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 GEOGRAPHIE DU CATHARISME

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Lanaelle
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MessageSujet: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 7 Oct - 21:05








1. les vrais « chateaux cathares » : les castrums

2. les citadelles royales

a) château d’Aguilar
b) Château de Peyrepertuse
c) Château de Puilaurens
d) Château de Quéribus

3. l’abandon des citadelles

4. autres « châteaux cathares »

Château d’Arques
Château de Durfort
Châteaux de Lastours
Château de Miglos
Château de Montségur
Château de Padern
Château de Pieusse
Château de Puivert
Château de Roquefixade
Château d’Usson
Château de Villerouge-Termenès




L'expression « châteaux du Pays cathare » désigne un ensemble de châteaux situés dans une
région où le catharisme s'est développé. Cependant la plupart des châteaux appelés « cathares »
n'ont pas de rapport avec l'histoire de l'hérésie dualiste du XIIe siècle enOccitanie.
Châteaux cathares est une désignation utilisée par le tourisme contemporain (à l'instar de la
marque déposée Pays cathare) pour désigner, de manière arbitraire, la série de forteresses
bâties par le roi de France sur la frontière sud de ses domaines à l'issue de la croisade contre
les Albigeois. Quelques-uns de ces sites avaient connu, antérieurement à la période royale, un
habitat villageois de type castral susceptible d'avoir abrité des cathares, rasé lors de l'érection
des citadelles. Plus strictement, il faudrait parler de châteaux duPays cathare. Les organismes
officiels comme le Conseil départemental de l'Aude ou le Comité départemental du Tourisme
de l'Aude n'utilisent jamais cette dénomination impropre de « châteaux cathares », mais
bien celle de « châteaux du Pays cathare ».












SOURCES :
http://www.payscathare.org
http://www.belcaire-pyrenees.com/
(Avec l’aimable autorisation du propriétaire
du Site)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teaux_du_pays_cathare


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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 7 Oct - 21:12








En Languedoc, les seuls vrais « châteaux cathares » furent les bourgades fortifiées (castrum) de Laurac, Fanjeaux, Mas-Saintes-Puelles,Lastours-Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens qui furent cependant des castrums avant d'être rasés et de devenir des citadelles royales, et deux castra anciens le Château de Miramont en Aude et celui de Miramont en Ariège qui fut rasé en 1247 pour avoir abrité des parfaits et jamais reconstruit. La commune de Penne-d'Agenais abrite également les ruines d'un château, la ville ayant été la principale place forte de l'Agenais pendant la croisade des Albigeois. Il y avait en effet en 1209 quatre évêques cathares, à Albi,Carcassonne, Toulouse et Agen.


La légende des architectes et bâtisseurs cathares n'est qu'un dernier avatar du mythe de Montségur. Les seuls monuments témoins des événements de la première moitié du XIIIe siècle (et donc les seuls qui pourraient prétendre au qualificatif de « cathares » bien que l'Église cathare n'ait jamais rien construit) sont de petits châteaux, souvent totalement ignorés du public (castrum de Roquefort, dans la Montagne Noire), et dont les maigres vestiges sont à l'écart des grandes routes touristiques





2. les citadelles royales



Après l'échec de la tentative de reconquête de Carcassonne par le Vicomte Trencavel en 1240, la cité de Carcassonne fut considérablement renforcée par le pouvoir royal français, nouveau maître du territoire. Ce dernier rasa des petits castrums dans les Corbières et y érigea des citadelles pour garder la frontière avec le royaume d'Aragon.


Ces cinq forteresses résistèrent aux différents assauts menés par l'armée aragonaise. Le système de défense royal est basé sur un pivot logistique puissant que sont les cinq fils de Carcassonne et sur des châteaux dispersés sur la ligne de front. Ces châteaux de guet, disposés sur la ligne de crête, étaient déjà occupés par les défenseurs des cathares du fait de leur position stratégique.

• Château d'Aguilar
• Château de Peyrepertuse
• Château de Puilaurens
• Château de Quéribus
• Château de Termes


Ces cinq châteaux furent alors nommés les cinq fils de Carcassonne.



(SOURCE :  http://www.belcaire-pyrenees.com)








SOURCE :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teaux_du_pays_cathare


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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 7 Oct - 21:45









On parle souvent de forteresses ou de châteaux dit « cathares » parce qu’ils ont
été tout simplement occupés par des cathares, car ceux-ci n’ont jamais réalisé
de telles construction.


Le nom Aguilar, viendrait du latin « aquila » qui signifie « l’aigle ».


Le castrum d’Aguilar se situe sur le territoire de la commune de Tuchan à 2,5 km
Est-Nord-Est du village, perché sur une colline qui culmine qu’à 296 mètres d’altitude.
Il domine la plaine de Tuchand, de Paziols et la région de Tautavel où s’épanouissent
aujourd’hui les vignobles réputés de Fitou et des Corbières.


Point stratégique, Aguilar est un élément essentiel de la défense des Corbières car il
est le dernier des châteaux édifiés sur la zone frontière entre les domaine des Comtes
catalans et les terres des princes occitans. Fait de dépression longues et étroites où
courent de maigres cours d’eau, ce pays fascine par son relief tourmenté soumis
à la fureur des vents de Cers.


Dans le Sud-Ouest des Corbières, le château d’Aguilar dresse sa silhouette ruinée au
sommet d’un modeste promontoire cerné de garrigues et de rocaille calcaire. Le moins
connu des château dit « cathares », qui fut l’un des cinq fils de Carcassonne, Aguilar,
plusieurs fois assiégé et pris lors de la croisade contre les Albigeois, servit ensuite à
garder la frontière du royaume de France avec l’Espagne de sombrer dans l’oubli.









Le castrum  Aguilar vu du Sud







SOURCE :

http://www.belcaire-pyrenees.com/
(avec l’aimable autorisation du propriétaire du site.
Site à visiter absolument)
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Sam 8 Oct - 21:30





L’histoire chronologique connue de cette forteresse comme ainsi :

La première occupation du site a été révélée par la présence de petits campements saisonniers que l’on peut dater de l’Age du cuivre ou de l’Age du bronze ancien vers -2000 avant JC.




La forteresse d’Aguilar vue du Nord/Ouest




Dans la mouvance catalane, Aguilar a été fortifié à une période postérieure au XIème siècle, les recherches ne permettent pas de donner de dates précisent, mais les premières traces écrite datent de 1021.

Extrait d’un texte du cartulaire conservé dans les archives de la Couronne d’Aragon à Barcelone datant de 1021 :

« …, et ipsa terra quod Petrs, episcopus, ei dedit qui terminat per terminos Rossilionense et Narbonense e usque ad puio que dicunt Agilar… »

Traductiono : « …, et la terre donnée par l’évêque Pierre aux confins du Roussillon et du Narbonnais jusqu’au pech que l’on nomme Aguilar… ».





Le castrum d’Aguilar vu du Sud


C’est en ces termes, énigmatiques et ambigus, qu’apparaît Aguilar au début du XIème siècle dans les possessions de Bernard Taillefer comte de Bessalú (fils aîné d’Olibà comte de Cerdagne), un petit état pyrénéen alors à son apogée.


On pense qu’à la fin du Xème siècle Aguilar était la possession de Pierre de Mirepoix, troisième fils de Roger, comte de Carcassonne et qu’il en disposera en faveur de Bernard Taillefert afin d’obtenir la charge d’évêque de Gérone.




La forteresse d’Aguilar se dresse derrière les genêts



Tantôt considéré comme une fortification, tantôt comme un repère topographique, c’est bien à sa position frontalière que le « Rocher aux aigles » dont son inscription sur un vénérable parchemin.

Après la mort prématurée de Bernard Taillefer, ses successeurs conserveront le précieux héritage jusqu’en 1111, date de la mort de Bernard III. Le comté échoit ensuite par testament à Raymond Bérenger III, comte de Barcelone, dont Bernard avait épousé la fille.




La forteresse vue de l’Ouest



Faute de textes qui en retraceraient les péripéties, le destin d’Aguilar durant les XIème et XIIème siècles demeure une énigme. Il faudra attendre 1241 pour qu’apparaisse enfin dans un document le « castrum de Aguillare », dans un contexte très particulier, puisqu’il s’agit de la reddition d’Olivier de Termes et de la remise de la fortification au roi de France, Saint Louis.




Vue Sud/Ouest, au  premier plan la chapelle Sainte-Anne se
trouvant en dehors des principales fortifications à environ 25 m
de l’entrée du château, car des habitations étaient implantées
aux abords de l’entrée principale du château au moyen-âge.
Aujourd’hui, il n’en subsiste pratiquement aucune trace, sauf
une ancienne enceinte qui protégeait ce village castral.



Au début du XIIIe siècle, le château d’Aguilar relève des seigneurs de Termes. Olivier de Termes est, après 1229, l’un des plus célèbres Faidits (nobles bannis et privés de leurs biens pour s’être opposés à la croisade ou à l’inquisition). Seigneur d’Aguilar, Olivier de Termes, dont le père, Raymond, avait péri dans une des sinistres geôles de Carcassonne sur ordre de Simon de Montfort, fut l’un de ceux qui aux alentours de 1240 accentua la lutte. Il est certain que des seigneurs suspectés d’hérésie séjournèrent à Aguilar, les registres de l’Inquisition nous indiquent que Roger de Congost et Othon de Montbrun, deux chevaliers faidits, furent vus « apud Aguilar ». la forterese Aguilar sera pour quelques mois l’âme de la résistance héroïque des faidits. Est-ce à la suite d’un siège victorieux ou à cause de la reddition au roi de France du vicomte de  Trencavel, son seigneur, qu’Olivier de Terme abandonna la lutte ? l’histoire est mal connue, mais le fait est certain, en 1241, le seigneur d’Aguilar fait sa soumission au roi, sans aucune contrainte et sans caution, comme le précise une charte du temps.


En aparté : en l’an 1255, on retrouvera Oliver de Termes dans un rôle moins glorieux, obtenant par la ruse, la reddition de la place forte de Quéribus, tenue par son compagnon d’armes Chabert de Barbaira.


Il y eu un intermède entre 1241 et 1250, pendant lequel une garnison royale va s’installer dans la forteresse d’Aguilar. Le premier responsable de cette garnison est un certain Hugo de Trimouillis de Carcassonne au traitement connu de six sols par jour.







Donc, en mai 1241, acte par lequel Olivier de Termes remet Aguilar au roi de France après s’être rallié à ce dernier, mais il recevra en juillet 1250 Aguilar en récompense des exploits qu’il a accomplis en Terre Sainte en accompagnant Saint Louis (Louis IX). Pendant une dizaine d’années le château sera occupé épisodiquement par Oliver de Termes.

A la suite du traité de Corbeil conclu le 11 mai 1258, Aguilar intègre la nouvelle ligne de défense avec toutes les autres forteresses de la région. Saint Louis rachète en mars 1260 à Olivier de Termes le château pour 3320 livres Tournois ainsi que le village de Terme, cela lui permettra de repartir à la croisade outre-mer. Cette acquisition intervient bien après celles de Peyrepertuse (1240), Puylaurens et Quéribus (vers 1255). La réalisation du renforcement des fortifications et autres aménagements de défense de ces trois grandes forteresses retarda certainement l’achat d’Aguilar. Le château s’insère alors dans le dispositif des défenses du royaume de France, face à l’Aragon, puis à l’Espagne, jusqu’à ce que le Roussillon devienne française en 1659.

Pour la petite histoire et en la mémoire d’un des plus braves chevaliers de son siècle : Olivier de Termes vendit aussi la même année, 1660 et les suivantes, les châteaux de Tuchan, Siguiran, Roquedefa, Serignan, Taurisan, Arques, Caunetes, Pech-Sieuran, aux abbayes de Lagrasse, de Fontfroide et à la cathédrale de Carcassonne. Il retourna ensuite en Terre-Sainte pour y cueillir de nouveaux lauriers. Il débarqua à Acre en septembre 1264. Il fut un troisième voyage en 1267 et y séjourna jusqu’au mois de juillet 1270 où il rejoindra le roi Saint Louis devant Tunis. Il suivit le roi dans cette expédition et étant revenu en France après la mort de Saint Louis, le roi Philippe le Hardi le renvoya en Terre-Sainte en avril 1273, à la tête de vingt-cinq chevaliers et de cent arbalétriers, il mourut là-bas le 12 août 1275.

En mai 1246, on trouve des lettres du roi Saint Louis, par lesquelles il mande au Sénéchal de Carcassonne et de Béziers, de délivrer le château d’Aguilar au plus vieux des trois frères Tinouillis, qui étaient dans la garnison de Carcassonne, et de lui payer, six sols par jour.

On trouve trace, en 1272, vendredi après la Pentecôte, donc le 17 juin, au château de Lombers, en Albigeois, le roi Philippe le Hardi augmente de 2 deniers, les 8 deniers de gage par jour, des sergents qui tenaient garnison au château d’Aguilar.




Le Sud/ouest, l’entrée principale du castrum d’Aguilar



La même année, en septembre, déclaration de Pierre de Mirepoix, châtelain pour le roi, d’Aguilar, par laquelle il confesse avoir reçu des ornements nécessaires pour la chapelle du château, et diverses armures et engins pour la garnison.

Pendant quatre siècles, Aguilar fera partie de cette « ligne Maginot » des Corbières. Au début du XIVème siècle, on peut voir la forteresse d’Aguilar entourée d’une puissante enceinte flanquée de six tours, placé sous les ordres d’un châtelain, l’effectif de la garnison fut généralement limité, en 1302, on comptait 12 sergents, un châtelain qui dépend du sénéchal de Carcassonne, un guetteur et un portier. Ces gardes ou mortes-payes, ainsi nommé parce qu’ils restaient sur place, étaient recrutés localement et les immunités fiscales dont ils bénéficiaient attisèrent bien des convoitises.

Exemple : en 1343, les habitants de Tuchan intentèrent, en pure perte, un procès afin de les contraindre à payer des tailles.




Aguilar face Est


En 1321, on trouve une commande d’arbalètes pour la garnison du château d’Aguilar. Et en novembre de la même année, un ordre de Rostan Payrerij, juge-mage et lieutenant du sénéchal de Carcassonne, de transférer de la cité de Carcassonne vers le château d’Aguilar certains engins de guerre.

De 1393 à 1394, le château fait l’objet de réparations et est mis en état de défense.

D’ordinaire paisible, la vie de la garnison ne fut troublée qu’à l’occasion d’incursions aragonaises puis espagnoles qui ravagèrent plusieurs fois les Corbières du XIVe au XVIe siècle. On constate alors l’impuissance des fortifications royales à prévenir ces véritables razzias, comme en 1495 lorsqu’une armée commandée par Henrique de Guzman, lieutenant général en Roussillon, réussit à pénétrer en Languedoc par Paziols et Tuchan en commettant exactions et pillages. Parvenue à Lagrasse, cette armée repassera la frontière en ramenant 20000 moutons, 1400 têtes de gros bétail et 60 prisonniers.

En 1525, des troupes de Charles Quint composé d’allemands et d’espagnols prennent Aguilar et Tuchan dont les habitants furent amenés en otages à Perpignan. Une rançon de mille ducats d’or fut  demandée pour libérer les otages. Un argentier de Perpignan, Narcisse Villaville, avança la somme avec un gage les joyaux et reliquaires de l’église paroissiale de Tuchan. La restitution de ces biens n’interviendra qu’en 1531 avec un accord : les tuchanais s’engagèrent pendant six années à lui céder des pièces de draps produites à Tuchan.

E, 1542, le château était placé sous la direction de Jean de Barennes, archer de la garde du roi.

Au début du XVIe siècle, une escarmouche relatée par Blaise de Montluc futur maréchal de France, après le siège de Perpignan par les troupes françaises contre les Espagnols, se déroule en 1536 au pied du château d’Aguilar, déjà en ruine.



Un petit mot sur Blaise de Montluc dont il est question ci-dessus : il est né entre 1500 et 1502 à Saint Puy, dans le Gers et mort le 26 juillet 1577 à Estillac. En 1536, il défendit victorieusement Aguilar contre une attaque espagnole ; il s’illustrera en 1555, par sa défense héroïque de Sienne contre les armées de Charles Quint de juillet 1554 à avril 1555. Lieutenant général de Guyenne à partir de 1564, il se signala par sa férocité au cours de la lutte contre les protestants. En juillet 1570, il eut le nez et les joues arrachés par un coup d’arquebuse alors qu’il montait à l’assaut lors de la prise de Rabastens-de-Bigorre. Cette terrible blessure, qui ne guerit jamais tout à fait, l’obligea à porter un masque de cuir jusqu’à sa mort, afin de cacher son visage mutilé, et mit un terme à ses exploits militaires.
En 1574, Henri III, qui appréciait Monluc, consacra la carrière de celui-ci en l’élevant à la dignité de maréchal de France. Il se retira dans son château d’Estillac, où il écrivit ses célèbres commentaires (publiés en 1952), recueil de mémoires sur les événements civils et militaires de son temps.



C’est probablement vers cette période, en 1542, que le château d’Aguilar aurait été canonné. D’ailleurs aux alentours immédiats du château, il y a une friche appelée « l’artillerie » parcelle de terrain sur laquelle des boulets de pierres ainsi que des boulets en fer de 10 cm de diamètres ont été retrouvés vers 1905. Ces boulets étaient exposés au musée de Tuchan à cette époque, où sont-ils aujourd’hui ?

Lors d’un siège comme le château d’Aguilar, on estime qu’avec un effectif d’une soixantaine d’hommes (6 par tour, 2 par courtine, 12 disponibles), la forteresse d’Aguilar était, à proprement parler imprenable du fait de sa conception. Le château ne pouvait succomber que par manque de munitions, de vivres et surtout d’eau. En comptant 10 litres d’eau par jour pour tous les besoins d’un homme, la consommation journalière totale est estimée à 600 litres. La citerne du castrum contenait  15000 litres, elle devait donc être épuisée au bout de 15000 : 600 = 25 jours, soit plutôt 20 jours, en comptant quelques têtes de bétail (moutons, chèvres), constituant la réserve de viande sur pied.


Lors de la destruction de Tuchan en 1543 (le village est brûlé), il semble que le château d’Aguilar ait été pris et occupé par un contingent allemand de 14000 hommes.


Le dernier châtelain d’Aguilar connu est Jean Gaspard de Gensac en 1569, mais il ne réside probablement plus à Aguilar, puisque l’on peut lire dans les textes anciens qu’Aguilar n’assurait plus la défense du passage dès 1542.

En 1630, le château d’Aguilar est signalé ruiné !

La prise de Perpignan en 1642 n’est que le prélude à l’annexion du Roussillon par la France que viendra entériner en 1659, le traité des Pyrénées qui déplace définitivement cette frontière de l’Aragon, sur la chaîne montagneuse plus au sud. L’accord est scellé quelques mois plus tard par le mariage du roi de France et de l’infante d’Espagne, Marie Thérèse. Démilitarisée, la fière forteresse royale se transforme lentement en vénérable ruines dont la silhouette domine toujours l’ancienne possession de l’évêque Pierre, une paisible vallée envahie de vignes.




Vue aérienne d’Aguilar côté Est, dans les années 1980



Les XVIIIe et XIXe siècles transforment Aguilar en refuge pour maraudeurs et charbonniers tandis que ces lices abriteront bergers et troupeaux d’ovins. Les quelques ornements architecturaux remarquables seront systématiquement pillés et les pierres de parement jadis méticuleusement taillées par les artisans du roi de France seront arrachées des murailles pour servir à l’édification des nombreuses bergeries de la région.

Au début du XXe siècle, les érudits locaux commencent à s’intéresser à l’ancienne forteresse. Classé monument historiques le 2 juillet 1949, le château a connu en 1953, des consolidations qui restent visibles de nos jours, ce qui a permis de conserver certaines parties de l’édifice, notamment l’éperon.

En 1981, l’association «  les amis d’Aguilar » voit le jour.

De 1996 à 1998, Aguilar a fait l’objet d’importants travaux de restauration afin de sécuriser le monument et de consolider plusieurs élévations, pour les deux enceintes et la chapelle.




Le côté Nord/Est  de la forteresse



Longtemps en ces lieux,une  invisible limite commanda aux destinées des hommes. Seuls quelques fantômes de pierres en rappellent aujourd’hui l’existence, Aguilar est de ceux-là !



Dessin de L. Bayrou  1930
















On accédait au château par une ancienne rampe, défendue par une enceinte extérieure dont n’existent que quelques maigres vestiges. On aperçoit en contrebas à l’Ouest, à l’extérieur de l’enceinte du château, les murs de la chapelle romane, dédiée à Sainte Anne. Elle était en effet insérée dans l’aire enclose du village. Elle est relativement bien conservée, la nef de plan rectangulaire d’environ 5x4 mètres. On devine aisément son ancien plan roman et la forme de la voute en berceau, plein cintre, haute à l’époque de quatre mètres. L’abside est voutée en cul-de-four.  L’abside de près de 3 mètres de profondeur, présente deux niches, aménagées dans sa paroi, l’une à côté Epitre, l’autre, côté Evangile.




L’entrée de la chapelle Sainte-Anne située à 25 mètres en
contre-bas de l’entrée de la forteresse, elle occupe un petit
promontoire rocheux dont deux côtés sont à-pic et quasi inacessibles.



Une déclaration du châtelain Pierre de Mirepoix, datée de septembre 1262, fait état d’ornements nécessaires pour la chapelle. C’est vraisemblablement plus tard qu’elle fut consacrée à Sainte Anne qui n’apparait dans le calendrier qu’en 1382. Ce sanctuaire était encore une chapellenie au XVIIIe siècle.




Intérieur de la Chapelle Sainte-Anne, la nef est de plan
rectangulaire d’environ 5 x 4 mètres. L’abside est voutée
en cul-de- four et fait 3 mètres de profondeur ; il y a deux
niches aménagées dans la paroi





Le château est composé de deux enceintes concentriques séparées par des lices qui desservaient des bâtiments aujourd’hui détruits, il reste des vestiges de ces bâtiments de service, tels que des écuries et habitations des sergents. Sur les courtines Nord et Sud, on distingue les vestiges de deux escaliers d’une largeur de 0,80 mètres, qui conduisaient aux chemins de ronde. Dans les lices, il est possible de distinguer parmi les décombres des éléments du chemin de ronde. Dans les lices, il est possible de distinguer parmi les décombres des éléments du chemin de ronde. Il était constitué d’épaisses dalles, larges d’un mètre, soutenues par des corbeaux en forme de quart-de-rond, surmontés d’un bandeau.





A gauche, vestige d’un escalier permettant l’accès à la courtine,
au centre la tour Nord, et à droite trace d’un logement avec escalier





La première enceinte forme un hexagone irrégulier, cantonné à chaque angle de six tours semi-circulaires, elles sont ouvertes à la gorge, afin que tout assaillant qui s’en servait éventuellement emparé soit exposé aux tirs des défenseurs de la première enceinte. Elles ont à peu près toutes les mêmes dispositions, avec des archères à bêche disposées en quinconce très visible sur les niveaux existants. On trouve les mêmes à Peyrepertuse, à Puylaurens ou sur la porte Narbonnaise de la cité de Carcassonne.




Détail d’une archère couverte d’un arc en plein centre



La porte principale, percée dans la courtine Ouest, était défendue par une barbacane semi-circulaire dont il ne reste que les fondations.

La porte du château est en grande partie détruite mais des éléments intéressants restent encore visibles. Elle était protégée par une herse, car sur les deux piédroits un décrochement montre les rainures où elle coulissait.

Côté Est, ces tours sont plus rapprochées les unes des autres en raison de la proximité  de la colline toute proche.




La tour à gorge ouverte Nord/Est



Une rampe d’accès intérieur permet de franchir la deuxième enceinte, elle aussi irrégulière et surélevée de quelques mètres par rapport au niveau du sol de la première.


Le côté Ouest de cette deuxième enceinte, est défendu par quatre grandes archères voutées. La cour donnait accès aux logis et permettait d’atteindre la tour donjon rectangulaire, accessible par le flanc Nord. Son sous-sol était occupé par une citerne encore très visible. Le premier niveau était selon toute vraisemblance, vouté en berceau brisé, comme permettent de le distinguer les arrachements encore visible.




Vestiges de la citerne de la forteresse d’Aguilar



A l’intérieur de cette première enceinte, on se trouve probablement à l’intérieur du château initial du XIIe siècle, bien qu’il y ait de toute évidence des ajouts et des reprises d’époques ultérieures. La base de tours ronde laisse penser que ces constructions, à bossages, doivent être datées au plus tôt du début du XIVe siècle. Vers l’Est, l’enceinte intérieure polygonale se poursuit en s’épaississant pour atteindre une largeur de 2,80 mètre à l’extrémité du réduit, en forme d’éperon. L’utilité défensive d’un éperon, s’explique aisément, s’il est dirigé vers le point d’attaque possible par les assaillants. La force d’un projectile se brise sur les deux surfaces obliques de l’éperon sans ébranler la muraille. Ici, l’éperon a bien été construit du côté le plus vulnérable, où les pentes sont moins raides.


Quant à l’enceinte extérieure, qui a pratiquement disparue, elle correspond à une adaptation des défenses du château, postérieure à cette époque comme l’attestent encore ses meurtrières pour armes à feu.




Les remparts de l’enceinte extérieure, certains murs ont bien
résisté à l’épreuve du temps, 770 ans environs se sont
quand même écoulés depuis sa construction !!






L’intérieur d’une des tours ouvertes à la gorge
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Sam 8 Oct - 22:02


















Voici l’un des gardiens de l’ancienne frontière Franco-Aragonaise, l’une des
plus célèbres forteresses audoises la bien nommée PEYREPERTUSE dans  
les Hautes-Corbières !


Les saisons et les différentes luminosités des journées vous offre un château dans
un écrin d’éternité que sont les roches des falaises des Hautes-Corbières.


PEYREPERTUSE le plus vaste des châteaux dit « cathares » tel un vaisseau de pierre
au-dessus des Hautes-Corbières au Nord, au Sud le Fenouillèdes et la plaine du Roussillon.
C’est sans conteste un site extraordinaire et l’un des plus pittoresques de France !


Du sommet vous avez un panorama sublime sur l’ensemble des ruines et sur les falaises
des Hautes Corbières, et au pied de la forteresse, côté Sud, les villages de Duilhac et
de Cucugnan et côté Nord Rouffiac-des-Corbières.


L’ampleur de ces vestiges, la monumentalité de ses constructions, l’assemblage judicieux
et complexe de ses éléments défensifs en font sans aucun doute le plus remarquable
exemple d’architecture militaire du Midi de la France. une des plus belles réussites des
architectes du Moyen  Âge.



Le pays de Peyrepertuse est fait mention à l’époque de Charlemagne sous l’appellation
Petra Pertusa qui signifie peut être « la pierre percée ou « la pierre trouée ».



Il y a quatre citadelles dite du vertige » celle-ci mérite bien cette démonstration. La forteresse
médiévale de Peyrepertuse semble se confondre avec l’éperon rocheux qui la supporte. Elle
est bâtie à  près de 800 mètres d’altitude couvrant une superficie de 7000m², elle surplombe
un à-pic vertigineux qui a assis sa réputation de citadelle imprenable. Ainsi, le site écrasant
et majestueux des Hautes-Corbières semble t il rejaillir sur ce « Carcassonne céleste »,
dont aucune armée n’a jamais tenté la conquête.


Sa situation géographique, au Sud du Pays Audois, puis la volonté de Louis IX, en
firent une citadelle imprenable à la frontière sud du royaume de France à cette époque.



Cet exceptionnel ensemble médiéval fut l’un des « cinq fils de Carcassonne »
(avec Aguilar, Puilaurens, Quéribus et Termes) qui constituèrent, après la réduction
de l’hérésie cathare au milieu du XIIIe siècle, autant de poste avancés de
Carcassonne face au Royaume d’Aragon puis face à l’Espagne.



Nombreux sont les châteaux qui conservent le souvenir de princesses sacrifiées aux
intérêts de la Couronne, offertes en mariage à des souverains parfois dégénérés, souvent
cruels. Peyrepertuse abrita ainsi la malheureuse Blanche de Bourbon, cousine et belle-sœur
du roi de France, épouse du jeune roi de Castille Pierre Ier, qui quelques heures seulement
après la célébration de leurs noces, le 3 juin 1353 à Valladolid, s’était envolé pour rejoindre
une jeune maitresse Maria de Padilla. Humilie et délaissée, Blanche de Bourbon trouva refuge
à Peyrepertuse, y cherchant le réconfort dans la prière à sa triste destinée de femme sans
époux et reine sans couronne. Plus tard, Blanche rentra en Castille, un  breuvage empoisonné
abrégea son calvaire. Elle mourut en se recommandant à  Dieu en 1361.












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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 13:57




La plus ancienne mention connue d’une forteresse à Peyrepertuse date de 1020, le château appartient alors au comte de besalú (petit pays situé en Catalogne entre Figueras et Olot). Ce comte, nommé Bernard Taillefer, se noya dans le Rhône en 1020, alors qu’il était parti négocier le mariage de son fils en Provence. La construction du château, laisse à penser qu’elle daterait de la fin du Xe siècle. Lorsque débute la croisade contre les Albigeois, Peyrepertuse appartient encore officiellement aux souverains espagnols.  Son seigneur Guillaume de Peyrepertuse y accueillie les cathares fuyant les troupes de l’inquisition. En 1217, Guillaume est contraint de faire allégeance au chef des croisés Simon de Montfort. Cependant, il ne respecte pas sa parole, accueillant dans sa forteresse encore des cathares, ce qui lui vaudra deux excommunications, la première en 1224 et la seconde en 1229, et va jusqu’à occuper le château voisin, celui de Puylaurens, ce qui lui donne le contrôle de tout la Fenouillèdes.


Lorsque Carcassonne sera pris par les troupes de Saint Louis (Louis IX) en 1240, Guillaume acceptera enfin de se soumettre en novembre 1240 et de livrer la forteresse de Peyrepertuse, entretemps vendue pour des raisons inconnues par la maison d’Aragon à la France. en effet, la citadelle qui appartenait à  cette époque au régent du royaume d’Aragon, le comte du Roussillon Nuno Sanche la vendit pour une somme considérable (20 000 sols melgoriens) en 1239 au roi de France Louis IX (Saint Louis).









La forteresse face sud





La forteresse sera gérée par Jean de Belmont, alors chambellan du roi, qui poursuivra le reste de l’armée de Trencavel à travers les Corbières après leur échec du siège pour reprendre Carcassonne en 1240.


Dès 1242, le roi impose d’importants aménagements, ne se contentant pas des atouts défensifs du site naturel de Peyrepertuse, il renforce son dispositif de fortifications, désormais articulé en une partie basse et une partie haute.


Devenue officiellement l’une des plus belles citadelle militaire royale en 1258 avec le traité de Corbeil, Peyrepertuse veilla durant quatre siècles, sans être jamais mise en danger, à la préservation de la frontière pyrénéenne du royaume de France.

En 1285, le château sert de résidence forcée à  des notables de Perpignan, hors de la guerre de Philippe III le Hardi (1245-1285) contre les Catalans.



Peyrepertuse accueille un hôte prestigieux pendant l’hiver 1367-1368, le roi de France Charles V le Sage (1338-1380) accorda l’asie au château à Henri de Trastemare, prétendant au trône de Castille. Ce dernier avait guerroyé contre le Prince  Noir et son demi-frère Pierre Ier le Cruel, l’époux de Blanche de Bourbon, pour obtenir la couronne de Castille et avait perdu la bataille de Navarette. Deux ans plus tard, en 1369, avec l’appui des Français, Henri se lança de nouveau à l’attaque et parvint à vaincre en faisant assassinné son frère Pierre. Il se fit couronner roi de Castille sous le nom d’Henri le Magnifique.



L’année 1542, Jean de Graves, seigneur de Sérignon, s’empare de Peyrepertuse au nom de la Réforme (parti protestant), il sera pris et exécuté avec quatre complices.











Voici le sentier qui mène à la forteresse Peyrepertuse,
ça monte !!  Mais votre effort sera récompensé









Un millier d’hommes pouvait cantonner à Peyrepertuse. Ils se retirèrent progressivement après la signature du traité des Pyrénées le 7 novembre 1659 dans l’île des Faisans sur la Bidassoa, Mazarin  et don Luis de Haro bouleversèrent ainsi le destin de Peyrepertuse en signant ce traité. Le recul de la frontière espagnole consécutif à la signature du traité, entraîne le déclin progressif du château, jusqu’à son abandon définitif à la révolution française. Peyrepertuse sera vendu comme Bien National en 1820.


En 1908, les ruines furent classées Monument Historique.


En 1950, commenceront les premières campagnes de consolidation de la forteresse qui a beaucoup souffert es intempéries.






Vue aérienne d’Est/Ouest au premier plan l’enceinte basse,
cette photo permet  de juger de l’étroitesse du site avec
ses falaises impressionnantes







En 1970, le regain d’intérêt pour  l’histoire du Languedoc porta Peyrepertuse au-devant du grand public.


De ce fait, 1973 verra l’aménagement d’une route d’accès, la commune de duilhac propriétaire du château organisa l’ouverture du monument au public et l’accueil sur le site.













Plan de situation pour vous repérer, ensemble du site de Peyrepertuse,
à droite l’enceinte dite basse, au centre de l’enceinte dite médiane et
à gauche San Jordi dit château Saint Georges.
(Le nord se trouve en haut).






Ensemble fortifié de 60 m de large et de 300 m de long, cela représente une superficie de deux hectares et demi, composé de trois châteaux érigés sur l’arête rocheuse. L’enceinte basse, l’enceinte médiane, et la partie la plus élevée appelée le donjon, est construite sur le vertigineux Roc de San Jordi (796m) datant de Louis IX. On y parvient par un escalier taillé à même le roc appelé l’échelle de Saint Louis. Formidable place forte, elle constituait une protection naturelle redoutable. Vraisemblablement, elle ne fut jamais assiégée.






Vue aérienne de San Jordi côté Nord, vous comprenez mieux
pourquoi Peyrepertuse fait partie des citadelles du vertige













L’intérieur de l’enceinte basse au pied des contreforts de
l’église Sainte Marie, au fond l’éperon Est





A l’angle nord-ouest se trouvent la porte d’entrée et ses dispositifs de défense. L’enceinte basse est triangulaire, protégée côté nord par une muraille de cent vingt mètres de long, flanquée de deux tours semi-circulaires ouvertes à la gorge. Le chemin de ronde à larges dalles est presque intact. L’enceinte se termine à l’est par un éperon destiné à dévier les coups des pierrières, véritable proue donnant à Peyrepertuse l’aspect de vaisseau qui le caractérise. Dans cette enceinte, le donjon vieux édifié avant la Croisade occupe le sud-ouest de l’enceinte. Il se compose de deux bâtiments axés Est-Ouest, autour d’une cour fermée par des courtines percées de poterne avec assommoir.






Cette vue aérienne de l’ensemble côté Nord est splendide,
on voit le chemin menant à la porte d’entrée au centre,
à l’extrémité de la longue muraille






Entrée de la Forteresse côté Nord





Porte d’entrée de la citadelle, reconstitution de la herse fermant la
barbacane






Vous venez de franchir la barbacane de la porte d’entrée, sur le côté
droit, les contreforts du Donjon Vieux, la porte qu’on aperçoit
débouche dans la cour du logis du Gouverneur, accolé à cette
muraille à droite tangent à la demi-tour, se trouve l’église Sainte Marie.





Le premier corps de bâtiment est l’église Sainte-Marie antérieure à 1115. C’est un édifice du XIIe siècle et XIIIe siècle, remanié au XIVe siècle.  Son abside en cul-de-four était percée de quatre fenêtres.





Détail du chemin de ronde de la muraille nord




La nef était couverte d’une voute en berceau brisé. Des fouilles récentes ont dégagés l’autel, le chœur et des sépultures. Le deuxième bâtiment est un logis dit « logis du gouverneur » avec deux pièces voutées et superposées à l’Est, se terminant par une tour semi-circulaire percée de meurtrières.





A gauche : Le chœur de la nef Sainte Marie
de Peyrepertuse est un édifice roman long de 14 mètres et
large de 5,60 mètres, l’abside voutée en cul-de-four avec
son autel taillé dans le rocher

A droite : les contreforts de l’église





En tout, il y avait quatre citernes qui alimentaient le château, l’une se trouvait dans l’église, l’autre dans le logis au sein de la tour ronde à l’angle sud-ouest et les deux dernières à San Jordi.






Porte à herse et contreforts du Logis du Gouverneur





Vues de la porte d’accès au Logis du Gouverneur















La partie médiane entre San Jordi et le château bas





Une porte en plein cintre, avec assommoir et herse, relie l’enceinte basse à une enceinte médiane. Une tour de guet se dresse en bordure sud-est de l’à-pic, tandis qu’une construction polygonale occupe le centre de l’enceinte.






Enceinte médiane de San Jordi






La porte débouchant du Donjon Vieux dans l’enceinte médiane





De l’enceinte médiane un petit coup d’œil vers l’Est, pour apercevoir
la porte Est du Donjon Vieux et la tour maitresse  accolée
au Logis du Gouverneur














San Jordi dit château Saint Georges





En 1242, Saint Louis ordonne la réalisation de l’escalier qui porte son nom aujourd’hui, avec une soixantaine de marches irrégulières taillées dans le flanc Nord du rocher, mène au château de San Jordi. On y pénètre par le versant Nord par une porte en chicane percée dans la courtine flanquée d’une tour demi-circulaire. A l’intérieur, des bâtiments s’y adossaient, éclairés par quelques  fenêtres à coussièges. Au sud-ouest la chapelle San Jordi domine l’à-pic. Le donjon de San Jordi est construit dans les années 1250-1251.





Le vertigineux escalier dit de Saint Louis taillé à même la roche du
flanc Nord. 60 marches pour accéder à San Jordi, escalier
construit vers 1242.








L’escalier de Saint Louis vu des remparts de San Jordi




San Jordi aurait été construit en vue de résister à un assaillant qui se serait emparé de la citadelle inférieure.


Du château, la vue s’étend du Pech de Bugarach à la Méditerranée. La descente s’effectue par l’escalier de Saint-Louis en longeant le côté Nord de l’enceinte médiane. Ses murailles percées de meurtrières avec latrines, épousent les bords déchiquetés du plateau qui la supportent.







A gauche : l’entrée de San Jordi
A droite : encore les escaliers pour pénétrer dans
le banc de veille de San Jordi





S’il fut vulnérable aux assauts de l’homme, Peyrepertue ne le fut pas à ceux des intempéries qui le dégradèrent fortement. Mais le monument fut restauré en 1952 ; une route en facilitant l’accès fut tracé en 1970. Le château est régulièrement entretenu par des campagnes de restauration.






On vient de franchir l’entrée de San Jordi






A gauche : l’intérieur de l’enceinte du Donjon  San Jordi
A droite : une fenêtre à coussiège caractéristique du
Moyen Âge dans le donjon San Jordi.
Les corbeaux du haut supportaient le chemin de ronde
et ceux intermédiaire devaient supporter un plancher









Le point culminant de Peyrepertuse, vue d’ensemble
prise  du Donjon de San Jordi












Voici une rapide datation des événements marquants de Peyrepertuse :




• 1020  La première mention d’un château sur le site
• 1073  Hommage de Bérenger pour le château de Peyrepertuse
• 1111  Peyrepertuse est la possession des comtes de Barcelone, l’année suivante Aymeri de Narbonne en est le souverain.
• 1115  Donation de l’église Sainte-Marie de Peyrepertuse au prieuré de Serrabonne
• 1162  La forteresse comme tout le Roussillon passe au royaume d’Aragon
• 1209  Début de la Croisade contre les Albigeois
• 1213  Bataille de Muret, mort de Pierre II d’Aragon
• 1215  Prise de Toulouse par Simon de Montfort qui est proclamé duc de Narbonne, Fenouillédès et le Pérapertusès
• 1217   Guillaume de Peyrepertuse fait allégeance (non tenue) à Simon de Montfort
• 1229   Traité de Meaux. Soumission de Raymond VII. Guilhem de Peyrepertuse reprend la lutte, il est excomunié
• 1239   l’Aragon vend Peyrepertuse à Louis IX (Saint Louis)
• 1240   Reddition de la forteresse à Louis IX, expulsion de la famille Peyrepertuse
• 12040-1258 Construction du second château dans la partie haute de la Forteresse
• 1255 Prise de Quéribus, un de derniers lieux encore indépendant
• 1270 Mort de Louis IX (Saint Louis)
• 1285 Des notables de Perpignan sont emprisonnés à Peyrepertuse lors de la Croisade contre les  Catalans
• 1355 Le château est mis en état de défense
• 1367-1368 Le roi de France Charles V, autorise Henri de Trastamare à se réfugier au château de Peyrepertuse après la défaite de Navarette
• 1404 visite épiscopale de l’église et de la chapelle du château
• 1580 Le château est pris par les Protestants. Leur chef, Jean de Graves est pendu la même année
• 1659 Le traité des Pyrénées marque le rattachement du Roussillon à la France
• 1789 La place est abandonnée
• 1930 Redécouverte du site







Passages sous les contreforts, les murailles
se fondent avec la roche en place







Logement où se trouvaient, évier, ancienne poterne et les latrines
on remarque que le rocher n’a pas été arasé au sol













Dans l’enceinte médiane, un spectacle de fauconnerie est présenté pendant les mois de juillet et août.





Le fauconnier Patrice Potier issu de la grande école du Puy-du-fou,
vous fera découvrir les plus rares et les plus belles espèces de
rapaces à travers leurs évolutions dans leur environnement naturel




















Tous les ans ça festoie à Peyrepertuse, une grande fête médiévale est organisée au château de Peyrepertuse, avec des reconstitutions de combats médiévaux d’une grande qualité, en costume d’époque.










Vous pourrez découvrir au sein de la forteresse une garnison militaire tout droit revenue du Moyen Âge. La compagnie des frères d’Arme composée de 15 militaires installe son campement dans l’enceinte du château.




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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 14:28







(source : www.payscathare.org)




PUILAURENS,  un autre site prestigieux et vertigineux !


Une autre sentinelle des Pyrénées, qui est une des plus belles, des plus
fascinantes car c’est une des mieux conservée et elle est située dans
un cadre verdoyant, des forêts à perte de vue, mais toujours très  haut perché.



Entre parenthèse : pour éviter de confondre
avec le village de Puylaurens qui se trouve dans le Tarn, l’orthographe du château
de Puylaurens a changé et c’est désormais PUILAURENS.



La construction d’un château aussi imposant que Puilaurens peut surprendre dans un
environnement aujourd’hui entouré de vastes espaces naturels, à l’écart des grands
axes de communication, c’est ce qui fait en autre, son charme !


En fait, les chemins et petites routes qui l’entourent sont d’anciennes voies qui eurent
une certaine importance, notamment sur le plan militaire. Pendant quatre siècles,
Puilaurens fut en effet la forteresse la plus méridionale du royaume de France.


Ce château surplombant le village de Lapradelle-Puilaurens en à-pic est très bien
conservé. De loin, les pierres claires de la muraille d’enceinte qui suit le relief de
la crête ressemble à une broderie  piquée dans l’épaisse toison sombre de la forêt des Fanges.


Cette forteresse a été construite sur un piton rocheux, le mont Ardu qui culmine
à 697 mètres, aux flancs escarpés tout comme ces « sœurs ». ce château fort médiéval
de Puilaurens domine la vallée de la Boulzane, celle-ci descend du haut Fenouillèdes où
se situe l’ancienne frontière entre les royaumes de France et d’Aragon (puis d’Espagne)
dans les Pyrénées Orientales. C’est pour s’opposer à ce puissant voisin que les rois de France
firent édifier au cours du XIIIe et XIVe siècles, les imposantes fortifications  dont nous
pouvons admirer aujourd’hui les vestiges.












SOURCES :

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(texte et images,avec l’aimable autorisation du propriétaire
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 19:18






Château de Puilaurens  face Sud / Est, qui émerge de
la végétation luxuriante de cette contrée








De ce nid d’aigle, le premier occupant connu est en 1217, un certain Pierre Catala, vassal du vicomte de Fenouillet, qui figure comme témoin dans les actes de Guillaume de Peyrepertuse.


Le nom de Puilaurens est associé à ceux de Quéribus, de Peyrepertuse, d’Aguilar et de Termes( les cinq fils de Carcassonne), hauts lieu de l’hérésie cathare qui eurent tous à subir les assauts des croisés menés par Simon de Montfort. Bien qu’elle constitue un refuge pour nombre de cathares, cette forteresse resta longtemps à l’écart des armées croisées. Aucun épisode militaire notable ne s’y déroule durant cette période. Le rattachement de Puilaurens à la Couronne n’est pas consécutif à un siège, mais au traité de Paris signé par  le roi de France Louis IX et le comte de Toulouse Raymond VII en 1229.




En 1242, le château est maintenu par Roger Catala, fils de Pierre.






L’environnement verdoyant où se situe ce château sublime



Puilaurens était un fief Cathare.


Rappel : les cathares, pacifistes convaincus, n’ont jamais construit ces citadelles qu’on leur attribue par abus de langage. Propriétés de seigneurs occitans qui les prenaient sous leur protection tout en défiant les croisés, ces forteresses  médiévales étaient leur seul refuge. D’ailleurs Puilaurens ne fait pas exception, puisqu’en 1229 le cathare Guilhem de Peyrepertuse trouva refuge dans la citadelle ainsi qu’un groupe de cathare en 1240. En 1241, le diacre cathare du Fenouillèdes, Pierre Paraire y séjourne.



La forteresse ne sera jamais prise par Simon de Montfort.


La croisade  contre les Albigeois permet au roi de France  Louis IX (1214-1270) connu sous le nom de Saint-Louis, d’intégrer au royaume de nombreuses possessions méridionales, Puilaurens devient à cette occasion une forteresse royale.





N’est-il pas majestueux ce château de Puilaurens, c’est le plus beau !




Contrairement à  la forteresse de Peyrepertuse, le château de Puilaurens dut faire face à plusieurs sièges au cours de son histoire. Retranchées derrière d’épais murs d’enceinte, bénéficiant de remarquables atouts défensifs naturels, les garnisons françaises triomphèrent le plus souvent de leurs ennemis hispaniques. Ainsi en fut-il notamment en 1473 et en 1494. Mais l’édifice n’était pas invulnérable et, en 1635, 800 espagnols en armes parvinrent à s’en emparer. Profitant de l’absence du gouverneur de Puilaurens, Henri Montserrat du Vivier, l’armée espagnole dirigée par Don Felipe de SÎlva pénétra dans les lieux sans rencontrer de réelle résistance.




Voici le chemin  aménagé en sentier botanique que vous
emprunterez au début pour accéder à ce site magnifique.




Le catharisme à Puilarens


Un petit rappel pour être dans le contexte de l’époque : le catharisme est une dissidence chrétienne touchant l’Europe dès l’An Mil. Pour les cathares, l’âme est emprisonnée sur terre par le diable. Elle ne peut se libérer qu’en recevant l’esprit Saint, grâce au baptêùe par imposition des mains, appelé « consolament » en occitant.



Au début du XIIIe siècle, devant l’influence grandissante du catharisme au sein de l’aristocratie méridionale, la Papauté déclencha la Croisade contre les Albigeois. Après plus de vingt ans de combats, le comté de Toulouse et le vaste comté de Carcassonne furent annexés au royaume de France.






La voie vers le château comme si vous étiez ! Vous allez
emprunter des anciennes calades (chemins pavés de pierres)




Après la défaite occitane, « l’Eglise des Bons Chrétiens » devint un mouvement clandestin contre lequel le pape institua l’Inquisition. Ce tribunal religieux chargé de la répression systématique de l’hérésie, se donna pour objectif d’éliminer en priorité les membres du clergé cathares, désignés sous le nom de « Parfaits ». les contrées montagneuses, comme le Fenouillèdes constituèrent alors des abris sûrs pour les cathares en fuite. Mais au début du XIVe siècle, la répression et les bûchers vinrent définitivement à bout du catharisme occitan.



En règle générale, l’aristocratie du Fenouillèdes est favorable à l’hérésie. La vicomté de Fenouillet dont relève le château de Puilaurens, était tenue par les Saissac, famille notoirement hérétique venue du Nord de Carcassonne. Les registres de l’Inquisition mentionnent, dans les années 124, la présence d’une communauté cathare structurée à Puilaurens et dans les châteaux voisins. Dans les inexpugnables châteaux du Fenouillèdes, chevaliers dépossédés entrés en rébellion (appelés « Faydits » en occitan) se mêlent les prédicateurs cathares traqués par l’Inquisition. Une à une, le plus souvent par reddition, ces places fortes tombent aux mains du roi de France, contraignant les réfugiés qu’elles abritaient à se disperser et à fuir.





Les murailles du château…. A l’extrême gauche,
la tour du Sud-uest dite de la Dame Blanche






Croquis explicatif en rapport avec la photo précédente





Sachez aussi, que le terme Cathare était rarement employé au Moyen Âge et toujours de façon péjorative, ce mot s’est répandu au cours du XXe  siècle pour désigner une certaine catégorie d’hérétiques médiévaux. A l’époque, ceux que nous appelons aujourd’hui « cathares » se désignaient eux-mêmes comme étant les « Bons Chrétiens ».



Quant au nom « Parfait », ce terme technique a été créé par l’Inquisition médiévale pour désigner l’hérétique « achevé », « complet », c’est-à-dire celui qui a reçu le « consolament ». Les Parfaits constituaient, en quelque sorte, le clergé des cathares, la réception du sacrement les différenciant du simple croyant.





Le premier mur des chicanes, c’est un accès unique que
l’on ne trouve pas sur les autres sites des châteaux
.







Vous approchez de l’entrée en serpentant entre les chicanes empierrées


Le château de Puilaurens est cité dans des documents datant de la deuxième moitié du Xe siècle, notamment en 958 dans une charte où Lothaire concède à l’Abbaye Saint-Michel de Cuxa la prévoté de Puilaurens qui est composé de la vallée de la Boulzane ou Vallée de Sainti-Croix. Le document mentionne aussi la présence d’une église Saint-Laurent servant de refuge fortifié et perché d’époque carolingienne. Le nom de Puilaurens apparait aussi dans une bulle datée de 958, émanant du pape Jean XV. On ignore cependant à peu près tout du château de cette époque, si ce n’est qu’il est rattaché à la vicomté de Fenouillèdes, « le Pays des foins », dont le vicomte est suzerain du comte de besalú.



On remarque de nombreuses traces sur les murs, une importante partie des bâtiements accolés aux murailles devait être consacrée au stockage.

Outre les armes et les munitions (carreaux d’arbalète), il était nécessaire qu’en cas de siège, la place soit bien pourvue en vivres.


L’intendance royale gérait  depuis Carcassonne l’approvisionnement des garnisons de la frontière en denrée pouvant être conservées.


Ces réserves étaient surtout constituées de blé, en grain ou en farine et de viande salée, principalement du porc. Les fouilles archéologiques ont aussi livré des traces de consommation de mouton et de chèvres plus rarement de bovin ou de gibier, volailles et lapins, élevés sur place amélioraient ponctuellement l’ordinaire





Sur cette photo, on voit très bien la succession des murs
qui se superposent, matérialisant ces chicanes




Au XIIe siècle, le comté de Besalú disparait au profit du comté de Barcelone et Puilaurens devient alors possession espagnole. Lorsque le royaume d’Aragon est fondé en 1162, Puilaurens et plus généralement le Fenouillèdes se retrouve en position de marche-frontière. Ils seront rattachés à la couronne de France en 1255, après les succès de la croisade contre les albigeois (1208-1229). Puilaurens devient alors le plus méridional des châteaux du royaume français.


Au cœur de la rivalité franco-espagnole, le roi de France, Louis IX, ordonne en août 1255 au sénéchal de  Carcassonne la consolidation du château, édifié dans un site en tous points stratégiques. En 1258, le château devient le siège d’une garnison royale après le traité de Corbeil. En 1259, cette garnison forte de 25 hommes est placée sous les ordres d’Odon de Montreuil. Du haut de son piton rocheux, Puilaurens surveille la valléedela  Boulzane qui constitue une importante voie de communication entre la France et l’Espagne. Philippe le Hardi (1270-1258) et Philippe le Bel (1285-1314) renforceront encore, au cours de leur règne, le caractère défensif de Puilaurens. De ce fait, ces mesures ne furent pas  inutiles, car la forteresse eut à subir de nombreux assauts. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, Puilaurens doit ainsi repousser plusieurs incursions menées par les Aragonais, comme en 1362 ou en 1376.







Voici un croquis, pour mieux comprendre l’accès  au château
au travers de cette succession de chicanes.
Ces chicanes sont percées d’ouvertures par endroit pour permettre
le tir d’armes à feux, ce qui permet de protéger la montée. Ce système
défensif correspond essentiellement aux dernières phases d’aménagement
de la forteresse. Comme vous pouvez le remarquer sur le plan, ces chicanes
d’accès sont sous le contrôle de la tour Ouest et du chemin de ronde
de l’enceinte supérieure



Un siècle plus tard, la guerre entre ces deux royaumes est réactivée du fait des visées expansionnistes du roi de France Louis XI qui parvient à étendre son royaume en conquérant le Roussillon et la Cerdagne au détriment du roi Jean II d’Aragon.

Aux XIVe et XVe siècles, les trêves entre l’Espagne et la France ne sont pas synonymes de paix pour Puilaurens qui peut redouter alors les attaques des Grands Compagnies. Echappant rapidement à tout contrôle, ces troupes de mercenaires levées par les princes durant la guerre de Cent Ans ravale le sud de la France. Puilaurens, situé dans une région riche et fertile, repousse les assauts en 1362, en 1375, en 1381, en 1438 et 1439.  


Dans la seconde moitié du XVe siècle, Charles VII (1422-1461) parvient enfin à disperser ces troupes de mercenaires.






Ca y est enfin, la voilà, la porte d’entrée principale couverte par un arc
surbaissé masquant un assommoir. Cette porte est très bien conservée.
Assommoir : conduit aménagé dans l’épaisseur de la muraille, servant
à lancer des projectiles




Après la disparition des Grandes Compagnie, d’autres troupes se présentent devant les fortifications de Puilaurens, restaurée au début du XVIe siècle. Entre 1635 et 1639 la guerre du Roussillon entre la France et les Espagnols fait rage. En 1635, l’assaut victorieux des Espagnols, plus de vingt avant le traité des Pyrénées qui marquera la fin de l’importance stratégique, sonne le glas de cette réputation de forteresse imprenable. Celle-ci reposait d’abord sur l’escarpement du site, comme Peyrepertuse, limitant les voies d’accès et facilitant donc leur contrôle. Aujourd’hui encore on accède à Puilaurens par un abrupt et étroit sentier qui, à proximité du château, fait place à un chemin d’accès en chicane bordé de murs épais percés de meurtrières. L’extrémité du chemin se heurte à une porte à assommoir qui s’ouvre sur une souricière carrée, marquant l’entrée dans la première enceinte. Cette enceinte délimite le château inférieur ou basse-cour, où se trouvent quelques bâtiments, dont une citerne. En empruntant une passerelle de bois, on accède par une nouvelle porte à assommoir à l’intérieur d’une seconde enceinte, qui domine la précédente d’environ 8 mètres. Cette partie haute du château s’organise autour d’une tour carrée habitable et d’une autre citerne.





Autres vues de la porte d’entrée principale Sud à assommoir




La signature du traité des Pyrénées en 1659 ôte tout rôle militaire au château, prélude à une longue période d’oubli.


En 1790 abandon définitif du site de Puilaurens à la Révolution. Il fut un temps transformé en prison.


Il est aujourd’hui, propriété de la commune. Il a été classé monument historique le 12 août 1902.


Depuis son sommet vous pouvez aussi apercevoir, le pic de Bugarach, point culminant des Corbières






Vous voici dans la cour entourée de courtines crénelés où court le
chemin de ronde. Les murailles ont conservé leur hauteur primitive
et cas assez rare, l’essentiel de leur crénelage et de leur chemin de ronde.
Au fond, on aperçoit la poterne Sud / Est et à droite, la muraille
Sud et le tour Sud




L’état de ruine actuel du château  n’est pas le fait d’une destruction brutale mais plutôt d’un manque d’entretien chronique, suivi d’une récupération des matériaux dès l’abandon effectif de la forteresse au début du XIXe siècle. Toutes les dalles de chemin de ronde, ont été prélevées par les gens du pays et réemployées, les murs fragilisés ont alors subi pleinement l’assaut des intempéries. Plusieurs campagnes de fouilles ont eu lieu dans les années 1990 qui ont amélioré la lisibilité et la compréhension du site.


Le paysage environnant le château a beaucoup changé depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La disparition des troupeaux de chèvres et de moutons, conséquence de la désertification rurale, a entrainé un développement considérable de la forêt qui couvre aujourd’hui une superficie rarement atteinte au cours des siècles précédents.





La partie ouest avec l’accès au donjon




La porte d’entrée principale derrière laquelle a été aménagée au XVIIe siècle
une souricière carrée que vous pouvez voir ici percée de meurtrières pour
tirer sur l’ennemi. Au-dessus, la rampe d’accès au château supérieur et au donjon.






QUELQUES DEFINITIONS :



Archère :
fente verticale aménagée dans le rempart permettant de tirer en restant protégé. Le terme meurtrière, plus général, correspond mieux aux ouverture coures et carrées destinées aux armes à feu.

Courtine : portion de rempart entre deux tours

Poterne : petite porte dérobée placée dans un endroit peu exposé


Corbeau :
pierre en saillie destinée à soutenir une corniche ou une poutre


Boulin : pièce de bois amovible engagée horizontalement dans la maçonnerie. Les boulins servent en général de support aux échafaudages.


Mortier de chaux :
les différents types de chaux sont tous obtenus à partir de pierre calcaires chauffées à haute température dans un four adapté. La chaux, mêlée de sable ou de gravier et d’eau, constitue un mortier assurant une excellente cohésion des maçonneries de pierres.


Mortier de tuileau : mélange de chaux et de fragments de briques ou de tuiles broyées. Ce mélange favorise la solidité et le séchage de l’enduit dans le milieu clos des citernes. Reconnaissable à sa couleur rose caractéristique. Il est maitrisé depuis l’antiquité







La cour basse est longue d’une soixantaine de mètres pour une largeur
maximale de 25 mètres. Les murailles hautes de 8 à 10 mètres suivent
parfaitement les contours de la falaise, elles ont une épaisseur constante
de 1,20 mètre, au fond la poterne Sud-Est





Une superbe vue aérienne du château de Puilaurens face Nord vous
permet de constater que son environnement est effectivement verdoyant !






La face Sud du château de Puilaurens, bel ensemble qui
vous permet de voir aussi les chicanes






La muraille et la tour Sud, en arrière-plan, la montagne Estable
et son pic qui culmine à 1495 mètres.






Au pied de la poterne Nord, les archéologues ont mis au jour ici une citerne
extérieure d’environ 25 m³ alimentée par l’eau de pluie






La tour de la Dame Blanche constituée de pierres à bossage
très caractèristique au Moyen Âge






L’intérieur de la tour Sud – Est, on remarque parfaitement les
encorbellements supportant un plancher autrefois





Tour Sud –Est,  gros plan sur la ceinture de « corbeau » pouvant
supporter un plancher




[URL=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=967973puilaurens26.png]

Les pierres ayant servis à la construction de ces forteresses du vertige,
proviennent pour la grosse majorité, des sites proprement dit où elles sont érigées.

A gauche : vous pouvez voir un croquis de la façon dont ces
pierres étaient extraites de la montagne au Moyen Âge

A droite : une courtine, espace étroit de circulation
dans le château supérieur.







Voici l’état de conservation et les détails architecturaux intéressants du
château supérieur pour les amoureux des vieilles pierres.  Les fenêtres
relativement larges du premier niveau marquent le caractère
résidentiel du bâtiment disparu






L’entrée et l’intérieur de la Tour de la Dame Blanche





Tour de la Dame Blanche : plafond vouté sur croisée d’ogives retombant
sur des culots prismatiques et une clé cruciforme, de la salle basse,
cet espace est muni de deux archères. La tradition du pays affirme que
cette salle est la chapelle, dédiée, nous le savons par un texte, à
Saint Louis, à cause sans doute de la clé cruciforme de la croisée d’ogives.
En fait, rien ne prédispose cet espace à une destination particulière.
L’emplacement de la chapelle demeure à ce jour indéterminé






Photo des mâchicoulis Ouest, on aperçoit aussi la saignée porte-voix
creusé dans la paroi reliant les deux niveaux de la tour de la Dame Blanche,
ce qui est très rare, et fermée par une grille, des latrines. On est sur la
partie la plus ancienne du château peut-être antérieur au XIIIe siècle






Une photo aérienne dénichée montrant le château de Puilaurens côté Ouest,
ce qui permet de voir, que cette muraille suit parfaitement le profil de la
montagne, c’est le savoir-faire médiéval.







Puilauren et son donjon avec en avancé la Tour de la Dame Blanche





Lapradelle et le château de Puilaurens
A gauche : en 1920
A droite : en 1965






Lapradelle et le château de Puilaurens en 1900, à cette époque,
on lavait le linge dans la Boulzane
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 19:45











QUERIBUS, un autre site prestigieux et vertigineux!


Une autre sentinelle des Pyrénées qui vaut le détour dans une région
magnifique, l’AUDE.




Le territoire cathare en l’occurrence l’Aude avec ses nombreux châteaux
médiévaux ont de plus en plus la cote ! Outre les lieux extraordinaires
puisqu’ils font partie du « pèlerinage cathare ». l’histoire tragique qui vit
le triomphe sanglant de la force brutale et sectaire passionne et les
« traces » indélébiles sont là pour témoigner de ce passé historique
qu’il faut sauvegarder et respecter.



Le château de Quéribus qui est l’un des « cicnq fils » de Carcassonne avec
Peyrepertuse, Termes, Aguilar et Puilaurens.



Quéribus avec son célèbre donjon polygonal du « rocher du buis » domine
l’horizon au-dessus de la vallée de Cucugnan dans le Fenouillèdes.



La stratégie féodale consiste alors à contrôler, par vassaux interposés, une
chaîne de forteresses qui protègent le comté de Carcassonne. Elles sont ainsi
une demi-douzaine à verrouiller l’accès à la Cerdagne. Quéribus, qui surveille
aussi la plaine du Roussillon, mais aussi Aguilar, Peyrepertuse, Puilaurens, Termes…


Longtemps, la menace vint de la mer et nombre de citadelles furent comme des
tours sarrasines surveillant l’horizon. Puis les forteresses s’intégrèrent dans un
ensemble politique que les mariages et successions construisirent autour de
Barcelone, de l’Aragon et de la Provence. Quéribus était une des places qui
défendaient au nord ce grand domaine ! Quéribus était une citadelle audacieuse,
un poste d’observation étonnant par sa forme.



Quéribus, forteresse perchée sur un piton rocheux, dominant les Corbières et
la plaine du Roussillon, ce château fut le dernier lieu de résistance active ces
cathares. L’on a surnommé ce château de plusieurs noms comme : le donjon
des Pyrénées, le phare pyrénéen, la vigie de Quéritubs, la sentinelle des
Corbières ou encore on le compare à un « dé posé sur un doigt » car il est
intimement soudé à son pog (piton rocheux). Quéribus est le mieux conservé
et le plus inaccessible des châteaux frontières des Corbières. Depuis cette
véritable citadelle du vertige, le regard porte jusqu’aux courbes bleues de
la Méditerranée, aux neiges du Massif du Canigou et au château voisin Peyrepertuse,
distant d’une dizaine de kilomètres.


Gardien d’immensité, depuis plus de 1000 ans le château de Quéribus veille
sur l’ancienne frontière franco-aragonaise.






le château côté Nord - Est





SOURCES :
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(texte et images avec l’aimable autorisation du propriétaire
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 22:49





Le premier château fort de Quéribus  a vraisemblablement été érigé au Ve siècle, par les Wisigoths devenus alors maitres d’un royaume que leur concéde l’empereur romain Constance III. Le nom de Quéribus apparait pour la première fois en septembre 1020, sur le testament de Bernard Taillefert, comte de Cerdagne et de Besalú (Besalú est une commune  espagnole de la province de Gérone, en Catalogne, dans la comarque de Garrota). Dans ce testament Quéribus est mentionné sous le nom de Cherbucio qui pourrait signifier : lieu habité sur la roche.


Bernard Taillefert de retour d’un voyage en Provence, a fait avec sa monture une malencontreuse chute dans le Rhône et, entrainé par son équipement, n’a pu éviter la noyage. Son fils ainé, Guilhem hérite de Quéribus.







Impressionnante cette citadelle, faisant partie intégrante
avec la roche





Des textes anciens nous apprennent que, Bérenger, vicomte de Narbonne rendit en 1066, hommage à Guilhem, comte de Besalú, pour le château de Quéribus, dont la femme, Garsinde, avait reçu en dot le domaine utile (les revenus) de son père Bernard Taillefert.


Jusqu’en 1111 la situation ne changera pas.


Le comte de Barcelone, Raymond Bérenger III étendit encore ses possessions en 1112 par son mariage avec Douce, héritière des comtés de Provence et de Gévaudant, et en 1117 par le legs du comte de Cerdagne mort sans descendance. Dès lors, le château de Quéribus, dont le domaine utile avait été confié à Aymeri, vicomte de Narbonne, fit partie d’un puissant ensemble territorial rassemblant les vastes possessions des quatre maisons comtales de Barcelone, Besalú, Cerdagne et Provence.








Sentier menant au château, contrairement aux autres forteresses,
l’accès ici est plus dégagé, moins ombragé, ce qui vous permet
d’admirer la vue au fur et à mesure de votre ascension.
(information : la montée est plus facile que celle pour accéder
au château de Peyrepertuse ou Puilaurens).








A gauche : le donjon vu de l’Est
A droite : la tour de l’escalier sur sa face Sud




Après être rentré en possession des biens de son père, Raymond Bérenger IV, comte de Barcelone, épousait en 1137 Pétronille, héritière du royaume d’Aragon. En 1162, leur fils Alphonse en devenait roi. Le Fenolhedès et le Pérapertusès constituaient la frontière septentrionale aragonaise.


En 1140, Bérenger de Peyrepertuse, de la famille des vicomtes de Fenouillet, est seigneur des deux châteaux Peyrepertuse et Quéribus.







Vous êtes arrivé, à l’aplomb de la face Nord du Quéribus




Voici un extrait d’un texte intéressant qui se trouve dans le 5ème tome de l’Histoire de France écrit par l’abbé Velly en 1758 au sujet de Quéribus :



« Quéribus était le réceptacle d’une infinité de scélérats, qui ravageaient tout le plat pays et semblait braver toute justice et toute autorité. Louis sur plaintes qu’il en reçut, envoya des ordres pressants au Sénéchal de Carcassonne de monter promptement à cheval, pour exterminer, et la place, et les malfaiteurs à qui elle servait de refuge. Pierre d’Auteuil, c’était le nom du commandant, fit sommer les Prélats de la Province de venir le joindre, ou du moins de lui donner du secours pour cette expédition. Ceux-ci prétendirent qu’ils n’étaient pas obligés de suivre le Roi ou son Ministre à l’armée, mais que par considération plutôt que par devoir, ils voulaient bien lui envoyer quelques troupes. Cette réserve déplut à la Cour, qui ordonna d’examiner ces immunités prétendues. On voit en effet une lettre écrite, sans doute à la réquisition du Sénéchal, par Gui de Levis, Seigneur de Mirepoix, et par plusieurs autres chevaliers, qui tous attestent que le Clergé de Narbonne avait servi plusieurs fois dans les armées commandées par les Sénéchaux. On ignore ce que devint cette affaire. Tout ce qu’on sait, c’est que la forteresse fut emportée, ceux qui la défendaient punis suivant leur mérite, et la tranquillité rétablie dans le Languedoc. »



Voici comment était enseigné l’Histoire de France à la noblesse sous Louis XV, c’est relativement succinct et il y a forcément du parti pris dans le texte, puisqu’il est rédigé par un abbé !







Vous êtes sous l’accès au château encore quelques marches à monter !




L’épisode Cathare, la fin du dernier îlot de résistance occitane :



Au début du XIIIe siècle, Quéribus soutient la cause albigeoise sans prendre directement part aux combats de la croisade. En 1226, c’est la deuxième croisade des Albigeois, en 1230, le Chevalier Charbert de Barbaira, faydit entièrement acquis à la cause, est gouverneur de Quéribus pour le compte des vicomtes de Fenouillèdes. Chabert de Barbaira (001185-1275) était un savant en matière de fortifications puisqu’il était ingénieur militaire du roi d’Aragon. A la mort du vicomte de Fenouillet en 1242, Chabert de Barbaira s’investit du pouvoir militaire de la totalité des places fortes encore indépendantes. Après la chute de Montségur en 1244, il accueille des Parfaits en fuite, parmi lesquels le premier évêque de l’église Cathare du Razès Benoit de Termes, frère de Raymond de Termes, et oncle d’Olivier de Termes, il y avait aussi des seigneurs faydits, c’est-à-dire dépossédés de leurs biens par les croisés. L’évêque Benoit de Termes mourra sur place entre les années 1233 et 1241. Imbert de Salles, un défenseur de Montségur, devant l’inquisiteur Ferrer, fera la déposition suivante le 19 mai 1244 :
« Il y a trois ans, j’ai vu dans le château de Quéribus, Pierre Paraire, diacre des parfaits du Fenouillèdes, Raymond de Narbonne et Guillaume de Bugarach, ils étaient hébergés par Chavert dans une cave du château »





Face Est du pog, photo beaucoup plus tard





La prise de Quéribus en 1255 :



Notez que les textes rapportant le siège et la chute de Quéribus sont souvent flous et partiels.

En 1239, Saint Louis rachète Peyrepertuse et Quéribus à l’Aragon. Dans la réalité, Quéribus reste cependant hors d’atteinte du pouvoir français, il est toujours le refuge des hérétiques. Reste donc, à concrétiser l’affaire sur le terrain, après deux sièges avortés, le Sénéchal de Carcassonne Pierre d’Auteuil, essaie en mai 1255, une autre tactique. Cette fois,  c’est pas la ruse et avec l’aide d’Olivier de Termes (1207-1274), seigneur voisin, archevêque de Narbonne rallié à la cause royale, qu’il triomphe. Attiré dans un guet-apens, le chevalier Charbert de Barbaira échange sa vie contre la reddition de Quéribus. Quéribus résista plus longtemps que Montséur. On ignore ce qu’il est advenu de hôtes de la garnison, mais Chabert qui était retenu prisonnier à Carcassonne, eu la vie sauve et passera les vingt dernières années de sa vie en Catalogne…







Les murs de l’entrée du château faisant partie
intégrante de la roche.




Le lieu sera investi dès le mois d’août par une garnison de vingt sergents et par un châtelain, des travaux sont aussitôt entreprit.


Quéribus deviendra l’un des points forts affectés à la défense de la frontière avec le royaume d’Aragon.



Saint-Louis s’intéresse moins à ces derniers hérétiques qu’à la situation même de Quéribus. Après le traité de Corbeil, qui fixe en 1258 la frontière Franco-Aragonaise, la citadelle devient forteresse royale des marches de l’Espagne. Malgré l’accord signé de nombreux conflits territoriaux ensanglantèrent longtemps encore la région.






A gauche : la porte vous permettant de franchir la première enceinte
A droite : l’escalier menant vers la troisième enceinte





En 1259, le premier châtelain vint s’installer à Quéribus, il s’appelait : Nicolas (alias Michel) de Navarre, à cette époque les ingénieurs du roi firent procéder à d’importants travaux de modification et d’agrandissement. Les châtelains ou gouverneurs, officiers rétribués,  étaient nommés par le sénéchal de Carcassonne, leur identité nous est connue jusqu’à la Révolution.


En 1260, le nombre des sergents d’armes était passé à dix pour Quéribus.


En 1321, il était demandé au sénéchal, par le roi, de veiller au bon armement du château auquel on fit livraison d’armes.







A gauche : la façade du corps de Logis et
la porte de la troisième enceinte

A droite : le donjon et la tour de
l’Escalier face à vous





Un texte indique qu’en 1360, la totalité de la dîme, des prémices et de la tasque (impôts sur les récoltes et le bétail) était versée par la châtellenie à  l’archevêché de Narbonne. A la suite d’une visite, en 1404, du vicaire général de cette ville, la chapelle Saint Louis (donjon du Château Quéribus ainsi nommé) fit l’objet de réparations.


En 1473, les troupes du roi d’Aragon venues libérer Perpignan et le Roussillon d’une occupation déclenchée par Louis XI, vont s’emparer de Quéribus. Son châtelain de l’époque, Pierre Peur dit Malebête, paya les conséquences de ce revers et fut destitué lors de la reconquête du château par le roi de France, 2 ans plus tard en 1475.






A gauche, le donjon de forme polygonale irrégulière
et le tour de l’Escalier à droite de forme rectangulaire





Par la suite, des essais de conciliations entre les deux royaumes furent tentés, mais elles furent très brèves, et les conflits reprenaient, provoqués par les rois de France successifs désireux de s’approprier la terre convoitée du Languedoc Roussillon.


Ce véritable poste de frontière, objet de luttes incessantes, ne perd son intérêt stratégique qu’en 1659 lors du rattachement définitif du Roussillon à la France par le traité des Pyrénées.







A gauche : l’entrée de la tour de l’Escalier abritant un escalier
à vis permettant l’accès aux différents niveaux du donjon

A droite : l’Escalier de bois menant à la partie basse du donjon




Le destin des châteaux Cathares se termine donc le 7 novembre 1659, avec ce traité des Pyrénées, après 24 années de guerre entre la France et l’Espagne. Cet accord donne au royaume de Louis XIV le Roussillon, faisant reculer la frontière entre les deux pays jusqu’aux Pyrénées.


D’après un document datant de 1685, seul le donjon était habitable.


L’histoire général du Languedoc mentionne qu’en 1597, lors de l’Assemblée des Etats du Languedoc, le roi fut prié de faire réparer les forteresses de frontière qui menacaient ruine. Moins d’un sièce plus tard, en 1685, un état estimatif de travaux comporte une impressionnante liste de réparations à effectuer sur un Quéribus qui parait en grande partie ruiné.







Dans le donjon vous découvrirez la fameuse salle du Pilier, le bel
élément architectural du château. Ce pilier on l’appelle aussi l
e palmier.
Sur la photo de droite, on distingue très bien, sur les murs,
les culs-de-lampe supportant les arcs d’ogives




Les archives de Cucugnan signalent qu’en 1757, Quéribus avait pour chatelain le baron de Sournia, dont les descendants, les Castéras Sournia furent nommés dans cette fonction jusqu’à la Révolution sans occuper les lieux.


Avant d’être abandonné, Quéribus subit, notamment au XVIe siècle, de profondes transformations  qui lui confèrent son aspect actuel.

La forteresse passablement ruinée servit alors de repaire notamment en 1774 à une troupe de voleurs qui écumaient la région, parmi eux se trouvait une fille de Vignevieille travestie en homme.






La salle anciennement dallée au-dessus de « magasins »




Le château fut classé Monument Historiques dès 1907. Les premiers de restauration datent de 1951, avec la réfection du donjon et la consolidation du rocher supportant le château. D’autres restaurations suivirent en 1970 et 1980. La commune de Cucugnan propriétaire du site, conclut en 1972 un bail de location avec une personne privée. C’est à cette époque que débute l’ouverture au public du monument. Après quelques péripéties avec le locataire, en 1983, la commune de Cucugnan se réapproprie Quéribus et engage des travaux. Des fouilles archéologiques et une étude historique approfondie du site, sont entreprissent de 1984 à 1989.



On accède à Quéribus par un chemin escarpé mais dégagé qui conduit aux défenses avancées, une série de poternes protégées par des canonnières. Trois remparts successifs, édifiés aux XIIIe et XIVe siècles, sont ensuite disposés en paliers. On y trouve tout l’arsenal des défenses médiévales, adaptées à l’emploi de l’artillerie : fortifications en chicanes, assommoir (mâchicoulis surplombant une porte), bretèches (sortes de loggias à mâchicoulis), caponnières (chemins protégés au creux de fossés secs) et escaliers suspendus…










De forme polygonale, le donjon construit au XIVe siècle, s’adapte exactement au rocher dont il occupe le point culminant, à 728 mètres d’altitude. Un seul de ces deux étages subsiste. Egalement, objet de grandes modifications, la chapelle est toujours visible. Sa voute de stèle gothique primitif  repose sur un pilier excentré, d’où les nervures se déploient « en palmier ». Certains de ses murs font sept mètres d’épaisseur, impressionnant ! Une belle baie à meneaux dotée de deux banquettes de pierre éclaire l’ensemble. Selon certaines interprétations, la construction serait ici, comme à Montségur, orientée dans l’axe solaire du solstice d’hiver, date clé du calendrier Cathare.


Pas moins de trois enceintes s’adaptent au relief du rocher, la troisième venant se refermer sur le donjon. Celui-ci est en première ligne de défense sur ses faces Est et Nord, qui ne disposent d’aucune ouverture et dont les murs atteignent une épaisseur variant de 4 à 5 mètres.  Les enceintes résistaient aux tirs de trébuchet installé sur une plate-forme à cent vingt mètres à l’Est du château, au niveau de la terrasse de son donjoin. Les boulets de pierre trouvés sur la face méridionale du rocher, indiquent qu’au XIIIe siècle. Quéribs fut soumis au tir de ces projectiles de trente à quarante kilos. A l’intérieur du donjon, la salle du pilier, du XIIIe voire XIVe siècle, forme un carré de sept mètres de côté.  Elle est éclairée par une fenêtre à meneaux cruciformes, qui s’ouvre au Sud, sur la cour du donjon. Le pilier décentré s’épanouit en huit nervures, s’appuyant sur des culs-de-lampe, et quatre croisées d’ogives de dimensions différentes. Cette belle salle gothique, deviendra, après la canonisation de Louis IX, en 1297, la chapelle Saint Louis. Mais, il n’est pas interdit de penser que, plus d’un demi-siècle auparavant, les cathares l’occupèrent, si près du ciel et si loin de la folie des hommes…







Une très belle vue aérienne de la face Nord du château de
Quéribus qui vous montore parfaitement la configuration
des lieux avec les différents niveaux des enceintes




Il est à noter que la plupart des pierres ayant servi à la construction de l’édifice, hormis le donjon, ont été extraites sur place, car des emplacements de plusieurs carrières sont encore visibles.


Il faut savoir, qu’abandonnés, les châteaux dit « cathare » n’ont été remis en valeur que depuis les années 1980, ce qui est très récent !







A gauche : on voit que même à l’intérieur,
le rocher fait corps avec la muraille

A droite : la face ouest de la Tour de l’Escalier







A gauche : l’entrée de la tour accolée au donjon,
abritant un escalier à vis

A droite : zoom sur la porte de la tour, celle-ci est sumontée
d’un linteau monolithe reposant sur deux corbeaux, on remarque ici aussi le
clocher omniprésent s’intégrant à l’élévation des murailles








L’intérieur de la Tour de l’Escalier permettant l’accès aux
différents paliers du donjon






L’escalier à vis très étroit, formé d’un empilement de marches
sensiblement triangulaire posées à porte-à-faux l’une sur l’autre,
quelques ouvertures au Nord-Ouest et au Sud-Est, éclairent celui-ci.







Petite salle voutée au-dessus de la seconde citerne, il y a aussi
à côté une pièce anciennement dallée et vestiges d’un four








Petite salle voutée, corps de garde munie de deux meurtrières et
qui recouvre une seconde citerne en excellent état et de grande capacité.







Le système d’alimentation en eau de pluie qui débouche par un tuyau du
Mur et se déversait dans la citerne située sous la grille, dont vous avez un gros
Plan ci-dessous








La salle du palmier dans le donjon





On a l’impression que l’on est venu mouler la roche autour
de la muraille tellement c’est fusionnel







Quéribus, une splendeur médiévale
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Dim 9 Oct - 23:11












Cette forteresse de Termes dans les Corbières fait partie des “cinq fils de Carcassonne”.

C’est le château le plus en ruine des cinq, mais comme toujours  l’endroit est splendide
dans un cadre hyper verdoyant, sauvage et toujours dans l’authenticité, certes le moins
haut, mais le sommet offre des vues impressionnantes sur les gorges du Terminet. Le
côté paisible du petit village de Termes (54 habitants) bordé par le Sou qui diffuse un
peu de fraicheur en été, est très agréable.



Il est à noter que des fouilles archéologiques sont en cours actuellement sur le site.


Situé au cœur des Corbières, à 470 mètres d’altitude, le château de Termes couronne
le sommet d’un rocher entouré par les méandres d’un profond ravin où coule le Sou.


Termes est le chef-lieu d’une importante seigneurie constitué au début du XIe siècle à
la limite des terres des vicomtes de Carcassonne et des comtes de Cerdagne puis de
Barcelone. Cette seigneurie contrôle le vaste territoire des Corbières auquel elle a
donné son nom : le Termenès, comprenant une quarantaine de villages.


Pendant tout le XIIe siècle cette famille Termes est périodiquement en conflit avec
l’abbaye de Lagrasse située non loin de là, notamment pour la possession de mines
d’argent de Palairac.



Termes apparait comme un ensemble extrêmement structuré et hiérarchisé,
correspondant à l’un des plus importants sites fortifiés des Corbières au
Moyen Âge. L’essentiel de la construction du château se rattache à la seconde
moitié du XIIIe siècle, peu d’éléments peuvent encore être datés antérieurement
à la Croisade.



Jusqu’au XIIIe siècle, son histoire est intimement liée à celle du comté puis de la
vicomté de Carcassonne et à celles des vicomtes Trencavel. Il fut le refuge de
nombreux cathares sous l’impulsion de Raymond de Termes, vassal du vicomte de Carcassonne en 1209.


Les revenus des seigneurs de Termes avaient deux sources principales : l’extraction
de mineraux et l’élevage de moutons, sur un territoire rural et accidenté. La région
des Hauts Corbières est riche en minéraux (fer, cuivre, argent, cuivre argentifère, …).
Des mines ont été exploitées dès l’antiquité, et certaines l’ont été jusqu’à l’époque moderne.
Au XIIe siècle, la famille de Termes tire un gros bénéfice de ces mines.















SOURCES :
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 12:15





Mentionné pour la première fois en 1061 dans les archives qui sont arrivées jusqu’à nous, avec le seigneur Olivier-Bernard. Cette célèbre maison appartient aux principaux barons de Trencaval, vicomtes de Carcassonnes-Albi-Béziers. Le château de Termes fut jusqu’au début du XIIIe siècle le siège de l’une des plus importantes familles seigneuriales du Midi dans la mouvance des Comtes de Carcassonnes.


Au moment de la Croisade contre les Albigeois, le château de Termes constitue avec Lastours et Minerve un des satellites de Carcassonne contrôlant au Sud un carrefour d’anciens chemins.






Vue rapproché côté Est du château de Termes



Durant la Croisade albigeoise, la famille seigneuriale est impliquée dans l’hérésie, Raymond de Termes est accusé d’hérésie et il n’a pas fait dire la messe dans la chapelle du château depuis plus de trente ans. Le parfait Benoit de Termes, le frère de Raymond sera nommé « évêque » Cathare du Razès en 1226.


Lors de la croisade contre les albigeois, Simon de Montfort, après la prise de Carcassonne, se doit de soumettre les trois principales places fortes du comté après l’échec du siège de Lastours puis la prise de Minerve. Simon de Montfort se dirige vers Termes fin juillet 1210, le siège de Termes commencera le 1er août 1210.






Côté Est de la citadelle en ruine



Son siège par les troupes de Simon de Montfort le rendra célèbre. Sa reddition, le 23 novembre 1210, après quatre mois de siège épique (du 1er août au 22 novembre) et exemplaire des techniques militaires de l’époque, brise le verrou de résistance des Corbières.






Le plan de la citadelle de Termes aujourd’hui, ruinée
après de durs combats qui eurent lieu en 1210.





Situé en arrière de la frontière franco-aragonaise, le château de Termes ne semble pas avoir été entretenu ou adapté aux armes à feu comme Quéribus notamment. En 1649, Saint Aunès, gouverneur du fort de Leucate est nommé châtelain de Termes. Le château abrite encore des armes à cette date : plusieurs petits canons, des casques, des grenades et des barils de poudre.


En cette époque, une guerre civile, « La Fronde », entraine des troubles en Languedoc. Le châtelain Saint Aunés trahit le roi de France mais reconnait sa faute et un traité est signé. Une clause du traité stipule que le château de Termes, auparavant tenu par une garnison de soldats allemands qui détroussaient les voyageurs et rançonnnaient le pays, sera remis aux mains de l’archevêque de Narbonne.







Commencez votre visite par l’entrée côté Est,
près des vestiges de la tour à bossage





Ce contexte trouble voit le château être assiég. Nous sommes moins bien renseignés que sur le siège de 1210, mais nous savons que l’assiégeant, le Marquis de Bouisse, doit mener l’opération jusqu’à ce que les défenseurs n’aient plus de nourriture.


Le château de Termes conserve longtemps son importance militaire. Un texte de 1483 nous dit en effet que « il est de savoir qu’aux Marches par deçà sur la frontière d’Aragon, est la dite cité de Carcassonne qui est la mère et à cinq fils, c’est de savoir Puilaurens, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse et Termes et sont à gages du Roi ». De là l’expression « les 5 fils de Carcassonne ». Cependant, les techniques de guerre évoluent. L’arme à feu se perfectionne et remet en cause cette organisation.






Vue aérienne des ruines de Termes côté Ouest, de gros
travaux de restauration et d’aménagement de ce patrimoine
restent à faire pour améliorer encore la mise en valeur du site





Au XVIIe siècle, la frontière espagnole recule. Louis XIV, estimant la forteresse de Termes inutile, en ordonne sa démolition dont le coût s’élève à 6200 livres, payées par le diocèse en 1652.


Le roi, estimant que cette place forte est inutile, en ordonne la démolition en 1652 en n’y laissant par « pierre sur pierre ». Le but est de rendre le site inutilisable à tous ennmis ou brigands. Au départ, ce sont les habitants de la contrée qui sont invités à participer au titre des corvées à la démolition du château. Mais devant le peu d’empressement de la population locale, les travaux sont confiés à un entrepreneur de Limoux.






Pied du château côté Sud - Est





Les armes et munitions sont provisoirement stockées à Villerouge-Termenès, et certaines belles pierres sont revendues ou récupérées. La destruction du château va durer une année entre avril 1653 et avril 1654, pour un coût de 14 922 livres, 10 sols. C’est un maître-maçon de Limoux qui va démanteler les murailles à la poudre. Dès lors le site sombre dans l’oubli le plus total.


Laissé à l’abandon, le site servira dès lors de pâturage, et les pentes sud, sous les morceaux de remparts, porteront une vigne au début du XXe siècle.







L’entrée se situe côté Est, pour franchir la première enceinte et
pénétrer dans la lice, vous devez gravir l’escalier en bois que
vous apercevez sur cette photo.
Remarquez sur la droite les restes de la tour à bossage









Il faudra attendre le XXe siècle pour que des mesures de protection soient appliquées. Classé en tant que site en 1942, il a été inscrit le 25 juin 1951 puis classé monument historique le 25 septembre 1989.


Il y aura un premier débroussaillement en 1973.


Les ruines sont la propriété de la commune depuis 1988, la commune a ouvert l’accès au public depuis cette date. Le château a fait l’objet d’importants travaux de consolidation, d’approches archéologiques ponctuelles et d’analyse topographique et architecturale. Il est ouvert à la visite et bénéficie d’une signalétique destinées à renseigner les visiteurs. Dans la perspective d’une meilleure valorisation, un programme de rechercher archéologique est actuellement développé par la commune et est susceptible d’apporter des éléments fondamentaux à la connaissance et au développement du site.







Base de la tour à Bossage située côté Est du château de Termes




Les premiers travaux de restauration ont commencé en 1991 dans la partie Sud de la première enceinte, puis en 1992 sur la chapelle présumée. Depuis 1992 des chantiers archéologiques de jeunes bénévoles y sont régulièrement organisés. Plusieurs opérations de débroussaillages et de terrassement sont réalisées simultanément. De 1997 à 1998, le monument connait une importante campagne de travaux et de mise en valeur, dont les axes principaux sont la mise en sécurité, la consolidation des maçonneries la lisibilité des ruines et la matérialisation d’un cheminement. Ces aménagements ont porté essentiellement sur l’enceinte et sur le front oriental de l’enceinte intérieure.


Des fouilles au château, menées par l’archéologue Jean-Paul Cazes, ont récemment mis au jour l’escalier médiéval du XIIIe siècle qui menait à l’église castrale. L’objectif de cette fouille est d’appréhender les origines et la chronologie du château des seigneurs de Termes, explique Davis Maso, maître d’œuvre dans l’aménagement et le terrassement du site.


Le grand logis de l’époque royale a notamment été dégagé en 2007.


Cette histoire-là… elle continue de s’écrire à chaque fois que quelqu’un visite …







La lice sud





Poterne à l’angle Nord / Ouest, cet accès s’ouvre côté intra-muro, elle est
défendue par une échauguette construite sur deux contreforts. L’épaisseur
importante de 2,20 mètre de cette poterne s’explique par la présence d’un
escalier d’accès au chemin de ronde (accès dangereux). Depuis cette issue,
on peut apercevoir le Termenet, éperon rocheux, situé à 250 mètres en
contrebas du château, aujourd’hui percé en 1905 par les tunnels routiers.
On remarqua au centre des fouilles archéologiques en cours à
l’emplacement du donjon primitif.










Le château de Termes se trouve sur un piton rocheux et entouré d’abîmes profonds sur un promontoire de la même montagne se dresse également une petite fortification nommée le Termenet. Il n’y a qu’un seul passage pour accéder au château, une sorte de série de terrasses naturelles sur laquelle un chemin a été aménagé. Simon de Montfort arrive au pied du château le 1er aout et installe son camp face à cet accès et au village.


Un duel de catapulte entre les assiégeants et les assiégés démarre les hostilités Simon de Montfort échouant dans son attaque par le flanc Sud, reporte ses efforts au Nord.

Pour contrer le tir des mangonneaux, Raymond de Terme installe une pierrière sur le Termenet qui lui permet de bombarder le camp des assiégeants. Une brèche est également ouverte dans le rempart du village, qui est aussitôt pris, mais repris et incendié peu après par les assiégés. Au cours d’une nuit, Raymond de Termes et quatre-vingts volontaires font une sortie dans le but de détruire les machines de guerre, manque de peu de réussir, mais échoue grâce au courage d’un chevalier normand, Guillaume d’Escuret ou Guillaume l’Escureuil.


Les croisés réussissent à investir le Termenet et de là bombarde le donjon.






Le Termenet côté nord qui a eu une importance énorme
pendant le siège du château





Le siège s’éternise, mais sans grand progrès pour les croisés, qui sont en outre harcelés par les raids incessants de Pierre Roger de Cabaret. Ce dernier attaque également les convois d’approvisionnement, si bien que les vivres commencent à manquer aux assiégeants. Les assiégés ne sont guère mieux lotis, car c’est l’eau qui commence à manquer, certains assiégés attrapent la dysentrie en buvant l’eau des citernes. A cause de ce manque d’eau, Raymond de Termes doit se résoudre à entamer des négociations. De son côté, Simon de Montfort avait du mal à tenir ses hommes, et un assaut aurait vite tourné à la boucherie. Les deux chefs de guerre conclurent rapidement un accord. Raymond de Termes livrera son château le lendemain, et Simon de Montfort s’engage à lui donner un autre domaine, puis à lui restituer le château de Termes le jour de Pâques de l’année suivante.


Dès l’annonce de la nouvelle, les contingents des comtes de Dreux, de Ponthieu, de l’archevêque de Bordeaux et des évêques de Beauvais et de Chartres commencent à plier bagage, ayant terminé leur quarantaine. Simon les supplie de rester quelques jours supplémentaires, voyant son armée fondre avant la reddition effective, mais seul Renaud de Bar, évêque de Chartres accepte de rester, tandis que deux tiers de l’armée croisée quittent le siège. La nuit qui suit, un orage éclate et remplit les citernes du château. Le lendemain, quand Guy Ier de Lévis se présente pour prendre possession du château, Raymond de Termes refuse de lui ouvrir les portes. L’évêque de Chartres, pressé de partir, suggère à Simon d’accepter les conditions de Raymond de Termes, l’’essentiel était pour Montfort de tenir le château au moins provisoirement, et d’envoyer en délégation l’évêque de Carcassonne dont la mère était Parfaite et le frère parmi les défenseurs du château, mais Raymond refusa de céder.








Le Termenet proéminence rocheuse au Nord et en contre-bas du
château dont il est question dans l’histoire du siège en 1210.






Après le départ des Chartrains, Simon reste seul avec ses troupes, dont le moral est bas, et soumis au mauvais temps qui commence à se déchainer. Mais il s’obstine, et comme la prise d’assaut s’avère impossible avec ses maigres effectifs, le bombardement continue, démantelant les fortifications. Les assiégeants s’aperçoivent que les assiégés mettent plus de temps à colmater les brèches, et Simon fait construire une chatte (galerie roulante en bois qui permet de s’approcher en sécurité du rempart) pour saper le rempart.


A l’intérieur du château, au fond des citernes, l’eau du fait de sa rareté était devenue putride. L’orage survenu au moment de la reddition les avait certes remplies, mais l’eau était devenue insalubre, et la mollesse que les soldats de Montfort constataient parmi les défenseurs du château était due à cette dysenterie en train de décimer la garnison. Voyant que tout était perdu, Raymond de Termes décide de faire évacuer le château de nuit, mais l’alerte est donnée et les fuyards sont poursuivis. Le seigneur et capturé, et le château est pris sans autre problème. Raymond de Termes est jeté en prison dans la forteresse de Carcassonne où il finira ses jours en 1213 sans avoir renié sa foi.







Quelques armes de guerre qui sont mentionnées dans le texte ici
un Mangonneau qui permettrait de propulser des boulets de pierre
de plusieurs dizaines de kilos d’un seul jet.








Un trébuchet





La pierrière, redoutable engin utilisé lors du siège, elle expédiait
des pierres de 5 à 15 kg à des distances de 40 à 60 mètres






A gauche : une catapulte
A droite : une arbalète qui avait
une portée d’environ 300 mètres, de machines de guerre typiques
du moyen-âge qui ont été utilisés pendant le siège à Termes





A la suite du siège, le château est donné en récompense au croisé Alain de Roucy. Mais Olivier de Termes, qui a repris la résistance de son père Raymond, s’empare du château en 1224. Pour prix de sa soumission, il doit le céder au roi en 1228.


Quand à Olivier, il participe à la conquête de Majorque qui mène le roi d’Aragon contre les musulmans. Cette expédition se déroule à la fin d’année 1229, et fera le prestige de ses participants. Olivier de Termes y apparait comme un familier du roi, ce dernier soupant et couchant dans la tente d’Olivier au soir de la bataille de Portopi. Le siège victorieux de la cité de Majorque voit également le rôle militaire d’Olivier de Termes se développer encore. Il y gagne aussi des terres, sur lesquelles, plus tard, une branche de la famille, les « Termes de Majorque », se retirera, et plus tard il participe aussi au siège de Carcassonne, en 1240, contre le roi de France.


L’année 1240 voit le retour offensif de Raymond Trencavel, le fils du vicomte défait en 1209. Autour de lui se rassemblent les seigneurs occitans déshérités par les croisades, les défenseurs de cathares, les opposant à la domination du roi de France. olivier de Termes est présent, et il faut le compter parmi les meneurs.


Carcassonne est l’objectif principal. Le siège est mis devant la cité, mais malgré toutes les techniques utilisées, le sénéchal du roi résiste. Bien retranché, il attend une armée de secours. Quand celle-ci est annoncée, un mois après le début du siège, le 11 octobre, les occitans lèvent le camp. Poursuivis par Montréal et la haute vallée de l’Aude, les occitans sont défaits les uns après les autres. A Laroque-de-Fa, Olivier de Termes finit par se rendre, mais il reste libre contre promesse de soumission.


En mai 1241, à Pontoise, il fait sa soumission effective à Louis IX, et lui remet sans conditions le Termenès et le château d’Aguilar. Il conserve cependant les riches terres du Narbonnais qu’il avait reçues peur avant la rébellion. Cette paix reste précaire puisque Raimond VII de Toulouse, allié à d’autres ennemis du roi de France, tel le roi d’Angleterre, l’empereur allemand, souhaite remettre en cause la domination française issue du traité de Meaux.







Fenêtre cruciforme à ébrasement intérieur, dans la muraille d’un
important bâtiment de plan rectangulaire dont les dimensions
intérieures sont assez spacieuses 11,80 x 5,60 m.
On pense que c’est la chapelle du château, son orientation Nord / Sud
laisse pourtant un doute quant à la sa fonction culturelle. L’édifice a fait
l’objet de dégagement en 1975, puis de travaux de consolidation du bâti
en 1990 et 1992. Le chantier archéologique en 1994 a notamment révélé,
dans la partie intérieure Nord, un groupement de pierres de taille
quadrangulaire pouvant s’apparenter à une base d’autel, aujourd’hui disparu.
Cette fenêtre est devenue l’un des éléments d’architecture les plus
emblématiques du château de Termes




Suivant à nouveau le comte de Toulouse, Olivier de Termes rallie la révolte dont le signal de déclenchement a été le meurtre des inquisiteurs à Avignonet, en mai 1242. Mais les défaites des alliés, et l’arrivée d’une nouvelle armée royale en Languedoc pendant l’été tuent dans l’œuf cette action. Les grands seigneurs se rallient à nouveau à Louis IX.


A la suite de ces affaires, Olivier obtient la levée des excommunications que l’église avait jetées sur lui, et se retire quelques temps du côté du Roussillon. Il fera so hommage-lige au roi de France en 1247, actant sa soumission définitive à l’église et au roi. La majorité de ses biens lui sont alors rendus, mais il va falloir qu’il participe à grands frais à la croisade que prépare Louis IX, le futur Saint Louis : le rachat de ses actions passées est à ce prix.






L’accès à la poterne à l’angle Nord / Ouest





Partie d’Aigues-mortes en 1248, la septième croisade prend pour objectif l’Egypte. Damiette prise, l’armée de Saint Louis se tourne vers Le Caire. Olivier de Termes y fait office de « commandant des arbalétriers du roi ». Cette charge implique en fait qu’il dirige tous les engins de jet, donc l’artillerie. L’expédition se solde toutefois par un fiasco, le roi lui-même étant fait un temps prisonnier. Olivier passe l’essentiel de son temps en terre sainte jusqu’en 1254. Il s’y retrouve au commandement des occitans et s’illustre : le chroniqueur Joinville en témoigne, et Olivier récupère des possessions telles qu’Aguilar.


On retrouve Olivier de Termes en Languedoc en 1255. Il est désormais au service de Saint Louis, dont il est devenu un fidèle compagnon en croisade. Quand le pouvoir royal s’attaque à Quéribus, dernier bastion autonome de résistance « cathare » sur la zone frontalière avec le royaume aragonais, Olivier de Terme mène l’opération. Par les tractations et la force, il s’oppose à son ancien compagnon d’armes : Chabert de Barbaira.


La prise de Quéribus et du Fenouillèdés précède de peu les négociations avec l’Aragon qui fixeront la frontière pour quatre siècles au traité de Corbeil, en 1258.

Termes deviendra l’une des forteresses royales pourvue d’une garnison gardant la frontière avec l’Aragon.






Poterne Ouest et les contreforts à droite vu de l’extérieur




L’effectif de la garnison de Termes est resté très réduit comme dans l’ensemble des châteaux royaux de la région : en 1255, on compte 15 sergents d’armes, nombre réduit à 8 en 1260. En 1302, les textes conservés précisent que 10 sergents, 1 châtelain, 1 chapelain, 1 portier, 1 guetteur et 1 écuyer composent la garnison de 15 hommes.


Ce sont des effectifs « normaux », pour les périodes calmes : ces hommes sont surtout chargés de la maintenance et de l’alerte. En cas d’attaque, bien retranchés et équipés de nombreuses arbalètes, leur rôle est de résister jusqu’à l’arrivée d’une troupe de secours.


Olivier, de par ses intérêts et ses liens avec les deux royaumes, joue un rôle diplomatique notable. La fixation de cette frontière ainsi que les tensions latentes mènent le pouvoir royal à la fortification de certaines places-fortes.







Les vestiges de l’enceinte Sud, la salle des gardes




Ainsi, Aguilar est vendue au roi en 1262, et, en parallèle, Olivier vend ou donne un grand nombre de ses possessions. Les raisons qui le poussent à cela sont d’une part le rachat de ses méfaits passés – selon ses propres dires – et aussi le financement de l’effort de guerre en terre sainte, vers laquelle il repart volontairement en 1264.

Dans la défense du royaume de Jérusalem, de plus en plus réduit, Olivier va jouer un rôle important. Suite au décès des titulaires de ces charges, il se retrouve à la tête des armées du roi de France en Palestine. Cet intérim le voit ainsi faire office de sénéchal. Son rôle est notable aussi quand la chevalerie catalane débarque en 1269.

En 1270 enfin, après plusieurs reports, Saint Louis repart en une véritable croisade… mais prend la direction de Tunis. Olivier de Termes le rejoint en partant de Palestine. Malgré son âge, près de 70 ans, Olivier marque les esprits, mais c’est inutile : Saint Louis meurt. Cette croisade est un nouvel échec, et Olivier s’en retourne en Languedoc et Catalogne.






L’évier et l’emplacement de la citerne




Peu après, en 1273, il obtient de nouveaux moyens et part une cinquième fois en terre sainte, avec l’espoir de voir le renfort d’une nouvelle croisade. Cette croisade n’aura pas lieu… et le 12 août 1274, Olivier de Termes meurt à Acre. Quatre chroniqueurs notent cet événement, comme ils l’auraient fait pour un grand de ce monde. Si son testament fut respecté, il fut enterré en terre sainte, mais vu le contexte, il n’est pas exclu que son corps ait été rapatrié à l’abbaye de Fontfroide, grande bénéficiaire de ses donations.







Partie Nord / Est du château de Termes











Le château n’est accessible que par sa face méridionale. Pour l’essentiel, il n’est pas antérieur au XIIIe siècle. Il se compose de deux enceintes concentriques séparées par des lices, précédées par deux lignes de murs à mi-pente, vestiges de l’ancien village fortifié. La première enceinte affecte un plan régulier dont les angles sont occupés, soit par des tours cylindriques, soit pas des échauguettes sur contreforts (petite tourelle, au sommet d’une muraille ou d’un angle de murailles, pour en défendre les abords). Cette
Première enceinte est accessible par une rampe coudée, surveillée par une tour. La courtine orientale a conservé son élévation jusqu’au niveau du chemin de ronde matérialisé en étrier, l’angle nord-ouest conserve une poterne aujourd’hui restaurée. La seconde enceinte, desservie par une rampe, est occupée par des bâtiments en grande partie détruits et, en son point culminant, on distingue des énormes blocs de maçonnerie épars qui sont les vestiges du donjon primitif, antérieur à la Croisade. Deux citernes, ainsi qu’une présumée chapelle munie d’une fenêtre cruciforme, sont toujours perceptibles au milieu des ruines.







Les latrines côté Est, longtemps identifiées comme une sorte de
mâchicoulis, il s’agit en fait de quatre conduits correspondants à
des latrines. Ces dernières étaient nettoyées au moyen d’un
conduit percé dans l’épaisseur de la muraille pour l’évacuation
des eaux de pluie. Ces conduits devaient être protégés par
des trappes afin d’éviter que l’ennemi ne pénètre dans
la place par surprise






Sur le flanc méridional du relief, les restes de murailles et d’un accès en chicane sont à mettre en relation avec le village fortifié du XIIe siècle. Cet habitat villageois a probablement été déplacé plus bas dans la vallée, à son emplacement actuel, après la prise de possession par le roi de France au XIIIe siècle, scénario reconnu pour un certain nombre d’autres sites castraux du Languedoc à la même époque.

Découverte d’un trésor de 1500 monnaies gauloises, des vestiges gallo-romains, dont un fragment de stèle inscrite. Le musée de l’histoire de l’homme à Narbonne possède un très beau bracelet gaulois en bronze trouvé sur le territoire de la commune. A 600 mètres du village, sur une petite hauteur dominant la vallée du Sou, la chapelle Saint-André d’origine médiéval fut un actif lieu de pèlerinage, en 1673 un cimetière entourait encore cette chapelle.





La lice Ouest situé entre deux remparts




Une vue d’altitude pour vous montrer la configuration des lieux











Le tout petit village paisible de Termes de 54 habitants, est
niché au pied du château en bordure de la rivière « Le Sou »






Un petit mot sur le village de Termes qui est situé en contrebas du château exposé au Sud, il est incrusté dans un méandre de la rivière « Le Sou ». en 1163 ce lieu n’était qu’un faubourg (barri) où les seigneurs de Termes projetaient de construire une église paroissiale, le village principal (détruit lors du siège en 1210) se trouvait à cette époque derrière une enceinte encore visible à mi-pente entre le château et le col del Caste. L’église de la Nativité de Notre-Dame actuelle de Termes aurait été édifiée à partir de 1163, comme le stipule l’acte de partage du château entre les deux frères Raymond et Guillaumes de Termes. Le clocheton de l’église abrite une cloche datant de 1541. L’édifice comporte une nef unique rectangulaire et un chevet plat. L’intérieur est vouté en berceau. Ce sanctuaire recèle un bénitier dont le support est agrémenté de trois blasons portant les armes de Pierre de Montbrun, archevêque de Narbonne (1272-1286). Sur le chevet est accrochée une toile du XVIIe siècle représentant la vierge à l’enfant entre Sainte Cécile et Sainte Catherine.


Il y avait deux moulins à Termes le premier au sein du village, a été transformé en maison d’habitation et le deuxième se nomme moulin de la Buade qui est une propriété privée situé à 2,6 km en aval du village sur la rive gauche du Sou. Il est toujours en état de marche. Les meules sont actionnées par une roue horizontale elle-même actionnée par l’énergie hydraulique. Actuellement 54 âmes habitent le village de Termes.








Le village de Termes blotti au creux d’un méandre du « Sou »,
les ruines de son château semblent l’observer








Une belle vue des petits ponts de pierre enjambant le « Sou »
qu’il vous faudra franchir pour monter au château







Le calme règne ici, excellente idée cet aménagement où l’eau murmure
en s’écoulant le long de cette rampe sur le muret de pierre

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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 12:19




En 1659, Louis XIV signa avec le royaume d'Espagne le traité des Pyrénées, scellé par son mariage avec l'infante Marie Thérèse. Ce traité modifia les frontières en donnant le Roussillon à la France. La frontière recula donc sur la ligne de crête des Pyrénées, actuelle frontière franco-espagnole. Les différentes forteresses perdirent alors leur importance stratégique. Certaines conservèrent une petite garnison encore quelque temps, parfois jusqu'à la Révolution, mais elles tombèrent lentement dans l'oubli, devenant bien souvent des abris de bergers ou des repaires de brigands








Château d’Arques
Château de Durfort
Châteaux de Lastours
Château de Miglos
Château de Montségur
Château de Padern
Château de Pieusse
Château de Puivert
Château de Roquefixade
Château d’Usson
Château de Villeroge-Termenès




Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teaux_du_pays_cathare


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 14 Nov - 8:53, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 13:08











Le blason d’Arques





Le territoire d’Arques est situé sur les bords du Rialsès et sa vallée avaient, à l’époque
carolingienne comme capitale Rennes-le-Château, à la limite du Razès et du Termenès.


Il y a peu de châteaux français et même européens pour présenter un plan d’une si belle
simplicité, toute de rigueur féodale et d’efficacité militaire.
Le château d’Arques est un chef-d’œuvre de l’art gothique en architecture militaire. Il faut
savoir, qu’il n’y a pas eu de résistance cathare en ces murs












SOURCES :
http://www.belcaire-pyrenees.com/
(texte et images avec l’aimable autorisation du propriétaire
du Site)
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 19:41







Simon de Montfort s’empara et pilla en 1210 le village fortifié d’Arques. Pierre Voisins compagnon d’armes et lieutenant de Simon de Montfort est récompensé et confirmé baron d’Arques en 1226, et lui donna les terres du Haut Razès en 1231, après la croisade contre les Albigeois en terre cathare.

En complément d’informations, sachez que Pierre Voisins était originaire de l’actuel département des Yvelines.






Château vu de la route qui mène au village d’Arques




Le château a été construit un peu plus tard, par ses descendants, Gilles de Voisin un des fils, commença la construction en 1280, pour se terminer par ce que nous connaissons aujourd’hui en 1310 par le petit fils Gilles II, mais il ne fut jamais achevé et devint résidence aristocratique plus qu’une forteresse militaire. Il s’agissait à l’époque de défendre la vallée du Rialsès et de contrôler les voies qui conduisaient aux Corbières  et au pays Cathare.


Arques fut délaissé vers 1518 lors de l’extinction de la famille Voisin, la famille De Joyeuse en prend possession lorsque la dernière descendante des Voisins, Françoise épouse le vicomte De Joyeuse. C’est en résistant victorieusement au siège installé par les protestans en 1575 que le château d’Arques entre vraiment dans l’histoire. Le château fut vendu comme bien national à la révolution et subit quelques dommages. Il sera classé monument historique en 1887. Le donjon deviendra propriété communale en 1910.








Panorama de l’ensemble du site historique





Ce que l’on peut voir aujourd’hui a donc été construit aux XIIIe et XIVe siècle. L’enceinte de ce site fortifié est rectangulaire 55 x 51 mètres, on y accède par une porte en arc brisé munie d’un mâchicoulis ornée au sommet d’une clef de voute aux armes de la famille Voisins.


Dans l’angle Sud-Ouest, il y a une tour logis carrée qui date du XIVe et XVe siècles dont on visite actuellement deux niveaux desservis par un escalier à vis situé dans une petite tour attenante qui comporte une archère au nord au-dessus de la porte. On découvre une salle basse partiellement souterraine voutée en berceau et percée de trois petites ouvertures de lumière, et une salle haute voutée d’ogives avec des culots sculptés avec art représentant 3 homme et 1 femme cela rappelle le style du château de Puivert, deux fenêtres géminées trilobées éclairent cette salle. Une cheminée orne la construction. De nombreux bâtiments devaient exister le long de l’enceinte à l’époque.







Tour du logis dans l’angle  sud-ouest





On approche de l’entrée, remarquez la machine de
guerre sur la gauche…





Après avoir franchi la porte conduisant dans la vaste cour, vous tombez nez à nez,avec la tour maitresse qui constitue l’élément dominant du site, magnifiquement bien conservé. Celle-ci est le complément de l’aile résidentielle.


Au centre de l’enceinte, s’élève un donjon élégant quadrangulaire intact du XIIIe siècle, 13 mètres par 12,50 mètres et s’élevant à 25 mètres de haut avec 4 niveaux voutés d’ogive desservis par un escalier à vis dans l’échauguette du  sud-est. Bâti en beau grès doré et pourvu de très nombreuses meurtrières. Ce donjon est un des plus beaux de France, il est original à cause de ses tourelles d’angle montées sur des socles évidés et sa partie supérieure est ornée d’un appareil à bossage avec chacune 6 archères à bêches. Chaque base des tourelles sont percées d’ouverture formant des mâchicoulis, 4 archères à bêches dont 5 sur la face avant et 2 à étrier sur chaque face et un assommoir au-dessus de la porte d’entrée.







Reconstitution d’une machine de guerre du moyen âge. Il s’agit
d’un mangonneau à roue de carrier qui permettait d’abaisser
la flèche chargée de lourdes pierres….







Un haut donjon destiné à illustrer à jamais le patrimone
monumental du Languedoc médéival…





Le blason, motif héraldique aux armes de la famille Voisins
situé au-dessus de la porte d’accès de l’enceinte foritifée





Plan masse du lieu





La tour-résidence ou donjon est un très bel exemple
d’architecture civile des années 1300…






Remarquez  la disposition des archères à bêche…





Le donjon est flanqué de 4 tourelles sur contreforts perpendiculaire
Avec mâchicoulis dans les angles…







La tour est bâtie en pierres lisses jusqu’aux trois quarts de sa hauteur,
la tour est ensuite appareillée en bossages, on le distingue très
bien sur cette  photo…






Voici en coupe l’élévation du donjon











La salle basse, avec son plafond vouté en ogive et sa clé de
voute percée dont on ignore la fonction principale, peut-être
à usage domestique et de surveillance…





Montons au premier étage  par un escalier à vis





Salle du 1er étage vouté d’ogives octopartie et cheminée…




Au niveau 1, la salle dénote un certain niveau de confort.





Fenêtres à niches et coussièges, à mince profils et trilobes formant
Des croisées sans vraiment l’être…





Cheminée du premier étage




Accédons au deuxième étage




Panorama du 2ème étage





Les 2ème et 3ème étages sont des étages plus nobles servant
de grandes salles dotées de très belles fenêtres.






Ouverture prouvant l’émergence d’un escalier en bois dans
ces années 1300…




Nous arrivons au troisième étage :






Panorama de la grande salle monumentale du 3ème
étage superbe, aux nombreuses ouvertures





Gros plan sur la charpente rénové

Au  niveau 3 c’est l’étage principal de défense, la salle est octogonale, les murs sont troués d’archères à bêches et de baies rectangulaires avec une disposition symétrique. C’était l’endroit où était logé la garnison qui pouvait compter une quarantaine de soldats pouvant défendre en même temps le donjon.




Ouvertures que l’on peut admirer au château d’Arques




Fenêtre à niche et coussièges






Accès et couloirs menant aux pièces situées dans les tourelles




Magnifique exemple de l’architecture du XIII / XIV siècle,
fenêtre géminée trilobée rénovée
de la tour du Logis…







A l’intérieur de l’enceinte fortifiée, accès à la tour
logis sud-ouest, l’entrée de la salle basse demi enterrée est à droite
et l’accès de la salle haute s’effectue par un escalier à vis situé
dans la tourelle







La tour logis possède une salle haute voutée d’ogives
avec blason de la famille Voisins





Ce site reste le témoin du savoir-faire technique et artistique des bâtisseurs de l’époque médiévale et vous dévoile le goût et la richesse des maitres des lieux, les seigneurs de Voisins.









- Les premières traces écrites datent de 1011, Amiel Arques le seigneur du lieu est cité dans un manuscrit
- Au 12ème siècle un conflit oppose le vicomte de Carcassonne et plusieurs seigneurs dont Arques, Lagrasse. Les terres d'Arques deviennent la propriété des seigneurs de Termes.
- En 1217 Béranger d'Arques figure parmi les proches de Guillaume de Peyrepertuse
- En 1231 après la défaite du château de Termes durant la croisade des Albigeois, Simon de Montfort s'attaque à Arques. Après avoir pillé et brûlé le village, il donne les terres du Haut Razès à son lieutenant Pierre de Voisins. Il s'agissait de contrôler les voies de transhumance des moutons vers les Corbières.
- En 1260 le village s'appelle Arquis.
- En 1265 Pierre de Voisins en visite dans ses sénéchaussées fait régner la terreur. En qualité de Sénéchal de Carcassonne il est investi du pouvoir de haute et basse justice. Il accuse de sorcellerie plusieurs hommes et femmes, et les fait brûler en place publique, puis s'en retourne à Carcassonne où il réside.
- Vers 1266 Louis IX (Saint Louis) doutant de la culpabilité de ces ex-cathares subissant la "chasse aux sorcières", ordonne à Pierre de Voisins de ne plus condamner pour sorcellerie.
- Vers 1280 Gilles 1er succède à son père Pierre de Voisins. Il démarre en 1280 la construction du donjon qui sera sa nouvelle résidence.
- En 1291 le seigneur rédige une charte de coutume pour Arques. La nouvelle bastide d'Arques est mentionnée. Ce document définit les règles entre la communauté villageoise et son seigneur en matière de justice et de vie économique. Les habitants subissent de fortes pressions.
- En 1316 Gilles II de Voisins (dit Gilet) remanie et achève la construction du château.
- En 1320 le village se nomme "Vallem de Arquis".
- En 1518 par le mariage de la dernière héritière Françoise de Voisins avec le vicomte Jean de Joyeuse, l'illustre nom de Voisins s'éteignit après 287 années de règne sur Arques. Le château fut délaissé au profit de celui de Couiza commencé vers 1540 il devint la résidence favorite des de Joyeuses.
- En 1538 le village se nomme Arcas.
- En 1546 les Espagnols font une incursion dans le Languedoc et passent par Arques et incendient le village. Le donjon est épargné.
- En 1575 les protestants assiègent le château qui fut presque entièrement détruit. Seul le donjon résiste aux attaques des soldats commandés par les capitaines Rascles et Rastelrens. La façade de l'ancien prieuré porte encore les traces des balles.
- En 1781 le village porte son nom actuel Arques.
- Vers 1790 le château est vendu comme bien national puis subit quelques dommages.
- En 1887 le château est classé monument historique.
- En 1910 le château et les restes de l'enceinte actuelle sont achetés par la commune dans cet état ...
- Fin du 20ème siècle des sondages archéologique s'organisent, les vielles pierres restaurées et le château s'ouvre aux visiteurs.
- Aujourd'hui la visite est payante, mais cela vaut le coup de visiter librement ce château à l'architecture militaire merveilleux, son élégant donjon suscite l'admiration des curieux et des passionnés de l'époque cathare.







Le château d’Arques élégant, majestueux dans ce décor
naturel splendide…
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 20:06









Si vous passez par les gorges de Termenet, et ensuite vous remontez sur Saint-Pierre-des-Champs
par la D212, vous apercevrez sur votre droite un château en ruine, il s’agit du château de Durfort.


Ce château a été édifié sur un piton rocheux qui surplombe la vallée de l’Orbieu. Les ruines actuelles
sont celles d’un habitat fortifié médiéval, comprenant une chapelle, des logis à fenêtres
rectangulaires et une tour. De hauts murs épais des caves et puits, des salles voutées de
bâtiments carrés, des tourelles d’angle, des échauguettes et une tour maitresse sont encore visibles.




Aujourd'hui, le château est une propriété privé, sa visite en est libre et gratuite, en demandant
l'autorisaation préalable à ses propriétaires. Le châtea n'étant pas consolidé, le risque de chute
de pierres est élevé, soyez prudent











SOURCES :
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 20:30










Gros plan sur la façade Est du château de Durfort





Il ne reste pas de trace écrite sur la construction initiale de ce fort. Aux environs de l'an mil en France, les habitats fortifiés évoluent de simples tours en bois cernées de palissades (motte castrale), vers des structures plus résistantes en maçonnerie (château fort).


Durfort est érigé sur une masse rocheuse surplombant les gorges de l'Orbieu, offrant un bon point de vue sur la vallée. Les premiers forts médiévaux furent d'abord des positions de guet, logements de petites garnisons de seigneurs locaux, assurant le contrôle de vallées agricoles et des voies de commerce sur lesquels ils prélevaient des droits de passage. Durfort est situé sur un pic, entouré sur 3 côtés par une boucle de la rivière Orbieu, ce qui en fait une bonne position défensive.


Les premières traces écrites mentionnant le fort de Durfort datent du XIe siècle. En 1093, il en est fait mention dans une transaction entre le fils du seigneur de Durfort, Bertrand, et l'Abbaye de Lagrasse. En1124, Guillaume et Raymond, seigneurs de Durfort, rendent hommage au Vicomte Bernard Aton de Carcassonne, et en 1163, le seigneur de Terme rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort.








Une vue aérienne du château de Durfort dans son écrin de verdure






Les « châteaux cathares » sont une dénomination récente issue du tourisme contemporain. Ce terme désigne de façon arbitraire les forteresses bâties au XIIIe siècle par le roi de France après la croisade contre les Albigeois. Dans le cas de Durfort, l'habitat villageois de type castral est même antérieur à l'hérésie cathare. Néanmoins, les ruines qui subsistent aujourd'hui sont plus récentes.


La doctrine cathare aurait pris naissance en Bulgarie à la fin du Xe siècle. Des communautés cathares s'étendent en Europe vers l'an mil. Le catharisme prit plusieurs formes ayant un tronc commun, et gagna le Midi au XIIe s. Albi étant l'un des centres d'implantation les plus durables, le terme d'Albigeois désigne dans ce contexte les cathares. Au milieu du XIIe siècle (1167) les Églises cathares sont au nombre de cinq : Albi, Toulouse, Carcassonne, Agen (Aragnensis) et Epernon en France. C'est seulement au XIIIe siècle, en 1226, que l'évêché de Razès, la région de Limoux, est créé.


Face à l'extension de la contestation de l'Église catholique romaine et de la prédominance du pape, l'Église romaine répond par la prédication et l'excommunication pour hérésie. L'échec de cette tentative conduit le pape Innocent III à lancer en 1209 contre les "Albigeois", la première croisade à se dérouler sur le territoire de la chrétienté occidentale.


En 1209, le seigneur de Durfort se range du côté des cathares par son alliance avec Olivier de Termes (voirChâteau de Termes). Simon IV de Montfort prend le commandement de la Croisade contre les Albigeois et mène campagne dans la région. En 1215, le château de Durfort devient la propriété d'Alain de Roucy, l'un de ses lieutenants.





Château intéressant, les murailles ont encore une belle hauteur
Ainsi que l’échauguette sur l’angle Nord / Est.



La population de la région reste néanmoins cathare de cœur, et lorsque la région redevient tranquille, le mouvement cathare se reforme. En 1225, le village de Pieusse tout proche accueille un concile cathare dont le but est de réorganiser la communauté cathare du Razès. Benoît de Termes en devient le chef spirituel. En1226 commence la « guerre de Limoux » au cours de laquelle s'affrontent cathares et troupes royales de Louis VIII.


Le pouvoir royal affermit sa conquête sur cette région en édifiant ou en aménageant cinq grandes forteresses et un réseau de petits forts de guet. Le château de Durfort s'inscrit dans ce système défensif, visant à protéger les nouvelles frontières du Royaume de France. Distante de 3 km, la forteresse toute proche de Termes est remaniée en 1229 pour devenir un château royal hébergeant une garnison.


En 1241, Olivier de Termes se soumet à Louis IX, et récupère ainsi une partie de ses terres et châteaux dont Durfort. Il semble qu'il le donne aux anciens seigneurs de Durfort. En 1243, Hugues de Durfort prête serment de fidélité au roi, et participe l'année suivante au côté des croisés au siège de Montségur.


En 1256, Gaucelin de Durfort se ligue avec d'autres seigneurs contre l'autorité du roi de France et perd ainsi ses droits sur son domaine, mais les récupère quelques mois plus tard, après un hommage au Roi.



En 1659, Louis XIV signe le traité des Pyrénées avec le Royaume d'Espagne, scellé par son mariage avec l'Infante Marie Thérèse. Ce traité modifie les frontières en donnant le Roussillon à la France. La frontière recule sur la ligne de crêtes des Pyrénées et les différentes forteresses de la région perdent leur importance stratégique. Le château de Durfort est donc remanié pour en améliorer le confort.
Au XVIIIe siècle, le château semble abandonné, mais son isolement permet de préserver ses ruines. Aujourd'hui, le château est une propriété privée. Le château n'étant pas consolidé, le risque de chute de pierres est élevé.






Château de Durfort en 2009









SOURCES :



Textes :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Durfort
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Lun 10 Oct - 21:01











Les quatre châteaux médiévaux de Lastour  sont un haut lieu cathare.


Le belvédère de Montfernier  vous permet d’embrasser d’un seul coup les
quatres petits châteaux indépendant dans une perspective hallucinantes,
placés là sur un éperon calcaire du Cambrien vieux d’environ 540 millions d’années.


Les ruines des quatre châteaux se détachent magiquement sur le fond
sombre de la Montagne Noire. Lastours  fut l’un des forteresses les plus
audacieuses du catharisme, presque imprenable, les croisés en sont
venus à bout en 1211. Au pied du château de Cabaret on peut visiter
la reconstitution du village médiéval.


L’entrée du site de Lastours s’effectue à partir d’une ancienne usine de
textile réhabilitée (Usine Rabier) datant de 1844, où l’on fabriquait des
draps et qui s’occupait 200 ouvriers. Dans cette ancienne usine, vous
pourrez voir une exposition permanente sur le castrum de Cabaret et le Haut-Cabardès.

Entre les profonds vallons de l’Orbiel à l’Est et du ruisseau de Grésilhou
à l’Ouest, une arête rocheuse émergente porte les quatre château dans
un écrin sauvage, à 300 mètres d’altitude.
Les quatre petits châteaux de Lastours s’alignent sur une crête du Nord
au Sud, ce sont Cabaret, avec une salle tour pentagonale et un chemin
de ronde sur arcades ; la Tour Régine, simple tour maitresse pourvue
d’une vis extérieure ; Surdespines (Fleurs-d’Espinie) avec une tour
résidence rectangulaire ; enfin, Quertinheux (Quierquieux, Quertinieux,
appelé ainsi à cause des chênes verts qui poussaient sur les coteaux à l’époque),
plus grand avec une tour identique à la Tour Régine. Ils constituent un
ensemble défensif parfaitement homogène car le site présente un intérêt
stratégique certain.  Pourquoi quatre châteaux sont construits au même
endroit au cœur du Cabardès ? on ne comprend pas la raison de ce nombre,
est-ce par orgueil des seigneurs féodaux proches et unis ?







Les quatres chateaux sont représentés par les points rouges,
celui de Cabaret étant le plus au Nord, puis Tour Régine,
le château  Surdespine et tout au sud Quertinheux








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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 11 Oct - 13:16







Depuis le belvédère de Montfernier le panorama est magnifique




Des fouilles qui ont été réalisées de 1988 à 1991 ont permis de mettre à jour une dizaine de tombes, datées du VIème siècle, confirmant l’occupation du Cabaret  durant cette période.

Le castrum de Cabaret est cité dans les textes en 1063, les châteaux sont mentionnés dans un acte de garantie du comte de Foix au comte de Carcassonne. Les châteaux appartiennent à ce moment-là, à  la vaste famille de Cabaret, dont les premiers membres apparaissent quatre ans plus tard en 1067 comme vassaux des comtes de Carcassonne, et le resteront jusqu’à la Croisade. Roger, Bernard Assalit, Adémar et Guillaume, tous fils de Guille, prêtent serment pour le « Castellum de Cabarez » (cartuaire de Comtes de Barcelone).


Le nom de cabaret vient à de Caput Aristoe qui veut dire « tête de l’arête de poisson » et non caput  arietis « tête de Belier « d’après  l’historien Thiers.


C’est dans le courant du XIème siècle, où est question pour la premier fois d’un premier château de Cabaret.


• 1125 Raimond de Cabaret prête serment à Bernard Aton Trencavel
• Entre 1100 et 1129, première mention du « castellum de Chertinos » (Quertinheux)
• Entre 1129 et 1150 on trouve les premières mentions de Surdespine





De la passerelle qui enjambe l’Orbiel dans le village de Lastours,
on aperçoit les châteaux qui dominent la vallée





Dès le début du XIIème siècle, Cabaret est déjà une importante seigneurie minière. A cette époque, on connait les noms de trois châteaux : Quertinheux, Surdespine et Cabaret, il y a même un marché, car l’on trouve dans les textes anciens, une demande d’autorisation pour la création de ce marché au vicomte de Carcassonne. Dans un texte de 1166, plus de vingt-deux coseigneurs sont maitres du castrum. Mais dès la ffi du XIIème siècle, seuls trois coseigneurs sont désormais mentionnés dans les écrits.


En 1194, Pierre Roger et Jourdain de Cabaret s’engage, avec trente-quatre de leurs vassaux, à observer les clauses du testament du Vicomte Roger II de Béziers et de Carcassonne, preuve que leur attachement à ce lignage comtal est sans faille à la veille des temps difficiles qui se préparent avec la montée en puissance des pressions de l’Eglise sur le comte de Toulouse et celui de Carcassonne.


1199, le diacre cathare Arnaud Hot prêche à Cabaret.


Pendant les événements de la Croisade contre les albigeois déclenchée par le roi Louis VIII le Lion, Pierre Roger de Cabaret est le maitre incontesté dans sa seigneurie mais aussi dans toute la région. Cabaret apparait aussi être le fief des hérétiques, où séjourne fréquemment les évêques cathares du Carcassès.




En partant de la gauche, vous avez le château de Cabaret,
la Tour Régine, le château Surdespine et le château de Quertinheux





Pierre Roger de Cabaret était un ardent défenseur de la cause cathare, il fut l’un des compagnons de Trencavel, dont il était le vassal. Les dépositions retenues par l’Inquisition prouvent selon les témoignages que beaucoup d’hérétiques habitaient le village fortifié de Carbaret. Toute sa vie fut marquée par la foi cathare qu’il protègea, peut-être sans la pratiquer. Lors du premier assaut des croisés contre les albigeois, en 1209-1210, les soldats de Simon de Montfort durent reculer devant les murailles de Cabaret, par manque d’hommes de troupe, Simon de Montfort ravage les environs et attaque d’autres places fortes comme Fanjeaux, Bram, Minerve puis en août 1210 Termes capitule. Les rescapés venaient se réfugier à Cabaret qui résistait à toutes les attaques. Le chevalier Bouchard de Marly alors seigneur du château de Saissac et parent de Simon  de Montfort fut fait prisonnier lors de cette première attaque et emprisonné à Cabaret.


En mars 1210, en représailles, Simon de Montfort fait preuve d’une cruauté terrible, une centaine de prisonniers venus de Bram ont envoyés à Cabaret, les yeux crevés et le nez arraché afin de terroriser les habitants. Mais il fallut attendre encore, siège d’une résistance acharnée contre Simon de Montfort, Lastours tomba le 22 novembre 1210.





Quatre châteaux de Lastours font partis du castrum de Cabaret.
Cabaret, ancien nom de Lastours est un lieu mentionné dans les
textes anciens, en 870 dans une charte du roi Charles le Chauve…






Le prisonnier Bouchard de Marly fut un précieux moyen d’échange lorsque Pierre Roger de Cabaret dut capituler suite à un second assaut mené par Simon de Montfort qui prit possession de Cabaret, suite à la reddition volontaire de Pierre Roger de Cabaret. Il fut dédommagé de la perte de ses châteaux, en échange il eut des domaines près de  Béziers. Après la mort de Simon de Montfort à Toulouse en juillet 1218 et malgré cette soumission, les seigneurs de Cabaret restèrent hostiles à la croisade catholique et en 1223, ils reprenaient possession de leurs terres et de leurs châteaux. Un évêque cathare, Pierre Isarn, séjourna à Cabaret vers 1223 selon le témoin Raimond Aiffre, il y prêchait devant toute la noblesse locale. Il monta sur le bûcher en 1226. D’autres évêques séjourneront aussi à Cabaret comme Arnoud Hot et Guiraud Abith.


Depuis les années 1223, on trouve à nouveau le castrum de Cabaret tenu par trois coseigneurs : Pierre Roger de Cabaret, Pierre de Laure et Bernard Othon de Niort.





A gauche : château de Quertinheux
A droite : l’un des sentiers escarpés menant aux citadelles





Entre 1223 et 1229, l’activité des Cathares est de nouveau intense à Cabaret et, en 1226, cette place forte résiste puissamment à la Croisade qui s’acharne sur ce nid de résistance. L’épisode est connu sous le nom de « Guerre de Limoux et de Cabaret »


De 1227 à 1229, la vie devient plus sombre. Un nouveau siège eut lieu en 1227, proféré par Humbert de Beaujeu, ce fut un échec, mais il fallut évacuer les Parfaites qui tenaient une activité textile au sein du castrum. Après une longue résistance, les citadelles cédèrent finalement en 1229 et là encore, la négociation sut éviter un bain de sang et permit aux hérétiques de se replier en des lieux plus sûrs. Confisqué par le sénéchal Humbert V de Beaujeu, Cabaret devient le siège d’une châtellenie royale.

On ignore ce que devient ensuite Pierre Roger de Cabaret, on perd sa trace en 1229.





La Tour Régine à gauche, le château de Cabaret au fond




Les villages et châteaux sont pillés puis reconstruits pour devenir des forteresses royales. C’est à ce moment qu’est érigé la Tour Régine par ordre du roi pour affirmer sa suprématie.  Les quatre châteaux deviennent le centre administratif et militaire de six communautés formant ainsi la châtellenie du Cabardès.


En 1238, les autorités royales vont modifier la fortification du site. On lit qu’un châtelain royal réside à Cabaret, on suppose qu’une garnison a pris place dans la forteresse entre 1229 et 1238.


Dès 1230, les citadelles du Cabaret étaient forteresses royales. A partir de cette époque et pendant plusieurs siècles le castrum sera occupé par une petite garnison. Pourtant le catharisme resta longtemps vivant, et des châtelains de Cabaret, même s’ils furent installés par le roi de France, reçurent le consolamentum, ce qui prouve qu’à la fin du XIIIème siècle, tout l’état-major de Cabaret restait cathare.





Les trois citadelles au Sud vu du château de Cabaret,
au premier plan, la Tour Régine





En 1240-1241, la « guerre de vicomte » fait rage. Pillage et violence sont relatés par Raymonde Abbas habitant Cabaret. C’est à cette époque que sont détruites les anciennes tours ainsi que le village castral, et que la reconstruction des trois châteaux est entreprise avec la réalisation de la Tour Régine.


1269, on trouve la première mention d’un village « neuf » que l’on appelle « Rivière de  Cabaret » et de son église Saint-Pierre-et-Saint-Paul probablement reconstruits sur les bords de l’Orbiel.


L’hérésie cathare perdure, en 1320, une sentence des Inquisiteurs ordonne que soient brûlés les ossements de plusieurs personnes morte hérétiques, parmi lesquelles de châtelains royaux de Cabaret et leur épouse.


Au XIVème siècle, le Cabardès subit  des épidémies de peste, en 1348, les châtelains de Quertinheux et de Surdespine changent plusieurs fois.


En 1471, Louis XI confirme les privilèges accordés par ces prédécesseurs aux habitants de la châtellenie, en échange de la garde et de l’entretien des châteaux.


Ensuite, on ne trouve pour ainsi dire aucune information.


Au XVIème siècle, pendant les guerres de religion, les châteaux sont occupés par les protestants. Ils seront chassés par le Duc de Joyeuse en 1591.





La forteresse de Surdespines





En 1645, le village castral étant tombé dans l’oubli, Guillaume Besse constatera qu’il y  a des vestiges de maisons formant comme un grand bourg autour du château, ce fut le premier regard d’un historien sur ce lieu, (« Histoire des Antiquités et Comtes de Carcassonne », Béziers 1645, auteur Guillaume Besse).


Vers 1778, apparaissent les premières terrasses de cultures empiétant sur l’éperon ainsi que des troupeaux d’animaux. Les châteaux sont d’ores et déjà à l’abandon.






Photo intéressante, car l’on voit très bien ici que la surface où s’élève
ces forteresses est très exiguë. Ici, comme dans tous les endroits où
ont été construites les citadelles du vertige comme on les surnomme
dans l’Aude, le travail de ces bâtisseurs a été colossal.






Le site de Lastours est un véritable complexe archéologique, où vous pouvez visiter non seulement les quatre châteaux mais aussi le lieu d’une occupation humaine datant de quatre mille ans.


La période de l’âge de bronze ancien (-1800 à -1500) est bien attestée dans les habitats de grotte comme à Lastours où ont été retrouvés en 1961 dans la grotte « au collier », des bijoux en bronze dans  la sépulture d’une fillette âgée de neuf à dix ans environs, vraisemblablement d’une classe sociale élevée, que l’on a surnommé «la princesse de Lastours ». Bracelets et colliers de bronze, perles d’ambre et de verre ; poignard, mais aussi les nombreuses haches à rebord ont été trouvés.  Certains décors sur  les objets retrouvés, évoquent la Grèce mycénienne ou l’Egypte. La sépulture se trouve près de l’impressionnant tunnel, dit « trou de la cité », en raison de la légende qui voudrait le relier à la cité de Carcassonne.










Les pentes ont été plantées de cyprès et de confières dans
les années 1930,, afin de stabiliser les talus, c’est vrai
que cela donne un bel effet magnifique, avec au
sommet le château de Cabaret











« Le Trou de la Cité » est situé en contre-bas du château de Quertinheux.
Vous pouvez l’apercevoir ici, la tâche sombre est l’entrée de
la grotte (flèche rouge)





Le Trou de la Cité :
il s’agit de la plus grande grotte de Lastours qui en dénombre une quarantaine. Ce tunnel souterrain de nombreuses fois remanié, a dû être utilisé à maintes reprises comme réserve, refuge ou bergerie.





Voici l’entrée du fameux « Trou de la Cité »
qui est située juste en-dessous du château de Quertinheux





La « princesse au collier » reposait dans une cavité proche dite « l’abri du collier ». Une légende raconte aussi qu’un être étrange au corps de chèvre, Salimone, y a habité et qu’à la Chandeleur elle allait pleurer au bord du torrent du Grésilhou, accentuant ainsi la rigueur de l’hiver. La belle saison venait quand Salimonde jouait de la flûte. Il se murmure aussi qu’une galerie souterraine menait jusqu’à  la cité de Carcassonne, d’où le nom « Trou de la Cité ».  Une autre tradition orale rapporte qu’un trésor aurait été caché par les Wisigoths dans le grand puits et qu’au fond de celui-ci s’ouvrent les portes de vastes souterrains et de merveilleuses cavernes hantées par des fées.
Dans la réalité, les recherches ont révélé seulement l’existence de quelques galleries et salle telle une pièce voutée sous la Place Marcou.






Les grottes sont très nombreuses dans la région
mais celle-ci est légendaire







Le « Trou de la Cité » est une grotte aux dimensions
imposantes et très profondes







Le « Trou de la Cité »











Les spécialistes qualifient le village castral de Cabaret de « Pompéi cathare », car il est rare de découvrir les vestiges d’habitations où des centaines de cathares, religieux « bons hommes » et « bonnes femmes » et fidèles, y vivaient. Un marché dominical s’y tenait. Le village était le siège du diacre cathare de  Cabardès. Seuls subsistent les murs des bâtisses robustes, à  l’époque couvertes de lauzes et de tuiles canal. Les habitants groupés autour du « vrai » château cathare, celui des seigneurs vaincus, sont partis  en hâte, au cœur de l’hiver, des bûches consumées l’attestent. Le temps s’est arrêté vers 1230.












Découverte du village castral médiéval de Cabaret
(sur le plan au nord – ouest du château de Cabaret)






Le village castral situé le long du Grésillou au pied du
château Cabaret sur le versant Nord / Ouest du site






Le village castral de Cabaret situé au fond de la plaine du Gréshilhou est abandonné entre 1230 et 1240, délaissé au profit du site du village actuel de Lastours.


En 1269, le village change d’appellation, castum de Cabareto devient Ripparia Cabareti (Rivière de Cabaret).


L’archéologie du site a révélé ce que les textes ne disent pas, que le village castral a été entiérement détruit, qu’il a été déplacé ensuite sur les bords de l’Orbien, d’où le nom de Rivière qui restera jusqu’à la Révolution où il prendra ensuite le nom de Lastours.


Le village castral ne refit « surface » qu’en 1987 à  l’initiative de l’archéologue Marie-Elise Gardel. Les fouilles qui ont été menées depuis plus de 25 ans vous permette aujourd’hui de visiter deux quartiers du village castral (XIème au XIIIème siècle), l’un est situé au Nord, entourant le château primitif , constitué d’un ensemble de maisons, de forges, de citernes et une rue pavée ; l’autre est situé au Sud, sous les vestiges de la chapelle romane Saint-Pierre de Cabaret datant de la fin du XIème, début XIIème sicèle, entouré d’un cimetière, de plusieurs maisons, de citernes et d’une forge. Ces fouilles ont livrés de nombreux objets de la vie quotidienne comme des céramiques grises, des clés, des boucles et accessoires de vêtement, des ustensibles et outillage. Ces ruines du village castral, ont été préservées en quelques sorte grâce à la construction de terrasses en pierres sèches destinées aux cultures entre le XVIIIème et le XXème siècle, d’ailleurs de nombreux murets subsitent encore actuellement.


Les fouilles ont permis la mise au jour de maisons au bâti serré, dense, où l’implantation s’organnise en fonction des courbes de niveau des coteaux. Pour le moment, seize bâtiments au plan rectangulaire ou légèrement trapézoïdal ont été mis au jour. La superficie des maisons varie entre 32 et 50 m², les murs sont très épais, un mètre de moyenne, elles possèdent des dépendances, cours et annexes couvertes ou non. Par ailleurs ces maisons sont toutes dotées d’au moins un étage où l’on accédait par une échelle de meunier. Toute les toitures avaient une couverture mixte de lauzes de schistes et de tuile canal, retrouvée pendant les fouilles, l’ossature des maisons était solide. Les hauteurs sous plancher des rez-de-chaussée sont comprises entre 1,90 et 2,20 m, l’habitation principale se trouvait à l’étage. On a retrouvé, à l’intérieur la présence de plusieurs foyers à même le sol, aux fonctions différentes, chauffages, culinaire et four à pain.  Trois bûches de chêne calcinées bien conservées ont été retoruvées dans un des foyers de chauffage ce qui tant à déduire, qu’il faisait froid lors de l’abandon précipité du site.  Des reliefs de repas ont été retrouvés tel que le mouton, le porc et le bœuf. Parmi les ustensiles domestiques la céramique domine, représentant près de 50% des objets découverts. Il y a des rues d’une largeur comprise entre 1,20 m à 2 m serpentant entre les bâtiments et les rochers, le revêtement et en argile mêlé à un cailloutis ou les rues sont pavées de blocs de calcaire émoussé témoins du passage des hommes et des bêtes. Les mur ne sont pas enduits, les roches sont très présentent car il a fallu combiner avec elles. L’habitat médiéval ici est très grossier,  car la priorité de cette époque n’était pas le confort, mais la défense et la protection. Plusieurs forces ont été découvertes sur le site, témoignant de la fabrication d’objet en fer pour la maréchalerie et l’armement ; des clous, des fers de traits et de l’outillage jonchaient le sol noir de suie.






Une exposition présente sur le site les objet
retrouvées lors des fouilles, comme ici :
une pièce d’échec, un dé à jouer, un soc d’araire, des clés
médiévales, une marmite et une dourne (en bas à droite).
La dourne fait partie de la famille des cruches de tête
destinées à contenir l’eau domestique





Voici un rapport intéressant rédigé suite à l’excursion aux châteaux de Lastours le 28 juillet 1890 par M. Germain SICARD de la Société d’Etudes Scientifique de l’Aude, dans ce document d’époque, il note ceci :

« c’est  près de l’endroit où nous sommes arrivés qu’en février 1836, lorsque l’on travaillait à la route actuelle du Mas-Cabardès, on découvrit, en faisant jouer la mine, une double caverne sépulcrale. Une grosse pierre bouchait l’entrée et masquait une ouvertue de 0,40 cm de largeur par 1,50 m de hauteur.
Dans la première grotte, quinze squelettes étaient couchés rangés en cercle, les pieds formant le centre, les crâne les points de la circonférence. Une autre caverne fut bientôt découverte à quelques pas de la première : celle-ci contenait vingt-six squelettes disposés comme les précédents ; sept étaient placé à l’entrée les uns sur les autres ; des ossements d’animaux emplissaient la galerie qui conduisiat à cette  deuxième caverne. Un mémoire signé G.-P. Cros a été déposé à  ce sujet à la Société Archéologique du Midi de la France (vol.III, p.126) ; il est accompagné d’un plan et d’une vue perspective lithographiée des châteaux du Cabardes. L’auteur de ce mémoire suppose que ces squelettes seraient ceux des albigeois cachés en cet endroit à l’époque de la promulgation des statuts du Comte Raymond VII de Toulouse contre les religionnaires.


Malheureusement il n’a été recueilli près de squelettes aucun objet pouvant faire déterminer l’époque de leur ensevelissement. La science préhistoriues et anthropologique était lors de la découverte ce qu’elle est aujourd’hui. Il est fort probable, en effet, que l’ensevelissement de ces cadavres doit remontor à une époque bien antérieure à celles des Albigeois. »
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 11 Oct - 13:36







De gauche à droite : Cabaret, Tour Régine,
Surdespine et Quertinheux




Donc un centre important, dû à l’activité des Romains, auraient eu sa place ici, avant que les Wisigoths devinssent maitres du pays et que les forts Cabardès formassent la limite Nord de leur province gauloise. C’est en 588 que commence exactement l’histoire écrite des châteaux de Lastours. Grégoire de Tours rapporte qu’à cette date Récarède, roi des Wisigoths, prit sur Gontran, roi des Burgondes, les châteaux de Caput-Arietis et tous les historiens sont d’accord pour que ces châteaux soient ceux du Cabardès. Plus tard, Charles-le-Chauve, en 871, concéda les châteaux à Oliban, 3ème comte de Carcassonne.


Comme nous venons de le voir, les quatre châteaux sont pour l’essentiel, postérieurs à la croisade albigeoise (1208-1249). On distingue la marque de nombreux remaniements. Tel qu’on les voit aujourd’hui, les quatre châteaux ont acquis leurs architectures au milieu du XIIIème siècle, après la Croisade Albigeoise, quand le roi de France renforce les fortifications de ses forteresses languedociennes et y place des garnisons. Des modifications ont été apportées aussi au XVIème siècle, par l’ajout de courtines extérieures.


Le castrum sera dans son ensemble terminé en 1260, à partir de cette époque les châteaux du Cabardès deviennent une châtellenie, le roi nommant des chefs militaires qui les commandaient. Les villages compris dans un certain rayon étaient obligés de subvenir à l’entretien des forts et d’y fournir une certaine garnison ;  par contre ils étaient dispensés de taille, d’impôts et du service militaire hors de chez eux. Pendant les jours troublés de la ligue, Joyeuse s’en empara en mars 1591.  Plus tard les forteresses résistent à Montmorency. Puis peu de faits sont relatés jusqu’en 1789, époque où finit l’existence légale de la châtellenie. Les châteaux sont abandonnés et passent à l’état de ruines tels que nous les voyons aujourd’hui.


L’ensemble des quatre citadelles sont inscrits aux Monuments Historique depuis le 31 octobre 1905. Un sentier sera aménagé en 1911 pour permettre les restaurations et les premières visites. A ce moment-là, d’après certains documents, le site décrit, était en très piteux état.

Les cyprès qui ornent le paysage de Lastours ont été plantés pour stabiliser les talus dans les années 1930 se qui rend le décor irréel et magnifique. Cette micro-région qu’est le Cabardès est constituée géologiquement de terrains anciens, généralement primaires, des calcaires ou des schistes très durs et d’une couleur sombre qui donne son caractère à la vallée. Ces schistes sont riches en minerais polymétalliques, tel que le fer, le cuivre, et le plomb argentifère.












Le château de Cabaret






Plan détaillé des ruines





D’une superficie modeste, 233 m², de plan allongé, se compose de trois parties. Une enceinte est accessible par une porte flanquée de deux tourelles, précédée par une barbacane. Elle s’appuie au Nord sur une tour quadrangulaire. La crénelure subsiste  en partie ainsi que le chemin de ronde soutenu par une série de petites arcatures en arc brisé.
On y accède par un escalier étroit. Cette enceinte précède un ensemble fortifié constitué par une cour intérieure fortifiée et flanquée au Sud par un donjon en éperon, vouté d’ogives.






Le château de Cabaret, côté sud avec son donjon carré
en partie éventrée






On peut distinguer trois types d’archères, dans le donjon sept archères à fente simple bien appareillées en calcaire blanc, sont visibles. Dans l’enceinte et le logis des archères plus rudimentaires couvertes à l’intérieur d’un linteau de schiste sont moins bien appareillées. Et enfin, au sommet du donjon on peut observer les restes de quelques archères  canonnières.



Dans la chapelle Sainte-Catherine de Cabaret a été découvert en 1564 par Pierre Saulière, un calice en vermeil, garni de sa patène. Sur le pied se trouve d’un côté le Christ, de l’autre un écusson. Où est-il conservé actuellement ? Ce vase sacré était à Carcassonne en 1859…





La courtine sud-ouest






La façade plein Ouest du château de Cabaret






La cour intérieure






A gauche : le donjon carré en partie éventré (une restauration
serait bénéfique pour la sauvegarde du donjon)

A droite : les arcatures en arc brisé soutenant le chemin de ronde







Le mur d’enceinte vouté d’ogives protégeant la cour intérieure.
L’ensemble est construit avec un appareil irrégulier et des
pierres de taille pour les angles et les ouvertures






La tour carré face Ouest








L’escalier à vis intérieur permettant l’accès aux niveaux
supérieurs de la tour carrée







La cour intérieur, au fond le donjon, à gauche on aperçoit un
escalier extérieur accolé au mur nord du logis permettrait
d’accéder au chemin de ronde, ce dernier escalier est postérieur
à la construction du logis puisqu’il obture, trois archères de ce bâtiment






Escalier extérieur accolé au mur nord du logis permettait
d’accéder au chemin de ronde






Courtines ouest au pied du donjon






Entre les deux tours, à droite l’entrée du corps de logis
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 11 Oct - 15:24








La Tour Régine






Plan détaillé des ruines






Tour Régine qui signifie tour de la reine, dont le nom pourrait provenir de la régente Blanche de Castille. Citée en 1242, elle se compose pour l’essentiel des vestiges d’une enceinte polygonale s’accolant à une tour de plan circulaire, empattée à la base  et flanquée d’une tourelle d’escalier. Elle est percée d’archères en étrier dans la partie basse de la tour, et d’archères simples, plus larges dans les parties hautes. Les matériaux utilisés sont identiques que pour Cabaret, mais l’appareillage semble plus homogène, avec une disposition en assises plus régulières. Les murs sont beaucoup plus épais que ceux de l’enceinte avec un empattement à la base très important. Deux rangées parallèles de trous de boulins dans la partie supérieure de la tour servaient à maintenir les hourds, dans lesquels on pénétrait par  des ouvertures rectangulaires que l’on voit encore. Les ouvertures de la tour sont appareillées en calcaire blanc. La cage d’escalier à vis tournant à gauche est prise dans le mur Est de la tour, il y a des meurtrières sur sa face  Sud. La porte située à l’étage, comme celle de Cabaret, ont été restaurée, les linteaux reposaient sur des corbeaux moulurés, c’étaient les seuls éléments décoratifs architecturaux dans ces châteaux. Une citerne de 25 m³  occupe la moitié Ouest du rez-de-chaussée de la tour, c’est la plus grande du site. Il y a une latrine dans l’angle extérieur Sud. L’étude des châteaux a permis de constater de grandes similitudes dans la conception avec le château comtal de la cité de Carcassonne datant de la même période.




La Tour Régine de plan circulaire a été édifiée
grâce aux moyens matérielset financiers du roi de France
Saint Louis (Louis IX). Les dénominations de « Tour Neuve »
au XIIIème siècle puis « Tour Régine » confirment qu’il s’agit
d’une construction effectuée par les ingénieurs royaux







La Tour Régine, remarquez l’étroitesse de la plateforme où
s’élève cette tour, et le précipice à gauche, audacieux non !






La tour est constituée de trois étages desservis par un escalier à vis.
L’appareillage des pierres est plus homogène et disposé en assises
régulière par rapport à Cabaret.



Dans sa partie supérieure à l’extérieur, une double rangée de trous
de boulin servait à recevoir des hourds. On y accédait par des baies
rectangulaires aujourd’hui à l’état de vestiges. A l’Ouest, la tour est
percée d’une porte située à l’étage, desservies par un escalier en bois
qui permet, à l’aide d’un escalier restaurée d’accéder au rez-de-chaussée.
Celui-ci abrite essentiellement une citerne. Le deuxième étage est
desservi par un escalier en bois hélicoïdal aménagé à l’Est et éclairé
par des meutrières. Ce second niveau  largement éclairé, est
intéressant pour sa coupole circulaire appareillée en limaçon
(voir photo ci-dessous)







La coupole appareillée en limaçon de la Tour Régine.
Au sous-sol, la tour contient la citerne la plus vaste
des quatre châteaux.







Fenêtre à gauche et Canonnière à droite






L’étroit passage de l’escalier à vis permettant l’accès aux
différents niveaux réalisés en plancher en bois.







Canonnière de la Tour Régine





La Tour Régine et les vestiges de la courtine Ouest












Le château de Surdespine







Plan détaillé des ruines




Le château de Surdespine (appelé plus tard Fleur d’Espine) est celui qui occupe la position la plus élevée et qui a la plus grande superfice, 512m², avec une enceinte polygonale plutôt médiocre sur laquelle s’appuient plusieurs bâtiments. Il s’agit de deux tours de plan quadrangulaire encadrant une citerne. On connait un premier témoignage écrit de ce château en 1145. Un édifice primitif a donc précédé celui qu’on voit aujourd’hui. C’est le château le moins bien conservé des quatre. La structure du logis est composée de trois bâtiments accolés, les deux extrêmes sont semble-t-il des pièces d’habitation de 25 à 30 m² environ. La partie centrale très étroite est une citerne couverte en berceau brisé avec des murs aveugles d’une capacité de 26m³.  On distingue encore l’enduit de tuileau qui recouvre ses parois et le conduit en terre cuite qui amenait l’eau des toitures. Il y a peu d’archères dans cet édifice, quatre subsistent dans le logis et une seule dans l’enceinte. Il existe encore côté Est du côté du ravin et sur deux niveaux, quatre fenêtres maladroitement restaurées, elles sont en plein cintre à voussoir en pierre de taille de calcaire blanc.





Fenêtre plein cintre, voussoirs en pierres de taille blanche





Les vestiges de la tour du château de Surdespine




Fenêtre en plein cintre bien conservée











Le château de Quertinheux





Plan détaillé de ruines




Le château de Quertinheux, plus loin au Sud, se compose d’une enceinte polygonale précédée des vestiges d’une enceinte extérieure. La tour est assez comparable à la Tour Régine, la salle intérieure a la voute d’ogives à six quartiers. Des archères canonnières sont visibles au sommet de la courtine Est. Des vestiges de plusieurs réduits qui devaient servir de cave apparaissent dans la cour. Ce château dispose de deux citernes situées au Nord et au Sud de la cour contre la courtine.


C’est du  haut des remparts de  Quertinheux que l’on aperçoit la cité de Carcassonne et le vaste panorama des Corbières.





Le château de Querthinheux cité dans les textes après 1100.
Une avancée en chicane défend l’entrée du château. Il
surplombe les restes d’une église romane détruite






La face Sud du château de Quertinheux, c’est le premier château
que vous trouverez le long du chemin serpentant à flanc de
colline et qui relie les quatre forteresses






La face Sud/Est on distingue parfaitement sur cette photo
la protubérance accolée au donjon, abritant l’escalier à vis






Le château de Quertinheux est le moins bien conservé des quatre
châteaux, on trouve une tour carrée, un logis quadrangulaire
et entre les deux une citerne
Mais on voit une chose caractéristique, les vestiges des courtines
ont les mêmes arcatures en arc brisé soutenant le chemin de
ronde qu’au château de  Cabaret







Face Sud – Est, la tour a été élevée au milieu du XIIIème siècle. Elle
s’inspire de la Tour Régine pour son plan, ses dimensions, son
système d’archères, son escalier à vis en ruine, sa porte d’entrée
située au-dessus du niveau du sol est surmontée d’une fenêtre
rectangulaire. L’intérieur du donjon ressemble à celui de Cabaret
avec sa voute gothique sur croisée d’ogives. Aujourd’hui en ruine,
on peut contempler la voute au travers d’une ouverture aménagée
dans la dalle en béton armé (réalisée en 1966), qui a eu pour but
d’assurer la stabilité générale de la tour.






Les archères à étriers bien appareillées en calcaire blanc de Lassac







Photo de Lastours entre 1920 et 1930
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 11 Oct - 17:01









Les Pyrénées offrent à chaque pas des sites pittoresques et sauvages d’une variété
étonnante, rappelant assez le merveilleux pays d’Ecosse, les Highlands chantés par le
Célèbre romancier Walter  Scott. La vallée du Vicdessos est incontestablement la plus
remarquable, la plus pittoresque des vallées ariègeoises. Dominée par la masse
imposante du Montcalm, au sommet éternellement neigeux, elle offre de tous les
côtés des villages, des ruines pleines de souvenirs historiques qui émergent des
pentes boisées ou se dressent fièrement sur des sommets presque inaccessibles.




A mi-chemin environ de Tarascon-sur-Ariège à Vicdessos, dans le petit village de
Capoulet, où s’élevait jadis une maison des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem,
on trouve, à gauche, une route étroite, conduisant au village d’Arquizat et dans la
vallée de Miglos.  Personne ne se douterait que derrière ce rocher abrupt de 750
mètres de haut, d’où le château de Miglos commande toute la gorge de Vicdessos,
s’ouvre un frais et gracieux vallon, semé de fermes et de hameaux, et qui
constituait au moyen âge une des plus importantes seigneuries du haut comté de Foix.









A gauche : Ce dessin de blason de Miglos publié dans l’ouvrage intitulé
« La Baronnie de Miglos » publié par C.Barrière-Flavy en
1894, est erroné, cela ne correspond pas aux figures et
règles héraldiques décrites.

A droite : Dessin et reproduction de l’armoirie de Miglos par Daniel Juric d’après
Le croquis ci-dessus qui est erroné






Blason de César de Miglos seigneur de Rougayran (Ariège), tiré
de l’Armorial Général de France par Charles d’Hozier  1696.
Les véritables armoiries originales de la baronnie de Miglos
sont celles-ci :
Armoiries de la famille des DE MIGLOS « écartelé, - au premier
et quatrième, de gueule au lion d’or ; au deuxième d’argent
au château de trois tours de sinople maçonné de sable ; au
Troisième d’azur à la croix d’or ».





Voici un autre blason tiré de l’armorial général de France
par Charles d’Hozier 1696.
De quelle demoiselle s’agit-il désignée par « l’ainée ».
Marguerite de Béon ? Marguerite ou Miramonde de Goth ?




L’appellation de Miglos ou Miklos, dans la langue vulgaire, en s’applique pas à un
lieu déterminé mais à tout le territoire s’étendant de la vallée de Vicdessos jusqu’à
l’Andorre et limité à l’Est ou à l’Ouest par les montagnes de château-verdun et le
val de Siguier. L’étendue du territoire actuel de Miglos correspond à peu près
exactement à celle de l’ancienne baronnie.



Miglos est le nom d’une vallée. Il faut savoir qu’aucun des villages de cette vallée ne
s’appelle Miglos. Cinq villages sont regroupés dans la vallée et se répartissent ce
territoire : Arquizat le village principal où se trouvent la mairie et l’église que l’on
nomme « touristiquement » Miglos, puis il y a Norgeat, Norrat, Axiat et Baychon.
En 1272, on trouve dans les archives « vallis de Milglos » ; et l’église d’Arauizato
dite de Miglos dès 1080-1098.


Cette seigneurie avait une indépendance relative qui faisait de ses seigneurs de petits
souverains. L’existence particulière de ce fief, par son autonomie, est extrêmement
intéressante pour l’étude de la vie intime, des mœurs de ces populations pastorales à
travers les siècles du moyen âge. Car la majeur partie des titres relatifs à cette terre
nous ont été conservés ; quelques-uns sont originaux, les autres ont été transcrits au
XVIIème siècle et réunis en un registre qui porte aux archives de l’Ariège série E, le
titre de cartulaire de Miglos. Ces documents abondent en renseignements curieux,
ayant trait principalement aux droits de dépaissance dans les montagnes
de Miglos, Siguier et château-Verdun.


867, date des premiers documents connus sur cette seigneurie, la vallée de Miglos
releait du comté de Foix.


L’étymologie de ce nom « Miglos », d’où vient-il ? On lit dans les chartes, Melglos,
Milglos, vallis de Milglosia, et dans le langage vulgaire, on prononce Miklos, le nom
de cette vallée. Il est opportun toutefois de faire remarquer que dans plusieurs
chartes du moyen-âge, un certain nombre d’habitants de cette vallée sont mentionnés
avec le prénom de Melglos ; ce qui évidemment peut paraitre étrange puisque l’on
ne connait aucun saint de ce nom. Serait-ce dans le pays, une dégénérescence
du mot Melchior ?








SOURCE :
http://www.belcaire-pyrenees.com/
(texte et images avec l’aimable autorisation du propriétaire
du Site)
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 11:14








La forteresse de Miglos telle qu’on peut la voir,
en arrivant par la petite route sur le site






Dans le haut moyen-âge, les comtes de Foix avaient inféodé cette vallée à la végétation luxuriante, à une famille noble dont ils avaient probablement à récompenser les services. Ces chevaliers furent connus sous la dénomination de Miglos qui devint le nom patronymique des premiers possesseurs de ce fief jusqu’au XIVème siècle. Réservé aux enfants mâles, par ordre de primogéniture, cet alleu, dans le temps, peut –être remis en question et revenir au suzerain naturel, le comte de Foix, qui en dispise en faveur de tel autre chevalier ayant ses faveurs. On le constate dans les recherches réalisées, que plusieurs chevaliers ou damoiseaux occupaant des fonctions élevées soit à la cour du comte de Foix, soit dans l’administration de la province, ont pris possession de cette terre et du château.


- Au commencement du XIIème siècle, Wilhem Aton, qui restitua à Saint Sernin de Toulouse, l’église et le dîmaire (ensemble des habitations et des terres) de Miglos qu’il avait usurpé, était-il seigneur de la vallée en raison de l’inféodation reçue par lui ou son père du comte de Foix ?

- Brunet de Miglos, fils ou frère du précédent, recueillit ses droits sur la vallée. Plus tard, pour obtenir la rémission de ses péchés, il se donna un jeudi de mai 1164, à l’ordre de Saint Jean de Jérusalem et céda à  l’hôpital de Capoulet (commanderie).


- Ses fils Pierre et Raymond de Miglos confirmaient en 1177, les liberalités que leur père avait faites à  l’ordre de Saint Jean. On sait que Pierre avait été témoin, en 1162, au pacte de mariage de Guilhem Arnaud de Marquefave avec la fille du comte de Foix, Roger Bernard.

- Arnaud de Miglos, probablement fils de Pierre, vivait dans les  premières années de XIIIème siècle, il figure dans un acte en 1220.






A gauche : le côté inacessible Nord/Ouest des ruines  de Miglos
A droite : un cliché pris du Nord/Est
(photo d’Eric R.)





En janvier 1213, le comte de Foix s’engageait à remettre le château de Miglos avec d’autres places, comme garantie de ses bonnes intentions à l’égard de l’église, entre les mains du roi d’Aragon qui s’était porté cautin pour les comtes de Toulouse et de Foix.


En 1243, Arnaud de Miglos était toujours seigneuru de Miglos.


Le catharisme et la guerre ensuite jetèrent Arnaud de Miglos en prison. Convaincu d’hérésie, à la suite de la chute de Montségur, en mars 1244, il ne fut pas déclaré faidyt (proscrit) mais emprisonné à Carcassonne jusqu’en décembre 1248. Arnaud de Miglos avait en effet fourni des armes aux défenseurs de Montségur : frondes, balistes et arbalètes.





A gauche : le château vu côté Nord/Est
A droite : vue en venant du village d’Arquizat







- Pierre de Miglos succéda à son père Arnard. Le 29 novembre 1250, il fit abandon à l’abbé de Saint Sernin des dîmes et prémices et de tous les droits auxquels il pouvait prétendre sur l’église Saint Hilaire de Miglos.


Pierre laissa plusieurs enfants dont Pierre qui parait avoir été l’ainé, Raymond et Arnaud qui furent damoiseaux (on les trouve témoins sur acte en 1301). Pierre l’ainé joua un rôle important dans deux circonstance différentes intéressant les habitants de la vallée et de l’église de Miglos, en 1298-99 et en 1309.


- C’est vers 1310 – 1312 que disparait, en quelque sorte, la descendance des premiers seigneurs de Miglos, pour faire place à une famille nouvelle, puissante et ayant les faveurs du comte de Foix.

Il ne faut pas oublier que nous sommes à ce moment-là en plein réveil de l’hérésie albigeoise qui se produisit dans le comté de Foix vers 1312. Leurs biens ont-ils été confisqués par le tribunal de l’Inquisition ? il y a tout lieu de le supposer.


En 1311, la seigneurie de Miglos entra dans la puissante famille des d’Alion, ou de Son, ou d’Usson.





Les ruines du château de Miglos en été



Le premier connu de ce nom est Bernard Ier, vicomte d’EVol, qui vivait au début du XIIème siècle et s’intitulait prince souverain de Donezan. Celui-ci, dans le comté de Foix, il possédait les seigneuries de Prades et de Montaillou. Son nom était originairement d’Alion du lieu de Monte Alionis.

Pour la petite histoire, le fils Bernard II épousa Esclarrmonde la sœur du comte de Foix.

Ce fut Guillaume d’Alion qui changea le nom d’Alion pour celui de Son, du château de Son dans le Donezan.


Bernard Ier ou Bernard de Son avait le titre de Baron, régna sur Miglos jusqu’en 1331, il céda la seigneurie à son fils Jean qu’il gérera jusqu’en 1342.


Bernard de Son était aussi vicomte d’Evol et seigneur de Coursan, il était donc encore très occupé.


- Nouvelle époque, une nouvelle famille prend possession de la seigneurie de Miglos. En 1342 comment la puissante famille Rabat obtint Miglos ? Impossible de le préciser. La maison Rabat occupa au moyen-âge un des premiers rangs parmi la noblesse du pays de Foix, elle disparut vers le milieur du XIVème siècle.






Les ruines du château de Miglos en automne



Le chevalier Jourdain de Rabat devint seigneur de Miglos en 1342. Il mourut vers 1360, sans enfant mâle, laissant la seigneurie de Miglos à sa fille Brunissen de Rabat, sous la tutelle du noble chevalier Guilhem Arnaud de Château-Verdun. L’héritière de la baronnie de Miglos épousa quelques années plus tard en 1380, un chevalier de la maison d’Ascnava ou d’Arnave,  Guilhem-Bernard, descendant du chevalier de même nom, coseigneur de la place de Saverdun.
Apparentée aux maisons de Foix et de Mirepoix, cette famille était une des plus riches du haut comté, où elle possédait des domaines considérables. Elle  disparut au XVème fondue dans la branche des barons d’Ornolac.


Les habitants de la vallée comme d’habitude ont subi d’énormes rigueurs pendant toutes ces périodes et à chaque changement de seigneurs les redevances étaient de plus en plus lourdes.





Une vue côté Est des ruines du château de Miglos
mis en valeur par le soleil couchant





Guilhem-Bernard d’Arnave meurt vers 1410. La baronnie de Miglos passa alors, dans les domaines de la maison de Béon dont une branche était fixée dans le pays de Foix sous le nom de Béon de Massez. Cette famille du Béarn était originaire de la terre de Béon, dans la vallée d’Ossau.


-
Guilhem Arnaud de Béon pris possession de la seigneurie de Miglos dès les premières années du XVème siècle. Il était le conseiller de Jeanne d’Aragon, comtesse de Foix et de Bigorre. Entre 1410 et 1420, il épousa Marguerite, fille de Jean de Foix Ier, seigneur de Rabat. Guilhem Arnaud de Béon mourut vers 1450. De son mariage il eut une fille, Catherine, qu’il institua héritière de la seigneurie de Miglos, qui fut mariée à un noble, Manaud de Louvie et mourutsans enfants. En août 1451, Manaud de Louvie assistaiti au siège de Bayonne accompagnant Gaston IV de Foix dans cette expédition.



- Manaud de Louvie et sa femme Catherine de Béon, prirent possession de la seigneurie de Miglos le 3 octobre 1454 exactement. A cette époque la seigneurie comptait cinq villages : Baychon, Arquisat, Nourgeat, Axiat et Nourrat. Catherine de Béon possédait aussi le château dit Lamotte à Tarascon sur Ariège.


Chaque période connut des difficultés entre le seigneur et ses gens à l’occasion des prélèvements des redevances. Manaud de Louvie se montra à ce sujet plus loyal et plus libéral que tous ses prédécesseurs. Les seigneurs de Miglos prélevaient aussi un droit sur les marchandises que les Andorrans transportaient en Frane en traversant le territoire de la baronnie.





Le côté Nord, le château de Miglos dans la
brume du petit matin en été





Il est vrai qu’aux premiers temps du moyen-âge, les chevaliers, seigneurs de vastes domaines, ne possédaient qu’un bien mince pécule, et ils devaient souvent avoir recours aux riches maisons religieuses, et plus tard à la bourgeoisie, pour se procurer les deniers nécessaires, soit à leurs entreprise, soit à l’entretien de leurs maisons. Sans doute, les seigneurs baillaient en emphytéose (bail de longue durée) les terres de leurs domaines qu’ils ne pouvaient directement cultiver ; mais la redevance à laquelle était tenu le preneur ne consistait, le plus souvent, qu’en rentes en nature et en quelques deniers. Les vassaux étaient soumis à des taxes pour cultiver les parcelles de terre des seigneuries ce qui faisait quelques subsides.


Manaud de Louvie en 1494 vivaient encore il était âgé de 77 ans. Le couple mourut sans enfants.


- La seigneurie de Miglos passa alors par substitution dans une branche collatérale de la maison de Béon. Un jeune seigneur, petit neveu de Guilhem Arnaud de Béon, prit possession de la baronnie de Miglos en 1510, il s’appelait Pierre de Béon, vicomte de Sére, marié à Jeanne de Foix. Eux aussi moururent sans enfants.

- On trouve en 1530, Jean de Béon, administrateurs des biens de son fils mineur Sébastien de Béon, seigneur et baron de Miglos (probablement neveu de Pierre de Béon).

Sébastien de Béon épousera vers 1550 Marie Isalguier, fille de Bertrand, baron de Clermont. Il mourut peu de temps après, ne laissant qu’une fille, Marguerite.


La veuve Marie Isalguier épousa en secondes noces le 20 août 1564, Jacques de Rochechouard de Barbazan, baron de Faudoas et de Montégut.



- Marguerite de Béon, fille de Sébastien de Béon fut unie vers 1570-1575, à un noble Bernard de Goth, seigneurde la Motte-Bardingues, du Montet et de Salignac. Le couple fut en possession de Miglos en 1579. Le 3 juin 1579, les principaux habitants de la seigneurie de Miglos furent assemblés sur la place pubique du lieu, afin de leur faire connaitre les règles et usages, confirmer les privilèges déjà établis, les impôts et l’organisation de la seigneurie de la vallée.  Tout ceci est mentionné devant le notaire de Tarascon (pièce conservée aux archives de l’Ariège). L’acte révèle l’état misérable des habitants de la vallée qui, pour entretenir leur famille, ne pouvaient vendre plus de deux charges d’âne de bois pris dans les forêts seigneuriales.

Bernard Goth sur le point de quitter son château pour rejoindre l’armée fit son testament le 26 juin 1589. Celui-ci mourut peu de temps après dans la lutte que soutenait Henri de Bourgon contre l’armée de la Ligue pour la conquête du trône de France.


Sa femme Marguerite de Béo mit au monde une fille peu après son départ pour l’armée.


Marguerite de Béon convola en secondes noces le 7 février 1595 avec Joseph-François de Montesquiou, Seigneur de Sainte-Colombe, de Gélas et du Périer, chevalier conseille du roi.

Pour info : un membre de cette branche des Montesquiou avait tué le prince de Condé à Jarnac en 1569.


- Marguerite, Alias Miramonde de Goth, dame de Miglos, fille posthume de Bernard de Goth, épousa au début du XVIIème siècle, un noble, François de Montaut-Labat. Voila donc encore la terre de Miglos  changeant de seigneur, faute d’héritier mâle susceptible de perpétuer le nom des premiers possesseurs. Cependant, cette branche de l’illustre famille des Montaut conserva le fief de Miglos jusqu’à  la Révolution. La maison de Montaut soutint, au moyen-âge, la cause du comte de Toulouse contre les barons de France. la plupart de ses domaines, à la suite de la croisade furent vendus au comte de Foix.





Le côté Est des vestiges de Miglos



On sait peu de choses sur les Montaut, seigneurs de Miglos. Ils durent abandonner le vieux château féodal, devenu à cette époque une demeure bien incommode, et firent  construire à l’entrée du village d’Arquizat, au-dessous du rocher qui supporte les anciennes murailles, une habitation plus vaste, mieux appropriée aux mœurs et aux goûts du temps. Ce bâtiment fut en partie détruit par un incendie au début du XVIIIème siècle. Ce qu’il resta fut transformé ensuite en ferme.

François de Montaut Ier mourut jeune, laissant sa baronnie de Miglos à son fils François de Montaut II qui épousa Marguerite de Montron d’Escouloubre. Ils eurent neuf enfants dont l’ainé, Louis-Alexandre de Montaut, marié à N. du Faure de Saubiac, fut baron de Miglos vers 1640.


Les Montaut se succédèrent ainsi jusqu’à la Révolution, Jean-Louis de Montaut baron de Miglos,  épousa, en 1789, N. de Combettes-Caumont. Il fut le dernier seigneur de Miglos.





La tour carrée Ouest du castrum de Miglos





Le dernier  baron de Miglos assista à toutes les phases de la Révolutioni. Il eut même un différent avec  les habitants, relatifs au paiement de certaines redevances, en 1791, après l’abolition des privilèges et des droits seigneuriaux. Certains seigneurs des Pyrénées qui ne pouvaient admettre une modification aussi profonde dans les institutions, se refusaient à reconnaitre la force d’une loi les privant de privilèges dont ils avaient de tout temps joui.



Le baron de Miglos, dénoncé comme aristrocrate dangereux, fut arrêté et conduit à Paris, où il périt sur l’échafaud avec tant d’autres infortunés victimes.


Suite aux ordonnances de Charles X, en 1830 des évènements se produisirent, les habitants se ruèrent sur le château où il fut pillé, en partie incendié, et les bois et les terres n’échappèrent pas non plus à la rage dévastatrice des habitants.












Au sommet d’un rocher inaccessible de toute part, excepté au Sud, du côté du village d’Arquizat, le château féodral de Miglos, qui  dresse fiérement ses imposantes ruines en un point stratégique de la vallée de Vicdessos, entre Niaux et Capoulet, défendait au moyen-âge une grande partie de la contrée. Du pied de ses murailles jaunies par le temps, on découvre une vue aussi pittoresque que grandiose sur la vallée de Vicdessos.



Le site avait été admirablement choisi pour une construction de ce genre. Le donjon, qui surveillait la longue route de Tarascon à Vicdessos,  défendait aussi l’accès de la vallée de Miglos et concourait même par sa position à la défense de tout le pays. La plate-forme qui supporte les restes du château mesure 100  mètres de long sur 25 ou 30 mètres de large.





Plan de ruines du château de Miglos datant de 1890, extrait
de l’ouvrage « La Baronnie de Miglos » publié
par C. Barrière-Flavy en 1894.






Autre plan plus détaillé des ruines du château de Miglos dressé
en février 1977 par Gérard Lafuente, Christian Pujol et Paul Rous.






L’enceinte fortifiée dans laquelle était compris le château proprement dit est de forme elliptique et entoure tout le sommet du rocher. On découvre ça et là quelques substructures qui permettent d’en suivre le développement. L’entrée du château devait se trouver au Sud, à l’un des points les plus escarpés. Deux énormes blocs de maçonnerie indiquent seuls aujourd’hui l’emplacement de cette porte étroite. Les murailles côtes Nord/Ouest et Nord/Est sont encore debout ; les bâtiments qui s’élevaient au midi et au Sud/Ouest ont totalement disparu. Des amais de pierre remplacent aujourd’hui les dépendances du château qui devaient être séparées de l’habitation du seigneur par une cour intérieure. Les toits et les étages des bâtiments ont depuis longtemps croulé.  Les murs n’offrent plus aux regards que de béantes crevasses. Le donjon situé à l’Est semble avoir défendu l’entrée de cette demeure féodale. Haut de 20 mètre environ, de forme plutôt barlong que carré puisqu’il mesure 4,50 m sur deux de ses côtés et de 6,00 m sur les autres murs, ses murs épais sont construit avec la pierre de la contrée. On remarque un agencement irrégulier des matériaux, ce qui permet de dire que le donjon a dû être repris depuis la moitié de sa hauteur environ jusqu’au faîte. L’étage supérieur était ajouré au Nord/Est, au-dessus du chemin de Baychon, par une fenêtre ogivale trilobée qui se voit encore. A l’examen de la partie intérieure, il est aisé de voir que deux étages au moins y avaient été aménagés. Un escalier pratiqué au-dedans, aujourd’hui disparu, devait y conduire, puisqu’il  n’existe aucun vestige de tourelle extéreure appliquée au donjon et portant les degrés pour permettre l’accès aux étages supérieurs.


Contigüe au donjon s’ouvrait une vaste salle de 15,00 m de long. Le mur oriental était percé de cinq meurtrières destinés à protéger ce côté du château facile d’accès. Des trous apparents à mi-hauteur des murs laissent à penser qu’il existait un second étage aujourd’hui effondré. Il en est de même de la salle voisine, sise au Nord, longue de 9,50 m sur 5,20 m de large. On y remarque dans le sens de la longueur, une large cheminée dont le mur est renforcé extérieurement par deux contreforts.





Le côté Sud/Est de l’ensemble des ruines du château
de Miglos, avec le donjon à droite




La tour occidentale, qui n’atteint que 15,00 mètres de haut, est encore de forme barlongue, mesurant intérieurement sur ses faces 2,60 m et 5,00 m. De même que le donjon, elle ne porte que des créneaux droits sans mâchicoulis. Il y a une salle inférieure, qui devait être autrefois au niveau du sol de la cour intérieure, elle n’a aucune ouvertue, elle devaiti servir de prison.


La partie méridionale du château étant complètement ruinée, il est bien difficile de reconstituer l’édifice et de lui rendre l’aspect qu’il avait aux siècles passés.






Les restes du donjon de Miglos




A quelle époque remonte la construction du château ? Au premier abord, il parait rationnel d’admettre qu’il fut bâti au XIVème, car un texte datant de 1320, mentionne le refus opposé par les vassaux au seigneur de faire le charroi au château de Miglos. Ce qui porte à croire que le château était déjà bien là à cette époque, le seigneur étant Bernard de Son. Cette forteresse existait dès le milieu du XIIème siècle, Pierre de Miglos figurant parmi les seigneurs rendant hommage au comte de Foix le 14 janvier 1160. On trouve aussi, le « Castro de Miglos » est cité een 1272 dans une enquête sur la délimitation du comté de Foix.


A Miglos, pas de mâchicoulis, la défense devait être organisée au moyen de hourds, sorte d’échafaudages ou balcons de bois, d’où les hommes d’armes pouvaient jeter sur les assaillants des projectiles de toute sorte. Plus tard, au XIVème siècle, ces hourds, que l’ennemi avait la facilité d’incendier, furent remplacés par des machicoulis et les encorbellement en pierre.







Magnifique photo des vestiges du château prise sous la neige,
(photo offerte par Jean-Miche Fauré qui fait partie
de l’Association des « Amis du château
de Miglos (A.A.C.M.)






Du sommet du donjon, on communiquait aisément, par signaux, avec le château de Quié, que l’on apercevait au Nord, dominant Tarascon et au Sud.Ouest avec la tour carrée d’Olbier, sorte de poste avancé de l’enceinte fortifiée dite de Montréal, au-dessus de Vicdessos.


Pendant la Révolution, le château déjà ruiné depuis plus d’un demi-siècle sera la proie des flammes. Je rappelle qu’à cette époque, le baron Jean-Louis de Montaut et sa famille habitaient une vaste demeure sise à l’entrée du village d’Arquizat, côté Capoulet.


Le château sera définitivement mis à sac lors des évènements de 1830. Obligé de s’enfuir, le propriétaire Jean-Louis Hyacinthe de Vendomois qui avait épousé l’héritière des Montaut de Miglos vendra tous les biens qu’il possède à Miglos, aux habitants de cette commune.


Actuellement les ruines médiévales appartiennent au Conseil Général de l’Ariège. Elles ont été classées parmi les monuments historiques le 22 septembre 1987.

Une association s’est aussi créée, elle s’est fixée pour objectif de sauvergarder  ces vestiges et mettre le site en valeur : l’Association de Amis du Château de Miglos, siège social : Mairie – 09400 Miglos.


Le site a besoin d’être mis en sécurité, des travaux de consolidation des murailles sont nécessaires. Actuellement vous ne pouvez pas approhcer les murs, des chutes de pierres sont toujours possible (voir photo ci-dessous)



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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 11:49







Montségur forteresse royale, haut lieu historique dans l’histoire cathare.













On a beaucoup écrit sur l’histoire de Montségure, une pléthore d’ouvraes et articles
divers traitent du sujet. Mais à partir du moment où l’on « touche » de quelque façon
que ce soit aux cathares, au pays de Sault et en règle général au Languedoc, on ne
peut pas échapper à l’histoire du château de Montségur !


Ce château à la singularité de porter une cicatrice d’un fait marquant l’histoire des
cathares du Languedoc avec un grand H.












http://www.belcaire-pyrenees.com[/color]
(textes et photos)
(Avec l'aimable autorisation du propriétaire du site.
Site qu'il faut absolument visiter, il est très intéressant)

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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 11:50













Montségur aux temps les plus reculés, d’après les fouilles archéologiques, il semble que le site était occupé dès le Néolithiques, et que par la suite il y a eu des occupations romaines sur le pog, on a retrouvé des traces.


Le pog a une altitude de 1207 mètres. Ce plateau a environ 700 mètres dans sa plus grande longueur et une largeur varie de 60 à 150 mètres représentant une surface d’environ 5 hectares. Des falaises de 80 à 150 m de haut lui procurent de redoutables défenses naturelles sur presque tout son périmètre ; cependant, quatre voies permettent d’y accéder :
Les voies du Roc de la Tour, du Pas del Roc, du Pas du Trébuchet, et enfin la plus facile et la plus fréquentée, celle du versant sud-ouest.





[/URL]
Par temps de pluie la grimpée doit être laborieuse
et n’est peut-être pas recommandé





Il est très difficile de reconstituer l’histoire de Montségur du haut moyen âge c’est-à-dire Vème siècle époque mérovingienne, jusqu’au début du XIIIème siècle faute d’élément, aucune trace, aucun document.







Sur cette vue aérienne, versant N/O, on distingue
les vestiges d’un ancien village, à gauche de la proue
de ce navire, dans la vallée du Lasset à droite,
c’est le village actuel de Montségur.





Ce n’est qu’au XIIIème siècle que Raymond Péreille, vassal du comte de Foix, remarque qu’en ce lieu il y avait un village fortifié déserté dont l’origine n’est pas connue. La hiérarchie cathare juge qu’il y a nécessité de ménager un refuge sur lequel elle pourra compter. Et Montségur est choisi, position reculée pour se protéger des incursions et proche de la Catalogne. Le site bénéficie de défenses naturelles qui lui valent sa réputation de « Mont sûr » d’où son nom.



Les premiers cathares s’y installent vers 1209. Durant la croisade albigeoise les hauts dignitaires cathares viendront s’y réfugier. L’évêque cathare de Toulouse Gaucelin et son successeur Guilhabert de Castre se mettront à l’abri devant l’avancée des troupes de Simon de Montfort.





Simon de Montfort






En 1229, Montségur devient le haut lieu de résistance des hérétiques.


La signature du traité de Meaux-Paris en 1229 entre le roi de France Saint Louis et le comte de Toulouse annonce le temps des persécutions et des poursuites. Le temps de l’Inquisition commence en 1233. Les cathares revendiquent une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Issue du christianisme, la religion cathare est basée sur deux grands principes : un Dieu bon et un Dieu mauvais. Tout ce qui est immatériel est l’œuvre du Bon, tout ce qui est matériel est l’œuvre du Diable.



La religion cathare s’étendra sur une grande partie du Languedoc, et au début du XIIIème siècle l’Eglise catholique, pour ramener dans le droit chemin ceux qu’elle appelle « hérétiques », n’a pas d’autre solution que de recourir à la force : c’est la croisade contre les Albigeois (parfois improprement appelée croisade des Albigeois).



En 1232, l’évêque cathare de Toulouse Guilhabert de Castres demande à Raymond de Péreille d’ériger le village fortifié en siège et capitale de l’église cathare. Péreille en confie la garde à son gendre Pierre-Roger de Mirepoix qui en assure la défense avec l’aide des chevaliers languedociens chassés par la croisade. Montségur se peuple de 500 à 600 âmes où se côtoient religieux, civils et hommes d’armes. D’ailleurs, au nord-est du château les vestiges d’habitations encore visible aujourd’hui représentent les derniers témoins de ce peuplement.


Montségur prend de plus en plus d’importance, une telle situation était intolérable aux yeux de l’Eglise romaine. Le 14 mars 1241, Louis IX (Saint Louis) convoqua le comte de Toulouse Raymond VII et lui fit signer le serment de détruire Montségur dès qu’il pourrait s’en rendre maitre. Le comte de Toulouse Raymond VII se rendit sur place avec ses troupes mais il repartit aussitôt sans engager de siège, et pour cause, en accord avec les habitants de Montségur, il prépare un soulèvement général contre le roi de France ! Mais les projets de Raymond VII échouent lamentablement. Il doit se soumettre et laisse les défenseurs de Montségur, seuls face au roi de France et à l’Eglise qu’ils ont bravés.



Un épisode inattendu va précipiter les choses, en effet, dans la nuit du 27 au 28 mai 1242 où les chevaliers de Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit. Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l’Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l’envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d’entre eux, sous le commandement d’un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l’Inquisition, afin de venger leurs victimes. Ils se ruent en Laurageais sur le village d’Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud et son frère Etienne de Saint-Thibéry.

Cet épisode amena un an plus tard le concile de Béziers à décider de la prise de Montségur.


La réaction ne se fit pas attendre, en mai 1243 une armée de 6000 hommes est levée et conduite par le sénéchal de Carcassonne Hugues des Arcis, placée sous la tutelle spirituelle de l’archevêque de Narbonne Pierre Amiel et de l’évêque d’Albi Durand de Beaucaire, tout ce petit monde s’installe au pied du pog, le siège commence.


De mai 1243, aux environs de Noël de la même année rien d’important ne se passe. Hugues d’Arcis se rend compte que le castrum est hors de portée des catapultes les plus performantes. Les soldats escaladent le pog et à mi-chemin de la montée, face à la barbacane qui protège l’entrée de la forteresse, sur ce poste avancé appelé roc de la Tour, ils installent un trébuchet. A la mi-février 1244, la barbacane est prise. La forteresse est sous le tir des pierres catapultées.






C’est ici, sur la barbacane que les assaillants
prirent position pour installer leur catapulte
( trébuchet) versant N/E





Le fameux mur bouclier au Sud/Est, vu de la Barbacane




Comment, pour les 400 personnes retranchées, les conditions de vie, déjà austères en temps normal, furent rendues encore plus dures par l’isolement résultant de ce long siège de 10 mois. La situation des habitants est désespérée. Le 2 mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix demande une trêve de quinze jours pour négocier une reddition acceptable. Il obtient la vie sauve de tous les laïcs à condition qu’ils acceptent de témoigner devant l’Inquisition. Quant aux hérétiques cathares, leur sort est fixé d’avance, s’ils n’abjurent pas, ils devront mourir sur le bûcher. La veille de la réddition de la forteresse, quatre parfaits (cathares) s’évadent pour évacuer les fonds de la communauté, probablement vers la Lombardie. Le mercredi 16 mars 1244, après 10 mois du siège, les soldats du roi prennent possession de Montségur et s’emparent des parfaits et parfaites, ils seront plus de 230 cathares (on ne connait pas vraiment le nombre exact) qui ne veulent pas abjurer leurs croyances hérétiques.





Ces murailles sont impressionnantes,
remarquez l’emplacement des
« corbeaux », presque en haut du mur



Sans procédure, on construit un enclos dans un champ appelé « Prat des cramats » (Pré des brûlés) autour des hérétiques qu’on remplit de branchages et de bois, on y met le feu. Pour l’église, il fallait qu’ils périssent dans les flammes.






Peinture sur bois reconstituant le bûchet de Montségur




Les survivants seront conduits à Bram et remis au tribunal de l’Inquisition. Il faut savoir que les interrogatoires de l’Inquisition ont été facilités car la doctrine cathare interdit à ses fidèles de mentir. Ainsi, sonna la fin annoncée du catharisme.



Les interrogatoires de l’Inquisition, vous ne
pouviez pas y résister !
Ils obtenaient des aveux très rapidement, à en
juger par le matériel utilisé pour torturer ces cathares







Les cathares subirent en nombre importants
les châtiments de l’Eglise








Un tribunal de l’Inquisition




Quelques mois plus tard, le chevalier Gui de Lévis, prend possession de la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi de France en juillet 1245. Montségur très proche de la frontière aragonaise est amené à jouer un rôle stratégique de tout premier ordre dans la surveillance du royaume.







Vue aérienne du côté de la tour maitresse N/O



Le castrum (château) de l’époque est détruit et on met en place les fondations de la forteresse royale que l’on peut voir actuellement au sommet du pog.

Le dernier parfait connu est Guilhem Bélibaste, mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès.

Avec la chute de l’hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l’unité de la chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages réculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975, l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie. la FFrance de langue d’oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne.


Jusqu’au XVIe siècle le lieu remplira le rôle de poste de surveillance avancé du royaume sous la bonne garde des Lévis. Aucun fait d’arme n’émaille cette période.


En 1659, le traité des Pyrénées lui enlève toute utilité, Montségur est alors abandonné.

Au XVIe siècle, ce village devenu Montségur se développe pour prendre au XIXe siècle l’aspect d’un village actuel, une partie des maisons étant construites avec les pierres du château. Tissage et agriculture seront les principales activités des habitants.

Mais dès la fin du XIXe siècle la population ne va cesser de décroitre : alors qu’on comptait 743 habitants en 1889 on comptait plus de 592 en 1900. Il sera classé monument historique en 1865, le château actuel de Montségur a subi dès la fin du XIXe siècle les assauts des chasseurs de trésors attisés par l’œuvre romanesque et fantasque de madame Napoléon Peyrat datant de 1865. Mais grâce à son roman on lui doit la redécouverte de Montségur.
Une campagne de restauration fut entreprise en 1947 par les monuments historiques et des fouilles du secteur commencèrent en 1968.



DEFINITION :
Le mot « cathare » vient du grec « katharos », qui veut dire « pur ».
Les adeptes du catharisme se nommaient d’ailleurs eux-mêmes « Bons Hommes » ou Bons Chrétiens », tandis que les inquisiteurs les nommaient « Parfaits », désignant ainsi ceux qu’ils considéraient comme de « parfaits hérétiques ».
Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedonciens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois.







L’entrée du château, le perron offre un balcon
sur l’horizon magnifique




Après avoir gravi les derniers mètres, à découvert, du sentier rocailleurs, vous arrivez enfin au pied de la muraille du château fac Sud/Est, un escalier et perron en bois permettent d’accéder à la porte d’entrée qui se trouve surélevée par rapport à la base de la muraille impressionnante







Du perron vous apercevez en bas le village
de Montségur dans la vallée du Lasset








Photo inhabituelle, peu courante, montrant le village
de Montségur au pied de son pog et la forteresse tout en
haut, cette photo est intéressante car elle montre
bien la configuration du site








La face Nord du château, on distingue parfaitement
le fruit de la muraille à sa base et la seule
porte donnant de ce côté







La porte d’accès principale face sud/ouest, la
forteresse ne comporte que deux portes identiques,
de largeur très réduite comme on peut le voir. On
aperçoit parfaitement l’emplacement des corbeaux
qui servaient à maintenir la partie hourdé en bois,
située au sommet de la muraille, qui servait de
chemin de ronde

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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 11:51





[…]



Sur les 220 suppliciés du 16 mars, on peut en identifier 64 :



• 1 Raymond Agulher, diacre du Sabarthès puis évêque du Razès
• 2 Guillelme Aicard
• 3 Pons Ais, meunier originaire de Moissac
• 4 Pierre Arrau
• 5 Bernard d'Auvezines
• 6 Raymonde Barbe
• 7 Raymnond de Belvis, arbalétrier
• 8 Arnaud de Bensa, sergent
• 9 Étienne Boutarra, sergent
• 10 Brezilhac de Cailhavel, chevalier faidit
• 11 Pons Capelle
• 12 Guiraude de Caraman, châtelaine de Caraman
• 13 Arnaud des Casses, chevalier co-seigneur des Casses (Aude)
• 14 Clamens
• 15 Jean de Combel
• 16 Saissa du Congost
• 17 Raymonde de Cuq
• 18 Guillaume Dejean, diacre
• 19 Guillaume Delpech de Fanjeau
• 20 Arnaud Domergue, sergent
• 21 Bruna, femme d'Arnaud Domergue
• 22 Rixende Donat
• 23 India de Fanjeaux
• 24 Guillaume Garnier, bouvier puis sergent
• 25 Arnaud-Raymond Gaut, chevalier de Sorèze
• 26 Bernard Guilhem
• 27 Marquesia Hunaud de Lanta, noble du Lauragais
• 28 & 29 Étienne et Raymond Isarn, frères originaires des Casses
• 30 Guillaume d'Issus, chevalier de Montgaillard
• 31 Jean de Lagarde
• 32 Bruna de Lahille
• 33 Guillaume de Lahille, chevalier, frère de Bruna
• 34 Limoux
• 35 Raymond de Marceille, chevalier de Laurac
• 36 Bertrand Marty
• 37 Guillelme d'En-Marty, boulangère
• 38 Pierre du Mas
• 39 Maurine, parfaite
• 40 Braida de Montserver
• 41 & 42 Arsende et Pons Narbonna
• 43 Guillaume Narbonna
• 44 Raymond de Niort
• 45 Arnaud d'Orliac
• 46 Esclarmonde de Pereille
• 48 Peronne, parfaite
• 49 Guillaume Raseire, parfait
• 50 Guillaume Razoul, parfait
• 51 Jean Rey
• 52 Pierre Robert, parfait
• 53 Pierre Robert, marchand de Mirepois
• 54 Martin Roland
• 55 Raymond de Saint Martin
• 56 Bernard de Saint Martin, chevalier
• 57 Pierre Sirven
• 58 Taparel, parfait
• 59 Rixende de Telle
• 60 Arnaud Teuly de Limoux
• 61 Raymond de Tounebouix
• 62 Ermengarde d'Ussat
• 63 Azalaïs Raseire : elle fut conduite à Bram, son village d'origine, où elle fut brûlée
• 64 un fabricant de bourse, cité comme présent le 13 mars ; il dut être brûlé le 16

(SOURCE : WIKIPEDIA)








La stèle du prat del crémats (le près des brûlés)
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])



La stèle vue de face
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])





La stèle vue de dos
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])





Gros plan sur la croix cathare
(source : http://www.belcaire-pyrenees.com[/color])
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 11:52








La citadelle forme un ouvrage très fruste, constitué d'une enceinte pentagonale aplatie, prolongée vers le Nord/Ouest par une tour maîtresse rectangulaire. Au Sud/Est, l'enceinte a été épaissie en mur-bouclier de 4,20 mètres d'épaisseur pour résister aux jets de pierres.






Voici le plan d’ensemble de la forteresse et des
vestiges du moyen âge













Photo aérienne du château





Le chemin d'accès sur la face sud du pog aboutit devant une porte protégée par des "hourds" galerie de bois en porte à faux située en haut de la muraille pour protéger la base. Celle-ci reposait sur des "corbeaux" pierre en saillie servant à soutenir la console, encore visible aujourd'hui. L'ensemble des murailles étaient "hourdées".









Voici le principe des hourds que l'on trouvait
souvent sur les châteaux forts du moyen âge, vous comprenez
maintenant à quoi servaient les "corbeaux".







L'entrée était surélevée par rapport à la base, le porche ne pouvait être franchi que par des paliers en menuiserie partiellement amovible. Dans l'épaisseur du mur de la porte on aperçoit le logement des madriers qui assuraient la fermeture des vantaux. La forteresse mesure environ 70 mètres de long sur 20 mètres de large et se compose d'un donjon auquel est accolé un corps de logis.








Voici la face Sud / Est, une partie de la muraille
s'encastre dans la roche restée en place, je vous rappelle que
la base mesure 4,20 m











Sur les 700 m² cerné par les murailles, 100 m² dallé était à ciel ouvert, le reste était occupé par des bâtiments de bois qui s'appuyaient aux courtines sur deux niveaux, disposés le long de la paroi, salles d'armes, réserves, ateliers, etc … Trois escaliers montaient au chemin de ronde. On a du mal a imaginer que 300 à 400 personnes vivaient là et ont tenu le siège pendant 10 mois, cela devait être terrible.






Toujours la face Sud / Est sous un autre angle
qui permet de voir le second escalier de pierre qui permettait
d'accéder au chemin de ronde hourdé








La tour maîtresse rectangulaire (20 m x 9 m) était couverte d'une terrasse hourdée à laquelle on accédait par l'escalier hélicoïdal. Celle-ci possédait un rez-de-chaussée voûté en berceau brisé, pourvu d'archères à ébrasement simple et fentes à bêche de la seconde moitié du XIII ème siècle, elle était composée d'une citerne d'eau de 50 m³ environ. Au-dessus existaient deux niveaux reliés par un escalier à vis d'angle, affectés à la résidence seigneurial, le premier niveau était éclairé par quatre grandes fenêtres à bancs de veille, et pourvu d'une grande cheminée adossée au mur sud et d'un puit.







Coté Nord / ouest au fond la tour maîtresse
et sur cette photo on aperçoit, à droite et à gauche les deux
accès à la forteresse, et les alignements des corbeaux de part
et d'autre










Voici l'intérieur de la tour maîtresse dont la
partie basse était voûtée











Une vue d'ensemble de la cour intérieur du
château, avec de la hauteur









Montségur vue du ciel








Vue aérienne
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 12:19












Blason du village de Padern




Padern est une commune des Corbières située au pied du Mont Tauch sur la rivière du
Verdouble et sur le terroir des Corbières (AOC).



Le village est situé dans un petit vallon au confluent du grand Verdouble et du Torgan,
construit en amphitéâtre sur la rive droite du Verdouble, dominé par les ruines d’un
château-fort qui donne au paysage un aspect des plus pittoresques.



La rivière du Verdouble qui passe à Padern, se jette dans la Gly, elle a un parcours
de 28 km dans le département de l’Aude.



Un château médiéval construit sur les hauteurs du village de Padern sur un piton de
roches calcaires, contrôlait le confluent des vallées du Torgan et du Verdouble,
chanté depuis par Claude Nougaro. Ce château de Padern est situé sur le Sentier
Cathare qui relie la Méditerranée à Foix en Ariège, lieu de randonnées pédestre
qui comporte 12 étapes.



Padern (en occitan Padèrn, le « n » final ne se prononce pas). Ses habitants
sont appelés les Padernais.



L’origine du nom Padern était Paterni. La plus ancienne mention de ce nom connue
jusqu’à présent qui était : Padernum (en 805).



Le site est occupé depuis la préhistoire, puis les Romains y sont venus exploiter
les nombreuses ressources minières de ce terroir regorgeant de minerai ferreux.



Il y avait 308 habitants à Padern en 1793, le plus fort taux de population fut atteint
en 1876 avec 579 habitants, il n’est aujourd’hui que de 128 habitants (recensement 2010).


En 1900, il y avait 500 habitants environ, tous étaient cultivateurs et vignerons.










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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 16:38






Le château de Padern est assez méconnu dans la région, car il n’a pas joué un rôle très important pendant la croisade contre les albigeois, contrairement à ses voisins de Termes, Quéribus ou encore Peyrepertuse.


Ce château de Padern, avec Peyrepertuse, Quéribus et Aguilar se trouvait sur une formidable ligne défensive entre la France et l’Espagne.







Le château de Padern vu du Nord-Est,
de l’autre côté du Verdouble




On ne connait pas exactement l’année de sa construction.

Durant la croisade et après la chute de Montségur (1244) et de Quéribus (1255), il abrite les chevaliers en fuite, Chabert de Barbaira et Guillaume de Peyrepertuse. Ils s’en attribuent même la possession du château et il faudra de longues tractations diplomatiques, comme on le verra plus loin.


Aujourd’hui, le château n’est plus que ruines, n’étant pas classé aux Monuments Historiques, le site est totalement délaissé, et son état s’aggrave.





Le château féodal  de Padern côté Nord



La première trace écrite de l’existence de Padern dans l’histoire, se passe en l’an 899, où le roi Charles III dit le Simple adresse une charte à Durand, abbé de Sainte-Marie d’Orbieu, une confirmation de la donation de Padern au dit monastère, par le comte Oliba. Idem en l’an 908, où cette même charte est adressée à Witiza nouvel abbé de Sainte-Marie de l’Orbieu à cette époque.


Le roi Charles III cède le territoire de Padern à l’abbaye de Lagrasse, alors que ce dernier appartenait encore aux Comtes de Toulouse, et non à la couronne de France.


La possession de l’église de Padern est confirmée à l’abbaye de Lagrasse, dès le IXème siècle par les chartes carlovingiennes.


En septembre 12024, on trouve un acte de délaissement, par Ginabert et ses frères de l’alleu (propriété absolue) de Marcano, Molhet et Padern, qu’ils détenaient injustement, en faveur d’Etienne abbé, et des religieux de Sainte-Marie de Lagrasse.






La face Nord du château au  bord du précipice




La fortification est signalée pour la première fois en 1026, et on fait état d’une fortification secondaire (forcia) à Padern à la fin du XIIème siècle, placée sous le contrôle de l’abbaye de Lagrasse.


Au mois d’octobre 1075, dans un plaid entre Pons, abbé de Lézat, et ses voisins, en présence des notables du pays, on abandonna au monastère de l’église Saint-Pierre de Padern, avec ses ornements sacerdotaux et ses dépendances, pour y établir un salvetat et y installer des moines comme desservants.


Qu’était une salvetat au moyen-âge ?


La création des salvetats a précédé de deux siècles celle des bastides ; ces deux institutions parallèles eurent pour but d’appeler ou de maintenir les populations sur un territoire déterminé. On peut définir les salvetats comme des enceintes, délimitées par des croix, et où, à l’ombre des églises, les paysans trouvaient un asile sûr, et étaient à l’abri des incursions.






Belle vue aérienne de la forteresse de Padern  avec son
éperon Nord au premier plan.
(Photo de Vincent Tournaire, spécialiste de la photo
aérienne et qui a autorisé le propriétaire du site
Belcaire-pyrenees.com a la publiée)
Sur cette photo on distingue très bien les vestiges
encore debout et l’agencement des bâtiments.






Pendant la croisade albigeoise, Chabert de Barbeira, compagnon d’armes d’Olivier de Termes, protecteur des Cathares et seigneur de Quéribus, s’empare de la place avec Guillaume de Peyrepertuse. Après la prise du Quéribus, il négocie sa liberté contre l’abandon des citadelles au roi Louis IX.


Au mois d’août 1248, lettres de Louis IX, au sénéchal de Carcassonne, pour faire restituer à  l’abbé et aux religieux de Lagrasse, les lieux de Padern et de Molhet, usurpés par Chabert de Barbeira chevalier cathare (Chabert nait en 1185 au château de l’Alaric).



En décembre 1283, transaction entre le procureur du roi en la sénéchaussée de Carcassonne d’une part, et le Scindic d’Auger, abbé du monastère de Lagrasse, de l’autre, sur les différents entre eux touchant les châteaux de Padern et de Molhet. Le procureur du roi prétendait que ces châteaux appartenaient à  sa majesté, à cause des usurpations de Chabert de Barbeira et de Guillaume Raymond de Peyrepertus. Cette transaction sera confirmée par lettres du roi Philippe III au mois d’août 1284.


L’abbaye de Lagrasse récupère donc le château, et en 1284, en devient officiellement propriétaire par une transaction avec le gouverneur du roi Philippe III de France dit le Hardi, elle en restera propriétaire jusqu’en 1575.







Vestiges de bâtiments, l’un carré, l’autre triangulaire
et couronné de créneaux





Un document de 1540 indique que les abbés de Lagrasse avaient le droit de haute, moyenne et basse justice sur les lieux de Padern et Molhet, et percevaient sur ces lieux un revenu de 772 livres en blé, vin, huiles, poules, quête annuelle, etc.


Le 15 janvier 1575, on trouve une adjudication faite par le commissaire subdélégue sur le fait d’une aliénation dur revenu du clergé de Narbonne, au seigneur de Vic, de la place et la seigneurie de Padern, dépendante de l’abbaye de Lagrasse.


Pour subvenir aux finances du royaume, épuisées par les guerres religieuses, la terre et la seigneurie de Padern fut acquise par la maison de Vic.


C’est dans cette même année, que les reconnaissances du lieu Padern en faveur de Jean-Pierre de Vic, capitaine de Termes, acquéreur de la terre de Padern furent signée.


Pierre de Vic originaire de Catalogne (Gérone), y fait des aménagements en conservant son aspect féodal.


La possession résultant de ces actes fut troublée judiciairement pendant quatre générations.





Le splendide rempart Ouest du château de Padern,
aura résisté depuis des siècles





Pour défendre cette possession, Blaise de Vic, quatrième descendant de l’acquéreur de Padern, produira tous les états de frais, dépenses et taxes, afin de se faire indemniser. Toutes ces  preuves sont datées de novembre 1578 à 1646.


A la fin du XVIème siècle, après les guerres de religion, en 1706, les descendants revendront par la suite l’ensemble à l’Abbaye de Lagrasse qui laissera le tout à l’abandon à la fin du XVIIIème siècle.


En effet, le chapitre de Lagrasse revendiqua le retrait de la terre de Padern, aux termes de la législation féodale. Ce retrait fut opéré par acte du 26 mai 1706 signé par Faure notaire de Lagrasse. Le couvent de Lagrasse reprit possession de Padern moyennant le remboursement aux acquéreurs, la famille de Vic.















Le château de Padern sur fond de falaises occidentales de la montagne de Tauch , c’est un panorama à voir.

D’après les textes, en 1575, le château n’était qu’une méchante masure. Une description faire par Blaise de Vic lors du rachat par l’abbaye de Lagrasse en 1706, fait état d’une tour carré de trois étages, avec deux salles basses en voute, avec un bâtiment irrégulier de cinq ou six polygones. Une courtine au midi rejoint une autre tour carrée à deux étages, dont le premier étage est en voute qui forme une chapelle dédiée à Saint-Louis. Le château disposait de deux portes successives avec meurtrières. Il y avait un corps de logis à deux étages indépendant des deux tours. Il y avait aussi, une cave avec une prison, une cuisine et arrière cuisine avec sa décharge ainsi qu’une petite écurie pour trois chevaux. Au-dessus de la cuisine, il y avait trois greniers à grains et un colombier. Le seigneur de Vic occupe le premier corps du logis avec le donjon.  Un nouveau bâtiment était en cours de construction près du donjon mais il n’a jamais été achevé. Dans ce descriptif, il est fait mention d’une tour carrée contenant deux pièces unies au donjon de deux étages. Au rez-de-chaussée du donjon, une salle basse, composée d’une petite chambre à l’angle Nord et d’un cabinet. Au premier étage il y a quatre pièces qui sont des chambres et au deuxième étage, il y a aussi trois chambres et un petit cabinet. Le château est borné par une enceinte de murailles avec parapets. Derrière le château a été construit, en maçonnerie, une espèce de puits couvert en voute, appelé « fontaine » qui est la seule ressource en eau du château.






L’enceinte Est du château





Un jardin du château se situe près de la porte de l’église.


Il reste les vestiges d’un mâchicoulis sur contreforts avec accoudoirs qui servait de latrine. Blaise de Vic a estimé que ce château de Padern avec ses dépendances et ceux de Molhet valaient à l’époque 35000 livres.



Que reste-t-il du château de nos jours



La forteresse se compose d’un donjon au bord de la falaise, d’une puissante enceinte à l’Ouest et au Sud et d’une défense avancée qui protège la face Nord-Est :


• Côté Ouest, il subsiste le mur d’enceinte d’une épaisseur de 1,20 m à 1,60 m qui est imposant
• Côté Est, sous le château, on trouve deux vestiges de bâtiments, l’un carré, l’autre triangulaire et couronné de créneaux. Une rampe bordée d’un mur de faible épaisseur, s’élève jusqu’à un passage entre ces deux bâtiments. Le mur d’enceinte crénelé à l’Est domine le village de Padern en contrebas.
• La cour est encombrée d’éboulis de pierre provenant du château, pour accéder dans la cour, il faut escalader les éboulis de la porte d’entrée.
• Subsiste encore le donjon en grande partie détruit et un pan de la tour ronde qui possédait un escalier à vis, en témoigne les quatre marches encore en place.


A droite du donjon, deux petite marches permettent d’accéder aux latrines avec accoudoirs, bâties en encorbellement sur le vide, on peut voir encore l’un des deux orifices d’évacuation.


Le donjon possède deux grandes ouvertures, l’appui de la plus basse est taillé dans le roc.

Au fond, on accède à une pièce munie d’une couverture rectangulaire de 1,20m sur 0,50m donnant sur le vide, par une porte et un escalier de trois marches.


• Dans la cour, un passage entre le donjon et les restes d’un bâtiment mène à un mur où se trouve une niche voutée appareillée d’une pierre en grès creusé et débouchant en saillie à l’extérieur, permettant sans doute l’évacuation de l’eau de pluie



Demeure encore au fond de la cour les vestiges d’un petit bâtiment.






Le château de Padern. Toutes les forteresses
de l’Aude se trouvent dans un très beau décor !









L’église de Padern, autrefois paroisse de l’ancien diocèse de Narbonne, à la collation de l’abbé de Lagrasse, passera ensuite à la succursale du diocèse de Carcassonne, doyenné de Tuchan.


En 1321, un bref du pape Jean XXII unit à la manse abbatiale du monastère de Lagrasse, le prieuré de Saint-Pierre de Padern.


En 1404, visite de l’église paroissiale de Saint-Pierre de Padern, par Jean de Corsier, vicaire et subdélégué de l’archevêque de Narbonne. Il visitera aussi l’église de Saint-Martin de Molhet, annexe de l’église paroissiale de Padern.



Si vous désirez voir les ruines du prieuré de Molhet implanté sur un rocher, empruntez le sentier cathare, en direction du château de Quéribus, c’est-à-dire vers l’Ouest.


Comme il  a été dit plus haut, le prieuré de Molhet est mentionné en 1024 comme un alleu détenu par l’abbaye de Lagrasse. Pendant la croisade albigeoise, Chabert de Barbaira se l’appropriera. En 1248, le roi de France Louis IX ordonne au sénéchal de Carcassonne de récupérer et de rendre Molhet à l’abbaye de Lagrasse. L’architecture lombarde des murs est admirable jusqu’à une hauteur d’environ cinq mètres, la partie supérieure est plus classique.





La face Nord du château de Padern



Le site est en ruine et envahit par la végétation. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une partie du mur Sud de la nef et une partie de l’abside de l’ancienne chapelle dédiée à Saint-Martin. Il subsiste trois fenêtres dont la plus intéressante est celle du centre, son ouverture se rétrécit jusqu’à mi épaisseur du mur pour s’évaser ensuite vers l’extérieur.





Le prieuré de Molhet noyé dans la végétation





Prieuré de Molhet, vestige du mur Sud de la
nef à  l’architecture Lombarde
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mer 12 Oct - 17:24













Vue aérienne du village de Pieusse dominant la vallée de l’Aude






Blason du village de Pieusse, qui est en fait,
Le blason du dernier archevêque de Narbonne
Monseigneur Arthur Richard Dillon en 1762






Le village de Pieusse se situe à trois kilomètres de la ville de Limoux, sous-préfecture de
l’aude. Placé à 175 mètres d’altitudee, le village domine toute la vallée de l’Aude en
face de Cépie. Les collines environnantes sont couvertes de vignes qui produisent
la blanquette de Limoux. Il y a 951 habitants (recencement 2008) à Pieusse qui
s’appellent des Pieussans, Pieussanes.



En arrivant de Pomas, l’avenue de l’Oratoire, une déclivité prononcée s’accuse
au Nord du village, dominée par les restes du château et des vieux remparts.


L’histoire du village de Pieuse remonte à l’époque gallo-romaine. Son nom était
alors Castrum Puncianum.


Sa situation stratégique sur la colline permettait de défendre l’accès à la haute
vallée de l’Aude. Dans le village on y trouve des maisons à l’aspect archaïque,
quelques-unes avec des restes de tours. Certaines avec des débris de sculptures
et quelques écussons.


Le vieux château dresse sa masse carrée, au milieu de ses dépendances dominant
la vallée et montre encore ses fenêtres romanes avec leurs meneaux et
leurs chapiteaux tous frustes.



• Au VIIème siècle, le village est démoli par les Sarrasins et le
château fort de Pieusse est brûlé.
• En 1119, une bulle du pape Calixt II cite le Castrum Puncianum
et ecclesiam
• En 1221, la place de Pieusse est prise par Raymond Roger,
comte de Foix alors que le domaine était sous la suzeraineté
de Roger II, vicomte de Carcassonne.





Le village de Pieusse




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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Jeu 13 Oct - 14:33








Le château de Pieusse vu du chemin de Ronde, une partie a
été rénovée et aménagée en habitation avec un enduit de
ciment qui n’est pas du plus bel effet, faut bien l’admettre







Zoom de la photo précédente





Au VIIème siècle, le village est démoli par les Sarrasins et le château fort de Pieusse est brûlé.
En 1119, une bulle du pape Calixte II cite le Castrum Puncianum et ecclesiam.
En 1221, la place forte de Pieusse est prise par Raymond Roger, comte de Foix alors que le domaine était sous la suzeraineté de Roger II, vicomte de Carcarssonne.


Au début de l’année 1225, alors que s’organise la croisade royale, Guilhabert de Castres réunit un « concile » cathare à Pieusse, un diacre attitré, Pierre de Corona, de l’Eglise du Toulousain est nommé pour la Catalogne. Un cinquième évêché indépendant, celui du Razès, couvrant la région de Limoux à Mirepoix, sera détaché de l’évêché du Carcassès. Le catharisme est en train de se déployer en quasi liberté dans la région. Les cathares du Razès souhaitent avoir leur propre Eglise, ne sachant pas bien s’ils dépendent de celle de Toulouse ou de celle de Carcassonne. Pour Pierre Isarn, l’évêque de Carcassone, qui se réfère au bornage arrêté à Saint-Félix, en 1167, le Razès relève bien de son Eglise. L’évêque désigné pour prendre la tête est Benoît de Termes, probablement le frère de Raymond de Termes célèbre faidit des Corbières, et l’oncle d’Olivier de Termes. Benoît de Termes aura pour « fils » le diacre du Sabarthès Raymond Agulher et Pons Berrnardi qui avait été parfait à Cabaret avant la croisade. Le premier évêque de l’Eglise catahre du Razès mourra à Quéribus en 1241.






L’entrée du château de Pieusse





Souvenirs de témoins interrogés par l’Inquisition :


Un inquisiteur fait dire à un hérétique interrogé en 1238 que, treize ans plus tôt, il a vu se réunir jusqu’à cent personnes dans une maison de Pieusse qui ont revendiqué et obtenu l’élection d’un évêque du Razès, eux qui devaient jusqu’alors choisir entre l’évêque de Carcassonne et celui de Toulouse. L’homme interrogé précisa qu’il a vu les hérétiques faire « un concile général » (et ibi tunc haeretici fecerunt concilium generale), où les hérétiques du Razès avaient réclamé qu’on leur donne un évêque car ils ne savaient à qui ils devaient se soumettre ou obéir, l’évêque de Carcassonne ou celui de Toulouse et les uns allaient ici, les autres là. Un évêque est choisi, le consolament et l’imposition des mains ou ordination lui sont conférés.






La façade Sud du castel de Pieusse qui a subi quelques travaux,
l’intérieur était en piteux état des rénovations sont en cours






Il est intéressant de noter, que des commanderies de templiers, il y en avaient aussi dans l’Aude, dans le Razès au XIIème siècle, le Temple possédait sur la commune de Saint-Just et le Bézu, un château qui a appartenu un moment aux templiers. Et les templiers ont possédé un moment aussi le château de Pieusse.
Dans le cartulaire des Templier de Douzens on trouve ceci :
En 1137, Raimond de Saint-Martin un templier consentait avec sa femme des donations importantes à Pieusse.
Donations faites au Temple, concernant le château (castellum) de Pieusse :
A. Raimond de Saint-Martin et sa femme donnent un manse, un colombier et une vigne qu’ils y possédaient ; B. Géraud, Pierre Falchet, Arnaud de Cépie et leurs famille cèdent ce qu’ils possédaient dans cette vigne ; C. Borrel de Pieuse donne un terrain à bâtir limité par des croix ; D. Ysalguier (Udalgerius) et Bernard de Pieusse, Bernard de Blanchefort, Raimon de Duno et Pons Duno, Arnaud et Raimond de Blanchefort donnent les fiefs que Raimond de Saint-Martin tenait d’eux.




En 1574, durant les guerres de Religion, une troupe armée de protestants occupe le moulin de Pieusse. Les habitants incendient alors le moulin pour les faire fuir.


Jusqu’à la Révolution, l’archevêque de Narbonne était le seigneur d’une baronnie comprenant Pieusse, Routier et Alaigne. L’archevêque y possédait la haute, moyenne et basse justice, avec les droits féodaux habituels. Il  avait dans le village, un château, un maison avec un verger  reconstruite par le bailli Jean de Grave, plus cinq colombiers aux lieux dits Rivals et au Pla du Sou, un four et deux moulins sur le bord de l’Aude (moulin du Gua à 8 roues et le moulin de Marseillens à 4 roues) où les habitants de Pieusse, d’Alaigne, de Routier, de Pignols et de Malemate étaient obligé de faire moudre leur blé sous peine de 40 à 60 sous d’amende. Les plus lourdes charges sont celles qui pèsent sur les habitants de Pieusse. Ils sont asujettis à la boayrie double (corvée en temps de travail avec les bœufs, essentiellement pour le labour). De plus, ils doivent annuellement 5 setiers et 20 pugnières d’orge, une émine de froment par chaque paire d’animaux de labour, et deux migères de vin. En retour, lorsqu’ils cultivent les terre de l’archevêque, celui-ci leur fournit la boisson et la nourriture, et met à leur disposition un maréchal pour ajuster les instruments nécessaire aux travaux des champs.







A gauche : le château après quelques travaux
importants de la couverture et reconstruction des murs

A droite : l’état du bâtiment principal du Castrum avant travaux











Que peut-on dire du château de Pieusse, on possède très peu d’informations sur les débuts de cet édifice important dans la région.





A gauche : la façade Sud du château, une porte a été murée
A droite : la façade Est





Le château de Pieusse a été construit entre 1140 et 1145 par les comtes de Foix, sous le règne du roi Louis VII le Jeune (1120-1180). En 1225, le castel abrite le concile cathare (cité plus haut). En 1229, Bernard Roger, fils du Comte de Foix, cède son fief au roi Louis IX qui le réunit à l’évêché de Narbonne.






Portrait de Monseigneur Arthur Richard Dillon (1721-1806)
Archevêque de Narbonne, huile sur toile datant du XVIIIe siècle






Monseigneur Arthur Richard Dillon, né le 14 septembre 1721 à Saint-Germain-en-Laye et mort à Londres le 5 juillet 1806, est un prélat français, dernier archevêque de Narbonne. Cet archevêque de Narbonne devient seigneur et baron de Pieuse de 1764 à 1790. Il sera le dernier président des Etats Généraux du Languedoc et archevêque de Narbonne. En 1764, il devient alors propriétaire du château dans lequel il y enfouira son trésor en 1787 (confirmation dans des documents d’époque)







La cour du château de Pieusse




Lui succèdera l’évêque de Carcassonne, Monseigneur Guillaume Besaucèle né à Saissac (Aude) le  3 septembre 1721, décédé à carcassonne le 4 février 1801, sacré évêque le 15 mai 1791.






Le château de Pieusse vu de l’avenue de l’Oratoire.




Actuellement, seuls quelques bâtiments sont encore visibles. Les pièces étaient dans un état délabré, plusieurs parties ont été réaménagées en lieux d’habitations. Contre la muraille Nord, on peut voir un donjon massif et allongé avec une belle voute cintrée à  l’intérieur. Aur premier étage de ce donjon, on retrouve deux superbes fenêtres en cintres géminés avec des chapiteaux sculptés, à l’intérieur des sièges en pierre taillée bien conservés, ces fenêtres offrent une vue très étendue sur la vallée de l’Aude et le Razès. Il y a une autre fenêtre géminée mais moins travaillée au second étage. La cour du manoir possède un puits permettant d’alimenter en eau  le village lors d’un siège. Des reherches seront effectuées dans ce puits pour trouver le trésor de l’archevêque Dillon.






Les plafonds à poutres et solives apparentes du château
de Pieusse, recouvertent de peintures polychromes.






Au premier étage on peut admirer un trésor artistique, deux splendides plafons à poutres et solives apparentes. Ces dernières sont recouvertes d’une multitude d’armoiries et de peintures polychromes, ces peintures ont été classées.


Ce château est actuellement une propriété privée.







Vestiges du château, probablement des éléments
décoratifs de hotte de cheminée.












Vers 1960, le propriétaire en titre du château où disons plus tôt de la maison forte de Pieusse, Mr Jacques Alins, découvrit chez lui une liasse de documents très intéressants.
Parmi lesquels figuraient une attestation d’une déclaration faite devant notaire et le texte incomplet d’une déposition y afférente. Dans ce document ancien, le signataire déclare avoir caché dans le souterrain du manoir de Pieusse une certaine somme en or dont il donne le détail, et cela en raison du climat d’insécurité qui sévit dans le pays.


L’attestation en question a été portée au registre du Parlement de Toulouse le 4 mars 1787. En voici le texte exact :


Extrait du registre du Parlement de Toulouse :


«Aujourd’hui quatrième mars mil sept cent quatre-vingt-sept est comparu au greffe des Affirmations dudit Parlement, Me Février procureur au sénéchal de Limoux demeurant à… assisté de Bonner clerc du not. Lebret.


Procureur, lequel affirme être venu exprès en ville pour la conduite du procès qu’il a pendant en la cour contre le comité des procureurs Sud-Limoux. Dont acte. Et ont signé au registre.


Lequel a déclaré devant nous avoir déposé dans le souterrain du Manoir de Pieusse la somme de quatre cent septante serties d’or, qui vaut cin cent vint livres chacun, sertir, pur les cacher à la guerre qui est dans le païs,  et il a signé avec nous Consul de Pieusse. Brousse, Ralot de Pieusse, seigneur Baitisse, Baitien. »


La déposition qui suit semble une déclaration libre de l’enfouisseur entérinée par le notaire consultant. Elle est malheureusement incomplète. La voici reproduite telle quelle, avec ses obscurités de vocabulaire :

«La fortune se trouve sous le château à six brasses en dedan il y  a un grosse lausse qui cache le petit colidor qui sen va jusqu’au font du souterrain. On y trouve une porte en fer, quand on aura doubert la porte il y a une grande salle om il y a le trésor il y a 13 sestiers de piesses de louis d’or de 10 livres ce qui fait troi cenbt cincente mille livres de 20 sou, a pui 19 pugnères des pieces de 6 franc, ce qui fait set mille livres, et puis toute l’argenterie du château, et puis toutes les armes du château, et puis des croix d’or ambe de diamants, et puis des sabres qui ont le manche en argent orné de pierre précieuse qui tout vaut ensemble pour quatre million de livres à 20 sou chacun. Cau aun tout le trésor il faut con fasse faire lechato tou neuf et penser… »




On n’en sait pas plus sur cette affaire. Le trésor a-t-il été retiré de sa cachette ?
Son propriétaire est-il mort par la suite sans avoir récupéré son bien ? le mystère reste entier.


Quelques années plus tard, en 1963, la maison forte de Pieusse est cédée à un nouveau propriétaire, Mr François Sarda qui était déjà propriétaire d’une maison au centre du village qui aurait été un ancien couvent. Cette maison d’après un document aurait appartenue en 1753 à un dénommé Antoire Garrigue. Celui-ci connait les papiers qui parlent du trésor. Il entreprend assez rapidement des fouilles, et notamment il explore un puits qui est dans la cour Nord du vieux manoir. Ce puits alimentait Pieusse il y a plus de mille ans, au moyen âge, quand la ville était assiégée. Il a été comblé à des époques indéterminées et les trois derniers mètres qui restaient l’ont été par Mr Sarda en 1967. Lors de l’exploration de ce puits MM Mestres Marcel (maire de Pieusse) et Sarda François ont remonté, des verreries finement ouvragées, des chaudrons en cuivre, un robinet, des plats magnifiquement décorés, un fragment de bénitier, un taste vin en céramique et toute une série de cruche en terre cuite avec une ornementation moyenâgeuse.  Les six premiers mètres sont bâtis en bel appareil de pierres, ensuite le puits est bien taillé dans le roc. Plus d’une vingtaine de mètres en 1963 ont été dégagée.


L’année suivante encore, en compagnie d’un journaliste local, féru d’archéologie, Mr Noël Vacquié, il découvre dans une salle de la maison forte une série de graffitis du plus haut intérêt. Dans son musée du Catharisme en 1966, René Nelli en a publié les photographies. Mais il est peu probable que ces marques aient un quelconque rapport avec cette histoire de trésor.


Cette histoire de trésor de Pieusse, le journal Le Midi Libre en a fait largement les échos dans ces colonnes tout au long de l’année 1963.






Montage des photos d’André Signoles, des curieux
graffitis retrouvés dans la maison forte de Pieusse en 1964.

















L’église et le lavoir de Pieusse en 1950





L’église Saint-Genest a été bâtie au XIVème siècle à l’emplacement d’un édifice primitif consacré en 1088, près des remparts de l’Est, à son côté les jardins du presbytère.


Le saint patron du sanctuaire est Saint Genès martyrisé au IVème siècle et célébré le 25 août.





L’église et le lavoir  de Pieusse en 2012




Au Moyen Âge, Pieusse figurait parmi les paroisses sur lesquelles l’archevêque de Narbonne percevait des redevances qu’il partageait, semble-t-il avec l’abbé de Saint-Hilaire si l’on en juge par l’hommage que celui-ci rendait au roi pour les églises de Pieusse en 1481.


C’est un édifice de type gothique méridional, à nef unique et chevet pentagona ; ses murs gouttereaux et son chevet, à l’origine couronnés par une corniche chanfreinée, ont été surélevés. Le chevet polygonal a probablement reçu un rang de mâchicoulis dont il ne subsiste que les corbeaux.







La nef de l’église Saint-Genest de Pieusse après restauration





On remarque à 2,50 mètres du sol, dans le mur de l’église, une porte voutée qui donnait jadis accès à la chaire. Au-dessous, là où se trouve l’escalier, on voit encore un corbeau de soutien terminé par une figure humaine.


L’église possède une belle nef, avec une abside à cinq pans et éclairée par des fenêtres à nervure.


Les fausses voutes en briques et plâtre lancées sur la nef sont du XIXème siècle.


L’entrée de l’église est au Sud, au niveau de la troisième travée, elle est protégée par un porche qui porte la date 1551 sur l’une des clefs ainsi que les armoiries de l’abbaye de Saint-Hilaire. Au début du XIXème siècle ce porche a été muré et a servi quelques temps de chapelle des Fonts Baptismaux ; ces transformations expliquent la création du portail occidental.



L’ancien porche qui donnait accès dans l’église au fond de la nef, côté évangile, possède une belle voute à liernes et tiercerons dont les arêtes sont ornées de feuillages, une petite porte s’ouvre au fond donnant dans l’église. La grande entrée aurait été ouverte fin du XIXème siècle au fond de la nef, car son style ne correspond en rien avec le reste de l’édifice. En face de l’ancienne entrée dans une niche on peut voir une grande statue de la vierge tenant Jésus datant du XIIème siècle, sous ses pieds, un sarcophage en marbre blanc très ancien.


Sur les orgues sont peintes les armoiries de Monseigneur Dillon, dernier archevêque de Narbonne.





Un trésor derrière le retable de l’église de Pieusse


En 1998, une importante découverte fut faite dans l’église de Pieusse, un trésor derrière le retable.


C’est en voulant déplacer le retable de la petite église de Pieusse, tout simplement pour le restaurer, que l’on a découvert des fresques vieilles de 600 ans, merveilleusement conservées.


Deux anges  équipés de leur encensoir, illuminent désormais le plafond de l’église.

Ces peintures murales représentant le Tétromorphe d’évangéliste (Représentation des quatre évangélistes sous leurs formes allégoriques, l’homme pour Saint-Mathieu, l’aigle pour Saint-Jean, le taureau pour Saint-Luc et le lion pour Saint-Marc).






Peintures murales représentants le Tétromorphe
d’évangélistes découverts derrière le retable de Pieusse





Sous leurs regards forcément angéliques, Luc, Marc, Mathieu et Jean entreprennent d’évangéliser les visiteurs du petit édifice.
Devant ces fresques remarquables, fut  installé ce retable datant du XVIIème siècle, il est vrai de fort élégante facture.


C’est pour effectuer la restauration urgente de la partie arrière de l’autel que le maire de Pieusse, Jean-Pierre Robert avait pris la décision de faire déplacer le retable. Et là, surprise, la monumentale parure de vois cachait une peinture merveilleusement conservée.





Détails des peintures découvertes derrière le retable de Pieusse



Pour tout dire, le premier mouvement du maire de Pieusse fut vite de repousser le retable devant cette découverte, car sans être spécialiste d’histoire de l’art, Jean-Pierre Robert, viticulteur et amateur de patrimoine comprit immédiatement que ses « ennuis » ne faisaient que commencer. Mais l’occasion était trop belle. Alors on dépêcha experts et responsables des monuments de France sur les lieux et leur admiration fut unanime. Cette fresque remonte bel et bien au XIVème siècle et réunit les quatre évangélistes manifestement en plein travail.


Plus question, donc, de se contenter de la restauration du retable. Un spécialiste du sauvetage de ces fresques, monsieur Savreux de Villegly, est désormais à  l’œuvre. Et la peinture révèle son immense beauté.


Car si le retable est déjà une fort belle pièce de patrimoine, la fresque mise au jour, relève de l’exceptionnel, du rarissime.












L’oratoire champêtre de Pieusse



Au nord du village, route en direction de Pomas, prenez l’avenue de l’Oratoire, au croisement de la rue de la Barque et de cette avenue, vous verrez sur votre droite, un oratoire champêtre, monument religieux qui se fait remarquer par son étrangeté. Il a été classé aux Monuments Historiques le 17 février 1926.  Il est de style gothique et date du XIIème siècle. Oratoire de forme carrée de 3,50 m de côté, avec  quatre ouvertures ogivales, vouté en croix d’ogives, couvert de dalles et accompagné à chaque angle d’un contrefort terminé en pinacle. La clé de voute est à  3,40 mètres du sol environ. Au centre de l’édifice se dresse une croix de pierre de 2,65 mètres de hauteur qui est plus récente que l’édifice. Sur les bras de la croix et à son centre il y a des inscriptions : FOVO – JHOS – 1662. Quatorze coquilles sont sculptées en relief sur la croix, ce monument serait un lieu de passage pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle. Cette croix pourrait provenir d’un ancien cimetière. Aucun document ne permet de savoir à quoi servait ce monument, marque-t-il la place d’un événement remarquable ou miraculeux ? Mais une antique tradition conservée par les anciens du pays, rapporte, qu’avant la croix actuelle, bien plus récente que l’édifice, il y avait à la place de celle-ci, une pierre droite surmontée d’une croix. D’après cela, on pourrait supposer qu’il s’élevait jadis en ce lieu un menhir auquel  les habitants attribuaient un caractère religieux et venaient s’y livrer à des pratiques sacrilèges, comme on le voit d’ailleurs en Bretagne. Pour faire cesser ces pratiques païennes, et pour ne pas irriter la population en détruisant l’objet de ce culte, l’église chrétien de l’époque le sanctifia en le surmontant d’une croix. Ce n’est qu’une hypothèse.
Ou fut-il érigé après une inondation causée par l’Aude en crue et qui serait arrivée jusqu’à ce point ?




Sur la gauche de la D50 en allant vers Pomas, vous
découvrez l’oratoire de Pieusse datant du XIIème siècle



C’est un oratoire où la paroisse se rend à l’un des jours des Rogationso et le dimanche après la fête de l’Invention de la Sainte Croix.


C’est un monument rare en France ; un autre semblable existe sur les bords du Rhône, près de Beaucaire.


Viollet-le-Duc les appelait « Reposoirs ».


Il a été restauré en 1859 puis la toiture fut refaite en 1968.






L’oratoire de Pieusse
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Jeu 13 Oct - 15:10







 
(source : www.payscathare.org)



Puivert, château cathare, un peu moins médiatique que celui de Montségur,
mais il mérite grandement le détour et il le vaut  bien !



Très jolie la région de Puivert, village situé sur la rive droite de l’Hers, dans l’arrière pays
audois dénommé le Quercorb ou pays de Chalabre, une des dix régions naturelles du
département de l’Aude. Petite précision, la capitale du Quercorb est le village de Chalabre.

Puivert vient du latin  podii viridis, qui veut dire mille colline verte




Blason de la ville de Puivert




La silhouette de pierre du donjon apporte une belle note de romantisme
au décor verdoyant.

Du site historique vous avez une vue magnifique qui embrasse un vaste panorama sur le
Quercorb, surtout du haut du donjon, vous apercevez vers l’Est les Corbières avec leur
sommet, le pic de Bugarach, au Sud les cimes du massif du Saint Barthélemy et les
premiers contreforts des Pyrénées portant les très verdoyantes forêts de pins de
Puivert et de Bélesta tout proche.



Au Moyen Âge, Puivert était une importante seigneurie dans la région du Quercorb,
région de moyenne montagne isolée entre l’Ariège et les hautes vallées de l’Aude,
constituée de la plaine de Chalabre et du plateau de Puivert.


De tous les châteaux cathare de l’Aude, Puivert l’est sans doute un peu
plus que les autres.






vue générale où se situe cette histoire, au pays du Quercorb, non loin
du pays de Sault, et vous êtes toujours dans l'Aude messire!






SOURCES :
http://www.belcaire-pyrenees.com/
(texte et images avec l’aimable autorisation du propriétaire
du Site)
http://www.payscathare.org
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Jeu 13 Oct - 22:55






L’entrée du château de Puivert dans les années 1970


Aucune trace écrite n’a été trouvé du château de Puivert avant 1170. Le château construit sur un rocher à 605 metres d’altitude vers 1152 appartient à l’époque à la famille de Bernard Congost entièrement vouée au « catharisme ». Vous pensez bien que lors des croisades albigeoises le lieu fut considéré comme un foyer d’hérésie majeur. En novembre 1210, Simon de Montfort envoya un corps de 6000 hommes prendre le château, ils abordèrent le castrum en venant de Nébias. Les défenseurs opposèrent une résistance honorable. Celui-ci fut pris après trois jours de siège, sans traité de paix, par Thomas Pons de Bruyères-le-Châtel, vaillant chevalier lieutenant de Monfort. Lorsque les croisés réussirent à pénétrer dans la cour intérieure, ils trouvèrent au bas des murs de nombreux blessés. Montfort donne tout d’abord le château à son fidèle compagnon Lambert de Thury, puis en récompense, le château devint la propriété de Thomas Pons (1185-1251) Baron de Bruyères-le-Châtel situé près d’Arpajon en Seine-et-Marne, seigneur aussi de Mirepoix et de Chalabre.

Soumis aux dures lois de la guerre, les soldats de Bernard du Congost furent pendus aux créneaux.




Une magnifique vue aérienne de l’ensemble des fortifications
de cette forteresse médiévale prise le 9 juin 2004.




Pour l’anecdote, qu’est devenu Bernard Congost ? lors du siège il réussit à s’enfuir pour un souterrain avec des occupants du château dans la forêt proche. Il vécut dans la clandestinité jusqu’à la fin de sa vie, vingt-deux ans plus tard, on retrouve sa trace en 1232 à Montségur où il décède parmi les défenseurs du pog, assisté de son fils Gaillard qui participa à l’expédition d’Avignonet et de son neveu Bertrand. La fille Saissa de Congost, devenue parfaite, mourut sur le bûcher de Montségur le 16 mars 1244.


Ce qui est intéressant, c’est que la prise du château fut décrite et les parchemins furent conservés au château de Chalabre non loin de Puivert.


Les territoires de Thomas III dit Pons Ier sont constamment convoités par les comtes de Foix, de Toulouse ainsi que par les Trencavel, seigneurs de Carcassonne.



L’entrée du château s’effectue par une tour carrée à herse et
assommoir surmontée des armes des Bruyères (le lion à la
queue fourchue et nouée), vous pénétrez dans la basse-cour
de 80 mètres de long sur 50 mètres de large environ




Son fils, Jean Ier Pons de Bruyères (1218-1291) hérita du château, baron de Puivert, et de Chalabre. En 1283, Jean fut appelé au service du roi, Philippe III le Hardi, pour composer une suite imposante se rendant sur l’Aragon. Ce voyage lui permit d’obtenir le titre de chambellan du roi, et se vit comblé de faveurs royales, tel que la décharge à perpétuité de toutes sortes d’impôts dus à la couronne. Pour obtenir de telles récompenses, il eut fallu que Jean soit proche du roi ; rappelons au passage que Philippe III le Hardi meurt dans la région de Perpignan lors de la conquête aragonaise, aux côtés de Jean. Il meurt quelques temps après, laissant à sa femme la gestion de Bruyères et de Puivert où il fut enseveli. Le Cherchorb (Quercorb) devient une « terre privilégiée ». ce privilège fut confirmé jusqu’à la Révolution par lettres patentes de tous les rois de France.


En 1279, de fortes pluies inondent la région, et une catastrophe naturelle eut lieu, peut-être suite à des travaux ordonnés par Jean Pons de Bruyères, le barrage naturel qui retenaiti les eaux du lac qui s’étendait au pied du castrum s’effondre, les eaux se déversant dans la vallée détruisent tout sur son passage, une partie de la cité de Mirepoix à 30 km de là fut détruite.


Succédera à Jean, son fils ainé Thomas V de Bruyères (1270-1325).


Au début du XIVème siècle, en 1310, avec Isabeau de Melun, fille d’un grand chambellan, de France Adam IV, vicomte d Melun et seigneur de Montreuil-Bellay, Thomas V de Bruyères (1270-1325), fils ainé de Jean Pons (1218-1251), chambellan du roi Philippe III le Hardi et petit-fils de Thomas III Pons (1185-1251), font reconstruire « le nouveau château » à l’Est de l’ancien, dont les vestiges sont toujours visibles. d’ailleurs, les armoiries sculptée d’Isabelle de Melun sont encore en place.







La nouvelle construction a commencée mais, Thomas part aussitôt pour la guerre des Flandres, laissant à Isabelle sa femme, le soin d’embellir le château et essentiellement la partie orientale. Lui aussi fréquente les « grands » de cette époque bouleversée, puisque par lettres patentes données en 1319, Philippe IV étend les immunités de Puivert, et marie sa fille au comte de Soissons.


Isabelle et Thomas eurent 4 enfants connus, Philippe (1325-1409) qui devint seigneur de Chalabre, Jeanne (1326-1352) qui épousa Gui de Clermont, Jean (†1356), Adam et Thomas VI (1315-22.3.1371) qui hérita du château de Puivert et qui épousa Béatrix de Varennes. Il devint Sénéchal de Carcassonne sous le roi de France, Jean II le Bon (1319-1364).



Thomas VI et Béatrix eurent 4 filles, à leur mort, celles-ci partagèrent avec Philippe le frère de Thomas, le château de Puivert et ses dépendances. Ce partage laissa des écrits intéressants avec de nombreux détails sur le château.


Par la suite, il s’ensuivit une longue lignée de nouveaux seigneurs qui occuperont successivement le château. Après les Bruyères, il y eut les Voisins d’Arques et de Couiza, les Joyeuse.


En 1379, Guiraud de Voisin, gendre de Thomas VI, intente un procès contre les « Puivertains », qui refusaient la garde du site pour laquelle ils furent exemptés de taxes royales. Il réussit enfin à éliminer ses concurrents au château, et y décède en 1414.
Le second gendre de Thomas VI, Roger de Lévis-Mirepoix, aussi y meurt.
Son petit-fils, Jean II de Voisin, épousera Paule de Foix Rabat, mariage qui augmentat ses titres déjà considérables. Pour Puivert notamment, il prêta hommage au roi en l’an 1461.


En 1491, pour « rétrocession » de dot, obtenue par Jean IV de Lévis devant le parlement de Paris, le château et la baronnie de Puivert revinrent à la famille de Lévis-Mirepoix.


Jean V de Lévis qui commanda la défense du château lors des attaques espagnoles en 1495.

En 1570, le château entra dans la baronnie de Guillaume II de Joyeuse.



Gros plan sur la face Sud du château en décembre 2007



En 1593, chevalier du roi, Jean de Pressoires, riche marchand drapier de Chalabre, acheta la baronnie et en 1655, sa femme la léguera à messire François de Roux, conseillé du roi, juge mage de la sénéchaussée de Carcassonne.


Durant l’année 1680, Louis XIV érigea la baronnie en marquisat. La famille Roux conservera le château jusqu’à la Révolution, époque où le château est partiellement démoli et abandonné.


Le château en partie démantelé, fut classé Monument Historique en 1907 dans l’état suivant….



L’état du château en 1900



La cour intérieure en 1900-1905




Dans les années 1950, la restauration a commencé





Le donjon de Puivert en 1960, la partie ouest que l’on appelle
aujourd’hui, le château vieux, considérée comme les restes
du château primitif.
Au pied de la tour à gauche se trouve la citerne




Quelques campagnes de sauvegardes ont été menées par la famille de Ginesté-Puivert durant les années 1950,1970.


Aujourd’hui encore, Arnaud Mignard, propriétaire du site, perpétue cette tradition d’indépendance et de rayonnement culturel attaché au château, il est déterminé à conserver l’authentique magnificence du site de Puivert. Par une présence constante, des campagnes de restauration annuelles et un combat acharné face aux institutions, dans une lutte désuète et incohérente, il lui redonne vie, permet au plus grand nombre et aux générations futures de s’approprier une part de l’Histoire de France.
De janvier à mars 1996, une réfection totale et un réaménagement de la plate-forme sommitale du donjon étaient effectuée. Pour la première fois, la terrasse devenait enfin accessible au public.


De septembre 1997 à mai 1998, une mise hors eau de la Tour Gaillarde était réalisée avec remontage des parements supérieurs disparus.
Pour assurer cet ambitieux programme, les nouveaux propriétaires ont fait le choix d’y réinvestir la quasi-totalité des recettes du château.

Le château à servi à de nombreux tournages de film (la neuvième porte de Roman Polanski, la passion de Béatrice de Bertrand Tavernier, le peuple migrateur de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats,…).











L’actuel château de Puivert est l’œuvre des architectes et des bâtisseurs de la fin du XIIIème siècle. Leur art connait alors un certain apogée.
Composé essentiellement d’une enceinte de plan rectangulaire, percée d’archères, séparée du plateau par un fossé en partie comblé. L’accès s’effectue par une tour porte carrée à herse et assommoir surmontée des armes des Bruyères, au centre de la courtine orientale.

La surface au sol (basse-cour) du site est très grande, 3 200m² à l’intérieur des murs.




Au fond, la tour-porte, entrée du château vue du mur
d’enceinte ouest





Une tour ronde lisse occupe l’angle Nord/Est, une autre, à bossage est implantée au milieu de la courtine Nord. L’angle Nord/Ouest est défendu par un imposant donjon, probablement un des plus remarquables de l’architecture militaire capétienne avec ceux de Lesparre en Gironde, de Fouras en Charente-Maritime ou de Vincennes.


Au sud du donjon, un portail ouvert dans le mur d’enceinte Ouest, permet l’accès aux vestiges du château vieux, antérieurs au XIIIème siècle.
Un tour de plan carré montre sur son flanc oriental une petite tour en encorbellement. Au Sud/Est, on aperçoit les vestiges d’une petite tour ronde.




La cour du château et ses immenses remparts Nord
réalisés à la fin du XIIIème siècle et la tour à
bossages que l’on nomme la Tour Bossue





Le donjon sépare les deux cours du château. De section carrée de 15 mètres du côté, il a conservé toute sa hauteur (32 mètres), seule la crénelure supérieure a disparu. Des portes et des arrachements de murs perpendiculaires indiquent que les bâtiments d’habitation s’appuyaient contre la paroi occidentale du donjon. On pénètre dans le donjon par une porte surmontée de deux blasons sculptés qui permettent de la dater précisément du début du XIVème siècle puisqu’il s’agit de ceux de Thomas V de Bruyères et d’Isabeau de Melun mariés en 1310.



Ce qui est extraordinaire, c’est que l’intérieur du donjon est quasiment intact. Il y a quatre étages, occupés chacun par une pièce unique. Deux salles voutées en berceau brisé, en partie souterraine ont été réalisé sous le donjon. L’une devant servir de réserves et l’autre appelée salle des gardes. On y accède par un escalier qui part de la cour. Comme il est d’usage dans les donjons, la porte est en hauteur, on y accédait par une passerelle amovible.




A gauche : le donjon de 25 mètres de côté et
d’une hauteur de trente-deux mètres

A droite : on aperçoit la Tour vert, celle-ci
est de parements lisses





Le troisième niveau, accessible par une porte couverte en arc brisé, est décoré de colonnettes et de moulure, ainsi que les blasons des constructeurs, vous pénétrez dans la chapelle du château, voutée d’ogives, aux culots finement sculptés représentant un moine et des personnages tenant des phylactères, banderoles qui portaient des inscriptions. La clef de voute représente le couronnement de la vierge et d’un Saint Michel terrassant le dragon, une niche encastrée dans le mur, appelée fontaine, était peut-être la piscine (cuve à ablutions), utilisée dans la liturgie chrétienne. Cette chapelle était éclairée par deux grandes fenêtres.




La guiterne décorée ici avec raffinement d’une rose sur la table
d’harmonie en épicéa. Le chevillier se termine par
une tête de lévrier




Le quatrième niveau, est la salle d’apparat, elle est magnifique. Elle est éclairée par trois fenêtres trilobées. Les voutes retombent sur huit culots historiés où sont représentés des personnages jouant des instruments de musique différents : la cornemuse, la vièle ou viole ancêtre du violon, la luthée sorte de guitare, le tambourin, le luth, l’orgue portatif, le psaltérion triangulaire, le revec ancêtre du violon. On a baptisé cette salle, la salle des Musiciens, qui est éclairée par trois fenêtres analogues à celles de la chapelle. Ce sont les premières œuvres connues d’une sculpture médiévale gothique que l’on trouve habituellement dans la décoration des édifices religieux, chapelles ou églises ce n’est pas commun aux forteresses militaires. On présume qu’Isabeau n’est pas étrangère à cette décoration, on sent la touche féminine dans ce monde de brutes.




Le rebec taillé dans une pièce de tilleul. Le cheviller se termine
par une tête de marbre et porte trois chevilles en ivoire
permettant d’accorder les trois cordes. L’instrument
se joue avec un archet ici en châtaignier









Le cinquième est dernier niveau, constitue la plate-forme de défense, qui était bordée autrefois par un crénelage.

Par deux fois entre 1945 et 1980, on sonda et excava la salle basse du donjon, espérant y trouver le passage secret qu’avait emprunté Bernard de Congost pour s’enfuir lors du siège et la prise du château en 1210.


L’ensemble constitue un magnifique exemple d’architecture militaire des années 1300, qu’il faut visiter.




Une croisée d’ogives magnifique d’une des salles
avec le blason des Bruyères et Melun





A gauche : une des salles du donjon, la
chapelle avec ses fenêtres ogivales, dans
Le mur la fameuse « piscine »

A droite : une vue du donjon sur les vestiges
encore visibles des greniers, des écuries, citerne et des habitations





Un cliché de la « piscine » dans une superbe crédence
abondamment décorée de moulures, placée à droite
de l’autel, dans le mur oriental aveugle





Le donjon du château possède de grandes baies trilobées
Gothiques impressionnantes et la vue s’étend jusqu’aux Corbières
Ici superbe baie avec ses banquettes latérales





La magnifique salle des musiciens, située au niveau 4,
couverte d’une voute d’ogives retombant sur huit culos
représentant des musiciens différents instruments de l’époque
médiévale













Dans une maison traditionnelle, le village de Puivert abrite le musée de Quercorb dédié aux activités artisanales traditionnelles et traitant de la vie quotidienne de ce petit pays audois au XIXème siècle. On y découvre le travail du fer avec les restitutions d’une ancienne forge, l’atelier des sonnailles et l’artisanat du jais (variété de lignite fibreuse et dure d’un noir luisant) qui sert essentiellement à fabriquer des bijoux.


Une autre salle présente le travail du bois, l’atelier du tourneur et celui des peigniers ou fabricants de peignes et une autre salle vous présente une cuisine rurale régionale. Il faut savoir qu’il y avait une vingtaine d’ateliers de tourneurs sur bois au XIXème siècle dans le secteur de Puivert. Au deuxième étage, la salle « instrumentarium » baignée d’une ambiance musicale est consacré à la musique médiévale. Vous trouverez aussi de nombreuses informations sur les instruments de musique du Moyen Âge. Les moulages des culots sculptés de la salle des Musiciens et les reproductions des huit instruments de
Musique figurés par les artistes y sont exposés avec une mise au point sur l’interprétation archéologique des chapiteaux du château.
Une vidéo « de la pierre au souffle de vie » raconte le lien des sculptures et des instruments.




Vue d’ensemble d’une de salles du musée présentant de nombreuses
Informations très intéressantes




Des musiciens et chanteurs ont enregistré dans le donjon des morceaux de musique choisis dans les recueils de Guillaume de Machaut et de Codex de Chantilly exécuté pour Gaston Phoebus. De plus en échantillonnage des sons de tous les instruments a été réalisé dans le musée où il sert aux animations d’initiation à la musique médiévale.




L’instrumentarium de Puivert, reconstitution des instruments
médiévaux tel que, la cornemuse, le psaltérion, la vièle à archet,
la guiterne, le rébec, l’orgue portatif,
La flûte et la luth




Une dernière salle tout aussi intéressante évoque de façon attrayante l’histoire du Quercorb ou Cherchorb comme on l’écrivait à l’époque et du château de Puivert avec des maquettes, la visite est « guidée » par des chants de troubadours, agréable initiation aux sonorités de la langue occitane. La grande restaurée du musée accueille régulièrement des expositions temporaires. Et le musée s’est agrandi récemment avec un verger sur le thème de l’alambic et de l’eau de vie, vous offrant ainsi une jolie promenade autour des variétés anciennes d’arbres fruitiers, comme les poires « curés » ou les « bons chrétiens ».
Tout au long de l’année, concerts, rencontre et initiations sur le thème de la musique animent le musée.




Moulage du musicien jouant de la guiterne, la position des doigts
indiquent qu’il tient un plectre pour faire vibrer les sept cordes
de son instrument. Le manche se termine par une tête d’animal




Tous les ans, les mois de juillet et août, au bord du lac, Puivert organise des marchés campagnards nocturnes, tous les mercredis soirs. Vous y trouverez des produits régionaux artisanaux et des produits gastronomiques du terroir ainsi qu’une brocante, au sein de cette fête vous pourrez vous restaurer dans une ambiance conviviale




Une cuisine typique du Quercorb au début du XXème siècle



Atelier du tourneur sur bois reconstitué, avec son tour à perche
et d’un véritable établi de menuiserie






Par un escalier à vis vous descendez pour atteindre la
salle des gardes et la salle basse ou cellier.









Le mot « troubadour » vient de l’ancien occitan trobador, c’est-à-dire « trouveur », auteur de vers d’amour profane en langue d’oc, compositeur de musique pour les poèmes qu’il interprète devant ses amis, ses pairs, le plus souvent devant la couru seigneuriale. Les troubadours sont les initiateurs d’un art d’aimer et d’une nouvelle façon de se comporter en société qui est érigée en valeur dans les cours seigneuriales du Midi de la Frane aux XIIème et XIIIème siècle.


Puivert, capitale des troubadours et de la musique médiévale ! Beaucoup de légendes courent autour du château.


En voici une :


Aliénor d’Aquitaine naquit en 1122. Son territoire s’étendait de la Loire aux Pyrénées, comptant Poitou, Limousin, Auvergne, Guyenne et Gascogne en plus de l’Aquitaine.

Elle nait duchesse, devient reine de France, puis reine d’Angleterre. Les plus grands troubadours d’Occitanie s’en sont amourachés, tels Bernard de Ventadour, Jaufré Rudel, Peire d’Auvergne. Sur la route du retour, le cortège Castillan-Aquitain (comptant les plus fameux troubadours du temps) devant présenter Alphonse VIII à la petite Aliénor, alors âgée de neuf ans, fille de la reine d’Angleterre, s’arrête à Puivert quelques jours. Le château occupait alors une place importante, aux portes de comtes de Foix, de Toulouse, de Carcassonne, il dénote d’un volume de bâtiments suffisamment grand pour accueillir toute cette cour et son intendance (il est à noter que le logis du château est deux fois plus grand que le logis de Chinon).


On dit aussi :


Qu’en 1170, une importante assemblée de troubadours se réunit à Puivert. Peire d’Auvergne en conserva le souvenir dans ses vers. Il composa ceci « au son de cornemuses à Puivert, parmi le chants et les rire… ». Cette réunion eu lieu dans le sillage d’un mariage princier, celui d’Alphonse VIII de Castille et d’Aliénor, fille d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine.


Malgré les tragédies historiques, Puivert a conservé un goût tenace pour la musique. Les félibres occitans du début du XXème siècle ont fait de Puivert le lieu de rendez-vous des « cours d’amour » du Languedoc médiéval, des troubadours provençaux et catalans qui animaient la vie culturelle.

Les rencontres de troubadours à Puivert au XIIème siècle relèvent plus certainement de la légende faute d’écrits. Les félibres du début du siècle et les érudits locaux ont confondu le Puivert audois avec un autre château du même nom en Catalogne dont on sait avec certitude qu’il fut le siège d’une cour brillante et fastueuse, le château de Puivert d’Agramunt.
La célébrité de Puivert audois s’est bâtie sur cette confusion aujourd’hui largement entretenue et qui fait de toute manière partie de l’histoire du site.
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Jeu 13 Oct - 23:22

















Si vous êtes dans le secteur de Foix, Mirepoix ou Lavelanet, que vous désirez faire une
belle balade et voir un panorama grandiose sur Montségur et toute la chaine des
Pyrénées ariègeoises, allez visitez les vestiges du château de Roquefixade dans
le massif du Plantaurel. Le sentier Cathare passe à proximité. Roquefixade est
une forteresse méconnue par rapport à Quéribus, Peyrepertuse, Puylaurens, Montséfur, Aguilar.

Roquefixade est, elle aussi une forteresse des cimes, ses ruines couronnent fièrement
l’inaccessible piton rocheux (1033 m) au sommet duquel elles se trouvent. Et en plus
, il y a une magnifique petite bastide au pied de la falaise qui ne vous laissera pas indifférent…




Roquefixade (en occitan : Lo Castèl de Roca-Fissada) signifie « le château de la roche
fissurée et évoque l’énorme entaille naturelle comblée par la construction d’une arche de pierre du château.












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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 14 Oct - 15:16






L’existence du château de Roquefixade est attestée depuis 1034. Les premiers seigneurs connus sont seigneur de Pailhès, branche de la famille de Rabat, et portent tous le nom de
Bernard Amiel de Pailhès.


Au milieu du XIème siècle ce haut lieu dépendait des comtes de Toulouse. De conflits se succédant du fait de relations souvent difficiles entre les comtes de Toulouse et les comtes de Foix, le château changea souvent de main si l’on peut dire. Pour le comte de Toulouse, le château est confié au lignage de Pailhès ; Pailhès (en Ariège) fut une baronnie des plus importants du pays et ses seigneurs y jouèrent un rôle de premier plan.

En 1187, Claudine Pailhès écrit cette année-là, la donation par Bernard Amiel de ses droits d’usages sur Roquefixade aux cisterciens.






Le petit village de Roquefixade en mars 2012, dominé par le
Roc Marot 1001 m, au fond à gauche, en haut l’éperon
rocheux vous apercevez les vestiges du castrum.





Les seigneurs de Roquefixade sont lié à la famille Péreille, régnant sur le castrum voisin ( le château du Péreille est mentionné dans un hommage au comte de Foix Roger III vers 1120).


Raymond de Péreille, qui descendait de la famille de Bellissens, possesseur de la seigneurie de Mirepoix se maria en 1205 à Roquefixade, avec Corba de Lanta, fille de Jourdan de Lanta et de Marquiesa de Villemur de Pailhès, ils eurent cinq enfants, dont Esclarmonde (parfaite) qui périt sur le bûcher de Montségur.


Lors de la Croisade des Albigeois, le château aurait été assiégé par les Croisés entre 1209 et 1212, car celui-ci était devenu rapidement un centre de la foi cathare.






L’entrée du village de Roquefixade, avec les vestiges
du château en haut du roc





En 1242, le comte de Foix abandonne Raymond VII en révolte contre Saint-Louis, le comte de Toulouse décidé de le priver de tous ses droits sur Péreille et Roquefixade et les confie à Bernard Amiel de Pailhès, membre d’un lignage du bas-pays, au nord du Plantaurel.


A l’époque de la croisade des albigeois, le château servit de refuge, abritant quelques parfaits en fuite. En 1246, Guillaume de Plaigne, l’un des principaux acteurs de l’affaire d’AVignonet (massacre des inquisiteurs), y vit en famille, Simon du Montfort l’apprenant, il fit détruire par ses trouupes le village situé au pied de la montagne.


Que se passe-t-il ensuite ? Faute d’information, on ne sait pas ce qu’il advint du château, on perd la « trace des faits historiques » concernant Roquefixade. L’Histoire Générale du Languedoc ne mentionne Roquefixade pour la première fois qu’en 1243.





Sur le chemin des ruines du château de Roquefixade dont
l’existence est attestée depuis 1043, est visible une stèle
que vous voyez ici





Quand au début des années 1270, en 1278 exactement, le roi Philippe le Hardi rachète ses droits à Raymond Roger de Pailhès pour mieux s’assurer le contrôle du site et de sa région, puisqu’il était le suzerain en tant qu’héritier des comtes de Toulouse. Le château de Roquefixade fut une acquisition essentielle pour la couronne dans cette région. En effet, avec Montségur, ces deux forteresses situées à l’extrême Sud-Ouest de la frontière dur royaume à cette époque, Roquefixade représentait un atout majeur de la ligne de défense que la royauté Capétienne avait mis en place face à l’Aragon sur une frontirère fixée à Corbeil en 1258, face aussi comte de Foix que le roi de France surveille parce qu’une menace de révolte peu voir le jour à tout moment comme en 1272. Le château domine le chemin de Mirepoix et Lavelanet vers Foix.


Le château sera transformé pour faire face aux assauts de l’ennemi, et deviendra un site militaire stratégique. Et par la même occasion, tout ceci sera fait pour intimider et’ calmer les ardeurs du comte de Foix. Une douzaine de sergents, un guetteur, un portier, un chapelain et un châtelain composeront cette garnison avec une meute de chien de garde.






C’est parti pour rendre visite à la forteresse de
Roquefixade et admirer le panorama




Le village détruit par Montfort sera reconstruit par le sénéchal de Toulouse, Raimond briseteste en 1288, afin de le repeupler ; cette petite bastide de montagne sera baptisé avec le nom de son dernier vainqueur « la bastide de Montfort ».


Cette petite localité sera dotée de privilèges et de coutumes en 1288 afin d’y fixer la population. Cette citadelle imprenable doit dominer coûte que coûte cette région rebelle, le roi organisera en châtellenie plusieurs villages des environs pour s’immiscer dans les terres de Foix.


Pour l’anecdote, un troubadour portrait au 13ème siècle le nom d’Adémar de Roquefixade, sans que l’on puisse savoir avec certitude s’il était membre de la famille seigneuriale du lieu, ou tout simplement originaire du village.





Vu de l’Est voici la configuration du castrum de Roquefixade




Louis XI, en 1463, restitue Roquefixade à Gaston IV de Foix.


Dominant du haut de son rocher abrupt, Roquefixade joua son rôle jusqu’au premier tiers du XVIIème siècle. En 1632, la révolte de Montmonrency, gouverneur du Languedoc entrainera le démantèlement du château. La citadelle étant devenu obsolète, Louis XIII venu à Toulouse pour le supplice du duc de Montmorency en date du 28 octobre 1632 et Richelieu ne voyant pas la nécessité de maintenir une garnison dans cette contrée, car cela coûtait cher à entretenir et il fallait faire des économies, décida le démantèlement.


Laisser une forteresse à l’abandon était dangereux car elle pouvait servir de refuge aux brigands venant troubler le repos et la tranquillité des habitants, la solution était trouvée, la démolition du château par ordre du roi se ferait sous la direction de Laforest-Toiras (tout comme le château de Léran qui eut lieu en 1633). Roquefixace servira de carrière de pierres avant d’être reconnu plus tard, comme monument historique.


La seigneurie, toujours royale, sera acquise par la famille de Caulet, puis passera dans celle des de Lévis par le mariage de Catherine de Caulet, sœur de l’évêque Jean de Caulet.





La forteresse de Roquefixade sous la neige



En 1675, la châtellenie est prise « en commande » par Vital Guilhon de Lestang, baron de Celles et restera dans cette famille jusqu’à la Révolution. Le château sera, alors vendu comme bien national et acheté par la famille Darnaud qui le conservera jusqu’à sa cession pour le franc symbolique à la commune de Roquefixade.

Les vestiges du château de Roquefixade seront classés aux monuments historiques par arrêté du 17 février 1995.






La cour inférieure avec les vestiges de murs d’enceinte






Le castrum dans son ensemble avec la porte d’entrée
principale en bas





Pendant la seconde guerre mondiale, un important maquis se cacha aux alentours de Roquefixade. La 3101ème compagnie des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) se fixa dans cette partie du Plantaurel, en juillet 1944, pour réaliser des coups de main contre les positions allemandes, à Lavelanet, Mirepoix et même à Pamiers. Ce maquis réussit l’exploit de tenir la ville de Lavelanet pendant plusieurs heures, avant de décrocher sous les vivats de la foule chantant la Marseillaise. L’armée allemande, appuyé par des miliciens, attaqua le marquis de Roquefixade le 6 juillet et les combats durèrent trois jours. Ils furent encerclés le 9 juillet, les rescapés allèrent se réfugier près de Freychenet puis dans la forêt de Bélesta.


Le maire (en 1881) de ce village Emile Darnaud (avocat au barreau de Foix, puis juge suppléant) écrivit un ouvrage de 51 pages intitulé « Le Passé de Roquefixade » Editeur E.Leroux, en 1884. Ce livre est introuvable aujourd’hui !






Le côté imprenable au Sud de la forteresse





L’entrée du château supérieur avec sa tour porte à gauche, et
la façade extérieure Nord/Est du logis des seigneurs du château















La citadelle se développe en deux paliers, sur environ cent mètres de longeur ; àl’Est se trouve une vaste basse-cour occupant les deux tiers de la surface ; le château proprement dit se situe au point le plus haut du piton rocheux. Il comporte une entrée fortifiée et un donjon, séparé par une cour intérieure. Les enceintes épousent l’aplomb du rocher. La hauteur des précipices bordant l’enceinte rend inutiles les tours de flanquement. Les architectes royaux de la fin du XIIIème siècle ont parfaitement su utiliser les défenses naturelles pour concentrer les éléments de défense sur le côté le plus vulnérable : le Nord-Est. Ils construisirent une enceinte extérieure de plus de quarante mètre de long ceinturant ainsi les bâtiments.


L’entrée du château se fait par une avant-porte, une rampe et une tour porte qui était équipée d’un assommoir, ouverture horizontale qui permettait de larguer sur l’assaillant de projectiles.






L’entrée du château supérieur, la tour porte du château avec
assommoir qui malheureusement n’existe plus. Les pierres
de taille sont encore magnifiques





L’entrée de la seconde enceinte, plus haut perchée à l’extrémité de l’éperon, s’ouvrait sur une tour plus importante. Elle comportait deux portes successives très étroites qui verrouillaient le passage avec là aussi des assommoirs, séparées par une salle voutée d’ogives.


A l’intérieur de l’enceinte, les bâtiments étaient disposés traditionnellement sur le pourtour. Le donjon occupait le point le plus haut à l’extrémité Ouest. Ce donjon a été totalement arasé c’est bien dommage. Mais de cet endroit, c’est un véritable promontoire qui permet aux visiteurs de découvrir un des plus beaux panoramas unique sur le Pays Cathare. Vous allez pouvoir, si le temps vous le permet, embrasser du regard, le Pays d’Olmes, le Lauragais, les Corbières, les Pyrénées, les massifs de l’Arize, des Trois-Seigneurs et du Saint Barthélemy. Imaginez que cette situation privilégiée permettait aux défenseurs de Roquefixade de communiquer par signaux avec l’autre perle du Pays d’Olmes, le château de Montségur que vous apercevez tout proche.





La façade intérieure Nord/Est du logis des seigneurs du
château, avec deux fenêtres cintrées et archères de grès
érodées par les intempéries, en partie basse








Au pied du logis des seigeurs du château, à droite le mur
d’enceinte Nord. Les traces de fortification sont encore bien
visible malgré les outrages du temps






Zoom sur la façade intérieure Nord/Est du logis des seigneurs
du château médiéval






Le flanc Sud/Est et l’entrée avant l’avant porte pour le
franchissement de la première enceinte.







Côté Nord/Est et au premier plan, la cour inférieure avec quelques
vestiges de murailles et au fond le château supérieur.
C’est la partie la plus vulnérable de cette forteresse






La face Nord très escarpée






La partie Sud du château supérieur, imprenable
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 14 Oct - 16:31






(source : www.payscathare.org)



Le château d’Usson (en occitan : Lo Castèl de So) est un château Cathare situé
Sur un promontoire rocheux au bord de l’Aude, près du hameau d’Usson-les-Bains
(commune de Rouse, département de l’Ariège) dans la région du Donezan.


Situé à la frontière de la vicomté de Sault, il est mentionné pour la première fois
au début du XIème siècle. Ce fut le château des anciens seigneurs de So et d’Alion.
(source : https://fr.wikipedia.org)





Le château d’Usson est la plus ancienne des deux forteresses de  Donezan. Sa
première mention est de 1035, mais il est probable que sa création remonte
à la fin du Xème siècle. Il a été occupé sans discontinuité jusqu’en 1794 et
il porte, encore bien visibles, toutes les traces de cette longue occupation.
(source : http://www.donezan.com/chateau_d_usson.html)






(source : https://commons.wikimedia.org)




sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Usson_(Ari%C3%A8ge)
https://commons.wikimedia.org
http://www.donezan.com/chateau_d_usson.html
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 14 Oct - 16:34

Le château d’Usson, perché sur son piton à 923 m, contrôlait autrefois l’accès en Donezan par la vallée de l’Aude. Son histoire est plus que millénaire. En 1035, il était propriété des comtes de Cerdagne mais sa construction semble antérieure à cette date.
Il appartint ensuite aux comtes de Barcelone puis au royaume d’Aragon. En 1208, Pierre II d’Aragon céda le château et les terres du Donezan au comte de Foix Raymond Roger. Dernier comte de Foix, Henri IV l’annexa au royaume de France.





(source : http://www.photosariege.com/article-le-chateau-d-usson-39564584.html)




Pendant la croisade contre les Albigeois, Bernard d’Allion, seigneur d’Usson et vassal du comte de Foix, fait allégeance au roi de France Louis VIII en 1223 et se soumet à Simon de Montfort. Mais comme nombres de seigneurs du comté, il n’en continua pas moins de protéger les cathares. Il envoya en 1243 des soldats à Montségur pour en renforcer la garnison lors du siège de la citadelle par l’armée d’Hugues des Arcis. Après la chute de Montségur, six parfaits vinrent se réfugier au château d’Usson.
Accusé d’hérésie, Bernard d’Allion fut brûlé en 1258 sur un bûcher à Perpignan.





[/URL]
(source : http://www.photosariege.com/article-le-chateau-d-usson-39564584.html)



Ne présentant plus guère d’intérêt stratégique le château d’Usson et démantelé en 1638 par Louis XIV qui le vend avec Donezan en 1711à un notable du comté de Foix, le marquis de Bonnac, seigneur de Bonrepaux. Le marquis de Bonnac fera réaménager le château par l’architecte Victor Canas. Les de Bonnac gardèrent leurs biens jusqu’à la Révolution où il fut vendu. Le château sera détruit en 1792. Durant le XIXème siècle, il servira de carrière.






(source : http://www.photosariege.com/article-le-chateau-d-usson-39564584.html)




Depuis 1990, les ruines du château d’Usson ont été consolidées, des fouilles archéologique entreprise et la maison du Patrimoine du Donezan aménagée dans les
Ecuries datant du XVIIIème siècle.
(source : www.photoariege.com)




Le bâtiment des anciennes écuries du château d'Usson qui accueillle aujourd'hui la Maison du Patrimoine
(source : http://www.donezan.com/chateau_d_usson.html)






A la maison du patrimoine attachée au château d'Usson, sur 700m², vous trouverez un habitat traditionnel de montagne reconstitué, des objets archéologique issues des fouilles du château toujours en cours nous témoignant d'une vie seigneurial du 13e au 18e Siècle ainsi que la "Dame d'Usson".
(source : http://www.ariegepyrenees.com/






Reconstitution de l'habitat traditionnel
(source : http://www.donezan.com/chateau_d_usson.html)







(source : http://www.loeil2fred.com)






(source : http://www.loeil2fred.com
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Ven 14 Oct - 16:49












Bienvenue en terre du mystère !


Dans un décor sauvage de collines rouges, de maquis aux mille parfums et de vignes,
un pittoresque village médiéval blotti autour de son imposante forteresse sauvée des ruines.



Ce village est emblématique, pourquoi ? Car son château est connu pour avoir été le
théâtre de la fin tragique et officielle du catharisme languedocien, c’est ici que
le dernier « Parfaits », Bélibaste fut brûlé en 1321.



Cette superbe forteresse se dresse au fond d’un vallon des Corbières, au bord
du ruisseau du « Lou » affluent de la rive droite de l’Orbieu, une des
principales rivières des Corbières.
Le château fait partie intégrante du village également fortifié. La première
mention du site de Villerouges date de 1107 et celle du château trois ans plus tard.












SOURCE :

http://www.belcaire-pyrenees.com/
(texte et images avec l’aimable autorisation du propriétaire
du Site)
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 18 Oct - 18:06








La silhouette de la forteresse se dessine,
au-dessus des toits du village de Villerouge




Le château fait partie intégrante du village également fortifié. La première  mention du site de Villerouge date de 1107 et celle du château trois ans plus tard.


En 1107, un an après son accession au siège primatial des « deux Narbonnaises » l’archevêque Richard est confirmé par le pape Pascal II dans la possession de Villerouges-Termenès. Depuis  1070, en effet, le château était occupé par Pierre de Peyrepertuse qui le donna en dot à sa fille au moment de son mariage avec Pierre Olivier de Termes. Ce n’est que vers 1110 qu’Olivier de Termes, fils de ce dernier, accepta de rendre le château à l’archevêque de Narbonne et de lui verser en outre 1100 sous melgoriens.





La face Sud de la forteresse



Donc, au début du XIIème siècle vers 1110 et jusqu’à la Révolution de 1789, le lieu appartient aux archevêques de Narbonne, ce qui montre que les prélats s’intégraient bien à la société féodale et que la puissance ecclésiastique s’enrichissait sur des seigneuries. Qui dit richesse, dit convoitise, et les archevêques durent défendre leurs biens contre les voisins, avant comme après la croisade des  Albigeois. La seigneurie est plusieurs fois usurpée par la Famille Termes, et plus tard, après la croisade Albigeoise, par Alain de Roucy en 1210.


Il a fallu que le pape Honorius III intervint en 1227 pour que le droit des archevêques fut rétabli.


Villerouge était au cœur d’un vaste domaine, car l’archevêque était le seigneur de nombreux villages des environs et il percevait des dîmes, des taxes ou des impôts. Pour percevoir ces revenus et gouverner ses vassaux, l’archevêque disposait d’un Bayle (ou bailly), et Villerouge était le siège d’une des onze baylies où sont entreposés les revenus, et redevance diverses. Il faut savoir que l’archevêque avait droit de haute, moyenne et basse justice sur ses terres. Les habitants au moyen-âge sont astreints à certaines corvées pour l’entretien du domaine et des fortifications du village.






La tour-donjon Sud-Est




Un document très intéressant, le « Livre Vert de l’archevêché de Narbonne » définit les corvées et redevances annuelles que les habitants devaient à leur seigneur archevêque. Et les textes énumèrent les biens et les droits que ce dernier possédait à Villerouge.


En aparté : Paul Laurent, ancien élève de l’école des Chartes et archiviste du département de l’Aude a publié un ouvrage tiré de ce « Livre Vert » rédigé en latin dans la seconde moitié du XIVème siècle par l’archevêque de Narbonne Pierre de la Jugie (1319-1376), cet ouvrage de 217 pages a été publié en 1886. Le « Livre Vert » original, est ainsi appelé à cause de sa relieure. A la lecture de ce document, on est impressionné par cet inventaire de biens que possédait l’Eglise à cette époque.


Le fait que le château soit resté la possession de l’Eglise, il est en très bon état de conservation et de l’avis de nombreux spécialistes, est un des plus beaux exemples d’architecture militaire du moyen-âge.





Les remparts du château, côté Nord




Au XIIIème siècle, le château est transformé en exploitation agricole tout en abritant le four banal (four seigneurial dont l’utilisation exigeait une redevance). Le château sera vendu à plusieurs propriétaires au moment de la Révolution.


Le château, en ruines, est classé monument historique depuis le 6 octobre 1976.


La municipalité a acquis le monument en 1994 afin d’y créer un pôle de développement culturel.







Vue aérienne du château de Villerouge-Termenès côté Sud

















Le château à la forme d’un pentagone irrégulier, dont les quatre angles sont occupés par des tours circulaires, et le cinquième angle par une poterne défendue par une bretèche.


La porte d’accès est situé au centre du front Nord, précédée d’une rampe d’accès défendue par un premier portail en arc brisé où figure le blason de l’archevêque Bernard de Farges (1311-1341). Les tours et la plupart des murailles ont toutes conservé leurs élévations d’origine. Les murs sont percés d’archères, le crénelage subsiste en partie ainsi que le chemin de ronde encore utilisable aujourd’hui. Dans l’angle Sud-Est, la grosse tour fait office de donjon et mesure 23 mètres de haut, son diamètre à la base est de 10 mètres avec une épaisseur de maçonnerie de 2,55 mètres.  Tous les étages sont desservis par un bel escalier à vis logé dans le mur. Trois corps de bâtiments, sauf au revers de la courtine Nord, sont appuyés contre la muraille. Une petite porte est percée dans le mur Sud. La Tour Sud-Ouest est de plan circulaire avec un méplat à sa jonction avec la courtine, elle mesure 7,50 mètres de diamètre extérieur et possède aussi un escalier externe.






Vous avez  franchi la poterne Sud du château :
A gauche :une vue en direction de
la cour de la forteresse et au fond la rôtisserie

A droite : par où vous êtes entré.
Les portes de part et d’autre, ouvre sur la grande salle d’apparat scindée en deux
(voir le plan)






Sur la surface méridionale, la poterne était défendue par une bretèche dont les supports sont toujours visibles.


Le crénelage de château est en partie détruit mais reste bien apparent.






A gauche : l’escalier menant au sommet de la tour Nord-Est
où vous avez une jolie vue sur le village

A droite : la partie Est du chemin de ronde est accessible
au public, vous redescendez  par la  Tour-donjon





Le corps du bâtiment Nord-Est et les demi-tours adjacantes datant probablement du XVIIème siècle abritent une exposition permanente intitulée « le monde de Guilhèm Bélibaste, dernier Parfait Cathare » avec une illustration du Catharisme, de l’archevêché de Narbonne et de la vie quotidienne à Villerouge-Termenès au XIVème siècle. Le tout parfaitement bien expliqué avec une très belle scénographie audiovisiuelle.







L’étroite porte d’entrée principale du château aménagée au milieu
de la courtine Nord, défendue par une bretèche, construction en
saillie au sommet permettant le jet vertical de projectiles
pour défendre la porte.






Dans une aile Ouest du château, installé dans les anciennes écuries, il y a une rôtisserie médiévale unique en Europe, où sont servis des plats à partir de recette du XIVème siècle au temps de Bélibaste. On peut y déguster les mets du XIII et XIIVème siècle dans un décorum d’époque et proposés dans une vaisselle reconstituée d’après les recherches des archéologues et des historiens. Divers menus sont proposés, le repas débute par un apéritif, une entrée et une viande rôtie servie avec une demi-galette de pain que l’on mange avec les doigts.  Le dessert est accompagné d’un verre d’hypocras. Le service est assuré en costume du Moyen-Âge. Ouvert toute l’année, ce lieu unique en son genre, vous transporte au XIVème siècle au  moyen de recettes du moyen-âge traduites et restituées. Des banquets médiévaux animés sont organisés sur demande dans la salle d’apparat du château.






L’entrée de la rôtisserie médiévale




Il faut préciser, qu’avant l’édification du château actuel, il y avait un autre château, plus modeste, qui a été révélé lors d’une campagne de sondage archéologique.


Du chemin de ronde, vous avez une belle vue sur le village et les alentours…





A gauche : porte principale
A droite : la rampe d’accès menant à la porte
principale du château défendue par un premier portail.








A gauche : le portail en arc brisé où figure le blason de
l’archevêque Bernard de Farges

A droite : volet de la maison Azalbert qui possède en fronton,
une pierre scuptée du XVIIIème siècle incrustée dans la façade.
On y aperçoit le blason du général Dagoberts de Fontanilles (1736-1794)


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mar 18 Oct - 18:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GEOGRAPHIE DU CATHARISME   Mar 18 Oct - 18:13













Le village s’est constitué autour du château au XIIème siècle. Il y a actuellement 158 habitants à Villerouge.


On présume que la localité a connu deux enceintes successives. La seconde, dont certaines parties sont encore visibles, pourrait remonter à la Guerre de Cent Ans (1337 à 1453).


Elle était desservie par deux ou trois portes et par un pont qui traverse encore le ruisseau du « Lou » au Sud du château.






Vue de l’église Saint Etienne



Dans sa partie Nord-Est, le village fortifié a conservé une tour-porte du XIVème siècle, la bien-nommée « porte Saint-Jean ». Elle comporte encore un assommoir, l’emplacement d’une herse et elle est décorée des armes de Pierres de la Jugie, archevêque de Narbonne au début du XIVème siècle. La porte Saint-Etienne, située approximativement près du Pont-Vieux qui permettait d’accéder à l’église, n’existe plus.


Dans le village, à la maison Azalbert possède une pierre sculptée du XVIIIème siècle incrustée dans la façade. On y aperçoit le blason du général Dagobert de Fontanilles (1736-1794), propriétaire d’un district minier dont Villerouge fut le centre.


La maison Genty-Jordy possède certains élément (porte, fenêtres) du XVIème et XVIIème siècle.


A proximité du village, au Nord sont à signaler les ruines de deux moulins à vent du XIXème siècle. Un moulin à eau d’origine médiéval existait aussi le long du « Lou ».


L’église Saint-Etienne dont la construction remonte au XIIIème siècle, renferme un remarquable retable du maître-autel du XVIème siècle agrémenté de huit panneaux peints et bois sculptés représentant des scènes de la vie de Saint-Etienne, une cuve baptismale du XIIème siècle, une statue de Saint-Etienne du XVème siècle, une croix de chemin de pierre du XVIème siècle et la cloche en bronze qui date du XVIème siècle.


Pour visiter l’église se renseigner au château.





Les abords de l’église Saint-Etienne





On est au pied de l’église Saint-Etienne dont la porte d’entrée
se trouve sur le côté latéral Sud.






A proximité de l’église, on peut voir aussi un socle de croix aux armes de Pierre de la Jugie.






Proche de l’église une croix de fer, dont le socle en pierre est
Orné aux armes de Pierre de la Jugie, archevêque de
Narbonne








Secteur Nord du village, sur les collines en face, il y a
encore les vestiges d’un moulin à vent.





Au château de Villerouge-Termenès, le parcours est guidé sur trois niveaux, avec des diaporamas défilant, maquette, fresques et mannequins vous êtes plongé dans un monde vieux de sept cent ans. Grâce aux écouteurs dont vous serez munis vous pourrez suivre les commantaires audio et vidéo, qui vous permettront de vous immerger complètement dans le monde de Guilhèm Belibaste et des derniers cathares.


Le château dispose aussi d’une boutique où on trouvera de la vaisselle médiévale et objets décoratifs de fabrication artisanale.







Le hall d’accueil du château, vous serez impressionné par
Cette magnifique restauration en bois massif








Remarquez aussi le personnage qui est accoudé à la balustrade,
et qui vous observe. C’est le seigneur du château qui vous
souhaitera la bienvenue






Surprenant de vérité ce mannequin en costume du moyen-âge, tout
au long de votre visite.
Vous en verrez d’autres, car l’exposition audiovisuelle est permanente.








Très belle ossature en bois qui vous mènera dans les différentes
salles, au sommet de la tour et du chemin de ronde.
Cette charpente est magnifique.







Les maitres charpentiers ont bien œuvré,
A droite : un des salles à manger du château, des fresques au
mur ont été dévoilées lors de la restauration.







Chaque salle vous contera une histoire.
Ici une carte murale a été reproduite, c’est une reproduction fidèle.







Les frontières du Languedoc Roussillon à l’époque du Moyen-Âge
et des royaumes de Majorques et d’Aragon.











Une maquette du château et du village qui l’entoure est
exposée dans une des salles







Fenêtres du château, dans l’épaisseur des murs était aménagé des
banquettes latérales, très beau détail de l’art architectural du Moyen-Âge.







Une salle équipée d’une monumentale cheminée d’époque, vous
remarquerez à gauche, un écran accroché au mur, des diaporamas
avec des commantaires audios sont diffusés.






Dans cette pièce, vous aurez tous les renseignements techniques sur la
façon pour décorer les salles du château, les pigments utilisés, etc…
L’artiste au travail, a laissé le tracé de ses esquises dans la partie
claire au centre, afin que vous compreniez la méthode utilisée.
















Plaque d’entrée du château, commémorant Bélibaste et son
Compagnon cathare Philippe d’Alairac




La cour du château est devenue le témoin des ultimes instants du dernier Parfait cathare connu, Guilhèm Bélibaste, mort brûlé en cette d’Eglise en 1321.


Guilhèm (en français Guillaume) Bélibaste, né vers 1280 à Cubières-sur-Cinoble (Aude), est le dernier « bonhomme » ou « parfait » cathare connu. Il fut brûlé en 1321 à Villerouge-Termenès.



Il est issu d’une famille de paysans aisés acquise à la cause cathare.


Nous connaissons ce personnage grâce aux témoignages recueillis à son propos devant l’inquisiteur Jacques Fournier au début du XIVème siècle, notamment de celui qui l’a trahi, Arnaud Sicre d’Ax-les-Thermes, et de celui de son ami le berger Pierre Maury.


Le destin de Bélibaste croise celui du catharisme un peu par hasard. Rien ne le prédestinait à assumer cette renommée post-mortem d’être le dernier Parfait cathare connu.


Vers 1305, dans une bagarre, il assassine Barthélémy Garnier, un berger de Villerouge-Termenès car celui-ci le menace de le dénoncer à l’inquisition avec le reste de sa famille. Reconnu coupable, il fuit en abandonnant femme, enfant et ses biens.


Pour se racheter, il se rend auprès de la communauté cathare qui s’est formée autour de la prédiction des frères Authié. Il est initié et bientôt ordonné «Parfaits » à Rabastens chez Philippe d’Alayrac, où il fait la connaissance de Raymond de Castelnau, l’un des plus emblématiques des derniers parfaits de l’époque. Capturé avec ses compagnons et enfermé au « mur », la prison de Carcassonne, en 1309, il parvient à s’enfuir en Catalogne, où, après avoir passé quelques temps en Empurdan et Lérida où il gagne sa vie en fabriquant des peignes de tisserand. Puis on trouve Bélibaste à Berga où le rejoint Pierre Maury, de là, il repart pour se fixer bientôt près de Valence, dans la magnifique cité médiévale de Morella avec une petite communauté de Cathares originaires du Pays d’Alion. En 1317, il exerce sa fonction de prédicateur auprès d’une petite communauté cathare, constituée notamment d’exilés occitans, dont la plupart établis à San Matéo sont des réfugiés originaires du village de Montaillou en haute Ariège près de Belcaire capitale du pays de Sault. Il fait quelques entorses à la règle, en ayant notamment un enfant avec sa concubine, Raymonde Marty natif de Junac en Sabarthès. En 1319, début de grossesse craignant de voir son autorité spirituelle s’effondrer, il fait endosser la paternité de l’enfant à Pierre Maury, berger de Montaillou et son ami d’enfance, en organisant leur mariage précipité, qu’il casse rapidement par jalousie tout en faisant croire que l’enfant est le fruit des joies de la nuit de noce. Ces faits invalidant son ordination.


Un jour à San Matéo près de Morella, arrive un jeune réfugié d’Ax-les-Thermes, Arnaud Sicre, dont la mère Sibile Bayle, hérétique notoire, est morte sur le bûcher. Agent double, motivé à la fois par le désir de venger la mort de sa mère, mais également par cupidité et par intérêt, au service de l’Inquisition, Sicre se lie d’amitié avec Bélibaste qui tente de le convertir. Bélibaste est trahi par Arnaud Sicre, qui parvient à l’attirer loin de Morella en 1321 à l’époque du Carême et se fait arrêter avec lui dans le diocèse d’Urgell, à Trivia, une possession du comte de Foix. Il est incarcéré au château de Castelbòn dans un premier temps.


Puis fin août 1321 Bélibaste est conduit au « Mur », la prison de Carcassonne.


Il sera jugé à Carcassonne, et sur l’ordre de l’archevêque Bernard de Farges, neveu du pape Clément V, il fut brûlé vif sans abjurer le 24 août 1321, dans la cour du château de Villerouge-Termenès qui appartenait à l’archevêque de Narbonne. Le choix de Villerouge semble dicté par la volonté de montrer la puissance de la justice qui avait condamné par contumace Guilhèm Bélibaste pour le meurtre d’un berger originaire précisément de Villerouge.






La cour du Château où fut brûlé sur le bûcher
Guillaume Bélibaste en 1321.




Le dernier Parfait disparu, il n’y a plus de « consolament » possible et donc plus d’espoir pour les rares croyants qui restent. Mais l’inquisition continue son action malgré tout. Et comme il n’y a plus d’hérétique, les inquisiteurs vont mener leurs exactions à l’extrême (ce sont des faits que l’on connait peu) en effet, ils vont s’employer à exhumer les cadavres et les brûler. Le pape Jean XXII, qui veux éviter des débordements macabres, met en place des « consultations inquisitoriales » préalables à toute condamnation à titre posthume. Malgré cela, de 1325 à 1330, des procès posthumes eurent lieu. Jean XXII déclare les dossiers irrecevables. Et pourtant, l’Inquisition, infernale machine, aurait, si elle avait pu, deterré et brûlé les morts de tout un peuple qui, plus d’un siècle durant, avait déjà enduré le martyre.
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GEOGRAPHIE DU CATHARISME
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