Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique

forum privé
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 21:47

Henri de Hainaut


Henri Ier de Hainaut, dit d'Angre, né en 1176, mort le11 juin 1216 est un empereur de Constantinople de 1206 à 1216et fils de Baudouin V, comte de Hainaut, marquis de Namur, et de Marguerite Ire, comtesse de Flandre.


Jeunesse

Il atteint sa majorité en 1194 et veut être armé chevalier, mais son père, pour une raison inconnue, s’y oppose et Henri se rend auprès de Renaud, comte de Dammartin et de Boulogne, qui le fait chevalier. À la mort de son père, en 1195, son frère aîné Baudouin lui donne en apanage quelques domaines en Flandre et en Hainaut, parmi lesquels la terre de Sebourg, le Fayt, une partie d'Angre, Harlebeek et Blaton.

Croisé

En 1187, Saladin avait repris aux Francs la ville de Jérusalem et la plus grande partie des États latins d’Orient. La troisième croisade avait permis la reconquête de nombreuses places fortes côtières en 1191 et en 1192, complétées par les actions des rois de Jérusalem qui s’étaient ensuite succédé. Mais la ville sainte reste encore aux mains des Musulmans et le pape décide d’organiser une autre croisade. Un tournoi est organisé à Ecry-sur-Aisne le 28 novembre1199 et de nombreux seigneurs, dont Baudouin et Henri de Hainaut, s’engagent à la suite de Thibaut III, comte de Champagne, qui négocie le transport des croisés avec la république de Venise. Le comte meurt malheureusement peu après et la direction de la croisade est confiée à Boniface, marquis de Montferrat. Le prix du voyage parait cependant trop onéreux pour de nombreux croisés qui décident de se rendre en Terre Sainte par d’autres moyens, aussi lorsqu’au cours de l'été 1202 les croisés se regroupent à Venise, il apparaît rapidement qu’ils ne disposent pas de la somme nécessaire pour payer les Vénitiens. En échange de la somme manquante, Enrico Dandolo, le doge de Venise, propose aux croisés de prendre pour son propre compte la ville de Zara. Les croisés acceptent, malgré l’opposition et les protestations de certains d’entre eux. La ville est prise, et les croisés sont immédiatement excommuniés par le pape Innocent III, pour avoir fait la guerre à des chrétiens sous couvert de Croisade.

C’est alors qu’Alexis Ange, fils de l’empereur Isaac II se présente auprès des croisés et leur demande leur aide pour reprendre l’Empire byzantin à son oncle Alexis III qui avait détrône Isaac II, contre le payement de la dette des croisés envers la ville de Venise. Les croisés acceptent et font voile vers Byzance devant laquelle ils mettent le siège. La ville est prise d’assaut le 17 juillet 1203 ; le 2° corps de l’armée des croisés avait été placé sous le commandement d’Henri de Hainaut. Ce dernier accompagne ensuite Alexis destiné à le faire connaître auprès de la population comme le nouvel empereur, puis combat Alexis Murzuphleprès de Philée, sur la mer Noire.

En effet, les Grecs n’acceptent ni leur nouvel empereur, ni la présence des Latins et ne tardent pas à se révolter, sous la conduite d’Alexis Murzuphle, gendre d’Isaac III. Les croisés doivent quitter précipitamment Byzance et l’assiéger de nouveau. Elle est de nouveau prise le 12 avril 1204 ; Henri commandait alors un corps d’armée devant la porte Blacherne et prend le palais homonyme, dont il protège les trésors et les défenseurs, les premiers des pillages des croisés, les seconds de leur fureur. La ville est en effet pillée et saccagée.

Après le siège, son frère Baudouin est choisi pour diriger l’empire5 est et couronné le 16 mai empereur latin de Constantinople. Henri parcourt alors l’empire, pour faire reconnaître le nouvel empereur. Mais d’une part certaines parties de l’empire font sécession sous l’autorité de princes byzantins (Empire de Nicée, Empire de Trébizonde, despotat d’Épire), et les Bulgares, conduit par leur tsar Kalojan, envahissent l’Empire latin. Le 14 avril 1205Baudouin est battu et fait prisonnier près d’Andrinople. Pour pallier son absence, les barons de l’empire reconnaissent Henri comme régent de l’empire. Les ravages causés par les Bulgares lui apportent le soutien des populations grecques, jusqu’alors hostiles, et Henri réussit à reprendre Andrinople et à repousser les Bulgares. Les rumeurs de la mort de Baudouin, toujours prisonnier, se confirment, et Henri consent à succéder à son frère et à se faire couronner le 20 août 1206.

Empereur

Henri commence par se rendre avec son armée à Andrinople pour faire face à une nouvelle invasion de Kalojan. Il y reste jusqu'en novembre, puis doit traverser le Bosphore, pour repousser Théodore IerLascaris, empereur de Nicée. Il n'y réussit que partiellement, et signe un traité de paix par lequel il s'engage à démolir deux forteresses, Cyzique et Nicomédie. Kalojan en profite pour assiéger Andrinople, mais doit lever le siège et est peu après assassiné devant Salonique (après la mort de Boniface). En 1208, Boril, neveu et successeur de Kalojan, est écrasé par les Latins près de Béroé (actuellement Stara Zagora). Henri marie ensuite sa fille avec son allié le prince Slav, un souverain bulgare indépendant de Boril.

Le 4 septembre 1207, Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique, était mort en laissant un fils trop jeune pour gouverner. Le conseil de régence, dirigé par les barons du royaume, refuse de prêter le serment d'allégeance à l'empereur Henri, qui doit intervenir pour marquer son autorité. Il réussit à faire reconnaitre l'allégeance du royaume et se place en protecteur de Démétrios de Montferrat, le fils de Boniface.

Ces opérations militaires n'ont pas empêché Henri d'organiser l'administration de l'empire, en maintenant un équilibre entre les Grecs et les Latins quant aux postes clés et aux honneurs. Il interdit également aux religieux latins d'imposer les rites romains aux grecs orthodoxes.

Il meurt le 11 juin 1216, dans des circonstances obscures : certains chroniqueurs évoquent une maladie, d'autres (dont Philippe Mousket) le poison. Selon Jean le Long, il aurait été empoisonné par sa femme ; l'historien Karl Hopf accuse le comte Hubert de Biandrate, l'ancien régent du royaume de Thessalonique qui avait été chassé par Henri en 1210, une hypothèse rejetée par Longnon.

Mariages et enfants

On ne lui connait pas d'épouse avant 1207. Cependant, le chroniqueur Henri de Valenciennes mentionne un mariage célébré à Constantinople en 1208 entre un certain "Esclas" probablement Alexis Slav , voïvode de Melnik et neveu de Kalojan, tsar des Bulgares et une fille de l'empereur Henri, sans nommer cette dernière. On considère cette fille comme illégitime. On la considère comme décédée entre 1208 et 1213.

Le 4 février 1207, Henri épouse à Constantinople Agnès de Montferrat († 1208), fille de Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique, et d'Hélène de Busca. Le chroniqueur Geoffroy de Villehardouin précise qu'elle est enceinte en septembre 1207, mais on n'a pas d'autres mentions de cet enfant, qui a dû mourir très jeune.

Veuf, Henri se remarie à une fille de Boril, tsar des Bulgares, mais on ne connait pas d'enfants issus de ce mariage.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 21:54

Geoffroi de Villehardouin , chroniqueur, maréchal de Champagne et de Romenie

Geoffroi de Villehardouin est un chroniqueur et chevalier croisé du Moyen Âge central.
Il est un fils cadet de Vilain, seigneur de Villehardouin, dans le Comté de Champagne, et aujourd'hui dans l'Aube actuelle). Il nait à une date inconnue, entre les années 1150 et 1164.

Il s'élève au poste de sénéchal de Champagne, à partir de1185, et entre au conseil de la régente Marie de France1. Il accompagne son suzerain Henri II de Champagne à latroisième croisade au cours de laquelle il est capturé en novembre 1190 pendant le Siège d'Acre, mais il réapparait en Champagne à partir de 11941. Ses qualités personnelles ainsi que ses fonctions de maréchal l'ont amené à participer à beaucoup d'affaires administratives et politiques : il remplit à plusieurs reprises l'office de médiateur et d'arbitre, réglant entre autres, de compagnie avec l'archevêque de Sens, le différend qui opposait en 1198 le comte Thibaud, son seigneur, et le chapitre de la cathédrale de Troyes. En avril 1198, le comte de Champagne rend hommage au roi de France, et Geoffroi de Villehardouin figure alors parmi les garants qui jurent fidélité.

En novembre 1199, il se croise à l'appel de Foulques de Neuilly. En février 1201, quelques mois avant la mort de son suzerain, il est chargé par Thibaut III de Champagne de préparer et négocier le transport des croisés vers l'Égypte auprès de la République de Venise. Dans la séance solennelle de l'assemblée du peuple vénitien, c'est lui qui prend la parole pour exposer les intentions des croisés, ainsi qu'il le raconte dans sa chronique2. Cette croisade, partie à l'origine pour délivrer Jérusalem, devait aboutir à la prise de Constantinople et à la fondation d'un éphémère Empire latin de Constantinople. Il participe en 1204 à la prise de la ville et reçoit du nouvel empereur Baudouin Ier de Flandre le titre de maréchal de Romanie (c'est-à-dire de Grèce). Tout au long de la croisade, Villehardouin joue un rôle de premier plan, obtenant le commandement en premier des troupes. Après la défaite de la bataille d'Andrinople en 1205 il montre ses talents de stratège en sauvant l'armée croisée. En 1207, Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique lui donne le fief de Messinople. Il se distingue encore par son courage et sa sagesse lors de l'expédition de l'empereur Henri contre les Bulgares, de mai à août 1208.

Son fils Erard ayant pris, en 1213, le titre de seigneur de Villehardouin, certains ont pensé que Geoffroi serait mort cette année-là dans son fief de Messinople (Mosynopolis), en Thrace ; il est sûr en tout cas qu'il ne vécut pas longtemps au-delà de cette date.

De 1207 à 1213 il rédige en ancien français une histoire de la quatrième croisade, décrivant les événements survenus entre 1198 et 1207, dans un style remarquable. Néanmoins, sa bonne foi ou sa perspicacité ont été mises en doute à partir du XIXe siècle par certains historiens modernes qui expliquent le détournement de la croisade de son but initial par l'existence d'un complot prémédité (généralement vénitien ou germanique) que Villehardouin n'aurait pas souhaité révéler ou qu'il n'aurait pas décelé. D'autres auteurs, rejetant la théorie d'un complot, ne remettent pas en doute sa sincérité.

Geoffroi de Villehardouin eut un neveu et un petit neveu portant son prénom, soit respectivement Geoffroi Ier de Villehardouin et Geoffroi II de Villehardouin princes d'Achaïe.





Conon de Béthune

Conon de Béthune est un trouvère et croisé né vers 1150 et mort le 17 décembre 1219 ou 1220 àConstantinople ou Andrinople.

Renommé pour ses chansons d'amour et de croisade, il participe aux IIIe et IVe croisades dans lesquelles il tient un rôle politique important.

Conon naît vers 1150, dixième fils de Robert V de Béthune, seigneur de Béthune et avoué de l'abbaye Saint-Vaast d'Arras et d'Adélide de Saint-Pol. Il est le frère de Baudouin de Béthune, comte d'Aumale et fidèle des rois Henri II d'Angleterre et Richard Cœur de Lion. Par sa grand-mère, Conon de Béthune est lié aux comtes de Hainaut. Il eut pour maître son parent Huon d'oisy et pour amis des trouvères célèbres tels Blondel de Nesle ou Gace Brulé. D'après l'un de ses poèmes, sa première apparition devant la cour du roi de France se fait lors du mariage de Philippe II et de Isabelle de Hainaut en 1180 où il chante ses chansons devant Marie de Champagne. Là, ses chansons ne furent guère appréciées de la reine-mère Alix de Champagne et du roi qui se moquèrent ouvertement de son langage artésien. Cependant, ce qui lui causa le plus de peine, c'est qu'ils lui reprochèrent ses mots d'Artois devant sa protectrice.

Après avoir participé à la troisième croisade, Conon, ainsi que son frère Guillaume, prend part à la quatrième en1202. Il accompagne Baudouin VI de Hainaut et sert d'orateur. Son éloquence, sa sagesse et sa chevalerie sont loués par Geoffroi de Villehardouin qui dit de lui « Bon chevalier et sage estoit et bien eloquens ». Après la conquête de Constantinople en 1204, Conon occupe des positions importantes dans le gouvernement de Baudouin puis dans ceux de Henri de Flandres et Pierre Ier de Courtenay. Il joue aussi un rôle clef dans la réconciliation de Baudouin et Boniface Ier de Montferrat ainsi que pendant la bataille d'Andrinople. Après la mort de l'impératrice de Constantinople Yolande de Hainaut en 1219, il est choisi par les barons comme régent de l'Empire mais meurt peu après en 1219 ou 1220.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 22:05

Hugues de Coligny


Hugues de Coligny (1170 - † juin 1205 à Serrès), chevalier, fut seigneur de Coligny-le-Neuf. Il appartenait à lamaison de Coligny.

Il fut seigneur de Coligny-le-Neuf, Marbos (Marboz), Trefort (Treffort), Saint-André-sur-Suran (Neuville-sur-Ain), Chatillon-de-Cornelle (Boyeux-Saint-Jérôme), Varey (Saint-Jean-le-Vieux), Saint-Sorlin, etc. C'est lui qui fit bâtir le château de Coligny-le-Neuf.

En 1189, il consent au don qu’Hugues de Dramelay fait à la chartreuse de Rosières, d’un manse sis à Vescles. Vers l’an 1200, il confirme aux chartreux de Portes les donations faites par ses ancêtres, et leur concéde un droit de pâturage. Il donne quelques biens en l’an 1201, à l’abbaye de Saint-Sulpice en Bugey. Il donna ses terres de Sélignac (Simandre-sur-Suran) aux chartreux, permettant la fondation de la chartreuse de Sélignac.

Il se croise en 1201 avec l’évêque d’Autun, Guigues comte de Forez, Hugues de Berzé père et fils, et maints autres seigneurs, pour accompagner Boniface marquis de Montferrat au voyage de Terre sainte. Avant de partir, il donne aux chartreux de Seillon tout ce qu’il avait à Sulignat, afin qu’y fût construit une chartreuse, et fit d’autres dons aux bénédictins de Montmerle et à l’abbaye Notre-Dame d'Ambronay (1202).

Parti en l’an 1202 par Venise pour la quatrième croisade, Hugues de Coligny participa au siège de Constantinopleen juillet 1203, et à la campagne de l’empereur Alexis IV en Thrace. Après la prise de Constantinople en 1204 et l'élection de Baudouin VI de Hainaut comme empereur, Hugues fit partie du conseil du marquis de Montferrat.

En juin 1205, en défendant la ville de Serrès (Grèce), assiégée par Jean Kalojan roi de Valachie et de Bulgarie, Hugues fut tué d’un coup dans l’œil, lui « qui était le meilleur d’eux tous ».

Hugues de Coligny fut marié probablement vers 1193 à Béatrix N.
De cette union, sont issus cinq enfants dont :
• Béatrix de Coligny qui épousera Albert de La Tour du Pin, baron de La Tour-du-Pin, sénéchal du royaume d'Arles-Vienne (v. 1210 - 1264)2 ;
• Marie de Coligny






Nicolas de Mailly

La maison de Mailly est une ancienne famille noble originaire de Mailly-Maillet, en Picardie.

sire de Mailly et de Senlis. En 1204, Nicolas, petit-fils d'Anselme, assiste à la bataille d'Adramyttion (l'actuelle Edremit dans le golfe du même nom dans l'ouest de la Turquie) lors de la quatrième croisade (1201-1204). Il était chargé de la conduite de la flotte avec Thierry de Flandre, un fils illégitime de Philippe, comte de Flandre et Jean de Nesle, châtelain de Bruges. Après la défaite de l'empereur de Constantinople, Baudouin VI de Hainaut, qui fut pris le 24 avril 1205 à la bataille d'Andrinople, Nicolas de Mailly fut député par Henri Ier de Constantinople, régent de l'empire et par les autres croisés pour aller demander du secours au pape Innocent III, au roi de France Philippe Auguste, au comté de Flandre et à la Germanie. Il fut l'un des trois barons qu'Henri Ier de Constantinople, devenu empereur après son frère Baudouin VI, envoya vers les tuteurs de Demetrios de Montferrat, fils deBoniface de Montferrat, roi de Thessalonique, pour le faire rentrer dans son devoir.

Nicolas, épousa Amélie de Beaumont, dont il eut pour enfant :
• Gilles Ier,
• Guillaume,
• Pierre,
• Matthieu,
• Bavoin,
• Nicolas,
• Milon qui épousa Erinburge,
• Wautier qui épousa Iduberge de Bailleul,
• Nicole ou Nicolette qui épousa Hermand de Créqui, puis Jean de
• Nauvion2.

Au même moment, un autre Nicolas de Mailly, probablement le fils du précédent, devient chevalier et maréchal de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, prieur d'Auvergne, qui décéda au siège de Damiette.
En 1242, Bouchard de Mailly se distingua à la bataille de Taillebourg.







Nivelon de Quierzy , évêque de Soissons

Nivelon de Quierzy ou de Chérisy, décédé le 13 septembre 1207 à Bari était évêque de Soissons et croisé.

Il était le fils de Gérard II seigneur de Quierzy et d'Agnès de Longpont. Nivelon était issu d'une noble famille qui comptait de nombreux hommes d'Église tels Guy de Châteauporcien (1250-126), Jacques de Bazoches, Nivelon et Milon de Bazoches.
Nivelon fut nommé évêque de Soissons le 9 août 1175 et entama la construction de la Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons. Il participa au Troisième concile du Latran de 1179 et participa à une ambassade pour Philippe Auguste vers Philippe de Souabe, Roi des Romains en vue de conclure une alliance contre Richard Cœur de Lion et son allié Otton IV du Saint-Empire.

Nivelon participa à la Quatrième croisade, après la chute de Zadar, il retourne à Rome pour demander de l'aide au Pape et tenter d'expliquer la position des croisés, ils seront excommuniés pour le sac de la ville qui était catholique.

En 1204, après la prise de Constantinople, Nivelon fut un des électeurs de Baudouin Ier de Constantinople et chargé d'annoncer son élection; il ramena en France des reliques comme deux morceaux de la Vraie Croix, une épine issue de la couronne d'épines, la tête de Jean le Baptiste, un coude d'Étienne et un morceau de tissu utilisé par Jésus de Nazareth lors de la Cène.

Il rentra en 1205, après la bataille d'Andrinople en voulant recruter de nouveaux croisés.

Il décéda en 1207 dans les Pouilles sur le chemin vers les croisés et fut enseveli dans la Basilique San Nicola de Bari.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 10:51





Simon IV de Montfort



Simon IV (ou V) de Montfort (entre 1164 et 1175 –25 juin 1218, Toulouse), seigneur de Montfort-l'Amaury de 1188 à 1218, comte de Leicester en 1204, vicomte d'Albi, de Bézierset de Carcassonne de 1213 à 1218, comte de Toulouse de 1215 à 1218, est la principale figure de la croisade contre les Albigeois.

Origines

Simon de Montfort est issu de la maison de Montfort-l'Amaury (1), une famille de rang baronnial d'Île-de-France. Son père, Simon (IV) de Montfort était gruyer royal de la forêt d'Yvelines. Son arrière-grand-père, Amaury III de Montfort était comte d'Évreux et sénéchal de France. Sa mère, Amicie de Beaumont, est issue du baronnage anglo-normand (2) par sa mère. Elle est l'héritière de la moitié du comté de Leicester et d'un droit au titre de sénéchal d'Angleterre

Un baron français

À la mort de son père, il se retrouve à la tête de la seigneurie de Montfort, mais ne prend pas immédiatement part à la rivalité franco-anglaise pour diverses raisons : d'abord par prudence, ensuite parce que les opérations militaires ne se déroulent pas en Île-de-France mais en Flandre, et enfin pour ne pas perdre ses droits au comté de Leicester. En fait, il n'apparaît dans la vie politique qu'en 1188, au cours de l'entrevue de Gisors entre Philippe Auguste et Henri II d'Angleterre.

Cette entrevue avait été organisée par l'Église pour sceller la paix entre les deux royaumes et permettre l'organisation et le départ de la troisième croisade, l'annonce de la prise de Jérusalem par Saladin étant parvenue en Europe l'année précédente. Simon ne se joint pas à cette croisade, au contraire de son frère Guy qui accompagne Philippe Auguste et le nouveau roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion, successeur en 1189 d'Henri II, son père.

Il épouse alors Alix de Montmorency, fille de Bouchard V de Montmorency (3) et sœur de Mathieu II de Montmorency (4), futur connétable de France. En 1192, Philippe Auguste revient de croisade, tandis que Richard Cœur de Lion reste en Terre sainte. Philippe Auguste en profite pour faire la conquête de plusieurs fiefs tenus par l'Anglais, opérations auxquelles Simon ne participe pas. Richard Cœur de Lion rentre de Croisade en 1194, la guerre reprend et Simon se joint aux forces de Philippe.


La croisade en Terre Sainte

L'œuvre de Richard Cœur de Lion en Terre sainte était restée incomplète : Jérusalem n'ayant pas été reconquise, le pape Innocent III (1198-1216) demanda une nouvelle croisade. Le comte Thibaut III de Champagne, sensible à cet objectif, organise le 28 novembre 1199 un tournoi à Ecry-sur-Aisne, où il invite tout le haut baronnage du royaume. À l'occasion du tournoi, Foulques de Neuilly prêche la reconquête de Jérusalem et les barons enthousiastes se joignent à la quatrième croisade. Les croisés décident de se rendre en Palestine par la mer et Geoffroy de Villehardouin négocie le passage avec les Vénitiens. Malheureusement, lorsque les croisés se regroupent à Venise, le nombre de soldats est loin d'être celui prévu, de nombreux croisés ayant trouvé le montant de la traversée trop onéreux et ayant opté pour un autre chemin. Comme c'était une somme globale et non une somme individuelle qui avait été convenue, les combattants réunis à Venise étaient loin de posséder la somme demandée.

Enrico Dandolo, le doge de Venise, propose alors aux croisés qu'ils prennent la ville hongroise de Zara en échange de la somme manquante. Les chefs acceptent le marché, mais nombreux sont les croisés qui le désapprouvent, parmi lesquels Simon. Celui-ci et ses alliés refusent d'ailleurs d'attaquer la ville et restent dans leur campement pendant l'assaut. Après la prise de la ville, c'est ensuite Alexis Ange qui propose aux croisés de payer leur passage en échange de leur aide pour rétablir Isaac II sur le trône. Simon refuse net cette proposition et dès février 1203 prend contact avec le roi de Hongrie pour obtenir l'autorisation de traverser son royaume en sécurité avec ses compagnons. Avec tout le contingent d'Île-de-France, il quitte l'armée croisée, traverse la Dalmatie, puis descend le long de la péninsule italienne pour embarquer à Barletta, dans les Pouilles.

Il débarque à Jaffa et rejoint le roi Amaury II de Lusignan. Apprenant le détournement de la quatrième croisade, le roi négocie une trêve avec le sultan Al-Adel. Il dirige cependant avec Simon de Montfort une expédition punitive en Tibériade. Impressionné par leur valeur, Amaury veut les attacher à son service et accepte le mariage de Guy de Montfort (5), frère de Simon, avec Helvis d'Ibelin (6). Mais l'annonce de la prise de Constantinople et de la fondation de l'empire latin de Constantinople fait comprendre à Amaury que la croisade ne viendra pas en Terre Sainte, et il signe en 1204 une trêve de six ans avec le sultan.

La tradition veut qu'il ramena d'Orient un morceau de la sainte Croix qu'il offrira au monastère des Hautes-Bruyères. Cette relique, enchâssée dans une croix-reliquaire fut déposée par la suite en l'église Saint-Lubin de Rambouillet où elle demeure toujours.

Son oncle Robert IV de Leicester meurt peu après son retour. Simon en est l'héritier le plus proche et revendique la succession, mais Jean sans Terre, roi d'Angleterre, après s'être fait confisquer ses domaines français de Normandie, d'Anjou, du Maine et du Poitou, confisque à son tour tous les domaines anglais détenus par des barons français. Ce fut le cas du comté de Leicester qui est donné à Ramnulf de Chester (7).

Le croisé en Albigeois

Vers 1206, son ami et voisin Guy, abbé des Vaux de Cernay est appelé pour prêcher dans l'Occitanie contre l'hérésie cathare, avec d'autres religieux comme Dominique de Guzmán (08) et Pierre de Castelnau (9). La mission n'obtient que de maigres succès, Pierre de Castelnau est obligé d'excommunier le comte Raymond VI de Toulouse mais est assassiné le 14 janvier 1208. Le pape Innocent III décide alors d'organiser une expédition contre les Cathares, et accorde aux combattants les mêmes indulgences et faveurs qu'à ceux qui combattaient en Terre sainte. Arnaud Amaury (10) et Guy des Vaux de Cernay parcourent le royaume de France afin d'inciter les barons à prendre part à la "croisade".

Eudes III, duc de Bourgogne (11), annonce son engagement, suivi d'Hervé IV de Donzy (12), comte de Nevers, et de Gaucher III de Châtillon (13), comte de Saint-Pol. Incité par Guy des Vaux de Cernay, Simon de Montfort s'engage dans la croisade, suivi par plusieurs barons voisins, Guy de Lévis (14), Bouchard de Marly (15), Robert de Mauvoisin… Pour écarter la menace de ses états, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable le 18 juin 1209 et rejoint la croisade.

Les croisés  se réunissent à proximité de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du légat Arnaud Amaury. Raymond VI étant parmi les croisés, l'objectif n'est plus le Toulousain mais le domaine de Raimond-Roger Trencavel (16), vicomte de Béziers et de Carcassonne, qui abrite également des cathares.

Les villes de Béziers et de Carcassonne sont prises, Trencavel est déchu de ses vicomtés, et un successeur lui est choisi parmi les barons croisés. Après les refus du duc de Bourgogne, du comte de Nevers et du comte de Saint-Pol, Arnaud Amaury préside une commission formée de deux évêques et de quatre barons, qui fixe son choix sur Simon de Montfort. Ce dernier commence par refuser, mais l'insistance de son ami Guy des Vaux de Cernay et d'Arnaud Amaury finit par le faire revenir sur sa décision. Il accepte, à la condition que tous les barons présents fassent serment de venir l'aider au cas où il serait en péril.

La première difficulté du nouveau vicomte se manifeste avec la fin de la quarantaine, qui survient peu après la reddition de Carcassonne et seul le duc de Bourgogne accepte, par amitié, de rester quelque temps. Ils prennent Fanjeaux, puis Simon reçoit l'hommage des habitants de Castres. Il tente ensuite de prendre les châteaux de Lastours, mais doit abandonner le siège après le départ du duc de Bourgogne. Il ne peut alors compter que sur une trentaine de chevaliers et d'une troupe de cinq cents soldats. Il prend Mirepoix, qu'il donne à son beau-frère Guy de Lévis(17), détruit la maison de Parfaits implantée à Pamiers (où il rédigera des statuts en 1212) par la sœur du comte de Foix, Esclarmonde et prend Saverdun et Preixan et reçoit l'hommage des habitants d'Albi ainsi que de plusieurs seigneurs locaux.

Il rencontre le roi Pierre II d'Aragon à Narbonne, mais ce dernier n'est pas décidé à le reconnaître comme vassal. C'est à ce moment, le 10 novembre 1209, que meurt dans sa prison Raimond-Roger Trencavel. Les ennemis de Montfort font courir le bruit qu'il a été assassiné. Le pays se révolte alors, son cousin Bouchard de Marly tombe dans une embuscade tendue par le seigneur Pierre Roger de Cabaret (18), et plusieurs de ses châteaux sont assiégés, pris par les Occitans et leur garnison massacrée. Simon de Montfort ne peut compter que sur quelques villes et doit se préparer à faire une conquête complète du pays. Sa femme Alix de Montmorency le rejoint alors, amenant avec elle des renforts. Il commence à prendre quelques châteaux révoltés, et fait preuve d'une cruauté équivalente à celle des seigneurs occitans qui avaient massacré ses garnisons.

Après les prises de Minerve, Termes, Lastours et Lavaur, il contrôle suffisamment le pays pour envisager de s'attaquer au comte de Toulouse, qui vient de se faire excommunier à nouveau. Simon occupe Castelnaudary et y bat Raymond VI de Toulouse (19). Il occupe ensuite l'Albigeois, l'Agenais, puis occupe Muret, achevant d'encercler Toulouse. Inquiet de ses progrès, le roi Pierre II d'Aragon (20), qui vient de remporter la bataille de Las Navas de Tolosa contre les Maures, prend les comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges sous sa protection. Au mois d'août 1213, Pierre II franchit les Pyrénées et rejoint les trois comtes à Muret. Simon de Montfort attaque l'alliance et la défait le 12 septembre au cours de la bataille de Muret (21) où est tué le roi Pierre II d'Aragon.

En décembre 1215, à l'issue du concile de Latran, le pape Innocent III lui attribue définitivement le comté de Toulouse, le duché de Narbonne et les vicomtés de Carcassonne et de Béziers. Il en rend aveu du comté au roi de France le 10 avril 1216 à Melun. Il ne tarde pas à entrer en conflit avec l'archevêque de Narbonne, Arnaud Amaury sur la possession du duché de Narbonne.

Alors qu'il prête hommage pour le Toulousain, Beaucaire a ouvert ses portes à Raymond VII de Toulouse (22), le précédent comte de Toulouse dépossédé de ses terres. Simon de Montfort ne parvient pas à prendre la ville et il doit abandonner le siège pour réprimer la révolte de Toulouse. Le 13 septembre 1217, Toulouse ouvre à son tour ses portes à Raymond qui ne tarde pas à être renforcé par le comte de Foix, des Catalans et des Aragonais. Simon met le siège devant la ville le 8 octobre. Enfin le 25 juin 1218, au cours d'une sortie des assiégés, il meurt tué par une pierre lancée par une pierrière manœuvrée selon certains chroniqueurs par des femmes. Son corps, préparé selon les usages de l'époque, sera transporté et déposé en la cathédrale Saint-Nazaire de Carcassonne. Il y demeurera jusqu'en 1224 pour être finalement rapatrié par Amaury VI en Île-de-France et définitivement inhumé dans le prieuré royal de Haute-Bruyère de l'Ordre de Fontevrault près de Montfort-l'Amaury.

Son fils Amaury, qui deviendra connétable de France à la suite de son oncle, se verra confirmer en théorie dans les possessions continentales de son père. Le puîné, Guy de Montfort (23), fut comte de Bigorre par mariage, mais ne lui survécut que deux ans. Le cadet, Simon V (24) part pour l'Angleterre où il jouera un rôle important sous le règne d'Henri III d'Angleterre (25).

Cependant, le comté de Toulouse sera dans les faits conservé par Raymond VII de Toulouse, puis tombera par traité dans le domaine royal à la mort de sa fille, mariée au frère du roi, et ne laissant pas d'héritier.

Un bilan contrasté

Porté aux nues en son temps comme défenseur de l’Église et comme combattant de l’hérésie cathare, Simon de Montfort est considéré au XXe siècle comme le bourreau de la conquête de l’Occitanie. La vérité se situe sans doute entre ces deux points de vue. Il n'en demeure pas moins que le bilan de la conquête est lourd en vies humaines et en massacres (massacre de Bram par Simon de Montfort, dame Guiraude de Lavaur (26) jetée au fond d'un puits et lapidée).

Simon de Montfort s'engageait complètement dans ses entreprises, quelle que soit la finalité de celles-ci. Lors de sa participation à la quatrième croisade, le doge de Venise demande aux croisés de prendre la ville chrétienne de Zara pour payer leur transport en Terre sainte. Simon estime ce siège indigne des croisés et refuse de prendre part aux assauts. Quand la quatrième croisade décide d’attaquer Constantinople, Simon refuse ce détournement et quitte avec ses troupes l’expédition pour se rendre en Terre Sainte par ses propres moyens. En Occitanie, il se considère comme le bras armé de l’Église, mais il n'en demeure pas moins vrai qu’il favorise également ses ambitions personnelles, utilisant la croisade contre les Albigeois pour tenter de s'approprier des territoires importants du sud du royaume et pour en devenir un important seigneur.

C’est aussi un bon soldat et un bon stratège, qui a plusieurs fois remporté la victoire en Albigeois, dans des circonstances qui lui étaient initialement défavorables, notamment lors de la bataille de Muret (1213) qu'il remporte brillamment malgré une nette infériorité numérique. Mais ses succès s’expliquent également par l’inaction latente de son principal ennemi, le comte Raymond VI de Toulouse. Le principal défaut apparent de Simon de Montfort est son manque de diplomatie et l'intransigeance de sa politique. Il ne connaît pas le compromis : par exemple, à la suite du siège de Beaucaire (27), la ville de Toulouse se révolte et fait prisonnier un détachement de croisés. Sans l’aide d’une armée, Toulouse doit se soumettre, et Simon refuse de faire preuve de magnanimité, ce qui lui aurait peut-être permis de faire accepter aux Toulousains leur soumission. Au contraire, il impose des conditions humiliantes à la ville, qui transforme son animosité contre lui en haine. Dès lors, la révolte de la ville est inéluctable et aboutit au siège où Simon sera tué. Pendant le concile de Latran, ses ennemis Pierre II d'Aragon et Raymond VI de Toulouse font preuve d'activités diplomatiques afin de diminuer les sanctions envers les comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges. Ces actions, que Simon ne jugea pas utile de contrer, aboutissent à la restitution de la ville de Foix à son comte et l'attribution du marquisat de Provence au fils de Raymond VI.

Concernant les cruautés de Simon, si elles paraissent barbares à l’homme des XXe et XXIe, elles sont monnaie courante au XIIIe siècle :

• Simon a allumé de nombreux bûchers de Cathares, mais il n’agit que comme le bras séculier de l’Église qui a condamné ces hérétiques.
• Après la prise de Bram, il fait aveugler tous les défenseurs de la ville, sauf un qui est seulement éborgné, afin qu’il guide ses malheureux compagnons. C'est un châtiment cruel, envers des soldats qui lui avaient rendu l’hommage puis renié, et répondant à celui de Giraud de Pépieux qui avait fait subir peu avant le même châtiment à une partie de la garnison du château de Puysserguier, l’autre ayant été massacrée.
• Il y a une différence concernant la parole donnée entre les hommes du Nord et ceux de l’Occitanie. En Occitanie, les paroles et serments sont donnés selon les circonstances et il est admis que l’on puisse revenir sur la parole donnée si les nécessités politiques changent. La civilisation occitane s'appuie sur les engagements écrits, laissant un large degré de liberté au respect de la parole. Simon, et les principaux membres de la féodalité du nord, considèrent que la parole donnée et le serment engagent irrévocablement celui qui la donne. Cette différence va rapidement aboutir à une incompréhension mutuelle. Simon va juger les barons occitans comme des hommes de peu de foi, et les faire exécuter en cas de reniement et de révolte. C’est particulièrement flagrant après la prise de Lavaur : Guiraude de Laurac est exécutée comme hérétique, Amaury de Montréal et ses soldats, ayant par le passé rendu l’hommage à Montfort, sont égorgés, mais les soldats envoyés par le comte de Toulouse, ayant obéi aux ordres de leur suzerain et n’ayant aucune obligation envers Montfort, sont traités comme prisonniers de guerre.

Au titre du bilan laissé par cet homme, il faut ici citer "La Chanson de la Croisade contre les Albigeois", telle qu'elle est traduite de la langue d'oc par Paul Meyer pour la Société de l'Histoire de France (édition de 1875). La chanson dit, à propos de la mort de Simon de Montfort et de l'épitaphe glorieuse qui veut en faire un saint : (vers 8683 à 8696) "Si, pour tuer des hommes et répandre le sang, pour perdre des âmes, pour consentir à des meurtres, pour croire des conseils pervers, pour allumer des incendies, pour détruire des barons, pour honnir Parage, pour prendre des terres par violence, pour faire triompher orgueil, pour attiser le mal et éteindre le bien, pour tuer des femmes, égorger des enfants, on peut en ce monde conquérir Jésus-Christ, il doit porter couronne et resplendir dans le ciel !"


Mariage et enfants

Simon de Montfort épousa vers 1190 Alix de Montmorency († 25 février 1221), fille de Bouchard V, seigneur de Montmorency et de Laurette de Hainaut. Ils eurent :

• Amaury VI († 1241), comte de Montfort
• Guy († 1220), comte de Bigorre, par son mariage avec la comtesse Pétronille
• Simon V († 1265), comte de Leicester
• Robert
• Amicie († 1253), mariée à Gautier de Joigny, seigneur de Châteaurenard
• Laure, mariée à Gérard III de Picquigny, vidame d'Amiens
• Pétronille, née en 1211, confiée par sa mère en 1221 à l'abbaye Saint-Antoine de Paris pour y devenir moniale



(1)  La maison des seigneurs de Montfort-l'Amaury fut impliquée dans plusieurs crises du Moyen Âge. C'est une branche cadette de la maison de Hainaut.

• Amaury Ier (1028 † 1053), fils de Guillaume de Hainaut est le fondateur de la famille.
• Simon Ier (1053 † 1087), par son second mariage avec Agnès d'Évreux, fait entrer le comté d'Évreux dans la famille.
• Bertrade, fille de Simon Ier, déjà mariée à Foulques IVd'Anjou, fut au centre d'un scandale créé par son enlèvement par le roi de France Philippe Ier suivi de son mariage avec ce dernier.

Les Montfort posent un premier pied en Angleterre par le mariage de Simon III († 1181) avec Amicie de Leicester.Simon IV (1181 † 1218), cinquième comte de Leicester, dirigea la croisade des Albigeois et devint vicomte deBéziers, de Razès, d'Albi et de Carcassonne puis comte de Toulouse. Son fils Amaury reprit ses prétentions, mais dut renoncer devant la résistance des comtes de Toulouse de la maison de Saint-Gilles et transmit ses droits au roi de France.

Plus tard, Simon V, sixième comte de Leicester, épousa Éléonore, fille de Jean sans Terre. Il fut le meneur de la révolte des barons contre Henri III. Ses troupes vainquirent les forces royales lors de la bataille de Lewes en 1264, avec la capture du prince Édouard. Mais il fut défait et tué à la bataille d'Evesham en 1265, son corps atrocement mutilé. Sa famille fut exilée.

Parmi leurs héritiers, Jean IV de Bretagne reprit le nom de Montfort et la guerre de Succession de Bretagne vit s'affronter Montfortistes et Blésistes. La victoire d'Auray vit l'instauration de la maison de Montfort, dernier  ducs de Bretagne





(2) Le baronnage anglo-normand (« baronage » en anglais) correspond principalement à la noblesse du duché de Normandie qui a reçu des terres en Angleterre à partir du temps de Guillaume le Conquérant après la bataille de Hastings d'octobre 1066.




(3) Bouchard V de Montmorency (1129-† 1189 Jérusalem), baron de Montmorency, seigneur d'Écouen, de Conflans-Sainte-Honorine, d'Attichy et d'Hérouville. Fils de Mathieu Ier de Montmorency et d'Aline, fille illégitime du Roi Henri Ier d'Angleterre.

En 1163, Bouchard V de Montmorency fonde le prieuré Grandmontain du Meynel également appelé prieuré de Meynel-lez-Maffliers situé sur l'actuelle commune de Maffliers.

En 1173, il épouse Laurence de Hainaut († 9 août 1181), fille de Baudouin IV de Hainaut, et tante de la reine Isabelle, femme du roi Philippe II Auguste, de laquelle il a :
• Alix de Montmorency (1173 † 22 février 1221), mariée à Simon IV de Montfort ;
• Mathieu II de Montmorency (1174 † 1230) ;
• Ève de Montmorency, morte sans postérité.

Bouchard V aura aussi un fils naturel, Josselin de Montmorency ( † Saint Jean-d'Acre 1191).




(4) Mathieu II de Montmorency dit le Grand Connétable (†24 novembre 1230), fils de Bouchard V de Montmorency, seigneur de Montmorency et de Laurence de Hainaut, fille du comte Baudouin IV de Hainaut.
Petit-fils de Mathieu Ier de Montmorency, il était seigneur de Montmorency, d'Écouen, de Conflans-Sainte-Honorine, d'Acquigny et d'Attichy. Il fut nommé connétable de France en1218.

Marié en premières noces (1193) avec Gertrude de Soissons († 1220), fille du comte Raoul II de Soissons, divorcée du comte Jean de Beaumont († 1222). Ils eurent :

1. Gertrude († 1256).
2. Bouchard VI de Montmorency († 1243).
3. Mathieu († 1250), seigneur d'Attichy et comte de Ponthieu par son mariage avec Marie de Ponthieu.
4. (Jean)
Marié en secondes noces (1218) avec Emma de Laval (1200-1264), dame de Laval. Ils eurent :
1. Guy VII de Laval (1219 – 1265), baron de Vitré, seigneur de Laval (1264-1265), seigneur d'Acquigny, deHérouville, d'Aubigné et d'Olivet.
2. Avoise († 1270) qui épousera Jacques de Château-Gontier en 1239.

Le connétable était grand-oncle, oncle, beau-frère, neveu, petit-fils de deux empereurs, de six rois, et allié de tous les souverains de l'Europe ; il prenait comme ses ancêtres la qualité de sire de Montmorency, par la grâce de Dieu.




(5) Guy de Montfort, tué à Varilhes le 31 janvier 1228, fut seigneur de la Ferté-Alais et de Bréthencourt, régent du comté de Sidon de 1205 à 1210 et seigneur de Castres de1211 à 1228. Il était fils de Simon (IV), seigneur de Montfort et d'Amicie de Beaumont, comtesse de Leicester.
En 1188, il prit part à la troisième croisade

en 1204 le mariage de Guy avec Helvis d'Ibelin, veuve de Renaud Grenier, comte de Sidon.

Guy et Helvis eurent deux enfants :

• Philippe († 1270), qui lui succèdera à Castres, puis partira à son tour se croiser et deviendra seigneur de Tyret de Toron.
• Pernelle, nonne à l'abbaye Saint-Antoine des Champs à Paris.

Guy de Montfort s'était remarié avec Briende de Beynes, veuve de Lambert de Thury, baron de Lambers. Ils eurent :

• Alicie de Montfort, nonne à Port-Royal en 1259
• Agnès de Montfort, nonne à Port-Royal en 1259
• Guy II de Montfort, mort en 1254, baron de Lombers, mort en croisade




(6) Helvis d'Ibelin, née en 1185, morte avant juin 1216, était fille de Balian d'Ibelin (1131-1193), seigneur de Yebna et de Nablus, et de Marie Comnène.

Elle devint dame de Tyr.

Elle épousa en premières noces Renaud Grenier (1130 † 1202), comte de Sidon, et eut :

• Balian Grenier († 1240), comte de Sidon
Veuve, elle se remaria en secondes noces en 1205 avec Guy de Montfort († 1228), seigneur de Castres, et eut :
• Philippe de Montfort († 1270), seigneur de Castres, puis de Tyr et de Toron.
• Pernelle, nonne à l'abbaye Saint-Antoine des Champs à Paris.

En 1210, à la majorité de Balian, Guy repartit en Europe. On ne sait si Helvis l'accompagna avec ses deux enfants, ou si elle resta auprès de son fils aîné.




(7) Ranulph (ou Ranulf, Renouf) de Blondeville (1170 – 26 octobre 1232), 6e comte de Chester et 1er comte de Lincoln (à partir de 1217), vicomte héréditaire de l'Avranchin et du Bessin, est un important baron anglo-normand, fidèle à la dynastie angevine mais dont la loyauté dépend des lucratives faveurs dispensées par ses suzerains. Il est décrit comme « quasiment le dernier vestige de la grande aristocratie féodale de laconquête ».

D'après les Annales de Chester, une source généralement reconnue fiable, Ranulph est né en 1170. Il est le fils aîné d'Hugues de Kevelioc (1147-1181), 5e comte de Chester et vicomte d'Avranches, et de Bertrade de Montfort († 1227). Sa mère est plus probablement la sœur de Simon de Montfort que sa fille, comme les historiens l'ont longtemps cru. Les chroniqueurs contemporains rapportent sa petite stature physique.
Il succède au titre familial de comte de Chester à la mort de son père, en 1181, alors qu'il n'a que onze ans. Il est adoubé chevalier en 1189 ou plus probablement 1188, et entre alors en possession de son important héritage.




(08) Dominique de Guzmán (Domingo Núñez de Guzmán), né vers1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, un prêtre, fondateur de l'ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l'Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel », il est fêté le 8 août depuis le Concile Vatican II.




(9) Pierre de Castelnau naquit vers 1170 et fut assassiné le15 janvier 1208 près de l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard.

Moine de l'abbaye de Fontfroide et archidiacre de Maguelone, Cistercien français, il fut nommé légat pontifical par Innocent III en 1203. En cette qualité de légat pontifical extraordinaire, il tenta vainement d'endiguer l'hérésie cathare dans le midi de la France, et il eut pour collègue Ramier/Rainier, moine de Cîteaux. Ils entreprirent d'annoncer l'Évangile à la manière des Apôtres, en se déplaçant à pied et en observant la pauvreté. Ils étaient accompagnés entre autres de Dominique de Guzmán, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs. Ils rencontrèrent une vive résistance, et Castelnau finit par être assassiné à Trinquetaille, à proximité d'Arles sur les terres de Raymond VI, comte de Toulouse (1208), au moment où il venait d'excommunier ce prince à cause de son manque de collaboration dans la lutte contre les Albigeois. Le meurtrier était un écuyer de Raymond VI, qui, suspecté, fut excommunié. Cet évènement est à l'origine de la Croisade des Albigeois.
Déclaré martyr par Innocent IV, puis béatifié, il est célébré le 15 janvier dans les diocèses de Carcassonne et Nîmes.




(10)  Arnaud Amaury ou Arnaud Amalric († 1225), abbé de Poblet, de Grand Selve, puis de Cîteaux (1200-1212), archevêque de Narbonne (1212-1225). Il est chargé, en tant que légat pontifical, de réprimer l'hérésie cathare durant la Croisade des Albigeois.




(11)  Eudes III (ou Odon III), né en 1166, mort à Lyon le 6 juillet de l’an 1218, fils de Hugues III, duc de Bourgogne, et de Alix de Lorraine, porta le titre de duc de Bourgogne de 1192 à 1218. Il fut le septième duc de Bourgogne de la lignée capétienne.

De sa femme Alix de Vergy, qu’il a épousé en 1199 et qui est décédée le 3 mai 1251, Eudes III laisse un fils, Hugues âgé de six ans, qui lui succédera après la régence d’Alix, et trois filles. Les filles qu’elle lui donna sont, Jeanne, mariée en 1222 à Raoul II de Lusignan, comte d’Eu ; Béatrix, femme de Humbert III, seigneur de Thoiré et de Villars en Bresse ; et Alix, morte sans alliance en 1266.




(12) Hervé IV de Donzy, mort en 1222, est un seigneur de Donzyet un comte de Nevers de 1199 à 1222. Il était fils d'Hervé III († 1187), seigneur de Donzy, et de Mathilde Gouët, fille de Guillaume IV Gouët, d'Alluyes (1125, France - 1171) et Élisabeth de Champagne (Isabelle de Blois).

Vassal de Pierre II de Courtenay, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, il se révolte contre lui pour la possession du château de Gien, le bat à Cosne-sur-Loire et le fait prisonnier. Pour sa libération, Pierre est contraint de céder la main de sa fille Mathilde ainsi que le comté de Nevers. Pierre de Courtenay garde à titre viager les comtés d'Auxerre et de Tonnerre. Le pape refusa d'abord d'accorder la dispense de consanguinité pour le mariage, et ne la délivra qu'au bout de plusieurs années (en 1213), en imposant à Hervé de participer à plusieurs croisades.

Il se joint ainsi en 1208 à la croisade des Albigeois aux côtés entre autres de son voisin et rival le duc Eudes III de Bourgogne. Il participa aux prises de Béziers et de Carcassonne, mais refuse la possession des vicomtés de Béziers et de Carcassonne qui lui avaient été proposés. Les quarante jours de services écoulés, il refuse de combattre plus longtemps pour la croisade et retourne dans son comté.

En 1210, Eudes III de Bourgogne lui cède Liernais.

Il combat également à Bouvines (1214) du côté flamand, participe à la campagne d'Angleterre visant à mettreLouis de France sur le trône de ce pays, à la cinquième croisade (1217), puis au siège de Marmande.

En 1217, son beau-père qui part prendre la couronne de l'empire latin de Constantinople lui cède le comté de Tonnerre, probablement contre une somme d'argent. Il hérite ensuite du comté d'Auxerre à la mort de ce dernier en 1219, et meurt à son tour le 23 janvier 1222 au château de Saint-Agnan. Il est enterré dans l'abbaye de Pontigny.

Il avait épousé en octobre 1199 Mathilde de Courtenay (1188 † 1257), fille de Pierre II de Courtenay et d'AgnèsIre de Nevers et avait eu :
• Guillaume, mort entre 1207 et 1214, fiancé à Béatrice de Viennois
• Agnès II († 1237), comtesse de Nevers, mariée en 1223 à Guy de Châtillon, comte de Saint-Pol.




(13) Gaucher III de Châtillon (v.1162-1219), sénéchal deBourgogne qui accompagna Philippe-Auguste en Terre sainte et se distingua au siège d'Acre et à la bataille de Bouvines.

Il est le fils de Guy II de Châtillon et d'Alix de Dreux, veuve de Valéran III, seigneur de Breteuil, (fille de Robert de France, comte de Dreux et Harvise d'Évreux). Il est aussi comte de Saint-Pol, seigneur de Crécy, de Châtillon, de Troissy, de Montjay et de Pierrefonds.

Gaucher III se verra attribuer, par apanage royal, la Seigneurie de Clichy, en échange de son château de Pierrefonds tant "convoité" par Philippe Auguste, et deviendra ainsi le premierseigneur féodal de cette ville.

Maison de Châtillon, illustre famille, dont l'origine remonte au IXe siècle, et qui se fond en 1659 avec la famille de Wolbock.

Elle tirait son nom d'un comté champenois dont Châtillon-sur-Marne était le chef-lieu, et forma les branches deSaint-Pol, Blois, Penthièvre, Chartres; etc. Elle possédait de vastes domaines et était alliée à plusieurs maisons souveraines.

Il a été soupçonné de félonie à cause de terres qu'il tenait dans le royaume de Jean et que celui-ci lui avait laissé, il protesta de sa fidélité au roi et dit à frère Guérin "qu'en ce jour le roi trouverait en lui un bon traitre".

Placé à droite, en face des hennuyers de Ferrand, Gaucher III vit une faille dans leurs rangs et Frère Guérin le lança à toute force dans cette passe. Il franchit leurs échelles et se rabattit sur leur dos, les jetant dans la confusion.

Il était comte de Saint Pol de par son mariage avec Dame Élisabeth de Saint Pol (1197), seigneur d'Encre, seigneur de Châtillon, seigneur de Clichy, Grand Bouteiller de France et de Champagne et encore Sénéchal de Bourgogne. Hugues de Châtillon naîtra de leur union.

C'est Gaucher qui, en 1190, après avoir guerroyé pendant 10 ans en Terre Sainte lors de la Troisième croisade, décide de fonder une Ville Neuve, en un lieu défriché de la Forêt de Crécy-la-Chapelle, à proximité d'un ancien camp romain où s'élevait un château Mérovingien de bois.

En 1203, avec son épouse Élisabeth, Gaucher III concède une CHARTE DE FRANCHISES aux habitants de cette Ville Neuve, "les bourgeois". Ces "bourgeois" élisent chaque année un Maire et des Échevins.

Alors que Gaucher III se préoccupe de la défense militaire de la ville, Élisabeth s'intéresse au salut des âmes en décidant la construction d'une belle église paroissiale, malgré l'opposition de l'Abbé de Saint-Germain-des-Prés, établie sur un privilège accordé par le pape Luce III.




(14) Guy Ier de Lévis (1180-1233), seigneur de Mirepoix et maréchal de la foi s'illustra pendant la croisade des Albigeois en tant que lieutenant de son suzerain Simon IV de Montfort.

Guy de Lévis est issu de la maison de Lévis. Son père, Philippe de Lévis est le fondateur de la lignée.

Il eut de Jeanne de Voisins ou de Guiburge entre autres enfants :
• Jeanne (1205-1284), mariée à Philippe II de Montfort († 1270), seigneur de Castres.
• Guy II (1210-1247), son héritier.

En 1209, répondant à l'appel à la croisade lancé par le pape, il se plaça sous les ordres de Simon de Montfort et joua une part active dans la croisade des Albigeois. Il participa au siège de Béziers. Peu après, Simon de Montfort, prodigue avec ses proches lieutenants, lui donna la seigneurie de Mirepoix, qui comptait parmi les territoires conquis par les croisés dans le Languedoc. Guy de Lévis prit le titre de maréchal de la foi ou encore de maréchal de la croisade.

En 1210, nous retrouvons Guy de Lévis au siège de Termes, puis de Castelnaudary en septembre 1211. Il participa également au siège de Beaucaire en 1216 et à celui de Toulouse qui débuta en septembre 1217 et où Simon de Montfort trouva la mort.
Le Traité de Paris de 1229 confirma cet ensemble de possessions puisque l'article 15 prévoyait que la Terre du Maréchal soit laissée à Guy de Lévis. Il se vit ainsi attribuer à nouveau la terre de Mirepoix et le pays d'Olmes pris sur le domaine du comté de Foix. S'appuyant sur cet acte, la maison de Lévis s'établira dans la région durant sept siècles.

Guy de Lévis mourut en 1233 ; il fut enterré dans l'abbaye de Notre-Dame de la Roche de Lévis-Saint-Nom qu'il avait fondée.




(15) Bouchard de Marly († 13 septembre 1226), était seigneur de Marly, deMontreuil-Bonnin, de Saissac, de Saint-Martin-en-Languedoc et de Picauville. Chevalier croisé, il s'illustra pendant la croisade des Albigeois.

Vers 1209, il épouse Mathilde de Châteaufort, fille de Gasce de Poissy, seigneur de Châteaufort, et de Constance de Courtenay, fille de Pierre Ier de Courtenay. De ce mariage naquirent :

• Thibaut († 1247), abbé des Vaux-de-Cernay
• Pierre († 1240), sire de Marly
• Bouchard II († 1250), sire de Marly
• Mathieu († 1234)
• Mabile mariée à Guillaume Étendard († 1271), sénéchal de Lombardie, puis maréchal de Sicile




(16) Raimond-Roger Trencavel (1185 - 10 novembre 1209) est un membre de la Maison Trencavel. Il était vicomte d'Albi, d'Ambialet et de Béziers (fiefs tenus du comte de Toulouse), et vicomte de Carcassonne et de Razès (fiefs tenus du comte de Barcelone qui était dans le même temps roi d'Aragon). Il fut l'un des héros et en même temps l'une des premières victimes de la croisade des Albigeois.




(17) Guy Ier de Lévis (1180-1233), seigneur de Mirepoix et maréchal de la foi s'illustra pendant la croisade des Albigeois en tant que lieutenant de son suzerain Simon IV de Montfort.

Guy de Lévis est issu de la maison de Lévis. Son père, Philippe de Lévis est le fondateur de la lignée.

Il eut de Jeanne de Voisins ou de Guiburge2 entre autres enfants :
• Jeanne (1205-1284), mariée à Philippe II de Montfort († 1270), seigneur de Castres.
• Guy II (1210-1247), son héritier.

En 1209, répondant à l'appel à la croisade lancé par le pape, il se plaça sous les ordres de Simon de Montfort et joua une part active dans la croisade des Albigeois. Il participa au siège de Béziers. Peu après, Simon de Montfort, prodigue avec ses proches lieutenants, lui donna la seigneurie de Mirepoix, qui comptait parmi les territoires conquis par les croisés dans le Languedoc. Guy de Lévis prit le titre de maréchal de la foi ou encore de maréchal de la croisade.

En 1210, nous retrouvons Guy de Lévis au siège de Termes, puis de Castelnaudary en septembre 1211. Il participa également au siège de Beaucaire en 1216 et à celui de Toulouse qui débuta en septembre 1217 et où Simon de Montfort trouva la mort.
Le Traité de Paris de 1229 confirma cet ensemble de possessions puisque l'article 15 prévoyait que la Terre du Maréchal soit laissée à Guy de Lévis. Il se vit ainsi attribuer à nouveau la terre de Mirepoix et le pays d'Olmes pris sur le domaine du comté de Foix. S'appuyant sur cet acte, la maison de Lévis s'établira dans la région durant sept siècles.

Guy de Lévis mourut en 1233 ; il fut enterré dans l'abbaye de Notre-Dame de la Roche de Lévis-Saint-Nom qu'il avait fondée.




(18) Pierre Roger de Cabaret, en occitan Pèire Rogièr de Cabaret, était un chevalier occitan, co-seigneur de Lastours, puis chevalier faydit du XIIIe siècle.




(19)  Raymond VI (VIII) de Toulouse (Saint-Gilles (Gard), 27 octobre 1156 - Toulouse, 2 août 1222) fut comte de Melgueil(Raymond IV) de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à 1222. Il était fils de Raymond V, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Constance de France, sœur du roi Louis VII.

Raymond VI épouse successivement :

1. le 12 septembre 1172, Ermessinde Pelet († 1176), héritière du comté de Melgueil, veuve de Pierre Bernard de Sauve et fille de Bernard Pelet, seigneur d’Alais, et de Béatrice, comtesse de Melgueil.
2. vers 1180, Béatrice de Béziers, fille de Raimond Ier Trencavel, vicomte de Béziers, et de Saure. Elle est répudiée en 1193, après avoir donné naissance à :
• Constance, mariée à Sanche VII († 1234), roi de Navarre, puis à Pierre V Bermond, seigneur d’Anduze
3. en 1193 avec Bourgogne de Lusignan, fille d’Amaury II, roi de Chypre et de Jérusalem, et d’Echive d’Ibelin. Elle est répudiée en 1196.
4. en octobre 1196, Jeanne d'Angleterre (1165-1199), fille d'Henri II Plantagenêt (1133 † 1189), roi d’Angleterre et d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine, qui donne naissance à :
• Raymond VII (1197 † 1249), comte de Toulouse
• un fils mort né le 4 septembre 1199
5. en janvier 1203 Éléonore d'Aragon (v. 1182 † 1226), fille d’Alphonse II, roi d’Aragon, et de Sancha de Castille.

Le comte de Toulouse eut aussi au moins deux enfants naturels dont la mère n'est pas identifiée : 1) Bertrand, vicomte de Bruniquel, Monclar et Salvagnac, marié en 1224 avec Comtorisse de Rabastens et tige des Toulouse-Bruniquel éteints en 1577 ; 2) Indie, mariée à Guillaume, vicomte de Lautrec, puis en 1226 à Bernard II de L’Isle-Jourdain ; 3) Guillemette, mariée à Hugues d'Alfaro, sénéchal d'Agenais, à laquelle il a cédé Montlaur et Saint-Jory dans un testament de 1209.




(20) Pierre II d'Aragon dit le Catholique (en catalan Pere el Catòlic, en castillan Pedro el Católico), né v. 1174-1176 peut-être àTarragone et mort le 14 septembre 1213 à la bataille de Muret, fut roi d'Aragon et comte de Ribagorce de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre II, comte de Barcelone, de Gérone, de Besalú, de Pallars Jussà de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre I de Barcelone, comte de Gévaudan de 1196 à 1213, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas de 1204 à 1213.

En juillet 1204, Pierre II épousa Marie de Montpellier, veuve de Bernard IV de Comminges et fille unique de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier. Cependant, à cause d'une forte antipathie l'un pour l'autre, les deux époux se séparèrent rapidement. En 1206, Pierre II réclama l'annulation du mariage, afin d'épouser Marie de Montferrat, mais le pape Innocent III s'y opposa. Les Montpellierains durent recourir à un subterfuge pour aboutir à la naissance de l'infant Jacques en 1208. Ce dernier resta le seul enfant du couple. Pierre II eut d'autres enfants, mais illégitimes : Constance (1205 - 1252), mariée au sénéchal de Catalogne Guillermo Ramón II de Moncada, et Pedro de Rege, chanoine sacristain à Lérida.




(21) la Bataille de Muret







(22)   Raymond VII (IX) de Toulouse (° juillet 1197 à Beaucaire – † 27 septembre 1249 à Millau), est un comte de Toulouse, deSaint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1222 à 1249. Il était fils de Raymond VI, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Jeanne d'Angleterre. Par sa mère, il était petit fils du roi Henri II d'Angleterre, neveu des rois d'Angleterre Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre et par conséquent cousin du roi Henri III d'Angleterre.

En 1211, il avait épousé Sancie d'Aragon (1186-1242), fille du roi troubadour Alphonse II et de Sancha de Castille. Elle donne naissance à:

• Jeanne de Toulouse (1220-1271), comtesse de Toulouse, marquise de Provence et de Gothie, duchesse de Narbonne, mariée le 13 mars 12344 à Alphonse de France, comte de Poitiers.

Comme celle-ci ne lui a laissé qu’une fille promise en mariage à un capétien, et qu’il espère un fils permettant d’annuler les clauses du traité de Paris, Raymond répudie Sancie en 1241 et négocie avec le comte Raimond Bérenger IV de Provence son mariage avec Sancie de Provence, mais ce mariage nécessite l’accord du pape. OrCélestin IV vient de mourir et il n’y aura pas d’élection de pape avant un an. Lassé d’attendre, le comte de Provence marie Sancie avec Richard de Cornouailles et Raymond épouse en 1243 Marguerite de Lusignan (1228 † 1288), fille d’Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême. Mais le mariage est annulé en 1245 par sentence des juges délégués par le pape pour des raisons de consanguinité.




(23)  Guy de Montfort, tué à Castelnaudary en 1220, fut comte de Bigorre de 1216 à 1220. Il était fils de Simon IV,seigneur de Montfort, vicomte de Béziers et de Carcassonne, et d'Alix de Montmorency.

Né à la fin du XIIe siècle, il rejoint aider son père pendant la croisade des Albigeois. Celui-ci le maria le 6 novembre 1216 à une noble locale, Pétronille de Comminges († 1251), comtesse de Bigorre et vicomtesse de Marsan, fille de Bernard IV, comte de Comminges, et de Stéphanie, comtesse de Bigorre. Ils eurent :

• Alix († 1255), comtesse de Bigorre, mariée à Jourdain de Chabannais, puis en 1247 à Raoul de Courtenay, seigneur de Champigneules
• Peronelle(Pétronille), mariée à Raoul Paynel dit Tesson.

Il combat ensuite aux côtés de son père au siège de Toulouse (1218), mais celui-ci y fut tué, écrasé par un rocher projeté d'une pierrière. Amaury VI de Montfort n'ayant pas le sens stratégique de son père, les seigneurs occitans se révoltent et reprennent leurs droits. Guy fut tué en 1220 (certains disent le 4 avril, d'autres en juillet) lors d'un engagement à Castelnaudary.




(24) Simon V de Montfort (vers 1208 – 4 août 1265), 6e comte de Leicester et comte de Chester, est l'un des grands barons anglais qui s'opposèrent à Henri III d'Angleterre lors de la Seconde Guerre des barons.

Il est le fils de Simon IV de Montfort, qui était devenu comte de Toulouse lors de la croisade des Albigeois.

Il épousa secrètement, en 1238, Aliénor d'Angleterre (1215-1275), fille de Jean sans Terre. Aliénor avait été mariée précédemment à Guillaume le Maréchal, 2e comte de Pembroke, et avait juré un vœu de chasteté à sa mort, ce qu'elle brisa en épousant Simon.

Sa fille Éléanore épousa le prince gallois Llywelyn le Dernier. Ses terres et privilèges furent confisqués par la couronne qui les attribua à Edmund Crouchback, le plus jeune fils du roi.




(25) Henri III (1er octobre 1207 - 16 novembre 1272) fut roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1216 à sa mort.
Fils du roi Jean d'Angleterre et d'Isabelle d'Angoulême, Henri III monta sur le trône à l'âge de neuf ans alors que la première guerre des barons faisait rage.

En 1236, il épousa finalement Éléonore de Provence, la fille du comte Raimond-Bérenger IV de Provence et deBéatrice de Savoie. Éléonore était distinguée et intelligente, mais la politique fut la principale motivation de cette union car Henri III cherchait à former un réseau d'alliance dans le Sud et le Sud-Est de la France.
Le contrat de mariage fut signé en 1235 et Éléonore se rendit en Angleterre pour rencontrer Henri III pour la première fois. Ils se marièrent dans la cathédrale de Cantorbéry en janvier 1236 et Éléonore fut couronnée reine peu de temps après lors d'une somptueuse cérémonie en l'abbaye de Westminster. La différence d'âge était importante, Éléonore avait 12 ans contre 28 pour Henri III

• Édouard Ier  (1239 - ?) successeur
• Marguerite   (1240 - ?)
• Edmond (1245 - ?)
• Béatrice (1253 – 1257) morte de maladie




(26)  Guiraude de Lavaur, dite aussi Guiraude de Laurac ou Dame Guiraude ( ? - 3 mai 1211) est une figure emblématique de la résistance à la Croisade des Albigeois et des victimes de cette dernière. Guiraude (ou Géralde) de Lavaur est, à bien d'autres titres encore, l'un des personnages les plus représentatifs de l'aristocratielanguedocienne du début du XIIIe siècle.

Fille de Blanche de Paracol et de Sicard II (détenteur de l'importante seigneurie de Laurac et Montréal), Guiraude passe sa jeunesse dans un milieu favorable au catharisme, qui doit la marquer comme il le fait pour ses sœurs (Esclarmonde, Mabilia, etc.)

Esclarmonde, Navarre et Guiraude de Laurac ont pour frère Aimery de Montréal. Ce dernier se soumet une première fois à Simon de Montfort après le siège de Carcassonne, mais il entre en dissidence à l'automne 1209. Après le siège de Minerve, il livre ses seigneuries et prête hommage au nouveau maître de la région. Toutefois, jugeant que ce dernier ne lui a pas confié des domaines suffisant à compenser la perte de sa terre ancestrale, il change encore de camp et participe, au printemps 1211, à la défense de Lavaur, dont Guiraude est la châtelaine (elle semble veuve de Guilhem Peyre à cette époque).



(27)  Le siège de Beaucaire est une opération militaire de la croisade des Albigeois.





Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:10

Guy de Montfort



Guy de Montfort, tué à Varilhes le 31 janvier 1228, fut seigneur de la Ferté-Alais et de Bréthencourt, régent ducomté de Sidon de 1205 à 1210 et seigneur de Castres de1211 à 1228. Il était fils de Simon (IV), seigneur de Montfortet d'Amicie de Beaumont, comtesse de Leicester.


En 1188, il prit part à la troisième croisade. Compte tenu du fait qu'il s'engagea également dans la suivante, il est concevable de penser qu'il resta en Terre sainte quand le roiPhilippe Auguste revint en France, et ne rentra qu'en 1192, en même temps que Richard Cœur-de-Lion.


Frère cadet de Simon IV de Montfort, il s'engagea avec lui dans la quatrième croisade, en 1202. Arrivés à Zara, après avoir désapprouvé la prise de la ville, ils refusèrent le marché qu'Alexis Ange proposait aux Croisés, et qui consistait à payer le passage en Terre sainte en échange de leur aide pour rétablir Isaac II Ange sur le trône. Ils se rendirent par leurs propres moyens dans le royaume de Jérusalem, en embarquant à Barletta, dans les Pouilles. Arrivés à Jaffa, ils rejoignent le roi Amaury II de Lusignan et participent à une expédition en Tibériade. Impressionné par la valeur des deux frères, Amaury souhaite les attacher à son service et autorise en 1204 le mariage de Guy avec Helvis d'Ibelin, veuve de Renaud Grenier,comte de Sidon. Avec l'annonce de la fondation de l'empire latin de Constantinople par les croisés, Amaury comprend que l'armée croisée n'arrivera plus, et négocie une trêve de six ans avec le sultan mamelouk Al-Adel. Simon retourne en Europe, tandis que Guy reste et exerce la régence du comté de Sidon au nom de son beau-filsBalian Grenier. Guy et Helvis eurent deux enfants :


• Philippe († 1270), qui lui succèdera à Castres, puis partira à son tour se croiser et deviendra seigneur de Tyret de Toron.
• Pernelle, nonne à l'abbaye Saint-Antoine des Champs à Paris.


En 1210 prend fin sa régence, Balian ayant probablement atteint sa majorité. Guy assiste au couronnement deJean de Brienne le 1er octobre 1210, puis revient en Europe et rejoint son frère pour l'aider à mener à bien lacroisade des Albigeois. En 1212, il met le siège devant le château de Montségur, mais en vain. Il combat ensuite aux côtés de son frère à la bataille de Muret (1213), au siège¬ de Beaucaire (1216) puis à celui de Toulouse (1218). Il est blessé lors d'une sortie des Toulousains assiégés, et c'est en voulant le secourir que son frère Simon reçoit le roc qui lui sera fatal. La mort de Simon et l'incompétence de son fils Amaury firent que les seigneurs occitans reprennent leurs droits.


Pendant cette période, Guy de Montfort s'était remarié avec Briende de Beynes, veuve de Lambert de Thury, baron de Lambers. Ils eurent :

• Alicie de Montfort, nonne à Port-Royal en 1259
• Agnès de Montfort, nonne à Port-Royal en 1259
• Guy II de Montfort, mort en 1254, baron de Lombers, mort en croisade
En 1224, Amaury cède ses droits sur l'Occitanie au roi Louis VIII le Lion, qui vient ensuite en faire la conquête. Guy participa au siège d'Avignon, qui dura trois mois. La ville se rendit au bout de trois mois, mais la maladie força l'armée royale à se replier et le roi mourut sur le chemin du retour, à Montpensier. Guy resta combattre en Occitanie, et fut tué peu après alors qu'il assiégeait Varilhes, près de Pamiers.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:15

Philippe de Novare


Philippe de Novare (v. 1200 – v. 1270) est un écrivain, diplomate, poète, juriste et pédagogue.

Né à Novare (Italie) dans une maison noble, il part en Terre sainte. Il participe au siège de Damiette sous les ordres de Jean de Brienne, roi de Jérusalem en 1218 et devient ensuite un seigneur important du royaume de Chypre.

Il est renommé pour sa dextérité politique, sa valeur militaire et sa science dans le droit et les belles lettres.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:34




vers 1210 : Jean de Briennes



Jean Ier de Brienne, (né vers 1170/11751 - mort le27 mars 1237 à Constantinople), est un roi de Jérusalem de1210 à 1225, puis un empereur latin de Constantinople de 1229à 1237. Il était fils cadet d'Érard II, comte de Brienne et d'Agnès de Montfaucon ou de Montbéliard (v. 1150 - + après 1199).




Son père le destinait à une carrière ecclésiastique, mais il avait la passion des armes et s'enfuit à Clairvaux, où l'un de ses oncles le prend en charge. Il devient chevalier et se couvre d'honneur en participant à de nombreux tournois. Il est rapidement considéré comme le chevalier le plus valeureux de son époque. Ayant probablement pris part le 28 novembre 1199au tournoi d'Ecry-sur-Aisne, il rejoint la quatrième croisade avec son frère Gautier III de Brienne. Jean de Brienne participe à laprise de Constantinople en 1204.

Mais cette participation à la quatrième croisade est remise en cause, car Gautier III de Brienne, marié en 1200 avec Elvire, fille de Tancrède de Lecce, revendique le royaume de Sicile face aux Hohenstaufen et les combat de 1201 à sa mort en 1205, et l'on comprend mal pourquoi il aurait abandonné ce combat et laissé le champ libre aux Hohenstaufen. Après 1205, Jean de Brienne doit céder face à Frédéric II de Hohenstaufen et rentre en France avec son neveu Gautier IV de Brienne. Peut-être fit-il comme son cousin Gautier de Montbéliard, qui rejoint la quatrième croisade avant de la quitter pour soutenir Gautier III. Selon la Chanson de la Croisade, il participe à la croisade des Albigeois et est présent au siège de Béziers en 1209.


Roi de Jérusalem

En 1208, Marie de Montferrat reine de Jérusalem est âgée de dix-sept ans et le régent Jean d'Ibelin et également son oncle songe à lui trouver un mari. Après en avoir délibéré à Saint Jean d’Acre, le conseil des barons décide de demander conseil à Philippe Auguste, roi de France. Gautier de Florence, évêque d’Acre, et Aymar de Lairon, seigneur de Césarée sont envoyés auprès du roi, lequel leur propose Jean de Brienne. L’Estoire d’Eraclée suggère que le roi voulait se séparer d’un chevalier dont Blanche de Castille, épouse du prince héritier, était éprise, et relate le désappointement des barons à la venue d’un seigneur ayant atteint la quarantaine, mais la suite montre que le choix du roi de France est malgré tout avisé. Il avait auparavant montré ses qualités de sagesse et de bravoure, et son impécuniosité est compensée par les dons de Philippe-Auguste et du pape Innocent III qui lui donnent chacun quarante mille livres tournois. Arrivé à Acre en septembre 1210, il épouse Marie de Montferrat le 14 septembre et est sacré roi avec son épouse le 3 octobre.
Peu avant, en septembre, la trêve négociée en 1204 entre Al-Adel et Amaury II arrive à échéance et les Templiers décident de reprendre les hostilités. Sans le soutien d’une croisade, les Latins d’Orient ne peuvent pas résister aux forces musulmanes, qui viennent incendier les abords de Saint Jean d’Acre. Mais Jean de Brienne réussit à refréner l’ardeur belliqueuse des Templiers et négocie une nouvelle trêve avec Al-Adel en juillet 1211 pour une durée de six ans, pendant lesquels les Templiers vont combattre pour le prince d’Antioche pour reprendre leur citadelle de Baghrâsque Saladin avait prise. De leur côté, les Hospitaliers vont prêter main-forte au roi Léon II d’Arménie contre lesultanat seldjoukide de Roum. Marie de Montferrat meurt peu après avoir donné naissance à une fille Isabelle, mais les barons acceptent Jean de Brienne comme bayle du royaume, c'est-à-dire régent.

En Occident, le pape Innocent III commence à prêcher une cinquième croisade, dès le IVe concile de Latran en1215. Il meurt le 16 janvier 1216, mais son successeur Honorius III continue ses projets. Une croisade part sous la conduite du roi André II de Hongrie et du duc Léopold VI d’Autriche, et débarque à Acre en septembre 1217. L’objectif choisi est une citadelle que le sultan Malik al-Adel vient de construire sur le Mont Tabor et qui contrôle la Galilée et la Samarie. La citadelle est assiégée en vain du 29 novembre au 7 décembre 1217. Il semble que les Croisés aient alors manqué de persévérance. À la tête d’un petit détachement, un prince hongrois tente ensuite de prendre le château de Shaqîf Arnûn (Beaufort) dans le Marj Ayoun, bien que le comte de Sidon lui déconseille une telle entreprise, et son armée est taillée en pièces par les montagnards. Puis l’armée hongroise retourne dans son pays en janvier 1218. De son côté, Jean de Brienne fait fortifier Césarée.


D’autres Croisés, venant de royaumes plus occidentaux, continuent à arriver en Terre sainte et Jean de Brienne, qui a compris l’inutilité d’attaquer et d’assiéger directement Jérusalem, décide de s’attaquer à des ports égyptiens, Alexandrie ou Damiette, pour ensuite négocier l’échange de ce port contre Jérusalem. La flotte franque débarque devant Damiette le 29 mai 1218, réussit à forcer le passage sur le Nil le 24 août 1218. Malik al-Adil meurt le 31 août. Ses fils lui succèdent, Malik al-Kamil en Égypte et Malik al-Mu’azzamen Syrie.

Le 29 août 1218, Al-Mu'azzam tente de faire diversion en prenant et détruisant Césarée, mais sans succès. À la fin du mois de septembre, le légat Pélage arrive à Damiette et demande la direction de la croisade. Le 9 octobre, Al-Kamil tente une attaque du camp croisé mais est repoussé. À la suite d'un complot, il abandonne son camp le 4 février 1219, et son armée se disperse. Prévoyant la cession de Jérusalem aux Croisés, Al-Mu'azzam entreprend en mars 1219 de démanteler les fortifications de la ville. Par deux fois, en mai et en septembre, Al-Kamil propose aux croisés la ville de Jérusalem contre la levée du siège de Damiette, mais Pélage repousse à chaque fois l'offre par fanatisme. Damiette est prise par les Croisés par le 5 novembre 1219. Jean de Brienne refuse de continuer la croisade et quitte Damiette avec son armée en mars 1220. En juillet 1221 l'armée décide de marcher sur le Caire ; mais elle est paralysée par la crue du Nil, et doit livrer Damiette en échange de sa liberté.

Après l’échec de cette cinquième croisade, Jean de Brienne conclut avec Al-Kamil un trêve de sept ans. Il décide de se rendre en Italie afin de discuter avec les principaux souverains du sort des états latins d’Orient. Débarqué àBrindisi en octobre 1222, il rencontre le pape Honorius III, auquel il se plaint du comportement du légat Pélage qui a fait échouer la croisade par son intransigeance. Le pape lui donne raison, puis lui propose le mariage de la princesse héritière à l’empereur Frédéric II. Ce dernier est intéressé par le projet, qui lui permet d’ébaucher un empire méditerranéen, tandis que Jean de Brienne apprécie la possibilité de bénéficier des troupes germaniques. Philippe Auguste, à qui Jean de Brienne vient ensuite rendre visite, apprécie moins et reproche à Brienne de s’être fait manipuler. Une escadre impériale vient chercher la fiancée en août 1225, et le mariage est célébré àBrindisi le 9 novembre 1225. Le lendemain, Frédéric dépossède Jean de Brienne de la baile du royaume. Scandalisé par cette manœuvre que les négociations du mariage ne laissaient pas présager, et aussi par le viol dont Frédéric II s’est rendu coupable auprès d’une des cousines d’Isabelle, Jean de Brienne quitte définitivement le royaume de Jérusalem.

Soutenu par le pape Grégoire IX, il tente d’envahir le royaume de Sicile, mais est vaincu par son gendre et doit accepter la paix en août 1230


Empereur latin de Constantinople

La mort de Robert de Courtenay en janvier 1228, place sur le trône un enfant de onze ans, Baudouin II de Courtenay. Les barons songent d'abord à confier la régence à Ivan Asen II, tzar des Bulgares, mais changent d'avis, craignant la puissance de ce dernier. Ils proposent ensuite la régence à Jean de Brienne, qui l'accepte, à la condition d'être associé au trône. Il est couronné empereur à son arrivée à Constantinople en 1231. L'empire latin se réduit alors à Constantinople et ses environs, et sous la triple menace de l'empire de Nicée, du despotat d'Épire et des Bulgares. En 1235, l'empereur de Nicée et le tzar bulgare assiègent Constantinople, alors qu'il n'y a que 160 chevaliers. Mais les Vénitiens, craignant la perte de leurs avantages commerciaux, lui prêtent main forte et la ville résiste. La flotte vénitienne domine sur la mer, et les assiégeants finissent par se décourager. Jean de Brienne meurt l'année suivante, le 23 mars 1237.


Mariages et enfants

Il épousa en 1210 (à quarante ans) Marie de Montferrat (1191 - † 1212), reine de Jérusalem, fille de Conrad de Montferrat et d'Isabelle de Jérusalem, roi et reine de Jérusalem, qui donna naissance à :

• Isabelle II (1211 - † 1228), reine de Jérusalem, mariée à Frédéric II, empereur germanique.


Veuf, il se remaria en 1214 avec Rita d'Arménie (ap. 1195 - † 1220), fille du Léon II, roi d'Arménie et d'Isabelle, qui donna naissance à :

• Jean (1216 - † 1220).


De nouveau veuf, il se remaria en 1224 avec Bérengère de Léon, fille du roi Alphonse IX de León et deBérengère de Castille. De ce troisième mariage, il eut :

• Alphonse d'Acre (ca. 1225 - † 1270), comte d'Eu
• Louis d'Acre (ca. 1225 - ca. 1297-1301), marié à Agnès de Beaumont, vicomte de Beaumont-au-Maine,Fresnay et Sainte-Suzanne
• Jean d'Acre († 1296), bouteiller de France, épouse en 1251/1252 Marie de Coucy, veuve du roi Alexandre IId'Écosse dit Le Pacifique.
• Marie de Brienne (1225 - † 1275), mariée en 1234 à Baudouin II de Courtenay (1218 - † 1273), empereur latin de Constantinople et margrave de Namur.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:42









André II de Hongrie , roi de Hongrie



André II Árpád, (né en 1176– mort le 21 septembre1 1235), fils de Béla III de Hongrie et d'Agnès d'Antioche. roi de Hongrie de1205 1235, il anima la Ve croisade en 1217. Il s'est proclamé roi de Galicie-Volhynie (en latin rex Galiciae et Lodomeriae).


À son avènement, le roi André II (András) tente de rétablir un régime centralisé. Après avoir disputé la couronne à son frèreEmeric, il doit faire face à des complots. La reine Gertrude de Méran est tuée en 1213 lors d'une campagne du roi en Russiepar un groupe de conspirateurs mécontents, conduits par le « ban », le palatin lui-même. Les soldats de haut rang, les « servants du roi », veulent obtenir la garantie de leurs statuts et privilèges. On reproche aussi au roi d'avoir affermé les finances à des Juifs et des Ismaélites (musulmans).


Le roi de Hongrie dispose alors de 70 % des terres du royaume, le reste appartenant à l'Église, à la descendance d'anciens chefs de tribus, à des chevaliers étrangers ou à des guerriers-paysans libres. Sous le règne d'André II, les donations du roi à divers bénéficiaires, monastères, évêchés ou particuliers s'accélèrent, annonçant un système seigneurial. Ces donations font naître une classe de barons, sans impliquer de liens de vassalité envers le souverain donateur.


Le règne d'André II de Hongrie nous laisse deux fois plus de documents que les deux siècles précédents. La production écrite émane de la chancellerie royale, des institutions de l'État et de l'Église, mais aussi des villes. D'abord exclusivement en latin, elle contient de plus en plus d'éléments en allemand, en slovaque et en hongrois.


André II participe à la Cinquième croisade. En septembre 1217 André II et Léopold VI d'Autriche débarquent à Acre avec leurs troupes Les Hongrois effectuent une chevauchée sans résultat jusqu'à Beïsan en novembre 1217puis assiègent en vain la forteresse ayyoubide du mont Thabor entre le 29 novembre et le 7 décembre. Malade et découragé André II rentre en Europe dès 1218. Au cours de son expédition le roi négocie les fiançailles de son fils ainé Béla avec Marie Lascaris, fille de l'empereur de Nicée Théodore Ier Lascaris et celle de son 3e fils et homonyme André avec la fille de Léon II d'Arménie. Le second projet reste sans suite. Après la mort sans héritier direct de l'empereur Henri de Constantinople, les barons lui offrent la couronne impériale qu'il refuse.


Le roi se heurte à son retour à une révolte de la noblesse. Il est contraint de lui accorder une Bulle d'Or : elle garantit à la noblesse une diète annuelle, des immunités d'ordre fiscal et la perception des impôts. Elle lui reconnaît par ailleurs le droit d'insurrection contre le monarque (1222).


Par l'Andreanum (1224), il accorde aux Saxons de Transylvanie un statut d'autonomie et d'importants privilèges fiscaux. À sa mort en 1235, il est enterré aux côtés de sa femme Yolande de Courtenay dans l'abbaye cistercienne d'Egres (alors en Hongrie, aujourd'hui Igriș en Roumanie).


Avec son épouse, Gertrude de Méran, assassinée en 1213, fille de Berthold II ou IV de Babenbourg, duc de Méranie, il a pour enfants :

1. Anne-Marie (1203-1237), épouse du tsar Ivan Assen II de Bulgarie (Dynastie des Asénides)
2. Béla IV de Hongrie (1206-1270) qui lui succède en 1235
3. Élisabeth de Hongrie (1207-1231) épouse du landgrave Louis IV de Thuringe, Tertiaire franciscaine (canonisée en 1235)
4. Coloman (1208-1241), roi de Galicie-Volhynie puis duc deSlavonie et de Bosnie
5. André (1210-1234), roi de Galicie-Volhynie


Avec sa 2e épouse en 1215, Yolande de Courtenay (morte en 1233) ; fille de Pierre II de Courtenay, il a une fille :

1. Yolande (1215 - 1251), épouse du roi Jacques Ier d'Aragon.


Avec sa 3e épouse en 1234 Béatrice d'Este  (morte en 1245) et fille d'Aldobrandino marquis d'Este; il a un fils posthume:

1. Étienne (1236-1272) duc de Slavonie et père du roi André III de Hongrie.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:13, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:46

Léopold VI d’Autriche


Léopold VI d'Autriche, dit le Glorieux (1176 – 26 juillet 1230à San Germano), est duc de Styrie en 1194 et duc d’Autrichede 1198 à 1230. Sous son règne, l’Autriche des Babenberg atteint son apogée. Il est le protecteur des ordres mendiants et de l’ordre des chevaliers Teutoniques. Pris dans les querelles entre le pape et les Hohenstaufen, il prend parti pour les empereurs et échoue dans sa tentative de faire de Vienne un évêché contre la domination de Passau.

Dernier fils de Léopold V d'Autriche, il joint le duché d'Autriche à celui de Styrie après la mort de son frère Frédéric en 1198. L'année suivante, il est attaqué par Eméric, roi de Hongrie. La paix est conclue l'année suivante par un traité signé le jour de la Pentecôte.

Il se croise et se rend en Palestine en 1209-1210, puis participe en 1211 avec le comte de Juliers et d'autres seigneurs allemands à la croisade contre les Albigeois. En1213, il conduit des troupes en Espagne contre les Almohades. En 1217, il retourne en Palestine avec André II de Hongrie pour la cinquième croisade. En décembre, ils échouent à prendre la forteresse du Mont-Thabor, qui domine la plaine d’Acre. L'année suivante, ils participent à la campagne contre l'Égypte. Au mois d'août 1218, ils attaquent la citadelle de Damiette. Léopold prend le commandement de l'armée à la mort du comte de Berg et réussit le 26 août à se rendre maître de la tour. Il entreprend, au mois d'octobre suivant, le siège de la ville de Damiette, mais rembarque pour l'Autriche avant la prise de la ville par Jean de Brienne en décembre 1219. Avant de partir, il fait don cinq mille marcs d'argent aux chevaliers Teutoniques, pour l'acquisition d'une terre, et de cinquante marcs d'or aux Templiers, gratifiés également de cinq cents marcs d'argent par le comte de Chester.

En 1226, son fils Henri dit l'Impie, qu'il avait fait duc de Mödling, se révolte contre lui et chasse sa mère du château de Haimbourg. Henri meurt l'année suivante en laissant une fille, Gertrude. En 1230, Henri, roi des Romains, fils aîné de l'empereur Frédéric II et gendre de Léopold, confirme les privilèges du duché d'Autriche avec le consentement des princes-électeurs. Léopold, parti pour l'Italie pour participer à l'accord de paix entre l'empereur et le pape, meurt à San Germano le 28 juillet 1230. Ses entrailles sont inhumées au Mont-Cassin et son corps rapporté à l'abbaye cistercienne de Lilienfeld, qu'il avait fondée.

Léopold épouse en 1203 une princesse byzantine, Théodora Ange, morte en 1246, qui lui donne :
• Marguerite (1204-1266), femme de Henri II de Souabe, puis d'Ottokar II de Bohême
• Agnès (1205-1226), mariée à Albert Ier de Saxe
• Léopold (1207-1216)
• Henri, duc de Mödling (1208-1228)
• Gertrude (1210-1241), épouse d'Henri le Raspon
• Frédéric (1211-1246)
• Constance (1212-1243), épouse d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 11:50

Pélage Galvani  


Pélage Galvani ou Pélage d'Albano (ca. 1165, Guimarães, Portugal ou Gusindos, León † 1230, Mont Cassin) est un bénédictin du Portugal ou de León, cardinal et docteur en droit canon3. Il devient en 1219 légat pontificalet chef religieux de la cinquième croisade mais son intransigeance et son fanatisme ont été la cause de l'échec de cette croisade.


Il entre dans l'Ordre bénédictin en 1178 et étudie la théologie à Paris. Le pape Innocent III le fait cardinal-diacre de Sainte-Lucie à Septisolio en 1206 (ou en 1207). Plus tard, il est promu au rang de cardinal-prêtre de Sainte-Cécile (entre le 25 février et le 31 mai 1211) et finalement cardinal-évêque du diocèse suburbicaire d'Albano, en1213.
En 1213, Innocent III le charge d'une mission diplomatique à Constantinople en vue d’une réconciliation entre l’Église Byzantine et l’Église Romaine. Mais l’orgueil, le fanatisme et l’intransigeance de Pélage font échouer cette mission, ainsi que le projet d’Innocent III de réunifier la chrétienté afin de faire face à l’Islam. À cette occasion, l’historien byzantin Georges Acropolite le décrit comme « dur de caractère, fastueux, insolent, se présentant comme investi de toutes les prérogatives du pouvoir papal, vêtu de rouge des pieds à la tête, avec jusqu’à la couverture et les brides de son cheval de la même couleur, montrant une sévérité insupportable envers les Byzantins, emprisonnant les moines grecs, enchaînant les prêtres orthodoxes, fermant les églises, … ».


En 1218, le pape Honorius III lui confie la direction religieuse de lacinquième croisade, en train d'assiéger Damiette, en Égypte. Il y débarque à la fin du mois de septembre 1218, peu après que les croisés ont réussi à prendre la tour contrôlant l’accès au Nil, permettant aux navires croisés de patrouiller sur le bras oriental du Nil. Il prétend immédiatement assurer la direction de la cinquième croisade, soutenu par les croisés italiens, et entre en conflit avec Jean de Brienne, roi de Jérusalem, qui est soutenu par les barons syriens et les croisés français.

Al-Kamil, le sultan ayyoubide d’Égypte se trouve dans une position délicate, car un de ses vassaux allié à un de ses frères tente de le renverser et, pour avoir les mains libres, propose à deux reprises l’échange des anciens territoires du royaume de Jérusalem, l’Outrejourdain excepté, contre le départ des Francs d’Égypte, échange qui est somme toute l’objectif de la cinquième croisade. Mais Pélage repousse à chaque fois ces offres de paix.

La garnison de Damiette, affaiblie par la disette et les épidémies, ne résiste que de moins en moins aux assauts croisés, les mangonneaux des Hospitaliers entament les remparts et la ville est prise le 5 novembre 1219. La lutte fait aussitôt rage entre les factions croisées pour le contrôle de la ville. Le 21 décembre 1219, les Italiens tentent de chasser les Français de la ville. Le 6 janvier 1220, ces derniers prennent leur revanche et chassent les Italiens. Une trêve est acceptée par les rivaux le 2 février 1220, ceux-ci ne s’entendent pas sur le sort de la ville. Les Italiens souhaitent y établir une colonie qui leur permettra d’y faire du commerce, tandis que les Français souhaitent l’échanger contre Jérusalem et les possessions du royaume perdues en 1187. Un quartier de la ville est attribué à Jean de Brienne, mais Pélage décide d’excommunier les chrétiens qui s’y établiraient. De guerre lasse et comprenant qu’il ne peut tirer aucun avantage, Jean de Brienne quitte la croisade, en en laissant la direction complète à Pélage.

Ce dernier fait alors peser une véritable tyrannie sur les Croisés et sur Damiette. Rapidement, il met l’embargo sur les navires, puis interdit aux croisés qui quittent la ville d’emporter quoi que ce soit, même les affaires personnelles, puis leur interdit tout départ sans son autorisation. Les navires sont laissés à l’abandon et les Égyptiens en profitent pour faire construire et armer dix galères. Des espions préviennent Pélage qui néglige l’avertissement, laissant aux musulmans la maîtrise de la mer et leur permettant de couler de nombreux navires chrétiens entre le delta et Chypre. D’abord opposé à la démarche que saint François d’Assise souhaite entreprendre auprès du sultan Al-Kamil, Pélage finit par l’autoriser à contrecœur et après fortes persuasions. Il refuse encore une nouvelle offre d’échange des villes faite par Al-Kamil, espérant l’arrivée de l’armée de l’empereur Frédéric II.

En mai 1221, il n’arrive qu’une maigre troupe conduite par le duc Louis Ier de Bavière et le grand-maître teutonique Hermann von Salza. Pélage décide de partir à l’offensive et appelle Jean de Brienne, qui n’a pas d’autre choix que participer à l’expédition pour éviter que la responsabilité de l’échec de l’entreprise ne lui soit attribuée. L’armée quitte Damiette le 7 juillet et parvient devant Mansourah le 24 juillet, après quelques escarmouches contre les avant-gardes musulmanes qui se dérobent, pratiquant la tactique de la terre déserte. La crue du Nil a commencé et les Musulmans rompent les digues, inondant la plaine et isolant les Francs sur une étroite bande de terre. Pélage, escomptant une prise rapide de Mansourah, avait négligé d’emporter des vivres en suffisance et la retraite est coupée par les galères musulmanes qui contrôlent le Nil. Les croisés ne peuvent alors que se rendre et négocier leur liberté contre la cession de Damiette.

Revenu à Rome, Pélage devient doyen du Collège des cardinaux le 19 mars 1227 avec l'élection d'Ugolino Conti, qui devient pape sous le nom de Grégoire IX. Il est mort à Mont Cassin le 30 janvier 1230. La dernière bulle pontificale qu'il a signée est datée du 26 janvier 1230.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 12:31




Jean de Brienne , roi de Jérusalem  

(voir plus haut)


Gautier IV de Brienne , comte de Jaffa

Gautier IV de Brienne (1205 † 1246), dit le Grand, est comte de Brienne de 1205 à 1246 et de Jaffa de 1221 à 1246. Il est fils de Gautier III, comte de Brienne et prétendant au trône de Sicile, et d'Elvire de Lecce.

Le comté de Jaffa lui est donné par son oncle Jean Ier de Brienne, le Roi de Jérusalem.
Par sa vigueur Gautier défendit sa ville pendant longtemps et ne laissait jamais passer une occasion de détrousser les Sarrasins. Une fois, une caravane entière de soie et de draps d'or tomba entre ses mains. Il partagea alors l'ensemble du butin entre ses bannerets, car chez lui, la générosité accompagnait la vaillance. Tout cela lui valut d'ailleurs d'être l'un des chevaliers les plus célèbres de son temps. Il était également très croyant et le soir venu, il s'enfermait dans sa chapelle et y demeurait seul en oraison.

En 1244, les Kharezmiens, commandés par Barbakan, s'emparent de Jérusalem. Devant l'urgence de la situation, les croisés font appels aux sultans de Damas et d'Émèse pour les aider à vaincre cette nouvelle menace. Les forces musulmanes de la Syrie, commandées par Malek-Mansor prince d'Émèse, s'unissent à Ptolémais aux chevaliers des ordres militaires et aux chrétiens accourus pour répondre à l'appel de Robert de Nantes, patriarche de Jérusalem. Alors que le prince d'Émèse conseille d'attendre l'arrivée de renforts avant d'attaquer, le patriarche de Jérusalem ordonne l'attaque immédiate, soutenu en cela par les chefs croisés.

L'armée est partagée en trois corps :

• Armand de Périgord, grand maître des templiers, avec les chevaliers de l'ordre et les barons de la Terre sainte forment celui du centre.
• Les Musulmans sous les ordres du prince d'Emèse occupent l'aile droite.
• Les chevaliers de Saint Jean occupent l'aile gauche sous le commandement de Gauthier de Brienne.

Cependant, Gauthier de Brienne refuse de partir au combat tant que le patriarche de Jérusalem n'aurait pas levé l'excommunication qu'il avait prononcé contre lui pour une sombre histoire de tour à Jaffa que Gauthier aurait refusé de donner au patriarche. Devant cette situation bloquée par l'intransigeance du patriarche, l'évêque de Rames lui donne l'absolution par ces termes : "Ne vous troublez pas la conscience parce que le patriarche ne vous absout pas; car il a tort et vous avez raison; et je vous absous au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Allons y !".

Le combat est livré le 18 octobre 1244 et dura deux jours à la Forbie. Les Musulmans, après avoir perdu plus de deux mille cavaliers, prennent la fuite les premiers. Plus de trente mille soldats sont tués ou fait prisonniers durant cette bataille.

Gauthier, blessé, se retrouve prisonnier. C'est alors, en 1245, que les troupes Kharezmiennes se dirigent vers Jaffa, la ville dont il est comte. Afin de forcer la ville à la reddition, Barbakan fait amener Gauthier devant les murailles de la ville et l'attache sur une croix tout en annonçant qu'il ne le détacherait que lorsque la ville se rendrait. Mais Gauthier exhorte alors la garnison de la ville à tenir bon et à faire son devoir en défendant la ville tandis que lui ferait le sien en mourant pour Jésus Christ. La ville résistant, Barbakan livre Gauthier au Sultan d'Égypte avec d'autres captifs et est conduit au Caire.

C'est là que, quelque temps plus tard, alors qu'il joue aux échecs avec un émir, ce dernier le frappe à la joue. À défaut d'armes pour se venger, Gauthier saisit l'échiquier et tue son agresseur. Il est alors aussitôt renversé et étranglé par les arabes qui l'entouraient.

Sachant que Saint Louis désirait donner aux nobles restes de Gauthier une sépulture chrétienne, Jean de Valenciennes obtint du sultan d'Égypte les ossements de Gauthier qu'il ramena à Acre.

Il épouse en 1233 Marie de Lusignan, la fille d'Hugues Ier de Lusignan, roi de Chypre, et d'Alix de Champagne, dont il a 3 enfants :
• Jean de Brienne (comte) (1234 † 1261)
• Hugues Ier de Brienne (1240 † 1296)
• Amaury de Brienne († vers 1261)


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 12:39

Balian Grenier , seigneur de Sidon


Balian Granier (ou Grenier) (1195-1239), comte de Sidon, est le fils de Renaud Granier (ou Grenier), et d'Helvis d'Ibelin. Il fut prénommé Balian d'après son illustre grand-père maternel Balian d'Ibelin, défenseur de Jérusalem face à Saladin. Son père étant mort en 1202, alors que Balian est encore très jeune, sa mère Helvis d'Ibelin se remarie avec Guy de Montfort, qui élève Balian et gère son héritage jusqu'à la majorité de celui-ci.

Il est connu pour avoir soutenu le parti impérial lors de la 5eCroisade menée par Frédéric II de Hohenstaufen, Empereur d'Allemagne s'étant fait couronner roi de Jérusalem. Celui-ci, à son retour en Europe en 1229, lui laissa alors la garde de la ville de Tyr, puis lui octroya en 1231 la co-baylie (régence) du royaume de Jérusalem-Acre avec Garnier l'Aleman.

Il déconseilla vivement aux Hongrois de la 5e Croisade de s'aventurer dans les zones les plus désertiques du Comté de Sidon essentiellement aux mains des Musulmans. Refusant de l'écouter, les Hongrois furent alors massacrés lors d'une embuscade tendue par des bandes Turcomanes.
Il négocia avec le maréchal Filanghieri, envoyé par Frédéric en 1228 pour reprendre contrôle de la Terre Sainte à Acre au nom de l'Empire. Il évita ainsi un bain de sang et aida la cause de la Terre Sainte Franque face à cette tentative de germanisation des Hohenstauffen.

Balian survécut à l'issue malheureuse de la croisade menée par Thibaud IV de Champagne en 1239. Il avait participé notamment à la bataille près d'Ascalon où une partie des chevaliers menés par Amaury VI de Montfort et Henri de Bar s'avança inconsidérément vers l'armée égyptienne. Il mourut en 1239, ou plutôt 1240 selon Philippe de Novare, après s'être vu remettre la Forteresse de Beaufort par les Aiyubides. C'est cette forteresse que son père Renaud Granier avait défendue par la ruse contre Saladin en 1190.

De son mariage avec Ide de Reynel, fille de Arnoul de Reynel et Ide de Brienne, il eut un fils Julien Granier (ou Grenier) qui lui succéda comme Comte de Sidon, la plus grande partie du Comté ayant été recouvrée par Balian.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 12:48

Henri Ier de Chypre , roi de Chypre




Henri Ier de Lusignan dit le Gros (1217 † 1254), roi de Chypre (1218-1254), est le fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.

Il est né le 3 mars 1217 et son père meurt le 10 janvier 1218. Comme il n'a que neuf mois, la régence du royaume est confiée à sa mère Alix de Champagne et à son oncle Philippe d'Ibelin. En 1220, la régente signe les accords de Limassol qui règle les litiges entre la noblesse et le clergé latin de Chypre à propos des domaines appartenant aux monastère grecs et donnés à la noblesse. Un litige entre Philippe et Alix en 1225 et arbitré par le pape Honorius III écarte Alix et confirme Philippe, qui meurt en 1227 et est remplacée par son frère Jean d'Ibelin, le vieux seigneur de Beyrouth. Le suzerain du royaume de Chypre, l’empereurFrédéric II épouse en 1225 la reine de Jérusalem et annonce son intention de partir en croisade. Il dépouille aussitôt Jean de Brienne de la régence du royaume de Jérusalem et revendique celle de Chypre, aussi le régent décide par précaution de faire couronner Henri en 1225, à l'âge de huit ans, mais Frédéric II réussit à se faire des partisans parmi les nobles chypriotes.

En juillet 1228, Frédéric II arrive, à la tête de la sixième croisade et retire la régence à Jean d'Ibelin pour l’exercer lui-même. Puis Frédéric rejoint la Palestine où il réussit par la négociation la rétrocession de Jérusalem aux Latins. Il quitte l’Orient en mai 1229 en laissant Chypre aux mains d'un conseil de régence composé de cinq barons et en organisant le mariage d’Henri Ier avec Alix de Montferrat. Jean d'Ibelin arme une escadre qui débarque à Chypre, élimine les régents et conquiert l’île de Chypre, mais l’empereur envoie Roger Filangeri qui prend le contrôle de quelques cités de Syrie, dont Beyrouth qui appartient à Jean d’Ibelin. La guerre civile continue à Chypre, et Jean d’Ibelin, battu à Casal-Imbert en mai 1232 défait les impériaux à Agridi le 15 juin 1232 et assiègent les régents retranchés dans le château de Cérines. A Pâques 1233, Henri Ier est proclamé majeur peut commencer son règne. Les résistants de Cérines se rendent en juin 1233.

En 1247, le pape Innocent IV place le royaume de Chypre sous la protection pontificale et dégage Chypre de la suzeraineté impériale. La même année, sur la demande des Hospitaliers, il envoie une escadre pour défendre Ascalon assiégée par le sultan d'Égypte, mais une tempête l'empêche de défendre efficacement la ville qui est prise.

En 1248, Henri accueille Saint Louis et la septième croisade, qui hiverne à Chypre de septembre 1248 à mai 1249. Il l'accompagne en Égypte et participe à l'attaque sur Mansourah, mais les deux rois sont faits prisonniers à Fariskur. Il rentre ensuite dans son royaume insulaire et meurt à Nicosie le 18 janvier 1254.

Il a épousé :
1. vers 1229 Alix (1210 † 1233), fille de Guillaume VI, marquis de Montferrat et de Berta di Clavesana, sans postérité
2. en 1237 Stéphanie (v. 1220 † 1249), fille de Constantin, seigneur de Barbaron, sans postérité
3. en 1250 Plaisance d'Antioche (1235 † 1261), fille de Bohémond V, dont il a un fils :
• Hugues II (1252 † 1267), roi de Chypre.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 13:14

Pierre de Montaigu , maitre de l’Ordre du Temple


Blason Pierre de Montaigu


Pierre de Montaigu (Peire de Montagut) fut le quinzième maître de l'Ordre du Temple, entre1219 et le 28 janvier 1232.

Il fut élu lors du siège de Damiette, en 1218, mais n'en fut informé qu'assez tard, car en novembre 1218, il signait encore en tant que précepteur de Provence et partie des Espagnes. Il mourut en 1232.
D'après Albéric de Trois-Fontaines, il pourrait être le frère de Garin de Montaigu mais selon d'autres auteurs, il serait d'origine espagnole voir catalane.







Guérin de Montaigu , maitre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem



Pierre Guérin de Montaigu, gentilhomme d'Auvergne, maréchal de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, fut élu14e supérieur des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1207.

Il secourut les chrétiens d'Arménie contre Soliman d'Iconium, fit lever le siège de Saint-Jean-d'Acre au sultan de Damas.

Il se signala à la prise de Damiette, et parcourut ensuite la plupart des États de l'Europe pour solliciter des secours. À son retour, il trouva la Terre sainte livrée à l'anarchie, et chercha, mais en vain, à rapprocher les Hospitaliers des Templiers avec lesquels ils étaient en guerre ouverte].
En 1228, il engagea le Pape à rompre la trêve conclue entre chrétiens et musulmans. Il refusa la même année de se rendre à l'armée tant qu'elle serait commandée par l'empereur Frédéric II, que le pape avait excommunié.

Il meurt en Palestine en 1227 ou 1228 au moment de la reconstruction du château de Sidon.

Il serait le frère de Pierre de Montaigu, maître des Templiers de 1219 à 1232. D'après les chroniqueurs de l'époque, de la famille de Montaigu sont issus Foulques de Montaigu, évêque de Limassol (1211-1218) et l’archevêque de Nicosie Eustorge de Montaigu (1217-1250). Il est possible que Guillaume de Montaigu, drapier de l'Ordre et présent à Saint-Jean-d'Acre en 1233, fasse lui aussi partie de cette famille. Par contre, il n'est pas possible de rattacher Odon de Montaigu, prieur d'Auvergne, entre 1312 et 1344, des Montaigu-Champeix à la famille de Montaigu, en possession du château de Montaigut-le-Blanc dans l'actuel département du Puy-de-Dôme.





Herman de Salza , maitre de l’Ordre Teutonique


Hermann von Salza (né en 1179 à Langensalza mort le 20 mars1239 à Salerne) fut le quatrième grand maître de l'ordre Teutonique (1209 - 1239).







Hermann von Salza est originaire de Thuringe. Il naît à Langensalza aux environs d'Eisenach dans une famille de ministériaux. Le moment précis où il entre dans l'ordre est inconnu, probablement au cours de la dernière décennie du XIIe siècle.

C'est en 1209 qu'il apparaît pour la première fois en tant que grand maître de l’Ordre Teutonique. Durant son magistère, le rayon d'action des chevaliers teutoniques ne se cantonne pas uniquement à la Terre sainte.

En 1211, Hermann von Salza conduit une expédition contre les Coumans à la demande du roi André II de Hongrie. Les chevaliers s'établissent au sud-est de la Transylvanie et tentent d'y créer un État autonome. Quelques grandes villes comme Brașov ont vu alors le jour. L'ordre y prospère jusqu'en 1225, quand il est expulsé de Hongrie par le roi poussé à le faire par la noblesse hongroise.

C'est durant cette période que Hermann von Salza est également en contact avec Frédéric II du Saint-Empire, dont il est l'ami et le conseiller pendant une vingtaine d'années. Il sert à plusieurs reprises de médiateur entre l'empereur et la papauté.

Dans le même temps, Hermann von Salza ne cesse pas ses activités en Terre sainte puisqu'il prend part, durant la cinquième croisade, à la prise de Damiette en 1219. Hermann convainc plus tard Frédéric II de diriger la sixième croisade et arrange partiellement le mariage entre l'empereur et la fille de Jean de Brienne, alors roi de roi de Jérusalem. À la fin de cette croisade, Hermann revint en Europe et œuvre pour lever l'excommunication dont l'empereur avait fait l'objet, chose obtenue en 1230.

C'est également sous le magistère de Hermann von Salza que Conrad de Mazovie demande à l'ordre de l'aider militairement à convertir les Prussiens au christianisme. En 1230, les chevaliers Teutoniques s'installent sur la basse Vistule à la frontière de la Pologne et commencent leur longue campagne d'évangélisation forcée des peuplades baltes.

Les excellentes relations qui unissaient le grand maître au pape d'une part et à l'empereur d'autre part lui permirent d'obtenir de nombreux privilèges et de nombreuses donations (notamment par la Bulle d'or de Rimini) qui renforcèrent le pouvoir de l'ordre Teutonique. Il parvint également à obtenir le rattachement des chevaliers porte-glaives à l'ordre en 1237.

Hermann von Salza passa la fin de sa vie en Italie du Sud, où il s'éteignit le 20 mars 1239.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 15 Mar - 13:44







Frédéric II , empereur romain germanique



 Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le 26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.

Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses », au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix ».

Une enfance sicilienne


Il était le fils de l'empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, elle-même fille de Roger II de Hauteville, premier roi normand de Sicile. Alors que sa mère avait 40 ans, sa naissance eut lieu en public, sous une tente dressée sur la place principale de Jesi. L'accouchement menaçait de tourner au drame lorsque l'on fit appel à deux médecins arabes qui sauvèrent la mère et l'enfant.

Frédéric-Roger fut élu roi des Romains en 1196, à la demande de son père, pour assurer la continuité dynastique des Hohenstaufen au trône impérial. Cependant, Henri VI mourut brutalement en 1197 et l'impératrice mourut en 1198 alors que Frédéric II n'était encore qu'un enfant de trois ans. Constance ne revendiqua pas les droits de l'enfant en Germanie, où les grands, soucieux d'éviter une minorité comme celle d'Henri IV, se tournèrent vers le frère du défunt : Philippe de Souabe fut élu en 1198 roi des Romains, en place de son neveu. Le pape lui suscita immédiatement un concurrent, le Welf Othon IV. Frédéric-Roger, lui, était seulement roi de Sicile, comprenant alors l'île et la majeure partie de l'Italie méridionale au sud des États pontificaux. Constance, en mourant, confia la tutelle de l'enfant et du royaume au pape Innocent III jusqu'à sa majorité. Frédéric passe sa jeunesse à Palerme et à quatorze ans, il épouse Constance d'Aragon, âgée de onze ans de plus que lui.

Othon IV fut couronné empereur romain germanique par Innocent III en 1209 mais quand Othon IV perdit la faveur du souverain pontife, ce dernier soutint à la Diète d'Empire de Nuremberg de 1211 l'élection de Frédéric comme roi de Germanie et excommunia Othon IV. Mais ce titre de roi de Germanie, qui était un préalable à la couronne impériale, ne signifiait rien tant qu'Othon IV demeurait empereur, jusqu'à sa défaite à la bataille de Bouvines en 1214.


Les premières années du règne de Frédéric II


• La prise de pouvoir de l’enfant d’Apulie


En 1211, une assemblée de princes et évêques du sud de l'Allemagne réunis à Nuremberg élut Frédéric roi. En 1212, il fit couronner son fils Henri roi de Sicile, le pape ne souhaitant pas l'union de la Sicile et l'Empire. Puis Frédéric partit avec une modeste suite, traversant Rome, l'Italie, les Alpes pour arriver à Constance, où il devança Othon IV de trois heures seulement. Il rallia ensuite les princes de la Souabe et de la Haute-Rhénanie, évitant les combats. Confirmé comme roi par une grande assemblée à Francfort le 5 décembre 1212, il fut couronné en la cathédrale de Mayence le 9 décembre par l'archevêque Siegfried II d'Eppstein, avec une copie des insignes, encore détenus par Othon IV. Battu à Bouvines, ce dernier y perdit son trésor, dont les insignes impériaux qui furent renvoyés à Frédéric par le roi Philippe II de France. Reconnu par tous les princes, Frédéric fut à nouveau sacré à Aix-la-Chapelle le 23 juillet 1215 par l'archevêque de Mayence. L'élection fut reconnue par Innocent III au quatrième concile du Latran. Lors du couronnement d'Aix-la-Chapelle, Frédéric utilisa le manteau royal de Roger II de Sicile, qui devint alors le manteau de sacre des empereurs, l'un des insignes impériaux utilisé par la suite jusqu'au XVIIIe siècle par quarante-sept empereurs. Le manteau est aujourd'hui conservé à la Schatzkammer (chambre du trésor) de Vienne avec les autres insignes et le trésor des rois de Sicile.

Le pape Honorius III couronna finalement Frédéric II empereur à Rome en 1220. Cela devait être la fin de l'entente entre l'Empire et la papauté puisque Frédéric II n'avait pas l'intention de séparer ses deux héritages, la Sicile maternelle et la Germanie paternelle. Frédéric renouvela le serment d'allégeance envers la papauté, confirma le versement d'un tribut annuel de 1 000 pièces d'or par la Sicile, et promit de partir en croisade dans les lieux saints. Toutes ses promesses lui permirent d'asseoir son pouvoir solidement.

En Germanie, Frédéric II accorda à quatre-vingt-dix évêques et abbés royaux, une charte, la Confoederatio cum principibus ecclesiasticis de 1220, dans laquelle il confirma l'abandon des droits de dépouille ; il renonça aussi à influencer les élections, à exercer ses droits régaliens sur les territoires ecclésiastiques comme la construction de châteaux, les tonlieux, etc. Il donna aux princes laïcs le Statutum in favorem principum de 1232 qui en faisait les maîtres de la justice dans leurs domaines.

Son règne fut très largement occupé par les affaires italiennes et les conflits avec la Ligue lombarde puis la papauté. Il séjourna en Germanie de 1212 à 1220, en laissant ensuite le gouvernement à son fils Henri VII, enfant de six ans élu roi des Romains. Il y revint pour faire face en mai 1235 à la rébellion d'Henri qu'il emprisonna, et continua par la suite de gouverner à travers ses représentants. Héritier du royaume normand de Sicile qu'il tenait de sa mère, Frédéric II le réorganisa en un État centralisé de caractère moderne doté d'un droit rénové (Constitution de Melfi). Il s'en servit comme appui pour tenter de soumettre le royaume d'Italie.


• La croisade

Lors de son couronnement à Aix-la-Chapelle le 25 juillet 1215, Frédéric avait promis au pape de partir en croisade. Son vœu reprenait en fait celui de son grand-père et de son père. Mais son échec devant la résistance des communes lombardes en 1225-1226 retarda son départ. Or, la papauté espérait desserrer l'étau que faisait peser l'empereur du Saint-Empire sur ses États pontificaux en éloignant l'ambitieux souverain6. Frédéric fut donc excommunié par Grégoire IX le 28 septembre 1227 pour ne pas avoir honoré sa promesse de lancer la sixième croisade, les négociations avec le sultan, puis la mort du landgrave de Thuringe et enfin une maladie l'ayant obligé à la différer. Il partit l'année suivante alors que son excommunication n'était pas levée. Sa brève croisade se termina en négociations et par un simulacre de bataille avec le sultan Malik al-Kamel (« le Parfait »), avec qui des liens d'amitié s'étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa. Il récupéra sans combattre la ville de Jérusalem et se couronna lui-même roi de Jérusalem le 18 mars 1229. Il s’embarque pour l’Italie le 1ermai, laissant les États latins d'Orient sans roi résident, en proie à la guerre civile entre ses partisans et ses opposants.



• L’affirmation du pouvoir impérial


En 1231, il promulgua les Constitutions de Melfi ou Liber Augustalis, un recueil des lois de son royaume qui devait unifier les lois complexes de l'Empire, soumis aux droits régaliens multiples que possédaient les princes et autres souverains du Saint-Empire. Ce recueil n'avait pour autre but, sous couvert d'une uniformisation des systèmes politico-judiciaires, que d'empêcher la mainmise des petits seigneurs sur les villes et leurs corps de métiers. Le Liber Augustalis, s'ouvre sur l'énumération des titres de Frédéric. Il est Imperator Fridericus secundus, Romanorum Caesar semper Augustus, Italicus Siculus Hierosolymitanus Arelatensis, Felix victor ac triumphator. À travers la présence des titulatures romaines, on peut voir la volonté d'affirmer le pouvoir impérial. Frédéric fit frapper des monnaies d'or, les « augustales ». Sur l'une des faces, entourée de l'inscription IMP. ROM. CAESAR AUG, il était représenté, à l'instar des empereurs romains, vêtu du manteau impérial avec une couronne de laurier sur la tête. Sur l'autre face, figurait l'aigle impériale avec l'inscription Fridericus6. Frédéric II, comme les empereurs romains, affirmait sa domination sur le monde mais il n'avait pas les moyens de sa prétention. Il se heurtait aussi au pape, qui depuis le XIe siècle voulait imposer à l'Occident son dominium mundi.




La lutte avec la papauté

Le conflit entre Frédéric et le pape Grégoire IX, puis Innocent IV, reprit. Les cités italiennes de Lombardie qui prirent parti pour Frédéric constituaient le groupe dit des gibelins et les cités plus nombreuses qui s'opposèrent au pouvoir impérial et s'allièrent au pape était les guelfes (parfois, l'opposition entre les factions des guelfes et gibelins traversait la même ville selon les alliances politiques). Il triompha des villes lombardes le 27 novembre 1237 à Cortenuova. Sûr de sa force, il offensa alors le pape, à qui il réclamait une partie des villes lombardes en récompense de sa victoire, et écrivit aux Romains pour leur rappeler leur grandeur passée du temps de l'Empire romain.
Dès les années 1237-1238, il suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles, puis en 1240 en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement13 contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles.

En 1244, Innocent IV fuit Rome et annonce la déposition de l'empereur aupremier concile de Lyon, accordant même à ceux qui partiraient en guerre contre lui le statut de croisés. Le pape montrait ainsi qu'il était le maître du pouvoir temporel aussi bien que spirituel puisqu'il pouvait priver un souverain de son pouvoir politique. Les évêques électeurs proclamèrent alors en 1246 empereur lelandgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui vainquit Conrad IV à la bataille de la Nidda (5 août 1246) mais mourut en 1247. L'anti-roi suivant fut le comte Guillaume II de Hollande, élu roi des Romains le 3 octobre1247, qui prit Aix-la-Chapelle et y fut couronné le 1er novembre 1248, mais sans s'imposer en Germanie. La guerre civile continua, indécise en Germanie comme en Italie. Frédéric II mourut en 1250 avant d'en avoir vu la conclusion. Il repose dans la cathédrale de Palerme auprès de ses aïeux normands de Sicile et de sa première épouse, Constance d'Aragon. Son tombeau a été ouvert en 1781 et en 1998 : il contient la dépouille de l'empereur, d'un homme identifié comme Pierre III d'Aragon et d'une femme inconnue. Les analyses ADN envisagées en 1998 furent un échec.

La fauconnerie


Frédéric II est l'auteur d'un manuel de fauconnerie,De arte venandi cum avibus (De l'art de chasser au moyen des oiseaux) dont la préface contenait un éloge de l'expérience contre les théories de l'école. L'ouvrage débordait largement la simple fauconnerie et contenait aussi une partie sur l'anatomie des oiseaux. Ainsi les différentes positions des ailes durant le vol y étaient-elles remarquablement décrites. Les illustrations situées dans les marges étaient d'une grande qualité pour l'époque. Ce livre, du fait des opinions de Frédéric II, fut mis à l'index par l'Église et ne reparut qu'à la fin du XVIe siècle. Les ornithologues n'en découvriront l'intérêt qu'au XVIIIe siècle. Selon l'historien allemand Ernst Kantorowicz, sa passion pour les faucons, nourrissait sa conviction de pouvoir atteindre n'importe quelle cible, un sentiment de toute-puissance que ces prédateurs avaient le don de faire naître en lui.


Une large ouverture d’esprit

L'empereur polyglotte fit preuve tout au long de son règne d'une large ouverture d'esprit et d'un avant-gardisme indiscutable, tout en n'oubliant pas son pouvoir. Ainsi il affronta le soulèvement des communautés musulmanes de Sicile en 1224, et les envoya ensuite à Lucera dans les Pouilles. La ville leur fut dédiée, rassemblant près de 20 000 habitants.

Au cours des croisades, il sut s'intéresser à la culture arabe. Il tenta notamment de concilier les deux partis (croisés et jihad) afin d'instaurer une paix durable et une cohabitation pacifique. Au prix de nombreux efforts, il faillit atteindre cet objectif mais une crise interne à l'empire le rappela en Europe, ne lui laissant pas le temps d'achever son travail, et il dut se contenter d'une trêve. Il eut des échanges diplomatiques intenses avec le sultan d'Égypte Al-Khamil avec qui il signa un traité, et fut ami de son envoyé l'émir Fakhreddin.

Ensuite, en 1241, Frédéric II promulgua un édit autorisant la dissection de cadavres humains, s'opposant ainsi à l'Église, qui, privilégiant l'intégrité corporelle de l'être humain, s'empressera d'annuler l'édit à sa mort. Auparavant, dès le XIe siècle, à la célèbre école de Salerne par exemple, l'anatomie était enseignée d'après celle du porc, ou d'après les schémas établis par Galien au IIe siècle. En effet, depuis le IIIe siècle av. J.-C., époque où les médecins et anatomistes grecs Érasistrate et Hérophile avaient connu leur heure de gloire, aucun professeur de médecine en Occident n'avait disséqué de cadavre humain, car la religion interdisait la mutilation des corps. La levée de cet interdit par l'édit permit à l'italien Mondino à Bologne de perfectionner certaines notions de l'anatomie humaine.

Selon les « Cronaca » du moine sicilien Salimbene, Frédéric fit aussi l'expérience de faire élever deux enfants en dehors de tout contact humain afin de comprendre d'où venait le langage : leurs serviteurs n'avaient pas le droit de leur parler. Il le fit dans le but de savoir si les petits parleraient latin s'ils n'avaient aucune influence extérieure. Les deux enfants moururent.

Frédéric était féru de poésie, de mathématiques et de sciences naturelles. Il put rencontrer à Pise Leonardo Fibonacci, avec qui il rechercha des solutions à divers problèmes. Il écrivit à des savants et philosophes musulmans et appela à la cour ceux qui lui paraissaient devoir être utiles. Il attira aussi en Sicile un astronome d'origine écossaise, Michael Scot, qui l'attira vers l'astrologie. Après 1230, il ne pouvait plus prendre une décision sans consulter ses astrologues. Il s'occupa aussi de questions métaphysiques. Il n'hésita pas à poser des questions épineuses à un théologien musulman, Ibn Sabin, sur l'éternité de l'univers, les attributs fondamentaux de l'Être, l'immortalité de l'âme. Cette correspondance ne pouvait qu'accentuer la méfiance du pape envers lui6.



Bilan

Frédéric avait été éduqué par un juge musulman à Palerme. Il était un mécène des sciences et il gérait son État d'une manière radicalement nouvelle.

Il indigna son époque en s'habillant parfois à l'orientale. Ses démêlés avec la papauté qui limitait son pouvoir lui firent écrire qu'il enviait que les califes fussent à la fois dirigeants spirituels et terrestres. Il entretenait une grande cour, constituée entre autres de nombreuses jeunes filles (esclaves astreintes à des travaux de couture, servantes, danseuses), si bien que ses adversaires (le pape principalement) lui reprochaient d'entretenir un harem. Cette réputation est cependant fondée sur des mœurs discutables, Eraclès, des sources premières, notamment validées par René Grousset, rapportent l'abus dont fut victime sa première épouse puis le viol de la propre cousine de cette dernière par Frédéric II.

Il mit en place un système centralisé d'administration en Sicile et tenta de le généraliser (avec moins de succès) en Germanie, où il dut octroyer de plus en plus d'indépendance aux princes locaux au fur et à mesure que son conflit en Lombardie se détériorait.

Les descendants de Frédéric, son fils légitime Conrad IV, le fils de ce dernier Conradin et son fils illégitime Manfred n'accédèrent pas à l'Empire. Le royaume de Sicile leur fut également enlevé par le pape, qui y installa Charles d'Anjou. Ce fut la fin de la Maison des Hohenstaufen de Souabe, qui laissa place aux Habsbourg et à l'essor des cités italiennes.

Toutefois la lignée se perpétua indirectement en Sicile, à travers les petits-fils de Manfred, enfants de sa fille Constance et de Pierre III d'Aragon, à savoir Jacques Ier de Sicile, puis son frère Frédéric II de Sicile et enfin les descendants de celui-ci, Pierre II, fils du précédent, Louis Ier, fils du précédent, Frédéric III, frère du précédent, Marie Ire, fille du précédent (Maison d'Aragon en Sicile).



Les descendants de Frédéric II


• Première épouse : Constance d'Aragon (1179 - 23 juin 1222), fille du roi Alphonse II d'Aragon et veuve du roi Aymeric de Hongrie. Mariage le 15 août 1209 à Messine.
• Henri II, ou Henri VII de Germanie (1211- 12 février 1242), duc de Souabe
• Deuxième épouse : Isabelle II de Jérusalem (Yolande de Brienne), reine de Jérusalem (1212 - 25 avril 1228). Mariage le 9 novembre 1225 à Brindisi.
• Marguerite (novembre 1226 - août 1227)
• Conrad IV, roi des Romains et de Jérusalem (25 avril 1228 - 21 mai 1254)
• Troisième épouse : Isabelle d'Angleterre (1217 - 1er décembre 1241), fille du roi Jean d'Angleterre. Mariage le 15 juillet 1235 à Worms.
• Jordanus19 (1236-1236)
• Agnès (1237-1237)
• Marguerite de Sicile (en) (1237-1270), mariée à Albert, comte palatin de Saxe, margrave de Misnie
• Charles-Othon (Henri) (18 janvier 1238 – mai 1254)
• Enfants de Bianca Lancia (1210-1246), qui pourrait avoir épousé l'empereur en secret :
• Constance de Hohenstaufen (1230-1307), qui épousa Jean III Doukas Vatatzès, empereur de Byzance
• Manfred Ier de Sicile (1232-1266), roi de Sicile, tué à la bataille de Bénévent
• Yolande (Violante) de Souabe (1233-1264), qui épousa Riccardo Sanseverino, comte de Caserte
• Enfant illégitime d'une comtesse sicilienne :
• Frédéric de Pettorano (né en 1212), qui s'enfuit en Espagne avec sa femme et ses enfants en 1238/1240.
• Enfants illégitimes d'Adélaïde (Adelheid) d'Urslingen (v. 1195 - v. 1234) :
• Enzio (Henri), roi de Sardaigne (1215-1272)
• Catarina di Merano22 (1216/1218 - 1272), mariée une première fois avec un inconnu puis avec Giacomo del Carreto (Jacopo Caretto), marquis de Noli et de Finale, margrave de Savone
• Enfant illégitime de Mathilde ou Marie d'Antioche (1200-1225), elle-même peut-être fille illégitime de Bohémond III d'Antioche :
• Frédéric, prince d'Antioche et podestat de Florence (1221-1256), tué à la bataille de Foggia
• Enfant illégitime de Manna, nièce de l'archevêque Berardo de Messine :
• Richard, comte de Chieti (1225 - 26 mai 1249), tué à la bataille de Fossalta
• Enfant illégitime de Richina (Ruthina) de Beilstein-Wolfsölden (v. 1205-1236):
• Marguerite de Souabe (1230-1298), mariée à Thomas d'Aquin, comte d'Acerra
• Autres enfants illégitimes :
• Gerhard (mort après 1255)
• Selvaggia (1223-1244), épousa Ezzelino III da Romano, podestat de Vérone
• Blanchefleur (1226-1279), dominicaine à Montargis, France


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 16 Mar - 10:19

Mathieu II duc de Lorraine


Mathieu II de Lorraine, né vers 1193, mort en 1251, fut duc de Lorraine de 1220 à 1251. Il était fils du duc Ferry II et d'Agnès de Bar.

Il succède à son frère Thiébaut Ier en 1220, et doit immédiatement constituer un douaire, avec la ville de Nancy, pour sa belle-sœur Gertrude de Dagsbourg, qui se remarie avec le comte de Champagne Thibaut IV. Il doit en outre se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour la ville de Neufchâteau. Thibaut IV avait espéré par son mariage mettre la main sur le comté de Metz, mais échoua et ne tarda pas à répudier Gertrude. Celle-ci n'eut pas d'enfants d'un troisième mariage, et Nancy reviendra au duché à sa mort en 1225.

Mathieu reste très proche de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen dans le conflit qui oppose celui-ci avec son fils Henri VII, roi des Romains ; il collabore avec lui et l'accompagne durant la sixième croisade, puis en Italie en1235. Mais le 31 mai 1247, il s'engage auprès de l'Église à lutter contre Frédéric, Conrad et leurs partisans ; il est alors relevé de son vœu de participer à la septième croisade par son frère Jacques, évêque de Metz.

C'est sous la bannière de Mathieu que combattent Thibaud IV comte de Champagne, Ferrand comte de Flandre, Conrad sire de Risse et de Pierrepont, Thierry comte de Montbéliard et Jean comte de Chalon, dans une guerre qui se déroule en Champagne et en Bourgogne en 1229 ; ils se sont alliés à Thibaud IV, en conflit avec une coalition de barons qui lui font grief d'avoir soutenu avec les armes, Blanche de Castille en janvier 1229 quand elle s'est emparé du château de Bellême (ce château appartenait à Pierre Mauclerc). Les barons sont alliés à Henri II de Bar, Hugues duc de Bourgogne, Guignes comte de Forez et de Nevers ; le chef de cette coalition est Philippe Hurepel, comte de Boulogne et fils de Philippe-Auguste. Mathieu et ses alliés sont vite rejoints par le comte de Grandpré, le comte de Rethel et l'évêque de Metz.

En janvier 1230, Henri II de Bar, aidé d'Hugues II de Vaudémont et de Ferry comte de Toul, pénètre en Lorraine, ravage soixante-dix villages et prend le château de Pierrepont. Mathieu détruit le pont de Mousson et sa forteresse, ravage une partie du comté de Vaudémont et bat le comte de Toul à Charmes et à Fougerolles.

Cette guerre est entrecoupée par plusieurs trêves à la demande de Louis IX. Les combats cessent au début du mois de septembre 1230 et un traité de paix est signé entre Henri et Mathieu, en présence du roi, le 12 décembre 1230 (Traité de Melun).

Durant ce conflit, Mathieu dut faire face à l'agitation de certains seigneurs lorrains, comme le comte de Lunéville, discrètement soutenu par le comte de Bar. Une victoire, suivi d'un échange de terres1, permit le rattachement de Lunéville au duché.

Allié aux habitants de Metz et au comte Henri II de Bar, il s'est opposé à Jean Ier d’Apremont lors de la guerre des Amis de 1231 à 1234.

Comme ses prédécesseurs, le duc Mathieu a eu maille à partir avec les établissements religieux dont il était l'avoué. Les chanoines de Saint-Dié lui reprochent de s'emparer de l'héritage des clercs de leur chapitre ; ce conflit va durer de 1228 à 1232, et ne cessera définitivement qu'après l'échange de terres avec le comte de Lunéville, en juin 1234. De 1229 à 1232 du fait de la guerre de Champagne, Mathieu a levé des troupes sur le territoire des abbesses de Remiremont ; il a de plus levé des impôts supplémentaires sur les terres qu'il possède en indivis avec ces mêmes abbesses, ce qu'elles condamnent. Ce conflit se réglera par l’intermédiaire de son frère évêque de Metz, avec une contrepartie financière importante.

Le comte Henri II de Bar étant mort en 1240, Mathieu tente de reprendre les châteaux perdus sur son jeune fils, Thiébaut II de Bar, mais la paix est signée en 1245, et durera plusieurs décennies. La même année l'empereur Frédéric II est excommunié, et Mathieu commence à prendre des distances, avant de se rallier au pape Innocent IV en 1247.

Malade en janvier 1251 (son dernier acte officiel date du 19 janvier 1251), il meurt probablement le 9 février 1251d'après le nécrologe de l'abbaye de Beaupré, après avoir négocié le mariage de son fils avec la fille du comte de Champagne.

Il avait épousé en 1225 Catherine de Limbourg († 1255), fille de Waléran III, comte de Limbourg et de Luxembourg, et d'Ermesinde comtesse de Luxembourg, et avait eu :

• Ferry III (1240 † 1302), duc de Lorraine
• Laure, mariée en 1250 à Jean de Dampierre vicomte de Troyes († 1258), puis à Guillaume de Vergy, sire de Mirebeau et d'Autrey
• Isabelle († 1266), mariée à Guillaume de Vienne († 1255), puis en 1256 à Jean de Chalon (1243 † 1309), qui, veuf, se remariera avec Alix de Bourgogne et deviendra comte d'Auxerre.
• Catherine, mariée en 1255 à Richard de Montfaucon († 1279), fils de Thierry III, comte de Montbéliard
• Adeline († vers 1278), mariée à Louis de Savoie († 1302), baron de Vaud.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 16 Mar - 10:43






Frédéric II , roi de Jérusalem (voir plus haut)
Gautier IV de Brienne , comte de Jaffa (voir plus haut)
Jean d’Ibelin , seigneur de Beyrouth (voir plus haut)
Balian Grenier , seigneur de Sidon (voir plus haut)
Bohemond V d’Antioche , prince d’Antioche et comte de  Tripoli (voir plus haut)  
Henri Ier de Chypre , roi de Chypre (voir plus haut)
Pierre de Montaigu , maitre de l’Ordre du Temple (voir plus haut)  




Bertrand de Thessy, maitre de l’ordre  Ordre Hospitalier de  Saint-Jean de Jérusalem

Bertrand de Thessy ou Bertrand de Texi, né en Auvergne au XIIIe siècle et décédé en 1231 à Acre en Terre sainte, est le quinzièmesupérieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre 1228 et 1231.

Reçu dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il participe à la sixième croisade.
Bertrand de Thessy est élu pour succéder au supérieur de l'Ordre à la mort, en 1227 ou 1228, de l'auvergnat Garin de Montaigu.





Hermann de Salza , maitre de l’ordre Teutonique (voir plus haut)[/size]


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 16 Mar - 11:02

Venus entre la sixième et la septième croisade




1234 : Jean de Dreux ,comte de Vienne et de Macon




Jean de Dreux, né en 1198, mort en 1239, comte de Vienneet de Mâcon, fils de Robert II, comte de Dreux et de Braine, et de Yolande de Coucy.

Étant également appelé Jean de Braine, il fut peut-être seigneur de ce château que possédait son père. Sous ce nom, il fut trouvère et composa des chansons, dont quatre nous sont parvenues.
Il épousa entre 1218 et 1227 Alix de Bourgogne († v.1260), comtesse de Vienne et de Mâcon, fille de Géraud II, comte de Mâcon et de Vienne, et d'Alix Guigonne de Forez.

Il fonda avec son épouse le prieuré du Val-Saint-Éloi en 1234.

Il partit combattre en Terre sainte en 1234, et y mourut sans postérité en 1239. Sa veuve vendit alors ses comtés au roi de France.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 16 Mar - 11:26


1240 : Pierre Mauclerc , comte de Bretagne



Pierre Ier de Bretagne, dit aussi Pierre de Dreux puis Pierre« Mauclerc » puis Pierre de Braine, né vers 1187 à Dourdan, mort le 26 ou 27 mai 1250 en mer, est un noble du XIIIe siècle, d'ascendance capétienne de la maison de Dreux. Il fut baillistrede Bretagne de 1213 à 1237, comte de Richmond et seigneur de Machecoul.


Origine


Pierre de Dreux est né vers 1187 à Dourdan. Il est le second fils de Robert II de Dreux « le Jeune » (vers 1154 à Dreux – 28/12/1218), comte capétien de Dreux, de Braine et de Nevers, seigneur de Fère, de Pont-Arcy, de Quincy-sous-le-Mont et de Longueville, et de Yolande de Coucy (vers 1164 à Boves – 18/03/1222).


Son surnom de Mauclerc


Selon une hypothèse, d'abord destiné à une carrière dans leclergé, Pierre de Dreux y renonce après avoir longtemps étudié aux Écoles de Paris, d'où serait venu son surnom de« Mauclerc », c'est-à-dire « mauvais clerc » qu'on lui a attribué après sa mort. C'est en souvenir de cet épisode ecclésiastique qu'il aurait brisé le blason paternel (Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules) avec un franc quartier d'hermine, alors réservé au clergé.

Son surnom de « Mauclerc » peut aussi faire référence à la relation conflictuelle qu'il entretient avec le haut clergé breton en général et l'évêque de Nantes en particulier. Celui-ci ne veut pas lui céder des terrains appartenant au clergé, qui sont situés sous le tracé de la nouvelle enceinte de Nantes. Son surnom est attesté en latin dès le milieu du XIIIe siècle et figure dans l'arrêt de Conflans (1341).


Le fidèle du roi de France

Pierre de Dreux est armé chevalier par le roi de France Philippe II Auguste le 17 mai 1209, jour de la Pentecôte. Cette même année, un accord sous l'égide de Philippe II Auguste, conclu à Paris entre Guy de Thouars († 1213) et le comte Alain Ier d'Avaugour (1151-1212), prévoit les fiançailles de leurs enfants et héritiers respectifs : Alix de Thouars (1201-1221), fille aînée de Guy de Thouars et de Constance de Bretagne (1161-1201), et Henri II d'Avaugour (1205-1281), le jeune fils d'Alain Ier d'Avaugour et de Adelaïde ou Alix de L'Aigle .

Après la mort d'Alain Ier d'Avaugour le 29 décembre 1212, Philippe II Auguste, peu confiant dans la fidélité et l'autorité en Bretagne de Guy de Thouars, et du fait du jeune âge du fiancé Henri II d'Avaugour qui n'a que 7 ans, décide de lui substituer son cousin Pierre de Dreux, âgé de 26 ans. Un mois plus tard, le 27 janvier 1213, Pierre de Dreux, ainsi fiancé à Alix de Thouars (11 ans), rend l'hommage lige pour la Bretagne à Philippe II Auguste. Le mariage avec Alix de Thouars n'est concrétisé qu'en février-mars 1214, dans les jours qui suivent le débarquement de Jean d'Angleterre (Jean sans Terre) à La Rochelle.

En 1214-1215, Pierre de Dreux, devenu baillistre sous le nom de Pierre Ier de Bretagne, affirme son autorité enBretagne en spoliant le jeune Henri II d'Avaugour, 10 ans, fils d'Alain Ier d'Avaugour, du comté de Penthièvre et de celui de Tréguier, et en réduisant son domaine à la seule petite seigneurie de Goëlo, ce qui entraine un conflit avec le tuteur d'Henri, Conan Ier de Léon, qui perdure jusqu'en 1220

Pierre Ier de Bretagne soutient Philippe II Auguste dans son combat contre l'Angleterre, et combat avec le fils du roi (futur Louis VIII) à la bataille de la Roche-aux-Moines en 1214 contre Jean sans Terre. Il fait ensuite partie du corps expéditionnaire français qui débarque en Angleterre en 1216 pour aider les barons anglais contre leur roi. Malgré l'échec du prince Louis de France à s'emparer de la couronne, Pierre Ier de Bretagne entre en contact avec l'entourage du fils de Jean sans Terre, le futur Henri III, au sujet de la restitution de l'Honneur de Richmond, qu'il reçoit en 1218. Pierre Ier de Bretagne participe ensuite en 1219 à la prise de Marmande et au siège deToulouse durant la croisade des Albigeois

Après la mort d'Alix de Thouars (le 21 octobre 1221), Pierre Ier de Bretagne demeure régent (baillistre) du duché de Bretagne, au nom de son fils, le futur Jean Ier de Bretagne (1217-1286). De retour en Bretagne, il réprime en 1222 une révolte des barons bretons lors de la bataille de Châteaubriant (3 mars 1222) et récupère le fief dePloërmel sur Amaury Ier de Craon (1170-1226), l'héritier de son frère Maurice III de Craon (1165-1207). En 1223-1225, Pierre Ier de Bretagne fait édifier un château-fort et une nouvelle agglomération qu'il dénomme Saint-Aubin-du-Cormier, afin de tenir en respect les deux plus puissantes seigneuries du comté de Rennes, Vitré etFougères.

Pierre Ier de Bretagne aide ensuite le nouveau roi de France Louis VIII dans sa lutte contre Henri III d'Angleterrelors des sièges de Niort et de La Rochelle en 1224. La même année, il met à raison le seigneur de Châteauceaux(aujourd'hui Champtoceaux), en face d'Ancenis sur la Loire, et reçoit du roi ce fief angevin , et en 1226, il accompagne le roi lors de sa dernière campagne dans le midi de la France.

Veuf, Pierre courtise alors Jeanne de Flandre, comtesse titulaire de Flandre et encore mariée à Ferrand de Flandre qui croupit dans les geôles du Louvre après sa capture à Bouvines. Il obtient son accord pour tenter de faire annuler son mariage pour consanguinité par le Pape Honorius III. Ce dernier accède à la demande. Cependant, le roi de France Louis VIII refuse son autorisation au remariage du duc de Bretagne avec la comtesse de Flandre, un tel territoire prenant en tenaille le domaine royal lui paraissant dangereux. Louis VIII obtient du Pape l'autorisation du remariage de Jeanne et de Ferrand tout en les obligeant à un traité ainsi qu'une rançon.


Conflits avec les évêques de Bretagne

Pierre Ier de Bretagne mène de longs conflits avec le clergé breton, qui sont sans doute la véritable origine de son surnom de « Mauclerc ».

Le premier incident se produit avec l'évêque de Nantes, Étienne de La Bruyère (1213-1227), lorsque le duc Pierre Ier de Bretagne veut développer les défenses de Nantes en empiétant sur le domaine épiscopal et prélever à son seul profit des taxes. Étienne de La Bruyère porte plainte à Rome et obtient l'appui papal. Le pape Honorius IIIsomme en vain le duc de réparer ses torts (20 avril 1218), l'évêque de Nantes prononce une excommunication inutile contre le duc, excommunication confirmée par l'archevêque de Tours auprès duquel il s'est réfugié, et qui étend l'interdit sur toute la Bretagne (28 juin 1218). L'excommunication est confirmée par le pape le7 décembre 1218 et fulminée par les quatre archevêques de Sens, de Tours, de Bourges et de Rouen. Toutefois, Pierre Ier de Bretagne, qui participe alors à la croisade contre les Albigeois, obtient un sursis, mais il doit se soumettre le 28 janvier 1220 en restituant le régaire à l'évêque de Nantes, et en réparant les déprédations commises.

Une courte période d'apaisement suit, comme en témoigne la cérémonie du 25 octobre 1223, lors de la dédicace de l'église de l'Abbaye de Villeneuve, aux Sorinières, lorsque les corps de Constance de Bretagne († 1201), deGuy de Thouars († 1213), et d'Alix de Thouars († 1221) l'épouse du duc, y sont translatés en présence de tous les évêques bretons, sauf celui de Dol, de l'évêque d'Angers et de douze abbés cisterciens.

Un nouveau conflit éclate avec l'évêque de Rennes aux sujets des fortifications de la ville et lors d'une assemblée des États à Nantes le 17 mai 1225 : les démêlés reprennent entre le duc Josselin de Montauban, évêque de Rennes, bientôt soutenu par Étienne de Tréguier (vers 1224-1237) et Guillaume Pinchon de Saint-Brieuc († 1234), au sujet de prélèvements abusifs pratiqués par le clergé paroissial, le « tierçage » et le « past nuptial », qui y perdent leur temporel et doivent s'exiler. Le duc Pierre, à l'assemblée de Redon en 1227, obtient l'appui des seigneurs laïcs bretons, mais les évêques de Saint-Malo, de Dol, de Vannes et de Léon, rejoignent leur collègues exilés, et sept évêques prononcent l'excommunication de Pierre, pendant que le pape Grégoire IX la confirme le 19 mars 1228 et invoque l'intervention du bras séculier (29 mai 1228) et prononce une nouvelle sentence d'excommunication et d'interdit sur la Bretagne le 14 novembre 1228.

Le duc Pierre Ier de Bretagne doit se soumettre définitivement à Rome le 30 mai 1230, lorsque son hommage au roi Henri III d'Angleterre entraîne le ralliement de ses principaux vassaux à Louis IX, et c'est le pape qui arbitre le dernier conflit de Pierre avec les évêques de Rennes et de Saint-Malo dont il a occupé militairement les domaines .


Le séditieux (1126-1234)


Après la mort du roi Louis VIII, Pierre Ier de Bretagne participe, entre 1227 et 1234, avec plusieurs des grands du royaume, à quatre révoltes contre Blanche de Castille (1188-1252), régente pour le compte de son fils Louis IX (1214-1270), âgé de 11 ans.

Le changement d'alliance se profile déjà avant le décès de Louis VIII, lorsque Pierre Ier de Bretagne reprend contact avec la cour anglaise et conclut, à Westminster le 19 octobre 1226, un pacte contre les « ennemis communs sur le continent ». Une union entre sa fille Yolande de Bretagne (1218-1272) et le roi Henri III d'Angleterre (1207-1272) est également envisagée. Lors des deux premiers soulèvements, Pierre se soumet avant que les troupes françaises ne pénètrent en Bretagne et, lors de la paix de Vendôme le 16 mars 1227, il obtient de conserver les forteresses royales de Saint-James de Beuvron, Bellême et La Perrière que lui avait confiées Louis VIII.

En octobre 1229, la rupture est consommée, lorsqu'il fait hommage pour le duché de Bretagne au roi Henri III d'Angleterre à Portsmouth. Le roi d'Angleterre intervient bien en France à partir du 3 mai 1230 lorsqu'il débarque à Saint-Malo et remonte depuis la Guyenne vers la Bretagne, mais se rembarque le 28 octobre 1230, sans combattre, en ne laissant qu'une troupe de 1500 hommes à son nouveau vassal

Acte par lequel les barons français déclarent Pierre Mauclerc coupable de forfaiture envers le roi de France, lui retirent son fief et délient les vassaux de Bretagne du serment de fidélité qu'ils lui ont prêté (Ancenis, juin 1230).

Les opérations militaires sont peu actives et Louis IX de France réunit à Ancenis en 1230 une assemblée au cours de laquelle Pierre Ier de Bretagne est privé du bail du duché pour félonie, ce qui entraîne la défection des principaux barons, dont Henri de Penthièvre, et de plusieurs seigneurs : André III de Vitré (1180-1250), Raoul III de Fougères, Geoffroy IV de Châteaubriant († 1233), Gelduin II de Combourg, Richard le Maréchal (1191-1234) seigneur de Dinan, etGuyomarch VI de Léon († 1239). Les campagnes de 1231-1232 permettent aux Français d'occuper les places fortes frontalières et d'avancer jusqu'à Saint-Aubin-du-Cormier, qu'ils assiègent en 1231. Son allié anglais restant inactif, Pierre préfère négocier une trêves de trois ans le 24 juin 1231. Dès le début de l'offensive des troupes françaises enjuillet 1234, il fait sa soumission pure et simple, sans aviser le roi d'Angleterre de son changement d'obédience, ce qui lui vaut la saisie de l'Honneur de Richmond.

Lors de sa soumission à Paris le 4 novembre 1234 Louis IX exige qu'il renonce aux avantages acquis lors de la paix de Vendôme. Il réoccupe Saint-James de Beuvron définitivement et Châteauceaux et Saint-Aubin-du-Cormier pendant trois ans, mais il lui laisse le bail du duché jusqu'à la majorité de son fils Jean Ier de Bretagne.


Le chevalier Pierre de Braine

Son fils Jean Ier de Bretagne devient enfin majeur et prête hommage au roi de France le 16 novembre 1237, ce qui contraint les nobles rebelles à se soumettre. Pierre Ier de Bretagne prend alors le nom de « Pierre deBraine », Braine étant son petit domaine de cadet de la maison de Dreux, et participe en 1238-1240 à la croisade de 1239 en Terre sainte avec Thibaut IV de Champagne (1201-1253). Revenu en France, il remporte quelques succès maritimes contre les Anglais en 1242 et en 1243.

En 1248-1250, il participe à la croisade égyptienne de Saint Louis, blessé lors de la Bataille de Mansourah, il meurt en mer sur le chemin du retour. Il est inhumé dans la nécropole familiale de la maison de Dreux, l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine.


Le poète

Pierre Ier de Bretagne est enfin un poète qui a laissé des œuvres profanes et religieuses : quatre chansons d'amour connues sous le nom des Chansons du Quens de Bretagne, un cantique à Jésus-Christ, à la Vierge et à la Trinité.


Unions et descendance

Pierre de Dreux épouse, en mars 1213, Alix de Thouars (1201-21/10/1221), duchesse de Bretagne, fille de Guy de Thouars († 13/04/1213 à Chemillé), vicomte de Thouars, baillistre de Bretagne, et de Constance de Bretagne(vers 1161 – septembre 1201 à Nantes), duchesse de Bretagne, et dont il a trois enfants :

• Jean Ier de Bretagne (1217-08/10/1286 à Marzan), duc de Bretagne, qui épouse (1236) Blanche de Navarre(1226-1283), fille de Thibaut Ier de Navarre (30/05/1201 à Troyes – 14/07/1253 à Pampelune), comte de Champagne et roi de Navarre, et d'Agnès de Beaujeu († 11/07/1231) ;
• Yolande de Bretagne (1218-10/10/1272), qui épouse (janvier 1236) Hugues XI de Lusignan (1221-06/04/1250), seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues X de Lusignan (1185-05/06/1249 à Damiette), comte de la Marche, et d'Isabelle d'Angoulême (1188-04/06/1246), comtesse d'Angoulême ;
• Arthur de Bretagne (1220-1224), mort en bas âge.



Pierre de Dreux aurait ensuite épousé, en février 1230, une certaine Nicole (vers 1205-06/02/1232), d'origine inconnue (elle serait peut-être apparentée à la famille Paynel) ou selon une autre hypothèse récente une fille d'Olivier de Varades, dont en tout état de cause il a un autre fils :

• Olivier de Braine (1231-1279), qui hérite de la seigneurie de Machecoul (il devient ainsi Olivier Ier de Machecoul et fonde le rameau familial de Machecoul). Il épouse (vers 1250) Marquise de Coché (1235-28/11/1268), marquise de Souché, dame de Coché, de La Bénate et du Coutumier, fille d'Olivier de Coché, seigneur de Coché et de La Bénate, et de Pétronille de Clisson, dame de La Bénate. Puis il épouse (1268) Eustachie de Vitré (vers 1240 – après 1288), dame des Huguetières, fille d'André III de Vitré, (vers 1180-08/02/1250 à Mansurah), baron de Vitré, et de Thomasse de La Guerche (née vers 1215), dame de Mareuil et de Villemomble.



Pierre de Dreux épouse ensuite, en janvier 1236, Marguerite de Montaigu (1189-27/11/1241), fille de Brient de Montaigu, dame de Montaigu, de Commequiers, de La Garnache puis de Machecoul, et veuve d'Hugues Ier de Thouars († 1230), et dont il n'a pas d'enfants.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 16 Mar - 21:40

SEPTIEME CROISADE



Croisés



Saint Louis , roi de France



Louis IX, dit « le Prudhomme », plus connu sous le nom de Saint Louis depuis sa canonisation par l'Église catholique en1297, est très probablement né à Poissy, le 25 avril 1214, et mort à Tunis le 25 août 1270. Considéré comme un saint de son vivant, il est le 44e roi de France, pays sur lequel il règne pendant plus de 43 ans. Neuvième roi de France issu de la dynastie des Capétiens directs, il est le cinquième enfant et quatrième fils connu du roi Louis VIII, dit « Louis le Lion » et de la reine Blanche de Castille, de laquelle il reçoit une éducation très stricte et très pieuse durant toute son enfance. Aîné des membres survivants de sa fratrie, il hérite de la couronne à la mort de son père, alors qu'il n'est âgé que de douze ans. Il est alors sacré le 29 novembre 1226 en la cathédrale de Reims, mais c'est la reine mère qui, conformément au testament de Louis VIII, exerce la régence du royaume jusqu'à la majorité du nouveau monarque.

Devenu adulte, Louis IX se soucie de l'extension du domaine royal, auquel il rattache les comtés de Blois, de Chartres et de Sancerre, ou encore la Normandie, le Maine, la Provence et le Languedoc. Mais il ne se contente pas de régler les affaires intérieures : réputé juste et diplomate, il est régulièrement sollicité par les différentes monarchies d'Europe qui font appel à lui en tant que juge. Il mène un règne inspiré des valeurs du christianisme qui contribue à fonder l’idée que les pouvoirs spirituel et politique peuvent être incarnés par un seul homme. Il atténue les excès de la féodalité au profit de la notion de bien commun et développe la justice royale où le souverain apparaît comme « le justicier suprême».

Louis IX est un roi réformateur qui veut léguer un royaume dont les sujets seront soumis à un pouvoir juste ; il renouvelle la « Quarantaine-le-roi » (1), introduit dans le pays des baillis (2) et des prévôts (3),  ordonne la présomption d'innocence, interdit l'ordalie (4) et institue la supplicatio, consistant à pouvoir faire appel au roi afin de solliciter l'amendement d'un jugement. Offrant aux Français une monnaie unique, il est l'instigateur des institutions qui deviendront le Parlement et la Cour des Comptes.
Très pieux et souhaitant conduire ses sujets vers le Salut, il décide de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution ; il se procure des reliques du Christ pour lesquelles il fait construire la Sainte-Chapelle (5)  ; il tente également de convertir de gré ou de force les Juifs de France (6). À cette fin, il finit par leur imposer diverses mesures, dont le port de la rouelle (7) et le brûlement du Talmud (08).

Conformément à son vœu prononcé à la suite d'une grave maladie, puis confirmé à la suite d'une guérison qu'il considère comme miraculeuse, Saint Louis part se battre avec ses frères Robert d'Artois (9), Alphonse de Poitiers (10) et Charles d'Anjou (11), tout d'abord en Égypte lors de la septième croisade, puis en Tunisie lors de la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt de la dysenterie. Aujourd'hui vu comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père  Philippe Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel.

Il est canonisé le 11 août 1297 sous le nom de saint Louis de France par le pape Boniface VIII. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août.



(1) La quarantaine-le-roi est un délai de quarante jours institué par Philippe Auguste permettant d'éviter des guerres privées, en instituant un temps de réflexion obligatoire, on demandait et exigeait de deux clans d’attendre pendant 40 jours avant de régler un conflit. L’idée c’est qu’on laisse passer un certain temps pour que les tensions s’apaisent et parfois on parvient à régler le conflit par les armes judiciaires éventuellement par un procès. Celui qui rompait la quarantaine portait atteinte à la royauté donc à la majesté royale (crime de lèse-majesté).
Cette ordonnance fut renouvelée par Louis IX en 1245.





(2) Un bailli est le représentant d'une autorité sur un territoire.

Le bailli était, dans l'Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l'autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l'administration en son nom. Il s'agissait de l'équivalent de nos actuels préfets.

La juridiction dont est responsable un bailli s'appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus.

Les bailliages ont été établis au XIIe siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l'origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d'abord très étendue ; mais l'abus qu'ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire.  […]




(3) Un prévôt est un fonctionnaire pouvant occuper plusieurs rôles. En France le royaume a été divisé en prévôtésau XIe siècle. le prévôt pouvait être un agent du roi domanial qui s'occupait des finances, de la justice et de l'administration et de l'ordre public sur une telle zone géographique. Le prévôt était surtout un officier de justice subalterne (décisions qui peuvent être changées par les baillis et sénéchaussées) qui jugeait notamment en appel les jugements civils seigneuriaux. L'édit de Crémieu de 1536 lui donne le droit de juger certaines affaires en première instance.
Le prévôt était élu dans les grandes villes comme Paris qui avait un prévôt particulier.




(4) L'ordalie est une forme de procédure en justice, d'origine religieuse, aussi appelée jugement de Dieu. Elle consiste à soumettre les plaidants à une épreuve dont l'issue, déterminée par Dieu, désigne la personne bien-fondée.

L'ordalie consiste à faire passer à l'accusé une épreuve physique décidant de son sort. L'accusé était revêtu d'habits religieux pour se soumettre au « jugement de Dieu », l'épreuve se déroulant sous le regard de la divinité tutélaire ( c’est une entité héritée ou acquise présidant à la destinée d’un individu ou d’une collectivité, d’une époque ou d’un lieu de façon bénéfique)  de la justice, qui va sauver l'innocent et empêcher l'injustice. Le duel judiciaire est une ordalie bilatérale.




(5) La Sainte-Chapelle, dite aussi Sainte-Chapelle du Palais, est une chapelle palatiale édifiée sur l’île de la Cité, à Paris, à la demande de Saint Louis afin d’abriter la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion qu’il avait acquises à partir de 1239




(6) L'histoire des Juifs en France, ou sur le territoire lui correspondant actuellement, semble remonter au Ier siècle de l’ère commune et se poursuit jusqu’à nos jours, ce qui en fait l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe occidentale.
Arrivés en Gaule peu après sa conquête par Rome, les Juifs s’y maintiennent sous les Mérovingiens et connaissent une période de prospérité sous les Carolingiens. Au XIe siècle, la France devient un pôle florissant de la culture juive, abritant dans la moitié nord les communautés ashkénazes (a) parmi lesquelles fleurit en Champagne l'école de Rachi (b) et de ses continuateurs (c), et, au sud, les Juifs de Provence et du Languedoc. La situation se détériore fortement après les Croisades auxquelles font suite les procès du Talmud et les expulsions, temporaires puis définitives.  […]


XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX


(a) L'appellation Ashkénaze, Ashkenaze ou Achkenaze désigne« les Juifs de l'Europe occidentale, centrale et orientale qui sont d'origine et de langue germaniques par opposition à ceux qui sont originaires d'Espagne et sont dits séfarades (sefardim) » et aux Juifs descendant des communautés juives des régions proche et moyen-orientals dit Mizrahim. Leur nom vient du patriarche biblique Ashkenaz. Les communautés ashkénazes se sont principalement concentrées en Allemagne, en Pologne, en Russie, dans l'ancien Empire austro-hongrois et, de façon plus clairsemée, dans le reste de l'Europe centrale et orientale. Les Ashkénazes sont caractérisés par des coutumes, un héritage culturel et des traditions religieuses particulières. À la différence des communautés séfarades ou mizrahim, la langue vernaculaire des Ashkénazes est le yiddish (langue indo-européenne voisine de l’allemand enrichie d’emprunts à l’hébreu, au polonais et au russe). Certaines sources7 attestent de leur présence dans toute l'Europe du nord-ouest au début du Moyen Âge. Les Ashkénazes constituent aujourd'hui la catégorie la plus nombreuse du judaïsme mondial.


(b) Rabbi Chlomo ben Itzhak HaTzarfati (hébreu : רבי שלמה בן יצחק הצרפתי Rabbi Salomon fils d’Isaac le Français) plus connu sous les noms de Rachi, Rabbi Salomo et Salomon de Troyes, né à Troyes vers 1040 et mort dans la même ville le 13 juillet 1105, a sûrement été pour sa communauté juive troyenne un rabbin respecté, un exégète et un poète fameux, un légiste et un décisionnaire célèbre. Pour la France septentrionale au XIe siècle, en particulier par ses gloses et écrits divers en ancien français, il demeure surtout un écrivain, un philosophe, un chroniqueur vigneron champenois qui atteste de la saveur et de l'état de la langue orale et véhiculaire d'alors.


(c ) continuateurs : Les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot) sont des rabbins médiévaux duXIe au XIVe siècle. Localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne, ils sont majoritairement anonymes.

Ils ont réalisé des tossafot, gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud qui doublent le commentaire de Rachi. Certains tossafot, qui sont imprimés dans les éditions courantes du Talmud, sont appelés tossefot chelanou. Dans les éditions classiques du Talmud, ils sont imprimés en miroir du commentaire de Rachi.

Les premiers tossafistes sont les disciples immédiats de Rachi, parmi lesquels ses gendres et son petits-fils ainé,Samuel ben Meïr. Les suivants sont leurs disciples et descendants.




(7) La rouelle est une étoffe de couleur jaune ou rouge, imposée aux Juifs comme signe distinctif par les autorités civiles à la suite du concile de Latran en 1215, découpée en disque, symbolisant les 30 deniers deJudas selon l'interprétation traditionnelle. Les hommes la portent sur le côté gauche de leur vêtement tandis que les femmes mariées se doivent de porter un voile nommé oralia . L'étoile jaune instaurée par le nazisme peut en être considérée comme une résurgence au XXe siècle.




(08) Le procès du Talmud, brûlement du Talmud ou disputation de Paris (hébreu : ויכוח פריז Vikouah Pariz) est un évènement majeur de l'histoire des Juifs et de leur relation à la chrétienté.

Tenu à l'instigation de Nicolas Donin, il oppose ce dernier et des ecclésiastiques à quatre rabbins, dirigés par Yehiel de Paris en présence du roi Louis IX de France. Commencé en 1240, il se conclut par la crémation de nombreux exemplaires du Talmud sur la place de Grève en 1242. Il crée de la sorte un précédent sur lequel s'appuieront d'autres disputations judéo-chrétiennes, principalement en Espagne.




(9) Robert Ier d'Artois est né en 1216 et mort à Mansourah le 8 février 1250. Comte d'Artois (1237-1250), il est le deuxième fils de Louis VIII et de Blanche de Castille et le frère de Saint Louis.

Marié à Mathilde, fille d'Henri II de Brabant et de Marie de Hohenstaufen, il eut :
• Blanche (1248 † 1302), mariée avec le roi Henri Ier de Navarre puis avec Edmond de Lancastre, un prince cadet anglais.
• Robert II (1250 †1302)

Suivant les dispositions testamentaires de son père, mort en1226, il reçoit en 1237, c'est-à-dire à sa majorité, le comté d'Artois en apanage. En 1240, le pape Grégoire IX, en lutte contre Frédéric II de Hohenstaufen, lui offre la couronne impériale, mais il refuse de prétendre à l'empire.

En 1249, il prend part à la septième croisade aux côtés de son frère Louis IX et participa à la prise de Damiette, le 6 juin 1249. Puis l'armée croisée marche sur Mansourah. Le 8 février 1250, elle traverse un gué sur le Bahr al-Saghîr. Robert d'Artois commande l'avant-garde, composée des Templiers, et défait le corps de troupe musulman qui défend la rive. Pressé par son ancien gouverneur Fourcaut du Merle et contre l'avis deGuillaume de Sonnac, maître du Temple, au lieu d'attendre le gros des troupes, il se lance à l'assaut de Mansourah, commence à mettre l'armée égyptienne en déroute et fait irruption dans Mansourah. Mais Baybars, un chef mamelouk, organise une contre attaque, bloque les rues de Mansourah avec des barricades et massacre les 280 chevaliers de l'avant-garde, y compris Robert d'Artois. Seuls cinq chevaliers survécurent




(10) Alphonse de Poitiers, né le 11 novembre 1220 à Poissy et mort le 21 août 1271, prince de sang royal français, était le frère du roi Saint Louis. Il fut comte de Poitiers, de Saintonge et d'Auvergne de 1241 à 1271, ainsi que comte de Toulouse de1249 à 1271.

Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il reçoit en 1225, par testament de son père, le comté de Poitiers, la Saintonge et une partie du comté d'Auvergne en apanage.

Un premier projet de mariage avec Isabelle, fille d’Hugues X de Lusignan (1227) est annulé à la signature du traité de Paris en1229, qui lui promet Jeanne, fille de Raymond VII (IX) de Saint-Gilles, comte de Toulouse. Le contrat de mariage prévoit que Raymond VII conserve l’usufruit du comté de Toulouse, dont la propriété est transmise à sa fille Jeanne, qui hérite de toutes ses autres possessions. Aucune descendance




(11) Charles d'Anjou (21 mars 1227 – 7 janvier 1285), roi de Napleset de Sicile (1266-1285), est le dernier fils du roi de FranceLouis VIII et de Blanche de Castille. Comte d’Anjou et du Maine, il devient comte de Provence par son mariage avec Béatrice de Provence en 1246. Il accompagne Louis IX pendant la septième croisade en 1248.
De son premier mariage avec Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier, il eut :
• Louis (1248 † 1248) ;
• Blanche (1250 † 1269), mariée en 1265 avec Robert III de Dampierre (1249 † 1322), comte de Flandre ;
• Béatrice (1252 † 1275), mariée en 1273 à Philippe Ier de Courtenay (1243 † 1283), empereur titulaire de Constantinople ;
• Charles II (1254 † 1309), comte d'Anjou et du Maine, roi de Naples ;
• Philippe (1256 † 1277), marié en 1271 avec Isabelle de Villehardouin (v. 1260/63 † 1312), princesse d'Achaïe ;
• Robert (1258 † 1265) ;
• Isabelle (1261 † 1300), mariée à Ladislas IV (1262 † 1290), roi de Hongrie
Son second mariage avec Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre, fut sans postérité.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 18 Mar - 13:27

Jeunesse


• L’éducation du petit prince




Né le 25 avril 1214 sous le règne de son grand-père Philippe Auguste, au château de Poissy, le futur Louis IXest le énième enfant et deuxième fils connu du futur roi Louis VIII, dit « le Lion », et de la princesse Blanche de Castille. Il ne devient en effet l'héritier qu'à l'âge de quatre ans, après la mort précoce de son frère aîné : Philippe. Immédiatement après sa naissance, il est baptisé en la collégiale Notre-Dame de Poissy ; ce lieu demeurera cher au roi, qui aimera signer ses lettres du nom de « Louis de Poissy », ou encore, « Louis, seigneur de Poissy », considérant que sa vraie naissance demeure son baptême.

Ses parents, et plus particulièrement la princesse Blanche de Castille, lui font donner une éducation très poussée afin qu'il soit religieusement et moralement formé à la fonction royale et préparé à protéger l'Église. Le petit prince vit également, comme il aimera le rappeler devenu adulte, auprès de son grand-père vieillissant, Philippe Auguste, qui a sur lui une grande influence. Philippe est alors le premier roi de France à connaître son petit-fils, ce qui accentue la force dynastique de l'enfant.

• Le sacre de l’enfant roi

Le futur Louis IX est âgé de neuf ans lorsque son grand-père Philippe Auguste meurt, le 14 juillet 1223. C'est alors son père, Louis « le Lion » qui devient roi mais pour une courte durée car il meurt trois ans plus tard, le 8 novembre 1226. Le 3 novembre, quelques jours avant sa mort, Louis VIII fait venir dans sa chambre de mourant les barons, prélats et personnages importants de l'armée pour leur faire promettre que, dès qu'il serait mort, ils prêteraient l'hommage et la foi à son fils et qu'ils le couronneraient roi au plus vite. Selon le chroniqueur Philippe Mouskes, Louis VIII missionne également ses plus proches conseillers, Barthélemy de Roye (1) , Jean de Nesle et le frère Guérin (2) , pour veiller sur ses enfants.

Louis est âgé de douze ans à la mort de son père, l'angoisse et l'inquiétude d'être gouverné par un enfant envahissent alors le royaume. Cependant, bien qu'enfant, le nouveau roi fait preuve d'une grande maturité et, alors qu'aucun texte ni aucune tradition ne prévoit qui doit gouverner sous le règne d'un roi trop jeune, la tutelle passe entre les mains de la reine mère, Blanche de Castille, dès les premiers jours qui suivent la mort de Louis VIII. Cette situation est alors légalisée par un acte inédit, dans lequel l'archevêque de Sens et les évêques de Chartres et de Beauvais affirment que Louis VIII, sur son lit de mort, avait fait savoir qu'il décidait de placer son fils héritier, le royaume et ses autres enfants sous le « bail et la tutelle » de son épouse, la reine Blanche, jusqu'à ce qu'il atteigne sa majorité.

Louis IX est sacré roi le 29 novembre 1226 en la cathédrale Notre-Dame de Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches. Son sacre est alors principalement marqué par trois aspects. Premièrement, la vitesse à laquelle il est accompli, afin que Louis IX soit rapidement « complètement » roi et que personne ne puisse faire pression sur lui ou son entourage. Le deuxième problème, qui accentue les risques pour le royaume d'avoir un enfant pour roi, est que le jeune Louis IX n'a pas été fait chevalier, or le roi de France doit être indubitablement un roi chevalier. C'est ainsi que, sur le chemin menant à Reims, l'enfant royal, lors d'une étape à Soissons, y est adoubé. Enfin, le troisième aspect, sur lequel insistent les chroniqueurs, est l'absence des grandes personnalités du royaume, tant ecclésiastiques que laïcs. Les chroniqueurs ont souvent donné des motifs politiques à ces absences mais, selon Jacques Le Goff, même s'il est vrai que certains boudèrent le sacre pour des raisons politiques, la plupart n'ont simplement pas eu le temps de préparer leur voyage en raison de la précipitation de la cérémonie, de plus, le sacre d'un enfant n'est pas particulièrement attrayant pour les prélats et les grands seigneurs.

Blanche de Castille exerce alors le pouvoir avec le titre de « baillistre » (3) et reste peu de temps entourée des conseillers expérimentés mais vieillissants des deux règnes précédents : le frère Guérin, chancelier de France, rend les sceaux et meurt en 1227, Barthélemy de Roye, Grand chambrier de France, s'efface peu à peu et meurt en 1237 et Jean de Nesle n'apparaît plus que par intermittence. Le principal soutien de la reine reste alors Gauthier Cornut (4), évêque de Sens.


• La révolte des barons

En 1226, Blanche de Castille et ses conseillers s'occupent du cas de quelques seigneurs mécontents. Pour concilier Philippe Hurepel, demi-frère de Louis VIII, son royal neveu lui donne les châteaux de Mortain et Lillebonne ainsi que l'hommage du comté de Saint-Pol et une rente viagère de six mille livres tournois (5). À la demande de plusieurs seigneurs, à l'épiphanie, le 6 janvier 1227, Blanche, son fils et leurs conseillers décident également de libérer, en échange d'une rançon et de sa fidélité, Ferrand de Flandre qui avait trahi Philippe Auguste lors de la bataille de Bouvines. Louis IX, toujours conseillé, fait ensuite un effort en direction des grands seigneurs trop remuants : il promet de marier son frère Jean à la fille de Pierre Mauclerc et lui offre, en gage, Angers, Le Mans, Baugé et Beaufort-en-Vallée, et promet de marier son frère Alphonse à une fille de Hugues X de Lusignan (6) ainsi que sa sœur Isabelle à l'un de ses fils. Mais l'effort le plus important est fait envers Henri III d'Angleterre et, en avril 1227, une trêve est conclue entre le roi de France et Richard de Cornouailles (7), frère du roi d'Angleterre. Le mois suivant, c'est Henri III en personne qui demande à Louis une trêve officielle, qui prend effet en juin.

Ainsi, au début de l'été 1227, le jeune roi est à la tête d'un royaume pacifié. Et pourtant, tout bascule aussitôt. Les barons ne supportent plus d'être conduits par un enfant et une femme, qui plus est, étrangère. Un grand nombre de seigneurs se rassemble à Corbeil et prévoit d'enlever le roi afin de le séparer de sa mère et de ses conseillers pour gouverner en son nom et s'approprier le pouvoir, les terres et les richesses. À la tête de cette révolte se trouvent alors Philippe Hurepel, comte de Boulogne et oncle du roi, qui a accepté de devenir l'un de leurs chefs, mais sans conviction, et Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, le plus puissant des vassaux du roi de France. Le jeune roi et la reine mère, qui reviennent de Vendôme, où ils sont allés négocier avec les barons de l'ouest, rentrent à Paris par Orléans mais toute leur suite est bloquée à Montlhéry par les barons rassemblés. Bientôt, les Parisiens, auxquels Blanche et ses conseillers avaient envoyé des messages requérant leur fidélité et leur soutien, prennent les armes, volent au secours du roi et le ramènent en triomphe. Lors de cette attaque, le roi a également pu compter sur le soutien du comte Ferrand de Flandre, libéré et resté d'une grande fidélité au roi, ainsi que sur celui de Thibaud IV de Champagne, avec lequel il s'était réconcilié.

Mais, l'année 1228 voit la coalition des barons se reformer. Cette fois, la révolte, soutenue par Philippe Hurepel, est dirigée par Enguerrand III de Coucy. Les coalisés ne s'en prennent plus directement au roi et à sa tutrice mais à Thibaud IV de Champagne, leur plus puissant soutien. Cette campagne commence par la propagation de rumeurs dépréciatives voire injurieuses contre Blanche de Castille : les barons l'accusent de vider les caisses du royaume, d'être la maîtresse de son conseiller Romain Frangipani (08) ou encore de Thibaut de Champagne, qui chante une dame en qui on peut voir la reine. Heureusement pour le roi, les barons sont instables et impressionnés par la royauté, même représentée par un adolescent, certains d'entre eux passent donc de la rébellion à une obéissance totale. Mais il faut tout de même recourir aux opérations militaires et, en 1230, le jeune roi, âgé de moins de seize ans, prend la tête de l'ost royal. Il part en campagne dans l'ouest, contre Pierre Mauclerc, qui vient de prêter hommage au roi d'Angleterre en octobre 1229, et ses complices, puis en Champagne pour y protéger Thibaud. La campagne de janvier se termine alors avec la prise de Bellême et la reprise d'Angers, Baugé et Beaufort. Sur les conseils de Romain Frangipani, l'armée royale ravage également les champs, les récoltes et les possessions de Raymond VII de Toulouse, celui-ci devant se résigner à faire la paix avec le gouvernement du royaume.

En mai, Henri III d'Angleterre, appelé à l'aide par Pierre Mauclerc, débarque à Saint-Malo mais n'ose pas engager les hostilités et s'enferme dans Nantes, sans combattre. Louis IX prend la tête d'une nouvelle armée et, grâce à l'aide de Hugues X de Lusignan, prend Clisson, assiège Ancenis et rase le château de La Haye-Pesnel, appartenant au rebelle Fouques Pesnel (9). Au printemps 1231, Louis entreprend une nouvelle campagne dans l'ouest et impose à Pierre Mauclerc une trêve de trois ans à Saint-Aubin-du-Cormier. Entre-temps, Louis IX se tient en Champagne et les barons révoltés contre Thibaud n'osent pas attaquer le roi et abandonnent ainsi les hostilités.
Grâce à la présence du roi dans les batailles et aux assemblées des puissants ainsi qu'à l'énergie politique de sa mère et de ses conseillers, Louis apparaît comme un roi guerrier. Et les anciens coalisés, à l'exception de Pierre Mauclerc qui ne se soumettra qu'en novembre 1234, lui obéissent désormais


• Fiançailles et mariage

Louis IX est probablement reconnu majeur en 1234, à vingt ans, voire en 1235, à vingt et un ans.

Guillaume de Nangis fait du mariage la conséquence d'un désir du roi mais, selon Jacques Le Goff et Gérard Sivéry, le jeune roi n'a fait que se conformer à l'usage et à l'avis de sa mère et de ses conseillers.

Marguerite (10), aînée des quatre filles de Raimond-Bérenger IV de Provence, est à peine nubile car elle n'a que treize ans. Jean de Nesle et Gauthier Cornut sont alors nommés principaux négociateurs du contrat de mariage et, selon le chroniqueur Philippe Mouskes, Maurice de Sully, archevêque de Bourges, se serait également chargé des premières démarches. En 1233, le roi Louis IX ordonne au chevalier Gilles de Flagy, en mission à Toulouse, de passer par la cour comtale de Provence, probablement afin, selon Gérard Sivéry, de se renseigner sur la jeune princesse dont les rumeurs louent la perfection. Louis et Marguerite sont de lointains parents, mais, le 2 janvier 1234, le pape Grégoire IX les relève de l'empêchement de mariage pour consanguinité.

Le 30 avril 1234, à Sisteron, le comte et la comtesse de Provence reconnaissent devoir une dot de 8 000 marcs d'argent, à payer avant le 1er novembre 1239, et donnent en gages le château de Tarascon et ses revenus au roi de France. La réponse se fait peu attendre ; Jean de Nesle et Gauthier Cornut, chargés d'aller chercher la fiancée en Provence et de l'accompagner jusqu'au lieu du mariage, font rédiger par écrit la promesse de mariage du roi qui s'engage à épouser Marguerite avant l'Ascension, célébrée cette année le 1er juin. Le 17 mai 1234, Raimond Bérenger complète la dot de 2 000 marcs supplémentaires en désignant Raimond Audibert, archevêque d'Aix, garant envers son futur gendre ; le comte cède alors les revenus du château d'Aix ainsi que la baillie d'Aix que détenait Guillaume de Cottignac. Mais la somme considérable de 10 000 marcs d'argent dépasse les capacités financières du comte qui n'en paiera en fait que le cinquième.

Le 27 mai 1234, le mariage de Louis et Marguerite est célébré en la cathédrale de Sens, par Gauthier le Cornu. Les personnages importants du royaume sont présents et la suite de Louis comprend sa mère, ses frères Robert et Alphonse, son cousin Alphonse de Portugal (11), de nombreux nobles dont le fidèle Barthélemy de Roye et plusieurs dames qui assurent la suite de Marguerite. La cérémonie se déroule en deux temps. La première phase, une cérémonie extérieure devant l'église, commence par la jonction des mains des fiancés par Guillaume de Savoie, évêque de Valence et oncle de Marguerite, symbolisant leur consentement, puis les anneaux sont échangés et, enfin, elle se termine par la bénédiction et l'encensement des époux. La seconde phase est essentiellement une messe lors de laquelle sont lus et chantés plusieurs textes. Au moment de l'invocation, le roi reçoit un baiser de l'archevêque qu'il va porter à sa jeune épouse, lui promettant ainsi amour et protection. Enfin, vient la bénédiction de la chambre nuptiale, rite soulignant leur devoir de procréer. Le lendemain du mariage, le 28 mai 1234, la jeune Marguerite est couronnée reine.

Selon Guillaume de Saint-Pathus (12), confesseur et confident de la reine Marguerite de Provence, Saint Louis ne touche pas sa femme pendant la nuit de noces ; il passe ses trois premières nuits de jeune marié à prier, respectant ainsi les trois « nuits de Tobie » recommandées par l'Église.




(1) Barthélemy de Roye (né vers 1170 - mort le 24 janvier 1237) était ungentilhomme français de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, qui fut conseiller du roi de France Philippe II Auguste.

Barthélemy de Roye était le deuxième fils de Rogues, seigneur de Roye et deGerminy, et d'Adeline de Guise.
Il épousa Pétronille de Montfort (†3 février 1216), fille de Simon de Montfort et d'Amicie de Leicester, avec laquelle il eut cinq enfants:
• Un garçon Jean († 30 juin 1278) ;
• Une fille Alix (né vers 1195 - morte vers 1226) ;
• Une fille Amicie (née vers 1205) ;
• Une fille Adélaïde († 5 mai 1311) ;
• Une fille Marguerite (†9 février 1268).




(2) Guérin, ou Garin ((la) : Guarinus, Garinus), appelé Frère Guérin, né à Pont-Sainte-Maxence vers 1157, et mort en1227, est un chevalier régulier, garde des sceaux en 1201, élu évêque de Senlis en1213, il participe à la stratégie de la victoire dans la bataille de Bouvines. Il est nommé chancelier de France en 1223.




(3) En droit féodal, le baillistre est celui qui a la garde et la tutelle des enfants nobles durant leur minorité ainsi que du fief.
Le baillistre doit être un chevalier. Il rendra les services vassaliques pendant le temps où il tient le fief. Les revenus perçus par le fief serviront à l'entretien du mineur.




(4)  Gauthier Cornu, mort le 20 avril 1241, est un prélat français du XIIIe siècle. Il est fils de Simon Li Cornuti ou Cornuz ou Cornutus, seigneur de Villeneuve La Cornue, de La chapelle Rablais, et de Fontenailles en Brie; vers 1172 près de Montereau en Seine et Marne, et de Elisabeth Clément Fille de Robert III Clément ministre et régent sous le roi Philippe II Auguste . Gauthier est frère de Gilles ou Gilon 1er, archevêque de Sens, et de Robert Le Cornu, évêque de Nevers.




(5)  La livre tournois (parfois écrit « livre Tournois », abrégé L, liv., lt, ₶, ou £) est unemonnaie de compte valant 240 deniers ou 20 sous, frappée originellement à Tours et qui fut utilisée en France sous l'Ancien régime. Elle remplace progressivement la livre parisis (a) à partir du XIIIe siècle et disparaît au moment de la création du franc français en 1795.

(a) La livre parisis (ou livre de Paris, notée lp) était une monnaie de compte utilisée enFrance à partir du Moyen Âge et jusqu'auXVIIe siècle, en référence aux espèces monétaires fabriquées par l'atelier de Paris. À partir du XIIIe siècle, elle coexiste avec lalivre tournois avant d'être interdite en avril 1667.




(6) Hugues X de Lusignan dit le Brun (vers 1185 - † 5 juin 1249 devant Damiette), sire de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues IX de Lusignan. Il était un grand seigneur, comptant parmi les plus puissants barons du royaume de France.
C'est en 1220, qu'Hugues épouse Isabelle Taillefer, fille d'Aymar Taillefer comte d'Angoulême. Ils eurent :

1. Hugues XI de Lusignan, († 6 avril 1250), sire de Lusignan, comte d’Angoulême,comte de la Marche. Il épousa en janvier 1236 Yolande de Dreux (fille de Pierre Ier Mauclerc, duc de Bretagne), comtesse de Pemthièvre, de Porhoët.
2. Agathe alias Agnès de Lusignan, († ap. le 7 avril 1269), épouse de Guillaume II de Chauvigny, baron de Châteauroux.
3. Alice de Lusignan, († ap. le 9 février 1256), épouse en 1247 Jean Ier de Warenne († 1304), comte de Surrey, de Warenne, de Sussex, vice-roi d'Écosse.
4. Guy de Lusignan, († ap. le 18 octobre 1288), seigneur de Cognac, d'Archiac, de Merpins.
5. Geoffroy de Lusignan († av. 4 mars 1274), seigneur de Jarnac de Château-Larcher et de Châteauneuf, épousa avant 1246 Aumode de Sainte-Hermine et avant 1259 Jeanne, vicomtesse de Châtellerault.
6. Guillaume de Valence, († en mai 1296), seigneur de Valence, de Montignac, de Bellac, de Rancon, de Champagnac, de Westford & comte de Pembroke, épousa avant le 13 août 1247 Jeanne de Montchensy ou de Munchensy († ap. 20 sept.1307). Jeanne, petite fille de Guillaume le Maréchal, lui apporte le comté de Pembroke et fait de Guillaume l'un des barons le plus puissant d'Angleterre, grâce à la volonté politique de son frère utérin, Henri III Plantagenêt.
7. Aymar de Lusignan, dit de Valence, († 4 déc. 1260 à Paris), seigneur de Couhé ; Clerc en 1248, évêque de Winchester (1250-1260), successeur de Guillaume de Raley. Aymar a été élu le 4 novembre 1250, et son élection a été confirmée à Lyon par Innocent IV le 14 janvier de l'année suivante.
8. Isabelle de Lusignan, († 14 janvier 1300), épouse (~1243/44) Maurice de Craon († av. 27 mai 1250) seigneur de Craon, sénéchal d’Anjou, de Touraine, du Maine (1249-1272).
9. Marguerite de Lusignan, († 1288), épouse Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, puis Aimery IX de Thouars, vicomte de Thouars, et en 3è noces, après 1257, Geoffroy V de Châteaubriant, baron de Châteaubriant.




(7) Richard d'Angleterre dit Richard de Cornouailles (5 janvier 1209,Winchester – 2 avril 1272, Berkhamstead), fils de Jean sans Terre, roi d'Angleterre et d'Isabelle d'Angoulême.

En 1240, il rejoint la croisade en Terre sainte. Il y reste quelques mois et rembarque à Saint Jean d'Acre le 3 mai1241 à destination de l'Angleterre.

En mai 1242, il suit son frère le roi Henri III d'Angleterre lors de sa campagne en France pour reconquérir l'héritage Plantagenêt. Cette campagne se termine par la défaite des Anglo-Poitevins à la bataille de Taillebourg le 21 juillet 1242, face au roi Louis IX de France.

Il fonde en 1245 l'Abbaye de Hailes sur des terres que son frère Henri III lui a données. Il y sera inhumé à sa mort en1272.

Comte de Cornouailles (1225-1272), il est élu roi des Romains en 1257, mais le titre lui est contesté par Alphonse X de Castille et il n'est jamais sacré empereur. Il dépense beaucoup d'argent au développement de son château de Wallingford.

En 1264, il est fait prisonnier par les partisans de Simon de Montfort à la bataille de Lewes. Libéré en septembre1265, il retourne en Allemagne en août1268 et rassemble en avril 1269 une diète à Worms où il fait passer un règlement sur l'abolition des péages superflus.

En 1231, il épouse en premières noces Isabelle Marchal (1200-1240) qui lui donne  :
• Jean (1232-1233) ;
• Isabelle (1233-1234) ;
• Henri (1235-1271), marié en 1269 à Constance de Moncade, comtesse de Bigorre († 1310) ;
• Nicolas (1240-1240).

Il se remarie en 1243 avec Sancie de Provence (1228-1261), fille de Raymond Bérenger IV, comte de Provence et de Béatrice de Savoie, avec laquelle il a :
• Richard (1246-1246) ;
• Edmond (1249-1300), comte de Cornouailles, marié en 1272 à Marguerite de Clare (1249-1313)
.
Veuf, il épouse en troisièmes noces, le 16 juin 1269, Béatrice de Falkenbourg (1253-1277), qui ne lui donne pas d'enfant.
Il est inhumé à l'abbaye de Hailes (Gloucestershire), qu'il avait fondée.




(08) Romano Frangipani ou Romain de Saint-Ange ou Romano Bonaventura ou Romano Papareschi, (né à Rome, Italie, et mort avant le 20 février 1243 dans la même ville) est un cardinal italien du XIIIe siècle. Il a été légat du pape Honoré III et précepteur du jeune Louis IX, roi de France.




(9)  Foulques (I) († 1182/83), est seigneur de Hambye et lord de Drax. Il accompagne Henri II d'Angleterre dans sa campagne militaire en Bretagne en 1166. Il est l'un des garants d'un traité entre le roi anglais et le comte Humbert III de Savoie en 1173. Il est gouverneur d'Alençon et de La Roche-Mabile en 1180.




(10) Marguerite de Provence, née en1221 à Forcalquier et morte le 20 décembre 1295 à Paris, est une reine de France, épouse de Louis IX.

Elle est la fille de Raimond-Bérenger V, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie. Elle était cultivée, spirituelle, vive et enjouée.

Le 27 mai 1234, son mariage avec Louis IX de France est célébré dans la cathédrale de Sens par Gauthier le Cornu.

Quelques années passent sans qu’aucune naissance n’arrive, la cour et l'entourage royal commencent à craindre que Marguerite ne soit stérile. Blanche de Castille lui propose de l'accompagner en pèlerinage auprès de la tombe de saint Thibaut, un moine de lignage de l'illustre famille Montmorency, réputé pour accorder la fécondité, mais les prières n'ont pas l'effet escompté. On désespère et la rumeur court d'une possible séparation. Cependant, après six ans de mariage naît un premier enfant, suivi de nombreux autres :

• Blanche (1240-1243);
• Isabelle (1242-1271) épouse en 1255 Thibaut II de Navarre, comte de Champagne ;
• Louis (1244-1260) ;
• Philippe III le Hardi (1245-1285, roi en 1270) ép. 1 : Isabelle d'Aragon, ép. 2 : Marie de Brabant ;
• Jean (né et mort en 1248) ;
• Jean Tristan de France (1250-1270). Il naquit durant la croisade de son père, épouse en 1265 Yolande de Bourgogne ;
• Pierre (1251-1284). Il naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1272 Jeanne de Châtillon, comtesse de Blois ;
• Blanche (1253-1320). Elle naquit durant la croisade de son père, épouse en 1269 Ferdinand de la Cerda, infant de Castille ;
• Marguerite (1254-1271) épouse en 1270 Jean Ier, duc de Brabant ;
• Robert (1256-1317), comte de Clermont ;
• Agnès (1260-1325) épouse en 1270 Robert II, duc de Bourgogne




(11) Alphonse III de Portugal (Coimbra,5 mai 1210 - idem, 16 février 1279) est roi de Portugal de 1247 à 1279.

Alphonse III de Portugal, surnommé le Boulonnais (de par son mariage avec la comtesse Mathilde II de Boulogne), né le5 mai 1210, est le cinquième roi de Portugal (et le quatrième des Algarves). Il est le second fils du roi Alphonse II et de son épouse Urraque de Castille et succède à son frère Sanche II en 1247.

Alphonse III se marie deux fois :

1º. Mathilde de Dammartin, comtesse de Boulogne dont il se sépare en 1245 et avec qui il a :
• Robert, né en 1239 et mort jeune ;
• un fils, né en 1240 et mort très jeune.

2º. Béatrice de Castille (1242 - 1303) qui lui donne sept enfants :
• Blanche (née le 25 février 1259 - morte après 1321), infante de Portugal, abbesse du couvent de Huelgas près de Burgos ;
• Ferdinand (né vers 1260 - mort avant 1262) ;
• Denis (1261 - 1325), futur roi ;
• Alphonse (1263 - 1312), infant de Portugal, seigneur de Portalegre, épouse l'infante Yolande de Castille ;
• Sancha, infante de Portugal (née le 2 février 1264 - morte en 1302) ;
• Marie de Portugal (1264 - 1284) ;
• Constance (1266 - 1271), infante de Portugal ;
• Vincent (28 janvier 1268 - 23 novembre 1271), infant de Portugal.




(12) Guillaume de Savoie est un militaire et religieux savoyard du XIIIe siècle. Fils du 9ecomte de Savoie et de Maurienne, il devient évêque de Valence de 1226 à 1238 puis prince-évêque de Liège de 1238 à1239.

Il est probablement le huitième des quinze enfants et le sixième garçon de Thomas Ier, 9ecomte de Savoie et de Maurienne et marquis en italie, et de Béatrice-Marguerite de Genève. Il appartient, par son père, aux Humbertiens qui sont à l'origine de la Maison de Savoie et descend par sa mère des comtes de Genève.




(13) Guillaume de Saint-Pathus, est un Franciscain né en 1250 à Saint-Pathus, décédé en 1315, et petit-fils de Guillaume des Barres. Il fut de 1277 à 1295 confesseur de la reine Marguerite de Provence.

Il est connu pour une biographie de Saint-Louis, œuvre commandée par une de ses filles, Blanche de France, née en 1253, dont Guillaume fut aussi le confesseur de 1296 à 1314 environ.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 18 Mar - 16:22

La fin du conflit avec les Anglais


• La ligue des seigneurs poitevins


Henri III, grand adversaire de Saint Louis et de la monarchie française, n'a pas renoncé à récupérer les territoires anglais en France, reconquis par Philippe Auguste. Il conteste en effet la légitimité de la confiscation des fiefs de son père Jean sans Terre dans l'ouest de la France, par le roi Philippe. Mais occupé par les barons anglais qui avaient limité son pouvoir en arrachant la Grande Charte (1) à son père et par les barons français coalisés qui lui demandèrent de l'aide pour s'émanciper, Henri III n'a jamais manifesté ses désirs de reconquête.

En France, une nouvelle rébellion commence à prendre vie. Tout d'abord, Hugues X de Lusignan s'insurge en raison d'un accord non respecté : lorsqu'en 1227, la reine Blanche et ses conseillers avaient neutralisé Hugues, un accord avait prévu le mariage d'une fille de ce dernier avec Alphonse de France mais celui-ci était déjà fiancé à Jeanne de Toulouse ; en compensation, il était prévu qu'Isabelle de France épouse le futur Hugues XI de Lusignan mais celui-ci épousa Yolande de Bretagne (2) en 1238, tandis qu'Alphonse se maria effectivement avec sa fiancée, Jeanne. En plus de cela, à sa majorité, en 1241, Alphonse reçoit de son royal frère le comté de Poitiers et l'Auvergne, conformément à la volonté de leur père. Ses nouvelles terres absorbent alors le comté de la Marche et Hugues X doit transférer son hommage de vassal du roi de France à Alphonse de Poitiers, seigneur de rang inférieur. Hugues X prête finalement l'hommage mais la situation déplaît fortement à sa femme, Isabelle d'Angoulême (3), veuve de Jean sans Terre et mère d'Henri III, qui souhaite conserver son rang de reine.

Le conflit éclate lorsque Louis IX, prétextant la rupture des fiançailles, réclame l'Aunis et Saint-Jean-d'Angély, remis en gage à Hugues X en 1230 à l'occasion de la promesse de mariage entre sa sœur Isabelle et le jeune Hugues. Hugues X, décidé à se battre, détruit symboliquement la maison qu'il possède à Poitiers et, en décembre 1241, s'oppose publiquement au roi lors de l'assemblée solennelle des vassaux du comte de Poitou. Louis tente d'abord vainement de faire revenir le comte Hugues X sur sa décision puis présente son cas à la cour des pairs de France (4), qui prononce la confiscation des domaines du rebelle. Immédiatement, le comte de la Marche constitue une ligue contre Louis IX, à laquelle la plupart des barons poitevins adhèrent. Dès les débuts de cette coalition, le roi d'Angleterre s'y intéresse mais est retenu par ses engagements pris lors des trêves de1238. Après la destitution d’Hugues X, Henri III d'Angleterre décide de prendre part à la coalition afin de faire valoir ses droits en France.


• La guerre de Saintonge


La guerre de Saintonge (5) dure environ un an, du 28 avril 1242 au7 avril 1243. Selon Jacques Le Goff, elle se déroule en trois phases : du 28 avril au 20 juillet 1242, c'est une guerre de siège lors de laquelle Louis ne se bat qu'avec le comte de la Marche et ses alliés ; du 21 juillet au 4 août 1242, l'ost royale bat les Anglais devant Saintes et les repousse jusqu'à Blaye ; et enfin, du 4 août 1242 au 7 avril 1243, la guerre s'oriente contre le comte de Toulouse, puis se termine par une trêve entre Henri d'Angleterre et Saint Louis.



*** La bataille de Taillebourg (6)

Le 28 avril 1242, Louis convoque l'ost royal à Chinon. Le 4 mai, à Poitiers, le roi de France lance le début de la campagne : il est à la tête de1 000 chariots, 4 000 chevaliers et 20 000 écuyers, sergents et arbalétriers. Son armée assiège et prend successivement les châteaux rebelles de Montreuil, Béruges, Fontenay, Prez, Saint-Gelais, Tonnay-Boutonne, Matus, Thoré et Saint-Affaire .

Henri III d'Angleterre quitte Portsmouth le 9 mai et débarque à Royan le 13. Le 16 juin, Henri déclare la guerre à Louis IX mais est venu avec peu de troupes tandis que les Français achèvent la conquête du Poitou. Le 20 juillet, les Français arrivent devant Taillebourg. Le lendemain, les ennemis se retrouvent face à face mais sont séparés par la Charente ; les Anglais tentent de rejoindre les Français par le pont de pierre reliant Taillebourg à Saintes ; les troupes de Saint Louis repoussent les Anglais. Ces derniers s'enfuient alors à toute vitesse vers Saintes. Le lendemain, 22 juillet, Louis et son armée traversent la Charente et la bataille s'engage devant Saintes. Selon Guillaume de Nangis, la bataille dure très longtemps mais les Anglais ne peuvent endurer les assauts des Français et se mettent à fuir. Les Français les poursuivent et en font prisonniers un grand nombre. Le roi d'Angleterre s'enfuit immédiatement vers Saintes, puis, à la nuit tombée, Hugues X, leurs troupes et lui désertent la ville ainsi que le château de Saintes, et le lendemain matin, le 24 juillet, les clés de la ville sont remises à Louis par les citoyens de Saintes.

Henri III s'est replié à Pons mais, le 25 juillet, Renaud, seigneur de Pons, se soumet à Louis IX qui arrive de Colombières. Le lendemain, Hugues X de Lusignan se soumet à son tour. Henri III se réfugie alors à Barbezieux d'où il s'échappe dans la nuit du 26 au 27 juillet. Il rejoint ensuite Blaye, mais doit rapidement repartir vers Bordeaux, le 4 août, devant la progression du roi de France.

Louis IX perd relativement peu d'hommes durant la campagne mais doit affronter une épidémie de dysenterie qui décime son armée. Louis en est également atteint mais en est rapidement guéri. Bien qu'affaibli, il rentre à Paris en août.



*** La soumission du comte de Toulouse et la trêve

De son côté, Raymond VII de Toulouse, qui a pourtant renouvelé son hommage à Louis en 1241, s'allie à la coalition des barons poitevins et du roi d'Angleterre. Raymond de Toulouse, qui a rejoint Henri III à Blaye à la fin juillet, se fait remettre Narbonne, le 17 août 1242, par le vicomte Aimery, s'empare d'Albi et proclame le retour des deux villes parmi ses possessions.

Louis IX, qui vient de gagner la bataille de Taillebourg contre Henri III, envoie deux armées en Languedoc. Lecomte de Foix lâche alors aussitôt le comte de Toulouse et le roi le délie ainsi de sa vassalité envers celui-ci. Le 20 octobre, Raymond VII est contraint de demander pardon au roi. Louis le lui accorde en échange de sa renonciation à Narbonne et Albi ainsi que des promesses de combattre l'hérésie et d'accomplir son vœu de croisade.

Entre octobre et novembre 1242, Henri III d'Angleterre tente une dernière fois de faire valoir ses droits en organisant le blocus de La Rochelle par la mer. Mais son blocus échoue, de même que la reconstitution de son armée et de ses alliances. En janvier 1243, Henri envoie une lettre à Frédéric II, à qui il avait fait une demande d'alliance en juin 1242, lui annonçant la fin de ses espérances. Et enfin, le 12 mars 1243, Henri Plantagenêt est contraint de demander à Louis une trêve pour cinq ans.
En 1253 et 1254, Louis IX autorise Henri III à se rendre en France pour visiter l'abbaye de Fontevraud, nécropole de ses ancêtres, celle de Pontigny, où reposent les reliques de saint Edmond, qu'il avait contraint à l'exil, ainsi que la cathédrale de Chartres. À cette occasion, Louis invite Henri III, son beau-frère, à Paris, où ils fêtent Noël ensemble. Une vive amitié naît entre les deux rois et quelque temps après, Louis offre à Henri un éléphant qui lui avait été offert par le sultan d'Égypte. Dès cette année, Henri III demande le renouvellement des trêves, que Louis IX lui accorde volontiers.


• Le traité de paix


En 1257, le roi d'Angleterre envoie auprès de Saint Louis l'évêque de Winchester dont la mission est de proposer au roi de France la substitution d'un véritable traité aux trêves qui avaient été signées. Et, bien qu'Henri refuse de renoncer à ses droits sur les territoires de ses ancêtres en France, les deux rois ont l'intention d'aboutir à la paix. Les négociations sont longues et laborieuses mais, enfin, le 28 mai 1258, Henri III Plantagenêt et Louis IX signent le traité de Paris.

En signant le traité, Louis et Henri mettent fin au conflit entre Capétiens et Plantagenêt concernant les terres conquises par Philippe Auguste. Par ce texte, Henri III renonce à ses revendications concernant la Normandie, l'Anjou, la Touraine, le Maine et le Poitou et Louis IX lui donne la somme nécessaire pour entretenir 500 chevaliers pendant deux ans ainsi que les revenus de l'Agenais et ses domaines dans les diocèses de Limoges, Cahors et Périgueux

Le 10 février 1259, le traité est d'abord ratifié par Richard de Cornouailles. Le 17 février, il est ratifié à Westminster par des procureurs, au nom du roi, et, le 4 décembre, Simon V de Montfort et Aliénor d'Angleterre le ratifient également. Enfin, arrivé en France le 14 novembre, Henri III prête hommage à Louis le 4 décembre 1259.




(1) La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachée par lebaronnage anglais au roi Jean sans Terrenote 1 le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai, par les rebelles. Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France, en particulier à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.




(2) Yolande de Bretagne ou Yolande de Dreux (1218 – 10 octobre 1272), comtesse de Penthièvre et de Porhoët, est une princesse bretonne, fille de Pierre Mauclerc, duc-baillistre de Bretagne, et d'Alix de Thouars, duchesse de Bretagne. En 1226, à l'âge de sept ans, elle est promise au roi Henri III d'Angleterre mais se marie finalement au demi-frère de celui-ci, Hugues XI de Lusignan. Par ce mariage, elle devient comtesse de La Marche et d'Angoulème. Entre 1250 et 1256, elle est la régente des comtés de La Marche et d'Angoulême au nom de son fils mineur,Hugues XII de Lusignan.




(3) Isabelle d'Angoulême (née vers 11881 et morte le 4 juin 1246), est comtesse d'Angoulême de son plein droit (suo jure). En 1200, elle devient reine consort d'Angleterre après avoir épousé le roi Jean sans Terre († 1216).

Elle est le seul enfant d'Aymar Taillefer († 1202), comte d'Angoulême, et d'Alice de Courtenay, petite-fille du roi de France Louis VI.

Elle a cinq enfants de sa première union avec le roi Jean d'Angleterre, tous parvenus à l'âge adult :

1. Henri III d'Angleterre (1207-1272), succède à son père sur le trône ;
2. Richard (1209-1272), comte de Cornouailles, élu roi de Germanie (1256), couronnéroi des Romains de 1257 à 1272 ;
3. Jeanne d'Angleterre (1210-1238), épouse de Alexandre II, roi d'Écosse ;
4. Isabelle d'Angleterre (1214-1241), épouse de Frédéric II du Saint-Empire ;
5. Aliénor d'Angleterre (1215?-1275), épous


De sa seconde union, avec Hugues X de Lusignan naissent neuf enfants, tous parvenus à l'âge adulte, qui sont :
1. Hugues XI de Lusignan († 6 avril 1250), comte de la Marche, et comte d'Angoulême ;
2. Agnès de Lusignan († ap. le 7 avril 1269), épouse de Guillaume II de Chauvigny,seigneur de Châteauroux ;
3. Alice de Lusignan († ap. le 9 février 1256), épouse de John de Warenne, 6e comte de Surrey;
4. Guy de Lusignan († ap. le 18 octobre 1281) ;
5. Geoffroy de Lusignan († av. mars 1274), seigneur de Jarnac et Châteauneuf, épouse Jeanne, vicomtesse de Châtellerault, en 1259 ;
6. Guillaume de Valence († 16 mai 1296), comte de Pembroke7 ;
7. Aymar (vers 1228-1260), évêque de Winchester à partir de 12508 ;
8. Isabelle de Lusignan († 14 janvier 1300), épouse de Maurice de Craon ;
9. Marguerite de Lusignan († 22 octobre 1288), épouse Raymond VII de Toulouse, puis Aimery IX de Thouars, vicomte de Thouars, et en troisièmes noces, après 1256, Geoffroy V de Châteaubriant, baron de Châteaubriant.




(4) La pairie de France est composée des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France, ayant le titre de pair de France. Ils représentent les électeurs primitifs à la royauté à l'époque où la primogéniture n'est pas de règle, et assurent la dévolution de la couronne selon les lois fondamentales du royaume, ainsi que le choix de la régence en cas de minorité. Le nombre de pairs de France est un temps fixé à douze : six pairs ecclésiastiques et six pairs laïcs. Depuis 1180, on les voit chargés d'assurer la succession et être associés à la cérémonie du sacre où ils représentent chacun une fonction symbolique de l'investiture.

À partir de la fin du XIIIe siècle, les six pairies laïques, dont les terres sont revenues à la couronne, sont des apanages princiers, et les nouveaux pairs qui sont créés ne jouent qu'un rôle cérémoniel.
La pairie, qui est un office de la couronne et non un titre de noblesse, devient un moyen pour les rois de distinguer et de s'attacher les nobles les plus importants du royaume. Le mouvement s'accélère au XVIe siècle : le roi nomme alors de simples gentilshommes à la pairie, les hissant au sommet de la pyramide des dignités en France. Il faut, pour être pair, jouir d'un fief auquel est attaché une pairie et descendre de la première personne à qui avait été attribué l'office. Le rôle des pairs de France, à l'époque de l'Ancien Régime, à la différence des pairs britanniques, est seulement honorifique. Les pairs modernes conservent des privilèges d'ordre honorifique, comme celui de siéger au Parlement de Paris et de ne pouvoir être jugés que par une cour spéciale composée d'autres pairs.




(5) La Guerre de Saintonge est un court conflit entre le roi Louis IX de France et le roi Henri III d'Angleterre et ses alliés aquitains. Le principal affrontement eut lieu à Taillebourg où les Francs remportèrent la victoire. Forts de ce succès, ils assiégèrent victorieusement la ville de Saintes.







(6) Bataille de Tailleburg







Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 18 Mar - 16:31

L’expansion du royaume



Par le traité de Corbeil (1) signé le 12 mai 1258 entre les représentants de Jacques Ier d'Aragon (2) et ceux de Louis IX, ce dernier renonce aux prétentions françaises sur la Catalogne alors que l'Aragon renonce en échange aux siennes sur le Languedoc. La frontière du royaume de France au sud des Corbières est fixée, côté français, par les forteresses de Termes, Aguilar, Niort, Quéribus, Peyrepertuse et Puilaurens.

Après avoir réglé le conflit franco-anglais et consolidé les acquisitions de ses prédécesseurs par le traité de Paris l'année suivante, il se retrouve en position d’arbitre des conflits internationaux. Mais il rattache également lescomtés de Blois, de Chartres et de Sancerre, la Normandie, le Maine et la Provence au domaine royal.






(1) Le traité de Corbeil de 1258 est le traité signé le 12 mai 1258 àCorbeil, entre les représentants du roi d'Aragon, Jacques Ier(Guillaume de Roquefeuil), et ceux du roi de France, Louis IX.

Par ce traité, le roi de France renonce à ses prétentions sur laCatalogne et le roi d'Aragon renonce de son côté à certaines de ses prétentions dans le Languedoc (sauf Montpellier entre autres).

Ce traité fixe la frontière du royaume de France au sud des Corbières, gardée, côté français par les forteresses de Termes, Aguilar, Niort, Quéribus, Peyrepertuse et Puilaurens. Les chevaliers Olivier de Termes et Raimond Gaucelm de Lunel sont sans doute les principaux artisans de ce traité.






(2) Jacques Ier d'Aragon dit le Conquérant(en catalan Jaume el Conqueridor ; en castillan Jaime el Conquistador ; en aragonais Chaime o Conqueridor), né le 2 février 1208 à Montpellier et mort le27 juillet 1276 à Alzira, non loin de Valence. Il est roi d'Aragon et comte de Ribagorcede 1213 à 1276, comte de Barcelone, deGérone, d'Osona, de Besalú, de Pallars Jussà, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas également de 1213 à 1276,comte d'Urgell de 1213 à 1218, de 1231 à 1236 et enfin de 1267 à 1276, roi de Majorque de 1229 à 1276, roi de Valence de 1239 à 1276, comte de Roussillon et de Cerdagne de 1241 à 1276.

Fils de Pierre II le Catholique, roi d'Aragonet Marie, dame de Montpellier, il descend de deux prestigieux lignages : par son père, il est l'héritier des rois d'Aragon, et par sa mère il est apparenté à la famille impériale byzantine des Comnènes. Il eut une enfance très difficile. Son père, qui s'était marié pour mettre fin aux intrigues des nobles catalans qui réclamaient un héritier, finit par répudier la reine après être parvenu à asseoir son pouvoir sur la seigneurie de Montpellier.

Alors qu'il est âgé de treize ans, le 6 janvier 1221, il épouse en la cathédrale de Tarazona Aliénor de Castille, fille du roi Alphonse VIII de Castille. De ce premier mariage, est issu :

• Alphonse (es) (1222 - 1260), marié à Constance de Moncade, fille de Gaston VII de Béarn, sans descendance.

Après avoir répudié sa première femme en 1229, il épouse en secondes noces le8 septembre 1235, Yolande, fille du roi André II de Hongrie. De ce second mariage sont issus :

• Yolande (1236 - 1301), mariée à Alphonse X de Castille, dont descendance ;
• Constance (1239 - 1269), mariée à Jean-Emmanuel de Castille, dont descendance ;
• Pierre (1240 - 1285), roi d'Aragon, marié à Constance de Sicile, fille de Manfred Ier de Sicile, dont descendance ;
• Jacques (1243 - 1311), roi de Majorque, marié à Esclarmonde de Foix, fille de Roger IV de Foix, dont descendance ;
• Ferdinand (1245 - 1250) ;
• Sancha (1246 - 1262), religieuse ;
• Isabelle (1247 - 1271), mariée à Philippe III de France, dont descendance ;
• Marie (1248 - 1267), religieuse ;
• Sanche (1250 - 1275), archevêque de Tolède.


Le troisième mariage de Jacques Ier est plus incertain, mais il semble que le roi ait épousé secrètement son amante, Thérèse Gil de Vidaure. Le roi l'abandonna lorsque cette dernière contracta la lèpre. De leur liaison sont issus :

• Jacques (1238 - 1285), seigneur de Jérica ;
• Pierre (1240 - 1318), seigneur d'Ayerbe.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 19 Mar - 21:22

Le roi justicier et diplomate

En tant que roi chrétien, Louis IX doit faire respecter deux idéaux censés lui apporter, ainsi qu'à ses sujets, le salut éternel : la justice en premier lieu, puis la paix. Il s'efforce donc de faire régner la paix dans les affaires où il est impliqué et tente d'éliminer les sujets de conflit pour l'établir le plus longtemps possible. Son prestige fait de lui le recours préféré des adversaires en quête d'arbitrage et son action va s'étendre dans toute la Chrétienté, dont il deviendra l'apaiseur.

• Le Dit d’Amiens

En Angleterre, l'aristocratie se révolte pour restreindre et contrôler le pouvoir du roi. Ces révoltes aboutissent à la Grande Charte en 1215, puis aux provisions d'Oxford (1) en 1258 et, enfin, aux provisions de Westminster (2) en 1259. L'opposition est alors menée par Simon V de Montfort, le propre beau-frère du roi d'Angleterre. Les documents passent par une longue série de révocations et de rétablissements : le roi réussit notamment à se faire relever de son serment de respecter les provisions d'Oxford par les papes Alexandre IV (3) puis Urbain IV (4) mais les barons anglais n'acceptent pas la décision pontificale. C'est ainsi qu'en décembre 1263, Henri III et ses barons demandent l'arbitrage de Louis IX, dont ils promettent de respecter la décision.

Louis rend son verdict, le « Dit d'Amiens » (5), dès le 23 janvier 1264 : il ratifie d'abord la bulle pontificale annulant les provisions d'Oxford et déclare, en ferme partisan de la prérogative royale (6), qu'Henri Plantagenêt doit récupérer la plénitude du pouvoir et de sa souveraineté. L'arbitrage est alors considéré comme un jugement rendu par Louis IX, en tant que seigneur du roi d'Angleterre et donc comme suzerain des barons anglais, considérés comme ses arrière-vassaux.


• L’affaire des Flandres

Marguerite II de Flandre (7), est en guerre avec les fils issus de son premier mariage avec Bouchard d'Avesnes (08), qu'elle désavantage au bénéfice des fils issus de son second mariage avec Guillaume II de Dampierre (9). Ainsi commence le conflit entre les Avesnes, qui mettent en avant leur droit d'aînesse (10), et les Dampierre, qui renient l'héritage de leurs demi-frères, considérés comme des fils illégitimes en raison de l'annulation du mariage de leurs parents.


Louis est appelé à plusieurs reprises pour intervenir, soit à l'initiative de l'un ou de l'autre parti, soit à sa propre initiative, en tant que suzerain. En 1235, il prévoit un partage inégal des terres : deux septièmes aux Avesnes et cinq septièmes aux Dampierre.

En 1246, dans le but de pacifier le royaume avant de partir en croisade, Louis IX et Eudes de Châteauroux (11) ménagent un accord entre les deux partis : le Hainaut appartient maintenant aux Avesnes (12) et la Flandre aux Dampierre. Guillaume III de Dampierre part en croisade avec Louis, revient en 1250 mais meurt accidentellement l'année suivante. Sa mère lui reconnaît alors comme successeur son frère cadet, Gui de Dampierre (13). Cependant la curie romaine a finalement reconnu la légitimité des Avesnes mais Marguerite refuse à Jean d'Avesnes le titre de comte de Hainaut et ne lui laisse que le marquisat de Namur.

Mais, après avoir tenté en vain de s'emparer des îles de Zélande, en juillet 1253, sous l'impulsion de leur mère, les fils Dampierre, accompagnés de plusieurs barons français, sont fait prisonniers par Guillaume du Saint-Empire (14). Marguerite fait alors appel au frère du roi, Charles d'Anjou, à qui elle promet le Hainaut, ignorant ainsi les droits des Avesnes. Charles accepte, occupe Valenciennes et Mons et évite de peu un conflit armé avec le roi des Romains. Au retour de la croisade, Louis IX prend très mal l'initiative de son frère et intervient : il rappelle ce dernier à Paris et, par le « Dit de Péronne » du 24 septembre 1256, le roi et la comtesse Marguerite confirment l'accord signé en 1246. Néanmoins, pour tenir compte de la donation du comté du Hainaut à Charles d'Anjou, Marguerite le lui rachète à un très haut prix. Elle doit aussi payer une forte rançon au comte de Hollande pour la libération des Dampierre, et, peu de temps après, se réconcilie avec son fils Baudoin d'Avesnes (15).



• Le conflit entre Frédéric II et Innocent IV

Alors que deux des plus grandes puissances d'Occident, l'empereur Frédéric II du Saint-Empire et le pape, sont en guerre, Louis IX garde une stricte neutralité dans ce conflit. Monarque le plus puissant de la Chrétienté, Louis rend à chacun ce qu'il pense lui être dû : un profond et obéissant respect au pape et une reconnaissance formelle de sa prééminence symbolique à l'empereur. Mais, à tous deux, Louis interdit toute intervention dans les affaires relevant de son autorité et leur impose de respecter son indépendance temporelle.

En 1240, alors que le pape souhaite détrôner l'empereur et offrir la couronne d'Allemagne à Robert d'Artois, Louis refuse. Mais le3 mai 1241, une flotte génoise amenant les prélats au concile convoqué par le pape Grégoire IX(16) est vaincue par une flotte pisane au service de Frédéric. Parmi eux, plusieurs archevêques, évêques et abbés sont présents. Louis IX, persuadé de la bienveillance de l'empereur, envoie l'abbé de Corbie et le chevalier Gervais d'Escrenne auprès de lui pour demander leur libération. Frédéric, qui avait préalablement demandé au roi d'empêcher les prélats français de se rendre au concile, répond à Louis qu'il ne doit pas s'étonner si « César retient étroitement et en angoisse ceux qui étaient venus pour mettre César en angoisse ». Le roi de France envoie alors à l'empereur l'abbé de Cluny avec une lettre déclarant que « le royaume de France n'est pas encore si affaibli qu'il se laisse mener à [ses] éperons ». La déclaration fait immédiatement reculer Frédéric II qui, par peur de mettre le roi Louis IX en colère, se décide à relâcher les prélats du royaume.

En août 1241, le pape Grégoire IX meurt et son successeur, Célestin IV (17), meurt après douze jours de pontificat. Enfin, en juin 1243, le pape Innocent IV (18) leur succède et le conflit avec Frédéric s'amplifie. Le pape envoie alors une lettre à Louis pour lui demander l'asile, afin d'être à l'abri des attaques de l'empereur. Cependant, Louis IX lui répond, de manière très respectueuse, que ses barons lui ont déconseillé d'accepter sa demande, afin de garder la neutralité nécessaire. Innocent IV part alors en exil à Lyon, ville quasi-indépendante et sous l'influence de la France. Le 27 décembre 1244, le pape convoque un concile à Lyon, cite l'empereur à comparaître et à entendre la sentence, et invite Louis à y assister. Mais Louis, préférant ne pas s'engager, refuse l'invitation mais propose au pape une entrevue à Cluny dans l'espoir de préparer une réconciliation entre Innocent IV et Frédéric II. Lors de l'entretien, le pape renforce son soutien à la croisade du roi mais refuse tout geste de réconciliation avec l'empereur.

Louis IX tente, sans succès, en 1246, une nouvelle intervention auprès du pape en faveur de Frédéric II. Mais, en 1247, il apprend que l'empereur rassemble une importante armée pour marcher sur Lyon où le pape réside toujours. Il envoie alors des troupes considérables pour défendre le souverain pontife et Frédéric II, qui s'est avancé jusqu'aux Alpes, rebrousse chemin vers Parme. Toutefois, après cela, Louis continue de rester neutre dans le conflit et ses relations avec l'empereur restent cordiales.



• Louis IX et les Mongols

Durant la septième croisade, en 1248, Louis fut approché par des envoyés d’Eljigidei , le commandant mongol basé en Arménie et en Perse. Eljigidei suggéra que Louis débarque en Égypte, pendant qu'il attaquerait Bagdad, pour empêcher que les sarrasins d'Égypte et ceux de Syrie joignent leurs forces. Louis envoya André de Longjumeau (19), un prêtre dominicain, en ambassade auprès du Grand Khan en Mongolie (Güyük Khan (20) (r. 1246-48)). Cependant, Güyük mourut avant l'arrivée de l'ambassadeur, et rien de concret n'en résulta ; la reine, à présent régente, Oghul Qaïmich (21), déclina poliment l'offre.

Louis envoya alors le franciscain Guillaume de Rubrouck (22), auprès du Grand Khan Möngke (23) (1251-1259), et il passa plusieurs années à la cour mongole. En 1259, Berke (24), le chef de la Horde d'Or (partie occidentale de l'empire mongol) demanda la soumission de Louis. En revanche, Möngke et le frère de Khubilai, l'Ilkhan (25) Hulegu, envoyèrent une lettre demandant assistance militaire au roi de France, mais la lettre ne lui parvint jamais.



(1) Instituées en 1258 par un groupe de barons dirigés par Simon V de Montfort, 6e comte de Leicester, les Provisions d'Oxford sont souvent considérées comme la premièreconstitution anglaise.

Les Provisions forcèrent le roi Henri III d'Angleterre à accepter une nouvelle forme de gouvernement dans lequel le pouvoir était placé entre les mains d'un conseil de 15 membres devant superviser les rendez-vous ministériels, l'administration locale et la garde des châteaux royaux. Le Parlement, qui se réunissait trois fois par an, devait surveiller les activités de ce conseil. On peut avancer que ce document est d'une importance égale ou supérieure à la Grande Charte de 1215. Pour la première fois, la Couronne anglaise était forcée de reconnaître les droits et les pouvoirs du Parlement.

Une confirmation écrite de l'accord fut envoyée aux sheriffs de tous les comtés d'Angleterre. Elle était rédigée en latin, en français et, ce qui est significatif, en anglais. L'utilisation de l'anglais était un symbole de l'anglicisation du gouvernement anglais et un antidote à lagallicisation opérée dans les décennies précédentes.

Les Provisions d'Oxford furent remplacées l'année suivante par les Provisions de Westminster.

Ces Provisions furent abolies par Henry III en 1262, avec une sanction du Pape, ce qui marqua le début de la Seconde Guerre des Barons (1263-67), gagnée par le roi.
En 1266, le texte fut annulé definitivement par le Dictum de Kenilworth.




(2) Les provisions de Westminster, adoptées par le Parlement d'Angleterre le24 octobre 1259, complètent les provisions d'Oxford de 1258 accordées par Henri III d'Angleterre à la suite de la révolte des barons anglais.

Elles font partie d'une série de réformes constitutionnelles et législatives à la suite des luttes de pouvoir entre Henri III d'Angleterre et ses barons. L'échec des campagnes du roi en France en 1230 et 1242, le choix de ses conseillers, le coût de sa tentative ratée de mettre l'un de ses fils sur le trône de Sicile et son aide au pape dans sa lutte contre l'empereur, le conduit à de nouveaux différends avec les barons, dont le ressentiment est aggravé par le train de vie du roi et la constante augmentation des impôts. Les comptes royaux font apparaître de nombreux dons de bienfaisance et le règlement de travaux de construction, notamment la reconstruction de l'abbaye de Westminster, qui a débuté en 1245.

Les provisions sont un large programme de réforme gouvernementale et législative établi par un comité de 24 barons, initialement nommé en vertu des provisions d'Oxford, et soumis auParlement, réuni à Wesminster en octobre. Le nouveau document reprend un grand nombre des dispositions du texte d'Oxford, mais adopte aussi d'autres réformes sur la fiscalité et la succession (il comprend la première disposition légale relative à la mainmorte).

Les nouvelles dispositions compilent des mesures juridiques et administratives fondées sur les requêtes des barons réformateurs et de leurs alliés pendant la crise de 1258–1265. Elles augmentent les pouvoirs politiques du Conseil des XV et de la Commission des XII, renforçant l'oligarchie. Elles donnent quelques garanties aux tenanciers contre l'oppression de leurs seigneurs. Pour la première fois, une loi anglaise modifie délibérément les procédures en vigueur dans les tribunaux royaux : les provisions instituent des commissaires chargés de surveiller la conduite des juges, et de diriger leur jurisprudence, soit à la cour de l'échiquier, soit à celle du banc du roi, soit dans les tournées annuelles. Elles autorisent enfin les grands tenanciers de chaque comté à se réunir à la Saint-Michel, et à désigner quatre candidats parmi lesquels les barons de l'échiquier sont obligés de choisir les shérifs.

Henri III profite des divisions entre les barons pour rejeter les provisions en 1261, avec l'appui d'une bulle papale. Le conflit armé reprend en 1263. C'est la deuxième guerre des barons : le roi, d'abord vaincu à Lewes en 1264 est victorieux à Evesham l'année suivante. Les Provision sont annulées une première fois par le dictum de Kenilworth en 1266. En 1267, le statut de Marlborough rétablit la prérogative royale, mais réaffirme les clauses juridiques des dispositions de Westminster.




(3) Alexandre IV, né Rinaldo Conti di Segni(Jenne, diocèse d'Agnani, vers 1199 –25 mai 1261), est pape de 1254 à 1261.

Son pontificat est marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxe etcatholique, la protection des universités, les faveurs accordées aux ordres mendiants dans leur différends avec les séculiers et les tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares.

Par sa mère, il fait partie de la famille du pape Grégoire IX, dont il était le neveu, et de la famille du pape Innocent III. Son oncle Grégoire IX le fait cardinal en 1227, puis cardinal-évêque d'Ostie en 1231.




(4) Urbain IV, né Jacques Pantaléon(Troyes, ca. 1195 – Pérouse,2 octobre 1264), est pape du 29 août 1261à sa mort. Il était le fils d'un savetier de Troyes.




(5) Le Dit d'Amiens, ou Mise d'Amiens, est un arbitrage rendu à Amiens par saint Louis dans un conflit opposant le roi Henri III d'Angleterre à ses barons révoltés autour de Simon V de Montfort (23 janvier 1264).

Saint Louis prend le parti du roi d'Angleterre mais les barons refusent de s'incliner. D'abord vainqueurs (Bataille de Lewes, 14 mai 1264), ils seront ensuite écrasés à Evesham par les troupes du roi d'Angleterre commandées par son fils Édouard (4 août 1265).




(6) La prérogative royale (Royal Prerogative) est un organe d'autorité, de privilège et d'immunité reconnu par la common law, et parfois par des juridictions de droit civil possédant une monarchie appartenant au souverain.

C'est le moyen par lequel certains pouvoirs exécutifs d'un gouvernement sont utilisés, investis par un monarque dans le but de la gouvernance de son État. Les prérogatives individuelles peuvent être abrogées par un Parlement.

Alors que certains chefs d’États républicains possèdent des pouvoirs similaires, ils ne sont pas limitrophes, contiennent un certain nombre de différences fondamentales, et sont plus ou moins extensibles (voir pouvoir modérateur).

En Angleterre, les pouvoirs de la prérogative étaient originairement exercés par le monarque seul, sans consultation d'un accord parlementaire (après la Magna Carta), et ce jusqu'à l'accession au trône de la Maison de Hanovre (House of Hanover). Depuis, ils sont généralement exercés sur le conseil du Premier Ministre ou du Cabinet, eux-mêmes responsables devant le Parlement, à l'exception des affaires de la famille royale.

Dans le Royaume d'Angleterre (jusqu'en 1707), le Royaume de Grande-Bretagne (1707-1800) et le Royaume-Uni (depuis 1801), la prérogative royale était l'une des caractéristiques principales de la gouvernance de la Couronne.

En général, dans les monarchies constitutionnelles, comme au Danemark, au Japon ou enSuède, la prérogative royale sert de fonction cérémonielle de l'État-nation.




(7) Marguerite II de Flandre (°v.1202 † 1280) ou Marguerite de Hainaut ou Marguerite de Constantinople, dite la Noire est comtesse de Flandre et de Hainaut de1244 à 1280, ainsi que dame de Beaumont (Hainaut).

Elle est la fille cadette du comte Baudouin IX, Baudouin VI de Hainaut, comte de Flandre et de Hainaut, puis empereur latin de Constantinople et de Marie de Champagne (°1174 † 1204). Marguerite est la sœur de la comtesse Jeanne de Flandre(°1188 † 1244).

Elle épousa en premières noces en 1212 Bouchard d'Avesnes (1182 † 1244), seigneur d'Avesnes, bailli de Hainaut. Ils eurent :
• Baudouin († 1219)
• Jean (1218 † 1257),
• Baudoin d'Avesnes (1219 † 1289), chevalier, chroniqueur, qui devient seigneur de Beaumont (Hainaut) en 1246.

Obligée de se séparer de son époux en 1221, Marguerite se remarie en 1223 avec Guillaume II de Dampierre (1196 † 1231) seigneur de Dampierre. Ils eurent :

• Guillaume III (1224 † 1251), comte de Flandre et seigneur de Courtrai
• Gui de Dampierre (1225 † 1305), comte de Flandre et margrave de Namur
• Jean I († 1258), seigneur de Dampierre, vicomte de Troyes et connétable de Champagne
• Jeanne, mariée en 1239 à Hugues III de Rethel († 1243), comte de Rethel, puis en 1243 à Thiébaud II († 1291), comte de Bar



(08) Bouchard d'Avesnes, né vers 1170 et mort en 1244, fut seigneur d’Étrœungt et bailli de Hainaut, mais aussi sous-diacre à l'église de Laon.

Bouchard est le fils de Jacques, seigneur d'Avesnes, de Leuze et de Condé et d'Adèle, dame de Guise. Il est le frère de Gautier II d'Avesnes, futur comte de Blois et de Chartres du fait de son épouse Marguerite, fille de Thibaut V de Blois.

Il épouse marguerite de Flandre mais le pape Innocent III, probablement sur le conseil du roi de France, déclare le mariage de Bouchard et de Marguerite illégal en 1215 et somme les époux de se séparer. Devant leur insoumission, il les excommunie le 19 janvier1216. Bouchard et Marguerite, qui ont déjà un fils, Baudouin († 1219), se réfugient dans le comté de Luxembourg où leur naissent deux autres fils :

• Jean Ier d'Avesnes (1218-†1257), et
• Baudouin d'Avesnes (1219-†1289), seigneur de Beaumont (Hainaut), père, entre autres de Béatrice d’Avesnes († 1321) mariée au comte Henri VI de Luxembourg, et célébrée par Jacques Bretel comme la reine de cœur du Tournoi de Chauvency !




(9) Guillaume II, né en 1196, mort le 3 septembre 1231, fut seigneur de Dampierre de 1216 à 1231, et seigneur de Beaumont (Hainaut), du droit de sa femme de 1223 à 1231. Il était fils de Guy II, connétable de Champagne, seigneur de Dampierre, de Bourbon et de Montluçon et de Mathilde, dame de Bourbon.

Son frère aîné Archambaud VIII, hérita de la seigneurie de Bourbon, tandis qu'il hérita de Dampierre. Dans le comté de Flandre il est connu comme le régent "Willem I (Guillaume I) van Dampierre".
Il épousa en 1223 Marguerite II (1202 † 1280), obligée de se séparer de son premier mari Bouchard d'Avesnes, dame de Beaumont (Hainaut), puis comtesse de Flandre et de Hainaut à partir de 1244. Ils eurent quatre enfants :

• Guillaume III (1224 † 1251), comte de Flandre et seigneur de Courtrai
• Gui de Dampierre (1225 † 1305), comte de Flandre et margrave de Namur
• Jean I († 1258), seigneur de Dampierre, vicomte de Troyes et connétable de Champagne
• Jeanne, mariée en 1239 à Hugues III de Rethel († 1243), comte de Rethel, puis en 1243 à Thiébaud II († 1291), comte de Bar.

Pour régler les différends entre les enfants des deux lits de Marguerite, le roi de France Louis IX donna le comté de Flandre aux Dampierre et le comté de Hainaut aux Avesnes.




(10) Le droit d'aînesse confère la totalité ou la majorité des biens d'un foyer au premier né.
Cela constitue un élément fondamental de considération des stratégies familiales en termes de natalité et de projets d'éducation induits. Ce système de partage des successions importantes a permis de fortifier l'aristocratie héréditaire et la paysannerie propriétaire. Dans la société moderne occidentale, l'aîné d'une famille seigneuriale reprenait généralement les affaires une fois de retour d'une carrière militaire, en l'occurrence en héritant du préciput, et un ou des cadets entraient dans les ordres religieux, image que Stendhal utilise dans Le Rouge et le Noir. Cette partition n'a jamais été automatique, des aînés pouvant entrer dans les ordres, ou plusieurs cadets disposer d'une part d'héritage. Dans la société paysanne, c'est l'aîné qui héritait du tènement et rendait hommage au nom de ses frères et cousins dits puînés.

Légalement, selon les pays, c'est l'ordre de l'état civil qui prévaut.

La Bible fait référence au droit d'aînesse (Genèse 25:29-34) en évoquant la rivalité entre les frères jumeaux Ésaü et Jacob, fils de Isaac et Rebecca.

En France, le droit d'aînesse s'appliquait uniquement aux familles nobles (même si desroturiers fortunés s'en prévalaient). Il a été aboli en 1792, lors de la Révolution, puis rétabli partiellement en 1826, avant d'être définitivement aboli en 18491.

En Espagne, le droit d'aînesse est resté en vigueur jusqu'en 1820.

Au Japon, le droit d'aînesse est resté juridiquement effectif jusqu'en 1948, date à laquelle un nouveau code civil calqué sur le droit occidental a été promulgué par les forces d'occupation américaines.




(11) Eudes de Châteauroux, aussi Ottone de Castro Rodolfi da Châteroux, surnommé le cardinal Candius ou Blancus, (né vers1190 à Châteauroux en Berry, et mort àOrvieto le 25 janvier 1273) est un cardinal français du XIIIe siècle.




(12) Jean Ier d'Avesnes, né à Houffalize, au Luxembourg le 1er mai 1218, mort àValenciennes le 24 décembre 1257, futcomte héritier du Hainaut. Il était fils deBouchard d'Avesnes et de Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut.

Le mariage de ses parents avait été dissous par le pape, sa naissance était entachée de bâtardise. De plus sa mère s'était remariée avec Guillaume II de Dampierre et avait également eu des fils de ce mariage. De fait, une querelle opposaient les demi-frères. Jean Ier d'Avesnes et Baudoin d'Avesnes, son frère consanguin, entreprirent de faire admettre leur légitimé, qui fut reconnue par l'empereur Frédéric II en mars 1243, par le roi Saint Louis en 1246 et par le pape Innocent IV en 1250.

Il avait épousé le 9 octobre 1246 Adélaïde de Hollande (1222 † 1284), fille de Florent IV, comte de Hollande, et de Mathilde de Brabant. Ils eurent :
• Jean Ier de Hainaut, né Jean II d'Avesnes, (1248 † 1304), comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande
• Baudouin, vivant en 1299
• Bouchard (1251 † 1296), évêque de Metz
• Gui (1253 † 1317), évêque d'Utrecht
• Guillaume (1254 † 1296), évêque de Cambrai
• Florent (1255 † 1297), gouverneur de Zélande etprince d'Achaïe et de Morée, célébré par Jacques Bretel dans le Tournoi de Chauvency.
• Jeanne († 1304), abbesse de Flines
• Marguerite, mariée à Baudoin de Péronne




(13) Gui ou Guy de Dampierre, né vers 1226, mort à Compiègne le 7 mars 1305, fut proclamé comte de Flandre en 1253 par sa mère et devint comte effectif à la mort de cette dernière en 1280 et jusqu'en 1305. Il fut également comte de Namur de 1264 à1305. Il était le second fils de Guillaume II de Dampierre et de Marguerite de Constantinople.

Il avait épousé en 1246 Mahaut de Béthune († 1264), fille et héritière de Robert VII de Béthune, seigneur de Béthune, deTermonde, de Richebourg et de Warneton, et d'Elisabeth deMorialmez. Ils eurent :
• Isabeau de Flandres sa fille ainée
• Robert III dit Robert de Béthune (1249 † 1322), comte de Flandre
• Guillaume de Crèvecœur († 1311), sire de Termonde, de Richebourg et de Crèvecœur, marié en 1286 à Alix II de Clermont de Nesle, vicomtesse de Châteaudun († 1320). Une de leurs petites filles épousa Jean Ier de Luxembourg, seigneur de Ligny.
• Jean († 1291), évêque de Metz, puis de Liège.
• Baudouin († 1296).
• Philippe (1263 † 1308), comte de Chieti (Thiette ou Teano) et de Lorette, marié en 1284 à Mahaut de Courtenay († 1303), comtesse de Thiette, puis en 1304 à Pérenelle de Milly († 1335), comtesse de Lorette. En 1285, ce cinquième fils du comte de Dampierre est présent au tournoi de Chauvency-le-Château, près de Montmédy, selon Jacques Bretel.
• Marguerite de Dampierre (1253 † 1285), mariée en 1273 Jean Ier, duc de Brabant († 1294).
• Marie de Dampierre († 1297), mariée en 1270 à Guillaume de Juliers, dit l'ancien, fils deGuillaume IV, comte de Juliers († 1278), puis en 1285 à Simon II, seigneur de Châteauvillain, et d'Arc († 1305).
• Béatrice de Dampierre († 1296), mariée en 1270 à Florent V, comte de Hollande.

Veuf, il se remaria en 1264 avec Isabelle de Luxembourg († 1298), fille d'Henri V de Luxembourg, duc de Luxembourg et de Marguerite de Bar. Ils eurent :
• Jean Ier (1267 † 1330), comte de Namur
• Gui de Namur († 1311), comte de Zélande et de Richebourg, marié en 1311 à Marguerite de Lorraine (s.p.).
• Henri de Dampierre († 1337), comte de Lodi, marié en 1309 à Marguerite de Clèves, dont: Henri II de Lodi († 1366) et Marguerite.
• Marguerite († 1331) mariée en 1282 à Alexandre d'Écosse († 1284), prince d'Écosse, fils d'Alexandre III d'Écosse, puis à Renaud Ier († 1327), comte de Gueldre.
• Béatrix ou Béatrice († ap.1303) mariée à Hugues de Châtillon, comte de Blois († 1307).
• Jeanne, religieuse à Flines
• Philippe, dite Philippa ou Philippine, fiancée au prince de Galles (futur Édouard II d'Angleterre), morte prisonnière à Blois en 1306.
• Isabelle († 1323), mariée en 1307 à Jean de Fiennes, châtelain de Bourbourg, baron deFiennes et de Tingry, dont le fils, Robert, fut connétable de France.




(14) Guillaume II de Hollande né en 1227, mort le 28 janvier 1256, fut comte de Hollande (Guillaume II) de 1234 à 1256 etroi des Romains (Guillaume Ier) de 1247 à1256. Il était fils de Florent IV, comte de Hollande, et de Mathilde de Brabant. Il ne fut jamais empereur.

En 1252, Guillaume Ier épouse Élisabeth de Brunswick (de) († 1266), fille d'Otton Ier, duc de Brunswick et de Mathilde de Brandebourg. Ils eurent 2 enfants:
• Florent V (1254 † 1296), comte de Hollande et de Zélande
• Mathilde, citée 1256




(15) Baudouin d'Avesnes ou Bauduin d'Avesnes (v. 1219- †1289) est un chevalier, seigneur de Beaumont, dans le Hainaut, à qui est attribuée traditionnellement une Chronique universelle en ancien français allant jusqu'en 1278, dont il est peut-être le commanditaire.

Il est né vers 1219, dans le comté de Luxembourg, d’un mariage reconnu a posteriori par l’Église (son père Bouchard d'Avesnes ayant été sous-diacre).

Sa mère, la comtesse Marguerite II de Flandre, remariée à Guillaume III de Dampierre, cherchant à faire admettre son illégitimité pour favoriser ses enfants du second lit, il fut finalement reconnu, avec son frère Jean Ier d'Avesnes, comme fils légitime sur intervention de saint Louis et du légat du pape et obtint la seigneurie de Beaumont (Hainaut) en apanage dès 1246. Le pape Innocent IV lui-même confirma cette sentence le 17 avril 1250.

Il épousa Félicité de Coucy, fille de Thomas II de Coucy et de Mahaut de Rethel dont il eut deux enfants:
• Jean d'Avesnes (✝ 18 février 1283), seigneur de Beaumont (Hainaut), marié à Agnès de Valence, dame de Danfalize, fille Guillaume de Lusignan, dit de Valence et de Joan de Munchensy, dont:
• Baudouin d'Avesnes (✝ 1299), seigneur de Beaumont (Hainaut)2
• Béatrice d'Avesnes, épouse du Lion de Luxembourg et reine de tous les cœurs auTournoi de Chauvency !




(16) Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ouHugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions deGrégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.


(17) Célestin IV, né Goffredo Castiglioni ouGeoffroy de Châtillon, (° ? , à Milan – †10 novembre 1241, à Viterbe), est pape du 25 octobre 1241 à sa mort. Son règne figure parmi les plus courts de l'histoire de la papauté.




(18) Innocent IV, né Sinibaldo de Fieschi(vers 1180/90 – 7 décembre 1254), est pape du 25 juin 1243 à sa mort. Il appartenait à l'une des principales familles de Gênes. Formé à Parme et Bologne, il passait pour l'un des meilleurs canonistes de son époque. Son pontificat est notamment marqué par la lutte contreFrédéric II dans le cadre de la longuequerelle du sacerdoce et de l'Empire.




(19) André de Longjumeau (Longumeau, Lonjumel, etc.) (v. 1200-v. 1271) fut un missionnaire et diplomate dominicain du XIIIe siècle. Il a dirigé deux ambassades auprès des Mongols : lors du premier voyage il porta les lettres du papeInnocent IV et lors du second des cadeaux et lettres de Louis IX à GüyükKhan.


(20) Güyük , né en 1206, mort en avril 1248, petit-fils de Gengis Khan, est le troisième khagan suprême des Mongols du 24 août 1246 à sa mort en avril 1248.
Güyük est le fils d’Ögödei, troisième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte. Sa mère Töregeneassume la régence de la mort d’Ögödei en 1241, à 1246.




(21) Oghul Qaïmich, est une khatoun, épouse de Güyük, troisième khan suprême des Mongols, fils d'Ögödei et petit-fils de Gengis Khan.

À la mort de Güyük en 1248, elle assuma la régence comme sa belle-mère Töregene l'avait fait entre la mort d'Ögödei en 1241 et l'élection de Güyük en 1246.

Elle reçut, en 1250, l'ambassade envoyée auprès Güyük par le roi Louis IX et conduite par le dominicain André de Longjumeau.

Mais, en 1251, le pouvoir suprême passa à la branche de Tolui, le quatrième et dernier fils deGengis Khan et de Börte, avec l'élection de Möngke,Oghul Qaïmich fut mise à mort : Möngke la fit enfermer dans un sac puis noyer.

Les Ögödéides, dont le fief était centré sur la Mongolie, furent par la suite totalement écartés du pouvoir.




(22) Guillaume de Rubrouck ou de Rubroeck, dit Rubruquis (1215-1295), né à Rubrouck,comté de Flandre (royaume de France), est un franciscain de langue flamande, sujet et intime de Saint Louis. Il se rend en Mongolie en 1253-1254, précédant ainsi Marco Polo. Il visite Karakorum, la capitale de l'Empire dont il donnera quelques descriptions. Ne pouvant, à son retour, joindre le roi, il lui écrit une longue lettre relatant son voyage dans l'Empire mongol, source essentielle et grande œuvre littéraire, mais qui ne connaîtra pas la popularité du livre de Marco Polo.




(23) Möngke, né en 1209 et mort en 1259, petit-fils de Gengis Khan, est le khagan (khan suprême) des Mongols à partir de 1251.

Il est le fils de Tolui, quatrième et dernier fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte (1209-1259). Sa mère est Sorgaqtani.

L'élection de Möngke marque la mise à l'écart de la branche d'Ögedei, troisième fils de Gengis Khan, khagan après la mort de son père en 1227.

• Qututai Khatun, fille de Manggechen, chef onggirat, fils de Che, frère de Börte, l'épouse de Gengis Khan
• Yesuder Khatun, aussi fille de Manggechen, ensuite remariée à Yobuqur, fils d'Ariq Boqa, fils de Tolui
• Qutuqtai Khatun, fille d'Uladai, chef ikire, fils de Bötu, et de la princesse Antu, petite-fille d'Ögödei Khan, dont il eut :
• Baltu (premier fils)
• Urüng Tash (second fils), père d'Olzai, prince de Wei, lui-même père de la princesse Nülün, mariée à Albadai, fils d'Aibuqa, chef Ongut
• Bayalun Khatun, mariée à Qurin, fils de Jaqurchin, fils de Bötu, chef ikire
• Oghul Qaimish Khatun, fille de Qutuqa beki, chef des Oirat, dont il eut :
• Shirin Khatun, mariée à Chochimtai, fils de Taichu, chef des Olqunu’ut
• Bichqa Khatun, mariée à son beau-frère Chochimtai
• Bayaujin, concubine, de la tribu des Bayaut, dont il eut :
• Shiragi (troisième fils)
• Küiteni, concubine, de la tribu des Eljigin, dont il eut :
• Asutai (quatrième fils)




(24) Berké ou Berke , né après 1205, mort en 1266 ou 1267, petit-fils de Gengis Khan, est le quatrième khan de la Horde d'or de 1257 à 1266, le premier à se convertir à l'islam.

Berké est le fils de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan, et le frère de Batu (premier khan de la Horde), Orda et Chayban.

Il succède à son petit-neveu Ulaqtchi, fils de Sartaq Khan, à la tête de la Horde d'Or, alors appelée « Horde » ou « Horde bleue », dont la capitale est Saraï, sur la basse Volga.




(25) Les Ilkhanides, Ilkhans ou Houlagides forment une dynastie fondée en 1256 en Iran par Houlagou Khan (Hülegü), petit-fils de Gengis Khan, fils de Tolui et frère des khagans Möngke et Kubilai Khan.

Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 19 Mar - 22:33

Les réformes du Royaume


• Les réformes judiciaires

Dans l'ordonnance de 1245, le roi institue la « quarantaine-le-roi ». Dans cette ordonnance, le roi ordonne une trêve d'au moins quarante jours à compter de la date à laquelle survient le sujet de discorde entre deux parties, afin de limiter les guerres privées, désormais interdites. Ainsi, toute vengeance est proscrite jusqu'à l'expiration du délai, permettant un apaisement des tensions.

En 1247, il dépêche des enquêteurs royaux afin de l'instruire de l'état du pays à charge pour eux de réprimer directement dans les domaines de la justice, de l'administration, de la fiscalité et de l'armée. Baillis et prévôts sont également introduits en France, ces derniers cessent alors d’être des inspecteurs itinérants et deviennent des administrateurs nommés et payés par le roi qui exercent leurs fonctions dans une vingtaine de circonscriptions distinctes qui divisent désormais l'immense royaume de France. Recrutés dans la petite noblesse locale ou dans la bourgeoisie ces officiers se constituent en dynasties, dont la plus célèbre est celle des Beaumanoir (1). Ces officiers sont alors contraints de respecter des règles strictes de gestion, fixées par l’ordonnance de 1254. Les officiers royaux sont eux aussi surveillés par les enquêteurs qui ont pour mission de fixer les limites de chacun et de transmettre par écrit toutes les plaintes à la cour du roi, qui commence à se diviser en sections précises : le Conseil, qui traite des affaires politiques ; la Curia in parliamento, qui s’élève alors au rang de parlement et la Curia in compotis, ancêtre de la Cour des comptes, qu'il installe au Temple (2).

Dès décembre 1254, Louis IX promulgue la « Grande Ordonnance », également appelée statutum generale,statuta sancti Ludovici ou « establissement le roi », qui tend à réformer le gouvernement royal en profondeur. Elle est, en fait, le regroupement de plusieurs textes royaux promulgués entre juillet et décembre 1254. La plupart de ces textes abolissent des mesures prises par les sénéchaux royaux, en violation des anciennes coutumes locales. Ces textes ordonnent également aux officiers royaux de rendre justice sans distinction des personnes et de refuser tout cadeau pour eux-mêmes ou leur famille. Ils ne pourront lever aucune amende sans jugement, devront considérer que tout accusé non condamné est présumé innocent, et il leur sera dorénavant interdit d'empêcher le transport des blés, mesure destinée à combattre la famine. En décembre, il y ajoute une série de mesures concernant la pure moralité : le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêt et la fréquentation des maisons closes ainsi que des tavernes est interdite aux officiers royaux. Mais les ordonnances ne touchent pas que les officiers royaux. Dans le but de conduire ses sujets au salut, le roi choisit de punir le blasphème, interdit les jeux de dés et leur fabrication ainsi que les jeux d'échecs, de dames et de trictrac, doublement condamnables en tant que jeux d'argent et de hasard. Il interdit également la prostitution : les prostituées sont expulsées des villes, loin des églises et des cimetières, et quiconque leur met une maison (3) à disposition se voit confisquer un an de loyer. Enfin, les tavernes se voient réservées aux voyageurs et interdites à la population.

La « Grande Ordonnance » est reprise en 1256. Le nouveau texte présente plusieurs différences avec ceux de 1254. L'ordonnance de 1256 résulte de la modification des textes de 1254, qui étaient plutôt des instructions aux baillis et sénéchaux, en une ordonnance générale pour le royaume. Dans cette nouvelle ordonnance royale, Louis revient notamment sur l'interdiction stricte de la prostitution et les prostituées peuvent désormais exercer, mais hors des murs des cités et loin des lieux de culte. Les droits des femmes sur leurs héritages et leurs dots doivent être particulièrement respectés : les femmes étant considérées comme des êtres faibles, il appartient à la justice royale de les protéger, et Louis IX refuse, par exemple, qu'une femme soit punie pour les fautes de son mari.

En 1261, conformément au quatrième concile du Latran (4), une nouvelle ordonnance royale abolit l'ordalie. Les épreuves par le feu et par l'eau dont l'accusé doit sortir indemne ou les combats dont il doit sortir vainqueur devront maintenant être substitués par des preuves rationnelles ou testimoniales.

• La lutte contre l’usure

Tandis que les usuriers chrétiens relèvent des tribunaux ecclésiastiques (5), les usuriers juifs et étrangers dépendent du pouvoir monarchique. C'est ainsi que le roi, responsable de ces derniers, fait d'eux l'objet d'une législation particulièrement répressive. En décembre 1230, Blanche de Castille et ses conseillers, au nom de Louis, édictent l'ordonnance de Melun, qui reprend les mesures édictées par Philippe Auguste contre les juifs et leurs usures. Chaque seigneur peut ainsi, s'il le souhaite, prendre comme serfs les juifs de ses terres. De plus, il leur est dorénavant interdit d'emprunter et de percevoir des usures sur les prêts qu'ils auraient consentis.

En 1234, une nouvelle ordonnance remet aux débiteurs chrétiens le tiers de leur dette envers les juifs, interdit qu'ils puissent être saisis en cas de non-paiement et que les juifs ne reçoivent des gages qui n'auraient pas été déclarés devant des témoins dignes de foi. La « Grande Ordonnance » de 1254 comporte également deux passages sur les juifs : l'article 32 leur impose de cesser « leurs usures, sortilèges et caractères » et l'article 33 interdit aux barons et aux agents royaux de les aider à recouvrer leurs créances puis leur répète l'obligation de condamner l'usure. Enfin, il est interdit d'emprisonner des chrétiens ou de vendre leur propriété pour rembourser leurs dettes envers les juifs.

En 1247, l'entourage de Louis IX lui conseille de confisquer les usures des juifs pour contribuer au financement de la septième croisade. Mais celui-ci refuse d'utiliser des biens honteusement acquis pour financer une action aussi sainte. Une ordonnance de 1257 ou 1258 nomme une commission chargée de corriger l'application excessive des mesures prises plus tôt contre les juifs. De plus, la justice ne s'en prend plus seulement aux usuriers juifs, d'abord considérés comme spécialistes de ces pratiques, mais à tous les usuriers. Une ordonnance de 1268 expulse les banquiers lombards (6), florentins, cahorsins et tous les autres usuriers étrangers.



• Les réformes monétaires

À la fin de son règne, entre 1262 et 1270, Louis IX met en place d'importantes réformes monétaires. Elles répondent d'abord à l'évolution économique et à la diffusion de l'économie monétaire. Les réformes commencent avec une ordonnance qui interdit de contrefaire la monnaie royale et qui institue le monopole de la circulation de celle-ci dans le royaume, à l'exception des monnaies de seigneurs ayant reçu une autorisation, qui peuvent circuler, mais uniquement sur leur terre. Puis deux ordonnances interdisent l'utilisation des « esterlins », monnaie anglaise : la première, publiée entre 1262 et 1265, exige que les sujets du roi promettent de ne pas utiliser d'esterlins et, celle de 1265 fixe à la mi-août de 1266 la date limite de leur circulation.

En 1265, une nouvelle ordonnance reprend celle de 1262 et confirme le privilège de la monnaie royale de circuler dans tout le royaume mais autorise les monnaies régionales. En juillet 1266, une ordonnance édicte la reprise de la frappe du denier parisis à de nouvelles conditions de poids et de teneur en métal fin ainsi que la création d'un gros tournoi (7). Enfin, entre 1266 et 1270, une autre ordonnance édicte la création de l'écu. Le denier parisis et l'écu d'or sont plutôt des échecs mais le gros tournoi est une très grande réussite en France mais également sur le marché international, et son succès se poursuivra jusqu'au XIVe siècle.


• La régulation de la prostitution

Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêques,abbés et pape) organisent la prostitution dès le XIIe siècle comme un moindre mal. On trouve même des bordels qui sont propriété des monastères (08) ou des chapitres (9). Après l'avoir bannie en 1254, Louis IX en régule l’activité deux ans plus tard dans les établissements spécialisés. Situés hors de remparts et volets clos, ceux-ci sont signalés par une lanterne rouge allumée pendant les heures d'ouverture. Les prostituées ne peuvent en sortir que certains jours de la semaine, accompagnées par la sous-maîtresse de maison, et leurs vêtements doivent les distinguer des "honnêtes femmes".




(1) La famille de Beaumanoir tire son nom d'un château édifié en 1212 en la paroisse d'Evran.

Cette famille bretonne a pris possession de la baronnie de Lavardin au milieu duXVe siècle et des châtellenies de Tucé (actuelle commune de Lavardin (Sarthe)) Villiers et Bouër et de la baronnie de Milesse (La Milesse) en 1529.



(2) La Tour du Temple et son enclosconstituaient la Maison du Temple, ancienne forteresse parisienne située dans le nord du Marais, au sein du 3e arrondissement de Paris, qui fut détruite en 1808.

Construite par les Templiers à partir de1240, pendant le règne de saint Louis, elle devint par la suite une prison. Elle doit sa célébrité au fait qu’elle servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1795 et que le dauphin Louis-Charles de France âgé de 10 ans (Louis XVII pour ses partisans) y serait mort. Devenue lieu de pèlerinage royaliste dès le début du XIXe siècle, la Tour du Temple fut pour cette raison détruite sur ordre de Napoléon Ier en 1808.




(3) une maison : Un lupanar, ou maison close, ou bordel, est un établissement offrant le service de prostituées.

Après avoir décrété la prohibition de la prostitution, Louis IX fait machine arrière et proclame la tolérance. Des établissements se spécialisent dans le commerce charnel (de la maison d'abattage à la maison de luxe). Alors que leurs volets sont clos, ils sont signalés par une lanterne rouge que vient allumer la sous-maîtresse de la maison pendant les heures d'ouverture. Les prostituées n'avaient le droit d'en sortir que certains jours de la semaine, accompagnées par ces sous-maîtresses.

Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêques, abbés et pape) organisent la prostitution dès le XIIe siècle comme un moindre mal. On trouve même des bordels qui sont propriété des monastères ou des chapitres. Après l'avoir bannie en 1254, Louis IX en régule l’activité deux ans plus tard dans les établissements spécialisés. Situés hors de remparts et volets clos, ceux-ci sont signalés par une lanterne rouge allumée pendant les heures d'ouverture. Les prostituées ne peuvent en sortir que certains jours de la semaine, accompagnées par la sous-maîtresse de maison, et leurs vêtements doivent les distinguer des "honnêtes femmes".




(4) Le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent nommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l'Église catholique. Il s'est tenu au Latran en 1215sur l'initiative du pape Innocent III. Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par les réformateurs du XIe siècle (en particulier par Grégoire VII). Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.

Le pape Innocent III doit faire face à de nombreuses difficultés en Occident: lutte contre les souverains pour imposer la théocratie pontificale, contre les progrès de l'hérésie cathare, volonté de mieux organiser la croisade. Innocent III cherche à donner des solutions plus générales à tous les problèmes qui se posent à l'Église, d'où l'idée d'un concile œcuménique.

Le concile s'occupe en premier lieu de la question cathare. Dans leur premier canon, les pères conciliaires condamnent solennellement le catharisme et redéfinissent chaque point de la doctrine catholique contestée par les cathares. Ainsi, le concile réaffirme que seul Dieu est créateur de toute chose et que seul le prêtre peut administrer les sacrements3. Il précise qu'aucun être n'est originellement mauvais et que le mal provient d'un acte libre de la créature. […]

Le canon 3 organise la répression de l'hérésie cathare. Il établit des tribunaux et l'essentiel de la procédure pour juger les hérétiques, embryon de la future inquisition. Il ordonne que les hérétiques soient livrés au pouvoir séculier et que leurs biens soient saisis, que ceux qui protègent les hérétiques soient excommuniés et privés de toute fonction publique, que les évêques recherchent dans leurs diocèses les hérétiques. Le canon interdit aussi à quiconque de prêcher sans l'autorisation du pape ou de l'évêque. […]

Plus généralement, le concile réaffirme les fondements de la politique catholique contre les hérétiques : les évêques sont chargés de débusquer les hérésies, et les autorités civiles doivent leur prêter concours. Dans le cadre du concile, le pape projette avec saint Dominique et Foulques, évêque de Toulouse l'établissement du futur Ordre des Frères Prêcheurs (ou dominicains).

Concernant les Juifs comme les musulmans, le concile décide qu'ils doivent porter sur eux une marque distinctive de leur différence. L'objectif est d'instaurer ainsi le principe d'une ségrégation forcée […]

La réforme des mœurs du clergé et de la discipline des laïcs semble pour Innocent III la solution à tout succès d'une hérésie.
[…]




(5) Un tribunal ecclésiastique est, endroit canonique, un tribunal organisé par l'Église pour juger des affaires qui relèvent de son fonctionnement (discipline, sacrements,...).

Un fidèle de base ne connaît guère le tribunal ecclésiastique qu'à travers son intervention dans les demandes de nullité de mariage religieux (un mariage religieux peut-être déclaré nul, mais ne peut subir une annulation), traitées au niveau local (diocésain, ou inter-diocésain) par l'Officialité.




(6) Le terme banquiers lombards ou plus simplement Lombards fait référence aux prêteurs sur gages du Moyen Âge, un type de banque qui apparaît en Lombardie, région prospère du nord de l'Italie. Le terme est parfois utilisé dans un sens péjoratif et certains ont été accusés de pratiquer l'usure.




(7) Le gros tournois est une monnaie d'argent créée par saint Louis lors de sa réforme monétaire de 1260-1263.



(08) Un monastère est un ensemble de bâtimentsoù vit une communauté religieuse de moines ou de moniales. Il en existe dans les religionschrétiennes et bouddhiste.

On parle également d'abbaye s'il est dirigé par un abbé ou de prieuré s'il est dépendant ou de moindre importance. Souvent, le prieuré est dépendant d'une abbaye ou monastère. Les monastères des ordres militaires du Moyen Âgesont appelés commanderies. On parle decouvent pour les résidences de Franciscains etDominicains, ainsi que d'autres ordres, tandis que les Bénédictins ou Prémontrés habitent des abbayes ou prieurés.




(9) Dans la tradition catholique, le chapitre d'un Ordre ou d'une Congrégation religieuse est l'assemblée des religieux, clercs, frères ou religieuses, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle. Chaque abbaye a son chapitre à intervalles réguliers, voire quotidiens. Tous les membres de la communauté y prennent part. Les instituts religieux ont leur chapitre, au niveau régional (appelé 'chapitre provincial') ou général ('chapitre général')à intervalles fixés par leurs statuts propres:

• le mot chapitre a son origine dans la réunion quotidienne des moines au début de laquelle un chapitre (capitulum) de la règle de saint Benoît était lu, puis commenté par le père abbé
• ensuite les questions concernant la vie de leur communauté étaient discutées par les moines ou nonnes. Cela pouvait être la distribution des tâches et offices, la coulpe, l'admission de nouveaux membres, mais aussi des élections, etc. Les décisions du père abbé étaient en principe précédées d'une discussion au cours du chapitre

On distingue plusieurs chapitres, selon leur composition, certains pouvant réunir des moines de plusieurs abbayes et organiser la vie de l'ordre religieux.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 20 Mar - 13:18

Le roi bâtisseur et mécène


Sous le règne de Louis IX, les grandes cathédrales sont en construction, à peine achevées ou en profond remaniement. C'est ainsi qu'il assiste, ou participe, à la construction des cathédrales de Chartres, d'Amiens, de Reims, de Rouen, de Beauvais, d'Auxerre ou encore Notre-Dame de Paris. Le roi finance et ordonne la construction de nombreux couvents (1), églises et abbayes (2) mais son rôle dans chaque fondation est peu connu.

Selon Robert Branner, l'architecture parisienne, sous l'influence de Louis IX, devient « un art sophistiqué » qu'il appelle le « style curial ».Paris devient alors une capitale artistique avec une architecture élégante et des ateliers de manuscrits enluminés, d'ivoire, de broderies, de tapisseries, de joaillerie, de pierres précieuses et d'objets liturgiques. Outre l'architecture civile, le roi favorise l'architecture militaire — avec, par exemple, les remparts d'Aigues-Mortes et de Jaffa —, domestique — avec, notamment, les châteaux de Tours et d'Angers — et religieuse :

• Les abbayes et les cathédrales

Dans son testament, Louis VIII a laissé une forte somme pour fonder un monastère près de Paris. Pour fonder cette abbaye, Louis et sa mère choisissent un lieu proche d'Asnières-sur-Oise, où ils résident de temps en temps, et acquièrent le domaine de Cuimont qui est débaptisé pour être appelé Royaumont (« mont royal »), nom qui symbolise le lien étroit entre la famille royale et la future abbaye. C'est alors que, dans les premières années de son règne, entre 1229 et 1234, Louis, conseillé par Blanche de Castille, réalise la fondation de l'abbaye et l'attribue à l'ordre cistercien (3), contrairement aux indications du feu roi qui souhaitait qu'elle soit affiliée aux chanoines de Saint-Victor (4).

La fondation de Royaumont construite entre 1228 et 1235 préfigure l'attrait naissant de Louis pour les ordres mendiants (5), dont se rapprochent les cisterciens, et accroît le goût précoce de Louis pour les édifices religieux. C'est également une occasion pour le jeune roi de faire preuve d'humilité et de pénitence : pendant toute la période de construction, le roi surveille attentivement l'avancement des travaux et participe activement à la vie du chantier en prêtant la main aux artisans, portant pierres et mortier.

Quelques années plus tard, en 1241, Blanche de Castille fait construire non loin de là, à Saint-Ouen l'Aumône, l'abbaye aux Dames de Maubuisson.
Dès 1231, à la demande de Louis IX, des travaux de grande ampleur sont menés dans l'abbatiale de Saint-Denis. Initiés sous l’abbé Eudes Clément (1228-1245) (6) les travaux raccordent l'abside et le narthex de l’église de Suger au plan plus large du nouvel édifice. Et en 1267, Louis IX inaugure le nouvel ensemble sépulcral destiné à sceller la continuité des trois dynasties royales franques.


• La Sorbonne

En 1253, Louis IX cofonde le Collège de Sorbonne (7), pour maîtres ès arts étudiant en théologie, à la demande de Robert de Sorbon (08) , son chapelain (9), confesseur et ami. Comme les autres collèges (10) de l'université de Paris, celui de Sorbon doit accueillir des pensionnaires pauvres qui y disposent de bourses, ainsi que des étudiants non pensionnaires. À sa fondation, le collège est ainsi destiné à abriter une vingtaine de personnes. À cet effet, Louis donne quelques maisons de la rue Coupe-Gueule, face à l'hôtel de Cluny (11), pour y installer les étudiants. Robert de Sorbon, par l'intermédiaire de Guillaume de Chartres (12) achète et échange rapidement l'ensemble des abords de cette rue, dont la majorité du site lui appartiendra dès 1260. Il s'agit alors d'un ensemble épars de bâtiments divers, maisons et granges, disposés dans un jardin. Une grande simplicité du bâti est maintenue par le fondateur, Robert de Sorbon, qui instaure une règle de vie pieuse et austère.


• Les Hospices

Il fonde, près de la porte Saint-Honoré (13), l'hospice des Quinze-Vingt (14), dans le but de recueillir les aveugles miséreux de Paris. La date de sa construction est inconnue : seule une bulle du 23 juillet 1260 précise que la fondation était terminée au mois de juin. Les Quinze-Vingt fonctionnent alors comme une congrégation (15) et la direction, plutôt « démocratique », rappelle celle des ordres mendiants. Dès sa fondation, l'hospice bénéficie ainsi de nombreux privilèges accordés par le roi et les autorités ecclésiastiques : Louis IX lui accorde notamment une rente de 30 livres parisis, destinée à l'alimentation des aveugles.

En contrepartie, chacun des pensionnaires doit prier le plus souvent possible pour le roi, la reine, la famille royale et l'ensemble des bienfaiteurs et, après leur mort, leurs biens sont remis à la communauté. Le travail des aveugles des Quinze-Vingt est alors principalement la quête : la quête d'argent, dont l'intégralité du montant est remise à la communauté, et la quête de pain, dont le produit est partagé équitablement entre le mendiant et le maître de l'hôpital. Selon Zina Weygand, en apportant son soutien aux aveugles, Louis IX manifeste, pour la première fois de l'Histoire, la responsabilité de la monarchie vis à vis des infirmes et « pose les premiers jalons de la prise en charge par l'État d'un problème social jusque là laissé à l'Église et à la générosité des particuliers ».

Vers 1248, le roi fait restaurer l'Hôtel-Dieu de Paris par Eudes de Montreuil (17) et charge Blanche de Castille d'en surveiller l'avancement. Durant cette même période, il participe à la fondation de l'Hôtel des « Audriettes », destiné à accueillir les femmes veuves et miséreuses. Vers 1259, Louis fonde l'Hôtel-Dieu de Pontoise et y place treize religieuses augustines (18) mais la générosité des sœurs envers les pauvres et les malades attire une telle foule qu'en 1261, le roi se trouve dans la nécessité de leur léguer sa propre maison de campagne et le bois de Pontoise, afin de pouvoir y entretenir autant de religieuses qu'il n'en faut. Il dépense également 30 000 livres pour fonder l'Hôtel-Dieu de Vernon, dans lequel il place vingt-cinq religieuses.


• Les fortifications

Louis IX décide de fortifier Aigues-Mortes en vue de la septième Croisade pour s'assurer d'une base navale sûre pour le départ et le retour, ainsi qu'un port pour pouvoir construire la flotte royale. En 1240 il construit une route entre les marais et bâtit la tour Carbonnière pour servir de tour de guet puis la tour de Constance pour abriter la garnison. En 1250 libéré de sa captivité en Égypte Louis IX arrive à Jaffa avec son épouse, Marguerite de Provence. Il en renforce les remparts et bâtit un couvent et une église.




(1) Un couvent est un établissement religieux, généralement chrétien, où des clercs mènent une vie religieuse en communauté. Le couvent n'a pas de vocation monastique, il est donc plus ouvert sur le monde que le monastère.

On parle de couvent plutôt que de monastère :
• pour l'ensemble des lieux de vie d'unecommunauté religieuse non monastique, composée de clercs réguliers ou de religieuses ;
• pour les ordres mendiants, dont le monastère n'a pas fonction de clôture (et qui ne sont donc pas des moines), sauf pour les religieuses.
Contrairement à l'abbaye, le couvent n'est pas placé sous la responsabilité d'un abbé ou d'une abbesse, mais d'un(e) supérieur(e).




(2) Une abbaye (du latin Abbatia) est un monastère ou un couvent catholique placé sous la direction d'un abbé — Père en araméen — ou d'une abbesse, l'abbé étant le père spirituel de la communauté religieuse.




(3) L'ordre cistercien (en latin Ordo cisterciensis) est un ordre monastique de droit pontifical.

C'est une branche réformée des bénédictins dont l'origine remonte à la fondation de l'abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098.

L'ordre cistercien joue un rôle de premier plan dans l'histoire religieuse du XIIe siècle. Par son organisation et par son autorité spirituelle, il s'impose dans tout l'Occident, jusque sur ses franges. Son influence se révèle particulièrement forte à l'est de l'Elbe où l'ordre fait « progresser à la fois lechristianisme, la civilisation et la mise en valeur des terres ».

Restauration de la règle bénédictine inspirée par la réforme grégorienne, l'ordre cistercien promeut ascétisme, rigueur liturgique et érige, dans une certaine mesure, le travail comme une valeur cardinale, ainsi que le prouve son patrimoine technique, artistique et architectural. Outre le rôle social qu'il occupe jusqu'à la Révolution, l'ordre exerce une influence de premier plan dans les domaines intellectuel ou économique ainsi que dans le domaine des arts et de la spiritualité.

Il doit son considérable développement à Bernard de Clairvaux (1090-1153), homme d'une personnalité et d'un charisme exceptionnels. Son rayonnement et son prestige personnel en ont fait au XIIe siècle le plus célèbre des cisterciens. S'il n'en est pas le fondateur, il demeure le maître spirituel de l'ordre.

L'ordre cistercien est en fait constitué aujourd'hui de deux Ordres et plusieurs congrégations. L'ordre de la « Commune Observance » comptait en 1988 plus de 1 300 moines et de1 500 moniales, répartis respectivement dans 62 et 64 monastères. L'ordre cistercien de la stricte observance (aussi appelé o.c.s.o.) comprend actuellement près de 3 000 moines et1 875 moniales - communément appelés trappistes et trappistines, car ils sont issus de la réforme de l'abbaye de la Trappe - répartis dans cent deux monastères masculins (abbayes et prieurés) et soixante-douze monastères féminins (appelés aussi abbayes ou prieurés), dans le monde entier. Mais si les deux ordres cisterciens sont actuellement séparés, des liens étroits d'amitié et de collaboration existent entre eux, notamment dans les domaines de la formation et de la réflexion sur leur charisme commun. Leur habit est donc le même : tunique blanche et scapulaire noir retenu par une ceinture de cuir portée par-dessus ; l'habit de chœur est la traditionnelle coule monastique, de couleur blanche, d'où l'appellation de « moines blancs ».
Bien qu'ils suivent la règle de saint Benoît, les Cisterciens ne sont pas à proprement parler considérés comme des bénédictins. En effet, c'est au IVe concile de Latran (1215) que « le mot « bénédictin » apparut pour désigner les moines qui n'appartenaient à aucun Ordre centralisé » par opposition aux Cisterciens. Mais de nombreux liens unissent les deux familles monastiques, en particulier dans le domaine de la formation.



Devise :   Cistercium mater nostra




(4) Saint-Victor est une ancienne abbaye de chanoines réguliers (augustins), fondée au XIIe siècle par Guillaume de Champeaux, archidiacre et directeur (écolâtre) de l'école cathédrale de Notre-Dame de Paris. En quelques dizaines d'années Saint-Victor était devenu l'un des centres les plus importants de la vie intellectuelle de l'Occident médiéval, surtout dans le domaine de la théologie et de la philosophie1. Son rayonnement perça au travers de maîtres aussi illustres que Hugues, Adam, André, Richard ou Thomas Gallus, explorant de nombreux champs de la connaissance. Supprimée en 1790, l'abbaye fut détruite en 1811. La devise de l'abbaye était : Jesus, Maria, sanctus Victor, sanctus Augustinus.



Plan de l'abbaye Saint-Victor de Paris. Extrait duCivitates Orbis Terrarum
publié à Cologne en 1572 : on y aperçoit le « moulin de la Tournelle »
sur la « butte Coypeau ».





(5) Un ordre mendiant est un ordre religieux qui dépend de la charité pour vivre. En principe, il ne possède ni individuellement ni collectivement de propriété : les religieux appelés frères ont fait vœu de pauvreté pour consacrer tout leur temps et leur énergie à leur vocation religieuse. Apparu avec la bourgeoisie urbaine médiévale, cet ordre vit dans des couvents dans les villes et se différencie des ordres monastiques, seigneuries vivant derrière une clôture et percevant des droits féodaux.

Les ordres mendiants chrétiens, soutenus dès leur origine par le pape Innocent III, se consacrent à la prédication de l'Évangile et au service des pauvres. Plus important que la prédication est cependant leur témoignage de vie 'à la suite du Christ pauvre'.

Les deux principaux ordres furent fondés par Dominique de Guzmán (saint Dominique) et François d'Assise (saint François). Respectivement implantés au sud de la France et au nord de l'Italie, ils proposèrent un modèle de service de Dieu au sein de la société. Ils attirèrent rapidement le patronage tant de la bourgeoisie que de l'aristocratie. Leur action se développa rapidement dans les villes dont l'accroissement de la population dépassait la construction des églises. La plupart des villes médiévales d'Europe de l'Ouest quelle que soit leur taille possédèrent une ou plusieurs maisons de ces ordres. Certaines de leurs églises furent construites de grande taille avec de larges espaces consacrés à la prédication, en faisant une spécificité des ordres mendiants.

Antoine de Padoue (Saint Antoine) et Saint François furent les principaux inspirateurs des ordres de frères mendiants.

Au Moyen Âge, les principaux ordres religieux mendiants furent :
• Franciscains (Ordre des frères mineurs, portent un habit brun), fondés en 1209
• Carmes, (Ordre du carmel ou Carmes, portent un habit marron), fondés en 1206-1214
• Dominicains (Ordre des prêcheurs, portent un habit blanc), fondés en 1215
• Augustins (Ermites de saint Augustin, portent un habit noir), fondés en 1256




(6)  Eudes Clément († 1247), est abbé deSaint-Denis (1228-1245) puis archevêque de Rouen.

Eudes serait le fils d'Henri Ier Clément, seigneur du Mez et d'Argentan (1170-1214), maréchal de France en 1191 et de la fille du seigneur de Nemours et d'Aveline de Melun. Son oncle est doyen de la cathédrale de Paris. Son frère est Jean Clément de Mez est maréchal de France. Il a un fils, Henri Clément, chanoine de Chartres.




(7) Le collège de Sorbonne, ou maison de Sorbonne (domus de Sorbonna), est une institution pédagogique de l'ancienne université de Paris fondée en 1257 par Robert de Sorbon. Il était situé à l'emplacement de l'actuel bâtiment de laSorbonne.

Avec le collège de Navarre, ils étaient les deux principaux établissements de la Faculté de théologie.
Le collège de Sorbonne fut fermé avec l'ensemble des autres collèges de l'université de Paris en 1793.
Robert de Sorbon, chapelain du roi Louis IX(Saint Louis), connaissant les difficultés qu'éprouvaient les écoliers sans fortune pour parvenir au grade de docteur, fit établir en février 1257 de façon officielle une maison (domus) qu'il destina à un certain nombre d'ecclésiastiques séculiers qui, vivant en commun et tranquilles sur leur existence, seraient entièrement occupés d'études et d'enseignement.



Le collège de Sorbonne en 1550 avant la
reconstruction par Richelieu.





(08)  Robert de Sorbon, né le 9 octobre 1201à Sorbon, petite commune des Ardennes, et mort le 15 août 1274 à Paris, est un théologien français. Il est le fondateur de la Sorbonne, établissement créé pour permettre à des étudiants séculiers en théologie d'étudier sans être en prise à des difficultés matérielles.

Fils de paysan, il est réputé avoir été l'un de ces pauvres écoliers qui demandaient l’aumône à Paris, et auxquels l’espoir d’obtenir un bénéfice ecclésiastique faisait supporter les rigueurs extrêmes de l’étude. Robert de Sorbon est élevé au sacerdoce, reçu docteur, et pourvu d’un canonicat dans l’église de Cambrai. Ses sermons et ses conférences de piété lui valent une certaine réputation et le roi saint Louis le choisit comme chapelain, et peut-être comme confesseur.




(9) Selon les dictionnaires anciens, le chapelain (ou capelan parfois) pouvait être :

1. « Celui qui a la charge d'une chapellenie et en est bénéficiaire »
2. un « prêtre attaché au service d'une personne (d'un grand seigneur) »
3. le « Suppléant d'un prêtre ou d'un chanoine dans un chapitre »

Dans l'Église catholique, un chapelain, ouaumônier, est un prêtre chargé d'une chapelle ou d'une « paroisse personnelle » : maison noble, couvent ou monastère, communauté linguistique, institution particulière (école, hôpital, prison, etc.), mouvement religieux ou de jeunesse, unité militaire, etc. Il n'administre pas de territoire géographiquement déterminé et il lui est interdit d'intervenir dans le gouvernement ou administration de l'institution ou mouvement où il assume son ministère sacerdotal. Sa responsabilité se limitant aux besoins spirituels et pastoraux des fidèles dont il a la charge.




(10) Les collèges médiévaux de la fin du XIIe siècle au XVe siècle étaient des établissements d'abord consacrés à l'assistance et à l'hébergement des étudiants pauvres. Ils ont par la suite évolué vers une activité d'enseignement.




(11) L'Hôtel de Cluny, situé dans le Ve arrondissement de Paris (France), au cœur du Quartier latin, est dès leXIIIe siècle le lieu de résidence des abbés de l'ordre de Cluny enseignant au Collège de Cluny. À partir du XVIIe siècle, et jusqu'à la Révolution française, il abrite des nonces apostoliques ainsi que des particuliers. En 1843, l'État en fait un musée devenu aujourd'hui le Musée national du Moyen Âge, ou Musée de Cluny.



L'Hôtel de Cluny en 1829



L'Hôtel de Сluny avec son observatoire au
début du XIXe siècle





(12) Guillaume de Chartres, certainement nommé ainsi d'après sa ville d'origine, est un clerc qui apparaît dans l'entourage de saint Louis vers 1248. L'année suivante il accompagne le roi à la croisade, avec le titre de chapelain et partage sa captivité à Damiette. À son retour, il entre dans l'ordre dominicain, mais n'abandonne pas pour autant ses charges à la cour. Il participe encore à la dernière croisade et assiste Louis IX dans ses derniers instants à Tunis.

Ce personnage discret est surtout connu des historiens pour avoir poursuivi la rédaction de la biographie royale entreprise par son confrère Geoffroy de Beaulieu, mort en 1274. Bien que son texte soit un panégyrique (il se termine d'ailleurs par une énumération de miracles), il constitue un document de premier ordre pour la compréhension de la vie intérieure de son héros.

Pas plus que l'époque de sa naissance, on ne connaît celle de sa mort. Il était sûrement décédé en 1282, car il n'est pas entendu lorsque sont convoqués tous les proches du roi pour témoigner dans le procès de canonisation.





(13)  La porte Saint-Honoré est une porte disparue de Paris.
Elle fut la principale porte d'entrée de la Ville à l'ouest vers Saint-Germain-en-Laye (avec la porte Saint-Denis au nord vers Saint-Denis, la porte Saint-Antoine à l'est vers Vincennes, et la porte Saint-Jacques au sud vers Orléans). Il y eut successivement trois portes Saint-Honoré, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la Ville, s'échelonnant le long de la rue Saint-Honoré. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.


Porte Saint-Honoré de l'enceinte de Philippe Auguste
vers 1530 (plan de Braun et Hogenberg)



Porte Saint-Honoré sur le plan de Truschet et
Hoyau (1550).



[center]



(14) Le centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingt est actuellement situé 28, rue de Charenton, dans le 12e arrondissement de Paris. L'hôpital a donné son nom au quartier des Quinze-Vingts,48e quartier de Paris et l'un des quatre quartiers de cet arrondissement.

Ce site est desservi par la station de métro Bastille.

L'hospice des Quinze-Vingts a été fondé vers 1260 par saint Louis (Louis IX de France) sans que l'on connaisse le détail et l'époque précise de cette fondation. Il était alors situé rue Saint-Honoré au coin de la rue Saint-Nicaise, sur une pièce de terre appelée « Champourri ». Le nom de Quinze-Vingts veut dire trois cents (15 × 20 = 300) dans le système de numération vicésimal et, de fait, l'hospice comprenait trois cents lits. Le but était de recueillir les aveugles de Paris qui étaient fort en détresse. Le fait que lors de la septième croisade certains des Croisés aient eu les yeux crevés joua certainement un rôle dans cette fondation.

En 1779, sous le règne de Louis XVI, le cardinal de Rohan le fit transférer à son emplacement actuel, rue de Charenton, dans l'ancienne caserne des « Mousquetaires noirs » (du nom de la couleur de leurs chevaux) qui avaient été supprimés en 1775. Il modifia le système d'administration et porta le nombre d'aveugles à huit cents.



Les quinze-vingt au Moyen Age





or=#ffff00](15) Une congrégation religieuse ou, de manière absolue, congrégation, désigne :

au sens étroit, une association d'hommes ou de femmes catholiques unis par des vœux simples (par opposition aux vœux solennels) ou par une simple promesse d'obéissance. Il s'agit d'une forme particulière de vie consacrée, reconnue par le code de droit canonique de 1917, et qui est repris par le code de 1983 - avec un sens plus large - sous le nom de Institut de vie consacrée (canon 573sv) ;
dans certains contextes, une paroisse.

en droit français, par extension du sens précédent, on appelle congrégation religieuse tout groupe de clercs réguliers (moines et moniales ou autres) vivant en communauté, quelle que soit la religion, la confession ou la forme de vie consacrée.


[center]


or=#ffff00](16)  L’Hôtel-Dieu de Paris est le plus ancien hôpital de la capitale. Fondé en 651 par l'évêque parisien saint Landry, il fut le symbole de la charité et de l'hospitalité.

Modeste à l'origine, il est construit du VIIe au XVIIe siècle sur la rive gauche de l'île de la Cité, au sud du Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II ; deux bâtiments étaient reliés par le pont au Double.
Les constructions actuelles abritant l'hôpital datent du XIXe siècle.

Ce site est desservi par la station de métro Cité.

L’histoire des hôpitaux parisiens date du Moyen Âge. La pauvreté étant très importante à l’époque, elle devient une occasion de rédemption pour beaucoup de bourgeois et de nobles, qui voient en elle une façon de racheter leurs péchés en leur venant en aide. Les œuvres permettent alors de créer l’hôpital de la Charité, dont la structure lie immanquablement piété et soins médicaux. L’Église est alors toute-puissante, tant d’un point de vue administratif que thérapeutique. La création de l’hôtel-Dieu de Paris procède de cette tradition de charité, qui dure jusqu’au XIXe siècle, malgré une remise en cause régulière.

Si la tradition, en réalité établie au XVIIe siècle, fait remonter la fondation de cet hôpital à saint Landry 28e évêque de Paris vers 650, les premiers corps de logis avérés affectés aux indigents, infirmes et malades ne remontent qu'à 829 ; ils se situent vis-à-vis d'une ancienne église, l'« église Saint-Étienne ». En 1157, des lettres patentes mentionnent un « Hôtel-Dieu-Saint-Christophe », en raison d'une chapelle dédiée consacrée à ce saint. Peu de temps après, Maurice de Sully, évêque de Paris, entreprend en 1165 la reconstruction de cet hôpital : les anciens bâtiments sont détruits en 1195 et les nouvelles constructions achevées en 1255.

Tous ces bâtiments, depuis l'origine jusqu'en 1878, occupent le côté sud du parvis Notre-Dame actuel entre le Petit-Pont et le pont au Double.


Hôtel-Dieu sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550) ;
à cette époque, l'hôpital se trouve au sud du parvis N.D.




or=#ffff00](17)  Eudes de Montreuil est un maître d'œuvre, sculpteur et ingénieur militaire français. Il serait mort en 1289.

Il a édifié, sous le règne de Saint Louis de nombreux bâtiments à Paris, principalement des églises : la chapelle de l'Hôtel-Dieu, l'église des Chartreux, l'église des Blancs-Manteaux, l'église des Cordeliers de Paris, l'église des Mathurins, l'église de Sainte-Catherine, l'Hospice des Quinze-Vingt. On lui attribue le portail principal de l'église de Mantes-la-Ville (Yvelines).

Il a sculpté son propre tombeau : un bas-relief le représentant tenant une équerre et entouré de ses deux femmes. Ce tombeau a disparu dans l'incendie de l'église des Cordeliers de Paris le 15 novembre 1580.




(18)  On qualifie de manière imprécise d'Augustins l'ensemble des clercs réguliers vivant selon les principes définis par un texte appelé Règle de saint Augustin. Ce texte est une lettre authentique d'Augustin d'Hippone donnant des normes de vie religieuse commune à une communauté d'hommes (non identifiée), mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans ses Confessions. Augustin d'Hippone lui-même n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre religieux au sens institutionnel du terme.

Plusieurs familles religieuses de nature différente se réfèrent de la sorte à saint Augustin. Les unes portent directement son nom et forment un ordre spécifique (Ermites de saint Augustin [OESA], Chanoines réguliers de saint Augustin [CRSA]), les autres suivent sa règle, tout en adoptant en plus des constitutions propres qui précisent certains détails de l'organisation de leur vie, par exemple les Dominicains.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Lun 21 Mar - 20:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 20 Mar - 16:09

L’influence de l’Eglise

• La Sainte-Chapelle et les reliques de la Passion

*** l’acquisition des Saintes Reliques

Dans la Chrétienté du XIIIe siècle, la possession de reliques remarquables est considérée comme la preuve d'une grande dévotion ainsi que la source d'un grand prestige. Or, en 1237,Baudouin II de Courtenay, neveu de Baudouin VI de Hainaut, vient en France afin de demander l'aide de son cousin, Louis IX, contre les Grecs. Pendant son séjour auprès de Saint Louis, il apprend que les barons latins de Constantinople, manquant d'argent, souhaitent vendre la Couronne du Christ à des étrangers. Celle-ci étant la plus précieuse des reliques conservées à Constantinople, Baudouin supplie Louis et Blanche de Castille d'empêcher que la Sainte Couronne ne tombe entre des mains étrangères. L'idée d'acquérir la fameuse relique comble la piété et flatte la gloire du roi et de sa mère.

De Paris, Baudouin II envoie un émissaire avec une lettre ordonnant que la Couronne soit remise aux envoyés que Louis envoie de son côté, soit deux dominicains, Jacques et André, dont le premier a été prieur de l'ordre des Prêcheurs (1) à Constantinople et pourra donc reconnaître l'authenticité de la relique. Quand les envoyés de Baudouin et de Louis arrivent à destination, ils apprennent que le besoin d'argent est devenu si urgent que les barons ont emprunté aux marchands vénitiens et leur ont donné en gage la couronne d'épines. Et, si la couronne n'est pas rachetée avant la fête des saints Gervais et Protais (2), soit le 18 juin, elle appartiendra aux Vénitiens et sera transférée dans la cité de la lagune. Mais, de manière inattendue, les envoyés de Baudouin et de Louis arrivent avant la date fatidique et ces derniers engagent les négociations avec les Vénitiens qui acceptent de vendre la relique au roi de France à condition qu'elle passe par Venise. Les négociations prennent fin en décembre 1238. Bien que l'hiver soit hostile à la navigation et que les Grecs aient disposé des galères sur les itinéraires possibles pour s'emparer de la relique, celle-ci prend la mer. Elle arrive sans encombre à Venise, où elle est exposée dans la chapelle Saint-Marc. Le frère André reste à Venise pour surveiller la couronne, tandis que le frère Jacques va annoncer la nouvelle à Louis et Blanche, puis, revient à Venise avec la somme colossale de l'achat, dont nous ignorons le montant, accompagné des hommes de Baudouin, garants de l'opération. De nouvelles négociations ont lieu et les Vénitiens, qui n'osent pas s'opposer à la volonté de Louis et de Baudouin, laissent partir la relique à contrecœur. Le transport vers la France se fait, cette fois, par la terre. Pour assurer leur sécurité, les convoyeurs sont munis d'un sauf-conduit de Frédéric II du Saint-Empire, la plus haute garantie juridique de la Chrétienté . La couronne est enfin proche de son acquéreur et est déposée à Villeneuve-l'Archevêque où le roi se précipite pour la voir, accompagné de sa mère, de ses frères, de Gauthier Cornut et deBernard de Sully ainsi que de nombreux barons et chevaliers.

Le lendemain, la couronne est transportée par bateau sur l'Yonne et la Seine jusqu'à Vincennes. La châsse comportant la relique est alors exposée sur un grand échafaud pour être vu de tout le peuple. Puis, la châsse arrive dans la capitale, portée par Louis et son frère Robert, pieds nus, suivi de prélats, de clercs, de religieux et de chevaliers, eux aussi pieds nus. La relique est quelques instants placée dans la Cathédrale Notre-Dame. Enfin, la relique arrive au terme de son voyage et est déposée dans la chapelle Saint-Nicolas du palais de la Cité (3).

Les besoins d'argent de l'empereur Baudouin s'accroissant, Louis lui rachète à grand frais d'autres reliques de la Passion (4). En 1241, il acquiert une partie importante de la Vraie Croix (5), la Sainte Éponge (6) et le fer de la Sainte Lance (7).

*** la construction de la Sainte-Chapelle

Saint Louis considère que la chapelle palatine Saint-Nicolas est beaucoup trop modeste pour les trésors qu'il vient de se procurer. Le roi fait alors construire une nouvelle chapelle qui lui sert, selon Louis Grodecki, de « monumental reliquaire » et de « sanctuaire royal ». D'après Jean-Michel Leniaud, le choix de l'implantation de la Sainte-Chapelle dans le palais royal n'est pas anodin : il affirme le lien entre le roi et le sacré, comme le faisaient les empereurs byzantins et germaniques. Cette proximité a également un rôle judiciaire, c'est sur les reliques que l'on prête dorénavant serment dans les procédures entre seigneurs et vassaux. En effet, selon Jacques Le Goff, Louis IX ne perd jamais une occasion pour associer la gloire du roi à celle de Dieu.

La forme de la Sainte-Chapelle est alors inspirée par celle des chapelles épiscopales de Laon, de Paris, deNoyon et surtout de l'archevêché de Reims Louis IX, voulant disposer d'un lieu de prière calme, la chapelle n'est pas adaptée pour accueillir des foules de pèlerins : elle ne dispose ni de déambulatoire (08) ni de tribune royale car les jours ordinaires, seul le clergé, la famille royale et ses invités ont accès à la chapelle


En mai 1243, le pape Innocent IV accorde des privilèges à la future chapelle. En janvier 1246, le roi fonde un collège de chanoines (9) afin d'assurer la garde des reliques (10) et la célébration des cultes. Le 26 avril 1248, soient deux mois avant le départ du roi pour la croisade, celui-ci inaugure la Sainte-Chapelle, qui est parallèlement consacrée par Eudes de Châteauroux (11) et Philippe Berruyer (12). La construction de la Sainte-Chapelle a donc été réalisée en un temps record et aurait coûté, d'après l'enquête du procès de canonisation de Saint Louis, 40 000 livres tournois et la châsse des reliques 100 000. Le roi aurait été très présent sur le chantier et aurait travaillé en étroite collaboration avec son architecte, cependant, selon Jacques Le Goff, les noms de l'architecte principal et de ses aides sont inconnus, bien que Jean-Michel Leniaud et Françoise Perrot précisent que la tradition orale ainsi qu'un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, remontant au XVIe siècle, évoquent Pierre de Montreuil.

Le programme architectural s'accompagne de nombreux symboles qui se manifestent à la fois dans le contenu du reliquaire et dans la décoration de la chapelle haute : on peut noter les reliques provenant de l'Empire byzantin, qui permettent à la monarchie capétienne de s'afficher comme véritable héritière de l'idée impériale ou encore le culte particulier de Louis IX pour la Passion, véhiculant une image de lui marchant dans les pas du Christ.

• Montségur et les Cathares

Après le décès de Louis VIII le 8 novembre 1226, le traité de Paris du 12 avril 1229 (13) semble mettre fin à la Croisade contre les Albigeois. Mais à partir de 1233 le pape Grégoire IX missionne en Languedoc les tribunaux de l’Inquisition (14) confiés aux Dominicains pour lutter contre les Cathares, provocant des révoltes locales. À la suite de l’assassinat d’inquisiteurs à Avignon et le 20 mai 1242 par des hommes de la garnison de Montségur (15) , Blanche de Castille et Louis IX chargent le sénéchal de Carcassonne et Pierre Amiel archevêque de Narbonne d’assiéger le château. Après des tentatives avortées, à partir de mai 1243, 6 000 hommes entourent Montségur qui résiste jusqu’au 1er mars 1244 où Pierre-Roger de Mirepoix obtient une trêve de 15 jours. Le 16 mars, la forteresse se rend. 220 hommes, femmes et une jeune fille qui refusent de renier leur foi périssent sur le bûcher. Les derniers châteaux cathares, Quéribus et Niort-de-Sault sont pris à leur tour en 1255.

• Les mesures prises contre les Juifs

Saint Louis fait la différence entre le judaïsme, qu'il considère comme une vraie religion, et l'hérésie ou l'islam, qu'il considère comme un semblant de religion. Mais les juifs embarrassent le roi. Premièrement, ils se trouvent à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la religion chrétienne : ils ne reconnaissent pas le Christ, ont un calendrier liturgique et des rites différents mais obéissent à l'Ancien Testament. Enfin, il a un double devoir contradictoire : il doit réprimer leurs conduites considérées comme perverses, conséquences de leur religion erronée et « antichrétienne » — car les juifs sont considérés comme les meurtriers de Jésus, des déicides(16), et sont quelquefois accusés d'avoir recours à des sacrifices humains (17) —, et les protéger, en tant que communauté minoritaire.

Selon Jacques Le Goff, Louis IX, ayant longtemps refusé de faire appliquer les mesures antijuives décidées par Rome, notamment par souci d'intégration des juifs à la communauté française, cède à la fin de sa vie, à la pression des juifs convertis de son entourage. Cependant, Louis IX garde l'espoir de les convertir et les protège quand ils sont injustement attaqués, de même qu'il accepte d'être le parrain de nombreux juifs convertis, à qui il assure une pension.

Les historiens s'interrogent sur l'attitude de Saint Louis envers les Juifs. Le Goff envisage d'abord le terme d'« antijudaïsme », qui « concerne exclusivement la religion », mais il ajoute aussitôt : « Quelle que soit l'importance de la religion dans la société juive et dans la conduite de Saint Louis à son égard, il est insuffisant. L'ensemble des problèmes concernés par cette conduite dépasse le cadre strictement religieux et il met en jeu des sentiments de détestation et une volonté d'exclusion qui vont au-delà de l'hostilité à la religion juive. » Reste alors le mot « antisémitisme », mais celui-ci serait « inadéquat et anachronique » car « il n'y a rien de racial dans l'attitude et les idées de Saint Louis ». Il conclut : « Je ne vois que le terme d'« antijuif » pour caractériser la conduite de Saint Louis. Mais ces conceptions et cette pratique ont fait le lit de l'antisémitisme ultérieur. Saint Louis est un jalon sur la route de l'antisémitisme chrétien, occidental et français »

*** la disputation de Paris et le brûlement du Talmud

L'abbé Nicolas Donin (18), juif converti au catholicisme, invite le pape Grégoire IX à ne montrer aucune tolérance à propos du Talmud (19), qui pour lui, aurait, auprès des juifs, remplacé l'Ancien Testament et contiendrait des propos insultants pour Jésus-Christ et la Sainte Vierge. En 1239, le pape adresse alors une lettre circulaire demandant à tous les princes chrétiens de saisir tous les exemplaires du Talmud. Louis et sa mère s'empressent d'obéir et les exemplaires du livre sacré sont saisis le 3 mars 1240.

Mais Louis, soucieux d'objectivité, veut qu'un grand débat ait lieu afin de juger si le livre contient ou non des injures contre le christianisme. En mars 1240, le « Procès du Talmud » est alors organisé10. Sous l'œil de Blanche de Castille et de toute la cour, des ecclésiastiques, dont l'évêque de Paris, débattent avec quatre rabbins, choisis parmi les plus érudits du royaume et dont le plus célèbre est Yehiel de Paris (20). À la fin de la controverse, bien que l'archevêque Gauthier Cornut conteste la sentence, il est décidé que le Talmud est un livre infâme et qu'il doit donc être brûlé. Le roi fait alors procéder à la crémation publique de vingt-deux charrettes de manuscrits du Talmud L'exécution de la sentence a lieu à Paris, sur la place de Grève (21), en présence des écoles, de l'université, du clergé, du prévôt et du peuple, attirés par le spectacle inédit. Les allers et retours continuels, entre les couvents où avaient été déposés les livres et le lieu d'exécution, durent deux jours. Le 9 mai 1244, le nouveau pape, Innocent IV, félicite le roi pour son action et l'encourage à faire brûler les exemplaires subsistants. C'est ainsi qu'en 1244 une deuxième crémation publique a lieu, puis d'autres les années suivantes.


*** la rouelle

En 1269, conformément au Quatrième concile du Latran de 1215 et au concile de Narbonne de 1227, et sous l'influence du dominicain Pablo Christiani (22) , juif converti, le roi impose aux juifs de porter la rouelle afin d'être distingués immédiatement : une rouelle doit être cousue au milieu de la poitrine et une autre dans le dos. Il leur interdit également de sortir pendant les jours anniversaires de la Passion du Christ et d'exercer un emploi public.

De plus, dans l'espoir d'obtenir leur conversion, le roi oblige les Juifs à aller écouter les sermons de Pablo Christiani et à répondre à toute question qu'il pourrait avoir sur leur religion mais cela n'a aucun succès.




(1) L’ordre des Prêcheurs ou des Frères Prêcheurs (O.P. — en latin : Ordo Fratrum Prædicatorum), plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l'ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. Proche de la population, il se différencie d'autres ordres qui ont pour vœux de s'isoler, comme l'ordre cistercien.

Suivant la règle de saint Augustin, ainsi que ses propres Constitutions, en partie inspirées de celles des prémontrés(O.Præm), il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. Le Pape Jean-Paul II rappelait que depuis son origine, l'une des missions principales confiées à l'Ordre a été la proclamation de la vérité du Christ en réponse à l'hérésie(d'abord albigeoise, puis toutes les nouvelles formes d'hérésie manichéenne récurrente que le christianisme a dû affronter dès ses débuts, souvent centrées sur la négation de l'Incarnation)1. Sa devise estVeritas (la vérité). D'autres devises lui ont aussi été assignées, par exemple: « annoncer ce que nous avons contemplé » (contemplata aliis tradere), reprise de saint Thomas d'Aquin, ou encore « louer, bénir, prêcher » qui est une formule liturgique.

Les dominicains sont des religieux mais pas desmoines : ils ont la particularité de ne prononcer qu'un seul vœu, celui d'obéissance, dans les mains du maître de l'ordre (ou de son représentant), les vœux de pauvreté et de chasteté étant implicitement inclus. Ils ne font, par contre, pas vœu de stabilité comme les moines. Ils vivent dans des couvents et non dans des monastères. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes.


Ordre de droit pontifical




(2) Saint Gervais et saint Protais martyrs, étaient jumeaux, fils de saint Vital de Ravenne et de la bienheureuse Valérie et vivaient au Ier siècle sous le règne de l'empereur Néron. Ce sont des saints martyrs chrétiens fêtés localement le 19 juin.
Leur histoire est racontée dans la Légende dorée de Jacques de Voragine.




(3) Le palais de la Cité était la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du Xe au XIVe siècle. Il s’étendait sur une grande partie de l’Île de la Cité dans le1er arrondissement de Paris.

Une partie du palais était convertie en prison d’État en 1370, après l’abandon du palais par Charles V et ses successeurs. La prison de la conciergerie occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. La prison était considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

De nos jours, une grande partie du site est occupée par le Palais de justice de Paris et l'essentiel des vestiges de ce palais sont constitués par l'ancienne prison de la conciergerie qui longe le quai de l'Horloge, au nord-est de l'île, ainsi que par la Sainte-Chapelle.




(4) La Passion du Christ est l’ensemble des événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth.

Le récit de la Passion, ainsi que les annonces de la Passion, sont relatés dans le Nouveau Testament de la Bible, en particulier les évangiles synoptiques et l’évangile selon Jean, ainsi que dans divers textes apocryphes.

Il s'agit de textes à caractère religieux qui expriment la foi des rédacteurs. L'exégèse permet de faire la part entre les éléments proprement historiques et l'interprétation.




(5) La Vraie Croix, dite également Sainte Croix, serait la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié.

Selon la tradition chrétienne, c'est sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’unpèlerinage en Palestine entrepris en 326. Elle est devenue dès lors une des principalesreliques de la chrétienté, faisant l'objet d'une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom de staurothèques sont spécialement fabriqués pour abriter les fragments.

Pour le christianisme, la Croix du Christ est en effet considérée comme l'instrument du salut de l'humanité puisque, selon cette religion, le Christ, par sa mort, a racheté les hommes de leurs péchés, et particulièrement du péché originel. Deux fêtes marquent, dans le calendrier liturgique catholique, l'importance de cette relique : le Recouvrement de la Croix (3 mai) et l'Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre).




(6) La Sainte Éponge est l'un des instruments de la Passion du Christ. Dans le Nouveau Testament, il s'agit de l’éponge imbibée de posca tendue à Jésus pour le désaltérer lors de sa crucifixion.

L'éponge du récit évangélique figure dans plusieurs œuvres d'art.




(7) La Sainte Lance (ou « lance de Longin (Longinus) ») est l’une des reliques de la Passion du Christ. Elle est considérée comme étant l’arme qui a percé le flanc droit de Jésus lors de sacrucifixion.




(08) Le déambulatoire (du radical latin deambulatio, « promenade » avec le suffixe -orium) est une galerie autour du rond-point qui double le chœur et l'abside d'une église. C’est un collatéral tournant, dit encore bas-côté pourtournant, bas-côté de pourtour,pourtour du chœur et qui peut être entouré d'un nombre variable de chapelles absidiales. Il peut exister plusieurs déambulatoires (simple, double, triple) : comme les collatéraux qu’ils prolongent, on les nomme à partir de l’intérieur (premier déambulatoire, deuxième, etc).

Le déambulatoire favorisait les processions liturgiques et, dans les églises de pèlerinage, structurait le tracé de visite des pèlerins autour du chœur et de la crypte qui abritaient ou exposaient les corps saints et les reliques particulièrement insignes. Cet espace de circulation canalisait la ferveur religieuse tout en protégeant de la foule le bon déroulement des offices. Le chevet à déambulatoire desservant des chapelles absidiales (espaces privés, propriété de familles ou de confréries) autorisait la dévotion aux patrons des confréries et les messes privées en souvenir des défunts.


déambulatoire




(9) Un chanoine (du nom latin médiéval canonicus de même sens, lui-même issu de l'adjectif du latin classique canonicus : « relatif à une règle, régulier » ; et du grec ancien κανών (kanôn), règle) est un membre du clergé attaché au service d'une église. Au Haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd'hui, il existe des chanoines religieux (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).




(10) Les reliques de la Sainte-Chapelle sont les reliques du Christ acquises par la monarchie française durant le Moyen Âge et aujourd'hui conservées par l'archevêché de Paris.




(11) Eudes de Châteauroux, aussi Ottone de Castro Rodolfi da Châteroux, surnommé le cardinal Candius ou Blancus, (né vers1190 à Châteauroux en Berry, et mort àOrvieto le 25 janvier 1273) est un cardinalfrançais du XIIIe siècle.




(12) Saint Philippe Berruyer ou de Bourges († 1261) a été évêque d'Orléans et archevêque de Bourges. Il est le neveu de Saint Guillaume de Donjon (évêque de Bourges en 1200) et deEudes (ou Odon) de Saint-Amant (Grand Maître de l'Ordre du Temple de 1171 à 1179).

Il a été canonisé en 1267 par le pape Clément IV.




(13) Le traité de Paris de 1229 (appelé aussi traité de Meaux-Paris ou simplement traité de Meaux) met fin au conflit albigeois opposant le royaume de France au comté de Toulouse. Il prépare le rattachement définitif des pays occitans au royaume de France.




(14) L’Inquisition médiévale est un tribunal ecclésiastique d'exception chargé de lutter contre les hérésies. Elle est introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Innocent III en 1199 et atteint son apogée lors de la répression du catharisme, à la suite de quoi son activité décline, concurrencée par les juridictions nationales.

L'Inquisition se caractérise avant tout par la procédure à laquelle elle recourt : l’inquisitio, par laquelle le juge peut entamer une action d'office, par opposition à l’accusatio, dans laquelle le juge n'instruit un dossier qu'à la suite d'une accusation. Pour autant, l’inquisitio n'est pas réservée à l'hérésie : par exemple, les procès concluant à la nullité des mariages d'Henri VIII d'Angleterre relèvent tous de cette procédure.

Au XVe siècle, l'Inquisition médiévale disparaît et est remplacée par d'autres formes d'inquisition : l'Inquisition espagnole, l'Inquisition portugaise et l'Inquisition romaine, le Saint-Office.




(15) Le château de Montségur (Montsegur en occitan), construit en 1206, est un châteauqualifié de « cathare ». En effet, ce château fut implanté à l'emplacement arasé de l'ancien village fortifié qui constituait, jusqu'au siège de 1244, le lieu de résistance des cathares et des faydits. Les cotes architecturales démontrent que le château actuel fut conçu sur la base de la canne anglaise qui ne fut introduite qu'ultérieurement ce qui prouve que celui-ci a été partiellement reconstruit après la reddition cathare de 1244 par la famille du nouveau seigneur des lieux, Guy II de Lévis.




(16) Peuple déicide est une expression chrétienne, apparue au milieu du XIXe siècle et désignant le peuple juif. Le terme « déicide » fait ici référence à la crucifixion de Jésus-Christ et signifie littéralement « meurtrier de Dieu ». C'est un adjectif formé à partir de deux mots latins : la racine deus (« dieu ») et le suffixe cide, correspondant au verbe

caedere (« tuer »). En effet, pour les chrétiens, Jésus-Christ est une incarnation de Dieu. Bien que l'idée ne soit pas un dogme de l'Église catholique, pour certains chrétiens la mort du Christ aurait ainsi été voulue ou provoquée par les Juifs contemporains de son vivant, en particulier ceux du Sanhédrin de l'époque où il fut crucifié, « meurtriers du Christ » et donc « meurtriers de Dieu ».

Parmi les formulations classiques, revient l'idée que « le déicide est sur le peuple d'Israël ». Le Catéchisme du Concile de Trente, en 1566, précise que les responsables de la mort du Christ sont les pécheurs de toute l'humanité, non les Juifs seuls. Enfin, en 1962, le concile Vatican-II, dans sa déclaration Nostra Ætate, précise que les Juifs ne peuvent être considérés comme responsables de la Passion, rappelle que les apôtres et nombre des premiers disciples du Christ sont nés du peuple juif, et reconnaît les racines juives de la foi chrétienne. L'expression est aujourd'hui inemployée par les chrétiens.

Le thème du « peuple déicide » constitue l'un des fondements historiques utilisés au XIXe et au début du XXe siècle dans les textes antijudaïques et antisémitiques chrétiens. Pour Jules Isaac, il fait partie des « mythes tendancieux » du christianisme : « le mythe de Jésus méconnu [...] et finalement crucifié par le peuple juif réfractaire et aveugle, d'où s'ensuit le terrifiant mythe – à lui seul plus meurtrier que tous les autres – du crime de « déicide » ».




(17) L'accusation de meurtre rituel à l'encontre des Juifs (hébreu : עלילת דם ’alilat dam « accusation de sang ») est une allégation antijuive ou antisémiteselon laquelle les Juifs assassineraient des enfants non juifs à des fins rituelles, la confection de pains azymes pour la Pâque étant la plus fréquemment citée. Plus tard, cette motivation rituelle est abandonnée et le meurtre serait dû à la nature diabolique des Juifs.

Il s'agit de l'une des allégations antijuives les plus anciennes de l'Histoire : il y aurait en effet eu plus de 150 accusations et, probablement, des milliers de rumeurs.




(18) Nicolas Donin de La Rochelle, décédé en 1287, est un frère de l'ordre franciscain. Juif d'origine et converti au christianisme, il est principalement connu pour avoir instigué le procès du Talmud et pour d'autres actions anti-juives.

Nicolas Donin, originaire de La Rochelle, s'établit dans le quartier juif de Paris dans la première moitié du XIIIe siècle. En 1225, il est mis au ban de l'académie talmudique et de la communauté par Yehiel de Paris pour avoir mis en doute à plusieurs reprises la validité de la Torah orale. Ce n'est cependant qu'en 1235 qu'il se convertit au christianisme, après avoir vécu dans l'isolement.

Donin cite divers passages du Talmud afin de prouver qu'il encourage l'hérésie et la haine envers les chrétiens, autorise le juif à se jouer du « gentil », de le voler voire le tuer. Il ajoute que le Talmud soupçonne les « gentils » de zoophilie et d'homosexualité, d'adultère et de répandre le sang. Selon Jeremy Cohen, une analyse de la lettre de Donin démontre qu'il pourrait avoir été influencé par les idées karaïtes : il reproche en effet aux juifs de ne plus tenir leur rôle de gardiens de l'Ancien Testament » que leur a assigné Augustin car ils semblent plus attachés au Talmud, devenu pour eux alia lex (autre loi) ; Donin ajoute que les rabbins changent continuellement la Bible par le biais de leur interprétation talmudique. Il pourrait aussi avoir épousé une forme extrême de la pensée rationaliste prônée parMaïmonide, au point de ne plus accepter les interprétations rabbiniques traditionnelles.




(19) Le Talmud (hébreu : תַּלְמוּד talmoud, « étude ») est l’un des textes fondamentaux dujudaïsme rabbinique et la base de sa Halakha (« Loi »).

Rédigé dans un mélange d'hébreu et de judéo-araméen et composé de la Mishna et de laGuemara, il compile les discussions rabbiniques sur les divers sujets de la Loi juive telle qu’exposée dans la Bible hébraïque et son versant oral, abordant entre autres le droit civil et matrimonial mais traitant au détour de ces questions de points d’éthique, de mythes, de médecine, de génie et autres1. Divisé en six ordres (shisha sedarim, abrégé Sha"s), il existe deux versions du Talmud, dites Talmud de Jérusalem et Talmud de Babylone.

Sitôt clôturé, le Talmud a fait l’objet de nombreux commentaires et exégèses, les uns tentant d’en extraire la matière légale, les autres d’en poursuivre les discussions en développant sa dimension casuistique, aboutissant à de savantes discussions et à des interprétations novatrices.




(20) Yehiel ben Joseph, Sire Vives, est un rabbin né à Meaux vers la fin du XIIe siècle et mort, peut-être, à Haïfa, en Israël, en 1268.

Disciple du Rav Judah ben Isaac (Sire Léon de Paris), il lui succède à la tête de sa yeshiva en 1225, riche de 300 étudiants, dont certains deviendront de célèbres tossafistes, comme le rabbin Meïr de Rothenburg.

La situation étant précaire, tant à cause des Croisades que de la pauvreté des étudiants, Yehiel de Paris doit envoyer une délégation dans les pays où la situation est plus confortable pour les Juifs.
En 1240 (qui correspond à l'an 5000 du calendrier hébraïque), le roi Louis IX ordonne la tenue d'une dispute religieuse entre tenants du judaïsme et de la chrétienté au sujet duTalmud : c'est le Procès du Talmud de Paris. Yehiel de Paris représente les Juifs. Son adversaire est un Juif passé au christianisme du nom de Nicolas Donin, l'un de ses anciens étudiants, qu'il a excommunié pour « croyances hétérodoxes ».

Finalement, 24 charrettes de traités talmudiques seront livrées aux flammes.
Yehiel de Paris continua d'enseigner le Talmud, rédigeant des Tossafot, établissant des décrets halakhiques, etc. Cependant, l'atmosphère devient bientôt intenable, et il s'embarque pour la terre d'Israël en compagnie de son fils Joseph, Messire Delicieux et nombre de ses disciples où il s'installe à Acre. Il y décède vers 1265 ou 1268 et est inhumé à Haïfa, près duMont Carmel. Certains chercheurs affirment cependant qu'il n'aurait jamais fait ou terminé ce voyage1 et qu'il est décédé à Paris ou bien en Morée.




(21) La place de l'Hôtel-de-Ville - Esplanade de la Libération, ancienne place de Grève jusqu'en 1803, est une place deParis, en France. Cette place est située sur les berges de la Seine, d’où son ancien nom (grève : terrain plat composé de graviers ou de sable en bord de mer ou de cours d'eau).

Ce site est desservi par la station de métro Hôtel de Ville.

Le site était occupé autrefois par une ancienne grève, donc une sorte de plage faite de sable et de gravier, d'où il était facile de décharger des marchandises arrivant par la Seine. Ainsi, très vite s’y installe un port remplaçant le Port Saint Landry situé sur l’île de la Cité. Le port de la Grève devient le plus important de Paris : le bois, le blé, le vin, le foin y sont déchargés, facilitant ainsi l’installation d’un marché. C’est autour de ce port que va ainsi se développer sur la rive droite, un quartier très dense. Un marché s’installa à proximité au commencement du XIIe siècle. Aussi les hommes sans emploi y trouvaient-ils facilement du travail. L'expression "faire grève" a donc d'abord signifié "se tenir sur la place de Grève en attendant de l'ouvrage" avant d'évoluer vers le sens qu'on lui connaît aujourd'hui, à savoir cesser le travail "en se liguant pour obtenir une augmentation de salaire" (Littré, 1872).


Au premier plan, la place de Grèveet en arrière plan, l'ancien
hôtel de ville avant sa reconstruction commencée en1533 ainsi
que l'église disparue de Saint-Jean-en-Grève (Plan de Braun et
Hogenberg vers 1530).





(22) Pablo Christiani (en catalan: Pau Cristià; en espagnol: Pablo Christiani; en latin: Paulus Christianus), qui a vécu au XIIIe siècle, naquit dans une famille juive pieuse, qui lui donna le nom de Saul. Par la suite il se convertit au christianisme et se fit dominicain.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 20 Mar - 17:15

Les croisades

• Le vœu du roi

Revenu sérieusement malade de sa campagne de Saintonge, la santé du roi Louis IX reste depuis fragile. Le 10 décembre 1244, il tombe gravement malade, probablement de dysenterie, à Pontoise, et semble aux portes de la mort. Le 14 décembre, afin d'être en accord total avec Dieu, l'Église et sa conscience, il nomme deux arbitres pour régler les différends qu'il a avec le chapitre de Notre-Dame. Dans tout le royaume, des campagnes de quêtes, de prières et de processions solennelles sont organisées et Blanche de Castille fait apporter les reliques de la chapelle royale auprès de lui.

Sa guérison, quelques semaines plus tard, est perçue comme un miracle. Selon Jean de Joinville, alors que ses dames de compagnie le croient mort, le roi retrouve miraculeusement la santé ainsi que l'usage de la parole et, sitôt, s'en sert pour faire le vœu de partir en croisade. La reine Blanche de Castille et la majorité de l'entourage du roi, tant laïcs qu'ecclésiastiques, essaient de le convaincre de renoncer à son vœu. Selon Matthieu Paris, Blanche et l'évêque de Paris, Guillaume d'Auvergne (1), dans une ultime tentative, lui font remarquer que le vœu n'est pas valable car il l'a prononcé étant malade et sans la possession de tous ses moyens mentaux. Saint Louis décide alors de refaire le vœu de croisade puisqu'il est désormais sain de corps et d'esprit.


• La septième croisade

Le 12 juin 1248, Saint Louis se rend à Saint-Denis pour se saisir de l'oriflamme (2) mais également du bâton et de l'écharpe qui lui sont alors remis par le cardinal Eudes de Châteauroux : l'insigne royal est ainsi associé aux symboles du pèlerin. Puis il retourne à Paris et se rend pieds nus, accompagné d'une énorme procession populaire, à l'abbaye royale de Saint-Antoine-des-Champs (3). Là, il demande aux religieuses de prier pour lui et quitte les lieux pour aller passer la nuit au palais royal de Corbeil. Il établit alors officiellement sa mère comme régente du royaume en son absence et laisse auprès d'elle ses conseillers.

Après quelques jours passés à Corbeil, Louis IX fait ses adieux à Blanche et s'avance vers le Midi, en faisant une longue halte à Sens où se tient le chapitre général de l'ordre franciscain (4). Il fait ensuite étape à Lyon pour s'entretenir avec le pape Innocent IV, qui lui promet de protéger la France contre les éventuelles attaques du roi d'Angleterre.

De Lyon, Louis descend le Rhône et, à La Roche-de-Glun, rencontre un châtelain, Roger de Clérieu, qui exige un droit de péage à tous les passants. Le roi refusant de payer, Roger prend des otages mais Louis fait le siège du château, le prend en quelques jours et le fait démolir. Au milieu du mois d'août, le roi arrive enfin à Aigues-Mortes, puis, le 25, s'embarque avec sa suite qui comporte quasiment tous les membres de sa famille proche. En effet, son épouse Marguerite de Provence, ses frères Robert d'Artois, Charles d'Anjou avec sa femme Béatrice et Alphonse de Poitiers ainsi que le beau-père de ce dernier, Raymond VII de Toulouse, le suivent en croisade. Bien que les chiffres soient contestés, on estime que l'armée de la croisade rassemble environ 2 500chevaliers, 2 500 écuyers et valets d'armes, 10 000 fantassins et 5 000 arbalétriers soit environ 25 000 hommes et 8 000 chevaux, chiffres considérables pour l'époque. Selon Le Nain de Tillemont (5) la flotte royale comprend trente-huit grands vaisseaux et des centaines d'embarcations plus modestes.

Le départ de la flotte royale est retardé par l'absence de vent, et l'armée finit par quitter Aigues-Mortes le28 août. Le 17 septembre 1248, Louis IX, sa famille et son armée débarquent sur l'île de Chypre, où est accumulé du ravitaillement depuis 1246, afin d'y hiverner jusqu'au 30 mai 1249. Louis débarque ensuite près de Damiette et prend la ville le 5 juin 1249. Puis, l'armée des croisés se dirige vers Le Caire et subit les attaques incessantes de l'émir Fakhr-ad-Din Yusuf. Les croisés réussissent, au prix de durs combats, à passer sur la rive est du Nil. A ensuite lieu la bataille de Mansourah (6), lors de laquelle les croisés doivent faire face au génie militaire des musulmans qui parviennent notamment à détruire leurs trois chats (7). Le 9 février 1250, malgré leur victoire, ils ressortent très affaiblis de la bataille. En effet, Robert Ier d'Artois est mort et les croisés connaissent plusieurs épidémies de dysenterie, de typhus et de scorbut, aggravées par la sécheresse. Le roi est également atteint de la dysenterie mais refuse de repartir en y laissant ses troupes.

Enfin, l'armée, affaiblie et manquant de ravitaillements, doit battre en retraite, mais les musulmans lui coupent la route au niveau du Nil et les croisés sont écrasés le 6 avril 1250, lors de la bataille de Fariskur (08). Le roi et une grande partie de son armée sont alors fait prisonniers tandis que les malades et les blessés sont massacrés par les musulmans.
Durant la détention de son époux, la reine Marguerite de Provence exerce le rôle de chef de l'armée et réunit en un temps record les 400 000 besants (9), constituant le premier versement de la rançon et, le 6 mai 1250, Louis est libéré. Quelque temps après sa libération, en mai 1250, Louis IX commence un pèlerinage en Terre sainte. Il appelle alors ses sujets à le rejoindre mais renvoie cependant ses frères Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France afin qu'ils puissent épauler leur mère, qui exerce la régence du royaume. Mais, au printemps 1253, alors présent à Sidon, Louis apprend la mort de sa mère, décédée le 27 novembre 1252. Après plusieurs jours d'un grand deuil, Louis conclut qu'il doit rentrer et, le 24 ou 25 avril 1254, rembarque d'Acre pour la France.

Le 10 juillet, il débarque aux Salins-d'Hyères où il demande à rencontrer le frère Hugues de Digne (10). Puis, partant d'Hyères, le roi se rend à Aix-en-Provence pour un pèlerinage dédié à Marie-Madeleine (11), puis il entre en France par Beaucaire et, après plusieurs arrêts dans différentes villes de France, il dépose l'oriflamme et la croix à Saint-Denis. Enfin, il fait son entrée à Paris le 7 septembre 1254, où il est particulièrement bien accueilli par le peuple.

La septième croisade est un échec total ce qui suscite un certain scepticisme vis-à-vis de la croisade et une amertume envers le clergé accusé de ne pas s'être assez impliqué. La conséquence en fut le développement de la croisade des Pastoureaux à l'annonce de la captivité du roi



• A huitième croisade et la mort du roi

L'échec de la septième croisade, que Saint Louis interprète comme une punition divine, l'affecte énormément. À l'été 1266, Louis IX annonce secrètement au pape Clément IV (12) qu'il décide de se croiser pour une seconde fois. Il fait connaître sa décision à une assemblée de prélats et de barons, au cours de la fête de l’Annonciation, le 25 mars 1267. Puis, lors d'une autre assemblée, le 9 février 1268, il précise qu'il partira au mois de mai 1270.

L'évolution de la situation militaire et politique en Méditerranée orientale explique cette décision. Le frère du roi, Charles d'Anjou, est devenu roi de Sicile, celle-ci peut donc devenir une base d'opérations plus sûre et plus proche de Chypre. De plus, Louis IX espère convertir le sultan de Tunis et faire de la Tunisie une base terrestre pour attaquer ultérieurement le sultan d'Égypte. La préparation de la croisade est alors aussi minutieuse que pour la précédente. Son financement est pris en charge par les villes et la levée de décimes ecclésiastiques. Cependant, la préparation diplomatique connaît moins de succès que pour la croisade d'Égypte : Clément IV est mort, la vacance se prolonge et la Chrétienté n'a donc pas de pape au moment de la croisade. C'est ainsi que les seuls personnages importants souhaitant participer à la croisade sont Louis, le prince Édouard d'Angleterre et le roi Jacques d'Aragon, mais ce dernier y renonce après que sa flotte ai été prise dans une tempête.

Le 14 mars 1270, Saint Louis s'en va chercher le bâton de pèlerin et l'oriflamme à Saint-Denis. Le lendemain, il se rend à pieds nus de son palais à Notre-Dame et fait ses adieux à son épouse au château de Vincennes d'où il part. Enfin, après plusieurs étapes jalonnées de sanctuaires, le roi et ses fils arrivent à Aigues-Mortes où ils sont rejoints par Thibaut de Navarre (13) et d'autres croisés. En attendant l'arrivée des navires, une bataille éclate entre les Français et les Catalans : la bataille fait une centaine de morts, Louis fait pendre les responsables et, enfin, s'embarque le 1er juillet 1270 sur la nef « La Montjoie ». Après une brève escale en Sardaigne, les croisés débarquent à la Goulette, près de Tunis. Le sultan, qui ne donne aucun signe d’une quelconque volonté de se convertir, a préparé sa ville à subir un siège et ses hommes attaquent les croisés. Le roi décide ainsi de prendre d’assaut la ville de Carthage pour y mettre en sécurité ses hommes, en attendant les renforts de son frère Charles d’Anjou. Les croisés s'emparent facilement de la ville mais, de nouveau, l'armée subit une épidémie de dysenterie ou de typhus qui est d'abord fatale au prince Jean Tristan (14), le 3 août, puis au roiLouis IX, le 25 août 1270.




(1) Guillaume d'Auvergne (1190 - 1249), parfois appelé Guillaume de Paris, fut théologien, conseiller et confesseur deSaint Louis, évêque de Paris. Il a participé en 1241 à Paris au procès du Talmud.




(2) Au Moyen Âge, l'oriflamme de l'abbaye de Saint-Denis était l'étendard du roi de France en temps de guerre. De 1124 à la fin du Moyen Âge, elle accompagna les armées au combat. C'est derrière cet étendard que combattirent les troupes communales à Bouvines. Conservé à Saint-Denis, on ne l'en sortait que lorsque des grands dangers menaçaient le royaume.

L'étendard de Saint-Denis aurait été créé par l'abbéSuger1 et n'a reçu le nom d'oriflamme, qui était celui de la « bannière de Charlemagne », qu'une quarantaine d'années après sa création. C'était un des moyens déployés pour associer la royauté au culte de l'empereur élaboré par l'abbaye de Saint-Denis.




(3) L’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, plus généralement appelée abbaye Saint-Antoine aujourd’hui transformée en l’hôpital Saint-Antoine (dans le 12e arrondissement de Paris), fut au centre du développement du faubourg Saint-Antoine, dont l’activité joua dans l’Histoire un rôle de premier plan.
Jusqu’au XIIe siècle, l’actuel emplacement de l’hôpital Saint-Antoine n’est que fourrés et marais. Seule une antique voie romaine, reliant le centre de Paris à Meaux et Melun, traverse l’endroit, baigné par les ruisseaux qui descendent des collines de Ménilmontant ou de Belleville.

[…]

En 1229, le roi Louis IX érige le lieu en abbaye royale. Les faveurs royales dont bénéficient les religieuses rejaillissent sur tout le faubourg. De nombreux artisans se pressent aux abords de l’abbaye mais demeurent néanmoins sous la coupe de corporations parisiennes. Peu à peu, les marécages sont asséchés puis cultivés. En outre, la proximité de la Seine permet l’approvisionnement en bois et encourage l’installation de professionnels du meuble.

Le 18 août 1239, Saint Louis expose dans l’enceinte de l’abbaye la Sainte Couronne d’épines qu’il a acquise de l’empereur de Constantinople, Baudoin II. Il la porte par ailleurs lui-même dans sa précieuse cassette lorsqu’il fait son entrée dans Paris par la porte Saint-Antoine.

En 1261, Louis IX confirme une loi d’un de ses prédécesseurs, Louis VI Le Gros, sur le vagabondage des cochons, mais en exempte l’abbaye Saint-Antoine, qui pourra ainsi laisser aller ses porcs, à condition de les munir d’une clochette marquée d’une croix afin qu’on les reconnaisse.




(4) L'Ordre des frères mineurs (OFM) (enlatin : ordo fratrum minorum), dont les membres sont couramment appelés Franciscains, est un ordre religieux catholique né en Italie sous l'impulsion de François d'Assise en 1210. À l'imitation du Christ, les membres tentent de vivre une vie de grande pauvreté et simplicité évangélique. Insistant sur l'aspect de fraternité dans leur vie les franciscains ont choisi de s'appeler « frères », bien que, aujourd'hui, la majorité d'entre eux sont en fait prêtres.

Quatre penseurs ont marqué l'histoire des franciscains : Bonaventure de Bagnorea, Roger Bacon, Duns Scot et Guillaume d'Ockham.

En juin 2015, le pape François approuve la béatification de 26 membres de l'Ordre tués par les Républicains espagnols lors de la Guerre civile espagnole.



Type : ordre religieux, ordre mendiant
Spiritualité : franciscaine




(5) Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont est un prêtre catholique et historien français, né à Paris le 30 novembre1637 et mort le 10 janvier 1698.




(6) La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte. Durant plusieurs affrontements à proximité deMansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans. Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IXfut même fait prisonnier au cours de la retraite.






(7) Un chat est au Moyen Âge une machine de siège constituée d'un châssis généralement porté sur roues et recouvert de bois, de peaux mouillées ou de métal. Il constitue un matériel d'approche pour les assaillants, permettant aux sapeurs de s'approcher des murailles. Il s'agit d'un dispositif similaire aux protections qui équipaient les béliers.


Assaut de murailles à l'aide d'un beffroi, d'une pierrière
et d'un chat.





(08) La bataille de Fariskur eut lieu le 6 avril 1250 durant la septième croisade.






(9) Le besant est un ornement de style roman. Désigne un disque saillant sculpté sur un bandeau ou une archivolte.

En numismatique, le besant est une pièce byzantine d'or ou d'argent. Le terme était souvent employé en Occident (« besant d'or ») pour désigner le solidus, sou d'or de 4,48 grammes appelé aussi hyperpère ou hyperpérion. Besant est l’abréviation de Byzantius nummus, c’est-à-dire monnaie de Byzance.

En orfèvrerie désigne un disque de métal, d'or ou d'argent entrant dans la composition d'un écu de moins de huit besants, se dit tourteaux.

En héraldique le besant et tourteau est un type de figuration représentant un disque de petite taille.

La rançon que saint Louis, fait prisonnier en Égypte lors de la septième croisade, a dû verser pour sa libération, ainsi que celle de ses deux frères, fut de 400 000 besants d'or. Cette somme fut réunie et versée par l'ordre du Temple.






(10) Hugues de Digne (né à Digne-les-Bains vers 1205 et mort vers 12561) est un frère mineur provençal du XIIIe siècle, prédicateur, ministre provincial de Provence, commentateur de la Règle franciscaine, qui fut influencé par les écrits de Joachim de Flore, et fut un précurseur des grands spirituels de France et d'Italie.




(11) Marie de Magdala, Marie Madeleine ou Madeleine, appelée Marie la Magdaléenne (Μαρία ἡ Μαγδαληνή) dans les Évangiles est une disciple de Jésus qui le suit jusqu'à ses derniers jours. Les quatre Évangiles la désignent comme le premier témoin de la Résurrection, qui est chargée d'en prévenir les apôtres.

L'Église de Rome considéra, à partir de Grégoire Ier au VIe siècle, que Marie de Magdala ne faisait qu'une avec Marie de Béthanie ainsi qu'avec la pécheresse quioint le Christ de parfum. Cette position a été abandonnée par l'Église catholiqueaprès Vatican II, sainte Marie de Magdala étant célébrée le 22 juillet, tandis que Marie de Béthanie l'est avec sa sœur Marthe le 29 juillet.
L'Église orthodoxe a toujours fait la distinction entre ces personnages.




Noli me tangere Marie Madeleine au tombeau, par
Giovanni Paolo Lomazzo, Vicenza, Pinacoteca Civica (1568).





(12) Clément IV (Gui Foucois ou Foulques ouFoucault), né un 23 novembre à la fin du XIIe siècle à Saint-Gilles, près de Nîmes et mort le 29 novembre 1268 à Viterbe en Italie) fut le 183e pape de l'Église catholique. Son pontificat s’étendit du5 février 1265 au 29 novembre 1268.

Gui Foulques, lettré, avocat, grand juriste, fut marié et eut des enfants (et une descendance attestée jusqu'à nos jours) avant d'entrer, veuf, dans les ordres, et d'entamer une carrière au service de l'Église. Il fut évêque du Puy, honoré d’une prébende de chanoine au Chapitre noble de Brioude (1259), puis archevêque de Narbonne. Conseiller de saint Louis, il est élu pape sous le nom de Clément IV. Durant ses trois ans et demi de pontificat, il mena une politique ambitieuse et fut l'ami de saint Thomas d'Aquin.




(13) Thibaud II de Navarre ou Thibaud II1roi de Navarre, également Thibaut V de Champagne et de Brie, né en 1239 et mort le 4 décembre 1270 à Trapani, enSicile, est le fils de Thibaud Ier roi de Navarre et comte de Champagne, et le frère d'Henri Ier de Navarre qui lui succédera en 1270.

À la mort de son père en 1253, il hérita du trône sous la régence de sa mère et la tutelle de Jacques Ier d'Aragon, et dut faire face dès le début à des problèmes d'État.

Il épousa à Melun le 6 avril 1255, Isabelle de France, fille de Louis IX de France et de Marguerite de Provence .
Sans postérité.




(14) Jean surnommé Jean Tristan, né à Damiette le 8 avril 1250, mort à Tunis le3 août 1270, comte consort de Nevers(1265-1270) et comte de Valois (1268-1270), quatrième fils de Saint Louis, roi de France, et de Marguerite de Provence.

En 1258, Jean Tristan est fiancé à Yolande de Bourgogne (1247-1280), comtesse de Nevers, fille d'Eudes de Bourgogne. Le mariage intervient en 1266 et la même année, à la suite de la mort d'Eudes à Acre, il devient comte de Nevers. Le 24 avril de l'année suivante a lieu à Vézelay une ostension des reliques de la Madeleine. Son père lui donna ensuite en apanage en 1269 le comté de Valois avec Crépy-en-Valois, la Ferté-Milon et Villers-Cotterêts ; toutefois Jean Tristan est toujours dénommé « Jean comte de Nevers » .

Jean Tristan accompagna son père durant la huitième croisade, mais l'armée fut victime d'une épidémie de dysenterie. Jean Tristan compta parmi les victimes et mourut le 3 août 1270, et l'on dit que l'annonce de sa mort acheva Saint Louis, également malade. Tous deux étant morts loin de leur patrie, la technique funéraire du mos Teutonicus leur fut pratiquée. Il est inhumé comme son père dans l'église de l'abbaye royale de Saint-Denis

Jean Tristan disparait sans descendance et sa veuve Yolande de Bourgogne se remarie dès1272 avec Robert III de Dampierre, comte de Flandre, et lui apporte son comté de Nevers. En revanche, le comté de Valois, apanage du défunt, retourna à la Couronne.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 21 Mar - 21:56

Après la mort du roi

• Le cadavre royal

À la mort du roi, on ne peut laisser son corps en terre infidèle, loin du royaume de France et de la Chrétienté. Cependant Charles d'Anjou tente de prendre le contrôle de l'armée face à son neveu, devenu le roi Philippe III (1) , qu'il considère comme trop inexpérimenté. Mais ce dernier affirme immédiatement son autorité. Dès lors, le sort du cadavre du feu roi devient un enjeu politique entre le jeune roi et son oncle : Philippe souhaite que les restes de son père soient rapatriés en France tandis que Charles, prétextant la proximité, propose que les restes de son frère aillent reposer dans son royaume de Sicile. Finalement, les deux parents s'accordent : les entrailles et les chairs seront donnés à Charles, qui les déposera à l'abbaye de Monreale, et les ossements iront reposer dans la nécropole royale de Saint-Denis (2) . Philippe refuse d'exposer le corps à tous les dangers en l'envoyant en avance. Il souhaite attendre de pouvoir l'accompagner en convoi, auprès de l'armée. On procède alors au Mos Teutonicus : le corps est découpé et cuit dans un mélange d'eau et de vin jusqu'à ce que la chair se détache.

L'armée signe un accord avec l'émir de Tunis le 30 octobre et rembarque le11 novembre pour un voyage placé sous la protection de Louis et Jean Tristan. Au terme de leur long périple, qui voit mourir Thibaud de Champagne, la reine Isabelle d'Aragon, Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse, Philippe III et l'armée arrivent à Paris, le 21 mai 1271. Le cercueil de Louis IX est exposé à Notre-Dame et les funérailles ont lieu à Saint-Denis le 22 mai.


• Le tombeau royal

Louis IX a demandé une tombe très simple. Mais dès 1274 la sépulture est déjà plus élaborée que la dalle d’origine avec sa structure de bois. Ce second tombeau fait place en 1282 à un troisième largement orné d’or et d’argent sans doute comparable à ceux de Philippe Auguste et de Louis VIII qui le côtoient. Il disparait vers 1420, sans doute détruit et fondu par les armées anglaises d’Henri V (3) ou du duc de Bedford. Son aspect reste donc très incertain. L'inventaire de 1505-1634 et une enluminure conservée au Walters Art Museum de Baltimore montrent un gisant tandis que celles du manuscrit de Guillaume de Saint-Pathus et du Livre d'heures de Jeanne d'Évreux conservé au Metropolitan Museum of Art de New York montrent une figure debout.

• La canonisatioin

Considéré comme saint de son vivant, Louis IX fait l'objet, aussitôt après sa mort, d'une vénération de la part de son entourage et de ses sujets. Alors que, de son vivant, il est déjà connu pour guérir les écrouelles (4), des miracles sont réputés avoir lieu sur le passage de sa dépouille et les entrailles en accomplissent de nombreux en Sicile. L'Église en reconnaît rapidement deux, puis deux autres survenus lors du passage du cercueil en Italie du Nord et un autre survenu à l'entrée de Paris, à Bonneuil-sur-Marne. Enfin, les miracles se multiplient à Saint-Denis, au point qu'un service d'ordre doit être mis en place près de son tombeau pour canaliser les foules qui viennent implorer son intercession (5).

À la mort de Saint Louis, le siège pontifical est vacant depuis un long moment, mais, le 1er septembre 1271, Thebaldo Visconti de Plaisance devient pape sous le nom de Grégoire X (6). Son premier acte pontifical, à son retour de Terre sainte, le 4 mars 1272, est alors de contacter Geoffroy de Beaulieu (7), confesseur de Louis IX, pour lui demander de lui fournir le plus d'informations possible sur le roi qu'il considère comme un « véritable modèle pour tous les princes chrétiens ». Geoffroy écrit alors en quelques mois une libelle (08) d'une cinquantaine de chapitres à la fin de laquelle il conclut que Louis IX est digne d'être canonisé. En mars 1274, Philippe III va saluer le pape à Lyon mais celui-ci se voit plus intéressé par le deuxième concile de Lyon.

L'année suivante, les groupes de pression, dont les plus importants sont la vox populi, la famille royale et l'Église de France — et plus particulièrement les Cisterciens, les Dominicains et les Franciscains —, s'activent. En juin 1275, l'archevêque de Reims et ses suffragants envoient une lettre au pape pour lui demander l'ouverture du procès de canonisation, puis, en juillet 1275, c'est au tour de l'archevêque de Sens et, enfin, en septembre, une nouvelle lettre est envoyée par le prieur des dominicains de France. Le pape charge alors Simon de Brie (9), cardinal-légat en France et ancien conseiller de Louis IX, d'enquêter secrètement sur le roi défunt mais son enquête est considérée comme bâclée par le pape qui meurt le10 janvier 1276. Puis, Innocent V (10), Adrien V (11) et Jean XXI (12) se succèdent sur le trône en moins d'un an et demi.

Fin 1277, Nicolas III (13) réclame à Philippe III, qui lui a envoyé une ambassade afin de le hâter, une documentation approfondie sur les miracles de son père. Le pape charge alors de nouveau Simon de Brie d'un complément d'enquête : les résultats sont envoyés au pape mais celui-ci meurt, à son tour, le 22 août 1280. Simon de Brie lui succède en tant que pape, sous le nom de Martin IV, et donne une impulsion décisive au procès. Une nouvelle assemblée de l'Église de France lui remet une supplique pressante. Il assure alors les prélats de sa bonne volonté mais souhaite mener le procès dans les formes. Le 23 décembre 1281, Martin IV confie à Guillaume de Flavacourt (14), archevêque de Rouen, et aux évêques d'Auxerre et de Spolète l'enquête finale sur la vie, les mœurs et les miracles de Louis IX, puis leur demande d'enquêter sur les miracles se produisant sur le tombeau du roi. L'enquête, durant laquelle ils questionnent 330 témoins pour les miracles et 35 pour la vie, commence en mai 1282 et se termine en mars 1283. Les résultats de l'enquête sont envoyés à Rome mais Martin IV meurt le 28 mars 1285.

Son successeur, Honoré IV (15), s'intéresse également à la canonisation de Louis mais meurt, lui aussi, le3 avril 1287. La vacance dure près d'un an. Après son élection, Nicolas IV (16) désigne une nouvelle commission de trois cardinaux pour poursuivre l'examen des miracles mais meurt en 1292, avant la fin de l'enquête. Le trône pontifical demeure encore vide pendant plus d'un an et demi et Célestin V (17), élu par inattention, renonce à sa charge (18) quelques mois plus tard et retourne à son érémitisme (19). En raison de tous ces incidents repoussant la date de proclamation de sainteté de Louis IX, le dossier de canonisation du roi est surnommé « le grand refus » parDante Alighieri.

Enfin, le 24 décembre 1294, Benoît Caetani, l'un des cardinaux ayant fait partie de la commission ayant examiné les miracles, devient pape sous le nom de Boniface VIII (20). Il est sincèrement convaincu de la sainteté de Louis IX mais souhaite aussi et surtout établir de bonnes relations avec le nouveau roi de France, Philippe « le Bel » (21). C'est ainsi que, le 4 août 1297, à Orvieto, le Pape annonce finalement la canonisation (22) de Louis IX sous le nom de « saint Louis de France». Le 11 août, il lui consacre un nouveau sermon, officialise la canonisation par la bulle Gloria laus et fixe sa fête au jour anniversaire de sa mort, le 25 août.

Aujourd'hui, Louis IX est saint patron des coiffeurs, des passementiers, du diocèse aux Armées françaises, de celui de Versailles mais aussi de la France et des tertiaires franciscains.

• La fragmentation des reliques

Le 25 août 1298, lors d'une cérémonie à Saint-Denis, en présence de nombreux témoins du procès de canonisation, de prélats, de barons, de clercs, de chevaliers, de bourgeois et de gens du peuple, Philippe « le Bel » fait procéder à la levée du corps de son grand-père : les ossements sont alors solennellement déposés dans une châsse en or, derrière le maître-autel de la Basilique Saint-Denis.

Mais les reliques de saint Louis sont destinées à subir un curieux et dramatique destin. En effet, quelque temps après, le roi Philippe IV désire transférer les reliques vers la Sainte-Chapelle afin qu'elles soient plus proches du palais royal. Le pape Boniface VIII, qui souhaite toujours entretenir de bonnes relations avec Philippe, l'autorise à procéder au transfert, à la condition qu'il laisse un bras ou un tibia aux moines de Saint-Denis. Cependant, après le refus de ces derniers, Philippe abandonne le projet jusqu'à la mort de Boniface. Mais, après l'élection de Clément V (23), celui-ci autorise le transfert à la Sainte-Chapelle de la tête de Saint Louis. Le roi laisse alors aux moines le menton, les dents et la mâchoire inférieure du saint. Il offre également une côte à Notre-Dame de Paris. La translation (24) solennelle a lieu le17 mai 1306. Le crâne est alors déposé dans un magnifique reliquaire en or, orné de pierres précieuses, commandé en 1299 à l'orfèvre Guillaume Julien (25). Puis, les moines font eux aussi confectionner un superbe reliquaire pour ce qu'il leur reste de la tête de Louis et l'inaugurent le 25 août 1307 en présence du roi et d'une foule de seigneurs et de prélats.

Philippe « le Bel » offre ensuite des phalanges de doigts au roi Håkon V de Norvège (26) qui vient de faire construire une église dédiée à Saint Louis près de Bergen. Il donne également quelques reliques aux chanoines de Notre-Dame de Paris, aux dominicains de Paris et de Reims et aux abbayes de Royaumont et de Pontoise. Entre 1330et 1340, Philippe de Valois donne quelques fragments d'os à Blanche de Namur (27), de voyage à Paris, pour le monastère de Vadstena. L'empereur Charles IV du Saint-Empire (28) se voit lui aussi céder quelques fragments, qu'il fait envoyer à la cathédrale de Prague.

En 1392, le reste des os de Saint Louis est placé dans une nouvelle châsse et, à cette occasion, Charles VI offre une côte au pape par l'intermédiaire de Pierre d'Ailly (29), deux côtes aux ducs de Berry et de Bourgogne et un os aux prélats présents lors de la cérémonies, afin qu'ils se le partagent. Vers 1430, Louis VII de Bavière (30) s'en voit offrir d'autres pour l'église d'Ingolstadt. Puis, en 1568, l'ensemble des os est rassemblé à Paris pour célébrer une procession contre le protestantisme. En 1610, Marie de Médicis (31) reçoit un os mais, prise de remords, elle le rend lors du sacre de Louis XIII. En 1616, Anne d'Autriche (32) reçoit un petit morceau de côte mais, insatisfaite, elle obtient une côte entière l'année d'après et, un peu plus tard, elle s'entretient avec le cardinal de Guise (33) pour obtenir une autre côte et un os dans le but de les offrir aux jésuites de Paris et de Rome. Selon Jacques Le Goff, la châsse de 1298 est probablement détruite et les ossements dispersés lors de la Révolution française. Durant cette période, le chef reliquaire de la Sainte-Chapelle est également refondu : un seul fragment en est conservé et déposé au cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale. Les reliques conservées à Saint-Denis n'échappent pas non plus à la distribution et, en 1926, le cardinal Louis-Ernest Dubois (34) offre un morceau de côte à l'église Saint-Louis-de-France de Montréal.

En 1941, la société du mémorial de Saint-Denis commande un reliquaire pour abriter un os de Saint Louis dont la date et les conditions de l'acquisition sont inconnues. La relique est alors exposée dans la chapelle absidiale de la basilique.

Enfin, les entrailles, demeurées à Monreale jusqu'en 1860, sont emportées par le roi François II des Deux-Siciles (35) lors de son exil à Gaète, puis à Rome. Elles sont ensuite déposées dans la chapelle d'un château en Autriche que l'empereur François-Joseph (36) lui a mis à disposition. Dans son testament, rédigé en 1894, il lègue le reliquaire des entrailles au cardinal Charles Martial Lavigerie (37), qui le dépose dans la cathédrale de Carthage. En 1985, l'évêque de Tunis fait transférer les entrailles dans un oratoire de l'évêché de Saint-Denis, lequel les cède en 2011 à l'évêché de Versailles. La cérémonie de réception des reliques dans la cathédrale de Versailles a lieu le16 octobre 2011 où le reliquaire est déposé dans la chapelle Saint-Louis au sud-ouest du chœur.

Descendance


Le 27 mai 1234, en la cathédrale de Sens, Louis IX de France épouse Marguerite de Provence (1221-1295), fille de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie. De leur mariage, naissent onze enfants :
• Blanche, premier enfant de saint Louis. Née le 11 juillet 1240, soit après six ans de mariage, elle meurt à l'âge de trois ans ;
• Isabelle, née le 18 mars 1242. Elle épouse Thibaud II vers 1258 et devient ainsi reine consort de Navarre. Son époux meurt lors de la Huitième croisade, sans descendance ;
• Louis, né le 25 février 1244. Prince héritier, il est fiancé, en 1258, à Isabelle d'Aragon, conformément au traité de Corbeil. Il meurt prématurément à l'âge de seize ans, probablement emporté par une appendicite ;
• Philippe, né le 1er mai 1245. Il devient héritier à la mort de son frère aîné, en 1260, et est ainsi fiancé, à son tour, à Isabelle d'Aragon, qu'il n'épousera qu'à la Pentecôte de 1262, à Clermont-en-Auvergne. Il devient roi de France à la mort de son père, le 25 août 1270, sous le nom de Philippe III, dit « le Hardi ». À la mort de son épouse, il se marie avec Marie de Brabant. D'où descendance ;
• Jean, né en 1248 et mort presque aussitôt ;
• Jean Tristan, né en avril 1250 pendant la captivité de son père, pris en otage par les musulmans. Son second prénom lui est donné en référence à la tristesse des circonstances. Il épouse Yolande de Bourgogne vers 1266 et devient comte de Nevers après la mort d'Eudes de Bourgogne. Il meurt le 3 août 1270, lors de la Huitième croisade, sans descendance ;
• Pierre, né en 1251 en Terre sainte où ses parents effectuent un pèlerinage. En 1271 ou 1273, il épouse Jeanne de Châtillon, avec qui il est fiancé depuis 1263. Le couple a deux fils, Louis et Philippe, qui meurent en bas-âge ;
• Blanche, née en 1253 en Terre sainte également. Son père souhaite qu'elle devienne nonne pour l'abbaye de Maubuisson mais celle-ci refuse et ose même faire promettre au pape Urbain IV de la relever de ses vœux si elle devait obéir à son père. Elle épouse Ferdinand de la Cerda, infant de Castille, vers1268. D'où descendance ;
• Marguerite, née en 1254. Elle épouse par contrat, en février 1271, Jean Ier, duc de Brabant, dit « le Victorieux ». En 1272, elle meurt en couches, donnant naissance à leur premier enfant : un fils qui ne survivra pas ;
• Robert, né en 1257. En 1272, il épouse Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon. Il est ainsi le fondateur de la maison capétienne de Bourbon, et l'aïeul direct par les mâles d'Henri IV, roi de France.
• Agnès, née en 1260. Elle épouse par contrat, en juillet 1273, Robert II, duc de Bourgogne et roi titulaire de Thessalonique. D'où descendance.




(1) Philippe III, dit « Philippe le Hardi », né le 1er mai 1245 à Poissy, mort le5 octobre 1285 à Perpignan, est roi de France de 1270 à 1285, le dixième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il était le fils de Louis IX (1214-1270), dit « Saint Louis », roi de France, et de Marguerite de Provence (1221-1295).

Le 28 mai 1262 à Clermont-Ferrand, il épouse en premières noces Isabelle d'Aragon (1247-1271), fille du roi Jacques Ier d'Aragon. Ayant accompagné le roi à la Huitième croisade, elle meurt tragiquement d'une chute de cheval, en Calabre, sur le chemin du retour, alors enceinte de son 5e enfant.
De cette union sont issus :

• Louis (1264-1276), prince héritier du 25 août 1270 à sa mort ;
• Philippe IV (1268-1314), dit « Philippe le Bel », roi de France ;
• Robert (1269-av. 1276);
• Charles de France (1270-1325), comte de Valois . (De son mariage avec Marguerite d'Anjouest issu Philippe de Valois, (1293-1350) futur roi de France en 1328 sous le nom de Philippe VI de France. Il est à l'origine de la dynastie de Valois).

Le 21 août 1274 à Vincennes, Philippe III épouse en secondes noces Marie de Brabant (1254-1321), fille de Henri III, duc de Brabant, et d'Adélaïde de Bourgogne.
De cette union sont issus :

• Louis de France (1276-1319), comte d'Évreux ;
• Marguerite de France, épouse en 1299 Édouard Ier, roi d'Angleterre ;
• Blanche de France (1278-1306), épouse en 1300 Rodolphe III, duc d'Autriche - postérité éteinte.




(2) La nécropole royale de Saint-Denis, abrite les tombes de nombreux souverains francs et français, depuis Dagobert Ier jusqu'à Louis XVIII. Cette nécropole se trouve dans la basilique de Saint-Denis.

Si quelques rois mérovingiens puis carolingiens y établirent leur dernier séjour, c'est avec les Robertiens et les Capétiens, que la nécropole royale installée dans l'église de Saint-Denis acquiert son statut définitif de lieu de rassemblement des sépultures royales.

Ainsi, les rois capétiens, à l'exception de Philippe Ier, de Louis VII et Louis XI y reposèrent tous.
Progressivement, la nécropole reçut les sépultures, non seulement des rois et reines, mais aussi des membres de la famille royale, ainsi que de grands serviteurs du royaume que les rois voulaient honorer en les autorisant à reposer auprès d'eux.




(3) Henri V d'Angleterre, né le 9 août 1387 ou le 16 septembre 13871 à Monmouth auPays de Galles et décédé le 31 août 1422 au château de Vincennes, en France ; duc de Cornouailles et de Lancastre, est roi d'Angleterre de 1413 à 1422. Il est le second monarque issu de la maison de Lancastre qui a succédé aux Plantagenêt au pouvoir.




(4) Écrouelles est le nom d’une maladie d’origine tuberculeuse provoquant des fistules purulentes localisées sur les ganglions lymphatiques du cou.

Du Moyen Âge au XIXe siècle, les rois de France et d'Angleterre sont réputés détenir le pouvoir de guérir les écrouelles par simple contact. Selon la légende, rapportée par Thomas d'Aquin (ou plutôt d'un élève de Thomas d'Aquin ayant complété, à titre posthume, un de ses ouvrages), cette pratique remonterait à Clovis, mais d'après l'historien Marc Bloch, Clovis n'a jamais guéri les écrouelles. En Angleterre, elle est apparue sous Henri II.




(5) Une intercession est une démarche en faveur de quelqu'un.

Dans la tradition catholique, la prière d'intercession consiste en une demande en faveur d'un autre. Elle ne connaît pas de frontière et s'étend jusqu'aux ennemis, selon le catéchisme de l'Église catholique. Selon l'apôtre Paul de Tarse, « l’Esprit Saint lui-même « intercède pour nous... et son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » (Rm 8, 26-27) », le terme « saint » signifiant « chrétien » dans le contexte paulinien.

L'épiclèse (invocation sur, appel sur) est l'intercession par laquelle le prêtre supplie le Père d'envoyer l'Esprit Sanctificateur pour que les offrandes deviennent le corps et le sang du Christ et qu'en les recevant les fidèles deviennent eux-mêmes une vivante offrande à Dieu.

Intercession constitue en Islam également une notion importante. Elle porte des significations diverses d'après les différentes écoles doctrinales. Dans le chiisme et dans le soufisme cette notion et les pratiques liées à elle sont plus élaborées. Dans la langue arabe deux termes de Tawassoul et Shifâ'at ont eu comme traduction le terme Intercession.




(6) Tedaldo ou Tebaldo Visconti (1210, Plaisance – 10 janvier 1276, Arezzo), élu 184epape le 1er septembre 1271 sous le nom de Grégoire X.




(7) Geoffroy de Beaulieu, originaire d’Évreux, mort vers la fin du XIIIe siècle, est un biographe français.

D’une famille noble, On ignore les premières années de ce célèbre religieux de l’ordre de Saint-Dominique. Devenu le confesseur de saint Louis, il inspira à ce dernier une confiance si persévérante que, se trouvant à la tête du clergé embarqué sur les vaisseaux du roi, il put, mieux qu’aucun autre, recueillir des matériaux pour devenir l’historien de son royal maître.

La Vie de saint Louis que le pape Grégoire X lui ordonna d’écrire fut conservée en manuscrit pendant plusieurs siècles dans la bibliothèque des frères-prêcheurs d’Évreux, avant d’être publiée en 1617 avec les œuvres de Joinville.




(08) Un libelle est un petit livre de caractère satirique, insultant ou diffamatoire.

Au sens premier, un libelle désigne un petit livre et souvent les libelles sont des ouvrages ou des textes courts. Le mot libelle, conformément à son étymologie libellus : « petit livre », ne comportait pas, à l’origine, une idée défavorable, ne désignant qu’un écrit d’une exposition courte, rapide, précise.

Dans sa Dissertation sur les libelles diffamatoires, Pierre Bayle définit le libelle comme un texte à la fois opposé à la critique et à la satire. Contrairement à la satire, ses cibles ne sont pas des modèles, à la manière des Caractères de La Bruyère, mais des personnes ou des institutions précises.

Contrairement à la critique, l’auteur des libelles est anonyme ou dissimulé sous un pseudonyme.
Le libelle politique peut être rapproché du pamphlet, bien qu'il n'en ait pas forcément la violence, le libelle littéraire, de l'épigramme. Voltaire distingue libelles politique, religieux et littéraire. « Les honnêtes gens qui pensent, dit-il, sont critiques, les malins sont satiriques, les pervers font des libelles. »

Le terme désigne au-delà un genre littéraire considéré comme mineur, voire criminel :

« On nomme libelles de petits livres d’injures. Ces livres sont petits, parce que les auteurs ayant peu de raisons à donner, n’écrivant point pour instruire, et voulant être lus, sont forcés d’être courts. Ils y mettent très rarement leurs noms, parce que les assassins craignent d’être saisis avec des armes défendues. »

C'est encore l'avis de Gabriel Naudé, dans son Marfore ou discours contre les libelles (1620) :

« les libelles se vendent en secret, s’achètent bien cher, ne valent rien, et sont encore plus mal faits comme venant des mains d’une populace rude, ignorante et mal polie. »




(9) Martin IV (Simon de Brion ou Simon de Brie, alias « Mompis » ou « Mompitius »), né vers 1210/1220, est pape du 22 février 1281 jusqu'à sa mort le 28 mars 1285 à Pérouse. Son pontificat dure quatre ans et un mois.

Jugé sévèrement par ses contemporains comme par les historiens modernes, entièrement inféodé aux intérêts de Charles d'Anjou et aux ambitions françaises, ce pape au règne calamiteux paraît manquer de caractère autant que d'intelligence politique. Sa véritable personnalité, il est vrai, nous échappe presque entièrement.




(10) Pierre de Tarentaise (v. 1225 – 22 juin 1276, Rome), élu pape le 21 janvier 1276 sous le nom d'Innocent V. « Concionator Gallus » dans la prophétie de saint Malachie.




(11) Adrien V (Ottobono de’Fieschi) (v. 1205, Gênes - 18 août 1276, Viterbe) est pape pendant 39 jours, du 11 juillet au 18 août 1276.



(12) Jean XXI, connu en latin sous le nom de Petrus Hispanus, né Pedro Julião vers 1220à Lisbonne et mort le 20 mai 1277 à Viterbe, est le 185e pape de 1276 à 1277, le deuxième Portugais de l'Histoire.





(13) Nicolas III, né Giovanni Gaetano Orsini – Rosa composita dans la prophétie de saint Malachie (Rome, entre 1210 et 1220 - Soriano nel Cimino, près de Viterbe, 22 août 1280) – est pape de 1277 à 1280. Il était membre de la célèbre famille Orsini.




(14) Guillaume II de Flavacourt (en latin Guillermus de Flavacuria) est un évêque catholique français, archevêque de Rouen du 22 mai 1278 au 6 avril 1306.




(15) Honoré IV de Monaco, né le 17 mai 1758 à Paris et mort le 16 février 1819 dans la même ville, est prince souverain de Monaco du 30 mai 1814 au 16 février 1819, après la période d'occupation française (1793-1814).
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 21 Mar - 22:04

(16) Nicolas IV (Girolamo Masci), né le 30 septembre 1227 à Ascoli Piceno et mort le 4 avril 1292 à Rome, est le 189e (191e ?) pape de l'Église catholique, de 1288 à 1292. Dans la prophétie de saint Malachie, il est connu sous la devise « Picus inter escas »




(17) Saint Célestin V (Pietro Angeleri, plus connu sous le nom de Pietro de Morrone), né en 1209 ou au début de 12101 dans le Molise en Italie et mort le 19 mai 1296 à Fumone, était un moine-ermite italien appartenant à l'ordre des bénédictins. Il en fonda une nouvelle branche, qui prit par la suite le nom de célestins. Élu pape le 5 juillet 1294 à l'âge de 85 ans, il devient le 192e pape de l'Église catholique sous le nom de Célestin V, avant de renoncer à sa charge le 13 décembre de la même année. Il fut canonisé le 5 mai 1313.




(18) La renonciation du pape est prévue au canon 332 paragraphe 2 du Code de droit canonique : « S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit »et au canon 44 paragraphe 2 du Code des canons des Églises orientales. La seule condition pour que la renonciation soit valide est qu'elle soit faite « librement et se manifeste correctement ».

À la suite de la renonciation débute une période de vacance du siège papal, qui s'achève avec la désignation d'un nouveau pape par un conclave de cardinaux.

Le dernier pape à avoir renoncé à sa charge est Benoît XVI, le 28 février 2013.




(19) érémitisme : L'ermite ou l'anachorète est une personne (le plus souvent un moine) qui a fait le choix d'une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement. Les ermites étaient à l'origine appelés anachorètes, l'anachorétisme (ou érémitisme) étant l'opposé du cénobitisme.

L'ermite partage le plus souvent sa vie entre la prière, la méditation, l'ascèse et le travail. Dans l'isolement volontaire, il est à la recherche ou à l'écoute de vérités supérieures ou de principes essentiels. L'expérience érémitique, dans sa composante spirituelle, s'approche souvent du mysticisme.




(20) Boniface VIII (ca. 1235 - 1303), originaire d'Anagni dans le Latium en Italie, de son vrai nom Benedetto Caetani, est un pape de l’Église catholique romaine. Ses armes portaient des ondes, et son prénom original était Benedetto, qui signifie « béni » en italien. Le pape Boniface VIII lors de la querelle qui l'oppose à Philippe IV le Bel mourut de honte après avoir été frappé au visage par Sciarra Colonna, avec un gantelet de fer, accompagnant Guillaume de Nogaret, envoyé direct du Roi. Cet événement, qui relève plus que probablement de la légende, est connu sous le nom de l'attentat d'Anagni.




(21) Philippe IV, dit « Philippe le Bel » ou le Roi de fer (né à Fontainebleau en avril/juin1268 – mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314), fils de Philippe III le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.




(22) La canonisation est un processus établi par l'Église catholique et les Églises orthodoxes, conduisant à la reconnaissance officielle d'une personne comme 'sainte', et proposée alors comme modèle exemplaire de vie chrétienne. Le saint ou la sainte reçoit une place dans lecalendrier liturgique de l'Église, date à laquelle il est liturgiquement commémoré et invoqué.



(23) Clément V : Bertrand de Got, premier des sept papes qui siégèrent à Avignon entre 1309 et 1377, naquit vers 1264 en Guyenne, près de Villandraut (actuellement en Gironde), fut élu pape en 1305, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » :Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave. Il a donné son nom au château Pape Clément.

On retient de lui l'image d'un pape de bonne foi qui manquait toutefois d'audace et d'esprit de décision, autant par tempérament qu'en raison d'une santé déliquescente.




(24) Dans le christianisme, la translation des reliques (en latin translatio) est le déplacement des restes d'un saint ou d'objets saints depuis un lieu vers un autre. Il s'agit typiquement du déplacement de reliques depuis une tombe ou un lieu de culte vers un reliquaire situé dans un monastère, une église ou une cathédrale plus prestigieuses. La translation donne lieu à une cérémonie solennelle d'autant plus fastueuse que la relique est d'une classe importante. Elle porte d'ailleurs, dans la littérature hagiographique médiévale, le titre significatif de « triomphe ».

Cette translation participe le plus souvent à la consécration d'un lieu lors de sa dédicace, ou au processus de la canonisation d'une personne, même si cette translation n'est pas une reconnaissance en elle-même de la sacralité du lieu ou de la sainteté du personnage. Leur importance est telle que ces translations jalonnent les étapes de la christianisation.




(25) Guillaume Julien, mort vers 1316, est un orfèvre parisien, notamment célèbre pour avoir travaillé pour le roi Philippe le Bel.

Guillaume Julien possède deux boutiques près du Grand-Pont. En 1299, sur la commande de Philippe « le Bel », il réalise le magnifique chef-reliquaire de Saint Louis, destiné à la Sainte-Chapelle.




(26) Håkon V de Norvège Halleg (Longues jambes) (né à Tønsberg le 10 avril 1270 - mort le 8 mai 1319 à Tønsberg) est roi de Norvège de 1299 à 1319.

Second fils de Magnus VI de Norvège, il fut nommé duc par son père dès 1280. Conformément à la loi de succession désormais acceptée par tous il succède naturellement en 1299 à son frère Éric II de Norvège décédé sans descendance masculine.




(27) Fille aînée de Jean Ier de Namur et Marie d'Artois, Blanche de Namur naquit vers1320. Elle passa son enfance au château de Wynendaele, résidence de la famille comtale de Flandre, où elle reçut une éducation royale, tout comme sa mère, parente du roi de France.

On raconte que Magnus IV Eriksson, roi de Suède et de Norvège, fut séduit par la beauté de la jeune princesse, alors qu'il faisait route pour la France en quête d'une prestigieuse épouse. La princesse s'embarqua pour la Scandinavie en août 1335et ne devait jamais revoir les rives de la Meuse.
Le 24 juin 1336, à Stockholm, Blanche était couronnée reine de Norvège, de Suède et de Scanie. L'année suivante, elle donna naissance à un fils : Erik.

Le règne des deux époux, influencé par sainte Brigitte, fut assez mouvementé par la mauvaise gestion économique et militaire du royaume. Éric XII de Suède détrôna son père pour faire rentrer la Suède dans une guerre contre le Danemark, mais il mourut dans des circonstances mystérieuses qui rendirent bien vite le royaume à Magnus Eriksson.

Blanche développa son goût pour l'art, invitant à sa cour poètes et artistes.

Elle est toujours très populaire en Suède, où on lui accorde l'introduction de la culture française. Une célèbre berceuse suédoise « Rida, rida ranka » lui est dédiée.

Elle mourut en 1363, veillée par son second fils, Haakon, futur roi de Norvège.




(28) Charles IV (en allemand : Karl IV, en tchèque : Karel IV., 14 mai 1316 -29 novembre 1378) de la maison de Luxembourg est empereur des Romains de 1355 à sa mort.
Il est le fils de Jean l’Aveugle, roi de Bohême, comte de Luxembourg, et d'Élisabeth de Bohême, héritière par son père Venceslas II de la couronne de Bohême.




(29) Pierre d'Ailly (en latin : Petrus de Alliarco), né à Compiègne en 1351 et mort àAvignon le 9 août 1420, est un cardinal français fort influent de son temps et un auteur universitaire prolifique.

Il laisse plus de 170 ouvrages ou opuscules. Il a exercé une grande influence en philosophie, théologie, cosmographie et astrologie, mais il fut éclipsé par son disciple,Jean Gerson.




(30) Louis VII de Bavière (né aux alentours de 1368; mort le 1er mai 1447 à Burghausen) fut duc deBavière-Ingolstadt de 1413 jusqu'à sa mort. Il était appelé le Barbu, car il portait la barbe, selon la mode française de l'époque.

Louis était de le fils de son prédécesseur Etienne III le Pacifique, qui accepta le choix de son parent, Robert Ier du Saint-Empire, de nommer Louis Roi des Romains, c'est-à-dire le souverain du Saint-Empire romain germanique. Au cours de sa vie, Louis s'arrêta de nombreuses fois en France. Lorsque le Roi de France Charles VI devint incapable de régner en raison de sa folie, Louis fut nommé régent de France. En tant que petit-fils de Barnabé Visconti il s'engageait également dans la politique italienne. Louis encourageait l'art et fit construire le Nouveau Château (Ingolstadt). Sa dispute avec Henri XVI le Riche dura plus d'une décennie et s'achèvera avec l'emprisonnement de Louis à Burghausen, où il mourut.




(31) Marie de Médicis (en italien Maria de' Medici), née le 26 avril 1575 à Florenceet morte le 3 juillet 1642 à Cologne, est une reine de France et de Navarre de 1600 à 1610par son mariage avec Henri IV. Veuve en 1610, elle assure la Régence au nom de son fils, Louis XIII, jusqu'en 1614. Elle devient alors chef du Conseil du Roi à la suite du lit de justice du 2 octobre 1614, et ce jusqu'en 1617, date de la prise de pouvoir de son fils.

Marie est le sixième enfant de François Ier de Médicis (1541–1587), grand-duc de Toscane, et de Jeanne d'Autriche (1548–1578), archiduchesse d'Autriche, fille de Ferdinand Ier du Saint-Empire et d’Anne Jagellon.




(32) Anne d'Autriche (4 octobre 1585 à Innsbruck - 14 décembre 1618 à Vienne) futimpératrice consort du Saint-Empire, reine consort de Germanie, de Bohême et de Hongrie et archiduchesse consort d'Autriche. Elle est la fille de Ferdinand de Tyrol(1529-1595), fils de Ferdinand Ier du Saint-Empire, et de sa nièce Anne-Catherine de Mantoue (1566-1621). Elle épousa son cousin et grand-cousin Matthias Ier du Saint-Empire (1557-1619), mais ils n'eurent pas d'enfants. C'est à son initiative que fut construite la crypte des capucins où depuis lors les dépouilles des membres de la famille impériale sont inhumés.




(33) Louis III de Lorraine, cardinal de Guise (né le 22 janvier 1575 - mort le 21 juin 1621, àSaintes, Charente-Maritime), appartenait à la Maison de Guise, branche cadette de la Maison de Lorraine, qui joua un rôle de premier plan dans la vie politique française au XVIe siècle.




(34) Louis-Ernest Dubois, né le 1er septembre 1856 à Saint-Calais et mort le23 septembre 1929 à Paris est un évêque catholique français, successivement évêque de Verdun puis archevêque de Bourges, de Rouen puis de Paris et cardinal.




(35) François II des Deux-Siciles (né le 6 janvier 1836 à Naples, Deux-Siciles, et mort le 27 décembre 1894 à Arco, Italie, est le dernier roi du Royaume des Deux-Siciles, entre1859 et 1861.

François II des Deux-Siciles est le fils du roi Ferdinand II et de sa première épouse, Marie-Christine de Savoie, fille du roi de Sardaigne, morte en le mettant au monde. Il est donc élevé par l'archiduchesse Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine-Teschen (née Marie-Thérèse d'Autriche). Il reçoit de sa belle-mère et de son père une éducation fortement religieuse, dispensée par des pères jésuites.

Il épouse à Bari le 3 février 1859 Marie-Sophie de Bavière, sœur de l'impératrice d’Autriche, qui s’avéra une épouse forte et courageuse pendant les vicissitudes du court règne de son mari. Le couple n'aura qu'une fille, Christine Pia Marie Anne Isabelle Nathalie Elise (Rome, 24 décembre 1869-Rome, 28 mars 1870), qui mourra au berceau.




(36) François Joseph Charles de Habsbourg-Lorraine, né le 18 août 1830 à Vienne et mort le 21 novembre 1916 dans la même ville, est empereur d’Autriche de 1848 à 1916 et roi apostolique de Hongrie de 1867 à 1916 sous le nom de François-Joseph Ier.

Il porte également les titres de roi de Bohême, de Croatie, de Dalmatie, de Slavonie, de Galicie, de Lodomérie et d'Illyrie, roi de Jérusalem, grand-duc de Toscane, archiduc d'Autriche, entre autres.




(37) Charles Martial Lavigerie, qui signe parfois Charles Allemand-Lavigerie, né le31 octobre 1825 à Huire, en Saint-Esprit (ancienne commune des Landes), et mort le 27 novembre 1892 à Alger (Algérie), est un archevêque d'Alger et de Carthage, créé cardinal en 1882.

Il est le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les « Pères blancs ») et desSœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique (les « Sœurs blanches »).
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 13:41

Robert Ier d’Artois , frère du roi, perd la vie en 1250 pendant le siège de Mansourah




Robert Ier d'Artois est né en 1216 et mort à Mansourah le 8 février 1250. Comte d'Artois (1237-1250), il est le deuxième fils de Louis VIII et de Blanche de Castille et le frère de Saint Louis.


Marié à Mathilde, fille d'Henri II de Brabant et de Marie de Hohenstaufen, il eut :

• Blanche (1248 † 1302), mariée avec le roi Henri Ier de Navarre puis avec Edmond de Lancastre, un prince cadet anglais.
• Robert II (1250 †1302)


Suivant les dispositions testamentaires de son père, mort en1226, il reçoit en 1237, c'est-à-dire à sa majorité, le comté d'Artois en apanage. En 1240, le pape Grégoire IX, en lutte contre Frédéric II de Hohenstaufen, lui offre la couronne impériale, mais il refuse de prétendre à l'empire.


En 1249, il prend part à la septième croisade aux côtés de son frère Louis IX et participa à la prise de Damiette, le 6 juin 1249. Puis l'armée croisée marche sur Mansourah. Le 8 février 1250, elle traverse un gué sur le Bahr al-Saghîr. Robert d'Artois commande l'avant-garde, composée des Templiers, et défait le corps de troupe musulman qui défend la rive. Pressé par son ancien gouverneur Fourcaut du Merle et contre l'avis deGuillaume de Sonnac, maître du Temple, au lieu d'attendre le gros des troupes, il se lance à l'assaut de Mansourah, commence à mettre l'armée égyptienne en déroute et fait irruption dans Mansourah. Mais Baybars, un chef mamelouk, organise une contre-attaque, bloque les rues de Mansourah avec des barricades et massacre les 280 chevaliers de l'avant-garde, y compris Robert d'Artois. Seuls cinq chevaliers survécurent


Robert décède pendant la bataille de Mansourah le 9 février 1250 alors qu'il livre combat contre les ordres du roi.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 14:14

Alphonse de Poitiers (1220-1271) ,frère du roi



Alphonse de Poitiers, né le 11 novembre 1220 à Poissy et mort le 21 août 1271, prince de sang royal français, était le frère du roi Saint Louis. Il fut comte de Poitiers, de Saintonge et d'Auvergne de 1241 à 1271, ainsi que comte de Toulouse de1249 à 1271.


Jeunesse

Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il reçoit en 1225, par testament de son père, le comté de Poitiers, la Saintonge et une partie du comté d'Auvergne en apanage.

Un premier projet de mariage avec Isabelle, fille d’Hugues X de Lusignan (1227) est annulé à la signature du traité de Paris en1229, qui lui promet Jeanne, fille de Raymond VII (IX) de Saint-Gilles, comte de Toulouse. Le contrat de mariage prévoit que Raymond VII conserve l’usufruit du comté de Toulouse, dont la propriété est transmise à sa fille Jeanne, qui hérite de toutes ses autres possessions.
Sa jeunesse est mal connue, il apparaît essentiellement dans les vies de saint Louis comme un de ses compagnons.


Le prince apanagiste


Alphonse de Poitiers est fait chevalier en 1241, et reçoit la Ceinture militaire et son apanage à Saumur, au printemps 1241, lors d’une gigantesque fête à laquelle assiste le chroniqueur Joinville, dite la Non Pareille.

Comptes de recettes et de dépenses du frère du roi, Alphonse de Poitiers. 1243-1248. Archives nationales de France.

Dès la fin de l’année, il doit faire face à la révolte de son puissant vassal poitevin Hugues X de Lusignan qui a le soutien du roi Henri III d'Angleterre, et du beau-père d'Alphonse Raymond VII de Saint-Gilles. Avec l'aide de son frère, Louis IX de France, Alphonse soumet une partie des conjurés, prend les châteaux et villes des révoltés et vainc l'armée adverse à la bataille de Taillebourg, le 21 juillet 1242.

Dès la paix revenue, il confisque certains fiefs de ses vassaux révoltés, et suit de près l’administration de ses domaines. Cependant, les comptes du Poitou sont rendus simultanément à Alphonse de Poitiers et au roi jusqu’en 1248, plaçant de fait le comte de Poitiers sous tutelle. Il accroît ses revenus autant que la coutume le lui laisse faire, réclamant ainsi de forts droits de mutation qu’il perçoit de manière sourcilleuse avant de les réformer en 1269.

Il affaiblit les grandes familles du comté de Poitiers, et rend la justice comtale et royale incontournable, mettant fin aux guerres privées, et accroît le contrôle sur ses vassaux, leurs châteaux étant désormais « rendables » (les soldats du comte pouvaient les occuper en cas de danger grand ou petit). En 1247, il reçoit à Poitiers Alphonse III de Portugal qui va de la cour de France au Portugal pour y être couronné. Enfin, de 1244 à 1247, il prépare la première croisade de saint Louis, qui part en 1248, et le rejoint en Égypte en 1249.


Le croisé

Il arrive en Égypte alors que les croisés ont déjà pris Damiette. Il conduit les renforts : chevaliers de ses domaines dont Hugues de Lusignan, comte d’Angoulême, Pierre Mauclerc et les chevaliers de Bretagne.

Son arrivée permet aux croisés de reprendre l’offensive, et la victoire à Mansourah, bataille où il se distingue, est coûteuse en hommes et non suivie d’effets. Dans la retraite qui suit, il est fait prisonnier avec ses frères Charles d’Anjou et saint Louis. C’est lui qui est choisi comme otage par les Arabes à la libération de saint Louis en attendant le paiement de la rançon, ceux-ci jugeant qu’il avait plus de prix aux yeux du roi de France7. La croisade rejoint Acre, puis il quitte la Terre Sainte avec le plus gros des croisés le 10 août, distribuant à ceux qui restent ses joyaux.


L’héritage du Languedoc

Raymond VII de Toulouse étant mort en 1249 peu après son départ, il hérite du comté de Toulouse, de l’Agenais et du Rouergue, et d’une partie de l’Albigeois et du Quercy, héritage que sa mère et son homme de confiance, le chapelain de Saint-Hilaire, lui ont assuré en son absence. Au retour de la croisade, Alphonse est ainsi le plus riche prince de France. Les domaines méridionaux d'Alphonse vont être administrés à distance par ce dernier, par l'intermédiaire de ses sénéchaux. Ces territoires, entrés dans l'orbite capétienne à l'issue de la croisade albigeoise déclenchée par Innocent III, sont gouvernés en étroite collaboration avec les prélats (évêques et abbés sont à la tête d'importants temporels) et avec les inquisiteurs de l'hérésie, même si les tensions entre administrateurs comtaux et les ecclésiastiques ne sont pas rares.



Le régent de France


En arrivant en France, il prend possession de son héritage toulousain. Il casse le testament de Raymond VII, qui avait légué toute sa fortune mobilière à différents monastères, sans réussir à récupérer tous les joyaux, puis retourne en Île-de-France, d’où il administrera ses domaines jusqu’à la fin de sa vie. Après s’être relevé d’une ophthalmie (hiver 1251-52), il doit assister Blanche de Castille, déclinante, dans la régence du royaume12. À la mort de celle-ci (26 novembre 1252), il lui succède à la régence du royaume. Ses qualités d’administrateur s’y déploient.

Au retour de Louis IX, il conserve cependant une forte influence dans le gouvernement royal. Il vit essentiellement en Île-de-France, et plusieurs fois, des rois, reines, papes, s’adressent à lui pour obtenir quelque chose du roi de France.



Gestion de son domaine méridional



a) le système administratif

De 1250 à sa mort, Alphonse gère lui-même ses fiefs, à partir de différentes demeures au sud-est de Paris. Il communique par chevaucheurs avec les sénéchaux de son domaine (sept au total). Celui-ci comprend le comté de Poitiers, la Saintonge, l’Auvergne (sans Clermont mais avec Riom et Brioude), le comté de Toulouse, le Quercy]au sud du Lot, le Rouergue, l’Agenais ; il est suzerain de la Marche, de Comminges et de l’Armagnac ; il possède en outre le titre de marquis de Provence, quelques fiefs autour d’Orange, et la co-suzeraineté sur Avignon. Enfin, il est suzerain du comte de Foix, mais celui-ci ne le reconnaît pas.

Ses sénéchaux sont ceux de Poitou-Saintonge (un seul, puis un pour le Poitou et un pour la Saintonge après 1255), le connétable d’Auvergne, le sénéchal de Toulouse (responsable de l’Albigeois), de Quercy-Agenais, de Rouergue, du Comtat Venaissin. Ils sont secondés par des prévôts, des baillis (bayles en toulousain). Quatre fois par an, les sénéchaux lui remettent directement les comptes et les recettes de leur sénéchaussée. Ils sont redevables un an après leur sortie de charge. Ces sénéchaussées sont subdivisées en prévôtés : dix prévôts gèrent de plus près le domaine particulier du comte en Poitou, dix prévôts et deux baillis en Saintonge. De plus, des enquêteurs temporaires (chevaliers ou plus souvent frères prêcheurs, franciscains ou dominicains) contrôlent le travail des fonctionnaires du comte et reçoivent les plaintes à leur encontre. Ce système efficace lui permet d’étendre l’emprise de sa justice, aux dépens des justices seigneuriales et du pouvoir des évêques, et surtout d’augmenter ses revenus.

Il concède à Riom la charte dite alphonsine en juillet 1270, qui est à la base du droit civil d’Auvergne sous l’Ancien Régime.


b) politique économique


Pour augmenter ses revenus, Alphonse stimule le commerce : il fait construire des halles à Niort et La Rochelle(même si les secondes, mal situées, lui rapportent moins que celles de Niort), continue et amplifie la politique de création de bastides de Raymond VII de Toulouse (54 en 20 ans) : Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) en 1255,Eymet (Dordogne) en 1270. Il profite également de la répression des Cathares par l’Inquisition : les biens des hérétiques sont vendus à son profit. Il pressure les Juifs : taxes pour dispense de rouelle ; sous menace d’expulsion, ils lui apportent des fonds pour la croisade de 1248 ; et imposition forcée qui lui rapporte autant que celle sur les chrétiens pour celle de 1270.

Il est à l’origine de la construction du pont sur le Rhône de Pont-Saint-Esprit, commencée en 1265 et achevée en 1309.


c) mécénat

Il fait construire un château à Saint-Maixent, un hôtel à Paris (l’hôtel de Poitiers, achevé en 1268, futur hôtel d’Alençon, qui passa à Enguerrand de Marigny et la reine Margot, démoli au XVIIe siècle pour l’agrandissement du Louvre).
Dans les années 1260, il protège le poète Rutebeuf. Parmi ses chambellans, se trouve également un certain Guillaume de Lorris. Ce nom est cependant très courant, y compris dans l'entourage royal, et rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit du célèbre auteur du Roman de la Rose.


La dernière croisade

Alphonse de Poitiers répond à l’appel à la croisade lancé par saint Louis en 1267. Il constitue un nouveau trésor de guerre à la tour du Temple, crée des réserves d’armes, etc. La croisade part au printemps 1270, et débarque à la Goulette le 15 juillet et prend rapidement Carthage. Harcelés par la cavalerie légère des Sarrasins, manquant d’eau, les croisés sont rapidement touchés par une épidémie de dysenterie, qui atteint le roi. Celui-ci meurt le 25 août.

Après des négociations avec l’émir de Tunis, toute la croisade rembarque début novembre. Alphonse de Poitiers reste quelques mois en Sicile, accueilli par son frère Charles d'Anjou, roi de Sicile. Il quitte Messine en juin 1271, mais épuisé par la maladie, il s’arrête en voyage et meurt au château de Corneto près de Sienne le 21 août , suivi le 25 par sa femme, Jeanne de Toulouse, laissant selon Rutebeuf l’image d’un modèle de chevalerie. Mort loin de sa patrie, la technique funéraire du mos Teutonicus dut lui être appliquée.

À sa mort, comme il n'a pas de fils, ses domaines sont réunis au domaine royal français. La partie de l'Auvergne qu'il possédait fut dès lors appelée « Terre royale d'Auvergne » et plus tard érigée en duché d'Auvergne, à ne pas confondre avec le comté d'Auvergne, ni avec le comté devenu dauphiné d'Auvergne.

Le traité de Paris de 1259 prévoyait que l’Agenais et le sud de la Saintonge (au sud de la rivière de Charente) soient cédés à l’Angleterre si Alphonse de Poitiers n'avait pas d'héritier. Après sa mort en 1271, cela a été fait conformément au traité, mais seulement après signature d’un nouveau traité, en 1285.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:03

Charles Ier d’Anjou , frère du roi

Charles d'Anjou (21 mars 1227 – 7 janvier 1285), roi de Napleset de Sicile (1266-1285), est le dernier fils du roi de FranceLouis VIII et de Blanche de Castille. Comte d’Anjou et du Maine, il devient comte de Provence par son mariage avec Béatrice de Provence en 1246. Il accompagne Louis IX pendant la septième croisade en 1248.
Allié à la papauté, il s'empare de Naples et de la Sicile, en battant Manfred et Conradin à Bénévent (1266) et à Tagliacozzo (1268). Il étend son pouvoir dans les Balkans et devient en 1277 le prétendant au trône de Jérusalem. La colère suscitée par la présence française déclenche les Vêpres siciliennes en 1282. Charles est chassé de la Sicile par une coalition des Siciliens avec Pierre III d'Aragon, et sa flotte est défaite dans la baie de Naples en 1284. Premier roi de Naples de la dynastie angevine, il est le créateur d'un éphémère empire méditerranéen.

Biographie


a) premières années

Charles nait à la fin du mois de mars 1227. Il est le dernier des sept enfants de Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille. Le prénom de Charles, inhabituel chez les Capétiens, met en avant son ascendance carolingienne. Charles est d'abord destiné à une carrière ecclésiastique, selon la volonté de son père. Mais en 1232, la mort sans descendance de ses frères Jean Tristan et Philippe Dagobert, font de lui l'héritier de vastes domaines dans le centre de la France.
En 1237, à onze ans, Charles est à la cour de son frère, Robert d'Artois. À treize ans, il possède une petite cour, un cheval pour la chasse, des serviteurs, un professeur et un prêtre. Il est formé à l'atmosphère de la cour de France, au milieu des tournois, de la poésie courtoise et des chansons. Contrairement à son frère aîné, Louis IX, il n'est pas imprégné des sollicitations religieuses de ses premières années.

b) Comte de Provence

Charles suit son frère Louis IX en 1242 au cours d'une expédition militaire contre le comte de la Marche. C'est la première fois qu'il s'engage dans une entreprise militaire. En 1246, il épouse Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier (1245-1267), fille du comte Raymond Bérenger V et de Béatrice de Savoie. Par ce mariage, il devient lui-même comte de Provence et comte de Forcalquier (1246-1267), titres qui continuent à lui être donnés par courtoisie après son veuvage et son remariage. À l'occasion de ce premier mariage, son frère Louis IX de France, le nomme comte d'Anjou et du Maine, créant de ce fait la seconde dynastie angevine.

Dès le début de son gouvernement, Charles doit faire face à un important parti anti-français. Les grandes villes, comme Arles, Avignon et Marseille, en plein essor économique, sont quasiment indépendantes, et cherchent à conserver leur autonomie. De son côté, Charles vise à renforcer l'administration. Mais son action est interrompue par la croisade de 1248.

Charles accepte l'invitation de son frère Louis IX à la septième croisade, malgré la situation explosive du comté de Provence. Il embarque avec Louis et Robert d'Artois à Aigues-Mortes le 28 août 1248. Il débarque le 18 septembre à Chypre, où Béatrice donne naissance à un fils qui mourra peu après. En Égypte, Charles combat avec vaillance mais est fait prisonnier en 1250 à la bataille de Mansourah avec le reste des croisés. Il est libéré un mois plus tard moyennant le paiement d'une forte rançon. Affaibli par le paludisme, et inquiet des désordres qui ont lieu dans son comté, Charles propose de ramener l'armée en France. Louis IX reste finalement en Terre Sainte mais autorise ses deux frères à retourner en France.

Charles débarque en Provence en avril 1251. Il soumet Arles, puis Avignon, et assiège la ville de Marseille en août 1251. Charles obtient la soumission du chef de la rébellion, Barral des Baux, puis de la ville de Marseille en 1252.


c) un prince ambitieux

En Italie, le pape Innocent IV cherche à détacher la Sicile des ambitions de Conrad IV. En 1252, un légat pontifical est envoyé en Angleterre auprès de Richard de Cornouailles afin de lui proposer la couronne de Sicile. Richard demande certaines garanties, et fait trainer les négociations jusqu'au printemps 1253. Le légat se tourne finalement vers Charles qui semble plus favorable. Cependant les négociations échouent, en raison des troubles en Provence, de la situation financière du prince angevin, et des succès de Conrad dans le sud de l'Italie.

Dans le même temps, Charles participe à la guerre de Succession de Flandre et du Hainaut en s'alliant avec Marguerite de Flandre et Guillaume de Dampierre, contre Guillaume de Hollande et Jean d'Avesnes. La lutte prend fin en juillet 1254. L'arbitrage de Louis IX, au retour de Terre Sainte, oblige Charles à renoncer au comté de Hainaut.
Charles retourne en Provence, où il améliore sa position. En 1254, Béatrice donne naissance à un deuxième enfant, le futur Charles II. En 1257, Charles renforce ses liens avec la ville de Marseille, et soumet le comté de Vintimille l'année suivante, étendant sa domination à l'est du comté. En 1259, il s'ingère dans les affaires italiennes, et s'empare de plusieurs villes d'Italie, où il introduit des officiers français. Mais il voit ses ambitions arrêtées à l'est par le marquis de Gênes, un allié de Manfred Ier de Sicile, et par le marquis de Montferrat. Une nouvelle révolte éclate en Provence en 1262, dirigée par Boniface de Castellane. La révolte est soutenue en Aragon par Jacques II et Pierre III d'Aragon, qui a épousé la fille de Manfred. Un accord est signé avec le marquis de Gênes à Aix-en-Provence en juillet 1262, par lequel Charles cède les villes de Vintimille, Roquebrune et Monaco.


d) un guelfe conte les gibelins

En Italie, le nouveau pape Urbain IV veut chasser définitivement la maison de Hohenstaufen. En 1262, le pontife propose la couronne des Deux-Siciles à Charles d'Anjou. Il persuade le roi de France Louis IX que ce royaume sera un instrument précieux en vue de la prochaine croisade que le monarque cherche à promouvoir. Toutefois, Charles souhaite d'abord consolider son autorité en Provence. C'est chose faite en octobre 1262, avec la reconquête de Castellane, grâce à la médiation de Jacques d'Aragon. Enfin, selon un nouvel accord, la ville de Marseille doit abattre ses fortifications et mettre sa garnison à la disposition du prince angevin.

En juin 1263, le pape envoie l'archevêque de Cosenza en France et en Angleterre pour obtenir, si nécessaire avec de l'argent, le consentement des rois. En Angleterre, Henri III d'Angleterre, à la lutte avec les barons, renonce aux revendications de son fils Edmond de Lancastre. En France, la reine Marguerite de Provence oblige son fils, le futur Philippe III de France, à ne pas former d'alliance avec son oncle2. Mais Louis IX autorise finalement le pape à entamer des négociations avec son frère. Urbain IV a décidé de ne pas sous-estimer l'expansion de Charles d'Anjou, et cherche à lui donner des conditions strictes. Le prince ne doit pas influencer les affaires ecclésiastiques dans le royaume. Enfin, l'union des Deux-Siciles à l'Empire est formellement interdite.
Dans la ville de Rome, dans le cadre de la lutte entre guelfes et gibelins, un soulèvement populaire expulse la noblesse gibeline, et Charles d'Anjou est élu sénateur à perpétuité. Cette élection est l'œuvre personnelle du cardinal Riccardo Annibaldi, un homme entièrement dévoué au prince angevin. Le pape, surpris par la nouvelle, décide de ne pas s'opposer à l'élection. Urbain IV meurt en octobre 1264 et Charles met à profit ce retard pour s'assurer un passage en Italie du Nord. Au début de l'année 1265, il reçoit le soutien de plusieurs villes du nord de l'Italie. En février 1265, l'élection du pape Clément IV, renforce la position de Charles d'Anjou.

Afin de secourir rapidement le parti angevin à Rome, Charles embarque avec quarante navires et 1 500 hommes le 14 mai 1265. Il débarque sans encombre à Ostie le 21 mai, malgré une tentative de blocus par les forces de Manfred. Le comte de Provence est reçu avec les honneurs à Saint-Paul-hors-les-Murs, et est accompagné jusqu'au palais de Saint-Pierre. L'armée de Charles traverse les Alpes sans grande difficulté en novembre 1265, et fait sa jonction avec le prince à Rome. Charles est couronné roi des Deux-Siciles à Latran le 6 janvier 1266. Il met aussitôt son armée en marche afin de s'emparer de son nouveau royaume. Manfred abandonne la ville de Capoue afin de se retirer en Apulie, mais sa retraite est coupée par les forces angevines près de la ville de Bénévent. Au cours de la bataille de Bénévent, le 26 février 1266, l'armée allemande est vaincue après une bataille disputée, et Manfred trouve la mort.

Charles fait une entrée triomphale dans Naples avec sa femme Béatrice. Il se charge de rétablir l'ordre dans son royaume et de distribuer des emplois à ses chevaliers. Il augmente les charges publiques, donne à des seigneurs français les fiefs confisqués au seigneur du pays, et s'attire le mécontentement de ses sujets. La reine Béatrice de Provence meurt à Nocera en 1267. La même année, Charles se fait remettre la seigneurie de Florence, obtient du pape le titre de vicaire général en Toscane, et fait son entrée dans la ville. Dans le nord de l'Italie, des députés gibelins font appel à un prince de seize ans, Conradin, le neveu de Manfred.

En 1268, le jeune Conradin se rend à Pavie accompagné de 3 500 hommes d'armes, puis traverse la Lombardie et la Toscane sans rencontrer de résistance. Au même moment, une révolte éclate dans le royaume des Deux-Siciles. Charles part combattre la rébellion et effectue le siège de Lucera en Apulie. Malgré l'excommunication du pape, Conradin rentre à Rome en triomphateur. Le jeune prince quitte aussitôt la ville à la tête de 5 000 hommes d'armes afin de rencontrer Charles d'Anjou. Ce dernier abandonne le siège de Lucera, et le 23 août 1268, les deux armées se rencontrent dans la plaine de Tagliacozzo. Une charge de la réserve angevine provoque la déroute de l'armée allemande, et Conradin prend la fuite en direction de la Sicile.

Conradin et ses compagnons sont capturés à Astura au sud de la ville d'Anzio. Ils sont transférés au Castel dell'Ovo à Naples avant d'être assignés à une apparence de procès. Conradin et ses compagnons sont accusés de trahison et de rébellion, puis sont décapités sur la place du Marché de Naples le 26 octobre. Charles d'Anjou élimine ainsi un concurrent dangereux pour la couronne des Deux-Siciles, et consolide une dynastie mise à mal par les révoltes en Apulie et en Sicile. En Calabre, à Naples et à Rome, l'insurrection italienne est réprimée dans le sang. Charles réprime sévèrement les populations de certaines villes rebelles à son règne, telle que Lucera dont la population musulmane est passée au fil de l'épée après un siège de plusieurs mois.
L'exécution du dernier héritier de la maison de Hohenstaufen provoque l'indignation non seulement des gibelins, mais aussi des guelfes et des milieux ecclésiastiques qui commencent à prendre leurs distances avec Charles d'Anjou.


e) la croisade générale

En 1267, Charles fiance son fils Philippe avec Isabelle, la fille du prince Guillaume II d'Achaïe. D'après le traité de Viterbe, la principauté d'Achaïe doit revenir à Philippe si Guillaume décède sans héritier mâle. Par ailleurs, Charles s'engage à restaurer Baudouin II sur le trône de Constantinople, en échange de la suzeraineté sur l'Achaïe, l'Épire, Corfou, plusieurs d'îles de la mer Égée, et le tiers des conquêtes à venir, à la seule exclusion de la ville de Constantinople. L'accord est conclu par le mariage de Béatrice, fille de Charles, avec Philippe Ier de Courtenay, fils de Baudouin. En 1268, Charles épouse en secondes noces Marguerite de Bourgogne.

En France, Louis IX prépare une nouvelle croisade qui, sous l'influence de Charles d'Anjou, se dirigera vers Tunis. Louis IX quitte Aigues-Mortes en juillet à bord de navires génois, mais décède de maladie devant Tunis le 25 août 1270, avant l'arrivée de son frère. Charles débarque finalement avec de puissants renforts et prend le commandement de la croisade. Il proclame son neveu Philippe III roi de France, et fait du sultan de Tunis un vassal des Deux-Siciles, avant de rentrer dans ses États.

En 1273, le nouveau pape Grégoire X refuse la candidature à l'empire de Philippe III, contre la volonté de Charles d'Anjou. L'autorité impériale passe entre les mains de Rodolphe de Habsbourg. Au même moment, le pape négocie avec Michel VIII Paléologue en vue de la réunion des deux Églises. Pour ce dernier, cet accord est un moyen de se défaire des ambitions angevines sur Byzance.

En 1277, Marie d'Antioche, en lutte avec Hugues III de Chypre pour la couronne de Jérusalem, vend ses droits à Charles d'Anjou, contre une rente annuelle de quatre mille tournois. En juin, une expédition du capitaine angevin Roger de San Severino à Saint-Jean-d'Acre fait reconnaître Charles à la plupart des barons latins.

Charles d'Anjou prépare une entreprise d'envergure afin de combattre Byzance. En s'emparant de l'héritage de Manfred en 1266, Charles rentre également en possession de la façade maritime de l'Albanie. Or l'Albanie est sillonnée par des vallées fluviales orientées est-ouest qui font du pays une base de départ pour la conquête de Constantinople. Dès 1278, Charles noue des alliances avec Jean de Thessalie et Nicéphore d’Épire, les ennemis de Michel VIII Paléologue. Il envoie en Albanie de nombreuses troupes, de l'argent, des chevaux et de grandes quantités de matériels. Charles donne le commandement de l'armée à Hugues de Sully, qui assiège la ville de Berat en 1280. Le siège dure plus d'un an. Après une embuscade, au cours de laquelle Hugues de Sully est fait prisonnier, l'armée byzantine s'empare du camp angevin et inflige une sévère défaite aux troupes françaises.

En 1281, après des élections tumultueuses, dirigées en sous-main par Charles d'Anjou, Simon de Brion est nommé pape sous le nom de Martin IV. Le pape, entièrement favorable à la politique angevine, annule brusquement la réunion des deux Églises, et prononce l'excommunication solennelle de l'empereur Michel VIII Paléologue.


f) les « Vêpres siciliennes »

La colère populaire, longtemps contenue, éclate le 30 mars 1282 près de Palerme. Au cours de la seconde fête de Pâques, un Français outrage une jeune fille et provoque l'indignation des Siciliens. Au son des cloches de l'église du Saint-Esprit, qui sonne le service des vêpres, la foule retourne à Palerme et massacre tous les Français qui se trouvent dans la ville. La commune déclare aussitôt la fin du règne de Charles d'Anjou et la soumission de la ville à l'Église romaine. Le mouvement se répand rapidement et la Sicile est le théâtre d'une véritable chasse aux Français, dont très peu en réchappent. Le pape Martin IV dénonce les rebelles et invite ces derniers à la soumission. Charles arrive à Messine le 6 juillet et commence le siège de la ville.


g) guerre contre l’Aragon

Pierre III d'Aragon, un opposant de longue date de Charles d'Anjou, débarque par surprise à Trapani et entre à Palerme en septembre. La flotte provençale de Charles de Salerne, fils de Charles d'Anjou, est détruite par l'amiral Roger de Lauria au cours de la bataille de Malte. Ce dernier entame alors le blocus maritime de la ville de Naples.

En 1283, le pape excommunie Pierre d'Aragon et lui confisque son royaume. Il proclame la croisade et nomme le jeune Charles de Valois, fils de Philippe III, souverain de l'Aragon. La même année, Charles d'Anjou provoque Pierre d'Aragon en combat singulier, mais ce duel n'aura pas lieu. Le 5 juin 1284, une nouvelle flotte dirigée par Charles de Salerne tente de détruire la base aragonaise de Nisida, au large de Naples. Sa flotte est interceptée par Roger de Lauria et Charles de Salerne est fait prisonnier.

Charles d'Anjou meurt à Foggia le 7 janvier 1285. Son corps est ensuite transféré à Naples et enterré dans la cathédrale2.


descendance

De son premier mariage avec Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier, il eut :
• Louis (1248 † 1248) ;
• Blanche (1250 † 1269), mariée en 1265 avec Robert III de Dampierre (1249 † 1322), comte de Flandre ;
• Béatrice (1252 † 1275), mariée en 1273 à Philippe Ier de Courtenay (1243 † 1283), empereur titulaire de Constantinople ;
• Charles II (1254 † 1309), comte d'Anjou et du Maine, roi de Naples ;
• Philippe (1256 † 1277), marié en 1271 avec Isabelle de Villehardouin (v. 1260/63 † 1312), princesse d'Achaïe ;
• Robert (1258 † 1265) ;
• Isabelle (1261 † 1300), mariée à Ladislas IV (1262 † 1290), roi de Hongrie

Son second mariage avec Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre, fut sans postérité.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:11


Hugues IV, duc de Bourgogne



Hugues IV de Bourgogne, né le 9 mars 1213, mort à Villaines-en-Duesmois le 27 octobre ou 30 octobre 1272, duc de Bourgogne de 1218 à 1272, roi titulaire de Thessalonique (1266-1272), est le fils du duc de Bourgogne, Eudes III, et d'Alix de Vergy.


Il compta parmi les opposants à la régence de Blanche de Castille et attaqua son soutien, le comte de Champagne en 1229, mais fut contré par la régente.
En 1238, il partit combattre en Terre sainte dans une croisade menée par le comte Thibaut IV de Champagne et revint en 1241.


Il accompagna ensuite le roi de France Saint Louis à la septième croisade. Il dirigea l'un des deux camps de l'armée croisée au cours du siège de Mansourah, l'autre camp étant dirigé par le roi de France en personne. Il fut fait prisonnier avec son roi au cours de la retraite de Fariskur, à la suite de la trahison d'un sergent félon. Plus tard, Baudouin II de Courtenay, empereur détrôné de Constantinople, lui donna des droits sur le royaume de Thessalonique en échange de son aide pour reconquérir Constantinople.

Il avait, en 1269, conclu un accord avec Guigues VII de Viennois, par lequel il s'engageait à protéger Béatrice, devenant au décès de son époux, régente du Dauphiné et les enfants de ce dernier, Jean, Anne et Catherine. En outre, en cas de remariage ou du décès de Béatrice avant la majorité de Jean ce serait à lui Hugues IV de Bourgogne d'assurer la régence du Dauphiné. À sa mort, survenu en 1272, c'est son fils Robert II qui assurera le rôle de protecteur et deviendra régent du Dauphiné.


Il épouse en premières noces, en 1229, Yolande de Dreux (†1248), fille du comte de Dreux, Robert III et d'Aénor, dame de Saint-Valéry, et eut :

• Eudes (†1269), comtes de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre ;
• Jean (†1267), seigneur de Bourbon et comte de Charolais
• Adélaïde ou Alix, dite « Aleyde de Brabant » (1233 - †1273), mariée, en 1251, au duc de Brabant Henri III (†1261) ;
• Marguerite (†1277), mariée après 1239, date de la promesse de mariage, en premières noces au seigneur de Mont-St-Jean, Guillaume III (†1256), et en secondes noces, vers 1258-1259 auvicomte de Limoges, Gui VI (†1263). Marguerite fut régente de la vicomté de Limoges de 1263 à 1275, jusqu'au mariage de sa filleMarie, l'héritière, avec Arthur II de Bretagne ;
• Robert II, (†1306), duc de Bourgogne.


Veuf, il se remarie, en 1258, avec Béatrice de Champagne (†1295), fille de Thibaud Ier, roi de Navarre et comte de Champagne, et de Marguerite de Bourbon, et eut :

• Béatrice (1260 † 1328), mariée en 1276 à Hugues XIII, seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême (1259 † 1310)
• Hugues (1260 † 1288), seigneur de Montréal et vicomte d’Avallon
• Marguerite († après 1300), mariée vers 1280 avec Jean I de Chalon, seigneur d'Arlay (1259 † 1316)
• Jeanne, nonne, († 1295)
• Isabelle, (1270 † 1323), mariée en premières noces à Rodolphe Ier de Habsbourg (1216 † 1291), empereur romain germanique, puis avec Pierre de Chambly, seigneur de Neauphle
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:18

Olivier de Rougé

Olivier III, sire de Rougé, de Derval, de La Chapelle-Glain, du Bouays et du Theil attesté de 1249 à 1289.

Olivier III de Rougé est le fils de Bonabes III de Rougé . Il participe à la septième croisade avec le roi Saint Louiset est en 1248 à Damiette en Égypte. En 1285, il fut un des 12 chevaliers bretons qui suivirent le roi de FrancePhilippe III lors de la croisade d'Aragon.

Par son mariage avec Agnès de Derval et de Crévy, fille de Guillaume II de Derval attesté en 1235. Olivier III devint ainsi en 1275 seigneur de ce lieu, et adjoint à ses noms, armes et titres ceux de la maison de Derval. De cette union naissent .
• Guillaume, seigneur de Rougé et de Derval, attesté en 1331.
• Jean, chevalier attesté en 1314 et seigneur de La Chapelle-Glain.






Geoffroy de Sergines , baron bourguignon

Geoffroy de Sergines, né vers 1205 et mort en avril 1269 à Acre, fut maréchal du royaume de Jérusalem en1245.

Il fut d'abord vassal de Hugues de Châtillon, le comte de Blois et de Saint-Pol ; lorsque ce dernier l'y autorisa, il rendit foi et hommage directement au roi Louis IX. Durant la croisade d’Égypte, il fut l'un des quelques chevaliers qui constituait l'état-major du roi.

En 1254, l'assemblée des barons du royaume de Jérusalem le nomma sénéchal.
Il dut démêler un conflit entre les Génois et les Vénitiens, conflit qui dégénérait en guerre civile, au sujet de la possession d'une église à Acre. Plaisance d'Antioche, en le nommant bailli, lui demanda de rétablir la concorde entre les parties.

Il commandait l'arrière-garde durant la retraite de Damiette et fut capturé en même temps que le roi et il fut chargé de transmettre l'ordre de reddition aux troupes qui défendaient la ville.

Il était le neveu de Pierre de Sergines
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:30

Jean de Joinville ,sénéchal de Champagne, chroniqueur


Jean de Joinville (v. 1224 - 24 décembre 1317), également connu sous le nom de Sire de Joinville, est un noble champenois et biographe de Louis IX de France (dit Saint Louis).

Sénéchal de Champagne et historien du règne, il suit Louis IX àAigues-Mortes lors de la septième croisade. C'est en partie grâce à ses témoignages que Saint Louis est canonisé en 1297.


Biographie

Fils de Simon de Joinville et de Béatrice d'Auxonne, fille d'Étienne II d'Auxonne, il appartenait à une famille de la haute noblesse champenoise. Il reçut une éducation de jeune noble à la cour de Thibaut IV, comte de Champagne et célèbre trouvère : lecture, écriture, rudiments de latin. À la mort de son père, il devint sénéchal de Champagne, titre désormais héréditaire, il fut donc attaché à la personne de Thibaut IV. C'était un homme très pieux et soucieux de bien administrer sa région.

En 1241, il accompagne son seigneur, Thibaud IV de Champagne, à la cour du roi de France, Louis IX (futur Saint Louis). En 1244, lorsque celui-ci décide d’organiser la septième croisade en Égypte, Joinville décide de se joindre aux chevaliers chrétiens tout comme son père l’avait fait 35 ans plus tôt contre les Albigeois, ce qui ne l’empêche pas de participer à la révolte nobiliaire de 1246-1247.

Lors de la croisade, Joinville se mit au service du roi et devint son conseiller et son confident. En 1250, quand le roi et ses troupes furent capturés par les mamelouks à Mansourah, Joinville, parmi les captifs, participa aux négociations et à la collecte de la rançon. Joinville se rapprocha probablement encore du roi dans les moments difficiles qui suivirent l’échec de la croisade (mort de son frère Robert, mal entouré par les autres seigneurs…). C’est Joinville qui conseilla au roi de rester en Terre sainte au lieu de rentrer immédiatement en France comme l'y poussaient les autres seigneurs ; le roi suivit l’avis de Joinville.

Pendant les quatre années suivantes, passées en Terre sainte, Joinville fut le conseiller très écouté du roi. Celui-ci s’amusait des emportements, de la naïveté et des faiblesses de Joinville, et il le reprenait parfois, mais il savait qu’il pouvait compter sur son absolu dévouement et sur sa franchise. Lorsque Louis IX perdit sa mère Blanche de Castille, Joinville fut un des premiers hommes à être reçu dans la tente du roi.
À côté de sa vie de Cour, Joinville eut également une vie familiale puisqu'il épousa Alix de Grandpré, jeune fille qui lui avait été attribuée lors de son enfance par le comte de Champagne, Thibaut IV lui-même.

En 1270, Louis IX, bien que physiquement très affaibli, se croisa de nouveau avec ses trois fils. Joinville refusa de le suivre, conscient de l’inefficacité de l’entreprise et convaincu que le devoir du roi était de ne pas quitter un royaume qui avait besoin de lui. De fait, l’expédition fut un désastre et le roi mourut devant Tunis le 25 août 1270.

À partir de 1271, la papauté mena une longue enquête au sujet de Louis IX, qui aboutit à sa canonisation, prononcée en 1297 par Boniface VIII. Comme Joinville avait été l’intime du roi, son conseiller et son confident, son témoignage en 1282 fut très précieux pour les enquêteurs ecclésiastiques qui purent prononcer cette canonisation.
Charte de franchise de la ville deVaucouleurs octroyée par Gautier de Joinville et confirmée par son oncle Jean de Joinville l’historiographe de Saint-Louis, Septembre 1298. Archives nationales de France.

Vers 1299 Jeanne de Navarre, lui demanda d’écrire la vie de saint Louis. Elle mourut pourtant en 1305, sans avoir la chance de voir l'ouvrage terminé.

Il mourut le 24 décembre 1317, âgé de plus de 93 ans, près de 50 ans après le saint roi. Son âge est d'ailleurs exceptionnel pour l'époque. Il fut inhumé dans la chapelle Saint-Joseph de l'église Saint-Laurent du château de Joinville, aujourd'hui détruit.


Enfants – famille

De ses deux épouses successives, Alix de Grandpré et Alix de Reynel, il a plusieurs enfants :

• Geoffroy de Briquenay
• Jean d'Ancerville
• Jean de Joinville, seigneur de Reynel (mort en 1304). À sa mort, son frère hérite de la seigneurie de Reynel ;
• Anseau de Joinville, (1265-1343), sire de Joinville (en 1317, à la mort de son père), il est seigneur de Rimaucourt puis de Reynel (1304). Il est maréchal de France, d'où postérité ;
• Gautier de Beaupré
• André de Bonney
• Marguerite, première épouse de Jean, seigneur de Charny et mère de Geoffroi de Charny
• Alix


Sa petite-nièce, Jeanne de Joinville (1286-1356), fille de Pierre de Joinville, épousa sir Roger Mortimer (1287 -pendu à Londres, 29 novembre 1330), 1er comte de March et 8e baron de Wigmore, d'où 11 enfants.


Vie de Saint-Louis

a) commanditaire

Jeanne de Navarre, petite-fille par alliance de saint Louis et épouse de Philippe IV le Bel, demanda à Joinville d’écrire la vie du saint roi. Il se mit alors à rédiger le livre des saintes paroles et des bons faiz de nostre saint roy Looÿs (ainsi qu’il le nomme lui-même), aujourd'hui désigné comme la Vie de saint Louis. Mais Jeanne de Navarre mourut le 2 avril 1305, alors que l’ouvrage n’était pas encore terminé. Joinville le dédia donc en 1309 au fils de celle-ci, Louis le Hutin, roi de Navarre et comte de Champagne, futur Louis X.

b) composition et date

Comme nous l'avons vu, le livre n'était pas achevé à la mort de Jeanne de Navarre, en 1305. Par ailleurs, le plus ancien manuscrit conservé (non autographe) s’achève en ces termes : « Ce fu escript en l’an de grâce mil .CCC. et .IX. [1309], ou moys d’octovre ». Il ne peut s’agir de la date de rédaction de ce manuscrit précisément, car il est visiblement postérieur. C’est donc soit la date de l’achèvement de l’œuvre par Joinville, soit la date de rédaction d’un manuscrit ayant servi de modèle à celui dont nous disposons. L’œuvre a donc été écrite entre 1305 et 1309. Par divers recoupements, on peut également affirmer qu’un passage situé à l’extrême fin du livre, relatant un songe de Joinville, n’a pu être écrit avant 1308. Joinville a donc terminé son œuvre peu de temps avant de la remettre à Louis le Hutin.


c) tradition du texte

L’éditeur moderne dispose essentiellement d’une seule copie ancienne du texte et de deux états tardifs du texte. On n’a pas conservé le manuscrit qui fut offert à Louis le Hutin.

Le manuscrit conservé est manifestement très proche de l’original. Il est repris dans l’inventaire de 1373 de la bibliothèque de Charles V. En outre, d’après les peintures, on peut estimer sa réalisation aux années 1330-1340, soit une vingtaine d’années après le manuscrit original. Cette copie resta dans la bibliothèque royale puis passa entre les mains de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, avant d’atterrir à Bruxelles, où on l’oublia. Il ne fut redécouvert qu’en 1746, à la prise de Bruxelles par les troupes françaises. Ce manuscrit, dit « de Bruxelles », est conservé à la Bibliothèque nationale de France. C’est un volume de 391 pages de 2 colonnes. La première page est décorée d’or et d'enluminures, et d’une peinture représentant l’écrivain présentant son livre à Louis le Hutin. Le texte est découpé en paragraphes commençant chacun par une initiale dorée.

On dispose en outre de deux éditions d’une traduction (elle-même non conservée) du texte de Joinville, réalisées respectivement par Antoine-Pierre de Rieux à Poitiers en 1547, et par Claude Ménard en 1617. Si la première édition est entachée par des modifications du texte original et des ajouts fantaisistes, la seconde est un excellent travail d’érudit.

Enfin, un troisième état du texte est constitué par deux manuscrits qui paraissent remonter au deuxième quart du XVIe siècle. Ce sont des transcriptions modernisées (rajeunissement systématique de la langue) d’un manuscrit antérieur au manuscrit de Bruxelles.


d) Perspectives générales de l’œuvre

Joinville est un chevalier. Ce n’est ni un clerc habile à composer des livres, ni un chroniqueur formé à la recherche d’informations écrites ou orales. Néanmoins, sa démarche est sincère et désintéressée. Il raconte surtout ce qu’il a personnellement connu du règne de saint Louis, essentiellement la croisade en Égypte et le séjour en Terre sainte. Son récit est plein de vie, d’anecdotes et même de traits d’humour. C’est plus un témoignage personnel sur le roi qu’une histoire du règne.

La fraîcheur et la précision de ses souvenirs impressionne, surtout quand on sait qu’il a écrit son récit plusieurs décennies après les faits. Certains médiévistes ont expliqué cela en supposant que Joinville avait souvent raconté oralement son passé aux côtés de saint Louis ou qu’il l’avait consigné par écrit.

Mais Joinville parle presque autant de lui-même que du roi, le sujet de son livre, mais il le fait d’une manière si naturelle qu’il ne donne jamais l’impression de vouloir se mettre en avant. Nous avons ainsi un éclairage incomparable sur les façons de penser d’un homme du XIIIe siècle. Pour cette raison, les éditeurs modernes ont parfois hésité à désigner son œuvre comme ses Mémoires ou plutôt comme l’Histoire ou la Vie de saint Louis.


e) Les saintes paroles

La première partie de l’ouvrage de Joinville est consacrée aux saintes paroles du roi. Joinville rapporte les propos édifiants du roi et ses vertus chrétiennes.

La parole est très importante chez saint Louis. Sa parole est morale et didactique, à l’image des prédicateurs (dominicains et franciscains) dont il s’entoure. Elle transmet un enseignement moral et religieux et vise souvent à fortifier la foi de l’interlocuteur. Il existait une intimité entre le roi et ses proches (familiers, confidents, conseillers, parmi lesquels figurent Joinville et Robert de Sorbon) qui s’exprimait particulièrement dans la conversation : le roi invite ses interlocuteurs à répondre à ses questions, souvent en vue de les instruire sur les plans moral et religieux. Cette importance de la parole royale est particulièrement bien rendue par Joinville, qui fait très souvent parler ses personnages. C’est un des premiers mémorialistes à intégrer le dialogue reconstitué dans un récit. Il utilise le plus souvent le style direct et marque les interventions des personnages par des annonces comme « dit-il » ou « fit-il ». Et Joinville ne fait jamais tenir de longs discours monologués à ses personnages : les enseignements découlent toujours du dialogue .

D’autre part, c’est à travers les paroles du roi que ressort sa foi profonde et sa sainteté. Pour Joinville, Louis IX incarnait l’idéal du prud’homme, à la fois pieux, courageux, bon, intelligent et sage, un homme qui défend la foi chrétienne par son courage. Et de fait, dans l’œuvre de Joinville se dessine l’image d’un roi aimant ardemment son Dieu, bienveillant pour son peuple, humble, modéré et courtois, sage et juste, pacifique, loyal et généreux. Sous certains aspects, Joinville n’est parfois pas très loin de l’hagiographie.

Joinville, comme son roi, était manifestement très attaché à la religion chrétienne, à ses doctrines, à sa morale et à ses pratiques. On en a pour preuve un petit ouvrage d’édification qu’il composa en 1250, intitulé li romans as ymages des poinz de nostre foi, où Joinville fait un bref commentaire du Credo. Mais sa foi profonde et sincère contraste avec l’héroïsme chrétien presque exalté du roi. Le christianisme de Joinville est plus terre à terre, plus proche de celui du commun des mortels.


f) La croisade

Joinville raconte également les hauts faits de saint Louis, en particulier le déroulement de la septième croisade et le séjour en Terre sainte qui suivit, qui occupe la plus grande partie de son livre.



g) Valeur du témoignage de Joinville

Si Joinville ne fait pas œuvre d’historien, il est cependant tout à fait sincère. Quand il doit mentionner des faits dont il n’a pas été témoin, il exprime des réserves au sujet de ce qu’il rapporte par ouï-dire et il reconnaît les emprunts qu’il fait à d’autres chroniqueurs. Certes, lorsqu’il parle du début du règne de saint Louis, ne pouvant avoir de cette période des souvenirs personnels, il fait certaines confusions mais, à partir de la croisade de 1248, on ne le prend en défaut, sauf erreurs de détails, sur aucun des faits pour lesquels un recoupement est possible.

Cela posé, on peut se demander si la présentation générale des faits n’est pas conditionnée par sa propre personnalité, par ses conceptions et par son admiration pour le roi3. Peut-être sa position de noble et sa méfiance pour le gouvernement de Philippe le Bel ont pu l’amener à donner de la manière de gouverner de saint Louis une image proche de celle qu’on se faisait du souverain idéal. Mais il ne s’agit pas d’un enseignement organisé, qui envisage les diverses qualités et les divers devoirs du souverain. Il part de la personne du roi, l’objet de son livre, et il exprime clairement que les successeurs de celui-ci feraient bien d’en suivre l’exemple, mais il ne va pas plus loin ; il n’écrit pas un ouvrage de morale.

L’œuvre entrait dans les vues d’une politique capétienne soucieuse d’exploiter au mieux le prestige du roi mort à la croisade. Mais le recul du temps et, surtout, le désintéressement de Joinville et sa naïve rudesse donnent à ses souvenirs une exceptionnelle valeur.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:36

Guillaume de Beaumont


Guillaume de Beaumont-au-Maine, évêque d'Angers, fils deRichard Ier de Beaumont et de Luce de Laigle.


Il est né en 1177, l'année même où son oncle Raoul montait sur le même siège. Gilles Ménage, et ceux qui l'ont suivi, le font fils d'Herbert, de la branche de Montreveau. G. Dubois, dans son Étude sur Guillaume des Roches, s'était bien aperçu de cette erreur, mais sans pousser plus loin ses investigations qui le détournaient de son sujet. L'enfant fut élevé sous les yeux du prélat et profita de ses leçons.

La famille de Beaumont restait toujours attachée aux intérêts des rois d'Angleterre, ses alliés par le sang et qui cherchaient par tous les moyens à la gagner de plus en plus. Guillaume de Chemillé, évêque d'Angers, démissionna en 1200. Jean sans Terre, déjà en lutte avec Philippe-Auguste, se hâta d'écrire au chapitre que, ne pouvant assister en personne à l'élection du successeur, il leur envoyait Guillaume des Roches et Guérin de Glapion, sénéchaux d'Anjou et du Maine, pour l'informer de ses intentions, qui concernaient certainement l'élection de Guillaume de Beaumont.
Les chanoines n'obéirent point à cette injonction et gagnèrent du temps. Raoul VIII de Beaumont, qui n'était pointsénéchal d'Anjou, comme le croit Célestin Port, alla néanmoins à Rome cautionné d'argent par le roi pour avancer les affaires de l'élection. À son retour, il fut adjoint à Guillaume des Roches et à Guérin de Glapion pour transmettre au chapitre les intentions du roi. « Croyez, disait le souverain, ce qu'ils vous diront, et faites-le dans votre intérêt. » Guillaume fut élu en juillet 1202, et consacré le 23 septembre 1203. Il avait vingt-cinq ans. Il s'occupa, pendant trente-huit ans, de l'administration de son diocèse et ne fut pas sans influence dans les affaires de l'État. On peut le compter parmi les auxiliaires de saint Louis.

Il contribua beaucoup à organiser l'hôpital Saint-Jean-l'Évangéliste d'Angers, réglant en particulier ce qui concernait l'élection des prieurs, s'intéressa à l'abbaye de Mélinais à laquelle il procura le bénéfice de la Chapelle-Louet, favorisa aussi l'abbaye de Bellebranche, l'abbaye de Chaloché, l'abbaye de la Haye aux Bonhommes, auxquels il unit le Prieuré de la Primaudière, l'abbaye de la Roë à laquelle il donna la paroisse d'Aubigné.

Il assista au concile de Château-Gontier, qui n'est pas indiqué par Maan, présida à la sépulture de Guillaume des Roches, en 1222, fit hommage à Philippe-Auguste pour le temporel de son évêché, sous la réserve que si le comté était jamais aliéné par la couronne l'hommage ne serait pas dû au comte (Célestin Port dit précisément le contraire), novembre 1223. Il unit des églises paroissiales à l'archidiaconné d'Outre-Maine, aux archiprêtrés et doyennés ruraux, 1224 ; obtint de saint Louis 900 livres en réparation des dommages causés aux domaines de l'évêché par les nouvelles fortifications de la ville et du château d'Angers, 1232 ; fit un concordat avec Macé de Romfort pour les cens à percevoir au faubourg et dans la rue de Romfort ; accorda au chapitre une partie du palais épiscopal pour y construire la chapelle Saint-Michel, 1236 ; et rédigea une ordonnance qui peut être regardée comme le premier rudiment des statuts synodaux du diocèse.

Il consacra un grand nombre d'églises, parmi lesquelles on connaît : Saint-Pierre d'Angers, la Boissière, Saint-Nicolas de Craon, Chaloché, Villeneuve, le chœur de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers. Notons enfin qu'il introduisit dans l'Anjou : les Templiers, les Franciscains, les Dominicains, imitant en cela Raoul, son oncle, qui avait procuré l'établissement des religieux de Grandmont et des Frères de l'aumônerie, et complétant son œuvre.

Frappé de paralysie en 1236, Guillaume fut inhumé le 2 septembre 1240. Sa tombe était décorée de sa statue en cuivre avec les vers suivants, à doubles rimes, qui font son éloge et donnent la date de son décès et les années de son pontificat. Le martyrologe du chapitre fait aussi son éloge.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:44

Olivier de Termes , maitre des arbalétriers du roi



Olivier de Termes, né vers 1200 à Termes (Aude) et mort le 12 août 1274 à Saint-Jean-d'Acre, Royaume de Jérusalem, est l'un des plus célèbres chevaliers du XIIIe siècle, le plus actif des opposants à la croisade des Albigeois et un protecteur des Cathares. Il devient ensuite un fidèle du roi saint Louis et de l'Église catholique en Languedoc et en Terre Sainte où il meurt à la tête des armées croisées.
Olivier acquit une large renommée auprès de ses contemporains et devient familier de plusieurs rois et papes grâce à son énergie, sa bravoure et sa maîtrise de l'art des sièges et de la guérilla dont il fait preuve dans son métier de chevalier jusqu'à sa mort.


Une enfance brisée


Olivier naît vers 1200 dans une riche famille seigneuriale, convertie au catharisme, qui domine autour du château de Termes (Aude) une soixantaine de villages ou hameaux. Sa jeunesse est dramatiquement marquée par le début de la croisade albigeoise : en 1210, à la suite de la prise du château de Termes par Simon IV de Montfort, il perd son père et ses biens, mais a pu observer les techniques de siège et de guérilla dont il va devenir le grand spécialiste. Il achève son éducation en Catalogne d'où est originaire sa mère. C'est là qu'il rencontre ses futurs suzerains dont il va devenir l'un des familiers : Jacques Ier roi d'Aragon, Raimond le Jeune, comte de Toulouse qui accompagne en exil son père Raymond VI de Toulouse, et Raimond Trencavel vicomte de Carcassonne. Tous les quatre sont de la même génération, ont été victimes de la croisade et sont animés d'un esprit de reconquête.


Au service des princes méridionaux

Olivier se met donc au service de ces trois seigneurs et se distingue dans un grand nombre d'opérations militaires : pour le comte de Toulouse, il défend le village de Labécède-Lauragais assiégé par l'armée du roi de France (1227) ; pour le roi d'Aragon Jacques Ier, il participe à la conquête de Majorque sur les maures ; pour le comte de Toulouse, il administre à plusieurs reprises la ville de Narbonne révoltée contre son évêque et l'Inquisition (entre 1234 et 1242) ; avec Raimond Trencavel, il soulève les Corbières contre le roi et mène le siège de Carcassonne (1240), etc. En récompense, il reçoit des fiefs en Lauragais, en Roussillon et à Majorque.


Au service du roi de France

Mais après que ses suzerains ont fait définitivement la paix avec Louis IX, il se met au service du roi de France à partir de 1245. Pendant la Septième croisade, Olivier, à qui le roi a confié la charge de maître des arbalétriers (soit chef de l'artillerie), se distingue en défendant Damiette(Égypte, 1250) et en sauvant Joinville à Baniyas (Palestine, 1253). Reconnaissant, saint Louis rend à Olivier sa seigneurie de Termes. Revenu en France en 1255, Olivier met un terme à la pacification du Languedoc en obtenant la reddition du château de Quéribus (1255), puis monte à la cour où il joue un rôle de conseiller auprès du roi pour les affaires touchant le Languedoc, l'Aragon et la Castille. Familier également de Jacques Ier d'Aragon, Olivier est sans doute l'un des artisans du traité de Corbeil (1258) passé entre les deux rois et qui fixa pour quatre siècles la frontière entre l'Aragon et la France.


Au service de Dieu

À partir de 1257, Olivier est travaillé par le salut de son âme et décide de se mettre au service de Dieu. En quelques années il liquide sa seigneurie dont le château d'Aguilar qu'il avait fait construire, pour distribuer des dons considérables à l'abbaye de Fontfroide et à d'autres établissements religieux, et pour financer une expédition militaire en Terre Sainte. Il y retourne en 1264 à la tête d'un contingent royal, puis devient en 1269 sénéchal du royaume de Jérusalem, c'est-à-dire chef des armées de Terre Sainte où il mène une lutte active contre les musulmans. Il participe à la Huitième croisade en rejoignant Louis IX à Tunis (1270) puis repart en Terre Sainte à la tête d'un nouveau contingent soldé par le pape et le roi (1274). Il y meurt le 12 août 1274. Olivier, s'il n'a pas été enterré en Terre Sainte, repose peut-être à Fontfroide, contre la chapelle Saint-Bernard qu'il avait fait construire.

En se ralliant à l'Église catholique et au roi de France, Olivier de Termes a entraîné avec lui tout son entourage, et a sans doute largement facilité certains des grands objectifs du roi de France et de l'Église : l'intégration du Languedoc à la France, la lutte contre l'hérésie cathare, la construction d'une Église moderne en Languedoc, et la lutte contre les musulmans.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 22 Mar - 16:50

Raymond de Villeneuve
Arnaud de Villeneuve
Pons de Villeneuve




Arnaud de Villeneuve, Raimond de Villeneuve et Pons de Villeneuve sont les trois frères du nom de Villeneuve, chevaliers languedociens, qui suivirent en 1248 en Terre sainte, Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse. Le Roi Saint Louis rendit en leur faveur une sentence au camp de Joppé en décembre 1252.

Pour subvenir aux frais de la croisade, ces chevaliers avaient aliéné la ville de Pontsorbe à l'Ordre de Saint-Jean.

Pierre V de Villeneuve fut du nombre des seigneurs languedociens qui suivirent le malheureux Raimond II Trencavel en Palestine. Il prit aussi la croix en 1270, ainsi que le mentionne Joinville, et mourut devant Tunis.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 10:40

Raimond II Trencavel , ancien vicomte de Carcasonne, Razès, Albi et Béziers


Raimond II Trencavel (vers 1204 - † vers 1267), est un membre de la maison Trencavel. Il cherchera, des années durant, à reprendre les possessions de son père dont la croisade des Albigeois l'avait spolié. Il s'opposa à plusieurs reprises à Amaury de Montfort, alors établi sur les anciens domaines Trencavel.

Jeunesse

Raimond est encore en bas âge, lorsque les croisés font le siège de la ville de Carcassonne, alors tenue par son père Raimond-Roger Trencavel en 1209. À la prise de la ville, Simon de Montfort, alors chef militaire de la croisade, fera emprisonner Raimond-Roger dans ses propres cachots. À la mort de ce dernier le 10 novembre1209, Simon de Montfort, qui briguait les territoires Trencavel, fait signer à Agnès de Montpellier, l'épouse du défunt, une renonciation sur ses droits ainsi que ceux de son fils. En contrepartie, elle reçut une rente viagère de trois mille sous et le remboursement sur un an, réalisé en quatre versements, de sa dot se montant à vingt-cinq mille sous. Raimond est alors confié à la tutelle du comte Raymond-Roger de Foix.

Première reconquête

Raimond prit une part active à la reconquête occitane menée par Raymond VII de Toulouse. En effet, à partir de 1216, le pays se soulève face au joug imposé par Simon de Montfort. Ce dernier sera d'ailleurs tué en tentant de soumettre la ville de Toulouse par le biais d'un siège en règle, en 1218. Son successeur, son fils Amaury, sera incapable de faire face à cette révolte générale et restituera peu à peu les terres conquises lors de la croisade des Albigeois. En 1224, Carcassonne est reprise et Raymond VII offre la ville à son possesseur légitime : Raimond.
Il la conservera jusqu'en 1226, année où Louis VIII viendra soumettre la ville à nouveau. Cette dépossession sera entérinée par le traité de Meaux-Paris en 1229 qui fera de la ville une sénéchaussée royale. Raimond dut s'exiler à la cour du roi d'Aragon.


Deuxième reconquête

En 1240, Raimond, qui possédait encore de nombreux contacts dans le pays, décide de reprendre son dû : la cité de Carcassonne, avec l'aide d'Olivier de Termes. Le 17 septembre, il profite de la complicité de la noblesse locale et des habitants des faubourgs de la ville pour assiéger la cité. Les combats dureront 25 jours et seront sans merci. Alors que la cité allait tomber aux mains des faydits qui accompagnent Raimond, l'armée royale arrive pour secourir la cité. Le 11 octobre, Raimond doit lever le siège de toute urgence. Il se rend à Montréal où il sera poursuivi et assiégé à son tour. Il réussit à s'échapper et repartit à nouveau en exil en Aragon.



Soumission et prise de la croix

En 1246, Raimond sera contraint à renoncer à ses droits. L'année suivante, il brisera son sceau de vicomte de Béziers et de Carcassonne en gage de soumission au roi de France qui est alors saint Louis. En 1248, il fit partie de la septième croisade. Le dernier acte connu le concernant date de 1263.


On suppose qu'il est mort avant 1267, date à laquelle son fils Roger apparaît sous le nom de Roger de Béziers, fils de Trencavel, dit vicomte de Béziers.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 11:48

Pierre Mauclerc , comte de Bretagne

Pierre Ier de Bretagne, dit aussi Pierre de Dreux puis Pierre« Mauclerc » puis Pierre de Braine, né vers 1187 à Dourdan, mort le 26 ou 27 mai 1250 en mer, est un noble du XIIIe siècle, d'ascendance capétienne de la maison de Dreux. Il fut baillistrede Bretagne de 1213 à 1237, comte de Richmond et seigneur de Machecoul

Pierre de Dreux est né vers 1187 à Dourdan. Il est le second fils de Robert II de Dreux « le Jeune » (vers 1154 à Dreux – 28/12/1218), comte capétien de Dreux, de Braine et de Nevers, seigneur de Fère, de Pont-Arcy, de Quincy-sous-le-Mont et de Longueville, et de Yolande de Coucy (vers 1164 à Boves – 18/03/1222).

Selon une hypothèse, d'abord destiné à une carrière dans le clergé, Pierre de Dreux y renonce après avoir longtemps étudié aux Écoles de Paris, d'où serait venu son surnom de« Mauclerc », c'est-à-dire « mauvais clerc » qu'on lui a attribué après sa mort. C'est en souvenir de cet épisode ecclésiastique qu'il aurait brisé le blason paternel (Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules) avec un franc quartier d'hermine, alors réservé au clergé.
Son surnom de « Mauclerc » peut aussi faire référence à la relation conflictuelle qu'il entretient avec le haut clergé breton en général et l'évêque de Nantes en particulier. Celui-ci ne veut pas lui céder des terrains appartenant au clergé, qui sont situés sous le tracé de la nouvelle enceinte de Nantes. Son surnom est attesté en latin dès le milieu du XIIIe siècle et figure dans l'arrêt de Conflans (1341).


Le fidèle du roi de France

Pierre de Dreux est armé chevalier par le roi de France Philippe II Auguste le 17 mai 1209, jour de la Pentecôte. Cette même année, un accord sous l'égide de Philippe II Auguste, conclu à Paris entre Guy de Thouars († 1213) et le comte Alain Ier d'Avaugour (1151-1212), prévoit les fiançailles de leurs enfants et héritiers respectifs : Alix de Thouars (1201-1221), fille aînée de Guy de Thouars et de Constance de Bretagne (1161-1201), et Henri II d'Avaugour (1205-1281), le jeune fils d'Alain Ier d'Avaugour et de Adelaïde ou Alix de L'Aigle .

Après la mort d'Alain Ier d'Avaugour le 29 décembre 1212, Philippe II Auguste, peu confiant dans la fidélité et l'autorité en Bretagne de Guy de Thouars, et du fait du jeune âge du fiancé Henri II d'Avaugour qui n'a que 7 ans, décide de lui substituer son cousin Pierre de Dreux, âgé de 26 ans. Un mois plus tard, le 27 janvier 1213, Pierre de Dreux, ainsi fiancé à Alix de Thouars (11 ans), rend l'hommage lige pour la Bretagne à Philippe II Auguste. Le mariage avec Alix de Thouars n'est concrétisé qu'en février-mars 1214, dans les jours qui suivent le débarquement de Jean d'Angleterre (Jean sans Terre) à La Rochelle.

En 1214-1215, Pierre de Dreux, devenu baillistre sous le nom de Pierre Ier de Bretagne, affirme son autorité enBretagne en spoliant le jeune Henri II d'Avaugour, 10 ans, fils d'Alain Ier d'Avaugour, du comté de Penthièvre et de celui de Tréguier, et en réduisant son domaine à la seule petite seigneurie de Goëlo, ce qui entraine un conflit avec le tuteur d'Henri, Conan Ier de Léon, qui perdure jusqu'en 1220

Pierre Ier de Bretagne soutient Philippe II Auguste dans son combat contre l'Angleterre, et combat avec le fils du roi (futur Louis VIII) à la bataille de la Roche-aux-Moines en 1214 contre Jean sans Terre. Il fait ensuite partie du corps expéditionnaire français qui débarque en Angleterre en 1216 pour aider les barons anglais contre leur roi. Malgré l'échec du prince Louis de France à s'emparer de la couronne, Pierre Ier de Bretagne entre en contact avec l'entourage du fils de Jean sans Terre, le futur Henri III, au sujet de la restitution de l'Honneur de Richmond, qu'il reçoit en 1218. Pierre Ier de Bretagne participe ensuite en 1219 à la prise de Marmande et au siège deToulouse durant la croisade des Albigeois

Après la mort d'Alix de Thouars (le 21 octobre 1221), Pierre Ier de Bretagne demeure régent (baillistre) du duché de Bretagne, au nom de son fils, le futur Jean Ier de Bretagne (1217-1286). De retour en Bretagne, il réprime en 1222 une révolte des barons bretons lors de la bataille de Châteaubriant (3 mars 1222) et récupère le fief de Ploërmel sur Amaury Ier de Craon (1170-1226), l'héritier de son frère Maurice III de Craon (1165-1207). En 1223-1225, Pierre Ier de Bretagne fait édifier un château-fort et une nouvelle agglomération qu'il dénomme Saint-Aubin-du-Cormier, afin de tenir en respect les deux plus puissantes seigneuries du comté de Rennes, Vitré et Fougères.

Pierre Ier de Bretagne aide ensuite le nouveau roi de France Louis VIII dans sa lutte contre Henri III d'Angleterrelors des sièges de Niort et de La Rochelle en 1224. La même année, il met à raison le seigneur de Châteauceaux (aujourd'hui Champtoceaux), en face d'Ancenis sur la Loire, et reçoit du roi ce fief angevin, et en 1226, il accompagne le roi lors de sa dernière campagne dans le midi de la France.

Veuf, Pierre courtise alors Jeanne de Flandre, comtesse titulaire de Flandre et encore mariée à Ferrand de Flandre qui croupit dans les geôles du Louvre après sa capture à Bouvines. Il obtient son accord pour tenter de faire annuler son mariage pour consanguinité par le Pape Honorius III. Ce dernier accède à la demande. Cependant, le roi de France Louis VIII refuse son autorisation au remariage du duc de Bretagne avec la comtesse de Flandre, un tel territoire prenant en tenaille le domaine royal lui paraissant dangereux. Louis VIII obtient du Pape l'autorisation du remariage de Jeanne et de Ferrand tout en les obligeant à un traité ainsi qu'une rançon.

Conflit avec les évêques de Bretagne

Pierre Ier de Bretagne mène de longs conflits avec le clergé breton, qui sont sans doute la véritable origine de son surnom de « Mauclerc ».

Le premier incident se produit avec l'évêque de Nantes, Étienne de La Bruyère (1213-1227), lorsque le duc Pierre Ier de Bretagne veut développer les défenses de Nantes en empiétant sur le domaine épiscopal et prélever à son seul profit des taxes. Étienne de La Bruyère porte plainte à Rome et obtient l'appui papal. Le pape Honorius III somme en vain le duc de réparer ses torts (20 avril 1218), l'évêque de Nantes prononce une excommunication inutile contre le duc, excommunication confirmée par l'archevêque de Tours auprès duquel il s'est réfugié, et qui étend l'interdit sur toute la Bretagne (28 juin 1218). L'excommunication est confirmée par le pape le7 décembre 1218 et fulminée par les quatre archevêques de Sens, de Tours, de Bourges et de Rouen. Toutefois, Pierre Ier de Bretagne, qui participe alors à la croisade contre les Albigeois, obtient un sursis, mais il doit se soumettre le 28 janvier 1220 en restituant le régaire à l'évêque de Nantes, et en réparant les déprédations commises.

Une courte période d'apaisement suit, comme en témoigne la cérémonie du 25 octobre 1223, lors de la dédicace de l'église de l'Abbaye de Villeneuve, aux Sorinières, lorsque les corps de Constance de Bretagne († 1201), de Guy de Thouars († 1213), et d'Alix de Thouars († 1221) l'épouse du duc, y sont translatés en présence de tous les évêques bretons, sauf celui de Dol, de l'évêque d'Angers et de douze abbés cisterciens.

Un nouveau conflit éclate avec l'évêque de Rennes aux sujets des fortifications de la ville et lors d'une assemblée des États à Nantes le 17 mai 1225 : les démêlés reprennent entre le duc Josselin de Montauban, évêque de Rennes, bientôt soutenu par Étienne de Tréguier (vers 1224-1237) et Guillaume Pinchon de Saint-Brieuc († 1234), au sujet de prélèvements abusifs pratiqués par le clergé paroissial, le « tierçage » et le « past nuptial », qui y perdent leur temporel et doivent s'exiler. Le duc Pierre, à l'assemblée de Redon en 1227, obtient l'appui des seigneurs laïcs bretons, mais les évêques de Saint-Malo, de Dol, de Vannes et de Léon, rejoignent leur collègues exilés, et sept évêques prononcent l'excommunication de Pierre, pendant que le pape Grégoire IX la confirme le 19 mars 1228 et invoque l'intervention du bras séculier (29 mai 1228) et prononce une nouvelle sentence d'excommunication et d'interdit sur la Bretagne le 14 novembre 1228.

Le duc Pierre Ier de Bretagne doit se soumettre définitivement à Rome le 30 mai 1230, lorsque son hommage au roi Henri III d'Angleterre entraîne le ralliement de ses principaux vassaux à Louis IX, et c'est le pape qui arbitre le dernier conflit de Pierre avec les évêques de Rennes et de Saint-Malo dont il a occupé militairement les domaines .

Le séditieux (1226-1234)

Après la mort du roi Louis VIII, Pierre Ier de Bretagne participe, entre 1227 et 1234, avec plusieurs des grands du royaume, à quatre révoltes contre Blanche de Castille (1188-1252), régente pour le compte de son fils Louis IX (1214-1270), âgé de 11 ans.

Le changement d'alliance se profile déjà avant le décès de Louis VIII, lorsque Pierre Ier de Bretagne reprend contact avec la cour anglaise et conclut, à Westminster le 19 octobre 1226, un pacte contre les « ennemis communs sur le continent ». Une union entre sa fille Yolande de Bretagne (1218-1272) et le roi Henri III d'Angleterre (1207-1272) est également envisagée. Lors des deux premiers soulèvements, Pierre se soumet avant que les troupes françaises ne pénètrent en Bretagne et, lors de la paix de Vendôme le 16 mars 1227, il obtient de conserver les forteresses royales de Saint-James de Beuvron, Bellême et La Perrière que lui avait confiées Louis VIII.

En octobre 1229, la rupture est consommée, lorsqu'il fait hommage pour le duché de Bretagne au roi Henri III d'Angleterre à Portsmouth. Le roi d'Angleterre intervient bien en France à partir du 3 mai 1230 lorsqu'il débarque à Saint-Malo et remonte depuis la Guyenne vers la Bretagne, mais se rembarque le 28 octobre 1230, sans combattre, en ne laissant qu'une troupe de 1500 hommes à son nouveau vassal

Acte par lequel les barons français déclarent Pierre Mauclerc coupable de forfaiture envers le roi de France, lui retirent son fief et délient les vassaux de Bretagne du serment de fidélité qu'ils lui ont prêté (Ancenis, juin 1230).

Les opérations militaires sont peu actives et Louis IX de France réunit à Ancenis en 1230 une assemblée au cours de laquelle Pierre Ier de Bretagne est privé du bail du duché pour félonie, ce qui entraîne la défection des principaux barons, dont Henri de Penthièvre, et de plusieurs seigneurs : André III de Vitré (1180-1250), Raoul III de Fougères, Geoffroy IV de Châteaubriant († 1233), Gelduin II de Combourg, Richard le Maréchal (1191-1234) seigneur de Dinan, et Guyomarch VI de Léon († 1239). Les campagnes de 1231-1232 permettent aux Français d'occuper les places fortes frontalières et d'avancer jusqu'à Saint-Aubin-du-Cormier, qu'ils assiègent en 1231. Son allié anglais restant inactif, Pierre préfère négocier une trêve de trois ans le 24 juin 1231. Dès le début de l'offensive des troupes françaises en juillet 1234, il fait sa soumission pure et simple, sans aviser le roi d'Angleterre de son changement d'obédience, ce qui lui vaut la saisie de l'Honneur de Richmond.

Lors de sa soumission à Paris le 4 novembre 1234 Louis IX exige qu'il renonce aux avantages acquis lors de la paix de Vendôme. Il réoccupe Saint-James de Beuvron définitivement et Châteauceaux et Saint-Aubin-du-Cormier pendant trois ans, mais il lui laisse le bail du duché jusqu'à la majorité de son fils Jean Ier de Bretagne.

Le chevalier Pierre de Braine

Son fils Jean Ier de Bretagne devient enfin majeur et prête hommage au roi de France le 16 novembre 1237, ce qui contraint les nobles rebelles à se soumettre. Pierre Ier de Bretagne prend alors le nom de « Pierre de Braine », Braine étant son petit domaine de cadet de la maison de Dreux, et participe en 1238-1240 à la croisade de 1239 en Terre sainte avec Thibaut IV de Champagne (1201-1253). Revenu en France, il remporte quelques succès maritimes contre les Anglais en 1242 et en 1243.

En 1248-1250, il participe à la croisade égyptienne de Saint Louis, blessé lors de la Bataille de Mansourah, il meurt en mer sur le chemin du retour. Il est inhumé dans la nécropole familiale de la maison de Dreux, l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine.

Le poète

Pierre Ier de Bretagne est enfin un poète qui a laissé des œuvres profanes et religieuses : quatre chansons d'amour connues sous le nom des Chansons du Quens de Bretagne, un cantique à Jésus-Christ, à la Vierge et à la Trinité.

Unions et descendance

Pierre de Dreux épouse, en mars 1213, Alix de Thouars (1201-21/10/1221), duchesse de Bretagne, fille de Guy de Thouars († 13/04/1213 à Chemillé), vicomte de Thouars, baillistre de Bretagne, et de Constance de Bretagne(vers 1161 – septembre 1201 à Nantes), duchesse de Bretagne, et dont il a trois enfants :

• Jean Ier de Bretagne (1217-08/10/1286 à Marzan), duc de Bretagne, qui épouse (1236) Blanche de Navarre(1226-1283), fille de Thibaut Ier de Navarre (30/05/1201 à Troyes – 14/07/1253 à Pampelune), comte de Champagne et roi de Navarre, et d'Agnès de Beaujeu († 11/07/1231) ;
• Yolande de Bretagne (1218-10/10/1272), qui épouse (janvier 1236) Hugues XI de Lusignan (1221-06/04/1250), seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues X de Lusignan (1185-05/06/1249 à Damiette), comte de la Marche, et d'Isabelle d'Angoulême (1188-04/06/1246), comtesse d'Angoulême ;
• Arthur de Bretagne (1220-1224), mort en bas âge.


Pierre de Dreux aurait ensuite épousé, en février 1230, une certaine Nicole (vers 1205-06/02/1232), d'origine inconnue (elle serait peut-être apparentée à la famille Paynel) ou selon une autre hypothèse récente une fille d'Olivier de Varades, dont en tout état de cause il a un autre fils :

• Olivier de Braine (1231-1279), qui hérite de la seigneurie de Machecoul (il devient ainsi Olivier Ier de Machecoul et fonde le rameau familial de Machecoul). Il épouse (vers 1250) Marquise de Coché (1235-28/11/1268), marquise de Souché, dame de Coché, de La Bénate et du Coutumier, fille d'Olivier de Coché, seigneur de Coché et de La Bénate, et de Pétronille de Clisson, dame de La Bénate. Puis il épouse (1268) Eustachie de Vitré (vers 1240 – après 1288), dame des Huguetières, fille d'André III de Vitré, (vers 1180-08/02/1250 à Mansurah), baron de Vitré, et de Thomasse de La Guerche (née vers 1215), dame de Mareuil et de Villemomble.

Pierre de Dreux épouse ensuite, en janvier 1236, Marguerite de Montaigu (1189-27/11/1241), fille de Brient de Montaigu, dame de Montaigu, de Commequiers, de La Garnache puis de Machecoul, et veuve d'Hugues Ier de Thouars († 1230), et dont il n'a pas d'enfants.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 12:00

Bouchard V de Vendôme




Bouchard V de Vendôme († 1271),comte de Vendôme (1249-1271) de laMaison de Montoire, fils de Pierre et deGervaise de Mayenne.
Il épousa Marie de Roye fille de Raoul II de Roye, et eut :


• Jean V
• Bouchard, seigneur de Bonnevau
• Pierre, chanoine de Tours († 1311)
• Aliénor, mariée à Bouchard VII, baron de L'Île-Bouchard



Il participa activement aux expéditions de son suzerain Charles Ier, roi de Naples etcomte d'Anjou, en Hainaut, Italie et Sicile. Il accompagna également Saint Louis enCroisade et meurt de la peste à Tunis en 1271.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 12:03

Henri II Clément



Henri II Clément, seigneur du Mez et d'Argentan, maréchal de France, mort en1265.

Fils du maréchal Jean III Clément, Henri II Clément accompagna le roi Saint Louis à son premier voyage en Terre Sainte en1249.

On retrouve son nom dans une Chartre de l'abbaye de Saint-Denis de 1263.
Henri II est le quatrième maréchal de la famille Clément. Cette haute dignité resta, par la volonté du roi, propriété de cette famille pendant près d'un siècle (La vertu des pères ayant par quelques degrés conservé cette succession aux enfants).

Leur terre de Mez en fut appelée Le Mez Maréchal.





Gilles Ier de Mailly et son fils Jacques de Mailly


La maison de Mailly est une ancienne famille noble originaire de Mailly-Maillet, en Picardie.




Gilles Ier, seigneur de Mailly, d'Auteville, de Nedon, d'Auvilliers, d'Acheu, de Vavans, de Colincamp, de Ploich, d'Andinser et de Meiseroles, se distingua lors de la septième croisade (1245-1248), où il se rendit accompagné de neuf chevaliers faisant partie de ses vassaux3.

Il épousa Avicie de Heilli (ou Heilly), fille de Gautier III d'Heilly, dont il eut pour enfants:

• Gilles II, qui suit
• Eustache,
• Jacques, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, y déploya tant de courage que les infidèles l'avaient surnommé le Saint Georges des Chrétiens.
• Hugues,
• Nicolas,
• Sohier,
• Elisabeth,
• Elise,
• Pavie
• Mathilde2.

Avicie de Heilly, est nommée dans une charte de Gautier III de Heilly, son père, de l'an 1219. touchant les autels, patronages, prébendes & décimes des églises de Souilloy, d'Heilly, de Robemont, de Villers, Bretonneaux & Ploich, & dans des chartes d'Artois, qui sont à Lille aux feuillets 215. v°. & 216. ès années 1239. & 1243. où il est fait mention de Gilles de Mailly son mari.

Il est mort en juillet 1255.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 12:18

Religieux


Eudes de Châteauroux , légat du pape

Eudes de Châteauroux, aussi Ottone de Castro Rodolfi da Châteroux, surnommé le cardinal Candius ou Blancus, (né vers 1190à Châteauroux en Berry, et mort à Orvieto le25 janvier 1273) est un cardinal français du XIIIe siècle.

Eudes de Châteauroux est professeur et chancelier de l'Université de Paris ou de l'École cathédrale de Paris et chanoine du chapitre de la cathédrale de Paris.
Le pape Innocent IV le crée cardinal lors du consistoire du 28 mai 1244. Il participe au premier concile de Lyon. Eudes est nommé légat du pape pour la septième croisade(1248-1254) Il est à ce titre chargé de prêcher le croisade dans toute la France et accompagne le roi Saint Louis en Égypte et en Terre Sainte.

Le cardinal de Châteauroux ne participe pas à l'élection papale de 1254, lors duquel Alexandre IV est élu. Il est doyen du collège des cardinaux en 1254 et participe aux élections papales de 1261 (élection d'Urbain IV), de 1264-1265 (élection de Clément IV) et de 1268-1271 (élection de Grégoire X). En 1270 il est camerlingue de la sainte Église.

Eudes de Châteauroux est l'auteur de 65 homélies pour les saisons liturgiques et les fêtes des saints.




Gui de Châteu-Porcien , évêque de Soissons



Gui de Château-Porcien (ou Jacques de Castel, ou Gui du Chastel), mort en Égypte, à proximité de Massoure, le 5 avril 1250, est un évêque du diocèse de Soissons.

L'on ne connait point la date de sa naissance. Il est le fils de Raoul, comte de Château-Porcien, et d'Agnès de Bazoches, sœur de Jacques de Bazoches, évêque de Soissons.

Le doyenné de l’église de Laon lui fut donné en 1233, mais il ne le garda qu'un an.
Dans cette période où le népotisme avait un sens, il fut élu au siège épiscopal de Soissons en décembre 1245.

En 1246, il unit à la cour épiscopale le tribunal de l’officialité.

Il suit Louis IX en croisade. En 1250, la situation des Français tourne mal, la croisade est un échec militaire. À l'issue de la bataille de Massoure, Gui, au déshonneur, préféra la mort ; il aspira au martyre et choisit le suicide :

« Lorsqu'après les suites funestes de cette expédition, saint Louis résolut, le 5 avril de cette année, de reprendre le chemin de Damiette avec les pitoyables restes d'une armée qui achevait de s'anéantir, Gui, n'envisageant dans cette retraite rien qui ne lui parût pire que la mort, aima mieux s'y livrer volontairement en se jetant au milieu des infidèles.»»

« Il y avait dans l'armée, dit Joinville, un très vaillant homme nommé monseigneur Jacques de Castel, évêque de Soissons. Quand il vit que nos gens s'en revenaient vers Damiette, lui, qui avait grand désir d'aller à Dieu, ne voulut pas revenir vers la terre où il était né; il piqua des éperons et s'attaqua tout seul aux Turcs qui de leurs épées le tuèrent et le mirent dans la compagnie de Dieu, au nombre des martyrs. »


Il est le cousin de Nivelon de Bazoches qui lui succédera sur le siège épiscopal.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 12:24

Barons de Terre-Sainte



Conrad IV de Hohenstaufen , roi titulaire de Jérusalem


Conrad IV (1228-1254) fut roi de Germaniede 1237 à 1254, roi de Sicile (en tant que Conrad Ier) de 1250 à 1254, roi de Jérusalem (en tant que Conrad II) de 1228 à 1254 et duc de Souabe (en tant que Conrad III) de 1235 à 1254.


Fils de Frédéric II Hohenstaufen et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière (1227-1273) en 1246.
Ils ont un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe.
À sa naissance, Conrad est destiné à la succession de la Sicile, le pape souhaitant séparer les couronnes de Germanie et de Sicile. C'est son demi-frère aîné Henri qui est donc élu roi des Romains en avril 1220.
En 1228, à la mort de sa mère, il devient titulaire du Royaume de Jérusalem, où il ne se rendit jamais. Les représentants impériaux sur place parlent en son nom, en pratique suivant les ordres de Frédéric II.
Duc de Souabe, élu roi des Romains en 1237, à la suite de la déposition de son frère Henri VII, il se voit opposer un anti-roi, lelandgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui le vainc à la bataille de la Nidda en 1246, mais meurt en 1247. Guillaume II de Hollande devient le nouvel anti-roi. Conrad IV n'arrive finalement pas à dominer la Germanie.

Son règne en tant que roi des Romains fut contesté par Guillaume II de Hollande puisque le pape Innocent IV combattit son élection en soutenant Guillaume II. Il fit d'ailleurs prêcher une croisade contre lui.

Seul fils survivant et légitime de Frédéric II, Conrad hérite à la mort de son père en 1250 du royaume de Sicile, tandis que son frère illégitime, Manfred est fait prince de Tarente. Toutefois, Conrad ne fut pas reconnu et dut passer en Italie afin de se faire reconnaître roi de Sicile : il prit Naples, Capoue, Aquino ; mais il mourut au milieu de ses conquêtes, en 1254. On accusa son frère Manfred, qui convoitait sa succession, de l'avoir empoisonné. À Conrad succéda son fils Conradin, âgé de deux ans, sous la régence d'un capitaine allemand, Berthold de Hohenbourg. Ce dernier vit toutefois sa régence usurpée par l'oncle de Conradin, Manfred. Le pape confirma ensuite Manfred comme vicaire de Conradin.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 20:58

Jean d’Ibelin , comte de Jaffa
Voir plus haut


Hugues d’Ibelin , prince de Galilée et seigneur de Beyrouth


Hugues d'Ibelin, mort en 1254, fut unseigneur de Beyrouth (1247-1254) et unprince titulaire de Galilée par mariage (1252-1254).

Il était fils de Balian d'Ibelin, seigneur de Beyrouth, et d'Echive de Montbéliard.
Il épousa Marie de Montbéliard, petite-fille de Gautier de Montbéliard, princesse titulaire de Galilée, fille d'Hugues de Montbéliard, prince de Galilée, et d'Echive de Saint-Omer, mais n'eut pas d'enfants.



Philippe de Montfort ,seigneur de Tyr et de Toron


Philippe de Montfort, né en Terre sainte, probablement à Sidon vers 1206, assassiné à Tyr le 17 mars 1270, fut seigneur de la Ferté-Alais, deBréthencourt et seigneur de Castres-en-Albigeois de 1228 à 1239, seigneur de Toron de 1239 à 1257 et seigneur de Tyrde 1246 à 1270. Il était fils de Guy de Montfort, seigneur de la Ferté Alais, de Bréthencourt et de Castres et d'Helvis d'Ibelin.

Né en Terre Sainte, frère utérin de Balian Grenier, comte de Sidon, il vint en France vers 1211 quand son père y retourna, pour aider son frère aîné Simon de Montfort, qui dirigeait la croisade des Albigeois. En1212, son père reçut la seigneurie deCastres-en-Albigeois.

Il épousa vers 1220 Éléonore de Courtenay (1208 † 1230), fille de Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople, et de Yolande de Hainaut. Ils auront un fils, Philippe (1225 † 1270), qui lui succédera dans ses fiefs français.


Philippe Ier part en 1228 avec la sixième croisade, mais ne reste pas en Orient et rentre pour prendre possession des domaines de son père, tué lors du siège d'un château près de Pamiers. En 1239, l'appel de l'Orient se fait à nouveau sentir, il laisse ses domaines de Castres, la Ferté-Alais et Bréthencourt à son fils Philippe, tout juste majeur, et participe à une expédition croisée dirigée par Thibaud IV de Champagne et Richard de Cornouailles. Après la défaite de Gaza, en 1241, les barons rentrent en Europe, mais Philippe s'installe définitivement dans le royaume de Jérusalem, où il épouse Marie d'Antioche (1215 †), dame de Toron, fille deRaymond-Roupen, prince d'Antioche et d'Helvis de Lusignan. Marie d'Antioche avait en outre des droits sur le royaume arménien de Cilicie, mais ne put jamais les faire valoir avec succès en 1248. Philippe et Marie eurent :

• Jean de Montfort († 1283), seigneur de Toron et de Tyr
• Onfroy de Montfort († 1284), seigneur de Beyrouth et de Tyr
• Alix, vivante en 1282 et en 1295
• Helvis, vivante en 1282 et en 1295

Une lutte opposa peu après les barons du royaume et les partisans de l'empereurFrédéric II et Philippe prit avec son cousin Balian d'Ibelin la tête du parti des barons. Il prit la ville de Tyr, tenue par les impériaux, en 1243 et devint connétable du royaume de 1244 à 1251. En 1246, il reçoit la seigneurie de Tyr, et rejoint à Damiettela septième croisade de Saint-Louis, de 1248 à 1251. En 1256, il expulse les Vénitiens de Tyr, ce qui entraina la Guerre de Saint-Sabas. En 1257, il cède Toron à son fils Jean, devenu majeur.


À la fin de sa vie, Philippe apparaissait comme l'un des barons capable de persuader les rois européens de lancer une croisade, aussi le sultan mamelouk Baybars engagea des assassins qui le tuèrent à Tyr, le 17 mars 1270.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 21:09

Julien Grenier , seigneur de Sidon


Julien Granier (ou Grenier), comte de Sidon de 1239 à 1260, était le fils de Balian Granier (ou Grenier), comte de Sidon, et de Ide de Reynel, fille d'Arnoul de Reynel et Ide de Brienne.

Il épousa en 1252 Euphémie, fille d'Héthoum Ier roi d'Arménie, ce qui lui apporta 35 000 besants sarrazinois de dot. Ils eurent :

• Balian II, tué en 1277 près de Botron, marié à Marie de Gibelet.
• Jean, mort en 1289 en Arménie.
• Marguerite, mariée à Guy II Embriaco († 1282), seigneur du Gibelet, elle sera la belle-mère de Philippe d'Ibelin.

Étourdi et manquant de réflexion, il fait donation en 1254 d'une partie de ses terres à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et vend par la suite, au fil des années la quasi-totalité de ses terres. Décrit cependant comme un chevalier preux, hardi et vigoureux, il attaque en 1260 les Mongols qui viennent de prendre Damas, mais ceux-ci se vengent en ravageant le comté de Sidon. Il vend alors le comté de Sidon à l'Ordre du Temple la même année, et finalement la Forteresse de Beaufort, quelques mois plus tard. De plus, de 1256 à 1261, il a une liaison avec Plaisance d'Antioche, veuve d'Henri Ier, roi de Chypre, et encourt les foudres du pape, qui le somme de se marier. Il finit par se séparer d'Euphémie en 1263. Ruiné par le jeu, ayant revendu Sidon, il devient templier lui-même avant que l'Ordre ne le renvoie de ses rangs pour une raison qui reste inconnue. On ne sait pas ce qu'il advint de lui par la suite. Il meurt en 1275.



Geoffroy de Sergines ,sénéchal du royaume

Geoffroy de Sergines, né vers 1205 et mort en avril 1269 à Acre, fut maréchal du royaume de Jérusalem en 1245.

Il fut d'abord vassal de Hugues de Châtillon, le comte de Blois et de Saint-Pol ; lorsque ce dernier l'y autorisa, il rendit foi et hommage directement au roi Louis IX. Durant la croisade d’Égypte, il fut l'un des quelques chevaliers qui constituait l'état-major du roi.

En 1254, l'assemblée des barons du royaume de Jérusalem le nomma sénéchal.

Il dut démêler un conflit entre les Génois et les Vénitiens, conflit qui dégénérait en guerre civile, au sujet de la possession d'une église à Acre. Plaisance d'Antioche, en le nommant bailli, lui demanda de rétablir la concorde entre les parties.
Il commandait l'arrière-garde durant la retraite de Damiette et fut capturé en même temps que le roi et il fut chargé de transmettre l'ordre de reddition aux troupes qui défendaient la ville.

Il était le neveu de Pierre de Sergines



Bohémond V d’Antioche , prince d’Antioche et comte de Tripoli


Bohémond V de Poitiers, mort en janvier1252, comte de Tripoli et prince d'Antioche(1233-1252), fils de Bohémond IV d'Antioche et de Plaisance du Gibelet.
Comme son père, il se méfie de Ordre de Saint-Jean de l'Hôpital et de son voisin le royaume arménien de Cilicie, et préfère l'alliance avec l'Ordre du Temple.
Il épouse en premières noces en 1225 Alix de Champagne, régente de Chypre et de Jérusalem, mais ce mariage est annulé en1227.

Il se remarie en secondes noces en 1235à Lucienne de Segni, petite-nièce du pape Innocent III, et a :

• Bohémond VI (1237 † 1275) prince d'Antioche et comte de Tripoli,
• Plaisance, (1236 † 1261), mariée en 1250 à Henri Ier de Chypre, puis en 1254 (mariage annulé en 1258) à Balian d'Ibelin, seigneur d'Arsouf (1239 † 1277).
Sous l'influence de sa seconde épouse, l'influence romaine augmente à Antioche et à Tripoli, au détriment des éléments latins et arméniens, ce qui inaugure une période de troubles.



Bohémond VI d’Antioche , prince d’Antioche et comte de Tripoli

Bohémond VI de Poitiers, né en 1237, mort en 1275, comte de Tripoli (1251-1275) et prince d'Antioche (1251-1268), fils de Bohémond V d'Antioche et de Lucienne de Segni.

Il commence son règne sous la régence de sa mère, et il doit faire intervenir Saint Louis pour mettre fin à cette tutelle. Le conflit est latent avec le puissant voisin de Cilicie arménienne, depuis l'éviction de Raymond-Roupen d'Antioche par le grand-père de Bohémond. Saint Louis l'aide à conclure une paix définitive, Bohémond épouse en 1254 Sibylle, fille du roi Héthoum Ier d'Arménie.

Durant sa régence, sa mère peuple le pays de personnalités romaines, comme son frère Paolo de Segni qui devient évêque de Tripoli. La féodalité Tripolitaine s'en offusque et s'agite, le conflit s'aggrave avec la rivalité entre les Vénitiens, soutenus par le prince et les Génois soutenus par le seigneur du Gibelet. Bertrand Embriaco, cousin du seigneur de Gibelet, blesse Bohémond sous les murs de Tripoli (1258) et est assassiné peu après.

Lors de la guerre entre les Mongols et les Mamelouks, Bohémond suit l'Arménie et s'engagea au côté des Mongols, mais ceux-ci sont battus en 1260 à la bataille d'Aïn Djalout. Les vainqueurs se retournent alors contre les alliés de leurs vaincus. En mai1268, Baybars met le siège devant la ville d'Antioche. Bohémond, est absent de la ville qui est prise, mettant ainsi définitivement fin à la principauté. Il se replie à Tripoli et meurt en 1275.

Bohémond et Sibylle ont 4 enfants :

• Bohémond VII, comte de Tripoli († 1287),
• Isabeau,
• Lucie, comtesse de Tripoli († 1299),
• Marie († 1280) mariée à Nicolas de Saint-Omer († 1294), seigneur de Thèbes, bailli de Morée.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 21:13

Henri Ier de Chypre , roi de Chypre et régent de Jérusalem


Henri Ier de Lusignan dit le Gros (1217 †1254), roi de Chypre (1218-1254), est le fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.


Il est né le 3 mars 1217 et son père meurt le 10 janvier 1218. Comme il n'a que neuf mois, la régence du royaume est confiée à sa mère Alix de Champagne et à son oncle Philippe d'Ibelin. En 1220, la régente signe les accords de Limassol qui règle les litiges entre la noblesse et le clergé latin de Chypre à propos des domaines appartenant aux monastères grecs et donnés à la noblesse. Un litige entre Philippe et Alix en 1225 et arbitré par le pape Honorius III écarte Alix et confirme Philippe, qui meurt en 1227 et est remplacée par son frère Jean d'Ibelin, le vieux seigneur de Beyrouth. Le suzerain du royaume de Chypre, l’empereur Frédéric II épouse en 1225 la reine de Jérusalem et annonce son intention de partir en croisade. Il dépouille aussitôt Jean de Brienne de la régence du royaume de Jérusalem et revendique celle de Chypre, aussi le régent décide par précaution de faire couronner Henri en 1225, à l'âge de huit ans, mais Frédéric II réussit à se faire des partisans parmi les nobles chypriotes.

En juillet 1228, Frédéric II arrive, à la tête de la sixième croisade et retire la régence à Jean d'Ibelin pour l’exercer lui-même. Puis Frédéric rejoint la Palestine où il réussit par la négociation la rétrocession de Jérusalem aux Latins. Il quitte l’Orient en mai 1229 en laissant Chypre aux mains d'un conseil de régence composé de cinq barons et en organisant le mariage d’Henri Ier avec Alix de Montferrat. Jean d'Ibelin arme une escadre qui débarque à Chypre, élimine les régents et conquiert l’île de Chypre, mais l’empereur envoie Roger Filangeri qui prend le contrôle de quelques cités de Syrie, dont Beyrouth qui appartient à Jean d’Ibelin. La guerre civile continue à Chypre, et Jean d’Ibelin, battu à Casal-Imbert en mai 1232 défait les impériaux à Agridi le 15 juin 1232 et assiègent les régents retranchés dans le château de Cérines. A Pâques 1233, Henri Ier est proclamé majeur peut commencer son règne. Les résistants de Cérines se rendent en juin 1233.


En 1247, le pape Innocent IV place le royaume de Chypre sous la protection pontificale et dégage Chypre de la suzeraineté impériale. La même année, sur la demande des Hospitaliers, il envoie une escadre pour défendre Ascalon assiégée par le sultan d'Égypte, mais une tempête l'empêche de défendre efficacement la ville qui est prise.
En 1248, Henri accueille Saint Louis et la septième croisade, qui hiverne à Chypre de septembre 1248 à mai 1249. Il l'accompagne en Égypte et participe à l'attaque sur Mansourah, mais les deux rois sont faits prisonniers à Fariskur. Il rentre ensuite dans son royaume insulaire et meurt à Nicosie le 18 janvier 1254.


Il a épousé :
1. vers 1229 Alix (1210 † 1233), fille de Guillaume VI, marquis de Montferrat et de Berta di Clavesana, sans postérité
2. en 1237 Stéphanie (v. 1220 † 1249), fille de Constantin, seigneur de Barbaron, sans postérité
3. en 1250 Plaisance d'Antioche (1235 † 1261), fille de Bohémond V, dont il a un fils :
• Hugues II (1252 † 1267), roi de Chypre.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 21:20

Henri Ier de Chypre , roi de Chypre et régent de Jérusalem

Henri Ier de Lusignan dit le Gros (1217 †1254), roi de Chypre (1218-1254), est le fils d'Hugues Ier et d'Alix de Champagne.

Il est né le 3 mars 1217 et son père meurt le 10 janvier 1218. Comme il n'a que neuf mois, la régence du royaume est confiée à sa mère Alix de Champagne et à son oncle Philippe d'Ibelin. En 1220, la régente signe les accords de Limassol qui règle les litiges entre la noblesse et le clergé latin de Chypre à propos des domaines appartenant aux monastère grecs et donnés à la noblesse. Un litige entre Philippe et Alix en 1225 et arbitré par le pape Honorius III écarte Alix et confirme Philippe, qui meurt en 1227 et est remplacée par son frère Jean d'Ibelin, le vieux seigneur de Beyrouth. Le suzerain du royaume de Chypre, l’empereur Frédéric II épouse en 1225 la reine de Jérusalem et annonce son intention de partir en croisade. Il dépouille aussitôt Jean de Brienne de la régence du royaume de Jérusalem et revendique celle de Chypre, aussi le régent décide par précaution de faire couronner Henri en 1225, à l'âge de huit ans, mais Frédéric II réussit à se faire des partisans parmi les nobles chypriotes.

En juillet 1228, Frédéric II arrive, à la tête de la sixième croisade et retire la régence à Jean d'Ibelin pour l’exercer lui-même. Puis Frédéric rejoint la Palestine où il réussit par la négociation la rétrocession de Jérusalem aux Latins. Il quitte l’Orient en mai 1229 en laissant Chypre aux mains d'un conseil de régence composé de cinq barons et en organisant le mariage d’Henri Ier avec Alix de Montferrat. Jean d'Ibelin arme une escadre qui débarque à Chypre, élimine les régents et conquiert l’île de Chypre, mais l’empereur envoie Roger Filangeri qui prend le contrôle de quelques cités de Syrie, dont Beyrouth qui appartient à Jean d’Ibelin. La guerre civile continue à Chypre, et Jean d’Ibelin, battu à Casal-Imbert en mai 1232 défait les impériaux à Agridi le 15 juin 1232 et assiègent les régents retranchés dans le château de Cérines. A Pâques 1233, Henri Ier est proclamé majeur peut commencer son règne. Les résistants de Cérines se rendent en juin 1233.

En 1247, le pape Innocent IV place le royaume de Chypre sous la protection pontificale et dégage Chypre de la suzeraineté impériale. La même année, sur la demande des Hospitaliers, il envoie une escadre pour défendre Ascalon assiégée par le sultan d'Égypte, mais une tempête l'empêche de défendre efficacement la ville qui est prise.

En 1248, Henri accueille Saint Louis et la septième croisade, qui hiverne à Chypre de septembre 1248 à mai 1249. Il l'accompagne en Égypte et participe à l'attaque sur Mansourah, mais les deux rois sont faits prisonniers à Fariskur. Il rentre ensuite dans son royaume insulaire et meurt à Nicosie le 18 janvier 1254.

Il a épousé :
1. vers 1229 Alix (1210 † 1233), fille de Guillaume VI, marquis de Montferrat et de Berta di Clavesana, sans postérité
2. en 1237 Stéphanie (v. 1220 † 1249), fille de Constantin, seigneur de Barbaron, sans postérité
3. en 1250 Plaisance d'Antioche (1235 † 1261), fille de Bohémond V, dont il a un fils :
• Hugues II (1252 † 1267), roi de Chypre.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Lanaelle
Admin
avatar

Messages : 1748
Date d'inscription : 29/12/2015

MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 30 Mar - 21:24

Renaud de Vichiers , maitre dee l’ordre du Temple


Renaud de Vichiers (ou de Vichy) est un maître de l'Ordre du Temple.

Il fut successivement précepteur de France (1242-1246) et Maréchal de l'Ordre (1249-1250), et fut élevé à la dignité de Maître à la place de Guillaume de Sonnac, tué en Égypte à la bataille de Mansourahle 11 février 1250. Dans les prémices de cette bataille, le 6 décembre 1249, l'avant-garde est confiée aux templiers sous les ordres de Renaud de Vichiers. Celui-ci fit preuve de discernement et de courage lorsque, malgré l'interdiction du roi, ses hommes chargèrent l'ennemi avec succès, en réaction au harcèlement dont ils étaient l'objet. Ce type d'opération ne devait être lancé qu'à bon escient, comme la suite des événements l'a tragiquement montré avec la malheureuse initiative de Robert d'Artois.

Il contribua par ses conseils à déterminer saint Louis, après sa captivité, à demeurer en Terre sainte.

Il mourut le 20 janvier 1256.






Guillaume de Chateauneuf , maitre de l’ordre Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem



Guillaume de Chateauneuf est le 19e supérieur de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Revenir en haut Aller en bas
http://mespassions.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   

Revenir en haut Aller en bas
 
LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Voitures de chefs d'état
» 19 GC VILLINGEN
» Collectif-Les chefs-d'oeuvre du fantastique
» Les Chefs indiens célèbres (La Nouvelle populaire)
» [2999] Liste "old school v7" mais en v8.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le grenier de l'histoire, des mystères, de l'insolites et du féérique :: HISTOIRE :: LES CROISADES-
Sauter vers: