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 L'INQUISITION

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Lanaelle
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MessageSujet: L'INQUISITION    Mer 2 Nov - 13:02








L’Inquisition (du mot latin inquisitio signifiant enquête, recherche) était une juridiction
spécialisée (autrement dit un tribunal), créée par l'Église catholique romaine et relevant
du droit canonique, dont le but était de combattre l'hérésie, en faisant appliquer aux
personnes qui ne respectaient pas le dogme des peines variant de simples peines
spirituelles (prières, pénitences) à des amendes lorsque l'hérésie n'était pas établie,
et de la confiscation de tous les biens] à la peine de mort pour les apostats (re)devenus
hérétiques. Elle se substituait à l'ordalie en introduisant la notion de tribunal, de
défenseur et de minutes du procès.



L'Inquisition a été créée au début du XIIIe siècle en France pour empêcher la diffusion
du sectarisme, principalement celui des Cathares et des Vaudois. Cette Inquisition
médiévale (1) a duré jusqu'au XIVe siècle et a notamment persécuté les Templiers et les
Béguines (2). À la fin du Moyen Âge, le concept et la portée de l'Inquisition furent
significativement étendus, en Espagne et au Portugal ainsi qu'aux colonies de leur
empire, en particulier pour contrer la réforme protestante et pour traquer les juifs
et les musulmans faussement convertis au catholicisme. À la fin du XVe siècle, en
particulier, l'Inquisition espagnole condamna beaucoup d'hérétiques au bûcher,
organisant des autodafés (3) de grande ampleur qui ont instauré une terreur durable ;
toutefois, ensuite, la proportion des peines les plus lourdes diminua rapidement au
cours du XVIe siècle. Alors qu'elle était sur le déclin, ses opposants, en particulier
les protestants des pays colonisateurs concurrents de l'empire espagnol, ont
commencé une campagne de contre-propagande qui a popularisé une exagération
de sa violence réelle (la légende noire (4) de l'Inquisition). L'institution a perduré
au XVIIIe siècle, avant d'être abolie hors des États papaux au début du XIXe, après
les guerres napoléoniennes. Elle a été réformée en 1908 par le pape Pie X, sous un
nouveau nom et avec de nouveaux objectifs, en tant qu'une des congrégations de la
Curie romaine ; elle est devenue en 1965 la Congrégation pour la doctrine de la foi.


Dans l'Histoire, il y a eu plusieurs juridictions spécialisées de ce type. Il est possible
de distinguer trois différentes inquisitions, qui font l'objet d'articles séparés :


1. l'Inquisition médiévale , introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le
pape Grégoire IX en 1231 ;
2. l'Inquisition espagnole (5), inféodée à la couronne d'Espagne, fondée en 1478 et
supprimée en 1834, et l'Inquisition portugaise(6), inféodée à celle du Portugal,
lesquelles opéraient aussi dans les colonies de ces pays ;
3. l'Inquisition romaine (7) (Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle),
fondée en 1542, remplacée par la Sacrée Congrégation du Saint-Office en 1908.



Le présent article traite du fonctionnement institutionnel et procédural de l'Inquisition,
par rapport à l'approche catholique de l'hérésie et à sa justification politique. Les
aspects historiques se limitent ici aux origines de l'Inquisition, à la chronologie
générale des évènements et à l'Histoire des représentations de cette institution
et de ses acteurs (fonctionnaires et victimes), qui ont fait l'objet d'une propagande
intense et de nombreuses recherches historiques. L'Inquisition conserve aujourd'hui
dans la mémoire collective une image de violence et d'arbitraire.








Image de la série télévisiée : Inquisitio – le tribunal





SOURCE :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inquisition


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Mer 2 Nov - 22:40, édité 2 fois
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: L'INQUISITION    Mer 2 Nov - 22:35

(1) L’Inquisition médiévale est un tribunal ecclésiastique d'exception chargé de lutter contre les hérésies. Elle est introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Innocent III en 11991 et atteint son apogée lors de la répression du catharisme, à la suite de quoi son activité décline, concurrencée par les juridictions nationales.


L'Inquisition se caractérise avant tout par la procédure à laquelle elle recourt : l’inquisitio, par laquelle le juge peut entamer une action d'office, par opposition à l’accusatio, dans laquelle le juge n'instruit un dossier qu'à la suite d'une accusation. Pour autant, l’inquisitio n'est pas réservée à l'hérésie : par exemple, les procès concluant à la nullité des mariages d'Henri VIII d'Angleterre relèvent tous de cette procédure.


Au xve siècle, l'Inquisition médiévale disparaît et est remplacée par d'autres formes d'inquisition  : l'Inquisition espagnole, l'Inquisition portugaise et l'Inquisition romaine, le Saint-Office.






(2) Une béguine est une femme, le plus souvent célibataire ou veuve, appartenant à une communauté religieuse laïque sous une règle monastique, mais sans former de vœux perpétuels.


Le mouvement béguinal, apparu à Liège à la fin du xiie siècle avant de s'étendre rapidement en Europe du Nord-Ouest, le long de l'axe rhénan, constitue le premier type de vie religieuse féminine non cloîtrée. Les béguines vivent dans de petites maisons individuelles souvent regroupées autour d'une chapelle pour former un ensemble appelé « béguinage ».


Proches des ordres mendiants, leur indépendance les rend suspectes aux autorités ecclésiales et elles sont bientôt persécutées - notamment avec l'exécution de Marguerite Porete - puis condamnées au concile de Vienne pour « fausse piété » avant d'être intégrées aux tiers-ordres mendiants au xve siècle.


La dernière béguine disparaît le 14 avril 2013 à Courtrai.
Leurs homologues masculins étaient appelés « béguins » ou « béguards ».





(3)  A l'origine un autodafé (mot portugais «auto da fé» venant du latin «actus fidei»,c'est-à-dire: «acte de foi») est la cérémonie de pénitence publique organisée par le tribunal de l'Inquisition espagnole ou portugaise, durant laquelle celle-ci proclamait ses jugements.
Dans le langage populaire, ce terme est devenu presque synonyme d'une exécution publique d'hérétiques par le feu. Ce glissement de sens est dû au fait que les condamnés relaps ou refusant de se rétracter étaient remis par l'Inquisition aux mains des autorités civiles, qui, parfois, les envoyaient aux bûchers.

« Autodafé » est aussi couramment utilisé pour caractériser la destruction publique de livres ou de manuscrits par le feu.





(4)  Une légende noire est une expression désignant une perception négative d'un personnage ou d'un événement historique. Généralement infondée ou partielle, elle ne peut se confondre avec la vérité historique.






(5) L'Inquisition espagnole ou Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition est une juridiction ecclésiastique instaurée en Espagne en 1478, peu avant la fin de la Reconquista, par une bulle1 de Sixte IV à la demande des Rois catholiques. Conçue à l'origine pour maintenir l'orthodoxie catholique dans leurs royaumes, elle avait des précédents dans d'autres institutions similaires en Europe depuis le xiiie siècle. Elle a élargi le champ de ses justiciables (musulmans, protestants, sectes…), réprimé les actes qui s'écartaient d'une stricte orthodoxie (blasphème, fornication, bigamie, pédérastie…) et combattu la persistance de pratiques judaïsantes2. Dépendant de la couronne, qui nomma les premiers inquisiteurs dès 1480, son pouvoir juridique était absolu pour juger et condamner. Elle fut définitivement abolie en 1834.






(6) L'Inquisition au Portugal
est souvent présentée, de façon erronée, comme plus indulgente que son homologue espagnole.
Manuel Ier, roi du Portugal, épousa l'infante d'Espagne Isabelle le 30 novembre 1496. Le 5 décembre un décret royal donne 10 mois aux juifs et aux musulmans pour quitter le pays. Le roi se ravise et, le vendredi 19 mars 1497, il ordonne le baptême de tous les enfants du royaume pour le dimanche suivant, ce qui va donner lieu à de terribles scènes. En 1499, Manuel publie un décret interdisant aux « nouveaux chrétiens » de quitter le pays.

L'Inquisition devient officielle avec la nomination de Diogo da Silva, confesseur de Manuel, comme Inquisiteur général en décembre 1531. Mais des « nouveaux chrétiens » influents réussissent à la faire suspendre. Charles Quint pèse de tout son poids pour le rétablissement d'une Inquisition à l'espagnole. La décision est prise le 23 mai 1536 sous le pontificat de Paul III. Mais les marranes réussissent encore par de multiples rebondissements et tractations avec le pape à restreindre les pouvoirs du Saint-Office et même à le suspendre en 1544. Malgré tout, en 1547, l'Inquisition est formellement établie par Jean III. Les marranes se battent une dernière fois sur la question du pouvoir de confiscation. Cette arme est finalement concédée aux tribunaux, et le Portugal se dote ainsi d'une Inquisition indépendante plus terrible encore que son modèle espagnol. En effet, la conversion y est imposée à tous les juifs et n'y est pas assortie, contrairement à l'Espagne, de la possibilité d'émigrer. Par conséquent, tous les « nouveaux chrétiens » y sont les descendants d'une conversion forcée, et les tentatives de fuite de marranes vers l'extérieur y sont proportionnellement plus importantes qu'en Espagne.

L'Inquisition est si dure au Portugal qu'un certain nombre de « nouveaux chrétiens » portugais vont même jusqu'à tenter de se réfugier… en Espagne.

Sa dernière victime sera un prêtre jésuite, Gabriel Malagrida, brûlé à Lisbonne en septembre 1761. En 1771, les autodafés publics sont interdits. En 1773, toute différence entre anciens et « nouveaux chrétiens » est abolie. L'Inquisition s'arrête définitivement en 1778. Elle est abolie par la constitution libérale de 1822.

L'Inquisition au Portugal a instruit 40 000 procès depuis sa fondation. Plus de 30 000 se sont conclus par des condamnations. Les sentences ont été exécutées au cours de près de 750 autodafés ; 1 808 jugés coupables ont été brûlés sur le bûcher (633 en effigie et 1 175 en personne) et 29 590 ont été réconciliés.





(7)
La Congrégation pour la doctrine de la foi (en latin : Congregatio pro Doctrina Fidei) est l'une des neuf congrégations actuelles de la Curie romaine et l'héritière de l'inquisition romaine et universelle.
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Lanaelle
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MessageSujet: Re: L'INQUISITION    Mer 2 Nov - 23:58










L'Inquisition a été rendue possible par la conjonction de plusieurs idées: la notion d'hérésie ou d'erreur religieuse, d'une part et la notion de devoir religieux de l'Etat, d'autre part. Cette conjonction est déjà visible dans l'édit de Thessalonique de 380.
Avant la publication d'Excommunicamus, l’acte fondateur de l'Inquisition médiévale confiée principalement aux moines dominicains, par le pape Grégoire IX (08) en 1231, la lutte contre l’hérésie s'est développée en plusieurs étapes. On peut en particulier citer l’ébauche d'une législation contre l'hérésie dès le deuxième concile du Latran présidé par le pape Innocent II (9) en 1139, puis, à la suite de la promulgation de la bulle Ad abolendam par le pape Lucius III (10) en 1184, la création d'une « Inquisition épiscopale », menée de manière décentralisée par les évêques, qui sera suivie par une « Inquisition légatine », confiée aux cisterciens par le pape Innocent III en 1198, et enfin le choix de la procédure inquisitoire lors du quatrième concile du Latran en 1215.







Si l'Église avait connu une période de calme relatif après le IXe siècle, les hérésies connaissent un nouveau développement aux XIe siècle et XIIe siècles, le plus souvent en suivant les routes de pèlerinage. Des études locale sont en effet montré que les hérésies se répandent souvent par ce biais, par le bouche à oreille : les pèlerins discutent entre eux, et avec les villageois lors de leurs étapes, propageant ainsi des questions et des réponses en dehors du pouvoir régulateur de la paroisse.


Au haut Moyen Âge, l'hérétique est comme un lépreux qu'il faut éloigner du corps sain des fidèles par l'excommunication, puis par l'exil ou la confiscation des biens. Au bas Moyen Âge, l'hérésie constitue une rupture du lien social. Régine Pernoud écrit ainsi :


« Tout accident spirituel semble dans ce contexte plus grave qu'un accident physique. (…) Sous bien des rapports, l'Inquisition fut la réaction de défense d'une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi semblait aussi importante que de nos jours celle de la santé physique. »


Dans la bulle pontificale Vergentes in senium (25 mars 1199), Innocent III assimile même l’« aberration dans la foi » à un crime de lèse-majesté, concept romain redécouvert à cette époque par les autorités laïques.


Après la création de l'Inquisition, la définition de l'hérésie (pour laquelle elle deviendra progressivement le seul tribunal compétent) sera constamment élargie. Par opportunisme, on fait entrer dans le champ de l'hérésie des éléments de plus en plus divers : l'apostasie (11) de juifs et musulmans convertis, ou encore la sorcellerie, laquelle leur est assignée formellement en 1326 par Jean XXII (12) dans la bulle Super illius specula . Mais on appelle aussi hérétiques les schismatiques à l'occasion de la lutte contre Frédéric II ou, au XIVe siècle, du Grand Schisme d'Occident — ou encore ceux qui refusent de payer les dîmes (13), voire les homosexuels (alors appelés bougres ou sodomites). La frontière se brouille aussi entre indiscipline et hérésie : Jean XXII (14) appelle l'Inquisition contre les Spirituels, dissidents de l'ordre des franciscains, puis les béguins.


Les prérogatives croissantes de l'Inquisition et l'allègement constant de la tutelle qui devrait s'exercer sur elles expliquent la toute-puissance de l'institution au XIIIe siècle : les inquisiteurs prennent l'habitude de travailler seuls, et sans rendre de comptes, leur permettant ainsi de se rendre autonome vis-à-vis de l'Église.








L'hérésie n'est pas seulement affaire de doctrine : elle est vue comme un crime global contre Dieu, les princes, la société — ce qui alors revient au même. Étant une rupture du lien social, la lutte contre l'hérésie est une question d'ordre public. Les princes sont donc intéressés par sa répression à plusieurs titres, et l'autorité civile, pour préserver l'ordre public, se met à lutter contre des hérésies et sanctionner des hérétiques de manière potentiellement autonome : la décrétale Ad abolendam (1184) de Lucius III fait de la répression de l'hérésie un élément constitutif du pouvoir de l'Empereur, en l'espèce Frédéric Barberousse.


Cette confusion entre domaines spirituel et temporel est assez générale, en Europe, au XIIIe siècle. En revanche, dans le midi de la France et tout au nord du Royaume d'Aragon, la liberté de culte est très répandue (Exemple : des juifs sont élus consuls à Toulouse, cité dans "L'Histoire Générale du Languedoc" par Dom Vaissete). L'établissement du premier tribunal de l'Inquisition à Carcassonne, après les « croisades albigeoises », est donc, sans doute, une façon de s'assurer la coopération des nouveaux seigneurs locaux après s'être débarrassé des anciens.


Cette implication des autorités laïques entre en conflit avec l'autorité de l'Église : des tribunaux royaux ou impériaux se prononcent sur des problèmes de doctrine. Ce conflit de juridiction est tranché par l’arrangement de Vérone (1148): « les hérétiques doivent être jugés par l'Église avant d'être remis au bras séculier ». Inversement, l'Église oblige les autorités « laïques » (dont la légitimité se fonde sur un modèle de société chrétienne) à rechercher les hérétiques, sous peine d'excommunication ou de déposition.
Dès le début, l'Inquisition est donc fondée sur le principe de la collaboration et du partage des tâches entre l'Église et les autorités laïques, chacun intervenant dans son domaine et suivant sa responsabilité propre.








La lutte contre les hérésies n'est pas née avec l'Inquisition. Avant l'institution de cette dernière, la recherche des hérétiques est confiée à l’ordinaire (le plus souvent, l'évêque) et la punition au juge séculier.


La lutte anti-hérésies n'est pas du seul domaine de la papauté : au contraire, en raison de ses dimensions sociales, les États s'en chargent eux-mêmes. Ils collaborent avec la papauté. Les premières formes de répression étaient apparues au début du XIe siècle : à Noël 1022, Robert le Pieux (15) avait fait brûler dix clercs de la cathédrale d'Orléans. C'était le premier bûcher de l'histoire de la lutte contre l'hérésie en Occident. Faisant suite à l'accord de Vérone entre Lucius III et Frédéric Barberousse, la décrétale Ad abolendam (1184) fait ainsi de la répression de l'hérésie un élément constitutif du pouvoir de l'Empereur.



Ces dispositions bientôt ne suffisent plus : le pouvoir des évêques reste limité à leur territoire alors que l'aire d'influence des hérésies est mouvante, et couvre souvent plusieurs diocèses. Dans ce cas, l'évêque ne peut réprimer que la partie qui est dans sa juridiction, ce qui est peu efficace. En outre, les évêques sont confrontés aux pressions locales : l'hérésie se développe également dans la noblesse ou chez les bourgeois des villes, et un évêque peut avoir un proche parent hérétique.



La doctrine cathare étant bien plus répandue et grandissante que les petites hérésies habituelles, le système des évêchés ne suffit plus. Certains prêtres catholiques changent même de camp pour rejoindre les « Bons Hommes ». Le pape envoie alors deux légats, en 1198, « répandre la Parole de Dieu », et leur donne tous les pouvoirs et une méthode de jugement. Quarante ans avant l'heure, ces deux légats sont les premiers Inquisiteurs de l'Histoire, avec les mêmes droits et méthodes.


L'Église et les États recherchent donc de nouveaux moyens plus efficaces de lutte. D'abord, le IVe concile du Latran en 1215 évoque la possibilité d'un personnel spécialisé, mais restant dans le cadre diocésain. Divers dispositifs sont ensuite essayés, suivant les nécessités locales, dans un effort pour dépasser les limitations de la juridiction ordinaire. Ainsi, dans une ville lombarde, l'évêque collabore à la fois avec le prince local et un légat pontifical pour faire appliquer des constitutions impériales, diffusées par la papauté. En France, le catharisme est combattu par la croisade des Albigeois et les évêques appuyés par des légats. En 1227, des dominicains appuyés par un commissaire pontifical, Conrad de Marbourg (16), parcourent la Rhénanie pour soutenir les commissions épiscopales : ils se chargent de dénoncer l'hérésie au cours de la procédure.









À l'origine, le terme « inquisition » (du latin inquisitio, « enquête ») désigne une technique judiciaire. Elle est rendue possible par le renouveau juridique du XIIe siècle, qui réintroduit dans les législations des techniques de droit romain — même si la procédure elle-même est inconnue du droit romain.


Avant le XIIIe siècle, le droit canonique n'admet en effet que la procédure accusatoire : le juge instruit les plaintes ; la charge de la preuve lui revient. Apparaît ensuite la procédure dénonciatoire, fondée sur une simple dénonciation et non plus une plainte en bonne et due forme.



La procédure inquisitoire confère au juge l'initiative de la poursuite. Dans cette nouvelle forme de procédure, le juge peut lancer d'office une procédure sur la base de la fama publica (la « notoriété »). Soit il trouve des accusateurs précis par le biais d'une enquête, générale ou individuelle, soit il se charge lui-même d'administrer la preuve. L'ensemble de la procédure fait une large place à l'acte écrit, au témoignage et à l'aveu.


La procédure inquisitoire est utilisée d'abord à des fins de discipline ecclésiastique (16) : répression de la simonie (17), contestations d'élections abbatiales, etc. Cependant, elle se déploie très vite dans le champ de la lutte contre les hérésies. La législation en la matière est ébauchée avec les décrets du IIe concile du Latran (1139). Le concile de Tours de 1163 (18), présidé par Alexandre II (19), autorise les princes toulousains et gascons, dans le cadre de la lutte contre les hérétiques, à recourir à la procédure inquisitoire. Elle est codifiée par une série de décrétales (20) d'Innocent III (1198-1216), en particulier Licet Heli (1213), complétée par Per tuas litteras.



La lutte contre les hérétiques puise dans de nombreuses traditions pour se définir : parallèlement à la résurgence du droit romain, les traditions germaniques sont également utilisées. Ainsi, se fondant sur les punitions très dures de la loi carolingienne contre le sacrilège (21), Frédéric II choisit en 1224, dans le statut accordé à la ville de Catane, d'appliquer la peine du feu aux hérétiques de Lombardie. C'est la première décision systématique de ce genre.


S'agissant des peines, la papauté se borne à un travail de synthèse des législations civiles, c'est ce qu'on appelle souvent les « statuts du Saint-Siège » : Honorius III (22) étend la décision de Frédéric II à toute l'Italie et en 1231, Grégoire IX (23) la transforme en norme canonique.


Au début du XIIIe siècle, les évêques disposent donc d'une importante législation pour lutter contre l'hérésie, mais pas d'une institution spécialisée.







Le fonctionnement de l'Inquisition relève à la fois du domaine du droit et de celui de la religion.






Pour le fonctionnement du droit canonique, les procès et jugements dans l'Église relèvent d'un tribunal ecclésiastique (24), administré sous l'autorité de l'ordinaire du lieu, le plus souvent l'évêque. Rome n'intervient qu'en deuxième ligne, à la fois comme autorité d'appel, et comme garant du bon fonctionnement de l'ensemble.





Tomás de Torquemada, Premier Grand Inquisiteur d'Espagne


Quand cette organisation locale se révèle insuffisante ou inadaptée pour défendre les besoins de la foi, le pape peut décider de créer une fonction d’inquisiteur. C'est un représentant à qui le pape délègue son autorité, pour juger toutes les questions relatives à la foi dans une région donnée. C'est une juridiction « d'exception », ce qui signifie que lorsque cette juridiction existe, elle est seule compétente pour juger de l'orthodoxie d'une cause qui lui est soumise. L'inquisiteur est donc essentiellement le représentant du pape, et hérite de son autorité.


Ils étaient choisis généralement parmi les franciscains ou les dominicains. Les inquisiteurs réguliers vivaient en marge de la vie conventuelle, et pour accomplir leur mission ils étaient relevés de leurs vœux d'obéissance envers leurs supérieurs.






L'organisation que met en place l'inquisiteur pour réaliser sa mission de jugement — donc un tribunal — est l'Inquisition, au sens administratif du terme. Le tribunal inquisitoire possédait le plus souvent un siège fixe (où étaient notamment conservées les archives très fournies), mais pas nécessairement : des inquisiteurs ont été itinérants. Les inquisiteurs étaient assistés d'un personnel nombreux : clercs, tels les notaires, greffiers, geôliers, etc.


Au début de l'Inquisition, les inquisiteurs travaillaient par deux, avec des compétences égales. Dans les tribunaux de district espagnols, ces deux inquisiteurs-juges travaillaient systématiquement avec un procureur, deux greffiers, un trésorier, un préposé aux litiges financiers, des qualificateurs (experts en théologie) et du personnel subalterne. Par la suite, la charge d'une région fut confiée à un inquisiteur unique.








Une juridiction d'Inquisition tire son nom de sa capacité à avoir recours à la procédure inquisitoire, procédure extraordinaire (et inconnue du droit romain). Un tribunal classique ne peut pas évoquer spontanément une cause, il doit préalablement être saisi par un demandeur (qui, en matière pénale, peut être une institution publique établie à cet effet). Au contraire, un tribunal d'Inquisition peut examiner d'office (au sens littéral : du fait de sa mission, son office) toute question dans son domaine de compétence, sans avoir besoin d'être saisi. Ce pouvoir a été attribué pour permettre d'examiner vite et efficacement tout ce qui pouvait être soupçonné d'hérésie.


Le pouvoir inquisitoire est un pouvoir exorbitant du droit commun, susceptible d'être employé abusivement, et — de ce fait — habituellement refusé aux juridictions classiques. Il faut comprendre à quel point ce pouvoir est extraordinaire : Napoléon Ier ou Honoré de Balzac disaient du juge d'instruction qu'il était « l'homme le plus puissant de France », par sa liberté d'action, mais il ne pouvait intervenir que sur commission. L'inquisiteur cumulait les pouvoirs d'un juge d'instruction, d'un procureur, et avait la faculté de se saisir d'une affaire.







Parler de la « procédure pénale de l'Inquisition » introduit une catégorie peu légitime : la procédure pénale employée par les juridictions d'Inquisition était essentiellement celle de l'époque, avec peu de spécificité réelle. Les procédures qui apparaissent aujourd'hui scandaleuses étaient globalement normales pour l'époque : en regard de ce que connaît le droit moderne, les garanties de procédure et les dispositions qui assurent aujourd'hui la protection de l'inculpé étaient alors extrêmement rudimentaires, quelle que soit la juridiction. Cependant, on peut souligner que les juridictions d'Inquisition ont globalement été progressistes, par rapport à ce qui se pratiquait à l'époque dans les procédures équivalentes de l'autorité civile.


Cette procédure est issue de la redécouverte du droit romain. La procédure était codifiée par des documents généraux (voir les décrétales citées dans les sources latines), et par des instructions d'application promulguées par les inquisiteurs pour les procédures de leur ressort. La procédure était entièrement écrite, un notaire transcrivait tous les débats. L'ensemble de la procédure se déroulait sous le contrôle de l'évêque du lieu, qui recevait copie de tous les documents. Les actes de la procédure étaient normalement rédigés en latin, langue officielle de l'Église, mais les interrogatoires étaient naturellement faits en langue vernaculaire (25).


L'accusé pouvait récuser un juge, ou faire appel à Rome. En cas d'appel à Rome, l'ensemble des documents était envoyé sous scellés, et la cause était examinée et jugée à Rome sur les pièces recueillies.


La procédure de l'Inquisition a varié dans le temps, et selon les régions, mais ses grandes lignes sont données ci-après.








Selon Valérie Toureille, « la procédure utilisée par l'Inquisition reposait sur trois principes nouveaux : l'ignorance par l'accusé du nom des témoins à charge, la suppression de certaines incapacités à témoigner et l'emploi de la question ».








L'enquête générale était proclamée dans une région entière. Quand l'Inquisition procédait par secteur géographique, l'ouverture d'une enquête de l'Inquisition dans un secteur hérétique donné prenait en général la forme d'une prédication générale, où l'inquisiteur exposait la doctrine de l'Église et réfutait les thèses de l'hérésie. Il publiait ensuite un décret de grâce et un édit de foi (26), convoquant tous les habitants devant l'inquisiteur.


Pendant une durée fixée par le décret de grâce (typiquement de 15 à 30 jours), ceux qui se présentaient en temps et en heure et confessaient spontanément leurs fautes se voyaient imposer une pénitence religieuse (typiquement un pèlerinage), mais échappaient aux sanctions du pouvoir civil. Inversement, l'édit de foi donnait obligation de dénoncer les pratiques hérétiques.


Ces premiers aveux spontanés, qui devaient être complets, permettaient aussi par leur témoignage d'identifier des hérétiques qui ne s'étaient pas présentés. Le délai accordé par le décret de grâce permettait aussi de mener des enquêtes locales et, le cas échéant, de récolter des délations.


Les fidèles suspectés d'hérésie qui ne s'étaient pas présentés pendant le délai de grâce faisaient l'objet d'une citation individuelle.







La citation individuelle se faisait le plus souvent par le biais du curé. Ceux qui refusaient de comparaître se trouvaient excommuniés.


Un suspect devait jurer (sur les quatre évangiles) de révéler tout ce qu'il savait sur l'hérésie. Si le suspect reconnaissait ses erreurs tout de suite et librement, il se voyait infliger des pénitences comme précédemment, et les peines éventuelles étaient légères.


Le serment était une arme redoutable entre les mains de l'inquisiteur. De nombreuses sectes proscrivaient le serment, et la violation ou le refus du serment était donc un indice sérieux d'hérésie. D'autre part, la sanction contre les parjures était la prison à vie, très dissuasive.


Les peines sérieuses ne concernaient que ceux qui refusaient de reconnaître leur erreur, même après avoir juré de dire la vérité, et malgré des témoignages permettant de douter sérieusement de leur sincérité. Pour ceux-là, la procédure inquisitoire s'engageait réellement.


Le décès de l'accusé ne suspendait pas la procédure : si le mort était coupable d'hérésie, cette erreur devait être reconnue par un jugement.


Même en l'absence d'aveux, le suspect n'était pas nécessairement emprisonné. Il pouvait rester en liberté sur parole, sur caution, ou présenter des personnes se portant garantes de sa comparution devant l'inquisiteur. L'incarcération pouvait être utilisée, mais le plus souvent ne s'étendait pas à toute la durée de la procédure.








Des protections étaient accordées aux accusés, comme aux témoins. Ainsi l'identité des témoins à charge était tenue secrète, pratique courante de l'époque. Dans cette même logique, les notions de confrontation de témoin et de contre-interrogatoire étaient inconnues. En revanche, dans les tribunaux de l'Inquisition, les accusés étaient autorisés à fournir une liste des personnes susceptibles de leur en vouloir, lesquelles étaient alors récusées comme témoins.


Les tribunaux de l'époque n'acceptaient pas de témoignages d'origine douteuse : voleurs, prostituées, personnes de mauvaise vie, mais aussi hérétiques et excommuniés. Très vite, les tribunaux d'Inquisition se démarquent de cette règle, en ce qui concerne le témoignage d'hérétiques, pour des raisons pratiques évidentes : les activités hérétiques étaient en général cachées, les témoignages correspondants ne pouvaient guère provenir que des hérétiques eux-mêmes. Cette pratique est officialisée en 1261 par Alexandre IV (27).


L'accusé bénéficiait d'une protection générale certaine dans la manière dont on punissait le faux témoignage : les témoignages étaient obtenus sous serment, et le crime de parjure était sévèrement sanctionné par la réclusion à vie.


L'accusé a généralement droit à un défenseur, mais ce droit était le plus souvent théorique dans le cas de l'Inquisition, faute de volontaire. Les avocats d'hérétiques risquaient d'être eux-mêmes accusés de complaisance avec l'hérésie poursuivie. En général, et pour la même raison, les accusés traduits devant un tribunal d'Inquisition ne bénéficiaient pas de la présence de témoins à décharge.








La procédure inquisitoriale accorde une grande importance à l'aveu de l'accusé. En effet, juridiction religieuse, l'inquisition se préoccupe du rachat des âmes donc souhaite obtenir le repentir des accusés. Toute une procédure est alors mise en place pour obtenir leur témoignage. Pour aider les clercs à procéder aux interrogatoires, des manuels de l'inquisiteur sont rédigés dont les plus célèbres sont le Manuel de l'inquisiteur  (28)de Bernard Gui (29), le manuel d'Eymerich (30), et le manuel de Torquemada. On y indique la procédure, les questions à poser, les pressions morales et les pressions physiques que l'on peut y faire subir. L'inquisiteur doit extraire la vérité éventuellement « par la ruse et la sagacité ». Parmi les pressions physiques, on peut citer la réclusion qui, selon Bernard Gui, « ouvre l'esprit », ainsi que la privation de nourriture et la torture. Mais une des particularités de l'instruction inquisitoriale est le secret : l'accusé et ses proches ne connaissent aucun des chefs d'inculpation et la défense se fait donc à l'aveugle.




Scène d'Inquisition par Francisco Goya









La fréquence de l'usage de la torture, majoritairement reconnue durant les siècles précédents comme faisant quasi systématiquement partie de la procédure inquisitoriale, est remise en cause par des historiens contemporains.


D'abord, ils rappellent que la pratique de la torture (ou « question », du latin quæstio) était à l'époque utilisée aussi dans les tribunaux séculiers, sauf par exemple en Aragon, et n'était donc pas l'apanage de l'Inquisition.


Ensuite, ils revoient à la baisse les anciennes estimations. Ainsi, Bennassar (31) évalue entre 7 et 10 % le nombre de prisonniers de l'Inquisition espagnole ayant subi ces supplices et précise que « l'usage de la torture n'a jamais été la règle pour l'Inquisition et peut même apparaître, à certaines époques, comme l'exception ».


Trait singulier de la torture sous l'Inquisition, la noblesse ne bénéficiait pas de privilège particulier comme cela était le cas auprès des autres tribunaux.


Cependant, l'usage de la torture en particulier, et le nombre de victimes de l'inquisition en général, reste difficile à quantifier car la plupart des données statistiques sur la période avant 1560 ont disparu. Les aveux obtenus sous la torture n'étant pas recevables, cette partie de la procédure ne faisait généralement pas l'objet d'un enregistrement écrit, et les archives des procès sont le plus souvent muettes ou au mieux allusives sur ce sujet. On trouve ainsi dans les minutes des interrogatoires de courtes phrases du type, confessionem esse veram, non factam vi tormentorum, qui à la fois évoque l'hypothèse d'une torture, et nie que l'aveu noté en ait été l'effet (« l'aveu est spontané, non fait sous la force de la douleur »). Les notations explicites postquam depositus fuit de tormento (« après son retour de la torture ») sont rarissimes.









Bartolomé Bennassar, parlant de l'Inquisition espagnole, rappelle que la pratique de la torture y est très codifiée. Trois tortures sont préconisées : l'eau, la poutre et le feu.


Bennassar considère pour preuve que la torture fut appliquée avec modération le fait que nombreux sont ceux qui y résistèrent. De même, Laurent Albaret considère qu'au XIIe siècle, « la pratique de la torture (…) est modérée et le personnel inquisitorial sincèrement peu convaincu de ses résultats ».


L'usage de la torture posait un problème moral pour les inquisiteurs, qui, en tant que clercs, n'avaient pas le droit de verser le sang. Après un flou juridique initial, cette pratique est officiellement autorisée pour l'Inquisition en 1252 par la bulle Ad extirpenda, sous réserve de ne conduire ni à la mutilation ni à la mort, et en excluant les enfants, les femmes enceintes et les vieillards de son champ d'application. De plus, il a souvent été exigé par le pape qu'elle ne puisse être donnée qu'avec le consentement de l'évêque du lieu. Dans cette bulle, l'accusé bénéficie de deux protections : la question ne peut être donnée qu'une fois, et les aveux doivent être répétés librement pour être recevables.


Une autre source disponible permettant de se faire une idée sur l'usage de la torture dans les procès de l'Inquisition sont les manuels et instructions des inquisiteurs. Dans les manuels, l'interdiction de soumettre plusieurs fois à la question semble ne pas avoir été prise au sérieux : des arguments formels permettaient de justifier que cette interdiction est formellement respectée, tout en la laissant sans effet. La question était par exemple considérée comme formée de plusieurs étapes, la fin d'une étape n'impliquant pas la suspension de toute la procédure. Un autre argument a été que la découverte de nouvelles charges justifiait à nouveau l'usage de la question spécifiquement contre cette charge. Enfin, l'interdiction ne concernait que l'accusé par rapport à son chef d'accusation, pas le cas des témoignages obtenus de la part d'autres témoins.


Selon Nicolas Eymerich, inquisiteur général d'Aragon, la torture n'était toutefois pas un moyen fiable et efficace d'obtenir la vérité (quæstiones sunt fallaces et inefficaces) car il estimait que, non seulement la capacité de résistance variait considérablement d'un individu à l'autre, mais aussi que certains accusés usaient de sorcellerie pour devenir insensibles à la douleur, voire préféraient mourir que de confesser. En 1561, l'inquisiteur général Fernando de Valdés (32) fit preuve du même scepticisme22. Néanmoins, il a été relevé de nombreux cas d'abus ; un des pires exemples, loin d'être un cas isolé, fut sans doute celui de Diego Rodriguez Lucero (33), inquisiteur de Cordoue de 1499 à 1507, date à laquelle il a finalement été relevé de ses fonctions.







Dans les cas difficiles, le tribunal devait entendre l'avis d'un collège de boni viri, conseil (en latin consilium) formé de trente à une centaine d'hommes de mœurs, de foi et de jugement confirmés. Ce conseil est imposé et confirmé par les instructions du pape à partir de 1254. Son rôle ira croissant dans l'Inquisition, et sera étendu à d'autres juridictions pour finalement être à l'origine du jury moderne.


Après qu'ils ont prêté serment de s'exprimer en conscience, l'ensemble des actes du procès leur était transmis, mais de manière anonyme, censuré du nom de la personne accusée. Ils transmettaient deux avis à l'inquisiteur : sur la nature de la faute constatée, et sur la nature de la sanction opportune.


L'inquisiteur reste souverain et responsable de sa sentence, mais l'avis de ce conseil était le plus souvent suivi, et quand il ne l'était pas, c'était pour amoindrir les sanctions proposées.







Les sentences de l'Inquisition étaient prononcées dans une cérémonie officielle, en présence des autorités civiles et religieuses. Cette cérémonie — une liturgie dans le sens antique du terme — avait pour fonction de marquer symboliquement la restauration de l'équilibre social et religieux qui avait été rompu par l'hérésie. C'était donc un acte de foi public, ce qui est la signification exacte du terme portugais « auto da fé ».


Un jour ou deux avant le prononcé, les inculpés se voyaient lire à nouveau les charges retenues contre eux (traduites en langue vernaculaire), et étaient convoqués pour entendre le verdict de l'inquisiteur, avec les autorités du lieu et le reste de la population.


La cérémonie s'ouvrait tôt le matin, par un sermon de l'inquisiteur, d'où son autre nom de « sermon général ». Les autorités civiles prêtaient ensuite serment de fidélité à l'Église, et s'engageaient à prêter leur assistance dans sa lutte contre l'hérésie.




Le Pape et l'inquisiteur, peinture de Jean-Paul Laurens


La lecture des verdicts venait ensuite, en commençant par les « actes de clémence » : remises de peines ou commutations. Les pénitences de toutes nature (dons, pèlerinages, mortifications, etc.) suivaient ensuite. Venaient enfin les sanctions proprement dites, jusqu'aux plus sévères qu'étaient l'emprisonnement à vie ou la peine de mort. Les condamnés étaient alors remis au bras séculier par une formule solennelle : Cum ecclesia ultra non habeat quod faciat pro suis demeritis contra ipsum, idcirco, eundum reliquimus brachio et judicio saeculari (« Puisque l’Église n’a plus à présent à accomplir son rôle contre ceux-ci, pour cette raison, nous les laissons au bras séculier et à sa justice »). Sur ce, la cérémonie s'achevait. L'inquisiteur avait achevé son rôle, l'Église s'était prononcée sur l'hérésie.


Chacun pouvait alors rentrer chez soi avec sa bonne conscience retrouvée — sauf bien sûr les coupables de crimes contre la société, à qui le « bras séculier » allait faire subir leurs peines. Contrairement aux pénitences religieuses, ces peines étaient en effet définies par le pouvoir temporel. Elles sanctionnaient les crimes commis contre la foi et l'Église, toutes deux officiellement protégées par l'État.









Le tribunal inquisitoire n'infligeait pas de peines à proprement parler, mais des « pénitences ». Les moins graves étaient appelées « pénitences arbitraires ». C'était la flagellation publique au cours de la messe, les visites aux églises, les pèlerinages, l'entretien d'un pauvre, le port de la croix sur les vêtements, etc.


La pénitence était souvent réduite par la suite. Les archives de l'Inquisition montrent de nombreux exemples de pénitences atténuées ou levées pour des motifs variés, parfois sur simple demande. On cite ainsi le cas d'un fils obtenant la libération de son père en faisant simplement appel à la clémence de l'inquisiteur, d'autres sont libérés pour assister leurs parents malades « jusqu'à leur guérison ou leur mort ».


Mais l'Inquisition condamne aussi à des peines économiques et sociales. La confiscation des biens lui permet de bénéficier de subsides lui permettant de fonctionner. L'Inquisition espagnole condamne aussi à l'ostracisme par le biais du port du sanbenito ou par l'exposition de celui-ci avec le nom du condamné dans les églises. La peine de l'inhabileté conduisait aussi à la ruine et la misère celui qui en était frappé.


En revanche, les hérétiques qui ne s'étaient pas présentés dans les délais de grâce, ou ceux qui étaient retombés dans l'hérésie, encouraient la prison à vie. La prison connaissait deux modes possibles : le « mur large », comparable à une résidence surveillée, et le « mur étroit », réclusion solitaire. Le mur étroit pouvait être aggravé en carcer strictissimus, le condamné mis au cachot (communément appelé un in pace) étant attaché par des chaînes, et privé de tout contact.


Le relaps (33), ou l'obstiné qui refusait d'avouer son crime (qui devait par ailleurs avoir été démontré), était abandonné à l'autorité séculière, et la peine de son crime était souvent l'incarcération ou le bûcher. En toute rigueur, la peine la plus sévère que prononçait l'Église était l'excommunication. Les condamnations à mort étaient prononcées en fonction de la loi civile et exécutées par les autorités séculières. Il faut dire, cependant, qu'il n'y avait pas de séparation nette entre les domaines civils et religieux : les autorités civiles étaient elles-mêmes tenues d'apporter leur concours sous peine d'excommunication.







Dans certaines circonstances, en particulier en cas de faute lors du déroulement de la procédure, l'accusé peut faire appel au pape. En pratique, cette possibilité est rarement offerte. Bernard Gui précise que l'inquisiteur passe outre à tout privilège d'exemption et à l'appel. À Valence en 1494, ce droit à l'appel est dénié à ceux condamnés pour hérésie. Au XVIe siècle, l'appel au pape et au parlement se généralise et permet de bloquer la procédure tant que la plainte n'a pas été analysée.








L'inquisition ne concerne que les chrétiens devenus hérétiques et non les non-chrétiens en terre chrétienne. Par exemple, en 1199, le pape Innocent III, associé à la création du tribunal d'Inquisition, rappelle l'importance de protéger les juifs dans les droits qui sont les leurs et l'impossibilité de convertir par la force un non chrétien (Denzinger 772-773).


Le nombre de personnes abandonnées à la justice civile et livrées au bûcher est difficile à évaluer. La mémoire collective est marquée par les exécutions massives de Montségur, Vérone ou du Mont-Aimé et par la répétition des bûchers à certaines périodes de l'Inquisition espagnole.


Les registres des procès ont partiellement disparu et les historiens sont amenés à évaluer le bilan humain seulement à partir de documents partiels. Ce principe d'évaluation conduit à des résultats extrêmement variables, de 400 victimes pour les dix premières années à plusieurs millions sur plusieurs siècles et dans de nombreux pays selon l'estimation de l'historien Jules Michelet (34) en 1862. Juan Antonio Llorente (35) dans son étude Histoire critique de l'Inquisition d'Espagne depuis l'époque de son établissement par Ferdinand V, jusqu'au règne de Ferdinand VII, en 1818, estime à environ 30 000 condamnations à mort physique et 15 000 par effigie durant les trois siècles de l'Inquisition espagnole de 1481 à 1781 (date de la dernière exécution) dont 8 800 pour la période de Torquemada (36). Cependant, des historiens contemporains trouvent cette évaluation grandement exagérée et la désignent comme un instrument de la légende noire au XIXème siècle.


«Agostino Borromeo, un des meilleurs spécialistes, estime que, pour l'Inquisition espagnole (...), sur 44 674 inculpés, quelque 800 furent condamnés à mort.»


Les quelques études menées pour le XIIIe siècle donnent une proportion de condamnations au bûcher inférieure à 10 % des peines. D'après Patrick Henriet, « Il ne fait aucun doute qu'au XIIIe siècle, comme encore par la suite, la justice inquisitoriale s'est montrée beaucoup moins expéditive que celle des cours civiles. » Bartolomé Bennassar pointe la grande variabilité en nombre de ces condamnations selon les périodes (rigoureuses ou plus calme). Il évalue ainsi à 40 % des personnes jugées celles montant sur le bûcher lors de la période la plus terrible de l'inquisition espagnole (fin du XVe siècle), pour tomber à 1 % dans la seconde moitié du XVIIe siècle. D'après Jean Dumont, Bernard Gui a prononcé, entre 1308 et 1323, 42 condamnations au bûcher sur 930 sentences, soit 4,5 %.


Au temps de l'inquisition triomphante, on posa en 1524 à Séville une plaque commémorative donnant un bilan des quarante premières années de l'inquisition espagnole, supposées les plus terribles :


« L'an du Seigneur 1481 […] a commencé en ce lieu le Saint Office de l'Inquisition contre les hérétiques judaïsants, pour l'exaltation de la foi. Par lui, depuis l'expulsion des juifs et des Sarrasins jusqu'en l'année 1524 […] plus de vingt mille hérétiques ont abjuré leurs criminelles erreurs, et plus de mille obstinés dans l'hérésie ont été livrés aux flammes, après avoir été jugés conformément au droit […] ».


D'après l’ecclésiastique Henri-Dominique Lacordaire (37), « l'inquisition est un progrès véritable comparée à tout ce qui avait eu lieu dans le passé. À la place d'un tribunal sans droit de grâce, assujetti à la lettre inexorable de la loi, on avait un tribunal flexible duquel on pouvait exiger le pardon par le repentir, et qui ne renvoya jamais au bras séculier que l'immense minorité des accusés. L'inquisition a sauvé des milliers d'hommes qui eussent péri par les tribunaux ordinaires »


En mars 2000, l'Église catholique a offert sa repentance officielle contre, notamment, les excès de l'Inquisition, et a lancé en 1998 une étude sur l'Inquisition qui a donné lieu à la publication d'un document de 800 pages recensant les dommages causés par celle-ci et dans lequel Jean-Paul II manifestait le repentir de l’Église romaine (voir détails et références dans Chronologie Période contemporaine).














La conversion à Dieu ne peut se faire que librement. C'est ce que dit Ezechiel : « Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse » (Ez 33:11, 2P 3:9, prologue de la règle de St Benoît). C'est ce que répètent les pères sans cesse, depuis Tertulien au IIe siècle. À l'époque même où la première Inquisition est fondée, Bernard de Clairvauxformule que « la foi doit être persuadée, non imposée ».


Dominique de Guzmán, de son côté, fonde son ordre des prêcheurs pour réduire l'hérésie albigeoise par la prédication et l'exemple d'une vie mendiante, se démarquant de la croisade guerrière menée à la même époque sous Innocent III — la solide formation dogmatique des Dominicains leur vaudra ultérieurement de fournir bon nombre d'inquisiteurs. Dans sa lignée, Thomas d'Aquin, futur docteur de l'Église, affirme , dans la Somme Théologique, que la conscience même erronée, oblige. C'est-à-dire qu'il est rationnel et donc juste que l'homme suive sa conscience (ST., Ia IIae., Qu.19, art.5).











Même si la conscience est libre, cette liberté ne se comprend que par rapport à deux devoirs dans la pensée catholique :

• Le devoir moral de chaque individu de chercher la vérité et de vivre en conséquence ;
• Le devoir institutionnel de l'Église d'annoncer et de défendre ce qu'elle perçoit de la Vérité, c'est-à-dire typiquement le dogme.

Un tribunal d'Inquisition, par lui-même, ne fait que se prononcer sur l'orthodoxie du cas qui lui est soumis. Un tel jugement est un devoir institutionnel et ne pose aucun problème moral. Le drame de l'Inquisition n'est pas d'examiner l'orthodoxie d'une cause ; il commence quand l'Église accepte que la conséquence de son jugement soit liée à une sanction pénale du pouvoir temporel.








Pour la société médiévale, le christianisme fait partie de l'ordre social, et l'ordre social se fonde sur la religion.


• Dans cette organisation, sur le plan religieux, une hérésie constitue nécessairement une rupture de l'ordre social. Inversement, sur le plan politique, la seule manière de contester l'ordre établi est d'entrer en rupture (schisme) avec la religion institutionnelle.
• Il est normal que le pouvoir temporel défende d'une manière ou d'une autre l'ordre social, en sanctionnant au besoin ce qui le met en danger (même si la défense est délicate, et doit s'exercer avec prudence, pour ne pas tomber dans un immobilisme réactionnaire).
• Dans la mesure où l'hérésie met en danger la société, elle doit être combattue par le pouvoir temporel. Mais dans la mesure où l'hérésie s'exprime dans le domaine de la foi, elle doit être jugée par une autorité religieuse.

Par conséquent, les tribunaux religieux se mettent à juger des fauteurs de troubles sociaux. Ce partage des rôles est acté dans l’arrangement de Vérone (1148) entre le Pape et l'Empereur : les hérétiques doivent être jugés par l'Église avant d'être remis au bras séculier, pour y subir « la peine due » (debita animadversione puniendus).









« L'histoire de l'Inquisition est l'illustration du drame qui menace les hommes chaque fois qu'une liaison organique s'établit entre l'État et l’Église », a écrit l'historien et professeur Bartolomé Bennassar.


Le fonctionnement même de l'inquisition (promulgation d'édit obligeant à la dénonciation, tenue et conservation de registres sur toutes les dénonciations, procédure soumise au secret) en fait un formidable outil de répression dont le pouvoir religieux et royal usera.


Selon les époques, l'Inquisition servira ou s'opposera au pouvoir politique. En France, l'inquisition médiévale, dans ses débuts, est principalement au service du pape qui tente de rasseoir son autorité et de lutter contre les hérésies et le roi s'opposera parfois à la rigueur de la répression. Mais, dès la fin du XIIIe et jusqu'au XVe siècle, les souverains sollicitèrent le pouvoir inquisitorial pour se débarrasser des individus devenus gênants pour les puissants. Au XIVe siècle, le pape réagit à certaines dérives sur l'autonomie laissée à l'inquisition en exigeant la collaboration entre inquisiteurs et évêques. Le droit absolu de l'inquisiteur est remis en question. Mais les juridictions civiles fragilisent aussi peu à peu la puissance d'un tel tribunal. À Toulouse, en 1331, un commissaire du roi assimile l'inquisition à une juridiction royale, en 1412, l'inquisiteur de Toulouse est arrêté sur l'ordre du roi. En Dauphiné, le tribunal est progressivement subordonné au Parlement de Grenoble.


En Espagne, l'inquisition est sous l'autorité du roi. C'est lui qui désigne les inquisiteurs. Le pape n'aura que très peu d'influence sur l'inquisition espagnole et face à l'intransigeance d'un Torquemada, il ne peut qu'élever une protestation. Instrument du pouvoir, elle est d'abord une force d'unification dans l'Espagne après la Reconquista. Elle se met ensuite au service du pouvoir devenant une arme contre les fueros. Elle sert à lutter contre les ennemis du pouvoir (parti navarrais, Antonio Pérez (38), répression des émeutes de 1591, répression de la révolution de 1640 en Catalogne, prise de parti dans la guerre de Succession d'Espagne). Elle fournit, par ses condamnations, de la main d'œuvre pour les galères et se plie aux aléas de la politique (indulgence envers les hérétiques anglais en 1604 lors de la construction de la paix). Elle sert aussi de police politique en contrôlant les étrangers. Elle devient peu à peu une force réactionnaire contre les changements au sein de l'Espagne dont la puissance perdurera jusqu'en 1808.







L'Inquisition, par la violence de son système de contrôle de la liberté de penser et de terreur, et en particulier par ses grands autodafés publics, a durablement marqué l'imaginaire collectif. Cependant, des études d'historiens contemporains tendent à relativiser la fréquence et l'intensité de l'usage des moyens les plus violents, comme la torture et les condamnations à mort, pour rétablir une image plus objective et nuancée de la norme du fonctionnement de cette institution.


Confronter l'image populaire de l'Inquisition aux recherches historiques a amené les historiens, à la fin du XXe siècle, à étudier l'histoire des représentations de ce sujet pour comprendre l'origine et la nature de l'écart entre idéologie et réalité.





La première phase de diffusion écrite d'une représentation idéologiquement orientée de l'Inquisition est liée à la répression de la Réforme protestante, en particulier sur les territoires espagnols, sous les règnes de Charles Quint puis de son fils Philippe II.


En 1522, Charles Quint crée un poste d'Inquisiteur Général des Pays-Bas, qui était alors en possession du roi d'Espagne, en y nommant François Vander Hulst, pour étendre son pouvoir impérial à travers cette institution et lutter plus efficacement contre les schismatiques. Cette Inquisition hollandaise, principalement au milieu du XVIe siècle, réprima de manière particulièrement violente ce qui était considéré par l'Église catholique comme une hérésie. Les victimes de cette répression religieuse furent considérée comme des martyrs de la Réforme, et la répression elle-même alimenta dans la population néerlandaise le rejet du régime espagnol, qui fut obtenu à la suite de près d'un siècle de troubles (guerre dite de Quatre-Vingts Ans, 1566-1648). L'indépendance de la Hollande se construisit ainsi sur un fond de lutte pour la liberté religieuse, contre l'Espagne catholique et son Inquisition.



À la fin du XVIe siècle, le thème de l'Inquisition passe ainsi dans la culture des Églises réformées, porté par un culte des héros à la fois nationaliste et religieux. De nombreux pamphlets commencent à diffuser alors une image réaliste mais caricaturale de l'Inquisition, décrivant les pires pratiques inquisitoriales comme étant la norme d'une institution vicieuse et fanatique. C'est ainsi qu'en 1567 le protestant espagnol Antonio del Corro (sous le pseudonyme Reginaldus Gonzalvus Montanus) expose les pratiques de l'Inquisition espagnole dans son ouvrage Sanctae Inquisitionis Hispanicae Artes aliquot detectae ac palam traductae, en présentant « chaque victime de l'inquisition comme innocente, chaque inquisiteur comme vénal et trompeur, et chaque étape de la procédure inquisitoriale comme une violation des lois de la nature et de la raison » (Peters 1988, p. 134). Ce livre aura un énorme succès : réimprimé et traduit à de nombreuses reprises, il restera longtemps la référence absolue sur l'Inquisition pour ses détracteurs. Une autre source notable sera l'Apologie de Guillaume de Nassau, publiée en 1581 par le huguenot Pierre Loyseleur de Villiers. La majorité des charges contre l'Inquisition s'appuieront ensuite sur de telles sources.


L'Angleterre du XVIIe siècle est à la fois protestante, en contact culturel et économique étroit avec la Hollande, et en lutte d'influence contre l'Espagne catholique. De plus, depuis 1533, elle baigne dans un anti-papisme officiel et la réconciliation avec Rome durant le bref règne de Marie Tudor (de 1553 à 1558), assortie de persécutions contre les protestants, ne fera que radicaliser le rejet du catholicisme sous le règne suivant d'Elizabeth I. Dans ce contexte, le thème de l'Inquisition trouve un nouveau relais dans les milieux protestants et nationalistes anglais (Peters 1988, p. 139-144). En décrivant les violences des débuts de l'Inquisition espagnole comme une norme du fonctionnement de cette institution et, par extension, du catholicisme (on trouve un exemple précoce de cette relecture dans l'histoire et l'œuvre d'Antonio del Corro ), la référence à l'Inquisition permet aux Anglais de valoriser, par contraste, la liberté et la libération apportées par le protestantisme, et de justifier moralement la lutte contre le catholicisme aussi bien externe (guerre contre l'Espagne) qu'interne (persécutions religieuses en Irlande).






Le XVIIIe siècle est celui des Lumières, dont la philosophie se définit comme se démarquant de l'obscurantisme passé : la religion naturelle s'oppose au dogme traditionnel. L'idée de chercher la vérité à travers le libre exercice de la raison éclairée par le débat, portée par la noble ambition de former des hommes « libres et de bonnes mœurs », est alors opposée au dogmatisme que symbolise l'Inquisition.


L'incursion de l'Inquisition dans le domaine du débat scientifique avec le procès de Galilée (1633) fut à l'origine de la réaction de Descartes et de sa philosophie mécaniste. La confusion entre vérités de foi et recherche d'un fondement scientifique posa un problème de méthode, qui reste actuel. La revendication d'une certaine autonomie par Galilée est à l'origine du principe d'autonomie de la science, qui s'oppose aux méthodes jugées arbitraires de l'Inquisition. Ce programme passe des loges anglaises, largement en symbiose avec l'Église d'Angleterre, et essaime en France, dans une élite intellectuelle qui commence à être déchristianisée. Les francs-maçons, qui étaient alors devenus des ennemis farouches de l'Église catholique et de l'Inquisition, surtout après leur première condamnation par le Pape en 1738, ont utilisé les descriptions les plus négatives de l'Inquisition pour illustrer les débats sur l'obscurantisme et la liberté.


L'Inquisition devient alors un thème récurrent du discours anticlérical. Voltaire la prend pour cible constante. Diderot et d'Alembert la prennent également pour cible dans leur Encyclopédie : dans le Discours préliminaire de l'Encyclopédie, d'Alembert la critique sévèrement, sans la nommer, pour la condamnation de Galilée. Le thème de cette nouvelle image n'est plus seulement la violence, mais la raison. L'Inquisition devient le symbole de l'obscurantisme, l'instrument par lequel l'Église impose un dogme par la violence.


Au XIXe siècle, le thème des lumières continue à vivre dans le discours anticlérical, et est de plus relayé par la vision que le romantisme a donné du Moyen Âge, dont l'image est reconstruite à cette époque (voir par exemple dans un autre registre le cas de Viollet le Duc). Ainsi, Jules Michelet publie en 1841 le Procès des Templiers, en 1862 La Sorcière ; Victor Hugo publie en 1882 un drame en quatre actes intitulé « Torquemada », et relate, dans Notre Dame de Paris, le sort d'Esméralda. Quelques années plus tôt, en 1867, le Don Carlos de Verdi, d'après Friedrich von Schiller, avait diffusé dans le public une image à la fois négative et emblématique avec le personnage du « Grande Inquisitore, cieco e nonagenario » (le « Grand Inquisiteur, aveugle et nonagénaire »). Ce genre de thème littéraire (se présentant parfois comme des œuvres historiques, voir Histoire de l'Inquisition en France) entretient et développe l'image d'une Inquisition menée par des ecclésiastiques rigides et pervers ayant opprimé les populations de la même manière barbare à toutes les époques. Cette vision est également propagée par l'école publique rendue publique, laïque et obligatoire par les lois Jules Ferry.


Dans l'épopée des Pardaillan, un des succès de la littérature d'aventure du début du XXe siècle, l'Inquisition espagnole apparaît non seulement comme une juridiction spéciale, mais encore comme une organisation occulte autonome, plus puissante que le pape et disposant de son propre service de renseignement.


Au XXe siècle, l'Inquisition passe dans le vocabulaire courant, devenant un mot commun pour désigner un certain genre de persécution, hystérique, souvent collective et toujours spectaculaire. Le genre littéraire toujours actif se prolonge dans la bande dessinée, les jeux vidéo, faisant plus souvent référence aux stéréotypes de la légende noire de l'Inquisition que prétendant refléter une réalité plus nuancée sur la base des recherches historiques contemporaines.


À la fin du XXe siècle, deux œuvres occupent une place à part. Dans son roman Le Nom de la rose (1980), Umberto Ecochoisit pour personnage principal un ancien inquisiteur, Guillaume de Baskerville, qui fait office de détective élucidant une série de meurtres. Un an plus tard, dans son film La Folle Histoire du monde (1981), Mel Brooks se met lui-même en scène dans un sketch parodique qui représente l'inquisition sous la forme d'une comédie musicale.






La superposition de ces mouvements et enjeux sociaux a probablement contribué à grossir les traits les plus noirs de la méthode de l'Inquisition : torture, dogmatisme, injustice envers des victimes innocentes, fanatisme, antijudaïsme, obscurantisme, etc.


La très grande majorité des publications contemporaines qui n'émanent pas de spécialistes de l'histoire véhiculent une représentation de l'Inquisition uniforme et très négative, reproduisant des images stéréotypées, telles que des scènes de torture sadique, des conditions d'emprisonnement inhumaines, des inquisiteurs en plein délire fanatique prenant plaisir à condamner à mort des innocents et les flammes d'un bûcher dressé sous un ciel d'orage, d'où le condamné lance une dernière malédiction.


Sur le plan sémantique, les mots de la famille « Inquisition », « inquisitorial », etc. sont passés dans le langage courant avec une connotation très négative, et l'idée générale de quelqu'un qui fait subir un interrogatoire en règle sans en avoir le droit moral.


Bien sûr, cette image de l'Inquisition n'est pas uniquement le fruit de la propagande négative diffusée par les opposants de l'Église catholique et des pays qui y étaient alliés : elle repose sur la mémoire de faits historiques. Ceux-ci ne représentent qu'une proportion mineure de l'activité de ces institutions. Pour les normes sociales et éthiques contemporaines, ils restent extrêmement choquants, alors même qu'ils n'étaient pas exceptionnels pour leur époque, où la pratique de la torture restait chose courante pour obtenir des aveux. (l'usage de la violence pour terroriser les populations a davantage été une méthode imposée par les monarques pour contrôler et unifier leur territoire, et ainsi donner naissance à l'État moderne, qu'une spécificité de l'Inquisition au sein de son époque).


Pour Mgr Claude Dagens : « l'Inquisition fait partie, avec les Croisades, les guerres de religion et les pratiques d'exclusion à l'égard de certaines personnes (notamment les Juifs), de la mémoire sombre de l'Église. Il n'est donc pas question de se refuser à des démarches de repentance. Il constate néanmoins que cette mémoire sombre entraîne une perte de visibilité de l'Église, et qu'elle se traduit aujourd'hui par une certaine indifférence religieuse. Les chrétiens doivent y faire face à partir d'une culture historique plus solide. Il ne faut pas que des épisodes négatifs du passé s'imposent dans le présent d'une manière fantasmatique. Le travail de la mémoire n'est pas fait pour aggraver une culpabilité collective, mais pour libérer la conscience sous le regard de Dieu et pour aller de l'avant ».


Les lois mémorielles - par exemple Loi Gayssot - présentent la difficulté d'être dans une dynamique d'inquisition : la puissance publique y reçoit la mission d'interdire des opinions par un arsenal juridique. Ces lois font l’objet de débats réguliers.




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Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 3 Nov - 10:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'INQUISITION    Jeu 3 Nov - 0:05








• 1000 : Expansion de l'hérésie manichéenne.
• 1022 : En France, Robert le Pieux fait condamner 13 hérétiques à être brûlés vifs.
• 1139 : Concile de Latran II. Anathème contre les ennemis de la Foi. Les hérétiques doivent être punis.
• 1148 : Arrangement de Vérone entre le Pape et l'Empereur : les hérétiques doivent être jugés par l'Église avant d'être remis au bras séculier.
• 1150 à 1200 : Forte expansion de l'hérésie cathare. Répression de l'hérésie par la collaboration de l'autorité civile et de l'évêque du lieu (Flandres, France, etc.). Les hérétiques sont brûlés et leurs biens confisqués. Une trentaine d'hérétiques sont brûlés en Angleterre par Henri II (1166). À cette époque, Bernard de Clairvaux rappelle que la foi ne doit pas être imposée. À Cologne et Liège, à la même époque, la foule veut brûler des hérétiques catharesemprisonnés, contre l'avis de l'évêque qui s'interpose.
• 1179 : IIIe concile du Latran ; anathème contre les Cathares. Acceptation de principe de la croisade contre les Albigeois, qui ne sera effectivement lancée que 30 ans plus tard. Interdiction est faite aux Vaudois de prêcher.





• 1199 :
le pape Innocent III assimile l'hérésie au crime de lèse-majesté défini dans le droit romain hérité de l'Antiquité dans la bulle Vergentes in senium.
• 1200 : Vers cette époque : promulgation de lois punissant de mort les hérétiques par l'empereur Frédéric II (1220), par Louis VIII en France (1226), par Raymond V de Toulouse (1229), Pierre II d’Aragon (1226), etc. Le bûcher devient la sanction usuelle contre les hérétiques.
• 1205 : le pape Innocent III, dans sa bulle Si adversus vos, condamne ceux qui viennent à la défense des hérétiques, leur interdisant de fait le secours d'un avocat, voire de témoins à décharge.
• 1207 : le pape Innocent III fait prêcher la croisade contre les albigeois. Elle prendra fin par le Traité de Paris (1229)
• 1213 : la décrétale Licet Heli permet d'appliquer la procédure inquisitoire contre les hérésies. Elle sera complétée par la décrétale Per tuas litteras.
• 1215 : IVe concile du Latran, qui reprend et met en ordre toutes les dispositions relatives à la procédure inquisitoriale.
• 1231 : Constitution Excommunicamus condamnant l'hérésie, excommunie les hérétiques, et officialisant les ordonnances du pouvoir temporel : la prison à vie pour les repentants, le bûcher pour les hérétiques récalcitrants.
• À partir de 1231 : Les premiers inquisiteurs sont désignés et missionnés par le Saint-Siège, qui fait des choix pour le moins malheureux. Le premier des inquisiteurs Conrad de Marbourg, nommé en 1231, sera assassiné en 1233. En 1235, Robert le Bougre est nommé inquisiteur de France. L'Inquisition est confiée aux dominicains, mais cette fondation a lieu après la mort de leur fondateur, opposé à toute forme d'action autre que la prédication et la persuasion verbale.
• 1232 : suivant l'avis de son confesseur Raymond de Peñafort, Jacques Ier d'Aragon demande l'instauration d'une Inquisition en Aragon.
• avril 1233 : Bulle Ille humani generis : la compétence contre les hérésies est retirée aux tribunaux ecclésiastiques quand un tribunal d'Inquisition existe.
• 1234 : les tribunaux d'Inquisition sont installés à Toulouse et Carcassonne. Ils sont confiés aux Dominicains.
• 1237 : Raymond VII de Toulouse obtient la suspension de l'Inquisition dans ses États.
• 1237 : à Carcassonne, répression particulièrement musclée par Ferrier, surnommé le marteau des hérétiques. Ce surnom sera plus tard donné à Torquemada et Antoine de Padoue.
• 1239 : en Champagne, Robert le Bougre fait brûler 180 personnes au Mont-Aimé, jugées en à peine une semaine.
• 1242 : premier manuel de l'Inquisition, élaboré par Raymond de Peñafort.
• 1242 : deux inquisiteurs, Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry, sont assassinés à Avignonet.
• 1244 : fin de l'hérésie à Montpellier, le tribunal de l'Inquisition y est supprimé.
• 1246 : Innocent IV veut suivre de près et intervient dans le fonctionnement des tribunaux d'Inquisition, ce qui cause des frictions (voir Inquisition médiévale).
• 1249 : sans passer par le tribunal de l'Inquisition, Raymond VII de Toulouse fait brûler quatre-vingts hérétiques en sa présence, sans leur permettre de se rétracter.
• 1250 : l'Inquisition (inquisitio hereticæ pravitatis) est en place et fonctionne dans toute l'Europe occidentale.
• 1252 : Pierre de Vérone, qui sera surnommé « Pierre Martyr », est assassiné en Italie. Il est canonisé un an plus tard.
• 1252 : Innocent IV promulgue la bulle Ad extirpanda autorisant l'usage de la questiondans les enquêtes de l'Inquisition. Cette autorisation est confirmée en 1259(Alexandre IV) et 1262 (Clément IV), date à laquelle les inquisiteurs sont finalement autorisés à assister à la question.
• 1254 : Innocent IV renouvelle l'interdiction faite aux autorités civiles d'emprisonner ou de brûler les hérétiques sans l'avis de l'évêque du lieu, interdiction souvent rappelée par la suite.
• 1255 : Innocent IV prescrit l'usage des boni viri.
• 1255 : les dominicains s'établissent à Toulouse.
• 1261 : Le témoignage des hérétiques et apostats est officiellement admis devant les tribunaux de l'Inquisition.
• 1273 : Thomas d'Aquin dans la Somme théologique considère que la peine de mort peut être légitimement employée pour assurer le maintien de l'ordre public, y compris contre les hérésies.
• 1278 : deux cents Cathares sont brûlés à Vérone.
• 1286 : plainte du consul de Carcassonne au roi de France sur la cruauté des inquisiteurs du lieu.
• 1300 : procès et éradication des Guillelmites à Milan
• 1301 : Philippe IV le Bel prend prétexte des excès de l'Inquisition pour reprendre la main sur le fonctionnement de ces tribunaux.
• 1306 : Clément V ordonne une enquête sur le fonctionnement de l'Inquisition dans le sud de la France.
• 1307 : les premiers Templiers sont brûlés sur ordre de Philippe le Bel.
• 1308 : Bernard Gui est nommé inquisiteur de Toulouse.
• 1310 : Marguerite Porete, dite Marguerite des Prés est brûlée pour hérésie, femme de lettres, mystique et chrétienne du courant des béguines, née vers 1250, brûlée avec son livre Le Miroir des âmes simples et anéanties….
• octobre 1311 - mai 1312, le concile de Vienne, est convoqué par le pape Clément V, pour statuer de l'Ordre du Temple.
• 1312 : les constitutions Multorum querela et Nolentes sont promulguées lors du concile de Vienne, exigeant le contrôle de l'évêque du lieu pour tous les actes importants de la procédure de l'Inquisition.
• 1314 : les Maîtres Templiers sont brûlés pour hérésie sodomie, etc.
• 1317-1322 : Années terribles pour les Spirituels et les Béguins, considérés comme hérétiques, ceux-ci sont poursuivis, jugés et nombre d'entre eux sont livrés au bûcher
• 1321 : le dernier dignitaire cathare, Guillaume Bélibaste, est brûlé à Villerouge-Termenès, par l'Inquisition de Carcassonne.
• 1324 : Jean de Beaune, inquisiteur de Carcassonne.
• 1326 : l'archevêque de Cologne intente un procès en Inquisition contre le théologien dominicain Jean Eckhart.
• 1328 : dernier hérétique brûlé à Carcassonne.
• 1400 : la fonction d'inquisiteur devient progressivement un titre accessoire ou honoraire.
• 1415 : Jean Hus est brûlé pour hérésie.




• 1478 : Isabelle la Catholique obtient du pape Sixte IV la bulle créant l'Inquisition espagnole. Elle est mise en place et commence à fonctionner en 1480, les inquisiteurs étant nommés par les souverains.
• 1481 : Organisation des premiers Auto da fé
• 1482 : Dans un bref du 29 janvier, Sixte IV condamne les excès de l'Inquisition espagnole.
• 1483 : Torquemada est nommé par le pape grand inquisiteur d'Espagne. Il publie son code de l'inquisiteur en 1484. Sa rigueur suscite de nombreuses protestations et l'intervention de Sixte IV.
• 1484 : Innocent VIII promulgue la bulle Summis desiderantes affectibus autorisant l'Inquisition à agir en matière de sorcellerie.
• 1486 Parution du Marteau des sorcières (malleus maleficarum) des inquisiteurs Henri Institoris et Jacques Sprenger et début de la chasse aux sorcières
• 1492 : Décret d'expulsion des juifs d'Espagne (Décret de l'Alhambra, resté officiellement en vigueur jusqu'en 1967).






• 1512-1517 : Ve concile du Latran. Les livres imprimés doivent être soumis à l'avis de l'Église (voir 1559).
• 1520 : Organisation d'une Inquisition moderne aux Pays-Bas.
• 1523 : Premiers martyrs de la Réforme aux Pays-Bas.
• 1525 : L'Inquisition espagnole commence à poursuivre les illuministes et se défie des mystiques. Les mystiques espagnols seront souvent inquiétés par l'Inquisition : c'est le cas de Thérèse d'Avila et de Jean de la Croix, futurs docteurs de l'Église.
• 1531 : L'Inquisition est établie au Portugal par autorisation du pape Clément VII.
• 1542 : Création à Rome par Paul III de la Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle, cour d'appel pour les jugements concernant les hérésies et la foi, et tribunal des causes réservées au pape. Il est à l'origine de l'Inquisition romaine.
• 1550 : Le théologien réformateur Heinrich Bullinger déclare à Genève que l'hérésie peut être punie de la peine de mort, comme le meurtre ou la trahison.
• 1553 : l'antitrinitariste Michel Servet, poursuivi par l'inquisition espagnole, est capturé et exécuté par le consistoire protestant de Genève.
• 1559 : Création de l’Index par le Saint-Office de Rome. Le premier index espagnol, dit de Valdés, est publié quelques mois plus tard : il incorpore de nouvelles œuvres, en particulier en langue romane : sur 670 ouvrages interdits, 170 sont en langue vulgaire.
• 1559 : Crise protestante en Castille : l'Inquisition anéantit brutalement des groupuscules hétérodoxes en Espagne (1559-1563).
• 1563 : Publication de The Book of Martyrs, de John Foxe, un martyrologe protestant qui donnera une consistance durable aux représentations anticatholiques en Grande-Bretagne (bûchers, tortures, etc.).
• 1568 : Début de la guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas espagnols, en partie motivée par la crainte de voir s'établir dans les Flandres une Inquisition de type espagnol.
• 1600 : L'Inquisition romaine condamne le dominicain Giordano Bruno à être brûlé vif.
• 1601 : Raymond de Peñafort est canonisé.
• 1605 : Dans son fameux roman, Miguel de Cervantes met en scène un Don Quichotte poursuivi par l'Inquisition (et l'Inquisition espagnole ne l'inquiète pas particulièrement).
• 1616 : Les idées de Copernic sont condamnées par le Saint-Office, Galilée doit cesser d'enseigner ses thèses.
• 1633 : Condamnation des thèses de Galilée, qui se voit assigné à résidence.





• 1717 : Fondation de la Grande Loge d'Angleterre, début de la franc-maçonnerie moderne.
• 1759 : Voltaire dénonce les excès de l'Inquisition dans Candide.
• 1781 : Dernière exécution par le feu : María de los Dolores López condamnée au bûcher le 7 novembre 1781 à Séville.
• 1808 : Le roi d'Espagne Joseph Bonaparte abolit l'Inquisition d'Espagne.
• 1814 : L'Inquisition est rétablie en Espagne par Ferdinand VII.
• 1815 : Publication des Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole par le comte Joseph de Maistre.
• 1817 : Llorente publie l’Histoire critique de l'Inquisition en Espagne.
• 1820 : L'Inquisition espagnole est supprimée de fait par la révolution espagnole, mais reste inscrite dans les textes64.
• 1823 : À la restauration, Ferdinand VII ne remet pas en vigueur l'Inquisition.
• 1829 : Publication de Histoire de l'Inquisition en France, qui s'avérera être un document purement fantaisiste65.
• 1831 : Victor Hugo publie Notre-Dame de Paris.
• 1834 : L'Inquisition espagnole est définitivement abolie.
• 1841 : Jules Michelet publie Le Procès des Templiers.
• 1862 : Michelet publie La Sorcière.
• 1880 : Dostoïevski présente « le grand inquisiteur » dans Les Frères Karamazov.
• 1882 : Victor Hugo publie Torquemada, drame en quatre actes.





• 1965 : la congrégation du Saint-Office est remplacée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, compétente pour ce qui touche aux points de doctrine et aux mœurs.
• 1966 : dissolution de l'Index.
• 1981 : le cardinal Ratzinger est nommé à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
• 1992 : sous la présidence du cardinal Ratzinger, repentance de l'Église catholique qui reconnaît ses erreurs dans l'affaire Galilée66.
• 1994 : pour la préparation du Jubilé de l'an 2000, dans la lettre apostolique Tertio Millenio adveniente, Jean-Paul IIsouhaite que « l'Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son histoire, ils se sont éloignés de l'esprit du Christ et de son Évangile, présentant au monde, non point le témoignage d'une vie inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons de penser et d'agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignage et de scandale » ; l'Inquisition n'est pas encore mentionnée explicitement.
• 1998 : le pape Jean-Paul II décide d'ouvrir les archives concernant l'Inquisition et l'Index dans les Archives secrètes du Vatican.
• 1998 : le Vatican lance les premiers travaux de recherche sur l'Inquisition ; un Symposium international est organisé sur l'Inquisition (29-31 octobre).
• 2000 : sous la présidence du cardinal Ratzinger, repentance officielle de l'Église catholique contre les excès de l'Inquisition.
• 2004 : premiers résultats de l'étude menée par le Vatican sur l'Inquisition et réactions.
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MessageSujet: Re: L'INQUISITION    Jeu 3 Nov - 10:23

(08) Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.






(9) Innocent II
(Gregorio Papareschi), né à Rome (Italie), est un pape du 14 février 1130 au 24 septembre 1143.








(10)Le pape Lucius III, né Ubaldo Allucingoli, à Lucques en 1097 et mort en 1185 à Vérone, est le 171e pape. Il règne du 1er septembre 1181 à sa mort, le 25 novembre 1185. En 1181, il confirme les droits de Pise sur la Corse.




(11) L'apostasie (du grec ancien ἀπόστασις (apostasis), « se tenir loin de ») est l'attitude d'une personne, appelée apostat, qui renonce publiquement à une doctrine ou une religion.






(12) Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d'une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII.
Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ansd'exercice.






(13) La dîme
ou dime ou décime1 (du latin decima, dixième) est une contribution (10 %), habituellement en soutien d’une œuvre chrétienne. Autrefois, elle était un impôt spirituel que les juifs devaient payer pour aider les démunis (orphelins, veuves, étrangers) et les serviteurs de Dieu, selon la loi (livre de l'Exode).
Aujourd'hui dans les Églises chrétiennes, les points de vue varient. La première position sur le sujet relate que la dîme était une exigence de la loi de l'Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament, elle reste un modèle de générosité, libre au croyant, sans obligation. La deuxième position explique que la dîme est toujours à payer sous peine de malédiction pour vol de Dieu. Pour la troisième position, le concept de la dîme était uniquement pour les juifs et n'a plus aucune valeur spirituelle.





(14) Robert II, surnommé « Robert le Pieux » est né à Orléans vers 9721 et mort au château de Melun le 20 juillet 1031. Fils d’Hugues Capet et de son épouse Adélaïde d'Aquitaine, il est le deuxième roi franc de la dynastie capétienne. Régnant de 996 à 1031, il est ainsi l'un des souverains de l’an mil.


Associé dès 987 à la royauté, il assiste son père sur les questions militaires (avec le siège par deux fois, en 988 et 991 de Laon). Sa solide instruction, assurée par Gerbert d'Aurillac (le futur pape Sylvestre II) à Reims, lui permet de s’occuper des questions religieuses dont il devient rapidement le garant (il dirige le concile de Saint-Basle de Verzy en 991 et celui de Chelles en 994). Poursuivant l’œuvre politique de son père, après 996, il parvient à maintenir l’alliance avec la Normandie et l’Anjou et à contenir les ambitions d'Eudes II de Blois.
Au prix d’une longue lutte débutée en avril 1003, il conquiert le duché de Bourgogne qui aurait dû lui revenir en héritage à la mort, sans descendance directe, de son oncle Henri Ier de Bourgogne, mais que ce dernier avait transmis à son beau-fils Otte-Guillaume.


Les déboires conjugaux de Robert le Pieux avec Rozala d'Italie et Berthe de Bourgogne (qui lui valent une menace d’excommunication), puis la mauvaise réputation de Constance d'Arles, contrastent étrangement avec l’aura pieuse, à la limite de la sainteté, que veut bien lui prêter son biographe Helgaud de Fleurydans la Vie du roi Robert le Pieux (Epitoma vitae regis Roberti pii). Sa vie est alors présentée comme un modèle à suivre, faite d’innombrables donations pieuses à divers établissements religieux, de charité envers les pauvres et surtout de gestes considérés comme sacrés, telle que la guérison de certains lépreux : Robert est le premier souverain considéré comme thaumaturge. La fin de son règne révèle la relative faiblesse du souverain qui doit faire face à la révolte de son épouse Constance puis de ses propres fils (Henri et Robert) entre 1025 et 1031.






(15) Conrad de Marbourg, né durant la seconde moitié du XIIe siècle entre 1180 et 1200, mort le 30 juillet 1233, est le premier inquisiteur allemand.


Conrad de Marbourg est un prêtre séculier de l'ordre des Prémontrés. Ses contemporains l'appellent magister, montrant qu'il eut une formation universitaire, probablement à Paris ou Bologne. Il est décrit comme un homme d'une grande éloquence, très bon théologien, défenseur zélé de la pureté de la Foi Catholique et menant une vie ascétique.


Il se signale d'abord en prêchant la cinquième croisade, proclamée en 1213 par Innocent III.


En 1225, il devient le directeur spirituel de la jeune veuve du landgrave de Thuringe, la future sainte Élisabeth de Hongrie. Il la traite avec la même sévérité que lui-même, conformément à ses souhaits. Il lui arrive cependant de restreindre son zèle et de lui interdire des mortifications excessives. Après la mort d'Élisabeth en 1231, Conrad sera chargé d'examiner les témoignages relatifs à sa vie et les miracles attribués à son intercession.


En 1227, alors qu'il est écolâtre à Mayence, il est nommé commissaire pontifical en Rhénanie.


En 1231, Grégoire IX met en application sa constitution Excommunicamus instituant l'Inquisition médiévale : le 11 octobre1, il confère à Conrad le titre d'inquisiteur, le premier à porter ce titre en Allemagne. Le pape le dispense de suivre les obligations de la procédure canonique (te a cognitionibus causarum habere volumus excusatum) et l'autorise à procéder au mieux contre les hérétiques, mais en respectant les décrets papaux. À sa demande, le pape édicte en 1233la première bulle de l’histoire contre les sorcières, la Vox in Rama en y décrivant le sabbat des sorciers et leur culte du diable2.


Conrad est laissé libre de choisir ses collaborateurs : il s'adresse aux dominicains par l'intermédiaire des prieurs de Ratisbonne, Friesach et Strasbourg. Appuyé par le dominicain Conrad Dorso et Jean le Borgne (un laïc), il aide les évêques à réprimer l'hérésie en reprenant le rôle des « témoins synodaux », ces clercs chargés de dénoncer l'hérésie pour permettre à la procédure de s'ouvrir. Conrad de Marbourg lutte contre les « Vaudois » et « Cathares », comme on les appelle alors, sans distinction réelle entre les hérésies, ainsi que contre le groupe cathare des Lucifériens.


De l'avis même de ses contemporains, Conrad se montre trop sévère et brutal dans sa fonction. Ses deux assistants sont des ignorants fanatiques, inaptes à cette tâche. Conrad prend pour argent comptant les déclarations des suspects, et sur la foi de ces accusations, enchaîne les arrestations pour hérésie, sans chercher à vérifier l'exactitude des accusations portées. Les accusés peuvent soit confesser leur faute (et se retrouver avec la tête rasée en guise de pénitence), soit protester de leur innocence, au risque d'être jugé hérétique non repenti, et livrés au bras séculier pour finir sur le bûcher. Le nombre de ses victimes n'est pas connu avec précision. En Allemagne occidentale, son activité d'inquisiteur provoqua une panique générale. Il agit avec un tel fanatisme et de manière tellement illégale qu'il soulève la population contre lui.


Il se tourne même contre la haute noblesse, en particulier le comte Henri II de Sayn, qu'il accuse d'hérésie luciférienne. Sayn fait appel à l'achevêque de Mayence, Siegfried III von Eppstein, qui convoque pour le 25 juillet 1233 un synode pour vérifier les charges pesant contre l'aristocrate. Les évêques et les nobles présents au synode voient l'activité de Conrad d'un œil hostile, et Conrad est incapable de prouver ses accusations contre le comte Henri. Sur ce, désavoué, Conrad ne renonce pas à sa mission qu'il jugeait juste. Fort du mandat qu'il tient du pape, il entreprend de prêcher une croisade contre les nobles hérétiques. Cinq jours plus tard, le 30 juillet 1233, il meurt avec son compagnon Gerhard Lutzelkolb dans une embuscade, massacré par des chevaliers alors qu'il revient à Marbourg.






(16) À l'origine, la discipline ecclésiastique est l'ensemble des questions disciplinaires touchant aux clercs. Au Moyen Âge, le terme est abondamment utilisé dans le cadre de la Réforme grégorienne pour dénoncer les abus du clergé : nicolaïsme(problème du mariage des clercs), simonie (trafic de biens spirituels), investiture des clercs par les laïcs, etc.






(17) La simonie
est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d'un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.
Elle doit son nom à un personnage des Actes des Apôtres, Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre son pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l’apôtre : « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! ».





(18) Le Concile de Tours de 1163 est le 6e concile de Tours.
Ce concile s'ouvre le 19 mai sous la présidence du pape en exil Alexandre III, qui le réunit à la suite du schisme provoqué en 1159 par l'empereur Frédéric Barberousse, en ouverture duquel Arnoul de Lisieux prononça son sermon le plus important. Il institue une procédure éliminant l'injustice et l'arbitraire de la répression et autorise les princes toulousains et gascons, dans le cadre de la lutte contre les hérétiques, à recourir à la procédure inquisitoire.
Ce concile proclame Ecclesia abhorret a sanguine (L’Église abhorre le sang) : la dissection des cadavres est strictement interdite et la chirurgie est déclarée comme étant un acte de barbarie1.

Le concile a réuni 17 cardinaux, 124 évêques et 94 abbés, dont :
• Alexandre III, pape
• Arnoul de Lisieux, évêque de Lisieux
• Aldebert III du Tournel, évêque de Mende
• Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel



(19)
Anselme de Lucques est né vers 1010 ou 1015 à Milan et mort à Rome le 21 avril 1073, élu pape en 1061 sous le nom d'Alexandre II.

Né à Baggio (it), dans la région de Milan, il est formé à Cluny, aux côtés du cardinal Hildebrand (futur Grégoire VII) puis à l'abbaye du Bec dirigée par Lanfranc. Il commença sa carrière publique par la prédication. En Lombardie, il attaqua les mœurs du clergé, en particulier le mariage des prêtres. L'archevêque Guido, irrité, le dénonça auprès de l'empereur Henri III. Au lieu de le condamner, l'Empereur lui confia la prédication en Allemagne. En 1057, Anselme se vit confier l'évêché de Lucques. Par la suite, il fut nommé légat apostolique à Milan, la première fois en 1057 en compagnie d'Hildebrand, la seconde en 1059 en compagnie de Pierre Damien.







(20) Une décrétale
(en latin epistola decretalis ou, au pluriel, litteræ decretales) est une lettre par laquelle le pape, en réponse à une demande, édicte une règle en matière disciplinaire ou canonique. La décrétale peut être prise aussi bien sur un sujet général que particulier. Concernant généralement l'administration ecclésiale et s'adressant principalement au clergé, elle est parfois distinguée du décret pontifical, pris par le pape de son propre chef ou d'une bulle pontificale qui a une diffusion universelle et qui s'adresse également aux fidèles et aux païens, une décrétale pouvant devenir une bulle.
Le décrétaliste est le jurisconsulte expert dans la connaissance des décrétales.


Collectées par les canonistes conjointement aux décrets conciliaires, elles participent de l’élaboration du droit canonique au Moyen Âge. Parmi les collections les plus célèbres, on peut citer celles de Burchard de Worms et d’Yves de Chartres, ainsi que le Décret de Gratien.
On appelle collection de décrétales tout recueil des lettres à caractère juridique ou administratif, écrites par les papes du Moyen Âge, en réponse aux questions qui leur étaient adressées par des évêques ou de simples particuliers.


Ces recueils n'ont pas tous la même valeur juridique. En dehors des recueils officiellement publiés par l'autorité du pape, d'autres recueils de décrétales pontificales ont été compilés par des canonistes à titre privé, sans que leur contenu soit toujours repris dans les compilations officielles. Le premier recueil de ce genre est dû au moine Denys le Petit, qui vivait à Rome vers 550. Au VIe siècle et au Xe siècle, des compilateurs insérèrent dans ce recueil des lettres qui exagéraient la puissance des papes : on connaît ces lettres sous le nom de Fausses décrétales. Parmi les recueils des Décrétales, il faut citer celui de Gratien, communément appelé le Décret, formé vers 1140. Il a été suivi de plusieurs compilation partielles, dont celle de Bernard de Pavie (1191-1192), avant que Grégoire IX ne fasse rédiger par le dominicain Raymond de Peñafort, une nouvelle compilation appelée Décrétales ou Extra (parce qu'en dehors du Décret de Gratien) à laquelle il donna force de loi en la promulguant en 1234. Elle se compose de cinq livres, que Boniface VIII augmenta d’une sixième, connue sous le nom de Sexte. On y ajoute encore deux autres recueils, l’un, dit Clémentines, contenant les lettres de Clément V, l’autre, dit Extravagantes (c'est-à-dire restées en dehors du code principal), contenant les décisions des papes depuis Urbain IV jusqu’à Sixte IV. Les recueils de Décrétales promulgués par les papes ont été plusieurs fois imprimés.


L'édition de référence est actuellement celle de A.-L. Richter, A. Friedberg, éd., Corpus Iuris canonici, Graz, 1959, t. 1 [Décret de Gratien] et t. 2 [Extra, Sexte, Clémentines, Extravagantes]).
On prendra garde au fait que les expressions « Decretales veteres », « Decretales novæ » ne désignent pas toujours les mêmes textes ; elles doivent être interprétées en fonction de la date des documents où elles se trouvent. Ce qui est nouveau en 1245 sera ancien en 1290…





(21)
Est sacrilège celui qui par une action manque de respect ou marque de l'irrespect volontairement pour ce que d'autres tiennent pour sacré. Ce qu'ils perçoivent comme son crime est également nommé « sacrilège » et s'il leur paraît délibéré il est appelé « profanation » . Le terme pour les paroles jugées sacrilèges est « blasphème ».


Les notions de sacré et de profane varient énormément dans le temps et selon le groupe humain considéré, de sorte qu'il n'existe pas de sacrilège objectif.


En Occident, à l'origine, dans le droit romain, le sens de sacrilège se limitait au vol d'une chose sacrée. Durant le Moyen Âge, il a été étendu.





(22) Honorius III
(Rome, date inconnue - Rome 18 mars 1227), né Cencio Savelli fut pape de 1216 à 1227. Il lança la cinquième croisade qui avait été décidée par son prédécesseur lors du concile de Latran. Il soutint également la croisade des albigeois.




(23) Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.




(24) Un tribunal ecclésiastique
est, en droit canonique, un tribunal organisé par l'Église pour juger des affaires qui relèvent de son fonctionnement (discipline, sacrements,...).
Un fidèle de base ne connaît guère le tribunal ecclésiastique qu'à travers son intervention dans les demandes de nullité de mariage religieux (un mariage religieux peut-être déclaré nul, mais ne peut subir une annulation), traitées au niveau local (diocésain, ou inter-diocésain) par l'Officialité.




(25) Une langue vernaculaire est la langue locale communément parlée au sein d’une communauté. Ce terme s’emploie souvent en opposition avec les termes de langue véhiculaire, classique ou liturgique.
Par exemple, lorsque la liturgie catholique romaine était en latin, elle était la même dans le monde entier : le latin servait de langue liturgique véhiculaire. Dans le même temps, l’enseignement de la religion se faisait en langue locale, la langue vernaculaire.
Cette distinction se retrouve dans les échanges économiques et commerciaux d’aujourd’hui, où l’anglais sert de langue véhiculaire face à la multitude des langues vernaculaires.




(26) Dans le cadre de la procédure d'Inquisition, l'édit de foi était un édit publié par un inquisiteur lorsqu'il arrivait en un lieu suspecté d'hérésie qui lui avait été désigné. Après une prédication générale exposant la doctrine de l'Église et énumérant les positions hérétiques, il s'adressait à l'ensemble des catholiques du lieu, et les invitait à dénoncer les hérétiques et leurs complices sous peine d'excommunication.




(27) Alexandre IV, né Rinaldo Conti di Segni (Jenne1, diocèse d'Agnani, vers 1199– 25 mai 1261), est pape de 1254 à 1261.
Son pontificat est marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxeet catholique, la protection des universités, les faveurs accordées aux ordres mendiants dans leur différend avec les séculiers et les tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares.
Par sa mère, il fait partie de la famille du pape Grégoire IX, dont il était le neveu, et de la famille du pape Innocent III. Son oncle Grégoire IX le fait cardinal en 1227, puis cardinal-évêque d'Ostie en 1231.





(28) Le Manuel de l'Inquisiteur
(Practica Inquisitionis heretice pravitatis) est un traité du dominicain français Bernard Gui(1261-1331). L'ouvrage, écrit en latin, porte sur les droits et les devoirs de l'Inquisition. Une édition complète fut publiée en 1886 par l'abbé C. Douais à Toulouse.
Il se distingue du Manuel des Inquisiteurs de Nicolas Eymerich (1376).




(29) Bernard Gui (de son vrai nom Bernard Guidoni, nom latin Bernardus Guidonis), né en 1261 dans l'ancienne paroisse de Royère aujourd'hui hameau de la commune de La Roche-L'Abeille dans le Limousin, et mort en 1331 à Lauroux dans l'actuel département de l'Hérault, est un dominicain français, évêque de Lodève et de Tui (Galice) (Espagne). Il a été surtout rendu célèbre par son rôle d'inquisiteur de l'hérésie en Languedoc.





(30) Le Manuel des inquisiteurs (« Directorium Inquisitorum »), rédigé en latin par l'inquisiteur Nicolas Eymerich (a) en 1376 et enrichi par le juriste Francisco Peña en 1578, est le document de référence sur le fondement juridique, la doctrine et la méthode pour la conduite d'un procès d'Inquisition. Il apporte un éclairage unique et complet sur ce domaine situé au carrefour du droit canon et de la procédure pénale, et sur son évolution entre le XIVe et le XVIe siècle.


(a)
Nicolas Eymeric (ou Emeric, ou encore Eymmerich), théologien et inquisiteur catalan, né à Gérone (Espagne) vers 1320, mort à Gérone le 4 janvier 1399.


Entré très jeune chez les Dominicains, il prit l'habit en 1334, et s'acquit rapidement une réputation de théologien confirmé. Il fut nommé Inquisiteur Général d'Aragon par Innocent VI en 1357. Il poursuivit avec une telle rigueur les hérétiques d'Aragon qu'il suscita critiques et oppositions, et fut suspendu de cet office dès 1360. Il retrouva cependant son poste après quelques années. Entre 1376 et 1378, il fit un long séjour à la cour du Pape, à Avignon, où il publia son fameux Directorium Inquisitorum, puis à Rome. Ses fonctions de grand inquisiteur l'amenèrent à faire ultérieurement de fréquents séjours à Avignon. Il fut banni par Jean Ier après son accession au trône d'Aragon (1387), pour les positions qu'il avait prises dans la lutte contre les hérésies. Il ne put regagner son monastère de Gérone qu'en 1397, où il mourut peu après. Son épitaphe qui porte « praedicator veridicus, inquisitor intrepidus, doctor egregius » traduit assez bien son œuvre : prédicateur de la vérité, docteur de premier ordre, inquisiteur intrépide.
Il est connu pour avoir le premier justifié que pouvait être contournée l'interdiction papale de la bulle Ad exstirpendam, qui interdisait d'administrer plus d'une fois la question, en justifiant que l'interrogatoire pouvait être repris si de nouveaux chefs d'accusation étaient rencontrés.






(31) Bartolomé Bennassar, né le 8 avril 19291 à Nîmes, est un historien et écrivain français, spécialiste de l'histoire de l'Espagne à l'époque moderne, et de l'histoire de l'Amérique latine.






(32) Fernando de Valdés-Salas (né à Salas (Asturies) en 1483, mort à Madrid le 9 décembre 1568) est archevêque de Séville et inquisiteur général.
Il crée, dans la capitale des Asturies, Oviedo, le premier collège d'études latines ainsi qu'une école pour orphelines chez les religieux des Récollets.
Dans son testament, Valdés dédie une partie de son héritage à la création de l'université d'Oviedo.






(33) Diego Rodriguez Lucero est nommé inquisiteur de Cordoue de 1499 à 1507. Il reprend la suite de Pedro de Guiral, inquisiteur écarté pour corruption. Son œuvre fut bien pire que celle de son prédécesseur.


Entre 1504 et 1505, 134 personnes accusées de pratiquer le judaïsme en secret (car il était interdit par l'Église) sont brûlées sous ses ordres.


Il s'attaque aussi à la noblesse des vieux chrétiens, notamment à Julian Trigueros de la femme duquel il voulait obtenir des faveurs et qui finira sur un bûcher. Désirant prouver l'existence d'une conspiration des juifs et des conversos (ou juifs convertis) contre la chrétienté, il accumule des fausses preuves, arrache des témoignages sous la torture, emprisonne des centaines de personnes. Ainsi, il fait arrêter et torturer la famille de l'archevêque de Grenade (es), Hernando de Talavera (en), ancien confesseur des rois catholiques, afin qu'il témoignent que le vieil archevêque (d'origine juive) abritait une synagogue dans sa maison. Le marquis de Priego avec son armée prend alors d'assaut la prison de l'Inquisition, libère les prisonniers et arrête le procureur.


L'inquisiteur général Diego Deza (en) considéré comme responsable de ces excès fut démis de ses fonctions et remplacé par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros. À la suite d'un examen de ses activités par une congrégation générale à Burgos en 1508, Lucero fut finalement relevé de son poste la même année et alla finir ses jours à Séville.


Son cas fut un révélateur de la nécessité d'opérer des réformes dans le fonctionnement de l'Inquisition6; d'autant que son influence avait déjà commencé à toucher les juridictions environnantes comme Jaen.







(34) Relaps est le terme par lequel l'autorité religieuse désigne un adepte retombé dans ce qu'elle considère comme une hérésie après qu'il y a solennellement renoncé.
La notion connaît un grand développement dans le cadre du christianisme mais s'emploie aussi dans les religionscaractérisées par un corpus de dogmes ou en voie de dogmatisation.






(35) Juan Antonio Llorente
(1756-1823) est un prêtre, inquisiteur, politicien et historien espagnol, auteur d'une célèbre histoire de l'inquisition espagnole.





(36) Tomás de Torquemada, né en 1420 à Valladolid dans le royaume de Castille et mort le 16 septembre 1498 à Ávila, en Castille-et-León, était un dominicain espagnol du XVe siècle. Confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon, il est le premier Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort.







(37) Jean-Baptiste-Henri Lacordaire
, en religion le père Henri-Dominique Lacordaire, né le 12 mai 1802 à Recey-sur-Ource (Côte-d'Or), mort le 21 novembre 1861 à Sorèze (Tarn), est un religieux, prédicateur, journaliste et homme politique français. Restaurateur en France de l'Ordre des Prêcheurs(dominicains), il est considéré aujourd'hui comme l'un des précurseurs du catholicisme libéral.
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