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 HISTOIRE DE L'ORDRE

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Lanaelle
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Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: HISTOIRE DE L'ORDRE    Mar 12 Juil - 14:03




1. HISTOIRE

2. HISTORIOGRAPHIE

3. APPELLATIONS DE L’ORDRE ET NOM DE SES MEMBRES

4. HISTOIRE DE L’ORDRE

A. En Terre Sainte
a) Avant les croisades
b) La fondation (1113)
c) La structuration de l’Ordre (XIIe siècle)
d) Le rôle des Hospitaliers en Terre Sainte
e) De Jérusalem à Saint Jean d’Acre et Chypre (1187-1291)

B. A Chypre et à Rhodes
a) Chypre : la réorganisation de l’ordre b) Rhodes : souveraineté et richesse
    c) Les menaces musulmanes
d) La chute de Rhodes (1523)

C. A Malte


E. L’éclatement de l’Ordre

5. Organisation de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem
A. La règle de l’Ordre
B. Organisation hièrarchiqe
a) Les Grands maitres de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem
C. Organisation territoriale

6. Signe distinctifs de l’Ordre
A. vêtements
a) jupon d’armes (ou surcot)
B. Héraldique
C. Vexillologie
a)  Pavillon navale
 

7. Le rayonnement de l’Ordre
A. Une puissance maritime
B. Une puissance coloniale
C. L’Ordre et la culture
D. L’Ordre et la médecine



8. LES MAITRES DE L’ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM




SOURCES : Wikipédia






Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 14 Juil - 14:24, édité 1 fois
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Mer 13 Juil - 14:39




L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom deOrdo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.






L'origine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem remonterait à la fin du XIe siècle dans l'établissement des marchands amalfitains à Jérusalem et la création d'hôpitaux, d'abord à Jérusalem, puis en Terre sainte, d'où leur nom d'« Hospitaliers ». À la suite de donations, ils vont posséder des établissements, prieurés et commanderies dans toute l'Europe catholique. À l'instar des Templiers, il assume rapidement une fonction militaire pour défendre les pèlerins qu'il accueille sur les chemins de Jérusalem, puis pour combattre les Sarrasins aux côtés des Francs de Terre sainte.

Après l'expulsion des Croisés de Terre sainte (1291), l'Ordre s'installe à Chypre avant de conquérir l'île de Rhodes (1310) et de devenir une puissance maritime pour continuer à être le rempart de la chrétienté contre les Sarrasins. À la suite de la disparition de l'ordre du Temple en 1314, les Hospitaliers reçoivent les biens des Templiers, ce qui fait d'eux l'ordre le plus puissant de la chrétienté.

Expulsé de Rhodes en 1523 par la conquête turque, l'Ordre s'installe à Malte en 1530, dont il est considéré comme le souverain par décision de Charles Quint. Avec sa flotte maritime de guerre, l'Ordre se transforme en une puissance politique qui prend de plus en plus d'importance en Méditerranée centrale jusqu'à la bataille de Lépante (1)(1571) et jusqu'aux premiers traités des royaumes d'Europe avec les Ottomans. Après quoi il se consacre surtout à des opérations de guerre de course (2) et transforme Malte en magasins d'échanges du commerce méditerranéen avec une quarantaine (3) reconnue dans tous les ports de Méditerranée. En 1798, Bonaparte expulse le grand-maître et les chevaliers de l'archipel maltais (4) au nom de la République française. L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul Ier de Russie, une majorité de chevaliers s'exilent à Saint-Pétersbourg et élisent le tzar comme grand maître en 1798.

Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch (5) en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, fondé officiellement en 1961.







À la différence des Bénédictins (6) ou des Ordres mendiants (7), les ordres militaires ne se sont intéressés qu'assez tard à leur histoire. À l'origine les textes historiques se limitent à l'obituaire (08), qui incorpore progressivement à partir du XIVe siècle des détails sur la vie des membres de l'Ordre, mais aussi des développements légendaires. Il a été un temps où les Hospitaliers faisaient remonter leurs origines aux bibliques Maccabées (9). Il ne faut pas oublier Guillaume de Tyrb (10) et ses continuateurs dont les textes publiés au milieu du XVIe siècle sont traduits en italien en 1562. En relatant les croisades, ils peignent aussi une histoire des Hospitaliers.

Les premiers textes à caractère historique émanant des Hospitaliers sont l’œuvre de Guillermo de Santo Stefano, commandeur de Chypre. Il est le premier à faire une recension des textes législatifs de l'Ordre et vers 1303, il entreprend une compilation qui regroupe la règle et les statuts de l'Ordre, une chronologie des grands maîtres, un recueil des décisions disciplinaires, les Miracula et une étude critique sur les origines de l'Hôpital, l'Exordium Hospitalis.

Confronté à des critiques extérieures, ou plus simplement pour valoriser leurs actions et encourager les donations, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem va susciter des annales. Au milieu du XVe siècle, Melchiore Bandini, chancelier de l'Hôpital, est l'auteur d'un ouvrage perdu depuis, mais dont, au XVIe siècle, Giacomo Bosio (11) (1544-1617) a encore la mémoire.

La Descriptio obsidionis Rhodie urbis de Guillaume Caoursin (12), est un texte au service de la propagande de l'ordre ; il connaît un grand succès et les éditions et traductions se multiplient entre 1480 et 1483.

Un document intéressant pour l'histoire des ordres militaires est un texte écrit vers la fin du XVe par un frère de l'ordre Teutonique (13), la Chronik der vier Orden von Jerusalem. Cette chronique met en lumière, dans sa première partie, l'origine hiérosolymitaine des ordres militaires ainsi que des chanoines du Saint-Sépulcre (14). Si l'origine des Teutoniques et des Chanoines est quelque peu anticipée, celle des Templiers et des Hospitaliers est relativement bien cernée.

Heindrich Pantaleon (1522-1627) publie, à Bâle en 1581, une première histoire basée sur les archives de l'ordre : Militaris ordinis Johannitorum, Rhodiorum aut Melitensium equitum rerum memorabilium [...] pro republica christiana [...] gestarum ad praesentem usque 1581 annum. Mais l’œuvre majeure de cette période est l’Istoria della sacra Religione et illustrissima militia de San Giovanni Gerosolimitano que Bosio publie en trois volumes à Rome entre 1594 et 1602. L’Istoria de Bosio est traduite en français et complétée par un frère de l'Ordre, Anne de Nabérat, publiée en 1629 à la demande du grand maître Alof de Wignacourt (15). Bosio et Nabérat font un récit narratif et clairement réclamé comme hagiographique. Malgré cela ce texte est d'une grande valeur historique, Bosio s'appuie sur des sources incontestables.

En 1726 parait l’œuvre de l'abbé de Vertot (16). Il a, précédemment à l'écriture, fait la recension de toutes les sources alors disponibles. S'il doit à Giacomo Bosio, il utilise les sources regroupées par François Pithou (1544-1624), par Jacques Bongars (17), Jacques de Vitry (18), Marin Sanudo, mais aussi Guillaume de Tyr, Heindrich Pantaleon, Bosio et son continuateur Bartolomeo dal Pozzo.

Avec Joseph Delaville Le Roulx (19) l'histoire des Hospitaliers se veut plus scientifique. Il fait un énorme travail de documentation : il publie en quatre volumes entre 1894 et 1906 près de 5 000 documents ayant trait aux deux premiers siècles de l'histoire de l'Ordre, Cartulaire général de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1100-1310). Ses deux volumes Les Hospitaliers en Terre sainte et à Chypre, publié en 1904, et Les Hospitaliers à Rhodes jusqu'à la mort de Philibert de Naillac, publié en 1913, se présentent comme un travail érudit et de qualité.

Le XXe siècle voit l'explosion d'une histoire parcellaire faites de monographies très spécialisées et/ou circonscrites localement ou temporellement. Il faut attendre le travail de synthèse de Jonathan Riley-Smith avec The Knights of St John in Jérusalem and Cyprius (1150-1310) publié en 1967 pour voir apparaître un nouveau travail historique sur les Hospitaliers : Riley-Smith avec Hospitalers, The History of the Order of St John en 1999 ou Helen Nicholson avec The Knights Hospitaller en 2001. En dépit des sources existantes à Malte, sources souvent inédites, restent quand même des lacunes pour la période rhodienne, malgré les nombreux articles définitifs d'Anthony Lutrell regroupés en cinq volumes The Hospitallers in Cyprius, Rhodes, Greece and the West, 1291-1440 (1978), Latin Greece, the Hospitallers and the Crusades, 1291-1440 (1982), The Hopitallers of Rhodes and their Mediterranean World (1992), The Hospitaller State on Rhodes and in Western Provinces (1999) et Studies on the Hospitallers after 1306. Rhodes and the West (2007).

Au XXIe siècle s'ouvre avec le travail de Judith Bronstein The Hospitalers and the Holy Land. Financing the Latin East, 1187-1274 (2005) un champ d'études encore largement ignoré : les aspects économiques de l'Ordre qui « pratiquait la banque » et qui devait financer ses activités sur « le front » par ses ressources financières et ses activités terriennes « à l'arrière » pour reprendre les expressions d'Alain Demurger. Il est aussi possible de citer sur ce sujet l'étude d'Alain Blondy Parfum de Cour, gourmandise de rois. Le commerce des oranges entre Malte et la France au XVIIIe siècle (2003). D'autres champs d'études sont aussi récemment abordés comme ceux de l'activité religieuse ou politique de l'Ordre ou de l'activité sociale de ses frères avec le recueil d'articles de Victor Mallia-Milanes dansHospitaller Malta, 1530-1798 (1993) ou Carmen Depasquale La vie intellectuelle et culturelles des chevaliers français à Malte auXVIIe siècle ou encore Alain Blondi L'Ordre de Malte au XVIIIe siècle, Des dernières splendeurs à la ruine (2002).







S'il est une chose difficile à déterminer c'est le nom de cet Ordre. Comme le signale Alain Demurger dans l'avant propos de son livre sur les Hospitaliers : « On trouve souvent utilisée, dans les titres des ouvrages [et pas seulement dans les ouvrages anciens] consacrés à l'histoire de l'ordre de l’Hôpital, l'expression de « Chevaliers hospitaliers », de « chevaliers de l'Hôpital » ou de « Chevaliers de Saint-Jean » [...]. Cette expression n'est pas conforme à la réalité et à l'histoire des premiers siècles de l'Ordre. » Si l'expression de chevalier est apparue dès l'origine dans le nom de l'ordre du Temple, ce n'est pas le cas pour l'ordre de l'Hôpital ; ses membres étaient et seront toujours des « Frères » éventuellement des « Frères chevaliers ». L'ordre de l'Hôpital était avant tout un ordre hospitalier, le premier et le dernier ordre hospitalier. Son couvent s'appelait la « sainte maison de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem » et la titulature du supérieur de l'ordre : l'« Humble maître de la sainte maison de l'Hôpital de Jérusalem et gardien des pauvres du Christ ».


Dans les sources primaires, à Malte où se trouve la partie des archives la plus importante, mais aussi partout ailleurs où l'Ordre avait des intérêts, dans tous les textes de l'Ordre, émis, reçus ou envoyés, et qui nous sont parvenus, les appellations de l'Ordre ne sont pas fixées : La Religion, L'Hôpital (20), Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ordre de l'Hôpital, ordre des Hospitaliers, ordre des Hospitaliers de Saint-Jean, ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, ordre des chevaliers hospitaliers, ordres des chevaliers de Rhodes, ordre des chevaliers de Malte, ordre de Saint-Jean, ordre de Saint-Jean de Jérusalem etc. Et cela dans toutes les langues pratiquées par l'Ordre, en latin ou en langues vulgaires comme le français, l'italien, l'espagnol, l'allemand, l'anglais etc.


Toutes ces appellations étaient aux yeux de leurs auteurs suffisantes dès qu'il ne pouvait pas y avoir confusion avec d'autres ordres. S'il est des textes qui doivent recevoir une attention particulière, ce sont les Règle de l'Ordre, statuts, usances et esgards car ces documents ont la volonté de produire un effet normatif, Mais là encore c'est la diversité qui règne. Ayant perdu Jérusalem, et s'installant là où ils voulaient ou là où ils pouvaient, l'Ordre ne changera pas de nom, il sera toujours « de Jérusalem ».


Les sources secondaires suivent la même diversité d'expressions, ce n'est que ces dernières années, avec la renaissance des études historiques sur les ordres hospitaliers et/ou militaires que l'on voit se détacher un consensus entre les auteurs. Il semble que la synthèse de Jurgen Sarnowsky de 2009 prévaut avec deux expressions : « ordre de l’Hôpital » et « ordre de Saint-Jean de Jérusalem ». « L'Hôpital » ou « L'Hospital » a aussi ses représentants. Une expression ancienne survit dans un secteur de l'activité de l'Ordre, la marine, où l'expression « La Religion » est courante.

Pour les noms des membres de l'Ordre cela paraît plus consensuel avec l'expression « Hospitaliers »  qui a tendance à prendre la place de « Frère » ou « Frère hospitalier » ou de sa version ancienne « Fra' ». Pour les chevaliers, les expressions de « chevaliers de l'Hôpital » ou « chevaliers hospitaliers », avec ses variantes « chevaliers de Rhodes » et « chevaliers de Malte », existent, même si Demurger les conteste.



(1) La bataille de Lépante
est l'une des plus grandes batailles navales de l'histoire. Elle s'est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce, à proximité de Naupacte — appelée alors Lépante. Dans le contexte de la Quatrième guerre vénéto-ottomane, la puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue à l'initiative du pape Pie V. La bataille se conclut par une défaite pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 20 000 hommes. L'événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte de 1565, il sonnait comme un coup d'arrêt porté à l'expansionnisme ottoman.
Certains historiens estiment qu'il s'agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d'Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaines.




(2) La guerre de course désigne les opérations navales menées par les corsaires. Par assimilation comparative, le terme est aussi utilisé pour désigner les opérations menées par les U-boote allemands pendant les Première et Seconde guerres mondiales contre les convois de ravitaillement alliés - le torpillage du RMS Lusitania (1915) étant le casus belli avancé par les États-Unis pour légitimer leur entrée en guerre aux côtés des Alliés pendant la « Grande Guerre ».

Durant la guerre de Sécession, la guerre de course est essentiellement pratiquée par le camp sudiste.





(3) La quarantaine (terme attesté en français depuis les années 1180 signifiant « espace de quarante jours ») est le fait de mettre à l'écart des personnes, des animaux, ou des végétaux durant une certaine période. Cet isolement sanitaire forcé avait pour but d'empêcher la transmission de maladies supposées contagieuses et est toujours utilisé en cas de suspicion de ce type de maladies. Elle désigne aussi au figuré la condition d'une personne mise volontairement à l'écart (ostracisme).




(4) L’archipel maltais
est constitué de huit îles, dont :

• quatre sont habitées : Malte (Malta en maltais), Gozo (Għawdex), Comino (Kummura) et l'île Manoel ;
• quatre autres sont inhabitées : Cominotto (Kemmunett), Filfla et les deux îles de Saint-Paul (Gżejjer ta' San Pawl).

L’archipel qui représente l'ensemble du territoire de la république de Malte est situé entre la mer Méditerranée orientale et occidentale, à 93 kilomètres au sud de la Sicile, à 288 kilomètres à l’est de la Tunisie1, à environ 340 kilomètres au nord de la Libye et à 570 km à l’ouest de la Grèce (ou plus précisément de la Céphalonie). Sa localisation stratégique lui a valu les convoitises de nombreuses civilisations au cours des âges.




(5) Ferdinand de Hompesch, plus exactement Ferdinand von Hompesch zu Bolheim, (Bolheim 9 novembre 1744–Montpellier 12 mai 1805) est le 71e grand maître2 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Admis dans l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à l'âge de quatre ans, le 9 décembre 17483, Ferdinand de Hompesch fut d'abord page du grand maître Manoel Pinto da Fonseca. Il fut nommé par la suite ambassadeur de l'Ordre à la cour d'Autriche, poste qu'il occupa pendant vingt-cinq ans, jusqu'au 17 juillet 1797, date de son élection comme grand maître.

Il n'opposa aucune résistance au débarquement puis à l'investissement de Malte par les troupes françaises commandées par le général Bonaparte à partir du 6 juin 1798. La capitulation fut signée le 11 juin. Malte devenait une possession de la République française. En dédommagement, il était prévu que le gouvernement de la République interviendrait pour faire obtenir au grand maître une principauté en Allemagne ; à défaut, il devait recevoir une pension de 300 000 francs et, dans tous les cas, une indemnité de 600 000 francs au titre de la perte de son mobilier. Les chevaliers français se voyaient attribuer une pension de 700 francs (1000 francs pour les chevaliers âgés de plus de 60 ans). Quant aux chevaliers des autres nations, le gouvernement français s'engageait à intervenir en leur faveur auprès des États concernés.

L'année suivante, Hompesch résigna ses fonctions de grand maître en faveur de l'empereur de Russie, Paul Ier.
Ferdinand de Hompesch est mort à Montpellier le 12 mai 1805 d'une crise d'asthme. Il est enterré dans l'église Sainte-Eulalie.










(6)  Bénédictins : L’ordre de Saint-Benoît [OSB], plus connu sous le nom d’ordre des Bénédictins, est une fédération de monastères ayant, au cours de leur histoire, adopté la règle de saint Benoît. Ainsi saint Benoît de Nursie (480-547) en est-il considéré comme le fondateur (en 529).

Ce n'est pas le plus ancien Ordre de l'Occident chrétien (cf. la Règle des moines de Saint-Augustin, la fondation de Ligugé par Saint Martin et de Saint-Victor de Marseille par Jean Cassien, et la laus perennis en 515 à l’abbaye de Saint-Maurice d'Agaune), mais c'est celui qui a connu le plus large succès ; ses membres suivent la règle de saint Benoît et appartiennent à la confédération bénédictine.




(7)  Un ordre mendiant est un ordre religieux qui dépend de la charité pour vivre. En principe, il ne possède ni individuellement ni collectivement de propriété : les religieux appelés frères ont fait vœu de pauvreté pour consacrer tout leur temps et leur énergie à leur vocation religieuse. Apparu avec la bourgeoisie urbaine médiévale, cet ordre vit dans des couvents dans les villes et se différencie des ordres monastiques, seigneuries vivant derrière une clôture et percevant des droits féodaux.




(08)  obituaire : Une nécrologie est un texte de longueur variable, publié dans un journal ou magazine peu après le décès d'une personnalité, et qui comprend généralement une courte biographie du défunt.




(9) Les Maccabées, Macabées ou Macchabées ( Makabim en hébreu) sont une famille juive qui mena la résistance contre la politique d’hellénisation forcée pratiquée par les Séleucides au IIe siècle av. J.-C.. Ils fondèrent la dynastie des Hasmonéens.

Le surnom de « Maccabée » est celui de Judas, troisième fils du prêtre Mattathias. L'étymologie en est controversée. Plusieurs explications ont été proposées pour ce surnom. Une proposition est qu'il vient du mot araméen maqqaba, qui signifie « marteau », allusion à sa force dans les batailles. Il peut aussi s’agir de l’acronyme MaKaBi formé des premières lettres du verset biblique Mi Kamokha Ba-elim, Hachem qui veut dire : « Qui est comme Toi entre les dieux, Seigneur », ou de Maqqebaï, abréviation pourMaqqabyahu, « désignation de Yahweh »; mais l'étymologie n'est pas assurée. De nombreux clubs sportifs israéliens portent ce nom car « marteau » prend le sens de « mouvement ».

Dans la tradition chrétienne, le nom de Maccabées ou Macchabées est réservé aux sept fils et à leur valeureuse mère, dont le martyreest rapporté au chapitre 7 du deuxième livre des Maccabées. L’insistance de ce deuxième livre sur le martyre et sur la résurrection des morts est probablement à l'origine du sens dérivé de « cadavre » qu’a pris le mot macchabée (abrégé en macchab ou macab).




(10) Guillaume de Tyr (Jérusalem, vers 1130 - † 1184) est archevêque de Tyr de 1175 à 1184,historien des croisades au Moyen Âge et le précepteur du roi de Jérusalem Baudouin IV le Lépreux.





(11) Giacomo Bosio (né en 1544 à Chivasso, dans l'actuelle province de Turin, au Piémont et mort en 1627 à Rome) est frère servant de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et l'historien de son ordre. Il est l'oncle de l'antiquaire maltais Antonio Bosio.







(12)  Guillaume Caoursin, né à Douai en 1430. Il meurt à Rhodes, en 1501, toujours pourvu de sa charge de vice-chancelier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.




(13)
La maison de l'hôpital des Allemands de Sainte Marie de Jérusalem ( Domus hospitalis Sancte Marie Theutonicorum Hierosolomitani") et plus tard, l' ordre de la Maison de Sainte-Marie-des-Teutoniques (Ordo Domus Sanctæ Mariæ Teutonicorum), plus connu sous le nom d’ordre des Chevaliers teutoniques (Deutscher Ritterorden ou Deutschritter-Orden), d’Ordre teutonique ou de maison des chevaliers de l'hôpital de Sainte-Marie-des-Teutoniques à Jérusalem (Haus der Ritter des Hospitals Sankt Marien der Deutschen zu Jerusalem), est un ordre militaire chrétien apparu au Moyen Âge.

Les armes de l’Ordre sont constituées d'une croix de sable, chargée d’une croix potencée au champ d’argent. Saint Louis permit d’y adjoindre quatre fleurs de lys d’or.





(14) Chanoines du Saint-Sépulcre :
 L’ordre du Saint-Sépulcre peut faire référence à :
• l’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, un ordre religieux créé par Godefroy de Bouillon après la prise de Jérusalem en 1099 et supprimé par Innocent VIII avec incorporation à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1489.
• l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est une association de fidèles catholiques réorganisée en 1847 et reconnue par leSaint-Siège.





(15) Alof de Wignacourt (1547-14 septembre 1622) est le 54e grand maître, de 1601 à 16221 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.



Alof de Wignacourt, par J.-F. Cars, c. 1725




(16)
René Aubert de Vertot, dit l'« abbé Vertot », (25 novembre 1655 au château de Bennetot dans lepays de Caux en Normandie- 15 juin 1735 à Paris), est un homme d'Église et historien françaisdes XVIIe et XVIIIe siècles.







René d'Aubert de Vertot d'Auboeuf
par Laurent Cars, c. 1725







(17) Jacques Bongars, né à Orléans en 1554 et mort à Paris le 29 juillet 1612, est un diplomate, historien et philologue français, auteur d'ouvrages sur l'histoire romaine et l'histoire des croisades.
Calviniste, il fut agent de Henri IV auprès du Saint-Empire romain germanique.
Il hérita de la bibliothèque de Pierre Daniel, d'Orléans comme lui, et utilisa ce fond de manuscrits anciens pour son édition de Justin, Justinus, Trogi Pompeii Historiarum Philippicarum epitoma de manuscriptis codicibus emendatior et prologis auctior (1581). On lui doit également un recueil des historiens des croisades, intitulé Gesta Dei per Francos (1611), les Rerum Hungaricarum scriptores varii(1600) ainsi qu'un recueil de ses lettres, Epistolae (1647) et traduites en français en 1668-1670 par lesMessieurs de Port-Royal sous le pseudonyme de Finé de Brianville.
Le fonds de la bibliothèque de Jacques Bongars se trouve conservé aujourd'hui dans les fonds de la bibliothèque universitaire de Berne (Bern, UB ZB).










(18) Jacques de Vitry, né entre 1160 et 1170 dans la région de Reims et décédé le 1er mai 1240 àRome, était un historien et auteur spirituel, confesseur de Marie d'Oignies, prédicateur populaire, et évêque de Saint-Jean d’Acre. Il fut nommé cardinal-évêque de Tusculum en 1228.




(19) Joseph Delaville Le Roulx, est né le 22 mars 1747 au Blanc dans le Berry et mort le3 avril 1803 à Paris. Il est un négociant et un homme politique français.




(20) L’Hôpital :  Hospitaliers est le nom donné aux premiers compagnons de frère Gérard l'hospitalier et soignant les croisés et les pèlerins, hommes, femmes et enfants de toutes nationalités, dans le xenodochium ("hospital" en vieux français, maison d'hôtes, auberge, maison pour voyageurs en grec) de Jérusalem créé au XIe siècle avant de devenir le nom des frères de l'ordre de l’hôpital de Saint-Jean de Jérusalem.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Sam 12 Nov - 15:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Mer 13 Juil - 17:02








a) Avant les croisades


Au XIe siècle, Jérusalem se trouve sous la domination musulmane des Fatimides du Caire, mais les chrétiens peuvent y venir en pèlerinage et des établissements chrétiens y sont présents.

L’origine de l'ordre est le monastère bénédictin de Sainte-Marie-Latine (21), fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle par des marchands amalfitains, auquel s'ajoute un peu plus tard le monastère féminin de Sainte-Marie-Madeleine ; chacun d'eux est pourvu d'un xenodochium (22), un hospice ou une hostellerie, dont le rôle est d’accueillir et de soigner les chrétiens accomplissant un pèlerinage en Terre sainte. L'administration des deux hospices est aux mains d'un convers, Frère Gérard (23) et de Sœur Agnès.

Dans les années 1070, celui-ci peut-être pour prendre des distances avec les Amalfitains, décide de créer un troisième hospice, dédié dans un premier temps à saint Jean l'Aumônier (24).

En 1078, la ville est prise par les Turcs Seldjoukides qui ont en général une attitude très hostile aux chrétiens (ils sont du reste la cause de la Première Croisade) ; l'hospice de frère Gérard réussit cependant à passer cette période qui prend fin avec la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099.



b) La fondation (1113)


À la suite de la première croisade en 1099, la Terre Sainte passe sous domination chrétienne, Jérusalem devenant le centre du royaume de Jérusalem, le principal des États latins d'Orient.


Gérard demande que son hospice soit reconnu comme autonome par rapport aux couvents bénédictins. Le pape Pascal II promulgue une bulle en ce sens le 15 février 1113 en faisant de cet hôpital, « L'Hospital », une institution, une sorte de congrégation (25), sous la tutelle et protection exclusive du pape.

L'Hospital est désormais dédié à Jean le Baptiste(26)..

Gérard est reconnu comme chef de cette congrégation et le pape précise dès le départ qu'à la mort de ce dernier, les membres de l'Ordre choisiront eux-mêmes son successeur.


c) La structuration de l’Ordre (XIIe siècle)


En 1123, Raymond du Puy(27), qui succéde à un ou deux frères intérimaires qui ont dirigé l'Ordre après le décès de frère Gérard, dote les Hospitaliers d'une règle reposant sur celles de saint Augustin (28) et de saint Benoît(29). Cette règle organise l'Ordre en trois fonctions, les frères moines(30) et clercs (31), les frères laïcs et les frères convers(32) qui tous doivent les soins aux malades.

« C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XIIe siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, L'Hospital est devenu un ordre.»

Le 21 octobre 1154, une catégorie de frères prêtres ou chapelains est établie, accordé par le pape Anastase IV ; le personnel soignant, médecins et chirurgiens, est officialisé dans les statuts de Roger de Moulins (33) du 14 mars 118228 ainsi que les frères d'armes, qui apparaissent pour la première fois dans un texte. Selon Alain Demurger, « c'est à cette date donc que l'Ordre est devenu, en droit, un ordre religieux-militaire. »

Sous Alfonso de Portugal(34) en 1205, ils sont répartis en frères prêtres ou chapelains, frères chevaliers et frères servants (« servants d’armes et servants de services ou d’office »). Cette organisation en trois classes restera celle des Hospitaliers. Alain Demurger estime cependant qu'il existait une catégorisation plus fonctionnelle que sociale : « frères d’armes, frères d’office, frères prêtres », mais en fait c'était la même chose sous des noms différents ; les frères d'armes étaient les chevaliers, les frères d'office étaient les frères servants, et les frères prêtres étaient les prêtres ou chapelains.



d) Le rôle des Hospitaliers en Terre Sainte


Comme les Templiers, les Hospitaliers jouent un rôle de premier plan sur l'échiquier politique du royaume de Jérusalem. En 1136, ils reçoivent de Foulques Ier, roi de Jérusalem, la garde de la forteresse de Bethgibelin ; en 1142/1144 celle du Krak des Chevaliers. Leur structure militaire et leurs places fortes font de l'Ordre une puissance armée de plus en plus importante, qui n'hésite pas le cas échéant à s'immiscer dans la conduite du royaume de Jérusalem.


e) De Jérusalem à Saint Jean d’Acre et Chypre (1187-1291)

L'Ordre suit les vicissitudes des États latins d'Orient en Terre sainte et leur recul progressif vers la côte.

En 1187, Saladin prend définitivement Jérusalem et les Hospitaliers s'installent à Saint-Jean d'Acre. Un siècle plus tard, le 28 mai 1291, les croisés perdent Acre à l'issue d'une bataille durant laquelle le grand maître de l'Ordre, Jean de Villiers (35), est grièvement blessé. Les Templiers et les Hospitaliers, avec les dernières forces latines, sont obligés de quitter la Terre sainte.

Les Hospitaliers s'installent alors à Chypre.





(21)  Sainte-Marie-Latine
(ou Sainte-Marie-des-Latins), construite dans ce qui est maintenant le quartier du Muristan de Jérusalem, regroupait un monastère catholique (latin), une église et un hospice destiné aux pèlerins (xenodochium). Cet ensemble a été fondé ou restauré (d'après Anthony Luttrel, suivant Joseph Delaville Le Roux et Jonathan Riley-Smith) à Jérusalem au milieu du XIe siècle entre 1048 et 1070, par des marchands amalfitains.

Mauro di Pantaleone, le plus influents de ces marchands, obtint du calife Fatimides du Caire "l'autorisation de construire une petite église et une maison pour y loger lorsqu'il venait à Jérusalem"1. Après la maison il fit construire le monastère et une église dédié à la vierge. "L'ensemble fut confié à un abbé et à des moines bénédictins recrutés en Italie du Sud."

À Gérard l'hospitalier fut confié la direction du nouvel hospice ou hôpital, créé vers 1070-1080, au côté de deux autres hospices, qui sont eux, des "hôtelleries" associées aux monastères et leurs églises de Sainte-Marie-Latine et Sainte-Marie-Madeleine2. Il est dédié dans un premier temps à saint Jean l'Aumônier puis à l'aube du XIIe siècle (à la suite de la conquête latine de la première croisade), à Jean le Baptiste au même moment que la dissociation de l'hôpital avec le couvent bénédictin de Sainte-Marie-Latine3, il est à l'origine de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Le tracé de l’église du monastère est préservé dans l’actuelle église du Rédempteur de Jérusalem appartenant à l'Église évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte, construite en 1898. L'église luthérienne actuelle comprend également le porche médiéval du nord avec ses ornementations du zodiaque. Le cloître médiéval est en partie préservé dans l'hospice luthérien voisin.



Escalier



portail




(22)  Un xenodochium (pluriel xenodochia, provient du grec ancien ξενοδοχεῖον, ksenodokheion, « lieu pour étrangers, auberge ») était une institution annexée à un monastère ou à la maison de l'évêque, et destinée à offrir asile et assistance aux étrangers en voyage, et particulièrement aux pèlerins, ainsi que le recommandait le canon LXXV du Concile de Nicée.

On parlait aussi de Nosodochomium pour les malades et de Gerontocomium pour les vieillards.




(23)  Frère Gérard ou Gérard l'Hospitalier (vers 1047 dans une famille de la région d'Amalfi (Italie) – 3 septembre 1120) est le fondateur d'une congrégation, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui deviendra par la suite l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.







(24) Jean l'Aumônier, Jean V d'Alexandrie et Jean de Chypre, né dans la seconde moitié du VIe siècle et mort en novembre 619 ou 636, est patriarche d'Alexandrie de 610 au11 novembre 6191.
Saint patron de la ville de Casarano, il est fêté le 23 janvier en Occident et le 11 novembre en Orient.



Saint Jean l'Aumônier, de Titien. Église
San Giovanni in Bragora





(25)  Une congrégation monastique est le regroupement de plusieurs monastères autonomes d'une même famille monastique (Bénédictins par exemple), généralement sous un même supérieur. Les congrégations monastiques ne peuvent être érigées ou supprimées que par le Saint-Siège.




(26)  Jean le Baptiste (hébreu :  Yo'hanan HaMatebil, arabe :Yaḥya), est un personnage des traditions chrétienne et musulmane connu respectivement sous les noms de saint Jean Baptiste et sous celui de Yahya ibn Zakariya (Jean fils de Zacharie). Il fut prédicateur en Judéeau temps de Jésus de Nazareth. Jean est un cohen (prêtre) rural qui pourtant prône un pardon des péchés par le baptême et non par les rites du Temple, c'est surtout un solitaire à l'ascèse proverbiale.




(27)  Raymond du Puy
, né vers 1080 et mort entre 1158 et 1160, est probablement d'une famille d'origine chevaleresque, deuxième supérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de


Raimond Dupui, par J.-F. Cars, c. 1725




(28) Augustin d'Hippone (latin : Aurelius Augustinus), ou saint Augustin, né dans la Province d'Afrique au municipe de Thagaste (actuelle Souk Ahras, Algérie) le13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie) est un philosophe et théologien chrétien romain de la classe aisée, ayant des origines berbères, latines et phéniciennes. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, c'est l'un des quatre Pères de l'Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.



Augustin vu par Botticelli à Ognissanti (vers 1480)




(29) Benoît de Nursie (né vers 480 / 490 à Nursie – mort en 543 ou 547 dans le monastère du Mont - Cassin ; en latin Benedictus de Nursia), saint Benoît (en latin Sanctus Benedictus de Nursia) pour les catholiques et les orthodoxes, est le fondateur de l'ordre des Bénédictins et a largement inspiré le monachisme occidental ultérieur.

Il est considéré par les catholiques et les orthodoxes comme le patriarche des moines d'Occident, grâce à sa Règle qui a eu un impact majeur sur le monachisme occidental et même sur la civilisation européenne médiévale. Il est souvent représenté avec l'habit bénédictin (coule noire), une crosse d'abbé, ainsi qu'un livre.

Saint Benoît est fêté le 11 juillet, date de la célébration de la translation de ses reliques à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.







(30)  Moines : Un monastère est un ensemble de bâtiments où vit une communauté religieuse de moines ou de moniales. Il en existe dans les religions chrétiennes et bouddhistes.

On parle également d'abbaye s'il est dirigé par un abbé ou de prieuré s'il est dépendant ou de moindre importance. Souvent, le prieuré est dépendant d'une abbaye ou monastère. Les monastères des ordres militaires du Moyen Âge sont appelés commanderies. On parle de couvent pour les résidences de Franciscains et Dominicains, ainsi que d'autres ordres, tandis que les Bénédictins ou Prémontrés habitent des abbayes ou prieurés.




(31)  Les clercs réguliers sont membres d'instituts de vie consacrée rassemblant des prêtres catholiques suivant desconstitutions religieuses particulière, vivent en communautés et font, certains des vœux solennels, les autres des vœuxsimples.

Ni moines, ni chanoines réguliers, ni mendiants, ils inaugurent au XVIe siècle un nouveau type d’engagement dans l’Église catholique alliant la vie religieuse à une vie apostolique fort active : ministère pastoral, éducation de la jeunesse, travail intellectuel et missionnaire, œuvres dites de miséricorde spirituelle et corporelle. Bien que ces instituts soient très largement composés de prêtres (clercs) la présence de membres non-prêtres (appelés « frères ») n’y est pas exclue.

Ces ordres ont la particularité historique d’avoir tous été fondés en Italie au XVIe siècle — et la plupart à Rome même — même si le fondateur n’est pas nécessairement italien.




(32) les Convers : Dans l'usage courant, les frères lais (appelés aussi convers pour les moines et sœurs laies ou converse pour les moniales) sont les membres des ordres religieux catholiques chargés principalement des travaux manuels et des affaires séculières d'un monastère. Les frères lais ont été connus, en divers lieux et à différentes époques, sous les noms de fratres conversi, laici barbati, illiterati ou encore idiotæ. Bien que membres de leurs ordres respectifs, ils forment une catégorie séparée des moines du chœur, qui se consacrent principalement à l'Opus Dei — « l'œuvre de Dieu » — et à l'étude.




(33) Roger de Moulins ou Roger de Molins ou Molen est le 8e supérieur1 de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre janvier et octobre 1177 à sa mort en 1187, il succéda à Joubert de Syrie.



Roger Desmoulins, par J.-F. Cars, c. 1725




(34) Alfonso de Portugal' (mort vers 1206) est le 12e supérieur de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Fils illégitime du roi Alphonse Ier de Portugal, il devient chevalier de Saint-Jean de Jérusalem. Après sa mort, vers 1206, il est inhumé dans l'église de Sao Joao de Alparao à Lisbonne.



Alphonse de la Maison royale de Portugal
par J.-F. Cars, c. 1725






(35)  Jean de Villiers
est le 22e grand maître1 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Le 6 juillet 1269, Jean de Villiers se rend en Terre sainte à la demande du grand maître Hugues de Revel. Il est commandeur de Tripoli puis prieur de France en 1282. Il est élu grand maître en 1284 ou à l'été 1285. Il reste en France pour régler les nombreux problèmes de l'Ordre. C'est Jacques de Taxi, qui est grand commandeur à Saint-Jean d'Acre, qui devient alors lieutenant de l'Ordre ad interim, peut-être le 27 juin 1286 dans l'attente de l'arrivée du grand maître en Terre sainte.



Jean de Villiers, par J.-F. Cars, c. 1725


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 14:24





a) Chypre : la réorganisation de l’ordre

L'Ordre se replie à Chypre dont le roi, Henri II de Lusignan, aussi roi de Jérusalem en titre voit d'un mauvais œil une organisation aussi puissante s'installer dans son royaume.

En 1301, le grand maître, Guillaume de Villaret (36), dote l'Ordre d'une structure élaborée pour ses possessions en Occident. Les Hospitaliers sont répartis en fonction de leur origine en huit groupes appelés « langues » : Provence, d'Auvergne, de France, d'Aragon, de Castille, d'Italie, d'Angleterre, d'Allemagne. Chaque langue élit à sa tête un bailli conventuel(37), appelé « pilier ».

En 1306, le pape Clément V autorise les Hospitaliers à armer des navires. Les Hospitaliers développent la grande flotte qui fait leur réputation et qui, associée à leur organisation, exemplaire pour l'époque, leur permet de tirer un grand profit de leurs possessions en Occident, cela les autorisant à entretenir l'espoir d'une reconquête de la Terre sainte.



b) Rhodes : souveraineté et richesse


À partir de 1307, l’Ordre, dont la rivalité avec le roi de Chypre ne cesse de croître, se lance dans la conquête de l’île de Rhodes, alors sous souveraineté byzantine.

Rhodes est conquise en 1310 et devient le nouveau siège de l'Ordre. En 1311, ils renouent avec leurs origines en créant le premier hôpital de l'île de Rhodes.

Le 2 mai 1312, la bulle pontificale ad providam (38) transfère les biens des Templiers aux Hospitaliers, à l'exception de leurs possessions d'Espagne et du Portugal, où deux ordres naissent des cendres de l’ordre du Temple, l’ordre de Montesa(39) et l’ordre du Christ(40).

Par ailleurs, L’ordre des Hospitaliers transforme son action militaire en guerre de course, alors peu différente de la piraterie. Signe d'un enrichissement des Hospitaliers en même temps que d'une conquête de souveraineté, l'Ordre se met à battre monnaie à l'effigie de ses grands maîtres.


    c) Les menaces musulmanes

Mais, au cours du XIVe siècle, pendant que les Hospitaliers exercent un contrôle maritime sur la mer Égée, la dynastie ottomane conquiert peu à peu les territoires riverains. En 1396, une croisade soutenue par l'Ordre essuie un échec sanglant à Nicopolis. Après cet échec, tout espoir de reconquête des lieux saints est définitivement perdu.

En 1440 et en 1444, l'île de Rhodes est assiégée par le sultan d'Égypte, mais ces deux attaques sont repoussées. En 1453, le sultan ottoman Mehmed II s'empare de Constantinople ; le grand-maître Jean de Lastic(41) se prépare à un nouveau siège, mais il n'a lieu que beaucoup plus tard, en 1480 ; le grand-maître Pierre d'Aubusson(42) repousse les assauts des troupes du pacha Misach, ancien prince byzantin converti à l'Islam, grâce à des secours en provenance de France, conduits par le propre frère du grand maître, Antoine d'Aubusson.



d) La chute de Rhodes (1523)


Le siège décisif (43) a lieu en 1522. Le sultan Soliman le Magnifique assiège pendant cinq mois la ville de Rhodes avec 200 000 hommes et ne parvient à la prendre qu'à la suite de la trahison du grand chancelier d'Amaral. Impressionné par la résistance héroïque du grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam, il accorde libre passage aux chevaliers rescapés. Emportant dans trente navires leur trésor, leurs archives et leurs reliques, dont la précieuse icône de la Vierge de Philerme(44), les chevaliers quittent définitivement la Méditerranée orientale le 1er janvier 1523.





(36) Guillaume de Villaret
(Occitan: Guilhem del Vilaret), né à Allenc vers 1235 et mort en 13051 à Limassol, fut le vingt-quatrième grand maître2 des chevaliers des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de 1300 à sa mort. Avant cela il a été lieutenant puis prieur de Saint-Gilles, ensuite recteur du Comtat Venaissin pour le pape Grégoire X et conseiller du roi Charles Ier de Sicile.



Guillaume de Villaret, par J.-F. Cars, c. 1725






(37) Un bailli conventuel existe dans l'ordre des Hospitaliers dès la période où il résidait en Terre sainte. Les baillis conventuels faisaient partie des prudhommes, membre du « conseil particulier » du supérieur de l'Ordre et plus tard dugrand maître. Grands officiers du couvent, leur rôle est d'assister le supérieur de l'Ordre dans ses décisions mais aussi de le contrôler dans ses actes.

Dans les statuts de l'Ordre de 1330, le chapitre général de Montpellier, décide de nommer, parmi les frères les plus éminents, huit baillis conventuels pour une durée de dix ans avec responsabilité de grand-commandeur, maréchal, drapier, hospitalier, amiral, turcopolier, trésorier et prieur de l'église de Rhodes1. La réforme de 1340, attribue au pilier (a) de chaque langue le titre de bailli avec des fonctions qui seront immuables :

• grand précepteur à la langue de Provence ;
• grand maréchal à la langue d'Auvergne ;
• grand hospitalier à la langue de France ;
• drapier à la langue d'Espagne ;
• grand amiral à la langue d'Italie ;
• turcopolier à la langue d'Angleterre.

Ce n'est qu'en 1428, que l'office de grand bailli est créé pour le pilier de la langue d'Allemagne. En 1462, la partition entre, d'un coté, les Castillans et les Portugais, et de l'autre, les Aragonais et les Catalans, oblige à la création de l'office degrand chancelier pour la nouvelle langue de Castille, celui de drapier restant à la langue d'Espagne1. Après 1462, la répartition des fonctions est alors la suivante :

• grand précepteur à la langue de Provence ;
• grand maréchal à la langue d'Auvergne ;
• grand hospitalier à la langue de France ;
• drapier à la langue d'Espagne ;
• grand chancelier à la langue de Castille ;
• grand amiral à la langue d'Italie ;
• turcopolier à la langue d'Angleterre ;
• grand bailli à la langue d'Allemagne.

(a)  Un pilier hospitalier était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui vit le jour avec la création des langues hospitalières lors de la réforme du grand maître Guillaume de Villaret en 13011.
À Rhodes puis à Malte les chevaliers de passage sur l'île habitaient souvent dans l'Auberge de la langue à laquelle ils appartenaient. Ils élisaient, pour diriger cette auberge, un chevalier choisi parmi eux et suffisamment bien pourvu en revenus pour compléter le budget alloué par le Trésor de l'Ordre. Ce chevalier portait le titre de pilier.






(38) Ad providam
(Prévoir ...) est une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 2 mai 1312 lors du Concile de Vienne. Elle donne à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem les biens et terres de l'ordre du Temple alors aboli par la bulle Vox in excelso (La voix haute ...) du 22 mars 1312.






(39) L’ordre de Montesa
était un ordre militaire valencien fondé au XIVe siècle.
Après la suppression des Templiers en 1312, le roi d’Aragon Jacques II le Juste s’opposa à la décision pontificale de transfert des biens du Temple à l’ordre de l’Hôpital. Après quelques affrontements, un compromis fut trouvé : dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, les biens du Temple iraient à l’Hôpital, mais dans le royaume de Valence, les biens des deux ordres seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé d’après sa principale forteresse, Montesa. Les territoires relevant de cet ordre ont reçu le nom de Maestrat (en valencien) ou Maeztrazgo (en castillan). Le Maestrat est divisé aujourd'hui en Baix Maestrat et Alt Maestrat.

Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle en date du 10 juin 1317, la règle le 22 novembre et avec acceptation le 3 décembre 1317, par le pape Jean XXII, qui lui donna, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne, et placé sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Tous les biens du Temple lui sont transférés en 1319, lorsque ceux-ci furent jugés par le pape « non coupable et réconcilié avec la Foi. »
Le rôle fondamental de l’ordre était la défense de la frontière sud du royaume valencien.



Emblème de l’ordre


En 1400, il absorbe l’Ordre de Saint-Georges d'Alfama, du royaume d’Aragon-Catalogne, dont il adopte la simple croix rouge ; c’était l’ancienne croix du Temple.
En 1587, il fut rattaché à la Couronne d’Espagne, et le roi en devint le Grand Maître en 1594.
Au XIXe siècle, l’état espagnol expropria l’ordre de ses possessions. Par conséquent, aujourd’hui, il n’est plus qu’un ordre honorifique.




(40) L'ordre du Christ
(Real Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo) est un ordre honorifique officiel de la république portugaise ayant pour grand-maître le président de la république portugaise.
C'est à l'origine un ordre militaire religieux qui reçoit en dévolution les biens de l'ordre du Temple au Portugal après leur disparition en 1312. Il a été fondé en 1319, par la bulle Ad ea ex quibus de Jean XXII en date du 14 mars 1319, permettant la création de la « Christi Militia » sous le patronage de Saint Benoît.

L'ordre se développe sous Henri le Navigateur, grand maître de l'Ordre. C'est durant le règne de Manuel Ier que l'ordre entame une évolution d'un ordre régulier vers un ordre séculier. En 1529 et 1530, Jean III, aidé du frère Antoine de Lisbonne, tente de ramener l'ordre à ses origines sans grand succès. D'autre tentatives échouent encore comme la dernière celle de Marie la Pieuse. En 1834, quand le gouvernement devient anti-catholique après la défaite de Michel Ier lors de la guerre civile, avec la suppression des ordres religieux, et la confiscation de leurs biens, l'ordre du Christ disparaît définitivement en tant qu'ordre religieux militaire pour n'être plus au Portugal qu'un ordre honorifique permettant à la royauté constitutionnelle de distinguer les membres de sa noblesse.



Emblème de l’ordre


Avec la révolution du 5 octobre 1910, l'ordre est supprimé comme tous les ordres honorifiques puis rétabli en 1917, pour décorer les combattants de la Première Guerre mondiale. Depuis ce moment l'ordre du Christ, ayant pour grand-maître le président de la république portugaise, est un ordre honorifique officiel de la république portugaise.


En cinq siècles, de 1319 à 1834, l'ordre évolue d'un ordre religieux militaire à un ordre honorifique de la royauté portugaise. Après une courte suppression de 1910 à 1917, il est finalement rétabli comme ordre honorifique de la république portugaise. Il faut noter que parallèlement à l'ordre religieux militaire, le Saint-Siège décerne une distinction honorifique sous le nom d'ordre du Christ, ce qui a créé quelques conflits entre royauté portugaise et papauté. Il existe aussi quelques ordres de fantaisie ou pseudo ordres qui se réclament sans véritables fondements de l'ordre du Christ ou, mythologie oblige, des Templiers portugais.






(41)  Jean Bompar de Lastic (1371-1454), est le trente-sixième grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il succède à Antonio Fluvian de la Riviere, grand maître de 1421 à 1437 (Espagne).

Jean de Lastic est né en 1371 dans le château familial de Lastic (aujourd'hui dans la commune de Lastic). Il est issu d'une vieille famille auvergnate (par sa mère, il était le petit-fils du comte de Clermont et de la dauphine d'Auvergne).

À la fin des années 1380, vraisemblablement à Carlat, il est reçu chevalier dans l'Ordre des Hospitaliers, dans la Langue d'Auvergne comme l'avaient été avant lui deux de ses oncles2. Après avoir sans doute effectué un long séjour au siège du couvent de l'Ordre, à Rhodes, et avoir été pourvu de diverses commanderies (Commanderie de Celles, Montchamp, Château de Carlat), il est élu grand prieur de la Langue d'Auvergne. Revenu à Bourganeuf, siège du grand prieuré, il en renforcera les défenses, en faisant notamment édifier une tour, achevée en 1530, qui porte toujours son nom.

Il se trouve à Bourganeuf lorsqu'il apprend son élection comme grand maître en 1437. Il ne quittera pas la France sans avoir effectué des achats d'armes. En effet, les Mamelouks d'Égypte, après avoir occupé Chypre en 1424-1426, ne dissimulaient plus leurs ambitions en Méditerranée orientale et menaçaient Rhodes.



Jean Lastic, par J.-F. Cars, c. 1725




(42)  Pierre d'Aubusson, né en 1423 au château du Monteil (aujourd'hui Le Monteil-au-Vicomte dans la Creuse), mort en 1503 à Rhodes, fut le 40e grand maître de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, cardinal et légat du pape en Asie. Il fut surnommé le « bouclier de la chrétienté ».

Pierre d'Aubusson est le cinquième fils de Rainaud, seigneur du Monteil, puis de La Borne, issu de l'ancienne dynastie des vicomtes d'Aubusson. Les informations concernant la jeunesse de Pierre d'Aubusson, dues au Père Bouhours1 (1677), ne sont pas crédibles.

Pierre d'Aubusson est admis dans l'Ordre des Hospitaliers de Jérusalem au grand prieuré deBourganeuf en 1444, et vraisemblablement reçu comme chevalier l'année suivante à Rhodes où il réside de façon quasi permanente jusqu'à sa mort. Il effectue en 1456 une mission en France, auprès du roi Charles VII, qu'il convainc de participer à la défense de Rhodes. Le monarque lui fait compter la somme de 16 000 écus d'or, qu'Aubusson utilisera pour l'achat d'armes et d'artillerie.

Nommé commandeur de Salins (1454), puis bailli de Lureuil (1472), il gagne la confiance des grands maître successifs, qu'il supplée ou assiste notamment dans la direction des travaux de fortification de la cité, de l'île de Rhodes et des forteresses du Dodécanèse. En janvier 1476, il devient grand prieur de la Langue d'Auvergne, succédant à Jehan Cottet, qui exerçait cette fonction depuis 1450. Le 17 juin 1476, par un vote unanime des dignitaires du conseil de l'Ordre, Aubusson devient le quarantième grand maître des Hospitaliers, en remplacement de Jean-Baptiste Orsini.



Pierre d'Aubusson, par J.-F. Cars, c. 1725







(43) le siège décisif :
Le siège de Rhodes de 1522 est un siège organisé autour de l'île de Rhodes par les armées ottomanes en 1522.

C'est l'évènement militaire qui met définitivement fin à la présence en Méditerranéeorientale des Ordres militaires nés des Croisades. L'Ordre des Hospitaliers est chassé de l'île par Soliman le Magnifique après un long siège de cinq mois.




(44)  La Vierge de Philerme est une icône d'origine byzantine (tempera sur bois, 44 x 36 cm), actuellement exposée au Musée d'Art et d'Histoire de Cetinje pour en assurer une conservation optimale. Elle est séparée de la parcelle de laSainte-Croix et la relique de la main de Saint-Jean-Baptiste qui demeurent au Monastère de Cetinje au Monténégro. D'après une 'bulle pontificale' de 1497 elle serait arrivée à Rhodes pour échapper aux iconoclastes sous l'empereur Léon III. En arrivant à Rhodes, l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem trouva l'icône placée dans un sanctuaire dans les forêts sur la colline de Ialysos.



La Vierge de Philerme avec et sans sa riza protectrice.
Sur ce qui reste de l’icône, on peut distinguer les contours du dessin
initial qui sont ici décalqués.




La Madone de Philerme est pour les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem leur bien le plus précieux. Il tire son nom du sanctuaire sur le mont Phileremos (du grec « qui aime la solitude ») à Rhodes, qui était déjà au centre d'un culte populaire avant la conquête par les Chevaliers en 1306-1309. Les Rhodiens, qui la vénèrent sous le titre de Theotokos Filerimou (« La Mère de Dieu de Phileremos) croient qu'elle a été peinte par saint Luc et portée de Jérusalem à Rhodes vers l'an 1000. Sa renommée, due aux miracles advenus par son intercession, s'étendait dans toute la mer Égée.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 14:45





Les Hospitaliers entament, en 1523, une errance de sept années qui les conduit d'abord à Civitavecchia, en Italie. En 1528, le pape Clément VII, ancien Hospitalier, les héberge à Viterbe ; mais, finalement, ils partent pour Nice peu de temps après.

L'empereur Charles Quint, comprenant l'utilité que peut avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux avancées ottomanes (Alger est conquis par le célèbre Barberousse en 1529), confie à l'Ordre l'archipel maltais, dépendance du royaume de Sicile, par un acte du 24 mars 1530, faisant du grand maître de l'Ordre le prince de Malte. Ainsi les Espagnols leur cède la forteresse de Tripoli (qui sera prise par les Ottomans en 1551).
L'Ordre se transforme alors en une puissance souveraine qui prend de plus en plus d'importance en Méditerranée centrale.

Le général Bonaparte débarque à Malte au nom de la République française et s'empare de l'île. Il expulsera le grand maître et les chevaliers de l'archipel maltais . À la suite de cette expulsion, l'Ordre se place sous la protection de Paul Ier de Russie(45).






À la mort de Paul Ier, s'ensuit une période noire pour l'Ordre jusqu'à son éclatement.

C'est l'ordre souverain de Malte(46) qui prend en 1961 la suite de l'ordre de X NNNNNN issus de l'ancien Ordre que quatre ordres « non catholiques »(47).

L'ordre des chevaliers hospitaliers(48) réclame, lui aussi, une filiation légitime avec l'Ordre en Russie. Il a été créé en 1963 par Pierre II(49), ex-roi de Yougoslavie en exil. Comme la Fédération des prieurés autonomes qui a vu le jour en 1908 aux États-Unis qui a fait valoir en justice une descendance remontant aux Ardennes-Lorraine, comme fondateur du Royaume de Jérusalem, et protecteur et grand maître, "ius sanguinis, maiestatis et honorum", des prieurés et des commanderies de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.






(45)  Paul Ier de Russie (en russe : Павел I Петрович, Pavel I Petrovitch ; né le1er octobre (20 septembre) 1754, assassiné le 23 mars (11 mars) 1801 à Saint-Pétersbourg) est empereur de Russie de 1796 à sa mort, duc de Holstein-Gottorp de 1762 à 1773 (Paul de Holstein-Gottorp). Il a occupé également les fonctionsde facto de Grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre 1798 et1801.



Paul Ier de Russie par Vladimir Borovikovski





(46)  ordre souverain de Malte :  L’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est un ordre religieux catholique doté d'une souveraineté fonctionnelle et une organisation internationale caritative. C'est l'une des organisations qui a pris la suite de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et dont les statuts actuels datent de 1961.

C'est aujourd'hui une organisation à vocation caritative dont les actions humanitaires actuelles sont principalement tournées vers la lutte contre la pauvreté, mais également dans la lutte contre la lèpre et plus globalement les problèmes médicaux ; l'Ordre intervient aussi ponctuellement par des missions de secourisme d’urgence lors de catastrophes naturelles ou d’aide humanitaire envers les réfugiés lors de conflits armés. Il est actuellement présent dans plus de 120 pays à travers le monde.

Le siège de l’ordre se trouve à Rome, Via dei Condotti, près de la Place d’Espagne, et est considéré comme un sujet souverain de droit international.

Sa devise héraldique est une formule en latin « Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum » (« Défense de la Foi et assistance aux pauvres »).




(47)  quatre ordre “non catholiques” :
L'Alliance des ordres de Saint-Jean est une association internationale à but non lucratif, créé le 13 juin 1961, pour regrouper et organiser les différentes commanderies et ordres protestants se prévalant de l'ordre historique de Saint-Jean de Jérusalem et dont l'origine remonte à l'éclatement de l'Ordre en 1538 avec l'apparition du protestantisme dans l'ordre catholique. Le siège est à Berne auprès de la commanderie suisse.

Cette Alliance comprend :
• Ordre de Saint-Jean (Bailliage de Brandebourg) ou Der Brandebourg Balley des Ritterlichen Ordens Sankt Johannis vom Spital zu Jerusalem ou simplement Der Johanniterorden :

• Ordre de Saint-Jean aux Pays-Bas ou Johanniter Orde in Nederland,
• Ordre suédois de Saint-Jean ou Johanniterorden i Sverige ,
• Très vénérable ordre de Saint-Jean ou Most Venerable Order of the Hospital of Saint John of Jerusalem,

et quatre commanderies affiliées au Bailliage de Brandebourg :

• Commanderie finlandaise de Saint-Jean ou Johanniter Ridderskapet i Finland,
• Commanderie française de Saint-Jean,
• Commanderie suisse de Saint-Jean,
• Commanderie hongroise de Saint-Jean ou Johannitarend Magyar Tagozat.






(48) L’ordre des chevaliers hospitaliers ou ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem, chevaliers hospitaliers est une organisation non gouvernementale œcuménique à vocation de charité et de défense de la chrétienté, mais aussi de défense d'un idéal de monde libre et des droits de l'homme. Cette organisation a été créée dans son état actuel selon une volonté de Pierre Karađorđević (1923-1970), roi de Yougoslavie alors en exil, à Paris le 1er octobre 1963.

Le grand-maître de l'Ordre est le prince Karl Wladimir Karageorgevic, qui est également protecteur de l'Ordre.

La devise officielle de l’ordre, en latin, est « Pro Fide, Pro Utilitate Hominum ».







(49) Pierre II (Petar II en serbe latin, Петар II en serbe cyrillique) est un prince de ladynastie Karađorđević né le 6 septembre 1923 à Belgrade et mort le3 novembre 1970 à Los Angeles (Californie, États-Unis). Il est le derniersouverain du royaume de Yougoslavie, de 1934 à 1945. Exilé après l'invasion de la Yougoslavie d'avril 1941, il est ensuite empêché de revenir au pays par la prise de pouvoir des communistes, qui abolissent officiellement la monarchie en novembre 1945.

Pierre II est le fils aîné du roi Alexandre Ier de Yougoslavie, de la dynastie Karađorđević, et de son épouse, la reine Marie de Roumanie. Son père estassassiné à Marseille le 9 octobre 1934. Il lui succède sur le trône, mais comme il est encore mineur, une régence est mise en place sous la direction du princePaul, cousin germain de son père.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 15:39








Ce serait vers 1130 que Raymond du Puy (50) rédige et applique une première règle modelée sur celle de saint Augustin. La règle de saint Augustin est certainement la règle la plus communautaire, elle insiste plus sur le partage que le détachement, plus sur la communion que la chasteté et plus sur l'harmonie que l'obéissance. Composée en latin, elle comporte dix-neuf chapitres :

• Comment les frères doivent faire leur profession
• Les droits auxquels les frères peuvent prétendre
• Du comportement des frères, du service des églises, de la réception des malades
• Comment les frères doivent se comporter à l'extérieur
• Qui doit collecter les aumônes et comment
• De la recette provenant d'aumônes et des labours des maisons
• Quels sont les frères qui peuvent aller prêcher et de quelle manière
• Des draps et de la nourriture des frères
• Des frères qui commettent le péché de fornication
• des frères qui se battent avec d'autres frères et leur portent des coups
• Du silence des frères
• Des frères qui se conduisent mal
• Des frères trouvés en possession de biens propres
• Des offices que l'on doit célébrer pour les frères défunts
• Comment les statuts, dont il est question ci-dessus, doivent être rigoureusement observés
• Comment les seigneurs malades doivent être accueillis et servis
• De quelle manière les frères peuvent corriger d'autres frères
• Comment un frère doit accuser un autre frère
• Les frères doivent porter sur leur poitrine le signe de la croix
Cette règle établit clairement trois choses, c'est bien une règle monastique, elle parle par deux fois de l'accueil des malades et elle fixe le signe distinctif des croisés, le signe de la croix sur la poitrine, pour les frères hospitaliers ; la chasuble sera noire et la croix sera blanche.

La date exacte de l'approbation de la règle par le pape Eugène III n'est pas connue avec exactitude mais les historiens la fixent avant 1159. Il est maintenant possible de parler de la fraternité de l’Hôpital : "C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XIIe siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre.". Un nouvel ordre est né, l'ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem.





Raymond du Puy, le supérieur de l'Ordre, organise l'Ordre en trois classes plus fonctionnelles que sociale à la différence des Templiers :
• ceux qui par naissance avaient tenu ou étaient destinés à tenir les armes : frères d'armes (chevaliers et sergents) ;
• les prêtres et les chapelains destinés à assurer l'aumônerie : frères prêtre ou chapelain;
• enfin, les autres frères servants destinés à assurer le service : frères d'offices.





Depuis le Frère Gérard (dit par erreur de traduction Gérard Tenque), le fondateur de l'Ordre, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem a à sa tête un supérieur nommé à vie. C'est en 1267, sous la magistrature deHugues de Revel  (51) , que le titre de grand maître est accordé au supérieur de l'Ordre (52) par un bref du pape Clément IV.



C. Organisation territoriale


L'organisation territoriale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem va se construire au fil du temps, souvent en conséquence d'importants évènements historiques, en cinq niveaux territoriaux :
• premier niveau : le territoire sur lequel les Hospitaliers possèdent ou détiennent la souveraineté - Rhodes ou Malte - sous la responsabilité du grand-maître  (53) ; (voir vocabulaire)
• deuxième niveau : les langues  (54) sous la responsabilité d'un bailli appelé aussi pilier ;
• troisième niveau : les grands prieurés  (55) sous la responsabilité d'un prieur ou grand prieur  (56) ;
• quatrième niveau : les commanderies  (57) sous la responsabilité d'un commandeur;
• cinquième niveau : les maisons périphériques (fermes, granges, moulins, vignes, etc.) qui relèvent d'une commanderie.

Après la perte de la Terre sainte et l'installation des Hospitaliers sur l'île de Chypre, le nouveau grand maître Guillaume de Villaret (1300–1305) crée sept zones territoriales pour regrouper les commanderies. Ces sept territoires sont alors calqués sur l'organisation en « langues » créées par décret capitulaire en 1301. Cette division administrative et organisationnelle de l'Ordre est confirmée par le grand maître Hélion de Villeneuve (58) (1325-1345) lors du chapitre (59) de Montpellier de 1327. Ces entités territoriales correspondaient plus ou moins à des zones linguistiques homogènes, les Espagnols et les Portugais se retrouvent au sein de la « langue » d'Aragon, les Polonais et les Slaves dépendent de la langue d'Allemagne sans pour autant parler la langue allemande.

Avec la disparition de l'ordre du Temple en 1312 et la dévolution de leurs biens aux Hospitaliers, il devient nécessaire de généraliser une autre entité territoriale, les prieurés. Les langues territorialement étendues ou disposant d'un nombre important de commanderies pour être correctement gérées, sont divisées en prieurés. En juillet 1317, le grand maître Foulques de Villaret (60) étant contesté, c'est le pape Jean XXII qui décide le démembrement de la langue de France, devenue trop importante, en trois prieurés en créant, en plus du grand prieuré de France, deux autres prieurés, celui d'Aquitaine et celui de Champagne avec en plus le grand prieuré de Bourgogne et ce qui deviendra la baillie hospitalière de Manosque.









(50)  Raymond du Puy, né vers 1080 et mort entre 1158 et 1160, est probablement d'une famille d'origine chevaleresque, deuxième supérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1121/1123 à sa mort.




Raimond Dupui, par J.-F. Cars, c. 1725




(51) Hugues de Revel est le 20e supérieur1 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et le premier à porter le titre de grand maître.




Hugue de Revel, par J.-F. Cars, c. 1725





(52) (53) (54) (55) (56) (57)

Citation :
Grand maître est le titre traditionnel généralement attribué au dirigeant de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il a été attribué pour la première fois, en 1267, par un bref du pape Clément IV au supérieur de l'Ordre,Hugues de Revel.

Une langue hospitalière est une organisation administrative de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle regroupe les différents prieurés occidentaux de l'Ordre sous la responsabilité d'un chevalier expérimenté appelé « pilier


Les commanderies, baillies et prieurés
hospitaliers sont le mode d'organisation de l'ensemble foncier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elles ont dans l'organisation des Hospitaliers trois statuts différents : les commanderies sous la responsabilité d'un commandeur et relevant d'un prieur ; les baillies, ou bailliages, sous la responsabilité d'un bailli et relevant directement du supérieur de l'ordre ; les prieurés sous la responsabilité d'un prieur chargé des commanderies relevant de son prieuré et relevant directement du supérieur de l'Ordre.


Un prieur hospitalier était un dignitaire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pouvait être soit un « prieur conventuel » soit un « prieur provincial »


La fonction de prieur conventuel est attesté à partir de fin XIIe siècle. C'était le second dignitaire de l'Ordre, après le grand maître, de qui il relevait directement. À Rhodes, le prieur conventuel, aussi appelé grand prieur et faisait partie des huit bailli conventuel, avait rang d'évêque, il résidait au collachium où il desservait l'église conventuelle Saint-Jean1. Le prieur conventuel, de qui relevait tous les frères cléricaux de l'Ordre, contrôlait la vie spirituelle et religieuse de l'ensemble de la communauté. Il avait aussi la responsabilité de la gestion des dîmes ou de l'enseignement

******  Hormis le prieur conventuel de l'église Saint-Jean de Rhodes, qui était le seul à pouvoir porter le titre de grand prieur, les dignitaires de l'Ordre à la tête d'un grand prieuré portaient le titre de prieur. Il faut noter quelques exceptions quand le grand prieuré de France attira la convoitise des rois de France. Ceux-ci profitèrent souvent de leur pouvoir pour faire nommer un prince ou un bâtard de la famille royale aux fonctions de prieur du grand prieuré de France, ils portèrent alors souvent le titre de grand prieur de France, royauté oblige. Cela a été le cas de Charles d'Angoulême fils naturel de Charles IX, d'Alexandre de Vendôme fils d'Henri IV ou de Jean Philippe d'Orléans fils naturel du Régent Philippe d'Orléans. Le titre de grand prieur est alors considéré comme un titre de courtoisie.

La fonction de prieur est attestée dès 1120 avec l'émergence du premier prieuré de l'Ordre, le prieuré de Saint-Gilles. Les domaines terriens de l'ordre étaient administrés sur le modèle de la commanderie, elles-mêmes regroupées par proximité territoriale en prieuré ayant à leur tête un prieur1. Une seule exception la châtellenie d'Amposta. La tâche prioritaire du prieur était de fournir à l'Ordre les moyens financiers et matériels de remplir sa mission sous la formes des responsions, sorte d'impôts annuels que chaque commandeurs devait à son Ordre.

Le prieur était nommé par le grand maître lors de la réunion du chapitre général de qui il relevait. Il était le représentant du grand maître et agissait en son nom1. Il nommait les commandeurs et avait la responsabilité de tous les frères hospitaliers de son ressort territorial. Il avait droit de visite de tous leurs établissements, commanderies et membres.

Il convoquait, une fois l'an, les commandeurs et les frères conventuels du prieuré au chapitre provincial qu'il présidait1. C'était le lieu et le moment de la remise des responsions. Le prieuré était le lieu de détention des archives, des comptes et du trésor provincial.


Une commanderie est un ensemble de bâtiments à visées agricoles. Les commandeurs et chevaliers étant des religieux, il existe aussi une chapelle plus ou moins importante et une salle du chapitre. Certaines de ces commanderies, suivant leurs implantations, pour convenir aux règles de l'Ordre intègrent un hôpital pour soigner les « chers malades » ou les frères blessés au combat, ou une hôtellerie, sur les chemins de pèlerinage, pour accueillir les pèlerins de passage ou les frères trop âgés pour le combat. Ces ensembles fonciers tiennent à la fois de la ferme de rapport et du monastère. Entourés de murs, à la différence des forteresses en terres de croisades, ces commanderies ne sont pas, à l'origine, fortifiées même si certaines d'entre elles l'ont été au gré des circonstances de l'histoire ou des donation[/b]






(58) Hélion (ou Elion) de Villeneuve[/b] , né vers 1270 en Provence et mort en 1346, devint le 26e grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1319.

Il descendait des familles de Villeneuve et de Sabran. Il était chevalier de lalangue de Provence et commandeur de Manosque et de Puimoisson depuis le 05 novembre 1314 et c'est à lui que fut remis le temporel de la commanderie templière du Ruou à la suite de sa dévolution aux Hospitaliers. Il fut le premier et à priori l'unique prieur de Provence nommé le 21 juillet 1317 avant d'être élu, avec le soutien du pape Jean XXII, grand maître de l'Ordre en 1319.
Il prit part à la croisade (en) organisée par le pape Clément VI qui enleva Smyrne aux Turcs en 1344.



Elie de Ville Neuve, par J.-F. Cars, c. 1725



(59)  Le chapitre  général ou chapitre conventuel est la réunion des principaux dignitaires de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au couvent, siège de l'Ordre, pour traiter des affaires de l'Ordre.

Les chapitres généraux sont cités dès 1206 dans les statuts de l'Ordre, dit statut de Margat. Ils sont composés du grand maître, les baillis et les prieurs. Ils devaient normalement se réunir au moins tous les cinq ans, mais se réunissaient, en fait, dès que besoin, entre autres pour élire un nouveau grand maître.

Le chapitre général examinait les comptes de l'Ordre et des prieurés, fixaient le niveau des responsions, élisait ou confirmait les dignitaires de l'Ordre, recevait les plaintes, arbitrait les litiges, édictait les règles et modifiait ou complétait, si besoin, les statuts.

Avec la création des langues, les membres du chapitre élisaient parmi leurs membres, les « capitulaires » (deux membres de chaque langue) qui formaient le « définitoire » et qui, en dehors de la présence du grand maître, avait tout pouvoir décisionnel.






(60) Foulques de Villaret , est élu en juin 1305 25e grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à la suite de son oncle Guillaume de Villaret.





Foulque de Villaret, par J.-F. Cars, c. 1725


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 17:01







Étant avant tout un ordre hospitalier (57) et charitable, les frères s'efforçaient d'être au service de leur « seigneurs les malades » et se disent « serf des serviteurs de Dieu », et à ce titre leur habits et vêtements transparaissent de cette servitude ou plutôt humilité. La règle, les « usances » et les statuts rappellent toujours au fil des siècles le devoir de tous les frères de s'habiller sans luxe. Cependant, leurs vêtements devaient être « commodes et confortables, adaptés aux missions, en particuliers militaires ».

Concernant l'habit commun de toutes les classes, il est noir ou du moins sombre, « couleur de l’humilité, celle des moines bénédictins   (58) et des chanoines augustins   (59) ».
La croix faite de deux bandes de tissus croisées (d'où la nom de « croisé » pour ceux qui les portaient et de « croisade »), emblème (et non symbole) du pèlerinage à Jérusalem et de tout ce qui touche de prêt ou de loin à ceux qui exerce un pouvoir ou office religieux, a été utilisée par tous les ordres religieux-militaires, dont les Hospitaliers.

Dernier article de la règle de L'Hospital : « … Les frères […] devront porter sur leur poitrine la croix sur leur chapes   (60) et sur leurs manteaux (cappis et mantellis) en l’honneur de Dieu et de la sainte Croix afin que Dieu nous protège par cet étendard (  vexillum (61) ) et la foi, les œuvres et l’obéissance et qu’il nous défende corps et âmes, nous et nos bienfaiteurs de la puissance du diable en ce monde et dans l’autre. »

Quant à la forme de la croix, dont il importait peu à l'origine, devient au fil du temps la croix à huit pointes   (62) , certainement imitée des armes de la ville d'Amalfi (à moins que cela fut l'inverse), qui deviendra croix de saint Jean puis croix de Malte, « de règle à Rhodes aux XIVe etXVe siècle, [elle] n’apparaît que timidement au XIIIe siècle ». La toute première apparition de cette forme daterait de la première moitié duXIIIe siècle.



a) jupon d’armes (ou surcot)

Désireux de se voir différencier de leurs autres frères, les chevaliers de l’Ordre ont fait requis du pape pour une reconnaissance de leur « qualité nobiliaire », comme c’est le cas pour les Templiers (chevalier en blanc, sergents et prêtres en noir). Répondant partiellement à leur requête, le pape Alexandre IV décida le 11 août 1259 « que les chevaliers continueraient à porter comme les autres l'habit noir, mais ajoutait qu'au combat ils pourraient revêtir un jupon d'armes   (63) et d'autres pièces militaires de couleur rouge et sur lesquels serait la croix blanches « comme cela est sur votre étendard (vexillum) ». »

Cependant cette distinction ne rentra certainement jamais dans les faits, les Hospitaliers étaient regardant quant aux prérogatives d'une classe sur une autre et de plus tous les chevaliers n'étaient pas encore obligatoirement nobles, puisque les statuts du 4 août 1278 de  Nicolas de Lorgue  (64) précise sans ambiguïté aucune :
• article 3 : « que tous les frères de l’Ospital doivent porter manteus noirs [avec] la crois blanche »
• article 5 : « tous les frères de l’Ospital d’armes> (fratres armorum) doient porter en fait d’armes le jupell vermeille avec la creis blanche »
« L’habit rouge distinguait l’activité militaire et non pas un état social. »










Armoiries de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem








Drapeau de l’ordre


Dans le même temps où Raymond du Puy, le supérieur de l'Ordre, écrit la règle de l'Ordre et la transmet à Rome, il propose l'adoption d'une bannière « de gueules à la croix latine d'argent » (rouge à croix blanche). Ce serait en 1130 que le pape Innocent II l'approuve. Elle flotte dès lors sur toutes les possessions de l'Ordre. Ce serait l'ancêtre de tout ce qui deviendra les pavillons nationaux.

Roger de Moulins (1177-1187), huitième supérieur de l'ordre, fait accepter par le chapitre général  de l'Ordre de 1181, le fait de recouvrir d'un drap rouge à croix blanche le cercueil des membres de l'Ordre.



a)  Pavillon navale




pavillon de Saint-Jean des navires de l'Ordre




 (61) Les ordres hospitaliers trouvent leur origine dans des groupes de personnes pieuses qui, poussées par un idéal religieux, s’associaient dans le but de rendre un service particulier dans l’Église : souvent un service aux plus faibles ou personnes en danger: malades, voyageurs, pèlerins. Ils virent le jour au monastère bénédictin de Sainte-Marie-Latine, fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle par des marchands amalfitains. Le supérieur, Frère Gérard, crée vers 1080, à côté du monastère, une nouvelle « hostellerie » (ou hospice) et une église dédiées dans un premier temps à saint Jean l'Aumônier, c'est l'origine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, premier ordre hospitalier. Dans le but de défendre les pèlerins chrétiens en Terre sainte (un service d'Église devenu pressant), la plupart des ordres hospitaliers se militarisèrent à l'image des Templiers et devinrent aussi des ordres militaires.




 (62) moines benedictions :  L’ordre de Saint-Benoît [OSB], plus connu sous le nom d’ordre des Bénédictins, est une fédération de monastères ayant, au cours de leur histoire, adopté la règle de saint Benoît. Ainsi saint Benoît de Nursie (480-547) en est-il considéré comme le fondateur (en 529).
Ce n'est pas le plus ancien Ordre de l'Occident chrétien (cf. la Règle des moines de Saint-Augustin, la fondation de Ligugé par Saint Martin et de Saint-Victor de Marseille par Jean Cassien, et la laus perennis1 en 515 à l’abbaye de Saint-Maurice d'Agaune), mais c'est celui qui a connu le plus large succès ; ses membres suivent la règle de saint Benoît et appartiennent à la confédération bénédictine.


 (63) chanoines augustins : On qualifie de manière imprécise d'Augustins l'ensemble des clercs réguliers vivant selon les principes définis par un texte appelé Règle de saint Augustin. Ce texte est une lettre authentique d'Augustin d'Hippone donnant des normes de vie religieuse commune à une communauté d'hommes (non identifiée), mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans ses Confessions. Augustin d'Hippone lui-même n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre religieux au sens institutionnel du terme.
Plusieurs familles religieuses de nature différente se réfèrent de la sorte à saint Augustin. Les unes portent directement son nom et forment un ordre spécifique (Ermites de saint Augustin [OESA], Chanoines réguliers de saint Augustin[CRSA]), les autres suivent sa règle, tout en adoptant en plus des constitutions propres qui précisent certains détails de l'organisation de leur vie, par exemple les Dominicains.



 (64) La chape, du latin cappa qui signifie capuchon, cape, est un vêtement employé dans la liturgie catholique.
Il s'agit d'une grande cape de cérémonie, appelée par les rubriques pluvial, de forme semi-circulaire, agrafée par-devant et portée par le prêtre et l'évêqueprincipalement lors des bénédictions solennelles, telles que les vêpres, leslaudes solennelles ainsi que lors des processions. Sa couleur dépend du temps liturgique.
Jusqu'à la promulgation du missel romain de 1969, elle était également portée pour l'aspersion de l'eau bénite avant la grand-messe du dimanche. La chape n'a aucune signification symbolique. De ce fait, elle a longtemps été portée par de simples clercs ou par les chantres.



 (65) Le vexillum est un étendard ou drapeau, pièce d'étoffe carrée attachée par le haut à une traverse horizontale, comme les bannières des églises, par opposition à l'enseigne (signum), qui n'était qu'une hampe surmontée de l'image d'un aigle, d'un cheval, etc. Le vexillum fut toujours l'enseigne unique et particulière de la cavalerie romaine.




 (66)  la croix à huit pointes :  La dénomination de croix de Malte, ou croix de saint Jean, est utilisée aujourd'hui dans plusieurs acceptions pour désigner différents symboles et même un dispositif mécanique ou une plante rappelant l'une et l'autre la forme de cette croix ; une croix à quatre branches mais à huit pointes.








 (67)  jupon d’arme : Le tabar ou tabard est une sorte de surcot que l'on revêtait au-dessus de l'armure, à l'époque médiévale. Dès lors que des armoiries y sont représentées, on parle plus fréquemment de cotte d'armes.

La cotte d'armes est identifiable dès la première croisade. Elle est alors un élément pleinement fonctionnel de la panoplie chevaleresque. Elle protège le combattant du soleil, et éventuellement de la pluie, en limitant la chauffe du soleil sur le métal. Elle permet ainsi de conserver une température tolérable à l'intérieur de la cuirasse. Rapidement, néanmoins, le tabard a fait l'objet de décoration. Il s'est ainsi chargé d'une double fonction d'identification et de représentation. Tout d'abord, en effet, il permettait de reconnaître le chevalier, par ses ornements. Il est ainsi devenu, avec l'écu et le caparaçon, le principal support des armoiries. En langue anglaise, c'est ainsi par le nom de cette pièce, coat of arms, qu'on désigne des armoiries. Ensuite, il pouvait permettre à son propriétaire d'exhiber sa fortune en arborant un vêtement fait d'étoffe précieuse abondamment brodée.



 (68)  Nicolas de Lorgue est le 21e grand maître1 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.



Frère de Lorgue, par J.-F. Cars, c. 1725


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 20:07







Arrivés dans l'île de Chypre et installés à Limassol, les Hospitaliers se rendent compte que la ville est ouverte à tous vents aux saccages des corsaires arabes. Le chapitre général hospitalier ayant refusé l'installation en Italie pour rester au plus près de la Terre sainte à reconquérir, il devient évident qu'il faille armer une flotte capable de défendre l'île mais aussi d'attaquer sur mer. En Terre sainte, l'Ordre armait quelques bâtiments qui permettaient aux membres de l'Ordre de se déplacer et de convoyer des pèlerins. Un certain nombre de ceux-ci se retrouvent à Chypre ayant ramené les réfugiés et les frères de Palestine et d'autres amené d'Europe les participants au chapitre général.


« Bientôt on vit sortir des différents ports de l'île plusieurs petits bâtiments de différentes grandeurs, qui revenaient souvent avec des prises considérables, faites sur les corsaires infidèles » écrit l'historien de l'Ordre Giacomo Bosio (1594-1602). Établis sur une île, ils n'ont pas d'autre moyen pour continuer le combat que d'aller sur mer et le combat naval permettait de se payer sur l'ennemi. Si des corsaires infidèles sillonnaient les mers pour enlever des pèlerins, le prétexte était parfait pour justifier une guerre de course. Ces deux nouvelles activités de l'Ordre, la marine et la course, vont donner les moyens d'une nouvelle puissance aux Hospitaliers.

Le pape Clément V autorise en 1306 le nouveau grand maître Foulques de Villaret (1305–1319) à armer une flotte sans l'autorisation de Henri II roi de Chypre. L'Ordre dispose alors de deux galères  (69) , une fuste  (70) , un galion  (71) et deux dromons  (72) . Dans cette région de la Méditerranée orientale, les côtes très découpées, peu accessibles par terre, et la présence de nombreuses îles procurent de nombreux repaires aux corsaires favorisant tous les trafics commerciaux mais aussi humains. À cette période, l'île de Rhodes est un refuge sûr pour tous ces trafics.


Installé à Malte, l'Ordre développe sa puissance maritime et maintient la paix en Méditerranée en combattant les Ottomans et les Barbaresques  (73) avec, pourtant, une flotte nettement inférieure, en unité navale, aux flottes musulmanes. Servir sur les galères de l'Ordre devient un passage obligé pour tous les aspirants chevaliers. Souvent reçu dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès leur plus jeune âge, les familles nobles, majoritairement française, payaient à prix d'or le passage de leurs fils à Malte pour que ceux-ci deviennent page du grand-maître ou d'autres dignitaires de l'Ordre. Après une période de noviciat de douze mois, les novices devenaient chevalier en prononçant leurs vœux. Ils devaient alors faire leurs caravanes. Ces caravanes, au nombre de trois, (quatre au XVIIe siècle) duraient généralement six mois chacune et formaient entre vingt ou trente chevaliers par galère.

Rapidement, la flotte de l'Ordre devient une sorte d'académie navale avant l'heure de grande réputation attirant des nobles de nationalités étrangères à l'Ordre comme des Russes ou des Suédois qui s'engageaient comme volontaires pour une durée de deux ou trois ans. C'est ainsi que de grandes personnalités navales ont été formés dans l'incubateur maritime de l'Ordre. Quand il fallut recréer une marine française pour affirmer la puissance maritime de la France, le cardinal de Richelieu choisit pour modèle la tradition navale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.





Déjà au XVIe siècle, un Hospitalier, Nicolas Durand de Villegagnon  (74) commande la flotte de Gaspard II de Coligny  (75) qui colonisera la cote du Brésil sous le nom de France antarctique. Il donne son nom à l'ilha Villegaignon dans la baie de Rio de Janeiro.

Au XVIIe siècle, lors de la colonisation française des Amériques ou des Antilles, parmi les colonisateurs ou les administrateurs figuraient des chevaliers hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comme Aymar de Chaste   (76) , Isaac de Razilly  (77) en Acadie, Charles Jacques Huault de Montmagny  (78) au Québec ou Philippe de Longvilliers de Poincy  (79) aux Antilles. Ils participaient à la colonisation en tant que représentant du roi de France mais non comme membre de l'Ordre. Mais de 1651 jusqu'en 1665, les Hospitaliers interviennent en leur nom comme colonisateur-administrateur aux Antilles.

Déjà en 1635, Razilly propose sans succès au grand maître Antoine de Paulo  (80) d'établir un prieuré et des commanderies en Acadie. Poincy qui avait servi sous les ordres de Razilly comme commandant de fort en Acadie partageait les vues de son supérieur. Poincy est nommé gouverneur de l'île Saint-Christophe pour le compte de la compagnie des îles d'Amérique avant d'être nommé lieutenant-général pour les Caraïbes par Louis XIII en février 1639. Poincy va investir à titre personnel dans le développement de l'île. Il charge en 1640 François Levasseur  (81) de prendre possession de l'île de la Tortue. Son action est considérée comme trop indépendante de ses commanditaires. L'ordre des Hospitaliers lui reproche aussi d'utiliser les produits qu'il tire de sa commanderie française pour entretenir un train de vie non compatible avec celui d'un membre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il est finalement remplacé dans ses fonctions par Noël Patrocle de Thoisy  (82) le 25 février 1645. Le 25 novembre 1645, Poincy s'oppose au débarquement de Thoisy à Saint-Christophe. Après de multiples péripéties Poincy se fait livrer prisonnier Thoisy et le renvoi en France en 1647. Malgré l'appui des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la cour du Roi, Poincy doit payer 90 000 livres en dédommagement à Thoisy.

Resté à Saint-Christophe, Philippe de Longvilliers de Poincy établit en 1648 la première colonie européenne sur Saint-Barthélemy et envoie un renfort de 300 hommes sur Saint-Martin pour conforter la petite colonie française en parallèle au traité de Concordia qui a fixé la frontière entre les établissements français et néerlandais, traité toujours en vigueur aujourd'hui. Il fonde en 1650 une colonie sur Sainte-Croix.

En 1651, la compagnie des îles d'Amérique fait faillite et Poincy réussi à convaincre le grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Jean-Paul de Lascaris-Castellar  (83) d'acheter Saint-Christophe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Sainte-Croix pour 120 000 écus. C'est Jacques de Souvré   (84) qui négocie l'accord qui sera confirmé en 1653 par le roi de France Louis XIV qui reste souverain des îles. Les Hospitaliers ont compétences temporelle et spirituelle sur leurs îles à la condition de ne nommer que des chevaliers des langues du royaume de France et fournir au roi 1 000 écus d'or chaque année anniversaire.

Philippe de Longvilliers de Poincy est confirmé dans sa charge de gouverneur mais l'Ordre nomme Charles Jacques Huault de Montmagny , ancien gouverneur de la Nouvelle-France, « général-proconsul » avec siège à Saint-Christophe avec mission de transférer au couvent général  (85) de l'Ordre les profits des colonies. Le précédent de Noël Patrocle de Thoisy, engage Montmagny à la prudence et quand il apprend que Poincy refuse de le reconnaître comme général-proconsul, il rentre en France. L'Ordre le renvoie en 1653 avec le titre de lieutenant-gouverneur et devant le refus réitéré de Poincy, Montmagny se retire à Cayonne attendant la mort de Poincy. Mais Montmagny meurt en 1657, trois ans avant Poincy.

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem nomme Charles de Sales, nouveau lieutenant-gouverneur de 1660 à 1664, qui se fait facilement accepter par les populations. Mais la situation est de plus en plus difficile : le traité signé par Poincy peu avant sa mort avec les Anglais et les Caraïbes dure peu ; les revenus que les Hospitaliers tirent de leurs colonies sont de peu de rendement. En 1660, l'Ordre doit toujours de l'argent à la France pour l'achat des îles. Colbert très intéressé par le développement des colonies fait pression sur les Hospitaliers pour récupérer leurs îles. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, alors que Claude de Roux de Saint-Laurent est lieutenant-gouverneur en 1665, cèdent leurs colonies antillaises à la toute nouvelle compagnie française des Indes occidentales mettant ainsi fin à 14 ans de gestion coloniale.







 (69)  Une galère (du grec médiéval  galéa) est un type de navire à voiles et rames, d'abord à usage commercial puis à fonction essentiellement militaire. Elle est mue par des galériens qui constituent la chiourme. Ce sont généralement des esclaves ou des repris de justice. Leur force musculaire est employée à actionner les rames, lorsque le vent ne souffle pas dans la bonne direction et lors de manœuvres d'attaques ou de parades.






Galère de l'Ordre de Malte, reconstitution du
Musée d'histoire navale de Venise.












 (70)   La fuste est un bâtiment à voiles et à rames et à faible tirant d'eau.
Elle fut utilisée pour la surveillance des côtes et le transport de courrier enMéditerranée, mais formait également la majeure partie des embarcations des corsaires méditerranéens, à l'image de Barberousse. De nombreuses fustes furent alignées par les Turcs lors de la bataille de Lépante.











 (71)   Un galion, à l'origine galeon, présent en 1600 de la mer noire à la Méditerranée, désigne un navire à plusieurs ponts, mû à la fois par voiles et rames comme les autres galères. Il évolua en pur voilier, et fut utilisé en Europe et particulièrement en Espagne du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

Possédant de 3 à 5 mâts, il constitue une évolution mêlant les techniques de la caraque nordique aux galeons méditerranéens, dans laquelle sont introduites des caractéristiques de la caravelle portugaise, comme la poupe carrée qui supplante celle ronde des caraques. La coque est allongée et plus fine, ce qui le rend plus rapide et l'abaissement du château le rend plus stable en diminuant le poids dans les hauts.









 (72)  Un dromon (du grec δρόμων, « coureur », en fait « croiseur ») est un navire long, manœuvrant et rapide mû à la rame et employé dans l'Empire byzantin du VIe au XIIe siècle. Ils furent indirectement développés à partir de la trière antique et étaient propulsés à la fois par rame et par la voile.









 (73)  Barbaresque est un terme qui désignait les pirates opérant dans le bassin méditerranéen après la conquête musulmane qui fit de la Méditerranée un vaste "lac musulman".
La durée de leur activité en mer Méditerranée est telle qu'elle peut être décrite depuis les premiers temps de l'Islam, associée ensuite à la conquête musulmane sur le continent européen, qui, une fois la péninsule ibérique prise, se prolonge par des incursions en Septimanie (pillages de villes en Provence au VIIIe siècle), avant de se stabiliser en Espagne jusqu'à la fin du XVe siècle et de rester cantonnée au Maghreb à partir de cette période.
Au XIXe siècle, la seconde phase de l'ère coloniale que les puissances européennes vont mettre en œuvre marque la fin des raids des pirates barbaresques, opérant depuis des cités de la côte sud de la Méditerranée, entre-temps passées sous domination ottomane.




 (74) Nicolas Durand de Villegagnon (1510, Provins - 9 janvier 1571) est un militaire et explorateur français, fondateur de l'éphémère colonie française au Brésil nommée « France antarctique ».




 (75)  Gaspard de Coligny est un noble et amiral français, né le 16 février 1519 àChâtillon-sur-Loing et mort assassiné le 24 août 1572 à Paris, lors du massacre de la Saint-Barthélemy. Comte de Coligny, baron de Beaupont et Beauvoir, Montjuif, Roissiat, Chevignat et autres lieux, seigneur de Châtillon, amiral de France, il est l'un des membres les plus connus de la maison de Coligny éteinte en 1694.

C'est le fils de Gaspard Ier de Coligny, maréchal de France sous François Ier, et de sa femme Louise de Montmorency. Il est le frère d'Odet, cardinal de Châtillonet de François d'Andelot.



Vers 1565 par François Clouet,
Musée d'art de Saint-Louis.






 (76)  Aymar de Clermont-Chaste, seigneur de Gessans et de La Bretonnière, mort en1603, est un gentilhomme catholique et officier de marine français des XVIe et XVIIe. Il sert durant les guerres entre l'Espagne et la France entre 1582 et 1598.




 (77)  Isaac de Razilly, né le 5 juillet 15871 en pays chinonais au château des Eaux-Melles/Oiseaumelles à Roiffé (généralité de Touraine en France) et mort le 2 juillet 16361 à La Hève, Acadie (Canada)2 est le fils de François de Razilly (1545-1600) et de Catherine de Villiers (décédée en 1604)3. Il joua un rôle de premier plan dans l'histoire de l'Acadie et de la Nouvelle-France, dont il fut gouverneur etvice-roi de 1632 à sa mort.


Admis de minorité dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il fait ses caravanes pour se former à la mer et devenir chevalier en 16055. Isaac de Razilly reçu en charge la commanderie de l'Île-Bouchard (Indre et Loire) en 16211 et sera alors connu sous le nom de “commandeur de Razilly”.
Il passe à la marine royale française dans laquelle il servit brillamment, et fut nommé en 1623, chef d'escadre de Bretagne, par le cardinal de Richelieu, son voisin de Touraine.

En 1632, à la demande de Richelieu, il s'impliqua dans la colonisation de l'Acadie. Il prit possession de l'habitation de Port-Royal et en fit le centre d'une colonie française. Avec des amis négociants, Isaac de Razilly et son frère Claude de Launay-Razilly, qui en sera administrateur, ils établirent la Compagnie Razilly-Cordonnier.

Un de ses lieutenants et cousin, Charles de Menou d'Aulnay de Charnizay, joua un rôle décisif dans le maintien d'un flot régulier de navires entre la colonie et la France. Razilly s'empara aussi du fort anglais de Pentagouet pour assurer aux Français d'être les seuls européens implantés en Acadie. À sa mort, en 1636, son frère Claude de Razilly, devient naturellement gouverneur de l'Acadie, mais restant en France, il délègue à son cousin Charles de Menou, qui devient gouverneur en titre en 1638.

Isaac était aussi frère des amiraux François de Razilly et Claude de Razilly. Ses parents possèdaient plusieurs châteaux en Touraine, aux Eaux-Melles, à Beaumont-en-Véron (berceau de la famille de Razilly) ainsi qu'à Cuon (où naîtra en 1579 un de ses frères, Gabriel, décédé en 1603) tout près de Cuon, berceau de la famille de Villiers à Boce.






 (78)  Charles Jacques Huault de Montmagny, né à Montmagny en France vers 1583et décédé à Saint-Christophe aux Antilles en 1653 ou en 16571 fut gouverneur-général de Nouvelle-France du 11 juin 1636 au 19 août 1648.










 (79)  Philippe de Longvilliers, seigneur de Poincy dit le « Commandeur de Poincy », né vers 1584 et mort le 11 avril 1660, à Saint-Christophe (anse Louvet),Martinique, est un officier de marine et administrateur colonial français des XVIe etXVIIe siècles. Commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il est également chef d'escadre de Bretagne (1637) dans la Marine royale, lieutenant général pour le Roi des Isles d'Amérique (1638-1641) puis gouverneur de Saint-Christophe pour le compte de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.






 (80)  Antoine de Paulo, né en 1551 à Toulouse, mort le 9 juin 1636 à La Valette, dans une famille de magistrats toulousains et mort le 4 juin 1636 à La Valette, est le 56e grand maître1 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Son père, Antoine de Paulo, fut Conseiller au Parlement de Toulouse en 1540 puis 5e Président à mortier en 1554 et 2e en 1574.





Antoine de Paule, par Laurent Cars, c. 1725






 (81)  François Levasseur, mort en 1652 à l'île de la Tortue, est un officier de marine huguenot, premier gouverneur de l'île de la Tortue.

Il accompagna Pierre Belain d'Esnambuc, dans les années 1620 à Saint-Christophe, dans ses courses aux Antilles contre les Espagnols. Ayant émigré à Saint-Christophe, cet ingénieur militaire de formation commande une compagnie de milice avant d'être nommé (1639) directeur des fortifications de la colonie.

En 1640, Philippe de Longvilliers de Poincy, lieutenant-général des îles d'Amériques pour le roi de France, envoie Levasseur prendre possession de l'île de la Tortue1. Mouillant au Port-Margot, François Levasseur débarqua à la Tortue avec 100 hommes et en chasse (officiellement) les Anglais en s'assurant du concours des habitants de l'île, eux-mêmes en majorité français. Plusieurs anglais qui avaient fui en 1639, la Barbade, sous la direction de Robert Flood, pour rejoindre la Tortue et y cultiver du tabac, sont en fait restés sous son mandat de gouverneur.

Il fait édifier le premier point d'appui, le Fort de Rocher (ou fort de Roche), puis fort du Saint Sacrement, qu'il appelle « fort de l'Enfer » et dans lequel il installe une prison de fer qu'il appelle « le Purgatoire », pour se moquer de ce qu'il considère comme les « superstitions papistes ». Les chapelles des catholiques sont détruites. Il fait venir des centaines d'Européennes pour mettre fin au « matelotage », des unions homosexuelles au sein des pirates et boucaniers. En 1648, la tentative de prise de contrôle de l'île de la Tortue par les Anglais est repoussé.

Levasseur administre l'île d'une main de fer, levant pour lui-même de lourds impôts sur toutes les transactions. Il est victime en 1652 d'un complot et assassiné par deux de ses lieutenants, Thibault et Martin. Le chevalier de Fontenay, le remplace en 1652 et en 1665, l'île passe sous le contrôle de Bertrand d'Ogeron de La Bouëre.






 (82)  Noël Seguin de Thoisy Patrocle ou Patrocle de Thoisy (?-1671), fils de l'écuyer ordinaire d'Anne d'Autriche, un neveu de Jean de Beauclerc (seigneur de Frémigny), chevalier, lieutenant-général pour le Roi aux îles d'Amérique (Saint Christophe, la Martinique), conseiller du Roi et de son conseil, marié en 1656 avec Magdeleine Cléron.

1645 : Le 25 février, la Compagnie des Îles d'Amérique nomme Noël Patrocle de Thoisy, gouverneur-général des îles d'Amérique pour remplacer Philippe de Longvilliers de Poincy. Étant repoussé par Poincy, le gouverneur en place, il s'installa en Guadeloupe en attendant.

1646 : Le 29 avril, Thoisy promulgue une déclaration du roi établissant dans chaque île une justice souveraine. Furieux de sa présence prolongée, Charles Houël leva une révolte contre Thoisy qui dut retourner en France.
1647 : il est emprisonné à Saint-Christophe, puis renvoyé en France en mai 1647.

Remplacé à son poste par Noël Patrocle de Thoisy le 20 février 1645, il s'oppose au débarquement de son successeur parvenu à Saint-Christophe le 25 novembre, après avoir séjourné à la Martinique et la Guadeloupe. Il refuse de reconnaître le sieur de Thoisy que lui avait donné comme successeur la Reine régente. Il en résulte de graves troubles politiques dans les Antilles.

Une expédition contre Saint-Christophe est organisée depuis la Guadeloupe. Les opérations sont menées par Du Parquet à partir du 18 janvier 1646. Du Parquet enlève les deux neveux de Poincy, puis est défait : réfugié auprès du Commandant de la partie anglaise de l'île, il est trahi par ce dernier qui le livre à Poincy.

Poincy aurait ensuite fomenté des soulèvements contre la Compagnie à la Martinique, par un certain Boutain, puis un certain Beaufort. Marie Bonnard, épouse secrète de Du Parquet réussit avec l'aide de Le Fort, à amener le commandant en second de la Martinique, La Pierrière, à mettre fin à la sédition en assassinant Beaufort, et en proposant l'échange de Du Parquet contre les neveux du Commandeur de Poincy.

Finalement, Du Parquet est échangé contre Patrocle de Thoisy lui-même à la suite d'un complot auquel participent les lieutenants de Poincy dont La Vernade, et Le Fort et La Pierrière. Poincy expédie son prisonnier en France où il arrive le 17 mai 1647. Du Parquet avait quitté St-Christophe le 6 février 1647 après une année entière de captivité.






 (83)  Jean-Paul de Lascaris-Castellar (1560-1657) est le 57e grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Né à Castellar le 28 juin 1560, dans une branche de la famille Lascaris de Vintimille, il devint chevalier dans la Langue de Provence en 1584. Il fut ensuite successivement bailli de Manosque, sénéchal de Malte et enfin le 57e grand maître en 1636 jusqu'à sa mort à Malte le 14 août 1657.

Durant son règne, il dut gérer de nombreux problèmes diplomatiques, et déjouer les entreprises d'Urbain VIII, du roi de Pologne Ladislas IV, et de l'Espagne contre l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il combattit les corsaires et les Ottomansavec avantage, et secourut Candie assiégée par ces derniers.

Il acquit en 1651 pour l'Ordre l'île Saint-Christophe aux Antilles. Celle-ci fut cédée par l'Ordre à la Compagnie française des Indes occidentales en 1665. Il établit àMalte une bibliothèque publique.
On peut encore voir à Malte son mausolée dans la chapelle de Provence de laco-cathédrale Saint-Jean à La Valette.



Jean Paul Lascaris Castellar
par J.-F. Cars, c. 1725





 (84)  Jacques de Souvré, né en 1600 et mort le 22 mai 1670 à Paris, est un militaire et religieuxfrançais, prieur de Lorraine, commandant des galères de France, et quarante-quatrième abbé du Mont Saint-Michel, de 1643 à 1670.




Portrait de Jacques de Souvré par Jean Lenfant, 1667






 (84)  Le Couvent a pris dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem plusieurs sens. Dès l'origine de l'Ordre le terme recouvre l'ensemble des frères de l'Hôpital de Jérusalem. Ensuite par métonymie le terme désigne le lieu de vie des frères, il est alors en concurrence avec celui de Collachium. Le couvent à Jérusalem et à Saint-Jean-d'Acre est une réalité topographique puisque les frères résident dans un même lieu jouxtant le xenodochion, en même temps hostel, hospice et hospital. À Rhodes et à Malte, le couvent désigne le groupe des dignitaires de l'Ordre, sous l'autorité des baillis conventuels, qui élit le grand maître et arbitrait avec celui-ci les principales affaires de l'Ordre par opposition auCollachium qui est alors la partie de la ville de Rhodes, de Birgu puis de La Valette à Malte, réservé aux frères, où sont regroupés l'église conventuelle et les auberges des langues.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 21:17




Le rayonnement de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem fait de Malte au XVIe et XVIIIe siècle un lieu de rencontre et de raffinement où se croisèrent de nombreux artistes tel Le Caravage   (86) , Rubens   (87) , ou encore Mattia Preti    (88) .

De plus, l'Ordre accumule de très nombreux trésors baroques au XVIIIe siècle : on y trouve en particulier des tapisseries exécutées par les Gobelins  (89) entre 1708 et 1710.

La grande bibliothèque de Malte construite entre 1786 et 1796 selon les plans de Stefano Ittar  (90) , est inaugurée après le départ des Chevaliers en 1812 par les Anglais. Elle recélait en 1798, 80 000 livres et toutes les archives de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui y sont encore.






Du XVIe au XVIIIe siècle, les Hospitaliers vont développer de manière très importante les techniques de médecine et de chirurgie comme des éponges imbibées d'opium que les malades suçaient jusqu'à s'évanouir62. Mais tout commence réellement avec l'Hospital de Jérusalem dès le XIIe siècle (les statuts de Roger des Moulins du 14 mars 1182 officialisent pour la première fois dans le personnel soignant de l'Ordre, des médecins et des chirurgiens, puis avec celui de Rhodes. En 1523 les Hospitaliers innovent dans la médecine d'urgence en créant le premier navire hôpital avec la caraque  (91) Santa Maria ; ils inventent les infirmeries de campagne sous des tentes afin de pouvoir soigner les militaires blessés durant la guerre contre le corsaire ottoman Dragut  (92)  en 1550.

Parallèlement, entre 1530 et 1532, le grand maître Villiers de L'Isle-Adam crée une « Commission de santé » composée de deux chevaliers et de trois notables et recrée un grand hôpital la Sacra Infermeria   (93)  (la Sacrée Infirmerie) et une apothicairerie   (94)  à Malte.

En 1595, une école de médecine est créée puis en 1676, c'est l'école d'anatomie et de chirurgie, puis l'école de pharmacie de Malte en 167164 et enfin en 1687, la bibliothèque médicale. Mais c'est en 1771 qu'est créée la célèbre université de médecine qui ajoutera au rayonnement des Hospitaliers dans toute la Méditerranéenne mais aussi dans tout le monde occidental.

On peut également noter la création de l'école de mathématiques et des sciences nautiques au sein de l'université de Malte en 1782 ; puis, en 1794, la création de la chaire de dissection.



  (86)  Michelangelo Merisi da Caravaggio, en français Caravage ou le Caravage  , est un peintre né le 29 septembre 1571 à Milan et mort le 18 juillet 1610 à Porto Ercole.
Son œuvre puissante et novatrice révolutionne la peinture du XVIIe siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal et l'emploi appuyé de la technique du clair-obscur allant jusqu'au ténébrisme. Il connaît la célébrité de son vivant et il influence nombre de grands peintres après lui, comme en témoigne l'apparition du caravagisme.





Le Caravage, craie sur papier par Ottavio Leoni,
vers 1621, Florence, bibliothèque Marucelliana.





Portrait d'Alof de Wignacourt, 54e grand maître de l'ordre,
peint par Le Caravage qui fut un éphémère chevalier de Malte






  (87)  Pierre Paul Rubens   à la belge  ou Peter Paul Rubens en néerlandais, et Pietro Paolo Rubens à partir de 1608, né le28 juin 1577 à Siegen (Westphalie) et mort le 30 mai 1640 à Anvers, est un peintre baroque flamand.

Aidé par un atelier important, Rubens produit une œuvre considérable dans des genres divers. Il accepte de peindre un grand nombre de portraits mais, « d'instinct plus porté aux grand travaux qu'aux petites curiosités » comme il l'écrivait lui-même, il réalise surtout de grands projets religieux, des peintures mythologiques, et d'importantes séries de peintures historiques. Prisé des Grands pour l'érudition et le charme de sa conversation, il joue également un rôle diplomatique important à son époque et jouit d'une position sociale sans égale chez les artistes de son temps.



Autoportrait (1623)





  (88)  Mattia Preti   (Taverna, 24 février 1613 – La Vallette, Malte, 3 janvier 1699), dit aussi il Cavaliere Calabrese car il était chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et originaire de Calabre, est un peintre italien de l'école napolitaine, qui a été actif aussi à Rome et surtout à Malte.




détail du tableau Predica di San Giovanni Battista avec l'auto-portrait
de l'artiste, Mattia Preti. Église de San Domenico à Taverna (Calabre)
en Italie, lieu de naissance de Preti.





  (89) La manufacture des Gobelins   est une manufacture de tapisserie dont l'entrée est située au 42 avenue des Gobelins à Paris dans le XIIIe arrondissement. Elle est créée en avril 1601 sous l'impulsion d'Henri IV, à l'instigation de son conseiller du commerceBarthélemy de Laffemas. Sa galerie, rénovée à partir de la fin des années 1970 afin de retrouver sa mission d'origine d'espace d'expositions, fête son 400e anniversaire lors de sa réouverture au public le 12 mai 2007.

Son nom officiel est « Manufacture nationale des Gobelins ». Elle dépend de l'administration générale du Mobilier national et des Manufactures nationales de tapis et tapisseries qui regroupe le Mobilier national, la Manufacture de tapisserie des Gobelins, la Manufacture de Beauvais (ateliers situés à Paris et à Beauvais), la Manufacture de la Savonnerie (ateliers situés à Paris et Lodève) ainsi que les Ateliers de dentelle d'Alençon et du Puy.

Les manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie sont trois hauts lieux de la tapisserie et du tapis en France auxquels sont rattachés l’atelier de Lodève (tapis) et les ateliers du Puy (dentelle aux fuseaux) et d’Alençon (dentelle à l’aiguille). Les priorités en sont l’ameublement des bâtiments de l’État et la poursuite d’une tradition, avec la conservation des techniques anciennes et le maintien d’une qualité traditionnelle appliquée aux expressions artistiques contemporaines.




  (90)  Stefano Ittar   (1724 – 1789) est un architecte italien. Il est né à Ovroutch enPologne, où son père, membre de la famille aristocratique Guidone de Hittar, s’était réfugié à la suite d'un conflit avec le Grand-Duc de Toscane.

Alors que Stefano était encore jeune, sa famille emménagea à Rome, où il put étudier l’architecture sous la protection du cardinal Alessandro Albani et s’imprégner des réalisations de Francesco Borromini.
Après un bref séjour en Espagne, Ittar s’installa à Catane, en Sicile, en 1765. La ville s’était déjà largement remise des destructions occasionnées par leséisme de 1693, en particulier grâce aux efforts de Giovanni Battista Vaccariniqui avait reconstruit des quartiers entiers dans le style du baroque sicilien.

Parmi les réalisations de Stefano Ittar à Catane, on compte l’église San Martino ai Bianchi, l’église San Placido et surtout la façade de la Collegiata, considérée comme son chef-d’œuvre et comme un modèle en matière de clair-obscur.

Deux des fils de Stefano, Enrico et Sebastiano, devinrent eux aussi des architectes locaux réputés.





  (91) La caraque   ou nef est un grand navire, de la fin du Moyen Âge, caractérisé par sa coque arrondie et ses deux hauts châteaux avant et arrière. Elle fut l'un des premiers types de navires européens à pouvoir s'aventurer en haute mer. Les Espagnols l'appelaient nao (navire) et les Portugais nau : elle fut, avec la caravelle, le navire des grands explorateurs de ces pays.



Gréement d’une caraque




  (92)  Dragut  , connu en Turquie sous le nom de Turgut Reis et dans les provinces arabes de Darghouth (« dragon »), né vers 1485 non loin de Bodrum (actuelle Turquie) et mort le 23 juin 1565 à Malte, est un amiral turc, un des corsaires les plus célèbres de l'Empire ottoman.





  (93) La Sacra Infermeria    (ou Infirmerie Sacrée) est un hôpital construit en 1574 à La Valette à Malte par les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. À cette époque, sa modernité en fait l'un des meilleurs hôpitaux européens.





  (94)  Les apothicaires et apothicairesses   étaient les précurseurs des pharmaciens. Ils préparaient et vendaient des breuvages et des médicaments pour les malades. « Apothecarius » vient dulatin1 et signifie « boutiquier » ce qui correspondait essentiellement aux pratiques des XIIIe etXIVe siècles, où la boutique était l'élément qui différenciait le commerçant sérieux du charlatan2de passage. La profession s'autonomisa au XVIIIe siècle et l’apothicairerie fut progressivement remplacée par la pharmacie à partir du XIXe.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE L'ORDRE    Jeu 14 Juil - 21:18




L'Ordre de l'Hopital de Saint Jean de Jérusalem existant toujours sous la dénominations de l'Ordre de Malte, nous n'avons repris ici que les Maîtres contemporains des Templiers.




1. Gérard Tunc, "maître" de ???? à 1120
2. Raymond du Puy, maître de 1120 à 1159
3. Oger de Balben, maître de 1159 à 1162
4. Arnould de Comps, maître de 1162 à 1163
5. Gilbert d'Assalit, maître de 1163 à 1169
6. Gaston de Murols, maître de 1169 à 1170
7. Joubert de Syrie, maître de 1170 à 1177
8. Roger des Moulins, maître de 1177 à 1187
9. Garnier de Naplouse, maître de 1187 à 1188
10. Hermengard d'Asp, maître de 1188 à 1192
11. Godefroy de Duisson, maître de 1192 à 1202
12. Alphonse du Portugal, maître de 1202 à 1204
13. Geoffrey le Rath, maître de 1204 à 1207
14. Garin de Montaigu, maître de 1207 à 1227
15. Bertrand de Thessy, maître de 1230 à 1231
16. Guerin, maître de 1231 à 1236)
17. Bertrand de Comps, maître de 1236 à 1241
18. Pierre de Vieille-Bride, maître de 1241 à 1244
19. Guillaume de Châteauneuf, maître de 1244 à 1259
20. Hugues de Revel, maître de 1259 à 1278
21. Nicolas Lorgue, maître de 1278 à 1289
22. Jean de Villiers, maître de 1289 à 1297
23. Odon des Pins, maître de 1297 à 1300
24. Guillaume de Villaret, maître de 1300 à 1306
25. Foulques de Villaret, maître de 1306 à 1319)
26. Helion de Villeneuve, maître de 1319 à 1346
27. Dieudonné de Gozon, maître de 1346 à 1353
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