B. Seigneurie de Blanchegarde
C. Seigneurie de Bethsan
D. Seigneurie de Caymont
E. Seigneurie de Césarée
F. Seigneurie d’ Hébron, comprenant :
a) Seigneurie de Bethgibelin
b) Seigneurie de Naplouse
c) Seigneurie de Sabaste


SEIGNEURIES DETACHEES DU DOMAINE ROYAL

A. Seigneurie d’Acre ou de Josselin
B. Seigneurie de Tyr






Conquit par Richard Cœur de Lion :

Royaume de chypre


Fondés dans l’Empire byzantin au cours de la quatrième croisade :


Empire latin de Constantinople
Royaume de Thessalonique
Principauté d’Achaïe
Duché d’Athènes
Duché de Naxos




SOURCE :
wikipedia
www.orient-latin.com
www.cosmovisions.com


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 18 Mai - 14:25, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Ven 6 Mai - 20:07






GENERALITE



Les États « latins » (ou « francs ») d’Orient sont les fiefs que plusieurs chefs croisés se découpèrent au Levant (1).


Quatre États furent créés dans la foulée de la première croisade :
• le comté d’Édesse, de 1098 à 1146 ;
• la principauté d’Antioche, de 1098 à 1268 ;
• le comté de Tripoli, de 1102 à 1288 ;
• le royaume de Jérusalem, de 1099 à 1291 (liste des rois).

Près d’un siècle plus tard, Richard Cœur de Lion conquit l’île de Chypre sur un seigneur byzantin et donna l’île à Guy de Lusignan qui y fonda une monarchie :
• le royaume de Chypre de 1192 à 1489

Lors de la prise de Constantinople, au cours de la quatrième croisade, plusieurs États furent également fondés dans l’Empire byzantin :


• l’empire latin de Constantinople de 1204 à 1261 ;
• le royaume de Thessalonique, de 1205 à 1222 ;
• la principauté d’Achaïe, de 1205 à 1428 ;
• le duché d’Athènes, de 1205 à 1458 ;
• le duché de Naxos, de 1210 à 1566




Les Etats latins d’Orient au XIIe siècle.






(1) Le Levant désignait traditionnellement en français les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée : en premier lieu le Liban et la Syrie (les États du Levant au sens français) ; mais la région du Levant inclut également Israël, la Palestine, la Jordanie, voire l'Égypte
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 13:25

COMTE D’EDESSE


Le comté d’Edesse est l’un des premiers Etats latins d’Orient, le plus avancé dans le monde islamique. C’est aussi le premier à être reconquis par les musulmans, une cinquantaine d’années après sa création.

A. Etendue géographique

Initialement limité aux environs d’Edesse, le Comté d’Edesse a connu une expansion telle que ses comtes sont parvenus à contrôler des territoires de part et d’autre du cours supérieur de l’Euphrate (1), des régions de Mélitène (Malatya) (2), de la Commagène (3)(autour de Samosate et de Marach), du Chabakhtan (autour de Turbessel) et de l’Osrohène (4) (autour d’Edesse).
Sa capitale était Edesse et ses principales villes Turbessel (5), Revendel, Aintab (Gaziantep) (6), Dülük (Doliché près de Gaziantep), Marach (Kahramanmaras) (7), Bira (Birecik) (08), Tell-Muzen, Gargar et Malatya.

Le comté d’Edesse est bordé au nord par le sultanat de Roum (9) et les Danichmendides (10), à l’est par la région de Diyarbakir (11), au sud par l’émirat de Mossoul (12), la Diazirah et l’émirat d’Alep (13) et à l’ouest par la principauté d’Antioche (14) et la Cilicie arménienne (15).

B. Population

Aux alentours de l’an 1000, la région est peuplée de syriaques de religion chrétienne. Au cours du XIe siècle, la dépossession des princes d’Arménie de leurs principautés en échange de domaines dans l’empire byzantin, puis la pression seldjoukides sur l’Arménie, incitent la population à quitter la Grande Arménie et à s’installer en Cilicie. Une importante communauté arménienne s’installe à Edesse. Pendant la période de domination de Philaretos Brakhamios (16), un certain nombre de nobles arméniens prennent possessions de places fortes dans la partie ouest du futur comté d’Edesse comme à Bira ou Malatya. L’élément latin de la population est resté marginal, même si elle compose la plus grande partie des dirigeants du comté.

Du point de vue religieux, trois patriarches coexistent à Edesse durant la période comtale, le plus souvent en bonne entente les uns avec les autres : le latin, le syriaque et l’arménien.


Histoire

1. Edesse avant l’arrivée des Francs

Le comté d’Edesse n’est pas une création de la première croisade. En 1050, la ville était byzantine, puis un Arménien Philaretos Brakhamios s’en empara en 1077. Il était alors à la tête d’une principauté qui s’étendait d’Antioche à Edesse. Sa puissance et sa situation géographique gênaient les Turcs Seldjoukides (17), qui lui prirent rapidement la majeure partie de ses terres, ne lui laissant que les alentours de Marach. Edesse est prise en 1087 par les Seldjoukides, après une campagne qui débuta en 1086, et le sultan seldjoukides Malik Shah Ier (18)confie la ville à l’émir turc Buzan (19) (†1094). A la mort de Malik Shah (1092), son frère Tutus (20) tente d’attaquer ses neveux pour s’emparer du sultanat, et oblige Buzan et Aq Sunqur al-Hajib (21), gouverneur d’Alep, à l’accompagner dans son expédition, mais, au moment de la bataille décisive, les deux gouverneurs abandonnent Tutus. Ce dernier est alors obligé de faire retraite, mais attaque Alep en représailles et tue en 1094 Aq-Sonqor, ainsi que Buzan venir le secourir.

En 1095, un ancien lieutenant de Philaretos, Thoros (22) élimine la garnison seldjoukide de la citadelle d’Edesse et se rend maitre de la ville.il résiste aux attaques seldjoukides, mais devant la pression sans cesse croissante doit demander de l’aide aux Croisés qui viennent de mettre le siège devant Antioche (1098). Baudouin de Boulogne (23), le frère de Godefroy de Bouillon (24) répond à l’appel et vient avec quelques chevaliers, et prend possession en route des cités de Turbessel et de ravendel, dont les populations arméniennes se sont soulevés contre les Turcs à leur approche. Il s’impose petit à petit dans le gouvernement de la ville, menaçant d’abandonner la ville et rejoindre les croisés pour obliger Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouve peu après la mort au cours d’une émeute (9 mars 1098), peut-être avec la complicité de Baudouin qui devint alors comte d’Edesse.

2. Baudouin Ier de Boulogne

A son avènement, le comté d’Edesse se réduit à la ville et à ses alentours, ainsi que des cités de Turbessel et de Ravendel. Les Ortoqides (25) tiennent les environs de Saruj et de Mardin, les Danichmendides dominent le nord jusqu’à Samosate et les Byzantins tiennent la région de Marach, au bord de la Cilicie, qui leur a été remise par les Francs en 1097. Quelques cités, comme Bira et Malatya, sont tenues par des chefs arméniens.

Les deux premiers objectifs de Baudouin Ier sont de se concilier la population arménienne, afin qu’elle sache que leur protection est toujours assurée malgré la prise de pouvoir, et d’augmenter le territoire du comté. Pour le premier objectif, il épouse une noble arménienne, stratégie qui est reprise par la suite par ses deux successeurs. Pour le second, il commence par occuper le territoire situé entre Edesse et l’Euphrate, en prenant Saruj à Balak (26) l’Orthoqide et Samosate au turc Ibn-Ghazi Balduk, probablement un cadet danishmendide. Puis Baudouin de Boulogne apprend la mort de son frère Godefroy de Bouillon, confie le comté à son cousin Baudouin du Bourg (27) et se rend à Jérusalem pour y être couronné roi.



Entrée de Baudouin de Boulogne à Edesse
(tableau de J. Robert-Fleury, 1840)





(1) l’Euphrate est une fleuve d’Asie de 2780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie, l’un des berceaux de la civilisation.




(2) Malatya est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. La population de Malatya est principalement kurde et turque, mais la ville actuelle aussi une minorité arménienne.

Il s’agit de l’ancien emplacement de Mélitène, fort et chef lieu de la province romaine de l’Arménie. […]



(3) La Commagène était un royaume situé au centre sud de l'actuelle Turquie, avec comme capitale Samosate (près de la ville moderne d'Adıyaman, au bord de l'Euphrate). Aujourd'hui la Commagène est célèbre pour son sanctuaire situé sur le mont Nemrod (Nemrut Dağı).




(4) L'Osroène, parfois épelé « Osrohène » ou « Osrhoène », est une région du sud-est de l'Asie Mineure (nord-ouest de la Mésopotamie), bornée au nord par les Monts Taurus, au sud et à l'est par le Chaboras (rivière Khabur), à l'ouest par l'Euphrate, et qui eut pour capitale Édesse (nom moderne Şanlıurfa, Turquie). Ce fut un État important dès le IIe millénaire av. J.-C. qui est appelé Hourri (« grottes ») par les Babyloniens, en raison de nombreuses grottes situées dans la chaîne du Nemrut Dag.

L'Osroène a acquis son indépendance à la suite de l'effondrement de l'Empire séleucide. Elle fut de 132 av. J.-C. à 216 ap. J.-C. un petit royaume indépendant, dont les souverains portaient le plus souvent le nom d'Abgar ou de Manu. Ce royaume a souvent été appelé du nom de sa capitale, « royaume d'Édesse ». La langue parlée était le syriaque(qui représente si l'on veut un « dialecte » de l'araméen(celui de la région d'Édesse) qui s'est constitué comme langue écrite au début de l'ère chrétienne).

Il servit de tampon entre l’Empire romain et celui des Parthes. La région fut conquise par l'empereur romain Trajan (98-117). Sous Hadrien elle retrouve une certaine autonomie, mais est à partir de ce moment un royaume client de l'Empire romain. En 163, elle s'allie avec l'Empire parthe contre les Romains. Elle devient une province romaine en 216. Plus tard, au IVe siècle, elle fut comprise dans le diocèse d'Orient




(5) Turbessel : La forteresse de Tilbeşar, appelée Turbessel par les croisés, Tell Bâchir par les Arabes.
Le tell se situe entre les villages de Belören, Gündoğan et Yeniköy dans le district d'Oğuzeli de la province de Gaziantep en Turquie. À 12 km au sud d'Oğuzeli et à 28 km au sud-est deGaziantep, dans la vallée de la rivière Sajour, riche de nombreux sites archéologiques, affluent de la rive droite de l'Euphrate qu'elle rejoint en Syrie. Cette vallée est une route naturelle pour aller de la haute Mésopotamie vers le plateau anatolien ce qui fait la valeur stratégique de la position de la forteresse de Tilbeşar.


(6) Gaziantep, avant 1920 Antep (Dîlok en kurde, Telouch en arabe), est une ville de Turquie,préfecture de la province du même nom, située au sud-est de l’Anatolie ou nord-ouest de laMésopotamie, à proximité de la Syrie.
Initialement nommée Aintab par les Arabes, ou Antep par les Turcs, elle fut - pour saluer la résistance de ses habitants turcs contre les alliés en 1920, renommée en Gaziantep2 (Antep la victorieuse).

Pôle industriel dans une région relativement peu développée, elle compte une population estimée à 1 889 466 habitants.

La cuisine de Gaziantep est renommée. Y sont trouvées des spécialités telles que :
• la pistache d’Antep (turc : antepfıstığı);
• les baklavas (pâtisserie faite de feuilles de pâte superposées, fourrée de fruits secs hachés et recouverte de miel) ;
• le lahmacun, sorte de pizza à la viande hachée épicée ;
• le kebap (viande grillée)




(7) Marach : Kahramanmaraş (Gurgum en kurde) est une ville de Turquie, préfecture de laprovince du même nom. En 2000, sa population s'élève à 326 198 habitants.
La ville s'appelle Germanicia aux époques romaine puis byzantine, Marach, par les croisés et Marach par les Arméniens. Elle fut une forteresse du Comté d'Édesse.




(08) Bira : Birecik, aussi connue sous les noms de Bir et, pendant les Croisades, de Bile, est une ville et un district de la province de Şanlıurfa dans la région de l'Anatolie du sud-est en Turquie.

D'après une légende locale, Noé, pour vérifier l’existence de la terre ferme après le déluge, lâcha un ibis chauve qui le conduisit jusqu’à un lieu où s’installèrent le patriarche et sa famille. Ce lieu, c’était Bireçik. Les gens construisirent un château au sommet du promontoire ; quant aux ibis,kelaynak en turc, ils installèrent leur colonie sur la falaise aux pieds de laquelle se développa la ville.
Sa situation stratégique près de l’Euphrate a facilité l’implantation de différentes cultures. Au début, elle s’appela probablement Seleucia. Pour les Grecs, ce fut d’abord Zeugma et, plus tard, Birtha puis Makedonopolis. Birtha est également le terme araméen pour « château ». Elle se nomma également Bir, lors des croisades Bila, en arabe al-Bīrā et en kurde Bêrecûg. Elle fut une forteresse du Comté d'Édesse.
En 1999, un barrage hydroélectrique construit à proximité a englouti un site romain.


(9) Le sultanat de Roum (c'est-à-dire du « pays des Romains1 »; en arabe :, el-Salācika el-Rūm ; en perse : Salcūkiyân-e Rūm ; en turc : Anadolu Selçuklu Devleti, Anadolu Selçuklu Saltanatı ou Rum Selçukluları) ou sultanat d'Iconium est un sultanat seldjoukide établi de 1077 à 1307 en Anatolie à la suite de la bataille de Mantzikert.

Il a eu pour capitale Nicée (İznik, 1081-1097) puis Iconium (Konya, 1097-1302). Il fut établi à la suite d'un accord entre l'Empire byzantin et le chef seldjoukide Süleyman Ier Shah. En1147, Mas`ûd Ier remporte une victoire sur les croisés allemands de Conrad III à la bataille de Dorylée. En 1176, le sultan Kılıç Arslan II défait l'Empire byzantin, qui lui cède encore du terrain, à Myrioképhalon. En 1207, le sultanat s'empare d'Antalya, prise au gouverneur grec local soutenu par le royaume franc de Chypre par Kay Khusraw Ier. La ville est perdue de nouveau en 1212 puis reconquise ainsi que Sinope, elle sur l'empereur de Trébizonde, en 1214. […]




(10) Les Danichmendides ou Danishmendites forment une dynastie turque convertie à l'islam, qui a régné aux XIe et XIIe siècles, sur une partie de l'Anatolie, au moment des premières invasions turques par les Grands Seldjoukides après la défaite des Byzantins à laBataille de Manzikert contre le Seldjoukide Kılıç Arslan. Cette dynastie laisse ensuite la place aux Seldjoukides de Roum.





(11) Diyarbakır (en turc ottoman transcrit Diyarbekir, en kurde Amed, en zazaki Derbekir, en syriaque Āmî ḏ "Omid", en arménien Tigranakert) est une ville du sud-est de la Turquie de 855 389 habitants (2008), préfecture de la province du même nom. La population de la ville a doublé en sept ans passant à 1 600 0001. Elle était également appelée Amida sous l'Empire romain.
Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville, la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien.
[…]





(12) Emirat de Mossoul : Avec la conquête de l'empire sassanide au VIIe siècle, les Arabes occupent la Mésopotamie ainsi que la ville de Ninive, qu'ils rebaptisent Al-Mawssil, que les européens ont transcrit en Mossoul.
D'abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville est confiée à partir du Xe siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.




(13) Emirat d’Alep : En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie face aux Byzantins.
D'abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville d'Alep est confiée à partir du Xe siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.




(14) La principauté d’Antioche, dont le territoire est en Turquie et en Syrie, était l'un des États latins d'Orient constitué lors des croisades (1098-1268).




(15) Le royaume arménien de Cilicie ou royaume de Petite-Arménie (en arménien : Kilikio Haykakan T’agavorout’ioun, à ne pas confondre avec le royaume d'Arménie de l'Antiquité) est un État fondé en Cilicie, au sud-est de l'Anatolie, par des réfugiés arméniens fuyant l'invasion seldjoukide de l'Arménie. Il fut indépendant et allié des Mongols entre 1080 et 1375, date de la chute de sa capitale, Sis, aux mains des Mamelouks.

Ce royaume fut fondé par la dynastie roupénide, une famille arménienne apparentée aux rois bagratides et Arçrouni, qui régnèrent à diverses époques sur l'Arménie et la Géorgie. Ce bastion de la chrétienté orientale fut un allié précieux pour les Croisés, et il fut également le cœur du nationalisme et de la culture arménienne, l'Arménie elle-même se trouvant alors sous occupation étrangère.
Parmi les principales villes et châteaux du royaume, on comptait le port de Korikos, Vitzada,Lampron, Barbaron, Partzerpert, Vahka, Hromgla, Tarse, Anazarbe, Tel Hamdoun, Mamistra(actuelle Misis), Adana et le port d'Ayas (Aias).




(16) Philaretos (francisé en Philarète) Brakhamios (ou Vahram) est un homme politique et un militaire arméno-byzantin du XIe siècle. Après la bataille de Manzikert en 1071 et alors que les Seldjoukides déferlent sur l'Anatolie, Philarète parvient à se maintenir en Cilicie, en Euphratèse et à Antioche. Personnage controversé, il y établit une principauté autonome jusque dans les années 1080, posant ainsi les bases du futur royaume arménien de Cilicie, avant de perdre ses territoires les uns après les autres.




(17) Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides sont les membres d'une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l'Iran, comprenant l'Irakactuel, ainsi que sur l'Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.



(18) Mu`izz ad-Dîn Djalal Jalâl ad-Dawla Malik Shah, Melikşah ou Malik Shah Ier (né le6 août 1055 et mort en novembre 1092) est un sultan seldjoukide qui règne de 1072 à 1092 sur l'Iran.

Malik Châh le sultan seldjoukide ne doit pas être confondu avec son lointain cousin homonyme du sultanat de Roum Malik Châh Ier (vers 1096-1116).

Il accède au trône en 1072 après l'assassinat de son père Alp Arslan, sous la tutelle du vizir Nizam al-Mulk, déjà au service de son père et continuant à gouverner pendant tout son règne.
Malik Shah annexe la Transoxiane et supprime les anciennes principautés vassales de haute Mésopotamie et d'Azerbaïdjan.

C'est sous son règne que l'empire seldjoukide connaît son apogée puisqu'il règne de la mer Égée au Turkestan. Peu avant sa mort il entre en conflit avec le calife de Bagdad, son gendre Al-Muqtadi, qu'il cherche à faire expulser de la ville.

Il fait travailler le mathématicien, astronome et poète Omar Khayyam, pour qui il édifie un observatoire à Ispahan, la capitale (en Iran). Omar Khayyam entreprend également une réforme du calendrier en 1074.

Nizam al-Mulk est assassiné. Quelques semaine plus tard, Malikshâh meurt de maladie (novembre 1092).

Après sa mort, une guerre civile affaiblit sensiblement la dynastie.




(19) Buzan d'Édesse est un émir turc seldjoukide d'Édesse.
La ville d'Édesse fut prise par les troupes seldjoukides en 1086. Le sultan Malik Shah Ier la confia à Buzan, car il se méfiait de l'ambition de son frère Tutuş qui venait de vaincre Süleyman Ier.
En 1093, Tutuş profite de la succession troublée de son frère Malik Shah Ier à Bagdad pour déposséder les fils de Malik shah, ses neveux. Il impose à Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d'Alep, et à Buzan, de s'associer à lui. Ceux-ci par fidélité pour le fils de leur ancien maître faisant défection à la bataille de Tutuş contre Barkyaruq (un des fils de Malik Shah), ils obligent Tutuş à battre en retraite.
Épris de vengeance, Tutuş livre bataille à Ruyan, près d'Alep, contre Aq Sunqur al-Hajib, Kerbogha et Buzan coalisés. Vainqueur en1094, Tutuş fait décapiter Aq Sunqur al-Hajib et Buzan, Kerbogha demeurant prisonnier.

Un ancien officier de l'arménien Philaretos Brakhamios, Thoros, élimine facilement la garnison turque d'Édesse et s'empare de la ville en1095. Sa prise de pouvoir jette la base du comté d'Édesse.




(20) Tutuş (mort en 1095) est un émir seldjoukide de Damas (1078-1095) et d'Alep (1085-1095), fils d’Alp Arslan et frère de Malik Shah Ier. En 1085, il s’est proclamé sultan de Syrie.




(21) Aq Sunqur al-Hajib est un gouverneur d'Alep mort en 1094 et l'ancêtre de la dynastie des Zengides.

On sait peu de choses sur lui avant sa nomination à Alep. Il semble avoir été un mamelouk de Malik Shah Ier. Si son principal biographe,Ibn al-Athîr, ne confirme par l'origine servile, d'autres chroniqueurs présentent Aq Sunqur comme un mamelouk (notamment ad-Dâhabî). Par ailleurs, ce que nous dit Ibn al-Athîr de la jeunesse de l'émir est compatible avec le statut de mamelouk. En tout cas, Aq Sunqur est présenté comme un proche du sultan, élevé sans doute avec lui au palais, et disposant de la confiance absolue de Malik Shah I.

En 1085, le seldjoukide Tutuş, émir de Damas tue son cousin Süleyman Ier Shah, sultan de Roum, s'empare d'Alep et se proclame sultan de Syrie. Mais son frère aîné, le grand seldjoukide Malik Shah Ier, qui se méfie de son ambition, l'oblige à confier Alep à un de ses officiers, Aq Sunqur al-Hajib.
Malik Shah meurt à Bagdad en novembre 1092 et sa succession est troublé. Tutuş en profite pour retirer des terres à ses neveux et ordonne à Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d'Alep, et à Buzan, émir d'Édesse de l'accompagner. Ces derniers le font car ils n'ont pas le choix, mais au moment où Tutuş livre bataille à Barkyaruq, un des fils de Malik Shah, ces deux émirs l'abandonnent, obligeant Tutuş à battre retraite.

Tutuş décide alors de se venger des deux émirs qui l'ont trahi et attaque Alep. Aq Sunqur, aidé par Buzan et Kerbogha, envoyé par Barkyaruq, lui livrent bataille à Ruyan, près d'Alep et sont vaincus. Aq Sunqur et Buzan sont immédiatement exécutés, tandis que Kerbogha est retenu prisonnier.
Aq Sunqur al-Hajib est le père de Zengi, qui sera recueilli et élevé par Kerbogha, avant de devenir atabeg d'Alep et de Mossoul et de lutter contre les Francs, leur reprenant Édesse en 1144.
La Foundation for Medieval Genealogy lui attribue un autre fils, Masud, atabeg de Mossoul mort en 1147, mais il s'agit probablement de la conséquence d'une confusion entre Aq Sunqur al-Hajib, père de Zengi, et Aq Sonqor Bursuqî, l'un des prédécesseurs de Zengi.




(22) Thoros d'Édesse ou Thoros Edesatsi (en arménien Թորոս Եդեսացի) est un ancien curopalate (fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du VIe au XIIe siècle) byzantin, qui fut lieutenant de Philaretos Brakhamios.

En 1095, il élimina la garnison turque de la citadelle d'Édesse et se rendit maître de la ville.
Il résista aux attaques seldjoukides, mais dut demander de l’aide des croisés qui venaient de mettre le siège devant Antioche (1098).Baudouin de Boulogne, le frère de Godefroy de Bouillon, répondit à l’appel. Il s’imposa petit à petit, menaça de partir rejoindre les croisés et obligea Thoros à l’adopter comme successeur. Thoros trouva peu après (9 mars 1098) la mort au cours d’une émeute, peut-être avec la complicité de Baudouin qui devint alors comte d’Édesse.





(23) Baudouin de Boulogne, né en 1065, est le troisième fils d'Eustache II, comte de Boulogne et d'Ide de Lorraine. Il participe à la première croisade de 1096, à la suite de laquelle il devient comte d'Édesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort le 2 Avril 1118.




(24) Godefroy de Bouillon, né vers 1058, soit à Baisy dans l'alleu de Genappe (aujourd'hui Baisy-Thy dans la province du Brabant wallon en Belgique) soit à Boulogne dans le comté de Boulogne(aujourd'hui Boulogne-sur-Mer dans le département Pas-de-Calais en France), et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc, duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

Fils de sainte Ide de Boulogne, héritier des ducs de Basse-Lotharingie et d'Eustache II, comte de Boulogne, du royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Il appartient à un clan de ducs, comtes et évêques, à un groupe aristocratique qui gouverne la Lotharingie depuis 950 au moins.



(25) Les Artukides, Artuqides, Ortokides ou Ortocides, c'est-à-dire fils d'Artuq (Ortok), dynastie turcomane, qui en 1082 s'établit en Syrie et en Arménie. Les Artukides se reconnaissaient comme vassaux de Duqaq roi de Damas fils de Tutuş.




(26) Balak ibn Bahram ibn Ortok († 1124) est un officier turc de Syrie de la famille des ortoqides, avant de devenir atabeg d’Alep de 1124 à1125. Il était fils d’un Bahram, lui-même fils d’Ortoq ibn Aksab, gouverneur seldjoukide de Jérusalem et de Palestine.




(27) Baudouin de Rethel, appelé de Bourcq ou du Bourg, mort le 21 août 1131, est comte d'Édessede 1100 à 1118 sous le nom de Baudouin II d'Édesse, puis roi de Jérusalem de 1118 à 1131 sous le nom de Baudouin II de Jérusalem.

Il est le fils cadet de Hugues, comte de Rethel et de Mélisende de Montlhéry. Avant la Première croisade, il possède la seigneurie de Bourcq, dans les Ardennes, d'où lui vient son nom (longtemps orthographié à tort du Bourg). En 1095, il se croise dans le contingent de ses cousinsEustache III de Boulogne, Godefroy de Bouillon et Baudouin de Boulogne. Il suit ce dernier àÉdesse, et c’est ainsi qu’il se retrouve comte d’Édesse lorsque Baudouin succède à son frère Godefroy.

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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 14:40

3. Baudouin II de Bourg


Baudouin II continue la politique de son prédécesseur. Il noue une alliance avec Gavril (28), seigneur de Malatya, qui a besoin de sa protection face aux Danishmendides, et épouse sa fille Morfia (29).

Les byzantins possesseurs de Marach depuis 1097, y avaient nommé un gouverneur arménien, Thatoul, mais les francs guignaient cette place. C’est d’abord Bohémond de Tarente (30), prince d’Antioche qui tente de prendre la place en 1100 avant d’être appelé au secours de Malatya et capturé par les Turcs.
Puis Josselin de Courtenay (31), seigneur de turbessel, s’empare en 1104 de la vielle qui devient un fief du comté.

La même année, les Francs d’Antioche et d’Edesse organisent une opération concertée sur Harran, dans le but d’ouvrir la route qui permettrait de prendre Mossoul, puis Bagdad. Mais des querelles entre les chefs francs retardent l’opération et permettent aux chefs musulmans d’organiser la défense de la vie, puis l’arrivée d’une armée de secours qui défait les Francs le 7 mai 1104. Baudouin II et Josselin de Courtenay sont capturés, Tancrède assure la défense d’Edesse assiégée tandis que Bohémond de Tarente se rend en grande hâte pour chercher une armée de secours.
Pendant la captivité de Baudouin II, le comté est administré par Tancrède qui, devant également assure la régence de la principauté d’Antioche, le confie à richard de Salerne (32), qui en profite pour rançonner les habitants d’Edesse.

Baudouin II et Josselin de Courtenay sont libérés en 1108, et reviennent à Edesse dont ils reprennent le contrôle, mais les exactions de Tancrède et de Roger de Salerne, pendant leur captivité, ainsi que le peu d’empressement à négocier leur libération, qui a fini par aboutir sans leur aide, suscitent leur colère, et ils se trouvent contre la principauté d’Antioche. Allié à Jâwali Saqâwâ (33), atabeg (34) de Mossoul, il envahit la principauté d’Antioche, mais est repoussé par Tancrède, allié à Ridwan sultan d’Alep. Tancrède n’ose cependant pas le poursuivre, craignant l’arrivée d’une armée de secours conduite par Jawali. Les arméniens, craignant de tomber à nouveau sous la coupe des Normands à la suite de la victoire de Tancrède, envisagent un instant de s’émanciper de la domination latine, avant de voir revenir Baudouin II.

Mais les musulmans commencent à s’organiser en contre-croisade et la ville d’Edesse est leur première cible. Mawdûd ibn Altûntâsh, le nouvel atabeg de Mossoul, assiège Edesse une première fois en 1110 et ravage la campagne aux alentours. Le roi Baudouin Ier de Jérusalem mène une armée de secours qui force la levée du siège, mais les campagnes à l’est de l’Euphrate, jugées trop exposées aux razzias turques, sont évacuées. Mawdud tente une nouvelle incursion en avril 1112 et, après avoir tenté de prendre Edesse, assiège Saruj. Josselin de courtenay, qui défend la ville, fait une sortie qui prend les Turcs par surprise et pille leur camp. Les Turcs reviennent alors à leur projet de siège d’Edesse, mais Josselin a rejoint la ville pour aider Baudouin. Il parvient à y déjouer le complot de quelques arméniens qui se disposaient à livrer la ville aux Turcs.

La partie du comté d’Edesse sur la rive orientale de l’Euphrate est constitué de quelques villes imprenables entourées de campagnes dépeuplées et razziés par les Turcs, alors que de la rive occidentale, autour de Turbessel est en pleine prospérité. En 1113, Baudouin, ruiné par les invasions turques, s’empare de Turbessel au détriment de son seigneur Josselin de Courtenay, qui se retire dans le royaume de Jérusalem où le roi Baudouin lui confie la principauté de Galilée. Profitant de la présence de Baudouin à Turbessel, des arméniens tentent à nouveau de livrer la ville à Mawdud, mais le complot est découvert et Baudouin ordonne le 11 mai 1113 que tous les arméniens soient expulsés de la ville d’Edesse. En février 1114, une grâce leur permet de revenir dans la ville. Un seigneur arménien de Kaisun, entre le comté et la Cilicie, Vasil Dgha, accepte d’être inféodé aux Turcs et Baudouin décide de le soumettre, pour éviter d’être pris en tenaille. Vasil Dgha tente de demander secours auprès de Thoros, seigneur des montagnes ciliciennes, mais ce dernier livre Vasil à Baudouin, qui s’empare de Kaisun et de Raban. Puis Baudouin élimine les derniers seigneurs arméniens de Bira et de Gargar, qu’il remplace par des seigneurs francs. Grousset explique qu’à partir de cette date, l’existence d’une seigneurie purement franque voisine d’une principauté purement arménienne (la Cilicie arménienne) va diminuer les risques d’interférences dans leur politique intérieure et renforcer la collaboration franco-arménienne (35).


4. Josselin Ier de Courtenay


Le roi Baudouin Ier de Jérusalem meurt le 2 avril 1118 au moment où Baudouin du Bourg quitte Edesse pour faire ses dévotions à Jérusalem. Il y arrive le jour des obsèques du roi et, avec l’aide d’Arnoul de Roeux (36), patriarche de Jérusalem (37) et de Josselin de Courtenay avec qui il s’est réconcilié, incite les barons de la Haute Cour du Royaume à voir sa candidature d’un œil favorable, au détriment des droits d’Eustache III de Boulogne (38), le frère du défunt roi. Baudouin est élu et sacré roi de Jérusalem le 14 avril 1118. En retour, Baudouin, qui avait confié temporairement le comté d’Edesse à un de ses cousins, Galéran du Puiset (39), l’inféode définitivement à Josselin Ier de Courtenay à la fin du mois d’août 1119.

Mais il est capturé en 1122 par Balak, ainsi que le roi Baudouin II qui s’est porté à son secours. La régence du comté est assurée par Geoffroy le moine, seigneur de Marach. Par fidélité, une vingtaine de soldats arméniens se rendent à Kharpout, où ils sont détenus et tentent un coup de force qui réussit à libérer Josselin, mais échoue pour Baudouin II. Josselin se venge ensuite en ravageant les alentours d’Alep, qui appartiennent à Balak, puis il participe à la coalition franco syrienne contre Aq Sonqor Bursuqî (40), atabeg de Mossoul en 1124. Puis des incursions lui permettent de progresser vers l’est et d’étendre le comté d’Edesse jusqu’au cours du Tigre vers Mardin et Amida. En 1131, alors qu’il assiège le château de Tell-Arran, devenu un repaire de brigands, pour le détruire, il est pris dans un éboulement d’une sape et grièvement blessé. Il apprend peu après que Ghazi Gumuchtegin (41), émir danishmendide, envahit l’ouest de ses états et constatant que son fils Josselin refuse de s’y rendre, estimant manquer de troupes, se rend en litière pour faire face à l’armée de Ghazi. Ce dernier préfère se retirer, tant Josselin avait fait preuve de sens militaire par le passé, et Josselin meurt à Doulouk, laissant le comté à son fils qui s’était montré timoré.

5. Josselin II et la chute du comté

Josselin II de Courtenay (42), le nouveau comte, va rapidement montrer qu’il n’a pas l’envergure de son père. Il commence par soutenir les prétentions de la prince Alix d’Antioche (43), contre Foulques d’Anjou (44), roi de Jérusalem, mais le roi reprend facilement les choses en main. En 1138, il participe avec Raymond de Poitiers (45) à la croisade franco-byzantine contre Alep et participe au siège de Shaizar (46), mais les Francs ne soutiennent que mollement les actions byzantines, si bien que l’empereur Jean II Comnène (47) finit par abandonner l’entreprise, ruinant les espoirs de faire d’Alep un nouvel état latin. Vers 1141-1143, Josselin conclut une alliance avec Orthoqides, également menacé par Zengi (48). Cette alliance aurait pu être de taille à vaincre Zengi, mais les Orthoqides, se rendant compte du caractère brouillon de Josselin, préfèrent y mettre fin et se rapprocher de Zengi. Josselin est alors isolé, car il s’est brouillé avec Raymond de Poitiers, prince d’Antioche. Zengi décie alors d’envoyer une armée qui prend Edesse le 23 décembre 1144, puis Saruj en février 1145. Il assiège Bira en mars 1145, mais ne parvient pas à prendre la ville.

Zengi est assassiné le 15 septembre 1146 et Josselin II en profite pour reprendre Edesse le 27 octobre 1146.

Mais Nur ad-Din (49) le fils de Zengi, assiège de nouveau la ville, d’où Josselin s’enfuit le 2 novembre 1146. Edesse est reprise peu après et sa population chrétienne, qu’elle soit syriaque ou arménienne, est massacrée.

Josselin II se replie sur Turbessel. La prise d’Edesse a suscité une seconde croisade en Europe et l’arrivée de cette croisade fournit un répit aux restes du comté d’Edesse, réduits à la rive ouest de l’Euphrate. Mais les croisés, au lieu de chercher à combattre Zengi et à reprendre Edesse, se tournent contre Damas, pourtant alliés aux Francs. Quand ils repartent vers l’Europe en 1149, Nur ad-Din reprend l’offensive. Le 29 juin 1149, il bat les Francs d’Antioche à Ma’arratha et tue Raymond de Poitiers.

Pendant qu’il s’empare d’une partie de la principauté d’Antioche, Josselin s’adonne à la luxure et aux plaisirs et fait persécuter les chrétiens syriaques, au lieu de chercher à assurer la défense du comté. Mas’ûd Ier (50), sultan seldjoukide de Qonya en profite pour prendre Mar’ash et assiéger Turbessel, mais l’intervention du roi Baudouin III de Jérusalem (51) l’oblige à battre en retraite.
Qâra Arslan, émir orthoqide de Kharpout, s’empare de Gargar en 1150. Josselin est capturé le 4 mai 1150 alors qu’il se rend à Antioche et emprisonné à Alep, où il meurt en 1159. Sa femme Béatrice tente de de défendre Turbessel au nom de son fils Josselin III (52) mais, dépassée, obtient l’accord du roi Baudouin III pour vendre ses possessions (c’est-à-dire Turbessel, Doulouk, Rawadan et Aintab et leurs environs) aux Byzantins en août 1150. Ces derniers sont incapables de défendre leurs nouvelles possessions et Turbessel est prise par Nur ad-Din le 12 juillet 1151.





(28) Gabriel de Malatya (en arménien Ghavril Malatyatsi), né en 1055, mort en 1103, fut un gouverneur arménien de la région de Malatya (ou Mélitène). Il était de religion orthodoxe arménienne.

Ancien lieutenant de Philaretos Brakhamios, il gouverne la ville de Malatya après la chute de ce dernier, survenue en 1085, avec l'accord de Buzan, émir d'Édesse2. Mais, des différentes places fortes de la Cilicie arménienne, Malatya était la plus avancée dans le territoire kurdo-turc, et Gabriel dut repousser plusieurs attaques et sièges. Plus que la force, la diplomatie lui permit de se maintenir face aux incursions turques. Bien que théoriquement vassal de Byzance, il fit envoyer sa femme à Bagdad pour se faire confirmer par le calife et par le sultan seldjoukide. Plus tard, il fit appel à la médiation de l'émir de Sivas, Gumuchtékin ibn Danichmend, pour se débarrasser des Turcomans.
En 1097, Kılıç Arslan Ier, sultan seldjoukide, assiégea la ville, mais l'arrivée des Croisés l'obligea à lever le siège et à quitter la région. Il maria sa fille à Baudouin du Bourg, comte d'Édesse, pour bénéficier de son aide. Mais la pression des Turcs se faisait de plus en plus forte, et Malatya fut prise en 1103 par les Danichmendides. Il fut exécuté par les soldats du sultan.



(29) Morfia de Malatya, reine de Jérusalem († 1126), fille de Gabriel, prince arménien de Malatya.
Elle épousa vers 1101 Baudouin II, roi de Jérusalem, et eut :
• Mélisende de Jérusalem (1101 - † 1161) mariée en 1129 à Foulques d’Anjou, roi de Jérusalem ;
• Alix de Jérusalem (1110 † ) mariée en 1126 à Bohémond II, prince d’Antioche ;
• Hodierne de Jérusalem mariée en 1131 à Raymond II, comte de Tripoli ;
• Yvette, nonne à Béthanie.




(30) Bohémond de Tarente ou de Hauteville ou encore Bohémond Ier d'Antioche le Grand (autant par sa taille que par son prestige) (vers 1054 - 6 ou 7 mars 1111), prince de Tarente et prince d'Antioche, est un des meneurs de la première croisade.
Il est le fils aîné de Robert Guiscard, et de sa première épouse Aubrée de Buonalbergo.




(31) Josselin Ier de Courtenay, né entre 1070 et 1075, mort en 1131, est un membre de la maison de Courtenay, parti aux Croisades en 1101, et devenu seigneur de Turbessel de 1102 à 1113, prince de Galilée et de Tibérias de 1113 à 1119 et comte d’Édesse de 1119 à 1131. Il est fils de Josselin, seigneur de Courtenay, et d’Isabelle de Montlhéry.




(32) Richard de Salerne (vers 1060 – 1114) -qui ne doit pas être confondu avec son cousin et homonyme, Richard de Hauteville (né vers 1045-1110, prince de Salerne et fils de Drogon de Hauteville)- était un participant à la Première Croisade et régent du comté d'Édesse de 1104 à1108. Il était le fils de Guillaume de Hauteville et de Marie de Sorrente.


Richard est né vers 1060, il est le troisième fils de Guillaume de Hauteville, un noble normand et de Marie de Sorrente, fille de Guy, le duc lombard de Sorrente. Il est également l'un des neveux de Robert Guiscard et de Roger Ier de Sicile. Richard a, dans sa jeunesse, participé avec ses deux oncles célèbres à la conquête de la Sicile. En 1097, Richard rejoint ses cousins,Bohémond de Tarente et Tancrède pour participer à la Première croisade. Il épouse Altrude, une sœur de Tancrède de Hauteville et il est le père de :

• Roger, prince régent d'Antioche
• Marie, seconde épouse de Josselin de Courtenay, comte d'Édesse;
Il devient régent du comté d'Édesse de 1104 à 1108, pendant la captivité du comte Baudouin II1. En 1111, Richard se retire à Marash, il y trouve la mort lors d'un tremblement de terre le 29 novembre 1114.




(33) Jâwali Saqâwâ est un atabeg de Mossoul de 1107 à 1109, le plus souvent alliés aux croisés. Il tenta de profiter de la venue de ces derniers pour se tailler un fief au détriment des Seldjoukides, mais fut vaincu.





(34) Atabeg, atabey ou atabek (père du prince) est un titre de noblesse turc.
À l'époque des Seldjoukides, il s'agissait d'un dignitaire jouant le rôle de tuteur d'un jeune prince. Quand un prince seldjoukide mourait, la régence était attribuée à un atabeg chargé de protéger et de guider les héritiers. Ils épousaient souvent les mères veuves et de ce fait, assumaient d'une certaine manière la paternité par procuration.

Aux XIe et XIIe siècles, des dynasties ont été fondées par des mamelouks affranchis qui occupaient des hauts postes administratifs dans la cour des puissants émirs. À la mort de ces derniers, ils se sont retrouvés titulaires eux-mêmes de la régence et ont privé les héritiers de la légitimité de leur pouvoir, profitant de l'occasion pour usurper le trône. Ces usurpateurs prirent le titre d'atabeg car ils n'osaient pas prendre le titre de sultan.

Aussi, le XIIe siècle, en Mésopotamie (Irak) est l'"âge des atabegs" (des régents). Ils ont fondé différentes dynasties et ont placé leurs héritiers, les émirs seldjoukides, dans diverses principautés.
Le plus célèbre était probablement Zengi, atabeg de Mossoul depuis 1128. Il s'est imposé rapidement, dominant une grande partie du nord de la Mésopotamie et de la Syrie (y compris Alep). Après la période seldjoukide, le titre a été moins utilisé.

Les atabegs formèrent quatre dynasties principales :
• les atabegs de l'Irak, qui eurent pour fondateur Zengi, que les croisés appelaient Sanguin. Ses successeurs régnèrent de 1127 à 1218.
• les atabegs du Fars, qui possédèrent la Perse de 1148 à 1265 et furent chassés par Houlagou Khan.
• les atabegs d'Azerbaïdjan, de 1169 à 1225.
• les atabegs du Loristan, dont le dernier, Rokneddin, mourut en 1339.
Parmi les tribus turkmènes, comme en Perse, on trouve aussi le titre de khan.
Chez les Iraniens, le terme est transposé à atâbak et '"atâbak-e-azam" (atabeg suprême) a été de temps en temps employé pour remplacer le titre de vazir-e-azam (grand vizir).



(35) collaboration franco-arménienne : Les Arméniens sont un peuple chrétien du haut-plateau arménien et du Caucase qui pratiquait un rite différent de celui des chrétiens orthodoxes, du fait de leur histoire. Cette opposition vis-à-vis des Byzantins les incita à s'allier aux croisés quand ceux-ci firent la conquête de la Terre sainte.


(36) Arnoul Malcouronne aussi connu sous le nom d’Arnoul de Roeux, né au XIe siècle et mort en 1118, est un patriarche latin de Jérusalem de 1112 à 1118.


Originaire du village de Chocques, dans les Flandres, Arnoul était le fils illégitime d’un clerc. Il commença sa carrière religieuse enNormandie, où il fut le précepteur de Cécile († 1126), fille de Guillaume le Conquérant. Chapelain du duc de Normandie, Robert Courteheuse, il fut à Caen le chef d’une école qui rivalisa avec celle de Lanfranc, et dont sortit Raoul de Caen, l’historien normand auteur de la Gesta Tancredi relatant la vie de Tancrède, ancêtre des rois normands de Sicile.

À l’appel d’Urbain II au concile de Clermont, il prit la croix et suivit le duc de Normandie, à la première croisade, en 1096. Peu avant laprise de Jérusalem, il fut choisi avec Pierre l'Ermite pour prononcer le sermon juste avant l’assaut. Le 1er août 1099, après la prise, il fut choisi par les chefs croisés pour être patriarche de la ville, mais ce choix fut invalidé par le pape qui désigna Daimbert de Pise. Il fut alors l’un des principaux conseillers du roi Baudouin Ier de Jérusalem, puis fut choisi comme patriarche à la mort de Gibelin d’Arles en 1112.

Sa nièce Emma épousa Eustache Grenier, comte de Sidon et seigneur de Césarée, l’un des seigneurs les plus puissants du royaume. À la mort de Baudouin Ier, Arnoul fut l’un des principaux artisans de l’accession de Baudouin du Bourg sur le trône. Il mourut peu après non sans avoir été déchu de sa qualité de patriarche de Jérusalem lors d'un concile présidé par Aimar Bérenger de Morges, évêque d'Orange et légat du pape Pascal II.




(37) Le Patriarche latin de Jérusalem est l'un des patriarches catholiques orientaux. C'est le titre le plus ancien parmi tous les patriarches catholiques orientaux puisqu'il date de 1099 et le seul de rite latin.
En effet, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, une structure religieuse, le patriarcat latin, est créée à Jérusalem en complément d’une structure temporelle, qui sera le royaume de Jérusalem.




(38) Eustache III de Boulogne (av. 1060 – Rumilly, peu après 1125), fut comte de Boulogne de 1088 à 1125. Il était fils d'Eustache II et deSainte Ide de Boulogne.

Vers 1101, il épouse Marie d'Écosse, fille du roi Malcolm III d'Écosse. Cette union montre qu'il rechercha une alliance contre les rois normands qui possédaient la Normandie elle-même et l'Angleterre depuis 1066. Lui-même était possessionné en Angleterre, puisqu'il fit frapper des deniers à son nom à York. L'importance européenne de Boulogne ne se démentit pas durant sa charge.
En 1096, il se croisa à l'appel d'Urbain II, comme ses deux frères, Godefroi de Bouillon et Baudouin de Boulogne, qui fondèrent leRoyaume de Jérusalem en 1099/1100. À la mort en 1118 de Baudouin, premier roi de Jérusalem, il renonça à prendre sa succession. On le vit guerroyer en Flandre et construire l'église St-Nicolas. Il abdiqua en 1125, pour se faire moine à Rumilly, dépendance du prieuré St-Pierre.



(39) Galéran du Puiset, était fils d'Hugues Blavons, seigneur du Puiset, et d'Alix de Montlhéry.

Il est cité dans une donation faite vers 1102 par son frère Hugues à l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs. Puis il partit combattre en Terre sainte et se met au service de Baudouin du Bourg, comte d’Édesse. À partir de 1115, ce dernier décide d’éliminer la noblesse arménienne du comté après plusieurs complots arméniens visant à livrer Édesse aux Turcs. Après avoir soumis et exilé Vasil Dgha, Baudouin s'attaque à Abelgh'arib et assiège Bîrejik, ou Bira. Un compromis est conclu, par lequel Abelgh'arib livre la ville et s'exile dans l'Arménie cilicienne. Baudouin donne alors le fief de Bira et la main de la fille d'Abelgh'arib à son cousin Galérand du Puiset.

Le roi Baudouin Ier de Jérusalem meurt en 1118, et Baudouin du Bourg, comte d’Édesse, lui succède, avec l'aide de Josselin Ier de Courtenay. Avant son départ pour Jérusalem, en 1118, Baudouin avant confié Édesse à Galéran, puis il inféode le comté d'Édesse à Josselin de Courtenay afin de le récompenser de son aide pour accéder au trône.

Le 13 septembre 1122, Josselin de Courtenay et Galéran du Puiset tentent de surprendre Balak ibn Bahram, qui se rend d'Alep à son fief de Kharpût, mais ce sont eux qui sont capturés et emprisonnés à Kharpût. Le roi Baudouin II, qui tente de les libérer est capturé à son tour le 18 avril 1123. Balak tente ensuite d'exploiter son avantage et envahir la principauté d'Antioche. Mais une cinquantaine d'Arméniens entreprennent de délivrer leurs seigneurs et se rendent à Kharpût, déguisés en moines et en marchands. Avec l'aide des ouvriers arméniens de la ville, il massacrent la garnison, s'emparent de la citadelle et délivrent les prisonniers. Pendant que Baudouin, Galéran et les Arméniens tiennent la ville, Josselin part chercher du secours. Mais Balak, prévenu le 7 août 1123, revient à Kharpût et assiège la citadelle, forçant les défenseurs à se rendre avant l'arrivée des secours. Balak ordonne l'exécution de tous les défenseurs, à l'exception de Baudouin, d’un de ses neveux4 et de Galéran qui sont de nouveau emprisonnés et transférés à Harran.
Galéran meurt toujours captif entre 1123 et 1126.



(40) Aq Sonqor Bursuqî († 1126) est un officier seldjoukide, puis un atabeg de Mossoul (1113-1115 et 1121-1124) et d’Alep (1125-1126), responsable de plusieurs contre croisades contre les Francs. Il ne doit pas être confondu avec Aq Sonqor al-Hajib, père de Zengi, ou avec Bursuq ibn Bursuq un autre chef turc qui lutta également contre les Francs.




(41) Emir Gazi Gümüchtegin ou Gümüştekin († 1135) est le second dirigeant de l’état danismendide que son père Danishmend Gazi a fondé dans le centre-oust de l’Anatolie après la bataille de Manzikert. Il est parfois nomméEmir Gazi II.

Il succède à son père quand ce dernier meurt en 1104. En 1130, il s’allie à Léon Ier, prince des montagnes ciliciennes contre le prince francs Bohémond II d'Antioche, qui est tué au cours de la bataille. La tête de Bohémond est embaumée et envoyée au calife abbasside de Bagdad. Gümüchtegin aurait peut-être conquis une partie de la principauté d'Antioche sans l’intervention de l’empereur Jean II Comnène, qui souhaite étendre son influence sur Antioche.

En 1131, il assiège le château de Kaysun (en) dans le comté d’Édesse, mais doit battre retraite avec l’arrivée du comte Josselin Ier d’Édesse, que Gümüchtegin croyait mort.

En 1135, le calife et le grand sultan seldjoukide lui envoient les insignes royaux qui le font malik danishmendide. Il meurt la même année et l’émirat danishmendide commence alors à se retrouver sous la pression de l’empire byzantin et du sultanat de Rum.




(42) Josselin II de Courtenay, († 1159) est le dernier comte d'Édesse, de 1131 à 1149, et le fils deJosselin Ier et de Béatrice d'Arménie.

De son épouse Béatrice de Saône, Josselin II a eu :

• Josselin III (†1200), comte titulaire d’Edesse, seigneur de Joscelin( seigneurie autour de Saint Jean d’Acre)
• Agnès de Courtenay, mariée à Amaury Ier, roi de Jérusalem
• Isabelle de Courtenay, mariée en 1159 à Thoros II, prince d’Arménie





(43) Alix de Jérusalem, (v. 1110 † après 1151) est une princesse d'Antioche, fille de Baudouin II,roi de Jérusalem, et de Morfia de Malatya.

Elle épouse en 1126 Bohémond II, prince d'Antioche de 1126 à 1130 et donne naissance à une fille, Constance (1127-1163), qui deviendra l'héritière de la principauté.

En 1130, Bohémond II est tué lors d’un affrontement contre le prince arménien Léon Ier, allié àGümüchtegin, émir danichmendide. L'héritière de la principauté est Constance, âgée de deux ans et Alix n'attend pas la décision de son père pour prendre la régence. Mais elle se rend rapidement impopulaire auprès de la population d'Antioche et des rumeurs affirment qu'elle a enfermé sa fille dans un couvent pour prolonger la régence.

Sentant que son père est sur le point d'intervenir dans les affaires de la principauté et va agir comme suzerain plutôt que comme père, elle envoie un messager à Zengi, atabeg d'Alep et deMossoul, faisant appel à son aide et lui promettant de le considérer comme son suzerain. Mais le roi Baudouin II arrive aux environs d'Antioche, accompagné de son gendre et héritierFoulque d'Anjou et intercepte le messager, qui est aussitôt pendu.

Alix ordonne la fermeture des portes et Baudouin demande l'aide de Josselin Ier de Courtenay, comte d'Édesse et campe devant la ville. Alix gagne la faveur de la population en distribuant de fortes sommes prélevées sur le trésor, mais deux Francs, Guillaume d'Aversa, un chevalier normand, et Pierre Latinator, un moine, ouvre les portes de la ville au roi et à ses compagnons. Alix se barricade dans une tour mais, conseillée par les notables de la ville, se rend et demande pardon au roi. Baudouin lui pardonne, mais lui ôte la régence qu'il donne à Josselin et l'exile à Jabala et à Laodicée, deux villes qui constituent son douaire.

Baudouin meurt en 1131 et Foulque d'Anjou lui succède. Josselin de Courtenay meurt également en 1131. En 1132, Alix se gagne l'appui de trois puissants barons, Guillaume, châtelain de Saone, Josselin II, comte d'Édesse et Pons, comte de Tripoli, et reprend la régence d'Antioche. Les notables de la ville, inquiet de ce retour, font appel au roi Foulque, qui arrive à Antioche malgré Pons de Tripoli qui tente de lui barrer le passage. Alix est de nouveau exilée à Laodicée.

En 1135, soutenue par sa sœur Mélisende, épouse de Foulque, elle redevient régente d'Antioche, sans que le roi, l'en empêche. Mais Raoul de Domfront, le patriarche d'Antioche, organise un complot pour écarter définitivement Alix de la régence. Il négocie le mariage de Constance avec un prince aquitain, Raymond de Poitiers, le fait venir en faisant croire à Alix qu'il vient l'épouser. Sans méfiance Alix permet à Raymond d'entrer à Antioche et, pendant qu'elle attend dans son palais l'arrivée de Raymond, le patriarche marie Raymond et Constance à la cathédrale. Alix n'a plus qu'à se retirer à Laodicée.

Sa mort survient à une date inconnue. En 1151, Alix apparaît toujours comme « princesse de Laodicée » (en latin, « Laodicie principessa ») dans un acte des Hospitaliers.




(44) Foulques V d'Anjou, dit « le Jeune », né en 1092, mort le 10 ou le 13 novembre 1143 à Acre, fut comte d'Anjou et de Tours de 1109 à 1129, comte du Maine de 1110 à 1129, puis roi de Jérusalem de 1131 à 1143. Il était de la famille des Ingelgeriens et fils cadet de Foulques IV le Réchin, comte d'Anjou et de Tours, et de Bertrade de Montfort.


Il épouse en premieres noces, Erembourg du Maine dont il a eu :
Geoffroy, Hélie, Mathilde ou Alice, sybille et en deuxièmes noces, Mélisende de Jérusalem, dont il a eu Baudouin, Amaury.





(45) Raymond de Poitiers, né en 1115, mort le 29 juin 1149, prince d'Antioche de 1136 à 1149, second fils de Guillaume IX de Poitiers, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers et de Philippe de Toulouse.

Il épousa Constance d’Antioche, dont il eu :
Philippa d’Antioche, Marie d’Antioche, Bohémond III d’Antioche, Baudouin d’Antioche.





(46) Le siège de Shaizar se déroule du 28 avril au 21 mai 1138. Les forces conjointes de l'Empire byzantin, de la principauté d'Antioche et du comté d'Édesse décident alors d'assiéger la cité de Shaizar en Syrie, qui est la capitale de l'émirat Munqidhite. À l'issue de ce siège, l'émir de Shaizar est contraint à payer un tribut et devient le vassal de l'empereur byzantin. Toutefois, cette bataille met en évidence la nature limitée de la souveraineté byzantine sur les États latins d'Orient septentrionaux et le manque de but commun entre l'empereur byzantin et les princes latins.





(47) Jean II Comnène, né le13 septembre 1087 et mort le 8 avril 1143 en Cilicie, est un empereur byzantin qui règne du15 août 1118 au 5 avril 1143. Il est surnommé Kalojannis ou Calojanni, soit « Jean le Beau », beau intérieurement, d'une bonne âme (Kalos signifiant « beau », Jannis, « Jean »). Les chroniques de l'époque le décrivent de teint sombre, avec des traits plutôt ingrats et des cheveux noirs qui lui valent le surnom de Maurus.

Son règne, avec celui de son fils Manuel, correspond à la dernière période d'expansion de l'Empire byzantin. Poursuivant l'œuvre de son père Alexis Ier, il lutte activement contre les Turcs seldjoukides en Asie Mineure, écrase définitivement les Petchenègues et pacifie les Balkans. Toutefois, les résultats de Jean II demeurent inconstants et mitigés (à Antioche, par exemple, et face à Venise), et expliquent que le bilan de son règne soit regardé, indépendamment de la personnalité de l'empereur, avec circonspection par les historiens. Ce phénomène est probablement accentué par le fait que son règne s'articule entre ceux, plus denses et plus dramatiques, d'Alexis Ier et de Manuel Ier, dont les personnalités semblent plus complexes que la sienne.




(48) Imad ed-Din Zengi,ou Himad el-zain Zankay ibnou takaykh al- zewane (également appeléZangi, Zengi, Zenghi, Zengui, Zenkî ou Zanki, et surnommé Sanguinus, en français le Sanglant, par les chroniqueurs francs des croisades) (1087-1146) est le fils de Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d'Alep sous le sultan Malik Shah Ier.
Il devient atabeg de Mossoul en 1127 et d'Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il est également le fondateur éponyme de la dynastie zengide.




(49) Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil (vers 1117/8 - 15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ouNûreddîn " lumière de la religion " (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la Contre-Croisade du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés enSyrie ainsi qu'en Égypte et prône pour cela l'unification des musulmans.

Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.

Une double nuance se trouve dans la signification étymologique de la titulature de Nûr al-Dîn, elle exprime à la fois le feu (nâr) dirigé contre les Infidèles ainsi que lumière (nûr) de la religion (dîn) selon le jeu de mots d'un thuriféraire de l'époque qui place Nûr al-Dîn au centre de la propagande qui permit de revivifier le concept de jihâd.





(50) Rukn ad-Dîn Mas`ûd ben Qilij Arslân1, Rükneddin Mesud ou Mas`ûd Ier est un sultan seldjoukide de Rum. Il est le troisième fils de Kılıç Arslan Ier et le successeur de son aîné Malik Shah Ier en 1116. Il décède vers 1156 et est enterré à Iconium.




(51) Baudouin III de Jérusalem (1131 - † 10 février 1162 à Beyrouth), fils de Foulques V d'Anjou et de Mélisende de Jérusalem, fut roi de Jérusalem de 1143 à 1162.
Malgré un début de règne difficile (perte de la ville d'Édesse, échec de la seconde croisade), suivi ensuite de l'unification de la Syrie musulmane, il a su résister à la poussée zengide, obligeant parfois Nur ad-Din à la défensive, et a également su conclure une alliance avec Byzance, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre-offensive islamique.




(52) Josselin III de Courtenay, mort avant 1200, est un comte titulaire d'Edesse, un sénéchal duroyaume de Jérusalem et le fils de Josselin II de Courtenay, comte d'Edesse, et de Béatrice de Saône.

Né aux alentours de 1135, il passe son enfance à Turbessel, résidence des comtes d’Édesse. La ville d’Édesse est prise le 23 décembre1144, son père est capturé en 1150, et sa mère, après avoir tenté de défendre les restes du comté d’Édesse autour de Turbessel, finit par vendre les dernières villes du comté et à se réfugier dans le royaume de Jérusalem.

En 1158, sa sœur Agnès épouse Amaury, comte de Jaffa, mais lorsque ce dernier succède à son frère Baudouin III, en 1162, les barons du royaume refusent d'accepter Agnès comme leur reine, et Amaury fait annuler son mariage pour une raison de consanguinité. Cependant les deux enfants nés du mariage, Sibylle et Baudouin, sont reconnus comme légitimes.

À partir de 1164, les Francs commencent à intervenir en Égypte, en proie à la décadence du califat fatimide et aux luttes de pouvoir entre les vizirs. Alors qu'Amaury mène une campagne en Égypte contre Shirkuh, général de Nur ad-Din, ce dernier envahit la principauté d'Antioche pour faire diversion, bat le 10 août 1164 à Harrim l'armée franque commandée par Bohémond III le Borgne, prince d'Antioche, Raymond III, comte de Tripoli et Josselin III d'Édesse, qui sont tous les trois capturés et oblige ainsi Amaury Ier à revenir en hâte d'Égypte.

Bohémond III est libéré très peu de temps, Raymond ne retrouve sa liberté qu'en 1174. Raymond III assiège Homs le 1er février 1175, obligeant Saladin à lever le siège d'Alep. Reconnaissant, émir d'Alep libère ses prisonniers chrétiens, dont Renaud de Châtillon et Josselin III. Le nouveau roi de Jérusalem, Baudouin IV le Lépreux, qui a succédé à son père Amaury Ier en 1174, nomme son oncle Josselin sénéchal du royaume en 1176 et lui donne Chastel Neuf et Marûn al-Ras en fief en 1182.

À la fin de sa vie, Baudouin le Lépreux, se méfiant de l'esprit brouillon de son beau-frère Guy de Lusignan, désigne son neveu Baudouin V pour lui succéder, avec Josselin III comme tuteur et Raymond III comme régent. Mais Baudouin V meurt deux ans plus tard, en 1186 et les barons hésitent dans le choix du roi entre Sibylle de Jérusalem et Raymond III de Tripoli. Josselin III réussit à convaincre Raymond III d'attendre à Tibériade que la Haute Cour se réunisse pour faire acte de candidature, et Sybille en profite de son absence pour se faire couronner et associer au trône son mari Guy de Lusignan. Josselin reçoit alors la seigneurie d'Acre.

L'armée du royaume, conduite par Guy de Lusignan, est écrasée à Hattin le 4 juillet 1187. Dès le 8 juillet, Saladin assiège Saint Jean d'Acre et Josselin capitule le lendemain, à la condition de laisser la vie sauve à la population, mais celle-ci, ulcérée de ce défaut de résistance, menace de se révolter et de mettre le feu à la ville. Elle est maîtrisée, après l'incendie de quelques quartiers.
Il meurt avant 1200.

Il avait épousé Agnès de Milly, fille d'Henri Bubalus qui lui avait donné deux filles :
• Béatrix, mariée à Guillaume de Lusignan, seigneur de Valence, puis en 1208 à Othon V de Henneberg († 1245).
• Agnès, mariée à Guillaume de Mandélée.

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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 17:07

ORGANISATION FEODALE


1. Les comtes d’Édesse

Bien que cet état soit l’état latin l’Orient le plus éloigné du royaume de Jérusalem, les liens familiaux entre les comtes d’Édesse et les rois de Jérusalem ont particulièrement resserré les liens féodaux entre les deux états, mettant le comté d’Édesse sous la suzeraineté effective du roi de Jérusalem.

Baudouin de Boulogne, le premier comte, ne l’est pas resté longtemps. En 1100, il prend à Jérusalem la succession de son frère Godefroy de Bouillon, devient le roi Baudouin Ier et confie le comté à un de ses cousins, Baudouin du Bourg, qui l’avait accompagné à Édesse. Lorsque Baudouin Ier meurt, les barons du royaume lui choisissent comme successeur Baudouin du Bourg, qui est couronné sous le nom de Baudouin II. Après avoir confié la régence du comté à un de ses cousins, Galéran du Puiset, il finit par inféoder Édesse à un autre cousin, Josselin de Courtenay. C’est ainsi que les comtes d’Édesse tenaient leur fief directement de la main du roi de Jérusalem, contrairement à la principauté d’Antioche et au comté de Tripoli, où la succession s’est très rapidement faite sur le mode de l’héritage filiatif, même si, lors de l’absence d’un seigneur majeur, le roi de Jérusalem était régent de droit de ces principautés.


Liste des comtes d’Édesse

Ceci est une liste des différents dirigeants du comté d'Édesse :
• 1095-1098 : Thoros, Arménien, gouverneur d’Édesse
• 1098-1100 : Baudouin Ier de Boulogne, adopté par le précédent, devient roi de Jérusalem en 1100
• 1100-1118 : Baudouin II du Bourg, cousin du précédent, devient roi de Jérusalem en 1118
• 1104-1108 : régence de Richard de Salerne
• 1118-1119 : Galéran ou Waleran du Puiset, seigneur de Bira, cousin de Baudouin II, gouverneur d'Édesse
• 1119-1131 : Josselin Ier de Courtenay
• 1131-1149 : Josselin II de Courtenay, fils du précédent

Comte titulaire  d’Édesse

• 1149-1159 : Josselin II de Courtenay
• 1159-1200 : Josselin III de Courtenay, fils du précédent

En 1365, le roi Pierre Ier de Chypre relève le titre de comte d'Édesse — comte de Rochas, Rohas, Ruchas ou encore Roucha, selon la terminologie alors en usage chez les chrétiens de Terre Sainte et de Chypre — au profit de membres de la noblesse chypriote.


Généalogie



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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 17:11

2. Les principaux fiefs


Le comte d’Édesse avait plusieurs vassaux, le plus souvent des seigneurs arméniens qui s’étaient mis sous la protection franque afin de résister à la pression musulmane. Par la suite, ces fiefs étaient passés directement aux mains de nobles francs.


a) La seigneurie de Bira



les falaises de calcaires se jettent dans l'Euphrate
sur plusieurs kilomètres



Dès 1099, Baudouin de Boulogne se rend maître de Bira (1) (Birecik), ou qui est un point stratégique, car la ville lui assure un point de passage sur l'Euphrate et donc des communications avec la principauté d'Antioche. Dans un premier temps, il laisse la ville à un chef arménien du nom d'Abelgh'arib de la famille des Pahlavouni. Mais à partir de 1115, le comte Baudouin du Bourg cherche à éliminer la noblesse arménienne à la suite de plusieurs complots, assiège Bira en 1117 et prend la ville. Abelgh'arib se retire à la cour de Thoros II (2) , prince d'Arménie, et Baudouin donne le fief à son cousin Galéran du Puiset, qui épouse la fille d'Abelgh'arib. Après la prise d'Édesse, Zengi tente de prendre Bira, mais doit lever le siège à cause d'une émeute à Mossoul. Bira est cédé en 1150 avec le reste du comté d'Édesse aux Byzantins, qui la perdent en 1151.





le donjon de la citadelle est
très  bien conservé




seigneurs de Bira

• 1099-1117 : Abelgh'arib
• 1117-1127 : Galéran du Puiset († 1127)




protégée d'un côté par l'Euphrate, la citadelle
est bordée par la ville de l'autre






une rampe d'accès mène au tunnel creusé dans la
falaise qui permet de pénétrer dans l'enceinte.








(1)  Birecik, aussi connue sous les noms de Bir et, pendant les Croisades, de Bile, est une ville et un district de la province de Şanlıurfa dans la région de l'Anatolie du sud-est en Turquie.




(2) Thoros II († 1169) est un prince des Montagnes roupénide ayant régné de 1140 à 1169. Il est fils de Léon Ier, lui-même prince des Montagnes.

Son père a conquis toute la Cilicie, mais est vaincu en 1136 par l'empereur byzantin Jean II Comnène ; Thoros est emmené en captivité avec ses parents à Byzance, tandis que ses frères Stéphane et Mleh se réfugient à Édesse.

Léon meurt en 1140, et Thoros parvient à s'évader en 1143 et revient dans les montagnes ciliciennes, où il commence par reprendre les citadelles, comme celle de Vahka. Puis il prend les villes de la plaine et reconquiert la totalité de la Cilicie, en 1151. Mais il perd Alexandrette en 1153, prise par Renaud de Châtillon, prince d'Antioche. En 1158, l'empereur Manuel Ier Comnènerevient à la tête d'une armée et reprend le contrôle de la plaine, mais laisse Thoros dominer les montagnes, car le roi Baudouin III de Jérusalem favorise la négociation d'une trêve entre les deux belligérants. En 1162, Thoros reprend Vahka et Anazarbe, mais, craignant une nouvelle offensive des impériaux, négocie une trêve en 1163 ; un statu quo s'établit alors : les Byzantins gardent le contrôle de la plaine, et Thoros celui des montagnes.

Thoros meurt le 6 février 1169, peu après s'être fait moine.

Il épouse en 1149 Isabelle de Courtenay, fille de Josselin II, comte d'Édesse et de Béatrice. De ce mariage sont nés :

• Rita, mariée en 1153 à Héthoum III, seigneur de Lampron. Ils se séparent en 1168 ;
• probablement une fille, mariée à Isaac Doukas Comnène († 1195), empereur de Chypre.
Veuf, il se remarie avec une Arménienne, fille de Thomas, et a pour fils :
• Roupen II († 1170), prince des Montagnes.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 19:43

b) La seigneurie de Marach

Vingt-cinq ans avant l'arrivée des croisés, Marach (3) est confiée à Philaretos Brakhamios par Romain IV Diogène (4) , empereur byzantin. À la suite de la bataille de Manzikert (5), en 1071, Philaretos profite de son isolement de l'empire pour se tailler une principauté en Cilicie et autour d'Édesse et Antioche, mais ses possessions sont prises par les Turcs et seul Mar'ash reste en son pouvoir. Il meurt entre 1086 et 1092, mais Mar'ash reste arménienne, et quand les Croisés l'atteignent le13 octobre 1097, ils la rendent aux Byzantins, qui y nomment gouverneur un arménien du nom de Thatoul.



La situation du site rappele celle de Ayntab, mais les restes
sont beaucoup moins impressionnants.



Bohémond de Tarente, prince d'Antioche tente de prendre la ville en l'assiégeant en 1100, mais il lève le siège pour secourir Gabriel de Malatya et est capturé peu après par les Turcs. En 1104, ce sont les Francs d'Édesse, conduit par Josselin de Courtenay, alors seigneur de Turbessel, qui assiègent et prennent la ville. Mar'ash devient alors une seigneurie franque, donnée à plusieurs seigneurs successifs, dont tous ne sont pas connus. Parmi eux, il y a Geoffroy le moine, régent du comté d'Édesse en 1122 pendant la captivité de Josselin de Courtenay. Le dernier seigneur, Renaud, est tué en même temps que Raymond de Poitiers lors de la bataille d'Inab (6) , le 28 juin 1149. Josselin II réunit alors la seigneurie au comté, mais néglige de lui attribuer une garnison suffisante et Mas'ûd Ier s'empare de la ville le 11 septembre 1149.



En cherchant à  la base des murailles, on retrouve
quelques pierres de taille intéressantes




seigneurs de Marach

• 1097-1104 : Thatoul, gouverneur arménien pour Byzance
• 1104-1108 : Roger de Salerne († 1119), ensuite régent d'Antioche.
• avant 1119-1124 : Geoffroy le Moine († 1124)
• avant 1136-1146 : Baudouin de Marach (tué à Édesse en novembre 1146)
• 1146-1149 : Renaud († 1149), marié à Agnès de Courtenay




Les courtines, remaniées de multiples fois, enserrent aujourd’hui
les terasses de restaurants populaires






(3)  Kahramanmaraş (Gurgum en kurde) est une ville de Turquie, préfecture de laprovince du même nom. En 2000, sa population s'élève à 326 198 habitants.

La ville s'appelle Germanicia aux époques romaine puis byzantine, Marach, par lescroisés et Marach par les Arméniens (en arménien : Մարաշ). Elle fut une forteresse du Comté d'Édesse.



(4)  Romain IV Diogène (grec : Ρωμανός Δ΄ Διογένης), (v. 1030 - Constantinople, 4 août 1072) est unempereur byzantin de 1068 à 1071. Il était un membre de l'aristocratie militaire byzantine et, après son mariage avec Eudocie, la veuve de l'Empereur Constantin X, il fut couronné empereur. Durant son règne, il se montre déterminé à freiner le déclin militaire byzantin et à contrecarrer les incursions turques dans l'empire, mais son armée est mise en déroute à la bataille de Manzikertet il est capturé en 1071. Alors qu'il est encore captif, il est détrôné par son beau-fils Michel. À peine libéré par les Turcs, les membres de la famille Doukas l'arrêtent : en 1072, son gendre Michel VII Doukas lui fait crever les yeux et l'envoie dans un monastère, où il décédera peu après de ses blessures.


(5) La bataille de Manzikert eut lieu le 26 août 1071 et vit l’armée byzantine de l’empereur Romain IV Diogène être mise en déroute par l’armée du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert [ou Mantzikert] actuellement Malazgirt en Turquie, au nord du lac de Van.



(6) La bataille d'Inab se déroula le 29 juin 1149 entre le sultan Nur ad-Din et Raymond, prince d'Antioche.
Nur ad-Din, sultan d'Alep depuis la mort de son père Zengi en 1146, décide d'attaquer la principauté d'Antioche tout en défendant Damas contre la deuxième croisade en 1147 lancée par le pape Eugène III lorsque les Croisés perdirent le comté d'Édesse en 1144. En juin 1149, Nur ad-Din envahit Antioche et assiège la forteresse d'Inab avec l'aide de Mu'in ad-Din Unur de Damas et des Turcomans. Il possède une force d'environ 6 000 hommes qui se trouve au pied de la forteresse, principalement de la cavalerie.
Inab est défendue par le prince Raymond qui s'était allié à Ali ibn-Wafa, le chef desAssassins et lui-même ennemi du Nur ad-Din. Dans la journée du 29 juin, Nur ad-Din bat l'armée d'Antioche. Raymond et Ali ibn-Wafa sont tués dans la bataille. La plupart des territoires d'Antioche sont donc ouverts et surtout le plus important: celui qui conduit à laMéditerranée.
Le sultan assiège alors la ville d'Antioche mais sans succès car la ville est défendue par la femme de Raymond, Constance, et le Patriarche. Le roi Baudoin III de Jérusalem décide de marcher sur Antioche pour la libérer du siège.
Après la victoire d'Inab, Nur ad-Din devint un héros du monde islamique et eut pour but de détruire tous les États latins d'Orient. Il construisit alors de nombreuses mosquées et écoles religieuses à Alep.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 20:21

c) La seigneurie de Mélitène


La ville de Malatya(7) est tenue par l'arménien Gabriel, qui l'a reçue de Philaretos Brakhamios. Menacé par les Danismendides, il demande successivement l'aide et la protection de Bohémond de Tarente, prince d'Antioche (en 1100), puis de Baudouin du Bourg, comte d'Édesse, en 1101, en offrant à ce dernier la main de sa fille Morfia. Mais la population syriaque de Malatya se révolte et livre la ville à Danichmend (08), qui fait tuer Gabriel.


seigneur de Malatya

• 1085-1103 : Gabriel






(7) Malatya est une ville de Turquie, préfecture de laprovince du même nom. La population de Malatya est principalement kurde et turque, mais la ville accueille aussi une minorité arménienne.

Il s'agit de l'ancien emplacement de Mélitène, fort et chef lieu de la province romaine de l'Arménie.

Elle compte 381 081 habitants (2000).

Malatya est l'ancienne Mélitène de l'époque des Croisades, et la ville de naissance de saintEuthyme (377-473) l'un des fondateurs du monachisme byzantin en Palestine.

Mélitène fut un grand centre du christianisme monophysite, le chroniqueur et philosophe Bar-Hebraeus (Abu al-Faraj Ibn al-Ibri) y occupa la fonction de maphrien.

Byzantine, la ville tombe aux mains des Arabes au VIIe siècle. Basile Ier l'isole mais ne réussit pas à la prendre.

Reprise par les Byzantins en 934, la cité est ensuite intégrée aux possessions de Philaretos Brakhamios, serviteur arménien de l'empire qui prend son autonomie à la mort de Romain IV Diogène, en 1071. Après sa chute en 1085, Mélitène est défendue par son lieutenant Gabrielcontre les Seldjoukides, qui assiègent la cité en 1097. L'arrivée des Croisés les oblige cependant à lever le siège et à quitter la région. Malgré l'alliance avec Baudouin du Bourg,comte d'Édesse, Mélitène est prise en 1103 par les Danichmendides.

Militène fut le siège du patriarcat jacobite de 1094 à 1293.

Durant le génocide arménien, la ville reçut plusieurs flots de déportés en provenance de Sivas, Kharpout, Muş et d'autres villages alentour, pour être dirigés vers leur destination finale : les camps d'extermination ou les déserts de Mésopotamie.

En avril 2007, trois missionnaires protestants, deux Turcs et un Allemand, y ont été torturés et égorgés.




(08) Danichmend Ghâzi ou Danishmend Gazi ou Ghazi Gümüştekin est le fondateur et éponyme de la dynastie turque desDanichmendides qui a régné sur une partie de l'Anatolie aux XIe et XIIe siècles après la défaite des Byzantins à la bataille de Manzikertcontre le Seldjoukide Alp Arslan (1071). Danichmend décède en 1104.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Sam 7 Mai - 20:25

d) La seigneurie de Turbessel


Turbessel (9) est l'une des premières possessions de Baudouin de Boulogne, car la population arménienne de la ville se révolte au début de l’année 1098 contre sa garnison, lors de son passage en direction d’Édesse. En mars 1098, Baudouin de Boulogne est comte d’Édesse, et il reçoit en aout son frère Godefroy de Bouillon qui a quitté Antioche en raison de la peste qui y sévit. Baudouin lui donne en fief Ravendel et Turbessel, mais ce dernier les lui rend en novembre, quand la croisade repart en direction de Jérusalem. En 1101, le comte Baudouin du Bourg accueille à Édesse un de ses cousins, Josselin de Courtenay et lui donne Turbessel en fief. Josselin seconde Baudouin dans ses entreprises contre les musulmans, mais les incursions turques qui pillent les campagnes à l’est de l’Euphrate entre 1110 et 1113 appauvrissent le domaine comtal de Baudouin. Au contraire, la seigneurie de Turbessel, à l’ouest de l’Euphrate est en pleine prospérité, protégée par le fleuve. La mésentente s’installe entre les deux seigneurs francs, et Baudouin finit par confisquer la seigneurie, qui est ensuite rattachée au domaine comtal et devient l’une des résidences des comtes d’Édesse. Après la prise d'Édesse, en 1144, Turbessel devient la capitale du comté, avant d'être cédée aux Byzantins en 1150, puis prise parNur ad-Din en 1151.



Vue générale sur Turbessel. Juste en avant du Tell, un
léger ourlet de terre marque l’emplacement de l’ancienne
enceinte urbaine.



seigneurs de Turbessel
• 1098 : Godefroy de Bouillon
• 1101-1113 : Josselin de Courtenay


(9)  La forteresse de Tilbeşar, appelée Turbessel par les croisés, Tell Bâchir par les Arabes (enarabe : tall bāšir)


Le tell se situe entre les villages de Belören, Gündoğan et Yeniköy dans le district d'Oğuzeli de la province de Gaziantep en Turquie. À 12 km au sud d'Oğuzeli et à 28 km au sud-est deGaziantep, dans la vallée de la rivière Sajour, riche de nombreux sites archéologiques, affluent de la rive droite de l'Euphrate qu'elle rejoint en Syrie. Cette vallée est une route naturelle pour aller de la haute Mésopotamie vers le plateau anatolien ce qui fait la valeur stratégique de la position de la forteresse de Tilbeşar.


L’élement le plus remarquable de la citadelle médiévale est
situé sur le front Est et consiste en une porte monumentale.




Vue générale de la porte






Vue rapprochée de la porte




Un conduit passe sous la porte




La poterne nord traverse une courtine réalisée dans un
matériau totalement différent. Les moellons sont plus
petits et à face lisse
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 12:27

PRINCIPAUTE D’ANTIOCHE (1098- 1268)


La principauté d’Antioche, dont le territoire est en Turquie et en Syrie, était l'un des États latins d'Orient constitué lors des croisades (1098-1268).


HISTOIRE

La fondation de la principauté est due à la seule volonté de Bohémond de Tarente de se tailler un État en Terre Sainte. Avant de participer à la croisade, Bohémond de Tarente, fils aîné de Robert Guiscard (1), s'était vu préférer son demi-frère cadet Roger Borsa (2) comme duc des Pouilles et de Calabre.

Antioche était une ancienne ville byzantine qui n'avait été conquise par les musulmans qu'une dizaine d'années auparavant, en 1084. Et lors de leur passage à Constantinople, le basileus (3) Alexis Ier Comnène (4) avait exigé par serment des principaux chefs croisés qu'ils lui restituent les terres précédemment perdues par les Byzantins - et seul Raymond IV de Toulouse (5) avait refusé de prêter serment.


1. La prise d’Antioche

Face aux difficultés pour assiéger Antioche (6), Bohémond vit là l'occasion de se faire accorder un fief. Tout d'abord il menaça, prétextant l'allongement du siège, de retourner en Italie chercher des renforts, mais ses capacités de stratège et l'importance du contingent l'accompagnant étaient nécessaires aux croisés, qui lui promirent tout ce qu'il souhaitait pourvu qu'il restât. Ensuite, le départ de Tatizius (7), le représentant du Basileus lui donna l'occasion de prétendre à une trahison, laquelle pouvait autoriser les croisés à se considérer déliés de leur serment. Enfin, s'étant assuré - par une intelligence à l'intérieur de la ville - d'y pouvoir enfin pénétrer, il fit promettre par les chefs de la croisade que le premier à y entrer la posséderait. C'est ainsi qu'au petit matin du 3 juin 1098, lorsque la ville fut investie, seule la bannière de Bohémond flottait sur la ville.

À peine entrés dans la ville, les croisés doivent subir à leur tour le siège mis en place par une armée seldjoukide qui tenta de reprendre la ville. La découverte de la Sainte-Lance permit aux croisés de reprendre courage et de repousser cette armée. Bohémond devint alors le chef incontesté de la ville et refusant le titre byzantin de duc d'Antioche, s'intitula prince d'Antioche, marquant ainsi une indépendance vis-à-vis de Byzance.



2. Les premières décennies

Le 13 juin 1098, Les armées croisées reprennent leurs routes vers Jérusalem, excepté Bohémond qui doit désormais assurer son fief, sinon l'étendre. Il est cependant capturé en 1100 et son neveu Tancrède (08) devient régent et agrandit la principauté, prenant les villes de Tarse (9) et Latakia (10) à l'Empire byzantin. Bohémond fut libéré en 1103, et laissa la régence à Tancrède pour partir chercher de nouvelles troupes en Italie. Il utilisa ses troupes pour attaquer Byzance en 1107 et fut battu à Dyrrhachium (11) et fut obligé par Alexis Ier Comnène de signer le traité de Déabolis (12) dans lequel il acceptait qu'Antioche reconnaissait être vassal de l'Empire Byzantin jusqu'à la mort de Bohémond et le retour à Byzance des terres conquises par les croisés depuis leur passage à Constantinople en 1097. Bohémond attaqua aussi Alep (13) avec BaudouinIer de Jérusalem et Josselin Ier d'Édesse, et quand Baudouin et Josselin furent capturés, Tancrède devint aussi régent d'Edesse. Bohémond laissa une fois de plus la régence à Tancrède pour repartir en Italie, où il mourut en 1111.

Alexis Ier réclama le retour de la principauté à Byzance, mais Tancrède, soutenu par le comte de Tripoli et le roi de Jérusalem refusa. Il mourut en 1112 et Bohémond II lui succéda, sous la régence du neveu de Tancrède, Roger de Salerne, qui battit les Seldjoukides en 1113.

Cependant, le 27 juin 1119, Roger fut tué à Ager Sanguinis (14) et Antioche devint un état vassal de Jérusalem avec le roi Baudouin II comme régent jusqu'en 1126. Bohémond II, qui épousa Alix (15), fille de Baudouin II, ne gouverna que quatre ans, avant d'être tué en 1130, et Baudouin II, puis son gendre Foulque d'Anjou assurèrent la régence au nom de Constance (16), la fille de Bohémond II. En 1136, Constance, encore âgée de 10 ans, épousa Raymond de Poitiers, qui en avait 36.

Raymond, comme ses prédécesseurs, attaqua la province byzantine de Cilicie. L'empereur Jean II Comnène (17) riposta et assiégea Antioche, força Raymond à reconnaître sa suzeraineté et une administration grecque, mais une émeute formentée par Josselin II d'Édesse obligea les grecs à fuir la ville. Jean II projetait de reprendre les états croisés quand il mourut en 1142.


3. La principauté, entre Byzance et l’Arménie

Après la chute d'Édesse en 1144, Antioche fut attaquée par Nur ad-Din. Mal secouru par la deuxième croisade, la plus grande partie de l'est de la principauté fut perdue et Raymond fut tué à la bataille d'Inab en 1149. Baudouin III de Jérusalem devint régent au nom de la veuve de Raymond, jusqu'en 1153 quand elle épousa Renaud de Châtillon. Renaud entra immédiatement en conflit avec Byzance, ayant pillé l'île byzantine de Chypre. Il fut attaqué en 1158 par Manuel Ier (18) et dut s'humilier et reconnaître sa suzeraineté.

Renaud fut fait prisonnier par les Musulmans en 1160 et la régence fut assurée par le patriarche d'Antioche (Renaud ne fut pas libéré avant 1176, et ne revint jamais à Antioche). Manuel épousa Marie (19), fille de Raymond et de Constance. En1163, Bohémond III succéda à sa mère, mais fut fait aussi prisonnier dans les années qui suivirent et le cours de l'Oronte devint la frontière définitive entre Alep et Antioche. Bohémond revint en 1165 et épousa une nièce de Manuel Ier ; il autorisa aussi l'établissement d'un patriarche grec orthodoxe dans la ville.

Grâce à l'aide de flottes italiennes, l'état d'Antioche survécut à la reconquête de Saladin. Ni Antioche, ni Tripoli ne participèrent à la troisième croisade, bien que les restes de l'armée de Frédéric Barberousse (20) s'arrêtèrent quelque temps à Antioche en 1190 pour enterrer leur roi. Le fils aîné de Bohémond III, nommé Raymond (21) devint comte de Tripoli après la bataille de Hattin (22) et épousa une princesse arménienne en 1194, mais mourut en 1199. Bohémond III mourut en 1201.

Sa succession fut le début d'une guerre de succession entre Bohémond IV (23), second fils de Bohémond III, soutenu par les Latins d'Antioche, et Raymond-Roupen (24), fils de Raymond et petit-fils de Bohémond III, soutenu par les Arméniens. Ce ne fut qu'en 1221 avec la mort de Raymon-Roupen que la guerre prit fin. Bohémond IV mourut en 1233 et Antioche, gouverné par son fils Bohémond V (25) ne prit pas grande part à la cinquième croisade, ni à la lutte entre Frédéric II (26) et les barons d'orient, ni à la septième croisade de Saint-Louis. Bohémond IV évita habilement de se soumettre à l'empereur germanique en réaffirmant la suzeraineté byzantine sur la principauté d'Antioche.


4. La chute de la principauté


En 1254, Bohémond VI (27) épousa Sibylle, une princesse arménienne, mettant fin à la lutte entre les deux états, bien que sur ce point la Petite-Arménie était le plus puissant des deux et Antioche était le vassal. Alors commença le conflit entre les Mamelouks (28) et les Mongols (29) ; quand les Mongols furent vaincus à la bataille d'Aïn Djalout (30) en 1260, Baybars se retourna contre leurs alliées, Antioche et l'Arménie. La ville fut prise en 1268 avec la totalité du nord de la Syrie franque ; trente-trois ans plus tard, ce fut le tour d'Acre et les États croisés disparurent. Le titre de prince d'Antioche passa à l'extinction des comtes de Tripoli, aux rois de Chypre issus d'une branche cadette de la famille de Poitiers-Antioche.


GEOGRAPHIE ET DEMOGRAPHIE


La principauté était, même pendant sa plus grande extension, plus petite que le comté d'Édesse et que le royaume de Jérusalem. Elle s'étendait au nord-est du bord de la mer Méditerranée, et bordé par le comté de Tripoli au sud, le comté d'Édesse au nord-est, les États musulmans (notamment ayyubide et mamelouk) à l'est, éphémèrement l'empire byzantin et surtout le Royaume arménien en Cilicie au nord-ouest.

Il y avait probablement 20 000 habitants au XIIe siècle, principalement des arméniens et des chrétiens orthodoxes, avec quelques musulmans à l'extérieur de la ville. Il y avait très peu de catholiques romains en dehors des croisés, même si un patriarcat latin y fut établi en 1100.




(1) Robert de Hauteville dit Robert Guiscard - « le Rusé » - (Italien : Roberto d'Altavilla, Roberto il Guiscardo ; Latin :Robertus de Altavilla, Robertus cognomento Guiscardus), né vers l'an 1020, mort le 17 juillet 1085, duc d'Apulie et de Calabre, est l'un des plus célèbres aventuriers normands issus du duché de Normandie qui s'illustrèrent enMéditerranée. À partir de 1057, il continua la conquête de l'Italie méridionale sur les Byzantins avant d'entamer celle de la Sicile musulmane à partir de 1061 en compagnie de son frère cadet Roger. Ensemble, ils jetèrent les fondations du futur royaume de Sicile.




(2) Roger dit Borsa (« Bourse »), né autour de 1060, peut-être à Melfi, et décédé le 22 février 1111, est un duc normand d'Apulie et de Calabre, de 1085 à 1111. Son règne est marqué par une période d'anarchie féodale.

Roger Borsa est le fils de Robert Guiscard, 1er duc d'Apulie et de Calabre, et de sa deuxième épouse, la princesse lombarde Sykelgaite de Salerne. L'origine de son surnom viendrait de son habitude de compter et recompter les pièces de monnaie qu'il avait dans sa bourse (bursa en latin).




(3) Basileus signifie « roi » en grec ancien. Le terme, utilisé dans la Grèce antique, désignait entre autres les empereurs romains pour les Grecs, et c'est pourquoi il est aussi le titre des empereurs byzantins.




(4) Alexis Ier Comnène (v. 1058 -1118) est empereur byzantin du 1er avril 1081 au 15 août1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d’Anne Dalassène et le neveu de l’empereur Isaac IerComnène.
Son règne de 37 ans est l’un des plus longs de l’Empire byzantin et aussi l’un des plus agités




(5) Raymond IV (ou VI) de Toulouse, mieux connu sous le nom de Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - † 1105) est un comte de Saint-Gilles (1060-1105), duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105), marquis de Provence (v. 1085 - 1105), comte de Toulouse (1094-1105) et comte de Tripoli (de 1102 à 1105, sous le nom de Raymond Ier).

Raymond est le second fils de Pons, comte de Toulouse, et d'Almodis de la Marche. À la mort de son père, son frère aîné Guillaume IV hérite de l’ensemble des biens paternels, Raymond devant se contenter du comté de Saint-Gilles, qui se résume à une moitié de l’évêché de Nîmes, du château de Tarascon, de la terre d’Argence et de la moitié de l’abbaye de Saint-Gilles.
Implanté à proximité de la Provence, il épouse vers 1060 une princesse provençale qui serait soit une fille du comteBertrand Ier de Provence, soit une fille du comte Geoffroy Ier de Provence.




(6) Le premier siège d'Antioche eut lieu du 21 octobre 1097 au 2 juin 1098. Le second siège lui succède lorsque les musulmans tentèrent de reprendre la ville aux croisés et dura du 7 juin au 28 juin 1098.




(7) Tatikios (grec: Τατίκιος), est un général byzantin d'Alexis Ier Comnène.
Il est le fils d'un turc fait prisonnier à une date inconnue par Jean Comnène le père d'Alexis. Il est donc d'origine servile ce qui ne l'empêche pas de devenir rapidement un ami et confident du futur empereur dont il partage les jeux étant enfant. Il est de toutes les campagnes militaires d'Alexis avant même qu'il soit empereur et se fait une réputation de courage et d'intrépidité. À l'été 1078 il accompagne Alexis dans son expédition contre Nicéphore Basilakios et le prévint à temps d'une attaque surprise de ce dernier.

Avec l'avènement d'Alexis au trône, en 1081, Tatikios devient l'un des principaux officiers du nouveau basileus. Lors de la bataille de Dyrrachium contre lesNormands (automne 1081) il commande un détachement de mercenaires turcs. […]




(08) Tancrède de Hauteville (vers 1070/1072 - 5 décembre 1112) est un chevalier normand d'Italie méridionale, membre de la maison de Hauteville, qui participa à la première croisade avant de devenir prince de Galilée et régent de la principauté d'Antioche. Il est le fils du seigneur normand Odon le Bon (Odonis boni marchisi selonOrderic Vital) et d’Emma de Hauteville, fille de Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile.
Ses exploits héroïques sont chantés par Le Tasse dans La Jérusalem délivrée.




(9) Tarse (en turc Tarsus ; en grec Tarsos : Ταρσός) est une ville de Cilicie (turc İçel), en Turquie.

Tarse est situé sur la rivière Tarsus. À l'origine, Tarse était un port maritime important. Aujourd'hui, ce port se trouve à une quinzaine de kilomètres à l'intérieur des terres, à cause d'un envasement important.

Elle succède à un village fortifié qui a été construit durant la période néolithique et détruit des suites d'un conflit armé considéré comme l'un des tout premiers du croissant fertile après celui de Qermez Dere en Djezireh irakienne.

D'origine hittite, comme la plupart des villes de Cilicie, Tarsus fut tour à tour assyrienne, perse, grecque, romaine,byzantine, arabe, arménienne et, pour terminer, ottomane et turque.

La ville fut un haut lieu de la philosophie stoïcienne. Marc Antoine, lors du second triumvirat, y établit sa capitale après la bataille de Philippes. Tarse est aussi connu pour être le lieu de la première rencontre entre Cléopâtre et Antoine. Elle abrita l'une des premières églises chrétiennes d'Asie Mineure.

Tarse est la ville natale de saint Paul, dit de Tarse, un juif et citoyen romain du nom de Saul. En 2008-2009, Tarse a célébré les 2 000 ans de l'apôtre, qui, sur les routes d'Anatolie, a porté la parole du Christ.
Ville prospère à l'époque romaine, Tarse était réputé pour le tissage de la toile. Trois conciles ecclésiastiques se tinrent à Tarse en 431, 435 et 1177. Elle est un ancien évêché.

Durant la première croisade, Tarse fut prise par les Croisés aux Seldjoukides en 1097. Plus tard, elle fut annexée en 1173 par les Arméniens. Léon II fut couronné roi d'Arménie en 1199 dans la cathédrale de Tarse. La ville fut conquise en 1359 par les Mamelouks d'Égypte (fin du royaume d'Arménie en 1375) puis par les Ottomans en1515.




(10) Lattaquié est une ville de Syrie ( en arabe : al-Lāḏiqīya, en latin : Laodicea ad Mare, en grec : Λαοδίκεια ἡ Πάραλος, Laodicée proche de la mer), chef-lieu du gouvernorat homonyme. Cette ville est établie sur un site très anciennement occupé, proche de l'ancienne Ougarit. La cité qui fut un chef-lieu de satrapie sous le royaume séleucide portait alors le nom de Laodicée de Syrie ou Laodicée de la mer parce qu'elle a été refondée parSéleucos Ier qui a donné à la ville le nom de sa mère Laodicé et de sa fille.

Après la domination romaine et byzantine, elle fit partie, à l’époque des croisades, de la principauté d'Antioche, avant de retomber aux mains des Mamelouks puis des Turcs (Empire ottoman). Pendant l'entre-deux-guerres, elle est la capitale d'un éphémère État des Alaouites sous mandat français.

Elle doit son importance ancienne et actuelle, d’une part au fait qu’elle possède le seul port bien protégé de la côte syrienne et, d’autre part, à la proximité de la vallée fertile de l’Oronte, ce qui a entraîné la création d’une industrie alimentaire et textile.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 12:36

(11) Dyrrachium fut le théâtre de plusieurs batailles :

• En 48 av. J.-C., Pompée remporta une victoire sur Jules César,
• En 1081, les Normands, menés par Robert Guiscard, battirent les troupes byzantines d'Alexis Ier Comnène,
• En 1107, Bohémond de Tarente assiégea sans succès la ville.




(12) Le traité de Déabolis aussi appelé traité de Devol est un accord signé en 1108 entre Bohémond Ier d'Antioche et l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène, à la suite de la Première croisade. Le traité tire son nom de la forteresse byzantine de Devol située en Albanie. Bien que le traité n'est pas appliqué immédiatement, il a pour but de faire de la principauté d'Antioche un État vassal de l'Empire byzantin.

Au début de la Première croisade, les armées des Croisés se rassemblent à Constantinople. Là, elles promettent de rendre à l'Empire byzantin toutes les terres qu'elles pourraient conquérir. Toutefois, Bohémond, le fils de Robert Guiscard, un ancien adversaire de l'Empire, décide de fonder la principauté d'Antioche indépendante. Alexis n'en reconnaît pas la légitimité et face au risque d'une guerre ouverte, Bohémond part en Europe chercher des renforts. Il lance ensuite les hostilités contre l'Empire byzantin mais il est rapidement contraint de se rendre et de négocier avec Alexis au camp impérial de Déabolis, où le traité est signé.

Ce traité stipule que Bohémond accepte de devenir un vassal de l'empereur et de défendre l'Empire dès que nécessaire. Il accepte aussi la nomination d'unpatriarche grec. En retour, il reçoit les titres de sébaste et de doux d'Antioche ainsi que la garantie que ses héritiers recevront le comté d'Édesse. À la suite de ce traité, Bohémond se replie vers l'Apulie où il décède. Son neveu, Tancrède de Hauteville, qui est le régent d'Antioche, refuse de se plier aux termes du traité. Si Antioche revient temporairement sous la souveraineté byzantine en 1137, c'est seulement en 1158 que la principauté devient réellement un vassal de l'Empire.

Le traité de Devol est souvent perçu comme un bon exemple de la pratique byzantine qui consiste à résoudre les conflits par la diplomatie plutôt que par la guerre. En outre, il est à la fois le résultat et l'une des causes de la méfiance entre les Byzantins et les Croisés.




(13) Alep (Ḥalab en arabe ; Βέροια Beroia dans l'Antiquité) est la deuxième ville de Syrie et est le chef-lieu dugouvernorat d'Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le nord-ouest du pays. Elle comptait 1 693 803 habitants en 2009.

Il s'agit de l'une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée, étant habitée depuis le VIemillénaire av. J.-C. Ceci est dû à son emplacement stratégique des points de vue militaire et commercial entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie. D'ailleurs, le centre de la ville a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986. Elle est arrosée par la rivière Quoueiq, l'ancien Belos (Βήλος) des Grecs.




(14) Nommée en latin Ager sanguinis, la bataille du champ du sang1 opposa le 28 juin 1119 les Croisés d'Antioche contre les Alépins dans la plaine de Sarmada, à mi-chemin entre les deux villes.

La bataille de l'Ager Sanguinis, ou Champ du Sang, ou bataille de Sarmada, ou bataille de Balat, opposa la principauté croisée d'Antioche et le gouverneur Ortoqide d'Alep en 1119.

Le Turc Ortoqide Il-Ghazi se rend maître d’Alep et défait l’armée d’Antioche près d’Artah. Roger de Salerne est tué et le nombre des morts est si grand que le lieu de la bataille prend le nom d’ager sanguinis, Le «Champ du Sang» dans le latin des chroniqueurs de l'époque.




(15) Alix de Jérusalem, (v. 1110 † après 1151) est une princesse d'Antioche, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem, et de Morfia de Malatya.

Elle épouse en 1126 Bohémond II, prince d'Antioche de 1126 à 1130 et donne naissance à une fille, Constance(1127-1163), qui deviendra l'héritière de la principauté.

En 1130, Bohémond II est tué lors d’un affrontement contre le prince arménien Léon Ier, allié à Gümüchtegin, émirdanichmendide. L'héritière de la principauté est Constance, âgée de deux ans et Alix n'attend pas la décision de son père pour prendre la régence. Mais elle se rend rapidement impopulaire auprès de la population d'Antioche et des rumeurs affirment qu'elle a enfermé sa fille dans un couvent pour prolonger la régence.

Sentant que son père est sur le point d'intervenir dans les affaires de la principauté et va agir comme suzerain plutôt que comme père, elle envoie un messager à Zengi, atabeg d'Alep et de Mossoul, faisant appel à son aide et lui promettant de le considérer comme son suzerain. Mais le roi Baudouin II arrive aux environs d'Antioche, accompagné de son gendre et héritier Foulque d'Anjou et intercepte le messager, qui est aussitôt pendu.

Alix ordonne la fermeture des portes et Baudouin demande l'aide de Josselin Ier de Courtenay, comte d'Édesse et campe devant la ville. Alix gagne la faveur de la population en distribuant de fortes sommes prélevées sur le trésor, mais deux Francs, Guillaume d'Aversa, un chevalier normand, et Pierre Latinator, un moine, ouvre les portes de la ville au roi et à ses compagnons. Alix se barricade dans une tour mais, conseillée par les notables de la ville, se rend et demande pardon au roi. Baudouin lui pardonne, mais lui ôte la régence qu'il donne à Josselin et l'exile à Jabala et à Laodicée, deux villes qui constituent son douaire.

Baudouin meurt en 1131 et Foulque d'Anjou lui succède. Josselin de Courtenay meurt également en 1131. En 1132, Alix se gagne l'appui de trois puissants barons, Guillaume, châtelain de Saone, Josselin II, comte d'Édesse et Pons, comte de Tripoli, et reprend la régence d'Antioche. Les notables de la ville, inquiet de ce retour, font appel au roi Foulque, qui arrive à Antioche malgré Pons de Tripoli qui tente de lui barrer le passage. Alix est de nouveau exilée à Laodicée.

En 1135, soutenue par sa sœur Mélisende, épouse de Foulque, elle redevient régente d'Antioche, sans que le roi, l'en empêche. Mais Raoul de Domfront, lepatriarche d'Antioche, organise un complot pour écarter définitivement Alix de la régence. Il négocie le mariage de Constance avec un prince aquitain,Raymond de Poitiers, le fait venir en faisant croire à Alix qu'il vient l'épouser. Sans méfiance Alix permet à Raymond d'entrer à Antioche et, pendant qu'elle attend dans son palais l'arrivée de Raymond, le patriarche marie Raymond et Constance à la cathédrale. Alix n'a plus qu'à se retirer à Laodicée.

Sa mort survient à une date inconnue. En 1151, Alix apparaît toujours comme « princesse de Laodicée » (en latin, « Laodicie principessa ») dans un acte desHospitaliers.




(16) Unique héritière de la principauté d'Antioche, la princesse Constance, née au Moyen-Orient vers 1127 où elle décède en 1163, est la fille de Bohémond II d'Antioche, prince de Tarente, et d'Alix de Jérusalem, princesse d'Antioche et de Laodicée. Son père est un petit-fils de Philippe Ier, roi de France, sa mère la fille du roi de Jérusalem Baudouin de Rethel et de son épouse arménienne, Morfia de Malatya.

• Mariée en premières noces (1136) avec Raymond de Poitiers († 1149) ayant 25 ans de plus qu'elle, d'où elle eut :

• Bohémond III († 1201), prince d'Antioche.
• Marie (1145 † 1182), mariée en 1161 à l'empereur Manuel Ier Comnène († 1180).
• Philippa (v.1148 † 1178), mariée à Onfroy II de Toron († 1179).
• Baudoin d'Antioche († 1179), mort pendant la bataille de Myriokephalon
• Raymond d'Antioche († avant 1181)
• Mariée en secondes noces (1153) avec Renaud de Châtillon (1120 † 1187), elle eut deux autres enfants :
• Agnès de Châtillon († 1184), mariée à Bela III, roi de Hongrie.
• Jeanne de Châtillon († avant mai 1204)





(17) Jean II Comnène, en grec ancien : Ιωάννης Β' Κομνηνός / Iôánnês II Komnênós, né le 13 septembre 1087 et mort le8 avril 1143 en Cilicie, est un empereur byzantin qui règne du 15 août 1118 au 5 avril 1143. Il est surnommé Kalojannis ou Calojanni, soit « Jean le Beau », beau intérieurement, d'une bonne âme (Kalos signifiant « beau »,Jannis, « Jean »). Les chroniques de l'époque le décrivent de teint sombre, avec des traits plutôt ingrats et des cheveux noirs qui lui valent le surnom de Maurus.

Son règne, avec celui de son fils Manuel, correspond à la dernière période d'expansion de l'Empire byzantin. Poursuivant l'œuvre de son père Alexis Ier, il lutte activement contre les Turcs seldjoukides en Asie Mineure, écrase définitivement les Petchenègues et pacifie les Balkans. Toutefois, les résultats de Jean II demeurent inconstants et mitigés (à Antioche, par exemple, et face à Venise), et expliquent que le bilan de son règne soit regardé, indépendamment de la personnalité de l'empereur, avec circonspection par les historiens. Ce phénomène est probablement accentué par le fait que son règne s'articule entre ceux, plus denses et plus dramatiques, d'Alexis Ier et de Manuel Ier, dont les personnalités semblent plus complexes que la sienne.





(18) Manuel Ier Comnène (en grec byzantin Manouếl A Komnênós) (28 novembre 1118 – 24 septembre 1180) est empereur byzantin (1143-1180) à une période charnière pour l’empire. Manifestant sa volonté de le restaurer dans sa gloire passée et de réaffirmer Byzance dans sa suprématie sur le monde méditerranéen au XIIe siècle, Manuel poursuit une politique étrangère ambitieuse et énergique. Pour ce faire, il s’allie au pape et aux puissances occidentales montantes, envahit l’Italie, maîtrise le passage de la deuxième croisade à travers son empire et établit un protectorat byzantin sur les royaumes croisés d’Outremer. Faisant face au djihad islamique en Terre sainte, il fait cause commune avec le Royaume de Jérusalem et participe à l’invasion de l’Égypte fatimide. Manuel recompose la carte politique des Balkans et de la Méditerranée orientale en plaçant les royaumes de Hongrie et d’Outremer sous l’hégémonie byzantine et en menant des campagnes agressives aussi bien à l’ouest qu’à l’est. Toutefois, vers la fin de son règne, les réalisations de Manuel en Anatolie sont compromises par la défaite à la bataille de Myriokephalon.

L’historien latin Guillaume de Tyr décrit Manuel comme sage, bon et brave. Manuel est aussi loué par Robert de Claricomme étant « un homme généreux et plein de sagesse ». Une telle estime pour un souverain byzantin est rare parmi les chroniqueurs occidentaux, et cette réputation positive a mené quelques historiens modernes à le voir comme un innovateur inspiré qui compte plus sur la coopération que sur la confrontation avec l’Occident et les Croisés.

Nommé Megas (Μέγας, « le Grand ») à Byzance, Manuel est connu pour avoir inspiré une loyauté intense à ceux qui l’ont servi. Il apparaît comme un héros dans une histoire écrite par son secrétaire Jean Kinnamos et chez qui on retrouverait toutes les vertus : du courage au combat, en passant par l’intelligence, l’humanité, jusqu’à des compétences en philosophie et même en médecine. Jean Phokas, un soldat qui combat dans l’armée de Manuel, le décrit comme un glorieux empereur, « sauvegardant le monde ».

Manuel est de plus renommé pour son charisme et son affinité pour l’Occident, ce qui l’amène à organiser des joutes et même à y participer, chose inhabituelle pour les Byzantins. Il est représentatif d’un nouveau genre de souverains byzantins dont la pensée est influencée par les croisés occidentaux. Homme de guerre accompli et doté d’un grand courage, Manuel s’est consacré aux armes tout au long de son règne avec diverses fortunes.





(19) Marie d'Antioche, née Marguerite-Constance, fille de Raymond de Poitiers et de Constance de Hauteville, princesse d'Antioche, impératrice d'Orient.

Née vers 1145, d'une beauté célèbre dans tout l'Orient, elle épouse en 1160 l'empereur Manuel Ier Comnène (1118 † 1180) veuf d'Irène (Berthe) de Sulzbach qui ne lui a donné qu'une fille : Marie Comnène la Porphyrogénète.

Par ce mariage, Manuel espère bien sûr une postérité mâle et renforcer les liens avec la principauté d'Antioche, vassale de l'empire byzantin.

L'union entre Manuel et Marie semble avoir été heureuse, l'empereur bénéficiant des conseils de sa femme qui, de par ses origines franques, connaît bien les latins. Après une grossesse malheureuse qui effraie la cour, Marie d'Antioche donne enfin naissance à un fils : Alexis (1169).

Au printemps 1180, Manuel décide de marier sa fille Marie la Porphyrogénète à Renier de Montferrat dont la famille a des liens en Orient et qui l'a aidé en Lombardie contre Frédéric Barberousse. Quant à Alexis, il doit épouser Agnès de France (renommée « Anne » à son arrivée), fille de Louis VII.

À l'automne 1180, après une courte maladie, Manuel meurt laissant la régence à son épouse, à condition qu'elle ne se remarie pas et prenne l'habit monastique. Ce que fait Marie d'Antioche, qui prend le nom de « Xénè », tout en continuant à habiter le Palais.

La régente prend comme principal ministre un cousin de son défunt mari, le protosébaste Alexis, laid et insignifiant qui passe bientôt pour son amant. Mal vue de la famille Comnène et du peuple qui lui reprochent ses origines étrangères et de favoriser les Latins, Marie d'Antioche accumule les erreurs.

En bute aux intrigues de sa belle-fille Marie la Porphyrogénète et de son époux Renier de Montferrat, elle tente de les faire arrêter mais ils se réfugient à Sainte-Sophie ce qui déclenche une émeute. Marie et Renier font appel à Andronic Comnène, l'ambitieux cousin de feu Manuel.

Andronic se révolte et marche sur Constantinople. L'armée envoyée par la régente et son ministre et commandée par Andronic Ange et son fils Isaac (futur Isaac II) se rallie à lui. Le peuple se soulève et massacre les Latins. Le protosébaste est aveuglé. La porphyrogénète Marie et le césar Renier sont bien vite empoisonnés.

Quant à Marie d'Antioche, écartée de la régence, elle doit quitter le Palais. Elle commet l'erreur d'appeler à l'aide son beau-frère le roi de Hongrie. Dénoncée, elle est accusée de haute-trahison et condamnée à mort. Andronic oblige le jeune Alexis à signer l'ordre d'exécution de sa mère. Les portraits de Marie d'Antioche sont détruits. Elle-même est étranglée. On ne sait où elle fut enterrée : son cadavre jeté à la mer, ou enterré anonymement sur une plage (été-automne 1182).





(20) Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse (en allemand : Friedrich I., Barbarossa, 1122 –10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi des Romains, roi d'Italie, duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.
Né vers 1122 à Waiblingen1 ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie desHohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.





(21) Raymond IV d'Antioche, décédé en 1199, comte de Tripoli (1187-1189), prince régent d'Antioche (1193-1194), fils aîné de Bohémond III, prince d'Antioche, et d'Orgueilleuse de Harenc.

Le comte de Tripoli Raymond III de Tripoli meurt en 1187, sans enfant, et lui léguant son comté, mais au bout de deux ans, Bohémond III préfère rappeler son héritier auprès de lui, et placer Bohémond IV d'Antioche, son fils cadet à Tripoli. Pendant la captivité de son père, emprisonné par Léon II roi d'Arménie, il est régent de la principauté d'Antioche.

À l'issue de cette crise avec ce voisin, il épouse vers 1195 Alix d'Arménie, nièce de Léon II, fille de Roupen III d'Arménie, d'où naît :

• Raymond-Roupen d'Antioche (1199 † 1221)
Raymond est mort en 1199.





(22) La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine. (plus d’information dans la partie ordre du temple et croisades)





(23) Bohémond IV de Poitiers, dit « le Borgne », né en 1172, mort en 1233, comte de Tripoli (1189-1233) et prince d'Antioche (1201-1216 et 1219-1233), fils de Bohémond III d'Antioche et d'Orgueilleuse de Harenc.

Son frère aîné Raymond IV, adopté par Raymond III de Tripoli, lui a succédé dans ce comté en 1187, mais leur père préfère rappeler Raymond à Antioche, et place Bohémond à la tête du comté. Raymond meurt en 1199, laissant un fils à peine né, Raymond-Roupen. Aussi, à la mort de Bohémond III, Bohémond IV écarte son neveu de la succession et ajoute la principauté d'Antioche à son comté de Tripoli.

Bohémond déjoue en 1207 une première tentative du patriarche latin d'Antioche Pierre d'Angoulême pour établir Raymond Roupen sur le trône d'Antioche, mais en 1216, une seconde tentative du patriarche Pierre de Locedioréussit, et Bohémond doit se contenter de Tripoli.

En 1219 seulement, soutenu par l'importante population grecque de la ville, il peut reprendre Antioche et mettre son neveu en prison, où il meurt peu après.
Bohémond est excommunié plusieurs fois, en raison de la vengeance qu'il exerce sur les patriarches. Il meurt en 1233.

Durant la croisade de Frédéric II Hohenstaufen (sixième croisade, 1228-1229) il réussit à éviter que sa principauté ne tombe sous la suzeraineté germanique en affirmant qu'il ne tient ce fief que de l'empereur d'Orient (ce qui est juridiquement vrai depuis la soumission en droit puis en fait des princes d'Antioche aux Grands Comnènes. Cette déclaration est aussi appuyée par la forte communauté hellénique d’Antioche qui joue un rôle important dans le maintien de la ville hors de la domination du royaume arménien de Cilicie.

Il épouse en premières noces Plaisance († 1217), fille d'Hugues III Embriaco, seigneur du Giblet et d'Étiennette de Milly. De cette union naissent :

• Raymond, bailli d'Antioche, né en 1195, tué à Tortose en 1213,
• Bohémond V († 1252), prince d'Antioche,
• Philippe († 1226), roi d'Arménie,
• Henri, († 1272), ancêtre des rois de Chypre.


Il épouse en secondes noces en 1218 Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, d'où naissent :

• Orgueilleuse, morte jeune,
• Helvis,
• Marie qui prétendit au trône de Jérusalem.





(24) Raymond-Roupen d'Antioche, né en 1199, mort en 1221, prince d'Antioche (1216-1219) fils de Raymond IV comte de Tripoli et d'Alix d'Arménie.

Son père était déjà mort lorsque son grand-père Bohémond III d'Antioche mourut (1201), et bien qu'il soit fils du fils aîné, son oncle Bohémond IV profita de son jeune âge pour s'emparer de la principauté. Une première tentative pour l'installer sur le trône d'Antioche, organisée par le patriarche latin d'Antioche Pierre d'Angoulême échoua en 1208. Une seconde tentative, organisée en 1216 par son successeur Pierre de Locedio, réussit et Raymond-Roupen devint prince d'Antioche, mais en 1219, Bohémond IV parvint à reprendre le contrôle de la principauté à son neveu qui fut mis en prison. Après la mort de son grand-oncle maternel Léon II roi d'Arménie, il tenta de se faire reconnaître roi, s'empara de Tarse, mais fut pris et tué.

Raymond-Roupen avait épousé peu avant 1210 Helvis de Lusignan, fille d'Amaury II de Chypre et avait eu :
• Marie d'Antioche, dame de Toron (1215 † après 1240), mariée à Philippe de Montfort, seigneur de Castres, de Tyr et de Toron († 1270).
• Eschive d'Antioche, (1216 † 1262), mariée à Héthoum, seigneur de Lampron (1220 † 1250), de la famille des Héthoumides.





(25) Bohémond V de Poitiers, mort en janvier 1252, comte de Tripoli et prince d'Antioche (1233-1252), fils de Bohémond IV d'Antioche et de Plaisance du Gibelet.

Comme son père, il se méfie de l’Ordre de Saint-Jean de l'Hôpital et de son voisin le royaume arménien de Cilicie, et préfère l'alliance avec l'Ordre du Temple.

Il épouse en premières noces en 1225 Alix de Champagne, régente de Chypre et de Jérusalem, mais ce mariage est annulé en 1227.

Il se remarie en secondes noces en 1235 à Lucienne de Segni, petite-nièce du pape Innocent III, et a :
• Bohémond VI (1237 † 1275) prince d'Antioche et comte de Tripoli,
• Plaisance, (1236 † 1261), mariée en 1250 à Henri Ier de Chypre, puis en 1254 (mariage annulé en 1258) à Balian d'Ibelin, seigneur d'Arsouf (1239 † 1277).

Sous l'influence de sa seconde épouse, l'influence romaine augmente à Antioche et à Tripoli, au détriment des éléments latins et arméniens, ce qui inaugure une période de troubles.





(26) Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.

Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix ».





(27) Bohémond VI de Poitiers, né en 1237, mort en 1275, comte de Tripoli (1251-1275) et prince d'Antioche (1251-1268), fils de Bohémond V d'Antioche et de Lucienne de Segni.

Il commence son règne sous la régence de sa mère, et il doit faire intervenir Saint Louis pour mettre fin à cette tutelle. Le conflit est latent avec le puissant voisin de Cilicie arménienne, depuis l'éviction de Raymond-Roupen d'Antioche par le grand-père de Bohémond. Saint Louis l'aide à conclure une paix définitive, Bohémond épouse en1254 Sibylle, fille du roi Héthoum Ier d'Arménie.

Durant sa régence, sa mère peuple le pays de personnalités romaines, comme son frère Paolo de Segni qui devient évêque de Tripoli. La féodalité Tripolitaine s'en offusque et s'agite, le conflit s'aggrave avec la rivalité entre les Vénitiens, soutenus par le prince et les Génois soutenus par le seigneur du Gibelet. Bertrand Embriaco, cousin du seigneur de Gibelet, blesse Bohémond sous les murs de Tripoli (1258) et est assassiné peu après.

Lors de la guerre entre les Mongols et les Mamelouks, Bohémond suit l'Arménie et s'engagea au côté des Mongols, mais ceux-ci sont battus en 1260 à la bataille d'Aïn Djalout. Les vainqueurs se retournent alors contre les alliés de leurs vaincus. En mai 1268, Baybars met le siège devant la ville d'Antioche. Bohémond, est absent de la ville qui est prise, mettant ainsi définitivement fin à la principauté. Il se replie à Tripoli et meurt en 1275.

Bohémond et Sibylle ont 4 enfants :
• Bohémond VII, comte de Tripoli († 1287),
• Isabeau,
• Lucie, comtesse de Tripoli († 1299),
• Marie († 1280) mariée à Nicolas de Saint-Omer († 1294), seigneur de Thèbes, bailli de Morée.





(28) Les mamelouks (arabe : (singulier) mamlūk, (pluriel) mamālīk, possédé ; (turc) : Memlüklüler) sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.

Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d'abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géorgiens, etc.), d'Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n'est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide. […]





(29) Le mongol (en mongol bichig ; cyrillique : Монгол хэл ; translittération : mongol khel, littéralement : langue mongole) est une langue appartenant au groupe des langues mongoles, qui fait lui-même partie de la famille controversée des langues altaïques. Il est parlé en Mongolie, pays dont il est la langue officielle sous le nom dekhalkha (ou en cyrillique халх), puisqu'elle était parlé à l'origine par les Khalkhas, peuple mongol s'étant formé autour de la rivière Khalkha (également appelé qalq-a-yin γoul, Халхын гол). Elle est également parlée en Chine(notamment en Mongolie-Intérieure, Dongbei, Hebei, Gansu et Ningxia par 3,38 millions de personnes dont 2,5 millions ne parlent que cette langue1) et en Russie (notamment en Bouriatie et en Kalmoukie). Le nombre total delocuteurs est estimé à plus de 6 millions.

Le khalkha est le mongol vernaculaire, mais il existe également d'autres langues mongoles.





(30) La bataille d'Aïn Djalout oppose le 3 septembre 1260 les Mamelouks et les Mongols près de Jénine en Palestine. Elle se termine par la défaite des Mongols.

L'armée mongole menée par Houlagou Khan, sous le règne du grand khan Möngke, après avoir conquis l'Irak du califat abbasside et la Syrie des Mamelouks d'Égypte, menace l'ensemble du Moyen-Orient. Mais la mort de Möngke perturbe le déroulement de la campagne mongole ; une partie de l'armée quitte la Syrie, où ne restent que des effectifs limités sous la direction du gouverneur de la région, Ketboğa.

Sayf ad-Dîn Qutuz, le sultan mamelouk, décide d'attaquer les Mongols en Syrie.
Le 26 juillet 1260, l'avant-garde égyptienne quitte Le Caire. La route directe vers Damas est tenue par lescroisés qui, contre toute attente (le choix fut influencé par le fait que les Mongols venaient de ravager les environs de Sidon en représailles à une opération de razzia de Julien de Sidon), concluent une trêve, acceptent de laisser passer les Mamelouks sur leurs terres et fournissent même du ravitaillement.

Les Mamelouks peuvent donc avancer en Syrie. Surpris, les Mongols avec à leur tête le gouverneur de la région, Ketboğa vont à leur rencontre avec quelques auxiliaires Arméniens et Géorgiens. L'affrontement a lieu à Aïn Djalout, entre Nazareth et Jénine.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 13:48

INSTITUTIONS


1. Indépendance

• De tous les États francs d'Orient, seule la principauté d'Antioche ne relevait pas du royaume de Jérusalem : le prince d'Antioche ne prête pas l'hommage et dispose d'une pleine souveraineté. Pour ce qui est des rapports de la principauté avec Constantinople, la situation peut être résumée à grandes lignes. Bohémond de Tarente en 1108 (traité de Deabolis-Devol) avait fini par se reconnaître l'homme lige du basileus. Mais Tancrède, qui est régent pendant la minorité de Bohémond II, ne cède pas aux exigences des Byzantins. Il faut attendre la campagne de 1137, menée par Jean II Comnène, pour que le prince d'Antioche reconnaisse la souveraineté byzantine.
• Cependant, bien que la principauté d'Antioche ne soit pas du royaume, il peut arriver que le roi de Jérusalem la gouverne quand son prince vient à manquer


2. Seigneuries vassales

Les principales seigneuries vassales de la principauté d'Antioche sont :

• la seigneurie de Valénie et Marqab.


Valénie :




Le Margat (Qalaat Marqab)


Baniyas, Banias ou Banyas est une ville portuaire de Syrie, située sur la mer Méditerranée, entre Lattaquié etTartous.

Baniyas est un très ancien site d'occupation humaine déjà connu comme port du temps des Phéniciens. Il y avait quelques pêcheurs dans les années 1980. Une grande marina de plaisance s'y trouve actuellement.

La région était connue pour ses vergers de citronniers, désormais largement transformés en cultures sous serre.

Les origines de la ville remontent à l'époque phénicienne. Elle est appelée Balanea  par Pline l'Ancien ou Leucas.

Les Croisés s'y établirent en 1098 et la nommèrent Valénie, on trouve parfois Balanée, c’était une ville fortifiée. Elle appartenait à la principauté d'Antioche et le ruisseau qui passe au sud la séparait du comté de Tripoli. Ils construisent alors la forteresse du Margat.

La famille qui la possédait la céda aux Hospitaliers avec le château de Margat en 1186. Deux ans après Saladin ne parvint à prendre ni la Valénie, ni le Margat. Un mur allait de Margat à la côte pour rejoindre le lieu-dit « la tour du Garçon ». Ce bastion au bord du rivage faisait fonction de poste de douane entre les deux principautés croisées. À la fin du siècle, l'évêque de Baniays déplaça sa résidence à l'intérieur du Margat.

En 1285, Margat tomba aux mains du sultan mamelouk bahrite Qala'ûn. Baniyas ne fut plus qu'un village. En 1864, des voyageurs purent encore voir quelques restes de Valénie, mais depuis les pierres ont servi à des constructions nouvelles et Valénie a disparu totalement.


Marqab :



L’entrée de la forteresse


La forteresse de Qalaat Marqab était connue des Croisés sous le nom de (le) Margat. Elle est située à quelques kilomètres au sud du port de Baniyas sur la côte syrienne.
Un premier château a été construit à 1062 par un seigneur musulman local. Les musulmans contrôlent la forteresse pendant la première croisade malgré l’existence de la principauté d'Antioche.
En 1104, les Byzantins prennent le Margat.

En 1109, Tancrède de Hauteville enlève Baniyas puis Gibel (Jabla) et remet cette dernière à Renaud Ier Masoier. C’est Renaud II Masoier qui s’empare de Margat et se charge de son entretien jusqu’en 1185. La forteresse s'avère trop grande pour la famille Masoier.




La cour et le puits. On peut remarquer des reconstructions
ottomanes en calcaire blanc posées sur les soubassements
en basalte.






En 1188, elle est vendue aux Hospitaliers qui en font leur quartier général en Syrie. Saladin en fait le siège puis renonce. Il pense la forteresse imprenable. Le Marqab est un des rares territoires restants sous le contrôle des Croisés après les conquêtes de Saladin.

En 1203 et jusqu’en 1205, les Hospitaliers lancent plusieurs expéditions contre Hama et Homs. Le sultan d'Alep,Malik Zahir Gazi, envoie une armée qui détruit les tours d'enceinte de Margat mais il se retire quand son général est tué d'une flèche.

Au début du XIIIe siècle, Margat est à l'apogée de sa puissance militaire. Les Hospitaliers ont une garnison de mille personnes et des vivres pour cinq années. L'évêque de Valénie (Banyas) y transporte sa résidence.

En 1269 et 1270, Margat repousse les assauts de Baybars. En 1271, le Krak est pris mais les Hospitaliers gardent solidement la côte. En 1281, Margat est assiégé par une armée de 7000 hommes. Les Hospitaliers ne sont que 220 chevaliers et 200 fantassins. Après une sortie au cours de laquelle ils ne perdent qu'un seul chevalier et 12 sergents, ils mettent les musulmans en fuite.
En avril 1285, presque un siècle après la tentative de Saladin, le sultan Mamelouk bahrite d’Égypte Qala'ûn prend la forteresse après un travail de sape qui a fait s’effondrer une partie des remparts. Les Mamelouks laissent les Hospitaliers partir en emportant tout ce qu’ils peuvent. Les Hospitaliers se replient àTartous puis à Arouad d'où il partiront vers Chypre. Les ottomans n'ont pas détruit la forteresse. Ils en font une garnison.

La forteresse de Margat occupe un éperon rocheux qui commande tout le littoral, ce qui explique son nom en arabe. Les murailles dessinent un triangle grossièrement équilatéral de 600 m de côté. Le sommet du triangle est dirigé vers le sud et c’est là que se trouve le château avec son énorme donjon de 29 m de diamètre qui figure comme la proue d’un navire.

Il y avait un mur qui reliait le Margat à la tour appelée Burj as-Sabi2 pratiquement sur le rivage. Ce bastion au bord du rivage faisait fonction de poste de douane entre deux principautés croisées : la principauté d’Antioche dont il fait partie et au sud le comté de Tripoli.

La forteresse avait un avantage sur le Krak des Chevaliers, c’est de ne pas dépendre complètement de son approvisionnement en eau par un aqueduc et des bassins servant de réserves d’eau ; il y a des puits comme celui qu’on peut encore voir dans la cour. La chapelle a été construite par les Hospitaliers vers 1186. Vers 1270, l'entrée principale fut établie dans la barbacane au milieu du front ouest. On y accède par un escalier en pente douce puis par un pont.

C'est là sans doute que résida Isaac Comnène, prisonnier de Richard Cœur de Lion qui l'avait confié à la garde des Hospitaliers. Il mourut à Margat en 1195.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 14:59

• la seigneurie de Saône et de Sardoine
• la seigneurie de Cerep
• la seigneurie de Capharda




SAÔNE

Qal`at Salah El-Din (Qal`at Salah al-Din al-'Ayyûbî, en arabe : qalʾa ṣalāḥ al-dīn al-ʾayyūbī,  « forteresse de Saladin l'Ayyoubide »), aussi connu sous le nom du château de Saône (de l'arabe : qalʾa ṣahyūn, altéré en Saône, Sahone, Sehunna, « château de Saône »), est une forteresse de Syrie. Elle est inscrite conjointement avec le Crac des Chevaliers (1) depuis 2006 dans la liste du patrimoine mondial.



Levé de soleil depuis le plateau en face de Saône.


La citadelle est très ancienne, la première construction date peut-être du début du Ier millénaire av. J.-C. par lesPhéniciens. Ces derniers auraient dû la céder à Alexandre vers 334 av. J.-C.. La place est prise vers 947-949 par l’émir hamdanide (2) d’Alep Ali Sayf al-Dawla (3). L’empereur byzantin Jean Ier Tzimiskès (4) la prend en 974. Les Byzantins la conservent jusqu’à la fin du XIe siècle sauf pendant une période où elle est occupées par les Seldjoukides. C’est à cette époque que la structure de la forteresse prend forme. L‘ensemble est clôturé par une double enceinte côté est. Le fossé qui barre l’accès de ce côté n’est pas encore creusé.



Ses 700 mètres de longueur en font le plus grand château croisé.


Les croisés en prennent possession au début du XIIe siècle. En 1119, elle est la propriété de la famille Puylaurens, donnée par Roger de Salerne, régent de la principauté d'Antioche. Pendant cette période les aménagements byzantins sont améliorés. Les croisés entreprennent le creusement du grand fossé et aménagent la pile qui permet de supporter la passerelle. C’est aussi pendant cette période qu’est construite la tour carrée de 24 m de côté qui domine le front est.



La tour-maitresse de Saône est un des meilleurs exemples du
rôle de représentation fort que pouvait avoir ce genre d’ouvrage.
Les architectes arabes devaient reprendre ce concept par la suite.



En 1188, elle est conquise par Saladin qui la confie à Nasir al-Din Mankawars. Elle tombe ensuite aux mains desMongols jusqu’à sa prise par le mamelouk Baybars (5) en 1272. En 1280, le gouverneur de la forteresse est Sunqur al-Achqar (6) émir mamelouks rebelle qui tente de conquérir son indépendance. En 1281, il parvient à un accord avec le sultan Qala'ûn (7) et participe à son côté à la deuxième bataille de Homs (08) contre les Mongols. Sunqur al-Achqar est cependant délogé de la forteresse par Qala'ûn en 1287, après un siège d’un mois. Elle devient ensuite une résidence de gouverneurs d’un district de la province de Tripoli.







(1) Le Krak des Chevaliers, ou Krak de l'Hospital — le terme « krak » dérive du syriaque karak signifiant « forteresse » —, Qal`at al-Hosn (La forteresse imprenable) ou Hisn al-Akrād (forteresse des Kurdes) est unchâteau fort datant de l'époque des croisades. Il est situé dans l'ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les chevaliers de l'Hôpital (ou Hospitaliers) gérèrent le fort de 1142 à 1271, date de sa conquête par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (Baybars Ier), sultan des Mamelouks. Cette conquête mit fin à 129 ans d'invincibilité du fort.

Thomas Edward Lawrence, en le découvrant en 1909 le jour de son 21e anniversaire, le qualifia de « plus beau des châteaux du monde, certainement le plus pittoresque que j’ai vu, une véritable merveille. »




(2) La dynastie hamdanide (Ḥamdānyūn), est une dynastie d’émirs chiites (890-1004) originaires de la partie Est de la Djazira, qui règne sur un espace allant du nord de l’Irak à la Syrie. Les capitales de cet émirat sont Mossoul et Alep. La famille des hamdanides descend de ‘Adi b. Ousama b. Taghlib, membre de la tribu des Banu Taghlib.

Cette dynastie apparait dans un contexte d'affaiblissement du pouvoir central abbasside , qui voit dans cette période du Xe siècle l'émancipation et l'affirmation de petites dynasties qui s'emparent des pouvoirs temporels et spirituels du califat à une échelle locale ou régionale. Les Hamdanides constituent une de ces dynasties autonomes gouvernées par des émirs.

Bien que leur règne soit court les Hamdanides, témoin privilégié de ce monde musulman, occupent une place fluctuante dans l’équilibre des grandes forces politiques du Proche Orient, abbassides, bouyides, fatimides ou byzantines.

La renommée de cette dynastie vient essentiellement de deux de ses membres, Hasan Nâsir al-dawla et Sayf al-dawla, qui s’illustrent particulièrement dans cette période et sont les premiers émirs respectifs de Mossoul et d’Alep. La dynastie Hamdanide joue également un  rôle important face aux Byzantins qui à partir du Xe siècle se lancent dans une politique de reconquête des territoires perdus aux siècles précédents : ils y répondent par la théorisation d’un nouveau djihad.

L’histoire de la dynastie Hamdanide est souvent vue au prisme des grandes dynasties de cette époque, comme celle d’un pouvoir séditieux aux marges de l’Empire issue de quelques officiers ambitieux peu fidèles au calife et profitant de ses faiblesses. Or, la littérature de l’époque nous rapporte les exploits d’une dynastie de princes arabes autonomes dont la gloire incarne un idéal chevaleresque. On peut donc se demander en gardant à l’esprit cette dualité, comment se forme cette dynastie hamdanide à travers les liens qu’elle entretient avec les puissances voisines ?




(3) Ali ibn Abu'l-Hayja 'Abdallah ibn Hamdan ibn al-Harith Sayf al-Dawla al-Taghlibi, plus communément connu par son laqab (épithète honorifique) de Sayf al-Dawla (« épée de la dynastie [abbasside] ») est le fondateur de l'émirat d'Alep, recouvrant la grande majorité du nord de la Syrie et certaines régions occidentales de la Djézireh. Il est le frère d'al-Hasan ibn Abdallah ibn Hamdan (mieux connu sous le nom de Nasir al-Dawla).

Il commence sa carrière en dirigeant la ville de Wasit en Irak et fut impliqué dans les conflits du calife Abbasside qui dirigeait Bagdad. Il estima alors que davantage de chances s'offraient à lui à l'est, en Syrie qui était alors sous la domination des Ikhchidides.

Ali s'empare de la Syrie du nord et d'Alep en 944 grâce aux troupes et à l'appui financier de son frère Hassan Nâsir al-Dawla, puis en 947, Damas à la troisième tentative. Il se dirige alors vers l'Égypte mais doit s'arrêter à Ramla, négociant alors un traité de paix avec la dynastie dirigeante.

Il jette les bases d'un État syro-mésopotamien qui deviendra vite indépendant des autorités basées à Mossoul et Bagdad. Il résiste seul aux Byzantins, conduisant ses soldats au combat selon d'anciennes tactiques militaires arabes. Il lance de multiples razzias en territoire byzantin. Son royaume devient vite prospère. Il est cependant sévèrement battu par les byzantins en novembre 958, puis en novembre 960 et à nouveau le 23 décembre 962 contre une armée qui reprend Alep, dirigée par Nicéphore II Phocas qui cherche à libérer l'est méditerranéen de la piraterie. Homme de culture, il protège les lettrés comme les poètes Abu Firas et al-Mutanabbi, et le philosophe Al-Farabi.

Il meurt en janvier 967 à l'âge de 51 ans, et est remplacé par son fils Saad el-Dawla.




(4) Jean Ier Tzimiskès (en grec Ἰωάννης « Τζιμισκής » Κουρκούας / Iôánnes « Tzimiskếs » Kourkoúas, parfois orthographié Zimiscès ou Tzimiscès ; né vers 925, mort le 10 janvier 976) est empereur byzantin de 969 à 976.




(5) Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, plus connu en français sous le nom de Baybars,Baïbars ou encore Bibars (né le 19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277 (à 53 ans) à Damas en Syrie) est un sultan Turcs kiptchaks des mamelouk bahrite d'Égypte qui régna de 1260 à 1277.
Il est parfois surnommé la "panthère" ou encore « l'arbalétrier ».
Né au Kiptchak (en Crimée) en 1223, il est vendu comme esclave à Damas après l'invasion mongole dans les années 1240.

Envoyé en Égypte, il entre au service du sultan ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps, qui lui fait donner une formation militaire. Il participe activement au coup d'État qui renverse la dynastie ayyoubide et se traduit par l'assassinat de Tûrân Châh, le fils d'As-Sâlih Ayyûb, en 1250.

Au service du sultan mamelouk Sayf ad-Dîn Qutuz, il remporte sur les Mongols la victoire d'Aïn Djalout(3 septembre 1260) qui sauve l'Égypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. À son retour au Caire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-llah, l'un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un calife fantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci sera rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262.

Administrateur efficace, Baybars crée une marine de guerre, une armée permanente, restaure les routes et organise un remarquable service postal.

Son objectif principal, durant la suite de son règne, est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu'il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l'empire byzantin, du sultanat seldjoukide de Roum.

Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s'empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed(25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268),d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers le 8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l'alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s'emparer de Masyaf, la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des Assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Véritable artisan du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés, il est devenu le héros d'un roman de chevalerie, très populaire dans le monde arabe, le Sirat el-Malik el Zahir.

Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille : si deux de ses fils,Berke Khan et Salamish, sont bien sultans, en 1279 le sultanat revient au régent Qala'ûn.




(6) L’émir Chams al-Dîn Sunqur al-ʾAchqar (Soleil de la religion « le gerfaut roux »), Schems-ud-din Soncor el-Aschcar ou Soncor « le roux » est un émir au service des sultans mamelouks. Il réside de à 1281 à 1287 dans le Sahyun (Château de Saône).

En 1266, Sunqur est fait prisonniers par les Arméniens et échangé contre Léon le fils du roi Héthoum Ier d'Arménie. En 1279, au cours du règne Salâmich, fils de Baybars, il est nommé gouverneur de Damas. Pendant le règne de Qala'un il tente de conquérir son indépendance et s’autoproclame sultan de Damas et prend le titre de Al-Malik al-Kamil  (le roi parfait). Il est amené à se battre contre Qala'ûn mais il est pardonné. En 1287, Qala'un prend la forteresse de Sahyun. Après le siège Qala'un fait procéder à la reconstruction et à des aménagements de la forteresse.
En décembre 1292, il est exécuté au Caire par Al-Ashraf Salah ad-Dîn Khalil (règne : 1290-1293) fils de Qala'ûn.




(7) Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala’ûn al-Alfî, aussi connu sous le nom de Qala’ûn ou Kélaoun, est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte de 1279 à 1290.

Il fait nommer Sultan le fils aîné de Baybars, Baraka. Constatant son incompétence à gouverner, Qala'ûn l'écarte du pouvoir. Il se fait alors nommer régent deSalamish, le frère cadet, en août 1279. En septembre 1279, il prend le pouvoir. Il mène alors une politique d’alliance avec les Kiptchak et Byzance contre lesIl-Khan d’Iran. Il vainc les mongols d’Abaqa près de Homs (1281) grâce à la neutralité des Francs de Saint Jean d'Acre.

Le 25 mai 1285, il prend la forteresse des Hospitaliers de Marchat (Marqab). En mars 1289, il assiège Tripoli de Syrie, qui tombe le 27 avril. Une partie de la population parvient à s’enfuir par la mer, mais le reste des hommes est massacré, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage. La ville, pillée, est démolie et rasée.

Pressé par ses émirs d’en finir avec les Francs d’Acre, Qala’ûn refuse de violer le traité de 1283 et renouvelle la trêve pour dix ans en juillet 1289. Il encourage les musulmans à profiter d’Acre pour leurs échanges avec l’Occident, par l’intermédiaire des commerçants vénitiens et des Templiers, devenus les principaux banquiers de Syrie, et des marchands damascènes. Le port d’Acre connaît une période de prospérité. Cependant, au lendemain de la chute de Tripoli, le roi d’Acre Henry dépêche des messagers à Rome pour demander des renforts.

Une importante flotte occidentale chargée de croisés arrive à Acre au milieu de l’été suivant. Des marchands damascènes sont assaillis dans les rues, dévalisés et laissés pour morts par les nouveaux venus. Les autorités parviennent à rétablir l’ordre, mais la situation se détériore fin août. Qala’ûn profite de la situation. Il envoie à Acre une ambassade pour demander des explications et pour que les assassins lui soient livrés. Devant le refus des Francs, le sultan brise la trêve. Le 4 novembre 1290, l’armée mamelouk s’ébranle. Mais le lendemain Qala’ûn tombe malade. Il fait jurer à ses émirs et à son fils Khalil de terminer la campagne, et meurt moins d’une semaine plus tard.

Son successeur, Khalil, prendra Acre le 17 juin 1291.




(08) La seconde bataille de Homs est une bataille entre les armées mongoles des il-khanides et les Mamelouksd’Égypte, lors d’une tentative de l’il-khan Abaqa de conquérir la Syrie. Elle se déroule aux environs de Homs le 29 octobre 1281 et se solde par une défaite mongole.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 8 Mai - 16:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 15:44

• la seigneurie de Harrenc




Vue générale



Cette place eut un rôle crucial durant toute la durée du XIIème siècle. Située sur la route d’Antioche à Alep, à l’est du Pont de Fer, elle fut prise par les Croisés pendant le siège d’Antioche en février 1098. Nur al-Din prit Harim une première fois en 1149. Une coalition efficace dirigée par le roi de Jérusalem, Baudoin III, permit aux Croisés de la reprendre en février 1158. En 1164, Nur al-Din, dans sa première tentative d’attaque concertée entre princes arabes pour déloger les Francs, s’en empara une seconde fois. Elle resta entre les mains des Arabes jusqu’à la chute d’Antioche, un siècle plus tard (1268).



Tour rectangulaire defendant le front sud


[/URL]
vue de l’intérieur de la porterie principale



Une grande galerie couverte traverse l’ensemble de la
citadelle et en déssers les différentes parties





Détail d’une niche d’archère arabe du front sud



Vue général du complexe palatial
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 16:24

3. Armoiries



On attribue à Bohémond Ier de Tarente les armes d'argent, à la branche de fougère de sinople, nouée d'or et renversée en pal. Elles sont cependant attribuées a posteriori, car les blasons n'apparaissent qu'un demi-siècle après la mort de Bohémond.



Armoirie Bohémond d’Antioche



Plus tard, Bohémond VI d'Antioche portait : écartelé, en 1 et 4 de gueules et en 2 et 3 d'azur semé de fleurs de lys d'or et il est précisé que Saint Louis lui avait permis d'écarteler son blason avec les lys de France, ce qui laisse penser que les précédents princes portaient : de gueules plein.



Armoiries Bohémond VI d'Antioche



4. Liste des princes d’Antioche

De sa fondation en 1098 à la prise de la ville par les Mamelouks, plusieurs princes se sont succédé à la tête de la principauté d'Antioche, l'un des premiers États latins d'Orient.

a) les différentes maisons


***** Maison de Hauteville

1098 - 1111 : Bohémond Ier († 1111) fils de Robert Guiscard
marié à Constance de France, fille de Philippe Ier, roi de France
• 1100-1103 : régence de Tancrède († 1112) prince de Tibériade, son neveu (Bohémond étant prisonnier)
• 1104-1111 : seconde régence de Tancrède (Bohémond étant en Europe)
1111-1130 : Bohémond II († 1130), fils de Bohémond Ier et de Constance de France
marié à Alix de Jérusalem, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem.
• 1111-1112 : régence de Tancrède
• 1112-1119 : régence de Roger de Salerne († 1119), neveu de Tancrède
• 1119-1126 : régence de Baudouin II, roi de Jérusalem
            ****1130-1163 : Constance (1127 † 1163) fille de Bohémond II et d'Alix de Jérusalem
mariée en premières noces (1136) à Raymond de Poitiers († 1149)
mariée en secondes noces (1153) à Renaud de Châtillon (1120 † 1187)
• 1130-1131 : régence de Baudouin II, roi de Jérusalem
• 1131-1136 : régence de Foulque roi de Jérusalem
• 1136-1149 : Raymond de Poitiers, premier époux de Constance * d'Antioche,
• 1149-1153 : régence de Baudouin III, roi de Jérusalem
• 1153-1163 : Renaud de Châtillon, second mari de Constance d'Antioche


***** Maison  de Poitiers

1163-1201 : Bohémond III le Bègue († 1201), fils de Raymond de Poitiers et de Constance d'Antioche
marié en premières noces (1169) à Orgueilleuse de Harenc († 1175)
marié en secondes noces (1176) à Théodora Comnène, qu'il répudia en 1180
marié en troisièmes noces (1181) à Sibylle, qu'il répudia en 1199
marié en quatrièmes noces (1199) à Isabelle
1201-1216 : Bohémond IV le Borgne (1172 † 1233), second fils de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en premières noces à Plaisance († 1217), fille d'Hugues III Embriaco, seigneur du Giblet et d'Étiennette de Milly
marié en secondes noces (1218) à Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.
1216-1219 : Raymond-Roupen d'Antioche (1199 † 1221), fils de Raimond IV d'Antioche, comte de Tripoli (fils aîné de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc) et d'Alix d'Arménie.
marié à Helvis de Lusignan († 1217), fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.
1219-1233 : Bohémond IV, restauré
1233-1252 : Bohémond V († 1252) fils de Bohémond IV et de Plaisance de Giblet
marié en premières noces (1225) à Alix de Champagne, mariage annulé en 1227.
marié en secondes noces (1235) à Lucienne de Segni, petite-nièce du pape Innocent III
1252-1268 : Bohémond VI le Beau (1237 † 1275), fils de Bohémond V et de Lucienne de Caccamo-Segni
marié en 1254 à Sibylle († 1290), fille d'Héthoum Ier, roi d'Arménie


La ville d'Antioche fut définitivement prise en mai 1268, mais le titre de prince d'Antioche continua à se transmettre :

1268-1275 : Bohémond VI
1275-1287 : Bohémond VII († 1287), comte de Tripoli, fils du précédent
1287-1299 : Lucie († 1299), comtesse de Tripoli, sœur du précédent
mariée à Narjod de Toucy, amiral sicilien


*****Maison de Toucy


1299-1300 : Philippe de Toucy († 1300), fils de la précédente


***** Maison de Lusignan


1300-1308 : Marguerite de Lusignan (1244 † 1308), fille d'Henri (lui-même fils de Bohémond IV) et d'Isabelle de Lusignan
mariée à Jean de Montfort (mort en 1283), seigneur de Tyr et de Toron
1308-1324 : Henri II de Chypre, roi de Chypre
Les rois de Chypre le portèrent ensuite, ou l'attribuèrent à leurs fils cadets.

b) Généalogie


** 1) De Bohémond Ier à Bohémond III




** 2) De Bohémond III à Bohémond VI

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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 19:30

COMTE DE TRIPOLI ( 1102 – 1288)


Le comté de Tripoli (1)  était l'un des États latins d'Orient fondés à la faveur de la première croisade. Il était situé sur le territoire de l'actuel Liban et subsista de 1102 à 1258.



HISTOIRE

• Ce n'est que plusieurs années après la constitution des autres États latins d'Orient que fut créé ce comté. Raymond de Saint-Gilles (2) commença par s'emparer de la forteresse de Tortose (3) (1102). Il tenta vainement de s'emparer de Homsdans l'arrière pays, sur le cours de l'Oronte (4), citadelle dont la possession aurait permis à l'État d'exister plus longtemps. Il mit le siège devant Tripoli(5) en 1104, mais la ville résista plusieurs années, car ravitaillée par mer par les Égyptiens. Raymond mourut en 1105, et son cousin Guillaume Jourdain(6) lui succéda. Le siège n'était pas encore terminé qu'arriva d'Europe Bertrand (7), le fils de Raymond de Saint Gilles qui disputa à Guillaume la possession du comté. Baudouin Ier roi de Jérusalem vint avec toute son armée arbitrer le litige. Ces renforts permirent la prise de la ville (12 juillet 1109). Baudouin Ier résolut la succession de Tripoli en partageant le comté en deux, mais l'assassinat de Guillaume en 1110permit à Bertrand de réunifier le comté.

• Ses descendants dirigèrent le comté jusqu'en 1187, et le comté passa alors aux princes d'Antioche.
• La population franque du comté était principalement constituée de Croisés originaires d'Occitanie et d'Italie. Des États latins d'Orient, c'était le seul où l'on parlait la langue d'oc (08), contrairement aux autres qui parlaient la langue d'oil (9), aussi la domination des Normands d'Antioche fut mal acceptée.
• Les XIIIe siècle fut parsemé d'intrigues de révoltes et d'assassinat. Il vit même le seigneur de Gibelet injurier son suzerain aux portes de Tripoli. La dernière comtesse, Lucie (10) fut déposée en 1288 et Tripoli devint une commune autonome sous le protectorat de Gênes. Les Francs étaient beaucoup plus préoccupés de leurs querelles internes que de la progression des Mamelouks.
• Ceci leur permit de mettre le siège devant la ville en février 1289, qui fut prise le 27 avril 1289, ce qui entraîna le massacre de la population.




(1) Tripoli (Trablous, en arabe) est, de par son importance démographique et économique, la deuxième ville duLiban. Sa population est estimée à 190 000 habitants environ. Chef-lieu du gouvernorat du Liban-Nord et du districtde Tripoli, la ville constitue également le noyau d'une Fédération de municipalités, créée en 1982 et nommée Tripoli al-Fayha'a (Tripoli l'oasis), qui l'associe aux communes d'El-Mina et de Beddawi.

Tripoli se situe à 85 kilomètres au nord de Beyrouth. Sa population est à 80 % de confession sunnite et minoritairement alaouite, grecque orthodoxe et maronite.

Le nom de la cité proviendrait du grec Tripolis3,4. Elle aurait été nommée ainsi du fait de sa séparation en trois parties distinctes par les commerçants venant de Tyr, Sidon et Aradis.
À partir de 1070, Tripoli est sous la domination des Banû ’Ammâr, qui se sont rendus indépendants des califesfatimides d'Égypte. En 1102, lors de la première croisade, la ville fut assiégée par Raymond IV de Toulouse et défendue par le qâdî Fakhr al-Mulk. Le siège dura près de 10 ans, infligeant de lourds dégâts à la ville, qui tomba aux mains des croisés en 1109. Elle fut ensuite, durant le temps des croisades, la capitale du comté de Tripoli, l'un des principaux États francs du Levant. En 1289, les mamelouks, emmenés par le sultan Qala'ûn, conquirent la ville. Le commerce était un des atouts de la ville, les principaux flux monétaires se faisaient entre les grandes familles de la région du levant via la Banque Raffoul. Actuellement le port garde son ampleur mais le flux s'est concentré sur la capitale Beyrouth.

Du temps des Mamelouks, Tripoli garde encore un cachet tout spécial constitué par les nombreux monuments religieux reconnus par les couleurs blanches et noires de leurs façades. La vieille ville renferme des églises et quelques mosquées hors du commun. […]



(2)   Raymond IV (ou VI)  de Toulouse, mieux connu sous le nom de Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - † 1105) est un comte de Saint-Gilles (1060-1105), duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105), marquis de Provence (v. 1085 - 1105), comte de Toulouse (1094-1105) et comte de Tripoli (de 1102 à 1105, sous le nom de Raymond Ier).



Raymond IV de Toulouse, par Merry-Joseph Blondel.
Salles des croisades, Versailles


Raymond est le second fils de Pons, comte de Toulouse, et d'Almodis de la Marche. À la mort de son père, son frère aîné Guillaume IV hérite de l’ensemble des biens paternels, Raymond devant se contenter du comté de Saint-Gilles, qui se résume à une moitié de l’évêché de Nîmes, du château de Tarascon, de la terre d’Argence et de la moitié de l’abbaye de Saint-Gilles.
[…]

Il épouse en premières noces vers 1066 la fille d'un comte de Provence, qui peut être soit Bertrand Ier de Provence1, soit Geoffroy Ier de Provence2. De ce mariage est né :
• Bertrand († 1112), comte de Toulouse, d'Albi, d'Agen, de Rouergue et du Quercy, marquis de Gothie, duc de Narbonne et comte de Tripoli.
Probablement veuf, il se remarie avec Mathilde de Hauteville († av. 1094) et fille de Roger Ier, comte de Sicile, et de Judith d'Évreux.
Il se marie ensuite pour la troisième fois en 1094 avec Elvire de Castille, fille d'Alphonse VI, roi de Castille et de Léon et de sa maîtresse Jimena Munoz. Elle donna naissance à :
• Alphonse Jourdain (1103 † 1148), comte de Toulouse, d'Albi, etc.


(3)  Tartous est une ville côtière de Syrie, abritant le second port du pays après celui de Lattaquié. Elle est également la capitale du gouvernorat du même nom. La ville se situe à environ 160 kilomètres au nord-ouest de la capitale Damas et à 30 kilomètres au nord de la frontière libanaise.

Les Syriens la considèrent comme une station balnéaire. La cathédrale romane abrite un petit musée qui expose les objets anciens trouvés dans la région.

La ville fut fondée par les Phéniciens. Ils étaient déjà maîtres de l'île d'Arouad toute proche mais moins accessible. La ville passa ensuite entre les mains des Grecs, des Romains, des Arabes, puis des Croisés qui y construisirent le château de Tortose.

La ville était nommée Antarados sous l'Antiquité, c'est-à-dire la ville en face d'Arados (actuelle Arouad), et Tortosepar les Croisés.

Après le coup d’État du parti Baas en Syrie en 1963, la ville est devenue le centre du nouveau gouvernorat éponyme ; elle appartenait jusqu'alors au gouvernorat de Lattaquié.




(4)  L'Oronte, en arabe Nahr al-`Assi (« le fleuve rebelle »), appelé aussi Draco, Typhon ou Axius, est un fleuve duProche-Orient.
Il prend sa source au centre du Liban, traverse la Syrie occidentale et se jette dans la Méditerranée près du port deSamandağ, dans la région de Hatay, au sud-est de la Turquie (région revendiquée par la Syrie). Il est long de 571 kmet son débit naturel (au nord de la vallée de la Bekaa) est de 420 millions de m3/an (1100 millions de m3/an au niveau de son embouchure).




(5)   Le siège de Tripoli, ville qui se trouve actuellement au nord du Liban, est un siège commencé en 1102 parRaymond de Saint-Gilles et qui prend fin le 12 juillet 1109 avec la prise de la ville, qui permet la constitution ducomté de Tripoli.




(6)   Guillaume de Cerdagne († 1110) surnommé Jourdain après avoir été (re)baptisé dans les eaux du fleuve du même nom, comte de Cerdagne (1095-1099) et de Tripoli (1105-1110), fils de Guillaume Raymond comte de Cerdagne et de Sancha de Barcelone.

Il accompagna à la première croisade Raymond de Saint Gilles, qui était le demi-frère de sa mère. Lorsque celui-ci mourut, prenant pour prétexte l'absence du fils aîné de Raymond Bertrand et la minorité du second fils Alphonse Jourdain, il s'intitula comte de Tripoli. Quelques années plus tard, Bertrand arriva en Terre Sainte pour recueillir la succession et Baudouin Ier de Jérusalem arbitra la succession en divisant le comté en deux. Guillaume fut assassiné et Bertrand réunifia le comté.





(7)   Bertrand de Toulouse (dit parfois aussi Bertrand de Tripoli), né vers 1065 et mort en 1112, est un comte de Toulouse, de Rouergue, d’Agen, d’Albi et du Quercy, marquis de Gothie et de Provence et duc de  de 1096 à 1108, et comte de Tripoli de 1109 à 1112. Il est fils de Raymond de Saint Gilles.

Il épousa en juin 1095 Hélène de Bourgogne7 (v.1080 † 1141), fille d'Eudes Borrel, duc de Bourgogne, et de Sibylle de Bourgogne, qui donne naissance à :
• Pons (v. 1096 † 1137), comte de Tripoli.
Veuve, Hélène se remarie à Guillaume Ier Talvas, comte de Ponthieu





(08) L’occitan, ou langue d’oc (en occitan : occitan , lenga d'òc  ou óucitan, lengo d’o) est une langue romane parlée dans le tiers sud de la France, les Vallées occitanes et Guardia Piemontese (en Italie), le Val d'Aran (en Espagne) et à Monaco. L'aire linguistique et culturelle de l'occitan est appelée l’Occitanie. Les estimations du nombre de locuteurs d'occitan sont extrêmement divergentes selon les sources, toutefois l’occitan ressort comme la langue régionale la plus parlée en France.

L’occitan fut très tôt, dès le Moyen Âge central, une langue administrative et juridique concurrente du latin. La langue occitane est connue pour sa riche littérature à partir du XIIe siècle, époque où les troubadours vont commencer à la rendre illustre dans toutes les cours d'Europe. Dès le XIIIe siècle, l'occitan est utilisé comme langue scientifique. Elle fut aussi une langue utilisée pour les échanges commerciaux internationaux.

L'occitan est à l’origine d’une importante production culturelle22 et d'une littérature qui s’étend de façon ininterrompue sur plus de mille ans depuis les trobairitz et troubadours jusqu'à aujourd'hui, couvrant un grand nombre de genres littéraires (poésie médiévale, théâtre baroque, livret d’opéra, roman philosophique…). Un des points culminants de l'histoire littéraire de l'occitan a été l'attribution du prix Nobel de littérature à Frédéric Mistral. Depuis le XIXe siècle elle est, sur le plan international, un sujet d'études académiques assez répandu. L'occitan peut être considéré comme une des grandes langues de culture de l'Europe.

Au cours de son histoire, l'occitan a connu différentes appellations, notamment provençal, limousin, gascon,catalan, languedocien, roman.




(9) Historiquement la langue d'oïl, ou simplement oïl , est la langue romane qui s’est développée dans la partie nord de la Gaule, puis dans la partie nord de la France, dans le sud de la Belgique (Belgique romane) et dans les îles Anglo-Normandes, et qui était parlée au Moyen Âge. Elle se confond dans un premier temps avec l’ancien français, qui englobe alors les différents dialectes d’oïl. L’unité de la langue prend fin au cours de la période du moyen français. Par la suite, les langues d'oïl constituent une branche de la famille des langues gallo-romanes formée par les langues issues des dialectes de cette dernière. Cette branche du nord a conservé un substrat celtique plus important et a subi une plus grande influence du germanique que sa cousine occitano-romane du sud, la langue d'oc.




(10) Lucie de Poitiers, morte en 1299, comtesse de Tripoli (1287-1288) et princesse titulaire d'Antioche, fille de Bohémond VI d'Antioche et de Sibylle d'Arménie.

Quand son frère Bohémond VII mourut, leur mère nomma comme régent Bertrand du Gibelet. Il devint rapidement impopulaire dans la commune de Tripoli, qui créa sa propre administration. Lucie arriva alors à Tripoli d'Auxerre, pour prendre le contrôle du comté, bien qu'elle soit à la fois opposée à la commune et aux Génois, soutien des Gibelet. Ceux-ci, sous la conduite de Benedetto Zaccaria, essayèrent d'installer un podesta, un administrateur officiel de Gênes qui aurait fait de Tripoli une colonie génoise. À ce fait, le chef de la commune consentit à reconnaître Lucie, mais celle-ci s'allia aux Génois.

Les Vénitiens et les Pisans, qui avaient des liens commerciaux avec Tripoli, en furent mécontentés et conspirèrent avec Qalawun, le sultan mamelouk, pour attaquer la ville. Lucie s'allia aux Mongols, qui sachant que la ville était trop faible pour se défendre même avec leur aide. Lui firent demander des renforts en Europe, mais aucune aide ne parvint. La ville de Tripoli fut prise le 26 avril 1289.

Bien qu'il ait pu revendiquer le comté, Narjot de Toucy, le mari de Lucie ne vint jamais à Tripoli, trop occupé par des affaires au royaume de Naples. Ils eurent un fils, Philippe qui mourut en 1300.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 19:57

LES COMTES DE TRIPOLI


***** Maison de Toulouse

1102-1105 : Raymond Ier de Saint Gilles (v.1050 † 1105) qui s'attribua le titre pendant le siège de 1104 avant la prise de la ville.
1105-1110 : Guillaume Jourdain († 1110), comte de Cerdagne, neveu de Raymond Ier
1109-1112 : Bertrand (1066 † 1112), fils de Raymond Ier et de Ne de Provence
marié en 1095 à Hélène, fille d'Eudes Ier Borrel, duc de Bourgogne
1112-1137 : Pons (1098 † 1137), fils du précédent
marié en 1115 à Cécile de France, veuve de Tancrède de Hauteville
1137-1152 : Raymond II († 1152), fils du précédent
marié à Hodierne de Jérusalem, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem
1152-1187 : Raymond III († 1187), fils de Raymond II et d'Hodierne de Jérusalem
marié en 1174 à Eschive de Bures, sœur d'Elinard de Bures, prince de Galilée
**Sans enfant, Raymond III lègue Tripoli à son filleul Raymond d'Antioche



***** Maison d’Antioche-Poitiers

1187-1189 : Raymond IV d'Antioche († 1199), fils aîné de Bohémond III, prince d'Antioche et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en 1194 à Alix, fille de Roupen III, prince d'Arménie et d'Isabelle de Toron
** en 1189, son père le rappelle à Antioche et confie Tripoli à son second fils.
1189-1233 : Bohémond IV le Borgne (1172 † 1233) prince d'Antioche, second fils de Bohémond III et d'Orgueilleuse de Harenc
marié en premières noces à Plaisance de Giblet († 1217)
marié en secondes noces (1218) à Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Jérusalem, roi de Chypre et de Jérusalem.
1233-1252 : Bohémond V († 1252) prince d'Antioche, fils de Bohémond Ier et de Plaisance de Giblet
marié en premières noces (1225) à Alix de Champagne, mariage annulé en 1227.
marié en secondes noces (1235) à Lucienne de Segni, petite-nièce du pape Innocent III
1252-1275 : Bohémond VI le Beau (1237 † 1275) prince d'Antioche, fils de Bohémond V et de Lucienne de Segni
marié en 1254 à Sibylle († 1290), fille d'Héthoum Ier, roi d'Arménie
1275-1287 : Bohémond VII († 1287), fils de Bohémond VI et de Sibylle d'Arménie.
marié à Marguerite de Brienne († 1327), petite-fille de Jean de Brienne par Louis d'Acre
1287-1288 : Lucie († 1299), fille de Bohémond VI et de Sibylle d'Arménie.
mariée en 1275 à Narjod de Toucy, amiral de Sicile.



***** Comtes titulaires de Tripoli


Le titre de comte de Tripoli se transmit de la même manière que celui de prince d'Antioche et arriva aux Lusignan de Chypre. Les rois de Chypre l'attribuèrent à des cadets ou à des seigneurs chypriotes.

• Pierre de Lusignan, fils cadet du roi Hugues IV, qui relève pour lui, probablement avant son premier mariage en 1342, le titre de comte de Tripoli in partibus infidelium. Il est couronné roi de Chypre en 1358.
• Pierrot de Lusignan, fils du roi Pierre Ier, il lui succède à la dignité de comte de Tripoli probablement en 1358. Il monte à son tour sur le trône de Chypre après l'assassinat de son père en janvier 1369.
• Jacques de Lusignan, né en 1358, fils de Jean, prince d'Antioche. Il est titré comte de Tripoli par le jeune roi Pierre IIle 17 octobre 1372. Époux de Marguerite de Lusignan, la sœur du roi, il est toutefois écarté du trône en 1382 par les barons de Chypre qui lui préfèrent son oncle Jacques Ier. Il meurt vers 1396.
• Jean de Lusignan, né vers 1386, fils du précédent à qui il succède vers 1396, il meurt probablement sans alliance avant 1432.
• Pierre de Lusignan, né vers 1387, nommé Connétable de Jérusalem en 1415, il épouse sans doute la même année Isabelle de Lusignan, fille du roi Jacques Ier. Il succède à son frère comme comte de Tripoli vers 1432. Il exerce la régence pour son neveu le roi Jean II en 1432 et cumule les dignités de Sénéchal de Jérusalem et de Connétable de Chypre. Il meurt à Nicosie le 7 février 1451 ou 1452.
• Juan Tafures, titré comte entre 1469 et 1473 par Jacques II de Chypre, déchu en 1477 par la reine Catherine Cornaro.
• Jean de Nores, appartenant à une très ancienne famille noble de Chypre, il achète le titre de comte de Tripoli à la République de Venise en 1490.
• Louis de Nores, son fils.
• Jacques de Nores, son fils, capitaine général de l'artillerie de la Sérénissime, tué à la prise de Nicosie par les Turcs en 1570.
• Alvise de Nores, chanoine de Padoue, cousin du précédent, relève le titre vers 1586.


***** Genéalogie





       
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 8 Mai - 20:29

INSTITUTIONS

a) Organisation féodale

Il arriva que le prince d'Antioche revendiquât la suzeraineté de ses voisins : Tancrède fut un temps le suzerain du comte de Tripoli Guillaume Jourdain.

Le comté se composait des fiefs suivants :

[color:b53f=#318CF7Le comté de Tripoli proprement dit



Vue générale de la citadelle



• Après avoir emporté puis quitté Hosn el-Akrad, futur Crac de l’Hospital, les troupes franques de la première croisade, menées par Raymond de Saint Gilles, débouchèrent sur la plaine littorale du ‘Akkar pénétrant ainsi dans les terres des Banû ’Ammar, lesquelles formaient un petit état indépendant d’obédience chiite des plus prospères regroupé autour de la puissante cité de Tripoli. Dès cette intrusion, le gouverneur de la ville, qui n’avait cessé de louvoyer entre les Fâtimides d’Égypte – dont il s’était affranchi – et les Seljûkides de Damas, pensa agir de même avec les Francs en leur adressant un message et des présents afin de conclure un accord de non agression.


• Une chronique franque affirme que le souple gouverneur de Tripoli n’hésita pas à arborer sur les murs de sa capitale et les autres places de sa principauté les bannières de Raymond de Toulouse. De son côté, le comte envoya ses propres ambassadeurs à Tripoli, qui, devant l’extrême richesse de la ville, conçurent le projet de demander un tribut plus important. Dans cette optique, ils conseillèrent à Raymond d’assiéger la puissante cité voisine d’Archas. Pendant ce temps, Godefroi de Bouillon et les Lotharingiens mirent le siège devant Gibel, qui dépendait également des Banû ’Ammar.



Détail des courtines du front est, présentant le plus de
vestiges des contructions entreprises par les Francs



• Voyant le siège autour d’Archas se faire de plus en plus rigoureux, l’émir de Tripoli fit courir le bruit que le Calife de Bagdad en personne arrivait au secours de la place, espérant par là obtenir le départ des troupes provençales. Bien au contraire, à cette nouvelle, les troupes franques se regroupèrent et, comprenant plus tard qu’elles avaient été jouées, commencèrent à razzier les environs immédiats de Tripoli. Une rencontre eut même lieu devant la ville, au cours de laquelle les Tripolitains, riches bourgeois peu rodés aux arts de la guerre, se firent tailler en pièces.


• Ce revers ramena Ibn ‘Ammar à de meilleurs sentiments. A cet effet, il livra aux croisés plus de trois cents pèlerins qu’il détenait en captivité, ainsi qu’un abondant ravitaillement en chevaux, ânes, et denrées de toutes sortes. Il s’engagea en outre à leur fournir des guides pour les conduire par les défilés du littoral libanais jusqu’à Jérusalem. Moyennant ces conditions, les croisés s’engagèrent à épargner ses possessions et ne demeurèrent que trois jours devant la Triple qu’ils quittèrent le 16 mai 1099.




Ouvrage franc noyé dans une maçonnerie postérieure
(mamelouke ou ottomane)




• Après la conquête de Jérusalem, l’émir de Tripoli chercha à maintenir la bienveillance des Francs, en ravitaillant dès que nécessaire les troupes franques transitant par sa principauté. Ainsi en fut-il lorsque Baudouin d’Edesse et Bohémond de Tarente effectuèrent leur dévotion au Saint Sépulcre ou encore lorsque le même Baudouin redescendit d’Edesse en 1101, cette fois-ci pour se faire couronner roi de Jérusalem.


• En 1102, revenant du désastre de la croisade lombarde en Anatolie, Raymond de Toulouse se retrouva à pied d’oeuvre, accompagné de ses compagnons d’infortune, qu’il convainquit de mettre le siège devant Tortosa. Il s’en rendit rapidement maître grâce au concours notable d’une flotte génoise de passage. Avec sa poignée de chevaliers – ils n’étaient guère plus que 300 à 400 hommes selon les chroniques – Raymond mena dès lors une véritable guérilla dans toute la région, n’hésitant pas à pousser ses attaques jusque sous les murs de la Triple. Sa témérité faillit lui coûter cher lorsque l’émir de Homs et le malik de Damas dépêchèrent quelques corps de troupes aux Banû ’Ammar, afin de livrer bataille aux Provencaux sous les murailles de Tripoli. Lorsque la rencontre eux lieu, ces derniers tinrent bon, et, malgré un rapport de force par trop inégal, réussirent à mettre en fuite les coalisés.


• Fort de cette victoire, Raymond s’installa à demeure devant Tripoli pour en faire le siège.
Toutefois, la place était si forte qu’il renonça bien vite à l’assiéger avec ses maigres troupes, se contentant seulement d’en contrôler les accès terrestres. Il entreprit pour cela la construction d’un fort surplombant la plaine et la ville, qu’il nomma Mont Pèlerin (Mons Pelegrinus). Cette position avait l’intérêt de contrôler directement la route liant la corniche libanaise et la plaine du ‘Akkar, laquelle passait en contrebas de la citadelle, là où le Nahr Abou Ali se resserrait. L’empereur byzantin Alexis Comnène, avec lequel Raymond était resté en très bons termes, l’aida à élever cette forteresse, en lui affrétant de Chypres les matériaux nécessaires à sa réalisation.




La rotonde réputée avoir renfermé la sépulture du
comte Raymond de Saint-Gilles




• La ville de Tripoli fut ainsi l’objet d’un blocus plus ou moins contraignant – il lui restait encore la maîtrise de la mer -, ses habitants ne pouvant plus sortir sans risques entretenir leur vergers et jardins. En 1104, Ibn ‘Ammar effectua une sortie nocturne qui surprit l’armée de Saint Gilles et lui infligea d’importantes pertes. Une chronique arabe raconte que le vieux croisé fut grièvement blessé au cours de cette sortie durant laquelle le faubourg qui s’était développé en contrebas du château fut incendié.


• Le 28 février 1105, Raymond de Saint Gilles mourut en son château, peu de temps après avoir passé un accord avec Ibn ‘Ammar, aux termes duquel il pouvait occuper les abords de la ville sans toutefois lui couper les vivres, ni empêcher les voyageurs d’y entrer.


• L’oeuvre de Raymond de Saint Gilles fut continuée par son cousin Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne, qui recueillit son héritage libanais et continua le blocus de Tripoli, lequel commençait à porter ses fruits. En témoigne la mention dans les chroniques latines de défections de certains notables de la ville qui préférèrent passer sous la protection franque.



Vestige – unique – de l’église castrale


• Au printemps de l’année 1108, Ibn ‘Ammar résolut d’aller demander l’aide des chefs du monde musulman, et notamment du Calife à Bagdad. A son retour, après maintes désillusions, il eut la mauvaise surprise de se trouver dépossédé de sa principauté, les habitants de Tripoli, en mal de protecteurs, s’étant livrés aux Fâtimides de Tyr et d’Ascalon.


• Au début de l’année 1109, le jeune Bertrand, fils aîné de Raymond de Toulouse, arriva en Orient à la tète d’une importante armée réclamer son héritage ultramarin. Il trouva face à lui Guillaume Jourdain, qui avait depuis trois ans défendu l’oeuvre de Raymond et étendu les possessions provençales dans la région. Les deux armées en seraient venues aux mains si le roi Baudouin Ier de Jérusalem, d’heureuse mémoire, n’était venu en personne devant Tripoli arbitrer ce différend familial. Il fut décidé que Guillaume conserverait Archas qu’il avait conquis ainsi que Tortose, tandis qu’à Bertrand reviendrait le Mont Pèlerin et la ville de Triple, dès que cette dernière aurait capitulé. La concorde une fois rétablie, on songea à profiter de cette concentration unique – Tancrède et Joscelin de Courtenay étaient respectivement descendus sur convocation du roi de leurs principautés d’Antioche et d’Edesse – des forces franques pour en finir avec la résistance de Tripoli. Concentration d’autant plus exceptionnelle que Bertrand avait, en partant d’Europe, convaincu les Génois de venir l’appuyer dans le siège de Tripoli, ces derniers ayant envoyé une flotte de soixante dix navires, laquelle bloquait étroitement le port et la mer.


• Les Tripolitains, pour la première fois en six années de siège littéralement coupés du monde, perdirent espoir et proposèrent de se rendre – la flotte promise par les Fatîmides étant retardée au large de l’Égypte par des vents contraires – au roi Baudouin en échange de la possibilité de pouvoir quitter la ville librement ou d’y rester en conservant leurs biens moyennant un tribut annuel. La capitulation de la ville eut lieu le 12 juillet 1109 et se déroula bien jusqu’à ce que la piétaille génoise ne parvienne à s’introduire subrepticement dans la ville, pillant et massacrant tout ce qu’elle put, à l’exception des quartiers où se trouvait le roi. Ce fut au cours de ce malheureux pillage que la célèbre bibliothèque de la ville, qui passait pour être l’une des plus fournies du Monde Levantin (près de 100000 ouvrages) fut livrée aux flammes.


• Le roi Baudouin, conformément à son arbitrage, remit la ville à Bertrand qui devint le premier comte de Tripoli. Quant aux Génois, dont l’escadre avait si activement participé au siège, il leur fut concédé en guise de récompense la ville de Gibelet, récemment conquise par Bertrand.


• La ville fut le théâtre en 1152 de l’assassinat par les Ismaéliens du comte Raymond II de Tripoli, aux portes de la cité, alors qu’il revenait d’escorter jusqu’à la banlieue de la ville sa femme qui partait en pèlerinage à Jérusalem.


• Jusqu’à son siège par les Mamelouks, la ville prospéra sans être nullement inquiétée, y compris suite à la débâcle de Hattin.


• Toutefois, en 1206-1207, les Francs du Crac de l’Hospital menèrent un rezzou jusque dans la banlieue de la Chamelle, ce qui provoqua d’importantes représailles de la part du sultan Malik el-Adil. Après avoir pris le fort d’Anaz, non loin du Crac, ce dernier se dirigea directement vers la Triple qu’il bombarda de ses balistes alors que ses troupes dévastaient le pays. Cette démonstration ne dura que douze jours, et, à la fin de juillet 1207, le sultan s’en retourna à La Chamelle.


• En 1266, le terrible sultan Baîbars s’empara des châteaux de La Colée, d’Albe et d’Arcas, trois châteaux qui défendaient Tripoli contre une attaque venant du nord ou du nord est dont la chute était un préalable indispensable à celle de Triple. Vers le 1er mai 1268, Baîbars apparu devant le cité, saccageant sa banlieue, s’emparant du Mont Pèlerin et détruisant ses vergers avant de se rabattre sur Antioche.


• La mort sans descendance du dernier comte de Tripoli, Bohémond VII, et l’incapacité de sa mère à désigner un bayle faisant l’unanimité de la noblesse tripolitaine, conduisirent les chevaliers de Tripoli et les bourgeois de la ville à proclamer la déchéance de la dynastie et se constituer en commune autonome, suivant l’exemple des cités italiennes. Le premier « maire » de la ville fut Barthelemy de Gibelet, descendant de la famille génoise des Embriaci. Ce dernier chercha d’ailleurs à gagner la protection des Génois, qui s’empressèrent d’envoyer une flotte de cinq galères emmenée par l’amiral Benedetto Zaccaria. En échange de ce protectorat, les Génois se virent concéder plusieurs rues commerciales. Quelques temps après, trahissant Barthelemy de Gibelet, ces derniers proposèrent à Lucie d’Antioche – soeur de feu Bohémond VII et légitime héritière du Comté – de la reconnaître comtesse de Tripoli en échange de la reconnaissance de leurs privilèges et des libertés des communiers de Tripoli. Mais il était trop tard, les Mamelouks attaquaient…


• En effet, Barthélemy de Gibelet, sans doute appuyé par les résidents vénitiens et pisans d’Acre qui voyaient le protectorat accordé aux Génois d’un très mauvais œil, était entré en rapport avec le sultan Qalaoun, insistant sur la menace de la présence génoise représentait pour la maîtrise de la mer d’Egypte et le commerce d’Alexandrie.


• Qalaoun n’avait guère besoin de pareils arguments économiques tant sa rancune était tenace à l’encontre de la maison d’Antioche-Tripoli – dont l’avant dernier représentant, Bohémond VI avait chevauché aux côté des Mongols lorsque ces derniers prirent Damas en 1260.


• Après avoir rassemblé toutes ses forces d’Egypte, le Sultan entra en Syrie en février 1289 avec la ferme intention de prendre Tripoli. Malgré l’avertissement du Grand Maître du Temple Guillaume de Beaujeu, qui avait vent par ses espions de tout ce qui se tramait à la cour du Caire, les Tripolitains, tout à leurs querelles intestines, refusèrent de croire au péril mamelouk.


• Lorsque Qalaoun parut enfin sous les murs de la ville, fort d’une armée de 40000 cavaliers et 100000 fantassins d’après les chroniques, l’union se fit parmi la population. Des renforts parvinrent de Chypre, d’Acre ainsi que des Ordre Templier et Hospitalier. La défense maritime était assurée par les Génois, épaulés par deux galères vénitiennes.


• Près de 19 catapultes et 1500 soldats spécialisés dans la sape furent mis à contribution pendant 34 jours pour mener le siège.


• Il semble que ce fut la défection des Vénitiens, suivie de celle des Génois, qui précipita la chute de la place. Qalaoun ordonna l’assaut général et emporta la ville de vive force le 26 avril 1289. S’ensuivit un massacre atroce, peu d’habitants parvenant à s’embarquer pour Chypre. Une partie de la population franque, qui avait pu se réfugier sur une île non loin de la ville où se trouvait l’église Saint Thomas – église où l’on célébrait les mariages des comtes de Tripoli – y fut systématiquement massacrée. La vieille ville fut rasée de fond en comble par l’impitoyable sultan, qui y voyait un débarcadère trop accessible pour les Francs de Chypre ; elle fut reconstruite aux pieds du Mont Pélerin.


• En 1299, le roi de Chypre envoya une armée de 400 chevaliers et Turcoples, avec 60 archers et arbalétriers, qui débarquèrent au Boutron et entreprirent de fortifier Néphin, en attendant le renfort des chrétiens de la Montagne pour entreprendre le siège de Tripoli. Cette entreprise échoua et marqua la fin des prétentions franques sur Tripoli.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Lun 9 Mai - 11:05

le comté de Montferrand

La forteresse de Ba`rin est située dans la province de Hama (1). Elle était nommée Montferrand par les croisés et se situe à proximité de la ville antique de Rafanée (2) qui était aussi pourvue d'une citadelle pendant les croisades.



Vue depuis le nord-est. Le site est assez bien conservé pour
qu’on en comprenne encore l’organisation générale.



Rafanée est citée par Flavius Josèphe dans La guerre des Juifs. La ville serait située à quelques kilomètres de la forteresse de Montferrand-Ba`rin entre les villages actuels de Ba`rîn et de Nîsâf.
Le site de la forteresse de Ba`rin est au nord-est du village éponyme sur une colline qui surplombe la plaine.



Un fossé ceinture encore l’ensemble de la citadelle


Au cours de la première croisade, le 5 janvier 1099, l'armée des Francs menée par Raymond de Saint-Gilles part de Ma'arrat al-Numan (3). Cette armée se dirige vers le sud et arrive devant Rafanée. La ville a été désertée par ses habitants qui se sont enfuis. Ils profitent des provisions trouvées dans la ville pour se refaire des forces. Elle se dirige ensuite vers la côte et Tripoli y rejoindre les troupes qui ont suivi la côte depuis Antioche. De là, les croisés se dirigent vers Jérusalem en continuant de suivre la côte.

Après sa fuite d’Anatolie (4), Raymond de Saint Gilles, revient dans la région avec comme objectif la prise de Tripoli. Il prend Tortose en avril 1102. C’est sans doute vers cette époque qu’il entreprend la construction de la forteresse qu’il appelle Montferrand. Ce nom viendrait du latin Mons Ferrandus peut-être en souvenir de la légion romaine VIe Ferrata (5) qui avait fait de la région de Rafanée son lieu de campement en y remplaçant la XIIe Fulminata (6) au cours du Ier siècle.



Sur toutes les faces, des traces de glacis de différentes factures
laissent penser que le site était entièrement protégé par ce dispositif.
Il est fort probable que ce sont dans ces restes que l’on puisse encore
retrouver quelques réalisations franques.



Raymond de Saint Gilles fait le siège de Tripoli, il fait bâtir la forteresse de Saint Gilles  (7) ou du Mont Pèlerin en face de la ville sur le continent (1103). Fin avril 1104, avec l’aide d’une escadre génoise, il prend la ville de Jbeil (08), l’ancienne Byblos, la Gibelet des croisés. Pendant ce siège, Tughtekin (9), nouvel atabeg de Damas, harcèle l'armée franque sur ses arrières. En 1105, il s'empare de Montferrand et démantèle ses remparts. Le 28 février 1105, Raymond de Saint-Gilles meurt dans sa forteresse de Mont-Pèlerin sans avoir pu prendre Tripoli. Le successeur de Raymond de Saint Gilles est son cousin Guillaume de Cerdagne (dit Guillaume Jourdain). Ce dernier poursuit vainement le siège de Tripoli. Guillaume de Cerdagne meurt en 1109. Bertrand de Saint-Gilles, fils de Raymond lui succède. Il réussit enfin à prendre Tripoli en juillet 1109. Bertrand de Saint-Gilles, tente vainement de reprendre Montferrand à Tughtekin. Un accord est signé entre Bertrand de Saint-Gilles et Tughtekin qui se partagent le contrôle des forteresses de la région.



Les vestiges de la tour-porte, placée sur le front principal, sont
intéressants. Celle-ci offrait une entrée coudée légèrement flanquée
par un ouvrage carré.



Pons de Tripoli (10) succède à son père Bertrand de Saint-Gilles. Il épouse Cécile de France (11), veuve de Tancrède de Hauteville qui lui apporte en douaire (12) la forteresse du Krak des Chevaliers. Pons reprend Rafanée en 1112. En octobre 1115, Tughtekin reprend la place par surprise9. En 1126, Pons appelle à son aide Baudouin II de Jérusalem pour prendre Raphanée. Le 31 mars 1126, la place est prise. Après l’avènement de Foulque d'Anjou au titre de roi de Jérusalem en 1131, Pons se fait battre par des bandes turcomanes qui avaient envahi son comté. Il se trouve assiégé par elles dans la forteresse de Montferrand. À l’appel de Pons, Foulque se met en marche. Arrivé à hauteur de Tripoli, il rencontre sa sœur, la comtesse Cécile, qui le supplie en pleurant « de sauver son seigneur ». Devant les larmes de sa sœur, Foulque repart pour Montferrand et délivre les assiégés. Pons de Tripoli meurt en mars 1137. Son fils, le jeune Raymond II (13), lui succède.



Les vestiges intérieurs ne portent plus les traces, semble-t-il,
que de l’occupation ayyoubide.




En 1137, Zengi atabeg d’Alep attaque le comté de Tripoli. Le jeune Raymond II, fait appel au roi Foulque, son suzerain et son oncle. Le roi part aussitôt pour Tripoli. Au même moment les Byzantins envahissent la principauté d’Antioche qui demande aussi l’aide du roi. Foulque décide de courir au plus pressé, après quoi il irait à Antioche négocier avec les Byzantins. Foulque et Raymond II partent donc à marches forcées pour Montferrand, dont la garnison assiégée par Zengi manque de vivres. Ils sont surpris par Zengi au moment où ils débouchent dans la plaine de Ba`rin. Une partie de l’armée franque avec Raymond II est faite prisonnière. Foulque réussit à se réfugier dans Montferrand. Zengi commence aussitôt le siège de la place. Comme Foulque et ses compagnons n’ont pas pu faire entrer de vivres avec eux, leur arrivée constitue une nouvelle difficulté pour la défense. Cependant le roi parvient à faire parvenir une demande de secours au patriarche de Jérusalem, au comte d’Édesse Jocelin II et au prince d’Antioche Raymond de Poitiers. Tous se mettent en marche pour délivrer Montferrand. Zengi, en apprenant l’approche de l’armée de secours, redouble d’efforts contre Montferrand. L’armée de secours était déjà parvenue dans le comté de Tripoli quand Foulque, désespéré et sentant la garnison de Montferrand réduite par la famine, l’épuisement et les épidémies, se résigne à rendre la place. Zengi, qui voulait à tout prix en finir avant l’arrivée des secours et qui, était fort inquiet de la menace que l’entrée en scène des Byzantins dans le nord constituait pour sa ville d’Alep, accorda aux assiégés des conditions extrêmement douces. Il se contentait de la conquête de Montferrand, permettait à Foulque et à la garnison de se retirer librement avec leurs armes et tous les honneurs de la guerre et rendait même la liberté à Raymond II, ainsi qu’aux autres prisonniers francs (10-20 août 1137).



Depuis la citadelle, on domine largement Rafanée


La région de Montferrand/Rafanée n’est plus dès lors qu'un objectif de razzia pour les Hospitaliers (14) qui occupent deux des grandes forteresses de la région le Krak et le Margat. En 1203, des troupes du Krak et de Margat vont tenter de surprendre Malik al-Mansur  (15) sous Montferrand et sont sévèrement battues. En 1229, les Hospitaliers effectuent une seconde expédition près de Montferrand et rapportent un grand butin. En 1233, une expédition de grande envergure est organisée à partir du Krak. Les Francs surgissent à l'aube devant Montferrand et pillent le bourg avant de joindre Miryamin, à sept kilomètres au sud, où ils restent deux jours.


En 1238-1239, l'émir de Hama Muzaffar (règne 1229/30-1244/45), décide de raser la citadelle jusqu'à fleur de terre.




(1)  Hama (en arabe : ḥamāh(, Hamah et parfois Hamath, est une ville se trouvant en Syrie, chef-lieu du gouvernorat de Hama. Elle était connue dans l'Antiquité sous le nom d'Epiphania. De la forteresse au centre de la ville il ne reste guère que la colline sur laquelle elle était construite en bordure de l'Oronte. Elle fut le théâtre de violents affrontements entre les Frères musulmans, les nationalistes arabes du Baath irakien, la gauche syrienne et l'armée Syrienne de Hafez el-Assad en février 1982.




Vue de la ville d’Hama, en Syrie




(2)  Rafanée ou Raphanée est une ville antique en Syrie dans la province de Hama. C'est un site qui n'a pas fait l'objet de campagnes de fouilles mais seulement de reconnaissances menées par des équipes syro-germaniques. D'après ces recherches, la ville serait située à quelques kilomètres au sud de la forteresse croisée de Montferrand-Ba`rîn entre les villages actuels de Ba`rîn et de Nîsâf.

(3)  La ville de Ma`ârra an-Nu`mân est une ville de Syrie sur la route d’Alep à Hama, dans la province d'Idlib.
Appelée Arra dans l’antiquité, c'est le site d'une forteresse utilisée au temps des croisades et connue sous le nom deLa Marre. Son nom actuel est la combinaison de son nom traditionnel et du nom de son premier gouverneur musulman Nu`mân ben Bachir, un des compagnons du prophète Mahomet.




(4)  L'Anatolie ou Asie Mineure (Anadolu en turc) est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l'ouest d'une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, lamer de Marmara et la mer Noire. Dans le sens politique donné par les autorités turques, elle désigne toute la partie asiatique de la Turquie (97 % du territoire du pays, les 3 % restants étant situés en Thrace orientale).




(5)  Legio VI Ferrata (Porteuse du fer) était une légion romaine.
Son emblème était le taureau, et parfois la louve.

Elle fut probablement levée par Jules César en Gaule cisalpine aux débuts de sa campagne de Gaule en 52 av. J.-C.. Elle servit d'abord contre Vercingétorixà Alésia, puis contre les Carnutes, et fut enfin stationnée en 51/50 av. J.-C. à Orléans. Lors de la guerre civile entre César et Pompée, elle fut présente sur presque tous les champs de bataille, au service du premier.

Après ces campagnes, César renvoya cette légion en Italie. Il en récompensa ses vétérans en créant la colonie romaine Colonia Iulia Paterna Arelatensium Sextanorum à Arles (Provence) en 46 av. J.-C..
Auguste la fixa définitivement en Syrie, peut-être à Rhaphanea près d'Emèse. Sous Néron elle participa aux campagnes militaires de Corbulon contre les Parthes et l'Arménie.

Au début des années 100, la légion participa aux campagnes de Trajan en Dacie. En 119, la légion fut déplacée dans la province d'Arabie, d'où elle envahit la Judée lors de la révolte des années 130. Elle fixe alors sa garnison dans la province rebaptisée Syrie Palestine. Entre 2013 et 2015, des fouilles près de Megiddo ont mis au jour le castrum de la légion. Ce camp de 300 m sur 500 pouvait abriter quelque 5 000 hommes.

En 145, sous Antonin le Pieux, un détachement de la légion est attesté en Numidie, aux côtés de la légion III Augusta et réalise des travaux routiers dans l'Aurès1. En 193, elle soutint Septime Sévère contre Pescennius Niger, ce qui lui valut les surnoms supplémentaires de Fidelis Constans.
Au IIIe siècle, elle était encore en poste dans les provinces orientales. Jusqu'en 2008 on ne connaissait pas d'attestation de son existence après le règne de Philippe l'Arabe si bien que l'on supposait parfois qu'elle avait été vaincue lors de la défaite de Valérien contre lesSassanides en 260. Une inscription publiée en 20082 montre que sa garnison avait été en fait déplacée : à l'époque tétrarchique la légion VI Ferrata était installée dans le camp d'Udruh près de Petra.




(6)  La Legio duodecima (XII) Fulminata est une légion romaine qui fut levée en 58 av. J.-C. par Jules César pour mener campagne contre les Helvètes lors de la Guerre des Gaules.
Elle fut engagée au cours de ses près de 500 ans d'existence dans nombre des guerres livrées par l'Empire romainet maintes fois reformée après avoir quasi disparu, ayant reçu successivement les surnoms (cognomen) de Paterna,Victrix, Antiqua, Certa Constans et Galliena.
Elle existait toujours au début du Ve siècle surveillant le franchissement de l'Euphrate, près de Mélitène enCappadoce (aujourd'hui Malatya, en Turquie).
L'emblème de cette légion était un éclair (fulmen, en latin).


(7) Le château Saint-Gilles, aussi appelé forteresse du Mont-Pèlerin, est une forteresse située à Tripoli, au Liban, construite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur la colline de Hajjage, à trois kilomètres de la côte méditerranéenne. Le comte y mourut en 1105, peut-être en se jetant de désespoir d'un toit du château. Le comte Pons de Tripoli y aurait été assassiné.

Cet emplacement stratégique, entre la mer et la montagne, sur un promontoire dominant la vallée du Nahr Abou Ali, a incité l'empereur sassanide Khosro II à y installer des garnisons dès le VIe siècle. En 636, bien avant l'arrivée des Croisés et la construction du château, le site est fortifié par les Arabes. En effet, lorsqu'Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n'est prise qu'en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l'écart de la ville d'un petit fort destiné à les observer.

Au XIe siècle, les Fatimides y ajoutent une mosquée que les Croisés transforment plus tard en une église dont il ne reste que les fondations. L'objectif de cette forteresse, édifiée avec l'aide d'Alexis Ier Comnène, était de conquérir Tripoli et ses alentours. Guillaume de Tyr raconte sa construction :

« Il choisi devant la cite de Triple pres a deus miles un tertre bien fort de siege il le ferma; dessus fist mout bele forteresce et bien la garni. En remenbrance de ce que eu pèlerinage avoit este ferme le fist apeler Mont Pelerin: ce non a encore. »


La ville de Tripoli, construite par le sultan mamelouk Qala'ûn en 1289, est bâtie autour de la forteresse. Agrandie par les Mamelouks et les Ottomans, la forteresse actuelle, qui mesure 140 mètres de long sur 70 de large, est le résultat d'une restructuration massive opérée au début du XIXe siècle par le gouverneur de Tripoli de l'époque,Mustafa Agha Barbar.




(08)  Byblos (appelée aussi Jbeil, en arabe) est une ville du Liban. Les Grecs la nommèrent Byblos, car c'est de Gebal que le papyrus (ou βύϐλος, déjà ainsi nommé par Hérodote) était importé en Grèce.

Elle se situe aujourd'hui sur le site de la ville moderne de Jbeil (prononcé "jbèïl" en libanais et "djoubaïl" en arabe standard moderne, un nom qui signifie "petite montagne" et qui descend directement du nom dans la langue desCananéens, dans le gouvernorat du Mont-Liban (actuel Liban), sur la côte méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au nord de Beyrouth. Elle aurait été fondée vers 5000 av. J.-C. Dès le IVe millénaire av. J.-C. Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte antique avec laquelle elle exporte du bois du Liban. Ce rapprochement de l’Égypte a un effet durable sur l’art et la culture de Byblos, elle devient un centre religieux important où l‘on pratique le culte d’Osiris.

Elle fait aussi commerce de textile et de vêtement avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et également avec les Minoens de Crète. Les souverains amorrites de Byblos se font enterrer dans des tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au XIe siècle av. J.-C.). Elle est mentionnée dans la Bible, se référant à la nationalité des bâtisseurs du Temple de Salomon (-970/-931). Elle se caractérise aujourd'hui par son antique port de pêche, son site romain et son château croisé, Byblos est une des plus vieilles villes du monde continuellement habitée.





(9) Tughtekin Saif el-Islam Daher ed-Din (en arabe :ظاهر الدين طغتكين, en turc : Tuğtekin, francisé en Dodequin par Guillaume de Tyr) est un atabeg de Damas de1104 à 1128. Il a d’abord été lieutenant de Tutuş, puis de Duqâq de Damas et est le fondateur de la dynastie des Bourides. À l'exception d'une brève période en 1115, il a été un farouche adversaire des Francs. […]





(10) Pons de Tripoli (vers 1096 † 1137) est un comte de Tripoli de 1112 à 1137 et fils de Bertrand de Toulouse et d'Hélène de Bourgogne.

Il devient comte à l'âge de 15 ans, à la mort de son père, et la succession ne pose pas de problème. Pour apaiser la rivalité avec Antioche, il épouse la veuve de Tancrède de Hauteville, Cécile de France. En 1118, à la mort du roiBaudouin Ier, il se reconnaît vassal de son successeur, le roi Baudouin II. L’empereur byzantin Alexis Ier Comnènemeurt la même année, et les francs doivent maintenant faire face à un Islam qui s’organise et cherche à s’unifier, sous la direction de Zengi, atabeg de Mossoul et d'Alep. Ce dernier cherche à dominer le califat, situé à Bagdad, avant d’unifier la Syrie musulmane et d’attaquer les croisés, ce qui laisse un répit à ces derniers.

Une guerre d'usure s’installe jusqu’en 1135, date où Zengi passe à l’offensive contre Antioche. Il reprend un grand nombre de villes de la principauté, puis envahit le comté de Tripoli. Pons l’attend au Mont-Pèlerin. La bataille est livrée en mars 1137 et reste indécise, quand Pons est fait prisonnier par des hommes de Zengi qui ont pénétré dans sa tente. Livré à l’atabeg, il est immédiatement exécuté.

Il épouse à Tripoli en 1115 Cécile de France († après 1145), veuve de Tancrède de Hauteville, prince d’Antioche, fille de Philippe Ier, roi de France et deBertrade de Montfort. De ce mariage naissent :

• Raymond II (v. 1120 † 1152), comte de Tripoli,
• Philippe, cité en 1126 et en 1142,
• Agnès (v. 1120 † 1183), mariée à Renaud II seigneur de Marqab.





(11) Cécile de France (née en 1097, morte après 1145) est une fille de Philippe Ier, roi de France, et de Bertrade de Montfort. Sa naissance est sous le coup de l'illégitimité, car ses parents, lorsqu'ils se marièrent étaient tous deux déjà mariés et, si leur précédent mariage avait été annulé par une assemblée de prélats, l'évêque Yves de Chartres, puis le pape Urbain II s'étaient opposés à ces annulations comme au remariage et avaient excommunié les deux époux. La légitimité n'interviendra qu'en 1104 avec la levée de l'excommunication, quand Bertrade se soumet aux décisions du pape et se retire à l'Abbaye de Fontevraud.

En 1106, Bohémond de Tarente, prince d'Antioche et croisé, se rend en Europe pour obtenir des secours et épouse Constance de France, la demi-sœur de Cécile. Profitant de son prestige et de sa bonne fortune, il négocie par la même occasion le mariage de Cécile avec son neveu Tancrède de Hauteville, qui assure alors la régence de la principauté d'Antioche. Le prince passe pour un des chevaliers le plus preux de l'époque, il avait accompagné et secondé Godefroy de Bouillon bien après la prise de Jérusalem et avait fait la conquête de la Galilée. Ne s'entendant pas avec Baudouin Ier, frère et successeur de Godefroy, il lui avait cédé la Galilée pour rejoindre Antioche et y assurer la régence pendant les absences de son oncle.

Cécile se rend à Antioche par mer pour rejoindre son fiancé. Alexis Ier Comnène, empereur byzantin, craignant que cette alliance se retourne contre lui, demande aux républiques de Gênes, de Pise et de Venise d'intercepter le navire afin d'empêcher l'alliance, mais il n'est pas entendu. Arrivée à Antioche, elle épouse Tancrède à la fin de l'année 1106.

Bohémond, battu par Alexis Comnène à Durazzo ne retourne plus jamais à Antioche, où Tancrède exerce la régence, puis lui succède à sa mort en 1111. Mais Tancrède ne tarde pas à sentir sa fin venir et, sur son lit de mort, demande à Cécile de se marier ensuite à Pons (1097 † 1137), comte de Tripoli, afin de mettre fin à la rivalité entre Antioche et Tripoli, rivalité qui nuit aux actions des croisés en Terre sainte.

Le mariage est célébré en 1112 à Tripoli, et Cécile donne ensuite naissance à Raymond II (1116 † 1152), futur comte de Tripoli. En 1132, la forteresse de Montferrand est assiégée par une bande de Turcomans. Pons tente de leur faire lever le siège, mais subit un revers et doit se réfugier dans la forteresse. À l'annonce de cette nouvelle, Cécile n'hésite pas à se rendre à Jérusalem pour alerter le roi Foulque d'Anjou, roi de Jérusalem, qui vient avec son ost et oblige les Turcomans à battre retraite.

À la mort de Pons, en 1137, elle demande Gibelet en douaire, mais reçoit en fait Chastel-Rouge et Arzghan. Elle apparait dans une donation faite en 1139 en faveur du Saint-Sépulcre, et disparaît après 1145.





(12) Le douaire, soit coutumier soit préfix, est un terme de droit ancien désignant la portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait. La bénéficiaire est dite douairière. Le douaire est un élément fondamental du droit des gens mariés sous l'Ancien Régime.
Le terme douaire est aujourd'hui toujours utilisé en anthropologie de la parenté pour désigner les biens donnés lors d'une alliance par le mari à son épouse. Le droit musulman possède un terme comparable, le mahr, avec cependant quelques différences dans sa définition juridique.

Le douaire préfix, c’est-à-dire celui qui est stipulé par contrat de mariage, présente certains avantages sur le douaire coutumier :

• Le douaire coutumier ne peut avoir lieu que si le mari possède des immeubles propres. Dans le cas contraire, la veuve n’aura rien à espérer. Le douaire préfix se prend (sauf stipulation expresse du contrat de mariage) sur tous les biens meubles et immeubles, propres et acquêts du mari ;
• L’hypothèque du douaire préfix prend naissance au jour du contrat de mariage tandis que celle du coutumier n’est acquise que du jour de la célébration du mariage. La femme prime ainsi les créanciers envers lesquels le mari s’est obligé dans l’intervalle de ces deux dates ;
• La douairière coutumière est tenue de payer les charges foncières et les réparations usufructuaires.
La femme jouissant d’un douaire préfix constitué en deniers ou en rente n’est tenue de rien ;
• Le douaire préfix est très souple, il peut être l’objet de toutes sortes de modalités.
Le douaire préfix est une clause de style que l’on rencontre dans presque tous les contrats de mariage. Les stipulations utilisées sont au nombre de deux :
• Tantôt il s’agit d’une rente à servir à la future épouse ;
• Tantôt il s’agit d’une somme en deniers comptants une fois payée. Il ne faut pas se méprendre sur l’expression « une fois payée ». À moins de stipulation contraire, il ne s’agit encore que d’un usufruit.

La clause de douaire la plus courante est rédigée de la manière suivante : « Le futur époux a doué et doue la future épouse de … livres une fois payées (ou encore : de … livres de rente) de douaire préfix à prendre sur tous les biens présents et à venir du futur époux, et dont elle jouira sitôt qu’il aura lieu, sans être obligée d’en faire demande en justice. Le fonds duquel douaire, sur le pied du denier 20, sera propre aux enfants du mariage.»

Il est facile de constater l’importance du montant du douaire par rapport à la fortune du futur époux. Les quotités les plus utilisées (moitié, tiers, trois-quarts) se rapprochent sensiblement de la règle coutumière.

Le douaire trouve son origine dans la dot, mais, alors que la dot est une pleine propriété, le douaire est l'usufruit des biens ou d'une portion des biens de l'époux décédé.




(13)  Raymond II de Tripoli (v. 1120 † 1152) est un comte de Tripoli de 1137 à 1152 et fils de Pons, comte de Tripoli, et de Cécile de France.
En 1137, l’atabeg Zengi envahit la principauté d’Antioche, puis le comté de Tripoli. Le comte Pons lui livre bataille à Mont-Pèlerin, mais est capturé et exécuté. Les Seldjoukides prennent ensuite la direction de Jérusalem où le roiFoulque rassemble ses troupes. Raymond II les poursuit et les surprend alors qu’ils assiègent Montferrand, mais Raymond est vaincu et emprisonné.

L’émir de Damas, inquiet de la puissance montante de Zengi s’allie au royaume de Jérusalem et les deux armées le défont et le repoussent. Ce n’est qu’en 1142 que Raymond II est libéré contre rançon. Pour éviter qu’une nouvelle invasion turque ne prenne le comté au dépourvu, il confie le krak des Chevaliers aux Hospitaliers. Ceux-ci conservent le krak pendant cent trente ans, jusqu’à sa prise par les Mamelouks en 1271.

La défaite n’a pas anéanti les forces de Zengi, qui prend Édesse en 1144. Il est assassiné en 1146, et son fils Nur ad-Din lui succède, et achève la conquête du comté d’Édesse et d’une partie de la principauté d’Antioche. L’annonce de la prise d’Édesse suscite une seconde croisade, mais les croisés commettent de nombreuses erreurs, d’abord en traversant l’Anatolie, où les Turcs déciment l’armée, puis en attaquant Damas, le seul allié musulman des Francs. Parmi les croisés, se trouve Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et grand-oncle de Raymond II, qui, semble-t-il, revendique le comté de Tripoli pour lui, et meurt empoisonné peu après. Accusé du meurtre, Raymond refuse de se joindre à la croisade.

Son épouse Hodierne de Jérusalem le trompe si ouvertement qu'il songe à la répudier. Baudouin II parvient à éviter le scandale, mais sa fille Mélisende est soupçonnée d'illégitimité. Ils restent mariés, mais la mésentente règne dans le couple, Hodierne ne voulant pas changer ses habitudes. Raymond II est assassiné en avril 1152 par deux Assassins, probablement à l'instigation de son épouse.
Il épouse en 1131 Hodierne de Rethel († 1152), fille de Baudouin II, roi de Jérusalem et de Morfia de Malatya, qui donne naissance à :

• Raymond III (v. 1140 † 1187), comte de Tripoli et prince de Galilée.
• Mélisende, fiancée en 1159 à l’empereur Manuel Ier Comnène, qui rompt les fiançailles, ayant des doutes sur la légitimité de Mélisende.




(14)  L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani,




(15)   Al-Malik al-Mansûr Nâsir ad-Dîn Muhammad ben `Imâd ad-Dîn `Uthmân (1188 † après 1216), nom raccourci par les Francs en Malik al-Mansour ou Al-Mansûr Nâsir ad-Dîn, est un sultan ayyoubide d'Égypte de 1198 à 1201, fils du sultan Al-`Aziz `Imâd ad-Dîn `Uthmân et petit-fils de Saladin.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Lun 9 Mai - 15:43

les seigneuries de :

• Botron

La seigneurie de Botron est un des fiefs du comté de Tripoli.
Fief littoral faisant partie du comté de Tripoli, la seigneurie de Botron se situe à l'emplacement actuel de la ville de Batroun (1), entre la seigneurie du Gibelet (Jbeil) et celle de Néphin (Enfeh).

Liste des seigneurs :

liste à completer avant 1174.

????-???? : Raymond d'Agout
????-1174 : Guillaume Ier Dorel († 1174), fils du précédent
marié à Étiennette de Milly fille d'Henri Bibalus et d'Agnès Grenier
1174-???? : Lucie Dorel, fille des précédents
mariée à Plivain, riche marchand de Pise
1181-1206 : Plivain de Pise, époux de la précédente et oncle de Mangon d'Accre
1206-1244 : Bohémond d'Antioche, fils de Bohémond III d'Antioche et d'Isabelle (nièce de Gautier Durus-Le dur)gendre des précédents
1244-1262 : Guillaume II d'Antioche, fils des précédents, connétable de Jérusalem
marié à Agnès de Sidon, fille de Balian Grenier, comte de Sidon
1262-1277 : Jean de Botron, fils du précédent
marié à Lucie de Gibelet
1277-1282 : Rostain de Botron, cousin germain du précédent, fils de Jacques de Botron-Antioche et de Clarence Hazard



• Buissera

• Calmont

• Chastel Blanc





Le Chastel Blanc (baptisé la tour blanche par les habitants de la région) se situe en Syrie entre Tortose et Tripoli dans les montagnes intérieures. Il a été construit par les templiers sur des fortifications déjà existantes. Cette tour n’était pas l'unique fortification de la ville syrienne de Safita, mais c’est la seule à avoir résisté durant toute la période - y compris au tremblement de terre de 1202. La ville de Safita est bâtie sur trois collines. La tour a été construite sur la colline qui offre la meilleure vue sur la campagne environnante et particulièrement sur les autres citadelles de la région.



Vue général depuis l’Est


Après s'en être emparés en 1110, les Templiers agrandirent et consolidèrent le Chastel Blanc pour en faire l'une des places fortes quadrillant le comté de Tripoli.



Cette tour maitresse compte parmi les mieux
conservés d’Orient



D’une dimension de 18 sur 31 mètres, le Chastel Blanc culmine à 28 mètres de haut. Les deux étages de la structure ont été bâtis en calcaire et le parterre couvert de grandes plaques de pierre. La chapelle dédiée à Saint-Michel occupe le rez-de-chaussée, s'élève à dix sept mètres de hauteur pour trente et un mètres de longueur. Plusieurs petites fenêtres, que les archers utilisaient pour défendre la tour, se trouvent au deuxième étage. Il est possible d'y accéder par une rampe d’escaliers récemment rénovée. Le plafond de Chastel blanc est soutenu par de robustes colonnes. La grande cloche accolée au mur occidental peut être entendue à une distance de cinq kilomètres de Safita. Par une deuxième rampe d’escaliers partant du deuxième étage, on atteint le toit de la tour, d’où l’on voit les montagnes enneigées du Liban, la ville de Tripoli, la Méditerranée et le Krak des Chevaliers.



Aujourd’hui encocre, l’église des Templiers est
un lieu de culte vivant.





Vue générale des voûtes de la grande salle



Chose rarissime, quelques couronnements de la
tour-église sont encore en place par endroits




Le glacisi qui ceinturaiti la citadelle présente de beaux restes.
Finement apparaillé, il était ponctué de tours rectangulaires dont,
pour certaines, les assises basses sont encore visibles





Vue du chevet de l’église




• Chastel Rouge

• Fontaines







(1)  Batroun  est une ville portuaire du nord du Liban (Gouvernorat ou Région du Liban-nord), chef-lieu et centre administratif du district (caza) éponyme (District de Batroun). Porte du nord et mitoyenne de la Région de Mont-Liban, la ville de Batroun s'étend en bordure de mer jusqu'aux premiers coteaux à l'Est, sur une superficie de 4,68 km².
La ville compte près de 10 000 habitants (aucun recensement officiel). Le district de Batroun, quant à lui, et dont les monts les plus hauts culminent à 2 700 m (ra's-el- mounaytara), compte près de 150 000 habitants.

Étymologie :
Batroun ou beit truna, une expression d'origine cananéenne qui veut dire la place, la maison du chef.
Ce nom en plusieurs langues :
• Botrys aux temps des grecs, romains et byzantins
• Boutron au temps des croisés (Voir Seigneurie de Botron)
• Batroun  en arabe
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mar 10 Mai - 21:21

• Gibelacar


ʿAkkār al-ʿAtīqā  ʿAkkār la libre), Qalaʿa ʿAkkār (citadelle d’ʿAkkār),Gibelacar nom donné par les croisés, contraction de Jabal ʿAkkār (mont ʿAkkār’')


Le site présente toutes les caractéristiques de l’éperon barré.
Pourtant, l’aménagement de l’ouvrage dominant le fossé le
différencie largement des modèles du genre.




Le château aurait été construit aux alentours de l'an 1000 par une personnalité appelée Muhriz ibn Akkar.
La forteresse est restée la propriété de cette famille jusqu'en 1019 lorsqu'elle est prise par le calife fatimide, al-Hakim bi-Amr Allah.



Vue de face de la speudo-tour-maitresse, qui est en fait un
mur-bouclier aménagé dans l’angle aigu de la courtine.




En 1109, après la prise de Tripoli, le fils de Raymond de Saint-Gilles devenu le comte Bertrand de Tripoli marche vers Rafanée. L'atabeg bouride de Damas Tughtekin préfère conclure un traité.Bertrand de Tripoli reçoit les forteresses du Moinestre et d'ʿAkkār, contre la promesse de ne plus attaquer Rafanée.
Le sultan zengide Nur ad-Din prend la forteresse pendant ses campagnes en Syrie.
En 1170 les croisés parviennent à reprendre la place. Amaury Ier roi de Jérusalem la remet aux Hospitaliers. La citadelle va faire partie de la seigneurie de Nephin pour revenir finalement au comte de Tripoli Bohémond IV en 1202.




Au nord de la forteresse, un autre ouvrage a su conserver
ses paremetns et quelques ouvertures de tirs.





En 1271, az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari ("Baybars") après la prise du Krak des Chevaliers vient mettre le siège devant ʿAkkār qui finit par capituler.


ʿAkkār al-ʿAtīqā est situé au nord du Liban et se trouve à environ 135 km de Beyrouth avec des altitudes variant entre 700 et -1600 m au-dessus du niveau de la mer. Elle est construite au pied d'une chaîne de montagnes et une vallée, limité par le village Kobayat au Nord-Est et par Daoura au Nord-Ouest. Elle est répartie sur une superficie estimée à 2814 hectares.



Les archères sont indéniablement de facture arabe et
s’intègrent donc dans les programmes de refortification mamelouks.




Le château d'ʿAkkār est situé sur une montagne à plus de 700 m d'altitude d'où il domine la vallée entre deux gorges. Il contrôle ainsi le passage de Tripoli vers Homs et permet ainsi de protéger la plaine d'Arqa de l'irruption des musulmans et de prévenir une coupure des communications entre Tartous et Tripoli. La position d'ʿAkkār permet aussi de contrôler la circulation entre la Bekaa et Homs.




Le mur-bouclier est légèrement taluté.




Des ruines il ne reste qu'une partie de la tour nord dont l'entrée existe toujours : il fallait une échelle pour atteindre cette porte située trois mètres au-dessus du sol. Une partie de la forteresse a été reconstruite par Baybars, en témoignent des pierres où sont sculptés des lions, emblèmes de Baybars.




Cette frise de lions, qui surligne le mur bouclier au nord de
l’enceinte est une signature bien connue du sultan Baibars.





• Gibelet


La seigneurie du Gibelet est un des fiefs du comté de Tripoli.



La forteresse se dresse au cœur d’un immense
champ archéologique




Gibelet, connue depuis l'Antiquité sous le nom de Byblos et actuellement aussi sous le nom de J'baïl, fut prise par les croisés en 1104. Le fief fut donné ensuite en 1109 par le comte Bertrand aux Embriaco, d'origine génoise, qui le conservèrent jusqu'en 1302, à l'exception des années qui suivirent 1187 où il fut occupé par Saladin. En 1302, devant la pression des Mamelouks, la ville fut abandonnée, pacifiquement semble-t-il.


C'est le fief littoral le plus au sud du comté de Tripoli, limitrophe du royaume de Jérusalem et de sa seigneurie vassale de Beyrouth.



De nuit, de puissants projecteurs inondent la forteresse de lumière.



On distingue ici le pont qui permet de pénétrer à l’intérieur du château



Liste des seigneurs :

1109-après 1118 : Guillaume Ier Embriaco
avant 1127-1135 : Hugues Ier Embriaco
1135-1157 : Guillaume II Embriaco
marié à Fadie, fille de Manassès de Hierges
1157-1184 : Hugues II Embriaco († 1184), fils du précédent
1184-1187 : Hugues III Embriaco († 1196), fils du précédent
marié en 1179 à Étiennette de Milly
1187-1197 : conquis par Saladin
1197-1241 : Guy Ier Embriaco († 1241), fils d'Hugues III et d'Etiennette de Milly
marié en 1204 à Alix, fille de Bohémond III d'Antioche et de Sibylle
1241-1271 : Henri Ier Embriaco († 1271), fils du précédent
marié vers 1250 à Isabelle, fille de Balian d'Ibelin, seigneur de Beyrouth et d'Echive de Montbéliard
1271-1282 : Guy II Embriaco († 1282), fils du précédent
marié à Marguerite, fille de Julien Grenier, comte de Sidon
1282-1302 : Marie Embriaco († 1331), fille du précédent
mariée en 1295 à Philippe d'Ibelin, sénéchal de Chypre (1253 † 1318)



l’enceinte urbaine des Embriacs a fort résisté au temps.



L’Eglise Saint Jean-Baptiste des Croisés est encore en service de nos jours.




Vue sur l’ouvrage défendant l’entrée du vieux port.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mar 10 Mai - 22:15

• La Colée


Ce grand castrum de plaine, bâti lors de la première phase d’occupation franque, domine un léger mamelon à seulement deux kilomètres du rivage et cinq kilomètres au nord d’Archas. Coliath ou « la Colée » – francisation de non arabe al-Qulai’a, « la petite forteresse », le fortin, pluriel al-Qulai’at, les fortins – fut donné par le comte Pons de Tripoli à l’ordre Hospitalier en 1127. Le frère de Saladin, al-Adil, s’en empara en 1207 et le démantela. Réoccupé ensuite par les Francs, c’est le terrible sultan mameluk Baïbars qui, durant l’été 1266, le ruina complètement en prélude à la prise de Tripoli.




Les moellons utilisés pour construire le fort
sont à parements lisses.




Son rôle défensif était médiocre, aussi ce dernier servait-il généralement de logis pour une troupe en campagne par temps de guerre, d’assise de la domination économique par temps de paix, ou plus simplement de lieu de refuge contre les rezzous.




La vaste enceinte carrée est munie de tour à chaque angle
ainsi que de saillants au milieu de chaque courtine




Le plan de son bâti est celui d’un « château-halle », semblable à celui de plusieurs autres sites fortifiés par les ordres militaires dans la région. Il s’agit d’une enceinte carrée flanquée de tours, abritant à son revers de grandes halles voûtées multifonctionnelles. On retiendra à titre d’élément de comparaison l’enceinte intérieure de la citadelle de Belvoirqui domine la vallée du Jourdain, ou la première enceinte du Crac des chevaliers ou encore les plus modestes enceintes de qalaat Yahmour ouUmm Hosh.



Portion de la courtine Est.




Vue d’un saillant barlong sur la courtine Est.




Vue intérieur de la cour



Le fort est construit sur le modèle dit de : la « hall sans fin ».


• Le Puy




• Moinetre





On voit ici la colline du Moinetre, mais de la forteresse il ne reste rien.



Commandant un col assurant la communication entre la Beqa et les ports de la côte, ce petit fort occupait une position stratégique pour la défense de l’espace méridional du comté de Tripoli. Abandonné aux Francs par l’atabeg de Damas Tughtekin en 1109 en même temps que Gibelacar, le Moinetre ( Muneïtra en arabe, «  le petit belvédère » ) est pris par surprise par Nur al-Din vers 1165-1166, lequel massacra sa garnison. Il semble néanmoins que les Francs le réoccupèrent peu après puisqu’en 1176, Raymond III, « ce Satan entre les Francs », partit de Giblet ravager la Beqa en traversant le Mont Liban à hauteur du Moinetre. Il ne reste aujourd’hui que très peu de vestiges de ce fort.



• Nephin



A l’est du village d’Enfé, le château de Néphin occupait un isthme étroit séparé de la côte par deux fossés taillés dans le roc. À l’instar du Boutron, Néphin était une dépendance du comté de Tripoli, appartenant à une illustre famille provençale ayant suivi Raymond de Saint-Gilles lors de la première croisade, les Raynouard. La vie de cette place forte sera marquée par les guerres intestines annonçant la déchéance des États latins d’Orient, sans que jamais les Arabes ne l’inquiètent. Ainsi, en 1282, pour les punir d’un assaut mené contre Tripoli, le château – devenu entre temps prison – reçut Guy de Giblet et ses frères qui furent emmurés vivants dans une fosse. Néphin fut évacuée par les Francs peu après la prise de Triple par Qalaoun.


Il ne reste pratiquement rien du château proprement dit, si ce n’est quelques pierres à bossages éparses.


Un double fossé fut creusé afin d’isoler le château. Le premier,
plus large, fut aménagé avec une pile, comme à Saône.




Aujourd’hui, le village s’arrête sur les bords même du fossé.




Le promontoire a été aménagé en différents bassins.
Ces salines firent la célébrité du village.





Vue du doigt rocheux sur lequel la citadelle de Nephin fut
édifiée. L’image est prise depuis le sommet du Ras Cheka.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mar 10 Mai - 23:04

• Raisagium Montanée



• Saïda




Panorama de Sidon vue du haut du château.


Sidon ou Saïda en arabe (en phénicien Sydwn ou Saidoon, en grec ancien,, en hébreu, en arabe, Saydā) est une ville du Liban. Elle fut dans l'Antiquité la capitale incontestée de la Phénicie. La ville était construite sur un promontoire s'avançant dans la mer. Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous son roi Zimrida, au XVIIIe siècle. Elle est aussi appelée Sagette ou Sayette durant les Croisades (nom donné par les Francs) et Sidon dans la Bible. Son nom signifie « pêcherie ».



Château de Sidon construit par les croisés vers l'an 1228.


Elle possède une longue et riche histoire et traversa les siècles avec des destinées diverses au contact des différents peuples qui la contrôlèrent, les Phéniciens, les Assyriens qui la ruinèrent en 677 av. J.-C., les Perses achéménides, les Macédoniens, les Séleucides, les Romains et plus tard les Croisés, les Arabes, les Ottomans, et les Français. La ville moderne est aujourd'hui l'une des plus importantes du Liban.



Sidon avec vue sur la Méditerranée.


Mythologie


Tout ce que nous savons c’est qu’une certaine Sidé fut peut-être la première femme de Bélos, et qu’elle donna son nom à Sidon, mais nous ne savons pas dans quelles circonstances cela se produisit.




Le château de la mer garde toujours l’entrée du port



Histoire


Le poète grec Homère nomme Sidon, « le grand marché du bronze », ville « bien peuplée » ; il a salué l'habileté des Phéniciennes de Sidon, dont la fabrication de teinture de pourpre était réputée. La ville avait une tradition réputée dans la production de verre également. C'est sur la plage de Sidon - selon la mythologie grecque - que Zeus a enlevé Europe, fille d'Agénor, roi de Tyr. Une légende attribue la fondation de Thèbes (Béotie) à ses habitants.

[…]



On notera l’usage de materiaux de récupération dans les
courtines. Ces mises en boutisse sont assez fréquents
dans l’architecture croisés.




Sidon, du Moyen-Âge à nos jours


En 551, Sidon subit un violent séisme. Ancien évêché, la ville est assez modeste et sans grande importance lorsqu'elle est conquise par le général arabe Yazîd b. Abî Sufyân en 637. Les géographes arabes la décrivent comme une place forte qui servait de port de guerre de Damas. Elle acquiert de la notoriété à l'époque des Croisades, elle sera assiégée en 1107 puis libérée soit contre rançon, soit avec l'aide de secours damascènes. Elle est finalement prise en 1110-1111 par les Croisés de Baudouin, roi de Jérusalem, avec l'aide de la flotte norvégienne de Sigurd Ier. Son blocus durera 47 jours. Baudouin la donne alors à l'un de ses fidèles barons, Eustache Granier ou Grenier seigneur de Césarée Ses descendants conserveront cette seigneurie jusqu'en 1260.



Les mamelouks ont apporté des modifications clairement
visibles à la forteresse initiale : ici, une fenêtre typique




Sidon deviendra chef-lieu de la seigneurie de Sagette, englobant le château de Beaufort au sud-ouest, seconde des quatre baronnies du royaume de Jérusalem.




De l’église des croisés, il ne reste presque rien, seulement
les départs des voûtes.



Reprise au comte Renaud de Grenier parSaladin en 1187, ses remparts seront rasés. Envahie par les Arabes, rendue aux troupes de Grenier parSaladin avant sa mort, attaquée par les Mongols, Sagette sera vendue par le comte Julien de Grenieraux Templiers. La ville sera le refuge des survivants du siège de Saint-Jean-d'Acre.



Faisant face à la citadelle, sur le rivage, le port,
le khan el franj et une mosquée



Elle est mise à sac par les Mongols en 1260 ; puis, la même année, tombe sous le contrôle de Templiers jusqu'en 1291. De 1291 à nos jours, elle redevient musulmane.

Elle connut une nouvelle prospérité aux XVIe et XVIIe siècles, jusqu'à ce que Beyrouth la détrône. La France y installera même un consulat. Cependant, l'expulsion des Français en 1791 portera un coup fatal à son commerce, ce dont Beyrouth saura profiter. Saïda deviendra un modeste port de pêche, et le restera jusqu'à nos jours.

[…]
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 11 Mai - 19:03

• Terra Galifa



• Tokle



Vue générale. La tour se trouve au sommet de la plus petite
de ces deux collines qui forment les premiers contreforts
du massif du djebel Terbil.




La tour de Toklé est située à quelques kilomètres au nord du grand site templier de Safita avec lequel il a une intervisibilité directe. Il s’agit d’une grande tour maitresse dont la logique d’implantation peut se rapprocher de celle des nombreuses autres tours médiévales qui furent édifiées dans la plaine de la Boquée pendant la phase de présence franque en Orient. Elle s’en démarque toutefois par la qualité de sa maçonnerie et par le fait qu’elle a été réalisée au sommet d’une colline et non dans la plaine. L’histoire de ce site n’est pas connue mais on peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’un ouvrage commandité par un seigneur Franc ou un des grands ordres militaires.



Angle Sud-Est


Encore en très bon état de conservation au moment des études menées par Guillaume Emmanuel Rey à la fin du XIXème siècle, la tour de Toklé est désormais très ruinée. Avec sa section carrée d’un peu moins d’une quinzaine de mètres de côté, elle possède des proportions très similaires à celles de burj Arab ou Qalaat Yahmur. À Toklé toutefois, il ne subsiste plus que trois ou quatre assises partiellement masquées par des constructions récentes.


La maçonnerie employée, remarquable, est constituée d’un grand appareil à assises régulières dont les plus grands blocs font près de deux mètres. Il y a une alternance irrégulière de blocs sans bossage et avec bossage tabulaire sur tout le pourtour de la tour. Aucun mortier ne semble avoir été utilisé pour lier les blocs.


Tout le volume intérieur de la tour est comblé par les décombres et les détritus amoncelés là par les habitants du village.



Détail du frond sud, on devine l’emplacement de la
porte sur la gauche de l’image.




Le large linteau monolithe de l’unique porte d’entrée est toujours en place.




Détail du linteau de la porte




Détail du front Ouest, qui est le plus ruiné
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 11 Mai - 19:05

• Tortose Maraclée



Les remparts extérieurs sont encore bien visibles


Tartous est une ville côtière de Syrie, abritant le second port du pays après celui de Lattaquié. Elle est également la capitale du gouvernorat du même nom. La ville se situe à environ 160 kilomètres au nord-ouest de la capitale Damas et à 30 kilomètres au nord de la frontière libanaise.



Comme l’ensemble des restes médiévaux,
les courtines du château surgissent au milieu des
constructions récentes.




Les Syriens la considèrent comme une station balnéaire. La cathédrale romane abrite un petit musée qui expose les objets anciens trouvés dans la région.



L’une des fenêtres de la grande salle
présente encore une jolie croix, qui a malheureusement
été partiellement mutilée.



La ville fut fondée par les Phéniciens. Ils étaient déjà maîtres de l'île d'Arouad toute proche mais moins accessible. La ville passa ensuite entre les mains des Grecs, des Romains, des Arabes, puis des Croisés qui y construisirent le château de Tortose.



Les habitants ont utilisés les pierres qui
leur tombaient sous la main…ici, on reconnait même la
signature du tacheron franc.




La ville était nommée Antarados sous l'Antiquité, c'est-à-dire la ville en face d'Arados (actuelleArouad), et Tortose par les Croisés.



Ce curieux mélange de « neuf » et
d’ancien est typique de la vieille ville




Après le coup d’État du parti Baas en Syrie en 1963, la ville est devenue le centre du nouveau gouvernorat éponyme ; elle appartenait jusqu'alors au gouvernorat de Lattaquié.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Jeu 12 Mai - 10:37

• le Krak des Chevaliers



Vue du Krak des Chevaliers.


• Le Krak des Chevaliers, ou Krak de l'Hospital — le terme « krak » dérive du syriaque karaksignifiant « forteresse » —, Qal`at al-Hosn (La forteresse imprenable) ou Hisn al-Akrād  (forteresse des Kurdes) est un château fort datant de l'époque des croisades. Il est situé dans l'ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du jabal Ansariya. Depuis 2006, il est inscrit sur laliste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

• Les chevaliers de l'Hôpital (ou Hospitaliers) gérèrent le fort de 1142 à 1271, date de sa conquête par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (Baybars Ier), sultan des Mamelouks. Cette conquête mit fin à 129 ans d'invincibilité du fort.
• Thomas Edward Lawrence, en le découvrant en 1909 le jour de son 21e anniversaire, le qualifia de « plus beau des châteaux du monde, certainement le plus pittoresque que j’ai vu, une véritable merveille. »



Le Krak des Chevaliers (reconstitution).


Dominant d'environ 500 mètres la plaine d'El-Bukeia, le Krak des Chevaliers fait partie d'un réseau défensif qui parcourt les frontières des anciens États latins d'Orient et contrôle la trouée d'Homs, point stratégique au carrefour des routes reliant Homs, à l'est, à la ville côtière de Tortose, à l'ouest, etAntioche, au nord, à Tripoli puis Beyrouth, au sud. C'est l'un des châteaux croisés les plus prestigieux et les mieux conservés.



La plaine d'El Bukeia vue du Krak des chevaliers
en 1970



Antiquité


Le Moyen-Orient fut toujours un point de rencontre des civilisations. S'y croisèrent Babyloniens,Égyptiens, Hittites, Hébreux, Romains, Perses, Byzantins, Arabes, Kurdes, Turcs seldjoukides puisottomans, autant de cultures militaires différentes qui créèrent là une nouvelle architecture dont la quintessence reste de nos jours incarnée par le Krak des Chevaliers.

La bataille de Qadesh opposant Ramsès II aux Hittites en 1214 av. J.-C. a probablement eu lieu sur leTell Nébi Mend à cinquante kilomètres au sud-est du Krak et est relatée sur les bas-reliefs du temple de Louxor. On y voit une forteresse hérissée de hautes tours et de créneaux. Qadesh va ensuite décliner au profit de la cité antique d'Émèse, mieux située. Les Romains dans un premier temps, puis les Byzantins après le Grand Schisme d'Orient dresseront dans la région de l'actuelle Syrie de nombreuses forteresses de tradition hellénique pour résister à la pression persane qui seront autant de modèles pour les fortifications construites par les armées arabo-musulmanes après qu'elles eurent conquis cette région de 634 à 639.



Cour supérieure et intérieure


Conquête arabo-musulmane

D'abord sous la domination omeyyade, la construction reprend de plus belle, mais des fortifications byzantines sont aussi remaniées et transformées en véritables palais, les bâtisseurs profitant de la présence d'antiques infrastructures (barrage sur l'Oronte et son aqueduc) pour faire fleurir des jardins au milieu du désert. Ces constructions continuèrent après la prise du pouvoir par les Abbassides en 750, et déclinèrent au fur et à mesure que l'armée, composée essentiellement de Turcs d'une tradition militaire moins basée sur les fortifications, s'emparait du pouvoir. De 945 à 1055, des Iraniens établiront même la dynastie des Bouyides.

Durant la même période, arrivent deux évènements majeurs engageant l'avenir de la région. D'abord, en909, les fatimides chiites s'opposent au pouvoir abbasside de Bagdad et fondent une dynastie qui règnera sur tout le Maghreb et s'étendra au début du XIe siècle jusqu'en Palestine. Al Hakim, le « calife fou », lance alors une répression à l'encontre des chrétiens d'orient et des pèlerins chrétiens, traditionnellement bien tolérés. Il détruit les édifices chrétiens de Jérusalem. Cette fermeture soudaine des lieux et routes de pèlerinage sera l'un des événements qui conduisirent au déclenchement des croisades. En second lieu, les Seldjoukides, turcophones islamisés (sunnites) originaires de steppes à l'est de la mer d'Aral se lancent à la conquête du Moyen-Orient. Ils s'emparent de Bagdad en 1055, et prennent l'est de l'Anatolie aux Byzantins lors de la bataille de Mantzikert en1071, et leur sultanat s'étend alors sur l'Iran, l'est de l'Anatolie, la Syrie et la Palestine jusqu'aux frontières de l'Égypte fatimide. Le Krak est alors reconstruit sur le site d'une petite forteresse, sans doute occupée depuis l'antiquité, en 1031 par les Abbassides qui y installent une garnison kurde pour résister à la pression seldjoukide. La forteresse devint connue sous le nom de Hisn al-Akrād2 la « forteresse des Kurdes ».

Première croisade

En janvier 1099, à l'arrivée de la première croisade, la garnison kurde fut évincée par Raymond de Saint-Gilles qui abandonna les lieux presque immédiatement, son objectif étant Jérusalem. Il tenta en vain de reprendre la forteresse en avril 1102 et c'est finalement Tancrède, le régent d'Antioche, qui s'en empara en 1110 et y installa une garnison franque sous l'autorité du comte de Tripoli. En 1115, une offensive d'Arslan, l'émir d'Alep, fut repoussée.

Au fil des années, l'importance du krak des Chevaliers crut parallèlement à l'influence des croisés vers l'est mais le coût de sa maintenance conduisit Raymond II à le confier à la garde des Hospitaliers (1142). C'est de cette époque que date le nom « krak des Chevaliers ».

Sous l'impulsion des Hospitaliers, plusieurs autres ouvrages défensifs furent construits dans les environs et le Krak des Chevaliers fut dès lors relié par signaux de feu et par pigeons voyageurs aux fortifications d'Akkar et Chastel Rouge (Hospitaliers) et de Chastel Blanc etArima (Templiers).



Espace entre les deux enceintes


Deuxième croisade

À partir du milieu du XIIe siècle, à la suite de la chute des Seldjoukides, aux victoires de Zengi sur les croisés (perte d'Édesse), à l'échec du siège de Damas par la deuxième croisade, et à l'arrivée au pouvoir de Nur ad-Din, un front musulman uni se dessina et la pression sur les croisés — et donc sur le Krak des Chevaliers — se fit plus forte.

En 1157, un important tremblement de terre ébranla le château et Raymond du Puy, le grand maître des Hospitaliers, le fit restaurer et agrandir grâce à un financement du roi de Bohême. Ce fut la première d'une série de quatre phases de travaux qui s'échelonnèrent sur un siècle et demi (1144-1170, 1170-1202, 1250-1271 et 1271-1285).

En 1163, Nur ad-Dîn tenta de s'emparer du Krak mais son armée fut mise en déroute au pied même de la forteresse par une attaque surprise de la cavalerie franque qui poursuivit et décima les fuyards. Un second siège échoua aussi en 1167.

Un second tremblement de terre (1170) ayant causé des dégâts considérables, le krak des Chevaliers fut reconstruit et consolidé en incluant de nombreux éléments d'architecture militaire empruntés aux Byzantins.

Saladin eut beau infliger de nombreuses défaites aux croisés, il ne put s'emparer du krak des Chevaliers. À sa mort, en 1193, l'unité des musulmans se fragmenta et le danger se fit moindre pour la forteresse qui entra alors dans son âge d'or, couvrant une surface totale de2,5 hectares protégée par deux enceintes concentriques entièrement indépendantes. Le krak hébergeait une garnison de 2 000 hommes et possédait des vivres pour cinq ans.

La chute du Krak

Au début du XIIIe siècle, plusieurs attaques furent repoussées (1207, 1218) et, en 1223, la forteresse servit de point de rassemblement à une armée franque réunie pour attaquer Hama. D'autres attaques eurent encore lieu, toutes aussi stériles que les précédentes.

Vers la seconde moitié du XIIIe siècle, cependant, l'essoufflement du mouvement croisé avait réduit la garnison à moins de 300 hommes, la citadelle étant tenue par l'ordre militaire des Hospitaliers et, avec l'arrivée au pouvoir de Baybars, sultan des Mamelouks, les territoires sur lesquels le krak levait traditionnellement tribut étaient passés en mains ennemies. Ce n'était désormais plus qu'une question de temps avant que Baybars lui-même ne vienne attaquer la forteresse, ce qu'il fit en 1271. La première enceinte céda mais le sultan ne put malgré tout s'emparer du krak que par la ruse : il envoya une fausse missive, émanant prétendument du Grand Maître des Templiers, enjoignant aux assiégés de se rendre. Ceux-ci négocièrent leur vie contre la promesse de retourner dans leur pays d'origine et, le 8 avril, la citadelle changea de mains.



Plan du Krak des Chevaliers


Après les croisades

Les Mamelouks utilisèrent et modifièrent le krak des Chevaliers en renforçant notamment le flanc sud et en ajoutant un hammam et un aqueduc, mais son intérêt stratégique diminua parallèlement à la menace franque. Les invasions timourides de Tamerlan (1400-1401) et celles des Ottomans en 1516 ignorèrent même le site. Par la suite, le fort fut connu sous le nom de Qalaʿat al-Hosn.



L'aqueduc du château


Le château servit ensuite de résidence à un gouverneur et, en 1859, l'expédition de Guillaume Rey le trouva en excellent état. En 1920, le krak passa sous contrôle du mandat français et, afin de permettre la restauration du site, un village qui s'était installé dans ses murs fut reconstruit sur un emplacement qu'il occupe encore aujourd'hui. Les faibles finances des conservateurs des beaux arts ne permettant qu'une seule restauration — il avait fallu racheter les murs aux villageois — celle-ci dut se faire au détriment d'autres sites tout aussi remarquables mais moins connus. Le château du Marqab et le château de Saladin (également appelé « château de Saône ») firent les frais de ce choix.




La citerne du château


Le krak passa finalement sous le contrôle de la Syrie lors de l'adhésion de cette dernière à l'ONU et est aujourd'hui un site touristique. Il convient de noter cependant que contrairement aux châteaux forts islamiques, la Syrie ne l'a guère entretenu depuis cinquante ans et qu'il est chaque année dans un état de dégradation plus avancé. Des restaurations sérieuses deviennent urgentes.

Lors de la Guerre civile syrienne, il semble que le krak serve de retranchement aux opposants au régime et qu'il ait subi des bombardements durant l'été 20125. Le 13 juillet 2013, la citadelle du Krak des Chevaliers a été touchée par des bombardements de l'armée de Bachar al-Assad. Plusieurs vidéos, diffusées via les réseaux sociaux depuis le 13 juillet, montrent qu'il y a eu au moins une frappe qui a touché la citadelle, provoquée par le raid aérien lancé par un MiG selon le militant qui filme la scène. Le 20 mars 2014, le château, jusque-là tenu par la rébellion est repris par les forces gouvernementales.



La salle des Chevaliers


Architecture


Ce majestueux krak des Chevaliers est devenu en un siècle de construction l'un des exemples d'architecture militaire défensive les plus aboutis de son époque et même du Moyen Âge. Une utilisation intelligente de la topographie et d'éléments d'architecture empruntés aux cultures européenne, byzantine et arabe ont rendu cette place imprenable pour peu qu'elle soit défendue par une garnison suffisante (Baybars utilisa la ruse plutôt que la force car il savait cette stratégie vouée à l'échec alors que le krak n'était plus défendu que par300 hommes). Son système d'entrée était révolutionnaire: il consistait en un long corridor, entrecoupé de « sas », et percé dans son toit de nombreuses meurtrières servant à bombarder les assaillants à coups de pierre, et possédant de lourdes portes en bois à l'entrée et à la sortie, munies d'un système de poulies, et servant à bloquer le passage des attaquants qui auraient réussi à survivre assez longtemps pour parvenir jusque-là… Ce corridor débouchait dans la salle d'arme de l'enceinte extérieure


Terrain


La forteresse est construite sur une colline de 750 mètres de haut aux flancs abrupts, ce qui rend la poliorcétique de l'époque inefficace. En outre, de gros travaux de terrassement ont encore renforcé cet avantage naturel. Elle est très haute et domine les alentours

Construction

XIIe siècle

À la suite des tremblements de terre de 1157 et 1170, le krak est quasiment détruit et entièrement reconstruit. On ne sait rien ou presque de son plan avant ces destructions. Les travaux engagés à partir de 1170 forment le noyau central de la forteresse actuelle. C'est en fait une grande galerie triangulaire de270 m de long et de près de neuf mètres de large où vivaient les frères hospitaliers. Conçue comme une caserne fortifiée, cette galerie est voûtée en croisée d'ogive et est d'abord flanquée de cinq tours carrées. Une chapelle fut construite dès 1170 dans la tour nord-est, puis remplacée au même endroit par une chapelle plus grande dès 1180. Cette chapelle a une berceau et présente sur les côtés une série d'arcatures aveugles à l'image de l'architecture religieuse de l'Europe méditerranéenne à la même époque (Languedoc et Provence) et est caractéristique des chapelles édifiées en terre sainte par les croisés.

Toute la cour centrale de l'édifice repose sur un vaste grenier voûté qui pouvait contenir, d'après des auteurs contemporains, jusqu'à cinq ans de vivres et de fourrage. L'eau de boisson nécessaire à tenir un tel siège était drainée depuis les terrasses au sommet des tours et stockée dans des réservoirs.

Une sixième tour, « la tour des latrines », sera construite au nord-ouest de la forteresse vers 1190. Elle abrite douze latrines et communique avec le dortoir des frères et permet de garder des conditions sanitaires satisfaisantes même en cas de siège prolongé. L'importance historique de cette tour réside dans le fait qu'elle compte parmi les premières constructions européennes à être dotée demâchicoulis, technique empruntée à l'architecture militaire arabe. En outre, elle commande une poterne dissimulée sur sa face nord-est qui permet aux assiégés de tenter des sorties pour prendre l'ennemi à revers par surprise.
La construction d'un second mur d'enceinte débute au nord dans les dernières années du siècle.


Constructions de 1170 à 1200


XIIIe siècle

En 1202, après un nouveau tremblement de terre, d'autres travaux sont engagés qui renforcent considérablement le krak autant contre les attaques que contre les séismes. Ainsi, un « glacis » est construit sur les flancs sud et ouest de la forteresse. Il s'agit d'un appareillage de pierres de taille en pente forte qui s'appuie sur la muraille et l'« encoquille ». Ce glacis remplit deux fonctions distinctes : d'abord, il renforce le mur intérieur contre les séismes qui ont déjà ravagé plusieurs fois le krak ; ensuite, il abrite une galerie percée d'archères, ce qui augmente encore la puissance de feu de la place forte.

Dans le même temps, le flanc sud est considérablement modifié. Les tours carrées sont remplacées par deux tours rondes et une troisième en fer à cheval est construite au milieu de la muraille. Elle constitue un renfort défensif sur le flanc sud particulièrement exposé aux attaques. Un niveau est ajouté à la galerie primitive. La tour au milieu du flanc ouest est aussi modifiée et s'arrondit.



Sit tibi copia, sit sapientia, formaque detur ; Inquinat omnia
sola superbia, si comitetur.
Traduction :
Que l'abondance, que la sagesse et la beauté te soient données ;
l'orgueil à lui seul souille tout s'il t'accompagne



La cour intérieure est également remaniée et un bâtiment s'adosse maintenant au flanc est.

En 1250, saint Louis s'installe en Orient et prend la tête des Francs. Il amène avec lui des architectes qui aideront les croisés à défendre leurs places fortes. Un nouveau rempart est alors construit, probablement sur les conseils de ces architectes. Ce rempart mesure neuf mètres de haut, est placé à une distance de 17 à 25 m de la forteresse centrale et est défendu par douze tours rondes à la manière des standards de l'architecture militaire européenne de l'époque, ce qui rend les projectiles moins efficaces, ces tours ne présentant pas d'angles saillants plus fragiles. Le second mur est placé en contrebas du noyau central, ce qui permet aux défenseurs de tirer sur les attaquants depuis les deux positions.

Ce mur possède une seule porte à l'est qui débouche à l'intérieur sur une rampe étroite menant après des virages serrés à l'entrée de la muraille intérieure. Cette rampe rend la progression des assaillants difficile, et empêche l'utilisation d'un bélier contre la porte des fortifications centrales.
Un cloître est aussi bâti probablement à la même époque. S'adossant au bâtiment de la cour centrale, il prend pour modèle les cloîtres d'Île-de-France, ce qui semble indiquer qu'il fut construit en l'honneur de Saint Louis, ou tout du moins par ses architectes.

Des écuries sont également construites contre le flanc sud de la muraille extérieure.

XXIe siècle

En 2012, les insurgés syriens s'emparent du Krak. Le 20 mars 2014, après s’être emparée de la localité de Ras Al-Aïn, à proximité de la frontière libanaise, l’armée syrienne parvient à reconquérir la place forte. L'intérieur du château a souffert et porte la marque des combats qui ont précédé cette reconquête, malgré l'attention de l'armée syrienne à limiter les dommages à l'extérieur de l'édifice.

Rôle stratégique

Le krak jouera un rôle fondamental dans la stratégie défensive des Francs en terre sainte. Le roi de Hongrie André II le définit comme étant « la clef des terres chrétiennes », tandis que le chroniqueur Ibn al-Athir l'appelait « l'os en travers de la gorge des musulmans ». Cette importance stratégique est due à deux facteurs principaux : sa position géographique et son imprenabilité supposée et avérée, tant il est vrai qu'il ne fut jamais repris par la force après avoir été réduit par les croisés en 1109 puis rendu quasiment invulnérable par les travaux ultérieurs.

Défense des Etats Latins

Le krak est un nœud principal dans le maillage de forteresses qui assurent la défense et la domination des territoires francs. Du haut de ses tours, on aperçoit les places fortes de Chastel Blanc à l'est et d'Akkar au sud. Des feux d'alarme pouvaient être allumés et prévenir de proche en proche en cas d'attaque toutes les forteresses du comté de Tripoli.

Un autre avantage de la position géographique du Krak est paradoxalement qu'il n'est pas situé sur une route principale, ce qui rend plus difficile une attaque de grande envergure. Fort de sa victoire à Hattin, et disposant d'un armée de près de 40 000 hommes, Saladin, lors de sa remontée vers le nord, décida de ne pas attaquer le Krak car il savait l'entreprise hasardeuse. Les hospitaliers organisèrent ensuite de nombreux raids sur les convois d'approvisionnement de l'arrière-garde ce qui gêna considérablement la suite de la reconquête musulmane.


Une base arrière lors des conquêtes croisées

De par sa localisation géographique à la frontière entre les royaumes croisés et les terres musulmanes, sa puissance défensive et sa taille (il a pu accueillir jusqu'à 2 000 cavaliers en armes) le krak est une base idéale pour mener des attaques et des raids contre les villes et les forces musulmanes. Ainsi, en 1230, l'émir de Homs refusant de payer son tribut au comte de Tripoli, Templiers et Hospitaliers rassemblent au Krak une armée de 300 cavaliers et 2 700 piétons puis lancent une série de raids et de pillages qui ravageront les terres autour de Homs jusqu'à ce que l'émir cède. Ces raids sont destructeurs et leur rapidité les rend imparables, le krak servant de point de repli une fois le pillage effectué.




2.armoiries



ARMOIRIE DU COMTE DE TRIPOLI
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 15 Mai - 15:50

ROYAUME DE JERUSALEM (1099 – 1291)



Le royaume de Jérusalem était  un royaume chrétien créé en Orient en 1099 au terme de la première croisade et disparu en 1291.

Il s'agit de l’État latin d'Orient le plus méridional. Le royaume, à partir du règne de Baudouin Ier, s’étend sur la Palestine, dominant le littoral de Gaza et Daron jusqu'à Beyrouth. Vers l’intérieur, le royaume va jusqu’à la vallée du Jourdain. Plus tard, l’autre rive du Jourdain sera occupée jusqu’à la mer Rouge, formant la terre d’Outre-Jourdain.


COMPOSITION FEODALE

Le royaume de Jérusalem se partageait en un domaine royal et quatre fiefs principaux. Ces fiefs principaux, ainsi que le domaine royal, avaient eux-mêmes des vassaux.

Les principaux fiefs du royaume de Jérusalem étaient :

Le comté de Jaffa.

Le comté de Jaffa est un fief sur le littoral du royaume de Jérusalem, qui est aussi une marche face à l'Égypte fatimide.

La ville de Jaffa fut prise dès 1099, et Baudoin Ier en fit un comté qu'il confia à Hugues du Puiset. En 1135 le comte Hugues II fut accusé d'adultère avec la reine Mélisende de Jérusalem, et son comté fut confisqué, pour être donné en apanage à des membres de la famille royale. En 1153, la ville d'Ascalon est prise, et le comté devient comté de Jaffa et d'Ascalon. Jaffa fut prise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187, et reconquise en 1191 par Richard Cœur de Lion. Elle fut définitivement prise par les musulmans en 1268.

Le comté de Jaffa comprenait :


a) la seigneurie d'Ascalon


De l’enceinte urbaine primitive subsistent quelques
fragments souvent difformes




La seigneurie d'Ascalon est un fief du royaume de Jérusalem. La ville d'Ascalon ne fut prise par les croisés qu'en 1153. À partir de cette date la seigneurie fut rattachée au comté de Jaffa, de sorte que ce dernier est souvent nommé comté de Jaffa et d'Ascalon. Ascalon fut conquis par Saladin de 1187 à 1192, et définitivement reprise par les musulmans en 1244.


Les courtines étaient composées de petits moellons



A la base des tours, on peut encore remarquer de légers
fruits, sortes de petits talud qui, dans ce désert de dunes,
devaient augmenter la stabilité des ouvrages.




Contrairement à toutes les autres cités maritimes du levant
latin, Ascalon ne possédait pas de port et c’est une plage
de sable fin qui sépare la cité de la mer.





De nombreux ouvrages émergent des dunes qui font face
à la mer et les nombreuses colonnes antiques réemployées
en boutisses sont comme des lances braquées vers la mer.






A l’intérieur de la cité elle-même, tout est ruiné ou noyé sous
les sables. Seule l’église, accolée à l’enceinte urbaine,
témoigne encore de la longue présence des chrétiens
en ces terres.





Le front nord de l’enceinte, récemment dégagé, présente
un plan de flanquement par des saillants barlongs très
semblables à celui de la ville de Césarée.





Vue sur la plage



b) la seigneurie d'Ibelin

La seigneurie d'Ibelin est un des arrières-fiefs du royaume de Jérusalem.

En 1141, Ascalon était encore tenue par les Fatimides d'Égypte, et les armées égyptiennes envahissaient chaque année le royaume croisé à partir d'Ascalon. Ibelin fut construit dans le but de contenir ces attaques. Le château initial, bâti par le roi Foulque de Jérusalem avait quatre tours. La seigneurie fut donnée à Barisan d'Ibelin, puis fut conquise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187.

Le site d'Ibelin était occupé depuis les temps les plus anciens ; les Romains l'appelaient Iamnia. Les Juifs y avaient le Conseil de Yavné après la destruction du second Temple de Jérusalem. Les Arabes le nommèrent Yebna. Le château croisé fut construit entre Jaffa et Ascalon, près de Montgisard et de Rama.

Actuellement, Ibelin s'appelle Yavné.


Liste des seigneurs :
• 1141-1151 : Barisan d'Ibelin († 1151), seigneur d'Ibelin et de Rama
• 1151-1170 : Hugues d'Ibelin († 1170), seigneur d'Ibelin et de Rama, fils aîné du précédent
• 1170 : Baudouin d'Ibelin († 1187), seigneur de Rama, second fils de Barisan. Il donne immédiatement Ibelin à son frère cadet.
• 1170-1187 : Balian d'Ibelin († 1193), troisième fils de Barisan, seigneur d'Ibelin et de Naplouse

Armoiries de la famille Ibelin


c) la seigneurie de Rama

• La seigneurie de Rama ou seigneurie de Ramla est un arrière-fief du royaume de Jérusalem. Elle s'étendait autour de la ville de Ramla, en Israël, entre Jérusalem et Jaffa.


La Tour blanche, vestige de l'église romane transformée
en mosquée blanche de Ramla, XIIIe siècle.



• Il y a des seigneurs dès 1106. Dépendant initialement du domaine royal, la seigneurie est rattachée au comté de Jaffa en 1126. En 1148, le fief passe à la famille Ibelin. La seigneurie est conquise par Saladin en 1187. Les Croisés la réoccupèrent de 1229 à 1260.

Liste des seigneurs :
• 1106-1138 : Baudouin de Rama († 1138)
• 1138-1147 : Rénier de Rama, fils du précédent
• 1148-1151 : Balian d'Ibelin († 1151), marié à Helvis de Rama, sœur du précédent
• 1151-1170 : Hugues d'Ibelin († 1170), fils des précédents
• 1170-1186 : Baudouin d'Ibelin († 1187), frère du précédent
• 1186-1187 : Thomas d'Ibelin (+ 1188), fils du précédent
•  1187-1229 : occupée par les Musulmans
• 1229-1244 : domaine royal (royaume de Jérusalem)
• 1244-1260 : Jean d'Ibelin (+ 1266)



d) la seigneurie de Mirabel

La seigneurie de Mirabel est un des fiefs du royaume de Jérusalem.


Vue du nord-est. L’ouvrage au premier plan est l’œuvre
des croisés et fermait l’un des angles du castrum.



La forteresse de Mirabel fut conquise dans la première décennie du royaume croisé et intégrée dans le comté de Jaffa. Après la révolte d'Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, elle devint le siège d'une seigneurie donnée à Balian d'Ibelin. Elle fut conquise en 1187 parSaladin.



A l’intérieur de l’enceinte, le  bati franc côtoit celui, plus
tardif, apposé par les ottomans. Ici on remarque l
e réemploi d’un linteau



C'est la seigneurie la plus au nord du comté de Jaffa sur le territoire de la commune israélienne de Rosh HaAyin.



Seule une partie de la citadelle originale semble avoir été
réutilisée par les turcs. Le reste n’est qu’un champ de ruines.



Le village arabe de Majdal Yaba qui entourait la forteresse jusqu'en 1948, a disparu après sa conquête pendant la guerre israélo-arabe de 1948-1949.



Mirabel offre une vue sur toute la route du littoral et jusque jaffa.


Liste des seigneurs :

• 1135-1151 : Barisan d'Ibelin († 1151), seigneur d'Ibelin
• 1151-1186 : Baudouin d'Ibelin († 1187), seigneur de Rama, second fils de Barisan.
• 1186-1187 : Thomas d'Ibelin († 1188), seigneur de Rama, fils du précédent

Ajouts datant du XVIIIe siècle, plaqués contre le donjon franc (partie inférieure – gauche de l’image)
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 15 Mai - 16:17

•  la seigneurie d'Outre-Jourdain, ou de Montréal


La seigneurie d'Outre-Jourdain aussi appelée seigneurie de Montréal, du nom de sa capitale, était au XIIe siècle un fief du royaume de Jérusalem situé à l'est du Jourdain.


A. histoire de la seigneur d’Outre-Jourdain


a) expansion du royaume de Jérusalem


Le royaume de Jérusalem, créé en 1099 lors de la première croisade, était le plus méridional des États latins d'Orient. Dès l'an 1100, puis en 1107 et en 1112, le roi Baudoin Ier de Jérusalem accomplit plusieurs expéditions militaires à travers l'Arabah. En 1115, Baudouin fit construire le krak de Montréal dans la région d'Édom (« Idumée ») à environ 50 km au sud-est de la mer Morte, puis le château de Val-Moïse, à proximité des vestiges de la cité nabatéenne de Pétra.


Ayant affermi la présence franque dans la région, il atteignit en 1116 la pointe nord du golfe d'Aqaba à Eilat et renforça l'île de Graye.


b) création et développement de la Seigneurie d’Outre-Jourdain


C'est en 1118 que Baudoin Ier de Jérusalem fit un fief de ces régions et les donna à Romain du Puy, un de ses chevaliers. Compromis dans la révolte du comte de Jaffa Hugues II du Puiset et suspecté de félonie, Romain du Puy fut dépossédé de ses terres au profit dePayen le Bouteiller par le roi Foulque V d'Anjou vers 1132. Payen le Bouteiller consolida les positions de la seigneurie en édifiant en1142 « Al-Karak », ou « krak des Moabites ».


La première moitié du XIIe siècle a été pour le fief, qui contrôle la route traditionnelle du «Hajj» (reliant Damas et Le Caire à Médine et La Mecque), une période de prospérité et de paix relative. Montréal apparaît comme un lieu de coexistence pacifique entre les pionniers francs et les populations indigènes.


c) Saladin


Avec l'arrivée au pouvoir de Saladin en Égypte et la prise de Damas par Nur al-Din, la seigneurie d'Outre-Jourdain va voir sa situation se détériorer.

Dès 1169, Saladin organise des raids contre les deux kraks d’Outre-Jourdain. En septembre 1171, il entreprend d’assiéger Montréal, obligeant la garnison à demander grâce contre la promesse de remettre la forteresse dans un délai de dix jours. Par chance, Saladin doit lever précipitamment le siège pour aller mater une révolte fatimide au Caire.

d) Renaud de Châtillon

En 1177, Renaud de Châtillon accède par son mariage à la tête de la seigneurie. Emprisonné 16 années par Saladin, allié des Templiers, Renaud de Châtillon est partisan d’une politique de conquête face aux musulmans et multiplie les provocations.

En 1181, malgré la trêve entre Francs et musulmans, il pille une caravane se rendant à la Mecque. En1182, il monte une expédition en mer Rouge, pille les ports du Hedjaz, coule un bateau de pèlerins musulmans se rendant vers Jeddah et menace La Mecque et Médine. En représailles, Saladin assiège le château en 1183 avec l'aide de huit mangonneaux et incendie sa plus haute tour. L'arrivée de Baudouin IV met fin au siège. En 1184, Saladin tente de prendre Kerak à l'aide de pièces d'artillerie mais échoue une fois de plus.

En 1187, Renaud de Châtillon brise la trêve en vigueur depuis près de six ans entre Baudouin IV de Jérusalem et Saladin et s'empare d'une caravane fortement escortée qui se rend du Caire à Damas. À cette occasion, il enlève peut-être la propre sœur4 de Saladin qui, rompant la trêve, engage la guerre contre le royaume de Jérusalem.

e) Fin de la seigneurie d’Outre-Jourdain

En avril 1187, plus de 12 000 musulmans assiègent les kraks de Montréal et des Moabites. Le 4 juillet 1187 a lieu la bataille de Hattin qui se solde par une victoire écrasante de Saladin. Renaud de Châtillon est fait prisonnier avec son beau-fils Homfroy IV de Toron. Il est décapité le lendemain d'un coup de sabre par Saladin en personne. Des négociations sont menées avec sa veuve Étiennette de Milly afin d'échanger son fils Homfroy contre la capitulation d'Al Karak et de Montréal. Les garnisons concernées refusèrent le marché. En1188, les défenseurs de d'Al Karac, privés de tout secours, sont obligés de capituler. Après un an et demi de siège, entre avril et juin 1189 les assiégés de Montréal, « réduits à la plus horrible famine et rendus aveugles par le manque de sel », durent rendre les armes et Saladin s'empara de la forteresse. On raconte que Saladin, en hommage à leur courage, leur aurait permis de regagner sains et saufs les terres chrétiennes. Les petits postes chrétiens établis dans les oasis furent rapidement obligés à se rendre. À la fin de l'année 1189, Saladin était maitre du royaume de Jérusalem, mis à part les villes de Tyr, d'Antioche et de Tripoli.


Si la prise de ses places fortes marque la fin effective de la seigneurie d'Outre-Jourdain, le titre de seigneur de Mont-Réal et de Karak survivra encore quelque temps et passa alors à la maison de Toron. Le titre paraît s'être éteint avec Jean de Montfort, mort sans postérité le 26 novembre 1283.


B. les places fortes de la Seigneurie


a) Le krak de Montréal



Mons Regalis : une position naturelle forte pour
une forteresse royale.




Le « krak de Montréal », ou «château d'al-Shawbak» a été construit en 1115 par Baudoin Ier. Situé à 228 km au sud d’Amman, le krak de Montréal domine la vallée de l'Arabah et contrôlait les voies commerciales reliant l'Égypte, la Péninsule Arabique et la mer Rouge. Outre l'aspect stratégique de sa position, le château de dressait sur une montagne qui possédait deux sources, au cœur d'une grande oasis très fertile. Cette forteresse est restée entre les mains des Francs jusqu’à sa reddition en 1189 devant les troupes deSaladin.



Aux pieds de la colline, le village de pierre est presque totalement abandonné.




La cathédrale, éventrée, laisse aujourd’hui voir les vallées




Les voûtes de la cathédrale ont encore fière allure, bien que
ses murs se soient effondrés.





Le palais ressemble à s’y méprendree à celui que l’on peut encore
visiter au Crac de Moab, attribué aux ayyoubides et/ou aux
mamelouks.




Sur les versants avoisinant la forteresse, de nombreuses habitations
aujourd’hui abandonnées gardent avec mélancolie le wadi.




Vue depuis le sud, la citadelle parait être la seule construction
humaine au  milieu de ce désert de rocs.




b). Le château de Val-Moïse



Tour carrée complétant les défenses naturelles du site


En 1116, Baudoin Ier atteignit la région de Wadi Moussa et le djebel Khubtha et fit construire le château de Val-Moïse ainsi que d'autres places fortes, dont les forteresses Al-Wu'ayrah et Al-Habis sur l'emplacement même du site de Pétra. Petra restera entre les mains des Francs jusqu'en 1187, année de la bataille de Hattin .



L’unique entrée de la forteresse a été pratiquée à travers
une pile naturelle du Wadi Musa.




On distingue ici le fossé aux pieds de la tour, ainsi que les
vestiges du réduit central, dans le fond de l’image.




Un fragment du chemin de ronde, dans sa partie
surplombant le Wadi Musa.




De nombreux vestiges, comme cette volée de marches taillées
dans le grès, témoignent probablment d’une occupation
antérieure nabatéenne du site.





Vue de la citadelle depuis un poste d’observation. Au fond
on devine le village moderne de Wadi Musa.




Vue panoramique permettant de mettre côte à côte le Val Moyse
et El-Habis, les deux sites fortifiés croisés de Pétra.





c) Le krak de Moab


[/URL]
Lorsque le soleil se couche sur la terre de Moab,
la citadelle s’embrase en un ardent bucher.




En 1142, Payen le Bouteiller fit construire le krak de Moab, aussi appelé la «Pierre du Désert». La position stratégique du fief, entre Damas et la mer Rouge, permettait de contrôler les caravanes musulmanes entre l'Égypte et la Syrie. « Al-Karak » devint la ville principale de la seigneurie et la résidence de l'archevêque de Rabbah.



Depuis le village de al-Franj, l’éperon rocheux parait inaccessible.



L’élement le plus impressionnant est le mur-bouclier bâti
en pierres robustes à peine dégrossies. L’entrée franque
est visible dans le renfort.





Les vestiges du palais sont vraisemblablement d’origine
ayyoubides et/ou mamelouks. On retrouve le même type
de configuration au Mons Regalis : une cour centrale
déssert des pièces latérales.





L’ancienne église, très ruinée, ne présente plus que quelques
voutes et les traces de frises scultées, à peine visibles.




Ecrasant le fossé de sa masse, le donjon bâti par les
mamelouks domine l’ensemble de la forteresse.



d) La ville de Ayla et l’île de Graye



Ayla : Aujourd’hui, les murs arabes font face à une palmeraie



Construite ou renforcée vers 1160, l'île de Graye permettait de contrôler la route entre Le Caire et Damas et de protéger l'oasis d'Ayla.



Ayla :La structure carrée typique est bien conservés même
si de nombreuses restaurations sont facilement identifiables.





Ayla : L’intérieur de la citadelle est composé d’un espace
ouvert rectangulaire desservant différentes salles adossées
aux murs de l’enceinte.





Ayla : Bab Misr, la porte d’Egypte de la vieille ville d’Ayla



Ayla : L’une des ruelles de la vieille ville qui fut abandonnée
à l’arrivée des Croisés, avant que ceux-ci ne s’en fassent
eux-mêmes chassés.





Ayla : L’ancienne église de cet évêché fut convertie en
mosquée après les invasions arabes. L’emplacement
est marqué par ces colonnades.




Île de Graye de nos jours



Ile de GRAYE. Plan de L. de Laborde




e) Ahamant




La citadelle, d'origine romaine, coiffe une
des collines de la ville moderne.






On identifie Ahamant avec la ville de Ma'an, sur la route du Hadj, à six heures au sud-est du krak de Montréal.



face la plus exposée (et la mieux conservée)



C. Féodalité

Le suzerain de la seigneurie d'Outre-Jourdain était le roi de Jérusalem. Les seigneurs de ce fief furent :

• 1118-1134 : Romain du Puy, le premier seigneur d'Outre-Jourdain
• 1134-1148 : Payen le Bouteiller. En 1142, il fait élever la «Pierre du Désert», le krak de Moab.
• 1148-1161 : Le fief revient à la Couronne. Baudouin III de Jérusalem l'échange contre la seigneurie de Naplouse avec Philippe de Milly.
• 1161-1167 : Philippe de Milly. En 1167, il abandonne son fief pour se faire templier
• 1167-1168 : Béatrice de Brisebarre, fille de Gautier III de Brisebarre, seigneur de Beyrouth, et d'Hélène de Milly, fille aînée de Philippe de Milly (Régence de Gautier III de Brisebarre)
• 1168-1189 : Étiennette de Milly, seconde fille de Philippe de Milly, accompagnée de ses maris successifs :
• 1168-1173 : Onfroy III de Toron, mort en 1173
• 1173-1174 : Miles de Plancy, assassiné à Saint-Jean-d'Acre en octobre 1174
• 1177-1187 : Renaud de Châtillon, décapité d'un coup de sabre par Saladin.
• 1187-1198 : Onfroy IV de Toron, fils d'Onfroy III et d'Étiennette de Milly
• vers 1198 : Isabelle de Toron, sœur d'Onfroy IV de Toron
• Eschive, morte enfant
• vers 1229 : Alix d'Arménie, petite fille d'Isabelle
• vers 1236 : Marie d'Antioche
• Jean de Montfort, mort sans postérité le 26 novembre 1283


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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 15 Mai - 17:33

la principauté de Galilée, ou de Tibériade

• histoire


• La principauté de Galilée, aussi appelée principauté (ou seigneurie) de Tibériade ou de Tibérias est le plus ancien fief du royaume de Jérusalem.
Etendue géographique
Ce fut Tancrède de Hauteville qui le fonda au lendemain de la prise de Jérusalem. Il abandonna ses droits sur la principauté quand il s'installa dans la principauté d'Antioche, et le roi confia le fief à plusieurs seigneurs. Le fief fut conquis par Saladin après la bataille de Hattin en 1187. Elle fut momentanément rendue aux Croisés de 1240 à 1247.


Vassaux :


a) seigneur de Banias.

• Baniyas, Banias ou Panéas est un site archéologique qui s'est appelé Césarée de Philippe pendant la période romaine. Le site est situé sur le mont Hermon à la source de la rivièreBaniyas, près d'une des sources du Jourdain. Il a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem pendant les croisades. Le site est à l'est de la frontière internationale entre Israël et la Syrie dans le territoire occupé par Israël dans le Golan depuis1967.



Grotte et niches sacrées du dieu Pan à Césarée de Philippe.


• La seigneurie de Banias est un des arrières-fiefs du royaume de Jérusalem. Située à l'est de la seigneurie de Toron, elle dépend de la principauté de Galilée.

• Banias fut donné par les Assassins à Baudouin II en 1128, qui en inféoda Rénier Brus. Elle passa ensuite par mariage à Onfroy de Toron, qui en donna la moitié en 11571 à l'Ordre de l'Hôpital. Nur ad-Din en fit la conquête en 1167, et fait prisonnier Josselin III d'Édesse. Josselin va rester en captivité jusqu'en 1176, il reprend alors une partie de ses domaines.

Liste des seigneurs :
• 1128-1148 : Rénier Brus
• 1148-1157 : Onfroy II de Toron, gendre du précédent
• 1157-1167 : Ordre de l'Hôpital
• 1167-1176 : conquis par Nur-ad-Din
• 1176-1187 : Josselin III d'Édesse



B) seigneur de Beyrouth.



Les restes de la citadelle sont toujours visibles, dans le centre-ville


Histoire

La seigneurie de Beyrouth était aux XIIe et XIIIe siècles un des fiefs du royaume de Jérusalem. C'était la seigneurie la plus au nord du royaume, située entre le comté de Sidon et le comté de Tripoli.


On voit ici les assises d’une tour carrée et des anciennes courtines


Féodalité

Il peut paraître curieux que cette seigneurie soit vassale du prince de Galilée et de Tibériade plutôt que du comte de Sidon, car ce comté sépare justement la seigneurie de la Principauté. La raison en est probablement la suivante : Beirouth a été prise avant Sidon, donc le comté n'était pas encore créé quand Baudouin inféoda Beyrouth à Foulques de Guines. La ville étant très éloignée du centre du royaume, il plaça le nouveau Seigneur sous la protection d'un vassal plus proche.


On voit ici une entrée qui permettait de pénétrer
dans une énorme tour carrée.




Liste des seigneurs

Cette liste a été établie grâce aux Lignages d'Outremer, texte généalogique traitant des familles nobles installées en Terre sainte.

• 1110-1125 : Foulques de Guines
• 1125-1138 : Gautier Ier de Brisebarre
• 1138-1140 : Guy Ier de Brisebarre, frère de Gautier. Il eut trois fils: Gautier, Guy et Bernard1
• 1140-1156 : Gautier II de Brisebarre, fils du précédent
• 1156-1157 : Guy II de Brisebarre, frère du précédent
• 1157-1166 : Gautier III de Brisebarre, fils du précédent
• 1166-1167 : Andronic Ier Comnène cousin de l'empereur Manuel Comnène, concubin de Théodora Comnène
• 1167-1187 : vendu et rattaché au domaine royal
• 1187-1197 : conquis par Saladin
• 1197-1204 : domaine royal
• 1204-1236 : Jean d'Ibelin
• 1236-1247 : Balian d'Ibelin, fils du précédent
• 1247-1254 : Hugues d'Ibelin, fils du précédent, également Prince de Galilée par mariage
• 1254-1264 : Jean d'Ibelin, frère du précédent
• 1264-1282 : Isabelle d'Ibelin, fille du précédent, et ses maris :
• 1265-1267 : Hugues II de Chypre
• 1272-1273 : Haymo Létrange
• 1276-1277 : Nicolas l'Alleman
• 1278-1282 : Guillaume Berlais († 1304)
• 1282-1291 : Echive d'Ibelin († 1312), sœur de la précédente, et ses maris :
• 1282-1284 : Onfroy de Montfort
• 1291 : Guy de Chypre († 1304)



seigneur d'Haifa.


Haïfa est une ville côtière d’Israël située sur les bords de la mer Méditerranée.

Le nom de cette cité est mentionné dans le Talmud au IIIe siècle de l’ère chrétienne. Il s’agit alors d’une bourgade située aux environs de Shikmona, la principale ville juive de la région. Conquise et intégrée à l’empire byzantin, elle fut ensuite successivement placée sous la domination desPerses et de l’empire arabe. En 1100, les Croisés font le siège de la ville avant de l’intégrer dans la Principauté de Galilée. Ce furent les Mamelouks qui reprirent les lieux en 1265 avant qu’elle ne soit progressivement désertée et abandonnée jusqu’au XVIIe siècle.

En 1761, le souverain bédouin Daher El-Omar reconstruisit la cité en la ceinturant d’une muraille. Toutefois, la nouvelle cité fut déplacée de son lieu d’origine et située dans un lieu étroit entre la mer et les hauteurs du Mont Carmel. À l’exception de courtes périodes marquées par les tutelles de Bonaparte (1799) et de Mehemet Ali (1831), Vice-Roi d’Égypte, la tutelle ottomane perdurera jusqu’au démembrement de l’empire en 1918 (conséquences de la Première Guerre mondialesur la géographie du Moyen-Orient).

En 1868, l’arrivée des membres de la Tempelgesellschaft (Société du Temple) bénéficia beaucoup au développement de la ville. Ces immigrants allemands bâtirent leurs maisons dans ce qui est maintenant connu comme la « colonie allemande ». Les templiers contribuèrent grandement à l’industrie et au commerce de Haïfa, et jouèrent un rôle important dans sa modernisation.



seigneur de Nazareth.

Nazareth (en arabe : an-Nāṣira et en hébreu : Nāṣereth) est une ville du nord d'Israël, en Galilée. C'est la plus grande ville arabe du pays avec 66 000 habitants en 2008(estimations), dont 69 % sont musulmans et 30,9 % chrétiens. La population des banlieues est en majorité musulmane. Un faubourg, Nazareth Illit (Haute Nazareth), est majoritairement juif. La région métropolitaine compte 210 000 habitants, dont 85 000 juifs.

La tradition chrétienne fait de Nazareth la ville de Joseph et de Marie.
À Nazareth, la Basilique de l'Annonciation (catholique) est la plus grande des églises duMoyen-Orient. Elle a été inaugurée en 1964 par le Pape Paul VI et consacrée en 1969 sur le site d'églises plus anciennes, elles-mêmes édifiées sur une grotte identifiée comme celle de l'Annonciation.

[…]

Au IVe siècle, s'il faut en croire Eusèbe de Césarée et Épiphane de Salamine, c'est un centre essentiellement juif qui n'abrite « ni hellènes (polythéistes), ni Samaritains, ni Chrétiens » et ne possède pas d'église avant la moitié du IVe siècle. La littérature rabbinique n'en parle pas, soit intentionnellement, soit simplement parce qu'il n'y a rien à dire.

Malgré son importance dans les traditions se rapportant à Jésus « de Nazareth », le village de Nazareth n'est pas devenu immédiatement un lieu de pèlerinage chrétien. Le premier lieu de dévotions y fut construit aux alentours du IVe siècle par Hélène, la mère de l'empereurConstantin Ier. Au VIe siècle, un pèlerin anonyme de la ville de Plaisance décrit la visite qu'il a faite à la synagogue de Nazareth où se trouve un banc miraculeux sur lequel Jésus se serait assis ainsi qu'un tome de la Loi qui lui aurait servi de livre de lecture. Celle-ci est identifiée par certains spécialistes comme un lieu de culte judéo-chrétien ou « nazaréen » et, à tout le moins, semble en tout cas témoigner de la coopération entre juifs et chrétiens locaux au profit de l'« industrie touristique » engendrée par les pèlerins. Certains interprètent le témoignage de ce pèlerin comme la description d'une basilique qui recouvre l'église-synagogue. La tradition y fixe la « maison de Marie » et correspond probablement à la basilique de l'Annonciation dans laquelle on a trouvé trace des restes demosaïques byzantines portant des inscriptions en grec.



Basilique de l’Annonciation.


Lors de la première croisade, Nazareth est la proie d'âpres combats avant d'être conquise par les croisés en 109925. Les lieux de culte chrétiens y sont alors en ruines et le chevalier sicilo-normand Tancrède, devenu Prince de Galilée, en fait sa capitale. Il ordonne la construction d'une cathédrale en amont de la grotte située au centre de la ville. Ce qui constitue le plus grand bâtiment construit par les croisés est endommagé par le tremblement de terre de 1102.



La basilique de l'Annonciation pendant la nuit


La protection des lieux est confiée à l'ordre du Temple durant les XIIe et XIIIe siècles. Si les pèlerins ont la possibilité de se rendre dans ces lieux durant de longues années, la chute de Saint-Jean-d'Acre (Akko) et l'expulsion des croisés de Palestine (1291) met fin aux pèlerinages : la ville est alors détruite par les Mamelouks. Quand les Ottomans dominent la région au début du XVIe siècle, ils en expulsent les chrétiens et il faut attendre le règne de l'émir du Liban Fakhr-al-Din II (1590–1635) pour que les chrétiens puissent à nouveau s'y rendre : suite aux accords plus généraux entre Henry IV et le monde ottoman, les chrétiens sont encouragés à s'installer dans la ville qui devient une cité importante de la région. Des moines franciscains s'y installent en 1620 et sont autorisés à bâtir un monastère et une église à proximité de la grotte de l'Annonciation. Soumis aux raids de bédouins qui rendent difficile l'accès à cet établissement, les moines font appel au patriarche maronite du Liban pour trouver des ouvriers qui vont constituer la nouvelle population chrétienne du site, avec des chrétiens arabes grec-orthodoxes, encouragés à y implanter leur propres lieux de culte.



Façade de la basilique en forme de A, symbole de l'Ave Maria


Mais la chute de Fakhr ad-Din et les raids bédouins ont raison de cette nouvelle implantation et il faut attendre le règne du sultan Dahir al-Omar (1730-1775) pour que la ville, qui a décliné entre temps, soit à nouveau sécurisée. En 1730, l'ordre des Franciscains obtient du sultan ottoman un firman afin de reconstruire un nouveau lieu de culte, qui survit jusqu'en 1955. À cette date, il est détruit pour permettre la construction de la présente basilique.




Grotte de l'Annonciation dans la crypte


Les travaux sont confiés à l'architecte Giovanni Muzio qui édifie un ensemble sur deux niveaux. Le premier contenant la grotte et le second, une nef centrale inspirée des plans de la cathédrale croisée du XIIe siècle. Aujourd'hui, Nazareth est l'un des sanctuaires chrétiens les plus importants du Moyen-Orient. La première mosquée y est édifiée en 1804.

À côté de cette basilique se trouve l'église Saint-Joseph, sur le site traditionnellement connu comme la « maison de la Sainte Famille » et l'atelier de charpenterie de Joseph. Des fouilles archéologiques situeraient la maison de Joseph, dite aussi maison d'enfance de Jésus sous lecouvent des sœurs de Nazareth . Connue depuis les années 1880, cette maison est fouillée depuis 2006 par l'archéologue Ken Dark qui considère que les ruines de cette habitation datant du Ier siècle av. J.-C. furent vénérée très tôt car incorporées dans des églises byzantines successives.

Non loin de là, une église (grecque-catholique) est censée correspondre à la synagogue où se rendait la Sainte Famille et où le Christ aurait commencé à prêcher, suscitant le rejet de la foule (« Nul n'est prophète en son pays »).

L'église de l'effroi (du temps des Croisés : « Sault du Seigneur ») commémore l'endroit d'où la foule voulait précipiter le Christ afin de le tuer. Le « Puits de Marie » est un des monuments publics qui symbolisent la ville de Nazareth. Sa source est abritée par une église orthodoxe.



seigneur de Toron.



A l’Est de Tyr, la vallée du Litani était défendue par les
fortifications de Beaufort, Chateauneuf, Subeibe et Toron.




• histoire

Toron (appelé aussi Tibnine) est un château qui fut construit dans la principauté de Galilée en 1105 par Hugues de Saint-Omer, qui le donna à Onfroy Ier de Toron. Onfroy IV le donna au roi de Jérusalem contre la possibilité d'hériter de la seigneurie d'Outre-Jourdain. Il fut conquit par Saladin en 1187, puis repris par les Francs en 1229 et rendus aux héritiers de la famille de Toron. Elle sera reprise par lesMamelouks en 1266.



La petite ville actuelle n’a pas trop dénaturé le site
qui continu à barrer fièrement la route de Tyr.



géographie


A 113 km de Beyrouth (Beirut), situé derrière Tyr et Acre, en bordure du Jourdain. Altitude : 870 m



Les courtines ont été complètement reprises par les
Ottomans. Le schéma d’ensemble parait avoir été conservé.




Féodalité

Suzerain : le prince de Galilée et de Tibérias

Vassaux :
• le seigneur de Castel-Neuf
• le seigneur de Thoron-Ahmud



La facture ottomane de ce petit appareil ne fait pas de doute


liste des seigneurs :

• 1105-v.1139 : Onfroy Ier de Toron
• v.1139-1179 : Onfroy II de Toron, fils du précédent
• 1179-1183 : Onfroy IV de Toron, petit-fils du précédent, fils d'Onfroy III, seigneur d'Outre Jourdain, et d'Étiennette de Milly.
• 1183-1187 : domaine royal
• 1187-1229 : conquis par les musulmans
• 1229-???? : Marie d'Antioche, descendante d'une sœur d'Onfroy IV
• 1240-1257 : Philippe de Montfort († 1270), marié à la précédente. En 1257, il cède Tyr à son fils aîné devenu majeur
• 1257-1266 : Jean de Montfort, fils des précédents, marié à Marguerite de Lusignan, sœur d'Hugues III, roi de Chypre.
• 1266 : conquis par les Mamelouks



A la base de certaines courtines, l’ouvrage franc est
encore visible. Ces bossages ont ici la valeur d’une signature.





Par endroits, le talus laisse penser que les Ottomans ne
respectèrent pas scrupuleusement le tracé croisé de l’enceinte.




Généalogie







Liste des princes :

• 1099-1101 : Tancrède de Hauteville, ensuite régent d'Antioche.
• 1101-1106 : Hugues de Fauquembergues
• 1106-1108 : Gervais de Bazoches
• 1109-1112 : Tancrède de Hauteville, de nouveau.
• 1112-1119 : Josselin de Courtenay, devient ensuite comte d'Edesse.
• 1120-1141 : Guillaume Ier de Bures
• 1142-1148 : Elinard de Bures, neveu du précédent.
• 1148-1158 : Guillaume II de Bures, frère du précédent.
• 1159-1171 : Gautier de Saint-Omer, premier mari d'Echive de Bures, sœur du précédent.
• 1174-1187 : Raymond III, comte de Tripoli, second mari d'Echive de Bures.
• 1187-1240 : sous domination musulmane.
• 1187-1204 : Hugues II de Saint-Omer, fils de Gautier et d'Echive de Bures.
• 1204-1219 : Raoul de Saint-Omer, fils de Gautier et d'Echive de Bures.
• 1219-1265 : Echive de Tabarie, fille du précédent, mariée à Eudes de Montbéliard (+1244).
• 1240-1247 : Echive de Tabarie.
• 1247 : définitivement sous domination musulmane.
Princes titulaires
• 1247-1265 : Echive de Tabarie.
• 1265-1315 : Balian d'Ibelin, petit-fils de la précédente.
• 1315-1319: Jacques d'Ibelin, son fils.
• 1365-1385: Hugues de Lusignan, petit-fils du roi Hugues IV de Chypre.
• 1389-1397: Jean de Brie, noble chypriote.
• 1413-1426: Henri de Lusignan, fils du roi Jacques Ier de Chypre.
• 1441-1445: Jacques de Cafran, noble chypriote.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Dim 15 Mai - 18:57

le comté de Sidon



Le château de Saïda au milieu du XIXe siècle.



Saïda qui a d'abord porté le nom phénicien de Sidon est une ville du Liban, sur la Méditerranée
, à 43 km au Sud de Beyrouth, au pied du mont Liban, entourée de magnifiques jardins où se cultivent principalement orangers et citronniers dont on exporte les fruits; 38 000 habitants.


Sidon était l'une des grandes cités de l'antique Phénicie. Elle paraït avoir exercé, du XVIIe au XIIIe siècle av. J.-C. une sorte d'hégémonie, grâce à son double port, à son industrie, à son activité colonisatrice. Les Sidoniens, marins et commerçants célèbres, ne l'étaient pas moins comme astronomes et calculateurs, sachant naviguer de nuit. On vantait leurs verreries, fabriquées avec l'excellent sable des dunes de leur rivage; leurs tissus de lin, etc. Ils avaient colonisé la côte d'Afrique, fondé Hippone, la première Carthage

Sidon est célèbre dans les poèmes homériques par son industrie métallurgique et ses artisans. Même, lorsque la suprématie passe à Tyr sa voisine, elle garde le titre de « métropole de Canaan ». Elle reconnaît à tour de rôle la suzeraineté de l'Egypte ou des empires asiatiques. Elle est détruite en 351 à la suite d'une révolte entre Artaxerxès III Ochus. Elle accueillit avec faveur Alexandre le Grand. Sous les Romains, elle eut ses archontes, son sénat et une assemblée du peuple; elle prit les titres de Nanarchis, de Colonia Augusta, ou de Metropolis.

Le christianisme y pénétra de bonne heure, et dès 325 on a la mention d'un évêque de Sidon.  En 637-638, la ville se rendit aux musulmans. Elle fut prise ensuite, une première fois par les Croisés en 1110. Saladin s'en empara en 1187. Reprise par les croisés en 1197, puis en 1228, Sidon, renommée Sagette par les Francs, fut de nouveau fortifiée par saint Louis en 1253. Elle retomba définitivement entre les mains des musulmans en 1291, après avoir été détruite par les Mongols en 1260. La plupart de ses ouvrages furent rasés.

Connue désormais sous le nom arabe de Saïda, la ville renaquit de ces cendres et connut même une époque brillante au XVIIe siècle, avec Fakhr-eddin, émir des Druzes, qui attira les Européens en protégeant le commerce de la soie. La ville servait de port à Damas  et devint le centre du commerce de la soie. L'oppression de Djezzar Pacha mit fin à cette prospérité, ainsi que la concurrence de Beyrouth. Le 26 septembre 1840, les flottes alliées turque, autrichienne et anglaise, commandées par Napier, bombardèrent la forteresse du port; en 1860, les chrétiens y furent persécutés.

Rattachée à l'Etat libanais formé en 1943, Saïda accueillit après la formation de l'Etat d'Israël, en 1948, une forte population de réfugiés palestiniens, qui s'établirent dans deux camps : Aïn el-Héloué, très étendu et qui est aujourd'hui un des faubourgs de la ville, et Miyeh-Miyeh, situé sur une hauteur, à proximité.

Les seuls vestiges d'époque ancienne ont été fournis par une nécropole qui a été d'abord fouillée par Renan et Gaillardot. En 1855, on y trouva le fameux sarcophage d'Echmounazar, roi de Sidon, portant une longue inscription phénicienne et actuellement au Louvre. En 1887 apparurent dix-sept sarcophages grecs et phéniciens, dont le prétendu sarcophage d'Alexandre et celui de Tabnith, père d'Echmounazar, qui ornent le musée de Constantinople.


La petite île réunie à la côte par un pont de neuf arches ogivales, le Kalaat el-Bahr ou château de la mer, renferme les ruines d'un château franc du XIIIe siècle. Il gardait le port de Saïda. Le Khan el-Franj (= khan des Français), situé lui aussi près du port est un ancien caravansérail construit au XVIIe siècle. Il doit son nom au fait que fait que les consuls français y résidèrent avant d'êtres transférés à Beyrouth. Enfin, signalons dans le voisinage de la ville la nécropole phénicienn ancienne; et sur une hauteur, chapelle Mer Elias, sur l'emplacement d'un temple phénicien (La Religion phénicienne).  (R. Do.).



Liste des seigneurs


• 1110-1123 : Eustache Grenier (1071-1123), comte de Sidon et Seigneur de Césarée
• marié à Emma (ensuite remariée à Hugues II du Puiset)
• 1123-1171 : Géraud Grenier (1101-1171), dit Eustache II, Le Jeune, fils de Eustache Grenier
• marié à Agnès de Bures, sœur de Guillaume II, prince de Galilée
• 1171-1187 : Renaud Grenier, fils de Géraud Grenier
• marié à Agnès de Courtenay, puis à Helvise d'Ibelin
• 1187-1197 : conquise par Saladin
• 1197-1202 : Renaud Grenier, de nouveau
• 1202-1239 : Balian Grenier, fils du précédent et d'Helvise d'Ibelin
• marié à Marguerite de Brienne
• 1239-1260 : Julien Grenier, fils du précédent
• marié à Euphémie, fille d'Héthoum Ier, roi d'Arménie

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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Lun 16 Mai - 16:00

ARMOIRIES


Blasonnement : d'argent, à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même.



Selon la tradition, ce blason est volontairement à l'enquerre (il contrevient aux règles héraldiques en disposant un métal directement sur un autre métal), pour mieux marquer le prestige tout particulier de ce royaume.


HISTOIRE

A. Le royaume de Jérusalem

Le royaume de Jérusalem est né de la première croisade et de la prise de Jérusalem (15 juillet 1099). Godefroy de Bouillon en fut le premier souverain, mais se contenta du titre d’Avoué du Saint-Sépulcre. Il fallut d’abord combattre une première contre-attaque fatimide, qui fut battue à Ascalon le 12 août 1099. Le royaume se limitait aux villes de Jérusalem et Bethléem, du port de Jaffa et de la route reliant Jérusalem et Jaffa.

Plusieurs chefs croisés quittèrent la ville sainte, soit pour se tailler des principautés, soit pour rentrer en Europe. Il ne restait plus que Godefroy, Tancrède de Hauteville, Raymond IV de Toulouse et trois cents chevaliers. Tancrède conquit la plaine de Galilée et fonda la principauté de Galilée.


Les États croisés en 1102


Godefroy mourut le 18 juillet 1100. Se posa alors la question du statut juridique du nouvel état, liée à celle de la succession. Daimbert de Pise, patriarche de Jérusalem, souhaitait un état théocratique et appela son allié Bohémond, prince d'Antioche. Mais celui-ci venait d’être fait prisonnier par les Turcs et Baudouin, comte d'Edesse et frère de Godefroy, se présenta. Daimbert fut obligé de l’accepter, puis de le sacrer roi de Jérusalem.

Baudouin Ier passa son règne à conquérir le littoral et à repousser les contre-attaques islamiques. Il réussit à faire reconnaître la suzeraineté du royaume de Jérusalem sur les autres États latins d'Orient. Il mourut en 1118 et les seigneurs du royaume lui choisirent comme successeur Baudouin du Bourg, comte d’Édesse et cousin de Baudouin Ier.

Baudouin II renforça la présence franque en Terre Sainte et remporta plusieurs victoires, mais ne put s’emparer de la Syrie intérieure, les villes d’Alep et de Damas restant aux musulmans.

Les succès de la première croisade étaient principalement dus aux divisions des musulmans. Foulque d'Anjou, successeur de Baudoin II, parvint à maintenir cet équilibre, mais la Syrie musulmane commençait à s'unifier sous la férule de Nur ad-Din. La deuxième croisade n'eut aucun résultat positif, les croisés ayant attaqué Damas, le seul émirat allié aux Francs.

Les règnes de Baudouin III et d'Amaury Ier sont marqués par la recherche d'alliances auprès de Byzance et de l'Égypte fatimide, mais cette dernière action se solda par un échec qui contribua à l'hégémonie de Saladin sur la Syrie et l'Égypte réunies, prenant le royaume en tenaille.

Baudouin IV le Lépreux, puis Raymond III de Tripoli, régent au nom de Baudouin V, réussirent à tenir Saladin en échec, mais le comportement de Renaud de Châtillon et l'avènement de Guy de Lusignan amenèrent la catastrophe : l'armée franque fut vaincue à Hattin (4 juillet 1187), le roi fait prisonnier, Renaud de Châtillon exécute, et Saladin entreprit rapidement la conquête des États latins d'Orient après la prise de Jérusalem le 2 octobre 1187 vaillamment défendue par Balian d'Ibelin. Le royaume de Jérusalem se réduisit bientôt au port de Tyr, le comté de Tripoli se réduisit à la ville de Tripoli, au château de Tortose et auKrak des Chevaliers, et la principauté d'Antioche à Antioche et à Marqab.

C'est de Tyr que vint la contre-attaque. Conrad de Montferrat, un homme énergique et résolu, oncle de Baudouin V, y avait débarqué en juillet 1187, mit la ville en état de défense, et repoussa les attaques de Saladin. Pour contrebalancer cette réaction, Saladin délivra Guy de Lusignan, mais Conrad refusa à ce dernier l'entrée de Tyr. Tandis que Conrad épousait Isabelle de Jérusalem pour faire valoir des droits au trône, Guy de Lusignan se mit à assiéger Acre. Ce siège dura deux ans, les Francs de Lusignan se retrouvant à leur tour assiégés par une armée de secours de Saladin, et en proie à la rivalité entre partisans de Guy et partisans de Conrad. Ce n'est qu'à l'arrivée de la troisième croisade, conduite par Philippe II Auguste et Richard Cœur de Lion, que la ville put être prise.

Philippe Auguste rentra en France, mais Richard resta, fit la conquête de la bande côtière et négocia avec Saladin une paix garantissant aux pèlerins chrétiens l'accès à Jérusalem. Sous la pression des barons, il se résigna à reconnaître Conrad roi de Jérusalem, installant Guy de Lusignan sur le trône de Chypre qu'il venait de prendre aux Byzantins.



2. Le royaume à Saint Jean d’Acre (1187 -1291)

Jérusalem était perdue, mais le royaume garda le nom de royaume de Jérusalem, et son siège fut installé à Saint-Jean-d'Acre. Conrad de Montferrat, son nouveau roi, fut assassiné peu après. Se succédèrent alors les deux maris suivants d'Isabelle, Henri II de Champagne, puis Amaury II de Lusignan, frère de Guy de Lusignan et roi de Chypre. Il parvint à reprendre plusieurs ports et à reconstituer le royaume tout le long du littoral, de Jaffa à Beyrouth. À sa mort, ce fut Marie de Montferrat qui lui succéda, sous la régence de Jean d'Ibelin, le « vieux seigneur de Beyrouth ».



Les États croisés en 1196-1205


Lorsque Marie eut dix-neuf ans, Jean d'Ibelin la maria à Jean de Brienne. En 1218, celui-ci lança une expédition en Égypte dans le but de négocier la restitution de Jérusalem. Le 5 novembre 1219, il prit Damiette, et le sultan d'Égypte était disposé à échanger la ville contre Jérusalem. Le légat Pélage Galvani s'y opposa et marcha sur Le Caire au moment de la crue du Nil. L'expédition tourna ainsi à la catastrophe et les succès de l'opération furent réduits à néant.




Les États croisés en 1240



Pour obtenir des secours de l'Occident, Jean de Brienne maria en 1225 sa fille Isabelle II à l'empereur romain germanique Frédéric II de Hohenstaufen, lequel l'écarta du trône. Frédéric II, bien qu'ayant réussi à récupérer Jérusalem par traité, mécontenta les barons et la « guerre des Lombards » éclata entre les impériaux et les barons. Ce n'est qu'en 1232 que les barons l'emportèrent, ne laissant aux impériaux que la ville de Tyr qui fut prise en 1243.


Tout en maintenant la fiction des rois Hohenstaufen, les barons organisèrent un gouvernement collégial, dirigé par Jean d'Ibelin, puis par son fils Balian, mais l'anarchie s'installa. Jérusalem fut reprise par les musulmans en 1244. Saint Louis vint à la tête d'une croisade, mais fut fait prisonnier à Damiette. Après sa libération, il gouverna le royaume de 1250 à 1254 et le réorganisa, mais l'anarchie revint après son départ, aggravée par les rivalités entre les Génois et les Vénitiens (guerre de Saint-Sabas), la double prétention au trône de Hugues III de Chypre et de Charles d'Anjou. Pendant ce temps, le sultan mamelouk Baybars reprenait petit à petit les différentes places fortes du royaume. La dernière place forte franque fut Saint-Jean-d'Acre, qui fut prise le 28 mai 1291
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Lun 16 Mai - 16:11

INSTITUTIONS

Les institutions du royaume, lois initialement non écrites, furent regroupées par Jean d'Ibelin dans les Assises de Jérusalem.

1. Le roi

• Succession : Le royaume de Jérusalem fut tout d'abord une monarchie élective : Godefroi de Bouillon, Baudouin Ier et Baudouin II ont été désignés de cette manière. Mais les barons prirent rapidement l'habitude de choisir le roi dans la famille royale, au point qu'après le règne de Frédéric II, et malgré l'absence du souverain et le rejet des Hohenstaufen, la fiction des rois Hohenstaufen fut établie. Cette double nature de la succession, élective et héréditaire, permit l'élection de Baudouin V, afin d'écarter Guy de Lusignan du trône, et le maintien sur le trône de Jean de Brienne, veuf de Marie de Montferrat, alors que l'héritière était une fille âgée de trois ans.
• Titre : Dans les chartes en latin, les rois étaient nommés rex Hierusalem Latinorum, rex Ierosolymorum, rex Hierosolomitanus, rex Babilionie atque Asie, voire rex Francorum.
• Sépulture : les rois étaient enterrés dans l'église du Saint-Sépulcre, en dessous du Calvaire ; leur corps reposent dans un monument sacré où tout célèbre le Christ dans sa vie terrestre et sa résurrection.
• Sacre : après Baudouin Ier dont le couronnement se fit à Bethléem, les rois sont oints et couronnés à l'église du Saint-Sépulcre ; le maître du Temple et celui de l'Hôpital ainsi que le patriarche détiennent chacun d'une clef nécessaire pour ouvrir le trésor de l'église du Saint-Sépulcre qui contient les couronnes royales.


2. La noblesse et la Haute – Cour


Contrairement à de nombreux pays d'Europe, la puissance féodale s'est d'abord établie, chaque croisé noble cherchant à se tailler un fief en Terre Sainte, transposant ainsi le système féodal en Orient, et ce ne fut qu'ensuite que la nécessité de coordonner les opérations militaires établit l'institution monarchique. De ce fait, la véritable souveraineté ne réside pas dans le roi, mais dans le corps de la noblesse réunie en assemblée sous le nom de Cour des Liges ou Haute Cour. Composée au départ des vassaux direct de la Couronne, elle fut augmentée en 1162 des arrières vassaux. Elle dispose d'une autorité souveraine supérieure à celle du roi, qui n'a que le pouvoir militaire. Avant d'être reconnu et sacré, le roi devait prêter le serment de respecter les coutumes et les Assises du royaume.


3. Les cours judiciaires

La Haute Cour est aussi chargée de régler les litiges intéressant les nobles. D'autres cours jugeaient des affaires concernant le reste de la population :

• la Cour des Bourgeois, pour juger les hommes libres de naissance roturière et de langue latine. Elle est composée de douze jurés ou notables, et présidée par le vicomte de Jérusalem.

• la Cour du Raïs, pour juger les indigènes syriaques, composée de jurés indigènes et présidée par le raïs, un fonctionnaire indigène.

Certaines institutions judiciaires respectent les usages locaux : la cour du raïs (chef de village) peut juger des causes mineures concernant les indigènes et la cour de la Fonde est un tribunal mixte jugeant les causes commerciales ou celles qui concernent les Syriens.

En revanche, la cour de la Chaîne qui juge les procès maritimes, la cour des Bourgeois ou la Haute Cour, qui juge les nobles, sont composées uniquement de Francs.



4. Les officiers du royaume

Il y avait six offices permanents dans le royaume de Jérusalem : connétable, maréchal, sénéchal, chambellan, bouteiller et chancelier. Les quatre premiers étaient des Grands Offices. Durant certaines périodes, il y eut aussi des baillis, des vicomtes et des châtelains. Ces offices sont calqués sur ceux qui existaient dans le nord du royaume de France au XIe siècle, la terre d'origine des premiers rois de Jérusalem. Ces offices continuèrent à se développer en France et en Angleterre, mais à Jérusalem, ils évoluèrent peu ou pas du tout.

Les listes données ci-dessous ne sont pas complètes, et les noms et dates de début ou de fin d'office ne sont pas toujours connus. Après la chute du royaume de Jérusalem (1291), ils continuèrent à être attribués à titre honorifique par les rois de Chypre, héritiers des rois de Jérusalem.


a) Connetables

Le connétable commande l'armée, paye les mercenaires et juge tout ce qui relève de la justice militaire. Il est l'officier le plus important du royaume, du fait de l'état de guerre permanent entre les croisés et leur voisins musulmans.


• Simon (1108-1115)
• Hugh Caulis (ca. 1120)
• Eustache Grenier (ca. 1123)
• Guillaume de Bures (1123-1141?)
• Manassès de Hierges (1144-1151)
• Onfroy II de Toron (1152-1179)
• Amaury II de Lusignan (1181-1194)
• Jean d'Ibelin (1194-1205)
• Gautier de Montbéliard (1206-1211)
• Eudes de Montbéliard (de) (1220-1244)
• Philippe de Montfort (ca. 1244)
• Jean d'Ibelin (1251-1258)
• Guillaume II de Botron (de) (1258-1262)
• Balian d'Ibelin (1268-1277)
• Richard de Neublans (ca. 1277)
• Simon de Montolif (ca. 1284?)
• Baudouin d'Ibelin (de) (ca. 1286)
• Amaury de Chypre-Lusignan (1285-1291)


b) Maréchaux

Le maréchal est le second (et apparemment le vassal) du connétable. Il est le commandant des mercenaires et a aussi la responsabilité des chevaux et distribue le butin après les victoires.

• Sadon (1125-1154)
• Eudes de Saint-Amand (1155-1156)
• Josselin III d'Édesse (1156-1159)
• Guillaume (1159-1171)
• Gérard de Pougy (1169-1174)
• Jean (ca. 1179)
• Gérard de Ridefort (ca. 1179)
• Gautier Le Dur (1185-1192)
• Hugues Martin (ca. 1191)
• Arnoul (ca. 1193)
• Jean (1194-1200)
• Aymar de Lairon (ca. 1206)
• Jacques de Dournai (1211-1217)
• Philippe de Cossie (ca. 1250)
• Geoffroy de Sergines (ca. 1254)
• Jean de Gibelet (1261-1262)
• Guillem de Canet (1269-1273)
• Jacques Vidal (ca. 1277)




c) Sénéchaux

L'office de sénéchal avait une importance moindre à Jérusalem qu'en Europe. Le sénéchal organise la cérémonie de couronnement et préside la Haute Cour en l'absence du roi. Il administre les châteaux royaux, ainsi que les finances royales, et collecte les impôts. Cet office est similaire à l'office anglais de l'échiquier, en moins développé cependant.

• Hugues de Fauquembergues (ca. 1100-1104)
• Gervais de Bazoches (ca. 1104-1108)
• Hugues Chôtard (ca. 1112)
• Anscherius (ca. 1122?)
• Isaac (ca. 1149)
• Jean (ca. 1151)
• Guy de Milly (c. 1164)
• Miles de Plancy (ca. 1168-1174)
• Raoul (ca. 1176)
• Josselin III d'Édesse (1176-1190)
• Oberto Nepos (1187-1192?)
• Raoul de Saint-Omer (1194-1220)
• Raymond de Gibelet (ca. 1240)
• Baudouin d'Ibelin (ca. 1256)
• Geoffroy de Sergines (1254-†11 avril 1269)
• Olivier de Termes (avril-octobre 1269 ?)
• Robert de Crésèque (octobre - † 19 décembre 1269)
• Olivier de Termes (1270 ?)
• Jean de Grailly (1272-1278)
• Eudes Poilechien (c. 1277)
• Philippe d'Ibelin



d) Chambellans

Le chambellan administre la maison du roi et ses serviteurs, et a des prérogatives honoraires comme celle de recevoir des serments au nom du roi. Il dispose d'un fief duquel il perçoit ses rentes.

• Strabulon (ca. 1099)
• Geoffroy (ca. 1099)
• Gérard (1108-1115)
• Jean (1119-1128)
• Raoul (1129-1130)
• Josselin (ca. 1138)
• Miles ou Milon (ca. 1138)
• Nicolas (1150-1152)
• Gauvain de La Roche (ca. 1156)
• Gérard de Pougy (ca. 1169)
• Amaury de Lusignan (1175-1178)
• Jean (ca. 1179)
• Raymond (ca. 1184)
• Balian d'Ibelin (1183-1185)
• Thomas (1190-1197)
• Henri de Canelli (ca. 1192)
• Jean (ca. 1194)
• Rohard de Cayphas (1201-1220)
• Renaud de Cayphas (1230-1232)
• Jean de Cossie (1232-1250)
• Philippe de Cossie (1250-1269)


e) Bouteillers


Le bouteiller était apparemment l'intendant chargé du vin à la cour du Roi. Cependant, il ne survécut pas quand le siège du royaume se déplaça à Acre.

• Winrich (c. 1099)
• Gervais (c. 1107)
• Payen (1120-1136)
• Robert Crépin (1145-1146)
• Eudes de Saint-Amand (1164-1167)
• Miles ou Milon (1185-1186)



f) Chanceliers

Le chancelier est un exemple intéressant de la fossilisation des offices du XIe siècle en Terre-Sainte. Il consistait uniquement à un rôle de secrétaire et de scribe, et ne devint jamais un administrateur de la bureaucratie telle qu'elle se développa en Europe. Les Chanceliers furent souvent des religieux séculiers qui furent archevêques ou évêques, parfois en restant chancelier. La faible importance du chancelier dans le royaume reflète la décentralisation de l'autorité royale, contrairement à la France ou l'Angleterre où celle-ci devint plus importante.

• Arnoul
• Payen (1115-1128)
• Amelin (ca. 1130)
• Francon (1133-1135?)
• Elie (1136-1142)
• Raoul, évêque de Bethléem (1146-1174)
• Frédéric de La Roche , évêque d'Acre (ca. 1150)
• Guillaume, archevêque de Tyr (1174-1183)
• Lambert (ca. 1177)
• Bandino (1188-1192)
• Pierre Ier d'Angoulême , évêque de Tripoli (1185-1192)
• Eudes (ca. 1190)
• Josias de Tyr , archevêque de Tyr (1192-1200)
• Raoul de Mérencourt, évêque de Sidon (1206-1212)
• Simon, archevêque de Tyr (1226-1227)
• Maregnan (ca. 1234)



g) Baillis

Le bailli administre le royaume en l'absence du roi ou pendant sa minorité, dans les fonctions d'un régent, par exemple pendant la captivité de Baudouin II ou pendant la minorité ou la maladie de Baudouin IV. Au XIIIe siècle, il dirigea le royaume comme un roi, et était l'homme le plus puissant du royaume, alors que les rois étaient des monarques étrangers ne vivant pas en Terre Sainte.

• Eustache Grenier (1123)
• Guillaume de Bures (1123-1124)
• Miles ou Milon de Plancy (1173)
• Raymond III de Tripoli (1173-1177)
• Renaud de Châtillon (1177)
• Guy de Lusignan (1183-1185)
• Raymond III de Tripoli (1186)
• Jean d'Ibelin (1206-1210)
• Hugues de Montbéliard (1223-1227)
• Thomas de Calan (1227-1228)
• Hugues de Montbéliard (1228-1240) (avec Balian d'Ibelin, 1229-1239, et Walter Penenpié, 1240)
• Jean d'Ibelin (1246-1248)
• Jean Fainon (1248-1249)
• Jean d'Ibelin (1249-1254)
• Jean d'Ibelin (1254-1256); le juriste, cousin du précédent)
• Jean d'Ibelin (1256-1258) ; de nouveau)
• Geoffroy de Sergines (1259-1261)
• Balian d'Ibelin (1276-1277)
• Roger de Saint-Severin (Ruggiero di Sanseverino) (1277-?)
• Philippe d'Ibelin (1286-?)


h) Vicomtes et châtelains

Ces deux offices étaient parfois tenus par une seule personne, parfois par deux personnes distinctes, et parfois, l'un des deux offices n'avait pas de titulaire du tout. Ils étaient nommés par le roi et occupaient la Tour de David, mais leurs attributions particulières ne sont pas vraiment connues avec certitude. L'une des prérogatives du vicomte est d'arrêter les criminels et d'administrer la justice à la Cour des Bourgeois. De même que celui de bouteiller, ces offices n'ont pas survécu au déplacement du siège du royaume à Acre.

• Anselme (châtelain, ca. 1110)
• Pisellus (vicomte, ca. 1110)
• Anschetin (vicomte, 1120-1135?)
• Roard l'aîné (les deux?, 1135?-1150?)
• Arnoul (vicomte, 1155-1181?)
• Eudes de Saint-Amand (les deux?, ca. 1160)
• Roard le jeune (châtelain, 1165-1177?)
• Pierre "de Creseto" (châtelain, ca. 1173?)
• Balian de Jaffa (châtelain, ca. 1178)
• Pierre "de Creseto" (châtelain, ca. 1178)



ECONOMIE


Les rois de Jérusalem possèdent, au XIIe siècle, quatre baronnies (Jérusalem, Naplouse, Acre et Tyr) et de nombreux villages dans ces seigneuries. Ils tirent la plupart de leurs ressources d’impôts sur le commerce :

• des droits de vente (les « droitures de la fonde » sur les marchés —fondouk—),
• des droits de transit (la taxe ad valorem d’un vingt-quatrième exigée des caravanes allant d’Égypte ou d’Arabie en Syrie par les territoires d’outre-Jourdain),
• des droits d’importation et d’exportation (la « chaîne » qui barre le port donne son nom à la douane d’Acre),
• du produit de leurs monopoles industriels (teinturerie, savonnerie, tannerie…),
• du droit de monnayage, réservé au roi à la différence de l’Occident, qui frappe des pièces d’or à légende arabe (« besants sarracénats ») et des deniers d’argent de type occidental.
Ces ressources permettent au roi d’accorder des fiefs en besants ou fiefs de soudée (500 besants par an pour un chevalier), parfois plus nombreux dans une seigneurie que les fiefs en terre.

Les croisés ont trouvé en Orient une économie monétaire beaucoup plus développée qu’en Occident, ce qui explique l’importance des taxes indirectes, des fiefs-rentes et la frappe de monnaies d’or. Les croisés, s’ils ont importé d’Europe l’organisation rudimentaire qu’ils connaissaient (administration des grands officiers de la couronne), empruntent aussi aux byzantinset aux musulmans : la Secrète correspond au diwan ; elle sert à la fois de trésor, de chambre des comptes et d’archives où l’on conserve les chartes de donation, le cadastre et la liste des fiefs avec leurs obligations.



POPULATION

• La population d'origine européenne n'excéda pas 140 000 personnes très inégalement réparties dans l'espace.
• La population franque s'installa dans un réseau de châteaux et de gros bourgs fortifiés. Mais la colonisation ne reposa pas sur ces seuls pivots et un semis de village et de fermes est attesté dans toutes les régions où les chrétiens orientaux étaient majoritaires ; en effet, la population de la Palestine n'était pas au XIe siècle largement islamisée.
• Il exista bien une colonisation rurale occidentale grâce à une immigration en provenance d'Europe. Elle ne se limita pas, au nord de Jérusalem, au village de la Grande Mahomerie où les chanoines du Saint-Sépulcre implantèrent leur première colonie (1120), ou au plus tardif village de la petite Mahomerie (1164).
• L'immigration européenne est attestée dans la région montagneuse entre Jérusalem et Sinjil, dans celle de Sébaste au sud-est de la Transjordanie, en Galilée occidentale, en basse Galilée (Nazareth, Tibériade), entre Bethléem et Hébron, en Galilée orientale à partir du milieu du XIIe siècle. Dans ces zones où l'habitat des chrétiens orientaux était relativement dense, l'implantation était facilitée. Si l'on tient compte des attaques que subirent les Francs, on découvre des périodes de relative sécurité qui favorisèrent cette implantation occidentale : ainsi, deux raids seulement sont lancés contre les montagnes de Jérusalem, en 1124 et en 1152. L'ouest de la Galilée n'est pas attaqué avant 1169.
• Les formes du peuplement rural dans le royaume de Jérusalem furent dans ces zones d'immigration, assez proches de celles qu'on l'on pouvait observer au même moment dans l'Europe méditerranéenne et il s'organisa ainsi une société sous hégémonie franque Les Francs tiennent la hiérarchie féodale et ecclésiastique, même si dans certains cas, aux échelons les plus bas de cette hiérarchie, certains éléments issus des aristocraties arménienne ou grecque participent également.
• Dans les zones de population majoritairement musulmane, en Samarie centrale et à l'est de la Galilée, la conquête franque ne changea pas grand-chose à la masse paysanne déjà soumise à un régime très dur : les Francs ne firent que s'ajouter ou succéder aux propriétaires des terres que ces paysans cultivaient.
• L'immigration européenne vint surtout de France ; les italiens bénéficièrent d'importantes concessions foncières, maisons et parfois quartiers, mais surtout dans les cités portuaires.
• Pour peupler Jérusalem, les rois Baudouin Ier et Baudouin II firent appel à des Chrétiens orientaux (Syriens, Grecs, Arméniens) plutôt qu'à des Européens davantage attirés par les ports.

L’ÉGLISE CATHOLIQUE

L'influence de l'Église catholique fut très importante tout au long de l'existence du royaume ; les clercs, avec l'aide rois et les donations des fidèles, travaillèrent au renforcement de son implantation et de son influence en terre sainte :

• Jérusalem : un des premiers actes de Godefroy de Bouillon fut de confier à une communauté de chanoines séculier le soin de servir l'église du Saint-Sépulcre ; ce chapitre constitua un important patrimoine foncier ; le complexe monumental byzantin du Saint-Sépulcre, détruit en 1009 après la prise de la ville par le calife fatimide Al-Hakim, fut reconstruit et agrandi afin de créer une église unique englobant tous les lieux saints ; les Francs couvrent Jérusalem d'églises ;
• Réseau paroissial : il est bien structuré en ville mais il demeure à mailles lâches dans les campagnes où les Francs purent un temps fréquenter les églises orientales. De nombreuses églises sont construites dans tout le royaume, dans les centres d'exploitation fondée par le chapitre du Saint-Sépulcre, dans les villages, dans les fondations monastiques royales, dans les villages, les enceintes de châteaux, dans les concessions accordées aux italiens ; il s'agit à la fois d'aider au peuplement et d'accompagner la croissance démographique due à l'immigration européenne, de reproduire en terre d'Orient un essaimage déjà à l'œuvre en Occident, d'enraciner l'Église latin catholique ; la conquête de Saladin réduira à néant l'immense majorité de ces églises ;
• Organisation ecclésiale : les Francs reconstituent des évêchés en reprenant la liste des sièges épiscopaux orthodoxes mais en nommant des catholiques ; alors que chez les Orthodoxes, le patriarcat d'Antioche avait prééminence sur celui de Jérusalem, la situation est inversée au XIIe siècle et la province de Tyr dont dépendait le comté de Tripoli passe de la dépendance du patriarcat d'Antioche à celui de Jérusalem.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mar 17 Mai - 13:57

[size=18][color=#ffff6b]Les seigneuries dépendantes du domaine royal étaient :


• [b]A. La seigneurie d'Arsouf

B. La seigneurie de Blanchegarde

HISTOIRE


Durant les premières décennies du royaume de Jérusalem, la cité d’Ascalon était restée aux mains des Fâtimides d’Égypte et constituait un avant poste d’importance, duquel ces derniers pouvaient lancer des coups de mains vers les jeunes colonies franques. Afin de se prémunir contre ce danger potentiel, les rois de Jérusalem sécurisèrent progressivement la contrée environnant Ascalon au moyen de places fortes.



Le tell, largement pelé, domine toute la plaine environnante


C’est ainsi que le roi Foulques entreprit en 1142 la construction d’une nouvelle forteresse (après Gibelin en 1136 et Ibelin en 1141) située à mi-chemin entre Ascalon et Jérusalem. Pour l’établir, le choix du monarque angevin se porta sur une butte dans les premiers contreforts du massif judéen alors connue sous le nom de Tell es-Safi. Les chroniqueurs des Croisades traduisirent ce nom par Mons Clarus, littéralement « Mont Clair », appellation sans doute liée à l’éclat de ses rochers crayeux. Cette éminence commandait le couloir du Wadi el-Sant(Vallée des Mimosas) et du Wadi al-Dahr (ancienne vallée de Térébinthes).



De l’ouvrage fort franc, seuls quelques moellons épars subsistent.



Le château sera connu dans les actes du royaume de Jérusalem sous le nom de Alba Specula , Alba Custodia et, le plus souvent, sous son nom français : Blanche Garde.
Aux dires des chroniques franques, la construction de cette fortification eut l’effet positif escompté sur la sécurité de la région ce qui favorisa l’installation durable d’une population rurale. La forteresse devint ainsi le cœur d’une seigneurie, jouant à la fois son rôle défensif, tout en assumant aussi d’autres fonctions : centre administratif et économique, centre de stockage, centre de collecte des impôts et taxes, base de l’organe de contrôle des populations alentours, des tribus nomades, des brigands, etc.



Angle de la tour Sud du castrum



Blanche Garde resta, durant son développement économique, sous l’administration directe du roi de Jérusalem, jusqu’à ce qu’elle soit rattachée au comté de Jaffa, lorsque ce dernier fut attribué à Amaury (futur roi et frère de Baudouin III). Le château fut alors confié à un certain Arnulf.
Après la prise d’Ascalon en 1153, son rôle militaire et stratégique s’amenuisa mais la colonie franque n’en resta pas moins attractive économiquement. En témoigne le fait que la seigneurie obtint , selon les Assises de Jérusalem, le droit de battre monnaie.




Détail d’un moellon franc.


En 1166, Gauthier III Brisebarre, sire de Barut vendit son fief au Roi de Jérusalem afin de payer la rançon de sa mère retenue en otage par les Musulmans. Le roi, pour compenser cette grande perte, lui céda Blanche Garde. Dés lors, cette branche de la maison de Barut pris le nom « de la Blanche Garde ».
Comme de nombreuses autres forteresses, Blanche Garde entra en possession de Saladin après le désastre de Hattin et fut démantelée au même titre que les défenses d’Ascalon, de Gadres, ou Jaffa pour contrer la reconquête du littoral palestinien, initiée par le roi Richard et les armées de la Troisième croisade.



Observée depusi le sud, le nom franc de
la citadelle prend tout son sens.




En décembre 1191, ce dernier manqua d’ailleurs d’être fait prisonnier dans une embuscade tendue dans les environs proches de Blanche Garde. En avril de l’année suivante, il défit au même endroit une avant-garde ayyûbide, avant d’y séjourner les 7 et 8 juin 1192, dans le cadre de sa seconde marche sur Jérusalem.

Aux termes du traité de septembre 1192 signé avec Saladin, la forteresse resta possession franque alors qu’Ascalon fut démantelée et abandonnée par les deux belligérants. La forteresse fut reprise par les Musulmans en 1244 dans des circonstances méconnues et fut de nouveau démantelée.
Le bourg castral fut, suite aux Croisades, constamment occupé jusqu’à l’expulsion de ses habitants en 1948.



DESCRIPTION

Blanche Garde était située sur la partie sommitale du tell. La vue embrasse une vaste étendue, permettant d’apercevoir, lorsque les conditions sont particulièrement bonnes, Ramla et Latroun au nord, le massif judéen à l’est, le nord du Negev au sud et la plaine côtière à l’ouest. La ruine très avancée du château ne permet pas d’être précis quant à la forme qu’il pu prendre. D’après les quelques vestiges visibles, il semble qu’il ait consisté en un castrum simple de taille modeste, flanqué de quatre tours d’angle.

Il paraît envisageable que sa fonction première, vu sa situation et son nom, était celui d’une vigie, destinée à avertir les autres châteaux des alentours en cas d’alerte.
Seules les fondations de deux des tours du castrum affleurent toujours. L’une d’entre elles avait été transformée en mausolée au XIXème siècle, appelée Al-Khodr par les villageois.
Quelques gros moellons aux bossages de belle facture apparaissent ça et là.

Des travaux récents ont révélé l’existence d’une carrière franque, située à 300 m en deçà du château et de structures fortifiées au nord du tell à une distance de 50 mètres environ du cœur fortifié qui vient d’être évoqué. Cela peut laisser croire qu’une enceinte plus large a pu exister.



C. La seigneurie de Bethsan


La seigneurie de Bethsan est un des fiefs du royaume de Jérusalem


Histoire

La ville de Bethsan fut prise par Tancrède de Hauteville en 1099, mais ne fut pas rattachée à la principauté de Galilée, car elle fut incluse au domaine royal en 1101. En 1120, le roi de Jérusalem donna la ville et les terres voisines à Adam de Béthune qui en fut le premier seigneur. Il fut définitivement conquis par Saladin en 1187.


Géographie

Situé dans la vallée du Jourdain, au sud du lac de Tibériade.

Liste des seigneurs

• 1120-1156 : Adam Ier de Béthune
• 1156-???? : Adam II de Bethsan
• ????-après 1174 : Gramand Ier de Bethsan
• marié à Agnès de Gillet
• après 1174-1187 : Adam III de Bethsan
• marié à Helvis de Milly


D. la seigneurie de Caymont

E. la seigneurie de Césarée

La seigneurie de Césarée est l'un des fiefs du royaume de Jérusalem.


Les murailles blanches de Césarée figurent parmis les
mieux conservées de tout le Moyen-Orient. Si la ville
elle-même est largement ruinée, leur seule présence
justifie la visite du site.



Histoire

Césarée fut prise en 1101 et fut donnée à Eustache Grenier. Brièvement occupée par Saladin, elle fut reprise par Richard Cœur-de-Lionet rendue à son seigneur légitime. Elle fut définitivement conquise par les Mamelouks en 1266


Vue de la citadelle depuis la plage qui borde l’hippodrome


Géographie

C'est une seigneurie de grande étendue le long du littoral, entre Arsouf et Haifa.


Les murs qui enfermaient la ville franque furent rasés à
hauteur des niches d’archères. Par endroits,






Vestiges de la cathédrale. Les trois absides en cul-de-for
sont encore parfaitement lisibles.





Vue de l’intéreieure de l’ancienne cathédrale des Croisés.



Les voûtes de la tour-porte principale ont été restaurées.
L’architecture, fine et élégante témoignen du soin et des
moyens qui furent apportés à l’édification des défenses de la ville.




Vue générale de l’enceinte urbaine sur le front est depuis la
tour d’angle sud-est. On devine, au fond de l’image, le pont
qui permettait de gagner la tour-porte principale




Liste de seigneurs

1110-1123 : Eustache Grenier, comte de Sidon et seigneur de Césarée, marié à Emma, remariée à Hugues II du Puiset
1123-1155 : Gautier Grenier, fils du précédent, marié à Julienne
1155-1169 : Hugues Grenier, fils du précédent, mariée à Isabelle Gotman, remariée ensuite à Baudouin d'Ibelin
1169-1187 : Gautier II Grenier, fils du précédent
1187-1192 : Conquête par Saladin
1192-1219 : Julienne Grenier, sœur du précédent, et ses deux maris :
1192-1193 : Guy de Brisebarre, fils de Guy Ier de Brisebarre, seigneur de Beyrouth
1193-1219 : Aymar de Lairon
1219-1229 : Gautier III de Brisebarre, fils des précédents, marié à Marguerite d'Ibelin, veuve d'Hugues II de Saint-Omer, prince de Galilée
1229-1239 : Jean Ier de Brisebarre, fils du précédent, marié à Alix de Montaigu
1239-1264 : Marguerite de Brisebarre, fille du précédent, mariée à Jean l'Alleman
1264-1266 : Nicolas l'Alleman, fils des précédents, marié à Isabelle d'Ibelin, dame de Beyrouth



F.la seigneurie d'Hébron,

La seigneurie d'Hébron est un des fiefs du royaume de Jérusalem. Elle est aussi nommée la seigneurie de Saint-Abraham.

Hébron est l'un des châteaux francs les plus anciens du royaume. Il fut régulièrement donné à des chevaliers du royaume, puis de retour à la Couronne. La seigneurie fut définitivement conquise par Saladin en 1187.

C'est la région au sud de Jérusalem.

Suzerain : le roi de Jérusalem
Vassal : le seigneur de Bethgibelin

Liste des seigneurs

1100-1101 : Galdemar Carpenel
1101-1102 : Roger d'Haifa
1102-1104 : domaine royal
1104-1104 : Hugues Ier d'Hébron
1104-1108 : domaine royal
1108-1118 : Gautier Mahomet
1118-1120 : domaine royal
1120-1136 : Baudouin d'Hébron
1136-1149 : Hugues II d'Hébron
1149-1177 : Onfroy II de Toron
1177-1187 : Renaud de Châtillon
La seigneurie d’Hébron comprenait :


a) la seigneurie de Bethgibelin

HISTOIRE



Vue d'ensemble du castrum


La forteresse de Gibelin, sise à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Jérusalem, fut érigée par les Francs au temps du roi Foulques. Le monarque angevin, conscient de la menace que représentaient les forces fatimides en garnison à Ascalon pour les campagnes environnantes, avait en effet entrepris à la fin de son règne, la sécurisation de ces contrées par l’édification d’une ceinture de bastions couvrant le versant occidental du massif judéen.



Depuis le nord-ouest, au premier plan, la vue embrasse
tout l’amphithéâtre romain. La citadelle est visible sur la
droite de l’image, sur la ligne d’horizon.



La construction de Gibelin fut entreprise dès 1134, bientôt suivie par celles d’Ibelin en 1141, puis BlancheGarde en 1142 et enfin Gaza en 1150.



Cette image est un plan rapproché de la courtine
sud de l’enceinte externe



Etablie sur une faible éminence au milieu des vestiges de l’antique ville romaine d’Eleuthèropolis, la citadelle commandait un carrefour de pistes reliant la Philistie à l’intérieur des terres. Forte de ses deux puits, ( Bir al-Kala “un puis où il vint si grand planté d’eue que il li mist nom ‘Abondance’” et Bir al-Hammam ) elle constituait également un important point d’eau en ces contrées désolées…
Les chroniques franques racontent que le patriarche de Jérusalem Guillaume de Messine vint diriger en personne les travaux, avec l’assistance des barons du domaine royal et le renfort des habitants de la région. Réutilisant les vestiges de la ville antique, les bâtisseurs firent fort bel ouvrage : « Forz murs i firent et hauz. Torneles grosses, fossés parfonz, barbacanes bonnes".



Le quartier interne, maintes fois remaniée,
est difficilement lisible




La construction fut vraisemblablement terminée vers 1136, date à laquelle le roi Foulques la confia à l’ordre de l’Hospital, lequel était déjà propriétaire de dix casaux environnants, suivant donation d’Hugues de Saint Abraham.

L’histoire connue de la Bethgibelin franque s’arrête ici.




Vue sur le massif central composant le cœur du castrum.
Le niveau actuel, perturbé, repose sur de nombreuses
salles voûtées.



DESCRIPTION

De récentes excavations menées sur le site révèlent que Gibelin fut en vérité construite en deux temps.



Cette petite tour de l’enceinte externe est munie d’une archère
sur chacune des faces exposées. L’image proposée en montre
la gorge et la porte d’entrée.



La première campagne de construction – vraisemblablement celle diligentée par le roi Foulques – eut pour objet l’élaboration d’une forteresse simple, consistant en un castrum flanqué de tours d’angle, enserré dans une enceinte englobant en ses fronts nord et ouest de plus anciennes structures (vraisemblablement des pans de courtines et tourelles provenant de la ville antique). La multitude des remplois, l’hétérogénéité des pierres utilisées engendrèrent d’importants espaces entre les blocs, lesquels furent jointoyés, et, par endroits, ornés de chevrons.

L’accès se faisait sur le front sud-ouest au moyen d’une porte défilée, encadrée par deux tours, dont l’une fortement excentrée par rapport au tracé de la muraille. La porte était défendue par une herse dont subsiste encore les rainures. Plusieurs sas devaient être ensuite franchis avant d’atteindre le noyau castral, occasionnant un véritable cheminement au sein de la place et le long des enceintes.




Vue du nors-ouest. La salle voûtée est celle de l’égliqe qui
fut ajoutée lors de la phase d’agrandissement du complexe.


Le castrum interne contenait tous les éléments nécessaires à la vie d’une garnison : un premier niveau servait principalement d’entrepôt alors que le second tenait lieu de casernement à la garnison. A l’ouest du castrum, quelques fours et des vasques ont été retrouvés. Au sud de l’ensemble, se trouve un réfectoire, édifice ponctué de huit vôutes et menant jadis à la chapelle par un escalier accolé au mur. Une basilique fut par la suite accolée au castrum sous le règne d’Amaury Ier, donnant lieu au démantèlement de la tour d’angle sud-est.




Cette perspective depuis le coin nord-ouest dégage la tour
fermant l’enceinte externe est, visible au fond de l’image.



La seconde campagne de construction paraît avoir été menée peu après la remise de la forteresse aux Hospitaliers. Contrairement au premier programme, le second semble beaucoup plus réfléchi, englobant les ouvrages antérieurs dans une seconde enceinte d’une qualité d’exécution bien supérieure.

L’enceinte enveloppante, adoptant la forme d’un quadrilatère irrégulier, est ponctuée de tourelles carrées légèrement saillantes et comportant deux niveaux, liés entre eux par un escalier ménagé dans l’épaisseur de la muraille. Des meurtrières à ébrasement simple percent les flancs et le front de chacune de ces tours.

Il est à noter la présence d’un amphithéâtre romain conservé pour des raisons obscures par les Francs dans l’espace ménagé entre les deux enceintes.

La forteresse de Gibelin éclaire parfaitement l’histoire de la présence franque dans la région : d’abord simple forteresse appuyant la fin de la conquête du royaume de Jérusalem, puis forteresse inaugurale d’un ordre en pleine militarisation, elle est réputée être la première forteresse concentrique de Terre Sainte, servant de modèle à toute une génération de constructions à venir, Belvoir en étant la quintessence…

Une légende – rapportée par l’émir Ousâma Ibn Mounqidh- veut qu’un musulman ait pratiqué une très longue galerie dans la colline de tuf sur laquelle est sise Gibelin afin de délivrer son émir prisonnier des Francs dans un cul de basse fosse..



b) la seigneurie de Naplouse

La Seigneurie de Naplouse est l'un des fiefs du royaume de Jérusalem.
La ville fut conquise par Baudouin Ier et réunie à la seigneurie d'Outre-Jourdain. Elle en fut détachée en 1106 quand le roi l'inféoda à Guy de Milly. Son fils Philippe de Milly l'échangea contre la seigneurie d'Outre-Jourdain, et elle fut donnée en douaire à la reine Marie Comnène qui l'apporta à son mari Balian d'Ibelin. Elle fut ensuite conquise par Saladin en 1187.
C'est la région au nord de Jérusalem, autour de la ville de Naplouse.

Suzerain : le roi de Jérusalem.


1108-1126 : Guy de Milly
1126-1161 : Philippe de Milly, fils du précédent
1161-1168 : domaine royal
1168-1187 : Marie Comnène (1154 † 1217), veuve du roi Amaury Ier de Jérusalem († 1174)
1177-1187 : Balian d'Ibelin, son second mari.




c) la seigneurie de Sabaste
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mar 17 Mai - 14:55

Il y eut également quelques seigneuries détachées du domaine royal :


la seigneurie d'Acre ou de Josselin




La muraille de la mer, avec, au fond, Burj es-Sultan


Les Croisés, grâce à l’aide d’une flotte génoise prirent la ville le 26 mai 1104. Elle devint rapidement le port permettant de ravitailler le royaume de Jérusalem nouvellement instauré. Après la bataille de Hattin, en 1187, Saladin s’en empara à son tour. Le 12 juillet 1191, les armées réunies de Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, et de Philippe II Auguste, roi de France, firent capituler la ville, faisant plier Saladin. Saint-Jean-d’Acre devint alors la capitale politique et administrative du Royaume Latin de Jérusalem. La dernière bataille que se livrèrent les Croisés et les Musulmans pour le contrôle de Saint-Jean-d’Acre commença en 1290. Après le siège imposé par le sultan mamelouk al-Ashraf Khalil, la ville fut conquise le 18 mai 1291, date marquant le glas de la présence croisée en Terre sainte.



L’ancienne porte de la mer et l’église saint-Jean
en arrière plan.





Ce tunnel, creusé et maçonné par les templiers, leur
permettait d’acheminer en toute sécurité leurs biens
jusque dans leur quartier général





Burj es-Hadid se trouve juste à coté de l’ancienne citadelle
des Templiers, aujourd’hui complètement disparue




La citadelle des chevaliers de l’ordre hospitalier



la seigneurie de Tyr


La seigneurie de Tyr est située à proximité du royaume de Jérusalem.


La tour de la mer est le dernier édifice fortifié
encore visible aujourd’hui.




Tyr fut pris par les Croisés en 1124 et inclus dans le domaine royal. Il fut l'unique port qui résista en 1187 à Saladin, sous la conduite deConrad de Montferrat, qui s'intitula prince de Tyr. Quand celui-ci devint roi de Jérusalem, Tyr revint au domaine royal, puis fut donné en fief à Philippe de Montfort en 1246.

Seigneurie littorale, située entre Scandelion et le comté de Sidon.



Vue du chevet de la cathédrale. L’édifice
était bâti sur un plan à trois nefs.



Suzerain : le roi de Jérusalem


Iiste des seigneurs :

1124-1188 : domaine royal
1188-1192 : Conrad de Montferrat
1192-1246 : domaine royal
1246-1270 : Philippe de Montfort, marié à Marie d'Antioche, dame de Toron
1270-1283 : Jean de Montfort, fils du précédent, seigneur de Toron et de Tyr, marié à Marguerite de Lusignan, sœur d'Hugues III de Chypre1283-1284 : Onfroy de Montfort, frère du précédent, marié à Echive d'Ibelin

À sa mort, le roi Henri II de Chypre reprend Tyr et le donne à son frère Amaury
1284-1291 : Amaury de Lusignan († 1310), marié à Isabelle d'Arménie (1275-1323)
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 18 Mai - 13:37

Conquit par Richard Cœur de Lion :

Royaume de chypre




Château de Kyrenia



Le royaume franc (ou latin) de Chypre est l'État latin d'Orient le plus récent quant à sa création, et celui qui subsista le plus longtemps (de 1192 à 1489), grâce à sa situation insulaire. Le qualificatif de « franc » vient du nom donné en Orient, aussi bien par les Grecs (Φράγγοι) que par les Turcs et les Arabes (Franghi), aux Occidentaux en général (en référence à l'Empire franc de Charlemagne.) L'adjectif « latin » fait référence à la langueliturgique de l'Église catholique à laquelle appartenaient les "Francs".




Le  château de Kyrenia  à l'extrémité orientale du vieux port de
Kyrenia est un château du XVIe siècle, construit par les Vénitiens.
Dans ses murs, se trouve une chapelle du XIIe siècle et
le musée Shipwreck.



A. Histoire du royaume

Durant le premier siècle des croisades, Chypre était une province de l'Empire grec. En1184, Isaac Doukas Comnène, gouverneur de l'Arménie, qui avait déjà tenté de s'y rendre indépendant, dut se réfugier à Chypre. Avec de fausses patentes impériales, il se fit reconnaître gouverneur de l'île par les autorités locales, et se rendit rapidement indépendant, puis se proclama empereur de Chypre. L'empire tenta de reprendre le contrôle de Chypre, mais la marine byzantine fut repoussée par une escadre envoyée par le roi de Sicile Guillaume II le Bon.



Château de kyrenia la nuit


Au cours de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion, dérouté par une tempête, aborda Chypre, où Isaac Comnène réquisitionna l'une de ses nefs en paiement de droits d'escale. Richard fit débarquer son armée et battit sans difficulté Isaac Comnène, puis occupa rapidement l'île (fin mars 1191). Ne sachant trop quoi faire de sa conquête, Richard la vendit à l'Ordre du Temple, qui réprimérent durement l'insurrection mais rendirent l'île à Richard, qui dut leur restituer leur argent (plus un paiement pour la répression contre les Grecs). Finalement Richard revendit l'île à Guy de Lusignan, qui avait été chassé du royaume de Jérusalem par ses propres barons. Guy s'y installa avec trois cents chevaliers et deux cents écuyers qui venaient d'être dépossédés de leurs biens par les conquêtes de Saladinsur le continent.



Le château de Paphos est une forteresse médiavale et se trouve
sur le côté ouest du port de Paphos. Il a été construit à l’origine
comme une forteresse byzantine pour protéger le port.



Guy de Lusignan mourut en avril 1194 : son frère Amaury lui succéda. Administrateur sage et adroit, il commença par redistribuer les fiefs pour se réserver un domaine royal suffisant. Il s'occupa ensuite de l'administration religieuse : il négocia avec le Saint-Siège la création d'un archevêché latin à Nicosie et de trois évêchés à Paphos, Limassol et Famagouste. Enfin, il clarifia le statut juridique de l'île : son frère Guy avait été roi à titre personnel et investi par l'Angleterre, lui n'était que seigneur de l'île. Amaury s'adressa au Saint-Siège et à l'Empire, et obtint en 1195 de l'empereur Henri VI le titre de roi de Chypre. Par mariage, Amaury devint également roi de Jérusalem, mais les deux royaumes se séparèrent à sa mort en 1205. Son fils Hugues Ier lui succéda à Chypre, mais mourut lui-même à l'âge de 23 ans en 1218, laissant un fils âgé de neuf mois, Henri Ier. La reine mère, Alix de Champagne, confia la régence à Philippe d'Ibelin, auquel succéda Jean d'Ibelin en 1227.


Château de Paphos – vue intérieure


Le 21 juillet 1228, l'empereur Frédéric II, à la tête de la sixième croisade, débarqua à Limassol. En tant que suzerain du royaume, il réclama la régence. Ce comportement autoritaire lui valut l'hostilité de la noblesse et la guerre des Lombards commença entre les représentants de l'empereur, d'une part, et les barons de Chypre et de Syrie d'autre part, et ne cessa qu'en 1233 par la victoire des barons conduits par Henri Ier, qui venait d'atteindre la majorité, et Jean d'Ibelin. En 1247, le pape Innocent IV, releva le royaume de tout hommage vis-à-vis du Saint-Empire. Henri Ier mourut en 1253, puis son fils Hugues II en 1267. La couronne passa alors à son cousinHugues III.




Chateau de Paphos la nuit

Hugues III hérita également du royaume de Jérusalem et tenta de combattre pour sa sauvegarde, mais face à l'opposition des certains barons partisans de Charles d'Anjou et à celle des barons latins de Chypre, qui déclaraient ne pas devoir le servir en dehors de l'île, dut y renoncer. Son fils Henri II de Chypre réussit à se faire reconnaître roi de Jérusalem, mais ne put empêcher la prise de Saint-Jean-d'Acreen 1291 par les Mamelouks, marquant la fin du royaume de Jérusalem.

À Chypre même, commença alors une période de querelles entre le roi et les nobles du royaume, où l'on vit des rois détrônés (Henri II) ou assassinés (Amaury II, Pierre Ier) et le royaume de Chypre perdre son indépendance sous forme de protectorat génois, puis vénitien. Ceux-ci finirent par détrôner la dernière reine, Catherine Cornaro, en 1489. Venise garda l'île durant 82 ans.

Durant toute la période franque et latine (y compris vénitienne), la population locale grecque et orthodoxe fut réduite en servitude et se révolta vainement à plusieurs reprises, jusqu'en 1571, où elle finit par accueillir en libératrices les troupes de l'Empire ottoman. Les Turcs ne furent cependant pas plus débonnaires que les Latins, et instaurèrent un nouveau système d'exploitation : celui des Timars, système qui dura trois siècles, avant d'être remplacé en 1878 par la colonisation anglaise. Ce n'est qu'en 1960 que la population grecque de l'île put s'émanciper.



Forteresse de Saint Hilarion



Forteresse de Saint Hilarion



Fenêtre de la Reine à Saint Hilarion



Le château a été construit au début du XIIIe siècle par
Kyu de Luzinianom (Guy de Lusignan), roi du royaume
de Jérusalem.





Château de Kolossi, stratégique fort important de la ville
médiévale de Chypre, bel exemple d'architecture militaire,
construit en 1210 par l'armée franque, reconstruit
en 1454 par les Hospitaliers.




Kolossi – vue de l’entrée


B. Rois de Chypre

Les Croisades conduisirent à l'établissement d'une dynastie de rois de Chypre originaires de France.
Après sa conquête par Richard Cœur de Lion, l'île de Chypre fut d'abord confiée aux Templiers, puis à la maison de Lusignan.


Maison de Lusignan



Blasons des Lusignans



• 1192-1194 : Guy de Lusignan (1160 † 1194), roi en Chypre, fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.
marié en 1180 à Sybille d'Anjou-Jérusalem, reine de Jérusalem (1159 † 1190)
• 1194-1205 : Amaury Ier de Lusignan (1145 † 1205), seigneur de Chypre, puis roi de Chypre en1195, et roi de Jérusalem (1197-1205), frère du précédent.
marié en premières noces avant 1175 à Echive d'Ibelin († 1196)
marié en secondes noces en 1198 à Isabelle Ire d'Anjou-Jérusalem, reine de Jérusalem (1171 †1206)
• 1205-1218 : Hugues Ier de Lusignan (1195 † 1218), roi de Chypre, fils d'Amaury Ier et d'Echive d'Ibelin.
marié en 1210 à Alix de Champagne (1195 † 1246), régente titulaire de Jérusalem, fille d'Henri de Champagne et d'Isabelle Ire de Jérusalem
1205-1210 : régence de Gautier de Montbéliard
• 1218-1254 : Henri Ier de Lusignan (1217 † 1254), roi de Chypre et régent titulaire de Jérusalem, fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.
marié en premières noces en 1229 à Alix de Montferrat (vers 1210 † 1233)
marié en secondes noces en 1237 à Stéphanie de Barbaron (vers 1220 † 1249)
marié en troisièmes noces en 1250 à Plaisance d'Antioche (vers 1235 † 1261)
1218-1228 : régence de Philippe d'Ibelin († 1217)
1228-1232 : régence de Jean d'Ibelin († 1236)
• 1254-1267 : Hugues II de Lusignan (1252 † 1267), roi de Chypre, fils d'Henri Ier et de Plaisance d'Antioche, marié en 1264 à Isabelle d'Ibelin (1252-1282)
1253-1261 : régence de Plaisance d'Antioche, sa mère
1261-1264 : régence d'Isabelle de Lusignan, fille d'Hugues Ier
1264-1267 : régence de Hugues de Poitiers-Lusignan, fils d'Henri de Poitiers et d'Isabelle de Chypre qui lui succède sous le nom d'Hugues III.



Armoiries hypothétiques du royaume de Chypre



Armoiries des Lusignan rois de Chypre



Maison de Poitiers-Lusignan




Rois de Jérusalem et de Chypre


• 1267-1284 : Hugues III de Lusignan (1235 † 1284), roi de Chypre et de Jérusalem, cousin du précédent.
marié en 1264 à Isabelle d'Ibelin (1241-1324)
• 1284-1285 : Jean Ier de Lusignan (1267 † 1285), roi de Chypre et de Jérusalem, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin.
• 1285-1306 : Henri II de Lusignan (1271 † 1324), roi de Chypre, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin.
marié en 1317 à Constance (1303 † 1344), fille de Frédéric II de Sicile
• 1306-1310 : Amaury II de Lusignan (1272 † 1310), gouverneur de Chypre (après avoir déposé Henri II), prince de Tyr, fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin, marié en 1292 à Isabelle, fille de Leon III, roi d'Arménie.
• 1310-1324 : Henri II de Lusignan de nouveau.
• 1324-1359 : Hugues IV de Lusignan (1295 † 1359), roi de Chypre, fils de Guy de Chypre (fils d'Hugues III et d'Isabelle d'Ibelin) et d'Echive d'Ibelin.
marié en premières noces en 1308 à Marie d'Ibelin (1294 † 1318)
marié en secondes noces en 1318 à Alice d'Ibelin (1304 † après 1386)
• 1359-1369 : Pierre Ier de Lusignan (1328 † 1369), roi de Chypre, fils de Hugues IV et d'Alix d'Ibelin.
marié en premières noces en 1343 avec Echive de Montfort
marié en secondes noces en 1553 avec Eléonore d'Aragon (1333 † 1416)
• 1369-1382 : Pierre II de Lusignan (1357 † 1382), roi de Chypre, fils de Pierre Ier et d'Eléonore d'Aragon, marié en 1376 à Valentine Visconti (1361 † avant 1393)
• 1382-1398 : Jacques Ier de Lusignan (1334 † 1398), roi de Chypre, de fils de Hugues IV et d'Alix d'Ibelin, marié en 1365 à Helvis de Brunswick-Grubenhagen (1353 † 1421)
• 1398-1432 : Janus de Lusignan (1375 † 1432), roi de Chypre, fils de Jacques Ier et d'Helvis de Brunswick-Gubenhagen.
marié en premières noces en 1400 (mariage annulé en 1408) avec Anglesia Visconti († 1439)
marié en secondes noces en 1411 avec Charlotte de Bourbon (1388 † 1422)
• 1432-1458 : Jean II de Lusignan (1418 † 1458), roi de Chypre, fils de Janus et de Charlotte de Bourbon.
marié en premières noces en 1440 à Amédéa de Montferrat (1429 † 1440)
marié en secondes noces en 1442 à Hélène Paléologue (1428 † 1458)
• 1458-1464 : Charlotte de Lusignan, (1442 † 1487) reine de Chypre, fille de Jean II et d'Hélène Paléologue.
mariée en premières noces en 1456 à Jean de Coimbra, Infant de Portugal, fils de Pierre de Portugal, 1er duc de Coimbra, (1433 † 1457)
mariée en secondes noces en 1459 à Louis de Savoie, comte de Genève (1436 † 1482)
• 1464-1473 : Jacques II de Lusignan le bâtard (1418 † 1473), roi de Chypre, fils illégitime de Jean II et de Mariette de Patras.
marié en 1468 à Catherine Cornaro.
• 1473-1474 : Jacques III de Lusignan, le posthume (1473 † 1474), fils de Jacques II et de Catherine Cornano.
• 1474-1489 : Catherine Cornaro (1454 † 1510), veuve de Jacques II. Elle fut détrônée par les Vénitiens.
• En 1571, les Turcs prennent l'île de Chypre.




Rois de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie



Armes de Jean de Portugal, prince consort
et prince d'Antioche



Prétendant au trône de Chypre


Charlotte de Chypre, renversée en 1460, ne renonce pas au trône et reste prétendante jusqu'à sa mort, en 1487. C'est ensuite son cousin Charles Ier de Savoie, son plus proche héritier légitime, car petit-fils deLouis Ier de Savoie et d'Anne de Lusignan, qui reprend à son compte ses prétentions sur Jérusalem, Chypre et l'Arménie, et les transmet à ses descendants.



Armes de la maison de Savoie en 1630 : l'écartelé des derniers
rois de Chypre a été placé en contre-écartelé à la place d'honneur de l'écu



L'actuel chef de la maison de Savoie et prétendant au
trône d'Italie, Victor-Emmanuel de Savoie, se veut toujours roi titulaire de Chypre.


C. Institutions


Elles sont identiques à celle du royaume de Jérusalem et suivent de la même manière ses Assises. La différence majeure entre les institutions de ces deux royaumes est qu'à Jérusalem, les nobles ont commencé à se créer des fiefs avant que le royaume n'existe tandis qu'à Chypre, c'est le roi qui a préexisté à la noblesse et qui lui a distribué des fiefs, d'où des pouvoirs royaux plus étendus qu'à Jérusalem.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 18 Mai - 14:24

Fondés dans l’Empire byzantin au cours de la quatrième croisade :


Empire latin de Constantinople





L'Empire latin de Constantinople ou Empire latin d'Orient est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l'Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des croisés Latins. Il dure jusqu'en 1261, année de la reconquête de la ville par l'Empereur Michel Paléologue, qui restaure l'Empire byzantin.





Carte de l'Asie mineure et des Balkans en 1204 ; l'empire
latin de Constantinople est indiqué en mauve, avec ses vassaux.




1. Détournement de la croisade


En 1198, le pape Innocent III lance la quatrième croisade. Les croisés concluent un traité avec les Vénitiens qui prévoit le transport et le ravitaillement de l'armée contre 85 000 marcs d’argent et la moitié du butin.
Au printemps 1202, la croisade compte le tiers des effectifs prévus et verse seulement 50 000 marcs aux Vénitiens. Un moratoire est accordé à condition que les croisés aident Venise à reprendre le port dalmate de Zara au roi de Hongrie. La prise de cette ville chrétienne (novembre 1202) suscite des protestations dans l’armée. Le pape excommunie Vénitiens et croisés, mais lève aussitôt la peine pour ces derniers. Pendant l’hivernage, le jeune prince byzantin Alexis Ange arrive à Zara et demande aux croisés de rétablir sur le trône impérial son père Isaac II, renversé par Alexis III Ange en 1195. En échange de cette aide, il promet des versements élevés, la contribution des Byzantins à la croisade et l’union des Églises. Malgré l’opposition d’une partie de l’armée et du légat papal, le projet est adopté.

Au printemps suivant, la croisade met le siège devant Constantinople le 24 juin. Le 17 juillet, un premier assaut de la capitale provoque la fuite d’Alexis III. Isaac II, rétabli, doit associer son fils Alexis au pouvoir. Incapables de tenir les promesses faites aux croisés de plus en plus impatients, et tandis que la population grecque leur est de plus en plus hostile, ils sont renversés par une émeute populaire qui porte au pouvoir Alexis V Doukas, anti-latin convaincu.

En mars 1204, un traité conclu entre le doge de Venise Enrico Dandolo et les croisés, le Partitio terrarum imperii Romanie, décide par avance le partage de l’Empire byzantin. Constantinople est prise et livrée au pillage les 12 et 13 avril. La population grecque est massacrée, les églises et les monastères profanés. La ville, pillée et en partie brûlée, est désertée par sa population qui ne reviendra qu’en 1261. Le pape Innocent III accepte d’abord le fait accompli, justifié par les promesses d’union des Églises et l’aide de l’Empire latin à Jérusalem, avant de parler de détournement de la croisade et d'en accuser les Vénitiens.



2. L’empire latin

Le choix du nouvel empereur est confié à une commission de douze membres, six Vénitiens et six Francs. Deux chefs francs convoitent le titre impérial : Boniface de Montferrat et Baudouin IX de Flandre. Sur les six hommes d'Église choisis pour représenter les Francs, un seul est partisan de Boniface de Montferrat, tandis que la plupart des barons soutiennent la candidature de Baudouin de Flandre.
Préféré à Boniface de Montferrat, Baudouin de Flandre est élu empereur sous le nom de Baudouin Ier le 16 mai 1204 par les douze électeurs1.
Si l'Empire latin de Constantinople est souvent considéré comme la continuation de l'Empire byzantin, les historiens modernes mettent aujourd'hui l'accent sur le fait que ces deux entités sont totalement différentes : en effet, si Baudouin conserve un gouvernement impérial ainsi qu'un cérémonial directement inspiré de Byzance, il s'applique à introduire en Orient les règles de la féodalité, rompant ainsi avec les traditions grecques.



A. Morcellement de l’Empire byzantin

La partitio reprend les termes du traité de 1202 sur le partage pour moitié entre les croisés et les Vénitiens des conquêtes effectuées. Les croisés doivent concéder à Venise « un quart et demi » des terres byzantines, les trois cinquièmes de la ville, le patriarcat et de nouveaux privilèges commerciaux, les ports de Coron et Modon, la Crète, l'île de Négrepont, entre autres. La croisade a été l'occasion pour Venise de se constituer un empire colonial qui va servir ses intérêts commerciaux pendant plusieurs siècles.
L’Empire latin obtient le quart des terres et s'étend à Constantinople, la Thrace et le nord-ouest de l’Asie Mineure) ; les Vénitiens reçoivent les territoires qui s'étendent au sud d'Andrinople, jusqu'à la mer de Marmara. D'autres États sont constitués :
• le royaume de Thessalonique, conquis par Boniface de Montferrat et qui s'étend sur la Macédoine et la Thessalie. En 1227, à la mort de Démétrios de Montferrat, le royaume passe à l'empereur Frédéric II de Hohenstauffen ;
• le duché d'Athènes, dont la capitale est fixée à Thèbes, octroyé à Othon de la Roche, et qui devient la terre d'accueil pour les Latins, qui supplantent les aristocrates grecs. En 1208, le pape Innocent III y fonde l'archevêché d'Athènes ;
• le duché de Naxos, que se constitue le Vénitien Marco Sanudo, neveu du doge Enrico Dandolo, regroupant toutes les îles de l'archipel des Cyclades ;
• la principauté d'Achaïe ou de Morée, gouvernée par Geoffroi Ier de Villehardouin et partagée en douze baronnies, y compris les terres données aux Hospitaliers, aux Templiers et à l'archevêque de Patras. La féodalité de Morée conserve les mœurs et coutumes des pays d'origine : Champagne, Picardie ou Bourgogne.
Au sein de chaque État vassal de l'empire, la féodalité conduit au partage des terres entre les seigneurs ayant participé à la Croisade.
Certains hauts barons n'obtiennent cependant que des terres non encore conquises (surtout situées en Asie), que Baudouin leur cède sur sa part et sur lesquelles ils ne mettront jamais les pieds : Henri de Flandre obtient ainsi le « royaume d'Andremite, Pierre de Bracheux le « royaume de Konya », le comte de Blois se voit attribuer le « duché de Nicée » tandis que Rénier de Trit reçoit le « duché dePhilippopoli.





L'Empire Latin et les États grecs en 1204.



B. Règne de Baudouin de Flandre


Sous l'influence de Baudouin et des Francs, la civilisation latine est introduite dans tous les territoires formant l'Empire latin, par l'application des coutumes féodales et des cours d'Occident.
L'histoire de l'Empire latin n'est qu'expéditions, sièges ou défenses des places fortes en pays insoumis : devant combattre sur tous les fronts, les Francs doivent en outre faire face à l'hostilité des Grecs. Ainsi en février 1205, à la mort d'Hugues de Saint-Pol, les Grecs de sa seigneurie de Didymotique s'allient à Jean Kalojan, roi des Bulgares. S'ensuit une sanglante défaite, le 14 avril 1205 à Andrinople, au cours de laquelle Baudouin de Flandre disparaît, sans que son corps soit retrouvé2.
Quelques semaines plus tard, le doge vénitien Enrico Dandolo meurt à Constantinople, laissant les Vénitiens sans directives quant au choix d'un nouvel empereur. C'est finalement Henri de Hainaut, le frère de Baudouin, qui devient empereur.


C. Règne d’Henri de Flandre

De 1206 à 1216, l'Empire latin s'affermit sous le gouvernement d'Henri : il conquiert l'Épire et la Macédoine mais échoue également devant les Bulgares, à Andrinople.

Kalojan organise en 1205-1206 le siège puis le massacre de Philippopoli, au cours duquel l'archevêque est massacré, les notables écorchés vifs ou décapités, la ville rasée et réduite en cendres ; il s'empare ensuite d'Arcadiopolis, puis de Visoï, où il massacre toute la population.
Les exactions des Bulgares entraînent en Europe un ralliement aux Latins. Henri de Flandre peut conquérir le Dimot et, le 20 août 1206, il est couronné empereur à Constantinople. Il repart ensuite en expédition contre les Bulgares.

Au printemps 1207, les Bulgares assiègent Andrinople : également harcelé par les Grecs en Asie, Henri de Flandre parvient tout de même à libérer la ville. Le 8 octobre 1207, Kalojan meurt devant Andrinople, probablement assassiné par l'un de ses hommes.

En novembre 1208, Henri conclut une trêve avec les Bulgares et marie une de ses filles à Slav, un prince bulgare neveu de Kalojan. Il met à profit ces temps de paix pour se concilier ses anciens ennemis, tâchant de s'allier les Grecs, qu'il rappelle à Constantinople et admet à sa cour.

Il parvient également à intéresser l'Occident à l'Empire latin.

De 1209 à 1212, il mène la guerre contre les barons de Salonique : ceux-ci, au décès de Boniface de Montferrat, avaient refusé de lui prêter hommage et avaient proclamé pour suzerain Guillaume de Montferrat ; le 2 mai 1210, le royaume de Salonique est déclaré partie intégrante de l'Empire latin de Constantinople.
Il mène également la guerre contre les Grecs de Nicée et d'Épire et les Serbes.



3. Les Courtenay


En 1216, à la mort sans postérité d'Henri de Flandre, une délégation de barons offre le trône à Pierre II de Courtenay, comte de Tonnerre, d'Auxerre et de Namur et époux de Yolande de Flandre, sœur de Baudouin et de Henri. Couronné à Rome le 9 avril 1217, il jure de maintenir les privilèges des Vénitiens. Il tombe cependant dans une embuscade tendue par des Grecs dans les montagnes d'Albanie et n'atteindra jamais Constantinople : il meurt en prison au cours de l'hiver 1218-1219.
Sa veuve, Yolande de Courtenay, donne peu de temps après naissance à Baudouin II de Courtenay, né à Constantinople dans la chambre des porphyrogénètes. L'empire est alors confié à Conon de Béthune, qui meurt le 17 décembre 1219 ; il est remplacé par un gouvernement collégial composé de Geoffroy de Merry, Narjot de Toucy et Théodore Branas.
En 1220, Robert de Courtenay, fils de Yolande, est couronné empereur. Son règne est marqué par le renforcement des relations avec les Grecs de Nicée mais, en 1224, la victoire de Jean III Doukas Vatatzès sur les frères Lascaris renforce la menace que les Grecs font peser sur l'Empire latin, chassé de ses territoires d'Asie et mal gouverné.
Au cours de l'hiver 1227, les barons déposent Robert de Courtenay, qui meurt en Morée en janvier 1228, et proclament empereur Baudouin II de Courtenay.

En 1229, la couronne est proposée à Jean de Brienne, ancien roi de Jérusalem. Il devient empereur associé à Baudouin II. En 1245l'Empire, réduit à la seule ville de Constantinople, est au bord de la faillite.


4. La fin de l’Empire


Chassés de Constantinople, les Grecs n'en ont pas moins constitué trois États indépendants, soustraits à l'Empire latin de Constantinople et tenus par des dynastes grecs : l'Empire de Nicée, le despotat d'Épire et l'Empire de Trébizonde.
Alexis III est emprisonné par son gendre Théodore Ier Lascaris qui se fait reconnaître empereur à Nicée. Il échoue dans ses efforts militaires et diplomatiques pour reprendre Constantinople, mais maintient vivante dans sa capitale la tradition impériale byzantine.




l'Empire latin en 1230



En 1235, Jean III Doukas Vatatzès, empereur de Nicée, allié aux Bulgares d'Ivan Asen II, assiège sans succès Constantinople défendue par Jean de Brienne avec l’appui d’une escadre vénitienne, mais réussit à reconquérir la Thrace et la Macédoine.
Un second siège de Constantinople a lieu en 1260, après la victoire de Michel Paléologue sur Guillaume de Villehardouin à la Bataille de Pélagonia, au cours de l'automne 1259. Le siège est un échec.

Le 25 juillet 1261, le général Alexios Stratigopoulos entre par surprise dans Constantinople : ayant fui le palais des Blachernes pour lepalais de Boucoléon, le jeune empereur Baudouin II s'enfuit à Thèbes puis dans les Pouilles, avant de parvenir en France en 1262.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 18 Mai - 15:39

Royaume de Thessalonique


Le royaume de Thessalonique est l’un des États latins qui apparurent après la conquête de Constantinople par les Croisés en 1204. Érigé autour de Thessalonique, qui avait été la deuxième ville en importance de l’empire byzantin, vassal de l’empire latin de Constantinople, son existence fut éphémère, se terminant vingt ans après sa création par la prise de la ville par le despote d’Épire, Théodore Ier l’Ange, et la création d’un « empire de Thessalonique » encore plus éphémère.



A. Situation géographique et étendue


Lors de sa création en 1204, le royaume de Thessalonique comprenait, si on le compare à l’étendue de la Grèce contemporaine, un territoire incluant les régions administratives de laMacédoine-centrale, de la Macédoine-Orientale-et-Thrace, de la Thessalie et une partie de la Grèce centrale. Au Sud, sa frontière était constituée par le fleuve Sperchios et sa vallée à l’Ouest, jusqu’au golfe Maliaque à l’Est. L’État voisin était le duché d’Athènes, également État croisé qui devint rapidement vassal du royaume de Thessalonique. À l’Ouest, le massif montagneux du Pinde et son prolongement au sud le séparait du despotat d’Épire, un État byzantin. Au Nord, la frontière coïncidait approximativement avec la frontière actuelle entre la Grèce et la Bulgarie. À l’Est, il jouxtait l’empire latin de Constantinople. Contrairement à la situation actuelle, les régions de Kastoria, d’Édesse, de Véria et de Florina ne faisaient pas partie du royaume de Thessalonique, mais appartenaient aux territoires méridionaux de la Bulgarie qui s’étendaient entre le royaume de Thessalonique à l’Est et le despotat d’Épire à l’Ouest. Les frontières du Nord et de l’Ouest du royaume varièrent considérablement au gré des conflits entre ces trois États.



B. Histoire


1. Fondation



Les États croisés et les États successeurs après
la quatrième croisade




Lors de la conquête de Constantinople par l’armée croisée en 1204, le marquis Boniface de Montferratétait considéré comme le candidat favori au trône impérial tant par les croisés eux-mêmes que par les Byzantins. Pendant le sac de la ville, il avait eu soin d’occuper le grand palais ; parmi ses captives se trouvait la veuve d’Isaac II, Marguerite de Hongrie, qu’il s’empressa d’épouser pour mieux assurer ses droits. De fait la population de Constantinople voyait déjà en celui-ci son futur empereur et l’acclamait comme Ayos vasileas marchio (le saint empereur, le marquis). Toutefois les Vénitiens considéraient que ce grand magnat italien, proche parent de la dynastie impériale de Hohenstaufen, frère de Conrad de Montferrat, n’était pas assez malléable et serait susceptible de favoriser la grande rivale de Venise en Méditerranée, Gênes. C’est donc Baudouin IX de Flandre qui fut élu empereur.

Boniface accepta cette décision à contrecœur et, refusant l’Anatolie qui lui était proposée, entreprit de conquérir Thessalonique, alors deuxième ville de l’empire byzantin. En août 1204, il signa un traité d’alliance avec les Vénitiens, leur cédant ses droits sur les îles de lamer Égée qu’il s’était fait concéder en 1203 par l’empereur byzantin Alexis III, de même que sur la bande de Kassandra en Macédoinecontre le paiement de 1 000 marks d’argent et un « loyer » annuel de 10 000 florins; Boniface devenait ainsi le vassal des Vénitiens. Grâce à cet appui, il put défier l’empereur latin, Baudouin, qui revendiquait également la ville4. Baudouin ayant dirigé ses armées sur Thessalonique en dépit des protestations de Boniface, ce dernier répliqua en attaquant l’armée de Baudouin près d’Andrinople. Une entente entre les deux fut négociée par les barons et les Vénitiens au terme de laquelle Baudouin accepta que Boniface garde Thessalonique, mais exigea qu’il tienne de lui cette possession. Boniface abandonna donc la suzeraineté de Venise pour la transférer aux Latins; en conséquence de quoi, il n’utilisa jamais officiellement le titre de « roi de Thessalonique ». La situation se détendit par la suite lorsque Boniface donna sa fille en mariage à Henri de Flandre, successeur de Baudouin Ier, le 4 février 1207 et par le renouvellement des termes de suzeraineté au printemps de la même année .


Après avoir fait de Thessalonique sa capitale, Boniface partit à la conquête des territoires situés au sud. Il dut toutefois faire face à la résistance initiale des Byzantins dont l’aristocratie avait en bonne partie fui Constantinople pour se réfugier en Grèce continentale et enAsie mineure. Ce fut entre autres le cas de Léon Sgouros, beau-fils de l’empereur Alexis III, qui, après avoir succédé à son père comme gouverneur de Nauplie et d’Argolide, avait réussi à la faveur de la croisade à conquérir Athènes et Thèbes avant d’entrer en Béotie et en Thessalie. Après avoir capturé Alexis III, qui avait joint ses forces à celles de Sgouros, Boniface attaqua ce dernier qu’il força à se réfugier à l'Acrocorinthe où il subit un siège de cinq ans.

C’est au cours de cette campagne en 1204 contre Sgouros que Boniface s’empara d’Athènes qu’il érigea en duché vassal et qu’il confia au Bourguignon Otton de la Roche. La même année et l’année suivante, il avança dans le Péloponnèse où fut créée la principauté d'Achaïe ou de Morée, qui fut confiée d’abord à Guillaume de Champlitte, puis à Geoffroi de Villehardouin, le neveu de l’historien. Ainsi, tous les territoires situés au sud du fleuve Sperchios devenaient des territoires vassaux du royaume de Thessalonique. Au printemps 1205, il occupa l'île d’Eubée, originairement attribuée aux Vénitiens, qu’il inféoda à trois chevaliers originaires de Vérone. Après la prise d’Athènes, Boniface franchit l’isthme de Corinthe et, pénétrant dans le Péloponnèse, mit le siège simultanément devant Corinthe et Argos où se trouvaient encore les forces byzantines de Sgouros. Le début d’une révolte à Thessalonique le força cependant à retourner dans cette ville où il mit fin à la révolte pendant qu’à la même époque l’empereur latin Baudouin était fait prisonnier par le tsar bulgare Kalojanlors de la bataille d’Andrinople le 14 avril 1205.


2. Mort de Boniface, révolte des Lombards

Le règne de Boniface ne dura qu’un peu moins de trois ans; il périt dans une embuscade tendue par les troupes de Kalojan dans lesRhodopes le 4 septembre 1207. Le royaume échut à son fils, Démétrios, encore enfant, de telle sorte que le pouvoir véritable fut exercé par différents nobles. Sous la conduite du régent Hubert II de Biandrate et du connétable Amédée de Pofoy, un mouvement se dessina qui voulait mettre un terme aux liens entre le royaume et l’empire latin tout en favorisant l’ascension au trône du deuxième fils de Boniface, Guillaume IV de Montferrat.

Le despote d’Épire, Michel Ier Doukas, tenta de tirer avantage de la situation et attaqua son voisin après avoir conclu une alliance avec les Bulgares qui s’étaient déjà avancés jusqu’à Thessalonique en 1207, campagne durant laquelle le tsar perdit la vie. Son héritier était un enfant en bas âge qui fut rapidement remplacé par Boril, un de ses neveux. À l’été 1208, l’empereur Henri affronta Boril qu’il défit, prit le contrôle de la Thrace, y compris Philippopoli et marcha contre Hubert II et les barons rebelles de Thessalonique. Il y installa son frère Eustache comme régent au nom de Démétrios et parvint à s’assurer de la loyauté des différents vassaux du Péloponnèse. Sentant le vent tourner, Michel Doukas maria sa fille à Eustache et fit soumission à l’empereur.



3. Attaques épirotes

À sa mort en 1215, Michel Ier eut pour successeur son demi-frère, Théodore Comnène Doukas. Théodore avait séjourné longtemps à la cour de Théodore Ier Laskaris, empereur de Nicée, dont il avait reconnu la suzeraineté. Mais une rivalité ne manqua pas d’éclater entre les deux puissances qui désiraient toutes deux se présenter comme les successeurs légitimes de l’empire byzantin. Énergique et dépourvu de scrupules, Théodore entreprit d’agrandir le despotat aux dépens à la fois des Bulgares et du royaume de Thessalonique dont il parvint en neuf ans, soit de 1215 à 1224, à s’emparer de différentes places fortes. L’empereur Henri tenta de l’arrêter, mais mourut à Thessalonique au printemps 1216. L’année suivante, son successeur, Pierre de Courtenay, se rendit à Rome pour recevoir sa couronne des mains du pape. Il revint en quittant l’Italie pour Durazzo qui dépendait du despotat. Théodore fit arrêter l’empereur latin qui fut tué sur place ou alla finir ses jours plus tard dans une prison du despotat, non sans avoir dû entretemps reconnaitre à Guillaume IV de Montferrat tous les droits et obligations de roi latin de Thessalonique, en faisant ainsi le véritable souverain.

La régence de l’impératrice Yolande de Hainaut, puis celle de Conon de Béthune, ne permit pas à l’empire latin d’intervenir en faveur du royaume qui avait perdu, après la mort de Boniface, beaucoup de ses chevaliers retournés en Occident. Théodore en profita pour s’emparer de Serres et de l’ensemble du territoire du royaume de Thessalonique à l’exception de Thessalonique elle-même.



Évolution territoriale du despotat d'Épire au détriment,
entre autres, du royaume de Thessalonique, entre 1205 et 1230



Entretemps, face au danger que représentait l’avance des forces armées du despote, la veuve de Boniface de Montferrat et l’héritier du trône, Démétrios, s’étaient réfugiés en 1222 à Rome auprès du pape Honorius III. Ils pressèrent celui-ci d’appeler à une nouvelle croisade qui aurait délivré la ville de Thessalonique et assuré la survie du royaume. Cet appel ne reçut toutefois pas la réponse attendue et la croisade qui se forma sous la direction de Guillaume de Montferrat était trop faible pour produire le résultat escompté. Réunie en mars 1224 dans le sud de l’Italie, la modeste armée ne parvint en Thessalie qu’en 1225. Pour sa part, l’empereur latin Robert de Courtenay, fils de l’infortuné Pierre de Courtenay, était trop occupé par la lutte contre l’empereur de Nicée, Jean III Doukas Vatatzès, pour envoyer des renforts.



4. Conquête de Thessalonique


Une lutte à finir se dessinait entre le despote d’Épire et l’empereur de Nicée pour la conquête de Constantinople. S’étant emparé de Thessalonique en 1224, Théodore, trop sûr de sa victoire se fit couronner « empereur de Thessalonique » en 1227 par le métropolite d’Ohrid, celui de Thessalonique ayant refusé de présider à la cérémonie. Cet éphémère « empire de Thessalonique » se termina trois ans plus tard, lorsque Théodore décida d’attaquer non pas Jean Vatatzès, mais la Bulgarie, espérant sans doute libérer ainsi la voie vers Constantinople. Le tsar bulgare Jean Asen défit Théodore et le fit prisonnier. Le frère de Théodore, Manuel, réussit toutefois à s’échapper et à prendre le pouvoir à Thessalonique. Mais, sans arrière-pays, sans armée véritable, l’ « empire de Thessalonique » ne fut plus qu’un État-client de la Bulgarie.

1227 marqua également la mort de l’infortuné Démétrios retourné en Italie après qu’une épidémie eut emporté Guillaume de Montferrat et décimé son armée. Après sa mort, le titre de roi de Thessalonique, sans contenu réel, fut porté par divers personnages.



C. Société

Comme les autres États croisés, le royaume de Thessalonique fut organisé sur le modèle féodal en vigueur en Europe de l’Ouest, les institutions byzantines qui avaient eu cours jusque là furent abolies et Boniface redistribua les propriétés des plus riches habitants parmi ses barons. Le changement ne fut cependant pas aussi radical qu’on pourrait l’imaginer. Certes, la féodalité telle qu’on la connaissait en Europe de l’Ouest était inconnue à Byzance. Toutefois, l’institution de la pronoïa18 et son extension sous les Comnènes, de même que la puissance de plus en plus grande que s’était attribuée l’aristocratie terrienne aux dépens de la puissance impériale offraient de nombreuses similitudes. L’administration politique et militaire fut confiée à des nobles latins, pour la plupart d’origine lombarde, ce qui augmenta l’influence de l’Italie du nord dans la région. Ceci ne veut pas dire nécessairement que les Latins aient été mal accueillis par la population locale. Contrairement aux États successeurs, Trébizonde, Épire et Nicée, où l’aristocratie byzantine avait établi son pouvoir, nombreux furent ceux qui accueillirent les Latins en libérateurs. Nicolas Choniates note que lorsque lui-même et ses collègues fonctionnaires fuirent Constantinople pour se réfugier en province, ils furent souvent objets de dérision et de propos haineux de la part de la population qui se réjouit de ce que ceux qui les avaient gouvernés ainsi que leurs collecteurs de taxes en étaient maintenant eux-mêmes réduits à la pauvreté. Lorsque l’empereur Baudouin, à l’été 1204, se rendit à Thessalonique avec son armée, la population vint à ses devants pour lui souhaiter la bienvenue et l’acclamer comme empereur. II en fut de même pour Boniface de Montferrat dans sa conquête de la Thessalie. En fait, au fur et à mesure que les seigneurs latins s’installaient, nombreux furent les grands propriétaires terriens ayant reçu leurs domaines de l’empereur, qui s’adaptèrent et les tinrent simplement dorénavant des nouveaux seigneurs. Ce n’est que devant l’arrogance et le mépris de ces mêmes seigneurs ainsi que devant leur intransigeance religieuse que l’attitude des populations se modifia, que des révoltes éclatèrent et que l’on demanda l’aide des Bulgares (voir plus haut).



Routes commerciales de Venise (en vert) et de Gênes
(en rouge) en Méditerranée et en mer Noire




Il en alla de même dans le domaine religieux. Thessalonique fut érigée en archevêché avec un archevêque latin et les évêques byzantins furent remplacés par des évêques latins. Toutefois, au niveau paroissial, si la population fut tenue de payer une taxe pour financer les églises latines, elle put continuer à fréquenter ses propres églises comme elle l’avait toujours fait. Contrairement à ce qu’il avait fait pour les propriétaires terriens, Boniface de Montferrat n’accapara pas les terres appartenant à l’Église et ce ne fut que pendant le mouvement de sédition sous la régence d’Hubert II que les biens d’Église furent confisqués au profit de laïcs et que les fils des prêtres grecs furent astreints au service militaire.

Bien que l’économie du pays ait été fondée sur l’agriculture, Thessalonique était devenue au XIIe siècle un centre commercial qui attirait les commerçants de Scythie, d’Italie, de la péninsule Ibérique et jusqu’aux pays celtes de la Transalpine. Les marchands italiens avaient déjà commencé à y installer des colonies et les Normands l’avaient brièvement occupée en 1185. Les Vénitiens étaient sortis grands gagnants de cette quatrième croisade. Moins intéressés par les conquêtes territoriales qu’à étendre leur empire commercial et à empêcher leurs concurrents, les Génois, de faire de même, ils s’étaient emparés ou avaient acheté (voir plus haut) les îles ou ports qui pouvaient servir de base à ce commerce, se constituant ainsi « un empire de bases navales ». Thessalonique, relais important vers la mer Noire, ne pouvait que profiter de ces développements.



D. Chronique du royaume







E. Rois titulaires de Thessalonique




Maison de Montferrat


• Démétrios de Montferrat (1225-1230)
• Empereur Frédéric II. (1230-1239)
• Boniface II de Montferrat (1239-1240)
• Hélène, nièce de Démétrios (et peut-être sœur de Boniface 1240
• Guillaume VII de Montferrat (1253-1284)
• Yolande (Irène) de Montferrat, femme de l’empereur Andronic II, 1303 régente, † 1317


Ancienne maison de Bourgogne

• Hugo IV de Bourgogne (1266-1271) (prétendant)
• Robert II de Bourgogne (1273-1305) (jusqu’en 1284 prétendant)
• Hugo V de Bourgogne (1305-1313)
• Louis de Bourgogne (1313-1316)
• Ode IV de Bourgogne (1316-1321); celui-ci vendit ses droits en 1321 à Philippe de Tarente
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Mer 18 Mai - 16:34

Principauté d’Achaïe

La principauté d'Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202-1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessaloniquejusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région. La bataille des îles Échinades (1427) ouvre la voie à sa reconquête par les troupes byzantines.

La Chronique de Morée relate la conquête franque et une partie de l'histoire de la principauté.


A. Histoire

1. Fondation

La majeure partie de la région est conquise par Guillaume de Champlitte et Geoffroi de Villehardouin entre 1205 et 1206. Guillaume gouverne l’Achaïe jusqu’à son retour en France en 1209. Lui succède alors son fils Hugues qui meurt la même année.

Selon la Chronique de Morée, les terres de la principauté sont divisées après la conquête (vers 1209) en douze hautes baronnies par un conseil formé de dix seigneurs francs et grecs, présidé par Geoffroi de Villehardouin. En réalité, cet épisode est probablement apocryphe : les listes données par les différentes versions de la chronique reflètent des situations postérieures à 1209 et les différentes baronnies n'ont pas été créées à la même époque. Les listes des versions grecque et française sont datables de 1228-1230 (avènement de Geoffroy II d'Achaïe) tandis que celle de la version navarraise date des environs de 1260.

Selon la version grecque, les douze baronnies étaient (vers 1230) : Calamata (domaine personnel des Villehardouin), Acova/Mategrifon (Gauthier Ier de Rozière), Carytena/Skorta (Hugues de Bruyères), Véligourt ou Véligosti (Mathieu Ier de Mons), Geraki ou Nivelet à (Guy de Nivelet), Passavant (Jean Ier de Neuilly ou Nully), Nicli (Guillaume Ier de Morlay), Calavryta (Othon de Tournay), Gritsena (messire Luc, inconnu par ailleurs), Patras (Guillaume Aleman), Chalandritsa (Audebert ou Robert de Dramelay) et Vostitsa (Hugues Ier de Lille ou de Charpigny).
Des fiefs étaient aussi attribués à divers évêques et ordres de chevalerie.


2. Maison de Villehardouin

Geoffroi Ier de Villehardouin prend alors les rênes de la principauté jusqu’à sa mort. Les Villehardouin composent avec l’orthodoxie de leur peuple, exemptant les prêtres orthodoxes de la corvée et de l’obligation de servir les armes. Cela vaut à Geoffroy II d'Achaïe une brève excommunication, promptement levée devant la nécessité de composer avec l’un des plus puissants seigneurs francs. La Bataille de Pélagonia, perdue par Guillaume II de Villehardouin en 1259 marque le début du déclin de la principauté. Capturé, Guillaume doit céder aux Byzantins une partie du sud-est de la Morée, dont la ville de Mistra. Rapidement, les Francs et les Byzantins entrent en conflit, et une armée byzantine envahit la principauté, mais les Grecs sont repoussés en 1263 (bataille de Prinitza) et 1264 (bataille de Makryplagi) et doivent renoncer à reconquérir l'ensemble de la péninsule. Afin d'obtenir de l'aide, Guillaume devient vassal de Charles Ier d'Anjou.


3. Suzeraineté angevine

Dépourvu de descendants mâles, il accorde la main de sa fille Isabelle à Philippe, le fils de Charles d’Anjou, roi de Sicile. Mais Philippe décède avant son beau-père : Charles d’Anjou, à la mort de Guillaume II d’Achaïe, récupère ainsi la principauté. Son fils Charles II d’Anjou la rend cependant à Isabelle et à ses maris successifs, les princes-consorts Florent de Hainaut et Philippe Ier de Savoie.


4. conflits féodaux

En 1307, Charles II d’Anjou reprend la principauté à Philippe de Savoie et Isabelle pour l'attribuer à son fils, Philippe Ier de Tarente. Ce dernier la cède en 1313 à Mathilde, la fille aînée d’Isabelle Ire, et à son mari Louis de Bourgogne, qui débarque en Grèce et écrase un autre prétendant, Ferdinand de Majorque, l’époux d’Isabelle de Sabran, nièce d’Isabelle Ire et cousine de Mathilde qui revendiquait la principauté pour lui-même. Cependant, Louis décède dès 1316. Mathilde est mariée de force, en 1318, avec un prince de la maison d’Anjou, Jean de Durazzo qui, dès 1321, la répudie mais garde la principauté. En 1333, Jean de Durazzo vend ses droits à son neveu, Robert d’Anjou, prince de Tarente alors que la mère de celui-ci, Catherine de Valois-Courtenay assure la régence de la principauté grecque.

À la mort de Robert, en 1364, son épouse, Marie de Bourbon lui succède brièvement. Une femme célibataire a peu de légitimité dans ce monde féodal et guerrier pour assurer le gouvernement. Sans doute désireuse de transmettre le trône à son propre fils, issu d’un premier mariage, elle cède néanmoins la principauté à beau-frère, Philippe II de Tarente, empereur titulaire de l’empire latin de Constantinople.

En 1313, la légitimité des prétentions au trône de la principauté par Ferdinand de Majorque était plutôt faible. Son petit-fils, Jacques, dépossédé du royaume de Majorque, va cependant la relever cinquante ans plus tard. Il épouse, en 1362, la reine Jeanne, puissante et ambitieuse princesse angevine de dix ans son aînée. Il n’est pas certain que Jacques aie jamais mis pied à terre en Grèce. Une chose est sûre cependant : en 1373, le prince Philippe II cède ses droits sur la principauté d’Achaïe à Jeanne et son époux. Jacques ne profite pas longtemps de ce titre, il meurt en janvier 1375. Le neveu des princes achaïens, Robert Ier et de Philippe II, Jacques des Baux, succède à Jeanne sur le trône de la principauté. Il décède en 1383 et la principauté revient aux rois de Naples, Charles III puis Ladislas qui n’exercent qu’un contrôle nominal et lointain. Pendant ce temps, cinq prétendants se battent pour le contrôle de la principauté. Le Navarrais Pierre de Saint-Supéran se déclare vainqueur en 1396. Son épouse, issue d’une vieille famille de marchands et d’aventuriers génois, lui succède en tant que régente de leurs enfants. Mais elle est écartée du trône par son neveu, Centurion II Zacharie, avec l’accord de Ladislas de Naples.


5. Reconquête par les byzantins

Donner la principauté en dot à sa fille unique, Catherine, promise à Thomas Paléologue, est, pour Centurion Zacharie, une fiction bienvenue pour sauver la face : les armées impériales byzantines menées par Théodore II Paléologue et Jean VIII ont investi l’Achaïe en 1417, ne laissant aux Latins que quelques rares places fortes. La principauté est incorporée au Despotat de Morée.

En 1460, le sultan Mehmed II s'empare du Péloponnèse. Thomas Paléologue et son épouse Catherine s'enfuient à Corfou, puis s'installent à Rome.


B. Societé

La Principauté d'Achaïe recevait l'hommage des baronnies extérieures au Péloponnèse suivantes : Le duché d'Athènes, le duché de Naxos les trois baronnies des seigneurs terciers d'Eubée, le marquisat de Bodonitza et le comté palatin de Céphalonie et Zante à quoi il faut ajouter la seigneurie de Salone.

Les « Assises de Romanie » ajoutent quatre grands fiefs situés dans le Péloponèse : la seigneurie de Karytaina ou Skorta contrôlée par Hugues de Bruyères, celle de Patras fondée par Pierre Ier Aleman, celle d'Akova ou Matagrifon donnée à Gauthier Ier de Rozière et celle de Kalavryta à Othon de Tournay. Les possesseurs de ces onze fiefs auxquels les Assises adjoignent le « maréchal de Romanie » avait le rang de pairs à la cour princière.

Les seigneurs latins de Morée, qui ont besoin de l’appui des grands propriétaires grecs, les archontes, les laissent développer leurs biens patrimoniaux. Les paysans de Morée, s’ils ne semblent pas payer plus d’impôts qu’avant 1204, voient leurs libertés notablement amoindries : ils vivent dans le cadre d’une seigneurie dont ils dépendent entièrement. Ils sont attachés à leur terre qu’ils ne peuvent quitter sans autorisation seigneuriale, comme aussi pour se marier ou marier leur fille. Le seigneur dispose du vilain et peut le céder à un tiers. Le paysan n’est plus vraiment libre (il peut être affranchi) mais n’est pas un serf (on ne peut vendre autoritairement sa terre en cas d’endettement, il peut disposer de ses meubles et de ses animaux, il peut prendre d’autres terres à bail).


C. Liste des princes d’Achaïe

• 1205-1209 : Guillaume Ier de Champlitte
• 1210-1228 : Geoffroi Ier de Villehardouin
• 1228-1246 : Geoffroi II de Villehardouin
• 1246-1278 : Guillaume II de Villehardouin
• 1278-1285 : Charles Ier d'Anjou
• 1285-1289 : Charles II d'Anjou
• 1289-1307 : Isabelle Ire, avec ses maris :
• 1289-1297 : Florent de Hainaut
• 1301-1307 : Philippe de Savoie († 1334)







D. Bayles (Baillis) nommés par les rois de Naples

Les princes de la maison capétienne d'Anjou-Sicile résidaient rarement en permanence dans la principauté et gouvernèrent par l'intermédiaire de Bayles  :
• 1278-1278 : Jean de Chauderon, Connétable de Morée ;
• 1278-1280 : Galeran d'Ivry Sénéchal de Sicile ;
• 1280-1282 : Philippe de Lagonesse seigneur de Rocca di Guglielmo ;
• 1282-1285 : Guy de Trémolay seigneur de Khalandritza ;
• 1285-1287 : Guillaume Ier de la Roche duc d'Athènes ;
• 1287-1289 : Nicolas II de Saint-Omer co-seigneur de Thèbes ;
• 1289-1289 : Guy de Charpigny Baron de Vostitza.
• 1289-1297 : Gouvernement direct du Prince d'Achaïe Florent de Hainaut ;
• 1297-1300 : Riccardo Orsini comte palatin de Céphalonie et Zante ;
• 1300-1307 : Nicolas III de Saint-Omer co-seigneur de Thèbes ;
• 1307-1308 : Gui II de la Roche duc d'Athènes ;
• 1308-1309 : Bertin Visconte
• 1309-1311 : Tommaso de Marzano
• 1311-1313 : Gilles de la Planche
• 1313-1317 : Nicolas le Maure
• 1317-1318 : Eustachio Pagano de Nocera ;
• 1318-1321 : Federico Trogisio ;
• 1321-1322 : Ligorio Guindazzo ;
• 1322-1323 : Perronet de Villamastray ;
• 1323-1325 : Nicolas de Joinville.
• 1325-1327 : Pierre de Sus
• 1327-1329 : Francesco de la Monaca
• 1329-1331 : Guglielmo Frangipani seigneur de Patras
• 1331-1332 : Gerardo d'Anguilara
• 1333-1333 : Gaudino Romano della Scala ;
• 1333-1336 : Pietro de San Severo ;
• 1336-1338 : Bertrand des Baux ;
• .../...
• 1340-1341 : Niccolò Acciaiuoli ;
• 1341-1346 : Bertrand des Baux, rétabli ;
• .../...
• 1348-1348 : Jean Delbuy
• .../...
• 1355-1356 : Pietro Minutolo
• 1358- ?  : Francesco de Massa
• 1363-1364 : Alessandro Brancaccio Imbriaco ;
• .../...
• 1366-1369 : Carlo Zeno :
• 1370-1373 : Baltassare de Sorba comte d'Almissa ;
• 1374-1376 : Francesco de Sanseverino ;
• 1377-1379 : Juan Fernández de Heredia Grand-maître de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes ;
• 1379-1381 : Hesso de Schlegelholt ;
• 1379-1381 : Rostagno de Lagonesse ;
• 1381-1386 : Maiotto de Coccarelli comme vicaire ;
• 1386-1396 : Pierre de Saint-Supéran, d'abord comme vicaire avant qu'il usurpe le titre de Prince d'Achaïe.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Jeu 19 Mai - 14:28

Duché d’Athènes

Le duché d'Athènes était l'un des États des Chevaliers croisés mis en place en Grèceaprès la quatrième croisade au détriment de l'Empire byzantin.
Le duché s'étendait sur l'Attique et la Béotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L'acropole d'Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le centre réel du duché était la ville de Thèbes.


A. Histoire


1. Période française



Les villes d’Athènes et de Thèbes sont conquises dans les années 1204-1205 par Othon de la Roche, un seigneur bourguignon de l'entourage du roi de Thessalonique Boniface de Montferrat. Othon prend le titre de μεγασκυρ (megaskyr, soit « grand-seigneur ») et peut-être celui de duc1. La suzeraineté théorique du duché passe du royaume de Thessalonique à l'empire latin de Constantinople, mais dans les faits le duché est indépendant.
Le Duché d'Athènes comprenait les fiefs directs suivants[réf. nécessaire] : Seigneurie puis après 1311comté de Salona, seigneurie d'Égine, seigneurie de Thèbes, marquisat de Bodonitza jusqu'en 1414.
En 1309 le duché passe à Gautier V de Brienne. Ce dernier, en lutte contre les Grecs de Thessalie soutenus par le Despotat d’Épire et l'empire byzantin, achète les services de la compagnie des Almogavres, un groupe de mercenaires catalans présent en Grèce depuis une dizaine d'années. Mais Gauthier se brouille ensuite avec les Almogavres et trouve la mort au cours d'une bataille contre ces derniers en 1311.
Son héritier, Gautier VI de Brienne, continue à revendiquer le titre ducal mais en pratique il se limite à la seigneurie d'Argos et de Nauplie. Il a comme successeur son neveu, Guy III d'Enghien. L'héritière de ce dernier, Marie d'Enghien, veuve du Vénitien Pietro Cornaro, cède Argos et Nauplie à la république de Venise en 1388.



Tour « franque » sur l'Acropole d'Athènes avant sa destruction.



2. Période catalane



Les Almogavres prennent le contrôle du duché et y imposent les Usatges de Barcelone. Ils demandent au roi Frédéric II de Sicile de prendre la suzeraineté du duché. Ce dernier nomme ducs plusieurs de ses fils, qui ne mettent jamais les pieds en Grèce et se contentent de régner à travers des vicaires généraux. Quelques familles catalanes et siciliennes s'implantent dans le duché, la plus connue est issue du fils illégitime du roi Alphonse Frédéric d'Aragon, comte de Salona. Le comté de Salona fut le plus important fief dépendant du duché durant la période catalane.

En 1315-1316, les Catalans du duché d'Athènes sont appelés par l'infant Ferdinand de Majorque, qui s'efforce de conquérir la principauté d'Achaïe ; ils arrivent cependant trop tard pour pouvoir lui prêter main-forte, et l'infant est tué en juillet 1316.

Profitant de la faiblesse des Grecs, confrontés à l'avance des Turcs en Anatolie et des Serbes dans les Balkans, les Catalans se portent alors vers le nord. Entre 1318 et 1319, en s'appuyant sur Salona, ils conquièrent la Phthie, la Phocide et une partie de la Thessalie, formant le duché de Néopatrie, qui est uni à celui d'Athènes. Mais en 1337, l'empereur serbe Stefan Dušan s'empare à son tour du nord de la Thessalie.

En 1379, les duchés sont attaqués par la compagnie de Navarre, un groupe de mercenaires navarrais qui conquièrent notamment Thèbes. En 1381, les duchés passent non plus au roi de Sicile, mais au roi Pierre IV d'Aragon. Ce dernier, bien que soucieux de la préservation de l'acropole d'Athènes (« le plus beau joyau qu'un roi puisse posséder », écrit-il), n'envoie que de faibles renforts dans les duchés.



3. Période florentine


En 1388, un aventurier florentin, Nerio Acciaiuoli, conquiert Athènes, puis Néopatrie en 1390. Après une éphémère domination vénitienne(1395-1402), les Acciaiuoli restent maîtres des duchés. Après la reconquête byzantine de l’Achaïe en 1430, ils doivent reconnaître l'autorité de Constantinople, mais parviennent à se maintenir.



4. Conquête turque


Le duché est envahi par les forces ottomanes après la chute de Constantinople, invasion facilitée par des luttes internes à la dynastie ducale. En 1456, Mehmed II prend Athènes.


B. Postérité

Malgré leur perte des duchés en 1388-90, le titre de duc d'Athènes et de Néopatrie est porté par les rois d'Aragon, puis d'Espagne jusqu'à nos jours. Les descendants de Gautier de Brienne portèrent eux aussi le titre de duc d'Athènes, transmis à leurs héritiers, les Enghien.



C. Ducs d’Athènes



1. Ducs francs

• 1205-? (après février 1225) : Othon de la Roche
• ? (après février 1225)-1263 : Guy Ier de la Roche
• 1263-1280 : Jean Ier de la Roche
• 1280-1287 : Guillaume Ier de la Roche
• 1287-1308 : Guy II de la Roche
• 1309-1311 : Gautier V de Brienne


2. Ducs catalans


• 1311-1312 : Roger Desllor, chevalier roussillonnais de l'entourage de Gautier de Brienne, porté par les Amulgavares à la tête du duché.
• 1312-1317 : Roger-Manfred, fils de Frédéric II de Sicile
• 1317-1338 : Guillaume II, fils de Frédéric II
• 1338-1348 : Jean d'Aragon, marquis de Randazzo, fils de Frédéric II
• 1348-1355 : Frédéric, marquis de Randazzo, fils de Jean
• 1355-1377 : Frédéric III de Sicile
• 1377-1379 : Marie Ire de Sicile
• 1379-1387 : Pierre IV d'Aragon
• 1387-1388 : Jean Ier d'Aragon


a) Vicaires


Les ducs catalans d'Athènes furent des enfants ou des souverains non résidents qui déléguaient le gouvernement du duché à des Vicaires .

• 1312-1316 : Berenguer Estanyol, vicaire de Roger-Manfred ;
• 1316-1317 : Guillaume Thomas ;
• 1317-1330 : Alphonse Frédéric d'Aragon, frère bâtard du duc Guillaume II et son vicaire ;
• 1330-1331 : Odo de Novelles ;
• 1332-1335 : Nicolo Lancia ;
• 13??-1356 : Raimondo Bernerdi
• 1356-1359 : Jacques-Frédéric d'Aragon, comte de Salona, vicaire du roi Frédéric III ;
• 1359-1359 : Gonsalvo Ximénès d'Arenos ;
• 1359-1361 : Mateu de Montcada, comte d'Aderno et d'Agosta qui délègue ses pouvoirs à En Thomas de Pou ;
• 1361-1363 : Roger Ier de Lauria ;
• 1363-1367 : Mateu de Montcada de nouveau ;
• 1367-1371 : Roger Ier de Lauria rétabli ;
• 1371-1375 : Mateu de Peralta ;
• 1375-1381 : Louis Frédéric d'Aragon, comte de Salona ;
• 1381-1382 : Felipe Dalmau VI, vicomte de Rocabertí ;
• 1382-1383 : Ramon de Villanova ;
• 1383-1385 : Roger II et Antoine de Lauria ;
• 1385-1388 : Per de Pau, le dernier défenseur de l'Acropole le 2 mai 1388


3. Ducs florentins

• 1388-1394 : Nerio Ier Acciajuoli
• 1394-1395 : Antonio Ier Acciaiuoli
• 1395-1402 : contrôle vénitien avec les Podestats suivants :
• 1395-1397 : Albano Contarini;
• 1397-1399 : Lorenzo Venier ;
• 1399-1400 : Ermoaldo Contarini ;
• 1400-1402 : Nicolo Vitturi.
• 1403-1435 : Antonio Ier Acciaiuoli rétabli ;
• 1435-1439 : Nerio II Acciaiuoli ;
• 1439-1441 : Antonio II Acciaiuoli ;
• 1441-1451 : Nerio II Acciaiuoli ;
• 1451-1454 : Bartolomeo Contarini, époux de Chiara Giorgio, la veuve de Nerio II, régents pour ;
• 1451-1454 : Francesco er Acciaiuoli, fils de Nerio II ;
• 1455-1456 : Francesco II Acciaiuoli, fils d’Antonio II.
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MessageSujet: Re: ETATS LATINS D'ORIENT   Jeu 19 Mai - 17:10

Duché de Naxos


Le Duché de Naxos est un des États croisés fondés après la quatrième croisade sur des territoires byzantins. Il s'étendit sur une partie des Cyclades, îles de la mer Égée en Grèce. Il était centré sur Naxos, conquise en premier par Marco Sanudo. Le duché, fondé par desVénitiens se plaça rapidement sous la suzeraineté de l'empereur latin de Constantinople. Le système féodal occidental fut surimposé au système byzantin. Les deux christianismes,catholique et orthodoxe, cohabitèrent ainsi.
Le duché fut d'abord gouverné par la dynastie des Sanudi (XIIIe et XIVe siècles) puis par celle des Crispi (XVe et XVIe siècles). En 1537, l'attaque par Khayr ad-Din Barberousse soumit le duché à la suzeraineté ottomane faisant du duc un tributaire du Sultan. En 1566, le dernier duc italien, fonctionnaire ottoman, fut remplacé par Sélim II qui nomma Joseph Nassi. Celui-ci géra le duché jusqu'en 1579 ; après une période intermédiaire où le titre fut attribué à divers personnages, le duché fut dissous vers 1617.


A. La conquête

En 1204, la IVe croisade s'empara de Constantinople, et les vainqueurs se partagèrent l'Empire byzantin. La souveraineté nominale sur les Cyclades échut aux Croisés, sauf Andros et Tinos qui furent (théoriquement) attribuées, la première à Venise, la seconde à l'empereur latin de Constantinople. Les îles ne purent cependant être occupées rapidement ; après quelques années, un accord fut finalement conclu entre l'Empereur latin et Venise, autorisant des citoyens vénitiens agissant à titre privé à les conquérir, à condition d'en faire hommage à l'Empereur. Cette nouvelle suscita des vocations. De nombreux aventuriers armèrent des flottes à leurs frais, dont un riche Vénitien résidant à Constantinople, Marco Sanudo, neveu du Doge Enrico Dandolo. Il s'empara sans coup férir de Naxos en 1205 et en 1207 il contrôlait ainsi la plupart des Cyclades, directement ou par l'intermédiaire de vassaux (dont le seul à être clairement attesté est Marino Dandolo, pour Andros). D'autres seigneuries furent créées durant la même période en mer Égée : les frères Andrea et Geremia Ghisi devinrent ainsi maîtres de Tinos, Mykonos et des Sporades3mais ne dépendaient pas du duché4. L'histoire particulière de chaque île est mal connue pour le XIIIe siècle, et certaines dynasties (Barozzi, Querini) que l'on pensait s'être installés dès la fondation du duché semblent n'avoir acquis leurs possessions qu'à partir duXIVe siècle.

Marco Sanudo fonda le duché de Naxos avec les principales îles comme Naxos, Paros, Antiparos, Milos, Siphnos, Kythnos et Syros. Les Ducs de Naxos devinrent vassaux de l'empereur latin de Constantinople en 1210. Les Latins imposèrent le système féodal occidental sur les îles qu'ils dominaient. Venise ne profitait donc plus directement de cette conquête, cependant la République y avait trouvé avantage : l'Archipel avait été débarrassé de ses pirates, mais aussi des Génois et la route commerciale vers Constantinople était sécurisée. Les habitats redescendirent vers les côtes et y furent fortifiés par les seigneurs latins : Paroikia sur Paros, le port sur Naxos ou Antiparos.




Une tour dite « vénitienne » dans la campagne naxiote


La coutume de la Principauté de Morée, les Assises de Romanie devint rapidement la base de la législation dans les îles6. En effet, à partir de 1248, le Duc de Naxos devint le vassal de Guillaume II de Villehardouin et donc à partir de 1278 de Charles Ier de Sicile7. Le système féodal fut appliqué même pour les plus petites propriétés, ce qui eut pour effet de créer une importante « élite locale ». Les « nobles francs» reproduisirent la vie seigneuriale qu'ils avaient laissée derrière eux : ils se construisirent des « châteaux » où ils entretinrent une cour. Aux liens de vassalité s'ajoutèrent ceux du mariage. Les fiefs circulèrent et se fragmentèrent au fil des dots et des héritages. Ainsi, en 1350, quinze seigneurs dont onze Michieli se partageaient Kéa (120 km² et quelques dizaines de familles alors).


B. Le système féodal

Cependant, ce système féodal « franc » (comme on appelait tout ce qui venait d'Occident à l'époque) se surimposa au système administratif byzantin, conservé par les nouveaux seigneurs : les taxes et corvées féodales étaient appliquées aux divisions administratives byzantines et l'exploitation des fiefs continuait selon les techniques byzantines. La loi byzantine resta aussi en vigueur pour les mariages et les propriétés pour la population locale d'origine grecque. Il en était de même pour la religion : si la hiérarchie catholique dominait, la hiérarchie orthodoxe subsistait et parfois, lorsque le curé catholique n'était pas disponible, la messe était célébrée par le pope orthodoxe. Les deux cultures se mêlèrent étroitement. On peut le voir dans les motifs des broderies populaires dans les Cyclades : les influences italiennes et vénitiennes y sont très présentes.


C. Les menaces extérieures


Au XIIIe siècle, la tentative de reconquête de l'Égée par Alexis Philanthropénos pour Michel VIII Paléologue, l'Empereur byzantin échoua devant Paros et Naxos , mais certaines îles avaient été conquises et gardées par les Byzantins entre 1263 et 1278. En 1292,Roger de Lauria ravagea Andros, Tinos, Mykonos et Kythnos, peut-être une conséquence de la guerre qui faisait rage entre Venise et Gênes. Au début du XIVe siècle, les Catalans firent leur apparition dans les îles, peu avant les Turcs. Le déclin des Seldjoukides laissa en effet le champ libre en Asie mineure à un certain nombre de principautés turkmènes dont les plus proches de la mer lancèrent à partir de 1330 des razzias dans l'archipel où les îles furent régulièrement pillées et leurs habitants emmenés en esclavage. Les Cyclades connurent alors un déclin démographique. Même lorsque les Ottomans commencèrent à s'imposer et à unifier l'Anatolie, les expéditions se poursuivirent, jusqu'au milieu du XVe siècle, en partie à cause du conflit entre Venise et les Ottomans.



D. Une nouvelle dynastie


En 1383 la dynastie des Sanudo fut renversée et céda la place à celle des Crispo. La conquête ottomane de la Grèce en fit le dernier État latin en Orient. En 1418, le duc reconnut comme suzeraine la seigneurie de Venise, qui dirigea de facto le Duché.

Le Duché de Naxos passa temporairement sous protection vénitienne en 1499-1500 et 1511-1517.

En 1566 le dernier duc Giacomo IV Crispo fut déposé par le Sultan Selim II qui installa à sa place un marrane portugais, Joseph Nasi. À la mort de ce dernier en 1579, divers prétendants se disputèrent sa succession, dont l'avant-dernier duc Giacomo IV Crispo. Finalement, le duché fut placé sous la dépendance du capudan pacha, qui nomma divers « bey-ducs » ayant un statut intermédiaire à la fois de gouverneur ottoman et de fermier des impôts, mais continuant à porter le titre de duc et à jouer un rôle « féodal » dans la juridiction du duché où les Assises de Romanie étaient toujours en vigueur. Ce statut fut supprimé en 1617.


Quelques îles du Duché restèrent dirigées pour quelques décennies par des seigneurs latins, Tinos demeurant vénitienne jusqu'au début du XVIIIe siècle


F. Ducs de Naxos

1. Famille Sanudo

• Marco Ier Sanudo (1205 ? -1227 ?) Fondateur de la dynastie
• Angelo Sanudo (1227 ?-1244) Fils du précédent
• Marco II Sanudo (1244-1303) Fils du précédent
• Guglielmo Sanudo (1303-1323) Fils du précédent
• Niccolò Sanudo (1323-1341) Fils du précédent
• Giovanni Sanudo (1341-1362) Frère du précédent
• Fiorenza Sanudo (1362-1371) Fille du précédent avec son second mari et cousin Niccolo Sanudo Spezzabanda
• Niccolo III dalle Carceri (1371-1383) Fils de la précédente


Armes des Sanudi, ducs de Naxos



2. Famille Crispo

• Francesco I Crispo (1383-1397) Assassin du précédent et époux de Fiorenza Sanudo, nièce de Niccolò Sanudo et Giovanni Sanudo
• Giacomo Ier Crispo (1397-1418) Fils du précédent
• Giovanni II Crispo (1419-1437) Frère du précédent
• Giacomo II Crispo (1437-1447) Fils du précédent
• Gian Giacomo Crispo (1447-1453) Fils pas encore né à la mort du précédent. Régence assurée par les oncles du précédent : Niccolo Crispo puis Guglielmo Crispo
• Guglielmo II Crispo (1453-1463) d'abord régent puis Duc
• Francesco II Crispo (1463) Neveu du précédent
• Giacomo III Crispo (1463-1480) Fils du précédent
• Giovanni III Crispo (1480-1494) Frère du précédent
• Régence directe de la République de Venise (1494-1500)
• Francesco III Crispo (1500-1511) Fils du précédent
• Régence directe de la République de Venise (1511-1518)
• Giovanni IV Crispo (1517-1564) Fils du précédent ; en 1537 passage sous souveraineté ottomane



Armes des Crispi, ducs de Naxos


3. sous souveraineté ottomane

• Giacomo IV Crispo (1564-1566) Fils du précédent
• Joseph Nasi (1566-1579)
a) Bey-ducs
• à partir de 1580, pendant moins de 3 ans : Süleyman (un chrétien converti), qui résida à Naxos
• Konstantinos Kandakouzenis, un phanariote qui ne résida pas sur place et abusa de sa position
• Après 1598 : Ioannis Choniatis, un Grec d'Athènes, de façon intermittente avec un autre personnage
• en 1600 : Carlo Cicala, un Sicilien catholique proche de l'Espagne, frère du capitan pacha Sinan Cicala. N'ayant pu obtenir l'éloignement des fonctionnaires ottomans locaux, et en bute à l'opposition des Vénitiens, alors ennemis des Espagnols, il ne prit pas effectivement possession du duché, qui fut à nouveau affermé à Choniatis
• de 1616 à 1617 : Gasparo Gratiani, un aventurier croate ayant participé aux négociations entre l'Empire ottoman et l'Autriche.


G. Arbres généalogiques


1. Arbre généalogique des Sanudi





2. Arbre généalogique des Crispi

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