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 LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS

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Lanaelle
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MessageSujet: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 22 Fév - 14:33







A. Sultanat seldjoukide de Roum
B. Danichmendides







A. Le califat fatimide
B. Le sultanta ayyoubidee
C. L’Etat mamelouk







A. Alep
B. Antioche
C. Damas
D. Homs
E. Jérusalem
F. Mossoul
G. Tripolie











A. Première croisade : 1096-1099
B.  Entre la première et la seconde croisade
C. Seconde croisade 1147-1149
D. Entre la seconde et la troisième croisade
E. Troisième croisade : 1189-1192
F. Quatrième croisade : 1202-1204
G. Cinquième croisade : 1217-1221
H. Sixième croisade : 1228-1229
I. Septième croisade : 1248-1254
J. Entre la septième et la huitième croisade
K. Huitième et neuvième croisade : 1270
L. Après la neuvième croisade


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Sam 27 Fév - 13:16




L’objectif des croisades étant de délivrer les Lieux Saints de l’occupation musulmane, les croisés se sont retrouvés à lutter contre les chefs musulmans. Cet article dresse la liste des chefs et des Etats musulmans ainsi que leurs rapports avec les croisés.

Contrairement aux Etats croisés, qui perdurent pendant près de deux siècles sans changer d’institutions et souvent dans une continuité dynastique les Etats musulmans se caractérisent par une grande instabilité politique due à deux facteurs. Le premier est qu’à la mort d’un souverain, ses héritiers commencent le plus souvent à lutter pour la succession, et le second facteur est que lorsqu’un chef subit des échecs répétés face aux francs, ses soldats considèrent qu’il n’a plus la faveur d’Allah et l’abandonnent, mettant leur chef à la merci d’un émir plus puissant. Les deux exceptions sont le Sultanat de Roum qui mis à part le premier choc entre croisés et musulmans, reste à l’écart des conflits et le sultanat mamelouk qui s’organise dans une structure propre à résister aux changements de sultan.

Une autre caractéristique des Etats musulmans est leur désunion et les rivalités, voire les haines qui les empêchent de s’allier contre les croisés, permettant les succès de ces derniers. On voit même des principautés musulmanes s’allier aux Francs contre leurs voisins musulmans.

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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Sam 27 Fév - 17:49




L’Anatolie représente le premier contact entre les croisés et le monde musulman. A l’époque de la première croisade, l’Anatolie est dominée par deux familles,  les Seldjoukides et les Danichmendides.








Les Seldjoukides (1) sont des Turcs qui quittèrent le Turkestan à la fin du Xe siècle à cause du manque de pâturages nécessaires pour satisfaire aux besoins  d’une population croissante. Ils s’installent en Iran sous la domination des sultans Ghaznévides qui contrôlent alors le califat de Bagdad. Profitant de ce que les Ghaznévides (2) soient engagés dans la conquête de l’Inde, le seldjoukide Tughril Beg se révolte en 1038 et bat le sultant ghazévide Ma’sûd en 1040 à Dandânaqân et se proclame sultan. En 1050, il achève la conquête de l’Iran et en 1055 il domine le califat. Profitant des guerres civiles qui secouent l’empire byzantin de 1057 à 1081, les seldjoukides envahissent l’Arménie et prennent possession des villes et des places fortes, sous la conduite d’Alp Arslan (4), second sultan et neve de Tughril Beg (3). L’empereur Romain IV Diogène (5) tente de reprendre l’Arménie, mais il est battu et tué à Mantzikert (6) le 19 août 1071.

Les différents prétendants qui se disputent ensuite le trône impérial font appel à des auxiliaires turcs et les autorisent à s’établir en Anatolie. Ainsi un cadet seldjoukide, Süleyman Ier Shah (7), reçoit des terres et fonde en 1073 le sultanat de Roum (08). En 1081, il s’empare de Nicée, à quelques dizaines de kilomètres de Byzance, où il établit sa capitale. Mais en 1086, Süleyman entre en guerre contre Tutus, son cousin qui contrôle la Syrie et est tué par ce dernier. Cette guerre cause une haine profonde entre les cousins et même les croisades ne parviennent pas à combler ce fossé.

Le sultanat de Roum reçoit le premier choc des croisés et ne peut rien contre sa progression. Nicée est prise, obligeant le sultan à déplacer sa capitale à Qonya (ou Iconium). Kiliç Arslan Ier tente ensuite de défaire les croisés dans une embuscade à Dorylée (9), mais il est vaincu. Par la suite, il pratique la tactique de la terre déserte (10), sans  réussir à stopper la croisade. Plusieurs croisades de secours tentent de traverser l’Anatolie en 1100 et en 1101 et seront massacrées par Kiliç Arslan. Profitant du succès des croisés, l’empereur Alexis Ier Comnène conquiert la partie occidentale du sultanat de Roum, mais cet Etat continue à faire office de barrière aux croisés. La seconde croisade, conduite par Conrad III est sévèrement battue à Dorylée en 1147, mais la troisième croisade conduite par Frédéric Barberousse prend Qonya d’assaut le 20 mai 1190. Les croisades suivantes préfèrent se rendre en Terre Sainte par la voie maritime et renoncent définitivement à prendre la route terrestre de l’Anatolie, laissant tranquille le sultanat de Roum qui perdure jusqu’en 1307.

Sultans  de Roum pendant les croisades
• 1092-1107 : Kiliç Arslan Ier (11)
• 1107-1116 : Malik Shah Ier (12)
• 1116-1155 : Rukn ad-Dîn Mas’ûd Ier (13)
• 1155-1192 : ‘Izz ad-Dîn Kiliç Arslan Ier (14)
• 1192-1197  : Ghiyât ad-Dîn Kay Khusraw Ier (15)




NOTES :

(1) Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestant vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, comprenant l’Irak, ainsi que sur l’Asie Mineure entre le XIe siècle et  la fin du XIIe siècle.

Famille issue de la tribu turque oghouze (a) des Kinik vivant à l’origine au nord de la mer d’Aral (ancien lac salé), les Seldjoukides, tribus nomades venues d’Asie centrale, régnèrent sur le royaume des Oghouzes (turc Oguz) à partir de 990. Ils portaient le titre de « Yabgu » (un titre princier des peuples turcs) et leur territoire s’étendant sur environ un million de kilomètres carrés. Cette famille qui, auparavant, avait possédé le Beylik de la tribu kinik, fournissait le chef héréditaire de cet  Etat, chef qui portait le titre de « subasi ». le subasi Dukak Bey, tué vers 903, avait été remplacé par Selçuk (Seljouk) Bey, chef éponyme (b)  de la dynastie. Les Seldjoukides se convertirent au sunnisme au Xe siècle, au moment où ils migrèrent vers le sud sous la conduite d’un chef nommé Seldjouk, et devinrent une forte puissance militaire. Ils s’emparèrent tout d’abord du Khorassan (c), une province de l’est de l’Iran auparavant gouvernée par les Ghaznévides, et poursuivirent leur conquêtes à partir de cette base. En 1038, le petit-fils de Seldjouk, Tugrul Bey, se proclama sultant de Nichapur, puis s’empara de Bagdad en 1055, libérant le calife abbasside de la pression chiite de la dynastie des Bouyides. Celui-ci confirma son titre de sultan.
[…]

(a) Les Oghouzes, Oghuz ou Oguz (en turc de Turquie), également Turcomans, furent l’une des branches principales des Turcs du VIIIe au XIe siècle. Lors de la migration des Turcs aux Xe et XIIe siècles, les Oghouzes firent partie des Turcs de la région de la mer Caspienne qui migrèrent vers le sud et l’ouest en direction de l’Asie occidentale et de l’Europe orientale, et non vers l’Est en direction de la Sibérie.
Les Oghouzes sont considérés comme les ancêtres des Turcs occidentaux modernes : Turcs de Turquie, Turkmènes, Turcs du Khorassan et Gagaouzes (Gök Oguz : Oghouzes bleus ou célestes), dont les effectifs combinés dépassent les cent millions
[…]


(b) L’éponymie désigne le fait de « donner son nom à » quelque chose.


(c) le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Le nom vient du persan et signifie « d’où vient le soleil ».il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistant, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran.


(2) Les Ghaznévides sont une dynastie musulmane, d’origine turque, fondée par Subuktigîn et qui régna de la fin du Xe siècle à la fin du XIIe siècle sur un empire s’étendant sur les régions du Khorâsan, de Ghazni et du Panjâb.

L’empire ghaznavide exista de 962 à 1187, dirigé par une  dynastie mamelouke d’origine turque. C’était un Etat musulman sunnite qui, initialement, diriegea le Grand Khorasan (remplaçant ainsi les Samanides), centré sur l’actuel Afghanistant. Il a été créé par Alptegîn, avec la ville de Ghazna comme capitale. Après  la bataille de Dandanakan en 1040, l’Empire a perdu ses territoires de l’ouest au profit des Seldjoukides et a déplacé sa capitale à Lahore, régnant ainsi principalement au Punjab.  […]



(3) Tugrul Bey ou Toghrul-Beg dit « Le Prince Epervier » (né en 990 et mort le 4 septembre 1063), est un prince turc seldjoukide et le petit-fils de Sedjouk (Saldjük). Il est reconnu comme étant le fondateur de l’empire seldjoukide (qu’il dirigea de 1038 à 1063).

Il prend la tête des turcs Seldjoukides en 1038 (après avoir unifié les guerriers turcomans des steppes d’Asie centrale), puis est proclamé roi et sultan par le calife abbasside de Bagdad en 1058




(4) Alp Arslan (né le 20 janvier 1029 et mort le 15 décembre 1072 à Amou-Daria) fut le deuxième sultan de la dynastie Seldjoukide, et arrière-petit-fils de Seldjouk, fondateur de la dynastie.

Son véritable nom est Muhammad bin Da’ud Chaghri, mais ses prouesses militaires, ses talents de guerrier, sa tenaciité et sa bravoure lui ont valu le surnom  Alp Arslan, soit « Lion Héroïque » en turc.




(5) Romain IV Diogène (v.1030 à Contantinople – 4 aout 1072) est un empereur byzantin de 1068 à 1071. Il était un membre de l’aristocratie militaire byzantine et, après son mariage avec Eudocie, la veuve de l’empereur Constantin X, il fut couronné empereur. Durant son règne, il se montre déterminé à freiner le déclin militaire byzantin et à contrecarrer les incursions turques dans le territoire, mais son armée est mise en déroute à la bataille de Manzikert et il est capturé en 1071. Alors qu’il est encore captif, il est détrôné par son beau-fils Michel. A peine libéré par les Turcs, les membres de la famille Doukas l’arrêtent : en 1072, son gendre Michel VII Doukas lui fait crever les yeux et l’envoie dans un monastère, où il décédera peu après de ses blessures.




(6) la Bataille de Manzikert eut lieu le 26 aout 1071 et vit l’armée byzantine de l’empereur Romain IV Diogène être mise en déroute par l’armée du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert (ou Mantzikert) actuellement Malazgirt en turquie, au nord du lac de Van.




(7) Suleyman ibn Kutulmuch, premier sultan de Rum (1074-1086), fondateur de la dynastie seldjoukide de Rum (1080-1308), fils de Kutulmuch, parent d’Alp Arslan.

En 1064, il essaie de se rebeller contre son parent Alp Arslan, il est chassé de ses terres en Perse et doit aller en Anatolie où il y a de nombreuses occasion de combattre contre les Byzantins. Il est alors rapidement reconnu comme le chef des tribus turques de l’Est de l’Anatolie.

Après la bataille de Manzikert en 1071, l’Anatolie est ouverte au peuplement turc.

[…]

En 1080, en tant que vassal de Byzance, Suleyman entreprend de soumettre l’Est anatolien. Puis il prend Iconium (Konya) et attaque la Petite-Arménie de Cilicie et Philarète Vahram au sud de Malatya (1084). En 1084, il prend Antioche, puis marche sur Alep où il est vaincu et tué par Tutus, frère du sultan seldjoukides de Bagdad Malik Shah Ier. Son fils Kiliç Arslan est emmené à captivité

A sa mort en 1086, le sultanat de Rum est gouverné par le régent Abû’l-Qasîm, jusqu’à la libération de Kiliç Arslan à la fin de l’année 1092.




(08)  Le sultanat de Roum (c’est-à-dire du « pays des Romains ») ou sultanat d’Iconium est un sultanat seldjoukide établi de 1077 à 1307 en Anatolie à  la suite de la bataille de Manzikert.

Il a eu pour capitale Nicée (Iznik, 1081-1097) puis Iconium (Konya, 1097-1302). Il fut établi à la suite d’un accord entre l’Empire byzantin et le chef seldjoukide Süleyman Ier Shah. En 1147, Mas’ûd Ier remporte une victoire sur les croisés allemand de Conrad III à  la bataille de Dorylée. En 1176, le sultan kiliç Arslan II  défait l’Empire byzantin, qui lui cède encore du terrain, à Myrioképhalon. En 1207, le sultanat s’empare d’Antalya, prise au gouverneur grec local soutenu par le royaume franc de Chypre par Kay Khusraw Ier. […]



Le sultanat de Roum vers 1190
On peut y voir les batailles de :  Bataille de Dorylée (1147)
; bataille de Myriokephalon (1176) et bataille d’Antalya (1207)






(9) La bataille de Dorylee est une bataille livrée le 1er juillet 1097 qui oppose les combattants de la première croisade aux forces du sultanat de Roum. Elle s’achève par la victoire des croisés et la déroute des Seldjoukides.








(10) La tactique de la terre déserte consiste à faire le vide devant l’adversaire en stockant hommes et biens dans des endroits hors d’atteinte mais sans détruire le pays. Elle se différencie donc de la politique de la terre brûlée qui consiste en la destruction pure et simple de toutes les ressources et moyens de production du pays, afin qu’ils ne tombent pas entre les mains de l’ennemi.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Sam 27 Fév - 17:53


(11) Kiliç Arslan, Kilitch-Arslan ou Kilij Arslan est un sultant seldjoukide de Roum (1092-1107). Il est le fils et successeur de Süleyman Ier (1074-1086).

Après la mort au combat de son père à Alep en 1086, il est capturé par le vainqueur Tutuch, fondateur de la dynastie seldjoukide de Syrie. Le sultanat de Roum est alors confié au régent Abû’l-Qasim. Tutuch marche sur l’Anatolie afin de l’éliminer. Les byzantins l’obligent à se retirer, sauvant du désastre les seldjoukides de Roum.
Profitant de la mort du sultan grand seldoukike Malik Châh Ier (1092), Kiliç Arslan regagne l’Anatolie à la fin de l’année. L’émir de Smyrne, Zachas, lui offre la main de sa fille pour s’en faire un allié contre Byzance. Kiliç Arslan le fait assassiner l’année suivante pour obtenir la faveur d’Alexis Ier Comnène.

Il a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099). Il anéanti la croisade populaire de Pierre l’Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096). Croyant le danger écarté, il se retourne alors contre ses ennemis turcs à l’Est.
En mai 1097, Kiliç Arslan est en campagne dans la région de Malatya. Les croisés assiègent Nicée avec le soutien de l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Kiliç Arslan conclut une trève avec Danichmend et marche vers l’ouest mais doit se replier le 21 mai sur Konya devant l’ampleur des forces croisées. Nicée est livrée aux byzantins (19 juin). Les dignitaires du sultanat sont épargnés et la jeune sultane, accompagnée de son nouveau-né, est reçue à Constantinople avec les honneurs royaux. Elle est conduite auprès de son frère l’émir de Smyrne, qui devant la menace franque et byzantine abandonne ses possessions à Egée pour reconduire sa sœur auprès de Kiliç Arslan.

Kiliç Arslan conclut alors une alliance avec Danichmend et rassemble les Turcs, tandis que les Francs quittent Nicée pour marcher sur Konya (juin). Les Turcs leur tendent une embuscade près de Dorylée (1er juillet 1097). Mais la cavaleriei légère turque ne peut rien contre les armures des chevaliers francs qui forcent le passage. Kiliç Arslan, encerclé, prend la fuite, suivi par Danichmend et la plupart des émirs. L’armée turque restée sur place est taillée en pièces. Les Francs traversent lentement l’Anatolie et le 21 octobre 1097, mettent le siège devant Antioche puis se lancent à la conquête de la Syrie et de la Palestine.

En 1106, Kiliç Arslan prend Mayyafarikin (de nos jours Silvan) aux Artukides et Malatya qu’il convoitait depuis longtemps.

En 1107, ,Kiliç Arslan, appelé par les habitants de Mossoul, entre dans laviell,e chasse l’atabeg Jawali et s’y fait proclamer sultan. Il nomme son fils Malik Shah de onze ans comme son lieutenant. Vaincu par le Grand seldjoukide Muhammed Ier, il doit se replier et se noie en traversant le fleuve khabur (juin 1107). Resté à Mossoul, Malik Shah est fait prisonnier et emmené à Ispahan.

Kiliç Arsan Ier a eu douze enfants dont cinq fils :
1. L’aîné est mort, avant 1107, dans un combat contre le danichmende Amir Ghazi Gümüchtegin
2. Malik Shah est le second fils et héritier présomptif qui doit faire face à ses deux puînés. Il succède à son prère de 1107 à 1116 mais il est retenu prisonnier à Mossoul. Il n’exerce réellement le pouvoir qu’après sa libératin en 1109/10
3. Ma’ud Ier dépose et fait tuer son frère Malik Shah en 1116. Il règne jusqu’en 1155
4. Arab se rebelle contre son frère Mas’ûd en 1126
5.Tugrul Arslan, après la mort de Kiliç Arslan, sa mère exerce le pouvoir à Malatya.






(12) Malik Châh Ier ou Châhanchâh (Roi des rois) est un sultan seldjoukide de Rum. Il est le fils de Kiliç Arslan. Il succède à son père en 1110.

En 1107, son père, appelé par les habitants de Mossoul, entre dans la ville et s’y fait proclamer sultan. Il nomme son fils Malik Shah, âgé de 11 ans comme son lieutenant. Vaincu par le Grand Saljûqide Muhammed Ier, il doit se replier et se noie en traversant le fleuve khabur (juini 1107). Resté à Mossoul, Malik Shah est fait prisonnier et emmené à Ispahan.

En 1109, Malik Châh est libéré. Il prend le titre de sultan de Konya en 1110.
Profitant de cette période d’incertitude, les Byzantins prennent l’initiative, attaquent les côtes d’Anatolie. De leur côté les Turcs se préparent à faire mouvement vers le centre du plateau anatolien. Leur retrait des côtes leur coûte cher en pertes humaines. Près de Lopadion (Uluabat), les Byzantins attaquent par surprise une importante troupe turque au campement. Presque tous les membres de cette troupe sont massacrés, y compris les femmes et les enfants.

Mali Châh tente en vain de combattre les Byzantins. En 1116, l’empereur byzantin Alexis Ier remporte une victoire incertaine à Philomélion. Pendant la négociation de paix, Mas’ud Ier le frère cader de Malik Châh prend le pouvoir avec l’aide des Danichmendides. Malik Châh est ensuite fait prisonnier aveuglé puis étranglé. Le sultanat de Roum se réduit à la région de Konya sous la tutelle des Danichmendides


.


(13) Ruk ad-Dîn Mas`ûd ben Qilij Arslan, Rükneddin Mesud ou Mas`ûd Ier est sultant seldjoukide de Rum. Il est le troisième fils de Kiliç Arsla Ier et le successeur de son frère ainé Malik Shah Ier en 1116. Il décède vers 1156 et est enterré à Iconium.

[…]

En 1116, l’empereur byzantin Alexis Ier remporte une victoire à Philomélion. C’est pendant la négociation de paix que Mas`ûd, troisième fils de Kiliç Arslan prend le pouvoir et s’allie aux Danichmendides. Il a épousé la fille de Amir Ghazi Gümüchetegin, fils de Danichmend. Malik Châh est ensuite fait prisonnier, aveuglé puis étranglé.

Au printemps 1119, l’empereur byzantin Jean II Comnène lance sa première camapagne contre les Turcs. Il prend Laodicée (Denizli) et Sozopolis (Uluborlu) aux seldjoukdes de Roum et attaque plus à l’est les Danichmendides.

En 1120, le Danichmendide Amir Ghazi Gümüchtegin avec l’aide des Artukides profite des opérations byzantines pour vaincre le souverain de Trébizonde et son alliée de Mengûchek. Le sultanat de Roum est alors dominié par les Danichmendides.

En 1126, un frère cadet de Mas`ûd nommé `Arab, colonise Ankara et Kastamonu, et s’avance vers Konya pour s’emparer du trône des seldjoukides. Mas`ûd fait une alliance avec l’empereur, il défait son frère et le contraint à s’exiler en Cilicie. Ce retrait permet à l’empereur d’occuper Kastamonu. Les attaques de l’empereur en Cilicie et les tentatives de prises de pouvoir par `Arab laissent le champ libre à Amir Ghazi Gümüchetgin qui prend la côte de la Mer Noire. Mas`ûd dirige les attaques plus à l’ouest. Amir Ghazi Gümüchetgin entre en Cilicie est vainc les croisés, en peu de temps il devient le souverain de tout l’est de l’Anatolie jusqu’à l’Euphrate. Le calife et le sultan Ahmed Sanjar lui décernent le titre de Malik (Roi).

En 1134, Amir Ghazi Gümüchetgin meurt. Mas`ûd profite de cette occasion pour reprendre des villes.

En 1137, Jean II Comnène reprend la Cilicie (petite Arménie), en août, il fait le siège d’Antioche. Il impose, un temps seulement, une certaine suzeraineté sur la principauté d’Antioche.

En 1139/40, l’empereur byzantin, Jean II Comnène, à la tête d’une grande armée part avec l’intention d’éliminer les Turcs d’Anatolie. Il est accompagné de Jean Tzelepes, frère ainé du futur empereur byzantin, Andronic Ier Comnène. Il veut aussi se débarrasser de Théodore Gavras prince de Trébizonde. Il atteint Néocésarée, après avoir subi de lourdes pertes dans le nord de l’Anatolie, et en fait le siège. Au cours de ce siège de violents combats opposent Turcs et Grecs. Jean Tzelepes déserte et se réfugie dans le camp de Mas`ûd. Il se convertit à l’Islam et épouse une des filles de Mas`ûd, un fils nait de cette union. Les sultans ottomans se réclament de cette descendance. L’empereur est amené à se replier à Constantinople en passant par la Mer Noire. Ce repli ouvre de nouvelles occasions de conquêtes pour les Seldjoukides qui s’avancent jusqu’aux environs d’Antalya.

Après la mort de Mehmed Ghazi en 1042, les Danichmendides se querellent entre eux pour la succession. Mas`ûd en profite pour leur prendre Sivas et le contrôle de l’Anatolie passe rapidement des Danichmendides au Seldjoukides. Pendant que les Seldjoukides s’étendent vers l’est, les Turkmènes s’infiltrent en Anatolie en suivant les vallées du Méandre et de la Gediz. L’empereur Manuel Ier Comnène réagit pour sortir les Turcs d’Anatolie. Il nettoie l’ouest de l’Anatolie et se dirige vers Konya. Il vainc les Seldjoukides à Aksehir, brûle la ville et va sur Konya. La région est dévastée, une grande partie de la population est tuée. Le retour rapide de Mas`ûd vers Konya surprend les Byzantins. Cette expédition contre les Turcs est un nouvel échec. La menace d’une nouvelle croisade force les deux souverains à s’entendre pour combattre ce danger commun.

Aux environs de Noël 1145, Louis VII de France annonce sa décision de partir pour porter secours aux Etats chrétiens de Palestine, menacés par les Turcs qui viennent d’envahir le comté d’Edesse. Le 11 juin 1147, le roi Louis VII part pour la deuxième croisade, à la tête de 300 chevaliers et d’une nombreuse armée, suivie peu à peu par des dizaines de milliers de pèlerins. Ils sont rejoints par l’armée de l’empereur Conrad III et prévoient de passer en Asie mineure par Constantinople, où ils arrivent le 4 octobre 1147. Les armées allemandes sont conduites par des guides fournis par l’empereur Manuel Ier Comnène qui les emmènent sur des chemins détournés où ils subissent les attaques surprises des Turcs. Ils sont finalement anéantis le 25 octobre à Aksehir. Ceux qui tentent de faire demi-tour sont détruits par les attaques des Grecs. Le roi de France prend conscience de l’impossibilité de traverser le territoire seldjoukide et essaie de prendre la route par Ephèse Denizli et Antalya. Il ne peut qu’atteindre Antalya. Les armées franques sont dans un état si pitoyable que les Turcs vont leur faire don de nourriture et d’argent, ce qui est ressenti comme le sommet de l’humiliation qui fait dire à certains : « oh ! la sollicitude est plus cruelle que la traitrise ». L’échec de cette croisade est largement dû aux Seldjoukides.

En 1149/50, Mas`ûd va combattre les croisés en Syrie. Pour toute ces victoires, le calife envoie à Mas`ûd les insignes de sa souveraineté. Il domine les Danichmendides à Sivas et Malatya qui deviennent ses vassaux. Avec leur soutien il prend la Cilicie et quelques villes arméniennes. La conquête de la Cilicie s’interrompt à cause d’une épidémie de peste qui provoque son retour immédiat.

Mas`ûd meurt vers 1156, il est enterré à Konya. Il a eu sept enfants dont cinq fils. L’ainé est mort avant lui. Son second fils Kiliç Arslan lui succède. Le troisième est assassiné peu après. E quatrième, nommé Chahanchah, a reçu un territoire autouru de Cankiri et Ankara, mais il se rebelle contre son frère après la mort de leur père. Kiliç Arslan le démet de ses fonctions en 1169 et il doit s’exiler. Le cinquième, nommé Sancar-Chah, se voit attribuer Eregli lorsque Kiliç Arslan partage le territoire entre ses enfants en 1186/87.
C’est à la fin du règne de Mas`ûd que la mosquée d’Alaeddin à Konya a été construite (1153). Cette mosquée reste l’une des plus importantes de la période seldjoukide.






(14) `Izz ad-Dîn al-Malik al-Mu`zim Qilij Arslân ben Mas`ûd, II. İzzeddin Kılıç Arslan ou Kılıç Arslân II est un sultan seldjoukide de Rum. Il succède à son père Mas`ûd Ier en 1156.

Kiliç Arslan règne à Konya d’où il poursuit la guerre contre les croisées l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène et le roi danichmendide de Sivas Nizâm ad-Dîn Yaghi Bassan et aussi contre son frère Chahancha, quatrième fils de Mas`ûd qui s’est allié aux Danichmendides.

En 1159, kiliç Arslan attaque l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène alors qu’il passe près d’Iconium (Konya la capitale de Roum) alors que Manuel revient de négociations avec Nur ad-Din en Syrie.

1161 : Jean Constostephanus, neveu de Manuel Comnène, défait Kiliç Arslan et le sultan doit montrer sa soumission à Constantinople

1172 : kiliç arslan rencontre Henri le Lion. Quand ils se rencontrent près de Tarse, le sultan embrasse le duc allemand en lui disant qu’ils sont cousins. Quand le duc lui demande des détails sur cette parenté, le sultan lui répond qu’ « noble dame de la terre des allemands épousa un roi de Russie qui eut une fille d’elle ; la fille de cette fille arriva sur notre terre et je descends d’elle. » Le roi de Russie en question pourrait être Sviatoslav II de Kiev.

1173 : en paix avec les byzantins, s’allie à Nur ad-Din qui tente de prendre Mossoul.

Le traité de paix avec les Byzantins dure jusqu’en 1175, quand Kiliç Arslan refuse de rendre à Manuel le territoire conquis sur les Danichmendides. Les deux parties se sont préparées pour une nouvelle guerre depuis quelque temps. Kiliç Arslan tente de négocier.

1176 : Manuel envahit le territoire de Kiliç Arslan dans l’intention de capturer Iconium elle-même. En novembre, Kiliç Arslan réussit à attirer Manuel dans une vallée près de Myriokephalon, et bien que les forces de Manuel ne soient pas totalement annihilées, le sultan força l’empereur à démanteler ses fortifications le long de la frontière. Cette bataille marque la fin des revendications byzanitnes sur l’Anatolie. On commence alors à parler de Turquie pour désigner l’Anatolie. Les Seldjoukides sont considérés comme une puissance avec laquelle il faut compter.
1177 : Nur ad-Din décède. Cela permet à Kiliç Arslan d’annexer Malatya et d’autres territoires aux dépens des Damichendides.

1180 : après la mort de Manuel le sultan tire profit de l’instabilité dans l’empire byzantin pour s’assurer du contrôle de la plupart des côtes méridionales de l’Anatolie. La même année, il s’allie à Saladin, le successeur de Nur ad-Din.
1185 : il fait la paix avec l’empereur byzantin Isaac II Ange.

En 1186/87, Kiliç Arslan, âgé et fatigué, partage son royaume entre ses dix fils et son plus jeune frère Sancar-Chah qui se voit attribuer Eregli.

1. Qutb ad-Dîn Malik Shah reçoit Aksaray. Il attaque son père en 1189 et prend Konya. Il meurt en 1197
2. Ghiyath ad-Dîn khusraw est de mère grecque et reçoit Burglu. Il succède à son père en 1192 comme sultan de Roum. Il est expulsé du sultanat par son frère Süleyma Chah en 1197. Il reprend le pouvoir en 1205. Il meurt en 1220 et son fils Kay Kâus lui succède.
3. Süleyman chah reçoit Tokat. Il profite de la mort de l’ainé de la famille, eh 1197, pour s’emparer de ses territoires ainsi que de ceux de Ghiyath ad-Din Kay Khusra. Il meurt en 1203/04. Son fils très jeune Kiliç Arslan III lui succède
4. Nasir ad-Dîn berk Yaruk Chah reçoit Niksar
5. Muhammad Mui-ad-Dîn Tugrul Chahh reçoit Elbistant. Dans l’hiver 1194/95 il est attaqué par l’ainé Qutb ad-Dîn Malik Chah. Il aurait trouvé refuge auprès de Léon II d’Arménie à moins qu’il n’ait été tué
6.Nur ad-Dîn Mahmud Sultat Chah reçoit Sivas. Attaqué par l’ainé Qutb ad-Dîn Malik Chah, il est tué en 1193/94
7. Mu`izz ad-Dîn Qaysar Chah reçoit Malatya. Un de ses frères l’expulse de ce territoire en 1192/93. Il se réfugie auprès de Saladin.
8. Arslan Chah reçoit Nigde
9. Muhyi ad-Dîn Mas`ûd Chah reçoit Ankara. Il est assassiné par son frère Süleyman Chah après la prise d’Ankara en 1204.
10. Le nom du dernier fils reste inconnu.

Malgré l’alliance avec Saladin, Kiliç Arslan est incapable de stopper la troisième croisade, mais le reste de l’armée allemande est de toute façon anéanti après la mort de Frédéric Barberousse.

Le 18 mai 1190, les armées allemandes de la troisième croisade prennent Konya. L’empereur Frédéric Barberousse obtient de Kiliç Arslan le droit de traverser l’Anatolie. Mais ses fils ne le laissent pas passer aisément. Frédéric se noie le 10 juin 1190 dans le fleuve Saleph (actuellement Göksu, eau bleue) en Anatolie, avait qu’il ait pu rencontrer Saladin. Les troupes se dispersent et ceux qui sont restés sont vaincus dès leur arrivée en Syrie.

Kiliç Arslan meurt le 26 août 1192. Il est enterré dans un mausolée près de la mosquée Alaeddin à Konya. Kay Khusraw Ier lui succède, bien que ses autres ils continuent à se battre pour le contrôle des autres parties du sultanat.
Kiliç Arslan a construit le premier caravansérail. Ces édifices vont ensuite se multiplier sur la route permettant de traverser l’Anatolie du nord ou sud en toute sécurité pour les caravanes. C’est le commencement d’une période de prospérité où se multiplient les constructions d’arsenaux et de madrasas qui ont permis des progrès dans les sciences.






(15) Abû al-Fath Ghiyâth ad-Duniyâ wa ad-Dîn Kay Khusraw ben Qilij Arslân, Gıyaseddin Keyhüsrev ou Kay Khusraw Ier est un sultanseldjoukide de Rum. Il est le second fils de Kılıç Arslan II et de son épouse grecque. Il succède à son père en 1192. Il meurt en 1211. Son règne est interrompu entre 1197 et 1205.

Kay Khusraw Ier succède à son père en 1192 comme sultan de Roum mais ses frères continuent leurs querelles.

1194 : c’est l’effrondrement des Grands Seldjoukides en Irak. Le Chah du Khârezm, Ala ad-Dîn Tekish, attaque les Seldjoukides. Les armées seldjoukides sont battues et le dernier sultan Tugrul III meurt sur le champ de bataille. Sa tête est envoyée au Calife abbasside An-Nasir qui l’expose en face de son palais à Bagdad.

1197 : Süleyman Chah profite de la mort de Qutb ad-Dîn Malik Chah, l’ainé de la famille, pour s’emparer de ses territoires ainsi que de ceux de Kay Khusraw.
Kay Khusraw se réfugie à Damas puis à Constantinople auprès d’Alexis III Ange. Il se convertit au christianisme en se faisant baptiser avec Alexis III Ange pour parrain.

1203 : Kay Khusraw se marie avec la fille de Manuel Maurozomes (ou Mavrozome), un courtisan important de la cour de Byzance. Elle est la mère de ses deux fils qui seront sultan Seldjoukides : Kay Kâwus Ier (1211-1220) et Kay Qubadh Ier (1220-1237)

1204 : la quatrième croisade est détournée par les Vénitiens vers Constantinople. C’est l’occasion du sac de Constantinope. La ville et l’empire perdent définitivement leur ressources commerciales au profit des Vénitiens et des Génois. L’empire se scinde en trois états : le Despotat d’Epire, l’Empire de Nicée et l’Empire de Trébizonde. Après la prise de Constantinople (1204) par la quatrième croisade, Théodore Ier Lascari s’installe comme nouvel empereur byzantin de Nicée.

Süleyman Chah, celui qui a déposé Kay Khusraw, décède. Son fils de trois ans, Kılıç Arslan III, lui succède pour un règne d'un mois seulement.

1205 : avec l’aide de mercenaires appartenant aux troupes de son beau-père Manuel Maurozomes, Kay Khusraw reprend le pouvoir en déposant le trop jeune Kiliç Arslan III. Théodore Ier Lascaris est inquiet de la puissance de son voisin turc Kay Khusraw, il s’allie à l’empire latin de Constantinople et à Léon II roi de la Petite-Arménie. Malgré cela, Kay Khusraw peut restaurer la puissance des Seldjoukides. Il parvient à joindre les rives de la Méditerranée à celles de la Mer Noire.

Mars 1207 : Antalya est brillement prise par Kay Khusraw aux Vénitiens. Cette conquête permet une expansion économique importante dans la région. Les Vénitiens signent un traité de paix qui établit les premières relations commerciales entre les Seldjoukides et Venise.

1208 : Manuel Maurozome et Kay Khusraw affrontent le roi Léon II de Petite-Arménie. Manuel se distingue en prenant les combats.

1211 : en remerciemant de son aide, Kay Khusraw entreprend de donner à Manuel un territoire dans la vallée du Méandre. Kay Khusraw trouve la mort, pendant la bataille d’Antioche du Méandre, contre l’empereur de Nicée Théodore Lascaris pour la prise de la ville d’Alasehir. Son fils Kay Kâwus lui succède.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Sam 27 Fév - 20:37






Cet émirat est également issu des Turcs qui ont accompagné les Seldjoukides dans leur expansion. C’est probablement en profitant de la guerre civile qui déchire l’empire byzantin entre 1057 et 1081 et à titre d’armée auxiliaire d’un prétendant qu’ils reçoivent des terres en Anatolie orientale. Où peut être peu entre 1086 et 1092, quand le sultanat de Roum s’est retrouvé sans maître après la mort de Süleyman Ier Shah. Mais les textes n’en parlent pas avant l’an 1095.  C’est le principal rival du sultanat de Roum et si le sultan seldjoukides kiliç Arslan tarde à secourir Nicée (1) assiégé par les croisés en 1097, c’est parce qu’il est en train de disputer la suzeraineté de Malatya à Danichmend (2). Il accepte  de faire la paix avec Kiliç Arslan et combat à ses côtés à Dorylée, puis contre les croisades de secours de 1100 mais l’alliance est rompue peu après. Par la suite, éloigné du théâtre des opérations, il a peu de combat avec les croisés (seulement avec la principauté d’Antioche), mais s’attaque aux seldjoukides, permettant à Alexis Comnène de se rendre maitre d’une partie du sultanat de Roum, et aux établissements arméniens de Cilicie. Son objectif principal reste Malatya, tenu par Gabriel de Malatya (3) et vassal du comté d’Edesse. En 1100, il capture Bohemond de Tarente, prince d’Antioche, qui était venu secourir Malatya assiégé, et s’empare de la ville en 1103. L’émirat danichmendide dure jusqu’en 1168, date à laquelle il est conquis par les seldjoukides.

Emirs danismendides pendant les croisades
• Avant 1095 -1104 : Danichmend, émir danichmendide
• 1104 – 1134 :         Gümüchtegin, émir danichmendie
• 1134 - 1142 :          Mohammed, malik danichmendide
• 1142 – 1168 :         Dhu’l Nun, malik danichmendide






NOTES :

(1) le siège de Nicée dura du 14 mai au 19 juin 1097, au cours de la première croisade. C’est la première action militaire des croisés contre les musulmans et cette victoire signe l’arrêt de la progression de l’islam dans cette région.








(2) Danichmend Ghâzi ou Danishmend Gazi est le fondateur et éponyme de la dynastie turque des Danichmendides qui a régné sur une partie de l’Anatolie aux XIe et XIIe siècles après la défaite des Byzantins à la bataille de Manzikert contre le Seldjoukides Alp Arslan (1071). Danichmend décède en 1104.






(3) Gabriel de Malatya (en arménien Ghavril Malatyatsi), né en 1055, mort en 1103, fut un gouverneur arménien de la région de Malatya (ou Mélitène). Il était de religion orthodoxe arménienne.

Ancien lieutenant de Philaretos Brakhamios (homme politique et militaire arméno-byzantin),  il gouverne la ville de Malatya après la chute de ce dernier, survenue en 1085, avec l’accord de Buzan, émir d’Edesse. Mais, des différentes places fortes de la Cilicie arménienne, Malatya était la plus avancée dans le territoire kudo-turc, et Gabriel dut repousser plusieurs attaques et sièges. Plus que la force, la diplomatie lui permit de se maintenir face aux incursions turques. Bien que théoriquement vassal de Byzance, il fit envoyer sa femme à Bagdad pour se faire confirmer par le calife et par le sultan Seldjoukide. Plus tard, il fit appel à la médiation de l’émir de Sivas, Gumuchtékin ibn Danichmend, pour se débarrasser des Turcomans.


En 1097, Kiliç Arslan Ier, sultan seldjoukide, assiégea la ville, mais l’arrivée des Croisés l’obligea à lever le siège et à quitter la région. Il maria sa fille à Baudouin du Bourg, comte d’Edesse, pour bénéficier de son aide. Mais la pression des Turcs se faisait de plus en plus forte, et Malatya fut prise  en 1103 par les Danichemendides.  Il fut exécuté par les soldats du sultan.

Le nom de sa femme est inconnu. L’identité et le nombre de ses enfants est incertain :
• Une fille, mariée à Thoros (†1098)
• Morfia, mariée en 1101 à Baudoin du Bourg (†1131), comte d’Edesse, et futur roi de Jérusalem
• Peut-être une fille mariée vers 1100-1103 à Léon Ier (†1140), prince des Montagnes


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 16:12




Voisins immédiats des Etats croisés par le sud, les Egyptiens sont également les possesseurs de Jérusalem lorsque les croisés prennent la ville en 1099. Trois régimes se sont succédé en Egypte pendant deux siècles que durent les croisades :

• Les Fatimides, jusqu’en 1170,
• Les Ayyoubides de 1170 à 1250,
• Les Mamelouks à partir de 1250.








Tout oppose les Fatimides aux seldjoukides. Les Seldjoukides soutiennent et protègent le calife de Bagdad, de tradition sunnite et successeur du prophète de l’islam, Mahomet, tandis que les Fatimides sont de tradition chiite ont conquis le nord de l’Afrique sur le califat abbasside et se sont ensuite proclamés califes, contestant à l’Abbasside la suprématie religieuse. Au Xe siècle, ils dominent la façade méditerranéenne de la Syrie mais les Seldjoukides le leur ont repris au cours du XIe siècle. Depuis les deux dynasties se disputent la Syrie. En 1098, les Fatimides profitent de ce que les Seldjoukides soient aux prises avec les croisés assiégeant Antioche (1) pour leur reprendre la Syrie méridionale, y compris Jérusalem. Ils proposent même une alliance aux croisés pour les aider à prendre Antioche, mais ces derniers refusent, car leur objectif final est Jérusalem, que les Fatimides ne veulent pas céder.  Au cours des décennies qui suivent 1099, les Egyptiens tentent à plusieurs reprises d’envahir le royaume de Jérusalem, mais sans succès. Puis le califat fatimide tombe dans la décadence et les vizirs se font la guerre pour le pouvoir. A partir de 1160, les forces de Nur ad-Din (2) et du royaume de Jérusalem interviennent en Egypte, chacun soutenant un prétendant au vizirat. Les Francs commencent par l’emporter et placent l’Egypte sous protectorat, mais ils tentent maladroitement d’annexer le pays qui se révolte et se rallie à Shirkuh (3), un général de Nur ad-Din, qui devient vizir. Saladin, son neveu et successeur, abolit le califat et prend son indépendance vis-à-vis de Nur ad-Din, qui meurt peu après.


Califes fatimides pendant les croisades
• 1094 -1101 : Al-Musta’lî (4)
• 1101 -1130 : Al-Amir bi-Ahkâm Allâh (5)
• 1130 -1149 : ‘Abd al-Majîd al-Hâfiz (6)
• 1149 -1154 : Az-Zâfir (7)
• 1154 – 1160: Al-‘Adîd (08)

Vizir d’Egypte pendant les croisades
• 1091 – 1121: al-Afdal Shâhânshâh, assassiné (9)
• 1121 -  1125:  Abû abd ‘Allâh al-Mâmûn, crucifié
• ???? - 1131 : Abou Ali ibn El-Afdal, emprisonné et exécuté
• 1131 - 1135 : Hashim, fils du calife al-hâfiz, empoisonné
• 1135 – 1153 : al-‘Adil ibn-Sallâr,  préfet d’Alexandrie, assassiné
• 1153 – 115 : ‘Abbâs ibn-Abu’l Futûh, beau-fils du précédent, renversé
• 1154 – 1161 : Talâ’i ibn Ruzzîk, assassiné
• 1161 – 1162 : Al-Adil Ruzzik, fils du précédent, assassiné
• 1162 – 1163 : Shawar, renversé (10)
• 1163 – 1164 : Dirghâm, tué
• 1164 – 1169 : Shawar rétabli, exécuté en 1169 (11)
• 1169 – 1170 : Shirkuh, général de Nurd ad-Din (12)
• 1170 – 1171 : Saladin, neveu du précédent (13)






NOTES :

(1) Le premier siège d’Antioche eut lieu du 21 octobre 1097 au 2 juin 1098. Le second siège lui succède lorsque les musulmans tentèrent de reprendre la ville aux croisés et dura du 7 juin au 28 juin 1098.








(2) Nur ad-Din : Nour ad-Din Mahm^^ud el Mâlik al Adil (vers 1117/8 – 15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddin « lumière de la religion » (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la contre-croisade du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu’en Egypte et prône pour cela l’unification des musulmans.
Emir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Egypte. Après sa mort, c’est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.





(3) Asad al-Dîin Shîrkûh (Chirkouh, ou Sêrko en kurde) (Siracons dans les écrits de Guillaume de Tyr) (mort en 1169), est un général kurde de Nur ad-Din, atabeg d’Alep et de Damas. Il est également devenur vizir d’Egypte en 1169. Il est membre de la famille des Ayyoubides et oncle de Saladin qui lui a succédé en Egypte.






(4) Al-Musta’li était le neuvième calife fatimide et le dix-neuvième iman ismaélien mustalien de 1094 à 1101.
Nommé calife par le régent Al-Afdhal Shahanshah (1094-1121), à la mort de son père Al-Mustansir Billah. Durant tout son règne, il va rester largement subordonné à Al-Afdhal.

Une querelle de succession sera cependant considérée comme le tournant de son règne. Son frère ainé Nizâr est considéré par certains comme l’héritier légitime. Bien que la révolte des partisans de Nizâr échoua et que celui-ci mourut en prison, il s’ensuivit un affaiblissement de l’empire par l’apparition d’un schisme. En Syrie et dans l’Empire perse, la branche Nizâristes se développa.
Ses partisans s’appellent les Mustaliens.

Il doit faire face aux assauts de la Première croisade en Palestine. Godefroi de Bouillon prend Jérusalem en 1099, fonda le Royaume de Jérusalem, la Principauté d’Antioche, le comté de Tripoli. Il est mort en 1101, son fils Mansur al-Amir Bi-Ahkamillah lui succède.



(5) Mansur al-Amir Bi-Ahkamillah était le 10e calife fatimide et le 20e iman mustalien de 1101 à 1130. Il lutte notamment contre la secte des Nizârites (« Assassins »).

Pour cela, son vizir Al-Ma’mûm Al-Batâ’ihî met en place l’une des premières procédures étatiques d’identification, procédant en 1121, au Caire, à l’enregistrement systèmatique du « nom de tous les habitants, rue par rue et quartier par quartier » et interdit « à quiconque de déménager sans autorisation expresse ».
L’administration surveille aussi les surnoms, la situation et les moyens d’existence des habitants, et recueille les noms de tous les étrangers leur rendant visite.
Il meurt assassiné en 1130 par un groupe d’assassins nizârites (a).
Son fils Abû al-Qâsim al-Tayyib s’est occulté pour devenir selon la tradition Tayyibi le 21e iman mustalien.

Un neveu, al-Hafiz, prend alors le pouvoir, ce qui provoque un schisme entre les Tayyibi et les Hafizi.

(a) les nizâriens, nizârites, nizaris sont une communauté mystique (chiiete ismaelienne) active depuis le XIe siècle jusqu’en 1257.
Ils sont aussi appelés bâtinis ou batiniens car ils professent une lecture ésotérique du Coran, le bâtin étant le côté secret des choses.

En 1094, à la suite d’une scission importante dans le chiisme ismaélien fatimide, une nouvelle prédication (da’wa al-jadîda) fut organisée par Hasan-i sabbâh, à partir du fort érigé sur le mont Alamût, au sud-ouest de la mer Caspienne.
A la fin du Moyen Âge, le développement de la communauté ismaélienne se poursuivit clandestienement sous le couvert du soufisme et a coïncidé avec l’essor de l’ismaélisme oriental (25 millions de fidèles de nos jours), avec à leur tête l’Aga Khan.
Leur idéologie, reposant sur la maxime «Rien n’est vrai, tout est permis » de l’Iman Nizâr, cherche à promouvoir « la paix entre les hommes par l’exaltation du libre-arbitre ».





(6)  `Abd al-Majid Al-Hâfiz était le 11e calife Fatimide et le 21e Iman Hafizzi de 1130 à 1149.

le calife fatimide Al-Âmir bi-Ahkâm Allah meurt en 1130, peu-être assassiné par les Nizârites. A ce moment-là, l’héritier désigné dès sa naissance, At-Tayyib n’a que huit mois. ` Abd al-Majîd prend le pouvoir en tant que régent, officiellement dans l’attente de l’accouchement d’une épouse d’Al-Amir encore enceinte. At-Tayyib disparait sans qu’on sache quoi que ce soit sur son sort. Quelques jours après, `Abd al-Majîd est renversé par le vizir Al-Afdhal Kutayfât, fils d’Al-‘Afdhal Shâhânshâh qui avait été vizir des deux califes précédents. Al-Adhal Kutayfât tente alors d’imposer un retour au chiisme duodécimain. Al-Afdhal Kutayfât est détroné en décembr 1131, `Abd al-Majîd reprend son poste de régent. En février 1132 il se proclame iman avec le titre califal d’Al-Hâfiz. C’est une rupture de la tradition ismaélienne qui veut que la succession se fasse en ligne directe masculine. Il en résulte un nouveau schisme dans la communauté ismaélienne. Certains reconnaissent Al-Hâfiz (Hafizzi) d’autres continuent de soutenir les droits d’At-Tayyib (Tayyibi). Les Tayyibi obtiennent quelques succès au Yémen.

Sous Al-Hâfiz le pouvoir des Fatimides était restreint à l’Egypte et à  l’Arabie heureuse (le Yémen). Toutefois même dans cette zone, il était contesté. Les continuelles luttes pour le pouvoir et rivalités entre ministres, gouverneurs et généraux affaiblirent considérablement la capacité du royaume à résister à  l’avancée des croisées.
A sa mort en 1149, Az-Zafir lui a succédé.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 16:14

(7) Al-faiz est le 13e calife Fatimide et le 23e Iman Hafizzi de 1154 à 1160. Il est né en 1149 et il est mort en 1160.





(08) Al-Adid petit-fils d’Al-Hafiz, fut le 14e et dernier calife fatimide ainsi que le 24e et dernier Iman Hafizzi de 1160 à 1171. A la mort du calife en novembre 1171, Saladin annexa le territoire des Fatimides et régna en maitre sur l’Egypte à la tête de la dynastie des Ayyoubides. La branche chiite Hafizzi disparait avec cet Iman. Les seuls chiites Mustaliens restant sont les Tayyibi.





(9) Al-Afdal Shâlânshâh : Abû al-Qâsim al-Afdhal Shâhânshâh ou Al-Afdhal est né en 1066 et mort en 1121. Il est le fils de Badr al-Djamali, vizir tout puissant du calife fatimide l’Egypte Al-Mustansir (1029-1094), fonction à  laquelle il associa Al-Afdal en 1089.

A la mort de son père Badr al-Djamali, à  la fin de l’année 1094, Al-Afdhal est nommé vizir pour lui succéder, par le calife Al-Mustansir. Le calife décéde approximativement un mois après. Al Mustansir a par ailleurs désigné son fils cadet Al Mustali pour lui succédé, aux dépens de son fils ainé Nizar. Certaintis pensent qu’Al-Mustansir aurait changé d’avis sur le nom de son successeur et le témoignagne de la sœur de calife viendrait appuyer cette thèse.
[…]



(10)  Shawar est un vizir de l’Egypte fatimide de 1162 à 1163 et de 1164 à 1169. Les luttes de pouvoir au sein du califat fatimide et auxquelles il se trouve fortement liées ont été la cause de la prise de possession de l’Egypte par Saladin.

Après l’assassinat du vizir al-Afdal Shâhânshâh en 1121, l’Egypte a été l’objet de nombreuses luttes de pouvoir et de guerres civiles pour le vizirat. De 1121 à 1162, sept vizirs s’étaient succédé et six d’entre eux avaient été tués. Au mois de décembre 1162, le vizir Al-Adil Ruzzik est renversé et mis à mort par Shawar, gouverneur de Haute Egypte, qui prend le titre de vizir et de chef des armées. Mais Shaar installe les membres de sa famille à des postes clés et la cupidité de ces derniers lui vaut une immense impopularité, même cependant à s’enfuir et à se réfugier à la cour de Nur ad-Din.

Shawar demande alors à Nur ad-Din de l’aider à revenir au vizirat d’Egypte. Ce dernier est cependant réticent, car il ne tient guère à intervenir dans le guêpier que représentent les affaires égyptiennes. Mais il apprend que le roi Amaury Ier de Jérusalem tente une incursion en Egypte et assiège la ville de Bilbéis, sans succés en raison de la crue. Comme il ne souhaite pas laisser le roi de Jérusalem s’implanter dans la vallée du Nil et que Shawar lui promet de lui verser des indemnités de guerre ainsi qu’un tribut, il envoie en mai 1164 une armée commandée par Shirkuh, un de ses lieutenants. L’action, coordonnée avec une opération de diversion pour détourner les Francs de l’Egypte, réussit, Dirgham pris de court ne peut organiser la défense, est renversé et tué pendant sa fuite. Une fois rétabli au vizirat, Shawar somme Shirkuh de quitter l’Egypte immédiatement et sans avoir reçu les indemnités promises. Shirkuh déclare alors qu’il ne quittera pas le pays sans les sommes promises.

Comme il ne fait pas confiance à ses propres troupes, Shawar envoie un message au roi Amaury Ier lui demandant son aide contre Shirkuh. Trop heureux du prétexe, Amaury et son armée se rendent en Egypte et font leur jonction avec les troupes de Shawar. Shirkuh se retranche alors  dans Bilbéis, que les alliés assiègent aussitôt. Shawar craint que la défaite d’un des deux camps ne le mette à la merci de l’autre camp, aussi cherche-t-il à gagner du temps en retardant l’assaut. Effectivement, le temps joue pour lui car Nur ad-din, pour dégager son lieutenant, envahit la principauté d’Antioche, bat Bohémond III à Harrim et le capture. Obligé de rentrer en hâte pour défendre Antioche, Amaury Ier conclut une paix avec Shirkuh et les deux armées évacuent simultanément l’Egypte en novembre 1164.
Durant les trois années suivantes, Shirkuh ne va cesser de demander à Nur ad-Din l’autorisation et les moyens de se venger de Shawar. Mais Nur ad-Din préfère maintenir le statu quo à propos de l’Egypte, car il en maintient également les Francs à l’écart. Selon Guillaume de Tyr, Shirkuh entreprend même une démarche auprès de calife abbaside, lui faisant miroiter la possibilité de faire disparaitre le califat concurrent, et de confession chiite, mais Ibn al-Athir est muet sur ce point. Shawar, inquiet de ces démarches contre lui, négocie un traité d’assistance mutuelle avec Amaury. En l’apprenant, Nur ad-Din donne son autorisationo et une troupe de deux mille cavaliers quitte Damas en janvier 1167. Les deux années franques et zengides arrivent simultanément en Egypte. Shirkuh ne  peut envisager de marcher directement sur le Caire et se retranche à Gizeh. Les Francs concluent un pacte d’alliance avec l’Egypte qui est ratifié par le calife Al-Adid. Puis les armées s’affrontent à Bâbain-Ashmûnain et Shirkuh l’emporte, mais les Francs n’ont subi que peu de pertes. Shirkuh prend Alexandrie, dont il confie la garde à son neveu Saladin, puis se rend en Haute Egytpe où il assiège la ville de Qûs pendant que les Francs et les Egyptiens assiègent Alexandrie. Encore une fois, Amaury et Shirkuh concluent la paix et évacuent simultanément l’Egypte, mais Amaury y laisse un protectorat sur le pays ainsi qu’une petite troupe chargée de percevoir le tribut.

La présence des Francs au Caire irrite la population, et Amaury envoie Guillaume de Tyr à Byzance afin  de mettre au point une action concertée en vue de conquérir l’Egypte. L’apprenant, Shawar se rapproche de Nur ad-Din et Amaury, poussé par ses barons qui dénoncent la traitrise du vizir, envahit l’Egypte. Pendant que Shawar tente de négocier avec Amaury, le calife Al-Adid envoie un message à Nur ad-Din lui demandant son aide. Quand les Francs arrivent devant Fustat, il trouve la ville incendiée, les habitants ayant préféré livrer leur ville aux flammes qu’aux Francs. Devant une telle détermination, Amaury préfère battre retraite et quitte l’Egypte le 2 janvier 1169, peu avant que Shirkuh n’y arrive. Dès le 18 janvier, Shawar est attiré dans une embuscade et tué des propres mains de Saladin, et Shirkuh devient vizir d’Egypte, mais meurt le 23 mars, laissant le pays à son neveu Saladin.





(11) Asad al-Dîn Shîrkuh  est un général kurde de Nur ad-Din, atabeg d’Alep et de Damas. Il est également devenu vizir d’Egypte en 1169. Il est membre de la famille des Ayyoubide et oncle de Saladin qui lui succède en Egypte.
[…]





(12) Saladin ou Salah ad-Din Yusuf et Selahedînê Eyûbi né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide qui a régné en Egypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260.

Lui-même dirige l’Egypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nasir, signifie «celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 17:35




La lutte de pouvoir au sein du califat fatimide a entrainé l’intervention de Shirkuh, lieutenant de Nur ad-Din et des Francs, et amenant la victoire des premiers. Shirkuh meurt peu après, laissant le pouvoir à son neveu Saladin qui prend ses distances face à Nur ad-Din et se proclame sultan. La mort de Nur ad-Din empêche la confrontation armée, et Saladin reprend le programme d’unification de l’Islan des Zengides au détriment des fils de Nur ad-Din. Son plus grand succés est la victoire de Hattin et la reprise de Jérusalem, mais après sa mort ses fils se déchirent pour la succession. Al-Adil, frère de Saladin, s’empare de l’Egypte en 1198, puis élimine les autres héritiers.


Les Ayyoubides se maintiennent en Egypte jusqu’en 1250, ayant une politique plutôt bienveillante vis-à-vis des Francs, en dehors de la venue des croisades. En 1250, le sultan Tûrân Châh et détrôné et égorgé par sa garde mamelouk.



Sultans ayyoubides d’Egypte
• 1172-1193 : Saladin ( Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf)
• 1193-1198 : Malik al-Aziz, fils du précédent (Al-Malik al-‘Aziz Imâd ad-Dîn Uthmân) (v.1171, mort en 1198)
• 1198-1200 : Malik al-Mansour, fils du précédent (Al-Malik al-Mansûr Nâsiri ad-Dîn Muhammad ben `Imâd ad-Dîn Uthmân) (1188 - †  après 1216)
• 1200-1218 : Al-Adil, frère de Saladi (Al-Malik al-`Âdil Sayf ad-Dîn) (1)
• 1218-1238 : Al-Kamil, fils du précédent (Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn)(v.1177 -† 1238)
• 1238-1240 : Al-Adil II, fils du précédent (Al-Malik al-`Adil Sayf ad-Dîn)(1216- †1248)
• 1240-1249 : Al-Salih Ayyoub, frère du précédent (Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb)(v.1207 - † 1249)
• 1249-1250 : Tûrân Châh, fils du précédent (Al-Malik al-Mu`azzam Tûrân Châh) (1249-1250)






Arrivé au pouvoir après avoir détrôné et égorgé le dernier ayyoubide d’Egypte, ces soldats n’auront de cesse de reprendre le Proche-Orient aux Francs. Mis en difficulté par l’invasion mongole de 1260, ils parviennent à battre les Mongols. En 1291, ils prennent la dernière place forte franque, unifiant le Proche-Orient sous leur domination.


Sultan mamelouks d’Egypte
• 1250-1257 : Chajar ad-Durr et Al-Muizz Izz ad-Dîn Aybak (1)
• 1257-1259 : Al-Mansur Nur ad-Dîn Ali ben Aybak (2)
• 1259-1260 : Al-Muzaffar Sayff ad-Dîn Qutuz (3)
• 1260-1277 : Baybars (4)
• 1277-1279 : As-Said Nâsir ad-Dîn Baraka Khan Ben Baybars (5)
• 1279-1279 : Al-Adil Badr ad-Dîn Salamish ben az-Zahir Baybars (6)
• 1279-1290 : Qala’ûn (7)
• 1290-1293 : Khalil ben Qala’ûn (08)







NOTES :



(1) Chajar ad-Durr (ou Chagarat al-Durr, « forêt de perles ») ( ????? – 1257) est une esclave devenue favorite du sultan ayyoubide d’Egypte As-Salih Ayyûb. Elle a ensuite régné avec le titre de sultan de 1250 jusqu’à sa mort en 125.

Même les historiens français rendirent hommage à la sagesse et haute intelligence politique de cette souveraine « qui s’égala soudain aux meilleurs hommes d’Etat ».




(2) Al-Mansur Nur ad-Dîn Ali ben Aybak est le second sultant mamelouk d’Eygypte de 1257 à 1259, fils d’Aybak.

En 1257, après l’assassinat de son père Aybak puis de l’épouse de celui-ci Chajar ad-Durr, Al-Mansur Ali est proclamé Sultan. Il n’a alors que 11 ans et Qutuz devient son tuteur. […]
Le 12 novembre 1259, prenant prétexte de la jeunesse d’Al-Mansur Ali, Qutuz le renverse.






(3) Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz ou Qutuz est un sultant Mamelouk bahrite d’Egypte ayant régné de 1259 à 1260.
Qutuz se prétend d’origine noble et se dit le neveu du dernier roi Khorezmien Jalal ad-Din pourchassé par les Mongols et éliminé par les kurdes. Il a été fait prisonnier par les Mongols qui l’ont vendu comme esclave en Syrie sans qu’ils pensent qu’il sera un jour l’artisan de leur première lourde défaite au Moyen Orient et du recul de l’empire Mongol. Il est revendu au dernier roi de la dynastie ayyoubide. […]






(4) Az-Zâhir Ruh-kn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, plus connu en français sous le nom de Baybars, Baïbars ou encore Bibars (né le 19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277(à 53 ans) à Damas en Syrie) est un sultant turcs kiptchaks des mamelouks bahrite d’Egypte qui régna de 1260 à 1277.
Il est parfois surnommé la « panthère » ou encore «  l’arbalétrier ».

Né au Kiptchak (en Crimée) en 1223, il est vendu comme esclave à Damas après l’invasion mongole dans les années 1240.

Envoyé en Egypte il entre au service du sultan ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps, qui lui fait donner une formation militaire. Il participe activement au coup d’Etat qui renverse la dynastie ayyoubide et se traduit par l’assassinat de Tûrân Châh, le fils d’As-Sâlih Ayyûb, en 150.

Au service du sultan mamelouk Sayf ad-Dîn Qutuz, il remporte sur les Mongols la victoire d’Aïn Djalout ( 3 septembre 1260) qui sauve l’Egypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. A son retour au Caire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-Ilah, l’un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un calife fantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci sera rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262.

Administrateur efficace, Baybars crée une marine de guerre, une armée permanente, restaure les routes et organise un remarquable service postal.

Son objectif principal, durant la suite de son règne, est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu'il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l'empire byzantin, du sultanat seldjoukide de Roum.

Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s'empare successivement de la forteresse desTempliers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268),d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers le8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l'alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s'emparer deMasyaf, la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des Assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Véritable artisan du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés, il est devenu le héros d'un roman de chevalerie, très populaire dans le monde arabe, le Sirat el-Malik el Zahir.
Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille : si deux de ses fils, Berke Khan et Salamish, sont bien sultans, en 1279 le sultanat revient au régent Qala'ûn.






(5) As-Said Nâsir ad-Dîn Baraka Khan ou Berke Khan est le sultan mamelouk d'Égypte de 1277 à 1279, fils de Baybars.

Son père l'a marié avec la fille de Qala'ûn dans le but d'en faire un allié lorsqu'il viendrait au pouvoir2. À la mort de son père en 1277, il n'a alors que dix-neuf ans. Il fait emprisonner le naib (vice-sultan) de son père et le remplace par un page d'origine mongole. Il envoie Qala'ûn en campagne contre le royaume arménien de Cilicie, mais celui-ci comprend que c'est une manœuvre pour l'éloigner et il revient au Caire2. Said Baraka Khan qui était à Damas se réfugie dans la citadelle du Caire où il est assiègé par Qala'ûn. Le 18 août 1279, Said Baraka Khan est contraint à se retirer et à quitter le Caire. Il peut se retirer dans la forteresse d'Al-Karak (en actuelle Jordanie) où il meurt peu après2.

Son frère Salamish qui n'a que sept ans lui succède pendant trois mois avec comme tuteur et régent Qala'ûn.






(6) Al-Adil Badr ad-Dîn Salamish ben az-Zahir Baybars est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte en 1279 à l'âge de sept ans et pour la durée d'un seul mois. Il est mort en 1291.

Le 18 août 1279, le sultan As-Sa`id Nâsir ad-Dîn Baraka, fils du grand Baybars est contraint à se retirer et à quitter le Caire. Des émirs offrent le sultanat à Qala'ûn. N'étant pas sûr de gagner tous les votes, Qala'ûn fait mine de refuser. Il suggère que la place revient à un fils de Baybars. Les émirs nomment donc le très jeune Al-Adil à ce poste avec comme tuteur Qala'ûn.

Qala'ûn profite de cette situation pour éloigner ou arrêter tous les émirs qui pourraient s'opposer à lui. Le 27 novembre 1279, il convoque une réunion de cent émirs et leur explique que seul un homme mûr peut assumer la charge de sultan; Les émirs votent pour la démission de Al-Adil et nomment Qala'ûn sultan.






(7) Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala’ûn al-Alfî, aussi connu sous le nom de Qala’ûn ou Kélaoun, est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte de1279 à 1290.

Il fait nommer Sultan le fils aîné de Baybars, Baraka. Constatant son incompétence à gouverner, Qala'ûn l'écarte du pouvoir. Il se fait alors nommer régent de Salamish, le frère cadet, en août 1279. En septembre 1279, il prend le pouvoir. Il mène alors une politique d’alliance avec les Kiptchak et Byzance contre les Il-Khan d’Iran. Il vainc les mongols d’Abaqa près de Homs (1281) grâce à la neutralité des Francs de Saint Jean d'Acre.

Le 25 mai 1285, il prend la forteresse des Hospitaliers de Marchat (Marqab). En mars 1289, il assiège Tripoli de Syrie, qui tombe le 27 avril. Une partie de la population parvient à s’enfuir par la mer, mais le reste des hommes est massacré, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage. La ville, pillée, est démolie et rasée.
Pressé par ses émirs d’en finir avec les Francs d’Acre, Qala’ûn refuse de violer le traité de 1283 et renouvelle la trêve pour dix ans en juillet 1289. Il encourage les musulmans à profiter d’Acre pour leurs échanges avec l’Occident, par l’intermédiaire des commerçants vénitiens et des Templiers, devenus les principaux banquiers de Syrie, et des marchands damascènes. Le port d’Acre connaît une période de prospérité. Cependant, au lendemain de la chute de Tripoli, le roi d’Acre Henry dépêche des messagers à Rome pour demander des renforts.

Une importante flotte occidentale chargée de croisés arrive à Acre au milieu de l’été suivant. Des marchands damascènes sont assaillis dans les rues, dévalisés et laissés pour morts par les nouveaux venus. Les autorités parviennent à rétablir l’ordre, mais la situation se détériore fin août. Qala’ûn profite de la situation. Il envoie à Acre une ambassade pour demander des explications et pour que les assassins lui soient livrés. Devant le refus des Francs, le sultan brise la trêve. Le 4 novembre 1290, l’armée mamelouk s’ébranle. Mais le lendemain Qala’ûn tombe malade. Il fait jurer à ses émirs et à son fils Khalil de terminer la campagne, et meurt moins d’une semaine plus tard.
Son successeur, Khalil, prendra Acre le 17 juin 1291.






(08) Al-Achraf Khalîl, de son nom complet Al-Achraf Salâh ad-Dîn Khalîl ben Qala'ûn2(12633-1293) fils de Qala'ûn est un sultan mamelouk bahrite d'Égypte de 1290 à1293.

Al-Achraf Khalîl est le fils de Qala'ûn, il a été désigné co-sultan lors de la mort de son frère aîné en 1288 mais Qala'ûn n'a pas confiance en Khalîl.
Qala'ûn conquiert le comté de Tripoli en 1289. Il marche ensuite sur Saint-Jean-d'Acre la capitale de ce qui reste du royaume de Jérusalem. Il meurt en novembre1290.

Khalîl lui succède et poursuit son offensive. En mai 1291, Khalîl rassemble toutes les forces disponibles en Égypte et en Syrie à Hisn al-Akrad. Acre est prise le17 juin 1291 après un siège sanglant.

Tous ceux qui n'ont pas réussi à s'enfuir sont exécutés et la ville est entièrement détruite. En août, Khalîl prend Tyr, Sidon, Haïfa et Beyrouth. Il rentre victorieux au Caire ayant enfin terminé le travail commencé par Saladin de chasser les croisés du Proche-Orient. Khalîl est appelé le nouvel Alexandre.

En 1292, Khalîl envahit le royaume arménien de Cilicie prend Hromgla siège du patriarcat arménien. Ce petit royaume va disparaître peu à peu. En revanche Khalîl a de bonnes relations avec le royaume de Chypre, le royaume d'Aragon et celui deSicile avec lesquels il signe des traités de commerce.

Khalîl a poursuivi la politique de son père qui consistait à remplacer les mamelouks turcs par des circassiens. Il nomme un Arabe, Ibn as-Salus, comme grand vizir alors que c'était une fonction qui avait disparu au début du siècle pour irriter les mamelouks turcs encore plus. Finalement Khalîl est assassiné par son régent turc Baydara en décembre 1293. Le meurtrier réclame le sultanat, mais il est rapidement tué par les circassiens. Son frère4 âgé de sept ans, An-Nâsir Muhammad, est choisi pour lui succéder, mais son régent Kitbugha va rapidement l'éloigner


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 20:08







Alep, initialement possession du sultanat de Roum est conquise en 1086 par Tutuş, émir de Damas, qui se proclame ensuite sultan seldjoukide de Syrie. À sa mort, ses émirats son partagés entre ses deux fils, qui se détestent. Il va s'ensuivre une rivalité entre les deux émirats qui va survivre longtemps à l'extinction de la descendance de Tutuş. Lié à Mossoul, l'émirat se retrouve dans l'empire zengide, avant de devenir le centre du pouvoir de Nur ad-Din, puis de passer sous le contrôle de Saladin. Après la mort de Saladin, il devient un émirat distinct, parfois rattaché à l'Égypte, mais finalement détruit par les Mongols.

Émirs d'Alep pendant les croisades

• 1086 – 1086 : Tutus, émir de Damas et d’Alep, sultan de Syrie
• 1086 – 1094 : Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d’Alep nommé par Tutus  sur l’ordre de son frère ainé Malik Shah Ier. Tutus reste souverain.
• 1094 – 1095 : Tutus, de nouveau
• 1095 – 1113 : Ridwan, émir, fils du précédent
• 1113 – 1114 : Alp Arslan, émir, fils du précédent
• 1114 – 1118 : Sultan Shah, émir, frère du précédent
• 1118 – 1122 : Il Ghazi, atabeg (ortoqide)
• 1122 – 1123 : Badr al-Dawla Sulaîmân, neveu du précédent
• 1123 – 1124 : Balak ibn Bahram ibn Ortok, atabeg, neveu d’Il Ghazi
• 1124 – 1125 : Husâm ad-Dîn Temür Tash, fils d’Il-Ghazi, détrôné
• 1125 – 1126 : Aq Sonqor Bursuqî, atabeg de Mossoul et d’Alep
• 1126 – 1127 : Mas’ûd ibn Bursuqî , fils du précédent
• 1127 – 1128 : Khutlugh, mamelouk
• 1128 – 1146 : Imad ad-Din Zengi, atabeg de Mossoul et d’Alep (Zengide)
• 1146 – 1174 : Nur ad-Din Mahmud, atabeg de Mossoul et d’Alep, fils du  précédent
• 1174 – 1181 : As-Salih Ismail, fils du précédent
• 1181 – 1183 : Imad ad-Din Zengi, cousin du précédent, fils du Qutb ad-Dîn Mawdûd, atabeg de Mossoul
• 1183 – 1193 : Saladin, sultan d’Egypte, émir de Damas et d’Alep (Ayyoubide)
• 1186 – 1216 : Malik al-Zahir, fils du précédent
• 1216 – 1236 : Al-Malik Al-Aziz Mohammed, fils du précédent
• 1236 – 1260 : Al-Nasir Yusuf (El-Malek en-Naser Salah ed-Din Yusuf), fils du précédent




Il faut également citer un cadi de la ville, Ibn al-Khashshâb, qui, sans prendre part au gouvernement de la ville, s'est fait le champion de la lutte contre les croisés de 1099 à sa mort en 1125. Sans vouloir le pouvoir pour lui-même, il a pris part à plusieurs reprises pour influer sur la politique de la ville, n'hésitant pas à solliciter un chef musulman à prendre la direction de la ville quand l'émir en place n'était pas assez combatif vis-à-vis des Francs.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 20:38





Jusqu’en 1085, Antioche est tenue par Philaretos Brakhamios (1), un gouverneur d’origine arménienne qui tient théoriquement la ville au nom des byzantins, mais qui se comporte comme un prince indépendant. La ville est prise en 1085 par Süleyman Ier Shah, sultan de Roum, mais ce dernier est tué l’année suivante par le seldjoukide syrien Tutus et la ville d’Antioche est confiée sur l’intervention de Malik Shâh, le grand seldjoukide à un de ses officiers Yâghî Siyân. Après la mort de Malik Shâh, Yâghî Siyân parvient à se concilier la faveur de Tutus, puis celle de son fils, Ridwan d’Alep, de sorte qu’Yâghî Siyân (2) est le premier des émirs syriens à se retrouver face aux croisés.



Emirs d’Antioche pendant les croisades

• 1086-1098 : Yâghî Siyân





NOTES :

(1) Philaretos (francisé  en Philarète) Brakhamios (ou Vharam) est un homme politique et un militaire arméno-byzantin du XIe siècle. Après la bataille de Manzikert en 1071 et alors que les Seldjoukides déferlent sur l’Anatolie, Philarète parvient à se maintenir en Cilicie, en Euphratèse et à Antioche. Personnage controversé, il y établit une principauté autonome jusque dans les années 1080, posant ainsi les bases du futur royaume arménien de Cilicie, avant de perdre ses territoires les uns après les autres.

La défaite byzantine de 1071 ouvre les portes de l'Anatolie aux Seldjoukidesd'Alp Arslan. Philarète réunit alors les garnisons de la frontière orientale, comptant de nombreux Arméniens, avec l'aide notamment de Gabriel à Mélitène et de Basile Apokapès à Édesse ; la longue résistance qu'il mène conduit à la constitution d'un réduit sous autorité nominale byzantine. Cette principauté autonome s'étend jusqu'à couvrir la Cilicie (avec notamment Tarse,Mopsueste et Anazarbe), Antioche, l'Euphratèse et la corne sud-ouest de laGrande-Arménie, ainsi que temporairement la Cappadoce orientale et Chypre.

Sous Michel VII Doukas, Philarète doit faire face à l'opposition de certains de ses compatriotes (qui, eux, relèvent de l'Église apostolique arménienne), tels Apelgharip Arçrouni et Vasak Pahlavouni, et sans doute Tornik de Sassoun3. Ses relations avec Constantinople ne s'améliorent qu'à partir de 1078, sousNicéphore III Botaniatès qui reconnaît officiellement6 son gouvernement autonome de territoires coupés de l'Empire par les Seldjoukides.


Philarète intègre notamment dans ses troupes des mercenaires francs (troupes de Roussel de Bailleul, Hervé Frankopoulos, ou encore Raimbaud)

La principauté mise sur pied par Philarète n'est pourtant qu'éphémère, et ses territoires lui sont pris les uns après les autres, malgré même une conversion temporaire à l'islam. Antioche tombe ainsi en 1084 aux mains de Süleyman Ier, sultan de Roum; en 1086débute une offensive des Grands Seldjoukides, qui prennent Édesse en 1087.

Plusieurs de ses lieutenants parviennent toutefois à se maintenir, comme Gabriel, Thoros et Basile le Voleur ; les Roupénides se retranchent quant à eux dans les montagnes ciliciennes et constituent un embryon du futur royaume arménien de Cilicie, à l'origine duquel Philarète se situe ainsi involontairement.
La date de la mort de Philarète n'est pas certaine : si son nom disparaît des sources en 1086, Dédéyan la fixe en 1090 et Cheynet en1092.

Les relations de Philarète avec Byzance, sa fidélité à Romain IV et les problèmes rencontrés sous Michel VII en font une personnalité controversée, entre le général loyal et le rebelle. Ses croyances chalcédoniennes causent également son rejet chez certainsArméniens, comme Mathieu d'Édesse qui le traite notamment de « premier-né de Satan ».








(2) Yâghî Siyân est un émir d’Antioche de 1086 à 1098. C’est le premier des émirs syriens à subir l’invasion des croisades.

C’est un officier du sultan seldjoukide Malik Shah Ier qui, lorsque le frère de Malik Shah Ier Tutuş bat Süleyman Ier Shah, sultan de Roumintervient pour empêcher Tutuş de se créer un principauté en Syrie.

Malik Shah ne laisse à son frère que le titre de sultan de Syrie et le sud de la Syrie, comprenant Damas et Jérusalem, et confie la villed’Alep à Aq Sunqur al-Hajib, Édesse à Buzan et Antioche à Yâghî Siyân.

Il réussit, à force de souplesse politique à rester en bon terme avec Tutuş. À la mort de Malik Shah, en 1092, Tutuş profite de la jeunesse de ses neveux et de l’anarchie consécutive à la succession pour tenter de reprendre l’avantage. En 1093, il oblige les trois émirs d’Alep, d’Antioche et d’Édesse à le suivre combattre en Iraq. Au moment où il doit affronter Barkiyârûk, le fils de Malik Shah qui a pris le pouvoir, Al Sunqur et Buzan abandonnent Tutuş, l’obligeant à battre en retraite. Tutuş se venge en prenant Alep et en capturant Al Sunqur et Buzan, qui était venu secourir l’émir d’Alep, et en les faisant exécuter. Il soumet alors la Syrie du Nord, étant sa suzeraineté sur Yâghî Siyân et sur Antioche. En 1095, il tente une nouvelle expédition contre Barkiyârûk, mais il est vaincu et tué le 26 février 1095. La Syrie est alors divisée entre l’émirat d’Alep, donné à son fils aîné Ridwan et l’émirat de Damas, qui revient à son fils cadet Duqâq.

Les deux frères ennemis, ne parviendront pas à s’entendre, chacun cherchant à s’emparer de l’émirat de l’autre et Yâghî Siyân louvoiera entre les deux pour se maintenir à Antioche. Ainsi au début de 1096, il marche sur Damas avec Ridwan mais ils échouent à prendre la ville. Puis, au milieu de 1096, il va voir Duqâq et le persuade de faire la conquête d’Alep, mais également sans succès. C’est alors que Yâghî Siyân apprend l’arrivée d’une force chrétienne décidée à reprendre les Lieux saints et qui vient de défaire les forces du sultanat de Roum. Comme Antioche n’a été conquise sur les Byzantins que douze ans auparavant, elle est encore fortement peuplée de chrétiens, et Yâghî Siyân les expulse de la ville car il ne veut pas prendre de risques.
L’armée croisée arrive devant Antioche le 21 octobre 1097. Les murailles de la ville sont solides, mais Yâghî Siyân estime qu’une s’agit d’une tentative de l’empereur byzantin de reprendre Antioche et envoie son fils Shams al-Dawla à Damas pour convaincre l’émir Duqâq de le secourir. Mais ce dernier hésite et ne part qu’au mois de décembre. La situation est délicate pour les croisés car ils manquent de vivres et les petites expéditions sont attaquées par les troupes d’Antioche qui parviennent à quitter la ville. Aussi Bohémond de Tarente etRobert Courteheuse partent avec un grand nombre de croisés pour assurer le ravitaillement. Profitant de cette absence d’une partie de l’armée, Yâghî Siyân tente d’attaquer leur camp le 29 décembre mais est repoussé par Raymond de Saint-Gilles. De leur côté Bohémond de Tarente et Robert Courteheuse rencontre l’armée de secours de Duqâq et la mettent en déroute, mais il rentre bredouille aux abords d’Antioche et échappent à la disette que grâce aux secours apportés par les Arméniens de Cilicie.

Après Duqâq, c’est à Ridwan, émir d’Alep que Shams al-Dawla fait appel pour secourir Antioche. Ridwan laisse taire sa rancune et ne peut de toute façon pas laisser une ville dépendant de son émirat tomber aux mains des chrétiens. Il réunit une armée et prend la direction d’Antioche mais il est battu à proximité du lac d’Antioche le 9 février 1098 et Yâghî Siyân fait alors appel à grand sultanseldjoukide, Barkiyârûk, sui désigne Kerbogha, atabeg de Mossoul, pour organiser une expédition de secours. Kerbogha réunit une armée et marche vers Antioche, mais perd trois semaines à assiéger Édesse, tenue par un autre croisé, Baudouin du Bourg. Ce délai permet à Bohémond de Tarente de s’entendre avec un arménien d’Antioche, Firouz, que Yâghî Siyân a puni pour s’être livré au marché noir. Dans la nuit du 2 au 3 juin, Firouz aide les soldats de Bohémond, qui s’emparent de la Tour des Deux Sœurs, puis investissent la ville.
Il semble que Yâghî Siyân, à l’annonce de cette nouvelle, soit pris de panique et s’enfuit de la ville avec trente serviteurs, tandis que Shams al-Dawla se retranche avec ses soldats dans la citadelle. Désespéré, Yâghî Siyân pleure sa ville et sa famille perdue et tombe de cheval, et est abandonné par ses serviteurs qui s’enfuient. C’est là que des bûcherons arméniens le découvrent, le décapitent et amènent sa tête à Antioche.

Kerbogha et son armée arrivent le 5 juin et demande à Shams al-Dawla de lui remettre la citadelle, action qui inspire la méfiance aux émirs syriens qui l’accompagnent et qui redoutent ses ambitions sur la Syrie. De plus, Ridwan qui n’a pas rejoint la grande armée et craint que Kerbogha et Duqâq ne complotent contre lui attise les dissensions, de sorte que c’est une armée divisée qui affronte les croisés et qui est vaincue le 28 juin 1098.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 21:27





Damas, est confié en 1078 par le sultan seldjoukide Malik Shah Ier à son frère Tutus, qui fait ensuite la conquête d’Alep et se proclame sultant seldjoukide de Syrie. A sa mort, ses émirats sont partégés entre ses deux fils, qui se détestent. Il va s’ensuivre une rivalité entre les deux émirats qui va survivre longtemps à l’extinction de la descendance de Tutus. Longtemps  Damas préfère s’allier au royaume de Jérusalem contre zengi, mais la maladresse des croisés lors de la seconde croisade qui assiègent Dama renverse l’opinion, et la ville se rallie à Nur ad-Din, fils de Zengi, puis passe sous le contrôle de Saladin après la mort de Nur ad-Din. Après la mort de Saladin, il devient un émirat distinc, parois rattaché à l’Egypte, mais finalement détruit par les Mongols.


Emir de Damas pendant les croisades
• 1078-1095 : Tutus, sultan de Syrie
• 1095-1104 : Duqâq, émir, fils du précédent
• 1104-1104 : Tutus, émir, fils du précédent
• 1104-1104 : Baktasch, émir, oncle du précédent, déposé par Tughtekin
• 1104-1128 : Tughtekin (bouride)  
• 1128-1132 : Buri Taj el-Moluk, fils du précédent
• 1132-1135 : Shams al-Muluk Isma’il, fils du précédent
• 1135-1139 : Shihab ad-Din Mahmud
• 1139-1140 : Jemal ad-Din Muhammad
• 1140-1154 : Mujir ad-Din Abaq
• 1154-1174 : Nur ad-Din Mahmud, atabeg de Mossoul et d’Alep (Zengide)
• 1174-1176 : As-Salih Ismail, fils du précédent
• 1176-1193 : Saladin, sultan d’Egypte, émir de Damas et d’Alep (Ayyoubide)
• 1186-1196 : Malik al-Afdhal, fils du précédent
• 1196-1218 : Al-Adil Sayf al-Din, frère de saladin sultan d’Egypte en 1200
• 1218-1227 : Malik al-Mu’azzam Musa, fils du précédent
• 1227-1229 : An-Nasir Dâ’ûd, fils du précédent
• 1229-1237 : Al-Ashraf, oncle du précédent
• 1237-1237 : Al-Salih Ismaël, frère du précédent
• 1237-1238 : Al-Malik al-Kamil Ier Nâsir ad-Dîn, frère du précédent
• 1238-1238 : Al-Adil II Sayf ad-Din, fils du précédent
• 1238-1239 : Malik al-Salih Ayyoub, frère du précédent
• 1239-1245 : Al-Salih Ismaël, de nouveau
• 1245-1260 : Malik al-Salih Ayyoub, de nouveau
• 1249-1250 : Tûrân Châh, fils du précédent
• 1250-1260 : Al-Nasir Yusuf (El-Malek en-Naser Salah ed-Din Yusuf), émir d’Alep


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Dim 28 Fév - 21:40




Homs, anciennement Emèse, est un émirat mineur, vassal de celui d’Alep. Ses émirs, au cours du début du XIIe siècle sont de farouches ennemis des Francs. En 1129, inquiet de la montée de pouvoir de Zengi, l’émir de Homs fait allégeance à l’émir de Damas. Il meurt peu après et ses fils, mineurs cèdent Homs à Damas en échange de Palmyre. Le mamelouk Mu’in al-Dîn Unur reçoit la ville et la défend contre les assauts des Byzantins, du prince d’Antioche et de Zengi. Ce dernier se fera cependant céder la place par diplomatie en 1138, et Homs suit les destinées d’Alep, jusqu’à ce que Saladin envoie un de ses cousins en faire la conquête. Ce cousin transmet la ville à ses descendants, jusqu’à la conquête mongole en 1260, puis Homs se retrouve ensuite intégré dans l’empire mamelouk.

Liste fragmentaire des émirs de Homs pendant les croisades

• 1095-1097 : ridwan, émir d’Alep
• 1097,1098,1101,1102 : Janâh al-Dawla ibn Mulâ’ib (†1103), beau-père de Ridwan.
• 1102 : Tughtekin
• 1109, 1115, 1123,1125,1129 : Qîrkhân ibn Qarâjâ
• 1135,1137,1138 : Mu’în al-Dîn Unur
• 1138 – 1146 : Zengi, atabeg de Mossoul et d’Alep
• 1146 – 1149 : Qutb ad-Dîn Mawdûd, fils du précédent
• 1149 -1174 :  Nur ad-din Mahmud, atabeg de Mossoul et d’Alep, frère du précédent
• 1174 – 1179 : As-Salih Ismail, atabeg d’Alep, fils du précédent
• 1179 – 1186 : Naser ad-Din Mohammed (ayyoubide), fils de Shirkuh, cousin germain de Saladin
• 1186-1240 : El-Malik el-Mojahed Shirkuh, fils du précédent
• 1240-1246 : El-Malik el-Mansour Ibrahim, fils du précédent
• 1246-1260 : El-Malek el-Ashref Modaffer ed-Din Musa, fils du précédent


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 12:05




Durant le XIe siècle, Jérusalem fait partie du califat fatimide. En 1071, le chef turc Atsiz ibn Abaq en fait la conquête au nom du sultan seljoukide Alp Arslan, qui confie ensuite la ville aux Ortoqides.  Profitant des ennuis des seldjoukides aux prises avec les croisés qui assiègent Antioche, les Fatimides reprennent Jérusalem, mais pour peu de temps, car les croisés prennent la ville le 15 juillet 1099.



Gouverneurs de Jérusalem
• 1071-1078 :  Atsiz ibn Abaq († 1078)
• 1078-1091 :  Ortoq ibn Aksab († 1091)
• 1091-1098 : Soqman Ibn Ortoq († 1103), fils du précédent
• 1098-1099 : Itkhâr al-Dawla, gouverneur fatimide


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 12:47





Mossoul est une cité située au nord de  la Mésopotamie et qui tient les routes reliant cette région à la Syrie. La création du comté d’Edesse dès 1098 la place sous la menace directe des Francs, aussi, après les échecs de Ridwan d’Alep et de Duqâq de Damas, l’atabeg Kerbogha prend-il la tête de la résistance musulmane face aux croisés, espérant obtenir du même coup la prédominance en Syrie. Sa défaite sonne le glas de ses espérances et, après la mort en 1102, Mossoul devient l’enjeu de luttes de successions et se désintéresse des croisades. Mossoul est pourtant une cité qui présente au sultan seldjoukide le double avantage d’être à portée de sa main et d’être suffisamment proche de la Syrie pour envisager d’en faire une base pour lancer de contre-croisades, aussi reprend-il le contrôle de la ville pour y nommer des atabegs chargés d’organiser la contre-attaque contre les Francs. Le premier d’entre eux à obtenir des succès est Zengi qui s’empare du comté d’Edesse de 1144 à 1146, mais qui a également commencé l’unification politique de la Syrie. A sa mort son royaume est divisé entre ses fils, Alep revenant à Nur ad-Din et Mossoul à Saif ad-Dîn Ghâzî Ier. Dès lors, Mossoul est séparé des Etats francs par ceux de Nur ad-Din, puis par ceux de Saladin, et ne prendra qu’une très faible part de la lutte contre les Francs, se consacrant plutôt aux luttes de pouvoir en Mésopotamie.



Atabeg de Mossoul pendant les croisades

• ????-1096 : Alî ibn Muslim, émir
• 1096-1102 : Keerbogha
• 1102          : Sonqorja
• 1102          : Musa
• 1102-1107 : Jekermish
• 1107          : Kiliç Arslan Ier, sultant de Roum, contrôle Mossoul
• 1107-1109 : Jâwali Saqâwâ
• 1109-1113 : Mawdûd ibn Altûntâsh
• 1113-1115 : Aq Sonqor Bursuqî
• 1115-1121 : Juyûsh-beg
• 1121-1126 : Aq Sonqor Bursiqî, de nouveau atabeg
• 1126-1127 : Ma’ûd ibn Bursuqî, fils du précédent
• 1127-1146 : Imad ad-Din Zengi
• 1146-1149 : Saif ad-Dîn Ghâzi Ier, fils du précédent
• 1149-1171 : Qutb ad-Dîn Mawdûd, frère du précédent
• 1171-1174 : Nur ad-Din, oncle du précédent, fils de Zengi
• 1174-1180 : Saif ad-dîn Ghâzi II, de nouveau
• 1180-1193 : Izz ad-Din Mas’ud Ier, frère du précédent
• 1193-1211 : Nur ad-Din Arslan Shah Ier, fils du précédent
• 1211-1218 : Izz ad-Din Mas’ud II, fils du précédent
• 1218-1219 : Nur ad-Din Arslan Shah II, fils du précédent
• 1219-1222 : Nasir ad-Din Mahmud, frère du précédent
• 1222-1259 : Bedr ad-Din Lulu









Au cours du Xe siècle, Tripoli fait partie du califat fatimide d’Egypte, mais, profitant de l’avancée des seldjoukides en Syrie, qui s’emparent de la Palestine, Abû Tâlib, qâdî de Tripolie et fondateur de la famille des Banû’Ammâr, se rend indépendant de l’Egypte et pratique une politique d’équilibre entre les Fatimides et les Seljoukides.  En effet, fortement défendue par ses remparts, la ville pouvait subir un siège des uns ou des autres en attendant le camp adverse envoie une armée déloger les attaquants. Cette politique est un succès, jusqu’à l’arrivée des Croisés, ,qui commencent à coloniser le pays. Ceux-ci, pressés d’atteindre Jérusalem, diffèrent la conquête de Tripoli en raison de la puissance de ses murailles, mais l’un des chefs croisés, Raymond de Saint Gilles, revient dans le pays avec la ferme intention de se tailler une principauté ayant tripoli pour capitale. Le siège dure de 1102 à 1109, à l’issue duquel la ville devient la capitale du comté de Tripoli.



Qâdis de Tripoli pendant les croisades
• 1070-1072 : Abû Tâlib Amîn al-Dawla al-Hasan ibn ‘Ammâr
• 1072-1098 : Jalâl al-Mulk Abu’l Hasan’Ali ibn Muhammad ibn’Ammâr, neveu du précédent
• 1098-1108 : Fakhr al-Mulk Abû’Ali’Ammâr, frère du précédent


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 13:07



Loin de Bagdad, vit le calife abbasside, l’autorité religieuse islamique suprême. Il n’exerce aucune autorité politique depuis le milieu du IXe siècle, le pouvoir étant assuré par les Seldjoukides du milieu du XIe siècle à la fin du XIIe sièclee, puis par les Korasmiens. Ce pouvoir politique est cependant très disputé et l’on voit Zengi intervenir dans les affaires du califat quand il ne lutte pas contre les Francs. L’invasion mongole de 1258 mettra une fin défitinive au califat abbasside de Bagdad, qui sera cependant restauré en Egypte sous la protection des Mamelouks.

Mais le calife jouit d’une autorité religieuse incontestée et on le voit intervenir pour ramener la paix entre Musulmans. Ainsi en 1250, les Mamelouks détrônent et assassinent le dernier sultan ayyoubide d’Egypte, et son cousin, émir ide Damas, leur déclare la guerre pour venger son cousin et s’approprier l’Egypte. Pour éviter que les deux camps ne s’affaiblissent face à Saint-Louis qui séjourne en Terre Sainte, le calife ordonne aux bélligérants de faire la paix, et il sera obéi.


Califes abbassides pendant les croisades
• 1094-1118 : Al-Mustazhir
• 1118-1135 : Al-Mustarchid
• 1135-1136 : Ar-Râchid
• 1136-1160 : Al-Muqtafi
• 1160-1170 : Al-Mustanjid
• 1170-1180 : Al-Mustadhi
• 1180-1225 : An-Nasir
• 1225-1226 : Az-Zâhir
• 1226-1242 : Al-Mustansir
• 1242-1258 : Al- Musta’sim



Sultans seldjoukides pendant les croisades
• 1072-1092 : Malik Shah Ier
• 1092-1093 : Mahmud Ier
• 1093-1105 : Berk-Yaruq
• 1105-1105 : Malik Shah II
• 1105-1118 : Muhammad Ier Tapar
• 1118-1131 : Mahmud II
• 1131-1132 : Dawud
• 1132-1133 : Tugrul II
• 1133-1152 : Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd
• 1152-1153 : Malik Shah III
• 1153-1160 : Muhammad Ilanat
• 1160-1161 : Ghiyath ad-Din Suleyman Shah
• 1161-1178 :Mu’izz ad-Din Arslan
• 1178-1194 : Tugrul III


En 1194, Tugrul III est déposé par Takash, chef Khorezmiens, qui met fin au sultanat seldjoukide et fonde le sultanat khoremiens. Ce dernier est détruit en 1231.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 14:41










• Kiliç Arslan Ier, sultan seldjoukide de Roum
• Danichmend, émir danichmendide
• Yâghî Siyân, émir d’Antioche
• Kerbogha, émir de Mossoul
• Ridwan, émir d’Alep
• Duqâq, émir de Damas
• Tughtekin, général damascène, futur émir de Damas
• Il Ghazi ibn Ortoq, général damascène, futur émir d’Alep
• Iftikhâr al-Dawla, gouverneur fatimide de Jérusalem


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 14:43

Kiliç Arslan, Kilitch-Arslan ou Kilij Arslan est un sultant seldjoukide de Roum (1092-1107). Il est le fils et successeur de Suleyman Ier (1074-1086).

Après la mort au combat de son père à Alep en 1086, il est capturé parle vainqueur Tutuch, fondateur de la dynastie seldjoukide de Syrie. Le sultanat de Rum est alors confié au régent Abû’l-Qasîm. Tutuch marche sur l’Anatolie afin de l’éminer. Les byzantins l’obligent à se retirer, sauvant du desastre les seldjoukides de Roum.

Le règne

Profitant de la mort du sultan grand seldjoukide Malik Ch^^ah Ier (1092), Kiliç Arslan regagne l’Anatolile à la fin de l’année. L’émir de  Smyrne, Zachas, lui offre la main de sa fille pour s’en faire un allié contre Byzance. Kiliç Arslan le fait assassiner l’année suivante pour obtenir la faveur d’Alexis Ier Comnène.
Il a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099).il anéantit la croisade populaire de Pierre l’Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096). Croyant le danger écarté, il se retourne alors contre ses ennemis turcs à l’Est.

En mai 1097, Kılıç Arslan est en campagne dans la région de Malatya2. Les Croisés assiègent Nicée avec le soutien de l'empereurbyzantin Alexis Ier Comnène. Kılıç Arslan conclut une trêve avec Danichmend et marche vers l'ouest mais doit se replier le 21 mai sur Konya devant l'ampleur des forces croisées. Nicée est livrée aux Byzantins (19 juin). Les dignitaires du sultanat sont épargnés et la jeune sultane, accompagnée de son nouveau-né, est reçue à Constantinople avec les honneurs royaux. Elle est conduite auprès de son frère, l'émir de Smyrne, qui devant la menace franque et byzantine abandonne ses possessions en Égée pour reconduire sa sœur auprès de Kılıç Arslan.

Kılıç Arslan conclut alors une alliance avec Danichmend et rassemble les Turcs, tandis que les Francs quittent Nicée pour marcher sur Konya (juin). Les Turcs leur tendent une embuscade près de Dorylée (17 rajab 490 A.H./1er juillet 1097). Mais la cavalerie légère turque ne peut rien contre les armures des chevaliers francs qui forcent le passage. Kılıç Arslan, encerclé, prend la fuite, suivi par Danichmend et la plupart des émirs. L'armée turque restée sur place est taillée en pièces. Les Francs traversent lentement l'Anatolie et le 21 octobre1097, mettent le siège devant Antioche puis se lancent à la conquête de la Syrie et de la Palestine.

Durant l'été 1101, les Turcs provisoirement unis massacrent trois expéditions de croisés qui traversaient l'Anatolie.

En 1106, Kılıç Arslan prend Mayyafarikin (de nos jours Silvan) aux Artukides et Malatya qu'il convoitait depuis longtemps.

En 1107, Kılıç Arslan, appelé par les habitants de Mossoul, entre dans la ville, chasse l'atabeg Jawali et s'y fait proclamer sultan. Il nomme son fils Malik Shah de onze ans comme son lieutenant. Vaincu par le Grand seldjoukide Muhammed Ier, il doit se replier et se noie en traversant le fleuve Khabur (juin 1107). Resté à Mossoul, Malik Shah est fait prisonnier et emmené à Ispahan.

Kılıç Arslan Ier a eu douze enfants dont cinq fils :
1. L'aîné est mort, avant 1107, dans un combat contre le danichmendide Amir Ghazi Gümüchtegin.
2. Malik Shah est le second fils et héritier présomptif qui doit faire face à ses deux puînés. Il succède à son père de 1107 à 1116mais il est retenu prisonnier à Mossoul. Il n'exerce réellement le pouvoir qu'après sa libération en 1109/10.
3. Mas'ud Ier dépose et fait tuer son frère Malik Shah en 1116. Il règne jusqu'en 1155.
4. `Arab se rebelle contre son frère Mas`ûd en 1126
5. Tuğrul Arslan, après la mort de Kılıç Arslan, sa mère exerce le pouvoir à Malatya.


Danichmend Ghâzi ou Danishmend Gazi est le fondateur et éponyme de la dynastie turque des Danichmendides qui a régné sur une partie de l’Anatolie aux XIe et XIIe siècles après la défaite des Byzantins à la bataille de Manzikert contre le Seldjoukide Alp Arslan (1041). Danichmend décède en 1104.

Amir Danichmend Ghâzi fait parite de l’entouraage de Suleyman ibn Kutulmus premier sultan de Roum.

Après la bataille de Manzikert en 1071, l’Anatolie est ouverte au peuple turc. Suleyman prend Nicée aux Byzantins en 1078. Maitre des rives de Propontide et du Bosphore, les Turcs forment désormais une masse de manœuvre proche de Constantinople, à disposition de tous les ambitieux.

En 1080, en tant que vassal de Byzance, Suleyman ibn Kutulmus entreprend de soumettre l’Est anatolien. Puis il prend Iconium (Konya) et attaque la Cilicie arménienne et Philarète Vahram au sud de Malatya (1084). En 1085,  il prend Antioche,  puis marche sur Alep où il est vaincu par Tutus, frère du sultan seldjoukide de Bagdad Malik Shah Ier. Son fils Kiliç Arslan est emmené en captivité.

En 1086, Suleyman ibn Kutulmus décède. Le sultanat de Rum est gouverné par le régent Abû’l-Qasîm, jusqu’à la libératin de Kiliç Arslan à la fin de l’année 1092.

Danishmend profite de cette situation de faiblesse pour installer autour de Sivas un état qui va s’étendre jusqu’à ce que les querelles internes de succession ne fassent le jeu des Seldjoukides de Roum. Il reçoit le titre de « Malik » que lui confère le calife abbasside Al-Mustarchid, titre que recevront plus tard les Ayyoubides de Syrie.

Le 21 octobre 1096, la croisade populaire de Pierre l’Ermite et Gautier Sans-Avoir fait mouvement vers Nicée. Cette masse mal entrainée est facilement vaincue par Kiliç Arslan, sultant de Nicée. Avec l’arrivée des croisés en décembre, les Byzantins organisent une attaque conjointe surla ville de Nicée.

Kiliç Arslan reprend alors un conflit contre son voisin oriental, Danichmend, qu’il affronte lors du siège de Malatya. Il laisse famille et trèsor à Nicée. En pleine campagne, il reçoit des nouvelles lui annonçant l’arrivée de la Croisade des barons mais il s’en soucie d’abord assez peu.

En mai 1097, les Croisés assiègent Nicée. Lorsque la gravité de la situation se confirme, Kılıç Arslan conclut une trêve avec Danichmend et marche vers l'ouest. Il doit se replier le 21 mai sur Konya devant l'ampleur des forces croisées. Nicée est livrée aux Byzantins (19 juin). Les dignitaires du sultanat sont épargnés et la jeune sultane, accompagnée de son nouveau-né, est reçue à Constantinople avec les honneurs royaux. Elle est conduite auprès de son frère, l'émir de Smyrne, qui devant la menace franque et byzantine abandonne ses possessions en mer Égée pour reconduire sa sœur auprès de Kılıç Arslan.

Kılıç Arslan conclut alors une alliance avec Danichmend et rassemble les Turcs, tandis que les Francs quittent Nicée pour marcher sur Konya (juin 1097). Les Turcs leur tendent une embuscade près de Dorylée (1er juillet). Mais la cavalerie légère turque ne peut rien contre les armures des chevaliers francs qui forcent le passage. Kılıç Arslan, encerclé, prend la fuite, suivi par Danichmend et la plupart des émirs. L'armée turque restée sur place est taillée en pièces. Les Francs traversent lentement l'Anatolie et le 21 octobre 1097, mettent le siège devant Antioche puis se lancent à la conquête de la Syrie et de la Palestine.

En 1100, Danichmend fait prisonnier Bohémond de Tarente.

Au printemps 1103, Danichmend libère Bohémond de Tarente contre cent mille dinars de rançon et la libération de la fille de Yaghi Siyan, l'ancien maître d'Antioche, qui était captive. Bohémond rentre à Antioche, où il fait payer aux musulmans des villes voisines le prix de sa rançon, puis part ensuite pour l'Europe. Malatya est prise par les Danichmendides. Gabriel de Malatya est pris et exécuté par les soldats du sultan.
En 1104, Danichmend décède, son fils Amir Ghazi Gümüchtegin lui succède.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 14:45

Yâghî Siyân est un émir d’Antioche de 1086 à 1098. C’est le premier des émirs syriens à subir l’invasion des croisades.

C’est un officier du sultan seldjoukide Malik Shah Ier qui, lorsque le frère de Malik Shah Ier Tutuş bat Süleyman Ier Shah, sultan de Roum intervient pour empêcher Tutuş de se créer un principauté en Syrie.

Malik Shah ne laisse à son frère que le titre de sultan de Syrie et le sud de la Syrie, comprenant Damas et Jérusalem, et confie la villed’Alep à Aq Sunqur al-Hajib, Édesse à Buzan et Antioche à Yâghî Siyân.

Il réussit, à force de souplesse politique à rester en bon terme avec Tutuş. À la mort de Malik Shah, en 1092, Tutuş profite de la jeunesse de ses neveux et de l’anarchie consécutive à la succession pour tenter de reprendre l’avantage. En 1093, il oblige les trois émirs d’Alep, d’Antioche et d’Édesse à le suivre combattre en Iraq. Au moment où il doit affronter Barkiyârûk, le fils de Malik Shah qui a pris le pouvoir, Al Sunqur et Buzan abandonnent Tutuş, l’obligeant à battre en retraite. Tutuş se venge en prenant Alep et en capturant Al Sunqur et Buzan, qui était venu secourir l’émir d’Alep, et en les faisant exécuter. Il soumet alors la Syrie du Nord, étant sa suzeraineté sur Yâghî Siyân et sur Antioche. En 1095, il tente une nouvelle expédition contre Barkiyârûk, mais il est vaincu et tué le 26 février 1095. La Syrie est alors divisée entre l’émirat d’Alep, donné à son fils aîné Ridwan et l’émirat de Damas, qui revient à son fils cadet Duqâq.

Les deux frères ennemis, ne parviendront pas à s’entendre, chacun cherchant à s’emparer de l’émirat de l’autre et Yâghî Siyân louvoiera entre les deux pour se maintenir à Antioche. Ainsi au début de 1096, il marche sur Damas avec Ridwan mais ils échouent à prendre la ville. Puis, au milieu de 1096, il va voir Duqâq et le persuade de faire la conquête d’Alep, mais également sans succès. C’est alors que Yâghî Siyân apprend l’arrivée d’une force chrétienne décidée à reprendre les Lieux saints et qui vient de défaire les forces du sultanat de Roum. Comme Antioche n’a été conquise sur les Byzantins que douze ans auparavant, elle est encore fortement peuplée de chrétiens, et Yâghî Siyân les expulse de la ville car il ne veut pas prendre de risques.
L’armée croisée arrive devant Antioche le 21 octobre 1097. Les murailles de la ville sont solides, mais Yâghî Siyân estime qu’une s’agit d’une tentative de l’empereur byzantin de reprendre Antioche et envoie son fils Shams al-Dawla à Damas pour convaincre l’émir Duqâq de le secourir. Mais ce dernier hésite et ne part qu’au mois de décembre. La situation est délicate pour les croisés car ils manquent de vivres et les petites expéditions sont attaquées par les troupes d’Antioche qui parviennent à quitter la ville. Aussi Bohémond de Tarente etRobert Courteheuse partent avec un grand nombre de croisés pour assurer le ravitaillement. Profitant de cette absence d’une partie de l’armée, Yâghî Siyân tente d’attaquer leur camp le 29 décembre mais est repoussé par Raymond de Saint-Gilles. De leur côté Bohémond de Tarente et Robert Courteheuse rencontre l’armée de secours de Duqâq et la mettent en déroute, mais il rentre bredouille aux abords d’Antioche et échappent à la disette que grâce aux secours apportés par les Arméniens de Cilicie.

Après Duqâq, c’est à Ridwan, émir d’Alep que Shams al-Dawla fait appel pour secourir Antioche. Ridwan laisse taire sa rancune et ne peut de toute façon pas laisser une ville dépendant de son émirat tomber aux mains des chrétiens. Il réunit une armée et prend la direction d’Antioche mais il est battu à proximité du lac d’Antioche le 9 février 1098 et Yâghî Siyân fait alors appel à grand sultanseldjoukide, Barkiyârûk, sui désigne Kerbogha, atabeg de Mossoul, pour organiser une expédition de secours. Kerbogha réunit une armée et marche vers Antioche, mais perd trois semaines à assiéger Édesse, tenue par un autre croisé, Baudouin du Bourg. Ce délai permet à Bohémond de Tarente de s’entendre avec un arménien d’Antioche, Firouz, que Yâghî Siyân a puni pour s’être livré au marché noir. Dans la nuit du 2 au 3 juin, Firouz aide les soldats de Bohémond, qui s’emparent de la Tour des Deux Sœurs, puis investissent la ville.
Il semble que Yâghî Siyân, à l’annonce de cette nouvelle, soit pris de panique et s’enfuit de la ville avec trente serviteurs, tandis que Shams al-Dawla se retranche avec ses soldats dans la citadelle. Désespéré, Yâghî Siyân pleure sa ville et sa famille perdue et tombe de cheval, et est abandonné par ses serviteurs qui s’enfuient. C’est là que des bûcherons arméniens le découvrent, le décapitent et amènent sa tête à Antioche.

Kerbogha et son armée arrivent le 5 juin et demande à Shams al-Dawla de lui remettre la citadelle, action qui inspire la méfiance aux émirs syriens qui l’accompagnent et qui redoutent ses ambitions sur la Syrie. De plus, Ridwan qui n’a pas rejoint la grande armée et craint que Kerbogha et Duqâq ne complotent contre lui attise les dissensions, de sorte que c’est une armée divisée qui affronte les croisés et qui est vaincue le 28 juin 1098.







Kerbogha (en turc : Kürboğa, francisé en Corbaran par un chroniqueur), mort en 1102 était un atabey de Mossoul de 1096 à 1102. C'était un chef de guerre qui jouissait d'une grande renommée mais qui subit une cuisante défaite à Antioche lors de la première croisade.

C’est un officier du sultan seldjoukide Malik Shah Ier qui meurt en 1092 et à qui succède son fils Mahmud Ier qui meurt lui-même en 1094. Kergogha soutient alors un autre fils, Barkiyârûk, contre les frères de ce dernier et contre leur oncle Tutuş, sultan de Syrie, qui cherche à s’emparer des possessions de son frère. Tutuş doit renoncer à ses ambitions grâce à la défection des gouverneurs d’Alep et d’Édesse, mais se retourne contre ces derniers et Barkiyârûk envoie Kerbogha à l’aide de l’émir d’Alep. La ville est cependant prise et les deux émirs sont capturés, puis Tutuch tente une nouvelle invasion de la Mésopotamie et de la Perse, mais est trahi, battu et tué près de Reys le 26 février 1095. Barkiyârûk ne tente pas de conquérir la Syrie, qu’il laisse aux fils du vaincu, Ridwan d'Alep et Duqâq de Damas mais obtient la libération de Kerbogha. Libéré, Kerbogha attaque Mossoul, tenue par ’Alî ibn Muslim, le dernier émir oqailide, et prend la ville en novembre 1096 à l’issue d’un siège de neuf mois.
L’année suivante, le 21 octobre 1097 les croisés arrivent devant Antioche devant laquelle ils mettent le siège. L’émir d’Antioche, Yâghî Siyân, demande l’aide de Ridwan d’Alep, qui est vaincu le 9 février 1098.

Yâghî Siyân demande alors l’aide du sultan Barkiyârûk, qui demande à Kerbogha d’organiser une expédition de secours. Au mois d’avril, il rassemble à Mossoul une armée de trente mille hommes. Mais Kerbogha ne se rend pas directement à Antioche, distante de deux semaines de marche, car il veut prendre Édesse dont un croisé, Baudouin de Boulogne, vient de se rendre maître. Il craint que ce dernier ne l’attaque ensuite sur ses arrières et, malgré le conseil de ses officiers qui estiment que Baudouin ne dispose pas de troupes suffisantes, Kerbogha assiège la ville du 4 mai au 25 mai 1098.

Il abandonne le siège au bout de trois semaines, délai qui a permis aux croisés de s’emparer de la ville d’Antioche, le 3 juin 1098. Kerbogha, rejoint par les renforts de Duqâq de Damas, Soqman ibn Ortoq et Janah al Dawla, émir d’Alep, n’atteint Antioche que le 5 juin ; seule résiste encore la citadelle, commandée par Shams al-Dawla, qui est contraint de la remettre à Kerbogha. Ce dernier tente de prendre la ville à partir de la citadelle, mais sans succès, et doit se résoudre à assiéger la ville.
Au sein des assiégeants, les dissensions commencent à diviser l’armée. L’exigence de Kerbogha de se faire remettre la citadelle soulève les inquiétudes des émirs syriens qui craignent que l’atabeg n’en profite pour s’implanter en Syrie et ne la domine. Ridwan, qui n’a pas rejoint la grande armée seldjoukide, au contraire de son frère et ennemi Duqâq, et craint que ce dernier ne complote avec Kerbogha attise les rivalités au sein de l’armée.

Chez les croisés, la situation est critique et le moral est bas : Durant les deux jours qui séparent la prise de la ville de l’arrivée de l’atabeg de Mossoul, les Croisés n’ont pas pu reconstituer les réserves de vivres de la ville. Les désertions se multiplient, dont celle du comteEtienne II de Blois qui convainc l’empereur Alexis Ier Comnène que tout et perdu et le dissuade de continuer vers Antioche. Mais un prêtre, Pierre Barthélémy prétend, grâce à une vision et la révélation de saint André, avoir découvert la Sainte Lance. Cette découverte redonne du courage à l'armée chrétienne. Fort de leur assurance retrouvée, Pierre l’Ermite et un certain Herluin qui parle le turc sont envoyés comme émissaires par les princes chrétiens afin de rencontrer Kerbogha pour proposer une entente entre les parties. Kerbogha, qui pensait avoir le dessus, refuse la proposition.

Les deux camps se préparent à la bataille qui a lieu le 28 juin, et Kerbogha, malgré les avis des émirs, attend la sortie de toute l’armée croisée, au lieu de les attaquer au fur et à mesure de leur sortie. Il craint en effet que les survivants ne se replient dans la ville et sent que son armée se désagrège, ce qui ne lui permettrait pas la poursuite du siège. Alors que les émirs commencent à déserter le champ de bataille, les chrétiens chargent l’armée musulmane et la mettent en déroute.

Après la défaite, il doit battre en retraite et rentrer déconsidéré et brisé à Mossoul, où il meurt en 1102, laissant la ville à des luttes de pouvoir entre ses lieutenants, jusqu’à la conquête de la ville par Jekermish.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 14:56

Ridwan d’Alep : Fakhr al-Mulk Ridhwân ben Tutuch ou Ridwan est un roi saljûqide (ou seldjoukide) d’Alep, fils de Tutuch.

Arrivée au pouvoir et premiers actes

Ridwan, dès son arrivée au pouvoir, fait étrangler deux de ses jeunes frères, de peur qu'ils ne lui disputent un jour le pouvoir. Dukak, le troisième parvient à s'échapper de la citadelle d'Alep alors que les esclaves de Ridwan tentaient de l'étrangler. Il se réfugie à Damas, dont la garnison le proclame sultan, et voue désormais une haine implacable à son frère.

Lors du siège d'Antioche par les croisés, en 1098, l'émir Yaghi Siyan, se tourne vers son beau-fils Ridwan, pour lui réclamer des renforts. Son fils Chams ad-Dwala se rend à Alep. Les Francs ont lancé des razzias sur les terres de Ridwan pour s'approvisionner. Ce dernier se sent menacé, et décide d'envoyer une armée, qui approche d'Antioche le 9 février. Craignant les qualités guerrières des Francs, il cherche à protéger ses troupes malgré leur supériorité numérique. Au lieu de les déployer, il les cantonne pour la nuit dans une étroite bande de terre enserrée entre l'Oronte (1) et le lac d'Antioche, pour éviter tout encerclement. Lorsque les Francs attaquent à l'aube, les Aleppins sont paralysés par l'exiguïté du terrain. Acculés au corps à corps contre des hommes en armure, ils sont écrasés et s'enfuient dans le désordre. Sous les murs d'Antioche, les défenseurs ont opéré dès l'aube une sortie massive qui a contraint les assiégeants à reculer. Un peu avant midi, ils commencent à investir le campement des Francs. À la nouvelle de la débâcle de Ridwan, l'émir ordonne à ses hommes de réintégrer la ville. Les têtes des Aleppins vaincus sont catapultées au-dessus des remparts d'Antioche.

En 1101, les troupes de Ridwan participent aux côtés du roi de Rum Kılıç Arslan Ier et des Danichmendides (2) au massacre des croisés qui tentent de traverser l'Anatolie.

L’influence des Assassins


Hassan ibn al-Sabbah, fondateur de la secte des Assassins (3)  à Alamut, se sépare de l’ismaïlisme à la mort de son allié Nizar ben al-Mustansir, héritier évincé du califat fatimide d’Égypte, vers 1094-1096). Pour combattre l’islam officiel sunnite, il dépêche en Syrie un prédicateur perse, le « médecin-astronome » al-Hakim al-Munajjim qui parvient à gagner la confiance de Ridwan, en lui offrant ses services contre ses voisins.

En 1103, al-Hakim est évincé par le beau-père de Ridwan, Janâh al-Dawla, émir de Homs, mais celui-ci est assassiné par les batinisdans la grande mosquée d’Alep pendant la prière du vendredi, le 1er mai 1103.

La secte des Assassins envoie alors auprès de Ridwan un nouveau conseiller perse, Abu Tahir, dit l'orfèvre. Son influence sur le roi devient vite écrasante. Aucun Aleppin ne peut plus obtenir la moindre faveur du monarque ou régler un problème administratif sans passer par les innombrables sectateurs infiltrés dans l'entourage du roi. Les Assassins sont détestés, en raison de leur puissance et de la sympathie qu'ils manifestent envers les Francs. En Syrie, ils sont appelés les « batinis », « ceux qui adhèrent à une croyance différente de celle qu'ils professent en public ». Les chiites, comme le cadi Ibn al-Khachab, n'ont aucune sympathie pour eux depuis leur rupture avec le califat fatimide d'Egypte. L'attitude généralement conciliante de Ridwan envers les occidentaux serait due en partie aux conseils des « batinis ».


L’alliance avec les Francs

En 1107, Ridwan s'allie à Tancrède, maître d'Antioche, contre la coalition de l'atabeg de Mossoul, Jawali, et du comte Baudouin II d'Edesse. Ils sont victorieux près de la forteresse de Tell Bacher en octobre 1108.

En 1111, Tancrède fait signer aux Aleppins un traité humiliant : ils devront lui verser un tribut annuel de 20 000 dinars, lui livrer deux importantes forteresses dans le voisinage de leur ville et lui offrir, en signe d'allégeance, leurs dix plus beaux chevaux. Le cadi chiited'Alep Ibn al-Khachab, chef du mouvement patriotique et piétiste, réclame avec ses partisans l'envoi d'une délégation à Bagdad. Le roi Ridwan, n'a aucune envie de mêler son cousin le sultan Muhammed Ier à ses affaires, mais devant l'inefficacité des dernières délégations, laisse faire.

Ibn al-Khachab et un important groupe d'Aleppins font irruption dans la mosquée du sultan, à Bagdad, pour appeler à la lutte contre les Francs (17 février 1111). Malgré de vagues promesses, ils recommencent le vendredi suivant dans la mosquée du calife, provoquant une véritable émeute. Au même moment, la sœur du sultan Muhammed, l'épouse du calife, arrive d'Ispahan à Bagdad en grand équipage. Craignant pour sa sécurité, le calife al-Moustazhir-billah décide de poursuivre les mécontents. Le sultan l'en empêche et ordonne aux émirs et aux chefs militaires de se rendre dans leurs provinces pour se préparer au jihad. Le gouverneur de Mossoul, l'émir Mawdûd, marche vers Alep à la tête d'une puissante armée. Ridwan n'a d'autre choix que de participer au jihad aux côtés de Muhammed. Mais quand l'armée du sultan approche de la ville en juillet, Ridwan ordonne de barricader toutes les portes et fait arrêter Ibn al-Khachab et ses partisans qu'il enferme dans la citadelle. Privés de ravitaillement, les troupes du sultan se vengent en pillant les environs d'Alep. À la suite de dissensions entre Mawdoud et les autres émirs, l'armée se désintègre sans livrer aucun combat.

En 1113, l'émir de Mossoul Mawdûd revient en Syrie, chargé par le sultan de rassembler tous les princes musulmans, à l'exception de Ridwan d'Alep, contre les Francs. Il installe son quartier général près de Damas où il est reçu par l'Atabey Tughtekin, qui craint cependant qu'il ne s'empare de la ville. En sortant la mosquée, Mawdoud est poignardé et meurt de ses blessures (2 octobre). Toghtekin accuse Ridwan et la secte des Assassins, mais la plupart de ses contemporains le soupçonnent. Le sultan Muhammad, en apprenant la mort de son lieutenant, décide de mettre la Syrie au pas (1115).

La fin du règne

A Alep, le cadi Ibn al-Khachab, qui apprend que Ridwan est gravement malade, rassemble ses partisans (fin novembre). Le roi meurt le10 décembre. Des groupes de miliciens armés occupent alors les principaux bâtiments de la ville et mettent la main sur les partisans de Ridwan, notamment de nombreux adeptes de la secte des Assassins, qui sont mis à mort pour intelligence avec l'ennemi franc (près de 200). Le nouveau roi, Alp Arslan (le bègue ou le muet), le fils de Ridwan âgé de seize ans, prenant le parti de Ibn al-Khachab, fait arrêter tous les collaborateurs de son père et leur fait couper la tête. Le cadi s'inquiète et demande au jeune roi de ne pas plonger la ville dans un bain de sang. Alp Arslan ne veut rien entendre, fait exécuter deux de ses frères, plusieurs militaires, un certain nombre de serviteurs… Le roi est fou. Le vide se fait autour de lui, et seul son eunuque, Loulou (« Perles ») ose encore l'approcher. En septembre 1114, il profitera du sommeil de son maître pour le tuer et installer sur le trône un autre fils de Ridwan, âgé de six ans. La ville sombre dans l'anarchie.

Après le massacre de ses partisans à Alep, la secte des Assassins change de tactique. Elle envoie en Syrie un propagandiste perse, Bahram, qui suspend provisoirement toute action spectaculaire et organise un travail minutieux d'infiltration.






(1) L'Oronte, en arabe Nahr al-`Assi (« le fleuve rebelle »), appelé aussi Draco, Typhonou Axius, est un fleuve du Proche-Orient.
Il prend sa source au centre du Liban, traverse la Syrie occidentale et se jette dans laMéditerranée près du port de Samandağ, dans la région de Hatay, au sud-est de laTurquie (région revendiquée par la Syrie). Il est long de 571 km et son débit naturel (au nord de la vallée de la Bekaa) est de 420 millions de m3/an (1100 millions de m3/an au niveau de son embouchure).




Une noria sur le fleuve Oronte à Hama en Syrie
Noria : désigne originellement une machine hydraulique permettant d’élever l’eau en utilisant l’énergie produite par le courant, afin d’irriguer des cultures vivrières ou alimenter des aqueducs.







(2) les Danichmendides ou Danishmendites forment une dynastie turque convertie à l’islam, qui a régné aux XIe et XIIe siècles, sur une partie de l’Anatolie, au moment des premières invasions turques par les Grands Seldjoukides après la défaite des Byzantins à la bataille de Manzikert contre le Seldjoukide Kiliç Arslan. Cette dynastie laisse ensuite la place aux Seldjoukides de Roum.






(3) la secte des Assassins : les nizâriens, nizaris sont une communauté mystique (chiite ismaélienne) active depuis le XIe siècle jusqu’en 1257.

Ils sont aussi appelés bâtinis ou batiniens car ils professent une lecture ésotérique du Coran, le bâtin étant le côté secret des choses.

En 1094, à la suite d’une scission importante dans le chiisme ismaélien fatimide, une nouvelle prédication ( da’wa al-jadîda) fut organisée par Hasan-i Sabbâh, à partir du fort érigé sur le mont Alamût, au sud-ouest de la mer Caspienne.



Ruines de la forteresse d'Alamut



A la fin du Moyen Âge, le développement de la communauté ismaélienne se poursuivit clandestinement sous le couvert du soufisme et à coïncidé avec l’essor de l’ismaélisme oriental (25 millions de fidèle de nos jours), avec à leur tête l’Aga Khan.

Leur idéologie, reposant sur la maxime « rien n’est vrai, tout est permis » de l’Iman Nizâr, cherche à promouvoir «  la paix entre les Hommes par l’exaltation du libre-arbitre ».
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 15:00

Duqâq est un émir seldjoukide de Damas de 1095 à 1104. Il était fils de Tutuş, émir de Damas puis sultan de Syrie, après la conquête d’Alep.

Lorsque son père Tutuş meurt tué lors d’une bataille près de Rais, son frère aîné Ridwan tente de s’approprier la totalité de l’héritage paternel en assassinant ses frères. Abu Taleb et Behram sont tués, mais Duqâq et Baktak parviennent à s’échapper et à se réfugier à Damas, où Duqâq se fait reconnaître comme émir, ne laissant à Ridwan que le nord de la Syrie avec Alep.

Entre Ridwan et Duqâq, il y a désormais une haine implacable et les deux émirs sont constamment en guerre. Ainsi on ne compte pas moins de deux guerres entre les frères durant l’année 1097. C’est alors que les croisés arrivent devant la ville d’Antioche en octobre 1097 et mettent le siège devant la ville. Yâghî Siyân, émir d’Antioche, est en froid avec son suzerain Ridwan car il vient de soutenir Duqâq lors de la dernière guerre fratricide, demande l’aide de l’émir de Damas. Celui-ci hésite car il craint une attaque de Ridwan pendant qu’il marche sur Antioche, et ne se décide qu’en décembre. Le 31 décembre 1097, son armée rencontre à al-Bâra un important détachement croisés conduit par Bohémond de Tarente et Robert de Flandre chargé d’assurer le ravitaillement des croisés assiégeants Antioche. La bataille met en déroute l’armée de Damas, mais les Francs à la suite de cet engagement n’osent pas continuer vers le sud et reviennent à Antioche sans ravitaillement.

Ridwan tente à son tour d’attaquer les Francs mais il est vaincu près d’Antioche le 9 février 1098. C’est ensuite Kerbogha, atabeg (titre de noblesse turc) de Mossoul qui réunit une grande armée, auquel se joint Duqâq et marche sur Antioche, mais il arrive le 5 juin, deux jours après la prise d'Antioche par les croisés. Kerbogha se fait immédiatement remettre la citadelle d’Antioche qui résiste encore et ne cache pas ses ambitions d’hégémonie en Syrie. Duqâq est alors le chef de file des émirs mécontents de la politique de l'émir de Mossoul. Ces dissensions entraînent la dispersion des musulmans, la défaite de Kerbogha contre les croisés le 28 juin et laisse les mains libres aux croisés en Syrie. Les fatimides en profitent pour prendre Jérusalem, tenu par un vassal de Duqâq, Soqman ibn Ortoq au cours de l’été 1098.

En 1100, Duqâq, suite aux raids répétés des Francs de Jérusalem sur les troupeaux et les récoltes d'un de ses vassaux, l’émir de Sawâd, un bédouin du Golan, attaque Godefroi de Bouillon et Tancrède, un neveu de Bohémond de Tarente, chargés de butin. Les Francs parviennent à s'enfuir avec de lourdes pertes (mai). Tancrède organise un raid de représailles près de Damas, dévaste les vergers et pille les villages. Duqâq n'ose pas intervenir. Il propose à Tancrède de lui verser une forte somme pour qu'il s'éloigne. Tancrède envoie une délégation de six personnes sommant Duqâq de se convertir au christianisme ou de livrer Damas. Outré, Duqâq enjoint aux émissaires d'embrasser l'islam. L'un d'eux accepte, les cinq autres ont la tête tranchée. Godefroy rejoint Tancrède et les Francs dévastent pendant dix jours la région de Damas. L’émir de Sawâd, voyant que Duqâq ne peut plus le protéger, rejette sa suzeraineté et se met sous le protectorat du royaume de Jérusalem.

En octobre de la même année, Duqâq rassemble ses forces et tend une embuscade à Baudouin d'Edesse, en route pour Jérusalem pour prendre la succession de son frère Godefroi de Bouillon, près de Beyrouth, au passage du Nahr-el-Kalb. Le nouveau cadi de Tripoli, Fakhr al-Mulk, craignant que sa victoire ne donne trop de pouvoir à son rival de Damas, met Baudouin au courant de l'embuscade. Après une brève escarmouche, les troupes de Damas refluent vers la montagne libanaise, tandis que les Francs passent tranquillement l'embouchure du Nahr-el-Kalb. Au début du siège de Tripoli, en 1102, Fakhr al-Mulk ibn-Ammar l’appelle à l’aide, mais son armée est repoussée par les Francs.

Mais les principautés arabes commencent à s’habituer à la présence franque et Duqâq commence les échanges diplomatiques avec la cour de Jérusalem, comme d’autres émirs.

À la mort de Duqâq en juin 1104, la principauté seldjoukide de Damas disparaît, après une fiction de régence, au profit de l'atabek turcTughtekin qui fonde la dynastie des Burides.






Tughtekin Saif el-Islam Daher ed-Din (en turc : Tuğtekin, francisé en Dodequin par Guillaume de Tyr) est un atabeg de Damas de 1104 à 1128. Il a d’abord été lieutenant de Tutuş, puis de Duqâq de Damas et est le fondateur de la dynastie des Bourides. À l'exception d'une brève période en 1115, il a été un farouche adversaire des Francs.

C’est un lieutenant de Tutuş, sultan de Syrie, qui meurt en 1095. Tughtekin prend ensuite parti pour Duqâq, le fils cadet de Tutuş qui est reconnu émir de Damas. Entre Duqâq et son frère aîné Ridwan, émir d’Alep, la haine s’installe et conduit à de nombreuses guerres fratricides1. D’autres litiges se manifestent en Syrie. Ainsi, le qâdî de Jabala, se révolte contre Fakhr al-Mulk ibn-Ammar, qâdî de Tripoli, lequel fait appel à Duqâq qui envoie Tughtekin, mais ce dernier ne parvient pas à prendre la ville.

C’est dans cette Syrie soumise à l’anarchie qu’une armée croisée pénètre et met le siège devant Antioche, le 21 octobre 1097. Yaghî Siyân, l’émir d’Antioche, brouillé avec Ridwan son suzerain, demande l’aide de Duqâq qui se décide à prendre la tête d’une armée avec Tughtekin et à marcher sur Antioche. À al-Barâ, ils rencontrent un important détachement mené par Bohémond de Tarente et Robert Courteheuse qui cherchent à ravitailler l’armée croisée. La bataille livrée le 31 décembre 1097 cause d’importantes pertes pour l’armée damascène qui bat en retraite. Yaghi Siyan fait ensuite appel à Ridwan, puis au sultan seldjoukide Barkiyârûk, qui charge Kerbogha,émir de Mossoul d’organiser une armée de secours. Duqâq et Tughtekin et leur troupes rejoignent cette armée au début du mois de juin, mais les ambitions de Kerbogha et la méfiance des émirs syriens divisent cette armée, qui est battue le 28 juin 1098.

Après avoir séjourné plusieurs mois à Antioche, les croisés partent vers Jérusalem. Inquiet de leur avance, le cadi de Jabala vend sa ville à Duqâq qui installe Buri Taj el-Moluk, le fils de Tughtekin à la tête de la ville. Mais ce dernier tyrannise les habitants qui se révoltent et font appel au cadi de Tripoli et chassent Buri (juin-août 1101). En 1103, Janâh al-Dawla, émir d’Homs, est assassiné par Ridwan et les habitants de la ville font appel à Duqâq qui envoie Tughtekin prendre possession de la ville.

Duqâq meurt en juin 1104 et Tughtékin proclame émir le plus jeune fils, Tutuş II, afin de se réserver une longue régence et se proclameatabeg et épouse la mère de Duqâq, veuve de Tutuş Ier, pour légitimer sa position. Puis il se ravise et place Baktasch, le jeune frère de Duqâq, sur le trône. Il replace ensuite Tutuş II sur le trône et évince ensuite Baktasch et ce dernier se réfugie à Ba’albek, puis à Rahéba. Soutenu par Aîtekîn, sahib de Bosrâ, Baktasch tente de reprendre le trône, mais Tughtekin lui ferme les portes de la ville et il se réfugie à la cour du roi Baudouin Ier de Jérusalem, qui lui promet son soutien, mais ne peut ne faire car le royaume se trouve en proie aux invasions conjuguées des Fatimides d’Egypte et de Tughtekîn.

Vers 1106, il harcèle les Francs qui assiègent Tripoli, permettant de desserrer l’étau qui entoure la ville, mais n’empêche pas la prise de la ville. Après la prise de la ville Tughtekîn accueille Fakhr al-Mulk et lui donne un fief. Il continue les coups de mains en Syrie. Il tend une embuscade en Galilée et capture Gervais de Bazoches, seigneur de Tibériade, vers le 11 mai 1108. Toghtekin propose la liberté à Gervais en échange des villes de Tibériade, d’Acre et de Caïffa, mais Gervais refuse et est exécuté. En avril 1110, il assiège et prend Ba’albek où il nomme gouverneur son fils Buri. À la fin de novembre 1111, la ville de Tyr, assiégée par Baudouin Ier se place sous la protection de Tughtekin qui intervient, aidé par les Fatimides, et oblige les Francs à lever le siège le 10 avril 1112. Mais il refuse de s’associer à la contre croisade de Mawdûd ibn Altûntâsh, émir de Mossoul, craignant ensuite que ce dernier n’en profite pour dominer la Syrie.

Par contre il s’allie à ce dernier en 1113, à la suite de razzias organisés par Baudouin Ier et Tancrède de Hauteville. L’armée assiège Tibériade, mais ne peut prendre la ville et doit battre retraite à Damas devant l’arrivée de renforts croisés. Mawdûd séjourne ensuite à Damas, où il est assassiné en pleine mosquée par deux Nizârites, le 2 octobre 1113. L’opinion publique accuse Toghtekin d’être l’instigateur du crime. En 1114, il se rapproche du nouvel émir Alp Arslan d'Alep et conclut une alliance contre les Francs, mais ce dernier est peu après assassiné.

En 1115, c'est Aq Sonqor Bursuqî qui est envoyé par le grand seldjoukide pour combattre les Francs, mais Tughtekin, redoutant une fois de plus qu'il n'en profite pour dominer la Syrie, préfère s'allier au royaume de Jérusalem contre Bursuqi, à l'instar de nombreux autres émirs syriens. Mais en 1116, jugeant les Francs trop fort, Tughtekin se rend à Bagdag obtenir le pardon du sultan et joue les deux forces l'une contre l'autre pour maintenir son indépendance.


Allié à Il Ghazi, atabeg d'Alep, il attaque et assiège Athâreb, dans la principauté d'Antioche, mais ils sont vaincus à Danith le 14 août1119. En juin 1120, il part secourir Il Ghazi qui se trouve gravement menacé par les Francs, toujours à Danith. En 1122, les Fatimides d'Égypte, ne pouvant plus défendre la ville de Tyr, la cède à Tughtekin qui y installe une garnison, mais qui ne parvient pas à empêcher la prise de la ville par les Francs le 7 juillet 1124.
En 1125, Bursuqi, émir de Mossoul et maintenant d'Alep, revient à la tête d'une autre armée que Tughtekin rejoint, mais la coalition musulmane est écrasée à Azâz le 13 juin. Le 25 janvier 1126, il repousse une invasion du roi Baudouin II de Jérusalem. À la fin de l'année, il envahit avec Bursuki la principauté d'Antioche, mais sans succès. Malade, il meurt le 12 février 1128.






Najm ad-Din Il Ghazi ibn Ortoq († 1122) était un officier turc de la famille des Ortoqides au service des seldjoukides, fils d’Ortoq ibn Aksab. Il était seigneur de Mardin et devient atabeg d’Alep de 1118 à 1122.

Son frère Soqman ibn Ortoq succède à son père en 1091 comme gouverneur de Jérusalem sous la suzeraineté de Tutuş, sultanseldjoukide de Syrie, puis sous celle de son fils Duqâq, émir de Damas, qui lui succède en 1095. En 1098, profitant des difficultés desSeldjoukides aux prises avec les croisés qui assiègent Antioche, le vizir fatimide al-Afdal Shâhânshâh attaque la Palestine et prendJérusalem défendue par Soqman et Il Ghazi. Ces derniers peuvent cependant rejoindre librement Damas, mais comme leurs autres fiefs se trouvent dans le nord de la Syrie, ils partent pour Alep où ils se mettent au service de Ridwan, le frère et ennemi de Duqâq.

Son frère remporte en 1104 la bataille de Harran sur les Francs, mais meurt peu après en tentant de dégager Tripoli des troupes deRaymond de Saint-Gilles qui assiègent la ville, tandis qu’Il Ghazi gère le fief familial de Mardin. Peu après, Il-Ghazi est nommé commissaire du sultan seldjoukide auprès du calife et, allié à Ridwan, émir d'Alep et à Albî ibn Arslântâsh, seigneur de Sinjâr, attaqueJekermish, atabeg de Mossoul en mai 1106. Jekermish ne s'en sort qu'en suscitant la discorde entre les alliés, qui ne tardent pas à se séparer. En avril 1110, il se joint à la contre croisade de Mawdûd ibn Altûntâsh, mais cette dernière échoue à reprendre Édesse. L'année suivante, il ne prend part à la contre croisade, se contentant d'y envoyer son fils Ayâz, mais participe à celle de 1113.

Il Gahzi rejette alors la suzeraineté du sultan seldjoukide. Mawdûd ayant été assassiné en 1113, c'est le nouvel atabeg de Mossoul, Aq Sonqor Bursuqî qui prend le relai des contre croisades, qui soumet Il-Ghazi en mai 1114 et qu'il oblige à fournir un détachement pour l'aider à assiéger Édesse. Mais Bursuqî se brouille avec Il Ghazi, fait arrêter Ayâz, et les ortoqides font alors front commun pour mettre Bursuqî en déroute. En 1115, les principaux émirs syriens, Il-Ghazi à Mardin, Lûlû à Alep et Tughtekin à Damas font alliance et s'allient aux Francs contre une nouvelle contre croisade de Bursuqî.

En 1117, l'eunuque Lûlû qui dirige Alep au nom de l'émir Soltan Shah est assassiné. La ville est alors sous la menace de Roger de Salerne, prince régent d'Antioche, et les Alépins décident qu'il doivent avoir un émir ferme et puissant pour les sauver des Francs, et choisissent Il-Ghazi. Ce dernier prend possession d'Alep au cours de l'été 1118, épouse une fille de Ridwan et exile Soltan Shah. Il résiste comme il peut aux Francs envoie sans arrêt des demandes de soutien à Bagdad, mais sans recevoir de réponses en raison des querelles de pouvoir qui secouent la ville. Roger de Salerne multiplie les incursions et les provocations vis-à-vis d'Alep, et Il Ghazi décide de lui faire la guerre. Il remporte le 28 juin 1119 la bataille du Champ du Sang sur Roger de Salerne, régent d’Antioche qui est tué au cours de la bataille, mais ne peut exploiter son succès, bien que soutenu par Tughtekin, car le roi Baudouin II lui impose de battre retraite à Tel-Danith le 14 août 1119.

En 1120, Il Ghazi tente d'envahir le comté d'Édesse et le ravage, mais Baudouin II intervient à nouveau et le force à battre retraite.

En 1121 il conclut une paix fragile avec les croisés et déclare le Jihad en envahissant la Géorgie avec une armée de 350 000, en partie dirigée par son beau-fils Sadaqah et le Sultan de Ganja Malik. David IV de Géorgie et ses 40 000 soldats coumans dirigés par Otrok lui infligent une défaite catastrophique à Didgori le 12 août 1121. Dans sa chronique exagérée par la sympathie chrétienne, Mathieu d'Edesse récite que seul Il Ghazi, grièvement blessé et son beau-fils s'échappent du champ de bataille.
Il Ghazi meurt des blessures peu après, le 3 novembre 1122, et ses possessions sont partagées entre son fils ainé Shems al-Dawla Sulaîmân, qui reçoit Maiyâfâriqîn, son second fils Husâm ad-Dîn Temür Tash qui reçoit Mardin, son neveu Balak qui reçoit Kharpût et son autre neveu Badr al-Dawla Sulaîmân qui reçoit Alep.




Iftikhâr al-Dawla est le gouverneur de Jérusalem au moment de la venue de la première croisade.

Jusqu’en 1071, la ville de Jérusalem et la Palestine faisaient partie du califat fatimide, puis un chef turc, Atsiz ibn Abaq, en avait fait la conquête pour le compte des sultans seldjoukides. Les Fatimides espéraient prendre leur revanche et reprendre la Palestine et le vizir fatimide al-Afdal Shâhânshâh décide d’organiser la reconquête de la Palestine. Il profite de la haine qui oppose les deux frères Ridwan, émir d’Alep et Duqâq, émir de Damas, pour s’allier en janvier 1097 au premier contre le second, suzerain de Jérusalem. En mai 1097, le vizir prend Tyr, mais les Ortoqides, qui gouvernent Jérusalem pour l’émir de Damas, empêchent Ridwan d’attaquer Damas et interrompt la campagne égyptienne en Palestine.

L’arrivée de la première croisade offre aux égyptiens une nouvelle occasion. D’octobre 1097 à juin 1098, les croisés assiègent Antioche, monopolisant les forces seldjoukides, et al-Afdal Shâhânshâh entreprend une nouvelle campagne cours de l’été 1098, met le siège devant Jérusalem qui se rend le 26 août 1098. Il autorise Soqman ibn Ortoq à rejoindre librement Damas et confie la ville à un de ses officiers, Iftikhâr al-Dawla.

Apprenant que les croisés quittent Antioche en janvier 1099 pour reprendre la route de Jérusalem, Iftikhâr met rapidement la ville en état de défense : les banlieues ne sont pas défendables, il en fait combler tous les puits et empoisonner les sources, et évacue le bétail, les murs des fortifications sont en bon état et la garnison est renforcée.

Arrivé devant la ville le 7 juin 1099, les croisés tentent un premier assaut le 13, qui est repoussé. Pour prendre la ville, ils doivent construire des machines de guerres, qui sont terminées le 10 juillet. L’assaut final est donné le 14 juillet, la ville prise le 15 et les croisés commencent à massacrer la population musulmane et juive. Iftikhâr qui défend la Tour de David se rend à Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, qui l’épargne et le fait conduire saint et sauf à Ascalon, d’où il rejoint l’Égypte.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 16:24





• Al-Afdad Shâhânshâh, vizir d’Egypte
• Fakhr al-Mulk Abû ‘Ali Ammâr, qâdi de Tripolie
• Jekermish, atabeg de Mossoul (1102-1107)
• Mawdûd ibn Altûntâsh, atabeg de Mossoul (1111-1113)
• Balak ibn Bahram ibn Ortok, atabeg d’Alep (1123-1124)
• Aq Sonqor Bursuqî, atabeg de Mossoul (1113-1115 et 1124-1127) t d’Alep (1125-1127)
• Imad ad-Din Zengi, atabeg de Mossoul (1127-1146) et d’Alep 1128-1146)
• Gumuchtegin, émir danichmendide (1104-1135)




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Abû al-Qâsim al-Afdhal Shâhânshâh ou Al-Afdhal est né en 1066 et mort en 1121. Il est le fils de Badr al-Djamali, vizir tout puissant du calife fatimide l'Égypte Al-Mustansir (1029-1094), fonction à laquelle il associa Al-Afdal en 1089.

À la mort de son père Badr al-Djamali, à la fin de l'année 1094, Al-Afdhal est nommé vizir pour lui succéder, par le calife Al-Mustansir. Le calife décède approximativement un mois après. Al Mustansir a par ailleurs désigné son fils cadet Al Mustali pour lui succédé, aux dépens de son fils aîné Nizar. Certains pensent qu'Al-Mustansir aurait changé d'avis sur le nom de son successeur et le témoignage de la sœur du calife viendrait appuyer cette thèse.

Règne d’Al-Musta`lI


Nizâr, évincé se réfugie à Alexandrie. Al-Afdhal part pour Alexandrie. C'est un échec, il est même repoussé jusqu'aux abords du Caire. En fin 1095, Al-Afdhal repart faire le siège d'Alexandrie et parvient cette fois parvient à faire prisonnier Nizâr. Amené au Caire, Nizâr est emmuré sur ordre de son frère Al-Musta`li. Nizâr meurt dans sa prison en 1097. Son fils `Alî ben Nizâr al-Hâdî aurait été assassiné en même temps que son père. Seul le petit-fils de Nizâr aurait échappé à la mort, emmené par des serviteurs de confiance en Perse se réfugiant auprès de Hassan ibn al-Sabbah à Alamut. Il est élevé avec soin par Hassan ibn al-Sabbah, en grand secret perpétuant l'ismaélisme nizârite.

En choisissant Al-Musta`li en place de Nizâr, Al-Afdhal divise, et par cela affaiblit, la communauté ismaélienne. Les Ismaéliens d'Égypte, du Yémen et de l'ouest des Indes le reconnaissent Al-Musta`li, l'opinion des Syriens est divisée. Cette majorité va former l'ismaélismemustalien. En revanche en Perse, sous l'influence de Hassan ibn al-Sabbah installé à Alamut, c'est Nizâr qui est considéré comme le seul imam légitime. Hassan ibn al-Sabbah théorise l'ismaélisme nizârite. Al-Afdhal reste le véritable souverain de l'État fatimide pendant tout le règne d'Al-Musta`li jusqu'en 1101. C'est pendant cette période que les croisés sont arrivés en terre sainte. Al-Afdhal commet une grave erreur d'appréciation sur le caractère de cette invasion. Il considère que les croisés sont pour lui des alliés potentiels contre leur ennemi commun les Seldjoukides. En 1098, Al-Afdhal reprend Jérusalem que son père avait perdue en 1078 devant les Seldjoukides conduits par Tutuch. Le gouvernorat de la ville avait été confié à Artuk puis à ses descendants les Artukides (1) . Ce siège ayant affaibli les fortifications de la ville va finalement profiter aux croisés. En 1099, les croisés prennent Jérusalem. Ils refusent toute négociation avec Al-Afdhal qu'ils battent sévèrement près d'Ascalon la même année.


Règne d’Al-Amir bi-Ahkâm Allah


En 1101, à la mort d'Al-Musta`li, Al-Afdhal met sur le trône le fils du calife âgé de cinq ans avec le titre de Al-Amir bi-Ahkâm Allah. En 1103, Al-Afdhal obtient un premier succès contre Baudouin. Ensuite il n'emporte plus aucun succès : les villes de Palestine tombent une à une aux mains des croisés bien qu'il envoie au combat ses meilleures troupes. Baudouin s'aventure même à poursuivre jusqu'en Égypte, il atteint Tinnîs, il décède pendant son retrait (1118). Ayant à peu près tout tenté Al-Afdhal essaie d'instaurer une coopération avec l'atabeg de Damas, sans résultat.
En décembre 1121, le jeune calife, devenu adulte, décide de se débarrasser de son encombrant vizir. Al-Afdhal est attaqué dans la rue et meurt peu après de ses blessures.


(1) les Artukides, Artuqides, Ortokides ou Ortocides, c’est-à-dire fils d’Artuq (Ortok), dynastie turcomane, qui en 1082 s’établit en Syrie et en Arménie.  Les Artukides se reconnaissaient comme vassaux de Duqaq roi de Damas fils de Tutus.


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Fakhr al-Mulk Abû ’Ali ibn’Ammâr est le dernier qâdî de Tripoli, de 1099 à 1109, avant que sa ville ne soit prise par les croisés. Il est membre de la famille des Banû ’Ammâr.

Le fondateur de la famille des Ben ’Ammâr, Abû Tâlib ibn ’Ammâr, était un fonctionnaire installé à Tripoli par les califes fatimides d’Égypte ou leur visir, qui profite des difficultés de ces derniers avec les officiers seldjoukides qui conquièrent la Syrie pour le compte de leur maître profite des difficultés fatimides pour se rendre indépendants, en 1070. Il pratique ensuite une politique d’équilibre entre les Fatimides au sud et les Seldjoukides au nord en jouant sur leur rivalité : si l’un d’eux cherche à s’emparer de Tripoli, ses murailles lui permettent de tenir longtemps un siège et d’attendre une armée de secours venant de l’autre camp.
Abû Tâlib et ses successeurs ne cherchent pas à accroître leur principauté, se contentent du titre de qâdî et font de Tripoli une cité riche et cultivée, célèbre pour son école et pour sa bibliothèque regroupant plus de cent mille volumes. À Abû Tâlib, mort en 1072, succède son neveu Jalâl al-Mulk, puis en 1099 le frère de ce dernier, Fakhr al-Mulk Abû ’Ali ’Ammâr .

La première croisade traverse le pays au début de l’année 1099 et Fakhr al-Mulk conclut un accord avec les envoyés de la croisade, leur accordant le libre passage de ses états et le ravitaillement. Mais les envoyés, éblouis par les richesses de Tripoli, en font un rapport aux chefs croisés, excitant leur convoitise. Raymond de Saint-Gilles occupe Tortose et Maraclée et assiège ’Arqa, tandis que Godefroy de Bouillon et Robert Courteheuse assiège Gibelet. Espérant faire partir Raymond, Fakhr al-Mulk fait courir vers le 9 mars le bruit d’une arrivée imminente d’une contre croisade abbasside, mais Raymond, loin de céder à l’affolement, appelle auprès de lui Godefroy de Bouillon et Robert Courteheuse. À leur arrivée à ’Arqa, la rumeur est démentie et Godefroy et Robert, furieux d’avoir dû abandonner le siège de Gibelet, exigent de repartir vers Jérusalem. Mais Raymond de Saint-Gilles insiste et continue le siège. Ce n'est que quand Byzance propose une aide militaire que Raymond, ne voulant pas que les Byzantins de tirent bénéfice de l'action des croisés, accepte de lever le siège le 13 mai et de négocier avec le qâdî. Le 16 mai 1099, les croisés quittent Tripoli et arrivent devant Beyrouth le 19 mai.

Les croisés prennent Jérusalem le 15 juillet 1099 et élisent l’un des leurs, Godefroy de Bouillon, pour gouverner la ville et le nouvel état. Il meurt le 18 juillet et Daimbert, patriarche de Jérusalem, revendique le gouvernement, voulant transformer le nouvel état en théocratie. Les proches de Godefroy s’y refusent et appellent le frère de Godefroy, Baudouin de Boulogne, alors comte d’Édesse. Mais cette venue ne satisfait pas tout le monde et Tancrède de Hauteville tente de bloquer son chemin. De leur côté, Duqâq, émir de Damas, cherche à tendre une embuscade à Baudouin et ses compagnons, près de Gibelet. Le qâdî de Tripoli, choisit clairement son camp et accueille Baudouin lors qu’il arrive à proximité de Tripoli et le prévient de l’embuscade de Duqâq. Il faut dire que Buri Taj el-Moluk, lieutenant de Duqâq et fils de Tughtekin, occupait depuis quelques années pour le compte de son maître Jabala qui était auparavant dépendant de Tripoli. Buri régnant en tyran sur Jabala, les habitants de la ville se révoltent et appellent Fakhr al-Mulk, qui reprend la ville au mois d’août 1101.
Cette politique d’amitié avec les Francs prend fin en 1102, quand Raymond de Saint-Gilles jette son dévolu sur la région pour se tailler un fief. Il prend Tortose en février 1102, Gibelet en avril 1103 et met le siège devant Tripoli, dont il compte faire la capitale de son futurcomté. Il fait construire une forteresse, le Mont-Pèlerin, que Fakhr al-Mulk tente de faire détruire au cours d’une sortie en 1104, mais en vain. Raymond de Saint-Gilles meurt en février 1105, mais sa mort ne met pas fin au siège, qui est repris par son cousin Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne.
Ne voulant faire appel ni à Tughtekin, l’atabeg de Damas, avec qui il est toujours brouillé, ni aux Fatimides, qui exigeraient la suzeraineté et peut-être le destituerait, il fait appel à Soqman ibn Ortoq, vainqueur de la bataille de Harran, mais ce dernier meurt d’une angine à Palmyre en conduisant une armée de secours.

Le blocus de la ville est de plus en plus étroit, et son ravitaillement se fait de plus en plus difficile. Fakhr al-Mulk fait saisir tous les vivres de sa ville pour les partager entre tous les habitants et impose les richesses pour financer la défense de la ville. Mais les bourgeois de la ville voient ses richesses partir ainsi, ses activités commerciales paralysées par le siège et certains d’entre eux quittent la ville, prêtent allégeance aux Francs et leur indique par quels sentiers la ville est ravitaillée. Le blocus devient total et l’émir, après avoir demandé l’extradition des traîtres, les fait assassiner (1106).
Au printemps 1108, le cadi Fakhr el-Moulk, lassé d’attendre les secours du sultan Saljûqide Muhammed Ier, se rend à Bagdad, escorté de 500 cavaliers et de nombreux serviteurs chargés de cadeaux (fin mars). Il passe par Damas, dominée à la mort de Dukak par l’atabekTughtekin, qui l’accueille à bras ouvert. À Bagdad, le sultan le reçoit en grande pompe, mais préfère régler en premier lieu le problème deMossoul. Fakhr el-Moulk, de retour à Damas en août, apprend que Tripoli a été donnée par les notables, las de l’attendre, au vizir d’Égypte Al-Afdhal. Il se réfugie à Jabala.
Les Égyptiens se montrent incapable de défendre Tripoli, qui est prise et pillée le 19 juillet 1108 . L’année suivante, Tancrède assière Jabala qui, mal approvisionnée, se rend le 23 juillet 1109, mais il laisse Fakhr al-Mulk partir librement. Il se retire à Damas où l’atabek Tughtekin l'accueille et le pensionne et où il finit ses jours.



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Jekermish est un atabeg de Mossoul de 1102 à 1107. Il ne tenta pas d’actions contre les Francs, à l’exception de Baudouin du Bourg,comte d'Édesse, qui était son voisin.

En 1102, il est gouverneur de Jazîrat ibn ’Omar, au bord du Tigre alors que la ville de Mossoul est disputé entre les lieutenants de Kerbogha, qui vient de mourir. Ce dernier avait désigné son lieutenant Sonqorja pour lui succéder, mais les notables préféraient un autre notable, Mûsâ le Turcoman et l’appelèrent. Pensant que Mûsâ venait lui prêter allégeance, Sonqorja l’accueille, puis le quiproquo dégénère en querelle au cours de laquelle Sonqorja est tué par un fidèle de Mûsâ.

C’est à ce moment que Jekermish, soutenu par l’émir seldjoukide Barkiyârûk, tente de s’emparer de Mossoul. Il prend d'abord Nisibe, puis assiège Mossoul, mais Mûsâ est secouru par Soqman ibn Ortoq, émir de Mardin, et Jekermish doit lever le siège. Peu après, Mûsâ est assassiné et Jekermish s'installe à Mossoul. En 1103, la guerre fait rage entre les sultans seljoukides Barkiyârûk et son frèreMuhammad Ier et finit par un partage en janvier 1104, où Muhammad reçoit la Mésopotamie, tandis que Barkiyârûk contrôle la Perse. Au printemps 1104, les francs Baudouin II d'Édesse, Bohémond de Tarente et Tancrède de Hauteville s'avancent dans le nord de la Mésopotamie et assiègent Harran. La ville n'a que peu d'importance, mais si elle tombe, elle peut servir de base à des attaques franques sur Mossoul et éventuellement Bagdad. Jekermish et Soqman ibn Ortoq, qui se font alors la guerre se réconcilient pour faire front commun, remportent la bataille de Harran le 7 mai 1104 et capturent Baudouin d'Édesse et Josselin de Courtenay. Mais les deux alliés se brouillent immédiatement et ne peuvent exploiter leur succès. Pendant quinze jours en juin 1104, Jekermish assiège en vain Édesse.

Le sultan Muhammad Ier cherche à faire valoir sa suzeraineté sur Mossoul, mais Jekermish, prétextant qu'il tient son fief de Barkiyârûk, refuse de se soumettre, et Muhammad assiège la ville. Barkiyârûk meurt en janvier 1105 et Jekermish accepte de reconnaître Muhammad, et ce dernier renonce à sévir, pressé de partir en Perse recueillir le territoire de son frère. Au printemps 1106, un coalition de princes musulmans formée de Ridwan d'Alep, Il Ghazi ibn Ortoq et Albî ibn Arslântâsh, gendre de Jekermish, se réunit et projette d'attaquer la principauté d'Antioche, quand Il-Ghazi juge préférable d'éliminer Jekermish. Les alliés assiègent alors Nisibin, une ville importante de Jekermish, qui ne s'en tire que par la ruse en brouillant Ridwan et Il-Ghazi.

Jekermish commence à montrer des velléités d’indépendance et néglige de verser le tribut au sultan Muhammad Ier qui, mécontent, lui retire Mossoul et nomme à sa place un de ses officiers, Jâwali Saqâwâ. Ce dernier se met en campagne pour conquérir son fief et défait Jekermish au bord du Tigre. Cependant, les habitants de Mossoul, fidèle à leur atabeg qui les avait gouverné sagement et craignant la cruauté de Jawâli, refusent de lui ouvrir les portes et appellent à leur aide Kılıç Arslan Ier, sultan de Roum. Furieux, Jawalî exécute Jékermish et lève le siège.



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Mawdûd ibn Altûntâsh ou Sharaf al-Dawla Mawdûd ou encore Mawdûd ibn at-Tountikine est un atabeg de Mossoul de 1109 à1113, qui organisa plusieurs expéditions importantes contre les croisés, mais sans succès.

C’est un officier du grand Seldjoukide Muhammad Ier que son maître charge de prendre Mossoul, alors aux mains de l’atabeg Jawali qui tentait de se rendre indépendant. Le gouvernement tyrannique de Jawali avait également mécontenté la population de la ville. Un vendredi du mois d'août 1109, profitant que tout le monde se trouvait à la mosquée, quelques maçons s’emparent de deux tours et ouvrent les portes aux troupes de Mawdûd, qui devient ainsi atabeg de la ville pendant que Jawali s’enfuit.

Puis Muhammad Ier le charge d'organiser plusieurs campagnes contre les croisés, au nom du jihad. La première se déroule au printemps de l'année 1110. Rejoint par les troupes d'Il Ghazi ibn Ortoq, émir de Mardin et celles de Soqmân al Qutbî, émir de Khilât et deMaiyâfâriqîn, il marche sur Édesse et l'assiège en avril 1110. Le roi Baudouin Ier de Jérusalem, prévenu, vient à la tête d'une armée pour secourir la ville et oblige Mawdûd à lever le siège en juin. Dans sa retraite, l'émir de Mossoul tente d'attirer l'armée franque dans un piège mais Baudouin, prudent, renonce à poursuivre l'armée turque.

En 1111, des émissaires byzantins viennent proposer une alliance au sultan seldjoukide et au calife, et, à la suite d'une émeute où les musulmans reprochent à leurs dirigeants leur inertie face aux Francs, Muhammad Ier demande à Mawdûd d'organiser une nouvelle contre-croisade. Il rassemble de nouveau une importante armée et envahit le comté d'Édesse. La capitale est parfaitement ravitaillée et ses murailles suffisamment renforcées, et Mawdûd préfère renoncer à prendre la ville et assiéger le 28 juillet la citadelle de Turbessel, tenue par Josselin de Courtenay. Mais des mauvaises nouvelles obligent Mawdûd à lever le siège : Ridwan, sultan d'Alep, l'appelle au secours, expliquant que Tancrède de Hauteville est sur le point de prendre Alep, Ahmed Beg, émir de Marâgha et allié de Josselin, arrive à la tête d'une armée de secours, et Tughtekin, émir de Damas, préfère rester à l'écart. Quand Mawdûd arrive à Alep, c'est pour constater que le danger qui menace Alep n'est pas si imminent que cela, et pour constater que Ridwan lui refuse l'entrée de la ville. En effet, les dirigeants respectifs d'Alep et de Damas craignent plus Mawdûd, dont ils redoutent un asservissement que les Francs, et ont agi ainsi pour obliger l'abandon du siège de Turbessel, et gagner du temps en attendant l'arrivée d'une armée franque conduite par BaudouinIer.

En avril 1112, il tente une nouvelle campagne contre le comté d'Édesse, mais après avoir tenté vainement de prendre Turbessel, une partie de son armée est décimée par Josselin de Courtenay le 15 juin. Avec des complicités parmi la population arménienne d'Édesse, il tente de se faire livrer la ville, mais Baudouin II, comte d'Édesse, et Josselin découvrent le complot et massacrent les conjurés.

En 1113, Tughtekin, émir de Damas, victimes de raids francs qui dévastent son émirat et luttant contre le royaume de Jérusalem pour la possession de Tyr, fait appel à Mawdûd, qui en profite pour relancer le jihad au mois de mai. La coalition ravage la Galilée et assiègeTibériade, sans réussir à la prendre. Il bat une première armée de secours conduite par Baudouin Ier le 28 juin, mais ce dernier reçoit des renforts qui empêchent Mawdûd et Tughtekin d'exploiter leur victoire, bloqués par les Francs et pouvant difficilement se ravitailler dans le pays qu'ils venaient de ravager. Finalement, ils sont contraints de rentrer à Damas le 30 août. Le 2 octobre1113, Mawdûd, alors qu'il quitte la mosquée de Damas où il vient d'assister à la prière, est assassiné par un Ismaëlien. On ne sait pas qui est l'instigateur de l'assassinat : soit les Ismaëliens eux-mêmes qui avaient des griefs envers Mawdûd, soit Tughtekin, qui craignait la mainmise de Mawdud, comme représentant du sultan, sur Damas, et qui a été désigné par ses contemporains comme le coupable.


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Balak ibn Bahram ibn Ortok († 1124) est un officier turc de Syrie de la famille des ortoqides, avant de devenir atabeg d’Alep de 1124 à1125. Il était fils d’un Bahram, lui-même fils d’Ortoq ibn Aksab, gouverneur seldjoukide de Jérusalem et de Palestine.

Peu de documents ne parlent de son père qui est surtout mentionné comme fils d’Ortoq et père de Balak, et non pour ses actions et il n’est pas exagéré de supposer qu’il est mort peu avant Ortoq († 1091), car ce sont ses oncles Soqman ibn Ortoq et Il Ghazi ibn Ortoq qui succèdent à leur père, à l’exclusion des deux autres frères Bahram et Abd el-Jebhar (père de Badr al-Dawla Sulaîmân).

En 1100, Baudouin de Boulogne, qui s’est rendu maître d’Édesse deux ans plus tôt, occupe la place forte de Samosate et cherche à réduire Sarûj, une autre cité qui menace une partie du comté d'Édesse. Le chroniqueur Albert d’Aix précise que cette cité est assujettie à un émir du nom de Balas, que René Grousset et d’autres historiens identifient à Balak ibn Bahram ibn Ortoq. Les habitants de Saruj refusant de verser à Balak le tribut annuel, Balak dépêche une ambassade auprès de Baudouin pour requérir son aide, ne voyant dans ce dernier qu’un mercenaire comme l’avait été Roussel de Bailleul quelques années plus tôt. Mais Baudouin, après avoir pris Saruj, la rattache au comté d’Édesse, aux dépens de Balak. Mais les chroniqueurs arabes, comme Ibn al-Athir, affirment que le souverains de Saruj n’est pas Balak, mais son oncle Soqman, l’ancien gouverneur de Jérusalem avant la reprise de la ville par les Fatimides en 1098.

Peu après, en 1103, il prend les villes d’Ana et d’El-Haditha à la famille de l’émir Ya'ich Ibn Eïça. En 1120, il est gouverneur d’Athâreb, où l’a nommé son oncle Il Ghazi, et ravage une partie de la principauté d'Antioche, pendant que son oncle marche sur la ville et l’assiège, mais Balak est défait par les Francs et Il Ghazi préfère se replier.
Fin juin 1122, Il Ghazi et Balak reprennent la guerre contre les Francs et assiègent Zerdana, mais une contre-attaque du roi Baudouin IIdégage la cité. En septembre 1122, Josselin Ier de Courtenay, comte d’Édesse tente de capturer Balak, mais tombe dans une embuscade, est par Balak et emprisonné à Kharpût. La situation devient délicate pour Baudouin II qui, devant déjà assurer la régence de la principauté d’Antioche doit maintenant assurer celle du comté d’Édesse. Heureusement, Il Ghazi meurt de maladie le 3 novembre1122 et ses possessions sont partagées entre son fils aîné Suleyman, qui reçoit le Diyârbékir septentrional, son fils cadet Timurtash, qui reçoit le Diyârbékir méridional et Mardin, son neveu Badr al-Dawla Sulaîmân qui reçoit Alep et Balak qui reçoit Kharput et Palu, dont il était déjà gouverneur. Baudouin II profite de cet affaiblissement de l’émirat ortoquide pour attaquer Alep et obtenir de l’atabeg Suleyman la rétrocession d’Athâreb, lequel se trouve déconsidéré auprès de sa population.

Le 18 avril 1123, c’est Baudouin II qui est à son tour capturé par Balak et emprisonné à Kharpût. La régence du royaume de Jérusalemest assurée par Eustache Ier Grenier, comte de Sidon et de Césarée, et Balak profite de son prestige obtenu par la capture du roi et la déconsidération de son cousin Suleyman pour assiéger Alep. Mais la population résiste, craignant la brutalité de Balak, et ne se rend qu’au bout d’un mois, le 28 juin 1123. Il assiège ensuite al-Bara, le siège d’une seigneurie latine et épiscopale quand il apprend, le 7 août, que ses prisonniers Josselin et Baudouin se sont libérés et ont pris le contrôle de la citadelle de Kharpût. En effet, une cinquantaine d’Arméniens d’Édesse avaient pénétré dans Karpût sous les déguisements de marchands et de moines et avaient réussi à s’emparer de la citadelle, libérant ses prisonniers. Revenus de leur surprise, les Turcs les assiègent, mais Josselin parvient à quitter la cité et à rejoindre Édesse, puis Jérusalem, où il lève une armée de secours. Balak, revenu en toute hâte, assiège sa citadelle et, quand il la prend, le 16 septembre, massacre ses défenseurs, à l’exception du roi, d’un de ses neveuxet de Galéran du Puiset.

La guerre entre les Syriens du nord et les Francs est conduite par le comte Josselin d’Édesse qui est obligé de faire demi-tour, apprenant la capture de Baudouin, mais ravage et pille les environs d’Alep au cours de l’automne 1123. En janvier 1124, Balak reprend le contrôle d’Alep, qui commence à se révolter et s’allie à Tughtekin, atabeg de Damas. Les deux émirs assiègent Hasart, localité qui assure les communications entre Édesse et Antioche, mais sont repoussés par les Francs. C’est à ce moment qu’Hasan ibn Gümüshtekîn, lieutenant de Balak et gouverneur de Menbij se révolte. Balak confie à son cousin Timurtash le siège de Menbij et s’apprête à dégager le port de Tyr assiégé par les croisés. C’est en effectuant une dernière inspection autour de la ville qu’il est atteint par une flèche tirée par un soldat d’Hasan, le 6 mai 1124. Se rendant compte qu’il est mortellement blessé, il s’écrie « ce coup est un coup mortel pour tous les musulmans » et meurt peu après.

Son cousin Timurtash, fils d’Il Ghazi, se retire à Mardin, car il trouve qu’il y a en Syrie trop de guerre contre les Francs. Timurtash commence par libérer Baudouin II contre rançon. Comme Balak est mort avant de secourir Tyr, et que les Fatimides renoncent à y envoyer une armée de secours, la ville est prise par les Francs le 7 juillet. Baudouin se met ensuite à assiéger Alep et Timurtash s’en désintéresse, faisant même exécuter les messagers de la ville venu lui demander secours. Les Alépins rejettent alors sa suzeraineté et offrent la ville à l’atabeg de Mossoul, Aq Sonqor Bursuqî.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 16:31

Aq Sonqor Bursuqî († 1126) est un officier seldjoukide, puis un atabeg de Mossoul (1113-1115 et 1121-1124) et d’Alep (1125-1126), responsable de plusieurs contre croisades contre les Francs. Il ne doit pas être confondu avec Aq Sonqor al-Hajib, père de Zengi, ou avec Bursuq ibn Bursuq un autre chef turc qui lutta également contre les Francs.

En 1111, il est gouverneur de Hama-dhân et participe à la contre croisade menée par Mawdûd ibn Altûntâsh, qui finit par un échec. Mawdûd est assassiné à Damas le 2 octobre 1113 et le grand Seldjoukide Muhammad Ier confie Mossoul à Aq Sonqor Bursuqî ainsi que la mission d’organiser une nouvelle contre croisade. En mai 1114, il part de Mossoul à la tête d’une armée de quinze mille hommes et soumet l’émir Il Ghazi ibn Ortoq, qui s’était rendu indépendant, et qui est contraint de confier à Aq Sonqor un contingent de soldats conduit par son fils Ayâz. Il assiège Édesse pendant un ou deux mois mais, faute de vivres, doit lever le siège et ravager les environs de la ville. Il se brouille ensuite avec Ayâz et le fait arrêter, mais Il Ghazi l’attaque et l’oblige à se replier sur Mossoul. Aq Sonqor est disgracié en 1115 par le sultan qui donne Mossoul à un chef turc, Uzbeg ou Juyûsh-beg et la direction de la contre croisade est donnée àBursuq ibn Bursuq.

En 1118, il est émir de Rahéla et participe avec Tughtekin, atabeg de Damas, à une attaque contre Alep, qui échoue à cause de l’intervention du prince Bohémond II d'Antioche. La même année, il est nommé commissaire du sultan de Perse auprès du calife. Le sultan Muhammad meurt peu après et le sultanat seldjoukide est en proie à l’anarchie. L’héritier, Mahmud II, à quatorze ans et des émirat soumis par son père commence à se révolter, comme celui des Banu Mazyâd, dirigé par le sheikh bédouin Dubais. Aq Sonqor Bursuqî part le soumettre, mais Juyûsh-beg, émir de Mossoul et protecteur de Ma’sûd, frère cadet de Mahmud, en profite pour se révolter et tenter d’imposer son protégé en marchant sur Bagdad. Un autre prétendant, le général turc Manguwîresh, se manifeste et Aq Sonqor fait la paix et s’allie à Dubais pour faire face à ces nouveaux dangers. Juyûsh-beg est battu, mais Al Sonqor ne peut pas se maintenir face à Manguwîresh et se replie sur Mossoul. Manguwîresh se conduit en tyran à Bagdad et doit évacuer la ville devant la révolte de ses habitants. C’est alors que Sanjar, frère de Muhammad Ier, intervient pour prendre l’hégémonie et Mahmud est obligé de le reconnaître comme sultan suprême. La lutte continue cependant entre Mahmud et Ma’sûd et ce n’est qu’en mai 1121 que Bursuqi parvient à réconcilier les deux frères. Il reçoit Mossoul en remerciement et pour s’éloigner de Bagdad, où il est brouillé avec le calife Al-Mustarchid. Dubais se révolte alors et bat Bursuqi sur les rives de l’Euphrate en 1122, mais il est battu par une autre armée de Bursuqi en mars1123.

En 1124, il reçoit l’ordre d’organiser de nouveau le jihad contre les Francs, et les habitants d’Alep, à la mort de l’atabeg Balak, l’appellent pour la succession. Il y fait son entrée le 29 janvier 1125 et prend possession de la ville. Il envahit ensuite la principauté d'Antioche et s'empare de Kafartâb le 9 mai 1125, assiège 'Azaz le 22 mai, mais le roi Baudouin II de Jérusalem le bat devant la forteresse le 13 juin. En 1126, il attaque de nouveau la principauté d'Antioche, et assiège Athûrab, mais la venue de Baudouin II et de Josselin Ier d'Édessel'oblige à battre retraite.

Il est assassiné le 26 novembre 1126 à Mossoul. Son fils Izz al-Din Mas’ûd ibn Bursuqî lui succède, mais meurt en 1127, laissant la place à Zengi.



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Imad ed-Din Zengi,ou Himad el-zain Zankay ibnou takaykh al- zewane (également appelé Zangi, Zengi, Zenghi, Zengui, Zenkî ou Zanki, et surnommé Sanguinus, enfrançais le Sanglant, par les chroniqueurs francs des croisades) (1087-1146) est le fils de Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d'Alep sous le sultan Malik Shah Ier.

Il devient atabeg de Mossoul en 1127 et d'Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il est également le fondateur éponyme de la dynastie zengide.

Au service du sultan seldjoukide

En 1085, l'émir seldjoukide Tutuch confie Alep à son père Ak Chungkur. En 1094, il l'accuse de trahison et le fait décapiter. Le jeune Zengi est recueilli par Kerbogha, atabeg de Mossoul.

Malgré les fréquents changements d'atabeg de Mossoul, Zengi y reste et il participe en 1113 au djihad d'Aq Sonqor Bursuqî. Il manque même de peu de prendre Tibériade avec ses hommes. L'année suivante, il participe à l'expédition organisée par Aq Sonqor Bursuqî contre l’émir Il Ghazi ibn Ortoq, qu'il soumet, puis le comté d'Édesse, mais dont il doit lever le siège. Quand Boursuqî tombe en disgrâce et que le sultan lui retire ses commandements, Zengi reste à Mossoul et sert le nouvel atabeg, Juyûsh-beg.

Devenu plus tard gouverneur de Bassora, Zengi réprime la révolte du calife abbasside Al-Mustarchid et le bat à Wasit, près de Bagdad en1126. Le calife se retranche à Bagdad et le sultan met le siège devant la ville en janvier 1127. L'arrivée des troupes de Zengi permet au sultan d'envisager de prendre d'assaut la ville, mais le calife, qui a fait le même raisonnement, capitule. Peu après, le sultan nomme Zengi haut commissaire du sultan en Irak (avril 1127), puis reçoit, à la mort de Mas’ûd ibn Bursuqî, ses villes de Mossoul et d'Alep.

Les débuts de l’Empire zengide

Selon le chroniqueur musulman Ibn al-Athir, ce sont les habitants de Mossoul qui, à la mort de Ma'ûd, se seraient rendus à la cour du sultan en Perse pour lui demander de nommer un émir puissant, capable de lutter efficacement contre les Francs. Les deux villes de Mossoul et d'Alep étaient gouvernées provisoirement par deux mamelouks, Jawali et Khutlugh. À Mossoul, Jawali ne fait aucune difficultés, accueille son nouveau maître et l'aide à prendre possession de la ville. Zengi s'occupe de réorganiser le gouvernement de la ville, prend Nisibin aux Ortoqides et se rend à Harran, ville se trouvant sous la menace permanente des Francs du comté d'Édesse pour renforcer sa défense.

À Alep, le mamelouk Khutlugh avait pris le pouvoir pour son propre compte, mais se rend rapidement odieux à ses sujets qui se révoltent, et doit se réfugier dans la citadelle, assiégée par les Alépins. La ville est elle-même revendiquée par deux princes, un ortoqide, Süleyman, et un seldjoukide, Ibrahim ibn Ridwan, et le prince Bohémond II d'Antioche tente de profiter de ces troubles pour s'emparer de la ville. Fort de la légitimité que lui assure l'investiture du sultan, Zengi envoie à Alep ses lieutenants Sonqor Diraz et Hasan Qarakush qui obtiennent la soumission des différents prétendants, et Zengi fait son entrée dans Alep le 18 juin 1128, sous les vivats de ses habitants.

Pour compléter sa légitimité, il épouse la veuve d'un précédent atabeg, Balak ibn Bahram ibn Ortok, également fille de Ridwan d'Alep et transfère les restes de son père dans la ville. Il retourne également à la cour du sultan Mahmud II qui lui délivre en 1129 un diplôme lui conférant l'autorité sur la Syrie et le nord de l'Irak. En effet, l'objectif de Zengi est d'unifier la Syrie musulmane sous son autorité, afin de coordonner tous les efforts contre les Francs. Les émirs syriens font immédiatement bloc autour de Buri Taj el-Moluk, émir de Damas, à l'exception de Qîrkhân, qui fait allégeance à Zengi. En 1130, pour mener une attaque contre Antioche, Zengi demande l'aide de Buri qui envoie une armée et son fils Sewinj, vice-roi de Hama. Zengi fait arrêter Sewinj et ne le libère que contre la reddition d'Hama. Puis il fait arrêter Qîrkhân et tente de prendre Homs, mais sans succès.


Entre Iraq et Syrie

Les Francs se trouvent alors dans une situation délicate. Les souverains Baudouin II de Jérusalem, Bohémond II d'Antioche et JosselinIer d'Édesse viennent de mourir. À Antioche, c'est une enfant, Constance, qui monte sur le trône, sous la régence de sa mère Alix de Jérusalem qui ne veut que le pouvoir. Sachant que les Francs ne la laisseraient pas usurper le trône, elle fait appel à Zengi, mais le complot est éventé et Alix est écartée de la régence. Avec l'aide de ses voisins Josselin II d'Édesse et Pons de Tripoli et le soutien de sa sœur Mélisende, elle tente de redevenir régente, mais le roi de Jérusalem Foulque d'Anjou, intervient de nouveau pour assigner Alix à résidence.

Cependant, Zengi ne peut pas profiter de ces discordes car, en 1132, le calife Al-Mustarchid profite de la mort du sultan Mahmoud II et de la lutte pour sa succession pour tenter de s'émanciper de la tutelle seldjoukide. Zengi, émir de Mossoul marche sur Bagdad pour soutenir les seldjoukides, mais est battu près de Tikrit par l'armée du calife. Encerclé avec son armée au bord du fleuve, il ne doit son salut qu'à Ayyub qui lui fait traverser le fleuve et l'aide à s'enfuir.

Zengi ne reste pas sur sa défaite face au calife et s'allie à un émir bédouin pour reprendre le combat en faveur du prétendant Sanjar. Une seconde bataille contre le calife est livrée aux abords de Bagdad le 13 juin 1132 où Zengi commence à prendre l'avantage, quand le sort tourne en faveur du calife. À la tête de trente mille hommes, Al-Mustarchid marche immédiatement sur Mossoul, bien décidé à en finir avec Zengi. Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd, le nouveau sultan seldjoukide, ne cherche pas à l'en dissuader, lui suggérant même de réunir laSyrie et l'Irak en un seul État sous son autorité. Zengi, aidé en sous-main par Mas`ûd, résiste durant trois mois au siège du calife, qui doit abandonner. Mais, pendant le siège, l'émir de Damas, Shams al-Muluk Isma’il, a profité de l'éloignement de Zengi pour lui reprendre Hama.

En janvier 1135, Zengi intervient contre Damas à l'appel de l'atabek Ismaël, aux prises à la révolte des Damascènes. Ismaël est assassiné par sa propre mère Zomorrod et remplacé par son frère Mahmud. Zengi ne peut prendre la ville et n'obtient des dirigeants de la ville assiégée que la reconnaissance de sa suzeraineté de manière purement nominale. En mars, il marche vers le nord, et s'empare de quatre places fortes franques de l'outre-Oronte, Zerdana, Tell Aghdî, Ma'arrat al-Numan et Kafartâb.



Le Proche Orient en 1135

Peu après, en Iraq, le sultan Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd a éliminé ses compétiteurs et cherche à rétablir son autorité au calife Al-Mustarchid. La bataille est livrée à Dâimarg le 24 juin 1135 et le sultan capture le calife, puis le fait assassiner. Son fils et successeur, Ar-Rachid, fait appel à Zengi pour combattre le sultan, mais Zengi préfère trahir le calife en s'alliant à Mas'ûd qui remplace ar-Rachid par Al-Muqtafi et augmente les titres et les pouvoirs de Zengi.

La contre-offensive musulmane en Syrie

En reprenant des villes franques, Zengi invite les anciens habitants musulmans à revendiquer leurs anciens biens, s'ils peuvent prouver leurs anciennes possessions. Mais il ne s'attaque pas seulement aux Francs, car il envisage d'unifier tous les musulmans de Syrie afin d'éviter que les luttes internes ne paralysent ses efforts. Il assiège ainsi Shaîzar pour obliger l'émir munqidhite Sultân à lui faire personnellement le serment d'allégeance. En juillet, il feint d'envahir le comté de Tripoli, mais attaque Homs qui résiste, et que Zengi ne peut réduire car les troupes d'Antioche envahissent l'émirat d'Alep. Pendant que Zengi s'occupent des affaires irakiennes, son lieutenant Sawâr fait une incursion sur Antioche et en ramène en butin considérable.

En juin 1137, Zengi assiège Homs (Emèse), contrôlée par les Damascènes. Le gouverneur de la cité, Mu'in ad-Din Unur, comprenant qu'il ne pourra pas résister longtemps, fait savoir aux Francs qu'il a l'intention de capituler. Ceux-ci qui n'ont pas envie de voir s'installer Zengi à deux jours de marche de Tripoli, se mettent en route. Zengi signe alors une trêve avec le gouverneur de Homs, et se retourne contre les Francs, assiégeant leur forteresse de Baarin. Zengi écrase les Francs en quelques heures sous les murs de Baarin. Foulque V d'Anjou se réfugie dans la citadelle. Zengi lui coupe toute communication et lui offre des conditions de reddition avantageuses : livraison de la forteresse et paiement de 50 000 dinars. Foulques et ses hommes capitulent, puis s'enfuient. Peu après avoir quitté Baarin, ils rencontrent le gros des renforts et se repentent d'avoir négocié.

Zengi apprend alors l'arrivée de l'empereur byzantin Jean II Comnène en Syrie du Nord avec des dizaines de milliers d'hommes. Il galope vers Alep pour défendre la ville. Mais les envoyés du basileus le rassurent : les Byzantins sont venus pour reprendre la Cilicie arménienne et assiégerAntioche, qui leur fait allégeance en août. Zengi retourne alors assiéger Homs. Les Byzantins et les Francs se réconcilient alors et envisagent une action concertée contre Alep. Les Francs promettent de donner Antioche à l'empereur dès qu'Alep serait conquise. En avril, ils assiègentShayzar, défendue par le vieil émir Soultan Ibn Mounqidh, espérant que Zengi ne chercherait pas à défendre une ville qu'il ne possède pas. Zengi envoie des messagers en Anatolie auprès desDanichmendides pour qu'ils reprennent la lutte, dépêche à Bagdad des agitateurs pour forcer le sultan Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd à envoyer des troupes vers Chayzar, écrit aux émirs de la Djézirehpour les enjoindre de repousser la nouvelle invasion. L'armée de Zengi, bien moins nombreuse que celle de l'adversaire, renonce à une attaque de front et entreprend une tactique de harcèlement. Zengi écrit au basileus et aux Francs, essayant de jouer sur leurs dissensions. Il fait propager par ses agents des rumeurs annonçant l'arrivée de gigantesques armées venant dePerse, d'Irak et d'Anatolie. Le basileus, lassé de la mauvaise volonté de ses alliés Francs, qui jouent aux dés et ne soucient que peu de la prise d'Alep qui les obligerait à céder Antioche, lève le siège de Chayzar et repart pour Antioche le 21 mai 1138.

Fin mai, Zengi passe un accord avec Damas : il épousera la princesse Zomorrod et obtiendra Homs en guise de dot. Trois mois plus tard, le mariage a lieu sous les murs de Homs, en présence des représentants du sultan, du calife de Bagdad, de celui du Caire et d'ambassadeurs du basileus. De Damas, Mu'in ad-Din Unur envoie à Jérusalem son ami le chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh pour étudier la possibilité d'une collaboration contre Zengi. Oussama obtient un accord de principe. En juillet 1139, Mahmud de Damas est poignardé dans son lit par trois de ses esclaves. Zomorrod alerte son nouveau mari, Zengi, alors à Harran, qui se met en route. MaisMu'in ad-Din Unur a pris les affaires de Damas en main et prépare la défense de la ville. Zengi met le siège devant Baalbek, tenue par les Damascènes (août). Il pilonne la ville qui est prise sans difficultés, mais sa citadelle résiste jusqu'à fin octobre. Irrité, Zengi ordonne de crucifier trente-sept de ses défenseurs et d'écorcher vif le commandant de la place.

Oussama Ibn Mounqidh, ambassadeur de Damas auprès de Francs se rend à nouveau à Jérusalem au début de l'année 1140 avec des propositions précises : l'armée franque forcerait Zengi à s'éloigner de Damas ; les deux États s'uniraient en cas de nouveaux dangers ; Mu'in ad-Din Unur versera 20 000 dinars pour couvrir les frais des opérations ; une expédition commune sera menée pour occuper la forteresse de Baniyas, tenue depuis peu par un vassal de Zengi, et la remettre au roi de Jérusalem. Pour prouver leur bonne foi, les Damascènes confieront aux Francs des otages. En avril 1140, Zengi se prépare à attaquer Damas. Mu'in ad-Din Unur demande à l'armée des Francs, commandée par le roi Foulque, de venir à son secours. Zengi se retire à Baalbek, qu'il donne en fief à un homme sûr,Ayyoub, avant de s'éloigner vers le nord. Ounas occupe Baniyas et la livre aux Francs, conformément au traité. Il se rend ensuite à Jérusalem avec le chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh. Zengi, repoussé de Syrie, se consacre à la lutte contre les Ortoqides et lesKurdes autour de Mossoul.

La reconquête d’Edesse

Le 10 novembre 1143, Foulque d'Anjou, roi de Jérusalem meurt des suites d'une chute de cheval. Sa mort laisse sur le trône un fils mineur,Baudouin III et comme régente une femme plutôt intrigante. Le prince d'Antioche Raymond de Poitiers profite alors de la mort de l'empereur Jean II Comnène (8 avril 1143) pour ravager la Cilice, mais Manuel IerComnène envoie ses généraux ravager la principauté d'Antioche en représailles. Plus grave Raymond de Poitiers et le comte Josselin II d'Édesse se haïssent farouchement, et l'absence d'un roi fort à Jérusalem permet à leur haine de se manifester. De plus Josselin s'est retiré à Turbessel et, impécunieux, n'a pas versé la solde à ses troupes depuis un an. Zengi, profitant de ces conditions favorables, et sous le couvert d'une campagne contre les Ortoqides pour ne pas inquiéter les Francs, lance une offensive contre Édesse, qu'il assiège le 28 novembre1144. La défense est assurée par Hugues II, l'évêque latin d'Édesse, qui refuse la reddition. Mais Zengi fait saper les murailles de la ville fortifiée qui passait pour imprenable, ouvre une brèche et prend la ville le 23 décembre 1144. Zengi laisse la vie sauve aux Syriaques et aux Arméniens, mais massacre ou réduit en esclavage les Chrétiens de rite latin. Puis il conquiert le comté jusqu'à l'Euphrate..


Possession de Zengi en 1145



Mais il ne peut pas profiter de son avantage car le grand sultan seldjoukide, inquiet de son succès, se rend à Mossoul pour marquer sa suzeraineté et impose à Zengi la tutelle d'un prince seldjoukide, Alp Arslan. Pendant que Zengi cherche à conquérir le reste du comté d'Édesse, Alp Arslan tente de se faire reconnaitre souverain de Mossoul, réussit à éliminer le lieutenant de Zengi, mais échoue à profiter de l'effet de surprise et est emprisonné. Zengi doit mettre fin à ses opérations de conquête pour ramener l'ordre à Mossoul. Un complot de la population arménienne d'Édesse tente de rendre la ville à Josselin II, mais Zengi le réprime durement en faisant crucifier les conspirateurs arméniens.

Par ses difficultés, Zengi mesure la fragilité de son empire et, plutôt que lancer une nouvelle offensive, contre les Francs ou contre Damas, entreprend de consolider son royaume. La principauté de Qal'at Ja'bar, incluse dans ses états, est tenue par un émir qui menace périodiquement les communications entre Alep et Mossoul. Zengi décide de la réduire et l'assiège. Dans la nuit du 14 au 15 septembre1146, Zengi est réveillé par un de ses eunuques, Yarankach, en train de boire le vin qu'il a laissé dans un gobelet. Furieux d'un tel comportement, il le menace d'un châtiment pour l'aube et se rendort, mais l'eunuque l'assassine dans son sommeil.

Son armée se disperse immédiatement. Un de ses fils, Nur ad-Din se fait reconnaître à Alep, tandis qu'un autre fils, Sayf ad-Din Ghâzî, prend possession de Mossoul. Josselin II reprend Édesse, mais se révèle incapable à la garder. Mu'in ad-Din Unur régent de Damas reprend Baalbek. La prise d'Édesse est la cause de la seconde croisade.

Postérité

Comme tout prince musulman, il a disposé d'un harem et l'on ne connait pas toutes ses épouses. Parmi celles-ci, on connait :
• une fille de Ridwan d'Alep, veuve de Balak ibn Bahram ibn Ortok, atabeg d'Alep.
• Zamarud Khatun, veuve de Buri Taj el-Moluk, atabeg de Damas.
Il laisse comme enfants :
• Nur ad-Din (1117 - 1174), émir d'Alep et de Damas.
• Sayf ad-Din Ghâzî (mort en 1149), émir de Mossoul.
• Qutb ad-Dîn Mawdûd (mort en 1171), émir de Mossoul.
• Amir Miran, général de son frère Nur ad-Din en 1159.


(


Emir Gazi Gümüchtegin ou Gümüştekin († 1135) est le second dirigeant de l’état danismendide que son père Danishmend Gazi a fondé dans le centre-oust de l’Anatolie après la bataille de Manzikert. Il est parfois nommé Emir Gazi II.



L’Anatolie en 1097


Il succède à son père quand ce dernier meurt en 1104. En 1130, il s’allie à Léon Ier, prince des montagnes ciliciennes contre le prince francs Bohémond II d'Antioche, qui est tué au cours de la bataille. La tête de Bohémond est embaumée et envoyée au calife abbassidede Bagdad. Gümüchtegin aurait peut-être conquis une partie de la principauté d'Antioche sans l’intervention de l’empereur Jean II Comnène, qui souhaite étendre son influence sur Antioche.
En 1131, il assiège le château de Kaysun (en) dans le comté d’Édesse, mais doit battre retraite avec l’arrivée du comte Josselin Ierd’Édesse, que Gümüchtegin croyait mort.

En 1135, le calife et le grand sultan seldjoukide lui envoient les insignes royaux qui le font malik danishmendide. Il meurt la même année et l’émirat danishmendide commence alors à se retrouver sous la pression de l’empire byzantin et du sultanat de Rum.

Il laisse comme enfants :
• Mehmed Gazi III († v. 1142), malik danishmendide
• Yaghi Arslan († 1164), gouverneur de Sivas de 1141 à 1164.
• Ayn al-Dawla († 1151).
• Ibrahim, père d'Ismail, gouverneur de Sivas à partir de 1164
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 18:25





• Nur ad-Din, atabeg d’Alep
• Mujir ad-Din Abaq, émir de Damas
• Mu’in ad-Din Unur, régent de Damas




Une double nuance se trouve dans la signification étymologique de la titulature de Nûr al-Dîn, elle exprime à la fois le feu (nâr) dirigé contre les Infidèles ainsi que lumière (nûr) de la religion (dîn) selon le jeu de mots d'un thuriféraire de l'époque qui place Nûr al-Dîn au centre de la propagande qui permit de revivifier le concept de jihâd1.


Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil (vers 1117/8 - 15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddîn " lumière de la religion " 3 (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la Contre-Croisade du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu'en Égypte et prône pour cela l'unification desmusulmans.

Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.


Nûr ad-Dîn, est un souverain d'origine turque de la dynastie des Zengides qui règne sur la Syrie (au sens médiévale du terme) de 1146 à 1174. Deux ans après avoir fait chuter Edesse (1144), évènement capitale de la Contre-Croisade, Zenkî, le père de Nur ad-Dîn, perds la vie assassiné par un obscur serviteur. Il légua son royaume, à cheval entre la Haute-Mésopotamie et la Syrie du Nord à ses deux fils, l'aîné Sayf ad-Dîn Ghâzi s'établit à Mossoul et Nur ad-Dîn à Alep. Cette succession ne se déroula pas sans heurts, cependant un compromis entre les deux frères fut trouvé.

Après l'échec de la Seconde Croisade (1148-49) , Nûr ad-Dîn en position de force, avait pour ambition de conquérir Damas. Dans un premier temps, il obtint d'être nominalement reconnu suzerain par Mu'in ad-Dîn Unur, émir bouride de la ville, qui laissa place à son fils, Mu'jir ad-Dîn Uvaq, en 1149. Nûr ad-Dîn parvint à s'emparer de Damas en 1154, sans y mettre le siège, grâce aux complicités de la population hostile à la faiblesse manifestée jusqu'alors par leur gouverneur envers les Francs. Cet évènement capitale lui permit d'unifier la Syrie à son profit, et à cueillir les fruits des précédents efforts de son père pour réorganiser ses territoires dans un esprit de djihâd.

Toutes ces actions ont permis à Nûr ad-Dîn de se faire connaitre par les Francs qui commencèrent à redouter sa présence. En bousculant les plans des croisés lors de la Deuxième Croisade, où le roi de France obstiné, contre l'avis de Raymond d'Antioche et avec des visées économiques sur la plaine de Béqaa et la vallée du Hauran, décide de mettre le siège devant Damas. Une erreur d'appréciation qui sera fatale à l'armée franque, étant donné que Mu'in ad-Dîn Unur s'empressa de demander de l'aide à Nûr ad-Dîn, tout en se méfiant de ses ambitions sur la Syrie. L'arrivée imminente de Nûr ad-Dîn, sema la discorde dans les rangs de l'armée franque, si bien que l'émir de Damas put profiter de leurs divisions afin qu'ils lèvent le siège. À travers ce double-jeu, l'émir de Damas avait donné à son fils cinq ans de répit. Si Damas était l'objet de toutes les convoitises, c'était de part sa position stratégique, les Francs ont toujours maintenu cette ville dans leur sillage afin d'empêcher toute réaction unitaire de se faire chez les musulmans, tant qu'Alep et Damas restaient en mauvais termes, le royaume de Jérusalem n'était pas menacé. Ce n'est pas tout, Nûr ad-Dîn mit définitivement fin à l'histoire du comté d'Edesse, en réprimant une révolte suscité par les Arméniens et qui avait pour objectif de remettre Joscelin II au pouvoir. Nûr ad-Dîn était maintenant un adversaire sérieux au niveau géopolitique, et cela se confirma lorsqu'il fit de Damas, la capitale de la Syrie. Il dirigea ensuite diverses campagnes contre les croisés et s'empara des principales places fortes : 'Azâz, Inab, Hârim et Apamée. La possession de celles-ci était un atout stratégique déterminant comme nous le montre l'étude topographique mené d'une main de maître par M.Elisséeff. En prenant place à 'Akkâr, juste en face du Krak des Chevaliers, puis à Baniyas à la fin de son règne, Nûr ad-Dîn s'imposa comme un fin stratège militaire, mais aussi comme un homme politique brillant au vu des multiples captures de prisonniers et des alliances qu'il mit au point (avec les Byzantins, les Seldjouqides, ainsi que les Fatimides). Nûr ad-Dîn était passé du statut d'inconnu par les Francs, à celui d'une menace sérieuse dans la région lorsqu'il revendiqua l'unité et l'indépendance de la Syrie, constamment en proie à l'instabilité politique depuis les Umeyyades.

Cependant Nûr ad-Dîn n'a jamais remporté de succès décisifs, il réussit à déserrer l'étau qui paralysait les villes musulmanes les plus importantes de l'intérieur de la Syrie. Il ne perdit jamais de vue que le but de ses victoires successives, était la reconquête de Jérusalem (al-Quds en arabe). Cette reconquête était envisageable dans la mesure où la prise de Damas facilite une conquête de la Galilée étant donnée sa position stratégique à environ 200 kilomètres de la Ville Sainte. La preuve qu'il nous reste de cette volonté de reconquête, est le minbar en bois ouvragé spécialement destiné à prendre place dans la mosquée al-Aqsâ, une fois Jérusalem reconquise.

L'image du sultan-guerrier accolée à Nûr ad-Dîn mérite d'être renversé. Parallèlement à ses entreprises guerrières, Nûr ad-Dîn s'attacha à se comporter comme un prince pieux soucieux de régner en respectant l'équité et la justice. TRès attaché à la religion, il se voua à remettre de l'ordre dans ses possessions syriennes dont il avait reconstitué les défenses, et à développer autour de lui des sentiments musulmans propres à soutenir l'effort de la Contre-Croisade. À cette attention, il gouvernait avec un conseil d'émirs dans sa résidence souveraine installée à l'intérieur de la citadelle de Damas en s'efforçant de rendre lui-même la justice au sein du dar al-adl' (équivalent d'un palais de justice) placé au pied de la citadelle. Surtout, il anima une politique religieuse de renforcement de l'islam sunnite et pour se faire il fonda plusieurs madrasas à Alep puis à Damas. Il eut à réprimer une révolte chiite à Alep, dont il tolérait l'existence au départ avant de l'interdir. Il réussit à faire basculer la ville, majoritairement chiite au IX et Xe siècles, du côté sunnite. Afin de former les futurs cadres de l'administration, il fit venir des professeurs originaires de Mésopotamie, d'Iran et créa également à Damas, un collège spécialisé dans l'étude des hâdiths prophétiques (dar al-hâdith). S'intéressant à l'architecture militaire, à la construction d'édifices d'utilité publique monumentaux (hammams) il dota les villes syriennes de tous les organes nécessaires au développement de la vie intellectuelle et religieuse, de ce fait il contribua largement au bien-être de la population.

La fin du règne de Nûr ad-Dîn fut surtout occupée par les expéditions qu'il envoya dans l'Égypte des Fatimides à trois reprises de 1164 à 1169, expéditions que commandait le kurde Shîrkûh assisté par son neveu, le futur Saladin fils d'Ayyûb. Ces tentatives aboutirent au renversement du régime en 1171 c'est-à-dire à une victoire du sunnisme sur le chiisme ismaïlien mais elles firent naître une inévitable tension politique entre le souverain syrien et le jeune Saladin qui en 1174, succéda à Nûr ad-Dîn à la tête d'un nouvel ensemble territorial englobant à la fois l'Égypte et la Syrie4.

La guerre contre les Croisés


Nur ad-Din est le deuxième enfant de Imad ad-Din Zengi, célèbre ennemi des croisés. Après la mort de leur père, Nur ad-Din et son aînéSaif ad-Din Ghâzî se partagent son royaume. Ce dernier s’établit à Mossoul tandis que l’autre gouverna Alep. La frontière entre les deux nouveaux royaumes était matérialisée par le fleuve de Khabur. Nur ad-Din commence par contenir l’offensive de Josselin II de Courtenay qui tente en vain de récupérer la ville d’Édesse que lui avait prise naguère Zengi. Nur ad-Din punit les Arméniens d’Édesse pour s'être alliés aux croisés, tandis que les chrétiens syriaques qui habitaient la ville, craignant pour leur vie, quittent le pays. Il effectue ensuite une série d’attaques contre la principauté d'Antioche, se saisit de plusieurs châteaux au Nord de la Syrie et repousse la frontière entre chrétiens et musulmans de l’Euphrate à l’Oronte.

En 1147, la deuxième croisade, menée par le roi de France Louis VII et par Conrad III de Hohenstaufen empereur germanique, débarque en Syrie. Au lieu d’attaquer Nur ad-Din, qui représente le vrai danger pour les états francs, les croisés préfèrent faire leur pèlerinage à Jérusalem puis tentent de prendre Damas, alors que son émir est un allié traditionnel des Francs. Cette maladresse renforce le sentiment antichrétien des Damascènes. Mu'in ad-Din Unur, résiste, fait appel à toutes les troupes damascènes et demande l’aide de Nur ad-Din, qui arrive avec son armée. Pour éviter que Damas ne tombe sous le contrôle du Zengide, les croisés doivent lever le siège.

En 1149, il lance une offensive contre les territoires dominés par le château de Hârim, situé sur la rive orientale de l’Oronte, après quoi il assiège le château de Inab. Le Prince d’Antioche,Raymond de Poitiers, vole au secours de la citadelle assiégée. L'armée musulmane décime l'armée croisée en 1149, et Raymond de Poitiers perd la vie au cours de la bataille. La ville d’Antioche n’est sauvée que par la défense que fait le patriarche et l’intervention du roi Baudouin III de Jérusalem qui oblige Nur ad-Din à lever le siège de la ville. Son frère Saif ad-Din Ghazi meurt en novembre 1149, mais Nur ad-Din ne peut pas se rendre immédiatement à Mossoul et c’est un autre frère, Qutb ad-Dîn Mawdûd qui devient atabeg de Mossoul.

Profitant de la perte de prestige des Francs consécutivement à leurs défaites et à leurs erreurs, un certain nombre d’émirs musulmans se mettent à attaquer les possessions franques. Le sultan seldjoukide de Rum Mas`ûd Ier attaque et occupe le nord de ce qui reste du comté d’Édesse. Nur ad-Din assiège Turbessel, mais l’arrivée de Baudouin III l’oblige à lever le siège. Mais le comte Josselin II est capturé peu après, le 4 mai 1150 en se rendant à Antioche, et Turbessel est de nouveau assiégée, mais défendue avec acharnement par la comtesse Béatrice d’Édesse. Finalement, constatant ses limites à défendre la citadelle et avec l’accord du roi, elle cède ce qui reste du comté aux Byzantins, mais ces derniers se révèlent incapable de défendre la ville et Hanas, un lieutenant de Nur ad-Din, la prend le 12 juillet 1151.

L’unification de la Syrie

L’idéal de Nur ad-Din est de continuer le projet de son père qui consiste à rassembler les musulmans entre l’Euphrate et le Nil sous une seule autorité pour faire front commun devant les croisés. Mais Damas constitue un obstacle majeur à cette unification. Muin ad-Din joue l’alliance franque contre Nur ad-Din et son successeur Mujir ad-Din Abaq, émir de Damas, empêche l’émir d’Alep, en 1153, d’intervenir pour secourir la ville d’Ascalon qui est prise par les Francs. Abaq accepte ensuite de se placer sous protectorat franc et de faire verser par les habitants un tribut annuel aux croisés. Nur ad-Din envoie Ayyub à Damas qui profite des mouvements de colère des Damascènes pour saper l’autorité de l’émir et retourner ses conseillers et ses lieutenants. Seul un officier, Ata ibn Haffad al Salami se montre irréductible et Nur ad-Din fait savoir à Abak qu’il s’apprête à le trahir. Sans vérifier l’information, Abak le fait mettre à mort, se privant de son dernier fidèle. Nur ad-Din marche alors avec son armée sur Damas le 18 avril 1154, et la milice damascène lui ouvre les portes le 25 avril 1154. Abak se réfugie dans la citadelle, mais capitule rapidement. La Syrie est maintenant unifiée sous l’autorité de Nur ad-Din : d’Édesse au Nord à Hawrân au Sud.


À la suite d’une opération de razzia franque, Nur ad-Din décide d’attaquer Panéas. Il prend la ville basse le 18 mai 1157, mais Onfroy II de Toron résiste dans la citadelle. L’arrivée de Baudouin III, roi de Jérusalem, l’oblige à lever le siège, mais Baudouin, trop confiant, repart en Galilée et Nur ad-Din assiège de nouveau Panéas et Baudouin doit de nouveau intervenir pour libérer la place en juin 1157. Au mois d’août 1157, un séisme ravage la Syrie. L’émirat de Shaizar est ravagé, la famille régnante anéantie et Baudouin III en profite pour en prendre possession. Profitant d’une grave maladie qui terrasse Nur ad-Din pendant plusieurs mois, les Francs s’emparent également de Harrim le 25 décembre 1157.

Nur ad-Din, rétabli à la fin du printemps 1158, tente d’envahir la Galilée, mais est battu et repoussé par Baudouin à Puthala, près de l’embouche du Jourdain sur le lac de Tibériade le 15 juillet 1158. En 1158, une armée byzantine approche de la Syrie, mais il s’agit pour l’empereur Manuel Ier Comnène de châtier le nouveau prince d’Antioche, Renaud de Châtillon, qui s’est rendu coupable de piraterie contre les possessions byzantines, et d’imposer la présence byzantine en Cilicie. Après une entrevue avec le roi Baudouin III, une action concertée franco-byzantine est lancée contre Alep en 1159, mais qui tourne court, car l’empereur conclut une paix séparée avec Nur ad-Din.


La guerre pour le contrôle de l’Egypte


Les Francs se trouvent maintenant confrontés à un royaume musulman fort en Syrie et commencent à avoir des vues sur l’Égypte pour s’étendre. La situation y est très trouble depuis 1154 et les guerres civiles pour s’emparer du pouvoir et du poste de vizir. En 1160, Baudouin III avait profité des luttes pour imposer un tribut de cent soixante mille dinars. En 1163, son successeur Amaury Ier prend prétexte du non versement de ce tribut pour assiéger Bilbéis. La crue du Nil et la rupture des digues ordonnées par le vizir l’obligent à lever le siège, mais le roi a pu mesurer par cette campagne la fragilité de l’état égyptien. Il envisage une autre invasion, mais Nur ad-Din attaque la principauté d’Antioche pour faire diversion et obliger Amaury à laisser l’Égypte tranquille. Au début de 1164, le vizir égyptienShawar est renversé, mais il réussit à se réfugier à Alep et demande à Nur ad-Din de le replacer au pouvoir. D’abord réticent, Nur ad-Din finit par envoyer en avril 1164 une armée commandée par Shirkuh, qui rétablit Shawar sur le vizirat. Mais Shawar refuse de verser à Shirkuh les indemnités et le tribut promis et fait appel à Amaury Ier pour s’en débarrasser. Fort de cette légitimité imprévue il intervient en Égypte et menace Shirkuh. C’est alors que Nur ad-Din lance une nouvelle attaque contre Antioche. Amaury et Shirkuh signent un cesser le feu et évacuent simultanément l’Égypte. Mais Nur ad-Din a pris Hârim (12 août 1164), fait prisonnier le prince Bohémond III d'Antiocheet Antioche n’est sauvée que par une intervention byzantine.

Pour éviter les troupes byzantines, il attaque plus au sud et prend Panéas le 18 octobre 1164, Amaury Ier, rentré d'Égypte en novembre, met la principauté d'Antioche en état de défense et réussit à négocier la libération de Bohémond III. En 1165, Nur ad-Din prend la forteresse de Shaqîf-Tîrûn, puis celle de Munîtira en 1166.

Shirkuh souhaite prendre sa revanche sur Shawar, Nur ad-Din, qui est sunnite, souhaite combattre le califat fatimide et chiite d'Égypte, aussi envoie-t-il de nouveau Shirkuh en janvier1167. Shawar fait de nouveau appel aux Francs et Amaury quitte Gaza le 31 janvier 1167 à la tête de son armée. Il conclut un traité d'alliance avec l'Égypte qui met de fait ce pays sous protectorat francs. Amaury et Shawar livrent bataille à Shirkuh à Bâbain-Ashmûnain le 18 mars1167. Ils sont défaits, mais ne subissent que peu de pertes. Il ne peuvent empêcher Shirkuh de prendre Alexandrie, qui en confie la défense à son neveu Saladin, tandis qu'il combat en Haute-Égypte. Mais les réserves de la ville sont faibles et Saladin ne peut résister longtemps, aussi Amaury et Shirkuh négocient encore une paix et évacuent simultanément le pays en août 1167.

En partant, Amaury a laissé au Caire un petit détachement chargé de percevoir le tribut promis de cent mille dinars. Leur présence mécontente la population et Shawar envisage de s'allier à Nur ad-Din pour s'en débarrasser. D'autre part, au cours d'un voyage diplomatique à Byzance, les souverains byzantins et francs envisagent une action commune de conquête de l'Égypte. Mais, avant même que les Byzantins envoient leurs troupes, les Francs passent à l'attaque et envahissent l'Égypte en octobre 1168. Pendant que Shawar temporise et cherche à négocier, le calife Al-Adid demande l'aide de Nur ad-Din, lequel envoie Shirkuh. Quand les Francs arrivent devant le Caire, ils trouvent la ville en proie aux incendies que les Cairotes ont allumés, préférant livrer leur ville aux flammes plutôt qu'aux Francs. Craignant d'être pris à revers par Shirkuh, Amaury et les Francs rentrent en Palestine le 2 janvier 1169. Shirkuh arrive peu après, fait exécuter Shawar le 18 janvier 1169 et s'attribue le vizirat. Il meurt peu après, le 23 mars 1169, et Saladin est nommé vizir par le calife.

Décès et succession

Après avoir rallié l’Égypte, Nur ad-Din pense avoir unifié le proche orient musulman; or Saladin qui tient les rênes du pouvoir en Égypte ne souhaite pas le suivre. Pendant les quatre années qui suivent, Saladin montre l’apparence de la soumission et multiplie les déclarations d’allégeance, mais cherche à marquer la plus grande distance avec Nur ad-Din. À la demande de ce dernier, il abolit le califat chiite, mais ne participe pas aux invasions menées par Nur ad-Din contre le royaume de Jérusalem en 1171 et 1173, et espère que le royaume croisé reste en place, agissant comme une zone « tampon » entre l'Égypte et la Syrie. Nur ad-Din réalise alors qu'il a créé sans le vouloir une puissance dangereuse en la personne de Saladin, et les deux chefs rassemblent des armées pour ce qui semblait être une guerre inévitable.
Alors que Nur ad-Din Mahmûd s’apprête à se rendre en Égypte en 1174, il est saisi d’une fièvre qui le terrasse à 59 ans. Son fils, le jeuneAs-Salih Ismail al-Malik devient l'héritier légitime, et Saladin se déclare son vassal, bien qu'il désire unifier la Syrie et l'Égypte sous son propre règne. Saladin occupe Damas dès 1174, repousse les attaques des différents princes zengides, et s’empare d’Alep en 1183.



Dômes de la madrasa et tombeau de Nur ad-Din àDamas



Tombe de Nur ad-Din àDamas


Nur ad-Din comme souverain de Syrie

Nur ad-Din croyait en l’Islam et en sa grandeur. Il pensait que les croisés étaient des étrangers aux territoires arabo-musulmans, venus d’outre-mer s’emparer des terres et profaner les lieux sacrés. Il ne s'en prit néanmoins pas aux chrétiens qui vivaient sous son autorité, à l'exception toutefois des Arméniens d'Édesse.

Le jihâd et l’unification des rangs musulmans ne le détournent pas de la construction d'universités et de mosquées qui se répartissent dans toutes les villes qu’il contrôle. Ces universités s’occupaient principalement de Coran et de Hadith. Nur ad-Din était féru de Hadith et aimait que des spécialistes lui en fissent la lecture. Ses professeurs lui accordèrent même un diplôme de narration du Hadith.

Soucieux des démunis, il fait construire des hôpitaux gratuits dans chacune des villes de son État. Il fait également édifier des caravansérails sur les routes afin que les voyageurs pussent s’y arrêter. Il tenait plusieurs fois par semaine une séance où les gens venaient lui demander de rendre justice contre ses généraux, gouverneurs ou employés. Il reste dans le monde musulman une figure légendaire de courage militaire, de piété et de modestie.

Postérité

Seuls trois enfants lui sont connus :
• As-Salih Ismail al-Malik (1162 † 1181), émir de Damas et d'Alep
• une fille, mariée à son cousin Imad ad-Din Zengi, émir de Sinjar et d’Alep
• une fille que les habitants d’Alep envoient négocier avec Saladin lors du siege de 1175.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 13:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 18:28

Mujīr ad-Dīn ʿAbd al-Dawla Abu Saʿīd Ābaq ibn Jamāl ad-Dīn Muhammad, ou plus simplement Mujīr ad-Dīn Ābaq, est le dernieratabeg bouride de Damas, de 1140 à 1154. Il est le fils aîné de Jemal ad-Din Muhammad ibn Buri, atabeg de Damas.

Il devient atabeg à la mort de son père, survenue le 29 mars 1140. Il est encore enfant et Zengi, atabeg d’Alep et de Mossoul, en profite pour tenter d’envahir et de le conquérir l’émirat de Damas, mais le ministre Mu'in ad-Din Unur prend la régence en main, résiste au blocus de Zengi et appelle Foulque d’Anjou, roi de Jérusalem, ce qui oblige Zengi à mettre immédiatement fin aux opérations.

Pour consolider sa position, Mu’in ad-Din Unur marie sa fille à Mujir ad-Din Abaq et renforce son alliance avec les Francs contre Zengi, puis son fils Nur ad-Din, qui succède à son père en 1146. Cette alliance est mise à mal par l’arrivée de la seconde croisade qui assiège Damas, mais après leur départ, Unur renoue avec Jérusalem pour ne pas être annexé par Nur ad-Din.

Mu’in ad-Din Unur meurt le 28 août 1149 et Mujir ad-Din Abaq poursuit sa politique d’alliance avec Baudouin III, le fils de Foulque et le nouveau roi de Jérusalem, contre Nur ad-Din. Au mois d’avril 1150, Nur ad-Din assiège Damas, mais la menace de faire appel au roi de Jérusalem suffit à lui faire lever le siège.

Nur ad-Din fait une nouvelle tentative et met le siège devant Damas le 2 mai 1152. Baudouin III et les barons francs marchent alors sur Damas, obligeant Nur ad-Din à battre retraite. Les Francs arrivent à Damas où ils sont accueillis en sauveurs. En retour Abaq réussit à bloquer en avril 1153 l’armée que Nur ad-Din envoie au secours de la ville d’Ascalon assiégée par les Francs.

Ne pouvant espérer s’emparer de Damas par la force, Nur ad-Din change de tactique. Il envoie des agents, dont Ayyoub et Shirkuh, dans la ville afin de susciter le mécontentement des Damascènes contre le protectorat francs et de renforcer leurs sympathies islamiques. Ils détachent également des conseillers et officiers de leur loyauté à Abaq. Certains restent irréductiblement fidèles à Abaq, comme le lieutenant Atâ ibn Haffad al-Salamî, que Nur ad-Din dénonce à Abaq comme organisateur d’un complot. Sans vérifier l’accusation, Abaq fait mettre à mort son officier fidèle, se privant de ses derniers soutiens.

Nur ad-Din passe alors à l’attaque. Il met le siège devant Damas le 18 avril 1154 et la milice lui ouvre les portes de la ville le 25 avril, avant que Baudouin III n’ait pu intervenir. Abaq capitule et livre la citadelle, et Nur ad-Din lui confie un fief à Homs.
Peu après, Abaq utilise ses connaissances pour tenter de reprendre le pouvoir à Damas, et Nur ad-Din préfère lui retirer Homs et lui donner un domaine à Balis, au bord de l’Euphrate, mais Mujir ad-Din Abaq préfère se réfugier à Bagdad.






Mu'in ad-Din Unur († 1149) est un ministre, puis un régent de l’émirat bouride deDamas de 1135 à 1149.

Il commence son service auprès des Bourides comme mamelouk, c'est-à-dire soldat esclave, de Tughtekin, atabeg de Damas et reste dans l’ombre pendant de nombreuses années. Tughtekin meurt en 1128, suivi par son fils Buri Taj el-Moluk, mort en 1132 et son petit-fils Shams al-Muluk Isma’il, assassiné 2 février 1135. Ce dernier, voyant en permanence des complots dans son entourage avait décidé de donner Damas à Zengi, atabeg d’Alep et de Mossoul, et de se retirer dans une de ses forteresses. Au moment de l’assassinat, Zengi est déjà en route pour Damas, mais Zumurrud Khâtûn, la mère d’Ismâ’il, s’est dépêchée de faire reconnaître son autre fils,Shihab ad-Din Mahmud, comme atabeg

Mu'in ad-Din Unur prend alors la tête de l’armée et assure la défense de la ville face à Zengi qui met le siège. Un jeune prince prétendant au sultanat seldjoukide, Dawûd, l’accompagne et l’émir de Damas, sur les conseils de de Mu’in ad-Din Unur accepte de lui faire allégeance pour ôter à Zengi un des prétextes de son attaque. Puis le calife al-Mustarshid envoie un ambassadeur, Bish ibn Kherîm, qui négocie la paix et la levée du siège le 16 mars 1135, moyennant une reconnaissance, purement nominale, de la suzeraineté d’Alep pour Damas et incitant Zengi à intervenir en Iraq pour soutenir la candidature de Dawud.

Qîrkhân ibn Qârâjâ, émir de Homs meurt en 1136, et ses fils échangent avec Shihab ad-Din Mahmud la ville contre Palmyre. Mahmùd donne alors la ville ne fief à Mu'in ad-Din Unur. Un an plus tard, en juin 1137, Zengi tente de nouveau la conquête de l'émirat de Damas et commence par assiéger Homs. Raymond II, comte de Tripoli, prévenu, ne souhaite pas qu'un chef de guerre musulman aussi puissant s'installe dans une ville si proche du comté de Tripoli et envoie une armée aux abords de Homs, obligeant Zengi à lever le siège le 11 juillet et à attaquer les Francs à Montferrand (ou Ba'rîn), où il les défait et prend la citadelle.

En 1138, Zumurrud Khatun, la mère de l'atabeg, épouse Zengi et lui apporte Homs en dot, et Mu'in ad-Din Unur reçoit en échange Ba'rîn. Dans la nuit du 22 au 23 juin 1139, Shihab ad-Din Mahmud est assassiné et Mu'in ad-Din Unur réagit avec fermeté, faisant exécuter les assassins et plaçant Jemal ad-Din Muhammad, demi-frère du précédent atabeg, sur le trône, lequel le remercie en lui donnant en fief Ba'albek, mais Unur se contente de déléguer un gouverneur pour assurer le gouvernement de Damas. En effet, un autre demi-frère, Bahrâm Shâh, s'est réfugié à Alep et demande à Zengi de l'aider à monter sur le trône de Damas. Zengi commence par assiéger Ba'albek, le 20 août 1139, la ville capitule le 10 octobre et la citadelle le 21 octobre et Zengi, malgré ses serments d'épargner les soldats, les fait crucifier. Cette action, destinée à intimider les Damascènes, les détermine au contraire à résister. Puis il met le siège devant Damas le 6 décembre. La ville résiste, Jemal ad-Din Muhammad meurt peu après, le 29 mars 1140. Unur place sur le trône Mujir ad-Din Abaq, le fils de Muhammad, encore enfant. Pour se débarrasser de Zengi, il fait appel à Foulque d'Anjou, roi de Jérusalem avec qui il avait conclu une alliance en 1138. L'arrivée de Foulque suffit à faire partir Zengi, et Mu'in ad-Din Unur aide ensuite les Francs à reprendre Panées sur les Zengides (mai 1140).

À la suite de la prise d'Édesse par Zengi, une nouvelle croisade arrive d'Europe mais ses chefs, au lieu d'attaquer l'empire zengide, s'attaquent à Damas, rompant l'alliance franco-damascène. Damas est assiégée le 24 juillet 1148 et Mu'in ad-Din Unur fait appel à toutes les troupes de l'émirat pour résister aux croisés. C'est alors que Nur ad-Din et Saif ad-Din Ghazi, fils et successeurs de Zengi approche avec son armée et les croisés lèvent le siège le 28 juillet et battent en retraite, voulant éviter d'être pris en tenaille entre les Zengides et les Damasènes, et ne voulant pas non plus que Damas tombe au pouvoir de Nur ad-Din.

Par la suite Mu'in ad-Din Unur ordonne quelques raids contre les Francs en Galilée, un raid avec Nur ad-Din contre Antioche, mais la paix et l'alliance entre les Francs et Damas finit par être restaurée en mai 1149. Mais il meurt peu après de dysenterie, le 28 août 1149.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 20:10





• As-Salih Ismail al-Malik, émir de Damas
• Shawar, vizir d’Egypte
• Shirkuh, général de Nur ad-Din
• Saladin, sultan ayyoubide d’Egypte, puis émir d’Alep et de Damas






As-Salih Ismail al-Malik (1162 † 1181) est un émir zengide de Damas en 1174 et un émir d'Alep de 1174 à 1181. Il est l'unique fils deNour ad-Din Mahmûd, émir de Damas, d'Alep et de Mossoul.

Durant son enfance, les soldats de son père, commandés par Shirkuh combattent les Francs du roi Amaury Ier de Jérusalem pour le contrôle de l'Égypte. C'est finalement Sirkuh qui l'emporte, mais il meurt peu après, le 23 mars 1169. Al-‘Adîd, le calife fatimide du Caire, nomme alors Saladin, neveu de Shirkuh, comme vizir. Dans les années qui suivent, Saladin commence à montrer des velléités d'indépendance vis-à-vis de Nur ad-Din, lequel organise une expédition pour le soumettre, mais meurt à Damas le 15 mai 1174. Quelque temps plus tard, c'est le roi Amaury Ier qui meurt à son tour, laissant le trône à son fils mineur et lépreux.

Sayf ad-Dîn Ghâzî II, cousin d'As-Salih s'empare de Mossoul qu'il tenait avant que son oncle Nur ad-Din ne s'en empare. A Damas, l'émir Ibn al-Muqaddam garde l'enfant sous son contrôle et prend le pouvoir à Damas, tandis qu'un autre émir, Ibn al-Dayâ gouverne Alep. Un troisième émir, Gümüshtekîn prend d'As-Salih et l'emmène à Alep, où il écarte Ibn al-Dayâ. Ibn al-Muqaddam et les autres émirs à Damas prennent peur et font appel à Sayf ad-Dîn Ghâzî, à qui ils offrent l'émirat de Damas, mais ce dernier décline la proposition. Ils font alors appel à Saladin et lui livre la ville (27 novembre 1174). Saladin affirme alors qu'il n'est en Syrie que pour protéger As-Salih et, prend Homs (10 décembre 1174), Hama (28 décembre 1174) et marche sur Alep. Mais la ville résiste et les émirs font appel aux Francs et auxnizarites, qui obligent Saladin à lever le siège.

A deux reprises encore, les zengides, sous la conduite de Sayf ad-Dîn Ghâzî, tentent de chasser Saladin de Syrie, mais ils sont battus à Qurûn Hamâ (23 avril 1175), puis à Tell al-Sultân (22 avril 1176). Il meurt au mois de redjab en 576 après l'Hégire, c'est-à-dire en novembre ou en décembre 1181. N'ayant ni fils ni frère, son cousin germain, `Imad ad-Dîn Zengi, frère de Sayf ad-Dîn Ghâzî mort l'année précédente, lui succède.






Shawar est un vizir de l’Égypte fatimide de 1162 à 1163 et de 1164 à 1169. Les luttes de pouvoir au sein du califat fatimide et auxquelles il se trouve fortement liées ont été la cause de la prise de possession de l’Égypte par Saladin.

Après l’assassinat du vizir al-Afdal Shâhânshâh en 1121, l’Égypte a été l’objet de nombreuses luttes de pouvoir et de guerres civiles pour le vizirat. De 1121 à 1162, sept vizirs s’étaient succédé et six d’entre eux avaient été tués. Au mois de décembre 1162, le vizir Al-Adil Ruzzîk est renversé et mis à mort par Shawar, gouverneur de Haute Égypte, qui prend le titre de vizir et de chef des armées. Mais Shawar installe des membres de sa famille à des postes clés et la cupidité de ces derniers lui vaut une immense impopularité, même auprès de ses officiers. L’un de ses lieutenants, Dirgham, qu’il avait nommé grand chambellan, se révolte en 1163. Shawar réussit cependant à s’enfuir et à se réfugier à la cour de Nur ad-Din.

Shawar demande alors à Nur ad-Din de l’aider à revenir au vizirat d’Égypte. Ce dernier est cependant réticent, car il ne tient guère à intervenir dans le guêpier que représentent les affaires égyptiennes. Mais il apprend que le roi Amaury Ier de Jérusalem tente une incursion en Égypte et assiège la ville de Bilbéis, sans succès en raison de la crue. Comme il ne souhaite pas laisser le roi de Jérusalem s’implanter dans la vallée du Nil et que Shawar lui promet de lui verser des indemnités de guerre ainsi qu’un tribut, il envoie en mai 1164 une armée commandée par Shirkuh, un de ses lieutenants. L'action, coordonnée avec une opération de diversion pour détourner les Francs de l'Égypte, réussit, Dirgham pris de court ne peut organiser la défense, est renversé et tué pendant sa fuite. Une fois rétabli au vizirat, Shawar somme Shirkuh de quitter l'Égypte immédiatement et sans avoir reçu les indemnités promises. Shirkuh déclare alors qu'il ne quittera pas le pays sans les sommes promises.

Comme il ne fait pas confiance à ses propres troupes, Shawar envoie un message au roi Amaury Ier lui demandant son aide contre Shirkuh. Trop heureux du prétexte, Amaury et son armée se rendent en Égypte et font leur jonction avec les troupes de Shawar. Shirkuh se retranche alors dans Bilbéis, que les alliés assiègent aussitôt. Shawar craint que la défaite d'un des deux camps ne le mette à la merci de l'autre camp, aussi cherche-t-il à gagner du temps en retardant l'assaut. Effectivement, le temps joue pour lui car Nur ad-Din, pour dégager son lieutenant, envahit la principauté d'Antioche, bat Bohémond III à Harrim et le capture. Obligé de rentrer en hâte pour défendre Antioche, Amaury Ier conclut une paix avec Shirkuh et les deux armées évacuent simultanément l'Égypte en novembre 1164.

Durant les trois années suivantes, Shirkuh ne va cesser de demander à Nur ad-Din l'autorisation et les moyens de se venger de Shawar. Mais Nur ad-Din préfère maintenir le statu quo à propos de l'Égypte, car il en maintient également les Francs à l'écart. Selon Guillaume de Tyr, Shirkuh entreprend même une démarche auprès du calife abbasside, lui faisant miroiter la possibilité de faire disparaître le califat concurrent, et de confession chiite, mais Ibn al-Athir est muet sur ce point. Shawar, inquiet de ces démarches contre lui, négocie un traité d'assistance mutuelle avec Amaury. En l'apprenant, Nur ad-Din donne son autorisation et une troupe de deux mille cavaliers quitte Damas en janvier 1167. Les deux armées franques et zengides arrivent simultanément en Égypte. Shirkuh ne peut envisager de marcher directement sur le Caire et se retranche à Gizeh. Les Francs concluent un pacte d'alliance avec l'Égypte qui est ratifié par le calife Al-Adid. Puis les armées s'affrontent à Bâbain-Ashmûnain et Shirkuh l'emporte, mais les Francs n'ont subi que peu de pertes. Shirkuh prend Alexandrie, dont il confie la garde à son neveu Saladin, puis se rend en Haute Égypte où il assiège la ville de Qûs pendant que les Francs et les Égyptiens assiègent Alexandrie. Encore une fois, Amaury et Shirkuh concluent la paix et évacuent simultanément l'Égypte, mais Amaury y laisse un protectorat sur le pays ainsi qu'une petite troupe chargée de percevoir le tribut.

La présence des Francs au Caire irrite la population, et Amaury envoie Guillaume de Tyr à Byzance afin de mettre au point une action concertée en vue de conquérir l'Égypte. L'apprenant, Shawar se rapproche de Nur ad-Din et Amaury, poussé par ses barons qui dénoncent la traîtrise du vizir, envahit l'Égypte. Pendant que Shawar tente de négocier avec Amaury, le calife Al-Adid envoie un message à Nur ad-Din lui demandant son aide. Quand les Francs arrivent devant Fustat, il trouve la ville incendiée, les habitants ayant préféré livrer leur ville aux flammes qu'aux Francs. Devant une telle détermination, Amaury préfère battre retraite et quitte l'Égypte le 2 janvier1169, peu avant que Shirkuh n'y arrive. Dès le 18 janvier, Shawar est attiré dans une embuscade et tué des propres mains de Saladin, et Shirkuh devient vizir d'Égypte, mais meurt le 23 mars, laissant le pays à son neveu Saladin.







Asad al-Dîn Shîrkûh (Chirkouh, ou Şêrko en kurde) ( Siracons dans les écrits de Guillaume de Tyr)(mort en 1169), est un général kurde de Nur ad-Din, atabeg d’Alep et de Damas. Il est également devenu vizir d'Égypte en 1169. Il est membre de la famille desAyyoubides et oncle de Saladin qui lui a succédé en Égypte.


Officier des Sejdjoukides

Shirkuh est le fils de Shadhi ibn Marwan, un chef kurde, et un frère de Ayyub. La famille appartenait au clan kurde de Rawadiya, lui-même branche de la tribu Hadhabani. Ils étaient parents de la dynastie kurde des Shaddadides et, quand le dernier d'entre eux fut déposé à Dvin en 1130, Shadhi emmena sa famille d'abord à Bagdad puis à Tikrit, où il est nommé gouverneur par Bihruz, commissaire du sultan seldjoukide auprès du calife. Shadhi meurt peu après et Ayyub lui succède comme gouverneur de Tikrit.

En 1132, le calife Al-Mustarchid profite de la mort du sultan Mahmoud II et de la lutte pour sa succession pour tenter de s'émanciper de la tutelle seldjoukide. Zengi, émir de Mossoul marche sur Bagdad pour soutenir les seldjoukides, mais est battu près de Tikrit par l'armée du calife. Encerclé avec son armée au bord du fleuve, il ne doit son salut qu'à Ayyub qui lui fait traverser le fleuve et l'aide à s'enfuir. Vers1137, les deux frères quittent Tikrit, quelques jours après la naissance de Saladin, pour rejoindre Zengi, qui nomme Ayyub gouverneur de Baalbek.


Officier des Zengides


Plus tard, Chirkouh devient l'homme de confiance de Nur ad-Din et l'accompagne en Syrie en 1146. En 1149 il tue le prince Raymond d’Antioche lors de la bataille d’Inab. En 1154 Nur ad-Din l’envoie avec son frère Ayyoub pour affaiblir l’influence de l’atabeg Mujir ad-Din Abaq et l’isoler, de sorte que Nur ad-Din prend la ville sans difficulté le 18 avril 1154. En mai 1157, Nur ad-Din envisage de prendre Panéas aux Francs et envoie Shirkuh à la tête d’un détachement entre Panéas et Toron. Ayant mal évalué l’importance de sa troupe, une centaine de chevaliers francs l’attaquent, mais sont défaits, capturés et envoyés à Damas (18 mai 1157), mais cette victoire ne permet pas la prise de Panéas, car le roi Baudouin III de Jérusalem vient secourir la place assiégée. Peu après, au mois d’octobre 1157, Nur ad-Din est atteint d’une grave maladie et il semble cependant que Shirkuh ait voulu s’emparer de Damas, mais ne fit pas, suivant les conseils de son frère Ayyoub qui lui dit « Tu nous expose tous à périr. Il vaut mieux que tu retournes à Alep. Si Nur ad-Din est encore en vie, tu lui offriras sur le champ tes hommages. Et s’il est déjà mort, je reste à Damas et nous nous en rendrons maître, selon ton désir ». Cette adresse fait que Nur ad-Din ne se rend compte de rien et confie Damas à Shirkuh pendant sa maladie. Nur ad-Din se rétablit au mois d’avril 1158, et Shirkuh lance peu après, en mai, un raid dans le comté de Sidon, mais y subit un revers et une partie de sa troupe est capturée.


La conqête de l’Egypte


Quelques années plus tard, en 1163, Dirgham, un officier égyptien et le grand chambellan se révolte contre le vizir Shawar. Ce dernier réussit cependant à s’enfuir et à se réfugier à la cour de Nur ad-Din.

Shawar demande alors à Nur ad-Din de l’aider à revenir au vizirat d’Égypte. Ce dernier est cependant réticent, car il ne tient guère à intervenir dans le guêpier que représentent les affaires égyptiennes. Mais il apprend que le roi Amaury Ier de Jérusalem tente une incursion en Égypte et assiège la ville de Bilbéis, sans succès en raison de la crue. Comme il ne souhaite pas laisser le roi de Jérusalems’implanter dans la vallée du Nil et que Shawar lui promet de lui verser des indemnités de guerre ainsi qu’un tribut, il envoie en mai 1164une armée commandée par Shirkuh, un de ses lieutenants. L'action, coordonnée avec une opération de diversion pour détourner les Francs de l'Égypte, réussit, Dirgham pris de court ne peut organiser la défense, est renversé et tué pendant sa fuite. Une fois rétabli au vizirat, Shawar somme Shirkuh de quitter l'Égypte immédiatement et sans avoir reçu les indemnités promises. Shirkuh déclare alors qu'il ne quittera pas le pays sans les sommes promises.
Comme il ne fait pas confiance à ses propres troupes, Shawar envoie un message au roi Amaury Ier lui demandant son aide contre Shirkuh. Trop heureux du prétexte, Amaury et son armée se rendent en Égypte et font leur jonction avec les troupes de Shawar. Shirkuh se retranche alors dans Bilbéis, que les alliés assiègent aussitôt. Shawar craint que la défaite d'un des deux camps le mette à la merci de l'autre camp, aussi cherche-t-il à gagner du temps en retardant l'assaut. Effectivement, le temps joue pour lui car Nur ad-Din, pour dégager son lieutenant, envahit la principauté d'Antioche, bat Bohémond III à Harrim et le capture. Obligé de rentrer en hâte pour défendre Antioche, Amaury Ier conclut une paix avec Shirkuh et les deux armées évacuent simultanément l'Égypte en novembre 1164.

Durant les trois années suivantes, Shirkuh ne va cesser de demander à Nur ad-Din l'autorisation et les moyens de se venger de Shawar. Mais Nur ad-Din préfère maintenir le statu quo à propos de l'Égypte, car il en maintient également les Francs à l'écart. Selon Guillaume de Tyr, Shirkuh entreprend même une démarche auprès du calife abbasside, lui faisant miroiter la possibilité de faire disparaître le califat concurrent, et de confession chiite, mais Ibn al-Athir est muet sur ce point. Shawar, inquiet de ces démarches contre lui, négocie un traité d'assistance mutuelle avec Amaury. En l'apprenant, Nur ad-Din donne son autorisation et une troupe de deux mille cavaliers qui quittent Damas en janvier 1167. Les deux armées franques et zengides arrivent simultanément en Égypte. Shirkuh ne peut envisager de marcher directement sur le Caire et se retranche à Gizeh. Les Francs concluent un pacte d'alliance avec l'Égypte qui est ratifié par le calife Al-Adid. Puis les armées s'affrontent à Bâbain-Ashmûnain et Shirkuh l'emporte, mais les Francs n'ont subi que peu de perte. Shirkuh prend Alexandrie, dont il confie la garde à son neveuSaladin, puis se rend en Haute Égypte où il assiège la ville de Qûs pendant que les Francs et les Égyptiens assiègent Alexandrie. Encore une fois, Amaury et Shirkuh concluent la paix et évacuent simultanément l'Égypte, mais Amaury y laisse un protectorat sur le pays ainsi qu'une petite troupe chargée de percevoir le tribut.

La présence des Francs au Caire irrite la population, et Amaury envoie Guillaume de Tyr à Byzance afin de mettre au point une action concertée en vue de conquérir l'Égypte. L'apprenant, Shawar se rapproche de Nur ad-Din et Amaury, poussé par ses barons qui dénoncent la traitrise du vizir, envahit l'Égypte. Pendant que Shawar tente de négocier avec Amaury, le calife Al-Adid envoie un message à Nur ad-Din lui demandant son aide. Quand les Francs arrivent devant le Caire, ils trouvent la ville incendiée, les habitants ayant préféré livrer leur ville aux flammes qu'aux Francs. Devant une telle détermination, Amaury préfère battre retraite et quitte l'Égypte le 2 janvier1169, peu avant que Shirkuh n'y arrive. Dès le 18 janvier, Shawar est attiré dans une embuscade et tué des propres mains de Saladin, et Shirkuh devient vizir d'Égypte, mais meurt le 23 mars 1169 d'un repas trop copieux, laissant le pays à son neveu Saladin.


Mariages et enfants

Il laisse comme enfants :
• Nasser ad-Din Mohammed († 1186), émir de Homs de 1180 à 1186.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 13:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 20:14

Saladin ou Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf et Selahedînê Eyûbî né à Tikrit en 1138 et mort à Damas le 4 mars 1193 est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et enSyrie de 1174 à 1260.


Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à1193. Son nom, an-Nāsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.

Yûsuf, fils d'Ayyûb, est né à Tikrit sur le Tigre d'origine Kurde originaire de Dvin, l'Arménie antique. Peu après sa naissance, sa famille quitte Tikrit et se rend à la cour de Zengi, atabeg de Mossoul. Ce dernier nomme Ayyub gouverneur de Baalbek et Shirkuh (oncle de Saladin) officier dans son armée.

La conquête de l’Egypte

En 1163, Nur ad-Din, le fils de Zengi, envoie Shirkuh rétablir Shawar au vizirat. Nur ad-Din, sunnite, était peu enclin à intervenir dans les affaires du califat fatimide chiite, mais il ne peut pas se permettre de laisser les Francs occuper le pays. La première expédition se termine par un demi-succès, Shawar est rétabli, mais n’a pas versé les indemnités à Shirkuh. En 1167, une seconde expédition est envoyée en Égypte, au cours de laquelle Saladin accompagne son oncle. Saladin assure notamment la défense d’Alexandrie, pendant que Shirkuh combat en Haute Égypte. Finalement, une paix est conclue entre Égyptiens, Francs et Zengides et les armées franques et zengides évacuent l’Égypte. En 1169, une troisième expédition permet à Shirkuh de s’emparer du vizirat, mais il meurt peu après, le 23 mars 1169.
Les conseillers du calife fatimide Al-Adid lui conseillent de nommer Saladin comme vizir, espérant profiter de sa jeunesse et de son inexpérience. Mais Saladin ne se laisse pas contrôler et remplace les fonctionnaires égyptiens dont le loyalisme n'est pas jugé à toute épreuve par ses proches. L’homme de confiance du calife, un eunuque du nom d’al-Mûtamen al-Khilâfa, tente de faire appel aux Francs, mais son message est intercepté et Saladin le fait discrètement décapiter le 20 août 1169. La garde noire, dont les membres étaient très liés aux fonctionnaires disgraciés, se révolte, mais Saladin envoie son frère Fakhr al-Dîn Tûranshâh les combattre et les gardes sont massacrés après deux jours de combats très rudes, le 23 août. Saladin fait venir auprès de lui la plupart des membres de sa famille et les installe en Égypte sur des domaines confisqués à de riches propriétaires qui avaient soutenu la révolte.

Le 16 octobre 1169, l’armée franque menée par le roi Amaury Ier de Jérusalem quitte Ascalon et atteint l’Égypte le 25 octobre et, rejointe par une flotte byzantine, met le siège devant Damiette. Saladin pressent que la situation au Caire n'est pas sûre et craint une révolte s'il quitte la ville pour défendre Damiette. Il envoie une armée commandée par son oncle Sihab al-Din Mahmoud et son neveu Taqi al-Din Omar, qui réussit à ravitailler Damiette et à la doter d'une garnison. Finalement, la mésentente s'installe entre Francs et Byzantins et le siège est levé le 19 décembre. Amaury tente ensuite de conclure une alliance avec Saladin contre Nur ad-Din, sentant que Saladin commence à envisager son indépendance vis-à-vis de Nur ad-Din.

Saladin entoure la capitale d'un mur de calcaire qui s'étend d'al-Qahira jusqu'à Fustat et le Nil. Au centre de ce système défensif se trouve la Citadelle, d'où le nouveau souverain gouverne le pays. Ouverte désormais au peuple, al-Qahira, dont les palais sont démolis, abrite les caravansérails, les souks et les demeures des commerçants, des artisans et des bourgeois du nouveau régime.

En décembre 1170, il tente une incursion dans le royaume de Jérusalem sur Daron, mais Amaury Ier l'oblige à battre en retraite. En1171, Nur ad-Din, sunnite, lui ordonne d'abolir le califat chiite d'Égypte et de placer le pays sous l'autorité morale du calife abbasside deBagdad, Al-Mustadhî bi-'Amr Allah. Saladin hésite, car il tient son poste du calife : abolir le califat risque de compromettre la légitimité de son pouvoir. Finalement, un habitant de Mossoul en visite au Caire monte en chaire et prononce la prière au nom du calife de Bagdad le10 septembre 1171. Al-Adid, mourant, n'est pas informé de l'événement et meurt peu après.

L'abolition du califat fatimide donne une dimension internationale à Saladin, qui ne se contente pas d'un simple rôle de gouverneur au nom de Nur ad-Din. Malgré les déclarations de soumission et de vassalité, il cherche à se rendre indépendant, trouve toujours un prétexte pour ne pas rejoindre les troupes de Nur ad-Din lors d'actions contre les Francs. Il charge également Shams al-Dawla Tûrân Shâh, un de ses frères, de faire la conquête du Yémen pour se ménager une terre de repli et de refuge. Les Francs profitent de ces dissensions pour fomenter une révolte chiite en Égypte, mais elle est découverte et écrasée par Saladin le 6 avril 1174. À la même époque, Nur ad-Din prépare une expédition pour soumettre Saladin, quand il meurt à Damas le 15 mai 1174. Le 11 juillet, c'est au tour d'Amaury Ier de décéder.

L’œuvre de Saladin

En 1174, le contexte politique du Levant devient très favorable à Saladin : à Jérusalem, le roi Amaury Iermeurt en laissant le royaume à un fils mineur, Baudouin IV le Lépreux. Le régent, Miles de Plancy, ne prend pas toujours les bonnes décisions vis-à-vis de l’Égypte et le royaume se place dans une position défensive. À Alep, Nur ad-Din laisse également un enfant, As-Salih Ismail al-Malik, mais les lieutenants de Nur ad-Din luttent pour la régence, et un neveu écarté du pouvoir se révolte.
Durant les vingt années qui lui restent à vivre, Saladin se consacre à deux tâches :
• d’abord, reprendre à son compte le programme de Zengi puis de son fils Nur ad-Din et unifier les musulmans de Syrie et d’Égypte sous une seule autorité pour faire bloc contre les Francs et pour éviter que les actions d’un émir ne compromettent le Djihad, comme ce fut le cas par le passé ;
• ensuite lutter contre les Francs, reprendre les territoires qu’ils occupent en Palestine et les chasser du Levant.

L’unification du Proche-Orient musulman


• Occupation de Damas 1174

Nur ad-Din laisse trois gouverneurs dans chacune des villes principales de son royaume. Ibn al-Dâya gouverne Alep, Ibn al-Muqaddam Damas, où se trouve le prince héritier, et Gümüchtekîn Mossoul. Gümüchtekîn se rend à Damas, emmène avec lui le prince As-Salih Ismail, puis se rend à Alep, qui est la capitale du royaume zengide, et s’installe au pouvoir en écartant Ibn al-Dâya. Pendant ce temps,Saif ad-Din Ghazi, neveu de Nur ad-Din, profite de l’absence de Gümüchtekîn pour s’emparer de Mossoul. À Damas, Ibn al-Muqaddam, apprenant la prise de pouvoir de Gümüchtekîn, s’inquiète et offre Damas à Saif ad-Din Ghazi ; mais ce dernier, occupé à consolider sa prise de pouvoir à Mossoul, ne peut pas intervenir. Ibn al-Muqaddam fait alors appel à Saladin, qui pénètre dans la ville le 27 novembre1174, accueilli par une foule en liesse qui n’a pas oublié les périodes où Ayyub et Shirkuh étaient gouverneurs de la ville. Il maintient une fiction de régence en proclamant qu’il n’est que l’humble sujet d’Al-Salih Malik et qu’il n’intervient en Syrie que pour protéger les intérêts du jeune prince face aux Francs.

• Les contre-attaques zengides (1175 et 1176)

Saladin fait ensuite route vers le nord, prend Homs le 10 décembre 1174, Hama le 28 décembre et se présente devant Alep le 30 décembre. Mais la ville refuse de se rendre ; Al-Salih n’hésite pas à haranguer la foule malgré ses douze ans, rappelant les bienfaits de son père et l’ingratitude de Saladin. En même temps, le régent fait appel aux Ismaëliens, qui tentent d’assassiner Saladin mais échouent, et aux Francs, qui, sous la conduite du nouveau régent Raymond III de Tripoli assiègent Homs, obligeant ainsi Saladin à lever le siège d’Alep le 1er février 1175 pour secourir Homs.
Le chef de la famille zengide, l’atabeg de Mossoul Saif ad-Din Ghazi II (cousin de As-Salih Ismail) envoie au printemps 1175, en Syrie, une armée commandée par son frère Izz ad-Din Mas’ud, qui fait sa jonction avec les troupes d’Alep puis marche vers le sud de la Syrie. Saladin offre de rendre Homs et Hama contre le retour de l’armée, mais les zengides exigent également Damas. Saladin engage alors le combat le 23 avril 1175 à Qurûn Hamâ et bat les Zengides. Après cette victoire, il cesse définitivement de faire allégeance aux Zengides, de faire battre monnaie et de faire dire la prière au nom d’As-Salih Ismail. Il se proclame prince souverain. Il assiège même le prince à Alep et ne lève le siège qu’après que le prince a accepté le protectorat ayyoubide.

Au printemps 1176, Saif ad-Din Ghazi II rassemble une coalition des émirs de la Jazira et du Diyarbékir, tente une ultime attaque avec les troupes d’Alep commandées par Gümüchtekîn. La bataille est engagée contre Saladin le 22 avril 1176 à Tell al-Sultân et se solde de nouveau par une victoire de Saladin. Profitant de son succès, ce dernier s’empare des forteresses de Bizâ’a et de Menjib, coupant les communications entre Alep et Mossoul, et assiège Alep le 26 juin, mais toujours sans succès, tant les Alépins sont acharnés à défendre leur indépendance. Il s’attaque ensuite aux Ismaëliens, après une seconde tentative d'assassinat contre lui le 22 mai 1176 et assiège une de leurs villes citadelles, Masyaf, en mai-juin 1176, mais doit également abandonner le siège.


• La poursuite de la lutte (1179 à 1181)

Des guerres contre les Francs ne lui permettent pas de poursuivre l’unification dans les deux années qui suivent, et ce n’est qu’en 1179 qu’il reprend l’offensive, cette fois contre Kılıç Arslan II, sultan seldjoukide du Roum, qui attaque Raban, appartenant à un vassal de Saladin dans le Commagène. Puis deux princes zengides meurent, Saif ad-Din Ghazi à Mossoul le 29 juin 1180 et Al-Sahil Ismail à Alep le 4 décembre 1181. À Saif ad-Din succède son frère Izz ad-Din Mas’ud Ier, également désigné comme successeur par Al-Sahil Ismail. Saladin, qui se trouvait alors en Égypte, ne peut pas profiter des périodes de troubles qui accompagnent une succession. Izz ad-Din Massud est accueilli avec enthousiasme. La ville de Hama se révolte également par loyalisme zengide et malgré la présence d’un gouverneur ayyoubide ; Izz ad-Din Massud aurait peut-être pu reprendre Damas s’il avait fait preuve d’audace, mais il laisse passer sa chance. Pire, il cède aux récriminations de son frère Imad ad-Din Zengi et lui cède Alep en échange de Sinjar, brisant ainsi l’unité de l’empire zengide.

• Occupation d’Alep

En septembre 1182, Saladin reprend l’offensive contre Izz ad-Din Mas'ud, prend Édesse et occupe la Jazîra. Puis il met le siège devant Mossoul le 10 novembre 1182. Izz ad-Din fait alors appel à tous les émirs voisins qui interviennent et montrent leur soutien à Mossoul de sorte que Saladin, qui ne veut pas voir sa réputation de chef du djihad contre les Francs entaché par ses ambitions, fait marche arrière et lève le siège. De plus, les Zengides avaient passé des accords avec Baudouin IV, roi de Jérusalem, qui entreprend des opérations de diversion.
Après avoir tenté en vain de prendre Mossoul, Saladin se présente devant Alep au mois de mai 1183. La population est dans les mêmes dispositions que lors des sièges précédents et la cité paraît imprenable. Mais Imad ad-Din Zengi, avare de nature, hésite à rémunérer les défenseurs et préfère s’entendre avec Saladin. Il lui cède Alep moyennant la possession de plusieurs places fortes, Sinjar, Raqqa, Saruj et Nisibin, où il se retire le 12 juin 1183 avec ses richesses, quittant Alep sous les huées de la population. L’unification de la Syrie était terminée et Mossoul, dirigée par un prince de petite envergure, ne risquait pas d’inquiéter Saladin qui en deviendra même le suzerain.
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 20:18


• La lutte contre les Francs

Même si l’unification de la Syrie musulmane est restée son objectif principal jusqu’en 1183, Saladin n’a pas hésité à combattre les Francs, d’une part quand il pouvait tirer parti d’une opportunité, d’autre part pour asseoir sa position et sa réputation de meneur du djihad contre les Francs.

• Face à Baudouin le lépreux

La première occasion survient en novembre 1177. Thierry d’Alsace, comte de Flandre est arrivé avec son armée, et les Francs en profitent pour lancer des opérations contre Hama (octobre 1177) puis Harim(novembre 1177). Par ses espions, Saladin apprend que la plus grande partie des forces franques se trouvent ainsi occupée dans le nord de la Syrie ; il décide de lancer une attaque dans le sud du royaume de Jérusalem en partant de l’Égypte. La garnison templière de Gaza résiste et Saladin laisse la ville pour assiéger Ascalon, défendue par Baudouin IV qui, prévenu à temps, a pu réunir une petite armée pour résister. Saladin commence à établir un siège, puis estimant qu’il n’a plus d’armée entre lui et Jérusalem, lève le camp et prend la direction de Ramla et de Lydda. Mais la discipline de ses troupes, trop confiantes, se relâche, et les émirs commencent à piller le pays. Pendant ce temps, Baudouin a quitté Ascalon et fait la jonction avec les Templiers de Gaza, et entreprend un mouvement tournant qui attaque l’armée de Saladin, désorganisée, sur son flanc. La surprise est totale et Saladin subit le 25 novembre 1177 à Montgisard une sévère défaite.

Saladin prend sa revanche deux ans plus tard. Le 10 avril 1179, au retour d’un raid autour de Damas, Baudouin IV et le connétable Onfroy II de Toron sont attaqués dans la forêt de Panéas par un neveu de Saladin. Baudouin parvient à s’échapper, mais Onfroy est tué dans l’engagement. Le 10 juin 1179, les chevaliers de Baudouin, qui se précipitent sur Saladin sans attendre les fantassins et morcellent ainsi leur armée, causent la défaite franque lors de laBataille de Marj Ayoun. Fort de son succès, Saladin assiège en août le château du Gué de Jacob. Baudouin avait entamé la construction de cette forteresse quelques mois auparavant pour contrôler le passage du Jourdain et protéger Jérusalem contre les incursions musulmanes. Le 23 août 1179 il lance ses troupes contre la place forte, la prend et le fait détruire. Mais une sécheresse épuise les ressources de Damas et Baudouin et Saladin concluent une trêve en mai 1180. Cette trêve ne concerne que le royaume de Jérusalem et Saladin tente une incursion dans le comté de Tripoli, avant de conclure une autre trêve avec le comte Raymond III.
.
Renaud de Châtillon, ancien prince d’Antioche, avait été libéré en 1177, après une captivité de seize ans à Alep. Il avait alors épouséÉtiennette de Milly, dame d’Outre-Jourdain. Ce seigneur brigand profite de la position de son fief sur la route reliant Damas à l’Égypte pour attaquer et piller les caravanes musulmanes, au mépris des trêves et malgré les rappels à l’ordre de Baudouin. Au printemps 1182, Renaud viole une nouvelle fois la trêve et capture quinze mille pèlerins qui se rendent à la Mecque ; Baudouin veut les faire relâcher, sans succès. Saladin concentre une armée à Damas et Baudouin réunit l’ost pour défendre le krak de Moab, dans l’Outre-Jourdain, mais un neveu de Saladin, Farrûk-Shah, en profite pour effectuer une importante razzia en Galilée. En juin, Saladin tente d’envahir la Samarie, mais Baudouin le tient en échec. Au mois d’août, il attaque Beyrouth, mais l’arrivée de l’armée de Baudouin l’oblige à lever le siège. Alors Saladin délaisse les Francs et entreprend des campagnes contre les Zengides, qui se terminent avec la prise d’Alep en 1183.

La situation devient très précaire pour les Francs, presque encerclés par les possessions de Saladin. De plus, la lèpre dont souffre Baudouin s’aggrave, et ce dernier doit confier la lieutenance générale du royaume à son beau-frère Guy de Lusignan. En octobre 1183, Saladin envahit la Galilée et Guy de Lusignan se porte à sa rencontre. Les deux armées se font face aux Fontaines de Tubanie, mais les barons francs constatent qu’ils sont dans une posture défavorable et refusent d’engager le combat qu’ils jugent perdu. Ils tiennent toutefois leur position et Saladin est contraint de se replier.

Peu avant, Renaud de Châtillon avait conçu une expédition particulièrement audacieuse pour prendre La Mecque. Sa flotte part au début de l’année 1183 et se dirige vers les abords de Médine et de La Mecque. Mais Al-Adel, qui gouverne alors l’Égypte pour son frère Saladin, envoie une escadre qui détruit la flotte franque. Les membres de l’expédition sont capturés et décapités, et une haine inexpiable oppose désormais Saladin à Renaud de Châtillon. En novembre, Saladin attaque de nouveau le krak de Moab, mais Baudouin, gravement malade, fait convoquer son armée pour obliger Saladin à lever le siège le 4 décembre 1183. Saladin retente le siège vers la mi-août 1184, mais une nouvelle intervention du roi de Jérusalem l’oblige à battre retraite le 4 septembre 1184.

Baudouin IV meurt le 16 mars 1185 et son neveu Baudouin V, ou Baudouinet, âgé de neuf ans, lui succède sous la régence du comteRaymond III de Tripoli. Ce dernier entreprend une politique de paix avec Saladin qui permet à ce dernier de s’attaquer de nouveau à Mossoul, mais sans succès. Des dissensions apparaissent au sein de sa famille et il commence à remplacer aux postes clés ses frères par ses fils. Sur ce, Baudouin V meurt en septembre 1186 et Guy de Lusignan monte sur le trône.

• Guy de Lusignan, Hattin et la prise de Jérusalem

Guy de Lusignan n’a été accepté comme roi par les barons qu’avec réticences et seulement grâce au soutien de barons comme Josselin III d'Édesse, Renaud de Châtillon et Gérard de Ridefort, le maître du Temple. Ces derniers sont favorables à une reprise de la guerre contre Saladin, alors que le parti deRaymond III de Tripoli préfère temporiser et attendre la mort de Saladin, qui ne manquera pas de susciter des querelles de succession.

C’est encore Renaud de Châtillon qui rompt les trêves en attaquant et en pillant au début de l’année 1187une caravane dans laquelle se serait trouvée la sœur de Saladin. Saladin demande réparation à Renaud qui refuse, puis à Guy de Lusignan qui se révèle incapable de faire obéir son vassal.

Pour châtier Renaud de Châtillon et en finir avec les Francs, Saladin lance un appel au jihad au printemps 1187 et les troupes musulmanes commencent à se rassembler à Damas. En mai, il part ravager la seigneurie d’Outre Jourdain. Puis il fait une incursion sur Séphorie où il défait et massacre une armée templière. Au mois de juin, il attaque et assiège Tibériade et Guy de Lusignan décide de se porter à sa rencontre pour le combattre. La bataille est livrée le 4 juillet à Hattin et l'armée croisée, encerclée après une marche épuisante, est assoiffée et anéantie. Une grande partie de la noblesse franque, dont Guy de Lusignan, Renaud de Châtillon, Gérard de Ridefort est capturée. Renaud de Châtillon est exécuté peu après par Saladin d'un coup de sabre, ainsi que tous les Templiers et les Hospitaliers.


Son secrétaire Imad ed-Din indique que Saladin « ordonna qu’ils soient décapités, choisissant de les voir morts plutôt qu’emprisonnés. Un cortège d’érudits islamiques et de soufis et un certain nombre d’hommes dévots et ascétiques l’accompagnaient ; chacun d’entre eux sollicitait d’être autorisé à participer à l’exécution, et tirait son sabre, et remontait ses manches. Saladin, le visage gai, siégeait sur son estrade ; les infidèles affichaient un noir désespoir ».

N’ayant que peu de résistance face à lui, Saladin entreprend la conquête du royaume de Jérusalem. Pour éviter d’être pris à revers par des renforts chrétiens, il commence par prendre les ports du royaume, au cours de l’été 1187. Seul la ville de Tyr, défendue par Conrad de Montferrat résiste avec succès au siège de Saladin. Ayant ainsi assuré ses arrières, il se rend avec son armée à Jérusalem et met le siège devant la ville le 20 septembre 1187, assurant qu’il fera subir aux chrétiens le même sort que celui des musulmans lors de la prise de Jérusalem. Mais la ville, défendue par Balian d'Ibelin, résiste et accepte de se rendre contre la vie sauve de ses habitants, moyennant le paiement d’une rançon.


Il permet aux chrétiens de quitter les villes conquises et de regagner sains et saufs la côte avec une partie de leurs biens, fait rare pour l'époque et qui lui vaut l'estime de ses adversaires. À Jérusalem, il rend à l'islam l'église du Temple (mosquée Al-Aqsa) mais laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre et rend aux juifs leurs synagogues, supprimées par les Croisés. Cette mansuétude fait beaucoup pour l'édification de l'image du « Chevalier de l'islam ».

Saladin s’attaque ensuite à la conquête du comté de Tripoli et de la principauté d'Antioche durant l’année1188, mais ne parvient pas à prendre leur capitale, malgré la complicité de Sibylle de Burzey, femme deBohémond III, prince d’Antioche, qui renseigne Saladin sur les mouvements de troupes et sur les dispositions des Francs. De même Renaud de Grenier, comte de Sidon, résiste avec succès dans le château de Beaufort.

• La troisième croisade

En plus d’assurer avec succès la défense de Tyr, Conrad de Montferrat envoie des messagers pour avertir l’Europe de la situation critique des états latins d’Orient. À ces nouvelles, le pape lance un appel pour une nouvelle croisade auquel répondent les principaux souverains, FrédéricIer Barberousse, empereur germanique, Philippe II Auguste, roi de France et Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre. Au printemps 1190, Saladin s’inquiète de la prochaine arrivée de l’armée de Frédéric Barberousse, qui a vaincu les Seldjoukides du Roum à Qonya, mais l’empereur se noie en Cilicie et son armée se disperse.

Pendant ce temps, pour contrer l’efficacité de Conrad de Montferrat, Saladin libère Guy de Lusignan en août 1189, espérant que la médiocrité de ce dernier paralyse Conrad, mais ce dernier refuse à Guy l’accès de Tyr. Guy de Lusignan décide alors d’assiéger la ville d’Acre avec une poignée de chevaliers. Peu à peu l’armée assiégeante s’accroît de nouveaux arrivants, d’abord des rescapés de la croisade germanique, puis d’un détachement franco anglais conduit par le comte Henri II de Champagne et enfin des rois de France et d’Angleterre et de leur armée. Saladin tente de multiples attaques pour dégager la ville, appelle tous les princes musulmans au Jihad, mais ne peut empêcher sa prise le 12 juillet 1191.

Puis, alors que Philippe Auguste rentre en France, le roi Richard et son allié le grand-maitre de l'Ordre du Temple, Robert de Sabléentreprennent la conquête du littoral et déjouent la tactique de harcèlement que Saladin inflige aux croisés. Les deux armées s’affrontent à Arsouf le 5 septembre. Cependant, Richard n’exploite pas ses succès et ne saisit pas l’occasion qui aurait pu lui permettre de reprendre Jérusalem, et finit par conclure un traité de paix avec Saladin, reconnaissant la possession du littoral aux Francs et celle de l’hinterlandpalestinien aux Ayyoubides.

Malgré une grande maladresse diplomatique de la part de Richard peu après la prise de Saint-Jean-d'Acre, la relation entre les deux hommes était mêlée de respect et de rivalité militaire. Quand Richard fut blessé, Saladin offrit le service de son médecin personnel,Moïse Maïmonide ; à Arsuf, quand Richard perdit son cheval, Saladin lui en envoya deux en remplacement. Lors des négociations, il y eut même le projet de marier la sœur de Richard, Jeanne d'Angleterre, avec Al-Adel, frère de Saladin43. Richard et Saladin arrivèrent à un accord pour Jérusalem en 1192 aux termes duquel la cité resterait musulmane mais serait ouverte aux pèlerins chrétiens.
Peu après le départ de Richard, Saladin meurt dans la nuit du 3 au 4 mars 1193 à Damas45. On peut lire sur sa tombe: « Seigneur, accorde-lui sa dernière conquête, le paradis ».


Le personnage

Saladin n'a jamais porté officiellement le titre de sultan, qui lui est pourtant donné par de nombreux contemporains. Il estimait que ce titre, correspondant au « bras séculier » du califat, revenait de droit auxSeldjoukides d'Iran. C'est seulement après l'élimination des Seldjoukides par les Mongols que les Ayyubides s'attribueront ce titre.

Éloge de Saladin par Usâma ibn Munqidh qui fut l'un de ses compagnons d'armes :
« Plaise à Dieu d'embellir l'islam et ses fidèles en donnant longue vie à Salâh ad-Dîn, en les aidant par le tranchant de son épée et ses décisions, en les abritant dans l'ampleur de son ombre ! Et comme il a, pour eux, lavé de toute impureté les sources de ses mérites, puisse-t-il de même soumettre la terre à son très haut pouvoir de commander ou de défendre, et les têtes de ses ennemis à la sentence de son sabre. »
Le même ne se prive pas par ailleurs de trouver Saladin d'une brutalité excessive. Au cours d'une bataille près de Homs la pluie a rendu le sol impraticable pour les chevaux. Les fantassins se battent en corps à corps, l'un d'entre eux s'éloigne pour se réfugier dans Homs :

« Salâh ad-Dîn était posté avec moi, et nous regardions devant nous ces fantassins. L'un d'eux courut rejoindre ceux de Homs, auxquels il se mêla. Salâh ad-Dîn, qui l'avait vu dit à l'un de ses compagnons :

– Amenez ici l'homme qui était à côté du fuyard !
Quand ce fut fait, il demanda :
– Quel était celui qui se trouvait à côté de toi et s'est enfui pour aller à Homs ?
– Par Dieu, Seigneur, répondit le fantassin, je ne le connais pas.
– Tranchez-le par le milieu ! ordonna Salâh ad-Dîn [... Usâma essaie vainement d'adoucir la peine...]
Salah ad-Din dit :
– Quand quelqu'un déserte, on prend celui qui était à ses côtés et on lui coupe le cou, ou bien on le tranche par le milieu.
On l'entrava comme le voulait l'usage, et on le coupa en deux. »

Malgré sa farouche opposition à la puissance chrétienne, Saladin gagna en Europe une immense réputation de souverain chevaleresque, à tel point qu'il exista au XIVe siècle un poème épique sur ses exploits et que Dante l'inclut parmi les âmes païennes des limbes.

L'empereur d'Allemagne Guillaume II lors de sa visite à Damas en 1898, a offert à l'Empire ottoman la restauration du mausolée de Saladin construit en 1193, et un sarcophage de marbre. Actuellement dans le mausolée qui se trouve près de la mosquée desomeyyades, il y a deux sarcophages : celui en marbre resté vide et celui en bois qui contient le corps de Saladin. Pour Guillaume II, il s'agissait d'honorer celui qui a vaincu à la fois l'Angleterre et la France.

La province de l'Irak actuelle qui contient la ville de Tikrit s'appelle en son honneur Salah ad-Din.

Postérité

En 1176, Saladin a épousé 'Ismat al-Dîn, fille de l'ancien émir de Damas Unur et veuve de Nûr al-Dîn, dans un mariage politique. Elle devait alors avoir plus de quarante ans, puisqu'elle avait épousé Nûr al-Dîn en 1147, et ne donna pas d'enfant à Saladin. Néanmoins, celui-ci semble avoir été très épris, comme l'indiquent les lettres qu'il lui envoyait alors qu'il était malade à Harrân, et la précaution prise par les médecins pour lui annoncer la mort de son épouse ('Ismat était déjà morte lors de la maladie de Saladin, mais on ne lui apprit la nouvelle que deux mois plus tard).
Saladin n'a pas eu d'autre épouse qu'Ismat al-Dîn, mais de nombreuses concubines, qui lui ont assuré une nombreuse descendance. On en sait peu de choses, sinon que la naissance d'un fils entraînait automatiquement l'affranchissement de la concubine, que Saladin veilla à leur éducation religieuse et qu'elles le veillèrent dans ses derniers instants selon Ibn Shaddâd. Elles furent sans doute une dizaine et mirent au monde vingt-quatre enfants, dont six morts en bas âge. Saladin, à sa mort était (selon le chroniqueur 'Abul Feda) père de dix-sept fils et d'une fille, parmi lesquels on compte :

• Al-Afdhal Nur ad-Din Ali (1169 - 1225), sultan de Damas
• Al-`Aziz `Imad ad-Dîn `Uthmân (1171 - 1198), sultan d’Égypte
• El-Malik ed-Zahir Ghazi (1171 - 1216), émir d’Alep
• El-Malik ed-Dafer Kader
• El-Malik es-Zahir Dawud (Mort 1234), émir d'El-Bira
• El-Moaddem Turan Shah (Mort après 1250)
• Nosrat ed-Din (Mort après 1250)
• une fille mariée à son cousin germain Al-Kamil, sultan d’Égypte
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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 20:34





• Saladin, sultan ayyoubide d’Egypte, puis émir d’Alep et de Damas








• Al-Adel, sultant d’Egypte







Al-Malik al-`Âdil Sayf ad-Dîn Safadin (dit « le Juste »), (né en 1143 - mort en1218), est un sultan ayyoubide de 1200 à 1218. Après avoir vécu dans l'ombre de son frère Saladin, il profite des luttes de pouvoir entre les fils de ce dernier pour se poser en arbitre des querelles de ses neveux, puis finit par les éliminer pour devenir le sultan suprême de l'empire ayyoubide.

Frère de Saladin


Dès qu'il s'empare de Damas, le 27 novembre 1174, Saladin y installe sa capitale, montrant sa volonté d'unifier la Syrie, et nomme son frère Sayf ad-Din gouverneur d'Égypte. Ce dernier participe à ce titre à plusieurs campagnes contre les Francs ou les derniers Zengides. Il fait également diversion au profit de son frère quand la stratégie le demande, comme en août 1182, quand Saladin tente de prendre Beyrouth pour couper les communications entre le royaume de Jérusalem et le comté de Tripoli ; Al-Adel est chargé de faire plusieurs expéditions dans la région de Gaza, afin d'y atirer les troupes de Baudouin le Lépreux. En février 1183, Al-Adel doit faire face à une menace sérieuse : Renaud de Châtillon, seigneur d'Outrejourdain organise une expédition en vue de piller la Mecque et Al-Adel se hate de dépécher une flotte qui coule celle des Francs. En novembre de la même année, il participe avec Saladin à l'expédition punitive contre Renaud.

Lorsque Saladin s'empare de la ville d'Alep, en 1183, il confie la ville à Al-Adel et confie l'Égypte conjointement à son fils Malik al-Aziz et à un de ses neveux et fils d'Al-Adel, Taki ed-Din Abbas. Mais en 1186, Saladin commence à se méfier de sa famille et retire Alep pour le donner à son fils El-Malik ed-Zahir Ghazi. De même il retire l'Égypte à Taki ed-Din, y laissant Malik al-Aziz seul gouverneur. Al-Adel reçoit en compensation les fief d'Édesse et du Harrân.

Ces remaniements n'empêchent pas Al-Adel de participer activement à la bataille de Hattin le3 juillet 1187, puis à la conquête du royaume de Jérusalem : il prend Jaffa peu après, participe à la prise de Jérusalem. Saladin se rend compte alors que le port de Tyr, défendu par Conrad de Montferrat, un croisé qui vient d’arriver, devient le centre de la résistance franque à la reconquête. Durant l’automne 1187, il vient assiéger la ville, accompagné de son fils Al-Afdhal, son frère Al-Adel et son neveu Taik ad-Din. Malheureusement la flotte musulmane est partiellement coulée le 30 décembre 1187 et les galères restantes sont dispersées et prennent la fuite. Les Ayyoubides doivent lever le siège de Tyr le 1er janvier1188. Peu après, Al-Adel reçoit de son frère en fief la Transjordanie, conquise sur les héritiers de Renaud de Châtillon.

L’annonce de la chute de Jérusalem a suscité en Europe l’envoi d’une troisième croisade. Les principaux souverains, l’empereur germanique Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe II Auguste et le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt répondent à l’appel, mais une guerre qui oppose les deux derniers retardent leur départ. C’est d’ailleurs, Richard Cœur de Lion, fils et héritier d’Henri Plantagenet, qui conduit l’armée anglaise à la croisade. Frédéric Barberousse approche de la Syrie en mai 1190, mais se noie dans leSaleph.

Les Francs n’ont pas attendu l’arrivée de croisés pour reprendre l’initiative. Dès le 20 août 1189, Guy de Lusignan, roi de Jérusalem a mis le siège devant Saint-Jean-d’Acre. Saladin tente de dégager la ville, et Al-Adel le rejoint le 25 novembre 1189 à la tête d’une armée égyptienne. Lors du printemps 1190, Saladin tombe malade et Al-Adel le remplace dans la direction du contre siège. Le 30 juillet 1190, un détachement de croisés allemands attaque le camp d’Al-Adel et le prennent par surprise, mais s’attardent à le piller, laissant le temps à Al-Adel d’organiser une contre offensive qui lui permet de massacrer une grande partie des croisés Allemands.

Au cours du printemps 1190, les assiégeants reçoivent les renforts français et anglais et prennent la ville le 12 juillet 1191, malgré les efforts de Saladin et d’Al-Adel. Après la prise de la ville, Philippe Auguste repart vers la France, tandis que Richard Cœur de Lion reste en Terre Sainte. Trouvant que Saladin n’exécute pas assez vite les conditions de libération des défenseurs de Saint-Jean-d’Acre, il les fait massacrer, suscitant la désapprobation et la colère du monde musulman. Puis il décide de marcher vers le sud pour continuer la reconquête. Peu après la sortie de Saint-Jean-d’Acre, Al-Adel tente de surprendre l’armée croisée le 24 août1191, mais il est repoussé Les croisés arrivent ensuite devant Arsuf, et Richard Cœur de Lion tente une négociation, Saladin, se souvenant du massacre de Saint-Jean-d’Acre, n’en a nullement l’intention, mais envoie son frère Al-Adel, car il a besoin de temps pour faire venir des renforts. Puis il engage la bataille d'Arsouf (7 septembre 1191), qui est remportée par les croisés.

Richard prend ensuite Jaffa, et entame des négociations avec Al-Adel, avec l’aide d’Onfroy IVde Toron comme traducteur, mais elle n’aboutissent pas et Saladin envoie son frère en octobre 1191 à Jérusalem pour qu’il en relève les murailles et mette la ville en état de défense. En novembre, Richard Cœur de Lion envoie de nouveau messagers pour sonder les dispositions de Saladin. Il pose comme condition à un traité de paix la restitution du royaume de Jérusalem dans ses limites de 1185, ce que refuse Saladin. Mais le résultat de ces négociations est qu’une amitié se noue entre Richard et Al-Adel. Richard propose alors la main de sa sœur Jeanne d’Angleterre à Al-Adel et que les deux époux gouvernent le royaume de Jérusalem. Al-Adel et Saladin acceptent, mais Jeanne d’Angleterre refuse d’épouser un prince musulman.
À trois reprises (Noël 1191, juin 1192 et juillet 1192), Richard Cœur de Lion marche sur Jérusalem et arrive dans ses abords, mais ne tente pas de prendre la ville. Puis Saladin attaque sans succès Jaffa le 31 juillet 1192. Finalement les négociations, qui n’ont pas été interrompues par ces actions militaires, aboutissent le 2 septembre 1192 à un traité de paix qui reconnaît la présence des Francs sur le littoral palestinien et la possession de l’hinterland aux Ayyoubides.

Oncle des héritiers de Saladin


Saladin meurt dans la nuit du 3 au 4 mars 1193.. Son fils aîné, Al-Afdhal, reçoit Damas, la Palestine et la Syrie Méridionale, son second fils, Al-Aziz, l’Égypte et le troisième, Malik ed-Zahir, reçoit Alep et la Syrie du Nord. Les autres princes ayyoubides reçoivent des fiefs mineurs, comme Al-Adel qui a la Jazira, le Diyabékir et la Transjordanie. Al-Afdhal reçoit en outre le titre de sultan suprême, mais c’est un jeune homme de vingt trois ans qui passe son temps dans les plaisirs, renvoie les ministres de son père et les remplace par des personnes peu capables d’administrer le sultanat. Les ministres disgraciés se réfugient en Égypte, où ils excitent Al-Aziz contre son frère. À la fin du mois de mai 1194, Al-Aziz assiège Damas et son frère, lequel appelle Al-Adel à son secours. Ce dernier intervient, et oblige Al-Aziz à rentrer en Égypte. Le prestige d’Al-Adel en est accru et il commence à passer pour la personne capable de diriger l’empire ayyoubide. En 1195, Al-Aziz tente une nouvelle attaque contre son frère, mais lorsque l’armée arrive à proximité de Tibériade, une partie de ses émirs l’abandonne et Al-Aziz doit repartir vers l’Égypte, poursuivi par Al’Afdhal. Là encore, Al-Adel, qui préfère que ses neveux s’épuisent dans leur rivalité et ne veut pas que l’un d’eux l’emporte, empêche Al-Afdhal d’écraser son frère. Al-Afdhal rentre à Damas et Al-Adel s’installe en Égypte. Au mois de juin 1196, Al-Adel et Al-Aziz marchent sur Damas, qu’ils prennent le 3 juillet 1196. Conformément à leur accord, Al-Afdhal est déposé et exilé dans un petit fief à Sarkhad, tandis qu’Al-Adel devient sultan de Damas.

En 1197, une armée de croisés allemands décide d'une attaque en terre musulmane sans même prévenir Henri II de Champagne, roi de Jérusalem. Al-Adel en représailles tente une incursion sur Saint-Jean-d'Acre, mais il est repoussé par Henri de Champagne. Al-Adel attaque alors Jaffa, qu'il prend en septembre 1197. Henri de Champagne meurt peu après, et les croisés allemands assiègent ensuite Toron. Mais l'annonce de la mort de l'empereur germanique Henri VI leur font lever le siège. Amaury II de Lusignan, le nouveau roi de Jérusalem, conclut le 1er juillet 1198 une trêve pour une durée de cinq ans.

En effet, la situation intérieure de l’empire ayyoubide va requérir l’ensemble de son attention et de ses moyens. Le 27 novembre 1198, Al-`Aziz `Imâd ad-Dîn `Uthmân, sultan d’Égypte, meurt des suites d’une chute de cheval au cours d’une chasse au loup dans le voisinage des Pyramides. Son fils, Malik al-Mansour, âgé de neuf ans, lui succède et son entourage, craignant les ambitions d’Al-Adel, fait appel à Al-Afdhal, qui exerce la régence. Sa première action est de tenter de reprendre Damas, et il profite d’une absence d’Al-Adel en Jazirâ pour tenter de prendre la ville. Mais Al-Adel, prévenu, revient en hâte à Damas le 8 juin 1199, alors que l’armée égyptienne n’atteint Damas que le 14 juin 1199, bientôt rejoint par Malik ed-Zahir, émir d’Alep. Mais Al-Adel profite du temps que lui accorde leur irrésolution pour semer la discorde entre les deux frères qui abandonnent le siège en janvier 1200. Puis Al-Adel reprend l’offensive, marche vers l’Égypte et prend le Caire le 5 février 1200. Al-Afdhal est exilé au Diyârbékir, et Malik al Mansour est déposé et nommé gouverneur d’Édesse, mais se réfugie à Alep. Devenu maître de l’Empire Ayyoubide, Al-Adel nomme gouverneur des personnes de confiance : son fils Al-Kamil en Égypte, un autre fils Al-Mu’azzam à Damas


Sultan suprême des Ayyoubides

À la fin de la trêve, le pape Innocent III appelle à une nouvelle croisade, les pèlerins pensent débarquer le plus près possible de Jérusalem pour ensuite partir à sa conquête, tandis que les barons, suivant les conseils de Richard Cœur pensent à un débarquement en Égypte, dont les ports Alexandrie et Damiette sont plus facilement prenable que Jérusalem et peuvent servir de monnaie d’échange. La croisade est cependant détournée vers Constantinople. Quelques croisés se rendent néanmoins en Palestine, et quelques actions de faible envergures sont entreprises, mais Amaury II de Lusignan, constatant que la croisade ne viendra pas, conclut avec Al-Adel une nouvelle paix en septembre 1204, qui assure une trêve de six ans et la rétrocession de Jaffa aux Francs. Considérant que le jihad a rempli son rôle par la conquête de Jérusalem, Al-Adel n’est pas animé d’une envie de chasser les chrétiens de Palestine, et les quelques violations de la trêve comme celle des Templiers en 1210 donnent lieu à des règlements pacifiques. En juillet 1211, il conclut une nouvelle trêve d’une durée de six ans avec le nouveau roi de Jérusalem, Jean de Brienne. Probablement vers 1208, Al-Adel conclut avec les Vénitiens un traité commercial en vue de développer le commerce égyptien et leur accorde une concession à Alexandrie.

À l’approche de la fin de la trêve, une cinquième croisade est prêchée. Les premiers croisés à débarquer sont les Hongrois commandés par le roi André II, qui décide de conquérir la Samarie en novembre 1217. Al-Adel doit se porter à Naplouse avec son armée pour couper la progression des Hongrois. Après plusieurs sièges et escarmouches, les Hongrois doivent battre retraite, puis quittent l’Orient.

Mais, la cinquième croisade ne se limite pas aux croisés hongrois et de nouvelles troupes arrivent et décident de lancer une offensive contre l’Égypte. Des dizaines de milliers de croisés mettent le siège devant Damiette. Al-Kamel, vice-roi d’Égypte, marche contre eux mais n’ose pas les affronter, et installe son camp au sud du port, pour permettre le ravitaillement de la ville par le Nil. La cité est défendue au nord et à l’est par une étroite bande marécageuse. Au nord et à l’ouest, le Nil assure un lien permanent avec l’arrière-pays. Une chaîne tendue de la ville à une citadelle, barre l’accès du Nil. Les Francs s’acharnent en vain trois mois sur la citadelle, jusqu’au moment où ils ont l’idée d’arrimer deux grands vaisseaux et d’y construire une tour flottante arrivant à hauteur de la citadelle, qui prise d’assaut, tombe le 25 août ; la chaîne est rompue. Al-Adel apprend par un pigeon voyageur la chute de la citadelle, puis succombe, à 73 ans, victime d’une crise cardiaque. Al-Kamel parvient à contenir les croisés et à leur empêcher d’achever d’encercler Damiette, en leur infligeant des pertes sévères. Mais la mort d’al-Adel entraîne une tentative de coup d’État au Caire, où de nombreux émirs profitent de l’éloignement d’al-Kamel pour tenter d’installer un de ses frères sur le trône. Al-Kamel doit lever son camp et remonter vers la capitale pour rétablir l’ordre.

Postérité

Il laisse seize fils et plusieurs filles :
• Malik al-Mu'azzam Musa (1175 - 1227), sultan de Damas de 1218 à 1227
• El-Malek Al-Kamil Mohammed (1177 - 1238), sultan d’Égypte
• El-Malek el-Ashraf Modaffer ed-Din Musa (1178 - 1237), émir d'Édesse, puis sultan de Damas de 1229 à 1237.
• El-Malek el-Hafed Nur ed-Dul Arslan Shah (mort en 1241), émir de Kalat Djaher
• El-Malek el-Aziz Imad ed-Din Othman, émir de Panéas
• El-Malek es-Saleh Imad ed-Din Ismaïl (1199 - 1250), sultan de Damas de 1237 à 1238
• El-Malek el-Wahad Ayyoub (mort en 1210)
• El-Malek el-Ashram Musa
• El-Malek el-Modaffer Shehab ed-Din Ghazi, émir d'Édesse
• Mawdud
• Taki ed-Din Abbas
• une fille, mariée à Mu'izz al-Din Qaysar-Shah, fils de Kılıç Arslan II, sultan seldjoukide de Roum
• Daifa Khatun (1185 - 1242), mariée à un de ses cousins, émir d'Alep
• Maleka Khatun (morte en 1220), mariée à El-Malik el-Mansur Mohammed, émir de Hama.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 20:56






• Al-Malik Al-Kamil, sultan ayyoubide d’Egypte
• Malik al-Mu’azzam Musa, sultan ayyoubie de Damas





Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn « le Parfait » (v.1177 † 8 mars 1238) est un vice-roi d'Égypte sous le règne de son père al-Adel puis un sultan ayyoubide d'Égypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est fils du sultan ayyoubide Al-Adel et le neveu de Saladin.

Lorsque son père devient sultan de Damas après avoir écarté son neveu Al-Afdhal, en 1196, il lui confie ses fiefs de Diyarbékir et de Jazira. En 1198, le sultan d’Égypte Malik Al-Aziz meurt d’une chute de cheval laissant un fils de neuf ans et Al-Afdhal prend la régence. Il tente de reprendre Damas à son oncle et s’allie à son frère Malik Al-Zahir. Le siège de Damas commence en juin 1199 et dure six mois, pendant lesquels Al-Adel travaille à semer la discorde entre ses neveux, puis Al-Kamil arrive avec des renforts, ce qui oblige les deux princes à lever le siège. Al-Adel profite de l’arrivée de son fils avec une armée pour prendre l’offensive et s’emparer de l’Égypte (5 février1200). Al-Adel nomme alors son fils Al-Kamil comme vice-roi d’Égypte.

Au début du mois de juin 1218, la cinquième croisade débarque en Égypte devant Damiette et assiège la ville. Al-Kamel se porte au secours de la ville, parvient à contenir les croisés et à les empêcher d’achever d’encercler Damiette, en leur infligeant des pertes sévères. Mais le 24 août 1218, un navire croisé réussit à prendre la tour de la chaîne, donnant ainsi à la flotte croisée l’accès au bras du Nil. al-Adel meurt le 31 août 1218 en apprenant la nouvelle, mais après avoir conseillé à ses fils de céder Jérusalem aux croisés en échange de leur départ d’Égypte. La tactique d’Al-Kamil contre les croisés, uniquement défensive, suscite le mécontentement de l’armée musulmane et un de ses lieutenants, Imad al-Dîn ibn Meshtub, émir de Naplouse, tente un coup d’État pour le renverser et le remplacer par un de ses frères, Al-Fa’iz, plus docile. Ne se sentant plus en sécurité au sein de l’armée égyptienne, Al-Kamil abandonne le camp dans la nuit du 4 au 5 février 1219 entraînant la dispersion de son armée et laissant le champ libre aux croisés. Il rejoint son frère Malik al-Mu'azzam Musa, émir de Damas et venu à son secours. Grâce à l’aide de son frère, il soumet les conjurés.

Par deux occasions, en juin puis en septembre 1219, Al-Kamil offre aux croisés la rétrocession de Jérusalem contre leur départ, mais, si cette proposition est favorablement reçue par Jean de Brienne, roi de Jérusalem, et les barons francs, elle se heurte à l’intransigeance du légat Pélage d’Albano, et les croisés prennent Damiette le 5 novembre 1219. En fait Pélage compte sur l’arrivée de l’empereur Frédéric II et de son armée, mais ce dernier ne cesse de différer le départ, et n’arrivera en fait que huit ans plus tard. Al-Kamel fait armer une flotte à l’ouest du delta, non loin d’Alexandrie, qui pendant l’été 1220, écrase les vaisseaux Occidentaux au large de Chypre.

C'est à cette période, pendant l'occupation de Damiette, que les Fioretti situent la rencontre du sultan avec François d'Assise : celui-ci se rend auprès d’Al-Kamil pour le convertir, mais si Al-Kamil le reçoit cordialement et civilement, il refuse le baptême. Considérant saint François comme un ambassadeur, il renouvelle l’offre d’échanger Jérusalem contre Damiette, mais se heurte encore au refus de Pélage. Las d’attendre l’empereur, Pélage décide de marcher sur Le Caire en juillet 1221, peu avant la crue du Nil. Embourbée, les croisés doivent se rendre et n’obtiennent leur liberation que contre la restitution de Damiette. Cette expédition n’empêche pas Al-Kamil et Jean de Brienne de nouer ensuite des relations de courtoisie.

La résistance à la cinquième croisade avait été un succès en raison de la collaboration entre les trois frères, al-Mu’azzam, Al-Kamil et Al-Asraf, sultan de Khilat et de la Jazira. Mais cette harmonie est rompue à la fin de l’année 1223. Profitant de la mort de son cousin Al-Mansur Mohammed († 1222), émir de Hama et des troubles de succession, Al-Mu’azzam tente de s’emparer de la ville, mais l’intervention de ses frères Al-Kamil et Al-Ashraf l’oblige à y renoncer. En 1226, son frère Al-Ashraf, dont les domaines sont menacés par les Khoarismiens, se rend à Damas pour demander de l’aide à son frère, mais Al’Mu’azzam le garde dans une captivité dorée pour l’obliger à s’allier avec lui contre Al-Kamil. À peine libéré, Al-Ashraf se dépêche de revenir sur ses engagements et rejoint son frère Al-Kamil. Al’Mu’azzam s’allie aux Khoarismiens, tandis que ses deux frères dépêchent une ambassade auprès de l’empereur Frédéric II, lui promettant Jérusalem contre son alliance et son aide militaire. La guerre fratricide est sur le point d’éclater quand Al’M’uazzam meurt, le11 novembre 1227.

Frédéric II avait épousé en 1225 Isabelle de Brienne, fille de Jean de Brienne, et était devenu roi de Jérusalem par ce mariage. En 1227, cherchant de l’aide contre son frère, Al-Kamel lui avait envoyé une ambassade à Palerme, dirigée par l’émir Fakhreddin Ibn ach-Cheikh. Ce dernier était devenu l’ami de l’empereur, grand admirateur de la civilisation musulmane. Les liens se resserrent entre le sultan du Caire et Frédéric II du Saint-Empire et Al-Kamel propose à l’empereur de venir en Orient occuper la Palestine etJérusalem. Il voit d’un bon œil la création d’un État tampon entre l’Égypte et la Syrie qui appartient à son frère al-Moazzam, avec lequel il vient de se brouiller. Frédéric II, qui ne soucie pas de religion, pense de son côté que la prise de Jérusalem renforcerait sa position dans sa lutte contre le pape, qui vient de l’excommunier pour avoir retardé son expédition en Orient.

Al-Moazzam meurt en novembre 1227. Il laisse Damas à son fils An-Nasir Dâ'ûd, un jeune homme sans expérience. Al-Kamel peut désormais songer à s’emparer de Damas et de la Palestine, et n’a plus besoin de Frédéric II pour créer un État tampon entre l’Égypte et la Syrie. En septembre 1228, Frédéric IIdébarque à Acre avec seulement trois mille hommes. Il est convaincu de s’emparer de Jérusalem avec l’aide de son allié al-Kamel. La situation politique a changé avec la mort d’al-Moazzam, mais al-Kamel, s’est engagé à lui livrer la ville. Par l’ambassade de Kakhreddin, les deux parties arrivent à un accord. Après un simulacre de guerre pour sauver la face d'al-Kamel auprès des musulmans, Frédéric II obtient Jérusalem, un corridor la reliant à la côte, ainsi que Bethléem, Nazareth, les environs de Saïda et la forteresse de Tibnin, à l’est de Tyr. Les musulmans gardent une présence dans la ville sainte dans le secteur du Haram ach-Charif, où sont groupés leurs principaux sanctuaires. Le traité est signé le 18 février1229. L’empereur Frédéric II entre à Jérusalem un mois plus tard. Le monde musulman réagit à ce qu’il considère comme une trahison de la part d’al-Kamel. Al-Kamel assiège son neveu An-Nasir Dâ'ûd à Damas. La ville est prise en juin 1229. An-Nasir reçoit en compensation la Transjordanie et la forteresse de Kerak.

En 1230, les Ayyoubides doivent faire face aux Khoarismiens qui envahissent la région de Khilat, à proximité du lac de Van est qui est possession d'Al-Ashraf. Le 2 avril 1230, Jelâl al-Din prend Khilat, s'empare de l'épouse d'Al-Ashraf, une princesse géorgienne, qui y était réfugiée, la viole et fait massacrer la population. Les princes voisins, dont les Ayyoubides et les Seldjoukides de Roum s'unissent en une coalition qui livre bataille près d'Erzinjan et lui inflige une défaite complète le 10 août 1230. Trois ans plus tard, en 1233, les alliés de la veille se disputent les régions de Khilat, d'Edesse et de Harran, et Al-Kamil réunit tous les Ayyoubides sous son commandement pour lutter contre Kay Qubadh Ier, sultan de Rum. La guerre indécise, car Kay Qubadh prend d'abord le dessus avant d'être vaincu, dure deux ans. Peu après, Al-Ashraf se brouille avec son frère Al-Kamil et prépare une révolte contre son frère, quand il meurt le 27 août 1237. Al-Salih Ismaël succède à son frère Al-Ashraf et tente de renprendre à révolte à son compte, mais il est battu par Al-Kamel qui assiège Damas et la prend le 29 décembre 1237. Mais Al-Kamil ne profite pas longtemps de son triomphe et meurt peu après, le 8 mars 1238

Postérité

Une première épouse, fille de Saladin a donné naissance à :
• Malik al-Ma'sud Yusuf († 1229), émir du Yémen.
• Al-`Adil Sayf ad-Dîn (v. 1216 † 1247), sultan d'Égypte.

Une concubine du nom de Werd-el-Muna a donné naissance à :
• Malik al-Salih Ayyoub (v. 1207 † 1249), sultan d'Égypte.
• Fatima Khatun, mariée en 1231 à Malik al-Aziz (1213 † 1236), émir d'Alep
• Ghazia Khatun, mariée ne 1229 à Malik al-Modaffer Mahmud, émir de Hama
• Ashwara, mariée en 1236 et répudiée peu après





Malik al-Mu'azzam Musa (v. 1176 † 1227) est un ayyoubide, émir de Damas de 1218 à 1227, fils d’Al-Adel, sultan d’Égypte et de Damas.

Le 5 février 1200, son père al-Adel se rend maître de l’Égypte, dépose son petit neveu Malik al-Mansour et devient le sultan suprême de l’empire ayyoubide. Il effectue alors des changements parmi les gouverneurs et nomme son fils Malik al-Mu'azzam comme vice roi de Damas. En 1203, il effectue sur la demande de son père une expédition sur Saint-Jean-d’Acre, mais il s’agit plus d’une démonstration militaire qu’une réelle incursion. En juillet 1221, il tente de profiter du couronnement de Jean de Brienne à Tyr et du fait qu’une grande partie de la noblesse y assiste pour tenter de prendre Saint-Jean-d’Acre, mais la détermination des défenseurs de la ville l’incite à renoncer. En novembre 1217, il combat en Syrie une première vague de la cinquième croisade, composée de Hongrois, et qui finissent par rembarquer avant l’arrivée du gros de la croisade.

La seconde vague de croisés décide d’attaquer l’Égypte, dans le but de prendre des villes pour ensuite les monnayer contre la rétrocession de Jérusalem. Al-Adel est trop âgé pour assurer la résistance, qui est assurée par ses fils, al-Kamil en Égypte et al-Mu'azzam en Syrie. Pendant que les croisés assiègent Damiette, al-Mu'azzam tente des diversions, attaque Césarée et détruit la ville, mais échoue devant le citadelle défendue par les Templiers. Le 25 août 1218, les croisés s’emparent de la Tour de la chaîne, un important élément de la défense de Damiette qui interdisait aux croisés l’accès au Nil.

Al-Adel meurt le 31 août 1218 en apprenant la nouvelle et en conseillant à ses fils de céder Jérusalem aux croisés en échange de leur départ d’Égypte. La succession se passe sans problème à Damas, mais des émirs d’Égypte complotent pour renverser al-Kamil et le remplacer par un de ses frères, de sorte qu’Al-Kamil, ne se sentant plus en sécurité au milieu de son armée, déserte le camp dans la nuit du 4 au 5 février 1219. Al-Mu'azzam se porte à son secours et soumet les conjurés, puis il fait préventivement détruire les fortifications de Jérusalem à partir de mars 1219, pensant devoir livrer la ville aux Francs. À deux reprises, en juin et en juillet 1219, al-Kamil propose la restitution de Jérusalem, mais Pélage d’Albano, le légat de la croisade, refuse. Les croisés prennent la ville le 5 novembre 1219, et commencent à la transformer en colonie chrétienne. En juillet 1221, ils reprennent l’offensive en marchand vers Le Caire, mais sont surpris et paralysés par la crue du Nil provoquée par al-Mu'azzam et capturés. Seule la restitution de Damiette leur permet de quitter librement l’Égypte.
La résistance à la cinquième croisade avait été un succès en raison de la collaboration entre les trois frères, al-Mu'azzam, al-Kamil et al-Asraf, sultan de Khilat et de la Jazira. Mais cette harmonie est rompue à la fin de l’année 1223. Profitant de la mort de son cousin Al-Mansur Mohammed († 1222), émir de Hama et des troubles de succession, al-Mu'azzam tente de s’emparer de la ville, mais l’intervention de ses frères al-Kamil et al-Ashraf l’oblige à y renoncer. En 1226, al-Ashraf, dont les domaines sont menacés par les Khoarismiens, se rend à Damas pour demander de l’aide à son frère, mais al-Mu'azzam le garde dans une captivité dorée pour l’obliger à s’allier avec lui contre al-Kamil. À peine libéré, al-Ashraf se dépêche de revenir sur ses engagements et rejoint son frère al-Kamil. Al-Mu’azzam s’allie aux Khoarismiens, tandis que ses deux frères dépêchent une ambassade auprès de l’empereur Frédéric II, lui promettant Jérusalem contre son alliance et son aide militaire. La guerre fratricide est sur le point d’éclater quand Al’M’uazzam meurt de mort naturelle, le 11 novembre 1227.

D’une épouse dont l’histoire n’a pas conservé le nom, il avait eu :
• An-Nasir Dâ'ûd (1204 † 1258), sultan de Damas de 1227 à 1229, puis émir de Transjordanie de 1229 à 1258.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 21:09





• Al-Malik Al-Kamil, sultan ayyoubide d’Egypte
• Al-Ashraf, sultant ayyoubide de Harran
• An-Nasir Dâ’ûd, sultan ayyoubide de Damas






Al-Ashraf Musa Abu'l-Fath al-Muzaffar ad-Din ou plus simplement Al-Ashraf (v.1178 † 1237) est un sultan ayyoubide de Harran de1218 à 1229 et Damas de 1229 à 1237. Il est fils du sultan ayyoubide Al-Adel.

Lorsque son père devient sultan suprême de l’empire Ayyoubide en 1200, il redistribue les postes de gouverneurs en faveur de ses fils et nomme Al-Ashraf comme émir de Harran1. Au début du mois de juin 1218, la cinquième croisade débarque en Égypte devant Damiette et assiège la ville. Al-Ashraf effectue une expédition de diversion dans le comté de Tripoli, sans réussir à détourner les croisés de leur objectif. Al-Kamil se porte au secours de la ville, parvient à contenir les croisés et à les empêcher d’achever d’encercler Damiette, en leur infligeant des pertes sévères. Mais le 24 août 1218, un navire croisé réussit à prendre la tour de la chaîne, donnant ainsi à la flotte croisée l’accès au bras du Nil. Al-Adel meurt le 31 août 1218 en apprenant la nouvelle, mais après avoir conseillé à ses fils de céder Jérusalem aux croisés en échange de leur départ d’Égypte. La tactique d’Al-Kamil contre les croisés, qui s’est contenté de n’être que défensif, suscite le mécontentement de l’armée musulmane et un lieutenant, Imad al-Dîn ibn Meshtub, émir de Naplouse, tente un coup d’État pour renverser Al-Kamil pour le remplacer par un de ses frères, Al-Fa’iz, plus docile. Ne se sentant plus en sécurité au sein de l’armée égyptienne, Al-Kamil abandonne le camp dans la nuit du 4 au 5 février 1219 entraînant la dispersion de son armée et laissant le champ libre aux croisés. Il rejoint son frère Malik al-Mu'azzam Musa, émir de Damas et venu à son secours. Grâce à l’aide de son frère, il soumet les conjurés et peut se consacrer au problème des Croisés.

Au printemps 1221, les Mongols de Gengis Khan menacent le califat abbasside de Bagdad, et le calife demande l’aide d’Al-Ashraf, que ce dernier ne peut accorder car il soutient ses deux frères contre les Croisés. Malgré des offres de paix et de cession de Jérusalem, Les croisés décident de marcher sur Le Caire en juillet 1221, peu avant la crue du Nil. Embourbée, la croisade doit se rendre et n’obtient sa liberté que contre la restitution de Damiette.

La résistance à la cinquième croisade avait été un succès en raison de la collaboration entre les trois frères, al-Mu’azzam, Al-Kamil et Al-Asraf, sultan de Khilat et de la Jazira. Mais cette harmonie est rompue à la fin de l’année 1223. Profitant de la mort de son cousin Al-Mansur Mohammed († 1222), émir de Hama et des troubles de succession, Al-Mu’azzam tente de s’emparer de la ville, mais l’intervention d’Al-Kamil et d’Al-Ashraf l’oblige à y renoncer. En 1226, son frère Al-Ashraf, dont les domaines sont menacés par les Khoarismiens, se rend à Damas pour demander de l’aide à son frère, mais Al’Mu’azzam le garde dans une captivité dorée pour l’obliger à s’allier avec lui contre Al-Kamil. À peine libéré, Al-Ashraf se dépêche de revenir sur ses engagements et rejoint son frère Al-Kamil. Al’Mu’azzam s’allie aux Khoarismiens, tandis que ses deux frères dépêchent une ambassade auprès de l’empereur Frédéric II, lui promettant Jérusalem contre son alliance et son aide militaire. La guerre fratricide est sur le point d’éclater quand Al’M’uazzam meurt, le11 novembre 1227.

An-Nasir Dâ'ûd succède à son père Al’Mu’azzam mais, âgé d’une vingtaine d’années, il doit faire face aux ambitions de son oncle Al-Kamil, qui envahit son domaine et fait la conquête de Jérusalem et de Naplouse. Al-Nasir appelle un autre oncle, Al-Ashraf à son aide, et ce dernier intervient en faisant semblant de prendre son neveu sous sa protection (août 1228) mais trahit son neveu et passe un accord avec Al-Kamil pour partager les domaines de leur neveu, Al-Ashraf prenant le nord avec Damas et Al-Kamil le sud avec la Palestine. Al-Nasir Da’ud, se rendant compte à temps de la traîtrise, se retranche dans sa capitale de Damas, où il est assiégé par les troupes de ses oncles plus tard en 1228. Le siège se prolonge jusqu’en juin 1229, puis Al-Ashraf prend finalement Damas et en devient le sultan, tout en reconnaissant la suzeraineté de son frère aîné et en lui cédant Harran. Al-Nasir reçoit en compensation l’émirat de Kérak, en Transjordanie.

En 1230, les Ayyoubides doivent faire face aux Khoarismiens qui envahissent la région de Khilât, à proximité du lac de Van est qui est possession d'Al-Ashraf. Le 2 avril 1230, Jelâl al-Din prend Khilat, s'empare de l'épouse d'Al-Ashraf, une princesse géorgienne, qui y était réfugiée, la viole et fait massacrer la population. Les princes voisins, dont les Ayyoubides et les Seldjoukides de Roum s'unissent en une coalition qui livre bataille près d'Erzinjan et lui inflige une défaite complète le 10 août 1230. Trois ans plus tard, en 1233, les alliés de la veille se disputent les régions de Khilat, d'Edesse et de Harran, et Al-Kamil réunit tous les Ayyoubides sous son commandement pour lutter contre Kay Qubadh Ier, sultan de Rum. La guerre indécise, car Kay Qubadh prend d'abord le dessus avant d'être vaincu, dure deux ans. Peu après, Al-Ashraf se brouille avec son frère Al-Kamil et prépare une révolte contre son frère, quand il meurt le 27 août 1237. Il ne laisse qu'une fille, mariée à un de ses cousins, et désigne pour lui succéder son frère cadet Al-Salih Ismaël.




Al-Nasir Dâ’ûd (v. 1204 † 1258) est un ayyoubide, d’abord sultan de Damas de 1227 à 1229, puis émir de Transjordanie de 1229 à1248. Il était fils de Malik al-Mu'azzam Musa, émir de Damas.

Il succède à son père Al’Mu’azzam mort le 11 novembre 1227. Âgé d’une vingtaine d’années, il doit faire face aux ambitions de son oncleAl-Kamil, sultan d’Égypte, qui envahit son domaine et fait la conquête de Jérusalem et de Naplouse. Al-Nasir appelle un autre oncle, Al-Ashraf, émir de Jazira, à son aide, et ce dernier intervient en faisant semblant de prendre son neveu sous sa protection (août 1228) mais trahit son neveu et passe un accord avec Al-Kamil pour partager les domaines de leur neveu, Al-Ashraf prenant le nord avec Damas et Al-Kamil le sud avec la Palestine.

Al-Nasir Da’ud, se rendant compte à temps de la traîtrise, se retranche dans sa capitale de Damas, où il est assiégé par les troupes de ses oncles plus tard en 1228. Le siège se prolonge jusqu’au 12 juillet 1229, puis Al-Ashraf prend finalement Damas et en devient le sultan, tout en reconnaissant la suzeraineté de son frère aîné. Al-Nasir reçoit en compensation l’émirat de Kérak, en Transjordanie.
Il en est l’émir pour les trente années suivantes. Il participe à une coalition contre Al-Kamil et ses proches, en 1233 mais pas à celle de 1237. En 1239, il reprend brièvement de l’importance, quand son cousin As-Salih Ayyoub, fils aîné d’Al-Kamil, est chassé de Damas par une révolte et tombe en son pouvoir. Al-Nasir le garde prisonnier, refusant de la livrer à Al-Adel II, frère d’Ayyoub et sultan d’Égypte.

Une nouvelle croisade arrive en Terre sainte et en novembre 1239, le croisé Pierre Mauclerc, duc de Bretagne attaque une caravane se déplaçant du Jourdain à Damas. Révolté, Al-Nasir marche sur Jérusalem, pratiquement sans défense. Il occupe la ville, et la garnison de la citadelle se rend le 7 décembre. Al-Nasir ne tente pas de conserver la ville, mais détruit simplement les fortifications et la Tour de David et retourne à Kerak.

En avril 1240, Al-Nasir, en guerre contre Al-Adel, libère Ayyoub et s’allie avec lui contre les Égyptiens, contre la promesse de restitution de Dams en cas de victoire. Al-Adel est assassiné par ses propres soldats, et Ayyoub et Al-Nasir entre en triomphe au Caire. Quand Al-Nasir rentre le mois suivant à Kerak, il se trouve sous le coup d’une attaque des croisés, qui se sont alliés avec son ennemi, le sultan de Damas Al-Salih Ismaël. Pendant ce temps, Ayyoub renonce à sa promesse de rétablir Al-Nasir sans son sultanat de Damas, laissant Al-Nasir politiquement isolé. Dans le but de conserver ses domaines, Al-Nasir est obligé de conclure un accord avec Ismail, puis avec les croisés.

Au printemps 1241, Ayyoub, qui a signé une trêve avec les croisés, se met en campagne pour faire la conquête de la Syrie. Son armée livre une bataille aux troupes d’Al-Nasir à l’ouest de Jérusalem, et est vaincue. Cependant, Al-Nasir change encore de camp et s’allie avec Ayyoub. Pendant les deux années suivantes, il lutte contre les Francs, de temps en temps contre Ismaïl, mais sans recevoir beaucoup d’aide d’Ayyoub et change encore d’alliance pour rejoindre Ismaïl. L’invasion des Korasmiens venant du nord les conduit à abandonner une action commune entre Damas et les Francs contre l’Égypte, et Al-Nasir se retire à Kerak.

Ayyoub envoie son armée pour reprendre Damas et la Palestine en 1245 et prive Al-Nasir de ses terres à l’ouest du Jourdain. Il continue de régner sur Kerak, mais est déposé en 1248. Il meurt quelques années plus tard, en 1256.

D’une épouse dont l’histoire n’a pas conservé le nom, il avait eu :
• Al-Amjad Hasan,
• Ad-Daher Shadi,
• Malik al-Mu’azzam Iza,
• Al-Qahir, assassiné en 1277 par Baybars.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 21:30






• Malik al-Salih Ayyoub, sultan ayyoubide d’Egypte
• Tûrân Châh, sultan ayyoubide d’Egypte, son fils
• Al-Muizz Izz ad-Dîn Aybak, sultan mamelouk d’Egypte








Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb (v. 1207 † 1249) est sultan ayyubide d’Égypte de 1240 à 1249 et de Damas de 1245 à 1249. Il est fils d’Al-Kamel, sultan d’Égypte et de Damas, et d’une concubine nubienne.

En 1229, après avoir pris Damiette, les croisés marchent sur Le Caire, mais sont surpris par la crue du Nil et capturés par les armées d'Al-Kamil. Un traité est signé, échangeant la liberté des croisés contre la remise de Damiette, et le jeune Al-Salih Ayyoub est envoyé en otage chez les Francs afin de garantir la bonne exécution du traité par son père.

Son père meurt le 8 mars 1238, et son demi-frère Al-Malik al-`Adil Sayf ad-Dîn lui succède, mais est incapable d'empêcher l'anarchie dans l'empire ayyoubide. Au début de l’année 1239, Al-Salih Ayyoub s'empare de Damas, mais il en est chassé en septembre 1239 par son oncle Al-Salih Ismaël, puis est capturé peu après par un cousin, An-Nasir Dâ'ûd, émir de Transjordanie et ancien sultan de Damas. Les deux cousins finissent par se réconcilier et s'allient, Ayyoub espérant s'emparer de l'Égypte et An-Nasir de Damas. Ils marchent sur l’Égypte et Al-Adel mène l'armée égyptienne pour leur barrer la route à Bilbéis mais, ayant mécontenté les mamelouks, il est déposé le 31 mai 1240 par ces derniers qui offrent le trône à Al-Salih Ayyoub.
Inquiet de ce changement de régime en Égypte, Ismaël s’allie aux croisés en leur cédant Safed et Beaufort, mais Ayyoub parvient à rompre l’alliance en cédant à son tour Ascalon et Ismaël doit se soumettre. Il renouvelle le traité de 1229 avec Richard de Cornouailles et restitue au royaume de Jérusalem la région de Sidon, la Galilée orientale avec Tibériade, le pays de Jaffa et d’Ascalon (1241). Le statu quo entre l’Égypte et Damas se maintient jusqu’en 1243, et l’émir de Damas fait à nouveau alliance avec les Francs. Al-Salhi Ayyoub s’allie alors avec les Korasmiens qui ravagent le sultanat de Damas, prennent Jérusalem le 23 août 1244 et en massacrent la population chrétienne, puis rejoint l'armée égyptienne à Gaza et écrase l’alliance franco-syrienne à la Forbie le 17 octobre 1244. Fort de son succès, Al-Salih Ayyoub en profite pour assiéger Damas, qui se rend en octobre 1245.

Se méfiant des éléments traditionnel de l’armée ayyoubide (soldats kurdes libres, régiment d’esclaves mamelouks créés par ses prédécesseurs comme le Salahiya de Saladin et le Kamiliya d’al-Kamel), il s’entoure d’une garde mamelouke de sa création, casernée sur une île du Nil (Bahr an-Nil), qui lui donne le nom de Bahriya as-Salihiya ce qui donnera le nom de Mamelouks Bahrites à ceux qui vont prendre la succession des Ayyoubides.

En 1247, il reprend Ascalon et la Galilée orientale. Mais le sac de Jérusalem en 1244 a scandalisé l’Europe. À la suite d'un vœu prononcé lors d’une maladie, le roi Louis IX de France décide de prendre la Croix. L’empereur Frédéric II, toujours en bons termes avec la cour du Caire, la prévient du projet de croisades. En 1248, Ayyoub est en guerre contre son cousin Al-Nasir Yusuf qui s’est emparé d’Homs aux dépens d’Al-Ashraf, allié d’Ayyoub, et assiège la ville. L’annonce de la septième croisade oblige les deux cousins à se réconcilier, avec la médiation d’Al-Musta'simn calife abbasside de Bagdad.

Les croisés français de Louis IX débarquent à Damiette le 6 juin 1249, qui est abandonnée sans combats. Le sultan Ayyoub, immobilisé par la tuberculose, propose à Louis d’échanger Damiette contre Jérusalem. Louis refuse de traiter avec un « infidèle ». Ayyoub prend alors l’offensive. Il se fait transporter en litière vers Mansourah, « la victorieuse », ville construite par son père al-Kamel sur le site de la défaite franque de 1221. Il tombe dans le coma le 20 novembre, alors que les Francs, encouragés par la décrue du Nil, quittent Damietteen direction de Mansourah. Trois jours plus tard, Ayyoub meurt, rongé d’ulcère et de phtisie. Son épouse favorite, Chajar ad-Durr, « l’arbre aux joyaux », une esclave arménienne, rassemble les familiers du sultan et leur ordonne de garder le silence sur sa mort avant le retour de l’héritier du trône, al-Mu'adham, alors en Irak. L’émir Kahreddin écrit une lettre au nom du sultan pour appeler au jihad.

Ce sultan ayyoubide n’avait ni l’ouverture de cœur de son grand-oncle Saladin, ni la curiosité d’esprit de son grand-père Al-Adel, ni la souplesse diplomatique de son père Al-Kamil. Sa cupidité lui fait mettre à mort un grand nombre d’émirs et lui permet de s’emparer de leurs richesses. Il ne se plaisait qu’en compagnie des Bahrides de sa garde mamelouk à qui il avait distribué les commandements détenus par les émirs mis à mort. Selon le chroniqueur Abu Fidal, « personne n’osait lui parler, excepté pour répondre à une question. Les requêtes qu’on lui soumettait étaient placées sous ses yeux par les eunuques. Aucun ministre n’osait prendre la moindre décision avant de l’avoir consulté par écrit ».

Il a eu plusieurs épouses et favorites, dont seule Chajar ad-Durr est connue.

Celles-ci ont donné naissance à plusieurs enfants :
• Malik al-Moghith Feth ed-Din Omar († 1244), nommé gouverneur de Damas par son père en 1239, il est emprisonné par son grand-oncle Al-Salih Ismaël lorsqu’il s’empare de la ville et meurt en prison au bout de cinq ans.
• Khali, fils de Chajar ad-Durr et mort en bas âge.
• Al-Malik al-Mu`azzam Tûrân Châh († 1250), également fils de Chajar ad-Durr, sultan d’Égypte à la mort de son père et assassiné par les Mamelouks peu après.






Al-Malik al-Mu`azzam Tûrân Châh, Al-Mu'adham, Touran Shah ou Tûrân Châh (Turquemin) fut le dernier sultan ayyubide effectif d’Égypte (1249-1250), fils de Malik al-Salih Ayyoub.

Son père meurt le 23 novembre 1249 alors que la septième croisade conduite par le roi Louis IX de France a débarqué et pris Damiette. Pour éviter que l’Égypte ne sombre dans l’anarchie ou que les croisés ne profitent de la désorganisation et ne marchent sur Le Caire,Chajar ad-Durr, veuve d’Ayyoub, garde secrète la nouvelle de la mort le temps que Tûrân Châh, le seul fils encore vivant d’Ayyoub, ait le temps de revenir du Diyarbakır où il se trouvait alors. En attendant l’arrivée du nouveau sultan, elle confie le pouvoir à l’émir et généralissime Fakhr al-Dîn ibn al-Sheik, qui se révèle un sage administrateur. Mais l’annonce du décès d’Ayyoub finit par se répandre parmi la population égyptienne et parvient aux croisés. Ceux avaient d’ailleurs décidé de marcher sur Mansourah et étaient partis trois jours avant la mort du sultan. Fakhr al-Dîn réussit à les retarder, mais ne peut pas les empêcher de prendre la ville de Mansourah. Seule la citadelle, commandée par les mamelouks résiste aux croisés. Mais les fièvres déciment l’armée croisée qui doit battre retraite vers Damiette, et finit capturée avec son roi.

Tûrân Châh arrive alors au Caire. Ayant passé sa vie en Mésopotamie, il n’est pas connu des Égyptiens. Il avait passé sa jeunesse à étudier la jurisprudence, la dialectique et la théologie, mais son grand-père Al-Kamil s’était vite rendu compte que ses études échouaient à corriger sa lourdeur d’esprit et son manque de jugement. L’écrivain musulman Maqrîzî le qualifie de sot. Et, de fait, il accumule les erreurs et les maladresses dès son arrivée au pouvoir. Il place aux commandes du sultanat ses favoris qui l’avaient accompagné du Diyarbakır et les comble de fiefs qu'il a retiré aux Mamelouks. Or ceux-ci ont placé son père sur le trône dix ans auparavant et sont les artisans de la résistance à Mansourah face aux croisés, ainsi que de la capture de l'armée croisée. Faisant preuve d'une inconscience particulièrement stupide, il menace les chefs mamelouk et réclame à sa belle-mère Chajar ad-Durr, qui pourtant lui avait permis d'accéder au trône, les domaines que lui avait donnés son père.
Un groupe de mamelouks dirigé par l’officier arbalétrier Baybars, décide de passer à l’action. Le 2 mai 1250, à l’issue d’un banquet organisé par le sultan, les mamelouks bahrites font irruption dans la tente où se tient ce banquet. Tûrân Châh pare l'attaque avec son sabre, mais a plusieurs doigts tranchés. Il s'enfuit de la tente et se réfugie dans une tour en bois à laquelle les mamelouks mettent le feu. Il se jette alors du haut de la tour et court vers le fleuve, espérant se sauver sur une barque amarrées au rivage. Une pluie de flèches l'en empêche, et il plonge dans le Nil, mais doit revenir sur la berge, ne sachant pas nager. Rattrapé, il est massacré sans pitié.

Les mamelouks nomment sultane sa belle-mère, Chajar ad-Durr, qui épousera leur chef ‘Izz al-Din Aybak, créant ainsi la dynastie bahrite(1250-1382).






Aybak ou Al-Mu`izz `Izz ad-Dîn 'Aybak est le premier sultan mamelouk d'Égypte. Il est mort en 1257. D'origine turque il fonde la dynastie des Mamelouks bahrites. Son règne dure de 1250 à 1257.

En novembre 1249, après la prise de Damiette par le roi de France Louis IX, le sultan ayyoubide d'Égypte Malik al-Salih Ayyoub décède. L’héritier désigné est en Anatolie dans la région de Diyarbakır. Chajar ad-Durr la concubine favorite de Al-Salih Ayyoub prend les choses en main. Elle commence par tenir secrète la mort du sultan et faire signer les actes officiels par un esclave qui sait imiter la signature du défunt sultan. Quand la mort du sultan finit par s’ébruiter, elle organise une régence et annonce que le sultan avait désigné Tûrân Châh pour lui succéder, en réalité Al-Salih Ayyoub avait remis l’empire au calife abbasside de Bagdad.

En février 1250, Tûrân Châh est accueilli au Caire comme souverain. Dans le même temps, les croisés menés par Louis IX partent de Damiette à la conquête du Caire. L’émir Baybars à la tête des armées égyptiennes arrête leur avance à la bataille de Mansourah au cours de laquelle Louis IX est fait prisonnier (11 février 1250). Une deuxième bataille a lieu à bataille de Fariskur qui consacre la défaite des croisés et la gloire de l’émir Baybars (6 avril 1250).

À ce moment, Tûrân Châh commet l’erreur de déposséder les Mamelouks de leurs fiefs. Ceux-ci, Baybars en tête, le tuent au cours d’un banquet qu’il donnait pour fêter la victoire et désignent Chajar ad-Durr comme souveraine. Cette nomination provoque des réactions hostiles. Chajar ad-Durr nomme alors l'émir Aybak comme atabeg, puis elle l’épouse. C'est grâce ce mariage qu'Aybak devient sultan. Cependant c’est toujours son épouse qui continue à prendre les décisions qu'il ne fait qu'appliquer. Cette situation lui devient rapidement insupportable. Il envisage de tuer son épouse mais c’est elle qui le fait étrangler dans son bain après une partie de polo. Trois jours après Chajar ad-Durr est assassinée à son tour. Le fils d'Aybak Ali est proclamé sultan, mais comme il n'a que onze ans, c'est l'émirQutuz qui exerce la régence malgré la concurrence de Baybars. Le 12 novembre 1259, prenant prétexte de sa jeunesse, Qutuz renverse Ali ben Aybak.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 21:58






• Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz, sultant mamelouks d’Egypte
• Baybars, sultan mamelouk d’Egypte





Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz ou Qutuz est un sultan Mamelouk bahrite d’Égypte ayant régné de 1259 à 1260

Qutuz se prétend d’origine noble et se dit le neveu du dernier roi Khorezmien Jalal ad-Din pourchassé par les Mongols et éliminé par les kurdes. Il a été fait prisonnier par les Mongols qui l’ont vendu comme esclave en Syrie sans qu'ils pensent qu'il sera un jour l'artisan de leur première lourde défaite au Moyen-Orient et du recul de l'empire Mongol. Il est revendu au dernier roi de la dynastie ayyoubide.

Il gravit les échelons militaires et devient le chef des armées d'Aybak (fondateur de la dynastie des Mamlouk) lorsque celui-ci prend le pouvoir avec son épouse la reine Chajar ad-Durr veuve du dernier sultan ayyoubide As-Salih Ayyoub.

En 1257, après l'assassinat d'Aybak et de son épouse Chajar ad-Durr, Qutuz devient le tuteur de leur fils Al-Mansur Ali. Ennovembre 1257 et avril 1258, il réussit à convaincre les mamelouks bahrites de revenir de Palestine dans un contexte difficile (division dans le corps de l'armée, famine, crise économique, etc.).

Il propose aux sultans ayyoubides d'Alep et de Damas An-Nâsir Yûsuf, de les aider contre l'invasion mongole mais sa demande a été refusée. Les sultans se réveillent trop tard pour répondre à la menace mongole. De nombreux Syriens fuient vers l’Égypte qui se sent menacée à son tour. Les nouvelles de ces envahisseurs provoquent en Égypte une terreur générale.

Le règne

Cette situation donne à Qutuz le prétexte de renverser Al-Mansur trop jeune pour assumer la guerre contre les Mongols.

Qutuz commence par renforcer son pouvoir en convainquant les autres mamelouks qu'il n’avait agi ainsi que pour combattre les Mongols efficacement. Il promit également de leur octroyer ce qu’ils désiraient une fois la victoire acquise. Le chef des armées mongoles, Hulagu lui demande de se rendre. Qutuz refuse et tue les ambassadeurs d’Hulagu pour rendre toute négociation impossible et d'engager tout le monde dans la guerre contre les Mongols.

En août 1260, Qutuz quitte l’Égypte à la tête des armées égyptienne et syrienne réunies pour aller affronter les Mongols. Il envoie le général Baybars en mission de reconnaissance avec une partie de l’armée. Au cours de cette reconnaissance Baybars dut affronter un contingent mongol et emporta la victoire. Ce premier succès contre les Mongols réhausse le moral des troupes musulmanes.

Baybars traverse ce qu’il reste du royaume de Jérusalem et installe son camp devant Saint Jean d’Acre. Les Croisés d’Acre offrent leur soutien. Qutuz préfère obtenir simplement le gage de leur neutralité sous crainte de trahison des croisés. Il rejoint Baybars dans la vallée de `Ayn Jâlût, entre Bîsân et Naplouse.

L’armée mongole, est menée par Kîtbûqâ depuis le départ soudain d’Hulagu provoqué par la mort de Möngke et des désordres successoraux qui en découlaient. Kîtbûqâ entreprend de rassembler ses troupes qui s’étaient éparpillées en Syrie, en une seule et unique armée. Sa vanité lui fait refuser d’attendre des renforts de la part de Hulagu. Les Mongols s’avancent aussi jusqu’à `Ayn Jâlût.

La bataille d’Ayn Jâlût

Le 3 septembre 1260, Qutuz et Baybars viennent à bout de l’armée mongole conduite par Ketboğa à la bataille d’`Ayn Jâlût. La Syrie revient aux Mamelouks et les Mongols se retirent au-delà de l’Euphrate. Cette victoire marque l’arrêt de l’avancée des Mongols qui ne parassent plus invincibles. Qutuz rentre en Égypte le 4 octobre 1260, suivi par Baybars qui assassine Qutuz de sa main lors d’une chasse au lièvre le 24 octobre. Baybars se fait proclamer sultan aussitôt par les chefs militaires.




Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, plus connu en français sous le nom de Baybars, Baïbars ou encore Bibars (né le 19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277 (à 53 ans) à Damas en Syrie) est un sultan Turcs kiptchaks des mamelouk bahrite d'Égypte qui régna de 1260 à 1277.

Il est parfois surnommé la "panthère" ou encore « l'arbalétrier ».

Né au Kiptchak (en Crimée) en 1223, il est vendu comme esclave à Damas après l'invasion mongole dans les années 1240.

Envoyé en Égypte, il entre au service du sultan ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps, qui lui fait donner une formation militaire. Il participe activement au coup d'État qui renverse la dynastie ayyoubide et se traduit par l'assassinat de Tûrân Châh, le fils d'As-Sâlih Ayyûb, en 1250.

Au service du sultan mamelouk Sayf ad-Dîn Qutuz, il remporte sur les Mongols la victoire d'Aïn Djalout (3 septembre 1260) qui sauve l'Égypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. À son retour au Caire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie, se proclame sultan et accueilleAl-Mustansir bi-llah, l'un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un califefantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci sera rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262.

Administrateur efficace, Baybars crée une marine de guerre, une armée permanente, restaure les routes et organise un remarquable service postal.

Lutte contre les croisés

Son objectif principal, durant la suite de son règne, est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu'il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l'empire byzantin, du sultanat seldjoukide de Roum.

Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s'empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268),d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers le8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l'alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s'emparer deMasyaf, la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des Assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Véritable artisan du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés, il est devenu le héros d'un roman de chevalerie, très populaire dans le monde arabe, le Sirat el-Malik el Zahir.
Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille : si deux de ses fils, Berke Khan et Salamish, sont bien sultans, en 1279 le sultanat revient au régent Qala'ûn.


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MessageSujet: Re: LISTES DES PRINCIPAUX CHEFS MUSULMANS   Lun 29 Fév - 22:11




• Baybars, sultan mamelouk d’Egypte











• Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala’ûn al-Alfi, sultan baharite d’Egypte
• Al-Ashrâf Salah ad-Dîn Khalil ben Qala’ûn





Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala’ûn al-Alfî, aussi connu sous le nom de Qala’ûn ou Kélaoun, est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte de1279 à 1290.

Il fait nommer Sultan le fils aîné de Baybars, Baraka. Constatant son incompétence à gouverner, Qala'ûn l'écarte du pouvoir. Il se fait alors nommer régent de Salamish, le frère cadet, en août 1279. En septembre 1279, il prend le pouvoir. Il mène alors une politique d’alliance avec les Kiptchak et Byzance contre les Il-Khan d’Iran. Il vainc les mongols d’Abaqa près de Homs (1281) grâce à la neutralité des Francs de Saint Jean d'Acre.

Le 25 mai 1285, il prend la forteresse des Hospitaliers de Marchat (Marqab). En mars 1289, il assiège Tripoli de Syrie, qui tombe le 27 avril. Une partie de la population parvient à s’enfuir par la mer, mais le reste des hommes est massacré, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage. La ville, pillée, est démolie et rasée.

Pressé par ses émirs d’en finir avec les Francs d’Acre, Qala’ûn refuse de violer le traité de 1283 et renouvelle la trêve pour dix ans en juillet 1289. Il encourage les musulmans à profiter d’Acre pour leurs échanges avec l’Occident, par l’intermédiaire des commerçants vénitiens et des Templiers, devenus les principaux banquiers de Syrie, et des marchands damascènes. Le port d’Acre connaît une période de prospérité. Cependant, au lendemain de la chute de Tripoli, le roi d’Acre Henry dépêche des messagers à Rome pour demander des renforts.

Une importante flotte occidentale chargée de croisés arrive à Acre au milieu de l’été suivant. Des marchands damascènes sont assaillis dans les rues, dévalisés et laissés pour morts par les nouveaux venus. Les autorités parviennent à rétablir l’ordre, mais la situation se détériore fin août. Qala’ûn profite de la situation. Il envoie à Acre une ambassade pour demander des explications et pour que les assassins lui soient livrés. Devant le refus des Francs, le sultan brise la trêve. Le 4 novembre 1290, l’armée mamelouk s’ébranle. Mais le lendemain Qala’ûn tombe malade. Il fait jurer à ses émirs et à son fils Khalil de terminer la campagne, et meurt moins d’une semaine plus tard.
Son successeur, Khalil, prendra Acre le 17 juin 1291.






Al-Achraf Khalîl, de son nom complet Al-Achraf Salâh ad-Dîn Khalîl ben Qala'ûn (1263-1293) fils de Qala'ûn est un sultan mamelouk bahrite d'Égypte de 1290 à1293.

Al-Achraf Khalîl est le fils de Qala'ûn, il a été désigné co-sultan lors de la mort de son frère aîné en 1288 mais Qala'ûn n'a pas confiance en Khalîl.
Qala'ûn conquiert le comté de Tripoli en 1289. Il marche ensuite sur Saint-Jean-d'Acre la capitale de ce qui reste du royaume de Jérusalem. Il meurt en novembre1290.

Khalîl lui succède et poursuit son offensive. En mai 1291, Khalîl rassemble toutes les forces disponibles en Égypte et en Syrie à Hisn al-Akrad. Acre est prise le17 juin 1291 après un siège sanglant.

Tous ceux qui n'ont pas réussi à s'enfuir sont exécutés et la ville est entièrement détruite. En août, Khalîl prend Tyr, Sidon, Haïfa et Beyrouth. Il rentre victorieux au Caire ayant enfin terminé le travail commencé par Saladin de chasser les croisés du Proche-Orient. Khalîl est appelé le nouvel Alexandre.

En 1292, Khalîl envahit le royaume arménien de Cilicie prend Hromgla siège du patriarcat arménien. Ce petit royaume va disparaître peu à peu. En revanche Khalîl a de bonnes relations avec le royaume de Chypre, le royaume d'Aragon et celui deSicile avec lesquels il signe des traités de commerce.

Khalîl a poursuivi la politique de son père qui consistait à remplacer les mamelouks turcs par des circassiens. Il nomme un Arabe, Ibn as-Salus, comme grand vizir alors que c'était une fonction qui avait disparu au début du siècle pour irriter les mamelouks turcs encore plus. Finalement Khalîl est assassiné par son régent turc Baydara en décembre 1293. Le meurtrier réclame le sultanat, mais il est rapidement tué par les circassiens. Son frère âgé de sept ans, An-Nâsir Muhammad, est choisi pour lui succéder, mais son régent Kitbugha va rapidement l'éloigner.
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