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 ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM

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Lanaelle
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MessageSujet: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Dim 10 Juil - 16:55



Organisation de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem

A. Historique
1. Aux origines de l’ordre
2. Aux débuts de l’ordre
3. La première règle de l’ordre
4. Un ordre hospitalier mais aussi militaire
5. Un ordre militaire mais aussi souverain
6. Un ordre souverain  en voie de monarchisation
7. Un ordre souverain à la recherche de sa sauvegarde
8. Un ordre religieux mais aussi une organisation caritative
B. Statuts des hospitaliers
1. Les frères prêtres
a) Les frères chapelains conventuels
b) Les frères prêtres d’obédience
2.  Les frères chevaliers
a) Les frères chevaliers profès
b) Les frères chevaliers de grâce
3. Les confrères donats
4. Les distinctions de circonstance
a) Les grand’croix
b) Les demi-croix
c) Les médailles de dévotion
C. Autour de l’ordre
1. « nos seigneurs les malades »
2. la familia
3. les dépendants




SOURCE :
wikipedia






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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Dim 10 Juil - 20:06





L'organisation de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'est précisée au fur et à mesure du développement de l'Ordre, de la rédaction ou des modifications de ses statuts mais aussi de quelques habitudes des dignitaires indépendamment des textes des historiens plus ou moins bien documentés qui ont plaqué sur l'Ordre des organisations qui n'étaient pas de son temps.





L'organisation fonctionnelle et territoriale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ainsi que la hiérarchie de ses fonctions sont assez rapidement mises en place et leurs efficacités reconnues pour que les principaux autres ordres hospitaliers ou militaires firent plus que de s'en inspirer, ils les copièrent comme le fit les Templiers ou les Teutoniques. L'organisation de Raymond du Puy (1) au début du XIIe siècle, modifiée au début du XIVe siècle par Guillaume de Villaret (2) et confirmée par Hélion de Villeneuve (3) durera pratiquement tout le temps des Hospitaliers. Les dernières modifications dans l'organisation de l'Ordre sont le fait d’Emmanuel de Rohan-Polduc (4) à la fin du XVIIIe siècle. Il faut noter la monarchisation de l'Ordre commencé par Raimondo Perellos y Roccafull (5) au début du XVIIIe siècle pour atteindre un summum avec Manoel Pinto da Fonseca (6) pour que certaines modifications de fait souvent non confirmées par le Sacré conseil et les règles de l'Ordre se retrouvent dans la pratique.





Bien avant la reconnaissance papale, ce qui n'est pas encore un ordre mais un xenodochion, sorte d’hôpital hospice auberge, les fonctions étaient déterminées par la pratique. Les deux hospices, l'un masculin, dédié à saint Jean le Baptiste (7), sous la direction de frère Gérard (08), mais aussi celui réservé aux femmes, dédié à sainte Marie Madeleine(9), sous la direction de sœur Agnès devaient évoluer tout le personnel nécessaire à son fonctionnement : médecins, soignants, intendants et personnes de services et d’hostellerie. Peut-être déjà y avait-il aussi des moines noirs de la communauté des Bénédictins de Sainte-Marie-Latine (10).

Tous ces personnels dévoués étaient soit bénévoles et motivés par la volonté de servir et de faire le bien, soit rémunérés par l'intendance du xenodochion (11) pour disposer de compétences spécifiques comme médecins, sages-femmes, apothicaires et membres soignants.





À la demande de frère Gérard, le pape Pascal II va reconnaître en 1113 par la bulle Pie Postulatio voluntatis l'autonomie du xenodochionsous l'autorité du pape. Dès le moment où l'Hôpital est reconnu par l’Église et constitué en ordre religieux ou plutôt une congrégation religieuse, deux types de personnels bien distincts émergent, des clercs et des laïcs :

• des moines mais aussi des sœurs (le rôle des femmes a toujours été sous-estimé dans un ordre qui va devenir militaire) qui prononcent des vœux monastiques si l'on considère l'ordre ou des vœux simples si l'on ne retient que la congrégation. Quoi qu'il en soit, il existe maintenant des religieux ;
• des servants laïcs qui, tout en faisant partie de l'Ordre ou de la Congrégation, en se plaçant sous sa protection et sa bienveillance, ne prononcent pas de vœu mais servent l'Hôpistal.






La première règle que les Hospitaliers doivent à Raymond du Puy va apporter deux innovations importantes qui vont marquer les Hospitaliers pour plusieurs siècles. En plus de fournir une règle qui fait sûrement des Hospitaliers un ordre religieux et hospitalier, il va y inclure des sergents d'armes soldés même si ce ne sont pas encore des frères chevaliers hospitaliers. L'Ordre devant faire face à l'insécurité régnant en Terre sainte, il fait appel à des gents d'armes, mercenaires rémunérés pour leurs services. On trouve alors :

• les frères hospitaliers aux services des malades qui prononcent les quatre vœux hospitaliers ;
• les servants laïcs ou convers aux services des frères hospitaliers et des « pauvres malades » se partageant en :
• servants hospitaliers,
• sergents d'armes.




Face aux besoins militaires, cet ordre Hospitalier de Saint-Jean, prend en plus de son rôle traditionnel va prendre un rôle militaire en s'inspirant des « pauvres chevaliers du Christ », devenus ordre des Templiers. À l'image de l'Ordre des Templiers, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem devient un ordre militaire par la règle de Roger de Moulins (12) après 1182. C'est dans les statuts de Margat en 1204/1206 que la mention certaine de frère chevalier est relevée et inclut les servants d'armes dans son Ordre en devenant des moines-soldats (13). Nous retrouvons une organisation que Georges Dumézil a mis en évidence avec les bellatores, les oratores et les laboratores :

• les frères chapelains, les oratores ;
• les frères chevaliers, les bellatores ;
• les servants, les laboratores.


Si tous ensembles portaient le nom d'Hospitaliers et constituaient l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, seuls les deux premières catégories, les chapelains et les chevaliers formaient des vœux et s'appelaient frère.


Les frères chevaliers (14) qui défendent l'Ordre, ses biens, ses personnes, ses « pauvres malades » et pèlerins mais aussi les intérêts de ses alliés, font maintenant partie à part entière des frères hospitaliers (15). Ils prêtent comme tous les frères les quatre vœux hospitaliers.


Par contre, l'Ordre fera toujours attention à ne pas faire de distinction sociale entre ses membres ; il n'y a qu'une distinction fonctionnelle. Les frères chevaliers, à l'exemple des chevaliers Templiers qui dans leur ordre sont seuls à porter l'habit blanc à la croix rouge, demanderont à porter un habit distinctif, il sera finalement accepté par Nicolas de Lorgue (16) que tous les combattants, frères chevaliers, sergents d'armes mais aussi mercenaires enrôlés par l'Ordre, porteront tous le jupon d'armes ou surcot rouge marquée de la croix blanche, reprenant la symbolique du drapeau de l'Ordre.


Les frères chevaliers étant recrutés parmi les gents d'armes, l'Ordre recrutera finalement des nobles d’épée demandant même plus tard la justification de huit quartiers de noblesse sans en faire une strict obligation puisqu'il existe de nombreuses exemptions. Ils prennent part à de nombreuses batailles en Terre Sainte jusqu'à la défense d'Acre en mai 1291 face au sultan mamelouk. Durant cette bataille le grand maître (17) Jean de Villiers (18) est grièvement blessé en défendant la dernière place croisée en Terre sainte, sur 800 chevaliers, il y eut seulement sept Hospitaliers et dix Templiers qui survirent.





(1) Raymon du Puy, né vers 1080 et mort entre 1158 et 1160, est probablement d’une famille d’origine chevaleresque, deuxième supérieure de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1120/1123 à sa mort.



Raimond Dupui, par J.-F. Cars, c. 1725




(2) Guillaume de Villaret (occitan : Guilhem del vilaret), né à Allenc (Gevaudan) vers 1235 et mort en 1305 à Limassol, fut le 24ème grand maitre des chevaliers des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de 1300 à sa mort. Avant cela il a été lieutenant puis prieur de Saint-Gilles, ensuite recteur du comtat Venaissin pour le pape Grégoire X et conseilleur du roi Charles Ier de Sicile.



Guillaume de Villaret, par J.-F. Cars, c.1725





(3) Hélion (ou Elion) de Villeneuve, né vers 1270 en Provence et mort en 1346, devint le 26ème Grand Maitre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1319.

Il descendait des familles de Villeneuve et de Sabran. Il était chevalier de la Langue de Provence et commandeur de Manosque et de Puimoisson depuis le 05 novembre 1314 et c’est à lui que fut remis le temporel de la commanderie templière du Ruou à la suite de sa dévolution aux hospitaliers. Il fut le premier et à priori l’unique prieur de Provence nommé le 21 juillet 1317 avant d’être élu, avec le soutien du pape Jean XXII, grand maitre de l’Ordre en 1319.

Il prit part à la croisade organisée par le pape Clément VI qui enelva Smyrne aux Turcs en 1344.



Elie de Ville Neuve, par J.-F. Cars, c.1725


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 16:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Dim 10 Juil - 20:15

(4) Emmanuel Marie-des-Neiges de Rohan Polduc (ou Pouldu), né le 18 avril 1725 dans la Manche espagnole et mort le 14 juillet 1797 à La Valette (Malte), est le 70ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Il est né en Espagne dans la Mancha (son père s’étant exilé à cause de la conspiration de Pontcallec en Bretagne) le 18 avril 1725. Etant jeune, il sert à  la Cour d’Espagne puis de Parme. Il fut également ambassadeur extraordinaire auprès de l’empereur François Ier d’Autriche.

Chevalier de Malte, il servit comme général des galères, bailli de Justice et général des forces terrestres et navales. Il réorganisa la flotte et créa une chaire de navigation et de mathématique à l’université. Brillant législateur, il rédigea le Code qui porte toujours son nom.


Emanuelle de Rohan




(5) Raimondo Perellos y Roccafull
(Valence en Espagne, 17 septembre 1637 – La Valette à Malte, 10 janvier 1720) est le 64ème grand maitre de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem



Raimond Perellos Roccafull
par J.-F. Cars, c.1725






(6) Manoel Pinto da Fonseca (24 mai 1681 à Lamego, Portugal  - 24 janvier 1773 à La Valette, Malte) est le 68ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Plusieurs évènements marquèrent son long magistère :

• Le complot du bacha en 1749, conjuration des esclaves musulmans de l’ile visant à tuer le grand maitre et  à prendre le pouvoir pour le compte de l’empire ottoman.
• L’affaire de la Couronne ottomane, navire amiral turc, capturé par ses esclaves chrétiens après une mutinerie et offert à l’ordre. Il est au centre d’une crise diplomatique entre la Porte, la France et l’Ordre. L’affaire se résout par le rachat du navire par la France à l’Ordre et entraine un tutorat de plus en plus contraignant de la France sur la politique étrangère de l’Ordre.


Emmanuelle Pinto




(7) Jean le Baptiste est un personnage des traditions chrétiennes et musulmanes  connu respectivement sous les noms de Saint Jean Baptiste et sous celui de Yahya ibn Zakariya (Jean fils de Zacharie). Il fut prédicateur en Judée au temps de Jésus de Nazareth. Jean est un cohen (prêtre) rural qui pourtant prône le pardon des péchés par le baptême et non par les rites du Temple, c’est surtout un solitaire à l’ascèse proverbiale.





(08) Frère Gérard
ou Gérard l’Hospitalier (vers 1047 dans une famille de la région d’Amalfi (Italie) – 3 septembre 1120) est le fondateur d’une congrégation, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui deviendra par la suite l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.




Gérard Tum,
par Laurent Cars, c.1725






(9) Marie de Magdala, Marie Madeleine ou Madeleine, appelée Marie la Magdaléenne dans les évangiles est une disciple de Jésus qui le suit jusqu’à ses derniers jours. Les quatre Evangiles la désignent comme le premier témoin de la Résurrection, qui est chargée d’en prévenir les apôtres.

L’église de Rome considéra, à partir de Grégoire Ier au VIe siècle, que Marie de Magdala ne faisait qu’une avec Marie de Béthanie ainsi que la pécheresse qui oint le Christ de parfum. Cette position a été abandonnée par l’Eglise catholique après Vatican II, Sainte Marie de Magdala étant célébréé le 22 juillet, tandis que Marie de Béthanie l’est avec sa sœur Marthe le 29 juillet.

L’église orthodoxe a toujours fait la distinction entre ces personnages.





(10) Sainte-Marie-Latine (ou Sainte-Marie-des-Latins), construite dans ce qui est maintenant le quartier du Muristan de Jérusalem, regroupait un monastère catholique (latin), une église et un hospice destiné aux pèlerins (xenodochium). Cet ensemble a été fondé ou restauré (d’après Anthony Luttrel, suivant Joseph Delaville Le Roux et Jonathan Riley-Smith) à Jérusalem au milieu du XIe siècle entre 1048 et 1070, par les marchands amalfitains.




(11)Un xenodochium
(pluriel xenodochia, « lieu pour étrangers, auberge ») était une institution annexée à un monastère ou à la maison de l'évêque, et destinée à offrir asile et assistance aux étrangers en voyage, et particulièrement aux pèlerins, ainsi que le recommandait le canon LXXV du concile de Nicée.
On parlait aussi de Nosodochomium2 pour les malades et de Gerontocomium pour les vieillards.




(12) Roger de Moulins ou Roger de Molins ou Molen, est le 8ème supérieur de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre janvier et octobre 1177 à sa mort en 1187, il succéda à Joubert de Syrie.


Roger Desmoulins,
par J.-F. Cars, c. 1725







(13) Un moine-soldat, est l'expression consacrée tirée de Bernard de Clairvaux pour désigner les frères des ordres militaires et hospitaliers et principalement les Templiers.

« L'expression « moines-soldats » est couramment employée (et à notre époque galvaudée) pour qualifier les Templiers. Elle n'est pas illégitime, saint Bernard lui-même associe les mots « moine » et « chevalier » . Bernard de Clairvaux, dans De Laude novae militiae dit : « Il est aussi singulier qu'étonnant de voir comment ils savent se montrer en même temps, plus doux que des agneaux et plus terribles que des lions, au point qu'on ne sait s'il faut les appeler des religieux ou des soldats, ou plutôt qu'on ne trouve pas d'autres noms qui leur conviennent mieux que ces deux-là, puisqu'ils savent allier ensemble la douceur des uns à la valeur des autres ».
Dans une acception moderne, « moine-soldat » désigne un militant inconditionnel d'une cause ou une personne passionnée, à la limite du fanatisme»




(14) Un chevalier-Hospitalier ou frère chevalier est le premier grade des Hospitaliers, ces moines-soldatsde l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Après la perte des états latins d'Orient et l’installation de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes, les chevaliers de l'Ordre prennent le titre de « chevalier de Rhodes ». Lors de la souveraineté de l'Ordre sur Malte le titre est transformé en « chevalier de Malte ».






(15) Un frère hospitalier est un membre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Est frère ou sœur de l'Ordre toute personne qui a prononcé les quatre vœux des Hospitaliers: pauvreté, obéissance, chasteté, les trois vœux traditionnels, auxquels le pape Pascal II ajoute un quatrième, celui d'hospitalité.

Si à l'origine, il n'y avait que des frères ou sœurs hospitaliers aux services de « nos Seigneurs les malades », et quelques frères de métier ou de service, laïques au service de l'Ordre, une première distinction est faite entre les frères servants, sous-entendu "servant les malades", et les frères chapelains. En effet, en 1154 le pape Anastase IV autorise l'ordre à ordonner ses propres prêtres pour le service des âmes des autres frères et sœurs, ainsi que celles des malades. Raymond du Puy va instituer une distinction supplémentaire en ajoutant un cinquième vœux: celui de secours (assistance, secours et défense des pèlerins), en militarisant l'Ordre. C'est ainsi qu'apparaissent les frères combattants. Plus tard, les frères de métier ou de service présent aux origines de l'ordre disparaissent progressivement, devenant des confrères. Ils sont seulement associés à l'ordre, prêtent serment au commandeur de la maison qui les accueille mais ne prononcent plus les vœux de la règle hospitalière.





(16) Nicolas de Lorgue est le 21ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.



Frère de Lorgue,
par J.-F. Cars, c.1725






(17) Grand maître est le titre traditionnel généralement attribué au dirigeant de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il a été attribué pour la première fois, en 1267, par un bref du pape Clément IV au supérieur de l'Ordre, Hugues de Revel.







(18) Jean de Villiers
est le 22ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Le 6 juillet 1269, Jean de Villiers se rend en Terre Sainte à la demande du grand maitre Hugues de Revel. Il est le commandeur de Tripoli pour prieur de France en 1282. Il est élu grand maitre en 1284 ou à l’été 1285. Il reste en France pour régler les nombreux problèmes de l’Ordre. C’est Jacques de Taxi, qui est grand commandeur à Saint-Jean d’Acre, qui devient alors lieutenant de l’ordre ad interim, peut-être le 27 juin 1286 dans l’attente de l’arrivée du grand maitre en Terre Sainte.


Jean de Villiers,
par J.-J. Cars, c.1725
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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Dim 10 Juil - 20:59





Citation :


1. vocabulaire



Grand maître est le titre traditionnel généralement attribué au dirigeant de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il a été attribué pour la première fois, en 1267, par un bref du pape Clément IV au supérieur de l'Ordre, Hugues de Revel.









Un bailli hospitalier était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pouvait être soit un « bailli conventuel » soit un « bailli capitulaire ».


Un bailli conventuel
existe dans l'ordre des Hospitaliers dès la période où il résidait en Terre sainte. Les baillis conventuels faisaient partie des prudhommes, membre du « conseil particulier » du supérieur de l'Ordre et plus tard du grand maître. Grands officiers du couvent, leur rôle est d'assister le supérieur de l'Ordre dans ses décisions mais aussi de le contrôler dans ses actes.


Dans les statuts de l'Ordre de 1330, le chapitre général de Montpellier, décide de nommer, parmi les frères les plus éminents, huit baillis conventuels pour une durée de dix ans avec responsabilité de grand-commandeur, maréchal, drapier, hospitalier, amiral, turcopolier, trésorier et prieur de l'église de Rhodes1. La réforme de 1340, attribue au pilier de chaque langue le titre de bailli avec des fonctions qui seront immuables :

• grand précepteur à la langue de Provence ;
• grand maréchal à la langue d'Auvergne ;
• grand hospitalier à la langue de France ;
• drapier à la langue d'Espagne ;
• grand amiral à la langue d'Italie ;
• turcopolier à la langue d'Angleterre.

Ce n'est qu'en 1428, que l'office de grand bailli est créé pour le pilier de la langue d'Allemagne. En 1462, la partition entre, d'un coté, les Castillans et les Portugais, et de l'autre, les Aragonais et les Catalans, oblige à la création de l'office de grand chancelier pour la nouvellelangue de Castille, celui de drapier restant à la langue d'Espagne1. Après 1462, la répartition des fonctions est alors la suivante:

• grand précepteur à la langue de Provence ;
• grand maréchal à la langue d'Auvergne ;
• grand hospitalier à la langue de France ;
• drapier à la langue d'Espagne ;
• grand chancelier à la langue de Castille ;
• grand amiral à la langue d'Italie ;
• turcopolier à la langue d'Angleterre ;
• grand bailli à la langue d'Allemagne.



Le bailli capitulaire est un commandeur en responsabilité d'une baillie. Ce statut est intermédiaire entre celui de commandeur et celui deprieur. Les baillis relevaient directement du couvent et du supérieur de l'Ordre et non des prieurs. Cette indépendance date de la Terre sainte où l'importance de certains domaines avait rendu nécessaire cette relation directe à la différence des commanderies d'Occident qui relevaient du grand commandeur de l'Outre-mer.








Un prieur hospitalier
était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pouvait être soit un « prieur conventuel » soit un « prieur provincial ».


La fonction de prieur conventuel est attesté à partir de fin XIIe siècle1. C'était le second dignitaire de l'Ordre, après le grand maître, de qui il relevait directement. À Rhodes, le prieur conventuel, aussi appelé grand prieur et faisait partie des huit bailli conventuel, avait rang d'évêque, il résidait au collachium où il desservait l'église conventuelle Saint-Jean1. Le prieur conventuel, de qui relevait tous les frères cléricaux de l'Ordre, contrôlait la vie spirituelle et religieuse de l'ensemble de la communauté. Il avait aussi la responsabilité de la gestion des dîmes ou de l'enseignement.



******   Hormis le prieur conventuel de l'église Saint-Jean de Rhodes, qui était le seul à pouvoir porter le titre de grand prieur, les dignitaires de l'Ordre à la tête d'un grand prieuré portaient le titre de prieur. Il faut noter quelques exceptions quand le grand prieuré de France attira la convoitise des rois de France. Ceux-ci profitèrent souvent de leur pouvoir pour faire nommer un prince ou un bâtard de la famille royale aux fonctions de prieur du grand prieuré de France, ils portèrent alors souvent le titre de grand prieur de France, royauté oblige. Cela a été le cas de Charles d'Angoulême fils naturel de Charles IX, d'Alexandre de Vendôme fils d'Henri IV ou de Jean Philippe d'Orléans fils naturel du Régent Philippe d'Orléans. Le titre de grand prieur est alors considéré comme un titre de courtoisie.

La fonction de prieur est attestée dès 1120 avec l'émergence du premier prieuré de l'Ordre, le prieuré de Saint-Gilles. Les domaines terriens de l'ordre étaient administrés sur le modèle de la commanderie, elles-mêmes regroupées par proximité territoriale en prieuré ayant à leur tête un prieur1. Une seule exception la châtellenie d'Amposta. La tâche prioritaire du prieur était de fournir à l'Ordre les moyens financiers et matériels de remplir sa mission sous la formes des responsions, sorte d'impôts annuels que chaque commandeurs devait à son Ordre.

Le prieur était nommé par le grand maître lors de la réunion du chapitre général de qui il relevait. Il était le représentant du grand maître et agissait en son nom1. Il nommait les commandeurs et avait la responsabilité de tous les frères hospitaliers de son ressort territorial. Il avait droit de visite de tous leurs établissements, commanderies et membres.

Il convoquait, une fois l'an, les commandeurs et les frères conventuels du prieuré au chapitre provincial qu'il présidait1. C'était le lieu et le moment de la remise des responsions. Le prieuré était le lieu de détention des archives, des comptes et du trésor provincial.







Un pilier hospitalier
était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui vit le jour avec la création des langues hospitalières lors de la réforme du grand maître Guillaume de Villaret en 13011.
À Rhodes puis à Malte les chevaliers de passage sur l'île habitaient souvent dans l'Auberge de la langue à laquelle ils appartenaient. Ils élisaient, pour diriger cette auberge, un chevalier choisi parmi eux et suffisamment bien pourvu en revenus pour compléter le budget alloué par le Trésor de l'Ordre. Ce chevalier portait le titre de pilier.
La réforme des statuts de l'Ordre de 1340, attribue à chaque pilier une fonction au sein du grand conseil pour diriger l'ordre avec le grand maître mais aussi pour surveiller celui-ci. Cette fonction avec le titre de bailli conventuel comportait des responsabilités immuables :


• grand précepteur à la langue de Provence ;
• grand maréchal à la langue d'Auvergne ;
• grand hospitalier à la langue de France ;
• grand drapier à la langue d'Espagne ;
• grand amiral à la langue d'Italie ;
• turcoplier à la langue d'Angleterre ;


en 1428 avec la création de la langue d'Allemagne :
• grand bailli à la langue d'Allemagne ;

en 1462 avec la partition de la langue d'Espagne :

• grand chancelier à la langue de Castille ;
• grand drapier à la langue d'Aragon ;

en 1784 les langues d'Angleterre et d'Allemagne sont fusionnées :
• grand bailli à la langue Anglo-Bavaroise.








Un commandeur est un frère hospitalier qui a la charge d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.


Etymologie

À l'origine le responsable d'un domaine hospitalier en Occident portait le nom latin de magister2 ou de preceptor et en conséquence le domaine preceptoria ; il faut donc considérer ces termes comme équivalent car les uns sont la traduction des autres3 et non traduire préceptoria par « préceptorie » mais par commanderie.


Désignation et responsabilités


Le commandeur est désigné par le supérieur de l'Ordre ou moins souvent par un supérieur régional, prieur ou grand-prieur. Le titre XIV des statuts de l'Ordre disposait : « Nous ordonnons que les commanderies et les biens de l'Ordre soient administrés par des frères anciens, gens de mérite et de probité2 ». La mobilité est la règle et aucun commandeur ne possède la commanderie où il est nommé. Il a la charge d'entretenir et d'améliorer, les améliorissements, les biens qui lui sont confiés. Il doit surtout produire de la richesse pour verser une impositions, le responsions  (Les responsions étaient une sorte d'impôts que chacune des commanderies de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem devait verser auCouvent de l'Ordre. En Terre sainte, les responsions permettaient à l'Ordre d'entretenir l'hôpital de Jérusalem ou d'Acre et tous les frères de l'Ordre mais aussi de fournir tous les moyens des opérations militaires.), d'environ 15 % des revenus de la commanderie au couvent de l'Ordre.







Un chevalier-Hospitalier
ou frère chevalier est le premier grade des Hospitaliers, ces moines-soldatsde l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Après la perte des états latins d'Orient et l’installation de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes, les chevaliers de l'Ordre prennent le titre de « chevalier de Rhodes ». Lors de la souveraineté de l'Ordre sur Malte le titre est transformé en « chevalier de Malte ».

définition

Les chevaliers-Hospitaliers, sont des moines-soldats suivant Bernard de Clairvaux qui est à l'origine de l'expression, des chevaliers profès, qui prononcent les quatre vœux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce terme de chevalier hospitalier nécessite quelques précisions quant à ce qu'ils sont ou ne sont pas:


• un chevalier hospitalier n'est pas assimilable à un chevalier dans le siècle, entre autres, il n'y a pas d'adoubement pour un chevalier hospitalier ;
• un chevalier dans le siècle peut devenir chevalier hospitalier par son entrée dans l'Ordre ;
• un chevalier hospitalier n'est pas obligatoirement noble ;
• un noble n'est pas obligatoirement chevalier lors de son entrée dans l'Ordre.


Ces chevaliers hospitaliers ont été institués, malgré certaines réticences papales, à l'image des chevaliers Templiers de l'ordre du Temple et des chevaliers Teutoniques. Il n'y a pas d'équivalence entre le statut d'un chevalier ou d'un noble dans l'Ordre et le statut d'un chevalier ou d'un noble dans le siècle, c'est-à-dire dans la société. Les choses évolueront à partir du XIVe siècle avec une certaine « aristocratisation » de l'Ordre[réf. nécessaire] mais il n'y aura jamais d'obligation de noblesse même si l'entrée dans l'Ordre est soumise à la justification des quartiers de noblesse, trop d'exceptions et de dispenses en témoignent comme le cas le plus connu de Le Caravage4 ; être chevalier hospitalier n'est pas une preuve de noblesse.


Histoire

Chevalier hospitalier ou chevalier de l'Hôpital est un terme qui recouvre d'abord les chevaliers de l'Ordre lors de leur implantation en Terre sainte et qui est resté attaché à eux comme un terme générique quand la Terre sainte fut perdue et que l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'installe à Rhodes puis à Malte. Ces moines-soldats portent alors le nom de chevalier de Rhodes après leur installation à Rhodes en 1310, et chevalier de Malte après leur installation à Malte en 1530.

Après avoir été chassés de Malte par Bonaparte, une minorité de chevaliers se retrouvent autour de Paul Ier de Russie mais il ne prennent pas alors de nom spécifique. Les autres chevaliers retournèrent dans leurs commanderies nationales. Pour les chevaliers français, il ne pouvaient le faire, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ayant été dissout par la France en 1791 et tous leurs biens confisqués en 1792. Le général Bonaparte s'était engagé à donner une solde à tous les chevaliers qui ne le suivaient pas dans sacampagne d’Égypte comme il avait doté le grand maître von Hompesch ; ils n'en virent jamais le premier sou.

Après son éclatement en ordres concurrents et lors de la reconstruction de l'Ordre, au travers de ce qui deviendra principalement l'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, cet ordre n'est plus uniquement un ordre religieux et une hiérarchie s’établira petit à petit, dès 1936 avec l'approbation de différentes constitutions de l'Ordre, pour être officialisé lors de la création officielle de l'ordre souverain de Malte par l'approbation pontificale de la charte constitutionnelle en 19615. Il existe maintenant des chevaliers profès : les chevaliers de justice qui prononcent des vœux monastiques ; et des chevaliers laïcs, officialisés en 19615, qui ne prononcent pas de vœux.


Habits des chevaliers-hospitaliers

À la différence des Templiers, les Hospitaliers ne font pas de différences entre les chevaliers et les autres frères, l'habit est noir pour tous, et l'« habit rouge » de 1278, le surcot rouge à la croix latine blanche, qui vient du premier drapeau ou bannière institué par Raymond du Puy, est indistinctement porté par tous les combattants de l'Ordre, chevaliers, sergents d'armes, turcopoles et non l'habit distinctif des seuls chevaliers6.

Les chevaliers et la marine

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui était à la fois religieux et militaire, possédait une flotte de guerre internationale qui assurait la police des mers en Méditerranée. Les frères qui avaient satisfait aux obligations de caravane (périodes de service à la mer) et qui prêtaient les vœux de l'Ordre obtenaient le grade de chevalier hospitalier. Mais beaucoup se contentaient de la formation à la mer pour intégrer ensuite, bien formés, leur marine nationale. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem fut un des ancêtres des écoles navales et principalement des Écoles navale française. L'Ordre a ainsi formé la plupart des capitaines de navires, officiers de marine et amiraux de la Marine française de guerre de Méditerranée.








Grand commandeur de l'Outre-mer est un titre personnel traditionnel généralement attribué à un chevalier hospitalier faisant partie du « conseil ordinaire » du grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ses fonctions sont le contrôle des prieurés d'Occident avec l'objectif de mieux faire rentrer au couvent les responsions.

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, Il y a une première division des fonctions de grand commandeur d'Outre-mer, par la création de grands commandeurs territoriaux :


• grand commandeur de France ;
• grand commandeur d'Allemagne et d'Europe centrale ;
• grand commandeur d'Italie ;
• grand commandeur des royaumes d'Espagne.


Cette fonction disparait avec la réforme du grand maître Guillaume de Villaret qui crée les langues hospitalières par un décret capitulaire en 13012. Ces langues ont à leur tête, avec le titre de pilier, un chevalier élu par l'ensemble des chevaliers de la langue.








Le grand maréchal ou le maréchal occupait un poste élevé, le troisième après le grand précepteur, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Maréchal était la dignité affectée, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Auvergne.

Il ne devait en référer qu'au grand maître qui pouvait lui déléguer autorité en temps de guerre. Il avait préséance sur le grand amiral qui était responsable de la flotte hospitalière mais qui devait en référer lors des opérations navales comme d'ailleurs sur le vice-maréchal, leturcopolier, responsable des sergents d'armes. Le maréchal était responsable de tous les frères chevaliers présents au couvent. Il dirigeait toute l'activité militaire, supervisait les ateliers, l'arsenal, les écuries et tout le personnel affecté.


Il avait également un rôle important sur le maintien de la discipline, il pouvait vérifier que les frères assistaient bien à la messe.






Le grand hospitalier ou l’hospitalier occupait un poste élevé, le quatrième après le grand maréchal, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'hospitalier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue de France.

L'hospitalier relevait directement du grand maître à qui cette fonction était attribué jusqu'en 1162. Elle revêt un caractère plus ou moins honorifique à partir de 1291. Il était à la tête de l’hôpital, il avait la responsabilité du personnel. Il participait au choix des médecins et des soignants spécialisés qui exerçaient à l'hôpital. Il avait la charge du bien-être physique et spirituel des malades, il était dépositaire des biens que les malades avaient avec eux, il se chargeait également du bien-être de leurs âmes et avait la charge de les enterrer.






Le grand drapier ou le drapier occupait un poste élevé, le cinquième après le grand hospitalier, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'hospitalier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Espagne.

Le drapier avait la charge de la tenue vestimentaire des frères, des stocks et de l'habillement de ceux-ci. Il était responsable du personnel chargé de l'habillement. La fonction de drapier apparait pour la première fois dans les statuts en 1204-1206, mais elle était plus ancienne.

Le drapier n'avait pas qu'une activité administrative, en 1221, le drapier participa à la deuxième croisade.
En 1462, avec la partition de la langue d'Espagne entre les Castillans et Portugais, d'un côté, et les Aragonais et Catalans, de l'autre, la fonction de drapier revient à la langue d'Aragon.








Le grand amiral ou l'amiral occupait un poste important dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'amiral était le dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Italie.
L'amiral devait préséance aux grand amiral et était responsable de la flotte hospitalière et de ses équipages. Il pouvait noliser des navires si besoin, et engager marins et hommes d'armes, il assurait également leur solde. À Rhodes, jusqu'en 1462, il supervisait le service des marins grecs. Il tenait le livre de comptes pour tout le matériel utile à la construction et à l'équipement des bateaux. Il avait également le pouvoir de nomination au poste de capitaine de la flotte ou d'une galère.








Le turcoplier
occupait un poste élevé dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le turcoplier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Angleterre.
À l'origine le turcoplier, des fois appelé le vice-maréchal, était subordonné au grand maréchal. En 1303, il fut élevé au rang de bailli conventuel, et, en 1340, comme pilier de la langue d'Angleterre1. À la disparition de la langue d'Angleterre, en 1540, la dignité ne disparait pas, elle est confié à un chevalier anglais.
Le turcoplier a la responsabilité de commander aux sergents d'armes.








Un grand bailli était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem créé en 1428. Lors du chapitre général de Montpellier était institué dix fonctions de bailli conventuel pour une durée de dix ans. En 1340, les fonctions de bailli conventuel sont attribuées au pilier de chacune des langues hospitalières réduisant ainsi leur nombre à six. Il faut attendre 1428 et la création de la langue d'Allemagne pour que soit créé la fonction de grand bailli.


À l'origine, le grand bailli avait pour fonction de tenir en état le château Saint-Pierre à Bodrum. Il devait inspecter au moins une fois par an l'état des fortifications, de l'armement et de vérifier l'état des vivres. Il commandait en chef au capitaine du château et aux chevaliers qui l'assistaient, eux-mêmes ayant sous leurs ordres les troupes mercenaires enrôlé.


Les grands baillis, qui étaient toujours des Allemands provenant généralement d'Allemagne supérieure, posaient souvent des problèmes de compréhension au grand conseil par leur langue, le haut allemand et le manque de compréhension des langues latines.













Quand les Francs perdent la Terre sainte, les Hospitaliers replient leur collachiom (19) de Saint-Jean-d'Acre sur leurs possessions du royaume de Chypre à Kolossi puis à Limassol donnée par Henri de Lusignan avant de conquérir Rhodes.

En même temps que l'Ordre devient souverain, par un décret capitulaire de 1301, le nouveau grand maître Guillaume de Villaret l'organise en ordre international avec la création des langues (20) , la dernière organisation qui va marquer les Hospitaliers pour toujours. La vieille organisation des dignitaires du Couvent passent maintenant par les piliers des langues qui deviennent aussi baillis conventuels avec des responsabilités qui ne changeront plus ou peu :

• langue de Provence, le pilier était grand précepteur ;
• langue d'Auvergne, le pilier était grand maréchal (21) ;
• langue de France, le pilier était grand hospitalier (22) ;
• langue d'Italie, le pilier était grand amiral (23) ;
• langue d'Espagne, le pilier était grand drapier(24) ;
• langue d'Angleterre, le pilier était turcoplier(25) ;
• langue d'Allemagne, le pilier était grand bailli (26).

En 1462, le grand maître Piero Raimondo Zacosta (27) divise la langue d'Espagne en deux langues : la Langue de Castille (avec le Portugal) et la langue d'Aragon. En 1540, Henri VIII d'Angleterre fait disparaitre la langue d'Angleterre en confisquant tous les biens de l'Ordre en Angleterre et en Irlande. L'Ordre continuera à faire vivre fictivement la langue d'Angleterre en nommant des chevaliers anglais catholiques en exil comme prieur d'Angleterre. En 1538, sept des commanderies du grand bailliage de Brandebourg de la langue d'Allemagne embrassent la religion réformée (28) et en 1648, le traité de Westphalie permet la séparation du grand bailliage de l'Ordre. En 1781, l'électeur de Bavière donne les biens des Jésuites aux Hospitaliers et Emmanuel de Rohan-Polduc saisi l'occasion pour regrouper les anciennes langues d'Angleterre et d'Allemagne dans la Langue Anglo-Bavaroise en 1784.






L'organisation de l'Ordre en place au XIIIe siècle est toujours le modèle cinq siècles plus tard au XVIIIe siècle.

À Malte, l'Ordre va se monarchiser sous l'impulsion de grands maîtres qui se disent Prince de Malte. Commencée avec Antonio Manoel de Vilhena (29), la monarchisation atteint des sommets avec Manoel Pinto da Fonseca  et sa maison qui a peu à envier aux cours des monarchies absolutistes.

Paradoxalement cela s'accompagne de la prise de pouvoir des ambassadeurs de l'Ordre auprès des cours européennes et du Saint-Siège qui obtiennent à l'image du statut que Versailles lui confère, les honneurs diplomatiques.


Ces ambassadeurs se paraient du titre de bailli avec tous les qualificatifs que ces ambassadeurs pouvaient imaginer sans que jamais les statuts de l'Ordre officialisent ces prérogatives. Cela alla jusqu'à la création d'un conseil des ambassadeurs à Paris qui prit souvent le pas sur les autres organismes officiels de l'Ordre avec ses décisions revêtues du secret diplomatique. C'était pour Pinto un moyen de contourner le pouvoir des langues et des baillis conventuels.





Les ambitions d'un Pinto étaient en contradiction avec les finances de l'Ordre et les Hospitaliers trouvèrent leur salut dans la transformation de la Méditerranée d'un champ de bataille en lieu d'échanges commerciaux. Le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc va tenter de faire face aux défis économiques de son temps et à la convoitise des grandes puissances mais surtout aux Lumières et à la Révolution française. Il était aussi confronté à la décomposition morale des frères chevaliers.

Il refondra profondément les statuts de l'Ordre et le titre IV (54 articles) rappelait les frères chevaliers à leurs devoirs religieux et hospitaliers montrant par-là les dérives importantes. Un tribunal est institué pour juger des dettes et des emprunts des frères chevaliers, les jeux d'argent leur sont bannis. Les sorties de nuit sont interdites, comme l'hébergement d'une femme de moins de 50 ans ou d'un ou une pupille mineur(e). Les duels et les rixes sont interdits. Deux sujets aussi étaient d'importances : la réglementation des caravanes (30) et surtout les règles de réceptions dans l'Ordre (98 articles du titre II).

Les caravanes ne pouvaient plus être réalisées avant l'âge de 18 ans et la résidence au couvent était de 6 mois minimum. L'objectif était de limiter le nombre de ces jeunes nobles reçus de minorité qui une fois formés à la mer quittaient l'Ordre sans prononcer leurs vœux pour servir dans leur marine ou les armées royales. Nul ne pouvait non plus être nommé commandeur s'il n'avait pas réalisé ses caravanes avant l'âge de 50 ans pour éviter les retours tardifs dans l'Ordre en espérant quelques nominations lucratives sans s'obliger à rien.

Un autre problème agitait profondément les frères chevaliers et principalement ceux des trois langues françaises. Depuis trop longtemps les règles de réceptions étaient peu respectées avec une aristocratisation des chevaliers. L'Ordre n'étant plus en guerre contre l'Infidèle, les frères chevaliers n'étaient plus aussi nécessaires en nombre. Les chevaliers français voulaient que ce ne soit qu'à partir de l'arrière-petit-fils que la noblesse acquise par l'armée ou la charge devait se compter les quartiers de noblesse. Si les Français obtiennent l'inscription de leur demande dans les règles de l'Ordre, Louis XVI rejette cette velléité et la fait annuler, arguant du fait que ce qu'il croyait bon pour un ordre national ne l'était pas pour un ordre international. Les exceptions de noblesse perdurèrent donc pour devenir frère chevalier.

Cette organisation mise en place au XIIIe siècle perdurera, en France, jusqu'à la confiscation des biens de l'Ordre ou ailleurs en Europe jusqu'à la sécularisation de l'Ordre, aux initiatives de Paul Ier de Russie (31) ou enfin jusqu'à la disparition de l'organisation territoriale et principalement des prieurés au XIXe siècle.






Parmi les ordres qui se revendiquent les continuateurs des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, le plus important est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte plus connu sous le nom d'ordre de Malte. Les statuts de cet ordre, qui date de 1961, ont complètement modifié l'organisation et la hiérarchie de leurs prédécesseurs hospitaliers dont il revendique l'héritage ; il faut prendre en compte dans ces statuts du fait que l'ordre de Malte n'est plus que très minoritairement un ordre religieux pour être très majoritairement une organisation caritative laïque et un des derniers réceptacles d'une noblesse subsistante d'où cette recherche effrénée d'ascendants chevaliers de Rhodes ou de Malte censément prouver ce statut de noblesse.






(19) Collachium : Le Couvent a pris dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem plusieurs sens. Dès l'origine de l'Ordre le terme recouvre l'ensemble des frères de l'Hôpital de Jérusalem. Ensuite par métonymie le terme désigne le lieu de vie des frères, il est alors en concurrence avec celui de Collachium. Le couvent à Jérusalem et à Saint-Jean-d'Acre est une réalité topographique puisque les frères résident dans un même lieu jouxtant le xenodochion, en même temps hostel, hospice et hospital. À Rhodes et à Malte, le couvent désigne le groupe des dignitaires de l'Ordre, sous l'autorité des baillis conventuels, qui élit le grand maître et arbitrait avec celui-ci les principales affaires de l'Ordre par opposition au Collachium qui est alors la partie de la ville de Rhodes, de Birgu puis de La Valette à Malte, réservé aux frères, où sont regroupés l'église conventuelle et les auberges des langues.






(20) Une langue hospitalière est une organisation administrative de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle regroupe les différents prieurésoccidentaux de l'Ordre sous la responsabilité d'un chevalier expérimenté appelé « pilier ».





(21) Le grand maréchal
ou le maréchal occupait un poste élevé, le troisième après le grand précepteur, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Maréchal était la dignité affectée, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Auvergne.

Il ne devait en référer qu'au grand maître qui pouvait lui déléguer autorité en temps de guerre. Il avait préséance sur le grand amiral qui était responsable de la flotte hospitalière mais qui devait en référer lors des opérations navales comme d'ailleurs sur le vice-maréchal, leturcopolier, responsable des sergents d'armes. Le maréchal était responsable de tous les frères chevaliers présents au couvent. Il dirigeait toute l'activité militaire, supervisait les ateliers, l'arsenal, les écuries et tout le personnel affecté.

Il avait également un rôle important sur le maintien de la discipline, il pouvait vérifier que les frères assistaient bien à la messe.




(22) Le grand hospitalier ou l’hospitalier occupait un poste élevé, le quatrième après le grand maréchal, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'hospitalier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue de France.


L'hospitalier relevait directement du grand maître à qui cette fonction était attribué jusqu'en 1162. Elle revêt un caractère plus ou moins honorifique à partir de 1291. Il était à la tête de l’hôpital, il avait la responsabilité du personnel. Il participait au choix des médecins et des soignants spécialisés qui exerçaient à l'hôpital. Il avait la charge du bien-être physique et spirituel des malades, il était dépositaire des biens que les malades avaient avec eux, il se chargeait également du bien-être de leurs âmes et avait la charge de les enterrer.





(23) Le grand amiral ou l'amiral occupait un poste important dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'amiral était le dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Italie.
L'amiral devait préséance aux grand amiral[pas clair] et était responsable de la flotte hospitalière et de ses équipages. Il pouvait noliser des navires si besoin, et engager marins et hommes d'armes, il assurait également leur solde. À Rhodes, jusqu'en 1462, il supervisait le service des marins grecs. Il tenait le livre de comptes pour tout le matériel utile à la construction et à l'équipement des bateaux. Il avait également le pouvoir de nomination au poste de capitaine de la flotte ou d'une galère.





(24) Le grand drapier ou le drapier occupait un poste élevé, le cinquième après le grand hospitalier, dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'hospitalier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Espagne.

Le drapier avait la charge de la tenue vestimentaire des frères, des stocks et de l'habillement de ceux-ci. Il était responsable du personnel chargé de l'habillement. La fonction de drapier apparait pour la première fois dans les statuts en 1204-1206, mais elle était plus ancienne.

Le drapier n'avait pas qu'une activité administrative, en 1221, le drapier participa à la deuxième croisade.
En 1462, avec la partition de la langue d'Espagne entre les Castillans et Portugais, d'un côté, et les Aragonais et Catalans, de l'autre, la fonction de drapier revient à la langue d'Aragon.




(25) Le turcoplier
occupait un poste élevé dans la hiérarchie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le turcoplier était la dignité affecté, à partir de 1340, au pilier de la langue d'Angleterre.
À l'origine le turcoplier, des fois appelé le vice-maréchal, était subordonné au grand maréchal. En 1303, il fut élevé au rang de bailli conventuel, et, en 1340, comme pilier de la langue d'Angleterre1. À la disparition de la langue d'Angleterre, en 1540, la dignité ne disparait pas, elle est confié à un chevalier anglais.
Le turcoplier a la responsabilité de commander aux sergents d'armes.





(26) Un grand bailli
était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem créé en 1428. Lors du chapitre général de Montpellier était institué dix fonctions de bailli conventuel pour une durée de dix ans. En 1340, les fonctions de bailli conventuel sont attribuées au pilier de chacune des langues hospitalières réduisant ainsi leur nombre à six. Il faut attendre 1428 et la création de la langue d'Allemagne pour que soit créé la fonction de grand bailli.

À l'origine, le grand bailli avait pour fonction de tenir en état le château Saint-Pierre à Bodrum. Il devait inspecter au moins une fois par an l'état des fortifications, de l'armement et de vérifier l'état des vivres. Il commandait en chef au capitaine du château et aux chevaliers qui l'assistaient, eux-mêmes ayant sous leurs ordres les troupes mercenaires enrôlés.

Les grands baillis, qui étaient toujours des Allemands provenant généralement d'Allemagne supérieure, posaient souvent des problèmes de compréhension au grand conseil par leur langue, le haut allemand et le manque de compréhension des langues latines




(27)  Piero Raimondo Zacosta est le 38ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.


Pierre Raimond Zacosta,
par J.-F. Cars, c.1725






(28) Religion réformée :  Le protestantisme est l'une des principales branches du christianisme avec le catholicisme et l'orthodoxie. Entendu largement, le protestantisme est l'ensemble des groupements « issus, directement ou non, de la Réforme et qui rejettent l'autorité du pape »1. Selon cette perspective, le protestantisme englobe des mouvements variés allant des luthériens passant par lesévangéliques, jusqu'aux quakers.




(29) Antonio Manoel de Vilhena (28 mai 1663 au Portugal – 10 décembre 1736 à La Valette, Malte) est le 66ème grand maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

On lui doit la construction du fort Manoel, construit sur l’île homonyme, baptisé ainsi en son honneur et se trouvant dans le Marsamxett Harbour, au nord, port septentrional de La Valette.

Il fait également bâtir le Palais Vilhena à Mdina sur le site de l’ancienne universita médivéale ainsi que le théâtre Manoel


Antoine Manoel de Vilhena,
par J.-F. Cars, c.1725







(30) La caravane hospitalière prend naissance en Terre sainte, c'était à l'origine une colonne formée par un groupe de chevaliers en déplacement. Avec la perte des territoires latins et l'installation des Hospitaliers à Rhodes la notion de caravane change de signification pour prendre celle d'expédition maritime.

La caravane maritime contre les pirates turcs à Rhodes puis contre les Barbaresques à partir de Malte sera rendu obligatoire pour pouvoir avoir des responsabilités dans l'Ordre et même à Malte pour pouvoir prononcer ses vœux et devenir frère-chevalier.

Ce terme, attesté dès 1160 en latin médiéval caravana et vers 1195 sous la forme carvane, est emprunté au persan kārwān qui signifie « file de chameaux » ou « troupe de voyageurs »1.






(31) Paul Ier de Russie (né le1er octobre (20 septembre) 1754, assassiné le 23 mars (11 mars) 1801 à Saint-Pétersbourg) est empereur de Russie de 1796 à sa mort, duc de Holstein-Gottorp de 1762 à 1773 (Paul de Holstein-Gottorp). Il a occupé également les fonctions de facto de Grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre 1798 et 1801.



Paul Ier de Russie par Vladimir Borovikovski


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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Lun 11 Juil - 12:55




Cette organisation des origines, des XII et XIIIe siècles a donc perduré pendant plus de cinq siècles. Au fil du temps, même si l'Ordre n'a jamais perdu de vue sa finalité hospitalière, son besoin en personnes capables fini par mettre en avant les frères chevaliers qui, même si le recrutement était souvent limité en fonction des besoins mais aussi et surtout des capacités financières de l'Ordre, rejetait trop souvent dans l'ombre les frères chapelains qui eux ont toujours été numériquement limités.





Un ordre religieux, même hospitalier, même militaire, a d'abord une fonction religieuse ; un ordre religieux est un regroupement de clercs sous une règle monastique (ordre, ordo en latin, signifie règle) et la fonction religieuse est première. Mais dans un ordre hospitalier, les frères prêtres, en plus de l'âme, doivent leurs soins aux malades comme tous les frères hospitaliers ; la première règle de l'Hôpital de Raymond du Puy parle de « nos seigneurs les malades ».

Il existait au sein de l'Ordre deux catégories de prêtres :
• les chapelains conventuel;
• les prêtres d'obédience.



a) Les frères chapelains conventuels


Les frères chapelains conventuels assurent au sein de l'Ordre la fonction religieuse. Il n'était demandé aucune exigence aux postulants à la fonction de chapelain hormis la noblesse de cœur et de comportement. Pour être admis il fallait avoir reçu les ordres mineures. Les nouveaux clercs (1) pouvaient accéder aux ordres majeurs après un an et en fonction de l'âge pouvaient être sous-diacre (2) à 18 ans, diacre (3) à 22 ans et prêtre à 26 ans. Pour les cas bien documentés, il n'est pas certain que ces délais de « formation » aient toujours été respectés.

Les frères chapelains avaient en charge les principales églises de l'Ordre. C'est le grand maître qui avait reçu du pape Anastase IV, le 21 octobre 1154, la nomination des frères chapelains conventuels qui devaient recevoir l'approbation du grand conseil. S'ils assuraient les services religieux de l'Ordre, ils devaient aussi l’aumônerie, comme l'aumônerie des galères de La Religion, l'administration des sacrements aux malades des hôpitaux de l'Ordre et aux autres frères, les frères chevaliers ne pouvaient se confesser qu'auprès d'eux. Ils devaient aussi prier pour le grand maître et les bienfaiteurs de l'Ordre.

Souvent les frères chapelains remplissaient des fonctions administratives au couvent ou dans les instances provinciales. La plus haute fonction à laquelle pouvait prétendre un frère chapelain conventuel était celle de vice chancelier. C'est un chapelain conventuel qui dirigeait le conseil conventuel, gouvernement politique et religieux de l'Ordre. C'est aussi un chapelain conventuel qui avait la charge de prieur de la Sacra Infermeria (4), de chapelain du palais du grand maître, de maître des pages, de chapelains des monastères de religieuses de l'Ordre, de la desserte des églises et chapelles des auberges des langues et de toutes les chapelles militaires, celle de la prison des esclaves, des forts, du lazaret et aussi la fonction de recteur de la grotte de saint Paul à Rabat à Malte.

Le nombre des chapelains conventuels était limité et ce nombre a varié au fil du temps de 90 pour se fixer à 24 au début du XVIIIe siècle. Après 5 ans de présence au couvent et deux caravanes, un frère chapelain conventuel pouvait briguer la responsabilité d'une commanderie. Des chapelains conventuels ont atteint les plus hautes fonctions de l’Église, comme Clément VII qui est devenus pape en 1523.


b) Les frères prêtres d’obédience


Autre catégorie de prêtres, celle des frères prêtres d'obédience (5). Ces frères prêtres étaient chargés des cures des commanderies. Ces prêtres séculiers (6) devaient normalement être reçus dans l'Ordre comme prêtres chapelains d'obédience. Les prêtres chapelains d'obédience ne relevaient que de l’autorité de l'Ordre et ne relevaient pas de l'ordinaire (7), ils n'étaient pas soumis aux règles et obligations du clergé diocésain (08) sous la responsabilité des évêques (9) Ils portaient l'habit et la croix de l'Ordre.


L'éloignement des commanderies du couvent (10) de l'Ordre faisaient que beaucoup de ces prêtres d'obédience n'était pas chapelain(11) de l'Ordre ce qui multipliait les conflits locaux entre ces prêtres et leurs commandeurs et les évêques. Nombre de ces litiges sont remontés jusqu'au pouvoir papal seul à disposer de l'autorité suprême sur l'Ordre et sur les évêques.






Au fil du temps, en Terre sainte, à Rhodes ou à Malte leur fonction va évoluer. À l'origine, en Terre sainte, simple gents d'armes, ils mettaient leur épée au service de l'Ordre. Certains d'entre eux étaient distingués pour tenir des responsabilités au sein de l'Ordre.

À Rhodes, avec la création des langues hospitalières (12), les chevaliers regroupés en langues vivaient en auberge, au Collachium, le couvent. Ils élisaient à vie un frère chevalier ayant des revenus propres pour entretenir et diriger l'auberge (13), c'est le pilier (14). Le combat contre les infidèles s'étant transporté de la terre à la mer, les fonctions maritimes commencent à prendre de l'importance.


À Malte, la puissance de combat des frères chevaliers est mis au service du corso (15), sorte de piraterie d'état contre les Barbaresques, l'Ordre étant considéré comme souverain. Les chevaliers se virent astreints aux services des galères, les caravanes. Il s'agissait d'un service à la mer de quatre périodes annuelles de six mois. Ce n'est qu'après ce service à la mer que les frères chevaliers pouvaient prétendre à des responsabilités dans l'Ordre.


Il existait dans l'Ordre deux catégories de frères chevaliers car tous ne suivaient pas le cursus honorum des frères chevaliers profès, certains étaient nommés frère chevalier au bon vouloir du grand maître ou du pape, les frères chevaliers de grâce.


a) Les frères chevaliers profès


Même si le qualificatif de profès est peu utilisé, pour ne pas dire pas du tout, dans les textes règlementaires de l'Ordre, il commence à apparaître au XVIIIe siècle pour distinguer les frères chevaliers suivant le cursus honorum de ceux nommés par la bonne grâce du grand maître ou du pape pour récompenser une personne ayant particulièrement aidé l'Ordre.

L'Ordre avait une telle réputation, que les familles nobles, qui destinaient leurs cadets à la robe et ou l'épée, y faisaient recevoir de minorité leurs jeunes cadets. Leur éducation à Malte se faisant aux frais de l'Ordre, celui-ci fini par réclamer aux familles des sommes de plus en plus importantes pour entrer dans l'Ordre et faire leur passage à Malte où quelques-uns étaient pages du grand maître mais beaucoup d'autres étaient aux services des dignitaires ou des auberges quand ils ne restaient pas dans les prieurés (16) ou même dans leur famille.


Même après une réception de minorité, le donat ne pouvait faire ses preuves (de noblesse) avant l'âge de 16 ans. Il devait vivre au couvant pour faire son noviciat. À 18 ans, il pouvait prononcer ses vœux et alors devenir effectivement frère hospitalier. S'il voulait avoir un avenir dans l'Ordre, il devait résider cinq ans de plus au couvent et faire les quatre caravanes réglementaires. En fait, pour affermir les volontés, ils fallaient aux donats souvent attendre d'avoir fait leurs caravanes pour prononcer leurs vœux, ce que la règle de Emmanuel de Rohan-Polduc va rendre obligatoire, les caravanes avant les vœux, ceux-ci ne peuvent donc plus intervenir avant l'âge de 23 ans.


b) Les frères chevaliers de grâce


Aux origines de l'Ordre en Terre sainte le statut dans le siècle n'avait pas de correspondance dans l'Ordre, un noble était souvent donat, un frère chevalier n'était pas nécessairement un chevalier du siècle ayant fait profession dans l'ordre. Dans le deuxième des trois statuts de Jean de Villiers, en octobre 1292, il apparait que les prieurés et commanderies d'Occident abritent trop de frères chevaliers et de donats nobles, et qu'il faudra désormais une autorisation du grand maître pour faire un chevalier ou recevoir un noble donat. C'est le début de règles qui préciseront au fil du temps les conditions d'entrée dans l'Ordre et qui suivront un processus d'aristocratisation.
Malgré la complexification des statuts et règles de l'Hôpital, précisant jusqu'au détail les conditions d'entrée dans l'Ordre, le grand maître, mais aussi le pape, se réservaient la possibilité de recevoir comme chevalier, suivant leur bonne grâce, sans aucune justification autre que la volonté magistrale ou papale, ceux qu'ils voulaient honorer pour services rendus à l'Ordre. Ce sont les frères chevaliers de grâce. C'était le cas connu de l'architecte Charles François de Mondion (17) ou des peintres Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (18), ou Mattia Preti (19). Ils vivaient des subsides des grands maîtres qui les honoraient de leurs chefs-d'œuvre car ils n'avaient pas la possibilité d'être commandeur, Preti se plaignait suffisamment de vivre chichement à Malte et qu'il lui fallait vendre en Italie ses tableaux pour compléter ses revenus. Ne pas être commandeur n'a pas toujours été une règle d'or puisque le peintre Antoine Favray (20) au XVIIIe siècle, chevalier de grâce, sera élevé à la fonction de commandeur pour qu'il puisse assurer son train de vie.





La première expression de confrère disparait petit à petit pour ne laisser subsister que celle de donat.
Ces donats, sont des gens de toutes conditions, même des puissants, qui se donnent à l'Ordre en léguant, de suite ou à leur mort, une partie de leurs biens, soit pour vivre au sein de l'Ordre, généralement dans les commanderies, et profiter de sa bienveillance, soit en attendant de prononcer leurs vœux pour rentrer définitivement dans l'Ordre, soit, principalement pour les puissants, de mourir et d'être enterrés dans l'Ordre pour la sauvegarde de leur âme. L'exemple le plus connu est Guillaume Caoursin (21) (1430-1501), qui fera une brillante carrière dans l'Ordre pourvu de la charge de vice-chancelier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem sans jamais faire partie des frères hospitaliers.

Ces donats, personnes pieuses mais laïcs, ont le privilège de porter l'habit de l'Ordre. Ce qui les distinguent des frères de l’Hôpital c'est qu'ils portent sur l'habit ce qui sera appelé une demi-croix. Le signe de la croix, dite croix de Malte (22), qu'ils présentent sur leur coté gauche ne comporte pas la branche supérieure.





Ces donats et la monarchisation de l'Ordre sont à l'origine de trois confusions que beaucoup d'auteurs perpétuent toujours :

• les grand'croix
• les demi-croix
• les médaillers de dévotion


a) Les grand’croix


Par analogie avec les Grand'croix (23) de son successeur l'ordre souverain de Malte (24), certains historiens parlent de « grande croix » pour les frères de l'Ordre qui ont prononcé leurs vœux et même de « Grand'croix ». Il faut noter que les Hospitaliers ne faisaient pas grand chose pour faciliter la compréhension puisque certains documents de l'Ordre utilisent, par facilité de langage, les termes grande croix ou frère grande croix, et même au XVIIIe siècle, bailli grand'croix (dans le cadre de la monarchisation de l'Ordre, et principalement pour les ambassadeurs auprès des cours européenne ou du Saint-Siège), sans que cela corresponde à une fonction ou distinction reconnue dans les statuts de l'ordre.


b) Les demi-croix


La monarchisation de l'Ordre n’alla pas jusqu'à la généralisation d'une pratique de distinction. Il n'était pas possible à l'Ordre même souverain d'instituer un ordre distinctif, le pape ne l'aurait jamais toléré puisque cela faisait partie de ses prérogatives. Au XVIIIe siècle, certains grands maîtres, pour distinguer des personnes de haut rang, les accueillaient dans l'Ordre pour le salut de leur âme en leur donnant le statut de donat demi-croix, comme une distinction avant la lettre, puisque les statuts de l'Ordre ne prévoient aucune distinction ou décoration que ce soit.


c) Les médailles de dévotion


Toujours dans le cadre d'une « monarchisation » de l'Ordre, celui-ci su contourner la difficulté de l'absence de distinction en distribuant à qui le demandait une décoration mondaine21 par l'entremise d'une médaille de dévotion qui était très recherchée, des puissants, des grands, puis des commensaux et enfin des dames. Un des rôles des ambassadeurs, pas si accessoire, était d'obtenir ces médailles de dévotion pourtant si peu officielles mais jamais autant portées dans les cours européennes. Une des premières décisions de Francisco Ximenes de Texada (25) après son élection comme grand maître est de supprimer cette fausse distinction non reconnue dans les statuts de l'Ordre.






(1) Les clercs réguliers
sont membres d'instituts de vie consacrée rassemblant des prêtres catholiques suivant des constitutions religieusesparticulière, vivent en communautés et font, certains des vœux solennels, les autres des vœux simples.

Ni moines, ni chanoines réguliers, ni mendiants, ils inaugurent au XVIe siècle un nouveau type d’engagement dans l’Église catholiquealliant la vie religieuse à une vie apostolique fort active : ministère pastoral, éducation de la jeunesse, travail intellectuel et missionnaire, œuvres dites de miséricorde spirituelle et corporelle. Bien que ces instituts soient très largement composés de prêtres (clercs) la présence de membres non-prêtres (appelés « frères ») n’y est pas exclue.

Ces ordres ont la particularité historique d’avoir tous été fondés en Italie au XVIe siècle — et la plupart à Rome même — même si le fondateur n’est pas nécessairement italien.





(2) Le sous-diaconat (du grec ὐποδιάκονος (hypodiakonos), sous-serviteur), à partir d'environ 1150 et jusqu'aux définitions du concile Vatican II dans Lumen gentium, était considéré comme le premier des ordres majeurs ou sacrés, le premier auquel était attachée l'obligation de la continence perpétuelle. Ce concile définit que le sacrement de l'ordre ne compte que trois degrés (diaconat, presbytérat et épiscopat), sans mentionner ni le sous-diaconat ni les ordres mineurs.

Depuis l'entrée en vigueur du motu proprio du pape Paul VI Ministeria quaedam du 15 août 1972, les fonctions des ordres mineurs sont appelées ministères3; les fonctions qu'exerçait le sous-diacre « sont confiées au lecteur et à l'acolyte et par suite, dans l'Église latine, l'ordre majeur du sous-diaconat n'existe plus». L'acolytat peut en certains lieux, au jugement de la conférence épiscopale, porter le nom de sous-diaconat.

Le sous-diaconat (ou hypodiaconat) existe encore dans les Églises orthodoxes et catholiques de rite oriental, qui ne le considèrent pas un ordre majeur.

Déjà avant 1972 on considérait que le sous-diaconat n'était pas un sacrement.




(3) Le diacre (du grec diakonos, serviteur) est une personne ayant reçu le premier degré du sacrement de l'ordre dans l'Église catholique romaine. Alors que les prêtres, qui ont reçu le second degré du sacrement de l'ordre, sont les collaborateurs de l'évêque dans son caractère sacerdotal, le diacre est collaborateur de l'évêque dans son caractère ministériel.





(4) La Sacra Infermeria (ou Infirmerie Sacrée) est un hôpital construit en 1574 à La Valette à Malte par les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. À cette époque, sa modernité en fait l'un des meilleurs hôpitaux européens.




Façade de la Sacra Infermeria à La Valette


La vocation de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem était d'aider les pèlerins lors de leur dangereux périple en Terre sainte. Il s'agissait non seulement de protéger militairement leur voyage mais aussi de leur apporter des soins éventuels (d'où le nom d'ordre hospitalier). Dès que l'Ordre arrive à Malte en 1530, le Grand Maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam fait construire un premier hôpital.

C'est un second bâtiment, construit en 1574, qui prend le nom de Sacra Infermeria sous le règne du Grand Maître Jean L'Evesque de La Cassière (51ème grand maitre). Ce fut l'un des tous premiers bâtiments de La Valette situé tout près du Fort Saint-Elme. À l'origine, il s'agissait d'une très grande salle, qui fut encore agrandie en 1663 sous Nicolas Cottoner (61ème grand maitre). En 1712, un autre bâtiment est ajouté comprenant une chapelle et une pharmacie.





(5) Le terme Obédience
monastique peut désigner, dans le vocabulaire de l'Église catholique romaine et de l'Église orthodoxe, le vœu ou devoir d'obéissance dans le travail ou la charge monastique, ou la terre, possession dépendant d'une église, bâtiments du monastère, bénéfices, etc.




(6) Le clergé séculier est le clergé qui vit «  dans le "siècle" » (du latin : sæcularis) au milieu des laïcs, par opposition au clergé régulier qui vit « selon une "règle" de vie » (du latin : regularis) d’un ordre, d'une abbaye, d'un couvent, d'un prieuré.

Les membres du clergé séculier ont pris des engagements religieux, mais leur principale caractéristique est d'être engagés dans la vie séculière et non en communauté. Le terme clergé séculier regroupe généralement les prêtres, les chanoines etc.

Alors que le clergé régulier s'engage dans les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, le clergé séculier fait desengagements, ne prononçant aucun vœu, de célibat (de ne pas vivre en couple amoureux) et d'obéissance (de manière générale à l'Église, par l'intermédiaire de chaque supérieur hiérarchique). Les membres du clergé séculier sont soumis à la règle canonique et sont tenus de réciter les différentes prières de l'Office divin.
Cependant il se peut qu'un clerc séculier, comme un prêtre, décide d'entrer dans une congrégation religieuse, et donc, en plus de ses engagements s'ajoutent et se mêlent les vœux religieux.

Ce clergé séculier est composé des diacres, des prêtres et des évêques diocésains. Les diacres et les prêtres étant rattachés à un diocèse particulier, appelé diocèse d'incardination, sous la responsabilité de l'évêque titulaire. Cependant, bien qu'ayant leur diocèse d'incardination, ils peuvent voyager, exercer des ministères qui ne sont pas dans leur diocèse, ayant néanmoins des comptes à rendre à l'évêque de leur diocèse d'incardination, ainsi qu'à l'évêque du diocèse où ils exercent leur ministère. Les diacres et les prêtres peuvent demander à être excardinés, c'est-à-dire changer de diocèse d'incardination, selon accord de l'évêque du premier diocèse d'incardination.

Les évêques ne sont pas rattachés à des diocèses d'incardination, mais au Pape, qui décide du diocèse où l'évêque doit exercer son ministère. L'évêque, cependant, peut avoir un certain avis de réserve, demander sa démission pour raisons de santé, familiales, personnelles, « sociales » (conflit avec ses diocésains, comme Monseigneur Jacques Gaillot avec le diocèse d'Évreux), et bien entendu pour raison d'âge (c'est sa « retraite », qu'il peut prendre, ou plutôt, doit prendre à 75 ans).

Nombre de prêtres faisant partie d'une congrégation religieuse, comme la Société de Marie (les maristes), et d'autres, exercent, souvent à vie, ou jusqu'à leur retraite, un ministère diocésain, conformément à la spiritualité de ces congrégations, qui exercent une quantité de missions ecclésiales (associations de services, accompagnement des malades, etc...). Ils vivent donc dans des diocèses, et dépendent donc d'un évêque, tout ayant une liberté de mobilité un peu plus grande, n'ayant pas de diocèse d'incardination véritable, tout en étant prêtre de tel diocèse.




(7)
On appelle Ordinaire, dans les Églises chrétiennes — Église catholique (occidentale et orientale) et Églises orthodoxes — tous ceux qui ont, même pour une période limitée, juridiction sur une Église, un monastère, un ordre religieux, etc., c'est-à-dire tous ceux qui, d'une manière générale, ont un pouvoir exécutif sur ces diverses communautés.

Dans l'Église catholique, le Droit canonique comprend, sous ce terme, le Souverain Pontife, les évêques diocésains, les vicaires, etc. On parle d’Ordinaire local si l’on se réfère aux évêques diocésains, à l’exclusion du souverain pontife et des supérieurs religieux majeurs.

Dans les Églises d'Orient, le même terme est utilisé pour désigner les hiérarques : patriarche, archimandrite, évêque.




(Cool clergé diocèsain : Le diocèse (du latin : diœcesis ou diocesis, qui vient lui-même du grec ancien  dioíkêsis, « administration, gouvernement ») est une circonscription territoriale de l'Empire romain conçue sous Dioclétien, à la fin du IIIe siècle.

Le terme a été adopté par l'Église catholique pour désigner le territoire canonique d'un évêché, qui était initialement appelé paroisse. C'est donc le territoire placé sous la responsabilité d'un évêque. Dans les Églises orthodoxes et les Églises catholiques orientales, on utilise plutôt le mot éparchie  ( Une éparchie (mot grec francisé qui peut être librement traduit en « juridiction sur quelque chose »), est un diocèse territorial régit par un évêque ou éparque de l'une des églises chrétiennes orientales. L'éparchie fait partie d'une province ecclésiastique et est divisée en paroisses.) : dans les pays slaves orthodoxes sa signification est la même, mais ailleurs, en Grèce notamment, il a acquis une connotation plutôt civile et politique.




(9) Un évêque  est celui qui a autorité apostolique sur une Église chrétienne particulière. Les évêques assument à ce titre la succession des apôtres qui les ont établis à la tête d'une communauté chrétienne d'un territoire défini. Dans le langage juridique du droit canonique catholique il est appelé ordinaire local. Chaque évêque d'aujourd'hui a été ordonné par un ou plusieurs évêques issus d'une chaîne d'ordonnateurs qui, théoriquement, remonte dans le temps jusqu'à un des apôtres du Christ. C'est ce qu'on appelle dans l'Église catholique la succession apostolique.

La fonction épiscopale existe dans l'Église orthodoxe, l'Église catholique, les Églises orthodoxes orientales, dans l'Église anglicane, elle est également connue dans certaines Églises protestantes(luthériennes notamment).




(10) Le Couvent a pris dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem plusieurs sens. Dès l'origine de l'Ordre le terme recouvre l'ensemble des frères de l'Hôpital de Jérusalem. Ensuite par métonymie le terme désigne le lieu de vie des frères, il est alors en concurrence avec celui de Collachium. Le couvent à Jérusalem et à Saint-Jean-d'Acre est une réalité topographique puisque les frères résident dans un même lieu jouxtant le xenodochion, en même temps hostel, hospice et hospital. À Rhodes et à Malte, le couvent désigne le groupe des dignitaires de l'Ordre, sous l'autorité des baillis conventuels, qui élit le grand maître et arbitrait avec celui-ci les principales affaires de l'Ordre par opposition au Collachium qui est alors la partie de la ville de Rhodes, de Birgu puis de La Valette à Malte, réservé aux frères, où sont regroupés l'église conventuelle et les auberges des langues.


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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Lun 11 Juil - 21:29

(11) Selon les dictionnaires anciens, le chapelain (ou capelan parfois) pouvait être :

1. « Celui qui a la charge d'une chapellenie et en est bénéficiaire »
2. un « prêtre attaché au service d'une personne (d'un grand seigneur) »
3. le « Suppléant d'un prêtre ou d'un chanoine dans un chapitre »




(12) Une langue hospitalière est une organisation administrative de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle regroupe les différents prieurésoccidentaux de l'Ordre sous la responsabilité d'un chevalier expérimenté appelé « pilier ».




(13) L'auberge hospitalière est le lieu où se regroupent les chevaliers d'une même langue à Rhodes d'abord, à Malte ensuite. Chaque langue dispose d'une auberge, un bâtiment que les frères d'une même langue partagent pour les réunions, les repas en commun et aussi l'hébergement. Chaque auberge est sous la responsabilité d'un bailli conventuel appelé « pilier » et désigné à l'ancienneté (quinze ans minimum dont dix au couvent) par l'ensemble des frères de ce groupe. Les « piliers » reçoivent une allocation forfaitaire et des denrées alimentaires pour faire vivre l'auberge.




(14) Un pilier hospitalier était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui vit le jour avec la création des langues hospitalières lors de la réforme du grand maître Guillaume de Villaret en 1301.

À Rhodes puis à Malte les chevaliers de passage sur l'île habitaient souvent dans l'Auberge de la langue à laquelle ils appartenaient. Ils élisaient, pour diriger cette auberge, un chevalier choisi parmi eux et suffisamment bien pourvu en revenus pour compléter le budget alloué par le Trésor de l'Ordre. Ce chevalier portait le titre de pilier.




(15) Le mot italien « corso »1 désigne les activités de déprédations maritimes réciproques entre chrétiens et musulmans, qui ont eu lieu duXVIe siècle au XVIIIe siècle en Méditerranée et, secondairement, dans l'Océan Atlantique. Consistant en attaques de navires de commerceet en captures de villageois sur les côtes, suivies de la mise en esclavage des captifs en vue de leur exploitation ou de leur rachat, le corso a concerné les populations des côtes de la Méditerranée pendant les trois siècles de son existence, et impliqué des acteurs exogènes à cette mer.

Bien que le terme « corsaire » soit un dérivé du mot « course » à partir duquel fut forgé la notion de « corso », celle-ci se distingue de laguerre de course, « forme supplétive de la grande guerre »2, car elle implique une justification religieuse aux déprédations légalement menées par les capitaines / reis corsaires munis de patentes délivrées par les autorités. Le terme heuristique de corso recouvre donc tous les aspects (économiques, diplomatiques, religieux, sociaux) de ces activités, qui s'émancipent progressivement des oppositions belliqueuses et religieuses, et soulevant de nombreux enjeux aux niveaux locaux comme méditerranéens. L'âge d'or du corso est à situer sur un siècle à cheval entre XVIe et XVIIe siècle, ce découpage "arbitraire" pouvant aller de la Bataille de Lépante (1571) à la Guerre de Candie (1645-69).

Le corso perdure pourtant jusqu'au XIXe siècle, de manière de plus en plus marginale avec la montée en puissance des « Nordiques » en Méditerranée et l'émancipation continue des Régences « ottomanes » du Maghreb vis-à-vis de la Sublime Porte. En témoignent l'augmentation des traités bilatéraux et des actions militaires indépendantes menées contre les régences de Maghreb par les flottes, anglaises, françaises, espagnoles, néerlandaises ou encore danoises de la fin du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe.

Le corso peut être compris en deux aires d'action, la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, où les enjeux et les acteurs varient.

L' ordre de Saint-Jean de Jérusalem basé sur l'île de Malte à partir de 1530étend son rayon d'action sur chacune de ces aires mais se concentre essentiellement sur l'orientale, au contact direct des « territoires bien gardés » du sultan. La Régence de Tripoli est la principale base du corso musulman dans cette partie de la Méditerranée. Mais la course musulmane trouvent sur les côtes sud-occidentales de la mer ses grands lieux, avec les Régences d'Alger et de Tunis. Avec l'impulsion donnée au port de Livourne et la fondation de l'Ordre de Saint-Étienne par Côme Ier de Toscane apparaît au XVIe siècle un autre grand lieu du corso catholique.




(16) Les commanderies, baillies et prieurés hospitaliers sont le mode d'organisation de l'ensemble foncier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elles ont dans l'organisation des Hospitaliers trois statuts différents : les commanderies sous la responsabilité d'un commandeur et relevant d'un prieur ; les baillies, ou bailliages, sous la responsabilité d'un bailli et relevant directement du supérieur de l'ordre ; les prieurés sous la responsabilité d'un prieur chargé des commanderies relevant de son prieuré et relevant directement du supérieur de l'Ordre.





(17) Charles François de Mondion (5 octobre 1681 à Paris - 25 décembre 1733 à La Valette) est un architecte français, élève de Vauban, principalement connu pour ses réalisations à Malte pour le compte de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Il est le fils de Jacques de Mondion de Semple et d’Elisabeth Gion (ou Guion) que se sont mariés le 7 juin 1680 à l’église Saint-Sulpice de Paris.




(18)  Michelangelo Merisi da Caravaggio, en français Caravage ou le Caravage, est un peintre né le 29 septembre 1571 à Milan et mort le 18 juillet 1610 à Porto Ercole.

Son œuvre puissante et novatrice révolutionne la peinture du XVIIe siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal et l'emploi appuyé de la technique du clair-obscur allant jusqu'au ténébrisme. Il connaît la célébrité de son vivant et il influence nombre de grands peintres après lui, comme en témoigne l'apparition du caravagisme.



Le Caravage, craie sur papier par Ottavio Leoni,
vers 1621, Florence, bibliothèque Marucelliana.




Michelangelo naît à Milan, probablement le 29 septembre 1571. Ses parents, qui se sont mariés en janvier de la même année, sont Fermo Merisi et Lucia Aratori, tous deux originaires de Caravaggio, une petite ville de la région de Bergame, alors sous domination espagnole. Francesco Ier Sforza de Caravage, marquis de Caravaggio est le témoin de leur mariage. Michelangelo est baptisé le lendemain de sa naissance à la basilique Saint-Étienne-le-Majeur, dans le quartier milanais où réside le maître de la fabbrica del Duomo où travaille probablement son père. D'après l'acte de baptême, son parrain est le patricien milanais Francesco Sessa.




(19) Mattia Preti
(Taverna, 24 février 1613 – La Vallette, Malte, 3 janvier 1699), dit aussi il Cavaliere Calabrese car il était chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et originaire de Calabre, est un peintre italien de l'école napolitaine, qui a été actif aussi à Rome et surtout à Malte.



détail du tableau Predica di San Giovanni Battista avec
l'auto-portrait de l'artiste, Mattia Preti. Église de San Domenico
à Taverna (Calabre) en Italie, lieu de naissance de Preti.







(20)  Antoine Favray né le 8 septembre 1706 à Bagnolet et mort le 9 février 1798 à Malte, est un peintre français, commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Ses parents sont Claude Favray et Marie Millet son épouse, il a pour parrain Antoine de Fontaine, concierge du duc de Quintin. Celui-ci l'aidera peut-être dans sa carrière. On ne connait rien de sa jeunesse.



Antoine Favray - autoportrait






(21) Guillaume Caoursin, né à Douai en 1430. Il meurt à Rhodes, en 1501, toujours pourvu de sa charge de vice-chancelier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.







(22) La dénomination de croix de Malte, ou croix de saint Jean, est utilisée aujourd'hui dans plusieurs acceptions pour désigner différents symboles et même un dispositif mécanique ou une plante rappelant l'une et l'autre la forme de cette croix ; une croix à quatre branches mais à huit pointes.












(23) Les membres de l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte sont divisés en différentes classes, suivant le degré d'engagement religieux des membres, elles-mêmes subdivisées en catégories, suivant le degré de noblesse. Enfin dans une même classe existent des distinctions.







(24) L’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est un ordre religieux catholique doté d'une souveraineté fonctionnelle et une organisation internationale caritative. C'est l'une des organisations qui a pris la suite de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et dont les statuts actuels datent de 1961.


C'est aujourd'hui une organisation à vocation caritative2 dont les actions humanitaires actuelles sont principalement tournées vers la lutte contre la pauvreté, mais également dans la lutte contre la lèpre et plus globalement les problèmes médicaux ; l'Ordre intervient aussi ponctuellement par des missions de secourisme d’urgence lors de catastrophes naturelles ou d’aide humanitaireenvers les réfugiés lors de conflits armés. Il est actuellement présent dans plus de 120 pays à travers le monde.

Le siège de l’ordre se trouve à Rome, Via dei Condotti, près de la Place d’Espagne, et est considéré comme un sujet souverain de droit international.

Sa devise héraldique est une formule en latin « Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum » (« Défense de la Foi et assistance aux pauvres »).








(25) Francisco Ximenes de Texada (13 octobre 1703 - 9 novembre 1775, La Valette) est le 69egrand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Il accède au pouvoir dans un contexte de crise économique. Il devient rapidement impopulaire en raison des mesures d'austérité imprudentes qu'il met en place et également par son caractère hautain et autoritaire qui heurte le clergé et le peuple maltais.


En septembre 1775, il doit faire face à la révolte des prêtres, un tentative de coup-d'état nationaliste dirigée par un prêtre, Dom Gaetano Mannarino, et soutenue par de nombreux conjurés maltais. Après la brève insurrection, Ximenes punit sévèrement les rebelles en faisant décapiter trois d'entre aux et en exposant leurs têtes en public. Ximenes meurt peu après, le 9 novembre 1775 à Naples, avant la fin du procès de tous les rebelles.



Franceso Ximenes
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MessageSujet: Re: ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM   Lun 11 Juil - 22:04







L'ordre de l'Hôpital(1) existe parce qu'il existe des malades, des pèlerins qui ont besoin de soins. La première règle de Raymond du Puy est suffisamment éloquente. Dans deux articles de cette règle, il est clairement énoncé : « [la tenue des frères] doit être modeste car les pauvres de Notre Seigneur, dont nous reconnaissons être les serfs, sont nus. » et pour être admis dans l'Ordre le frère postulant doit promettre « être le serf et l'esclave de nos seigneurs malades23 ». Dans l'article 16 de la première règle - Comment les seigneurs malades doivent être accueillis et servis : « [le seigneur malade après avoir été confessé de ses péchés] sera porté au lit et là, comme seigneur, on lui redonnera chaque jour des forces. »

Ces pauvres malades, et en même temps seigneurs, sont la raison d'être de l'Ordre, et tous les membres de l'Ordre, de l'humble servant au grand maître, leur doivent services.

Faut-il encore s'entendre sur le terme de pauvres malades, les textes anciens font problème par les termes utilisés. D'abord pauvre n'a pas le sens de pauvreté, il faut prendre ce nom dans son acception de faible face à puissance, parmi les pauvres malades figurent aussi de riches marchands et même des puissants tous pauvres de Dieu par leurs afflictions. Au XXIe siècle, les historiens sont presque tous d'accord, pour dire qu'à l'origine ces malades n'étaient pas malades au sens oriental, grec ou arabe, mais des gens fatigués affaiblis par le pèlerinage ; les soins sont plus des actes de charité que des actes médicaux24.

Il est assez difficile de dater le moment où l'hospice (2) devient hôpital. Une seule chose est certaine, pour soigner des malades ou des blessés, il faut un personnel médical et non plus soignant, et ce personnel médical apparait dans les statuts de l'Ordre qu'en 1182. Assez tôt dans son existence l'Ordre devient un véritable hôpital dans l’acception moderne du nom. Pour tout le reste de son histoire, l'Ordre sera et restera toujours à la pointe de la médecine et de la chirurgie au service des malades et blessés.






Enfin il ne faut pas oublier toutes les personnes qui faisaient partie de la famille hospitalière qui se mettait aux services des frères hospitaliers pour leurs compétences intellectuelles ou pour l'habilité de leurs mains et la force de leurs bras sans qui les commanderies ne pourraient être mises en exploitation.


Les Hospitaliers, en la personne du prieur (3) ou du commandeur (4), sont en fait comme des seigneurs qui doivent rentabiliser les propriétés hospitalières, commanderies (5) ou membres (propriétés dépendants d'une commanderie), pour financer l'Ordre, sous la forme d'une sorte d'impôts, les responsions (6). Pour ce faire, ils disposent de personnes de bras ayant affermé des terres de la commanderie, les fermiers, ou d'autres personnes ou même des familles entières qui louent la force de leurs bras à la commanderie, les manouvriers. Enfin toutes sortes d'artisans nécessaires à l'exploitation fermière ou aux améliorissements des bâtiments, qu'ils fassent partie de la commanderie ou qu'ils proposent leur art contre rémunération.





Seigneurs locaux, les prieurs et les commandeurs étaient possessionnés aux nom de l'Ordre des territoires de la commanderie ou du prieuré sur lesquels ils avaient pouvoir de basse et moyenne justice et quelque fois même de haute justice (7) surtout dans les régions de frontières. Toute cette population d'hommes libres, souvent attachés à leur terre, mais aussi à certaines époques, de serfs (08), était dépendante du pouvoir seigneurial et juridictionnel de l'Ordre mais d'aucune façon ne faisait partie de l'Ordre.




(1)  L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier etmilitaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.





(2)  Hospice :  Un hôtel-Dieu, parfois orthographié Hostel Dieu, est un hôpital de fondation ancienne dans certaines villes, qui recevait les orphelins, indigents et pèlerins et qui était administré par l'Église. Le terme « hôtel-Dieu » ne parait pas constituer une catégorie d'établissement différente de celle de l'hôpital, et on doit le considérer comme une simple appellation, contraction du mot « hôtel », dérivé du latin hospes, hospitis(« celui qui donne l’hospitalité »), et de Dieu.






(3)  Un prieur hospitalier était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pouvait être soit un « prieur conventuel » soit un « prieur provincial ».


Prieur conventuel : La fonction de prieur conventuel est attesté à partir de fin XIIe siècle1. C'était le second dignitaire de l'Ordre, après le grand maître, de qui il relevait directement. À Rhodes, le prieur conventuel, aussi appelé grand prieur et faisait partie des huit bailli conventuel, avait rang d'évêque, il résidait au collachium où il desservait l'église conventuelle Saint-Jean. Le prieur conventuel, de qui relevait tous les frères cléricaux de l'Ordre, contrôlait la vie spirituelle et religieuse de l'ensemble de la communauté. Il avait aussi la responsabilité de la gestion des dîmes ou de l'enseignement.



Prieur provincial : La fonction de prieur est attestée dès 1120 avec l'émergence du premier prieuré de l'Ordre, le prieuré de Saint-Gilles. Les domaines terriens de l'ordre étaient administrés sur le modèle de la commanderie, elles-mêmes regroupées par proximité territoriale en prieuré ayant à leur tête un prieur1. Une seule exception la châtellenie d'Amposta. La tâche prioritaire du prieur était de fournir à l'Ordre les moyens financiers et matériels de remplir sa mission sous la formes des responsions, sorte d'impôts annuels que chaque commandeurs devait à son Ordre.

Le prieur était nommé par le grand maître lors de la réunion du chapitre général de qui il relevait. Il était le représentant du grand maître et agissait en son nom1. Il nommait les commandeurs et avait la responsabilité de tous les frères hospitaliers de son ressort territorial. Il avait droit de visite de tous leurs établissements, commanderies et membres.

Il convoquait, une fois l'an, les commandeurs et les frères conventuels du prieuré au chapitre provincial qu'il présidait. C'était le lieu et le moment de la remise des responsions. Le prieuré était le lieu de détention des archives, des comptes et du trésor provincial.





(4)  Un commandeur est un frère hospitalier qui à la charge d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.





(5)  Les commanderies hospitalières de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont, à l'origine en Occident, des possessions terriennes de rapports, destinées à procurer des fonds pour soutenir l'action des Hospitaliers en Terre sainte. Les commanderies sous la responsabilité d'un commandeur et relevant d'un prieur. Elles ont souvent comme origine une donation d'un seigneur local pour satisfaire à la religion ou de nouveaux chevaliers qui lèguent leurs biens à l'Ordre.





(6)  Les responsions étaient une sorte d'impôts que chacune des commanderies de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem devait verser auCouvent de l'Ordre. En Terre sainte, les responsions permettaient à l'Ordre d'entretenir l'hôpital de Jérusalem ou d'Acre et tous les frères de l'Ordre mais aussi de fournir tous les moyens des opérations militaires.






(7) La justice seigneuriale, distinguée en haute, moyenne et basse justice, constitue un mode d'organisation médiéval du système judiciaire, à l’œuvre dans la plupart des États européens. On estime à environ 20 000 à 30 000 le nombre des cours de justice seigneuriale dans tout le royaume de France à la veille de la Révolution. Elles constituaient la base de l'organisation judiciaire, avec lesprévôtés (justices royales subalternes), supprimées pour ces dernières au milieu du XVIIIe siècle.


Basse justice :  Le seigneur peut juger les affaires relatives aux droits dus au seigneur, cens, rentes, exhibitions de contrats et héritages sur son domaine. Il s'occupe aussi des délits et amendes de faibles valeurs (dégâts des bêtes, injures, amendes inférieures à 7 sols 6 deniers). Il doit posséder sergent et prison afin d'y enfermer tout délinquant avant de le mener au haut justicier. Si la seigneurie est assez grande pour qu'il y ait des vavasseurs, les affaires de moyenne et basse justice sont jugées par leurs soins.


Moyenne justice : Le seigneur peut juger les rixes, injures et vols. Les délits ne peuvent être punis de mort. Pratiquement, la moyenne justice joue un rôle important au civil, notamment en matière de successions et de protection juridique des intérêts des mineurs : apposition de scellés, inventaire des biens des mineurs, nomination des tuteurs, etc.


Haute justice : Le seigneur (ou plus exactement le juge seigneurial) peut juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, dont la peine capitale(d'où le nom de jus gladii, litt. « droit de l'épée »), celle-ci ne pouvant toutefois être exécutée qu'après confirmation par des juges royaux (appel obligatoire, porté devant les parlements). La haute justice jouit de la plénitude de juridiction au civil comme au pénal.






(08) serf :   Le servage, du latin servus, « esclave », est défini par la convention relative à l'abolition de l'esclavage des Nations unies comme la « condition de quiconque est tenu par la loi, la coutume ou un accord, de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition ».

Le servage désigne à partir du Moyen Âge la condition des paysans attachés à un manse servile, terre qu'ils cultivent et ne peuvent quitter.
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ORGANISATION DE L'ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM
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