Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

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 ART ET PEINTURES

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Lanaelle
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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 31 Mar - 16:30

     Etape 3


Autre confirmation du point  O et du point de  NICOLAS.POUSSIN ligne 6.
Si l’on trace un cercle centré sur le point  C et passant par le point  O, celui-ci affleure les   E extrêmes du texte  « ET L’HONNEUR DE LA FRANCE » et le haut du texte ligne 1 (figure 5).


Une autre propriété étonnante : le cercle ainsi tracé passe par le milieu des 2   I de  NICOLAS POUSSIN ligne 3.


Si l’on trace une droite passant par ces pointsA ou   B (marqués par les 2   I) et par le point   E pointé par le berger de droite, elles rejoignent exactement les coins hauts du cadre. De plus, ces droites sont parallèles au  V arcadian, et affleurent les   N extrêmes du texte de la 6ème ligne   NICOLAS.POUSSIN… (figure 6)






     Etape 4


Voici une autre étude remarquable qui ouvre certainement d’autres possibilités.
Il faut au préalable remarquer que certaines lettres sont alignées pour donner une expression clé célèbre dans le vocabulaire cryptographique de Rennes-le-Château :    MORTEPEE (voir la figure 7 lettres bleues). Cette clé est notamment utilisée dans   la stèle de Blanchefort.


L’alignement marqué par les lettres permet de tracer 3 segments de de droite (en vert). Une propriété intéressante apparait alors : le triangleABC est équilatéral. L’étude de    Domenico Migliaccio associerait ce tracé au symbole que l’on peut retrouver dans   le petit parchemin de Saunière, ce qui constituerait une autre piste…


En continuant cette étude, on peut s’apercevoir que le tracé d’un cercle de centre C et de rayon AC (ou CB) confirme à nouveau un point D pointé par le doigt du berger de droite (figure 08)







Enfin, inutile de dire que l’encadré semble respecter le   Nombre d’or ce qui ouvre également beaucoup de perspectives…Nous ne sommes certainement pas au bout de nos surprises…



     Le Gnomon d’Auguste



La position de la  tombe ne semble pas être non plus choisit au hasard comme nous le révèle Domenico Migliaccio.


Il existe sur la Place de Montécitorio     , près de l’église  San Lorenzo in Lucina un obélisque de granit rouge, haut de 29 m et pesant 230 tonnes. Il a été construit sous le règne de Psammétiquell afin d’être érigé à Héliopolis en Egypte.






En  10 av. J.-C., Auguste le fit transporter à Rome et le transforma en un gigantesque cadran solaire (gnomon). Un pavage de bronze fut conçu pour marquer la  longueur des jours et des nuits et les solstices.


Mais à une époque non connue, il s’écroula, puis fut redécouvert au début du XVIe siècle et  redressé en 1587 sur l’ordre du pape   Sixte Quint. Son mauvais état le fit s’effondrer  à nouveau, et il fallut attendre deux siècles pour que le pape   Bénedict XIV vers 1750 veuille restaurer l’obélisque à l’aide de fragments de granit d’une autre colonne.








Un constat étonnant est le suivant : si l’on observe les différents méridiens du cadran solaire, la tombe de Poussin est effleurée par l’ombre d’un méridien le 17 janvier au coucher du Soleil.


Il est vrai que s’il n’avait pas été déplacé lors de sa reconstruction, l’ombre traverserait exactement le tombeau.







Il faut rappeler que le 17 janvier est une date importante que l’on retrouve régulièrement dans l’affaire de Rennes-le-Château et notamment sur la stèle de Blanchefort.

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 31 Mar - 16:36



DAVID TENIERS : Sa vie et Son oeuvre

     Sa vie et sa carrière de peintre
     Une œuvre colossale
     Des scènes de son époque
     Une œuvre extrêmement variée
     Une production immense
-    Une technique aboutie
-    L’art baroque, une discipline où il excelle
     Téniers et la religion
     Si l’on pouvait résumer son œuvre…




Téniers et ses secrets : A la recherche de Saint Antoine



     Téniers et l’affaire de Rennes
     Qui était Léopold Guillaume de Habsbourg ?
     Comment Téniers a été relié à l’affaire de Rennes ?
     Les tentations de Saint-Antoine
     Saint Antoine et  Saint Paul dans le désert
     Existe-t-il d’autres versions de Téniers sur la rencontre de « Saint Antoine et Saint Paul » ?
     Mais où donc est passé le « Saint Antoine et Saint Paul » version anglaise ?
     Shugborough Hall et le Téniers
     Copie ou version de Téniers ?
- S’agit-il d’une copie d’Ann Coke ? Peu probable…
     L’autre piste Palmerston
     L’autre alternative…




Le Téniers révélé : Saint Antoine et les 7 péchés capitaux du Prado



     Le Téniers de Rennes enfin révélé
     Saint Antoine et les 7 péchés capitaux (1670) de David TENIERS le Jeune (1610-1690)
     Qu’appelle-t-on exactement une tentation de Saint-Antoine ?
     PAS DE TENTATION QUE … TENIERS GARDENT LA CLEF…
     Les 7 péchés capitaux (et non principaux…)
     Décryptons simplement…
     Localisons les 7 péchés
     Suivez les regards…
     Les 7 détails qui relient le tableau à l’énigme de Rennes
     Un autre Téniers très fortement ressemblant
     Allons plus loin…
     De Marguerite de Bourgogne à Margot l’enragée…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 31 Mar - 16:59








   David Téniers le Jeune
(appelé également Téniers II)





Né le 15 décembre 1610 à Anvers
Mort le 25 avril 1690 à Bruxelles








Artiste peintre flamand, surdoué et recherché, du XVIIe siècle. Il reste peu connu du public malgré l’exécution de plus d’un millier de toiles de très grande qualité.



Mais surtout, ce peintre hollandais est lié à Rennes-le-Château d’une façon certaine.  Il utilisa son art et élabora une toile pourcoder un message que l’on commence à découvrir…


Peintre méconnu et pourtant présent parmi les plus grands maitres de son siècle, David Téniers le Jeune conserve une place de choix dans l’énigme des deux Rennes. Non seulement il est cité sans ambiguïté dans une phrase clé issue du   Grand Parchemin, mais il serait l’auteur d’un tableau codé, équivalent aux  Bergers d’Arcadie pour   Nicolas Poussin.


Paradoxalement, si les Bergers d’Arcadie et la vie de Poussin ont été étudiés sous tous ses angles, Téniers eut moins d’attrait pour les chercheurs. Peintre souvent délaissé du grand public, il figure pourtant parmi les plus grands Maitres du Siècle des lumières. La raison fondamentale
de ce désintérêt des chercheurs est simple : Téniers est l’auteur de plus d’un millier de toile et le tableau codé n’est pas connu de façon certaine.



C’est Gérard de Sède le premier qui souligna cet artiste en faisant monter Bérenger Saunière à Paris pour, soi-disant, aller acheter les copies de trois tableaux au Louvre. Malheureusement, les indications qu’il donne ne sont pas suffisamment précises et l’identité de l’œuvre
resta très longtemps inconnue. Des pistes sont toutefois particulièrement intéressantes, s’orientant vers une toile énigmatique : «Saint Antoine et Saint Paul dans le désert ».
L’histoire de ce tableau vient d’ailleurs croiser le récit d’un autre épisode castel rennais situé aux Royaumes-Unis, celui de Shugborough Hall et de la famille Anson.

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Dim 2 Avr - 15:30

 Sa vie et sa carrière de peintre


   David Teniers le Jeune (Téniers II) naquit le 15 décembre 1610 à Anvers. Il est le fils aîné d’un père également peintre, surnommé   David Teniers le Vieux ou l’Ancien (15821649) et élève d’Elsheimer. Sa mère est Dymphna de Wilde et son fils David était l’aîné des 6 enfants qu’elle eut. Le père et le fils David ont longtemps été confondus, leurs œuvres étant souvent très ressemblantes dans le style et dans les scènes choisies. Pourtant tous ses frères commencèrent aussi à travailler dans la peinture, initiés par leur père. David était tout simplement le plus doué et c’est lui que l’histoire de l’art retiendra, surtout pour la qualité de son trait, la variété des sujets et la maîtrise des lumières. Il deviendra l’un des plus grands maitres de la peinture de genre du Siècle d’Or en Flandre.





Il commença à peindre avec son père dans son atelier et très vite il fut remarqué par la ville d’Anvers qui le reçut comme «Franc maitre » à la corporation de Saint Luc en 1632. Car
les Téniers furent membres de la   Guilde de Saint-Luc, une célèbre et très puissante confrérie de peintres et de sculpteurs d’Anvers. Des artistes flamands aussi célèbres que   Rubens, Van Dick, Bruegel et Vermeer en firent partie. Les commandes ne tarderont pas. Au cours d’un voyage en Angleterre en 1635, Chrisostoom Van Immerseel, un marchand d’art, lui commanda 12 toiles religieuses. C’est le début de sa carrière fortement influencé par la peinture néerlandaise et par  Adriaen Brouwer, un grand peintre aimant également les lieux populaires d’Anvers et ses environs. Mais malgré son influence, Téniers possédait déjà son propre style et une grande force interne prouvant la naissance d’un grand maitre.


En 1637, Téniers le Jeune épousa  Anna Bruegel, fille richement dotée du peintre  Jan Brueghel le Vieux (1568-1625). Il devint ainsi un notable d’Anvers. Assistent au mariage en tant que témoin, le tuteur d’Anna,    Peter Paul Rubens, et Paul van Halmale. Ils auront un premier fils en 1638.



Ce fait est peu connu, mais Téniers le Jeune et Rubens (le peintre) possèdent de nombreux points communs. Tous deux grands maitres hollandais, ils se connaissaient tout simplement par des liens familiaux étroits. Rubens, né à Siegen en 1577 et mort à Anvers en 1640, fut lui aussi un maitre incontesté de son temps pour la réalisation de grandes peintures religieuses et ses portraits d’un réalisme inouï.



Lorsque Rubens disparut en 1640, Téniers le Jeune recueillit sous sa tutelle ses enfants Ambrosius et Clara-Eugenia ainsi que la sœur de son épouse Anna. Il se vit aussi confier des œuvres de Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625) dit de Velours et de Pieter Brueghel l’Ancien (1568-1625). La mort de Rubens le mit aussi au-devant de la scène.


En 1644, Téniers devint le doyen de la corporation de Saint-Luc d’Anvers et acheta la maison de Jan Brueghel le Vieux dans la Lange Nieuwstraat. Il continuera à travailler sans interruption et ses clients furent par exemple  Antonius Triest, évêque de Gand qui lui acheta plusieurs tableaux entre 1645 et 1647.


Comme quelques très grands artistes, Téniers ne peignait pas uniquement, il excellait aussi dans la musique et il jouait admirablement du violoncelle, l’une de ses distractions favorites. Plus qu’un mélomane, c’était un musicien reconnu et réputé. Il aimait notamment, malgré son rang de directeur de la  Chapelle du Saint Sacrement St Jacques d’Anvers, apporter une voix supplémentaire aux chorales…








Mais en 1651 un nouveau virage se dessina puisqu’il devint le peintre attitré et chambellan du gouverneur des Pays-Bas espagnols (du sud) l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg. Il devint aussi, peintre de genre, excellant dans la représentation de scènes paysannes et peintre de cour.


Mais ceci l’obligea à déménager d’Anvers à Bruxelles. Sa fortune considérable lui permit d’acheter le manoir de Dry Toren (les Trois Tours) près du village de Perck, entre Anvers et Malines. A ce stade, Ténirs possédait une renommée et des fonctions élevées. Il devint en effet conservateur des importantes collections du gouverneur qui comprennent des maitres néerlandais et italiens du XVIe siècle. Léopold-Guillaume constitua ses collections uniques par des ventes aux enchères organisées par la noblesse anglaise et que le puritanisme bien établi avait appauvrie.



Nous avons ici un lien entre Téniers le Jeune et la famille de Habsbourg. Ceci n’est pas à négliger lorsque l’on connait l’influence et les connexions de cette famille, aussi grande que puissante, dans l’affaire de Rennes…







Léopold-Guillaume légua ces magnifiques collections à  Léopold Ier son neveu, laissant ainsi ce patrimoine dans la famille impériale. Les toiles sont visibles aujourd’hui au musée d’Histoire de l’art à Vienne.


Installé à partir de 1653 à Bruxelles près du palais du gouverneur, dans une splendide demeure, Téniers fréquentait alors tous les illustres de son  époque qui connurent l’exil et qui se réfugièrent aux Pays-Bas. Il rencontra ainsi  Charles II d’Angleterre et ses frères le Duc de Glocester et le Duc d’York. C’est aussi le temps où ses œuvres devinrent très appréciées en Flandre puis dans l’Europe entière. Le roi d’Espagne fit même construire une galerie particulière pour y présenter ses œuvres. Une anecdote amusante raconte que la reine  Christine de Suède, pensant que le prix des tableaux n’étaient pas suffisant, envoya à Téniers, selon un usage fréquent, son portrait en médaille avec une chaine en or.




Une autre anecdote resta célèbre, puisqu’elle concerne  Louis XIV protecteur de tous les arts. Alors que la renommée de Téniers ne cessait d’augmenter, on plaça dans les appartements royaux quelques tableaux du maitre hollandais. Mais en les voyants, Louis XIV s’écria : [color=#25FDE9 « qu’on m’ôte ces magots… ».[/color] En fait, le roi ne disgraiciait point le talent de Téniers mais plutôt l’Espagne et la Flandre, pays contre lesquels il était en guerre….






Le 9 mai 1656, l’archiduc Léopold-Guillaume quitta finalement ses fonctions et Bruxelles. Mais Téniers continua à travailler pour lui sur un catalogue d’inventaire gravé représentant une partie de la collection de l’archiduc, le «Theatrum Pictorium », le premier catalogue illustré de gravures d’une collection de peintures.

Ce catalogue qu’il commença en 1651 constitue une œuvre colossale et sa réalisation aujourd’hui serait inimaginable. Afin de rendre plus aisée la gravure des tableaux, Téniers réalisa lui-même la copie de 244 tableaux,  des chefs-d’œuvre italiens appartenant à la collection de l’archiduc. C’est le premier catalogue de ce type en Europe, mais cette tâche ne fut qu’un épisode artistique dans la vie du maitre…



Son successeur, le Gouverneur espagnol  Don Juan d’Autriche, le frère de  Philippe IV, confirmera David Téniers dans ses fonctions, tandis qu’Anna Brueghel, son épouse, disparaissait. David Téniers épousera dans la même année  Isabella de Fren à Bruxelles et de cette union naitrons 4 enfants.







Les gouverneurs se succèdent et en 1659 c’est au tour du    marquis de Caracena de régner, mais il ne conserva pas Téniers à sa cour. Malgré tout, il accepta d’être le parrain de son fils en 1662. En s’éloignant de la cour, Téniers ne fut pourtant point abandonné des courtisans qui continuèrent à le visiter dans sa somptueuse demeure.


En 1660, parait son catalogue, le « Theatrum pictorium Davidis Tenier Anterwerpiensis » à Bruxelles, mais un autre projet lui tient à cœur. Il a l’ambition de fonder une Académie des Beaux-Arts à Anviers. Pour cela, il sera appuyé par le marquis de Caracena qui le soutiendra auprès de la cour espagnole. En 1662, Téniers écrivit directement une lettre au roi Philippe IV d’Espagne à Madrid. Après autorisation, l’académie fut créée et inaugurée officiellement à Anvers en 1664. Mais contrairement aux attentes, Téniers participera très peu aux assemblées, préférant débattre de peintures.


Le roi Philippe IV d’Espagne, bienfaiteur et protecteur de Téniers, disparut le 17 septembre 1665. Le fils de David Téniers le Jeune, David Teniers III mourut à Bruxelles (avant son père) le 11 février 1685. Isabella, la seconde femme de Téniers disparut en 1686. Ces décès familiaux proches l’affecteront irrémédiablement.
 D’ailleurs cette fresque présentant Téniers comme un personnage riche et côtoyant les plus grands, cache en réalité un drame familial où des querelles entre famille et héritages déclenchent procès et règlements de compte. Téniers n’a pas que des amis surtout dans sa famille et son argent attire les convoitises. Voulant calmer ces tensions chroniques, Téniers accepta même de redistribuer une partie de son train de vie. Mais la mort de sa seconde femme l’enferma dans une dépression.
La fin de sa vie est pathétique et la ville d’Anvers qu’il aima tant paie les traités de Westphalie. C’est un désastre pour son prestigieux port et son économie.

Les traités de Westphalie mirent fin à la guerre de 30 ans et à la guerre de 80 ans le 24 octobre 1648. Catholiques et protestants ayant refusé de se rencontrer, les négociations se tinrent à partir de décembre 1644 à Münster pour les premiers et à partir de 1645 à Osnabrück, pour les seconds. Le traité de Westphalie fut la base de la construction de l’Allemagne jusqu’à la suppression du Saint Empire en 1806. Ce dernier se trouva ainsi divisé en 350 Etats, marquant la fin de la puissance des Habsbourg…


Devant un tel désastre politique et familiale , devant une fortune qui s’évanouit, David Teniers le Jeune s’enferma dans son domaine de Dry Toren. Oublié et seul, il mourut finalement à Bruxelles, le 25 avril 1690. Il fut enterré à Saint-Jacques-sur-Coudenberg, dans l’église de Perck, où reposent déjà sa première femme Anna et son fils David Teniers III.


Anvers, une ville maltraitée…


Anvers est une ville, un grand port et une ancienne place forte de Belgique, située sur la rive droite de l’Escaut, à 44 kilomètres au Nord de Bruxelles. On y trouve l’église Notre-Dame avec sa haute tour et la Descente de croix de Rubens.


Anvers fut le siège principal de l’école flamande de peinture et vit les maitres comme Van Dick, Jordaens, Téniers, Rubens, le graveur Edelinck, le géographe Ortelius ou le philologue Gruter.

Saccagée par les Vikings en 836, décimée par les pestes, les incendies et les orages, Anvers devint néanmoins aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles une des principales places marchandes mondiales. Mais le traité de Westphalie la ruina en fermant les bouches de l’Escaut en 1648. Anvers fut ensuite assiégé par le duc de Parme en 1576 et en 1584, puis prise par Fes français en 1746, 1792, 1794. En 1814, elle fut de nouveau prise par les Français pour  les Belges…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Dim 2 Avr - 16:45

     Une œuvre colossale  







     Des scènes de son époque



Teniers est avant tout un peintre qui décrit des tranches de vie de son époque et de son entourage. A ses débuts, les sujets sont choisis dans le quotidien moralisant les scènes et les personnages, les auberges, les tavernes et les granges sont des décors privilégiés. Il les présente entourés d’une vie populaire et exagérée afin de multiplier les détails et les anecdotes de la vie quotidienne. Les paysans sont peints presque en les caricaturant, une manière de montrer la démesure là où il y en a et d’accentuer le ridicule. On trouve aussi des médecins, des barbiers et des dentistes que l’on appelait en son temps, les arracheurs de dents. Téniers est attiré par la vie en mouvement, mais aussi par les petites souffrances humaines et les métiers où l’émotion des visages est présente, permettant à l’artiste de saisir des instants et de poser sur la toile une ambiance forte et pesante.




Un autre thème plus étrange est celui de l’alchimiste, savant fou perdu au fond d’une pièce sombre ou d’une chambre insalubre et entouré d’un désordre à la Prévert. Nous sommes toujours en pleine caricature, se moquant certainement des rebouteux, des guérisseurs et des faiseurs d’or.





     Une œuvre extrêmement variée


Au fil du temps Téniers s’assagie et ses peintures caricaturales sont remplacées lentement par des scènes plus douces, moins exagérée et plus conformistes. Les métiers ruraux sont mis en valeurs et sont décrits d’une façon plus réaliste. On y trouve des paysans faisant la moisson, les semailles, la cueillette ou la coupe du bois. Il y a aussi les joueurs de cartes, de boules, de tric trac, les fumeurs et les bagarreurs qui passent leurs temps à converser et à s’amuser devant une bonne table. Les tâches ménagères sont aussi présentes, avec des femmes affairées à la blanchisserie ou à  la cuisine. Les fêtes de village et les mariages sont prétextes à détailler une vie exubérante et idyllique. On trouve aussi des scènes de cabaret où règnent joie euphorique et insouciance. L’observation de ces toiles ressemble à des contes populaires où la tristesse et l’horreur des maladies et des guerres ont été évacuées pour ne laisser qu’insouciance et bonheur de vivre.

Téniers s’est-il intéressé uniquement à la vie populaire ? Non. Il peindra également la noblesse et les aristocrates néerlandais. Les seigneurs de son temps sont représentés avec ou sans leurs familles et dans de riches propriétés où la vie s’écoule sans heurt.


Téniers peut être comparé à un photographe, saissiant des instantanés au travers d’un prisme très personnel. Ses peintures sont d’une telle richesse dans les détails, les couleurs et les situations, qu’elles sont une source inépuisable d’enseignement pour les chercheurs et les historiens aujourd’hui. Pourtant l’un des paradoxes du maitre est que la richesse de ses toiles cache un artiste qui ne voyagera jamais. En effet, les paysages sont souvent identiques et sans influence étrangère. On peut alors se demander ce que l’œuvre de Téniers serait devenue s’il avait eu le gout des voyages…





     Une production immense


Téniers étonne aussi par le volume de sa production. Si la réalisation du catalogue de 244 tableaux a de quoi surprendre par sa qualité et la quantité de travail qu’il a nécessité, le maitre est à l’origine de plus d’un millier d’œuvres d’une finesse qui fera sa renommée dans toute l’Europe. On estime d’ailleurs que son nombre est sous-estimé si l’on considère qu’il débuta très jeune. Pourtant cette virtuosité n’est pas qu’innée. Téniers était doué, même surdoué, mais derrière cette facilité apparente se cache un apprentissage immense de son art. téniers se perfectionnait en permanence et son travail associé à un don a fait de lui un artiste qui composait très rapidement et avec un talent incomparable. Il arrivait fréquemment qu’il réalise des toiles en une après-midi et même en quelques heures. Passionné, il peignit jusqu’à l’âge de 80 ans. Le nombre important de toiles rend d’ailleurs la tâche difficile aux collectionneurs et rares sont ceux qui connaissent exactement toute son œuvre.



-    Une technique aboutie


Téniers est un perfectionniste et son travail incessant lui permit de maitriser à la perfection le clair-obscur, une technique que seuls les grands maitres osaient aborder. Teniers était d’une habilité démoniaque réunissant dans une même pièce, non pas un, mais plusieurs clairs-obscurs. Il aimait non seulement multiplier les personnages, mais aussi les plans. Comme le ferait un metteur en scène, il composait sa toile par la superposition de plusieurs scènes indépendantes, chacune ayant son histoire et ses lumières différentes. Nous ne sommes pas  dans une seule image avec une profondeur de champ limitée au premier plan. L’arrière-plan est aussi important que le premier et ses détails participent à la compréhension et à l’harmonie de l’ensemble. L’utilisation du nombre d’or dans ses toiles n’a jamais pu être démontrée et pourtant une harmonie est indiscutablement présente. C’est l’un des mystères de la technique Téniers.







-    L’art baroque, une discipline où il excelle



Téniers vécut dans les Flandres espagnoles et les œuvres reproduisant des scènes de genre intimistes et des intérieurs étaient très appréciés. Mais Téniers explore aussi un autre style, celui des personnages étranges, des caricatures, des bouffons et des montres. On appelle cela des tableaux « paraboles » car ils représentent des sujets par la dérision et le décalage.
C’est aussi à cette époque qu’apparait l’art baroque qui envahit toute l’Europe. Nous connaissons notamment son influence au travers de la vie de Louis XIV et de son style si particulier. C’est l’art de toucher à  la sensibilité de chacun, de saisir le spectateur par l’émotion et d’atteindre le sacré. Le baroque (barocco) désigne une idée insolite, amusante, ce que Téniers adorait traiter.

L’art baorque fut introduit à partir de deux courants picturaux : la Renaissance et le maniérisme. A la fin du XVIe siècle, les peintres travaillaient selon Raphaël et Michel Ange. L’art baroque dépasse le monde naturel en utilisant une mise en  scène dramatique accentuée par l’emploie des 3 couleurs fondamentales : le rouge, le jaune et le bleu et par la technique du clair-obscur.  Les Bergers d’Arcadie II sont un très bel exemple où les 3 tuniques rouge, bleue et jaune d’or ajoutent à l’atmosphère à la fois solennelle et insolite.


Aux Pays-Bas, deux peintres seront les représentants du baroque :  Rubens (1577-1640) spécialiste religieux des corps et   Rembrandt (1606-1669) qui peint la lumière et les portraits de groupe.





     Téniers et la religion


Téniers, maitre du XVIIe siècle, vécut dans un contexte religieux difficile. Les Pays-Bas sont divisés en deux avec au nord les protestants et au sud les catholiques.

En effet, depuis le XVIe siècle, les Flandres sont divisées entre les Provinces-Unies (comprenant la Hollande) et les Provinces du sud (comprenant la Belgique) qui se sont placés sous l’autorité espagnole. Durant ces siècles d’intolérance, deux cultures religieuses s’opposaient et Téniers, issu de la Flandre Sud, avait le devoir comme tous les intellectuels et les artistes de sa province, de glorifier le catholicisme. On aurait pu alors s’attendre à ce que, dans ce contexte de foi autoritaire, l’artiste consacre son talent à une peinture nettement religieuse.

Curieusement non. Téniers possédait une croyance plutôt tiède. Alors que Rubens s’inscrivait parfaitement dans ce courant religieux, Téniers créa un style très différent dépourvu de tout mysticisme. L’évènement sacré est mis en second plan et ses études ne font apparaitre aucun état de grâce envers les Saintes Ecritures. Son regard se tourne plutôt vers les détails qui entourent la passion du Christ, créant ainsi une autre émotion. Il s’intéresse plus aux épisodes de la vie, qu’au sacré lui-même qui devrait être sublimé. C’est en cela que le maitre, sortant de la banalité de son siècle, inventa un genre décalé et anti conformiste suffisamment talentueux pour qu’il ne soit pas inquiété.

En réalité, Téniers était un artiste passionné par son art. Il peignait pour lui, avec son style, son regard et les sujets qu’il affectionnait. Par-dessus tout, il n’aimait pas les scènes imposées ou conventionnelles et préférait celles qui le guident. Mais cette manière de peindre ne rend pas ses toiles absentes de symbolisme. Bien au contraire, certaines sont, comme pour  Nicolas Poussin, difficiles à intégrer sans comprendre le contexte…





     Si l’on pouvait résumer son œuvre…



David Téniers est un amoureux du travail et un passionné de son art. Il y consacra sa vie en inventant  un style propre et abouti. Il inventa un genre par une composition très poussée, fondant une multitude de personnages et d’objets dans un ensemble harmonieux et naturel, un exercice difficile. C’est aussi un perfectionniste et un érudit, créant des toiles à plusieurs lectures. L’ambiance dégagée par chaque scène est chargée d’émotions et l’observateur ne peut rester indifférent devant une telle allégresse à la fois naïve et rude. Téniers nous décrit son pays plat comme une véritable Arcadie où règne la bonne humeur et où la vie s’écoule simplement. La grande variété des genres abordés, paysages, portraits, natures mortes, scènes populaires, kermesses, scènes intimistes ou religieuses, caricatures et ambiances fantasques, a finalement contribué Téniers à devenir l’un des maîtres les plus recherchés et les plus appréciés du XVIIe siècle.

Mais il y a une obsession qui lui est propre et qui n’ a pas encore été abordée dans cette présentation :  Saint Antoine avec ou sans ses tentations. On en dénombre plus d’une trentaine parmi les plus connus. Il en peindra même une composition en 1666 pour l’autel de l’église de Meerbeck, un village près d’Anvers. C’est curieusement ce thème qui le rendra célèbre auprès du public et qui l’entrainera finalement dans la légende des deux Rennes…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Dim 2 Avr - 20:30











Je veux remercier ici Aurore, chercheuse passionnée, éclairée et persévérante, fidèle du forum, et qui permit de
Faire progresser certaines pièces de ce dossier restées longtemps inertes.
C’est avec un grand plaisir que j’ai intégré dans ce sujet des extraits de son étude sur le « Saint Paul et Saint Antoine dans le désert ».  Cette contribution permettra j’en suis sûr de combler certaines lacunes et d’ouvrir d’autres voies passionnantes… (note de monsieur Jean-Pierre Garcia, http://www.rennes-le-chateau-archive.com/)


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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Dim 2 Avr - 21:00

     Téniers et l’affaire de Rennes



     Qui était Léopold Guillaume de Habsbourg ?


 Léopold Guillaume de Habsbourg fut incontestablement un véritable mécène pour David Teniers, mais on ne peut s’empêcher de faire le lien avec la puissante famille de Habsbourg qui continue à régner dans l’ombre des 2 Rennes… Qui était-il ?




Né à Wiener Neustadt le 5 janvier 1614, il est le dernier fils de  Ferdinand II de Habsbourg et de Marie-Anne de Bavière. Il est aussi le frère cadet de  Jean-Charles de Habsbourg et de  Ferdinand III, roi de Hongrie, roi de Bohème et empereur du Saint Empire Romain Germanique.









Issue d’une grande famille princière, il reçut une éducation appropriée, aussi bien religieuse que militaire.

Il fut également Grand Maitre des Chevaliers Teutoniques, évêque de Halberstadt, de Magdebourg, de Strasbourg, d’Olmütz et de Passau.


Sa carrière fut en grande partie consacrée à guerroyer comme on le voit sur son portrait, recouvert d’une cuirasse. En 1640, il chassa les Suédois de Bohème durant la guerre de Trente Ans. Mais il fut battu à Breitenfeld en 1642.






L’archiduc Léopold porta la charge d’évêque de Strasbourg durant 37 ans, pourtant il était réputé pour n’avoir jamais séjourné en Alsace à cause de la Guerre de Trente Ans. Il n’eut en effet que 12 ans lorsqu’il prit en charge le diocèse, à  la demande de son oncle en 1625.


Devenu gouverneur général des Pays-Bas espagnol, il réussit à installer une paix avec les Provinces-Unies grâce au Traité de Münster en 1648. Il combattit également la France. en 1653, une bulle papale « Cum Occasione » l’obligea à expulser les jansénistes des Pays-Bas.


Ce dernier fait est particulièrement intéressant. En 1653, le Pape Innocent X intervient dans sa bulle Cum Occasione où il condamne comme hérétique 5 propositions extraites du livre de chevet des jansénistes « l’Augustinus » de Jansénius. Ce décret fait suite à  la volonté de l’église romaine d’éradiquer un mouvement qui trouve au XVIIe siècle de plus en plus d’adeptes…
Rappelons que Nicolas Pavillon, évêque d’Alet (1597-1677) était janséniste… L’application de cette bulle obligea certainement l’archiduc à se confronter avec les plus célèbres jansénistes du moment…





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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Lun 3 Avr - 20:42

     Comment Téniers a été relié à l’affaire de Rennes ?



Comment a-t-on pu relier David Téniers le Jeune à l’énigme ? Tout simplement par la phrase décryptée du  Grand Parchemin et qui nous suggère que Téniers et   Poussin gardent à eux deux, la clé PAX 681 :






En réalité une autre source existe aussi, celle de    Gérard de Sède et dans son ombre  Pierre Plantard, qui le guida dans la confection de son libre best-seller  «L’Or de Rennes ». En effet, Gérard de Sède nous parle de    3 tableaux que Saunière aurait soi-disant récupéré au Louvre en allant réclamer des copies. Le romancier historien avait tout simplement oublié qu’en 1890 le Louvre ne délivrait aucune copie, une opération lourde et coûteuse, même aujourd’hui.


D’ailleurs les incohérences dans cet épisode parisien ne manquent pas. Comment Saunière aurait-il pu choisir ces artistes et par quel raisonnement ? comment imaginer qu’il sut choisir le bon Téniers parmi un millier de ses œuvres et des dizaines de Saint-Antoine ? Autre erreur, la plupart des toiles de Téniers se trouvent aux Pays-Bas ou dans des collections privées et non au Louvre qui n’en possède que deux. Ce passage de Saunière à Paris est incontestablement un moyen habile pour fournir quelques informations et expliquer l’inexplicable : l’existence d’un lien fort entre 3 tableaux et l’affaire de Rennes…






Mais comment peut-on affirmer qu’il s’agit d’une autre source ? Tout simplement grâce au troisième tableau, le portrait du   pape Saint Célestin V qui ne provient pas du décodage du  Grand Parchemin. Se pose donc la question de la détermination exacte de la toile de Téniers. Gérard de Sède la nomme mais sans nous dire comment lui-même est parvenu à cette indication. Serait-ce Pierre Plantard qui l’aurait inspiré en collaborant avec lui ?  Rappelons que Plantard  détenait un dossier riche en informations précieuses et qu’il délivrait goutte à goutte, une manière de s’imposer en tant qu’initié incontournable…



Finalement que savons-nous sur ce fameux   Téniers ? A vrai dire peu de chose, excepté qu’il s’agit d’un  Saint-Antoine Ermite et qu’il n’est pas représenté avec ses tentations comme l’indique la sentence   « …PAS DE TENTATION… ». Notons aussi qu’il ne cite pas Saint-Paul et que Ermite est au singulier… J’y reviendrai.


     Les tentations de Saint-Antoine


Si l’on se limite au Louvre, seulement  deux Saint-Antoine de Téniers sont présents, la petite et la grande tentation. Leur style est dans la plus pure tradition du maitre.    Saint Antoine de Tau, barbu et vieillissant, est agenouillé près d’une pierre plate dans une grotte éclairée par une ouverture naturelle. En pleine méditation devant un livre, il est entouré d’êtres fantastiques et hybrides, moitié monstres ou démons, moitié animaux et représentant les tentations du mal. Sur chaque scène un personnage lui propose un verre de vin, mais Saint-Antoine demeure impassible et résiste. Devant lui, des attributs classiques sont reconnaissables comme le crâne («Memento Mori »), un sablier symbole du temps qui passe et un crucifix symbole de sa foi.

Téniers fut littéralement obsédé par ce thème et réalisa de très nombreuses toiles qu’il déclina à l’infini en variant les personnages et les décors. Ces tableaux sont aujourd’hui disséminés dans quelques grands musées comme le Louvre ou le Prado et dans des collections privées.






Il faut rappeler que  Saint Antoine, alias    Antoine le Grand ou    Antoine d’Egypte, fait partie des 4 personnages fondamentaux liés au 17 janvier, une date elle-même fondamentale dans l’énigme. Saint-Antoine est mort le 17 janvier 356.


Saint-Antoine, fervent chrétien dès l’âge de 20 ans, distribua tous ses biens aux pauvres puis partit vivre en ermite dans le désert, dans un fortin à Pispir, près de Qeman. C’est à ce moment qu’il subit les tentations du Diable, tout comme le Christ durant 40 jours. Son calvaire dura très longtemps, les démons n’hésitant pas à s’attaquer à sa vie. Mais il finira par résister à toutes les tentations et déménagera pour le désert de Thébaïde sur le mont Qolzum, où se trouve aujourd’hui un monastère à sa mémoire








Téniers multiplia ce thème sans doute parce que le sujet lui apportait tout : une ambiance pesante et mystérieuses, accentuée par des jeux de lumière complexes, des personnages variés et fantaisistes, une imagination fantasque pouvant s’épanouir complétement, des instants de vie et des émotions sur chaque visage. Ajoutons que chaque tableau contient une symbolique très forte prouvant que Téniers était aussi un artiste érudit. C’est enfin une manière pour lui de traiter un sujet religieux par la dérision et la caricature, sans choquer les fervents catholiques de son siècle. Il est aussi amusant de comparer le travail de l’artiste sur chaque déclinaison du sujet. On s’aperçoit ainsi que des  objets et du mobilier sont utilisés dans plusieurs toiles…








Téniers le Jeune a-t-il été le seul à traiter le thème de Saint-Antoine ? Non, d’autres artistes avant et après lui multiplièrent les versions comme par exemple celle de David Ryckaert en 1650 (ci-dessous). Des peintres aussi connus que Dali, Bosch, Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Max Ernst, Matthias Grünewald ou Vélasquez, se confrontèrent aux tentations…








     Saint Antoine et  Saint Paul dans le désert


Parmi l’ensemble des « Saint-Antoine » de Téniers, certains n’ont pas de tentation. Cela s’explique par la biographie de  Saint-Antoine qui quitta le désert et son premier ermitage pour échapper à ses fameuses tentations. Ces dernières devenaient en effet obsédantes et le martyrisaient tellement qu’il dut partir, laissant derrière lui ces démons. Il déménagea donc pour le désert de Thébaïde et dans cette second période les tentations s’arrêtèrent. Les peintures de Saint-Antoine sans tentation représentent donc l’ermite dans cette seconde et dernière partie de sa vie.

Or dans cette dernière phase de son existence, un épisode célèbre fut celui de la rencontre avec Saint-Paul et son corbeau ravitailleur, fournissant ainsi aux artistes un magnifique thème religieux comme la version de Vélasquez.







Saint-Antoine rencontre Saint Paul dans le désert      


Contrairement à une fausse idée, c’est Saint Antoine qui vint rencontrer Saint Paul et non l’inverse. La vie de Paul l’ermite nous est racontée dans l’ouvrage en latin de Saint Jérôme vers 375-376 (La vie de Paul le premier ermite). Saint Athanase aurait également écrit une vie de Paul, antérieure à celle de Jérôme.


Paul (235-340) eut 15 ans à la mort de son père et suite  à un désaccord avec son frère aîné au sujet de l’héritage, il renonça aux biens de ce monde et se rendit dans le désert oriental intérieur. Il vécut à cet endroit seul durant 80 ans dans une grotte près d’une source. Habillé de feuilles de palmier et nourri d’un demi pain qu’un corbeau lui apportait quotidiennement.


Peu avant sa mort, Antoine le Grand, averti de la présence de Paul par un ange, vint lui rendre visite. Ils s’embrassèrent, prièrent et s’assirent.
Paul demanda : «Le monde subsiste-t-il ?  L’injustice existe-t-elle encore sur la terre ? Les magistrats gouvernent-ils avec l’erreur de Satan dans l’esprit, en tyrannisant les faibles ? »
Saint-Antoine répondit : «Oui, il en est ainsi… ? »


Le corbeau vint alors leur apporter un pain entier, pour la première fois depuis 80 ans. Peu après cette visite, Paul décéda et Antoine vit son âme monter au ciel dans la joie des anges. Il alla retrouver le corps de Paul et l’enveloppa du manteau offert par l’empereur Constantin à Saint Athanase. Puis, aidé par deux lions, il l’ensevelit au même endroit. Au IVe siècle, le monastère Saint-Paul y sera érigé. Antoine offrit la tunique de Paul, en feuilles de palmier à Athanase, qui la portait lors des grandes fêtes.





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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Lun 3 Avr - 20:55

Depuis très longtemps la mythologie de Rennes nous a présenté un seul tableau de Téniers susceptible de répondre à l’énigme : « Saint Antoine et Saint Paul dans le désert ». largement diffusé sur internet, il est apparu au public dans le livre « La Montage Sacrée » de Richard Andrews et Paul Shellenberger. Ces derniers, après une longue enquête parmi les inventaires de Téniers pour déterminer un Saint Antoine sans tentation, finir par sortir une toile du lot. Elle fut retrouvée selon les auteurs, dans la bibliothèque d’art occidental de l’Ashamolean Museum d’Oxford.

De plus, le tableau proviendrait d’une collection du second  lord Palmerston située au château familial de broalands (inventaire 1791). C’est en 1942 qu’ensuite le tableau aurait été acheté par Edwina Asheley, comtesse de Mountbatten.


Après une rapide étude géométrique, l’affaire de Rennes et les auteurs de «La Montagne Sacrée » rendirent donc célèbre cette toile oubliée. Curieusement, une information du web la situera dans la cathédrale de Chartres, ce qui s’avérera une autre fausse piste… Le mystère du Téniers aux ermites dans le désert prendra alors des ailes.
J’avais moi-même, il y a quelques années, visité la cathédrale de Chartres, espérant naturellement tomber sur cette fameuse toile, mais ne l’ayant pas vu, je classais momentanément cette piste. Après tout, un tableau se restaure et il arrive parfois que certaines œuvres se trouvent déplacées ou archivées dans une cave de musée… (J.-P.Garcia)



Plusieurs études sont alors effectuées sur sa géométrie mais sans grande conviction, l’objectif étant bien sûr de percer son secret. Il faut dire que Téniers, aussi érudit qu’il fût, n’a jamais eu une réputation de spécialiste de la géométrie sacrée. L’harmonie qui se dégage de ses nombreuses toiles n’a jamais prouvé la présence du nombre d’or. Pourtant cette œuvre semble différente et prometteuse. La croisée des bâtons des ermites respecte un angle juste invitant à continuer les recherches mais à cette époque trop de sujets se bousculaient.

C’est en rencontrant Aurore, une chercheuse chevronnée, il y a quelques années, que je compris qu’il y avait là encore matière à creuser. Fidèle du forum, elle fut également intriguée par ce tableau à rebondissement et fit sa propre enquête, la conduisant finalement à une belle surprise. C’est donc avec un grand plaisir que j’insère ici son étude amorcée sur son blog. D’autant que son approche complète parfaitement une autre analyse que j’avais entamée il y a quelque temps, celle de   Shugburough Hall et de bergers d’Arcadie de marbre…



     Existe-t-il d’autres versions de Téniers sur la rencontre de « Saint Antoine et Saint Paul » ?


D’autres versions existent mais très différentes comme celle-ci composée dans une atmosphère pastorale et forestière, très loin des paysages arides et désertiques. On y voit Saint Antoine et Saint Paul sur un banc près d’une fermette. Saint Paul montre du doigt son légendaire corbeau apportant la miche de pain. Téniers prend visiblement des libertés avec le récit historique et installe les ermites dans un décor potager de style typiquement hollandais… Nous sommes loin d’un ermitage dominé par la faim et devant cette ferme riche en légumes, la miche de pain est presque superflue…





La version suivante est particulièrement intéressante pour son profil montagneux rappelant le Cardou et cette grotte chargée de détails. Le paysage est littéralement féérique et la montagne creusée à droite offre un parfait décors aux mystères de Rennes. Mais pas de précipitation, la tour au loin n’est pas   la Tour Magdala comme certains l’ont imaginés, effaçant deux siècles d’écart entre Téniers et Saunières…
Mais il existe d’autres tours dans le Haut Razès beaucoup plus anciennes…

Il existe toutefois une particularité intéressante sur cette toile comme le fit remarquer un passionné habitué du forum (Simple Curieux, Jacques Mazières). Le ciel nous montre des oiseaux regroupés de 4 (deux paires d’oiseaux), puis vers la droite un groupe de 9 en trois sous-groupes de 3, 4, et 2, formant une ligne oblique. Puis 1 oiseau de face, le plus grand. Puis 2 oiseaux en haut à droite. Plus la taille diminue et plus le chiffre est grand.
Or en rassemblant les chiffres nous obtenons 1, 2, 9, 4,    1294 l’année de l’élection et de la démission de  Saint Célestin V, une référence au fameux 3ème tableau dont  Gérard de Sède donna l’indication. Hasard de la composition ou codage ?





Il suffit de comparer la version anglaise avec celle-ci pour s’apercevoir que cette scène moins travaillée est peut-être un premier essai.


On y retrouve une canne posée de la même manière, des livres ouverts, une jarre et un bol, ainsi que ce petit toit de chaume caractéristique.



Les deux ermites d’après David Téniers – Autun (Musée Rolin).
Première toile avant la version anglaise ?


Mais surtout il y a les visages des deux saints qui confirment bien qu’il s’agit du même artiste…

La pierre cubique porte la signature façon Téniers. Observez les contours de la grotte qui rappellera certainement quelques détails pour les passionnés…


C’est en parcourant quelques archives que je découvris une autre version inédite, plus intimiste et présentée au  musée du Prado à Madrid. Les personnages sont dans une caverne et le paysage extérieur montre un château perché sur une colline. Si ce tableau est d’un style très différent des précédents, il se rapproche beaucoup de la version anglaise. La maîtrise du clair-obscur démontre ici tout le talent du maître. Des objets ont aussi disparu comme les deux bâtons et le décor est plus sobre…Il semble en tout cas que 1650 fut  une année très prolifique pour Saint Antoine et Saint Paul…




     Mais où donc est passé le « Saint Antoine et Saint Paul » version anglaise ?



Objet d’une enquête effectuée par les co-auteurs de « La Montane Sacrée », il était naturel de vouloir admirer ce chef d’œuvre flamand d’autant qu’il a été enregistré à la cathédrale de Chartres… seulement voilà, ce serait une erreur. Il n’y est pas et il n’y a jamais été, une intox de plus dans cet épisode déjà bien malmené. La première question est donc celle-ci : où se trouve la version dite « Anglaise » de Téniers ?
C’est ici que l’affaire devient troublante car même si cette toile ne possède pas un lien direct et prouvé avec l’énigme de Rennes, il reste qu’elle est entourée de mystères et de plusieurs rebondissements inattendus. Nous avons vu précédemment que selon « La Montagne Sacrée » elle proviendrait d’une collection du    second Lord Palmerston et qu’elle fut ensuite achetée par    Edwina Ashley, comtesse de Mountbatten, en 1942, mais pour tenter de comprendre son parcours il faut remonter à l’histoire de   Shugborough Hallet de la famille   Anson.


Avant de continuer, il est bon de préciser une donnée importante. Il n’existe aujourd’hui aucune preuve que les Téniers portant sur le thème « Saint Antoine et Saint Paul » correspondent au tableau recherché. Il faut considérer que l’étude qui suit porte sur l’histoire étrange d’un tableau de  Téniers… Rien de plus…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Mar 4 Avr - 13:08

     Shugborough Hall et le Téniers


Bien que cela puisse paraître étonnant, l’une des hypothèses est que la version anglaise du « Saint Antoine et Saint Paul dans le désert » soit en réalité la copie d’une autre version de Téniers qualifiée d’originale. Cette dernière aurait ainsi servi de modèle à    Ann Margaret Coke Anson, la châtelaine de   Shugborough Hall. Mais comment en est-on arrivé là ?


Il se trouve que tout simplement, dans le travail d’inventaire destiné à dénicher le bon Téniers, ce tableau est également attribué à  Ann Margaret Coke. Or,  Shugborough Hall  qui était sa résidence, est un lieu largement réputé dans l’affaire de Rennes et notamment pour son marbre des Bergers d’Arcadie. On a ainsi un lieu privilégié entre  Ann Coke, la famille   Anson,   Nicolas Poussin  et ses bergers arcadiens et  Téniers le Jeune … La coïncidence est décidément trop belle…




     Copie ou version de Téniers ?




L’aventure de ce tableau est particulièrement émaillée de curiosités, à croire qu’il y aurait eu une volonté, soit de perdre quelques curieux, soit d’attirer l’attention. Car si ce tableau est une copie réalisée par     Ann Coke, pourquoi alors l’avoir encadre avec une cartouche clairement signé    David Téniers ? Si on examine le cadre (voir l’image ci-dessous), le nom apparaît facilement. Mais ce n’est pas tout, la pierre cubique laisse aussi deviner la signature de Téniers telle qu’il avait l’habitude de l’écrire D.TENIERS. incontestablement ceci ne milite pas pour une copie et comme nous allons le voir d’autres arguments montrent qu’il s’agirait bien d’un Téniers…









Ce tableau signé Téniers aurait donc été attribué à   Ann Margaret Coke dans un inventaire. Or elle est l’épouse  Anson et la belle-fille de  Lord Anson, le commanditaire du marbre des Bergers de Poussin, une bien curieuse coïncidence.






Y aurait-il eu alors une confusion avec d’autres toiles qu’elle aurait copiées ? Ann Coke était en effet une artiste surdouée.


Ann naquit le 23 janvier 1779, à Holkam, comté de Norfolk, en Angleterre et sa vie fut classique si on la compare aux autres femmes de sa condition. Mais il y a un fait intéressant : elle fut l’élève avec sa jeune sœur, d’un célèbre portraitiste de la cour, Thomas Gainsborough. Car Ann Margaret Coke était déjà très jeune, une talentueuse artiste et selon son biographe il était parfois difficile de discerner le travail du maître et celui de l’élève. Pour preuve, voici une de ses toiles peintes à l’âge de 14 ans «L’Académie des Enfants ». Aucun doute elle était douée pour le dessin… et même très douée…






Artiste dans l’âme, elle se passionnait pour l’harmonie des couleurs et des nuances. Elle adorait également rénover des enluminures et des vieux missels.
   Le 15 septembre 1794, Ann Margaret Coke épousa    Lord Thomas Anson (1773-1818) et entra ainsi dans le superbe domaine de  Shugborough, dont les jardins étaient déjà pourvus des 8 monuments dont le  marbre arcadien. Car la famille Anson, bien avant l’arrivée de Ann Coke, suscitait déjà depuis de nombreuses années énormément d’intérêt pour certaines toiles de    Nicolas Poussin. Voici un magnifique lien entre la famille  Anson et  Poussin, entre Anson et les  Bergers d’Arcadie, entre Ann Coke et  Téniers… Tout ceci ne serait que des coïncidences ?


Il faut ajouter à ces étranges liens une peinture qui montre    Lady Anson Coke, la mère de Thomas Coke, avec dans ses mains les Bergers d’Arcadie première version. Assurément, cette famille était passionnée par les mystères de Poussin…    Ann Margaret Coke poursuivait-elle la quête du Graal ? voulait-elle laisser une trace de ses recherches ? fut-elle conseillée de réaliser quelques copies que l’on retrouvait aujourd’hui dans sa collection ? Cette même collection où se trouverait une grande huile, notre fameux Saint Antoine et Saint Paul dans le désert, version anglaise…






Le descendant de cette famille fut jusqu’en 2005 le    Comte de Lichfield, connu sous le nom de,  Patrick Lichfield, le célèbre photographe anglais possédant un appartement à Shugborough. Il disparut le 10 novembre 2005. Sa mère est la princesse  Anne du Danemark.






Nous sommes donc en présence d’un tableau signé Téniers et attribué (à tord ?) à Ann Coke, une artiste réputée pour ses collections et ses copies.
La piste s’arrêterait-elle là ? Pas du tout. Car si l’on admet qu’il s’agit d’une copie, il y aurait un original… Le trouver reviendrait à relancer son mystère. C’est ce qu’Aurore fit au cours de son enquête : suivre la trace de cet original s’il existe. C’est en 2009 qu’elle me fit part de cette trouvaille. Une autre version existe bel et bien, à l’abri du public.


Pour des raisons évidentes de discrétion envers les propriétaires qui ont donnés leur confiance, le lieu est tenu secret. Mais pour les besoins d’une inauguration, cette toile a été prêtée temporairement au musée de Flandre à Cassel, le temps d’une exposition 2010. Le voici (ci-dessous) avec une  palette et des traits qui ne font aucun doute sur l’identité de l’artiste…












En comparant rapidement ces deux versions, on peut vite s’apercevoir qu’elles divergent sur de nombreux points. Les personnages, bien que très ressemblants, n’ont pas les mêmes poses, Saint Paul montre le corbeau alors que sur l’original il semble détaché. Sur la version anglaise, un crucifix est apparu ainsi qu’une seconde canne, mais un livre à disparu. Les configurations rocheuses sont plus incisives dans la version anglaise et plus douces dans la première. Quant aux lumières, la version anglaise est moins obscure, moins ténébreuse.
La version anglaise serait-elle une copie dans le vrai sens du terme ? Non, il faut le reconnaitre. Il s’agit plutôt d’une seconde version, telle que Poussai aimait les faire en travaillant son sujet à deux reprises. Difficile donc d’affirmer qu’[b]Ann Margaret Coke[/color] fut la réelle artiste de l’œuvre version anglaise…















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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Mar 4 Avr - 13:55

   - S’agit-il d’une copie d’Ann Coke ? Peu probable…


Si l’élaboration d’une œuvre reconnue relève d’un véritable don, la création d’une copie est un exercice tout à fait différent. Contrairement à l’artiste attaché à ses propres contraintes, le copiste doit respecter des règles et un style qui ne lui appartiennent pas. C’est un travail difficile, qui demande énormément d’attention, une connaissance parfaite des techniques et une appropriation de l’âme du maitre. On ne s’improvise pas copiste, c’est un art dans l’art. il y a aussi plusieurs types de copie, la reproduction au plus près de l’original et l’interprétation. S’il y a eu copie par Ann Coke c’est la seconde option dont il est question ici.


En effet, le nombre de différences très nettes prouve que l’artiste supposé copieur a pris des libertés. Mais là encore une autre difficulté réside. Prendre des libertés veut dire que l’on s’autorise à un rendu différent et à des détails qui n’appartiennent pas au maitre. Or ici, ce n’est pas le cas. Non seulement ce n’est pas une copie exacte, mais les différences restent exactement dans le style Téniers. Le copiste devait donc posséder, non seulement le savoir-faire du maitre, mais aussi la mémoire de son style disséminé sur ses autres toiles. N’oublions pas que nous sommes vers 1800 et qu’il n’existe ni photo, ni web…





Comparons par exemple le toit  de chaume du Téniers à droite et celui de la version anglaise. La ressemblance est frappante.

Les multiples déclinaisons de Téniers sur ce thème montrent qu’il existe de très nombreux objets qui sont repris à l’identique de toile en toile. La vitesse à laquelle le peintre produisait ne lui permettait pas d’imaginer entièrement de nouveau décors. Comme  pour un metteur en scène, Téniers utilisait les mêmes accessoires dans des situations différentes.


Il est aussi intéressant de comparer la version anglaise avec le Saint Antoine ci-dessous. Vous y retrouverez de nombreux détails visibles dans la version anglaise, comme par exemple le crucifix, ou cette manière de ciseler les pierres. La canne appuyée sur une pierre est aussi un détail très « Téniers » que l’on retrouve sur la toile « Les deux ermites » ci-dessus.  Ann Margaret Coke aurait copié ? Peut-être mais rien ne permet de l’affirmer…
Ou presque, car il faut connaitre un détail qui peut avoir son importance. Le beau-père d’Ann Coke,  Lord Anson, commanditaire du monument des Bergers, résida quelque temps à Versailles après la mort de  Louis XIV… Voici donc un joli trait d’union entre la France et l’Angleterre sur fond Poussin-Téniers…


Un fait reste en tout cas bien intrigant : cette seconde version anglaise était enregistrée à la fois dans la collection de la famille  Anson, propriétaire des Bergers de marbre et dans la collection du  second Lord Palmerston. Deux sources pour un tableau, son parcours est décidemment bien chaotique et mystérieux…





     L’autre piste Palmerston


Selon une première piste, l’œuvre anglaise aurait fait partie de la collection du  second  lord Palmerston. Mais qui était-il ? Là encore, en s’intéressant à sa famille des surprises nous attendent…
La famille Palmerston possède en effet une bien curieuse lignée, le personnage le plus emblématique étant le célèbre   Henry John Palmerston, alias  Henry Temple



   Sir Henry John Temple, 3e vicomte Palmerston était avant tout homme politique britannique.


Il naquit à Broadlands (Hampshire) le 20 octobre 174 et mourut le 18 octobre 1865. Il fut ministre des Affaires étrangères de la reine Victoria et Premier ministre. Ses activités étaient la supervision des forces britanniques dans la Guerre de Crimée et les guerres d’opium contre la Chine entre 1840 et 1858. Mais il est aussi suspecté d’être le  Grand Patriarche et le Maitre de Grande Franc-maçonnerie orientale.


A son époque l’ordre politique est instable. Les révolutions de 1830 bouleversent l’équilibre politique européen issu du Congrès de Vienne. Les Pays-Bas sont coupés en deux par la Révolution belge, le Portugal sombre dans une guerre civile et la Pologne s’oppose à la Russie…





Henry Temple (1784-1865) – 3e Vicomte Palmerston en 1863
Deux ans avant sa mort.



Henry Temple, 1er Vicomte Palmerston (1673-1757)
Henry Temple, fils aîné de John Temple (diplomate et orateur de la Chambre des communes irlandaise) était de la noblesse irlandaise et un homme politique britannique. Il épousa le 10 juin 1703 Anne Houblon, fille d’Abraham Houblon, gouverneur de la Banque de l’Angleterre, et ils eurent deux enfants : Henry et Richard.
En 1736, il acheta Broadlands de Humphrey Sydenham et se remaria à Isabella Gerard. Aucun de ses fils ne lui survécut et sa succession fut transmise à son petit-fils Henri qui deviendra le 2ème Lord Palmerston.





Henry Temple, 2eme Vicomte Palmerston (1739-1802)
Petit-fils du 1er Lord Palmerston, Henry Temple fut également un politicien britannique. Membre de la Chambre des communes britanniques, il représenta «The Constituncies de Looe Est » entre 1762 et 1768, Southampton entre 1768 et 1774, Hasting entre 1774 et 1784, Boroughbridge entre 1784 et 1790, Newport, Île de Wight entre 1790 et 1796, Winchester entre 1796 et sa mort entre 1802. Il fut nommé à la chambre de commerce entre 1765, Lord de l’Amirauté entre 1766 et 1777 et Lord de la Trésorerie de 1777 à 1782.



Voici donc le personnage qui aurait possédé la fameuse version anglaise de Téniers. Nous aurions donc une seconde piste avec celle d’Ann Margaret Coke et si l’on compare les dates, Ann Coke était bien une contemporaine du second lord. En effet, lorsqu’elle se maria en 1794, Henry Temple 2eme Vicomte avait 55 ans.
Mais un fait est certain. Les deux familles se connaissaient et échangeaient comme le montre les archives des courriers de la famille Ansson de Shugborow. Il existe notamment des lettres de 1850 qui le démontrent.

Il reste à comprendre d’où vient un tel intérêt pour ce Saint Antoine et Saint Paul et qui fut réellement le commanditaire et le premier collectionneur, les Anson ou les Palmerston ?



L’autre alternative…


Inutile de remettre en question Téniers le Jeune et un Saint Antoine sans tentation. La formule du Grand Parchemin est suffisamment claire sur ce point. D’autre part, si Téniers et Poussin sont liés dans l’énigme, chacun par la confection d’une toile particulière, il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de Téniers le Jeune (1610-1690), Nicolas Poussin (1594-1665) étant son contemporain. L’idée étant qu’un seul commanditaire aurait planifié le codage sur 2 tableaux et par 2 artistes différents. Si l’on considère que Nicolas Pavillon fut le commanditaire des Bergers d’Arcadie II, serait-il possible qu’il soit également impliqué pour le Téniers ?


On sait que Pavillon était en conflit politique avec Louis XIV. Les multiples désaccords de l’évêque avec le pouvoir royal, le tout sur fond de crise janséniste, ne pouvait que l’inciter à choisir un artiste qui ne fasse pas partie de la cour de France. téniers, le peitre «aux magots », était certainement un très bon candidat pour l’évêque d’Alet.


Le tableau recherché est donc un Saint Antoine de Téniers le Jeune n’ayant aucune tentation, ou en tout cas avec un élément suffisamment clair qui indique que l’on n’est pas en présence d’une tentation, il n’y a aucun doute. La question est donc la suivante :



Existe-t-il des œuvres de Saint Antoine, seul, et sans tentations ?


Mis à part « Saint Antoine et Saint Paul dans le désert » il existe très peu de Saint Antoine seul reconnu de David Téniers. En voici un exemple ci-dessous. La présence de Saint Antoine isolé dans un décor de roches insolites, les pieds au bord d’une rivière ou d’une source est toutefois étrange. Mais il faut bien le reconnaitre, celui-ci, pas plus qu’un autre, ne permet d’affirmer qu’il s’agit du bon Téniers. La question reste donc entière.


Il n’existerait donc plus aucune piste ? Le principal candidat serait donc le Saint Antoine et Saint Paul dans le désert ?









Mais a-t-on vraiment examiné tous les Saint Antoine connu à la loupe ?


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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Mar 4 Avr - 15:20




     Le Téniers de Rennes enfin révélé



     Saint Antoine et les 7 péchés capitaux (1670) de David TENIERS le Jeune (1610-1690)


Il fallut attendre 2011 et une querelle de chercheur pour que le Téniers de Rennes soit enfin révélé au public. On aurait pu croire comme d’habitude lors d’une nouvelle étude, que ce tableau fasse l’objet d’une farouche opposition, qu’il soit rejeté par l’ensemble des chercheurs refusant d’admettre tout lien avec l’énigme. En fait, cette toile comporte tellement de détails concernant l’affaire qu’elle fut immédiatement adoptée.

C’est la phrase clé «  BERGERE  PAS DE TENTATION  QUE POUSSIN  TENIERS  GARDENT LA CLEF… »   issue du grand parchemin, qui nous fournit le nom de l’artiste. Mais une autre indication existe : «Pas de tentation ». il faut donc déterminer une œuvre sans tentations ou en tout cas une peinture marginale à toutes les tentations de Saint Antoine peintes par Téniers. C’est le cas avec cette toile particulièrement intrigante.


 L’œuvre de Téniers visée par la formule et donc liée à l’énigme de Rennes, a été révélée en juillet 2011 par Frank Daffos et Didier Héricart de Thury («L’Or de Rennes, quand Poussin et Téniers donnent la clef de Rennes-le-Château » paru aux éditions ARQA). Sa composition est extrêmement complexe et contient un véritable rébus allégorique.





David Teniers le JEUNE – La Tentation de Saint-Antoine du Prado
 1670 (ref.1618 – année1849)
Peinture sur cuivre  dim 55 x 69 signé D. Teniers fec.

Peinture provenant de la collection de Don Luis de Benavides,
marquis de Caracena, Gouverneur et capitaine général
des Flandres
Collectionneur des Œuvres de David Teniers le Jeune.






Remarquons au préalable que cette peinture a été faussement classée par le musée du Prado sous le terme  « Tentation » alors qu’il ne s’agit pas d’une tentation…
En effet …






     Qu’appelle-t-on exactement une tentation de Saint-Antoine ?


Tentation : au sens religieux, c’est une impulsion  qui pousse au péché, au mal. Dans le cas de Saint Antoine, ses tentations sont instrumentalisées par des démons et par un bestiaire très varié.


Lorsque l’on étudie les différentes tentations de Saint Antoine de Téniers, des constantes apparaissent. La tentation la plus évidente est celle de la coupe de vinqu’un démon présente délicatement au saint impassible. Pour démontrer sa foi et son abnégation, Saint Antoine reste concentré sur sa lecture pieuse. Rien ne peut le perturber, malgré une animatrice particulièrement exubérante et fantasque qui essaye de l’extraire de sa foi.


Tentation n.f. est emprunté (v.1280), d’abord sous la forme temptacion (1120), au latin temptatio dérivé de temptare, signifiant «attaque de maladie » et « essaye, expérience », spécialisé en latin ecclésiastique dans son sens religieux. Dans un contexte chrétien, le mot désigne le mouvement intérieur portant l’homme au mal. Par extension, il se dit de ce qui incite à une action en éveillant le désir (1637). Il a été employé comme en latin au sens d’essai (1450) jusqu’au XVIIe siècle, en concurrence avec tentative. Tentateur,
Trice n. et adj. Est emprunté, sous la forme tempateur (1495), au dérivé latin temptator qui désignait en latin classique le séducteur avant de prendre en latin ecclésiastique le premier sens de «démon ».




Tentateur a supplanté la forme ancienne dérivée du verte temptere (XIIIe siècle puis tenteur XVIe siècle) ; il désigne le démon et plus généralement (1636) celui qui induit en tentation.








La toile ci-dessous est particulièrement intéressante puisqu’elle se rapproche du Saint Antoine de Rennes. La tentation est toujours représentée par une coupe de vin, Mais cette fois-ci, elle est amenée par une femme. En réalité cette femme est aussi un démon indiqué par ses pieds griffus et une queue. Une mégère démoniaque se charge des présentations et incite Saint Antoine à prendre ce breuvage. Impassible, ce dernier reste concentré sur sa lecture et devant la croix. Tous les autres personnages assistent à cette scène. C’est une tentation, il n’y a aucun doute.


Remarquez que l’on retrouve déjà ici quelques personnages du tableau de Rennes comme ceux en haut de la toile, l’un pourfendant le second de son bâton effilé…








Nous avons ci-dessous une scène équivalente où une mégère démoniaque présente à Saint Antoine une courtisane et une coupe de vin, symboles même de la tentation que sont la luxure et la gourmandise.  C’est aussi une tentation…







Autre exemle, une mégère présente une courtisane à Saint Antoine, en fait un démon aux pieds griffus.  C’est aussi une tentation…









     PAS DE TENTATION QUE … TENIERS GARDENT LA CLEF…



Pour que Téniers de Rennes respecte la sentence « Pas de Tentation » il faut que le sujet ne soit pas une tentation. Observons le tableau des 7 péchés capitaux. Saint Antoine n’est plus concentré dans sa lecture religieuse mais il est absorbé par un détail qui semble littéralement l’obsédé. Ses yeux sont inquiets, affolés, et son regard est tourné sur sa droite. Il n’est d’ailleurs pas le seul. La plupart des personnages ont les yeux rivés sur le coin inférieur gauche de la toile. Nous sommes en présence d’une peinture où un drame se prépare et Téniers fige cet instant.


Il est clair que nous ne sommes pas en présence d’une tentation, mais de tout autre chose. Téniers veut nous confier un message complexe et il utilise son bestiaire pour y parvenir. Mieux, la scène traite des 7 péchés capitaux mais c’est une façon détournée de nous inviter à lire la toile d’une autre manière…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Mar 4 Avr - 16:44

     Les 7 péchés capitaux (et non principaux…)


« Les 7 péchés capitaux » est un concept créé par la religion catholique. La liste fut remise en question au Ve siècle par  Jean Cassien puis par le pape   Grégoire le Grand vers 590. Ce fut lors du 4ème concile du Latran en 1215 que la définition fut adoptée. Elle sera confirmée par    Thomas d’Aquin au XIIIe siècle.


Le principe est de lister les comportements humains qu’il faut éviter afin de ne pas commettre de péchés. Le terme « capitaux » provient du fait que ces comportements sont ceux d’où déclinent toutes les autres déviances. Notons tout de suite que ce capital ne veut pas dire majeur, le meurtre n’étant pas listé mais le meurtre peut découler de la colère, l’un des 7 péchés…


Chaque péché est personnifié par un démon :


   
• 1. La paresse est associé à Belphégor
• 2. L’orgueil (la vanité) est associé à Lucifer
• 3. La gourmandise est associée à Belzébuth
• 4. La luxure est associée à Asmodée
• 5. L’avarice est associée à Mammon
• 6. La colère est associée à Bélial
• 7. L’envie (la jalousie) est associée à Léviathan





     Décryptons simplement…


     Localisons les 7 péchés


Il est très facile de repérer les personnages liés à chaque péché. Les voici :









 L’envie et la jalousie  - le personnage au nez pointu regarde l’avarice compter ses pièces et jalouse sa richesse, mais il porte aussi son regard vers la colère… Aurait-il avec elle un différent ? Et que contient ce coffre qu’il protège tant entre ses mains ?



Notons que chaque personnage représentant l’un des 7 péchés capitaux est en fait un monstre aux pieds griffus ou aux oreilles de démon, excepté la paresse qui chevauche une mule…



La colère, un personnage étrange, porte une boucle d’oreille et chevauche un lion.






Sous les pattes du lion un autre personnage visiblement affamé croque dans une tomate…











     Suivez les regards…

Un exercice simple consiste à suivre les regards appuyés. On peut remarquer immédiatement que plusieurs personnages dont Saint Antoine, sont absorbés par l’action qui est en train de se dérouler à gauche de la toile. Ils regardent la colère chevauchant un lion, un couteau à la main. Le lion prêt à bondir est retenu par sa crinière. Visiblement ce démon cherche querelle vers une autre direction du tableau.


Suivons son regard qui est aussi celui du lion. Ils ont clairement un compte à régler avec un mystérieux petit personnage, blotti derrière l’avarice, plutôt inquiet et tenant fermement un coffre dans ses mains… Nous voici donc dans une scène tragique et sans aucun doute historique que Téniers nous révèle de façon allégorique et imagée.


Remarquons aussi que les deux seules femmes présentes dans la scène ne regardent pas l’action qui se prépare, comme si elles ne se doutaient de rien, ou comme si l’histoire de Rennes leur était indifférente.




 Suivons les regards… (sens de lecture, du bleu au vert)




     Les 7 détails qui relient le tableau à l’énigme de Rennes



• Le profil montagneux en toile de fond montre   le Bugarach sans aucun doute possible, vu dans la direction Nord-Ouest/ Sud-Est





• Le tableau porte la référence 1618 rappelant le fameux 681 de la phrase BERGERE PAS DE TENTATION… mais aussi le  




Se reporter à la rubrique sur la géométrie sacrée du nombre d’or (http://www.rennes-le-chateau-archive.com/)




Notons que 1618 est pointé, alors que ce point n’a aucune signification à part s’il représente une virgule qu’il faut replacer…


• Deux initiales  P F sont inscrites sur le sac d’or de l’avarice
Connaissant l’histoire de Rennes et ses démêlées au XVIIe siècle avec certains grands personnages de l’époque, il est plus que tentant d’y associer les deux Nicolas,     Nicolas Pavillon et Nicolas Fouquet qui se partagèrent quelques richesses…






• Un personnage porte sur sa tête une poule. La coïncidence est trop belle puisqu’il suffit de compléter  P et F, par les deux Nicolas, Nicolas    Pavillon et Nicolas
Fouquet, avec un troisième personnage qui fut le dindon de la farce, le    Baron d’Hautpoul. En effet, un long procès opposèrent Nicolas Pavillon et quelques barons dont le baron d’Hautpoul, l’enjeu étant un droit de passage sur les terres des Hautpoul par les hommes de Pavillon. L’objectif était de certainement récupérer un dépôt à la barbe du baron. A ce titre on peut dire qu’il porta la chandelle puisque les richesses lui passèrent probablement sous son nez…


Les allégories continuent avec la scène de gauche. Un personnage en colère, les yeux globuleux, menace de son couteau les personnages de droite, l’avarice et l’envie.  Ce personnage chevauche un lion et écrase un malheureux affamé. Téniers, représente en réalité la France du XVIIe siècle vue depuis son pays flamand. Traduction :   Louix XIVet son pouvoir royal représenté par le lion écrase son peuple, la France en pleine famine. Le malheureux n’a pas d’autre ressource que celle de se nourrir d’une tomate, un fruit qui à l’époque ne se mangeait pas. Le roi, impuissant, assiste à la scène, et est furieux de voir ce partage du dépôt entre  Pavillon et   Fouquet





• En haut de la peinture, deux personnages fantasques s’affrontent. L’un semblant sortir d’une grotte, porte une épée à la ceinture et se protège dans un pot en terre. L’autre, un bâton à la main le pourfend, où plus exactement inscrit sur son torse une date…







Comme toujours dans cette affaire où « énigme de Rennes » rime avec intox et affabulations, les dates ou les indices apparaissant sur les peintures sont la bête noire des détracteurs qui n’ont qu’une obsession : nier en refusant leur réalité et en invoquant une quelconque bizarrerie artistique. Il est évident qu’une date dérange car il faut ensuite l’interpréter et expliquer sa présence discrètement peinte au milieu d’une toile…Les détracteurs n’auront pas de chance ici car des chiffres sont visibles sur le torse d’un personnage…    1…9 4 …









Rappelons que le troisième tableau signalé par Gérard de Sède est celui de Célestin V, le 192e pape élu. Pierre Angeliner de Morron (1215-1296), italien, fut élu en effet le 5 juillet 1294 et abdiqua le 13 décembre, s’estimant incompétent. Il mourut deux ans plus tard.




Cette année 1294 est décidemment une date importante pour le secret de Rennes…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Mer 5 Avr - 12:46

• Une pierre aux formes particulière orne l’entrée de la grotte supérieure. En s’exerçant un peu on devine plusieurs têtes d’animaux mais surtout on devine très nettement une tête de brebis ou de mule vue de face avec son sabot…






Il est à noter que ce tableau  n’est plus visible aujourd’hui au musée du Prado, et il est en outre plus possible d’en obtenir un ektachrome ou une copie…





     Un autre Téniers très fortement ressemblant


C’est en réexaminant d’autres toiles du même thème qu’un tableau de Téniers m’est apparu sortant du lot. En effet, il traite également des    7 péchés capitaux.


Il fallait s’y attendre. Un peintre aussi prolifique que Téniers ne pouvait se contenter de traiter ce sujet qu’une seule fois. Nous avons peut-être ici une version antérieure et tous les personnages sont déjà installés, la gourmandise (le buveur en rouge), la paresse (la femme en noir), etc…Plus étonnant nous retrouvons l’avarice avec ses sacs, et la colère, une mégère échevelée tenant le balai de sorcière et la chandelle, chevauchant un lion. Sur ce dernier point nous verrons plus loin quelques explications sur son origine. En haut les deux personnages sont dans la même positin, l’un embrochant l’autre…

Serait-ce une première version destinée à l’énigme de Rennes avant la version finalisée que l’on connait aujourd’hui et enregistrée au     musée du Prado sous la référence 1618 ?





Tout comme le tableau de Rennes, on peut se livrer au même exercice d’analyse. Suivons les regards…


Saint Antoine est alerté par un personnage derrière lui qui montre du doigt une direction et plus vraisemblablement l’entrée de la grotte. Un monstre ailé, au fond, invite également à porter l’attention sur le même endroit. La colère est elle-même attirée par cette direction. Sur ce dernier point il faut pour comprendre connaitre la légende de la Dulle Griet abordée plus loin. La colère serait-elle inquiète que son dépôt soit retrouvé ? Autre détail intéressant, l’entrée de la grotte derrière la gourmandise semble habitée par un ours debout…

L’auteur (du texte) est convaincu que cette toile a aussi de beaux jours dans l’affaire de Rennes. Il reste maintenant à disposer d’une précision suffisante pour tenter de retrouver les mêmes détails. Assurément les nouvelles pistes s’ouvrent sur d’autres tout aussi passionnantes



     Allons plus loin…


Téniers n’en finit pas de fasciner tant son œuvre est gigantesque et mal connue. Les toiles comportent une telle richesse de symboles et de personnages récurrents qu’il devient difficile de ne pas relier certains tableaux entre eux. Nous allons aussi voir que les monstres et le bestiaire démoniaque n’appartiennent pas qu’à Saint Antoine. Ainsi, compte tenu de ce qui a été vu précédemment, l’œuvre ci-dessous devient déconcertante car elle permet de comprendre l’évolution de l’artiste dans sa mythologie bestiaire.






En 1640 Téniers peint le mythe de    Margot la folle ou l’enragée. Son inspiration provient en réalité de  «La Dulle Griet »,  un personnage du folklore flamand qui a la réputation d’être une mégère. Ceci a d’ailleurs donné lieu à un tableau flamand extrêmement célèbre peint par Bruegel l’ancien en 1562. Téniers revisite donc ce thème en y ajoutant son bestiaire favori.


Dans un paysage de guerre, une femme en armure muni d’un panier de victuailles, l’épée à  la main, se précipite vers la gueule des Enfers. Elle se nomme  Griet (Margot ou Marguerite) et on la surnomme  «La folle » ou «l’enragée ». Derrière ce personnage, d’autres femmes luttent contre des démons inspirés de Jérôme Bosch. L’œuvre reste toutefois une énigme et son message divise les spécialistes de l’art…


La période 1640  fut particulièrement trouble et très violente dans la Flandre. Le pays est alors sous domination de Philippe II d’Espagne, fils de Charles Quint. Il y règne un climat de guerre civile dû à  la famine, à la misère et aux guerres de religion suite à la réforme catholique et la montée des mouvements protestants et indépendantistes.



   «Margot est perçue par Bruegel comme une figure folklorique de l’incarnation de l’avidité furieuse. Emportant son butin, elle se dirige en courant vers la gueule de l’enfer ; les démons hissent un pont-levis et il est impossible de déterminer si Margot la Folle veut mettre son bien en sécurité ou si elle veut partir à la conquête de l’enfer ».




     De Marguerite de Bourgogne à Margot l’enragée…


Le mythe flamand de  Dulle Griet s’est probablement inspiré de     Marguerite de Bourgogne.  Il faut se rappeler que les Etats qui se constituèrent autour de la Bourgogne et des Flandres furent une des grandes puissances européennes du XIVe et du XVe siècle. Cette puissance économique vint de la monnaie ducale et de la prospérité des Pays-Bas qui étaient alors les territoires les plus riches de l’Europe.


Philippe le Hardi (1363-1404) hérite en 1384 de son épouse  Marguerite de Flandre d’immenses territoires dont les comtés de Flandre, de Bourgogne, d’Artois, de Nevers, de Rethel, les seigneuries de Salins, de Malines et d’Anvers. Philippe le Bon (1419-1467) continue cette expansion en achetant des terres, par des mariages et par des héritages des comtés de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Frise et de Zélande. Il y aura aussi les duchés de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg, puis par Charles le Téméraire, le duché de Gueldre et la Lorraine.


On voit donc que la Bourgogne et la Flandre sont intimement liée par l’histoire. Il existe d’ailleurs à Gand (Flandre) une bombarde de 5 m d’époque bourguignonne et nommée   la Dulle Griet.



Marguerite de Bourgogne (1290-1315) était une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle est la fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne et d’Agnès de France (1260-1325). Elle est donc par sa mère la petite-fille de Saint-Louis. Marguerite de Bourgogne fit édifier un couvent à Saint Pardoux la Rivière pour se racheter de tous ses péchés. En 1314, Philippe IV le Bel, roi de France, fit arrêter ses 3 belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne et Blanche, sur dénonciation. Elles auraient été prises en flagrant délit d’adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d’Aunay. Ce scandale qui ébranla le pouvoir royal passa à la postérité sous le nom d’affaire de la Tour de Nesle. Sous la torture, les deux chevaliers avouèrent leurs relations avec les princesses qui duraient depuis trois ans. Ils furent, à Pontoise, écorchés vifs, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet. Marguerite, enfermée dans la forteresse de château-Gaillard sera tenue au secret dans sa prison.


Elle devint reine de France à  la mort de son beau-père Phiippe IV le Bel, le 29 novembre 1314 mais elle resta enfermée. Elle sera retrouvée morte le 30 avril 1315 peut-être de froid ou simplement assassinée pour libérer le trône…




Ainsi nous pouvons lié à la Bourgogne plusieurs symboles forts, une grotte, un trésor, et des monstres. C’est aussi la légende de  la Vouivre, la vipère ou le    serpent (rouge), comme l’on voudra…


Selon la légende   la Vouivre est un monstre dragon habitant dans une grotte. Il garde un trésor qu’on cherche a lui dérober. Mais le plus étonnant est qu’il existe plusieurs variantes de ce récit, de la Bourgogne à       la Provence où l’on retrouve la Vouivre sous le nom de  «la Tarasque »






Ceci permet d’arriver au     mythe de la sorcière, un autre thème également traité par   Téniers le Jeune. On retrouve évidemment les personnages favoris du peintre et quelques éléments de sorcellerie comme le bouc, le crane, et un balai de sorcière assorti de sa chandelle. Une femme nue ajoute un sens démoniaque et indécent à  la scène en ce siècle puritain…


Mais le plus intéressant est ce personnage surmonté d’une poule, que l’on retrouve dans le tableau de Rennes devenant     le baron d’Hautpoul. Faut-il penser que Téniers avait par pure coïncidence déjà créé ce personnage ? Om le conserva-t-il après l’avoir introduit dans le tableau de Rennes ? Que de question en suspend…


La jeune femme assise est certainement l’épouse de Téniers, Anna, fille du peintre Bruegel, et qui servait de modèle pour  différente toile du maitre.




ci-dessous un autre tableau de Téniers concernant la sorcellerie. La scène est reprise fait de façon moins intimiste. Remarquez le personnage en haut chevauchant un monstre volant. Il tient un bâton comme pour pourfendre une ennemie, un autre personnage également présent dans le tableau de Rennes…





Téniers possédait décidemment un art secret tant son œuvre est parfois hermétique et à plusieurs degrés de lecture. Voici ci-dessous deux tableaux particulièrement intrigants, à mi-chemin entre sorcière et mégère. A gauche, une mégère apporte un sac, un flambeau à la main. Une autre femme creuse, sans doute pour enterrer le magot. La scène est assistée par des monstres dont l’un tient le fameux balai de sorcière et sa chandelle qu’un poisson volant essaie d’éteindre.  On retrouve ici le troubadour du tableau de Rennes, mais plus intéressant encore, un petit personnage (probablement une racine de mandragore) près d’une lanterne, semble suivre un cercle tracé au sol. Ce cercle n’est pas sans  rappeler le cercle au bénitier du Mucha… On devine d’ailleurs à gauche un diable.  Le tout se déroule près d’une ancienne potence…





Le même thème a été repris par un artiste graveur, un tableau décidemment pas destiné à être accroché dans une chambre d’enfant… Pas même d’adulte…


Téniers est décidemment un peintre où l’on va de surprise en découvertes… Cette fois-ci la potence est bien réelle. Le troubadour et le diable à droite surveille le trou fraichement creusé où sera enterré le dépôt…



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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 14:18






     La Madone à  la grenade
     La grenade, symbole de fécondité
     La grenade, attribut d’Aphrodite
     Comment interpréter ce symbole ?
     Un autre symbole, les lys
     La légende du grand monarque
     Les autres grenades de Botticelli
     La Madone du Magnificat (1483-1485)
     La grenade de Leonard de Vinci (1469-1470)
     Sandro Botticelli (1444-1510) initié…
     Botticelli se forme
     Le début de la renommée
     Botticelli, Grand Maitre du Prieuré de Sion (1483-1510)
     La terreur à Florence

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 14:46

La Madone à la grenade


C’est par hasard que plusieurs tableaux de Botticelli me sont apparus déconcertant. Mais le plus représentatif est certainement « la Madone à la grenade ». Ce fruit « la grenade » qui parait être un détail tout à fait anodin dans les peintures de Botticelli, semble être un réel message à ceux qui veulent bien l’interpréter. Bien sûr, comme d’habitude on pourrait y voir une parfaite coïncidence, un caprice de l’artiste, ou une mode de l’époque, mais en connaissant mieux la vie de Botticelli le doute s’estompe.





Cette peinture (détrempe sur bois) «la Madone à la grenade » a été réalisée par Botticelli en 1487. Elle est exposée à la Galerie des Offices de Florence. La Vierge Marie tient dans ses mains l’enfant Jésus et une grenade mûre et ouverte. Six enfants l’entourent. Botticelli peignit ce tondo pour un tribunal florentin qui siégeait dans le palais de la Seigneurie.


Il faut savoir que dans le symbolisme officielle catholique, la grenade symbolise la Passion du Christ, ouverte elle symbolise la charité chrétienne pour tous les hommes. Mais si l’on s’intéresse de plus près à ce fruit son symbole est tout autre… En fait, la grenade représente depuis les grecs un symbole masculin signe de fécondité…





La grenade, symbole de fécondité


La grenade est originaire du Moyen-Orient probablement d’Iran. Dans la mythologie grecque, le grenadier est le symbole d’Aphrodite et au Moyen-âge, il est un attribut de la Vierge, une association particulièrement étrange pour un symbole de fécondité.


La médecine du Moyen-âge associait une propriété curative à une partie du corps humains, par ressemblance.


Ainsi, la grenade était censée guérir les maux de dents, car coupée en deux, elle rappelle une bouche où les dents seraient les graines. Mais c’est sans doute en raison de l’abondance de ses grains, que la grenade devint symbole de fécondité.




La grenade, attribut d’Aphrodite


Aphrodite était la déesse de la beauté et de l’amour, de la génération, de la mer et de la navigation, de la vie universelle. Elle sera assimilées à Vénus chez les Romains.

Ses pouvoirs sont immenses : elle protège les mariages, favorise l’entente amoureuse des époux, féconde les foyers, préside aux naissances. Elle fertilise aussi les champs. Elle peut être également redoutable, car elle symbolise la passion que rien n’arrête, qui rend fous d’amour ceux qu’elle veut perdre ; elle ravage même les unions légitimes, poussent les époux à l’adultère, favorise la fécondité des amours illégitimes et incite les mortels à toutes les voluptés et à tous les vices. Aphrodite est alors une déesse fatale, dont la ceinture magique donne à celui qui la porte un étrange pouvoir de désirs perpétuels. Toutefois, ce caractère redoutable n’apparait que chez la Vénus des Romains, identifiée avec Aphrodite. La grenade, fruit aux nombreux pépins, symbole de la force féconde, lui est habituellement consacrée. C’est d’ailleurs avec la grenade qu’Aphrodite confectionnait des filtres d’amour.



Comment interpréter ce symbole ?



Il est clair que la volonté de Botticelli est de nous suggérer une idée sans doute hérétique. L’association des représentations de la Vierge Marie, de l’enfant Jésus, du symbole de fécondité, et d’Aphrodite déesse de la génération et de la vie universelle, a de quoi dérouter.
La suggestion de Botticelli annonçant une descendance est presque évidente. Ainsi la grenade mure et ouverte que Marie et l’enfant Jésus prennent dans leurs mains symboliserait la fécondité, la génération universelle, l’immortalité, et donc la descendance, leur descendance.


Nous y voilà : La descendance Christique, la lignée du Graal…

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 15:27

     Un autre symbole, les lys


De façon très discrète, on aperçoit un enfant à gauche tenant un lys de sa main droite et un enfant à droite tenant un lys de sa main gauche, soit 2 lys dans le tableau. Ceci n’est pas un hasard et il convient ici de rappeler cette symbolique pour comprendre sa dimension. En effet, le lys est souvent associé à la royauté française mais toute chose a une face cachée.







     La légende du grand monarque

Je dis souvent qu’il n’y a pas de fumée sans feu et bien que la légende qui suit doit être traitée comme telle, il convient de la rappeler. Ce sont en effet ces détails qui permettent une meilleure compréhension de l’ensemble du puzzle.
 Que dit cette légende ?

En Nouvelle-France, le Québec actuel,  Saint Vincent de Paul et  la Compagnie du Saint Sacrement, société secrète, auraient emmené selon certaines légendes un trésor précieux et spirituel, un enfant : un garçon de 4 ans, de sang royal, qui descendrait du roi David et de Jésus. Etait-il le grand monarque ? Y aurait-il une descendance de Jésus actuellement au Québec ?


St Vincent de Paul, « le protecteur des orphelins » membre de cette société secrète, disparu d’Europe effectivement mystérieusement pendant deux ans entre 1605 et 1607. Mais ces dates ne correspondent pas avec   La Compagnie du Saint Sacrement qui ne fut créé qu’en 1629.
Néanmoins, la Compagnie du Saint-Sacrement, bien que dissoute partout en 1667, résista au Québec où elle existe aujourd’hui. Et pour se rendre compte de la survivance de St Vincent de Paul au Québec il suffit de faire un test très simple : Prenez votre moteur de recherche préféré et tapez  « Saint Vincent de Paul Québec ». sous Google vous obtiendrez plus de 50 000 occurrences…





     Les autres grenades de Botticelli



Voici quelques autres exemples célèbres où   Botticelli, vers 1470, commence à introduire le symbole de la grenade dans ses peintures.








     La Madone du Magnificat (1483-1485)







Le célèbre tondo « la Madone du Magnificat » fut peint par Botticelli entre 1483 et 1485, soit 2 ans avant le fameux tondo «La Vierge à la grenade », ce qui montre la ténacité du peintre à glisser ce symbole discrètement.

Entourée d’anges, couronnée d’étoiles et nimbée d’or, la Vierge écrit le Magnificat sous l’inspiration du Saint-Esprit. L’Enfant joue avec une grenade, et d’un geste tendre appelle l’attention de sa mère. La couleur rouge de ses grains est très nette.






     La grenade de Leonard de Vinci (1469-1470)






Léonard de Vinci sera consacré dans un thème spécifique mais il est incontournable. C’est en 1470, à la même époque de Botticelli, qu’il réalisa    « la Vierge à la Grenade ». Léonard de Vinci montre également une grenade mûre et ouverte.

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 16:22

     Sandro Botticelli (1444-1510) initié…



     Botticelli se forme

Sandro di Mariano Filipepi dit Botticeli, naquit à Florence entre mars 1444 et mars 1445. Son père fut tanneur. Le surnom de Botticelli provient de « botticello », qui signifie « petit tonneau », nom attribué au départ à son frère aîné Giovanni. C’est par assimilation, et par la corpulence probable de l’un ou de l’autre, que le surnom resta.


Vers 1460, Botticelli entre dans l’atelier de   Fra Filippo Lippi (1406-1469), moine  et peintre de scènes religieuses, le plus réputé de Florence. Il travaille en compagnie d’autres peintres tels qu’Antonio del Pollaiuolo et Andrea del verrocchio, par lesquels il sera influencé.


Vers 1466, il peignit une «Vierge à l’enfant et un ange », puis sur le même thème différentes vierges telles que «La Vierge de la Loggia », et «La Vierge à l’Enfant, les deux Anges et Jean Baptiste » en 1467, commandées par différentes familles de la ville. En 1468, il achève son «Adoration des Rois Mages », qui l’obligea à complexifier sa technique, la perspective, le nombre des personnages.


A cette époque beaucoup d’artistes pratiquaient différents arts en dehors de la peinture, tels que l’orfèvrerie, la gravure, la ciselure, les émaux. Ce sont ces techniques qui formèrent Botticelli jusqu’en 1467, date à laquelle Lippi quitta la région de Florence. Botticelli resta à Florence dans une maison achetée en 1464 Via della Porcellanna, près de l’Eglise Ognissanti, dans laquelle il installa son ateleir à partir de 1470.




     Le début de la renommée



En 1468, le Tribunal de Florence lui commanda une peinture représentant la « Force » pour l’installer au-dessus des sièges des juges. Cette peinture lui valut une certaine réputation qui  lui permit de vivre plus aisément en peignant des madones, telle la «Vierge à l’enfant avec les six Saints » en 1470, ou son célèbre « Saint Sébastien qu’il fit en 1474 sur un pilier de l’Eglise Santa Maria Maggiiore.





En 1474, la famille Pucci, lui commanda un «tondo », une peinture décorative de forme ronde pour une salle de réception sur le thème de «l’Adoration des Mages ».



La même année une autre « Adoration des Rois Mages » fut commandée par un homme d’affaire Gaspare di Zanobi del Lama, un partisan des Médicis pour la Chapelle Santa Maria Novella. Ce tableau célèbre par le fait que tous les personnages sont des hommes de la cour ou de l’entourage des Médicis. Botticelli y réalisa son autoportrait par un personnage regardant le spectateur. Des commandes de portraits arrivèrent également. La famille Vespucci de Florence commanda la célèbre fresque de «Saint Augustin » qu’il fit en 1480 dans l’église Ognissanti. Cette fresque consolida la réputation de Botticelli qui fut appelé à Rome par le Pape Sixte IV, pour la réalisation de fresques dans la Chapelle Sixtine en 1481.


Botticelli reçut alors des commandes de toutes les grandes familles de Toscane. Son atelier réalisa des tableaux et des fresques pour les grands évènements dans chacune de ces familles, destinés à décorer les pièces intérieures des palais. La célèbre fresque «Le Printemps » fut réalisé en 1482 dans le palais de Castello pour la famille Médicis. «La Naissance de Vénus » qui présente pour la première fois une nudité féminine non biblique, fut peinte vers 1485.


En dehors des peintures profanes, Botticelli continua à peindre des tableaux religieux avec la Vierge comme sujet principal, thème qui était très demandé à l’ époque. Il réalisa la célèbre «Madone à la Grenade » en 1487 chargée d’une émotion et d’une mélancolie annonciatrices.




     Botticelli, Grand Maitre du Prieuré de Sion (1483-1510)


C’est en 1483 que Botticeelli sembla entrer dans une nouvelle période de sa vie. En effet, c’est à cette date que l’on considère que le peintre devint Grand Maitre du Prieuré de SION appelés également « nautoniers » et ceci jusqu’à sa mort. Botticelli est issue d’aucune famille impliquée dans le Prieuré de Sion, mais il est probable que les rapports étroits qu’il entretint avec les grandes familles comme les Médicis, les d’Estes, les Gonzague, et les Vespucci, favorisèrent ce rapprochement. Ces familles lui fournirent de nombreux protecteurs. Son maitre peintre Filippo Lippi et Mantegna furent des protégés de Réné d’Anjou ainsi que l’alchimiste Verrocchio, maitre de Léonard de Vinci.



Botticelli eut un penchant très marqué pour la tradition ésotérique et on lui attribue le premier jeu de tarots connu.





Sa célèbre peinture du Printemps est une illustration des thèmes de  l’Arcadie et du « flot souterrain » que l’on retrouve chez  Poussin. Cette toile, dont on discute aujourd’hui encore la signification, se trouvait en 1498 dans la maison de Via Larga de Lorenzo et Pierfrancesco de Médicis, cousins de Laurent le Magnifique. Elle sera signalée dans la villa médicéenne de Castello vers le milieu du XVIe siècle. Vasari la décrira comme une Vénus figurant le Printemps que les Grâces fleurissent. Zéphyr, le vent du Printemps, court après Flore dans un jardin où se trouvent également les Grâces parées de guirlandes.



     La terreur à Florence



En 1490, une crise politique et religieuse débuta à Florence. Elle démarra sous l’influence de   Savonarole, prieur des Médicis, qui annonça la fin du  monde à  la fin du siècle. Il prêcha l’ascèse et la pénitence, il exhorta à la vertu, à la vie modeste et à l’humilité sous peine de châtiment divin. La peste envahit alors Florence, et Savonarole fut très écouté. Il provoqua une crise en condamnant les familles florentines qui se faisaient représenter dans des tableaux religieux et condamna les vêtements des riches, les perruques, les bijoux, la musique, les livres, les tableaux et les sculptures jugés infâmes. Entre 1467 et 1468, il organisa des bûchers pour faire disparaitre par le feu tous ces objets.


Excommunié par le pape, Savonarole fut arrêté, torturé, pendu et brûlé en mai 1498. Cette crise affecta profondément Botticelli. «La déploration du Christ avec les Saints Jérôme, Pierre et Paul » qu’il peignit en 1490 témoigne de ce doute, de même que les tableaux «La Trinité avec Marie Madeleine » en 1493, «La Vierge à l’enfant avec Jean-Baptiste » en 1495, « La Crucifixion avec Marie Madeleine » en 1497… Il faut dire que Botticelli partagea les interrogations et les convictions de Savonarole. Les symboles de ces convictions sont visibles dans ses peintures, comme les rameaux d’olivier, allusion aux rameaux que l’on portait lors des processions organisées par le moine hérétique.



En 1498, son style changea vers des peintures plus engagées et plus rebelles aux pouvoirs des Médicis.


En 1500, Botticelli commença la représentation de la vie du premier évêque de Florence, Saint Zénobie en 4 tableaux. Mais devenant infirme, il les fit achever par son atelier. A partir de 1504, il dut arrêter de peindre et laissa inachevé une «Adoration des Mages ». il mourut en mai 1510 dans la maison de la Via della Porcellanna où il travailla toute sa vie, en étant reconnu comme le plus grand peindre de son époque.

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 19:10





Le Mucha de la Villa Béthania
Le Diable et le Cercle
Alphonse Mucha - Sa vie
La période à PARIS
La période SARAH BERNHARDT
L’époque ART NOUVEAU
MUCHA partout
L’époque Slave
Alphonse Mucha Franc-maçon

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 20:08

     Le Mucha de la Villa Béthania


En empruntant l’escalier pour le premier étage de la   villa Béthanie construite parBérenger Saunière, on pouvait admirer une lithographie d’Alphonse Mucha.


Accrochée durant de très nombreuses années, cette belle copie témoigne d’une époque où le peintre parisien resplendissait de tout son art. Il resplendissait de tout son art. il est vrai que Saunière semblait  passionné par l’artiste car les papiers peints que l’on peut encore voir aujourd’hui sont de style « Mucha ».






La lithographie était exposée un moment dans l’un des salons de la Villa Béthanie. Mais le plus remarquable est que si la représentation parait en premier abord uniquement décorative, elle recèle en réalité un secret invisible au premier regard…


« L’Esprit du Printemps » par Alphonse Mucha




Il s’agit d’une œuvre réalisée durant la jeunesse du peintre et le tableau porte le titre «L’Esprit du Printemps ». la scène est en réalité inspirée de la légende grecque «  Perséphone juste avant son enlèvement par Pluton, dieu des Enfers », un dieu que l’on assimile volontiers au Diable dans la religion chrétienne.


La légende de Perséphone

Perséphone est une des principales divinités chtoniennes des Grecs. Son histoire est racontée notamment dans l’Hymne homérique à Déméter. Perséphone est d’une rare beauté et sa mère Déméter l’élève en secret en  Sicile. Dans les bois d’Enna, elle se divertit en compagnie des Océanides. Mais un jour alors qu’elles sont occupées à cueillir des fleurs, Perséphone s’écarte du groupe pour cueillir un narcisse. Elle est alors remarquée par le puissant Hadès, son oncle qui souhaite en faire sa reine. Il enlève la  jeune fille qui d’un cri alerte sa mère, mais celle-ci arrive trop tard. La scène se serait déroulée près du lac de Pergusa, en Sicile.
Déméter partira à la recherche de sa fille unique pendant neuf jours et neuf nuits avant de déclarer : «La Terre sera affamée tant que je n’aurai pas retrouvé ma fille ». Hélios, le soleil, décida alors de révéler à Déméter que c’est Hadès qui a enlevé sa fille. La déesse Déméter ira donc aux Enfers la récupérer, mais Hadès refusera de la rendre. L’affaire est portée devant Zeus.


Zeus est incapable de prendre une décision car il ne veut pas froisser Déméter et Hadès. Constatant que Perséphone a mangé sept pépins de grenade, il sait qu’elle est liée à tout jamais aux Enfers. Cependant, il décide d’un compromis. La jeune fille passera six mois aux Enfers aux côtés de son époux en tant que reiine des Enfers. Les six autres mois de l’année, elle retournera sur Terre aider sa mère pour le printemps et l’été.


Perséphone semble avoir accepté son rôle de reine des Morts, car dans les légendes, elle agit toujours en accord avec son époux. Elle se montre même dure et inflexible. Toutefois, certains auteurs ne la reconnaissent pas comme la fille de Déméter, mais comme celle du
Styx, et selon eux Perséphone est depuis toujours la déesse des Enfers.


Perséphone occupe une place importante dans les cultes de nombreuses villes, en particulier ceux d’Eleusis, de Thèbes et de Mégare, ainsi qu’en Sicile et en Arcadie.

Divinité infernale, elle est aussi à l’origine une déesse du blé, comme sa mère. Chez les Grecs, la fertilité du sol est étroitement liée à la mort, et les grains de semence sont conservés dans l’obscurité pendant les mois d’été, avant les semailles de l’automne. Ce retour de la vie après l’ensevelissement est symbolisé par le mythe de Perséphone, enlevée, puis restituée, et donne naissance aux rites des mystères d’Eleusis. Pour les fidèles, le retour sur terre de la déesse est une promesse formelle de leur propre résurrection.


Le mythe de Perséphone est également célébré aux mystères de Samothrace, où elle est identifiée à la déesse Axiokersa, ainsi qu’à Pella en relation avec des mystères dionysiaques



Lorsque l’on observe en détail la scène plusieurs éléments entrant dans sa composition ont un lien avec l’affaire de Rennes-Le-Château.



Le tableau contient en  fait trois éléments remarquables qui sont des indices que l’on retrouve régulièrement autour de l’énigme :


   ♦♦♦ Un diable hideux et grimaçant rappelant Asmodée sous le béniter aux quatre anges


   ♦♦♦ Une vasque en forme de cercle rappelant une source ou une fontaine. C’est aussi «la source du Cercle » près de Rennes-Les-Bains.


   ♦♦♦ Une tombe autour de laquelle trois jeunes filles cueillent des fleurs…




Les détails se fondent littéralement dans le décor champêtre faisant apparaitre une réelle volonté de l’artiste d’être discret sur la symbolique.



Mais il est aussi curieux de noter la ressemblance entre Perséphone peint par Mucha et Sainte Germaine de Pibrac, dont une statue a été mise en place par Saunière dans son église. Les deux personnages tiennent dans leur robe des roses. A noter qu’il existe de nombreuses saintes aux roses dont     Sainte Rosaline, Sainte Elisabeth de Hongrie, Sainte Rosalie…




Sainte-Germaine de Pibrac dans
l’église de Rennes-Le-Château



 Sainte Germaine de Pibrac était une bergère du XIXe siècle issue d’une famille très pauvre. Selon la légende, elle volait du pain pour le redistribuer aux pauvres. Mais un jour on l’a pris sur le fait et on l’obligea à ouvrir son tablier. Le pain se transforma alors miraculeusement en roses.



Le tableau original est aujourd’hui exposé au musée   Carnavalet à Paris et la lithographie de Saunière fut acheté dans une maison de décoration parisienne à  Home Décor, comme l’indique son cachet au dos.


Ce tableau serait-il le trait d’union entre les ésotéristes parisiens supposés rencontrés par Saunière et Rennes-Le-Château ?

Comment la lithographie arriva-t-elle chez Saunière ?


Ceci pourrait conforter le fait que le prêtre se rendait de temps en temps à Paris, mais ceci n’a jamais pu être prouvé. Il n’existe aucune trace du passage de Saunière dans la capitale et c’est sans doute une partie que  Gérard de Sède romança pour combler certaines zones d’ombre…









     Le Diable et le Cercle



A 2 km de  Rennes-Les-Bains, lorsque l’on emprunte un chemin de randonnée vers le pech de la Rogue, se trouvent pratiquement au même endroit deux sites connus liés à l’affaire de Rennes-Le-Château :  La source du Cercle et le Fauteuil du diable









«LE CERCLE ». Cette citation est faite par  l’Abbé Boudet à la page 246 de son livre  «La vrai langue celtique » :








La source du Cercle qui se trouve près du fauteuil du Diable est également illustré par le Diable de Bérenger Saunière dans son église, et qui forme de sa main droite un cercle.





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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 21:04

Alphonse Mucha - Sa vie



Alphonse Mucha est né le 14 juillet 1866 à Ivancice, en Moravie (aujourd’hui la République tchèque). A cette époque l’empire austro-hongrois occupe encore une bonne partie de l’Europe, mais le déclin commence. Mucha a 6 ans, Vienne noie sa déchéance dans une activité intellectuelle intense… (découverte notamment de la psychanalse).






Mucha est issu d’une famille nombreuse de la petite bourgeoisie (6 enfants). Après le lycée, il devient violoniste à la cathédrale de Brno, mais depuis longtemps déjà il dessine et caricature ses camarades.


Aussi bon calligraphe que dessinateur, il est engagé comme greffier dans le tribunal où son père est huissier.


A 19 ans, il est engagé par la maison Kautsky-Brioché-Burghardt, spécialiste dans les décors de théâtre, il fait son entrée à Vienne.
Au contraire de sa petite ville natale, Vienne a beaucoup de reconnaissance pour l’art et le talent.


Tout en peignant ses décors, Mucha se rend compte qu’il a certaines capacités et compte bien s’en servir. Après l’incendie qui conduit ses employeurs à la fermeture, il s’installe à Mikulov où il peint des paysages, des portraits, mais aussi où il effectue des inscriptions de pierres tombales.



Il est découvert par le seigneur des lieux qui le charge d’effectuer des peintures murales dans son château. Son travail plait et Mucha sera accueilli dans la noblesse locale. Mucha entre à l’académie de Munich en 1885 où il reste deux ans.



La période à PARIS


A 27 ans, il quitte l’Académie de Munich et part pour Paris où il s’inscrit à l’Académie Julian, d’où sont originaires les peintres nabis tels Sérusier, Vuillard, Ranson et autre Bonnard.



En 1889, le comte Kluen juge que son protégé doit voler de ses propres ailes. Alphonse Mucha doit alors gagner sa vie, il entre dans une période difficile qui durera quelques années. Ses qualités le feront connaitre dans le milieu professionnel et il sera engagé par l’importante maison d’éditions Armand Colin.



Mucha vit à Montmartre et c’est là qu’il rencontrera de nombreux artistes dont Gauguin. Mucha s’intéresse à la photographie prenant des clichés de ses modèles. Il fait de plus en plus de travaux d’illustration notamment pour la presse (L’Illustration, le Figaro Illustré).



Il obtient, grâce à un ami, une place dans une revue spécialisée ; le Costume de Paris, c’est là qu’il découvre le travail de Steinlen, résolument «Art Nouveau ». il a également la possibilité d’aller au théâtre puisqu’il reçoit des entrées gratuites de son employeur.



La période SARAH BERNHARDT



En 1894, un camarade de Mucha lui demande de revoir les épreuves d’un travail important qu’il avait effectué chez l’imprimeur Lemercier. Mucha finissait de corriger les épreuves quand le directeur reçut un coup de téléphone de Sarah Bernhardt voulant une affiche pour sa pièce en urgence.







En cette période de nouvel an, seul Mucha est présent, il n’avait jamais réalisé un travail de ce genre, mais il se lança. Son directeur amena Mucha au théâtre le soir même afin qu’il puisse se faire une idée de la pièce « Gismonda ».


Le projet fut accepté le 28 décembre. Le 30 les affiches étaient prêtes à être collées sur les murs de Paris. Le même jour, on le convoqua au théâtre, il entra dans la loge de Sarah Bernhardt qui regardait l’affiche. Mucha s’attendait au pire, mais en l’entendant entrer, Sarah Bernhardt lui sauta au cou. C’est à ce moment qu’il commença à travailler pour elle durant 6 ans.



L’homme devint un artiste en vue, la renommée de Sarah Bernhardt était internationale, et le fait de travailler pour elle était une chance
Inestimable.
L’affiche de « Gimonda » plut autant au public qu’à l’actrice.


Il est à noter qu’il ne fut jamais trouvé que Bérenger Saunière soit monté à Paris et qu’il aurait intégré des cercles très fermés de la capitale. Ceci est raconté par Gérard de Sède…


La rencontre entre Bérenger Saunière et Mucha est donc peu probable. Malgré en tout on peut s’interroger sur la présence de cette mystérieuse lithograhie de Mucha dans sa villa Béthanie.





L’époque ART NOUVEAU


Le contrat signé entre Mucha et Sarah Bernhardt donnait l’exclusivité du travail du Mucha, pour le théâtre, à la comédienne, pour le reste il pouvait faire ce qui lui plaisait. Les fabricants de parfums, champagnes ou bicyclettes se pressent alors à la porte de Mucha.






Les 2 artistes deviennent proches et Mucha participe même à la production d’une pièce «La Princesse lointaine » aux cotés de Sarah Bernhardt.



MUCHA partout



Les œuvres de Mucha sont sur tous les murs. De grandes marques telles que les papiers à cigarettes Job, les biscuits Lu ou encore le Champagne Ruinart font appel à lui. petit à petit on appelle Art Nouveau le style de Mucha.




On rencontre ses créations partout et tous les jours. Les femmes dessinées par Mucha sont de plus en plus présentes, l’artiste travaille à plein temps, et la renommée arrive enfin. Le nom de Mucha étant synonyme d’Art 1900, il fut sollicité pour l’expositoin de cette fin de siècle. Tapisseries pour une firme autrichienne, décoration du pavillon de Bosnie, statues, l’artiste n’arrête pas…



Il réalise ensuite le magasin du joaillier orfèvre Fouquet, qui lui commande par la suite des dessins de nombreux bijoux. Tout en travaillant, il commence à enseigner : d’abord dans un atelier puis à l’Académie Carmen.
En 1897, la galerie la Bodinière organise une exposition consacrée à mucha, la préface du catalogue est écrite par Sarah Bernhardt.








Quelques mois plus tard, une autre exposition, plus importante lui est consacrée. On peut y voir près de 450 travaux, elle se tient dans les locaux de la Plume, prestigieux bimensuel littéraire et artistique, dont un numéro dédié à Mucha sort pour l’occasion.



Mucha part pour New York en 1905 sur les conseils de Madame de Rothschild qui lui promet de lui fournir une riche clientèle privée. Son arrivée aux Etats-Unis fait figure d’évènement, le New York Daily News lui consacre sa première et sa dernière page, des banquets sont organisés en son honneur.


Il revient bientôt en France où il travaille à des commandes en retard, mais de plus en plus, il veut se dégager de celles-ci afin de se consacrer à sa peinture. En 1906, il donne cours au prestigieux Art Institute de Chicago. A cette époque, il vit plus en Amérique qu’en Europe. Sa jeune épouse Marushka le persuade de ne pas délaisser les marchands dont il accepte les commandes selon son humeur.


En 1908, il réalise sa dernière grande œuvre Art Nouveau : la décoration du German Theatre.








L’époque Slave



Mucha peint des portrait des filles du riche industriel Crane. Un jour, il lui fait part de son projet de consacrer le reste de sa vie à peindre vingt tableaux de grandes dimensions représentant une épopée symbolique du peuple slave et ce depuis l’antiquité. Crane finit par accepter de le financer. Mucha entreprend alors un voyage d’études dans les pays slaves. Il acceptera encore quelques commandes, puis s’installera à Zbirov où il travaille sur ses toiles de 6 m sur 8. On est en 1911.



En même temps, il fait des travaux pour la toute jeune Tchécoslovaquie (timbres, billets de banque, …) pour lesquels il ne veut accepter aucune rémunération.


En 1919, les 7 premières toiles sont exposées à Prague. Les 11 premières partiront pour les Etats-Unis où elles font sensation. Mucha reçoit alors de nombreuses commandes et retourne pour 2 ans en Amérique.


En 1921, il revient en Europe pour ne plus jamais la quitter. Toute son énergie est consacrée à l’Epopée Slave. Celle-ci sera officiellement remise à la ville de Prague en septembre 1928, mais il y travaillera jusqu’à sa mort en 1939.

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MessageSujet: Re: ART ET PEINTURES   Ven 7 Avr - 21:10

Alphonse Mucha Franc-maçon



En 1939, à 79 ans, Mucha subit un interrogatoire de la Gestapo. Il décèdera quelques semaines plus tard le 14 juillet 1939 jour de son anniversaire. Il avait été interpellé comme franc-maçon. Il avait en effet été initié en la R.L. (Respectable Loge) les Inséparables du Progrès de Paris.







A Prague, une loge créée en 1999 porte son nom : La Respectable Loge « Alphonse Mucha », qui rassemble les Frères francophones résidant en République Tchèque. Cet atelier de la Grande Loge de la République Tchèque n’admet que les Francs-maçons « réguliers ».






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