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 LE PAYS CATHARE

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Lanaelle
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MessageSujet: LE PAYS CATHARE   Mar 20 Sep - 14:55








châteaux et abbayes
1) abbaye de Saint Papoul
2) abbaye de Villelongue
3) Abbaye de Caunes-Minervois
4) Château et remparts de la
Cité de Carcassonne

5) L'abbaye de Fontfroide
6) Fanjeaux
7) Montségur



SOURCE :
http://www.belcaire-pyrenees.com

(textes et photos)
(avec l'aimable autorisation du propriétaire du site.
site qu'il faut absolument visiter, il est très intéressant)

source : http://patrimoine.audois.free.fr/)


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 14 Nov - 8:57, édité 25 fois
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 30 Sep - 11:15













Saint-Papoul fait partie de l’héritage qui a marqué son histoire
dans ces paysages cathare.
Cet ensemble conventuel est de nos jours connu comme un
important témoignage de
l’histoire de l’art roman grâce à la renommée d’un artiste
appelé « Maître de Cabestany ».






Le blason de Saint-Papoul





Saint-Papoul (San Pàpol en occitan)


A l’Est de Castelnaudary dans un vallon du Lauragais, il existe une petite ville de
769 habitants (2010) qui porte le nom de l’un de ces hommes apostoliques,
auxquels on doit l’établissement du Christianisme dans la Gaule Narbonnaise.
Ce nom est celui de Saint-Papoul.

Le lieu était d’abord consacré à Saint-Pierre avant de l’être à Saint-Papoul.


C’est vers le milieu du IIIème siècle, Saint Saturnin (ou Saint Sernin) évêque de
Toulouse, apôtre de cette vaste contrée, y forma plusieurs disciples qui, non moins
zélés que leur maitre, partir prêcher partout la croyance de l’unité divine, l’oubli
et le pardon des injures, l’égalité entre tous les hommes et l’abolition de la
servitude. Ils attaquaient trop ouvertement les erreurs, ils proscrivaient avec
trop d’autorité l’abandon de tout ce qui dégrade et avilit l’homme et la pensée,
pour ne point paraitre coupable aux yeux des fauteurs de la tyrannie impériale et
des fanatiques disciples du polythéisme.


Papulus, l’un d’entre eux fut victime de son zèle, et il reçut la mort sur le lieu même
où, par la suite au VIIIème siècle, on construisit l’abbaye de Saint-Papoul afin de
perpétuer le nom de ce saint qui avait été martyrisé en ces lieux. Le saint est
passé à la postérité sous l’expression d’ « évangélisateur du Lauragais ».


Le nom de Papoul serait issu du « poulet du pasteur » (pastoris pullus), ou
du « poulet bien nourri » (pastus pullus) ou encore du
« poulet pauvre » (pauper pullus).




Le paisible village de Saint Papoul dans son écrin de verdure






SOURCE :
http://www.belcaire-pyrenees.com
textes et photos
(avec l'aimable autorisation du propriétaire du site
site qu'il faut absolument visiter, il est très intéressant)
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Sam 1 Oct - 22:30





Si l’on en croyait la tradition, il existait déjà dans ce lieu, sous le règne de Pépin III dit « le Bref » (715-768) roi des  Francs, au VIIIème siècle, une petite chapelle, et, plus tard, Charlemagne y aurait fondé une abbaye. Dans la liste des monastères qui fut dressée en l’an 817 à  la diète d’Aix-la-Chapelle, il est fait mention de l’abbaye de Saint-Papoul. Il est tout à fait certain que celle-ci existait au temps de  Louis Ier dit « le Pieux » et parfoit « le Débonnaire » (778-840), durant la première moitié du IXème siècle. Et, depuis, ses humbles possesseurs, soumis à la règle de Saint-Benoit, habitèrent cette retraite, où l’on aime à retrouver encore quelques traces de la vie cénobitique (vie de médidation, de paix et d’amour), qui s’écoulait entre les travaux des champs, l’étude des saintes lettres et les soins de consoler et de soulager l’infortune.


Au XIème siècle, cette abbaye bénédictine jouit du rayonnement que lui procure Saint Bérenger, abbé de Saint-Papoul.


C’est dans cet asile de la piété que mourut, le 26 mai 1092, Bérenger, moine réputé pour son ascétisme qui, né d’une famille noble, dans le Toulousain, se sanctifia par ses vertus, et mérita la vénération que l’on conserve pour sa mémoire. Sa tombe drainera les foules vers Saint-Papoul. Il ne laissa pas, comme tant d’autres bénédictins, des ouvrages célèbres, il ne fonda point de monuments, et à cette époque, si chère à la chevalerie, il ne  se distingua pas sur les champs de bataille, mais sa vie fut partagée entre les soins de la bienfaisance la plus active et la prière. Le monde s’occupa peu de lui, mais l’église a conservé son souvenir.


En 1119, l’abbaye était rattachée à l’abbaye d’Alet.


En 1241, l’inquisiteur met la main sur le diacre Guillaume Vital, qui est conduit sous bonne garde à l’abbaye de Saint-Papoul. L’abbé ayant demandé une rançon de mille sous pour le libérer, quarante croyants, pour le coup trop crédules, se présentent avec la somme à l’abbaye mais ils sont pris à partie par les gardes. Un croyant est tué.
Guillaume Vital n’est pas relâché et meurt probablement sur le bûcher.


Parmi les onze abbés de Saint-Papoul, dont les noms ont été conservés, il faut distinguer Géraud II qui, en 1253, accorda une charte et des privilèges aux habitants de Saint-Papoul.
Autrefois, la tombe de Geraud II se trouvait dans le cloitre de ce monastère, où est-elle aujourd’hui ?





Le clocher de l’église abbatiale de Saint-Papoul.
La flèche en pierre fut achevée en 1777.




En 1308, l’abbé de Saint-Papoul est associé à celui de Fontfroide dans le cadre d’une instruction du procès de l’évêque d’Albi, Bernard de Castanet.


Le pape Jean XXII fut sa réforme et morcela l’autorité des grands feudataires religieux en créant de nombreux évêchés, comme les évêchés d’Alet et de Saint-Pons, Saint-Papoul connut alors la splendeur et devint cité.


C’est en 1317, que le pape Jean XXII, érigea cette abbaye en évêché, l’église abbatial devient alors cathédrale. Il choisit l’abbé Bernard de Latour, pour premier évêque le 11 juillet 1317. Il ne jouit pas longtemps de ce titre, car il mourut le 27 décembre de la même année 1317.


Le pape Jean XXII par sa bulle du 22 février 1318, marqua les limites du nouveau diocèse, auquel il assigna quarante-six paroisses de l’ancien diocèse de Toulouse, non compris les annexes.





La partie Sud-Ouest de l’église abbatiale de Saint-Papoul
avec ses contreforts et au premier plan le mur
d’enceinte Ouest du cloitre




Le nouveau diocèse, pris sur l’ancien diocèse de Toulouse, fut en majeure partie composé du pays de Laurac, Saint-Papoul, le chef-lieu, n’en était pas de beaucoup la ville la plus importante, Castelnaudary, chef-lieu de la circonscription civile et administrative, comptant beaucoup plus d’habitants. La seigneurie de la ville cathédrale appartenait à l’évêché. Comme dans les autres abbayes érigées en évêchés par le pape Jean XXII, le chapitre de la cathédrale de Saint-Papoul fut d’abord composés de moines, soumis comme auparavant à la règle de Saint-Benoit. Rien ne fut changé dans son aorganisation intérieure et, jusqu’au XVIème siècle, personne ne semblait en avoir senti la nécessité.





A gauche : angle Sud-Ouest de l’église
A droite : l’angle Nord-Ouest de l’église




Il y a eu un château privé qui a eu un destin très particulier.


L’un des successeurs à Bernard de Latour, Guillaume de Cardaillac (1328-1347) l’un des six fils de Geraud II de Cardaillac, seigneur de Lacapelle-Marival (branche Cardaillac-Lacapelle), obtint une grande renommée. Les légendes lui attribuent des faits merveilleux. C’est lui qui fit bâtir le château de Villepinte, et la chapelle de la Sainte-Vierge. La croix d’argent et la statue de Marie, faite du même métal, et qu’il donna à son église, seraient aujourd’hui de curieux documents pour l’histoire de l’art, si les spoliateurs de 1790 ne les avaient pas enlevés.


Jusqu’en 1789, Saint-Papoul verra se succéder trent-quatre évêques, dont sept futurs cardinaux.


En 1361, les Routiers (mercenaires) désolèrent la province sous le commandement de leur chef Bertucat ou Berard d’Albret qui fut le compagnon du néanmoins célèbre mercenaire Bernardon de la Salle (1339-1412). Repoussés à Montpellier, ils se retirèrent vers l’Albigeois ; mais bientôt, renforcés par les bandes de Seguin de Badefol (lui aussi célèbre mercenaire  1330-1366) à la tête de 2000 mercenaires, du seigneur de Castelnau et de quelques autres, ils revinrent sur leurs pas et s’avancèrent jusqu’à Perpignan. Puis, par une contre marche, ils se répandirent dans les diocèses de Carcassonne et de Toulouse. Ils livrèrent aux flammes la ville de Montolieu, mais ils ne purent prendre le château où commandait Bergues de Villaines, sénéchal du pays. Les lieux voisins furent occupés par eux, et Saint-Papoul et Villepinte souffrirent beaucoup de l’avidité de ces brigands.


En 1412, nouveau pillage de la cathédrale par les Bourguignons.




L’église abbatiale de Saint-Papoul vu du Nord-Ouest,
avec ses fortifications





Les évêques de Saint-Papoul entraient aux Etats Généraux de la province du Languedoc. On y vit, en 1469, le prélat Denys de Bar (évêque Saint-Papoul de 1468 à 1471 et une seconde fois de 1495-1510), recevoir cinquante livres sur les épices. En 1503, l’évêque de Saint-Papoul présidat les Etats assemblés à Montpellier, et qui accordèrent au Roi Louis XII cent cinquante mille livres, pour l’aide et pour l’octroi. On trouve encore cet évêque à la tête des Etats de la Province, tenus en 1507,dans le palais vicomtal, à Narbonne.



La ville de Saint-Papoul embrassa le parti de la Ligue, formé pour la défense de la Religion et des libertés publiques. Alors le Languedoc, divisé en deux factions, eut, chaque année, des Etats, réunis tantôt sous l’influence des protestants et des royalistes, tantôt sous celle des catholiques. Castelnaudary était dévouée à la Religion, et la tenue des Etats y eurent lieu plusieurs fois. En 1578, ils s’assemblèrent dans cette ville sous la présidence de l’évêque de Saint-Papoul, Alexandre de Bardis (évêque Saint-Papoul de 1564-1591). Cette situation se réitéra en 1586 dans la même ville.


En 1589, les Etats du Languedoc réunis aussi à Castelnaudary, et ayant pour président l’évêque de Saint-Papoul, jurèrent l’observation des articles de l’Union ou de la Ligue. C’était la majorité de la nation qui voulait conserver et défendre ses croyances, ses vieilles lois et ses libertés. Les députés aux Etats se rendirent dans l’église des Cordeliers de Castelnaudary, et là, tous à genoux, jurèrent l’observation de ces articles. La ville de Saint-Papoul était entrée dans l’Union.


En 1595, le duc de Ventadour vint tenir à Castres, les Etats du parti qui prenait le nom de Royaliste. Il rassemblait une petite armée pour marcher contre le duc de Joyeuse, chef des catholiques, et en attendant il détacha des troupes huguenotes de Revel, Mazamet et Puylaurens, sous le commandement du capitaine Portal, afin de parcourir le pays et de semer le ravage et l’effroi dans une partie du Languedoc.


Le 16 juin 1595, Portal le calviniste surprit la ville de Saint-Papoul qui n’était pas fortifiée, la pilla et fit un riche butin. L’abbaye est mise à sac ainsi que les lieux claustraux.





L’église abbatiale de Saint-Papoul, une vue de la façade
Nord avec les contreforts.





Il est utile de préciser, que vers 1525, le relâchement de la discipline, la diminution des revenus, qui ne permettait plus d’entretenir des religieux sans fortune personnelle, amenèrent l’évêque Denys de Bar et son chapitre à commencer de concert, les démarches nécessaires pour la sécularisation, qui n’aboutit pas. En 1559, une enquête constatait l’incurie des moines, leur petit nombre qui les forçait à recourir à des prêtres auxiliaires pour la célébration des offices, malgré l’augmentation des revenus et l’arrêt momentané des guerres locales, il devenait impossible de recruter et les bâtiments claustraux tombaient en ruines. Il n’y avait plus de jardin, le puits était comblé. La sécularisation fut demandée au pape ainsi qu’au roi de France, celle-ci fut accordée par celui-ci en 1562. En 1565, la prise de la ville par les réformés et la dispersion des religieux semblèrent mettre fin à tous ces projets. Ce nouveau projet fut repris en 1667 et le 12 mai 1667, un brevet royal permit de faire toutes les démarches nécessaires en cour de Rome. Le roi écrivit au pape, et une bulle du 1er octobre 1670 prononça la sécularisation de Saint-Papoul.


Il faut savoir que dans le diocèse de Saint-Papoul, il n’y avait aucune autre abbaye, mais en revanche, il renfermait un des établissements religieux les plus célèbres du Midi, le fameux prieuré de Prouille, berceau de l’ordre de Saint-Dominique.





Façade Nord, détail d’un oculus roman, en architecture, un
trèfle est une feuillage ornemental à trois divisions, comme ici




Pendant la période révolutionnaire et le début du XIXème siècle, l’abbaye est laissée à l’abandon. La cathédrale devient alors église paroissiale et le palais épiscopal est vendu comme bien national.

En 1840, l’église est classée au titre des Monuments Historiques.


En 1842, le cloitre est à son tour classé Monument Historique.

En 2007, l’ancien palais épiscopal est classé au titre des Monuments Historiques tandis que les anciennes maisons canoniales bénéficient d’une simple inscription.















A droite : sous la tour-porche à l’Ouest, autrefois on pénétrait
dans l’église de ce côté, le portail en plein cintre a été
obstrué au XIIème siècle
.
A gauche : détail du monogramme du Christ (chrisme) situé
au-dessus de la porte (photo de droite)




Initialement, on pénétrait dans l’église par son mur de fond occidental, sous la tour-porche. Cet énorme massif quadrangulaire, de huit mètres de côté, est légèrement désaxé par rapport à la nef. Donnant sur le ruisseau du Limbes, son portail en plein cintre, du XIIème siècle, a été obturé. Il est orné d’un damier de billettes plates sommé de pierre enrichie d’un chrisme (monogramme du Christ). Une autre porte  permettant la communication entre l’église et le cimetière, était jadis percée au Nord.




A gauche : la partie Nord de l’église abbatiale de Saint-Papoul
A droite : l’intérieur de l’église, avec son sol en mosaïque posé en 1903





De nos jours, l’accès à l’église s’effectue par le Sud. Cette porte aménagée par l’évêque Pierre Soybert (1426-1451), a été remaniée au XVIIème siècle en un grand portail cintré.


L’intérieur de l’église a été souvent  gâté par de piètres restaurations et par des badigeonnages grossiers.




A gauche : le chœur de l’église abbatiale de Saint-Papoul
A droite : quelques vestiges de l’ancienne chapelle Saint-Bérenger
greffés sur le mur septentrional de l’abbaye.




Elle se compose d’une nef unique aux vastes proportions, de quatre travées voutées en berceau brisé et flanquées de chapelles latérales ; l’ensemble est vouté d’ogives. L’abside est précédée de deux travées de chœur couvertes en berceau. Cette partie a conservé des chapiteaux d’époque romane représentant entre autre un personnage en position d’orant (personnage représenté en position de prière, les bras écartés). Quant au chevet, il s’orne de chapiteaux et de modillons dus à l’école du Maitre de Cabestany. Deux chapiteaux historiés représentent un épisode biblique, celui de Daniel dans la fosse aux lions ; les autres chapiteaux sont ornés de feuilles d’acanthe tandis que deux têtes humaines et des têtes animales se retrouvent sur les modillons. Des décors de chapiteaux retracent la mission et la mort de Papulus.





Le magnifique chœur baroque richement décoré
de l’église abbatiale de Saint-Papoul





Le chœur de l’église abbatiale de Saint-Papoul
et les chapelles latérales




Le pavement en mosaïque de granit de l’église a été posé en 1903.




Sur le mur du fond de l’église il y a un grand orgue placé sur une tribune, il est l’œuvre d’un sculpteur de Saint-Papoul qui se nomme : Bastouil. En partie du XVIIème siècle, l’orgue a été agrandi par J.-F. Lépine vers 1760.



L’intérieur de l’église abbatiale de Saint-Papoul, tribune supportant un grand
orgue, on voit au haut et au centre, la statue de Saint-Papoul tenant
la palme du martyre





Le côté Nord de l’église, est bordé de quatre chapelles peu profondes :
La première, la plus ancienne, recèle, en outre, une Piéta en bois peint et doré du XVIIIème siècle et un reliquaire de Saint  Assiscle et Sainte  Victoire, également en bois peint et doré du XVIIIème siècle. Selon la tradition son sol renfermerait les restes de Saint Bérenger.
La seconde chapelle un riche décor en marbre polychrome agrémenté de deux statues en bois de Saint Pierre et Saint Paul du XVIIIème siècle.
La troisième chapelle, seule couverte d’une croisée d’ogives du XIVème siècle, a été établie sous l’épiscopat de Guillaume de Cardaillac, en même temps que celle de l’absidiole du Sud. Elle conserve une statue de Vierge et l’Enfant en bois peint et doré du XVIIème siècle, et deux bustes reliquaires d’un pape et d’un évêque, également en bois peint et doré du XVIIIème siècle.
La quatrième chapelle date d’une époque plus proche de nous, elle fut aménagée au XIXème siècle.


Sur le mur Nord de l’église est disposé l’enfeu de l’évêque
Bertrand de Saint-Martial (1348-1361) avec son écu au lion
et au centre est exposé le reliquaire en bois et cuivre ouvré
de Saint-Papoul.





Détails de la châsse-reliquaire de Saint-Papoul
du XIXème siècle en bois et cuivre




A gauche : la statue de Saint-Papoul du XVIIIème siècle
A droite : la statue de Saint-Dominique située à gauche sous le grand orgue





Le côté Sud de l’église est bordé d’une unique chapelle consacrée à Saint-Papoul. Ses boiseries et son tabernacle, orné de scène bibliques du XVIIIème siècle, ont été restaurés en 1995.



Le chœur restauré en 2002-2003, il est vouté en cul-de-four et comprend deux travées en plein cintre sur doubleaux. Sur son mur Nord est disposé l’enfeu de l’évêque Bertrand de Saint-Martial (1348-1361), avec son écu au lion. En son centre est exposée la chasse-reliquaire de Saint-Papoul du XIXème siècle. Le décor du chœur date du XVIIIème siècle. Vers 1763, le sculpteur Rastoul de Saint-Papoul réalisa les stalles et toute la décorationo en bois, le marbrier Grimes de Caunes-Minervois, cisèlera le maitre autel et le tailleur de pierre Tezac de Toulouse posera les carreaux de pierres blanches et grises de Roquefort.
Sur le mur Nord,  on peut voir le trône épiscopal en bois doré richement ornementé. Les deux piliers de l’arc triomphal son revêtus de boiseries peintes en faux marbre enrichies de dorures raffinées.




Gros plan sur la nef du chœur de l’église restaurée en 2002-2003.
Le chœur est vouté en cul-de-four comprenant deux travées
en plein cintre sur doubleaux.




L’absidiole romane au Nord, a conservé sa forme semi-circulaire. Elle communique avec le chœur et la nef par deux arcades à doubles rouleau en plein cintre retombant sur des colonnes. Sur sa voûte en cul-de-four court une corniche à motif de billettes.


L’absidiole Sud a été agrandie et transformée en chapelle gothique séparée du reste de l’église, sous un arc surbaissé et dotée de deux travées voutées d’ogives et d’un chœur polygonal, sous l’épiscopat de Guillaume de Cardaillac (1328-1348). Son enfeu pare le mur Sud tandis que sur le mur Nord est érigé un mausolée magnifique, c’est un tombeau en marbre blanc, support par des pattes de lion, et que décorent de larges guirlandes de fleurs et de fruits. Au-dessus, se trouve la statue agenouillée, les mains jointes, en marbre blanc, d’un évêque. Une longue barbe tombe sur sa poitrine, avec devant lui un prie-dieu sur lequel se trouve un livre ouvert. Autrefois, il y avait une inscription dans un cartouche qui interrompt la frise supportant l’arc entre deux pilastres ioniques.  Le style et le travail de ce monument permet de dire qu’il appartient au XVIème ou début XVIIème siècles. Ce tombeau est attribué à l’évêque François de Donnadieu (1607-1626).




Absidiole Sud de l’église abbatiale de Saint-Papoul



La couverture de l’abside et des absidioles a conservé ses dalles en pierre, de forme tronconique, imbriquées.
Des chapiteaux romans, particulièrement frustes décorent les colonnes engagées de l’abside et ses abords. Selon l’archéologue Jacques Bousquet, il s’agirait du travail d’un tailleur de pierre plus que d’un sculpteur. Au fond de la nef, il y a aussi quelques consoles sculptées romanes, on reconnait le style du célèbre Maitre de Cabestany dans celle de l’angle Sud-Ouest, en forme de tête d’animal.



Le chevet roman de l’église date de la seconde moitié du XIIème siècle, il est recouvert d’une toiture originale longtemps dissimulée par des tuiles canal.  Cette toiture redécouverte en 1923 lors d’une restauration, est formée de dalles de pierres figurant des imbrications tronconiques. Une série de colonnes posée sur de très hauts pilastres, ceinture l’abside semi-circulaire. La corniche est garnie d’un boudin torsadé, les modillons et les chapiteaux sont attribués au Maitre de Cabestany, un des plus fameux artistes du XIIème siècle.





Chevet roman (seconde moitié du XIIème siècle) de l’ancienne
église abbatiale, modillons attribués au Maitre de Cabestany.






Détails colonne ceinturant l’abside semi-circulaire du chevet




Détails du chevet, corniche garnie d’un boudin torsadé, les modillons
et les chapiteaux sont dus à l’école du Maitre de Cabestany




Seulement deux des chapiteaux qui décorent le chevet sont historiés. Le premier évoque « Daniel dans la fosse aux lions : entouré de sept fauves qui le lèchent, Daniel est nourri par le prophète habacuc auquel il tire la barbe ».
Le second figure « le châtiment des Babyloniens : les lions dévorent les Babyloniens qui avaient réclamé la mort de Daniel ».


Les trois autres  chapiteaux au Nord, ont un décor végétal ou animal (lion, bouc).



Au nord derrière l’absidiole se dresse le clocher, mentionné réparé en 1606, restauré en 1994. Cette tour carrée est percée de deux grandes baies campanaires sur trois niveaux, dont certaines ont été obturées. Elle est couronnée par une flèche octogonale en pierre qui fut achevée en 1777 sous l’épiscopat de Guillaume Joseph d’Abzac de Mayac (1774-1784).




Clocher de l’église











A. Portail d’entrée – B. Ancien réfectoire conventuel avec expo permanente
C. Ancienne salle capitulaire – D. Pierre Tombale et armoirie de l’évêque
P. de Soybert (XVe s.) – E. Ancienne clé de voute exposée sur un mur (XIVe s.)
F. Armoirie de l’évêque J. de Salviati (XVIe s.) – G. Pierres obituaires d’abbés
(XIIe – XIIIe s.) – H. Enfeus (XIVe s.) – I. Emplacement des celliers
et caves aujourd’hui disparus – J. Fonts baptismaux actuels –
K. Enfeu de l’évêque G.de Cardaillac(XIVe s.)
L. Tombeau de l’évêque F.de Donnadieu (XVIIe s.) – M. Enfeu de l’évêque
B.de Saint-Martial (XIVe s.) – N. Tombeau de l’évêque B. Despruets (XVIIe s.) –
O. Vestiges  présumés de l’ancienne église et sépulture de Saint Bérenger –
P. Chapiteaux du chevet, attribués au Maitre de Cabestany (XIIe s.) – Q. Clocher










Le cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul



Le cloitre de Saint-Papoul de plan trapézoïdal, présente quatre galeries, il est bien conservé avec ses majestueuses galeries caractéristique du gothique languedocien du début du XIVème sècle, dont les arcs à plein cintre reposent sur des colonnes taillées en octogone d’une proportion élégante, avec chapiteaux sculptés de feuillage et d’animaux.




Perspective du cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul



Le faîte de ces colonnes gémines, qui parent leur nudité de la ciselure de leurs têtes et de la jetée romane des arceaux, donne une impression de grandeur et d’harmonie.
Dans la partie sud, les colonnes sont en briques octogonales empilées et le rouge de l’argile du pays met un feu inattendu, tout le cloitre devait avoir autrefois des colonnettes de
Briques.





Colonnettes et chapiteaux jumelés du cloitre de
briques rouges octogonales empilées





Détails sur les colonnettes et chapiteaux doubles du cloitre



Le cloitre, angle nord-ouest, avec les enfeus datant du XIVème siècle
sur le mur de droite. Ces colonnettes géminées ont été recouvertes
d’un enduit au XVIIIème puis au XIXème siècle.




La plupart des chapiteaux double porte un décor  végétal, feuilles de lierre, de chêne, de vignes, d’acanthe, de liseron, etc. Des chapiteaux supplémentaires portent soit, un motif animalier avec des oiseaux, des lions ou des singes, ainsi que des animaux fantastiques tels que des dragons ou des monstres à tête humaine. Seuls les piliers sont doté de colonnettes circulaires en pierre et de chapiteaux historiés représentant  l’adoration de Marie, du cycle de Saint-Jean-Baptiste, une scène d’enseignement. Et il y a aussi, une représentation de Saint-Papoul portant sa tête dans les bras sur l’un des chapteaux qui fait face à  l’entrée du cloitre.




Ancienne clé de voute datant du XIVème siècle,
exposée sur le mur nord du cloitre






L’angle nord-est du cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul



A l’Est du cloitre, s’élève la salle capitulaire qui a été convertie en sacristie. Elle est composée de deux travées voutées  d’ogives dont les clés arborent les armoiries de Monseigneur Bernard de la Tour qui la fit bâtir au début du XIVème siècle. Cette pièce a subi des dommages au XVIIIème siècle, elle fut restaurée en même temps que ses baies géminées en arc brisé, en 1966. L’ensemble de style gothique, est enjolivé d’une frise de chapiteaux feuillagés. Un portail gothique à triple rouleau de sculpture très soignée en occupe le centre, agrémenté de chapiteaux feuillagés ponctués de deux visages humains en vis-à-vis.



Donnant sur la galerie Nord, il y a une petite pièce abritant actuellement les fonds baptismaux, éclairée par trois baies en plein cintre. C’était l’ancienne chapelle présumée de l’église, elle est voutée sur une croisée d’ogives, de section carrée, reposant sur des consoles sculptées de quatre têtes de style roman. Au centre de la pièce, se trouve la cuve baptismale en marbre rouge de Caunes-Minervois datant du XVIIIème siècle.





Galerie Est du cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul



On aime s’imaginer ces religieux des siècles passés parcourant silencieusement ces galeries. Là, oubliant le monde et ses erreurs, méditant sur les ineffables bontés de Dieu, sur l’avenir, sur l’infini, les fils de Saint-Benoit voyaient ainsi s’écouler leur vie. L’heure de la prière et celles de l’étude et des travaux, interrompaient seules leurs pieuses pensées. Tous les jours ils revenaient dans ce cloitre s’asseoir entre la tombe et l’immortalité.


Des éléments témoignent et accréditent l’existence d’un cloitre antérieur au XIVème siècle. Ainsi, dans la galerie Nord, on trouve la pierre funéraire de l’abbé Olric, décédé dans la seconde moitié du XIIème siècle, celle de Géraud II, mort en 1255, et une épitaphe datée de 1227. En outre, un document de 1679 situe des maisons et la sacristie dans le monastère ancien, à l’ouest des bâtiments conventuels, entre la galerie occidentale et le cloitre et le ruisseau Limbe.  
Dans la galerie Nord, se trouve aussi, la pierre tombale de l’évêque Pierre de Soybert (XVème siècle) représentant Jésus protégé par un voile soutenu par deux anges qui émergent des nuées, celle portant les armoiries de Monseigneur Jean Salviati (XVIème siècle) et une grande clé de voute rehaussée d’un agneau pascal (XIVème siècle).





Au début du XVIIIème siècle, la toiture en appentis du cloitre a été modifiée en une couverture en bâtière, occultant ainsi un bon nombre d’ouvertures et d’enfeu (niche à fond plat ménagée dans un mur pour abriter un tombeau). A la fin du XIXème siècle, la galerie Ouest et ses enfeus gothiques du début du XIVème siècle, seront réhabilités.




Le mur Ouest du cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul,
où se trouvent les enfeus datant du XIVème siècle.





Les bâtiments monastiques qui étaient implantés à l’Ouest, ont disparu. Seul demeure l’ancien réfectoire réhabilité en salle d’exposition permanente. Cette vaste pièce est nantie de quatre énormes arcs diaphragmes cintrés, étayant une charpente de bois. L’un deux porte la date de « 1767 » à sa clé d’arc.
La chaire de lecture gothique en partie obturée se trouve sur le mur septentrional (Nord).


Dans cette salle, vous pouvez admirer des moulages, des sculptures de l’atelier de Maitre de Cabestany issu des différents sites tels Saint-Hilaire, Rieux-Minervois ; et pour compléter cette exposition il y a des panneaux permettant de comprendre la technique du Maitre et d’appréhender son œuvre.



Salle d’exposition permanente dans l’ancien
réfectoire des moines de Saint-Papoul.









Situé avenue de l’Evêché au Sud du cloitre, c’est actuellement une propriété privé.
Le portail oriental, dont la grille d’entrée, achevée vers 1840, porte les armes des Hautpoul, s’ouvre sur un petit parc.


A l’origine, le palais a été édifié par l’évêque Pierre Soybert au XVème siècle, mais celui qui s’élève de nos jours a été reconstruit entre la fin du XVIIème et la fin du XVIIIème siècles en deux campagnes de travaux. Le palais de plan quadrangulaire, est agencé autour d’une cour intérieure. Au Nord, les bâtiments du XIVème siècle, abritaient au premier étage le dortoir des moines.





Le palais épiscopal de Saint-Papoul qui est une propriété privé.



Le palais épiscopal, résidence de l’évêque, d’époque moderne cache un bâtiment plus ancien, bâti aux XIVe – XVe siècles, dont on peut voir de nombreux vestiges (meurtrières près de la porte, ouvertures murées avec de grands arcs appareillés brisé, vestige de fenêtre flamboyante sur la cour).



Le palais épiscopal de Saint-Papoul, la cour intérieure en 1905.







Quelques années avant 1890, des fouilles ont été entreprises, par M. Bourguignon, maire de Saint-Papoul à cette époque, dans le cloitre de l’ancienne abbaye de Saint-Papoul. Ces fouilles, ont mis successivement à jour sept grandes baies ogivales masquées à diverses époques par des restaurations inintelligentes, et quatre niches d’un effet décoratif très remarquables.

Ces niches, dont la profondeur est de 0,80 m environ, sont encadrées d’une arcature tréflée, en pierre, reposant sur un élégant faisceau de colonnettes. Les chapiteaux de ces colonnettes présentent un émoulement de feuilles de lierre, sculptées avec un goût exquis, au quatorzième siècle. Ces niches présentent la particularité d’une dalle  en pierre occupant toute la largeur, à la hauteur d’un siège, ce qui semblerait faire supposer que l’édicule était un lieu d’abri où un banc de repos avait été disposé pour les promeneurs. Mais des experts estiment que les niches du cloitre de Saint-Papoul devaient abriter des tombeaux établis sur les dalles que montre le dessin. Il existe des exemples de tombeaux dans des monuments similaires. Ces fouilles du cloitre ont été interrompue, fautes de ressources.



A l’occasion de la réfection du dallage de l’église paroissiale, des fouilles furent réalisées les 24 et 6 juillet 1903, dans l’église de Saint-Papoul, sur les emplacements marqués par des dalles de marbre.  Malheureusement ces dalles, complètement frustes ne pouvaient donner aucune indication, mais aidé par les registres paroissiaux et les minutes des notaires qui  ont dressé les actes mortuaires, M. l’abbé Raynaud a pu retrouver, sous une dalle de marbre noir et devant l’autel du Saint Sacrement, la sépulture de Mgr Bernard Despruets, l’évêque de Saint-Papoul, de 1637 à 1655. Tout près se trouvait la sépulture de son frère Jean Despruets vicaire général du même évêché, décédé le 26 décembre 1650.


Sous une dalle de marbre blanc, devant la chapelle de la communion, ont été retrouvés les restes de Mgr de Langle (1739-1774), décédé le 25 juin 1774. Enfin, au milieu de la nef, devant l’autel du Saint Sacrement, reposait Mgr de Grammont, évêque de 1675 à 1716.








Si vous vous intéressez aux « vieilles pierres », aux édifices du Moyen Âge, en Languedoc vous allez souvent citer ce nom « Maitre de Cabestany ».


C’est un  sculpteur anonyme, le Maitre de Cabestany est un personnage-clé de la sculpture romane méditerranéenne de la deuxième moitié du XIIème siècle. N’ayant signé aucune de ses œuvres, ce nom lui a été donné par un historien de l’art, Joseph Gudiol, en 1944 d’après une des plus importantes de ses sculptures :
Le tympan de l’église Notre-Dame-des-Anges de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales.
Son style si particulier a permis de lui attribuer un ensemble d’œuvres d’environ 120 pièces sculptées de ses mains,, par son atelier ou par son cercle artistique.



Le style du Maitre de Cabestany le distingue de ses contemporains et traduit une forte personnalité. Sa sculpture, très expressive, est caractérisée par « l’horreur du vide », l’espace de la matière est saturé de personnages. Ces derniers, aux corps trapus, présentent des mains aux doigts démesurément longs. Le drapé des vêtements est doté de très  nombreux plis. Les visages sont triangulaires, le front bas, l’arête de nez tranchante, le menton quasi-inexistant et les oreilles hautes et décollées. Les yeux globuleux et en amande, sont souvent soulignés de deux trous de trépan, outil du sculpteur. Toutes ces particularités ont permis de retracer le parcours du Maitre et de son cercle. Allant de chantier en chantier, ils ont orné des édifices religieux principalement en Languedoc audois, en Roussillon et en Catalogne du Nord (Espagne), en Saint-Papoul et Gérone, mais également en Navarre (Espagne) et en Toscane (Italie).







Présentés dans la salle d’exposition, des chapiteaux
attribués au Maitre de Cabestany.
Dans la salle d’expo on peut voir des panneaux permettant
de comprendre la technique du Maitre et appréhender son œuvre.







Présentés dans la salle d’exposition, des chapiteaux
attribués au Maitre de Cabestany






L’entrée du cloitre de l’abbaye de Saint-Papoul








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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Sam 1 Oct - 22:39

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Sam 1 Oct - 22:53













L’abbaye cistercienne de Villelongue dans le Carcassés





Dès le temps très anciens pour bâtir les abbayes et les châteaux, les religieux et seigneurs
avaient remarqué ces îlots de verdure. Ils s’y sont établis jadis, et aujourd’hui leurs ruines
curieuses, vestiges de ces temps déjà lointains, offrent au milieu d’un site enchanteur un
but de promenade.


Le monastère fut dans un premier temps implanté dans la Montagne Noire au milieu du
XIIème siècle, dans un endroit isolé au Nord-Ouest de Saissac, nommé Compagne. Puis,
quelques vingt ans plus tard, vers la fin du XIIème siècle, l’abbaye cistercienne est
transférée plus au Sud, sur son site actuel de Villelongue. Du lieu de Compagne au
lieu de Villelongue, c’est un cas remarquable de fondation et de transfert
d’abbaye cistercienne













Une vue aérienne de l’abbaye Sainte-Marie de Villelongue en 1970









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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Lun 3 Oct - 19:38







Les vestiges remarquables de l’abbaye cistercienne
surgissent derrière les arbres dénudés.




Au XIIIème siècle, la Croisade contre les Albigeois et la lutte contre le catharisme contribuent à  la richesse de l’abbaye, notamment par l’attribution des  biens confisqués aux hérétiques. A partir du XIVème siècle, la communauté de Villelongue décline jusqu’à la Révolution ; mais le monument est sauvée de la ruine au XXème siècle.


L’abbaye Sainte-Marie de Villelongue ou abbaye de Villelongue est une abbaye cistercienne en ruine située sur le territoire de la commune de Saint-Martin-le-Vieil, entre Castelnaudary et Carcassonne.  C’est actuellement un domaine privé qui est classé aux monuments historiques depuis 1916, mais qui se visite, moyennant un modeste droit d’entrée.








L’église abbatiale du monastère de villelongue



L’abbaye de Villelongue est très célèbre, ces ruines merveilleuses sont situées dans un site enchanteur, dans un écrin de verdure aux arbres séculaires, on est captivé tout  de suite par le charme mélancolique qui se dégage de ces vieilles pierres avec ces belles et riches sculptures. On peut encore voir de l’abbaye, le cloitre, la salle capitulaire, l’église, le cellier,etc…





A gauche : l’église abbatiale du monastère de Villelongue
A droite : l’intérieur de l’église abbatiale












L’abbaye de Villelongue, ordre de Cîteaux qui est de la filiation de Morimont, doit son origine à un moine, connu sous le nom de Guillaume de Compania, de la maison de Bonnefont, diocèse de Commingues (Haute-Garonne). Vers l’an 1149, ce moine vint jeter les premiers fondements d’un monastère, dans le lieu de Compania au pied de la Montagne Noire, qui s’appelle aujourd’hui Compagne (600 mètres d’altitude), situé près de Saissac, entre les petites rivières de Sor et de Lampy.
Le moine Guillaume prit le titre de prieur du monastère de Compania.


Au mois de juillet de l’an 1150, le vicomte Roger, le frère de Trencavel, donna l’abbaye de Compania   de l’ordre de Cîteaux du diocèse de Comminges, tout ce qu’il possédait dans le territoire de Compania près de Saissac, avec le bois nécessaire pour y construire un monastère et plusieurs pâturages. Cette donation, vint s’ajouter le bois nécessaire pour y construire un monastère et plusieurs pâturages. Cette donation, vint s’ajouter à celles que divers gentilshommes du pays avaient déjà faite dès les mois de mai et juin de l’an 1149 à Bernard et Guillaume de Compania religieux de Bonnefont. Isarn-Jourdain seigneur de Saissac, fut un des principaux bienfaiteurs de ce future monastère. Entre  parenthèses, Isarn-Jourdain décéda vers 1152, il laissa de sa femme Guillemette, trois fils, Isarn-Jourdain, Jourdain et Guillaume-Bernard dont le dernier se fit religieux à Villelongue en 1158.





Compagne au Nord-Ouest de Saissac, fut le lieu de la première
fondation du monastère avant son transfert à Villelongue.




Bernar, abbé de Valseguier ou de Montolieu contribua aussi à la fondation de cette abbaye de Compania, dont les bâtiments étaient achevés à la fin de l’an 1150. Elle était alors gouvernée par un prieur nommé Arnaud, lequel prenait la qualité d’abbé au mois d’août de l’an 1151.


En 1152, un gentilhomme nommé Bernard de Saint-Etienne de Castillon (ancien prieuré sur la commune de Saissac aujourd’hui disparu), donna l’année suivante au monastère de Compania, en présence de Guillaume de Montpellier, le hameau de Villelongeu, qui en était distant de deux lieux vers le midi. La situation de ce hameau étant moins austère et beaucoup plus commode que Compania, elle donna lieu aux religieux de s’y transférer peu de temps après. Ainsi, pris naissance l’abbaye de Villelongue.



On constate en effet ce transfert vers Villelongue car en 1165, il apparait sur les actes que les donations que firent cette même année quelques seigneurs, sont faites à Pierre, abbé de Bonnefont ainsi qu’à Guillaume Raymond tous deux, désigné comme abbés de Saint Jean de Villelongue.






L’intérieur de l’église abbatiale avec ses immenses baies
gothiques, grandes rosaces, baies à remplages.
Sur la photo de droite, remarquez la retombée des arcs doubleaux
de la nef et des ogives de la croisée du transept avec ses culots
parés de feuilles d’acanthe ou certains de visages humains.





Le haut du fronton sud de l’église abbatiale




La partie ouest de l’église abbatiale, avec son porche d’entrée



L’abbaye de Rieunette près de Ladern-sur-Lauquet, fondée pour des filles de l’ordre de Cîteau vers l’an 1162 dans le même diocèse de Carcassonne, vers les confins de celui de Narbonne, à deux lieux de l’abbaye de Saint-Hilaire, et à six de celle de Saint-Polycarpe, était soumise à  l’abbaye de Compania.  Le monastère de Rieunette ayant été ruiné au XVIème siècle par les Calvinistes fut réuni à l’abbaye de Villelongue ; il en fut séparé au milieu du dernier, et transféré dans la ville de Carcassonne, où il subsiste encore aujourd’hui.

Entre 1165 et 1170, il y eu vingt et une donations parmi lesquelles de très importantes.


En 1180, l’évêque de Carcassonne, Oto, donne à René, abbé, et au monastère tout ce qu’il possède sur l’église Saint Jean et Sainte Marie, le hameau et tout le territoire de Villelongue.


De 1158 à 1269, après la fondation de l’abbaye de Villelongue, il y eut une période marquée par une abondance de donations qui permit à l’abbaye d’accroitre rapidement son domaine et de s’établir solidement sur ces nouveaux lieux. Ce fut la période de prospérité où fut construits, logements, ateliers, magasins, cloitre, église, etc.


Exemple de donation : Roger II, Trencavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne, du Razès et d’Albi. Par testament en date du 17 mars 1193, fait entre les mains de Bernard, archevêque de Narbonne et de Gaufred, évêque de Béziers, choisit sa sépulture dans le monastère de Cassan, auquel il légua sa table d’or ornée de pierres précieuses et donna cinq mille sols melgoriens, en même temps qu’il fit des  legs pieux en faveur des abbayes de Villelongue, de Caunes et de Saint-Hilaire.






A gauche : enfeu situé dans l’église abbatiale.
Un enfeu désigne l’espace où un tombeau est encastré dans l’épaisseur
du mur d’un édifice religieux.
A droite : la clef de voute du chœur de l’église est
réhaussée d’un agneau pascal avec sa croix entourée d’une guirlande de
feuilles de chêne similaire à celle de l’abbaye de Saint-Papoul (XIVème siècle).




En 1195, un acte décrit par lequel les seigneurs de Saint-Martin-le-Vieux (nommé ainsi à cette époque), donnent aux religieux de Villelongue certaines terres en emphytéose (mémoire sur procès) (emphytéose : bail de très longue durée le plus souvent de 99 ans).


En 1209, les textes nous apprennent qu’Arnaud II, abbé de Villelongue, acquiert de Raymond Fort, de Bernard Raymond, de Rogald Rocon et de Payen, son frère, une partie du lieu de Saint-Martin-le-Vieil (P.Bouges Histoire de Carcassonne et Mémoire sur procès).


En 1212, donation faite à Simon de Montfort, à l’abbé et au monastère de Villelongue, de Saint-Martin-le-vieil (P.Bouges Histoire de Carcassonne, Archives de Carcassonne). L’abbaye obtient des protections royales et se voit attribuer des biens confisqués aux hérétiques.


La croisade contre les Albigeois entre 1209 et 1229, a permis aux cisterciens de s’enrichir considérablement. Située au cœur d’une région fortement imprégnée par le catharisme, Villelongue se retrouva inévitablement impliquée dans ces évènements. Quatre de ses abbés participèrent à la lutte contre les cathares.


L’abbaye de Villelongue était seigneur dominant de Saint-Martin-le-Vieil. L’utile et l’honorifique de la seigneurie fut très tôt inféodé, par les abbés de Villelongue, à divers coseigneurs.


En juillet 1245, la lettre de Saint Louis, par lesquelles il ordonne au sénéchal de Carcassonne de faire restituer au monastère de Villelongue le lieu (villa) de Saint-Martine-le-Vieil que Simon de Montfort lui avait donné.



Vers 1290, la communauté dénombre au moins une trentaine de moines assistés dans les tâches matérielles par des frères convers.






Un escalier droit appuyé contre le mur Ouest, permettait d’accéder
au dortoir des moines et à l’escalier à vis du clocher.
Dénommé « escalier des Mâtines », l’usure des marches est
provoquée par le pas des moines qui l’ont emprunté pendant
des siècles pour venir chanter l’office de nuit.
En dessous, la porte de la salle au trésor.





L’entrée de la sacristie du monastère




Entre 1269 et 1529, durant un peu plus de deux siècles et demi, l’abbaye de Villelongue semble avoir vécu une ère de prospérité à peu près ininterrompue. C’est une longue période où l’absence presque complète de documents vient confirmé que la vie des cisterciens s’est écoulée paisible et heureuse. Entre les années 1269 et 1529, entre Guillaume Pierre et le premier abbé commentaire, on ne trouve presque aucun événement important à signaler.



Il est curieux de constater que l’abbaye de Villelongue a toujours vécu en bon accord avec ses voisins, sauf avec les seigneurs de Saint-Matin-le-Vieil. La puissante abbaye de Montolieu, dont le territoire était limitrophe, aurait pu exciter la jalousie des cisterciens ; il n’en a rien été. Les deux maisons ont toujours vécu en très bons ternies et les petites contestations inévitables entre deux grands domaines, ont toujours été résolues à l’amiable et dans un parfait accord. Donc, depuis sa fondation, Villelongue vit en paix avec tous ses voisins, excepté les seigneurs de Saint-Martin-le-Vieil.


Vers 1299, les rois Philippe IV le Bel et Philippe V le Long, qui avaient toujours accordé leur protection aux cisterciens, exemptèrent le couvent de certaines charges.


Puis les dons vont se raréfiés, le monastère va vivre sur ses propres ressources et en fonction de ces directeurs actifs ou incapables, et suivant les circonstances de cette époque, le monastère restera florissant ou tombera dans la médiocrité.


En 1348, des difficultés surgissent, une épidémie de peste noire fait de nombreux morts, les terrains sont laissés en friche faute de main-d’œuvre.


En 1355, des bandes de routiers et le Prince Noir ravage le secteur.






Portail roman de l’abbatiale, à double rouleau d’ébrasement,
recèle encore les vestiges de la peinture qui la décorait.
Les deux chapiteaux à gauche, sont sculptés de feuilles d’eau
typiquement cistercien, ceux de droite, arborent des feuilles
de type palmettes. Le tympan était seulement peint.







Le magnifique squelette de l’abbatiale de l’abbaye
Sainte-Marie de Villelongue.






A gauche : les vestiges du transept et du chœur de l’abbatiale.
A droite : chapiteaux sculptés de feuilles d’eau typiquement cistercienne






L’intérieur de l’église abbatiale avec ses immenses baies
gothiques éclairant jadis le transept.





La décadence entre 1529 et 1790, après trois siècles d’existenc, marqués par de grandes vertus et une régularité irréprochable, l’ordre de Cîteaux subit une dépression morale qui persista et s’aggrava jusqu’à sa dernière heure.


La décadence fait suite bien souvent à la période de prospérité et annonce la fin d’une abbaye. Peu à peu les richesses diminuent, le prestige s’éteint, la maison tombe dans l’oubli. Telle est la vie de la plupart des monastères, telle sera la vie de l’abbaye de Villelongue.


Cette décadence peut être attribuée à deux causes principales qui préparèrent la chute :


1. l’avènement de la commende qui ruina le temporel ;
2. l’abandon de la règle qui altéra les mœurs monastiques. L’établissement de l’ancienne observance qui eut pour résultat de diviser les monastères cisterciens en deux classes ne fut que  la conséquence de ce qui précède.



La règle avait dans l’ordre de Cîteaux un double objet :


1. elle avait organisa le gouvernement général de l’ordre et le gouvernement particulier de chaque monastère ;
2. elle avait soumis les religieux à un ensemble d’obligations qui embrassaient tous les actes de la vie monastique. Au sommet se trouvait le chapitre, général et l’abbé de Cîteaux ; dans chaque monastère, l’abbé ; entre les deux, un pouvoir intermédiaire représenté par les quatre premiers pères et le père-immédiat. Ce mécanisme fut complètement modifié au quinzième siècle.



A partir de cette époque, un grand nombre d’abbés refusèrent d’assister au chapitre général et leur absence en rendit la tenue impossible. Un grand nombre de pères-immédiats cessèrent de visiter les monastères soumis à leur supériorité et le chapitre général dut instituer des visiteurs collectifs.


En 1542, Jean, abbé de Cîteaux, nomma Allamond, prieur de Boulbonne, commissaire visiteur de l’ordre, pour  la province de  Toulouse qui comprenait trente-deux monastères.


Ces monastères furent tenus à payer les frais de la visite :  Villelongue devait donner pour sa part 3 livres 10 sols. Alors que la commende était réalisée à Fontfroide depuis 1476, elle n’eut lieu à Villelongue qu’en 1551. On appelait abbé commendataire le laïque, le clerc séculier ou le religieux qui recevait une abbaye en commende.


Une abbaye était constituée à  l’état de commende lorsqu’on lui donnait un chef nommé par le pape ou par le roi avec le consentement du pape qu’on ne demandait pas toujours, qui était affranchi de l’observation des règles monastiques, et simplement tenu d’administrer le temporel. Ce chef, bien qu’il fût appelé abbé, n’avait sur les religieux aucun droit de supériorité ; ses prérogatives se bornaient à des distinctions honorifiques. Le chef religieux était le prieur conventuel, nommé par le père-immédiat.







Baies gothiques aménagées au-dessus de la corniche,
éclairant le choeur






Les décors sculptés foisonnent dans cette abbaye de Villelongue.





Zoom de la photo précédente montrant un décor de visages
finement sculptés.





Les religieux qui officiaient dans le monastère étaient par ordre hiérarchique :  l’abbé, puis le prieur, le sous-prieur, le sacriste, le sous-sacriste, le portier, l’infirmier, le cellerier, le pitancier, le directeur des travaux, le précenteur, les grangers, les procureurs et les syndics.


Leurs fonctions :

• L’abbé :
il nommait le prieur et tous les autres officiers. Il infligeait les punitions, accordait des dispenses et avait seul l’administration du temporel. Il était soumis à la règle comme les autres religieux, mais il mangeait à part avec les hôtes. Ses fonctions ne cessaient que par la mort, la résignation et la déposition.


• Le prieur (prior) : il y en avait trois sortes : a) les prieurs titulaires dans les prieurés ; b) les prieurs conventuels qui gouvernaient les abbayes placées sous le régime de la commende ; c) les prieurs claustraux qui étaient les lieutenants des abbés réguliers.


• Le sous-prieur (sub prior) : il était au prieur ce que ce dernier était à l’abbé.

• Le sacriste (sacrista) : il était chargé de pourvoir à tout ce qu’exigeait le culte.


• Le sous-sacriste (sub sacrista) :
il aidait le sacriste dans sa charge.

• Le portier (portarius) :
il se tenait dans une loge située près de la porte d’entrée du monastère, depuis le matin après le chant de laudes jusqu’après les compiles. Dès qu’un étranger se présentait il lui disait « benedicamus Domino » ou « Deo Gratias ». il l’introduisait dans sa cellule et allait prévenir l’abbé.


• L’infirmier (infirmarius) : il était chargé de l’entretien de l’infirmerie et des soins aux malades

• Le cellerier (cellerarius major) : c’était l’administrateur du temporel.


• Le pitancier (pitancharus ou cellerarius minor) : il était un subordonné au cellerier.

• Le directeur des travaux (operarius) : il était chargé de diriger les travaux de toute sorte (constructions, fabrications de draps, etc).

• Le granger (grangerius) :
il avait  à sa charge le soin des granges d’une certaine importance, surveillait les troupeaux, etc.

• Les procureurs et les syndics (procuratores et syndici) : on pense que ces officiers représentaient l’abbaye en justice ou dans des affaires exceptionnelles.






L’église abbatiale du monastère de Villelongue





L’intérieur de l’église abbatiale du monastère de Villelongue, avec le
chœur rectangulaire bordé de deux chapelles séparées par un mur
plein au Sud et au Nord (photo) donnant sur le transept.







Enfeu gothique de la salle capitulaire. Cette niche aurait
abritée jadis la dépouille d’un abbé.






Transept de l’abbatiale de Villelongue, au fond la porte
d’entrée de l’église






En 1568, lors des guerres de Religion, l’abbaye est prise et pillée par les calvinistes. Toutefois, les bâtiments ne seront pas totalement détruits. C’est une période où le nombre de religieux a diminué, les procès se multiplient et le domaine abbatial est mal géré. Une partie des biens doivent être vendus afin de pouvoir acquitter les impôts levés par le roi pour combattre le protestantisme.


Un arrêt de la cour des Aides de Montpellier du 27 mars 1733 déclara les biens des religieux roturiers et par suite « allivrés et cotisés ».


Le 30 juillet 1781, un arrêt du Parlement de Toulouse autorisa les créanciers de l’abbaye à faire «  saisir, décréter et vendre » une partie de la dotation du couvent, hypothéquée par la sûreté de leurs créances. L’église a perdu une partie de sa nef et plusieurs corps de bâtiments ont acquis une vocation agricole. Malgré des pertes sévères, il reste trois domaines totalisant près de mille hectares, Compagne, Auriol et Villelongue. Environ un quart de ces terres est loué à des fermiers, le restant est laissé en friche.


L’abbaye en ruine n’était plus que l’ombre d’elle-même, en 1789 il ne reste que deux religieux à Villelongue.


C’est ainsi que finit l’abbaye cistercienne de Villelongue. Depuis longtemps agonisante, la Révolution ne fit que hâter une fin que tout faisait prévoir. Les bâtiments et terres de l’abbaye sont confisqués et vendus au profit de la Nation en 1792, ils furent acquis par M. Guillaume Boussac, bourgeois de Saissac pour le prix de 42000 francs-assignats et transmis par héritage en 1817 à l’abbé Boussac, neveu du précédent. L’abbaye fut transformée en exploitation agricole, ce qui engendre des démolitions. Puis elle fut acquise par vente judiciaire par M. Perré, bourgeois de Carcassonne et de ce dernier, par M. Lacombe de Lagord qui en deviendra le propriétaire en 1818. Une autre portion de l’abbaye sera acquise par M. Antoine Bosc de Saissac qui s’était enrichi dans le commerce des draps et  qui fut député de l’Aude, puis reviendra à M. Alexandre Denille en 1848.


En 1850, le propriétaire était M. François Pujol des Cammazes.


En 1899, l’église est acquise par le colonel Albert Maissiat, de Bram, qui y établit sa résidence secondaire, mais il n’ a pas les moyens financiers pour effectuer les réparations.


En 1916, les propriétaires prennent conscience de l’importance culturelle de l’abbaye de Villelongue et décident d’y faire des travaux et c’est la même année qu’elle fut classée aux monuments historiques.


En 1925, un marchand de biens en est le propriétaire, un dénommé Joseph Tirefort.

En 1928, l’abbaye appartient à M. Lespinoi de Cammazes.


En 1929, le monastère est revendu au docteur Eugène Py pour devenir un rendez-vous de chasseur loué à Monsieur Depaul.


Les Monuments Historiques entreprennent les premières campagnes de consolidations de l’église de 1952 à 1955.


Peu de temps après c’et le docteur Guibal de Béziers qui en deviendra le propriétaire.

En 1965, le monastère change de mains pour appartenir à la famille du docteur André Eloffe, qui le possède encore aujourd’hui.


Actuellement, Villelongue est divisé en deux parties privées appartenant à des propriétaires différents, d’un côté l’abbaye, ouverte à la visite  et de l’autre, un ensemble d’habitations correspondant à l’emplacement du logis abbatial transformé en maison de Maitre au XIXème siècle et remaniée en 1930.


Depuis 1984 à aujourd’hui, d’importants travaux de réhabilitation et de restauration sont entrepris pour la sauvegarde de ce patrimoine qui est visité plus de 6000 touristes chaque année. Une fonction d’hébergement touristique est également affectée au site qui propose des chambres d’hôtes aménagées dans l’ancien dortoir des moines.


En 2002, Villelongue s’est vue accorder le statut de « Site-pôle du pays Cathare » avec la localité à laquelle elle est rattachée, Saint-Martin-le-Vieil.







L’église abbatiale du monastère de Villelongue qui se trouve
dans le prolongement de la Salle des moines, parloir, salle
capitulaire et de la sacristie.






Les rosiers du cloitre





Portail roman de l’abbatiale, à double rouleau d’ébrasement,
recèle encore les vestiges de la peinture qui la décorait.
Les deux chapiteaux
à gauche sont sculptés de feuilles
d’eau typiquement cisterciennes.

Ceux de droite, arborent de feuilles de type palmettes.
Le tympan était seulement peint à l’époque














La partie Est du cloitre, on longe la salle des moines, le parloir,
la salle capitulaire, la sacristie et au fond l’entrée de l’église
abbatiale.
Seule la galerie Sud du cloitre a conservé sa galerie.










L’abbaye de Villelongue était construite toute entière sur la rive gauche de la Vernassonne dont les eaux baignaient sur les murs de clôture. Complètement délaissée par les premiers propriétaires qui succédèrent aux religieux, elle ne tarda pas à tomber en ruine et sa disparition serait peut être consommée depuis longtemps si une mesure de classement n’avait été prise en 1916. Beaucoup de pierres provenant de Villelongue se trouvent à Saissac, où M. Bosc les fit transporter pour construire une maison.


Edifiée sur les plans des abbayes cisterciennes, elle ressemble d’une façon étrange à la plupart des autres abbayes du même ordre dont nous trouvons les descriptions dans les traités d’archéologie. Ce qui permit de comprendre exactement la configuration de l’abbaye. La porte, donnant accès à la cour de la ferme, est surmontée d’un arc du XVIIIème siècle. Au-dessus on lit deux dates superposées 1613 et 1773 que sépare un motif sculpté représentant les trois clous de la Passion et le monogramme du Christ : JHS. La porte franchie, on trouve en face les logements et à gauche les anciennes écuries. En traversant ces locaux qui sont d’anciennes parties du monastère, on atteint le cloitre, centre de l’abbaye.


Le cloitre de forme à peu près carrée, a les dimensions suivantes : 26,80 mètres d’Est en Ouest et 30 mètres du Nord au Sud. La claire-voie côté Sud a disparu.


Celle-ci se compose de quatorze travées, séparées les unes des autres par des groupes de colonnettes reposant  sur un assemblage de deux bases et surmontées de chapiteaux accouplés par la tablette de l’abaque. Les chapiteaux ornés de deux rangs de feuillages superposés, présentent une flore stylisée dont la composition décorative varie d’un groupe à l’autre. Les abaques sont tantôt moulurés, tantôt décorés de feuilles vairées. La voussure des arcs comporte un boudin d’arête entouré d’une archivolte sur chaque face. Sur le massif d’angle Sud-Est, à la partie supérieure et face à  l’allée du cloitre, on remarque un blason sculpté en relief. Ce blason a la forme d’un écu ancien en cadenas. Au centre de l’écu est  un disque en relief. La pierre étant rongée par le temps, l’on ne distingue plus les détails de la sculpture qui aurait permis de lire ce blason. Tout porte à croire que ce blason est contemporain du cloitre (XIIIème siècle) ; d’ailleurs, comme beaucoup d’armoiries de cette époque, il ne porte gravés ni trait ni pointillés indiquant les couleurs. Cependant hypothèse a été émise : ce bas-relief représenterait les armes de l’abbaye ; armes encore inconnues et que ne signale aucun ouvrage.





L’église abbatiale et à droite au rez-de-chaussée,
l’entrée de la salle capitulaire






Le jardin du cloitre avec au premier plan, une table qui était le
maitre-autel de l’église, elle est portée par quatre colonnettes
avec chapiteaux à feuillages.








Au Sud du cloitre, se trouvait un amas de constructions en partie démolies, transformées par la suite en écurie, et dont l’usage primitif est inexpliqué. Il est probable que dans cette aile se trouvaient le réfectoire, les cuisines et quelques magasins. Il y a aussi une grande salle formée de trois travées, divisée par des murs, mais qui primitivement était d’un seul tenant. Cette salle qui, vu sa disposition semble être le réfectoire des religieux.



La première travée s’ouvre sur le cloitre, dans l’axe longitudinal, par une porte plein-cintre, sans décoration, seule une voussure sous arc bombé la dessine ; au-dessus l’on remarque  une rose bouchée. La membrure de la croisée d’ogives de cette travée est tirée d’un profil rectangulaire et formée à la tranche basse de deux boudins encadrant un bandeau central. Les nervures reposent sur des chapiteaux très simples soutenus par des colonnes adossées bien visibles seulement contre le mur du Nord.


La deuxième travée est formée d’une croisée d’ogives à épannelage triangulaire, avec profil en amande relié par deux gorges au corps de moulures. Des culs de lampe polygonaux portent le faisceau des trois membrures à pénétration. La séparation des nervures de deux fenêtres en plein-cintre, à très large ébrasement intérieur. Le mur de l’Est porte les répliques de ces fenêtres qui étaient bouchées et restituées en 1993 et 1994.


La membrure de la croisée d’ogives de la  troisième travée est tirée d’un profil rectangulaire dont la tranche basse porte trois boudins ; celui du milieu étant le plus saillant.


Un oculus s’ouvre sous la pointe du formeret Sud, surmontant un alignement de trois fenêtres en plein-cintre.



Ces trois travées sont séparées les unes des autres par des arcs doubleaux et la voute soutenue contre les murs, de rive par des formerets.


Dans la deuxième travée, contre le mur séparant celle-ci de la première, on remarque l’emplacement d’un autel et les restes d’un retable en plâtre peint. Ce retable est composé de deux pilastres à couronnement corinthien portant un fronton triangullaire, au centre duquel s’enroule une couronne de nuages percée de rayons, avec trois têtes d’anges. Le centre du retable est occupé par une niche en plein-cintre. L’ensemble a été peint en faux marbre.


Ces deux dernières travées ont été transformées en chapelle à une date relativement récente. Celle-ci était encore en service il y a quelques années et en 1928, l’abbé Bonnafout se souvenait d’y avoir dit la messe pendant son séjour à villelongue.


Une vague tradition rapporte que cette chapelle était réservée aux étrangers.


Des contreforts extérieurs, rectangulaires, sont appliqués à la hauteur des arcs doubleaux qui séparent les travées. L’ensemble rappelle les formes générales de l’école romane de Provence adaptées à un gothique rayonnant très simple, très classique.






Le réfectoire des moines








La salle capitulaire située sous le dortoir des moines, légèrement en contrebas de l’allée du cloitre, est divisée en deux collatéraux de trois travées voutées d’ogives. Elle fut réalisée vers 1170. Les retombées des arcs doubleaux en plein-cintre qui séparent les deux corps de la salle et les branches d’ogives des six travées accouplées, portent suivant l’axe longitudinal de l’édifice, sur deux colonnes rondes munies de chapiteaux décorés de larges feuilles d’eau.  Sur les murs de rive ainsi que sur les murs de fond, les retombées de la membrure portent sur des massifs rectangulaires engagés dans la construction, moulurés d’un double ressaut à la tranche basse et étalés à la tête en tablette d’appui. Le profil à la tranche basse se compose d’un bandeau plat entre deux boudins. La croisée monolithe des ogives est tantôt unie, tantôt fouillée d’un élégant motif floral.


La tranche clés arcs doubleaux est unie. Le mur de rive de l’est comporte une fenêtre centrale en plein-cintre, accostée dans les deux autres travées de fenêtres également en plein-cintre, mais moins hautes.  Le mur de rive de l’Ouest, sur le cloitre est traversé au centre par une porte en plein-cintre, et sur les travées de côté par deux fenêtres en plein-cintre à hauteur d’appui. L’ajour des fenêtres est chaperonné à l’aplomb extérieur d’un arc débordant.


A la jonction de ce corps de bâtiment avec le corps de l’église, un enfeu gothique en forme de pignon très aigu garni d’un remplage trilobé, protège un corps de sarcophage engagé dans la construction à l’aplomb du mur. Tout à côté, entre l’enfeu et la porte de l’église, le mur, est creusé d’une niche rectangulaire, terminée par un pignon très aigu avec décoration de fleurons aux deux naissances et au sommet du pignon.






La salle capitulaire






La salle capitulaire











Dans l’axe longitudinal de l’allée orientale du cloitre et à son extrémité nord, s’ouvre la porte de l’église. C’est un arc surbaissé composée d’une voussure décorée de deux gros boudins entre des moulures profondes. De part et d’autre, cette voussure porte sur deux colonnettes rondes, adossées, surmontées de chapiteaux. Les chapiteaux de l’Ouest sont  à crochets, ceux de l’Est à décorations de feuillages. Le tympan nu repose sur les encorbellements des têtes des montants. L’église, monument gothique du début du XIIIème siècle, est construite selon le plan cistercien en forme de croix latine.  Elle se compose d’un chœur plat d’une seule travée, voutée d’ogives, d’un transept et d’une nef inachevée. La clef de voute du sanctuaire porte l’agneau de rédemption (agneau détourné) postérieur à 1260.


L’éclairage du chœur est assuré par une arcature composée de trois fenêtres en arc brisé, surmontées d’une rose qui a perdu son remplage, et auxquelles s’ajoute sur les côtés de grandes fenêtres à claire-voie. Ces fenêtres, formées de trois longs compartiments en arc brisé, ont au-dessus d’elles, trois roses disposées une et deux.  Le maitre autel n’existe plus, mais au-dessus de l’emplacement qu’il occupait, on voit encore les restes d’un placage du XVIIIème siècle. Le transept est composé d’une partie centrale voutée d’ogives et d’un croisillon à deux bras. Chacun de ces bras est divisé en deux travées  barlongues, voutées d’ogives. A chacune de ces travées correspond une chapelle ; soit par conséquent, au total, quatre chapelles, dont les axes sont parallèles à celui de la grande nef. L’entrée de chaque chapelle est surmontée d’un arc en plein-cintre ; les ouvertures des quatre arcs sont inégales. Les voutes sont croisées d’ogive et les fonds plats comme celui du chœur.







A gauche,  la grande rosace du chœur de l’église abbatiale
de l’abbaye de Villelongue






Détail d’un chapiteau paré de feuilles de type palmettes





Chapiteaux emblématique de Villelongue, il s’agit exclusivement
de têtes d’hommes.
Au premier plan, deux têtes, bouche fermée par un ruban,
pourraient représenter une allégorie du silence.






Des décorations de feuilles sur ces chapiteaux supportant
les clefs de voute.






La porte d’entrée de l’abbatiale vue de l’intérieur de l’église.




Les extrémités des bras du transept étaient éclairées sous le formeret par deux vastes fenêtres en arc brisé, avec remplage aujourd’hui disparu. Chacune des chapelles latérales était également éclairées sous le formeret par une longue fenêtre en arc aigu.  Deux fenêtres à remplage mutilé sont disposées sur l’arcature de la seule travée de la nef qui ait été construite.


Les arcs doubleaux de la croisée du transept portent sur des colonnes engagées dans un massif rectangulaires, auquel s’appuient également les colonnes portant l’armature des voutes des collatéraux. La décoration de ces colonnes qui s’apparente très étroitement à celle du cloitre, se compose de chapiteaux à crochets dont quelques-uns s’épanouissent en visages humains avec feuilles latérales dont le pédoncule sort de la bouche, ou en motifs végétaux. Les bases sont munies de crochets plats. Les voutes sont entièrement effondrées au-dessus de la croisée du transept et de la nef centrale ; elles sont presque entièrement conservées au-dessus de chœur et des bras du croisillon. La plupart des fenêtres ont conservé les ferrures des vitraux.



L’un des premiers propriétaires d’après la Révolution fit, dit-on, écrouler une partie des voutes et utilisa les pierres pour construire des vannes dans ses prairies. La clef de voute du transept a été retrouvée. Elle est déposée dans une pièce attenante au réfectoire. Dans cette même pièce, parmi d’autres pierres, il y a un cadran solaire du XVIIIème siècle portant le nom d’un ancien propriétaire de Villelongue : Bosc.



La nef, qui est restée inachevée, et fermée provisoirement par un mur, se compose d’une travée correspondant à  la chapelle latérale qui bordé immédiatement le chœur, dans la nef se trouve la porte d’entrée du cloitre et en face une autre porte donnant actuellement sur la campagne ; mais qui primitivement servait d’entrée aux étrangers et aux serviteurs ; elle conduisait aussi au cimetière des laïques placé au voisinage de l’église. L’extrémité du bras gauche du transept communique par une porte en bois du XVème siècle, assez bien conservée, avec la salle du trésor, voutée en plein-cintre.
Tout à côté, sous un escalier qui fait communiquer avec le transept et le dortoir des moines, placé au-dessus de la salle capitulaire, se trouve un séquestre éclairé par une rose ornée avec remplage.
L’escalier du dortoir donne aussi accès à l’escalier à vis du clocher, de base rectangulaire, il est appuyé contre les murs qui forment l’angle du transept et de la nef. Dénommé « escalier des Mâtines », cet escalier présente une usure des marches provoquées par le pas des religieux qui l’ont emprunté pendant des siècles pour venir chanter l’office de nuit.



Un mur de fermeture a été édifié pour séparer le lieu de culte du jardin planté sous l’ancienne nef, totalement disparue aujourd’hui, mais on peut encore observer le mur gouttereau Sud.






Le cloitre






La partie méridionale du cloitre, avec l’ancien
maitre-autel de l’église abbatiale.












Adossé au réfectoire, le cloitre n’a conservé que sa galerie méridionale. Elle est couverte d’une charpente s’appuyant à chaque extrémité, sur un arc appareillé posé de biais et fixé dans le mur des bâtiments conventuels.



Des fines colonnettes élancées géminées supportent quatorze arcades en plein cintre, elles sont de section soit circulaire, soit polygonale, soit quadrilobée. Les chapiteaux du début du XIVème siècle, sont particulièrement remarquables par leur élégance et leur finesse. Fait rare chez les cisterciens, des représentations anthropomorphes et zoomorphes sont aussi présentes. Le spectaculaire pilier central de la galerie est constitué par cinq colonnettes soutenant cinq chapiteaux feuillagés dont le tailloir est commun. Celui-ci recèle, en partie masquée, une chouette tenant un coq présumé dans son bec, un visage de moine retenant dans sa bouche fermée deux queues de griffons ailés, un visage léonin à crinière mordant sa gueule dentée deux autres queues de griffons ailés, un visage léonin à crinière mordant sa gueule dentée deux autres queues de griffons ailés dont un à tête de moine, et enfin, un visage souriant couronné de fleurs.


Tout le côté ouest dit cloitre, en bordure de l’allée, est occupé par une longue construction bien conservée qui servait autrefois de remise dans le bas et de grenier à foin au premier étage.  Le rez-de-chaussée est divisé en cinq travées séparées pars des arcs diaphragmes, en anse de panier, soutenant l’étage supérieur. C’était le cellier des moines et au-dessus se trouvait le logis des convers ou frères serviteurs. Un escalier extérieur dont il existe des traces permettait à ceux-ci de gagner l’église par le jardin longeant le côté nord du cloitre.


Plus tard cet escalier aurait débouché dans la nef de l’église terminée.


Le cellier n’a aucune ouverture sur le cloitre, sur la façade regardant l’Ouest, il y a des restes d’une fenêtre à meneaux ; sa porte fait face au Sud et s’ouvre dans une cour rectangulaire.







Les fines colonnettes élancées géminées supportant quatorze
arcades en plein cintre de la galerie méridionale du cloitre






Autre photo de la galerie méridionale du cloitre de l’abbaye





Pilier centrale de la galerie qui est constitué par cinq colonnettes
soutenant cinq chapiteaux feuillagés.
Les chapiteaux du cloitre datent du début du XIVème siècle, ils
sont particulièrement remarquables par leur élégance et leur
excellente facture.






Les fines colonnettes géminées supportant les arcades en
plein cintre du cloitre












Délimitant l’ancienne galerie Ouest du cloitre, ce long édifice isolé était occupé par les frères convers, affectés aux travaux agricoles. Le bâtiment était jadis séparé en deux parties par un passage dans le prolongement de la galerie méridionale du cloitre. Restauré à partir de 1988, il fait désormais fonction de salle de réception (mariages, concerts…). Le cellier se trouve juste en-dessous. Sa façade Ouest comporte des fenêtres à meneaux croisés et horizontaux, à l’étage, ainsi que d’étroites et longues baies, au rez-de-chaussée. Les couvertures Renaissance ont été percées lors du réaménagement de l’étage en cellules individuelles. L’intérieur divisé en cinq travées, est doté d’une couverture en platelage sur arcs  diaphragmes. Le premier niveau, réaménagé au XVIème siècle ne se visite pas.






Vu des jardins, le bâtiment des convers au premier plan
et à gauche la façade ouest de l’église abbatiale.






Salle de réception
(source :  http://www.abbaye-de-villelongue.com)





Salle de réception
(source :   http://www.abbaye-de-villelongue.com)





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La sacristie de plan rectangulaire, accolée au Sud de l’église, communique avec elle par une porte plein cintre, une autre ouvrait autrefois sur le cloitre, mais a été obturée lors de la construction de l’enfeu gothique. Voutée en berceau plein cintre, elle est ajourée à l’Est, par une unique baie rectangulaire. Le sol est revêtu de carreaux vernissés aux motifs géométriques du XIVème siècle. Des vestiges de peintures murales très colorée subsistent sur le mur oriental.  Datant du XIVème siècle le décor représente Saint Michel terrassant le dragon ainsi qu’une pesée des âmes avec le diable essayant de faire pencher la balance de son côté.





La sacristie, voutée en berceau plein cintre avec son
unique baie rectangulaire, située à l’Est.






Dans le prolongement de l’église abbatiale, au rez-de-chaussée,
c’est la sacristie.
Une seconde porte ouvrait jadis sur le cloitre mais elle a été
obturée lors de la construction de l’enfeu.











Dans la cour rectangulaire, se trouve, contre les bâtiments claustraux, sans doute à côté de l’ancienne cuisine, un puits en coquille du XVIIIème siècle. A l’ouest de la cour, c’est-à-dire du côté opposé au cloitre, une porte donne accès à un jardin qui renferme une table en pierre fort curieuse. Cette table d’une épaisseur de 0,18 m mesure 2,90 m x 1,28 m et elle est portée par quatre colonnettes avec chapiteaux à feuillages. C’était là  le maitre-autel de l’église. La cupule de 10 cm de diamètre, qui se trouve au centre, était destinée à recevoir les reliques sous la pierre sacrée.



Le pigeonnier de plan carré, percé de deux baies carrées superposées, fut associé au mur d’enceinte datant du XIVème siècle. Il faut savoir que le monastère de Villelongue est la seule abbaye de l’Aude qui ait conservé la quasi-totalité de son mur d’enceinte.




Le pigeonnier est accolé au mur d’enceinte du XIVème siècle.



A l’ombre du pigeonnier, le vivier et son système d’alimentation d’origine médiéval fonctionne toujours. Alimenté par l’eau de la Vernassonne, ce grand bassin rectangulaire était destiné à l’élevage des tanches et des carpes.





Le vivier de l’abbaye Sainte-Marie de Villelongue datant du Moyen Âge





Le jardin médiéval insolite de l’abbaye invite à la flânerie, il est planté de fleurs et d’arbres fruitiers, il est aussi doté d’une superbe collection de courges et potirons aux vives couleurs. Sur la rocaille poussent aussi des plantes utilisées au Moyen Âge pour leurs vertus médicinales ou tinctoriales. Des objets anciens offrent un décor hétéroclite surprenant dans ce jardin.




Le jardin de l’abbaye
(source : http://www.abbaye-de-villelongue.com)






Le jardin
(source : http://www.abbaye-de-villelongue.com)
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mar 4 Oct - 18:21












Entre Minervois,  Cabardès et Montagne Noire, au nord de Carcassonne commence le Cabardès,
qui s’étend jusqu’au pied de la Montagne Noir, début du Massif Central et frontière naturel
entre l’Aude et l’Hérault. Un secteur très riche en sites naturels et villages atypiques.
Caune Minervois est là au pied de la Montagne Noire, autour des vignes, toujours les
vignes, quelques oliviers ça et là. Caune Minervois village de 1500 habitants se situe
sur le cours de l’Argent Double, ne vous fiez pas au joli nom on n’y trouve pas de l’or
dans la région mais du marbre, et pas n’importe quel marbre puisqu’il varie du rouge au vert.







Vous trouverez à Caunes de superbes ruelles pavées qui
ont du charme comme sur cette photo





SOURCE

[/b] http://www.belcaire-pyrenees.com[/color]
(textes et photos)
(Avec l'aimable autorisation du propriétaire du site.
Site qu'il faut absolument visiter, il est très intéressant)
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mar 4 Oct - 19:57







À Caunes Minervois le marbre est partout : sur les monuments jusqu'à l'intérieur des maisons les plus modestes. On le trouve sur le seuil des portes, l'encadrement des fenêtres, le tablier des cheminées. On collectionne les porte-parapluies en marbre dans les vestibules, les vasques dans les séjours. Et depuis des générations, les écoliers sautillent sur le seuil en marbre rose de leur école communale.









Récemment, la commune a inauguré une nouvelle fontaine en marbre rose sur la place de la République. Celle de la place de la Grande fontaine est plus ancienne avec son obélisque en marbre gris et son bassin terni par le temps. Le marbre incarnat de Caunes Minervois a été utilisé généreusement pour décorer l'église romane de l'abbaye bénédictine.
Ce somptueux marbre rouge veiné de blanc est unique.
Louis XIV, Le Roi-Soleil, ne s’y était pas trompé ! Il y voyait le reflet de sa puissance et de sa noblesse, le rouge incarnat symbolisant la puissance, et le blanc, celui de la royauté.
Il annexa même par décret une partie de ces carrières à son usage exclusif : les carrières du Roy.
Elle est devenue la réserve personnelle du Roi Soleil au XVII e siècle.





Fontaine en marbre magnifique sur la place de la République




Sous le règne de Louis XIV, l’ouverture du canal du Midi en 1681, en facilita le transport écologique et rapide ! De canal à mer, et de mer à fleuve pour atteindre Paris.





Bénitier en marbre de Caunes




Des carrières de pierre marbrière à dominante rose, dit marbre du Languedoc, sont exploitées depuis l'antiquité à Caunes Minervois dans l'Aude. Ce marbre aux nombreuses nuances- griotte, vieux rose, blanc, jaune et parfois vert, a séduit les artistes italiens et Louis XVI, au XVIIe siècle. Les plus remarquables monuments royaux et impériaux mirent en valeur le marbre de Caunes.
Les carrières ont ainsi fourni treize colonnes au Grand Trianon à Versailles qui était le palais d'été de Louis XVI, célèbre pour ses façades de marbre rose. En 1862, Charles Garnier utilisa ces marbres pour la décorer l'opéra de Paris. On en trouve également, entre autres, au palais de Chaillot, les colonnes de l’Arc de Triomphe du Carrousel du Louvre. D'autres palais à Saint-Pétersbourg et Washington témoignent du passé prestigieux de Caunes Minervois. Le marbre de Caunes a séduit au fil des époques les sculpteurs italiens à la recherche de la couleur turquin et les Grands de ce monde.









En juin, l'association "Les Marbrières de Caunes", fête le marbre et la sculpture avec des visites de carrières en calèches, des rencontres avec les artistes et des spectacles.
Les carrières de Caunes doivent leur réputation à l'incarnat de la "Carrière du Roy". Aujourd'hui, le marbre n'est plus mis à nu dans "La Carrière du Roy", classée Monuments historiques. Au bout du sentier qui conduit à la carrière, on découvre une colonne érodée par le temps. Et pour les historiens, elle a autant de valeur que les colonnes rutilantes du Grand Trianon à Versailles.









Caunes Minervois était un village fortifiés dont les origines remontent au VIII ème siècle, lorsqu'un religieux bénédictin Anian compagnon proche de Saint Benoît d'Aniane y fonda une abbaye en l'année 791. Placée sous la protection de Charlemagne, elle passe au X ème siècle sous la coupe des comtes de Carcassonne puis de Barcelone et ensuite , sous celle des Trencavel jusqu'à la fin du XII ème siècle, époque à laquelle le vicomte renonce aux droits usurpés à l'abbaye.



f]Caunes attire par son riche patrimoine architectural et historique.
Les façades sont ornées de nombreux éléments architecturaux
qui datent des XVe et XVIIIe siècles.






La rue des Ecoles et le petit pont sur l’Argent Double
Débouchant sur la rue de l’Eglise





Pendant la croisade contre les Albigeois, l’abbé de Caunes reçut plusieurs fois les représentants du pape, venus prêcher l’orthodoxie catholique.
Vers 1226, à Caunes, l'évêque cathare du Carcassés, Pierre Isarn est condamné à mourir sur le bûcher. Un peu plus tard, l'inquisiteur Ferrier est sans doute installé dans l'abbaye pour y mener ses enquêtes sur les hérétiques de la région.




Après une période de prospérité au XIII ème siècle, le monastère connaît une certaine décadence. En 1467, est officialisé le régime de la commende (revenus octroyés par le Roi ou un seigneur). Au début du XVII ème siècle, l'abbé Jean d'Alibert essaie de réformer la vie monastique, sans grand succès. Ce sont les Mauristes, à partir de 1663 qui vont redonner à l'abbaye un certain éclat, un nouveau cloître, la construction de vastes bâtiments et un riche mobilier en marbre illustre cette période. A la Révolution l'ensemble est vendu, l'église devint paroissiale.



Caunes Minervois possède encore les quelques vestiges laissés après le passage ravageur du duc de Joyeuse, chef de la ligue du Languedoc, dont la très belle abbatiale Saint Pierre et Saint Paul, ainsi qu'un remarquable centre ancien.









L’abbaye de Caunes-Minervois présente toutes les périodes d’architecture. C’est là que réside une grande partie de son originalité.




Chevets et tours-clochers de l’ancienne abbaye côté Nord.




L'abbatiale a conservé son chevet fleuron du premier art roman méridional du XI ème siècle très réputée. Le transept du XII ème siècle est clos au Nord et au Sud par deux tours clochers, ses deux tours absidioles sont disposées de part et d'autre du choeur. Quelques chapiteaux du monastère carolingien ont été remployés dans le clocher Nord. Un porche élevé au XII ème siècle, sur la façade Nord, réutilise aussi des chapiteaux du XII ème siècle. La nef, comprenant sept travées, est flanquée de chapelles latérales principalement décorées avec ce marbre de Caunes, elle offre le schéma du gothique méridional aux travées matérialisées par des arcs diaphragmes. Reconstruite au XIVème siècle, elle a été voûtée en briques en 1770. Elle est éclairée par de grandes baies gothiques percées au sud. L’abside est ornée de vitraux et de stalles en bois du XVIIIème siècle. Un retable de marbre est consacré aux martyrs de Caunes.






L’intérieur de l’église






Vitraux de l’église abbatiale




Le cloître actuel a été érigé par la Congrégation de Saint-Maur sur les souches d’un cloître médiéval. Ses galeries se caractérisent par une grande sobriété. Le cloître unit l'église au vaste bâtiment conventuel de la fin du XVII ème siècle. Au Nord-Ouest de l'abbaye s'élève l'ancien logis abbatial dû à Jean d'alibert.






Galerie du cloitre mauriste et cours intérieure





Au sud du Cloître, on édifia à partir de 1696, le principal corps des bâtiments conventuels. Il comprenait au rez-de-chaussée, la cuisine et le réfectoire tandis que les cellules monacales étaient réparties sur les niveaux supérieurs. Aujourd’hui, l’édifice abrite trois expositions permanentes et des salles d’expositions temporaires.





Caunes-Minervois est aussi la seule abbaye du Pays Cathare à posséder une crypte ouverte au public, recevant les vestiges de la première église carolingienne.


L’abbaye fut aliénée en 1791, à l’exception de l’église qui devint propriété communale. L’église fut classée Monument Historique en 1916, les bâtiments de l’abbaye en 1948.






Tour-clocher de l’ancienne abbaye, jardin intérieur du cloitre
et à droite l’église abbatiale

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mar 4 Oct - 20:13













Carcassonne, la plus grande cité médiévale fortifiée d'Europe !! La Cité réunit dans ses murs
plusieurs chef-d'œuvres de l'architecture médiévale. Double enceinte crénelée, tours
majestueuses, palais royal. Le temps semble avoir glissé sans heurt sur ce fabuleux
décor où l'on s'attend à voir surgir les soldats de Simon de Montfort venus déloger
de leur forteresse les rebelles Cathares !!




La ville de Carcassonne a un passé très riche, de plus de deux millénaires, successivement
elle a vu les lieux occupés par les Gaulois, les Romains, les Wisigoths en 588, les Sarrasins
de 725 à 759 et les Francs. Ce promontoire situé à un carrefour stratégique est fortifié par
les Romains qui lui donne le nom de Julia Carcasso. Les Wisigoths prirent la place des
Romains à la fin du IV ème siècle, d'ailleurs ils envahissent la Gaule à l'époque, et
où décident-ils d'établir leur capitale ? Si, vous avez lu les reportages précédents vous le savez
... A Rennes le Château bien sûr, et Carcassonne devient une forteresse frontière pendant
deux siècles, et oui quand même, avant de subir les attaques des Sarrasins. Il faudra attendre
le VIII ème siècle pour que Pépin le Bref roi des Francs chasse tous ces envahisseurs en 759,
et Carcassonne devint alors le siège d'un comté carolingien.






L'histoire du blason de la ville de Carcassonne :
à gauche vous avez le blason de la ville Basse ou Bastide Saint-Louis
fondée en 1247 qui représente l'Agneau de Dieu,

à droite le blason de la ville Haute, la Cité représentée par le château
Comtal et les fleurs de Lis car c'était un château royal,

au centre vous avez la communion des deux blasons qui rassemble
le bourg et la cité, c'est le blason officiel de la ville de Carcassonne.
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mer 5 Oct - 8:41











La cité vue du côté Sud, vous pouvez apprécier les dimensions de ces
doubles murailles séparées par ce que l’on appelle les lices,
ici se sont les lices basses









Vue du côté Sud, à l’extrême gauche en bas le théâtre et la basilique
St Nazaire et juste au-dessus, le château comtal qui est un château royal








Vous pouvez voir la taille impressionnante des murailles de la cité.






Vue côté Nord/Est, on peut constater qu’on peut faire le tour complet
de la cité en empruntant les lices.

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mer 5 Oct - 8:46









Selon la légende qui date du XVI ème siècle bien postérieur aux faits décrits ci-après, la ville tiendrait son nom d'une dame Carcas princesse étrangère qui, prenant les armes de son mari défunt, aurait résisté aux armées de Charlemagne (747-814). Cette dame Carcas, princesse à la tête de ses troupes est assiégée par celles de Charlemagne. A bout de ressources après six années de siège, l'héroïque veuve, a fait gaver son dernier porc du dernier boisseau de blé restant, et a fait jeter la bête par dessus les remparts, laissant croire aux assiégeants que les vivres des assiégés étaient encore nombreux ! Ainsi trompé, Charlemagne leva le siège, et Dame Carcas fit sonner les cloches en signe de victoire. Alentour, les populations ont compris le message et se sont alors écriées : "Carcas sonne!" ... qui baptise ainsi la ville.



Nota : cette légende comporte des variantes, mais d'après le commentaire laissé par une Carcassonnaise à la suite de ce reportage, elle paraît la plus vraisemblable.









La Dame Carcasse de la légende









Entrée principale de la Cité par la porte Narbonnaise et le
buse de dame de Carcas qui vous accueille.

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Mer 5 Oct - 21:20


L’Aude coule devant vous et le pont Vieux enjambe celui-ci, pour
atteindre la Cité au pied de la porte d’Aude et le château Comtal.
Longtemps, le passage de l’Aude s’effectua par un gué, puis grâce
à une construction en bois. Le pont Vieux semble daté de 1320, il mesure
210 m de long, avec huit arches en plein cintre. Jusqu’au milieu du
XIXe siècle c’était l’unique pont pour traverser l’Aude puis un peu
en aval fut bâti le pont Neuf.













La cité aperçue du Sud, la grosse tour à droite,
c’est la tour de la Vade





Les acteurs qui vont suivre vont jouer un rôle important dans l’histoire de Carcassonne et sa région.[1/b]





[b]Côté Nord-Ouest de la cité, au premier plan à gauche, c’est
la tour de la Porte Rouge et sur la seconde ligne de remparts,
la Tour de la Charpenterie.





Ce sont les Trencavel, noble famille qui possède les fiefs d’Albi, de Nîmes et de Béziers, villes prestigieuses, qui donneront son prestige à la cité de Carcassonne. Car ils y construiront leur château du Xe au XIIe siècle. Bernard Aton Trencavel devient le premier vicomte de Carcassonne en 1082.





La Porte Narbonnaise sous un autre angle, avec ses deux tours
à becs, un peu plus à droite la Tour du Trésau avec à ses pieds
la petite Tour de Bérard







L’édification de la cathédrale Saint Nazaire date de 1096 et le château comtal de 1130 en même temps que la réfection de remparts.







Blason des Trencavel




Au XIIIe siècle, un des descendants des Trencavel, Raimond Roger, prendra les Cathares de la région sous protection, un geste noble, qui lui coûtera très cher !






La porte Narbonnaise la nuit, l’ensemble des fortifications
sont illuminées







Vous franchissez le châtelet à créneau édifié sur le pont levis
franchissant le fossé défensif (lices), puis la barbacane Saint-Louis
percée de meurtrière précédent les deux tours Narbonnaises.












L’église Cathare est dirigée par quatre évêques (ceux d’Albi, d’où le nom d’Albigeois, de Toulouse, de Carcassonne et d’Agen). Mais ce sont les « Parfaits » ou « Bonshommes », qui mènent une existence austère afin de se libérer de l’emprise du malin et d’accéder à la pureté divine, qui la propagent dans la population des « Croyants », simples fidèles. L’hérésie connait d’abord un franc succès en ville dans le milieu l’artisanat et du négoce, puis dans les campagnes sous la protection des seigneurs Roger Trencaval, vicomte de Béziers et Carcassonne, et Raimond Roger, comte de Foix. Quant au comte de Toulouse, Raimond VI, il ferme les yeux.






La porte Narbonnaise, entrée principale de la Cité. Les deux tours
de 30 mètres de haut avec leurs pierres à bossage remontent au
règne de Philippe le Hardi (1270-1285).
En les franchissant, observez le système défensif élaboré : archères,
chaine barrant le passage, herses et mâchicoulis. La Tour Nord, celle
de droite sur la photo possède une profonde citerne et le Tour sud,
à gauche, une cave destinée aux réservées de nourriture.






Voyant que la doctrine Cathare se propageait très vite, Rome tente de regagner du terrain en prêchant auprès de Croyants, avec Saint Dominique. En essayant de persuader le comte de Toulouse Raimond VI de renoncer à protéger les hérétiques. En vain. En mars 1208, l’assassinat près de Saint-Gilles, de Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III envoyé auprès du comte de Toulouse, déclenche la croisade.






Détails statue de la vierge au-dessus de la Porte Narbonnaise





L’année 1209 est une date importante, c’est le début de la croisade contre les albigeois décrétée par le pape Innocent III. La secte des albigeois a adopté la doctrine cathare, le mouvement a son origine dans la ville d’Albi et se répand à Carcassonne et dans sa région. Ces albigeois refusent l’autorité du pape, nient la validité des sacrements et mènent une vie ascétique, vous pensez bien qu’à l’époque c’était audacieux de s’élever contre l’église.





Façade ouest du château comtal du XIIème siècle




La croisade Albigeoise est menée par les « barons du Nord », conduits par Simon de Montfort et Gui de Lévis. A la surprise générale, Raimond VI comte de Toulouse, demande la permission de porter la croix, afin d’éviter la confiscation de ses terres au profit des croisés. La croisade est ponctuée d’atrocités, comme le sac de Béziers (1209) d’où la phrase funèbre « tuez-les tous, Dieu reconnaitre les siens ! ».








La cité par la porte d’Aude côté Ouest, vous êtes à l’opposé
de l’entrée principale, la porte Narbonnaise.






Au mois de juillet 1209, le jeune vicomte de Carcassonne, Raimond Roger neveu et vassal du comte de Toulouse Raimond VI, âgé de 24 ans seulement, puissant vassal du comte de Toulouse, vient de perdre Béziers, tombé aux mains des croisés. Il attend maintenant, replié dans son opulente forteresse de Carcassonne, l’assaut des seigneurs du Nord menés par Simon de Montford (1165-1218).







La montée vers la Porte d’Aude






La montée vers la Porte de l’Aude en 1900
(comparez avec la photo du dessus)





Ce qu’il présagea arriva, la ville sera assiégée par le chef des croisés Simon de Montfort. Après quatorze journées de siège et de massacre, l’eau vient à manquer aux assiégés, qui se résignent à rendre les armes le 1er août 1209. En signe de pénitence, les bourgeois de la cité sont contraints de sortir en chemise. Raimond Roger Trencavel sera fait prisonnier alors qu’il négocie sa reddition et il est enfermé dans un obscur cachot de sa cité, il est excommunié et ses terres seront confisquées. Il meurt égorgé, le 10 novembre 1209.






La Porte de l’Aude illuminée





Les croisés vont s’emparer ensuite des places fortes, comme Minerve, Termes, Puivert en 1210 et Lastours en 1211.







La lice Ouest en regardant vers le Sud, à gauche les
Tours de la Peyre et de la Vade et à droite la Tour du Traquet puis
la poterne de la Tour de la Peyre, puis la Tour Saint Laurent qui est
en partie cachée, vient ensuite la Tour de Davejean et face à la
Tour de la Vade, la Tour de Balthazar.

Les secrets de la cité : une galerie
démarrait Tour Saint Sernin, seul reste de l’église rasée à  la Révolution,
dont les soubassements s’ouvrent sur une salle souterraine de 12m² avec
une voute en berceau. Le Trauquet, une tour qui ne monte pas jusqu’au
niveau du rempart, masque l’entrée à un souterrain qui passe sous les
lices et débouhe dans le fossé, au pied de la Tour de la Peyre, celui-ci
est muré côté ville, ce souterrain conduisait à un puits, toujours alimenté.





Simon de Montfort s’installera à Carcassonne et devint chef militaire de la croisade jusqu’à sa mort en 1218.


Les possessions languedociennes du fils de Montfor Arnaud Amaury, seront cédées en 1224 à Louis VIII – Le Lion (1187-1226) qui a épousé Blanche de Castille en 1200, la cité va encore s’agrandir. La proximité de la frontière catalane va pousser les rois français qui vont se succéder, à renforcer les remparts et à ajouter une enceinte extérieure, séparée de celle de l’intérieur par les lices, tandis que la cathédrale prend de plus en plus d’ampleur.







La lice Ouest en regardant vers le Nord, à proximité
de la Porte Narbonnaise





Carcassonne est une ville dite bicéphale, la ville basse, moderne, commerçante et administrative contrastant avec la ville haute, éloignée et enfermée à l’intérieur d’épais remparts.






La lice Nord, un peu au-dessus de la Porte Narbonnaise, qui se trouve
au fond sur cette photo, reconnaissable au toit rouge. Au premier
plan, vous avez la Tour du Connétable et ensuite la Tour du Trésau.





En 1240 Raimond VII fils de Raimonod Roger de Trencavel fait une tentative de reconquête de ses territoires, en vain ! Ce second siège est un échec, les dégâts s’avèrent importants, mais les fortifications ont parfaitement joué leur rôle. De nouveaux chantiers démarrent pour encore renforcer l’enceinte, la Tour Vade sera achevée en 1245.







Tour de la Charpenterie, c’est une tour gallo-romaine de l’enceinte
intérieure, il y en a une vingtaine de ce type, elles se reconnaissent
facilement à leur petit appareillage en grès local, ponctué de chainages
de briques rouges, elles sont hautes de 13-14 mètres cylindriques avec
un dos plat. Les courtines ont une épaisseur de 3 mètres pour une hauteur
de 6 à 8 mètres.






Tour de la Charpenterie : dessin d’Eugène Viollet le Duc 1814-1879)





Après le siège de 1240, sous Louis IX (Saint-Louis, 1214-1270), en 1247 la cité devint une forteresse du pouvoir royal triomphant. Saint Louis fit construire la ville basse, appelée la bastide Saint Louis, avec une configuration militaire à l’image d’Aigues-Mortes, c’est-à-dire : plan carré, rues à angles droits, bastion à chaque angle et deux Eglises, au nord et au sud. La cité avait comme emblème deux tours liées.







Lice à proximité de la Tour Narbonnaise en  1900, ces habitations
avaient déjà pour la plus part  80 années d’existence.







Dans l’ordre chronologique, la croisade albigeoise s’achève en 1255 par la chute du bastion de Quéribus. En 1258, le roi de France, par le traité de Corbeil tient les « cinq fils de Carcassonne ». c’est à l’époque où l’inquisition se met en place, enquêtes, questions, et condamnations vont se succéder contribuant à  la profonde cicatrice laissée par les événements dans la conscience populaire. C’est en 1321 que le dernier Parfait connu, Guillaume Bélibaste montrera sur le bûcher à Villerouge-Termenès.







Les lices à proximité de la Porte Narbonnaise en 1910,
les démolitions ont commencées





Philippe III le Hardi 1245-1285) renforcent les défenses, creusant le fossé du château, rasant le bourg pour bâtir la seconde enceinte, longue 1,5 km. Appuyé par cinq autres forteresses. Carcassonne acquiert son allure définitive et sa réputation de cité imprenable qui lui vaut le surnom de « Pucelle du Languedoc ».








1. avant porte du château2. Château comtal XIIe3. Barbacane de l’Est
4. Porte Narbonnaise fin XIIIème5. Poterne de la tour de la Peyre
6. Porte d’Aude 7. Basilique Saint-Nazaire XIe-XIVe
8. Grand théâtre antique9. place de l’église Saint Gimer
10. Lices basses 11. Lices hautes








Sous Philippe IV le Bel (1268-1314), donc jusqu’au début du XIVe siècle commenceront la reconstruction de près des deux tiers de l’enceinte intérieure, ainsi que l’élévation des tours de l’Evêque, Trésau et Saint-Nazaire, la construction de la porte Narbonnaise.







La tour Trésau (ou Trésor) tour à bossages au dos plat…




La cité abrite aussi le logis de l’Inquisition. La prison de cette institution (le mur) est élevée à l’extérieur des murailles, sur le versant nord de la colline, à proximité du logis des frères inquisiteurs.










Il y eut la peste à Carcassonne en 1348.


De fait, durant la guerre de Cent Ans (1337-1453), elle sera la dernière à se rendre en partie, en 1355, la cité était tellement bien fortifiée que le Prince Noir dans sa chevauchée incendiaire l’évita et se contenta de ravager la ville basse. La cité ne cédera jamais aux protestants à l’époque des guerres de religion.






Le fameux château comtal situé dans la cité de Carcassonne. Il a été
érigé au XIIe siècle par Bernard Aton Trencavel, le château était à
l’origine le palais des vicomtes. Celui-ci est adossé à  l’enceinte gallo-romaine.
Il fut transformé en citadelle après le rattachement de Carcassonne au
domaine royal en 1226. Depuis le règne de Saint Louis un immense fossé
l’entoure. C’est une véritable forteresse intérieure. Le pont que vous voyez
remonte au XVIIe siècle, c’et l’entrée du château qui est payante car il abrite
aussi  un musée lapidaire avec des remarquables pièces du Moyen Âge, avec
des gisants de chevaliers et de la vierge au sourire du XIVe siècle. Il y a
aussi un magnifique calvaire en pierre finement sculpté du XIIe siècle
conservé dans le donjon du château.







Le peuple de Carcassonne est fièr de son riche passé, et de ce patrimoine mais il ne faut pas qu’il oublie que leurs ancêtres en ont payé un lourd tribut, comme par exemple, l’exode forcé de la population après la victoire des croisés. Punis pour avoir aidé les cathares, les habitants de la ville sont chassés et l’on rase les villages bâtis au pied des remparts ! Après plusieurs années de déportation tout ce petit peuple et autorisé à revenir et s’installe de l’autre côté de l’Auden créant alors ce qu’on appelle la ville basse de Carcassonne.  Juste retour de choses, l’industrie du drap et le commerce de vin l’enrichit, alors que la vieille cité militaire périclite après le traité des Pyrénées en 1659 et le recul de la frontière française, le Roussillon étant annexé.








La cité toute illuminée





Après le XVIIe siècle, le rôle stratégique de Carcassonne diminue, les militaires qui occupaient le château royal l’abandonnent en 1802. Peu à peu, commence la décrépitude de la cité.


Modifiée à la renaissance et au XVIIIe siècle, la cité a pris le visage qu’on lui connait aujourd’hui.







Le superbe château comtal entouré d’un fossé sec, la citadelle
dans la citadelle ! Le pont de pierre qui enjambe le fossé
permettant d’accéder au château, date du XVIIe siècle.





Sous l’Empire (1804-1814), la citadelle est vendue, on doit récupérer les pierres. Impensable !  En 1850, un décret est publié et livre la ville aux démolisseurs.






Photo prise en direction du Sud, de la Tour Pinte du château
comtal, au premier plan la Tour de la Justice.






Mais, heureusement au XIXe siècle, le romantisme, allait sauver Carcassonne.
Prosper Mérimée (écrivain, historien, archéologue  1803-1870) dans son ouvrage « voyage dans le Midi de la France », s’émeut de voir la ville amputée de ses tours et laissée à l’abandon. Du coup le bon Prosper, qui était inspecteur général des Monuments Historiques à cette époque, décide de confier la restauration à Eugène Viollet-le-Duc en 1844. Ouf, on l’a échappé belle, cela aurait été un pur gâchis. La restauration commencera en 1853-1855. Le célèbre architecte spécialiste d’édifices médiévaux eut la très bonne idée de ne pas se lancer dans une opération archaïque irréfléchie. Il s’est contenté de restituer le caractère d’harmonie et de force d’une ville guerrière du XIIIe siècle. Eugène Viollet-le-Duc travaillera à la réhabilitation de Carcassonne constamment jusqu’à sa mort en 1870. Ensuite son élève Paul Louis Boeswillwald, puis l’architecte Nodet prendront la relève. Un archéologue historien local, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, passera sa vie à plaider en faveur de sa ville.







Tour du Major au Nord/Est de la cour d’honneur située dans
l’enceinte du château comtal. On peut voir l’arrière des hourds
avec les colombages bien visibles, sur la droite, portes des cachots








Vous êtes face à la Tour du Major au Nord/Est, à droite la Tour du
Degré, remarqué que de ce côté il n’y a pas de hours. En 1923, on
a découvert deux dépôts monétaires cachés lorsque la Cité est
tombée aux mains des Français, un dépôt fut trouvé aussi en 1975
dans la Tour Major. On a retrouvé  également  quatorze sépultures
d’enfants morts en bas âge, mais de hautre lignée, enterrés à proximité.















La basilique Saint Nazaire, sa façade Sud, l’édifice se partage en
deux parties bien distinctes : la nef romane, le chœur et le transept
gothique. C’est un ensemble surprenant et vraiment magnifique.





La cathédrale romane du XIe siècle bénie par le pape Urbain II en 1096, est agrandie entre 1269 et 1330. Son plan :


La nef est romane, le vaste transept est gothique à collatéral oriental doublé par des chapelles funéraires en 1266 et en 1322, une élévation particulière pour l’abside et le transept, un décor sculpté original et la présence d’un des rares grands ensembles de vitraux du début du XIVè siècle font d’elle un fleuron de l’art gothique méridional et nous rappelle l’importance de Carcassonne du rôle joué par ses évêques.








La façade Sud de la basilique Saint Nazaire. En 1269, l’évêque
Bernard de Capendu et les chanoines de la cathédrale obtiennent
l’autorisation d’élargir l’édifice. Ils commencent alors les travaux
du transept et d’un nouveau chœur gothique. Ces travaux vont
durer jusqu’à l’épiscopat de Pierre de Rochefort (1300-1322).
L’art des architectes gothiques y déploie toute sa majesté. Rares sont
dans le Midi les édifices de cette époque qui ont pu atteindre un tel
équilibre. S’il y a bien un monument qu’il faut visiter avec la Cité de
Carcassonne, c’est la basilique Saint Nazaire. Elle abrite les plus
beaux tombeaux de Pierre de Rochefort et de Guillaume Radulphe.
Saint Nazaire est la seule cathédrale méridionale à avoir conservé
des vitraux des XIIIe et XIVe siècles.






Elle abrite une très belle sculpture monumentale gothique du XIIIe siècle. Dans le transept Sud, une plaque tombale passe pour être celle de Simon de Montfort, avec la croix du Languedoc et le lion de Montfort. Un bas-relief saisissant représente un siège non identifié, mais cette « pierre du siège » peut évoquer l’attaque que les croisés conduisirent contre Carcassonne.







Entrée principale église Saint Nazaire.





Les vitraux de Saint Nazaire, ce sont les plus beaux vitraux du midi de
la France du XIVe siècle. Ceux du chœur et les deux roses sont du
XIII et XIVe siècles, ils inondent de lumière l’intérieur de la basilique.







Carcassonne est une des villes médiévale les plus visitées de France, elle est inscrite en 1997 au Patrimoine mondial de l’Unesco, c’est aussi la plus importante ville médiévale d’Europe, et la voir dans son écrin de pierres illuminées le soir est un spectacle superbe…..












La Cité de Carcassonne, hérissé de ces 52 tours est un véritable catalogue de la forteresse médiévale avec ses escaliers, chicanes, poternes, courtines, fossés, chemins de ronde, etc ... c'est un ensemble monumental de trois kilomètres de remparts, deux grandes portes, un château aux neuf tours qui domine de cinquante mètres la rive droite de l'Aude !







Cité de Carcassonne, détails, baie géminée de la Tour Saint Sernin





La Cité résume à elle seule les prouesses médiévales en matière d'architecture militaire.
L'enceinte extérieure compte vingt-six tours, séparée de l'enceinte intérieure, comptant elle aussi vingt-six tours, par les lices.



Le château aux neuf tours. Situé dans l'enceinte de la forteresse, l'ancien palais vicomtal constitue, avec ses neuf tours, l'ultime défense de la cité. De plan rectangulaire, il mesure 80 mètres de long sur 40 mètres de large, flanqué de six tours, deux encadrent l'entrée principale. Édifié par les vicomtes de Carcassonne au point le plus élevé de la cité, il est transformé dès 1226 en château royal. Les bâtiments du palais sont surélevés sous Saint Louis et complétés d'une grande barbacane et de deux imposantes tours profilées en éperon. La plus ancienne des tours (1226-1240) conserve des peintures murales du XII ème siècle représentant des scènes de combats de chevalerie entre chrétiens et musulmans. Les côtés Nord-Est et Sud des murs du château atteignent trois mètres d'épaisseur. Les hourds qui parcourent la façade ont été reconstitués par Viollet le Duc.



Les salles du château renferment aujourd'hui le musée Archéologique et dépôt lapidaire.


Il est à noter, que la Cité, garde une population résidante d'environ 130 habitants, échappant ainsi au sort des villes-musées uniquement animées par le tourisme.







Un porche médiéval magnifique dans la cité



Il faut savoir que la Cité compte de nombreux jardins et surtout vingt deux puits et quatre citernes pour pouvoir rester en autarcie le plus longtemps possible en cas de siège, notamment le Grand Puit, profond de 40 m et d'une largeur de 3,60 m. Composé de ferrures du XIV ème siècle, il est le plus ancien. Il est aussi surnommé le "puits aux fées" à cause des nombreuses légendes qui l'entourent. L'autre puit se trouve sur le Plô, non loin des anciens moulins à blé. Quant aux deux sources de la Cité, elles sont encore bien dissimulées. La première, la Foun Celado, coule encore dans la citerne située à l'arrière d'une petite ouverture dans le rempart de la porte de l'Aude. L'autre, la Foun Grande, était le lieu de rendez vous des amoureux au domaine viticole, chemin des Anglais




NOTES :
LES CINQ FILS DE CARCASSONNE

Roi de France de 1270 à 1285, Philippe III le Hardi entreprend en 1285 la conquête de l'Aragon. A la suite de Carcassonne, cinq forteresses, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse, Terme et Puylaurens, appelées les "cinq fils de Carcassonne" sont renforcées afin de former une ligne de défense face à la frontière aragonaise. En 1659, Louis XIV signe avec le royaume d'Espagne le traité des Pyrénées, qui donne le Roussillon à la France. Les citadelles perdent alors leur importance stratégique avec le recul de la frontière. Ainsi Carcassonne perd son importance militaire et stratégique, Perpignan prend la garde à sa place et la Cité tombe en ruine.





La lice ouest, à proximité du château comtal, la tour de
la Chapelle et la tour de la Poudre font partie du château







Vous venez de la rue du Four St Nazaire et vous franchissez le porche
débouchant sur la porte d'Aude montant vers le château Comtal








Toujours vers la Porte de l’Aude






Superbes détails d’architecture médiévale, avec ces courtines et corbeaux





Passage sous la tour de l’évêque
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Jeu 6 Oct - 11:51











L’abbaye de Fontfroide, magnifique vaisseau de pierre dans un
écrin de collines paisibles.


Joyau enchâssé dans la montagne au sud-ouest de Narbonne dans un site
enchanteur et sauvage, propice à la prière et au calme.


Les pays d’Aude sont une ancienne terre de christianisme, même s’ils n’accueillent
cette nouvelle religion que tardivement, dans la seconde moitié du IIIème siècle.
L’Aude d’aujourd’hui est au cœur d’une région appelée d’abord Narbonnaisie puis
la Septimanie.



Au- delà de ces fureurs oubliées, les Corbières furent donc bien terre de haute spiritualité.
Les cathares n’ont pas laissé de traces tangibles, mais la foi chrétienne, dès les
cathares n’ont pas laissé de traces tangibles, mais la foi chrétienne, dès les
premiers siècles, s’est manifestée par la construction d’abbaye, témoignages
toujours vivants de la puissance des anciens ordres religieux.


Les moines s’installaient dans des solitudes et le site de Fontfroide est à
l’écart des routes.










SOURCE :
[/b] http://www.belcaire-pyrenees.com[/color]
(textes et photos)
(Avec l'aimable autorisation du propriétaire du site.
Site qu'il faut absolument visiter, il est très intéressant)

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Jeu 6 Oct - 13:15








Ici on surplombe  l’église à gauche,  le cloitre au centre,
la grande cour Louis XIV à droite




L’ancienne abbaye Sainte-Marie de Fontfroide est une des plus intactes du Midi de la France. Fondée au XIème siècle dans les Corbières le 12 calendes de juin 1093 pour être précis, sur les terres d’Aymeric Ier vicomte de Narbonne, elle connait immédiatement une grande prospérité. La construction démarra peu de temps après la première croisade. Comme c’est en général le cas avec les fondations monastiques, les terres du vicomte de Narbonne, comptent un torrent alimenté par une source, fons en latin, Fons Frigius qui donne son nom au lieu, Fontfroide.


C’est en 1134, sous le long abbatiat de Sanche que la communauté primitive commence à se développer.






Les chemins aux alentours de  l’abbaye





Bénédictine à sa fondation, elle adopta quelques décennies plus tard la règle de Saint-Bernard de Clairvaux (ordre cistercien, tout comme Rieunette pour les femmes) en 1145.


La vicomtesse de Narbonne, Ermengarde, fait don à Fontfroide en 1157, d’un vaste ensemble de terres entourant le monastère. L’abbaye devient une puissance foncière et religieuse locale fortement enracinée ainsi que le sanctuaire de la maison de Narbonne et le centre spirituel du Languedoc.
Entre 1175 et 1185, le don et acquisitions de biens fonciers engrangés sont énormes. Les revenus permettent de commencer les constructions des bâtiments.







L’église de l’abbaye de Fontfroide côté Est et à gauche
les jardins de l’abbaye entourés de cyprès






Affiliée à l’ordre de Cîteaux, elle devient l’un des principaux bastions du catholicisme face au développement des hérésies dans le Midi. Ses moines vont y bâtir l’un des plus beaux monastères jamais construits par les cisterciens en Europe. On y voit les premières traces du passage de l’art roman au gothique. L’abbaye devint très  prospère.


Fontfroide se retrouve aux avant-postes du combat contre les cathares. Directement opposé à l’Eglise de Rome, le catharisme est une menace car elle s’implique dans toute la société médiévale. Méthodiquement plusieurs diocèses cathares ont vu le jour comme celui de Carcassonne des seigneurs de Trencavel qui englobe les principales terres gagnées à l’hérésie : le Carcassès, le Razès, le Minervois et le Biterrois.






L’église romane de Fontfroide




Ce furent les cisterciens qui se chargèrent de lutter contre l’hérésie que leur maitre spirituel, Saint Bernard, avait découverte dans le Midi. Mais ces cisterciens ne parvinrent pas à enrayer les progrès de la foi cathare. Leur mode de vie, au cœur de ces belles abbayes campagnardes, semblait trop fastueux, alors que les Albigeois célébraient la pauvreté et le renoncement. Longtemps, l’église tenta de négocier avec les hérétiques, tout en condamnant l’hérésie. En 1203, le pape Innocent III demande à Fontfroide deux de ses moines pour lutter contre le catharisme qui environne l’abbaye, Pierre de Castelnau  et Frère Raoul, sont désignés comme légat du Pape. après une entrevue avec Raymond VI de Toulouse, à Beaucaire, l’un des deux moines, Pierre de Castelnau est assassiné le 14 janvier 1208 près de Saint-Gilles par un écuyer du comte Raymond VI de Toulouse, ce qui déclencha la croisade contre les Albigeois dirigée par Arnaud Amalric, abbé de Cîteaux en 1209.





L’allée qui mène à l’abbaye avec ses jardinières aux plantes
aromatiques toutes étiquetées pour les curieux





Entre le XIIIe et XIVe siècles Fontfroide rayonne !

Les dons de bienfaiteurs affluent, les moines mettre en valeur les terres par leur travail, le domaine s’agrandit considérablement.

Fontfroide devient l’une des abbayes la plus riche de l’ordre, avec ses 25 granges, son vin excellent, son élevage qui compte au milieu du XIVème siècle plus de 20 000 têtes de bétail. Les rois d’Aragon et les comtes de foix, protecteurs de l’abbaye, leurs avaient concédé le droit de libre pâture sur leurs terres.





Au bout de l’allée à droite, l’abbaye apparait





La peste noire fait son apparition à Marseille en janvier 1348, elle progresse sur Narbonne dès le mois de février-mars, on ne compte plus les décès, la communauté de Fontfroide est réduite à 20 moines.
Fontfroide en 1476, tombe en commende, la communauté est dirigée sur place par un prieur conventuel nommé par le père abbé de Clairvaux.


Pendant trois siècles, trois familles vont prendre possession du titre abbatial, les Narbonnes-Talairan de 1476 à 1519, puis les Grégose originaires de Gènes de 1579 à 1646 et ensuite les La Rochefoucauld de 1667 à 1717.





L’entrée de l’abbaye avec un petit jardin d’agrément vous accueillle





Par décision du chapitre général, en 1594, la division des biens de Fontfroide entre une mense abbatiale dont les revenus vont aux abbés commendataires nommés, depuis le concordat de Bologne (1516), par le roi de France et une mense conventuelle permettant la subsistance d’une communauté réduite à 16 moines.


En 1764, par lettre patentes, Louis XV consent à l’abrogation du titre abbatial de Fontfroide et à l’incorporation des biens de la mense abbatiale au siège épiscopal d’Elne. Les moines ne sont plus ce qu’ils étaient, ils vivent en seigneurs plus qu’en cisterciens, ils dépensent plus qu’ils ne reçoivent en aumônes. Ils achètent de beaux éléments décoratifs, maitre-autel, statues, tableaux de Gamelin pour décorer le réfectoire.
Après une période faste, l’abbaye tombe en commende et connait un inexorable déclin.







Le jardin, quelques statues ornent celui-ci, sous les arcades
vous apercevez une porte florale en fer forgé, elle donne
sur ce qu’on appelle : l’aide des convers.






Ses biens furent vendus après la Révolution, le 14 février 1791, le dernier moine, Dom Campredon quitte l’abbaye qui est incluse dans la vente des « biens nationaux ». Mais le prix d’acquisition étant trop inférieur à l’estimation, la vente est cassée et les bâtiments ainsi que les terres réunies au domaine de l’Etat. Les revenus sont affectés aux hospices de Narbonne.


Ce n’est qu’au XIXème siècle qu’elle renait avec l’installation de bernardins. Les bâtiments échappent de justesse à la destruction, ils sont dans un triste état. En 1833, les hospices de Narbonne vendent Fontfroide à la famille, des Saint-Aubin,  qui s’attelle à la restauration de l’abbaye et Viollet-le-Duc obtient leur classement partiel et contrôle les travaux, l’église, le cloitre et la salle capitulaires sont classés en 1843.






Les statues ornant le petit jardin situé près de l’entrée
de l’abbaye de Fontfroide





Une communauté de cisterciens de l’Immaculée Conception reprend possession des lieux en 1858, elle est sous l’autorité du Père Jean. En 1875, Saint Antoine Marie Claret, ancien confesseur de Catherine II, chassé d’Espagne, vient se réfugier à Fontfroide, il décédera à l’abbaye et y sera enterré dans le cimetière.


En 1895, le Père Jean meurt à son tour, il est l’avant dernier abbé de Fontfroide, car en octobre 1901 la communauté de Fontfroide s’exile en Espagne le jour même de l’entrée en application de la loi sur les congrégations religieuses et devant la montée de l’anticléricalisme républicain.





La visite de l’abbaye est une visite guidée,  après avoir passé
la grande porte de la cour d’entrée, on pénètre dans la cour
d’Honneur qui est situé côté Ouest c’est une œuvre des abbés
commendataires au  XVIIème siècle. Les pierres de la cour
sont des pierres taillées dans le grès des Corbières,
aux belles tonalités ocre et roses.






Abandonné depuis 1901, la propriété devint privée par la suite, 7 ans plus tard, Gustave et Madeleine Fayet d’Andoque rachètent par surenchère l’abbaye de Fontfroide alors qu’un collectionneur américain Georges Grey Barnard c’est déjà porté acquéreur du cloitre, la restauration de l’abbaye a été entamée dès 1908 et durera 10 ans. Gustave Fayer avec cette acquisition, il devient maitre d’ouvrage et à la fois maitre d’œuvre de cet immense chantier de restauration. Pendant les travaux, les Fayet invitent leurs amis  peintres, musiciens et écrivains, Fontfroide devient alors en haut lieu artistique, qui verra dans ses murs : Odilon Redon, Burgsthal, Bauzil, Henri de Montfreid et Aristide Maillol, tous artistes peintres. Des compositeurs comme Mauric Ravel et Déodat de Séverac sont venus aussi à Fontfroide.
Gustave Fayet était artiste peintre, potier dès son jeune âge, collectionneur exceptionnel et, au début du XXème siècle, il était le plus grand propriétaire du Languedoc.  Il dessinait en secret les paysages de Mistral mais ce n’est que 87 ans après, que cette œuvre est publiée.






Derrière ce fronton, on aperçoit une construction, c’est la
chapelle des Etrangers, elle permettait aux pèlerins et
aux étrangers d’assister aux offices sans déranger les moines.





Le 24 septembre 1925, quand il meurt à Carcassonne, âgé de 61 ans, Gustave Fayet est un des hommes les plus prospères du Languedoc. La fortune familiale bâtie sur le commerce du vin rassemble alors 600 hectares de vignobles, plusieurs châteaux entre Béziers et Narbonne, un appartement à Paris, une villa balnéaire dans le Var, deux abbayes : Fontfroide dans l’Aude, Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon.
Aujourd’hui encore, la famille Fayet est propriétaire des lieux.
Les Fayet ont su restaurer avec goût cette abbaye de Fontfroide. Au soleil couchant, les belles tonalités ocre et rose des pierres taillées dans le grès des Corbières se réveillent, s’enflamment un temps avant la nuit.


Actuellement l’abbaye de Fontfroide accueille des musiciens en résidence et programme des concerts estivaux, notamment dans le domaine des chants grégoriens.



Des personnages illustres ont été formés à Fontfroide, comme Arnaud Nouvel qui était le 38ème père abbé de Fontfroide a été nommé ensuite en 1310, cardinal occupant la charge de vice-chancelier de l’Eglise, il est envoyé comme légat du Pape en  Angleterre. Il meurt en Avignon le 14 août 1317 et selon son vœu il est enterré au pied du maitre autel de Font froide.
Jacques Fournier neveu d’Arnaud Nouvel, est un inquisiteur zélé et rationnel, né dans les années 1280 dans le nord du comté de Foix, il est élu abbé de Fontfroide en 1311. Il était sans doute d’humble d’origine, mais un de ses oncles était déjà abbé à Fontfroide. Après avoir étudié à l’université de Paris il recueillit la succession de son oncle et devint abbé de Fontfroide. Connu pour son érudition, il fut choisi comme évêque de Pamiers en 1317 où il se signala par la recherche des hérétiques, par « ses poursuites obsessives et maniaques ». Puis il devint évêque de Mirepoix. Son registre d’inquisition à Pamiers a été étudié à plusieurs reprises et est à  la base du « Montaillou » livre écrit par l’historien Le Roy Ladurie. En 1327, Jacques Fournier devient cardinal et en 1334, il est élu pape en Avignon, sous le nom de Benoit XII.  Ce moine austère s’efforça de moraliser les monastères et imposa ses vues rigoureuses en matière de dogme. Il fait construire le Palais des Papes à Avignon où il meurt le 25 avril 1342, et est enterré dans la cathédrale d’Avignon. Avec cette disparition, l’abbaye perd son dernier grand protecteur, les années difficiles vont commencer.








L’extrémité de la cours d’honneur






Une fontaine accolée au mur de soutènement que l’on aperçoit
sur la photo précédente à droite.







Le bâtiment que vous apercevez ici à gauche, est l’aile des convers,
avec au rez-de-chaussée le réfectoire, et à l’étage les dortoirs
réservés aux convers






Dans une abbaye cistercienne, les convers, sont des religieux non-prêtre recrutés pour  aider les moines dans leurs gros travaux. Ils sont pour ainsi dire, essentiellement occupés à des tâches matérielles au service de l’ensemble de la communauté monastique. Les convers ne cohabitent pas avec les moines, ils ont leur réfectoire séparé ainsi que leur dortoir.





L’aile des convers dans son ensemble, on entre dans le
réfectoire par la porte monumentale que l’on voit au centre.






Le réfectoire des convers datant du XIIIème siècle, on aperçoit
au fond la porte florale en fer forgé datant du XIIIème siècle,
qui donne sur le petit jardin à l’entrée de l’abbaye.





Au réfectoire, le silence y était de rigueur, le Prieur lisait un texte.
Imaginez un instant ces convers à  l’heure du repas, les grandes
tables toutes alignées, combien étaient-ils dans ce lieu ?
Environ 200 frères convers étaient rassemblés à  l’heure des repas.






Détails sur ces 5 belles travées ouvertes de voutes d’ogives
étalées du réfectoire des convers.







La partie opposée du réfectoire, avec au fond une monumentale
cheminée pour chauffer l’ensemble à l’époque. Ce réfectoire est
d’une longueur impressionnante, il avoisine les 50 mètres, il
est magnifiquement bien conservé !
Aujourd’hui, dans cette salle où l’acoustique est remarquable,
des concerts de musique de chambres et récitals d’artistes
y sont donnés.








Un petit coup de zoom sur la belle cheminée du réfectoire des convers
La cheminée date de la Renaissance, elle provient du château des
ducs de Montmorency à Pézenas, détruit sur ordre de Richelieu
après la révolte du dernier des ducs en 1632







Dans l’axe du réfectoire, côté Est, on accède directement à la
cour Louis XIV, avec en face de vous le logis du Prieur avec
son fronton datant du XVIIème siècle






A gauche et à droite du logis du Prieur se sont les logements
des moines cisterciens






On aperçoit dans l’alignement des fenêtres du premier étage de
l’aile gauche, une niche ornée d’une statue






Zoom sur la niche dans le mur, serait-ce la statue de  l’ancien
abbé Jacques Fournier de Fontfroide élu pape sous le nom de
Benoit XIII au XIV siècle ?







Une lourde porte moyenâgeuse de l’abbaye











En pénétrant dans la ruelle des convers (en jaune sur le plan ci-dessus),
il y a ce vestibule qui dessert par cet escalier monumentale les dortoirs
des convers situés au premier étage  au-dessus du cellier et du réfectoire.
A gauche, on   l’entrée d’une salle basse voutée assez vaste qui est le
cellier, les murs sont très épais afin de préserver le froid pour la
conversation des aliments.





Un petit mot sur cette vie monastique, il faut savoir que dans les abbayes cisterciennes et c'est le cas de Fontfroide, l'orientation des bâtiments ne sont pas fait au hasard. Le sanctuaire est disposé vers l'Est, le cloître contigu et les bâtiments adjacents occupent la partie orientale du monastère.
Les frères convers ayant une vie tournée vers l'extérieur du fait de leurs travaux agricoles, sont quant à eux installés dans la partie occidentale, ils peuvent ainsi sortir pour gagner leur lieu de travail. Cette ruelle et ce vestibule sont importants, car c'est à partir de là, que s'organise la distribution intérieure des bâtiments et permet de faciliter la communication entre les deux groupes religieux qui est très réglementée. La séparation des deux groupes religieux est strict, les frères convers ont accès par cette ruelle, au cellier, au réfectoire, aux dortoirs et au passe-plat de la cuisine qui est commune aux profès et aux convers.








A gauche : la ruelle des convers avec cette longue voute en demi-berceau, le mur de droite est celui du cellier, la porte au fond s’ouvre sur l’église
Au début de cette ruelle et donnant sur le vestibule, à gauche une porte de ferronnerie vous permet d’accéder au cloitre lumineux, la porte s’ouvre, photo de droite, on voit ceci…






Le jardin du cloitre du monastère de Fontfroide,
vous êtes au cœur même de l’abbaye






Remarquez les détails des chapiteaux des colonnes supportant les
arcs plein cintnre, autre détail l’usure des banquettes taillées dans
la pierre, c’est là où les moines se retrouvaient et méditaient en lisant








Le cloitre, est un espace clos enserrant un petit jardin d’agrément avec
au centre un puits très profond où l’eau y est glacée







Au cœur de l’abbaye, le petit jardin du cloitre, espace clos, des
massifs fleuris organisent cette perspective autour du puits,
dominé par le clocher de l’église







Le jardin du cloitre de Fontfroide et son puits





Deux périodes de construction et deux styles différents se
sont succédès ici.
Le premier cloitre a été bâti de la fin du XIIème au début du
XIIIème siècle selon les règles de l’art roman.
La partie basse, notamment les doubles colonnettes et leurs
chapiteaux à décor de feuillage supportant les arcs datent de
cette époque. Car ce premier cloitre avait ses quatre galeries
couvertes par une charpente en bois avec un toit en appentis.
Par la suite, dans la seconde moitié du XIIIème siècle, quand
Fontfroide prospère, un important remaniement s’opère suivant le
goût et les nouvelles techniques de l’époque c’est l’âge gothique,
que l’on peut observer surtout dans les parties supérieures.
Les colonnettes romanes seront surmontées de hauts tympans,
percés d’oculi de différentes dimensions. L’ancienne couverture
en bois est remplacée par de la pierre, les voutes d’ogives
retombent le long des murs sur de superbes culots finement
ciselés à deux mètres du sol.







Gros plan, sur les superbes colonnettes romanes ceinturant
le cloitre. Colonnettes en marbre, alternant le rose de Caunes,
la griotte des Pyrénées, le blanc veiné de gris ou de vert.








Dans la galerie Sud, deux bassins de pierre servaient au rite
de « mandatum », c’est une coutume qui remonte à Saint Benoit
et que les Cisterciens observaient à la lettre :
Chaque samedi avant Complies, les deux religieux de service de
cuisine (celui qui commence et celui qui termine) lavent les pieds
des moines comme Jésus-Christ le Jeudi Saint. Cette cérémonie
se passe dans la galerie sud du cloitre, elle est suivie de la
lecture spirituelle ou collation puis de l’office des Complies.






Vue sur la galerie sud du cloitre, longeant le mur de l’église, au
fond on aperçoit vaguement une statue,
c’est celle de la vierge et l’enfant Jésus.



On imagine  ces moines cisterciens assis là, à gauche, lisant le recueil dit des « Collationes » qui relate les souvenirs du séjour de Cassien en Egypte au Vème siècle et de ses entretiens avec les pères du désert, sur la perfection ascétique et sur  les moyens d’y parvenir. Il faut savoir, qu’au Moyen Âge, on avait l’habitude de lire aussi les « Collationes » pendant le repas du soir qu’il finit par s’appeler… collation !






Détail sur les chapiteaux aux motifs végétaux très variés, ils sont
pratiquement tous différents, du grand art. On peut identifier, des
feuilles de roseau, de chêne, d’acanthe, d’érable, etc…
On remarque aussi les marbres différents des colonnettes, le rose
vient de Caunes Minervois, le rouge des Pyrénées







Galerie Est, au fond une des entrées de l’église jouxtant le cloitre.
A gauche, la porte menant aux dortoirs des moines situés au-dessus
de la galerie Nord.

Au centre, une salle sur la gauche, c’est la salle capitulaire






La salle capitulaire ou salle du chapitre, le seuil massif, puissant,
marquant la transition avec le cloitre, vous offre une salle
majestueuse, puissante mais dans la légèreté du fait de ses
fines colonnes. L’arcade centrale en plein cintre s’appuie sur
deux groupes de quatre colonnes de marbre entourant une
cinquième. Extraordinaire encore ce lieu, cette salle
capitulaire a vraisemblablement été construite entre 1180 et 1280.





La salle capitulaire, aussi appelée salle du chapitre, est le lieu où se réunissait ordinairement la communauté religieuse d’une abbaye.
Capitulaire vient du mot latin capitulum, qui veut dire « tête » ou « chapitre ».
On y règle les questions de discipline ; c’est également là que se discutent les questions matérielle, se décident l’admission des novices, ont lieu l’élection des abbés et la réception des hôtes de marque, sont faits la prêche des sermons, les annonces et proclamations communiqués par l’évêque ou le pape, les convers par exemple sont appelés à assister aux assemblées les dimanches et fêtes et lors de certaines annonces concernant les moines dans leur ensemble. L’abbé siège en face, au fond, dans l’axe.






Salle capitulaire : on remarque ici les ogives et doubleaux très
rapprochés soutenus par les colonnes de marbre, il y avait de
sacrés architectes et tailleurs de pierre à l’époque ! Ici les
chapiteaux évasés sont ornés de deux rangs de feuilles plates,
ce qui n’est pas un hasard, puisque ce sont des représentations
stylistiques du « cistel », le roseau d’eau des étangs de Bourgogne
qui a donné son nom à Cîteaux.
Cîteaux fut le berceau et chef de l’ordre cistercien, l’ordre fut
fondée par Robert, abbé de Molesmes en 1098. L’abbaye de
Cîteaux était un centre spirituel majeur en Europe.






Intérieur de l’église, au fond de la croisée du transept nord,
un escalier qui relie directement l’église au dortoir des moines





La galerie Est du cloitre, photo prise de la porte de l’église





A gauche : la nef de
l’église dont la construction fut entreprise dès l’affiliation à Cîteaux
en 1145 et avec la donation de la vicomtesse Ermengarde de
Narbonne en 1157.
Contrairement aux usages, ici les travaux commencèrent par la nef.
L’église est  décomposée en cinq travées, la nef s’élève à vingt mètres
de haut avec une voute en berceau brisé soutenue par des massifs
doubleaux rectangulaires, en fait l’une des plus hautes abbayes
cisterciennes de France

A droite : le transept nord,
avec un escalier reliant directement l’église au dortoir de moines.
La tribune que vous apercevez en haut, permettait aux pères malades
d’assister aux offices. Le transept date du XIIIème siècle, il a été
construit après la nef, et a très certainement été remanié un siècle
plus tard, début du XIVème siècle





Zoom sur le vitrail splendide de la nef
Dans cette église cistercienne les vitraux surprennent, en effet,
du temps de moines et selon une règle rigoureuse, les fenêtres
sont seulement garnies de verres « en grisaille ».




Sachez que : le verre en grisaille, c’est une couleur vitrifiable d’un ton brun pouvant aller jusqu’au noir, faite d’un mélange d’oxydes de fer et de cuivre et d’un fondant.
Elle est employée dès les débuts du vitrail pour donner aux verres de couleur le modelé et les ombres ; les cisterciens ont exécuté de vitrages à dessins géométrique et floraux entièrement en grisaille sur verre blanc.
Quand monsieur Gustave Fayet acquiert Fontfroide, les verrières ont disparu. Il décide alors de mettre de la couleur avec son ami René Billa, musicien et peintre, ils installent dans la Bièvre la « Verrerie des Sablons ». Et, l’ensemble des vitraux de l’église sort de cette verrerie en 1913. A savoir, les cinq vitraux du collatéral nord présente la vie de Saint-François d’Assise.





Le dortoir des convers, situé au-dessus du cellier, splendide salle
grâce au grès avec ses tons ocres, orangés, roses. Le silence y
était obligatoire. Les frères n’avaient d’ailleurs le droit de s’adresser
la parole qu’un quart d’heure par jour !  La voute en berceau
brisé sans aucun doubleau sur toute sa longueur, date du XIIème siècle.






Le mur ouest du dortoir des convers dispose de quatre ouverture
appareillée de magnifiques vitraux des années 1920.






ccff]Balade dans la roseraie de l’abbaye, au fond se trouve le cimetière
du monastère où sont enterrés les religieux, moines et convers.
Depuis le XIIème siècle plus de deux mille sépultures se sont
superposées. 2500 rosiers embellissent cette roseraie et
représentent onze coloris différents. On y trouve aussi des
roses anciennes anglaises associées à des plantes odorantes de la garrigue.






La porte romane de l’entrée principale.  Un imposant linteau
constitué d’un unique bloc soutien le tympan









Porte d’entrée de l’église, gros plan sur le fronton plein cintre
relativement sobre de tout ornement. Les claveaux, finement
taillés, épanouissent leur éventail en longues lignes trapézoïdales.
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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Jeu 6 Oct - 13:49










Il y a des sites qui semblent prédestinés, Fanjeaux fait partie de ceux-là.
Fanjeaux est le balcon du Lauragais, de ce village s’offre à vous la plaine
languedocienne, un immense horizon géographique et humain.


Le lieu se prête admirablement à l’évocation de l’Histoire avec un grand H :
celle des cathares, celle de la prédication de Saint Dominique, et celle
de la croisade contre les Albigeois.


L’on découvre un paysage chamarré d’ocre, de rouge, de soleil et de
vieille civilisation latine de cette terre occitane.


Ce n’est pas étonnant que les organisateurs de nouvelles pages d’histoire
religieuse du Midi de la France aient choisi ce bourg de Fanjeaux, à quelques
kilomètres au Sud-Ouest de Carcassonne, pour y tenir des réunions annuelles
et qu’ils aient consacré leur premier colloque à Saint Dominique qui en fut le
curé avant d’aller fonder à Toulouse la milice des Frères Prêcheurs.


Le saviez-vous ?  Le Lauragais est un vaste territoire composé de plaines, de
vallons et qui entre Toulouse et Carcassonne, s’étend sur trois départements :
la Haute-Garonne, le Tarn et l’Aude. C’est le village de Laurac qui a donné son
nom au pays Lauragais dont il fut la capitale jusqu’au XIVème siècle.




Blason de Fanjeaux







Le Lauragais est un passage entre le Languedoc et l’Aquitaine, dont les gros
châteaux et les bourgs fortifiés, Laurac, Fanjeaux et Montréal étant les
principaux, étaient les places forte du catharime. Dès 1195, on y signale
la présence de très nombreux maisons d’hérétiques. Le parfait Guilhabert de Castres
y a élu domicile depuis 1193. A cette époque, la plupart des coseigneurs du
village semble être convertis aux croyances cathares.





Superbe vue aérienne du village de Fanjeaux avec sa vue
dominante sur une partie du Razès et  le Lauragais.











SOURCE :

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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 7 Oct - 11:38







Montségur forteresse royale, haut lieu historique dans l’histoire cathare.













On a beaucoup écrit sur l’histoire de Montségure, une pléthore d’ouvraes et articles
divers traitent du sujet. Mais à partir du moment où l’on « touche » de quelque façon
que ce soit aux cathares, au pays de Sault et en règle général au Languedoc, on ne
peut pas échapper à l’histoire du château de Montségur !


Ce château à la singularité de porter une cicatrice d’un fait marquant l’histoire des
cathares du Languedoc avec un grand H.












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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 7 Oct - 15:47







Montségur forteresse royale, haut lieu historique dans l’histoire cathare.













On a beaucoup écrit sur l’histoire de Montségure, une pléthore d’ouvraes et articles
divers traitent du sujet. Mais à partir du moment où l’on « touche » de quelque façon
que ce soit aux cathares, au pays de Sault et en règle général au Languedoc, on ne
peut pas échapper à l’histoire du château de Montségur !


Ce château à la singularité de porter une cicatrice d’un fait marquant l’histoire des
cathares du Languedoc avec un grand H.












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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 7 Oct - 19:38













Montségur aux temps les plus reculés, d’après les fouilles archéologiques, il semble que le site était occupé dès le Néolithiques, et que par la suite il y a eu des occupations romaines sur le pog, on a retrouvé des traces.


Le pog a une altitude de 1207 mètres. Ce plateau a environ 700 mètres dans sa plus grande longueur et une largeur varie de 60 à 150 mètres représentant une surface d’environ 5 hectares. Des falaises de 80 à 150 m de haut lui procurent de redoutables défenses naturelles sur presque tout son périmètre ; cependant, quatre voies permettent d’y accéder :
Les voies du Roc de la Tour, du Pas del Roc, du Pas du Trébuchet, et enfin la plus facile et la plus fréquentée, celle du versant sud-ouest.





[/URL]
Par temps de pluie la grimpée doit être laborieuse
et n’est peut-être pas recommandé





Il est très difficile de reconstituer l’histoire de Montségur du haut moyen âge c’est-à-dire Vème siècle époque mérovingienne, jusqu’au début du XIIIème siècle faute d’élément, aucune trace, aucun document.







Sur cette vue aérienne, versant N/O, on distingue
les vestiges d’un ancien village, à gauche de la proue
de ce navire, dans la vallée du Lasset à droite,
c’est le village actuel de Montségur.





Ce n’est qu’au XIIIème siècle que Raymond Péreille, vassal du comte de Foix, remarque qu’en ce lieu il y avait un village fortifié déserté dont l’origine n’est pas connue. La hiérarchie cathare juge qu’il y a nécessité de ménager un refuge sur lequel elle pourra compter. Et Montségur est choisi, position reculée pour se protéger des incursions et proche de la Catalogne. Le site bénéficie de défenses naturelles qui lui valent sa réputation de « Mont sûr » d’où son nom.



Les premiers cathares s’y installent vers 1209. Durant la croisade albigeoise les hauts dignitaires cathares viendront s’y réfugier. L’évêque cathare de Toulouse Gaucelin et son successeur Guilhabert de Castre se mettront à l’abri devant l’avancée des troupes de Simon de Montfort.





Simon de Montfort






En 1229, Montségur devient le haut lieu de résistance des hérétiques.


La signature du traité de Meaux-Paris en 1229 entre le roi de France Saint Louis et le comte de Toulouse annonce le temps des persécutions et des poursuites. Le temps de l’Inquisition commence en 1233. Les cathares revendiquent  une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Issue du christianisme, la religion cathare est basée sur deux grands principes : un Dieu bon et un Dieu mauvais. Tout ce qui est immatériel est l’œuvre du Bon, tout ce qui est matériel est l’œuvre du Diable.



La religion cathare s’étendra sur une grande partie du Languedoc, et au début du XIIIème siècle l’Eglise catholique, pour ramener dans le droit chemin ceux qu’elle appelle « hérétiques », n’a pas d’autre solution que de recourir à la force : c’est la croisade contre les Albigeois (parfois improprement appelée croisade des Albigeois).



En 1232, l’évêque cathare de Toulouse Guilhabert de Castres demande à Raymond de Péreille d’ériger le village fortifié en siège et capitale de l’église cathare. Péreille en confie la garde à son gendre Pierre-Roger de Mirepoix qui en assure la défense avec l’aide des chevaliers languedociens chassés par la croisade. Montségur se peuple de 500 à 600 âmes où se côtoient religieux, civils et hommes d’armes. D’ailleurs, au nord-est du château les vestiges d’habitations encore visible aujourd’hui représentent les derniers témoins de ce peuplement.


Montségur prend de plus en plus d’importance, une telle situation était intolérable aux yeux de l’Eglise romaine. Le 14 mars 1241, Louis IX (Saint Louis) convoqua le comte de Toulouse Raymond VII et lui fit signer le serment de détruire Montségur dès qu’il pourrait s’en rendre maitre. Le comte de Toulouse Raymond VII se rendit sur place avec ses troupes mais il repartit aussitôt sans engager de siège, et pour cause, en accord avec les habitants de Montségur, il prépare un soulèvement général contre le roi de France ! Mais les projets de Raymond VII échouent lamentablement. Il doit se soumettre et laisse les défenseurs de Montségur, seuls face au roi de France et à l’Eglise qu’ils ont bravés.



Un épisode inattendu va précipiter les choses, en effet, dans la nuit du 27 au 28 mai 1242 où les chevaliers de Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit. Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l’Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l’envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d’entre eux, sous le commandement d’un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l’Inquisition, afin de venger leurs victimes. Ils se ruent en Laurageais sur le village d’Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud et son frère Etienne de Saint-Thibéry.

Cet épisode amena un an plus tard le concile de Béziers à décider de la prise de Montségur.


La réaction ne se fit pas attendre, en mai 1243 une armée de 6000 hommes est levée et conduite par le sénéchal de Carcassonne Hugues des Arcis,  placée sous la tutelle spirituelle de l’archevêque de Narbonne Pierre Amiel et de l’évêque d’Albi Durand de Beaucaire, tout ce petit monde s’installe au pied du pog, le siège commence.


De mai 1243, aux environs de Noël de la même année rien d’important ne se passe. Hugues d’Arcis se rend compte que le castrum est hors de portée des catapultes les plus performantes.  Les soldats escaladent le pog et à mi-chemin de la montée, face à la barbacane qui protège l’entrée de la forteresse, sur ce poste avancé appelé roc de la Tour, ils installent un trébuchet. A la mi-février 1244, la barbacane est prise. La forteresse est sous le tir des pierres catapultées.






C’est ici, sur la barbacane que les assaillants
prirent position pour installer leur catapulte
( trébuchet) versant N/E





Le fameux mur bouclier au Sud/Est, vu de  la Barbacane




Comment, pour les 400 personnes retranchées, les conditions de vie, déjà austères en temps normal, furent rendues encore plus dures par l’isolement résultant de ce long siège de 10 mois. La situation des habitants est désespérée. Le 2 mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix demande une trêve de quinze jours pour négocier une reddition acceptable. Il obtient la vie sauve de tous les laïcs à condition qu’ils acceptent de témoigner devant l’Inquisition. Quant aux hérétiques cathares, leur sort est fixé d’avance, s’ils n’abjurent pas, ils devront mourir sur le bûcher. La veille de la réddition de la forteresse, quatre parfaits (cathares) s’évadent pour évacuer les fonds de la communauté, probablement vers la Lombardie. Le mercredi 16 mars 1244, après 10 mois du siège, les soldats du  roi prennent possession de Montségur et s’emparent des parfaits et parfaites, ils seront plus de 230 cathares (on ne connait pas vraiment le nombre exact) qui ne veulent pas abjurer leurs croyances hérétiques.





Ces murailles sont impressionnantes,
remarquez l’emplacement des
« corbeaux », presque en haut du mur



Sans procédure, on construit un enclos dans  un champ appelé « Prat des cramats » (Pré des brûlés) autour des hérétiques qu’on remplit de branchages et de bois, on y met le feu. Pour l’église, il fallait qu’ils périssent dans les flammes.






Peinture sur bois reconstituant le bûchet de Montségur




Les survivants seront conduits à Bram et remis au tribunal de l’Inquisition. Il faut savoir que les interrogatoires de l’Inquisition ont été facilités car la doctrine cathare interdit à ses fidèles de mentir. Ainsi, sonna la fin annoncée du catharisme.



Les interrogatoires de l’Inquisition, vous ne
pouviez pas y résister !
Ils obtenaient des aveux très rapidement, à en
juger par le matériel utilisé pour torturer ces cathares







Les cathares subirent en nombre importants
les châtiments de l’Eglise








Un tribunal de l’Inquisition




Quelques mois plus tard, le chevalier Gui de Lévis, prend possession de la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi de France en juillet 1245. Montségur très proche de la frontière aragonaise est amené à jouer un rôle stratégique de tout premier ordre dans la surveillance du royaume.







Vue aérienne du côté de la tour maitresse N/O



Le castrum (château) de l’époque est détruit et on met en place les fondations de la forteresse royale que l’on peut voir actuellement au sommet du pog.

Le dernier parfait connu est Guilhem Bélibaste, mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès.

Avec la chute de l’hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l’unité de la chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages réculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975, l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie. la FFrance de langue d’oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne.


Jusqu’au XVIe siècle le lieu remplira le rôle de poste de surveillance avancé du royaume sous la bonne garde des Lévis. Aucun fait d’arme n’émaille cette période.


En 1659, le traité des Pyrénées lui enlève toute utilité, Montségur est alors abandonné.

Au XVIe siècle, ce village devenu Montségur se développe pour prendre au XIXe siècle l’aspect d’un village actuel, une partie des maisons étant construites avec les pierres du château. Tissage et agriculture seront les principales activités des habitants.

Mais dès la fin du XIXe siècle la population ne va cesser de décroitre : alors qu’on comptait 743 habitants en 1889 on comptait plus de 592 en 1900. Il sera classé monument historique en 1865, le château actuel de Montségur a subi dès la fin du XIXe siècle les assauts des chasseurs de trésors attisés par l’œuvre romanesque et fantasque de madame Napoléon Peyrat datant de 1865. Mais grâce à son roman on lui doit la redécouverte de Montségur.
Une campagne  de restauration fut entreprise en 1947 par les monuments historiques et des fouilles du secteur commencèrent en 1968.



DEFINITION :
Le mot « cathare » vient du grec « katharos », qui veut dire « pur ».
Les adeptes du catharisme se nommaient d’ailleurs eux-mêmes « Bons Hommes » ou Bons Chrétiens », tandis que les inquisiteurs les nommaient « Parfaits », désignant ainsi ceux qu’ils considéraient comme de  « parfaits hérétiques ».
Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedonciens qui  se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois.







L’entrée du château, le perron offre un balcon
sur l’horizon magnifique




Après avoir gravi les derniers mètres, à découvert, du sentier rocailleurs, vous arrivez enfin au pied de la muraille du château fac Sud/Est, un escalier et perron en bois permettent d’accéder à la porte d’entrée qui se trouve surélevée par rapport à la base de la muraille impressionnante







Du perron vous apercevez en bas le village
de Montségur dans la vallée du Lasset








Photo inhabituelle, peu courante, montrant le village
de Montségur au pied de son pog et la forteresse tout en
haut, cette photo est intéressante car elle montre
bien la configuration du site








La face Nord du château, on distingue parfaitement
le fruit de la muraille à sa base et la seule
porte donnant de ce côté







La porte d’accès principale face sud/ouest, la
forteresse ne comporte que deux portes identiques,
de largeur très réduite comme on peut le voir. On
aperçoit parfaitement l’emplacement des corbeaux
qui servaient à maintenir la partie hourdé en bois,
située au sommet de la muraille, qui servait de
chemin de ronde


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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 7 Oct - 19:52

Le massacre du 16 mars 1244


[…]



Sur les 220 suppliciés du 16 mars, on peut en identifier 64 :

• 1 Raymond Agulher, diacre du Sabarthès puis évêque du Razès
• 2 Guillelme Aicard
• 3 Pons Ais, meunier originaire de Moissac
• 4 Pierre Arrau
• 5 Bernard d'Auvezines
• 6 Raymonde Barbe
• 7 Raymnond de Belvis, arbalétrier
• 8 Arnaud de Bensa, sergent
• 9 Étienne Boutarra, sergent
• 10 Brezilhac de Cailhavel, chevalier faidit
• 11 Pons Capelle
• 12 Guiraude de Caraman, châtelaine de Caraman
• 13 Arnaud des Casses, chevalier co-seigneur des Casses (Aude)
• 14 Clamens
• 15 Jean de Combel
• 16 Saissa du Congost
• 17 Raymonde de Cuq
• 18 Guillaume Dejean, diacre
• 19 Guillaume Delpech de Fanjeau
• 20 Arnaud Domergue, sergent
• 21 Bruna, femme d'Arnaud Domergue
• 22 Rixende Donat
• 23 India de Fanjeaux
• 24 Guillaume Garnier, bouvier puis sergent
• 25 Arnaud-Raymond Gaut, chevalier de Sorèze
• 26 Bernard Guilhem
• 27 Marquesia Hunaud de Lanta, noble du Lauragais
• 28 & 29 Étienne et Raymond Isarn, frères originaires des Casses
• 30 Guillaume d'Issus, chevalier de Montgaillard
• 31 Jean de Lagarde
• 32 Bruna de Lahille
• 33 Guillaume de Lahille, chevalier, frère de Bruna
• 34 Limoux
• 35 Raymond de Marceille, chevalier de Laurac
• 36 Bertrand Marty
• 37 Guillelme d'En-Marty, boulangère
• 38 Pierre du Mas
• 39 Maurine, parfaite
• 40 Braida de Montserver
• 41 & 42 Arsende et Pons Narbonna
• 43 Guillaume Narbonna
• 44 Raymond de Niort
• 45 Arnaud d'Orliac
• 46 Esclarmonde de Pereille
• 48 Peronne, parfaite
• 49 Guillaume Raseire, parfait
• 50 Guillaume Razoul, parfait
• 51 Jean Rey
• 52 Pierre Robert, parfait
• 53 Pierre Robert, marchand de Mirepois
• 54 Martin Roland
• 55 Raymond de Saint Martin
• 56 Bernard de Saint Martin, chevalier
• 57 Pierre Sirven
• 58 Taparel, parfait
• 59 Rixende de Telle
• 60 Arnaud Teuly de Limoux
• 61 Raymond de Tounebouix
• 62 Ermengarde d'Ussat
• 63 Azalaïs Raseire : elle fut conduite à Bram, son village d'origine, où elle fut brûlée
• 64 un fabricant de bourse, cité comme présent le 13 mars ; il dut être brûlé le 16

(SOURCE : WIKIPEDIA)








La stèle du prat del crémats (le près des brûlés)
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])



La stèle vue de face
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])





La stèle vue de dos
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])





Gros plan sur la croix cathare
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])


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MessageSujet: Re: LE PAYS CATHARE   Ven 7 Oct - 20:27






   La citadelle forme un ouvrage très fruste, constitué d'une enceinte pentagonale aplatie, prolongée vers le Nord/Ouest par une tour maîtresse rectangulaire. Au Sud/Est, l'enceinte a été épaissie en mur-bouclier de 4,20 mètres d'épaisseur pour résister aux jets de pierres.






Voici le plan d’ensemble de la forteresse et des
vestiges du moyen âge













Photo aérienne du château





Le chemin d'accès sur la face sud du pog aboutit devant une porte protégée par des "hourds" galerie de bois en porte à faux située en haut de la muraille pour protéger la base. Celle-ci reposait sur des "corbeaux" pierre en saillie servant à soutenir la console, encore visible aujourd'hui. L'ensemble des murailles étaient "hourdées".









Voici le principe des hourds que l'on trouvait
souvent sur les châteaux forts du moyen âge, vous comprenez
maintenant à quoi servaient les "corbeaux".







L'entrée était surélevée par rapport à la base, le porche ne pouvait être franchi que par des paliers en menuiserie partiellement amovible. Dans l'épaisseur du mur de la porte on aperçoit le logement des madriers qui assuraient la fermeture des vantaux. La forteresse mesure environ 70 mètres de long sur 20 mètres de large et se compose d'un donjon auquel est accolé un corps de logis.








Voici la face Sud / Est, une partie de la muraille
s'encastre dans la roche restée en place, je vous rappelle que
la base mesure 4,20 m











Sur les 700 m² cerné par les murailles, 100 m² dallé était à ciel ouvert, le reste était occupé par des bâtiments de bois qui s'appuyaient aux courtines sur deux niveaux, disposés le long de la paroi, salles d'armes, réserves, ateliers, etc … Trois escaliers montaient au chemin de ronde. On a du mal a imaginer que 300 à 400 personnes vivaient là et ont tenu le siège pendant 10 mois, cela devait être terrible.






Toujours la face Sud / Est sous un autre angle
qui permet de voir le second escalier de pierre qui permettait
d'accéder au chemin de ronde hourdé








La tour maîtresse rectangulaire (20 m x 9 m) était couverte d'une terrasse hourdée à laquelle on accédait par l'escalier hélicoïdal. Celle-ci possédait un rez-de-chaussée voûté en berceau brisé, pourvu d'archères à ébrasement simple et fentes à bêche de la seconde moitié du XIII ème siècle, elle était composée d'une citerne d'eau de 50 m³ environ. Au-dessus existaient deux niveaux reliés par un escalier à vis d'angle, affectés à la résidence seigneurial, le premier niveau était éclairé par quatre grandes fenêtres à bancs de veille, et pourvu d'une grande cheminée adossée au mur sud et d'un puit.







Coté Nord / ouest au fond la tour maîtresse
et sur cette photo on aperçoit, à droite et à gauche les deux
accès à la forteresse, et les alignements des corbeaux de part
et d'autre










Voici l'intérieur de la tour maîtresse dont la
partie basse était voûtée











Une vue d'ensemble de la cour intérieur du
château, avec de la hauteur









Montségur vue du ciel








Vue aérienne
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