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 DEVOLUTION DES BIENS DE L'ORDRE DU TEMPLE

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Lanaelle
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Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: DEVOLUTION DES BIENS DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 12 Juil - 11:21




DEVOLUTION DES BIENS DE L’ORDRE DU TEMPLE



A. Contexte
B. Devolution
1. Les biens des Templiers dans le royaume de France
2. Les biens des Templiers dans les royaumes ibériques
a) Dans le royaume d’Aragon
b) Dans le royaume de Castille
c) Dans le royaume du Portugal
d) Dans le royaume de Navarre
e) Dans le royaume de Majorque
3. Dévolution des autres biens des Templiers
a) Dans le royaume d’Angleterre
b) Dans les principautés germaniques
c) Dans le royaume de Hongrie




SOURCE : Wikipédia







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Lanaelle
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MessageSujet: Re: DEVOLUTION DES BIENS DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 12 Juil - 13:40






La dévolution des biens de l'ordre du Temple est la conséquence de la tentative d'appropriation de ceux-ci par le roi de France Philippe le Bel. Après l'arrestation et la condamnation des Templiers, le pape Clément V décrète la dissolution de l'ordre du Temple par la bulle pontificale Vox in excelso (1) fulminée le 22 mars 1312 et rendue publique lors du concile de Vienne (2) (1311-1312). Après la dissolution de l'Ordre, l'opposition entre la papauté et le royaume de France se poursuit dans l'attribution des biens des Templiers mis sous séquestre de l'église par la bulle Pastoralis præminentiæ (3), cette opposition tournera en défaveur du roi de France et globalement en faveur du pape ; la bulle Ad providam (4) transférait à perpétuité l'intégralité des biens templiers à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à l'exception des possessions situées dans la péninsule ibérique qui sont réservés en attente d'accords.





Les biens de l'ordre du Temple sont d'abord des biens de l’Église, l'ordre du Temple comme l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont des ordres religieux avant d'être des ordres militaires; ils relèvent directement de l'autorité papale et non des diverses autorités royales, mais c'est aussi une puissance militaire dévouée à la papauté, c'est une des motivations à l'opposition aux Templiers des légistes royaux, formés au droit romain, qui cherchaient à exalter la puissance de la souveraineté royale.

Il ne faut pas oublier que l'action de Philippe le Bel contre les Templiers s'inscrit aussi à la suite de l'opposition de la royauté française contre la papauté, Boniface VIII excommuniera le roi et sa famille (excommunication remise par Benoît XI et Clément V) et l'attentat d'Anagni par Guillaume de Nogaret

S'ajoutait certainement des motivations financières ; contrairement aux Hospitaliers qui restaient mobilisés contre les infidèles, les Templiers, s'appuyant sur leurs biens fonds, qui leur servaient en quelque sorte de caution, faisaient souvent office d'intermédiaire financier, la maison du Temple était devenue au fil du temps le « coffre-fort des puissants » ; après avoir retiré le « Trésor du Roi » de la Tour du Temple en 1295, Philippe le Bel le confie de nouveaux aux Templiers en 1303. Ses besoins financiers sont importants - premier roi de France à entretenir une armée permanente - il spolie et expulse les juifs en 1306, il s'attaque, après les Templiers en 1307, aux biens des marchands et banquiers lombards en 1309.

Une autre motivation est la volonté de s’aliéner les ordres militaires. Philippe le Bel avait envisagé, sous prétexte d'organiser une nouvelle croisade, de fusionner l'ordre du Temple et l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sous autorité royale, projet ruiné par l'opposition des Templiers. Quand le pape convoque les grands maîtres de ces ordres pour ne pas être débordé par un pouvoir royal, seul Jacques de Molay s'oppose ouvertement à ce projet, Foulque de Villaret, qui savait que la fusion devait se faire au profit de son Ordre, ne fit aucune opposition, même s'il n'y était pas favorable, il tue aussi le projet d’acquérir la souveraineté pour son Ordre par la prise de possession de Rhodes ce qui mettrait son Ordre à l'abri des convoitises.






Il est difficile de savoir aujourd'hui les motivations exactes qui poussèrent Philippe le Bel à s'attaquer aux Templiers ; toutes les suppositions ont été faites, mais il est difficile de croire uniquement à la défense de la foi chrétienne même si l'ordre d’arrestation précise : « Les frères de l'ordre de la chevalerie du temple, cachant le loup sous l'apparence de l'agneau et, sous l'habit de l'ordre, insultent misérablement la religion de notre foi » il n'oublie pas de préciser aussi : « nous avons décidé que tous les membres dudit ordre de notre royaume seraient arrêtés […] et réservé au jugement de l’Église, et que tous leurs biens, meubles et immeubles, seraient saisis, mis sous notre main et fidèlement conservés. »

S'il est déjà difficile d'admettre que le roi de France agisse en lieu et place du pape sans autorisation de celui-ci, il est tout aussi difficile de comprendre la nécessité qu'avait Philippe le Bel de saisir et de placer sous sa garde les biens du Temple. C'est pour rétablir une situation de droit canonique que Clément V fulmine le 22 novembre 1307 la bulle Pastoralis præminentiæ, les Templiers hors de France étaient arrêtés sur son ordre et leurs biens placés sous la sauvegarde de la papauté. Si procès il devait y avoir, cela ne pouvait être que sous le contrôle de l’Église. Mais malgré toutes ses actions, Clément V s'est toujours fait déborder par les actions de Philippe le Bel jusqu'au coup de force du concile de Vienne où le roi appuyé par ses gents d'arme obtient du pape, le 22 mars 1312, la bulle Vox in excelso qui abolissait l'ordre du Temple.


Le problème de l'attribution des biens des Templiers n'est toujours pas tranché à cette date. En fait, deux possibilités s'affrontent :

• d'un coté la volonté du pape qui souhaite respecter les canons de l'église ; en cas de dissolution d'un ordre ses biens doivent aller à un autre ordre ayant la même finalité. Ainsi la dévolution aux Hospitaliers s'impose ;
• d'un autre coté s'ouvrait aussi la possibilité de créer un ordre nouveau.
Si Clément V avait probablement déjà fait son choix, la dévolution aux Hospitaliers, il se heurtait à une double opposition :
• les pères au concile étaient majoritairement des évêques qui avaient tous plus ou moins maille à partir avec les Hospitaliers et leurs privilèges qu'ils jugeaient exorbitants ;
• les princes, roi de France mais aussi rois ibériques, s'opposaient à tout ce qui pouvait être renforcement d'un ordre qui échappait à leur pouvoir.


Tous ces opposants étaient favorables à la création d'un ordre nouveau mais tous s'opposaient sur la finalité, certainement pas un ordre supra-national, comme l'était le Temple ou l'Hôpital, dont le maître serait un « rex bellator », chef d'une future croisade, comme le roi de France se présentait.



Clément V se reprend et réussit à imposer dans des négociations hors concile son point de vue puisqu'il fulmine coup sur coup deux autres bulles, le 2 mai 1312, Ad providam qui attribue tous les biens des Templiers à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (les biens de la péninsule ibérique étant réservés par un correctif du 16 mai) et le 6 mai 1312 Considerantes dudum (5) encadrant le sort des Templiers. Parmi les conséquences directes de ces deux bulles papales, il faut noter deux choses:

• les Templiers ayant avoué ou étant déclarés innocents, non relevés de leurs vœux, choisiront dans quelle maison ils poursuivront leur sacerdoce (certains abandonneront l'habit) ;
• les Hospitaliers leur devront une rente s'ils poursuivent leur sacerdoce en dehors d'une maison hospitalière.






Si Philippe le Bel voulait mettre la main sur les biens des Templiers, les Hospitaliers n'auront de cesse de faire respecter les décisions papales, cela prendra du temps mais ils obtiendront à peu près partout, là où cela était décidé, la dévolution des biens des Templiers.

Foulques de Villaret nomme le 17 octobre 1312 un comité de huit chevaliers, à sa tête Albert de Schwarburg avec le titre de visiteur général en Occident, pour récupérer les biens des Templiers. Le 3 novembre 1314, Leonardo de Tibertis, prieur de Venise, qui négociait déjà avec Philippe le Bel, prend la tête de ce comité.

Philippe le Bel, une fois les biens saisis, les exploite à son profit par l'intermédiaire de bourgeois gestionnaires appointés. Il abandonne, au printemps de 1309, la gestion directe pour adopter le régime de la ferme. En affermant les biens templiers à un fermier, il tirait un nouveau profit, il économisait les charges de gestion et pouvait vendre les meubles (bétail, matériel etc.) des commanderies saisies.


C'est le 28 mars 1313 que Philippe le Bel ordonne la remise des biens, par les baillis et sénéchaux de la couronne, aux représentants Hospitaliers après que ceux-ci aient accepté ses conditions. Ne voulant céder les biens sans compensations, Philippe le Bel demandait aux Hospitaliers la somme de 200 000 livres tournois (6) pour la garde des biens et le droit d'amortissement (7) de mainmorte (08) mais il mourra avant d'en voir la première livre le 29 novembre 1314. Louis X, mort le 5 juin 1316, refusa également de restituer l'enclos du Temple et devait rajouter en 1316, 50 000 livres à la demande de son père mais rien dans les comptes des Hospitaliers (qui étaient déjà fortement endettés) ne permet de prouver que ces sommes ont été réellement payées à l'un des successeurs de Philippe le Bel. Philippe le Long(=Philippe V) saisira de nouveau les anciens biens templiers sous prétexte que les Hospitaliers ne tenaient pas leurs engagements. Les Hospitaliers s'engagent à régler au roi le remboursement des parties exigibles pour faire lever la saisie, ce qu'ils obtiennent par lettres patentes le 5 mai 1317. Encore en 1325, Charles le Bel, troisième fils de Philippe le Bel, réclamera une rente aux Hospitaliers sur sa tête et celle de sa femme. Ce n'est pas la session de certains biens templiers par les Hospitaliers qui permet d'apporter la preuve de règlements, beaucoup de ces ventes étaient justifiées par des raisons de bonne gestion.

Il y eut quelques contestations comme dans l'Auxerrois où les biens ne furent remis que le 31 janvier 1317. Leonardo de Tibertis obtient la remise de la plus grande partie des biens des Templiers entre 1313 et 1317 après une menace de sanction de Jean XXII le 5 décembre 1317. En fin de compte, l’Hôpital augmentera grandement ses possessions en France, sur les 106 commanderies de la Langue de France, 68 provenaient des Templiers.






La situation était totalement différente dans la péninsule Ibérique, les souverains catholiques luttent dans la Reconquista (9) au nom de la chrétienté, donc du pape, contre les envahisseurs musulmans. Les rois de Castille, d'Aragon et de Portugal n'étaient pas insensibles non plus à la puissance des forteresses templières et à la fidélité des ordres militaires à la papauté. Les négociations engagées entre le pape Clément V et le roi du Portugal ou d'Aragon montreront la volonté des rois catholiques à soumettre à leurs pouvoirs les ordres militaires.


a) Dans le royaume d’Aragon

Jacques II le Juste (10) refuse d'abord de suivre Philippe le Bel mais le 1er décembre 1307, devant la menace de résistance, ceux-ci fortifiaient leurs châteaux, il ordonne l'arrestation des Templiers. Dans le royaume de Valence (11), les templiers à l'image du maître de province Exemen de Lenda (12) se rendent rapidement, d'autres en Catalogne et en Aragon, autour de Raymond Sa Guardia, commandeur du Mas Deu (13), résistent aux troupe royales jusqu'en juillet 1309.

Les négociations avec le pape commencèrent entre le 14 février et le 1er avril 1313. Les émissaires aragonais arguèrent que beaucoup des forteresses avaient été données aux Templiers par le roi d'Aragon, il ne semblait pas raisonnable de les confier à d'autres personnes sans la volonté et l'assentiment du roi. Aussi la grande résistance des Templiers en Aragon lors de leur arrestation illustrait la puissance militaire qui pouvait être déployée à partir de ces forteresses. En conséquence, Jacques II le Juste souhaitait rester maître des forteresses et que les biens valenciens des Templiers seraient dévolus à l'ordre de Calatrava (14) ou de Santiago (15), enfin tous les anciens Templiers devraient lui jurer fidélité.


Mais Clément refusa, arguant qu'il ne pouvait trancher ainsi le conflit sans causer de scandale. Un cardinal conseilla aux émissaires de taire leurs revendications, d'accepter la décision papale, et de ne poser leurs conditions qu'en Aragon mais le pape rejeta cette solution comme contraire à la justice et à toute raison.


À l'annonce de la maladie du pape, Jacques II suspendit les tractations. Clément V meurt le 20 avril 1314, son successeur Jean XXII est élu le 7 août 1316 et un compromis est trouvé le 10 juin 1317 par la bulle Pia matris ecclesie.


Dans le royaume d'Aragon (16) et le comté de Barcelone (17), les biens du Temple iront à l’Hôpital, mais devant les manœuvres de retardement l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ne rentrera en possession des biens templiers que le 22 juillet 1319. Les Templiers avaient bien souvent vendu leurs biens à des personnes de confiance pouvant leur procurer des ressources pour organiser la résistance.


Dans le royaume de Valence, les biens templiers et hospitaliers seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé Ordre de Montesa (18), sa principale forteresse mais sous le contrôle de l'ordre de Calatrava pour éviter tout lien avec l'ancien ordre du temple. Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle Ad fructus uberes de Jean XXII en date du 10 juin 1317, et il reçut le 22 novembre 1317, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Le premier grand maître de l'ordre de Montesa nommé par le pape sera Guillem d'Erill, un hospitalier catalan, le 22 juillet 1319 qui meurt le 4 novembre, son successeur est aussi un hospitalier, Arno de Soler. Tous les biens du Temple et de l’Hôpital lui sont effectivement dévolus le 22 juillet 1319, les Hospitaliers ne gardant que leur maison de Valence et ses dépendances.


b) Dans le royaume de Castille

Au lieu de se lancer comme les Aragonais dans des négociations avec le pape, Ferdinand IV de Castille 19) prit possession purement et simplement des biens et terres templières en Castille, sans s'embarrasser des réactions papales. S'il en garde certains, il en vend d'autres à l'ordre d'Alcantara qui s'empare aussi de biens templiers par la force. Nombre de familles nobles, souvent donatrices des biens, récupèrent ceux-ci au prétexte qu'ils leur appartenaient.

N'ayant pas fait valoir leurs demandes au concile, et Ferdinand IV mourant à ce moment, Jean XXII refuse la création d'un nouvel « ordre national » à Alphonse XI (20) en 1331 arguant qu'il existait déjà les ordres d'Alcantara, de Calatrava et de Santiago.


Les Hospitaliers et le Saint Siège s'offusquèrent de cette spoliation, car aucun des 21 châteaux et 32 commanderies ne semble avoir été dévolu aux Hospitaliers. Pourtant Alphonse XI avait souscrit le 8 novembre 1319 à la dévolution mais il ignora une relance du pape du 1ermai 1320.

L'affaire dura tant et si bien qu'en 1366, le pape Urbain V se plaignait, encore en vain, que le royaume de Castille n'avait toujours pas rempli ses obligations vis-à-vis de l'ordre de l'Hôpital qui finalement ne reçut jamais les biens spoliés. Le Royaume de Castille réussissait ce que Philippe le Bel n'avait pas réussi en France.


c) Dans le royaume du Portugal

Denis I (21) ne s'embarrasse pas de manière, il incorpore les biens des Templiers directement au domaine royal pour les soustraire à l’Église.

Denis I, comme en Espagne, et pour les mêmes raisons d'affirmation du pourvoir royal, refuse au pape la réunion des biens du Temple à ceux des Hospitaliers. Après des négociations encore plus longues qu'en Espagne, sans compensation, mais pas sans pression, dès 1318, les anciens Templiers ne sont plus admis dans les congrégations portugaises. Denis obtient de Jean XXII une bulle le 14 mars 1319, permettant la création de la « Christi Militia » sous le patronage de Saint Benoît, sous le contrôle de l'ordre de Calatrava et sous la tutelle de l'abbaye cistercienne d'Alcobaça (22): c'est le nouvel ordre du Christ (23).

C'est le roi qui choisit le premier grand maître Gil Martins qui était alors maître de l'ordre d'Aviz (24). Le roi remet les biens des Templiers entre les mains de Martins le 1er mai 1320. La bulle prescrivait que le grand maître du nouvel ordre devait, avant sa prise de fonction, rendre hommage au roi et lui prêter serment, aucun grand maître n'oubliera cette obligation, faisant de l'ordre du Christ le plus fidèle soutien du pouvoir royal portugais. De plus les chevaliers de l'Ordre faisaient leurs vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance directement au roi. L'Ordre devenait un enjeu de pouvoir, de contrôle et de récompense pour la royauté vis-à-vis de sa noblesse. La papauté abandonnait ainsi beaucoup de ses prérogatives à la royauté et ouvrait, avec quinze ans d'avance sur l'ordre de la Jarretière (25), la voie aux ordres de chevaleries (26) qui ne relèveront que du pouvoir royal.

Le couvent est alors établi, non pas à Tomar, siège des anciens Templiers, mais à Castro Marim dans le diocèse de Faro. En 1357, l'Ordre déménage à Tomar, sous la maîtrise du 6e grand maître, Dom Nuno Rodrigues. Beaucoup d'anciens Templiers trouvent leur place au sein de l'ordre du Christ comme Vasco Fernandes, dernier maître du Temple au Portugal qui est nommé commandeur de Montalvão.



d) Dans le royaume de Navarre


Pendant toute « l'affaire templière » le roi de Navarre est Louis 1er. Sa politique envers les Templiers, appliquée en Navarre, est totalement calquée sur celle de Philippe le Bel, son père. Les Templiers en Navarre sont arrêtés, mis à la question, leurs biens confisqués puis dévolus comme au Royaume de France le 20 avril 1313. Comme roi de France et de Navarre, Charles X continuera la même politique que son père en cherchant à taxer les Hospitaliers en échange de la dévolution des biens templiers en France comme en Navarre.


e) Dans le royaume de Majorque

Le roi de Majorque Sanche 1er (27) n'a pas fait valoir ses demandes au 1er février 1313, Jean XXII lui refuse la création d'un nouvel « ordre national », Sanche tente alors de s'approprier les biens des templiers mais il ne peut s'opposer au pape et les Hospitaliers obtiennent la dévolution des biens du Temple en février 1314.






a) Dans le royaume d’Angleterre

Dans un premier temps Edouard II d'Angleterre prend la défense des Templiers, le 30 octobre et le 10 décembre 1307, il écrit même dans ce sens au pape, au roi du Portugal, de Castille, d'Aragon et de Naples. Mais le 8 janvier 1308, devant l’insistance du pape, il assigne à résidence les Templiers, jugés en 1309, ils seront absouts en 1310. Quatre jours à peine après la bulle Ad providam, des lettres du pape furent envoyés au clergé en Angleterre, en Écosse et en Irlande mais le roi Édouard II ordonna en août de ne plus procéder à la remise des biens avant la tenue du prochain parlement. Le processus fut ainsi bloqué jusqu'à l'année suivante alors que les descendants des donateurs des biens du Temple continuaient à réclamer leurs restitution. Les biens des Templiers sont exploités au profit de la couronne qui percevra ainsi 9 250 livres d'esterlin (4 % des ressources domaniales annuelles de l'ensemble des biens de la couronne) entre 1308 et 1313.

Le pape interviendra en 1317 et en 1322 pour rappeler au respect de la bulle Ad providam. Ce n'est qu'en 1324 que les biens templiers d'Angleterre commencent à être effectivement dévolus aux Hospitaliers, qui prennent cette année-là possession de l'Église du Temple à Londres, siège provincial, et surtout des archives du Temple, qui leur permettent d'ester en justice pour recouvrer les biens qui leur sont dévolus. Il faudra encore une visite en personne de Leonardo de Tibertis, en 1327, pour débloquer certaines situations. Un état des lieux dressé par le prieur de la langue d'Angleterre montre qu'en 1338, 13 domaines sont encore possédés par des familles nobles puissantes (comme les Pembroke et les Arundel) et que certains litiges ne sont toujours pas réglés en 1379. En Écosse, la dévolution est effective en 1354, la principale commanderie d’Écosse est remise aux Hospitaliers en 1351.


b) Dans les principautés germaniques

Les princes germaniques, séculiers ou ecclésiastique, avaient généralement pris la défense des Templiers. Mais ces princes surent aussi se servir en s'attribuant des biens saisis. Les synodes des provinces de Trèves et de Mayence absoudront les Templiers. Les Hospitaliers, à des périodes diverses, obtiendront la dévolutions des biens templiers, certaines commanderies reviendront à l'ordre Teutonique.


c) Dans le royaume de Hongrie


En respect des bulles papales, les biens templiers sont progressivement dévolus aux Hospitaliers comme Dubica et Gora dès 1314, Szentmarton en 1320, Vrana en 1328 - qui deviendra grand prieuré hospitalier hongrois après avoir été la maison cheftaine des Templiers - mais aussi Glogonca seulement en 1340.



(1)  Vox in excelso est une bulle pontificale fulminée datée du 22 mars 1312, mais rendue publique uniquement le 3 avril de la même année par le pape Clément V, lors du concile de Vienne. Elle établit officiellement la dissolution de l'Ordre du Temple.

Elle fut adoptée lors d'un consistoire secret quelques jours avant sa publication, auquel assistèrent quelques cardinaux. Les quatre cinquièmes de l'assistance se prononcèrent pour la suppression.



(2) Le concile de Vienne est pour l'Église catholique romaine le quinzième concile œcuménique. Il fut convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Il se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 à Vienne et aboutit à la suppression de l'Ordre.

Outre la question centrale des Templiers, ll traita également de la querelle des spirituels qui divisait l'ordre franciscain. Il interdit les béguinages, et légiféra sur la présence de l'islam en terre chrétienne. Les propositions de réforme de Guillaume Durand, évêque de Mende, y furent présentées.






(3)
La bulle papale Pastoralis præeminentiæ, publiée par le pape Clément V le 22 novembre 1307, ordonnait à tous les rois chrétiens d'arrêter tous les membres de l'ordre du Temple, et de mettre sous séquestre toutes leurs terres et leurs biens, au nom de la papauté, à l'exception des possessions de l'ordre dans la péninsule ibérique.

Publiée pendant le procès des templiers par le roi de France Philippe IV le Bel, cette bulle a eu un impact considérable sur le sort des templiers et, plus important encore, sur la position du Saint-Siège à propos de cette affaire.

Clément V entendait de cette manière garder le contrôle sur la procédure lancée par Philippe le Bel en l'empêchant de clore trop prématurément le procès. Si le pape s'était abstenu de faire une telle démarche, cautionnant du même coup par son silence l'action entamée par le roi de France contre l'ordre le 13 octobre de la même année (1307), on aurait probablement abouti à un arrangement entre Carpentras et Paris, en faveur du roi.

Bien au contraire, la bulle Pastoralis præeminentiæ garantissait que le procès serait public, et mené conjointement par les légats du pape et les légistes royaux.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DEVOLUTION DES BIENS DE L'ORDRE DU TEMPLE   Mar 12 Juil - 13:57

(4) Ad providam (Prévoir ...) est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 2 mai 1312lors du Concile de Vienne. Elle donne à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem les biens et terres de l'ordre du Temple alors aboli par la bulle Vox in excelso (La voix haute ...) du22 mars 1312.



(5) Considerantes Dudum est une bulle pontificale. Elle a été fulminée par le pape Clément V le 6 mai1312 lors du Concile de Vienne.
Elle avait pour but de fixer le sort des templiers après le procès en hérésie qui avait été instruit à leur encontre :

• ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verront attribuer une rente et pourront vivre dans une maison de l'ordre,
• tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiront un châtiment sévère (la peine de mort).

D'après cette bulle, le sort des principaux dignitaires à savoir le maître de l'ordre, le visiteur de France, le maître de la province de Terre sainte, celui de Normandie, celui d'Aquitaine/Poitou et celui de Provence ainsi que le cubiculaire Olivier de Penne devait être réservé à la décision du pape1 mais ce ne fut pas le cas pour les premiers cités.






(6) La livre tournois (parfois écrit « livre Tournois », abrégé L, liv., lt, ₶, ou £) est une ancienne monnaie de compte française valant 240 deniers ou 20 sous, frappée originellement à Tours et qui fut utilisée en France sous l'Ancien régime. Elle remplace progressivement la livre parisis à partir du XIIIe siècle mais ne devient l'unique monnaie de compte qu'en 1667. Elle disparaît au moment de la création du franc français en 1795.






(7) L'amortissement est une redevance payée au roi, quand un immeuble est acquis par legs ou héritage, par des gens de mainmorte(corporations, communautés d'habitants). Le paiement garanti le transfert de propriété.

Le roi (et auparavant le seigneur) trouve dans l' amortissement une compensation au fait que le nouveau propriétaire ne paie pas les droits de mutation. Le clergé catholique principal bénéficiaire de la générosité des fidèles est particulièrement visé. Un amortissement de ses biens lui est demandé en 1639, il doit alors débourser 5,5 millions de livres. En 1689, il doit payer 18 millions. Les seigneurs sont bénéficiaires d'un système comparable appelé indemnité.






(08)  Le terme de mainmorte (parfois mortemain) s'applique à :
• des personnes physiques : les serfs (les gens de mainmorte) ;
• des biens matériels (les biens de mainmorte).


La mainmorte est l'incapacité dont sont frappés les serfs en France au Moyen Âge de transmettre leurs biens à leur décès. Son objectif était d'éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie : durant sa vie, le serf jouissait librement de ses biens personnels ; il pouvait disposer de son manse avec la permission de son seigneur mais il était privé de la faculté de faire son testament et, à sa mort, ses biens revenaient à son seigneur selon le principe : « Le serf mort, saisit le vif son seigneur ».
Le terme mainmorte est un symbole qui en réalité reflète l'impuissance du serf à transmettre son patrimoine au reste de sa famille, après sa mort.







(9)  La Reconquista (mot espagnol et portugais, en français Reconquête) est le nom donné à la reconquête des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. Elle commence en 722dans les Asturies, et s'achève le 2 janvier 1492 quand Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, les « Rois catholiques » (Los Reyes Católicos), chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade, achevant l'unification de l'essentiel de l'actuelle Espagne — excepté la Navarre, incorporée en 1512.

Depuis le VIIIe siècle, une grande partie de l'Espagne est sous domination musulmane. À la toute fin du XIe siècle, le pape Urbain II encourage la Reconquista de l'Espagne occupée par les Maures. Au XIIe siècle, les États chrétiens du nord de l'Espagne commencent donc la reconquête. L'avancée est lente, mais au milieu du XIIIe siècle, après la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa, il ne reste aux musulmans que le petit royaume de Grenade qui finira par tomber en 1492.





(10)  Jacques II d'Aragon
dit le Juste (en catalan Jaume El Just, en castillan Jaime el Justo), né le10 août 1267 à Valence et mort le 2 novembre 1327 à Barcelone, est roi de Sicile, puis roi d'Aragon, comte de Barcelone et roi de Valence. C'est le second fils de Pierre III d'Aragon et de Constance de Hohenstaufen.

Il est d'abord roi de Sicile de 1285 à 1291 sous le nom de Jacques Ier puis, à la mort de son frère aîné le roi d'Aragon Alphonse III le Franc, abandonne la Sicile à son jeune frère Frédéric II de Sicile pour devenir lui-même roi d'Aragon de 1291 à 1327.

En 1295, il occupe le royaume de Murcie aux dépens de la Castille, mais il doit rendre ce royaume en 1304 par le traité de Torrellas.

Il a un rôle important pour la gestion des biens et des personnes lors de la dissolution de l'Ordre du Temple dans le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le royaume de Valence, comme le détermine la bulle pontificale Ad providam du 2 mai 1312.





Jacques II d’Aragon







(11)  Le royaume de Valence
(en latin : Regnum Valentiae ; en catalan : Regne de València ; encastillan : Reino de Valencia) a été fondé en 1238 par le roi Jacques Ier d'Aragon surnommé « le Conquérant », dans le cadre de la Reconquista, après avoir conquis l'ancienne taïfa de Balansiya. Il fut augmenté par des annexions postérieures d'autres territoires.

Jacques Ier, en voyant qu'il sera difficile de repeupler tant de territoires conquis, essaya de conserver certains des privilèges de la population d'origine en respectant leurs religions et coutumes ; il proclama Los Furs (los fueros en castillan). Il organisa la région avec une entité de royaume mais faisant partie de la Couronne d'Aragon. Elle fut ainsi dépendante de la couronne mais avec une administration lui appartenant en propre.

La création du royaume provoqua une réaction irritée de la noblesse aragonaise et catalane, qui voyaient ainsi devenue impossible la prolongation de leurs seigneuries dans les terres valenciennes. Intégré à la Couronne d'Aragon, le royaume de Valence suivit le destin politique du royaume du même nom. Son territoire est environ celui de l'actuelle communauté valencienne.






(12) Exemen de Lenda (Simon de Lenda, Ximen de Lenda) était un dignitaire de l'ordre du Temple qui fut le dernier maître de province en Aragon et en Catalogne.





(13) La commanderie du Mas-Deu se situe dans le département des Pyrénées-Orientales à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Perpignan sur la commune de Trouillas.




La chapelle de la commanderie
du Mas-Déu, à Trouillas








(14)  L’ordre de Calatrava est un ordre militaire hispanique fondé au XIIe siècle. Il est le premier ordre militaire espagnol.







L’emblème de l’ordre: la croix
fleur-de-lysée de gueules







(15)  L'ordre de Santiago (Saint-Jacques de l'Épée) est un ordre militaire et religieux catholique, aujourd'hui ordre honorifique en Espagne et au Portugal.










(16)  Le royaume d'Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l'union des comtés d'Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d'Espagne par les décrets de Nueva Planta.







(17)  Le comté de Barcelone (en latin Barcinonensis Comitatus) est à l'origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du VIIIe siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d'Espagne, province frontière face aux musulmans d'Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche.






(18)   L’ordre de Montesa était un ordre militaire valencien fondé au XIVe siècle.


Après la suppression des Templiers en 1312, le roi d’Aragon Jacques II le Juste s’opposa à la décision pontificale de transfert des biens du Temple à l’ordre de l’Hôpital. Après quelques affrontements, un compromis fut trouvé : dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, les biens du Temple iraient à l’Hôpital, mais dans le royaume de Valence, les biens des deux ordres seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé d’après sa principale forteresse, Montesa. Les territoires relevant de cet ordre ont reçu le nom de Maestrat (en valencien) ou Maeztrazgo (en castillan). Le Maestrat est divisé aujourd'hui en Baix Maestrat et Alt Maestrat.

Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle en date du 10 juin 1317, la règle le 22 novembre et avec acceptation le 3 décembre 1317, par le pape Jean XXII, qui lui donna, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne, et placé sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Tous les biens du Temple lui sont transférés en 1319, lorsque ceux-ci furent jugés par le pape « non coupable et réconcilié avec la Foi. »
Le rôle fondamental de l’ordre était la défense de la frontière sud du royaume valencien.

En 1400, il absorbe l’Ordre de Saint-Georges d'Alfama, du royaume d’Aragon-Catalogne, dont il adopte la simple croix rouge ; c’était l’ancienne croix du Temple.

En 1587, il fut rattaché à la Couronne d’Espagne, et le roi en devint le Grand Maître en 1594.

Au XIXe siècle, l’état espagnol expropria l’ordre de ses possessions. Par conséquent, aujourd’hui, il n’est plus qu’un ordre honorifique.




l’emblème de l’ordre : la croix de
gueules fleur-de-lysée de sinople








(19)   Ferdinand IV de Castille, dit l'Ajourné, est né à Séville le 6 décembre 1285, il meurt à Jaén, le7 septembre 1312 (à 26 ans). Il est le fils de Sanche IV de Castille et de María de Molina. Inhumé tout d'abord en la chapelle royale de la cathédrale de Cordoue, son corps sera finalement transféré en l'église collégiale de San Hipolito à Cordoue.







(20)  Alphonse XI de Castille
(Alfonso XI en castillan) (né le 13 août 1311 à Salamanque - mort le 26 mars 1350 à Gibraltar) fut roi de Castille et de León. Alphonse XI était le fils du roi Ferdinand IV(1295-1312) et de Constance de Portugal. Connu comme "le Justicier" (El Justiciero en castillan), il fut un des monarques les plus marquants du Moyen Âge ibérique par sa participation à la Reconquista et ses décisions touchant à l'organisation administrative du royaume.






(21)  Denis de Portugal, surnommé le Laboureur, le Roi Agriculteur, le Roi Poète, le Roi Troubadourou le Père de la Patrie ou encore le Libéral, naquit à Lisbonne le 9 octobre 1261 et mourut à Santarém le 7 janvier 1325. Il était le deuxième fils du roi Alphonse III et de son épouse l'infante Béatrice de Castille (1242-1303) et devint le sixième roi de Portugal en 1279 (et le cinquième de l'Algarve) à la place de son aîné Robert qui avait été déclaré bâtard de Mahaut de Dammartin. Il est en outre considéré comme l'un des plus importants poètes troubadours portugais des XIIIe et XIVe siècles.










(22)   Le monastère de Santa Maria d'Alcobaça, au nord de Lisbonne, Portugal, est fondé au XIIe siècle par le roi Alphonse Ier. Par l'ampleur de ses dimensions, la clarté du parti architectural, la beauté du matériau et le soin apporté à l'exécution, il est considéré comme un chef-d'œuvre de l'art gothique cistercien. Le monastère est imprégné de l'idéal de simplicité ascétique prôné par saint Bernard, une simplicité que les transformations successives apportées au fil des siècles n'ont pas altérée. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO depuis 1989. Il est déclaré en juillet 2007 comme une des sept merveilles du Portugal.




La façade de l'abbaye d'Alcobaça






(23)  L'ordre du Christ
(Real Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo) est un ordre honorifique officiel de la république portugaise ayant pour grand-maître le président de la république portugaise.

C'est à l'origine un ordre militaire religieux qui reçoit en dévolution les biens de l'ordre du Temple au Portugal après leur disparition en 1312. Il a été fondé en 1319, par la bulle Ad ea ex quibus de Jean XXII en date du14 mars 1319, permettant la création de la « Christi Militia » sous le patronage de Saint Benoît.

L'ordre se développe sous Henri le Navigateur, grand maître de l'Ordre. C'est durant le règne de Manuel Ier que l'ordre entame une évolution d'un ordre régulier vers un ordre séculier. En 1529 et 1530, Jean III, aidé du frère Antoine de Lisbonne, tente de ramener l'ordre à ses origines sans grand succès. D'autre tentatives échouent encore comme la dernière celle de Marie la Pieuse. En 1834, quand le gouvernement devient anti-catholique après la défaite de Michel Ier lors de la guerre civile, avec la suppression des ordres religieux, et la confiscation de leurs biens, l'ordre du Christ disparaît définitivement en tant qu'ordre religieux militaire pour n'être plus au Portugal qu'un ordre honorifique permettant à la royauté constitutionnelle de distinguer les membres de sa noblesse.


Avec la révolution du 5 octobre 1910, l'ordre est supprimé comme tous les ordres honorifiques puis rétabli en 1917, pour décorer les combattants de la Première Guerre mondiale. Depuis ce moment l'ordre du Christ, ayant pour grand-maître le président de la république portugaise, est un ordre honorifique officiel de la république portugaise.


En cinq siècles, de 1319 à 1834, l'ordre évolue d'un ordre religieux militaire à un ordre honorifique de la royauté portugaise. Après une courte suppression de 1910 à 1917, il est finalement rétabli comme ordre honorifique de la république portugaise. Il faut noter que parallèlement à l'ordre religieux militaire, le Saint-Siège décerne une distinction honorifique sous le nom d'ordre du Christ, ce qui a créé quelques conflits entre royauté portugaise et papauté. Il existe aussi quelques ordres de fantaisie ou pseudo ordres qui se réclament sans véritables fondements de l'ordre du Christ ou, mythologie oblige, des Templiers portugais.




Croix de l’ordre du Christ





(24)  L’ordre d’Aviz
(en portugais ordem de Avis), ou ordre de Saint-Benoît d’Aviz (Ordem de São Bento de Avis), est un ordre religieux militaire portugais fondé au XIIe siècle.




L’emblème de l’ordre : la croix
fleur-de-lysée de sinople







(25) Le très noble ordre de la Jarretière (Most Noble Order of the Garter) est le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques, fondé le 23 avril 1348 le jour de la Saint Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III.


Selon la légende, la création de cet ordre aurait été décidée par le roi Édouard III lors d'un bal à Calais, où il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son genou et coupa court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honi soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. »

Cet ordre de chevalerie, le plus ancien qui subsiste encore au XXIe siècle, rassemblait autour du souverain vingt-cinq chevaliers, membres à part entière. Les hommes sont appelés « chevaliers compagnons ».

Des femmes ont été associées à l'ordre, mais n'ont jamais été membres avant le règne d'Édouard VII. Elles sont alors nommées « dames de la Jarretière ». Depuis 1987, les femmes peuvent être reçues à un grade équivalent à celui de chevalier, et peuvent faire partie des 25 membres. Elles sont nommées « dames compagnons ».

L'ordre inclut aussi des membres supplémentaires (de la famille royale ou des souverains étrangers) depuis 1813, appelés « chevaliers et dames surnuméraires ».

La devise de l'ordre est : « Honi soit qui mal y pense », avec un seul « n », selon l'orthographe de l'époque.

Les chevaliers et dames de l'ordre sont nommés par la reine sans consultation du premier ministre. Il s'agit du plus grand honneur du Royaume-Uni, à l'exception de l’ordre du Chardon en Écosse.




Emblème de l'ordre de la Jarretière







(26) Les ordres de chevalerie apparaissent au XIVe siècle. S'ils affirment dans leurs statuts leur volonté de régénérer la chevalerie ou plutôt l'esprit chevaleresque, leur création s'explique aussi par des raisons politiques. Beaucoup d'ordres disparurent rapidement, mais certains encore en vigueur, ne doivent pas être confondus avec les créations, au XIXe siècle principalement, de pseudo ordres, dits ordres de fantaisie.





(27)  Sanche I (en catalan Sanç I), né en 1276 et mort le 4 septembre 1324 à Formiguères, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, seigneur de Montpellier, est un souverain catalan du XIVe siècle.
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