Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

forum privé
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Sam 22 Oct - 22:10






• Les sorcières de North Berwick
• Les sorcières de Pendle
• Les sorcières de Samlesbury
• Procès des sorcières de Bury St Edmunds
• Possessions d’Aix-en-Provence
• Affaire des démons de Loudun
• Procès des sorcières de Wurtzbourg
• Procès des sorcières de Finspång
• Procès des sorcières de Mora
• Procès des sorcières féeriques de Sicile
• Procès de sorcellerie au Ban de la Roche
• Procès de sorcellerie à Molsheim
• Histoire du cheval gris du Comte de Veldenz
• Sorcières de Triora
• Anna Göldin













SOURCES :

Textes :
Wikipedia


Images :
Le manoir des secrets - Centerblog
http://labelledelamitie.skyrock.com/
de.forwallpaper.com
http://forum.jar-magic.ru/
labelledelamitie - Skyrock.com
https://images-josette.blogspot.be


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mar 25 Oct - 11:19, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Sam 22 Oct - 22:23







Les procès des sorcières de North Berwick en 1590 jugèrent un certain nombre d'habitants de la région de l'East Lothian (secteur) en Écosse, accusés de sorcellerie à la St Andrew's Auld Kirk, une église de North Berwick. Les procès se déroulèrent sur deux ans et concernèrent 70 personnes. Parmi les accusés figurait Francis Stewart, comte de Boswell, conseiller privé (1), pour une accusation de haute trahison. Les « sorcières » tenaient leur covens au Auld Kirk Green, dans l'actuel port de North Berwick. Les aveux furent obtenus par torture.











SOURCE :
wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Sam 22 Oct - 22:30






Ce fut la première chasse aux sorcières en Écosse, qui débuta par une affaire sensationnelle impliquant les maisons royales du Danemark et de l'Écosse. Le roi Jacques Ier d'Angleterre (2) prit le bateau pour Copenhague afin d'épouser la princesse Anne (3), sœur de Christian IV , roi du Danemark. Leur retour fut interrompu par de terribles tempêtes, et ils durent s'abriter en Norvège pendant plusieurs semaines. L'amiral de la flotte d'escorte danoise accusa la femme d'un officiel de Copenhague, qu'il avait insultée, d'avoir provoqué la tempête. Plusieurs nobles écossais furent impliqués, et des procès de sorcellerie se tinrent dans les deux pays.





Les sorcières de North Berwick rencontrent le diable dans un Kirkyard
local, illustration tirée d’un pamphlet contemporain, Newes from Scotland.



Rapidement, plus d'une centaine de supposées sorcières furent arrêtées dans North Berwick, dont beaucoup avouèrent sous la torture avoir rencontré le Diable dans l'église la nuit, et s'être consacrées à faire le mal, comme empoisonner le roi et les autres membres de sa maison, ou tenter de faire sombrer le navire du roi1. Une des accusés, Agnes Sampson (4), fut examinée directement par le roi Jacques, dans son palais de Holyrood (5). Elle fut attachée au mur de sa cellule avec la « bride des sorcières », un instrument en fer avec quatre dents acérées placées dans la bouche, dont deux pressaient contre les joues et deux contre la langue, empêchant tout mouvement de la bouche et toute parole. Après avoir été gardée éveillée et jetée avec une corde autour du cou, elle finit par avouer les 53 chefs d'accusation retenus contre elle. Elle fut finalement étranglée et brûlée.

Près de 2 000 procès de sorcières furent consignés dans les archives écossaises, la plupart entre 1620 et 1680. Selon l'historien Christopher Smout, entre 3 000 et 4 000 sorcières ont été tuées en Écosse entre 1560 et 1707.






(1) Conseil Privé (Royaume-Uni) : Le très honorable Conseil privé de Sa Majesté ou, plus généralement, le Conseil privé (anglais : Her Majesty's Most Honourable Privy Council) est l'organe légalement chargé de conseiller le monarque du Royaume-Uni.






(2) Jacques Ier d'Angleterre :




Jacques VI et Ier par John de Critz, 1604




TITRE :

Roi des écossais : 24 juillet 1567 – 27 mars 1625
Couronnement 29 juillet 1567 en l’Eglise de la Sainte Croix de
Stirling
Roi d’Angleterre et d’Irlande : 24 mars 1603 – 27 mars 1625
Couronnement 29 juillet 1603 en l’Abbaye de Westminster

BIOGRAPHIE
Dynastie : Maison Stuart
Date et lieu de naissance : 19 juin 1566, Château d’Edimbourg (Ecosse)
Date et lieu de décès : 27 mars 1625 à Theobalds House (Angleterre)
Sépulture : Abbaye de Westminster
Père : Henry Stuart, Duc d’Albany
Mère : Marie Ier d’Ecosse
Conjoint : Anne de Danemark
Enfants :
Henri, prince de Galles
Elisabeth, princesse royale
Charles Ier, futur roi
Religion : Presbytérianisme puis anglicanisme





(3)  Anne de Danemark






La reine Anne par Marcus Gheeraerts le Jeune



TITRES :
Reine consort d’Ecosse :
20 août 1589 – 2 mars 1619
Reine consort d’Angleterre et d’Irlande : 25 juillet 1603 – 2 mars 1619

BIOGRAPHIE
Titulature : princesse de Danemark et de Norvège
Dynastie : Maison d’Oldenbourg
Nom de naissance : Anna af Danmark, 2ème fille du roi du Danemark
Naissance : 12 décembre 1574 à Skanderborg (Danemark-Norvège)
Décès : 2 mars 1619, château de Hampton Court (Angleterre)
Sépulture : Abbaye de Westminster
Père : Frédéric II de Danemark
Mère : Sophie de Mecklembourg-Güstrow
Conjoint : Jacques VI d’Ecosse et Ier d’Angleterre
Enfants :
Henri, prince de Galles
Elisabeth : princesse royale
Charles Ier, futur roi
Religion : Luthéranisme danois






(4) Agnes Sampson (décès le 28 janvier 1591) était une guérisseuse écossaise, accusée de sorcellerie dans le cadre du procès des sorcières de North Berwick vers la fin du XVIème siècle.

La légende veut que le fantôme d’Agnes la Chauve, dénudé et torturé, hante le palais de Holyrood.







(5) le palais de Holyrood (Holyrood Palace est le nom anglais. En scots Haly ruid signifie « Sainte Croix ») se situe à Edimbourg en Ecosse, dans le bas du Royal Mile, l’artère principale qui relie le palais de Holyrood au château d’Edimbourg.

C’est à l’origine un monastère fondé par le roi d’Ecosse, David Ier en 1128. Il a servi comme résidence principale des rois et reines d’Ecosse depuis le XVème siècle ainsi qu’à la reine Elisabeth II lors de ses séjours en Ecosse.





Vue du palais de Holyrood
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Sam 22 Oct - 23:22







Dans l’est du Lancashire, en Angleterre, se trouve une colline isolée qui a donné son nom à une région, la colline de Pendle. Célèbre pour ses sorcières, la colline de Pendle serait toujours hantée par leurs esprits et parfois, à la nuit tombée, leurs doigts glacés se glisseraient autour du cou des voyageurs, les serrant jusqu’à ce qu’ils en étouffent.


L’histoire des sorcières de Pendle est particulièrement bien documentée et elle est parvenue jusqu’à nous grâce à Thomas Pott, greffier de la cour, qui en 1613 réunit tous les faits en sa possession dans un livre, Discovery of Witches, A la Découverte des Sorcières. (source : http://www.mindshadow.fr)



Les procès des sorcières de Pendle en 1612 font partie des procès de sorcières les plus célèbres de l’histoire anglaise, et sont parmi les mieux documentées du XVIIème siècle.
Les douze accusées vivaient dans la région de Pendle Hill, dans le comté du Lancashire, et furent accusées du meurtre de dix personnes par acte de sorcellerie.


Toutes, sauf deux, ont été jugées aux assizes de Lancaster les 18 et 19 août 1612, en même temps que les sorcières de Samlesbury et d’autres, lors d’une série de procès qui devient célèbre sous le nom de « Procès des sorcières du Lancastre ». l’une d’entre elles fut jugée aux assises de York le 27 juillet 1612, et la dernière mourut en prison.
Des onze personnes envoyées en justice – neuf femmes et deux hommes -, dix furent jugées coupables et exécutées par pendaison. Seule une personne fut considérée non coupable.


Ces procès étaient inhabituels pour l’Angleterre de l’époque par deux aspects : la publication officielle des procédures du greffier, Thomas Potts, dans son livre The Wonderfull Discoverie of Witches in the Countie of Lancaster, et le nombre de sorcières pendues en même temps (dix à Lancaster et une à York). Il a été estimé que durant tous les procès envers les sorcières en Angleterre entre le début du XVème siècle et le début du XVIIIème siècle, moins de 500 sorcières furent exécutées : les procès des sorcières de Pendle comptent donc pour 2% du total.


Quatre des sorcières de Pendle venaient d’une même famille : Elizabeth Southern (« Demdike), sa fille Elizabeth Device et ses petits-enfants James et Alizon Device. Deux autres faisaient partie d’une deuxième famille : Anne Whittle (Chattox) et sa fille Anne Redferme. Les autres accusés étaient Jane Bulcock et son fils John Bulcock, ainsi qu’Alice Nutter, Katherine Hewitt, Alice Gray et Jennet Preston. La pratique exacerbée de la sorcellerie à Pendle et aux environs montre une tendance qu’avaient les gens à pouvoir gagner leur vie en se faisant passer pour des sorciers. La plupart des accusations étaient faites d’une famille envers l’autre, probablement parce qu’elles étaient rivales, chacune essayant de vivre de la guérison, de la mendicité et de l’escroquerie. (source : Wikipédia)












SOURCE :
Wikipédia
http://www.mindshadow.fr/sorcieres-pendle-hill/
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 13:27

Pendle Hill vue depuis le nord-ouest. Sur la droite, la partie est du
Sommet Longridge, séparé de Pendle Hill par la vallée Ribble









Les sorcières vivaient dans la région de Pendle Hill dans le Lancashire, un comté
Considéré par les autorités à la fin du XVIème siècle comme une zone sauvage et
Sans loi, une région « renommée pour ses vols, sa violence et sa sexualité laxiste, où l’église était honorée  sans que le peuple ne comprenne quoi que ce soit de ses doctrines ».  L’abbaye cistercienne voisine de Whalley avait été dissoute par Henri VIII en  1537. Les habitants s’étaient farouchement opposés à cette action, l’abbaye ayant exercé une influence puissante sur leurs vies.


Malgré la fermeture, l’exécution de l’abbé et la conversion forcée au protestantisme, les habitants de Pendle gardèrent leurs croyances catholiques romaines jusqu’à  l’accession au trône de Marie Ire (1) en 1553, date à laquelle ils se reconvertirent ouvertement au catholicisme. A l’arrivée au pouvoir d’Elisabeth Ire (2), les prêtres catholiques durent à nouveau se cacher, sauf dans les régions reculées comme celle de Pendle où ils continuèrent à célébrer la messe en secret.


A la mort d’Elisabeth en 1603, Jacques Ier prit sa place. Fortement influencé par la séparation écossaise de l’église catholique pendant la Réforme, il s’intéressait beaucoup  la théologie protestante, en particulier la question de la sorcellerie. Au début des années 1590, il était convaincu que les sorcières écossaises complotaient contre lui.  Après une visite au Danemark, il assista en 1590 au procès des sorcières de North Berwick, accusées d’avoir utilisé la sorcellerie pour envoyer une tempête sur le navire ramenant Jacques et sa femme Anne en Ecosse. En 1597, il écrivit Daemonologie (3), incitant ses partisans à dénoncer et poursuivre les adeptes et les pratiquants de la sorcellerie. Jacques accéda au trône d’Angleterre en 1603, et, un an plus tard, une loi fut adoptée qui condamnait  à mort toute personne ayant fait subir un préjudice au moyen de magie, ou qui exhumait un corps pour des raisons liées à la magie. Jacques était cependant sceptique concernant les preuves apportées lors des procès de sorcières, allant jusqu’à annoncer personnellement son désaccord avec les témoignages de certaines accusations.


Début 1612, l’année des procès, il fut ordonné à chaque juge de paix du Lancashire de dresser la liste des récusants (4) habitant dans leur juridiction, ceux qui refusaient l’Eglise d’Angleterre et la communion, un crime à l’époque.

Le juge de Pendle, Roger Nowell, était opposé à ce principe de chasser les contestataires religieux. En mars 1612, Nowell enquêta sur une plainte déposée par la famille de John Law, un colporteur qui assurait avoir été blessé par la sorcellerie. La plupart des personnes impliquées dans l’enquête se considéraient elles-mêmes comme des sorciers, dans le sens où ils soignaient les habitants par la magie, probablement contre rémunération ; une pratique répandue dans l’Angleterre rurale du XVIème siècle et faisant partie de la vie du village.


Il fut peut-être difficile pour les juges chargés des auditions pour ces affaires – Sir James Altham et Sir Edward Bromley – de comprendre l’attitude du roi Jacques face à la sorcellerie. Ce dernier était à la tête du pouvoir judiciaire, et Bromley espérait être promu à une instance plus proche de Londres. Altham approchait de la retraite, mais avait été accusé peu avant d’incompétence en justice aux assizes (5) de York, où il avait condamné à la pendaison une femme pour sorcellerie. Les juges étaient indécis quant au meilleur moyen de gagner les faveurs du roi : encourager le dépôt des charges ou « mettre à l’essai les témoins avec scepticisme ».







Demdike, une accusée, était considérée depuis une cinquantaine d’années comme  une sorcière dans la région, et quelques-uns des meurtres dont elle était accusée avaient eu lieur plusieurs années avant que Nowell ne s’intéresse à  l’affaire en 1612. L’élément déclencheur de l’enquête, menant aux procès, se produisit le 21 mars 1612.


Sur la route vers la forêt de Trawden, Alizon Device rencontra John Law, un colporteur d’Halifax, et lui demanda quelques aiguilles. Elle prétendit avoir voulu les lui payer, et que Law refusa de déballer ses affaires pour une si petite transaction ; Abraham, le fils de Law, prétendit, lui, qu’elle n’avait pas d’argent et qu’elle mendiait. Le fait est que quelques minutes plus tard, Law eut une attaque, et tint Alizon pour responsable de son état. Elle semblait convaincue de ses propres pouvoirs ; quand Abraham Law l’emmena rendre visite à son père quelques jours après l’incident, elle se serait confessée et aurait demandé son pardon.


Alizon Device, sa mère Elizabeth, et son frère James furent appelés à la barre par Nowell le 30 mars 1612. Alizon confessa avoir vendu son âme au Diable, et lui avoir demandé d’attaquer John Law qui l’aurait traitée de voleuse. Son frère, James, déclara que sa sœur lui avait avoué avoir ensorcelé un enfant des environs. Elizabeth était plus réticente, et admit seulement que sa mère, Demdike, avait un marque sur le corps, ce que beaucoup, dont Nowell, avaient considéré comme une marque du Diable laissée après qu’il lui eut sucé le sang. Quand on lui parla d’Anne Whittle (Chattox), la matriarche de l’autre famille impliquée dans la sorcellerie autour de Pendle, Alizon vit une opportunité de vengeance. Il y avait probablement de l’inimitié entre les deux familles, depuis 1601, quand un membre de la famille de Chattox s’était introduit dans la Tour Malkin, la demeure des Device, et avait volé des biens d’une valeur de 1£, l’équivalent de 100 £ en 2010. Alizon accusa les Chattox d’avoir tué quatre hommes par la sorcellerie, ainsi que le son père, John Device, décédé en 1601. Elle déclara que celui-ci avait été si effrayé par la « vieille Chattox » qu’il avait accepté de lui donenr 3,6 kg d’avoine chaque année en échange de sa promesse de ne pas attaquer sa famille. L’avoine fut donner chaque année jusqu’à l’année précédant la mort de John : sur son lit de mort, John affirma que sa maladie était causée par Chattox parce qu’il n’avait pas payé pour sa protection.






Le 2 avril 1612, Demdike, Chattox et la fille de Chattox, Anne Redferme, furent appelées à  comparaitre. Les deux octogénaires étaient aveuges et firent toutes les deux des déclarations défavorables. Demdike déclara avoir vendu son âme au Diable 20 ans auparavant ; Chattox avait vendu la sienne « à une chose semblable à un homme chrétien », en échange de la promesse qu’ « elle ne manquerait jamais de rien et qu’elle pourrait se venger de qui elle voulait ». bien qu’Anne Redferme ne fit aucune déclaration, Demdike dit qu’elle l’avait vue façonner des figurines en argile. Margaret Crooke, un autre témoin entendu par Nowell  ce jour-là, affirma que son frère avait eu un différend avec Redferme. Il tomba malade peu après, et accusa Redferme plusieurs fois avant de mourir. Sur la base des preuves et des aveux obtenus, Nowell condamna Demdike, Chattox, Anne Deferme et Alizon Device à être emprisonnées à la geôle de Lancaster, en attendant un procès pour maleficium (6) – agression par sorcellerie – aux prochaines assises.








L’emprisonnement et le procès des quatre femmes  auraient pu signer la fin de l’affaire, si Elizabeth Device n’avait pas organisé une réunion à la Tour Malkin, la résidence des Demdike, le 6 avril 1612, un vendredi saint. Afin de nourrir les convives, James Device vola un mouton à des voisins. Les amis de la famille étaient présents, et quand Roger Nowell eut vent de cette réunon, il décida d’investiguer. Le 27 avril 1612, une enquête fut menée par Nowell et un autre magistrat, Nicholas Bannister, pour déterminer le but de la réunion à la Tour Malkin, qui y avait participé, et ce qui s’y était produit. En conséquence de quoi, huit personnes supplémentaires furent accusées de sorcellerie et emprisonnées pour le procès : Elizabeth Device, James Device, Alice Nutter, Katherine Hewitt, John Bulcock, Jane Bulcock, Alice Gray et Jennet Preston. Preston habitait de l’autre côté de la frontière avec le Yorkshire, et fut donc envoyée à un procès aux assizes de York ; les autres furent envoyées à la geôle de Lancaster, rejoindre les quatre déjà enfermées. La Tour Malin aurait été située près du village de Newchurch In Pendle, et aurait été démolie peu après les procès.








Les sorcières de Pendle furent jugées parmi un groupe qui incluait aussi les sorcières de Samlesbry accusées d’infanticide et de cannibalisme, ainsi que Margaret Pearson, surnommée la sorcière de Padiham dont c’était le troisième procès pour sorcellerie, cette fois-ci pour avoir tué un cheval et Isoble Robey du Merseyside, accusée d’avoir utilisé la sorcellerie   pour causer la maladie.





Deux des sorcières accusées Anne Whittle
(Chattox) et sa fille Anne Redferme. Illustration
Venant du roman The Lancashire Witches, de
William Harrison Ainsworth paru en 1849





Quelques-uns des accusés de Pendle, comme Alizon Device, étaient persuadés de leur culpabilité. Les autres clamèrent leur innocence jusqu’au bout. Jennet Preston fut la première à être jugée, aux assizes de York le 27 juillet 1612, et fut déclarée coupable et pendue dans la foulée. Neuf autres (Alizon Device, Elizabeth Device, James Device, Anne Whitlle, Anne Deferme, Alice Nutter, Katherine Hewitt, John Bulcock et Jane Bulcock) furent jugés coupables et pendus à Gallows Hill, à Lancaster le 20 août 1612. Elizabeth Southerns mourut pendant l’attente de son procès. Une seule des accusées, Alice Grey, fut innocentée.







Jennet Preston vivait à Gisburn, dans le Yorkshire, et fut donc envoyée aux assizes de York. Ses juges étaient Sir James Altham et Sir Edward Bromley. Preston était accusée d’avoir assassiné Thomas Lister par la sorcellerie, ce dont elle se déclara non coupable. Elle avait déjà été entendue par Bromley l’année précédente pour infanticide par sorcellerie, mais avait été innocentée. La preuve la plus accablante était que quand elle avait été emmenée voir le corps de Lister, le cadavre «  se mit à saigner du sang frais, à la vue de tous ceux présents » après qu’elle l’eut touché. D’après une déclaration de James Device faite à Nowell le 27 avril, Jennet avait participé à la réunion de la Tour Malkin pour requérir de l’aide concernant le meurtre de Lister. Elle fut déclarée coupable et pendue.









Lancaster Castle, lieu des assizes de Lancaster



Tous les autres accusés furent aussi jugés par Altham et Bromley. Le procureur était le magistrat local Roger Nowell, qui était responsable de la collecte des diverses déclarations et aveux des accusés. Jennet Device, âgée de neuf ans, était un témoin clé pour le procureur, ce qui était interdit dans la plupart des procès du XVIIème siècle. Cependant, le roi Jacques avait écrit dans Daemonologie que les procès pour sorcellerie faisaient exception. En plus d’identifier les personnes présentes à la réunion de la Tour Malkin, Jennet fit une déposition contre sa mère, son frère et sa sœur.


18 AOÛT

Anne Whittle (Chattox) fut accusée du meurtre de Robert Nutter. Elle plaida non coupable, mais les aveux qu’elle avait fait à Roger Nowell furent lus à la cour, et James Robinson, qui avait vécu avec la famille Chattox 20 ans plus tôt, témoigna contre elle. Il déclara se rappeler que Nutter avait accusé Chattox d’avoir rendu la bière aigre, et qu’elle était généralement considérée comme une sorcière. Chattox craqua et avoua sa culpabilité, implorant le pardon de Dieu et la pitié des juges pour sa fille, Anne Deferme.

Elizabteh Device fut accusée des meurtres de James Robinson, John Robinson et, avec la complicité d’Alice Nutter et de Demdike, du meurtre d’Henry Mitton. Potts nota que « cette odieuse sorcière » souffrait d’une déformation du visage du fait  son œil gauche plus bas que le droit. Le témoin à charge principale était sa fille, Jennet. Quand on lui demanda de se lever et de détailler les accusations contre sa mère, Elizabeth commença à crier et à maudire sa fille, obligeant les juges à la faire sortir de la salle d’audience avant que l’audition  soit terminée. Jennet monta sur une table et déclara qu’elle pensait que sa mère était une sorcière depuis trois ou quatre ans. Elle dit aussi que sa mère avait un familier (7) nommé Ball, qui apparaissait sous la forme d’un chien marron. Jennet déclara avoir assisté à des conversations entre Ball et sa mère, dans laquelle elle demandait à Ball de l’aider pour divers meurtres. James Device témoigna aussi contre sa mère, déclarant qu’il l’avait vu sculpter une figurine en argile représentant une des victimes, John Robinson. Elizabethh Device fut déclarée coupable.


James Device plaida non coupable  des meurtres d’Anne Towley et John Duckworth. Mais comme Chattox, il avait fait des aveux à Nowell. De plus, Jennet témoigna contre lui en disant qu’elle l’avait vue demander à un chien noir qu’il avait invoqué de l’aider à tuer Townley, ce qui fut suffisant pour convaincre le jury de sa culpabilité.



19 AOÛT



Le procès des trois sorcières de Samlesbury fut entendu avant qu’Anne Redferme ne comparaisse, tard dans l’après-midi, pour le meurtre de Robert Nutter. Les preuves contre elle furent considérées insuffisantes, et elle fut acquittée.


Anne Deferme ne fut pas aussi chanceuse le lendemain, quand elle fut entendue lors de son second procès, pour le meurtre du père de Robert Nutter, Christopher. La déclaration de Demdike à Nowell, qui accusait Anne d’avoir modelé des figurines en argile de la famille Nutter, fut lue à la cour. Les témoins appelés à la barre affirmèrent qu’Anne était une sorcière « plus dangereuse que sa mère ». Cependant, elle refusa d’admettre sa culpabilité, et ne fit aucune déclaration contre les autres accusés. Anne Deferme fut déclarée coupable.


Jane Bulcock et son fils John Bulcock, tous les deux de Newchurch in Pendle, furent accusés et reconnus coupables du meurtre par sorcellerei de Jennet Deane. Tous deux nièrent avoir participé à la réunion à la Tour Malkin, mais Jennet Device déclara que Jane y était, et que John était celui qui faisait tourner la broche pour cuire le moutan volé.


Alice Nutter, la veuve d’un yeoman (08), semblait différente des autres accusés par son apparente richesse. Elle ne fit aucune déclaration ni avant, ni pendant le procès, sauf pour soutenir son innocence dans l’affaire du meurtre de Henry Mitton. Le procureur pensait qu’elle avait causé, avec Demdike et Elizabeth Device, la mort de Mitton après que ce dernier eut refusé de donner un penny à Demdike qui mendiait. Les seuls faits contre elle étaient que James Device avait rapporté que Demdike lui avait parlé du meurtre, et que Jennet Device reconnut qu’elle avait  participé à la réunion de la Tour Malkin. Alice était peut-être passée à la réunion en allant à une messe catholique secrète (et illégale) pour le Vendredi Saint : elle refusa de parler de peur de dénoncer les catholiques. Plusieurs Nutter étaient catholiques, et deux avaient été exécutés en tant que prêtres jésuites, l’un en 1584 et l’autre en 1600. Alice Nutter fut déclarée coupable.


Katherine Hewitt (« Mould-Heeles ») fut déclarée coupable du meurtre d’Anne Foulds. Elle était la femme d’un tisserand de Colne, et était présente à la réunion à la Tour Malkin avec Alice Grey. D’après la déclaration de James Device, Hewitt et Grey avaient dit à la réunion qu’elles avaient tué un enfant de Colne, Anne Foulds. Jennet Device l’identifia aussi comme faisant partie des invités. Alice Grey fut innocentée. Potts, le greffier, ne laissa pas d’information sur son procès ; il l’inscrivit seulement dans la liste des sorcières de Samlesbury, dont elle ne faisait pas partie, ainsi que dans la liste des innoncentés.


Alizon Device, dont la rencontre avec John Law avait déclenché les évènements menant aux procès, fut inculpée de blessure par sorcellerie. Elle fut la seule parmi les accusés à être confrontée à sa victime supposée, John Law. Elle sembla sincèrement croire à sa culpabilité : quand Law entra dans la cour, elle tomba à genoux en pleurs et reconnut les faits. Elle fut déclarée coupable.









Page titre de l’édition originale publiée en 1613




La plupart des informations à propos de ces procès viennent d’un rapport des procédures écrit par Thomas Potts, le greffier aux assizes. Potts écrivit son rapport avec les juges, puis compléta son travail le 16 novembre 1612, quand il le soumit à révision. Bromley relut le manuscrit et le corrigea avant sa publication en 1613, affirmant qu’il « rapportait la vérité » et « était conforme et valable pour publication ».


Malgré l’apparente reproduction des discussions, The Wonderfull Discoverie n’est pas un rapport de ce qui s’est réellement dit au tribunal, mais plutôt de ce qui s’y est passé. Néanmoins, Potts « semble donner un récit fiable, bien que non-exhaustif, du procès en assizes de sorcellerie, tant que le lecteur est conscient qu’il s’agit d’un support écrit plutôt qu’une transcription fidèle des déclarations orales ».


Les procès eurent lieu moins de sept ans après la Conspiration des poudres (9) visant à faire exploser les chambres du parlement pour tuer le roi Jacques et l’aristocratie protestante. Les sorcières de Pendle furent accusées d’avoir fomenté leur propre conspiration des poudres pour faire exploser le Lancaster Castle, bien que l’historien Stephen Pumfrey ait suggéré que ce « plan absurde » fut inventé par les magistrats et confirmé par James Device dans sa dépostion. Ce fait permet de comprendre pourquoi Potts dédia The Wonderfull Discoverie à Thomas Knyvet, responsable sept ans plus tôt de l’arrestation ode Guy Fawkes (10), et donc  sauveur du roi.







Il est estimé qu'au cours de tous les procès de sorcières entre le début du XVe siècle et le début duXVIIIe siècle, moins de 500 exécutions ont eu lieu ; la série de procès de 1612 compte donc pour plus de 2 % du total. Les registres du tribunal montrent que le Lancastre comptait un nombre inhabituel de procès par rapport au nord de l'Angleterre. Le comté voisin du Cheshire, par exemple, souffrit aussi de problèmes économiques et d'activisme religieux, et compta à elle seule 47 inculpations pour sorcellerie entre 1589 et 1675, dont 11 accusés furent reconnus coupables.


Pendle faisait partie de la paroisse de Whalley, une zone de 470 km2, trop étendue pour prêcher et apprendre les doctrines de l'Église d'Angleterre : la survie du catholicisme et l'accroissement de la sorcellerie dans le Lancashire ont été attribués à la structure paroissiale trop étirée. Jusqu'à la dissolution, les besoins spirituels des habitants de Pendle et des districts alentours étaient comblés par l'abbaye proche de Whalley, mais sa fermeture en 1537 laissa un vide.

La plupart des accusations faites lors des procès de Pendle étaient faites entre les deux familles. L'historien John Swain dit que l'explosion de la sorcellerie aux alentours de Pendle montre l'idée que se faisaient les habitants de la possibilité de vivre en se faisant passer pour une sorcière, ou en accusant les autres de l'être14. Bien que la plupart des livres sur la sorcellerie exposent implicitement que les accusés étaient des victimes, souffrant souvent d'anomalies physiques ou mentales, la sorcellerie fut pour certains au moins un moyen de commercer comme un autre, quoique nettement plus risqué.







Altham continua sa carrière jusqu'à sa mort en 1617, et Bromley réussit à se faire transférer dans les Midlands en 1616. Potts devint responsable du chenil du roi Jacques, le Skalme Park, en 1615. En 1618, il reçut la responsabilité « de la collecte des pénalités relatives aux égouts, pendant 21 ans ». Ayant joué un rôle dans la mort de sa mère, son frère et sa sœur, Jennet Device a peut-être été accusée elle aussi de sorcellerie. Une femme portant ce nom fut listée dans un groupe de 20 personnes jugées aux assizes de Lancastre le 24 mars 1634, mais il n'est pas certain qu'il s'agisse de la même Jennet Device. Elle était accusée d'avoir tué Isabel Nutter, la femme de William Nutter66. Le principal témoin dans cette affaire était un garçon de dix ans, Edmund Robinson. Tous sauf un furent déclarés coupables, mais les juges n'ordonnèrent pas la peine de mort, préférant se référer au roi, Charles Ier. Après une contre-enquête à Londres, Robinson admit avoir inventé les faits65, mais malgré l'acquittement de quatre des accusés67, les autres demeurèrent en prison, où ils sont probablement morts. Un rapport officiel du 22 août 1636 compte Jennet Device parmi les incarcérés.



Ces derniers procès furent le sujet d'une pièce de théâtre contemporaine écrite par Thomas Heywood et Richard Brome, The Late Lancashire Witches. Une pièce plus récente, Cold Light Singing, est jouée au Royaume-Uni depuis 200470. L'écrivain et poète Blake Morrison traita le sujet, quoique dans un contexte plus moderne, dans sa série de poèmes Pendle Witches, publié en 1996.


William Harrison Ainsworth (11), un romancier victorien, considéré à son époque comme l'égal de Charles Dickens, écrivit un comte-rendu romancé des procès en 1849. The Lancashire Witches est le seul de ses 40 romans à avoir toujours été publié. Pendle Hill, qui surplombe la région, continue d'être associé à la sorcellerie, et héberge un rassemblement à son sommet à chaque Halloween. En 2004, la série télévisée Most Haunted produisit un épisode spécial Halloween sur les sorcières de Pendle et ses environs hantés. L'écrivain britannique Robert Neill mit en scène les évènements dans son roman Mist over Pendle en 1951.



Au début du XXIe siècle, les sorcières sont devenues une source d'inspiration pour le tourisme de Pendle et l'industrie du souvenir, avec des magasins vendant divers objets liés aux sorcières. La brasserieMoorhouse's produit une bière appelée Pendle Witches Brew, et il existe un chemin de randonnée long de72 km appelé le « Sentier des sorcières de Pendle », qui va du centre du souvenir des sorcières de Pendle jusqu'au Lancaster Castle. L'itinéraire d'autocar X43/X44, exploité par Burnley & Pendle a été renomméThe Witch Way.


Une pétition fut présentée au ministre de l'intérieur Jack Straw en 1998 pour innocenter les sorcières, mais il fut décidé que les jugements resteraient intacts. Dix ans plus tard, en 2008, une seconde pétition fut organisée. Elle faisait suite à l'acquittement par le gouvernement suisse d'Anna Göldin, décapitée en 1782, et considérée comme la dernière personne à avoir été exécutée pour sorcellerie.






(1) Marie Ire (reine d’Angleterre)




Marie Ire par Antonio Moro, 1554



TITRES :


Reine d’Angleterre et d’Irlande : 19 juillet 1553 – 17 novembre 1558
Couronnement : 30 octobre 1553 en l’Abbaye de Westminster

Reine consort de Naples et de Sicile : 25 juillet 1554 – 17 novembre 1558
Reine consort d’Espagne : 16 janvier 1556 -  17 novembre 1558
Duchesse de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg, et de Limbourg ,
Comtesse consort de Flandre et comtesse palatine de Bourgogne :

16 janvier 1556 – 17 novembre 1558

BIOGRAPHIE :
Dynastie : Maison Tudor
Date et lieu de naissance : 18 février 1516 , Palais de Placentia (Greenwich, Angleterre)
Date et lieu de décès : 17 novembre 1558, Palais St. James (Londres, Angleterre)
Sépulture : Abbaye de Westminster

Père : Henri VIII d’Angleterre
Mère : Catherine d’Aragon
Conjoint : Philippe II d’Espagne


Religion : Catholicisme









(2)  Elisabeth Ire (Reine d’Angleterre)





Elisabeth Ire par un artiste inconnu, vers 1575




TITRE :
Reine d’Angleterre et d’Irlande : 17 novembre 1558 – 24 mars 1603
Couronnement : 15 janvier 1559 en l’Abbaye de Westminster


BIOGRAPHIE :

Dynastie : Marie Tudor
Nom de naissance : Elisabeth Tudor
Date et lieu de naissance : 7 septembre 1533, Palaisi de Placentia (Greenwich, Angleterre)
Date et lieu de décès : 24 mars 1603, Palais de Richmond, (Londres, Angleterre)
Sépulture : Abbaye de Westminster

Père : Henri VIII d’Angleterre
Mère : Anne Boleyn

Religion :
Anglicanisme






(3)  Daemonologie (nom complet Daemonologie, In Forme of a Dialogie, Divided into three Bookes. By James Rx) est un livre rédigé et publié en 1597 par Jacques Ier d'Angleterre (à l'époque où il était roi d'écosse). Dans son livre, il approuve et appuie la chasse aux sorcières. Il commence son livre par :
« L'inquiétante abondance, dans notre pays à notre époque, de ces détestables esclaves du diable, les sorcières et les enchanteurs, m'incite (cher lecteur) à vous écrire cette note, ce traité de ma main (...) pour éliminer le doute (...) que de telles attaques de Satan sont assurément pratiquées, et que ses instruments méritent la punition la plus sévèretrad 1. »
Son implication personnelle dans le procès des sorcières de North Berwick aurait influencé sa perception.






(4)  Les récusants (en anglais Recusants), dans l'histoire du Royaume-Uni, sont les chrétiens réfractaires à l'Église d'Angleterre. DuXVIe siècle jusqu'au début du XIXe siècle, leur refus de se conformer à la Réforme anglicane instaurée par Henri VIII en 1534 fut considéré comme un délit passible de peines civiles et, plus rarement, pénales.







(5) Les Assizes
ou Courts of Assize étaient des cours criminelles tenues périodiquement en Angleterre et auPays de Galles jusqu'en 1972. Elles furent abolies avec les Quarter Sessions par le Courts Act 1971 et remplacées par une seule, et permanente, Crown Court (littéralement, « Cour de la Couronne »). Les Assizes entendaient les cas les plus sérieux, référés par les Quarter Sessions (des cours de comtés tenues quatre fois par année), alors que les offenses mineures étaient entendues par les Justices of the Peace lors de courtes sessions.






(6) Maleficium est un mot latin signifiant « méfait» ou « malice». Il est utilisé pour désigner la magie malveillante, dangereuse, nuisible ou « scélérate». En général, ce terme s'applique à tout geste magique destiné à causer du tort à une personne ou à provoquer sa mort. Il peut aussi s'appliquer à tout geste destiné à détruire ou abîmer des objets.

Ce terme apparaît dans différents textes historiques d'importance, dont le Formicarius et le Malleus Maleficarum.
Les Templiers furent accusés de maleficium. Le procès de l'ordre du Temple a modifié la mentalité populaire européenne à propos du maleficium et de la sorcellerie, ce qui a facilité la grande chasse aux sorcières en Europe.






(7) Familier :  Un génie familier, démon familier ou tout simplement familier est, dans bon nombre de croyances d'Europe occidentale, une entité, animal ou esprit, parfois imaginaire et invisible, à laquelle les hommes s'adressent pour demander des conseils ou obtenir des services, en particulier liés à la sorcellerie. Les familiers peuvent servir leurs propriétaires comme domestiques, ouvriers agricoles, espions ou compagnons et les aider à ensorceler leurs ennemis, mais pas seulement puisqu'ils sont réputés pour inspirer les érudits, artistes et écrivains, à l'instar d'un esprit tutélaire ou d'une Muse. Le plus connu de ces génies familiers est le daïmon (δαίμων / daímôn) de Socrate, mais bon nombre d'érudits ont, au cours de l'histoire, fait référence à des entités de ce type, parfois sous le nom debon génie ou esprit gardien. Les familiers sont aujourd'hui fortement liés à la pratique moderne de la sorcellerie, en particulier en Angleterre où il fait partie intégrante de la pratique. Son équivalent outre-Atlantique est le nagual.
Le concept du familier a été repris par les ouvrages inspirés de la fantasy moderne et notamment le jeu de rôle, où ces entités sont décrites comme des créatures de petite taille qui accompagnent les érudits et les magiciens.






(08) Un yeoman est, dans l'Angleterre médiévale, un paysan propriétaire de la terre qu'il cultive.

Étymologiquement, le mot yoman viendrait du Moyen anglais : yoman, yeman, issu lui-même de vieil anglais gēaman désignant un « villageois ». On rapproche ce terme avec celui du vieux frison gāman qui signifie également « villageois »,moyen allemand goymann désignant un « arbitre ». Il est composé des mots :gē, gēa (proche de allemand moderne gau) désignant un « district », une « région », et mann pour « homme ».


Pendant la guerre de Cent Ans, ces Yeomen (alleutiers) alimentent les effectifs des compagnies d'archers (ou francs-archers) armés de l'arc long anglais qui contribuent tant aux victoires anglaises.


Durant la guerre des Deux-Roses (1455 - 1487), ils formèrent après la Bataille de Bosworth, en 1485, le corps des hallebardiers qui vit la victoire de Henri Tudor (futur Henri VII), représentant la Maison de Lancastre, sur son rival Richard III de la Maison d’York. Sous le nom de Yeomen Warders, ils furent dès lors chargés par le vainqueur d’assurer la surveillance de la Tour de Londres.

Ils forment l'élite villageoise et leur nombre baisse au XVIIe siècle.






(9)  La Conspiration des poudres (actuellement appelée en anglaisGunpowder Plot, auparavant Gunpowder Treason Plot) est un attentat manqué contre le roi Jacques Ier d'Angleterre et le Parlement anglais par un groupe de catholiques provinciaux anglais conduits par sir Robert Catesby.

Le projet prévoit de faire sauter la Chambre des communes au cours de la cérémonie d'ouverture du Parlement du 5 novembre 1605 (calendrier julien). L'attentat doit être le prélude à une révolte populaire dans lesMidlands au cours de laquelle la fille du roi, la princesse Élisabeth, alors âgée de neuf ans, sera installée sur le trône d'un État catholique. Catesby semble s'être lancé dans ce complot après que ses espoirs d'une plus grande tolérance religieuse sous le règne de Jacques Ier se soient évaporés, une déception partagée par de nombreux catholiques anglais. Les autres membres du complot sont John Wright, Thomas Wintour, Thomas Percy, Guy Fawkes, Robert Keyes, Thomas Bates, Robert Wintour, Christopher Wright, John Grant, Ambrose Rookwood, Everard Digby et Francis Tresham. Fawkes, fort de dix ans d'expérience militaire dans la répression de la Révolte des gueux aux Pays-Bas espagnols, est chargé des explosifs.

Le complot est révélé aux autorités par une lettre anonyme adressée au baron Monteagle le26 octobre 1605. Lors d'une perquisition de la Chambre des communes, le 4 novembre 1605 vers minuit, on découvre Fawkes montant la garde devant 36 barils de poudre (assez pour réduire la Chambre des lords en cendres) et il est arrêté. Lorsqu'ils apprennent que le complot a été découvert, la plupart des conjurés s'enfuient de Londres et tentent de rallier des soutiens dans leur cavale. Plusieurs d'entre eux attendent à Holbeche House pour livrer combat contre le prévôt de Worcester et ses hommes lancés à leur poursuite ; Catesby est tué lors de l'échauffourée. Lors de leur procès, le 27 janvier 1606, huit des survivants, dont Fawkes, sont reconnus coupables et condamnés à être pendus, trainés et écartelés.

Le détail de la tentative d'assassinat aurait été connu du père jésuite Henry Garnet. Bien que reconnu coupable et condamné à mort, il ne semble pas avoir eu une connaissance exacte du projet. Comme son existence avait été révélée au cours d'une confession, Garnet était tenu au secret et ne pouvait en informer les autorités. Même si une législation anti-catholique a été mise en place aussitôt après la découverte du complot, de nombreux catholiques haut-placés et loyaux conservent leurs fonctions sous le règne du roi Jacques Ier. L'échec de la conspiration a été commémoré pendant de nombreuses années par des sermons ou la sonnerie des cloches d'église, célébrations qui ont donné naissance à l'actuelle Bonfire Night.






(10)  Guy Fawkes, né le 13 avril 1570 à Stonegate (York, Angleterre) et mort le 31 janvier 1606 à Westminster, est membre d'un groupe provincial catholique anglais qui a planifié la Conspiration des poudresde 1605. Fawkes est né et a étudié à York. Son père est mort alors qu'il n'avait que huit ans, sa mère épousa ensuite un catholique récusant. Fawkes se convertit plus tard au catholicisme…[…]




Guy Fawkes selon l'artiste britanniqueGeorge Cruikshank.
Illustration du romanGuy Fawkes (1840) de
William Harrison Ainsworth.








(11)  William Harrison Ainsworth (4 février 1805 à Manchester, Angleterre - 3 janvier 1882 à Reigate, Angleterre) est un romancier historique anglais. Alors qu'il complète sa formation en droit à Londres, il rencontre l'éditeur John Ebers, gérant du Her Majesty's Theatre. Ebers introduit Ainsworth dans les cercles littéraires et d'arts dramatiques, ainsi qu'à sa fille qu'il épousera.




William Harrison Ainsworth par Daniel Maclise



Ainsworth a tâté de l'édition, mais a préféré se consacrer au journalisme et à lalittérature. Son premier roman a été Rookwood en 1834, qui met en vedette Dick Turpin. Une série de 39 nouvelles suivra, la dernière publiée en 1881. Ainsworth est mort à Reigate le 3 janvier 1882.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 13:46





Les sorcières de Samlesbury sont trois femmes, Jane Southworth, Jennet Bierley et Ellen Bierley, du village de Samlesbury dans leLancashire, accusées au début du XVIIe siècle par une fille de quatorze ans, Grace Sowerbutts, de pratiquer la sorcellerie. Le 19 août 1612, Assizes, commença leur procès au milieu d'une série d'autres, en pleine chasse aux sorcières, qui s'étalèrent sur deux jours. De telles actions en justice étaient inhabituelles à l'époque en Angleterre à deux égards : le greffier de la cour publia le compte rendu du procès et le nombre d'accusés déclarés coupables et pendus fut de dix dans le Lancashire et d'un autre à York, nombre anormalement élevé.

Parmi les accusations portées contre les femmes figuraient l'infanticideet le cannibalisme. En revanche, les autres accusés jugés aux mêmes Assizes, parmi lesquels figuraient lessorcières de Pendle, furent accusés de maleficium, c'est-à-dire de causer du tort par la sorcellerie. Les accusations contre les trois femmes s'effondrèrent « spectaculairement » lorsque Grace Sowerbutts fut reconnue par le juge être « l'outil du parjure d'un prêtre catholique».

Le procès est un exemple clair des luttes religieuses de l'époque, il était « en grande partie de la propagande contre le catholicisme », voire un « procès-spectacle » cherchant à démontrer que le Lancashire, connu à l'époque pour être une région sauvage et anarchique, était en cours de purge non seulement des sorcières, mais aussi des « comploteurs papistes » (les catholiques).














SOURCE :
wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 16:54





Jacques Ier, un Ecossais qui arriva sur le trône d’Angleterre en 1603, s’intéressait vivement à la sorcellerie. Au début des années 1590, il était convaincu que des sorcières écossaises complotaient contre lui. Dans son livre de 1597, Daemonologie, il demandait à ses partisans de dénoncer et de poursuivre en justice tout adepte ou pratiquant de la sorcellerie. En 1604, un an après son intronisation, une nouvelle loi contre la sorcellerie fut votée : An Act against Conjuration, Witchcraft and dealing with an wicked spirits.
Elle imposait la peine de mort à toute personne causant du tort par la magie ou exhumant des corps dans un but magique. Mais il arrivait cependant à Jacques Ier de douter des preuves présentées lors de procès pour sorcellerie, au point d’exposer des contradictions dans les témoignages  contre quelques personnes accusées de sorcellerie.


Les trois sorcières de Samlesbury vivaient dans le Lancashire, un comté anglais, qui à la fin du XVIème siècle était perçu par les autorités de l’époque comme une région sauvage et anarchique : il était « renommé pour ses vols, sa violence et sa sexualité laxiste, où l’Eglise était honorée sans que le commun des mortels ne comprenne quoi que ce soit à ses doctrines ». Après le décès de Marie Ire et l’accession au trône de sa demi-sœur Elisabeth Ire en 1558, les prêtres catholiques furent forcés de se cacher, mais dans les régions éloignées de Londres, comme le Lancashire, ils continuèrent à célébrer la messe en secret. Au début de 1612, l’année du procès, chaque juge de paix du Lancashire reçut l’ordre de compiler une liste de récusants (c’est-à-dire ceux qui étaient réfractaires à l’Eglise d’Angleterre (1), un délit à cette époque).









La Réforme anglaise (2) du XVIème siècle, période pendant laquelle l’Eglise anglaise rejeta l’autorité du Pape et s’éloigna de l’église catholique, provoqua la séparation de la famille Southworth habitant au Samlesbury Hall (3). Sir John Soutworth, chef de la famille, était un récusant en vue qui avait été arrêté à plusieurs reprises pour avoir refusé de rejeter sa foi catholique. Son fils aîné John, s’étant converti à l’Eglise d’Angleterre, fut déshérité par son père, alors que le reste de la famille resta farouchement catholique.






Samlesbury Hall, résidence des Southworth




Jane Sherburne,  l’une des prétendues sorcières et John fils se marièrent vers 1598 et le couple vécut au Samlesbury Lower Hall, où ils élevèrent sept enfants.
Jane devint veuve quelques mois avant le procès pour sorcellerie en 1612. Les relations entre le père et le fils étaient restées tendues jusqu’à  la mort de celui-ci : selon la déclaration de John Singleton, qui l’appelait « vieux maître », John père refusait même de passer devant la maison de son fils quand il le pouvait et croyait Jane capable de tuer son mari.









La chasse aux sorcières commence dans le Lancashire par une toute autre affaire. Le 21 mars 1612, Alizon Device, qui vivait à proximité de Fence au Lancashire, près de Pendle Hill, rencontre John Law, un colporteur d’Halifax, ville du Yorkshire de l’Oues. Elle lui demanda quelques aiguilles, mais il refusa. Quelques minutes plus tard, Law eut une « attaque » et accusa la femme de l’avoir provoquée. Avec sa mère Elizabeth et son frère James, Alizon fut alors convoquée devant le magistrat local, Roger Nowell, le  30 mar 1612. En se basant sur des preuves et des confessions, Nowell imposa à Alizon et dix autres personnes de se présenter au Lancaster Gaol (geôle) pour y être jugées à  la prochaine séance du tribunal pour maleficium.






Des prisonniers sont amenés au Château de Lancaster, lieu où les « sorcières » de Samlesbury furent jugées à  l’été 1612. Peintre inconnu, 1827.



Les autres magistrats du Lancashire apprirent la découverte de sorcellerie et, le 15 avril 1612, le juge de paix Robert Holden commença à enquêter dans la région de Samlesbury. En conséquence, huit personnes furent convoquées au Assizes du Lancashire.
Trois femmes, Jane Southworth, Jennet Bierley et Ellen Bierley, furent accusées de pratiquer la sorcellerie sur Grace Sowerbutts, petite-fille de Jennet et nièce d’Ellen.








Le procès se déroula le 19 août 1612 devant Sir Edward Bromley, un juge qui recherchait activement une nomination à un tribunal plus proche de Londres : il est probable qu’il tentait par ce biais de séduire le roi Jacques Ier, chef du système judiciaire anglais. Avant le procès, Bromley ordonna la libération de cinq des huits accusés de Samlesbury, les mettant en garde sur leur conduite future. Les autres, Jane Southworth, Jennet Bierley et Ellen Bierley, furent accusés « d’arts diaboliques et malicieux, appelés sorcellerie, enchantements, charmes […] sur et contre une Grace Sowerbutts »,  elles plaidèrent non coupable. Le témoin à charge principal était Grace Sowerbutts, âgée de 14 ans.



Grace fut la première à témoigner. Elle affirma que sa grand-mère et sa tante, Jennet et Ellen Bierley, pouvaient se transformer en chien et qu’elles l’avaient « hantée et ennuyée » pendant des années. Elle allégua également que les deux femmes l’avaient transporté au sommet d’une meule de foin en la tirant par les cheveux. En une autre occasion, elles avaient tenté de la persuader de se noyer. Selon Grace, les deux l’avaient amenée à  la maison de Thomas Walshman, où elles avaient volé un bébé pour lui sucer le sang. Elle affirma que l’enfant mourut dans la nuit, et qu’après son enterrement, elles déterrèrent le corps pour le faire cuire dans le but d’en manger une partie.  Ce qui en resta fut utilisé pour faire un onguent qui leur servait à prendre d’autres apparences.


Grace allégua également que sa grand-mère et sa tante, en compagnie de Jane Southworth, assistaient à des sabbats qui se tenaient chaque jeudi et dimanche dans la nuit à la Red Bank, sur la rive nord de la Ribble. Pendant ces assemblées clandestines elles rencontraient «des choses noires, qui se tenaient debout, mais n’étaient pourtant pas des hommes, de par leur visage », avec lesquelles elles mangeaient, dansaient et s’accouplaient.


Thomas Walshman, le père du bébé prétendument tué et mangé par les accusées, fut le suivant à témoigner. Il confirma que son enfant était mort à l’âge d’un an d’une maladie inconnue. Il ajouta que Grace avait été découverte le 15 avril gisant par terre, comme si elle était morte, dans la grange de son père et n’avaient repris des forces que  le lendemain. Deux autres témoins, John Singleton et William Alker, confirmèrent que John Southworth, le beau-père de Jane Southworth, était réticent à circuler devant la maison où demeurait son fils, car il croyait que Jane était une « femme mauvaise et une sorcière ».

Thomas Potts, le greffier des Lancaster Assizes, nota qu’après avoir entendu les témoignages, plusieurs personnes présentes à la cour étaient convaincues de la culpabilité des accusées.  A la demande du juge de répondre aux accusations portées à  leur encontre, Potts rapporta qu’elles « se mirent humblement à genoux, pleurant des larmes » et « demandèrent à [Bromley] au nom de Dieu d’examiner Grace Sowerbutts ». Immédiatement, « le visage de cette Grace Sowerbutts changea ». Les témoins « commencèrent à se quereller et à s’accuser les uns les autrs » et admirent finalement que Grace avait été entrainée dans cette conspiration par un prêtre catholique qu’ils appelaient Thompson. Bromley obligea la fille à rencontrer deux juges de paix, William Leigh et Edward Chisnal. Questionnée, Grace admit que son histoire était fausse et qu’elle obéissait aux ordres de l’oncle de Jane Southworth, christopher Southworth (aussi connu sous le nom de Thompson), un prêtre jésuite qui se cachait dans la région de Samlesbury. Southworth  était le chapelain à Samlesbury Hall et l’oncle de Jane par le mariage. Leigh et Chisnal questionnèrent les trois accusées dans le but de savoir pourquoi Southworth  avait des preuves contre elles, mais aucune ne put répondre autre chose que « d’aller à l’église [anglicane] ».


Une fois les déclarations faites devant la cour, Bromley ordonna au jury de rendre un jugement de non-culpabilité, déclarant que « Dieux vous a libérées au-delà de vos espérances, utilisez sagement sa pitié et sa faveur ; prenez soin de ne plus tomber par après : donc la cour ordonne que vous soyez libérées ».



Potts conclut son compte-rendu du procès par ces mots : «  Donc, ses pauvres créatures innocentes, grâce aux soins et à l’effort de cet honorable juge, furent délivrées du danger de cette conspiration ; et cette maudite pratique du prêtre exposée à la vue de tous ».







Pratiquement tout ce qui est connu des procès pour sorcellerie de cette époque provient d’un texte rédigé par Thomas Potts, le greffier des Lancaster Assizes. Les juges des procès lui avaient ordonnée de rédiger un compte rendu, qu’il compléta le 16 novembre 1612. Bromley révisa et corrigea le manuscrit avant sa publication en 1613, déclarant qu’il était « fidèle à la réalité » et « conforme et valable pour publication ». bien que The Wonderfull Discoverie of Witches in the Countie of Lancaster semble rapporter fidèlement ce qui a été entendu lors des procès, l’ouvrage est plutôt une réflexion sur ce qui est arrivé. Toutefois, Potts « semble donner en général un compte rendu fidèle, mais pas nécessairement complet, du procès pour sorcellerie de l’Assize, du moment que le lecteur reste constamment conscient que l’auteur s’appuie sur des notes écrites plutôt que sur des rapports textuels ».


Dans son introduction aux procès Potts écrit : « nous avons donc, pour un temps, laissé les Grandes Sorcières de la Forêt de Pendle à la juste considération d’un jury très compétent ». bromley avait alors complété le procès contre les sorcières de Pendle, dont trois avaient avoué leur culpabilité, mais il devait encore juger celles de Samlesbury, qui clamaient leur innocence. Lors du procès des sorcières de Pendle, le seul témoignage contre les femmes provenait de Jennet Device, une fille de 9 ans, et que le roi Jacques avait averti les juges d’examiner avec attention les preuves soumises contre les personnes accusées de sorcellerie, les mettant en garde contre la crédulité. Dans la conclusion de son rapport sur le procès, Potts affirme que « cet avertissement avait été intercalé dans la succession des affaires » par ordre spéciale et commandement », possiblement par les juges du procès. Après avoir condamné à mort trois femmes pour sorcellerie, Bromley prit probablement plus de précautions pour démontrer qu’il n’était pas crédule en présentant sa « révélation magistrale » des preuves de Grace Sowerbutts.







Il s’agit de l’une des affaires de ce genre les mieux connues de l’histoire de l’Angleterre. De telles actions en justice étaient  inhabituelles à l’époque en Angleterre à deux égards : Thomas Potts, greffier de la cour, publia le compte rendu du procès et le nombre d’accusés déclarés  coupables et pendu fut anormalement avec 10 dans le Lancashire et un autre à York.


Beaucoup d’historiens, notamment Hugh Trevor-Roper (4), suggérèrent que les procès en sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles étaient la conséquence des luttes entre Eglises catholique et anglicane déterminées à éradiquer ce qu’elles considéraient comme une hérésie.

Potts écrivait que « ce Comté du Lancashire peut sans aucun doute être décrit comme un lieu regorgeant d’autant de sorcières en tous genres que de séminaristes, de jésuites et de papistes » et décrivait les trois accusées comme ayant été « des papistes entêtées, qui viennent maintenant à l’Eglise [anglaise] ». Les juges souhaitaient certainement que le roi Jacques les considère comme capables de traiter avec fermeté les récusants catholiques et les pratiquants de la sorcellerie, «les deux grandes menaces à l’ordre jacobin du Lancashhire ». les autorités suspectèrent que Samlesbury Hall, la maison familiale des Southworth, servait de refuge aux prêtres catholiques : elle fut longuement surveillée avant le procès de 1612. Le juge de paix Robert Holden souhaitait peut-être  y découvrir le chapelier jésuite Christopher Southworth.


La chasse aux sorcières en Angleterre fut moins sévère que dans le reste de l’Europe une seule pouvant être qualifiée de massive, celle de Matthew Hopkins (5) à East Anglia en 1645. Elle rassembla 20% de toutes les « sorcières » dénoncées, soit environ 500 cas. Lesquelles auraient finalement été exécutées en Angleterre entre le XVe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Le système judiciaire anglais différait notamment de l’Inquisition tel qu’appliquée en Europe continentale, où une personne devait accuser ses voisins d’un crime, lesquels étaient ensuite jugés par un jury de ses semblables. Les procès anglais contre la sorcellerie de l’époque « tournaient autour de croyances populaires selon lesquelles le crime de sorcellerie était le fait d’une personne… malintentionnée », pour lesquelles des preuves tangibles devaient être produites.


Potts consacre plusieurs pages à critiquer les preuves soumises par Grace Sowerbutts donnant ainsi une idée des divergences qui existaient au début du XVIIe siècle entre la perception de la sorcellerie de l’establishment protestant et les croyances populaires, la population étant probablement influencée par la vision des prêtres catholiques, tel que Christopher Southworth, soumis aux instructions en provenance du continent. Au contraire des religieux européens, l’élite protestante anglaise croyait que les sorcières vivaient avec des familiers, et ne croyait donc pas que les accusées de Samlesbury n’en avaient pas. Le sabbat, tel que raconté par Grace, n’était pas une notion habituelle dans l’Angleterre de cette époque, alors que dans le reste de l’Europe, il était communément admis que les sorcières y participaient. La plupart des démonologues de cette époque, y compris le roi Jacques, croyaient que seul Dieu pouvait accomplir des miracles et qu’il n’avait pas donné ce pouvoir aux créatures aillées au Diable. En conséquence, Potts rejeta l’affirmation de Sowerbutts selon laquelle Jennet Bierley s’était transformée en un chien noir : « j’aimerais savoir par quel moyen un prêtre peut soutenir un tel élément de preuve ». Il rejeta également le compte rendu du Grace sur le sabbat dont elle aurait été témoin, déclarant que : « le séminariste [prêtre] confond le visage et les pieds : Chattox [une des sorcières de Pendle] et toutes ses collègues sorcières s’entendent, les pieds du Diable sont fourchus : mais Fancie [une relation de Chattox] avait un très bon visage, et était un homme convenable ».


Le procès des sorcières de Samlesbury semble avoir été « en grande partie de la propagande contre le catholicisme » ou encore «  procès-spectacle » le but étant de montrer que le Lancashire était purgé non seulement des sorcières mais aussi des « comploteurs papistes ».









Bromley obtint la promotion désirée il fut nommé au Midlands Circuit en 1616. Pott fut nommé responsable du chenil du roi Jacques le Skalme Park, en 1615. En 1618, il reçut la responsabilité « de la collecte des pénalités relatives aux égouts, pendant 21 ans ». Le plus âgé des fils de Jane Southworth, Thomas, hérita de son grand-père le Samlesbury Hall.






(1)  L'Église d'Angleterre (en anglais : Church of England) est l’Église chrétienne officiellement établie en Angleterre. Sa prise de position comme église indépendante de la papauté au XVIe siècle est à l'origine de l'anglicanisme, branche du christianisme occupant une position intermédiaire entre catholicisme et protestantisme. L'Église d'Angleterre est l'« Église mère » de la Communion anglicane. Il ne faut pas la confondre avec l'Église en Angleterre (Church in England), qui désigne la part de l'Église catholique qui est en Angleterre.

Le primat de l'Église d'Angleterre est l'Archevêque de Cantorbéry, fonction occupée par Justin Welby depuis février 2013. Le Gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre est le souverain du Royaume-Uni en tant que Souverain d'Angleterre, c'est donc Élisabeth II qui porte ce titre depuis 1952.

L'assise territoriale de l'Église est l'Angleterre, l'île de Man (Diocèse de Sodor et Man), les îles Anglo-Normandes (partie du Diocèse de Winchester). Plusieurs communautés anglicanes en Europe, en Russie, en Turquie et au Maroc constituent le Diocèse de Gibraltar en Europe. Jusqu'en 1920, les diocèses du Pays de Galles faisaient partie de l'Église d'Angleterre ; ils ont pris depuis leur autonomie, formant l'Église au Pays de Galles.

L'Église d'Angleterre se présente comme à la fois catholique et réformée:
• Catholique parce qu'elle se considère comme une composante de l'église universelle de Jésus-Christ, ayant conservé la tradition et la succession apostoliques. En effet, l'Église d'Angleterre possède une structure épiscopale ; elle honore les doctrines des anciens Pères de l'Église, en particulier formalisées dans les Credo des apôtres, deNicée et d'Athanase.
• Réformée parce que l'Église suit plusieurs principes doctrinaux et institutionnels de la Réforme duXVIe siècle. Ils apparaissent dans les textes de référence de la foi anglicane établis sous le règne de la reine Élisabeth Ire : le Livre de la prière commune et les Trente-neuf articles.







(2)  La Réforme anglaise, aussi appelée schisme anglican, fait référence à une série d'événements du XVIe siècle, au cours desquels l'Église d'Angleterre rompit avec l'autorité du pape et l'Église catholique romaine.

Ces événements faisaient partie d'un processus plus vaste, la Réforme protestante européenne, un mouvement politique et religieux, qui affecta la pratique du christianisme à travers toute l'Europe durant cette période. Beaucoup de facteurs contribuèrent à cette effervescence : le déclin de la féodalité et la montée du nationalisme, la montée de la common law, l'invention de l'imprimerie et la transmission de nouvelles idées et connaissances non seulement parmi les érudits, mais aussi parmi les commerçants et les artisans. Mais comment et pourquoi les différents États de l'Europe adhérèrent à différentes formes de protestantisme, demeurèrent fidèles à Rome, ou permirent à leurs différentes régions d'aboutir à des conclusions différentes restent spécifiques à chaque État. L'analyse des causes est toujours discutée.

La Réforme anglaise commença comme un chapitre supplémentaire du long débat avec l'Église catholique romaine au sujet de l'autorité de cette dernière sur le peuple anglais, bien que cet épisode fût cette fois ostensiblement fondé sur le désir d'Henri VIII de faire annuler son mariage. Au départ, ce fut une dispute plus politique que religieuse, mais les différences politiques réelles entre Rome et l'Angleterre permirent aux dissensions théologiques grandissantes de se révéler2. La rupture avec Rome rendit les monarques anglais chefs de l'Église de leur pays par « suprématie royale », créant ainsi l'Église d'Angleterre, mais la structure et la théologie de cette Église furent pendant des générations matière à de féroces débats. Elle conduisit finalement à la guerre civile, d'où finit par émerger une Église officielle et un certain nombre d'Églises non-conformistes, dont les membres subirent tout d'abord diverses incapacités civiles, qui ne furent levées qu'avec le temps. Le catholicisme fut l'objet de nombreuses persécutions et ne sortit de son existence clandestine qu'au XIXe siècle.

Différents avis ont été avancés pour expliquer pourquoi l'Angleterre adopta une foi réformée à la différence de la France par exemple. Certains ont émis l'idée que c'était le triomphe inévitable des connaissances nouvelles et d'un nouveau sens de l'autonomie sur la superstition et la dépravation. D'autres avancèrent que c'était une simple question de hasard : Henri VIII mourut au mauvais moment, Marie Ire n'avait pas eu d'enfant; que la Réforme ne signifiait pas pour autant quitter l'Église catholique romaine; pour d'autres il s'agissait de la puissance des idées qui demandaient peu de choses pour que les gens voient leurs vieilles certitudes devenir incertaines; d'autres écrivirent que c'était la puissance de l'État sur une religion populaire, florissante et pleine de vie; que c'était une « révolution culturelle ». D'autres, au contraire, argumentèrent que, pour la plupart des gens ordinaires, il y avait une continuité par-delà la division, qui était aussi significative que n'importe quel changement. Le récent renouveau de l'intérêt universitaire semble indiquer que le débat est loin d'être clos.








(3)  Samlesbury Hall
est une résidence historique située à Samlesbury, un village du Lancashire en Angleterre. Elle fut construite en 1325, probablement pour remplacer un immeuble détruit par un raid d'Écossais en 1322. La résidence a tenu différents rôles à travers les années, dont celui de pub et d'école privée pour filles. Depuis 1925, protégé de la démolition pour son bois, elle est administrée par un organisme caritatif anglais, le Samlesbury Hall Trust. Ce manoir médiéval listé Grade I attire plus de50 000 visiteurs par année.









(4)  Hugh Redwald Trevor-Roper
(15 janvier 1914 – 26 janvier 2003),baron Dacre de Glanton, est un historien spécialiste de la Grande-Bretagne moderne et de l'Allemagne nazie.









(5)   Matthew Hopkins (date de naissance inconnue, mort le 12 août 1647), était un chasseur de sorcières anglais dont la carrière a prospéré pendant la Première Révolution anglaise. Il s'auto-proclamait « Witch Finder General » (« chasseur de sorcières en chef »), bien que ce ne fut jamais un titre accordé par le Parlement d'Angleterre. Il menait des chasses aux sorcières dans les comtés de Suffolk, Essex, Norfolk et d'autres comtés de l'est de l'Angleterre.


Matthew Hopkins, né à Great Wenham, Suffolk, était un expéditionnaire. On le pensait fils de James Hopkins, un ecclésiastique puritain. On pense généralement qu'il a été avocat, mais il y a bien peu de preuves qui attestent que ce fut le cas. D'après son essai The Discovery of Witches (à ne pas confondre avec The Discovery of Witchcraft deReginald Scot), il commença sa carrière de chasseur de sorcières quand il entendit des femmes parler de leurs rencontres avec le Diable en mars 1644 à Manningtree, une ville près de Colchester, où il vivait à cette période. Suivant l'accusation d'Hopkins, 19 sorcières présumées furent pendues, et quatre autres moururent en prison.

Hopkins parcourut ensuite l'est de l'Angleterre, prétendant, peut-être à raison, avoir été officiellement mandaté par le Parlement pour trouver et poursuivre les sorcières. Sa carrière de chasseur de sorcières s'est étendue de 1645 à 1647. Puisque la torture était, en pratique, illégale en Angleterre, il se mit à utiliser diverses méthodes pour extirper des confessions de certaines de ses victimes. Il les privait de sommeil, une torture sans effusion de sang. Il les plongeait liées dans l'eau, pour voir si les accusées flottaient ou coulaient, d'après la théorie que l'eau rejetterait les sorcières de façon surnaturelle, puisqu'elles ont renoncé au baptême. Il employait également des « piqueurs de sorcières » qui enfonçaient des aiguilles et des couteaux à la recherche des marques du diable, supposées insensibles à la douleur, et dépourvues de sang.

Hopkins et son associé John Stearne, accompagnés d'assistantes féminines, étaient bien payés pour leur besogne, gagnant 20 livres pour une visite à Stowmarket, Suffolk, ce qui était alors plus qu'un an de salaire pour la plupart des gens.


La satire de Samuel Butler, Hudibras, est une critique des activités de Hopkins :

"Ce Parlement n'a-t-il pas envoyé un légat du Diable, parfaitement habilité à dénicher des sorcières rebelles, et n'en a-t-il pas pendu une soixantaine en un comté  ? Certaines, pour ne pas s'être noyées, d'autres, pour être restées sur leurs pattes des jours et des nuits, en souffrance, ont été pendues comme sorcières. Et d'autres encore pour des tours de passe-passe sur des oies vertes et des poules étranges ? Et des cochons qui sont morts soudainement, de douleurs surnaturelles, comme il a cru. Qui, après s'être vu accusé lui-même de sorcellerie, a fait une corde pour sa propre pendaison."


La dernière ligne se réfère à une tradition disant que des villageois mécontents attrapèrent Hopkins pour le mettre au test de l'eau. Ayant flotté, il fut suspecté de sorcellerie, et pendu, mais aucune preuve ne peut attester de la véracité de cette histoire. Les historiens, pour leur part, pensent qu'Hopkins mourut en fait de maladie (probablement la tuberculose) chez lui. Les archives de la paroisse de Manningtree, en Essex, notent son enterrement en août 1647.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 17:09







Les procès des sorcières de Bury St Edmunds furent conduits de façon intermittente entre 1599 et 1694 dans la ville de Bury St Edmunds au Suffolk en Angleterre. De cette série de procès, deux, tenus en 1645 et en 1662, sont historiquement bien connus. Le procès de 1645, suscité par Matthew Hopkins, qui s'auto-proclamait Witch Finder Generall (« chasseur de sorcières en chef »), mena à l'exécution de 18 personnes en une seule journée. Le jugement rendu par le futur lord juge en chef d'Angleterre et du pays de Galles Matthew Hale en 1662 servit de puissant incitatif à la poursuite des persécutions des prétendues sorcières en Angleterre et dans les colonies américaines.
















SOURCE :
wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 19:41






Bury St Edmunds était le lieu où se tenaient des Courts of Piepowders, cours de justice qui s’occupaient des affaires touchant le marché (par exemple, disputes entre commerçants vols ou violences physiques), et le siège des assizes (1) du comté de Suffolk, ce dernier depuis que l’abbaye bénédictine de Bury St Edmunds fut nommé responsable d’une liberty, c’est-à-dire un lieu où le droit d’un monarque de recevoir des revenus d’une propriété, d’un diocèse ou d’une abbaye était révoqué et la terre détenue par un mesne lord. Pour les fins du gouvernement civil, la ville et le reste du comté étaient très distincts, chacun fournissant un grand jury aux asssizes.











Le premier compte-rendu d’un procès pour sorcellerie à Bury St Edmunds remonte à 1599 quand Jone Jordan de Shadbrook (Stradbroke aujourd’hui) et Joane Nayler furent jugés, mais il n’existe aucun compte-rendu des accusations ou du verdict. La même année, Oliffe Bartham de Shadbrook fut exécuté pour « avoir envoyé trois crapauds ravager le sommeil de Joan Jordan ».









Le procès de 1645 fut suscité par Matthew Hopkins, Witch Finder Generall auto-proclamé, sous la supervision de John Godbolt dans une cour spéciale. Le 27 août 1645, pas moins de 18 « sorcières » furent pendues à Bury St Edmunds :

• Anne Alderman, Rebecca Morris et Mary Bacon de Chattisham ;
• Mary Clowes de Yoxford ;
• Sarah Spindler, Jane Linstead, Thomas Everard (tonnelier) et sa femme Mary
De Halesworth ;
• Mary Fuller de Combs au Suffolk, près de Stowmarket ;
• John Lowes, vicaire de Brandeston ;
• Susan Mannes, Jane Rivet et Mary Skipper de Copdock, près d’Ipswich ;
• Mary Smith de Glemham ;
• Margery Sparham de Mendham au Suffolk ;
• Katherine Tooly de westleton ;
• Anne Leech et Anne Wright.


Sharpe a estimé que tous les procès pour sorcellerie tenus en Angleterre entre le début du XVe siècle et le début du XVIIIe siècle ont mené à l’exécution d’environ 500 femmes. Ce procès pèse donc pour environ 3,6% du total.





Page couverture de l'ouvrage The Discovery of Witches (1647) rédigé
par Matthew Hopkins, Witch Finder Generall auto-proclamé. Il est
représenté en haut au centre. Les deux prétendues sorcières,
à gauche et à droite, identifient leurs familiers




Dans son livre A Confirmation and Discovery of Witchcraft, John Stearne, un associé de Matthew Hopkins surnommé de temps à autre « chasseur de sorcières » et « piqueur de sorcières », écrit qu’il y avait 120 autres personnes emprisonnées en attente d’être jugées, dont 17  hommes. En 1665, Thomas Ady affirma qu’il y en avait une centaine, alors que d’autres mentionnèrent presque 200. A la suite d’un ajournement de trois jours provoqué par l’avance de l’armée du roi (2) la deuxième séance de la cour mena à 68 condamnations, alors que des rapports indiquent des  « exécutions de masse de 60 à 70 sorcières ». La chasse et le procès des prétendues sorcières furent menés par Hopkins et Stearne comme s’il s’agissait d’une campagne militaire. En effet, ils utilisèrent le langage militaire pour obtenir de l’aide et décrire leurs entreprises.

Les têtes rondes (3) de l’époque avaient fort à faire alors que les cavaliers (4) de l’armée du roi se dirigeaient vers Cambridgeshire, mais des voix s’élevèrent contre ces agissements. Avant le  procès, un rapport fut remis au parlement anglais : « … comme si des hommes industrieux avaient utilisé des arts nocifs pour soutirer une telle confession ». Un tribunal  spécial dirigé par un juge d’assises fut mis sur pied pour juger ces sorcières. Après le procès et les exécutions le Moderate Intelligencer, un journal parlementaire publié pendant la Première guerre civile anglaise (5), exprima son malaise dans un éditorial du 4-11 septembre 1645 :

"Mais d’où vient que les démons ne s’associent qu’avec des femmes stupides qui ne savent pas reconnaitre leur main droite de leur main gauche ? C’est un grand mystère…il semble qu’ils ne s’intéressent à personne d’autre que de pauvres vieilles femmes, si l’on en croit les nouvelles qui nous viennent du Bury, ces jours-ci. Plusieurs ont été condamnées, certaines exécutées et d’autres vont l’être. La vie est précieuse et une inquisition sérieuse est nécessaire pour qu’elle soit enlevée."








Un autre procès se tint le 10 mars 1662 quand deux veuves âgées, Rose Cullender et Amy Denny (Deny/Duny), demeurant à Lowestoft, furent accusées de sorcellerie par leurs voisins. Elles firent face à treize accusations d’ensorcellement contre plusieurs enfants dont l’âge allait de quelques mois à 18 ans, activité qui aurait provoqué la mort d’un des enfants. Il est possible que  les deux aient été au courant des « pouvoirs » de l’autre, car elles demeuraient dans le même village. Cullender était membre d’une famille de propriétaire alors que Denny  était la veuve d’un travailleur. Le seul autre lien connu entre les deux était une tentative d’acheter des harengs à un commerçant de Lowestoft, Samuel Pacy, dont les deux filles Elizabeth et Deborah furent « victimes » des accusées. Samuel Pacy et sa sœur Margaret fournirent des preuves contre les deux veuves qui furent jugées au tribunal des Assizes tenu à Bury St Edmunds selon les termes du Witchcraft Act de 1604 (6) par l’un des plus éminents juges de l’époque, Matthew Hale (7), le Lord Chief Baron of the Exchequer (08) du moment. Le jury les déclara coupables des treize chefs d’accusation de sorcellerie malveillante et le juge les condamna à être exécutées. Elles furent pendues à Bury St Edmunds le 17 mars 1662.


Le philosophe, médecin et auteur Thomas Browne (9) assista au procès. Le compte-rendu d’évènements similaires survenus au Danemark par quelqu’un d’aussi éminent que Browne semblait confirmer la culpabilité des accusées. Il  témoigna que «  les jeunes accusatrices de Denny et Cullander étaient affligées de problème organiques, mais elles avaient sans l’ombre d’un doute été ensorcelées ». Il avait déjà exprimé sa croyance en l’existence des sorcières vingt ans auparavant dans sa Religio Medici (10), publiée en 1643 : «  ceux qui doutent d’elles, ne font pas que les dénier elles, mais les esprits aussi, et sont obliquement, en conséquence, une sorte non pas d’infidèles, mais d’athéistes ».


Ce procès devint un modèle et fut référencé, pour le procès des sorcières de Salem au Massachusetts, Etats-Unis, lorsque des magistrats tentèrent de rendre légitime l’usage des preuves spectrales, preuves s’appuyant sur des rêves et des visions, dans une cour de justice. Le révérend John Hale (11), dont la femme fut accusée de sorcellerie à Salem, fit observer dans son ouvrage  Modest Inquiry into the Nature of Witchcraft que les juges cherchèrent des précédents et mentionna A Tryal of Witches parmi les ouvraes consultés. A propos des procès tenus à Salem, Cotton Mather (12), dans son Wonders of the Invisible World publié en 1693, attira l’attention sur le procès tenu au Suffolk et écrivit que le juge indiqua que les preuves spectrales pouvaient servir à lancer des enquêtes, mais n’étaient pas admissibles en cour.









Une femme et sa fille, de la famille Boram, furent jugées lors d’un procès tenu en 1655 et probablement pendues. Le dernier procès fut tenu en 1694 quand le lord juge en chef (13) John Holt, « qui fit plus que tout autre homme de l’histoire anglaise pour faire cesser les persécutions contre les sorcières », parvint à faire acquitter Mother Munnings’ du village d’Hartis (Hartest aujourd’hui) accusée de « prognostications » qui provoquaient la mort. John Holt « dirigea si bien le jury qu’elle fut acquittée ».







(1)  Les Assizes ou Courts of Assize étaient des cours criminelles tenues périodiquement en Angleterre et auPays de Galles jusqu'en 1972. Elles furent abolies avec les Quarter Sessions par le Courts Act 1971 et remplacées par une seule, et permanente, Crown Court (littéralement, « Cour de la Couronne »). Les Assizes entendaient les cas les plus sérieux, référés par les Quarter Sessions (des cours de comtés tenues quatre fois par année), alors que les offenses mineures étaient entendues par les Justices of the Peace lors de courtes sessions.






(2)  La Première Révolution anglaise (appelée English Civil War par les historiens britanniques), dont les épisodes se déroulèrent entre 1642 et 1651, est la conséquence de multiples événements passés, de la prise de pouvoir des Stuartsur le royaume d'Angleterre, au règne de Charles Ier. Cet événement aboutira à la mise en jugement du roi Charles Ier, puis à son exécution le 30 janvier 1649 à Whitehall près de Westminster. Cette révolution a aussi pour conséquence l'établissement d'une monarchie parlementaire. Cette révolution est le conflit le plus connu des guerres des Trois Royaumes. Elle est sans doute le commencement de ce qui fera la puissance de l'Angleterre aux  XVIII et XIXe siècles avec les colonies et la Révolution industrielle.









(3)   « Tête ronde » était le surnom donné aux puritains partisans du Parlement d'Angleterre pendant la Première Révolution anglaise (entre 1641 et 1649), appelés également Parliamentarians. Les Têtes rondes étaient dirigées par Oliver Cromwell. Leurs ennemis, les royalistes partisans du roi Charles Ier, étaient surnommés les Cavaliers.
Les Têtes rondes étaient également connues sous l'appellation Parliamentarian, alors que les Cavaliers l'étaient sous celle de Royalists.

Ces partisans créent plusieurs armées dites parlementaires, dont la célèbre New Model Army.

Pendant la guerre et un certain temps après, « Tête ronde » était considéré comme un terme de dérision — dans la New Model Army c'était une insulte digne de punition que d'appeler ainsi un soldat. Le nom est resté en usage jusqu'après la révolution anglaise de 1688 pour désigner ceux qui étaient de tendance républicaine.

Par la suite les Têtes rondes gagnèrent la guerre civile en 1651 ; Charles Ier avait été décapité en 1649





Puritan Roundhead parJohn Pettie



Origine du terme : Certains parmi les puritains, mais non tous, portaient des cheveux courts, ce qui constituait une différence visible entre eux et les hommes qui portaient des boucles longues à la mode de la Cour royale.

« Tête ronde » semble avoir été d'abord employée comme terme de dérision vers la fin de 1641, au moment où les discussions au Parlement sur le Bill d'exclusion des évêques provoquaient des émeutes à Westminster. Un témoin fiable dit de la foule qui se réunissait à cet endroit : « Très peu d'entre eux avaient des cheveux qui leur cachaient les oreilles, de là vient que ceux qui avec leurs cris s'en prenaient à Westminster reçurent le surnom de Têtes rondes. »

Selon John Rushworth (dans ses Historical Collections), le mot fut employé la première fois le 27 décembre1641 par un officier congédié appelé David Hide, dont on raconte que pendant une émeute il tira son épée et dit qu'il « allait couper la gorge de ces chiens à tête ronde qui beuglaient contre des évêques. »

Le principal conseiller de Charles II, le comte de Clarendon (History of the Rebellion, volume IV, page 121) remarque à ce sujet : « et c'est de ces oppositions que les deux termes de Tête ronde et de cavalier ont fini par passer dans la langue courante..., ceux que l'on regardait comme au service du roi étant appelés Cavaliers, et les autres, la canaille, furent flétris sous le nom de Têtes rondes. »

Richard Baxter attribue l'origine du terme à une remarque faite par le reine Henriette Marie au procès du comte de Strafford en novembre 1640 ; faisant allusion à John Pym, elle demanda qui était l'homme à la tête ronde.







(4) les cavaliers de l’armée du roi : Lors des guerres civiles anglaises, les Cavaliers sont la cavalerie des Royalists. Les plus mémorables d'entre eux ont servi sous le prince Rupert.




Antoine Van Dyck peint plusieurs cavaliers,
dont Charles Ier



Origine de l’expression : Leur apparence contraste avec celle des forces ennemies, les Parliamentarians, de par leurs cheveux longs et leurs vêtements embellis. Les forces parlementaires s'habillaient sobrement et portaient les cheveux courts.

C'est donc pour se moquer de l'origine noble de leurs ennemis que les forces parlementaires les nomment Cavaliers, mot dérivé du français « chevalier ». En représailles, ceux-ci donnent le surnom de Roundheads, c'est-à-dire « têtes rondes » aux premiers (surnom donné durant la première révolution d'Angleterre, 1642-1649), en référence à leur habitude de porter les cheveux très courts, et peut être également en référence à leur casque en fer rond.
À partir de 1679, les royalistes se firent nommés Tories à la place de Cavaliers.





(5)  La Première guerre civile anglaise (1642 à 1645) est le premier épisode de la Première Révolution anglaise. Il s'agit d'une série de conflits entre les forces des parlementaires et des royalistes. Les deux autres épisodes sont la Deuxième guerre civile anglaise (1648–1649) et la Troisième guerre civile anglaise (1649–1651).








(6) En Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande, une série de lois, les Witchcraft Acts, ont réglementé lasorcellerie et imposé des punitions pour sa pratique ou, plus tard, pour avoir prétendu la pratiquer.


Witchcraft Act de 1604 : En 1604, l'année après l'accession au trône d'Angleterre par Jacques 1er, l’Elizabethan Act fut élargi pour punir de mort sans avantage au clergé toute personne qui invoquait les mauvais esprits ou communiait avec des familiers. Son titre complet est An Act against Conjuration, Witchcraft and dealing with evil and wicked spirits, (2 Ja. I c. 12). Cette loi fut appliquée avec vigueur par Matthew Hopkins, Witch Finder Generall(« chasseur de sorcières en chef ») auto-proclamé.

Les Witchcraft Acts de 1562 et de 1604 changèrent la loi relative à la sorcellerie en la déclarant une félonie, retirant ainsi les accusés de la juridiction des cours ecclésiastiques et les faisant tomber sous la juridiction des cours de common law. En théorie, les personnes accusées de sorcellerie pouvaient profiter des avantages des procédures criminelles ordinaires. La mort par le bûcher fut remplacée par la mort par pendaison dans le cas de sorcellerie avérée, la seule exception étant la petite trahison, commise par un subordonné envers son supérieur. Toute personne qui était condamnée pour une petite offense de sorcellerie était punie d'une année d'emprisonnement. Si elle était accusée et déclarée coupable une deuxième fois, elle était pendue.







(7)  Sir Matthew Hale (1er novembre 1609-25 décembre 1676) fut un barrister  (a), un juge et un juriste anglais éminent. Fils d'un barrister, ses parents moururent alors qu'il avait cinq ans. Il fut élevé par l'un des frères de son père, un puritain strict dont il épousa la foi.




Portrait de Matthew Hale en vêtements d'apparat.



En 1626, il fut immatriculé au Magdalen Hall à Oxford (maintenant Hertford College) dans le but de devenir prêtre, mais après une série d'égarements, il décida de devenir barrister après avoir confronté un serjeant-at-Law lors d'une dispute touchant ses biens. Le 8 novembre 1628, il joignit Lincoln's Inn, d'où il fut appelé à la barre le 17 mai 1636.

En tant que barrister, Hale défendit plusieurs cavaliers notables avant et pendant la Première guerre civile anglaise, dont Thomas Wentworth et William Laud. Même si les royalistes perdirent la guerre, sa réputation d'intégrité et sa neutralité politique le protégèrent de répercussions néfastes.

Dans le Commonwealth de l'Angleterre, il fut nommé président de la Hale Commission, qui étudia différentes réformes de la loi anglaise. Lorsque la commission fut dissoute, Oliver Cromwell le nomma Justice of the Common Pleas.
Il est aussi connu pour son traité Historia Placitorum Coronæ (Histoire des plaidoyers de la Couronne).


(a)  Un barrister (mot que l'on peut traduire par « avocat plaidant »1), est un type d'avocat de haut niveau exerçant son métier dans un pays de common law qui conseille, conduit le procès et défend la cause par la plaidoirie et par écrit. Il jouit ainsi du monopole de l'assistance et de la plaidoirie, ainsi que de la rédaction des écritures telles que mémoires (pleadings) et consultations.






(08) En droit de l'Angleterre, le Chief Baron of the Exchequer fut le premier « baron » (c'est-à-dire juge) de l’Exchequer of pleas (« cour de l'Échiquier »). « En l'absence du trésorier de l'Échiquier ou Premier Lord du Trésor, et du chancelier de l'Échiquier, il était celui qui présidait à l’equity court et répondait à la barre c'est-à-dire parlait pour la cour». Dans la pratique, il tenait la plus haute position à l’Exchequer of pleas.







(9)  Thomas Browne (19 octobre 1605 à Londres en Angleterre - 19 octobre1682 à Norwich en Angleterre) était un écrivain anglican anglais dont les œuvres couvrent une large palette de domaines incluant la médecine, la religion, la science, la sociologie et l'ésotérisme.









Thomas Browne est né le 19 octobre 1605 à Cheapside, Londres. Son père meurt en 1613.
Il fait ses études à l'université d'Oxford. Il obtient son Bachelor of Arts en 1626 à Pembroke College, et son Master of Arts en 1629. Il étudie ensuite la médecine à Montpellier, Padoue et Leyde où il est diplômé en décembre 1633.
Il s'installe comme médecin près de Halifax, puis Norwich à partir de 1637, année où son diplôme de médecin est reconnu par l'université d'Oxford. Il se marie en 1641.



Il vécut lors de la Première Révolution anglaise.
Il est un contemporain de l'éditeur et journaliste Théophraste Renaudot qui a créé le premier périodique français.
C'est aussi l'époque de la contre-réforme catholique et ses écrits ont un retentissement jusque dans les empires portugais et espagnols.







(10)  Religio Medici (La Religion d'un médecin) est une œuvre de Sir Thomas Browne publiée en 1643 après avoir été imprimée l'année précédente à l'insu de l'auteur. Cet essai, qui tient du testament spirituel d'un médecin et de l'autobiographie d'un philosophe, connut un grand succès en Europe et demeure l'un des classiques de la littérature britannique. Il a été traduit en plusieurs langues, dont le latin dès 1644, ce qui lui a acquis une audience internationale, puis le français (par Nicolas Lefèvre en 1668), l'allemand (par Lavater en 1746) et le flamand.









(11)   John Hale (né le 3 juin 1636 à Charlestown, Massachusetts, États-Unis - mort le 15 mai 1700) fut le pasteur de la Church of Christ à Beverly au Massachusetts, lors des procès des sorcières de Salem en 1692. Il fut l'un des hommes du clergé les plus en vue et parmi les plus influents qui furent associés aux procès. Initialement, il donna son appui aux procès, mais changea d'avis lorsque sa deuxième femme fut accusée de sorcellerie1. Son ouvrage critique de la chasse aux sorcières, Modest Inquiry into the Nature of Witchcraft, fut publié à titre posthume2.








(12)  Cotton Mather (12 février 1663, Boston, Massachusetts, États-Unis -13 février 1728, Boston, Massachusetts, États-Unis) était un ministre du culte puritain, auteur prolifique et pamphlétaire, fils du révérend Increase Mather.



Cotton Mather, 1688, par John van der Spriett


Cotton Mather se distingua très vite par sa précocité et obtint sa licence (B.A.) de l'université d'Harvard à l'âge de 15 ans, en 1678. Après sa maîtrise (M.A.), il rejoignit son père à la North Church de Boston comme pasteur assistant. Il ne devint pasteur en titre qu'à la mort de son père en1723.
Auteur de plus de 450 livres et pamphlets, ses travaux littéraires omniprésents firent de lui l'un des chefs religieux les plus influents aux États-Unis. Il participa ainsi à l'élaboration d'une forme de discours moral traditionaliste et appela les deuxième et troisième générations de puritains à un retour aux sources théologiques du puritanisme.

Cotton Mather appuya son père lorsque celui-ci mettait en garde les juges des procès des sorcières de Salem contre la recevabilité des témoignages de spectres (témoignages de victimes de sorcellerie affirmant avoir été attaquées par un fantôme prenant la forme de quelqu'un qu'elles connaissaient). Il eut également un rôle éminent dans la promotion du vaccin contre la variole, bravant la désapprobation de la communauté puritaine et allant jusqu'à inoculer son propre fils, qui faillit en mourir.
Complexé par la stature de son père et de ses deux grands-pères, Richard Mather et John Cotton, Cotton Mather eut le seul tort, malgré un esprit curieux et inventif, de chercher à les égaler dans le soutien inconditionnel au mouvement puritain, dont il n'aperçut pas qu'il devenait de plus en plus archaïque dans une société en pleine évolution.








(13)  Le lord juge en chef d'Angleterre et du Pays de Galles (anglais : Lord Chief Justice of England and Wales) était, historiquement, le deuxième juge dans la hiérarchie des tribunaux anglais et gallois (Courts of England and Wales) après le Lord Chancelier.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Dim 23 Oct - 21:56






Nous sommes au début 1600, époque où l’on croyait beaucoup au diable et où l’on faisait la chasse aux sorcières. Au 17e siècle de nombreux sorciers et sorcières ont été brûlées sur un bucher pour avoir pactisé avec le diable.

A cette époque qualifiée de moderne avec la naissance de la science moderne grâce à Galilée, la religion catholique gouvernait encore la France et la peur du diable était tenace. En effet, il suffisait qu’une personne ait une crise d’épilepsie pour être considérée comme possédée. Les exorcismes pratiqués sur de pauvres gens souffrant de névrose ou de psychose étaient nombreux. Une femme un peu trop frivole était forcément une sorcière donc brûlée sur un bucher. Un homme ayant fait fortune trop rapidement avait forcément pactisé avec le diable. C’était l’époque où les messes sataniques étaient données lors du sabbat. Une époque obscure où était ramené au diable et où la superstition était omniprésente.


C’est dans ce contexte un peu trouble que le père Louis Gaufridi, prêtre à Aix-en-Provence, fut accusé de sorcellerie et d’avoir causé la possession des religieuses Ursulines d’Aix. Il fut brûlé vif le 30 avril 1611 par des Prêcheurs d’Aix-en-Provence et les sœurs subirent de nombreux exorcisme. La principale victime du père Gaufridi avait été Madeleine de Demandolx de la Palud, une jeune religieuse de 17 ans.
(source : http://possession-et-damnation.fr/home/les-possedees-daix-en-provence)











SOURCE :
Wikipédia
http://possession-et-damnation.fr
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Lun 24 Oct - 13:21

Les possessions d’Aix-en-Chapelle sont une affaire d’hystérie collective qui se  déroula en Provence au début du XVIIe siècle où elles furent qualifiées de séduction diabolique. Les acteurs en sont Louis Gaufridi, moine bénédictin de Saint-Victor de Marseille et curé des Accoules (1), ainsi que des religieuses ursulines d’Aix-en-Provence dont les sœurs Madelaines de damandolx de La Palud et Louise Capeau qui se déclarèrent ensorcelée par sa faute. En dépit de puissants soutiens, dont celui des archevêques d’Avignon et d’Aix-en-Provence, le prêtre fut décrét coupable, après avoir été convaincu de sorcellerie et de magie. Il fut brûlé vif sur la place de Prêcheurs, à Aix, le 30 avril 1611.









Louis-Jean-Baptiste Gaufridi, fils d’un berger du village de Beauvezer, près de Colmars, dans la haute vallée du Verdon, naquit en 1572. Son oncle Cristol Gaufridi, curé de Pourrières, le trouva fort vif d’esprit et avide de savoir. Il convainquit ses parents de le faire entrer dans les ordres. Il fut installé à Pourrières, dans le presbytère, où il apprit la lecture, l’écriture, un peu de latin, le rituel liturgique et l’administration des sacrements. C’est là qu’il découvrit un vieux traité de kabbale (2) qui devint un de ses sujets favori d’étude. A 18 ans, il partit à Arles poursuivre des études de théologie jusqu’à la prêtrise.


Il choisit de prendre la robe dans l’abbaye Saint-Victor de Marseille (3). Ordonné prêtre il célébra sa premier messe à Beauvezer. il se fixa à Marseille en 1595. Desservant plusieurs paroisses, il devint curé des Accoules. Cette charge fort lucrative fut obtenue grâce à l’appui de la famille Demandolx de la Palud, originaire de Beauvezer.  La règle  des victorins s’étant très relâchée, il déserta son monastère pour loger en ville, où il se révéla être un homme fort enjoué, aimant la bonne chère et n’hésitant pas à pimenter les repas de ses saillies. Son enjouement plut aux Demandolx de la Palud dont il devint familier.


Devenu le directeur spirituel de la mère et de ses trois filles, il fut chargé de l’éducation religieuse de la plus jeune, Madelaine qu’il avait vu naitre. Il lui fit faire sa première communion, puis influença sa famille pour qu’elle fût placée chez les Ursulines. Le curé s’enticha de Madeleine, qu’il suivit tout au long de son noviciat. Elle fit partie de ses filles spirituelles qui le rejoignaient chaque soir. Elles étaient censées entretenir, avec leur confesseur, des conversations édifiantes, mais pas toujours innocentes.





Chapelle des ursulines





Âgée de 17 ans, émotive et instable, elle fut plusieurs fois renvoyée chez ses parents pour dépression. Les signes de la présence de démons furent censés apparaitre, chez Madeleine, au cours de l’année 1609. Cette rumeur parvint aux oreilles de Catherine de Gaumer, mère supérieure des Ursulines de Marseille. Elle  en averti la mère de Madeleine, et firent savoir au prêtre que ses assiduités devraient cesser immédiatement. Madeleine fut cloîtrée sous la surveillance directe de la mère Gaumer. Sur les insistances de sa supérieure, elle révéla l’histoire complète de ses relations avec Gaufridi. Afin de prévenir d’autres dommages et de stopper toute association avec le prêtre, la novice fut transférée au couvent d’Aix.









Le mal de Madeleine s’aggrava aux Ursulines d’Aix. Elle eut des visions et des crises au milieu des offices. Ses supérieures, et le confesseur, du couvent en recherchèrent les causes. Elle avoua alors qu’on lui avait ravi sa virginité et vouée au diable.


Face à  l’incrédulité de son entourage, Madeleine fut en proie à ce que l’on considéra comme une incontestable possession démoniaque ; son corps devint tordu, et dans un accès de rage, elle détruisit un crucifix. Il fut prescrit un exorcisme (4) pour faire sortir les démons de son corps. Le  père J.-B. Bomillon, supérieur des prêtres de la Doctrine chrétienne l’exorcisa pendant plus d’une année.






Nonnes pactisant avec le diable






Non seulement les premières tentatives se révélèrent inopérantes, mais lors des suivantes, la jeune fille affirma qu’un prêtre l’avait ensorcelée, qu’il était un adorateur du diable et qu’il avait copulé avec elle depuis qu’elle avait 17 ans.



L’ambiance était telle que trois autres religieuses se déclarèrent bientôt possédées par des démons, et à la fin de l’année, ce nombre passa à huit. Louise Capeau, née de parents hérétiques fut considérée comme la plus possédée, ayant des délires et des contorsions corporelles encore plus prononcés que ceux de Madeleine.


La situation au couvent des Ursulines devint telle que Bomillon, complètement dépassé, conduisit Madeleine et Louise  à la Sainte-Baume, Sébastien Michaëlis (5), Grand Inquisiteur et prieur de Saint-Maximin, prit l’affaire en mains, aidés des inquisiteurs Domptius, un exorciste flamand, et Billet. Les moines firent rapidement leur bilan : Madeleine était possédée d’une foule de démons sous la gouverne de Belzébuth (6) et Astaroth (7), quand à Louise elle n’était possédée que par trois subalternes : Verrine, Sonneillon et Grésille.


Le 19 décembre 1610, un des démons de Louise, après avoir beuglé plusieurs fois, apostropha Madeleine en disant : « Louise est possédée, elle subit ce malheur pour toi. Louise est ton pleige (ta caution) ».
Verrine, démon très loquace, appela Madeleine à faire pénitence, puis il invectiva Gaufridi en l’accusant d’être magicien, ce qui surprit, car nul encore ne le soupçonnait.


Après que le démon Vérinne eut accusé Gaufridi d’être la cause de la possession de Madeleine, l’exorciste Domptius comptabilisa que 666 démons était en possession de son corps. Il somma Gaufridi de quitter sa paroisse pour exorciser. Louise Capeau, dès qu’elle le vit, l’accusa d’être un sorcier et un cannibale. Elle révéla qu’il avait séduit Madeleine, qu’il la conduisit dans une grotte sur les propriétés de son père, où elle ne trouva que des diables que Gaufridi appelait ses bons amis. Elle fut marquée à l’annulaire avec poinçon, puis montée par l’un d’eux qui la déflora, dut signer des cédules et devint princesse du sabbat. Son séducteur, pour l’empêcher de s’échapper, lui souffla des charmes afin de renforcer sa possession.









Prenant trop à la légère cette dangereuse accusation, Gaufridi répliqua : « si j’étais un sorcier, j’aurai certainement donné mon âme à un millier de diables ». Cette boutade, prise par les inquisiteurs comme un aveu de culpabilité, conduit immédiatement le prêtre en prison. Il fut mis dans une geôle située dans un souterrain derrière le maitre-autel du convent  des dominicains et qui était dite « grotte de la Pénitence ».






Couvent des dominicains à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume




Quatre dominicains furent chargés de la garder jour et nuit. Le 24 janvier 1611, les inquisiteurs ne pouvaient fermer l’œil, tous  entendirent une musique infernale  au-dessus des bois de la Sainte-Baume, le curé des Accoules ayant, selon eux, trainé ses démons derrière lui. Il y avait bien là plus de cent voix de femmes et d’enfants chantant à tue-tête : «les sabbats se célébraient de plus belle, autour de la grotte surtout, parmi les fourrés et les rochers, par les sentiers et la montagne. C’était la nuit principalement. Dans les ténèbres montaient des voix d’hommes et de femmes, au-dessus de la Sainte-Baume, sans que l’on ne pût distinguer ce qu’ils disaient. On voyait plusieurs lumières en la plaine qui est au-dessous. Les lumières étaient comme des torches, ces hurlements et ces voix duraient environ deux heures ».






La Sainte Baume




Tout ce grand vacarme provenait, affirmèrent les inquisiteurs, de la synagogue des sorciers qui faisaient leur sabbat. De plus, ils ne pouvaient se contenter de baisers, d’attouchements et autres privautés. Ils mirent le curé des Accoules à la question et lui firent avouer qu’il
« lui mit la main sur la bouche et sur le front et puis où logeait sa virginité ». Et là lui souffla dessus pour qu’elle le désira, compléta le curé, expliquant qu’il provoquait un maléfice amatoire par son souffle. Il crut bon d’ajouter : «Elle me venoit chercher aux champs, à l’église et vouloit que je fusse trois jours chez son père. Aussi, l’ai-je cognüe comme je voulois ».






Madeleine, mère, sœur et fille des dominicains




Quand à Verrine, il continuait à disserter par la bouche de Louise sur les dogmes du christianisme, et come la possédée comprenait et parlait le latin, il remarqua ironquement : «  les parents de Louise, qui étaient hérétiques, auront sans doute appris à leur fille, qui ne sait que depuis fort peu de temps son Confiteor, le latin des exorcismes ».



Les doutes sur la possession de Louise, considérée comme une fille ignorante et naïve, firent place à la certitude tant elle disait «  de choses admirables dont ne saurait ici donner une idée ». Le père Billet, un des inquisiteurs dans une lettre aux pères de la Doctrine, les engagea à venir rapidement pour entendre « des choses vraiment inouïes et si belles, qu’on les croirait difficilement si on ne les voyait. Venez donc, vous autres, me direz que je suis trop facile à croire, mais venez et verrez, je ne suis pas seul ; si je me suis trompé, il y en a bien d’autres que je dois croire plus capables que moi ».


Toujours par la bouche de Louise, Verrine affirma que Gaufridi avait commis toutes les formes imaginables de perversion sexuelle. Les inquisiteurs ordonnèrent alors de fouiller dans sa maison pour trouver des libres magiques ou des objets l’incriminant. La fouille ne donna rien, mais l’enquête révéla que le curé dans sa paroisse était un homme fort bien considéré. Car beaucoup refusait de croire Gaufridi coupable, tant il jouissait d’une bonne réputation.


Nombre de personnes bien placées éprouvaient pour lui  pitié et estime. Elles traitaient ouvertement les accusations dont il était l’objet «  de fausseté d’ineptie et de folie ».  Il fut même proposé que toute cette affaire fût cassée lors d’un synode (08), après avoir été déclarée vaine et mensongère. L’inquisiteur Domptius fut même incarcéré pendant quelques  heures.

Et les soutiens de Gaufridi réussirent même à le faire élargir. Il fut libéré le 8 janvier 1611. Fort de ces appuis, Gaufridi demanda alors que son nom fut rayé du procès-verbal et que ses accusatrices fussent punies. Puis il s’en fut à Avignon solliciter Philippe Philonardi, le vice-légat, pour obtenir du pape Paul V (9) la déclaration de son innocence. Ce qui lui fut refusée. Du coup Jacques Turricella (10) l’évêque de Marseille, chargea quatre chanoines de lui faire rejoindre une cellule.


Domptius, persuadé de la possession et de la magie de Gaufridi, fut convoqué par le théologal d’Etienne Dulci, l’archevêque d’Avignon et le vicaire général de Paul Hurault de L’Hôpital, l’archevêque d’Aix. Tous deux lui firent savoir que les archevêques n’étaient pas d’avis qu’on poursuivît l’accusé.










Le Grand Inquisiteur Michaélis restait déterminé à prouver sa culpabilité. Le 5 février, il se rendit à Aix pour être reçu en audience par le premier président Guillaume du Vair (11) du parlement. Il lui fit le récit des évènements qui s’étaient déroules depuis le 1er janvier. Il conclut que tout prouvait que les filles étaient possédées et que Gaufridi en était le responsable.







Guillaume du Vair




Le Parlement de Provence (12) se saisit de l’affaire et le 17 février, Madeleine fut présentée au président du Vair. Elle lui raconta ses déboires et, à sa demande, lui montra ses marques sataniques. Le 19, un conseiller fut chargé d’informer sur le crime de magie.


Le 20 février, Gaufridi fut mis au cachot et n’en sortit que pour aller en prison. Cette fois, il fut incarcéré à Aix, dans le palais des comtes de Provence. Un nouveau charivari nocturne fut déclenché en cours de nuit par les hululements d’un chat-huant (13) qui vola près de la prison et les aboiements des chiens qui lui répondirent.


A Aix, Madeleine fut livrée, encore une fois, aux mains des inquisiteurs qui cherchèrent à nouveau sur tout son corps les marques diaboliques. Puis, ils la menèrent à  la Cathédrale Saint-Sauveur (14) où elle fut dirigée au sous-sol vers l’ossuaire (15). Sébastien Michaélis, prétextant qu’il lui fallait connaitre la contenance de ses démons mis en contact avec les saintes reliques, lui fit passer deux nuits au milieu des ossements. Le 24 février, Antoine Mérindol, un docteur en médecine, examina la religieuse et attesta qu’elle était possédée.


Les tortures qu’on lui fit subir, lors des interrogatoires, étaient telles qu’elles nécessitaient la présence de plusieurs hommes pour la contraindre. Le 26 février 1611, les inquisiteurs inquiets firent venir deux médecins et un chirurgien pour observer des réactions étranges dans la tête de Madeleine. Sa peau remuait sur son crâne à la façon de celle des grenouilles. Il fallut l’exorciser pour faire cesser cette réaction.  Puis Madeleine se mit à faire ce qui fut qualifié de « mouvements déshonnêtes ». Les médecins ne purent les réprimer, quant à la religieuse, elle répondit que de son côté, «  elle ne le pouvait en nulle façon ». Les hommes de l’art reconnurent que ces choses étaient vraiment surnaturelles. Le 27, ces professeurs de l’université d’Aix, à la demande de Michaélis rédigèrent un rapport sur la défloration de Madeleine. Il y était aussi affirmé que des marques avaient été trouvées et que des épingles y pénétraient sans qu’elle les sentit.


Le 5 mars, Madeleine et Gaufridi furent confrontés. Elle l’apostropha en lui disant que : « il y a quatre points principaux que vous ne pouvez nier. Premièrement vous m’avez déflorée chez mon père, puis vous m’avez conduite au sabbat, là vous m’avez fait marquer. Enfin vous avez envoyé des diables pour me posséder lorsque j’ai voulu entrer aux Ursulines ».


L’ancien curé des Accoules nia fermement en s’exclamant « Par Dieu le Père, par Dieu le fils, la Vierge, Saint Jean… ». Ce qui lui valut cette réplique : « je connais ce jurement, par Dieu le Père, vous entendez Lucifer, par le Fils, Belzébuth, par le Saint-Esprit, Léviathan, par la Vierge, la mère de l’Antechrist, et par Saint Jean, le précurseur de l’Antechrist. C’est le serment de la synagogue ».


Le soir du même jour, les médecins et chirurgiens dépouillèrent Gaufridi pour rechercher sur son corps des marques diaboliques. Après lui avoir bandé les yeux, ils le piquèrent en divers points et dressèrent leur procès-verbal.  Quand il fut rendu public, il y était certifié qu’ils avaient repéré trois marques insensibles. Le prêtre fit observer que le démon pouvait marquer un innocent. Il fut soutenu par des jurisconsultes et des théologiens. Mais cette thèse fut battue en brèche par Michaélis qui tenait son coupable.



Dès l’ouverture du procès, Madeleine, tout en se balaçant machinalement, dénonça Gaufridi comme un adorateur du diable et sorcier. Elle l’accusa aussi de cannibalisme puis, se tournant vers lui, le supplia de lui adresser un mot doux. Face à son mutisme, elle fit savoir que, tous les soirs, des sorciers venaient la frotter et l’enduire. Tout comme le faisait le curé des Accoules quand il l’amenait dans les garrigues de Marseilelveyre. C’est là qu’elle avait été « ointe baptisée, du baptême des sorciers, marquée aux reins, au cœur sur la tête » puis le prêtre lui avait fait signer une cédule (16) avec son sang. Le curé lui donna alors Asmodée (17), un démon, chargé de « l’assister, la servir et la conserver et pour de plus fort l’eschaufer en amour ». Après que les juges eurent trouvé sur son corps la marque du Diable, par deux fois, elle tenta de se suicider en se jetant par la fenêtre puis en se frappant de coups de couteau.


Gaufridi fut amené dans le prétoire, après avoir subi des tortures lors de son séjour en prison. Un pacte avec le Diable fut produit en justice prétendument signé par le propre sang du prêtre. Et il lui fut reproché d’avoir voulu se confesser, le 11 mars, tout en étant fort peu contrit.


Quand Madeleine fut questionnée sur le sabbat, elle déclara : «  qu’il se tenait tous les jours depuis sa conversion ; avant, c’était seulement trois fois dans la semaine, de onze heures du soir à trois heures du matin ». Pressée d’entrer dans les détails, elle raconta comment elle s’y rendait par les airs, les gens qu’elle y rencontrait en particulier ceux chargés de tuer ou de déterrer les enfants morts.  Puis elle s’appesantit sur les fonctions de son amant, prince de la synagogue et lieutenant de Lucifer.


Gaufridi, à son tour, avoua aussi avoir participé au Sabbat en compagnie de sorcières. Les inquisiteurs le contraignirent à l’écrire. Il y indiqua notamment qu’il avait participé aux synagogues des sorciers deux fois à la Baume Roland, près de Marseille, trois fois à la Baume Loubière, à Château-Gombert et une fois à la Sainte-Baume.



Il fut même produit un aveu signé de sa main disant qu’il avait célébré une messe noire(18) , afin d’asseoir sa possession sur les femmes : «Plus d’un millier de personnes ont été empoisonnées par l’irrésistible attrait de mon souffle qui les remplit de passion. La Dame de la Palud, la mère de Madeleine, a été fasciné comme tant d’autres. Mais Madeleine a été prise avec un amour irraisonnée et se livra à moi à la fois dans le sabbat et l’extérieur du sabbat…J’ai été marqué lors du sabbat de mon plein gré et j’ai fait marquer Madeleine sur sa tête, sur son ventre, sur ses jambes, sur ses cuisses, sur ses pieds ». Après une telle description, même extorquée sous la torture, pour le Parlement d’Aix-en-Provence il n’y avait plus à tergiverser.


Le 26, il revint sur ses aveux en affirmant devant tous les Parlementaires qu’il se donnerait à tous les diables s’il n’était pas innocent. La rétractation des aveux, aux yeux de la cour était inutile, la confession signée et le pacte d’allégeance étaient des preuves suffisantes pour condamner le prêtre à  être brûlé comme coupable de magie, sorcellerie, impiété, et abominable luxure.


Le 1er avril, jour du vendredi saint, le prêtre touché de la grâce se repentit, selon Michaelis.  Il lui avait imposé, durant tout le carême, la présence de deux capucins (19) qui l’avaient exhorté à reconnaitre ses crimes. Il céda en disant : « Le démon m’accuse du crime de magie, c’est vrai, car je suis magicien ».


Le 22 avril, Gaufridi fut présenté à Joseph Pelicot, prévôt de la cathédrale d’Aix et vicaire général, ainsi qu’à plusieurs exorcistes. Ils lui imposèrent un ultime exorcisme pour chasser Belzébuth de son corps et sauver son âme. Ils se retirèrent satisfait expliquant avoir accompli leur missioni. Gaufridi parut alors devant l’archevêque en compagnie de Louise, toujours habitée par ses démons. Il abjura solennellement et demanda pardon à Madeleine. A la demande du prélat, il s’engagea à coucher par écrit ses aveux.








Après que la sentence de mort eut été proclamée, les inquisiteurs le mire à nouveau à la question ordinaire et extraordinaire pour tenter d’obtenir les noms de ses complices. Le 30 avril 1611, eut lieu l’exécution de l’arrêt du Parlement de Provence. L’évêque de Marseille se chargea préalablement de le dégrader puis après avoir officiellement demandé pardon à Dieu, Gaufridi, tête et pieds nus, une corde autour du cou, fut livré à ses bourreaux pour être exécuté. Escorté par des archers, il fut trainé dans les rues d’Aix pendant cinq heures avant d’arriver sur la place des Pêcheurs, le lieu d’exécution. Il lui fut accordé la grâce d’être étranglé au moment où il montait sur le bûcher.






Place des Prêcheurs, la fontaine et sa colonne
marquent l'emplacement du bûcher






Cette affaire a donné lieu à une aventure grandguignolesque. Un des greffiers de l’instruction, Antoine de Thoron rapporte : «Or, il arriva, pendant qu’on travaillait à visite du procès,  une histoire plaisante. Plusieurs témoins de l’information avoient déposé que Gaufridi se transportoit au sabbat, après s’être frotté d’une certaine huile magique, et qu’il revenoit ensuite dans sa chambre par le tuyau de la cheminée. Dans le temps qu’on lisoit ces dépositions, on entendit un grand bruit dans la cheminée, et à  l’instant tous les juges en virent sortir un grand homme noir qui secouoit sa tête. Les juges s’enfuirent presque tous. Pour moi, qui restoi au bureau, je lui demandoi qui il étoit, et il me répondit fort effrayé, qu’il étoit un ramoneur qui, après avoir ramoné la cheminée de MM. des comptes, dont le tuyau joignoit celle de la chambre Tournelle, s’étoit méprisi en descendant, et avoit passé par la cheminée du parlement ».


La bravoure de Thoron a été tempérée par d’autres témoignages qui indiquent que c’est sa robe de magistrat coincée qui l’empêcha de s’enfuir. Mort de peur, il implora le ciel et se signa maintes fois avant de pouvoir converser avec le ramoneur.


Aussitôt après la mort du magicien, Marguerite de Burlefut, une autre ursuline, se déclara délivrée de ses démons. Les jours suivants, ce fut le tour des autres possédées qui se considérèrent comme guéries. Chez Louise, Sonneillon et de Gresille disparurent suel resta Verrine. La mort de son amant priva Madeleine Demandolx de la Palud de la vue et de l’ouïe. Elle refusa même de s’alimenter. Mais le jour de la Pentecôte, Asmodée la quitta et elle se rétablit. Le jour de Pâques, ses marques diaboliques disparurent. Seul resta en elel, Belzébuth par permission divine.



Madeleine et Louise Capeau furent exclues du couvent, mais la maitresse du curé des Accoules resta sous la surveillance de l’Inquisition. Madeleine fut exilée loin de Marseille, et assignée à résidence à Châteauvieux (20), près de Castellane. Elle y vécut d’abord comme une sainte. Mais pourtant, des décennies après le supplice de Gaufridi, elle fut à nouveau accusée de sorcellerie en 1642, puis en 1652. Elle se défendit énergiquement, mais au cours de son second procès sur son corps fut à nouveau trouvée la marque du Diable ce qui lui valut d’être condamnée à la prison perpétuelle. A un âge avancé, elle fut libérée, confiée à la garde d’un parent, et mourut à châteauvieux en 1670, à l’âge de 77 ans.


Après avoir été supplicié, les cendres du curé des Accoules avaient été jetés au vent. Ce fut une « semence admirable » puisque la folie des ursulines d’aix fut contagieuse, et gagna nombre de couvents de filles en Provence. Les nonnes s’y livrèrent à d’étranges convulsions, jurant qu’elles étaient pleines de diables. Quelques bûchers eurent raison de ce déferlement d’érotisme conventuel dont celui des sorcières de Cassis en 1614.








(1)  Les Accoules est un quartier du vieux Marseille situé sur la rive nord du Vieux-Port, au sud du quartier du Panier. C'est dans ce quartier que se situait jusqu'en 1862 le site de l'observatoire de Marseille dans la maison Sainte-Croix, propriété des jésuites, rue Montée des Accoules.





L'église des Accoules







(2) Cabbale ou Qabale en français) est une tradition ésotérique du judaïsme, présentée comme la « Loi orale et secrète » donnée par YHWH (Dieu) à Moïse sur le mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » (la Torah). Elle trouve sa source dans les courants mystiques du judaïsme synagogal antique.

Le Baal Hasoulam (Yehouda Ashlag), kabbaliste du XXe siècle, en donne la définition suivante : « Cette sagesse n'est ni plus ni moins que l'ordre des racines, descendant à la manière d'une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s'unissant au nom d'un but unique et exalté, décrit par le nom « révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde » ». Georges Lahy définit la kabbale comme « la dimension interne de la Torah, correspondant au sod (la connaissance secrète) des quatre niveaux de l'intérieur de la Torah (connus sous le nom de pardès) » :Peshat, Remez, Drash, Sod.

Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapprochent spirituellement l'homme de Dieu, ce qui confère à l'homme un plus grand discernement sur l'œuvre de la Création par Dieu. Outre des prophéties messianiques, la Kabbale peut ainsi se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme.

Dans Morals And Dogma, Albert Pike déclare que la franc-maçonnerie est un produit de la kabbale1. Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le Centre de la Kabbale qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique Madonna, mais qui est dénoncé comme imposture par les rabbins traditionalistes.






(3)  L’abbaye Saint-Victor de Marseille a été fondée au Ve siècle par Jean Cassien, à proximité des tombes de martyrs de Marseille, parmi lesquels saint Victor de Marseille († en 303 ou 304), qui lui donna son nom. L'abbaye prit une importance considérable au tournant du premier millénaire par son rayonnement dans toute la Provence. L'un de ses abbés, Guillaume de Grimoard, fut élu pape en 1362 sous le nom d'Urbain V. À partir du XVe siècle, l'abbaye entama un déclin irrémédiable.

Depuis plus de 1 500 ans, Saint-Victor est un des hauts lieux du catholicisme dans le sud de la France, et bien que le monastère ait été démantelé à la Révolution, l'église reste toujours affectée au culte.

En 1968, le maire de Marseille Gaston Defferre fait replacer dans les cryptes de l’abbaye la riche collection de sarcophages de la fin du IVe siècle à la première moitié du Ve siècle que contenait l’église. Ces sarcophages étaient précédemment exposés au musée du château Borély. Ce transfert fait de l’abbaye de Saint-Victor le musée d'art chrétien du premier millénaire le plus important en Provence après celui d’Arles.



Tour de l'abbaye fortifiée de Saint-Victor, Marseille


L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840 et par la Liste de 18623. En 1934, l'abbatiale est élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie XI.







(4)  L’exorcisme est un rituel religieux destiné à expulser une entité spirituelle maléfique qui se serait emparée d'un être animé (humain ou animal) et, plus rarement, inanimé (objet). On peut appeler cela un démon.






(5)  Sébastien Michaëlis est un Dominicain français né vers 1543 à Saint-Zacharie et mort le 5 mai 1618 à Paris. Il est à l'origine d'un projet de réforme au sein de l'ordre dominicain et se retrouve au cœur d'une affaire de possession à Aix entre 1610 et 1611. Il intervient dans le contexte des guerres de religion et de la grande vague des affaires de possession des XVIe et XVIIe siècles.







(6)  Belzébuth (arabe : بعل الذباب, Ba‘al adh-Dhubāb ; hébreu : בעל זבוב, Baʿal Zəbûb ; grec : Βεελζεβούλ, Beelzeboúl ; latin : Beelzebūb : Seigneur de tout ce qui vole) est un dieu du monde sémite vraisemblablement vénéré à Éqrôn (ou Accaron). Dans des sources principalement bibliques et postérieures aux textes vétéro-testamentaires, Belzébuth est un démon, un des princes couronnés de l'Enfer. Les Philistins anciens l'adoreraient sous le nom de "Baalzebub". Il est aussi connu sous le nom de "Enlil", "Bel", ou bien encore comme le Démon goétique "Bael".





Belzébuth, planche issue du Dictionnaire
infernal (Paris, 1863).








(7) Astaroth est un démon, Grand-duc très puissant et trésorier des Enfers. Il aurait été investigateur de plusieurs possessions. La Bible mentionne Astaroth sous le nom de la déesse Astarté. Il essaie de sortir des limbes mais en est empêché 12 fois. Il lui faudra y rester jusqu'à la fin des temps.





Illustration d'Astaroth tiré du dictionnaire infernal







(08)  Au sein du christianisme, le synode est une réunion, une assemblée délibérative d'ecclésiastiques. Les termes « synode » et « concile » furent longtemps synonymes et interchangeables, sauf au niveau local, où a toujours été employée la désignation de synode diocésain et non pas concile.
Depuis la fin du XXe siècle, les Églises tendent à réserver le terme de « concile » aux assemblées œcuméniques, catholiques ou orthodoxes.






(9) Camille Borghèse (it. : Camillo Borghese), né à Rome le17 septembre 1550, mort à Rome le 28 janvier 1621), fut élu pape le 16 mai 1605 sous le nom de Paul V (en latin Paulus V, en italien Paolo V).

Descendant d'une grande famille de Sienne, Camillo Borghese suit des études de droit canonique à l'université de Pérouse, puis à l'université de Bologne. Il entre ensuite dans la Curie romaine. En 1596, Clément VIII le nomme cardinal. Il est élevé au titre de cardinal-prêtre de San Crisogonoen 1602.






(10) Jacques Turricella, né vers 1550 à Florence, est un noble toscan, religieux de l’étroite observance de Saint-François, Docteur en théologie, confesseur de la Reine Marie de Médicis, évêque de Marseille (1605-1618). Il meurt empoisonné le 19 janvier 1618.







(11)  Guillaume du Vair, né à Paris le 7 mars 1556 et mort à Tonneins le 3 août 1621, était un prélat, homme politique et écrivain moraliste français. Garde des sceaux sous Louis XIII, il disait de son père, le savant jurisconsulte Jean du Vair, qu'il avait toujours gardé l'accent du village de Tournemire dont ils étaient originaires. Traducteur d'Épictète, Du Vair prônait l'acceptation stoïque de « la condition humaine ». Face à un monde corrompu, il préférait le devoir civique au retrait monastique, comme il l’a dit dans son Exhortation à la vie civile (1606).

Fils d'un avocat de Clermont, il obtient une licence de droit à l'âge de 14 ans. Il voyage en Italie, en Flandre et en Angleterre, puis est conseiller clerc auprès du parlement de Paris. Il s'oppose à la fois à la Ligue et à Henri III.





(12)  Le parlement d'Aix ou parlement de Provence est un parlement d'Ancien Régime mis en place à Aix en1501, à la suite de l'union perpétuelle du comté de Provence au Royaume de France en 1487.

Le parlement d’Aix fut mis en place à Aix en 1501 par Louis XII, peu après l'union perpétuelle de la Provence à la France en 1482 par Louis XI. Par ses lettres patentes données à Lyon en juillet 1501, il établit un parlement de Provence en la ville d'Aix, composé d'un président et onze conseillers dont quatre clercs et sept laïques.

La Cour dispose d'un avocat général, d'un procureur des pauvres, de quatre secrétaires et greffiers et de trois huissiers. Le véritable chef de ce collège est le grand sénéchal. Il représente le roi, et c'est en son nom que les arrêts sont rendus. Le Premier président préside en son absence.

Ce parlement est une cour de justice repris sur le modèle de celui de Paris, créé par Louis IX pour juger en appel au nom du roi. Cour souveraine, le parlement jugeait en dernière instance l'ensemble des affaires passées par les tribunaux de sénéchaussées et par les tribunaux féodaux de son ressort.

En 1545, c’est le président du parlement d’Aix, Oppède, soutenu par le cardinal de Tournon, qui organise le massacre des vaudois du Luberon.

Le plus souvent, les États s'y réunissaient pour voter l'impôt. Ce parlement était si peu populaire qu'un dicton est apparu : « Parlement, mistral et Durance sont les trois fléaux de la Provence ».

En 1590, Henri IV crée un parlement rival de celui d’Aix, qui ne le reconnaît pas pour roi, à Pertuis, où se rendent les parlementaires qui lui sont fidèles.

Contrairement à la plupart des autres parlements, son ressort resta stable et lié à un ensemble cohérent, puisqu'il épousait les contours du gouvernement militaire d'Aix et de la généralité du même nom. En 1771, pendant l'intermède de la « réforme Maupeou », l'intendant Charles Jean-Baptiste des Gallois de La Tour ayant soutenu les positions du parlement d'Aix est remplacé. Il ne retrouve son intendance qu'en 1775.

Le parlement d'Aix était atypique dans la mesure où il était le seul parlement où, depuis 1650, les fonctions de Premier président du parlement et d'intendant de la généralité d'Aix étaient confiées à la même personne.

Comme l'ensemble des parlements d'Ancien Régime, le parlement d'Aix fut dissous lors de la Révolution en1790.






(13)  La Chouette hulotte (Strix aluco) ou Chat-huant est une espèced'oiseau de la famille des Strigidae. Ce rapace nocturne est très répandu en Eurasie, notamment en Europe










(14)  La cathédrale Saint-Sauveur est une cathédrale catholique romaine située dans la rue Gaston de Saporta2 à Aix-en-Provence. Cet édifice, construit sur l'emplacement du forum antique et, selon la légende, sur les fondations d'un ancien temple dédié au dieu Apollon, rassemble une multitude de styles architecturaux, du fait des nombreux remaniements qu'elle subit au fil des siècles. Ses dimensions sont de 70 mètres de longueur sur 46 mètres de largeur. Son élévation est de 20 mètres sous la clé de voûte.
De la façade, on distingue trois étapes de construction du bâtiment : tout d'abord la façade nue de la nef romane a été construite au XIIe siècle, suivie quelques années plus tard par le mur fait de blocs antiques à bossages, montés à joints vifs sur des lits de filasse. Le seul élément récent est le portail qui ferme la nef gothique et qui est daté du XVIe siècle.

Autour de la cathédrale sont construits au fil des siècles des bâtiments qui lui sont accolés, comme le bâtiment claustral de la communauté des chanoines (fin du XIIe siècle), les bâtiments du cloître (XIe au XIIIe siècles) ou le clocher (achevé en 1425).
C'est l'église cathédrale de l'archidiocèse d'Aix-en-Provence. Elle est dédiée au saint Sauveur (Jésus-Christ).













(15)  Un ossuaire est un récipient (coffre, urne, reliquaire), une construction, ou tout autre site (puits, catacombes) destiné à accueillir des ossements humains.
Dans les cimetières d'Europe, on trouve des ossuaires sous la forme de petites chapelles, destinées à recevoir les ossements que l'on a exhumés des tombes dont la concession a expiré, lorsque la place vient à manquer pour inhumer de nouveaux défunts. Plusieurs types sont observés : mur ossuaire de cimetière ; ossuaire intégré, qui fait corps avec l'église ; ossuaire d'attache, construit souvent en appentis, accolé contre un mur de l'église ; bâtiment indépendant, d'un coût plus onéreux. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on construit encore des ossuaires en Bretagne, mais ils ne présentent plus aucun caractère monumental.



Illustration de l'ossuaire du Faouët, Morbihan,
d'après Viollet-le-Duc





(16)  Une cédule est une petite note.
• En Suisse, la cédule hypothécaire est une créance personnelle garantie par un gage immobilier et incorporée, avec le gage, dans un papier-valeur.
• une cédule royale était une ordonnance rendue par le roi d'Espagne entre les XVe et XIXe siècles





(17)  Asmodée est un démon de la Bible possédant de nombreux autres noms : Asmoth, Aschmédaï, Asmoday, Asmodeus, Aesma, Asmadai, Asmodius, Asmodaios, Hasmoday, Chashmodai, Azmonden, Sidonay, ou encore Asmobée. Il est présent dans les croyances de la goétie, science occulte de l'invocation d'entités démoniaques.

Le nom Asmodée viendrait de l'altération du nom d'un démon avestique, Aešma-daeva, littéralement démon de la colère qui pourrait aussi signifier en hébreu« celui qui fait périr ». Il est mentionné dans le livre de Tobit, III.8, chassé du corps de Sara par l'archange Raphaël. Traduit en latin par Asmodeus, sa signification est « Le souffle ardent de Dieu ».

Sainte Françoise Romaine (1384-1440) relate, dans le chapitre VI de son traité sur l'enfer, qu'Asmodée était dans le ciel un Chérubin avant sa révolte contre Dieu. Il est aujourd'hui l'ange déchu qui préside à tous les péchés de luxure.

Surintendant des Enfers et des maisons de jeu, Asmodée sème dissipation et terreur. Selon certaines versions, il serait le serpent qui séduisit Ève. Azazel est aussi connu selon d'autres pour être ce serpent. Il est souvent représenté comme un démon aux ailes de chauve-souris, regardant l'intérieur des maisons en soulevant le toit.

Le Lemegeton le mentionne en 32e position de sa liste de démons. Selon l'ouvrage, Asmodée est un des rois de l'enfer. Il possède trois têtes : de buffle, d'homme et de bélier. Il a la queue d'un serpent et les pattes d'une oie. Il chevauche un dragon infernal et porte une lance. Il enseigne la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie et l'artisanat. Il peut rendre l'invocateur invisible et lui faire connaître les trésors cachés.

La Pseudomonarchia Daemonum le mentionne en 35e position de sa liste de démons sous le nom de Sidonay, alias Asmoday, et lui attribue des caractéristiques similaires.

Asmodėe est aussi le démon qui soutient le bénitier à l'entrée de l'église de Rennes le château.



Asmodée dépeint dans le Dictionnaire Infernal
de Collin de Plancy.








(18) Une messe noire est un rite satanique, considéré comme une profanation du culte chrétien par l’Église catholique romaine. Les participants assistent à des rituels macabres ou tout simplement inverses de ceux de l’Église et donnent leur âme au Diable, pour trois raisons :
1. La première est l’argent ;
2. La deuxième est une longue vie prospère pour pouvoir jouir pleinement et longtemps des richesses de la vie ;
3. La troisième est la sexualité, appréciable en cas de longue vie, et à cause des rites sexuels pratiqués fréquemment au cours des messes noires.




 



(19)  Les Frères mineurs capucins (en latin : Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum, abrégé en OFM Cap.) forment l'une des trois branches masculines du premier ordre religieux de la famille franciscaine, approuvé comme institut religieux de droit pontifical en 1528 par le pape Clément VII. De nombreux frères provenant presque tous de la branche de l'Observance et séparée de celle des Conventuels ont rallié alors ce nouvel ordre. Ils sont ainsi nommés du capuce ou capuchon dont ils couvrent leur tête. Les capucins sont aujourd'hui au nombre de 10 286, répartis à travers le monde.







(20)  Châteauvieux est une commune française située dans ledépartement du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les habitants sont appelés les Châteauvieillains, Châteauvieillaines ou les Castelvieillencs, Castelvieillencques.


De nombreux ossements et tessons datant de l’âge du bronze ont été découverts dans la "grotte des Fées", située sur le penchant des Alpes-de-Haute-Provence.

Au IXe siècle, une abbaye de femmes s’installe sur le territoire de la commune, à Saint-Pierre-en-Demueyes. Elle relève de l’ordre de Cîteaux et existe encore au XIVe siècle. Elle a pour abbesses Huguette de Villeneuve et Béatrice de Castellane, avant d'être détruite par les troupes de Raymond de Turenne.

En 1342, la communauté de Châteauvieux est rattachée à la viguerie de Castellane (actuel département des Alpes-de-Haute-Provence) par le comte de Provence. D'abord fief des Castellane, Châteauvieux devint coseigneurie des Raphaelis, Demandolx de La Palud, Bresc et Arbaud.

Madeleine Demandolx de La Palud, héroïne d'un grand procès de sorcellerie au XVIIe siècle, y mourut.

En 1575, le château fut rasé par les Ligueurs du baron de Vins, ainsi que le "plus haut village" installé à flanc de coteau autour de son église.

Deux siècles plus tard fut fondé le "plus bas village" qui comportait 177 habitants en 1851.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Lun 24 Oct - 15:00




L’affaire des démons de Loudun, aussi appelée affaire des possédées de Loudun est une chasse aux sorcières lancée par le cardinal de Richelieu dans les années 1630, contre le prêtre catholique Urbain Grandier, de la ville de Loudun, en France. Accusé d'avoir pactisé avec le Diable, le prêtre voit son nom évoqué par les sœurs du couvent des Ursulines possédées par le démon pendant leurs crises de délire. S'inscrivant dans la grande vague des possessions démoniaques (telles les possessions d'Aix-en-Provence de 1609 à 1611, les possessions de Louviers de 1642 à 1647 et celles d'Auxonne de 1658 à 1663), toutes ces affaires concernent des cas de possession urbaine (alors que la sorcellerie est plutôt un phénomène rural) sur des religieuses du même ordre, les Ursulines. Elles témoignent d'une part de la reconquête de l’Église catholique romaine dans le contexte de la Contre-Réforme, d'autre part du changement de mentalités en France notamment chez les « antipossessionnistes » ou chez les juges qui ne croient plus en l'omnipotence de Satan parmi les hommes et refusent cette chasse aux sorcières, et enfin de la manipulation politique orchestrée par Richelieu qui, au nom de la raison d’État, propagea cette rumeur de prétendus ensorcellements afin d'éliminer le prêtre libertin trop proche des Protestants. Cette affaire de diablerie à Loudun provoqua un « défoulement » des foules suivant le spectacle des exorcistes et suscita une littérature polémique sans égale.











SOURCE :
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Lun 24 Oct - 19:28







Dans la nuit du 21 septembre 1632, dans un couvent d'Ursulines à Loudun, la supérieure mère Jeanne des Anges (1), la sous-prieure sœur de Colombiers, et la sœur Marthe de Sainte Monique, reconnaissent la voix et aperçoivent l'ombre du prieur Moussaut, leur confesseur mort quelques mois plus tôt. Le 23 septembre, une boule noire traverse, soudainement, leur réfectoire. À la messe, saisies de convulsions, les trois femmes se mettent à faire d’horribles grimaces, à insulter Dieu, à hurler des blasphèmes et à recracher l’hostie. La folie gagne, ensuite, les quatorze autres sœurs ursulines. En effet, les nuits suivantes, les autres religieuses du couvent affirment voir le même fantôme. Elles cessent de s’alimenter. Elles se mettent à courir à demi-nues sur les toits du couvent ou à grimper aux branches des arbres, malgré les intempéries. Le 11 octobre, elles affirment reconnaître, dans ce fantôme, le curé de la ville Urbain Grandier (2) qu'elles accusent d'obscénités, d'attitudes lascives, de tentatives d'attouchements sexuels, et de les avoir ensorcelées. La prieure, Jeanne des Anges, qui avait été très affectée par le refus d’Urbain Grandier de devenir le confesseur de la communauté, a révélé des rêves impudiques avec le curé alors qu’elle ne l’avait jamais vu. Les autres religieuses seraient tombées amoureuses de lui en humant des roses enchantées.


Urbain Grandier avait publié un pamphlet violent contre Richelieu : Lettre de la cordelière de la reine mère à M.de Baradas. En outre, il s'opposait fermement à la destruction des murailles de la ville ordonnée par Louis XIII et son premier ministre, le cardinal Richelieu. En effet, la ville, peuplée de 14 000 habitants, abritait un grand nombre de protestants. Henri IV leur avait permis d'avoir des places fortifiées, mais les murailles de certaines de ces villes furent détruites. Urbain Grandier se heurta avec un magistrat de Bordeaux, envoyé pour surveiller les travaux de démantèlement, Jean Martin, baron de Laubardemont (3). Par ailleurs, Richelieu, à l'époque, faisait construire sa ville, toute proche. Aggravant son cas, Urbain Grandier a voulu empêcher le transfert vers la ville nouvelle du cardinal Richelieu du grenier à sel de Loudun. La tolérance d'Urbain Grandier envers les protestants et ses critiques jouèrent aussi en sa défaveur. En outre, il avait une réputation de séducteur. Ses frasques étaient connues et dénoncées. Deux jeunes filles de Loudun se sont retrouvées enceinte de ses œuvres, et il avait l’une d’elle, chez lui. Son évêque l’avait frappé d’une interdiction d’administrer les sacrements. Enfin, la ville de Loudun fut frappée par une épidémie de peste, début 1632, et qui fit 3 700 victimes, soit plus d’un habitant sur quatre. Cette épidémie terrorisa la population.


Le père Mignon, un Capucin, proche du père Joseph, le principal conseiller occulte du cardinal Richelieu, aidé d'un chanoine illuminé de la paroisse de Saint-Jacques de Chinon, le curé Pierre Barré, procédèrent à de nombreux exorcismes sur les sœurs, d'abord discrètement, puis en public, étalant la possession au vu de la population et de spectateurs de plus en plus nombreux. Ils durèrent plusieurs mois, et parfois plusieurs années. On chercha également un pacte avec le Diable signé de la main d'Urbain Grandier ; on tenta même de trouver une marque du Diable sur le corps même des sœurs, qui furent, pour cela, mises à nu et rasées. On tenta de trouver une zone insensible sur leurs corps, preuve du contact avec la griffe du démon. En effet, selon un livre écrit en 1580 par Jehan Bodin, un célèbre savant et jurisconsulte angevin, et qui faisait autorité en ce début du XVIIe siècle : la « Démonologie des sorciers », en cas de possession démoniaque, il fallait chercher un point d’insensibilité. C’est par ce point que le, ou les, démons, pénétraient dans le corps de leurs victimes. Ainsi, si une aiguille enfoncée dans ce point ne provoquait ni souffrance ni saignement, le prêtre exorciste avait la preuve de la possession.


C'est une sœur du couvent, se disant possédée par le démon d'Astaroth, qui lâcha le nom d'Urbain Grandier5. Esprit rebelle et caustique, le curé Grandier possédait de nombreux ennemis, notamment le chanoine (4)  Mignon, directeur spirituel de Jeanne, et neveu du procureur du roi, en plus du conseiller d'État (5)Jean Martin de Laubardemont, lui-même apparenté à une des sœurs hallucinées, Mlle de Dampierre.





Les possédées de Loudun en 1634.
(source : https://savoirsdhistoire.wordpress.com)




Laubardemont, qui avait déjà eu à se pencher dans le passé sur des cas de sorcellerie en Béarn, constitua un dossier contre ce prêtre qui se dressait contre la volonté du roi, dans une ville gagnée à la Réforme. À la suite d'un Conseil présidé par le roi de France, le 30 novembre 1633, le magistrat reçu l’ordre d’enquêter officiellement sur Urbain Grandier. Une commission spéciale, composée de 12 magistrats, est constituée ; elle est présidée par Laubardemont. Le jugement donné par ce tribunal d’exception est sans appel possible auprès du Parlement de Paris, dont Loudun relevait et souligne, ainsi, la volonté du pouvoir royal de faire taire cet opposant.

Le 6 décembre 1633, Urbain Grandier est arrêté. Il est interrogé par le père Mignon. Les expertises réalisées, des documents (notamment des pactes avec le diable signés par l’accusé) et des témoignages prouvant sa culpabilité sont fournis, tandis que les expertises contradictoires sont écartées. En juillet 1634, la commission se réunit pour examiner les 4 000 pages de l’instruction. Acquitté une première fois par un tribunal ecclésiastique (6), Urbain Grandier fut soumis à la question, et condamné au bûcher le 18 août 1634, malgré la rétractation des accusations des sœurs et le fait qu'il jura toujours être innocent. Il fut exécuté après pénitence publique et nouvelle torture le même jour en place Sainte-Croix(7). 6 000 personnes de la ville et des environs assistèrent à son supplice, sur la place du Marché.

Les crises de possession dureront jusqu'en 1637, notamment celles de la prieure Jeanne des Anges. En juin 1637, les Capucins sont écartés au profit des Jésuites. L’un d’eux s’efforça de l’exorciser. Ce jésuite, Jean Joseph Surin, raconta son combat dans ses mémoires où il décrit précisément les assauts des démons qu’il a dû subir : suggestions perverses, obsessions, impulsions violentes, sentiment de culpabilité et damnation. Jeanne des Anges se transforma progressivement. Elle devient pieuse voire mystique. Elle passa, ensuite, pour une sainte et faire des miracles. En 1638, elle est présentée au couple royal (Louis XIII et Anne d’Autriche) et Richelieu par Jean Martin de Laubardemont.

Plusieurs responsabilités sont évoquées pour comprendre cette affaire : la sœur Jeanne des Anges, affligée de difformités physiques, la rendant inéligible au mariage, aurait-elle accusé, par jalousie, Urbain Grandier, prêtre séducteur ? Des thèses de psychologie contemporaine la considèrent comme atteinte d'hystérie ou de schizophrénie. Le couvent des Ursulines avait-il intérêt à cette affaire ? Reconnue comme possédée, toute communauté religieuse reçoit en effet une importante pension du Roi pour la dédommager de la mauvaise réputation. Certaines sœurs accusent le chanoine Mignon de les avoir fortement incitées à accuser le prêtre. Le commissaire royal envoyé par Richelieu, Jean Martin de Laubardemont, réalise à la suite de cette affaire, la conversion de nombreux huguenots(08). La ville de Loudun voit affluer de nombreux voyageurs aussi bien français qu'étrangers, crédules ou incrédules, faisant tourner le commerce de la cité.








(1) Jeanne de Belcier, également connue sous le nom de sœur Jeanne des Anges, née le 2 février 1602 à Cozes, et morte le 29 janvier 1665 à Loudun, est une religieuse ursuline française. Elle est restée célèbre pour avoir été, en 1632, la protagoniste principale de l'affaire des possédées de Loudun, qui conduisit, en 1634, à la mort sur le bûcher du prêtre Urbain Grandier, après un procès en sorcellerie, instruit à la demande du cardinal de Richelieu.
Ses écrits autobiographiques, et une abondante littérature consacrée à sa personnalité, ont permis de conclure qu'elle souffrait de troubles du comportement, et de faire, de son histoire clinique, un cas d'école de « Grande Hystérie».





(2)  Urbain Grandier, né vers 1590 à Bouère et mort sur le bûcher le 18 août 1634 à Loudun, est un prêtre français accusé de sorcellerie dans l'affaire des démons de Loudun et exécuté.


Fils d’un notaire royal de Sablé-sur-Sarthe, Grandier fut, après son noviciat, nommé à vingt-sept ans curé de l’Église Saint-Pierre-du-Marché et chanoine de l’Église Sainte-Croix de Loudun, dans le diocèse de Poitiers, en juillet 1617. Cultivé, ses sermons de dimanche marqués par sa liberté de penser déplacent les foules. Il acquiert une réputation de séducteur et a plusieurs relations sexuelles et affectives avec des femmes : il met enceinte la fille du procureur du roi Louis Trincant, élève de quinze ans à qui il enseigne le latin, puis l'abandonne pour se mettre en ménage avec Madeleine de Brou, orpheline issue de la haute noblesse dont il a la charge spirituelle et qu'il doit préparer à prendre le voile. Comme ils sont amoureux l'un de l'autre, Madeleine de Brou réclame le mariage. Grandier construit tout un argumentaire dans un pamphlet, le Traité contre le célibat des prêtres, alors que l'Église catholique mène sa Contre-Réforme, pour pouvoir l'épouser secrètement en tenant le rôle du marié, du prêtre officiant et du témoin. Arrêté pour débauche, Grandier gagne son premier procès et revient à Loudun.

La supérieure mère Jeanne des Anges, du couvent des Ursulines de Loudun, lui propose peu après de devenir confesseur de sa communauté. Grandier se récusant, la mère supérieure porte son choix sur le chanoine Mignon, ennemi de Grandier qui réprouve sa conduite. Pendant dix ans, le père Mignon et des notables de Loudun mènent une cabale contre le prêtre, enchaînant les procédures judiciaires pour « mauvaise vie, impiété ». Les historiens s'interrogent sur l'influence du cardinal de Richelieu dans cette affaire. Loudun était une cité où cohabitaient réformés et catholiques, Richelieu voulait abattre son château, ce à quoi s'opposa Grandier. Enfin la ville de Loudun fut frappée par une épidémie de peste début 1632.

Des religieuses de ce couvent l’accusent en septembre 1632 de les avoir ensorcelées, en leur envoyant, entre autres, le démon Asmodée, pour les amener à commettre des actes impudiques avec lui. Les critiques modernes qui ont étudié l’affaire estiment que les accusations ont commencé après le refus de Grandier de devenir le directeur de conscience du monastère, sans se douter que la mère supérieure, Sœur Jeanne des Anges, était devenue folle de lui après l’avoir vu de loin et avoir entendu parler de ses exploits amoureux. On pense que, mise hors d’elle par ce refus, Jeanne a proposé cette place de directeur au chanoine Mignon, ennemi juré de Grandier qu’elle accuse alors d’avoir employé la magie noire pour la séduire. Les autres nonnes se mettent peu à peu à lancer des accusations du même genre. Bien des érudits modernes y voient un cas d’hystérie collective.


Grandier est arrêté, interrogé et jugé par un tribunal ecclésiastique, qui l’acquitte.
Malheureusement pour lui, Grandier s’est, pour l’avoir publiquement attaqué en paroles, attiré l’hostilité du puissant cardinal de Richelieu qui ordonne un nouveau procès, qu’il confie à un homme spécialement envoyé par lui : le commissaire du roi Jean Martin de Laubardemont, un parent de la mère supérieure. La « procédure extraordinaire » imposée par Richelieu ne donne pas le droit à Grandier, arrêté de nouveau à Angers, de faire appel au Parlement de Paris. Interrogées une deuxième fois, les nonnes (et jusqu’à la mère supérieure) ne réitèrent pas leurs accusations, mais cela ne change rien au procès où tout est décidé d’avance.

Après avoir torturé Grandier aux brodequins (a), les juges (Laubardemont, Lactance, et Tranquille) produisent des documents prétendument signés par le prêtre et plusieurs démons comme preuve qu’il a passé un pacte diabolique. Un des actes est écrit en latin et se donnait comme signé par Grandier ; un autre, presque illisible, comportant une foule de symboles étranges est « signé » par plusieurs démons avec leurs cachets, aussi bien que par Satan lui-même (une signature se lit nettement Satanas). On ne sait pas si Grandier a écrit ou signé de tels actes sous la contrainte, ou s’ils ont été entièrement contrefaits.
Malgré la défense de son ami Claude Quillet (b), Grandier est reconnu coupable et condamné à mort. Les juges ordonnent sa mise à la « question extraordinaire », forme de torture, d’habitude fatale, mais pas immédiatement, et qui n’est donc appliquée qu’aux victimes qui doivent être exécutées ensuite. Malgré la torture, Grandier refuse d’avouer ce dont on l’accuse. Il est brûlé vif le 18 août 1634.
Le lendemain de l’exécution, Madeleine de Brou se réfugie chez son beau-frère, à Montreuil-Bellay, elle en est ramenée le 3 septembre, et fait un mois de prison à Loudun. Elle est libérée grâce à l’intervention de sa famille auprès du tribunal des Grands Jours siégeant alors à Poitiers. Sur l’injonction prudente de Richelieu, Laubardement doit arrêter la procédure intentée contre elle, le 28 novembre 1634.


(a)  La torture des brodequins fut utilisée en France jusqu'en 1780 pour soutirer des aveux. Inscrit dans le système judiciaire du Moyen Âge et de l'Ancien Régime, ils étaient conçus pour broyer les jambes. Les blessures étaient souvent si sévères que les os éclataient.
L'accusé était assis sur un fauteuil massif. Deux planches étroites et solides étaient alors fermement attachées de part et d'autre de chaque jambe, et une corde solide liait étroitement les quatre planches entre elles. Des coins étaient ensuite enfoncés à coups de marteau entre les deux planches centrales, ce qui, en resserrant les planches autour des jambes de l'accusé, leur imprimait une force cruelle.




Illustration issue du Codex theresianus (Autriche, 1768).

Le nombre de coins variait : quatre pour la question ordinaire, huit pour la question extraordinaire.
Souvent, pour la question ordinaire, des bas en parchemin étaient appliqués humides aux jambes du prisonnier. En approchant cette jambe du feu, le parchemin ainsi violemment rétracté causait une douleur terrible aux jambes.



(b) Claude Quillet, né à Chinon en 1602 et mort à Paris en 1661, est un médecin et poète français néolatin.
Quillet exerce d'abord la médecine en Touraine et se trouve à Loudun, dans le temps que Laubardemont fut envoyé par le cardinal de Richelieudans cette ville, pour prendre connaissance des possessions des religieuses de Loudun où il assiste aux interrogatoires de son ami Urbain Grandier à Loudun en qualité de médecin et prend sa défense. Ayant laissé imprudemment échapper quelques discours qui offensèrent le cardinal et fait paraitre un traité où se trouvaient plusieurs assertions propres à lui causer du désagrément, notamment quelques doutes sur la culpabilité de Grandier, ce qui déplut à Laubardemont, créature et affidé de Richelieu, il doit s'expatrier àRome où il embrasse l'état ecclésiastique. Entré au service du maréchal d'Estrées, ambassadeur de France à Rome, comme secrétaire, il ne rentre en France qu'après la mort de Richelieu.
Paru en 1655, la Callipedie est son seul ouvrage. L'auteur le publia sous un nom étranger, parce qu'il y avait lancé plusieurs vers satiriques contre le cardinal Mazarin, qui le découvrit, et ne s'en vengea qu'en lui donnant une abbaye : « Apprenez, lui dit-il, à ménager davantage vos amis. » Pénétré de reconnaissance, Quillet en donna une nouvelle édition à Paris, en 1656, in-8° qu'il dédia au cardinal et où il substitua l'éloge à la satire. Il avait également écrit un Poème sur Henri IV qu'il avait laissé à Ménage avec 500 écus pour le faire imprimer. Ménage garda l'argent et oublia le poème qui s'est perdu







(3)   Jean Martin (ou Jean de Martin), baron de Laubardemont, est un magistrat français, né à Bordeaux vers 1590, mort à Paris en 1653.


Il appartient à une très riche famille bordelaise : son père Mathieu Martin, sieur de Laubardemont, est trésorier général de France en Guyenne et audiencier de la Chancellerie en Guyenne ; c'est lui qui, de 1608 à 1612, fait construire l'Hôtel Laubardemont, sis au 40 cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux. Raymond Martin, frère de Mathieu, fait construire dans les mêmes années l'Hôtel Martin au 43 rue du Mirail, les deux par le même architecte, Henri Roche. Au moment des mariages royaux célébrés à Bordeaux en octobre et novembre 1615 (notamment celui de Louis XIII et d'Anne d'Autriche le 21 novembre), l'Hôtel Martin, le plus renommé de la ville, abrite la reine-mère Marie de Médicis, et l'Hôtel Laubardemont le duc de Guise.

Mathieu Martin a trois fils ayant vécu. Jean épouse en 1611 Isabeau de Nort, fille d'un conseiller auParlement de Bordeaux. Vers 1620, il se remarie avec Éléonore-Thérèse Fourré de Dampierre, fille de David Fourré, seigneur de Dampierre. En 1624, il obtient du roi l'autorisation de donner à sa terre de Sablons, (acquise en 1607, avec un château et un moulin, et des droits de haute, moyenne et basse justice) le nom de « Laubardemont », portant désormais le titre de « baron de Laubardemont ».


Jean Martin succède, en 1612, à son beau-père de Nort dans ses fonctions au Parlement, il est choisi ensuite plusieurs fois comme député de la compagnie auprès du Conseil du roi. En 1620, il est élu premierjurat noble de Bordeaux. En 1627, il devient président à la première chambre des enquêtes du Parlement. Il résigne cet office en mars 1629 pour acquérir, peu après, la charge de premier président à la Cour des Aidescréée à Agen en décembre de la même année. Le 4 novembre 1631 il obtient, grâce à l'appui du cardinal de Richelieu, un brevet de conseiller d'État. Comme conseiller au Parlement de Bordeaux, il aurait déjà été chargé d'une commission pour faire le procès de sorciers du Béarn, à la suite de la campagne menée parPierre de Rosteguy de Lancre ; il aurait poursuivi quelque cent cinquante accusés et envoyé au bûcher la moitié d'entre eux3.
Il se rend à Loudun, en novembre-décembre 1631, puis en septembre 1633 pour s'occuper, non de l'affaire des religieuses possédées, mais de la démolition du château, mission que lui a confiée Richelieu. Rentré àParis en novembre 1633, il est convoqué par le roi et le cardinal lors d'une séance du Conseil et chargé par des lettres patentes datées du 30 novembre de l'affaire Grandier. Il est parent de mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des possédées, et sa femme l'est de deux autres religieuses.

De 1633 à 1634, il est l'ordonnateur du procès pour sorcellerie d'Urbain Grandier, curé de Loudun4, qu'il fait brûler vif, le 18 août 1638. Quatre ans plus tard, aux termes d'une commission datée du 5 juin 1638, il est chargé par Richelieu d'entamer l'information contre l'abbé de Saint-Cyran, incarcéré au château de Vincennes, le 15 mai précédent.
En 1642, toujours homme de confiance du cardinal, il s'occupe du procès du marquis de Cinq-Mars et deFrançois-Auguste de Thou. Sa manière de conduire ces procès à la convenance du tout-puissant ministre lui vale une triste réputation : son nom devient synonyme de juge inique. Son château de Laubardemont est envahi et pillé pendant la Fronde.






(4)  Un chanoine (du nom latin médiéval canonicus de même sens, lui-même issu de l'adjectif du latin classique canonicus : « relatif à une règle, régulier » ; et du grec ancien κανών (kanôn), règle) est un membre du clergé attaché au service d'une église. Au Haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd'hui, il existe des chanoines religieux (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).







(5)  Le titre de conseiller d'État a été et demeure porté, en France, par de hauts responsables à la charnière de la politique et de l'administration.


Les conseillers d'État étaient parmi les plus hauts dignitaires de la monarchie française. Au nombre de 30 (3 d'Église, 3 d'épée, 24 de robe), ils étaient 42 en 1789 (25 conseillers ordinaires, 16 qui exerçaient par semestres et le doyen des doyens des maîtres des requêtes). L'étiquette leur attribuait de très grands honneurs : ils étaient juste en dessous des princes du sang, des cardinaux et des ducs et pairs. La rémunération était modeste (de 3 300 à 5 100 livres par an selon l'ancienneté, mais pouvait être majorée des pensions ou des vacations en raison de l'assistance à des commissions de finances, jusqu'à 4 000 livres annuelles).

Ils étaient des commissaires, nommés par le Roi par lettres patentes dans une charge de dignité, qui anoblissait immédiatement son titulaire s'il n'était déjà noble avant d'y être nommé. Cette dignité consistait, selon l'un d'eux, en « une destination à être consulté sur quelque matière et en quelque occasion que le Roi le juge à propos » (cité par Michel Antoine).

• Aucune condition d'âge n'était posée : si le Roi nommait en général des hommes expérimentés, lemarquis d'Argenson fut nommé conseiller d'État à 24 ans et le comte d'Argenson à 22.
• Les conseillers d'État d'épée étaient des gentilhommes de naissance distinguée qui avaient servi dans l'armée ou dans la diplomatie.
• Les conseillers d'État de robe étaient choisis dans la proportion des 9/10e parmi les maîtres des requêtes, le restant étant pris parmi les magistrats des cours supérieures. Souvent, ils avaient été intendants au préalable.

Les conseillers d'État cumulaient souvent cette fonction avec celle qu'ils exerçaient lors de leur nomination (ambassadeur, premier président de cour supérieure, etc.). Ceci affectait naturellement l'assiduité des intéressés dans les Conseils.

Tous les conseillers d'État siégeaient de droit au Conseil privé ou conseil des parties. Certains appartenaient à des Conseils de gouvernement. La plupart étaient appelés à rapporter devant le Conseil sur des affaires dont l'étude leur était confiée. En fait ils remplissaient les fonctions actuelles de conseillers d'État et de juges à la Cour de cassation.







(6)  Un tribunal ecclésiastique est, en droit canonique, un tribunal organisé par l'Église pour juger des affaires qui relèvent de son fonctionnement (discipline, sacrements,...).
Un fidèle de base ne connaît guère le tribunal ecclésiastique qu'à travers son intervention dans les demandes de nullité de mariage religieux (un mariage religieux peut-être déclaré nul, mais ne peut subir une annulation), traitées au niveau local (diocésain, ou inter-diocésain) par l'Officialité.





(7) L'église Sainte-Croix est une ancienne église catholique située àLoudun, en France1.


L'église est située dans le département français de la Vienne, sur la commune de Loudun.




Eglise Sainte Croix de Loudun, façade





(08)  Les huguenots sont les Français protestants pendant les guerres de Religion (seconde moitié du XVIe siècle), au cours desquelles ils ont été – sous ce nom – en conflit avec les catholiques. Environ 300 000 d’entre eux ont quitté la France à la suite des dragonnades et de la révocation de l’édit de Nantes le18 octobre 1685.
À partir du XVIIe siècle, les huguenots sont appelés religionnaires, car les actes royaux ne parlaient pas de protestantisme mais de « religion prétendue réformée ».
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Lun 24 Oct - 20:29






L’affaire des poisons est une série de scandales impliquant des empoisonnements survenus entre 1679 et 1682, sous le règne de Louis XIV, qui secouèrent Paris et la Cour.

Plusieurs personnalités éminentes de l’aristocratie furent impliquées, et ces affaires
Installèrent un climat hystérique de « chasse aux sorcières » et aux empoisonneuses.










SOURCE :
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Lun 24 Oct - 22:44




Le procès des sorcières de Wurtzbourg se déroule entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle.

La majorité de ces procès ont eu lieu sous le prince-évêque Jules Echter von Mespelbrunn entre 1573 et 1617 puis ils continuent sous le règne de son neveuPhilipp Adolf von Ehrenberg entre 1626 et 1630. Ils sont ensuite annulés par laChambre impériale. Leur supercherie est ensuite démontrée par son successeurFranz von Hatzfeld. Puis ils sont interdits par Jean-Philippe de Schönborn.

On estime que dans l'évêché de Wurtzbourg, 900 personnes ont été brûlées, dont 200 dans la ville.

La chasse aux sorcières concerne des personnes de toutes les classes : les nobles, les conseillers et les maires ont été brûlés aux côtés de gens ordinaires. Un cinquième des condamnés sont des prêtres et des religieux.

Une telle persécution a lieu aussi dans tout le sud de l'Allemagne : Bamberg, Eichstätt, Électorat de Mayence, Ellwangen...

La plupart des exécutions se déroulent sur la place du marché à côté de la chapelle Sainte-Marie. Les restes du bûcher sont redécouverts dans les années 1970 lors de travaux d'excavation pour un parking souterrain. Un autre lieu d'exécution était l'entrée sud de la muraille de la ville.
(source : wikipédia)











Sources :
Wikipédia
http://www.lesanciennesterres.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 0:04

Le procès de Würzburg eut lieu entre 1626 et 1631.
157 hommes, femmes et enfants de la ville de Würzbur furent brûlés vifs,
219 furent exécutés (pendus puis brûlés ?) et 900 furent tués dans l’Evêché.


Les premières persécutions à Würzburg commencèrent avec le consentement de Julius Echter von Mespelbrunn, Prince Evêque de Würzburg et atteignirent leur apogée pendant le règne de son neveu et successeur Philipp Adolf von Ehrenberg. Elles commencèrent autour de la ville en 1626 et s’élargirent en 1630. Les victimes vinrent de toutes les classes, aussi bien de la noblesse et des membres du Conseil que des maires.


Dans les années 1620, avec la destruction de Protestantisme en Bohême et l’Electorat du Palatinate, la reconquête catholique de l’Allemagne reprit. En 1629, avec le Décret de Restitution, sa base sembla complète. Ces mêmes années virent, en Europe centrale du moins, le pire de toutes les persécutions de sorcières.


Les procès des années 1620 se multiplièrent avec la reconquête catholique. Dans quelques secteurs le Seigneur ou l’évêque en étaient les instigateurs, dans d’autres les Jésuites. Parfois des comités locaux furent mis en place pour augmenter le travail. Parmi des Prince-évêques, Philipp Adolf von Ehrenberg de Würzburg fut particulièrement actif :
Durant son règne de huit ans (1623-31) il fit brûler 900 personnes, y compris son propre neveu, 19 prêtres catholiques et des enfants de sept ans qui dirent avoir eu des relations avec des démons. Les années 1627-29 furent des années affreuses à Baden, récemment reconquise par Tilly au nom du catholicisme :
Il y eu 70 victimes à Orteneau, 79 à Offenburg.
A Eichstatt, un évêché de Bavière, un juge revendiqua la mort de 274 sorcières en 1629.
A Reichersthofen, dans la zone de Neuburg an der Donau, 50 personnes furent exécutées entre novembre 1628 et août 1630.
Dans les trois archevêchés du Rhineland les bûchers furent aussi rallumés.
A Coblenz, le siège du Prince-Archevêque de Trier, 24 sorcières furent brûlées en 1629 ;
A Sélestat au moins 30 ;
A Mainz aussi, les combustions furent reprises.
A Cologne, la cité des Pères, restait quant à elle toujours charitable, beaucoup trop pour
Le Prince-archevêque qui en 1627 fut capable de faire pression sur la ville qui céda.
Naturellement, la persécution fit rage plus violemment à Bonn, sa capitale. Là, le chancelier et sa femme et la femme du secrétaire de l’archevêque furent exécutés, des enfants de trois et quatre ans furent accusés d’avoir des diables pour amants/amantes et, des étudiants et des petits garçons de naissance noble furent envoyés au bûcher.


En août 1629, le chancelier du Prince-Evêque de Würzurg écrivit à un ami :


«Quant à l’affaire des sorcières, que Votre Grace pensait terminée, cela est reparti et aucun mot ne peut y faire justice. Oh, le chagrin et la misère que cela – il y a là toujours quatre cents personnes dans la ville, haut et bas, de chaque rang et sexe, même des ecclésiastiques, si fortement accusées qu’elles ne peuvent être arrêtées à n’importe quelle heure. Il est vrai que, des gens de mon Gracieux Prince, certains hors des bureaux et des facultés doivent être exécutés : des ecclésiastiques, des conseillers électoraux et des docteurs, des fonctionnaires de la ville, des assesseurs de cour, plusieurs de ceux que Votre Grace connait. Il y a des étudiants en droits canon à arrêter. Le Prince-Evêque a plus de quarante étudiants qui doivent bientôt être des pasteurs ; parmi eux treize ou quatorze disent être des sorciers. Il y a quelques jours un Doyen a été arrêté ; deux autres qui furent convoqués se sont enfuis. Le notaire de notre consistoire d’Eglise, un homme très savant, a été hier arrêté et soumis à la torture. En un mot, un tiers de la ville est sûrement impliquée. Les plus riches, les plus attirants, les plus en vue du clergé ont déjà été exécutés. Il y a une semaine une jeune fille de dix-neuf ans a été exécutée, alors qu’il est partout dit qu’elle était la plus juste de la ville entière et a été tenue par chacun comme une fille singulière de modestie et de pureté.
Elle sera suivie par sept ou huit autres personnes parmi les meilleures et les plus attirantes…Et ainsi plusieurs sont mis à mort pour avoir renoncé à Dieu et pratiqué des danses de sorcières, ce dont personne n’a jamais attesté.

Pour conclure cette question misérables, il y a les enfants de trois et quatre ans, au nombre de trois cents, qui ont dit avoir eu des relations avec le Diable. J’ai vu des enfants de sept ans mis à mort, des étudiants prometteurs de dix, douze, quatorze et quinze ans. De la noblesse – mais je ne peux pas et ne dois pas écrire plus de cette misère. Il y a les personnes de rang encore plus haut, que vous connaissez et merveilleux à entendre, non, qui le croirait à peine ; laissez la justice être faite…


P.S. – Quoiqu’il y ait beaucoup de choses merveilleuses et épouvantables qui arrivent, c’est au-delà du doute que, à une place appelée la Fraw-Rengberg, le Diable en personne, avec huit mille de ses disciples, a tenu une assemblée et a célébré la messe devant eux tous, administrant à son auditoire (c’est-à-dire les sorcières) des écorces de navets et des épluchures en guise de la Sainte Eucharistie. Et là eurent lieu les blasphèmes non seulement crasseux mais les plus horribles et affreux, que je frissonne à écrire. Il est aussi vrai qu’ils ont tous juré de ne pas être inscrits dans le Livre de Vie, mais tous ont consenti à être inscrits par un notaire qui est bien connu de moi et mes collègues. Nous espérons aussi, que le livre dans lequel ils sont inscrits sera encore trouvé et qu’il n’y a pas de petite recherche qui est faite pour cela ».


Ces procès semblent avoir été un phénomène résultant d’une grande hystérie massive : des gens de toutes les conditions sociales furent arrêtés et accusés, indépendamment de l’âge, de la profession ou du sexe, pour des raisons comme le meurtre et le satanisme, chanter avec le Diable, ou simplement pour être des vagabonds ou être incapables de donner une explication satisfaisante du pourquoi ils passaient par la ville. Trente-deux d’entre eux semblent avoir été des vagabonds et plusieurs autres croyaient être des sorcières et adorer Satan.



Au moins 157 personnes furent exécutées dans la ville. Le nombre exact fut en fait plus grand. Hauber, qui a préservé la liste dans l’Acta et Scripta Magica, ajoute que la liste est loin d’être complète et qu’il y avait beaucoup d’autres combustions, trop pour être spécifiées. A l’extérieur de la vile, plusieurs centaines de gens furent brûlés aussi et le nombre total est évalué à environ 900.


Déjà en 1616-1617, il y eut une première vague de procès dans la ville et un autre isolé en 1625, qui mena à la grande hystérie de 1926. La grande hystérie de Würzburg commença en 1626 et s’arrêta en 1631, quoique les documents des exécutions portent sur la période de 1627 à 1629.
Le 16 juillet 1631, Philip Adolf mourut et quand la ville fut prise par le roi Gustavus Adolphus de Suède la même année, les procès prirent fin. Les exécutions portent sur 157 personnes tuées jusqu’à février 1629 ; après cela, il n’y a plus d’informations. Elles sont cependant évaluées à 219 dans la ville même, et 900 au total dans les secteurs sous l’autorité du Prince-Evêque.


Ce n’est pas la seule grande exécution enregistrée. Les procès de Fulda, en 1603-1605, menèrent à l’exécution de 205 personnes et ceux de Trier en 1587-1593, a 368 personnes exécutées.


Un jésuite, Friedrich Spee, devint, de par son expérience, le confesseur de sorcières dans la grande persécution de Würzburg. Cette expérience, qui rendit ses cheveux prématurément blancs, le convainc que toutes les confessions étaient sans valeur, extorquées seulement sous la torture et que pas une sorcière qu’il avait menée au bûcher avait été coupable. Comme il ne pouvait pas prononcer ses pensées autrement – puisque comme il l’écrivit il redoutait le destin de Bronzant (exécuté), il écrivit un livre qu’il espérait voir circuler anonymement. Mais un ami le transmit secrètement à la ville protestante de Hameln où il fut imprimé en 1631 sous le titre Cautio Criminalis.


ci-dessous suit quelques noms pour donner un exemple de la variété des gens qui furent brûlés.

• Trois comédiens
• Quatre aubergistes
• Trois membres d’un conseil commun de Wurszburg
• Quatorze curés de la cathédrale
• La femme du maire
• La femme et la fille de l’apothicaire
• Deux choristes de la cathédrale
• Gobel Babelin, âgée de 19 ans, la plus jolie fille de la ville
• La femme, les deux petits-fils et la fille du conseiller Stolzenberg
• Baunach le marchand le plus gras de Wurszburg
• Steinacher le citoyen le plus riche de Wurszburg


La septième combustion
• Un garçon errant âgé de 11 ans
• Quatre hommes et femmes étrangers trouvés endormis dans le marché


treizième et quatorzième combustions
• Une petite servante âgée de 9 ans
• Une servante plus jeune
• Sa sœur (une petite fille) leur mère et leur tante
• Une jeune femme de 24 ans


La dix-huitième combustion

• Deux garçons de 12 ans
• Une fille de 15 ans


La dix-neuvième combustion
• Le jeune héritier de la maison de Rotenhahn âgé de 9 ans
• Un garçon de 10 ans
• Un garçon de 12 ans


(source : http://www.lesanciennesterres.com)
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 0:14





Le procès des sorcières de Finspång est un procès pour sorcellerie qui a eu lieu à Finspång, dans l'Östergötland en Suède, en 1617. C'est l'un des plus importants dans ce pays, hors de la période 1668–1676, et a conduit à l'exécution de neuf femmes. Selon l'historienne Christine Bladh, il est possible que ce ne soit qu'une fraction des cas qui ont eu lieu car les dossiers et documents judiciaires sont perdus.
(source : wikipédia)















Source :
wikipédia
http://www.lesanciennesterres.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 0:15

Le procès eut lieu en 1617. Il coûta la vie de 7 à 9 femmes. Il tint une place spéciale dans l'histoire de la Suède car il eut lieu après les grandes chasses aux sorcières et que les condamnées furent brûlées vives.

Ce procès a longtemps été traité comme une légende, mais il est maintenant confirmé. Son instigation vint de la noblesse. Ostrogothia était en 1610 gouvernée comme un Duché indépendant par le cousin du roi, John Duc d'Ostrogothia et son épouse, la Princesse Maria Elisabeth de Suède. On considère le couple royal, particulièrement la Princesse, d’être directement responsable de la tenue du procès, aidé par leur aumônier privé, Claudius Prytz. Prytz, aussitôt installé, aurait transmis au couple l'idéologie de la sorcellerie en accusant une femme d'avoir enchanté le Duc et la Duchesse et en conséquence, la femme fut condamnée à être brûlée vive : la légende dit, que quand elle fut debout sur le bûcher, elle saisit les vêtements de Prytz et essaya de l’entraîner dans les flammes, mais le bourreau l’en délivra. Le cas semble avoir insufflé au Duc et la Duchesse une croyance profonde en l’existence de sorcières. Jusque-là, les procès avaient été rares en Ostrogothia, comme ils l’avaient été dans toute la Suède dont les lois rendaient difficile une condamnation à mort sur les charges de sorcellerie et le métier de sorcière. Mais le Duc fut autorisait à publier des lois plus sévères dans son duché, ce qu’il ne manqua pas de faire, permettant ainsi de punir la sorcellerie par la mort beaucoup plus facilement.


Les documents du procès ne sont pas clairs. En 1616, il y eut une mention que le bourreau de Finspång fut occupé à la tâche "de plonger les sorcières dans l'eau et de les torturer pour obtenir une confession". L'épreuve de l'eau semble avoir été fréquemment utilisée aussi bien que la torture, qui n'était pas non plus commune en Suède ; les dispositifs de torture utilisés à ce procès furent conduits d’une façon similaires autres pays. Une commission de prêtres fut désignée pour juger.


En 1617, le procès prit fin et aboutit à l'exécution d'au moins 7 femmes nommées : Elin i Näs et Kerstin i Näs, Ingrid i Rippestorp, Margareta i Eketorp, Kirstin i Tråbrunna, Ingrid de Gållbo i Regna et Ingrid Orres de Vånga. Elin fut la première à être arrêtée. Lusse de Mullsäter mourut en prison avant l'exécution. Lussi i Svartorp fut soumise à l'épreuve de l'eau et avoua avoir été à Blockula et avoir des relations sexuelles avec Satan et avec les femmes qui l'avaient désignée ; son exécution fut retardée jusqu'en 1620. En même temps, il y a une mention de " deux sorcières mauvaises et réputées, que leurs Grâces le noble Duc John et sa noble épouse la Haute Maria Elisabeth ont condamné sur l'ordre de Dieu, à être brûlées vives au village appelé Skoby vad."


Les 7 condamnées du procès furent menées aux bois, à une falaise au-dessus d'un grand feu dans lequel elles furent jetées. Si c'est vrai, cette méthode d'exécution aurait été tout à fait unique dans un procès suédois, où les condamnés étaient d'habitude décapités avant d’être brûlés ; quoiqu'il y ait des cas où la méthode d'exécution fut peu claire, il n’existe qu’un cas avéré, celui de Malin Matsdotter en 1676, où la sorcière fut condamnée à être brûlée vive.


Ce qui entoure ce procès semble toutefois relever du folklore comme la partie des bois appelée les collines de Blockula, un petit lac de montagne appelé le Petit lac de montagne de la Sorcière, une caverne réputée pour avoir été la cachette des femmes accusées. Dans ce bois, la légende dit que l'on peut entendre des voies de femmes criant : "je suis innocente !" Et celui qui oserait les railler, tomberait mort avant le crépuscule, comme cela arriva à un ouvrier agricole.

(source : http://www.lesanciennesterres.com)
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 0:24





Le procès des sorcières de Mora est un procès pour sorcellerie qui a eu lieu à Mora, en Suède, en 1669. C'est la première exécution collective de la Grande chasse aux sorcières de 1668-1676 en Suède, et celle-ci atteint son apogée en 1675 avec le procès des sorcières de Torsåker.


Une description du procès apparaît dans De Betoverde Weereld (1691) de Balthazar Bekker (anglais : The World Bewitched, publié en 1695) de même que dans Saducismus Triumphatus de Joseph Glanvill, publié en 1683. On considère qu'une illustration allemande célèbre a eu une influence sur le procès des sorcières de Salem en 1692, mais celle-là est incorrecte car les condamnées n'ont pas été exécutées en étant brûlées vives avec du feu, comme c'était le cas en Allemagne mais non pas en Suède.
(source : wikipédia)














Source :
wikipédia
http://www.lesanciennesterres.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 0:26

Le procès de Mora




Le procès eut lieu en 1669. Il devint célèbre grâce à la diffusion de ces rapports en Europe et une illustration provocatrice de l'exécution faite en Allemagne qui eurent une certaine influence sur les procès de Salem. Ce fut la première exécution massive pendant la grande chasse de sorcière de 1668-1676 en Suède.


Après le procès contre Märet Jonsdotter à Härjedalen en 1668, des rumeurs commencèrent à s'étendre dans tout le pays que des sorcières menaient des enfants au Sabbat de Satan à Blockula. Cela provoqua une panique parmi les parents et une série de procès dans tout le pays, où les enfants désignèrent des adultes pour les avoir menés à Satan en chevauchant le bétail pris des granges de fermiers riches. A Älvdalen, trente personnes passèrent en jugement et dix-huit furent condamnées à mort : la cour nationale révoqua onze condamnations à mort et exécuta 6 femmes et 1 homme le 19 mai 1669. Ces gens furent exécutés sur les témoignages d'enfants, ce qui devait être commun pendant cette chasse de sorcière.


En mars 1669, la panique atteignit Mora. Le bailli informa le gouverneur : "A Älvdalen et Mora, des enfants et des adolescents sont convertis par de vieilles sorcières au Diable ". En juin, les parents affligés forcèrent le gouverneur à envoyer à la capitale une liste de 35 enfants qui témoignaient avoir été conduits à Satan, assortie d’une demande d’envoi d’une commission à Mora pour traiter le problème, parce que si : "l’existant n'est pas traité comme il devrait, il y a un risque qui devienne pire que ce que l’on pourrait imaginer". En mai 1669, le Roi Charles XI créa une commission avec instruction d'utiliser la prière pour racheter l'accusé, plutôt que la torture ou l'emprisonnement.


La commission, dont la moitié était des prêtres, parvint à Mora le 12 août 1669 et, devant trois mille spectateurs, convoqua une audition le 13 août. En cinq jours, 60 adultes accusés et de nombreux enfants furent interrogés. Le fonctionnaire responsable d'enregistrer leurs déclarations admit ouvertement qu’il ne prit guère de notes tant elles étaient semblables. Il y eut tant d'accusés que le procès fut conduit à deux emplacements différents dans le village.


La preuve à retenir contre un accusé était de plusieurs ordres :

• Lévitation magique pour aller au sabbat : les enfants prétendaient être menés par des sorcières volant sur des chèvres, des bâtons ou des hommes même endormis.
• Participation au sabbat : Renier Dieu en se coupant le doigt et en écrivant son nom avec son sang dans le livre du diable. Accepter le Baptême par le diable.
• Serment de fidélité : Les sorcières jetaient des engrenages de montres dans l'eau et récitaient "Comme ces engrenages ne retourneront jamais à l'horloge où ils étaient pris, mon âme ne pourra jamais retourner au ciel."
• Banquet : Le menu inclus "bouillon avec des coleworts et du bacon accompagnés de flocons d'avoine, de pain avec du beurre, du lait et du fromage."
• Danser, finir avec "un combat l'un avec l'autre."
• Musique et copulation.
• La construction d'une maison en pierre pour emprisonner les sorcières jusqu’au jour de jugement, mais dont les murs tombent perpétuellement.
• Participation à un maléfice (acte malveillant) proposé au sabbat


Se basant seulement sur des témoignages d'enfants, le 23 août la commission identifia 70 sorcières adultes, les 23 qui avouèrent furent exécutées le 24 août et les quarante-sept autres furent envoyées à Falun pour une exécution postérieure. De plus, 15 enfants furent exécutés avec 56 autres enfants condamnés à divers autres châtiments corporels.


Les condamnés du procès de Mora
• Nisses Anna (70 ans)
• Jerp Anna d'Oxberg (50 ans)
• Anders Perssons Anna de Selja (50 ans)
• Sol Märet de Selja (58 ans), sœur d'Anders Perssons Anna
• Enghies Anders de Morkarlby (40 ans), le seul homme à être exécuté
• Anna de Morkarlby (70 ans, finlandaise), connue comme "la vieille sorcière"
• Märet de Östnor (70 ans, filandaise), sœur d’Anna.
• Hära Kerstin de Vika (79 ans)
• Butu Margareta de Våmhus (50 ans)
• Hindrick Lasses Karin de Våmhus (40 ans)
• Hollnus Olofs Brita de Våmhus (36 ans)
• Ask-Elin de Våmhus (50 ans)
• Mats Hanssons Anna de Bonäs (60 ans)
• Hede Hans Märet de Bonäs (70 ans)
• Bäcke Pers Karin de Våmhus (26 ans) (exécution suspendue pour cause de grossesse)
• Knubb Eriks Anna de Våmhus (35 ans) (exécution suspendue pour cause de grossesse)


Six autres condamnations à mort furent suspendues pour manque de clarté, une bonne réputation et l'espoir d'amélioration - parmi eux un homme, Sven Maas de Selja.


Les exécutions eurent lieu le 24 août 1669. Les condamnés devaient être décapités puis leurs corps brûlés. Le rapport des exécutions décrit l'événement : les pécheurs ont marché rapidement, sauf les deux derniers, qui ont commencé à soupirer et gémir, bien que ne retardant pas le cortège. Les bûchers furent construits en face de l'église sur une péninsule sablonneuse de l'autre côté de la rivière. Sur la place d'exécution, les quatorze femmes et l'homme furent décapités avec une hache et leurs cadavres furent attachés sur le bûcher : d'abord sept le furent sur le premier bûcher, cinq sur le deuxième et trois au troisième, un spectacle terrifiant.


Un garçon fut condamné à la course du gantelet entre les autres garçons de village et on fouetta 148 enfants. Ensuite, la commission quitta Mora. 6 femmes furent exécutées par la suite.


Le curé continua d’envoyer des plaintes au gouverneur. En décembre 1669, 60 autres personnes furent accusées de sorcellerie à Mora, mais les autorités locales ne désirèrent plus mener d’autres procès : "Plus durement vous conduisez ces choses, plus dangereux elles deviennent, écrivit le gouverneur et le plus difficile c’est qu’il me paraît impossible de se séparer le coupable de l'innocent". Donc, personne ne fut condamné à plus que le fouet.


En février 1670, le gouverneur se plaignit qu'il y ait soudainement tant de dénonciation sorcières et que cette hystérie s'étendait comme le feu dans l'herbe sèche. Les curés lui écrivirent fréquemment demandant plus de procès, mais il refusa et leur conseilla plutôt de sermonner les sorcières soupçonnées. Le gouvernement donna l'ordre qu'une prière spéciale, la prière de sorcière, fusse tenue dans les toutes églises du royaume : cette prière fut dite de 1670 à 1677.
(source : http://www.lesanciennesterres.com)
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 11:09





Les procès des sorcières féeriques de Sicile se sont déroulés de la fin du xvie siècle au milieu
du xviie siècle. Ils représentent un phénomène unique, car dans cette région, les procès
de sorcières impliquèrent le folklore des fées.















Source :
wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 11:23







En Sicile, il existait une croyance selon laquelle des fées pouvaient prendre contact avec les humains, souvent les femmes, pour les emmener à Bénévent, au blockula, le lieu de rencontre entre le Diable et les sorcières lors du Sabbat. Les fées étaient appelées les donas de fuera, tout comme les femmes qui les accompagnaient. Elles étaient belles, habillées de blanc, de rouge ou de noir, de sexe féminin ou masculin ; leurs pieds étaient des pattes de chats, des sabots ou d'autres formes rondes. Elles venaient en groupes de cinq ou sept, et une fée mâle jouait du luth ou de la guitare en dansant. Les fées et les humains étaient séparés en plusieurs groupes en fonction de leur noblesse, chacun sous un étendard.

Chaque mardi, jeudi et samedi, les fées rencontraient les humains de leur groupe dans les bois. En mars, plusieurs groupes se rassemblaient, et leur « Prince » leur apprenaient à être des créatures bienveillantes. Les membres d'une congrégation appelée « Les Sept Fées » étaient capables de se transformer en chats et en « ayodons », capables de tuer.

Les fées pouvaient être assez agressives envers les humains. Dans une histoire, un homme sans rapport avec elles, et ne les voyant donc pas, soufra d'une crampe douloureuse après avoir trébuché sur une d'elles.











Entre 1579 et 1651 furent enregistrés plusieurs procès en Sicile, cependant leur nombre exact est inconnu à cause de la perte de certains documents. Les résumés des procès, envoyés au Suprema de l'Inquisition à Madrid par le tribunal sicilien, rapportent que 65 personnes, dont 8 hommes, furent jugées pour sorcellerie à cause de leur prétendu rapprochement avec les fées.

L'Inquisition les accusa d'être des sorcières, mais ne prit pas les cas au sérieux, car les accusés ne mentionnaient jamais le Diable dans leurs déclarations. Les autorités associaient fréquemment les réunions avec les elfes à des évènements proches des sabbats de sorcières, mais comme la population locale voyait généralement le phénomène d'un bon œil, l'Inquisition ne poussait pas l'enquête plus loin. Les accusés dirent qu'ils étaient devenus proches des fées parce qu'elles avaient le « sang sucré », et que dans la plupart des cas, ils se rendaient aux réunions d'une façon non-corporelle, laissant leurs corps derrière eux. Ce concept était partagé avec une autre communauté qui subit des pressions de l'Inquisition, les benandantes.

Comparés aux pays voisins, les procès de sorcières en Sicile étaient relativement modérés : dans la plupart des cas, les accusés étaient soit libérés, soit exilés ou emprisonnés, plutôt que condamnés à mort. Bien que les accusés affirmèrent que des nobles participaient aux activités, la plupart étaient décrits comme pauvres, et souvent des femmes.

Les accusés ont apparemment témoigné sans être torturés par l'Inquisition. Le folklore féerique était bien ancré à l'époque, et d'après les rapports, les accusés n'avaient pas honte de leurs actions, certains n'ayant même pas réalisé que leurs croyances allaient contre l'Église chrétienne. D'après certains d'entre eux, les fées n'aimaient pas parler du dieu chrétien, ni de la Vierge Marie, mais malgré cela, ils ne voyaient pas leur pratique comme contraire aux valeurs de la chrétienté. L'Inquisition finit par perdre son intérêt envers les fées, et essaya au contraire de faire changer les témoignages des accusés pour leur faire mentionner les sabbats traditionnels des sorcières, qui impliquaient des démons et des diables plutôt que des fées. Ils y parvinrent dans certains cas, mais en général, la croyance profonde de la bienveillance des fées resta ancrée en Sicile longtemps après l'Inquisition.

En 1630, Vicencia la Rosa fut condamnée au bannissement et à l'interdiction à tout jamais de mentionner les fées. Après la condamnation, la Rosa continua à raconter des histoires à propos d'un être féerique, Martinillo, qui l'emmenait à « Bénévent », où elle avait des relations sexuelles. Elle fut arrêtée à nouveau et bannie de Sicile pour le reste de sa vie.











La femme de pêcheur de Palerme était une Italienne qui fut jugée en 1588 pour sorcellerie par l'Inquisition sicilienne à Palerme en Sicile. Elle déclara être proche des fées et sa confession fut l'une des premières décrivant un contact entre les fées et les humains en Sicile. Des témoignages similaires se firent fréquents dans les procès des sorcières en Sicile entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XVIIe siècle.

Elle raconta que lorsqu'elle avait huit ans, elle avait volé dans les airs avec un groupe de femmes sur des boucs jusqu'à un grand champ dans le royaume de Naples appelé Bénévent, ou un adolescent « rouge » et une belle femme étaient assis sur un trône. Selon son témoignage, ils étaient appelés le Roi et la Reine. Elle affirma que la meneuse des femmes qui l'avaient emmenée là-bas, appelée la Bannière, lui expliqua que si elle s'agenouillait devant le Roi et la Reine et qu'elle leur prêtait allégeance, ils lui donneraient des hommes riches et beaux avec qui elle pourrait faire l'amour, et qu'elle n'aurait pas à vénérer Dieu ni la sainte Vierge. La Bannière ajouta qu'elle ne devrait pas mentionner la Vierge Marie, parce que cela ne se faisait pas en présence des fées. La jeune fille accepta d'adorer le Roi et la Rein, prêta allégeance dans un livre contenant beaucoup de lettres, et promit son âme et son corps au couple. Après cela, un banquet fut installé, et tout le monde mangea, but et fit l'amour ensemble. Elle affirma aussi avoir eu des relations sexuelles avec beaucoup d'hommes, après quoi elle explique s'être réveillée.

Elle dit ne pas avoir été consciente d'être dans le pêché avant que le prêtre ne lui dise que ces choses étaient l'œuvre de Satan. Elle continua tout de même, pour le plaisir que cela lui procurait. Elle ajouta qu'à quelques occasions, les fées venaient la chercher avant qu'elle n'aille se coucher pour éviter que son mari ou ses enfants ne remarquent quoi que ce soit. Elle affirma être éveillée tout le long des événements. Elle expliqua aussi que le Roi et la Reine lui avaient donné de la médecine pour soigner les malades, pour qu'elles puissent gagner de l'argent et sortir un peu de la pauvreté.

Selon l'Inquisition Moderne sous le vocable de fée se cachait bien souvent des démons. Ces croyances, reliquat du "paganisme", devaient être éradiquées. Malgré tout certaines, considérées comme superstitions, n'étaient guère prises au sérieux. Les événements rapportés par la femme de pécheur étaient donc soit des rêves, auquel cas ils pouvaient tolérer leur histoire sur les fées, soit, si c'était réel, des sabbats de sorcières dans lesquels ce n'étaient pas des fées mais des démons. L'Inquisition posa donc des questions à la femme de pécheur pour savoir si c'était un rêve ou la réalité. Le rapport cite la conclusion du tribunal : « Tout ceci semble s'être déroulé pour elle comme dans un rêve », et que tout n'avait été qu'un rêve, « aussi loin qu'elle puisse s'en rendre compte ».
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 11:34







En 1620 – 1621, les procès de sorcellerie atteignent un paroxysme au Ban de la Roche,
emportant un minimum de 53 victimes sur une population qui pourrait être estimée
au maximum à 1 200 personnes.










Source :
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 12:08





Vers 1620, du fait de la prospérité apportée par l'exploitation minière, le Ban de la Roche connaît un pic démographique. La population peut être estimée aux alentours de 1 200 personnes, ce qui est excessif par rapport aux possibilités nourricières physiques de cette région de montagne.

Les procès de sorcellerie atteignent une intensité particulière. Le dossier qui reste aux Archives municipales de Strasbourg dresse une liste de 48 paragraphes dont certains concernent des couples, si bien que le total qui ressort de ce décompte est de 53 personnes et non 48. Il s'agit là d'un minimum, puisque le dossier n'est pas complet.

De son côté, Nicolas Milan, qui aide aux exécutions, transmet (par l'intermédiaire de sa descendance) le chiffre de 70 innocents exécutés.

Il convient encore de tenir compte de personnes qui décèdent en périphérie des procès sans être pour autant exécutées. Par exemple, la mère de « Catharine, la femme à Philippe, le maréchal », empoisonnée par sa fille en prison, « elle, la mère, le sachant bien » ; ou bien cette meunière nommée Nicole qui fut interrogée, puis libérée et ramenée en son logis sans signe d'indisposition quelconque, mais qui fut cependant, le lendemain, trouvée morte de mort violente ; l'autorité attribua le meurtre à « son diable » et n'enquêta pas davantage.


Les procès de sorcellerie se calment dans les années 1630.









Le titulaire du droit de Haute Justice est le Comte palatin Georges Gustave de Veldenz, fils de Georges-Jean de Veldenz.
Le tribunal se compose de deux juristes qu'il a fait venir de Strasbourg, nommés Stamm et Kripschild, ainsi que des deux pasteurs du Ban de la Roche, Jean Nicolas Marmet et Hector Gsandry.






À la croisée des chemins, le col de la Perheux


L'usage de la torture lors des interrogatoires est banalisé, même si l'on peut rencontrer dans les « confessions » (aveux) l'expression « Elle a librement et volontairement confessé que ... »; dans le contexte de la justice alsacienne d'Ancien Régime, cette phrase signifie que les instruments de torture étaient rangés à l'instant des aveux.

Le bourreau en titre, Meister Bernhardt, facture 228 florins pour l'exécution de 20 personnes.

Il est aidé pour les exécutions par quatre hommes désignés par l'autorité, parmi lesquels Nicolas Milan, dont les réticences probables transparaîtront dans le récit légué par sa descendance.

Le sabbat est supposé se tenir au lieudit Le Chesnoy.

Le lieu des exécutions est le Col de la Perheux.










Piercin est le chef des diables de la vallée.
Joli, Gerardin et Gruson sont des diables subordonnés « mariés » par Piercin à des femmes de la vallée.
Joliatte est une diablesse qui a commerce sexuel avec des villageois.










Les victimes sont souvent pauvres, mais pas obligatoirement.
Les hommes en forment environ le tiers, proportion nettement supérieure à ce qui est habituel.
Il s'agit principalement d'autochtones. Il n'a pas été rencontré jusqu'ici de nom de mineurs (population venue de l'extérieur) parmi les victimes connues.
Malgré les tortures endurées, les dénonciations ne sont pas très nombreuses, et plus d'une « confession » s'avère, à la lire de près, ne dénoncer que des morts ou des êtres surnaturels.












Sorcière soignant un malade, peinture murale du
monastère de Rila en Bulgarie




Actions avouées :

• empoisonnements (certains simplement supposés : le tribunal note que l'état d'un malade s'est aggravé après que l'accusée lui a donné un remède) ; application de « graisses » provoquant maladies, blessures et mort chez des gens et des bêtes
• participation au sabbat ; commerce charnel avec des diables ; reconnaissance de l'autorité de Piercin pour défaire des mariages et baptêmes de l'Église et y substituer les siens
• usage magique de l'hostie (surprenant en contexte protestant)
• déterrement de cadavres d'enfants généralement non baptisés
• meurtres rituels d'enfants pour en tirer des « graisses » empoisonnées










Le sabbat vu par un artiste allemand inconnu



• Didier Hans (Didier, fils de Jean), métayer à Belmont : "il a confessé qu'il a eu à maintes fois l'envie de se convertir envers Dieu, mais le Diable, s'en apercevant, l'en détourna, et le battait extrêmement, ce qu'il a fait environ six fois, entre autres aussi pour n'avoir pas tué Claude Georges, qui avait résisté au diable." ; rien de plus ; on le connait aussi comme Didier Moictrier(Didier le métayer) : en 1620, sont vendus à Saulxures quatre bœufs et une vache provenant des biens de "feu didier Le Moictrier de bémon (= Belmont), exécuté par le feu pour crime de sortilège au lieu de Rhodes (= Rothau)".
• Madeleine, la veuve du justicier Humbert Thon, de Waldersbach : commerce sexuel avec un diable nommé Gruson
• Claudette, épouse de Jean Schmitt, de Trouchy (hameau de Fouday): "Elle a confessé qu'en allant au sabbat, elle adora le Diable en s'inclinant la tête à la renverse, et nommait le nom du Diable en révérence".
• Anonyme : "Il a confessé qu'étant à l'église, le Diable lui commanda que, lorsque le pasteur dirait l'Evangile, il devait dire à chaque parole le mot bou, comme s'il voulait dire tu as menti."
• Catherine, épouse de Philippe, le maréchal de Rothau : commerce sexuel avec un diable nomméGérardin ; reniement du baptême et de l'Église ; baptême diabolique ; participation au sabbat au Chesnoy ; empoisonnements, dont celui de sa mère en prison "elle, la mère, le sachant bien" ; profanation de l'hostie
• Jeanne, épouse de Dimanche Georges de Neuviller : "Elle a confessé que, passé neuf ans, elle et les sorcières du Ban de la Roche causèrent une contagion pestilentielle dans le village de Belmont, avec de la poudre noire que Piercin leur donna. Dans cette même contagion, elle empoisonna son premier mari. Elle a confessé qu'au sabbat elles adorent Piercin en se mettant à genoux devant lui, le nommant par son nom et le reconnaissant comme leur maître."
• Valentine Jandon : mariage avec un diable nommé Joli ; participation au sabbat ; profanation de l'hostie
• Georgette, la femme à Jehan, le Neubourgeois, à présent à Rothau ; confesse toute la gamme des crimes possibles : empoisonnements, meurtres d'enfants, commerce sexuel avec le diable ; dénonce en apparence de nombreuses personnes, mais il s'agit de morts ; s'accuse d'avoir fait mourir le cheval gris du Comte de Veldenz
• Claudette, épouse de Vincent Janduru, de Wildersbach : commerce sexuel avec le Diable ; participation au sabbat ; empoisonnement de bêtes et de gens ; profanation de sépultures d'enfants ; a entendu la Neubourgeoise et la veuve de Didier Mathiat se venter du meurtre du cheval gris du Comte
• "Le fils de Nicolas Milan" ; listé comme en instance d'exécution en 1621 ; probablement exécuté, car Nicolas Milan n'a pas de descendance en ligne masculine ; pas d'autre renseignement









Le dossier des procès de sorcellerie aux Archives municipales de Strasbourg, copie partielle d'un original perdu, ne donne pas « le fin mot de l'histoire ».


À titre d'essais partiels d'explications, et tout en se gardant d'affirmer, on notera ce qui suit :


• On peut admettre que la population n'étant "protestante" que depuis quelques décennies, elle a conservé dans ses traditions des attaches avec ses anciennes croyances et coutumes héritées des générations précédentes où religion et croyances populaires sont intimement mêlées.
• la période des années 1620 correspond, dans toute l'Europe, à une grande flambée de procès de sorcellerie (c'est à tort qu'on situe spontanément au Moyen Âge les grandes vagues de procès) ; dans les années 1630, les procès se terminent au Ban de la Roche en même temps que, dans toute l'Europe, les autorités tentent de mettre un terme à la flambée
• l'Alsace et le sud de l'Allemagne sont fort touchés ; à une vingtaine de kilomètres du Ban de la Roche, la ville catholique de Molsheim, haut lieu de la Contre-Réforme, flambe plus énergiquement encore que le Ban de la Roche ; les procès de sorcellerie à Molsheim ont été étudiés par Schlaefli de façon très approfondie : Molsheim est à une vingtaine de kilomètres du Ban de la Roche, mais son ressort juridictionnel est assez vaste et englobe des villages limitrophes du Ban de la Roche, comme Schirmeck ou Natzwiller.
• la possibilité d'une certaine émulation dans la répression entre protestants et catholiques est à considérer ; elle parait peut-être présente dans l'esprit de l'évêque de Strasbourg, seigneur de Molsheim ; en effet, Schlaefli a eu en main (voir pages 151 et 152 de son livre), une lettre du 10 mars 1623 que l'évêque a adressée à des subalternes ; il dit apprendre avec chagrin l'extension du vice de sorcellerie et donner contre son gré l'ordre de l'extirper totalement de crainte d'encourir des reproches des localités voisines (certaines protestantes comme Dorlisheim ou le Ban de la Roche)
• en 1620, le Ban de la Roche est surpeuplé par rapport à ses faibles possibilités nourricières (pays de montagne), et de plus le seigneur voudrait faire venir cent mineurs de l'extérieur
• la terre du Ban de la Roche refuse de produire du blé ; avant l'introduction de la pomme de terre, on mange du seigle (dans le meilleur des cas ; si le seigle vient à manquer, on tente de faire du pain avec les plantes les plus improbables); parfois, le seigle est atteint par un champignon parasite, l'ergot de seigle, dont on tire aujourd'hui le LSD , d'où de possibles hallucinations ; tous n'ont pas les moyens de s'abstenir de consommer du seigle ergoté, d'autant plus que le champignon dont il s'agit a tendance à s'étendre
• la « profanation » d'une tombe d'enfant mort sans baptême pouvait être opérée sans intention de nuire ; par exemple si les parents le déterraient pour l'emmener dans un sanctuaire à répit (la pratique du répit, désapprouvée par l'Église, était très fréquente).
• lien possible à envisager avec des épidémies locales de peste ; Jehannon, la femme à Dimanche Georges, se voit reprocher d'avoir semé une « contagion pestilentielle » à Belmont.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 12:49




Les procès de sorcellerie à Molsheim ont revêtu au XVIIe siècle une ampleur inégalée, qui culmine en 1630 avec une impressionnante série de procès d'enfants, pour la plupart élèves du collège des Jésuites. Or, en ces temps de lutte contre le protestantisme, l'enseignement de la jeunesse était un élément fondamental de la stratégie de l'Église. Celle-ci se trouve donc être une victime collatérale des procès de sorcellerie, pourtant organisés sous l'égide de l'évêque. Après ce paroxysme de 1630, le nombre de procès de sorcellerie à Molsheim se réduit très nettement, comme ailleurs, sous la pression d'autorités qui commencent à comprendre que le phénomène leur a échappé.











Source :
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 14:50





La petite ville de Molsheim (aujourd'hui dans le département du Bas-Rhin), située dans la vallée de la Bruche (rivière) est le centre de la Contre-Réforme.

Strasbourg n'est en effet pas disponible pour ce rôle puisque son Magistrat est passé au protestantisme ; elle a bien gardé un évêque catholique à la suite de la Guerre des évêques (1) mais celui-ci a perdu tout pouvoir temporel à Strasbourg même.

L'évêque de Strasbourg a cependant gardé son pouvoir temporel sur d'autres terres, principalement dans la vallée de la Bruche, dont Molsheim est la ville la plus importante. Ces circonstances feront de cette ville le cœur du mouvement dit de la Contre-Réforme (appelée aujourd'hui de préférence : Réforme catholique (2)).

Un collège de jésuites (3) structure les ambitions de l'Église sur le plan intellectuel : soutenir dignement la controverse théologique, et donner une instruction catholique à la jeunesse.





L’église des jésuites


L'évêque, par ailleurs frère de l'Empereur, est le seigneur temporel de Molsheim, et le titulaire du droit de haute justice ; il a donné par lettre des instructions à ses subordonnés pour que la sorcellerie soit totalement éradiquée, et il porte de toute évidence la plus grande part de responsabilité dans la flambée.










Louis Schlaefli (4) a effectué une étude magistrale de ce dossier.
Les procès de sorcellerie sont enregistrés au Blutbuch (Livre du sang); le premier volume de ce type n'étant pas parvenu jusqu'à nous, il est impossible de connaître la date des premiers procès ; le second Blutbuch démarre en 1617 et la première affaire de sorcellerie y est enregistrée en 1620.

On y relève 113 victimes adultes pour la décennie 1620-1630, dont 11 hommes adultes seulement, les exécutions d'enfants n'y étant pas enregistrées. Certaines exécutions d'adultes ont également été oubliées. Le chiffre de 113 victimes est donc nettement en dessous de la réalité.

En exploitant d'autres sources d'archives, Louis Schlaefli réussit à couvrir la période 1589-1697, tout en avertissant que son étude n'est probablement pas exhaustive du fait de la perte du premier Blutbuch et de négligences des greffiers (enregistrements omis). Il étudie en détail 89 cas individuels, dont 26 seulement figurent dans le Blutbuch.

Les victimes proviennent des bailliages de Dachstein et Schirmeck, au total une trentaine localités catholiques dépendant de l'évêque de Strasbourg, parfois éloignées de Molsheim d'une vingtaine de kilomètres ; certains de ces villages, comme Schirmeck ou Natzwiller, jouxtent le Ban de la Roche protestant, qui a ses propres procès de sorcellerie.

Louis Schlaefli n'a cherché à étudier en détail que les victimes de Molsheim.









L'instance suprême est l'Empereur germanique Ferdinand II du Saint-Empire (5) (1578-1637), ancien élève et protecteur des Jésuites ; l'Empereur (ou, pour être précis, la Chambre impériale de Spire (ville), qui juge en son nom), est l'instance d'appel, et il est arrivé qu'un(e) inculpé(e) obtienne gain de cause devant lui ; ainsi, la Goldschmittin (épouse d'orfèvre) Aurelia Kieffer née Reiss, riche et combative, soutenue par une mère du même métal (Ursula Reiss) réussit à se faire libérer ; l'énergique Ursula saisit la Chambre impériale de Spire d'une plainte contre l'Archiduc Leopold, au point que l'Empereur élu demande un rapport ; Aurelia Kieffer est libérée, mais ne vit pas assez longtemps pour savoir si elle serait acquittée sur le fond ; l'acharnement des chasseurs de sorcières se déplace sur Ursula Reiss, on recherche des "indicia" (accusations informelles de sorcellerie de citoyens ordinaires, bavardages, insultes) jusque dans les villages voisins ; on interroge de vieilles personnes qui se souviennent que, sur le chemin du supplice, les condamnées de la fournée de 1599 traitaient Ursula de sorcière ; elle ne s'en porte pas plus mal : en 1623, probablement réfugiée à Strasbourg, elle répond fort vertement à Bunaeus qui lui réclame des frais de justice ; en substance : "Après tout ce que vous avez fait subir à ma fille, vous osez réclamer de l'argent ! N'y comptez pas !" ; les embryons de procédure (collecte d'indicia) qui démarraient contre ses deux autres filles s'arrêtent en route ; les juristes de l'évêque de Strasbourg ont compris à qui ils avaient affaire ; désormais, ils s'en prendront aux pauvres.
L'évêque de Strasbourg (entre 1607 et 1625) est aussi l'Archiduc (6) Léopold V d'Autriche-Tyrol (7), frère de l’empereur. Léopold d'Autriche est le seigneur de Molsheim, et le protecteur local des Jésuites ; ses armoiries sont représentées sur la clé de voûte de la chapelle Saint-Ignace (côté Nord). C'est donc le titulaire du droit de Haute Justice, au moins en première instance; Schlaefli a eu en main, une lettre du 10 mars 1623 qu'il a adressée à des subalternes ; il dit apprendre avec chagrin l'extension du vice de sorcellerie et donner contre son gré l'ordre de l'extirper totalement de crainte d'encourir des reproches des localités voisines (certaines protestantes comme Dorlisheim ou le Ban de la Roche)
Les procès sont organisés matériellement à un niveau moindre du pouvoir ; en 1623 : par le bailli Rodolphe de Neuenstein et par deux docteurs en droit qui présidaient le Malefizgericht (tribunal spécialisé dans les affaires de sorcellerie), nommés Gless et Bunaeus.
Les juges de niveau moindre sont de simples citoyens, artisans ou commerçants ; ils ne sont pas assurés de ne pas se retrouver eux-mêmes devant le Malefizgericht ; leurs femmes y comparaissent souvent, leurs enfants parfois
Les Sibener sont une institution spécifique : ils assistent aux aveux de l'accusé et s'assurent qu'ils sont prononcés "librement", c'est-à-dire sans torture à cet instant précis.
Deux "avocats" complètent les acteurs de la procédure, l'un parle au nom de la seigneurie (il s'agit donc d'un procureur), l'autre au nom des accusés.
Les bourreaux constituent une caste endogame d'exclus et n'ont pas le droit d'habiter la ville, ils n'en sont pas moins un élément essentiel de la procédure.
Les Jésuites préparent les accusés à la mort ; cette préparation a lieu avant même le procès, dont l'issue ne fait pas de doute ; ils intercèdent pour que le condamné soit étranglé ou passé par l'épée avant d'être brûlé, et ils obtiennent souvent gain de cause (toujours pour les enfants)
Globalement, la responsabilité de la flambée est à partager entre les gens d'autorité et le petit peuple.
Gens d'autorité : la grande flambée démarre avec des instructions hiérarchiques données par écrit ; elle cesse aussi brusquement qu'elle a commencé après une affaire dans laquelle l'Église catholique est victime collatérale (sous réserve de dossiers d'archives perdus, il n'y a plus, après 1631, à Molsheim, que des cas sporadiques ; même observation pour les procès de sorcellerie au Ban de la Roche protestant mais voisin).
Le petit peuple a l'accusation facile et cherche en permanence des responsables à ses nombreux malheurs ; on n'y trouve en principe pas de défenseur des personnes accusées de sorcellerie, sauf chez les victimes.








Avant le second Blutbuch :


• 1589/90 : six cas retrouvés, dont celui d'Apolonia Schaeffer, brièvement soupçonnée, sur dénonciation de son beau-fils, de s'être transformée en loup (entre autres accusations); la torture lui fait avouer un commerce sexuel avec le diable, et divers autres méfaits, mais pas la transformation en loup, pour lesquels les juges n'ont sans doute pas vraiment insisté ; on ne retrouve pas non plus, dans les autres dossiers connus à Molsheim (ni d'ailleurs au Ban de la Roche ni dans la future Principauté de Salm), d'assimilation sorcier/ loup-garou ; il ne semble pas que ce thème fasse partie du canevas d'interrogation à l'époque d'Apolonia ; les modes changent ... on trouve bien à l'occasion des récits de transformation en chat pour se rendre plus vite au sabbat, mais sans que cette transformation entraîne en soi des méfaits particuliers
• 1599 : sept victimes, qui ne sont connues que par l'inventaire de leurs biens.


Cas enregistrés dans le second Blutbuch :

• 1620 : 27 victimes
• 1621 : 38 victimes
• 1623 : 14 victimes
• 1624 : 11 victimes
• 1625 : 14 victimes
• 1630 : 9 victimes
(mais enregistrements incomplets d'après Schlaefli)

Total : 113 victimes adultes dont 11 hommes dans le Blutbuch.

Ce total ne comporte pas les personnes non enregistrées au Blutbuch, c'est-à-dire, en particulier, pas les enfants.

Or, pour les années 1629 et, surtout, 1630, Schlaefli a dénombré 33 petites victimes entre 8 et 16 ans, dont 27 garçonnets et 6 fillettes.









Les faits supposés de sorcellerie reviennent d'affaire en affaire, au point qu'on a pu dire que "qui a lu un dossier de sorcellerie les a tous lus". Ce n'est pas surprenant, puisque l'accusé, sous la torture, avoue ce que le juge lui suggère, et que par ailleurs le juge suit un canevas procédural et interroge sur les points figurant dans ce canevas.

Les aveux portent sur des faits supposés qui font grief soit pour l'autorité soit pour la population :

les griefs de l'autorité peuvent être regroupés sous le vocable d'usurpation d'autorité : allégeance au diable, annulation des baptêmes et mariages prononcés par l'Église, participation au sabbat (où le diable préside), baptême et mariage diabolique remplaçant ceux de l'Église ; ou d'actes de mépris contre des symboles de l'autorité (profanations d'hosties).
les griefs de la population portent sur la malfaisance : fabrication de substances maléfiques, meurtres et blessures contre des personnes ou des bêtes, provocation d'intempéries.
Cependant, des événements plus "originaux" peuvent se trouver à l'occasion :
on a noté l'allégation de transformation en loup d'Aurélia Schaeffer, émanant de son beau-fils, sur laquelle le procès n'embraye pas.
on notera l'affaire du pacte avec le diable au collège des Jésuites (voir section dédiée). Ce chef d'accusation, qui embarrassa fort les Jésuites, n'était peut-être à l'origine pas dicté, et pourrait provenir de l'imagination d'adolescents s'identifiant au héros d'une légende.

La lecture de certains aveux montre que l'empoisonnement par des substances physiques ordinaires n'est pas toujours clairement distingué de l'empoisonnement par maléfice ; même confusion, surtout chez les enfants, entre relations sexuelles ordinaires et mariage diabolique ; de même, le sabbat diabolique, qui se déroule dans un lieu tout matériel (autour d'un tilleul, puis autour de la croix qui le remplace après que l'évêque a ordonné son abattage) ne se distingue guère d'un repas banal accompagné de danses, musique et orgie. Cette conception très large et assez banalisante de ce qu'est la sorcellerie a peut-être contribué à la flambée. Tout ce qui a quelque efficacité tend à être réputé sorcellerie. Dans le même ordre d'idées, un grimoire "magique" comme le Petit Albert (08) donne toute sorte de conseils pratiques et jusqu'à des recettes de cuisine.







Les victimes sont principalement des pauvres et des femmes, avant bien sur l'embrasement du collège des Jésuites. Quelques exemples :

Die blinde Walpurg (Valentine l'aveugle), brûlée en 1599 ; d'après l'inventaire de succession établi en vue du paiement des frais de justice, elle possède en tout et pour tout un petit lit.
Sebastien Rauscher, 11 ans, est adressé "à l'hôpital" par son père (en 1630, alors que les exécutions d'enfants se multiplient et que l'hôpital leur sert de prison) ; motif : il n'est pas en état de le garder (on ignore le sort de Sébastien).
Joannes Koenig, un peu simplet, est lui aussi envoyé "à l'hôpital" en 1630 par son père, qui craint son retour et qui a quatre autres enfants. Pas de trace d'exécution.

Cependant, nul n'est à l'abri, comme le montrent les exemples suivants :

Melchior Kertz, arrêté sur dénonciation et brûlé en 1620, est "sénator" (membre du magistrat), en 1617 ; la même année, il est cité parmi les donateurs pour la construction de l'église des Jésuites.

Veltin Munch a lui aussi fait partie du magistrat, mais il a tant et si bien multiplié les affaires de mœurs qu'il est brûlé en 1630.

François Burger est le neveu de l'organiste de l'église des Jésuites ; il est incarcéré à l'hôpital avec les autres enfants en 1630, mais on ignore son sort.

Margaretha Stoeckel, brûlée en 1621, est l'épouse de Conrad Stoeckel, forgeron, administrateur de la léproserie et juge au Malefizgericht ; il y siège avant et après l'exécution de son épouse.

Barttholomeas Pfeiffer, 16 ans, élève des Jésuites, se croyait à l'abri ; d'où son attitude lors de ses premiers interrogatoires en 1630 : il nie tout, ne pleure pas ; il donne ses instructions sur le déroulement souhaitable des procès de sorcellerie : un ange venu de la part de Dieu l'a prié se faire savoir que les procès devaient s'en prendre aux vieilles femmes et non aux jeunes hommes, et qu'il faut les mener énergiquement sans quoi il y aura un tremblement de terre ; Pfeiffer sauve peut-être sa vie (on n'a pas trace de son exécution), mais avant cela, les tortures redoublent, dépassant l'intensité de ce qu'on fait en principe subir aux enfants, car sa certitude de s'en tirer parait être l'indice d'un renouvellement du pacte avec le diable ; après quelques séances, Pfeiffer n'est plus aussi certain que son "ange" venait bien de la part de Dieu.









Molsheim voit de nombreux procès d'enfants : fillettes accusées de mariage diabolique, et jeunes garçons élèves du collège de Jésuites. Dans ce dernier cas, il y a eu un effet boule de neige, les dénonciations se sont succédé et elles ont porté sur des camarades de classe, vidant ce collège que les Jésuites avaient bâti à grands efforts et grands frais.

Les exécutions d'enfants ne sont pas inscrites au Blutbuch. Les premières apparaissent discrètement en 1629 dans des pièces comptables. L'exécution du petit Michel Hammerer, 9 ans, est connue par les comptes du bailliage ; celle d'un jeune Zimmermann, dont le prénom n'est pas noté, est connue par la requête du bourreau qui réclame son salaire.

Le rythme s'accélère furieusement en 1630. Pour les exécutions dont les dates sont connues, on note :

• Fournée du 20 mars 1630 :
Quatre élèves des Jésuites : Joannes Andreae, Joannes Kleinsberger, Daniel Molitor, Anastasius Leber (son père, boucher, avait été à quatre reprises Sibener au Malefizgericht en 1620)
• Le 20 avril 1630 :
Jacob Brucker, 11 ans, fils d'un mercier ; garnement craint des habitants ; c'est lui qui "avoue" avoir signé le pacte avec le diable de son propre sang.
• Fournée du 17 mai 1630 :
Georg Schultz, dont la mère est apparentée à Christophe Wambster, architecte de l'église des Jésuites ;Hans Zimmermann, dont la mère a déjà été brûlée comme sorcière dix ans plus tôt ; Adam Gottbeg ; Heinrich Walter ; Conrad Rinck, fils d'un tonnelier et d'une sage-femme, dont la mère demande que justice soit faite contre son fils, mais que sa corruptrice Véronique ne soit pas épargnée non plus.
• Fournée du 14 juin 1630 :
Sébastien Geiss, 11 ans, fils de boulanger ; a signé le pacte avec le diable (avec de l'encre) ; dénonce de nombreux condisciples dont une partie sont déjà morts dans les fournées précédentes, mais dont les autres mourront en même temps que lui.
Peter Lichtenauer, 11 ans ; son père, aubergiste à l'Ours, est également juge au Malefizgericht ; il siège le 20 avril, le 25 juin et le 7 septembre 1630, donc avant et après l'exécution de son fils le 14 juin.
Lorenz Keck, 9 ans, fils de cuvelier ; dit avoir été mis sur la mauvaise voie par Hans (ou Michel ?) Hammerer, exécuté l'année précédente ; décrit en détail plusieurs sabbats, un baptême par le diable avec du purin, et un mariage diabolique avec Christina Lichtenauer (qu'il ne reconnaît cependant pas formellement quand il lui est confronté).
Joannes Joesel, 9 ans, dénoncé par plusieurs autres comme ayant été présent au sabbat.
Deux fillettes, Catharina Halter, 8 ans, et Christina Lichtenauer, 10 ans, sont dénoncées à plusieurs reprises comme ayant été le partenaire féminin de mariages diaboliques.








Schlaefli note que des confessions d'élèves des Jésuites présentent une spécificité : elles incluent la signature d'un pacte avec le diable. Cette particularité ne se retrouve pas dans les autres procès de cette période, du moins pas sous la forme d'un vrai contrat mis par écrit et signé (avec du sang pour Jacob Brucker ; avec de l'encre pour Sebastien Geiss).

On observera qu'un tel pacte suppose que le "sorcier" sache écrire (c'était évidemment le cas des collégiens) ou au moins signer, ce qui en fait un thème relativement tardif.

Schlaefli pense que les élèves ont été influencés par des peintures qui se trouvaient à l'époque dans la chapelle Saint-Ignace (chapelle secondaire à l'intérieur de l'église des Jésuites), représentant une cigogne rapportant dans son bec le pacte avec le diable qu'un jeune homme avait malencontreusement signé. Ces peintures se référaient à des « miracles » supposément survenus en 1613, par l'intercession d'Ignace de Loyola (9), pour lequel les Jésuites collectaient des éléments en vue de son procès en canonisation. Ces peintures étaient donc bien connues des élèves du collège.

Il est alors possible que ces élèves aient mal évalué les conséquences d'un « aveu » concernant un pacte avec le Diable ; peut-être espéraient-ils bénéficier d'une attention bienveillante de leurs maîtres, voire d'un miracle, comme le jeune homme à qui la cigogne avait gentiment rapporté le pacte à la suite de la bienveillante, et toute récente (1613) intercession supposée d'Ignace de Loyola (canonisé en 1622).
Une fois quelques élèves pris dans le piège, une bonne partie du collège suivit car, lorsque les jeunes accusés furent interrogés sur d'éventuels complices, et la torture aidant, c'est parmi leurs condisciples que la boule de neige se mit en place, de dénonciation en dénonciation.

Cet exemple montre concrètement comment la situation pouvait échapper aux autorités organisatrices, car c'était un préjudice important, pour l'Église catholique, que de voir le collège qu'elle avait créé à grands frais se vider de sa jeune substance.








Les années 1630 et suivantes voient, dans tout l'Europe, les efforts de diverses autorités pour faire décroître l'intensité des procès.
À Molsheim, leur nombre décroît fortement.
Schaeffli en a trouvé, en nombre moindre, en 1631 et 1647.
Un dernier procès en 1697 se termine sans condamnation à mort. Il concerne Jean-Guillaume Roussel qui, pour faire revenir sa femme infidèle, a accroché à une roue de moulin un bas noir, un ruban rouge, ainsi qu'un billet ; puis il est accusé d'avoir volé un crane dans un ossuaire et de l'avoir fait bouillir, toujours pour faire revenir l'infidèle.
Roussel, incarcéré quatre semaines, s'en tire avec une peine d'amende, et l'obligation de faire amende honorable à l'église, en chemise et un cierge à la main. Il meurt cependant la même année.









Schaefli a trouvé quelques notes de frais. On reléve :
• L'achat de paille, ainsi que d'une corde munie d'un crochet (en principe pour descendre les prisonnières dans un cul de basse fosse) ; des chaînes, des entraves, des cadenas ; des travaux de réparation sur une cage.
• Pour l'exécution massive de 1599 : achat de soufre, de fagots, de poudre, de gants, de cordes ; frais de banquet à la Rathstube pour 37 officiels : prêtres, prévôt, membres du magistrat. De leur côté, les bourreaux et leurs aides banquètent à l'auberge de la Clef, le tout passé en notes de frais et pris sur la succession des condamnés.
• En plus des frais de justice, c'est l'ensemble de la succession du condamné qui tombe aux mains de l'évêque, mettant des familles à la rue. En 1589, Hans Noll, infirme, n'obtient qu'à grand peine qu'on lui laisse la succession de sa mère Margaretha Hennig, et encore, parce qu'il est prêtre et qu'il ne faut pas qu'il fasse honte à l'Église en quémandant.
• Lors de la grande fournée de 1599, ce sont plus de mille livres qui tombent dans l'escarcelle de l'évêque, et des opérations immobilières sont facilitées par suite de la confiscation de maisons ; pour autant, les riches n'étaient pas spécialement visés par les procès ; depuis qu'Ursula Reiss leur a montré de quel bois elle se chauffe, les juges évitaient même de s'y frotter.








(1)  La guerre des évêques est une guerre de religion commencée en 1592, qui met l'Alsace (en particulier les villages de l'évêque de Strasbourg et ceux de la république de Strasbourg) à feu et à sang.
L'évêque de Strasbourg Jean de Manderscheid meurt en 1592 ; pour le remplacer, deux candidats s'affrontent : Jean Georges de Brandebourg, luthérien, d'une part, et le cardinal de Lorraine, catholique, d'autre part.
La « guerre des évêques » oppose leurs partisans respectifs : les princes protestants et le magistrat de Strasbourg d'une part, la maison de Lorraine catholique d'autre part.
Le conflit est tranché une première fois par la diète en 1593 puis à nouveau une seconde fois par le traité deHaguenau, le 22 novembre 1604. La paix signée en 1604 aboutit à un compromis : l'évêque de Strasbourgsera le candidat catholique. Il continuera à vivre à Saverne et à bénéficier des revenus et des droits sur les terres épiscopales. La république de Strasbourg, sa cathédrale et ses terres demeureront luthériennes jusqu'en 1681 (annexion française de Strasbourg). La ville de Strasbourg devra dédommager le candidat luthérien Jean Georges de Brandebourg.








(2)  La Réforme catholique est un mouvement de rénovation de l'Église catholique romaine, qui prend ses origines dans les réflexions spirituelles du XVe siècle, et qui se développe dans le courant du XVIe siècle. Après la rupture protestante des années 1520 et le durcissement dogmatique des deux confessions rivales des années 1560, elle tend à être appelée à tort Contre-Réforme, en effet cela la présenterait comme un mouvement qui est simplement une réaction à la Réforme protestante. Or cette Réforme catholique survient d'abord d'un besoin de renouveau et de clarification de l'Église au XVIe siècle qui est alors marquée par de nombreux abus.






(3) La Compagnie de Jésus (Societas Jesu, SJ ou s.j.) est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et saint François Xavier et les premiers compagnons en 15391et approuvée en 1540 par le pape Paul III. Dissoute en 1773, elle fut rétablie en 1814 par le pape Pie VII. Au début du XXIe siècle, elle constitue numériquement, avec un peu moins de 17 000 membres en 2013, l'ordre religieux masculin pleinement intégré le plus important au sein de l'Église catholique, où elle n'est devancée que par l'ensemble divisé des branches franciscaines. Son actuel supérieur général estAdolfo Nicolás.


Comme les autres religieux, les jésuites professent les trois vœux depauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également unquatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance spéciale au Pape en ce qui concerne les missions, « selon ce qui est contenu dans les Lettres apostoliques et les Constitutions ». La Compagnie obéit à des « Constitutions » définies par Ignace de Loyola et approuvées par la première Congrégation générale, suivant lesquelles les jésuites n'adoptent aucun habit religieux particulier mais suivent en ce domaine ce que font les prêtres séculiers. Ils ne recherchent pas les honneurs. Leur histoire compte ainsi peu d'évêques ou cardinaux et le pape François, élu en mars 2013, est le premier pape jésuite.
La vocation des jésuites est de se mettre au service de l'Église catholique. Cela les conduisit rapidement à s'engager dans la réforme catholique post-tridentine et se porter sur l'évangélisation, la justice sociale et l'éducation. La Compagnie a rapidement formé le premier corps enseignant de la catholicité moderne. Depuis le XVIe siècle, leur ministère s'exerce notamment en Europe, en Amérique latine, en Extrême-Orient et en Inde. Jean Lacouture voit en eux les « pionniers d'une aventure humaine au sein d'un monde pris en charge dans sa totalité », hommes d'action et d'initiative, et « découvreurs de mondes, d'êtres, de civilisations différents »2.







(4)  Louis Schlaefli, né le 4 décembre 1938 à Neuf-Brisach1 (Haut-Rhin), est un érudit, collectionneur et bibliothécaire franco-suisse. Depuis 1964 il est le bibliothécaire de la bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg pour laquelle il a constitué plusieurs catalogues majeurs. Il est également l'auteur de plus de cinq cents articles et contributions2, liés au patrimoine et à l'histoire de l'Alsace, principalement religieuse.







(5)  L'empereur Ferdinand II (9 juillet 1578 - 15 février 1637) fut archiduc d'Autriche, roi de Bohême (1617-1619, 1620-1627) et de Hongrie (1618-1626) puis empereur des Romains (1619-1637). La totalité de son règne est occupée par la guerre de Trente Ans dont il fut un des principaux protagonistes.




L'empereur germanique Ferdinand II



Il est né à Graz dans le duché de Styrie, fils de l'archiduc Charles II de Styrie (1540-1590) et de Marie-Anne de Bavière (1551-1608), respectivement fils et petite-fille de Ferdinand Ier.








(6)   Archiduc (au féminin archiduchesse et en allemand Erzherzog(in)) est un titreprincier, réservé aux seuls membres de la Maison d'Autriche.


À l'origine, il n'était porté que par le chef de cette Maison, qui ne possédait pas encore les couronnes royales de Hongrie et de Bohême ni la couronne impériale du Saint-Empire.


Ce titre fut créé en 1158 dans le Privilegium Maius, un document forgé par le ducRodolphe IV. Initialement, ce document était destiné à désigner le souverain de l'archiduché d'Autriche dans le but de mettre l'archiduc sur un pied d'égalité avec le prince-électeur. Ce titre ne devint héréditaire qu'après la promulgation de la bulle d'Or en 1356. L'empereur Charles IV du Saint-Empire refusa de reconnaître ce titre qui ne fut reconnu par les princes électeurs qu'en 1453. Depuis lors, tous les membres de la Maison d'Autriche portent le titre d'archiduc ou d'archiduchesse d'Autriche, avec le prédicat d'Altesse impériale et royale. Ils portent en outre les titres deprince ou de princesse royale de Hongrie et de Bohême (en allemand, Königlicher Prinz(essin) von Ungarn und Böhmen).






(7)  Léopold V d'Autriche-Tyrol ou Léopold Guillaume d'Autriche, né le9 octobre 1586 à Graz et mort le 13 septembre 1632 à Schwaz (Tyrol) est un membre de la maison des Habsbourgs. Il règne sur l'Autriche antérieure et le Tyrol à partir de 1619 et il est évêque laïc des diocèses de Passau en Bavière et de Strasbourg en Alsace (jusqu'en 1625).










Léopold est le fils de l'archiduc Charles II d'Autriche-Styrie et de son épouse Marie-Anne de Bavière, fille du duc Albert V de Bavière. Il est le frère puîné de l'empereur du Saint-Empire romain germanique,Ferdinand II d'Autriche.
Léopold est nommé coadjugateur de l'évêque de Passau le 14 novembre1598 et de Strasbourg en 1598 alors qu'il n'a que douze ans.





(08)  Le Petit Albert est un grimoire dit « de magie », peut-être inspiré par les écrits de saint Albert le Grand. Il est imprimé en France pour la première fois en 1668, puis réédité de façon continue. Apporté jusqu'au plus petit hameau dans les sacoches des colporteurs, il représente un succès d'édition phénoménal, malgré sa réputation sulfureuse ou grâce à elle. Il est associé à un ouvrage jumeau, le Grand Albert, et souvent à unalmanach qui rend au moins, au paysan, les services d'un calendrier. C'est une œuvre composite, voire hétérogène, et peut-être un bric-à-brac, rassemblant des textes de valeur inégale écrits par (ou attribués à) différents auteurs ; la plupart de ces auteurs sont anonymes, mais certains sont estimables comme Albert le Grand ou Paracelse. Son texte relativement ancien (même si l'attribution à Albert le Grand est douteuse) en fait un document ethnologique de premier ordre.







(9)  Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola, né en 1491note 1à Azpeitia dans le Pays basque espagnol et mort le 31 juillet 1556 àRome, est le fondateur et le premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus — en latin abrégé « SJ » pour Societas Jesu — congrégation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540 et qui prit une importance considérable dans la réaction de l'Église catholique romaineaux XVIe et XVIIe siècles, face à l'ébranlement causé par la Réforme protestante.





Auteur des Exercices spirituels, il fut un remarquable directeur de conscience. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans le catholicisme. À la tête des Jésuites, il devint un ardent promoteur de la Réforme tridentine, aussi appelée Contre-Réforme. Il orienta sa congrégation vers l'œuvre missionnaire, en particulier vers les Indes, l'Afrique et les colonies portugaises d'Amérique du Sud.
Canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622 Ignace de Loyola est liturgiquement commémoré le 31 juillet.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 14:57






Le cheval gris du Comte de Veldenz est une légende recueillie par le pasteur Oberlin
dont le contexte est le suivant. Au Ban de la Roche, en Alsace, des procès de
sorcellerie ont fait rage dans les années 1620/1621. Le seigneur de la région,
le Comte de Veldenz, y aurait mis fin dans les années 1630 au moyen d'un
subterfuge : il aurait cassé lui-même la jambe de son cheval, crié au sortilège,
obtenu des aveux d'un prétendu sorcier, aveux dont il connaissait le caractère inexact.












Source
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 15:15





La légende du cheval gris du Comte de Veldenz figure dans les Chroniques du Pasteur Oberlin, qui peuvent être lues à la bibliothèque du Musée Jean-Frédéric Oberlin à Waldersbach. Elle est reproduite par Loïc Chalmel dans son livre Oberlin, le pasteur des Lumières. Le récit émane de Claude Bernard, ancien de l'Église. Le texte de la chronique est le suivant :


« Du temps de Catherine Milan, régna la rage contre les prétendus sorciers. On leur trancha la tête sur la Berrhoe entre Waldersbach et Wildersbach. On en montre encore la place proche de l'endroit où est aujourd'hui la potence. L'un accusait l'autre, les tourments de la question firent le reste. Il y eut quatre hommes pour les pendre. Nicolas Milan, père de ladite Catherine, en était un. Il y eut tant de gens décapités que le Prince de Veldenz eut de la peine à croire qu'il y eut tant de sorciers. Il demeurait à Rothau. Il entra dans l'écurie, cassa la jambe d'un de ses chevaux, accusa le valet de sortilège, on lui donna la question, il confessa. Le Prince, éclairé par cet exemple frappant, déclara la vérité de l'affaire, et que ç'avait été lui-même qui eut cassé la jambe au cheval, et sans sortilège. Là-dessus, il fit donner la question au bourreau, qui confessa avoir exécuté soixante-dix innocents. C'est ainsi que se termina la persécution des prétendus sorciers. »








L'article publié dans le Bulletin du cercle généalogique d'Alsace note des éléments venant témoigner en faveur de la crédibilité des passeurs de mémoire au moins sur certains points. Ces passeurs sont les suivants :


• Nicolas Milan est proche des faits ; il fait partie des quatre personnes qui aident aux exécutions ; il a eu un fils condamné pour sorcellerie et probablement brûlé ; sa femme a été au moins interrogée
• Catherine Milan, fille de Nicolas Milan et grand-mère de Claude Bernard, a en principe recueilli l'histoire de la bouche même de son père
• Claude Bernard, ancien de l'Église, est une personnalité estimée.








Les dossiers des procès de sorcellerie conservés aux Archives Municipales de Strasbourg contiennent par ailleurs une « confession » (c'est-à-dire des aveux) émanant non pas d'un valet mais d'une femme, Georgette la Neubourgeoise, qui s'accuse d'avoir fait mourir un « cheval grison » appartenant au Comte :

« Pour le treizième, elle a aussi librement et volontairement confessé que, passé deux ans, elle et son amoureux Joli entrèrent de nuit dans l'écurie de notre très haut et très bénin prince et seigneur, et que, ayant graissé de sa graisse un cheval grison ... le firent mourir. »


Cette confession est bien dictée par les juges. L'expression « Elle a librement et volontairement confessé que... » signifie, dans le contexte culturel alsacien de l'époque, que les instruments de torture étaient rangés à l'instant des aveux.

Son contenu est compatible avec l'intention prêtée au pouvoir, à ce moment-là, de mettre fin aux procès de sorcellerie : la Neubourgeoise ne dénonce que des morts et des êtres surnaturels ; sa confession ne peut donc pas entraîner d'autres procès.











Il convient de remarquer la prise de position collective qui émane des "passeurs de mémoire" : les procès de sorcellerie sont présentés sans hésitation comme une pure et simple erreur judiciaire. Une telle prise de position contraste avec le point de vue commun à l'époque : on redoutait les sorcières, on ne prenait pas en principe leur défense. Peut-être cette prise de position s'explique-t-elle par la qualité de victime de la famille Milan, qui a vu au moins un de ses membres condamnés.

On notera quand même que l'histoire est édulcorée : les sorciers et sorcières ont été brûlés, et non pendus ou décapités. Les passeurs de mémoire sont en défaut sur ce point. Peut-être ont-ils souhaité minimiser la cruauté de la tâche imposée par le seigneur à leur ancêtre Nicolas Milan.

Enfin, le seigneur n'est présenté qu'au moment où il met fin aux procès de sorcellerie. Les passeurs ont donc choisi d'oublier de dire que le Comte de Veldenz avait droit de Haute Justice, et que c'est donc sous son autorité que les procès de sorcellerie ont eu lieu. Le voilà quand même engagé d'office dans le camp des défenseurs des prétendus sorciers. Prudence politique ? Avant la Révolution, on ne remettait pas en cause l'autorité seigneuriale.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 16:02




L'affaire des sorcières de Triora est un procès en sorcellerie qui se déroule au XVIe siècle dans le village fortifié de Triora, au nord de la Ligurie, dans les Préalpes au-dessus de Sanremo, non loin du col de Tende. Le village appartenait, au moment où l’affaire éclate, à la République de Gênes.
Triora représentait à l’époque un endroit stratégique puisque, de là, on pouvait facilement gagner la Francepuis la Suisse, l’Allemagne et les autres pays protestants, autant que se rendre aisément dans les villes du littoral : Nice, Vintimille, et surtout Gênes, ville riche et puissante. C’était alors un bourg de 2 500 personnes et son territoire communal en comprenait environ 700 autres. Cette bourgade sise dans un lieu assez difficilement accessible au relief accidenté constituait cependant un lieu de passage très fréquenté, notamment par des hérétiques en fuite et autres prédicateurs, des hommes de troupe déserteurs, mais également des esclaves en fuite, car l’esclavage représentait un trafic très lucratif pour Gênes autant que pour Venise et les Républiques maritimes en général. Papes, évêques, gens de qualité possédaient des "négrillons" dans leur suite et leurs cortèges, et les servantes de la bourgeoisie commerçante étaient souvent mauresques.
Cette affaire illustre assez bien comment se déroulait un procès pour sorcellerie devant les tribunaux de l’Inquisition et pour quelles raisons, découvrant, outre aux motifs religieux, la psychologie villageoise de l’époque, et les règlements de compte, les vengeances transversales qui s’y manifestaient.










Source :
Wikipédia
http://normal-paranormal.skyrock.com

Images et photos :
http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php
http://www.ipernity.com/doc/716767/album/650235
http://mamacat.over-blog.com/
dreamstime.com
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 16:19






Une famine sévissait, ce qui peut paraître curieux car la situation du village à la fin du XVIe siècle semblait plutôt florissante. Deux familles, les Borelli et les Faraldi, tiraient les ficelles de l’économie locale dont elles avaient le monopole et s’en partageaient les bénéfices.

Les Borelli étaient une famille de propriétaires terriens, et à celle-ci appartenait une certaine Franchetta qui fut accusée de sorcellerie. Unanimement considérée par ses concitoyens une femme encore agréable ayant eu des mœurs légères dans sa jeunesse, elle était riche, enviée et avait de nombreuses relations. Un autre membre de cette famille s’était trouvé impliqué dans une conspiration filo-savoyarde et fut soupçonné de pratiquer la sorcellerie.

À la famille Faraldi appartenait un chanoine qui, en 1588, fut dénoncé comme faux-monnayeur et alchimiste (voir : alchimie). Il parvint à s’enfuir mais fut condamné par contumace par un tribunal présidé par un membre d’une troisième famille assez en vue dans la contrée qui, quelque temps auparavant, avait perdu son parent, le prévôt de la ville, assassiné par un membre de la famille du chanoine. Ces deux familles s’enrichissaient très probablement en spéculant sur les denrées alimentaires de la région, en les bloquant dans leurs magasins pour les revendre aux meilleurs offrants qu’étaient les Piémontais, les Génois ou les huguenots, provoquant la disette qui accablait les villageois de Triora et alentours. Leur misère fut imputée aux sorcières.








Confrontés à une famine et à la sécheresse, les paysans exaspérés et superstitieux parlaient donc de sorcières responsables de leurs maux. Le Conseil des Anciens du village demanda l’intervention d’un Inquisiteur, aux frais de la communauté. Représentant les intérêts des notables, celui-ci pensa sans doute opportun d'aller à l'encontre des superstitions paysannes, d'autant que la disette pouvait finir par susciter une rébellion sous forme de jacquerie. En 1587, le vicaire délégué par l’épiscopat à Triora se trouva confronté à une situation assez commune dans l’Europe de l’époque, le nombre des baptêmes ne correspondait pas davantage que celui des mariages au nombre des habitants.

Une enquête sommaire fut menée en janvier 1588, 200 personnes, des femmes pour la plupart, de toutes conditions sociales, furent interrogées sous la torture. Une femme de soixante-cinq ans n’y avait pas résisté et était morte avant la fin de l’interrogatoire, une autre s’était suicidée en se jetant par la fenêtre de peur d’y être soumise, et treize femmes, quatre fillettes et un garçonnet furent inculpés.

Dans son rapport à l’évêque de la ville d’Albenga, le vicaire Girolamo Del Pozzo déclara à toute fin justificative n’avoir utilisé le supplice des braises que sur cinq « sorcières », assurant que « le feu mis sous les pieds n’avait pas dépassé le temps maximum d’une heure » et concluait que « toutes les femmes avaient été assez bien traitées, aux frais de la communauté, et que les tourments n’avaient pas excédé la règle : si quelqu’une pensait avoir subi un tort, parce qu’estropiée ou brûlée dans les supplices, ceci était dû aux mauvais soins des médecins ou de la famille reçus après l’interrogatoire ».







Les femmes incriminées restèrent emprisonnées dans l’attente du verdict. En mai 1588 arriva l’Inquisiteur dominicain Alberto Fragarola pour les interroger. Toutes nièrent appartenir à une secte à l’exception d’une adolescente de 13 ans qui abjura obtenant ainsi la libération et le pardon. Il fut décidé d’envoyer ces sorcières dans les prisons de Gênes par le Gouvernement même de la République Génoise. Des protestations commençaient à lui parvenir de la part du Conseil des Anciens, porte-parole des notables de Triora qui commençaient à s’inquiéter de l’ampleur du ratissage mené par l’Inquisition, touchant ses membres même comme Franchetta, d’autant que les frais d’Inquisition pesaient financièrement sur la communauté.

Un Commissaire spécial de l’Inquisition, Giulio Scribani, fut à nouveau envoyé à Triora dans l’été 1588, mais entre temps il semble que les jeux politiques étaient faits, et les dés jetés quant au sort des prisonnières dont 9 étaient mortes sous la torture dans les prisons de Triora et 5 autres dans les prisons de Gênes. Sur 33 femmes accusées de sorcellerie et quelques centaines d’inculpées, il restait encore à instruire le procès de 13 femmes et un homme à Gênes. Le Commissaire était un spécialiste de la chasse aux sorcières, c’est ainsi qu’il avait fait carrière. Décidé à en découdre avec le Malin et à envoyer au bûcher tous les suspects, il élargit considérablement la chasse sur le territoire selon une tactique bien définie, encerclant le village par des « nettoyages » concentriques, pour donner l’assaut final à ce bourg fortifié, convaincu que là résidait le fond du problème.








L’objectif et le but du procès furent clairs : introduire la suspicion mutuelle dans le tissu social, permettant ainsi aux conflits d’exploser et de rendre nécessaire l’intervention des autorités extérieures, celles de l’État et de l’Église, pour venir à bout de la solidarité qui, dans une société paysanne traditionnelle, liait les habitants aux traditions ancestrales. L’ampleur des rites et des usages préchrétiens, concernant des milliers de personnes, était telle qu’elle constituait une véritable barrière pour la bureaucratie catholique. En outre, le réel pouvoir des « sorcières », effectivement et tacitement affiliées au Culte de Diane, créait une sorte de matriarcat sur une toile de fond magico-religieuse qui contrait efficacement l’autoritarisme masculin, tant du clergé que du pouvoir politique.
Il apparaît que la majorité des femmes accusées de sorcellerie étaient des « herboristes », c’est-à-dire des guérisseuses, des femmes-médecines. Il devenait facile, dès lors, à partir de l’équation femme-médecine = sorcière, de leur attribuer la grêle, le mauvais temps et la disette ; la figure de la « sorcière » permettait toutes les accusations, mêmes les plus absurdes et les plus invraisemblables.

Le culte de Diane prévoyait, selon Mircea Eliade, un scénario mythico-rituel composé de deux groupes rivaux incarnant plus ou moins le masculin et le féminin. Il semble que la sensibilité de ces deux groupes ait eu des orientations différentes sur l’actualité politique du temps. Le groupe masculin dont faisait partie le chanoine Faraldi était composé de faux-monnayeurs, avait créé une disette fictive par le biais de la spéculation, était probablement filo-savoyard et pensait faire passer Triora aux mains du Duc de Savoie. La congrégation féminine en revanche gagnait sa vie par l’exercice, illicite puisque relevant de la sorcellerie, de la médecine traditionnelle à laquelle tout le monde, riche ou pauvre, avait recours. Le groupe féminin entretenait en outre, probablement, des rapports avec les huguenots, se livrait à la contrebande en général, faisait circuler des livres de l’Église réformée, et pensait sans doute arracher Triora tant aux Génois qu’aux Savoyards pour créer une zone franche en Ligurie. Les choses pourraient s'être précipitées au moment où ces femmes décidèrent de ne plus passer au Protestantisme, considérant qu’elles n’avaient rien à y gagner, les protestants se comportant exactement comme les catholiques relativement aux dites « sorcières », qu’elles étaient. La congrégation masculine avait donc pris le dessus quand elle se rendit compte que le long bras de l’Inquisition pourrait bien arriver à découvrir la pratique de la fausse monnaie, et que les hommes auraient eux-mêmes bien pu finir brûlés comme sorciers. Mais il était désormais bien tard pour faire marche arrière.








Les choses en restèrent là de par la volonté du Saint-Siège, excédé par le zèle du commissaire spécial Scribani dans cette affaire. Bien que le pape Sixte V ait fait paraître la bulle Caeli et terrae creator deusinvoquant des mesures très sévères à l'égard de quiconque se livrait à la sorcellerie, les exactions et les irrégularités mêmes commises par son Inquisiteur dans son zèle lui firent suspendre l’enquête. Scribani fut excommunié, sombra dans la folie sans comprendre en quoi il avait failli, puis quelque temps plus tard l’excommunication dont il faisait l’objet fut levée.

Les quelques femmes survivantes restant dans l’attente de leur procès disparurent, probablement déportées dans une autre partie des territoires génois. Dame Franchetta, torturée une première fois, fut libérée sur caution de mille écus et assignée à résidence, aux arrêts domiciliaires. Elle s’enfuit, et aurait pu disparaître à tout jamais pour fuir ses tortionnaires, sans qu'on sache pourquoi, elle décida de revenir une fois guérie de ses blessures ; peut-être pour ne pas mettre sa famille en danger, peut-être parce qu’elle s'était rendue lors de sa fuite à quelque colloque où l'assurance de bénéficier d'appuis politiques suffisants à la garantir lui avait été donnée. De retour, elle fut torturée une seconde fois, ne confessa rien et fut finalement acquittée et relaxée. Elle mourut quelques années plus tard de mort naturelle et fut inhumée en terre catholique consacrée.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 17:01






Bienvenue à Triora, une charmante bourgade de Ligurie, une région située au Nord-Ouest de l'Italie. Nichée au cœur de la vallée de l'Argentina, en pleine montagne, cette commune d'environ 1000 habitants est connue pour ses vieilles pierres, ses chemins sinueux, mais aussi... pour son lourd passé rattaché à la Sorcellerie.

Située à moins de deux heures de la frontière française, Triora est devenu, en quelques années, un véritable lieu de pèlerinage touristique. De nombreuses personnes, s'y rendent dans l'espoir de pouvoir assister à un Sabbat, ou encore de rencontrer une sorcière. Ici, les anciens revendiquent les histoires de sorcellerie qui touchent le village, et ils ne s'en cachent pas. Depuis le Moyen-Age, c'est d'ailleurs devenue la spécialité locale.

D'ailleurs, comment camoufler tout cela alors qu'ici tout ou presque est voué au culte de Satan ? Il n'y a qu'à regarder la place du village, où une statue de sorcière trône fièrement... et c'est sans compter sur les nombreuses représentations de sorcières que l'on peut trouver un peu partout (suspendues aux vitrines des boutiques, aux terrasses des cafés, aux fenêtres des maisons...), ainsi que les balais posés ça et là, comme des vélos, le longs des murs !





Ruelle de Triora





La sorcière et son balai







L'histoire de ce village remonte aux années 1500, c'est à dire à la triste période de l'Inquisition. Cette dernière fit d'ailleurs de véritables ravages sur ces terres dites "profanes". Comme pour la majorité des zones rurales, les villageois vivaient de leurs récoltes. A Triora, c'était le blé qui était principalement cultivé, mais quelques villageoises aimaient cultiver les plantes et s'en servaient pour prodiguer des soins... une chose que le Clergé ne voyait pas d'un très bon œil.







Parcheggio reservato alle streghe
parking réservé aux sorcières !!!







C'est ainsi que de 1587 à 1589 eu lieu le plus grand procès en Sorcellerie qu'à connu l'Italie. Douze femmes et un homme furent arrêtés et emprisonnés dans les geôles. On les accusa d'être les responsables des mauvaises récoltes, et de pratiquer la sorcellerie (en soignant les gens par les plantes). Vestige de ce drame horrible, le Musée de la Sorcellerie remplace aujourd'hui l'ancien Grenier à Blé de la commune (qui été la propriété de la République de Gênes).

Ce musée est désormais un lieu de recueillement, à la mémoire de toutes ces personnes accusées à tort d'avoir pratiqué la médecine illégale ou encore la disette. On peut d'ailleurs y retrouver une collection impressionnante d'anciens manuscrits et pentacles. Pour ce qui est des cultures, la canicule était évidement la seule responsable, mais il a fallu des siècles pour que l'Eglise l'admette.







Musée de la sorcellerie







Il y a cependant des coutumes bien étranges qui ont perduré au sein même des familles résidant ici depuis bon nombre de générations. Au détour d'une ruelle étroite, nous tombons sur Marta, une rebouteuse qui nous dit recevoir de très nombreuses personnes qui lui demandent d'être purifiées. Par ses pratiques, on peut clairement sentir que ses connaissances sur le sujet sont ancestrales.

Sur un mur, au fond de la pièce, nous pouvons même voir une sorte de prière écrite à l'envers. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une incantation maléfique, mais Marta assure qu'il n'en n'est rien. Bien au contraire, il s'agirait là d'une formule de protection très efficace, qui assurerait la prospérité ainsi que la bonne santé dans le foyer. Au milieu de plantes, de potions et de décoctions, Marta officie sereinement...

L'automne (saison des sorcières par excellence), est également très animé ici, puisque chaque année, en novembre, a lieu un grand carnaval consacré aux sorcières. C'est ainsi l'occasion de leur rendre hommage, et de sortir les chapeaux pointus de l'armoire. Alors, si vous passez par la frontière France/Italie, n'hésitez pas à faire un détour par Triora. Ses anciennes pierres et son atmosphère mystique raviront les plus curieux d'entre-vous !







http://mamacat.over-blog.com/







http://mamacat.over-blog.com/







http://mamacat.over-blog.com/







http://www.dreamstime.com






http://www.dreamstime.com







Fontaine ( source : http://www.ipernity.com/doc/716767/album/650235)








http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php






http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php






http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php







http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php







Source :
http://normal-paranormal.skyrock.com
http://geozine.free.fr/ballades/italie/Triora.php
http://www.ipernity.com/doc/716767/album/650235
http://mamacat.over-blog.com/
www.dreamstime.com
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 17:17




Anna Göldin ou Anna Göldi (1734-1782) était une servante dans lecanton de Glaris en Suisse. Elle fut la dernière femme exécutée pour sorcellerie en Suisse, le 18 juin 1782. Elle est aussi probablement parmi les dernières en Europe : deux Polonaises auraient été exécutées en1793 pour sorcellerie.

En France, le 28 juillet 1826 une sorcière fut brûlée par des paysans à Bournel, une autre jetée dans un four en 1856 à Camalès canton de Vic-en-Bigorre

Une procédure de réhabilitation a été entamée en novembre 2007 par le Grand Conseil du canton de Glaris, avant qu'Anna Göldin ne soit définitivement innocentée en août 2008.


Un musée lui est consacré à Mollis, il a été inauguré en septembre 2007.













Source :
Wikipédia
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   Mar 25 Oct - 17:41





Née à Sennwald en 1734, Anna Göldin venait d'une famille pauvre. Avec Jakob Rhodurner puis le Dr Zwicky, elle eut au total trois enfants mais le deuxième mourut peu après la naissance.

Après ses déboires avec la justice, elle rejoint la famille du médecin Johann Jacob Tschudi (1747-1800) et s'occupa de ses cinq filles. Anna Goldi avait déposé une plainte contre son employeur pour harcèlement sexuel (et peut-être viol), le docteur Tschudi. On l'accusa alors d'avoir ensorcelé la deuxième fille du docteur, Anne-Miggeli, alors âgée de huit ans. En effet, la rumeur prétendait que des aiguilles avaient été trouvées à plusieurs reprises dans le bol de lait de la petite. On en trouva également dans son pain et dans le bol de Susanna, l'autre fille des Tschudi. Anne-Miggeli tomba malade après que Göldin fut renvoyée de la maison. Selon les témoins, elle était comme possédée avec des convulsions et de la fièvre. On affirma que la jeune fille avait même craché du sang avec une aiguille, son état empira et de nouvelles aiguilles sortaient chaque jour de sa bouche.

Accusée de pratiquer la magie noire sur l'enfant, Göldin fut arrêtée, et envoyée le 21 février 1782 à Glaris pour être soumise à la torture, (suspendue par les pouces, les mains attachées dans le dos, des poids attachés à ses chevilles), et avoua sous la torture avoir fait un pacte avec le diable. En prison, Anna donna naissance à un bébé (vraisemblablement de Tschudi) qui mourut très vite, et dont la mort sera ajoutée aux accusations contre elle. Le témoignage de la fille des Tschudi était accablant aux yeux des juges : au cours d'une journée, Göldin aurait donné à l'enfant une sucrerie et lui aurait demandé de ne pas le dire à ses parents.

Le procès fut rapide. Anna Göldin ne pouvant expliquer la présence des corps étrangers dans le corps de Anne-Miggeli. Pendant ce temps, la fille des Tschudi était en convalescence. Pour les juges, cette amélioration de son état prouvait que la "sorcière" n'avait plus d'emprise sur sa victime. La cour décidant de son sort était composée de proches et amis du docteur Tschudi, et la condamna à la décapitation sur la place publique. Le 13 juin 1782, elle fut exécutée et ses restes furent enfouis au pied de l’échafaud.

Le verdict fut en partie censuré dans la presse : le tribunal voulait éviter la mention de sorcellerie, une accusation qui commençait à être dépassée à cette époque. Certains dossiers furent détruits et on la qualifia d'empoisonneuse pour limiter la portée de cette affaire.

Condamnée par le tribunal de Glaris à être décapitée, elle fut exécutée le 18 juin 1782.








L'article parait avant le procès alors qu'elle est recherchée par les autorités qui offrent une récompense élevée. L'avis de recherche décrit en détail Anna Göldin, la quarantaine avec une stature imposante, « des yeux quelque peu malades et grisâtres » et parlant dans son dialecte de Sennwald.






Article de la Neue Zürcher Zeitung




„Löblicher Stand Glarus, evangelischer Religion, anerbietet sich hiermit demjenigen, welcher nachbeschriebene Anna Göldin entdecken, und der Justitz einbringen wird, Einhundert Kronenthaler Belohnung zu bezahlen; womit auch alle Hohe und Höhere Obrigkeiten und Dero nachgesezte Amtsleuth ersucht werden, zu Gefangennehmung dieser Person all mögliche Hülfe zu leisten; zumahlen solche in hier eine ungeheure That, vermittelst geheimer und fast unbegreiflicher Beibringung einer Menge Guffen [Nadeln] und anderen Gezeug gegen ein unschuldiges acht Jahr altes Kind verübet hat.
Anna Göldin, aus der Gemeind Sennwald, der Landvogthey hohen Sax und Forstek zugehörig, Zürchergebiets, ohngefähr 40. Jahr alt, dicker und grosser Leibsstatur, vollkommnen und rothlechten Angesichts, schwarzer Haaren und Augbraunen, hat graue etwas ungesunde Augen, welche meistens rothlecht aussehen, ihr Anschauen ist niedergeschlagen, und redet ihre Sennwälder Aussprach, tragt eine modenfarbne Jüppen, eine blaue und eine gestrichelte Schos, darunter eine blaue Schlingen- oder Schnäbeli-Gestalt, ein Damastenen grauen Tschopen, weis castorin Strümpf, ein schwarze Kappen, darunter ein weisses Häubli, und tragt ein schwarzes Seidenbettli.
Datum, den 25. Jenner St. v. 1782.
Kanzley Glarus evangelischer Religion.“




Traduction libre, certains mots font partie du dialecte et leur traduction est parfois difficile :


Le méritant État glaronais, de confession évangélique, offre par la présente, pour la découverte d'Anna Göldin décrite plus loin, une récompense de cent couronnes; de même est demandé aux hautes et plus hautes autorités et à leurs représentants officiels, de procurer toute l'aide possible à la capture de cette personne; ajoutons qu'elle a commis l'acte incroyable, d'apporter une quantité d'épingles et autres choses par des moyens secrets et presque incompréhensibles contre une petite fille innocente de huit ans.

Anna Göldin, de la commune de Sennwald, appartenant au district de Haute-Saxe et Forstegg, dans la région zurichoise, environ 40 ans, stature large et grande, à l'allure épanouie et rougie, des cheveux et des sourcils noirs, avec des yeux gris un peu malsains, qui sont d'habitude passablement rougis, son apparence est négligée, et elle parle dans son dialecte sennwaldois, porte une jupe moyennement colorée, un haut de corps bleu avec des rayures, en dessous un corset bleu, une veste damassée et grise, des bas blancs, un bonnet noir, en dessous une coiffe blanche et elle porte un foulard en soie noir.

Date, le 25 janvier 1782
La chancellerie de Glaris, de confession évangélique













Son histoire a fait l'objet d'un film sorti en 1991 : Anna Göldin, die letzte Hexe (titre français : Anna Göldin, la dernière sorcière) de Gertrud Pinkus.

Plusieurs livres lui sont consacrés dont celui de Eveline Hasler (ISBN 2-88-108128-2).

Une pièce de musique pour orchestre d'harmonie a été écrite par le compositeur fribourgeois Jean-Claude Kolly en 1996.

Un théâtre nommé sorcière lui a aussi été dédié ainsi qu'à plusieurs sorcières.









Le musée de Mollis a été inauguré en septembre 2007, des salles d'exposition sur Anna Göldin avec des documents liés à son procès, des extraits du film Anna Göldin, la dernière sorcière et sa cellule de l'hôtel de ville de Glaris a été reconstituée avec exposition d'instrument de torture qui permettait les aveux.

Le journaliste Walter Hauser, auteur d'un livre-enquête sur Anna Göldi, estime que cette dernière a été victime d'un jugement arbitraire et estime qu'il est temps pour les autorités de Glaris de reconnaître l'erreur judiciaire. Le député de Glaris au Parlement fédéral, Fritz Schiesser, a demandé la réhabilitation officielle d'Anna Göldin. Mais la demande de réhabilitation a été refusée par le gouvernement cantonal et ce contre l'avis du parlement. Cette réhabilitation a aussi été rejetée par l'Église protestante glaronaise, qui à l'époque avait pris part au procès et à l'exécution. Toutefois, le 7 novembre 2007, le Grand Conseil glaronnais débat de la question et malgré des demandes de rejet de la motion en raison de l'ancienneté de l'affaire, 37 députés contre 29 décident de réhabiliter Anna Göldin.

La "dernière sorcière d'Europe" a été réhabilitée le 27 août 2008. Le parlement glaronais a innocenté Anna Göldin, 226 ans après sa condamnation par l'Église et sa décapitation. Il a qualifié son procès de "meurtre perpétré par la justice".
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE   

Revenir en haut Aller en bas
 
LA CHASSE AUX SORCIERES EN EUROPE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La chasse aux sorcière à l'époque médiévale
» angle de chasse
» Petit rapport de chasse du 07/05/09
» Chasse à la probable supercellule en Lorraine - 26 août 2010
» je vais à la chasse....aux timbres....lol

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique :: HISTOIRE :: LA CHASSE AUX SORCIERES-
Sauter vers: