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 LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE

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Lanaelle
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MessageSujet: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Ven 29 Juil - 15:22






Bataille du Soleil
Bataille du lac Peïpous
A. Contexte géopolitique
B. Le début des hostilités
C. La situation tactique et force en présence avant le combat (5 avril 1242)
D. Le déroulement de la bataille
E. Les conséquences géopolitiques et historiques de la bataille
Bataille de Forbie
Bataille de Krücken
Bataille de Durbe
A. Contexte
B. Bataille
C. Conséquence
Bataille de Karuse
A. Le contexte
B. La bataille
Bataille de Rakvere
Prise de Danzig
Bataille de Plowce
Bataille de  la Stréva
Bataille de Grunwald
A. Terminologie et sources
1. Noms
2. Sources
B. Contexte historique
1. Croisades baltes et Union de la Pologne-Lituanie
2. Guerre, trêve et préparatifs
C. Force en présence
D. Cours de la bataille
1. Avancée à travers la Prusse
2. Préparatifs
3. L’attaque et le repli lituanien
4. L’affrontement entre les Polonais et les teutoniques
5. Fin de la bataille
E. Conséquences
1. Pertes et prisonniers
2. Poursuite de la compagne et paix
F. Héritage
1. Pologne, Lituanie et Biélorussie
2. Allemagne et Russie
Bataille de Pabaiskas
A. Présentation
B. Conséquences
Bataille de Konitz
A. Historique
Bataille de Puck
A. Historique
Bataille d’Ergeme
A. Contexte


Guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l’ordre Teutonique
A. Veillée d’armes
1. Croisades baltes
2. Union de Pologne-Lituanie
3. Etat teutonique
B. Le début de la guerre
C. Bataille de Grunwald/ Tannenberg
D. Conséquences


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Sam 30 Juil - 13:24




La bataille de Šiauliai, aussi appelée bataille du Soleil ou bataille de Saule, (Lithuanien : Saulės Mūšis, Letton : Saules kauja ou Kauja pie Saules) se déroula le 21 septembre 1236 à proximité de la ville de Šiauliai, qui se trouve de nos jours dans la région de Joniškis en Lituanie. Le recueil Chronicum Livoniae par Hermann de Wartberge mentionne que la bataille fit rage en terram Sauleorum, sans qu'il ait été prouvé que terram Sauleorumsoit Šiauliai.
Les chevaliers Porte-Glaive (1) de l'Ordre Livonien (2), conduits par leur maîtreVolquin, se trouvaient en situation préoccupante dans les années 1230, avec des difficultés financières et en effectifs. En 1236, Volquin conduisit une campagne militaire vers le sud avec le prince de Pskov contre la Samogitie (3). Accompagnés par une force saisonnière de croisés de l’Holstein (4), les chevaliers s'emparèrent de domaines en Samogitie, les Samogitiens ayant reculé devant l'attaque. À leur retour vers le nord, les chevaliers Porte-Glaive durent faire face à des attaques de Samogitiens au passage d'une rivière. Pour ne pas perdre de montures en ces terrains marécageux, les Holsteiners refusèrent de combattre à pied, ce qui força la troupe à passer la nuit sur place et y monter un camp. Mais le lendemain matin, une troupe plus nombreuse de Samogitiens, menés par le duc Vykintas, et Lituaniens emmenés par le duc Mindaugas (5), attaqua les croisés. Les fantassins qui accompagnaient les chevaliers purent pour la plupart fuir, tandis que ces derniers, dont Volquin, tombèrent au cours de la bataille. Les croisés et chevaliers qui tentèrent de fuir vers Rīga furent tués par les Semigalliens (6), bien qu'il ne soit pas certain qu'ils prirent part à la bataille elle-même.
Après cette bataille, ce qui restait de l’ordre des chevaliers Porte-Glaive accepta d'être incorporé dans l’ordre des chevaliers teutoniques en 1237.












(1)  Les Chevaliers Porte-Glaive
ou Frères de l'Épée (en latin : Fratres Militiae Christi, « frères de l'armée du Christ », en allemand : Schwertbrüder) sont un ordre militaire organisé en 1202 à Dünamünde par Albert de Buxhoeveden, évêque deLivonie, et composé de « moines guerriers » germaniques dans le but de christianiser les populations baltes. Leur règle se fonde principalement sur celle des Templiers. Ils sont connus également sous le nom de Milice du Christ de Livonieou simplement d'Ordre livonien. Les membres de cet ordre portaient une robe de serge blanche avec la chape noire ; deux glaives rouges croisés de noir étaient brodés sur la poitrine, et un autre à l'épaule gauche.




Portes glaives







(2) L'ordre de Livonie
, ou ordre Livonien, est un ordre militaire composé de chevaliers Porte-Glaivereprésentant la branche de la Confédération de Livonie de l'ordre Teutonique des chevaliers teutoniques.






(3) La Samogitie
(en lituanien : Žemaitija) est une région ethnographique de la Lituanie qui ne correspond pas à une division administrative actuelle.
Historiquement, la Samogitie est d'abord un duché délimité à l'ouest par la Prusse et la Baltique, au nord par la Courlande, au sud par leNiémen, la frontière orientale étant moins nettement définie. Du XIIIe auXVIIIe siècle, le duché de Samogitie est intégré au Grand-duché de Lituanie, puis à l’État polonais (la République des deux nations), avant d'être annexé par l'Empire russe lors du troisième partage de la Pologne(1795).






(4) Le Duché de Holstein est né en 1474 du comté de Holstein, lorsque le roi du Danemark Christian Ier, qui était alors aussi bien duc de Schleswig que comte de Holstein, obtint l'élévation du Holstein au rang de fief d'Empire et fut lui-même nommé à la tête du nouveau duché.







(5)  Mindaugas
ou Mendog (Myndowen en allemand, Mindowe en latin), grand-duc (~1235-1251, 1261-1263), roi de Lituanie (1253-1261).

La Lituanie est alors un vaste territoire dans lequel une couche lituanienne païenne domine une population slave de culture russe byzantine. Mindaugas, chef suprême de Lituanie, après avoir vaincu les chevaliers teutoniques enCourlande, redoutant une nouvelle croisade, accepte le baptême en 1250. Au château de Varuta, près de Navahroudak, il reçoit les envoyés du grand maître de l’ordre et l’évêque de Kulm, qui lui apportent une couronne de grand-duc de Lituanie. En 1253, il se fait couronner roi de Lituanie par le pape Innocent IV. Il est le premier à porter ce titre1.

Il se joint à une révolte des Semigalles contre les chevaliers teutoniques, mais est assassiné en 1263 par son neveu Treniota avec la complicité de Daumantas, restés fidèles au paganisme. Des luttes confuses s’ensuivent pendant un demi-siècle en Lituanie. Deux camps s’opposent, l’un orienté vers les Teutoniques et l’Église allemande, l’autre vers les princes russes et l’orthodoxie byzantine.






(6) La Sémigalie ou Sémigalle (en letton : Zemgale) est une région qui couvre la partie centre sud de la Lettonie. C'est une région de plaines et de production agricole dont la principale ville est Jelgava. Son histoire est liée en grande partie à celle de la Courlande avec laquelle elle forma le duché de Courlande et Sémigalie.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Dim 31 Juil - 12:38










La bataille du lac Peïpous (« Bataille sur la glace ») opposa, le 5 avril 1242, l'ordre Teutonique au 13e prince de Novgorod, Alexandre Nevski (1), pour qui ce fut une victoire décisive.


A. Contexte géopolitique

Avec le soutien du pape et de l'empereur du Saint-Empire romain germanique, les chevaliers teutoniques tentent d'étendre leur domination, sous couvert de religion, vers l'Est. Ils sont lancés dans leur croisade nordique(2)  avec l'appui des chevaliers Porte-Glaive qui ont intégré l'ordre pour ne pas disparaître et des danois, et viennent de conquérir l'Estonie. Leur objectif est maintenant Novgorod et bien d'autres territoires russes, de religion orthodoxe, à l'époque vassaux indociles des Mongols de la Horde d'or (3).


B. Le début des hostilités


Espérant exploiter la faiblesse de la Russie dans le sillage des invasions mongoles et suédoises, les chevaliers occupent Pskov, Izborsk et Koporyeà l'automne 1240.
Quand ils approchent de Novgorod, les habitants rappellent le jeune prince local, âgé d'une vingtaine d'années Alexandre Nevski, que le vietché (4) avait banni à Pereslavl quelques mois plus tôt. L'avance des teutoniques est stoppée. Pendant la campagne de 1241, Alexandre réussit à reprendre Pskov et Koporye.


Au printemps 1242, les chevaliers teutoniques reprennent leur offensive après avoir battu un détachement de reconnaissance des Novgorodiens à18 km au sud de la forteresse de Dorpat. La guerre se poursuit jusqu'à l'hiver 1242, malgré les conditions climatiques, qui veulent que toute armée médiévale cesse le combat pendant l'hiver.
Dans l'espoir de surprendre l'armée de Novgorod, la force principale des chevaliers teutoniques, menée par le grand maître de l'ordre Hermann de Dorpat, emprunte un itinéraire très audacieux et très dangereux également : il fait traverser à son armée l'étendue gelée du lac Peïpous (5) en direction de Pskov.




C. Situation tactique et force en présence avant le combat (5 avril 1242)



Les chevaliers germaniques sont à l'avant-garde, suivis par une milice de fantassins estoniens. La décision se fera avec l'aide de la cavalerie lourde, la reine des batailles de l'époque.

En face, les forces russo-mongoles sont en position sur les berges et attendent l'ennemi. Ils disposent d'une très grande supériorité numérique, mais cela ne fait pas peur aux Teutoniques, habitués de ce genre de situation et comptant avant tout sur la supériorité de leur armement et leur valeur militaire.

L'orgueil des moines-soldats allemands va pourtant causer leur perte. Les Russes ont prévu de maintenir l'ennemi sur le lac coûte que coûte, en tenant fermement les positions sur les berges. L'infanterie russe doit encaisser le premier choc des chevaliers teutoniques, sans reculer. Les archers mongols, alliés de circonstance des Russes, commandés par le frère d'Alexandre Nevski, sont placés à l'aile droite et soigneusement camouflés. La cavalerie se tient en arrière, en réserve.


D. Le déroulement de la bataille


Les chevaliers du Prince-évêque Hermann de Dorpat chargent l'adversaire mais échouent à obtenir une victoire immédiate. Ils sont pris en enfilade, sous les flèches meurtrières des Mongols, ce qui les gêne beaucoup.


Les miliciens estoniens prennent peur et abandonnent le camp teutonique, ce qui ne complique pas beaucoup plus la situation de l'assaillant. En effet, la cavalerie lourde des Teutoniques semble prendre l'avantage sur l'infanterie faiblement protégée des Russes et Alexandre Nevski doit lancer toute sa cavalerie à l'attaque, pour soutenir son infanterie sévèrement malmenée.


Contrairement à la théorie la plus connue, la glace du lac ne se serait en fait jamais rompue parce qu'elle ne soutenait plus le poids des armures et des destriers teutons. Donald Ostrowski, auteur de Alexander Nevskii’s "Battle on the Ice": The Creation of a Legend, attribue cet ajout au film Alexandre Nevski de 1938, par Sergueï Eisenstein.


Seul le grand maître, quelques évêques et une poignée de chevaliers réussissent à retourner à Dorpat, après la bataille. 400 chevaliers, dont une vingtaine de l’ordre teutonique, ont péri dans la bataille.








E. Les conséquences géopolitiques et historiques de la bataille


Cette bataille met définitivement fin à l'expansion croisée vers la Russie. En effet, pour la première fois depuis bien longtemps, les principautés russes sont de nouveau victorieuses et cela a pour conséquence de maintenir la chrétienté orthodoxe, mais rien de plus.


En effet les principautés russes apparaissent à ce moment comme des États à respecter par les chevaliers teutons, mais elles ont payé cette victoire au prix fort. Elles sont vassalisées par les Mongols et les Tatares qui déferlent alors sur toute l'Europe centrale et orientale la même année. La principauté de Kiev ainsi que les royaumes de Pologne et de Hongrie sont dévastés. Tous les Russes se retrouvent sous le joug des cavaliers de la steppe, qui ne sont chassés qu'après la bataille de Koulikovo Polié (6), en 1380.

Depuis cette époque, Alexandre Nevski garde une stature de héros national, bien qu'il ne puisse prétendre à la place d'honneur, Dimitri Ier Donskoï (7) étant le vrai libérateur de tous les Russes. Néanmoins, ce personnage historique est encore récupéré, du temps de l'URSS stalinienne, alors que le péril hitlérien s'amplifie, et mis en scène dans un très grand film épique de Sergueï Eisenstein.

Quant aux chevaliers teutoniques ils doivent reculer face aux Russes, mais leur puissance est à peine entamée. Ils tournent tous leurs efforts vers la Prusse orientale qui est totalement convertie au catholicisme et germanisée en quelques années. Marienbourg et son château, devient le centre politique du nouvel état teutonique, en expansion. Ce n'est qu'en 1410, après la bataille de Grunwald, que la puissance teutonique est définitivement brisée par les forces polono-lituaniennes, nouvelle grande puissance militaire de l'époque.







(1)   Alexandre Nevski
, né le 30 mai 1220 à Pereslavl-Zalesski, et mort le14 novembre 1263 à Gorodets est un héros national russe, célèbre pour ses victoires militaires. Il est aussi un saint de l'Église orthodoxe et plusieurs cathédrales orthodoxes portent son nom. Il est fêté le 23 novembre et le 30 août(translation de ses reliques à Saint-Pétersbourg).










(2) Aussi appelées croisades nordiques, les croisades baltes ont été menées par les puissances de l'Occident chrétien contre les peuples païens du nord-est de l'Europe riverains de la mer Baltique à partir de la fin du XIIe siècle : les peuples baltes, y compris les habitants originels de la Prusse orientale désignés sous le nom de Vieux-prussiens (ou borusses).

Leur lancement a été officiellement prononcé par Célestin III en 1193, mais les royaumes germaniques1et scandinaves convertis au catholicisme avaient déjà commencé à envoyer des croisés à la conquête de leurs voisins à cette date. Elles durent jusqu’au début du XIVe siècle ; comme bien des croisades, elles se détournent de leur but originel et s'achèvent par la territorialisation des ordres militaires qui les ont conduites.







(3)   La Horde d'or (mongol cyrillique : Алтан Ордин Улс, translittération latine : Altan Ordin Uls, littéralement : pays de la Horde d'or, en mongol cyrillique : Алтан Орд, Horde d'or, en turc : Altın Ordu) est un empire turco-mongol1 gouverné par une dynastie issue de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan, qui contrôle les steppes russes aux XIIIe et XIVe siècles.


Les Djötchides eux-mêmes s'appellent Horde ou Grande Horde. Horde d'orest une expression utilisée par les Russes depuis le XVIe siècle. Les Arabes et les Persans parlent du Royaume des Tatars ou du Khanat de Kiptchak.











(4)  Le Vétché ou Veche (russe : вече, polonais : wiec, ukrainien : віче, biélorusse : веча,croate : vijeće, serbe : веће/veće) est une assemblée populaire médiévale dans plusieurs pays slaves. Le vétché était globalement similaire à la thing nordique ou la Landsgemeinde suisse.



Dans la Russie médiévale, l'assemblée populaire ou vétché – de véchtchats : parler – est dans les Cités-États la plus haute autorité de la république. Elle comprend non seulement les membres de la population urbaine, mais également la population rurale libre. Cet organe a le pouvoir d'élire, parmi les boyards, le Premier ministre (Posadnik), les commandants militaires (tys'atskys) et même l'archevêque.

La République de Novgorod en est le plus fameux exemple. Trente monarques s'y succédèrent pendant le XIIIe siècle. Le vétché y est instauré en 11361. Toutefois, selon l'historien Jean-Pierre Arrignon, les attributions du vétché sont très différentes d'une région à l'autre, et même pour Novgorod, il ne faut pas y voir la preuve d'un fonctionnement démocratique de la cité, qui reste une oligarchie de propriétaires fonciers. Le vétché n'est que le lieu d'affrontement des intérêts de ceux-ci.





(5) Le lac Peïpous ou lac des Tchoudes est un vaste lac partagé entre l'Estonie et la Russie.




Le lac Peïpous près de Ranna en Estonie







(6)  La bataille de Koulikovo
, (en russe : Куликовская битва ou битва на Куликовском поле), est une bataille entre les Mongols de la Horde d'or et les Russes conduits par le grand-prince de Moscou Dimitri Ier Ivanovitch qui eut lieu le 8 septembre 1380 dans la plaine de Koulikovo (le « Champ-des-Bécasses1 »), près du Don (actuellement dans l'oblast de Toula), et fut remportée par les Russes. Cette victoire entraîna l'expulsion définitive des Mongols du Nord de l'Europe et valut à Dimitri Ier le surnom de Donskoï. Une église, dessinée par Alexeï Chtchoussev, commémore cette bataille.














(7)  Dimitri Ier Donskoï (en russe : Дмитрий Иванович Донской), né à Moscou le 12 octobre 1350 et mort à Moscou le 19 mai 1389, fils d'Ivan II, est grand prince de Moscou de 1359 à 1389 et grand prince de Vladimir de 1363 à 1389. Il est considéré par l'Église orthodoxe russe comme saint et vénéré le 19 mai.


Il se fait céder la couronne de Vladimir par Dimitri III Constantinovitch, aidé par le Khan mongol Nuruzbeg, puis il épouse sa fille Eudoxie le 18 janvier 1367. Il fait la guerre aux princes de Tver et de Riazan, qui lui disputaient le trône, fortifieMoscou (1367), construit le Kremlin.

Mettant à profit l'anarchie dans laquelle s'enfonçait la Horde d'or, les princes russes cessent en 1371 de venir rendre hommage à la cour de Saraï et même de payer le tribut. Le prince Dimitri Ier résiste en 1373 à une invasion de représailles. Le 11 août 1378, il bat une première fois les armées de Mamaï1 à la Voja. Le 8 septembre 1380, il remporte sur le même Mamaï la bataille de Koulikovo, près des bords du Don (d'où son surnom de Donskoï) sur les Mongols.

Mais deux ans après, un nouveau Khan, l'énergique Tokhtamych, qui a unifié laHorde d'or et la Horde Blanche, exige de nouveau l'hommage des Russes. Devant le refus de Dimitri Ier, Tokhtamych envahit les principautés et saccage les villes de la Souzdalie, Vladimir et Youriel avant de prendre et de dévaster la capitale Moscou, qui est prise et pillée le 13 août 1382. Dimitri Ier est forcé de payer tribut et de donner son héritier en otage au khan.

En 1389, il fait son testament avant de partir pour la Horde d'or. Il partage ses terres entre ses fils. Pour la première fois, il donne le trône à son aîné Vassili sans consulter le khan et le charge de le transmettre à son tour à son fils aîné. Dimitri Donskoï meurt à Moscou le 19 mai 1389. Il est inhumé à la cathédrale de l'Archange-Saint-Michel de Moscou.



De son union avec Eudoxie de Souzdal morte le 7 juin 1427, il laisse 12 enfants dont :
• Vassili Ier Dmitrievitch, grand prince de Moscou de 1389 à 1425.
• Iouri IV, grand prince de Moscou de 1433 à 1434.
• André, prince de Mojaïsk mort en 1432.
• Pierre, prince de Dimitrov, mort en 1438.
• Constantin, prince d'Ouglitch, mort en 1433.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Dim 31 Juil - 15:12




La bataille de La Forbie, également connue sous le nom de bataille de Harbiyah, s'est déroulée pendant les croisades, les 17 et 18 octobre 1244, près du village de La Forbie au nord-est de Gaza.
La bataille a opposé deux armées :

• les armées croisées venant du royaume de Jérusalem, des ordres de chevalerie croisés (Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem (1), Ordre Teutonique et Ordre des Hospitaliers) et de troupes venues du territoire de Homs et de la Transjordanie tombés sous la domination des Ayyoubides dirigées par Gautier IV de Brienne (2).

• l'armée égyptienne du sultan As-Salîh Ayyûb (3), renforcée par des mercenaires Khorezmiens (4) dirigés par le Mamelouk (5) Baybars (6). La bataille voit la victoire de Baybars.



A. Déroulement


1. Prélude


La capture de Jérusalem par les Khorezmiens en août 1244 déclenche les hostilités entre les Chrétiens et les états Musulmans. Al-Mansur, l'émir de Homs et An-Nasir Dawud, régnants sur la Transjordanie, se sont alliés aux Templiers, aux Hospitaliers, aux chevaliers Teutoniques, et aux forces restantes du royaume de Jérusalem pour affronter le sultanat Ayyoubide d’Égypte.

Les deux armées se sont rencontrées près de La Forbie, un petit village au nord-est de Gaza. Du côté allié, Al-Mansur commandait une cavalerie d'environ 2 000 hommes et un détachement des troupes de Damas. En dépit de la présence de Philippe de Montfort (7), le commandement en chef des forces chrétiennes fut donné à Gautier IV de Brienne, comte de Jaffa et d’Ascalon : environ 1 000 cavaliers et 6 000 fantassins. Les forces alliées transjordaniennes étaient constituées d’environ 2 000 cavaliers bédouins sous les ordres de Sunqur az-Zahiri. L'armée égyptienne, en nombre légèrement inférieur, était commandée par le jeune émir Baybars futur sultan d'Égypte.


Al-Mansur conseilla à Gautier IV de renforcer le camp et de rester sur la défensive, en attendant que les Khorezmiens, indisciplinés, se dispersent et laissent les Égyptiens avec un handicap considérable. Cependant, Gautier IV, à qui le commandement avait été donné, était peu disposé à attendre les Égyptiens. La disposition des forces alliées sur le champ de bataille était la suivante : Les Chrétiens sur le flanc droit, près de la côte, l'émir de Homs et les Damascènes au centre, les bédouins d’Al-Mansur sur le flanc gauche.



2. La bataille


La bataille débuta le matin du 17 octobre, avec les chevaliers chrétiens chargeant à plusieurs reprises les Égyptiens. Malgré ces tentatives pour briser leurs rangs, les Égyptiens tinrent leur position. Au matin du 18 octobre, Baybars envoya ses Khorezmiens contre les Damascènes. Le centre des troupes alliées fut brisé et les Khorezmiens s'attaquèrent au flanc gauche, formé par les cavaliers bédouins. Seul 280 cavaliers et Al-Mansur survécurent au massacre. Menacés par les Égyptiens au centre et par les Khorezmiens sur leur flanc, les chrétiens ont chargé en vain. Plus de 5 000 d'entre eux périrent, et 800 furent faits prisonniers, dont Gautier de Brienne, et Guillaume de Chateauneuf (08), grand-maître des Hospitaliers. Des troupes de chevaliers des ordres, seulement 33 Templiers, 27 Hospitaliers, et 3 chevaliers Teutoniques survécurent. Philippe de Montfort et le patriarche de Jérusalem réussirent, quant à eux, à fuir à Ascalon, tandis qu’Armand de Périgord (9), l'évêque de Lydda et Ramla, Jean et Guillaume les fils deBohémond d'Antioche, étaient tués.











B. Conséquences

Le royaume de Jérusalem a souffert des conséquences de la défaite de la bataille de La Forbie. Depuis la bataille de Hattin aucune armée aussi nombreuse n'avait été envoyé en guerre. Malgré cette victoire, le succès des Ayyoubides n'a pas duré. Les Khorezmiens ont été défaits aux alentours de Homs par Al-Mansur en 1246, et grâce au soulèvement des sultans Mamelouks, Baybars commença son règne sur l'Égypte en 1260 et transforma le royaume de Jérusalem affaiblit en une petite bande côtière. La bataille de La Forbie marque ainsi l’effondrement de la puissance Chrétienne au Proche-Orient.










(1)  L’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, ou ordre des hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem, est un ordre hospitalier fondé à Jérusalem aux XIe ouXIIe siècle pour accueillir les pèlerins atteints de la lèpre, il ouvrira ses portes aux croisés et chevaliers lépreux pendant les croisades nommés Lazarites. Certains de ses chevaliers lépreux participent à la défense des états latins d'Orient. Après la perte de la Terre sainte, il se regroupe en France autour de leur grand maître à la commanderie de Boigny-sur-Bionne jusqu'à la confiscation de tous les biens de l'ordre en France à la Révolution. L'ordre subit bien des aléas du fait de ses protecteurs jusqu'au moment où Louis XVIII dilapide les derniers biens de l'ordre pendant son exil.






(2)  Gautier IV de Brienne (1205 † 1246), dit le Grand, est comte de Brienne de 1205 à 1246 et de Jaffa de 1221 à 1246. Il est fils de Gautier III, comte de Brienne et prétendant au trône de Sicile, et d'Elvire de Lecce.






(3)   Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb (v. 1207 † 1249) est sultan ayyubide d’Égypte de 1240 à 1249 et de Damas de1245 à 1249. Il est fils d’Al-Kamel, sultan d’Égypte et de Damas, et d’une concubine nubienne.





(4)   Le Khwarezm (Xorazm en ouzbek), également appelé Chorasmie antique, Kharezm,Kharism, Khorezm, ou encore Khwarizm, est une région historique située au sud de lamer d'Aral, entre les actuels Ouzbékistan, Turkménistan et Iran. On y trouve notamment les villes historiques de Kounya-Ourguentch et de Khiva. Le nom de Khwarezm s’explique par le vieux-perse *Xwāra-zmi-, qui signifie « Pays du soleil ». Les Korasmiens (ou Khorezmiens) furent mentionnés au Ve siècle av. J.-C. par Hérodote.

On connaît une culture, dite de Tazabagyab et apparue vers -1500, d’où les Perses duTurkestan occidental ont pu provenir. Elle était située au sud de la mer d'Aral, sur le territoire des futurs Khorezmiens. Elle rassemblait des éléments de la culture des Tombes à Charpente et de la Culture d'Andronovo, autochtone du Kazakhstan.
Le Khwarezm est le fief de la dynastie des Khwârezm-Shahs, appelés parfois Khorezmiens entre 1077 et 1231.
C’est la région d’origine du mathématicien Muhammad ibn Mūsā al-Khuwārizmī (également orthographié Al-Khawarizmi ou Al-Khorezmi), qui a donné son nom au mot algorithme, et du savant Al-Biruni.





(5)  Les mamelouks (arabe : مملوك, (singulier) mamlūk, مماليك (pluriel) mamālīk, possédé ; (turc) : Memlüklüler) sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.





(6)  Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari1, plus connu en français sous le nom de Baybars, Baïbars ou encore Bibars (né le19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277 (à 53 ans) à Damas en Syrie) est un sultan Turcs kiptchaks des mamelouk bahrite d'Égyptequi régna de 1260 à 1277.
Il est parfois surnommé la "panthère" ou encore « l'arbalétrier ».






(7) Philippe de Montfort, né en Terre sainte, probablement à Sidon vers 1206, assassiné à Tyr le 17 mars 1270, fut seigneur de la Ferté-Alais, deBréthencourt et seigneur de Castres-en-Albigeois de 1228 à 1239, seigneur de Toron de 1239 à 1257 et seigneur de Tyr de 1246 à 1270. Il était fils de Guy de Montfort, seigneur de la Ferté Alais, de Bréthencourt et de Castres et d'Helvis d'Ibelin.

Né en Terre Sainte, frère utérin de Balian Grenier, comte de Sidon, il vint en France vers 1211 quand son père y retourna, pour aider son frère aîné Simon de Montfort, qui dirigeait la croisade des Albigeois. En 1212, son père reçut la seigneurie de Castres-en-Albigeois.

Il épousa vers 1220 Éléonore de Courtenay (1208 † 1230), fille de Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople, et de Yolande de Hainaut. Ils auront un fils, Philippe (1225 † 1270), qui lui succédera dans ses fiefs français.

Philippe Ier part en 1228 avec la sixième croisade, mais ne reste pas en Orient et rentre pour prendre possession des domaines de son père, tué lors du siège d'un château près de Pamiers. En 1239, l'appel de l'Orient se fait à nouveau sentir, il laisse ses domaines de Castres, la Ferté-Alais et Bréthencourt à son fils Philippe, tout juste majeur, et participe à une expédition croisée dirigée par Thibaud IV de Champagne et Richard de Cornouailles. Après la défaite de Gaza, en 1241, les barons rentrent en Europe, mais Philippe s'installe définitivement dans le royaume de Jérusalem, où il épouse Marie d'Antioche (1215 †), dame de Toron, fille de Raymond-Roupen, prince d'Antioche et d'Helvis de Lusignan. Marie d'Antioche avait en outre des droits sur le royaume arménien de Cilicie, mais ne put jamais les faire valoir avec succès en 1248. Philippe et Marie eurent :

• Jean de Montfort († 1283), seigneur de Toron et de Tyr
• Onfroy de Montfort († 1284), seigneur de Beyrouth et de Tyr
• Alix, vivante en 1282 et en 1295
• Helvis, vivante en 1282 et en 1295

Une lutte opposa peu après les barons du royaume et les partisans de l'empereur Frédéric II et Philippe prit avec son cousin Balian d'Ibelin la tête du parti des barons. Il prit la ville de Tyr, tenue par les impériaux, en 1243 et devint connétable du royaume de 1244 à 1251. En 1246, il reçoit la seigneurie de Tyr, et rejoint à Damiette la septième croisadede Saint-Louis, de 1248 à 1251. En 1256, il expulse les Vénitiens de Tyr, ce qui entraina la Guerre de Saint-Sabas. En1257, il cède Toron à son fils Jean, devenu majeur.

À la fin de sa vie, Philippe apparaissait comme l'un des barons capable de persuader les rois européens de lancer une croisade, aussi le sultan mamelouk Baybars engagea des assassins qui le tuèrent à Tyr, le 17 mars 1270.




(08)  Guillaume de Chateauneuf est le 19e supérieur1 de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.









(9)   Armand de Périgord (ou Hermann de Pierre-Grosse) (1178–1247?), de la famille des comtes de Périgord, fut maître de l'ordre du Temple

Il était le quatrième fils d'Hélie V, comte de Périgord surnommé Talleyrand et de Raymonde, fille de Raymond II, vicomte de Turenne.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Dim 31 Juil - 15:40




La Bataille de Krücken est un affrontement médiéval, qui a eu lieu en 1249 pendant la croisade prussienne entre les chevaliers teutoniques et les Prussiens (1), l'une des tribus baltes. En nombre de chevaliers tués, c'est la quatrième plus grande défaite des chevaliers teutoniques au XIIIe siècle.




Clans prussiens du XIIIe siècle




• Le commandant Heinrich Botel rassembla des hommes des châteaux de Kulm, Elbing et Balga pour une expédition militaire loin à l'intérieur de la Russie. Ils traversèrent les territoires des Natangiens (2) et pillèrent la région. Sur le chemin de retour, ils furent attaqués à leur tour par une armée de Natangiens. Ils se replièrent près du village de Krücken, au sud de Kreuzburg (actuellement Kamenka au sud de la Slavskoie), où les Prussiens hésitèrent à les attaquer. L'armée prussienne était augmentée de troupes fraiches arrivées de territoires plus éloignés et les chevaliers n'avaient pas assez de ressources pour soutenir un siège. Ils négocièrent donc leur reddition : le commandant et trois autres chevaliers devaient rester en otages pendant que les autres rendaient leurs armes.




• Mais les Natangiens trahirent leurs promesses et massacrèrent les 54 chevaliers et un grand nombre de leurs soldats. Certains chevaliers furent exécutés au cours de cérémonies religieuses ou torturés à mort. La tête de Jean, vice-comte de Balga, fut exposée au bout d'une pique. D'autres furent soumis à rançon ou échangés (en particulier le commandant Botel). Une telle barbarie donna aux chevaliers une excuse pour ne pas traiter les Prussiens en hommes civilisés et honorables. Jamais plus ils ne se rendirent à des païens. Les Natangiens n'exploitèrent pas leur victoire et ne lancèrent pas d'offensives vers les territoires des chevaliers teutoniques. Il fallut deux ans à ceux-ci pour se remettre et venger le massacre.













(1)  Les Borusses ou Prussiens (ce dernier terme étant dérivé du premier) étaient un peuple balte habitant le pourtour sud-est de la mer Baltique, entre la Vistule et leNiémen.
Après la conquête des Prussiens par les chevaliers-moines de l'Ordre Teutonique(XIIIe siècle) et la fondation du Duché de Prusse (1525), le terme Prussiens a finalement servi à désigner l'ensemble des habitants du duché (puis du royaume), qui étaient majoritairement d'origine allemande.








(2)  La Natangie (en polonais : Natangia ; en russe : Натанги ; en vieux-prussien :Notangia ; en allemand : Natangen ; en lituanien : Notanga) est une région historique de la Prusse, aujourd'hui partagée entre la Pologne et la Russie.
D'après le chroniqueur Simon Grunau, la Natangie était le territoire habité par lesNatangiens, entre la Pregolia, l'Alle, la Pasłęka et la lagune de la Vistule.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Dim 31 Juil - 17:10





La Bataille de Durbe (letton : Durbes kauja, lituanien : Durbės mūšis,allemand : Schlacht an der Durbe) est une bataille médiévale qui se déroula près de Durbe, à 23 km à l'est de Liepāja, dans l'actuel Lettonie lors de la Croisade de Livonie. Le 13 juillet 1260, les Samogètes (1) battent les forces réunies de l'Ordre Teutonique de Prusse et de l'Ordre Livonien de Livonie. 150 chevaliers furent tués dont le Grand-maître Burchard von Hornhausen et le maréchal prussien Henrik Botel. C'était de loin la plus grande défaite des Chevaliers au XIIIe siècle, la seconde étant la Bataille de Aizkraukle où 71 chevaliers furent tués. La bataille inspira le Grand soulèvement prussien (2)(qui se termina en 1274), la rébellion des Sémigaliens (reddition en 1290), des Coures (3) (reddition en 1267) et des Osiliens (reddition en 1261). La bataille a défait une vingtaine d'années de conquête de la Livonie, et il fallut une trentaine d'années à l'Ordre Livonien pour qu'il rétablisse son contrôle.



A. Contexte



L'Ordre Livonien combattait les Samogètes depuis 1253, lorsque Mindaugas fut couronné Roi de Lituanie (4) et transféra des territoires de Samogitie à l'Ordre. Les Samogètes n'ont pas reconnu ce transfert et combattirent pour leur indépendance. Pour les chevaliers, la Samogitie était une région stratégique importante car elle séparait physiquement les ordres Prusse et Livonien. Après que les Samogètes eurent tués 12 chevaliers près du nouvellement construit Château de Klaipėda(Klaipėda) en 1257, une trêve de deux ans fut conclue. Dès l'expiration de la trêve, les Samogètes envahirent le Kurzeme (5) et battirent les chevaliers lors de la Bataille de Skuodas en 1259. Ce succès encouragea les Sémigaliens à se rebeller1. Les chevaliers tentèrent de renforcer leur position stratégique et attaquèrent Tērvete dans l'espoir de transformer le poste avancé sémigalien en un château teutonique. Après l'échec de l'attaque, ils construisirent une forteresse à proximité de Dobele et Maïovka (possible actuelle Jurbarkas) en Samogitie. Les Sémigaliens attaquèrent Dobele, mais en raison de la faible tactique du siège subirent de lourdes pertes. Les Samogètes n'attaquèrent pas directement Maïovka mais construisirent une forteresse à proximité, empêchant le château d'être approvisionné et harcelant en permanence la garnison.


B. Bataille


Le Grand Maître Livonien Burchard von Hornhausen (6) organisa une importante armée pour une campagne contre les Samogètes. Le 25 janvier 1260, les Chevaliers obtinrent une bulle pontificale du Pape Alexandre IV (7), bénissant la croisade ainsi qu'un traité de paix avec Siemovit Ier de Mazovie (08). Lorsque les armées de la Prusse et de l'Ordre Livonien et leurs alliés se sont réunis au château Memel, ils prévoyaient de renforcer le siège de Maïovka assiégée. Cependant, ils apprirent qu'une importante force samogète marchait sur le Kurzeme] et les chevaliers décidèrent de marcher vers l'actuel Lettonie pour arrêter les Samogètes. Ils se rencontrèrent sur la rive sud du lac Durbe.

Les chevaliers étaient en proie à des dissensions internes. Ainsi, les Danes d'Estonie refusèrent de descendre de leurs lourds chevaux qui n'étaient pas adaptés au combat en terrain marécageux. Quand la bataille commença, les Coures locaux abandonnèrent les chevaliers parce que les chevaliers n'acceptaient pas de libérer les Coures capturés dans le camp samogète. Pierre de Duisbourg (9) a même prétendu que les Coures avaient attaqué les chevaliers par l'arrière. Les Estoniens et les autres populations locales ont rapidement suivi les Coures et ont abandonné les chevaliers. Après cette trahison, les chevaliers se sont trouvés encerclés et subirent de lourdes pertes. Près de 150 chevaliers périrent tout comme des centaines de chevaliers séculiers ou des soldats de rang inférieur.


Bien que la bataille soit décrite en détail dans la Livonian Rhymed Chronicle, aucune source contemporaine ne mentionne le chef des Samogètes. Seul Simon Grunau (10), dans sa chronique écrite vers 1517–1526, mentionna que c'était Treniota (11). En 1982 l'historien Edvardas Gudavičius publia une étude affirma que Treniota n'était pas un Samogète et qu'il ne pouvait avoir commandé une armée samogète. Inga Baranauskienė a soutenu que la bataille fut conduite par Alminas, vieux samogète élu avant 1256.






C. Conséquences



Il s'ensuivit de nombreuses rébellions contre l'ordre Teutonique sur tous les territoires baltes, dont le Grand soulèvement prussien, qui dura de 1260 à 1274. La province du Zemgale se rebella durant 30 ans, tandis que le Kurzeme se rendit en 1267. Les Coures avec les Samogètes attaquèrent les Châteaux Teutoniques à l'ouest de la Rivière Venta. Le 3 février 1261, sur le chemin du retour, les païens vainquirent de nouveau les chevaliers près de Lielvārde, tuant 10 chevaliers. La rébellion des Osiliens fut réprimée en 1261. Ces batailles ont rendu à néant une vingtaine d'années de conquête de la Livonie et il fallut une trentaine d'années à l'Ordre Livonien pour rétablir son contrôle.

Au lendemain de la défaite, le grand-duc Treniota est soupçonné d'avoir convaincu son oncle Mindaugas, Roi de Lituanie, de faire chuter le christianisme et de briser la paix avec l'Ordre Teutonique. Treniota organisa des campagnes militaires en Livonie et obtînt le soutien des Lituaniens. En 1263, Treniota assassina Mindaugas, usurpant le trône lituanien et la nation est revenue au paganisme. L'instabilité qui s'ensuivit empêcha le Grand-duché de Lituanie de profiter pleinement de la fragilité des Ordres. Bien que les Ordres se préoccuppaient de la reconquête des territoires rebelles, jusqu'en 1280, ils ne posaient pas un grand danger en Lituanie. En ce sens la bataille permit de gagner du temps pour le nouvel État lituanien lui permettant de se renforcer et de se développer avant de combattre la croisade.




(1) Les Samogitiens ou Samogètes
(lituanien: Žemaičiai, samogitien:Žemaitē) sont un sous-groupe des Lituaniens, issus de la fusion de différentes tribus baltes qui sont les Samogitiens, les Sudoviens et les Skalviens.





(2)  Grand soulèvement prussien :   Le soulèvement prussien est constitué par deux soulèvements majeurs et trois soulèvements plus réduits des peuples prussiens anciens (l'une des tribus baltes), contre les chevaliers teutoniques, qui se déroulèrent au XIIIe siècle, durant les Croisades baltes. Les croisés, soutenus par les Papes et les Chrétiens d'Europe, pensaient conquérir et convertir les prussiens « païen ». Pendant les dix premières années de la croisade, cinq des sept principaux clans prussiens passèrent sous le contrôle des chevaliers teutoniques, bien moins nombreux. Toutefois les Prussiens se soulevèrent contre leurs conquérants à 5 occasions.

Le premier soulèvement fut soutenu par le duc Świętopełk II de Poméranie. Les Prussiens remportèrent initialement des succès, réduisant les chevaliers à la possession de seulement 5 de leurs châteaux les plus puissants. Ensuite le Duc subit une série de défaites et fut contraint de faire la paix avec les chevaliers teutoniques. Avec l'aide du Duc Świętopełk II de Poméranie, les Prussiens vaincus durent négocier avec le prélat du pape Innocent IV un traité de paix avec les chevaliers. Le Traité de Christburg, signé en 1249, ne fut cependant jamais honoré et fut rompu, en particulier après la bataille de Krücken.

Le second soulèvement, connu dans l'histoire comme le « grand Soulèvement prussien » fut initié en 1260 par la bataille de Bataille de Durbe, la plus grande défaite chevaliers teutonique au XIIIe siècle2. Ce soulèvement fut le plus long, le plus important et le plus menaçant pour l'Ordre des chevaliers teutoniques, qui à nouveau furent réduit à leurs cinq plus puissantes forteresses. Les renforts pour les chevaliers furent long à arriver malgré les encouragements répétés du papeUrbain IV, et la position de l'Ordre, qui paraissait au pire. Heureusement pour celui-ci, les Prussiens manquaient d'unité et de stratégie commune et des renforts atteignirent finalement la Prusse en 1265. Un par un, les clans prussiens se rendirent et le soulèvement cessa en 1274.
Les trois derniers soulèvements, de moindre importance, dépendirent d'aide extérieure et furent réprimés en un ou deux ans. Le dernier, en 1295, mis fin effectivement à la croisade balte et la Prusse devint un territoire chrétien de langue germanique, qui assimila les Prussiens natifs et un grand nombre de colons venant des différents états germanophones.





(3)   Les Coures (curonien : Kursi ; allemand : Kuren ; letton : kurši ; lituanien : kuršiai ; estonien : kuralased) étaient une ancienne tribu balte. Ils ont donné leur nom à la région de Courlande (Kurzeme). Les Curoniens vivaient en Lettonie et en Lituanie entre le Ve et le XVIe siècle.

Les Coures étaient connus pour être de fiers guerriers, de bons marins mais aussi de redoutables pirates. Au Moyen Âge, les Curoniens subissaient de fréquentes invasions en raison de leur situation géographique. Déjà au VIIe siècle, les Vikings débarquaient sur leur territoire afin de piller plutôt que de coloniser. Ils durent repousser ces ennemis assez fréquemment jusqu'au VIIIe siècle. Les chevaliers teutoniques conquirent leur territoire au XIIIe siècle et le peuple couren passa sous la domination lituanienne au XVe siècle.


Ils furent la première tribu balte à accepter le christianisme mais ils continuèrent à pratiquer les anciennes coutumes païennes que l'on peut retrouver chez leurs descendants du XIXe siècle.





(4)  L'état de Lituanie se forme en 1230, quand les tribus baltes menacées dans le nord par les Chevaliers Porte-Glaive et à l'ouest par les Chevaliers Teutoniques se réunissent sous la direction de Mindaugas.


Après que le Grand-Duc Ladislas II Jagellon devient également roi de Pologne en 1386, les deux États se rassemblent en1440 sous l'autorité d'un souverain unique. En 1569, l'Union de Lublin est signée et une nouvelle entité, l'Union de Pologne-Lituanie, émerge pour faire place en 1569 à la République des Deux Nations.


Entre 1772 et 1795, la République est plusieurs fois partagée. La Lituanie devient partie intégrante de l'Empire russe jusqu'au 16 février 1918. La Lituanie ne retrouve sa souveraineté qu'en 1919, après que l'Allemagne ait perdu la Première Guerre mondiale. La Première République de Lituanie demeure jusqu'en 1940, quand elle est occupée par l'Union soviétique.


Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Lituanie est occupée par le Troisième Reich. En 1944, l'Allemagne perd la guerre, l'Union soviétique re-occupe la Lituanie et fonde la République socialiste soviétique de Lituanie.


Le 11 mars 1990, la Lituanie est la première république soviétique à proclamer son indépendance. Le République de Lituanie est restaurée en une république démocratique, membre de l'Union européenne et de l'OTAN.






(5)  La Courlande (en letton Kurzeme) est une région de la Lettonie qui occupe le front de mer sur la Baltique. C'est la partie ouest de la région historique du duché de Courlande.




(6) Burchard von Hornhausen (1252 ou 1254 - 13 juillet 1260), est un grand-maître des Chevaliers Teutoniques de l'Ordre de Livonie.
Burchard von Hornhausen est le commandant de la place-forte de Königsberg et le maître d'œuvre du château de Königsberg. Il fut le commandant du territoire de Sambie.


Il rejoint les forces du roi de Bohême Ottokar II de Bohême.


Les Samogitiens battent les forces conjointes des Chevaliers Teutoniques de Prusse et de l'Ordre de Livonie. 150 Chevaliers ont été tués, y compris le Grand-Maître livonien Burchard von Hornhausen. Elle est de loin la plus grande défaite des chevaliers teutoniques au cours du XIIIe siècle. La bataille a défait pour une vingtaine d'années, la conquête de la Livonie et il a fallu une trentaine d'années à l'Ordre de Livonie pour rétablir son contrôle.






(7) Alexandre IV, né Rinaldo Conti di Segni (Jenne, diocèse d'Agnani, vers 1199– 25 mai 1261), est pape de 1254 à 1261.

Son pontificat est marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxe et catholique, la protection des universités, les faveurs accordées aux ordres mendiants dans leurs différends avec les séculiers et les tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares.
Par sa mère, il fait partie de la famille du pape Grégoire IX, dont il était le neveu, et de la famille du pape Innocent III. Son oncle Grégoire IX le fait cardinal en1227, puis cardinal-évêque d'Ostie en 1231.




(08) Siemovit Ier de Mazovie (en polonais Siemowit (Ziemowit) I mazowiecki), de la dynastie des Piasts, est né vers 1215 et décédé à Jazdów le 23 juin 1262. Il est le fils cadet de Conrad Ier de Mazovie et d’Agafia de Rus, la fille du prince Sviatoslav de Vladimir-Volhynie.

Il a été duc de Czersk (1247-1248), duc de Mazovie (1248-1262) et duc deSieradz (1259-1260).






(9) Pierre de Duisbourg (en latin médiéval : Petrus de Dusburg ; en allemand : Peter von Dusburg) est l'auteur d'une chronique, le Chronicon terrae Prussiae, achevée en 1326 et relatant les guerres de l'Ordre teutonique, la conquête de la Prusse et la croisade contre les Lituaniens.





(10) Simon Grunau, né à Tolkemit (aujourd'hui, Tolkmicko) vers 1470, mort à Dantzig entre 1530 et 1537, est un dominicain et chroniqueur, auteur de la Preussische Chronik, qui relate l'histoire de la Prusse jusqu'au XVIe siècle.





(11) Treniota (en biélorusse : Транята) (1210-1264) est un grand-duc de Lituanie(1263-1264).

Treniota est le neveu du grand-duc de Lituanie Mindaugas. Celui-ci s'est converti au christianisme en 1250, afin de décourager les menaces militaires des Chevaliers Teutoniques de l'Ordre de Livonie sur la Lituanie, et devient en1253, couronné par le pape, le premier et seul roi de Lituanie. Mais Treniota reste un fervent païen.

Malgré la conversion de Mindaugas, les chevaliers teutoniques font régulièrement des incursions dans le territoire lituanien. Après la bataille de Durbe en 1260, Treniota convainc Mindaugas d'abandonner le christianisme et d'attaquer l'Ordre Teutonique. Ce changement d'alliance n’est pas décisif. Mindaugas se joint à une révolte des Semigalles contre les chevaliers teutoniques, mais les attaques sont inefficaces et les chevaliers teutoniques sont à peine affaiblis. Mindaugas commence à remettre en question son alliance avec son neveu Treniota. Ce dernier avec Daumantas assassinent Mindaugas en 1263 avec deux de ses fils. Treniota usurpe le trône et la nation lituanienne renonce au christianisme et revient au paganisme. Toutefois, il régne seulement pendant une année avant d'être assassiné par Vaišvilkas, le fils cadet de Mindaugas qui a échappé, un an auparavant, à la mort lors de l'assassinat de son père et de ses deux frères.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Ven 5 Aoû - 8:53






La bataille de Karuse opposa les Chevaliers teutoniques de l'Ordre Livonien au forces du Grand-duché de Lituanie, le 16 février 1270, sur les eaux gelées de la mer Baltique.




A. Contexte


Otto von Lutterberg (1) qui commandait déjà les troupes coalisées livoniennes, danoises et estoniennes lors de la bataille de Rakvere en 1268 face aux troupes slaves des Princes russes de Dimitri Ier Vladimirski (2), dirigea les Chevaliers teutoniques et ses alliés danois contre les forces du grand-duché de Lituanie commandées par le Grand-duc lituanien Traidenis (3).



B. La Bataille


Les croisés coalisés de l'Ordre de Livonie attaquèrent les forces lituaniennes sur les eaux gelées de la mer Baltique au large de l'île de Saaremaa. Les lituaniens se protégèrent de cette attaque en renversant leurs traîneaux et purent contenir l'assaut teutonique. Malgré la préparation et la surprise de cette attaque, l'Ordre livonien subit un revers et déplora la mort de plus de 50 Chevaliers et d'environ 600 soldats de rang. Le Grand-Maître Otto von Lutterberg fut tué également lors de cet engagement militaire. La victoire inattendue du Grand duché de Lituanie fut néanmoins lourde sur le plan humain avec environ 1600 morts.













(1) Otto von Lutterberg est le Grand-Maître de l'Ordre Livonien des Chevaliers teutoniques entre1266 et 1270.
Otto von Lutterberg fut le chef de guerre des troupes coalisées livoniennes, danoises et estoniennes lors de la bataille de Rakvere en 1268 face aux troupes slaves des Princes russes deDimitri Ier Vladimirski. Il fut responsable de la défaite, lors de cette bataille, en raison d'une stratégie militaire qui fut un échec face à la tactique militaire russe. Il réussit néanmoins à éviter l'encerclement de ses forces lors de la retraite de ses forces militaires.
Otto von Lutterberg mourut deux ans plus tard lors de la bataille de Karuse en 1270 contre leGrand-duché de Lituanie.





(2) Dimitri Ier, dit la Honte de son Père (vers 1254-1294) fils aîné de Alexandre Nevski, fut prince de Novgorod (1259-1264, 1272-1273, 1276-1281, 1285-1292), de Pereyaslav (1263-1294) et grand-prince de Vladimir.
En 1268, il commanda les troupes des Princes russes lors de la bataille de Rakvere connue également sous les noms de bataille de Rakovor ou bataille de Wesenberg, près de la ville de Rakvere, entre les troupes coalisées desChevaliers teutoniques, danoises et estoniennes d'une part et les forces russesd'autre part. Cette bataille fut une victoire russe.
Il régna de 1276 à 1281 puis de 1283 à 1294 à Vladimir avec le titre de grand-prince, eut à combattre son propre frère, André, avec lequel il finit par se réconcilier, vit ses États désolés par les Tartares de la Horde d'or et, désespérant de leur résister, se fit moine.






(3) Traidenis (en biélorusse : Трайдзень) (décédé en 1282) est le Grand-duc de Lituanie à partir de1269 jusqu'à 1282 et duc de Kernavė.
Le règne de Traidenis a mis fin à une période de troubles de sept années après l'assassinat du souverain Mindaugas en 1263.
Traidenis a fermement maintenu le Grand-duché de Lituanie dans le mythe paien.
Traidenis élargit le Grand-Duché de Lituanie aux territoires des Sudoviens et des Sémigaliens et a renforcé son influence sur la Ruthénie noire.
Traidenis combattit les Chevaliers Teutoniques de l'Ordre de Livoniecommandés par Otto von Lutterberg qui fut tué lors de la bataille de Karuse.
Traidenis a également fait des incursions en Pologne, en particulier du côté deLublin et de Łęczyca. Toutefois, ces raids n'ont pas d'incidence sur la Mazoviesur laquelle Traidenis établit un lien dynastique par l'intermédiaire de sa filleGaudemunda avec les ducs mazoviens dont elle épousa l'un d'eux, Boleslas Ier de Mazovie. Cette relation dynastique a été développée par Gediminas.
Traidenis fut un des rares Grands-ducs de Lituanie à mourir de vieillesse, la plupart des Grands-ducs lituaniens ayant été soit assassinés soit tués au combat.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Ven 5 Aoû - 8:59



La bataille de Rakvere connue également sous les noms de bataille de Rakovor ou bataille de Wesenberg sera déroula en 1268, près de la ville de Rakvere, entre les troupes coalisées des Chevaliers teutoniques, danoises et estoniennes d'une part et les forces russes d'autre part. Cette bataille fut une victoire russe.

La bataille se déroula le 28 février 1268. Les chevaliers de l'Ordre Livonien affrontèrent les troupes des Princes russes. Les deux armées se rencontrèrent à environ sept kilomètres de la ville de Rakvere. Les forces russes étaient au nombre de 30 000 soldats commandées par le prince Dimitri Ier Vladimirski. Les Croisés livoniens, danois et estoniens, au nombre d'environ 25 000, étaient dirigés par le Maître de l'Ordre livonien Otto von Lutterberg.


Face aux forces supérieures russes, les Livoniens et leurs alliés séparèrent leurs forces en deux formations déployées largement afin d'éviter tout encerclement de leurs forces par l'armée russe. La première formation attaquant les Russes et la seconde tenue en embuscade devait attaquer par la suite. Mais cette tactique échoua face à la puissance des forces engagées côté russe et à la tactique rusée de faire croire à l'ennemi que la première formation, pourtant encerclée par les russes, avait fini par repousser les forces slaves. La seconde formation sortie des bois afin de poursuivre l'ennemi jusqu'à son camp. Les Russes contre-attaquèrent vaillamment et poursuivirent les chevaliers croisés dans leur retraite précipité.

La défaite livonienne fut totale et l'Ordre Livonien perdit près de 12 000 combattants, et mit plus de trente ans à reconstituer ses forces. Les forces russes perdirent environ 5 000 soldats.







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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Ven 5 Aoû - 9:03




La prise de Dantzig par les chevaliers Teutoniques est un épisode des guerres entre la Pologne et l'État teutonique qui se déroula le 13 novembre 1308.

Après une rébellion contre les autorités du margraviat de Brandebourg, le peuple polonais appelle les chevaliers Teutoniques à la rescousse. Ces derniers arrivent comme alliés de la population et s'emparent de la ville de Dantzig. Mais rapidement les chevaliers Teutoniques occupent militairement la ville et l'administrent.

Rapidement la tension monte après la chute de la forteresse. Des litiges, notamment sur le paiement de la guerre et sur la souveraineté de la ville, marquent le début des tensions entre le royaume de Pologne et l'État monastique des chevaliers Teutoniques.





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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Ven 5 Aoû - 9:11




La bataille de Płowce eut lieu le 27 septembre 1331 entre le Royaume de Pologne et l'ordre des chevaliers teutoniques.

L'armée polonaise, commandée par le roi Ladislas Ier (1) et son fils Casimir (2) surprend l'arrière-garde des chevaliers Teutoniques mais une partie de leurs troupes se retire pour mettre à l'abri Casimir, unique héritier du trône. Profitant de la confusion qui s'ensuit, les Teutoniques, commandés par Dietrich von Altenburg (3), échappent à l'anéantissement et se replient après trois heures de combat. Après l'arrivée de renforts, les chevaliers Teutoniques reprennent le combat, qui ne s'achève qu'à la tombée de la nuit, laissant les Polonais maîtres du champ de bataille après une sanglante mêlée. Les chevaliers Teutoniques se retirent sur Toruń et les Polonais, ayant eux aussi subi de lourdes pertes, ne les poursuivent pas.

Bien que la victoire polonaise soit incomplète, elle prouve aux Polonais que les chevaliers Teutoniques ne sont pas invincibles. Néanmoins, cette victoire n'a pas de conséquence sur le long terme car les chevaliers Teutoniques reprennent l'offensive en 1332 et s'emparent de Brześć Kujawski. Un armistice est signé peu après, laissant leurs récentes conquêtes aux chevaliers Teutoniques. Le traité de Kalisz, signé par Casimir III, désormais roi, scelle une paix fragile mais d'autres guerres vont suivre entre les deux puissances.













(1)  Ladislas Ier le Bref
(en polonais Władysław I Łokietek) (v. 1261 – 2 mars 1333), appelé aussi Ladislas Ier le Nain, de la dynastie Piast, est le troisième fils deCasimir Ier de Cujavie.







(2)  Casimir III Piast, dit le Grand, né le 30 avril 1309, mort le 5 novembre 1370, roi de Pologne de 1333 à 1370, fils de Ladislas Ier le Bref, roi de Pologne, et d'Hedwige de Kalisz.
Casimir III est le seul roi de Pologne à porter le titre de « Grand ». Néanmoins, aucun de ses quatre mariages successifs ne lui ayant permis d'avoir un fils, il dut céder le trône à sa mort à son neveu Louis Ier de Hongrie.





(3)  Dietrich von Altenburg (mort en 1341 à Thorn) fut le dix-neuvième Grand Maître(magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1335 à 1341.


Dietrich von Altenburg est issu de la famille des burgraves d'Altenburg enThuringe. Il entre en 1307 dans l'Ordre Teutonique et y prononce ses vœux. Il est commandeur de la commanderie de Ragnit de 1320 à 1324, puis de 1326 à 1331 de celle de Balga. Il est ensuite nommé grand-maréchal de l'Ordre en 1331 et combat contre les Polonais. Il prend possession pour l'Ordre de la Cujavie, sous le duc Ladislas Lobietek. C'est un stratège militaire courageux et actif qui recherche finalement la paix avec les Polonais.
Lorsqu'il devient grand-maître, il fait construire nombre de châteaux forts pour quadriller les vastes étendues peu peuplées de l'État teutonique. Ainsi en 1335,Angerburg, puis le château de Lötzen, en 1336 le château d'Insterbourg, Baierburg au bord de la Memel, etc...Ils sont entourés de fossés ou de douvespour se défendre des incursions slaves. Il fait aussi renforcer les fortifications de la forteresse teutonique de Marienbourg et de celle de Schwetz. Il fait reconstruire le château de l'Ordre à Dantzig, à la place du vieux château ducal.
Dietrich von Altenburg fait aussi construire l'église Sainte-Marie à Marienbourg, ainsi que la grande tour et fait terminer la construction de la chapelle Sainte-Anne et élever une statue à la Vierge Marie. Il ordonne également la construction du premier pont fortifié au-dessus de la Nogat avec une tour d'entrée.
Il meurt après une courte maladie, alors qu'il négociait un traité de paix avec les Polonais à Thorn. C'est le premier grand maître de l'Ordre à être enterré à la chapelle Sainte-Anne de Marienbourg, où sa tombe est encore visible.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Lun 8 Aoû - 7:55




La bataille de la Streva se déroula le 2 février 1348 entre les chevaliers teutoniques et l’armée du Grand-duché de Lituanie sur les rives de la rivière Streva un affluent de la rive droite du Niémen près de la ville de Žiežmariai. Wigand de Marbourg  clame que 18000 lituaniens furent tués ou noyés alors que l’ordre ne perdit 8 chevaliers et 60 soldats et que ce fut une des plus grandes victoires de l’ordre. Narimantas et Manvydas deux fils du grand-duc Gediminas (1) auraient été tués à cette bataille.


À cause de la mort du grand maître Heinrich Dusemer von Arfberg (2) et d’une épidémie de peste les chevaliers ne tirèrent pas avantage de cette victoire
En 1347 en raison d’une trève pendant la Guerre de Cent Ans les chevaliers teutoniques virent arriver en Prusse de nombreux chevaliers français et anglais. L’expédition débuta à la fin de janvier 1348 mais en raison du mauvais temps le gros des forces ne progressa pas au-delà d’Insterbourg. Une petite armée commandée par Winrich von Kniprode le futur grand maître pilla la Lituanie centrale mais se trouva rapidement en face des troupes lituaniennes dos à la rivière Streva ne pouvant traverser la rivière gelée que par petits groupes laissant lorsque la plus grande partie de l’armée aurait traversé l'arrière-garde à la merci des Lituaniens. L’approvisionnement des chevaliers était limité et ils ne pouvaient attendre. Les Lituaniens commandés par Kęstutis (3) ou Narimantas décidèrent de les harceler par des volées de flèches et de lances qui blessèrent de nombreux chevaliers. Les chevaliers lancèrent une attaque de cavalerie lourde qui brisa la formation des Lituaniens qui se noyèrent en nombre à tel point que les chevaliers purent traverser à «pied sec». Ce récit a donné lieu à de nombreuses critiques car le niveau de la rivière Streva est en général, à cette période de l’année très bas.


Les chevaliers continuèrent leur campagne en ravageant la région de Šiauliai, détruisirent un château à Veliuona. A l’Est la Lituanie perdit de son influence à Pskov, Novgorod et à Smolensk.

La victoire fut attribuée à la Vierge Marie et un monastère fut créé en son honneur par le grand maître Winrich von Kniprode (4) à Königsberg





(1)  Gediminas (connu sous les noms de Giedymin ou Gedymin en Ruthénie et enPologne, Hiedymin (Гедымін) ou Hiedzimin (Гедзімін) en Biélorussie) est né vers1275 et décédé en 1341. Il devient grand-duc de Lituanie en 1316 et en fait un État très puissant.






(2)  Heinrich Dusemer von Arfberg (° vers 1280, † 1353 à Bratian ), fut le vingt-et-unième Grand Maître (magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1345 à1351.
Originaire de Souabe, Heinrich Dusemer von Arfberg rejoint l'Ordre Teutonique en1311. Comme chevalier, il combat les Lituaniens. La légende prétend qu'il a fréquemment personnellement affronté le Grand-duc Vytenis. Sa bravoure et ses prouesses au combat, lui valent de progresser rapidement dans la hiérarchie de l'Ordre.

Il est nommé Vogt de Sambie en 1333 et commandeur de Brandeburg en 1334. Un an plus tard, il est nommé Grand-maréchal et commandeur de Königsberg. En1339 il entre en conflit avec le Grand maître Dietrich von Altenburg et il est dégradé et envoyé à Strasburg. Le Grand maître suivant, Ludolf König von Wattzau le rétabli dans ses fonctions.


Le 13 décembre 1345, le capitulum (Chapitre) de l'Ordre à Marienburg le choisi pour succéder à Ludolf König von Wattzau. Après plusieurs défaites, l'Ordre a besoin d'un chef ayant l'expérience des champs de bataille. Peu de temps après avoir été choisi comme Grand Maître, Dusemer riposte et attaque la Lituanie. La campagne se solde par la défaite totale de l'armée lituanienne à la bataille de la Strėva, le 2 février 1348.

Mais les chevaliers teutoniques ne profitent pas longtemps de leur victoire. La peste noire qui a atteint la Prusse, les oblige à quitter le pays conquis. Alors que l'Ordre est en mesure de reprendre les hostilités, Dusemer démissionne.Winrich von Kniprode est désigné pour le remplacer. Heinrich Dusemer von Arfberg s'installe à Bratian  où il jouera, dès lors, plus aucun rôle important. C'est là qu'il décède en 1353. Il est inhumé dans le mausolée des Grands maîtres de l'Ordre, de la chapelle Sainte Anne, au château de Marienbourg.








(3)  Kęstutis était le fils du Grand-duc de Lituanie Gediminas. Son jeune frère Jaunutis succède à leur père. Kęstutis complote avec un autre frère, nommé Algirdas ou Olgierd. Ils réussissent à renverser Jaunutis, puis se partagent le pouvoir. Il dirigea conjointement, jusqu'en 1377, laLituanie avec son frère Olgierd et jusqu'en 1382 avec son neveu Ladislas II Jagellon.







(4) Winrich von Kniprode (° vers 1310 dans les environs de Monheim am Rhein, †24 juin 1382 près de Marienbourg) fut le 22e grand maître de l’ordre Teutonique, charge qu'il exerça de 1351 à 1382. Son mandat coïncide avec l’âge d'or de lachevalerie et l’apogée de l’État teutonique.



Winrich von Kniprode est issu d'une famille de chevaliers rhénans. On ignore la date exacte de son admission dans l'Ordre, mais il est évoqué une première fois en 1334 comme adjoint du commissaire de Preussisch-Holland. En 1338, Winrich von Kniprode devient commandeur de Dantzig, puis 1342 commandeur de Balga . Sous le mandat du grand maître Ludolf König von Wattzau, il est promu en 1341 grand maréchal de l'Ordre et commandeur de Kœnigsberg.
Son prédécesseur, Heinrich Dusemer von Arfberg, le nomme en 1346 grand commandeur de l'Ordre teutonique. À ce titre, il combat aux côtés du grand maréchal Othon von Danfeld et repousse victorieusement par la bataille de la Strėva à l'hiver 1348 l’offensive du grand-duc de Lithuanie Kęstutis au sud-est de Kaunas.

Par suite de l'abdication d’Heinrich Dusemer, malade, Winrich von Kniprode est élu grand-maître de l'ordre le 14 septembre 1351. Il conservera cette charge jusqu'à sa mort en 1382 et exerce par là le plus long mandat à la tête des chevaliers teutoniques, lequel marque aussi l’apogée de l’État teutonique. Dans la tradition des Croisades, la noblesse allemande de ce temps part régulièrement en guerre contre les Lithuaniens. Winrich parvint à subordonner les ambitions individuelles des seigneurs rhénans au service de l’Ordre teutonique. parvenant même à s'imposer à l'occasion comme négociateur entre les seigneurs lithuaniens (par ex. lors du Traité de Dovydiškės  de mai 1380, où il soutient les revendications du grand-duc Jogaila, le futur roi de Pologne Ladislas II, contre son oncle et rival Kęstutis).


Il modernise l'administration de l’État teutonique et encourage le commerce en dotant l'Ordre d'une organisation commerciale inédite, à la tête de laquelle office un haut commis, interlocuteur exclusif de la Hanse, qui par son statut de seigneur endosse en son nom propre les droits acquis comme le monopole de l’ambre, qui s'avère fort lucratif. La germanisation de la vallée de la Vistule et le défrichement du « Sassenland » (cette forêt primaire de conifères qui sépare les terres de l'Ordre du grand-duché de Lithuanie) sont méthodiquement poursuivis. L'élevage des moutons, l'apiculture et la viticulture connaissent une expansion remarquable. Les prêteurs sur gage se voient imposer une diminution du taux d’usure maximum, de 12,5 % à 10 %. Parallèlement de nouvelles monnaies d'argent sont introduites1
Au cours des croisades baltes menées contre la Lithuanie, les chevaliers teutoniques, menés par le grand maréchal Henning Schindekopf , infligent à leurs ennemis une défaite décisive à la bataille de Rudau  (au nord deKœnigsberg), le 17 février 1370.


Sous le règne de Winrich von Kniprode, l’exercice du pouvoir temporel connait une faveur croissante chez les chevaliers teutoniques. Winrich tente de s'y opposer en imposant la rotation des charges intermédiaires et supérieures au sein de l'Ordre, en instaurant une plus grande transparence dans les nominations et en dépêchant des tournées d'inspections dans les commanderies isolées. Des mesures disciplinaires sont prises pour rappeler à leurs vœux les chevaliers, comme l'adoption d'un uniforme plus dépouillé en réaction aux extravagances vestimentaires de certains dignitaires. Les milices bourgeoises bénéficient d'un entraînement systématique. Quelques écoles voient le jour, ainsi qu'un séminaire destiné à la formation supérieure des dignitaires de l'Ordre à Marienbourg.


En 1366, Kniprode, en tant que premier commandeur de Marienbourg apporte sa voix au candidat au trône de Pologne Casimir III. Il seconde la Hanse dans sa lutte contre les Danois, qui se conclut victorieusement par le Traité de Stralsund. Il poursuit la construction du Mittelschloss de Marienbourg et fait édifier les remparts de la ville.


Winrich von Kniprode meurt le 24 juin 1382 . Il est inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de la Forteresse teutonique de Marienbourg.


Par sa longévité, ainsi que par la prospérité économique et la stabilité militaire qui ont marqué son règne, Winrich von Kniprode demeure, avec Hermann von Salza, le grand maître de l'ordre Teutonique le plus illustre. Dans les années 1930, un vapeur fut baptisé d'après son nom. Plusieurs grandes villes d'Allemagne lui ont dédié une rue, comme Wilhelmshaven ou le quartier berlinois de Prenzlauer Berg. À Monheim am Rhein, une école catholique porte son nom.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Jeu 11 Aoû - 11:35





La bataille de Grunwald ou première bataille de Tannenberg eut lieu le15 juillet 1410 dans le cadre de la Guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique. L'alliance du Royaume de Pologne1 et du grand-duché de Lituanie2, menés respectivement par le roi Ladislas II Jagellon(Władysław Jagiełło) 3 et le grand-duc Vytautas (Witold) 4 écrasa les chevaliers Teutoniques commandés par le grand-maître Ulrich von Jungingen5. La plupart des commandants teutoniques furent soit tués soit capturés. Malgré la défaite, les chevaliers teutoniques parviennent à résister au siège de Marienbourg6 et les pertes territoriales lors de la Paix de Toruń (1411) 7
sont limitées. Les disputes territoriales continuèrent jusqu'à la signature de la Paix du lac de Melno08en 1422. Cependant, l'ordre Teutonique ne se relèvera jamais de cette défaite et le fardeau financier des indemnités de guerre9
entraina des tensions internes et une crise économique sur ses terres. La bataille marque un basculement significatif des pouvoirs en Europe Orientale et permet à l'Union de Pologne-Lituanie10 de devenir la puissance politique et militaire dominante dans la région.
La bataille fut l'une des plus importantes de l'Europe médiévale et est considérée comme la plus importante victoire dans l'histoire polonaise et lituanienne. Portée par le nationalisme romantique11, elle devint un symbole de résistance face aux envahisseurs et une source de fierté nationale. Au cours du XXe siècle, la bataille fut exploitée à la fois par les propagandes nazie et soviétique. Ainsi, la vision de cette bataille reste encore aujourd'hui largement dépendante de la nationalité.





(1) Le Royaume de Pologne
des Jagellons désigne la Pologne des années comprises entre le couronnement de Ladislas II à la suite de l'Union de Krewo en 1385 et l'Union de Lublin en 1569.





(2) Le grand-duché de Lituanie
(rut.: Великое князство Литовъское, pol.:Wielkie Księstwo Litewskie, lat.: Magnus Ducatus Lituaniae) est un État d'Europe orientale qui a existé du XIIe au XVIIIe siècle.





(3)  Ladislas II Jagellon (Ladislas II de Pologne), ou Władysław II Jagiełło, ou encore en lituanien Jogaila Algirdaitis (né en 1352/1362 à Vilnius, mort en 1434 à Gródek Jagielloński). Grand-duc de Lituanie de 1377 à 1392, et roi de Pologne en 1386 à1434. Il est l'un des 24 membres fondateurs de l'Ordre du Dragon, destiné à défendre le christianisme face à ses ennemis, et particulièrement face aux Ottomans.








Fils de Algirdas (ou Olgierd, duc de la Lituanie (1345-1377), Jogaila est de la dynastie Gediminas des grands-ducs de la Lituanie. Avec l'Union de Krewo en 1385, il établit la dynastie Jagellon qui régnera sur la Pologne et la Lituanie jusqu'en 1572.


Jogaila se convertit au catholicisme. Baptisé sous le nom de Ladislas (en polonais: Władysław), il épouse la reineHedwige d'Anjou et devint roi de Pologne en 1386. En1392 l'Ordre Teutonique s'empare du duché polonais deDobrzyn. en 1398 l'Ordre reçoit de la Lituanie laSamogitie qui n'est soumise qu'en 1405. En 1399, à la mort de la reine et de leur fille Élisabeth, les Polonais lui demandent de conserver le trône et l'élisent roi de Pologne.
En 1405 Dobrzyn est restitué à la Pologne mais en 1409 la Samogitie se révolte et l'Ordre Teutonique occupe de nouveau Dobrzyn ce qui provoque la guerre avec la Pologne et la Lituanie. En 1410, Ladislas, ses alliés Lituaniens, ses vassauxMoldaves et Tatares, sont victorieux à la bataille de Grunwald qui les oppose auxchevaliers teutoniques. L'année suivante, Ladislas impose la Paix de Toruń. Les chevaliers teutoniques doivent verser à la Pologne une indemnité de guerre qui met leur état au bord de la faillite. En 1414 le roi Ladislas II envahit à son tour laPrusse mais se retire. L'année suivante la Pologne et l'Ordre font appel auConcile de Constance pour trancher leur différents. En 1433 l'année précédant la mort du roi une armée Polono-hussiste envahit encore la Prusse.


Ladislas II contracta quatre unions :

En 1386 avec la reine Hedwige Ire de Pologne (1372-1399) dont :
• Élisabeth Bonifacia (1399-1399)
En 1402 avec Anne de Celje (1380-1416), petite-fille de Casimir III de Pologne. Ils eurent une enfant :
• Edwige (1408-1431)

En 1417 avec Élisabeth de Pilica (1372-1420), fille d'Otton de Pilica (pl).

En 1422 avec Sophie(1405-1461), fille d'André prince de Holszany. Ils eurent trois enfants :
• Ladislas III Jagellon (1424-1444)
• Casimir (1426-1427)
• Casimir IV Jagellon (1427-1492).






(4)  Vytautas
le Grand (en français : Vitold le Grand, en biélorusse : Vitavt ou Vitaut, enallemand : Witavdt, en polonais : Witold Kiejstutowicz, en ruthène Vitovt). L'appellation le Grand fut ajoutée au XIXe siècle par les historiens lituaniens), né en1344 ou 1350, mort le 27 octobre 1430 à Loutsk. Il fut baptisé le 21 octobre 1383 sous le nom de Wigand et en 1384 sous le nom d' Alexandre.






Il fut un des plus fameux souverains du grand-duché de Lituanie (1392-1430), prince de Hrodna (1370-1382) et prince de Loutsk (1387-1389). Il était le fils de Kęstutis, cousin de Ladislas II Jagellon (Jagiełło, Jogaila, Yahayla) et grand-père de Vassili II de Russie.


En 1382, il fait la guerre contre son cousin Ladislas II, soutenant son père Kęstutis. Il est défait et emprisonné, mais il parvient à s'échapper et se réfugier chez leschevaliers teutoniques, chez qui il est baptisé en 1384 dans le rite catholique, recevant le nom de Wigand, ou Vitold en français. Plus tard, cependant, il s'éloigne du christianisme et se tourne vers le paganisme. Mais après avoir participé à plusieurs incursions contre Ladislas, il se réconcilie avec lui en 1384, et participe à la signature de l'Union de Krewo entre la Pologne et la Lituanie en 1385. Il est de nouveau baptisé en 1386 dans le rite catholique, recevant le nom d'Alexandre (lituanien Aleksandras).


Il échappe de nouveau aux chevaliers teutoniques au début de l'année 1390. Il devient gouverneur de la Lituanie en 1392. Il suit sa propre politique, et il obtient le soutien du pape Boniface IX pour organiser une croisade contre les Mongols. Après avoir été défait par la Horde d'or à la Bataille de Vorskla en 1399, il améliore encore les relations avec la Pologne, ayant pour résultat l'Union de Vilnius et Radom en 1401. Il reçoit en échange le titre de grand-duc de Lituanie. Il conquiert Smolensk en 1404 et entre en guerre contre laPrincipauté de Moscou de 1406 à 1408, qui se conclut par la paix d'Ugra. Il soutient un soulèvement contre l'Ordre Teutonique en Samogitie. En 1410 il commande les forces du grand-duché de Lituanie dans laBataille de Grunwald (également appelée Bataille de Tannenberg). En raison du premier Traité de Thorn en 1411, il reçoit la Samogitie (Lituanie inférieure demeurée païenne) en viager. (Après une autre guerre avec l'Ordre Teutonique laSamogitie sera définitivement intégrée à la Lituanie en 1422). C'est l'un des créateurs de l'Union de Horodlo avec la Pologne en (1413).

Il a activement participé au développement économique de son État, et présenté beaucoup de réformes. La Lituanie s'est lentement centralisée sous son règne, pendant que les princes locaux étaient remplacés par les gouverneurs du duc. En1429, avec le soutien de l'Empereur Sigismond Ier, il tente de recevoir le titre de roi, mais les délégués qui transportent la couronne sont arrêtés par des magnats polonais. Une autre couronne est envoyée, mais Vitold (Vytautas) meurt en faisant une terrible chute à cheval (cf. Aida Gaga) quelques semaines avant qu'elle ne parvienne en Lituanie. L'équitation est depuis une discipline boudée par l'ensemble de la population lituanienne, qui aurait même tenté comme le dit la légende, d'évincer l'épreuve équestre des disciplines olympiques.





(5)  Ulrich von Jungingen
(° vers 1360 à Jungingen, † 15 juillet 1410 Stębark lors de la bataille de Grunwald) fut le vingt-sixième grand maître (magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1407 à 1410. Il est le plus jeune frère de Konrad von Jungingen.

Enfant de la noble famille de Jungingen en Souabe, comme son frère aînéKonrad von Jungingen, il est probablement né au Burg Hohenfels , comme son frère aîné Konrad von Jungingen. Étant les plus jeunes fils de la famille, tous deux sont exclus de la succession, et entrent dans l'Ordre Teutonique.

Ulrich réside d'abord à Schlochau (aujourd'hui Człuchów) puis en 1393, son frère Konrad est élu grand maître de l'ordre. La carrière d'Ulrich progresse alors plus rapidement puisqu'en 1396, il est élu commandeur de Balga. Après que les chevaliers aient expulsé Vitaliens de l'île de Gotland en 1398, Ulrich participe avec la reine Marguerite Ire de Danemark aux négociations pour la possession de l'île, et à des missions diplomatiques avec la Pologne et la Lituanie dans le cadre de la conclusion du traité de Salynas concernant la cession du duché de Samogitie.

En 1404, Ulrich est nommé maréchal de l'Ordre et commandeur de Königsberg(aujourd'hui Kaliningrad). Il combat plusieurs soulèvements en Samogitie, où il fait face à la corruption de la noblesse locale. À la mort soudaine du grand maître Konrad von Jungingen, Ulrich est choisi pour lui succéder le 26 juin 1407.





(6) La forteresse teutonique de Marienbourg est située à Malbork, enPoméranie, dans le territoire actuel de la Pologne.

Elle fut le palais de l'Ordre des chevaliers teutoniques, d’où les Teutoniques, de retour de croisade, tentèrent de bâtir une théocratie aux dépens duroyaume de Pologne voisin : l'État monastique des chevaliers teutoniques.
La terre de Poméranie fut longtemps objet de conflits opposant la Prusse, fief d'origine des chevaliers teutoniques (depuis la Bulle d'or de Rimini), et les rois de Pologne. Ces derniers la définissaient comme la Poméranie orientale, et l'intégrèrent dans la province de « Prusse royale » peuplée d'Allemands.

Le château et son musée sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. En construction permanente pendant près de deux-cent-trente ans, Marienbourg est composée de trois châteaux imbriqués les uns dans les autres. Les haut, moyen et bas châteaux sont séparés par des fossés et des tours. Dans la partie basse, se trouvaient les marchands ; la seconde partie, à laquelle on accède par un pont-levis, servait aux chevaliers et le haut du château était un lieu de culte et d'entraînement aux armes. Les murs sont bâtis avec des briques importées de Prusse et l'architecture est de stylebacksteingotik ("gothique de brique"), typique de l'influence des villeshanséatiques allemandes. L'aménagement est très sophistiqué (circuit d'aération pour chauffer les pièces, sculptures…).




Vue du château et des environs






(7) La paix de Toruń
(1411), ou première paix de Thorn, est un traité de paix signé le1er février 1411 à Thorn entre l'Union de Pologne-Lituanie et l'ordre Teutonique mettant fin à la guerre entre l'Union de Pologne-Lithuanie et l'ordre Teutonique (1409-1411).

L'État teutonique renonce à ses prétentions sur la province lithuanienne de Samogitiepour la durée du règne du roi de Pologne Ladislas II Jagellon (Władysław Jagiełło, en polonais) et du grand-duc de Lituanie Vitold le Grand (du moins en théorie), le roi Ladislas en profite pour christianiser par le feu et par le sang les derniers païens de Samogitie1. La Pologne obtient le territoire de Dobrzyn (Ziemia Dobrzyńska, en polonais) et son allié de Mazovie obtient le territoire de Wkra (Ziemia Zawkrzańska). En revanche, la Pomérélie et les possessions prussiennes prises par le roi de Pologne à l'été 1410 sont rendues à l'Ordre.








(08)   La paix du lac de Melno (lituanien Melno taika, polonais Pokój melneński, allemand Friede von Melnosee) est le traité qui mit fin à la guerre de Gollub. Il fut signé le 27 septembre 1422 entre l'Ordre Teutonique, commandé par Paul von Rusdorf, et l'alliance du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie au Lac Melno, situé à l'est de la ville deGraudenz.







(9)   L’indemnité de guerre
(parfois appelée réparation) est une compensation monétaire ou matérielle destinée à couvrir les dommages ou blessures faites pendant une guerre. Généralement, les indemnités de guerre font référence à de l'argent ou à des marchandises, ou encore à des transferts de propriété tels que l'annexion de territoires.






(10) L'union de Pologne Lituanie (ou Union polono-lituanienne) se rapporte à une série d'actes d'alliance entre le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie qui aboutit à la création en 1569 d'une union entre la Pologne et la Lituanie, la république des Deux Nations, ainsi qu'à la création d'un état unitaire en 1791.







(11)   Le nationalisme romantique
(ou nationalisme organique, ou encore nationalisme identitaire) est une forme denationalisme dans lequel la légitimité politique de l'État est considérée comme une conséquence organique de l'unité de ceux qu'il gouverne. Ceci inclut, en fonction de la manière particulière de pratiquer, la langue, l'ethnie, la culture, lareligion et les coutumes nationales dans son acception basique de ceux qui appartiennent à cette culture. Cette forme de nationalisme crût en réaction aux hégémonies dynastiques et impériales qui asseyaient leur légitimité de façon verticale, émanant d'un monarque ou de tout autre autorité qui justifie ainsi son existence. Ce pouvoir, irradiant vers le bas, est dévolu à Dieu ou aux dieux (voir : la page sur le droit divin et celle sur le mandat du Ciel).

Parmi les termes-clefs du Romantisme — et ses legs les plus durables — les affirmations culturelles de nationalisme romantique furent aussi centrales dans l'art et les philosophies politiques hérités des Lumières. Depuis ses prémisses, avec son attention au développement des langues nationales et des folklores, et les valeurs spirituelles des coutumes et traditions locales, jusqu'aux mouvements qui redessineront la carte de l'Europe et conduiront à l'appel en faveur de l'auto-détermination des nationalités, le nationalisme a été l'un des sujets clés dans le Romantisme, déterminant ses missions, ses expressions et ses significations.[/color]


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Jeu 11 Aoû - 12:53

A. Terminologie et source



1. Noms


La bataille eut lieu sur le territoire de l'État monastique des chevaliers teutoniques12 dans la plaine entre trois villages : Grünfelde (Grunwald13) à l'ouest, Tannenberg (Stębark14) au nord-est et Ludwigsdorf (Łodwigowo15, Ludwikowice) au sud. Les 3 villages ne sont distants que de 2 à 3 kilomètres l'un de l'autre. Ladislas II fait référence au site en latin par in loco conflictus nostri, quem cum Cruciferis de Prusia habuimus, dicto Grunenvelt. Les chroniqueurs polonais interprétèrent le mot Grunenvelt par Grünwald, littéralement forêt verte en allemand et l'expression est reprise par les Lituaniens sous le terme de Žalgiris. Les Allemands nomment le lieu de la bataille sous le nom de Tannenberg (mont aux sapins en allemand). Ainsi il existe trois noms couramment utilisés pour désigner la bataille : allemand : Schlacht bei Tannenberg, polonais : Bitwa pod Grunwaldem, lituanien : Žalgirio mūšis. Son nom dans les langues des autres peuples impliqués est biélorusse : Дубровенская бітва, ukrainien : Грюнвальдська битва, russe : Грюнвальдская битва, tchèque : Bitva u Grunvaldu, roumain : Bătălia de la Grünwald.



2. Sources



Il existe peu de documents contemporains et fiables concernant la bataille et la plupart ont été rédigés par des Polonais. Le plus important et le plus digne de confiance est la Cronica conflictus Wladislai regis Poloniae cum Cruciferis anno Christi 1410 qui fut écrit moins d'un an après la bataille par un témoin oculaire. Son auteur est inconnu mais plusieurs candidats ont été proposés, le chancelier polonais Mikołaj Trąba et le secrétaire de Ladislas II, Zbigniew Oleśnicki16. L'œuvre complète de Cronica conflictus ne nous est pas parvenue mais un court résumé fut préservé. Une autre source majeure est Historiae Polonicae de l'historien polonais Jan Długosz17 (1415–1480). Il s'agit d'un texte détaillé et précis écrit plusieurs décennies après la bataille. La fiabilité de cette source souffre cependant de l'intervalle entre l'événement et son récit et des préjugés de Długosz envers les lituaniens. Le Banderia Prutenorum18 est un manuscrit du milieu du XVe siècle représentant et décrivant les étendards teutoniques capturés après la bataille et exposés dans la Basilique du Wavel19. Les autres sources polonaises incluent deux lettres écrites par Ladislas II à sa femme Anne de Celje20 et à l'évêque de Poznan, Wojciech Jastrzębiec21 et des lettres envoyées par Jastrzębiec aux polonais du Saint-Siège. Les sources allemandes incluent un rapport concis de la bataille dans la chronique de Johann von Posilge. Une lettre anonyme, écrite entre 1411 et 1413, découverte par l'historien suédois Sven Ekdahl en 1963 fournit d'importants détails sur les manœuvres lituaniennes.




B. Contexte historique



1. Croisades baltes et Union de la Pologne-Lituanie



En 1230, l'Ordre Teutonique, un ordre militaire croisé, s'implanta dans le Kulmerland (région centrée sur Chełmno22 ) et lança une croisade contre les clans prussiens païens23. Avec le soutien du pape et de l'empereur du Saint-Empire Romain Germanique, les Teutoniques avaient conquis et exterminé les Prussiens vers 1280 et tournèrent leur attention vers les païens du Grand-duché de Lituanie. Durant un siècle, les chevaliers vont piller les terres lituaniennes, particulièrement la Samogitie24 qui sépare les chevaliers de Prusse de la branche livonienne de l'Ordre. Les lituaniens abandonnèrent la Samogitie durant la guerre civile de 1381 par le traité de Dubysa.

En 1385, le grand-duc Jogaila de Lituanie épousa Hedwige Ire de Pologne25 lors de l'Union de Krewo26. Jogaila se convertit au christianisme et fut couronné roi de Pologne et créa ainsi une union personnelle 27entre le Royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie. La conversion officielle de la Lituanie au christianisme supprima l'argument religieux pour les activités teutoniques dans la région. Le grand-maître de l'Ordre, Konrad Zöllner von Rotenstein28, soutenu par le roi hongrois Sigismond29 contesta publiquement la sincérité de la conversion de Jogaila et porta la question devant la maison pontificale30. Les tensions territoriales concernant la Samogitie, appartenant aux Teutoniques depuis la paix de Raciąż  de 1404, continuaient, la Pologne avait des revendications contre les chevaliers à propos de la région de Dobrzyń 31 et de Danzig (Gdańsk) mais les deux états étaient en paix depuis le traité de Kalisz32 de 1343. Les disputes étaient également motivées par des raisons commerciales, les chevaliers contrôlaient les embouchures des trois plus importants fleuves de Pologne et de Lituanie, le Niémen, la Vistule et la Daugava.





(12)  L'État monastique des chevaliers teutoniques  fut fondé, en 1224, par les chevaliers de l'Ordre Teutonique. Il se transforma, en 1525, en duché de Prusse, future province de Prusse-Orientale, part de l'État prussien.






(13)   Grunwald est un village du Gmina Grunwald situé dans le powiat d'Ostróda dépendant de l'administration territoriale et du gouvernement local dans la voïvodie de Varmie-Mazurie en Pologne.


Durant la Guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique, le 15 juillet1410, se déroula près du village la bataille de Grunwald, connue également sous le nom de bataille de Tannenberg, entre troupes du roi de Pologne Ladislas II Jagellon et les Chevaliers teutoniques de l'Ordre de Livonie.







(14)  Stębark  (en allemand : Tannenberg), situé en Prusse-Orientale jusqu'en 1945 se trouve aujourd'hui dans la voïvodie de Varmie-Mazurie, en Pologne. Le village est surtout connu pour les deux grandes batailles qui s'y sont déroulées.

Le 15 juillet 1410 les armées du Royaume de Pologne, du Grand-duché de Lituanie, et de mercenaires de Bohême, défont les chevaliers teutoniques lors de la bataille de Grunwald.

En 1914, au cours de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande sous le commandement du maréchal Paul von Hindenburg a remporté une victoire importante sur deux armées russes qui avaient envahi Prusse-Orientale, lors de la deuxième bataille de Tannenberg.

La ligne de Tannenberg (Tannenbergstellung) fait référence au front de l'Est, lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1944.




(15)  Łodwigowo est un village polonais de la voïvodie de Varmie-Mazurie, dans lepowiat d'Ostróda.





(16)  Zbigniew Oleśnicki  (né le 5 décembre 1389 à Sienno - mort le 1er avril 1455 à Sandomierz) est un religieux et homme d'État polonais. Évêque de Cracovie de1423 jusqu'à sa mort, il devient, en 1439, le premier cardinal polonais.

Zbigniew Oleśnicki prend une part active dans la direction des plus importantes affaires du pays, tout d'abord comme secrétaire du roi pendant le règne deLadislas II Jagellon, puis comme régent, pendant la minorité du roi Ladislas III Jagellon.

Le 1er juillet 1423, Zbigniew Oleśnicki est nommé évêque de Cracovie. Ordonné prêtre le 18 décembre 1423, il est consacré le 19 décembre 1423. Il est créé cardinal lors du consistoire du 18 décembre 1439 et installé au titre de Cardinal prêtre de Santa Prisca le 8 janvier 1440.






(17)  Jan Długosz de Wieniawa  (1er décembre 1415 à Brzeznica - 19 mai 1480 à Cracovie) dit aussi Longinus, est un historien polonais.


Issu d'une famille noble, Jan Długosz fait ses études à l'Université Jagellonne de Cracovie. Il devient précepteur des enfants de Casimir IV et remplit aussi différentes missions diplomatiques en Prusse, en Hongrie et en Bohême. Au retour d'un voyage en Palestine il est nommé archevêque de Lwów et meurt à Cracovie en 1480, avant d'avoir été consacré.

Un Prix Jan Długosz est décerné chaque année depuis 1998 à Cracovie lors de la Foire du livre de Cracovie.
Il a écrit, entre autres :
• Historia Polonica usque ad annum 1480, Leipzig, 1711, 2 volumes in-folio.






(18)  Le Banderia Prutenorum  est un manuscrit composé de 48 parchemins (18,6 sur 29,3 cm), composé par Jan Długosz et illustré par Stanisław Durink. Il établit une liste de 56 étendards (vexillae) de l'Ordre des chevaliers teutoniques.

Le titre est de l'allemand latinisé, et signifie probablement Blasons des Prussiens, où Banderia peut être assimilé à bänder (décoration militaire). Prutenorum est génitif pluriel de Pruteni, qui signifie prussiens. En polonais, son nom est Chorągwie Pruskie.Chorągwie peut signifier bannière, étendard ou régiment. Le terme blason en est sûrement la traduction la plus fidèle quand il est lié à l'héraldique, ou insignes dans les autres cas.






(19)   La cathédrale du Wawel  ou basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie est l’église principale de l’archidiocèse de Cracovie. Elle est aussi un sanctuaire national, où des rois, des reines, des poètes et des héros nationaux de la Pologne sont enterrés.



Vue d’ensemble



La première cathédrale, dont les vestiges sont relativement peu nombreux, est construite après l’institution de l’évêché à Cracovie vers l'an 1000. Détruite environ 140 à 180 ans plus tard, elle est réédifiée dans la première moitié du XIIe siècle, en style roman, dont ne subsiste aujourd'hui que la crypte Saint-Léonard et la tour des Cloches d'Argent. La cathédrale est incendiée en 1305 ou 1306, ce qui constitue la raison pour laquelle le roi Ladislas Ier de Pologne décide de la reconstruire en style gothique.




Plan de l’intérieur de la cathédrale




Une troisième cathédrale est donc édifiée à cet endroit, et c'est cet édifice que l'on peut admirer aujourd'hui. Le roi Ladislas Ier de Pologne est le premier monarque à être couronné et enterré dans cette cathédrale. C'est sous le règne de son fils Casimir III de Pologne qu'est consacré l'édifice en 1364 aux deux saints Stanislas de Szczepanów et VenceslasIer de Bohême.



L’aile sud



La cathédrale accueille les sacres royaux de 1320 à 1734, et est également le lieu des funérailles royales. D'abord inhumés uniquement dans la nef au XIVe siècle, les monarques et leurs familles commencent à être enterrés à partir duXVIe siècle dans la crypte. Au XIXe siècle, la cathédrale est élevée au rang de panthéon national



L’aile nord



Le 2 novembre 1946, Karol Wojtyła, le futur Pape Jean-Paul II, a célébré sa première messe dans la crypte de la cathédrale.



Le chœur gothique et le maître-autel



Aujourd’hui, la cathédrale est un des monuments historiques polonais les plus importants. Elle est inscrite (avec tout le centre historique de Cracovie) sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978.
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Jeu 11 Aoû - 12:55



(20)   Anne de Celje née en 1381 et morte le 21 mai 1416, fille de Guillaume de Celje  et d'Anne de Pologne. Par son mariage avec Ladislas II Jagellon. Reine consort de Pologne et grande-duchesse consort de Lituanie.


Anne est la seule enfant de Guillaume (1361-1392), comte de Celje, et sa femme Anne de Pologne (1366-1425), la plus jeune fille et unique survivante de Casimir III de Pologne. Il est probable qu'Anne soit née dans le château de Celje dirigé par son père et son cousin Herman II de Celje. Elle n'est âgée que de 10 ans quand son père décède. Deux ans plus tard, sa mère épouse Ulrich, duc de Teck, et laisse Anne aux bons soins d'Herman II et de son épouse Anne de Schaunberg. Il est très probable que la jeune fille était analphabète et ne parlait pas polonais.


En juillet 1399 la reine Hedwige Ire de Pologne, cousine au deuxième degré d'Anne, décède au cours d'un accouchement difficile. La Pologne tombe dans les mains d'un étranger. Pour légitimer son règne, Ladislas Jagelon à besoin d'épouser d'une descendante des Piast.

En 1401, Ladislas dépêche des envoyés à Celje, auprès d'Herman II pour lui demander la main d'Anne. Le 16 juillet 1401, celle-ci arrive à Cracovie où elle est accueillie aux portes de la ville. Cependant, Ladislas a une forte aversion pour sa fiancée. Le mariage est reporté en invoquant la nécessité pour Anne d'apprendre le polonais. Tandis que le futur époux parcourt les territoires de l'est de son royaume, sa fiancée est recluse dans un monastère. Le mariage n'a lieu que le 29 janvier 1402 dans la cathédrale du Wawel. Pour des raisons inconnues, Anne ne sera couronnée que le 25 février 1403.


[…..]






(21)  Wojciech Jastrzębiec  (1362 à Łubnice-1436 à Mnichowice) est un homme politique polonais et ecclésiastique.
Wojciech Jastrzębiec est un membre du clan Jastrzebiec.
Wojciech Jastrzębiec fut évêque de Cracovie et de Poznań. Il a également occupé des postes importants à la cour du roi Ladislas II Jagellon de la Pologne ainsi qu'auprès de la reine Hedwige Ire de Pologne.
Le 26 avril 1399, il a été ordonné archevêque de Gniezno. Toutefois, il a renoncé à ce poste sur l'insistance du roi. Wojciech Jastrzębiec est l'auteur de nombreux ouvrages religieux.
Il est devenu la personnalité religieuse qui couronna le nouveau roi de Pologne Ladislas III Jagellon lors de la cérémonie qui eut lieu dans la cathédrale du Wawelle 25 juillet 1434.
En 1435, en tant que primat de Pologne, Wojciech Jastrzębiec représenta la Pologne lors de l'accord de Paix de Brest conclut avec les Chevaliers teutoniques.










(22)  Chełmno  (en allemand Kulm ou Culm) est une ville de Pologne qui compte 21 106 habitants (2004). Elle est la capitale de la région historique appelée région de Chełmno (en polonais Ziemia Chełmińska).


La première mention écrite du lieu de Chełmno date de 1065, dans un document attribué à Boleslas II, qui rapporte l'existence d'une maison forte à cet endroit. En 1226, le duc Conrad Ier de Mazovie invite les Chevaliers Teutoniques dans la région de Chełmno. Ceux-ci s’installent dans le village en 1228 qui est baptisé Culm en allemand (du latin Culmen). C'est leur deuxième fondation, après Thorn. Culm leur sert de siège jusqu’en 1250 et en 1232, ils y construisent unchâteau. L'année suivante Hermann von Salza, grand-maître de l'Ordre Teutonique, signe le 28 décembre 1233 la charte du droit de Culm, privilèges urbains qui servent de modèle aux villes de leur État monastique, puis à toute la Prusse et aussi à environ deux-cents villes de Mazovie (indépendante de la couronne polonaise, jusqu'en 1525) et de Pologne. La ville fait partie de la route de la Hanse, ce qui contribue à son développement avant qu’elle ne soit supplantée par Thorn (Toruń en polonais). En 1386 est fondée une université, la première de l'État teutonique fraîchement établit. Culm (Chełmno) et sa région font partie de l’État teutonique jusqu’en 1466, date à laquelle se termine la guerre de Treize Ans qui la place sous suzeraineté polonaise.
Après le Traité de Thorn, Culm-Chełmno intègre la Pologne et devient la capitale d’une voïvodie. Une filiale de l’université de Cracovie y est créée en 1473. La ville qui fait partie de la Prusse royale, continue à se développer, attirant des migrants écossais et hollandais en plus des colons allemands, ce qui a pour conséquence l'existence d'une forte minorité protestante, en  . À partir du début du XVIIIe siècle s’amorce un déclin important de la ville et, après le Premier partage de la Pologne en 1772, la ville est annexée par le jeune royaume de Prusse. En 1807, la ville se trouve dans le duché de Varsovie, entité créée par Napoléon et qui dure jusqu'au congrès de Vienne. Elle est alors reprise par la Prusse en 1815. C’est à Culm que le chirurgien Ludwik Rydygier réalise la première opération de l’estomac en 1881.
[…]













(23) Les Borusses ou Prussiens  (ce dernier terme étant dérivé du premier) étaient un peuple balte habitant le pourtour sud-est de la mer Baltique, entre la Vistule et leNiémen.
Après la conquête des Prussiens par les chevaliers-moines de l'Ordre Teutonique (XIIIesiècle) et la fondation du Duché de Prusse (1525), le terme Prussiens a finalement servi à désigner l'ensemble des habitants du duché (puis du royaume), qui étaient majoritairement d'origine allemande.






(24)  La Samogitie  (en lituanien : Žemaitija) est une région ethnographique de la Lituanie qui ne correspond pas à une division administrative actuelle.
Historiquement, la Samogitie est d'abord un duché délimité à l'ouest par la Prusse et la Baltique, au nord par la Courlande, au sud par leNiémen, la frontière orientale étant moins nettement définie. Du XIIIe auXVIIIe siècle, le duché de Samogitie est intégré au Grand-duché de Lituanie, puis à l’État polonais (la République des deux nations), avant d'être annexé par l'Empire russe lors du troisième partage de la Pologne(1795).


Avant la formation du Grand-Duché de Lituanie, la Samogitie était gouvernée par la noblesse locale. Une chronique mentionne deux ducs de Samogitie en 1219 comme signataires du traité avec la Volhynie. Après cet évènement, au XIIIesiècle, la Samogitie devint un territoire vassal, même si l’influence du grand-duc y fut parfois très limitée. Ainsi, pendant le règne du premier roi lituanien, Mindaugas, les Samogitiens poursuivirent une politique étrangère indépendante et continuèrent à se battre contre les chevaliers porte-glaives, après même que le roi Mindaugas eut signé un traité de paix avec ceux-ci.
Pendant 200 ans, la Samogitie joua un rôle crucial en arrêtant l’expansion de l’État teutonique et plusieurs fois ses armées défirent les Chevaliers porte-glaives : à la bataille de Šiauliai (1236), celle de Skuodas (1259) et celle de Durbe(1260).
Dans cette atmosphère de combats féroces contre les chevaliers teutoniques, les dirigeants lituaniens Jogaila et Vytautasleur cédèrent plusieurs fois la Samogitie en 1382, 1398 et 1404. Cependant, l’Ordre n’arrivait pas à se rendre vraiment maître du pays et les Samogitiens se révoltèrent en 1401 et 1409. Après la défaite de Grunwald en 1410 et les guerres qui suivirent, l’Ordre teutonique céda en 1422 la Samogitie au Grand-Duché de Lituanie.
Les Samogitiens furent parmi les derniers habitants de la Lituanie à embrasser le christianisme, en 1413.
À cause de ces guerres prolongées contre l’Ordre teutonique, il s’était créé en Samogitie une structure sociale et politique qui différait du reste du pays. Il y avait une plus grande proportion de fermiers libres et les propriétés étaient plus petites qu’en Lituanie orientale.
Après l’annexion de la Lituanie par l’Empire russe, la Samogitie fut incluse dans le gouvernement de Kowno. Au commencement du XIXe siècle, la Samogitie fut un centre de renaissance lituanienne, où l’on souligna l’importance de la langue lituanienne et où l’on s’opposa aux tentatives de polonisation et de russification.










(25)  Hedwige Ire de Pologne  (Jadwiga ou Edwige), née à Buda le 15 février 1372, morte à Cracovie le 17 juillet 1399 (à 27 ans), a régné sur la Pologne de 1384 à1399.







Membre de la Maison capétienne d'Anjou-Sicile, Hedwige était une arrière-petite fille de Charles Martel de Hongrie, la petite-fille de Charles Robert de Hongrie et la fille de Louis Ier le Grand, roi de Hongrie et de Pologne, et d'Élisabeth de Bosnie. Elle est fiancée par son père à l'âge de quatre ans au prince Guillaume d'Autriche.








(26)  L’union de Krewo (ou union de Krevo) était un accord politique et dynastique entre la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou et le grand-duc deLituanie, Jogaila Algirdaitis. Ce fut le commencement de l'union de Pologne-Lituanie.










(27)  Une union personnelle est une relation entre deux ou plusieurs entités politiques considérées comme des Étatssouverains distincts, mais qui en vertu d'une loi reconnue ont une même personne pour chef d'État. Cela ne doit pas être confondu avec une fédération, qui est considérée comme constituant un seul et même État.

Les unions personnelles peuvent survenir pour des raisons diverses, d'un simple mariage (deux monarques — un roi et une reine, par exemple — se marient et leur enfant hérite des deux couronnes) à une annexion virtuelle (quand une union personnelle est instaurée afin de tenir sous contrôle un autre État sans formellement l'annexer). Elles peuvent être codifiées (les constitutions des États stipulent clairement qu'ils doivent être liés) ou non (auquel cas elles peuvent facilement être rompues, par exemple en raison de règles de succession différentes).
Les présidents de républiques sont habituellement choisis par les citoyens d'un État. Les unions personnelles sont donc presque exclusivement un phénomène touchant les régimes monarchiques (parfois, le terme de « double monarchie » est employé pour indiquer une union personnelle entre deux régimes de ce type). Avec le déclin de leur nombre durant le XXesiècle, les unions personnelles sont devenues plutôt rares.
Dans la plupart des cas, le souverain est représenté dans l'un des deux pays par un représentant, un gouverneur général, par exemple. Ainsi, le souverain britannique résidant au Royaume-Uni est représenté au sein de chacun des royaumes du Commonwealth par un gouverneur général souvent choisi par le chef du gouvernement local.
Il existe quelquefois un flou entre les unions personnelles et les fédérations, l'une pouvant prendre la place de l'autre. Voici quelques exemples d'unions personnelles historiques ou contemporaines.








(28)  Konrad Zöllner von Rotenstein  (° vers 1325, † 20 août 1390 à Christburg), fut le vingt-troisième Grand Maître (magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1382 à1390.
Konrad Zöllner est issu d'une famille de chevaliers, les Zollner von Rottenstein (de) seigneurs du château de Rottenstein (de). Sa carrière au sein de l'Ordre Teutonique démarre en 1353 quand il est nommé procurateur dePreußisch Mark (Przezmark (pl)) et un plus tard commandeur de Christburg(Dzierzgoń). Il est ensuite nommé, en 1368, commandeur de Danzig et Grand-Hospitalier, commandeur de Christburg en 1372.
Bien qu'il n'ait pas entretenu de relations particulières avec d'influents personnages au sein de l'Ordre et qu'il soit jusque-là dépourvu d'expérience politique, c'est lui qui est choisi comme Grand maître pour succéder à Winrich von Kniprode, en 1382. Arrivé à ce poste, sa première préoccupation est de maintenir l'ordre à l'intérieur de l'État Teutonique. Aussi confie-t-il le commandement de l'armée et la gestion de la guerre avec le Grand-duché de Lituanie à Konrad von Wallenrode qui est fait commandeur de Kœnigsberg.
Konrad Zöllner réforme les divisions administratives de la Prusse, en favorisant la colonisation des régions inhabitées. Il fonde l'université de Kulm (Chełmno). Durant son magistère la Lithuanie est christianisée et Ladislas II Jagellon devient roi de Pologne. À la fin de sa vie, il s'appliquera vainement à briser l’Union de Pologne-Lituanie et de provoquer une guerre entre les Grands-ducs de Lithuanie, Vytautas et Ladislas II Jagellon.
Konrad Zöllner décède à Christburg, le 20 août 1390. Il est inhumé à Marienbourg, dans la crypte des Grands Maîtres de l'Ordre.






(29)   Sigismond  est un prince de la maison de Luxembourg né le 14 février 1368 àNuremberg et mort le 9 décembre 1437 à Znojmo. Il règne sur la Hongrie à partir de 1387, sur la Germanie à partir de 1411 et sur la Bohême à partir de 1419, avant d'être sacré empereur des romains en 1433.



Fils de l'empereur Charles IV et de sa quatrième femme, Élisabeth de Poméranie, il est le troisième (et dernier) empereur de la maison de Luxembourg. Il vend en 1415 la marche de Brandebourg au burgrave Frédéric de Nuremberg, de lamaison de Hohenzollern.
Il convoque le Concile de Constance (1414-1418), qui met un terme au Grand Schisme d'Occident, et proclame les Hussites hérétiques : cet acte déclenche le soulèvement du royaume de Bohême, qui assombrit les quinze dernières années de son règne.









(30)   Depuis la fin de l'Empire romain, l'évêque de Rome ou Pape a progressivement cumulé les fonctions religieuses de Pontife suprême de l'Église catholique romaine et les fonctions régaliennes de chef d'un État souverain reconnu universellement. Ce processus est qualifié par les historiens d' imitatio imperii (imitation de la fonction impériale). Pour exercer ces deux fonctions, il a dû être aidé de personnes, ecclésiastiques et laïcs, qui vivaient auprès de lui et l'aidaient au quotidien. C'est cet ensemble de personnes que l'on appelait « Cour pontificale » ou « Curie » et qui a reçu au XXesiècle le titre de Maison pontificale . Cette Maison pontificale est divisée en deux parties :



• La chapelle pontificale qui assiste le Pape en tant que Chef spirituel de l'Église catholique romaine et successeur de saint Pierre (apôtre).
• La famille pontificale qui assiste le Pape en tant que Chef du Saint-Siège, sujet de droit international reconnu par les États et les organisations internationales.



Le 28 mars 1968, par le motu proprio Pontificalis domus, le Pape Paul VI (1963-1978) réorganise profondément la Maison pontificale. Il écrit notamment qu'il convient d'accorder la priorité à « ce qui est efficace, fonctionnel, logique, face à ce qui, à l'inverse, est seulement nominal, décoratif, extérieur. » De très nombreuses fonctions, parfois très anciennes, sont ainsi supprimées comme les cardinaux palatins et des princes assistants au trône pontifical. D'autres changent de nom, par exemple les « camériers de cape et d'épée » deviennent les « gentilshommes de Sa Sainteté ».

L'ensemble de la Maison pontificale est placée sous l'autorité d'une préfecture qui est un office de la curie romaine.







(31)  La région de Dobrzyń  (en allemand: Land Dobriner, en polonais: Dobrzynska ziemia) est une région historique de Pologne, située autour de la ville de Dobrzyń nad Wisłą, à l'est de la Vistule et au sud de la rivière Drwęca. Le territoire correspond approximativement aux actuels powiats de Lipno et Rypin  en Couïavie-Poméranie.








(32)   Le Traité de Kalisz  (en allemand Vertrag von Kalisch, en polonais Pokój kaliski) est un traité de paix conclu le 8 juillet1343 entre l'État monastique des chevaliers teutoniques et le Royaume de Pologne.


Ce traité fait suite à l'accord de Soldin de 1309 qui fut contesté par les princes polonais divisés.
La Cujavie et la région de Dobrzyń reviennent finalement à la Pologne en échange de l’offrande perpétuelle de la Pomérélie de Dantzig et de la région de Culm à l’Ordre. Le pape refuse de ratifier cet accord.
Cet accord de paix n’était pas jugé équitable par la Pologne, mais à ce moment, c’est ce qu’elle pouvait obtenir de mieux : récupérer une partie des territoires revendiqués, sécuriser sa frontière nord et créer des bases légales pour d’éventuelles futures revendications.[/b][/color]
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Sam 13 Aoû - 12:35

2. Guerre, trêve et préparatifs


En mai 1409, un soulèvement dans la Samogitie teutonique commença. Les Lituaniens soutenaient les rebelles et les chevaliers menacèrent d'entrer en guerre. La Pologne annonça son soutien à la Lituanie et menaça d'attaquer la Prusse. Alors que les troupes prussiennes évacuaient la Samogitie, le grand-maître Ulrich von Jungingen (33)déclara la guerre à la Pologne et à la Lituanie le 6 août 1409. Les chevaliers espéraient défaire la Pologne et la Lituanie séparément en commençant par envahir la Grande-Pologne (34) et la Cujavie(35) où ils prendraient les Polonais par surprise. Ils incendièrent le château de Dobrzyń (Dobrzyń nad Wisłą (36)), capturèrent Bobrowniki après un siège de deux semaines, prirent Bromberg (Bydgoszcz(37)) et pillèrent plusieurs villes. Les Polonais organisèrent des contre-attaques et reprirent Bydgoszcz et les Samogitiens attaquèrent Memel (Klaipėda(38)). Cependant aucun des deux camps n'était prêt pour une guerre de grande envergure.


L'empereur Venceslas Ier du Saint-Empire(39)
accepta de servir de médiateur et une trêve fut signée le 8 octobre 1409 mais elle expirait le 24 juin 1410. Les deux camps profitèrent de l'occasion pour se préparer en rassemblant des forces et en engageant des manœuvres diplomatiques. Venceslas, qui avait reçu un présent de 60 000 florins des chevaliers déclara que la Samogitie appartenait légalement à l'ordre et que seule la région de Dobrzyń devait être rendu à la Pologne. L'ordre offrit également 300 000 ducats à Sigismond de Hongrie, qui avait des vues sur la principauté de Moldavie(40), pour son soutien militaire. Sigismond tenta également de briser l'alliance polono-lituanienne en offrant à Vytautas une couronne royale. L'acceptation d'une telle offre était en violation de l'accord d'Ostrów et sèmerait la discorde entre la Pologne et la Lituanie. Au même moment, Vytautas signa une trêve avec l'ordre Livonien.


En décembre 1409, Ladislas II et Vytautas s'étaient accordés sur une stratégie commune, leurs armées se rassemblait une force unique qui avançait vers Marienburg (Malbork(41)), capitale de l'ordre Teutonique. Les Chevaliers qui étaient sur la défensive ne s'attendaient pas à une attaque commune et se préparaient à repousser une double invasion, par les Polonais le long de la Vistule vers Danzig (Gdańsk) et par les Lituaniens le long du Niémen vers Ragnit (Neman(42)
). Pour contrer cette menace, Ulrich von Jungingen concentra ses forces à Schwetz (Świecie(43)), un emplacement central d'où les troupes pourraient répondre rapidement à une invasion. Des garnisons importantes étaient laissées dans les forteresses orientales de Lötzen (Giżycko(44)) et de Memel (Klaipėda). Pour garantir le secret de leur plan et induire les Chevaliers en erreur, Ladislas II et Vytautas organisèrent dans les territoires frontaliers de nombreux raids, pour les forcer à immobiliser leurs forces.







(33)  Ulrich von Jungingen (° vers 1360 à Jungingen, † 15 juillet 1410 Stębark lors de la bataille de Grunwald) fut le vingt-sixième grand maître (magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1407 à 1410. Il est le plus jeune frère de Konrad von Jungingen.


Enfant de la noble famille de Jungingen en Souabe, comme son frère aînéKonrad von Jungingen, il est probablement né au Burg Hohenfels, comme son frère aîné Konrad von Jungingen. Étant les plus jeunes fils de la famille, tous deux sont exclus de la succession, et entrent dans l'Ordre Teutonique.

Ulrich réside d'abord à Schlochau (aujourd'hui Człuchów) puis en 1393, son frère Konrad est élu grand maître de l'ordre. La carrière d'Ulrich progresse alors plus rapidement puisqu'en 1396, il est élu commandeur de Balga. Après que les chevaliers aient expulsé Vitaliens de l'île de Gotland en 1398, Ulrich participe avec la reine Marguerite Ire de Danemark aux négociations pour la possession de l'île, et à des missions diplomatiques avec la Pologne et la Lituanie dans le cadre de la conclusion du traité de Salynas concernant la cession du duché de Samogitie.

En 1404, Ulrich est nommé maréchal de l'Ordre et commandeur de Königsberg(aujourd'hui Kaliningrad). Il combat plusieurs soulèvements en Samogitie, où il fait face à la corruption de la noblesse locale. À la mort soudaine du grand maître Konrad von Jungingen, Ulrich est choisi pour lui succéder le 26 juin 1407.





(34)  La Grande Pologne (polonais : Wielkopolska, allemand : Großpolen, latin : Polonia Maior) est une région historique de la Pologne, située dans le centre-ouest du pays, comportant une grande partie du secteur irrigué par la rivière Warta et ses affluents, ainsi que la rivière Noteć.




(35)  La Cujavie (en polonais Kujawy), ou Coujavie, ou Couïavie, est une région historique de la Pologne, bordée par la Vistule à l’est et la Noteć à l’ouest, par la Noteć et la Krówka au sud.

Au début du Moyen Âge, la Cujavie faisait partie de la Grande-Pologne et se limitait principalement à la région de Kruszwica. Au XIIe siècle, l’influence politique des ducs locaux s’est étendue à une grande partie de la Mazovie. Grâce aux sols très fertiles et à la densité élevée des rivières, la région s’est développée très rapidement.

L’histoire politique de la Cujavie est aussi compliquée que celle de la région voisine de Mazovie. Au XIe siècle, Kruszwica devient le siège d’un évêché. Il est très vite supprimé mais vers 1123 un nouvel évêché est fondé à Włocławek qui devient la capitale de la région.

En 1186 ou 1194, Mieszko III le Vieux s’empare de la région qu’il offre à son fils Boleslas qui devient duc de Cujavie. En1195, à la mort de Boleslas, la Cujavie réintègre le duché de Mazovie. Vers 1231, Conrad Ier de Mazovie recrée le duché de Cujavie et l’offre à son fils Casimir Ier de Cujavie. Après sa mort en 1267, la Cujavie est divisée en deux parties (ayant pour capitales Inowrocław et Brześć Kujawski) sur lesquelles règneront ses successeurs.

Au milieu du XIIIe siècle, la Cujavie quitte la sphère de la Mazovie pour partager le destin du territoire de Dobrzyń, territoire qui sera perdu par les Polonais au profit de l’ordre Teutonique. En 1332, les Teutoniques attaquent et occupent la Cujavie. En 1343, la Cujavie et la région de Dobrzyń sont récupérées par la Pologne (Traité de Kalisz) et progressivement incorporées dans un pays en train de renaître après le morcellement féodal. Devenue région de la Pologne, la Cujavie conservera sa division traditionnelle en deux sous-régions qui deviendront les voïvodies d’Inowrocław et de Brześć Kujawski.

Après le premier partage de la Pologne de 1772, le nord de la Cujavie est annexé par la Prusse. Le reste de la Cujavie est annexé par la Prusse en 1793. De 1807 à 1815, la région rejoint le Duché de Varsovie créé par Napoléon Bonaparte pour les Polonais. Après la chute de celui-ci, la plus grande partie de la Cujavie, avec les villes de Bydgoszcz, Inowrocław et Kruszwica, est à nouveau annexée par la Prusse. L’est de la Cujavie, avec les villes de Radziejów et Włocławek, est annexé par la Russie qui l’incorpore au Royaume du Congrès.
Depuis 1918, la Cujavie fait de nouveau partie de la Pologne ressuscitée. Depuis 1999, la plus grande partie de la Cujavie se trouve dans la voïvodie de Cujavie-Poméranie.






(36)  Dobrzyń nad Wisłą est une petite ville de Pologne qui compte 2 246 habitants (2007).

Dobrzyń nad Wisłą, qui signifie simplement Dobrin sur la Vistule, fait partie duPowiat de Lipno (powiat lipnowski) qui se trouve dans la voïvodie de Couïavie-Poméranie. La ville est située sur la rive droite de la Vistule, en amont deWłocławek.

La première mention historique de Dobrzyń (Dobrin) date de 1065. À l’époque, Dobrzyń est déjà une place forte. En 1228, l’Ordre de Dobrin s’installe dans la ville. Dobrzyń reçoit les privilèges urbains dans la première partie du XIIIe siècle, sans doute des mains de Conrad Ier de Mazovie. À la suite du démembrement féodal de la Pologne, elle devient la capitale d’un duché du même nom de 1288 à 1327 et de 1343 à 1352. À partir de 1306, le duché de Dobrzyń devient vassal de la Pologne exception faite d’une brève période (1373 à 1392) où il est gouverné par le duc d'Opole.

À plusieurs reprises, les Teutoniques s’emparèrent de la ville (entre autres en1329, 1392 et 1409), ce qui fut une source de conflits. En 1409, le château érigé par les Teutoniques furent détruit par les Polonais. À la suite de la Première paix de Toruń en 1411, Dobrzyń intègra définitivement le territoire polonais et le commerce avec Gdańsk se développe.


La ville commença à décliner progressivement à partir du XVIIe siècle. En 1773, elle fut annexée par la Prusse. En 1807, elle fut rattachée au duché de Varsovie. En 1815, elle fut incorporée au royaume du Congrès.

Aujourd’hui, Dobrzyń nad Wisłą est devenue une toute petite ville régionale agissant à titre de centre commercial et de services pour les villages voisins. Elle ne possède présentement que seulement quelques petites entreprises industrielles (fabrication de chaussures, coopérative de pêcheurs, abattoir, meunerie).






(37)  Bydgoszcz est une ville de Pologne, chef-lieu de la voïvodie de Couïavie-Poméranie, dont elle est la plus grande ville, et du powiat de Bydgoszcz. Entre 1871 et 1918, elle était rattachée à l'Empire allemand, et désignée par son nom allemand de Bromberg.


Bydgoszcz obtient le statut de ville dès 1346, ce qui reflète son importance économique due au négoce du blé et du sel. Intégrée à l'Empire allemand en 1871, et dès lors appelée Bromberg, la ville perd progressivement sa prépondérance économique et politique au profit de Thorn jusqu'à ce que la construction des lignes ferroviaires à Dantzig, à Piła et àThorn change soudainement les choses. Quand la Pologne retrouve son indépendance en 1918, la ville lui revient et reprend son nom polonais.

Lors du Dimanche sanglant de Bydgoszcz en1939, la population massacre une partie de la communauté allemande de la ville. Les nazis utilisent ce prétexte pour massacrer 1 200 à 1 400 polonais et juifs quelques mois plus tard en octobre 1939 par les Selbstschutz et la Gestapo dans des fosses communes qu'on appellera la "Vallée de la mort" .

De septembre 1944 à janvier 1945, les nazis construisent dans la ville un camp de concentration pour femmes juives, le Konzentrationslager Bromberg-Ost. C'est un sous-camp du camp de concentration du Stutthof dans lequel les prisonnières sont contraintes aux travaux forcés pour la maintenance des voies ferroviaires allemandes.

En 1973, le quartier Fordon, à l'est de la ville, sur la Vistule, lui est rattaché




(38)  Klaipėda (en allemand : Memel) est une ville de 187 316 habitants et le principal port de mer lituanien. Klaipėda est la troisième ville de Lituanie après Vilnius et Kaunas.


Ancienne ville hanséatique, connue sous le nom allemand de Memel, la ville a longtemps été disputée entre le royaume de Lituanie et les chevaliers Teutoniques. La Paix du lac de Melno fixe les frontières du duché de Prusse et de la Lituanie ; Memel restera en Prusse jusqu'à la défaite allemande à la suite de la Première Guerre mondiale.



Memel est fondée en 1252 par les Chevaliers teutoniques. Elle reçoit en 1258 ses privilèges de ville, selon le droit de Culm, privilèges confirmés à la fin du XVe siècle. Elle commerce avec la Hanse. C'est une ville de population allemande qui marque la frontière avec les populations slaves.


En 1525, la ville adhère à la Réforme. Le siècle suivant constitue pour la ville une période de prospérité, interrompue par la Guerre de Trente Ans et les attaques suédoises entre 1629 et 1635. De 1525 à 1919, Memel fait partie de la Prusse qui prend la suite de l'Ordre teutonique dissous, hormis quelques années d'occupation par la Suède et par la Russie (notamment la prise de la ville en 1757 par le général Fermor).





(39) Venceslas ou Wenceslas (en allemand : Wenzel, en tchèque : Václav), surnommé « l'Ivrogne », est un prince de la maison de Luxembourg né le26 février 1361 à Nuremberg et mort le 16 août 1419 à Prague. Il est roi de Germanie de 1376 à 1400 (Venceslas Ier), roi de Bohême de 1378 à 1419(Venceslas IV), électeur de Brandebourg de 1373 à 1378 et duc de Luxembourg de 1383 à 1390 (Venceslas II).



Venceslas est le fils de l'empereur Charles IV et d'Anne de Schweidnitz ; il est couronné roi de Bohême dès le 15 juin 1363. Élu à l'unanimité roi de Germanie le 10 juin 1376 à Francfort, il est couronné le 6 juillet à Aix-la Chapelle. À l'âge de 17 ans, il succède à son père à la tête de l'Empire bien qu'il ne soit jamais formellement couronné « empereur des Romains » par le pape. Le caractère du nouveau roi, qui a bénéficié d'une jeunesse protégée, est marqué par un manque de dynamisme générant chez lui désintérêt et inefficacité aggravés par son alcoolisme qui lui vaut son surnom de « l'Ivrogne ».Venceslas Ier est l'un des souverains les plus décriés par l'historiographie germanique ; il partage avec Charles le Gros l'opprobre d'avoir été les seuls souverains à être destitués pour indignité.







(40)  En Roumanie, du point de vue géographique, la Moldavie (en roumain : Moldova ou Moldova occidentală) est une région traditionnelle de 29.680 km² soit la partie occidentale de la région historique de 86.783 km² issue de l’ancienne principauté de Moldavie. Cette région représente 46 % de l’ancienne Principauté et est limitée :

• à l’ouest par les Carpates qui la séparent de la Transylvanie ;
• au nord par une frontière terrestre avec l’Ukraine établie en juillet 1940 à travers la Bucovine ;
• à l’est par la rivière Prut qui, depuis le traité de Bucarest de 1812, la sépare de la Moldavie orientale, aujourd’hui laRépublique de Moldavie, état indépendant ;
• au sud par les rivières Siret et Milcov qui la séparent de laValachie.






(41)  Malbork (Marienburg en allemand) est une ville de 39 000 habitants (1998) du nord de la Pologne. Proche de Gdańsk, elle relève de la voïvodie de Poméranie depuis la réforme administrative du pays en 1998. Précédemment, elle se situait dans la voïvodie d'Elbląg.


La ville en elle-même, construite autour de la forteresse de Marienbourg(Malbork en polonais), a été fondée en 1274 sur la rive droite de la rivière Nogat, bras de la Vistule, par les chevaliers teutoniques. Le château fortifié devint le siège de l'ordre des chevaliers teutoniques et la plus grande forteresse gothique d'Europe. La rivière et le terrain plat permettant un accès aisé aux barges à une centaine de kilomètres de la mer, les chevaliers teutoniques l'intégrèrent à leur État, y collectèrent des péages et imposèrent un monopole sur le commerce de l'ambre. La ville devint plus tard membre de la ligue hanséatique et de nombreuses réunions de la Hanse s'y tinrent.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le stalag XX B y fut implanté.
En 1945, la ville fut cédée à la Pologne. Elle abrite une base aérienne.




La Forteresse teutonique de Marienbourg,
en Poméranie (Pologne).
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Sam 13 Aoû - 12:38

(42)   Neman (en russe : Неман ; en allemand : Ragnit ; en polonais : Ragneta ; en lituanien : Ragainė), est une ville de l'oblast de Kaliningrad, en Russie, et le centre administratif du raïon Nemanski. Sa population s'élevait à 11 589 habitants en 2013.


À l'origine, Raganite (Ragainė) était un établissement de la tribu baltique des Scaloviens. Elle fut contestée par le Grand-duché de Lituanie dès sa fondation au XIIIe siècle, et le 23 avril 1289, il fut conquis par les chevaliers teutoniques, qui y bâtirent un château gothique. Le château a été appelé Landeshutte, mais le nom de Ragnit, tiré de la rivière locale, affluent du Niémen, a continué d'être utilisé. Le château avait rang de commanderie.
Bien que la localité eût un important château qui protégeait l'État monastique des chevaliers teutoniques contre les menaces venant du nord, elle restait dans l'ombre de la ville voisine de Tilsit. Le 10 avril 1525, Ragnit fut incorporée, après la sécularisation de l'Ordre, dans le duché de Prusse qui passa sous la vassalité de la Pologne. Le duché passa au Brandebourg par héritage, en 1618, devenant une partie du Brandebourg-Prusse. Le duché de Prusse devint le royaume de Prusse en 1701. Le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse accorda le droit de cité à Ragnit, le 6 avril 1722. Le 1er novembre 1892, une ligne de chemin de fer fut ouverte jusqu'à Tilsit. Elle avait été construite pour développer l'industrie du bois dans la région, mais sans grand résultat et l'économie resta dominée par les produits alimentaires.

La ville était le chef-lieu de l'arrondissement de Ragnit du district de Gumbinnen, faisant partie de la province de Prusse-Orientale, avant de fussionner avec l'arrondissement de Tilsit en 1922, pour faire partie de l'arrondissement de Tilsit-Ragnit, dont le siège administratif est fixé à Tilsit.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut prise par les Soviétiques le19 janvier 1945. Conformément aux décisions de la Conférence de Potsdam, elle fut renommée Neman et intégrée dans l'oblast de Kaliningrad de la RSFSR. La plupart des habitants qui n'avaient pas été évacués à la fin de la guerre furent expulsés vers l'ouest de l’Allemagne.





Ruines du château des chevaliers teutoniques.






(43)   Świecie est une ville de la voïvodie de Couïavie-Poméranie, dans le centre de laPologne, et le chef-lieu du powiat de Świecie. Sa population s'élevait à 26 482 habitants en 2012.



Świecie est une des plus anciennes villes de Pologne. La première mention historique de la ville date de 1198. À l’époque, la ville est la capitale du duché de Świecie, en Poméranie, gouverné notamment par Świętopełk II et Mestwin II.


Lorsque l’Ordre Teutonique s’est installé à proximité en 1226, Świecie devient une place forte importante dans le système de défense de la Poméranie. Finalement, en 1309, ce sera la dernière forteresse poméranienne à tomber dans les mains teutoniques qui l'obtiennent par l'accord de Soldin du margrave Valdemar de Brandebourg. Świecie devient une commanderie (Komtur) de l’Ordre sous le nom de Schwetz. Un château fort est construit et la ville reçoit les privilèges urbains en1338. Pendant la guerre de Treize Ans, le château change plusieurs fois de mains, pour finalement être sous la vassalité des Polonais à partir de 1466comme toute la Prusse royale, peuplée majoritairement d'Allemands.


La ville s’enrichit considérablement grâce au commerce sur la Vistule. Lors du Déluge suédois, Schwetz est dévasté et le château incendié. Il faut un siècle pour reconstruire la ville. Après le premier partage de la Pologne, Schwetz est annexé en 1772 par la Prusse (jusqu’en 1920).




Le château des chevaliers teutoniques



Le site primitif de la ville se trouvait sur la rive de la Vistule et était fréquemment sujet à des inondations. Ce n’est qu’à partir du milieu du XIXe siècle que la ville déménage sur les hauteurs de la rive gauche de la Wda. La population passe alors très vite de 3 166 habitants (1849) à 6 000 habitants. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Świecie compte 10 000 habitants.

L'armée allemande s’empare de la ville le 3 septembre 1939. Les exactions et les exécutions de masse sont nombreuses (1 350 patients de l’hôpital psychiatrique sont exécutés dans les bois environnants, des groupes de Juifs sont fusillés en pleine rue, etc.).

La ville reprend son essor après la guerre. La population passe de 8 300 habitants (1945) à 13 500 habitants (1961). Les industries alimentaires se développent. Une importante papeterie est construite dans la banlieue en 1968. Après quelques années, elle emploie 4 600 personnes.

Aujourd’hui, Świecie est un important centre industriel et commercial de la voïvodie de Couïavie-Poméranie.





(44)   Giżycko est une ville du Nord-Est de la Pologne, de la voïvodie de Varmie-Mazurie (depuis 1999).
Connue sous le nom allemand de Lötzen (en polonais Lec) jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville est d’abord appelée Łuczany après la libération, avant d’être rebaptisée Giżycko le 4 mars 1946, en hommage au pasteur Gustave Gizewiusz (pl) (1810-1848), propagateur de la langue et de la culture polonaise en Mazurie.


Dans la première moitié du XIVe siècle, les Chevaliers teutoniques construisent un château à l’emplacement d’un ancien village prussien nommé Lēcai situé sur l’isthme séparant les lacs Niegocin et Kisajno. Une localité appelée Nowa Wieśse développe autour du château. Pendant la guerre de Treize Ans, château et localité sont détruits.



Vestige du château des Teutoniques


Une nouvelle localité est fondée en 1475. Elle obtient les privilèges urbains le 15 mai 1612. Le 26 mai 1612, elle reçoit le privilège d’utiliser comme symbole 3brèmes, qui sont encore aujourd’hui présents dans les armoiries de la ville. Nowa Wieś est rebaptisée Lötzen par Albert Frédéric de Prusse.

En 1657, les Tatars incendient Lötzen. Seuls le château, l’église et l’hôtel de ville échappent au désastre. Dans les années 1709-1711, la ville subit un déclin important du fait de la famine et de la peste qui décime le bétail.

De 1772 à 1945, Giżycko fait partie de la Prusse-Orientale.

En 1807, pendant les guerres napoléoniennes, l’armée du général Dąbrowski est casernée quelque temps au château alors que l’armée du général Józef Zajączek stationne dans la ville. Lötzen est encore traversée par les troupes françaises en 1812.

En 1844, les Prussiens commencent à construire une grande forteresse (Fort Boyen (pl)) à côté de la ville. À partir de1856, des bateaux à vapeur commencent à naviguer sur les lacs. En 1868, la ville est reliée au réseau ferroviaire.


Fort Boyen


À la suite du plébiscite de 1920, la ville reste prussienne alors qu’elle est revendiquée par la Pologne. Grâce au tourisme et au sport, la ville connaît un développement spectaculaire. Les 22 et 23 janvier 1945, à la suite de l’offensive de l’Armée rouge, les soldats et civils allemands abandonnent la ville qui est incorporée à la Pologne.
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Lun 29 Aoû - 20:57

C. Forces en présence


Le nombre de soldats impliqués est difficile à évaluer. Aucune des sources contemporaines ne fournit un compte fiable des troupes. Jan Długosz rapporte le nombre de bannières de différents belligérants, 51 pour les teutoniques, 50 pour les polonais et 40 pour les lituaniens. Il est cependant difficile de connaître le nombre d'hommes sous chaque bannière. La structure et les effectifs des unités d'infanterie (piquiers, archers, arbalétriers) et d'artillerie est inconnue. Des estimations, souvent biaisées par des considérations politiques et nationalistes ont été avancées par de nombreux historiens. Les historiens allemands tendent à minimiser les effectifs et les historiens polonais tendent à utiliser les estimations les plus hautes. L'estimation haute réalisée par l'historien polonais Stefan Kuczyński de 39 000 polonais-lituaniens et de 27 000 teutoniques fait souvent référence dans la littérature occidentale.












Si elle était inférieure en nombre, l'armée teutonique était mieux entrainée, mieux commandée et disposait d'un armement supérieur. La cavalerie lourde teutonique était l'une des meilleures d'Europe et l'armée disposait de bombardes(45). Les deux armées étaient composées de soldats venant de plusieurs territoires ou états et de nombreux mercenaires. Les mercenaires bohémiens(46)
combattirent par exemple des deux côtés. Les Chevaliers invitèrent des nobles croisés venant de 22 peuples différents mais principalement allemands. Les Teutoniques recrutèrent des soldats en Westphalie(47), en Frise(48), en Autriche(49),en Souabe(50) et en Poméranie(51). Deux nobles hongrois, Nicholas II Garay  et Stibor de Stiboricz, amenèrent 200 hommes aux Chevaliers mais le soutien de Sigismond de Hongrie fut décevant.

Les Polonais recrutèrent des mercenaires de Moravie(52) et de Bohême dont Jan Žižka(53) qui commandera par la suite les forces hussites. Alexandre Ier de  Moldavie(54) commanda les soldats moldaves. Vytautas rassembla des troupes de Lituanie et de Ruthénie(55)
dont des tatars de la Horde d'or(56)
menés par Jalal ad-Din. Le commandant en chef des forces polono-lituaniennes était le roi Ladislas II même s'il ne participa pas directement à la bataille. Les forces lituaniennes étaient commandées effectivement par le grand-duc Vytautas qui mit au point la tactique de la campagne et participa directement à l'affrontement.






(45) La bombarde est une pièce d'artillerie apparue pendant la guerre de Cent Ans qui lançait des boulets de pierre ou de fer d'un calibre important. Son manque de précision et sa faible cadence de tir rendaient la bombarde plus effrayante et démoralisante que meurtrière. C'est pour cela qu'elle était beaucoup plus utilisée pour abattre les fortifications ennemies, par exemple lors de la prise de Constantinople en 1453 où les Turcs utilisèrent des bombardes de taille immense. Elle fut utilisée jusqu'à la fin du XVesiècle où elle fut rendue obsolète par l’apparition des canons à roues (couleuvrine). Le poids du projectile est de 280 kg.




Dessin d’une bombarde





Abbaye du Mont-Saint-Michel. Bombarde abandonnée par
l'armée de Thomas de Scales, le 17 juin 1434










 (46)  La Bohême (Čechy en tchèque, Böhmen en allemand) est une région historique d'Europe centrale, actuellement l'une des composantes de laRépublique tchèque avec la Moravie et une petite fraction de la Silésie. Elle tire son nom des Celtes Boïens et du germanique heim (anc. fr. ham ou hameau).







  (47)  La Westphalie (en allemand Westfalen) est une région historique d'Allemagne, comprise entre la Weser et le Rhin.

Elle tire son nom des Westphales, la plus occidentale des trois grandes tribus de la Saxe primitive (les autres étant les Ostphales et les Angrivarii).


La Westphalie a souvent changé d'étendue, ainsi que de forme de gouvernement. Ainsi elle a été successivement :


• un duché : voir duché de Westphalie,
• un cercle du Saint-Empire romain germanique : voir cercle du Bas-Rhin-Westphalie,
• un des royaumes de la Confédération du Rhin : voir royaume de Westphalie,
• une province des États prussiens : voir province de Westphalie,
• un des Länder allemands actuels : voir Rhénanie-du-Nord-Westphalie.


De même, elle a tour à tour appartenu aux ducs de Saxe, aux archevêques de Cologne, à la France et à la Prusse.
C'est dans ce pays que furent signés les traités de Westphalie.










  (48)  La Frise  est une région historique du nord-ouest de l'Europe, sur le littoral de la mer du Nord. On utilise aussi parfois le pluriel (les Frises). Au cours des siècles, son étendue a varié.







  (49)  L’Autriche, en forme longue la République d'Autriche (Österreich   et Republik Österreich en allemand), est un État fédéral neutre d’Europe centrale, sans accès à la mer, et membre de l'Union européenne. Elle est entourée, dans le sens des aiguilles d'une montre, par l’Allemagne et laRépublique tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénieet l’Italie au sud, et par la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest. L'Autriche est membre de l’Union européenne (UE) et de la zone euro respectivement depuis 1995 et le 1er janvier 1999. Sa langue officielle est l'allemand, mais depuis la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, six autres langues sont reconnues. Sa capitale et plus grande ville est Vienne.
Jusqu'à la proclamation en 1919 de la Première République, l'Autriche fut, en tant qu’État, un acteur majeur de l'histoire de l'Europe.






  (50)  La Souabe (en allemand Schwaben) est une région historique d'Allemagne. Le même mot désigne aussi en français les habitants et le dialecte de la région, le souabe. Le district de Souabe est aussi le nom d'une des sept régions administratives (Regierungsbezirke) de l'État libre de Bavière.
Étymologiquement, le mot Schwaben (et donc Souabe) se déduit du peuple des Suèves, un groupe de tribus germaniques.







  (51)  La Poméranie est une région côtière au sud de la mer Baltique, située en Allemagne(Pommern) et en Pologne (Pomorze) entre et sur les rives des fleuves Vistule et Oderatteignant la rivière Recknitz à l'ouest.








  (52)   Le margraviat de Moravie
était une marche et un pays de la Couronne de Bohême puis un état de l'Empire d'Autriche à partir de 1804 et de l'Autriche-Hongrie à partir de 1867, ayant pour capitale la ville d'Olomouc puis Brno à partir de 1641. C'est en l'an 1182 que naît le margraviat. C'est à cette date que Frédéric Barberousse fusionne les apanages de Brno, d'Olomouc et de Znojmo et les donne à Conrad II de Bohême. Cet État a existé pendant presque 750 ans, jusqu'à la création de la première République tchécoslovaque en 1918.






  (53)   Jan Žižka z Trocnova a Kalicha
(prononcer: Yan Jijka z Trotsnova, soit Jean Žižka de Trocnov et Kalich) est le chef de guerre des Hussites (né en 1370 au château seigneurial de Trocnov et mort le 11 octobre 1424). Il met au point la tactique du wagenburg qui permet aux Hussites de tenir tête pendant dix-huit ans (1419-1436) aux armées impériales.
Issu d’une famille noble et allemande de Prague1, il combat durant sa jeunesse au service de Venceslas IV de Bohême. Il perd un œil à la bataille de Tannenberg, ce qui lui vaut son surnom de « borgne » (žižka).









(54)   Alexandre Ier le Bon, ou encore Alexandru cel Bun, (mort le 1er janvier 1432) est voïvode de Moldavie de 1400 à 1432. La monarchie étant élective dans les principautés roumaines (comme en Hongrie et Pologne voisines), le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par et parmi les boyards et, pour être nommé, régner et se maintenir, s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, hongroise, polonaise ou ottomane.
Alexandre Ier le Bon est un membre de la famille des Bogdanești. Il jette les bases de l'organisation de l'Église orthodoxe de Moldavie, fait construire beaucoup de monastères et fait aussi venir des catholiques moldaves deTransylvanie.










  (55)   Le mot Ruthénie  désigne des régions de l'Europe qui sont ou ont été habitées par des populations slaves orientales, et les différents États qui ont existé sur ces territoires au cours des siècles.
L'adjectif correspondant est « ruthène ».






(56)   La Horde d'or est un empire turco-mongol1 gouverné par une dynastie issue de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan, qui contrôle les steppes russes aux XIIIe et XIVe siècles.
Les Djötchides eux-mêmes s'appellent Horde ou Grande Horde. Horde d'orest une expression utilisée par les Russes depuis le XVIe siècle. Les Arabes et les Persans parlent du Royaume des Tatars ou du Khanat de Kiptchak.[/color]
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 8:57

D. Cours de la bataille


1. Avancée à travers la Prusse



La première étape de la campagne de Grunwald fut le rassemblement de toutes les forces polono-lituaniennes à Czerwinsk à environ 80 km de la frontière prussienne, où l'armée conjointe franchit la Vistule sur un pont flottant38. Cette opération qui nécessitait une grande précision et une intense coordination entre les corps d'armées multi-nationaux fut accomplie en moins d'une semaine du 24 au 30 juin 1410. Les soldats polonais de Grande-Pologne se rassemblèrent à Poznań (57)
et ceux de Petite-Pologne (58) à Wolbórz. (59)  Le 24 juin, Ladislas II et les mercenaires tchèques arrivèrent à Wolbórz puis à Czerwinsk trois jours plus tard. L'armée lituanienne qui avait quitté Vilnius (60)  le 3 juin rencontra les unités ruthènes à Hrodna (61)  et rejoignit les polonais le 27 juin. Après la traversée, les troupes mazoviennes de Siemowit IV et Janusz Ierrallièrent l'armée polono-lituanienne. La puissante force se mit en marche en direction de Marienburg (Malbork) le 3 juillet et la frontière prussienne fut franchie le 9 juillet.

La traversée de la rivière resta secrète jusqu'à ce que des émissaires hongrois, qui cherchaient à négocier une trêve, ne la révèlent au grand-maître teutonique. Ulrich von Jungingen comprit immédiatement la menace et partit avec le gros de ses forces pour organiser une ligne de défense sur la rivière Drewenz (Drwęca (62) ) près de Kauernik (Kurzętnik) et laissa 3 000 hommes à Schwetz (Świecie) sous le commandement de Heinrich von Plauen (63) . La rivière fut fortifiée avec des fortins et le 11 juillet, Ladislas II et son conseil de guerre décidèrent de contourner les défenses teutoniques par l'est où aucune rivière ne protégeait Marienburg. L'armée teutonique suivit la Drewenz vers le nord avant de la traverser à Löbau (Lubawa) et de continuer vers l'est parallèlement à l'armée polono-lituanienne.



(57) Poznań ( en allemand : Posen ; enlatin : Posnania, en français Posnanie ) est une ville de l'Ouest de la Pologne, sur la Warta. Elle est le chef-lieu de la voïvodie de Grande-Pologne ainsi que du Powiat de Poznań, même si elle ne fait pas partie de son territoire. En revanche, le territoire de la ville de Poznań constitue le powiat-ville de Poznań. La ville est divisée en 42 quartiers (Osiedle).
Avec plus de 500 000 habitants, Poznań est la cinquième ville de Pologne la plus peuplée, après Varsovie, Cracovie, Łódź et Wrocław. Elle se situe aussi sur l'axe de communications Berlin - Varsovie - Moscou, et à un peu plus de 160 kilomètres de la frontière allemande.







(58)   La Petite-Pologne (Polonais Małopolska, Latin Polonia Minor) est une des régions historiques de Pologne. Située au sud-est du territoire de l'actuelle république de Pologne, elle avait une superficie triple de celle de la voïvodie qui aujourd'hui porte ce nom.


Le nom de Petite-Pologne provient d'une habitude polonaise. Lorsqu'un nouveau village est situé près d'un plus ancien, le nouveau prend le nom de l'ancien précédé du terme petit, l'ancien village étant lui-même précédé de grand. Le même mécanisme s'applique ici aux deux régions historiques de Pologne. Le terme Petite-Pologne signifie donc Nouvelle Pologne (constituée à la fin du Xe siècle), par opposition à l'ancienne (datant du début du Xe siècle). Le terme Petite-Pologne apparaît tout d'abord sous la forme latine de Polonia Minor à partir de 1493 alors que celui de Grande Pologne (Polonia Maior), plus ancien, date de 1242.


(59)   Wolbórz est un village de Pologne situé dans le powiat de Piotrków qui fait partie de la voïvodie de Łódź. Il compte 2 200 habitants.

Au XIIe siècle, Wolbórz est une place forte où ont lieu des marchés. En 1125, Wolbórz devient la propriété des évêques de Cujavie et une de leurs principales résidences (jusqu’en 1818). En 1273, Lech II le Noir accorde les privilègesurbains à Wolbórz. En 1357, ces privilèges sont confirmés et étendus (droit de Magdebourg). La ville se développe considérablement et une filiale de l’universitéde Cracovie s’installe à Wolbórz. L’endroit devient également un point de concentration de l’armée polonaise dans les guerres contre les Teutoniques(1410, 1414, 1419, 1422).
Aux XVe et XVIe siècles, la ville continue à prospérer. En particulier, la production drapière et l’activité brassicole se développent. Très vite, il y a plus de 100 drapiers, quelques brasseries, six moulins. En 1521, la ville compte cinq églises.
Au XVIIe et au XVIIIe siècle, la ville est plusieurs fois saccagée (guerres, incendies). En 1793, la ville est annexée par la Prusse. En 1807, elle est incorporée au duché de Varsovie et, en 1815, au royaume du Congrès. Wolbórz perd son statut de ville en 1870. C’est une sanction du tsar parce que les habitants de la ville ont participé à l’Insurrection de Janvier.
Wolbórz est le lieu de naissance, et sans doute de décès, d’Andrzej Frycz Modrzewski (Andreas Fricius Modrevius). Il est devenu maire de la ville en 1553.



(60)   Vilnius (en lituanien : Vilnius  ; allemand, Wilna ; polonais, Wilno ; russe, Вильнюс/Wilnjus, Вильна/Wilna ; biélorusse, Вільня/Wilnja ; yiddish, ווילנע/Wilne), anciennement Vilna, est la capitale de la Lituanie. Avec plus de 500 000 habitants, c'est la ville la plus peuplée du pays. Elle a été fondée parGediminas.
Vilnius fut, en 2009, l'une des deux capitales européennes de la culture avec Linz(Autriche).
D'un point de vue architectural, le centre historique de Vilnius est particulièrement bien conservé. Il est entièrement classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, notamment le quartier des ambassades avec ses façades typiques des pays du Nord de l'Europe, plutôt colorées et, souvent, largement sculptées. La ville est dominée par une superbe tour en briques aisément visible car située sur une colline surplombant la ville. Près de celle-ci se trouve le cimetière polonais na Rossie, où est enterré le cœur du maréchal Józef Piłsudski (son corps se trouvant à Cracovie), qui gouverna la Pologne de l'entre-deux-guerres.
Vilnius est entrée depuis plusieurs années dans l'ère du capitalisme. En témoigne cet aspect de « ville chantier » avec plusieurs buildings de verre et d'acier en construction qui tranchent par leur modernité avec les antiques trolleybus qui desservent toujours la ville. La périphérie de la ville, par contre, ne brille pas par ses qualités architecturales. Elle conserve l'empreinte des tours d'habitation de béton gris de l'époque soviétique et est par conséquent assez mal intégrée au paysage verdoyant des campagnes environnantes. Néanmoins, il existe toujours des maisons traditionnelles entre deux barres. Basses et en bois, elles gardent souvent leur aspect originel par faute de moyens de leur propriétaire.








(61)   Hrodna (en biélorusse : Гро́дна ou Гаро́дня, Harodnia) ou Grodno (en russe : Гро́дно ; en polonais : Grodno ; en lituanien : Gardinas ; enyiddish : גראדנא ) est une ville de Biélorussie et la capitale administrative de lavoblast de Hrodna. Sa population s'élevait à 361 352 habitants en 2015.

[…]  

Hrodna/Grodno et Navahroudak/Novogroudek étaient considérées comme les villes principales de la Ruthénie noire (la Russie noire), situées dans une région frontalière au Duché de Lituanie. Elle fut donc souvent envahie, notamment par les chevaliers Teutoniques. Dans les années 1250, les alentours de Hrodna/Grodno furent envahis par les Lituaniens encore païens qui y formèrent ensuite le Grand-duché de Lituanie. À la suite de soulèvements en Prusse, beaucoup de Prussiens s'installèrent dans la ville. Le célèbre grand-duc Vytautas fut prince de Hrodna/Grodno entre 1376 et 1392 et il y séjourna pendant les préparatifs de la bataille de Grunwald (1410). En 1413, Grodno devint chef-lieu de district de la voïvodie de Troki.



(62)  La Drwęca (Allemand: Drewenz) est une rivière du nord de la Pologne affluent de la Vistule (elle s'y jete près de Toruń).

Elle est longue de 207 km (17ème plus long cours d'eau de Pologne) et son bassin couvre 5536 km² (entièrement en Pologne).



(63)   Heinrich von Plauen, ou Henri de Plauen, né en 1370 et mort en 1429 auchâteau de Lochstädt, près de Königsberg, est un chevalier teutonique. C'est le vingt-septième grand maître de l'Ordre Teutonique de 1410 à octobre 1413. Il descend de la famille des seigneurs de Plauen de la branche aînée, celle des Mühltroff.

Henri de Plauen naît dans le Vogtland entre la Thuringe et la Saxe. Il est d'abord chevalier invité en 1390, puis il prononce ses vœux et est adoubé en 1391. Il est à la commanderie de Dantzig de 1399 à 1402 et devient commandeur de la commanderie de Nessau de 1402 à 1407 et de celle de Schwetz de 1407 à 1410.
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 9:25

2. Préparatifs



Au matin du 15 juillet 1410, les deux armées se rencontrèrent dans une plaine couvrant environ 4 km2 entre les villages de Grunwald, Tannenberg (Stębark) et Ludwigsdorf (Łodwigowo). Les deux armées se déployèrent en deux lignes opposées suivant un axe nord-est sud-ouest. L'armée polono-lituanienne était rangée en face et à l'est de Ludwigsdorf et de Tannenberg. La cavalerie lourde polonaise formait le flanc gauche, la cavalerie légère lituanienne se trouvait à droite tandis que les divers corps de mercenaires formaient le centre. Ces derniers étaient organisés sur trois lignes avec des formations en pointe d'environ 20 hommes en profondeur. Les Teutoniques concentrèrent leur cavalerie d'élite commandée par le grand-maréchal Frederic von Wallenrode contre les Lituaniens. Les Chevaliers, qui avaient été les premiers à se déployer pour la bataille, espéraient pousser les Polonais ou les Lituaniens à l'attaque. Une chronique suggère qu'ils avaient creusé des fosses pour piéger l'armée attaquante. Ils tentèrent également d'employer leur artillerie de campagne mais une averse avait mouillé leur poudre et seulement deux coups furent tirés. Comme Ladislas II refusait d'attaquer, le grand-maître envoya des messagers avec deux épées pour "aider Ladislas II et Vytautas lors de la bataille". Il s'agissait évidemment d'une insulte et d'une provocation et ces épées, connues sous le nom de d'Épées de Grunwald, devinrent l'un des symboles nationaux de la Pologne.



3. L’attaque et le repli lituanien


Vytautas, soutenu par plusieurs corps de cavalerie polonaise, lança une attaque sur le flanc gauche des forces teutoniques. Après plus d'une heure de durs combats, la cavalerie légère lituanienne commença à se retirer de manière plus ou moins chaotique. Jan Długosz rapporte que la totalité des forces lituaniennes avait été annihilée. Selon lui, les Teutoniques crurent que la victoire était proche et ils brisèrent leurs formations pour se lancer à la poursuite des Lituaniens et se livrer au pillage avant de rejoindre la bataille contre les Polonais. Długosz ne fait plus aucune mention des Lituaniens dans la suite de sa chronique et présente la bataille comme une victoire uniquement polonaise. Ce récit contredit la Cronica conflictus et a été remise en question par les historiens modernes. Dans un article de Vaclaw Lastowski publié en 1909, ils avancent que la retraite était planifiée et qu'il s'agissait d'une tactique empruntée à la Horde d'or. La même fausse retraite avait été utilisée lors de la bataille de rivière Vorskla (64)  en 1399 où l'armée lituanienne avait été décimée et Vytautas lui-même ne s'en était échappé que de justesse. Cette théorie fut renforcée par la découverte et la publication d'une lettre allemande par l'historien suédois Sven Ekdahl en 1963. La lettre, écrite deux ans après la bataille, met en garde le nouveau grand-maître contre les fausses retraites comme celle qui avait été utilisée lors de la Grande Bataille. L'historien Stephen Turnbull avance néanmoins que la retraite lituanienne ne correspond pas parfaitement à une fausse retraite. En effet celle-ci n'est employée que par quelques unités (et non par l'ensemble de l'armée) et était rapidement suivie par une contre-attaque (alors que les Lituaniens ne revinrent que vers la fin de la bataille



4. L’affrontement entre les Polonais et les teutoniques


Tandis que les Lituaniens se retiraient, de violents combats commencèrent entre les forces polonaises et teutoniques. Les unités teutoniques commandées par le grand-commandeur Kuno von Liechtenstein se concentrèrent sur le flanc droit polonais. Six des unités de cavalerie de von Walenrode ne poursuivirent pas les Lituaniens et attaquèrent sur le flanc droit. Les Teutoniques prirent l'avantage et parvinrent à s'emparer de la bannière royale de Cracovie. Elle fut cependant rapidement reprise et les combats continuèrent. Ladislas II déploya la seconde ligne de son armée. Le grand-maître Ulrich von Jungingen mena alors 16 unités, soit près d'un tiers des forces teutoniques initiales, dans une attaque sur le flanc droit polonais et Ladislas II engagea sa troisième ligne. La mêlée s'approcha du commandement polonais et un Chevalier, identifié sous le nom de Lupold ou Diepold de Kökeritz, chargea directement le roi polonais. Le secrétaire de Ladislas II, Zbigniew Oleśnicki, sauva la vie du roi et devint l'un des personnages les plus influents de Pologne.






(64)  La Vorskla (en russe et en ukrainien : Ворскла) est une rivière de Russie et d'Ukraine et un affluent gauche du Dniepr, dans la plaine d'Europe orientale.
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 9:33


5. La fin de la bataille



À ce moment, l'armée lituanienne réorganisée revint sur le champ de bataille et attaqua les Teutoniques par l'arrière. Ces derniers commençaient à être submergés par les Polonais et les Lituaniens. Von Jungingen est tué alors qu'il essayait de se forcer un passage à travers les lignes lituaniennes. Selon la Cronica conflictus, Dobiesław d'Oleśnica avait lancé une lance en travers du cou du grand-maître tandis que Długosz avance que Mszczuj de Skrzynno était le tueur. Encerclés et privés de leur chef, les Chevaliers commencèrent à se retirer. Une partie de ces forces se retira vers le camp teutonique mais les civils suivant l'armée se retournèrent contre eux et se lancèrent à leur poursuite. Les Teutoniques tentèrent alors de construire un wagenburg   (65)    
où le camp était entouré par des wagons servant de fortifications improvisées. Cependant, ces défenses ne tinrent pas longtemps et le camp fut ravagé. Selon la Cronica conflictus, plus de Chevaliers y seraient morts que sur le champ de bataille. La bataille avait duré environ dix heures.

Les Teutoniques attribuèrent la défaite à la trahison de Nikolaus von Renys (en) (Mikołaj de Ryńsk), commandant de la bannière de Culm (Chełmno) et il fut décapité sans procès. Il était le fondateur et le leader de l'Union du Lézard   (66), un groupe de Chevaliers sympathisants de la Pologne. Selon les Teutoniques, von Renys aurait abaissé sa bannière, ce qui fut considéré comme un signe de reddition et entraina la fuite désorganisée. La légende selon laquelle les Chevaliers avaient été "poignardés dans le dos" faisait écho à la Dolchstoßlegende   (67)     colorpopulaire après la Première Guerre mondiale et servit de base à l'historiographie allemande de la bataille jusqu'en 1945.


E. Conséquences


1. Pertes et prisonniers

La défaite des Teutoniques fut retentissante. Environ 8 000 avaient été tués et 14 000 avaient été faits prisonniers. D'après les livres de comptes teutoniques, seuls1 427 hommes sont rentrés à Marienburg pour réclamer leur solde. Des1 200 hommes de Danzig, seuls 300 rentrèrent. Le plus haut-gradé teutonique à avoir survécu était Werner von Tettingen, commandant d'Elbing (Elbląg   (68)    
). Selon les différentes sources, entre 200 et 400 chevaliers de l'ordre étaient morts dont de nombreux membres de la haute-hiérarchie teutonique, le grand-maître Ulrich von Jungingen, le grand-maréchal Friedrich von Wallenrode, le grand-commandeur Kuno von Lichtenstein, le grand-trésorier Thomas von Merheim, le grand-commissaire Albrecht von Schwartzburg et une dizaine de commandants. Markward von Salzbach, commandant de Brandenburg (Ouchakovo   (69)) et Heinrich Schaumburg, vogt   (70)     de Sambie   (71)     furent exécutés après la bataille sur ordre de Vytautas. Les corps de von Jungingen et des autres officiers supérieurs furent transportés à la forteresse de Marienburg pour y être enterrés le 19 juillet. Les corps des officiers teutoniques de rang inférieur et de douze chevaliers polonais furent inhumés à l'église de Tannenberg. Le reste des morts fut enterré dans plusieurs fosses communes.


Les forces polono-lituaniennes firent plusieurs milliers de prisonniers dont les ducs Konrad VII de Oels (Oleśnica   (72)    
) et Casimir V de Poméranie. La plupart des soldats sans grades et des mercenaires furent libérés peu après la bataille à la condition qu'ils se présentent à Cracovie le 11 novembre 1410. Seuls ceux dont on pouvait espérer une rançon furent gardés en captivité. Des rançons considérables furent payées ; Par exemple, le mercenaire Holbracht von Loym dut payer soixante fois 150 gros de Prague   (73)    
soit un peu plus de 30 kg d'argent.


2. Poursuite de la campagne et paix


Après la bataille, les forces polono-lituaniennes restèrent trois jours sur le champ de bataille avant d'avancer vers Marienburg à raison d'environ 15 km par jour. Le gros de l'armée atteignit la puissante forteresse le 26 juillet. Ce délai permit à Heinrich von Plauen d'organiser la défense de la ville. Ladislas II envoya également des unités vers les autres forteresses teutoniques qui se rendirent le plus souvent sans combattre comme les grandes villes de Danzig (Gdańsk), Thorn (Toruń   (74)    
), and Elbing (Elbląg). Seuls huit châteaux restaient aux mains des Teutoniques. Les assiégeants de Marienburg, qui espéraient une reddition rapide et n'étaient pas préparés pour un siège de longue durée, souffraient du manque de matériel de siège, d'un faible moral et d'une épidémie de dysenterie. Les Chevaliers demandèrent de l'aide à leurs alliés et Sigismond de Hongrie, Venceslas Ier du Saint-Empire et l'ordre Livonien promirent une aide financière et des renforts. Le siège de Marienburg fut levé le 19 septembre et les forces polono-lituaniennes quittèrent les villes conquises qui furent rapidement reprises par les teutoniques. À la fin du mois d'octobre, seuls quatre châteaux restaient aux mains des Polonais. Ladislas II leva une nouvelle armée et infligea une nouvelle défaite aux Teutoniques lors de la bataille de Koronowo (en) le 10 octobre 1410. Après d'autres confrontations, les deux camps acceptèrent de négocier.

La paix de Thorn fut signée en février 1411. Selon ses termes, les Chevaliers cédaient la région de Dobrzyń à la Pologne et acceptaient de renoncer à leurs revendications sur la Samogitie jusqu'à la mort de Ladislas II et de Vytautas. Cependant, il faudra deux autres guerres avant que les disputes territoriales ne soient définitivement réglées par la paix du lac de Melno. Si les gains territoriaux de la Pologne et de la Lituanie étaient minces, la paix de Thorn imposa un lourd fardeau financier aux Teutoniques dont ils ne se relèveront jamais. Ils devaient payer en argent une indemnité estimée à dix fois les revenus annuels du roi d'Angleterre. Pour faire face à ce paiement, les Chevaliers empruntèrent massivement, confisquèrent l'or et l'argent des églises et augmentèrent les taxes. Deux villes majeures de Prusse, Danzig (Gdańsk) et Thorn (Toruń) se soulevèrent contre ces dernières. La défaite de Grunwald laissait les Chevaliers avec peu de troupes pour défendre leurs territoires. Comme la Pologne et la Lituanie étaient maintenant des états chrétiens, les Teutoniques avaient du mal à recruter de nouveaux croisés. Le grand-maître dut donc faire appel à des mercenaires, ce qui augmenta les dépenses d'un budget déjà bien réduit. Les tensions internes, le déclin économique et la hausse des taxes menèrent  à un soulèvement et à la fondation de la Ligue de Prusse   (75)    
en 1441. Cela entraina une série de conflits qui culminèrent avec la Guerre de Treize Ans (1454)   (76)    
.





  (65)        Le fort de chariots est une tactique militaire mise au point par Jan Žižka (1370-1424), chef des guerres des Hussistes consistant à s'abriter derrière des chariots de ferme convertis en chariots de guerre. Appelé Vorozá hradba en tchèque (« mur de chariots ») ou Wagenburg en allemand (« fort de chariots ») ou tabor, elle a été employée au XVesiècle leur permettant de résister des croisades menées contre eux en Bohême et dans l'est de l'Europe. On retrouve cette tactique au XIXe siècle en Afrique australe durant les guerres des Boers (notamment au cours de la bataille de Blood River) — où ils sont appelés en afrikaans laager mot issu du néerlandais leger signifiant « armée » ou « camp » — et en Amérique du Nord lors de la conquête de l'Ouest par les colons européens.

Ziska fait construire des chariots spécialement équipés. Des madriers sont installés pour protéger la tête des défenseurs installés dans les chariots, l'espace entre les roues est fermé par des planches1. Ces chariots sont disposés en cercle ou en carré serré, reliés par des chaines, dans l'espace entre les chariots, protégées par des pavois, sont disposées des bombardes. Ces "forts" sont quelquefois renforcés par un fossé sommaire dont la terre extraite sert de remblai pour protéger les roues. À l'intérieur des chariots les hommes sont équipés de haquebutes, l'ancêtre des mousquets. L'ensemble est protégée par des fantassins, principalement des paysans de Bohême, armés de hallebardes, fauchards ou fléaux d'armes.
Lors de la dizaine d'engagements entre les Hussites et les armées impériales, ils se révèlent quasi imprenables. Ainsi lors de la bataille d'Ústí nad Labem (appelée aussi bataille d'Aussig, juin 1426), les 500 chariots de guerre hussites résistent aux 20 000 soldats dont 5000 cavaliers et 180 pièces d'artillerie des croisés allemands.






  (66)      L'Union du Lézard (en allemand : Eidechsenbund, en polonais : Związek Jaszczurczy) est une organisation de la noblesse prussienne et de chevaliers établis dans le Culmerland  en 1397, dont l'objectif déclaré est de lutter contre l'anarchie, mais non avoué d'obtenir l'intégration de la région dans l'État monastique des chevaliers teutoniques.
L'Union est fondée en 1397 par Nicolas von Renys, Jean de Pulkow, Frédéric de Kitnow et Nicolas de Kitnow. Nommé ainsi d'après son emblème, le lézard, elle étend son influence à d'autres provinces. Au cours de la bataille de Grunwalden 1410, Nicolas von Renys porte la bannière des troupes de Culmerland pour l'Ordre teutonique. Celle-ci baissée prématurément et/ou par inadvertance, aurait donné le signal de la retraite, contribuant à la défaite des chevaliers. Après la défaite de Grunwald, il ne fait aucun doute que l'Ordre Teutonique ait cherché à utiliser l'Union de Lizard comme bouc émissaire.







  (67)       La Dolchstoßlegende (« la légende du coup de poignard [dans le dos] ») fut une tentative de disculper l'armée allemande de la défaite de 1918, en en attribuant la responsabilité à la population civile à l'arrière du front, aux milieux de gauche et aux révolutionnaires de novembre 1918. Ce mythe fut repris et largement répandu par les anciens combattants et par les mouvements de droite et nationalistes, comme le Stahlhelm. Il intoxiqua la république de Weimar et contribua à l'essor du parti nazi.







  (68)        Elbląg (dialecte polonais local : Elbiąg ([:εlbiɔ̃g]), Elbing enallemand, Truso en vieux-prussien) est une ville du nord de la Pologne comptant 128 700 habitants. Chef-lieu du powiat d'Elbląg ainsi que du Powiat-Ville de Elbląg, situé dans la voïvodie de Varmie-Mazurie depuis 1999, auparavant capitale de la voïvodie d'Elbląg (1975–1998), ou partie de la voïvodie de Gdańsk(1945–1975).
La ville est située sur la rivière Elbląg reliant le lac Drużno à la baie de la Vistule.







  (69)       Ouchakovo (Ушаково), qui s’appelait jusqu’en 1946 Brandenburg, est un petit village de Russie baltique, au bord de lalagune de la Vistule, dans le raïon de Bagrationovsk (ancienne Eylau) qui fait partie de l’oblast de Kaliningrad.

Ouchakovo se trouve au bord de la lagune de la Vistule à l’embouchure de la rivière Prokhladnaïa (anciennement Frisching) sur la route Kaliningrad-Mamonovo. Ses habitants vivent de pêche et de la coopérative agricole, ainsi que d’une petite auberge-station service sur la route.


C’est en 1266 qu’est construit le château de Brandenburg par les chevaliers teutoniques. Il tient son nom d’Othon III de Brandebourg qui en est le fondateur. Il est reconstruit en pierres et en briques entre 1275 et 1290. le château de Brandeburg est donc une commanderie de l’Ordre Teutonique de 1266 à 1499. Après la sécularisation de l’Ordre et la fondation du duché de Prusse, le château sert à partir de 1525 à l’administration locale, jusqu’en 1752. Un petit port est construit en 1729. L’ancien bâtiment capitulaire (Konventhaus) du château est détruit en 1776 et, entre 1800 et 1826, ses pierres sont utilisées pour la restauration de la forteresse teutonique de Marienbourg. Les terres agricoles du domaine de Brandenburg (Domäne Brandenburg), qui comprenait une fromagerie et se trouvait à l’orée du village, comptaient 291 habitants après la guerre de 1914-1918.
La région fut le théâtre de combats extrêmement violents à partir de janvier 1945 avec le terrible encerclement d’Heiligenbeil et la plupart des villes et villages de cette zone furent détruits. Seulement une partie du château fut touchée par les destructions. L’aile sud du château fut utilisée comme logement juste après la guerre par de nouveaux arrivants, réfugiés soviétiques venus de zones sinistrées par la guerre, après que la Prusse-Orientale fut vidée de ses habitants. Il reste aujourd’hui les ruines du château et la tour (datant de 1648) de l’église construite au XIVe siècle, l’église elle-même ayant été utilisée comme carrière de pierres et de briques par les habitants. C’est ici que fut enterré vers 1380 le commandeur de Brandenburg, Günther von Hohenstein.
Brandenburg appartenait jusqu’en mars 1945 à l’arrondissement d'Heiligenbeil du district de Königsberg.








  (70)       Vogt (du v.h.all. fogā̌t, tiré du lat. médiév. vocātus, aphérèse d’advocātus ; dit aussi Voigt ou Voight ou Landvoigt ouFauth ; pluriel : Vögte; néerlandais : voogd ; danois : foged ; polonais : wójt) dans le Saint-Empire romain germaniqueétait un titre d'intendant, d'avoué ou de suzerain (généralement de la noblesse) exerçant une tutelle, une protection militaire ou la justice séculière (Blutgericht) dans un certain territoire. Le territoire sous la responsabilité du Vogt était appelé Vogtei.
Vogt est aussi un nom de famille, assez peu répandu en France, au rang 2473 des noms de famille. Origine : Vogt est un patronyme localisé en Alsace et en Lorraine. Plusieurs Vogt se sont installés dans le monde entier, notamment à Bâle enSuisse.







  (71)        La Sambie ou Samland (en russe : Самбия, Sambia) est une péninsule de l'oblast de Kaliningrad en Russie, sur la côte sud-est de la mer Baltique. Elle faisait partie jusqu'en mars 1945 du district de Königsberg de la Prusse-Orientale.
La Sambie a donné son nom aux Sambiens , un peuple disparu de Prussiens de la Baltique.








  (72)       Oleśnica (en allemand : Oels) est une ville de la voïvodie de Basse-Silésie, en Pologne. Sa population s'élevait à 37 307 habitants en 2014.

Oleśnica est située au sud-ouest du pays, à 28 km au nord-ouest de Wrocław et à 275 km à l'ouest-sud-ouest de Varsovie.
Oleśnica ou en allemand: Oels, Öls et aussi Œls, est le siège d'un duché gouverné par les princes Piast de Silésie jusqu'en 1492. Il est ensuite intégré auroyaume de Bohême. Il est détenu par les membres de la famille du roi Georges de Bohême jusqu'en 1647 quand il passe par héritage à une lignée cadette des ducs de Wurtenberg.








  (73)       Le gros de Prague (en tchèque : pražský groš, en allemand : Prager Groschen, en latin :grossus pragensis, en polonais : grosz praski) est une unité monétaire d'argent, créée sur les conseils de banquiers et d'avocats lombards, en 1300, par le roi de Bohême Venceslas II. Elle est longtemps la monnaie de référence en Europe centrale. Son nom est issu du latin denarius grossus ou gros denier.








  (74)      Toruń (prononcer [tɔruɲ] « torougne » ; en cachoube Torń ; durant la période allemande Thorn) est une ville en Pologne situé sur la Vistule, dans la voïvodiede Couïavie-Poméranie. Elle doit ses origines à l'ordre des chevaliers teutoniques qui y construit un château pour l'État teutonique au milieu du XIIIesiècle, pour servir de base à la conquête et à l'évangélisation de la Prusse.


Toruń est une ville-powiat et est le chef-lieu du powiat de Toruń sans se trouver sur son territoire.
Elle a rapidement eu un rôle commercial au sein de la ligue hanséatique, grâce à son port fluvial sur la Vistule qui permet l'importation de marchandises venant de la Baltique et du reste de l'Europe, et l'exportation de produits locaux ou provenant de l'amont du fleuve. Nombre des imposants édifices publics et privés des XIVe et XVe siècles qui subsistent dans la vieille ville comme dans la ville nouvelle témoignent de son importance.


La ville possède une université appelée Université Nicolas-Copernic en hommage à Nicolas Copernic, natif de la ville.


La ville est inscrite à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.


"Elle porte le nom de la ville des anges, en référence à son blason qui représente un ange et un rempart surmonté de trois tours et qui symbolise que la ville a été confiée à la protection de Dieu".



La ville a été fondée par les chevaliers teutoniques au cours du XIIIe siècle. La première mention historique de la ville date du 28 décembre 1233, mais certaines sources estiment qu’elle a été fondée en 1231. Elle fut un centre commercial important et fit partie de la Hanse, association de villes marchandes en Europe du Nord.


Les deux Paix de Thorn (Traité de 1411 et Traité de 1466) annexent à la Pologne des territoires jadis sous l’autorité de l’Ordre Teutonique, à l’exception de la Prusse-Orientale. En 1454, la ville de Toruń se révolte contre les chevaliers de l’Ordre Teutonique, et attaque le château. L'Ordre des Chevaliers Teutoniques reconnaît par le traité de 1466 être vassal du Royaume de Pologne.


En 1557, la ville adopte la doctrine de Martin Luther et devient un centre du protestantisme. Le Conseil de la ville dissout les institutions catholiques. Un colloque œcuménique est tenu à Toruń en 1645 à l'initiative du Roi Ladislav IV (1632-1648) pour une conversation fraternelle entre catholiques, calvinistes et luthériens. Toruń est prise par Charles-Gustave en 1655 et par Charles XII en 1703.


La ville connait par la suite des difficultés économiques, et les tensions religieuses se font de plus en plus fortes. En 1724, des protestants pillent un collège jésuite, et ce conflit entraine une mutinerie. Les chefs de la communauté luthérienne sont décapités sur ordre du Roi.


En 1793, elle est attribuée à la Prusse lors du second partage de la Pologne. Elle est ensuite attribuée au grand-duché de Varsovie en 1806, et est de nouveau rattachée à la Prusse en1815 jusqu’en 1918.









  (75)      La Ligue de Prusse, de son vrai nom « Ligue contre la violence » (Bund vor Gewalt), conclue entre 53 seigneurs et 19 villes de Prusse (dont Dantzig, Elbing et Thorn) le 14 mars 1440 à Marienwerder, entendait s'affranchir de l'autorité tyrannique des chevaliers teutoniques. Les confédérés se promettaient de « s'assister mutuellement dans la fidélité pour... rejeter la violence et les abus survenus par le passé. »

À l'issue de la Bataille de Grunwald, les chevaliers teutoniques ont été contraints de signer la Paix de Toruń (1411) et de verser à la Pologne une indemnité de guerre qui met leur État au bord de la faillite. Pour y faire face, ils augmentent les impôts des châtellénies et des villes de la Hanse ; c'est alors que les délégués des provinces demandent un droit de regard sur les affaires de l'État : mais hormis quelques concessions, ils essuient un refus catégorique. Avec l'élection en 1441 d'un nouveaugrand maître de l'Ordre, les paysans d'Ermeland, inspirés par l'opposition des villes, se soulèvent. La rébellion est réprimée par les chevaliers teutoniques.
Tandis que le grand maître Konrad von Erlichshausen (1441–1449) cherche un compromis avec les villes, son neveu et successeur désigné, Ludwig von Erlichshausen (1450–1467), tente avec le pape et l'empereur de démanteler la ligue en démontrant son illégalité. Or en 1441 l’empereur Frédéric III avait reconnu la Ligue ; mais le 1er décembre 1453, il revient sur sa décision et donne raison aux chevaliers teutoniques.

Sur ces entrefaites, la Ligue de Prusse destitue le Grand-Maître de sa position de protecteur des sujets de l'État, déclare la guerre aux chevaliers teutoniques le 4 février 1454 et le 6 mars suivant, avec Hans von Baysen demande la protection du roi Casimir IV.

Dans la guerre qui s'ensuit, les confédérés et leurs alliés polonais mettent plusieurs années avant de pouvoir sérieusement inquiéter les chevaliers teutoniques. Mais le temps joue contre ces derniers, qui doivent se résoudre à signer le Traité de Thorn (1466). Les villes prussiennes qui, au terme de ce traité, sont parvenues à s'affranchir de l'autorité des teutoniques, forment avec la Prusse royale autonome une union personnelle avec le roi de Pologne.







  (76)       La guerre de Treize Ans est un conflit qui opposa les chevaliers teutoniques à la Pologne entre 1454 et 1466. Elle commença par un soulèvement des cités prussiennes et de la noblesse locale afin de gagner leur indépendance sur l'État monastique des chevaliers teutoniques. Ces cités et ces nobles, réunis en confédération, demandèrent l'aide du roi de Pologne, Casimir IV, lui offrant d'incorporer la Prusse au royaume de Pologne. La guerre se termina par la victoire de la Pologne et de laConfédération prussienne et se conclut par le traité de Thorn en 1466.[/color]
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 9:34

F. Héritage


1. Pologne, Lituanie et Biélorussie

La bataille de Grunwald est considérée comme l'une des plus importantes batailles de l'histoire de la Pologne, de la Lituanie et de la Biélorussie. En Lituanie, elle marque l'apogée militaire et politique du Grand-duché. Elle fournit une source de fierté nationale durant l'époque du nationalisme romantique et inspira la résistance aux politiques de germanisation et de russification des empires allemand et russe. Les Chevaliers sont représentés comme des envahisseurs sanguinaires et Grunwald est une juste victoire remportée par une petite nation opprimée.

En 1910, pour marquer le 500e anniversaire de la bataille, un monument réalisé par Antoni Wiwulski fut implanté à Cracovie au terme de trois jours de célébrations auxquelles participèrent près de 150 000 personnes81. Environ 60 autres villes de Galicie érigèrent des monuments à la mémoire de Grunwald lors de cet anniversaire. À peu près au même moment, le prix Nobel de littérature, Henryk Sienkiewicz, écrivit le roman Les Chevaliers teutoniques (en polonais: Krzyżacy) qui relate la bataille dans l'un de ses chapitres.

En 1960, le réalisateur polonais Aleksander Ford utilisa le livre pour réaliser son film éponyme. Un musée, des monuments et un mémorial furent érigés sur le site de la bataille en 1960. La bataille a laissé son nom à une médaille militaire (la Croix de Grunwald), à des équipes de sport (BC Žalgiris, FK Žalgiris) et à de nombreuses organisations. Une reconstitution a lieu tous les 15 juillet. 200 000 personnes assistèrent à la reconstitution de 2010 pour les 600 ans de la bataille. 2 200 personnes participèrent en tant que soldats et 3 800 autres en tant que paysans et suivants de l'armée dans l'une des plus grandes reconstitutions militaires du Moyen Âge en Europe.


2. Allemagne et Russie



Les Allemands considèrent généralement les Teutoniques comme des nobles héroïques qui amenèrent le christianisme et la civilisation en Europe orientale. En août 1914, durant la Première Guerre mondiale, l'Allemagne remporta une victoire contre les Russes près du site. Réalisant son potentiel de propagande, les Allemands nommèrent la bataille, bataille de Tannenberg. La victoire de 1914 était imaginée comme une revanche sur la défaite de 1410. L'Allemagne nazie exploita ensuite ce sentiment en présentant sa politique de lebensraum comme une continuité de la mission historique des Teutoniques.

Du fait de la participation de trois régiments de Smolensk à la bataille, les Russes considèrent Grunwald comme une victoire de la coalition russo-polono-lituanienne contre l'envahisseur allemand. Le chroniqueur Jan Długosz fait l'éloge des bannières de Smolensk, qui combattirent vaillamment et furent les seules bannières du Grand-duché de Lituanie à ne pas se retirer. La bataille est une lutte raciale entre les Slaves et les Allemands, car les Chevaliers teutoniques sont les précurseurs des armées d'Hitler.
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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 9:56





La bataille de Pabaiskas, connue également sous les noms de bataille de Wilkomierz ou bataille de Swienta, se déroula le 1er septembre 1435 entre les Chevaliers teutoniques de l'Ordre Livonien et les troupes du Grand-duché de Lituanie.



Présentation


La bataille de Pabaiskas prit place près de la ville de Ukmergė le long de la rivière Šventoji au nord-ouest de Vilnius.


Face à 30 000 Chevaliers teutoniques, les 30 000 soldats des troupes du Grand-duché de Lituanie dirigées par Sigismond Ier Kęstutaitis (1) sont soutenues par les forces du Royaume de Pologne (2) face à son ancien rival et prédécesseur à la tête du grand-duché de Lituanie Švitrigaila (3) . Cette dernière bataille met un terme à la Guerre civile lituanienne qui ravagea le pays entre1431 et 1435.








Conséquences



Les Chevaliers teutoniques sont battus et ces derniers signent la Paix de Brest (4) avec le souverain de Pologne Ladislas III Jagellon (5) . Ce traité met fin à la guerre entre les chevaliers teutoniques et l'union polono-lithuanienne formée en 1386. Il délimite les frontières de l'État teutonique (6) , telles qu'elles ont été définies par le traité de Melno (7)
en 1422, que les Polonais ont toujours contesté.






(1) Sigismond Ier Kęstutaitis (lituanien: Žygimantas Kęstutaitis) (né après 1350 tué le 20 mars 1440) Grand duc de Lituaniede 1432 à 1440.


Sigismond était le fils du Grand-duc Kęstutis et de sa seconde épouse Biruta tués tous deux en 1382. Il était également le frère cadet de Vytautas le Grand. Il fut d’abord prince de Trakai, de Mozhaisk en 1383[réf. nécessaire] et de Starodoub en 1403. Sigismond est porté au trône de Lituanie début septembre 1432 par la noblesse révoltée qui venait de chasser son cousin Švitrigaila au pouvoir dont les troupes sont battues à Adema le 9 décembre 1432.







Le Royaume de Pologne des Jagellons désigne la Pologne des années comprises entre le couronnement de Ladislas II à la suite de l'Union de Krewo en 1385 et l'Union de Lublin en 1569







(3) Švitrigaila  (autres orthographes : Svidryhajła, Świdrygiełło, Svitrigaylo, Svidrigailo, Swidrigailo), 1370-1452 (Loutsk), fut le dernier chef de la majorité ruthène orthodoxe à occuper le trône du grand-duché de Lituanie, entre 1430 et 1432. Il fut actif dans la politique lituanienne des années 1390 jusqu'à sa mort.



Švitrigaila fut baptisé par son père Algirdas. À l'âge de onze ans, il fut converti avec son frèreJogaila à Cracovie au catholicisme romain, et changea son prénom, Lev (Léon), en Bolesław (Boleslas) (son frère devenant Władysław Jagiełło (Ladislas Jagellon), futur roi Ladislas II de Pologne).
À cette époque, Polotsk était la capitale de ses terres. En 1392, il fit une tentative avortée pour s'attribuer Vitebsk, mais fut défait par son cousin Vytautas le Grand (ou Vitold). Il dut s'exiler en Prusse.
Alors qu'il vivait à l'étranger, Švitrigaila se mit aux côtés des Chevaliers teutoniques dans leur combat prolongé contreVytautas (ou Vitold le Grand). En 1400, il fut autorisé à retourner en Lituanie, recevant la Podolie dans son domaine. Quatre années plus tard, il retourna vers l'est en Sévérie.






(4) La paix de Brest (Brzesc en polonais), Friede von Brest, en allemand, est un traité de paix éternelle signé le 31 décembre 1435 à Brześć Kujawski entre d'un côté l'Ordre Teutonique et de l'autre le roi Ladislas III Jagellon avec son allié le grand-duc de Lithuanie, Sigismond. Ce traité met fin à la guerre entre les chevaliers teutoniques et l'union polono-lithuanienne formée en 1386. Il délimite les frontières de l'État teutonique, telles qu'elles ont été définies par le traité de Melno en 1422, que les Polonais ont toujours contesté.







(5)  Ladislas III Jagellon (en polonais : Władysław III Warneńczyk ; I. Ulászló enhongrois), né à Cracovie en 1424, mort en 1444 à Varna (Bulgarie). Fils aîné deLadislas II Jagellon et de sa quatrième épouse Sophie de Holszany (1405-1461), fille d'André Holszansky. Il fut roi de Pologne de 1434 à 1444 et roi de Hongrie de1440 à 1444 sous le nom de Vladislas Ier de Hongrie (Ulászló = en français Vladislas).






(6) L'État monastique des chevaliers teutoniques fut fondé, en 1224, par les chevaliers de l'Ordre Teutonique. Il se transforma, en 1525, en duché de Prusse, future province de Prusse-Orientale, part de l'État prussien.






(7) La paix du lac de Melno (lituanien Melno taika, polonais Pokój melneński, allemand Friede von Melnosee) est le traité qui mit fin à la guerre de Gollub (en). Il fut signé le 27 septembre 1422 entre l'Ordre Teutonique, commandé par Paul von Rusdorf, et l'alliance du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie au Lac Melno, situé à l'est de la ville deGraudenz.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 18:57





La bataille de Konitz a été livrée le 18 septembre 1454 devant la ville deChojnice ( = Konitz en allemand), dans le cadre de la guerre de Treize Ans. Elle a opposé lesChevaliers teutoniques au Royaume de Pologne et s'est terminé par la victoire des premiers.



Historique


L'armée de l'Ordre Teutonique compte 9 000 chevaliers et 6 000 fantassins et est commandée par Bernard Szumborski. Les forces dirigées par le roi de Pologne Casimir IV Jagellon (1) sont quant à elles constituées de 16 000 cavaliers polonais et 2 500 mercenaires engagés par la Ligue de Prusse. Au début de la bataille, les Polonais utilisent une tactique maintes fois éprouvée en envoyant charger leur cavalerie lourde, qui brise les lignes teutoniques. Bernard Szumborski est même capturé par les Polonais mais l'infanterie teutonique s'est regroupée autour d'une forteresse de wagons, qui offre une très bonne défense contre les troupes montées et repousse les assauts adverses. C'est alors qu'une sortie de la garnison teutonique de Konitz sème la panique à l'arrière de l'armée polonaise. Bernard Szumborski réussit à se libérer et organise la poursuite de l'armée polonaise mise en déroute. Des centaines d'hommes sont massacrés ou se noient dans les marécages des alentours. Casimir IV, qui paie de sa personne avec courage pendant le combat, échappe de peu à la capture et doit être emmené de force loin du champ de bataille par sa garde personnelle.
Les Polonais laissent plus de 3 000 morts sur le terrain et 300 chevaliers sont capturés alors que les chevaliers teutoniques n'ont perdu qu'une centaine d'hommes.










(1)Casimir IV Jagellon (Kazimierz Jagiellonczyk en polonais, Kazimieras Jogailaitisen lituanien), né le 30 novembre 1427 et mort le 7 juin 1492, fut grand-duc de Lituanie de 1440 à sa mort et roi de Pologne de 1447 à sa mort.
Casimir IV Jagellon eut une politique étrangère tenace pour préserver l'union politique de la Lituanie et de la Pologne. Il tenta de recouvrir les territoires perdus de l'ancienne Pologne. Sa grande victoire fut de soumettre les chevaliers teutoniques

Casimir est le deuxième fils de Ladislas II Jagellon et de sa quatrième femmeSophie de Holszany. Son père a 65 ans à sa naissance et son frère aîné Ladislasest l'héritier présomptif du trône de Pologne.
Ladislas II meurt en 1434, et son fils devient roi de Pologne sous le nom deLadislas III. Bien qu'il devienne ainsi l'héritier du trône, l'éducation de Casimir est très négligée.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 19:02




La bataille de Puck, également appelée bataille de Świecino, a été livrée le17 septembre 1462 près du village de Świecino, dans le cadre de la guerre de Treize Ans. Elle a opposé les Chevaliers teutoniques au Royaume de Pologne et s'est terminé par la victoire des Polonais.



Historique



L'armée de l'Ordre Teutonique, sous le commandement de Fritz Rawenecket constituée de mercenaires, compte 1 000 cavaliers et 1 700 fantassins (principalement des paysans poméraniens). Les forces dirigées par Piotr Dunin sont elles aussi constituées de mercenaires, 2 000 hommes, pour moitié des cavaliers et pour autre moitié des fantassins. Les deux armées ont adopté des formations défensives autour de wagenburg mais Piotr Dunin prend l'initiative de l'attaque et envoie des arbalétriers, protégés par la cavalerie, menacer la gauche adverse. La cavalerie lourde polonaise charge ensuite les forces teutoniques mais, après trois heures de combat, aucun avantage significatif n'est pris. Après une courte pause vers midi, le combat reprend et les Chevaliers teutoniques repoussent les Polonais mais se trouvent alors pris sous une pluie de carreaux d'arbalètes et subissent de lourdes pertes. Raveneck arrête ses troupes qui battent en retraite et lance un nouvel assaut qui se termine par un désastre, la plupart des cavaliers teutoniques étant tués, capturés ou en fuite et Raveneck lui-même trouvant la mort. L'infanterie teutonique tente une dernière défense mais une charge de la cavalerie polonaise brise ses lignes.


Les Chevaliers teutoniques ont perdu plus de 1 000 soldats, dont 300 cavaliers, alors que les pertes polonaises s'élèvent à 250 hommes. Dantzig et la Poméranie sont libérées de la menace teutonique et la voie de ravitaillement pour les forces que l'Ordre maintient sur la rive droite de la Vistule est coupée. La bataille, première bataille rangée de la guerre remportée par les Polonais, marque le tournant décisif de la guerre, qui va s'achever quatre ans plus tard par la victoire polonaise.





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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 19:13





La bataille d'Ergeme ou bataille d'Ermes, (en letton : Ērģemes kauja ; enestonien : Härgmäe lahing ; en allemand : Schlacht bei Ermes ; en russe :сражение при Эрмесе) est le dernier épisode guerrier entre les Chevaliers teutoniques et la Russie qui écrasa les croisés teutoniques lors de cette bataille en 1560.




Contexte


Après la défaite de l'Ordre de Livonie lors de la bataille de Pabaiskas, le 1erseptembre 1435, qui coûta la vie du maître et de plusieurs chevaliers de haut rang, l'Ordre livonien a subi une autre défaite décisive par les troupes de la Grande-principauté de Moscou (1) lors de la bataille d'Ergeme qui eut lieu le 2 août 1560. L'affrontement se déroula près de Valga à la limite de la frontière actuelle entre l'Estonie et la Lettonie. Les forces russes du tsar Ivan IV de Russie (2)  écrasèrent celles des Chevaliers teutoniques de l'Ordre livonien. Le grand maître des troupes livoniennes fut fait prisonnier et le tsar de Russie le fit exécuter.


L'Ordre de Livonie demanda la protection de Sigismond II de Pologne (3) , le roi de Pologne et du Grand-duché de Lituanie (4) . Malgré cette demande, l'Ordre livonien fut finalement dissous.









(1) La grande-principauté de Moscou (en russe : Великое княжество Московское) est l'un des États russes médiévaux, le plus puissant avec larépublique de Novgorod. Il avait pour centre Moscou et exista sous ce nom entre 1340 et 1547.

La principauté de Moscou (1263-1328) se transforma en grande-principauté en 1328, statut que cet État conservera jusqu'en 1547, quand Ivan IV le Terrible prend le titre de « tsar de toutes les Russies » et non de la seule Rus' (c'est-à-dire d'une partie de la principauté de Kiev dont les territoires sont sous la domination de l'État polono-lituanien). En 1721, l'État moscovite devient l'Empire russe.




(2)   Ivan IV Vassiliévitch (en russe : Иван IV Васильевич), dit Ivan le Terrible (enrusse : Иван Грозный, Ivan Grozny), né le 25 août 1530 à Kolomenskoïe et mort le 28 mars (18 mars) 1584 à Moscou, est le grand-prince de Vladimir et Moscoude 1533 à 1584, et le premier tsar de Russie de 1547 à 1584.

Une autre étape du développement de la Moscovie unifiée commence au XVIesiècle et s'achève au XVIIe siècle par le Temps des troubles (1598-1613) qui marque la fin de la dynastie riourikide et l'avènement de la deuxième dynastie russe, celle des Romanov, en 1613.

Fils tardif et héritier longtemps attendu de Vassili III (1479-1533) et de sa seconde épouse, Héléna Glinska (1506/1507-1538), Ivan naît le 25 août 1530 et est baptisé le dimanche 4 septembre 1530 au monastère de la Trinité Saint-Serge. À cette occasion, il reçoit le second prénom, Zmaragd (émeraude).






(3)   Sigismond II Auguste (en polonais : Zygmunt II August ; en lituanien : Žygimantas Augustas), né le 1er août 1520 à Cracovie et mort le 7 juillet 1572 àKnyszyn, a été grand-duc de Lituanie et roi de Pologne de 1548 à 1572.


Unique fils de Sigismond Ier le Vieux et de Bona Sforza, il succède à son père sur le trône à sa mort.





(4)   Le grand-duché de Lituanie (rut.: Великое князство Литовъское, pol.:Wielkie Księstwo Litewskie, lat.: Magnus Ducatus Lituaniae) est un État d'Europe orientale qui a existé du XIIe au XVIIIe siècle.


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MessageSujet: Re: LES BATAILLES DE L'ORDRE TEUTONIQUE   Mar 30 Aoû - 19:48





La guerre entre l'Union de Pologne-Lituanie et l'ordre Teutonique eut lieu de juin 1409 à février 1411, entre l'Union de Pologne-Lituanie et l'ordre Teutonique.



A. Veillée d’armes


1. croisades baltes

Au XIIIe siècle, les ordre des chevaliers Teutoniques avaient été appelés par le duc Conrad Ier de Mazovie (1) qui se disait menacé par les Vieux-Prussiens, restés païens, dans la région de Chełmno. Une bulle du pape lui donnant carte blanche pour agir comme il le souhaitait, l’ordre installa une base puissante dans la région, occupant les régions côtières de la Baltique des pays qui constituent maintenant la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie. Au XIVe siècle des incursions en Pologne lui permirent de contrôler les villes importantes de la région autour de Chełmno et en Poméranie. Pour soutenir leurs efforts de guerre contre l'État païen de Lituanie, les chevaliers Teutoniques proclamèrent une série de croisades, ce qui leur permit de recevoir l’appui d'autres pays européens.



2. Union de Pologne-Lituanie



En 1385 l'union de Krewo (2) devait changer l'équilibre des forces : le mariage du grand-duc de Lituanie Jogaila Algirdaitis (3) et de la reine de Pologne Hedwige d'Anjou (4) permit en effet d'associer la couronne de Pologne à celle de Lituanie. Les deux nations avaient compris que c’était seulement en agissant de concert qu’elles pourraient contrecarrer les plans d'expansion de l'ordre Teutonique. Jogaila accepta de se convertir au christianisme et devint roi de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagellon (ou Wladyslaw II Jagiello ou Jogaila). Du fait de cette conversion de la Lituanie au christianisme, les croisades antipaïennes des chevaliers Teutoniques perdaient leur justification.

Pourtant en 1398, les chevaliers envahissent ce qui constituait maintenant les États chrétiens de Pologne et de Lituanie. Ne disposant pas de ressources militaires suffisantes, Polonais et Lituaniens ne peuvent que subir l'invasion.


3. Etat teutonique


Les chevaliers ont structuré un État qu'ils étendent par l'achat de terres, la colonisation (fondation de nouvelles cités), l'alliance avec les Livoniens et la conquête. Ils suivent leurs propres objectifs, qui ne sont plus celui de la conversion des peuplades (les croisades baltes sont terminées), mais le renforcement de leur puissance locale. Les grands ennemis des Teutoniques sont, dans cette logique de lutte pour l'hégémonie, le grand-duché de Lituanie à l'est et le royaume de Pologne au sud.



B. Le début de la guerre


En 1409, un soulèvement dans la possession teutonique de Samogitie éclate. Il sert de prétexte à Jagellon qui avait annoncé qu'il se tiendrait prêt au cas où les Teutons envahiraient la Lituanie. Le 6 août 1409, le grand maître de l'ordre Teutonique Ulrich von Jungingen (5) déclare la guerre à l’Union de Pologne-Lituanie. Immédiatement les forces teutoniques passent à l'offensive et envahissent la Grande-Pologne et la Cujavie, mais les Polonais repoussent l'invasion et reconquièrent Bydgoszcz. Un accord d'armistice, signé le 8 octobre jusqu'au 24 juin 1410, permit aux Lituaniens et aux Polonais de se préparer à repousser la menace teutonique une fois pour toute.


Les chevaliers Teutoniques s'attendaient à une double attaque : les Polonais vers Gdańsk et les Lituaniens vers la Samogitie. Pour parer à cette menace, Ulrich von Jungingen concentra ses forces à Świecie tout en laissant la grande partie de son armée dans les châteaux orientaux de Ragneta/Ragainė, Ryn près de Giżycko, et Klaipėda. Polonais et Lituaniens continuèrent à examiner la situation tout en organisant plusieurs incursions, entrant profondément en territoire ennemi. Ulrich von Jungingen demanda un nouvel armistice jusqu'au 4 juillet pour permettre à des renforts de mercenaires (6) de venir d'Europe de l'ouest. Mais ce délai permit aussi aux forces polonaises et lituaniennes de se rassembler.

Le 30 juin 1410, les forces de Grande-Pologne et de Petite-Pologne traversent la Vistule sur une passerelle et se joignent à celles de Mazovie et du Grand-duché de Lituanie. Les forces polonaises de Ladislas et les soldats lituaniens de son cousin Vytautas le Grand (7) (à qui Ladislas avait cédé le pouvoir en Lituanie après son mariage) se rejoignent le 2 juillet1410. Une semaine plus tard ils traversent le territoire des chevaliers Teutoniques, se dirigeant vers le quartier général ennemi au château de Malbork (Marienburg). Les chevaliers se sont fait prendre par surprise.


Ulrich von Jungingen décide alors de retirer ses troupes du secteur de Świecie pour organiser une ligne de défense sur le fleuve Drwęca. Les passages sur le fleuve sont garnis de palissades et les châteaux à proximité sont renforcés. Après avoir discuté avec son Conseil de guerre, Lasislas déborde les forces ennemies à l'est et continue sa marche vers Malbork par Działdowo (Soldau) et Dąbrówno (Gilgenburg). Le 13 juillet, ces deux châteaux sont capturés et la route deMalbork est ouverte.



C. Bataille de Grunwald/Tannenberg


La bataille de Grunwald (de nos jours Stębark) a lieu le 15 juillet 1410 entre les chevaliers Teutoniques, aidés de quelques chevaliers d'Europe de l'Ouest, et l’État polono-lituanien, qu’appuient des mercenaires.
Elle se déroule dans la plaine qui sépare Tannenberg et Grunwald.
Elle est appelée aussi bataille de Zalgiris par les Lituaniens, et première bataille de Tannenberg par les Allemands. Cette bataille devait être décisive, l'ordre Teutonique, défait, ne retrouva jamais son ancienne influence : en effet, après un statu quo de quarante ans, le conflit suivant (guerre de Treize Ans) confirmait la défaite des Teutoniques.




D. Conséquences




L'armée de Pologne-Lituanie était un amalgame de nationalités et de religions. Les troupes catholiques romaines de Polonais et de Lituaniens combattant côte à côte avec des chrétiens orthodoxes, des musulmans, des Tatares et des Bohémiens. Ces derniers étaient là parce que Ladislas II Jagellon et le roi de Bohême, Venceslas Ier (08)
avaient signé un traité défensif pour parer aux invasions des chevaliers Teutoniques. Cette victoire conduit à la paix de Toruń en 1411.






(1) Conrad Ier de Mazovie     (en polonais Konrad I Mazowiecki) (° 1187/1188, † 31 août 1247), de ladynastie Piast, fils de Casimir II le Juste et d'Hélène de Znojmo, duc de Mazovie et de Cujavie en1202 et duc de Cracovie de 1229 à 1232, puis de 1241 à 1243.







(2) L’union de Krewo   (ou union de Krevo) était un accord politique et dynastique entre la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou et le grand-duc de Lituanie, Jogaila Algirdaitis. Ce fut le commencement de l'union de Pologne-Lituanie.






(3) Ladislas II Jagellon    (Ladislas II de Pologne), ou Władysław II Jagiełło, ou encore en lituanienJogaila Algirdaitis (né en 1352/1362 à Vilnius, mort en 1434 à Gródek Jagielloński). Grand-duc de Lituanie de 1377 à 1392, et roi de Pologne en 1386 à 1434. Il est l'un des 24 membres fondateurs de l'Ordre du Dragon, destiné à défendre le christianisme face à ses ennemis, et particulièrement face aux Ottomans.


Fils de Algirdas (ou Olgierd, duc de la Lituanie (1345-1377), Jogaila est de la dynastie Gediminas des grands-ducs de la Lituanie. Avec l'Union de Krewo en 1385, il établit la dynastie Jagellon qui régnera sur la Pologne et la Lituanie jusqu'en 1572.
Jogaila se convertit au catholicisme. Baptisé sous le nom de Ladislas (enpolonais: Władysław), il épouse la reine Hedwige d'Anjou et devint roi de Pologne en 1386. En 1392 l'Ordre Teutonique s'empare du duché polonais de Dobrzyn. en 1398 l'Ordre reçoit de la Lituanie la Samogitiequi n'est soumise qu'en 1405. En 1399, à la mort de la reine et de leur fille Élisabeth, les Polonais lui demandent de conserver le trône et l'élisent roi de Pologne.






(4)  Hedwige Ire de Pologne   (Jadwiga ou Edwige), née à Buda le 15 février 1372, morte à Cracoviele 17 juillet 1399 (à 27 ans), a régné sur la Pologne de 1384 à 1399.



Membre de la Maison capétienne d'Anjou-Sicile, Hedwige était une arrière-petite fille de Charles Martel de Hongrie, la petite-fille de Charles Robert de Hongrie et la fille de Louis Ier le Grand, roi de Hongrie et de Pologne, et d'Élisabeth de Bosnie. Elle est fiancée par son père à l'âge de quatre ans au prince Guillaume d'Autriche.







(5) Ulrich von Jungingen   (° vers 1360 à Jungingen, † 15 juillet 1410 Stębark lors de la bataille de Grunwald) fut le vingt-sixième grand maître (magister generalis) de l’ordre Teutonique de 1407 à1410. Il est le plus jeune frère de Konrad von Jungingen.


Enfant de la noble famille de Jungingen en Souabe, comme son frère aîné Konrad von Jungingen, il est probablement né au Burg Hohenfels (de), comme son frère aîné Konrad von Jungingen. Étant les plus jeunes fils de la famille, tous deux sont exclus de la succession, et entrent dans l'Ordre Teutonique.













(6) Un mercenaire   est un combattant étranger aux parties en conflit, « spécialement recruté dans le pays ou à l'étranger » et qui « prend une part directe aux hostilités ». Ce combattant doit également avoir un « avantage personnel » à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d'une rémunération « nettement supérieure à celle » de ses homologues de l'armée régulière.


Un mercenaire est un combattant de métier qui est recruté moyennant finance par un État, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation légale ou non, en-dehors du système statutaire de recrutement militaire d'un pays. Un combattant de carrière, bien que rémunéré et parfois recruté sur contrat, se distingue d'un mercenaire par son adhésion à un statut professionnel découlant d'une législation ou d'une coutume locale stable. Les services des mercenaires sont généralement sollicités soit pour une opération militaire identifiée et pour une durée limitée, soit pour un type de service spécialisé. La durée d'engagement et le caractère provisoire ou permanent de leur emploi ne sont pas en revanche des critères de distinction entre militaires réguliers et mercenaires, car certains mercenaires peuvent se voir attribuer des fonctions institutionnelles durables (comme la Garde Varangienne des empereurs de Byzance au Moyen Âge et l'actuelle Garde suisse pontificale, celle-ci n'étant pas considérée comme composée de mercenaires par laConvention de Genève. ).
















(7)  Vytautas le Grand    (en français : Vitold le Grand, en biélorusse : Vitavt ou Vitaut, en allemand :Witavdt, en polonais : Witold Kiejstutowicz, en ruthène Vitovt). L'appellation le Grand fut ajoutée auXIXe siècle par les historiens lituaniens), né en 1344 ou 1350, mort le 27 octobre 1430 à Loutsk. Il fut baptisé le 21 octobre 1383 sous le nom de Wigand et en 1384 sous le nom d' Alexandre.
Il fut un des plus fameux souverains du grand-duché de Lituanie (1392-1430), prince de Hrodna(1370-1382) et prince de Loutsk (1387-1389). Il était le fils de Kęstutis, cousin de Ladislas II Jagellon(Jagiełło, Jogaila, Yahayla) et grand-père de Vassili II de Russie.







(08) Venceslas    ou Wenceslas (en allemand : Wenzel, en tchèque : Václav), surnommé « l'Ivrogne », est un prince de la maison de Luxembourg né le 26 février 1361 à Nuremberg et mort le16 août 1419 à Prague. Il est roi de Germanie de 1376 à 1400 (Venceslas Ier), roi de Bohême de1378 à 1419 (Venceslas IV), électeur de Brandebourg de 1373 à 1378 et duc de Luxembourg de1383 à 1390 (Venceslas II).

Venceslas est le fils de l'empereur Charles IV et d'Anne de Schweidnitz ; il est couronné roi de Bohême dès le 15 juin 1363. Élu à l'unanimité roi de Germanie le 10 juin 1376 à Francfort, il est couronné le 6 juillet à Aix-la Chapelle. À l'âge de 17 ans, il succède à son père à la tête de l'Empire bien qu'il ne soit jamais formellement couronné « empereur des Romains » par le pape. Le caractère du nouveau roi, qui a bénéficié d'une jeunesse protégée, est marqué par un manque de dynamisme générant chez lui désintérêt et inefficacité aggravés par son alcoolisme qui lui vaut son surnom de « l'Ivrogne ».Venceslas Ier est l'un des souverains les plus décriés par l'historiographie germanique ; il partage avec Charles le Gros l'opprobre d'avoir été les seuls souverains à être destitués pour indignité.
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