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 PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE

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Lanaelle
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MessageSujet: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Dim 11 Sep - 18:06








Benoit de Termes, parfait cathare
Bernard Délicieux, franciscain et adversaire des inquisiteurs
Bernard de Castanet, évêque d’Albi et inquisiteur
Diego d’Osma, évêque castillan
Dominique de Guzman, fondateur de l’ordre prêcheur
Esclarmonde de Foix, parfaite cathare
Guilhem Bélibaste, le dernier parfait cathare connu
Innoncent III, pape
Olivier de Termes, chevalier issu de la noblesse cathare
Pierre de  Castelnau, légat du pape Innocent III
Philippe Auguste, roi de France
Robert le Bougre, ancien parfait cathare devenu dominicain




SOURCE : https://fr.wikipedia.org/wiki


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 14 Nov - 8:59, édité 2 fois
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Dim 11 Sep - 20:19

Benoit de Termes, parfait cathare





Benoît de Termes était un religieux cathare né avant 1160 sans doute au château de Termes et décédé peu après 1230 peut-être au château de Quéribus.



Biographie



On trouve la première mention de Benoît de Termes à l'occasion du colloque de Montréal, en 1207. Il est alors un diacre(1) cathare du Razès(2) , et donc dépendant de l'évêché cathare de Carcassonne). Lors de cette controverse, alors que Diego d'Osma est choisi pour être champion du camp catholique, les cathares délèguent Arnaud Oth (diacre du Cabardès(3) ) et Benoît de Termes.

En 1226, il assiste à un concile cathare qui a lieu au Château de Pieusse(4) . Il est fait évêque du Razès à cette occasion, évêché qui comprend le Razès proprement dit, s'étendant jusqu'à Mirepoix. Guilhabert de Castres lui confère le consolament(5) .

La dernière mention que nous ayons de lui se trouve dans les dépositions faites à l'inquisition, où un certain Guilhem Cabilblanc indique lui avoir vendu un pâté de poisson en 1230. Il résidait alors au château de Quéribus(6) , lieu de refuge pour les religieux cathares. Benoît, très âgé, meurt sans doute peu après car son fils mineur, Raimond Agulher, est signalé comme évêque du Razès en 1233.


Il semble avoir été l'oncle et le précepteur du célèbre chevalier Olivier de Termes, protecteur des cathares.





(1) Le diacre Le diacre (du grec διάκονος / diakonos, serviteur) est une personne qui assiste le dirigeant d'une église locale chrétienne. Il est choisi pour sa foi et ses qualités morales. Il est responsable de certaines activités de l'Église.




(2) Le  Razès désigne historiquement un ancien pagus ou comté carolingien portant le nom de sa capitale historique : l'oppidum ou cité de Redae (l'actuelle Rennes-le-Château au sud-ouest du département de l'Aude).

Le comté du Razès fut absorbé par la province du Languedoc en 1240, mais subsiste largement dans la toponymie de la région comprise entre Mirepoix et Limoux (Belvèze-du-Razès, Fenouillet-du-Razès, Peyrefitte-du-Razès, Bellegarde-du-Razès, ...)




(3) Le Cabardès , en occitan Cabardés, est une région (ou un pays) du département de l'Aude en France. Onze communes le portent aujourd'hui dans leur nom. Il s'étend des pentes de la Montagne Noire, au nord, jusque près de Carcassonne. Son point culminant, à1 210 mètres d'altitude, est le pic de Nore sur le contrefort du Massif central.

La Cabardès fait partie du Pays cathare. Le développement du catharisme à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle a marqué fortement son histoire.




(4) Le château de Pieusse    est un château cathare situé sur la commune de Pieusse près de Limouxdans le département de l'Aude en France. Ce château est actuellement du domaine privé et ne peut être visité. C'est un "vrai" château cathare dans le sens où il n'a pas été remanié par la couronne royale lors de l'annexion du Roussillon à la France. Il est caractérisé par un donjon d'époque massif dont l'utilisation était essentiellement défensive. Il est vendu comme bien national en 1791.




(5) Le consolament : Le consolamentum (ou consolament) consiste en une pratique rituelle attribuée aux hérétiques cathares, principalement dans le Midi de la France entre la deuxième moitié du XIIe siècle et la fin du XIIIe siècle.

Ce rite ne nous est guère connu que par des textes d'origine catholique ou bien par des textes tardifs et donc susceptibles d'être éloignés de la réalité. Le déroulement de la cérémonie varie selon les sources. Une des descriptions les plus anciennes connues provient d'un traité anti-hérétique inédit contenu dans deux manuscrits datés de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle, originaires du sud de la France (Reims, BM 495 et Troyes, BM 1068) :

« Tenant le livre des Évangiles dans ses mains, il [le célébrant] exhorte celui ou ceux qui viennent pour recevoir le consolament à placer toute leur foi dans ce consolament et l’espérance du salut de leurs âmes en Dieu et dans ce consolament. Et ainsi après qu’on eut posé le livre sur leur tête, ils disent sept fois la prière du Seigneur, et ensuite le célébrant lit devant tous l'évangile de Saint-Jean depuis : « Au commencement », jusqu’au passage qui dit : « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ». Et ainsi se termine ce consolament. »





(6) Château de Quéribus  (en occitan : castèl de Querbús) est un château dit « cathare » situé sur la commune de Cucugnan dans le département de l'Aude. Cette forteresse, perchée sur un piton rocheux à 728 mètres d'altitude, domine le village de Cucugnan et se situe à la frontière du département de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Le château de Quéribus, dont l'existence remonte sans doute au Xe siècle, était un des points de défense du pays cathare. Après sa prise, il est intégré au dispositif de défense de la frontière de la France avec l'Aragon. L'annexion duRoussillon par la France (traité des Pyrénées, 1659), qui recule la frontière jusqu'aux Pyrénées, diminue fortement son importance stratégique. Le château se dégrade jusqu'en 1951, date à partir de laquelle il est progressivement restauré.

Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 octobre 1907.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 15 Sep - 14:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Dim 11 Sep - 20:44

Bernard Délicieux, franciscain et adversaire des inquisiteurs





Bernard Délicieux, né vers 1260 à Montpellier et décédé après 1319 en prison à Carcassonne, fut un franciscain(1) de France méridionale qui combattit l'Inquisition(2) et défendit aussi bien les « bons hommes » hérétiques et leurs amis (dits à tort cathares) que les dissidents franciscains dit « Spirituels » et les « béguins(3) ».



Biographie


De 1299 à 1304, il fut le principal meneur d'un mouvement de contestation dirigé contre les inquisiteurs de l'hérésie en Languedoc et contre leur allié, l'évêque d'Albi Bernard de Castanet. Il réunit autour de lui des représentants des villes d'Albi, Cordes, Carcassonne,Castres ou encore Limoux et les mobilisa pour aller dénoncer avec lui les abus de l'Inquisition devant le roi de France Philippe le Bel(4) .


En 1302-1303, il parut obtenir gain de cause auprès du roi (devant lequel il put s'exprimer lors d'un conseil royal à Senlis en octobre1301). Il réussit en particulier le tour de force de faire passer les prisonniers de l'Inquisition de Carcassonne du "mur" inquisitorial aux geôles royales, au grand dam des inquisiteurs (qui, à la suite de cette affaire, excommunièrent le commissaire-représentant spécial du roi à Carcassonne).


Mais rapidement, avec la pacification du conflit entre Philippe le Bel et la papauté après la mort de Boniface VIII(5) (octobre 1303), Bernard Délicieux perdit le soutien royal. Il semble qu'il ait alors incité les consuls de Carcassonne à tenter un complot contre le pouvoir royal en Languedoc au profit de l'héritier du roi de Majorque. En 1305, les consuls de Carcassonne, démasqués, furent pendus pour trahison, mais Bernard Délicieux ne fut pas inquiété. La bienveillance du pape Clément V(6) (1305-1314) lui offrit quelques années de tranquillité. Mais l'avènement du pape Jean XXII(7) en 1316 sonna la revanche des inquisiteurs en Languedoc. En 1317, Bernard Délicieux fut arrêté sur ordre du pape alors qu'il était venu à Avignon plaider devant lui la cause des "spirituels" de son ordre. Au terme d'un procès mené par Bernard Gui(08)
au cours duquel il fut torturé, en décembre 1319, Bernard Délicieux fut condamné à la prison à perpétuité. Il mourut peu après au cachot. À la fin du XIXe siècle, la figure de Bernard Délicieux devint un enjeu symbolique important au plus fort du conflit entre militants de la laïcité et défenseurs du parti clérical. Un livre de l'académicien Barthélemy Hauréau, Bernard Délicieux et l'Inquisition languedocienne, paru en 1877, suscita dans ce contexte une grande polémique.


Une rue porte son nom à Montpellier ainsi qu'à Toulouse et à Béziers.




(1) Franciscain : L'Ordre des frères mineurs (OFM) (en latin : ordo fratrum minorum), dont les membres sont couramment appelés Franciscains, est un ordre religieux catholique né en Italie sous l'impulsion de saint François d'Assise en 1210. À l'imitation du Christ, les membres tentent de vivre une vie de grande pauvreté et simplicité évangélique. Insistant sur l'aspect de fraternité dans leur vie les franciscains ont choisi de s'appeler « frères », bien que, aujourd'hui, la majorité d'entre eux sont en fait prêtres.

Quatre penseurs ont marqué l'histoire des franciscains : saint Bonaventure de Bagnorea, Roger Bacon, Duns Scot et Guillaume d'Ockham.

En juin 2015, le pape François approuve la béatification de 26 membres de l'Ordre tués par lesRépublicains espagnols lors de la Guerre civile espagnole.




(2) L’inquisition (du mot latin inquisitio signifiant enquête, recherche) était une juridiction spécialisée (autrement dit un tribunal), créée par l'Église catholique romaine et relevant du droit canonique, dont le but était de combattre l'hérésie, en faisant appliquer aux personnes qui ne respectaient pas le dogme des peines variant de simples peines spirituelles (prières, pénitences) à des amendes lorsque l'hérésie n'était pas établie , et de la confiscation de tous les biens à la peine de mort pour les apostats (re)devenus hérétiques. Elle se substituait à l'ordalie en introduisant la notion de tribunal, de défenseur et de minutes du procès.


L'Inquisition a été créée au DEBUT DU XIIIe siècle en France pour empêcher la diffusion du sectarisme, principalement celui des Cathares et des Vaudois. Cette Inquisition médiévale a duré jusqu'au XIVe siècle et a notamment persécuté les Templiers et les Béguines. À la fin du Moyen Âge, le concept et la portée de l'Inquisition furent significativement étendus, en Espagne et au Portugal ainsi qu'aux colonies de leur empire, en particulier pour contrer la réforme protestante et pour traquer les juifs et les musulmans faussement convertis au catholicisme. À la fin du XVe siècle, en particulier, l'Inquisition espagnole condamna beaucoup d'hérétiques au bûcher, organisant des autodafés de grande ampleur qui ont instauré une terreur durable ; toutefois, ensuite, la proportion des peines les plus lourdes diminua rapidement au cours du XVIe siècle. Alors qu'elle était sur le déclin, ses opposants, en particulier les protestants des pays colonisateurs concurrents de l'empire espagnol, ont commencé une campagne de contre-propagande qui a popularisé une exagération de sa violence réelle (la légende noire de l'Inquisition). L'institution a perduré au XVIIIe siècle, avant d'être abolie hors des États papaux au début du XIXe, après les guerres napoléoniennes. Elle a été réformée en 1908 par le pape Pie X, sous un nouveau nom et avec de nouveaux objectifs, en tant qu'une des congrégations de la Curie romaine ; elle est devenue en 1965 la Congrégation pour la doctrine de la foi.


Dans l'Histoire, il y a eu plusieurs juridictions spécialisées de ce type. Il est possible de distinguer trois différentes inquisitions, qui font l'objet d'articles séparés :

1. l'Inquisition médiévale, introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Grégoire IX en 1231 ;
2. l'Inquisition espagnole, inféodée à la couronne d'Espagne, fondée en 1478 et supprimée en 1834, et l'Inquisition portugaise, inféodée à celle du Portugal, lesquelles opéraient aussi dans les colonies de ces pays ;
3. l'Inquisition romaine (Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle), fondée en 1542, remplacée par la Sacrée Congrégation du Saint-Office en 1908.




(3) Les Béguins : Un Béguard, bégard, béghard, Bogard ou béguin est un homme qui appartient à une communauté monastique sans prononcer de vœux perpétuels. Les béguards sont les pendants masculins des béguines.

Apparu à la fin du XIIe siècle et se développant fortement dans les villes au cours du XIIIe siècle, le mouvement béguinal « couvre un ensemble d'expériences et de formes de vie religieuses d'une très grande diversité, dont l'élément unificateur est le caractère laïc » de ce qui est à envisager comme un véritable courant spirituel du christianisme européen. Il se développe au départ de Liège, où Lambert le Bègue le soutient autour de la collégiale Saint-Christophe.


Au cours du concile de Vienne (1312), les autorités ecclésiastiques condamnent le « bégardisme », dans lequel elles voient une remise en question de la distinction entre laïcs et clercs, ainsi que les thèses que le mouvement développe. Bégards et béguines « hétérodoxes », considérés comme hérétiques et suspectés d'appartenir au courant de pensée dit des « Libres-Esprits » sont alors durement frappés par l'Inquisition.



(4) Philippe le Bel : Philippe IV, dit Philippe le Bel1 ou le Roi de fer (né à Fontainebleau en avril/juin 1268 – mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314), fils de Philippe III le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie desCapétiens directs.

Devenu roi à l'âge de dix-sept ans, à la mort de son père en octobre 1285, Philippe le Bel est considéré comme un roi important par les historiens.

Sous son règne, le royaume de France atteignit l'apogée de sa puissance médiévale. Avec entre seize et vingt millions d'habitants2, c'était l'État le plus peuplé de la Chrétienté, il connaît une grande prospérité économique, le pouvoir royal accomplit de nombreux progrès, si bien qu'on voit dans Philippe IV, entouré de ses « légistes », le premier souverain « moderne » d'un État puissant et centralisé.

[…]




(5) Boniface VIII (ca. 1235 - 1303), originaire d'Anagni dans le Latium en Italie, de son vrai nomBenedetto Caetani, est un pape de l’Église catholique romaine. Ses armes portaient des ondes, et son prénom original était Benedetto, qui signifie « béni » en italien. Le pape Boniface VIII lors de la querelle qui l'oppose à Philippe IV le Bel mourut de honte après avoir été frappé au visage par Sciarra Colonna, avec un gantelet de fer, accompagnant Guillaume de Nogaret, envoyé direct du Roi. Cet événement, qui relève plus que probablement de la légende, est connu sous le nom de l'attentat d'Anagni


D'abord avocat et notaire du pape à Rome, il obtint le chapeau de cardinal en 1281 par Martin IVet fut élu pape le 24 décembre 1294 après que Célestin V eut renoncé à ses fonctions. Bien que son élection fût régulière, on l'accusa d'avoir poussé son prédécesseur, qu'il fit emprisonner pour éviter le risque de schisme, à se retirer.




(6) Clèment V : Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de Villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en 1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » : Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.
On retient de lui l'image d'un pape de bonne foi qui manquait toutefois d'audace et d'esprit de décision, autant par tempérament qu'en raison d'une santé déliquescente.




(7) Jean XXII : Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d'une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII.

Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ans d'exercice.






(08) Bernard Gui (de son vrai nom Bernard Guidoni, nom latin Bernardus Guidonis), né en 1261 dans l'ancienne paroisse de Royère aujourd'hui hameau de la commune de La Roche-L'Abeille dans leLimousin, et mort en 1331 à Lauroux dans l'actuel département de l'Hérault, est un dominicainfrançais, évêque de Lodève et de Tui (Galice) (Espagne). Il a été surtout rendu célèbre par son rôle d'inquisiteur de l'hérésie en Languedoc.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 14:13

Bernard de Castanet, évêque d’Albi et inquisiteur



Bernard de Castanet est un évêque et un cardinal français né vers 1240, probablement dans la région de Montpellier, et mort le 14 août 1317 à Avignon.



1.Biographie


a) Formation



Bernard de Castanet est formé aux écoles de Montpellier où il reçut la licence de juriste. Il est ensuite nommé archidiacre de Fenouillet en l'église de Narbonne et détient aussi des bénéfices dans les églises d'Orléans et de Majorque.



b) Au service de la Papauté



Le pape français Clément IV(1) le fait chapelain pontifical et auditeur des Causes du Sacré-Palais ou rote romaine(2) ). Après la victoire de Charles d'Anjou(3) à Bénévent contre Manfred(4) (l'héritier de l'empereur Frédéric II(5) ) en février 1266, Bernard de Castanet est envoyé en mission à Crémone et à Plaisance pour organiser le ralliement à la cause guelfe(6)
de ces deux cités jusque-là attachées au parti gibelin(7) . En compagnie d'un autre chapelain pontifical, l'abbé de Trévi Bartolomeo, il remporte des succès inespérés, jusqu'à imposer aux cités de Lombardie une paix générale sous l'égide de la papauté ("Paix de Romano", conclue le 9 mai 1267).


Peu après, Bernard de Castanet est nommé administrateur de l'archevêché de Trèves (dont l'archevêque Heinrich von Vistingen était en rébellion contre la papauté). À ce titre, il lutte aussi contre la ville de Cologne, désobéissante à son archevêque, contre laquelle il prononçe des sentences d'excommunication et d'interdit.


Après avoir participé au deuxième concile de Lyon(08) en 1274, au cours duquel il se fait l'instrument de négociations entre le roi d'Aragon Jacques Ier (9)
et Grégoire X(10) . Bernard de Castanet est envoyé par Innocent V(11) en ambassade auprès du roi des Romains Rodolphe de Habsbourg (12) (1275), puis nommé évêque d'Albi en 1276.



c) Evêque d’Albi


1) Situation du diocèse à son arrivée


Durant la croisade des Albigeois qui ravage le Languedoc, l'évêque d'Albi, Guillaume V de Pierre de Brens accueille les croisés et évite à sa ville les combats. La paix revenue, le pouvoir en ville est détenu conjointement par l'évêque et le vicomte d'Albigeois, en l'occurrence le roi de France Louis IX. L'éloignement du souverain permet aux évêques de prendre une importance politique croissante. Le travail de Sicard Alaman(13) , gestionnaire des biens du comte de Toulouse, produit un redressement économique important : création des premières bastides en 1222 et développement du commerce, en particulier du vin de Gaillac vers Bordeaux.

L'évêque Durand de Beaucaire décide de construire le palais de la Berbie(14) , nouvelle une résidence épiscopale et siège du tribunal de l'inquisition. Il restaure également l'ancienne cathédrale romane en pierre. Son successeur, Bernard de Combret, continue son œuvre, mais le pouvoir grandissant des évêques conduit les habitants d'Albi à s'allier au roi contre leur évêque. Combret entreprend la fortification du palais de la Berbie autour d'une cour close.



2) Le bâtisseur


Le lendemain de son arrivée à Albi, le nouvel évêque décide la construction d'une nouvelle cathédrale de brique : la cathédrale Sainte-Cécile. (15)


Il favorise l'édification du couvent des dominicains. Il mena deux séries de procès d'Inquisition contre les hérétiques de son diocèse, en 1286-1287 puis en 1299-1300. Son intransigeance, aussi bien dans le gouvernement temporel qu'au spirituel, fit de lui un archétype de l'évêque théocrate du XIIIe siècle. Le gouvernement de Castanet rencontra une forte opposition de la part des bourgeois d'Albi. Ces derniers, en compagnie de notables de Castres, de Cordes, de Carcassonne et de Limoux, se lancèrent à partir de 1300 dans un mouvement anti-inquisitorial emmené par le frère Mineur Bernard Délicieux. En 1302, ces contestaires obtinrent du roi de France Philippe le Bel l'infliction d'une forte amende à Bernard de Castanet, suivie de la mise sous séquestre royal du temporel épiscopal. Castanet dut alors quitter Albi, qui se trouvait en état d'insurrection contre son pouvoir (et contre les dominicains du lieu - le prieur local était alors le célèbre Bernard Gui(16) ). Dès 1304, cependant, le roi de France retira son appui au mouvement anti-inquisitorial et l'agitation retomba.


Les opposants albigeois à Castanet ne désarmèrent pas pour autant. En 1307, deux chanoines de la cathédrale d'Albi obtinrent du pape Clément V le déclenchement d'une enquête judiciaire contre l'évêque, qu'ils accusaient de multiples homicides (notamment par empoisonnement), de négligence pastorale, de simonie(17) , de dilapidation, d'irrégularités et de cruautés systématiques dans l'exercice de la justice, enfin d'incontinence(18)
. Après l'audition à Albi de 114 témoins (presque tous à charge), le pape n'émit pas de sentence. Mais il pénalisa l'évêque implicitement en le transférant au siège du Puy-en-Velay, moins prestigieux, à l'été 1308.



d) Evêque du Puy-en-Velay



Après l'avènement du pape Jean XXII, ancien ami de Castanet, en 1316, l'évêque rentra en faveur à la Curie. Il fut nommé cardinal-évêque de Porto lors du consistoire(19)
du 17 décembre 1316.

Il fut enterré dans la cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon, dans une chapelle qui accueillit plus tard le tombeau de Jean XXII.







(1) Clément IV (Gui Foucois ou Foulques ou Foucault), né un 23 novembre à la fin du XIIe siècle àSaint-Gilles, près de Nîmes et mort le 29 novembre 1268 à Viterbe en Italie) fut le 183e pape de l'Église catholique. Son pontificat s’étendit du 5 février 1265 au 29 novembre 1268.

Gui Foulques, lettré, avocat, grand juriste, fut marié et eut des enfants (et une descendance attestée jusqu'à nos jours) avant d'entrer, veuf, dans les ordres, et d'entamer une carrière au service de l'Église. Il fut évêque du Puy, honoré d’une prébende de chanoine au Chapitre noble de Brioude (1259), puis archevêque de Narbonne. Conseiller de saint Louis, il est élu pape sous le nom de Clément IV. Durant ses trois ans et demi de pontificat, il mena une politique ambitieuse et fut l'ami de saint Thomas d'Aquin.








(2)La rote romaine : est l'un des trois tribunaux de l'Église catholique romaine. Ses bureaux sont situés au palais de la Chancellerie apostolique, au Vatican.


Son nom vient de la salle circulaire où se réunissaient les « auditeurs des causes du Sacré Palais apostolique » (auditores causarum curiae domini papae) assistant le pape, pour juger les causes portées devant lui ou, de façon plus vraisemblable, du fait du jugement par tour de trois auditeurs. Issue de la Chancellerie apostolique, ce conseil qui instruit les causes, Innocent III en fait un tribunal en lui donnant le pouvoir de prononcer la sentence. Jean XXII lui donne son premier règlement par la constitution apostolique Ratio Juris(1331), puis Benoît XIV définit sa compétence par la constitution apostolique Iustitiæ et pacis (1747). Grégoire XVI la réforme en 1834. Après 1870, l'institution accuse un sérieux déclin, c'est la constitution Sapienti Consilio de Pie X qui la relance en 1908. Suivront ensuite les règlements Lex propria S. R. Rotæ et Signaturæ Apostolicæ (1908, règlement commun au Tribunal suprême de la Signature apostolique) et Regulæ servandæ apud S. R. Rotæ Tribunal (1910). Le règlement en vigueur à l'heure actuelle (2007) a été institué par le pape Jean-Paul II en 1994.

La Rote romaine est essentiellement un tribunal d'appel. Elle juge :

• en deuxième instance, les causes ayant été déjà jugées par les tribunaux ordinaires (évêques) pour lesquelles appel a été interjeté, en particulier les demandes de reconnaissance de nullité de mariage. C'est également la juridiction d'appel du Tribunal ecclésiastique de la Cité du Vatican.
• en troisième et dernière instance, les causes déjà jugées par les autres tribunaux d'appel (ou quatrième instance après le Tribunal de la Rote de la Nonciature Apostolique en Espagne par exemple).

Les juges de la Rote romaine sont nommés par le pape. Ils sont actuellement au nombre de vingt-et-un. Le plus âgé d'entre eux, le doyen, en a la direction. Il n'est pas nécessairement cardinal. Elle juge par tours de trois auditeurs.


La Rote romaine comporte également un studio, servant à la formation des futurs avocats et juges rotaux, des promoteurs de justice et des défenseurs du lien. Le cycle de formation dure trois ans.






(3) Charles d’Anjou (21 mars 1227 – 7 janvier 1285), roi de Naples et de Sicile (1266-1285), est le dernier fils du roi de France Louis VIII et de Blanche de Castille. Comte d’Anjou et du Maine, il devient comte de Provence par son mariage avec Béatrice de Provence en 1246. Il accompagne Louis IX pendant la septième croisade en 1248.


Allié à la papauté, il s'empare de Naples et de la Sicile, en battant Manfred et Conradin àBénévent (1266) et à Tagliacozzo (1268). Il étend son pouvoir dans les Balkans et devient en 1277 le prétendant au trône de Jérusalem. La colère suscitée par la présence française déclenche les Vêpres siciliennes en 1282. Charles est chassé de la Sicile par une coalition des Siciliens avec Pierre III d'Aragon, et sa flotte est défaite dans la baie de Naples en 1284. Premier roi de Naples de la dynastie angevine, il est le créateur d'un éphémère empire méditerranéen.






(4) Manfred Ier de Sicile (né vers 1232 à Venosa, dans l'actuelle région de Basilicate - mort en 1266 à Bénévent), roi de Sicile en 1258, souvent désigné sous le nom de Manfred de Hohenstaufen, était le fils illégitime de l'empereur Frédéric II et de Bianca Lancia, ou Lanzia, qui semble avoir été mariée à l'empereur juste avant sa mort.





(5) Frédéric II : Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le papeGrégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.


Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix».






(6) Les Guelfes : et les gibelins sont deux factions (parti ou, plus souvent, brigate ou sette) médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des Duecento et Trecento. À l'origine, elles soutenaient respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint-Empire : la pars Guelfa appuyait les prétentions de la dynastie des « Welfs » et de la papauté, puis de la maison d'Anjou, la pars Gebellina, celles des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint-Empire.

Conflit en apparence limité au Saint-Empire, l'opposition entre Guelfes et Gibelins va se transporter dans diverses parties d'Europe, principalement dans les villes de la péninsule italienne. Dans cette bipolarisation, parfois surestimée, les allégeances dynastiques sont parfois secondaires, les adhésions fluctuantes, et il faut attendre le règne de Frédéric II pour que papauté et empire deviennent des symboles forts de ralliement et que se construise une véritable division antithétique. Ce clivage trouve des manifestations dans le domaine civique et religieux et cristallise les tensions entre les villes italiennes, au sein de leurs élites et parfois entre la ville et soncontado. L'écho du conflit se manifeste à des époques ultérieures, en revêtant de nouveaux caractères et en stigmatisant des oppositions idéologiques nouvelles.






(7)Les Gibelins : et les guelfes sont deux factions (parti ou, plus souvent, brigate ou sette) médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des Duecento et Trecento. À l'origine, elles soutenaient respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint-Empire : la pars Guelfa appuyait les prétentions de la dynastie des « Welfs » et de la papauté, puis de la maison d'Anjou, la pars Gebellina, celles des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint-Empire.

Conflit en apparence limité au Saint-Empire, l'opposition entre Guelfes et Gibelins va se transporter dans diverses parties d'Europe, principalement dans les villes de la péninsule italienne. Dans cette bipolarisation, parfois surestimée, les allégeances dynastiques sont parfois secondaires, les adhésions fluctuantes, et il faut attendre le règne de Frédéric II pour que papauté et empire deviennent des symboles forts de ralliement et que se construise une véritable division antithétique. Ce clivage trouve des manifestations dans le domaine civique et religieux et cristallise les tensions entre les villes italiennes, au sein de leurs élites et parfois entre la ville et soncontado. L'écho du conflit se manifeste à des époques ultérieures, en revêtant de nouveaux caractères et en stigmatisant des oppositions idéologiques nouvelles.





(08) Deuxième concile de Lyon : est un concile catholique convoqué le 31 mars 1272, qui s'est tenu à Lyon en 1274. Il a été présidé par le pape Grégoire X, réunissant environ cinq cents évêques, soixante abbés et plus de mille prélats. La première session s'est ouverte 7 mai1274, avec cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet, 16 juillet et 17 juillet. Jacques Ier d'Aragon, l'ambassadeur de l'empereur Michel Paléologue et des membres du clergé grec et les ambassadeurs du Khan du Tatar étaient présents.
Les principaux sujets étaient :
• la conquête de la terre sainte,
• l'union des églises d'Orient et d'Occident,
• l'élection pontificale.
Thomas d'Aquin avait été convoqué au concile, mais mourut en route à Fossanova. Bonaventure de Bagnorea était présent aux quatre premières sessions, mais mourut à Lyon le 15 juillet.






(9) Jacques Ier d'Aragon dit le Conquérant (en catalan Jaume el Conqueridor ; en castillan Jaime el Conquistador ; en aragonais Chaime o Conqueridor), né le 2 février 1208 à Montpellier1 et mort le27 juillet 1276 à Alzira, non loin de Valence. Il est roi d'Aragon et comte de Ribagorce de 1213 à 1276, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona, de Besalú, de Pallars Jussà, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas également de 1213 à 1276, comte d'Urgell de 1213 à 1218, de 1231 à 1236 et enfin de 1267 à 1276, roi de Majorque de 1229 à 1276, roi de Valence de 1239 à 1276, comte de Roussillon et de Cerdagne de 1241 à 1276.


Fils de Pierre II le Catholique, roi d'Aragon et Marie, dame de Montpellier, il descend de deux prestigieux lignages : par son père, il est l'héritier des rois d'Aragon, et par sa mère il est apparenté à la famille impériale byzantine des Comnènes. Il eut une enfance très difficile. Son père, qui s'était marié pour mettre fin aux intrigues des nobles catalans qui réclamaient un héritier, finit par répudier la reine après être parvenu à asseoir son pouvoir sur la seigneurie de Montpellier.


Il est âgé de deux ans lorsque son père conclut un mariage entre lui et Amicie, la fille de Simon de Montfort, l'infant Jacques est livré à ce dernier. Il restera reclus au château de Carcassonne.








(10) Grégoire X Tedaldo ou Tebaldo Visconti (1210, Plaisance – 10 janvier 1276, Arezzo), élu 184e pape le1er septembre 1271 sous le nom de Grégoire X.


Sa vie est peu connue. C'était un homme extrêmement sévère et d'une grande dignité, ami desaint Thomas d'Aquin et confident des rois de France et d'Angleterre. Il fut archidiacre de Liègeet quitta ce poste pour se retirer en Terre sainte, reprochant à l'évêque de cette ville de transformer le palais épiscopal en lieu de débauche. Il accompagna le cardinal Ottobono Fieschi en voyage en Angleterre, puis Édouard d'Angleterre en pèlerinage en Palestine à la tête d'une armée de croisés.







(11) Innoncent V Pierre de Tarentaise (v. 1225 – 22 juin 1276, Rome), élu pape le 21 janvier 1276 sous le nom d'Innocent V. « Concionator Gallus » dans la prophétie de saint Malachie.







(12) Rodolfe de Habsbourg : Rodolphe Ier du Saint-Empire ou Rodolphe IV de Habsbourg (1er mai 1218 – 15 juillet 1291) est roi des Romains de 1273 à sa mort. Il succède à Richard de Cornouailles et met fin à la période du Grand Interrègne et la dynastie des Hohenstaufen. Premier membre de la maison de Habsbourg à monter sur le trône impérial, il est considéré comme le fondateur de la puissance de la dynastie. Durant son règne, il étend en effet les possessions des Habsbourg à l'Autriche et à ses dépendances.


Rodolphe est né le 1er mai 1218, vraisemblablement au château de Limbourg (pays de Bade). Il est le fils aîné et l'unique héritier de Albert IV le Sage († 1239), comte de Habsbourg, et d'Edwige de Kybourg († 1260). Contrairement à la branche cadette des Habsbourg-Laufenbourg, qui avait pris parti pour les guelfes, son père avait choisi de rester fidèle aux Hohenstaufen dans leur lutte contre le pape. L'empereur Frédéric II sera d'ailleurs le parrain de Rodolphe et récompensera la loyauté des Habsbourg par plusieurs dons de territoire. Ayant succédé en 1239 à son père, mort en croisade, il réussit à étendre peu à peu ses possessions en Alsace et dans le nord de la Suisse à la suite de divers conflits de succession dont il sort victorieux par les armes.






(13) Sicar Alaman , vers 1210 - 10 juin 1275) est un chevalier languedocien. Il est successivement gérant des domaines du Comte de Toulouse Raymond VII, Régent du Comté de Toulouse de septembre 1249 à la majorité de la Comtesse Jeanne et durant son départ à la huitième croisade.

Il hérite de son père la seigneurie de Labastide-de-Lévis avant de s'enrichir considérablement. Il est le fondateur de plusieurs bastides dont celle de Castelnau-de-Lévis.








(14) Palais de la Barbie : est un ancien palais épiscopal situé à Albi, dans le sud-ouest de la France.


Construit durant la seconde moitié du XIIIe siècle, sous l'épiscopat de trois évêques successifs, son chantier a nécessité une cinquantaine d'années. Voulu comme résidence de prestige par Durand de Beaucaire, il devient forteresse sous Bernard II de Combret et Bernard III de Castanet, face à l'hostilité de la population albigeoise, tant sur le plan économique que religieux, avec l'hérésie cathare. Par la suite, il a été plusieurs fois remanié par les évêques de la ville entre les XVIe et XVIIIIe siècles, gagnant en confort sans perdre tout à fait l'aspect d'austère forteresse.


Il a été classé monument historique en 1862 pour la construction et en 1965 pour des éléments intérieurs isolés : plafonds, cheminée, boiseries1... Depuis 2010, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO par son appartenance à l'ensemble architectural médiéval de la cité épiscopale d'Albi. Il voisine la cathédrale Sainte-Cécile pour laquelle il a éprouvé certaines techniques architecturales. Il partage avec elle et bon nombre de bâtiments de la vieille ville labrique foraine rouge.


Lors de la loi de séparation des Églises et de l'État, le palais est saisi. Depuis 1924, il abrite lemusée Toulouse-Lautrec, dédié au peintre Henri de Toulouse-Lautrec natif d'Albi. Il héberge la plus importante collection d’œuvres de l'artiste.


De remarquables dallages de terre cuite datant des origines de la bâtisse ont été trouvés dans les années 2000 ; les recherches ne sont pas finies et d'autres trésors architecturaux sont probablement encore en sommeil. Au cœur de la cité épiscopale, l'accès gratuit à ses jardins en fait un lieu de promenade avec une vue imprenable sur la rive droite du Tarn et ses jardins suspendus ou sur le pont vieux médiéval, autres sites faisant partie de la zone classée par l'UNESCO.







(15) Cathédrale Sainte-Catherine d'Albi est le siège de l'archidiocèse d'Albi, dans le département duTarn en France. Elle est construite sur un piton rocheux qui domine le Tarn. Deux siècles auront été nécessaires pour son édification, de 1282 à 1480.


L'édifice surprend par le contraste entre son allure extérieure austère de forteresse militaire et la richesse picturale et sculpturale de son intérieur. Monument sans égal, elle affirme sa puissance à travers un style typique du Sud-Ouest de la France, le gothique méridional. Son style, unique, est renforcé par sa décoration intérieure.


La cathédrale Sainte-Cécile, classée avec la cité épiscopale d'Albi depuis le 31 juillet 2010 sur laliste du patrimoine mondial de l'Unesco, est aujourd'hui l'une des cathédrales les plus visitées de France1. Le siège archiépiscopal (d'Albi, Castres et Lavaur) est occupé par Mgr Jean Legrez. Le curé-archiprêtre de la cathedrale est le pere Paul de Cassagnac.


En plus de son statut d'église archiépiscopale, elle a été élevée au titre de basilique mineure, dignité donnée par le pape Pie XII le 9 mai 1947. Les célébrations ont été présidées par MgrRoncalli, nonce apostolique à Paris, futur pape Jean XXIII.








(16) Bernard Gui (de son vrai nom Bernard Guidoni, nom latin Bernardus Guidonis), né en 1261 dans l'ancienne paroisse de Royère aujourd'hui hameau de la commune de La Roche-L'Abeille dans le Limousin, et mort en 1331 à Lauroux dans l'actuel département de l'Hérault, est un dominicain français, évêque de Lodève et de Tui (Galice) (Espagne). Il a été surtout rendu célèbre par son rôle d'inquisiteur de l'hérésie en Languedoc.






(17) La simonie : est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d'unsacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.


Elle doit son nom à un personnage des Actes des Apôtres, Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierreson pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l’apôtre : « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! ».






(18) Incontinence : L’acrasie (ou encore akrasia, translittération du Grec ancien ἀκρασία) est le fait d'agir à l'encontre de son meilleur jugement. Ce concept philosophique est aussi souvent traduit en français par le terme « incontinence ».


On parle aussi souvent, pour qualifier l’acrasie, de « faiblesse de la volonté » : ainsi, l'acrasie se manifesterait quand nous nous engageons dans des résolutions que nous n'arrivons pas à tenir. Toutefois, cette traduction comme faiblesse n'est qu'en partie exacte, car elle constitue déjà une interprétation de ce qu'est l'acrasie, sous l'angle de la volonté. En effet, selon certains philosophes (par exemple, Spinoza), si nos actes suivent spontanément "ce que nous avons jugé bon de faire" alors la volonté, comprise comme faculté distincte de la raison, n'a pas lieu d'exister ; pour d'autres, l'acrasie serait, au contraire, ce qui prouve l'existence d'une volonté distincte de la raison, et pouvant soit exécuter celle-ci soit s'opposer à elle selon sa force d'auto-détermination. La question, dans ce dernier cas, est de savoir d'où la volonté tire cette force, et s'il y a un sens à dire que la volonté s'auto-détermine indépendamment d'une délibération.






(19) Un consistoire : est une assemblée de cardinaux convoquée librement par le pape pour le conseiller, débattre de sujets concernant divers aspects de la vie de l'Église ou de l'organisation de la curie. Progressivement, les consistoires ont perdu leur dimension consultative pour se ritualiser et devenir l'occasion de l'annonce de décisions importantes ou de la création de nouveaux cardinaux.


Actuellement, la partie publique des consistoires est à nouveau précédée ou suivie d'échanges qui, bien qu'assez formels (discours, interventions lues), tendent à redonner au consistoire sa fonction consultative primitive.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 14:26

Diego d’Osma, évêque castillan



Diego de Acebo fut évêque de la ville d'Osma en Castille (Espagne) de 1201 à 1207.

Dans ses voyages, il est accompagné par Dominique de Guzmán(1) , futur saint Dominique. Il est présent au colloque de Pamiers(2) , dernier grand débat contradictoire confrontant cathares et catholiques, en 1207.

De retour dans son diocèse à la demande du pape, il y décède le 30 décembre 1207.

Selon la narration de Jourdain de Saxe(3) , qui succéda à saint Dominique comme maître général de l’Ordre des Prêcheurs(4) (dominicains) et qui rédigea en 1234 une histoire des débuts de cet ordre, Diego de Acebo joua un rôle majeur dans la vie du saint.








(1) Dominique de Guzman (Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, un prêtre, fondateur de l'ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l'Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel », il est fêté le 8 août depuis le Concile Vatican II.








(2) Colloque de Pamiers fut le dernier grand débat contradictoire entre les Cathares et l'Église catholique. Il a eu lieu en 1207 au château de Pamiers, aujourd'hui rasé.


L'hérésie albigeoise est fortement implanté dans la contrée, notamment dans les montagnes pyrénéennes. De plus le comte Raymond-Roger de Foix voit dans le catharisme une arme contre le pouvoir des évêques et des abbés. Il reste catholique mais protège les cathares dans ses provinces (voir l'article : Comté de Foix).


Esclarmonde de Foix, sœur de Raymond-Roger, fut la grande protectrice des Cathares et vient s'établir au château de Pamiers avec la femme du comte. Elle en fait à la fois la forteresse, l'asile, et l'école des doctrines albigeoises (comme le raconte la Chanson de la Croisade). Elle y appelle d'autres châtelaines voisines, dont Faïs (ou Fays), comtesse de Durfort et la tante de Raymond-Roger qui arrivent en avril 1207. L'Abbé de l'abbaye de Saint-Antonin veut lui interdire l'entrée de la ville. Après un épisode violent, Raymond-Roger n'hésite pas dès le lendemain à faire laver l'affront en enfermant l'abbé et les religieux dans l'église pendant trois jours, au terme desquels il les expulse de leur monastère et défend à tout habitant de les recevoir.


Au même moment, Diego d'Osma se dirige en Espagne afin de retrouver son évêché. En s'arrétant à Pamiers les évêques de la région, accompagnés de nombreux abbés, souhaitent lui adresser leur vœux pour son retour. Visiblement, Diego se rend compte de la situation, et la dispute entre les deux partis s'engage d'elle-même.


À partir d'août 1207 se tient la conférence, prolongement du colloque de Montréal qui eut lieu en 1206 (ce colloque, qui dura deux semaines, est souvent confondu avec le colloque de Pamiers, certains participants étant présents aux deux confrontations).


Personnages présents :
• Raymond-Roger de Foix
• Arnaud de Crampagna (Arnauld de Campranham), Vaudois, très hostile aux Catholiques mais visiblement connu pour son impartialité, avait été choisi comme arbitre.

Catholiques :
• Diego, évêque d'Osma, personnage principal du colloque
• Dominique de Guzmán (futur Saint-Dominique). Présence probable1.
• Folquet de Marselha, alors évêque de Toulouse
• Navarrus d'Acqs, évêque du Couserans
• Adhémar du Châtel, évêque du Comminges
• Raoul, légat du Saint-Siège
• Étienne de Munia, Cistercien



Cathars et Vaudois :
• Esclarmonde de Foix
• Durand de Huesca
• Gaucelin (ou Gaucelm), évêque cathare de Toulouse
• Guilhabert de Castres : alors filius major de l'évêque cathare de Toulouse, il occupera cette même fonction en 1226.
• Benoît de Termes (ca1170-1233) : alors diacre cathare, il deviendra évêque cathare du Razès en 1226.








(3) Jourdain de Saxe : Jordain, ou Jourdain de Saxe (aussi appelé Jourdan de Saxe, Gordanus, Giordanus ouJordanus de Alamania), né vers 1190 et mort en 1237, était un religieux allemand, membre de l'ordre des Prêcheurs et maître général de ce même ordre de 1222 à sa mort. Il a été béatifié en 1825.









(4) L’ordre des Prêcheurs L’ordre des Prêcheurs ou des Frères Prêcheurs (O.P. — en latin : Ordo Fratrum Prædicatorum), plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l'ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. Proche de la population, il se différencie d'autres ordres qui ont pour vœux de s'isoler, comme l'ordre cistercien.


Suivant la règle de saint Augustin, ainsi que ses propres Constitutions, en partie inspirées de celles des prémontrés (O.Præm), il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. LePape Jean-Paul II rappelait que depuis son origine, l'une des missions principales confiées à l'Ordre a été la proclamation de la vérité du Christ en réponse à l'hérésie (d'abord albigeoise, puis toutes les nouvelles formes d'hérésie manichéenne récurrente que le christianisme a dû affronter dès ses débuts, souvent centrées sur la négation de l'Incarnation). Sa devise est Veritas (la vérité). D'autres devises lui ont aussi été assignées, par exemple: « annoncer ce que nous avons contemplé » (contemplata aliis tradere), reprise de saint Thomas d'Aquin, ou encore « louer, bénir, prêcher » qui est une formule liturgique.


Les dominicains sont des religieux mais pas des moines : ils ont la particularité de ne prononcer qu'un seul vœu, celui d'obéissance, dans les mains du maître de l'ordre (ou de son représentant), les vœux de pauvreté et de chasteté étant implicitement inclus. Ils ne font, par contre, pas vœu de stabilité comme les moines. Ils vivent dans des couvents et non dans des monastères. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 16:58

Dominique de Guzman, fondateur de l’ordre prêcheur



Dominique de Guzmán (Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, un prêtre, fondateur de l'ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l'Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel », il est fêté le 8 août depuis le Concile Vatican II. (1)




1. biographie


Dominique est né à Caleruega, dans l'actuelle province de Burgos, dans la Vieille-Castille à 80 kilomètres de Burgos.

Dans la source la plus ancienne relative à la vie de Saint Dominique, le Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum (Petit livre sur les débuts de l’Ordre des Prêcheurs, récit hagiographique du dominicain Jourdain de Saxe), le nom de ses parents n’est pas indiqué. L’absence de cette mention peut s’expliquer par le fait que Jourdain de Saxe ne prétend pas donner une biographie du saint mais plutôt, comme le titre de l’œuvre l’indique, exposer l’histoire des débuts de l’ordre dominicain.

Le second biographe de Saint Dominique, Pierre Ferrand (parfois identifié à Petrus Hispanus ), auteur d’une Legenda Sancti Dominici se borne à indiquer que son père se nommait Felix et sa mère Jeanne (Juana). Ce n’est qu’au début du XVe siècle qu’apparaît l’indication selon laquelle Dominique aurait appartenu à la prestigieuse famille des Guzman, ducs de Medina Sidonia(2) . Cette information est contenue dans un récit de Pero Tafur, Andanças e Viajes (Voyages et Aventures, 1435-1439), qui est lui-même dédié à Don Fernando de Guzman, commandeur de l’Ordre de Calatrava(3) . L’auteur, passant à Bologne, indique que le saint y est enterré et qu’il était de la famille des Guzmân par son père, Félix de Guzmân. Le rattachement de Saint Dominique à cette lignée nobiliaire n’est pas autrement prouvé. La tradition dominicaine grandit également sa naissance par sa mère, Jeanne d'Aza qui serait de haute noblesse.


L'hagiographie du dominicain Thierry d'Apolda précise que le couple Guzmân a trois fils connus qui deviennent tous prêtres.


Selon une légende analogue à celles de plusieurs naissances de saints (saint saint Isidore(4) , Jean Chrysostome(5) ), après avoir été en pèlerinage à l'abbaye Saint-Dominique de Silos(6) , la mère de Dominique (Dominicus en latin, ce qui signifie celui qui appartient au Seigneur) aurait vu en songe, pendant sa grossesse, un chien tenant une torche allumée dans la gueule pour éclairer le monde. Ce songe résume la vie du futur saint dont le prénom a été choisi en référence à l'abbé Dominique de Silos(7) vénéré par sa mère, avec de plus un jeu de mot en latin sur les futurs dominicains, dominicanes (les chiens du Seigneur). Jourdain précise : « Une vision le montra à sa mère portant la lune sur le front ; ce qui signifiait évidemment qu'il serait un jour donné comme lumière des nations, pour illuminer ceux qui sont assis dans les ténèbres à l'ombre de la mort ». Jourdain de Saxe ajoute que : « Les parents de l'enfant, et particulièrement un certain archiprêtre, son oncle, s'occupèrent avec soin de son éducation et le firent dès le début instruire à la manière ecclésiastique ».


Après des études de lettres (notamment le latin pour en faire un lecteur(08) ) chez un oncle maternel ecclésiastique, Dominique est envoyé à quatorze ans à l'université de Palencia pour étudier la théologie(9) et la philosophie(10) . Repéré par le prieur du chapitre(11) des chanoines réguliers d'Osma, il entre à l'âge d'environ 25 ans, en 1196, comme chanoine (12) dans cette communauté en plein réforme à l'époque de la part du prieur qui veut y imposer la Règle de saint Augustin(13) . Selon l'hagiographie dominicaine, il se distingue de bonne heure par la ferveur de son zèle et par son talent pour la prédication(14) :


« Aussitôt celui-ci se mit à briller parmi les chanoines comme l'étoile du berger, le dernier par l'humilité du cœur, le premier par la sainteté. Il devint pour les autres le parfum qui conduit à la vie, semblable à l'encens qui embaume dans les jours d'été. Chacun s'étonne de ce sommet si rapidement et si secrètement atteint dans la vie religieuse ; on le choisit pour sous-prieur, jugeant qu'ainsi placé sur un piédestal élevé, il verserait à tous les regards sa lumière et inviterait chacun à suivre son exemple ». Dominique apparaît effectivement dans une charte datée du 13 janvier 1201 avec la qualité de sous-prieur du chapitre d'Osma.


En 1203, Dominique accompagne son évêque, Diego de Acebo(15) , chargé par le roi Alphonse VIII(16) de Castille d'une ambassade auprès du roi de Danemark afin d'obtenir une princesse en mariage pour l'infant.



a) Contre l’hérésie des « bons hommes » ou « bons chrétiens »



Traversant ce qu'on appelle aujourd'hui l'Occitanie, Dominique y rencontre l'hérésie des "bons hommes" ou "bons chrétiens" ou "cathares". Certains des éléments qui serviront de prétexte à la Réforme protestante(17) sont déjà présents à cette époque. La richesse de l'Église, en particulier, fait scandale parmi des chrétiens qui finissent par se laisser séduire par les idées des vaudois et des "bons hommes".


Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les papes avaient tenté d'enrayer le phénomène sur deux plans : des campagnes militaires menées par des évêques dont les victoires sanglantes restaient sans lendemain et des prêches menés avec faste par les cisterciens(18) avec saint Bernard(19) à leur tête comme ce fut le cas à Albi en 1145. Ici aussi sans résultat. L'Église ne parvient pas, à cette époque, à contrer l'hérésie adoptée par une partie du peuple tandis que les théologiens adverses allient à leur culture religieuse un style de prêche qui touche les petites gens. L'hérésie est finalement condamnée en 1184, confondant les deux mouvements pourtant distincts.


À son retour du Danemark, après un deuxième voyage en 1205, Dominique passe par Rome et Cîteaux, puis s'arrête en Languedoc, apparemment résolu à combattre l'hérésie à la demande du pape Innocent III . Alors qu'il voulait avec son évêque Diego de Acebo évangéliser les Coumans(20) d'Ukraine, il aurait reçu l'ordre du pape d'assister les cisterciens qui tentaient en vain de rechristianiser les albigeois. Pour concurrencer une institution cathare comparable, Dominique établit à Prouille dès 1206 le premier monastère de femmes (noyau des futures dominicaines), en utilisant l'ancienne église et quelques dépendances, dont la majeure partie est donnée par Guillaume et Raymonde Claret. En 1207Dominique fait partie du colloque de Pamiers, appelé aussi « colloque de Montréal » qui est le dernier débat contradictoire entre les cathares et l'Église. Le légat Arnaud Amaury(21) lui fixe une « diète », territoire à évangéliser autour de Prouille, avec notamment les places fortes cathares de Fanjeaux et Montréal. Saint Dominique reçoit une apparition de la Vierge en 1208 à Prouille qui se montre à lui sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire(22) . Les Dominicains sont dès le début d'ardents propagateurs du rosaire, méthode de méditation sur la vie du Christ.

L'assassinat du légat du pape, le cistercien Pierre de Castelnau(23) , imputé à Raymond VI de Toulouse(24) , déclenche en 1209 la croisade des Albigeois et Dominique suit les croisés dans les places conquises cherchant à obtenir des conversions(25) .

Le 25 avril 1215 il s'établit à Toulouse, avec quelques proches, dans des bâtiments donnés par Pierre Seila (ou Pierre Seilhan), visibles aujourd'hui au 7, place du Parlement. L'installation dans une ville a pour premier but d'étudier, Dominique bénéficiant des leçons d'un maître, son ordre accompagnant la création de l'Université de Toulouse(26) . Foulques(27) , évêque de Toulouse, collaborateur de Dominique depuis 1206, les autorise à prêcher dans tout le territoire de Toulouse. Au mois de novembre, Dominique et Foulques sont à Rome, au IVe concile du Latran : là, avec le pape Innocent III(28) , ils projettent l'établissement d'un ordre des Prêcheurs, moines qui s'engagent à la pauvreté et la prédication mais après une solide formation doctrinale pour mieux réfuter les hérésies.

À la même époque, Simon de Montfort(29) , à la tête d'une armée de croisés, extermine les Albigeois par le fer et par le feu (1205-1215). Dominique opère un grand nombre de conversions par la seule persuasion ; il ne prend aucune part à la guerre, ne voulant d'autres armes que la prédication, la prière et les bons exemples.




b) Fondation de l’ordre des Prêcheurs



Ainsi, et peut-être inspiré par le tout récent ordre mendiant de François d'Assise, Dominique fonde en 1216 l'ordre des Prêcheurs, mieux connu aujourd'hui sous le nom de Dominicains qui seront, à l'inverse des Franciscains invités à s'instruire sans relâche. Un an avant la constitution officielle de l'ordre, Innocent III demande à Dominique de s'inscrire dans une tradition existante. Une règle inspirée de celle de saint Augustin sera choisie, et c'est le pape suivant Honorius III(30) , qui autorise l'établissement de l'ordre en décembre 1216 selon certains ou en janvier 1217.


Le 15 août 1217, Dominique disperse ses seize premiers frères qui se fixent dans les villes universitaires (Bologne, Paris, Toulouse, Oxford, Cologne) où la qualité de leur enseignement leur permet de briguer rapidement les chaires de faculté. Il répond ainsi à la recommandation du quatrième concile du Latran qui invite les évêques à doter leurs diocèses de prédicateurs instruits. Au chapitre de Bologne (1220), Dominique donne ses premières structures à l’ordre des frères prêcheurs. À sa tête est placé un maître général(31) auquel sont soumis tous les prêcheurs. Un chapitre général est réuni tous les ans, élaborant les règlements de l’ordre et disposant du pouvoir judiciaire. La règle de l’ordre est celle des chanoines de saint Augustin. Elle accorde une large place à la prière liturgique et à la méditation. L’ordre ne doit avoir ni revenus, ni propriétés, et doit pratiquer la mendicité conventuelle. Seule est admise la possession du couvent par la communauté et de livres par chacun des frères. Chaque couvent se transforme en maison d’étude (studium) et chaque province dispose de centres d’études biblique et théologique.
Il emploie ses dernières années à répandre son institut, qui bientôt compte de nombreux couvents en France, en Italie, en Espagne.


Le 6 août 1221, Dominique meurt à Bologne après une longue maladie. Il est canonisé le 3 juillet 1234 par Grégoire IX(32) , qui fixe sa fête au4 août (un an avant que l'ordre fondé par Dominique ne soit impliqué par le pape dans une nouvelle méthode de lutte contre l'hérésie : l'Inquisition), la date du 6 août étant réservée à la fête de la Transfiguration(33) et celle du 5 à la fête de Notre Dame des neiges(34) .



2. Rôle historique




a) S. Dominique, « Marteau des Hérétiques », et l’Inquisition



La tradition lui a donné le titre de "Marteau des hérétiques", ou "Marteau des hérésies", qu'il partage avec S. Antoine de Padoue. Certains le regardent comme le premier inquisiteur, et disent qu'il fut chargé d'exercer ces fonctions dans le Languedoc. Dans son Histoire de France, Jules Michelet, historien romantique, veut voir en lui le « terrible fondateur de l'Inquisition ». Les Dominicains eux-mêmes, au Moyen Âge, ont accrédité cette légende : Bernard Gui, l'un des plus célèbres inquisiteurs (actif à Toulouse de 1308 à 1322), qualifie Dominique de « premier inquisiteur » dans sa biographie du fondateur. Un tableau de Pedro Berruguete(35) montre Dominique devant un autodafé(36) et prêt à envoyer des hérétiques au bûcher — tableau sans doute à la gloire de Dominique, le peintre ayant réalisé plusieurs tableaux à la demande de Tomás de Torquemada(37) . En réalité, Dominique est mort en 1221, date à laquelle l'Inquisition n'existait pas encore, et ne combattit jamais que par le prêche(38) . La première personne à porter le nom d'inquisiteur, Conrad de Marbourg(39) , reçoit ce titre en 1231.


La « légende noire » qui provient de cette erreur historique est, selon Michel Roquebert, d'autant plus dommageable à Dominique qu'elle a été forgée par les Dominicains eux-mêmes à une époque où ils s’enorgueillissaient de combattre l'hérésie.



b) Dévotion au rosaire


La dévotion au Rosaire(40)
fut répandue par le bienheureux Alain de la Roche(41) , disciple et frère de Dominique de Guzman.



Sources de sa biographie


Le libellus de Jourdain de Saxe, successeur de Dominique à la tête de l'Ordre des Prêcheurs, est à la base de l'historiographie primitive. Ce libellus date probablement d'avant la canonisation qui eut lieu en 1234, et semble postérieur au 25 décembre 1231, date du décès deFoulques de Toulouse. Jourdain de Saxe indique qu'aucun texte n'a été écrit avant le sien, et qu'il s'appuie d'une part, sur « ce qu'il a vu et entendu personnellement », et d'autre part sur « ce qu'il a connu des commencements de l'Ordre par la relation des frères primitifs ». Plusieurs frères peuvent être identifiés qui ont pu l'aider à écrire son récit, comme Bertrand de Garrigue, Jean de Navarre, ou frère Ventura de Vérone, prieur de Bologne. À partir de ce libellus, Pierre Ferrand, autre dominicain, va écrire une vie de Dominique destinée à la liturgie. Entre 1237 et 1242, il remanie le libellus et le réduit d'un tiers, en rajoutant toutefois des éléments sur l'enfance du saint. À partir de la biographie de Pierre Ferrand, Constantin d'Orvieto écrit une seconde biographie, nettement plus hagiographique, à la demande du chapitre général de l'Ordre en 1245.


Il existe également trois sources non dominicaines qui décrivent même succinctement la vie de Dominique de Guzman. La Chronique deRobert d'Auxerre est rédigée en 1207-1208, à l'époque des événements qu'elle rapporte. Par contre, l'Historia Albigensis du cistercien Pierre des Vaux-de-Cernai est écrite vers 1213, quelques années après les événements. Enfin, Guillaume de Puylaurens écrit uneChronique des événements longtemps après, entre 1250 et 1273. Ces trois auteurs ont une grande autorité. Ils font ressortir des inexactitudes dans les textes de Jourdain de Saxe, qui manquait sans doute de moyens d'information.




Iconographie



Saint Dominique est souvent représenté muni d'une croix, d'un livre et d'un globe terrestre. Une étoile lui pare le front tandis qu'un chien noir et blanc portant une torche enflammée dans sa gueule l'accompagne et que des lys l'entourent. On l'associe à des qualités de prédication.


« Ce chien portant une torche vient, d'un rêve que la mère de saint Dominique fit alors qu'elle était enceinte de lui. Dans ce rêve elle enfantait d'un chien portant une torche qui embrasait le monde entier. Saint Dominique reprit donc cet emblème en disant qu'il serait ce chien qui embraserait le monde de la vérité. »





(1) Concile Vatican II Le IIe concile œcuménique du Vatican, plus couramment appelé Concile Vatican II, est le XXIe concile œcuménique de l'Église catholique. Il est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIIIet se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI. On le considère généralement comme l'événement le plus marquant de l'histoire de l'Église catholique au XXe siècle, symbolisant son ouverture au monde moderne et à la culture contemporaine faits de progrès technologiques, d'émancipation des peuples et de sécularisation croissante. Des réponses sont cherchées dans un retour aux racines du christianisme : la Bible (sur la base de nouvelles recherches bibliques), la patristique et la tradition longue de l’Église par-delà les positions souvent sclérosées héritées de la Contre-Réforme. Il met également en valeur de l’originalité des Églises locales et la diversité des cultures que le monolithisme romain avait fait perdre de vue2. On a pu décrire le concile comme une réaction contre « l’immobilisme myope » et la « prépondérance des préoccupations juridiques sur l’inspiration évangélique » qui avaient caractérisé de plus en plus le catholicisme postérieur au concile de Trente (1545-1563). Le concile connut un déroulement inattendu : le programme préétabli par des cardinaux de la curie romaine, avec des textes quasi prêts à être votés, est rejeté4 et les pères conciliaires prennent alors leur ordre du jour en main. On débat notamment de la liturgie, du rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et avec la société en général, mais aussi de thèmes plus spécifiquement théologiques, comme laliberté religieuse et la Révélation.




(2) Media-Sidonia : Medina-Sidonia est une commune espagnole de la province andalouse de Cadix.





(3) Ordre de Calatrava L’ordre de Calatrava est un ordre militaire hispanique fondé au XIIe siècle. Il est le premier ordre militaire espagnol.




(4) Saint-Isidore Isidore de Séville (en latin : Isidorus Hispalensis), né entre 560 et 570 à Carthagène et mort le4 avril 636, est un religieux du VIIe siècle, évêque métropolitain d'Hispalis (Séville), une des principales villes du royaume wisigothique entre 601 et 636.


Il vient d'une famille influente (son frère, Léandre, ami du pape Grégoire le Grand le précède à l'épiscopat de Séville) qui contribue largement à convertir les Wisigoths, majoritairement ariens, au christianisme trinitaire.


Son épiscopat fut marqué par de dures persécutions anti-juives et des conversions forcées.


Il est également connu pour ses œuvres littéraires abordant des domaines variés, de l'Écriture sainte à la grammaire, en passant par la théologie, la cosmologie et l'histoire, et est appelé pour cela par Charles de Montalembert « le dernier maitre de l'ancien monde ».







(5) Jean Chrysostome , né à Antioche entre 344 et 3491, et mort en 407 près de Comana, a été archevêque de Constantinople et l'un des pères de l'Église grecque. Son éloquence est à l'origine de son surnom de « Chrysostome » (en grec ancien χρυσόστομος/chrysóstomos, littéralement « Bouche d'or »). Sa rigueur et son zèle réformateur l'ont conduit à l'exil et à la mort.


C'est un saint et un docteur de l'Église catholique, de l'Église orthodoxe et de l'Église copte, fêté le 13 septembre en Occident et le 30 janvier en Orient.






(6) L’abbaye de Saint-Dominique de Silos L'abbaye Saint-Dominique de Silos (Monasterio de San Domingo de Silos) est uneabbaye bénédictine appartenant à la congrégation de Solesmes. Elle a été fondée auXe siècle dans le nord de la Castille.





(7) Dominique de Silos Dominique de Silos ou saint Dominique de Silos (°1000 - 1073) était un berger navarrais prénommé Dominique, un peu ermite, qui devint moine bénédictin au Monastère de San Millán de la Cogolla , puis abbé au monastère de Saint-Sébastien, à Silos, en Vieille-Castille.

Sa légende raconte qu'il était descendant des rois de Navarre. Jeune garçon d'une famille de gentilhommes campagnards, il gardait occasionnellement des moutons, activité loin du mythe du berger qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel de Jésus le bon berger. Il devint bénédictin puis fut promu maître des novices et prieur dans le monastère de San Millán de la Cogolla de sa ville natale.


Exilé à Burgos par le prince de Navarre qui, à court d'argent venait piller les églises à qui il avait refusé un prêt, Dominique fut accueilli par le roi Ferdinand Ier de Castille qui, en 1041, lui donna à restaurer la vie du petit ermitage de Saint-Sébastien à Silos en Vieille-Castille.


Dominique vécut alors le reste de son existence dans cet ermitage qu'il transforma en monastère, pratiquant la charité et la perpétuelle attention aux pauvres. De nombreux miracles lui furent attribués : il fit selon la tradition délivrer de nombreux prisonniers, esclaves chrétiens détenus chez les sarrasins, d'où le surnom qui lui fut donné par ses contemporains, « le nouveau Moïse ».


À la fin de sa vie, après une vision de la Sainte Vierge, il prédit la date de sa mort :

« J'ai passé toute la nuit avec la Reine des Anges, dit-il un jour à ses religieux. Elle m'a invité à me rendre près d'Elle dans trois jours ; je vais donc aller bientôt au céleste festin où Elle me convie. ».


Effectivement, il fut malade trois jours et s'éteignit paisiblement. À sa mort, il fut enseveli dans son cloître de l'abbaye Saint-Dominique de Silos, son bâton abbatial servit par la suite aux reines d'Espagne sur le point d'accoucher, le bâton étant placé près d'elles pour obtenir d'heureuses naissances.


C'est sur son tombeau que la mère de saint Dominique pria pour obtenir la naissance de son fils.
Sa fête est le 20 décembre.






(08) Le Lecteur est, dans plusieurs Églises chrétiennes, chargé principalement de lire à voix haute des extraits de l'Écriture lors de l'office. Il est aussi affecté à la garde des livres sacrés ; il peut diriger le chœur. Dans certaines paroisses, il assure l'ordonnance de l'office.






(9) La théologie (en grec ancien θεολογία, littéralement « discours rationnel sur la divinité ou le divin, le Θεός [Theos] ») est un ensemble de champs disciplinaires qui touchent d'une manière ou d'une autre à l'idée de Dieu ou de divin. Selon la tradition dont il est question, les définitions de la théologie peuvent varier grandement.







(10) La philosophie , du grec ancien φιλοσοφία (composé de φιλεῖν, philein : « aimer » ; et de σοφία, sophia : « sagesse »), signifie littéralement :

« l'amour de la sagesse ». C'est une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité en Occident et en Orient, se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humaine. Différents buts peuvent lui être attribués : la recherche de la vérité ; la méditation sur le bien, le beau, le juste ; la quête du sens de la vieet du bonheur.

Au sens aristotélicien et médiéval, la philosophie est une science, la science des premiers principes et des premières causes.


Au sens moderne et pour une bonne partie des philosophes contemporains, la philosophie n’est pas un savoir, ni un ensemble de connaissances, mais une démarche de réflexion sur les savoirs disponibles. Ancrée dès ses origines dans le dialogue et le débat d'idées, elle peut se concevoir comme une activité d'analyse, de définition, de création ou de méditation sur des concepts.


À la différence des sciences naturelles, des sciences formelles et des sciences humaines, auxquelles elle est intimement liée par son histoire, la philosophie ne se donne pas un objet d'étude particulier et unique. On trouve toutefois au sein de la philosophie des domaines d'étude distincts, tels la logique, l’éthique, la métaphysique, laphilosophie politique et la théorie de la connaissance. Au cours de l’histoire, d’autres disciplines se sont jointes à ces branches fondamentales de la philosophie, comme l’esthétique, la philosophie du droit, la philosophie des sciences (appelée aussi épistémologie), la philosophie de l'esprit, l’anthropologie philosophique, ou la philosophie du langage.


Par le regard nouveau de la philosophie sur les sciences de la complexité se réactualise "une nouvelle réforme de l'entendement ".
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 17:00

(11) Chapitre : Dans la tradition catholique, le chapitre d'un Ordre ou d'une Congrégation religieuse est l'assemblée des religieux, clercs, frères ou religieuses, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle. Chaque abbaye a son chapitre à intervalles réguliers, voire quotidiens. Tous les membres de la communauté y prennent part. Les instituts religieux ont leur chapitre, au niveau régional (appelé 'chapitre provincial') ou général ('chapitre général') à intervalles fixés par leurs statuts propres:

• le mot chapitre a son origine dans la réunion quotidienne des moines au début de laquelle un chapitre (capitulum) de la règle de saint Benoît était lu, puis commenté par le père abbé
• ensuite les questions concernant la vie de leur communauté étaient discutées par les moines ou nonnes. Cela pouvait être la distribution des tâches et offices, la coulpe, l'admission de nouveaux membres, mais aussi des élections, etc. Les décisions du père abbé étaient en principe précédées d'une discussion au cours du chapitre

On distingue plusieurs chapitres, selon leur composition, certains pouvant réunir des moines de plusieurs abbayes et organiser la vie de l'ordre religieux.







(12) Un chanoine (du nom latin médiéval canonicus de même sens, lui-même issu de l'adjectif du latin classique canonicus : « relatif à une règle, régulier » ; et du grec ancien κανών (kanôn), règle) est un membre du clergé attaché au service d'une église. Au Haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd'hui, il existe des chanoines religieux (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).








(13) La Règle de Saint-Augustin dérive de plusieurs écrits dont une lettre authentique d'Augustin d'Hippone. Elle est destinée à régler la vie d'une communauté d'hommes à l'identification discutée, mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans Les Confessions. Selon Luc Verheijen, auteur d'une étude de 750 pages qui fait désormais autorité en la matière, la règle remonterait bien à Augustin lui-même. Augustin l'aurait écrite à son départ du monastère des laïcs d'Hippone, lorsqu'il devint évêque titulaire du lieu à la mort de son prédécesseur Valérius.


Augustin n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre monastique ou religieux au sens institutionnel du terme, mais d'organiser la vie religieuse d'un groupe d'hommes pieux qui lui en avaient fait la demande et auxquels il s'adressa sous la forme d'une lettre développée.


Ce texte a parfois été attribué à tort à Césaire d'Arles, archevêque d'Arles de 502 à 542, à l'intention d'une communauté religieuse en difficulté après la mort de son abbé. L'attribution de cette règle à Césaire, qui remonte à Érasme et que l'on trouve par exemple chez Gustave Bardy, a été remise en cause depuis.


Au cours du Moyen Âge, et surtout à partir du XIe siècle, l'autorité ecclésiastique entreprit de discipliner la vie des clercs et de les organiser en communautés de chanoines soumises à la règle de saint Augustin comme les prémontrés fondés par Norbert de Xanten. Par la suite, la règle a été adoptée par d'autres communautés régulières et notamment par l'ordre des Dominicains et celui des Ermites de saint Augustin.







(14) La prédication est l'action de parler publiquement des choses de Dieu aux non-croyants et d'enseigner les croyants (on dit prêcher) . Le mot provient du Bas-latin ecclésiastique prædicere (en français : « dire devant »).








(15) Diego de Acebo Diego de Acebo fut évêque de la ville d'Osma en Castille (Espagne) de 1201 à 1207.


Dans ses voyages, il est accompagné par Dominique de Guzmán, futur saint Dominique. Il est présent au colloque de Pamiers, dernier grand débat contradictoire confrontant cathares et catholiques, en 1207.


De retour dans son diocèse à la demande du pape, il y décède le 30 décembre 1207.


Selon la narration de Jourdain de Saxe, qui succéda à saint Dominique comme maître général de l’Ordre des Prêcheurs (dominicains) et qui rédigea en 1234 une histoire des débuts de cet ordre, Diego de Acebo joua un rôle majeur dans la vie du saint.






(16) Alphonse VIII (né le 11 novembre 1155, mort le 5 octobre 1214) est un roi de Castille et de Tolède. Roi très jeune, dépossédé par des familles nobles, il reprend ensuite son territoire avant de relancer la Reconquista. Par sa fille Blanche de Castille, il est le grand-père de Saint-Louis.






(17) La réforme protestante Amorcée dès le XVe siècle et culminante au XVIe siècle, la Réforme protestante est une volonté d'un retour aux sources du christianisme et aussi, par extension, un besoin de considérer la religion et la vie sociale d'une autre manière. Elle reflète l'angoisse des âmes, par la question du salut, centrale dans la réflexion des réformateurs, qui dénoncent la corruption de toute la société engendrée par le commerce des indulgences. Les réformateurs profitent de l'essor de l'imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vulgaires (notamment l'allemand après la première traduction réalisée par Martin Luther), et montrent qu'elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge, ni du Purgatoire. La référence à la Bible comme norme est néanmoins une des principales motivations des réformateurs. Ce principe, Sola scriptura, les guidera.


Commencée par Martin Luther dans le Saint-Empire et Ulrich Zwingli à Zurich, puis Martin Bucer à Strasbourg et plus tard Jean Calvin à Paris et Genève, la Réforme touche la majeure partie de l'Europe du Nord-Ouest. Les tentatives de conciliation ayant échoué, elle aboutit à une scission entre l'Église catholique romaine et les Églises protestantes. La Contre-Réforme catholique engagée à l'issue du concile de Trente ne permet à l'Église catholique qu'une reconquête partielle des populations passées au protestantisme.


L'adoption de la Réforme a aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes d'affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. La Réforme se traduit donc au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Écosse.








(18) Les cisterciens : L'ordre cistercien (en latin Ordo cisterciensis) est un ordre monastique de droit pontifical.

C'est une branche réformée des bénédictins dont l'origine remonte à la fondation de l'abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098.


L'ordre cistercien joue un rôle de premier plan dans l'histoire religieuse du XIIe siècle. Par son organisation et par son autorité spirituelle, il s'impose dans tout l'Occident, jusque sur ses franges. Son influence se révèle particulièrement forte à l'est de l'Elbe où l'ordre fait « progresser à la fois le christianisme, la civilisation et la mise en valeur des terres».

Restauration de la règle bénédictine inspirée par la réforme grégorienne, l'ordre cistercien promeut ascétisme, rigueur liturgique et érige, dans une certaine mesure, le travail comme une valeur cardinale, ainsi que le prouve son patrimoine technique, artistique et architectural. Outre le rôle social qu'il occupe jusqu'à la Révolution, l'ordre exerce une influence de premier plan dans les domaines intellectuel ou économique ainsi que dans le domaine des arts et de la spiritualité.

Il doit son considérable développement à Bernard de Clairvaux (1090-1153), homme d'une personnalité et d'un charisme exceptionnels. Son rayonnement et son prestige personnel en ont fait au XIIe siècle le plus célèbre des cisterciens. S'il n'en est pas le fondateur, il demeure le maître spirituel de l'ordre.


L'ordre cistercien est en fait constitué aujourd'hui de deux Ordres et plusieurs congrégations. L'ordre de la « Commune Observance » comptait en 1988 plus de 1 300 moines et de1 500 moniales, répartis respectivement dans 62 et 64 monastères. L'ordre cistercien de la stricte observance (aussi appelé o.c.s.o.) comprend actuellement près de 3 000 moines et1 875 moniales - communément appelés trappistes et trappistines, car ils sont issus de la réforme de l'abbaye de la Trappe - répartis dans cent deux monastères masculins (abbayes et prieurés) et soixante-douze monastères féminins (appelés aussi abbayes ou prieurés), dans le monde entier3. Mais si les deux ordres cisterciens sont actuellement séparés, des liens étroits d'amitié et de collaboration existent entre eux, notamment dans les domaines de la formation et de la réflexion sur leur charisme commun. Leur habit est donc le même : tunique blanche et scapulaire noir retenu par une ceinture de cuir portée par-dessus ; l'habit de chœur est la traditionnelle coule monastique, de couleur blanche, d'où l'appellation de « moines blancs ».


Bien qu'ils suivent la règle de saint Benoît, les Cisterciens ne sont pas à proprement parler considérés comme des bénédictins. En effet, c'est au IVe concile de Latran (1215) que « le mot « bénédictin » apparut pour désigner les moines qui n'appartenaient à aucun Ordre centralisé » par opposition aux Cisterciens. Mais de nombreux liens unissent les deux familles monastiques, en particulier dans le domaine de la formation.







(19) Saint-Bernard Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon et mort le20 août 1153 à l'abbaye de Clairvaux, est un moine français, réformateur de la vie religieuse.

Directeur de conscience et important promoteur de l'ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d'une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l'église catholique mettront en œuvre.


C'est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XIIe siècle »), marquée par une profonde transformation de l'économie, de la société et du pouvoir politique.


Il joue un rôle dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares.


Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.






(20) Les Coumans ou Cumans, Comans, Koumans (Kumanlar en turc, kunok en hongrois,Cumani en roumain, Половці en ukrainien, Половцы en russe, Кумани en bulgare) désignent les Turcs kiptchaks (Kaptchaks ou Qiptchaqs) de la région du fleuve Kouban. Ils étaient appelés en russe Polovtses (« de couleur fauve »). Peuple turcophone semi-nomade, les Kiptchaks occupèrent un vaste territoire qui s'étendait du nord de la mer d'Araljusqu'à la région au nord de la mer Noire.

En 888, les Coumans sont établis entre la Volga et le fleuve Oural, pays dont ils avaient chassé les Petchenègues. Au XIe siècle, ils se répandirent sur la steppe pontique entre leDniepr, le Don, la Volga et le fleuve Oural (Iaïk), puis ils ont occupé une partie de l'Ukraine actuelle au XIIe siècle en affrontant la Rus' de Kiev. Au XIe siècle, ils se sont répandus dans les territoires peuplés de Valaques, qui formeront plus tard la Moldavie, la Valachie et la Transylvanie. De là, ils continuèrent leurs campagnes dans l'Empire byzantin, dans le royaume de Hongrie, en Serbie et dans l'Empire bulgare, soit comme pillards, soit s'engageant comme mercenaires. La plus grande partie d'entre eux passa en Hongrie, où ils s'établirent dans la région appelée depuis Coumanie.






(21) Arnaud Amaury ou Arnaud Amalric († 1225), abbé de Poblet, de Grand Selve, puis de Cîteaux(1200-1212), archevêque de Narbonne (1212-1225). Il est chargé, en tant que légat pontifical, de réprimer l'hérésie cathare durant la Croisade des Albigeois.






(22) Notre Dame du Rosaire : est dans le catholicisme une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au XIIIe siècle àProuille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur.

Le 13 octobre 1917 à Fátima, elle s’est aussi présentée sous ce nom.







(23) Pierre de Castelnau naquit vers 1170 et fut assassiné le 15 janvier 1208 près de l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard.

Moine de l'abbaye de Fontfroide et archidiacre de Maguelone, Cistercien français, il fut nommé légat pontifical par Innocent III en 1203. En cette qualité de légat pontifical extraordinaire, il tenta vainement d'endiguer l'hérésie cathare dans le midi de la France, et il eut pour collègue Ramier/Rainier, moine de Cîteaux. Ils entreprirent d'annoncer l'Évangile à la manière des Apôtres, en se déplaçant à pied et en observant la pauvreté. Ils étaient accompagnés entre autres de Dominique de Guzmán, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs. Ils rencontrèrent une vive résistance, et Castelnau finit par être assassiné à Trinquetaille, à proximité d'Arles sur les terres de Raymond VI, comte de Toulouse (1208), au moment où il venait d'excommunier ce prince à cause de son manque de collaboration dans la lutte contre les Albigeois. Le meurtrier était un écuyer de Raymond VI, qui, suspecté, fut excommunié. Cet évènement est à l'origine de la Croisade des Albigeois.


Déclaré martyr par Innocent IV, puis béatifié, il est célébré le 15 janvier dans les diocèses de Carcassonne et Nîmes.








(24) Raymond VI de Toulouse
Raymond VI (VIII) de Toulouse (Saint-Gilles (Gard), 27 octobre 1156 - Toulouse, 2 août1222) fut comte de Melgueil (Raymond IV) de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à1222. Il était fils de Raymond V, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Constance de France, sœur du roi Louis VII.






(25) Conversion : La conversion religieuse est à la fois le processus, et l'aboutissement, d'un cheminement personnel où des croyances religieuses ou philosophiques, nouvelles ou anciennes, supplantent d'autres conceptions antagonistes. L'individu décide alors de suivre une voie, et souvent abandonne des comportements jugés néfastes ou des idées jugées fausses. Il rejoint un groupe ou un courant, réputés transmettre et pratiquer les valeurs préférées. La conversion a une dimension spirituelle, et peut être déclenchée à l'occasion d'un éveil spirituel ou, plus rarement, par une illumination, une saisie soudaine de la présence agissante de Dieu.


Le terme conversion désigne souvent l'adoption d'une nouvelle religion, généralement marquée par l'entrée dans une Église ou un groupe de croyants, et souvent accompagnée d'un acte symbolique: le baptême chez les chrétiens, la récitation sincère de la profession de foi chez les musulmans, lacirconcision chez les juifs, la prise de refuge chez les bouddhistes, etc. Mais la conversion peut aussi désigner le retour aux valeurs originelles d'un engagement antérieur, donc sans changer de religion (ainsi celle de Pascal consignée par lui le 23 novembre 1654). La conversion religieuse est souvent favorisée et soutenue par des adeptes, et parfois encouragée. Une conversion religieuse est toujours « œuvre de Dieu » (et perçue comme telle), même si des manipulations humaines restent possibles.






(26) Université de Toulouse L’université de Toulouse a existé entre 1229 et 1793 et entre 1896 et 1968. C'est l'établissement à l'origine des trois universités actuelles.






(27) Foulque : Folquet de Marseille (en langue d'oc Folquet de Marselha), connu aussi sous le nom de Foulques de Toulouse (v.1155 - 1231), est issu d'une famille génoise établie à Marseille. Après avoir été marchand et troubadour, il fut moine de l'ordre de Cîteaux, puis enfin évêque de Toulouse.






(28) Innocent III : Lotario (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216), de la famille des comtes de Segni, élu pape le8 janvier 1198 sous le nom d’Innocent III, est considéré comme l’un des plus grands papes duMoyen Âge.

Théologien et homme d’action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu’il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d’exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzmán ainsi que saint François d’Assise et ses frères mineurs et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements (dont lemariage), la réforme de l’Église, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.


C’est sous son pontificat qu’eut lieu la quatrième croisade, qui échappa à son contrôle en s’achevant par le sac de Constantinople par les croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxes et catholiques.







(29) Simon de Montfort Simon IV (ou V) de Montfort (entre 1164 et 1175 – 25 juin 1218, Toulouse), seigneur de Montfort-l'Amaury de 1188 à 1218, comte de Leicester en 1204, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne de 1213 à 1218, comte de Toulouse de 1215 à 1218, est la principale figure de la croisade contre les Albigeois.


Simon de Montfort est issu de la maison de Montfort-l'Amaury, une famille de rang baronnial d'Île-de-France. Son père, Simon (IV) de Montfort était gruyer royal de la forêt d'Yvelines. Son arrière-grand-père, Amaury III de Montfort était comte d'Évreux et sénéchal de France. Sa mère, Amicie de Beaumont, est issue du baronnage anglo-normand par sa mère. Elle est l'héritière de la moitié du comté de Leicester et d'un droit au titre de sénéchal d'Angleterre.







(30) Honorius III (Rome, date inconnue - Rome 18 mars 1227), né Cencio Savelli fut pape de 1216à 1227. Il lança la cinquième croisade qui avait été décidée par son prédécesseur lors du concile de Latran. Il soutint également la croisade des albigeois.







(31) Maître général : Les maîtres généraux sont élus à la tête de l’ordre des Prêcheurs (dominicains) depuis la fondation de celui-ci par Dominique de Guzmán, plus connu sous le nom de saint Dominique, en 1215. Ils sont élus démocratiquement dans le cadre des chapitres généraux qui se tiennent en session délibérative et élective.

Normalement, l'expression maître général n'est pas adéquate. Le titre officiel est simplement maître de l'Ordre. L'usage courant tend pourtant à parler de maître général.

L'assemblée qui pourvoit à son choix est formée par les anciens maîtres de l'ordre, s'ils sont en vie et aptes à participer, de tous les prieurs et définiteurs provinciaux, ou des vicaires, s'ils ne peuvent être présents, et d'autres délégués provenant de chaque province.

La charge du maître de l'Ordre a une durée de neuf ans et n'est pas reconductible ; en qualité de supérieur religieux, l'obéissance de tous les dominicains lui est due pendant son mandat, qu'il commence immédiatement après son élection. Le maître de l'Ordre dispose d'une large autorité - à la différence d'autres ordres - même s'il décide avec l'aide de la curie généralice, en ce qui concerne nombre de sujets. Il préside et convoque la curie généralice ainsi que, tous les trois ans, les chapitres généraux (qui ont une fonction délibérative).
Le premier maître de l'Ordre à recevoir formellement ce titre en 1221 fut saint saint Raymond de Peñafort au chapitre de Bologne, peu avant sa mort.

L'ordre dominicain a fait surgir de nombreux saints, bienheureux, vénérables ou serviteurs de Dieu. Il a aussi dans ses rangs de nombreux cardinaux et évêques et deux papes, Benoît XI et saint Pie V. Celui-ci préféra conserver son habit de dominicain plutôt que de riches ornements et c'est depuis lui que les papes s'habillent d'une simple soutane blanche.

Le maître de l'Ordre était jusqu'au 5 septembre 2010 un Argentin, le frère Carlos Azpiroz Costa, élu par le Chapitre général convoqué àProvidence aux États-Unis, en 2001. Son successeur, le frère Bruno Cadoré, a été élu le 5 septembre 2010 par le Chapitre général convoqué à Rome.






(32) Grégoire IX , né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.






(33) Fête de la Transfiguration : La Transfiguration est un épisode de la vie de Jésus-Christ relaté par les Évangiles. La fête religieuse qui lui correspond se situe le 6 août. Il s'agit d'un changement d'apparence corporelle de Jésus pendant quelques instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine à trois disciples. Le mot « transfiguration » procède en français de la traduction latine du mot grec metamorphosis (métamorphose).


Cet état physique, considéré comme miraculeux, est rapporté dans trois des quatre Évangiles : (Mt 17,1-9, Mc 9,2-9, Lc 9,28-36). C'est, selon le christianisme, la préfiguration de l'état corporel annoncé aux chrétiens pour leur propre résurrection.


Dans les Évangiles, la Transfiguration se situe après la multiplication des pains, au moment où les disciples, Pierre en particulier, reconnaissent en lui le Messie. Jésus a déjà annoncé une fois qu'il doit mourir et ressusciter trois jours après, et qu'il doit se rendre àJérusalem. Il l'annoncera encore deux fois après sa Transfiguration. Il semble que ce soit au cours de la fête des tentes que cet épisode se déroule.
Jésus, rendu sur une montagne avec ses disciples Pierre, Jacques et Jean, se trouve métamorphosé : l'aspect de son visage change et ses vêtements deviennent d'une blancheur éclatante. Cette description rappelle celle de la descente de Moïse du mont Sinaï (La peau de son visage rayonnait Ex 34. 29-30) et celle qui est faite, dans les textes apocalyptiques, des anges envoyés du Seigneur.
Aux côtés de Jésus se tiennent deux grandes figures bibliques : Élie et Moïse.


Léon Le Grand dit que par ce passage, Jésus révèle la bonté du Père qui a donné la vie éternelle et à son Fils, et à tout humain. Ledocteur de l'Église cite saint Matthieu : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Mt 13. 43), et, saint Jean : « car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jn 1. 17). L'Ancien et le Nouveau Testament trouvent là leur concordance, tout comme l'ancienne et la nouvelle Alliance. Une espérance nouvelle et divine est ainsi créée.


Benoît XVI dans son homélie du 4 mars 2012 confirme que cette transfiguration est le signe de la résurrection. Il écrit : « Saint Augustin résume ce mystère en utilisant cette très belle expression, il dit : "Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du cœur" (Sermons 78, 2 : pl 38, 490) ».







(34) La fête de Notre Dame des neiges : L'Abbaye de Notre-Dame des Neiges est une abbaye de moines cisterciens-trappistes située àSaint-Laurent-les-Bains en Ardèche, fondée en 1850, selon la Règle de saint Benoît (XLVIII) : « Ils seront véritablement moines, quand ils vivront du travail de leurs mains, selon l'exemple des Apôtres et de nos pères ».






(35) Pedro Burruguete (Paredes de Nava, Palencia, v. 1450 - Ávila, v. 1504) est un peintre espagnol. Francisco de Holanda le désigne comme l'un des quatre « Aigles » de la Renaissance espagnole, avec Diego de Siloé, Bartolomé Ordóñez et Pedro Machuca.




Formé dans l'atelier du peintre Fernando Gallego, son œuvre montre l'influence flamande de Van Eyck.

De 1474 à 1483, à Urbino (Italie), où il voit, parmi d'autres, les œuvres de Melozzo da Forlì, il collabore avec Juste de Gand à la décoration du palais du duc Frédéric de Montefeltre. Il y peint en particulier un portrait de Frédéric de Montefeltre avec son fils Guidobaldo.

De retour en Espagne, et peintre à la cour de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle de Castille, il renoue avec la tradition de préciosité de la peinture espagnole et réalise des œuvres religieuses. Sa dernière œuvre inachevée, le retable du maître-autel de la cathédrale d'Ávilamontre néanmoins son intérêt pour l'art italien et la maîtrise de la perspective et de la lumière.

Il enseigna la sculpture et la peinture à son fils, Alonso (v. 1488-1561), qui deviendra peintre à la cour de Charles Quint.







(36) un autodafé (du portugais « auto da fé », traduction du latin « actus fidei » — « acte de foi ») est la cérémonie de pénitence publique célébrée par l'Inquisition espagnole ou portugaise, pendant laquelle celle-ci proclamait ses jugements.


Dans le langage populaire, ce terme est devenu presque synonyme d'une exécution d'hérétiques par le feu. Ce glissement de sens est dû au fait que les condamnés relaps ou refusant de se rétracter étaient remis par l'Inquisition aux mains des autorités civiles, qui, parfois, les envoyaient aux bûchers.


« Autodafé » est aussi couramment utilisé pour caractériser la destruction publique de livres ou de manuscrits par le feu.






(37) Tomas de Torquemado , né en 1420 à Valladolid dans le royaume de Castille et mort le16 septembre 1498 à Ávila, en Castille-et-León, était un dominicain espagnol du XVe siècle. Confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon, il est le premier Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort.







(38) prêche : Dans un contexte religieux, un prêche est un sermon, une homélie ou un discours généralement fait devant une assemblée de personnes pour le bien, l'édification et l'instruction des fidèles.

Le plus souvent, cette charge de transmettre un message divin est confiée à des pasteurs, prêtres , Imams , mais aussi à des laïcs connus et respectés des croyants.


Dans les églises catholiques, la liturgie admet que le thème du prêche soit développé à partir de l'Évangile et des lectures du jour, libre au prédicateur de s'en inspirer ou non ; dans la tradition protestante, le libre choix du thème du prêche est entièrement laissé à la personne chargée de la prédication.






(39) Conrad de Marbourg , né durant la seconde moitié du XIIe siècle entre 1180 et 1200, mort le 30 juillet 1233, est le premier inquisiteur allemand.


Conrad de Marbourg est un prêtre séculier de l'ordre des Prémontrés. Ses contemporains l'appellent magister, montrant qu'il eut une formation universitaire, probablement à Paris ouBologne. Il est décrit comme un homme d'une grande éloquence, très bon théologien, défenseur zélé de la pureté de la Foi Catholique et menant une vie ascétique.
Il se signale d'abord en prêchant la cinquième croisade, proclamée en 1213 par Innocent III.

[…]







(40) le rosaire est le nom d'une prière catholique composée de quatre chapelets d'oraisons. Consacré à Marie, mère de Jésus de Nazareth, il tire son nom du latin ecclésiastique rosariumqui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.








(41) Alain de la Roche ou Alain Delaroche, né vers 1428 à Sizun et mort en 1475 à Zwolle, était un religieux dominicain breton du XVe siècle. Fête le 9 septembre .


La naissance du dominicain à Sizun est encore controversée. Après avoir pris l'habit des dominicains à Dinan dans le diocèse de Saint-Malo, il se rend à Paris, puis en Flandre, séjournant à Douai et à Lille, puis aux Pays-Bas méridionaux et en Allemagne, particulièrement en Saxe.


Très attaché à la dévotion mariale, il enseigne dans diverses écoles dominicaines flamandes et fonde des confréries du Rosaire et développe la dévotion du chapelet. Il meurt à Zwolle enHollande en 1475. La Vierge Marie lui serait apparue en 1473. Il passe alors les dernières années de sa vie à parcourir la France, la Flandre et la Saxe pour développer le culte du Rosaire.


Il meurt à Zwolle en Hollande le 8 septembre 1475.
Il a été béatifié par la voix populaire.


Il est aussi souvent confondu avec saint Alain de Lavaur4, dans l'ancien diocèse de Lavaur dont le saint patron est dénommé en occitan "Alan" ou "Elan". La cathédrale Saint-Alain de Lavaur5porte ce nom.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 18:23

Esclarmonde de Foix, parfaite cathare



Esclarmonde de Foix, en occitan Esclarmonda de Fois, née après 1151 et morte en 1215, surnommée La grande Esclarmonde, est une figure du catharisme.


Fille de Roger Bernard Ier(1)
, comte de Foix(2)
et de Cécile, fille de Raimond Ier Trencavel(3) , vicomte de Carcassonne(4) , de Béziers et d’Albi et sœur du comte Raymond-Roger de Foix(5) , elle est donnée en mariage à Jourdain de l'Isle-Jourdain seigneur de l'Isle-Jourdain. De l'union naquirent plusieurs enfants dont Bernard, l'héritier de la seigneurie, Guillaumette, Olive, Othon de Terride et Bertrand, baron de Launac.


Elle devient veuve en octobre 1200. À partir de ce moment, elle se tourne vers l'Église cathare. Elle reçoit le consolament en vue de devenir parfaite des mains de l'évêque Guilhabert de Castres(6) en 1204 à Fanjeaux, avec trois autres grandes dames (Aude de Fanjeaux, Fays de Durfort, Raymonde de Saint-Germain) et en présence de son frère. Dès lors, elle n'a de cesse de mener une fervente propagande en faveur du catharisme.


Elle s'installe à Pamiers. C'est vraisemblablement à elle que l'on doit l'initiative de faire rebâtir la forteresse de Montségur. Elle participe au colloque de Pamiers, appelé aussi « colloque de Montréal » de 1207 qui est le dernier débat contradictoire entre les cathares et l'Église catholique romaine (représentée par Dominique de Guzmán, futur fondateur de l’ordre dominicain, et Diego évêque d'Osma).


Son rôle est assez controversé puisque pour certains, elle répandit l’hérésie en Ariège et contraignit les habitants à respecter les règles de vie cathare, alors que pour d'autres son impulsion permit d'ouvrir de nombreux hôpitaux, écoles et foyers où furent dispensés l'enseignement cathare (ce qui lui valut son surnom de grande Esclarmonde).




(1) Roger Bernard Ier de Foix (° vers 1130 - † novembre 1188), dit le Gros, est comte de Foix de1148 à 1188. Il est fils de Roger III, comte de Foix, et de Chimène (Jimena / Ximena) de Barcelone.





(2) le Comté de Foix est à l'origine un territoire du comté de Carcassonne détaché par le comteRoger Ier le Vieux en faveur de son fils cadet Bernard-Roger.





(3) Raymond Ier Trencavel (né à une date inconnue, assassiné à Béziers le 15 octobre 1167) est un vicomte de Béziers de 1129 à 1167, d’Agde de 1129 à 1150, de Carcassonne et d’Albi de1150 à 1167. Il était fils de Bernard Aton IV Trencavel, vicomte d’Agde, d’Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Nîmes, et de Cécile de Provence.






(4) Vicomté de Carcassonne apparaît pour la première fois en 1082. C'est à cette date que Bernard Aton IV Trencavel, vicomte deNîmes et d'Albi, revendiquant les droits de sa mère Ermengarde, réclame les comtés de Carcassonne et de Razès, ainsi que les vicomtés de Béziers et d'Agde, et s'en empare. Les Trencavel deviennent alors seigneurs de fait, sans porter le titre de vicomtes. Ermengarde meurt en 1101, et son fils Bernard-Aton Ier (IV de Nîmes et d'Albi) est proclamé formellement vicomte de Carcassonne, Razès, Béziers et Agde. Barcelone tente de s'y opposer à plusieurs reprises.





(5) Raymond-Roger de Foix , (1152 † 3 avril 1223) est comte de Foix de 1188 à 1223. Il est fils de Roger-Bernard Ier de Foix et de Cécile Trencavel.




(6) Guilhabert de Castres , évêque cathare de Toulouse dès 1226 et jusqu'en 1240. Les dates de sa naissance et de sa mort sont inconnues. Il est parent, peut-être frère, du prédicateur et théologien cathare, Izarn de Castres.

En 1193 Guilhabert de Castres tient une maison de parfaits cathares à Fanjeaux. En 1204, il est filius major de l'évêque cathare de Toulouse, Gaucelm, et cette même année à Fanjeaux il console quatre grande dames, Esclarmonde de Foix, Aude de Fanjeaux, Fays de Durfort, Raymonde de Saint-Germain. En 1207, il participe au Colloque de Pamiers, dernier grand débat contradictoire entre catholiques et cathares avant la Croisade des Albigeois.

En 1220, il s’échappe de Castelnaudary, assiégée par Amaury de Montfort, avec l'aide de Bernard-Othon de Niort. En 1229 il se réfugie chez Jourdain Hunaud de Lanta. En 1226, il devient le premier titulaire de l'évêché cathare de Razès. En 1232 il négocie avec Raymond de Péreille, seigneur de Montségur, ad hoc ut in ipso castro posset ecclesia hereticorum habere domicilium et caput et inde possent transmittere et diffundere predicatores suos. En 1233, il installe à Montségur « le siège et la tête » de l'église cathare.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 18:30


Guilhem Bélibaste, le dernier parfait cathare connu




Guillaume Bélibaste, né vers 1280 à Cubières-sur-Cinoble, est le dernier "bon homme" ou "parfait"cathare connu. Il fut brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès.



Il naît à Cubières-sur-Cinoble dans une famille acquise à la cause cathare. Vers 1305, dans une bagarre, il assassine Barthélémy Garnier, un berger de Villerouge-Termenès. Reconnu coupable, il fuit en abandonnant femme, enfant et biens.



Pour se racheter, il se rend auprès des cathares où il est initié et bientôt ordonné "parfait" à Rabastenschez Philippe d'Alayrac, où il fait la connaissance de Raymond de Castelnau, l'un des derniers parfaits de l'époque. Capturé avec ses compagnons et enfermé au "Mur", la prison de Carcassonne, il parvient à s'enfuir en Catalogne, où, après avoir passé quelque temps en Empurdan il se fixe bientôt près de Valence, dans la cité médiévale de Morella. Il exerce sa fonction de prédicateur auprès d'une petite communauté cathare, constituée notamment d'exilés occitans, dont la plupart établis à San Mateo sont des réfugiés originaires du village de Montaillou en haute Ariège. Il fait quelques entorses à la règle, en ayant notamment un enfant avec sa concubine, Raymonde Marty. En début de grossesse craignant de voir son autorité spirituelle s'effondrer, il fait endosser la paternité de l'enfant à Pierre Maury, berger de Montaillou et son ami d'enfance, en organisant leur mariage précipité, qu'il casse rapidement par jalousie tout en faisant croire que l'enfant est le fruit des joies de la nuit de noces.



Belibaste est trahi par Arnaud Sicre, un "fidèle cathare" agent double envoyé par l'Inquisition, motivé à la fois par la désir de venger la mort de sa mère, brûlée au bucher en tant que fidèle hérétique mais également par cupidité. Sicre le convainc de rentrer en Languedoc pour se faire ré-ordonner "parfait", il est arrêté sur la route de Tirvia, incarcéré au château de Castelbòn3 (près de Seu d'Urgell) qui appartenait au Comte de Foix, jugé à Carcassonne, et brûlé vif dans la cour du château de Villerouge-Termenès qui appartenait à l'archevêque de Narbonne. Le choix de Villerouge semble dicté par la volonté de montrer la puissance de la justice qui avait condamné par contumace Guilhèm Belibaste pour le meurtre d'un berger originaire précisément de Villerouge.



Au château de Villerouge-Termenès, le parcours guidé avec des mannequins, commentaires audio et vidéo, permet de s'immerger complètement dans le monde de Guilhèm Belibaste et des derniers cathares
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mar 13 Sep - 18:58

Guilhem Bélibaste



Un criminel devenu parfait .


Guilhem Bélibaste naît vers 1280 à Cubières, un village du Razès (Aude). Sa famille, des paysans aisés, est totalement acquise au catharisme. A Cubières, les Bélibaste reçoivent de nombreux parfaits de marque comme Pierre Autier et Philippe d’Alayrac. Les frères de Guilhem, bergers, accompagnent même fréquemment certains de ces parfaits dans leurs tournées clandestines. En effet, malgré les efforts de l’église catholique depuis presque un siècle pour éliminer l’hérésie cathare, celle-ci est encore bien vivace et se développe même à nouveau en Ariège et en Razès grâce à la prédication des frères Autier.

Malgré ces antécédents familiaux, ce n’est pas par vocation que Guilhem Bélibaste entre dans les ordres, mais un peu par hasard. Vers 1305-1306 au cours d’une rixe il tue un berger de Villerouge-Termenès. Une procédure judiciaire est lancée contre lui. L’archevêque de Narbonne, seigneur de Villerouge et de Cubières le reconnaît coupable et confisque ses biens. Pour sauver sa peau, Bélibaste abandonne sa femme, son fils, et rentre dans la clandestinité auprès des parfaits cathares. Pour sauver son âme et par pénitence, il doit rentrer dans les ordres. Il est initié et ordonné parfait à Rabastens (Tarn) par Philippe d’Alayrac. Mais les deux compagnons sont arrêtés et enfermés dans la sinistre prison de l’Inquisition de Carcassonne : le Mur. Ils parviennent cependant en 1309 à s’en échapper et se réfugient en Catalogne dans le comté d’Ampurias. Quand Philippe d’Alayrac retourne dans le royaume de France exercer son ministère, Bélibaste, moins courageux, préfère ne pas l’accompagner. Bien lui en prend car peu de temps après, il apprend l’arrestation et la mort sur le bûcher de son ancien compagnon.
Fuyant l’insécurité, il s’éloigne par étapes de la frontière où il risque d’être reconnu et arrêté. Par précaution il change aussi de nom : il se fait appeler Pierre Penchenier, nom inspiré de son nouveau métier, fabricant de peignes de tisserands. Il se loue aussi parfois pour des travaux saisonniers dans les vignes ou travaille comme berger près de Poblet avec son ami Pierre Maury.




L’imparfait cathare de Morella


En 1314 il se fixe à Morella, dans le royaume de Valence. En effet, dans le village voisin de San Matéo vit une petite communauté de cathares occitans en exil, pour la plupart originaires de Montaillou (Ariège), et dont il devient le pasteur. Au sein de cette communauté il abuse parfois de son autorité spirituelle, notamment avec son ami Pierre Maury trop généreux : Ce dernier raconte : " Comme nous avions acheté en indivision, Bélibaste et moi, six brebis, dont j’avais entièrement payé le prix (et je lui avait donné en outre cinq sous), l’hérétique voulut emmener avec lui trois brebis sur ces six, disant qu’elles étaient à lui, et que je lui avais donné l’argent de ces brebis et les cinq sous pour l’amour de Dieu. ". Pour donner le change aux catholiques, il fait croire qu’il est marié en vivant avec une veuve, Raimonde Marti, et sa fille. En réalité Raimonde Marti est sa concubine depuis plusieurs années et tombe enceinte en 1320. Pour donner le change cette fois-ci aux cathares, car il a rompu son voeu de chasteté, il la marie à son ami Pierre Maury qui endosse la paternité, puis, jaloux, défait ce mariage.

Cependant, il prend au sérieux son rôle de pasteur. Il prêche, bénit, administre le consolament (sacrement cathare) aux mourants et reçoit régulièrement des croyants parmi lesquels Arnaud Sicre, dont la mère est morte sur le bûcher. A ce dernier il enseigne à sa manière, naïve, populaire mais imaginative, les croyances de sa religion :

" Alors l’ennemi de Dieu, Satan, fit des corps d’homme dans lesquels il enferma ces esprits.

(...). Ces esprits, quand ils sortent des tuniques, c’est à dire d’un corps, se sauvent tous nus, apeurés, et ils courent si vite, que si un esprit était sortit d’un corps à Valence et devait entrer dans un autre dans le comté de Foix, et qu’il plût abondamment sur tout le parcours, c’est à peine si trois gouttes de pluies l’atteindraient. Courant ainsi apeurés, il se pose dans le premier trou vide qu’il peut trouver, c’est à dire dans le ventre de tout animal qui porte un embryon encore sans vie : chienne, lapine, jument, ou n’importe autre animal, ou encore dans le ventre d’une femme, de telle sorte cependant que si cet esprit a mal agit dans son premier corps, il s‘incorpore dans le corps d’une bête brute ; si au contraire il n’a pas fait de mal, il entre dans le corps d’une femme. Ainsi les esprits s’en vont de tunique en tunique jusqu’à ce qu’ils entrent dans une belle tunique, c’est à dire dans le corps d’une homme ou d’une femme qui a l’entendement du bien (c’est à dire cathare), que dans le corps ils soient sauvés, et qu’après être sortis de cette belle tunique, ils retournent au Père saint ".

En réalité Arnaud Sicre, si désireux de " s’ouvrir à l’entendement du bien " n’est là que pour gagner la confiance de Bélibaste, le faire arrêter, et se faire restituer les biens confisqués à sa mère par l’inquisiteur qui l’a envoyé.



Une affaire judiciaire partiellement résolue... 700 ans après !



Dans une affaire de meurtre on connaît la victime mais pas toujours le coupable. Ici, c’est le contraire, le coupable, Bélibaste, était connu. Mais de sa victime, un berger, on ne savait rien. La solution dormait dans un vieux registre conservé à la bibliothèque de Narbonne. L’Inventaire des archives de l’archevêché de Narbonne nous apprend que la victime s’appelait Barthélémy Garnier et était originaire de Villerouge-Termenès. Il reste à découvrir le mobile du crime. Risquons une hypothèse : Villerouge était la résidence d’été de l’archevêque de Narbonne, ses habitants dont Barthélémy Garnier étaient donc sans doute des catholiques convaincus. C’est sans doute dans les pâturages d’estive de Cubières où il devait mener des troupeaux de l’archevêque qu’il rencontra Bélibaste. Menaça-t-il Bélibaste de le dénoncer comme hérétique ? Si tel est le cas, on peut accorder les circonstances atténuantes à Bélibaste.

L’essentiel de ce que l’on sait sur Bélibaste est contenu dans les dépositions d’Arnaud Sicre et de Pierre Maury recueillies par l’inquisiteur Jacques Fournier, futur pape sous le nom de Benoît XII. Ces dépositions qui se lisent comme de petits romans ont été publiées par Jean DUVERNOY : Le registre d'inquisition de Jacques Fournier (Évêque de Pamiers), 1316-1325, aux éditions Mouton, Paris, 1978.

Les origines de Bélibaste et le meurtre commis par lui ont été éclairés par un article de G. LANGLOIS : " Notes sur quelques documents inédits concernant le parfait Guilhem Bélibaste et sa famille ", dans la revue Heresis publiée par le Centre d’Études Cathares, n° 25, 1995.

Le seul ouvrage consacré exclusivement à Bélibaste est en italien : Lidia FLÖSS : Il caso Belibaste, Milano : Luni Editrice, 1997.

Enfin, Henri GOUGAUD lui a consacré un roman : Bélibaste, publié aux éditions du Seuil en 1982.
Tous ces ouvrages peuvent être consultés et pour certains commandés au Centre d’Études Cathares à Carcassonne.

Le château des archevêques de Narbonne à Villerouge-Termenès (11), abrite une très belle exposition permanente sur Bélibaste et son temps.

Egalement le Roman de Giovanni BRAIDA "Guillaume Bélibaste, l'ultimo perfetto" ed Mauro Baroni/Mediterranen



Généalogie de la famille BELIBASTE









Achives

Trois actes inédits permettent d’éclairer quelques aspects de l’histoire du dernier parfait occitan connu et de sa famille. Guilhem Bélibaste, rendu célèbre par les travaux de Jean Duvernoy, l’étude d’Emmanuel Leroy-Ladurie sur Montaillou, le roman d’Henri Gougaud et dont la vie est présentée au château de Villerouge-Termenès n’était jusqu’alors connu qu’à travers les sources inquisitoriales. Sept personnes avaient déposé sur Bélibaste et sa famille devant l’inquisiteur Jacques Fournier, parmi lesquelles le berger Pierre Maury de Montaillou, ami de Bélibaste, et le mouchard Arnaud Sicre qui avait permis l’arrestation de Bélibaste.

Les trois actes découverts sont donc précieux. Ces trois actes ne sont connus qu’à travers des analyses, rédigées vers 1640 par le notaire Antoine Rocque dans son Inventaire des archives de l’archevêché de Narbonne.

A défaut des actes originaux disparus à la Révolution, cet inventaire dont l’intérêt avait déjà été signalé par J. Tissier nous livre l’analyse de plusieurs milliers d’actes et registres. Les pièces décrites dans cet inventaire avaient été conservées et analysées pour servir à prouver les droits temporels ou spirituels de l’archevêque de Narbonne. Aussi les mentions d’hérésie y sont rares et le plus souvent marginales dans le contenu des actes.



Les actes ont été transcrits tels quel, en respectant l’orthographe et la ponctuation d’Antoine Rocques.
B. Inventaire des archives de l’archevêché de Narbonne, tome 3, Inventaire des actes de Cubieres, f° 211 v°.



Acte I







Ce 1er acte nous apprend qu’un certain Raimond Bélibaste avait une maison dans le village de Cubières en 1260. Ce Raimond est peut-être le grand père de Guilhem Bélibaste. Quoi qu’il en soit la famille Bélibaste apparaît établie à Cubières depuis au moins le milieu du XIIIe siècle.

On savait par la déposition de Pierre Maury que Guilhem Bélibaste avait fuit Cubières entre Pâques 1305 et le 24 juin 1306 après avoir tué un berger au cours d’une rixe. Le second acte confirme l’existence de ce meurtre et la date (avant fin 1307). Cet acte précise qu’une procédure judiciaire avait été lancée par l’archevêque de Narbonne, (sans doute par son bayle de Villerouge), procédure qui permet de mieux expliquer la fuite de Bélibaste. Il précise aussi que les biens de Bélibaste avaient été confisqués au profit de l’archevêque, suite à la condamnation pour meurtre. Quels étaient ces biens? Sa part de l’héritage de ses parents? Cela suppose alors que Guilhem senior ou sa femme était décédé avant fin 1207, soit peu avant ou peu après la fuite de leur fils. Quoi qu’il en soit, suite à cette confiscation, le fils et la femme que Guilhem junior laissa à Cubières restèrent sans doute fort démunis au point de vue matériel. Ce qui permettrait d’expliquer leur décès avant 1311, à moins que la justice y soit pour quelque chose.




B. Inventaire des archives de l’archevêché de Narbonne, tome 3, Inventaire des actes de Villerouge, f° 156 v°.



ACTE II






Ce 2ème acte nous éclaire enfin sur les raisons du choix de Villerouge-Termenès comme lieu d’exécution de Guilhem en 1321. Bélibaste avait été remis au bras séculier, en l’occurrence l’archevêque de Narbonne seigneur de Cubières et Villerouge-Termenès. On avançait que Villerouge avait du être choisi car il s’agissait de faire un exemple sur des terres, le Termenès, encore imprégnées par l’hérésie, car Villerouge était le siège de la baylie de l’archevêque dont dépendait Cubières, et que l’archevêque qui assistait probablement à l’exécution y avait une résidence. Deux raisons supplémentaires expliquant ce choix peuvent-être avancées. C’est probablement le tribunal seigneurial de l’archevêque à Villerouge qui avait condamné pénalement Bélibaste pour meurtre. Il fallait montrer la puissance de la justice seigneuriale de l’archevêque qui ne laissait pas ce crime impuni. L’acte nous apprend aussi que le berger victime de Bélibaste s’appelait Barthélémy Garnier et était originaire de Villerouge. L’exécution rendait donc justice à un habitant de Villerouge.




B. Inventaire des archives de l’archevêché de Narbonne, tome 3, Inventaire des actes de Cubieres, f° 215 v°-216.

ACTE III






Le 3ème acte concerne Arnaud, un des frères de Guilhem. On savait peu de chose sur Arnaud qui n’apparaît que deux fois dans le registre de Jacques Fournier. Pierre Maury qui est le seul à en parler semble l’avoir peu connu, et n’est pas tout à fait sûr qu’Arnaud était hérétique (à moins qu’il ne mente par omission mais c’est peu probable, cela supposerai que Pierre Maury ne soit pas au courant de la condamnation d’Arnaud et tente de le protéger). L’acte précise qu’Arnaud a été condamné à mort pour hérésie et ses biens, un casal, confisqués au profit de l’archevêque de Narbonne avant fin 1312. Arnaud était donc bien cathare.





Les condamnations à mort pour hérésie étant relativement rares, trois hypothèses pourraient expliquer sa condamnation. Soit Arnaud était un relaps, c’est à dire qu’il avait abjuré l’hérésie puis avait été convaincu d’y être revenu; soit il était parfait; soit encore il avait refusé d’abjurer sa foi. Quel que soit l’hypothèse, cette condamnation montre que c’était un cathare convaincu. Cette condamnation a-t-elle été appliquée ? L’hypothèse qu’il ait été condamné par contumace alors qu’il était en fuite est peu probable, car il aurait alors rencontré d’autres cathares et aurait été signalé par certains dans leurs dépositions devant l’Inquisition.
(Article publié dans la revue Heresis, n° 25, décembre 1995, pp. 130-134.)


SOURCE : http://www.cubieres-sur-cinoble.fr/belibaste.html
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 15:33

Innoncent III, pape



Lotario (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216), de la famille des comtes de Segni, élu pape le8 janvier 1198 sous le nom d’Innocent III, est considéré comme l’un des plus grands papes du Moyen Âge.


Théologien et homme d’action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu’il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d’exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzmán ainsi que saint François d’Assise et ses frères mineurs et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements (dont le mariage), la réforme de l’Église, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.


C’est sous son pontificat qu’eut lieu la quatrième croisade(1) , qui échappa à son contrôle en s’achevant par le sac de Constantinople(2) par les croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxes et catholiques.



1. Avant l’élection au pontificat



Giovanni Lotario ou Lothaire est issu par son père, Trasimond, de la puissante famille des comtes de Segni, descendants de la Gens Anicia (3) et des comtes de Tusculum(4) lesquels avaient donné à l’Église beaucoup de papes, et par sa mère de la noblesse romaine. Il étudie la théologie d’abord à Rome puis à Paris, où il reçoit l’enseignement de Pierre de Corbeil(5) en même temps qu’Étienne Langton(6) et Robert de Courçon(7) , qu’il élèvera plus tard à la dignité de cardinal. Il effectue ensuite un bref passage par Bologne, où il est l’élève du canoniste Hugues de Pise, qui lui inspirera un programme politique, la théocratie pontificale. En 1186, il retourne à Rome, où Grégoire VIII(08) l’ordonne sous-diacre. Il entame alors une carrière à la curie(9) . Clément III(10) , son oncle, le nomme en 1190 cardinal-diacre à Saints-Serge-et-Bacchus(11) , église diaconique (12) de Rome.


Cet homme beau, distingué, énergique et hiératique devient rapidement le cardinal le plus en vue et le plus brillant de la curie4. Infatigable travailleur, sa santé fragile lui vaudra de contracter plusieurs graves maladies.


Entre 1190 et 1198, il rédige le traité De la misère de la condition humaine (De Miseria Condicionis Humane), aussi appelé Le mépris du monde (De contemptu mundi) ; un traité sur le mariage (De quadripartita specie nuptiarum, Les quatre sens du mariage), et un autre sur la messe, Les mystères des messes (De missarum mysteriis).


Alors qu’il est le plus jeune des cardinaux (37 ans), il est élu pape à l’unanimité, en 1198, le jour même de la mort de Célestin III(13)



2. La théocratie pontificale




Lotario pourrait avoir choisi son nom de pape en référence à son prédécesseur Innocent II (14) (1130-1143), qui avait imposé à l’empereur de reconnaître la supériorité du Sacerdoce sur l’Empire en se prêtant, en 1131 à Liège, à un rituel (décrit dans la Fausse Donation de Constantin(15) ) au cours duquel le titulaire de l’Empire, à pieds, promenait par la bride un cheval blanc sur lequel le pape était monté.


C’est Innocent III qui impose le monopole de la papauté sur le titre de « vicaire du Christ », jusque-là partagé par les évêques (le titre de « vicaire de Pierre » étant alors abandonné)8. À travers ses lettres, ses sermons et ses bulles, se développe une doctrine théocratique cohérente de la plenitudo potestatis (« plénitude de puissance ») qui confère au pape une puissance illimitée ; le programme de la Réforme grégorienne(16) est ainsi porté à son aboutissement. Innocent III soutient ainsi l’idée que le pape détient seul l’entière souveraineté (l’auctoritas (17) des Romains). Les princes possèdent la potestas, (18) c’est-à-dire la puissance politique qui leur est donnée directement par Dieu. Ils accomplissent comme ils l’entendent leur office dans leur domaine. Il en découle que les souverains ne peuvent se soustraire à l’autorité pontificale pas plus que les Églises nationales. « Nous avons été institués prince sur la Terre (...) avec le pouvoir de renverser, de détruire, de dissiper, d’édifier et de planter ». Il déclare au patriarche de Constantinople que l'univers entier a été confié à saint Pierre et à ses successeurs.


Cependant, sa doctrine est plus souple que celle des dictatus papae (19) énoncés au temps de Grégoire VII(20) (1073-1085) : bien qu’il soutient la supériorité du pouvoir spirituel, Innocent III limite l’intervention du pape dans le domaine temporel à trois cas : un grave péché des princes, la défense des biens ecclésiastiques et la nécessité de trancher dans un domaine où nulle juridiction n’est compétente. Ainsi, il se comporte comme l’arbitre incontesté de l’Occident chrétien et porte à son zénith la théocratie pontificale.


Le Pape veut en outre réaliser sur Terre la Cité céleste(21) , placée sous son autorité. Il s’agit d’augustinisme politique(22) , en référence à saint Augustin ; mais là où Augustin décrivait un idéal eschatologique, Innocent III prétend le réaliser sous son pontificat. Pour ce dernier, l’Église doit promouvoir la Cité céleste sur Terre et ainsi faire régner la paix et l’ordre.


Dans sa lettre Etsi non displiceat (23) de 1205, Innocent III condamne quelques activités des juifs et exhorte Philippe Auguste à mettre fin à ces abus dans son domaine (en latin : abusiones huiusmodi de regno Francorum studeas abolire) et à « persécuter les loups qui ont adopté l’air de brebis afin de démontrer la ferveur avec laquelle Sa Majesté (regia celsitudo) professe la foi chrétienne ». Auparavant, il n’a pas hésité à jeter l’interdit(24) sur le royaume de France lorsque Philippe Auguste, en 1196, fait annuler son mariage avec Ingeburge de Danemark (25) pour épouser Agnès de Méran(26) . Il frappe aussi l’Angleterre d’interdit puis excommunie (27) le roi Jean sans Terre(28) quand celui-ci refuse l’accession d’Étienne Langton au siège de Cantorbéry en 1208. Lorsque Jean se plie à la volonté papale et demande son pardon en 1213, le pape exige une soumission complète. Le roi doit réparer les dégâts causés dans les églises pendant le conflit et se reconnaître vassal du Saint-Siège. Il prend deux ans plus tard la défense du souverain contre les barons révoltés, qui, à ses yeux, menacent la paix de la chrétienté — révolte qui aboutit à la promulgation de la Magna Carta(29) . À l’image de l’Angleterre, les rois d’Aragon, de Bulgarie et du Portugal se reconnaissent vassal du pape.


3. La lutte contre les empereurs germaniques


Le pape tente de rétablir son autorité sur Rome et ses propres États. Il liquide définitivement ce qui restait de la République romaine en obtenant la démission de la municipalité et la révocation des officiers nommés par le Sénat républicain. Le préfet, jusqu’alors agent de l’empereur, devient un fonctionnaire du Saint-Siège. Ces mesures entraînent la révolte des Romains dirigée par la noblesse. Il faut environ six ans au pape pour reprendre le contrôle de la ville. Innocent III parvient dans le même temps, à mettre la main sur l’héritage de la comtesse Mathilde de Toscane(30) , la marche d’Ancône(31) , la Campanie, le duché de Spolète(32) .


Il joue aussi des rivalités entre les Hohenstaufen(33) , la maison du défunt empereur, et les guelfes. Au poste d’empereur, les guelfes font élire Otton de Brunswick(34) tandis que les partisans des Hohenstaufen, majoritaires, font élire le frère du roi, Philippe de Souabe. (35) Innocent III profite de l’occasion pour affirmer les droits supérieurs de la papauté. Dans la décrétale(36) Per Venerabilem (37) de 1202, il affirme qu’en cas de contestation de l’élection impériale, la décision finale appartient au pape.


Il favorise d’abord le guelfe Othon IV, qui, pour obtenir le soutien pontifical, lui a promis la souveraineté totale des États de l’Église, plus l’exarchat de Ravenne(38) , les domaines de la comtesse Mathilde, la marche d’Ancône, le duché de Spolète et la reconnaissance de sa souveraineté sur la Sicile. Mais dès que son pouvoir est affermi, Othon IV renie sa promesse et se comporte comme tous les empereurs précédents. Innocent III excommunie alors Othon IV en 1210 et favorise la marche au pouvoir de Frédéric II, son pupille. Celui-ci est couronné roi à Aix-la Chapelle en 1215 après avoir donné au pape toutes les garanties sur le maintien des droits de l’Église et sur la séparation des royaumes germaniques et de Sicile.



4. Innoncent III et les croisades




a) croisades en pays chrétien


Innocent III est à l’origine du détournement de l’idée de croisades : il forge l’idée de « croisades politiques » qui sera reprise par ses successeurs. Il est le premier à lever des taxes pour financer les croisades, et aussi à exprimer le droit à « l’exposition en proie », c’est-à-dire le droit pour le pape d’autoriser les catholiques à s’emparer des terres de ceux qui ne réprimeraient pas l’hérésie. Dès 1199, il menace ainsi de lancer une croisade contre un partisan de l’empire.


À partir de 1207-1208, Innocent III fait prêcher la croisade contre les Albigeois. Dans une lettre aux évêques du Midi, il expose pour la première fois les principes justifiant l’extension de la croisade en pays chrétien : l’Église n’est pas obligée de recourir au bras séculier pour exterminer l’hérésie dans une région ; à défaut du suzerain, elle a le droit de prendre elle-même l’initiative de convoquer tous les chrétiens, et même de disposer des territoires des hérétiques en les offrant, par-dessus le suzerain, comme butin aux conquérants. Il offre à tous ceux qui participeraient à la réduction de l’hérésie les mêmes indulgences que pour les croisés de Terre sainte mais en plus, ils leur donnent les terres conquises lors de la croisade. Le IVe concile du Latran de 1215 confirme ces dispositions. Le concile ordonne aussi la prédication d’une nouvelle croisade dans toute la chrétienté. Il demande l’indulgence plénière laquelle est étendue à ceux qui contribuent à la construction de bateaux pour la croisade alors que jusque-là seuls les combattants en bénéficiaient. C’est un appel direct aux armateurs de villes italiennes. Il décide par ailleurs de frapper les revenus ecclésiastiques d’un impôt d’un vingtième et les biens de pape et des cardinaux d’un impôt d’un dixième. La cinquième croisade aura lieu après la mort d’Innocent.


b) IVème croisade


Dès le début de son pontificat, il souhaite lancer une nouvelle croisade vers les lieux saints d’inspiration purement pontificale, contrairement aux précédentes organisées sous l’impulsion de divers souverains. La croisade est prêchée en France par le légat Pierre Capuano (39) et le curé de Foulques de Neuilly(40) avec beaucoup de succès. Philippe de Souabe, beau-frère d’Alexis Ange(41) , fils de l’empereur byzantin déchu Isaac II(42) , promet l’aide de l’Empire byzantin pour la croisade si Isaac est rétabli sur son trône. Innocent III espère tirer parti des divisions byzantines pour rétablir l’unité de l’Église. Mais la IVe croisade ne prend pas le tour prévu par le pape. Les croisés qui ne peuvent pas payer leur voyage aux armateurs vénitiens sont détournés par eux à Zara sur la côte dalmate qu’ils prennent pour Venise. Le pape excommunie les croisés et Venise mais lève très vite l’excommunication pour les croisés. Après une nouvelle déviation de la croisade vers Constantinople et la prise de la ville par les croisés et les Vénitiens le 13 avril 1204, Innocent III accepte d’abord le fait accompli, se satisfaisant des promesses d’union des Églises et de soutien aux États latins d’Orient. Mais, informé des excès des croisés, il parle de détournement de la croisade, dont il accuse les Vénitiens. L’idée d’une déviation de cette croisade est donc contemporain des évènements.

Innocent III est méprisant envers les Grecs qu’il indispose. Quand le clergé de Constantinople écrit au pape en 1208 pour reconnaître sa primauté et demander l’autorisation d’élire un patriarche de rite grec à côté du patriarche latin, comme à Antioche et à Jérusalem, le pape ne daigne même pas leur répondre.


5. La persécution de l’hérésie


Innocent III cherche à mieux contrôler le clergé de manière à mettre fin aux critiques adressées à certains de ses membres. Il s’appuie sur les cisterciens pour lutter contre l’hérésie cathare. Il désigne parmi eux ses légats (43) avec pleine autorité sur les évêques en la matière. Leur action est plutôt inefficace. En 1208, le meurtre de l’un d’entre eux, Pierre de Castelnau(44)
, permet au pape de lancer la croisade contre les Albigeois, à laquelle il avait appelé à plusieurs reprises depuis 1204. Il est ainsi à l’origine d’une guerre particulièrement violente contre les anticléricaux et évangélistes du Midi de l’actuelle France, déclarés hérétiques.


Dès 1199, Innocent III a développé la lutte contre les hérésies. Dans sa bulle pontificale(45) Vergentis in senium (25 mars 1199), il assimile l’« aberration dans la foi » à un crime de lèse-majesté, concept romain redécouvert à cette époque par les autorités laïques. En 1205, dans sa bulle Si adversus vos, il condamne ceux qui viennent à la défense des hérétiques, leur interdisant de fait le secours d’un avocat, voire de témoins à décharge. La procédure inquisitoire, destinée à la répression de tous les méfaits (et pas seulement des hérésies) est complétée et codifiée par une série de décrétales, en particulier Licet Heli (1199) et Qualiter et quando (1206). Toutes les dispositions relatives à la procédure inquisitoriale seront reprises et mises en ordre par le même Innocent III en novembre 1215 à l’occasion du IVe concile du Latran, au 8e canon, lui aussi nommé Qualiter et quando.


Ce concile marque l’aboutissement des efforts d’Innocent III pour le rétablissement de l’orthodoxie catholique. Il affirme (principalement pour condamner les cathares) la Trinité, l’incarnation humaine du Christ, et introduit dans le dogme, sous l’influence des théologiens Pierre Lombard(46) et Étienne Langton, le concept de la transsubstantiation(47)
qui est défini comme dogme pour la première fois dans un canon de l’Église catholique. La simonie(48) et le nicolaïsme(49) sont de nouveau condamnés, de même que, pour les clercs, l’ivrognerie, le jeu, la participation aux festins et aux duels ou encore la pratique de la chirurgie. Il est rappelé que les contributions des fidèles sont volontaires et qu’il est hors de question de les tarifer. En 1210, il voit en rêve saint François d'Assise soutenant la basilique Saint-Jean de Latran en ruines. Frappé par ce rêve, il valide verbalement la première règle rédigée par François régissant la fraternité naissante. Malgré leur vision radicalement différente de l'Église, Innocent III et François se sont respectés. Innocent III est très souvent représenté aux côtés de saint François.


En 1216, il entreprend un voyage en Italie du Nord afin d’user de son autorité pour rétablir la paix entre Gênes et Pise. De passage à Pérouse, il est atteint de fièvre et y meurt le 16 juillet. Il y est inhumé dans la cathédrale San-Lorenzo. Ses restes, mêlés en 1615 dans une urne à ceux d’Urbain IV(50) et de Martin IV(51) , sont par la suite transférés en 1891 à la basilique Saint-Jean de Latran.


Face à la montée des hérésies en France (Vaudois, Cathares…), qui utilisent des traductions en langues vulgaires de la Bible, il interdit à plusieurs reprises les traductions en français de la Bible.


6. Chronologie



• 1198 : Innocent III prêche la quatrième croisade pour reprendre Jérusalem ; le commandement de l’expédition était confié au marquis Boniface de Montferrat. Cependant, cette croisade s’arrêta à Constantinople et la mit à sac.
• 1199 : il envoie une première lettre à l’évêque de Metz afin de l’encourager à réprimer ceux qui traduisent et lisent la Bible enfrançais. Ordonne par une bulle la soumission de Dol-de-Bretagne à l’archevêque de Tours.
• 1200 : il jette l’interdit sur le royaume de France pour contraindre Philippe II à répudier Agnès de Méranie et rendre à son épouse Ingeburge de Danemark sa place de reine.
• 1203 : il envoie deux légats, Pierre de Castelnau et Raoul de Fontfroide, auprès du comte de Toulouse Raymond VI afin de l’inviter à mener une croisade sur ses terres.
• 1207 : il fait prêcher la croisade contre les Albigeois.
• 1208 : il jette l’interdit sur le royaume d’Angleterre après son conflit avec Jean sans Terre sur la nomination de l’archevêque de Cantorbéry.
• 1209 : il décrète la croisade contre les Albigeois, avec les mêmes indulgences pour les croisés que celles accordées aux combattants de Terre sainte. Bataille de Las Navas de Tolosa (1212).
• 1210 : il approuve la première communauté des frères franciscains.
• 1210 : il excommunie Otton IV du Saint-Empire tout en soutenant Frédéric II de Hohenstaufen.
• 1211 : il demande à l’évêque de Metz de s’opposer à ceux qui possèdent des Bibles en français ; des abbés missionnaires prêchent contre les traductions françaises et brûlent les Bibles en français.
• 1213 : il obtient la soumission de Jean sans Terre.
• 1215 : il reconnaît l’université de Paris.
• 1215 : il ordonne la cinquième croisade, vers l’Égypte.






(1) la quatrième croisade est une campagne militaire qui fut lancée de Venise en 1202. Levée à l'origine en vue de reconquérir les lieux saints, elle aboutit cependant à la prise deConstantinople par les croisés et à la fondation de l'Empire latin d'Orient en 1204 avec pour capitale Constantinople, qui se maintiendra jusqu'en 1261 avant d'être reconquis par lesByzantins.






(2) le sac de Constantinople : Le siège de Constantinople de 1204 par les Croisés fait suite au premier siège et aboutit à la prise et au saccage de la capitale de l'Empire byzantin. Après sa chute, l'Empire latin est fondé et Baudouin de Flandre se voit couronné empereur sous le titre de Baudoin Ier de Constantinople dans la cathédrale Sainte-Sophie. C'est un des épisodes majeurs des conflits entre chrétienté d'orient et d’occident.






(3) Anicia : Les Anicii sont les membres de la gens romaine plébéienne Anicia qui devient influente surtout à la fin de l'Empire romain et après sa chute. Elle est aussi connue sous le nom de « famille Anicienne ».






(4) les Comtes de Tusculum furent l'une des plus puissantes familles nobles du Latium, province entourant Rome, du Xe au XIIe siècle. Ils dominaient la ville de Tusculum et la région environnante.

Les comtes étaient issus de la famille des Théophylactes, une famille sénatoriale romaine. Ils disparurent lorsque Raino, mort vers 1179, céda ses possessions à la fin du XIIe siècle. Peu après, en 1191, la ville de Tusculum fut totalement détruite par l'armée de la ville de Rome.






(5) Pierre de Corbeil , né à Corbeil vers 1150 et mort le 3 juin 1222 (ou 1221), est un prélat français du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle, et l'un des plus célèbres professeurs de théologie de son temps.



Pierre est le grand-oncle de Renaud ou Réginald de Corbeil, évêque de Paris.
Son frère, Michel de Corbeil, est successivement chanoine de l'abbaye Saint-Géry à Cambrai, archidiacre dans la cathédrale de Bruxelles, doyen des églises de Laon et de Paris où il est également maître des écoles et archevêque de Sens en avril 1194.
Mathilde, sa sœur, est abbesse de l'abbaye de Chelles.






(6) Etienne Longton - connu en Angleterre sous le nom Stephen Langton (v. 1150 - 1228), est un intellectuel, exégète, théologien, prédicateur, prélat, cardinal et poète liturgique anglais.


Il étudie à Paris où il devint l'ami du cardinal de Conti, futur pape sous le nom d'Innocent III, puis devient professeur, toujours à Paris, en 1180.


En 1205, à la mort de l’archevêque de Cantorbéry Hubert Walter, Innocent III consacre le théologien anglais pour succéder au défunt. Il est nommé cardinal-prêtre au titre San Crisogono. Jean sans Terre, alors roi d'Angleterre, refuse l’entrée en Angleterre de Langton car il souhaite voir accéder à cette charge son ami John de Gray, évêque de Norwich. Étienne Langton s'exile en France, à l'abbaye dePontigny, où on suppose qu'il passe la plus grande partie de ses six ans d’exil.


Le 23 mars 1208, Innocent III jette l’interdit sur le royaume d'Angleterre, paralysant ainsi toute la vie religieuse du pays. Il excommunie le roi quelques mois plus tard. Le roi Jean riposte en confisquant les biens du clergé. Privé de service religieux, le royaume est au bord de la révolte. En mai 1213, le roi est obligé de se soumettre à une humiliante capitulation. Étienne Langton est alors admis comme archevêque, et Jean sans Terre doit payer des dédommagements au clergé et se reconnaître vassal du pape, tout en acceptant de lui verser un tribut de mille marks par an, soit environ un soixantième des taxes directes du royaume.


Les quinze années en Angleterre jusqu’à sa mort (1228) seront difficiles mais fécondes. En particulier, il contribuera à la réconciliation de la royauté anglaise avec la papauté et à l’élaboration de la Magna Carta (1215).


Depuis le XIIIe siècle, on attribue à Étienne Langton la division de la Bible en chapitres qui subsiste de nos jours. Cette division ne lui est pas intégralement imputable, car lui-même ne l'observe pas systématiquement dans ses propres commentaires bibliques. Il lui arrive même de la critiquer. Les versets n'existent pas encore.
Il est très probablement l'auteur de l'hymne Veni Sancte Spiritus, que certains auteurs attribuent à son ami le pape Innocent III. Cependant, ce dernier était sans doute plus homme de pouvoir que grand mystique, ce qui porte à penser qu'il a simplement valorisé cet hymne en le recevant de Langton.






(7) Robert de Courçon (parfois orthographié Courson) est un cardinal anglais, né à Kedleston, mort à Damiette en 1218.

Il étudie à Oxford, Paris, et Rome, avant de devenir en 1211 chancelier de l'Université de Paris. Le pape Innocent III le fait cardinal en1212. En 1213, il prêche la cinquième croisade en France comme légat du pape. En 1215, il donne ses statuts à l'Université de Paris. Il meurt pendant le siège de Damiette.






(08) Grégoire VIII (Alberto di Morra) est un prélat italien qui naquit à Benevento et devint cardinal de Saint-Laurent en Lucina, pape du 21 octobre 1187 au 17 décembre 1187, date de sa mort. Il est appelé « Ensis Laurentii » dans la prophétie de saint Malachie.
Avant de devenir pape, il fut chanoine régulier de l'abbaye Saint-Martin de Laon. Devenu pape en octobre 1187, il leva l'excommunication du roi Henri II d'Angleterre qui avait fait assassinerThomas Becket.
Il émit peu de temps après son accession à la papauté la bulle Audita tremendi qui appelait à latroisième croisade contre les musulmans menés par Saladin, qui venait de conquérir Jérusalem. Il mourut avant de voir le début de celle-ci.






(9) la curie romaine est l'ensemble des dicastères et autres organismes du Saint-Siège qui assistent le pape dans sa mission de pasteur suprême de l'Église catholique. « La Curie romaine dont le Pontife suprême se sert habituellement pour traiter les affaires de l'Église tout entière, et qui accomplit sa fonction en son nom et sous son autorité pour le bien et le service des Églises, comprend la Secrétairerie d'État ou Secrétariat du Pape, le Conseil pour les affaires publiques de l'Église, les Congrégations, Tribunaux et autres Instituts ; leur constitution et compétence sont définies par la loi particulière. »






(10) Clément III (Paolo Scolari) (Rome, vers 1130 - Rome, 27 mars 1191) fut élu pape à Pise le19 décembre 1187. Avant son élection au pontificat, il était cardinal évêque de Palestrina.

Il parvient peu après son élection à calmer les tensions entre l'Église et la population de Rome en permettant aux citoyens romains d'élire eux-mêmes leurs magistrats (tandis que le pape garde le pouvoir de choisir le gouverneur de la ville). Il a fait bâtir le monastère de Saint-Laurent-hors-les-murs, et restaurer le palais du Latran.

Il a organisé le regroupement des forces de la Chrétienté contre les Sarrasins. Il a également incité Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste à entreprendre la troisième Croisade, à laquelle participa le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, qui fut lancée après sa mort par Célestin III et fut un échec (mort de l'empereur Frédéric Barberousse).

« De schola exiet » dans la prophétie de saint Malachie.






(11) Saints-Serge-et-Bacchus : La diaconie cardinalice de Santi Sergio e Bacco (Saints-Serge-et-Bacchus) fut érigée par le pape Agathon en 678 et fait partie des sept diaconies originelles. La diaconie est érigée dans le Forum romain, près de l'arc Septimius Severus. L'édifice est agrandi par Grégoire III.

La diaconie est supprimée en 1587 par le pape Sixte V et l'église détruite plus tard pendant le pontificat de Paul V.






(12) Diaconique : Dans les Églises chrétiennes, la diaconie est l'institution qui organise la charité envers les pauvres et les malades de la communauté. Elle est présentée comme la mise en œuvre de l'Évangile de Jésus-Christ à l'égard des pauvres, comme un témoignage personnel et communautaire et comme un service à l'égard de la personne et de la société.






(13) Celestin III (Giacinto di Pietro di Bobone), né à Rome vers 1106, connu d'abord sous le nom decardinal Hyacinthe (diacre du titre de Sainte-Marie), pape du 14 avril 1191 à sa mort le 8 janvier 1198, fut élu à 85 ans. Il était membre de la célèbre famille Orsini.


Il sacra l'empereur Henri VI du Saint-Empire, avec l'impératrice Constance de Hauteville, ce qui ne l'empêcha pas d'excommunier ce prince en 1194, parce qu'il retenait prisonnier Richard au retour de la croisade. Il condamna le divorce de Philippe-Auguste, donna la Sicile à Frédéric II du Saint-Empire, fils de Henri, à condition qu'il payât tribut au Saint-Siège, fit prêcher des croisades, et approuva la création de l'Ordre Teutonique dont le rôle le plus important était de défendre les pèlerins en Terre Sainte.

Il fut enterré dans la basilique Saint-Jean-de-Latran.
« De rure bovensi » dans la prophétie de saint Malachie. Il reste de lui 17 lettres dans lesEpistolae Romanorum Pontificum de Pierre Coustant.






(14) Innocent II (Gregorio Papareschi), né à Rome (Italie), est un pape du 14 février 1130 au24 septembre 1143.


Membre du clan Guidoni, Gregorio est d'abord chanoine régulier de Saint-Jean de Latran. Nommé cardinal-diacre de Saint-Ange par Pascal II, il suit son successeur Gélase II dans son exil en France. Sous le pontificat de Calixte II, il accompagne le légat pontifical Lambert, cardinal-évêque d'Ostie, dans sa mission en Allemagne. Avec ce dernier, il prend part à l'élaboration duconcordat de Worms, qui en 1122 met fin à la longue querelle des Investitures. À son retour, il s'attache au clan des Frangipani, l'une des grandes familles romaines, contre les Pierleoni, plus populaires.






(15) Donation de Constantin (en latin : Donatio Constantini) est un acte, qui se révéla être un faux, par lequel l'empereur Constantin Ier était censé donner au pape Sylvestre l’imperium sur l'Occident. La papauté s'en servit à partir de la fin du Ier millénaire pour justifier ses prétentions territoriales et politiques. La démonstration de sa fausseté en 1440 par l'humanisteLorenzo Valla est généralement considérée comme l'acte fondateur de lacritique textuelle (herméneutique).

Bien que les motivations de la supercherie demeurent sujettes à spéculations, force est de constater qu'elle servait les intérêts carolingiens et pontificaux. En effet, le Pape souhaitait conserver le territoire que Pépin le Bref lui avait donné après avoir chassé le peuple germain qui l'occupait. L'exarchat de Ravenne était revendiqué par les Byzantins qui le possédaient avant que les Lombards ne réussissent à le reconquérir. Avec la donation de Constantin, le Pape avait théoriquement le droit de conserver ce territoire.


Il comprend deux parties, la première (confessio) faussement datée du quatrième consulat de Constantin (315) et la seconde (donatio) faussement datée aussi du consulat de Ouinius Gallicanus (317).

La confessio fait état de la foi qui a été transmise à Constantin par le pape Sylvestre Ier. Elle décrit également comment ce dernier l'a guéri de la lèpre (épisode repris aux Acta Silvestri du Ve siècle) avant qu'il ne se convertisse.

La donatio est une énumération de territoires et de privilèges que Constantin donne au Pape :
• la primauté sur les Églises d'Orient ;
• les églises du Latran, de Saint-Pierre et de Saint-Paul-hors-les-Murs ;
• des biens dans diverses provinces de l'Empire ;
• le palais du Latran ;
• les insignes impériaux, et les insignes sénatoriaux à l'entourage du pape ;
• Rome, l'Italie et de manière générale l'Occident.

Elle se conclut par une déclaration de retrait de l'Empereur vers l'Orient, laissant ainsi l'Occident au pouvoir (potestas) du Pape.
L'existence du texte n'est pas attestée avant le milieu du IXe siècle. Il est intégré aux Décrétales pseudo-isidoriennes et se répand d'abord en Gaule carolingienne. Curieusement à Rome même, sa vogue est plus tardive. La donation est citée pour la première fois dans un acte pontifical en 979. Elle n'est pas utilisée comme argument avant 1053, dans un texte du cardinal Humbert de Silva Candida. Il est ensuite intégré au Decretum de Gratien. […]
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 15:35


(16) la réforme grégorienne La réforme grégorienne est une politique menée durant le Moyen Âge sous l'impulsion de la papauté. Elle est accompagnée du chant grégorien et caractérisée par le contrôle des prêtres par un moine tous les mois. Si les historiens admettent que le pape Léon IX a commencé le redressement de l'Église, c'est pourtant le pape Grégoire VII qui a laissé son nom à la réforme. De plus, les efforts pour sortir l'Église catholique d'une crise généralisée depuis le Xe siècle se poursuivent bien après le pontificat de Grégoire VII. Ainsi l'expression « réforme grégorienne » peut paraître impropre puisqu'elle ne s'est pas limitée à quelques années mais concerne au total près de trois siècles.

Elle comporte quatre projets principaux :
• L'affirmation de l'indépendance du clergé : les laïcs ne peuvent plus intervenir dans les nominations. Ce point ne va pas sans conflits, notamment entre le pape et les empereurs germaniques qui se considèrent comme les représentants de Dieu sur terre (Querelle des Investitures).
• La réforme du clergé, pour que celui-ci suscite le respect. Le clergé est mieux instruit et l'Église impose le célibat des prêtres ainsi que le mariage chrétien pour les laïcs.
• L'affirmation du rôle du pape : à partir du XIe siècle, le pape met en place une structure centralisée autour de la papauté. En 1059, le pape Nicolas II crée le collège des cardinaux qui élit le nouveau pape. De plus, on voit se développer la curie pontificale qui contrôle ce qui se fait dans l'Église. Enfin, le pape multiplie les interventions pontificales. L'une des plus connues est matérialisée par le Décret de 1059 réformant l'élection pontificale et interdisant le nicolaïsme et la simonie.
• La garantie du travail des moines tout en contrôlant les comptes de l'église, qui fut un sujet très polémique à l'époque.







(17) l’auctoritas est, dans la Rome antique, une « autorité » (cette traduction du terme latin reste en effet « pauvre ») conférée à l'empereur romain en raison de son titre de princeps (« premier » citoyen de Rome).







(18) potestas est un terme latin qui signifie « puissance », « pouvoir ». Il désignait plus particulièrement les pouvoirs d'un magistrat romain, notamment sous la République romaine, selon le droit romain. Theodor Mommsen précise que « la puissance publique est appelée, chez les Romains, à la fois imperium etpotestas ». On parle aussi de potestas pour le pouvoir du pater familias.





(19) le dictatus papæ est un recueil de vingt-sept propositions conservé dans les archives du Vatican parmi des documents relatifs au pontificat de Grégoire VII. Il se trouve entre deux lettres signées de ce pape, l'une et l'autre datée de mars 1075. Les propositions du Dictatus papæ ressemblent à des décrets juridiques. Cependant, ce texte n'a jamais fait l'objet d'une promulgation officielle. Il pourrait s'agir de prises de notes dans des compilations de droit canonique.






(20) Grégoire VII , Ildebrando Aldobrandeschi de Soana, né vers 1015/1020 et mort le 25 mai 1085 à Salerne(Italie), est un moine bénédictin toscan qui devient en 1073 le 155e évêque de Rome et papesous le nom de Grégoire VII, succédant à Alexandre II. Connu parfois comme le moine Hildebrand il est le principal artisan de la réforme grégorienne, tout d'abord en tant que conseiller du pape Léon IX et de ses successeurs, puis sous son propre pontificat.

Cette réforme de l'Église entend purifier les mœurs du clergé (obligation du célibat des prêtres, lutte contre le nicolaïsme) et lutter contre la simonie, le trafic des bénéfices et notamment des évêchés, ce qui provoque un conflit majeur avec l'empereur Henri IV. Celui-ci considère comme relevant de son pouvoir de donner l'investiture aux évêques. Au cours de la Querelle des investitures, Grégoire VII oblige l'empereur excommunié à faire une humiliante démarche depénitence. Cependant cet épisode ne suffit pas à régler le conflit et Henri reprend l'avantage en assiégeant le pape réfugié au château Saint-Ange. Libéré par les Normands, le pape est chassé de Rome par la population, excédée par les excès de ses alliés. Grégoire VII meurt en exil, à Salerne, le 25 mai 1085.

Grégoire VII est considéré comme saint par l'Église catholique ; il est fêté le 25 mai.





(21) La cité céleste : La Cité de Dieu (en latin De Civitate Dei contra paganos : La Cité de Dieu contre les païens) est une œuvre en vingt-deux livres d'Augustin d'Hippone (saint Augustin). Celui-ci rédigea le premier livre en 413 et termina le vingt-deuxième treize ans plus tard.






(22) l’augustinisme politique désigne l'application de la pensée d'Augustin d'Hippone au domaine politique. Cependant, c'est une notion tardive, ambiguë et passablement contestée. Elle peut en effet désigner n'importe quelle interprétation de l'œuvre d'Augustin en vue d'une pensée politique. Ceci s'est fait continuellement dans l'histoire, notamment à partir de lectures de La Cité de Dieu. En ce sens, l'augustinisme politique pourrait être l'ensemble de ces interprétations. L'expression « augustinisme politique » a aussi été employée pour désigner des théories qui n'ont aucun rapport direct avec saint Augustin.


La notion d'augustinisme politique a été proposée par Henri-Xavier Arquillière en 1934 dans L'Augustinisme politique, essai sur la formation des théories politiques au Moyen Âge. Il s'agissait pour l'auteur de ce concept de circonscrire sous ce terme des interprétations médiévales de l'œuvre d'Augustin qui auraient déformé sa pensée. Cette élaboration théorique a lieu au moment où les débats théologiques sont mobilisés par la question des rapports entre l'Église et l'État, quelques années avant la création de l'État du Vatican.







(23) Etsi non displiceat est une lettre pontificale, rédigée par le pape Innocent III et nommée d'après ses premiers mots « Même si cela ne déplaît pas au Seigneur et qu'il lui est plutôt acceptable que dans les royaumes catholiques vivent et servent les juifs dispersés » (en latin: « Et si non displiceat Domino, sed ei potius sit acceptum ut sub catholicis regibus et principibus christianis vivat, et serviat dispersio Judaeorum »). Elle est datée du février 1205 et s'adresse au roi de France Philippe Auguste.






(24) l’interdit : Dans le Code de droit canonique de 1983, l’interdit est une sanction pénale appartenant, avec l'excommunication et la suspense, à la catégorie des censures ou peines médicinales. Il était autrefois considéré comme une peine expiatoire.

Elle peut être portée par le pape ou un évêque et a pour effet, jusqu'à son absolution, la privation des biens spirituels : offices divins, sépulture en terre consacrée, sacrements. On distingue :
• l'interdit local, pesant contre une église, une paroisse, un diocèse, une communauté religieuse, voire un pays entier ;
• l'interdit personnel, pesant contre un fidèle, qu'il soit clerc ou laïc, ou un groupe de fidèles.





(25) Ingeburge de Danemark ou encore Ingeborg ou Isambour (en danois : Ingeborg af Danmark), reine des Francs.


Née en 1174, elle est la fille de Valdemar Ier, "le grand", roi de Danemark et de Sophie de Polock.
Le 14 août 1193 en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, Ingeburge devient reine de France en épousant le roi Philippe II "Auguste", veuf d'Isabelle de Hainaut. Sa dot est fixée à 10 000 marcs d'argent.


Nul n’a su les raisons véritables qui poussèrent le roi Philippe II de France à se séparer de la reine Ingeburge de Danemark. Les chroniqueurs s’entendent à dire que la reine était agréable et éduquée. Ce mariage avait été souhaité par le roi de France, pourtant, l’union semblait tellement impossible à Philippe, qu’il engagea son destin sans le savoir dans un bras de fer dont il ne sortit pas vainqueur.
Tout commence bien pourtant. Pour s’épargner une toujours possible annulation en consanguinité (cf. Louis VII de France et Aliénor d’Aquitaine), le jeune roi de France veuf d’Isabelle de Hainaut depuis deux ans cherche une nouvelle reine et une épouse pour consolider sa fragile descendance. Son choix se porte sur le Danemark gouverné par Knud VI de Danemark qui accepte le mariage de sa sœur Ingeburge avec le roi de France. La dot est âprement débattue et fixée à 10 000 marcs d’argent, une lourde charge pour un petit royaume.


Le 14 août 1193, le mariage fut célébré à Amiens et Ingeburge fut couronnée reine le lendemain. Les témoins du mariage dirent que le roi était fébrile la veille de la cérémonie et que le lendemain même de ses noces, Philippe, sans qu’il ne s’en explique demanda aux ambassadeurs du Danemark de repartir avec Ingeburge, ce qu’ils refusèrent en quittant le royaume de France sur le champ. La reine fut d’abord conduite au prieuré de Saint-Maur puis à l'Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing et Philippe II entama une procédure d’annulation de mariage.


Le 5 novembre 1193, la dissolution du mariage fut prononcée grâce à la complaisance de Guillaume de Champagne, archevêque de Reims et oncle du roi de France. La reine qui restait seule et sans soutien ne parlait ni français ni latin ; le peu de vocabulaire dont elle disposait dans cette langue lui permit toutefois d’exprimer son désaccord sur l’annulation du mariage par ses mots « mala Francia » « Roma, Roma ». Elle demandait par ces mots l’intervention du pape Célestin III.


Se considérant libre de tous liens matrimoniaux grâce aux évêques complaisants et à la faiblesse du pape, Philippe II chercha une reine de France qui puisse lui assurer une postérité, car il n’avait qu’un seul fils.


La situation d’Ingeburge était connue dans toutes les cours d’Europe, si bien que Philippe eut beaucoup de mal à convaincre les candidates de la pureté de ses intentions. Ingeburge était soutenue par les princesses d’Europe vassales du royaume de France, son psautier nous apprend qu’elle tenait notamment en grande estime la comtesse Eléonore de Vermandois nièce d’Aliénor d’Aquitaine qui elle-même avait été retenue prisonnière par Henri II d'Angleterre pendant 14 années.

C’est donc d’une union moins éclatante que Philippe II dut se contenter avec Agnès de Méranie, fille de Berthold IV duc de Méranie, dont il s’éprit d’autant plus sincèrement que ce devait être l’union de la dernière chance au vu de sa situation.


La résistance inattendue d’Ingeburge dont Philippe pensait venir à bout rapidement fut pour la reine de France répudiée et déchue le début d’une longue captivité qui dura 20 ans pendant laquelle elle subit toutes sortes d’humiliations, de sévices psychologiques et de privations extrêmes passant de couvent en prison. La papauté consacra au dénouement de cette tragédie matrimoniale et politique pas moins de quatre conciles qui conclurent tous à la vanité des arguments en faveur de l’annulation puisqu’il n’y avait pas de consanguinité, que le mariage avait été consommé, que l’épouse persistait à vouloir rester dans les liens du mariage au contraire de l’époux qui les avait bafoués sciemment.






(26) Agnès de Méran : Agnès ou Marie de Méranie, ou Agnès d'Andechs née vers 1172, morte le 19 juillet 1201 àPoissy), est une fille de Berthold IV, duc de Méranie, et d'Agnès de Wettin. Elle est devenue reine des Francs par son mariage avec Philippe II de France.


Veuf d'Isabelle de Hainaut, le roi Philippe II se remarie le 14 août 1193 avec Ingeburge de Danemark, mais pour des raisons encore inexpliquées, la prend en horreur le lendemain de sa nuit de noces, et fait annuler le mariage le 5 novembre 1193 par une assemblée d'évêques complaisants.
Le 1er juin 1196, Agnès devient la troisième épouse de Philippe Auguste.





(27) l’excommunication (du latin ecclésiastique ex-communicare, « mettre hors de la communauté ») est, chez les catholiques, lesorthodoxes, les Amish et les Témoins de Jéhovah, une exclusion de la communauté chrétienne et de la communion ecclésiale. Cette sanction, que seul un évêque peut prononcer chez les catholiques et les orthodoxes, et seulement pour de très sérieux motifs, est la plus grave des peines canoniques. Elle exclut la possibilité de recevoir les sacrements et l'exercice de certains actes ecclésiastiques. L'excommunication frappe entre autres les schismatiques et les hérétiques. Lors d'une excommunication cependant l'Église ne se prononce pas sur le 'salut éternel' d'une personne. L'excommunié est « remis entre les mains de Dieu ».


C'est la peine canonique la plus ancienne dans le christianisme. Chez les premiers chrétiens, elle consiste en une exclusion de l'assemblée eucharistique : c'est la reprise de la pratique juive de l'exclusion de la synagogue, à laquelle le Nouveau Testament fait allusion en différents passages1. La conception chrétienne s'en écarte cependant par la suite : l'Église des chrétiens n'est pas conçue seulement comme une communauté de fidèles, comme la synagogue juive, mais aussi comme étant le corps du Christ.






(28) Jean sans Terre : Jean (24 décembre 1166 ou 1167 – 18/19 octobre 12162), dit sans Terre fut roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1199 à sa mort.

Cinquième et dernier fils du roi Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, Jean n'était pas destiné à monter sur le trône ou à recevoir un quelconque territoire en héritage ; il fut donc surnommé Jean sans Terre par son père. Cela changea après la révolte ratée de ses frères aînés entre 1173 et 1174 et il devint le fils préféré d'Henri II qui le fit seigneur d'Irlande en 1177 et lui accorda des terres sur le continent. La mort de trois de ses frères (Guillaume, Henri et Geoffroy) et l'accession au trône de Richard Ier en 1189 en fit l'héritier apparent. Jean tenta sans succès de prendre le pouvoir alors que son frère participait à la Troisième croisade mais il devint finalement roi en 1199.

Le nouveau monarque fut immédiatement confronté à la menace posée par le roi Philippe II de France sur ses territoires continentaux formant l'Empire Plantagenêt. Il perdit ainsi la Normandie en 1204 notamment en raison du manque de ressources militaires et de son traitement méprisant des nobles poitevins et angevins. Il consacra la plus grande partie de son règne à tenter de reconquérir ces territoires en formant des alliances contre la France, en accroissant les revenus de la Couronne et en réformant l'armée. Malgré ses efforts, une nouvelle offensive en 1214 se solda par la défaite de ses alliés à Bouvines et il fut contraint de rentrer en Angleterre.

Irrités par le comportement jugé tyrannique du souverain et par la forte hausse des impôts et des taxes destinés à financer sa politique continentale, les barons anglais se révoltèrent à son retour. La dispute entraîna la signature en 1215 de la Magna Carta garantissant les droits des hommes libres du royaume mais ni Jean, ni les nobles ne respectèrent ses dispositions. La première guerre des barons éclata peu après et le roi dut affronter les rebelles soutenus par le prince Louis VIII de France. La situation fut rapidement bloquée et Jean mourut de la dysenterie en 1216 alors qu'il faisait campagne dans l'Est de l'Angleterre. Sa mort apaisa les tensions, ce qui permit à son fils et successeur Henri III de prendre définitivement l'ascendant sur les rebelles l'année suivante.

Les évaluations historiques du règne de Jean ont fait l'objet de nombreux débats et ont considérablement varié selon les époques. Considéré comme un « héros proto-protestant » par les historiens Tudor en raison de son opposition au pape Innocent III qui lui valut l'excommunication, il a également été présenté comme un tyran par ses contemporains et les historiens de l'époque victorienne. Le consensus actuel est qu'il fut un « administrateur appliqué et un général compétent » affligé d'une personnalité méprisante et cruelle. Ces aspects négatifs ont servi de base à de nombreuses œuvres de fiction depuis Shakespeare et Jean reste un personnage influent de la culture populaire notamment via les aventures de Robin des Bois.





(29) Magna carta La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachée par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai, par les rebelles. Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France, en particulier à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.





(30) Mathilde de Toscane , aussi appelée comtesse Mathilde ou Mathilde de Canossa et parfois Mathilde de Briey (née v. 1045-1046 à Mantoue et morte le 24 juillet 1115 à Bondeno di Roncore), est une princesse qui a joué un rôle très important pendant la querelle des Investitures.

Mathilde est la fille de Boniface III, marquis de Toscane, et de Béatrice de Bar, fille de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie, et de Mathilde de Souabe. Elle naît vers 1045-1046 et son prénom est un hommage à sa grand-mère maternelle.

Son enfance est troublée par le meurtre de son père Boniface III († 1052) au cours d'une chasse et les morts mystérieuses de sa sœur aînée Béatrice († 1053) et de son frère Boniface IV († 1055)1. Mathilde demeure la seule héritière de sa famille et détient des possessions à la fois en Italie — avec en particulier le château de Canossa et le marquisat de Toscane, et une partie de la Lombardie avec Modène, Reggio, Mantoue, Ferrare, Crémone — et en Lorraine, avec le comté de Briey. […]






(31) la Marche d’Ancône (ou les Marches d'Ancône) (en italien, Marca anconitana) est une ancienne province des États pontificaux située le long de l'Adriatique, au sud de la légation d'Urbino. Elle correspond aujourd'hui à la province d'Ancône, en Italie. C'est l'une des quatre provinces instituées en 1210 par le pape Innocent III, à l'intérieur des États de l'Église.






(32) Duché de Spolète Ville d'Italie, dans la province de Pérouse, Spolète fut le siège d'un duché lombard puis franc et d'une principauté assez importante qui fut incorporée aux États de l'Église en1228.






(33) Hohenstaufen ou, de façon plus usitée en Allemagne, Staufer sont une famille noble du Saint-Empire romain germanique.


Au milieu du XIe siècle, la famille Hohenstaufen est l'une des familles les plus puissantes de la partie rhénane du Saint Empire romain germanique. Son influence fut considérable, alors même qu'elle possédait initialement peu de territoires, limités à trois zones principales : Büren et Lorch (en Wurtemberg, Allemagne) d'une part, et, en Alsace, Haguenau, Sélestat et le château du Haut-Kœnigsbourg d'autre part.

La dynastie Hohenstaufen est connue pour des personnalités éminentes, dont en particulier Fréderic II, empereur romain germanique de 1220 à 1250, ou encore son grand-père Frédéric Ier Barberousse. Conrad III avait été le premier de la lignée à accéder à la dignité impériale, en 1138.
[…]






(34) Otton de brunswick (1175/1176 probablement en Brunswick - † 19 mai 1218 à Harzburg),comte de Poitou, (1196-1198), élu sous le nom d'Otton IV, empereur des Romains en 1209 et déposé en 1215 et duc de Souabe (1208-1212). Il est inhumé en l'église Saint-Blaise de Brunswick. C'est le dernier grand représentant de la puissante famille des Welf (guelfes).

Fils du duc de Bavière et de Saxe, Henri le Lion, et de Mathilde d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, et d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine.

Son oncle Richard Cœur de Lion essaie de le créer comte d'York, et par mariage roi d'Écosse, mais comme ces tentatives échouent, il lui donne le comté de Poitou en 1196. Il le reste jusqu'au 9 juin 1198, date où certains électeurs de l'Empire l'élisent roi des Romains, première marche pour accéder au titre impérial.

Le 21 juin 1208, son rival, Philippe de Souabe, qui avait été aussi élu roi de Germanie en mars 1198 par d'autres électeurs, est assassiné par Otton de Wittelsbach, comte palatin de Bavière. Son concurrent étant mort, il se fait couronner empereur à Rome par le pape Innocent III le 4 octobre 1209, accompagné de l'archevêque Albert II de Magdebourg. Suzerain de la Provence, il nomme en novembre 1209 l'Anglais Gervais de Tilbury maréchal de la cour impériale pour le royaume d'Arles avec obligation de résider à Arles, alors siège de nombreuses ambitions.

En 1210, il est excommunié par Innocent III, après qu'il se fut emparé de Spolète et d'Ancône qui faisaient partie des territoires pontificaux. Le 27 juillet 1214, Otton IV est défait à la bataille de Bouvines par Philippe Auguste, y perd les insignes impériaux, s'enfuit et est déposé par les princes. Il ne conserve que le Brunswick.






(35) Philippe de Souabe Philippe Ier de Souabe né Philippe de Hohenstaufen (février/mars 1177 - mort le 21 juin 1208à Bamberg), roi de Germanie de 1198 à 1208, élu peu de temps avant Otton IV de Brunswick. Il fut aussi margrave de Toscane (1195 1208) et duc de Souabe (1196-1208).






(36) une décrétale (en latin epistola decretalis ou, au pluriel, litteræ decretales) est une lettre par laquelle lepape, en réponse à une demande, édicte une règle en matière disciplinaire ou canonique. La décrétale peut être prise aussi bien sur un sujet général que particulier. Concernant généralement l'administration ecclésiale et s'adressant principalement au clergé, elle est parfois distinguée du décret pontifical, pris par le pape de son propre chef ou d'une bulle pontificale qui a une diffusion universelle et qui s'adresse également aux fidèles et aux païens, une décrétale pouvant devenir une bulle.

Le décrétaliste est le jurisconsulte expert dans la connaissance des décrétales.

Collectées par les canonistes conjointement aux décrets conciliaires, elles participent de l’élaboration du droit canonique au Moyen Âge. Parmi les collections les plus célèbres, on peut citer celles de Burchard de Worms et d’Yves de Chartres, ainsi que le Décret de Gratien.

On appelle collection de décrétales tout recueil des lettres à caractère juridique ou administratif, écrites par les papes du Moyen Âge, en réponse aux questions qui leur étaient adressées par des évêques ou de simples particuliers.

Ces recueils n'ont pas tous la même valeur juridique. En dehors des recueils officiellement publiés par l'autorité du pape, d'autres recueils de décrétales pontificales ont été compilés par des canonistes à titre privé, sans que leur contenu soit toujours repris dans les compilations officielles. Le premier recueil de ce genre est dû au moine Denys le Petit, qui vivait à Rome vers550. Au VIe siècle et au Xe siècle, des compilateurs insérèrent dans ce recueil des lettres qui exagéraient la puissance des papes : on connaît ces lettres sous le nom de Fausses décrétales. Parmi les recueils des Décrétales, il faut citer celui de Gratien, communément appelé le Décret, formé vers 1140. Il a été suivi de plusieurs compilation partielles, dont celle de Bernard de Pavie (1191-1192), avant queGrégoire IX ne fasse rédiger par le dominicain Raymond de Peñafort, une nouvelle compilation appelée Décrétales ou Extra (parce qu'en dehors du Décret de Gratien) à laquelle il donna force de loi en la promulguant en 1234. Elle se compose de cinq livres, que Boniface VIIIaugmenta d’une sixième, connue sous le nom de Sexte. On y ajoute encore deux autres recueils, l’un, dit Clémentines, contenant les lettres de Clément V, l’autre, dit Extravagantes (c'est-à-dire restées en dehors du code principal), contenant les décisions des papes depuis Urbain IV jusqu’à Sixte IV. Les recueils de Décrétales promulgués par les papes ont été plusieurs fois imprimés.


L'édition de référence est actuellement celle de A.-L. Richter, A. Friedberg, éd., Corpus Iuris canonici, Graz, 1959, t. 1 [Décret de Gratien] et t. 2 [Extra, Sexte, Clémentines, Extravagantes]).
On prendra garde au fait que les expressions « Decretales veteres », « Decretales novæ » ne désignent pas toujours les mêmes textes ; elles doivent être interprétées en fonction de la date des documents où elles se trouvent. Ce qui est nouveau en 1245 sera ancien en 1290…





(37) La Per Venerabilem est une décrétale du pape Innocent III datée de 1202.
Le pape y énonce, pour la première fois et au profit d'un roi de France, le capétien Philippe II Auguste, la sentence « rex superiorem non recognoscens » selon laquelle le roi ne connaît aucun supérieur au temporel.

En 12022, le seigneur de Montpellier , Guilhem VIII, persuade l'archevêque d'Arles d'intercéder en sa faveur auprès du Pontife romain afin d'obtenir de celui-ci la légitimation par rescrit de ses enfants bâtards — dont l'aîné de sesfils, le futur Guilhem IX — nés de son mariage, considéré comme adultère, avec Agnès de Castille.

Le pape rejette la demande qui lui a été adressée. Il décline sa compétence au motif que c'est au roi de France qu'il convient de s'adresser puisque celui-ci ne connaît aucun supérieur au temporel.





(38) l’exarchat de Ravenne (Esarcato di Ravenna en italien), aussi connu sous le nom d'exarchat d'Italie (Esarcato d'Italia en italien), est une circonscription administrative de l'Empire byzantin comprenant, entre les VIe et VIIIe siècles, les territoires byzantins d'Italie. Son siège était Ravenne et le mot exarchat désigne par la suite en particulier le territoire autour de sa capitale.

Cette institution visait à améliorer les conditions de défense contre les attaques des Barbares qui déferlaient sur l'Occident.





(39) Pierre de Capuano , en latin Petrus Capuanus (mort à Viterbe le 30 août 1214) est un prélat italien, cardinal et philosophe scolastique, légat du pape.





(40) Foulques de Neuilly est un prédicateur français du XIIe siècle, curé de Neuilly-sur-Marne.


Nommé curé de Neuilly en 1191, il est décrit vivant comme un laïc dans l'ignorance. Il se transforma soudainement et suivit les cours de Pierre le Chantre à Paris. Il se met à prêcher et devient célèbre par sa piété et son éloquence. Le pape Innocent III l'invite à prêcher la Quatrième croisade en 1199. Il s'acquitta de cette mission avec zèle et tant de succès que des murmures grandirent concernant l'usage qu'il faisait des sommes d'argent importantes que draînait son activité. Il fonde à la fin du XIIe siècle l'Abbaye de Saint-Antoine-des-Champs au faubourg Saint-Antoine à Paris, chargée de recueillir les femmes de mauvaise vie. Il mourut bientôt de ses fatigues en 1201.






(41) Alexis Ange (en grec byzantin: Αλέξιος Δ' Άγγελος), né vers 1182 et mort le 8 février 1204 àConstantinople, est un empereur byzantin (1203-1204), fils d'Isaac II Ange.


Il est emprisonné en 1195 par son oncle Alexis III Ange, qui a détrôné son père et pris le pouvoir.

Il réussit à s'évader en 1201, se réfugiant à la cour de son beau-frère Philippe de Souabe. Il y rencontre en 1202 Boniface de Montferrat, un des principaux chefs de la quatrième croisade, avec lequel il conclut une alliance pour rétablir son père sur le trône. En échange de l'aide des Croisés, il promet de rétablir l'union religieuse avec Rome et d'aider les Latins dans leur lutte contre les Turcs.

Après le siège de Constantinople en 1203, Isaac II est rétabli sur son trône.

Alexis IV est couronné coempereur le 1er août 1203 au côté de son père Isaac II Ange. Devant l'état du Trésor, il doit lever de nouveaux impôts et faire fondre les objets de culte. Les Byzantins sont scandalisés et quelques-uns d'entre eux en profitent pour allumer un incendie dans le quartier sarrasin de Constantinople : l'incendie se propage et ravage la quasi-totalité de la ville. Le père et le fils sont renversés le 28 janvier 1204, et très brièvement remplacés durant trois jours par Nicolas Kanabos, élu par une assemblée du Sénat et par des prêtres, avant la prise du pouvoir par un usurpateur Alexis V Doukas Murzuphle. Le règne d'Alexis IV aura duré un peu moins de six mois.

Ce dernier fait jeter Alexis IV en prison et l'étrangle de ses propres mains le 8 février 1204. Pour faire croire à une chute, il fait ensuite meurtrir son cadavre à coup de masse.




(42) Isaac II Ange (en grec byzantin: Ισαάκιος Β’ Άγγελος), (né en septembre 1156, mort en janvier1204) est un empereur byzantin (1185-1195 et 1203-1204), fils d’Andronic Ange et d’Euphrosyne Kastamonides. C’est un arrière-petit-fils d’Alexis Ier Comnène.





(43) les légats : Le légat apostolique (du latin legatus, « envoyé »), ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d'une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint Siège auprès des gouvernements étrangers.






(44) Pierre de Castelnau naquit vers 1170 et fut assassiné le 15 janvier 1208 près de l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard.


Moine de l'abbaye de Fontfroide et archidiacre de Maguelone, Cistercien français, il fut nommé légat pontifical par Innocent III en 1203. En cette qualité de légat pontifical extraordinaire, il tenta vainement d'endiguer l'hérésie cathare dans le midi de la France, et il eut pour collègue Ramier/Rainier, moine de Cîteaux. Ils entreprirent d'annoncer l'Évangile à la manière desApôtres, en se déplaçant à pied et en observant la pauvreté. Ils étaient accompagnés entre autres de Dominique de Guzmán, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs. Ils rencontrèrent une vive résistance, et Castelnau finit par être assassiné à Trinquetaille, à proximité d'Arles sur les terres de Raymond VI, comte de Toulouse (1208), au moment où il venait d'excommunier ce prince à cause de son manque de collaboration dans la lutte contre les Albigeois. Le meurtrier était un écuyer de Raymond VI, qui, suspecté, fut excommunié. Cet évènement est à l'origine de la Croisade des Albigeois.

Déclaré martyr par Innocent IV, puis béatifié, il est célébré le 15 janvier dans les diocèses de Carcassonne et Nîmes.






(45) bulle pontificale : Une bulle (que l’on appelle pontificale, papale ou apostolique) est un document, originellement scellé (du latin bulla, le sceau), par lequel le pape pose un acte juridique important tel que l’indiction d’une année sainte, une nomination épiscopale ou une définition dogmatique, la convocation d’un concile, une canonisation, etc. Le document relève habituellement du gouvernement pastoral de l'Église, et présente un intérêt pour l’ensemble des fidèles ou peut s'adresser aux païens. Elle est ordinairement désignée par son incipit.


Par son universalité, elle se distingue de la décrétale qui concerne généralement l'administration ecclésiale et s'adresse principalement au clergé, une décrétale pouvant devenir une bulle lorsque son sujet prend de l'importance.






(46) Pierre Lombard (en italien Pietro Lombardo et en latin Petrus Lombardus) (Lumellogno, un hameau de Novare, v. 1100 - Paris, 20 juillet 1160), fut un théologien scolastique et un évêque français du XIIe siècle d'origine italienne.


Pierre Lombard naquit dans le Piémont, à Lumellogno, un hameau de Novare, probablement entre 1095 et 1100. La famille Lombard était probablement pauvre, mais on ne sait rien de certain concernant ses origines sociales, ou l'éducation qu'il reçut dans sa jeunesse. Les trente premières années de sa vie restent des pages blanches pour les historiens.

Son éducation commença fort probablement en Italie dans les écoles des cathédrales de Novare et de Lucques. Le patronage d'Otto, évêque de Lucques et de saint Bernard lui permit de quitter l'Italie et de continuer ses études à Reims et Paris.

Pierre Lombard arriva à Paris en 1136. Il n'y a aucun fait bien établi se rapportant à ce qu'il y fit jusqu'en 1142 quand on le retrouve comme auteur et enseignant reconnu. À Paris, il entra en contact avec Pierre Abélard et Hugues de Saint-Victor, qui étaient parmi les principaux théologiens de ce temps. Vers 1145, il devint « magister », c'est-à-dire professeur, à l'école de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Comment il réussit à gagner sa vie, avant de commencer à percevoir un revenu comme enseignant et la prébende de son canonicat, est un mystère.





(47) Transsubstantation est, littéralement, la conversion d'une substance en une autre. Le terme désigne, pour certains chrétiens (en particulier les catholiques), la conversion du pain et du vin en Corps et Sang du Christ lors de l'Eucharistie.

Le terme qui apparaît pour la première fois chez Hildebert de Tours (dit aussi de Lavardin) vers 1079 est défini comme concept du dogme par le quatrième concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545–1563).

Sur le plan religieux, les chrétiens catholiques romains, arméniens (catholiques) et maronites emploient le terme de « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l'Eucharistie, le pain et le vin, par la consécration de la Messe, sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en Corps et Sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou espèces (texture, goût, odeur : les apparences) initiales.






(48) la simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d'un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

Elle doit son nom à un personnage des Actes des Apôtres, Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre son pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l’apôtre : « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! ».





(49) le nicalaïsme désigne, dans le christianisme, et particulièrement dans l'Église latine du Moyen Âge, l'incontinence sexuelle des clercs astreints au célibat : mariage, concubinage, etc.





(50) Urbain IV , né Jacques Pantaléon (Troyes, ca. 1195 – Pérouse, 2 octobre 1264), est pape du 29 août 1261 à sa mort.


Il était le fils d'un savetier de Troyes.

Il est clerc à la cathédrale vers 1210, prêtre et prédicateur vers 1215, attaché à l'évêque de Laon en 1216, docteur en théologie en 1220.

Il devient archidiacre de Laon en 1238, de Liège en 1241. Il est évêque de Verdun de 1253 à1255. En 1255, le pape Alexandre IV le nomme patriarche de Jérusalem.

Il est élu pape le 29 août 1261. Un mois plus tôt, le 25 juillet 1261, Michel VIII Paléologue a repris Constantinople aux croisés. Son chapelain est le mathématicien Campanus de Novare. En 1263et en 1264, il négocie avec Louis IX et son frère Charles d'Anjou en vue de donner à ce dernier la couronne du royaume de Sicile, à charge pour lui de la conquérir par une expédition militaire contre Manfred de Hohenstaufen, fils bâtard de l'empereur Frédéric II.

En 1264, il instaure la Fête de l'Église universelle qui deviendra la Fête-Dieu. Cette fête avait déjà été célébrée à Liège sous le nom de « Saint-Sacrement » en 1246.


Dans la prophétie de saint Malachie, il est désigné comme « Jerusalem Campaniæ », ce qui s'explique du fait qu'il était patriarche de Jérusalem lors de son élection et que la ville de Troyes où il est né se situe en Champagne. Le mot latin comporte une majuscule ; il ne peut donc s'agir de « campagne » mais bien d'un nom propre comme « Champagne ».

Il est aussi connu pour avoir croisé le poète Tannhäuser et lui avoir refusé l'absolution.






(51) Martin IV (Simon de Brion ou Simon de Brie, alias « Mompis » ou « Mompitius »), né vers1210/1220, est pape du 22 février 1281 jusqu'à sa mort le 28 mars 1285 à Pérouse. Son pontificat dure quatre ans et un mois.


Né vers 1210 au hameau de Mainpincien, paroisse d'Andrezel, village de la Brie française. Il paraît appartenir à une famille de petite noblesse de Brion près de Joigny. Son père Jean de Brion est receveur et grand-juge-maire de la seigneurie de Donnemarie-en-Montois, qui appartient au chapitre de Saint-Martin de Tours. Il a pour frère, Gilles († 1287), gouverneur de Champagne de 1260 à 1261 conjointement avec Robert de Cocherel; et peut-être, Guillaume de Brion qu'on trouve parmi les conseillers de saint Louis.


Après avoir fait de brillantes études à Tours, Simon de Brion poursuit son apprentissage théologique à l'université de Paris. Puis il étudie la jurisprudence à Parme, et se perfectionne dans la science du droit canon et du droit romain à Bologne.

Il est à Rouen de 1248 à 1255, où il exerce les fonctions d'official, puis d'archidiacre, et de trésorier. Chanoine à Saint-Quentin en Vermandois, il obtient un canonicat à Saint-Martin de Tours et devient trésorier du chapitre en 1256. Ce sont là au XIIIe siècle des prébendes recherchées qui ne sont accessibles qu'à des clercs bien introduits auprès des puissants et qui ne constituent souvent, pour leurs titulaires les plus jeunes, qu'une simple étape sur la voie des honneurs.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 16:10

Olivier de Termes, chevalier issu de la noblesse cathare



Olivier de Termes, né vers 1200 à Termes (Aude) et mort le 12 août 1274 à Saint-Jean-d'Acre, Royaume de Jérusalem, est l'un des plus célèbres chevaliers du XIIIe siècle, le plus actif des opposants à la croisade des Albigeois et un protecteur des Cathares. Il devient ensuite un fidèle du roi saint Louis et de l'Église catholique en Languedoc et en Terre Sainte où il meurt à la tête des armées croisées.

Olivier acquit une large renommée auprès de ses contemporains et devient familier de plusieurs rois et papes grâce à son énergie, sa bravoure et sa maîtrise de l'art des sièges et de la guérilla dont il fait preuve dans son métier de chevalier jusqu'à sa mort.



1. Une enfance brisée



Olivier naît vers 1200 dans une riche famille seigneuriale, convertie au catharisme, qui domine autour du château de Termes (Aude) une soixantaine de villages ou hameaux. Sa jeunesse est dramatiquement marquée par le début de la croisade albigeoise : en 1210, à la suite de la prise du château de Termes par Simon IV de Montfort(1) , il perd son père et ses biens, mais a pu observer les techniques de siège et de guérilla dont il va devenir le grand spécialiste. Il achève son éducation en Catalogne d'où est originaire sa mère. C'est là qu'il rencontre ses futurs suzerains dont il va devenir l'un des familiers : Jacques Ier (2) roi d'Aragon, Raimond le Jeune(3) , comte de Toulouse qui accompagne en exil son père Raymond VI de Toulouse(4) , et Raimond Trencavel (5) , vicomte de Carcassonne. Tous les quatre sont de la même génération, ont été victimes de la croisade et sont animés d'un esprit de reconquête.



2. Au service des princes méridionaux




Olivier se met donc au service de ces trois seigneurs et se distingue dans un grand nombre d'opérations militaires : pour le comte de Toulouse, il défend le village de Labécède-Lauragais assiégé par l'armée du roi de France (1227) ; pour le roi d'Aragon Jacques Ier, il participe à la conquête de Majorque sur les maures ; pour le comte de Toulouse, il administre à plusieurs reprises la ville de Narbonne révoltée contre son évêque et l'Inquisition (entre 1234 et 1242) ; avec Raimond Trencavel, il soulève les Corbières contre le roi et mène le siège de Carcassonne (1240), etc. En récompense, il reçoit des fiefs en Lauragais, en Roussillon et à Majorque.



3. Au service du Roi de France



Mais après que ses suzerains ont fait définitivement la paix avec Louis IX, il se met au service du roi de France à partir de 1245. Pendant la Septième croisade(6) , Olivier, à qui le roi a confié la charge de maître des arbalétriers (soit chef de l'artillerie), se distingue en défendant Damiette (Égypte, 1250) et en sauvant Joinville (7) à Baniyas (Palestine, 1253). Reconnaissant, saint Louis rend à Olivier sa seigneurie de Termes. Revenu en France en 1255, Olivier met un terme à la pacification du Languedoc en obtenant la reddition du château de Quéribus (1255), puis monte à la cour où il joue un rôle de conseiller auprès du roi pour les affaires touchant le Languedoc, l'Aragon et la Castille. Familier également de Jacques Ier d'Aragon, Olivier est sans doute l'un des artisans du traité de Corbeil(08) (1258) passé entre les deux rois et qui fixa pour quatre siècles la frontière entre l'Aragon et la France.



4. Au service de Dieu




À partir de 1257, Olivier est travaillé par le salut de son âme et décide de se mettre au service de Dieu. En quelques années il liquide sa seigneurie dont le château d'Aguilar(9) qu'il avait fait construire, pour distribuer des dons considérables à l'abbaye de Fontfroide(10) et à d'autres établissements religieux, et pour financer une expédition militaire en Terre Sainte. Il y retourne en 1264 à la tête d'un contingent royal, puis devient en 1269 sénéchal du royaume de Jérusalem, c'est-à-dire chef des armées de Terre Sainte où il mène une lutte active contre les musulmans. Il participe à la Huitième croisade(11) en rejoignant Louis IX à Tunis (1270) puis repart en Terre Sainte à la tête d'un nouveau contingent soldé par le pape et le roi (1274). Il y meurt le 12 août 1274. Olivier, s'il n'a pas été enterré en Terre Sainte, repose peut-être à Fontfroide, contre la chapelle Saint-Bernard qu'il avait fait construire.


En se ralliant à l'Église catholique et au roi de France, Olivier de Termes a entraîné avec lui tout son entourage, et a sans doute largement facilité certains des grands objectifs du roi de France et de l'Église : l'intégration du Languedoc à la France, la lutte contre l'hérésie cathare, la construction d'une Église moderne en Languedoc, et la lutte contre les musulmans.







(1)Simon IV (ou V) de Montfort (entre 1164 et 1175 – 25 juin 1218, Toulouse), seigneur de Montfort-l'Amaury de 1188 à 1218, comte de Leicester en 1204, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne de 1213 à 1218, comte de Toulouse de 1215 à 1218, est la principale figure de la croisade contre les Albigeois.





(2) Jacques Ier d'Aragon dit le Conquérant (en catalan Jaume el Conqueridor ; en castillan Jaime el Conquistador ; en aragonais Chaime o Conqueridor), né le 2 février 1208 à Montpellier et mort le27 juillet 1276 à Alzira, non loin de Valence. Il est roi d'Aragon et comte de Ribagorce de 1213 à 1276, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona, de Besalú, de Pallars Jussà, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas également de 1213 à 1276, comte d'Urgell de 1213 à 1218, de 1231 à 1236 et enfin de 1267 à 1276, roi de Majorque de 1229 à 1276, roi de Valence de 1239 à 1276, comte de Roussillon et de Cerdagne de 1241 à 1276.





(3) Raymond le Jeune : Raymond VII (IX) de Toulouse (° juillet 1197 à Beaucaire – † 27 septembre 1249 à Millau), est un comte de Toulouse, de Saint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1222 à 1249. Il était fils de Raymond VI, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Jeanne d'Angleterre. Par sa mère, il était petit fils du roi Henri II d'Angleterre, neveu des rois d'Angleterre Richard Cœur de Lion etJean sans Terre et par conséquent cousin du roi Henri III d'Angleterre.




(4) Raymond VI de Toulouse : Raymond VI (VIII) de Toulouse (Saint-Gilles (Gard), 27 octobre 1156 - Toulouse, 2 août1222) fut comte de Melgueil (Raymond IV) de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à1222. Il était fils de Raymond V, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Constance de France, sœur du roi Louis VII.


Raymond VI est un prince plus politique que belliqueux. Il se montrera calculateur, temporisateur et d’une grande souplesse politique, faisant mine de se soumettre à plusieurs reprises pour mieux se redresser au meilleur moment. Cela lui a permis de reprendre à Simon de Montfort le comté de Toulouse. Cultivé, il compte parmi ses amis nombre de troubadours.




(5) Raimond II Trencavel (né en 1207 - † vers 1267), est un membre de la maison Trencavel. Il cherchera, des années durant, à reprendre les possessions de son père dont la croisade des Albigeois l'avait spolié. Il s'opposa à plusieurs reprises à Amaury de Montfort, alors établi sur les anciens domaines Trencavel.



Né en 1207 comme l'indique quelques chroniques du XIIIe siècle, Raimond est très jeune lorsque les croisés font le siège de la ville de Carcassonne, alors tenue par son père Raimond-Roger Trencavel en1209. À la prise de la ville, Simon de Montfort, alors chef militaire de la croisade, fera emprisonner Raimond-Roger dans ses propres cachots. À la mort de ce dernier le 10 novembre 1209, Simon de Montfort, qui briguait les territoires Trencavel, fait signer à Agnès de Montpellier, l'épouse du défunt, une renonciation sur ses droits ainsi que ceux de son fils. En contrepartie, elle reçut une rente viagère de trois mille sous et le remboursement sur un an, réalisé en quatre versements, de sa dot se montant à vingt-cinq mille sous. Raimond est alors confié à la tutelle du comte Raymond-Roger de Foix.





(6) Septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX de France, Saint Louis. Décidée par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249. Vaincue par les maladies, l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250, et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre leroyaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks. La croisade prend fin en 1254 avec le retour du roi en France après la mort de Blanche de Castille, sa mère qui assurait la régence du royaume pendant son absence.





(7) Joinville : Jean de Joinville (v. 1224 - 24 décembre 1317), également connu sous le nom de Sire de Joinville, est un noble champenois et biographe de Louis IX de France (dit Saint Louis).

Sénéchal de Champagne et historien du règne, il suit Louis IX à Aigues-Mortes lors de laseptième croisade. C'est en partie grâce à ses témoignages que Saint Louis est canonisé en 1297.

Fils de Simon de Joinville et de Béatrice d'Auxonne, fille d'Étienne II d'Auxonne, il appartenait à une famille de la haute noblesse champenoise. Il reçut une éducation de jeune noble à la cour de Thibaut IV, comte de Champagne et célèbre trouvère : lecture, écriture, rudiments de latin. À la mort de son père, il devint sénéchal de Champagne, titre désormais héréditaire, il fut donc attaché à la personne de Thibaut IV. C'était un homme très pieux et soucieux de bien administrer sa région.






(08) Le traité de Corbeil de 1258 est le traité signé le 11 mai 1258 à Corbeil, entre les représentants du roi d'Aragon,Jacques Ier (Guillaume de Roquefeuil), et ceux du roi de France, Louis IX.
Par ce traité, le roi de France renonce à ses prétentions sur la Catalogne et le roi d'Aragon renonce de son côté à certaines de ses prétentions dans le Languedoc (sauf Montpellier entre autres).

Ce traité fixe la frontière du royaume de France au sud des Corbières, gardée, côté français par les forteresses de Termes, Aguilar, Niort,Quéribus, Peyrepertuse et Puilaurens. Les chevaliers Olivier de Termes et Raimond Gaucelm de Lunel sont sans doute les principaux artisans de ce traité.




(9) Château d’Aguilar (Aguilar en occitan) est un château dit cathare situé à l'est de Tuchan, dans le département de l'Aude. C'est un château datant peut-être du XIIe siècle dont la construction continue durant le XIIIe et le XIVe siècle. Château féodal aux mains de la famille de Termes il devient au XIIIe siècle une forteresse royale.





(10) Fontfroide : L'abbaye de Fontfroide est une abbaye cistercienne située dans la commune de Narbonnedans le département de l'Aude en France. Initialement abbaye bénédictine (1093), elle est intégrée à l'ordre cistercien entre 1144 et 1145. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, elle reçoit d'importants dons en terres d'Ermengarde de Narbonne, puis au milieu du XIIIe siècle, d'importants dons en terres et en nature d'Olivier de Termes qui lui permettent de réaliser de nouvelles constructions. Pendant la croisade des Albigeois, elle fut le fer de lance de l'orthodoxie catholique. Au XIVe siècle, l'un de ses abbés, Jacques Fournier, est élu pape sous le nom de Benoît XII. L'abbaye est classée à partir de 1862 au titre des Monuments historiques2. Aujourd'hui, l'abbaye de Fontfroide est membre de la Charte des Abbayes et Sites Cisterciens d'Europe.


L'abbaye de Fontfroide est actuellement un monument privé détenu par les descendants de Gustave et Madeleine Fayet.

Le vicomte de Narbonne, Aymeric Ier, autorise une communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide. L'abbaye est située dans le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom. Les armes de l'abbaye représentent d'ailleurs une fontaine.

Au XIIe siècle, l'abbaye de Fontfroide s'est trouvée aux avant-postes dans la lutte contre l'hérésie cathare. En 1203, le moine de Fontfroide Pierre de Castelnau fut nommé légat pontifical par le pape Innocent III.




(11) Huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur « saint Louis », en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 16:21

Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III



Pierre de Castelnau naquit vers 1170 et fut assassiné le 15 janvier 1208 près de l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard.



Biographie


Moine de l'abbaye de Fontfroide et archidiacre de Maguelone, Cistercien français, il fut nommélégat pontifical par Innocent III en 1203. En cette qualité de légat pontifical extraordinaire, il tenta vainement d'endiguer l'hérésie cathare dans le midi de la France, et il eut pour collègue Ramier/Rainier, moine de Cîteaux(1) . Ils entreprirent d'annoncer l'Évangile (2) à la manière des Apôtres(3) , en se déplaçant à pied et en observant la pauvreté. Ils étaient accompagnés entre autres de Dominique de Guzmán, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs. Ils rencontrèrent une vive résistance, et Castelnau finit par être assassiné à Trinquetaille, à proximité d'Arles sur les terres de Raymond VI, comte de Toulouse (1208), au moment où il venait d'excommunier ce prince à cause de son manque de collaboration dans la lutte contre les Albigeois. Le meurtrier était un écuyer de Raymond VI, qui, suspecté, fut excommunié. Cet évènement est à l'origine de la Croisade des Albigeois.

Déclaré martyr par Innocent IV, puis béatifié, il est célébré le 15 janvier dans les diocèses de Carcassonne et Nîmes.



(1) Citeaux : L’abbaye Notre-Dame de Cîteaux est la puissante abbaye fondatrice de l'ordre de Cîteaux (ordre cistercien). Elle est située sur la commune de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux en Côte-d'Or,canton de Nuits-Saint-Georges en Bourgogne-Franche-Comté. Sa construction est de style gothique et d'architecture classique du XIe siècle.

Elle fut fondée en 1098 dans le duché de Bourgogne par Robert de Molesme, abbé de l'abbaye Notre-Dame de Molesme, dédiée à Marie, mère du Christ, et placée sous la protection des ducs de Bourgogne.

Dépendant directement des États pontificaux par droit pontifical, l'Ordre cistercien est officiellement approuvé le 23 décembre 1119 par la Carta Caritatis (Charte de charité et d’unanimité) du pape bourguignon Calixte II, pour rependre et faire appliquer la Réforme grégorienne dans tout l’Occident chrétien, durant la Renaissance du XIIe siècle, en faisant de Cîteaux l'abbaye mère fondatrice de plus de deux mille monastères, du Royaume de France et dans tout l'occident chrétien. Elle est un centre spirituel majeur qui influence profondément durant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale du Moyen Âge, de l’Occident chrétien, avec un retour au respect plus rigoureux de la règle de saint Benoît monastique originelle, que celle appliquée par le puissant ordre de Cluny de l'abbaye de Cluny voisine. Ce nouvel ordre monastique connait un essor considérable dans toute l'Europe grâce au moine bourguignon emblématique Bernard de Clairvaux (1090-1153).
À la suite de la Révolution française, lors de la confiscation des biens du clergé et de la noblesse, l’abbaye, ses biens et son domaine terrien de plus de 13 000 hectares, sont confisqués, et en grande partie détruit, ou vendus à titre de Bien national en 1791. Depuis 1898, une vingtaine de Cisterciens-Trappistes de l'Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO), l’occupent à nouveau et lui ont redonné sa vie spirituelle. Elle a à ce jour retrouvé son rang d'abbaye tête de l'ordre des Cisterciens-Trappistes, et perpétue sa longue histoire et sa tradition. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1978.





(2) l’évangile : L’évangile (du grec ancien εὐαγγέλιον (euangélion) qui signifie « bonne nouvelle »), dans son premier sens, est la « Bonne nouvelle » proclamée (étant « Parole de Dieu »), de l’annonce du salut de la famille humaine par la vie et de l'enseignement de Jésus-Christ. Dans son second sens ‘un évangile’ est un récit d'un genre littéraire propre qui traite de cette même ‘Bonne nouvelle’, avant d'être mis par écrit, par les évangélistes, pour les générations futures. Ce sont les quatre évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean.




(3) les apôtres : Apôtre est issu du grec Απόστολος Apostolos qui désigne couramment un « envoyé » chargé d'une mission, voire l'accomplissement de celle-ci ou les lettres la décrivant. Dans la Bible grecque des Septante, ce mot est appliqué à des personnes (1R 14,6) ; il traduit l’hébreushaliah, « envoyé plénipotentiaire ».

Le Nouveau Testament emploie plusieurs fois le mot « apôtre ». Il s’applique à plusieurs catégories de personnes bien distinctes :

• les témoins de la Résurrection de Jésus, envoyés pour annoncer cet événement ;
• un des ministères de l’Église primitive ;
• deux fois dans les évangiles (Mt 10,2 et Lc 6,13) : le groupe des Douze choisis par Jésus, d'abord pour les envoyer (Mt 10, 5-42), enfin « pour être avec lui » et pour signifier symboliquement le peuple de la fin des temps (Mt 19, 28).

Paul, qui ne fait pas partie des Douze Apôtres, est surnommé l'« Apôtre » sans autre précision, ou encore l'« apôtre des Gentils ».

Dans la langue française courante, le mot désigne un des douze disciples de Jésus-Christ2. Il s'applique aussi aux personnes qui enseignent et répandent une religion à la manière des apôtres de Jésus2. Par extension, il qualifie aussi les propagateurs d'une doctrine, d'une opinion, d'une cause2.
Dans le vocabulaire familier, « apôtre » désigne une personne qui va écouter aveuglément son maître à penser et qui propage activement ses idées. Cette image fait référence aux apôtres de Jésus.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 16:24

Philippe Auguste, roi de France


Philippe II dit « Philippe Auguste », né le 21 août 1165 à Paris et mort à Mantes le14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne.

Le surnom d'« Auguste » lui fut donné par le moine Rigord (1) après que Philippe II eut ajouté au domaine royal en juillet 1185(Traité de Boves) les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois et également parce qu'il était né au mois d'août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu'il a accru considérablement le domaine.

Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton (2) le nomme « Philippe le Magnanime » dans sa chronique La Philippide rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord que Philippe II lui avait demandé d'expurger, la jugeant moins laudatrice qu'il le souhaitait.

Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.
Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de1204, Rex Franciæ, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs. Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (Philippe roi des Francs - ou des Français), à la différence par exemple de Richardus rex Angliæ (Richard roi d'Angleterre), mais comme Henri roi des Romains.


Le régne

Les débuts : une affirmation rapide (1179-1189)

• Roi à quinze ans

La naissance de Philippe Auguste, en 1165, est accueillie comme un miracle par la famille royale. En effet, Louis VII attend depuis près de trente ans un héritier et c'est sa troisième épouse, Adèle de Champagne, qui lui donne tardivement ce fils tant espéré. Une attente qui vaut au futur Philippe II le surnom de Dieudonné. Il est baptisé dès le lendemain de sa naissance dans la chapelle Saint-Michel du palais de la Cité à Paris par l'évêque Maurice de Sully (3) en présence de trois parrains et trois marraines.

Comme tous les premiers rois capétiens depuis Hugues Capet, Louis VII, accablé par la maladie, pense à associer son fils à la couronne au printemps 1179, puis à lui laisser le pouvoir le 28 juin 1180. Mais la cérémonie du sacre est retardée à la suite d'un accident de chasse du jeune prince dont la vie est menacée. L'état de santé du prince est suffisamment grave pour que Louis VII se déplace en Angleterre, malgré sa santé déclinante, et aille se recueillir sur la tombe de Thomas Becket, l'archevêque de Cantorbéry mort en 1170 et devenu un saint thaumaturge (4).

Complètement remis sur pied et en l'absence de son père de plus en plus souffrant, Philippe est associé à la couronne et sacré le 1er novembre 1179 à Reims par son oncle l'archevêque Guillaume aux Blanches Mains (5). Le Jeudi de l'Ascension 29 mai 1180 à Saint-Denis, lors de la consécration de son épouse Isabelle de Hainaut (6) comme reine de France, il reçoit une seconde fois l'onction sainte par l'archevêque de Sens, Guy Ier de Noyers, successeur de Guillaume aux Blanches Mains, au grand dam de ce dernier, qui accusa d'usurpation son pair.

Pour échapper à l’emprise de sa mère et de ses oncles maternels, il se rapproche de son parrain Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui lui donne sa nièce Isabelle en mariage. Le 28 avril 1180, l'évêque Roger de Laon bénit les jeunes époux en l'abbaye d'Arrouaise près de Bapaume. Isabelle, fille de Baudouin V de Hainaut (7) lui apporte l'Artois en dot. Puis, le 28 juin 1180, trois mois avant la mort de son père, il signe le traité de Gisors (08) avec Henri II d'Angleterre. Ces deux événements renforcent la position du jeune roi face aux maisons de Flandre et de Champagne.

La mort de son père survient le18 septembre 1180 et laisse Philippe seul roi, à quinze ans. Confronté à l'affaiblissement du pouvoir royal, Philippe se révèle rapidement à la hauteur du défi. À l'intérieur du domaine, l'une de ses premières décisions est totalement contraire à la politique suivie par son père : l'expulsion des juifs et la confiscation de leurs biens (17 avril 1182) tranche avec la protection que Louis VII avait accordée à la communauté juive. La raison officiellement donnée désigne les juifs responsables de calamités diverses, mais l'objectif réel est surtout de renflouer les caisses royales, bien mal en point en ce début de règne. Ces mesures, au demeurant populaires, ne dureront pas : l'interdiction du territoire (d'ailleurs difficile à faire respecter) cesse en 1198, et l'attitude conciliatrice qu'avait adoptée Louis VII redevient bientôt la norme. Cependant, le pape Innocent III condamne quelques activités des juifs en France et exhorte Philippe Auguste dans la lettre Etsi non displiceat en 1205 à les sanctionner pour montrer la ferveur de sa foi chrétienne (en latin : « in eorum demonstret persecutione fervorem quo fidem prosequitur Christianam »).

• Un nœud de rivalités

Dès 1181, le conflit avec les barons est ranimé, mené par le comte de Flandre, Philippe d'Alsace avec lequel Philippe s'est brouillé. Il parvient toutefois à contrer les ambitions du comte en brisant les alliances que ce dernier a nouées avec le landgrave de Brabant, Godefroy de Louvain (9), et l'archevêque de Cologne, Philippe de Heinsberg. En juillet 1185, le traité de Boves (10) confirme au roi la possession du Vermandois, de l'Artois et de l'Amiénois.

Les Plantagenêts sont l'autre préoccupation majeure de Philippe Auguste. Les possessions d'Henri II d'Angleterre, également comte d'Anjou, comprennent la Normandie, le Vexin et la Bretagne. Après deux ans de combats (1186-1188), la situation reste indécise. Philippe cherche habilement à profiter des rivalités entre les fils du roi d'Angleterre, Richard avec lequel il se lie d'amitié, et son cadet Jean sans Terre. Une paix de statu quo est finalement négociée, alors que le pape Grégoire VIII (11), après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, appelle à la croisade. Philippe Auguste est peu motivé par une telle aventure mais ne peut opposer un refus au pape. Il prend la croix et invoque les dangers qui menacent son royaume pour surseoir. La mort d'Henri II en juillet 1189 clôt cet épisode. Le roi ne peut plus se dédire, il se prépare au départ en Terre sainte.




La troisième croisade et la rivalité avec Richard Ier dit « Cœur de Lion »

• Une croisade écourtée

Philippe Auguste et Richard partent ensemble pour la troisième croisade, qui mobilise également la plupart des grands barons de France. Ils embarquent à la fin de l'été 1190, Philippe de Gênes et Richard de Marseille. Mais ils sont surpris par les tempêtes d'hiver en Méditerranée et doivent attendre plusieurs mois en Sicile, à Messine. Là, la rivalité entre les deux rois se ranime autour des projets de mariage de Richard, qui rompt ses fiançailles avec Alix (12) (demi-sœur de Philippe) et s'engage avec Bérengère de Navarre (13). Philippe Auguste quitte Messine dès qu'il le peut, le 30 mars 1191.

Il arrive à Acre le 20 avril 1191 et participe au siège de la cité, contrôlée par les musulmans. Richard n'arrive qu'en juin, après un détour par Chypre : les renforts anglais sont les bienvenus mais les querelles reprennent immédiatement entre les deux rois. Pour aggraver la situation, ils sont tous deux victimes de la suette (14) et d'une forte fièvre, ils perdent cheveux et ongles. Philippe Auguste perd également l'usage d'un œil. Les opérations militaires avancent toutefois : les Français percent une première fois les murs d'Acre le 3 juillet, sans succès ; puis ce sont les Anglais qui échouent. Affaiblis, les assiégés capitulent le 12 juillet 1191.

La croisade ne fait que commencer, pourtant Philippe décide de prendre le chemin du retour. La mort du comte de Flandre survenue le 1er juin lors du siège de Saint-Jean-d'Acre rouvre le dossier sensible de la succession flamande. Le fait qu'il n'ait qu'un seul héritier l'invite par ailleurs à la prudence. C'est dans un état de santé délabré et très atteint physiquement que Philippe passe par Rome pour obtenir du pape l'autorisation de quitter la croisade. Le roi rentre à Paris le 27 décembre 1191.



• La succession flamande

Il s'agit là de la première préoccupation de Philippe à son retour de croisade. La mort du comte de Flandre, sans descendance, suscite les convoitises de trois prétendants : Baudouin, comte de Hainaut, Éléonore de Vermandois (15), comtesse de Beaumont, et Philippe Auguste lui-même.

Au terme de tractations, Baudouin est désigné comme héritier du comté de Flandre après paiement de cinq mille marcs d'argent. Cependant, Philippe Auguste confirme par une charte de 1192 le Valois et le Vermandois à Eléonore, qui doivent revenir au roi après la mort de celle-ci. Enfin, le roi reçoit Péronne et l'Artois, au nom de son fils Louis, comme héritage de la reine Isabelle de Hainaut morte en1190. Les positions royales au nord sont donc considérablement renforcées.


• L’affaire du mariage

Après la disparition de la reine Isabelle, Philippe Auguste sait qu'il doit se remarier au plus vite. La succession dynastique n'est en effet pas assurée : son seul fils, Louis (16), n'a que quatre ans et vient de survivre à une grave maladie. Le choix d'Ingeburge de Danemark (17) s'organise autour de la nécessité pour le roi Philippe de mettre un empêchement aux ambitions des souverains britanniques, une politique française menée depuis bientôt un siècle par ses prédécesseurs.

Sœur du roi Knut VI (18), âgée de dix-huit ans, Ingeburge n'est qu'une des nombreuses épouses possibles pour Philippe. Pourtant cette union avec la maison royale danoise lui permettrait de fragiliser la dynastie anglo-normande. En effet, Ingeburge descend par les femmes du roi Harold II mort à la bataille d'Hastings contre Guillaume de Normandie, futur roi d'Angleterre et fondateur de la dynastie anglo-normande. Philippe II pense avoir trouvé un moyen de pression avec l'antériorité des droits de sa future épouse Ingeburge, droits qu'il aurait envisagé de faire valoir par la force et avec le concours des princes danois.

Un accord est conclu sur une dot de dix mille marcs d'argent dont une large partie est versée le jour du mariage par les plénipotentiaires danois présents à la cérémonie, la princesse est amenée en France, Philippe la rencontre à Amiens le 14 août 1193 et l'épouse le jour même. Le lendemain, Philippe fait écourter la cérémonie du couronnement de la reine et expédie Ingeburge au monastère de Saint-Maur-des-Fossés. Le roi annonce qu'il souhaite faire annuler le mariage.

Les raisons de cette séparation précipitée, suivie pour Ingeburge de sept ans de captivité et, pour Philippe, du refus absolu de reconnaître sa place de reine, sont restées inconnues et ont donné lieu à toutes les spéculations possibles de la part des contemporains comme des historiens.
Les sources britanniques prétendent que le roi Philippe avait conçu un dégoût immédiat pour son épouse, ce qui est contredit par le fait qu'il se soumettra plus tard et à de nombreuses reprises à ses obligations d'époux, même lorsqu'il le nia pour n'avoir pas à reprendre Ingeburge à ses côtés en qualité de reine de France.

Les historiens français ont pensé que les Danois avaient pour leur part rejeté tout projet d'envahir l'Angleterre, ce qui rendait le mariage de Philippe II subitement inintéressant pour lui, car d'une part il n'obtenait plus le concours des Danois pour envahir l'Angleterre et en plus il devait rendre la dot de son épouse ce qui était au moins une aussi grande torture pour un roi qui comptait la moindre rentrée d'argent.

C'est pourquoi la version selon laquelle le roi Philippe aurait été mal remis de la suette qu'il avait contractée à la croisade ne peut être totalement écartée.

Toujours est-il que pour défendre l'annulation du mariage, Philippe souhaite faire valoir, comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut dont il avait également souhaité se séparer avant de reculer devant la pression populaire, un lien de parenté prohibé par l'Église.

Ingeburge ne pourra faire appel à un soutien populaire, puisqu'elle ne parle pas un mot de français ; elle est tout juste capable de s'exprimer dans un latin assez rudimentaire. Une assemblée d'évêques et de barons donne aisément raison au roi, qui se remarie à la hâte avec Agnès de Méranie (19), jeune noble bavaroise, dès juin 1196.

Mais le nouveau pape Innocent III, élu en 1198, ne l'entend pas de cette oreille. Souhaitant affirmer son autorité, il enjoint Philippe Auguste de renvoyer Agnès et de rendre sa place à Ingeburge. En l'absence de réaction du roi, l'interdit est lancé sur le royaume à partir du 13 janvier 1200 et le pape excommunie Philippe Auguste. Philippe laisse toutefois la cause en suspens, Ingeburge reste captive, désormais dans la tour d'Étampes. Le roi organise finalement une cérémonie de réconciliation, et l'interdit est levé par le légat pontifical Octavien lors du concile de Nesle en Vermandois le 7 septembre 1200. Mais la cérémonie ne rend pas tout à fait sa place à Ingeburge, et la procédure d'annulation du mariage se poursuit, Philippe étant désormais bigame. Le concile de Soissons qui se réunit en mars1201 se conclut cependant par l'échec de Philippe Auguste, qui abrège lui-même les débats et renonce à faire casser le mariage. Finalement, en juillet 1201, Agnès de Méranie meurt à Poissy en donnant à Philippe un deuxième héritier mâle, Philippe (après avoir donné naissance à une fille, Marie, en 1198), reconnu comme tel par le pape en novembre 1201. La crise est momentanément close et la succession dynastique est assurée.

Philippe reprend la procédure d'annulation du mariage en 1205, cette fois sur motif de non consommation dans le temps, un motif rejeté par l'Église catholique puisque Ingeburge put attester des visites régulières de son époux dans les lieux où il la retient captive.
Il est probable que son opiniâtreté à obtenir la séparation tienne à la naissance en 1205 de son troisième fils, Pierre Charlot (20) qui resta de ce fait illégitime et dont l'éducation fut confié en1212 à l'Église catholique probablement après le décès de sa mère, la « dame d'Arras ».

Constatant définitivement que ces projets débouchent sur une impasse gênante, le roi met fin brutalement aux négociations de rupture en 1212 (comme en 1201) et, résigné, rend sa place, sinon d'épouse, du moins de reine en titre, à la malheureuse Ingeburge.


• La lutte contre Richard Cœur de Lion

Richard Cœur de Lion poursuit la croisade après le départ de Philippe : il reprend les principaux ports palestiniens, jusqu'à Jaffa, et rétablit le royaume latin de Jérusalem, bien que la ville proprement dite lui échappe. Il négocie finalement une trêve de cinq ans avec Saladin et rembarque au mois d'octobre 1192. Les tempêtes d'hiver le surprennent de nouveau : échoué à Corfou, il est capturé par le duc d'Autriche Léopold V, qui le remet entre les mains de l'empereur germanique Henri VI, son ennemi. Pour la libération de Richard, l'empereur demande une rançon de cent mille marcs d'argent, plus cinquante mille marcs pour l'aider à conquérir la Sicile.

Philippe profite de la situation pour négocier avec Jean sans Terre, le frère cadet de Richard, qui a pris le contrôle du royaume anglo-normand. Espérant récupérer la couronne anglaise grâce au soutien de Philippe, il prête hommage en 1193. Puis, alors que Philippe Auguste attaque les possessions des Plantagenêts, Jean cède au roi de France l'est de la Normandie (le Vexin Normand), Le Vaudreuil, Verneuil et Évreux, moyennant mille marcs d'argent, par un accord écrit, en janvier 1194. Par sa finesse diplomatique et militaire, Philippe tient son rival en respect.

Richard est finalement libéré le 2 février 1194. Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, a payé les deux tiers de la rançon demandée, soit cent mille marcs d'argent, le solde devant être versé plus tard. Sa riposte est immédiate : après deux mois passés en Angleterre, il débarque en Normandie le 12 mai 1194 ; s'engage alors une guerre d'escarmouches. Le 10 mai, Philippe met le siège devant Verneuil, qui refuse de se soumettre. Quand lui parvient l'annonce du massacre de la garnison française d'Évreux, que Jean, réconcilié avec son frère, vient de lui livrer, il abandonne le siège, le 28 mai, et pousse vers Évreux, qu'il détruit. De son côté, Richard reprend Loches après huit jours de siège, le 14 juin. Puis, le 5 juillet, Philippe s'apprêtant à mettre le siège devant le château de Vendôme, il lui dresse un guet-apens près de Fréteval, au cours duquel il s'empare des bagages de Philippe, du sceau royal et de son chartrier (événement à l'origine de la création de la garde des archives royales, appelées Trésor des Chartes (21)). Les deux souverains conviennent d'une trêve le 23 juillet 1194, mais celle-ci n'est pas respectée. En 1195, la guerre se déplace dans le Berry, où les deux armées se rencontrent, près d'Issoudun. Alors que l'on s'apprête au combat, Richard va trouver Philippe et lui prête hommage pour le duché de Normandie et les comtés d'Anjou et de Poitiers. Un traité de paix est signé à Gaillon le 15 janvier 1196 : Richard cède Gisors et le Vexin normand à Philippe, qui lui abandonne les différentes conquêtes qu'il a faites en Normandie et ses prétentions sur le Berry et l'Auvergne.

Ayant perdu sa principale place forte avec Gisors, Richard entame la construction de Château-Gaillard, ce qui rallume la guerre. Richard prend et détruit le château de Vierzon, dans le Berry, et se fait livrer à prix d'argent le château de Nonancourt. De son côté, Philippe s'empare, à l'automne 1196, des châteaux de Dangu et d'Aumale, et reprend Nonancourt. Richard envahit le Vexin (1197-1198), ravageant les bords de Seine au-dessous de Paris. Philippe est battu en septembre 1198 entre Gamaches et Vernon. Le 26 septembre 1198, Richard s'empare des châteaux de Boury et de Courcelles, puis bat près de Gisors les troupes de Philippe, venu au secours de ces places fortes. Les deux rois cherchent des soutiens, tandis que le nouveau pape Innocent III (22), qui souhaite mettre sur pied une nouvelle croisade, les pousse à négocier. Le 13 janvier 1199, entre Les Andelys et Vernon, ils conviennent en présence du légat d'une trêve de cinq ans, d'ailleurs mal respectée. La situation se règle brusquement : lors du siège du donjon du château de Châlus-Chabrol (Limousin) le 26 mars 1199, Richard est frappé par un carreau d'arbalète. Il succombe à sa blessure quelques jours plus tard, le 6 avril, à quarante-et-un ans et au faîte de sa gloire.


Les grandes conquêtes (1199-1214)


• Les victoires face à Jean Sans Terre
La succession de Richard Cœur de Lion ne va pas de soi : face à Jean sans Terre (23) le jeune Arthur de Bretagne (24)(âgé de douze ans), fils de son frère aîné Geoffroy II de Bretagne (25) mort en 1186, est un prétendant sérieux. Philippe Auguste profite de cette rivalité et, comme il avait pris position pour Jean contre Richard, il prend cette fois position pour Arthur contre Jean. Il reçoit l'hommage du duc Arthur Ier de Bretagne pour les possessions françaises des Plantagenêt au printemps 1199. Ceci lui permet de négocier en position de force avec Jean sans Terre, et le traité du Goulet (26), en mai 1200, est favorable à Philippe Auguste. Le traité est scellé par le mariage entre Louis de France et Blanche de Castille(27), nièce de Jean.

Les hostilités ne cessent pas vraiment, et se concentrent désormais en Aquitaine. Philippe se rapproche donc d'une part d'Arthur, et convoque Jean, son vassal au titre du traité du Goulet, pour ses actions en Aquitaine et à Tours. Jean ne se présente naturellement pas, et la cour de France prononce la confiscation de ses fiefs.

La suite se joue sur le terrain militaire. Philippe part dès le printemps 1202 à l'assaut de la Normandie tandis qu'Arthur s'attaque au Poitou. Mais le jeune duc est surpris par Jean sans Terre lors du siège de Mirebeau, et fait prisonnier avec ses troupes. Arthur de Bretagne disparaît dans les mois qui suivent, probablement assassiné début 1203. Philippe s'assure alors le soutien des vassaux d'Arthur et reprend son action en Normandie au printemps 1203. Il démantèle le système des châteaux normands, prend Le Vaudreuil, et entame le siège de Château-Gaillard en septembre 1203. De son côté, Jean fait l'erreur de quitter la Normandie pour rentrer en Angleterre, en décembre 1203. Château-Gaillard tombe le 6 mars 1204.

Philippe Auguste peut alors envahir l'ensemble de la Normandie : Falaise, Caen, Bayeux, puis Rouen qui capitule et dont le capitaine et gouverneur Pierre de Préaux signe l'acte de capitulation, après 40 jours de siège, le 24 juin 1204 en constatant que le secours de Jean n'arrive pas. Verneuil et Arques tombent immédiatement après et parachèvent le succès de Philippe, qui vient de prendre toute la Normandie en deux ans de campagne. Philippe se tourne alors vers la vallée de la Loire, il prend d'abord Poitiers en août 1204, puis Loches et Chinon en 1205. Jean et Philippe conviennent finalement d'une trêve à Thouars, à compter du 13 octobre 1206. Pour Philippe Auguste, l'objectif est désormais de stabiliser ces conquêtes rapides.


• La consolidation des conquêtes

Toute la période qui s'étale de 1206 à 1212 voit Philippe Auguste s'efforcer de consolider ses conquêtes territoriales. La domination capétienne est acceptée en Champagne, en Bretagne et en Auvergne, mais le comté de Boulogne et la Flandre posent problème.

Renaud de Dammartin (28), comte de Boulogne, est une première source de préoccupation. Malgré les attentions de Philippe Auguste, qui marie notamment en 1210 son fils Philippe Hurepel (29) à Mathilde, fille de Renaud, ce dernier négocie avec le camp ennemi, et les soupçons de Philippe prennent corps lorsque le comte entreprend de fortifier Mortain, en Normandie occidentale. En 1211, Philippe passe à l'offensive, il prend Mortain, Aumale et Dammartin. Renaud de Dammartin s'enfuit auprès du comte de Bar-le-Duc et ne constitue plus un danger immédiat.

En Flandre s'ouvre une période d'incertitude : Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut, prend part à la quatrième croisade à partir de l'été 1202, participe à la prise de Constantinople et est élu empereur du nouvel empire latin fondé en mai 1204. Mais il est fait prisonnier par les Bulgares en 1205 et tué peu après. Philippe (30), frère de Baudouin et comte de Namur, qui assure la régence en Flandre, jure finalement fidélité à Philippe Auguste, contre l'avis de ses conseillers. Le roi, pour stabiliser le comté, marie la seule héritière de Baudouin, sa fille Jeanne (31), à Ferrand de Flandre (32), en 1211. Philippe pense pouvoir compter sur son vassal.

Enfin, les affaires germaniques constituent un autre enjeu majeur. Après la mort de l'empereur Hohenstaufen, Henri VI, en 1197, un nouvel empereur doit en effet être désigné par le pape Innocent III. Deux candidats sont déclarés : d'une part, Otton de Brunswick (33), soutenu par son oncle Jean sans Terre et favori du pape Innocent III et, d'autre part, Philippe de Souabe (34), frère d'Henri VI, soutenu par Philippe Auguste et couronné roi de Germanie en 1205. Ce dernier est toutefois assassiné en juin 1208 : désormais sans rival, Otton est couronné empereur en octobre 1209. Innocent III regrette d'ailleurs vite son choix puisque le nouvel empereur exprime bientôt ses ambitions italiennes. Otton est excommunié en 1210, et Philippe Auguste négocie avec Frédéric II du Saint-Empire, le fils d'Henri VI, couronné roi de Germanie à Mayence en 1212 par Siegfried II von Eppstein (35), évêque de Mayence, un allié que Philippe Auguste espère bien opposer à l'ambition d'Otton.


• Bouvines, l’apogée du règne

L'incroyable réussite de Philippe Auguste amène bientôt ses rivaux à s'unir. L'opposition se cristallise en 1212 : on y compte naturellement Jean sans Terre et Otton de Brunswick. Renaud de Dammartin est le véritable artisan de la coalition : lui qui n'a plus rien à perdre se rend à Francfort pour trouver l'appui d'Otton, puis en Angleterre où il fait hommage à Jean, qui le rétablit officiellement dans ses possessions anglaises. Les hostilités entre Philippe et Jean reprennent immédiatement.
À la même époque, les premières opérations de la Croisade contre les Albigeois, menée par des barons, voient se quereller le comte de Toulouse et les croisés. Philippe Auguste remet cette question à plus tard et se concentre sur le danger anglais. Il réunit ses barons à Soissons le 8 avril 1213, charge son fils Louis de conduire l'expédition contre l'Angleterre et obtient le soutien de tous ses vassaux, sauf un : Ferrand, le comte de Flandre qu'il a lui-même installé deux ans plus tôt. Philippe cherche alors de nouveaux soutiens, notamment auprès d’Henri de Brabant (36). Après une période d'hésitation, le pape Innocent III choisit par contre de soutenir Jean, un soutien moral mais non négligeable. Les préparatifs du conflit se prolongent : le projet initial de Philippe, qui souhaite envahir l'Angleterre, prend l'eau lorsque sa flotte est assaillie et en partie détruite par la coalition ennemie (37) à Damme, en mai 1213. Les mois suivants voient Philippe et Louis s'acharner contre les comtés de Boulogne et de Flandre. Les villes du nord sont presque toutes ravagées.

En février 1214, Jean débarque enfin sur le continent, à La Rochelle, espérant prendre Philippe à revers. Une stratégie qui fonctionne d'abord, puisque Jean gagne des partisans parmi les barons du Limousin et dans le Poitou. En mai 1214, il remonte jusqu'à la vallée de la Loire et prend Angers. Philippe, toujours engagé en Flandre, confie alors à Louis la riposte contre Jean. Le jeune prince se tourne immédiatement vers la forteresse de la Roche-aux-Moines. À son approche, Jean est pris de panique : le soutien des barons poitevins vacille, tandis qu'on annonce que Louis est accompagné de 800 chevaliers. Le roi d'Angleterre fuit le 2 juillet, la déroute anglaise est totale. Mais la coalition n'a pas encore perdu : c'est au nord que tout doit se jouer.

L'affrontement final entre les armées de Philippe et la coalition, conduite par Otton, est désormais inévitable, après plusieurs semaines d'approche et d'évitement. Philippe entend couper ses ennemis des renforts en provenance d'Allemagne et tente de surprendre Otton par le nord-est. L'empereur a vent de la manœuvre et se déplace à Mortagne, à quelques lieues de l'armée royale. Philippe Auguste est conscient de son infériorité numérique, une partie importante de son armée se bat près d'Angers contre les Anglais. Et vient d'ailleurs de remporter, le 2 juillet, la victoire de La Roche aux Moines, avec le fils du roi, Louis VIII Le Lion, à sa tête. Philippe, ayant observé le terrain lors de son avancée, fait mine de se replier sur Lille. Otton pense qu'il veut éviter la bataille, et ses armées coalisées pensent que l'ennemi fuit. L'armée française se dirige vers le pont sur la Marque, à Bouvines, le dimanche 27 juillet 1214, — pont que l'intendance franchit. Un dimanche, l'interdiction de combattre est absolue pour les chrétiens, mais Otton IV, excommunié en 1210, décide de passer à l'offensive, espérant surprendre l'ennemi sur ses arrières. Arrivée proche d'un étang sur sa droite et d'un bois sur sa gauche, un véritable entonnoir, l'armée française, après une pause, se retourne brusquement. Etang à gauche et bois à droite. On ne peut pas se battre ni dans l'un, ni dans l'autre. Elle se déploie en ligne, et sur cette ligne, l'infériorité numérique est effacée. Une perfection tactique. L'armée d'Otton, en effet, n'a plus l'espace nécessaire pour déployer ses effectifs, donc son surnombre. Entravée dans ses manœuvres, devenue bien trop nombreuse pour ne pas être obligée de se gêner puis de se piétiner, elle subit le retournement. L'aile droite française s'engage contre les chevaliers flamands, conduits par Ferrand. Puis, au centre, Philippe et Otton se font face. Dans la mêlée de cavalerie, Philippe est désarçonné, il chute, mais ses chevaliers le protègent, lui offrent un cheval frais, et le roi reprend l'assaut. Ceux des gens d'armes d'Otton qui ne voient pas et comprennent pas ce qui se passe en première ligne, commencent à voir des fuyards se débander. Otton est sur le point d'être capturé, il s'enfuit sous un déguisement. Enfin, sur l'aile gauche, les partisans de Philippe viennent à bout de Renaud de Dammartin, capturé après une longue résistance. Le sort vient de basculer en faveur de Philippe, malgré l'infériorité numérique de ses troupes (1 300 chevaliers et 4 000 à6 000 sergents à pieds, contre 1 300 à 1 500 chevaliers et 7 500 sergents à pieds pour la coalition). La victoire est totale : l'empereur est en fuite, les hommes de Philippe ont fait 130 prisonniers, dont cinq comtes, notamment le traître honni, Renaud de Dammartin, et le comte de Flandre, Ferrand.

La coalition est dissoute dans la défaite. Le 18 septembre 1214, à Chinon, Philippe signe une trêve de statu quo pour cinq ans avec Jean qui continue de harceler ses positions au sud. Le roi anglais retourne en Angleterre en 1214. Par ce traité de Chinon (38), Jean sans Terre abandonne toutes ses possessions au nord de la Loire : le Berry et la Touraine, avec le Maine et l'Anjou retournaient dans le domaine royal, qui couvre désormais le tiers de la France, et, singulièrement agrandi se trouve libéré de toutes les menaces.


Après la victoire (1214-1223)


• L’expédition anglaise de son fils Louis

La victoire est totale sur le continent, et les ambitions royales ne s'arrêtent pas là. En effet, Philippe Auguste souhaite aller plus loin contre Jean d'Angleterre. Il fait ainsi valoir que Jean doit être privé du trône, rappelant sa trahison envers Richard en 1194, et le meurtre de son neveu Arthur. Faisant valoir une interprétation — que certains jugent contestable — de la généalogie de son épouse Blanche de Castille, Louis, mais surtout parce que les barons, voulant écarter Jean sans Terre, ont proposé la couronne au fils de Philippe, conduit une expédition en Angleterre. Le débarquement a lieu en mai 1216 et Louis, à la tête de troupes nombreuses (1 200 chevaliers, plus de nombreux rebelles anglais), conquiert le royaume anglais, notamment Londres où il s'installe. Seuls Windsor, Lincoln et Douvres résistent. Mais malgré l'accueil chaleureux réservé à Louis par une majorité d'évêques anglais, le soutien du pape à Jean demeure ferme, et Louis est excommunié. Finalement, Jean meurt subitement d'une grave indigestion, le 19 octobre 1216. Les barons anglais — anciens alliés de Jean et anciens de Louis — font alors couronner Henri III (39), âgé de neuf ans. Innocent III vient aussi de mourir, mais son successeur Honorius III (40) continue de défendre les loyalistes. Les évêques retirent bientôt leur soutien à Louis et les rebelles s'assagissent. Le prince revient chercher des appuis en France début 1217 et retourne en Angleterre. Il est battu sur terre par Guillaume le Maréchal (41) à Lincoln, puis sur mer lorsque les renforts que lui envoie Blanche de Castille sont anéantis à la bataille des Cinq-îles (42). Louis accepte de négocier la paix, celle-ci est conclue en septembre 1217 et son excommunication est levée.

L'attitude de Philippe Auguste quant à cette expédition est ambiguë. En tout cas le roi ne la soutient pas officiellement. Blanche de Castille le convainc de payer pour lever une armée de secours, en menaçant de mettre ses deux fils en gage. Mais il est peu vraisemblable d'imaginer qu'il n'ait pas donné son assentiment à celle-ci, du moins à titre privé.


• La croisade contre les Albigeois

Déclenchée en 1208, la croisade contre les hérétiques albigeois a tourné à l'affrontement entre Simon IV de Montfort, qui conduit la croisade composée de barons du nord, et Raymond VI (43), comte de Toulouse, qui soutient secrètement les hérétiques. Par ailleurs, Pierre II d'Aragon (44) a des vues sur la région et encourage le camp du comte de Toulouse avant d'être lui-même défait et tué par Simon de Montfort à Muret, en1213.

Après la bataille de la Roche-aux-Moines, Louis part une première fois pour le Midi en avril1215, et aide Simon de Montfort à consolider ses positions. Celui-ci devient finalement comte de Toulouse, avec l'accord du pape Honorius III et de Philippe Auguste, à qui il prête hommage. Mais la ville de Toulouse résiste, son siège dure, et Simon y meurt en avril 1218. Le pape désigne son fils Amaury de Montfort (45) comme successeur et enjoint à Philippe Auguste d'envoyer une nouvelle expédition. Louis part en mai 1219, rejoint Amaury au siège de Marmande, dont les habitants sont massacrés. Après quarante jours d'ost, Louis rentre sans avoir pu prendre Toulouse. Une nouvelle expédition est envoyée par Philippe en 1221, sous les ordres de l'évêque de Bourges et du comte de la Marche, sans plus de succès .

Il faut souligner l'envergure assez faible de ces différentes expéditions. Malgré les appels réitérés d'Innocent III et de ses successeurs, Philippe, trop occupé par les affaires de Flandre et la lutte contre Jean sans Terre, se garde d'intervenir personnellement dans le Midi pour mettre fin à l'hérésie albigeoise. Toutefois, dans ses relations avec la papauté, il rappelle avec constance ses droits de suzerain sur le comté, et autorise enfin son fils à se croiser en 1219. Il faut attendre le règne de ses successeurs pour que le problème albigeois soit réglé.


• La paix

Après Bouvines, les opérations militaires se déroulent en Angleterre ou dans le Midi de la France. Le domaine, et plus largement l'ensemble du nord de la Loire, reste en paix, selon les termes de la trêve conclue à Chinon en 1215, originellement pour cinq ans, et prolongée en 1220 avec la garantie de Louis, une association qui marque le début de la transition de Philippe à son fils et héritier.
Si les conquêtes par les armes cessent, Philippe étend néanmoins son influence en profitant des cas de successions problématiques. C'est le cas en Champagne lors de l'accession de Thibaut IVb(46), qui lui permet d'asseoir sa suzeraineté. C'est le cas surtout lorsque le roi récupère certaines terres comme Issoudun, Bully, Alençon, Clermont-en-Beauvaisis, ainsi que le Ponthieu.

La prospérité du royaume à la fin du règne de Philippe Auguste est un fait établi. On estime ainsi l'excédent annuel du Trésor à 25 210 livres en novembre 1221. À cette même date, le Trésor a dans ses caisses157 036 livres, soit plus de 80 % du revenu annuel ordinaire global de la monarchie. Le testament de Philippe Auguste, rédigé en septembre 1222, confirme ces chiffres, puisque la somme de ses legs s'élève à 790 000 livres parisis, soit près de quatre ans de revenus ! Ce testament est rédigé alors que l'état de santé de Philippe fait craindre la mort. Celle-ci survient finalement dix mois plus tard.

• Mort de Philippe Auguste

Alors qu'il se trouve à Pacy, Philippe décide d'assister à la réunion ecclésiastique organisée à Paris pour la préparation de nouvelles croisades, contre l'avis de ses médecins. Il ne survit pas à la fatigue du voyage et meurt le 14 juillet 1223, à Mantes. Son corps est amené à Paris, et ses funérailles sont rapidement organisées, à Saint-Denis, en présence des grands du royaume. Pour la première fois, le corps du roi de France revêtu de tous les regalia (47) est exposé à la vénération du peuple avant sa sépulture dans un rite solennel inspiré de celui des rois d'Angleterre. C'est donc le premier souverain français dont la mort ait été mise en scène, marquant symboliquement le dernier acte de souveraineté du monarque.

Philippe auguste et l’exercice du pouvoir : l’invention de la nation et de l’Etat

Les conquêtes

À sa mort, Philippe II laisse à son fils et successeur Louis VIII un domaine royal considérablement agrandi.


Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son
avènement (1180) et sa mort (1223).



Le contraste est saisissant entre l'avènement de Philippe, sous une quasi-tutelle des barons, avec un domaine qui fait de lui le roi de l'Île-de-France plus que de la France, et la fin de son règne, avec un domaine agrandi, auxquels il faut ajouter de nombreux territoires soumis par hommage de leurs possesseurs. Le rival anglais est repoussé dans une Guyenne parcellaire, loin, très loin de Paris. Ces conquêtes sont notamment permises par le développement important de l'ost royal qui compte en 1202 : en temps de paix 3 043 hommes (257chevaliers, 2 000 sergents à pied et 267 à cheval, 133 arbalétriers à pied et 86 à cheval, 300 mercenaires) ; en temps de guerre ce nombre s'accroît de 8 054 sergents.

Ces gains territoriaux font de Philippe Auguste un roi rassembleur, dont l’œuvre est continuée par Louis VIII. Il faut attendre la guerre de Cent Ans pour assister à un recul important des possessions royales françaises. Stabiliser ces conquêtes passe cependant par autre chose encore que de simples victoires militaires ou diplomatiques.

Et là se situe bien le grand succès de Philippe : en même temps qu'il agrandit le territoire, il parvient à raffermir le pouvoir royal dans ces nouvelles terres, condition indispensable de la pérennité de ces nouvelles possessions. Cet objectif est atteint, d'abord, par une nouvelle politique de fortifications et de châteaux : Philippe fait dresser leur inventaire et lance à ses frais des constructions dans le domaine et les fiefs. Les mottes castrales disparaissent, remplacées par des donjons en pierre que Philippe veut polygonaux ou cylindriques, pour une meilleure résistance aux engins de siège, et pour éviter les angles morts à la défense. De nombreuses tours sont ainsi construites. Vers la fin du règne, le plan évolue vers un donjon circulaire, surmontant une forteresse quadrangulaire avec des tours rondes à chaque coin, dont le Louvre est le meilleur exemple
Cela n'est pas tout. La stabilisation des conquêtes passe aussi par de nouveaux modes d'administration du territoire.


La révolution administrative : baillis, prévôts et sénéchaux

Pour échapper à la spirale du morcellement, conséquence du système féodal, Philippe Auguste entreprend très tôt de mettre sur pied une nouvelle structure administrative lui permettant d'exercer directement son pouvoir sur le territoire. Philippe organise en fait ce système à l'occasion de son départ en croisade, par une ordonnance-testament de 1190, afin de régler les questions d'organisation du pouvoir en son absence. Le roi met dès lors en valeur les baillis, vieille création d'origine anglo-normande dont le rôle, dans les territoires français, n'était pas clairement défini jusqu'ici. Philippe s'inspire notamment des réformes administratives d'Henri II d'Angleterre, menées en 1176. La Flandre se dote d'ailleurs d'un corps similaire au même moment.

Cette réforme s'achève aux alentours de 1200, quand l'appellation baillivi devient courante, sinon officielle, dans les actes royaux. Nommés par le roi, ils sont une douzaine qui parcourent le domaine au gré des besoins, afin de rendre la justice, mais aussi d'ébaucher une comptabilité du royaume, un domaine qui connaît des progrès décisifs dans la seconde moitié du règne. À la différence du système féodal, les baillis n'ont pas d'attache géographique précise (cela évolue après Philippe Auguste). Leur activité n'est donc pas liée à la possession de terres, ils n'exercent pas de pouvoir en propre, mais représentent le roi. Par ailleurs, ils sont rémunérés directement par le souverain, et soumis à un contrôle très important, avec obligation de rendre des comptes trois fois l'an, relève que le niveau de salaire des baillis se situe entre 10 sous et une livre, soit plus, par exemple, que les chevaliers mercenaires (10 sous). Un indice à la fois de l'importance de leur statut, et du prix de leur fidélité…
Les baillis sont assistés par les prévôts, autre vieille institution au rôle flou jusqu'ici. Ceux-ci sont par contre rattachés à une zone précise, où ils jugent les affaires courantes (les baillis jugeant surtout en appel) et dressent des comptes locaux.

Dans certaines des régions conquises pendant le règne (Anjou, Maine, Touraine, Poitou,Saintonge), Philippe Auguste confie les fonctions administratives aux sénéchaux. Ce titre auparavant héréditaire devient d'ailleurs non transmissible à partir de 1191. À la différence du bailli, le sénéchal est un baron local : le risque de voir ce dernier prendre une importance locale considérable, voire dangereuse pour le roi, existe donc au même titre que dans le système féodal. C'est pourquoi ce régime est souvent supprimé (notamment en Normandie, dès l'annexion), pour être remplacé par celui des baillis.

La naissance d’une idéologie royale

Grâce à sa grande victoire de Bouvines (48), Philippe Auguste achève son règne dans un enthousiasme populaire important. Dans ce contexte, l'idéologie royale progresse, signe peut-être le plus manifeste de l'émergence d'un État sous le règne de Philippe.

On a beaucoup commenté l'utilisation croissante des termes Francia et rex Franciæ (roi de France) dans les textes contemporains, ceux des chroniqueurs du XIIe siècle comme des princes étrangers et de ses propres sujets. Selon Marie Thérèse Jones-Davies, la formule rex Franciæ remplace officiellement le titre de rex Francorum (roi desFrancs) dès 1181, dans un acte où il est appeléPhilippus Dei gratia Franciæ rex. Toutefois, nous ne disposons que d'une copie du XIIIe siècle de cet acte. Pour Bernard Guenée et Anne Lombard-Jourdan, on rencontre les expressions rex Franciæ à partir de 1190 et regnum Franciæ en 1205. Pour Alain Derville, c'est au début du XIIIe siècle qu'apparaît l'expression rex Franciæ45. D'autres progrès idéologiques sont évidents.

Surtout, la fin du règne voit se développer une véritable tentative de propagande royale, à travers les chroniques officielles. Déjà, à partir de 1186, Rigord, moine de Saint-Denis rédige une chronique en latin, dans la tradition de Suger, qu'il offre à Philippe en 1196. Ces Gesta Philippi Augusti sont ensuite complétées jusqu'en 1208. Cette œuvre n'est pas une commande du roi, mais elle n'en reste pas moins une chronique quasi-officielle, à la gloire de Philippe (sauf quelques critiques touchant à l'affaire du mariage). C'est d'ailleurs Rigord qui, le premier, donne à Philippe le surnom d’Augustus, en référence au mois de sa naissance et à ses premières conquêtes qui l'élèvent, pour l'auteur, au rang des empereurs romains. Rigord se fonde en fait sur une interprétation très personnelle de l'étymologie d’Augustus, qu'il rattache au verbe augeo (augmenter, enrichir), en référence à l'agrandissement et à l'enrichissement du royaume par Philippe.

Philippe Auguste confie par la suite à un nouveau chroniqueur la tâche d'expurger la chronique de Rigord de ses passages critiques, et de la continuer. Guillaume le Breton, clerc et proche du souverain, s'acquitte de cette tâche. Il se voit ensuite confier la rédaction d'un véritable monument à la gloire du roi, à partir de 1214 : une chronique en vers, la Philippide, dans le style du poème épique, alors très en vogue (notamment depuis l’Alexandreis de Gautier de Châtillon, épopée à la gloire d'Alexandre). Plusieurs versions de la Philippide se suivent, la dernière étant achevée en 1224, un an après la mort du roi. Dans cette œuvre unique, Philippe est désormais représenté en héros, le vainqueur de Bouvines y est célébré dans toute sa majesté. L'évolution au fil du règne est importante, bien que les deux chroniques officielles restent des témoignages très isolés dans l'ensemble de la production littéraire du règne de Philippe Auguste.

La chronique de Rigord et sa continuation par Guillaume le Breton sont ensuite traduites par Primat pour les Grandes Chroniques de France. C'est dans cette forme, plutôt que dans celle de la Philippide, que l'image de Philippe passe à la postérité.

Enfin, on peut également noter la contribution de Gilles de Paris qui, dans son Karolinus, poème à la gloire de Charlemagne écrit à l'intention du roi Louis VIII, fait descendre Philippe et Louis VIII de Charlemagne, unissant donc les dynasties carolingienne et capétienne, et faisant de lui le premier vrai représentant d'un genus royal, à la base de l'idée de transmission de la royauté par le sang qui connaît après Philippe Auguste un essor important.

Contrairement à ses prédécesseurs, Philippe II n'a pas associé son fils au trône : à sa mort, le passage de la couronne à Louis VIII n'a pas fait l'objet d'un vote ni même d'une approbation de principe de la part des pairs du royaume. On peut considérer que, d'une certaine façon, la couronne de France est devenue héréditaire ce 14 juillet.

Le bienfaiteur de Paris

Le règne de Philippe Auguste est une période de vives améliorations pour Paris. Si la cour est encore itinérante, Paris acquiert cependant un statut particulier dont les différents travaux accomplis témoignent. Un grand pas est effectué sous Philippe dans l'invention de la capitale. Quelques faits à retenir :
• 1181 : Philippe Auguste transfère la foire Saint-Lazare (situé dans les faubourgs du nord de la ville, près de la léproserie Saint-Lazare) au centre de Paris, à l'emplacement même des futures Halles. Deux bâtiments couverts sont élevés pour assainir le nouveau marché en 1183. Très intéressé par le développement de ce marché central, Philippe réglemente lui-même sur le commerce des denrées essentielles (viande, pain et vin).
• 1186 : Philippe fait paver les rues principales de Paris.
• 1187 : le cimetière des Saints-Innocents est assaini, drainé, nivelé et muni d'un mur d'enceinte.
• 1190 : avant de partir à la croisade, Philippe fait commencer la construction d'un mur d'enceinte sur la rive droite.
• 1194 : après la perte des archives royales lors de la bataille de Fréteval et la récupération de celles-ci par Richard Cœur de Lion, Philippe les fait reconstituer. À partir de cette date, un exemplaire de ces archives restera en permanence à Paris.
• 1200 : charte royale créant l'Université de Paris, un statut qui permet aux maîtres et écoliers parisiens de disposer d'une liberté et d'une sécurité importantes ; désormais, ceux-ci relèvent en particulier de la juridiction ecclésiastique. Ces privilèges permettent un essor rapide des écoles parisiennes.
• 1202 : achèvement de la construction de la tour neuve, à l'entrée ouest de la ville, le futur Louvre.
• 1209-1210 : travaux sur le Petit Châtelet, sur la rive gauche (nouvelles cheminées, portes, poternes, ajout d'une prison de trois étages).
• 1209-1212 : construction de la partie rive gauche de l'enceinte de Paris.
L'expansion de Paris ne se résume pas aux travaux menés par Philippe Auguste. C'est également sous son règne que sont créés l'hospice Sainte-Catherine (1185) et l'hôpital de la Trinité (1202). Les travaux de Notre-Dame de Paris, entamés en 1163, progressent aussi à bon rythme. En 1182, le chœur est achevé et le maître-autel est consacré le 19 mai. Puis, la façade ouest est décorée, la galerie des rois est achevée dans les années 1220, la grande rose est entamée dans la foulée, tandis que le parvis est agrandi à la même époque.

L'essor de Paris est confirmé par les estimations démographiques, qui estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants à 50 000 vers1200, ce qui en fait la plus grande ville d'Europe, hors l'Italie.


Descendance de Philippe Auguste

• Avec Isabelle de Hainaut, comtesse d'Artois (1170-1190, mariage en 1180), fille deBaudouin V de Hainaut :
1- Louis VIII (1187-1226), et postérité ;
2- et 3- des jumeaux (nés et morts en 1190).

• Avec Ingeburge de Danemark (1176-1238, mariage en 1193), fille de Waldemar Ier, roi de Danemark (1157-1182), sœur de Knut VI, roi de Danemark (1182-1202). Répudiée en1193, rétablie officiellement en 1200 (dans les faits, elle ne retrouve jamais sa place conjugale), sans postérité ;

• Avec Agnès de Méranie (v.1172-1201, mariage en 1196), fille de Berthold IV de Méranie, donne naissance à trois enfants naturels, dont les deux survivants sont néanmoins reconnus héritiers légitimes de Philippe Auguste par le pape Innocent III :


4- Marie (v. 1198-1224), qui épousa en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis se remaria en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v.1165-1235), et postérité ;
5- Philippe Hurepel (1200-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216 Mathilde de Dammartin (v.1202-1259), d'où deux enfants : Jeanne et Albéric ;
6- Jean-Tristan (mort-né en 1201) ;
Avec « une certaine dame d'Arras » :
7- Pierre Charlot (1205-1249), évêque de Noyon.


L’image de Phippe Auguste

Plus généralement, la figure de Philippe II, telle que célébrée par les chroniqueurs du temps, a été en grande partie occultée par la concurrence de saint Louis, devenu — et pour longtemps — le modèle royal par excellence dès la fin du XIIIe siècle. Il n'en reste pas moins que la victoire de Bouvines reste parmi les éléments les plus essentiels de la mythologie nationale française, grâce aux Grandes Chroniques de France ou, bien plus tard, par les manuels scolaires de la IIIe République. L'église Saint-Pierre de Bouvines, bâtie en 1882, a d'ailleurs été pourvue entre 1887 et 1906, de vingt-et-un vitraux retraçant le déroulement de la bataille, des pièces aujourd'hui classées.

Les autres traces du règne de Philippe Auguste ont quant à elles disparu progressivement. L'enceinte de Philippe Auguste subsiste à l'état de vestiges qui parsèment Paris, le Louvre médiéval a été dégagé et intégré au musée dans les années 1990. Enfin, toujours à Paris, une avenue et une station de métro continuent de commémorer le vainqueur de Bouvines.

La personnalité de Philippe II reste contrastée et énigmatique. Il n'a pas été inféodé ni soumis aux évènements qu'il a pourtant souvent lui-même suscités. Il n'a jamais capitulé, et quand il a enduré du fait de ses propres erreurs il a été capable de réparer pour le bien du royaume.
Pour se libérer de la tutelle de sa mère et du clan champenois il se marie alors qu'il est lui-même mineur avec une héritière non pubère qui lui amène dans sa corbeille une dot considérable, l'Artois. Soucieux de sa descendance, d'un tempérament très affirmé mais brouillon, il décide de se séparer d'Isabelle de Hainaut qui ne lui a pas donné d'enfant. Puis, il se ravise comprenant qu'il va commettre l'irréparable comme son père Louis VII qui a perdu l'Aquitaine pour avoir laissé partir la duchesse Aliénor. Il se rabiboche avec sa jeune épouse et garde l'Artois, en plus d'un héritier.

Philippe II poursuit un but unique : l'accroissement du royaume et de ses possessions. Il cherchera toute sa vie à récupérer l'Aquitaine et l'Anjou en jouant pour cela le ferment de la division entre Henri II d'Angleterre et ses fils, jusqu'à l'achèvement complet de ses objectifs après Bouvines. D'autre part, il est un suzerain loyal et honnête qui n'use pas de sa puissance pour conquérir par les armes. Ainsi, il défend l'héritage artésien de son fils Louis et même il cherche à accroître l'Artois en rachetant des parcelles et en désintéressant les châtelains.

Philippe II reste marqué par ce qu'il estime être une dépossession territoriale qui réduit le royaume de France au compromis permanent avec des barons plus puissants et plus riches que le roi de France. À l'instar d'un bourgeois ou d'un hobereau, il fait grossir son capital en achetant des terres, contraint les serfs à payer leur affranchissement. Philippe II est l'initiateur de l'état français, pour autant le trésor du royaume est sa fortune personnelle dont il dispose à son gré. Ainsi, dans son testament il répartit la moitié du trésor à des œuvres caritatives de son choix et laisse l'autre moitié à son fils pour qu'il en dispose dans la gestion de l'état.

Ingeborg de Danemark fut une épine dans son talon. Il ne l'aimait pas, il chercha à s'en débarrasser le plus rapidement possible, ce fut sa plus grande erreur car elle tint bon jusqu'au bout dans ses réclamations. Par son refus du divorce, son refus d'entrer en religion, son refus de retourner au Danemark elle l'empêcha de vivre auprès d'Agnès de Méranie dont il eut des enfants considérés comme illégitimes.

À cet égard, on peut observer qu'il se conduisit envers Ingeborg de Danemark de la même façon qu'il s'était conduit avec Isabelle de Hainaut, avec mépris et arrogance. Isabelle de Hainaut avait su lui tenir tête, elle s'était positionnée en victime n'hésitant pas à mettre le peuple de son côté. C'est sans doute ce qu'a voulu éviter Philippe II en enfermant immédiatement Ingeborg à Étampes, en ne lui laissant pas le temps d'organiser auprès du peuple sa défense. Son rôle de victime serait apparu clairement, il aurait été contraint de la reprendre près de lui comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut. Or, il ne voulait plus Ingeborg pour épouse et ne voulait pas cette fois se voir contraint à reprendre une épouse dont il ne voulait plus et qui cette fois ne lui rapportait aucune terre. C'est sans doute là qu'Ingeborg a joué de malheur. Ne rapportant qu'une dot assez faible pour un roi de France, et aucune terre, elle n'avait aucun moyen de pression dont elle aurait pu user pour obliger Philippe II à la respecter.

Comme quelques historiens l'ont avancé, le rejet d'Ingeborg pourrait s'expliquer par le fait que ce mariage ne lui rapportait pas tant qu'il l'avait espéré, une alliance notamment pour battre les Plantagenêt. Il n'est pas exclu qu'il ait estimé avoir été filouté sur les termes d'un contrat non écrit entre le Danemark et la France. Toutefois il faut observer que Valdemar II de Danemark, le frère d'Ingeborg, intercèdera sans relâche auprès de la France pour faire libérer sa sœur, et ira même plaider sa cause auprès du Pape, en vain. Secundo, Valdemar II de Danemark épouse en 1214 après la bataille de Bouvines et après la libération de sa sœur Ingeborg, Bérengère de Portugal sœur de Ferrand de Portugal qui avait rejoint la coalition contre Philippe II à Bouvines. Ce mariage est intéressant car il se conclut à un moment où Ferrand de Flandre est captif dans les geôles du Louvre.
Ingeborg n'a jamais été reine de France qu'en titre puisqu'elle n'a jamais exercé et à aucun moment, les fonctions de reine ou de régente. On peut voir le mariage de son frère Valdemar avec la sœur du prisonnier Ferrand de Flandre soit comme un remerciement tacite de la France pour la neutralité du Danemark à la bataille de Bouvines, soit comme une ultime provocation de la part du souverain danois, quoi qu'il en soit la conclusion d'un long épisode de gel diplomatique.

Philippe II fut un grand manipulateur d'hommes, il eut plus de difficultés à convaincre les femmes de sa bonne foi.

Utilisation de mercenaires

À partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, les mercenaires sont presque toujours présents dans les armées royales. Ils sont considérés comme les précurseurs de l'armée de métiers. Philippe Auguste utilisera les mercenaires après ces rivaux Plantagenêt. Mais il réussit par deux fois à retourner les troupes de routiers de ceux-ci. Aux alentours de 1194 il récupéra Lambert Cadoc (49), un gallois recruté par Richard Cœur de Lion. Cadoc lui restera fidèle durant 20 ans. Ensuite, au printemps 1204, en guerre contre le roi Jean sans Terre, Philippe Auguste négocie le ralliement de Lupicaire (50) et de sa troupe.
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 16:26

(1) Rigord (Rigordus) est un moine de Saint-Denis, médecin et historien, né entre 1145 et 1150 dans le Bas-Languedoc, peut-être à Alais, mort à Saint-Denis au plus tôt en novembre 1207, au plus tard en novembre 1209. C'est lui qui, le premier, donna à Philippe II de France le surnom d'« Auguste ».



(2) Guillaume Le Breton, né vers 1165dans le Léon et mort en 1226, était un prêtre et chroniqueur breton.

Il fut le chapelain et le biographe du roi de France Philippe Auguste dont il rédigea une biographie décomposée en chants La Philippide, entre 1214 et 1224 ainsi que l'éloge funèbre. Guillaume le Breton dédia La Philippide à Pierre Charlot, le fils naturel de Philippe II, dont il fut chargé par le roi de l'éducation et ajouta une dédicace à son poème à l'attention deLouis VIII.

Guillaume Le Breton est aussi le continuateur, jusqu'en 1224, de la Gesta Philippi Augusti de Pierre Rigord, plus tard incorporée dans les Grandes Chroniques de France.

À la demande du roi, il réécrivit dans La Philippide l'histoire de son règne de manière plus édulcorée, passant ainsi sous silence de nombreux faits qui ternissaient son image de roi vertueux, notamment concernant l'emprisonnement de sa seconde épouse Ingeborg de Danemark dont Guillaume le Breton dit que le roi s'en était séparé tout en lui versant de quoi subvenir à ses besoins pendant plus de six ans, alors qu'elle était restée prisonnière pendant vingt ans dans le plus cruel dénuement ainsi qu'en attestait Rigord.


(3) Maurice de Sully, né entre 1105 et 1120 àSully-sur-Loire, dans l'actuel département du Loiret (France) et décédé le11 septembre 1196 à Paris, est un homme d'Église français. Évêque de Paris de 1160à 1196, il entreprend en 1163 le chef-d’œuvre monumental qui immortalisera son nom, la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.



(4) La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison. Les saints sont réputés thaumaturges, ainsi que, traditionnellement, les rois de France et les rois d'Angleterre, qui pouvaient guérir les écrouelles (scrofule) dès leursacre.

Du grec « celui qui fait des tours d'adresse » il devient, à l'époque chrétienne, « celui qui fait des miracles », le terme s'appliquant essentiellement aux miracles de guérison.
1. thauma qui signifie: dieu, prodige
2. urgein qui signifie: produire, opérer

Par extension, un thaumaturge est une personne qui prétend accomplir des miracles, défier les lois de la nature (synonyme magicien).

Le titre de thaumaturge est donné à celui qui guérit de manière miraculeuse. Dans l'Europe christianisée, de nombreuses traditions locales évoquent des saints réputés pour les guérisons qu'ils apportent. Leur popularité a été telle que des chapelles leur ont été dédiées, qu'ils sont représentés sous forme de statues ou mis en scène dans des tableaux. Souvent issus de la tradition orale, un certain nombre de thaumaturges a cependant été reconnu par l'Église catholique. Leurs guérisons sont chaque fois attribuées à Dieu : en effet, dans la religion catholique, le saint n'a pas de pouvoir magique, il bénéficie d'un don accordé par Dieu ; en guérissant, il accomplit la volonté de Dieu.


(5) Guillaume de Champagne, dit Guillaume de Blois ou Guillaume aux Blanches Mains, né en 1135, mort en 1202 à Laon, fut évêque de Chartres (1164-1176)archevêque de Sens (1169-1176), puis archevêque de Reims (1176-1202). À ce titre, il fut le premier duc et pair de Reims.




(6) Isabelle de Hainaut, née le 23 avril 1170, morte le 15 mars 1190 à Paris, fille du comte Baudouin V de Hainaut (vers 1150-1195) et de Marguerite Ire de Flandre(1145-1194), dite Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre. Elle est, par son mariage avec le roi Philippe II de France reine des Francs de 1180 à 1190. Elle mit au monde un fils, Louis qui deviendra Louis VIII de France.




(7) Baudouin V de Hainaut (vers 1150 -17 décembre 1195 à Mons), dit « Baudouin le Courageux », fut comte de Hainaut de 1171 à 1195, comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII de Flandre de 1191 à 1194 et marquis de Namur sous le nom de Baudouin Ier de 1187 à 1195, ainsi que seigneur de Beaumont (Hainaut). Il est le fils du comte Baudouin IV de Hainaut et d'Alix de Namur.

De son mariage avec Marguerite Ire de Flandre il eut 7 enfants :
• Isabelle (°1170 †1190) ∞ Philippe II de France
• Baudouin (°1171 †1205), comte de Flandre, de Hainaut et empereur latin de Constantinople
• Yolande (°1175 †1219) ∞ Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople
• Philippe Ier le Noble, marquis de Namur (°1175 †1212)
• Henri (°1176 †1216), empereur latin de Constantinople
• Sybille (°1179 †1217) ∞ Guichard IV sire de Beaujeu
• Eustache de Flandre (de) (†1219), régent du royaume de Thessalonique


(08) le 28 juin 1180, le troisième traité de Gisors est un accord d'assistance défensive et offensive signé entre Philippe Auguste et Henri II Plantagenêt.




(9) Godefroid III de Louvain, né vers 1140, mort le 10 ou le 21 août 1190, fut comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie (Godefroy VII) de 1142 à 1190. Il était fils de Godefroy II, comte de Louvain, de Bruxelles, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie, et de Luitgarde de Sulzbach (Bavière).

Il épousa en premières noces en 1155 Marguerite de Limbourg (1135 † 1172), fille d'Henri II, comte de Limbourg, et de Mathilde de Saffenberg. Ils eurent :

• Henri Ier (1165 † 1235), premier duc de Brabant ;
• Albert (1166 † assassiné à Reims 1192), archidiacre, puis évêque de Liège.
Veuf, il se remaria vers 1180 à Imaine de Looz († ca 1214), fille de Louis Ier, comte de Loozet d'Agnès de Metz. Ils eurent :
• Guillaume, seigneur de Perwez et de Ruysbroek (1199-1224), né vers 1180, il testa en octobre 1219, mourut après le 1er août 1224 et fut enterré en l'église cistercienne de Villers-la-Ville. Sans alliance connue, il eut au moins un fils naturel, Henri de Stalle (décédé en 1277), auteur de la famille de ce nom, autrefois titulaire du fief éponyme, situé commune d'Uccle, admise aux Lignages de Bruxelles et aujourd'hui éteinte ;
• Godefroid de Louvain († 1225), qui passa une grande partie de sa vie en en Angleterre à partir de 1196.




(10) Le traité de Boves de juillet 1185est un traité entre le roi de FrancePhilippe Auguste et le Comte Philippe Ier de Flandre. Il est aussi appelé Paix d'Amiens. Il a été signé à Boves dans la Somme.
Le traité met fin au conflit entre le roi et le comte au sujet de l'héritage d'Élisabeth de Vermandois (prénommée aussi Mabile), l'épouse du Comte Philippe. Cela concerne surtout la possession de l'Artois, qui revenait également à Éléonore la sœur d'Élisabeth.
Depuis, Éléonore avait épousé Mathieu de Beaumont, chambellan du roi. Philippe-Auguste avait promis de défendre ses droits.




(11) Grégoire VIII (Alberto di Morra) est un prélat italien qui naquit à Benevento et devint cardinal de Saint-Laurent en Lucina, pape du 21 octobre 1187 au17 décembre 1187, date de sa mort. Il est appelé « Ensis Laurentii » dans la prophétie de saint Malachie.
Avant de devenir pape, il fut chanoine régulier de l'abbaye Saint-Martin de Laon. Devenu pape en octobre 1187, il leva l'excommunication du roi Henri II d'Angleterre qui avait fait assassiner Thomas Becket.

Il émit peu de temps après son accession à la papauté la bulle Audita tremendi qui appelait à la troisième croisade contre les musulmans menés par Saladin, qui venait de conquérir Jérusalem. Il mourut avant de voir le début de celle-ci.




(12) Adèle de France (Adélaïde ou encore Alix) (octobre 1160 - † après janvier 1213) est la fille du roi Louis VII de France (1120 - † 1180) et de sa deuxième épouse Constance qui meurt le lendemain de la naissance de sa fille.

Après avoir tenté de la donner pour femme à Jean sans Terre, frère de Richard Cœur de Lion, le roi Philippe-Auguste la maria le 20 août 1195 à Guillaume II Talvas (vers 1178-1221), comte de Ponthieu. Elle apporta dans sa dot le comté d'Eu, le comté d'Arques et un prêt de 5000 marcs.

Elle eut avec lui :
• Marie de Ponthieu (avant 1199 - † 1250), qui épousa Simon de Dammartin († 1239),comte d'Aumale et de Dammartin et hérita du comté de Ponthieu. En deuxième mariage, Marie de Ponthieu épousa Mathieu de Montmorency († 1250).
• Probablement aussi (filiation incertaine) : Jean II de Ponthieu (1199 - † 1214)




(13) Bérengère de Navarre (1163-1230), première née du roi Sanche VI de Navarre dit « le Sage » (Sancho El Sabio), fut l'épouse de Richard Cœur de Lion.

La date de naissance est incertaine. On la situe entre 1163 et 1165. Bérengère de Navarre a entre 26 ans et 28 ans lorsque Richard Ier Plantagenêt la demande en mariage. Elle ne possède aucune terre en propre. Apparentée aux comtes du Maine par sa grand-mère, elle n'a pas de lien de parenté direct avec Richard Ier d'Angleterre et donc pas de motif d'annulation du mariage à redouter du pape. Le royaume de Navarre pour petit qu'il soit est la cible de l'appétit des royaumes puissants. Bien que considérée comme âgée pour un premier mariage, la main de Bérengère n'en est pas moins convoitée, ce qui explique — par la crainte pour l'autonomie du royaume — la résistance du roi de Navarre à faire contracter un mariage à sa fille aînée.

Leur mariage est célébré à Limassol, le 12 mai 1191, en la chapelle St George. La sœur de Richard, Jeanne, l’a suivi de Sicile, et assiste à la cérémonie. L'évêque d'Evreux couronne la nouvelle reine.




(14) La suette est une ancienne maladie infectieuse épidémique caractérisée par une fièvre importante, une transpiration profuse et une mortalité élevée.

On en distingue deux variétés :
• la suette anglaise (en latin : sudor anglicus) qui a sévi sur un mode épidémique à cinq reprises aux XVe et XVIe siècles en Angleterre ;
• la suette miliaire, ainsi dénommée car elle s'accompagne d'une éruption cutanée en forme de grains de mil.

Cette maladie appartient à l'histoire de la médecine : en effet aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis le milieu du XVIe siècle pour la suette anglaise, et le début du XXe siècle pour la forme miliaire. Son agent causal reste par conséquent hypothétique. Certains arguments cliniques et épidémiologiques suggèrent le diagnostic rétrospectif (a) d'une infection à hantavirus.

(a) un diagnostic rétrospectif (ou rétrodiagnostic ou diagnostic posthume) est l'identification, a posteriori d'une maladie chez un patient décédé, qui peut être une personnalité historique. Ce type de diagnostic utilise des sources primaires anciennes, médicales ou non médicales, et se fait grâce aux connaissances, aux méthodes et aux classifications nosologiques modernes. Il peut aussi s'agir, de manière plus générale, d'une tentative pour désigner sous un nom moderne un ancien fléau sanitaire aux définitions floues et mal établies.


(15) Éléonore de Vermandois, née vers 1148/1149, morte en juin 1213, fille de Raoul Ier, comte de Vermandois et de Valois, et de Pétronille d'Aquitaine.
À la mort de sa sœur Élisabeth (1183), son beau-frère Philippe d'Alsace conserva les comtés de Vermandois et de Valois, mais dut les céder à Philippe II Auguste en 1185.

Elle fut mariée quatre fois :
1. En 1162 avec Godefroy de Hainaut († 1163), comte d'Ostrevent, fils du comte Baudouin IV de Hainaut.
2. En 1164, avec Guillaume IV († 1168), comte de Nevers.
3. En 1171 avec Mathieu d'Alsace (v. 1137 † 1173), comte de Boulogne.
4. En 1175 avec Mathieu III († 1208) comte de Beaumont-sur-Oise.


(16) Louis VIII dit « le Lion », né le 5 septembre 1187 à Paris et mort le8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il était le fils du roi Philippe II (1165-1223), dit « Philippe Auguste » et d'Isabelle de Hainaut (1170-1190). Par sa mère, il est le premier roi de France qui descende à la fois d'Hugues Capet et de son compétiteur malheureux, Charles de Basse-Lotharingie. Le court règne de Louis VIII fut cependant marqué par deux brillantes campagnes : l’une contre les Anglais en Guyenne, l’autre contre Raymond VII de Toulouse.

Il est le premier roi capétien à ne pas avoir été sacré roi du vivant de son père. Il avait cependant été désigné par Philippe II dans son testament rédigé en 1190 comme devant lui succéder. Le testament n'ayant pas été contesté après cette date, la cérémonie de l'adoubement des barons — héritage rituel des Capétiens — devenait inutile. L'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, le sacre à Reims le6 août 1223.

Le royaume de France ayant été mis en interdit par le concile de Dijon le 6 décembre 1199 à effet des 40 jours suivant Noël, aucun mariage ni enterrement religieux ne pouvait être célébré par un prêtre dans tout le royaume dès le mois de janvier 1200, ce qui conduisit Philippe II à faire célébrer le mariage de son fils Louis dans les terres du roi Jean Ier d'Angleterre dont Blanche de Castille était la nièce.

Leurs enfants connus sont :
• Philippe, fiancé en 1217 à Agnès II de Donzy(septembre 1209-1218), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, mort à 9 ans, sans postérité ;
• Louis IX (1214-1270), roi de France, et descendance à nos jours ;
• Robert Ier (28 septembre 1216- 8 février 1250) comte apanagiste d'Artois qui épouseMahaut de Brabant, et postérité ;
• Jean (21 juillet 1219-1232) comte d'Anjou et du Maine, sans postérité ;
• Alphonse (1220-1271) comte apanagiste de Poitiers qui épouse Jeanne, comtesse de Toulouse (1220 † 1271), sans descendance ;
• Philippe Dagobert (20 février 1223-1232), sans postérité ;
• Isabelle (1225-1270), fiancée à Hugues de la Marche, puis en 1252 fondatrice et abbesse des Clarisses de Longchamp (béatifiée), sans descendance ;
• Étienne (Paris 27 décembre 1225-novembre 1226/1227), sans postérité ;
• Charles Ier de Sicile (Vendôme mars 1227-7 janvier 1285). Fils posthume, Louis IX lui transfère l'apanage d'Anjou de son frère Jean (mort en 1232) comte apanagiste d'Anjou,roi de Sicile, puis de Naples, de Jérusalem, comte de Provence. En 1246, Charles épouse Béatrice de Provence (1234 † 1267) et en 1268, il se remarie avec Marguerite de Bourgogne (1248 † 1308), et postérité.




(17) Ingeburge de Danemark ou encore Ingeborg ouIsambour1, reine des Francs appartenant à la dynastie desCapétiens.

Née en 1174, elle est la fille de Valdemar Ier, "le grand", roi de Danemark et de Sophie de Polock.
Le 14 août 1193 en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens2, Ingeburge devient reine de France en épousant le roi Philippe II "Auguste", veuf d'Isabelle de Hainaut. Sa dot est fixée à 10 000 marcs d'argent.

[…]

Pour s’épargner une toujours possible annulation en consanguinité (cf. Louis VII de France et Aliénor d’Aquitaine), le jeune roi de France veuf d’Isabelle de Hainaut depuis deux ans cherche une nouvelle reine et une épouse pour consolider sa fragile descendance. Son choix se porte sur le Danemark gouverné par Knud VI de Danemark qui accepte le mariage de sa sœur Ingeburge avec le roi de France. La dot est âprement débattue et fixée à 10 000 marcs d’argent, une lourde charge pour un petit royaume.

Le 14 août 1193, le mariage fut célébré à Amiens et Ingeburge fut couronnée reine le lendemain. Les témoins du mariage dirent que le roi était fébrile la veille de la cérémonie et que le lendemain même de ses noces, Philippe, sans qu’il ne s’en explique demanda aux ambassadeurs du Danemark de repartir avec Ingeburge, ce qu’ils refusèrent en quittant le royaume de France sur le champ. La reine fut d’abord conduite au prieuré de Saint-Maurpuis à l'Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing et Philippe II entama une procédure d’annulation de mariage. […]

La résistance inattendue d’Ingeburge dont Philippe pensait venir à bout rapidement fut pour la reine de France répudiée et déchue le début d’une longue captivité qui dura 20 ans pendant laquelle elle subit toutes sortes d’humiliations, de sévices psychologiques et de privations extrêmes passant de couvent en prison. La papauté consacra au dénouement de cette tragédie matrimoniale et politique pas moins de quatre conciles qui conclurent tous à la vanité des arguments en faveur de l’annulation puisqu’il n’y avait pas de consanguinité, que le mariage avait été consommé, que l’épouse persistait à vouloir rester dans les liens du mariage au contraire de l’époux qui les avait bafoués sciemment.




(18) Knut VI de Danemark, né en 1163 et mort le 12 novembre1202, fut roi de Danemark de 1182 à 1202. Knud VI était le fils aîné de Valdemar Ierde Danemark et de Sophie de Polock, et le frère d'Ingeburge, épouse répudiée du roi de France Philippe Auguste.




(19) Agnès ou Marie de Méranie, ou Agnès d'Andechs née vers 1172, morte le 19 juillet 1201 à Poissy), est une fille de Berthold IV, duc de Méranie, et d'Agnès de Wettin. Elle est devenue reine des Francs par son mariage avec Philippe II de France.

Elle donne naissance à trois enfants :
• Marie (1199-1224), qui épouse en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v.1165-1235),
• Philippe Hurepel (1197-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216Mathilde de Dammartin (v.1202-1259) et hérite du comté de Boulogne.
• Un fils mort quelques jours après sa naissance (Juillet 1201).

En juillet 1201, Agnès de Méranie meurt en donnant naissance à un troisième enfant qui meurt peu après sa naissance. Philippe Auguste parvient à faire reconnaître du pape la légitimité des enfants nés d'Agnès - c'est Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, qui contre-signe l'acte.
Elle est inhumée en l'abbaye royale de Saint-Corentin à Septeuil à une quinzaine de kilomètres au Sud de Mantes. Son décès causa au roi qui l'aimait une douleur immense.




(20) Pierre dit Carolus ou Charlot ou Pierre Ier Charlot, fils naturel de Philippe-Auguste et d'« une certaine dame d'Arras », né entre 1205 et 1209, décédé le 9 octobre 1249. Il fut évêque (de 1240 à 1249) et comte de Noyon, pair de France.

Malgré sa naissance illégitime, son père obtint in indult (par indulgence) du pape Honorius III l'autorisation à détenir des bénéfices ecclésiastiques. Il eut pour précepteur Guillaume le Breton qui lui dédia sa "Philippide", après la mort de son père, sous le titre Petro Karloto Philippi regis Francorum filio.

En 1232, il fut nommé trésorier de l'église Saint-Martin de Tours et se fit dispenser de l'obligation d'y résider, ceci pour lui permettre de poursuivre des études de théologie. Il fut titulaire en 1235 des offices de trésorier de Saint-Frambaud de Senlis et de Saint-Fursy de Péronne. Le pape lui conféra le sous-diaconat et il fut nommé évêque de Noyon en 1240. Il fut choisi en 1243 avec Robert de Cressonsacq, l'évêque de Beauvais, pour clore le différend qui existait entre le chapitre de Noyon et le seigneur Simon de Nesle. Il fut aussi chancelier de Charles Ier de Sicile. Ayant accompagné le roi Louis IX à l'occasion de la septième croisade en Terre sainte, il mourut lors d'un naufrage vers Damiette et fut inhumé dans le chœur de la cathédrale de Noyon.




(21) Le Trésor des Chartes sont les archives anciennes de la Couronne de France.

Le 5 juillet 1194, Philippe Auguste affronte Richard Cœur de Lion aux abords de la forêt deFréteval (près de Vendôme). Richard lui inflige une cuisante défaite, à l'issue de laquelle le roi de France perd ses équipages, son trésor et ses archives, dont le sceau royal, qu'il transportait dans ses campagnes militaires.

Philippe Auguste est contraint de reconstituer ses archives, les registres et archives particulières de la couronne royale, et en 1204, il confie cette mission à Gauthier de Nemours, alors grand chambellan du roi. Après sa mort, en 1220, le garde des sceauxGuérin est chargé de poursuivre son travail1.
À partir de 1231, les documents sont entreposés au palais royal.

[…] On appelait « layettes » les coffres qui renfermaient ces archives.




(22) Lotario, de la famille des comtes de Segni, (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216), élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom d'Innocent III, est considéré comme l'un des plus grands papes du Moyen Âge.

Théologien et homme d'action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire2. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la Chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu'il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d'exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzmán ainsi que saint François d'Assise et ses frères mendiants et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements, la réforme de l'Église, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.

C'est sous son pontificat qu'eut lieu la quatrième croisade, qui échappa au pouvoir de la papauté et se termina par le sac de Constantinople par les Croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxes et catholiques.




(23) Jean (24 décembre 1166 ou 1167 – 18/19 octobre 1216) fut roi d'Angleterre,seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1199 à sa mort.

Cinquième et dernier fils du roi Henri IId'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, Jean n'était pas destiné à monter sur le trône ou à recevoir un quelconque territoire en héritage ; il fut donc surnommé Jean sans Terre par son père. Cela changea après la révolte ratée de ses frères aînés entre 1173 et 1174 et il devint le fils préféré d'Henri II qui le fit seigneur d'Irlande en 1177 et lui accorda des terres sur le continent. La mort de trois de ses frères (Guillaume, Henri et Geoffroy) et l'accession au trône de Richard Ier en 1189 en fit l'héritier apparent. Jean tenta sans succès de prendre le pouvoir alors que son frère participait à la Troisième croisade mais il devint finalement roi en 1199.

Jean eut cinq enfants légitimes, tous avec Isabelle d'Angoulême. Il eut également plusieurs enfants illégitimes avec diverses maîtresses dont au moins neuf garçons et trois filles. Parmi ceux-ci, les plus connus sont Richard Fitz Roy et Jeanne qui épousa le prince gallois Llewelyn en 1205.

• Henri III (1er octobre 1207 – 16 novembre 1272),épouse Eléonore de Provence en 1236 ; cinq enfants dont le roi Edouard Ier
• Richard ( 5 janvier 1209 – 2 avril 1272)
a) épouse Isabel Marshal en 1231, 4 enfants
b) épouse Sancie de Provence en 1257, 2 enfants
c) épouse Béatrice de Falkenbourg en 1269, aucun enfant
• Jeanne (22 juillet 1210 – 4 mars 1238), épouse Alexandre II d’Ecosse en 1221, aucun enfant
• Isabelle (1214 – 1er décembre 1241), épouse Frédéric II du Saint-Empire en 1235, 4 enfants
• Aliénor (1215 – 13 avril 1275)
a) épouse Guillaume le Maréchal en 1224, aucun enfant
b) épouse Simon V de Montfort en 1238, 7 enfants



(24) Arthur Ier de Bretagne ou Arthur Plantagenêt (29 mars 1187 –3 avril 1203), fils posthume de Geoffroy Plantagenêt et de la duchesse Constance de Bretagne, fut duc de Bretagne de 1201 à sa mort, et héritier désigné au trône du Royaume d’Angleterre, devant succéder à Richard Cœur de Lion.



(25) Geoffroy II de Bretagne ou Geoffroy Plantagenêt (né le 23 septembre 1158 - mort le 19 août 1186 à Paris2 à l'âge de 27 ans), est le fils du roi d’Angleterre, duc de Normandie et comte d’Anjou Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine. Geoffroy est intronisé duc de Bretagne à Rennes en 1169 du fait de sa fiancée Constance de Bretagne. Son père assure l'administration comme baillistre du duché jusqu'en 1181. Le court règne personnel de ce prince (1181-1186) est marqué par l'influence angevine de la dynastie Plantagenêt et la codification de nouvelles coutumes :l'Assise au comte Geoffroy, le premier acte législatif pris à l'échelle du duché par un duc de Bretagne.

Geoffroy est le jeune frère de Guillaume, comte de Poitiers (1153-1156), de Henri le Jeune Roi (1155-1183), de Mathilde, duchesse de Saxe (1156-1189), et Richard Ier Cœur de Lion (1157-1199). Il est également le frère aîné d'Aliénor, reine de Castille (1161-1214), de Jeanne, reine de Sicile (1165-1199) et de Jean sans Terre (1166-1216).

Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, est anciennement reine de France par son mariage à Louis VII de France, Geoffroy est donc le demi-frère maternel de Marie de France (1145-1198) et d'Alix de Blois (1150-1195).

Son père, le roi d'Angleterre Henri II, eut quelques enfants illégitimes de diverses maîtresses. Geoffroy est donc le demi-frère paternel de Geoffroy, archevêque d'York (1151-1212), de Guillaume de Longue-Épée (1176-1226) et de Morgan (après 1180 – après 1213).

Par son union avec Constance, duchesse de Bretagne, Geoffroy II laissait deux très jeunes enfants, Aliénor et Arthur, fils posthume destiné à hériter du duché. Le nouveau roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion, continua la politique paternelle de sujétion de la Bretagne et s’empara de la duchesse en 1197 à Carhaix. Une réaction des Bretons mit son armée en déroute. C’est pourquoi, Arthur de Bretagne fut confié au roi de France, Philippe Auguste pour assurer sa sécurité. Aliénor prisonnière de Jean sans Terre mourut en 1241. Constance se maria en troisièmes noces avec Guy de Thouars et eut Alix.






(26) Le traité du Goulet est un traité de paix conclu, selon le chroniqueur Rigord, le jeudi18 mai 1200 à Gueuleton (actuelle île du Goulet) près de Vernon. La plupart des historiens donnent cependant comme date pour le traité le 22 mai. Le roi d'Angleterre, Jean d'Angleterre dit Jean sans Terre, reconnait la suzeraineté du roi de France sur les possessions continentales des Plantegenêt.


(27) Blanche de Castille, née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille, et morte le 27 novembre 1252 à Melun, reine de France, est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt : elle est donc la nièce des rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre.

Selon la volonté de sa grand-mère Aliénor d'Aquitaine, et pour sceller la paix entre la France et l'Angleterre, l'une de ses petites-filles devait épouser le prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste. Durant l'hiver de 1199-1200, Aliénor, quoiqu’octogénaire, se rend donc à la cour de Castille, où elle choisit Blanche plutôt que sa sœur Urraca. En avril 1200, Blanche et sa grand-mère arrivent à Bordeaux, escortées d'une nombreuse députation espagnole.

Le mariage est donc célébré le 23 mai 1200 en Normandie, alors sous domination anglaise, en l'église de Port-Mort. En l'absence des deux rois, la cérémonie est présidée par l'archevêque de Bordeaux. Blanche a douze ans et Louis treize ans.

Elle donne au roi douze enfants dont des jumeaux. Elle donne naissance à de nombreux fils, parmi lesquels le futur saint Louis, ce qui efface les attentes d'héritier mâle lors des règnes précédents de Louis VII et Philippe Auguste. Cette nombreuse descendance, couplée avec son esprit et sa grande piété, font d'elle une reine très appréciée. Cinq de ses enfants seulement atteignent l'âge adulte, quatre meurent durant l'adolescence et les autres en bas âge.

• Une fille (1205-1205), sans postérité ;
• Philippe de France (9 décembre 1209-29 novembre 1218), fiancé en 1217 à Agnès II de Donzy (septembre 1205-1225), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, sans postérité ;
• Alphonse et Jean, frères jumeaux, nés le 26 janvier 1213 à Lorrez-le-Bocage-Préaux, morts jeunes, sans postérité ;
• Louis IX (1214-1270), roi de France, et descendance à nos jours ;
• Robert Ier (28 septembre 1216- 8 février 1250)comte apanagiste d'Artois qui épouse Mathilde de Brabant, et postérité ;
• Jean (21 juillet 1219-1232) comte d'Anjou et du Maine, sans postérité ;
• Alphonse (1220-1271) comte apanagiste de Poitiers et de Toulouse qui épouse Jeanne, comtesse de Toulouse (1220 † 1271), sans descendance ;
• Philippe Dagobert (20 février 1223-1232), sans postérité ;
• Isabelle de France (1225-1270) fiancée à Hugues de Lusignan, puis en 1252 fondatrice et abbesse des Clarisses de Longchamp (béatifiée), sans descendance ;
• Étienne (Paris 27 décembre 1225-novembre 1226/1227), sans postérité ;
• Charles Ier de Sicile (Vendôme mars 1227-7 janvier 1285). Fils posthume, Louis IX lui transfère l'apanage d'Anjou de son frère Jean (mort en 1232). Comte apanagiste d'Anjou,roi de Sicile, puis de Naples, de Jérusalem, comte de Provence. En 1246, Charles épouse Béatrice de Provence (1234 † 1267) et en 1268, il se remarie avec Marguerite de Bourgogne (1248 † 1308), et postérité.



(28) Renaud de Dammartin, né vers 1165, mort en 1227, fut comte de Boulogne de1190 à 1227, comte de Dammartin de1200 à 1214, comte d'Aumale de 1204 à1206 et comte de Mortain de 1206 à1214. Il était fils d'Alberic III de Dammartin, comte de Dammartin, et de Mathilde de Clermont.

Il n'a pas eu d'enfants de Marie de Châtillon. D'Ide de Lorraine, il eut une fille :
• Mathilde de Dammartin (1202 † 1260), comtesse de Boulogne, d'Aumale et de Dammartin, fille des précédents, mariée à :
1. en 1218 à Philippe Ier Hurepel de France (1200 † 1234), comte de Clermont-en-Beauvaisis
2. en 1235 à Alphonse III, roi de Portugal (1210 † 1279)




(29) Philippe, dit « Hurepel » ou le « Hérissé », né vers 1197 et mort en1234, est le fils de Philippe II Auguste,roi de France, et d'Agnès de Méranie. Il est comte de Clermont, de Boulogne,d'Aumale et de Dammartin.

En 1216, son père lui fait épouser Mathilde de Dammartin (v.1202-1259),comtesse de Boulogne et de Dammartin, fille de Renaud de Dammartin et d'Ide de Lorraine. De cette union naissent :
• Jeanne (1219 † 1252), mariée à Gaucher de Châtillon († 1250),comte de Nevers, mais n'eurent pas de postérité
• Albéric (1222-ap.1284), comte de Clermont, qui abandonnera toutes ses possessions à sa sœur pour s'installer en Angleterre.




(30) Philippe Ier de Hainaut, dit le Noble, né en1175, mort en 1212, fut marquis de Namurde 1195 à 1212. Il était second fils de Baudouin V, comte de Hainaut et de Namur, et de Marguerite Ire d'Alsace, comtesse de Flandre.

[….] Philippe assura la régence des comtés Flandre et de Hainaut en l'absence de son frère aîné Baudouin (1171 † 1205) parti en croisade puis pendant la minorité de ses nièces Jeanne et Marguerite. En guerre contre la France, il fut fait prisonnier et ne recouvra la liberté qu'en se mariant avec Marie de France (ils n’eurent aucun enfant), fille de Philippe II Auguste et d'Agnès de Méranie , et en envoyant ses nièces, en otage à la Cour de France.




(31) Jeanne de Flandre ou Jeanne de Hainaut ou Jeanne de Constantinople1, née à une date inconnue entre 1194 et 1200, et morte le 5 décembre 1244, comtesse de Flandre et de Hainaut de 1205 à 1244 est une femme politique du Moyen Âge qui gouverna la Flandre et le Hainaut dans la première moitié du XIIIe siècle. Elle était la fille ainée de l'empereur Baudouin de Constantinople et de Marie de Champagne.

Ses parents étant morts aux Croisades, elle est élevée à Paris sous la tutelle du roi Philippe Auguste, qui la marie à Ferrand de Portugal en 1212.

Vers 1227 (ou 1228), Jeanne met au monde une fille, Marie. Celle-ci, qui sera leur unique enfant, est promise à Robert d'Artois, frère du roi de France Louis IX. Mais cette fille unique mourra en 1236. Ferrand de Portugal meurt le 27 juillet 1233 à Noyon […]

En 1237, Jeanne épouse en secondes noces Thomas II de Savoie (v. 1199-1259), fils du comte de Savoie Thomas Ier(1178-1233) et de Béatrice Marguerite de Genève (†1257), et surtout oncle de la reine Marguerite de Provence, épouse de Louis IX.



(32) Fernand ou Ferdinand de Portugal ou de Bourgogne, dit Ferrand de Flandre (en Portugais Dom Fernando) (24 mars 1188 - † Noyon, 4 mars ou 26 juillet 1233). Infant de Portugal et comte de Flandre et de Hainaut de 1212 à 1233 par son mariage avec la comtesse Jeanne de Flandre et de Hainaut, dite de Constantinople.

Il est le fils du roi de Portugal Sanche Ier de Portugal et de Douce d'Aragon.



(33) Otton de Brunswick, (1175/1176 probablement en Brunswick - † 19 mai1218 à Harzburg), comte de Poitou, (1196-1198), élu sous le nom d'Otton IV, empereur des Romains en 1209 et déposé en 1215 et duc de Souabe (1208-1212). Il est inhumé en l'église Saint-Blaise de Brunswick. C'est le dernier grand représentant de la puissante famille des Welf (guelfes).

Fils du duc de Bavière et de Saxe, Henri le Lion, et de Mathilde d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, et d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine.

Le 23 juillet 1212, il avait épousé Béatrice de Souabe, fille de Philippe de Souabe, son malheureux rival, et devient ainsi duc de Souabe. Mais comme cette dernière avait trouvé la mort un mois après son mariage, il s'était remarié deux ans plus tard avec Marie de Brabant, fille d'Henri Ier.



(34) Philippe Ier de Souabe né Philippe de Hohenstaufen (août 1177 - mort le21 juin 1208 à Bamberg), roi des Romains de 1198 à 1208, élu peu de temps avant Otton IV de Brunswick. Il fut aussi marquis de Toscane (1195 1208) et Duc de Souabe (1196-1208). Il fut le seul roi allemand à être assassiné durant son règne.

• 1176 il naît de l'empereur germanique Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne ;
• 1197 il épouse Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur de Byzance Isaac II Ange, qui lui donne sept enfants dont trois meurent en bas-âge :
• Béatrice (1198-1212) qui épouse en 1212 le futur empereur germanique Othon IV de Brunswick, et meurt la même année ;
• Cunégonde (1200-1248) qui épouse en 1224 le roi VenceslasIer de Bohême (1205-1253) ;
• Marie (1201-1235) qui épouse leduc Henri II de Brabant (1207-1248) ;
• Élisabeth (1202-1235) qui épouse en 1219 le roi Ferdinand III de Castille et de Léon (v.1200-1252).
• 1198 au mois de mars au cours de la diète tenue à Mühlhausen, il est élu roi des Romains ce qui déplait au pape Innocent III. Ce dernier, prenant le parti d'Otton IV de Brunswick (en échange de promesses exorbitantes : plus d'intervention impériale dans les élections épiscopales en Germanie, abandon de toute idée de suzeraineté sur la ville de Rome, renoncement à toute souveraineté sur la Sicile qui redeviendrait vassale du Saint-Siège, etc.), le fait élire roi des Romains à Cologne le 9 juin 1198, puis couronner le 12 juillet 1198.
• 1208 le 21 juin, il meurt poignardé à l'âge de 32 ans à Bamberg (250 km au nord de Munich en Bavière) par son allié Otton de Wittelsbach († 5 mars 1209), comte palatin de Bavière, qu'il avait mortellement offensé en lui refusant la main de sa fille. Philippe de Souabe ne sera jamais couronné empereur et son épouse meurt le 27 août de la même année.



(35) Siegfried von Eppstein ou Sigefroi II de Mayence (né vers 1165 à Eppstein enHesse, et mort le 9 septembre 1230 àErfurt), est un cardinal allemand de l'Église catholique du XIIIe siècle, nommé par le pape Innocent III. Il est le deuxième fils du comte Gottfried I (ou III) von Hainhausen, seigneur d'Eppstein.



(36) Henri Ier de Brabant, dit le Courageux ou le Guerroyeur, né vers 1165, mort àCologne le 5 septembre 1235, est duc de Brabant de 1183 à 1235, comte de Louvain, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie de 1190 à 1235. Il est fils de Godefroid III, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie, et de Marguerite de Limbourg.

Il a épousé en premières noces en 1179 Mathilde de Boulogne (1170 † 1210), fille cadette deMathieu d'Alsace et de Marie de Blois, comte et comtesse de Boulogne. Ils ont :
• Adélaïde (1190 † 1265), comtesse de Boulogne, mariée à :
1. en 1206 à Arnoul III († 1223), comte de Looz
2. en 1225 à Guillaume X de Clermont (1195 † 1247), comte d'Auvergne
3. Arnould de Wesemael, maréchal de Brabant.
• Marie (1190 † 1270), mariée à :
1. Othon IV (1177 † 1218), empereur germanique
2. en 1220 Guillaume Ier (1167 † 1223), comte de Hollande
• Marguerite (1192 † 1231), mariée en 1206 à Gérard III († 1229), comte de Gueldre
• Mathilde (1200 † 1267), mariée :
1. en 1212 à Henri V († 1214), comte palatin du Rhin
2. en 1224 à Florent IV (1210 † 1234), comte de Hollande, fils de Guillaume Ier de Hollande
• Henri II (1207 † 1248), duc de Brabant
• Godefroid (1209 † 1254), premier seigneur de Gaasbeek
Veuf, il se remarie en 1213 à Marie de France (1198 † 1224), fille de Philippe II Auguste, roi de France, et d'Agnès de Méranie. Ils ont :
• Élisabeth († 1272), mariée en 1233 à Thierry de Clèves (1214 † 1244), seigneur de Dinslaken puis en 1246 à Gérard II de Wassenberg († 1255)
• Marie, morte jeune


(37) La bataille navale de Damme s'est déroulée le 30 et le 31 mai 1213durant le conflit entre Capétiens et Plantagenêt. Le succès du raid anglais mit fin à une menace d'invasion française de l'Angleterre.

Damme est situé sur l'estuaire du Zwin, ce bras de mer (de nos jours ensablé), à l'époque dans le comté de Flandre (actuellement en Belgique). C'était alors le port de Bruges.






(38) Le traité de Chinon est un traité signé entre le roi de France Philippe II Auguste et le roi d'Angleterre Jean sans Terre le 18 septembre 1214 à Chinon, après la défaite des coalisés le 27 juillet à Bouvines.




(39) Henri III (1er octobre 1207 - 16 novembre 1272) fut roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1216 à sa mort.

Fils du roi Jean d'Angleterre et d'Isabelle d'Angoulême, Henri III monta sur le trône à l'âge de neuf ans alors que la première guerre des barons faisait rage.

En 1236, il épousa Éléonore de Provence, la fille du comte Raimond-Bérenger IV de Provence et de Béatrice de Savoie. La différence d'âge était importante, Éléonore avait 12 ans contre 28 pour Henri III, mais l'historienne Margaret Howell note que le roi « était généreux, chaleureux et débordait d'affection pour son épouse ». Il lui offrit de riches présents et s'intéressa personnellement à son installation dans sa nouvelle résidence. Il la fit participer à sa vie religieuse et lui transmit son admiration pour Édouard le Confesseur.

Malgré les inquiétudes sur une possible stérilité de la reine, Henri III et Éléonore eurent cinq enfants.

• Edouard ( 17/18 juin 1239 – 7 juillet 1307, épouse
a) Eléonore de Castille en 1254, 14 enfants dont le Roi Edouard II
b) Marguerite de France en 1299, 3 enfants

• Marguerite (29 septembre 1240 – 26 février 1275), épouse Alexandre III d’Ecosse en 1251, 3 enfants
• Béatrice (25 juin 1242 – 24 mars 1275), épouse Jean II de Bretagne en 1260, 6 enfants
• Edmond ( 16 janvier 1245 – 5 juin 1296), épouse
a) Aveline de Forz en 1269, aucun enfant
b) Blanche d’Artois en 1276, 3 enfants

• Catherine, (25 novembre 1253 - 3 mai 1257) , née sourde


(40) Honorius III (Rome, date inconnue - Rome18 mars 1227), né Cencio Savelli fut papede 1216 à 1227. Il lança la cinquième croisade qui avait été décidée par son prédécesseur lors du concile de Latran. Il soutint également la croisade des albigeois.


(41) Guillaume le Maréchal (William Marshal en anglais) (vers 1145 – 1219, Caversham), 1ercomte de Pembroke, est un chevalier anglo-normand et un tournoyeur réputé. Il est surnommé « le meilleur chevalier du monde ». En effet, Guillaume participa à cinq batailles au cours de sa vie, à l'époque du Moyen Âge central où la chose était rare et où l'on considérait qu'un chevalier ayant survécu à deux batailles était un vétéran aguerri. Sa vie a donné lieu à une célèbre biographie de l'historien Georges Duby, centrée sur sa loyauté à l'égard de ses suzerains ennemis, les rois d'Angleterre et de France.

Chevalier anglo-normand, il est le fils né en Angleterre de Jean le Maréchal et de Sybille de Salisbury, sa seconde épouse. Le surnom de Maréchal remonte à son grand-père Gilbert le Maréchal, maréchal de la cour du roi Henri Ier Beauclerc, charge familiale héréditaire.
Il épousa Isabelle de Clare (vers 1171 – 1220), fille de Richard de Clare dit Strongbow († 1176), comte de Pembroke et de Buckingham. Ils eurent cinq fils et cinq filles. Leurs fils n'eurent aucune descendance :

• Guillaume dit le Jeune († 1231), 2e comte de Pembroke. Époux en secondes noces d'Aliénor d'Angleterre (1215 – 1275), fille cadette du roi d'Angleterre Jean Ier. Elle sera ensuite l'épouse de Simon V de Montfort. Sans descendance ;
• Richard († 1234), 3e comte de Pembrocke, qui héritera des terres paternelles de l'honneur deLongueville. Mort des suites d'une blessure reçue au combat à Kilkelly, Irlande. Sans descendance ;
• Gilbert († 1241), ecclésiastique, 4e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Gauthier († 1245), 5e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Anseau ou Anselme († 1245), 6e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Maheut (Maud), épouse d'Hugues Bigot qui deviendra 3e comte de Norfolk, puis épouse de Guillaume IV de Warenne, 5e comte de Surrey ;
• Isabelle († 1240), épouse de Gilbert de Clare, 5e comte d'Hertford et 6e de Gloucester ; puis elle épouse Richard de Cornouailles, comte de Cornouailles puis roi des Romains, frère cadet du roi Henri III d'Angleterre ;
• Ève, épouse de Guillaume (V) de Briouze, seigneur de Brecknock (mourut 1230 en Galles) ;
• Sybille, épouse de Guillaume de Ferrières, comte de Derby ;
• Jeanne.
Sa devise était : « Dieu aide le Maréchal ».



(42) La bataille navale de Sandwich ou bataille des Cinq-Ports ou des Cinq-Îles ou de South Foreland est livrée le 24 août 1217 pendant la Première Guerre des barons, (1215-1217) au large de la ville de Sandwich, dans leKent, Royaume-Uni.







(43) Raymond VI (VIII) de Toulouse (Saint-Gilles (Gard), 27 octobre 1156 -Toulouse, 2 août 1222) fut comte de Melgueil (Raymond IV) de 1173 à 1190puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne,marquis de Gothie et de Provence de1194 à 1222. Il était fils de Raymond V, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Constance de France, sœur du roi Louis VII.

Raymond VI épouse successivement :

1. le 12 septembre 1172, Ermessinde Pelet († 1176), héritière du comté de Melgueil, veuve de Pierre Bernard de Sauve et fille de Bernard Pelet, seigneur d’Alais, et deBéatrice, comtesse de Melgueil.
2. vers 1180, Béatrice de Béziers, fille de Raimond Ier Trencavel, vicomte de Béziers, et de Saure. Elle est répudiée en 1193, après avoir donné naissance à :
• Constance, mariée à Sanche VII († 1234), roi de Navarre, puis à Pierre V Bermond, seigneur d’Anduze
3. en 1193 avec Bourgogne de Lusignan, fille d’Amaury II, roi de Chypre et de Jérusalem, et d’Echive d’Ibelin. Elle est répudiée en 1196.
4. en octobre 1196, Jeanne d'Angleterre (1165-1199), fille d'Henri II Plantagenêt (1133 † 1189), roi d’Angleterre et d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine, qui donne naissance à :
• Raymond VII (1197 † 1249), comte de Toulouse
• un fils mort né le 4 septembre 1199
5. en janvier 1203 Éléonore d'Aragon (v. 1182 † 1226), fille d’Alphonse II, roi d’Aragon, et de Sancha de Castille.

Le comte de Toulouse eut aussi au moins deux enfants naturels dont la mère n'est pas identifiée : 1) Bertrand, vicomte de Bruniquel, Monclar et Salvagnac, marié en 1224 avec Comtorisse de Rabastens et tige des Toulouse-Bruniquel éteints en 1577 ; 2) Indie, mariée à Guillaume, vicomte de Lautrec, puis en 1226 à Bernard II de L’Isle-Jourdain ; 3) Guillemette, mariée à Hugues d'Alfaro, sénéchal d'Agenais, à laquelle il a cédé Montlaur et Saint-Jorydans un testament de 1209.




(44) Pierre II d'Aragon dit le Catholique (encatalan Pere el Catòlic, en castillan Pedroel Católico), né v. 1174-1176 peut-être àTarragone et mort le 14 septembre 1213 à la bataille de Muret, fut roi d'Aragon etcomte de Ribagorce de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre II, comte de Barcelone, de Gérone, de Besalú, de Pallars Jussà de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre I de Barcelone, comte de Gévaudan de 1196 à 1213, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas de 1204 à 1213.

En juillet 1204, Pierre II épousa Marie de Montpellier, veuve de Bernard IV de Comminges et fille unique de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier. Cependant, à cause d'une forte antipathie l'un pour l'autre, les deux époux se séparèrent rapidement. En 1206, Pierre II réclama l'annulation du mariage, afin d'épouser Marie de Montferrat, mais le pape Innocent III s'y opposa. Les Montpellierains durent recourir à un subterfuge pour aboutir à la naissance de l'infant Jacques en 1208. Ce dernier resta le seul enfant du couple. Pierre II eut d'autres enfants, mais illégitimes : Constance (1205 - 1252), mariée au sénéchal de Catalogne Guillermo Ramón II de Moncada, et Pedro de Rege, chanoine sacristain à Lérida.


(45) Amaury VI de Montfort (v. 1195 † 1241),comte de Montfort, comte titulaire de Toulouse, vicomte d'Albi, vicomte de Béziers et de Carcassonne, connétable de France, est le fils de Simon IV et d'Alix de Montmorency.

Amaury de Montfort épousa en 1214 à Carcassonne Béatrix de Viennois (v. 1205 † après 1248), fille de Guigues VI André de Bourgogne, dauphin du Viennois, et de Béatrice de Sabran. Le mariage ne fut consommé qu'en 1220, et donna naissance à :
• Jean († 1249), comte de Montfort,
• Marguerite, mariée à Jean III comte de Soissons,
• Laure, mariée à Ferdinand de Castille, comte d'Aumale, puis à Henri de Grandpré, seigneur de Livry,
• Adela (1230 † 28 mars 1279), mariée à Simon II de Clermont, seigneur de Nesle,
• Pernelle († 1275), abbesse de Port-Royal.


(46) Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Posthume » puis « Thibaud le Chansonnier », né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de1201 à 1253 (sous le nom de Thibaud IV), et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibaud Ier).

Il était fils de Thibauld III, comte de Champagne, et de Blanche de Navarre (1177-1229). Son parrain fut Philippe Auguste, roi de France qui l'éduqua à la cour.

Vers 1220, il épousa Gertrude de Dabo(1204 † v. 1225), fille d'Albert II de Dabo-Moha, comte de Dabo, de Moha et de Metz, et veuve de Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en espérant s'approprier le comté de Metz. Après l'échec de cette tentative, il répudia Gertrude.
En 1223, il épousa en secondes noces Agnès de Beaujeu, cousine du futur Saint-Louis qui fut sa compagne de jeux à la cour de France et mourut en 1231. Elle était fille de Guichard IV, sire de Beaujeu et de Sibylle de Hainaut, fille de Baudouin V de Hainaut. Ils eurent :

• Blanche (1226 † 1283), mariée en 1236 avec Jean Ier le Roux († 1286), duc de Bretagne

En 1232, il épousa en troisième noces Marguerite de Bourbon (1211-1256), fille d'Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et d'Alix de Forez qui lui donnera :
• Eléonore (1233 † jeune)
• Thibaut II (1238 † 1270), comte de Champagne et roi de Navarre,
• Béatrice (1242 † 1295), mariée en 1258 à Hugues IV (1212 † 1272), duc de Bourgogne
• Pierre, mort en 1265
• Marguerite († 1306), mariée en 1255 à Ferry III († 1302) duc de Lorraine
• Henri Ier le Gros (1244 † 1274), comte de Champagne et roi de Navarre.


(47) Les regalia (ou régalia) sont un ensemble d'objets symboliques de royauté. Chaque royauté a ses propres regalia qui ont une histoire souvent légendaire. Ils sont conservés précieusement comme des trésors et se constituent par ajouts successifs. On peut les classer en trois catégories :

• instruments liturgiques ;
• vêtements royaux ;
• instruments du sacre.

Le terme latin de « regalia » a fait l'objet de plusieurs critiques1 : il n'a pas de singulier, n'était pas utilisé à l'époque royale en France, renvoyait dans le vocabulaire juridique aux droits souverains des empereurs sous lesHohenstaufen. Certains auteurs préconisent donc les termes d'ornements ou d'insignes royaux2 (terme utilisé sous l'Ancien Régime et la Restauration), voire d'honneurs (terme utilisé sous le Premier Empire).


(48) La bataille de Bouvines est une bataille qui se déroula le dimanche27 juillet 1214 près de Bouvines, dans le comté de Flandre (aujourd'hui dans le département du Nord), en France, et opposant les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par quelques milices communales et soutenues parFrédéric II de Hohenstaufen, à une coalition constituée de princes et seigneurs français, menée par Jean sans Terre, duc d'Aquitaine, de Normandie et roi d'Angleterre, et soutenue par l'empereur du Saint-Empire Otton IV. La victoire est emportée par le roi de France et marque le début du déclin de la prédominance seigneuriale.










(49) Lambert Cadoc appelé également Seigneur de Gaillon1, est un archer gallois, chef deroutiers au service de Philippe Auguste1, mort en 1231.

Durant 20 ans, il participe à la plupart des guerres de Philippe Auguste. Il s’illustre notamment lors de la conquête de la Normandie, en étant l'un des grands artisans de la prise de Château Gaillard en 1204. Le roi le récompense largement en fiefs (Gaillon) et le nomme bailli de Pont-Audemer. En 1220, il déplaît au roi, qui le dépossède de ses biens et le fait emprisonner. En 1227, la régente Blanche de Castille le fait libérer.






(50) Lupicaire est un chef de routiers (a) du XIIe siècle, au service de Jean sans Terre d'abord, puis de Philippe Auguste.

(a) Les compagnies de mercenaires recrutées du XIIe siècle au XIVe siècle, privées d'employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une « route » (« troupe » en français de l'époque).
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MessageSujet: Re: PERSONNAGES IMPORTANTS IMPLIQUES DANS LE CATHARISME AU MOYEN ÂGE   Mer 14 Sep - 16:39

Robert le Bougre, ancien parfait cathare devenu dominicain



Robert le Petit, plus connu sous le nom de Robert le Bougre, est un inquisiteur dominicain du XIIIe siècle.





Biographie


Ancien « parfait » cathare dans le Milanais, il y gagne son surnom de « bougre », c'est-à-dire « bulgare » : on supposait alors une parenté entre le catharisme et le bogomilisme bulgare. Revenu dans les rangs de l'orthodoxie, il rejoint l'ordre des dominicains.

En 1233, Grégoire IX(1) le nomme inquisiteur en Bourgogne. Son zèle et son efficacité, nourrie de son expérience, le mènent à des vagues d'exécutions. Il se distingue notamment à la Charité-sur-Loire, où il fait brûler 50 hérétiques. Il se heurte alors aux archevêques de Reims et de Sens, choqués par ce qu'ils considèrent comme une atteinte à leurs droits.

Suspendu en 1234 par Grégoire IX, il peut reprendre son activité dès l'année suivante, cette fois avec le titre d'inquisiteur général du royaume de France. Il se montra impitoyable, non seulement contre les hérétiques, mais également contre ceux qui ne les dénonçaient pas. Son activité brutale lui vaut le surnom de malleus haereticorum, le « marteau des hérétiques ». Il reprend ses tournées : de 1236 à 1239, il mène l'Inquisition à Châlons-en-Champagne, Cambrai, Péronne, Douai et Lille, totalisant une cinquantaine d'hérétiques brûlés. En 1239, il se tourne de nouveau vers la Champagne. Profitant de la foire de Provins pour organiser une vaste rafle, il fait brûler 187 personnes au Mont Wimer(2) , selon le chiffre fourni par le chroniqueur cistercien Aubry de Trois-Fontaines(3)
, témoin oculaire.

Sa fin est mal connue : son zèle est tel qu'il entre en conflit avec les tribunaux ordinaires : à l'instigation de plusieurs évêques, il est relevé de ses fonctions. Il est probablement démis à partir de 1236. Après enquête pontificale confiée au bénédictin Mathieu Paris(4) , il aurait été condamné pour ses mesures abusivement brutales et illégales à la prison perpétuelle. Ce sont ses abus (et l'hostilité populaire qu'ils suscitèrent) qui amèneront Grégoire IX et ses successeurs à codifier l'intervention des inquisiteurs.



(1) Grégoire IX : , né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est papede 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.


Grégoire IX puis Innocent IV reprennent les théories théocratiques d’Innocent III, son cousin, justifiant la souveraineté absolue du pape par la fausse donation de Constantin, le transfert du pouvoir impérial d’Orient vers l’Occident, la consécration par laquelle seul le pape fait l’empereur, ou encore la théorie des deux glaives.


L'un des premiers actes du pape Grégoire IX fut de suspendre l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, pour son retard à entreprendre la sixième croisade. La suspension fut suivie par la première excommunication prononcée en 1227 en la cathédrale d'Anagni et des menaces de déposition après que Frédéric II se fut plaint de ce traitement auprès des autres souverains. L'empereur tenta une invasion des États pontificaux en 1228 mais elle échoua et il fut contraint d'implorer l'absolution et la levée de l'excommunication.


Le 13 avril 1231, Grégoire IX publia la bulle Parens Scientiarum Universitas, qui traite des privilèges et des interdits concernant les universitaires.


Les Romains se soulevèrent contre le pape après cette période et il dut s'exiler à Anagni et demander l'aide de Frédéric II contre les citoyens de la Ville éternelle en 1232.


Les hostilités entre l'Empereur et le pape reprirent ensuite et le Pape renouvela une excommunication en 1239, ce qui déclencha une nouvelle guerre dont Grégoire IX ne vit pas la fin puisqu'il mourut le 22 août 1241.


Le pape, qui avait été un avocat érudit, fit réunir en 1234 la Nova Compilatio Decretalium (Nouvelle compilation des décrétales). C'est également lui qui organisa la canonisation de Sainte Élisabeth de Hongrie, Dominique de Guzmán, Antoine de Padoue, et François d'Assise, qu'il avait personnellement connus. Enfin, il institua l'Inquisition en 1231, et en confia l'exécution aux frères prêcheurs (Franciscains et Dominicains). Ainsi, il enleva au pouvoir laïque le pouvoir doctrinal de juger, mais faute d'effectifs suffisant, l'Inquisition devra s'appuyer sur les princes locaux, qui trouveront les moyens de renforcer leurs pouvoirs. A le demande de son inquisiteur exerçant en Allemagne Conrad de Marbourg, il édicta en 1233 la première bulle de l’histoire contre les sorcières, la Vox in Rama en décrivant le sabbat des sorciers et leur culte du diable. Parmi ses nombreuses particularités, cette bulle considère le chat, comme le crapaud, comme une incarnation du Diabl et déclare que toute personne abritant un chat noir risque le bûcher.[réf. nécessaire]
Il condamna, en 1236, les excès de la Cinquième croisade contre les Juifs.


(2) Mont wimer : Le mont Aimé est une butte-témoin d'une altitude de 240 mètres située sur les communes de Bergères-lès-Vertus et Coligny qu'elle domine, tout comme le sud de la côte des Blancs et la plaine de la Champagne crayeuse alentour.



(3) Aubriy de Trois-Fontaines Albéric ou Aubry de Trois-Fontaines, en latin : Albericus Trium Fontanum, est un chroniqueur français du XIIIe siècle. Probablement né à proximité de Liège, il est mort après janvier 1252 à l'abbaye de Trois-Fontaines.
Il part en croisade en 1218.

Religieux de l'ordre de Cîteaux, moine de l'abbaye de Trois-Fontaines (diocèse de Châlons-sur-Marne), il a rédigé dès 1232 une Chronique, compilation de plusieurs autres chroniques anciennes, qui va depuis la Création du monde par Dieu jusqu'en 1241.






(4) Matthieu Paris (en latin, Matthæi Parisiensis, littéralement Mathieu le Parisien) (v. 1200-1259) était un moine bénédictin anglais, historien, artiste enlumineur, hagiographe, cartographe,sculpteur et encore ouvrier en métal.

Au monastère bénédictin de Saint-Albans, il continua l'œuvre historique de Roger de Wendover, laChronica Majora, en l’élargissant par l’ajout des événements étrangers. Il est connu pour son admiration envers Frédéric II du Saint-Empire, auquel il attribua le surnom de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde »).


Matthieu Paris résuma sous le titre Historia Anglorum ou Historia Minor de nombreuses et longues chroniques datant de 1067 à 1253. Il fut aussi l’auteur de biographies de saints et de moines, dont une Life of Saint Albans. Il illustra ses ouvrages de sa propre main par de nombreusesenluminures et reste l’un des principaux talents de son époque en Angleterre.
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