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 RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME

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Lanaelle
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MessageSujet: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Jeu 8 Sep - 20:29





Albigeois
Anabaptisme
Bogomilisme
Dualisme
Dyarchie
Gnosticisme
Manichéisme
Marcionisme
Monarchien
Paulicianisme
Valdéisme





SOURCE : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catharisme


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 14 Nov - 9:00, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Jeu 8 Sep - 21:55

ALBIGEOIS


L'Albigeois est le nom donné à l'ancienne vicomté d'Albi, région historique qui faisait partie de la province du Languedoc.
La taille de cette région a varié au fil de l'histoire. Elle est nettement plus grande que le Pays d'albigeois (1)  région naturelle située autour d'Albi.



1. Situation



L'Albigeois était situé autour de la ville d'Albi. Il était entouré par les anciennes provinces du Rouergue, du Quercy, de l'Armagnac et du Haut-Languedoc.



2. Histoire



a) Antiquité


Avant l’invasion romaine, la région d’Albi (Albiga) faisait partie du peuple des Rutènes (Rouergue). À l'issue de la première conquête (125-121 av. J.-C.), la région d'Albi fut incluse dans la province romaine de Narbonnaise, et donc détachée du reste des Rutènes demeurés indépendants. On parle des Rutènes provinciaux (Ruteni provinciales) pour désigner la population de cette région. Il semble acquis qu'après la conquête de César (58-51 av. J.-C.) le territoire rutène fut réunifié. À l'écart des grandes voies de circulation, la romanisation de la région resta relativement faible. Ce n'est qu'au Ve siècle qu'apparaît la Civitas Albientium. Cette région administrative s'étend alors depuis le Viaur jusqu'à Lacaune en passant par Soult  et Sorèze ; il correspond ensuite à l’évêché-seigneurie d'Albi et au diocèse de Castres. Cette population n’a laissé que peu de traces dans la région et les monuments romains ne sont guère plus nombreux.


b) Haut Moyen Âge

Au Haut Moyen Âge, les princes d'Albi sont à la tête d’une principauté couvrant l'actuel département du Tarn à l'exception de la région de Lavaur.

En 766 Pépin le Bref s’empare du Languedoc et donc des environs d’Albi. Il confie la contrée à Aimon.

Le nom d’Albigeois apparait au moment de la création d’un comté autour d’Albi par Charlemagne.

À l’époque de Charles le Chauve, Ermengaud, fut le dernier comte de l'Albigeois à relever des rois de France. Sa fille Garsinde épousa Eudes, comte de Toulouse et lui apporta la province en dot. Celle-ci sera alors gouvernée par des vicomtes vassaux des comtes de Toulouse.



Au début du Xe siècle, le nom d'Albigeois désignait les vicomtés d'Albi et d'Ambialet, de Lautrec et de Paulin. L’Albigeois ne remonta au rang de comté qu'en 987 quand Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, la céda à son frère Pons qui prit le titre de comte d'Albi. À cette époque les seigneurs locaux avaient peu de liens avec le pouvoir royal et maintenaient une large autonomie vis-à-vis de celui-ci.




En 1209 le vicomte d'Albigeois était
vassal du Comte de Toulouse





c) Bas Moyen Âge



Au XIe siècle Aton II, vicomte d’Albi, était aussi vicomte de Nîmes. En 1032 son successeur se donne le titre de prince d’Albi et proconsul de Nîmes. Le comté de Carcassonne et les vicomtés de Béziers et d’Agde sont ajoutées par mariage en 1061 avec Raymond-Bernard. Ce dernier prendra le nom de Trencavel (2), premier d’une des plus puissantes familles du Languedoc. Bernard-Aton IV ajoute la vicomté de Rasez et porte à sa taille maximum cet ensemble de fiefs. Après sa mort il sera partagé entre ses trois fils. L’ainé, Roger, reçut la vicomté d’Albi et d’Ambialet qui fut transmise à sa mort à son frère Raymond Trencavel. Ce dernier avait déjà Béziers, Carcassonne et Rasez (1150). Il se considérait d’abord vicomte de Béziers avant d’Albi. L’Albigeois, jusqu’alors au premier rang dans les provinces du midi, devint une dépendance de la vicomté de Béziers.

Après les guerres de religion, l’Albigeois s'est divisé en de nombreux fiefs, dépendant de baronnies, de comtés, ou encore de la seigneurie évêché d'Albi. On assiste à l'apparition de seigneurs sans titres, le pouvoir temporel des seigneurs Albigeois se dissout.

Au XIIIe siècle, l'Albigeois fut divisé en deux circonscriptions judiciaires :

• La judicature d'Albigeois, située sur la rive droite du Tarn, et qui faisait partie de la sénéchaussée de Toulouse (3). La justice y était rendue par un juge (d'où le nom de judicature ou de jugerie) qui avait son siège à Gaillac (4).
• Le Bas-Albigeois, situé sur la rive gauche du Tarn, et qui formait avec le Castrais (5) la viguerie d'Albi, comprise dans la sénéchausée de Carcassonne.

Des villes d'importance comme Lavaur, Cordes, Gaillac, Réalmont, Lacaune, après la croisade des Albigeois, sont devenus des communes avec des chartes, gérées par des consuls, n'ayant aucun seigneur, voyant leurs influences diminuées. Castres resta une seigneurie importante aux mains de prestigieuses familles comme les Montfort-l'Amaury, les Vendôme ou encore les Bourbons, et ne fut rattaché qu'en 1519 au domaine royal pour devenir comme les autres grandes villes une communauté aux mains de consuls et d'un intendant.


d) Epoque moderne

Durant la Renaissance les évêques d'Albi, les vicomtes de Paulin (principaux chef de guerre protestant du Languedoc, durant les guerres de religion), le baron d'Ambres, le vicomte d'Ambialet restent les seigneurs des lieux.


e) Epoque classique

À l'époque classique, les titres d'importance en terre d'Albigeois ont tous disparus à l'exception des seigneurs archevêques d'Albi, désormais nommés par le roi. Le titre de seigneur archevêque d'Albi est donc le seul titre français d’importance en Albigeois. Les titres de comte, vicomte durant le XVIIe et XVIIIe siècle ont disparu sur ordre du roi, depuis Louis XIII pour châtier les seigneurs huguenots de la région (suppression de la vicomté de Paulin notamment).

À cette époque les comtes de Solages (6), seigneurs de Carmaux sont des personnalités influentes dans le Languedoc. La richesse et l’influence de cette famille perdureront jusque dans les années 1930. Un descendant du comte, s'opposa à Jean Jaurès pour la députation, et remporta la circonscription de Carmaux (7).

La vicomté d'Ambialet restera une seigneurie indépendante de l’archevêché d'Albi. Divisée en nombreux fiefs elle était peu puissante, mais le titre Vicomte d'Ambialet venait au second rang dans la noblesse albigeoise, et avait un certain prestige dans la province du Languedoc.









(1)  L'Albigeois
est une région naturelle de France située à l'est du Bassin aquitain, dans le département du Tarn. Elle ne doit pas être confondue avec l'ancienne vicomté d'Albi également appelée Albigeois.



La région naturelle de l’Albigeois correspond aux environs de la ville d’Albi.
• Au sud, entre Giroussens et Réalmont, elle est séparée du Castrais par la rivière Dadou. Elle est également limitrophe du Lauragais (Vaurais) sur quelques kilomètres.
• Au nord et à l’Est, elle est bordée par le Ségala. La limite entre les deux régions se trouve à une dizaine de kilomètres au sud-est de la rivière du Lassou puis à l’est de Saint-Juéry, à Carmaux et au nord de Cordes-sur-Ciel.
• À l’ouest, la limite avec le Gaillacois se situe sur une courbe allant de Cordes-sur-ciel à la confluence du Dadou avec l’Agout et passant par Noailles, Labastide-de-Lévis, Marssac-sur-Tarn et Giroussens.


L'histoire du Pays d'Albigeois se confond avec celui de la vicomté d'Albi dont elle est le cœur historique puis avec celle du département du Tarn.




Localisation de l'Albigeois dans le
département du Tarn










(2)   Les membres de la maison Trencavel furent à une époque parmi les seigneurs méridionaux les plus puissants après le Comte de Toulouse et le roi d'Aragon (aussi et d'abord comte de Barcelone) qui étaient leurs suzerains. À l'apogée de leur règne, ils détenaient les vicomtés d'Agde, Albi, Ambialet, Béziers, Carcassonne, Nîmes et du Razès. Les Trencavel furent parmi les acteurs majeurs de lacroisade des Albigeois qui a scellé, à plus ou moins long terme, la fin des possessions seigneuriales de cette maison, en même temps que celle des comtes de Toulouse.


La branche seigneuriale des Trencavel est à l'origine de la lignée des vicomtes d'Albi qui serait dérivée de la dynastie des Lautrec.  Raymond-Bernard fut le premier à être affublé du surnom Trencavel (une des origines possibles est Trenca avelana qui voudrait dire casse-noisette). Ce surnom servit à désigner cette lignée seigneuriale.


La famille connut son apogée sous le règne du fils de Raymond-Bernard, Bernard-Aton, qui réunit les domaines hérités de son père et de sa mère. La famille possède alors les vicomtés d'Albi, Agde, Carcassonne, Nîmes, Razès et Béziers.


Raimond-Roger sera l'un des protagonistes importants de la croisade des Albigeois. En effet, il s'opposera à plusieurs reprises au chef temporel de la croisade : Simon de Montfort. Ce dernier aura cependant le dessus et confisquera les terres du vicomte à son profit, après la prise de Carcassonne, où ni les Raimondins (comte de Toulouse, avec qui les Trencavel étaient apparentés) ni le comte de Barcelone/Roi d'Aragon ne vinrent à son aide. On peut voir là la conséquence des alliances changeantes des Trencavel (allié une fois aux Raimondins, une fois à Barcelone puis à l'union Aragon/Barcelone, alternativement).


Le fils de Raimond-Roger, Raimond, tentera, une fois parvenu à l'âge adulte de les reprendre par deux fois. Il y réussit une première fois mais se voit à nouveau dépossédé en 1226. La deuxième fois, il fera le siège de la cité de Carcassonne en 1240, alors sénéchaussée de France. L'armée du roi vint donc mettre un terme au siège et Raimond dut s'exiler, puis céder ses droits à saint Louis avant de faire partie de la septième croisade.


Le dernier Roger partit pour la huitième croisade en 1269. Ceci est le dernier acte connu de la lignée Trencavel.




Blason








(3)   En France, avant la Révolution française, la sénéchaussée de Toulouse était une circonscription administrative, financière et judiciaire. Elle était présidée par un sénéchal nommé par le roi, généralement choisi dans la sphère aristocratique, qui jugeait en première instance les affaires criminelles dans lesquelles des membres de la noblesse étaient en cause, et en appel les sentences des juridictions inférieures. Ses décisions pouvaient elles-mêmes faire l’objet d’un appel devant le Parlement de Toulouse.



Les sénéchaussées dans le comté de Toulouse ne semblent pas avoir été créées avant 1210, bien qu'on trouve mention de plusieurs personnages qualifiés de « baillis » ou « viguiers » dans des actes de 1203. Les comtes de Toulouse, Raimond VI, puis Raimond VII, créèrent des sénéchaussées pour gouverner leurs domaines, mais le découpage de ces sénéchaussées suivit les conséquences des diverses modifications provoquées par la croisade des Albigeois ː les sénéchaussées de Toulouse et d'Agenais furent créées en 1210, celle de Rouergue en 1226, celle de Quercy en 1229. Les sénéchaux étaient des serviteurs choisis par le comte, fidèles et révocables directement par le comte. La sénéchaussée d'Albigeois, créée en 1236, fut réunie à celle de Toulouse en 1251, peu de temps qu'Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse furent devenus comte et comtesse de Toulouse.


Cette sénéchaussée comtale devint royale après le rattachement du comté de Toulouse au domaine royal en 1271. Quand le roi Philippe le Hardi recueillit la succession de son oncle Alphonse de Poitiers, il existait quatre sénéchaussées ː Toulouse, Agenais, Rouergue et comtat Venaissin.


[…]






(4)  Gaillac (Galhac en occitan) est une commune française, située dans le département du Tarn, dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Ses habitants se nomment des Gaillacois.


Ville millénaire, Gaillac a grandi grâce à l'agriculture florissante de sa région, le vin de Gaillac et lepastel, exportés grâce à son port et à l'activité économique de l'abbaye Saint-Michel. Ce passé a laissé l'empreinte de la brique rose dans toute la ville historique rénovée.


Aujourd'hui, la troisième ville du département du Tarn possède de nombreux atouts qui expliquent sa croissance économique et démographique : industrie, tourisme et services.
Son unité urbaine comptait 17 127 habitants en 2012.


[…]







(5)  Le Castrais est une région naturelle de France située autour de la ville de Castres, à l’est du Bassin aquitain.



Le Castrais est situé au sud du département du Tarn. Il est entouré par les régions naturelles suivantes :
• au nord par l’Albigeois ;
• à l’est par le Lacaunais (Montredonnais) et le Sidobre ;
• au sud par la montagne Noire ;
• à l’ouest par le Lauragais.







(6)  La première famille de Solages, autrefois Solatges, d'extraction chevaleresque, originaire du Rouergue s'éteignit à la fin du XIVe siècle, et son héritière, Judith, dame de Solages épouse en 1382 Begon d'Arjac qui releva les noms et armes de Solages et fut l'auteur de la deuxième maison de Solages qui subsiste de nos jours. Cette deuxième famille du nom de Solages dut demander des lettres de relief de dérogeance en 1671 et fut maintenue noble en 1700 sur preuves de 1544. Depuis le XIXe siècle cette famille porte un titre de courtoisie de "marquis" de Solages.


Cette importante famille de la noblesse du Rouergue a donné deux générations de sénéchaux gouverneurs du comté de Rodez dont plusieurs lettres des rois portent témoignage, de nombreux officiers au service des rois de France, et pendant un siècle une dynastie industrielle dans l'Albigeois.






(7)  Carmaux
est une commune française située dans le département du Tarn, en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.


Ses habitants sont appelés les Carmausins et Carmausines.


Elle est connue pour ses activités industrielles passées, en particulier sa verrerie et l'exploitation du charbon, ainsi que pour avoir été le cadre d'une étape décisive dans la carrière politique deJean Jaurès, député de la ville de 1893 à 1898 et de 1902 à sa mort.

Son aire urbaine comptait 17 468 habitants en 2009.


[…]
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 12:49

ANABAPTISME





L'anabaptisme est le courant chrétien évangélique qui prône un baptême volontaire et conscient. Le mot vient du grec ecclésiastiqueanabaptizein signifiant « baptiser à nouveau ». Cette pensée est un point essentiel de la Réforme radicale(1) , mais se retrouve aussi parmi les vaudois(2) , les bogomiles et les pauliciens, ainsi que dans l'assemblée des chrétiens apostoliques de Thessalonique au XVIe siècle. Les anabaptistes eux-mêmes considèrent descendre directement de l'Église primitive(3) , sans s'être jamais unis avec l'Église catholique.



Le terme a aussi pris historiquement un sens politique, car ce mouvement s'opposa au pouvoir politique et religieux en place en Rhénanie(théocratie de Münster) et dans le canton de Berne(4) au XVIe siècle. Mais il faut savoir que la majorité des anabaptistes ne suivirent pas leurs frères qui usèrent de violence, et aujourd'hui ils constituent l'un des seuls groupes religieux au sein duquel on a toujours prôné la non-violence, mais aussi la non-résistance au nom de l'amour de Dieu et du fait que son royaume n'est pas de ce monde. Voltaire et Tolstoï les citent souvent dans leurs œuvres. Tolstoï ira même jusqu'à largement adopter leurs préceptes et ceux des Quakers(5)
, bien qu'au bout d'un cheminement personnel.



Le christianisme évangélique(6)
comprenant, baptisme(7) , pentecôtisme(08)
, mouvement charismatique évangélique(9) , mouvement néo-charismatique(10) et christianisme non-dénominationnel(11) sont héritiers de ce mouvement.



1. Histoire


Fondement biblique

En Marc 16.15-16, les dernières paroles de Jésus sont: "Allez par tout le monde, et prêchez l'évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; mais celui qui ne croira point sera condamné". En Actes 2.38, Pierre dit: "Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit". Ces passages démontrent clairement que le baptême s'applique aux croyants et suit la repentance et l'instruction.

Selon Matthieu 3.13-16, Jésus est allé au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Dès qu'il fut baptisé, Jésus sortit de l'eau. Et selon Luc 3.23, il avait trente ans.

Dans le livre des Actes 8.10 et 12, il est dit : « Toute la population, du plus petit jusqu'au plus grand (enfants et adultes), lui accordait donc une grande attention. Mais quand ils crurent Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu et de Jésus-Christ, ils se firent baptiser, tant les hommes que les femmes (et non les enfants) ».


Certains réformateurs du XVIe siècle, inspirés par ces passages, n'ont plus accordé de valeur au baptême imposé aux jeunes enfants (apparu en 350 et adopté officiellement par l'église catholique en 1545) . Ils estiment que ce sacrement ne doit être reçu qu'en pleine connaissance de cause par les candidats. Ainsi, ceux qui ont été baptisés avant l'âge de raison se faisaient rebaptiser. Se considérant les descendants de l'Église primitive, les anabaptistes n'ont jamais pratiqué le baptême des enfants et ont rebaptisé tous les catholiques et protestants déjà baptisés qui se joignaient à eux (entre autres Menno Simons).



[b]Premières communautés anabaptistes modernes


Par opposition aux anabaptistes primitifs, pauliciens, bogomiles, vaudois et albigeois, qui sont traités séparément dans d'autres articles, cet article se concentre sur l'anabaptisme moderne, c'est-à-dire le mouvement qu'on a observé surtout dans la vallée du Rhin et dont on possède beaucoup plus d'informations que des précédents groupes dans la même lignée religieuse, dont les écrits ont été presque entièrement détruits par le temps et les persécutions cruelles, mais dont on retrouve la trace dans le Miroir des martyrs


Selon la confession de Schleitheim [b](12)
regroupant un certain nombre de communautés autour de Schaffhouse, sept traits de la théologie illustrent l'anabaptisme :

1. Le baptême est réservé aux consentants de la foi, c'est-à-dire aux adultes sûrs de la rédemption et qui veulent vivre dans la fidélité au message du Christ.
2. La cène n'est que symbolique. C'est une cérémonie du souvenir faite avec du pain (parfois sans levain) et du vin (parfois non alcoolisé) mais il n'y a ni consubstantiation(13) ni transsubstantiation(14)
3. Le pasteur est élu librement par la communauté et n'est pas investi du sacerdoce.
4. Sont exclus de la cène tous les fidèles tombés dans l'erreur ou le péché.
5. La séparation du monde est totale aussi bien religieusement que politiquement. Il s'agit de se séparer de toutes les institutions qui ne sont pas dans l'Évangile.
6. Ne pas « user de l'épée », c'est-à-dire de participer à l'institution judiciaire (juge, témoin, plaignant).
7. Ne pas prêter serment.

Dans les faits, de petites communautés de croyants sont réunies dans des conventicules, le plus souvent clandestins, afin de lire la Bible. Les chefs des communautés sont des laïcs qui officient en habit civil. La discipline est importante pour maintenir une pureté éthique et doctrinale.


La progression de l'anabaptisme en Europe centrale est un véritable problème pour les autorités religieuses catholiques en place puisqu'il incite les personnes à ne pas faire baptiser leur enfant avant leur prise de conscience, ce qui risque de les priver du salut selon la doctrine catholique. Par ailleurs, sur le plan politico-religieux, les anabaptistes refusent la soumission de la religion au prince. Ils ne s'engagent pas dans l'armée.


Le terme « anabaptiste » provient, à l'origine, des adversaires de ce courant de pensée. En effet, les prosélytes étaient baptisés après leur profession de foi alors qu’ils avaient déjà été baptisés par d'autres Églises, d’où le nom d’« anabaptistes » ou « rebaptiseurs », puisqu'ils ne reconnaissaient pas la valeur du baptême administré aux enfants.



Les différents anabaptistes


L'appellation « anabaptiste » regroupe des communautés différentes, qui n'ont parfois rien à voir les unes avec les autres. Bullinger, successeur de Zwingli [b](15)
à Zurich, a dressé une typologie des anabaptistes où apparaissent une dizaine de communautés :

• Les anciens anabaptistes, dont certains groupes sont cités plus haut.
• Les anabaptistes des Pays-Bas, qui seront très persécutés d'abord, et dont les dirigeants les plus connus sont Menno Simons et Dietrich Philips . Vers la fin de la vie de Menno Simons (au XVIe siècle) la persécution deviendra moins forte et éventuellement disparaîtra. Les mennonites deviennent alors très prospères et reconnus pour leur travail de qualité et leur assiduité. Nombreux sont ceux qui perdent la foi, ou qui iront s'installer en Prusse ou encore aux États-Unis au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. On estime que dans Provinces-Unies, en 1700 le nombre de mennonites se situait aux environs de 160 0007, sur une population d'un peu plus de 2 500 000 personnes, soit environ 6% de la population. Aujourd'hui il ne reste que 10 000 mennonites aux Pays-Bas, sur une population de 16 millions, soit 0,06% de la population.
• Les Frères suisses se sont formés dans l'entourage de Zwingli à Zurich. À l'inverse de ce dernier, ils pensent que la religion ne doit pas être institutionnalisée et réclament la liberté de choisir les pasteurs. De plus, ils pensent que le caractère obligatoire du baptême le disqualifie. Zwingli les expulse de la ville tandis que le même jour Grebel autorise le second baptême.
• Les anabaptistes autour de Melchior Hoffman(16) pensent que la cène est un acte symbolique. Melchior Hoffman se retrouve à Strasbourg où il se lie d'amitié avec Martin Bucer(17) . Comme il pense que la fin du monde est proche (1538), il s'empresse de procéder au second baptême. S'entendant bien avec le magistrat de la ville, il peut procéder au second baptême de ses amis. Ses disciples iront jusqu'à Münster où Jean de Leyde(18) gagne les élections et fonde un règne eschatologique(19) du Christ.
• Les Huttérites (20) vivent en communauté, repliés sur eux-mêmes. En 1650, on en comptait 10 000. Vivant groupés, ils considèrent que l'individu doit une obéissance totale aux lois de sa communauté, celui qui les transgresse devenant immédiatement un paria.
• Les Brudern (21) (Frères) sont apparus dans le Palatinat(22) allemand vers 1708, où Alexander Mack et ses partisans se baptisent dans la rivière Eder. Appelés d'abord « Frères baptistes allemands », ils émigrent en Amérique du Nord où ils fondent différentes églises qui perdurent aujourd'hui.

Les sociétés anabaptistes sont surtout urbaines et pacifistes mais, devant l'horreur qu'inspire le non baptême chez les autres chrétiens, elles se réfugient vers la campagne où elles espèrent éviter les répressions. Entre 1525 et 1529, il n'y en a que 29 à Zurich et 10 à Schaffhouse. Vers 1630, on les estime au nombre de 4 000.


Le « müntzerisme », dissidence de l’anabaptisme


• Le müntzerisme n'est pas représentatif de l'anabaptisme8, mais il s'appuie sur cette idée pour développer une approche plus poussée de la préparation du règne eschatologique du Christ.
• En 1521, Thomas Müntzer[b](23)
tout d'abord pasteur luthérien rompt avec Luther(24) alors qu'il réside à Prague. Avec Nicholas Storch(25) , il prêche les idées anabaptistes en Bohême et en Silésie, tout en prônant une réforme plus radicale des institutions sociales. Les idées de Müntzer et de Storch remettent en cause la propriété privée du sol. Elles ont beaucoup de succès parmi les paysans. Logiquement, Müntzer soutient les paysans révoltés contre leurs seigneurs. Müntzer rêve de fonder une nouvelle monarchie théocratique en Allemagne. Il est fait prisonnier au cours d'une déroute de son armée et exécuté. La guerre des Paysans allemands(26) ou « guerre des gueux » s'éteint en 1525 : elle a été noyée dans le sang.
• L'anabaptisme n'en est pas mort pour autant. Le rêve caressé par Müntzer subsiste dans le cœur de certains. Ainsi Jan Matthijs (27) et Jean de Leyde prennent la tête d'une insurrection pour établir une théocratie (28) dans la ville de Münster. L'armée coalisée des princes ne tarde pas à mettre le siège devant la ville révoltée. Les assiégés, fanatisés par leur propre résistance, donnent libre cours à leur imagination religieuse : Jean de Leyde, par exemple, comme d'ailleurs David Joris(29) (un autre chef anabaptiste pacifiste quant à lui), va jusqu'à se proclamer successeur de David et, à l'instar de ce roi, s'unit à plusieurs femmes.

Quand, en 1535, après une année de siège et de résistance opiniâtre, la ville est prise d'assaut, Jean de Leyde et ses lieutenants succombent sous la torture. Les anabaptistes dits « conquérants » sont traqués et poursuivis dans toute l'Allemagne et jusqu'en Suisse. Ceux d'entre eux qui en réchappent se rallient aux anabaptistes dits « pacifiques », communion strictement religieuse, mettant l'accent sur le baptême des adultes et sur l'inspiration personnelle dans l'interprétation de la Bible.


Dans son roman L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar a consacré un des chapitres (« La mort à Münster ») au siège de la ville anabaptiste par les armées catholiques et luthériennes coalisées.





Menno Simons


En réaction aux violences des disciples de Thomas Müntzer, et notamment à l'attaque par plusieurs centaines d'entre eux du monastère d’Oldeklooster, en Frise en avril 1535, le prêtre frison Menno Simons[b](30)
, proche des anabaptistes, écrit un pamphlet contre les dirigeants münsterites et leurs projets de théocratie violente, intitulé Le Blasphème de Jan van Leyden. En janvier 1536, il quitte ses fonctions ecclésiastiques pour diriger les fidèles anabaptistes dans une voie non violente. C'est de Menno Simons que se réclament aujourd'hui lesÉglises mennonites.



John Smyth


John Smyth[b](31)
a été ordonné prêtre anglican en 1594 en Angleterre. Peu de temps après son ordination, il souhaite opérer un retour à la foi de l'église primitive. En raison de ses convictions partagés avec les puritains et congrégationalistes(32) , il rompt avec l'Église anglicane et s'exile en 1607 pour la Hollande avec d'autres croyants qui ont les mêmes positions bibliques. C'est en Hollande que Smith découvre la théologie anabaptiste et en retient les principes, notamment sur le baptême pour les croyants adultes, opposé au baptême des enfants et le mémorial de la cène, opposé à la consubstantiation et la transsubstantiation. Il fonde ainsi la première Église baptiste àAmsterdam en 1609 (ou 1611 selon certains historiens).




Thomas Helwys

Thomas Helwys [b](33)
fonde la première église baptiste générale d’Angleterre à Spitalfields, à l’est de Londres en 1612. Cette même année, il publie Une courte déclaration sur le Mystère de l'iniquité, une critique du brownisme, du puritanisme et de la papauté. Cet ouvrage est un des premiers plaidoyers pour la liberté religieuse en Angleterre et au Pays de Galles. Helwys l'envoie au roi Jacques Ier d'Angleterre en lui rappelant qu'il était lui aussi mortel, « poussière et cendres » comme le reste d'entre nous, sans aucun pouvoir sur les âmes immortelles de ses sujets. Le roi réagit en l'envoyant en prison, où il demeura jusqu'à sa mort, en 1616.



2. L’anabaptisme aujourd’hui

L'anabaptisme est ce qui permet de distinguer une église « chrétienne évangélique » (comprenant le baptisme, pentecôtisme, mouvement charismatique évangélique, mouvement néo-charismatique et christianisme non-dénominationnel) d'une Église protestante traditionnelle (luthéranisme, presbytérianisme, méthodisme).

Parmi les groupes anabaptistes originaux encore présents on retrouve les mennonites[b](34)
, les amish(35) ou encore les huttérites.

Selon les chrétiens évangéliques, l'anabaptisme est un retour à la foi apostolique(36) et non un nouveau mouvement religieux. Les anabaptistes seraient donc ceux qui sont restés fidèles aux enseignements bibliques et qui ont été appelés de certains noms en France, tels les vaudois ou les albigeois.

La remise en question du baptême des enfants ou pédobaptisme(37) est une réflexion constante des Églises protestantes en Europe. On a assisté dans les années 1950, puis dans les années 1970, à la croissance d'un mouvement en faveur du report du baptême à un âge de pleine conscience.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 12:53

(1) L'appellation générique de Réforme radicale  s'applique à de nombreux courants religieux hétérogènes qui se sont développés en marge de la Réforme magistérielle protestante.
La plupart de ces mouvements radicaux ont émergé dans les premières années de la Réforme (juin 1514-1530) et n'ont guère perduré. Représentée, pour la plupart du temps, par des penseurs solitaires ou des groupuscules limités, la Réforme radicale propose une remise en cause non seulement de la conception religieuse mais encore de la société du XVIe siècle.
Elle s'inscrit d'une certaine manière dans la continuité de la Réforme magistérielle, zwinglienne ou luthérienne. D'ailleurs, de nombreux radicaux furent d'abord des acteurs importants aux côtés des grands réformateurs (pour Luther : Carlstadt, Müntzer ; pour Zwingli :Grebel, Manz). Néanmoins, leurs idées sont nettement plus extrémistes, ce qui leur attirera les foudres des autorités. Seul l’anabaptismepacifique a réellement survécu aux diverses répressions orchestrées par les institutions tout au long du XVIe siècle.
Selon la typologie de Williams, on peut considérer que trois grandes tendances peuvent être distinguées parmi les groupuscules radicaux :
• les radicaux révolutionnaires. Liés aux actes iconoclastes et à la Guerre des paysans, ces courants se manifestent essentiellement enAllemagne ;
• les anabaptistes pacifiques. Ce courant apparaît d'abord en Suisse sous l'action de Grebel et Mantz. Puis, il se développe dans leTyrol avec les huttérites. Enfin, Menno Simons donne un nouveau souffle à ce courant en l'homogénéisant quelque peu. Ce courant est devenu le mennonitisme ;
• les spiritualistes. Influencés aussi bien par l'ascétisme médiéval que par l'humanisme, ce sont souvent des penseurs esseulés qui envisagent la foi comme un acte individuel.











(2) Église vaudoise peut faire référence :
• aux Vaudois du Luberon, premiers suivistes de la doctrine de Vaudès
• à l'Église évangélique vaudoise actuelle qui fait perdurer le mouvement.






(3)  L'Église primitive  désigne en général le mouvement créé par Jésus depuis sa formation dans lesannées 30 et pendant tout le Ie siècle de notre ère, alors qu'il était essentiellement composé de Juifs et que la rupture avec le judaïsme n'avait pas encore commencé. À partir de l'église de Jérusalem (aussi appelée Qehila de Jérusalem) dirigée par Jacques le Juste, assisté de deux autres « colonnes » lesapôtres Simon-Pierre et Jean de Zébédée, le mouvement essaime dans une bonne partie de l'empire romain dans les communautés juives des grandes cités et de l'autre côté de l'Euphrate à Édesse, àNisibe, en Adiabène, au Taxila et même jusqu'à la côte ouest de l'Inde. Cette partie de la prédication semble coordonnée par l'apôtre Thomas, assisté par Judas Thaddée, son frère Simon le Zélote, l'apôtreNathanaël bar Tolmay, aussi connu sous le nom de Barthélemy.









(4) [/b Le canton de Berne  (BE - en allemand Kanton Bern) est un canton de Suisse bilingue dont les langues officielles sont l'allemand et le français, et dont le chef-lieu et la capitale du pays est Berne (Bärn en schwiitzerdütsch bernois).


Le canton de Berne descend de la Respublica Bernensis. Ce vaste État-Ville au nord des Alpes avait été créé par la ville de Berne, fondée en 1191. Sa souveraineté s'étendait du lac Léman (annexion du pays de Vaud en 1536) à l'Argovie (1415). Membre de la Confédération suisse depuis 1353, Berne accède, après la Réforme (1528), au rang de puissance européenne. À l'heure actuelle, plus de 70 % des habitants du canton sont protestants.








(5) La Société religieuse des Amis est un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVIIe siècle par des dissidents de l'Église anglicane. Les membres de ce mouvement sont communément connus sous le nom de  quakers  mais ils se nomment entre eux « Amis » et « Amies ». Le mouvement est souvent nommé simplement Société des Amis et le surnom de « quaker » apparaît le plus souvent dans la dénomination officielle, sous la forme Société religieuse des Amis (quakers). Les historiens s'accordent à désigner George Fox comme le principal fondateur ou le plus important meneur des débuts du mouvement.

Depuis sa création en Angleterre, le mouvement s'est d'abord répandu dans les pays de colonisation anglo-saxonne. Au XXe siècle, des missionnaires quakers ont propagé leur religion en Amérique latine et en Afrique. Aujourd'hui, les quakers déclarent être au nombre d'environ 350 000 dans le monde.

La Société des Amis se différencie de la plupart des autres groupes issus du christianisme par l'absence de credo et de toute structure hiérarchique. Pour les quakers, la croyance religieuse appartient à la sphère personnelle et chacun est libre de ses convictions. Le concept de « lumière intérieure » (inner light) est cependant partagé par la plupart d'entre eux, quelle que soit la signification donnée à ces mots. De nombreux quakers reconnaissent le christianisme mais ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles.


On trouve aujourd'hui dans la Société des Amis des pratiques très diverses, y compris un large courant évangélique.








(6)  L'évangélisme, plus couramment nommé christianisme évangélique  ou protestantisme évangélique, est une partie importante du christianisme. Cet ensemble réunit des confessionschrétiennes initialement inspirées par la Réforme protestante dans diverses Églises.

Le terme « évangélique » est au départ un simple adjectif découlant du mot Évangile. Les évangéliques se reconnaissent comme issus de la Réforme protestante, mais ils ont parfois été rejetés par les autres protestants ; ce fut le cas du baptisme à partir de 1609, du pentecôtisme à partir de 1906, entre autres… Les églises issues de l'évangélisme sont toutefois nombreuses aujourd'hui à avoir adhéré au Conseil œcuménique des Églises.
Les chrétiens évangéliques ont essentiellement en commun l'importance cruciale qu'ils accordent à la conversion individuelle relevant d'un choix personnel et, à la suite, de l'expérience religieuse de la « rencontre avec le Christ ». Ceci implique donc un changement de vie et une relation individuelle avec Dieu s'articulant en toute connaissance de cause autour de la lecture de la Bibleet de la communion par la prière (personnelle ou en communauté). La plupart des Églises chrétiennes évangéliques ne baptisent donc que des adultes et n’admettent pas les enfants à lasainte-cène. Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement (comprenant le baptisme, pentecôtisme, mouvement charismatique évangélique, mouvement néo-charismatique et christianisme non-dénominationnel) compte 656 millions de croyants.









(7) Le baptisme    est un courant chrétien évangélique issu d'un réveil démarré par les pasteurs anglais John Smyth en Hollande en 1609, puis Thomas Helwys en Angleterre en 1612. Ce mouvement se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État, et finalement l’autorité de la congrégation (congrégationalisme). Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recense 72 millions de croyants








(08) Le pentecôtisme    , appelé aussi mouvement de Pentecôte, est un courant chrétien évangélique issu d'un réveil démarré par les pasteurs américains Charles Fox Parham et William Joseph Seymour aux USA en 1906. Ce mouvement se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, au baptême du Saint-Esprit, aux dons du Saint-Esprit, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État. Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recense 279 millions de croyants.


Le pentecôtisme est similaire au mouvement charismatique, mais s’est développé plus tôt (du moins aux États-Unis) et s’est séparé du courant principal de l’Église. Les chrétiens charismatiques, du moins dans les premiers temps de leurs mouvements, tendaient à rester dans leurs dénominations respectives.




(9) Le Mouvement charismatique évangélique    est un courant du Christianisme évangélique qui met un accent sur les dons du Saint-Esprit. Commencée dans le début des années 1960, aux États-Unis, la «deuxième vague» a influencé les églises de toutes les confessions chrétiennes et a contribué à la création d'églises évangéliques indépendantes. Le mouvement se distingue du pentecôtismeen ne faisant pas du parler en langues (glossolalie) une preuve nécessaire du baptême du Saint-Esprit, annoncé par Jésus et en accordant une place importante à la diversité des dons du Saint-Esprit. Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recense 305 millions de croyants.







(10)   Le mouvement néo-charismatique  ou le néo-pentecôtisme (cette dernière expression est également utilisée pour parler du premier mouvement charismatique) est un courant du christianisme évangélique qui met l'accent sur les dons du Saint-Esprit. La «troisième vague» (surnom du mouvement) a commencé aux États-Unis, dans le début des années 1980. De nombreuses églises ont ainsi été créées un peu partout dans le monde. Le baptême du Saint-Esprit, annoncé par Jésus et les neuf dons du Saint-Esprit sont des éléments centraux du courant. Les principes du Mouvement charismatique évangélique sont repris par le mouvement néo-charismatique avec plus d'ampleur et avec quelques aspects théologiques supplémentaires, tels le combat spirituel, la parole de foi et le renouvellement structurel. Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recensait 305 millions de croyants.












(11)   Le Christianisme non-dénominationnel  ou Christianisme post-dénominationnel est un courant théologique chrétien évangélique qui regroupe des églises ou associations humanitaires qui ne sont pas formellement affiliées à un courant dénominationnel du baptisme ou du pentecôtisme . Les églises non-dénominationnelles se reconnaissent du mouvement évangélique, anabaptiste, même si elles sont autonomes et n'ont pas d'autres étiquettes formelles. Le mouvement est particulièrement visible dans les megachurch  













(12)   La Confession de Schleitheim  est le texte fondateur de ce groupe d'anabaptistes que l'on appelle les Frères Suisses.
Elle a été rédigée en 1527. La Global anabaptist-mennonite encyclopedia online (GAMEO) estime que l'auteur en est Michael Sattler.
Elle comporte sept points, qui sont :
1 interdiction du baptême infantile
2 "meidung" : mise à l'écart du frère ou de la sœur -Chrétien(ne)- "tombé(e) dans l'erreur". Ceux qui tombent dans le péché devraient être avertis deux fois dans le secret, mais au troisième délit ils devraient être excommunié(e)
3 "unité de cœur" lors de la Sainte Cène (comprendre que des exclusions ont précédé la communion)
4 séparation d'avec le Mal: comprendre une séparation complète d'avec toutes les institutions politiques et toutes les églises "de la multitude"(catholique et protestante)  ; interdiction de faire la guerre
5 nomination de pasteurs qui peuvent prononcer des admonestations et des exclusions
6 interdiction d'"user de l'épée", c'est-à-dire de participer à l'institution judiciaire à quelque titre que ce soit (juge, témoin, plaignant)
7 interdiction du serment













(13)  La consubstantiation   est la doctrine protestante luthérienne par laquelle, lors de la Cène, le pain et le vin conservent leurs substances propres avec lesquelles coexistent les substances du corps et du sang du Christ. Cette notion, définie par Guillaume d’Occam ou Duns Scotus, fut reprise par Luther dans La Captivité babylonienne de l'Église en 1520.

En 1551, au Concile de Trente, les catholiques lui opposent le dogme de la transsubstantiation dans le cadre de la Réforme catholique, basant leur réflexion sur Thomas d'Aquin.

En fait, Thomas d'Aquin popularisait une théorie d'Aristote : la « substance », invention d'Aristote quand il conteste son maître Platon. Platon considère que le réel est constitué du monde intelligible (monde des idées), dont le monde que nous connaissons et duquel nous faisons partie (monde sensible) est un pâle reflet. Au contraire, Aristote décrit un monde constitué de « choses ». Chacune de ces « choses » est définie par des propriétés accidentelles fixées sur une « substance » essentielle. En résumé, la substance est la réalité ultime.

Ulrich Zwingli contestera tant la position de Luther que la position catholique issue de l'Aquinate. Pour lui, la Cène commémore, dans la communauté rassemblée, le dernier repas de Jésus avec ses disciples qui nous rappelle tous les biens et grâces que Dieu nous a donnés par son fils Jésus-Christ. Il affirme que le Christ n'est pas corporellement présent dans le pain et le vin au moment de la communion mais qu'il est présent dans le cœur, l'esprit et la vie de ceux, rassemblés, qui les partagent. Cette présence réelle se déplace des espèces à l'assemblée.












(14)  La transsubstantiation    est, littéralement, la conversion d'une substance en une autre. Le terme désigne, pour certains chrétiens (en particulier les catholiques), la conversion du pain et du vin en Corps et Sang du Christ lors de l'Eucharistie.

Le terme qui apparaît pour la première fois chez Hildebert de Tours (dit aussi de Lavardin) vers 1079 est défini comme concept du dogme par le quatrième concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545–1563).
Sur le plan religieux, les chrétiens catholiques romains, arméniens (catholiques) et maronites emploient le terme de « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l'Eucharistie, le pain et le vin, par la consécration de la Messe, sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en Corps et Sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou espèces (texture, goût, odeur : les apparences) initiales.














(15)  Ulrich Zwingli    est un réformateur protestant suisse, né à Wildhaus (dans le canton de Saint-Gall) le 1er janvier 1484 et mort le 11 octobre 1531 à Kappel am Albis (dans le canton de Zurich).

Très présent dans la société, il est un des principaux artisans des différentes tentatives de convertir, y compris militairement, la Suisse à la Réforme protestante. En 1523, il parvient à faire adopter la Réforme par le canton de Zurich, premier canton à le faire. Il est, depuis Zurich, à l'origine des Églises réformées de Suisse alémaniques. Il est l'une des références historiques du protestantisme libéral.


Après un ministère à Glaris et à Einsiedeln, où il combattit la mariolâtrie, Zwingli fut appelé comme prédicateur à Zurich. Logicien rigoureux, il alla plus loin que Luther en ce sens que, selon lui, ce qui n'était pas enseigné dans la Bible devait être aboli : la Cène représentait un mémorial, sans présence réelle du Christ, et les images, qu'il considérait comme des idoles, devaient être enlevées des églises. Enfin, l'ancienne liturgie devait être remplacée.











(16)    Les origines du mouvement anabaptiste dans le nord de l’Europe se trouvent dans l’action de Melchior Hoffman(n)     (né à Schwäbisch Hall, prob. en 1498-1543). Celui-ci apparaît pour la première fois en 1523 en Livonie (dans les actuels Pays baltes) comme négociant en fourrures. À partir de 1527, ses sermons dans la ville de Wittenberg sur le chap. XII du livre de Daniel prennent un tour apocalyptique. Invité au Danemark par Christian Ier, il commence à attaquer la doctrine luthérienne de la présence réelle. Ses idées sont condamnées lors de la disputation de Flensburg en 1529, ce qui le force à fuir.

Hoffman se rend à Strasbourg, mais même là-bas ses idées radicales sont rejetées. Hoffman tourne donc le dos à la Réforme « traditionnelle » À cette période, il est influencé par les Anabaptistes spiritualistes menés par Hans Denck et par les « Prophètes de Strasbourg. » Sous leur influence, il commence à parler avec exaltation de la « parole intérieure », de la libre volonté, et de la grâce qui est sur tous les hommes. Il commence également à faire une différence entre deux types de justification : l’effacement du péché originel par la mort rédemptrice du Christ, et la justification donnée par l’Esprit Saint, par laquelle on peut atteindre la perfection.


Il développe une doctrine sur la « céleste chair du Christ », selon laquelle le Christ est passé par Marie comme de l’eau par une passoire. Le changement le plus important dans sa doctrine fut le développement de sa pensée sur l’Apocalypse. Il affirmait que le retour du Christ était imminent, et qu’il devait être préparé par une purification du monde. Hoffman finit par se considérer comme un nouvel Elie et commença à prédire le retour du Christ à Strasbourg pour 1533. Dans les années 1530, il fait des aller-retour réguliers entre Strasbourg et la Frise où il baptise plus de trois cents personnes. Les persécutions commencent à atteindre les anabaptistes dans cette région. Par ailleurs, Hoffman est régulièrement expulsé de Strasbourg.

Au printemps 1533, il retourne encore une fois dans cette ville, pour attendre la venue du Christ. Mais le conseil de la ville voit ses prédictions comme une menace de révolution, et Hoffman est emprisonné. La dernière mention d'un emprisonnement porte la date du 19 avril 1543.













(17)Martin Bucer     (ou Butzer), né le 11 novembre 1491 à Sélestat et mort le 28 février 1551 àCambridge, est un théologien et un réformateur protestant alsacien. Il est à l'origine de laconfirmation protestante.

Humaniste et théologien original, Martin Bucer est l'une des figures de proue de la Réforme protestante au XVIe siècle, même s'il n'a pas bénéficié de la postérité d'un Luther, d'un Zwingli, ou d'un Calvin. Grand admirateur de Luther, Bucer est présent à la dispute de Heidelberg en 1518, ainsi qu'à la plupart des grandes discussions théologiques de l'Empire, jusqu'à la diète d'Augsbourg de 1548. Progressivement, il est devenu le chef de l'Église strasbourgeoise, où il œuvre de 1523 à 1549. C'est avec ce statut qu'il rédige la Confession tétrapolitaine, c'est-à-dire la confession de foi de Strasbourg, Memmingen, Constance etLindau. Sa vie est marquée par les efforts de réconciliation, souvent vains, qu'il déploya entre Luther et Zwingli, faisant de lui le réformateur à la fois le plus conciliateur de son temps, mais aussi le plus voyageur (il a effectué plus d'une quarantaine de voyages afin de convaincre les différents tenants de la Réforme).

Malgré sa passion de l'unité des chrétiens et ses talents de médiateur, il est obligé de fuir Strasbourg à cause de son rejet de l'Intérim de Charles Quint et de passer la fin de sa vie en exil en Angleterre. Son type d'Église ne survit pas à son départ, la Tétrapolitaine étant abandonnée quelques années plus tard.












(18)     Hans Bockhold ou encore Jan Bockelson dit Jean de Leyde     , du nom de sa ville natale (Leyde 1509 - Munster 2 février 1536), est le chef tyrannique des anabaptistes de la ville rhénane de Münster (Westphalie), promue sous sa direction au statut de Nouvelle Jérusalem.

Ce personnage violent et singulier appartient au courant des premiers anabaptistes, alors transportés par une fureur millénariste à l'instar des adeptes du Libre Esprit.


Jan Bockelson est d'abord un fils bâtard éduqué, éloquent et amoureux du théâtre. Au terme de ses études, il se lance dans les affaires. Mais il abandonne vite le métier rigoureux de marchand drapier pour devenir un prêcheur habile de l'Apocalypse, au sein du premier mouvement anabaptiste. Il combat les péchés de l'amour par les cohortes pernicieuses de l'Anti-Christ.

Envoyé comme apôtre à Münster par son maître Jan Matthijs, Jean de Leyde parvient à convertir la ville à sa foi. Sa prétendue mission est d'établir le Paradis sur terre, en abolissant la propriété égoïste, l'usage dégradant de l'argent, l'achat et la vente, l'intérêt et l'usure ; en pratique, l'homme accumule les pouvoirs dictatoriaux et impose aux habitants séduits par son discours le travail forcé dans l'enthousiasme, la polygamie officielle et le théâtre en plein air comme délassement. Devant les résistances à son programme qui commence à paraître suspect, le maître politique de la ville réagit en instaurant la terreur, la persécution et le meurtre des récalcitrants. L'institution de la polygamie lui permet d'acquérir ou de faire acquérir à ses dévoués hommes de main ou frères partisans les biens des trucidés par le remariage forcé de leurs filles ou veuves héritières, soumises à son autorité.


Après l'exécution de Matthijs aux portes de la ville assiégée (avril 1534), il se proclama « roi de Sion », confirma la communauté universelle des biens et des personnes (la polygamie). Quand Munster fut reprise par son évêque, Jean de Leyde périt dans les tortures.










(19)L'eschatologie      (du grec ἔσχατος / eschatos, « dernier », et λόγος / lógos, « parole », « étude ») est le discours sur la fin du monde ou lafin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire dumonde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, celle-ci est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme.
La plupart des religions monothéistes ont des doctrines qui affirment que des membres « choisis » ou « dignes » de la seule vraie foi seront « épargnés » ou « délivrés » du jugement et de la colère de Dieu à venir. Ils seront envoyés au paradis avant, pendant, ou après ce jugement, en fonction du scénario de la fin des temps qu’elles retiennent.
L'eschatologie cosmique s'occupe de la fin des temps, parfois du Jugement dernier, de la résurrection. Quant à l'eschatologie individuelle, elle traite de la vie après la mort, de la destinée de l'âme post mortem (qui prend diverses formes : séjour dans l'Hadès des Grecs ou dans le Sheol des juifs, réincarnation, etc.).










(20) Le huttérisme   est un mouvement chrétien anabaptiste né dans le Tyrol au XVIe siècle. L'un des plus grands foyers anabaptistes au XVIe siècle se situe en Moravie, où les fidèles sont tolérés par une partie de la noblesse.    












(21) brudern  En anglais, Brethren est un pluriel de brother (frère) rarement usité. Le terme est principalement utilisé dans les cercles chrétiens, soit pour faire référence à un ordre fraternel, soit pour évoquer une des nombreuses dénominations chrétiennes, essentiellement anabaptistes-piétistes, héritières des Frères de Schwarzenau au XVIIIe.

















(22) Le palatinat  du Rhin (en allemand : Pfalz am Rhein) ou, en forme longue, le comté palatin du Rhin (Pfalzgrafschaft bei Rhein), aussi connu sous le nom de Bas-Palatinat ou de Palatinat inférieur, possession du comte palatin du Rhin, était l'un des sept plus anciensélectorats du Saint-Empire romain germanique. Son souverain était appelé électeur palatin.
Situé sur l'une et l'autre rive du Rhin, il avait pour limites :
• au sud, la Lorraine et l'Alsace (et comprenait le bailliage de Seltz de 1418 à 1766) ;
• à l'ouest et au nord, Trèves, Mayence et Liège ;
• de l'autre côté du Rhin, Bade et le Wurtemberg.
Il avait dans sa plus grande largeur 125 km, et sa capitale était Heidelberg. Les principales autres villes étaient Mannheim et Frankenthal.
Son territoire s'étendait sur les actuels länder de Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinatet sur la région Alsace.











(23) Thomas Müntzer (souvent orthographié en français : Münzer ou Muntzer, ou encore Munzer, ou en latin : Muncerus), né en 1489 (ou 1490) à Stolberg mort le 27 mai 1525 à Mühlhausen, est un prêtre itinérant et un des chefs religieux de la guerre des paysans en Allemagne au XVIe siècle. C’est un dirigeant révolutionnaire et l’un des grands protagonistes de la Réforme, et plus particulièrement de la réforme radicale.


Né de parents pauvres, Thomas Müntzer aurait perdu son père de bonne heure et sa mère aurait subi des mauvais traitements sous prétexte d'indigence. Son père était un pauvre artisan d'origine slave (Munczer), qui aurait fini ses jours pendu à la potence, sacrifié à l'arbitraire d'un comte. C'est donc livré à lui-même que grandit le jeune garçon, qui bénéficiera toutefois d'une « bonne éducation ».


Après avoir étudié consciencieusement la théologie à l'université de Leipzig, il est pourvu d'une charge de prêtre auxiliaire dans la ville d'Halle (Saxe-Anhalt). Müntzer est d’abord un fidèle de Luther auquel il se rallie à Leipzigen 1519 et qui le nomme pasteur à Zwickau en Saxe en 1520. Une fois installé dans sa charge, Müntzer développe des idées personnelles sur la nécessité d’une révolution sociale. Très vite, il veut atteindre la masse des analphabètes.


En 1521, il est donc dissident à trois niveaux :
• vis-à-vis des autorités civiles puisqu’il a été exclu trois fois des villes où il prêchait ;
• vis-à-vis des autorités romaines car il se rallie au camp luthérien en 1519 à Leipzig et rédige en 1521 le Manifeste de Prague, qui est un appel à la révolte contre « La putain de Babylone », l'église de Rome ;
• vis-à-vis de Luther car en juillet 1524, il se différencie en critiquant la trop grande proximité de Luther avec les autorités civiles et surtout les princes. C’est le Sermon aux Princes qu'il prononce devant la cour du duc de Saxe où il attaque avec virulence l'autorité de l'église et de l'empire.










(24) Martin Luther  , né le 10 novembre 1483 à Eisleben, dans l'électorat de Saxe et mort le 18 février 1546 dans la même ville, est un frère augustin théologien, professeur d'université, père du protestantisme et réformateur de l'Église dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale.


Très préoccupé par son salut, il découvre la force libératrice de la foi en Jésus reçue à travers la Bible dans l'épître de Paul aux Romains8. Selon Luther , le salut de l'âme est un libre don de Dieu, reçu par la repentance sincère et la foi authentique en Jésus-Christ comme le Messie, sans intercession possible de l'Église. Il défie l'autorité papale en tenant la Bible pour seule source légitime d'autorité chrétienne.


Le 3 janvier 1521, il reçoit la bulle Decet romanum pontificem qui lui signifie son excommunication. Après les nombreux débats théologiques du haut clergé, l'empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, Charles Quint, convoque Martin Luther en 1521 devant la diète de Worms. Un sauf-conduit lui est accordé afin qu'il puisse s'y rendre sans risque. Devant la diète de Worms, il refuse de se rétracter, se déclarant convaincu par le témoignage de l'Écriture et s'estimant soumis à l'autorité de la Bible plutôt qu'à celle de la hiérarchie ecclésiastique. L'édit de Worms décide alors de mettre Martin Luther et ses disciples au ban de l'Empire.

Il est accueilli par son ami l'électeur de Saxe Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg, où il compose ses textes les plus connus et les plus diffusés.

Martin Luther est également connu pour avoir effectué une traduction de la Bible en allemand dont l'influence culturelle est primordiale, tant pour les fondements de la langue allemande que pour la fixation des principes généraux de l'art de la traduction.

Certaines de ses prises de position sur les Juifs de son temps furent mal interprétées et récupérées par les nazis. Pour cette raison, et pour les aspects révolutionnaires de sa théologie, son héritage a suscité et continue de susciter de multiples controverses.











(25) Nicholas Storch  (aussi orthographié Nicolaus, Niclas, Niklas, Stork ou Storck) est unprédicateur allemand, né à Zwickau vers 1500 et mort après 1526, dont les idées et les actions ont participé au mouvement anabaptiste (dont la secte des Abécédariens) et à laGuerre des Paysans allemands en Thuringe. Il est l'un des prophètes de Zwickau avec Thomas Dreschel et Mark Thomas Stübner.












(26) La guerre des Paysans allemands  (en langue allemande : Deutscher Bauernkrieg) est un conflit qui a eu lieu dans le Saint-Empire romain germanique entre 1524 et 1526 dans des régions de l’Allemagne du Sud, de la Suisse, de la Lorraine allemande et de l’Alsace. On l’appelle aussi, en allemand, le Soulèvement de l’homme ordinaire (Erhebung des gemeinen Mannes), ou en français la révolte des Rustauds.


Cette révolte a des causes religieuses, liées à la réforme protestante, et sociales, dans la continuité des insurrections qui enflamment alors régulièrement le Saint-Empire, comme celles menées par Joß Fritz. Le souvenir des révoltes liées à l'Église hussite a pu également jouer un rôle.
La révolte des paysans sera prolongée en 1534-1535 par la révolte des anabaptistes de Munster.













(27) Jan Matthijs    (né vers 1500 à Haarlem † 5 avril 1534 à Münster) est un boulanger et précheur néerlandais. Son charisme aussi bien que ses visions sur l'imminence de laparousie lui permirent d’entraîner à sa suite la population de Münster et d'instituer une théocratie inspirée par le millénarisme de Thomas Münzer. Mais les troubles qu'il avait soulevés firent bientôt de lui la cible des princes-archevêques rhénans : convaincu de son invincibilité, il marcha au-devant des forces ennemies et fut mis en pièces. Son ministère fut aussitôt repris par l'un de ses apôtres, Jean de Leyde.











(28) Une théocratie     est un gouvernement où le titulaire de la souveraineté est divin. Le terme « théocratie »— θεοκρατία (theokratía) — est formé sur les mots grecs « Θεός (Theós) » pour « Dieu » et « κράτος (krátos) » pour « pouvoir ».

Dans son acception première, le terme théocratie désigne uniquement l'idée que Dieu gouverne et il est inventé par Flavius Josèphe pour justifier un désintérêt des croyants pour la politique. En ce sens, l'idée de théocratie implique que « l'agir humain, dans toute son ampleur, reçoit sa norme du divin», mais ne correspond à aucune forme de gouvernement humain.

Au contraire, depuis le XIXe siècle, le terme théocratie est le plus souvent employé pour désigner des régimes politiques fondés sur des principes religieux ou gouvernés par des religieux. Dans ce cas, certains auteurs préfèrent parler de « hiérocratie », terme proposé par Max Weber et qui désigne spécifiquement le gouvernement des religieux3. Cependant, l'usage le plus répandu est de parler de théocratie dès qu'il y a confusion entre politique et religion.













(29) David Joris   est un prédicateur protestant anabaptiste antitrinitaire et révolutionnaire, né àBruxelles en 1501 et mort à Bâle le 25 août 1556. Dit également Jean David Joris, David Joriszoon, fils de Joris, ou en latin David Georgius, il est le fondateur des joristes. Il a dû fuir les Flandres pour échapper aux foudres espagnoles du temps de Charles Quint après la publication de l'édit de 1535.

Le XVIe siècle est l'époque où près d'un demi-million de réfugiés soit plus d'un tiers de la population, quittent les Flandres. La famille Rubens par exemple doit fuir Anvers en Principauté de Liège parce que le père de Pierre-Paul avait eu quelques relations, ou sympathies, pour des opposants au régime espagnol. Une partie de la famille Joris a dû faire de même.











(30) Menno Simons   , né en 1496 à Witmarsum (Pays-Bas) et mort le 31 janvier 1561, est un dirigeant religieux anabaptiste frison (Pays-Bas actuels). Ses adeptes donnèrent naissance au mouvement mennonite.

Menno Simons naît en 1496 à Witmarsum en Frise, dans les actuels Pays-Bas. Ses parents étaient probablement des fermiers, et Menno aurait reçu son éducation dans un monastère proche. Il avait quelques connaissances des Pères de l’Eglise, et connaissait le grec et le latin. En 1524 il est ordonnéprêtre à Utrecht, et il devient vicaire à Pingjum (Frise). Il semble qu’il ait été influencé par les idées sacramentaires des premiers réformateurs hollandais et par sa lecture du Nouveau Testament aux alentours de 1526. À partir de là, il commence à émettre des doutes sur la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.

On sait qu’entre 1526 et 1531 il se considère comme un prêcheur « évangélique », même s’il ne quitte pas l’Église catholique. En 1531 il est nommé curé à Witmarsum. Lorsque les disciples de Melchior Hoffman (les Melchiorites) commencèrent à baptiser des adultes vers 1530-1531, Menno s’interroge et ne trouve pas de soutien biblique au baptême des enfants. Même s’il ne rejoint pas encore les Melchiorites, on peut voir dans un de ses premiers écrits (La Résurrection Spirituelle, 1534) que sa pensée se rapproche de celle des Melchiorites.

En avril 1535, plusieurs centaines d’anabaptistes, inspirés par des messagers venus de la cité de Münster alors aux mains des anabaptistes, prennent le monastère d’Oldeklooster, en Frise. Après un court siège, la plupart sont tués ou faits prisonniers. Menno se sent responsable du désastre, et il écrit un pamphlet contre les dirigeants münsterites, intitulé Le Blasphème de Jan van Leyden. Même si son pacifisme a des limites (il sait que l’autodéfense est parfois nécessaire) il s’oppose au projet münsterite d’établir le royaume de Dieu sur terre par le glaive. Comme Münster tombera deux mois plus tard, le pamphlet ne sera pas publié. En janvier 1536, Menno quitte ses fonctions ecclésiastiques pour diriger les fidèles anabaptistes dans une voie non-violente. C’est probablement au cours de cette période qu’il est baptisé. Un an plus tard il est ordonné ancien par le dirigeant melchiorite Obbe Philips. À partir de cette période, Menno est traqué. Il vit un temps à Groningue, à Cologne, et durant les treize dernières années de sa vie dans le Schleswig-Holstein. Il meurt en janvier 1561.












(31) John Smyth    (né v. 1570 à Sturton le Steeple, dans le Nottinghamshire, en Angleterre, mort le 28 août 1612 à Amsterdam, Provinces-Unies) fut le premier pasteur anglais baptiste et un défenseur du principe de la liberté religieuse. De nombreux historiens considèrent John Smyth comme l’un des principaux fondateurs du baptisme.


Smyth né orphelin en 1570 à Sturton le Steeple, Angleterre. Il est ordonné comme prêtre anglican en 1594 en Angleterre. Peu de temps après son ordination, il souhaite opérer un retour à la foi de l'église primitive. En raison de ses convictions partagés avec les puritains et congrégationalistes, il rompt avec l'église anglicane et s'exile en 1607 pour la Hollande avec d'autres croyants qui ont les mêmes positions bibliques .












(32)    Les Églises congrégationalistes     sont des églises protestantes de tradition réformée, pratiquant une forme d’organisation d’église où chaque paroisse se gère de manière entièrement autonome et indépendante. Le congrégationalisme se caractérise plus comme un mouvement que comme une dénomination chrétienne en raison de sa conviction fondamentale en faveur de l’autonomie complète de chaque paroisse. Malgré la forte diversité théologique inhérente à leur forme d'organisation, la plupart des congrégationalistes se considèrent d'abord comme des réformés, soit traditionnels soit néo-orthodoxes (barthiens).
Les congrégationalistes, selon la définition du centre de recherche indépendant Pew Research Center, représentent environ 0,5% de la population protestante mondiale, soit 4 millions de chrétiens répartis essentiellement dans les grands pays anglophones (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie,Afrique du sud, Irlande) et dans quelques « terres de mission » (Argentine, Bulgarie, Îles Samoa).

Leur rôle historique et leur influence, notamment aux États-Unis, excèdent largement ces chiffres.










(33) Thomas Helwys , né en 1550 à Gainsborough, Angleterre, mort en 1616, est l'un des principaux fondateurs du courant baptiste au XVIIe siècle et un défenseur de la liberté religieuse.


Helwys nait en 1550 à Gainsborough, en Angleterre, d'Edmund et Margaret Helwys qui étaient des descendants d'une ancienne famille normande qui possédait des terres 1. Edmund avait vendu ses propriétés dans le Lincolnshire et Northamptonshire et avait pris un bail à Broxtowe Hall. En 1590, quand son père est mort, Helwys prend le contrôle de la succession. En 1593, il laisse le soin de la succession à un des amis de son père et commence des études de droit àGray's Inn, l'une des quatre écoles de droit (Inns of Court) de Londres. Après avoir terminé ses études en 1593, Thomas a passé quelque temps dans la capitale.


Helwys épouse Joan Ashmore à l’Eglise St-Martin de Bilborough, en 1595. Ils ont eu sept enfants au cours des douze prochaines années et vivent au Broxtowe Hall. Pendant ce temps, la maison de Helwys est devenue un refuge pour les premiers puritains, l'un des nombreux groupes de dissidents anglais de l’Église anglicane. Helwys développe un lien étroit avec des dissidents, comme John Smyth. Helwys et sa femme deviennent des membres engagés de la congrégation de Smyth dans Gainsborough. Les soixante ou soixante-dix séparatistes de Gainsborough ont été autorisés à se réunir en secret à Gainsborough Old Hall, par le propriétaire de l'hôtel de Sir William Hickman. Les autorités de l'Église d’Angleterre ne tolèrent plus les puritains. En 1607, la Haute Cour de la Commission ecclésiastique a décidé de sévir contre le groupe dissident de Gainsborough et une autre à Scrooby.











(34) Le mennonitisme est un mouvement chrétien évangélique anabaptiste parallèle à la Réforme protestante. Le nom provient de l’appellation populaire que les Néerlandais utilisaient pour désigner les anabaptistes au XVIe siècle, du nom de l'un de leurs dirigeants célèbres, le Néerlandais Menno Simons, prêtre catholique converti à l'anabaptisme. Une grande partie de ses membres sont rassemblés dans laConférence mennonite mondiale.




 








(35) Les Amish     sont une communauté religieuse anabaptiste, fondée en 1693 en Alsace par Jakob Amman (le mot amish est dérivé du nom d'Amman). La communauté amish est aujourd'hui présente surtout en Amérique du Nord, vivant de façon simple et à l’écart de la société moderne. La première règle amish est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ».



 








(36) La succession apostolique    désigne la transmission, par les apôtres, à des successeurs, de l’autorité et des pouvoirs reçus de Jésus-Christ. De ce fait, ces successeurs s'estiment seuls habilités à enseigner et à gouverner leurs églises particulières. La succession apostolique se transmet au moyen des consécrations épiscopales dont certains canons définissent la validité. Ce concept ecclésiologique joue dans la non-reconnaissance par certaines Églises des ministres d'autres confessions chrétiennes ou de leur autorité.
On peut analyser la succession apostolique sous l'angle historique ou sous l'angle ecclésiologique.


 








(37)    Le pédobaptisme est une doctrine approuvant le baptême des jeunes enfants et des nouveau-nés. Il se distingue du crédobaptisme oubaptême du croyant (en) qui n'est accordé qu'aux individus ayant fait leur profession de foi.


De nombreuses confessions chrétiennes pratiquent le baptême des jeunes enfants, mais il est rejetée par les mouvements anabaptistes.

Cette pratique n'est pas explicitement indiquée dans les textes néotestamentaires qui parlent néanmoins de baptiser « toute une maison » (Ac 16, 15 et 33 ; 1 Co 1,16). Elle s'explique par la croyance en la nécessité du baptême pour le salut de l'âme (Jn 3, 5).


La date à laquelle le baptême des enfants a d'abord été pratiqué est sujette à débat. Certains croient que les chrétiens du Ier siècle ne le pratiquent pas, notant l'absence de toute preuve explicite de pédobaptisme. D'autres, constatant au contraire l'absence de toute preuve explicite de l'exclusion des jeunes enfants, pensent qu'il était déjà pratiqué à cette époque.

Cette doctrine s'est affirmée par la théologie de la grâce de saint Augustin qui soutient que les enfants morts sans être baptisés étaient damnés. Les fidèles font dès lors pression sur le clergé pour que ce sacrement soit administré le plus tôt possible, le pédobaptisme étant justifié par la « foi des autres ». Cette doctrine a été proclamée lors du concile de Carthage en 418 et du concile de Florence en 1441. Le concile enseigne que le baptême peut servir de remède contre le péché originel.

Cette doctrine fut rejetée par le mouvement anabaptiste au XVIe siècle.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 13:42

BOGOLISME


Le bogomilisme est un mouvement chrétien hétérodoxe (1)
né au Xe siècle. Son nom vient du pope(2) bulgare Bogomil(3)

. Il s'est développé en Bulgarie, puis en Serbie et ensuite en Bosnie, influençant une grande partie des Balkans. Les empereurs byzantins eurent une attitude ambiguë à son égard, parfois le réprimant, parfois l'utilisant à leur profit. Inspiré par les gnostiques(4)
chrétiens et le manichéisme, il fut considéré comme une hérésie (5)
par l'Église catholique romaine qui l'a violemment combattu. Selon le dernier colloque de Mazamet (2009), le bogomilisme aurait servi d'inspiration aux cathares : des liens existent entre bogomiles et cathares, et les sources doctrinales des deux mouvements remontent aux premiers siècles du christianisme (écrits canoniques de Paul, doctrine de Marcion, doctrine de Valentin). En outre, les recherches menées sur les sources grecques et orientales (Pierre de Sicile) montrent que la doctrine bogomile aurait été transmise par les Pauliciens, expatriés volontaires ou chassés de l'Arménie (Turquie actuelle) vers la Thrace bulgare au VIIe et auIXe siècle.


1. Histoire


Le mouvement bogomile est fondé par un pope bulgare nommé Bogomil (ce qui signifie en vieux slave « que Dieu prend en pitié » ou « qui supplie Dieu »). Il prêche d'abord en Thrace, où il rencontre un véritable écho populaire. Puis le mouvement se déplace en Bulgarie occidentale, où il connaît un grand succès entre le Xe et le XIIe siècle, notamment auprès du petit peuple, avant de subir les persécutions de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène et du patriarche Michel II Courcouas.


Les bogomiles se déplacent alors vers la Serbie où ils convertissent plusieurs villages et même villes, jusqu'à la prise en main par Stefan Nemanja (6) et son frère Saint Sava(7) qui, par une politique d'expropriation, chassent tous les Serbes bogomiles en Bosnie où ils sont accueillis par Kulin (ban) (08) (et même prospèrent) de la fin du XIIe au début du XIVe siècle. Leur foi est un important facteur dans le développement identitaire de la Bosnie, à une époque où celle-ci est sous domination mi-hongroise (à l'ouest), mi-serbe (à l'est). Finalement, le mouvement disparaît peu avant la conquête turque ottomane, mais les historiens bosniaques pensent que c'est le substrat religieux bogomile qui a favorisé la conversion à l'islam, d'une partie des Slaves des Balkans (Pomaks, Goranes ou Bosniaques) et d'une partie des Valaques (9) (les Moglénites(10) ).
Les bogomiles ont laissé dans tous les Balkans, et en particulier en Bosnie, de nombreuses pierres tombales caractéristiques, décorées de symboles gnostiques et orientaux.


Les Bogomiles n'ont pas disparu de l'empire byzantin après la condamnation de Basile le Bogomile (brûlé vif en 1099 sous Alexis Comnène). On en retrouve une résurgence importante à Thessalonique et au mont Athos au milieu du XIVe siècle. Un grand procès eut lieu au Prôtaton de l'Athos en 1344; une trentaine de moines de Lavra, Iviron et Chilandar furent alors expulsés de l'Athos; certains se réfugièrent en Bulgarie où ils furent jugés en 1350 à Trnovo. Des accusations de bogomilisme furent utilisées pendant des années encore contre des dignitaires ecclésiastiques et contre les partisans de Grégoire Palamas.


Les empereurs byzantins ont été ambigus face au bogomilisme : certains l'ont réprimé, notamment parce qu'il encourageait le sentiment national des peuples sous leur contrôle (Bulgarie, Bosnie), et également parce que son idéologie, rejetant les autorités constituées (en particulier la hiérarchie ecclésiastique) comme corrompues, était considérée comme subversive. Mais, à d'autres moments, ils ont su utiliser la force du sentiment populaire bogomile dans leur propre lutte contre Rome (notamment en lien avec les cathares, également en butte à l'hostilité de l'Église romaine). Lorsqu'elle s'est trouvée en contact avec le bogomilisme et avec son homologue cathare, l'Église catholique romaine a considéré ces mouvements comme des hérésies et les a combattus avec la plus grande violence y compris physique.


2. Doctrine


Comme beaucoup d'hérésies persécutées avec efficacité, la doctrine bogomile nous est surtout connue par les dénonciations de ses opposants, en particulier le Traité contre les Bogomiles du prêtre Cosmas(11) , composé vers la fin du Xe siècle. On attribue aux bogomiles une riche littérature apocryphe (12) puisant ses sujets dans les légendes hébraïques et chrétiennes. Un ouvrage bogomile apocryphe résumant leur doctrine, Le Livre secret, nous est parvenu dans sa traduction latine, par l'intermédiaire des Albigeois.



Le bogomilisme peut se définir comme un christianisme hétérodoxe, inspiré par le gnosticisme chrétien, le manichéisme perse et le paulicianisme. Le bogomilisme est dualiste : pour lui le monde est gouverné par deux principes, le Bien et le Mal, Dieu et le Diable. Tout le monde matériel, y compris le corps, est considéré comme l'œuvre du Diable, et donc voué au Mal. Seule l'âme est l'œuvre de Dieu. En conséquence, ils rejetaient les rapports sexuels, le mariage, et menaient une vie ascétique, s'abstenant en général de manger de la viande et de boire du vin.


Les bogomiles rejetaient l'Ancien Testament, et étudiaient seulement les Évangiles, en particulier celui de Jean, les Actes des Apôtres(13) et les Épîtres de Paul. Ils rejetaient l'Église, considérée comme appartenant au Monde (et donc au Diable), l'accusant d'être corrompue. Ils rejetaient également les sacrements. La prière était considérée comme une activité avant tout personnelle. Les Bogomiles reconnaissaient cependant des guides spirituels, les « Parfaits », ceux des croyants qui avaient été particulièrement exemplaires et ascétiques. Cette notion se retrouvera chez les cathares.



Le bogomilisme était globalement un mouvement rejetant toutes les autorités constituées, les princes comme les Églises, ce qui a contribué au grand engouement populaire qu'il a suscité, et explique aussi l'ampleur des répressions qu'il a subies



3. Bogomiles et cathares


L'idée est souvent évoquée que les bogomiles seraient à l'origine du mouvement cathare. La proximité doctrinale entre les deux mouvements est en effet frappante. La doctrine bogomile apparaît à la fin du Xe siècle en Bulgarie, elle se serait étendue chez les Serbes et les moines de Constantinople, puis en Asie Mineure, avant de gagner l'Europe sous des formes différentes. Il est aujourd'hui établi que les bogomiles ont envoyé des missionnaires vers l'Europe de l'Ouest, par exemple le voyage du pape bulgare Nikita qui préside le concile cathare de Saint-Félix-de-Caraman — aujourd'hui Saint-Félix-de-Lauragais en 1167, mais rien ne permet de dire s'ils ont fondé le mouvement cathare. Plus probablement, les deux mouvements, contemporains, sont « cousins », chacun gardant son autonomie et son originalité propre, mais s'influençant à travers des échanges réciproques.


Cependant, ces relations entre bogomiles et cathares ont constitué une composante importante de l'histoire de la chrétienté médiévale. Le bogomilisme et le catharisme sont deux mouvements religieux proches qui ont été déclarés hérétiques par l'Église catholique romaine, et vigoureusement combattus par elle (croisades). Dans le même temps, Rome était également en opposition à Byzance, en particulier depuis le grand schisme de 1054(14) . Une solidarité de fait s'est donc constituée entre cathares et bogomiles, ces derniers se trouvant par ailleurs dans la sphère d'influence byzantine. Les empereurs byzantins, qui avaient eux-mêmes réprimé les bogomiles (en particulier parce qu'ils avivaient le sentiment national des peuples sous leur contrôle), ont pu utiliser ces liens dans une perspective stratégique et militaire. Ainsi, des liens ont été noués entre les comtes de Barcelone et l'Empire byzantin, et des mercenaires catalans et occitans ont combattu dans les armées byzantines. Les relations entre bogomiles et cathares se sont donc inscrites sur la toile de fond beaucoup plus large de la lutte âpre entre Église d'Occident (Rome) et Église d'Orient (Byzance), et elles ont constitué un paramètre géopolitique de cet affrontement.








(1)  Hétérodoxe :  Le terme « hétérodoxe » vient du grec ἕτερος héteros (autre) et δόξα dóxa (opinion). Au sens littéral, il signifie donc « qui pense d'une autre manière (que la manière habituelle, dominante) ».
C'est dans le domaine religieux, en particulier par rapport au christianisme orthodoxe, que le mot "hétérodoxe" prend son sens. Mais lorsque le monde occidental se sécularise, il s'applique à différents domaines de la vie publique, en premier lieu l'économie.








(2) pope :  Un pope est, en français, un prêtre chrétien orthodoxe. Ce terme provient du russe поп (pop), lui-même emprunté au roumain/moldavepopă et au bulgare/macédonien папа (pápa) provenant du grec παππάς (pappás). Plus directement, le terme papas a également longtemps été employé en français pour désigner plus spécifiquement les prêtres orthodoxes de Grèce, des Balkans et du Moyen-Orient. Cet usage est aujourd’hui abandonné.








(3) Bogomil   est un prêtre bulgare (Xe siècle) qui est à l'origine de l'hérésie bogomile.

Bogomil est cité dans le Traité des hérétiques de Cosmas le prêtre et dans des manuscrits ultérieurs (XIIIe siècle) sans que son historicité soit clairement prouvée.

Il serait contemporain de Pierre Ier de Bulgarie. Il fut actif en Thrace et en Macédoine. Il enseignait que l'État et l'Église étaient des créations de Satan. Sa doctrine dualiste présente donc des similitudes avec le paulicianisme et le manichéisme. Il a, ainsi, cristallisé autour de lui les ressentiments que la population avait contre le tsar, les boyards et le haut-clergé.







(4)  Gnostique :  Le gnosticisme est un système de pensée qui regroupe des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par l'affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé Démiurge ou Yahvé. Le mouvement connut son apogée au cours du IIe siècle.


Le Démiurge peut être représenté sous la forme d'un archange et considéré comme l'incarnation du mal, ou comme un créateur bon mais imparfait. Il existe aux côtés d'un autre être suprême plus éloigné (Dieu) incarnant le bien et dont la connaissance est difficile. Afin de se libérer du monde matériel inférieur, l'être humain a besoin de la gnose, soit la connaissance spirituelle ésotérique disponible par une expérience directe avec l'être suprême. Jésus de Nazareth est identifié par certains cultes gnostiques comme une incarnation de l'être suprême qui s'incarne pour apporter la gnose aux hommes.


Le terme gnose, du grec γνώσις / gnốsis (« connaissance »), désigne « des tendances universelles de la pensée qui trouvent leur dénominateur commun autour de la notion de connaissance ». Ainsi le Manichéisme, le mandéisme, la Kabbale et l'hermétisme, entre autres, peuvent être considérés comme des formes de gnose. Par contre, le terme « gnosticisme » a une connotation historique précise.


Selon la définition du néoplatonicien Plotin, adversaire des gnostiques, ceux-ci sont :

« Ceux qui disent que le Démiurge de ce monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais. »


Ainsi, à leurs yeux, l'homme est prisonnier du temps, de son corps, de son âme inférieure et du monde.

Les gnostiques en concluent : « Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde», et de ce point de vue, le monde et l'existence dans le monde apparaîtront mauvais parce qu'ils sont mélange de deux natures et de deux mondes d'êtres contraires et inconciliables. Le gnostique sera celui qui retrouvera son moi véritable et qui prendra conscience de la condition glorieuse, divine qui était la sienne dans un passé immémorial.


Les gnostiques chrétiens se référaient tant aux textes canoniques qu'apocryphes, le plus célèbre étant l'évangile de Thomas. D'inspiration chrétienne, le gnosticisme fut qualifié d'hérésie par les Pères de l'Église de ce qui allait devenir la « Grande Église »chrétienne. Irénée de Lyon, dans la deuxième moitié du IIe siècle dans sa Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur (ouContre les hérésies) en a laissé le témoignage antique le plus important et le nom qui leur restera. Il est possible que certains de ces groupes aient revendiqué le terme. Les sectes gnostiques disparurent presque complètement à partir du IIIe siècle, mais leurs doctrines influencèrent d'autres religions comme le Manichéisme, le marcionisme et le catharisme.


Jusqu'au milieu du XXe siècle on ne disposait que de très peu de sources directes sur les gnostiques, celles-ci ayant été falsifiées ou détruites. Les principaux témoignages viennent de leurs détracteurs, notamment les pères de l'Église. La découverte en 1945 de laBibliothèque de Nag Hammadi (avec une première traduction complète en 1977), dont l'évangile de Thomas fait partie, a permis de renouveler la recherche sur le sujet.







(5) Hérésie :  Dans l’Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin d’Épicure était une telle haíresis. Au fil des concilesqui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d'« hérésie » fut fréquemment opposée à celle d'« orthodoxie ». Elle acquit une valeur péjorative dans l'historiographie des églises trinitaires (catholique ou orthodoxe), et depuis lors, le mot hérésie désigne avant tout une opinion, doctrine ou dogme considéré comme sortant du cadre de ce qui est généralement admis ou tenu pour acquis dans les domaines de la pensée, de la connaissance, de la religion. Selon Michel Serres, on est toujours l'hérétique de quelqu'un : les trinitaires eux-mêmes sont des « hérétiques » aux yeux des chrétiens anté-chalcédoniens qui ont conservé les doctrines d'avant l'année 451.

L’hérésiologue est un spécialiste de l’étude des hérésies ou un auteur d’ouvrage contre les hérésies.






(6) Stefan Nemanja,  en français Étienne Némania, en serbe cyrillique Стефан Немања (né en 1117 - mort le 13 février 1199), était un souverain de la principauté médiévale serbe de Rascie à partir de 1166, fondateur de la dynastie des Nemanjić. Durant son règne, il unifia les principales principautés serbes et acquit une large autonomie.

Il se retira dans un monastère en 1196 sous le nom de Syméon, puis fonda avec son fils Saint Sava lemonastère de Hilandar sur la Sainte Montagne. L'Église orthodoxe l'a canonisé sous le nom de saint Syméon le Myroblite. Il meurt dans le monastère de Hilandar sur la Sainte Montagne le 13 février 1199. Il est fêté le 27 janvier sous le calendrier Julien.







(7)  Saint Sava  de Serbie (dans le monde Rastko Nemanjić) est le cadet des fils du grand-duc Stefan Nemanja. Il est né aux alentours de 1169 et il est mort le 14 janvier 1236. Il est le premier archevêque dePetch, le père de l'Église orthodoxe serbe et le plus populaire des saints de Serbie. L'Église orthodoxe le fête le 27 janvier (natalice) et le 27 avril (brûlement de ses reliques à Belgrade en 1594).






(08) Kulin  (né avant 1163 - mort en 1204) fut ban de Bosnie de 1180 à 1204. Il fut d'abord un vassal de l'Empire byzantin puis, après un retournement d'alliance, un vassal du Royaume de Hongrie. Il fut désigné comme ban (a) par l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène. Il est le fondateur de la dynastie des Kulinić.


(a) Le titre de ban (vice-roi) désignait en Hongrie et dans les Marches orientales du Saint-Empire romain germanique un commandant militaire, gouverneur d'un Banat (en hongrois: bánság) ou d'une marche, qui peut être assimilé à un margrave. Il prenait rang immédiatement après le roi, et était l'égal du comte palatin de Hongrie. Ban était toutefois un office où l'on était nommé ou révoqué, et non un rang aristocratique héréditaire.

En Hongrie, les pouvoirs du Ban étaient fort étendus : il exerçait son autorité dans toutes les affaires politiques judiciaires et militaires de son banat, en tant que comte palatin de Hongrie. Le Ban était dans sa juridiction le premier personnage après le roi et avait les mêmes droits et les mêmes obligations que celui-ci. Le Ban de Croatie était le troisième baron du royaume, après le roi et lejudex curiae (juge de la cour royale). En temps de guerre, il marchait à la tête des troupes de sonbanat. Les banats ont varié au cours du temps et parfois formé des états indépendants ou été enunion personnelle avec la Hongrie.


Il y eut des bans :

• chez les Slaves au sud : Banats de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Bosnie et de Serbie: Ozora, Rama, Seona/Só, Mionica/Macsó/Mačva, Požarevac/Pojarevăț et quelques autres ;
• chez les Roumains à l'est : Banats de Timișoara, de Vâlcu et de Severin : le premier, rapidement intégré au royaume a pourtant gardé le nom de Banat ; le second forme l'actuel département roumain de Caraș-Severin et le troisième : la région d'Olténie.








(9)Valaques   désigne, en français, deux réalités différentes, l'une historique, culturelle etethnographique, l'autre géographique :


• historiquement, avant le milieu du XIXe siècle, « Valaques » était l'exonyme qui désignait les populations locutrices des langues romanes orientales issues de la romanisation deslangues paléo-balkaniques (Daces, Gètes, Thraces, Illyres, Dalmates...) à partir du Ier auVIe siècle dans les Balkans et le bassin du bas-Danube. Il est encore employé dans ce sens par les historiens non spécialistes et notamment dans de nombreux atlas historiques. Les historiens roumains préfèrent employer le terme de « Proto-roumains » (jusqu'au XIe siècle) et de « Roumains » (depuis le XIIe siècle), d'une part parce qu'à l'instar des autres populations romanophones issues de la désagrégation de l'Empire romain, les « Valaques » se désignaient eux-mêmes par des endonymes commeromani, români, rumâni, rumâri, armâni ou arumâni, d'autre part parce que « Valaques » pouvait aussi être localement employé (notamment dans l'espace ex-yougoslave) pour désigner des montagnards, des bergers ou des fidèles de l'Église orthodoxe non romanophones, ou qui ont cessé de l'être depuis des générations.

• géographiquement, « Valaques » désigne, en Roumanie, les habitants de la Valachie(région méridionale du pays) et, dans la péninsule des Balkans, les populations de langue romane soit les Aroumains, les Mégléno-roumains et les Istro-roumains (certainslinguistes y incluaient jadis les Dalmates). Il est parfois employé en Serbie et en Bulgariepour désigner aussi les Roumains locaux.

D'autres historiens et linguistes préfèrent les termes, plus neutres et plus précis, de « Thraco-Romains » (du Ier au VIe siècle), de « Romans orientaux » (VIe au XIIIe siècle) et de « Roumains » ou « Aroumains » et autres (à partir du XIIIe siècle). Mais, en règle générale, le passé et l'existence de ces populations avant le XIVe siècle est largement ignorée, et très rarement figurée sur les cartes historiques d'Europe sud-orientale et des Balkans (et lorsqu'elle l'est, elle est souvent réduite à un tout petit territoire placé tantôt au sud duDanube, tantôt au centre de l'actuelle région roumaine de Valachie, tantôt enTransylvanie).






(10) Moglénites :  Le mégléno-roumain, dit aussi méglénite (μογλενίτικη γλώσσα en Grèce, мъгленитски enRépublique de Macédoine), est un groupe de dialectes parlés par une population appelée „Mégléno-roumains” dans les milieux académiques. Son statut est controversé. Certainslinguistes, par exemple le roumain Alexandru Graur, le considèrent comme une langue à part faisant partie des langues romanes orientales, avec le roumain, l’aroumain et l’istro-roumain, mais la plupart des chercheurs y voient une variante régionale du roumain. Parmi ceux-ci il n’y a pas d’unité quant au statut du mégléno-roumain par rapport aux autres variantes3.
Le mégléno-roumain est encore parlé par une population estimée à 2 800 personnes environ. Ils s’appellent eux-mêmes vlaș4 (au singulier vla, avec la variante vlau̯) et ils identifient leur idiomeen disant qu’ils parlent vlășește (adverbe). L’ethnonyme vlaș « Valaques » est à l’origine un exonyme employé par les peuples voisins et adopté par les Mégléno-roumains. Ils vivent dans la région grecque de Macédoine-Centrale, en République de Macédoine de l’ex-Yougoslavie, en Roumanie et en Turquie.







(11)  Prêtre Cosmas :  Cosmas le prêtre est un ecclésiastique bulgare actif dans la seconde moitié du Xe siècle, connu seulement comme auteur d'un Traité contre les Bogomiles en vieux slave.





(12)  Apocryphes :  On qualifie généralement d’apocryphe (du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché ») un écrit « dont l'authenticité n'est pas établie » (Littré). Cependant dans le domaine biblique l'expression désigne, à partir de la construction des canons, un écrit considéré comme non authentique par les autorités religieuses. L'acception du terme a pu être interprétée de différentes façons ; ainsi, Jérôme nommait « apocryphes » les livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament et les considérait comme non canoniques. Le qualificatif « apocryphes » est donné par les protestants à certains textes appelés deutérocanoniques par les catholiques, qui se trouvent dans laSeptante et la Vulgate mais pas dans la Bible hébraïque. Les livres de l’Ancien Testament que les catholiques nomment « apocryphes », sont dits « pseudépigraphes » par les protestants.






(13) Acte des Apôtres :  Le récit des Actes des Apôtres, cinquième livre du Nouveau Testament, est la seconde partie de l’œuvre dédicacée « à Théophile » et attribuée à saint Luc par la tradition chrétienne, la première partie étant l'Évangile selon Luc. Le récit débute avec l'Ascension, suivie de la Pentecôte, après quelques épisodes consacrés à la Geste de Pierre, il relate essentiellement la prédication de Paul de Tarse qui est son héros. Il se termine dès la première venue de ce dernier à Rome au début des années 60.

Sa composition complexe par plusieurs rédacteurs successifs, introduisant probablement des passages racontés deux fois, arrangeant l'histoire en fonction de leurs partis pris théologiques et écartant la relation de certains épisodes essentiels, posent de nombreux problèmes qui ont conduit certains chercheurs à lui nier, en tout ou partie, toute valeur historique.








(14) Schime  de 1054 : La séparation des Églises d'Orient et d'Occident est l’éloignement progressif puis la rupture entre les Églises qui constituaient la Pentarchie de l’Empire romain et de ses États successeurs.

Les grandes querelles christologiques avaient déjà commencé à éloigner Église d’Occident et Églises d’Orient bien avant la rupture. Des facteurs politiques, comme l’invasion normande des possessions byzantines d’Italie, ou socioculturels, comme l’aspiration de la papauté à dominer la scène politique, jouèrent au cours des siècles suivants un rôle au moins aussi important que les querelles théologiques, comme celle du Filioque.

Une première rupture survient le 16 juillet 1054 entre l’Église de Rome et l’Église de Constantinople, lorsque le cardinal Humbert de Moyenmoutiers déposa sur le maître-autel deSainte-Sophie une bulle excommuniant le patriarche Michel Cérulaire et ses proches collaborateurs, excommunication qui fut suivie de celle du cardinal et de ses assistants par le patriarche.


L’incident de juillet 1054 tombe presque aussitôt dans l’oubli. C'est essentiellement le détournement en 1204 de la Quatrième croisade, lesac de Constantinople par les croisés et de la constitution de patriarcats « latins » sur le territoire des patriarcats grecs qui consomment la rupture, entraînant l’exil de bon nombre d’évêques orthodoxes et déconsidérant durablement l’église d’Occident aux yeux des populations orthodoxes, mais aussi les églises orthodoxes aux yeux de celle de Rome, dont les lettrés écrivirent l’histoire de manière à rejeter sur l’Orient seul la responsabilité du schisme.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 15:35

DUALISME
(religion)

Le dualisme religieux est une doctrine qui postule la coexistence de deux principes éternels et inengendrés à l'origine de la création du bien (l'âme, le monde spirituel) et du mal (le corps, le monde matériel). Un Être mauvais est co-éternel au Dieu primordial. « Cela implique un jugement de valeur (bon/mauvais) et une polarisation hiérarchique de la réalité à tous les niveaux : cosmologique, anthropologique, éthique, etc. » (Ioan P. Couliano). « Secondairement, le terme dualisme a également servi à définir le gnosticisme, au sens où celui-ci met l'accent sur la distance infinie qui sépare Dieu du monde, et considère que le Dieu de l'ancienne Loi, qui agit directement sur le monde, n'est pas le vrai Dieu » (Le grand Atlas des religions, Encyclopaedia Universalis, 1988, p. 399).


Le mot « dualisme » apparaît avec Thomas Hyde (Historia religionis veterum Persarum, Histoire de la religion des anciens Perses,p. 164), en 1700. Pierre Bayle (1) va utiliser le mot dans son Dictionnaire (édition de 1720, article "Zoroastre"). Dès lors est dualiste toute religion dans laquelle un Principe du mal, distinct et autonome, existe depuis toujours et conjointement avec Dieu. Le mot s'oppose à monothéisme(2)  et polythéisme(3)
. Le philosophe Christian Wolff(4) (Psychologia rationalis, 1734) a transposé le mot à la relation entre corps et âme, ce qui met alors « dualisme » en opposition avec « monisme(5) ».



La formulation la plus connue revient à Zoroastre(6) : « De ces deux principes fondamentaux qui ont été conçus comme jumeaux et qui naissent dans la pensée, l'un représente le bien et l'autre le mal. Entre ces deux, le sage choisit le bien et l'ignorant le mal. Et lorsque, dès l'origine, ces deux principes fondamentaux se sont rencontrés, ils ont créé la vie et la non-vie. Ainsi les disciples de la Justesse atteindront la meilleure existence et les disciples du mensonge ne la connaîtront pas. De ces deux principes opposés, le disciple du mensonge choisira les pires actions, alors que celui qui va vers les meilleures pensées satisfait Ahura Mazda (7) en choisissant la Justesse et en persévérant pour l'atteindre » (Avesta, (08) I : Yasna, gâtha 30, trad. Khosro Khazai Pardis, Les Gathas. Le livre sublime de Zarathoustra, 2011, p. 128). Mais les interprétations divergent, puisque la mention du dieu Ahura Mazdâ semble indiquer un monothéisme, et celle des jumeaux (Esprit du bien Spenta Mainyu, Esprit du mal Angra Mainyu) un dualisme. Selon Martin Haug (Essays on the Sacred Language, 1862), Zoroastre a une théologie monothéiste (Ahura Mazda) et une philosophie dualiste (le bien et le mal, inhérents à Dieu comme à l'homme). Pour James Darmesteter(9) (Ormazd et Ahriman, 1877), il y a dualisme, opposition entre Ahura Mazdâ et Angra Mainyu, fondamentalement et dès l'origine. Selon Walter Henning (Zoroaster, 1951], la religion antérieure était monothéiste, Zoroastre innove en posant le problème du mal et la solution du dualisme (deux Esprits primordiaux, Spenta Mainyu et Angra Mainyu, jumeaux). En revanche, selon Gherardo Gnoli (Zoroaster in History, 2000), face au polythéisme, Zoroastre innove en posant le monothéisme.



1. Type de dualisme


Absolu/relatif. Le dualisme peut être radical ou absolu lorsqu'il répond strictement à la définition ci-dessus (c'est le dualisme des deux principes). Il peut être mitigé ou modéré dans l'hypothèse où le principe du mal n'est pas coéternel du Principe unique à l'origine de toute création. Dans ce sens, le dualisme est un accident à l'intérieur d'un mécanisme dont les prémisses sont parfaitement monistes. Le dictionnaire des mots de la foi chrétienne (1968, p. 242) donne cette définition du dualisme : "Théorie envisageant le réel à partir de deux principes irréductibles qui pourraient être soit des principes premiers et antagonistes (dualisme primordial des philosophes gnostiques), soit des principes seconds (dualisme secondaire), ainsi essence/existence, corps et âme)." Le catharisme se divise en dualisme absolu (Satan a toujours été mauvais) et dualisme relatif, mitigé, monarchien (Satan - ou plutôt Lucifer - a d’abord été créé bon par le vrai Dieu mais il s'est corrompu et il est devenu un démon). Le manichéisme, le zoroastrisme médieval sont des dualismes absolus. Le zervanisme (10) est un dualisme relatif puisqu'il place un Principe, le Temps, Zurvan, au-dessus de Ahura Mazda (ou Ohrmazd) et Angra Mainyu (Ahriman), ses fils jumeaux.
Cosmique/anti-cosmique. "Par dualisme anticosmique, on entend surtout la condamnation du monde créé par le Dieu de l'Ancien Testament." Le zoroastrisme est cosmique, il respecte le feu, les eaux, etc. Hans Jonas(11) (1934-1954) définit le gnosticisme comme un dualisme anti-cosmique et eschatologique.
Ontologique/religieux/théologique. Il convient de ne pas confondre le dualisme religieux, qui met en lutte deux Principes, avec le dualisme ontologique(12) , qui oppose Bien et Matière (Platon), matière et esprit, corps et âme (Descartes, Méditations métaphysiques, VI). Le dualisme théologique oppose nature (ordre usuel) et grâce (faveur ou secours de Dieu).



2. Histoire


a) Religions des peuples sans écriture


Le dualisme est présent dans les religions archaïques et les traditions mythiques mettant en scène des esprits bons contre lesquels luttent des esprits mauvais. Mais il s'agit de religions polythéistes.


"Dans de nombreuses traditions narratives des peuples 'sans écriture', l'œuvre de construction du cosmos est attribuée à deux personnages différents et même opposés : le premier, que certains spécialistes appellent tout simplement le 'créateur', prépare les conditions, souvent non différenciées du monde existant, tandis que l'autre, que l'on nomme le 'démiurge' ou le trickster (13) (le 'dérangeur'), complète l'œuvre en y introduisant d'autres éléments non moins essentiels. On a souvent dit, en simplifiant, que le premier personnage est responsable des aspects positifs du réel, tandis que le deuxième serait l'auteur des aspects négatifs... Selon de nombreuses traditions mythiques des Californiens, des Shoshone et d'autres peuples d'Amérique, le trickster (Coyote ou son équivalent fonctionnel) est responsable de l'apparition de la mort, mais aussi, parfois, de la reproduction sexuée" (Cristiano Grottanelli, apud Le grand atlas des religions, 1988, p. 195).



b) Orient


Hors du christianisme, le dualisme s'exprime à travers des cultes ou croyances :
• les esséniens(14)
l'école dualiste de l'hermétisme(15) savant (Corpus Hermeticum, traités I, IV, VI, VII, XIII)
• le manichéisme
• mazdéisme(16) , zoroastrisme(17) , zervanisme en Iran
• orphisme(18) dans la Grèce antique
• pashupata (19) en Inde
• sâmkhya (20) en Inde
• Védanta (21) dualiste de Madhva (22) en Inde
• yézidisme (23) ?

Quant au dualisme religieux, la doctrine la plus emblématique reste les courants Gnostique (mouvements historiques) et le manichéisme. Le Manichéisme est un syncrétisme du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme ; les partisans de ce dernier, tout le combattirent avec véhémence.


"Le manichéisme est un rejeton iranien de la Gnose(24) , qui suppose un mélange de zervanisme et de mazdéisme. Pour les manichéens comme pour les gnostiques en général, la création est la conséquence d’une chute ; mais, comme dans le mazdéisme, Dieu a un adversaire égal à lui et indépendant de lui : Ahriman(25) ; enfin Dieu est le dieu du Zervanisme. Zervan envoie Ormuzd, l’Homme Primordial, combattre Ahriman. Cette lutte a pour conséquence un mélange du bien et du mal, de la lumière et des ténèbres : ce mélange est le monde ; et aussi l’emprisonnement de la lumière, qu’il faudra dégager de sa gangue de ténèbres par la pratique d’une ascèse rigoureuse et grâce à l’intervention de divers sauveurs, parmi lesquels Jésus. À la fin des temps, la lumière et les ténèbres seront rétablies dans leur pureté respective" (Jacques Duchesne-Guillemin



c) Christianisme

Les Évangiles opposent

- Jésus et le diable : « Le diable lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle devienne du pain » (Luc, 4.3);
- Royaume terrestre et Royaume céleste : « Mon royaume n'est pas de ce monde » (Jean, 18:36);
- Corps et esprit : « L'esprit est ardent, mais la chair est faible » (Matthieu, 26.41);
- Lettre et esprit : « Vous jugez selon la chair » (Jean, 8.15);
- Les bénis et les maudits : « il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche... Ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Matthieu, 25).

Dans le christianisme antique s'expriment de nombreuses tendances dualistes, qui seront finalement éliminées par le christianisme officiel :
• le bogomilisme
• le catharisme
• la doctrine des massaliens(26) ?
• le gnosticisme
• la doctrine de Marcion(27) ?
• le paulicianisme.




(1) Pierre Bayle ,  né au Carla-le-Comte (aujourd'hui Carla-Bayle), près de Pamiers en Pays de Foix (aujourd'hui Ariège) le 18 novembre 1647, mort à Rotterdam le 28 décembre 1706, est un philosophe et écrivain français.







(2) Un  monohéisme :  (du grec μονός [monos], « seul, unique » et θεός [theos], « dieu ») est une religion qui affirme l'existence d'un Dieu unique et la transcendance de Dieu, créateur du monde.

Quand une religion conçoit une divinité nationale1, ou métaphysique (comme Shiva ouVishnou), comme simplement supérieure à d'autres, on parle plutôt de « monolâtrie » ou d'« hénothéisme », termes de création récente, types de polythéisme.








(3) Le polyhéisme :
est une conception religieuse ou philosophique selon laquelle il existe plusieurs êtres divins ou dieux.








(4)  Christian (von) Wolff ou Wolf, né à Breslau le 24 janvier 1679, mort à Halle (Saxe-Anhalt) le9 avril 1754, est un philosophe, juriste et mathématicien.




Il était fils d'un brasseur et était destiné de bonne heure à la théologie. Il se fit remarquer par sa précocité, s'adonna avec ardeur à l'étude des sciences pendant ses études primaires et secondaires au Maria-Magdalenen-Gymnasium de Breslau. Il fit ses études aux universités d'Iéna et de Leipzig. C'est à Leipzig qu'il connut la philosophie de Descartes et entra en relation avec Leibniz qui lui fit obtenir, en 1706, la chaire de mathématiques et de physique de l'Université de Halle en Prusse. Il étendit bientôt son enseignement à la philosophie et obtint auprès de ses auditeurs un succès retentissant. La raison d'être de ce succès était un rationalisme très clair qui prétendait démontrer déductivement jusqu'aux vérités de foi. Cette prétention alarma les collègues piétistes de Wolff, Franke et Lange, qui obtinrent contre lui, en 1723, un rescrit enjoignant au philosophe de quitter la Prusse dans les quarante-huit heures sous peine du gibet.


Mais Wolff trouva un asile auprès du landgrave de Hesse-Cassel, qui le nomma professeur de philosophie à Marbourg et conseiller aulique. Au bout de quelque temps, le gouvernement prussien, honteux de sa rigueur, l'autorisa à rentrer dans le royaume, mais il n'y retourna qu'à l'avènement de Frédéric II, qui lui rendit la chaire de Halle en 1740, et le nomma vice-chancelier de l'Université.










(5) Le monisme  est une conception métaphysique. C'est une doctrine défendant la thèse selon laquelle tout ce qui existe – l'univers, le cosmos, le monde – est essentiellement un tout unique, donc notamment constitué d'une seule substance1. Le monisme s'oppose à toutes les philosophies dualistes, qui séparent monde matériel ou physique et monde psychique ou spirituel. Ainsi, le monisme s'oppose au dualisme platonicien ou cartésien.







(6) Zorastre , Zarathushtra ou Zarathoustra (en Persan زرتشت, Zaraϑuštra en avestique, Ζωροάστρης en grec), est un « prophète », fondateur du zoroastrisme. Il est difficile, étant donné l'époque et l'importance du personnage, sources de nombreuses affabulations, de donner des dates et des lieux précis à son sujet. Il serait né dans le nord ou l'est de l'actuelIran. Traditionnellement, l'histoire de sa vie est présentée comme se déroulant entre les VIe etVIIe siècles av. J.-C.. mais de nouvelles études tendent aujourd'hui à repousser cette estimation pour finalement situer sa vie entre les XVe et XIe siècles av. J.-C.

Quelques bribes de sa vie sont connues grâce aux hymnes gathiques de l'Avesta (en Persan اوستا), rédigés dans une langue indo-iranienne archaïque, vieille d'environ 3 000 ans, l'avestique. Celle-ci se montre très proche des textes védiques indiens du Rig-Véda, où l'on retrouve le même type de grammaire que dans le livre saint de Zoroastre. On le connaît aussi à travers la tradition qui rapporte un récit épique de sa vie, tel un scénario exemplaire empli d'événements surnaturels et de miracles. Il est donc perçu comme un personnage historique, mais les dates à son sujet sont très discutées.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 20:22

(7) Ahura Mazdâ (du vieux-perse / Auramazdâ (« Seigneur de la Sagesse ») en persan اهورامزدا) est la divinité centrale de l'ancienne religion mazdéenne, identifiée aux Azonaces des Grecs.








(08) L’Avesta (du pahlavi abestāg) est l'ensemble des textes sacrés de la religion mazdéenne et forme le livre sacré, le code sacerdotal deszoroastriens. Il est parfois connu en Occident sous l'appellation erronée de Zend Avesta. Il est rédigé en plusieurs états de l'iranien ancien, désignés sous le nom d'avestique (autrefois appelé zend). Les parties les plus anciennes, celles des gathas, sont dans une langue aussi archaïque que celle du Rig Veda (sanskrit védique), le « gathique », les autres en avestique tardif. Le tout est écrit dans l'alphabet avestique.







(9) James Darmester est un érudit du judaïsme et linguiste français du XIXe siècle, spécialiste du vieux-perse (Château-Salins, le 28 mars 1849 - Maisons-Laffitte, le19 octobre 1894).

James Darmesteter naît dans une famille juive installée en Lorraine depuis le milieu du XVIIIe siècle et dont les ancêtres sont originaires du ghetto de Darmstadt.


Calmann, le père, et Cerf, le grand-père, sont relieurs et libraires ; l’un des grands oncles Darmesteter était scientifique à la cour du tsar de Russie. La mère, Rosalie née Brandeis, est issue d’une famille juive polonaise qui compte des soldats, des scientifiques et des rabbins en nombres.


La famille compte, outre James, deux fils, Arsène et Achille qui meurt en bas âge. À la mort du grand-père, toute la famille déménage en 1852 à Paris, dans le quartier du Marais. Le travail est rare et bien des privations se font sentir ; une sœur, Sarah, meurt apparemment peu après sa naissance et James lui-même en garde une constitution chétive ainsi qu’une santé fragile qui le font comparer par certains au poète Giacomo Leopardi.


James Darmesteter étudie le sanskrit sous la direction de Hauvette-Besnault, l’un des derniers élèves d'Eugène Burnouf, et la grammaire comparée auprès de Michel Bréal, à l'École des Hautes Études. À la suite de ses nombreux travaux sur la mythologie zoroastrienne et le persan, il est choisi pour succéder à Renan au Secrétariat de la Société asiatique en 1882. Nommé professeur au Collège de France en 1885, il effectue un an plus tard un voyage en Inde à la suite duquel il fait paraître une traduction de chansons afghanes ainsi qu’un essai sur la langue et la littérature afghanes. Marié très brièvement avec Agnes Mary Francis Robinson en 1888, il devient directeur de l’École des Hautes Études en 1892.





(10) Le zervanisme ou zurvanisme est un hypothétique mouvement religieux qui doit son nom moderne au personnage mythique appeléZurvan. Il serait apparu en Perse achéménide et aurait préexisté au zoroastrisme qu'il aurait influencé, notamment dans son dualisme.

Si cette option historiographique a été développée à partir des travaux de Friedrich Spiegel au XIXe siècle jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, elle est largement remise en question au tournant du XXIe siècle par la fragilité de sa construction et l'absence totale de sources zoroastriennes à son sujet qui ne connaissent aucune allusion à Zurvan, attesté par des sources plus tardives, arméniennes, syriaques, grecques et arabes.







(11) Hans Jonas (10 mai 1903 - 5 février 1993) est un historien du gnosticisme et un philosopheallemand. C'est avec son éthique pour l'âge technologique qu'il s'est avant tout fait connaître, en particulier au-delà des cercles philosophiques. Cette éthique est développée dans son œuvre principale, Le Principe responsabilité (1979). Il a, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, essayé de penser la Shoah en se servant des outils de la pensée occidentale.






(12) Dualisme ontologique : En philosophie, le dualisme est un point de vue strict affirmant que l’univers est constitué d'un constituant physique et d'un constituant mental.

Le dualisme se réfère à une vision de la relation matière-esprit fondée sur l'affirmation que les phénomènes mentaux possèdent des caractéristiques qui sortent du champ de la physique.

Ces idées apparaissent pour la première fois dans la philosophie occidentale avec les écrits de Platon et Aristote, qui affirment que l’« intelligence » de l’homme (une faculté de l’esprit ou de l’âme) ne peut pas être assimilée ni expliquée par son corps matériel. Cependant, le premier emploi du terme dans cette acception ne date que de la première moitié du XVIIIe siècle et apparaît sous la plume de Christian Wolff (1670-1754).


La version la plus connue du dualisme a été formalisée en 1641 par René Descartes qui a soutenu que l'esprit était une substance immatérielle. Descartes fut le premier à assimiler clairement l'esprit à la conscience, et à le distinguer du cerveau, qui est selon lui le support de l’intelligence. Ainsi, il a été le premier à formuler le problème corps/esprit de la façon dont il est présenté aujourd’hui4. De nos jours, le dualisme est opposé à des formes variées de monismes, parmi lesquelles le physicalisme et le phénoménisme. Le dualisme de substance s’oppose à toutes les formes de matérialisme, tandis que le dualisme de propriétés peut être considéré comme une forme de matérialisme émergentiste, et serait alors opposé à un matérialisme non-émergentiste.







(13) Trickster : Le fripon, ou farceur (ou trickster en anglais), est un personnage mythique présent dans toutes les cultures, rendu célèbre par Paul Radin. Les anthropologues comme Claude Lévi-Strauss utilisent le terme de « décepteur » — du moyen français decepteur : « celui qui trompe, qui trahit ». Dans le domaine des mythes et contes d'Afrique noire, le personnage de l’Enfant malin a été comparé au Petit Poucet par Denise Paulme dans La Mère dévorante (1976), tandis que d'autres études réunissaient un corpus de contes autour de l'« Enfant terrible ».
Le fripon est par exemple l'équivalent du lutin dans la culture des Indiens des Amériques. Le fripon divin joue des tours pendables, possède une activité désordonnée incessante, une sexualité débordante, etc. Il est, selon Paul Radin (1956), un miroir de l'esprit, un speculum mentis, ce qui donna lieu, grâce à son travail avec Carl Gustav Jung, au développement du concept d'enfant intérieur, mais aussi d'une pratique psychothérapeutique.





(14) Les esséniens (du grec : εσσήνοι, « essēnoi » ; εσσαίοι, « essaioi » ; ou οσσαίοι, « ossaioi ») sont un mouvement du judaïsme de lapériode du Second Temple qui a prospéré à partir du IIe siècle av. J.-C. et dont l'existence est attestée au Ier siècle en Palestine.

Au Ier siècle, les esséniens sont mentionnés dans Apologia pro Judæis (« Apologie en faveur des Juifs ») et Quod omnis probus liber sit(« Tout homme vertueux est libre ») de Philon d’Alexandrie (v.12 av. J.-C.-v.54), dans la Guerre des Juifs3 et les Antiquités judaïques4de Flavius Josèphe (v.37-v.100), ainsi que dans une courte notice figurant dans l'Histoire naturelle5 de Pline l’Ancien (23-79).


Le philosophe et chroniqueur judéo-alexandrin Philon et l'historien judéo-romain Josèphe rapportent qu'il existait des esséniens en grand nombre, et que plusieurs milliers vivaient dans la Judée romaine. Pour Flavius Josèphe, les esséniens sont la « troisième secte » de la société juive de Palestine, avec les pharisiens et les sadducéens. Il décrit les esséniens comme des communautés d'ascètes, volontairement pauvres, pratiquant l'immersion quotidienne et l'abstinence des plaisirs du monde.

Les esséniens ont acquis une renommée dans les temps modernes à la suite de la découverte, à partir de 1947, d'un vaste groupe de documents religieux connus sous le nom de « manuscrits de la mer Morte », dont une centaine – « sur 870 » – pourraient être esséniens, ou d'un mouvement proche se donnant, dans une trentaine de manuscrits, le nom de « Yahad » (« Unité », « Alliance ») . Toutefois, cette identification ne fait pas consensus.









(15) L’ hermétisme : désigne deux courants de pensée :
• une doctrine ésotérique fondée sur des écrits (les Hermetica) de l'époque gréco-romaine attribués à l'inspiration de Hermès Trismégiste.
• son développement dans la doctrine des alchimistes au Moyen Âge puis essentiellement à partir de la Renaissance.

Antoine Faivre a suggéré d'employer deux termes distincts pour ces deux traditions de pensée. À côté du mot « hermétisme », servant à désigner le corps de doctrines des Hermetica ainsi que leurs gloses et exégèses, on peut employer le mot « hermésisme » pour désigner « un ensemble plus vaste de doctrines, de croyances et de pratiques, dont la nature s'est précisée à la Renaissance. Elles ne dépendent pas nécessairement de la tradition hermétique alexandrine, mais incluent aussi bien la kabbale chrétienne, lerosicrucisme, le paracelsisme, et d'une façon générale la plupart des formes que revêt l'ésotérisme occidental moderne ». Pour garder un minimum de cohérence, on ne saurait parler d'hermétisme en son sens second sans certaines conditions : affirmation de l'autorité d'Hermès ou d'Hermès Trismégiste ou de Thoth, ésotérisme (secret), inscription dans un courant historique précis (celui du Corpus Hermeticum, pour l'essentiel), tendance philosophique précise (centrée sur l'Un-Tout, la divinisation de l'esprit, les correspondances, l'alchimie mystique).


L'hermétisme est une philosophie, une religion, un ésotérisme, ou une spiritualité en quête du salut, par l'esprit (comme le gnosticisme) mais supposant la connaissance analogique du cosmos. Le salut passe par la connaissance : se connaître, se reconnaître comme « étant fait de vie et de lumière », comme Dieu, en tant qu'intellect. Et cela constitue une contemplation, la vue du Bien, en sa « beauté impérissable, incompréhensible ».











(16) Le mazdéisme est une religion iranienne qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l'Avesta.

Le zoroastrisme, du nom de Zoroastre/Zarathoustra, est une réforme du mazdéisme. Le zoroastrisme est la forme monothéiste sous laquelle s'est répandue cette religion, qui existe toujours.







(17) Le zoroastrisme est une religion monothéiste de l'Iran ancien. Elle est une réforme du mazdéisme et tire son nom de son « prophète » ou fondateur Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs (Ζωροάστρης, Zōroastrēs). Cette réforme est intervenue au cours du Ier millénaire av. J.-C..


La reforme religieuse de Zarathustra a pour principal effet d'orienter la religion mazdéenne vers le monothéisme au bénéfice du dieuAhura Mazdâ (pehlevi : Ohrmazd) entouré d'un certain nombre d'entités. Ahura Mazda est seul responsable de l'ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre

Le zoroastrisme a fait fonction de religion officielle de l'empire perse à trois reprises (sous le roi Hystaspès, sous les Achéménides, et sous les Sassanides jusqu'en 651, date de l'assassinat du dernier roi zoroastrien). Malgré l'arrivée de l'islam et les persécutions qui en découlèrent, il a réussi à se maintenir dans le patrimoine culturel iranien, afghan et d'Asie centrale. En effet, les Iraniens, les Kurdes et les Afghans, indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d'importance aux fêtes zoroastriennes, en particulier celle de Nowruz, le nouvel an zoroastrien, célébré le 21 mars.


Les zoroastriens, aussi appelés guèbres, respectent le feu comme symbole divin. Zoroastre prêchait un dualisme apparent, qui reposait sur le combat entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres. Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), fils d'Ahura Mazdā, et un esprit mauvais (Angra Mainyu) (pehlevi Ahriman), son jumeau, tous deux opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants. Toutefois, le zoroastrisme est bel et bien un monothéisme, puisque seul Ahura Mazda conserve la prééminence céleste et que seul ce dernier triomphera du mal à la fin des temps.







(18)L’ orphisme était un courant religieux de la Grèce antique connu par un ensemble de textes et d'hymnes, ainsi que par quelques attestations archéologiques : outre Les Lamelles d'or, on en connaît certaines représentations ou descriptions au travers de gravures, tablettes ou autres vestiges retrouvés dans des tombes. Le mythe d'Orphée, d'origine obscure et très ancienne, dont l'épisode le plus célèbre est la descente aux Enfers du héros à la recherche de son épouse Eurydice, donna naissance à une théologie initiatique. La doctrine orphique est une doctrine de salut marquée par une souillure originelle ; l'âme est condamnée à un cycle de réincarnations dont seule l'initiation pourra la faire sortir, pour la conduire vers une survie bienheureuse où l'humain rejoint le divin. On entrevoit cette eschatologie à travers une littérature poétique apocryphe hellénistique, voire néoplatonicienne, conservée sous le nom d'Orphée.


Il semble que l'on puisse faire remonter ses origines au moins à 560 av. J.-C.. Les dernières œuvres « orphiques » datent du Ve siècle de notre ère. Son nom provient d'Orphée, initiateur mythique. Malgré sa célébrité, et toutes les théories que son caractère mystérieux a fait naître, la connaissance réelle de l'orphisme reste lacunaire et sa figure exacte sujette à caution. L'orphisme se présente comme un courant mystique tel que la pensée grecque en avait développé à partir du IVe siècle av. J.-C. L'orphisme est principalement tardo-hellénistique, voire néoplatonicien.





(19) Pashupata (sanskrit IAST: Pāśupata) est dans l'hindouisme un courant du shivaïsme dont les fidèles adorent le dieu Shiva sous la forme du « Maître du troupeau » (Pashupati). Datant des premiers siècles de notre ère, fondé par Lakulisha il a influencé de nombreuses autres sectes au cours des siècles. Disparu à la fin du Moyen Âge, ses fidèles se donnaient à la méditation, à la récitation de mantra et se couvraient de cendres. Il suivaient une ligne proche du bhakti yoga. Leur but était bien sûr la libération: le moksha.


Pāśupata est aussi le nom de l'arme avec laquelle Shiva tranche la cinquième tête de Brahmā. Dans le Mahābhārata, Shiva remet l'arme à Arjuna après qu'il l'eut vaincu.






(20) Sâmkhya (en devanāgarī: सांख्य ) ou Sāṅkhya, terme sanskrit, est connu aujourd'hui comme une école de la philosophie indienneorthodoxe (āstika) ou plus particulièrement comme un des six darśana. Il a été codifié dans la Sāṃkhyakārikā composée au IVe siècle ou Ve siècle de l'ère courante par Īśvarakṛṣṇa. Le Sāṃkhya est traditionnellement couplé au yoga de Patañjali systématisé dans lesYogasūtra, qui en sont l'aspect considéré comme pratique. Kapila, dont on sait peu de choses, est donné comme le fondateur du « système Sāṃkhya ».






(21) Le Vedantas (devanāgarī: वेदान्त ; terme sanskrit signifiant « fin, aboutissement, conclusion des Vedas ») ou Uttara mimamsa, est une école de philosophie indienne āstika, fondée par Bādarāyaṇa, auteur supposé du Brahma Sutra (~200 av. J.-C.).

Les principaux textes sur lesquels s'appuie le Vedānta sont les Upanishad, dont douze ou treize en particulier terminent le Veda, lesBrahma Sūtra (également connus sous le nom de Vedānta-Sūtra), qui sont des interprétations des Upanishad et enfin la Bhagavad-Gītā. Ces trois textes sont connus sous le terme sanskrit de prasthāna qui signifie « fondement (du système philosophique du Vedānta) ».


Le Vedānta est issu de l'hindouisme ancien qui se consacre à la relation de l'humain à Dieu et la réalisation de la réalité ultime : lemoksha. Il a été commenté par de nombreux sages (rishi) au cours des siècles.

Il existe plusieurs écoles se rattachant à la philosophie du Vedānta, parmi lesquelles celle de :
• Adi Shankara, école de la non-dualité : Advaita Vedānta.
• Ramanuja où la non-dualité prime mais avec des nuances : Vishishtadvaita.
• Madhva où la dualité entre l'âme et l'Absolu (brahman) est mise en avant : Dvaita Vedānta.
• Bhaskara où le brahman et la création sont à la fois séparés et liés : Bhedābheda Vedānta
• Nimbarka, école de la « dualité dans la non-dualité » : Dvaitadvaita (qui se rattache au Bhedābheda Vedānta).
• Vallabhācārya, école du « monisme pur » : Śuddhādvaita.









(22) Madhva ou Madhvācārya (1238-1317 ou 1199-1278), également appelé Anandatirtha, Anandagiri ou Anandajnana, est un philosophe hindou, fondateur du système Dvaita qui est une des trois principales écoles du Vedānta, école qui reconnaît la dualité. Celle-ci appartient à la tradition philosophique astika, qui reconnaît l'autorité des Vedas. On attribue à Madhva la composition de trente-sept ouvrages dont la plupart sont des commentaires sur les textes de bases du Vedānta, le Mahābhārata et le Bhāgavata Purāṇa.








(23) Le yézidisme , ou religion des sept anges, est une religion qui est présentée par ses pratiquants (les Yézidis ou Yazidis ou Jésides - Êzidîtî ou Êzidî en kurde) comme plongeant ses racines dans l'Iranantique.


Les Yézidis forment une minorité confessionnelle appartenant au groupe ethnique kurde. Les Yézidis sont adeptes d’un monothéisme issu d'anciennes croyances kurdes. On retrouve en effet de nombreuses similitudes entre le yézidisme actuel et les religions de l'Iran ancien. Ainsi le yézidisme est-il considéré par ses pratiquants comme une survivance du mithraïsme iranien authentique qui s'est adapté à un environnement hostile en absorbant des éléments exogènes notamment les enseignements de Cheikh Adi , un savant soufi qui s'est installé dans la vallée de Lalish au XIIe siècle. Cependant d'autres études (européennes ou celles de théologiens musulmans) le considèrent comme un mouvement hétérodoxe de l'islam sunnite apparu au XIIe siècle et sur lequel des éléments pré-islamiques ont par la suite été greffés , en utilisant des pratiques anté-islamiques conservées dans le Kurdistan notamment postérieurement à Cheikh Adi .

Les Yézidis font remonter leur calendrier religieux à 6 765 années (en 2015). Par rapport à d'autres religions majeures, le calendrier yézidi a 4 750 années de plus que le calendrier chrétien, 990 années de plus que le calendrier juif et a 5 329 années de plus que le calendrier musulman.

Le yézidisme dispose d'une faculté d'adaptation aux nouvelles religions.






(24) Gnose : De façon très générale, la Gnose (du grec γνῶσις, gnôsis : connaissance) est un concept philosophico-religieux selon lequel le salut de l'âme passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi.

Dans le christianisme antique, le mot a été employé pour la première fois par Paul de Tarse, puis défendu et développé par un certain nombre de théologiens orientaux qui pendant les premiers siècles ont marqué le concept. Parmi les plus importants se trouvent Irénée de Lyon, Clément d'Alexandrie,Origène, ou encore Évagre le Pontique. Au XVIIe siècle, le principe est ré-exploité en France par Bossuet et Fénelon.

Plus récemment, une importante confusion s'est créée sur le sens du mot Gnose et sur son amalgame avec le terme gnosticisme. Le gnosticisme ou « gnosticisme historique » sont des mots employés pour désigner certains mouvements du christianisme ancien qui relèvent d'une idéologie dualiste (croyance dans l’existence d'un Dieu du Mal et d'un Dieu du Bien). Cette gnose dualiste contraire aux principes métaphysiques du christianisme, a été combattue par les théologiens chrétiens des premiers siècles qui l'ont qualifiée de pseudo-gnose (Paul de Tarse), ou de « gnose au faux nom » (Irénée de Lyon). Le mot gnose désigne ainsi pour la période antique deux concepts théologiques opposés : une gnose chrétienne qui considère que tout homme est capable de percevoir Dieu, en lui, de devenir lumière et donc d'obtenir la vie éternelle ; et une gnose dualiste (gnosticisme) qui considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l'homme doit se libérer pour être sauvé.


À partir du XIXe siècle, le mot Gnose et les concepts qu'il recouvre ont été utilisés dans des contextes beaucoup plus larges, en histoire des religions (y compris non chrétienne), en philosophie, mais aussi en littérature ou en politique, ainsi que par les « nouveaux mouvements religieux », ésotériques et New Age.







(25) Ahriman : Angra Mainyu ou Ahra Manyu (nom avestique), puis Ahriman (en moyen-persan) est l'esprit démoniaque opposé au dieu Ahura Mazda dans le zoroastrisme.

Initialement Ahura Mazdâ, en tant que Dieu suprême, crée deux esprits qui s'opposeront, Spenta Mainyu (l'esprit du Bien, l'esprit saint) et Angra Mainyu (l'esprit du Mal). Ultérieurement, Spenta Mainyu sera remplacé par Ahura Mazdâ (ou Ohrmazd en pehlevi) en tant qu'adversaire d'Ahriman. Par la suite encore, les mages zervanistes réintroduiront un Dieu suprême, Zervan, le Temps-sans-bornes. Il est dit d'Ahriman, qu'il est le responsable de la création matérielle, qu'il est le père de l'illusion et de l'erreur, du mensonge cosmique, l'esprit trompeur, l'esprit des Ténèbres, du Mal et de la mort.







(26) Massaliens : Les euchites ou messaliens sont une secte gnostique apparue vers 360 en Mésopotamie (région d'Édesse), et qui s'est répandue ensuite en Syrie et en Asie Mineure. Leur nom d'origine est en syriaque mṣalliāné, les « prieurs » (du verbe ṣalli, « prier »), ce qui fut rendu en grec, soit par Μασσαλιανοί, soit par Εύχίται (du verbe εύχομαι, « prier »). Ils étaient aussi appelés adelphiens, du nom d'Adelphius qui fut leur premier chef, et aussi enthousiastes, au sens propre de ce mot (du grec ένθουσιάζω, « être possédé par la divinité »), d'après leur doctrine de l'inhabitation par le Saint-Esprit, ou encore choreutes (du grec χορευταί, « danseurs »), parce que, quand ils étaient en transe, ils sautaient de tous les côtés pour écraser les démons qu'ils voyaient. Ils se nommaient eux-mêmes « spirituels » (πνευματικοί).








(27) Marcion dit du Pont ou de Sinope (né à Sinope vers 85, mort vers 160) est une personnalité du christianisme ancien de la fin du Ier et de la première moitié du IIe siècle. Armateur fortuné, il se rend à Rome vers 140 où il se distingue par ses prodigalités au sein de la communauté chrétienne de Romealors dirigée, selon la tradition, par l'épiscope Pie.


Se fondant uniquement sur l’Écriture, il développe sa propre doctrine qui rompt avec la tradition juive : du contraste absolu qu'il décèle entre la Loi juive et l'Évangile, il conclut à l'existence de deux principes divins — Dieu de colère de la Bible hébraïque et Dieu d'amour de l'Évangile — dont celui des textes chrétiens est le Dieu suprême. Celui-ci est le père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque et le culte de son démiurge. Pour Marcion, Jésus n'est pas le messie attendu par les Juifs, ni né de la Vierge Marie : il est apparu à la quinzième année du règne de Tibère sans avoir connu ni naissance ni croissance et sauve l'homme en le rachetant par sa mort. Marcion est en outre le premier à donner au mot εὐαγγέλιον (euangélion, « bonne nouvelle ») un sens littéraire et à élaborer un « canon » de l’Écriture dont il écarte la Torah et tout ce qui, dans la littérature néotestamentaire, porte la marque du judaïsme, proposant un texte résumé à l'Évangile selon Luc et dix épîtres pauliniennes.


En rupture avec la communauté chrétienne de Rome pour ces doctrines, il fonde sa propre Église à l'organisation solide et concurrente, ce qui lui vaut d'être considéré par la suite comme l'un des premiers hérésiarques par les auteurs de la « Grande Église ». Le marcionisme se développe essentiellement en Orient, en Mésopotamie et en Perse mais aussi en Occident et non sans connaitre des dissidences. Persécutées au cours du IVe siècle, les communautés marcionites disparaissent définitivement au cours du Ve siècle.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Ven 9 Sep - 20:36

DIARCHIE




La diarchie (ou dyarchie) est une forme de gouvernement où deux dirigeants règnent en position égale sur une société. Sparte, Rome,Carthage, le Grand-duché de Lituanie, l'Inde et des tribus daciennes(1) ont été des dyarchies. Les gouvernements d'Andorre et de Saint-Marin sont des exemples de dyarchies contemporaines.


Dans la Rome antique, par exemple, on qualifie de dyarchie le système politique mis en place par Auguste, avec un partage du pouvoir entre le princeps(2) et le Sénat(3)
.


La dyarchie est aussi une hérésie des premiers siècles de type dualiste rattachée au marcionisme qui considère qu’il existe un dieu bon et un dieu mauvais. Le terme vient du grec δυος (deux), et αρχος (pouvoir) ; il a été forgé d'après le concept de monarchie divine, qui désigne le Dieu trinitaire chrétien. (4)







(1) daciennes : La Dacie (en roumain : Dacia) est, dans l’Antiquité, un territoire de la région carpato-danubiano-pontique correspondant approximativement à ceux des actuelles Roumanie, Moldavie et des régions adjacentes. Le mot Dacie (du latin Dacia) vient du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces. Il a servi aussi à dénommer une marque d'automobiles roumaines.













(2) princepts : Un empereur romain est le dirigeant de l'Empire romain, depuis la fin de la République romaine avec Auguste (en 27 av. J.-C.) jusqu'à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident (Romulus Augustule,476) et à la chute de l'Empire byzantin (Constantin XI, 1453).


Dans la Rome antique, le terme ne définit pas une fonction précise et légale mais plutôt un conglomérat de pouvoirs qui ont pu s'ajouter, se soustraire ou changer au cours des siècles (en général basé sur une accumulation des pouvoirs républicains et du soutien de l'armée). Le titre d'« empereur », résultant d'un concept assez moderne, n'était pas utilisé par les Romains avec le même sens : si un homme était« empereur proclamé », il était souvent appelé « Auguste », « César » ou « Imperator » pour les militaires (dont est dérivé le terme empereur), alors que le titre est aujourd'hui utilisé pour résumer la position tenue par les individus détenteurs du pouvoir dans l'Empire romain.


Comme l'écrit Paul Veyne : « Le rôle d'empereur romain était d'une ambiguïté à rendre fou (...). Un César devait avoir quatre langages : celui d'un chef dont le pouvoir civil est de type militaire et qui donne des ordres ; celui d'un être supérieur (mais sans être un dieu vivant) vers lequel monte un culte de la personnalité ; celui d'un membre du grand conseil d'Empire, le Sénat, où il n'est que le premier parmi ses pairs, qui n'en tremblent pas moins pour leur tête ; celui du premier magistrat de l'Empire qui communique avec ses citoyens et s'explique devant eux. » Il n'est pas propriétaire de son trône, mais est un simple mandataire de la collectivité, chargé par elle de diriger la République.

Les empereurs romains refusaient d'être considérés comme des rois, préférant l'idée d'apparaître comme des leaders de la République, pourtant défunte. Le premier empereur, Auguste, évite toute association avec le terme de monarque, clamant que ses pouvoirs sont authentiquement républicains, et avec la période du Principat (27 av. J.-C.-285), les institutions républicaines (sénat, consuls,magistratures, etc.) sont conservées, et l'empereur est considéré primus inter pares, « premier entre ses pairs ». Avec Dioclétien, qui amorce le Dominat (285-476), ces institutions sont abandonnées, et les empereurs deviennent des « monarques », bien que le contraste avec les « rois » soit maintenu, et deviennent dominus et deus, « maître et dieu ». Dans l'Empire romain d'Orient (Byzantin), les empereurs adoptent le titre de Basileus (« roi » en grec), mais qui est réservé aux empereurs« romains », alors que les autres rois sont appelés Rigas.


En plus de leur fonction pontificale (Pontifex Maximus), les empereurs avaient un statut divin, initialement après leur mort, et, depuis le Dominat, à partir de leur accession au pouvoir. Lorsque lechristianisme prévaut sur le paganisme, le statut religieux des empereurs change, pour devenir lieutenant du Christ sur Terre.







(3) Le sénat romain est l'une des plus anciennes et des plus pérennes institutions politiques de la Rome antique. Il s'agit de l'assemblée composée des représentants des grandes familles de rang sénatorialqui joue un rôle religieux, législatif, financier et de politique extérieure important. Son rôle et son influence sur la vie politique romaine ont évolué tout au long de l'histoire romaine et atteint son apogée durant la République romaine, entre le IIIe et le IIe siècle av. J.-C.

Sous la monarchie, le Sénat n’est qu’une assemblée qui conseille le roi. Alors que le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe, est renversé à la suite d'un coup d’État, le Sénat survit à la chute de laMonarchie romaine en 509 av. J.-C.

Au début de la République, le Sénat demeure politiquement faible, alors que les magistrats cumulent tous les pouvoirs. La transition de la monarchie aux institutions républicaines est graduelle et il faut plusieurs générations avant que le Sénat soit capable d’affirmer son pouvoir sur les magistrats. Vers la fin de la République, à partir des réformes des Gracques, les pouvoirs du Sénat déclinent.

Le Sénat survit à la chute de la République et est maintenu durant l'Empire. Sous le principat, le Sénat semble détenir plus de pouvoir qu’il n’en a eu jusqu’alors mais à la différence du Sénat de la République, il n’est plus politiquement indépendant. L’empereur domine le Sénat et l'assemblée perd son prestige et finalement une grande partie de ses pouvoirs.


À la suite des réformes constitutionnelles de l’empereur Dioclétien, le Sénat perd tout pouvoir politique et n’a jamais retrouvé la puissance qu’il a détenue auparavant. Quand le siège du gouvernement est transféré hors de Rome, le Sénat est réduit à un corps municipal. Cette relégation est définitivement entérinée lorsque l’empereur Constantin crée une assemblée similaire à Constantinople. Après la chute de l’Empire romain d'Occident en 476, le Sénat continue de fonctionner mais en s'adaptant aux règles des barbares jusqu’à ce qu’il soit finalement abandonné un siècle plus tard.










(4) Dieu trinitaire chrétien :
Dans le christianisme, la Trinité (ou Sainte-Trinité) est le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts. La notion fut présentée pour la première fois par Tertullien.

L'énoncé du dogme de la Trinité se présente comme la conséquence de ce qui est dit du mystère de Dieu dans les Écritures : dans l'Ancien Testament, Dieu a révélé son existence et son unicité, ainsi que la venue du Verbe incarné ; dans le Nouveau Testament, ont été affirmés la divinité de Jésus-Christ et le caractère personnel de l'Esprit-Saint.


Le Père est « celui qui est éternel » (Eloah/Elohim) (אלהים) ou YHWH (souvent rendu en français parYahvé, le Seigneur ou l'Éternel), comme il ressort du passage du Livre de l'Exode où est révélé le Nom divin. Le Nouveau Testament souligne la paternité de Dieu, déjà reconnue dans l'Ancien Testament.


Le Fils, le Verbe ou la Parole de Dieu (Jésus-Christ), identifié comme celui qui était avec Dieu (Jn 11), est celui par qui le Père a créé le ciel, la terre et toute chose (comparer Col 115-16 et Hé 110 ; il ressort de Hé 18 que c'est le Père qui parle à son Fils]), et s'est incarné en Jésus-Christ (Jn 114). En lui « habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 29). En outre il est aussi l'alpha et oméga (Ap 2213), ce qui signifie « le premier et le dernier » (l'expression se trouve déjà dansEs 4812). Dans l'évangile de Jean, selon la TOB, Jésus se déclare lui-même « Je Suis » (Jn 858s; 24; 28 (allusion à Ex 314)), ce qu'il confirme en disant : « avant qu'Abraham fût, Je Suis » Jn 856s).


Le Saint-Esprit ou Esprit, en grec Πνεῦμα / Pneuma, est aussi appelé Παράκλητος / Paraclet, ce qui signifie « avocat, intercesseur »(Jn 1426). Il se distingue du Père et du Fils (Jn 14 ; Jn 1526 ; Jn 165s). Dans la doctrine chrétienne, il est l'« Esprit de Dieu » ou le« Souffle de Dieu » de l'Ancien Testament, hébreu רוח אלהים, Rûah, celui qui a inspiré les prophètes, s'est manifesté à la Pentecôte, et continue d'assister l'Église chrétienne. Il est surtout représenté par des symboles : la colombe, la tempête, le feu. Le texte évangélique précise : « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné »(Mt 1231 ; voir aussi Mc 329).


La croyance en la Trinité est commune aux principales confessions chrétiennes : catholicisme, orthodoxie, protestantisme et évangélique, en dehors de certains mouvements minoritaires. Cependant, il existe différentes interprétations théologiques du concept de la trinité entre les différentes confessions.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Sam 10 Sep - 11:29

GNOSTICISME




Le gnosticisme est un système de pensée qui regroupe des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par l'affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé Démiurge (1) ou Yahvé (2) . Le mouvement connut son apogée au cours du IIe siècle.


Le Démiurge peut être représenté sous la forme d'un archange et considéré comme l'incarnation du mal, ou comme un créateur bon mais imparfait. Il existe aux côtés d'un autre être suprême plus éloigné (Dieu) incarnant le bien et dont la connaissance est difficile. Afin de se libérer du monde matériel inférieur, l'être humain a besoin de la gnose, soit la connaissance spirituelle ésotérique (3) disponible par une expérience directe avec l'être suprême. Jésus de Nazareth est identifié par certains cultes gnostiques comme une incarnation de l'être suprême qui s'incarne pour apporter la gnose aux hommes.


Le terme gnose, du grec γνώσις / gnốsis (« connaissance »), désigne « des tendances universelles de la pensée qui trouvent leur dénominateur commun autour de la notion de connaissance ». Ainsi le Manichéisme, le mandéisme, la Kabbale (4) et l'hermétisme, entre autres, peuvent être considérés comme des formes de gnose. Par contre, le terme « gnosticisme » a une connotation historique précise.


Selon la définition du néoplatonicien (5) Plotin (6) , adversaire des gnostiques, ceux-ci sont :

« Ceux qui disent que le Démiurge de ce monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais. »


Ainsi, à leurs yeux, l'homme est prisonnier du temps, de son corps, de son âme inférieure et du monde.

Les gnostiques en concluent : « Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde», et de ce point de vue, le monde et l'existence dans le monde apparaîtront mauvais parce qu'ils sont mélange de deux natures et de deux mondes d'êtres contraires et inconciliables. Le gnostique sera celui qui retrouvera son moi véritable et qui prendra conscience de la condition glorieuse, divine qui était la sienne dans un passé immémorial.


Les gnostiques chrétiens se référaient tant aux textes canoniques qu'apocryphes, le plus célèbre étant l'évangile de Thomas (7) . D'inspiration chrétienne, le gnosticisme fut qualifié d'hérésie par les Pères de l'Église (08) de ce qui allait devenir la « Grande Église »chrétienne. Irénée de Lyon (9) , dans la deuxième moitié du IIe siècle dans sa Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur (ou Contre les hérésies) en a laissé le témoignage antique le plus important et le nom qui leur restera. Il est possible que certains de ces groupes aient revendiqué le terme. Les sectes gnostiques disparurent presque complètement à partir du IIIe siècle, mais leurs doctrines influencèrent d'autres religions comme le Manichéisme, le marcionisme et le catharisme.


Jusqu'au milieu du XXe siècle on ne disposait que de très peu de sources directes sur les gnostiques, celles-ci ayant été falsifiées ou détruites. Les principaux témoignages viennent de leurs détracteurs, notamment les pères de l'Église. La découverte en 1945 de la Bibliothèque de Nag Hammadi (10) (avec une première traduction complète en 1977), dont l'évangile de Thomas fait partie, a permis de renouveler la recherche sur le sujet.




1. Gnose et gnosticisme – Problèmes de définition et de catégorisation


En 1966 se tint à Messine un colloque au sujet de la Gnose. Parmi ses différents objectifs se trouvaient la définition d'un programme pour la traduction de la bibliothèque de Nag Hammadi récemment acquise et le besoin d'arriver à un consensus sur la définition du terme Gnosticisme. C'était une réponse à la tendance dominante depuis le dix-huitième siècle d'utiliser le terme « gnostique » non pas en relation à ses origines, mais plutôt comme une catégorie interprétative pour des mouvements philosophiques et religieux contemporains. Par exemple en 1835 le spécialiste du Nouveau Testament Ferdinand Christian Baur (11) avait construit un modèle de développement du gnosticisme culminant avec la philosophie religieuse de Hegel (12) ; ou encore plus récemment les tentatives du critique littéraire Harold Bloom (13) d'identifier des éléments gnostiques dans la religion américaine contemporaine, ou l'analyse de Eric Voegelin (14) des pulsions totalitaristes à travers le filtre interprétatif du gnosticisme.


Au sujet de gnosticisme, la conférence aboutit au prudent consensus suivant :

« Dans le document de conclusion de Messine, la proposition fut de désigner sous le nom de gnosticisme, "par l'application simultanée des méthodes historiques et typologiques"[...] "un groupe particulier de systèmes du deuxième siècle ap. J.C.", et d'utiliser le terme "gnose" pour définir une conception de la connaissance, indépendamment des époques, décrite comme une "connaissance des mystères divins réservée à une élite". »
— C. Markschies, Gnosis: An Introduction, p. 13.


En substance, il avait été décidé que le gnosticisme devenait un terme spécifique historiquement, réservé aux mouvements gnostiques répandus au IIe siècle, alors que la gnose serait un terme universel pour désigner un système de connaissances réservées à une élite privilégiée. Cependant, cet effort de clarté apporta aussi une certaine confusion conceptuelle, car le terme historique gnosticisme était une invention moderne, alors que le terme gnose avait une histoire : on appelait gnosticisme ce que les anciens théologiens avaient appelé Gnose… le concept de Gnose inventé à Messine était presque inutilisable dans un sens historique.


Du fait de ces problèmes, les ambiguïtés sur la définition précise du gnosticisme ont persisté. Néanmoins l'utilisation de gnosticisme dans un sens historique, et de Gnose dans un sens universel, est restée courante. Mais même l'utilisation de « gnosticisme » pour désigner une catégorie de religions du IIe siècle et IIIe siècle a récemment été remis en question. En particulier dans l'ouvrage de Michael Allen Williams  Repenser le gnosticisme (Rethinking Gnosticism: An Argument for the Dismantling of a Dubious Category), dans lequel l'auteur examine les termes qui définissent le gnosticisme en tant que catégorie, et en les comparant précisément avec le contenu des textes gnostiques (en particulier ceux de Nag Hamadi).


Williams affirme que les fondements conceptuels de la catégorie gnosticisme sont hérités des hérésiologues. L'accent a trop été mis sur le dualisme, sur le rejet du corps et de la matière et sur l'anticosmisme, sans que ces hypothèses aient été « testées » correctement. Ce faisant, Williams juge la catégorisation douteuse, et conclut que le terme doit être remplacé pour mieux refléter les mouvements qu'il comprend. Les remarques de Williams ont suscité le débat, mais à ce jour sa proposition de terme de remplacement « tradition biblique démiurgique » n'a pas été reprise largement.






a) les écrits gnostiques


La plupart des essais anciens, faute de pouvoir s’appuyer sur des documents originaux, héritèrent des erreurs d’appréciation des réfutateurs chrétiens qui combattirent les gnostiques aux IVe et Ve siècles. Ces textes parfois se recopient les uns les autres, et sans tenir compte des mythologies orientales sur les vestiges desquelles le gnosticisme s'était développé.


L'une des principales sources concernant le gnosticisme est Irénée de Lyon (IIe siècle). Il décrit dans les détails les doctrines gnostiques qu'il combat, de manière à prouver qu'il n'y a que peu de choses en commun entre la gnose et le christianisme. À cette époque, des gnostiques grecs se faisaient baptiser, mais tenaient à concilier leurs doctrines avec leur nouvelle religion. L'une des principales différences entre gnose et christianisme tient à la conception du Salut. Le christianisme exotérique le propose à tous tandis que la gnose, dans son ésotérisme, le réserve aux initiés.


Les plus anciens témoignages des réfutateurs datent du Nouveau Testament qui dénonce les hérésies et les faux prophètes, dont Simon de Samarie (15) et le diacre Nicolas (16) .


Pour la période jusqu’au IIIe siècle, on ne possède que les récits des hérésiologues, c'est-à-dire les réfutateurs des gnostiques .


L’établissement d’une histoire précise des mouvements gnostiques est impossible à cause de ce flou, et des livres dont les titres changent d’une version à l’autre et dont les véritables auteurs restent anonymes. Très peu de monuments ou objets relatifs aux gnostiques furent retrouvés.


Sur la période du IIIe au Ve siècles, les sectes se sont étendues en Égypte, où le sable conserva des écrits en copte. C’est pourquoi on retrouva, à partir de 1800, des textes dans les nécropoles égyptiennes.


L’Évangile de Marie (17) , le Livre secret de Jean (18) et la Sophia de Jésus-Christ (19) ont été achetés en 1896 en Égypte, dans un même lot de parchemins. En décembre 1945, plus de 40 écrits perdus furent retrouvés dans une jarre à Nag Hammadi, dont en premier lieu des écrits de sectes orientales, mais aussi des apocryphes chrétiens et des gnostiques. Cependant, cette bibliothèque n’est qu’un « instantané » de la pensée gnostique de l'époque, les textes y étant constamment remaniés et modifiés.


Quelques traités gnostiques :

• l'Évangile de vérité  ; L’Évangile de la Vérité ou évangile de Vérité est un traité gnostique du II° s., en copte, trouvé avec la bibliothèque de Nag Hammadi. Son titre vient des premières lignes du texte, car il n'a pas de titre.
• l'Évangile selon Thomas; c’ est un évangile qui ne comporte que des paroles de Jésus.
• l'Évangile selon Marie; c’est un texte gnostique, probablement du IIe siècle
• la Pistis sophia  ; c’est un traité gnostique, écrit en grec vers 330 par un Grec d'Égypte, conservé dans sa version copte écrite vers 350.
• l'Évangile de Judas ;  c’ est un texte apocryphe (c’est-à-dire non reconnu par les Églises) du IIe siècle. Document du mouvement gnostique à l'intérieur du Christianisme primitif, il fut découvert, dans sa version en langue copte (IIIe siècle), en 1978. En mauvais état et en partie démembré, ses pages 33 à 58 (du Codex Tchacos) sont aujourd'hui déposées à la Fondation Martin Bodmer à Genève.
• le Livre des secrets de Jean  ; c’est un texte mythologique gnostique de la fin du IIe siècle.
• le Livre sacré du Grand esprit invisible  ;  Le Livre sacré du Grand Esprit invisible, également nommé Évangile des Égyptiens, est un texte gnostique du IIe siècle rédigé encopte et figurant parmi les documents retrouvés à Nag Hammadi en 1945, dans les Codex III, 2 et IV, 2.
• l'Apocalypse d'Adam ; c’est un des textes de la Bibliothèque de Nag Hammadi.



b) le cas de l’Evangile selon Jean


Bien qu'il soit inexact de le qualifier de gnostique, l'Évangile selon Jean contient pour certains quelques éléments laissant à penser à une influence ou à des croisements possibles avec le gnosticisme.


En revanche, il est fort possible qu'il utilise un style gnostique pour contredire la gnose. Par exemple, il ne condamne pas le monde matériel, il affirme que Dieu veut sauver ce monde matériel et il encourage les lecteurs à rester dans le monde même s'ils ne sont pas de ce monde.


Le Logos est avec Dieu et Il est Dieu (Ch1,v1); affirmation cohérente avec la philosophie grecque et la gnose, en revanche plus bas il affirme "et le logos se fait chair et habite parmi nous" affirmation incohérente vis a vis de la philosophie grecque et provocatrice vis a vis de la gnose du Ier siècle qui affirme que le Logos est inatteignable hors la connaissance d'une petite élite des élus illuminés. Il y a donc un dialogue dialectique dans l’évangile de Jean qui utilise une logique gnostique pour déqualifier la gnose. Probablement l’auteur prend aussi le nom de Jean pour essayer de protéger la jeune foi chrétienne d'un système de pensée qui commence et qui deviendra presque dominante dans le IIe et IIIe siècles.



2. quelles sont les origines du gnosticisme ?


Trois hypothèses principales ont été proposées faisant remonter l'origine du gnosticisme au Ier siècle:

• La première, émise notamment par Adolf von Harnack (20) fait du gnosticisme une hellénisation du christianisme naissant.
• Le gnosticisme pourrait aussi être un retour aux sources orientales du christianisme, ou un syncrétisme (21) oriental.
• Enfin le gnosticisme pourrait être d'origine juive, car il intègre des traditions issues du judaïsme hellénistique (22) .

En effet, la vision des gnostiques est celle d'une dualité, développée d'une façon incroyablement variée et qui peut paraître paradoxale. Elle différait cependant des doctrines de leur époque sous trois formes :

• La cosmogonie (23)
• L'anthropologie (24)
• L'eschatologie (25)

Comme le dit Ioan P Couliano:

• « Les doctrines religieuses de l'époque connaissaient trois variantes, fixant le rôle de l'homme dans l'univers (le Cosmos). »
• « Ce monde a été créé pour cet homme » et cet homme a été créé pour ce monde (variantes bibliques)
• « Ce monde a été créé comme cet homme » et « cet homme a été créé comme ce monde » (variantes platoniciennes).


Mais la conception des gnostiques est au contraire :

• « L'homme a été créé contre le monde. »
• « L'homme est supérieur à ses créateurs. »
On peut qualifier cette attitude d'« anti-cosmisme ».


Les gnostiques, à l'image des « initiés » de ce temps, voyaient en Jésus, non un personnage historique, né d'une vierge et capable de marcher sur les eaux mais un être mythique, et le but de tout initié chrétien était de devenir un Christ.


Force est de constater que l'on retrouve des éléments gnostiques en marge des grandes religions, mais souvent en leur sein même et il en fut de même dans le christianisme naissant. Elaine Pagels a remarqué que les similitudes entre le gnosticisme et le bouddhisme ont incité certains universitaires à s'interroger sur leurs relations mutuelles et à se demander « si le "bouddha vivant" pourrait justement dire ce que l'Évangile de Thomas attribue au Jésus vivant, pour peu que les noms soient changés ». Bien qu'intriguée, elle soutient à juste titre qu'une telle ressemblance n'est pas concluante, des traditions parallèles pouvant apparaître dans des cultures différentes sans qu'il y ait d'influence directe.



3. expansions et fins du gnosticisme

Selon les témoignages des historiens anciens, c’est dans un cadre géographique allant de la vallée du Jourdain à l’Asie Mineure que les communautés gnostiques se manifestèrent à l’époque des apôtres. Simon par exemple enseignait la Gnose. On retrouve la trace des Nicolaïtes à Samarie, Nicolas à Antioche. Leur réflexion sur des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, dont certains considérés aujourd’hui comme apocryphes, marqués de l’hellénisme. Parmi ces livres, le livre des Jubilés (26) et le Livre d'Hénoch (27) sont parmi les plus significatifs.

Vers 120, les gnostiques gagnent Alexandrie, autour de Basilide (28) , Carpocrate (29)
et Valentin (30) (Valentinus ou Valentinius). Valentin se rendit à Rome, où sa gnose voila ses mythes orientaux d’une exégèse philosophique mêlée de christianisme. À Rome, des sectes fortement influencées par les éléments orientaux continuent d’affluer. Les sectes se propagent, notamment en Espagne. On peut mesurer l'influence du gnosticisme à la force et au nombre de ses réfutations.


En Iran : Mani (31) opère à une vaste synthèse des nombreux enseignements connue sous le terme Manichéisme, et Audi, un chrétien qui se sépare de l’Église après Nicée. De l’Orient, le gnosticisme s’étendit jusqu’à la Chine.

On retrouve aussi :

• les kantéens en Iran,
• les séthiens (32) disciples de Simon le Magicien qui formèrent un groupe important,
• les barbélognostiques (33)
, les archontiques, les ophites (34) (ou naassènes) aux pratiques hérités des mystères grecs,
• les pérates (35) ,les caïnites (36) , ces derniers louent Caïn (37) le fils prodigue d'Adam et Eve.


4. parenté et survivance des représentations gnostiques



Il est difficile de déterminer la manière dont resurgissent et d'où proviennent les idées gnostiques. Avons-nous affaire à une filiation ininterrompue et souterraine qui relie les époques ?

On les trouve chez les grands précurseurs que furent Platon ou Pythagore, et elles ont perduré jusqu'à Hegel de nos jours.

Elles sembleraient procéder, comme le dit Joseph Campbell (38) , d'une même « anatomie », c'est-à-dire de quelque chose d'inhérent à la nature humaine. Campbell croyait que toutes les religions du monde, tous les rituels et les déités n'étaient que les « masques » d'une seule et même vérité transcendante, laquelle serait « insaisissable » (inconnaissable). Il décrivait le christianisme et le bouddhisme, que l’objet en fût « la conscience de Buddha » ou « la conscience du Christ », comme un niveau de perception au-dessus des « oppositions binaires » telles que le bien et le mal. De telles conceptions unificatrices sont parfois mal reçues.

L'idée gnostique est présente au sein du bouddhisme, du judaïsme (Kabbale)  et plus tard de l'Islam avec l'ismaélisme (39) .

Mais elles circulèrent parmi les bogomiles et cathares du Moyen Âge, sans qu'on sache s'ils descendent de groupes gnostiques ayant survécu depuis l'Antiquité, ou s'il s'agit de résurgences suscitées par la transmission d’écrits gnostiques déguisés en apocryphes chrétiens.


Les survivances de la gnose la plus philosophique se décèlent dans la littérature alchimique, notamment les textes attribués à Hermès Trismégiste (40) . Peut-on dire que la gnose, avec la légende d'Hiram (41) , sa résurrection et sa mort, fait partie des racines de la franc-maçonnerie ?


De même, il y a intercommunication entre la littérature juive kabbalistique et certaines doctrines du gnosticisme hellénisé.

• En Orient, les gnostiques s'intégrèrent à l’Islam.
Aux confins de la Mésopotamie et de l’Iran certaines sectes survécurent jusqu'au XIIe siècle. On trouve, en effet, une influence du gnosticisme chez les musulmans chiites, mais aussi dans la foi druze. (42)

On trouve des traces de pensée gnostique chez les ranters, le Libre-Esprit et divers mouvements millénaristes. (43)

Le dualisme n'est d'ailleurs pas une spécificité des gnostiques des premiers siècles mais se retrouve dans le zoroastrisme, bien antérieur, et dans de nombreux cultes à mystères (44) autour du bassin méditerranéen.


• En terre d'Islam, le sens du mot « gnostique » ne revêt pas la même signification en Islam où ce terme est quasiment équivalent à mystique.

- Ainsi, les soufis (45) se désignent souvent par le terme « gnostique » au sens de « possesseur de la connaissance de Dieu », cette connaissance étant conforme aux dogmes musulmans mais dans un état plus « avancé ». Ainsi, stricto sensu, le gnostique musulman est un musulman et non un hérétique.



5. gnosticisme et christianisme naissant


Comme le dit Elaine Pagels, « Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire... à leur façon. Il n'est pas étonnant qu'ils soient les premiers à en définir les termes... Ensuite ils démontrent que leur triomphe était historiquement inévitable ou, en termes religieux, qu'ils étaient guidés par le Saint-Esprit. » L'opinion courante veut que le gnosticisme soit une branche déviante de ce qui allait devenir le christianisme.


L'idée dominante serait que le gnosticisme est une adaptation juive des anciens Mystères païens. La future religion d'état instituée par Constantin se serait ainsi purifiée et séparé d'éléments déviants. S'appuyant sur la foi plus que tiède de Constantin (46) , elle fermait les temples antiques, interdisait les cultes à Mystères et détruisait ou falsifiait les textes. Ces textes auraient peut-être pu donner une vision différente de l'antiquité, de la Gnose et du Gnosticisme.



6 les thèmes principaux


Les auteurs gnostiques abordent la plupart des thèmes mythologiques et eschatologiques, les réinterprètent en passant par la révélation d’une « histoire secrète », d'un mythe total : l’origine et la création du Monde ; l’origine du Mal ; le drame du Rédempteur divin descendu sur Terre afin de sauver les hommes ; la victoire finale du Dieu transcendant, conduisant à la fin de l’Histoire et l’anéantissement duCosmos .


Le point de départ est la considération, par l’individu, de sa situation face au monde : que suis-je, pourquoi ce monde me semble-t-il étranger, qu’étais-je à l’origine et comment (éventuellement) revenir à cette situation ? C’est la prise de conscience d’une déchéance impliquant que le Bien et le Mal sont deux éléments inconciliables, absurdement mêlés ici-bas par un accident contraire à la volonté divine. La révolte intime contre le Mal est la preuve de l’appartenance au Bien, à un absolu parfait extérieur à ce monde .


L’humanité est divisée en trois catégories :


• ceux qui se sentent (donc, se savent) pourvus d’une perfection innée dont la nature est esprit : les pneumatiques; pneuma veut effectivement dire « esprit ». En grec sont les spirituels ceux qui sont prédestinés au salut ;
• ceux qui n’ont qu’une âme et point d’esprit, mais chez qui le Salut (47) peut encore être introduit par instruction : les psychiques, ceux qui possèdent une âme et peuvent être sauvés au prix d'un effort personnel et d'une conversion ;
• enfin, les êtres dépourvus d’esprit et d’âme, uniquement constitués d’éléments charnels voués à la destruction : les hyliques.

Le but premier du gnostique est la délivrance de sa parcelle divine, aliénée dans un monde matériel corrompu, et sa remontée vers les sphères célestes. Cette délivrance passe par la Gnose, la connaissance parfaite de la nature de l’esprit, des structures de l’univers, de son histoire passée et future.

Le premier aspect de la Gnose porte sur les origines du monde matériel et de l’homme, le Mal s’expliquant par la chute accidentelle d’éléments supérieurs dans un cosmos matériel, temporel et sexué, au fond duquel ils se sont disjoints, dispersés et emprisonnés sans pour autant perdre leur pureté. Le second aspect de la Gnose vise la Destinée de l’humanité et du Cosmos, aboutissant à la dissolution finale de la matière, à la libération de l’esprit et au retour à l'unité parfaite intemporelle dont les élus, ici-bas, gardaient le souvenir. Le monde supérieur ayant seul été organisé par une intelligence authentiquement créatrice, le matériel n’en est qu’une copie maladroite. De même, l’homme terrestre est l’image imparfaite d’un modèle céleste. On voit l’idée de Décadence, puis de Rédemption. Pour les Élus, le Salut peut être personnel, alors que pour les autres le rachat se fera par une eschatologie générale ayant pour terme la destruction de l’univers matériel .


du pro-Père au Démiurge

Le chapitre suivant décrit une représentation typique d'un mythe gnostique qui lui-même prend différentes formes selon les textes.


À l’origine de tout,

Il y a un Éon (48) parfait, invisible, inconcevable et éternel, habité par un Être absolu et immuable, le Pro-Père, replié sur lui-même et coexistant avec sa Pensée qui est, elle, Silence absolu.

De cette unité primitive du Pro-Père et de sa Pensée émane une seconde image du Père. Cette première émanation est dégagée de l’isolement primordial et capable d’engendrer. Elle suscite alors l’apparition des trente éons hiérarchisés du Plérôme.


La présence du Plérôme

Le Plérôme (49) est un terme grec signifiant « plénitude » et qui désigne le monde céleste formé par l'ensemble des éons, que le gnostique atteindra à la fin de son aventure terrestre. On y retrouve : Monogène, Logos (50) , Mère céleste, Homme primordial, Fils de cet Homme (ou Seth céleste), grande Génération des Fils de l’Homme primordial, Sophia (51) (Sagesse, parfois qualifiée de lascive), etc. Ces éons vont par couples, féminin/masculin, appelés syzygies (52) . Les éons sont, en même temps que des personnifications de concepts, des univers à part entière, infinis et éternels, reproduisant le schéma général du Plérôme tout entier et de l’Inengendré suprême.


Dualisme radical ou mitigé

L’opposition entre le monde idéal de la Lumière et celui, imparfait, des Ténèbres et de la Matière peut suivre 3 schémas.

Les plus radicaux situent, à l’origine de la création du monde matériel, une subite agression des eaux ténébreuses préexistantes contre la Lumière d’en haut, attaque qui se déroule dans l’espace intermédiaire d’un troisième principe, air ou vide. On retrouve ce thème chez les bogomiles et les manichéens.

Plus fréquemment, la Lumière d’en-haut préexiste seule à toute création. Un accident survenu dans le monde supérieur engendre une puissance difforme et ignorante, Ialdabaôth (53) , autour de qui se forme un éon ténébreux, notre bas monde. La Lumière entreprend une œuvre salvatrice pour anéantir cet éon maléfique. Selon une première variante, Sabaôth, le fils d’Ialdabaôth, va découvrir la Lumière et sera mis par les puissances supérieures à la place de son père pour engager le cosmos vers le salut. Une seconde variante montre Ialdabaôth revenant lui-même au bien.


Les diverses divinités sont considérées comme perverses, liées au monde matériel, tel le Démiurge de la Bible. Les gnostiques n’emploient pas le terme « Dieu » pour désigner l’Être infini dont tout le monde supérieur émane.


La rédemption

Ainsi, Sophia est prise d’égarement, elle s’éprend d’amour pour la matière vers laquelle elle descend et où elle s’enlise. Une autre version dit que Sophia, emportée par sa vanité, voulait ressembler à l’Entité suprême en engendrant seule sans sa contrepartie masculine. S’ensuit l’apparition d’un être difforme, Ialdabaôth, que Sophia cacha sous un voile qui formera le ciel, limite entre les mondes supérieurs et le monde matériel. Sous ce voile, Ialdabaôth ignorait tout de la Lumière, ne disposant en son sein que d’une étincelle céleste héritée de sa mère. Sophia fut exilée du monde supérieur après sa faute. Du fond de l’abîme Ialdabaôth engendra la matière, il est le Démiurge. Il s’unit à sa propre Ignorance pour engendrer les archontes correspondant aux zodiaques et aux planètes.

Des archanges et anges leur sont associés. Le repentir de Sophia touche les puissances suprêmes qui la tirent de l’abîme et l’établissent aux abords inférieurs du monde de la Lumière, purgatoire où elle attendra d’être plus complètement relevée de sa déchéance.


L'éternel féminin

Le principe féminin a un rôle important dans les éons, des figures féminines vont jouer des rôles prophétiques, les gnostiques ne semblent pas considérer la femme comme inférieure à l’homme. Mais le retour de l’élément féminin à sa contrepartie masculine reste une condition indispensable à l’accès à la perfection céleste, et Sophia est responsable de l’erreur qui a conduit la chute vers la matière. Par exemple, l'Évangile de Marie-Madeleine accordera à la figure de celle-ci une place au moins aussi importante qu'aux apôtres.



7) la personne de Jésus


Malgré leurs différences, les évangiles canoniques décrivent Jésus comme un personnage historique et se présentent comme l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament. Mais pour certains chrétiens gnostiques cette réalité paraissait secondaire par rapport à la signification qu'on lui prêtait. L'Évangile de Thomas indique : « Ses disciples lui dirent - Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et ils ont tous parlé de toi. Et il leur dit : Vous avez délaissé celui qui est vivant en votre présence et vous avez parlé de ceux qui sont morts ».


Pour le gnostique, la réalité apparaît secondaire par rapport à la signification qu'on lui prête. Il n'y a donc pas d'autorité absolue dans le monde matériel, dans le royaume des ténèbres ou mondes des morts. La réalité est pour le gnostique le monde spirituel, le monde de la Vie, le divin. Ainsi on peut comprendre l'extrait de l'Évangile de Thomas qui précède ainsi :


• « Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et ils ont tous parlé de toi » dans le sens « tous les prophètes annoncent la même bonne nouvelle : le chemin de l'éveil de l'esprit (Christ) en l'homme »
• « Vous avez délaissé celui qui est vivant en votre présence » dans le sens « Vous avez oublié l'étincelle d'esprit du monde divin qui gît en vous ».
• « Vous avez parlé de ceux qui sont morts » dans le sens « vous avez parlé de l'homme matériel, ceux qui sont voués à la mort, ce qui est poussière ».

De plus, il y a, chez ces gnostiques, une réflexion profonde sur la personnalité de celui qu'ils nomment le « Sauveur ». Selon Madeleine Scopello, le sauveur gnostique reste fondamentalement étranger au monde matériel. En effet, il est du monde spirituel, il est aussi appelé Christ. On retrouve ainsi ce thème : Le Sauveur descend sur terre pour le salut des hommes et à son tour, il assume, pour un temps leur destinée. Non dans le but de donner un sens au monde à la souffrance ici-bas, mais pour délivrer les parcelles lumineuses qui s'y sont dévoyées.


Le seul « sens au monde à la souffrance ici-bas » est de permettre par l'expérience, la libération de l'esprit endormi en l'homme.



a) le destin de l’Homme

Parmi les éons, il y a l’Homme (primordial, originel) ainsi que le Fils de l’Homme. C’est à partir de son reflet que le Démiurge et ses archontes décident de fabriquer l’homme, Adam. Le Père, grâce à ses anges déguisés en archontes, suggère au Démiurge d’insuffler son esprit, la Lumière dont il s’était emparé, à Adam. La Lumière est ainsi passée à l’humanité. De rage, les archontes emprisonnent Adam dans l'Éden, vu comme un lieu terrible. Les puissances d’en-haut cachèrent la Gnose et la Vie dans le fruit défendu, et envoyèrent un Sauveur sous la forme du serpent pour inciter Adam et Ève à s’emparer de ces secrets.


Les archontes installent en Adam un second esprit, le contrefacteur, qui va sans cesse combattre les mouvements de l'esprit tiré vers le haut. Le premier couple est expulsé de l'Éden par le Démiurge, furieux. Il souille Ève de sa lubricité, ce qui explique la génération d’Abel et Caïn. La vraie postérité d’Adam ne commence qu’avec Seth, dont seule la descendance, les parfaits, est promise au salut. Le Démiurge envoie le Déluge pour anéantir les parfaits, mais Noé s’abrite avec les siens dans l’Arche et finalement c’est la race née de l’union des anges du Démiurge et des filles de la terre qui est anéantie .


Les archontes sont liés à la voûte céleste, au mouvement des planètes. Chaque partie de l’homme, physique ou psychique, appartient souverainement à la puissance de la voûte céleste qui l’a façonnée. Dans ce corps assemblé descend une âme qui, traversant l’un après l’autre chacun des cieux des planètes, y reçoit, en fonction du moment de ce passage, telle ou telle disposition par laquelle l’individu restera soumis aux astres. Enfin, les puissances insinuent dans le fœtus l’esprit contrefacteur destiné à contrarier les pulsions éventuelles de l’homme vers le salut.


Le mélange de tous ces facteurs entraîne des degrés de perfections fort différents qui expliquent les 3 grandes catégorisations de l’humanité (pneumatique, psychique ou hylique).



b) l’eschatologie


Le Démiurge ne cesse d’envoyer contre les parfaits des cataclysmes et persécutions. Il faut éveiller les élus en leur rappelant leurs origines (racines) célestes. Pour cela, des sauveurs et des prophètes sont envoyés d’en-haut pour dispenser confidentiellement leurs révélations. L’acte final du salut de l’humanité est la descente d’une puissance de la Lumière jusqu’au fond des Enfers.

L’œuvre salvatrice est associée à la descente de la Mère Céleste dans les abîmes où l’humanité est prisonnière, mythe remontant à la descente d’Ishtar aux Enfers. Seth aurait eu une incarnation céleste, et les mages (Zoroastre, etc.) sont les prophètes gardiens de l’enseignement secret d’Adam et Seth. La figure de la Mère sera remplacée par celles de Seth puis du Christ.


Annoncé par un signe des cieux, le Sauveur va descendre, d’abord déguisé en archonte des cieux inférieurs, puis revêtu de toute sa gloire. Les gnostiques répugnant à l’idée d’incarnation, le Sauveur est incorporel. Dans certaines versions du mythe le Sauveur doit subir les conséquences humiliantes de l’incarnation pour transmettre son message à quelques élus avant de retourner au Ciel. Parfois il oublie sa mission et doit être lui-même sauvé (mythe du « Sauveur sauvé »).


L’amnésie, l'oubli de la condition originale est une image spécifiquement gnostique. En se tournant vers la Matière, l’âme oublie sa propre identité. C’est la mort spirituelle. Le mythe du Sauveur Sauvé tourne autour de cette notion d’amnésie, qu’illustre l'Hymne de la Perle, dans les Actes de Thomas. La découverte du principe transcendant à l’intérieur de Soi-même constitue l’élément central de la religion gnostique. Cette redécouverte, l’anamnèse, est obtenue grâce à un messager divin et grâce à la gnose. Dans les Évangiles, l'aspect de l'oubli est bien éclairé quand Jésus sur la croix dit: « Mon peuple se perd faute de connaissance » (N’apparaît pas dans les Évangiles, mais bien dans Osée 4v6).


Le symbole du sommeil est également utilisé dans ces mythes. C’est un symbole archaïque universellement répandu dans la quête de l’initiation, signifiant le retour au point de départ, à l'origine. Ne pas être endormi c'est s'adresser à l'étincelle d'esprit qui gît en l'homme. Être « éveillé », c'est être non seulement pleinement conscient mais vivant selon l'esprit, ce qui veut dire : être présent au monde de l’esprit. L'état de mort est souvent utilisé par les gnostiques dans le même sens que sommeil. D'ailleurs dans le Bouddhisme le sommeil est appelé aussi la petite mort. Dans l'Évangile de Luc (54) , chapitre 3 versets 31-40, Jésus, dans une parabole, rappelle a tout homme qu'il doit rester éveillé et prêt à l'avènement du Fils de l'homme.


Finalement, le rédempteur remontera aux Cieux, occasion d’un bouleversement céleste qui fixera les archontes aux planètes, traversant la voûte céleste à l’endroit d’un X gigantesque considéré comme la Croix céleste. Ce phénomène de la crucifixion sur le X céleste est déjà attesté à Rome au moment de l’avènement du règne d’Auguste, à qui on attribue déjà l’abolition de la Fatalité astrale.


Les gnostiques pensaient être arrivés à la fin des temps. Les livres prétendument gardés secrets venaient d’être ressortis de leurs cachettes. Pour les Parfaits, l’enseignement portait sur les mystères de la descente et de l’ascension du Sauveur/Christ à travers les 7 cieux habités par les anges, et sur l’eschatologie individuelle, c'est-à-dire l’itinéraire mystique de l’âme après la mort. Cette tradition fait écho à l’ésotérisme (juif et d’ailleurs), à l’ascension de l’âme et aux secrets du monde céleste.



c) l’âme après la mort


Un certain nombre de mouvements gnostiques, chrétiens et non-chrétiens, ont accepté la doctrine de la réincarnation.


L’homme est asservi aux puissances des cieux visibles qui l’ont façonné. Les gnostiques pensent pouvoir réduire leur puissance en employant des conjurations contenant les noms secrets de ces puissances. Ils mettent également en place des rites pour échapper aux égarements de « l’esprit contrefacteur ». Au moment de la mort, un élu muni de tous les sacrements de la gnose fait son ascension à travers les cieux sans retour : il présente les sceaux aux gardiens pour que les portes lui soient ouvertes. Des autres, les moins souillés sont purifiés dans les purgatoires des espaces célestes, montant parfois d’une sphère à l’autre lors d’une conjonction astrale. Mais bien des malheureux sont rejetés vers le bas, tourmentés en Enfer, avant d’être soumis à l’oubli de leur vie précédente et rejetés dans de nouveaux corps.



d) la morale


Les gnostiques, qui voient le corps charnel asservi dans ses actes et ses passions à la souveraineté des planètes ou encore estimant que l'Homme est pourvu d'une grâce capable de le délivrer de ses actes, n'ont pas de notions de moralité individuelle très strictes.


La gnose peut donc aussi bien conduire à un ascétisme rigoureux qu'à certaines libéralités, en opposition volontaire avec des lois bibliques. La chair appartenant à la matière, qui est d'origine spirituelle, une certaine sexualité n'est pas réprouvée, au contraire. Les pratiques licencieuses de certains groupes gnostiques ne sont pas suivies par d’autres groupes gnostiques et réprouvées par des opposants chrétiens.


Enfin, l'héritage de certains Mystères grecs (par exemple chez les Naassènes) est l'origine de comportements érotiques particuliers à valeur sacrale, destinés à célébrer l'union avec Sophia-Gaïa.



e) la hiérarchie et les rites

Il y aurait eu trois grades : les « commençants », les « progressants » et les « parfaits ». L’enseignement ésotérique aux fidèles portait sur le symbolisme du baptême, de l’eucharistie, de la Croix, sur les Archanges et sur l’interprétation de l’Apocalypse. L'enseignement gnostique était secret dans le sens qu'il se transmettait de manière orale. Pour éviter d'être repérée, la Gnose se dissimulait, évitant d'imposer des manières de vivre voyantes. On connaît mal l'organisation interne des sectes. Des témoins anciens, seul Épiphane (55) a essayé de pénétrer la vie des sectes.


Les parfaits sont voués au respect de tous les préceptes de la Gnose et leur identité première s'efface devant quelque surnom mystique. Les simples fidèles continuaient leurs existences impures en subvenant aux besoins des élus. Les premiers fondateurs, et parfois leurs successeurs, s’étaient présentés comme des prophètes ou des incarnations de puissances célestes. À des fins de conciliation, les gnostiques se présentaient d'abord aux chrétiens comme leurs amis, ne mettant en avant que les doctrines les plus proches puis posant des questions destinées à ébranler l'interlocuteur. De même, ils modifiaient certains de leurs textes en leur donnant une apparence plus orthodoxe .


Enfin, tout comme le christianisme se répandait par la thaumaturgie (56) , la gnose attirait par la magie et l'astrologie (très répandue au début de l’ère chrétienne), qui tiennent une place très importante dans leurs écrits.


Les rites étaient divers. Les uns individuels, les autres collectifs, destinés aux divers échelons des initiés, et donc plus ou moins secrets. Il s'agissait principalement de baptêmes, d'onctions, d'impositions des mains, de communions, d'agapes et d'unions spirituelles plus ou moins symboliques. Dans certains groupes, la frontière entre la Gnose et les magies gréco-orientales est très perméable.



8. les maîtres gnostiques


Simon et Dosithée étaient des gnostiques qui officiaient en Samarie.


Ménandre, disciple de Simon, introduisit le gnosticisme à Antioche. Son héritier, Satornil, fut actif à Antioche de 100 à 130. À Antioche, également, Nicolas le diacre.


Cérinthe, un judéo-chrétien contemporain de Jean, voit Jésus comme le fils de Joseph et de Marie. Jésus reçut en lui le Christ, mais plus tard. Cérinthe s’établit ensuite à Alexandrie. Là, Carpocrate proclama une théorie analogue concernant Jésus.
À Alexandrie on retrouve Basilide (disciple de Ménandre), Carpocrate et Valentin. Ce dernier se rendit ensuite à Rome.


a) Simon le Magicien

Il est vu comme le premier hérétique et l’ancêtre de toutes les hérésies. Ses disciples sont devenus gnostiques après la catastrophe de 70 (la destruction du Temple de Jérusalem), formant la secte des séthiens.

Il était adoré comme le « premier Dieu », et sa compagne Hélène, découverte par Simon dans un bordel de Tyr, était considérée comme la dernière et la plus déchue incarnation de la « Pensée » de Dieu. Rachetée par Simon, elle est devenue le moyen de la rédemption universelle. L’union du magicien et de la prostituée assure le salut universel, car cette union est en réalité la réunion de Dieu et de la Sagesse divine.

Selon la légende, Simon annonça à Rome son ascension au Ciel, mais la prière de l’apôtre Pierre le fit retomber lamentablement.


b) Basilide


Basilide exerça son activité de 125 à 155 à Alexandrie. Il fut un des premiers maîtres gnostiques. Il écrivit 24 livres d’exégèse de l’Écriture, synthèse des doctrines enseignées par les disciples de Simon le Magicien. Mais c’est surtout par ses observations critiques qu’on connaît ses idées, reprises par son disciple et fils Isidore, puis par toute une école théologique.

Il professait la transcendance absolue de Dieu, de qui la Pensée, puis la Parole, puis la Prudence, la Sagesse et la Force avaient émané. De là étaient sortis les anges et les puissances constituant le premier ciel, puis les 365 cieux qui séparaient Dieu du groupe des anges les plus modestes, lesquels avaient créé le monde et s’étaient réparti entre eux les peuples.

Yahvé, le Dieu paléo-testamentaire, était un personnage querelleur et autoritaire qui avait semé le désordre et dont le peuple était constamment agressif. Dieu intervint alors en envoyant dans le monde sa Pensée comme Christ.

À tous les niveaux, sauf le plus élevé, l’ignorance conduisait chacun des êtres célestes intermédiaires à se prendre pour le Dieu Suprême.

Le salut était apporté par la Connaissance (Gnôsis) révélée par le Christ et les maîtres inspirés. Avec cette gnose, le Mal était surmonté puisqu’il n’était que l’œuvre du méchant Yahvé. La souffrance des justes était perçue comme une expiation pour les péchés de chacun des croyants, ce qui constitue une grave dérive par rapport à la doctrine originelle des dits gnostiques.


C) Valentin

Il fut le plus important des maîtres gnostiques. Il naquit en Égypte et fut éduqué à Alexandrie. Il enseigna à Rome entre 135 et 160. L'Évangile de vérité, ainsi que d’autres textes découvert à Nag Hammadi, se rattachent à l’école valentinienne.

D’entre les grands gnostiques, il n’y a guère que les valentiniens qui, lorsqu’ils se réfèrent aux enseignements chrétiens, le fassent d’après les évangiles canoniques.

Le Père, premier principe absolu et transcendant, est invisible et incompréhensible. Il s’unit à sa compagne, la Pensée (Ennoia) et engendre les 15 couples des éons, formant le Plérôme. Le dernier des éons, Sophia, veut connaître le Père et provoque une crise qui entraînera l’apparition du mal et des passions. Sophia et ses créations sont rejetées, produisant une sagesse inférieure.

En haut, un nouveau couple est créé, le Christ et son partenaire féminin le Saint-Esprit. Le Plérôme, de nouveau pur, engendre le Sauveur Jésus. En descendant dans les régions inférieures, le Sauveur mélange la matière, provenant de la sagesse inférieure (hylique), avec les éléments psychiques, engendrant le Démiurge, le dieu de la Genèse, qui se croit seul Dieu. Celui-ci crée le monde et le peuple de deux catégories d’hommes, les hyliques et les psychiques. Mais des éléments venant de la Sophia supérieure s’introduisent dans le souffle du Démiurge, donnant naissance aux pneumatiques. Le Christ descend alors sur Terre pour révéler la connaissance libératrice. Les pneumatiques, réveillés par la gnose, remonteront vers le Père.
La rédemption du dernier pneumatique sera accompagnée par l’anéantissement du Monde, de la Matière.

La Matière a une origine spirituelle, c’est un état, une « expression externe solidifiée » de l’Être absolu. L’ignorance (l’aveuglement de Sophia) est la cause première de l’existence du Monde. La connaissance constitue la condition originelle de l’Absolu.


d) Marcion

Marcion (v.85- v.160) est un personnage capital du christianisme primitif mais c'est aussi le premier grand hérétique. Marcion est né dans une famille chrétienne du Royaume du Pont (57) . C’est un représentant typique des élites chrétiennes non juives. Son père, riche armateur, fut épiscope (58) de Sinope. Il part en Asie Mineure avant de se rendre à Rome vers 135 où il est le premier à amener les lettres de Paul inconnues auparavant. Il devint membre influent de l’Église de Rome en lui faisant une importante donation avant d'être excommunié par celle-ci pour ses positions. Ce rejet est sans influence en Bithynie où il s'en retourne reprendre la charge sacerdotale de son père.

Il publia les Antithèses, où il dit que le Dieu de Jésus n’a rien à voir avec le Créateur de l’Ancien Testament, divinité ignorante, brutale et matérialiste. Il rejette les anciennes Écritures, ne gardant qu’une sélection des nouveaux écrits . Exclu de l’Église de Rome en 144, il se lance dans des campagnes missionnaires, fonde de nombreuses églises où l’on pratiquait une morale très austère, comportant la renonciation à la sexualité et à la vie de famille, tout en se préparant au martyre. Son Église qui s’étend « à tout le monde habité » rivalisera longtemps avec la Grande Église avant de disparaître vers le IXe siècle.

Du fait que Marcion retenait certains textes chrétiens du Nouveau Testament considérés ultérieurement comme canoniques, bien des critiques refuseront de considérer Marcion comme un gnostique. Adolf von Harnack en fait une des figures les plus importantes de l’histoire de l’Église entre Paul de Tarse (59) et Augustin d'Hippone (60) .

Marcion partage l’essentiel du dualisme gnostique, sans inclure les implications apocalyptiques. Il oppose la Loi et la Justice, instituées par le Dieu Créateur de l’Ancien Testament, Yahvé, à l’Amour et à l’Évangile, révélés par le Dieu Bon à travers Jésus. Par la prédication de Jésus, le Démiurge apprend l’existence du Dieu Transcendant, et il se venge en livrant Jésus à ses persécuteurs. Par son sacrifice, Jésus rachète l’humanité au Dieu Créateur. Mais les fidèles continueront d’être persécutés jusqu’à la fin des temps, lorsque le Dieu Bonse fera connaître, qu’il les recevra dans son royaume, et qu’il anéantira la Matière et le Créateur/Démiurge.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Sam 10 Sep - 13:52

(1) Le démiurge , ou le créateur, est la déité responsable de la création de l'univers physique dans diverses cosmogonies.

Le mot vient du grec δημιουργός, démiourgos, formé de « démos », signifiant « gens du commun » (soit « peuple ») et de « ergos », « travail ». Littéralement, le mot signifiait artisan ou fabricant. On attribue à Platon la première mention du démiurge, qu'il définit comme le dieu organisateur qui créa le monde à partir de la matière préexistante. Dans le gnosticisme (Yaldabaoth), c'est une divinité archangélique, têtue, irascible, « émanée du vrai Dieu », il est la cause du mal par sa création désastreuse qui mêla la matière à l'étincelle divine. Cette création dont les origines furent la rébellion et son choix pour les autres anges du libre arbitre (le fait de se rebeller relève de la possession du libre arbitre, capacité que les anges normalement n’ont pas) créa au sein du monde physique qu'il dessina l'éternel dualisme. Cette matière imparfaite produisit le mal par imperfection et par essence, mais aussi par opposition à la perfection de l'âme (gnosticisme). Le monde physique fut ainsi superposé aux regards des hommes, les rendant ignorants et aveugles de toutes vérités, réalités et sagesses (gnose).





(2)  Yahvé :  Yahweh, aussi écrit dans les publications Yahvé, Iahvé, Jéhovah, Yhwh ou YHWH (de l'hébreu יהוה(yhwh)), est une divinité ouest-sémitique du Proche-Orient ancien étroitement associée à l'Israël antique. Yahweh semble être une divinité nationale ou ethnique, vénéré dans les royaumes d'Israël et de Juda. Son sanctuaire principal est le premier Temple de Jérusalem. Dans la Bible hébraïque, Yahweh (YHWH) est présenté comme le dieu national des Enfants d'Israël. En dehors de la Bible, l'archéologie a fourni des exemples du lien entre le théonyme Yahweh et les Israélites. La religion de l'Israël antique ressemble beaucoup à celle des autres peuples sémitiques du Proche-Orient ancien, notamment à celles de la zone syro-palestinienne. Le culte israélite développe cependant avec le temps des caractéristiques uniques qui l'isolent des autres religions.









(3)L’ ésotérique (du grec ancien esôteros, « intérieur ») est l'ensemble des enseignements secrets réservés à des initiés.
Ce terme, dont le sens diffère de façon notable selon les époques et les auteurs, est parfois utilisé dans la culture populaire pour parler de courants de pensée marginaux à composante secrète ou étrange (sociétés secrètes, occultisme, paranormal, etc.)


(4)La Kabale   (de l'hébreu קבלה Qabbala « réception », forme anglicisée écrite plutôt Cabbale ou Qabale en français) est une tradition ésotérique du judaïsme, présentée comme la « Loi orale et secrète » donnée par YHWH (Dieu) à Moïse sur le mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » (la Torah). Elle trouve sa source dans les courants mystiques du judaïsme synagogal antique.

Le Baal Hasoulam (Yehouda Ashlag), kabbaliste du XXe siècle, en donne la définition suivante : « Cette sagesse n'est ni plus ni moins que l'ordre des racines, descendant à la manière d'une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s'unissant au nom d'un but unique et exalté, décrit par le nom « révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde » ». Georges Lahy définit la kabbale comme « la dimension interne de la Torah, correspondant au sod (la connaissance secrète) des quatre niveaux de l'intérieur de la Torah (connus sous le nom de pardès) » : Peshat, Remez, Drash, Sod.


Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapprochent spirituellement l'homme de Dieu, ce qui confère à l'homme un plus grand discernement sur l'œuvre de la Création par Dieu. Outre des prophéties messianiques, la Kabbale peut ainsi se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme.


Dans Morals And Dogma, Albert Pike déclare que la franc-maçonnerie est un produit de la kabbale. Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le Centre de la Kabbale qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique Madonna, mais qui est dénoncé comme imposture par les rabbins traditionalistes.








(5) néoplatonien : Le néoplatonisme est une doctrine philosophique, élaborée par des platoniciens de l'Antiquité tardive à la suite du médio-platonisme. Philon d'Alexandrie initie ce mouvement vers 40, puis il se développe à Rome à partir de 232 par Ammonios Saccas, Porphyre de Tyr et surtout Plotin, maître du précédent. Le néoplatonisme est une école qui fut très influente dans l'Antiquité, avec de grands continuateurs comme Proclus, jusqu'à l'exil de ses derniers représentants comme Damascios et Simplicios de Cilicie, en 529, suite à la fermeture des écoles et lieux de culte païens par l'empereur Justinien.

Le néoplatonisme ou platonisme de l'Antiquité tardive tente de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale comme les Oracles chaldaïques, ainsi qu'avec d'autres écoles de la philosophie grecque, notamment celles de Pythagore et d'Aristote. L'œuvre d'Aristote finit par être conçue par les néoplatoniciens comme une introduction à l'œuvre de Platon.

Le mot « néoplatonisme » a été inventé par Thomas Taylor, dans sa traduction des Ennéades de Plotin (1787), et repris par Heinrich Friedrich Karl vom Stein en 1864 dans Sieben Bücher zur Geschichte des Platonismus. Ce mot peut cependant être source de confusion pour le public non averti. En effet, ces philosophes tenaient compte aussi d'autres philosophies comme celle d'Aristote. Les néoplatoniciens se disaient eux-mêmes simplement platoniciens, mais cette appellation n'est plus exacte aujourd'hui tant leurs apports à la philosophie de Platon furent nombreux : tout en lui étant restés fidèles, ils ont amplement différé de lui.

Le néoplatonisme se caractérise notamment par l'importance donnée au Premier Principe (l'Un, en général) en métaphysique et par des expériences mystiques. Grâce à sa rigueur philosophique et à sa profondeur spirituelle, et bien que résolument polythéiste dans sa version la plus orthodoxe, le néoplatonisme eut pendant des siècles une profonde influence sur la philosophie juive, la philosophie chrétienne et la philosophie islamique, et même sur des philosophes comme Hegel.






(6)  Plotin , en grec Πλωτῖνος, en latin Plotinus (205 - 270 ap. J.-C.), philosophe gréco-romain de l'Antiquité tardive, est le représentant principal du courant philosophique appelé « néoplatonisme ». Il installe son école à Rome en 246, où Amélius fut son premier disciple. Sa relecture des dialogues de Platon fut une source d'inspiration importante pour la pensée chrétienne en pleine formation à l'époque et pour Augustin d'Hippone, elle influença de manière profonde la philosophie occidentale. L'intégralité de ses écrits a été publiée par son disciple Porphyre de Tyr, qui les a regroupés sous la forme d'Ennéades.


L'originalité de la pensée de Plotin tient dans sa réflexion, à partir de Platon et d'Aristote, sur la nature de l'Intelligence, et sur l'au-delà de l'Intelligence, à savoir l'Un. Pour Plotin, l'univers est composé de trois réalités fondamentales : l'Un, l'Intelligence et l'Âme. L'homme, partie du monde sensible, doit par l'introspection remonter de l'Âme à l'Intelligence, puis de l'Intelligence à l'Un et accomplir ainsi une union mystique avec le Dieu par excellence.




(7) l’évangile de Thomas :   L’évangile selon Thomas est un évangile qui ne comporte que des paroles de Jésus. Il a probablement été écrit en grec et contient des logia antérieures à l'écriture des plus anciens évangiles canoniques. Il a par la suite été déclaré apocryphe par la Grande Église au point de totalement disparaître.

Découvert en décembre 1945 à Nag Hammadi, en Haute-Égypte, associé dans le même codex à d’autres textes également rédigés en copte, le manuscrit date du IVe siècle mais a probablement été rédigé sur base d'un original grec dont on a retrouvé des traces dans des papyri d'Oxyrhynque datés du IIIe siècle.

Ce « cinquième évangile » pourrait provenir d'un milieu syriaque ou palestinien, rédigé par une série de rédacteurs entre le Ier et le IIe siècles. Certains chercheurs y détectent des éléments pré-synoptiques. Toutefois, ce point de vue ne fait pas consensus.

Il s'agit d'un recueil de sentences — des logia — qui, selon l’incipit du texte, auraient été prononcées parJésus et transcrites par « Didyme Jude Thomas », c'est-à-dire l'apôtre Thomas. Au nombre de 114, leslogia sont ainsi le plus souvent précédés de la mention « Jésus a dit ». Bon nombre ont leur parallèle dans les évangiles selon Matthieu et selon Luc ainsi que, dans une moindre mesure, dans l’évangile selon Marc. Ces parallèles ayant souvent une rédaction et une conclusion différentes de ce que l'on trouve dans les synoptiques. Les fragments que l'on a retrouvé en grec datant du IIe siècle présentant eux-mêmes des différences avec la version copte.














(08) Pères de l’Eglise :  Depuis le XVIe siècle, l'historiographie moderne appelle Pères de l'Église des auteurs ecclésiastiques, généralement (mais non exclusivement) des évêques, dont les écrits, les actes et l'exemple moral ont contribué à établir et à défendre la doctrine chrétienne. Ceux que le Père Henri de Lubac appelle « nos pères dans la Foi » sont donc des personnages qui satisfont à quatre exigences de l'Église (« notes ») :



1. avoir appartenu à la période de l'Église antique (avant le VIIIe siècle)
2. avoir mené une sainte vie
3. avoir écrit une œuvre complètement exempte d'erreurs doctrinales, et qui doit constituer une excellente défense de la doctrine chrétienne ou en être une illustration
4. avoir bénéficié de l'approbation implicite ou explicite de l'Église

Les auteurs hérétiques, comme Arius ou Marcion, ou schismatiques, comme Novatien, ne font donc pas partie des Pères de l'Église, de même que certains poètes (comme Prudence) ou historiens (comme Grégoire de Tours), auteurs chrétiens d'ouvrages qui ne sont pas dogmatiques. Les fondements de la foi ont été établis grâce à des formations de ces Pères dans des écoles théologiques (école théologique d'Antioche, école théologique d'Alexandrie).


On range fréquemment avec les Pères de l'Église certains auteurs importants comme Origène dont l'étude est indispensable aux spécialistes des Pères de l'Église. Ce sens large de l'expression, qui définit un domaine d'étude, peut être dit scientifique ou universitaire.


On peut classer les Pères de l'Église selon leur époque (apostoliques), la nature de leurs écrits (apologistes), le style de leur pensée (orientaux ou occidentaux, de l'école d'Alexandrie ou de celle d'Antioche), leur langue (latine, grecque ou syriaque), leur milieu de vie (de l'empire chrétien), etc.
La connaissance des Pères de l'Église et de leurs écrits s'appelle la patristique (analyse théologique) ou la patrologie (analyse historique).






(9) Irénée de Lyon (en latin Irenaeus Lugdunensis, en grec ancien Εἰρηναῖος Σμυρναῖος : Eirênaĩos« pacifique » Smyrnaĩos « de Smyrne ») est le deuxième évêque de Lyon au IIe siècle entre 177 et 202. Il est un des Pères de l'Église. Il est le premier occidental à réaliser une œuvre dethéologien systématique. Défenseur de la véritable gnose, il s'est illustré par sa dénonciation de l'idéologie dualiste et des sectes pseudo-gnostiques qui la professaient.

Vénéré comme saint, il est fêté le 28 juin dans l'Église catholique et le 23 août dans l'Église orthodoxe.







(10) La bibliothèque de Nag Hammadi   est un ensemble de treize codex de papyrus reliés en cuir, du milieu du IVe siècle. Retrouvés en 1945 dans la ville de Nag Hammadi au nord-ouest de Louxor par des paysans égyptiens, ils sont désormais conservés au musée copte du Caire.
Ces codex (les plus anciens connus), contiennent une cinquantaine de traités en copte, traductions de textes écrits initialement en grec ancien. Ils datent vraisemblablement du IIe siècle au IIIe siècle. La majorité sont des écrits dits gnostiques, mais on trouve également trois textes de la tradition hermétique, dans la lignée du Corpus Hermeticum, et une traduction partielle de La République de Platon. La plupart de ces textes n'étaient pas connus par ailleurs, ou seulement de façon fragmentaire.
Le plus célèbre est sans doute l'Évangile selon Thomas, dont la bibliothèque de Nag Hammadi contient le seul exemplaire complet.






(11) Ferdinand Christian Baur (né le 21 juin 1792 à Schmiden, près de Fellbach, dans le Bade-Wurtemberg et mort le 2 décembre 1860 à Tübingen) était un théologien protestant allemand.
Ferdinand Christian Baur a fondé, au sein du Tübinger Stift, séminaire évangélique de l'université Tübingen, la Jeune école de Tübingen, qui aborde de manière radicalement nouvelle l'étude du Nouveau Testament.

Il a publié un grand nombre d'ouvrages de critique religieuse presque aussi hardis que ceux de David Friedrich Strauss, son disciple :

• Gnose chrétienne, 1835 ;
• Saint-Paul, sa vie et ses doctrines, 1845 ;
• Recherches critiques sur les Evangiles canoniques, 1847 ;
• Le Christianisme jusqu'au VIe siècle, 1835 et suivants.

On lui attribue en général l'invention du néologisme judéo-christianisme dans son fameux article Die Christuspartei in der Korinthischen Gemeinde, der Gegensatz des petrinischen und paulinichen Christenthums in des ältesten Kirche, der Apostel Paulus in Rom publié en1831.





(12) Hegel :  Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 à Stuttgart et mort le 14 novembre 1831 àBerlin, est un philosophe allemand. Son œuvre, postérieure à celle de Kant, est l'une des plus représentatives de l'idéalisme allemand et a eu une influence décisive sur l'ensemble de laphilosophie contemporaine.


Hegel enseigne la philosophie sous la forme d'un système unissant tous les savoirs suivant une logique dialectique. Le système est présenté comme une « phénoménologie de l'esprit » puis comme une « encyclopédie des sciences philosophiques », titres de deux de ses ouvrages, et englobe l'ensemble des domaines philosophiques, dont la métaphysique et l'ontologie, la philosophie de l'art et de la religion, la philosophie de la nature, la philosophie de l'histoire, la philosophie morale et politique ou la philosophie du droit.





(13) Harold Bloom  Harold Bloom (né le 11 juillet 1930 à New York) est un critique littéraire et professeur américain. Il a notamment défendu les poètes du XIXe siècle à une époque où ils étaient méconnus. Grand amateur de Shakespeare, il a préconisé une approche esthétique à la littérature contre les méthodes marxistes, féministes, néo-historicistes et post-modernistes. Avec David Rosenberg, il a écrit un ouvrage significatif à propos de l'hypothèse documentaire.


Les auteurs contemporains qui l'ont marqué sont John Banville, Peter Ackroyd, Will Self, A. S. Byatt, José Saramago, Thomas Pynchon, Philip Roth, Cormac McCarthy, Don DeLillo, John Crowley, Robert Penn Warren, James Merrill, John Ashbery, Elizabeth Bishop, A.R. Ammons,Henri Cole, Anne Carson, Jay Wright, Nathanael West, Bud Powell.





(14) Eric Voegelin , né le 3 janvier 1901 à Cologne en Allemagne et mort le 19 janvier 1985 àStanford, est un philosophe américain d'origine autrichienne, spécialiste de philosophie politique.


Né en 1901 à Cologne d'un père allemand luthérien et d'une mère viennoise catholique, il est baptisé luthérien et sera également inhumé selon le rite luthérien. Eric Voegelin mène des études universitaires de droit et de sociologie à l'Université de Vienne (Autriche), y fait sa thèse sous la direction de Hans Kelsen et de Othmar Spann, puis enseigne le droit public et la sociologie dans cette même ville. Il participe un temps aux séminaires privés de Ludwig von Mises. Ses premières publications, sur le rapport entre l'État et la politique raciale en Allemagne, lui valent des critiques de certains nationaux-socialistes (il est inquiété pour son livre Rasse und Staat, paru en 1933). Voegelin soutient alors le régime autoritaire et nationaliste du Front patriotique (Autriche). Après l'Anschluss, il se voit interdit d'enseignement par le nouveau pouvoir national-socialiste. Il s'exile en 1938 aux États-Unis où il enseigne à différentes universités avant d'obtenir un poste à l'université d'État de Louisiane à Bâton-Rouge.


Après la Seconde Guerre mondiale, il est invité à restaurer le département de science politique de Munich. Il y prononce, en 1958, sa conférence « Science, Politique et Gnose » (Wissenschaft, Politik und Gnosis) dans laquelle il met en cause ce qu'il appelle les « idéologies », nommément les philosophies idéalistes de Hegel et de Marx, comme responsables des dérives politiques modernes. Naturalisé américain en 1944, Voegelin retourne aux États-Unis en 1969, où il occupe un poste à la Hoover Institution de l'université Stanford pendant cinq ans. C'est à Stanford que Voegelin meurt et est inhumé.






(15) Simon de Samarie :  Simon le Magicien ou Simon le Mage, selon les chrétiens, ou Simon de Samarie, né à Gitton (Palestine actuelle) et mort probablement à Rome au Ier siècle, est un mage et chrétien gnostique, considéré comme hérétique par l’Église.




(16) Le  Diacre Nicolas : Nicolas désigné dans les Actes des Apôtres (Ac 6:5) comme étant le prosélyte d'Antioche, fut l'un des sept premiers diacres que lesapôtres instaurèrent au Ier siècle.
C'est un saint chrétien fêté le 28 juillet avec quatre autres diacres.





(17) L’Evangile de Marie ou Évangile selon Marie est un texte gnostique, probablement du IIe siècle. La principale source manuscrite est le codex de Berlin, qui en donne une version, lacunaire, en sahidique, un dialecte du copte (a). Deux fragments en grec du IIIe siècle ont également été retrouvés.

Le titre en est écrit sur le colophon (désigne la note finale d'un manuscrit ou d'un incunable.) et Marie, disciple de Jésus est généralement identifiée, sans certitude, comme étant Marie de Magdala.

Ce texte est considéré comme un évangile apocryphe (b), les seuls évangiles reconnus par les principales Églises chrétiennes étant les quatre évangiles dits canoniques, constitués par les trois évangiles synoptiques auxquels s'ajoute l'Évangile selon Jean.



(a) Le copte est une langue afro-asiatique descendant de l'égyptien ancien. Elle est la langue liturgique des chrétiens d'Égypte : les Coptes.


(b) On qualifie généralement d’apocryphe (du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché ») un écrit « dont l'authenticité n'est pas établie » (Littré). Cependant dans le domaine biblique l'expression désigne, à partir de la construction des canons, un écrit considéré comme non authentique par les autorités religieuses.





(18)  Livre secret de Jean :  Le Livre des secrets de Jean ou Livre secret de Jean, Apocryphe de Jean ou encore Apocryphon de Jean, est un texte mythologique gnostique de la fin du IIe siècle.





(19) la Sophia de Jésus :
La Sagesse de Jésus-Christ ou Sophia de Jésus-Christ est le nom d'un écrit gnostique chrétien dont la date de composition est mal établie et remonte selon les chercheurs au IIe siècle ou aux débuts du IIIe siècle, peut-être en Égypte ou en Syrie.

Probablement rédigé à l'origine en grec, des versions en copte sahidique datant de la fin du IVe siècle figurent dans la quatrième partie du codex III de Nag Hammadi ainsi que dans le codex de Berlin (8502,3). Il existe également un fragment d'une version grecque datant du début du IVe siècle comptant une cinquantaine de lignes dans le papyrus d'Oxyrhynque 1081.

Souvent présentée avec Eugnoste le Bienheureux avec lequel la Sagesse a beaucoup d'éléments en commun et dont elle a longtemps été considérée comme une simple réécriture christianisée, la nature de la relation entre les deux documents est désormais débattue.








(20) Alphonse von Harnack  est né le 7 mai 1851 à Dorpat, dans la province balte de Livonie en Russie- aujourd'hui Tartu en Estonie. Il est décédé le 10 juin 1930 (à 79 ans) à Heidelberg.

Professeur, docteur en théologie, en droit, en médecine et en philosophie, conseiller politique, Adolf von Harnack est considéré comme le théologien protestant et l'historien de l’Église le plus considérable de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle et comme l'un des plus importants théoriciens du nationalisme libéral et protestant allemand. Sa famille s'est illustrée dans la résistance au nazisme.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Sam 10 Sep - 13:53

(21)Un syncrétisme est un mélange d'influences. Le terme de syncrétisme vient du mot grec συγκρητισμός (sygkrètismos) signifiant « union des Crétois ». Initialement appliqué à une coalition guerrière, il s'est étendu à toutes formes de rassemblement de doctrines disparates, et est surtout utilisé à propos de religions.






(22) Le judaïsme hellénique est né de la rencontre entre la tradition religieuse hébraïque et la culture hellénistique, qu'on fait remonter en général aux conquêtes d'Alexandre le Grand. Ce judaïsme est à l'origine de la communauté, aujourd'hui presque disparue, des Romaniotes.





(23)La cosmogonie (du grec cosmo- « monde » et gon- « engendrer ») est définie comme un système de la formation de l'Univers1. Elle se distingue de la cosmologie, qui est la « science des lois générales par lesquelles le monde physique est gouverné ».

Des récits oraux de cosmogonie fondent presque toutes les religions et sociétés traditionnelles, mais de nombreux traités sur les origines possibles de l'univers ont aussi été écrits par des philosophes ou des penseurs scientifiques, comme la cosmogonie d'Hésiode, et celle de Buffon.

Des milliers de légendes de création du monde et de récits cosmogoniques traditionnels relatifs aux origines du monde, des dieux ou des institutions, appartiennent à la catégorie des mythes fondateurs. Les figures idéales et les modèles intemporels y ont donc une place importante.

La variété des récits de création du monde, à travers leurs théories des origines, semble aussi exprimer le besoin immuable de décrire et peut-être justifier les transformations radicales du monde observable, de la Terre et de la société humaine. Mircea Eliade voit dans la cosmogonie « le modèle exemplaire de toute manière de faire » ; une sorte de modèle archétypal de la création, l'univers étant le « chef-d'œuvre » d'un ou plusieurs créateurs offert comme modèle aux hommes.







(24) L’anthropologie est la branche des sciences qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, à la fois physiques (anatomiques, morphologiques, physiologiques, évolutifs, etc.) et culturels (socio-religieux, psychologiques, géographiques, etc.). Elle tend à définir l'humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Le terme anthropologie vient de deux mots grecs,anthrôpos, qui signifie « homme » (au sens générique), et logos, qui signifie parole, discours.

Cette discipline vise particulièrement les faits spécifiques à l'humain par rapport aux autres animaux (faits anthropologiques comme homo ou anthrôpos) : langages articulés et figuratifs, rites funéraires, politiques ou magiques, arts, religions, coutumes, parenté, habitats, techniques corporelles, instrumentales, de mémorisation, de numération, de représentations spatiales et temporelles, etc. Elle s’appuie notamment sur l’étude comparative des différentes sociétés et ethnies décrites par l'ethnologie, et envisage l'unicité de l'esprit humain à travers la diversité culturelle.

L'ethnographie est la branche de la discipline qui s'occupe de la collecte méthodique des données sur leterrain. Elle peut utiliser le dessin, la photographie, la notation musicale et la collecte d'objets.





(25) L’ eschatologie (du grec ἔσχατος / eschatos, « dernier », et λόγος / lógos, « parole », « étude ») est le discours sur la fin du monde ou lafin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire dumonde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, celle-ci est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme.

La plupart des religions monothéistes ont des doctrines qui affirment que des membres « choisis » ou « dignes » de la seule vraie foi seront « épargnés » ou « délivrés » du jugement et de la colère de Dieu à venir. Ils seront envoyés au paradis avant, pendant, ou après ce jugement, en fonction du scénario de la fin des temps qu’elles retiennent.


L'eschatologie cosmique s'occupe de la fin des temps, parfois du Jugement dernier, de la résurrection. Quant à l'eschatologie individuelle, elle traite de la vie après la mort, de la destinée de l'âme post mortem (qui prend diverses formes : séjour dans l'Hadès des Grecs ou dans le Sheol des juifs, réincarnation, etc.).





(26) jubilés : Le Livre des Jubilés, aussi appelé en grec « leptogenèse », c'est-à-dire Genèse mineure, est un pseudépigraphe attribué à Moïse qui présente l'histoire des patriarches depuis la Création jusqu'à l'instauration de la fête de Pâques.

Les Jubilés sont un exemple de Bible réinventée. Produit par des milieux juifs pendant la période du Second Temple, le livre n'a pas obtenu de statut canonique dans le judaïsme rabbinique et il n’a pas été intégré à la Septante mais il a été inclus dans le canon de l'Église éthiopienne orthodoxe. Diffusé en Europe à partir du XIXe siècle lorsque des manuscrits ont été rapportés d’Éthiopie, il est traduit du guèze en plusieurs langues mais suscite peu d’intérêt dans la communauté académique avant la découverte de plusieurs fragments en hébreu parmi les rouleaux de la mer Morte. La bibliothèque de la Pléiade l'a inclus dans son édition des Écrits intertestamentaires.





(27) Le livre d’Henoch , aussi appelé 1 Hénoch ou Hénoch éthiopien, est un écrit pseudépigraphique de l'Ancien Testament attribué àHénoch, arrière-grand-père de Noé. Il fait partie du canon de l'Ancien testament de l'Église éthiopienne orthodoxe, mais il est rejeté par les juifs et n'est pas inclus dans la Bible dite des Septante. Il a été officiellement écarté des livres canoniques vers 364 lors du concile de Laodicée (canon 60), et il est considéré depuis comme apocryphe par les autres Églises chrétiennes. Il était connu en Occident, au moins indirectement, et on retrouve par exemple son influence sur les passages consacrés au calendrier dans les textes hiberno-latins, comme l’Altus prosator.





(28) Basilide est un gnostique paléochrétien qui enseignait à Alexandrie au début du IIe siècle. Élève à Antioche de Ménandre, un disciple de Simon le Magicien, il aurait écrit sa propre version des Évangiles, des commentaires sur ceux-ci en vingt-quatre volumes, l'Exegetica, et aurait enseigné un syncrétisme reprenant entre autres l'enseignement de saint Pierre et saint Matthias ainsi qu'un dualisme influencé par le zoroastrisme. Il eut un grand nombre d'adeptes, les Basilidiens, jusqu'au IVe siècle. Il eut pour fils et disciple Isidore, Isidore le Gnostique.


Historiquement, on ne le connait que par les écrits de ses détracteurs chrétiens, Agrippa Castor, Irénée, Clément d'Alexandrie et Hippolyte de Rome, aux témoignages desquels on ne sait précisément quel crédit accorder.





(29) Carpocrate est un philosophe gnostique du IIe siècle natif d'Alexandrie, réputé antinomiste (contre les lois) et "libertin".

Carpocrate est né à Alexandrie. Il y enseigna. Il était chrétien. Il était marié et eut un fils, Épiphane, mort à dix-sept ans et auteur d'un traité Sur la justice ; son père lui édifia un temple (selon Clément d'Alexandrie, Stromates, II, 5). On peut dater Carpocrate de la première moitié du IIe siècle. Un groupe favorable à Carpocrate alla à Rome avant 185, date où Irénée de Lyon composa sa notice sur Carpocrate.






(30) Valentin (en latin : Valentinius), né à Phrébon en Égypte au IIe siècle, est un chrétiengnostique, déclaré hérétique comme tous les gnostiques par l’Église.


Valentin (Valentinius) fut le plus important des maîtres gnostiques. Il naquit en Égypte et fut éduqué à Alexandrie. Il enseigna à Rome entre 135 et 160.
Selon Tertullien, Il fut candidat pour être évêque de Rome en 143. Ses conceptions ésotériques le firent excommunier. L’Évangile de Vérité, ainsi que d’autres textes découverts à Nag Hammadi, se rattachent à l’école valentinienne. L'énergie des attaques des Pères de l'Église contre son œuvre (Tertullien, Irénée de Lyon), atteste que probablement, au IIe siècle, qui fut l'âge d'or des Antonins dans tout l'empire, ses thèses avaient un certain succès. La vie de Valentin n'a pas été en dehors de l'Église, jusqu'à ce que l'on pourrait appeler son schisme. Son successeur Marcion, lui aussi présent à Rome au IIe siècle, a fondé une Église, l'Église marcioniste, qui eut un grand retentissement dans tout l'empire avant le premier concile de Nicée.






(31) Mani (en persan : مانی ), aussi appelé Manès (né probablement le 14 avril 216 (8 avril 527 de l'ère séleucide) en Iran et mort à Gundishapur, Susiane, le 26 février de l'an 276 ou 277), est le fondateur du manichéisme.


Parmi les étymologies possibles de son nom figure le sanskrit maṇi : pierre, perle précieuse,joyau, que l'on retrouve dans le mantra homonyme.


Né infirme de la jambe droite (dans un autre passage du catalogue Kitab-al-Fihrist d'Ibn al-Nadim, l'historien arabe parle de difformité des deux jambes)4, il est issu d'un milieu chrétienappartenant à la secte elkasaïte. Son père Pātik (du persan Pattūg, en grec Παττικιος, en arabe Futtuq), né à Ecbatane, est un noble qui se convertit très tôt au courant des elkasaïtes. Sa mère (plusieurs noms lui sont attribués, dont Mariam) appartiendrait à une famille princière, apparentée à celle des Arsacides, des souverains parthes alors régnants, est issue d'une famille arménienne Arsacide de Kamsarakan. D'après les textes manichéens, son père aurait reçu l'injonction par un ange trois jours de suite dans le temple de Ctésiphon, au moment où sa femme était enceinte de Mani, de s'abstenir de vin, de viande et de tout rapport sexuel. Après ces visions, il aurait abjuré son paganisme et rejoint la secte des « baptistaï » identiques non pas à des mandéens, mais à des elkasaïtes. Ayant quitté sa femme pour rejoindre sa communauté dans le Characène, Pātik vient rechercher son fils alors âgé de 4 ans pour l'emmener dans sa communauté ascétique.







(32) séthiens : Le gnosticisme séthien est un des principaux courants du gnosticisme antique, appelé ainsi parce que son corpus de doctrines est marqué par la figure biblique de Seth, le troisième fils d'Adam et Ève.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Sam 10 Sep - 13:54

(33)Les Barbélognestique (du nom de Barbélo une des principales figures de la mythologie gnostique) est le nom moderne donné à une présumée secte gnostique qui jusqu'en 1945 n'était connue que par le récit de l'hérésiologue Irénée de Lyon qui en présente et dénonce la mythologie.





(34) Les Ophites : ou ophiens (du grec ὄφιανοι > ὄφις, serpent) aussi appelés naassènes (de naas, serpent en hébreu1) sont une sectegnostique apparue en Syrie et Égypte vers l’an 100 de notre ère. Le point commun de ces sectes était de vouloir donner une large importance à la symbolique du serpent, Nahash, dans la lecture de la Genèse, et d'établir un lien entre la gnose et le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Contrastant avec l'interprétation chrétienne faisant du serpent l'incarnation de Satan les ophites voyaient dans le serpent un héros tandis qu'ils voyaient dans Elohim, le dieu qui créa et maudit Adam et Ève, un démiurge diabolique.


En raison de la destruction des écrits gnostiques par l'Église orthodoxe à partir du IVe siècle, qui conservait les manuscrits et textes ophites, la plupart des informations sur les sectes ophites proviennent des écrits de leurs ennemis, Hippolyte de Rome(Philosophe), Irénée de Lyon (Contre les hérésies), Origène (Contra Celsum vi. 25 seq.) et Épiphane de Salamine (Panarion. xxvi.). Quelques textes ophites originaux ont néanmoins pu être mis au jour lors de fouilles archéologiques, comme à Nag Hammadi.





(35) Les Pérate , dont l'origine remonte à 150 après Jésus Christ, étaient des chrétiens gnostiques ayant leur centre dans l'île d'Eubée.

C'étaient des Ophites, c'est-à-dire qu'ils voyaient dans le Serpent, qui était la plus brillante des constellations, Jésus-Christ ou son Verbe.





(36) Les Caïnite sont une secte paléochrétienne, gnostique et antinomiste apparue au cours du IIème siècle.

Le théologien chrétien Origène disait des Caïnites qu'ils avaient “entièrement abandonné Jésus.” Leur interprétation de l'Ancien Testament tendait à prouver que la création du monde n’était pas seulement l’œuvre d'un Démiurge inférieur (opinion de la plupart desGnostiques), mais d'un être activement maléfique, n'ayant fait le monde en question que dans le dessein pervers d’empêcher que l’élément divin dans l'homme se réunisse avec le Dieu Parfait et Inconnaissable.


Dans Les Religions du Monde (1662), Sir Alexander Ross donne de la secte la description suivante : "Les Caïnites étaient ainsi nommés, parce qu'ils adoraient Caïn, comme l'auteur de plusieurs biens qui avaient été faits à la nature humaine : ils adoraient aussi Ésaü, Koré, Dathan, Abiram et Judas, qui trahit le Christ, disant qu'il savait auparavant quelle félicité ou béatitude il arriverait au genre humain par la mort du Christ, et qu'il le trahit pour cela. Quelques-uns de cette secte étaient nommés antitaktai, c'est-à-dire "personnes qui s'opposent à Dieu", car ils s'opposaient a Lui, autant qu'ils le pouvaient, en Ses lois, et pour cela, ils rejetaient la Loi de Moïse, comme mauvaise, et adoraient les esprits malins, auxquels ils plaisaient par des actions impies. Ils enseignaient aussi que nous sommes mauvais par nature, et que le Créateur du monde est un dieu inconnu qui enviait Caïn, Ésaü et Judas."


Parmi les Gnostiques, les Ophites (ou Naassènes) étaient les sectateurs du « Serpent » (ophis όφις en grec, naas נָחָשׁ en hébreu). Il s’agit du Serpent de la Genèse, invitant Ève à la Connaissance (Gnose) du Bien et du Mal, contre le Créateur mauvais, et du Serpent d’Airain (Nb, 21) identifié par Jean (Jn 3, 14) au Christ en croix. Celse, le polémiste antichrétien du IIe siècle, vit un diagramme, dessiné par les Ophites, représentant la structure de l’Univers sous la forme de cercles concentriques parmi lesquels le serpent Léviathan avait sa place. Des serpents apprivoisés figuraient dans les cérémonies des cultes ; ils circulaient sur les tables dressées pour l'eucharistie.Hippolyte de Rome († 235) lutta contre l’hérésie des Ophites.


Les Ophites se divisèrent en plusieurs communautés, les plus connues étant celles des Caïnites, des Séthiens et des Pérates.




(37) Caïn (prononciation : [kaɛ̃] ; arabe : قابيل kabil , hébreu : קין Qáyin) est un personnage de la Bibleet du Coran. Dans ces textes qui fondent les croyances judéo-chrétiennes et musulmanes, il est le fils aîné du premier couple Adam et Ève, et tue son frère cadet Abel, devenant ainsi le premier meurtrier de l'humanité. Ce meurtre aux sources de l'humanité a une portée symbolique très forte.

Selon une légende médiévale d'origine juive, Caïn est tué accidentellement d'une flèche au cours d'une chasse par l'un de ses descendants : Lamech. Dans le livre des Jubilés, il meurt la même année qu'Adam, dans l'effondrement de sa maison.


L'auteur biblique, au travers de ses récits elliptiques, fait surgir la figure mythique de Caïn modelée par le jeu intertextuel des transpositions romanesques et dont le potentiel d'équivocité a donné lieu à une postérité artistique et symbolique importante.






(38) Joseph Campbell , né le 26 mars 1904 à New York et mort le 30 octobre 1987 à Honolulu, est un professeur, écrivain, orateur, anthropologue et mythologue américain, travaillant dans les domaines de la mythologie comparée et de la religion comparée. Il est notamment connu pour sa théorie du monomythe.



Joseph Campbell est né et a grandi dans la ville de New York dans une famille catholique de classe moyenne aisée. Enfant, Campbell se découvrit une passion pour la culture amérindienne grâce à son père qui l’emmena visiter le muséum d'histoire naturelle américain de New York. Il devint très rapidement un expert dans de nombreux aspects de la société amérindienne, et plus spécifiquement dans sa mythologie. Cela façonna la passion de Campbell pour les mythes et apparentés (contes, légendes…). Il remarqua ainsi qu'ils possèdent apparemment tous des traits communs et cela quelle que soit la culture à laquelle ils appartiennent. À l’université de Dartmouth, il étudia la biologie et les mathématiques, avant d'aller étudier les sciences humaines à l’université Columbia, où il obtint une licence en littérature anglaise et une maîtrise en littérature médiévale, respectivement en 1925 et 1927. Il était également un excellent athlète et remporta plusieurs courses d'athlétisme.


Il étudia ensuite l'ancien français et le sanskrit à l’université de Paris ainsi qu'à celle de Munich. Il apprit le français, l’allemand, le japonais et le sanskrit en plus de sa langue natale. Après avoir achevé sa maîtrise, Campbell décida à son retour aux États-Unis d’abandonner l'idée d’obtenir un doctorat ; à la place, il préféra s'isoler dans les bois situés aux alentours de New York, se consacrant principalement à la lecture durant les cinq ans qui suivirent. D'après le poète et écrivain Robert Bly, un de ses amis, Campbell avait développé un programme systématique lui permettant de lire pendant neuf heures chaque jour. Campbell considérait que c'est durant cette période qu'il a reçu sa véritable éducation, et c'est à ce moment qu'il a commencé à développer sa vision unique sur la nature de la vie.





(39) L’ ismaélisme , ou ismâ`îlisme est un courant minoritaire de l'islam chiite. Ses membres sont appelés ismaéliens, ismâ`îliens (arabe اسماعيلي ismā`īlī). Son nom provient d'Ismaïl ben Jafar. L’ismaélisme n'est pas spécifiquement persan, ni arabe, ni indien ; il a une longue histoire qui est complexe et, loin d'être unifié, l’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux (Mubârakiyya, Khattâbiyya, Qarmates,Druzes, Mustaliens, Nizârites, Septimain).


Les adeptes de l'ismaélisme sont appelés ismaéliens ou ismaīlis ; il ne faut pas les confondre avec les ismaélites. descendants d'Ismaël, prophète de l'islam et patriarche biblique.








(40) Hermès Trismégiste (en grec ancien Ἑρμῆς ὁ Τρισμέγιστος / Hermễs ho Trismégistos) est un personnage mythique de l'Antiquité gréco-égyptienne, auquel a été attribué un ensemble de textes appelés Hermetica, dont les plus connus sont le Corpus Hermeticum, recueil de traités mystico-philosophiques, et la Table d'émeraude. Les hermétistes, qui lui doivent leur nom, et les alchimistes se réclament de lui.




(41) la légende d’Hiram en franc-maçonnerie est le thème qui sert à l'initiation que vit le récipiendaire (compagnon) pour accéder à la« Maîtrise ». Au début du XVIIIe siècle, on voit apparaître dans les rituels du troisième grade de la franc-maçonnerie une « légende d'Hiram », reprenant le personnage biblique d'Hiram, dont elle fait l'architecte du Temple de Salomon.





(42) druze : Les Druzes (en arabe : درزي darazī, pluriel دروز durūz), population du Proche-Orientprofessant une religion musulmane hétérodoxe (branche de l'ismaélisme) , sont principalement établis dans le sud du Liban et dans la partie centrale du Mont-Liban, dans le sud de la Syrie (où ils occupent notamment la zone montagneuse du Hawran, connue sous le nom de djebel Druze), dans le nord de l'État d'Israël en Galilée, et sur le plateau du Golan.


Leur religion, le druzisme, est une doctrine philosophique fondée sur l'initiation et centrée sur la seule recherche du côté ésotérique de la religion musulmane. Elle est aussi considérée comme étant, à l'origine, une école de la branche ismaélienne du courant musulman du chiisme, dont la volonté de s'en démarquer par l'abandon de préceptes islamiques l'a transformée en religion à part.


Leur interprétation de l'islam est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation, elle s’appuie sur la croyance en la réincarnation. En effet, certains versets duCoran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la métempsycose. Par exemple, Sourate 2 (Al-Baqara) : « Comment pouvez-vous renier Allah alors qu´Il vous a donné la vie, quand vous en étiez privés? Puis Il vous fera mourir; puis Il vous fera revivre ».


Les Druzes ne se sentent pas obligés par certaines pratiques de la charia et les obligations rituelles qui en découlent ; ils n'ont ni liturgie, ni lieux de culte.


Ils sont estimés à environ 1 million d'individus. Dispersés par l’Histoire, les Druzes vivent surtout au Liban (où ils seraient entre 400 000 et 600 000) et formeraient 4 % de la population libanaise, en Syrie (entre 1 600 000 et 1 750 000 personnes), et en Israël (où ils seraient environ 118 000). Les Druzes vivant en dehors du Proche-Orient sont estimés à environ 100 000.




Au Liban, ils vivent principalement dans les montagnes du Chouf, la Beqaa du ouest, le Meten et la côte (Khaldeh et Chweifat). Ils sont connus par Bani ma'rouf (ceux qui aiment rendre service). Les dignitaires religieux de la communauté druze prohibent le fait de nuire à quiconque. L'histoire montre qu'ils sont des guerriers courageux et n'ont jamais supporté ni occupation, ni colonialisme (français). Ils sont attachés à leur terre et à leurs valeurs ancestrales tout en prônant pour l'ouverture vers autrui. Les intellectuels de la communauté druze le prouvent.




(43) Le millénarisme , ou chiliasme (ou encore, mais de façon erronée, chialisme), est une doctrine religieuse qui soutient l'idée d'un règne terrestre du Messie, après que celui-ci aura chassé l'Antéchrist et préalablement au Jugement dernier.

Cette pensée est présente dans certains courants du judaïsme, dans l'Apocalypse de Jean, dans les écrits des Pères apostoliques et dans l'islam sunnite et chiite.

Depuis la fin du XIXe siècle on assiste à une résurgence du millénarisme à travers plusieurs communautés religieuses comme les Évangéliques, les Témoins de Jéhovah, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (les mormons), le mouvement rastafari ou encore certains mouvements écologistes.

Par extension de sens, des traditions similaires présentes dans d'autres religions, prophétisant le retour ou la venue d'une divinité instaurant un règne souvent précédé de phénomènes extraordinaires ou de calamités, sont parfois également appelées millénarisme.

Toujours par extension, le mot peut servir à désigner dans le langage courant des types de pensée non plus religieuses mais politiques.





(44) Les cultes à mystère , cultes initiatiques ou cultes orientaux, sont des cultes apparus avant l'ère chrétienne dans le monde gréco-romain.

Pour montrer l'importance de ces cultes, on a souvent recours à la citation d'Ernest Renan, pour qui « si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste ».




(45) les Soufis : Le soufisme (en arabe : تصوف [taṣawwuf]) ou taçawwuf désigne en islam le cœur de la tradition islamique. Le mot taçawwuf peut se traduire correctement par « initiation ». Il désigne "el-haqîqah" c'est-à-dire la "vérité" intérieure qui vivifie et permet la compréhension profonde de "es-shariyah" (la "grande route"). Le Taçawwuf comprend non seulement la haqîqah mais aussi l'ensemble des moyens destinés à y parvenir, appelé tarîqah - "voie" ou "sentier" - conduisant de la shariyah vers la haqîqah, c'est-à-dire de l'"écorce" (el-qishr) vers le "noyau" (el-lobb) par l'intermédiaire du "rayon" allant de la circonférence vers le centre. Le soufisme est intimement lié, depuis les origines de révélation prophétique de l'islam, à la fois aux orthodoxies sunnite et chiite, bien qu'il ait pris des formes différentes dans les deux cas. Pour Ibn Arabi, « Le soufisme ce n'est rien de plus que les cinq prières et l'attente de la mort ». Ibn Arabi précise en citant cette formule : « Il y a là une science immense ».






(46) Constantin : Flavius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus en Mésie (aujourd'hui Niš en Serbie) le27 février 272, est proclamé 34e empereur romain sous le nom Constantin Ier en 306 par leslégions de Bretagne et mort le 22 mai 337 après 31 ans de règne, est une figure prépondérante du IVe siècle.


L'empereur Constantin Ier mène une politique militaire, religieuse et économique profondément réformatrice qui lui permet de réunir sous son unique autorité un empire romain affaibli et divisé. Il se débarrasse des empereurs Maxence en 312 (bataille du pont Milvius) et Licinius en 324(bataille d'Andrinople). Son règne voit l'établissement de la liberté de culte individuel qui met fin aux persécutions des chrétiens (édit de Milan, 313). Il met provisoirement fin aux dissensions des Églises d'Orient en convoquant le concile de Nycée (325) et affirme son autorité dans le domaine religieux : c'est le césaropapisme. Il instaure une monnaie stable (le solidus, 312), développe l'administration centrale, défend les frontières de l'Empire contre les Francs, les Alamans, lesSarmates, les Goths et les Perses. Il fonde en 330 une nouvelle capitale à son nom,Constantinople (actuelle Istanbul). Ses réformes favorisèrent largement l'essor du christianisme, vers lequel il se tourna progressivement et dont il est devenu l'un des saints pour l'Église orthodoxe.


Ses noms de référence sont Imperator Caesar Flauius Valerius Aurelius Constantinus Pius Felix Inuictus Augustus, Germanicus Maximus, Sarmaticus Maximus, Gothicus Maximus, Medicus Maximus, Britannicus Maximus, Arabicus Maximus, Adiabenicus Maximus, Persicus Maximus, Armeniacus Maximus, Carpicus Maximus.







(47) le Salut est une notion spirituelle qui signifie « délivrance et libération ». Le croyant qui possède le salut se trouve ainsi délivré et libéré du péché, de l'insatisfaction et de la condamnation éternelle (enfer). Il bénéficie d'une relation avec Dieu et a ainsi accès au paradis. La notion de salut est présente dans le christianisme (cf. Salut(christianisme)), le judaïsme, l'islam, l'hindouisme et le bouddhisme.






(48) Eon : Le terme éon, ou eôn, signifie d'abord « vie », ou « être », et a progressivement évolué vers celui de « éternité ». Il vient du grec ancien αἰών, aiwon (apparenté au latin aevus qui nous donne âge), à travers la koinè grecque αἰών, aion, puis le latin aeon chez les auteurs chrétiens de l'antiquité tardive.



(49) Plérôme est un terme venant du grec qui signifie « plénitude ». Il désigne également le monde céleste, formé par l'ensemble des Éonsque le gnostique atteindra à la fin de son aventure terrestre. On retrouve une quinzaine de fois ce terme dans le Nouveau Testament

Il est présent dans la pensée platonicienne et dans certains textes de Carl Gustav Jung.





(50) Logos : Dans la pensée grecque antique, le logos (grec ancien λόγος lógos « parole, discours, raison, relation ») est au départ le discours parlé ou écrit. Par extension, logos désigne également la raison, forme de pensée dont on considère qu'elle découle de la capacité à utiliser une langue (grec γλῶσσα / glossa, γλῶττα / glotta « langue »). La notion de logos est présente notamment en philosophie, en rhétorique, en théologie chrétienne, en théosophie moderne et en psychologie.

De l'idée de logos dérive celle de logique (au sens large par opposition à la logique mathématique moderne), qui correspond dans le monde latin à la rationalité, l'art de la pensée verbale juste.









(51) Sophia (en grec ancien : Σοφíα) est un terme du Platonisme, du Gnosticisme, de l'Église orthodoxe, de la Philosophie grecque de Philosophie chrétienne, du Mysticisme chrétien, du Christianisme ésotérique, et de la Religion hellénistique : il désigne la sagesse. La sophiologie est un concept philosophique sur la sagesse et un concept théologique sur la sagesse de Dieu et son aspect féminin. Chez Socrate et Platon, la sophia est une vertu essentielle du gouvernant lui permettant de voir les essences.






(52) La syzygie est un terme décrivant l'union en symbiose de figures mythologiques, apparaissant notamment dans la tradition alchimique. Il s'agit de la réunion de couples de contraires, homme et femme, soleil et lune. L'androgyne hermétique en est un des exemples les plus connus.





(53) Ialdabaôth Selon André Wautier, Ialdabaôth (fils du chaos) ou Sabaôth (dieu des armées) 1est le nom du mauvais démiurge. Ceci figure dans la doctrine de nombreuses sectes gnostiques, telles que les Nicolaïtes, les Séthiens.


Il a été assimilé au Jéhova hébreu, au Chronos grec, à l'Allah de l'Islam, etc.


Pour certains gnostiques, l'archonte maître de l'orbite de la planète Saturne.


Il n'est pas à confondre avec le principe qui lui est opposé et donc libérateur de ce point de vue gnostique, assimilé au Satan hébreu, auProméthée grec, à l'Iblis de l'Islam, etc.




(54) l’Evangile de Luc : L'évangile selon Luc (κατά Λουκάν) a, selon la Tradition chrétienne, pour auteur le personnage appelé « Luc le bon médecin » dans certaines lettres de Paul de Tarse. Comme l'évangile attribué à Marc dont il tire 80% de sa substance et l'évangile attribué à Matthieu, qu'il imite en ajoutant à l'évangile selon Marc des logia (en) tirés d'une source qui ne contenait que des paroles de Jésus, son évangile se présente comme une biographie de Jésus. L'auteur qui pourrait être également le deuxième rédacteur des Actes des Apôtres — qui sont la suite de son évangile et narrent les débuts de la branche paulinienne (de Paul de Tarse) du mouvement créé par Jésus — indique qu'il écrit à la demande d'un commanditaire « après s'être informé de tout » car plusieurs ont déjà raconté cette histoire. Les deux livres sont dédiés à « Théophile », ce commanditaire. Avec toutes les précautions qui sont nécessaires pour de telles évaluations, la critique historique place la rédaction de ces deux ouvrages dans les années 80-90 et en tout cas après la rédaction desévangiles attribué à Marc et à Matthieu dont l'auteur de l'évangile attribué à Luc copie plus 70% des péricopes.


Avec l'évangile de Marc et l'évangile de Matthieu, il fait partie des évangiles dits synoptiques (ou parallèles). C'est le plus long des quatre évangiles retenus dans le Nouveau Testament (mais celui de Matthieu a quatre chapitres de plus). Cet évangile est reconnu par tous les chrétiens.






(55) épiphane de Salamine (Epiphanius Constantiensis) ou Épiphane de Chypre est un évêque et théologien chrétien du IVe siècle, né dans la localité de Besanduc, près d'Éleuthéropolis (en hébreu Beth Guvrin), en Palestine, vers 315, mort en mer au cours d'un voyage entre Constantinople et Chypre en mai 403. C'est un saint et un Père de l'Église pour l'Église orthodoxe et l'Église catholique, fêté le 12 mai. Sa ville épiscopale est Salamine de Chypre, détruite par un séisme vers 340 et reconstruite sous le nom de Constantia, du nom de l'empereur régnant Constance II ; c'était alors la métropole ecclésiastique de l'île de Chypre.







(56) La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison. Les saints sont réputés thaumaturges, ainsi que, traditionnellement, les rois de France et les rois d'Angleterre, qui pouvaient guérir les écrouelles (scrofule) dès leur sacre.







(57) Royaume du Pont (en grec Πόντος) est un royaume antique situé sur la côte méridionale de la mer Noire, dont il contrôlait aussi plus ou moins le pourtour. Aujourd'hui, cette région se trouve en Turquie.


Le royaume du Pont tire son nom de la mer Noire, anciennement appelée Pont-Euxin par les Grecs. Le premier à mentionner est Xénophon dans son Anabase.


Le Pont est une région sauvage de l'Asie Mineure, montagneuse, très boisée et peu peuplée à l'est, bien que riche en minerais, tandis que les vallées du Halys, de l'Iris et de leurs affluents font de la partie occidentale une zone riche et cultivable, la communication et le commerce étant facilités par les routes construites sous différents empires.





(58) Un épiscope (du grec Eπίσκοπος / episkopos, « surveillant ») était, dans les premières communautés chrétiennes grecques, après la disparition des apôtres, le responsable de la communauté chargé de veiller à la cohésion et à la fidélité de la doctrine de celle-ci. Il ne s'agit donc ni plus ni moins que du terme qui désigne un évêque. La traduction latine est episcopus.


Le mot a donné l'adjectif « épiscopal » toujours usité de nos jours dans l'Église catholique, que l'on retrouve dans l'expressionconsécration épiscopale par exemple.






(59) Paul de Tarse ou saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce « Shaoul » ([ʃaul]), (né probablement à Tarse en Cilicie, de nos jours en Turquie, autour du début du Ier siècle et mort en 67 - 68 à Rome, de nos jours en Italie) était un apôtre de Jésus-Christ, bien que ne faisant pas partie des douze apôtres. Il était citoyen romain de naissance et juif pharisien. Il est connu pour avoir eu un grand zèle pour le judaïsme jusqu'au point de persécuter les chrétiensjusqu'à sa conversion au christianisme après que Jésus lui fut apparu, vraisemblablement entre 32 et 36 . Dans les années 40, il devient un des auxiliaires de Barnabé, un personnage de rang quasi-apostolique, avec lequel il crée plusieurs églises, dans le territoire de la Turquie actuelle. Toutefois, il se brouille avec lui et avec Marc l'évangéliste pour une raison difficile à déterminer, peut-être après une altercation avec l'apôtre Pierre à Antioche. C'est donc en tant que chef de sa propre mission qu'il effectue son deuxième voyage missionnaire en Asie Mineure et en Grèce.


Les épîtres de Paul ont été une source importante du développement de la théologie chrétienne, incluant les travaux de saint Augustin ou de Martin Luther par exemple, et continuent de l'être de nos jours. Elles sont aussi une source sur les débuts du christianisme.





(60) Augustin d’Hippone (latin : Aurelius Augustinus), ou saint Augustin, né dans la Province d'Afrique au municipe de Thagaste (actuelle Souk Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie) est un philosophe et théologien chrétienromain de la classe aisée, ayant des origines berbères, latines et phéniciennes1,2. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, c'est l'un des quatre Pères de l'Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.



La formation qu'il a reçue à Carthage est celle des lettrés romains même si ses écrits laissent apparaître une sensibilité et des traits liés à sa région de naissance. S'il est un maître de la langue et de la culture latine, il ne maîtrisera jamais réellement le grec, ce qui tendra à accroître les divergences entre les christianismes occidental et oriental. Né d'une mère profondément pieuse, il se convertit d'abord à la philosophie avant de devenir manichéen. Il n'abandonne le manichéisme et se convertit au christianisme qu'assez tard en 386 après sa rencontre avec Ambroise de Milan. Après sa conversion, il devient évêque d'Hippone et mène une série de controverses orales et surtout écrites d'abord contre les manichéens, puis contre les donatistes et enfin contre le pélagianisme. Il écrit également une œuvre considérable tant en quantité qu'en qualité. Trois de ses livres sont particulièrement connus : Les Confessions, La Cité de Dieu et De la Trinité.



Sur le plan théologique et philosophique, il est, à la suite d'Ambroise de Milan, le principal penseur qui permet au christianisme d'intégrer une partie de l'héritage grec et romain, en généralisant une lecture allégorique des Écritures liée au néoplatonisme. Toujours à la suite d'Ambroise, un ancien haut fonctionnaire romain, il incorpore au christianisme une partie de la tradition de force de la République romaine. Il est le penseur le plus influent du monde occidental jusqu'à Thomas d'Aquin qui donne un tour plus aristotélicien au christianisme. Malgré tout, sa pensée conserve une grande influence au XVIIe siècle, où elle est l'une des sources de la littérature classique française et inspire les théodicées de Malebranche et deLeibniz.



Augustin est un penseur exigeant dans tous les sens du terme. Homme clé de l'émergence du moi en Occident, il joue également un rôle de premier plan dans l'évolution de la notion dejustice. De son passé manichéen, il garde une forte distinction entre le Bien et le Mal. Toutefois, le néo-platonisme qui a fortement influencé sa conversion l'a amené à une conception d'un Dieu fort qui, à l'inverse du Dieu faible des manichéens, assure qu'à la fin le Bien l'emporte. C'est, en Occident, le théologien qui insiste le plus sur la transcendance divine, c'est-à-dire que pour lui, les pensées de Dieu ne sont pas, de près ou de loin, les pensées des hommes. Selon lui, la croyance inverse constitue précisément le péché originel.



Le Dieu d'Augustin est à la fois au-dessus des êtres humains et au plus profond d'eux-mêmes, d'où un accent mis sur ce qu'il nomme la trinité intérieure : la mémoire, l'intelligence et la volonté. Si la mémoire est importante, l'idée de commencement, de renouveau est également très présente. La volonté permet de se diriger vers le Bien, mais n'est pas suffisante ; il faut aussi la grâce. Augustin met également l'accent sur la raison entendue comme un moyen de s'approcher de la vérité des choses – la vérité absolue n'étant pas de ce monde – dans une perspective qui intègre une dimension spirituelle certaine. En règle générale, la pensée augustinienne est animée d'un double mouvement, de l'extérieur (le monde) vers l'intérieur, domaine d'un Dieu lumière intérieure ; de l'inférieur (les plaisirs faciles) au supérieur (la vraie réalisation de soi). D'une certaine façon, ce qui sous-tend la dynamique de sa pensée est synthétisé par une de ses plus célèbres formules des Confessions : « Tu autem eras interior intimo meo et superior sumno meo (Mais Toi, tu étais plus profond que le tréfonds de moi-même et plus haut que le très-haut de moi-même) ».


Dans sa théologie, le poids du péché et de l'habitude du péché est tel que sans la grâce divine l'homme ne peut pas se sauver : c'est le sens de la lutte contre le pélagianisme, qui soutient l'inverse. Au XVIe siècle et au XVIIe siècle, le protestantisme et le jansénisme, qui reprendront ses thèses, s'adresseront, comme Augustin de son temps, plutôt aux classes moyennes actives qu'à l'aristocratie usuellement plus pélagienne. En lien avec sa théologie, il distingue fortement le monde (lié à l'amour de soi), de la Cité de Dieu (liée à l'amour de Dieu), un terme plus république romaine, qu'il préfère à celui de royaume de Dieu.



S'il contribue fortement à mettre au premier plan le concept d'amour (il aime aimer) dans le christianisme, il est accusé d'avoir transmis à l'Occident une forte méfiance envers la chair (une tentation forte chez lui). Pourtant, sur le péché de chair, en partie repris aux platoniciens et aux néoplatoniciens qui distinguent l'âme du corps vu comme entraînant les humains vers le bas, il aurait une position plutôt modérée par rapport à Jérôme de Stridon et Grégoire de Nysse.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Sam 10 Sep - 15:12

MANICHEISME (religion)





Le manichéisme est une religion fondée par le perse Mani au IIIe siècle.

C'est un syncrétisme (1) du zoroastrisme, du bouddhisme (2) et du christianisme ; les partisans de ce dernier le combattirent avec véhémence.

Par dérivation et simplification du terme, on qualifie aujourd'hui de manichéenne (3) une pensée ou une action sans nuances, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.



1. le manichéisme dans l’histoire


Le manichéisme fut créé par Mani, durant le IIIe siècle.

Grâce à la protection du roi de Perse Shapur Ier, Mani put prêcher le manichéisme à travers tout le Moyen-Orient. Sa religion s'est répandue plus tard à travers l'Afrique du Nord et l'Europe jusqu'en Gaule et à travers l'Asie jusqu'en Chine, où on l'appelait le "Bouddha (4) de lumière".

Peintre de grande qualité ainsi que ses disciples et successeurs les plus habiles, Mani créa une tradition d'illustration des manuscrits religieux, qui a bien pu avoir sa part dans la naissance de la miniature persane (5) .

Le manichéisme s'introduisit dans l'Empire romain, notamment en Égypte et en Afrique romaine, et fit l'objet d'un décret de persécution en 297, en raison de sa nouveauté, opposée au culte romain traditionnel, et de son origine persane, donc provenant des ennemis des Romains. Les décrets de tolérance religieuse de 311 et 313 (édit de Milan (6) ), principalement énoncés pour arrêter la persécution contre les chrétiens, mirent fin à cette période de persécution.

Les Ouïgours (7) du qaghanat de l'Orkhon (08) (744-840), protecteurs de la Chine des Tang (9) à la suite de la rébellion d'An Lushan (10) qui s'acheva en762, se convertirent au manichéisme à l'exemple de leur qaghan (11) Bögü, et leur religion s'épanouit dans ce qui est la Mongolie moderne et le bassin du Tarim (12) jusque vers la fin du Ier millénaire.

Jusqu'au XXe siècle, le manichéisme était une religion connue principalement à travers les écrits de ses adversaires (comme Saint Augustin). Mais la découverte de plusieurs manuscrits en Algérie et en Chine (cf. Manichéisme en Chine) permit de mieux connaître cette religion.



2. fondement

a) la création du monde

On raconte comment, un jour, les esprits des ténèbres voulurent donner l'assaut au royaume de la lumière. Ils parvinrent en effet jusqu'à la frontière de ce royaume nitescent (lumineux, rayonnant) et voulurent en faire la conquête. Mais ils ne pouvaient rien contre le royaume de la lumière étant donné sa suprasensibilité. Les esprits du royaume de la lumière prirent alors une partie de leur propre royaume et la mêlèrent au royaume matériel des ténèbres.

Grâce à ce mélange d'une partie du royaume de la lumière avec le royaume des ténèbres, il y eut, dit-on, en quelque sorte dans le royaume des ténèbres comme un levain, une sorte de substance provoquant la fermentation qui plongea le royaume des ténèbres dans une danse tourbillonnante chaotique par quoi il reçut un nouvel élément, à savoir la mort — relevant pour l'homme d'une sorte de transsubstantiation (13) .

Cela a lieu tant et si bien que le royaume des ténèbres se consume constamment lui-même et porte ainsi en lui le germe de son propre anéantissement — ou pour l'homme, d'une transmutation (14) en lumières passant par la formidable coruscation de la mort.

La pensée profonde qui réside dans ce récit est que le royaume des ténèbres doit être surmonté par le royaume de la lumière, non par le châtiment, mais par la douceur, l'amour ; non pas en s'opposant au Mal ou en le combattant, mais en se mêlant à lui ; afin de rédimer le Mal en tant que tel.



b) deux mondes distincts


Un des fondements du manichéisme est de séparer le monde en deux :

• le royaume de la lumière, le royaume de la Vie divine, où s'exprime ce qui est de l'éternité ;
• le royaume des ténèbres, le royaume de la matière, le royaume des « morts », où s'exprime ce qui est de l'espace/temps


c) l’homme est double


Selon le manichéisme, la lumière et les ténèbres coexistaient sans jamais se mêler. Mais à la suite d'un événement catastrophique, les ténèbres envahirent la lumière. De ce conflit est né l'homme (naturel), son esprit appartient au royaume de la lumière et son corps, appartient au royaume des ténèbres — ce qui peut transformer la mort non plus en processus destructif mais en processus d'élévation suprême, de libération de l'esprit.
Selon le manichéisme, l'homme naturel est donc double. Il possède :

• un esprit appartenant au royaume de la lumière — c'est la partie immortelle de l'homme ;
• un corps appartenant au royaume des ténèbres — c'est la partie mortelle de l'homme.



d) le Bien et le Mal


Selon le manichéisme, le bien est associé au royaume de la lumière, alors que le mal est associé au royaume des ténèbres1. Ce combat entre le bien et le mal est un des fondements du manichéisme.

Pour que l'esprit d'un homme puisse, une fois mort, se libérer du cycle des incarnations et arrive donc à rejoindre le royaume de la lumière, il faut qu'il se détache de tout ce qui est matériel de son vivant.

Selon le manichéisme, la mort matérielle a deux facettes. L'homme qui reste attaché à sa vie matérielle, ne permet pas à son esprit de se libérer du royaume des « morts » ; alors que l'homme qui offrira sa vie matérielle à l'esprit en lui par le chemin de l’Évangile, pour celui-là, l'esprit en lui retournera au royaume de la Vie divine. Certains théologiens trouvent une parenté à ce concept dans la phrase que Jésus prononce dans l’Évangile selon Marc (15) (ch 8 verset 35) : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. »



3. la philosophie complète


L’essence même de la philosophie manichéenne est basée sur deux concepts dogmatiques (16) : la division du monde en trois temps et deux entités. Ces théories sont issues du mythe fondateur imaginé par Mani.


D’abord, la division du monde en deux entités. D’un côté, Mani place les Ténèbres, gouvernées par Satan ou « le Prince des Ténèbres » et de l’autre, la Lumière, gouvernée par Dieu. Ce concept si drastique s’applique évidemment au monde des idées. En effet, dans la loi manichéenne, il n’y a pas de zone grise, un acte est bon ou mauvais, tout simplement.

Ensuite, la division du monde en trois temps. Elle est intimement liée avec la précédente.


En lieu de premier temps, le moment antérieur. Il est caractérisé par la division absolue et non mélangée du monde entre les Ténèbres et la Lumière. Ces dernières semblent presque ignorer leur existence mutuelle. Puisque les Ténèbres (ni la Lumière d’ailleurs) ne peuvent être anéantis, l’état antérieur est considéré comme un état parfait du monde.


En lieu de deuxième temps, le moment médian ou présent. Celui-ci commence avec la création de l’humanité (voir mythe fondateur). Il est caractérisé par un mélange instable des Ténèbres et de la Lumière.


En lieu de troisième temps, le moment postérieur. Il est en tout point identique au moment antérieur : les âmes humaines (provenant de l’essence d’homme primordial) reposent au royaume de la Lumière en un immense « carma » lumineux représentant l’homme primordial.


Ces divisions du monde ont pour effet que le manichéen tente constamment d’atteindre un idéal : il doit rétablir la division entre Ténèbres et Lumière. D’après le mythe fondateur, l’âme humaine est faite de la Lumière et son corps, des Ténèbres. La relation avec Dieu s’en retrouve donc très intime, celle avec Satan aussi. Le croyant met en contexte l’idéal premier manichéen en le suivant : il doit séparer son esprit de son corps, maximiser l’expansion de celui-là et réduire celle de celui-ci. Pour ce faire, il suivra des règles précises réduisant le plus possible toute forme de matérialisme et de sensualité dans sa vie. Il considérera aussi la matière comme quelque chose de mauvais mais ne la détruira pas puisqu’elle contient la lumière dans le cas des êtres vivants et contient les armes de l’homme primordial dans le cas des éléments non biologiques comme l’eau, l’air etc.


Si le manichéen provoque une rupture entre son esprit et son corps, il espère accéder au royaume de la Lumière et fondre sa particule lumineuse aux autres en un immense « karma » (Mani a été fortement influencé par diverses religions préexistantes à la sienne comme le bouddhisme. Par ailleurs le manichéisme est issu d'une communauté Elkasaïte (17) , elle-même produit d'une fusion entre des « osséens »2et des Nazôréens (18) de la région de Mésène (19) .). Sinon, il renaîtra en un autre corps et devra continuer son cheminement jusqu’à ce que la dissociation soit faite.



4. la vie des manichéens


Deux groupes de manichéens existaient :
• les élus : qui passaient leur temps à prêcher, pratiquaient le célibat et étaient végétariens. Après leur mort, les élus étaient assurés d'atteindre le royaume de la Lumière ;
• les auditeurs : ils devaient servir les élus, pouvaient se marier (mais il leur était déconseillé d'avoir des enfants) et pratiquaient des jeûnes toutes les semaines. Après leur mort, les auditeurs espéraient être réincarnés en tant qu'élus, mais ils doivent passer, pour se purifier, par des cycles plus ou moins longs de réincarnations, « transvasements » (métaggismoï).


Pour que le royaume de la lumière triomphe sur les ténèbres, il faut que tous les élus et les auditeurs atteignent le royaume de la lumière. En réalité, ce n'est pas vraiment un triomphe que les manichéens recherchent, mais un retour à l'état originel, la séparation du bien et du mal. Car selon le manichéisme, il est impossible de triompher du mal, car le mal est indestructible. Le seul moyen d'être totalement dans le royaume de la lumière, c'est de fuir les ténèbres.


5. règles


Les principes fondamentaux du manichéen sont de réfuter le plaisir de la chair, de ne pas tuer et de ne pas blasphémer. Les manichéens ne possèdent aucune permission, si ce n’est de respecter les rites et les règles qui leur sont imposés. Comme on peut le constater, les règles de cette religion sont à la fois simples et rigoureuses.


Les classes des auditeurs vivent en respectant les « Dix Commandements » de Mani. Ces commandements touchent autant la vie sociale que religieuse des manichéens. Par contre, le mode de vie des deux classes est différent. Ils doivent prier quatre fois par jour, soit pour chacune des quatre positions du soleil, jeûner ainsi que contribuer à l’aumône correspondant environ à un septième des biens qu’il possède. Les manichéens doivent aussi se garder de parler des tentations, celles-ci étant strictement taboues. À travers ces interdits, l’auditeur aura pour objectif d’atteindre un état qui le rendra parfait lors de sa réincarnation. Il sera alors Élu.


Les règles des Élus, beaucoup plus strictes, se divisent principalement en trois sceaux: soit « celui de la main, de la bouche et du sein ». Le « sceau de la main » est la restriction des gestes pouvant briser la vie tels la chasse et la guerre. Le « sceau de la bouche » représente la discipline de la parole et celle du régime alimentaire. Celui-ci se résume aux herbes. Le « sceau du sein » représente l’abstinence sexuelle de l’Élu. Le but de ceux-ci est d’incarner la perfection afin de montrer l’exemple aux religieux des classes inférieures. Cette perfection est le dernier stade précédant l’accès au « Carma » du royaume de la Lumière.


Chez les manichéens, un enfant naît Élu ou auditeur. Il n’est pas possible de le devenir au cours des années. Le choix se fait par rapport aux ancêtres et aux familles. La seule façon de changer de classe, selon la religion, est de se réincarner en Élu dans une vie ultérieure.


Les récompenses des religieux vivant au sein de cette religion sont en fait l’ascension dans la hiérarchie. Par contre, passer d’auditeur à Élu ne pourra se faire autrement qu’en se réincarnant. Les pénitences, contrairement aux récompenses, constituent la perte d’un grade ou d’un privilège dans la hiérarchie manichéenne.


Comme on peut le constater, la relation qu’entretient le manichéen avec le Dieu (la Lumière) se fait par l’intermédiaire de la prière et dans une optique de sainteté. Pour ce faire, les manichéens doivent tout simplement respecter les règles à la lettre.


6. rites


Les manichéens croient en la Lumière, l’image de Dieu et ses serviteurs. Ces entités sont à la fois très près de leur corps et loin de leur réalité. En effet, les manichéens affirment que la Lumière est emprisonnée en eux, mais ne peuvent se la représenter. La prière constitue un des moyens privilégiés du manichéen pour accéder à la Lumière.


La prière quotidienne se pratique individuellement tandis que la confesse a lieu devant les Élus. Apparemment, aucun objet n’est nécessaire à l’accomplissement des rites. Les Élus se laissent pousser les cheveux, s’habillent en blanc, retranscrivent et étudient les écrits de Mani, chantent sept hymnes par jour, enseignent, s’isolent à la pleine lune et prient sept fois par jour ainsi que durant la majeure partie de la nuit. La plupart des Élus sont également nomades.


Les auditeurs, de leur côté, mémorisent les écrits de Mani, chantent quand ils peuvent, prient quatre fois par jour et jeûnent la semaine afin de se préparer à la confesse du lundi. En effet, une confesse a lieu chaque lundi, tandis qu’une autre de plus grande envergure prend place à la fin du mois. Durant celle-ci, les manichéens demandent le grand pardon. Également, à quelques reprises durant l’année, les auditeurs sont appelés à se départir de leurs biens matériels en les offrant à l’Église. Cette pratique est nommée l’aumône. Les Élus, ayant fait vœu de pauvreté, se débarrassent systématiquement de leurs biens.


Les rites sont foncièrement positifs à l’exception de la célébration du Bêma, soit la nouvelle année chez les manichéens fêtée en été (le jour de la fête de Mani). En effet, un jeûne d’un mois presque entier (26 jours) la précède et mettent en carence de certains éléments nutritifs les Élus et les Auditeurs, déjà restreints par des habitudes alimentaires pauvres en protéines.


En ce qui concerne les symboles, le manichéisme n’en possède que très peu. Cette carence repose en partie sur le fait qu’un des dix commandements manichéens indique clairement que la représentation de Dieu est proscrite. Malgré tout, quatre symboles évidents et connus de tous font partie du manichéisme. Les deux premiers symboles sont ceux de la Lumière et des Ténèbres représentées par des teintes contrastantes de noir et de blanc. Le troisième, est la croix de Jésus Christ, empruntée au christianisme. Néanmoins, elle n’a pas exactement la même signification. Elle signifie l’incarnation de Jésus sous forme humaine pour faire le lien entre l’homme et Dieu. La souffrance du Christ semble considérée comme le fruit d’une illusion chez les manichéens. Le quatrième est le serpent, représentant la chair, chose mauvaise.



7 mythe fondateur


Ce mythe est celui de la création, celui racontant la naissance de l’homme et de la matière. Il s’agit d’un mythe cosmogonique avec substrat préexistant. En effet, la création du monde réside non seulement en l’action d’un dieu supérieur mais aussi en celle de personnages secondaires.


Le mythe fondateur commence dans la période antérieure du temps (voir philosophie). La Lumière (le royaume de Dieu) et les Ténèbres (le royaume du Prince des Ténèbres) sont donc séparés. Résultat du chaos dans ce second royaume, une partie de celui-ci se rapproche assez du royaume de la Lumière pour en apercevoir l’éclat, et désire aussitôt y pénétrer. Dieu mandate alors l’ "homme primordial" — engendré par la Mère de la Vie, elle-même issue du sein de Dieu, afin de protéger son royaume. Pour aider l’homme dans sa tâche, Dieu le pourvoit de cinq auxiliaires puissants : le feu, l’eau, le vent, la lumière et la matière (terre).


Malgré tous les efforts de la Lumière, les Ténèbres l’emportent sur l’homme. Ce sont cinq archontes qui affrontèrent l’homme (sans doute à cause du fait qu’il disposait de cinq armes). Les Ténèbres s’emparent alors de l’homme, et l’enferment en elle-même. Désespéré, l’homme fait appel à Dieu qui envoie, pour l’aider, l’Esprit de vie. Ce dernier tente de ramener l’homme vers le royaume de la Lumière par le biais du soleil, de la lune, des plantes qui montent vers le ciel, etc. Mais avant que l’opération s'achève, le prince des Ténèbres commande à deux démons de s’unir et ainsi de former une contrefaçon de l’homme primordial, pour y enfermer la dernière parcelle de lumière non aspirée par l’Esprit de vie. L’homme existe ainsi ; son corps est mauvais, son esprit est bon.



8. divers


Le Manichéisme se répandit dès le IIIe siècle de notre ère à travers le monde Romain et au-delà vers l'est, de manière totalement pacifique, des Balkans à la péninsule arabique, et à travers l'Asie centrale par la Route de la Soie, jusqu'à la Chine, où il sera toléré quelque temps comme religion pratiquée essentiellement par des populations étrangères. Finalement, il laissa très peu de traces : sauf par ses détracteurs (persécution de Rome de 297 à 313).


Saint Augustin, qui étudie la rhétorique, suit alors l'enseignement du manichéisme pendant quelques années, puis le délaissera. Il est nommé professeur de rhétorique à Milan, avant de se convertir au christianisme. Il critiquera alors férocement le manichéisme.


Au XIXe siècle, le philosophe, occultiste et penseur social Rudolf Steiner (20)  parlera de Mani (ou Manès) comme d'un grand initié, dont la tâche principale aurait été de transformer le mal en bien.


a) critique augustinienne du manchéisme


Pour saint Augustin, le manichéisme est directement issu du gnosticisme. Il n'y a donc rien de vraiment nouveau dans la secte des manichéens. Saint Augustin a été manichéen à une période de sa vie, il connaît donc assez bien la doctrine de Mani, par différents témoignages et écrits qui ne sont peut-être pas tous parvenus jusqu'à nous.


De plus, le gnosticisme est directement en relation avec les religions païennes ou cultes à mystères.


Une critique philosophique brève et riche du manichéisme se trouve dans les Confessions (21)  de saint Augustin, livre VII, chapitre 3. L'argument contre les manichéens est le suivant:


Les manichéens posent deux substances opposées, le Bien et le Mal, et les font se combattre. Or, si Dieu est incorruptible (au sens métaphysique du terme, pur de tout mélange, et incapable d'être mêlé à une autre substance), le Mal n'a aucun moyen de le combattre. Donc, soit les Manichéens conçoivent que Dieu est imparfait (ce qui va contre la définition de Dieu), soit Dieu est bien incorruptible pour les manichéens, mais il a alors engagé de lui-même un combat gagné d'avance contre le Mal. Que Dieu soit l'auteur d'une agression gratuite est aussi inacceptable que son imperfection. La conclusion est que le manichéisme est inapte à donner une bonne conception de Dieu.

Cet argument de saint Augustin a été repris par Nebridius (22)
.




(1) Un  syncrétisme : est un mélange d'influences. Le terme de syncrétisme vient du mot grec συγκρητισμός (sygkrètismos) signifiant « union des Crétois ». Initialement appliqué à une coalition guerrière, il s'est étendu à toutes formes de rassemblement de doctrines disparates, et est surtout utilisé à propos de religions.




(2) Le  bouddhisme : est, selon les points de vue en Occident, une religion (notamment une religion d'État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines remontent en Inde au Ve siècle av. J.-C. à la suite de l'éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement.







(3) Le manichéenne : est, dans son acception contemporaine, au sens figuré et littéraire, une attitude consistant à simplifier les rapports du monde, ramenés à une simple opposition du bien et du mal. Le sens original du terme renvoie quant à lui à la religion antique dumanichéisme, religion du prophète Manès.


Pour le prêtre et sociologue Jacques Grand’Maison, « l'esprit manichéen transforme toute distinction en opposition et ramène systématiquement la complexité du réel à deux termes qui s'excluent », en recourant à des stéréotypes. « Il a envahi la religion et la culture, la morale et la politique, les idéologies et les sciences », démentant les qualités de pluralisme et de tolérance revendiquées par les sociétés modernes.



(4) Bouddha : Le titre de bouddha (terme sanskrit बुद्ध buddha « éveillé », participe passé passif de la racine verbale budh-, « s'éveiller »), désigne une personne ayant, notamment par sa sagesse (prajñā), réalisé l'éveil, c'est-à-dire atteint le nirvāna (selon le hīnayāna), ou transcendé la dualité samsara (Saṃsāra)/nirvana (nirvāņa) (selon le Mahāyāna). Il peut être désigné par d'autres qualificatifs : « Bienheureux » (भगवत्bhagavat), « Celui qui a vaincu » (जिन Jina), « Ainsi-Venu » (तथागत Tathāgata).


Des nombreux bouddhas, le plus connu demeure le fondateur du bouddhisme, Siddhārtha Gautama, archétype du « bouddha pur et parfait » (सम्यक्सम्बुद्ध samyaksambuddha).






(5) miniature persanne : Les thèmes de la miniature persane sont pour la plupart liés à la mythologie persane et à la poésie. Les artistes occidentaux ont surtout découvert la miniature persane au début du XXe siècle. Les miniatures persanes utilisent de la géométrie pure et une palette de couleurs vives. L'aspect particulier de la miniature persane réside dans le fait qu'elle absorbe les complexités et qu'elle réussit étonnamment à traiter des questions comme la nature de l'art et la perception dans ses chefs-d'œuvre .


Il est difficile de tracer les origines de l'art de la miniature persane, qui a atteint son sommet pendant les périodes mongoles et timourides(XIIe et XVIe siècles). Les dirigeants mongols de la Perse ont répandu le culte de la peinture chinoise et l'ont apporté avec eux, comme un certain nombre d'artisans chinois. Le papier lui-même est arrivé depuis la Chine en 751 d'abord dans la région de Samarcande et Tachkent, puis en 753 dans l'Iran actuel, atteignant Bagdad en 794. L'influence chinoise est donc très forte sur cet art.


Pour le terme d'enluminure que l'on ne doit pas employer ici, Youssef Ishaghpour précise dans son ouvrage La miniature persane1 que ce terme dans la sphère iranienne « est un mode d'ornement de manuscrit, à base d'éclat et de couleur, dépourvu d'image : à commencer par des magnifiques copies du Coran, ornées de splendeurs persanes, de motifs abstraits, géométriques et floraux. » À propos de la miniature occidentale, Henri Focillon emploie justement le terme de « vertige de la réduction », parce qu'elle donne l'illusion d'une peinture de chevalet dans un espace réduit. Il n'en est rien pour la miniature persane qui représente en elle-même un espace poétique différent avec absence délibérée d'ombre et de perspective, pour réaliser l'union du principe abstrait de l'ornementation, propre à l'art islamique, avec la diffusion de la lumière, propre aux croyances de l'ancienne Perse.





(6)L’ édit de Milan : ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius en avril313, est un édit de tolérance par lequel chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu. Il instaure la Paix de l'Église.


Ce qui est couramment appelé édit de Milan est en fait une lettre circulaire attribuée à Constantin, publiée par Licinus à Nicomédie par un rescrit du 13 juin 313, puis placardée dans tout l’Empire romainet ne correspond qu’à un décret d’application de l’édit de Sardique de Galère en 311.Constantin est l’empereur de Milan














(7) les Ouïgours (littéralement unité, langue ouïghour : ئۇيغۇر ; chinois simplifié : 维吾尔 ;chinois traditionnel : 維吾爾 ; pinyin : Wéiwú'ěr) sont un peuple turcophone et musulmansunnite habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang (ancien Turkestan oriental) enChine et en Asie centrale. Ils représentent une des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la république populaire de Chine (pinyin : wéiwú’ěr zú). Ils sont apparentés aux Ouzbeks. Leur langue est l'ouïghour.








(08) l’Orkon , ou Orhon (mongol cyrillique : Орхон гол, romanisation : Orkhon gol, lit. rivière Orkhon) est une rivière de Mongolie. C'est un affluent de la Selenga, donc un sous-affluent de l'Ienisseïrusse par la Selenga, le lac Baïkal et l'Angara

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(9) Tang : La dynastie Tang (chinois : 唐朝 ; Wade : T'ang ; EFEO : T'ang, Ten quelquefois) (18 juin 618 - 1er juin 907) est une dynastie chinoise précédée par la dynastie Sui (581-618) et suivie par la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. Elle a été fondée par la famille Li, qui prit le pouvoir durant le déclin et la chute de l'empire Sui.

Venant après une longue période de division de la Chine qui dura de 220 à 581, à laquelle l'éphémère dynastie Sui avait mis fin, les premiers empereurs de cette dynastie eurent d'abord pour tâche de stabiliser l'empire récemment réunifié, et de lui redonner la puissance qu'avait eue la Chine à l'époque des Han. Ils firent rapidement mieux que ces derniers dans le domaine des conquêtes extérieures. Sous les premiers empereurs Tang (en particulierTaizong, l'impératrice Wu Zetian et Xuanzong), l'empire chinois connut une période de prospérité et un rayonnement culturel considérable. Sa capitale Chang'an, la plus grande ville du monde, reflétait toute la puissance et le cosmopolitisme, qui reposait notamment sur le dynamisme des échanges à longue distance le long de la route de la soie et des voies maritimes méridionales. Cette période a été vue par les générations suivantes comme un véritable âge d'or de la civilisation chinoise, symbolisé notamment par les brillants poètes Li Bai et Du Fu, et plus largement l'émergence d'un groupe de nombreux lettrés passés par les examens impériaux qui furent mis en place par les premiers empereurs Tang.


L'histoire de la dynastie bascula en 755 avec la révolte d'An Lushan, conséquence dramatique des évolutions politiques et militaires de l'empire à la période de son apogée. Après la difficile répression de ce soulèvement, l'organisation de l'empire se présenta sous un jour nouveau : la vieille aristocratie qui l'appuyait déclina irrémédiablement, supplantée par des hommes nouveaux disposant des charges militaires provinciales les plus importantes ou des grandes commissions fiscales et financières. Les empereurs ne parvinrent pas à contenir les forces centrifuges qui leur firent perdre l'autorité sur leurs provinces, même si cela n'entrava pas la prospérité de leur empire, portée par l'expansion démographique et économique des régions du Sud. Après une série de révoltes dans les dernières décennies du IXe siècle, la dynastie Tang s'éteint en 907, alors que son empire avait été dépecé. Les évolutions politiques, sociales, économiques et intellectuelles de cette période avaient déjà fait pénétrer la Chine dans une période que les historiens considèrent couramment comme « moderne », annonciatrice de la période de la dynastie Song (960-1272) qui réunifia la Chine quelques décennies après la fin des Tang.


Plusieurs innovations importantes sont apparues durant la dynastie Tang, dont le développement des caractères d'imprimerie en bois. Dans le domaine religieux, lebouddhisme eut une influence majeure dans la culture chinoise, avec l'affirmation de sectes bouddhistes aux racines spécifiquement chinoises et le développement d'un art remarquable. Toutefois, cette religion fut par la suite persécutée et son influence déclina, tandis que le taoïsme conservait une grande importance et que s'amorçait le retour du confucianisme, porté par les écrits de Han Yu.









(10)  An Lushan  Ān Lùshān (chinois simplifié : 安禄山 ; chinois traditionnel : 安祿山, 703 - 757) est un général, de père sogdien et de mère turque, au service de l'empereur chinois Xuanzong de la dynastie Tang. Général de l'armée Tang, il progresse au sein de la hiérarchie impériale dans les années 740, jusqu'à devenir gouverneur militaire de Pinglu, à laquelle s'ajoutent Fanyang (745) puisHedong (751). Les membres de son clan sont en parallèle nommés à la tête des deux provinces frontalières voisines, tant et si bien qu'à partir de 752 selon Stephen Owen « toute la frontière septentrionale depuis les Ordos jusqu'à la Manchourie est tenue par les Ans ».


Il continue à profiter des faveurs impériales après le décès du ministre Li Linfu en 753, allant jusqu'à être adopté par Yang Guifei, la puissante favorite de l'Empereur qui pour l'occasion habille le quinquagénaire comme un nouveau-né. L'Empereur, pour sa part, le nomme Ducpuis Prince, des titres jusqu'alors réservé aux individus de sang impérial. En 754, il se voit attribuer la direction des haras impériaux du Gansu : il devient de facto l'homme le plus puissant de Chine.


Les relations avec le ministre en chef Yang Guozhong se dégradent cependant. Lorsqu'en 754 An retourne à son poste dans le Hebei, Yang en profite pour éliminer la plupart de ses soutiens à la Cour et commence à répandre des rumeurs de rébellion à son sujet. De fait, après avoir ignoré plusieurs convocations An Lushan refuse directement, en 755, d'obéir à un envoyé impérial : le conflit est alors ouvert.


Cette Révolte d'An Lushan, comme elle sera connue, met l'empire à feu et à sang : à la tête de ses troupes, il prend d'abord Luoyang puis, ayant défait le gros des troupes loyalistes en 756, il marche sur Chang'an tandis que l'empereur s'enfuit vers le Sichuan. An Lushan se proclame alors empereur et fonde la dynastie Yan (ou Grand Yan (大燕), du nom de la région du Nord-Est où ses soutiens sont les plus nombreux).


Il est assassiné en 757 par son propre fils, et sa dynastie s'éteindra en 763.






(11) Qaghan :  Khagan ou Khan (Alphabet de l'Orkhon (vieux turc) : (kağan) ; mongol bitchig : ᠬᠠᠭᠠᠨ ; translittération VPMC : qaɣan ; cyrillique : хаанtranslittération MNS : (khaan) ; Mandchou : ᡥᠠᠨ ; chinois : 可汗 ; pinyin : kèhán) est un titre équivalent à celui d'empereur dans les languesmongole, toungouses et turque. Le titre est porté par celui qui dirige un khaganat (empire, plus grand qu'un khanat, lui-même comparable à un royaume). Le Khagan, comme tous les khans, se fait élire par le Qurultay, en général, parmi les descendants des précédents khans. Les Avars, les Proto-Bulgares, les Khazars, entre autres, appelaient leurs chefs de ce nom.









(12) bassin de Tarim est le plus grand bassin fluvial endoréique au monde (plus de 400 000 km2).
Entouré par plusieurs chaînes de montagnes, Tian Shan au nord, la chaîne des Pamirs à l'ouest et les Kunlun au sud, il se trouve dans la région autonome de Xinjiang (appelé aussi Turkestan oriental) dans la partie la plus occidentale de la Chine.

Une grande partie du bassin est occupé par le désert du Taklamakan.

Le secteur est habité par des Ouïgours et d'autres populations d'Asie centrale, il connaît des migrations de Hans depuis au moins la dynastie Ming, les progrès de la révolution industrielle et une plus grande facilité pour les population chinoises de passer d'une région à l'autre de la Chine ont permis des échanges migratoires plus importants entre ce bassin et d'autres régions du pays.







(13) la transsubstantation :  La transsubstantiation est, littéralement, la conversion d'une substance en une autre. Le terme désigne, pour certains chrétiens (en particulier les catholiques), la conversion du pain et du vin en Corps et Sang du Christ lors de l'Eucharistie.


Le terme qui apparaît pour la première fois chez Hildebert de Tours (dit aussi de Lavardin) vers 1079 est défini comme concept du dogme par le quatrième concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545–1563).


Sur le plan religieux, les chrétiens catholiques romains, arméniens (catholiques) et maronitesemploient le terme de « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l'Eucharistie, le painet le vin, par la consécration de la Messe, sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en Corps et Sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou espèces (texture, goût, odeur : les apparences) initiales.







(14) Uns transmutation :  La transmutation de la matière désigne la transformation d'une substance en une autre. En physique nucléaire, la transmutation (ou mue atomique) est la transformation d'un élément chimique en un autre par une modification du noyau atomique de l'élément. Elle est aussi appelée transmutation nucléaire.








(15) L’Evangile selon Marc : (κατὰ Μάρκον) forme avec les trois autres évangiles, le cœur du Nouveau Testament, la partie la plus récente de la Bible chrétienne. Le deuxième (par sa place) des quatre évangiles canoniques est aussi le plus bref et probablement le plus ancien ; c'est l'un des trois évangiles dits « synoptiques ».


Sa rédaction est attribuée à Marc, généralement identifié au Marc compagnon de Paul, puis de Pierre, que l'on connaît par le Nouveau Testament, spécialement les Actes des Apôtres et les épîtres de Paul et de Pierre.







(16) dogmatique : Un dogme (du grec δόγμα dogma : « opinion » ou δοκέω dokéô : « paraître, penser, croire ») est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse. Historiquement, le dogme a été une formulation d'un article de foi, utilisé lorsque le critère de conformité à la foi devait être utilisé par le pouvoir judiciaire, lorsque le pouvoir temporel (historiquement, l'Empire romain d'Orient) sanctionnait pénalement les déviations par rapport à l'orthodoxie.

Un système de dogmes cohérents, ou en apparence cohérents, forme une idéologie.







(17) Elkasaïte :  Les elkasaïtes, elcésaïtes, helcésaïtes ou elcésaïens sont les membres d'un mouvement religieux judéo-chrétien baptiste syncrétique de tendance gnostique qui, selon Simon Claude Mimouni, relève aussi bien du judaïsme en général que, par certains aspects, du judaïsme nazôréen. Ce mouvement est documenté de manière indirecte à partir du IIIe siècle et ce jusqu'au Xe siècle, mais le caractère indirect, partial et parcellaire des sources rend difficile son approche.
Il s'agit apparemment d'un mouvement de chrétiens d'origine juive qui a émergé au IIe siècle et a disparu après le Xe siècle, à une date indéterminée. Ses origines sont très débattues par la recherche. Le mouvement est d'abord attesté en Mésopotamie du Nord où il semble naître vers le début du IIe siècle, avant que certains Pères de l'Église ne dénoncent l'action de missionnaires elkasaïtes dans l'Empire romain au début du IIIe siècle. À la même époque, des groupes d'elkasaïtes existent dans l'Empire perse puis, au IVe siècle, sous l'appellation d'« osséens » (c'est-à-dire d'esséniens) ou de « sampséens », en Palestine au-delà du Jourdain, en Nabatée, en Iturée, en Moabitide, en Ariélitide et en Pérée, sur les territoires à l'orient de la mer Morte et sur les rives de l'Arnon.


Le mouvement tire sa dénomination du personnage portant le nom symbolique d'« Elkasaï », dont l'historicité est débattue3 et dont le nom connaît de multiples graphies, notamment chez les hérésiologues chrétiens écrivant en grec. Le Livre d'Elkasaï (ou Apocalypse d'Elkasaï), aujourd'hui disparu, n'est connu qu'à travers les hérésiologues qui racontent que, pour les disciples d'Elkasaï, ce livre était descendu du ciel. Certains auteurs détectent aussi des passages de ce livre dans la « Vita Mani », livre de référence du Manichéisme.


Elkasaï pourrait initialement avoir été un nazôréen-ébionite qui, en effectuant une prédication au sein des « osséens », aurait formé un nouveau mouvement se désignant sous le nom de « sampséens », mais que les auteurs chrétiens désignent sous le nom d'« elkasaïtes ».

L'elkasaïsme a donné naissance au Manichéisme. Mani, son fondateur, a été élevé à Mésène (sur le Chatt-el-Arab) dans une communauté baptiste probablement elkasaïte. Le mouvement elkasaïte semble aussi avoir influencé l'islam, qui en est peut-être partiellement issu. Il semble pour l'essentiel s'être fondu dans l'islam à sa création, bien que quelques groupes de ce mouvement survivaient encore au Xe siècle dans le monde islamique.

Certains spécialistes estiment que les mandéens, mouvement baptiste gnostique survivant encore de nos jours en Iran et en Irak, pourraient être les derniers héritiers du mouvement , ou tout au moins des baptistes qui n'ont pas reconnu Jésus-Îsâ comme Messie. Ce point de vue ne fait toutefois pas consensus.









(18) Les Nazôréens :  ou Nazaréens (en grec: Ναζωραῖος (Nazôraios), en hébreu: Notzrim) sont un groupe religieux juif-messianiste mal connu, attesté de manière indirecte à partir de la seconde moitié du Ier siècle. Ce groupe a la particularité de reconnaître en Jésus le Messie tout en continuant à pratiquer les préceptes de la loi juive. Pour une branche de la recherche, les Nazôréens reconnaissent la messianité de Jésus, qu'ils qualifient de « serviteur de Dieu », mais pas sa divinité.







(19) Mésène : La Characène ou Mésène, était un royaume situé à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, sur le Golfe Persique, au sud de la Babylonie. Créé à la fin du IIe siècle av. J.-C., ce royaume fut vassal de l'Empire Parthe. Sa capitale était Spasinou Charax, « la forteresse d'Hyspaosinès ». Au Ier et au IIe siècle. il joua un rôle important dans le commerce de la Syrie avec l'Inde.








(20) Rudolf Steiner   , né le 25 février 1861 à Donji Kraljevec, Croatie/Empire d'Autriche, et mort le 30 mars 1925 (à 64 ans) à Dornach, Suisse, est un philosophe, occultiste et penseur social. Il est le fondateur de l'anthroposophie, qu'il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l'Homme et les mondes spirituels ».


Membre de la Société théosophique puis secrétaire général de la section allemande en 1902, il s'en sépare dix ans plus tard pour fonder la Société anthroposophique.


Son enseignement est à l'origine de projets aussi divers que les écoles Waldorf, l'agriculture biodynamique, les médicaments et produits cosmétiques Weleda, le mouvement Camphill et la Communauté des chrétiens.








(21) les Confessions    (en latin Confessiones) est une œuvre autobiographique d'Augustin d'Hippone, écrite entre 397 et 401, où il raconte sa quête de Dieu. Il a donc un double but : avouer ses péchés et ses fautes directement à Dieu (confession au sens chrétien) mais aussi proclamer la gloire de Dieu. L'œuvre est composée de treize livres. « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. » C'est un ouvrage fondamental, tant par la profondeur des analyses qui y sont faites que par la qualité du style de l'écriture.








(22) Nebridius  Nimfridius (et non, comme on le lit trop souvent, Nebridius), qui florissait dans le dernier quart du VIIIe siècle et le premier quart du IXe, est un important dignitaire ecclésiastique de la Gaule carolingienne.


En compagnie de Leidrade et de Benoît d'Aniane, il fut, dans deux missions entreprises respectivement au printemps de l'an 799 et au début de l'automne de l'an 800, envoyé par Charlemagne pour ramener à l'orthodoxie les populations d'Espagne et de Septimanie qui avaient adhéré à l'adoptianisme. Toujours avec l'aide de Benoît d'Aniane, il fonda l'abbaye de Lagrasse, dont il fut le premier abbé. Il co-organisa, avec l'archevêque d'Arles Jean II, le concile qui se tint à Arles en mai 813. Il devint plus tard archevêque de Narbonne.
Nimfridius fut en relation avec non seulement Benoît d'Aniane et Leidrade, mais encore avec Alcuin, Agobard (successeur de Leidrade sur le trône épiscopal de Lyon) et Claude de Turin.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Dim 11 Sep - 13:27

MARCIONISME


Marcion dit du Pont ou de Sinope (né à Sinope vers 85, mort vers 160) est une personnalité du christianisme ancien de la fin du Ier et de la première moitié du IIe siècle. Armateur fortuné, il se rend à Rome vers 140 où il se distingue par ses prodigalités au sein de la communauté chrétienne de Rome alors dirigée, selon la tradition, par l'épiscope (1) Pie (2)
.


Se fondant uniquement sur l’Écriture, il développe sa propre doctrine qui rompt avec la tradition juive : du contraste absolu qu'il décèle entre la Loi juive et l'Évangile, il conclut à l'existence de deux principes divins — Dieu de colère de la Bible hébraïque et Dieu d'amour de l'Évangile — dont celui des textes chrétiens est le Dieu suprême. Celui-ci est le père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque (3) et le culte de son démiurge. Pour Marcion, Jésus n'est pas le messie attendu par les Juifs, ni né de la Vierge Marie : il est apparu à la quinzième année du règne de Tibère (4) sans avoir connu ni naissance ni croissance et sauve l'homme en le rachetant par sa mort. Marcion est en outre le premier à donner au mot εὐαγγέλιον (euangélion, « bonne nouvelle ») un sens littéraire et à élaborer un « canon » de l’Écriture dont il écarte la Torah (5)
et tout ce qui, dans la littérature néotestamentaire, porte la marque du judaïsme, proposant un texte résumé à l'Évangile selon Luc (6)
et dix épîtres pauliniennes (7)
.


En rupture avec la communauté chrétienne de Rome pour ces doctrines, il fonde sa propre Église à l'organisation solide et concurrente, ce qui lui vaut d'être considéré par la suite comme l'un des premiers hérésiarques (08) par les auteurs de la « Grande Église ». Le marcionisme se développe essentiellement en Orient, en Mésopotamie et en Perse mais aussi en Occident et non sans connaitre des dissidences. Persécutées au cours du IVe siècle, les communautés marcionites disparaissent définitivement au cours du Ve siècle.



1.Historiographie antique


Les textes de Marcion sont perdus et les éléments le concernant sont connus exclusivement par les écrits de ses adversaires : Justin de Naplouse (9) dans sa Grande apologie et de manière indirecte dans son Syntagma contre les Hérésies — aujourd'hui perdu —, à travers les citations qu'en font Irénée de Lyon puis Eusèbe de Césarée (10)
. Irénée consacre encore à Marcion une notice particulière et s'y réfère dans de multiples allusions polémiques. De nombreuses réfutations antiques sont par ailleurs perdues.


La source essentielle sur Marcion reste Tertullien (11) .On a conservé une édition de son Contre Marcion (12)
, datée d'environ 210, où il combat la théologie de Marcion et discute du canon d'Écritures marcionite ou encore de nombreux textes des Anthitèses : ces polémiques ont permis leur reconstitution, parcellaire et fragile, grâce notamment aux travaux de Adolf von Harnack.


Il existe également d'autres mentions de Marcion et de sa théologie dans les Stromates de Clément d'Alexandrie (13) , dans l’Elenchos du pseudo Hippolyte de Rome (14)
ou encore dans le Panarion d'Épiphane de Salamine (15) qui cite des passages du texte biblique marcionite. Plus tard, plusieurs auteurs s'attachent à critiquer les développements ultérieurs du marcionisme : Adamantius dans sonDialogue sur la foi correcte, Éphrem le Syrien (16)
dans la Réfutation en prose de Bardesane, Mani et Marcion et enfin Eznik de Kolb (17) dans Sur Dieu.


2. Biographie


Les données biographiques concernant Marcion sont ainsi lacunaires et peu sûres. Il s'agit souvent d'inventions après coup de ses détracteurs dans un processus où « les chrétiens [doivent] affronter la question de l'authentique tradition sur Jésus et son œuvre ainsi que les critères nécessaires à la définir » et y apportent diverses réponses.


a) origines orientales


Marcion serait né vers 85 à Sinope, port de la mer Noire, et serait d’origine païenne. Suivant la tradition, lorsque Marcion atteint l’âge adulte, son père — un riche armateur — devient « évêque » de la communauté chrétienne de Sinope, ce qui pour certains chercheurs est douteux, vu que l'épiscopat n'est pas encore établi dans les communautés chrétiennes à cette époque, mais ce qui pour d'autres est plausible.

D'après Hippolyte, ce denier l'aurait chassé pour avoir tenté de séduire une vierge, dans une métaphore de l'hérétique qui tente de corrompre l'Église vierge. Il part alors pour Smyrne.

Tertullien fait du jeune Marcion un disciple d'Épicure (18) ou encore un stoïcien (19)
.


D'autres indications légendaires mettent Marcion en relation avec Papias (20) , l'apôtre Jean (21)
ou encore Polycarpe   (22)
qui l'aurait déjà affronté comme le « premier-né de Satan ». Ce n'est qu'à partir de son arrivée à Rome que Marcion sort quelque peu de la légende.


b) séjour à Rome


Armateur fortuné, Marcion se rend à Rome vers l’an 140, où il intègre la communauté chrétienne, alors dirigée selon la tradition par l'épiscope Pie. Marcion y a pour maître un certain Cerdon (23) , un personnage dont on ne sait presque rien et sur lequel il semble que les hérésiologues aient projeté la doctrine de Marcion.


Celui-ci semble rapidement populaire dans la communauté de Rome. Il y propose un livre qui est en quelque sorte le précurseur du Nouveau Testament, une appellation qui à l'époque n'existe pas — et dont Marcion est peut-être l'auteur7 —, pas plus que la collection connue sous ce nom8. En plus d'une introduction de sa main, ce livre est composé de deux parties : un apostolicon, qui comprend un certain nombre de lettres de Paul de Tarse, et un evangelion, correspondant à ce que l'on connaît désormais comme l’Évangile selon Luc, amputé des premiers chapitres9 jusque 4, 32.


En outre, Marcion se distingue par ses prodigalités en faisant notamment cadeau de l'énorme somme de 200 000 sesterces.


La communauté de Rome est en proie à de nombreuses dissensions théologiques et, en 142, suivant la Tradition, Cerdon (23) et Valentin sont exclus de la communauté romaine par l'épiscope Hygin (24)
.



c) rupture


Marcion défend au sein de la communauté romaine l'inconciliabilité radicale qu'il voit entre la révélation de Jésus et celle du judaïsme ainsi qu'il semble l'avoir développée dans ses Antithèses qui devaient également contenir des exégèses des textes qu'il retenait pour son canon. Il défend ce point de vue devant un collège de presbytres (25) dirigé alors par l'épiscope Pie, à une époque que — suivant Tertullien  — les marcionites datent précisément « 115 ans et six-mois et demi » après l'« apparition de Jésus », la quinzième année du règne de Tibère, soit en 144 de notre ère.


Marcion entre alors en rupture avec une partie de la communauté romaine, exclu ou parti de lui-même — le point fait débat.


Il ne quitte peut-être pas Rome pour autant puisque, selon certaines traditions, il y aurait été encore établi comme maître, enseignant ses propres doctrines pendant l’épiscopat d’Anicet (26) (vers 155-166).



d) fondation de l’Eglise marcionite


Après son excommunication de la communauté romaine, qui semble lui avoir rendu ses 200 000 sesterces, Marcion fonde rapidement, peut-être grâce à ces énormes moyens, sa propre Église qu'il présente comme une création du « Dieu Bon », suivant sa théologie. Celle-ci est dotée d'une solide organisation tant sur le plan hiérarchique que liturgique, ce qui lui amène un grand succès : selon Justin de Naplouse, dix ans après son exclusion, celle-ci s'étend sur la totalité de l'empire.


Cette rupture et le succès de cette véritable « contre-Église » lui valent d'être considéré par la suite comme l'un des premiers hérésiarques — avec Simon le Magicien et son disciple Ménandre — par les auteurs de la « Grande Église » qui se répandent à son encontre en de nombreux écrits polémiques. À la fin du IVe siècle, Jérôme de Stridon   (27) le qualifie encore d'« esprit passionné et très instruit » (ardens ingenii et doctissimus) : vécu comme une menace pour la proto-orthodoxie naissante, Marcion n'en est pas moins l'un des penseurs et écrivains chrétiens les plus importants du christianisme des premiers siècles.


Il n’existe aucune preuve qu’il ait quitté — ou non — la ville de Rome où il meurt peut-être, entre 161 et 168 ; en tout état de cause, on n’entend plus parler de lui sous le règne de Marc Aurèle (28) . Adolf von Harnack estimait pour sa part que Marcion, après avoir quitté le Pont, avait enseigné en Asie Mineure.


Quoi qu'il en soit, l'Église marcionite se développe tant en Orient, en Mésopotamie et en Perse — où elle précède le manichéisme — qu'en Occident où elle ne recule qu'à partir de la moitié du IIIe siècle à la suite de répressions. Elle connaît par ailleurs des dissidences. Au Ve siècle, des communautés marcionites sont encore attestées en Syrie.



3. doctrine


Marcion entend se fonder uniquement sur l’Écriture mais s'appuie essentiellement sur l’Évangile selon Luc — dont il élimine ce qui se rapporte à la généalogie, la nativité, le baptême et la tentation au désert du Christ —, sur dix épîtres de Paul et rejette en bloc la Bible hébraïque comme écriture inspirée.


La doctrine de Marcion rompt avec la tradition juive : du contraste absolu — qu'il décèle dans les épîtres de Paul — entre la loi juive et l'Évangile (29) , il conclut à l'existence de deux principes divins. Marcion dénie ainsi la continuité entre la Bible hébraïque et le nouveau message ainsi qu'il distingue le Dieu créateur qui serait un Dieu de colère et, supérieur à ce dernier, le Dieu de bonté apparu dans l'Évangile qui serait un Dieu d'amour. Ce dernier est le Père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque et le culte de son démiurge.


Pour Marcion, Jésus n'est pas le messie attendu par les Juifs, ni né de la Vierge Marie. Il apparaît à la quinzième année du règne de Tibère sans avoir connu ni naissance ni croissance mais il sauve l'homme en le rachetant par sa mort.


Marcion est ainsi le premier à donner au mot εὐαγγέλιον (euangélion, « bonne nouvelle ») un sens littéraire et à élaborer un « canon» (30)  de l’Écriture  dont l'influence sur la formation du canon du Nouveau Testament tel qu'il est connu actuellement est débattue ; néanmoins, s'il n'en est pas la cause première, au moins a-t-il probablement accéléré le processus. Par ailleurs, les rapports de Marcion ou l’apparentement de sa doctrine avec les gnostiques sont également l'objet de débats parmi les chercheurs.


a) canon marcionite


Marcion est le premier auteur chrétien attesté à accorder une autorité théologique exclusive aux seuls textes chrétiens.


Il semble également avoir été le premier à avoir rassemblé une collection d’écrits d’origine apostolique, qui comportait trois parties : l’Evangelion, les Épîtres, et les Antithèses, ces dernières étant perdues. Tertullien, farouche contempteur du marcionisme, explique qu'elles comportaient deux parties : une partie historique et dogmatique, montrant comment, selon Marcion, le pur Évangile s’était altéré, et une partie exégétique. Selon Marcion, les textes originaux ont été contaminés par des ajouts, des réécritures ou des gloses qui les entachent.


Marcion opère ainsi un travail d'exégèse pour parvenir à la reconstitution critique d'un texte originel, principe de critique littéraire qui n'est pas rare dans les démarches éditoriales à cette époque durant laquelle les textes chrétiens demeurent relativement instables et sujets à révisions : si elle est sans mesure avec la critique moderne, son approche des textes s'inscrit néanmoins largement dans la tradition de la critique philologique propre à l’Antiquité gréco-romaine, une époque où les conditions de production et de transmission des textes ne sont jamais garanties.


Pour sa part, Marcion rejette donc radicalement la Bible judaïque et ne retient que l’Évangile selon Luc, et dix épîtres de Paul (Galates, 1 et 2 Corinthiens, Romains de 1 à 14, 1 et 2Thessaloniciens, Éphésiens, Colossiens, Philippiens et Philémon) qu'il épure de tout ce qu'il considère comme éléments ou interpolations judaïsants, non sans se référer abondamment aux écrits judaïques anciens pour les dénoncer.

Par exemple, son Évangile selon Luc ne débute qu'en 4, 32 — après l'épisode d'une naissance miraculeuse du Christ mêlant des éléments de 3, 1 et 4, 31-32 — et les épîtres aux Romains et aux Galates sont expurgées des promesses faites à Abraham. On ignore d'ailleurs pour quelle raison précise c'est le texte lucanien que Marcion a retenu : peut-être suivait-il ainsi la tradition qui faisait de Luc un disciple direct de Paul ou plus simplement n'en connaissait-il pas d'autre. Mais en tout état de cause, il entend éliminer tout ce qui pourrait laisser ouverte la possibilité d'assimilation ou d'identité du « Dieu amour » à celui de la Bible hébraïque.

S'il retouche des textes, en particulier ceux où Jésus de Nazareth est identifié au Dieu des textes juifs, ces changements apparaissent moins nombreux et moins importants qu'on l'a longtemps pensé, et certaines des adaptations que l'on croyait de sa main lui préexistaient vraisemblablement. Cette accusation de retoucher les textes formulée par les contempteurs de Marcion se retrouve d'ailleurs chez celui-ci à l'encontre de ses contradicteurs orthodoxes et, quoi que Marcion ait retiré — ou non — des textes en sa possession, il n'y a rien ajouté, une démarche qui semble accréditer la sincérité de ses intentions exégétiques : retrouver un texte original exempt de corruption et non pas créer un nouvel Évangile.


b) théologie


C'est dans ses Antithèses, aujourd'hui disparues, que Marcion développait ses théories théologiques qui entendaient montrer l'inconciliabilité entre les révélations de la Bible juive et celles de l'Évangile dans lequel apparaît le Dieu suprême qui ne s'est révélé nulle part ailleurs que dans ce dernier.

La théologie marcionite est ainsi une manière de dualisme qui, développant l'opposition paulinienne de la Loi juive à l'Évangile qui aurait été mal comprise, conclut à l'existence de deux principes divins : d'une part le Dieu juste et colérique de la Bible judaïque et, de l'autre, le Dieu d'amour et de miséricorde de l'Évangile.


Pour Marcion, le Démiurge des textes judaïques, créateur du monde sensible et de l'humanité, est un Dieu sévère, coléreux et vindicatif, qui rend durement la justice au nom de sa Loi mais n'est pas pour autant malfaisant. Ce Dieu se choisit un peuple, Israël, lui donne la Loi et lui promet un Messie. Cependant, il a créé un monde imparfait où existent les plantes empoisonnées, les insectes ou les scorpions qui, avec la sexualité — qui répugne à Marcion — témoignent de son incompétence. Les préceptes despotiques qu'il a imposés à l'homme, une créature faible et mortelle, ont avili ce dernier, le promettant aux châtiments cruels. Le Tanakh reste valable comme révélation de ce Dieu juste et créateur, mais limité et étranger à l'amour. Radicalement inférieur au Dieu de l'Évangile, il est d'ailleurs amené à disparaître.


Le Dieu bon de l'Évangile est le Dieu suprême, extérieur au monde, sans les limitations du Dieu de la matière. Étranger à la Loi, à ses transgressions et donc au péché, il n'a pas créé le mal : c'est un Dieu d'amour et de miséricorde plus que de justice. Pris de compassion pour les humains écrasés par leur Créateur, le Dieu suprême décide de les sauver et envoie son propre fils Jésus-Christ — qui n'est pas le Messie attendu par les Juifs —, « pour libérer les hommes du monde et de son Dieu, pour faire d'eux les enfants d'un Dieu nouveau et étranger ».


Le Fils — qui ne connaît ni naissance ni croissance — se manifeste à travers une figure humaine non charnelle car, pour Marcion et à l'instar de croyances docètes (31) , la chair est fondamentalement mauvaise. Celui-ci est soumis par son Créateur au supplice de la croix et, par sa mort, sauve les hommes en les rachetant à ce dernier, leur propriétaire légitime. Cet achat salvifique fait des humains des enfants adoptifs du Dieu amour, qui doivent accepter cette adoption par la foi en Jésus et l'Évangile afin d'accéder à la félicité dans le royaume du Dieu suprême. Avant de retourner lui-même auprès de son Père, le Christ de Marcion envoyé dans l'Hadès (les enfers) par son créateur y sauve les hommes — Caïn, Coré (32) , les Sodomites (33)
, les Égyptiens, les païens… — qui s'étaient opposés au Dieu hébraïque mais croient dans le Dieu bon, tandis qu'il y laisse les ancêtres comme Noé ou Abraham qui, trop liés à leur Créateur, refusent l'invitation rédemptrice du Christ. C'est une fois parvenu au Ciel que Jésus communique à Paul l'« Évangile authentique » au moment de sa vocation, un texte original ensuite corrompu par des interpolations de judaïsants, qui livrent l'Église toute entière à l'erreur.



c) rapport avec le gnosticisme


Le rapport de Marcion au gnosticisme est fort débattu. La Tradition en faisait un disciple d'un gnostique nommé Cerdon mais un auteur comme Celseb] (34) distinguait dans son Discours véritable   (35) les marcionites des gnostiques. Les études de von Harnack ont proposé un Marcion éloigné du gnosticisme mais depuis, cette position est contestée et le débat reste ouvert.


En tout état de cause, s'il existe bien des traits communs entre Marcion et certaines doctrines gnostiques, il existe de nombreuses différences sur le plan de la doctrine. Pour Marcion, c'est la foi (pistis) — et non la gnose (gnosis) — qui joue le rôle principal, à telle enseigne qu'on a parlé d'un « paulinisme exacerbé ». Et sur le plan exégétique, réfutant, à la différence des gnostiques, toute mythologie concernant le monde divin, Marcion entend se fonder exclusivement sur l’Écriture. Néanmoins, une partie de la recherche actuelle décèle des influences encratites (36) , antilégalistes et docètes dans le marcionisme, autant de traits qui tendent à le rapprocher du gnosticisme chrétien.


4. postérité


Si l'indéniable succès obtenu par les capacités d'organisation de Marcion et l'attraction exercée par sa doctrine sont relativement brefs en Occident, ils sont nettement plus durables en Orient, où les marcionites sont encore fort présents au cours du Ve siècle : ce n'est qu'à la suite de persécutions impériales recherchant l'unité religieuse de l'empire autour d'une orthodoxie chrétienne qu'ils disparaissent ou s'intègrent à la « Grande Église ».


Au XXéme siècle, il est récupéré par les idéologues nazis qui apprécient sont anti-judaïsme. Ainsi pour Alfred Rosenberg (37)
:


« En 150 , le Grec Marcion défend l'idée nordique d'un ordre du monde reposant sur une tension organique et des hiérarchies, en opposition avec la représentation sémitique d'une puissance divine arbitraire et de son despotisme sans limite. Pour cette raison il rejette aussi le « livre de la loi » d'une telle « divinité », c'est à dire l'ancien testament hébreux. » (Le Mythe du vingtième siècle, p. 71).








(1)  Èpiscope : Un épiscope (du grec Eπίσκοπος / episkopos, « surveillant ») était, dans les premières communautés chrétiennes grecques, après la disparition des apôtres, le responsable de la communauté chargé de veiller à la cohésion et à la fidélité de la doctrine de celle-ci. Il ne s'agit donc ni plus ni moins que du terme qui désigne un évêque. La traduction latine est episcopus.

Le mot a donné l'adjectif « épiscopal » toujours usité de nos jours dans l'Église catholique, que l'on retrouve dans l'expressionconsécration épiscopale par exemple.










(2) Pie :  Pie Ier est, selon la tradition catholique, le 10e évêque de Rome qui siégea, sous le règne d’Antonin le Pieux, entre 140–142 environ et 155. Ses origines sont obscures, sans doute est-il Frioulan (le Liber Pontificalis rapporte sa naissance à Aquilée) ou Illyrien, certaines sources font de lui le frère d’Hermas, l’auteur du Pasteur.


Son pontificat est marqué par le développement des idées gnostiques, propagées déjà sous le pontificat précédent par Cerdon et Valentin d'Égypte. Ceux-ci reçoivent un renfort de poids avec Marcion du Pont, qui remet en cause l’unicité de Dieu, l’Ancien Testament ainsi que la double nature humaine et divine du Christ. Pie Ier dénonce ces positions hérétiques lors d’un synode à Rome. Le marcionisme est dénoncé comme hérésie et Marcion est exclu de l’Église vers 144.


Quant à la lutte contre les idées défendues par les gnostiques, elle reçoit sur le plan intellectuel etphilosophique le renfort d’un vrai dialecticien en la personne de Justin de Naplouse qui vient au secours de l'évêque de Rome moins à l’aise que son prédécesseur Hygin dans ce genre de controverses.


La tradition lui attribue la construction de la basilique Sainte-Pudentienne à Rome en l’honneur de sa sœur qui porte ce nom, hypothèse discutée.


Il serait selon certaines sources le frère de Hermas, auteur du Pasteur d'Hermas.


Bien qu’il ne soit pas prouvé qu’il soit mort pour sa foi chrétienne, il est vénéré comme un saint-martyr et fêté le 11 juillet3. Sa dépouille mortelle aurait été ensevelie non loin de celle de l’apôtre Pierre sur la colline du Vatican









(3) Bible hébraïque :  Tanakh (en hébreu תנ״ך), est l'acronyme de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah - Nevi'im - Ketouvim », formé à partir de l'initial du titre des trois parties constitutives de la Bible hébraïque :

• T ת : la Torah תּוֹרָה (la Loi ou Pentateuque)
• N נ : les Nevi'im נביאים (les Prophètes) ;
• K ך : les Ketouvim כתובים (les Autres Écrits ou Hagiographes).

On écrit aussi Tanak (sans h à la fin). Le Tanakh est aussi appelé Miqra מקרא,

Terminologie : Tanakh, Ancien Testament et Bible hébraïque.


La division que reflète l'acronyme Tanakh est bien attestée dans des documents de l'époque du Second Temple, dans le Nouveau Testament chrétien et dans la littérature rabbinique, à ceci près qu'au cours de cette période l'acronyme en question n'était pas utilisé ; le terme correct était Miqra (« Lecture », renvoyant à une fonction liturgique du texte), par opposition à Mishna (« Enseignement », « Répétition ») ou Midrash (« Exégèse »). Le terme Miqra continue à être utilisé à ce jour aux côtés de Tanakh pour dénommer les Écritures hébraïques. En hébreu moderne parlé, Miqra possède néanmoins une connotation plus formelle que Tanakh.


Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l'appelle également la Bible hébraïque. Bien que l'araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d'Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Les passages en araméen sont les suivants: Esdras 4.8, 4.7 et 12.26 ; Jérémie 10.11 ; Daniel 2.4 à 7.28


Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi'im huit, et les Ketouvimonze.


La Bible hébraïque a exactement le même contenu que l'Ancien Testament protestant mais les livres sont présentés et classés différemment, les protestants comptant trente-neuf livres, et non vingt-quatre. Ceci est dû au fait que les chrétiens ont choisi de subdiviser certains livres de la religion juive.


Cependant, l'expression Ancien Testament, bien que commune, est souvent perçue comme péjorative par les juifs. D'une part elle ferait l'objet d'une volonté de s'approprier arbitrairement les textes de la religion juive et d'autre part selon la foi juive il ne saurait exister de Nouveau Testament puisque celui-ci n'est pas reconnu. L'expression « Premier Testament » est parfois considérée comme plus respectueuse vis-à-vis de la tradition juive.


En tant que telle, une distinction technique peut être tracée entre le Tanakh et le corpus similaire mais non identique que les chrétiens protestants nomment Ancien Testament. L'expression de Bible hébraïque est donc préférée par certains érudits, car elle recouvre les aspects communs du Tanakh et de l'Ancien Testament en évitant les biais partisans.


L'Ancien Testament catholique et orthodoxe contient sept Livres non inclus dans le Tanakh. Ils sont appelés Livres deutérocanoniques (lit.« canonisés secondairement » c'est-à-dire canonisés ultérieurement). Ils sont tirés de la Septante, version grecque étendue du Tanakh.


Dans les Bibles chrétiennes, les Livres de Daniel et d'Esther peuvent contenir des textes deutérocanoniques, n'ayant été inclus ni dans le canon juif ni dans le canon protestant.







(4) Tibère :  Tibère (latin : Tiberius Caesar Divi Augusti Filius Augustus), né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. et mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., est le deuxième empereur romain de 14 à 37. Il appartient à la dynastie Julio-Claudienne.

C'est un descendant de la gens Claudia et il porte à la naissance le nom de Tiberius Claudius Nero. Durant sa jeunesse, Tibère se distingue par son talent militaire en conduisant avec succès de nombreuses campagnes le long de la frontière septentrionale de l'Empire et en Illyrie, souvent aux côtés de son frère Drusus I, qui meurt en Germanie. Après une période d'exil volontaire dans l'île de Rhodes, il retourne à Rome en 4 ap. J.-C. où il est adopté par Auguste et devient le dernier des successeurs potentiels de l'empereur, se nommant dorénavant Tiberius Iulius Caesar. Il mène alors d'autres expéditions en Illyrie et en Germanie afin de remédier aux conséquences de la bataille de Teutobourg.

À la mort de son père adoptif, le 19 août 14, il obtient le nom de Tiberius Iulius Caesar Augustuset il peut lui succéder officiellement dans la fonction de princeps senatus car il est depuis 12 ans associé au gouvernement de l'Empire romain, détenant aussi l'imperium proconsulaire et la puissance tribunitienne, les deux pouvoirs majeurs des empereurs du Principat. Il met en place d'importantes réformes dans les domaines économiques et politiques, met un terme à la politique d'expansion militaire, se limitant à sécuriser les frontières grâce à l'action de son neveu Germanicus. Après la mort de ce dernier et de celle de son fils Drusus II, Tibère favorise la montée du préfet du prétoire Séjan. Il s'éloigne de Rome et se retire sur l'île de Capri. Lorsque le préfet essaie de prendre possession du pouvoir, Tibère le fait destituer et assassiner. L'empereur ne retourne plus dans la capitale où il est haï jusqu'à sa mort en 37. Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, lui succède.

Tibère a été durement critiqué par les historiens antiques tels que Tacite et Suétone, mais sa personnalité a été réévaluée par les historiens modernes comme étant celle d'un politicien habile et prudent.








(5) La Torah : La Torah ou Thora (en hébreu תּוֹרָה, « instruction » ; en grec ancien Νόμος – Nomos –, « Loi ») est, selon la tradition du judaïsme, l'enseignement divin transmis par Moïse (תּוֹרַת־מֹשֶׁה – Tōraṯ Mōshe) au travers de ses cinq livres (hébreu : חמשה חומשי תורה – Ḥamishā Ḥoumshē Tōrā) ainsi que l'ensemble des enseignements qui en découlent. Le christianisme, qui tout en s'en inspirant ne donne pas de valeur canonique aux enseignements rabbiniques, nomme les livres traditionnellement attribués à Moïse lePentateuque, mot d'origine grecque Πεντάτευχος signifiant « Les cinq livres ».


Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par le premier mot du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshīṯ : Commencement), l'Exode (Shemōṯ : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā' : Et il appela), les Nombres (Bamiḏbar : Dans le désert), le Deutéronome (Devarim/ Deḇārīm : Paroles).


La Torah sert de charte historique et doctrinale au judaïsme orthodoxe. Elle est également reconnue par le christianisme, bien que celui-ci soutienne que ses pratiques et lois seraient accomplies et auraient perdu de leur pertinence devant le Nouveau Testament, et en partie par l'islam, selon lequel elle aurait été falsifiée.


Elle contient, selon la tradition juive, 613 commandements et comporte, outre la composante écrite (hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtāḇ : « Torah écrite »), une dimension orale (hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée dans le Talmud et la littérature midrashique.








(6) l’évangile selon Luc :  L'évangile selon Luc (κατά Λουκάν) a, selon la Tradition chrétienne, pour auteur le personnage appelé « Luc le bon médecin » dans certaines lettres de Paul de Tarse. Comme l'évangile attribué à Marc dont il tire 80% de sa substance et l'évangile attribué à Matthieu, qu'il imite en ajoutant à l'évangile selon Marc des logia  tirés d'une source qui ne contenait que des paroles de Jésus, son évangile se présente comme une biographie de Jésus. L'auteur qui pourrait être également le deuxième rédacteur des Actes des Apôtres — qui sont la suite de son évangile et narrent les débuts de la branche paulinienne (de Paul de Tarse) du mouvement créé par Jésus — indique qu'il écrit à la demande d'un commanditaire « après s'être informé de tout » car plusieurs ont déjà raconté cette histoire. Les deux livres sont dédiés à « Théophile », ce commanditaire. Avec toutes les précautions qui sont nécessaires pour de telles évaluations, la critique historique place la rédaction de ces deux ouvrages dans les années 80-90 et en tout cas après la rédaction desévangiles attribué à Marc et à Matthieu dont l'auteur de l'évangile attribué à Luc copie plus 70% des péricopes.


Avec l'évangile de Marc et l'évangile de Matthieu, il fait partie des évangiles dits synoptiques (ou parallèles). C'est le plus long des quatre évangiles retenus dans le Nouveau Testament (mais celui de Matthieu a quatre chapitres de plus). Cet évangile est reconnu par tous les chrétiens.








(7) les épîtres pauliennes :  Les épîtres de Paul ou épîtres pauliniennes sont l'ensemble des lettres appelées épîtres écrites par Paul de Tarse aux différentes communautés chrétiennes du Ier siècle ap. J.-C. Elles ont rapidement été intégrées au canon des écritures. Dès la fin du Ier siècle, la plupart des communautés chrétiennes utilisaient ces lettres dans leur liturgie et reconnaissait leur caractère inspiré.






(08) hérésiaque :  Dans l’Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée :

le jardin d’Épicure était une telle haíresis. Au fil des concilesqui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d'« hérésie » fut fréquemment opposée à celle d'« orthodoxie ». Elle acquit une valeur péjorative dans l'historiographie des églises trinitaires (catholique ou orthodoxe), et depuis lors, le mot hérésie désigne avant tout une opinion, doctrine ou dogme considéré comme sortant du cadre de ce qui est généralement admis ou tenu pour acquis dans les domaines de la pensée, de la connaissance, de la religion. Selon Michel Serres, on est toujours l'hérétique de quelqu'un : les trinitaires eux-mêmes sont des « hérétiques » aux yeux des chrétiens anté-chalcédoniens qui ont conservé les doctrines d'avant l'année 451.


L’hérésiologue est un spécialiste de l’étude des hérésies ou un auteur d’ouvrage contre les hérésies.








(9) Justin de Naplouse    ou Justin de Néapolis, né à Flavia Neapolis (actuelle Naplouse en Cisjordanie) vers le début du IIe siècle et mort (exécuté) à Rome vers 165, est un apologète et philosophe chrétien, auteur d'une œuvre rédigée en langue grecque, en grande partie perdue, à l'exception de deux Apologies et d'un Dialogue avec Tryphon, considérés comme des premiers jalons dans la séparation entre le christianisme et le judaïsme.


Condamné pour avoir refusé de participer au culte d'idoles il est exécuté par décapitation vers 165. Il est ainsi également connu comme Justin Martyr, ou encore Justin le Philosophe(premier philosophe chrétien), et est vénéré comme saint et martyr par les chrétiens, il est fêté le1er juin.








(10) Eusèbe de Césarée    ou Eusèbe (de) Pamphile (en grec ancien Εὐσέϐιος, en latinEusebius Pamphili), né vers 265 et mort le 30 mai 339, évêque de Césarée en Palestine. Élève d'Origène, il échappa aux persécutions de Dioclétien, et fut un proche de l'empereur romain Constantin Ier. Il est l'auteur de nombreuses œuvres historiques, apologétiques, bibliques et exégétiques.


Auteur de l’Histoire ecclésiastique, il est reconnu comme un Père de l'Église, et ses écrits historiques ont une importance capitale pour la connaissance des trois premiers siècles de l'histoire chrétienne.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Dim 11 Sep - 16:08

PAULICIANISME





Le paulicianisme est une religion d'origine chrétienne orientale, probablement arménienne. Ce mouvement néo-manichéen apparaît en Asie mineure, alors part de l’Empire byzantin, à la fin du VIIe siècle. Il a été considéré comme hérétique par les Églises catholique et orthodoxe.



1. Histoire


a) les origines


Ses origines ne sont pas bien connues : écrits de saint Paul opposés à ceux de saint Pierre « créateur de l'Église officielle », ou bien enseignements de Paul l'Arménien (père de Gegnaesius, troisième chef de l'église paulicienne et de Théodore) ? Paul l'Arménien est un prédicateur manichéen du VIIe siècle, organisateur d'un mouvement regroupant des communautés agraires qui n'hésitent pas à s'armer, et qui mourut en 715.

Les Pauliciens rejettent le clergé, la croix, les saints, l'Eucharistie, les sacrements, le mariage et le cérémonial des Églises grecques et romaines, leur formalisme et leur appétit pour le pouvoir et la richesse. La communion se fait par l'enseignement du Christ et non par l'Eucharistie. Ils prônent une lecture intérieure et personnelle des Écritures, la méditation et la prière. Le Pater Noster est pour eux la seule prière. Cela vaut aussi pour divers courants du protestantisme et du catharisme.


Il y avait deux branches :

• en Arménie, on considérait que Christ était adopté par Dieu ;
• en Grèce manichéenne, Dieu était un double principe créateur du monde : mauvais pour l'esprit humain à travers le monde (siège de la matière, de la violence et du mensonge, c'est-à-dire des tentations) mais bon à travers le ciel (siège de la force, de la sagesse et de la beauté spirituelles, c'est-à-dire des vertus).




b) Constantin de Mananalis


Constantin de Mananalis (1) fonde, vers 660, une secte néo-manichéenne dont les écrits de saint Paul constituent une base doctrinale. Il sera condamné à mort pour hérésie par l'empereur byzantin en 687.

La doctrine dualiste de Constantin de Mananalis oppose l'esprit divin à la matière, qui est l'œuvre du diable. Elle rejette tout culte marial car les pauliciens estiment que Marie n'était ni vierge au sens charnel du terme, ni la mère charnelle du Christ, dont le corps (œuvre diabolique, s'il avait été réel, et qui n'aurait jamais pu emprisonner l'esprit divin du Christ) n'était qu'une illusion. Pour les pauliciens, l'esprit divin du Christ n'a fait que « se parer de l'image d'un corps humain » afin que les hommes le reçoivent. Ils rejetaient les sacrements (2) (baptême, eucharistie) et n'avaient pas de prêtres.



c) l’Etat militaire en lutte contre l’Empire byzantin


Après la mort de Sergios, le dernier didascale (« enseignant » en grec), vers 834-835, le mouvement évolue et se structure en État militaire autonome, basé dans l'est de l'actuelle Turquie, qui entre en lutte contre l'Empire. En 842-843, l'impératrice Théodora (3) relance la persécution contre la secte, ce qui a pour effet de renforcer l'émigration vers la région d'Argaoun. Un officier (prôtomandator (4) ) du thème (5) des Anatoliques (6) , Karbéas (7) , se laisse convertir avec une partie de sa troupe : ils font défection et s'assurent le commandement de la ville qui devient le quartier général militaire des Pauliciens, d'où ils lancent des raids contre l'empire, s'alliant pour cela à l'émir de Mélitène dans le territoire duquel ils sont accueillis. Là, ils fondent une nouvelle capitale pour leur mouvement : Téphrikè, entre Sébastée et Argaoun, près de la frontière byzantine du thème des Arméniaques (08) . S'ensuit une série d'attaques contre l'empire, en 859, 861 et 863, où les Pauliciens épaulent éventuellement les armées arabes, ce qui les fait considérer par les byzantins non seulement comme des hérétiques, mais aussi comme des apostats et des traîtres (ἀπόστασιοι ϰάι ϖροδότες) punissables de mort.


Chrysocheir (9) (Χρυσόχειρος : « main dorée » en grec) succède à son oncle et beau-père Karbéas et poursuit son activité militaire : il porte les attaques de plus en plus profondément en territoire impérial, atteignant Nicée, Nicomédie et Éphèse, mises à sac en 869-870. Une ambassade de Pierre de Sicile (10) , cette même année, est envoyée négocier à Tephrikè le rachat des prisonniers et un traité de paix, en vain.


La contre-offensive militaire byzantine commence par un échec en 871 avec une expédition malheureuse de Basile Ier (11) . La mort de Chrysocheir en 872 sur le chemin du retour d'un raid en Galatie, à Bathys Ryax (12) , porte toutefois un coup décisif à l'État paulicien, dont la capitale tombe finalement en 878.



d) la diaspora paulicienne

Après la destruction de l'État paulicien, une partie de la communauté émigre vers le sud et constitue une véritable diaspora (13) paulicienne en Syrie. Ils y sont parfois persécutés en tant que chrétiens, et, face au danger arabo-musulman, l'Empire de son côté cherche des alliés et offre aux pauliciens son pardon : certains soldats sont intégrés dans l'armée byzantine en contingents spéciaux, sans être forcés d'abjurer semble-t-il : leurs unités sont mentionnées par la suite dans l'histoire militaire de l'empire, comme celle d'un certain Diakonitzès qui s'illustre au service de Nicéphore Phocas l'Ancien en Italie du Sud vers 885.




La reconquête de la Syrie-Mésopotamie par Jean Ier Tzimiskès (14) (969-976) entraîne l'intégration de nouveaux contingents pauliciens qui sont transférés en Thrace, où ils sont établis comme garnisons des défilés de la région de Philippopolis.


D'autres communautés sont attestées par les vies de saints en Asie Mineure : Paul le Jeune (avant 955) les combat et demande à l'empereur de les éloigner de Milet et du thème des Cibyrrhéotes (15) . Philothéos, métropolite d'Euchaïta, est confronté également à leur présence dans son ressort, pour lequel il demande conseil à Théodore de Nicée.


Ils représentent toujours une communauté puissante sous le règne d'Alexis Ier Comnène (16) et envoient un contingent de 3000 hommes à la bataille de Dyrrachium (17) en 1081. Après la défaite ils refusent de répondre aux nouvelles convocations de l'empereur et celui-ci en 1083 fait exiler leurs principaux chefs. Les pauliciens s'allient alors aux Pétchénègues (18) et participent à la bataille de Béliatova (janvier 1086) qui est un désastre pour les Byzantins. Par la suite Alexis tente plutôt la persuasion pour se concilier à nouveau les pauliciens et participe personnellement à des débats religieux avec eux.


Même si les sources, fragmentaires et rares, ne permettent pas de le prouver de manière formelle, il est évident, par la similitude des théologies, que les pauliciens ont influencé les bogomiles en Bulgarie dans la deuxième moitié du Xe siècle et au XIe siècle, la communauté phoundagiagite en Asie Mineure, les tisserands, les vaudois et les cathares d'Occident et, côté musulman, l'alévisme (19) enTurquie. Les pauliciens sont également rapprochés des euchites (20) ou messaliens et parfois des priscilliens (21) . Les régions autrefois pauliciennes correspondent largement aux régions alévies de la Turquie actuelle ; dans les Balkans, les régions autrefois bogomiles sont celles dont les habitants se sont convertis à l'islam (bulgares, goranes (22) ou bosniaques parmi les slaves, moglénites parmi les valaques); enfin dans les régions autrefois cathares en France, les camisards protestants (23) ont développé une tradition de résistance armée après la révocation de l'Édit de Nantes (24) . Bien sûr, on ne peut pas démontrer de lien direct entre le passé religieux ancien de ces régions et leurs traditions ultérieures, mais la concordance géographique semble indiquer que le souvenir des traditions pauliciennes ne s'est pas effacé dans les mémoires des habitants, par-delà les évolutions des langues et des religions.


Toutefois, la théologie paulicienne, ainsi que ses avatars européens, a bel et bien disparu du paysage religieux moderne.






(1) Constantin de Mananalis , autrement connu sous le nom de Constantin-Silas est le fondateur, vers 657, d'une secte néo-manichéenne dite paulicienne. Né dans une famille arménienne à Mananale (Mananalis) près de Samosate en Syrie (Turquie actuelle), il installe la première communauté des Pauliciens à Kibossa en Arménie. En 684 Constantin IV, l'empereur byzantin de l'époque, publia un décret, contre les congrégations indépendantes de croyants et, en particulier, contre Constantin, chargeant Siméon, un de ses officiers, de veiller à l'exécution du jugement. Pour donner plus de poids au châtiment, Siméon remit des pierres à plusieurs des amis personnels de l'accusé et leur ordonna de lapider le maître. Ils refusèrent, mais un jeune homme, nommé Justus, élevé par Constantin comme son propre fils, saisit une pierre et tua son tuteur d'un seul coup.


Siméon fut profondément ému par tout ce qu'il vit et entendit à Kibossa. S'y étant entretenu avec ces nouveaux chrétiens, il fut convaincu de la vérité de leur doctrine et de la justesse de leur conduite. Rentré à Constantinople, il ne connut point de paix durant les trois ans qu'il passa encore à la cour. Il quitta tout, s'enfuit à Kibossa et, adoptant le nom de Siméon-Tite, reprit et continua l'œuvre de l'homme qu'il avait fait mettre à mort. À son tour Siméon-Tite deviendra martyr en 690.








(2) Les sacrements : Le sacrement est un rite cultuel chrétien revêtant une dimension sacrée. Pour les croyants, le sacrement produit un effet dont la source est Dieu, qui donne sa grâce. Ils y trouvent le symbole et le moyen d'une alliance entre Dieu et les hommes. On définit théologiquementun sacrement comme étant un signe destiné à donner ou à augmenter la grâce sanctifiante des croyants.








(3) Théodora (v. 805/810 - 867), est une impératrice de Byzance, épouse de Théophile. et mère de Michel III, pour le compte duquel elle assura la régence de l'empire byzantin du 21 janvier 842 au 15 mars 856.

Théodora était la fille de Marinos, drongaire en Paphlagonie, d'origine arménienne, et de Théoctista Phlorina, noble de Paphlagonie.

Quelques généalogistes, comme N. Adontz et C. Toumanoff, ont avancé l'hypothese que Théodora et sa famille soient issus de la grande famille arménienne des Mamikonian, mais selon l'historienne de l'Arménie médiévale, Nina Garsoïan, la thèse de la descendance de Bardanès et d'autres nobles armeno-byzantines des Mamikonian "attrayante qu'elle soit [...] ne peut être prouvée, faute de sources".

Théodora fut impératrice byzantine par son mariage avec l'empereur Théophile. Elle fut choisie par Euphrosyne, la veuve de Michel II l'Amorien à la suite d'un concours de beauté.

Elle donna cinq filles et deux garçons de son mari, le plus jeune de ces derniers deviendra le futur Michel III. Théodora était iconophile, ce qui entraîna des conflits avec son mari. Après la mort de ce dernier en 842, elle devient le 21 janvier 842 régente au nom de son fils Michel III, âgé de trois ans. Très pieuse, elle dispose du soutien des moines. Durant sa régence, sa politique ferme et judicieuse remplit les caisses du trésor ; elle dissuada aussi les Bulgares d’une tentative d’invasion.

Contrairement à la volonté de son mari Théophile, elle convoque un concile qui met fin à l'iconoclasme en février 843. Une cérémonie officielle rétablit le culte des images à Sainte-Sophie le 11 mars 843, le premier dimanche du Grand Carême, date qui demeure une des grandes fêtes de l'Église orthodoxe, la « fête de l'Orthodoxie ». La cérémonie était présidée par le patriarche Méthode qui venait d'être intronisé patriarche à la place de l'iconoclaste Jean VII.

En revanche, elle lutte contre les hérétiques, persécutant les Pauliciens d'Asie Mineure. Cette politique entraîne une alliance avec les musulmans, ce qui affaiblit la défense de l'Empire. Pourtant, elle fait tout pour affaiblir les positions de l'Islam, mais ne peut sauver laSicile qui est conquise entre 842 et 847.

Elle débute la pacification et la conversion des Slaves du Péloponnèse vers 847. Son frère Bardas, soutenu par Michel III, fait assassiner son conseiller Théoctiste le 20 novembre 855. Elle doit alors abandonner le pouvoir le 15 mars 856.

Théodora et ses quatre filles aînées furent tondues moniales sur l'ordre de Michel III et enfermées d'abord au monastère du Carien, où elles vécurent misérablement, puis transférées au monastère de Sainte-Euphrosyne. Finalement les trois survivantes, Thékla, Anastasia et Pulchéria, seront ensevelies par Basile Ier avec leur mère Théodora et leur grand-mère Théoctista au monastère de Gastria.

Théodora meurt le 11 février 867. Canonisée, elle est fêtée ce même jour. Ses reliques ont été transférées de Constantinople à Corfou, où elles sont toujours vénérées.







(4) Prôtomandator : Le mandator (en grec : μανδάτωρ) dérive du latin signifiant messager. C'est un poste subalterne de l'Empire byzantin médiéval.

Les mandatores sont un corps de messagers agissant pour des missions spéciales et rattachés aux bureaux de tous les fonctionnaires militaires et civils d'importance tels que les stratèges, les commandants de tagmata, les logothètes ou autres. Ce corps de messagers est dirigé par un prōtomandatōr (en grec : πρωτομανδάτωρ soit le premier messager).

Les mandatores doivent être distingués de la dignité honorifique de basilikos mandator (βασιλικός μανδάτωρ ce qui signifie messager impérial). C'est un titre les moins élevés de la cour byzantine (le quatrième en partant de la fin entre ceux de vestētōr et de kandidatos). Selon le Klētorologion de 899, l'insigne du corps est une baguette rouge. L'ensemble des titres de rang peu élevé est rassemblé sous la désignation de basilikoi anthrōpoi (les hommes de l'empereur) et est dirigé par un fonctionnaire particulier possédant le titre deprōtospathaire tōn basilikōn.

Les simples mandatores ainsi que les basilikoi mandatores autant que les prōtomandatores sont attestés du VIIe au XIe siècle. Ils semblent avoir disparu ensuite. Rodolphe Guilland suggère l'idée qu'ils ont été remplacés par les tzaousioi1,5.








(5) Thème : Les thèmes (ou en grec themata, singulier thema, « corps d'armée », puis par extension « région militaire ») furent des divisions administratives de l'Empire byzantin.






(6) Les Anatoliques ou le thème des Anatoliques (en grec θέμα Άνατολικῶν,thema Anatolikōn) sont un thème de l'Empire byzantin situé en Asie Mineure(Turquie actuelle). Après la division de l'Opsikion au milieu du VIIIe siècle, il devient le plus important des thèmes de l'empire.







(7) Karbéas (en grec : Καρβέας) est un chef paulicien. Il fonde et dirige la principauté paulicienne de Téphrikè vers 843, jusqu'à sa mort en 863.


Karbéas détient le titre de protomandator et est au service de Théodotos Mélissène, le stratège byzantin du thème des Anatoliques. Au cours de la première décennie du IXe siècle, les Pauliciens sont une communauté nombreuse et guerrière mais ils sont perçus comme des hérétiques par les Byzantins et sont persécutés par ces derniers. Sous la direction de Sergius-Tychicus, leur chef spirituel et militaire, ils fomentent plusieurs révoltes contre Byzance depuis leurs différentes forteresses en Anatolie, collaborant parfois avec les Arabes. De fait, l'impératrice-régente Théodora lance un vaste pogrom à travers l'empire contre les Pauliciens en 843. 100 000 auraient péri lors de cette persécution. Avec 5 000 compagnons, Karbéas fuit vers l'émirat arabe de Mélitène. Avec l'aide de l'émir Omar al-Aqta, Karbéas crée une principauté indépendante paulicienne centrée sur Téphrikè, dans la région du haut Euphrate. Les villes d'Amara et d'Argaous sont aussi comprises dans cette principauté. De là, il participe à des raids réguliers contre les émirats arabes en Anatolie byzantine. Selon le patriarche Photios Ier de Constantinople, Karbéas est seulement le chef militaire de la communauté paulicienne, aucun leader spirituel équivalent à Sergius n'étant nommé après sa mort. Quoi qu'il en soit, Karbéas meurt en 863, soit de causes naturelles, soit aux mains des Byzantins à la suite de la bataille de Poson. Son neveu Chrysocheir lui succède.


Il a parfois été suggéré que Karbéas inspire le personnage de Karoès, l'oncle musulman du père de Digénis Akritas, le héros éponyme du cycle épique des chants acritiques. Selon le récit de l'auteur du Xe siècle Al-Masudi, il fait partie des illustres musulmans dépeints dans les églises byzantines en reconnaissance de leur valeur.







(08) Les Arméniaques ou le thème des Arméniaques (en arménienԱրմենիակոն, en grec θέμα Άρμενιάκων, thema Armeniakōn) sont un thèmede l'Empire byzantin situé au nord-est de l'Asie Mineure (Turquie actuelle).







(9) Chrysocheir (en grec byzantin Χρυσοχέρις / Khusokhéris, littéralement « Main d'or ») est le dernier chef des Pauliciens, entre 863 et 878. Comme son oncle, le paulicien Karbéas, il commence probablement sa carrière comme officier dans l'armée byzantine, et l'accompagne dans sa tentative de sécession de la secte paulicienne avec l'Empire byzantin. Allié aux Arabes de Mélitène, il harcèle plusieurs années l'empire et mène des raids qui atteignent les villes de la côte d'Asie Mineure, notamment Nicée, Nicomédie et Éphèse en 869-870. Après avoir vaincu Basile Ier, il s'enhardit et lance un nouveau raid qui atteint la Galatie. Toutefois, au retour de ce raid, son armée est vaincue lors de la bataille de Bathys Ryax (en 872 ou 878) et s'il parvient à s'échapper, il est rattrapé, blessé par un ancien prisonnier paulicien passé du côté byzantin nommé Poullades et finalement tué par les Byzantins. Sa mort et la défaite de Bathys Ryax entraînent la fin de la principauté paulicienne.


Son histoire passe dans la mémoire populaire dans le cadre de l'épopée de Digénis Akritas, où il figure sous les traits du grand-père musulman de Digénis.







(10) Pierre de Sicile (en grec Πέτρος Σικελιώτης) est un écrivain byzantin actif dans la seconde moitié du IXe siècle, qui a laissé des écrits sur la secte des Pauliciens.

Son texte principal est intitulé Ἱστορία περὶ τῆς κενῆς καὶ ματαίας αἱρέσεως τῶν Μανιχαίων τῶν καὶ Παυλικιανῶν λεγομένων, προσωποποιηθεῖσα ὡς πρὸς τὸν ἀρχιεπίσκοπον Βουλγαρίας (Traité sur la vaine et futile hérésie des Manichéens, également appelés Pauliciens, adressée à l'archevêque de Bulgarie). D'après ce qu'il écrit, il fut envoyé en 869 par l'empereur Basile Ier à Téphrikè, capitale de la principauté des Pauliciens, pour négocier un échange de prisonniers. Au cours d'un séjour qui dura neuf mois, il eut l'occasion de voir de près les membres de la secte. Il s'adresse à l'archevêque de Bulgarie, car les Pauliciens auraient l'intention d'envoyer des missionnaires dans ce pays. La matière de cet ouvrage se retrouve sous une forme abrégée dans un autre texte attribué par les manuscrits à « Pierre l'Higoumène ». Le traité historique de Photius Contre les Manichéens (formant le premier des quatre livres qu'il a consacrés à la secte des Pauliciens) est également très proche. De Pierre de Sicile, on conserve aussi trois discours de dénonciation des Pauliciens, partie restante d'une série de six discours.


Le texte de l'Histoire des Manichéens a été découvert par Jacques Sirmond dans la Bibliothèque du Vatican et publié en 1604, à Ingolstadt, par son collègue jésuite Matthieu Rader2. Le cardinal Angelo Mai en a donné en 1847 une version légèrement différente, d'après un autre manuscrit, et a d'autre part publié les trois discours. Ce sont les textes du cardinal Mai qui sont reproduits en PG, vol. 104, col. 1240-1349. Le texte abrégé de « Pierre l'Higoumène » a été publié en 1849 par Johann Karl Ludwig Gieseler (qui considère que c'est le même auteur).








(11) Basile Ier dit le Macédonien (Βασίλειος ὁ Μακεδών ; né vers 811, mort le 29 août 886) est un empereur byzantin de la dynastie macédonienne ayant régné de 867 à 886.







(12) Bathys Riax : La bataille de Bathys Ryax se déroule en 872 ou 878 et oppose l'Empire byzantin aux Pauliciens. Ces derniers sont une secte chrétienne persécutée par l'Empire byzantin et qui s'est établie dans une principauté indépendante autour de Téphrikè, à la frontière orientale de Byzance. Ils collaborent avec les émirats musulmans de la zone frontalière du califat abbasside (Tughur) contre l'Empire byzantin. La bataille est une victoire byzantine décisive qui conduit à une déroute de l'armée paulicienne et à la mort de Chrysocheir, leur chef. Cet évènement entraîne la destruction de la principauté paulicienne et met fin à une menace sérieuse pour l'Empire byzantin. Peu après, la ville de Téphrikè est conquise et la principauté paulicienne est annexée.








(13) Diaspora : Le terme diaspora est un mot de grec ancien qui désigne la dispersion d'une communauté ethnique ou d'un peuple à travers le monde. Les premières diasporas sont les diasporas grecques de l'Antiquité : ainsi la diaspora phocéenne (de la cité de Phocée) fonda Massaliavers -600 (future Marseille).

À l'origine, ce terme ne recouvrait que le phénomène de dispersion proprement dit. Aujourd'hui, par extension, il désigne aussi le résultat de la dispersion, c'est-à-dire l'ensemble des membres d'une communauté dispersés dans plusieurs pays.






(14) Jean Ier Tzimiskès (en grec Ἰωάννης « Τζιμισκής » Κουρκούας / Iôánnes « Tzimiskếs » Kourkoúas, parfois orthographié Zimiscès ou Tzimiscès ; né vers 925, mort le 10 janvier 976) estempereur byzantin de 969 à 976.



Son vrai nom est Kourkouas, et sa mère est issue de la famille Phocas. Il est ainsi le neveu deNicéphore Phocas. Ces deux familles originaires d'Arménie sont très puissantes en Cappadoce et parmi les plus en vue dans l’aristocratie militaire en Asie Mineure. Il épouse en premières noces Marie Sklérina, fille de Panthérios Sklèros, noble byzantin, et de Grégoria, descendante d’un frère de Basile Ier, et sœur de Bardas Sklèros. Son surnom de « Tzimiskès » a deux origines possibles : soit ce nom est dérivé de l’arménien tshemshkik, signifiant « botte rouge », soit de l'arménien pour « petite stature ».

[…]







(15) Les Cibyrrhéotes ou le thème des Cibyrrhéotes (en grec θέμα Κιβυρραιωτῶν) sont un thème byzantin englobant les côtes méridionales de l’Asie Mineure du VIIIe à la fin du XIIe siècle. En tant que premier plus important thème maritime de l’empire, ce thème joue un rôle de premier plan dans l’équipement en navires et en troupes de la marine byzantine.







(16) Alexis Ier Comnène (grec : Ἀλέξιος Α' Κομνηνός, v. 1058 -1118) est empereur byzantin du1er avril 1081 au 15 août 1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d’Anne Dalassène et le neveu de l’empereur Isaac Ier Comnène.


Son règne de 37 ans est l’un des plus longs de l’Empire byzantin et aussi l’un des plus agités. À son arrivée au pouvoir, l'Empire sort d'une période de guerres civiles qui ont mis à bas les structures impériales solides de l'ère macédonienne tandis que les menaces extérieures s'amoncellent, conduisant à des pertes territoriales importantes, allant jusqu'à menacer la survie même de l'Empire. De ce fait, les premières années du règne d'Alexis sont toutes entières consacrées à la lutte d'abord contre les Normands puis contre les Petchénègues et les Seldjoukides. Il parvient dans un premier temps à défendre efficacement les frontières de l'Empire avant de parvenir à reconquérir une partie de l'Asie Mineure dans le sillage de la Première croisade, même si ses relations avec les Croisés sont ambivalentes. En parallèle de cette intense politique étrangère, il procède à des réformes de grande ampleur de toute l'administration de l'Empire, fondant la légitimité de sa famille sur un réseau d'alliances matrimoniales particulièrement dense. La famille impériale devient le cœur du pouvoir. Enfin, il est aussi très impliqué dans les affaires religieuses de son époque.


À sa mort Alexis lègue à son fils un territoire consolidé et agrandi. Son œuvre restauratrice et réformatrice est l'une des plus importantes de l'histoire de l'Empire byzantin. Cependant, si à court et moyen terme le gouvernement d'Alexis Ier est un succès, son bilan reste contrasté. Il ne parvient qu'imparfaitement à rétablir la puissance byzantine car la reconquête de l'Asie Mineure reste partielle. En outre, l'économie de l'Empire commence à subir la concurrence des républiques italiennes. Il est aussi accusé d'avoir mis fin à un début de renaissance culturelle. Enfin, les bases sur lesquelles repose désormais l'autorité impériale, c'est-à-dire sur les liens familiaux, apparaissent comme fragiles à long terme.








(17) Dyrrhachium : Durrës est une municipalité, le chef-lieu de la préfecture de Durrës et la deuxième plus grande ville d'Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l'Antiquité, elle fut à l'origine de la via Egnatia, et était connue sous les noms d’Épidamne (grec ancien Επίδας /Epídamnos) et puis Dyrrhachium (Δυρράχιον / Durrhákhion).







(18) Les Petchénèques ou Petchenègues (Peçenekler en turc, besenyők en hongrois,Pecenegi en roumain, Печенеги en russe, Պեչենեգներ en arménien) sont un peuple nomade d'origine turque qui apparaissent à la frontière sud-est de l'empire khazar au VIIIe siècle. Ils s'installent au Xe siècle au nord de la mer Caspienne. Selon la légende, ils constituent la tribu Peçenek des Oghouzes, issue de Dağ Han (« prince montagne »).







(19) L’alévisme (alevilik en turc, Itiqate Ma en zazaki, elewîtî en kurmandji, al ‘alawīyyah en arabe) regroupe des membres de l'islam ditshétérodoxes et revendique en son sein la tradition universelle et originelle de l'islam et plus largement de toutes les religions monothéistes. L'alévisme se rattache au chiisme duodécimain à travers le sixième imam (Dja'far al-sadiq) et à Haci Bektaş Veli, fondateur de l'ordre des bektachi dont la généalogie mythique remonte aussi au sixième imam. Il se classe dans les traditions soufies et ses croyances sont assimilables au panenthéisme. Bien qu'il soit de tradition très ancienne, certains voient en l'alévisme un courant « libéral » ou « progressiste » de l'islam dont les dogmes diffèrent de ceux du sunnisme et du chiisme dit jafarisme.



Haci Bektaş Veli, mystique philosophe de l'alévisme, est le fondateur éponyme de la confrérie des bektachis qui joua un rôle primordial dans l'islamisation de l’Anatolie et des Balkans. Le culte alévi bektachi, avec les apports de Haci Bektas Veli, véhicule des idées qui sont présentées comme coïncidant huit siècles plus tard avec la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). Le semah, cérémonie religieuse des alévis bektachi, est classé au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.







(20) Les Euchites : ou messaliens sont une secte gnostique apparue vers 360 en Mésopotamie (région d'Édesse), et qui s'est répandue ensuite en Syrie et en Asie Mineure. Leur nom d'origine est en syriaque mṣalliāné, les « prieurs » (du verbe ṣalli, « prier »), ce qui fut rendu en grec, soit par Μασσαλιανοί, soit par Εύχίται (du verbe εύχομαι, « prier »). Ils étaient aussi appelés adelphiens, du nom d'Adelphius qui fut leur premier chef, et aussi enthousiastes, au sens propre de ce mot (du grec ένθουσιάζω, « être possédé par la divinité »), d'après leur doctrine de l'inhabitation par le Saint-Esprit, ou encore choreutes (du grec χορευταί, « danseurs »), parce que, quand ils étaient en transe, ils sautaient de tous les côtés pour écraser les démons qu'ils voyaient. Ils se nommaient eux-mêmes « spirituels » (πνευματικοί).







(21) Prisciliens , mort à Trèves en 385, est un évêque d'Avila, et le premier chrétien condamné à mort et exécuté par une autorité chrétienne pour hérésie.


Le priscillianisme est une des premières hérésies condamnées par la jeune Église de Rome. Certains la rapprochent de celle des pauliciens.







(22) Les Goranes ou Goranes sont des Slaves du Sud résidant dans les Balkans, entre l'Albanie et la Macédoine et surtout dans la région des monts Šar au sud du Kosovo. Ils ne doivent pas être confondus avec d'autres montagnards, des Carpates septentrionales ceux-là : les Gorals. La racine du nom est la même : gora, la montagne en slave.


Les Gorans peuplent leur région depuis le VIIIe siècle, période de l'arrivée des Slaves dans les Balkans et sont de confession musulmane depuis l’époque ottomane. Leur parler, le našenski appartient au groupe des langues slaves du sud et s'apparente au serbe, macédonien et bulgare. Selon les linguistes spécialistes du diasystème slave du centre-sud, le roi serbe Stefan Uroš IV Dušan aurait rédigé le Code Dušan dans le dialecte torlaque médiéval du serbo-croate dont le našenski est issu. Ce peuple minoritaire est en voie d'assimilation aux Kosovars albanophones par passage à l'albanais, mais diminue aussi par émigration depuis 1912. Leur nombre est passé de 60 000 à 8 000 aujourd'hui, par départ vers la Turquie durant le XXe siècle et aussi vers les pays occidentaux (France, Italie,Allemagne, Suisse...) depuis 1990.







(23) Camisards protestants : Les Camisards étaient des protestants français (huguenots) de la région des Cévennes, en France, qui ont mené une insurrection contre les persécutions qui ont suivi la Révocation de l'Édit de Nantes en 1685. De 1685 à 1700, le petit peuple protestant est lentement passé de la résignation à la révolte, et tous ses pasteurs ayant été exécutés ou mis en fuite, il se retrouve sans leaders. La place des pasteurs est alors prise par des "inspirés", prophètes sans formation qui appellent parfois ouvertement à la révolte violente. La Guerre des Cévennes éclate en 1702, avec les affrontements de plus en plus importants jusqu'en 1704, puis une lutte moindre jusqu'en 1710 avant une paix définitive en 1715.







(24) révocation de l’Edit de Nantes : L’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 16851, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants. Cet édit de Fontainebleau est plus connu sous l'appellation non officielle de « Révocation de l'édit de Nantes ».

Dès le début de son règne, Louis XIV, cherchant à unifier son royaume sur les plans religieux, administratif et politique, souhaite extirper le protestantisme. S'appuyant sur une interprétation étroite de l'Édit, il fait accumuler les enquêtes, les dénonciations, les interdictions, voire les destructions d'écoles et de temples. Après des années de persécutions et de conversions forcées, le protestantisme français ayant pratiquement disparu, le pouvoir royal décide que l'édit de Nantes, devenu caduc, peut être révoqué. La conséquence la plus concrète de l'édit est l'accélération de l'exil définitif d'environ un pour cent de la population appartenant à l'élite, dont Denis Papin (machine à vapeur), principalement au profit de tous les concurrents économiques de la France : l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Amérique et la Prusse.
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MessageSujet: Re: RELIGIONS ET COURANTS DE PENSEE ASSOCIES AU CATHARISME   Dim 11 Sep - 17:32

VALDEISME






L’Église évangélique vaudoise (en italien Chiesa Evangelica Valdese) est la principale Église actuelle issue de la prédication de Vaudès (1) (aussi connu sous le nom de Pierre Valdo ou Pierre Valdès). On parle également de valdéisme. Elle est présente principalement en Italie, avec des antennes en Amérique du Sud. Elle est adhérente de l'Alliance réformée mondiale (2) et de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d'Europe (3) .


1. origine


Le véritable nom des Églises vaudoises, celui qu'elles se donnent elles-mêmes en Piémont, est la Table vaudoise qui affirme désormais être apparue avec les disciples de Pierre Valdo, ou Vaudès, dans les années 1170 dans la paroisse Saint-Nizier, à Lyon. Il serait historiquement grave d'ignorer qu'il a existé pendant plusieurs siècles une polémique sur l'origine de l'église Vaudoise, des protestants ou proches des Vaudois qualifiés d'hérétiques par les catholiques pour avoir dit que cette église était présente dans les vallées du Piémont bien avant la naissance de P. Valdo. Le prénom de ce dernier est incertain : un document atteste seulement l'initiale. Certains l'ont traduit par Petrus, c'est-à-dire Pierre. Aujourd'hui, il existe une rue portant son nom (rue Pierre-Valdo) dans le 5earrondissement de Lyon. Le nom ne fait donc pas référence au canton de Vaud (Suisse), et l'Église évangélique vaudoise ne doit pas être confondue avec l'Église évangélique réformée du canton de Vaud.


Pierre Valdès était un riche marchand de la ville. Vers 1170, il écouta un passage de la vie de saint Alexis narrée par un troubadour. Ce récit lui fit éprouver le désir de vivre plus près du Christ, de suivre nu le Christ nu. Il légua ses biens à sa femme pour suivre l'idéal de pauvreté apostolique, c'est-à-dire imiter la vie des apôtres. Il plaça ses filles à l'abbaye de Fontevraud (4) , fondée par Robert d'Arbrissel (5) . Il se fit traduire des passages choisis de la Bible du latin en langue vulgaire et provinciale.



Il commença à prêcher dans les rues de Lyon, acte qui était alors interdit par l'Église catholique romaine. Seuls les prêtres et les clercs, en effet, étaient autorisés à le faire. L'Église catholique toléra dans un premier temps la présence de Valdès et de ses disciples, à condition qu'ils ne prêchassent plus. Mais, ayant bravé cet interdit, ces derniers furent chassés de Lyon par l'archevêque, Jean Belles-mains (6) . Ils constituèrent dès lors les premiers vaudois, qui se nommaient eux-mêmes « pauvres de Lyon ».


2. diffusion


a) historique


Après avoir été chassés de Lyon, Valdès et ses disciples vécurent comme ouvriers agricoles, vivant de l'aumône et errant de village en village. Le « mouvement » vaudois fit rapidement des émules dans d'autres régions du sud de la France et en Italie du Nord puis, plus tard durant le Moyen Âge, en Bohême. Une partie des vaudois du Piémont italien émigrèrent à la fin du XVe siècle en Provence, où ils s'établirent en une communauté nommée vaudois du Luberon (7) , dans une vingtaine de villages du Luberon.


Il semble que les premiers vaudois n'aient jamais vraiment voulu rompre avec l'Église, même si Rome les accusait d'hérésie par leur non-respect des consignes ecclésiastiques. Les vaudois considéraient qu'ils faisaient toujours partie de l'Église catholique mais qu'ils en étaient la pars benigna, et Rome la pars maligna rongée par les péchés. En 1184, le concile de Vérone (08) excommunia les Pauvres de Lyon.


Pierre Valdès lui-même rejetait le catharisme (la croisade des Albigeois (1209-1229) date de cette époque). Il serait mort vers 1206 alors que lui et son mouvement étaient proches d'une réconciliation avec l’Église. Le pape Innocent III était disposé à dialoguer. Il semblerait que la branche lombarde du mouvement, les Pauvres Lombards, après une courte réintégration entre 1208 et 1210 (on leur accorda le droit de prêcher mais à un auditoire restreint) fut exclue et anathématisée.


Les vaudois sont définitivement déclarés hérétiques par le concile de Latran IV (9) en 1215. Au XIIIe siècle un groupe de vaudois italiens rejoint même l'Église catholique. L'idéal vaudois de pauvreté inspira en Italie du Nord bon nombre de mouvements radicaux déclarés hérétiques : à la fin du XIIIe siècle les Apostoliques de Gherardo Segarelli ; au XIVe siècle les spirituels radicaux de l'ordre des frères mineurs fraticelles (10) et les dolciniens (11) .


Vers la même époque apparut l'ordre des frères mineurs, fondé en 1209 par saint François d'Assise, fils d'un riche marchand de cette ville d'Italie centrale, par réaction contre la puissance grandissante de l'argent dans la société ecclésiastique et laïque. À l'origine, les franciscains ne devaient pas posséder de biens ; ils vivaient de leur travail ou d'aumônes et prêchaient dans les villes. Contrairement aux vaudois, ils avaient obtenu l'autorisation de prêcher, puisque François et ses disciplines se montrèrent toujours respectueux des consignes du clergé. Ce qui montre que le rejet des vaudois par l'Église ne venait pas à l'origine de l'idéal de pauvreté mais bien du fait de prôner le sacerdoce universel (droit de prêcher pour tous y compris les femmes).


Persécutés en Italie du Nord, les vaudois furent poussés vers les vallées alpines d'Italie, de Suse à la Ligurie. Ils s'y sédentarisèrent, résistant à l'Inquisition par une pratique discrète de leur foi. Une partie d'entre eux fut cependant massacrée lors de la croisade contre les vaudois de 1488 (12) .


Entre 1460 et 1560, au moins 1 400 familles, soit environ 6 000 personnes venues des diocèses alpins de Turin et d'Embrun sont venues s'installer dans la région du Luberon, selon l'historien Gabriel Audisio (13) . Les deux-tiers d'entre eux sont arrivés entre 1490 et 1520, ce qui permet de faire face à la chute de 60 % de la population à la fin de la guerre de Cent Ans, via onze « contrats d'habitations » concernant treize villages du Luberon.


Gabriel Audisio estime que le mouvement vaudois prit fin en 1532 lorsqu'au synode de Chanforan (14) , une partie des vaudois choisit d'adhérer à la Réforme. Ils décidèrent de faire traduire la Bible en français, choisirent comme traducteur un cousin de Jean Calvin (15) , Pierre Robert Olivétan (16) , et récoltèrent les fonds nécessaires à ce travail.


La période de répression la plus sanglante eut lieu lors des Pâques vaudoises (17) de 1655, dans les vallées du Piémont italien, ce qui obligea plus de 300 femmes vaudoises à venir se réfugier de l'autre côté de la frontière, dans le Queyras français, à Molines.


En 1686, sous la pression du roi de France Louis XIV, le duc de Savoie (18) persécuta les vaudois des vallées alpines, qui se réfugièrent d'abord à Genève, comme des milliers de huguenots (19) , puis furent répartis en Suisse, dans les possessions de Berne, en Allemagne, plusieurs centaines partant aussi en Hollande, en Angleterre, en Afrique du Sud et dans le Nouveau-Monde.


Après la Glorieuse Révolution (20) anglaise de 1688, menée par une armée anglo-hollandaise composée à 20 % de huguenots, les rapports de force militaire changent en Europe. Le duc de Savoie Victor Amédée II leur accorda alors un édit de tolérance et les vaudois furent autorisés en 1689 à faire leur « glorieuse rentrée (21) » jusqu'à leurs vallées par un périple de 200 kilomètres, plein sud, le long des crêtes montagneuses.


En 1848, le roi Charles Albert octroya à ses sujets non-catholiques (juifs et protestants) une lettre patente par laquelle il leur donnait la permission de suivre des études supérieures et de pratiquer des professions libérales (médecin, avocat, etc..). Cette lettre patente ouvrait aussi les ghettos dans lesquels les vaudois avaient été enfermés et c'est à partir de cette date qu'ils purent propager leur foi et leur croyance dans toute l'Italie.


De nos jours, les vaudois fêtent cette date du 17 février 1848 par des feux de joie, des cortèges et des cultes solennels. Cette date est appelée aussi « Fête des libertés ».



b) actuellement


La Table vaudoise réunit des Églises locales vaudoises et méthodistes. Les femmes pouvant y être pasteurs depuis 1961, elle est présidée de 2005 à 2012 par le pasteur Maria Bonafede, avec le titre demodératrice. Elle est la première femme à la tête des Églises vaudoises, mais non à la tête d'une Église protestante européenne comme l'affirmait l'AFP, car la compagnie des pasteurs et des diacres de Genève a été présidée par une modératrice, Isabelle Graesslé, de 2001 à 2004.


Dans un entretien à La Stampa, Maria Bonafede a déclaré souhaitable que le pape Benoît XVI « sache dialoguer avec les autres Églises chrétiennes » et « abandonne la notion de primat de l'Église catholique romaine sur les autres ». Elle s'est aussi prononcée contre la présence de crucifix dans les lieux publics. Enfin, elle a déclaré que « la foi chrétienne est incompatible avec l'injustice économique, comme elle était incompatible avec le nazisme et l'apartheid ».


La Table vaudoise compte environ 30 000 fidèles en France dans quelques vallées alpines et au Nord de l'Italie, essentiellement dans lePiémont, on trouve par exemple au palais Cavagnis à Venise une Foresteria Valdese, maison d'hôtes des Églises vaudoises et méthodistes associées. La Table vaudoise compte également quelques communautés en Amérique latine (Uruguay, Argentine). Les vaudois comptent en totalité 45 000 fidèles en 2013.


Le 22 juin 2015, pour la première fois dans l'histoire, un pape, c'est-à-dire l'évêque de Rome garant de l'unité de l'Église catholique romaine, s'est rendu dans une église évangélique vaudoise lors de son séjour à Turin, les 21 et 22 juin 2015, le pape François a en effet été reçu à l'église évangélique vaudoise, située sur le cours Victor-Emmanuel II, par notamment le pasteur Eugenio Bernardini, modérateur de la « Table vaudoise » – réunion d'églises vaudoises et méthodistes – et le pasteur Paolo Ribet.


3.  pratiques


À la différence des catholiques, les vaudois ne comptaient pas de prêtres dans leurs rangs : seulement des « barbes », sortes de pasteurs qui, après 3 ans d'apprentissage des textes et de visites auprès de barbes plus anciens confessaient et présidaient des cérémonies. Les vaudois de Bohême furent plus durement persécutés par l'Inquisition : une partie d'entre eux rejoignit les hussites.


Lors de la Réforme, les vaudois envoyèrent deux des leurs en Suisse pour connaître l'avis de réformateurs comme Œcolampade (22) et Guillaume Farel (23) .



4. doctrine


À l'origine, il n'y avait que la volonté de revenir à la pauvreté évangélique. Par la suite, la doctrine des vaudois se précisa lors de colloques (Laus - 1526, Chanforan -1532) ; la base étant la connaissance de l'Évangile, de l'Ancien et du Nouveau Testament.


Les aspects principaux sont :

L'Écriture est la seule règle de la foi et des cœurs.
Tout homme et toute femme initié à la connaissance de l'écriture peut prêcher.
Il est bon que le culte soit fait en langue populaire et que chacun use de la Bible.
La foi est un don de Dieu. Elle comprend l'amour du Seigneur et l'obéissance à ses commandements.
La messe du culte romain ne vaut rien.
Les indulgences ne valent rien. Le purgatoire est une fable.
Tout ce que l'on fait pour le salut des morts est inutile.
Jésus est le seul intercesseur. Nous devons imiter les saints, non les adorer. Leur culte est idolâtrie.
Le clergé romain ayant perverti la doctrine et les sacrements des apôtres, et n'imitant pas leur exemple, n'a aucune autorité.
Le baptême n'est qu'un signe de régénération. Celle-ci n'aura réellement lieu que lorsque l'enfant aura une foi véritable. Les seuls sacrements reconnus sont le baptême et la sainte Cène.
Le mariage est dissous par l'adultère.



La doctrine des vaudois est résumée dans un poème du
début du XVe siècle en occitan : La Nòbla Leiçon
(La Noble Leçon du XIIè siècle)








(1) Vaudès , généralement connu sous le nom de Pierre Valdo ou Valdès, est un marchand de Lyon et prédicateur de l'évangile né vers 1140 et mort vers 1206. À la suite d'une crise religieuse, il finance une des premières traduction de la bible en langue vernaculaire (le franco provençal). Il donne tous ses biens pour suivre l'idéal de pauvreté apostolique. Il fonde la fraternité des Pauvres de Lyon, le mouvement vaudois. Il est excommunié en 1184et son mouvement persécuté.


Le Protestantisme voit en lui un précurseur. Le Monument à la mémoire de Martin Luther représente Vaudès en soutien de Luther. Le nom Pierre Valdo est gravé sur le Monument international de la Réformation.






(2) L’Alliance réformée mondiale (ou ARM) était une organisation chrétienne internationale qui rassemblait la grande majorité des Églises réformées dans le monde. Les Églises réformées étant de religion calviniste, issues des réformes de Jean Calvin, John Knox et Ulrich Zwingli. Elle existait depuis 1970.

Elle a fusionné en juin 2010 à Grand Rapids avec le Conseil œcuménique réformé pour créer la Communion mondiale d'Églises réformées. Les locaux de son secrétariat général situés à Genève, en Suisse, sont maintenant utilisés par la nouvelle association.

Avant cette fusion, elle rassemblait 214 Églises, de 107 pays, qui représentaient 75 millions de fidèles.






(3) La conférence des Eglises protestantes des pays latin d’Europe  est une organisation européenne rassemblant des églises protestantes de Belgique, d'Espagne, de France, d'Italie, du Portugal et de Suisse.



Elle fut fondée le 1er février 1950, lors d'une conférence appelée par le pasteur Marc Boegner, à l'initiative du Révérend Macky du département de reconstruction des églises du Conseil œcuménique des Églises. Son but principal était la solidarité avec les églises espagnoles confrontées à l'obstruction du pouvoir franquiste. C'est depuis une structure légère d'aide et de coordination entre des églises en situation de minorité.






(4) Abbaye de Fontevraud :  L'abbaye Notre-Dame de Fontevraud est une ancienne abbaye d'inspiration bénédictine, siège de l'ordre de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d'Arbrissel et située à Fontevraud, près de Saumur en Anjou (actuel Maine-et-Loire). Site de 13 ha établi à la frontière angevinedu Poitou et de la Touraine, elle est l'une des plus grandes cités monastiques d'Europe.


Initialement monastère mixte, accueillant femmes et hommes au sein des mêmes bâtiments, puis agrandi en monastère double dans l'esprit de la réforme grégorienne, l'abbaye de Fontevraud va s'attirer la protection des comtes d'Anjou puis de la dynastie des Plantagenêts qui en feront leur nécropole. Après un déclin à partir du XIIIe siècle, l'abbaye est dirigée pendant presque deux siècles par des abbesses issues de la famille royale des Bourbons. La Révolution française porte un coup d'arrêt définitif à l'établissement religieux qui se transforme en établissement pénitentiaire jusqu'en 1963. Les différentes rénovations des édifices débutent dès le XIXe siècle après le classement de l'abbaye au titre des monuments historiques en18402 et se poursuivent jusqu'à nos jours. En 2000, l'abbaye de Fontevraud est classée au patrimoine mondial de l'Unesco avec l'ensemble du site culturel du Val de Loire.


L'ensemble monastique se compose aujourd'hui des deux monastères encore subsistants sur les quatre d'origine. Le plus important est le monastère du Grand-Moûtier, ouvert au public, qui héberge l'église abbatiale, la cuisine romane et la chapelle Saint-Benoît du XIIe siècle, ainsi que le cloître, les bâtiments conventuels, dont la salle capitulaire, et les infirmeries du XVIe siècle. Certains des bâtiments hébergent aujourd'hui des salles de séminaire. Le prieuré Saint-Lazare, dont l'église date du XIIe siècle, a été transformé en résidence hôtelière.






(5) Robert d’Arbrissel , né vers 1047 dans le village d’Arbrissel (actuel département d'Ille-et-Vilaine) dans le diocèse de Rennes en Bretagne et mort au Prieuré d'Orsan en Centre Val de Loire, probablement autour de 1117, est un ermite et moine breton.


Prêcheur itinérant, reconnu par le pape Urbain II, il suit une pratique érémitique extrême. Il est le fondateur des abbayes de Fontevraud et de la Roë et de l'ordre de Fontevraud.


Ses exigences spirituelles et sa conduite lui créeront des difficultés pendant toute sa vie et bloqueront les tentatives de canonisation au XVIIe siècle. Les historiens contemporains se disputent encore sur le sens de son action, le décrivant tour à tour comme un précurseur du féminisme, un défenseur des pauvres, un réformateur exigeant.
 





(6) Jean Belles-Mains   (vers 1120 – 1204 ?, à Clairvaux), est un ecclésiastique du Moyen Âge. Il est évêque de Poitiers puis archevêque de Narbonne et enfin archevêque de Lyon.





(7) Les vaudois du Lubéron sont des personnes de la région du Luberon (sud de la France, principalement en Vaucluse) qui appartiennent à l'Église vaudoise, c'est-à-dire qui suivirent les doctrines de Vaudès (ou Pierre Valdo), créateur en 1170 d'un mouvement religieux appelé Les Pauvres de Lyon.

L'histoire des vaudois du Luberon illustre les tensions religieuses qui secouent le monde chrétien au Moyen Âge et à la Renaissance, en particulier lors du massacre de Mérindol du printemps 1545, qui coûta la vie à 3 000 personnes en cinq jours et dévasta 24 villages, tandis que 670 personnes étaient envoyées aux galères de Marseille.





(08) Le concile de Vérone  est réuni en novembre 1184 par le pape Lucius III, qui chassé par la commune de Rome s'est réfugié à Vérone, entre le 1er août et le 4 novembre 1184, en présence de l'empereur Frédéric Barberousse. Le concile condamne les néo-manichéens (cathares). Le prédicateur lyonnais Pierre Valdès est excommunié. Les Umiliati de Lombardie, les disciples d'Arnaud de Brescia, les Patarins sont également condamnés.

Le 4 novembre, la bulle Ad abolendam est promulguée. Elle institue l’Inquisition épiscopale : les autorités ecclésiastiques désignent les hérétiques qui sont châtiés par le pouvoir temporel. Elle définit l'hérésie à l'aide du droit canonique. Le crime de lèse-majesté contre l'Empereur est puni de mort. Ici, c'est un « lèse-majesté-divine ». La punition ne peut être que la mort. Si l'hérétique ne veut pas se rétracter, il doit être condamné à mort.


Il faut soustraire de la communauté chrétienne le membre gangrené1. En conséquence, tous les princes doivent s'associer à la recherche anti-hérétiques sous peine d'être suspects eux-mêmes d'hérésie, et donc d'encourir excommunication ou déposition. C'est la première fois dans l'histoire de l'Église que le problème de définir l'hérésie se pose au niveau pontifical, auparavant c'était du ressort de l'évêque.


L'habitude de brûler les hérétiques est étrange. En effet, jusqu'à Vatican II, l'Église interdit l'incinération des morts. Les corps doivent ressusciter. En fait, ce qui importe ici c'est le symbolisme du feu purificateur. L'hérésie est comme un miasme dangereux qui doit être éradiqué par le feu. Si l'on ne peut convaincre un hérétique par le raisonnement, c'est qu'il est irrécupérable.






(9) Le concile de Latran IV : Le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent nommé Latran IV) est le douzièmeconcile œcuménique de l'Église catholique. Il s'est tenu au Latran en 1215 sur l'initiative du pape Innocent III. Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par les réformateurs du XIe siècle (en particulier par Grégoire VII). Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.






(10) Les Fraticelles étaient des Franciscains de la branche dite des Spirituels : opposés à la « normalisation » de doctrine du ministre général de l'Ordre, le Père Bonaventure, ils prônent un mépris absolu des richesses et, par l’affrontement avec les puissances temporelles, évoluent peu à peu dans l'insoumission et l'hérésie. Ils furent déclarés hérétiques par le pape Boniface VIII en 1296. Michel de Césène (1270–1342) et Pierre Olivi (1248-1298) furent des initiateurs de ce mouvement.






(11) Les Dolciens  étaient un mouvement religieux chrétien considéré comme une hérésie par l'Église du début du XIVe siècle. Ils étaient adeptes de Fra Dolcino, lui-même disciple de Gherardo Segarelli, qui leur promettait la vie apostolique du Christ, rejetant les richesses en prônant une pauvreté absolue et communiant dans l'amour avec tous les êtres vivants, animaux y compris.

Le roman Le Nom de la rose de Umberto Eco en parle et compte deux personnages évocateurs de ceux qui devaient constituer les adeptes de Dolcino : un simple d'esprit et un révolté. Leur cri de ralliement était « Penitenziagite », dérivé de penitentiam agite, faites pénitence.

Fra Dolcino fut brûlé en 1307 et ses disciples — considérés comme hérétiques — étaient également destinés au bûcher.






(12) La croisade contre les Vaudois de 1488   fut une répression religieuse conduite en 1488 par l'inquisiteur Alberto Cattaneo, mandaté par le pape Innocent VIII à la demande de l'archevêque d'Embrun Jean Baile. Une expédition tenta de purger l'hérésie vaudoise les vallées de Freissinières, de la Vallouise, de L'Argentière et du Val Cluson.






(13) Gabriel Audisio , né en 1942, est historien et professeur des universités émérite français.

Il a été professeur au lycée Périer de Marseille, assistant puis maître de conférences au département d'histoire de l'Université de Provence à Aix-en-Provence (1977-1989), enseignant à la Louisiana State University (Bâton-Rouge), puis à l'Université Laval (Québec). Il devient professeur d'histoire moderne à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand puis à l'Université de Provence.

Spécialiste des vaudois, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence ainsi que de différents articles scientifiques parus dans des revues françaises, italiennes, allemandes et américaines. Il travaille sur les minorités et les dissidences religieuses, le Midi Français, leXVIe siècle, les formes religieuses et culturelles de l'identité et de la clandestinité. Il est membre de la Revue de l'histoire des religions.

Le 7 juin 1998, il est élu membre résidant de l'Académie de Nîmes, succédant à Jacques Larmat, décédé.






(14) Le synode de Chanfran :   Lors du célèbre synode vaudois de Chanforan (en 1532), dans le Val d’Angrogne, au Piémont italien, la toute nouvelle religion protestante a pris une décision essentielle, mais alors illégale, celle de traduire et imprimer la Bible en français. Jusque là, la Bible n'était imprimée qu'en latin. Des versions en provençal circulaient sous le manteau, colportées par des pasteurs vaudois, mais sous forme manuscrite donc rare et très chère. Cette décision joue un rôle majeur dans l'histoire de la presse écrite et de la littérature : l'écrit devient un produit destiné au plus grand nombre. Et ce, même si le papier se conserve moins bien dans les maisons que dans les monastères, et que les écrits en langue vulgaire sont plus que jamais interdits dans les bibliothèques des rois et des églises.


En réunissant à Chanforan des «barbes», prédicateurs itinérants vaudois, de plusieurs régions comme les Pouilles, la Provence, le Piémont, les Allemagnes et les communautés dispersées en Europe, la décision d'imprimer cette bible fut prise après plusieurs journées de débat intense.


Les vaudois et les premières républiques protestantes, installées en Suisse à Bâle et en Alsace à Strasbourg, consacrèrent 500 écus d'or (un écu représente pour ces paysans une année de travail) pour que Pierre Robert Olivetan, cousin de Jean Calvin, puisse travailler deux années dans « les vallées » pour cette traduction. Des imprimeurs lyonnais se chargent de l'impression d'une grande partie de ces bibles et deviennent la cible de la répression. La diaspora des émigrés protestants, appelés aussi huguenots va cependant diffuser cette bible dans le monde entier.


Érasme, Lefèvre d'Etaples, Briçonnet et le cénacle de Meaux faisaient les traductions à partir de la Vulgate, en latin, de Jérôme. Les vaudois ont été les premiers à traduire la Bible en français à partir des textes originaux en hébreu et en grec, mais sous forme manuscrite, ce qui représentait un coût encore plus énorme.


Une bible vaudoise manuscrite de 1450 environ est conservée dans la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras (ancienne capitale du Comtat venaissin). Le texte est complété par des prologues, gloses et indications en provençal. Cette Bible est une sélection de livres : des deutéro-canoniques sont en bonne place, mais il manque les livres pouvant induire à des spéculations doctrinales (Genèse... etc.).


Le synode de Chanforan décide aussi que le ministère itinérant des barbes est aboli. La plupart des barbes deviennent pasteurs. Les localités visitées deviennent des sièges d'Églises réformées. Le réformateur Guillaume Farel, venu de Gap, a eu au cours de ce synode une influence décisive: il emporte l'adhésion aux idées réformées, tout juste naissantes.






(15) Jean Calvin   (forme re-francisée de la forme latinisée, Calvinus, du nom Jehan Cauvin), né le 10 juillet 1509 à Noyon (Picardie), et mort le 27 mai 1564, à Genève, est un théologien, un important réformateur, et un pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIesiècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme.

Après des études de droit, Calvin rompit avec l'église catholique romaine vers 1530. Du fait des persécutions contre les protestants en France, Calvin se réfugia à Bâle, en Suisse, où il publia la première édition de son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne en 1536. La même année, il fut recruté par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l'église à Genève. Le conseil municipal résista à l'application des idées de Calvin et de Farel et les deux hommes furent expulsés. À l'invitation de Martin Bucer, Calvin se rendit à Strasbourg où il séjourna entre 1538 et 1541, devenant pasteur d'une église de réfugiés français et wallons. Il continua de soutenir le mouvement réformateur à Genève et fut finalement invité à revenir dans la cité genevoise en 1541.

Après son retour, Calvin introduisit une nouvelle liturgie et des idées politiques novatrices malgré l'opposition de plusieurs puissantes familles de la ville qui tentèrent de s'opposer à son autorité, en particulier au moment du procès de Michel Servet. L'arrivée de réfugiés favorables à Calvin et de nouvelles élections lui permirent néanmoins d'évincer ses opposants du conseil municipal. Calvin passa les dernières années de sa vie à promouvoir la Réforme à Genève et dans toute l'Europe.

Calvin était un écrivain apologétique infatigable et un polémiste qui provoqua de nombreuses controverses. Il échangea également des lettres cordiales et favorables avec de nombreux réformés comme Philippe Melanchthon et Heinrich Bullinger. Outre l'Institution, il rédigea des essais sur la plupart des livres de la Bible de même que des traités de théologie et des confessions de foi. Il réalisait régulièrement des sermons dans tout Genève. Calvin fut influencé par la tradition augustinienne qui le poussa à disserter sur les concepts de prédestination et de la souveraineté absolue de Dieu en ce qui concerne la rédemption et dans la damnation. Les écrits et les prêches de Calvin ont fourni la base de la branche de la théologie réformée. Les églises réformées et presbytériennes ont depuis adopté la pensée calvinienne et l'ont largement répandue.






(16) Pierre Robert Olivétan , ou Pierre Robert, surtout connu sous celui de Pierre Robert Olivétan (1506-1538), est un érudit humaniste français né à Noyon vers 1506 et mort à Rome en 1538. Cousin de Jean Calvin, il est l'auteur de la première traduction protestante de la Bible en français à partir des textes originaux (en hébreu et en grec). Son œuvre de prédicateur réformé et de traducteur le conduisit à multiplier les pseudonymes astucieux afin de ne pas cumuler sur sa tête les risques de condamnation. Ainsi se nomme-t-il au fil des éditions et des documents : P. Robertus Olivetanus, Robertus Olivetanus, Robertus, Pierre Robert, Pierre Trebor, Kepha, Pierre ou Louis (dans la correspondance des réformateurs), Olivet, Belisem, Belisem de Belimakom, Louis Olivier enfin dans la seule lettre authentique que les archives de Neuchâtel conservent de lui.






(17) Les Pâques vaudoises , appelées aussi « Pâques piémontaises » désignent une période de répression sanglante menée en 1655 contre les populations de Vaudois de trois, puis d'une dizaine de vallées italiennes. Leur déroulement, avec l'hébergement forcé des troupes par les habitants et de nombreux sévices contre les populations locales, a préfiguré les dragonnades qui seront organisées en France une génération plus tard sous Louis XIV par le ministre de la défense Louvois au début des années 1680  






(18) Duc de Savoie :    Victor-Amédée II de Savoie (en italien Vittorio Amedeo II), né à Turin le 14 mai 1666, mort au château Moncalieri le 31 octobre 1732, fut prince de Piémont et duc de Savoie de 1675 à 1730,roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne de 1720 à 1730.
Il était fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie, duchesse de Genève et d'Aumale.





(19) Les huguenots  sont les français protestants pendant les guerres de Religion (seconde moitié du XVIe siècle), au cours desquelles ils ont été – sous ce nom – en conflit avec les catholiques. Environ300 000 d’entre eux ont quitté la France à la suite des dragonnades et de la révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685.

À partir du XVIIe siècle, les huguenots sont appelés religionnaires, car les actes royaux ne parlaient pas de protestantisme mais de « religion prétendue réformée ».






(20) La glorieuse révolution   d’Angleterre (en anglais : Glorious Revolution ou encoreBloodless Revolution (en français : « Révolution sans effusion de sang »), aussi appelée Seconde Révolution anglaise, est une révolution faussement décrite dans un premier temps comme « pacifique » (1688-1689). Terme à nuancer tout d'abord en raison des combats sévères qui opposèrent les partisans catholiques à l'armée néerlandaise de Guillaume III, ainsi qu'à cause de la sanglante contre-révolution qui s'ensuivit en Irlande peu de temps après. Elle eut pour conséquence de renverser le roi Jacques II d'Angleterre (Jacques VII d'Écosse) et provoqua l’avènement de la fille de celui-ci, Marie II, et de son époux, Guillaume III prince d'Orange, à la suite de l'invasion néerlandaise de l'Angleterre menée par ce dernier. La révolution renforça la monarchie mixte et réaffirma le rôle du parlement face à la couronne.






(21) la * glorieuse rentrée *   est une expédition menée au XVIIe siècle avec officiers, pasteurs, et médecins par les protestants vaudois italiens réfugiés à Genève après la révocation de l'édit de Nantes en 1685. Cet événement historique a suivi les dragonnades du début des années 1680 contre les huguenots, dont une première version italienne avait eu lieu en 1655, lors de l'épisode désigné comme lesPâques Vaudoises et raconté dans un livre par le pasteur Henri Arnaud, pour attirer l'attention des protestants d'Angleterre, d'Allemagne et de Hollande.
Cette glorieuse rentrée des Vaudois est une allusion directe à la Glorieuse Révolution anglaise qui vient d'être entreprise en 1688 par une armée franco-néerlando-hollandaise, où les huguenots réfugiés en Hollande représentent un cinquième des effectifs.






(22) Charles Albert   de Sardaigne (en italien Carlo Alberto di Savoia), né à Turin le2 octobre 1798 et mort à Porto (Portugal) le 28 juillet 1849, connu également sous le nom de Charles-Albert de Savoie en raison de son appartenance à la Maison de Savoie, fut roi de Sardaigne, roi titulaire de Chypre et de Jérusalem, duc de Savoie et duc de Gênes de 1831 au 23 mars 1849, prince de Piémont, septième prince de Carignan de 1800 au 23 mars 1849, et comte de Barge de 1800 au jour de sa mort.


Son nom est lié à la promulgation du Statut fondamental de la Monarchie de Savoie du 4 mars 1848, dit Statut albertin, qui fait du royaume de Sardaigne puis de l’Italie une monarchie constitutionnelle. Le Statut constitue le traité fondamental des lois de l'État italien jusqu'à l'adoption de la constitution républicaine en 1947.






(23)  Œcolampade :   Jean Husschin (ou Jean Häusgen) dit Œcolampade (1482-1531) est un réformateur, humaniste et prédicateur suisse-allemand, d'origine wurtembergeoise.

Il fait des études de droit et de théologie à Bologne et à Heidelberg.

• 1482 : Naissance de Johannes Hausschein à Weinsberg dans le Palatinat.
• 1515 : Collabore avec Érasme à l'édition du Nouveau Testament.
• 1518 : Est nommé prédicateur à Bâle puis à Augsbourg. Découvre les écrits de Luther.
• 1522 : Rejoint le groupe d'humanistes à l'Erbenburg autour de Sickingen.
• 1523 : À Bâle, au contact d'Œcolampade, Guillaume Farel fortifie sa doctrine luthérienne.
• 1526 - 1528 : Dirige le parti protestant aux disputes de Bade et de Berne.
• 1523 : Entreprend des commentaires bibliques à l'université.
• 1525 : Devient prêtre à Saint-Martin et achemine la ville vers l'adoption de la Réforme.
• 1529 : De retour à Bâle, il s'impose comme le chef de la Réforme et devient pasteur de la cathédrale et chef de l'église bâloise, Calvin réforme Genève, Zurich est réformé par Zwingli. Dans la même année il participe au Colloque de Marbourg, aidé de Bucer il tente d'unir les positions divergentes de Zwingli et de Luther sur la présence du Christ dans l’eucharistie. Malgré une déclaration qui prenait acte des convictions communes, la division de la famille protestante en branches indépendantes était consommée.

Œcolampade crée des presbytères laïcs et se sépare des luthériens par une conception différente de la Cène.


Il prend une part active à l'implantation de la Réforme à Ulm, Memmingen ainsi qu'à Biberach. Il participe à la conversion des vaudois au protestantisme.








(24) Guillaume Farel   , né à Les Farreaux près de Gap en 1489 et mort à Neuchâtel le 13 septembre 1565, est un réformateur qui a joué un rôle important dans l’expansion de la réforme protestante en Suisse romande.
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