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 SORCELLERIE

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Lanaelle
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MessageSujet: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 19:18




Etymologie
Pratiques considérées comme de la sorcellerie
Définition de la sorcellerie selon René Guénon
La sorcellerie et le Pape Jean XXII
Sorcellerie européenne

• Exemple de l’Angleterre
• Explication rationnelle

Monde occidentale contemporain
• Revalorisation de la pensée magique au XXe siècle
Tanakh
Nouveau Testament
Judaïsme
Islam
Sorcellerie africaine
L’origine des pouvoirs magiques (1929)
Répression


La sorcellerie désigne souvent la pratique d'une certaine forme
de magie, dans laquelle le sorcier ou la sorcière travaille avec
les énergies globales, que ce soit celles des plantes, des cycles
lunaires, des saisons ou même des entités. Selon les cultures,
la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de soupçon
voire d'hostilité, parfois avec ambivalence. Certaines doctrines
religieuses considèrent toute forme de magie comme de la
sorcellerie, la proscrivent ou la placent au rang de la superstition.
Elles opposent le caractère sacré de leurs propres rituels aux
pratiques de la sorcellerie.


La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe.
Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est
employé, il désigne des idées différentes, voire opposées.
Chaque société possède ses propres conceptions en matière
de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à
l'au-delà et à la mort et d'esprits bons ou mauvais ; il est
parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.


Ce terme est également employé de façon péjorative en référence
à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette
acception, l'accusation portée à l'encontre de ceux qui utilisent
des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité
de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie
se sont rencontrées dans la plupart des sociétés humaines. De
telles accusations ont parfois mené à des chasses aux sorcières.
Dans d'autres sociétés, les chamans ou les griots étaient non
seulement bien acceptés en tant que praticiens des rituels
traditionnels et d'intercesseurs avec les forces et les énergies
de l'invisible, mais respectées, parfois craints, et souvent
placés en positions socialement dominantes.


Pour les religions monothéistes (principalement le judaïsme,
le christianisme et l'islam), la sorcellerie fut souvent condamnée
et considérée comme une hérésie. La notion de sorcellerie prit
une grande importance pour les catholiques et les protestants
à la fin du Moyen Âge. À cette époque la sorcellerie a
progressivement été assimilée à une forme de culte du Diable.
Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment
combinées à d'autres charges d'hérésie contre des groupes
tels que les Cathares et les Vaudois. Certains groupes anciens
ou modernes se sont parfois plus ou moins ouvertement
réclamés d'un culte "sataniste" dédié au mal.














SOURCE :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sorcellerie
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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 20:34





Sorcier et sorcellerie dérivent du mot sort, maléfice (1) lancé par un « jeteur de sorts », sortiarus en latin.





Les Trois Sorciers, par Johann Heinrich Füssli, Suisse.



Selon une acception générale du terme le sorcier est « Celui, celle qui passe pour avoir fait un pacte avec le diable, à l'effet d'opérer des maléfices, et pour aller à des assemblées nocturnes dites sabbat », le sorcier est un jeteur de sort, recourant à la magie. Il peut être "spécialiste" d'un domaine, telle la communication avec les esprits, généralement de défunts (on parle alors plus volontiers de mage (2) ou de voyant (3)), ou l'animation d'êtres morts (nécromancien (4)). Du point de vue anthropologique, le mot sorcier peut recouvrir différentes fonctions comme chaman ou homme-médecine. C'est aussi un personnage maléfique présent dans les contes (5) et les légendes (6). Il figure désormais dans l'univers du jeu de rôles (7), dans l'univers de Terry Pratchett (08) et autres, plus fantastiques, tels qu'Harry Potter.


La sorcellerie désigne tout ce qui est considéré comme surnaturel sans appartenir à la religion officielle ou tout ce qui est relatif au mal dans ces mêmes religions. Il apparaît que dans les mythologies des premières sociétés humaines (société matriarcale (9)), la femme avait un rôle important. La religion ancienne devenant le diable de la nouvelle, le christianisme associa souvent les femmes à des rôles maléfiques telles les parques (10) de la mythologie gréco-romaine ou encore Ève dans le mythe d'Adam et Ève, qui s'allie au serpent (agent du mal), pour plonger l'homme dans sa triste condition. Ceci explique partiellement le rôle prépondérant des sorcières à celui des sorciers dans les mythes populaires européens.


Volant dans les airs à califourchon sur son manche à balai, ainsi est représentée la sorcière dans l'iconographie populaire occidentale. Antithèse de la fée, elle a les mêmes fonctions que le sorcier, tant en anthropologie que dans les contes et légendes.





(1) Maléfice :  Action par laquelle on est censé causer du mal, soit aux hommes, soit aux animaux et aux fruits de la terre, en employant des moyens cachés et surnaturels.







(2)  Un mage (du persan magis) désigne à l'origine un disciple de Zarathoustra. Par extension, le terme est également utilisé comme synonyme de « magicien ».


Jacques Duchesne-Guillemin, spécialiste des religions d'Iran, distingue les sens suivants du mot « mages » :


1. Prêtres officiels perses. À l'époque achéménide, Darius Ier renverse, le mage mède Gaumâta, qui vient de se proclamer roi de l'empire perse. Les mages exercent le monopole sacerdotal. Selon Xénophon, c'est Cyrus II le Grand qui installa officiellement les mages de Perse. Les mages exposaient les morts aux oiseaux et aux chiens (alors que les Perses couvraient leurs morts de cire avant de les enterrer). Pour les Grecs, les mages perses étaient des spécialistes de magie (mot dont l'étymologie renvoie à "Mages") et d'astrologie.
2. Disciples de Zarathoustra. À une certaine époque, les mages passent pour disciples de Zarathoustra. Comme ils étaient astrologues, le nom du prophète fut déformé en "Zoroastrès" (d'où le nom "Zoroastre"), et les gens peu instruits confondaient les mages de l'Iran et les astrologues de Chaldée. Zarathoustra n'est pas mage, mais il emploie le mot maga, qui désigne un état mystique procurant l'union avec les Amesha Spenta (Immortels Saints, sept entités entourant Ahoura Mazda : Esprit Saint, Justice Excellente, etc.).
3. Occultistes. À l'époque hellénistique (depuis la conquête d'Alexandre le Grand, vers 330 av. J.-C.), on ne trouvait rien de mieux que de placer tout écrit de magie, d'alchimie, d'occultisme sous l'autorité de Zoroastre ou de quelque autre prétendu mage (comme Ostanès). Mais Héraclite ((500 av. J.-C.) associait déjà les « mages » avec les initiés, les bacchants.
4. Dans le nouveau testament, "mages venus d'Orient" adorant Jésus nouveau-né, aujourd'hui plus souvent désignés sous le nom de rois mages. Selon l'Évangile de saint Matthieu, des mages vinrent de l'Orient se prosterner à Bethléem (Matthieu II, 1-12). Ils furent vite considérés comme des rois, par contamination avec le psaume 72, qui parle de rois d'Arabie apportant des présents. Quand, à partir du VIe s. au plus tard, on les différencia, l'un d'eux fut identifié à un roi de l'Iran sud-oriental et du bas Indus, Gundoffarr (d'où 'Gaspar').






(3) Voyant :   La voyance est la capacité divinatoire à percevoir une information dans l'espace et dans le temps en dehors de l'usage des cinq sens, par perception extrasensorielle.
La personne qui aurait cette capacité est généralement appelé voyant(e) et propose des consultations payantes à des clients en attente de révélations afin de connaître ou de préparer leur avenir. La voyance est considérée comme une pseudo-science mais reste une activité populaire et lucrative, qui a même son salon.




(4)  Nécromancien :  La nécromancie (en latin necromantia, en grec νεκρομαντία) désigne l’interrogation, dans un but de divination, des personnes décédées qui survivent et communiquent avec les vivants.
Le nécromancien obtiendrait des pouvoirs sur la vie et la mort, dans le sens le plus proche. Il est capable de causer la mort comme de ressusciter, mais ressusciter le corps, pas l'âme. Le cadavre, bien qu'animé et donnant l'illusion de vie, n'est plus qu'un pantin, une marionnette entre les mains du nécromancien, dont il est tout à fait possible de couper les fils. Un des moyens les plus connus pour faire cesser l'emprise d'un nécromancien sur les morts est de le tuer (obtenir son accord est nettement plus difficile).







(5)  Le mot conte désigne à la fois un récit de faits ou d'aventures imaginaires1 et le genre littéraire (avant tout oral) qui relate les dits récits. Le conte, en tant que récit, peut être court ou long. Qu'il vise à distraire ou à édifier, il porte en lui une force émotionnelle ou philosophique puissante. Depuis la Renaissance, les contes font l'objet de réécritures, donnant naissance au fil des siècles à un genre écrit à part entière. Cependant, il est distinct du roman, de la nouvelle et du récit d'aventures par l'acceptation de l'invraisemblance.

Il y a deux pratiques du genre littéraire qu'est le conte : orale et écrite. Ces deux pratiques se différenciant par leur mode de création et de diffusion comme par leur contenu, il convient de les distinguer.
Le conte est un objet littéraire difficile à définir étant donné son caractère hybride et polymorphe. Le genre littéraire comme les histoires elles-mêmes font l'objet d'études convoquant des savoirs connexes, à la lumière des sciences humaines, tels que l'histoire littéraire, la sémiologie, la sociologie, l'anthropologie ou la psychanalyse.

Il faut noter que le terme de « conte » est utilisé parfois pour désigner l'activité de conter, quel que soit le type d'histoires (épopée, légende, histoire de vie, nouvelle…).








(6)  Une légende (de l'adjectif verbal latin legenda , « qui doit être lue ») est, à l’origine, un récit mis par écritpour être lu publiquement : généralement il s'agit d'une hagiographie lue dans les monastères, pendant les repas ; dans les églises, pour l’édification des fidèles lors de la fête d’un saint. Au XVIe siècle s'opère un glissement de sens, la légende devenant un récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou l'invention poétique. Cette évolution « résulte de la nécessité devant laquelle se sont trouvés les hagiographes de fournir la matière destinée à alimenter le culte de saints personnages dont ils ignoraient à peu près tout ». Dans ce genre de littérature, la précision historique passe ainsi au second plan par rapport à l’intention spirituelle.

Certains auteurs distinguent encore le mythe de la légende. Selon eux, une légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux. Aujourd'hui les notions de mythe, de légende, de conte et de fable sont généralement confondues. Ce sont tous des récits fictifs.

Le récit fictif est le plus souvent d'origine orale et fait appel au merveilleux. Une légende est fortement liée à un élément clé, ceci est précisé et se concentre sur un lieu, un objet, un personnage, une histoire, etc. Au fil du temps, la légende devient un mythe pour les sociétés futures, car elle perd en précision et gagne en fantaisie et en amplification. Dans la langue courante, le mot légende est aujourd'hui devenu synonyme de mythe, et renvoie à quelque chose dont l'existence n'a jamais pu être prouvée.

Le légendaire désigne l'auteur, le compilateur de légendes mais aussi le recueil de légendes.




(7)   Un jeu de rôle est une technique ou activité, par laquelle une personne interprète le rôle d'un personnage (réel ou imaginaire) dans un environnement fictif. Le participant agit à travers ce rôle par des actions physiques, par des actions narratives (dialogues improvisés, descriptions) ou par des prises de décision sur le développement du personnage.


Il existe plusieurs formes de jeu de rôle, qui peuvent être plus ou moins distinguées par leurs fonctions1. Le jeu de rôle peut être notamment une technique thérapeutique (psychologie), une méthode pédagogique, une méthode d'analyse ou bien une activité récréative.


Parmi les formes à but récréatif, on distingue communément les jeux enfantins (spontanés) des jeux de rôle ludiques (à règles formelles), tels que le jeu de rôle dit « sur table » qui est un jeu de société, le jeu de rôle grandeur nature dans lequel les joueurs réalisent physiquement leurs actions et les jeux vidéo de rôle (dont les MMORPG) joués sur ordinateurs et consoles







(08)   Terry Pratchett, de son nom complet Terence David John Pratchett, est un écrivain britannique né le 28 avril 1948 à Beaconsfield (Buckinghamshire) et mort le 12 mars 2015(à 66 ans) à Broad Chalke (Wiltshire). Il est principalement connu pour ses romans de fantasy humoristique prenant place dans l'univers du Disque-monde, dans lequel il détourne les canons du genre pour se livrer à une satire de divers aspects de la société contemporaine.


Pratchett publie son premier roman en 1971, mais ce n'est qu'en 1983 qu'il rencontre vraiment le succès avec le premier volume des Annales du Disque-monde. Il devient par la suite l'un des auteurs de fantasy les plus prolifiques (les Annales comptent plus de trente tomes) et les plus appréciés (ses livres se sont vendus à plus de 65 millions d'exemplaires). Pratchett est ainsi l'auteur britannique le plus vendu des années 1990. Selon un sondage publié en 2006 dans le magazine littéraire britannique Book Magazine, Terry Pratchett est alors le second auteur vivant le plus apprécié de ses compatriotes, derrière J. K. Rowling.



Il est anobli par la reine en 2008, et reçoit de nombreuses récompenses pour son œuvre. Atteint d'une forme rare de la maladie d'Alzheimer, il milite pour le droit au suicide assisté, notamment dans son documentaire Choosing to Die.




Terry Pratchett en 2012








(9)  société matriarcale :  Le terme de matriarcat a été construit, à la fin du XIXe siècle sur le modèle de « patriarcat ». Initialement, « matriarcat » était employé dans le sens de « système de parenté matrilinéaire », tandis que le patriarcat désignait bien, comme l'indiquait son étymologie, un système social dominé par l'autorité masculine, symbolisée par la figure du père. Mais « matriarcat » fut très tôt compris comme le pendant symétrique du « patriarcat », pour désigner un type de société où les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales. Il n'existe pas de société humaine connue où le matriarcat, entendu dans ce sens, ait existé. Arguant que la composante -arcat (de archein, commander) est elle-même un vestige du patriarcat, et qu'une société moins patriarcale serait également moins hiérarchique, plusieurs chercheurs préfèrent rejeter ce terme ou le remplacer, comme Gimbutas, par des termes plus neutres, comme matristique.









(10)   Les Parques (du latin Parcae, provenant des mots parco, parcere, « épargner ») sont, dans la religion romaine ou la mythologie romaine, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Elles sont généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin. Elles sont le symbole de l'évolution de l'univers, du changement nécessaire qui commande aux rythmes de la vie et qui impose l'existence et la fatalité de la mort.


Au départ, les Romains ne connaissaient qu'une Parque, Parca Maurtia, qui symbolisait la destinée, ainsi qu'une déesse appelée Neuna Fata, qui était associée à la naissance et qui « se transformera » au fil du temps en la Parque Nona. C'est sous l'influence des Moiresgrecques, qui président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort, que les Romains adopteront l'idée de trois Parques (Parcae).








Le tre Parche, par Bernardo Strozzi.




Les Parques sont trois sœurs, Nona, Decima et Morta. Leurs origines sont très floues, selon les versions, elles sont les filles, soit de Jupiter (Zeus) et de Junon (Héra), soit de Jupiter (Zeus) et de Thémis, soit de Nox (Nyx, la nuit) et de l'Érèbe, soit, selon quelques poètes, de Nécessité (Ananké) et du Destin. L'obscurité de leur naissance indique qu'elles ont exercé leurs fatales fonctions dès l'origine des êtres et des choses ; elles sont aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel. Elles se nomment Nona, Decima et Morta (la transposition latine des Moires grecques Clotho, Lachésis et Atropos), et habitent un séjour voisin de celui des Horae (Heures), leurs possibles sœurs, dans les régions olympiques, d'où elles veillent non seulement sur le sort des mortels, mais encore sur le mouvement des sphères célestes et l'harmonie du monde. Elles ont un palais où les destinées des hommes sont gravées sur du fer et sur de l'airain, de sorte que rien ne peut les effacer. Immuables dans leurs desseins, elles tiennent ce fil mystérieux, symbole du cours de la vie, et rien ne peut les fléchir ni les empêcher d'en couper la trame. Elles calmèrent toutefois la douleur de Cérès (Déméter), affligée par la perte de sa fille, et aidèrent Jupiter (Zeus) dans son combat contre les géants.

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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 21:14





     

Cahier de jeteur de sorts, 2e moitié 19e siècle -
1er quart 20e siècle, Haute-Saône, Collection
Musées départementaux de la Haute-Saône




Le terme sorcellerie est communément appliqué aux pratiques visant à influencer les énergies d'une personne, d'un lieu, d'un objet, etc.


Certains, comme les néo-païens(11), considèrent la nature maléfique de la sorcellerie comme étant une projection chrétienne. Cependant, le concept de "praticien de la magie" influençant le corps ou l'esprit d'autrui contre son gré était présent au sein de nombreuses cultures avant même l'introduction du monothéisme. En effet, de vieilles traditions de "magie blanche" (12) ou religieuses avaient déjà pour but d'identifier ou de contrer ces praticiens. Beaucoup d'exemples de ce type peuvent être trouvés dans les textes anciens provenant d'Égypte et de Babylone. Dans les cultures où l'on croit que le sorcier a le pouvoir d'influencer le corps ou l'esprit d'autrui, il apparaît une cause crédible de maladie (chez l'homme ou l'animal), de malchance, de mort soudaine, d'impuissance ou maux divers dont l'origine paraît inexplicable. Une magie folklorique bénigne et socialement plus acceptable peut alors être utilisée pour remédier au sortilège, ou identifier le sorcier à l'origine du mal afin de s'en défendre ou d'en défaire l'enchantement.

Plusieurs pratiques magiques sont assimilées à la sorcellerie, de telle sorte que les personnes qui les utilisent ont été considérées comme des sorciers par les occidentaux, indépendamment de la culture dans laquelle ces pratiques sont en usage. Une des pratiques les plus connues consiste à fabriquer une poupée en argile, en cire ou en chiffons à l'effigie de personnes réelles et les actions qui sont effectuées sur ces poupées sont censées être transférées aux sujets qu'elles représentent ('poupée vaudou' (13) dans le vocabulaire courant, dénommée dagyde en occultisme).


La nécromancie, consistant à demander à l'âme d'un mort de révéler l'avenir, est également considérée comme une pratique typique de la sorcellerie. La sorcière biblique d'Endor est censée l'avoir pratiquée en faisant apparaître le spectre de Samuel (ou du diable métamorphosé en Samuel) à Saül.
Les croyances traditionnelles et populaires attribuent aux sorciers divers types de pouvoirs (acquis par contrat démoniaque dans la tradition chrétienne et monothéiste plus généralement) : voler dans les airs, tourmenter l'esprit de leurs victimes. Les lutins, dans l'univers des contes, peuvent leur servir d'auxiliaires. Certaines pratiques considérées comme subversives ou abusives et parfois criminelles tombent sous le coup de la loi.






Pour René Guénon (14), la magie est une technique par laquelle sont manipulées certaines lois naturelles délaissées ou inaccessibles aux savants modernes mais faisant l'objet d'anciennes sciences traditionnelles maintenant oubliées.

La sorcellerie agit sur des influences du même ordre que la magie, à cela près qu'

« ils [les sorciers] ne connaissent que les branches les plus basses de la magie, et les forces qu’ils mettent en jeu, [sont] les plus inférieures de toutes. »


L'auteur insiste sur le caractère naturel des phénomènes en cause et dénonce le qualificatif de « surnaturel  (15)» qui leur est souvent fautivement attribué. Il s’agit, pour le sorcier, d’exploiter des courants ou des entités psychiques et de les faire agir sur l'élément corporel. Il différencie ce domaine de celui de la théurgie (16) qui bien qu'ayant parfois des effets semblables utilise, elle, des influences spirituelles, divines ou surnaturelles.

« Si de nombreux cas de « lévitation (17) » ou de « bilocation (18) », par exemple, peuvent être relevés dans l’histoire des saints, il s’en trouve certainement tout autant dans celle des sorciers ; les apparences (c’est-à-dire précisément les « phénomènes » comme tels, au sens propre et étymologique du mot) sont bien exactement les mêmes dans les uns et dans les autres, mais personne n’en conclura que les causes soient aussi les mêmes. »

Cette différence de nature entre les forces mises en cause par la magie et la sorcellerie d'un côté et la théurgie de l'autre est illustrée par l'épisode biblique et coranique de la victoire de Moïse sur les magiciens de Pharaon.

En tant que descendantes, très éloignées, d'anciennes sciences traditionnelles, les techniques de magie et de sorcellerie nécessitent une transmission directe de maître à élève sous peine de rester théoriques et incapables de fournir les effets recherchés. Si cette transmission est respectée, les effets désirés peuvent être obtenus par le sorcier, alors même que celui-ci ne comprend généralement pas les rites (19) et formules (20) qu'il utilise. Les caractères propres de la sorcellerie résident notamment dans l'emploi de formules énonçant souvent à l'envers des paroles de livres sacrés des traditions au sein desquels évolue le sorcier. Les symboles utilisés ont souvent aussi ce caractère d'inversion. Ces traits sont liés à l'emploi de forces inférieures, infernales et parfois sataniques, ces mêmes forces que R. Guénon dénonça aussi dans le spiritisme (21) et la psychanalyse.





(11)  Néo-païens : Embryonnaire aux XVIIIe et XIXe siècles, le néopaganisme est un mouvement de résurgence du paganisme antique, influencé par l'apport de religions polythéistes extra-européennes, le folklore européen, l'ésotérisme et la sorcellerie.

C'est essentiellement à partir de la fin du XIXe siècle que cette mouvance religieuse commença à prendre forme. Toutefois, elle prit de nombreuses voies, parfois différentes dans leur inspiration, tels les néopaganismes les plus connus que sont le néodruidisme et la Wicca.

Depuis la fin du XXe siècle, le phénomène est de plus en plus connu du public, poussé par la vague du retour à la terre et du New Age. Il est surtout répandu dans les pays nordiques et anglo-saxons, mais fait de plus en plus d'adeptes en Europe orientale et dans certains pays latins. On estime entre 200 000 et 300 000 le nombre de païens aux États-Unis.






(12)  La magie est une pratique fondée sur la croyance en l'existence d'êtres ou de pouvoirs surnaturels et de lois naturelles occultes permettant d'agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques.

Dans de nombreuses cultures, les moyens mis en œuvre par la magie en tant que science occulte s’opposent aux religions établies ainsi qu'aux raisonnements scientifiques1. Les évolutions des connaissances scientifiques, qui donnent des explications aux phénomènes comme la foudre, les mouvements des planètes, ou les réactions chimiques, se sont progressivement opposés à la croyance en la magie.

Le mot « magie » désigne tantôt une technique (les arts magiques), tantôt des procédés, des opérations, tantôt une action, un effet, mais cela n'est pas si gênant. Par exemple, la magie de Merlin concerne soit l'art magique (art occulte : Merlin connaît et pratique des procédés occultes pour produire des effets merveilleux), soit des procédés magiques (techniques occultes : Merlin utilise des formules secrètes), soit des effets magiques (puissances mystérieuses : Merlin rend invisible).


Apulée : « La magie est la science de la piété et du divin (…). Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, étant en communauté avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystérieuse des incantations ».

Helena Blavatsky : « La magie, considérée comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l’omniscience et l’omnipotence de l’Esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquis par l’individu tandis qu’il est encore dans le corps. Considérée comme art, la magie est l’application de ces connaissances à la pratique ». « La magie est la science de la communication avec les Puissances supra-mondaines éternelles et de leur direction, ainsi que du commandement de celles de ces puissances appartenant aux sphères inférieures ; connaissance pratique des mystères cachés de la nature connus seulement du petit nombre parce qu'il est très difficile de les acquérir sans tomber dans les péchés contre nature ».

Aleister Crowley : « La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la Volonté ».

Papus : « La Magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature ».

Pierre A. Riffard : « La magie est l'action efficace sur un objet réel ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensée, indépendamment des catégories de l'être (espace, temps, causalité), mais conformément à des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mécaniques [rouge → excitation, mûrissement] ».

Définition du dictionnaire Hachette : « Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels. » L'idée de magie requiert d'admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir à des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes.


Mage, magicien, magiste y sont distingués.


1. Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature (les rois mages).
2. Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait le comte de Saint-Germain magicien, car, soi-disant, il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or…
3. Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIXe siècle, on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.
4. Le sorcier (en anglais sorcerer) cherche à faire du mal, par diverses techniques magiques. « La puissance du magicien est merveilleuse, celle du sorcier diabolique et infernale ».
5. Le mage noir (en anglais witch) nuirait par lui-même, du fait de sa présence ou de ses pouvoirs supposés maléfiques.


D'autres personnes font des « miracles », mais autrement. Le prestidigitateur et le fakir utilisent l'illusion ; le médium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.





(13)  Une poupée vaudou est une poupée représentant l'esprit d'une personne, employée pour lui jeter des sorts. Cet objet prétendument magique, devenu un stéréotype de la sorcellerie, est souvent représenté dans la culture populaire.

[…]

Dans la sorcellerie occidentale, la poupée (souvent de cire, parfois de bois ou de chiffons) qui sert à jeter des sorts est appelée dagyde(du grec dagos, poupée). Elle apparaît dès l'Antiquité : on a ainsi retrouvé des poupées magiques dans le sanctuaire d'Isis et de Mater Magna (Ier et IIIe siècles) à Mayence. Les Métamorphoses d'Apulée (IIe siècle) en fait également mention. Les dagydes réapparaissent au Moyen Âge, on en trouve des exemples au moins depuis le XIIIe siècle en Europe.

La poupée représente une personne, et les actions sur la poupée sont supposées avoir des effets sur la personne à travers la poupée. Elle est censée contenir un élément de la personne à envoûter (cheveux, bouts de peau, rognures d'ongle…), son nom sur un morceau de papier, ou une image (photographie). La poupée est parfois consacrée suivant des rites divers. Dans les pratiques de magie noire, la poupée est piquée d'aiguilles, coupée ou brûlée à certains endroits. La personne visée est censée souffrir aux endroits où la poupée a été atteinte.




Poupée vaudou




(14)  René Guénon, également connu sous le nom d’Abd al-Wâhid Yahyâ, né le 15 novembre 1886 à Blois, en France, et mort le 7 janvier 1951 au Caire, en Égypte, est un auteur français, « figure inclassable de l’histoire intellectuelle du XXe siècle ».


Il a publié dix-sept ouvrages de son vivant, auxquels s'ajoutent dix recueils d'articles publiés à titre posthume, soit au total vingt-sept titres régulièrement réédités. Ces livres ont trait, principalement, à la métaphysique, à l'ésotérisme et à la critique du monde moderne.


Dans son œuvre, il se propose soit d'« exposer directement certains aspects des doctrines métaphysiques de l'Orient », doctrines métaphysiques que René Guénon définissait comme étant « universelles », soit d'« adapter ces mêmes doctrines [pour des lecteurs occidentaux] en restant toujours strictement fidèle à leur esprit ». Il ne revendiqua que la fonction de « transmetteur » de ces doctrines, dont il déclarait qu'elles sont de nature essentiellement « non individuelle », reliées à une connaissance supérieure, « directe et immédiate », qu'il nomme « intuition intellectuelle ». Ses ouvrages, écrits en français (il contribua également en arabe pour la revue El Maarifâ), sont traduits en plus de vingt langues.


Son œuvre oppose les civilisations restées fidèles à l'« esprit traditionnel » qui, selon lui, « n'a plus de représentant authentique qu'en Orient » à l'ensemble de la civilisation moderne, considérée comme déviée. Elle a modifié en profondeur la réception de l'ésotérisme en Occident dans la seconde moitié du XXe siècle, et a eu une influence marquante sur des auteurs aussi divers que Mircea Eliade, Raymond Queneau ou encore André Breton.




Photographie de 1925 (à 38 ans).





(15)  Le surnaturel est l'ensemble des phénomènes - s'ils existent - dont les causes et les circonstances ne sont pas connues scientifiquement et ne peuvent pas être reproduites à volonté. Par conséquent, le surnaturel ne peut pas être étudié par la méthode scientifique, ou par la méthode expérimentale. En l'absence d'explications, les phénomènes dits surnaturels sont parfois attribués à des interventions divines (ex : les miracles) ou démoniaques, ou d'esprits (fantômes, possession), ou de pratiques "magiques". Certains auteurs réservent ce mot aux phénomènes supposément produits par une cause spirituelle ou divine tel les miracles, le refusant aux phénomènes issus de causes mal connues mais appartenant au monde naturel comme le psychisme, la parapsychologie, la sorcellerie ou le spiritisme. Le surnaturel est employé dans ce sens par l'Église catholique.





(16) La théurgie (du grec ancien theos, dieu et ergon, travail) est une forme de magie, qui permettrait à l'homme de communiquer avec les « bons esprits » et d'invoquer les puissances surnaturelles aux fins louables d'atteindre Dieu. Cette pratique s'oppose à la goétie.


Quelques définitions :

• Proclus : la théurgie est « une puissance plus haute que toute sagesse humaine, qui embrasse les bienfaits de la divination, les vertus purifiantes de l'initiation, bref toutes les opérations de la possession divine ».
• André-Jean Festugière : la théurgie est un « système religieux qui nous fait entrer en contact avec les dieux, non pas seulement par la pure élévation de notre intellect vers le Noûs divin, mais au moyen de rites concrets et d'objets matériels ».
• Pierre A. Riffard : « La théurgie est une forme de magie, celle qui permet de se mettre en rapport avec les puissances célestes bénéfiques pour les voir ou pour connaître ou pour agir sur elles (par exemple en les contraignant à animer une statue, à habiter un être humain, à révéler des mystères). »




(17) La lévitation est le fait, pour un être ou un objet, de se déplacer ou de rester en suspension au-dessus du sol, sous l'effet d'une force plus grande que la gravitation ou pour diverses raisons non scientifiques invoquées par les tenants d'une explication surnaturelle.

Ce phénomène peut être envisagé d'un point de vue scientifique (voir Lévitation (physique)), religieux(voir dons du Saint Esprit), paranormal (voir télékinésie) ou plus simplement dans la catégorie de l'illusionnisme.

La lévitation est également un thème fréquent au sein de la science-fiction, notamment dans les mangaset les jeux vidéo.

Alexandra David-Néel et John A. Keel entre autres écrivains ont affirmé avoir été les témoins de scènes de lévitations, au Tibet et en Inde.





Lévitation de Daniel Dunglas Home (1852)




(18) On parle de bilocation (terme forgé par le poète et parapsychologue britannique Frederic W.H. Myers) lorsqu'une personne est aperçue ou prétend être présente simultanément en deux lieux distincts.


Chez les métapsychistes ou les occultistes, on parle de « dédoublement fluidique ». Bozzano classe en quatre cas : 1) les sensations d'intégrité chez les amputés et de dédoublement chez les hémiplégiques ; 2) les cas où le sujet aperçoit son propre fantôme ; 3) les cas dans lesquels la conscience se trouve transférée dans le fantôme extériorisé ; 4) les cas dans lesquels le double d'un vivant ou d'un mort est perçu seulement par des tiers.

Les sceptiques rendent compte des cas allégués de bilocation par des erreurs humaines (erreur de date par exemple), des hallucinations, ou encore comme étant de ces légendes qui se développent autour de personnes célèbres.




(19)  Un rite est une pratique sociale de caractère sacré ou symbolique.


Le rite est un cérémonial. Désignant un ensemble d'usages réglés par la coutume ou par la loi, le mot cérémonial s'applique aussi bien au domaine religieux qu'aux manifestations civiles ou politiques. Une cérémonie rituelle est toujours religieuse. En d'autres termes, on peut dire que le rite transforme alors que la cérémonie confirme.

La liturgie est la désignation de l'ensemble des rites qui ont été approuvés par les autorités ecclésiastiques catholiques concernant la messe et les divers offices.

Un rite sert de ciment à une communauté, conformément au double sens étymologique de "relier" et "se recueillir". La participation répétée au culte selon un certain rite marque l'appartenance à la communauté religieuse concernée.

Un schisme peut se produire sur des aspects dogmatiques mais aussi rituels. L'abandon partiel de la messe en latin est ainsi l'une des raisons pour lesquelles une partie des catholiques dits « intégristes » s'est écartée de l'Église catholique. Le changement d'un rite ancien et parfois millénaire est toujours une opération complexe et troublante pour une religion.

[…]



(20)  Formule peut faire référence à :

Anthropologie
• une formule magique est un mot, une phrase ou un texte auquel on prête une puissance magique.



(21)  Le spiritisme est considéré, selon les sources, comme une superstition, comme une science occulte  ou comme une doctrine. Il est fondé sur la croyance que certains phénomènes paranormaux sont le moyen pour des entités de l'au-delà appelées « esprits », le plus souvent des personnes décédées, de communiquer avec les vivants. Ce mot s'applique ainsi, de manière large, à un courant disparate où les pratiquants, appelés « spirites », communiquent avec ces « esprits » par divers moyens, comme des sujets en état de transe (médiums) ou des supports inanimés (tables tournantes...).


Le terme de spiritisme désigne aussi par extension les enseignements révélés lors de ces communications, notamment le spiritualisme moderne anglo-saxon initié par les sœurs Fox en 1847, première expression de cette théorie, puis à sa suite la doctrine spirite d'Allan Kardec, pseudonyme de l'instituteur Hippolyte Léon Rivail Denizard, inventeur du mot « spiritisme ».


Par généralisation certains auteurs spécialistes de ce domaine parlent de spiritisme pour toute tradition, ancienne ou actuelle, exerçant un culte ou des rites invoquant les entités non physiques que sont l'âme des morts, les anges, les démons etc.


Pratiqué dans de nombreux pays sous des formes variées, c’est en Amérique latine et plus particulièrement au Brésil que le spiritisme voit aujourd’hui son extension la plus importante.


Parfois présenté comme une religion il compte actuellement entre 6 et 50 millions de pratiquants selon les estimations.

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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 22:23





Jusqu'au XIVe siècle, l'Église s'était montrée conciliante vis-à-vis des sorciers et des sorcières ; elle ne croyait pas à la réalité des phénomènes magiques. Ce fut Jean XXII qui publia, en août 1326, la bulle super illius specula, assimilant pratiquement la sorcellerie à l'hérésie. Une voie que suivirent ses successeurs de Benoît XII à Alexandre V en pérennisant la chasse aux sorcières.






La caractérisation européenne de la sorcière ne provient pas d'une source unique. Certaines croyances païennes (22) suggèrent que les sorcières étaient simplement des femmes chaman (23) qui ont été progressivement transformées en figures malveillantes par la propagande chrétienne. Cette vision est simpliste dans la mesure où elle suppose que l'image folklorique de la sorcière provient d'une seule source, ce qui n'est pas le cas. En effet, la caractérisation de la sorcellerie ne peut se résumer à une caricature de la prêtresse païenne ; elle a évolué au cours du temps et est une combinaison de nombreuses influences.

Dans les premiers temps du christianisme en Europe, la population, habituée à l'usage de la magie dans la vie quotidienne, attendait du clergé une forme supérieure de magie par rapport à l'ancienne magie païenne. Alors que la chrétienté concurrençait le paganisme, ce problème était d'une importance cruciale pour le clergé, qui peu à peu substitua aux pratiques ancestrales le culte des reliques (24) des saints et du Christ, reprenant ainsi l'usage populaire d'amulettes et de talismans (25).

La vision européenne traditionnelle de la sorcellerie veut généralement que le sorcier, tel Faust (26), signe un pacte avec le diable, par lequel il lui vend son âme en échange de pouvoirs surnaturels. Les sorciers et sorcières furent accusés de renier Jésus et les sacrements, de se rendre au sabbat - assemblée nocturne où ils étaient supposés exécuter des rites diaboliques, parodies de messes ou d'offices de l'Église, d'y vénérer le « prince des ténèbres », afin d'obtenir un certain pouvoir.


Suivant l'universitaire Max Dashu, de nombreux éléments de la figure de la sorcière médiévale trouvent leur source avant l'émergence du christianisme. Ceux-ci peuvent être trouvés dans les bacchanales (27), notamment du temps où ces pratiques étaient menées par la prêtresse Paculla Annia (de 188 av. J.-C. jusqu'en 186 av. J.-C.).










The Lancashire Witches, de William Harrison Ainsworth (1848 - 1849)


En Angleterre, l’exercice de la « magie curative » revenait au guérisseur (witch doctor), aussi connu sous les termes de White Witch (Sorcière Blanche), Cunning Man (le Rusé) ou encore Wise Woman (la Sage Femme). Le terme de « guérisseur » était déjà utilisé en Angleterre avant d’être directement associé au continent africain. Le guérisseur crapuleux (Toad doctor) était crédité du pouvoir de neutraliser l’action des guérisseurs (d’autres magiciens populaires avaient leurs propres compétences ; le Girdle-measurer était ainsi spécialiste pour déceler les maux lancés par les fées, tandis que le Charmeur (charmers) pouvaient guérir de problèmes plus communs, tels que les brûlures ou les rages de dent.

« Dans le nord de l’Angleterre, les superstitions se sont enracinées dans les mœurs avec une force incroyable. Le Lancashire est plein de guérisseurs, toute une ribambelle de charlatans qui prétend soigner des maladies et des maux lancés par le Malin… Ils se font appeler cunning men ; ils sont fort influents dans les comtés de Lincoln et deNottingham. »

Ces « Rusés » ne se prétendaient que rarement sorciers, et rejetaient ce genre d’accusation. Certains écrits datant du Moyen Âge, pourtant, suggèrent que les différences entre les sorciers et les guérisseurs, à propos de ces « praticiens », n’étaient pas très claires aux yeux de la population. Ainsi, il apparaît qu’une partie de la population entendait également contacter les sorciers pour des requêtes de guérison comme de divination, bien que ces derniers étaient surtout reconnus pour être consultés par les gens désireux de faire maudire leurs ennemis. De fait, la majeure distinction était que les sorciers étaient bien plus souvent dénoncés aux autorités que les guérisseurs ; lorsque ces derniers étaient poursuivis, c’était généralement pour avoir soustrait de l'argent à leurs clients.

Une des conséquences de cet amalgame entre les différents praticiens de la magie de l’époque est la confusion actuelle à propos de ce qu’ont réellement été les sorciers, en Angleterre. Visaient-ils à blesser ou soigner leurs contemporains ? Quel rôle (éventuellement) tenaient-ils dans leur communauté ? Ces sorciers/guérisseurs peuvent-ils être assimilés aux sorciers et sorcières dont on trouve les traces dans les autres cultures ? Ou même, leur rôle et leur présence n’est-il pas tout simplement né de l’imaginaire des gens ? Dans les certitudes occidentales contemporaines, peu de différences se discernent ainsi entre guérisseurs, charmeurs, cunning men et wise women, astrologues et devins ; ils se retrouvent tous, plus ou moins, affublés des attributs du/de la sorcier(e).

Les sorciers et sorcières européens furent généralement supposés empoisonner les puits, les sources, le bétail et la nourriture, ou de la rendre immangeable, voler dans les airs à l’aide d’un balai, jeter des sorts maléfiques et répandre la peur et le chaos dans les communautés locales.





L'ergot de seigle (28) contient de l'ergotamine (29), dont un des dérivés est l'acide lysergique (30)(principe actif du LSD). Dans certains cas, la consommation de pain pouvait donner lieu à des hallucinations (31), qui étaient, au Moyen Âge, attribuées à la sorcellerie. De même, la connaissance des plantes et de diverses pratiques permettait aux "praticiens" de provoquer des états de conscience modifiée chez des personnes en quête d'initiation, d'où des visions, apparitions, etc. dénoncées comme de la sorcellerie. Le pouvoir de la pharmacopée et de certaines pratiques ancestrales peuvent en effet sembler irrationnelles.




(22) Païens : Paganisme est un terme générique employé depuis le VIe siècle par des chrétiens pour désigner la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens ni juifs. Il remonte au latin paganus (païen). Au VIe siècle, ce mot pouvait servir à désigner les habitants des campagnes par opposition à ceux des villes ou bien les civils par opposition aux militaires. D'abord employé comme sobriquet populaire par des chrétiens pour désigner ceux qui ne sont pas baptisés, le terme a ensuite été adopté dans la littérature chrétienne.


Même s'il y désigne toujours ceux qui ne sont pas chrétiens, son acception y est cependant ambiguë. Il est parfois employé de façon péjorative pour désigner ceux qui sont tenus pour être des ignorants, parfois de façon neutre pour désigner les philosophes grecs, parfois encore pour désigner des chrétiens jugés mal convertis ou tièdes dans leur foi. À partir de 370, des lois impériales regroupées au Ve siècle dans le code théodosien emploient le terme paganus pour désigner ceux qui pratiquent la magie, ceux qui sont considérés comme superstitieux ou dans l'erreur. Le terme a depuis conservé une conotation péjorative.


De nombreux Pères de l'Église ayant écrit « contre les païens », le paganisme a eu une première existence sous forme de fiction littéraire, comme s'il s'agissait de la religion de ceux qui ne sont pas chrétiens. Le paganisme tel qu'il a été exposé par les Pères de l'Église n'était cependant pas à proprement parler une religion, il s'agit plutôt de l'ensemble sans homogénéité des positions philosophiques et des croyances rejetées par les Pères de l'Église. Le paganisme est ainsi, dans l'antiquité tardive, une attitude combattue par des chrétiens puis par les autorités, mais elle n'est revendiquée par personne. C'est surtout à l'époque moderne, avec l'essor de l'histoire des religions que le paganisme commence à être perçu et étudié comme une religion parmi d'autres. Le paganisme peut aujourd'hui être revendiqué sous forme de néo-paganisme, ou bien comme une position philosophique tel que l'a fait Marc Augédans Le génie du paganisme.

Le mot paganus n'a pas son correspondant chez les écrivains chrétiens de langue grecque qui utilisent le terme moins péjoratif de « nations » ou « religions nationales » (ethnikoï) (décalque de l'hébreu).





(23) Le chaman, chamane (ou encore shaman), est un être humain qui se présente comme l’intermédiaire ou l’être intercesseur entre l’humanité et les esprits de la nature. Il a une perception du monde que l’on qualifie aujourd’hui d’holistique dans son sens commun ou animiste (voir également les théories Gaïa). Le chaman est à la fois « sage, thérapeute, conseiller, guérisseur et voyant ». Il « est » l’initié ou le dépositaire de la culture, des croyances, des pratiques du chamanisme, et d’une forme potentielle de « secret culturel ». On le trouve principalement dans les sociétés traditionnelles ancestrales où il arbore des parures et pratique dans le secret.




Costume de shaman Evenk, Musée du quai Branly, Paris. Le costume est en cuire de renne, il comporte une tunique, un casque, un masque, un tambour et deux battoirs. Le casque porte une forme de bois de rennes, afin de prendre l'apparence de leur animal d'élevage et sacré à la fois. Les franges sur les bras représentent les plumes d'ailes d'oiseaux. Le tambour et le battoir aident à rentrer en transe pour le voyage chamanique.







(24) Les reliques (du latin reliquiae, « restes ») sont les restes matériels qu'a ou qu'aurait laissés derrière elle une personne vénérée en mourant : soit des parties de son corps, soit d'autres objets qu'il a ou avait, pour les croyants, sanctifiés par son contact. Le culte des reliques reposant sur le possible transfert de la sacralité du corps saint sur le dévot, leur émiettement multiplie leurs bienfaits puisque chaque parcelle conserve la charge sacrale primitive. La conservation et le culte de dulie relative de ces restes sont une pratique en vigueur dans plusieurs religions. Il en découle des croyances et des pratiques religieuses variées, mais aussi de vifs débats quant à leur authenticité, le commerce ou le culte quasi superstitieux dont elles ont été ou sont encore l'objet, les « détracteurs » des reliques qui pratiquent le scepticisme scientifique n’ayant souvent pas plus d’arguments décisifs pour prouver leur fausseté ou cette superstition que les défenseurs pour prouver leur authenticité, leur virtus ou leur potestas réelles.

À partir du Siècle des Lumières qui voit les philosophes et écrivains de l'Encyclopédie combattre l'obscurantisme religieux, il y a un glissement des reliques de saints vers les reliques profanes de grands personnages historiques.




Relique de saint Hermann de Reichenau.





(25) Un talisman est un objet magique qui porterait des vertus occultes attirant des influences bénéfiques. L'art des talismans s'appelle la talismanie.





Talisman astrologique




Roue de charrette jouant le rôle d'une roue
solaire (talisman) sur une façade








(26) Faust est le héros d'un conte populaire allemand ayant fait succès au XVIe siècle, à l'origine de nombreuses réinterprétations.

Cette histoire relate le destin d'un savant, Faust, déçu par l'aporie à laquelle le condamne son art, contractant un pacte avec le Diable, Lucifer, qui met à son service un de ses Esprits - dit Méphistophélès, lequel lui procure un serviteur humain, l'étudiant Wagner, qui devient son famulus - et lui offre une seconde vie, tournée cette fois vers les plaisirs sensibles, au prix de son âme. Dans la plupart des versions populaires du récit fantastique, l’âme de Faust est damnée après sa mort, qui suit une longue période (24 ans précisent certains textes) durant laquelle le Diable a exaucé la plupart de ses vœux.





Faust dans son cabinet d'étude par
Georg Friedrich Kersting, 1829.






(27) Les bacchanales étaient des fêtes religieuses célébrées dans l'Antiquité.
Liées aux mystères dionysiaques, elles se tenaient en l'honneur de Bacchus, dieu romain du Vin, de l'Ivresse et des Débordements, notamment sexuels.

Inspirées des anciennes fêtes dionysiaques grecques en l'honneur de Dionysos, les cérémonies des bacchanales furent introduites en Italie vers 300 av. J.-C., mêlées à d'autres coutumes notamment étrusques.
À l'origine, ces fêtes étaient célébrées en secret parmi les femmes, les 16 et 17 mars.

Ces fêtes eurent lieu ensuite au moins trois fois par an sous le contrôle de matrones respectables. Elles devinrent publiques et étaient célébrées dans toute la Grande-Grèce, en Égypte et principalement à Rome. Ces fêtes, qui duraient environ 3 à 5 jours en fonction de la région, étaient avant tout axées sur des représentations théâtrales faisant office de cérémonie religieuse.
Elles servirent bientôt de prétexte aux désordres les plus extravagants car elles évoluèrent en fêtes orgiaques nocturnes de plus en plus fréquentes (jusqu'à cinq fois par mois selon le témoignage d'Hispala, rapporté par Tite Live, qui dévoila le scandale des Bacchanales) qui eurent souvent mauvaise réputation, du fait de l'ivresse publique et des licences sexuelles qu'elles provoquaient.




(28) L'ergot de seigle (Claviceps purpurea Tul.) est un champignon du groupe des ascomycètes, parasite du seigle (et d'autres céréales). Il contient des alcaloïdes responsables de l'ergotisme, en particulier l’acide lysergique dont est dérivé le LSD.





Ergot du seigle sur du seigle (Secale cereale)





(29) L'ergotamine est un alcaloïde de la famille de l'ergoline naturellement présent dans certains champignons comme l'ergot de seigle. L'ergotamine est listée au tableau I de la Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988.

L'ergotamine a été isolée en 1918 par Arthur Stoll et sera la première utilisation thérapeutique d'alcaloïde isolé de la famille de l'ergoline. Elle trouve alors rapidement une place dans la pharmacopée dans les traitements contre les migraines et aussi comme utérotonique, vasoconstricteur ou hémostatique.

Le tartrate d'ergotamine est un médicament analgésique prescrit lors de crise de migraine.




(30) L'acide lysergique, aussi appelé acide D-lysergique, est un précurseur pour un certain nombre d'alcaloïdes d'ergoline qui sont produits par certains mycètes dont l'ergot de seigle.

Les amides de l'acide lysergique sont généralement appelées des lysergamides et sont très répandues autant comme médicaments que comme substances psychédéliques (LSD, ergine...).

L'acide lysergique est généralement produit par hydrolyse des lysergamides mais on peut également le synthétiser en laboratoire.

L'acide lysergique est un composé chiral avec quatre stéréoisoméries, donc deux enantiomères. L'isomère avec la configuration inversée à l'atome de carbone 8 près du groupe de carboxy s'appelle l'acide isolysergique. L'inversion au carbone 5 près de l'atome d'azote mène à acide L-lysergique et acide L-isolysergique, respectivement.

L'acide lysergique est listé au tableau I de la Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988.




(31) Une hallucination est définie, en psychiatrie, comme une perception sensorielle sans présence d'un stimulus détectable : par exemple voir des objets physiquement absents, ou bien entendre des voix sans que personne ne parle.

Les hallucinations peuvent affecter l'ensemble des sens, tels que la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et superficiellement le toucher. La modification d'une de ces perceptions se fait appeler illusion. L'illusion est une mauvaise information reçue d'un objet extérieur existant. À la suite d'une hallucination le patient considère que sa perception était réelle, et il met en doute le fait que sa perception n'était qu'une illusion.

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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 23:11




Depuis le milieu du XXe siècle, la sorcellerie s'est développée en partie grâce à ceux qui pratiquent certaines religions païennes ou néo-païennes. Si ces formes de religion païenne apparaissaient auparavant, dans les cultes de la nature, elles ont pris une dimension nouvelle après les travaux de Margaret Murray (32), égyptologue anglaise du XXe siècle, qui a écrit sur la possible existence d'une religion païenne prenant sa source en des temps reculés et ayant survécu jusqu'à nos jours, et dont les sorcières regroupées en covens (33) auraient de tout temps été les dépositaires. Si cette hypothèse n'a pas été prouvée, elle a eu une influence sur certains de ses contemporains et a favorisé la mise en place d'une nouvelle religion néo-païenne basée sur d'autres croyances païennes et axé sur la sorcellerie : la Wicca (34), dont Gérald Gardner (35) est le promoteur. La Wicca est surtout représentée aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada. Il n'existe pas encore de statistiques officielles sur le nombre de Wiccans dans le monde.

Actuellement, certaines superstitions anciennes n'ont plus cours dans le monde moderne. Pourtant, depuis les années 1940, avec le retour des religions païennes et l'arrivée de la Wicca, des personnes en nombre croissant se sont autoproclamées sorciers ou sorcières. Alors que la perception occidentale de la sorcellerie reste encore très négative, les Wiccans et les sorciers dans les autres religion n’y attachent pas de sens particulier, et n’assimilent pas non plus leurs pratiques au satanisme. En fait, la plupart des sorciers souhaitent simplement que leurs contemporains cessent d’assimiler la sorcellerie à des pratiques maléfiques, confinant le terme à une connotation négative. Tout sorcier ou sorcière n'est pas forcément wiccan. Certains sont simplement païens d'influence nordique ou celtique, d'autres n'ont pas de religion en particulier.

En 1968, un groupe politique radical composé de femmes s’est fait connaître dans la ville de New York sous le nom de W.I.T.C.H., pour « Women’s International Terrorist Conspiracy From Hell » (la ‘conspiration internationale terroriste des femmes venues de l’enfer’). Ce groupe éphémère n’a pas eu d’impact particulier sur le développement de la sorcellerie, mais a marqué les esprits grâce à sa dénomination originale. Le tout dernier symbole des sorcières est bien sûr Halloween, le 31 octobre, bien que l'origine soit païenne et se nomme Samhain, qui a lieu le 1er novembre. Ce n’est pas une coïncidence si les deux fêtes ont souvent tendance à être associées ; l’association des sorcières à Halloween pourrait provenir d’une tentative de dénigrement, de la part de l’Église, de cette ancienne fête celtique célébrant la dernière récolte.

Poussé par l’alliance de la consommation au marketing, en recherche perpétuelle d’idées, de modes à lancer, le phénomène des sorcières s’est une nouvelle fois répandu, durant les dernières décennies, mais cette fois comme icônes plus ou moins sympathiques d’une culture populaire globalisée. Les films commeDangereuse alliance (The Craft), Les Ensorceleuses (Practical Magic) et Le Projet Blair Witch 2 (la suite deLe Projet Blair Witch) ainsi que les séries télévisées Ma sorcière bien-aimée (Bewitched) ; Charmed ;Sabrina, l'apprentie sorcière (Sabrina the Teenage Witch) et parfois Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer) et X-Files : Aux frontières du réel (The X-Files) ont porté à l’écran et popularisé des enfants et jeunes sorcier(e)s. Tous ces stéréotypes ‘grand public’ n’ont cependant que peu de liens avec la vrai sorcellerie ni avec la perception chrétienne de la sorcellerie. La plupart de ces sorcières du petit et grand écran sont, de nos jours et depuis le film de René Clair Ma femme est une sorcière, des jeunes femmes attrayantes dotées de pouvoirs surnaturels.

Une œuvre littéraire décrivant bien, de par sa puissance évocatrice et poétique, l'univers magique de la sorcellerie moderne dans le monde occidental contemporain, en reprenant la légende de Faust, est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.





Le psychanalyste Carl Gustav Jung (36)a proposé le concept d'archétypes (37) dans l'inconscient humain, figures ancestrales de l'inconscient collectif (38), qui émergent notamment au contacts de personnes ayant un profil psychique particulier; la figure du sorcier, ou du génie malfaisant, est complémentaire du professeur/génie bienfaisant, et met en lumière non pas la personnalité propre de l'individu identifié, mais celle du sujet en proie aux figures archétypales de son inconscient, invoquées par le biais de rituels.

Le mode de connaissance magique, en concurrence avec la pensée véhiculée par les religions monothéistes en Occident, a été par elles largement dévalorisée. Ainsi Hegel (39), qui ne voyait dans ce type de rapport au monde qu'un ensemble de superstitions. L'anthropologue Claude Lévi-Strauss (40) a mis en lumière la richesse et la finesse des sociétés dont la culture est essentiellement magico-religieuse, par exemple dans leurs connaissances en botanique, et leur connaissance du vivant en général.


Dans les années 1960, Carlos Castaneda (41), étudiant en anthropologie dans une université californienne, partit étudier les plantes médicinales au Mexique. Son expérience, relatée dans de nombreux ouvrages, est un témoignage sur la confrontation entre ces deux modes de pensée, celle, analytique, de l'Occident et ses corpus universitaires, et celle, discursive, d'un type de pensée magique. Échappant par définition aux taxonomies occidentales, cette pensée implique une participation active, voire ascétique, de l'initié, qui ne donne ses fruits qu'après de longues années.


Pierre Verger (42) partit s'initier au Brésil, à Bahia, aux rites d'origine yoruba (43) du candomble, poursuivit par des voyages en Afrique cette expérience initiatique. Ce type d'initiation a été perçu comme une "renaissance" par Verger ainsi que par d'autres occidentaux, initiés par la suite aux rites chamaniques et magiques de ces cultures, souvent caractérisées par l'absence de culture écrite, et résistant aux concepts occidentaux de "civilisation".


On peut ainsi conjecturer que la connotation négative du mot "sorcier" prend ses racines dans une défiguration archétypale - caricaturale - d'un mode de pensée et d'action différent de la doxa officielle. L'arbitraire des "chasses aux sorcières" en est une illustration éclairante.





Comme le montrent certains textes antiques, la sorcellerie a joué un rôle aussi bien dans l’Égypte ancienne qu'en Mésopotamie, comme à Babylone. Cet extrait du Code d'Hammourabi (44) (environ 2000 av. J.-C.) : "si un homme en accuse un autre de sorcellerie, sans justification, celui qui est accusé doit aller à la Rivière Sainte ; Il doit plonger dedans, et si la Rivière Sainte le vainc, l’accusateur pourra prendre la maison du sorcier pour sienne" en témoigne.





(32) Margaret Alice Murray (Calcutta, Inde, 13 juillet 1863 - 13 novembre 1963) est une anthropologue et égyptologue britannique.


Elle était bien connue dans les cercles d'universitaires pour ses contributions savantes à l'égyptologie et à l'étude du folklore qui a mené à la théorie paneuropéaniste, la religion païenne préchrétienne fondée autour du dieu cornu. Ses idées sont reconnues pour avoir sensiblement influencé l'apparition des religions néopaganistes de la Wicca et du reconstructionisme. Cependant, la réputation d'érudite dans le domaine de la sorcellerie de Margaret Murray a été critiquée par la plupart des historiens en raison de sa tendance prononcée à manipuler ou à interpréter subjectivement l'évidence, pour se conformer à la théorie




(33) Coven était à l'origine un mot écossais du Moyen Âge tardif (vers 1500) qui signifiait un rassemblement de personnes. Il dérive du latin convoco qui signifie être ensemble ou se rassembler qui donna aussi le mot anglais convene (du français convenir) et le mot français convent.

Depuis le XVIIe siècle, ce terme désigne, dans le folklore européen, des clans de sorcières. La première indication sur le lien entre les covens et la sorcellerie vient de Isobel Gowdie qui décrivit, en 1662, des covens de 13 membres.

Margaret Murray proclama que, depuis la nuit des temps les adeptes du culte de Diane, connues sous le terme populaire de sorcières à travers l'Europe, étaient organisées en groupes de 13 membres, appelés covens. Elle ne prouva pas que le mot avait été utilisé en dehors de l'Écosse à l'époque des chasse aux sorcières. Après que Margaret Murray popularisa ce mot dans les années 1920, Gérald Gardner l'adopta pour la Wicca.




(34) La Wicca est un mouvement religieux basé sur l'« Ancienne Religion » définie par Gerald Gardner et incluant des éléments de croyances telles que le chamanisme, le druidisme, et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique. Ses adeptes, les wiccans, prônent un culte envers la nature, et s'adonnent à la magie. La Wicca est un culte à mystères. Les wiccans sont, pour la plupart, voués à certains dieux comme la sorcière Hécate, la déesse de la lune etc. Il est pratiqué un peu partout dans le monde.



(35) Gerald Brousseau Gardner (13 juin 1884 - 12 février 1964) est un écrivain ésotériste britannique. Il est une des figures majeures du néo-paganisme moderne. Il est le fondateur de la Wicca. Il publie des ouvrages sur la sorcellerie.

Gerald Gardner est né dans une famille assez aisée. Plutôt que de poursuivre des études universitaires, fasciné par l'Orient, il préféra s’exiler et travailler à Ceylan, à Bornéo, à Sumatra, à Singapour, comme employé dans des plantations de thé et de caoutchouc ; puis comme fonctionnaire (inspecteur des plantations de caoutchouc puis officier des douanes). Il se passionna pour les croyances des peuples avec lesquels il était en contact, et effectua quelques recherches archéologiques et ethnologiques. En 1936, à l’âge de 52 ans, il prit sa retraite du British Civil Service et se retira d'abord à Londres puis dans le Sud de l'Angleterre, dans la région de l'Hampshire appelée la New Forest et enfin près de Bournemouth. Il devint membre du Conseil de la Société des Arts Populaires et effectua de nombreux travaux sur le folklore de l'Angleterre et de l’île de Man.

G.B. Gardner était aussi un passionné d'occultisme. Il fréquenta le milieu des spirites dès son adolescence, il fut un ami de J.S.M. Ward, un évêque indépendant qui dirigeait « The Abbey of Christ the King » et il s’intéressa à la Société théosophique, qui contrôlait, entre autres, la maçonnerie mixte appelée Co-Masonry (une obédience qui avait des liaisons en France avec Le Droit humain). Assez naturellement, dans la New Forest, Gardner fut accueilli par la communauté théosophique locale, où la Co-Masonry était bien développée. De surcroît, il y avait dans la région, à Christchurch, un « Théâtre rosicrucien », qui était animé par une « Fraternité rosicrucienne » dont faisait partie notamment Mabel Besant-Scott, la fille de Annie Besant, la troisième présidente de la Société Théosophique. Gardner s’y fit « initier » en 1940. Selon ses dires, c'est au sein de celle-ci qu'il fut contacté par des membres d'un coven de sorciers qui utilisaient cette société comme base de recrutement et qui l'admirent parmi eux.
Invoquant cette initiation, ainsi qu’une tradition familiale - il aurait été le lointain descendant de Grissell Gardner brûlée comme sorcière en 1610 - Gerald Brousseau Gardner prétendit redonner vie au courant religieux wiccan.

[…]




(36) Carl Gustav Jung est un médecin psychiatre suissené le 26 juillet 1875 à Kesswil, canton de Thurgovie, et mort le 6 juin 1961 à Küsnacht, canton de Zurich, en Suisse alémanique.






Fondateur de la psychologie analytique et penseur influent, il est l'auteur de nombreux ouvrages. Son œuvre est liée à la psychanalyse de Sigmund Freud dont il a été l’un des premiers défenseurs et dont il se sépara par la suite en raison de divergences théoriques et personnelles.

Dans ses ouvrages, il mêle réflexions métapsychologiques et pratiques à propos de la cure analytique. Jung a consacré sa vie à la pratique clinique ainsi qu'à l'élaboration de théories psychologiques, mais a aussi exploré d'autres domaines des humanités : depuis l'étude comparative des religions, la philosophie et la sociologie jusqu'à la critique de l'art et de la littérature.

Carl Gustav Jung a été un pionnier de la psychologie des profondeurs : il a souligné le lien existant entre la structure de la psyché (c'est-à-dire l'« âme », dans le vocabulaire jungien) et ses productions et manifestations culturelles. Il a introduit dans sa méthode des notions de sciences humaines puisées dans des champs de connaissance aussi divers que l'anthropologie, l'alchimie, l'étude des rêves, la mythologie et la religion, ce qui lui a permis d'appréhender la « réalité de l'âme ». Si Jung n'a pas été le premier à étudier les rêves, ses contributions dans ce domaine ont été déterminantes. On lui doit également, entre autres, les concepts d'« inconscient collectif », d'« archétypes », d'« individuation », de « types psychologiques », de « complexe », d'« imagination active », de « déterminisme psychique » et de « synchronicité ».




(37) Un archétype est au sens étymologique un modèle général.


• Archétype (philosophie) est un modèle général représentatif d'un sujet.
• En philologie, on appelle archétype un texte (dont l'existence n'est parfois qu'inférée) expliquant les ressemblances (fautes identiques, mise en page, passages manquants similaires) entre différents manuscrits d'un même livre.
• Archétype (psychologie analytique) est un concept créé par Carl Gustav Jung désignant une structure psychique a priori, un symbole universel d'un type ou d'une personne qui sert de modèle idéal à un groupe. Cette image de l'homme idéal qu'on se fait résulte de l'inconscient.
• Archetype (2004) est le cinquième album studio du groupe de metal Fear Factory.





(38) L'inconscient collectif est un concept de la psychologie analytique s'attachant à désigner les fonctionnements humains liés à l'imaginaire, communs ou partagés, quels que soient les époques et les lieux, et qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives.

Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875–1961), créateur du concept, l'inconscient collectif constitue « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux ». Toujours selon lui,

« les instincts et les archétypes constituent l'ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle "collectif" parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement. »


Jung donne en effet l'épithète de « collectif » à cette partie transpersonnelle de la psyché inconsciente, car ces matériaux se distinguent par leur récurrence d'apparition dans l'histoire humaine et parce qu'ils se manifestent au moyen des archétypes, autre concept central de la psychologie analytique.

Si pour Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, l'inconscient se caractérise avant tout par le fait qu'il naît du refoulement des pulsions, pour Jung, au contraire, l'inconscient est constitué de tout ce qui n'est pas conscient. Selon ce dernier :

« Il est inhérent à la réalité et la communication du conscient et de l'inconscient [et] permet le devenir de l'individu. »

L'inconscient collectif et le conscient forment par conséquent, dans cette vision, un « ensemble [qui] constitue la totalité psychique dont nul élément ne peut disparaître sans dommage pour l'individu. » Il aurait par ailleurs une fonction vitale pour l'homme, notamment exerçant une activité compensatrice au Moi. Il serait enfin la source du renouveau de l'être, par la compréhension des rêves et le travail de l'individuation.

Pour Jung, reconnaître l'existence et l'influence de l'inconscient collectif, c'est reconnaître que « nous ne sommes pas d'aujourd'hui ni d'hier ; nous sommes d'un âge immense. »




(39) Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 à Stuttgart et mort le 14 novembre 1831 à Berlin, est un philosophe allemand. Son œuvre, postérieure à celle de Kant, est l'une des plus représentatives de l'idéalisme allemand et a eu une influence décisive sur l'ensemble de la philosophie contemporaine.


Hegel enseigne la philosophie sous la forme d'un système unissant tous les savoirs suivant une logique dialectique. Le système est présenté comme une « phénoménologie de l'esprit » puis comme une « encyclopédie des sciences philosophiques », titres de deux de ses ouvrages, et englobe l'ensemble des domaines philosophiques, dont la métaphysique et l'ontologie, la philosophie de l'art et de la religion, la philosophie de la nature, la philosophie de l'histoire, la philosophie morale et politique ou la philosophie du droit.




Portrait de Hegel par Schlesinger (1831)





(40) Claude Lévi-Strauss, né le 28 novembre 1908 à Bruxelles et mort le 30 octobre 2009 à Paris, est un anthropologue et ethnologue français qui a exercé une influence majeure à l'échelle internationale sur les sciences humaines et sociales dans la seconde moitié du XXe siècle. Il est devenu notamment l'une des figures fondatrices du structuralisme à partir des années 1950 en développant une méthodologie propre, l'anthropologie structurale, par laquelle il a renouvelé en profondeur l'ethnologie et l'anthropologie en leur appliquant les principes holistes issus de la linguistique, de la phonologie, des mathématiques et des sciences naturelles.

[…]






(41) Carlos Castaneda (25 décembre 1925 à Cajamarca, Pérou - 27 avril 1998), est un anthropologue américain connu pour ses ouvrages relatant ses expériences prétendument issues de l'enseignement d'un mentor yaqui, don Juan Matus. Ses livres ont tous été des best-sellers et ont reçu des louanges des critiques littéraires avant les controverses. La véracité de son récit est, encore aujourd'hui, toujours vivement discutée.





(42) Pierre Edouard Leopold Verger (Paris 4 novembre 19021 - Salvador de Bahia, 11 février 1996) était un photographe et ethnologue français.
Il porta également le nom de Fatumbi (« Ifa l'a fait renaître», en langue yoruba), à la suite de son initiation en tant que Babalawo, prêtre de Ifa (Orunmila), la divinité yoruba de la création.
Il consacrera l'essentiel de son œuvre aux religions du Golfe de Guinée (principalement Fon et Yoruba) et aux religions afro-brésiliennes (essentiellement le Candomblé).




(43) La religion yoruba (ou yorùbá) regroupe les croyances et pratiques originelles du peuple yoruba, fondées sur le culte des orishas(cf. article détaillé). La région d'origine de cette religion s'étend du sud-ouest du Nigeria aux régions adjacentes du Bénin et du Togo.


Durant les traites négrières, cette religion fut exportée sur le continent américain où elle a donné naissance à des systèmes locaux syncrétistes sous différentes appellations tels que candomblé dans le Nordeste brésilien, umbanda à partir de Rio de Janeiro ou santeria(lukumi) à partir de Cuba…


Elle a largement inspiré le culte des voduns, religion du peuple voisin des Fons, qui s'est lui-même largement disséminé dans les Caraïbes et en Amérique : vaudou haïtien, voodoo louisianais, quimbois antillais…




(44) Le Code de Hammurabi est un texte juridique babylonien daté d'environ 1750 av. J.-C., à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique. Il a été redécouvert en 1901-1902 à Suse en Iran, gravé sur une stèle de 2,25 mètres de haut comportant la quasi-totalité du texte en écriture cunéiforme et en langue akkadienne, exposée de nos jours au musée du Louvre à Paris. Plus qu'un code juridique, il s'agit en fait d'une longue inscription royale, comportant un prologue et un épilogue glorifiant le souverain Hammurabi, qui a régné sur Babylone d'environ 1792 à 1750 av. J.-C., dont la majeure partie est constituée de décisions de justice. […]




Face avant de la stèle du Code de Hammurabi

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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Ven 4 Nov - 23:56





Dans le Tanakh (45), c'est-à-dire la bible hébraïque (Ancien Testament (46)), les références à la sorcellerie sont nombreuses ; les fermes condamnation de la pratique n’y sont pas tant basées sur la suspicion de supercherie, mais bien sur la notion que la magie en elle-même est une pratique abominable. (cf.Deutéronome 18:10–11 « Qu'on ne trouve chez toi personne (…) qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure (47), de magicien, d'enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. », Exode 22:17, « Tu ne laisseras point vivre la magicienne. »).

Le récit de Saul rendant visite au sorcier de En Dor (I Samuel 28) nous montre qu’il croit fermement en l’évocation, par le sorcier, de l’ombre de Samuel. Enfin, d’après le Lévitique (48) 20:27, « Si un homme ou une femme ont en eux l'esprit d'un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux. »





L’interdiction de la sorcellerie dans le Nouveau Testament semble similaire (Épître aux Galates (49) 5:20, comparé à Apocalypse (50) 21:8, 22:15 et Actes des Apôtres (51) 8:9, 13:6).

À supposer que la croyance en la sorcellerie relevait de la superstition populaire, il est étrange de ne rien trouver suggérant que l’aspect maléfique de ces pratiques ne reposait que sur le fait de prétendre être en possession de pouvoirs qui n’existent pas.

Quelques interrogations s’élèvent de nos jours, quant à savoir si le mot pharmakeia, utilisé dans l'Épître aux Galates, trouve une traduction juste avec le terme « sorcellerie ». En effet, ce terme était communément utilisé pour parler de l'usage maléfique de drogues comme les poisons, les contraceptifs ou les substances permettant d'interrompre les grossesses.







Les juifs ont souvent été perçus comme sorciers dans l'Europe du Moyen Âge, et persécutés à ce titre durant les siècles de chasse aux sorcières. Mais la grande majorité d'entre eux, perçoivent la pratique de la sorcellerie comme une forme d'idolâtrie (52), et donc une offense au judaïsme et à son Dieu. Cependant, un petit groupe de juifs orthodoxes, qui étudient la Kabbale (53), croit en la magie. Dans la pratique, les rituels sont très différents de la sorcellerie « traditionnelle », mais le fondement (utiliser des forces surnaturelles pour influer sur le monde physique) reste identique. Depuis le siècle des Lumières (54), la plupart des juifs ont cessé de croire en la Kabbale, et considèrent ces pratiques comme ridicules.

Certains néopaïens pratiquent une forme de magie, syncrétisme (55) du mysticisme juif classique et de sorcellerie moderne. Une référence notable de ce sujet est le livre d'Ellen Cannon Reed : The Witches Qabala: The Pagan Pat hand the Tree of Life. Ce livre ainsi que le Zohar (56) ont été une source d'inspiration pour plusieurs sectes, par exemple le centre de la Kabbale (57) .








L’islam reconnaît la réalité de la magie ou sorcellerie (Sihr ), de la voyance, de la divination et de l’astrologie qu’il interdit formellement (Coran, 2 : 102). Il les juge maléfiques. Les sorciers et les devins sont accusés de renier Dieu, nier son unicité (tawhid ) et ses attributs, ces pratiques sont considérées comme des pêchés majeurs relevant de l’associationnisme (shirk ) et de la mécréance (kûfr ).


La pratique en elle-même est semblable à celle en usage dans d’autres cultures. Elle s’apparente à des rites occultes et sataniques, elle consiste en des offrandes et des sacrifices d’animaux destinés au démon, à l’utilisation d’amulettes protectrices, de pentagrammes et d’incantations inintelligibles. Le sorcier se mettant sous l’égide du diable et des démons, fait appel à des forces du monde de l‘invisible (Alam al ghayb ) tels que les mauvais génies afin de lancer ses sortilèges jusqu'à semer la désunion entre l'homme et son épouse.


« Or, il y avait des mâles parmi les humains qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’accroître leur détresse. » (Coran, 72 : 6)


Ces sorts qui sont accusés de causer de graves troubles d’ordre psychologique, psychique, physique, relationnel et émotionnel ne peuvent être annulés qu'à l'aide d'une ruqya (lecture du Coran) tel que le recommandent la sunna (58) et le Coran (59).


« Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes. » (Coran, 17 : 82).


De nos jours, ces pratiques subsistent encore principalement en raison de rituels antéislamiques qui imprègnent encore certaines croyances.
Il existe des pratiques islamiques d'exorcisme par le biais de la Ruqiya (60)








(45)  Tanakh (en hébreu תנ״ך), est l'acronyme de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah - Nevi'im - Ketouvim », formé à partir de l'initiale du titre des trois parties constitutives de la Bible hébraïque :


• T ת : la Torah תּוֹרָה (la Loi ou Pentateuque)
• N נ : les Nevi'im נביאים (les Prophètes) ;
• K ך : les Ketouvim כתובים (les Autres Écrits ou Hagiographes).

On écrit aussi Tanak (sans h à la fin). Le Tanakh est aussi appelé Miqra מקרא,

Terminologie : Tanakh, Ancien Testament et Bible hébraïque.

La division que reflète l'acronyme Tanakh est bien attestée dans des documents de l'époque du Second Temple, dans le Nouveau Testament chrétien et dans la littérature rabbinique, à ceci près qu'au cours de cette période l'acronyme en question n'était pas utilisé ; le terme correct était Miqra (« Lecture », renvoyant à une fonction liturgique du texte), par opposition à Mishna (« Enseignement », « Répétition ») ou Midrash (« Exégèse »). Le terme Miqra continue à être utilisé à ce jour aux côtés de Tanakh pour dénommer les Écritures hébraïques. En hébreu moderne parlé, Miqra possède néanmoins une connotation plus formelle que Tanakh.

Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l'appelle également la Bible hébraïque. Bien que l'araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d'Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Les passages en araméen sont les suivants: Esdras 4.8, 4.7 et 12.26 ; Jérémie 10.11 ; Daniel 2.4 à 7.28

Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi'im huit, et les Ketouvimonze.

La Bible hébraïque a exactement le même contenu que l'Ancien Testament protestant mais les livres sont présentés et classés différemment, les protestants comptant trente-neuf livres, et non vingt-quatre. Ceci est dû au fait que les chrétiens ont choisi de subdiviser certains livres de la religion juive.

Cependant, l'expression Ancien Testament, bien que commune, est souvent perçue comme péjorative par les juifs. D'une part elle ferait l'objet d'une volonté de s'approprier arbitrairement les textes de la religion juive et d'autre part selon la foi juive il ne saurait exister de Nouveau Testament puisque celui-ci n'est pas reconnu. L'expression « Premier Testament » est parfois considérée comme plus respectueuse vis-à-vis de la tradition juive.

En tant que telle, une distinction technique peut être tracée entre le Tanakh et le corpus similaire mais non identique que les chrétiens protestants nomment Ancien Testament. L'expression de Bible hébraïque est donc préférée par certains érudits, car elle recouvre les aspects communs du Tanakh et de l'Ancien Testament en évitant les biais partisans.

L'Ancien Testament catholique et orthodoxe contient sept Livres non inclus dans le Tanakh. Ils sont appelés Livres deutérocanoniques (lit.« canonisés secondairement » c'est-à-dire canonisés ultérieurement). Ils sont tirés de la Septante, version grecque étendue du Tanakh.

Dans les Bibles chrétiennes, les Livres de Daniel et d'Esther peuvent contenir des textes deutérocanoniques, n'ayant été inclus ni dans le canon juif ni dans le canon protestant.






(46)  L'Ancien Testament ou Ancienne Alliance (en grec : ἡ Παλαιὰ Διαθήκη // hê Palaià Diathếkê) est l'expression utilisée dans la tradition chrétienne pour désigner l'ensemble des écrits de la Bible antérieurs à Jésus-Christ2. L'Ancien Testament est donc la Bible juive (également appelée Bible hébraïque ou Tanakh). Pour les chrétiens, il forme la première partie de la Bible3, la deuxième partie, appelée Nouveau Testament, étant constituée de l'ensemble des livres relatifs à la vie de Jésus-Christ (Évangiles, Actes des Apôtres, Épîtres, Apocalypse).





(47)  L‘augure (du latin augur, is, nom animé) est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d'interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l'emplacement d'un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures. Par exemple, en 63 av. J.-C., Marcus Calpurnius Bibulus tenta de s'opposer à l'une des actions de Jules César en affirmant que les augures étaient défavorables.


Un « augure » (du latin augurium, nom de même racine qu'augur, is, mais cette fois inanimé) désigne également la pratique divinatoire (augurium au sens abstrait) exercée par ces prêtres, et le message (de bon augure ou de mauvais augure) envoyé par les dieux (augurium au sens concret) qui doit être élucidé afin de déterminer une conduite à tenir pour satisfaire la volonté des dieux. L'augure, divination qui consistait primitivement dans l'observation du chant et du vol des oiseaux (l'ornithomancie), de la manière dont ils mangeaient ainsi que l'interprétation des phénomènes célestes, tels que la foudre (la brontoscopie), et des prodiges, leur venait de l'Etrusca disciplina, l'ensemble des pratiques divinatoires étrusques.






(48)  Le Lévitique (en grec ancien Λευιτικός Leuitikós, relatif aux Juifs, en hébreu ויקרא Vayikra, et Il appela) est le troisième des cinq livres de la Torah (Pentateuque). Il doit son nom au terme « lévite », prêtre hébreu issu de la tribu de Lévi. Il parle des devoirs sacerdotaux en Israël. Il met l'accent sur la sainteté de Dieu et le code selon lequel son peuple pouvait vivre pour devenir saint. Son but est d'enseigner les préceptes moraux et les rituels religieux de la loi de Moïse.


L'étude de l'hébreu dans le texte montre plusieurs styles d'écriture différents, et l'étude du contenu montre plusieurs préoccupations théologiques qui ne sont pas toujours conciliables. Il est donc raisonnable de penser que le Lévitique, comme l'ensemble du Pentateuque, a été écrit par plusieurs auteurs, et il est aujourd'hui admis que le livre a pris forme durant le Ve siècle av. J.-C., soit de nombreux siècles après Moïse.
Le livre comprend 27 chapitres, qui relatent l'exposé à Moïse de lois et de rites.






(49)  L'Épître aux Galates est un livre du Nouveau Testament.
Cette lettre est envoyée par l'apôtre Paul aux églises de Galatie. Elle est probablement écrite après 54 et avant 58 de notre ère, soit une vingtaine d'années après la crucifixion de Jésus. Il se qualifie comme « apôtre, non de la part des hommes ni par l'intermédiaire d'un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité des morts ».






(50)  L’Apocalypse ou Apocalypse de Jean ou encore Livre de la Révélation, également appelé Révélation de Jésus-Christ (en grec ancien Αποκάλυψις Ιησού Χριστού / apokálupsis Iēsou Christoũ) suivant les premiers mots du texte, est le dernier livre du Nouveau Testament.


L'œuvre a été composée vers la fin du Ier siècle par un auteur judéo-chrétien dénommé Jean, selon le préambule. Ce Jean se serait trouvé à Patmos au moment de la composition du texte, et la tradition l'a parfois identifié avec l'apôtre Jean, fils de Zébédée, auquel on a également attribué le quatrième évangile canonique. La canonisation de l'Apocalypse a posé problème dans certaines églises jusqu'au VIe siècle et l'attribution à l'apôtre Jean a été contestée. Le premier témoin littéraire de cette contestation est Eusèbe de Césarée au IVe siècle qui estime qu'Irénée de Lyon a mal interprété ce qu'a écrit Papias de Hiérapolis, car d'après Eusèbe celui-ci n'aurait pas connu l'apôtre Jean, mais seulement un certain « Jean le Presbytre », c'est-à-dire « l'Ancien ». Eusèbe, dit pourtant par ailleurs que l'apôtre Jean a été exilé sur l'île de Patmos, « vers la fin du règne de Domitien » (96). Il y a un débat parmi les critiques modernes. La quasi totalité d'entre-eux estiment que l'apôtre Jean n'a pas écrit l'évangile qui est mis sous son nom, mais une partie non négligeable des critiques estiment qu'il est bien l'auteur de l'Apocalypse.


Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokálupsis) signifiant « dévoilement » ou, sous un aspect religieux, « révélation » et appartient à un genre littéraire juif puis chrétien de type ésotérique – la littérature apocalyptique – qui présente une grande diversité mais qui a en commun un goût prononcé pour l'allégorie ainsi que pour le symbolisme, et dont l’Apocalypse de Jean constitue un modèle du genre.


Le texte, d'essence prophétique et dont l'auteur se réclame d'Ézéchiel, se présente ainsi comme une « révélation de Jésus-Christ » (Ap 1,1) qui dévoile à Jean « quel est le sens divin de son époque et comment le peuple de Dieu sera bientôt délivré ».







(51)  Le récit des Actes des Apôtres, cinquième livre du Nouveau Testament, est la seconde partie de l’œuvre dédicacée « à Théophile » et attribuée à saint Luc par la tradition chrétienne, la première partie étant l'Évangile selon Luc. Le récit débute avec l'Ascension, suivie de la Pentecôte, après quelques épisodes consacrés à la Geste de Pierre, il relate essentiellement la prédication de Paul de Tarse qui est son héros. Il se termine dès la première venue de ce dernier à Rome au début des années 60.


Sa composition complexe par plusieurs rédacteurs successifs, introduisant probablement des passages racontés deux fois, arrangeant l'histoire en fonction de leurs partis pris théologiques et écartant la relation de certains épisodes essentiels, posent de nombreux problèmes qui ont conduit certains chercheurs à lui nier, en tout ou partie, toute valeur historique.






(52)  L'idolâtrie est l'adoration d'une image, d'un astre, d'une idée ou d'un objet. Elle est couramment pratiquée chez les animistes et chez les polythéistes chez qui la représentation des divinités est généralisée. Elle consiste à rendre des cultes, des sacrifices, à offrir des offrandes et à adresser des prières à la chose sacralisée. L'idolâtrieest pour les religions abrahamiques une corruption, une impiété à combattre ; le terme est donc devenu péjoratif ou synonyme d'égarement1, souvent confondu avec paganisme. Le monothéisme solaire est considéré comme idolâtre par le monothéisme judéo-chrétien.

Par extension, on qualifie d’idolâtrie toute attitude ou rituel de vénération envers une représentation ou une personne devenue un symbole.
Elle ne doit pas être confondue avec la vénération envers ce qui est représenté par le symbole.






(53) La Kabbale (de l'hébreu קבלה Qabbala « réception », forme anglicisée écrite plutôt Cabbale ou Qabale en français) est une tradition ésotérique du judaïsme, présentée comme la « Loi orale et secrète » donnée par YHWH (Dieu) à Moïse sur le mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » (la Torah). Elle trouve sa source dans les courants mystiques du judaïsme synagogal antique.

Le Baal Hasoulam (Yehouda Ashlag), kabbaliste du XXe siècle, en donne la définition suivante : « Cette sagesse n'est ni plus ni moins que l'ordre des racines, descendant à la manière d'une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s'unissant au nom d'un but unique et exalté, décrit par le nom « révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde » ». Georges Lahy définit la kabbale comme « la dimension interne de la Torah, correspondant au sod (la connaissance secrète) des quatre niveaux de l'intérieur de la Torah (connus sous le nom de pardès) » : Peshat, Remez, Drash, Sod.

Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapprochent spirituellement l'homme de Dieu, ce qui confère à l'homme un plus grand discernement sur l'œuvre de la Création par Dieu. Outre des prophéties messianiques, la Kabbale peut ainsi se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme.

Dans Morals And Dogma, Albert Pike déclare que la franc-maçonnerie est un produit de la kabbale. Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le Centre de la Kabbale qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique Madonna, mais qui est dénoncé comme imposture par les rabbins traditionalistes.






(54)  Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel lancé en Europe au XVIIIe siècle (1715-1789), dont le but était de dépasser l'obscurantisme et de promouvoir les connaissances. Des philosophes et des intellectuels encourageaient la science par l’échange intellectuel, s’opposant à la superstition, à l’intolérance et aux abus des Églises et des États. Le terme de « Lumières » a été consacré par l'usage pour rassembler la diversité des manifestations de cet ensemble d’objets, de courants de pensée ou de sensibilité et d’acteurs historiques.


La glorieuse Révolution de 1688 peut en constituer le premier jalon, mais pour l’historiographie française, la période charnière qui correspond à la fin du règne de Louis XIV (1643-1715) est comme sa gestation. La Révolution française en marque le déclin. Certains historiens, en fonction de leur objet d'étude, privilégient une chronologie plus ou moins large (1670-1820).



Pour les arts plastiques, il couvre la transition entre les périodes classique, rococo et néoclassique, et pour la musique, celle de la musique baroque à la musique de la période classique. L’expression provient d’emblée de son utilisation massive par les contemporains. Puis, le développement et l’affirmation de l’histoire culturelle et sociale depuis les années 1970, a favorisé l’usage d’une notion féconde qui permet de mener des recherches de façon transversale et internationale tout en multipliant les objets d'étude et en dépassant les cadres nationaux.






(55) Un syncrétisme est un mélange d'influences. Le terme de syncrétisme vient du mot grec συγκρητισμός (sygkrètismos) signifiant « union des Crétois ». Initialement appliqué à une coalition guerrière, il s'est étendu à toutes formes de rassemblement de doctrines disparates, et est surtout utilisé à propos de religions.






(56)  Le Sepher ha-Zohar (Livre de la Splendeur), aussi appelé Zohar (זֹהַר), est l'œuvre maîtresse de la Kabbale, rédigée en araméen. La paternité en est discutée : il est traditionnellement attribué à Rabbi Shimon bar Yohaï, Tana du IIe siècle, mais la recherche académique considère aujourd'hui qu'il fut rédigé par Moïse de León ou par son entourage entre 1270 et 1280.

Il s'agit d'une exégèse ésotérique de la Torah ou Pentateuque.







(57)  Le Centre de la Kabbale est un mouvement spirituel fondé par un ancien agent d'assurances, Philip Berg, dont le siège social est situé à New York. Ce mouvement s'inscrit dans le phénomène global des nouveaux mouvements religieux nés en Occident à partir des années 1960






(58)  Le terme sunna (en arabe : سنة) signifie « cheminement » ou « pratique(s) ». Dans le Coran, le terme sunna est employé pour désigner la « loi immuable » de Dieu sous l’expression sunna Allah (en arabe : .سُنَّةَ اللَّهِ) qui signifie « règles de Dieu ». Ce concept s'apparente à ceux antérieurs de Voie (Tao en chinois) ou de loi telle le Talmud.

La sunna, selon le Coran, englobe les règles ou « lois » de Dieu qui ont été prescrites à tous les prophètes, y compris le prophète de l'Islam, Mahomet. Quelques caractéristiques de cette sunna seraient que :

• elle appartient exclusivement à Dieu ;
• elle n’est pas interchangeable avec une quelconque autre loi ;
• elle n’est pas transférable à un tiers ni à un prophète ;
• elle est unique et immuable à tous les humains et tous les êtres.

La sunna selon les hadiths éclaire les enseignements du prophète, en particulier :

• ses dires ;
• ses actes ;
• ses approbations explicites ou implicites ;
• ses qualités morales personnelles (selon certains savants du hadith comme Boukhari ou Muslim) ;
• ses désapprobations ;
• ses délaissements de certains actes.


La sunna, selon les hadiths, est une source législative de l'islam associée aux règles législatives du Coran. Elle est plus connue sous l'expression de « sunna prophétique ».







(59) Le Coran (en arabe : القرآن, al-Qur'ān?, signifiant « la récitation ») est le texte sacré de l'islampour les musulmans, qui considèrent qu’il reprend verbatim la parole de Dieu. Ce Livre reste le premier et le plus ancien document littéraire authentique connu en arabe jusqu'à ce jour comme la tradition musulmane le présente, avec le caractère spécifique dans l'islam d'inimitabilité dans la beauté et dans les idées.

Pour les musulmans, le Coran regroupe les paroles d'Allah, révélations (āya) faites au prophèteet messager de l'islam Mahomet (محمد, Muḥammad, le loué) à partir de 610-612 jusqu'à sa mort en 632 par l'archange Gabriel (جبريل, Jibrîl).


Le Coran est parfois appelé simplement al-kitâb (le livre), adh-dhikr (le rappel) ou encore al furqân (le discernement). En ce sens, il est, pour les musulmans, l'expression incréée de cet attribut d'Allah adressée à l'intention de toute l'humanité. Les conditions de la mise par écrit puis de la fixation canonique du texte, que la tradition fait remonter au troisième calife, Uthmân, font toujours l'objet de recherches et de débats parmi les exégètes et historiens du XXIe siècle.


Certains chercheurs émettent l'hypothèse que le mot Coran proviendrait du mot syriaque qeryânâ, ce qui signifie « lectionnaire »4 avant de prendre en arabe le sens de récitation.






(60) La Ruqiya (arabe : الرقية) est une forme d'exorcisme propre à l'Islam. « [Elle] est un ensemble de méthodes spirituelles qui consiste à remédier aux maladies occultes, comme la possession, par la récitation de versets coraniques ».

D'après le Coran :

« Nous révélons du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Mais cela ne fait qu'accroître la perdition des injustes. »

— [17.82][/center]

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MessageSujet: Re: SORCELLERIE   Sam 5 Nov - 0:33





Le continent africain connaît un large éventail de pratiques et de représentations sorcellaires. Le terme de guérisseur (61), souvent proposé pour traduire différents termes vernaculaires tels que inyanga, nganga, "tradi-praticien", etc., fait souvent l'objet de surinterprétation pour devenir « celui qui soigne en ayant recours à la magie », loin de son sens strict de « celui qui diagnostique et soigne les maux causés par la magie ». Les combinaisons de représentations et de pratiques diffusées par l’Église catholique romaine et des traditions et pratiques religieuses ouest-africaines ont directement contribué à l’émergence de certaines formes de syncrétisme (62) religieux que l’on remarque en Amérique latine, avec des pratiques, entre autres, comme le Vaudou (63), l’Obeah (64), le Candomblé (65) ou la Santeria (66).


Dans les traditions sud-africaines, il y a trois différents types de personne qui pratiquent la magie. Lathakatha est habituellement traduit comme la « sorcière », et est considérée comme un personnage malveillant qui pratique secrètement afin de nuire à autrui. Le sangoma est un devin, parfois un diseur de bonne aventure, dont les services sont requis pour détecter la maladie, prédire l'avenir, voire identifier le coupable d’un méfait. Il a également quelques notions de médecine. Enfin, le inyanga est souvent traduit par le terme guérisseur (bien que de nombreux Sud-Africains remettent en cause cette traduction, puisqu’elle perpétue l'idée erronée d’un guérisseur recourant à la magie). La tâche du inyanga est de conjurer le mauvais sort et de fournir à ses clients les gris-gris nécessaires. Parmi ces trois personnages, la thakatha et le sangoma sont habituellement une femme, tandis que le inyanga est presque toujours un homme.







Marcel Mauss (67) montre que le sorcier le plus redouté est l'étranger, celui d'au-delà des montagnes. « Les peuples soumis par la force, sans espoir raisonnable de reconquérir leur liberté, en proie aux violences coloniales et aux pertes démographiques induites par les épidémies et les endémies introduite, en particulier à partir des garnisons coloniales (blennoragie), cherchent en eux-mêmes une cause à leurs maux et la trouvent dans l'apparition de sorciers imaginaires échappant aux contrôles et aux équilibres de la société ancienne » (Jean Guiart, 2001ː80).







De nombreux pays, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, punissent de nos jours les pratiques de sorcelleries notamment pour certains par la peine de mort.

Par exemple, au Cameroun, l'article 251 du Code Pénal réprime les pratiques de sorcellerie en ces termes :

« Est puni d'un emprisonnement de deux à dix ans et d'une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination susceptibles de troubler l'ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d'autrui même sous forme de rétribution. »




(61) Un guérisseur est une personne, généralement dépourvue de diplôme médical, qui guérit, ou prétend guérir, en-dehors de l'exercice légal scientifique de la médecine, par des moyens empiriques ou magiques, en vertu de dons particuliers supposés ou à l'aide de recettes personnelles

Au Moyen Âge en Europe, il n'existait pas de frontière définie entre médecins, guérisseurs, sorcières. Puis, peu à peu, la médecine s'est éloignée à la fois des croyances spirituelles et du charlatanisme.

Dans le monde occidental, les guérisseurs, héritiers de pratiques ancestrales des sociétés traditionnelles, peuvent être magnétiseur, radiesthésiste, rebouteux, exorciste… Dans les sociétés traditionnelles d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Océanie, considérés comme sorciers ou voyants, les guérisseurs sont généralement des chamans. Les guérisseurs des Philippines et du Brésil sont parfois appelés chirurgiens psychiques.

En Suisse, il en existe différentes catégories, les coupe-feu, les faiseurs de secrets, selon les problèmes de santé.

Les faiseurs de secrets sont également présent en Vallée d'Aoste, aussi bien que les rabeilleurs, qui pratiquent des massages pour les distorsions.
En France, les guérisseurs, rebouteux et autres conjureuses risquent d'être poursuivis par la justice pour exercice illégal de la médecine.





(62) Un syncrétisme est un mélange d'influences. Le terme de syncrétisme vient du mot grec συγκρητισμός (sygkrètismos) signifiant « union des Crétois ». Initialement appliqué à une coalition guerrière, il s'est étendu à toutes formes de rassemblement de doctrines disparates, et est surtout utilisé à propos de religions.


Le terme s'utilise surtout en histoire des religions, pour qualifier des confessions à part entière, mais dont plusieurs composants d'origine sont encore reconnaissables. C'est une religion dont la doctrine ou les pratiques sont un mélange d'éléments pris dans différentes croyances. On ne peut dénier à un syncrétisme le nom de religion, puisqu'il s'agit d'une relation au divin1. Mais, dans la mesure où c'est une construction individuelle, il se place sur un plan très différent de celui des religions révélées qui sont, pour les croyants, l'expression d'une donnée d'origine.




(63) Le vaudou (ou vodou, ou vodoun), plus rarement appelé vaudouisme, est une religion originaire de l'ancien royaume du Dahomey (Afrique de l'Ouest). Pratique occulte éclatée en de multiples communautés, cette religion d'ordre cosmique issue des cultes animistes africains, est toujours largement répandue au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé.

À partir du XVIIe siècle, les Noirs capturés, réduits en esclavage, originaires de cette région d'Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. Le vaudou se retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti, au Brésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Il s'est aussi répandu en Afrique du Nord, où il se retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc et en Algérie, mélangé au folklore religieux arabo-musulman. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde. De nombreuses communautés « vaudouisantes » existent dans le monde entier, majoritairement sur le continent américain, et aux Antilles. Il existe en Europe des communautés plus discrètes mais néanmoins actives tel que le Hounfor bonzanfè, le Lakou sans Lune ou le Hounfor Konblanmen. Au début du XXIe siècle, le vaudou s'étend également au Canada où de nombreuses communautés ont vu le jour et tentent de mettre ce système de croyance au devant de la scène.

Il existe un musée du vaudou à Essen en Allemagne et à Strasbourg en France.






(64) Obeah (ou appelé également Obi) est un mot d'origine africaine désignant la magie occulte. Le maître spirituel de la religion Obeah est appelé « l'homme Obeah », il est considéré comme un soigneur ou un conseiller (informateur). Il est celui qui aide les personnes possédées par les esprits ou qui ne trouvent pas de remède à leur maladie. C'est un esprit qui se manifeste également sous l'apparence d'une femme. Il peut vivre dans certaines eaux selon la tradition des descendants d'esclaves notamment à la Martinique. Ceux qui savent l'invoquer en lui offrant du lait, du sucre, du sel, de l'eau pimentée et bien d'autres potions peuvent obtenir des guérissons miraculeuses peu importe la maladie. Son action est quasiment instantanée selon ce que rapportent les pratiquants de son culte. Toutefois, il est extrêmement rare de trouver des initiés connaissant aujourd'hui ces lieux et on trouve encore moins d'adeptes capables de l'appeler du fond de la mer car un non renvoi dans les règles peut-être fatal pour l'opérant. Il a été rapporté dans les écrits de Peter Swontey en 1876 qu'on trouvait généralement dans les mers où il résidait des créateurs semblables à des "lézards" d'une allure très particulière. Il est dit que celui qui les péchait risquait sa vie et la récupération des maladies enfouies. Tout cela fait en tout cas partie du folklore des îles et ne saurait constituer une quelconque religion.







(65) Le candomblé est une des religions afro-brésiliennes pratiquées au Brésil, mais également dans les pays voisins tels que l'Uruguay, le Paraguay, l'Argentine ou encore le Venezuela. Mélange subtil de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines, cette religion consiste en un culte des orixás (prononcé « oricha »), les dieux du candomblé d'origine totémique et familiale, associés chacun d'entre eux à un élément naturel (eau, forêt, feu, éclair, etc.). Se basant sur la croyance de l'existence d'une âme propre à la nature, le candomblé a été introduit au Brésil par les multiples croyances africaines des esclaves issus de la Traite des Noirs entre 1549 et 1888.

Elle est aujourd'hui l'une des croyances les plus populaires du Brésil, ses adeptes appartenant à toutes les couches sociales. Les femmes y tiennent un rôle important. Le candomblé dispose de plus d'une dizaine de milliers de lieux cultuels, où se déroulent les divers rites et cérémonies religieux. Lors du dernier recensement national, 3 millions de brésiliens (1,5 % de la population totale) ont déclaré pratiquer le candomblé. On dénombre ainsi plus de 2 230 maisons (terreiros, en portugais) dans la seule ville de Salvador da Bahia. L'apport culturel du candomblé (rites, danses, musique, fêtes) est incontestable : son univers est devenu partie intégrante de la culture et du folklore brésiliens.

Même si certaines similitudes sont constatables, il ne faut pas confondre le candomblé avec les autres religions afro-brésiliennes qui en sont issues (Macumba, Omoloko ou Umbanda), ni avec les autres religions afro-américaines pratiquées ailleurs sur le continent américain (Vaudou haïtien ou Santeria cubaine), qui ont évolué indépendamment du candomblé et sont virtuellement inconnues au Brésil.




(66) La Santería (Lukumi, Regla Lucumi ou regla de Ocha) est une religion originaire de Cuba dérivée de la religion yoruba.




(67) Marcel Mauss, né le 10 mai 1872 à Épinal et mort le 10 février 1950 (à 77 ans) à Paris, est généralement considéré comme le « père de l'anthropologie française ».


Marcel Mauss naît en 1872 dans la ville d’Épinal. Son père Gerson, originaire du Bas-Rhin, a épousé quelques années auparavant Rosine Durkheim, la sœur aînée d’Émile Durkheim, qu’il a rejointe dans la ville lorraine pour y reprendre l’atelier textile de sa mère qui devient sous la houlette du jeune couple la Fabrique de Broderie à Main, Mauss-Durkheim. Outre Marcel, ils ont un fils, Henri, né en 1876. Son oncle, Émile Durkheim, de quatorze ans son aîné, joue un rôle majeur dans sa vocation puis sa carrière.

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