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 LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES

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Lanaelle
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 6 Mar - 17:45

Conrad II, empereur romain germanique


Conrad II du Saint-Empire, appelé Conrad II le Salique, est né vers 990 et mort le 4 juin 1039 à Utrecht. Il est élu roi de Germanie et roi des Romains à Mayence en 1024, succédant à Henri II dit le Saint, dernier de la dynastie saxonne des Ottoniens. Il est couronné empereur romain germanique le 26 mars 1027 à Rome.


Petit-fils d’Othon de Carinthie († 1004), Conrad est le fils d’Henri de Franconie et d’Adélaïde († 986), fille d’Eberhard IV de Nordgau, comte de Nordgau. Arrière-arrière-petit-fils d’Otton Ierpar sa fille Liutgarde († 953), mère d’Othon de Carinthie, il est le premier des quatre rois et empereurs de la dynastie franconienne issue des Francs saliens.


À la mort d'Henri II sans héritier, les évêques, ducs et comtes désignent Conrad à la diète de Mayence. Il est couronné dans la cathédrale Saint-Martin de Mayence (1) le jour de « nativité de Marie » (2), le 8 septembre 1024, par l’évêque Aribon de Mayence (3). Le 6 juin 1025, il est sollicité par l'archevêque de Milan et les grands seigneurs lombards à la Diète (4) de Constance, qui après lui avoir prêté serment de fidélité, l'engagent à intervenir en Italie avec une armée pour y recevoir la couronne. Le 2 février 1026, il prend la tête de ses troupes à Augsbourg et se rend en Italie. Comme il ne peut pas entrer dans Pavie révolté, il se fait couronner roi d'Italie à Milan par l'archevêque Aribert (5) en avril 1026. Il ravage les environs de Pavie, puis se rend à Ravenne en mai. Les habitants de la ville se révoltent contre les Germaniques, et Conrad II doit se replier dans la vallée de l'Adda. Il passe Noël à Ivrée.

Le 26 mars 1027, Conrad est couronné empereur à Rome, des mains du pape Jean XIX (6). Il fait désigner son fils Henri (futur Henri III) qui, le 14 avril 1028, est couronné de son vivant à Aix-la-Chapelle par l'archevêque de Cologne.




La couronne impériale de Conrad II.
Trésor séculier de Vienne




La politique italienne de ses prédécesseurs avait laissé l’aristocratie germanique reprendre son pouvoir et son indépendance : en réaction, Conrad soutient les petits féodaux contre les grands et les invite à lui prêter directement hommage, généralisant le principe de l’hérédité des fiefs. Pour faire échec au régionalisme des duchés nationaux, il fait sombrer l’Allemagne dans l’anarchie féodale au moment où le germanisme recule devant les jeunes nations slaves. Le centre de gravité de l’empire se déplace vers le Rhin (Mayence, Worms et Spire).

Le roi Étienne Ier (7) revendiquant la Bavière pour son fils Émeric (08), Conrad attaque la Hongrie en juin 1030. Après l'échec de son expédition, victime de la politique de terre brûlée menée par les Hongrois, Conrad fait la paix avec Étienne au cours de l'été 1031 et la frontière est fixée sur la Leitha. À l'automne 1031, il soutient Bezprym (9), révolté contre son frère le roi de Pologne Mieszko II (10). Victorieux, il reprend la Lusace.

Il doit faire face à l'affaire de la succession de Bourgogne après le décès le 6 septembre 1032 du dernier roi de Bourgogne Rodolphe III (11) qui en avait fait son héritier. Conrad avait épousé Gisèle (12), fille de Gerberge, sœur de Rodolphe, et d’Hermann II de Souabe (13).

Il entre en Bourgogne transjurane durant l'hiver et le 2 février 1033 est élu roi de Bourgogne par une assemblée réunie à Payerne, en compétition avec son neveu Eudes II de Blois (14), qui est finalement battu en 1034.

En 1033, son fidèle lieutenant Humbert (15) conquiert la vallée de la Maurienne et celle de la Tarentaise, et devient ainsi le fondateur de la Maison de Savoie (16).

Le 18 mai 1035, il tient une Diète à Bamberg où il reçoit l'hommage du duc Bretislav Ier de Bohême (17) et lors de laquelle il dépose le duc de Carinthie Adalberon d'Eppenstein pour le remplacer par Conrad II, son ancien compétiteur à l'empire, en février 1036.

Il doit intervenir de nouveau en Italie en 1036/1038, à l'appel de l'archevêque de Milan Aribert, battu par ses vavasseurs (18) révoltés, alliés aux habitants de Lodi, à la bataille de Campo Malo en 1035.

Conrad part à l'automne 1036, passe Noël à Vérone avant de marcher sur Milan, où il se brouille avec Aribert quand une émeute éclate. Il convoque une Diète à Pavie pendant laquelle l'archevêque est accusé d'infidélité envers la couronne et de tyrannie envers les Lombards, et arrêté. L'empereur favorise la réforme monastique inspirée de l'expérience clunisienne et intervient dans les nominations épiscopales en plaçant des candidats germaniques à la tête de plusieurs diocèses italiens (les évêques de Verceil, de Crémone et de Plaisance sont déposés). Conrad célèbre Pâques à Ravenne (10 avril), quand l'archevêque réussit à s'échapper et à rejoindre Milan où il est bien accueilli.

Conrad met Aribert et les Milanais au ban de l'empire, puis va assiéger la ville qui résiste. Il en fait le blocus et ravage les campagnes alentour. C'est pendant le siège, le 28 mai 1037 qu'il promulgue l'edictum de beneficiis qui établit l'hérédité des anciens fiefs italiens. Après quinze jours Conrad se retire sur Pavie puis Crémone. Il met le Milanais à feu et à sang. À Crémone il rencontre le pape Benoît IX (19) et lui demande d'excommunier Aribert. Ce dernier, ligué avec les évêques de Verceil, de Crémone et de Plaisance, offre la couronne d'Italie à Eudes II de Blois. Eudes marche avec son armée contre la Lorraine, mais est battu et tué par les forces du duc Gothelon de Lotharingie (20) le 15 novembre 1037 près de Bar-le-Duc.

Conrad passe Noël 1037 à Parme, où il doit réprimer une insurrection des habitants. La ville est incendiée et son enceinte démantelée. De Parme il marche sur le duché de Bénévent. Après avoir célébré Pâques à Spello, il entre à Capoue le 14 mai 1038. Après l'échec de négociations, il dépose le prince de la ville, Pandulf IV, accusé de spoliation par les moines du Mont-Cassin, et place le prince de Salerne (21) Guaimar sur le trône. Puis il revient sur ses pas, ses troupes étant décimées par les maladies, et repasse les Alpes à la fin de l'été après avoir demandé aux seigneurs italiens de continuer la guerre contre Milan. Ceux-ci attaquent effectivement le Milanais au printemps 1039, puis se débandent à l'annonce de la mort de l'empereur à Utrecht le 4 juin 1039.


En 1016, Conrad épouse Gisèle de Souabe, fille du duc Hermann II de Souabe et de Gerberge de Bourgogne. De ce mariage naîtront :
1. Emelia
2. Henri III du Saint-Empire, dit le Noir, empereur du Saint-Empire (1017 - 1056)
3. Mathilde de Franconie (1020 - 1034)



(1) la cathédrale Saint-Martin de Mayence est le siège du diocèse de Mayence en Allemagne. Son saint patron est Martin de Tours, l’un des Pères de l’Eglise. Son chœur est dédié à Saint-Etienne, premier martyr chrétien. La base de sa construction est une basilique à colonnes » d’architecture romane possédant trois nefs (fin du Xe siècle), à laquelle ont été ajoutés par la suite des éléments gothiques et baroques (XVIIe et XVIIIe siècles). Elle a fêté son millénaire en 2009.


La cathédrale de Mayence vue du sud-ouest




(2) La nativité de Marie, ou Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie est une des treize fêtes mariales du calendrier liturgique. Rappelant la naissance de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, elle est célébrée le 8 septembre aussi bien dans les Eglises orientales (dans le calendrier julien pour la Russie) qu’occidentales.



Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à
Santa Maria Novella(Florence) par Domenico Ghirlandaio





(3) Aribon (né vers 990 - † le 6 avril 1031 à Côme) devint archevêque de Mayence en 1021. Ses cendres reposent dans la crypte de la cathédrale de Mayence. Il devrait être apparenté à l’empereur Henri II, bien que cela ne puisse être clairement établi.
Fils du comte palatin Aribon Ier de Bavière et d’Adèle de Bavière (elle-même fille du comte palatin Hartwig Ier) […]




(4) La Diète d’Empire, officiellement Diaeta imperii ou Comitium Imperiale, était une institution du Saint-Empire chargée de veiller sur les affaires générales et de trouver une solution aux différends qui pourraient s’élever entre les Etats confédérés.




(5) Aribert d’Intimiano (italien : Ariberto da Intimiano) (mort le 16 janvier 1045 à Monza) fut archevêque de Milan de 1018 à sa mort.




(6) Jean XIX (né Romanus), originaire du Latium, est le 144e pape de l’Eglise catholique de 1024 à 1032.




(7) Etienne Ier ou Saint Etienne (v.975 - † 15 août 1038) fut le fondateur du royaume de Hongrie dont il devint roi en 1001. Canonisé en 1083 pour l’évangélisation de son pays, il est aujourd’hui considéré comme le saint patron de la Hongrie.

Né sous le nom de Vajk vers 975, Etienne succéda à son père en tant que grand-prince de Hongrie en 997. Il s’imposa face à son cousin païen Koppàny et fut couronné roi le 25 décembre 1000 ou le 1er janvier 1001 […]

Il est le fils de Géza de Hongrie et de Sarolt et l’époux de Gisèle de Bavière qui lui a donné un fils Emeric de Hongrie.




(08) Le Prince Émeric, en hongrois Imre, en allemand Emmerich, appelé aussi Henricus (Székesfehérvár, 1007 (1000?) –Veszprém, 2 septembre 1031) était le fils de saint Étienne, premier roi chrétien de Hongrie et de Gisèle de Bavière. Il eut pour précepteur le moine bénédictin Gérard (Gellert), futur évêque de Csanád, qu'Étienne aurait retenu d'un pèlerinage en Terre Sainte pour qu'il assure l'éducation de son fils.




(9) Bezprym (né en 986/987, décédé au printemps 1032), fils ainé de Boleslas Ier de Pologne et de sa seconde épouse Judith de Hongrie.




(10) Mieszko II Lambert (990- 1034) a été roi et duc de Pologne.
Il est le fils de Boleslas Ier le Vaillant et d’Emnilda de Lusace. Il a appris à lire et à écrire, il connaissait le latin et le grec, ce qui lui donnait un niveau d’érudition très élevé pour l’époque.

En 1013, il épouse Richezza de Lorraine (ou Ryksa) (connue aussi sous le nom de Richeza von Bonngau) de la dynastie des Ezzonides, nièce d’Othon III et fille du comte palatin Ezzo de Lotharingie (connu aussi sous le nom d’Erenfried von Bonngau). Ils eurent 4 enfants :

Boleslas ( ?) – Casimir (25 juillet 1016-19 mars 1058), duc de Pologne (1039-1058) – Richezza (v.1018 – ap.1060) épouse de Béla Ier de Hongrie – Gertrude (1025-4 janvier 1108), épouse d’Iziaslav Ier de Kiev)



(11) Rodolphe III de Bourgogne, dit Le Pieux ou Le Fainéant, né vrs 970 et mort le 6 septembre 1032, est le dernier roi de Bourgogne (Bourgogne Transjurane).
Il est le fils du roi de Bourgogne Conrad III dit le Pacifique (925-993) et de Mathilde de France (943-980), fille du roi de France Louis IV dit d’Outremer.



(12) Gisèle de Souabe (née le 11 mars 995 - morte le14 février 1043), reine consort de Germanie, impératrice consort du Saint-Empire, est la fille du duc Hermann II de Souabe et de Gerberge de Bourgogne, fille du roi Conrad III de Bourgogne.



Gisèle de Souabe sur un panneau. Une partie de l'Arbre
généalogique de la maison de Babenberg, au musée
de l'abbaye de Klosterneuburg.




Elle fut aussi l'épouse en premières noces du comte Brunon Ierde Brunswick (1002), et en secondes noces, du duc Ernest Ierde Souabe. Elle assura la régence pour son fils Ernest II après la mort accidentelle de son second mari (son rôle dans l'accident a été questionné par certains historiens), au cours d'une partie de chasse "illicite", nous dit le chroniqueur Thietmar, en 1015. Ses deux premiers maris étaient tous deux des possibles candidats au trône.

Son troisième et dernier mariage intervient en 1016 ou 1017, avec Conrad II dit l'Ancien ou encore le Salique, qui devient roi de Germanie puis empereur du Saint-Empire. Elle joue un rôle actif dans la politique du royaume, assistant aux diètes impériales et intervenant personnellement afin que son oncle Rodolphe III de Bourgogne transfère la succession de son royaume à son mari (1033). Elle participe également à certains conciles ecclésiastiques. Elle meurt de la dysenterie au palais royal de Goslar en 1043. Elle est enterrée dans la crypte de la cathédrale de Spire, en compagnie de plusieurs autres membres de la famille impériale et d'empereurs. Sa tombe fut ouverte en 1900 et son corps momifié fut mesuré, elle faisait1,72 m et portait de longs cheveux blonds.

De sa première union avec Bruno, comte de Brunswick, elle eut un fils et une fille:
• Liudolf, margrave de Frise (v. 1003 – 1038)
• une fille anonyme épouse putative du comte Thiemo [II] de Formbach.
• (?) Gisèle de Brunswick épouse du comte Berthold von Sangerhausen.
Avec Ernest Ier, duc de Souabe elle eut deux fils :
• Ernest (v. 1010 – 17 août 1030)
• Hermann (v. 1015 – 28 juillet 1038)
Avec l'empereur Conrad II elle eut trois autres enfants:
• Henri, (29 octobre 1017 – 5 octobre 1056), empereur germanique de 1046 à 1056.
• Mathilde (vers 1027 – morte après le 30 janvier 1034)
• Béatrix (vers 1030 – morte 26 septembre, 1036)




(13) Hermann II de Souabe († 4 mai 1003) est un Conradien, duc d'Alsace et duc de Souabe de 997 jusqu'à sa mort en 1003. Il est le fils de Conrad Ier et de Richlinde, fille de l'empereur Otto Ier.

En 1002 il fut un des compétiteurs au trône du Saint-Empire romain germanique en tant que roi des Romains et prit d'assaut Strasbourg dont l'évêque, nommé Wizelin, s'était déclaré pour Henri II, duc de Bavière, parce qu'ils étaient tous deux rivaux. Henri sépara l'Alsace de la Souabe afin de prendre le contrôle du duché, une situation qui continua cependant lorsque son fils Hermann III régna.

Hermann II se marie avec Gerberge de Bourgogne, fille de Conrad III de Bourgogne, avec laquelle il a:
I.
• Hermann III de Souabe
• Gisèle († 1043) qui se marie d'abord avec Ernest Ier de Babenberg puis avec l'empereur Conrad II.
• Mathilde de Souabe épouse Conrad de Carinthie († 1011) puis Frédéric II de Lorraine († 1026)
• Béatrice († 1057) épouse Adalbéron Ier d'Eppenstein

Il est peut être également le père de :
• (?) Gerberge épouse Henri de Schweinfurt († 1017) dont
• Otton III de Schweinfurt († 1057)




(14) Eudes II de Blois dit Eudes le Champenois (v. 983 –15 novembre 1037 tué dans une bataille à Commercy), fut comte de Blois, de Châteaudun, de Chartres, de Reims, de Tours, de Beauvais, de Provins et de Sancerre à partir de1004 et comte de Troyes et de Meaux à partir de 1022.

Fils du comte Eudes Ier de Blois et de Berthe de Bourgogne, il succède au titre de comte de Blois à son frère aîné Thibaut II mort en 1004.

Il épouse, vers 1003/1004, Mathilde de Normandie, sœur du duc Richard II de Normandie. Elle meurt sans descendance peu après.

Il épouse en secondes noces Ermengarde d'Auvergne, fille du comte Guillaume IV d'Auvergne, dont il eut quatre enfants :

• Thibaut III de Blois (ou Ier de Champagne) qui hérite en 1037 du comté de Blois et de quelques terres champenoises dont, en particulier, Provins.
• Étienne II de Troyes, comte de Troyes et de Meaux de 1037 à 1047.
• Berthe de Blois, épouse du duc de Bretagne Alain III
• Almodis de Blois, épouse de Geoffroy II, seigneur de Preuilly.




(15) Humbert Ier dit « aux Blanches Mains », appelé aussi Humbert de Maurienne ou encore Humbert Ier de Savoie (en italien, Umberto I di Savoia dit Umberto Biancamano), né probablement entre 970 et 980 et mort un 1er juillet, entre 1042 ou selon la tradition 1048, est un comte à l'origine de la dynastie des Humbertiens, qui furent comtes de Maurienne, puis qui portèrent le titre de comte de Savoie, à partir du comte Amédée III, et ainsi considéré comme fondateur de la Maison de Savoie.

Actuellement, la véritable identité de l'épouse d'Humbert n'est pas connue. Il épouse aux alentours de l'an mil une certaine Auxiliende ou Ancilie (ou Ancilia, Ancilla, Auxilia) […]
Son épouse décède après le 22 octobre 1030 puisqu'elle semble présente lors d'une donation de son fils Amé au prieuré du Bourget.

De ce mariage naît cinq enfants, dont :
• Amédée Ier de Savoie (v. 1016-†1051), surnommé Cauda, c'est-à-dire la Queue, 2e comte de Savoie et de Maurienne ;
• Bouchard ou Burckard ou Buchard (vivant en 1022 et encore cité le 10 juillet 1068), coadjuteur puis évêque d'Aoste, archevêque de Lyon et enfin prieur de St-Maurice d’Agaune ;
• Aymon de Savoie (vivant en 1023 et encore cité le 13 juillet 1054), abbé bénédictin de St-Maurice d’Agaune, évêque de Sion (1034-1054) ;
• Othon Ier de Savoie ou Odon, (v. 1023-1060), marquis en Italie (v. 1045), 3e comte de Savoie et de Maurienne(1051 à 1060) ;
• Adélaïde de Turin (v. 1025), ép. de Guigues le Vieux (1000-1070), comte d’Albon et de Grésivaudan.




(16) La maison de Savoie est une dynastie européenne ayant porté les titres de comte de Savoie (1033), puis de duc de Savoie (1416), prince de Piémont, roi de Sicile (1713), roi de Sardaigne (1720) et roi d'Italie (1861).

L'origine de la maison de Savoie remonte en 1032lorsque la Savoie est intégrée avec le second royaume de Bourgogne, au Saint-Empire romain germanique. Loin de l'empereur allemand, les seigneuries se créent au hasard des guerres, des mariages et des donations.
La numérotation des chefs successifs de cette maison ne tient pas compte des changements de titre. La seule exception viendra des rois Humbert Ier d'Italie et Humbert II d'Italie qui n'ont pas repris à leur compte la succession purement savoyarde, d'où l'absence d'Humbert IV et V.



Armoiries de la maison de Savoie




(17) Bretislav Ier Premysl, le Guerrier (tchèque : Břetislav), de la maison Premyslides, né entre 1002-1005, duc de Bohême de1034 à 1055.
Bretislav, est le fils du duc Ulrich de Bohême et d'une fille de paysan nommée Bozena (+ 1055) dont s'était épris son père, maître de la Moravie depuis 1029 Brestislav Ier devient duc en 1034. Son premier soin est d'aller jurer fidélité à Conrad II du Saint–Empire lors de la cour tenue à Bamberg le 18 mai1035.

De son mariage en 1030 avec Judith fille du comte Henri de Schweinfurt qu'il avait enlevé de son couvent selon la légende, il eut cinq fils. Avant de mourir il organisa sa succession réservant la Bohême à l'aîné.

• Spytihněv II de Bohême,

Il institua pour ses cadets des fiefs en Moravie:
• Vratislav II de Bohême duc d’Olomouc de 1054 à 1061
• Conrad Ier de Bohême duc de Znojmo de 1054 à 1092 mort le 6 septembre 1092
• Othon Ier de Bohême le Beau duc de Brno de 1054-1061, mort le 9 juin 1086.
• Jaromir, mort en 1090, son dernier fils fut consacré à l’église et il recevra l'évêché de Prague à la mort de Sebir (Sévère) évêque de 1030 à 1067.




(18) Le vavasseur ou vavassal du latin médiéval vassus vassorum (vassal des vassaux) était le vassal d’un seigneur lui-même vassal.




(19) Benoît IX (Théophylacte de Tusculum), né dans le Latiumvers 1012, mort à Grottaferrata entre le 18 septembre 1055 et le9 janvier 1056, fut pape à trois reprises : du 21 octobre 1032 àseptembre 1044, du 10 mars 1045 au 1er mai 1045 et du8 novembre 1047 au 16 juillet 1048, pour une durée totale de douze ans.

Issu de la puissante famille des Tusculani, il est le fils d'Albéric III, l'influent comte de Tusculum, et le neveu des papesBenoît VIII et Jean XIX, lesquels étaient frères




(20) Gothelon Ier de Verdun, né vers 967, mort en 1044, fut unmarquis d'Anvers dès 1008, puis un duc de Basse-Lotharingie (1023-1044) et un duc de Haute-Lotharingie(1033-1044). Il était le dernier fils de Godefroid Ier le captif, comte de Verdun, et de Mathilde de Saxe.

Une épouse, dont l'histoire n'a pas transmis le nom (on cite Barbe de Lebarten, sans que cela soit assuré), lui donna pour enfants :

• Godefroy II le Barbu († 1069), duc de Basse et de Haute-Lotharingie
• Frédéric († 1058), qui devint pape sous le nom d'Étienne IX
• Oda, mariée à Lambert II, comte de Louvain
• Régelinde, mariée Albert II († 1063), comte de Namur : Régelinde apporte en dot l'alleu de Durbuy.
• Mathilde, mariée à Sigebaud de Santois († avant 1049), puis à Henri le Furieux († 1061), comte palatin de Lotharingie, qui l'assassine en 1060.
• Gothelon II (probablement déjà mort en 1046), qui selon certaines interprétations des sources aurait succédé en Basse-Lorraine, mais on ne peut pas de retenir avec certitude l'office ducale de Gothelon II. À la suite de la rébellion de Godefroy II le Barbu, l'empereur allemand Henri III n'aurait que menacé de donner le duché à Gothelon.

Ce sont des mariages respectifs d'Oda et de Régilinde que viendront les prétentions des comtes de Louvain et des comtes de Namur à succéder à Godefroy de Bouillon, petit-fils de Godefroy II. La Basse-Lotharingie sera attribuée par l'empereur tantôt à une famille, tantôt à l'autre, avant de revenir définitivement aux comtes de Louvain en 1140.



(21) La principauté de Salerne fut fondée par des princes Lombards dans l'Italie du Sud, et fut incorporée dans les états normands au XIe siècle.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 6 Mar - 17:50

Guerric de Coligny

Guerric de Coligny, seigneur de Coligny et du Revermont, fut un des grands seigneurs issus de la maison de Coligny éteinte en 1694.

• Il fut l’un des seigneurs de Bourgogne qui accompagnèrent l’an 1147 Conrad III, roi de Bourgogne, roi de Germanie et empereur, au voyage qu’il fit en Terre sainte à l’appel de saint Bernard; les croisés échouèrent devant Damas, et s’en retournèrent au pays sans avoir atteint Jérusalem.

• En 1150, il fit de grands dons au prieuré de Grand-Bois, à Marboz.

• L’an 1156, il vendit pour cent sous à l’abbaye du Miroir la combe d’Oissia; en 1158, après avoir cherché querelle aux moines au sujet de cette combe et d’une dîme, il fit la paix avec eux en leur délaissant ces biens et en recevant d’eux trois cents sous et un palefroi; il s’engagea à tenir la paix, et, si jamais il cherchait de nouvelles querelles aux moines, à demeurer dans l’un de ses châteaux de Chevreaux ou d’Andelot tant que justice ne serait pas faite.

• L’an 1161, il fit ligue défensive et offensive avec Archambaud sire de Bourbon et Renaud sire de Bâgé, avec lesquels il cousinait de par sa grand-mère Adélaïde de Maurienne : ils promettaient de se défendre les uns les autres contre quiconque, excepté contre le roi de France, le duc de Bourgogne et le comte de Savoie.

• Il fut témoin, avec Jean de Coligny, moine, et Comtesse de Coligny, d’un échange fait entre l'abbaye du Miroird’une part, et Ponce Groillet et Hugues et David Varinioz d’autre part (en 1158-1168 environ). Il approuva, comme relevant de son fief, une vente faite par Humbert de Rotallier aux moines du Miroir, et scella cet acte d’un sceau où il est représenté à cheval, casqué et le glaive à la main, ne portant nulles armes sur son écu.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 6 Mar - 19:52





Baudouin III de Jérusalem , roi de Jérusalem



Baudouin III de Jérusalem (1131 - † 10 février 1162 à Beyrouth), fils de Foulques V d'Anjou et de Mélisende de Jérusalem, fut roi de Jérusalem de 1143 à 1162.

Malgré un début de règne difficile (perte de la ville d'Édesse, échec de la seconde croisade), suivi ensuite de l'unification de la Syrie musulmane, il a su résister à la poussée zengide (1), obligeant parfois Nur ad-Din (2) à la défensive, et a également su conclure une alliance avec Byzance, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre-offensive islamique.


Minorité

Son père meurt d’une chute de cheval le 10 novembre 1143 et Baudouin, son fils aîné, est proclamé roi à l’âge de treize ans sous la régence de sa mère. Dès son avènement, il accompagne l’ost royal dans une expédition contre les Bédouins qui avaient pris le château de Val-Moyse et massacré sa garnison. Mais la mort de son père suivi d’une régence affaiblit le royaume et Zengi, atabeg de Mossoul et d’Alep profite de cet état de fait, de l’esprit brouillon de Josselin II de Courtenay (3), comte d’Édesse, et de l’inimitié de ce dernier avec Raymond de Poitiers (4), prince d’Antioche pour lui prendre Édesse, le 23 décembre 1144.

La régente continue la politique de Foulque qui consistait à rester allié avec Damas contre Zengi et son fils Nur ad-Din. De son côté, le ministre Mu’in ad-Din Unur, régent de l’émirat de Damas, avait la même intention politique. Mais Altûtâsh, émir deHauran, se brouille avec Mu’in ad-Din Unur et demande la protection des Francs, ce qui rompt l’harmonie franco damascène en juin 1147. Les négociations avec Damas échouent et les Francs envoient une expédition à laquelle participe le roi Baudouin III. Mais l’armée est battue par les armées de Nur ad-Din et d’Unur. La vaillance de Baudouin, qui n’a que seize ans, redonne du courage aux soldats et permet à l’armée de rentrer sans trop de pertes.

La prise d’Édesse avait entraîné de nouvelles prédications en Europe et barons français et germaniques se lancent dans une seconde croisade. L’armée allemande est défaite par les Seldjoukides en Anatolie, mais les forces françaises arrivent à Antioche, mais le roi Louis VII de France se brouille avec Raymond de Poitiers, prince d’Antioche et refuse de s’attaquer à Nur ad-Din, bien que l’objectif de la croisade soit la reprise d’Édesse. Il se rend à Jérusalem et les croisés et les barons décident d’assiéger Damas en juillet 1148. L'expédition est un échec et les croisés repartent en Europe.

Peu après le départ des croisés, Nur ad-Din lance une offensive contre la principauté d’Antioche, bat son armée à la bataille d'Inab (5), le 29 juin 1149 et tue Raymond de Poitiers. Le patriarche de la ville, Aimery de Limoges assure la défense de la ville et donne ainsi à Baudouin III le temps suffisant pour arriver de Jérusalem avec son armée et obliger l’atabeg d’Alep à lever le siège et quitter la principauté. Puis Nur ad-Din se retourne contre les restes du comté d’Édesse et notamment Turbessel qu’il assiège, et une fois encore la venue de Baudouin l’oblige à lever le siège (octobre 1149). Mais après son départ, Le comte Josselin II d’Édesse est capturé et sa femme, ne pouvant assurer seule la défense de Turbessel, cède la place forte aux Byzantins qui se révèlent incapable de la défendre contre les Turcs qui s’en emparent en 1150. L’intervention de Baudouin III a toutefois empêché la principauté d’Antioche de tomber entièrement aux mains de Nur ad-Dîn.


La prise de pouvoir

La majorité de Baudouin III approche en 1152, mais la régente Mélisende ne semble pas encline à céder son pouvoir. Le couronnement est prévu le 30 mars 1152, et Mélisende compte être couronnée aux côtés de son fils, mais Baudouin se présente seul à la cérémonie et le clergé, pourtant favorable à Mélisende, ne peut refuser le couronnement. Baudouin III a pour lui le soutien des barons francs, ainsi que la légitimité que lui assure les lois du royaume. Soutenu par Onfroy II de Toron qu’il nomme connétable et par d’autres barons, Baudouin réclame à sa mère les villes de Jérusalem et de Samarie comme indispensable à la défense du royaume. Mélisende refuse de céder, et Baudouin marche immédiatement sur Mirabel, possession de Manassès de Hierges, le principal soutien de la reine mère, qu’il soumet. Puis il se rend à Jérusalem et doit prendre d’assaut la Tour de David, dans laquelle sa mère s’était retranchée. Mélisende, vaincue, se retire dans son fief de Samarie.


Règne effectif

Il commence par intervenir à Tripoli où il tente de réconcilier le comte Raymond II de Tripoli (6) avec son épouse Hodierne de Jérusalem (7), sur le point de se séparer et menaçant le comté de Tripoli de guerre civile. Une réconciliation s’ébauche, quand le comte est assassiné par deux Nizarites, en 1152, laissant le comté à son fils Raymond III âgé de douze ans, sous la régence de Baudouin III. Il tente également de régler la succession de la principauté d’Antioche, sans prince depuis la mort de Raymond de Poitiers, mais ne parvient pas à contraindre la princesse Constance d’Antioche à se remarier, et celle-ci finit par s’éprendre de Renaud de Châtillon. Mais ce dernier se révèle très rapidement être un aventurier, entre en conflit avec Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche, et oblige Baudouin à intervenir pour ramener la paix dans la principauté.

Au sud, Baudouin fait reconstruire Gaza et renégocie une alliance avec Damas. Une expédition ortoqide contre Jérusalem est repoussée en novembre 1152. Pendant ce temps, la situation politique intérieure de l’Égypte fatimide se dégrade. Baudouin se décide à entrer en campagne et met le siège devant Ascalon le 25 janvier1153. Malgré les tentatives fatimides et zengides pour défendre la ville, celle-ci est prise le 19 octobre 1153. De son côté, Mujir ad-Din Abaq, atabeg de Damas, avait réussi à contrer l’armée envoyée au secours de la ville. Mais l’alliance entre les Francs et Damas tourne au protectorat des premiers sur les seconds et Nur ad-Din profite du mécontentement du peuple damascène pour susciter des mouvements séditieux et finit par s’emparer de Damas le 25 avril 1154 : toute la Syrie musulmane se trouve alors unifiée sous le contrôle d'un homme fort, qui pouvait alors se consacrer à la reconquête de la Syrie franque.

En février 1157, une razzia des Francs à l’encontre de bergers turcomans incite Nur ad-Din à attaquer et à prendre la ville de Panéas le 26 avril 1157, sans réussir à s’emparer de la citadelle défendue par Onfroy de Toron. Baudouin III arrive ensuite avec l’ost et oblige Nur ad-Din à se retirer. Nur ad-Din retente la prise de la ville en juin, mais est de nouveau mis en échec. En octobre Nur ad-Din tombe gravement malade, et Baudouin III en profite pour prendre Shaizar, mais la mésentente entre Renaud de Châtillon et Thierry d’Alsace, comte de Flandre et venu en croisade, empêche la création d’un nouvel état latin outre Oronte, et oblige Baudouin III à évacuer la région de Shaizar, faute de disposer d’une armée suffisante pour la défendre, mais Harrim est prise en janvier1158. Il bat également l’armée de Nur ad-Din le 15 juillet 1158 à Puthaha.

Comprenant que les Francs et l’arrivée des croisés ne peuvent suffire à défendre le royaume de Jérusalem, Baudouin III envoie des ambassades à Byzance, entame des négociations et épouse en septembre 1158 Théodora Comnène (08), nièce de Manuel Ier10. Manuel Comnène entreprend ensuite une campagne en Cilicie en octobre1158 où il défait le prince Thoros II et soumet les Arméniens, puis se retourne contre la principauté d'Antioche et Renaud de Châtillon, coupable de piraterie et du pillage de l'île de Chypre. Renaud de Châtillon est obligé de s’humilier devant le byzantin et de reconnaître sa suzeraineté et Manuel fait une entrée triomphale à Antioche le 12 avril 1159. Baudouin III en profite pour rendre visite à Manuel qui l’accueille amicalement. Une campagne commune est menée contre Alep, mais la mésentente s’installe entre les deux armées et Manuel conclut une paix séparée avec Nur ad-Din à la fin du mois de mai 1159, se retourne contre les Seldjoukides de Rum dont il obtient l’allégeance.
De son côté, Baudouin lance plusieurs incursions dans le Hauran. Renaud de Châtillon est capturé le 23 novembre 1160 et, bien que la princesse Constance fait appel aux Byzantins, Baudouin III intervient et devient régent de la principauté au nom du prince Bohémond III.
Baudouin III meurt à Beyrouth le 10 février 1162, probablement empoisonné par le médecin tripolitain Barak. Comme il n’a pas d’enfants, son frère Amaury Ier lui succède. Sa veuve Théodora reçoit Saint-Jean-d’Acre en douaire.




(1) Les Zengides, Zenguides ou Zankides sont les membres d’une dynastie turque qui a régné sur l’Orient musulman d 1127 à 1222.

Ils sont les premiers véritables artisans de la reconquête musulmane sur les Francs. Même si plusieurs princes musulmans avaient tenté de lancer des contre-croisades, les rivalités entre princes syriens avaient ruiné leur efforts. Avec Zengi qui allie les villes d'Alep et de Mossoul, les contre-offensives pour s'opposer aux Francs deviennent durables, et les princes zengides s'assurent une puissance propre à éviter d'être entravée par les rivalités. À Zengi succède son fils Nur ad-Din, qui continue l'œuvre de son père et réussit à unifier la Syrie et nominalement l'Égypte sous son autorité. Cependant, il laisse en mourant un enfant, As-Salih Ismail, qui, entouré de tuteurs, ne pourra pas empêcher son cousin Saif ad-Din Ghazi de reprendre le contrôle de Mossoul. Le flambeau est finalement repris par le souverain de l'Égypte, Saladin.




(2) Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil (vers 1117/8 -15 mai 1174) aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddîn " lumière de la religion "  (appelé aussi Noradin par les Francs), est une des principales figures de la Contre-Croisade du XIIe siècle qui lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu'en Égypte et prône pour cela l'unification des musulmans.
Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueillera les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.




(3) Josselin II de Courtenay, († 1159) est le dernier comte d'Édesse, de 1131 à 1149, et le fils de Josselin Ier et de Béatrice d'Arménie.

De son épouse Béatrice de Saône, Josselin II avait eu :
• Josselin III († 1200), comte titulaire d'Édesse, seigneur de Joscelin (seigneurie autour de Saint-Jean-d'Acre).
• Agnès de Courtenay, mariée à Amaury Ier, roi de Jérusalem
• Isabelle de Courtenay, mariée en 1159 à Thoros II, prince d'Arménie




(4) Raymond de Poitiers, né en 1115, mort le 29 juin 1149,prince d'Antioche de 1136 à 1149, second fils de Guillaume IX de Poitiers, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers et dePhilippe de Toulouse.

Il épousa en 1136 Constance, âgée de 10 ans, fille et héritière de Bohémond II, prince d'Antioche et d'Alix de Jérusalem, et assura le gouvernement de la principauté après les régences de Baudouin II et de Foulque, rois de Jérusalem. Le mariage avait eu l'approbation du patriarche d'Antioche, mais pas celui d'Alix de Jérusalem, à qui Raymond avait fait croire qu'il devait l'épouser.


De son mariage avec Constance d'Antioche, il avait eu :
• Bohémond III († 1201), prince d'Antioche
• Marie (1145 † 1182), mariée en 1161 à l'empereur Manuel Ier Comnène († 1180)
• Philippa (v.1148 † 1178), mariée à Onfroy II de Toron († 1179)
• Baudouin († 1176) tué pendant la bataille de Myriokephalon
• Raymond († avant 1181)




(5) La bataille d'Inab se déroula le 29 juin 1149 entre le sultan Nur ad-Din et Raymond, prince d'Antioche.







(6) Raymond II de Tripoli (v. 1120 † 1152) est un comte de Tripoli de 1137 à 1152 et fils de Pons, comte de Tripoli, et de Cécile de France.

Il épouse en 1131 Hodierne de Rethel († 1152), fille de Baudouin II, roi de Jérusalem et de Morfia de Malatya, qui donne naissance à :

• Raymond III (v. 1140 † 1187), comte de Tripoli et prince de Galilée.
• Mélisende, fiancée en 1159 à l’empereur Manuel Ier Comnène, qui rompt les fiançailles, ayant des doutes sur la légitimité de Mélisende.




(7) Hodierne de Jérusalem (vers 1110 - vers 1164), comtesse de Tripoli, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem, et de Morfia de Malatya.

Elle épousa Raymond II de Toulouse, comte de Tripoli de1137 à 1152 et eut :
• Raymond III, comte de Tripoli († 1187)
• Mélisende
Elle aurait été l'objet d'un amour impossible de la part dutroubadour Jaufré Rudel, qui la célébra dans sa chanson l'Amor de lonh, en français, l'amour de loin.


Portrait d’Hodierne de Jérusalem




(08) Théodora Comnène (1146 † après 1185) est fille d'Isaac Comnène, sébastocrate, et de Theodora Kamaterina et nièce de Manuel Ier Comnène,empereur byzantin. Elle fut reine consort de Jérusalem par son mariage avec Baudouin III.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 6 Mar - 21:12

Amaury Ier de Jérusalem , comte de Jaffa et d’Ascalon


Amaury Ier de Jérusalem (1136 † 1174), comte de Jaffa etd’Ascalon de 1157 à 1163, roi de Jérusalem de 1163 à 1174, fils cadet de Foulques d'Anjou, roi de Jérusalem et de Mélisende de Jérusalem. Le nom Amaury s'écrit aussi Amalric ou Almaric.


Biographie


Son père meurt quand il a l’âge de sept ans et son frère aîné devient roi sous la régence de leur mère Mélisende. Baudouin III est couronné roi en 1152, et inféode le comté de Jaffa à son frère Amaury 1157. Le 19 octobre 1153, Baudouin III prend la ville d’Ascalon qu’il rattache au comté de Jaffa. L’année suivante, en 1158, Amaury épouse Agnès de Courtenay, fille deJosselin II de Courtenay, comte d'Edesse et de Béatrice.

Baudouin III meurt sans enfant le 10 janvier 1162 et Amaury est son plus proche parent. Initialement élective, la couronne du royaume de Jérusalem était devenue au fil du temps héréditaire, mais le nouveau roi devait toujours être approuvé par la Haute Cour (1) des barons. Or la plupart d’entre eux déclarent à la mort de Baudouin qu’ils jugent Agnès de Courtenay indigne de devenir leur reine et somment Amaury de choisir entre sa femme et le trône, ce qu’il fait en choisissant le trône. Il semble que les barons jugeaient Agnès trop frivole, mais le mariage est officiellement annulé en raison d’une parenté entre les deux époux, et Amaury est couronné le 18 février 1162.

Au cours du règne de son frère, les erreurs des derniers bourides (2), atabegs de Damas, avait affaibli l’émirat et Baudouin III n’a pas réussi à empêcher Nur ad-Din de s’emparer de la ville en 1154. Baudouin III avait pu éviter que la situation ne tourne au désastre, obligeant même Nur ad-Din à la défensive, mais le fait est que les états latins d’Orient sont confrontés à une Syrie musulmane puissante et unifiée. Aussi Amaury décide-t-il d’innover sa politique extérieure et de se tourner vers l’Égypte fatimide, tombée dans les derniers degrés de la décadence et en proie à des luttes de pouvoir.

Profitant des guerres civiles, Baudouin III avait obtenu en 1160 le versement d’un tribut de cent soixante mille dinars des fatimides. En septembre 1163, prétextant le non-versement de ce tribut, Amaury Ier organise une première expédition, défait l’armée du vizir Dirgham et assiège Bilbéis, mais la crue du Nil et des opérations de diversion de Nur ad-Din en Syrie obligent les Francs à se retirer. Toutefois, cette première expédition a permis à Amaury de mesurer l’ampleur de la faiblesse du califat fatimide.

Shawar, le vizir chassé d’Égypte par Dirgham, se réfugie à Damas auprès de Nur ad-Din, sultan de Damas, et parvient à le persuader de l’aider à reprendre le pouvoir en Égypte, malgré les réticences de ce dernier. En mai1164, Nur ad-Din envoie en Égypte un de ses lieutenants, Shirkuh (3), pour rétablir Shawar comme vizir. Mais Shawar refuse de verser les indemnités et le tribut promis, Shirkuh reste alors en Égypte et impose un protectorat si bien que Shawar fait alors appel à Amaury Ier pour s’en débarrasser. Amaury attaque et remporte plusieurs succès sur Shirkuh, mais Nur ad-Din envahit à son tour les états latins en guise de diversion pour protéger son lieutenant, prend les places fortes d'Arim et de Paneas et capture Bohémond III d'Antioche (4) à Harrim le 11 août1164. Seule l’intervention des byzantins empêche les musulmans de prendre Antioche. Un compromis intervient, et Amaury et Shirkuh évacuent simultanément l'Égypte.

Méfiant vis-à-vis du califat égyptien et préférant le statu quo, évitant ainsi la présence franque en Égypte, Nur ad-Din ne souhaite pas envoyer de nouvelle expédition au contraire de Shirkuh qui a mesuré le grand état de faiblesse de l’état égyptien, ainsi que ses richesses, et souhaite également prendre sa revanche et faire payer à Shawer ses traîtrises. Il semble que Shirkuh ait joué des querelles religieuses entre sunnites et chiites, mobilisant l’opinion publique en faveur d’une nouvelle expédition et en appelant au calife abbasside de Bagdad8. De guerre lasse et voyant qu’il ne parviendra pas à empêcher Shirkuh de se lancer à la conquête de l’Égypte, Nur ad-Din finit par confier une armée à son lieutenant, qui quitte Damas en janvier 1167. Shawar fait immédiatement appel à Amaury Ier, qui rassemble ses troupes en hâte à Ascalon et quitte la ville le 30 janvier 1167. Un pacte d’assistance est signé entre le roi et le calife Al-Adid, puis Amaury affecte son armée à la défense du Caire et empêche Shirkuh de prendre la ville. Shirkuh se dirige vers le sud, poursuivi par les coalisés franco-égyptiens, les bat le 19 mars 1167, puis se dirige vers Alexandrie qu’il occupe et confie à son neveu Saladin. Les Francs et les Égyptiens assiègent la ville, pendant que Shirkuh se dirige vers la Haute-Égypte et assiège la ville de Qûs et Nur ad-Din attaque le royaume de Jérusalem par le nord. Finalement une paix est signée permettant à l’armée de Saladin de quitter Alexandrie avec les honneurs et les forces de Shirkuh et de Saladin évacuent l’Égypte, pendant que les Francs établissent un protectorat sur le pays (août 1167).

Depuis l’annulation de son mariage, le roi et la Haute Cour avaient conclu qu’il était nécessaire de négocier une alliance militaire et matrimoniale avec Byzance. Hernesius, archevêque de Césarée et Eudes de Saint-Amand (5) sont envoyés dans la ville impériale et reviennent au bout de deux ans de négociations avec la princesse Marie Comnène, nièce de Manuel Ier Comnène. Ils abordent à Tyren août 1167 et le mariage est célébré le 29 août 1167. Manuel Comnène suivait de près la campagne égyptienne et forme le projet de conquérir le califat fatimide pour en faire une colonie franco-byzantine. Au début de l’année 1168, il envoie à Jérusalem deux ambassadeurs, Alexandre de Gravina et Michel d’Otrante, puis Guillaume de Tyr part en ambassade à Byzance et un traité de partage de l’Égypte est signé en septembre 1168.

Mais lorsque Guillaume de Tyr revient à Acre, en octobre 1168, il s’aperçoit que les Francs ont commencé l’invasion de l’Égypte, sans attendre les forces byzantines. Certains historiens ont prétendu que les Francs ne voulaient pas partager l’Égypte avec les Byzantins, mais dans ce cas Amaury n’aurait pas recherché l’alliance byzantine à tout prix. En fait, le vizir trouvait la présence protectrice franque de plus en plus pesante, le tribut annuel de cent mille dinars trop important et l’opinion publique de plus en plus hostile à cette présence franque et au vizir qui les avait fait venir, et commençait à entamer des négociations secrètes avec Nur ad-Din. À l’annonce de ces nouvelles, le roi Amaury préfère maintenir le statu quo en attendant les troupes byzantines, tandis que les barons pensent qu’il faut envahir immédiatement l’Égypte qu’ils considèrent comme trop faible pour se défendre par elle-même et sans attendre qu’elle reçoive les renforts syriens et Amaury doit se soumettre à la décision de la Haute Cour du royaume. L’armée franque arrive devant Peluse (ou Bilbeïs) le 1er novembre 1168 qui refuse de lui ouvrir ses portes. La ville est prise d’assaut le 4 novembre et pillée de fond en comble12, ce qui a pour effet de rallier toute la population égyptienne, y compris les indécis et les derniers partisans francs dans le camp de la résistance. Amaury arrive devant le Caire le 13 novembre, mais les égyptiens préfèrent brûler la ville plutôt que de la laisser aux Francs. Comprenant que s’il persiste, il n’aurait devant lui que des cités brûlées, anéantissant les richesses de l’Égypte, et en permanence des révoltes, Amaury négocie une retraite honorable en échange d’indemnités et quitte le pays le 2 janvier 1169. Mais Shirkuh arrive avec une armée peu après le départ des Francs et s’empare de l’Égypte après avoir fait tuer Shawar (18 janvier 1169). Il meurt peu après, le 23 mars1169, laissant le pays à son neveu Saladin.

Mesurant le péril auquel se trouvent confrontés les états latins d’Orient, Amaury envoie des ambassades en Europe afin de promouvoir une nouvelle croisade. Mais Louis VII de France est occupé à défendre son royaume contre l’empire Plantagenêt qui possède les deux tiers de la France, l’empereur Frédéric Barberousse est en lutte contre les cités italiennes et le Saint-Siège et les autres souverains ont encore en mémoire le souvenir des échecs de la deuxième croisade et ne souhaitent pas s’engager dans une troisième croisade. Voyant l’échec de ses ambassades en Europe, Amaury se tourne une nouvelle fois vers l’alliance byzantine et l’empereur Manuel accepte d’appliquer le traité de 1168. Il envoie sa flotte en juillet 1169 et la coalition franco-byzantine assiège Damiette en octobre-novembre 1169. Le siège s’éternise, car des renforts sont envoyés en permanence de la Haute Égypte, et les vivres commencent à manquer dans le camp des assiégeants. La mésentente commence à s’installer entre les Francs et les Byzantins, et le siège est levé en décembre 1169.
Fort heureusement pour les Francs, Saladin cherche à se ménager une indépendance vis-à-vis de Nur ad-Din et trouve des prétextes pour éviter d’engager avec ce dernier des actions concertés contre les Francs. Amaury tente une nouvelle fois de persuader l’Europe de se lancer dans une croisade, mais sans succès. La situation devient également délicate pour Byzance : sur les dix années précédentes, Manuel Comnène s’est plus préoccupé de lutter contre les Serbes et contre les Normands de Sicile et a laissé les Seldjoukides de Rum redevenir puissants. Dans l’Arménie cilicienne (6), alliée traditionnelle des Francs, Mleh (7) renverse son neveu Roupen II (08) et s’allie à Nur ad-Din pour conserver son trône. Aussi Amaury se rend-il en personne à Byzance pour négocier une alliance avec l'Empire et conclut un pacte d’assistance au printemps 1171. En 1173, une expédition franque est montée contre Mleh d’Arménie, mais Nur ad-Din assiège le krak de Moak, défendu avec succès par le connétable Onfroy II de Toron.

Au printemps 1174, Amaury prépare une invasion de l'Égypte en concertation avec le roi normand Guillaume II de Sicile (dont la flotte est conduite par l'amiral Gauthier de Moac (9)), et les mécontents chiites d’Égypte qui projettent de se révolter, quand il meurt du typhus le 11 juillet 1174.


Portrait et caractère

Guillaume de Tyr le décrit comme ayant une taille moyenne et étant fort gras19, avec un visage noble, le teint clair, un nez aquilin, des cheveux blonds et portant toute sa barbe. Il bégayait légèrement, mais c’est un juriste accompli, connaissant mieux que quiconque les lois du royaume. Lors des campagnes militaires, il était aguerri comme un sergent, mais il était également un fin lettré, c'est d'ailleurs lui qui a encouragé Guillaume de Tyr à composer son Historia rerum in partibus transmarinis gestarum. Mais ses mœurs étaient si libres qu'il s'en prenait même à l'honneur des femmes mariées. Au contraire de son frère Baudouin, qui était affable, Amaury était distant et taciturne, et a parfois suscité l'antipathie parmi ses proches.

Mariage et enfants

De son premier mariage en 1158 avec Agnès de Courtenay, fille de Josselin II de Courtenay, comte d'Edesse et de Béatrice, étaient nés :
• Sibylle (1159 † 1191), future reine de Jérusalem
• Baudouin (1161 † 1185), futur roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin IV le Lépreux.
Sa seconde épouse Marie Comnène (1154 † 1217), nièce de Manuel Ier Comnène, épousée en 1168 a donné naissance à :
• Isabelle (1169 † 1205), reine de Jérusalem sous le nom de Isabelle Ire.





(1) la Haute Cour est la gardienne inviolable des droits sacrés des liges, c’est-à-dire des barons du royaume. Composée de vassaux directs de la couronne, l’assemblée est ensuite ouverte en 1164 à tous les arrières vassaux à la suite d’une décision du roi Amaury Ier, moyen commode pour le roi de diminuer l’opposition.

La Haute Cour n’a ni date de réunion, ni lieu de rassemblement régulier. Seul le roi a le droit de convoquer la Cour, et préside les sessions, mais dès qu’elle débute, il n’est que le premier des barons et sa voix n’a pas plus de valeur que celle des autres membres. En cas d’absence du roi, c’est un des grands officiers de la couronne, le connétable ou le maréchal, qui le remplace. Une fois que la Haute Cour est réunie, ses décisions sont souveraines et même le roi doit s’y conformer et les faire exécuter. Il n’a pas de recours contre une décision de la Haute Cour.

Le fonctionnement de cette Haute Cour fait l’objet du Livre au Roi, de celui de Philippe de Novare, et de celui de Jean d’Ibelin.




(2) La dynastie bouride est une famille d'atabegs qui a régné sur Damas de 1104 à 1154.




(3) Asad al-Dîn Shîrkûh (mort en 1169), est un général kurde de Nur ad-Din, atabeg d’Alep et de Damas. Il est également devenu vizir d'Égypte en 1169. Il est membre de la famille des Ayyoubides et oncle de Saladin qui lui a succédé en Égypte.




(4) Bohémond III dit le bègue, né entre 1142 et 1149, mort en 1201, prince d'Antioche (1163-1201), fils de Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, et de Constance d'Antioche.
Il succède à sa mère en 1163, son beau-père Renaud de Châtillon étant prisonnier à Alep depuis trois ans et devant le rester encore seize ans.

Bohémond épousa en premières noces vers 1169 Orgueilleuse de Harenc (décédée vers 1175) et eut :
• Raymond IV, comte de Tripoli, mort en 1199,
• Bohémond IV, comte de Tripoli et prince d'Antioche, né en 1172, mort en 1233.

Veuf il se remaria vers 1176 avec Théodora Comnène, et eut :
• Constance qui mourut en bas âge,
• Philippe, mariée à Baudoin Patriarch
• Manuel de Poitiers, né en 1176, mort en 1211.

En 1180, il se sépara de Théodora pour épouser Sibylle dont il eut :
• Alix de Poitiers, mariée en 1204 avec Guy Ier Embriaco, seigneur du Gibelet (+ 1233)
• Guillaume de Poitiers, cité en 1194.

Ayant été excommunié pour sa séparation et son troisième mariage, il dut se séparer de Sibylle. En 1199 il épouse Isabelle et eut :
• Bohémond de Poitiers, mort en 1244, qui fut seigneur de Botron, ayant épousé l'héritière de la seigneurie.




(5) Eudes (Odon) de Saint-Amand est le 8e maître de l'Ordre du Temple.



Blason d’Eudes de Saint-Amand


Il est originaire d'une famille noble du Limousin mais est arrivé sans doute assez jeune en Palestine car lorsqu'il parvient à la tête des templiers il a déjà derrière lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. »



Armoirie d’eudes de saint amand




(6) Le royaume arménien de Cilicie ou royaume de Petite-Arménie (en arménien T’agavorout’ioun, à ne pas confondre avec le royaume d'Arménie de l'Antiquité) est un État fondé en Cilicie, au sud-est de l'Anatolie, par des réfugiés arméniens fuyant l'invasion seldjoukide de l'Arménie. Il fut indépendant et allié des Mongols entre 1080 et 1375, date de la chute de sa capitale, Sis, aux mains des Mamelouks.

Ce royaume fut fondé par la dynastie roupénide, une famille arménienne apparentée aux rois bagratides et Arçrouni, qui régnèrent à diverses époques sur l'Arménie et la Géorgie. Ce bastion de la chrétienté orientale fut un allié précieux pour les Croisés, et il fut également le cœur du nationalisme et de la culture arménienne, l'Arménie elle-même se trouvant alors sous occupation étrangère.




(7) Mleh (en arménien Մլեհ ; † 1175) est un prince des Montagnes roupénide ayant régné de 1169 à 1175. Il est un fils de Léon Ier, lui-même prince des Montagnes.




(08) Roupen II († 1170) est un prince des Montagnes roupénide ayant régné de 1169 à 1170. Il est fils deThoros II, lui-même prince des Montagnes, et de sa seconde épouse.
Il succède à son père en 1169, sous la régence de Thomas, son grand-père maternel. Mais un de ses oncles, Mleh, désirant le pouvoir, s'allie à Nur ad-Din et fait assassiner le jeune prince et le régent.




(9) Gauthier de Moac (fl. 1171-1184 ; en italien : Gualtiero de Moac, Gualtiero di Moac ; en latin : Walter(i)us de Moac(h), Gualter(i)us de Moac(h)) est un amiral du royaume normand de Sicile sous le règne du roi Guillaume II de Sicile.

D'origine normande, Gauthier de Moac est peut-être apparenté au baron Godefroi de Modica et à Aquinus de Modica, Justicier en Apulie et Capoue sous le règne du roi Guillaume Ier de Sicile.
Avant d'être nommé amiral, il fut comes stabuli (mentionné en 1171), et magister regie duane de secretis et duane baronum (« maître de la douane royale du secret et de la douane des barons ») (1178-1179).

En 1174, il commande une flotte normande de 200 galères lancée par le roi Guillaume II de Sicile, en concertation avec le roi Amaury Ier de Jérusalem, contre Alexandrie en Égypte pour combattre Saladin.

En 1178, l'amiral Gauthier de Moac capture en pleine mer la fille de l'émir almohade Abu Yaqub Yusuf, qui quittait le Maghreb pour rejoindre son fiancé en Espagne.

Au cours de l'hiver 1180-1181, il commande la flotte sicilienne envoyée contre les Almoravides des îles Baléares mais de violentes tempêtes dispersent l'escadre.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 9:28

Hugues d’Ibelin , seigneur de Rama et d’Ibelin


 Hugues d'Ibelin, mort en 1170, est un noble du royaume de Jérusalem.
Il est fils aîné de Balian d'Ibelin et d'Helvis de Rama. Après la mort de son père, Echive de Rama se remaria avec Manasses, connétable du royaume, un des principaux partisans de la reine Mélisende dans sa lutte de pouvoir contre son fils Baudouin III. Manasses fut exilé en 1152 quand Baudouin sortit victorieux de cette lutte, permettant à Hugues d'hériter de sa mère de la seigneurie de Rama. Hugues prit part au siège d'Ascalon en 1153, et fut capturé en 1157 durant la bataille de Banias, et fut probablement libéré l'année suivante. En 1159, il se rendit dans laPrincipauté d'Antioche et rencontra l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène, qui venait faire valoir sa suzeraineté sur la principauté.

En 1163, il épousa Agnès de Courtenay, dame de Toron (1133 † 1184), épouse séparée d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, mère du roi Baudouin IV le lépreux et fille de Josselin II, comtes d'Édesse et de Béatrice.

Hugues participa avec Amaury Ier à l'expédition d'Égypte et fut responsable de la construction d'un pont sur le Nil. Les croisés étaient alliés avec le vizir Shawar contre Shirkuh, le général de Nur ad-Din qui se battait également pour le contrôle de l'Égypte ; et Hugues fut envoyé avec Kamil, le fils du sultan, pour défendre Le Caire. Il fut ainsi le premier croisé à voir le palais du sultan. au siège de Bilbeis, toujours pendant la campagne d'Égypte, selon la tradition de la famille Ibelin, il fut sauvé par Philippe de Milly après s'être cassé une jambe et tombé de son cheval.

Hugues mourut vers 1170 durant un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ses terres d'Ibelin et de Rama passèrent alors à son frère Baudouin.








Baudouin d’Ibelin , seigneur de Mirabel


Baudouin d'Ibelin, aussi connu sous le nom de Baudouin de Rama était un noble croisé du royaume de Jérusalem. Il était le second fils de Balian d'Ibelin et d'Helvis de Rama.

Après la mort de son frère aîné Hugues, il hérita de Rama et d'Ibelin et donna Ibelin à son frère cadet Balian. Baudouin et Balian soutinrent Raymond III de Tripoli contre Miles de Plancy pour la régence pendant la minorité de Baudouin IV, et en 1177 les frères combattirent à la bataille du mont Gisard. Baudouin fut capturé durant des combats sur le Jourdain en 1179. Sa rançon fut payée par l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène et après sa libération séjourna quelque temps à Constantinople, séjour pendant lequel mourut l'empereur. En 1183, il soutint Raymond III de Tripoli contre Guy de Lusignan, époux de Sibylle de Jérusalem, pour la régence durant la maladie de Baudouin IV le lépreux. Il fut parmi les barons qui conseillèrent le couronnement de Baudouin V du vivant de Baudouin IV, afin d'empêcher que Guy de Lusignan ne succède au roi. Baudouin V devint roi encore enfant en 1185, mais mourut l'année suivante, et Raymond choisi comme successeur Onfroy IV de Toron, qui refusa la couronne en faveur de Guy. Baudouin d'Ibelin refusa de prêter hommage à Guy et s'exila à Antioche.
Selon la chronique d'Ernoul, une continuation de la chronique de Guillaume de Tyr en ancien français, écrite par un scribe de Balian, le frère de Baudouin, Baudouin détestait Guy parce qu'il avait cherché à épouser Sibylle en 1180. La famille Ibelin n'était alors pas aussi illustre que les Lusignan, et Sibylle épousa Guy. Baudouin refusa de revenir à Jérusalem pour aider Guy contre Saladin, et mourut probablement en 1187 dans cet exil auto-imposé.


Il avait épousé en premières noces avant 1157 Richilde, fille de Gramand Ier seigneur de Bethsan dont il eut :

• Thomas d'Ibelin, seigneur de Rama († 1188)
• Echive d'Ibelin, († 1196); mariée avant 1175 avec Amaury II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem (1145 † 1205)
• Stéphanie d'Ibelin, mariée à Amaury, viscomte de Naplouse.

Il se sépara de Richilde en 1174 pour se remarier en 1175 avec Isabelle Gothman (+ 1177), puis après 1180 avec Marie fille de Renier, connétable de Tripoli

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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 10:03

Payen le Bouteiller , seigneur de Montréal et d’Outre-Jourdain


Payen, dit le Bouteiller ainsi nommé parce qu'il avait été bouteiller du Roi est un croisé du royaume de Jérusalem au XIIe siècle.

Payen le Bouteiller apparaît dans les archives en 1120 comme bouteiller du royaume (1), charge qu'il occupera au moins jusqu'en 1136.

En 1132, le roi Foulque de Jérusalem lui confie la seigneurie d'Outre-Jourdain, confisqués à Romain du Puy (2) et son fils, accusés de trahison.

Afin d'assurer la protection du nord de sa seigneurie, Payen le Bouteiller fit construire en 1142 le château d'«Al-Karak», ou «crac des Moabites», forteresse plus imposante encore que le krak de Montréal, la capitale de la seigneurie. Aussi appelé la «Pierre du Désert», le crac des Moabites, construit sur un emplacement remarquablement bien choisi par Payen entre Damas et la Mer Rouge, permettait de contrôler les caravanes musulmanes entre l'Égypte et la Syrie. «Al-Karak» devint la ville principale de la seigneurie ainsi que la résidence de l'archevêque de Rabbah.

La mort de Payen le Bouteiller se situe entre 1148, où Payen assista à la réunion des barons de Terre Sainte convoquée à Saint-Jean-d'Acre par l'empereur Conrad III de Hohenstaufen et le roi Louis VII, et 1152, où le titre de seigneur d'Outre-Jourdain revient à Maurice, son neveu





(1) Il y avait six officies permanents dans le royaume de Jérusalem :

- Connétable : il commande l’armée, paye les mercenaires et juge tout ce qui relève de la justice militaire.il est l’officier le plus important du royaume du fait de l’état de guerre permanent entre les croisés et leurs voisins musulmans.

- maréchal : il est le second (et apparemment vassal) du connétable. Il est le commandant des mercenaires et a aussi la responsabilité des chevaux et distribue le butin après les victoires.

- sénéchal : l’office du sénéchal avait une importance moindre à Jérusalem qu’en Europe. Le sénéchal organise la cérémonie de couronnement et préside la Haute Cour en l’absence du roi. Il administre les châteaux royaux, ainsi que les finances royales, et collecte les impôts. Cet office est similaire à l’office anglais de l’échiquier, en moins développé cependant.

- chambellan : il administre la maison du roi et ses serviteurs et à des prérogatives honoraires comme celle de recevoir des serments au nom du roi. Il dispose d’un fief duquel il perçoit ses rentes.

- bouteiller : il est apparemment l’intendant chargé du vin à la cour du Roi. Cependant, il ne survécut pas quand le siège du royaume se déplaça à Acre.

- chancelier : le chancelier est un exemple intéressant de la fossilisation des offices du XIe siècle en Terre Sainte. Il consistait uniquement à un rôle de secrétaire et de scribe, et ne devint jamais administrateur de’ la bureaucratie telle qu’elle se développa en Europe. Les chanceliers furent souvent des religieux séculiers qui furent archevêques ou évêques, parfois en restant chancelier. La faible importance du chancelier dans le royaume reflète la décentralisation de l’autorité royale, contrairement à la France ou l’Angleterre où celle-ci devint plus importante.

Les quatre premiers étaient des Grands Offices. Durant certaines périodes, il y eut aussi des baillis, des vicomtes et des châtelains. Ces offices sont calqués sur ceux qui existaient dans le nord du royaume de France au XIe siècle, la terre d’origine des premiers rois de Jérusalem. Ces offices continuèrent à se développer en France et en Angleterre, mais à Jérusalem, ils évoluèrent peu ou pas du tout.

Après la chute du royaume de Jérusalem (1291), ils continuèrent à être attribués à titre honorifique par les rois de Chypre, héritiers des rois de Jérusalem.






(2) Romain du Puy était au XIIe siècle un noble du Royaume de Jérusalem.
Il est cité en Terre-Sainte en 1110. Il semble qu'il vienne du Puy-en-Velay et qu'il accompagnait l'évêque du Puy Adhémar de Monteil à la première croisade, dans l'armée de Raimond de Saint Gilles. En 1118, Baudouin II lui donne en fief la seigneurie d'Outre-Jourdain mais, compromis en 1134 dans la révolte d'Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, le roi Foulque V lui retira la seigneurie pour la donner à Payen le Bouteiller.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 10:06

Elinard de Bures , prince de Galilée et de Tibériade


Elinard de Bures est un noble croisé du royaume de Jérusalem.


La seule certitude concernant sa famille est qu'il est un neveu de Guillaume Ier de Bures, prince de Galilée et de Tibérias à qui il succéda. On sait aussi qu'il avait trois frères et une sœur :

• Guillaume II de Bures, prince de Galilée et de Tibérias après Elinard,
• Ralph d'Yssy,
• Simon,
• Echive, princesse de Galilée et de Tibérias après Guillaume II, et qui se mariera à Gautier de Saint-Omer, puis à Raymond III de Tripoli,
• Agnès, mariée à Géraud Grenier comte de Sidon.



Sachant que ce Guillaume de Bures n'avait qu'un seul frère connu et nommé Godefroy de Bures, tué en 1119 lors d'un raid en terre musulmane, on suppose qu'Elinard de Bures et ses frères et sœurs étaient fils de ce Godefroy.


Il épousa Ermengearde d'Ibelin (morte entre 1160 et 1167), fille de Barisan d'Ibelin, mais il n'en eut pas d'enfant.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 10:37

Onfroy II de Toron , seigneur de Toron.



Onfroy II de Toron, né vers 1117, mort vers 1179, était seigneur de Toron (1), connétable du royaume de Jérusalem, fils d'Onfroy Ier de Toron.


Il devint seigneur d'Hébron peu de temps avant 1140 et épousa la fille de Rénier Brus, seigneur de Banias (2). Ce mariage lui apporta Banias qu'il ajouta à Toron. Onfroy devint ensuite châtelain d'Hébron en 1149 quand celui-ci retourna au domaine royal. En 1153, il devint connétable du royaume quand Baudouin III de Jérusalem devint seul régnant après une lutte contre sa mère Mélisende.

Onfroy fut battu par Nur ad-Din à Banias en 1157 et fut assiégé dans le château jusqu'à ce que Baudouin III arrive pour faire lever le siège. La même année, Onfroy vendit Banias et Chastel Neuf aux chevaliers de l'Hôpital (Chastel Neuf fut pris par Nour ad-Din en 1167). Toujours la même année, il participa aux négociations du mariage entre Baudouin III et Théodora, nièce de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène. Onfroy se remaria plus tard à Philippa, sœur de Bohémond III d'Antioche, qui avait eu une liaison avec Andronic Ier Comnène. Il n'eut pas d'enfants de ce second mariage.

En 1173, Onfroy força Nur ad-Din à lever le siège du crac en Oultre-Jourdain. En 1176, son importance à la cour diminua, principalement à cause de l'influence d'Agnès de Courtenay (3), mais il conserva son office de connétable. En 1177, la perte de son influence fut manifeste quand la seigneurie d'Hébron lui fut reprise et donnée à Renaud de Châtillon. Il fut partisan de Raymond III de Tripoli, régent pour Baudouin IV de Jérusalem. Raymond, Onfroy et d'autres étaient de la faction de familles anciennes à la cour, opposés à des nouveaux venus comme Renaud de Châtillon et plus tard Guy de Lusignan.

En 1179, Onfroy fit reconstruire Chastel Neuf, qui avait été détruit après plusieurs sièges. Toujours en 1179, il aida à arranger un différend entre les Chevaliers de l'Hôpital et les Templiers. À la fin de l'année, il accompagna le roi Baudouin IV combattre contre un petit détachement musulman, mais, bien qu'il sauva la vie du roi, il reçut des coups mortels et mourut bientôt. De son premier mariage, il avait eu un fils, Onfroy III de Toron qui était déjà décédé. Ce fut son petit-fils Onfroy IV de Toron qui lui succéda.




(1) la seigneurie de Toron est un des fiefs du royaume de Jérusalem. A 113 km de Beyrouth (Beirut), situé derrière Tyr et Acre, en bordure du Jourdain.

Toron (appelé aussi Tibnine) est un château qui fut construit dans la principauté de Galilée en 1105 par Hugues de Saint-Omer, qui le donna à Onfroy Ier de Toron. Onfroy IV le donna au roi de Jérusalem contre la possibilité de la seigneurie d’Outre-Jourdain. Il fut conquit par Saladin en 1187, puis repris par les Francs en 1229 et rendus aux héritiers de la famille de Toron. Elle sera reprise par les Mamelouks en 1266.





(2) La seigneurie de Banias est un des arrières-fiefs du Royaume de Jérusalem. Située à l’est de la seigneurie de Toron, elle dépend de la principauté de Galilée.

Banias fut donné par les Assassins à Baudouin II en 1128, qui en inféoda Rénier Brus. Elle passa ensuite par mariage à Onfroy de Toron, qui en donna la moitié en 1157 à l’Ordre de l’Hôpital. Nur ad-Din en fit la conquête en 1167, et fait prisonnier Josselin III d’Edesse. Josselin III d’Edesse. Josselin va rester en captivité jusqu’en 1176, il reprend alors une partie de ses domaines.




(3) Agnès de Courtenay, (1133 - † 1184/5) est une reine consort de Jérusalem, fille de Josselin II de Courtenay, comte d'Edesse et de Béatrice de Saône.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 10:50

Géraud Grenier , comte de Sidon


Géraud Granier (ou Grenier), (v.1101-v.1171), est le fils aîné d'Eustache Granier (ou Grenier) et d'Emma de Chocques.


Après le décès de son père survenu le 15 juin 1123, il hérite du comté de Sidon, un des principaux fiefs du royaume de Jérusalem.

Pour une raison inconnue l'historien Guillaume de Tyr le nomme Eustache (II) le jeune et le mentionne en tant que tel en 1124, en 1146 et en 1154. Il apparaît sous le nom de Géraud dans plusieurs actes du royaume de Jérusalem de 1147 à 1164, ce qui a conduit certains auteurs à considérer qu'Eustache Ier Granier avait eu plus de deux fils.

Durant son règne, il retira un fief à un de ses vassaux, lui en contestant la possession, mais le roi Amaury Ier de Jérusalem intervint pour le rappeler à l'ordre.

En 1153, lors de l'attaque et de la prise d'Ascalon, il commande la quinzaine de galères de la flotte chrétienne qui bloque l'entrée du port, mais n'ose pas attaquer la flotte égyptienne laquelle, dotée d'une écrasante supériorité numérique, réussit à pénétrer pour apporter du secours aux assiégés.

Il est connu pour avoir dirigé plusieurs escadres corsaires, rançonnant les navires musulmans mais aussi dit-on, plusieurs navires chrétiens.

Il épouse Agnès de Bures, sœur de Guillaume II de Bures, prince de Galilée, et eut :
• Renaud Granier (ou Grenier), (1133-1204), comte de Sidon, marié à Agnès de Courtenay, puis à Helvise d'Ibelin, fille de Balian d'Ibelin.
• Gauthier, (1137-1145).

Il est cité pour la dernière fois en 1164 et son fils apparaît dans les actes en 1171.






Gautier Grenier , seigneur de Césarée


Gautier Granier1 (ou Grenier), est l’un des fils de Eustache Granier (ou Grenier) et de Emma de Chocques.

Après le décès de son père (1123), il posséda la seigneurie de Césarée jusqu’à sa mort en 1155.
Il était un des vassaux du royaume de Jérusalem en tant que seigneur de Césarée, succèdant à son père Eustache Granier (ou Grenier)(mort en 1123). Il était le frère jumeau de Géraud Granier (ou Grenier), comte de Sidon (parfois appelé Eustache II).

Selon Guillaume de Tyr, Gautier était "de belle apparence et renommé pour sa force". Sa mère Emma de Choques se remaria à Hugues II du Puiset-Jaffa, un cousin et ami d'enfance de la reine Mélisende, ce qui poussa les esprits malveillants à les accuser d'avoir une liaison. Gautier, poussé par le mari de Mélisende, le roi Foulques de Jérusalem, accusa son beau-père de trahison devant la Haute Cour de Jérusalem. Hugues nia les accusations et il fut décidé que le jugement serait effectué par duel judiciaire, mais Hugues prit peur et ne se présenta pas le jour convenu; Au contraire, il rallia la garnison musulmane de Ascalon et organisa une rébellion contre le roi Foulques. Il fut plus tard condamné à l'exil. En 1148, Gautier fut présent au Concile d'Acre, où la noblesse chrétienne d'Orient se réunit avec Louis VII de France, l'Empereur germanique Conrad III et leurs armées fraîchement arrivées d'Europe pour la seconde Croisade.

Gautier s'est marié avec une femme prénommé Julienne. Leur fils Hugues Granier (ou Grenier) lui succéda comme seigneur de Césarée.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 11:09


Philippe de Milly , seigneur de Naplouse



Armoirie Philippe de Milly




Philippe de Milly, appelé aussi Philippe de Naplouse, est le septième maître de l'Ordre du Temple de janvier 1169 au3 avril 1171.

Philippe de Milly issu d'une famille originaire de Picardie est né cependant au début du XIIe siècle à Naplouse dans le royaume de Jérusalem, fils de Guy de Milly et d'Étiennette de Naplouse. Il échange avec le roi Baudouin III de Jérusalem sa seigneurie de Naplouse contre celle de Montréal, puis devenu veuf entre dans l'Ordre du Temple en 1168. Il est élu maître au début de 1169 et succède à Bertrand de Blanquefort. Son seul fait d'armes semble être la défense deGaza devant les troupes de Saladin. Il démissionne de sa dignité avant la Pâque de 1171 alors qu'il est à Constantinople avec le roi Amaury Ier de Jérusalem. La fin de sa vie est inconnue mais il est probable qu'il entre dans un monastère cistercien ainsi qu'il est d'usage pour un templier quittant le service actif. Eudes de Saint-Amand lui succède.

Il eut deux filles dont Étiennette de Milly.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 11:13

Manassès de Hierges , connétable du royaume


Manassès de Hierges, (né v. 1110 - mort le 8 janvier 1177) était un seigneur ardennais du XIIe siècle, qui partit combattre en Terre sainte et fut, connétable du royaume de Jérusalem de 1144 à 1152. Il était fils d'Héribrand II, seigneur de Hierges et d'Hodierne de Réthel.

Il est cité pour la première fois en 1127 : depuis que Godefroy de Bouillon avait vendu Bouillon à l'évêque de Liège, un litige opposait ce dernier à l'archevêque de Reims à propos d'une partie de la terre de Bouillon qui dépendait de Reims. Ce litige ne fut résolu qu'en 1127, et l'évêque de Liège envoya huit de ses vassaux, dont Manassès, pour rendre l'hommage à l'archevêque de Reims.

Appelé par sa cousine Mélisende de Jérusalem, il se croisa en 1141 et arriva peu après dans le royaume de Jérusalem. En 1143 mourut le roi Foulques d'Anjou, Mélisende devint régente du royaume et nomma Manessès connétable du royaume.

D'une première épouse, dont le nom reste encore inconnu, il avait eu :
• Fadie, mariée à Guillaume II Embriaco († 1157), seigneur de Gibelet
• Hodierne, mariée à un seigneur de Grandgerin.


Veuf de cette première épouse, il se remaria en 1151 avec Helvis de Ramla, veuve de Balian d'Ibelin. La brochure du CRDP de Reims assure qu'Helvis était trop âgée pour être à nouveau mère, alors que les Lignages d'Outremer lui attribuent deux filles :

• Helvis, mariée à Anceau de Brie
• Ysabeau, femme d'Hugues de Mimars


Le roi Baudouin III de Jérusalem grandissant, un conflit l'opposa à sa mère. Baudouin prit le pouvoir en 1152 et Manassès, allié à Mélisende, dut abandonner ses terres et ses charges et retourner en Europe. Il se maria pour la troisième fois, épousant Alix de Chiny, fille d'Albert Ier, comte de Chiny et d'Agnès de Bar, qui lui donna :

• Héribrand III, seigneur de Hierges
• Henri,
• Albert II de Hierges qui fut évêque de Verdun de 1187 à 1208,
• Louis abbé de Saint-Vanne de Verdun,
• Gautier, chevalier


En 1176, il tomba gravement malade, et se fit moine à Brogne. Il y mourut le 8 janvier 1177.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 11:36

Raymond de Poitiers , prince d’Antioche


Raymond de Poitiers, né en 1115, mort le 29 juin 1149, prince d'Antioche de1136 à 1149, second fils de Guillaume IX de Poitiers, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers et de Philippe de Toulouse.

Il épousa en 1136 Constance, âgée de 10 ans, fille et héritière de Bohémond II, prince d'Antioche et d'Alix de Jérusalem, et assura le gouvernement de la principauté après les régences de Baudouin II et de Foulque, rois de Jérusalem. Le mariage avait eu l'approbation du patriarche d'Antioche, mais pas celui d'Alix de Jérusalem, à qui Raymond avait fait croire qu'il devait l'épouser. Les premières années du règne commun de Raymond et de Constance furent occupées par des conflits avec l'empereur byzantin Jean II Comnène, qui cherchait à récupérer la Cilicie et à réaffirmer ses droits sur Antioche. Raymond fut obligé de lui prêter hommage et de s'engager à lui céder Antioche dès que Jean II lui aurait conquis des terres plus à l'est. L'expédition de 1138, à laquelle prit part Jean et Raymond, fut naturellement un échec : Raymond n'était pas pressé de se conquérir un fief, ce qui aurait signifié pour lui la perte d'Antioche. Jean retourna à Constantinople après avoir demandé en vain le retour de la citadelle d'Antioche.

Il y eut ensuite une lutte entre Raymond et le patriarche, Raoul de Domfront. Raymond était gêné par l'hommage qu'il avait dû prêter au patriarche en 1135, qui était membre de l'opposition et qui s'était fait élire de manière irrégulière. Raymond triompha en 1139, faisant déposer le patriarche et le remplaçant par Aimery de Limoges. En 1142, Jean II Comnène revint à l'attaque, mais Raymond refusa de reconnaître sa précédente soumission, et Jean ravagea les abords de la ville, incapable de lancer une autre action contre Raymond. Par la suite Manuel Ier Comnène, successeur de Jean II, obligea Raymond à faire une visite humiliante à Constantinople où il dut renouveler son hommage et accepter la présence d'un patriarche grec.

Pendant la deuxième croisade, Louis VII, roi des Francs et sa femme Aliénor d'Aquitaine, nièce de Raymond, s'arrêtèrent à Antioche. Raymond chercha à les inciter à prendre Alep et Césarée (de Syrie) avant de descendre vers Jérusalem, mais Louis VII refusa. Les relations de Raymond avec sa nièce étaient si intimes que l'archevêque Guillaume de Tyr insinue qu'il existe entre eux une relation charnelle. Aliénor se range du côté de son oncle et menace Louis VII. À son retour en France, Aliénor se retire sur ses terres d'Aquitaine. Le couple fait alors savoir au pape qu'ils souhaitent l'annulation de leur mariage. Aliénor épousa en secondes noces le futur roi d'Angleterre en 1152.

Le 29 juin 1149, Raymond fut tué à la bataille d'Inab, pendant une expédition contre Nur ad-Din. Raymond est décrit par Guillaume de Tyr comme un seigneur d'ascendance très noble, de figure grande et élégante, le plus beau des princes de la terre, un homme d'une conversation et d'une affabilité charmante, fort dans le maniement des armes et dans l'expérience militaire, protecteur des lettres bien qu'illettré, un croyant sincère et un mari fidèle, mais une personnalité entêté, colérique et peu raisonnable.

De son mariage avec Constance d'Antioche, il avait eu :

• Bohémond III († 1201), prince d'Antioche
• Marie (1145 † 1182), mariée en 1161 à l'empereur Manuel Ier Comnène († 1180)
• Philippa (v.1148 † 1178), mariée à Onfroy II de Toron († 1179)
• Baudouin († 1176) tué pendant la bataille de Myriokephalon
• Raymond († avant 1181)
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 11:54

Raymond III de Tripoli , comte de Tripoli





Raymond III de Tripoli (vers 1140 † 1187) est un comte de Tripoli de 1152 à 1187, unprince de Galilée de 1174 à 1187 et fils deRaymond II, comte de Tripoli, et d'Hodierne de Jérusalem.

Il succède à son père comme comte de Tripoli et combat les armées de Nur ad-Din pendant les années qui suivent. Il est fait prisonnier en 1164 et les intrigues politiques, ainsi que l’état de sa trésorerie (pour payer sa rançon) ne permettent sa libération qu’en 1172.

En 1174, il devient prince de Galilée et de Tibériade par son mariage avec Echive de Bures, veuve de Gautier de Saint-Omer. Ce mariage fait de lui l'un des plus puissants seigneurs d’outremer, mais le livre aux intrigues de la cour de Jérusalem. Le roi Amaury Ier vient de mourir. Son fils Baudouin IV, encore mineur, est malheureusement atteint de la lèpre. Raymond assure la régence du royaume de Jérusalem de 1174 à 1176, mais ses conseils de prudence ne sont pas toujours suivis.

Nur ad-Din meurt peu après Amaury et ses fils lui succèdent à Alep, Mossoul et Damas ; tandis que Saladin, qui avait déjà manifesté son autonomie, gouverne l’Égypte. Il ne tarde pas à éliminer les fils de Nur ad-Din et à s’emparer de Damas, réalisant ainsi l'unité de l’Égypte et de la Syrie et encerclant les états croisés. Raymond, Guillaume de Tyr et une partie des barons francs comprennent le danger, tandis qu’une autre faction, autour de la reine mère Agnès de Courtenay et de Renaud de Châtillon, cherchent l'affrontement, insensibles à la menace. Pour contrer Saladin, Raymond prône une alliance avec Alep, également menacé par Saladin. Cette alliance lui sera reprochée à plusieurs reprises et le fera qualifier d’ami des musulmans par ses adversaires politiques. À la majorité de Baudouin, il demeure conseiller du roi, mais ce dernier balance régulièrement entre les deux partis.

Raymond est à nouveau régent pendant le règne de Baudouinet de 1185 à 1186. Mais à la mort de celui-ci, il ne peut empêcher le couronnement de Guy de Lusignan, candidat de la faction opposée. Ce dernier, dénué de tout sens politique et stratégique, décide de se porter à la rencontre de Saladin dans des circonstances particulièrement défavorables, plutôt que d’attendre Saladin comme le conseillait Raymond et les chevaliers de l’Hôpital. Ils parviendront à faire changer Guy d’avis, avant que celui-ci ne se ravise, et ne précipite son armée au désastre. Il accusera Raymond de couardise, alors même qu’Eschive est assiégée dans Tibériade. Guy est vaincu et la chevalerie franque écrasée à la bataille de Hattin le4 juillet 1187. Raymond en réchappera en perçant les lignes ennemies, mais, isolé avec son avant-garde, il fuira vers Tyr.

N’ayant plus de résistance devant lui, Saladin s’empare de la Galilée dans les jours qui suivent, prend les différents ports de Terre sainte durant l’été, puis assiège et prend Jérusalem en octobre 1187.

Raymond, qui a pris part à la bataille de Hattin, échappe au désastre et se réfugie à Tripoli, où il meurt peu après en septembre 1187.

Il épouse le 1er octobre 1174 Echive de Bures, veuve de Gautier de Saint-Omer, prince de Galilée et seigneur de Tibériade, et sœur d'Elinard et de Guillaume II, princes de Galilée et seigneurs de Tibérias. Aucun enfant n’est né de ce mariage.

Son beau-fils Hugues II de Saint-Omer lui succède comme prince (titulaire) de Galilée, tandis que le comté de Tripoli revient à un lointain cousin, Raymond IV de Poitiers-Antioche.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 12:27

Evrard des Barrès , maitre de l’Ordre du Temple



blason


Évrard des Barrès (ou Everard des Barres, il existe plusieurs graphies) est le troisième maître des Templiers et gouverne l'ordre de mars 1149 à 11521. Il est déjà un des principaux dignitaires de l'Ordre du Temple lorsque décède, en janvier 1149, le maître Robert de Craon (1), puisqu'Evrard porte alors le titre de Précepteur de France. À peine désigné, il doit intervenir militairement à la tête de ses templiers pour sauver le roi de France Louis VII, engagé dans la deuxième croisade, dans les gorges de Pisidie.

Selon le chroniqueur Odon de Deuil (2) Évrard des Barrès est un homme très religieux, éminemment respectable et possédant les valeurs d'un chevalier, courageux et énergique. Son influence sur Louis VII semble avoir été forte. Lorsque la croisade se termine, par un échec devant Damas, Louis VII rentre en France suivi par Evrard lequel prête une somme d'argent importante au souverain. C'est un précédent qui va faire école. Cependant le maître laisse ses troupes sur place lesquelles remportent une victoire en défendant Jérusalem contre un raid de troupes turques (vers 1149/1150).

Evrard des Barrès embrasse à son retour la vie monastique à Clairvaux et abdique en 1152malgré les pressions des templiers pour qu'il reste à leur tête. Il meurt en 1174. C'est Bernard de Tramelay (3) qui lui succède.



armoiries






(1) Robert IV le Bourguignon dit Robert de Craon, sire de Craon, fils de Renaud le Bourguignon et d'Ennoguen de Vitré


Il est le second maître de l'Ordre du Temple de 1136/1137 jusqu'en janvier 1149. Né sans doute à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe, d'origine angevine, il est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. Il s'installe en Aquitaine et est fiancé à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. Peut-être à la suite d'une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre sainte. Il y devient rapidement templier. […]








(2) Eudes de Deuil (également appeléOdon de Deuil), né vers 1110 à Deuil et mort le 8 avril 1162, est un moine bénédictin français, abbé de Saint-Denisen 1151.

D’origine modeste, il devient le confident de l'abbé Suger, personnage important du royaume, abbé de Saint-Denis, conseiller des rois Louis VI le Gros et Louis VII, et régent pendant l'absence de ce dernier lors la seconde croisade. C’est Suger qui impose Eudes en tant que secrétaire et chapelain du roi de France.
Ce poste prestigieux l'amène à entrer dans la suite du roi, et à participer à la seconde croisade en 1147. C'est ainsi qu'il rédige une chronique, intitulée De l'expédition de Louis VII en Orient, chronique nous permettant d'appréhender les difficultés rencontrées lors de cette croisade (relations avec Grecs, courants divergents à la tête de l'État, etc.). Cette chronique s’arrête lors de l’arrivée de la croisade à Antioche.
Une fois rentré des croisades il fut abbé de Saint-Denis en 1151, succédant ainsi à Suger, puis de l'abbaye Saint-Corneille à Compiègne.

(3) Bernard de Tramelay ( - 16 août 1153) est le quatrième maître de l'Ordre du Temple(1152 - 16 août 1153).
Bourguignon de naissance et ancien commandeur de Dole, en Franche-Comté, il semblerait avoir succédé à un Maître appelé Hugues, dont l'existence est fort douteuse et que seul Du Cange cite. Suivant les chroniqueurs des croisades, Bernard de Tremblay aurait rebâti la ville de Gaza.
Il est mort lors de la bataille d'Ascalon, avec tous les Templiers qui étaient sous ses ordres, à l'avant-dernier assaut du14 août 1153 peu avant la prise de la ville. L'obituaire de Reims signale sa mort le 17 des calendes de septembre, soit le 16 août. Cela correspond aux dates des chroniques, puisque Ascalon tomba entre les mains de Baudouin III, le 19 août de cette même année.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 12:45

Raymon du Puy , maitre de l’ordre Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem



Raimond Dupui, gravure par Laurent Cars, c. 1725


Raymond du Puy, né en 1080 et mort entre 1158 et 1160, est un chevalier français, second supérieur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1) de 1123 à 1158/1160.

Issu probablement d'une famille chevaleresque, Raymond du Puy fut officiellement le second supérieur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il succéda entre 1121 et 1123 à Gérard l'hospitalier (2), fondateur de la congrégation de l'Hôpital, après un ou deux intérims de Pierre de Barcelone (supérieur intérimaire de 1120 à 1121/1122) et Frère Roger.

Sous son magistère, Raymond du Puy reçoit de nombreuses donations, notamment dans le comté de Tripoli, pour défendre la Terre sainte contre les Sarrasins. C'est sous sa maîtrise que l'Hôpital reçu ses premières concessions de châteaux (Bethgibelin en 1136 et le Krak des chevaliers en 1142/1144). À l'exemple des Templiers, il va développer auprès des pèlerins la protection en leurs apportant la sécurité dans leurs déplacements aux Lieux saints. Il va, peu à peu, embaucher des chevaliers et des gens d'armes comme mercenaires et participer, par personnes interposées, à la défense du Royaume de Jérusalem.

L'importance politique du grand maître s’accrut, puisque, en juin 1148 à Acre, il est parmi les princes qui prennent la décision d'assiéger Damas. Le 19 août 1153, il participe à la prise d'Ascalon (voire à Banyase en 1157 ou lors de la coalition contre Alep en 1159).

Raymond du Puy obtient de nombreux privilèges et exemptions de la papauté, lui procurant les ressources financières nécessaires à son indépendance et lui donnant sa liberté vis à vis des autorités diocésaines au grand dam de celles-ci. Il donna à la congrégation ses premiers statuts qui porte son nom et dont l'approbation par le pape Eugène III entre 1145 et 1153 permet de dire que, qu'alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre.

Il meurt entre 1158 et 1160 à la tête de son Ordre.




(1) L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l'époque des Croisades jusqu'au début du XIXe siècle.




(2) Frère Gérard ou Gérard l'hospitalier(vers 1047 dans une famille de la région d'Amalfi (Italie)1 – 3 septembre 1120) est le fondateur d'une congrégation qui deviendra par la suite l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.



Frère Gérard, fondateur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem,
gravure par Laurent Cars, c. 1725

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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 12:54




1170 : Philippe de Dreux



Philippe de Dreux, né en 1158, mort le 2 novembre 1217, évêque de Beauvais, fils de Robert Ier de France, comte de Dreux, et d'Agnès de Baudement, dame de Braine.

Prélat belliqueux, ce soldat mitré du XIIe siècle alla deux fois guerroyer en Terre sainte (en 1179 et pendant la troisième croisade) et resta la seconde fois prisonnier à Bagdad. Ne cherchant que rencontres et batailles, il se signala aux combats d'Arsouf et de Saint-Jean-d'Acre où il fut pris par les Musulmans en 1190.

À son retour en Occident, il combattit les Anglais en se mesurant à Richard IerCœur de Lion (1197). Ils le firent prisonnier près de Milly le 19 mai 1197. Il resta longtemps en prison et fut délivré en 1202.
Il prit part à la croisade contre les Albigeois en 1209, et se signala en 1214 auprès de Philippe-Auguste à la bataille de Bouvines.

Interprétant d'une manière digne du temps les lois canoniques qui défendaient aux prêtres de verser le sang, il renonça à l'épée et aux armes tranchantes et n'utilisa plus que sa masse d'arme pour assommer ses ennemis.


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Jeu 10 Nov - 11:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 13:47

1171 – 1172 : Etienne Ier de Sancerre


Étienne Ier de Blois-Champagne (1133-1190 ou 1191, † à Saint-Jean-d'Acre), premier comte de Sancerre et troisième fils de Thibaut IV de Blois, Comte de Blois, et de Mathilde de Carinthie. En 1151 ou le 9 janvier 1152, à la mort de son père, il hérita de la seigneurie de Sancerre alors érigée en comté. Ses frères aînés, Henri et Thibaut, reçoivent la Champagne, pour le premier, Blois et Chartres, pour le second. Son héritage est moindre comparé à ses deux premiers frères. Guillaume, son frère cadet, ne reçut rien et entra dans l'Église où il deviendra archevêque de Reims.

Résumé de sa vie

Ce singulier personnage a eu une vie agitée et romanesque. Né au sein de la plus puissante famille féodale du royaume de France du XIIe siècle, les Champagne, Étienne a guerroyé pendant près d'un demi-siècle contre tous ses parents et ses voisins, apportant beaucoup de désolation autour de lui, avant de mourir en Croisade. Son existence correspond à l’apogée et au début du déclin de la puissance des grands seigneurs sur le roi de France. Fondateur du comté et de la Maison de Sancerre (1), branche cadette de celle de Champagne, il en est resté le comte le plus illustre avec le Connétable Louis de Sancerre

Détails de sa vie

En 1153, Étienne enlève, avec la complicité de Geoffroy III de Donzy, Hermansède ou Adélais de Donzy († entre 1160 et 1169), au matin de son mariage avec le seigneur Ancel ou Anseau de Traisnel, l'un des favoris du comte de Champagne. Il la ramène devant l'église, l'épouse publiquement et s’enfuit avec elle vers Sancerre puis Saint-Aignan. Ancel de Trainel et Hervé de Donzy, frère d’Adèlais, demandèrent justice au comte Henri de Champagne, frère d'Étienne Ier, qui en appela au roi de France car le comté de Sancerre étant un arrière-fief de la couronne ne pouvait être attaqué sans l'accord du roi. Ces derniers accompagnés du comte Henri Ier de Champagne, du comte Thibault de Blois et du roi Louis-le-Jeune, se dirigent vers le château-fort de Saint-Aignan et l'assiègent. Une population innocente paya de son sang les méfaits de son seigneur. Il n’y a pas de combat mais un accord à l'amiable est trouvé. L'union devant l'Église ayant déjà été célébrée et le mariage entre les nouveaux époux consommé, Adélais reste avec Étienne. Hervé récupère la seigneurie de Gien, faisant partie de la dot de sa sœur. En 1155, il accorde les Coutume, octroyées par Louis le Gros aux habitants de Lorris-en-Gâtinais, aux marchands de Sancerre (et probablement à sept autres villes).
Le 7 mars 1157, Guillaume, comte de Nevers, alors en guerre contre Étienne, pille la ville de Sancerre. Le 13 novembre 1160, par le mariage de sa sœur Adèle, il devient le beau-frère du roi Louis VII de France. Le 13 décembre 1160, Mathilde de Carinthie, sa mère, décède.

En 1161, à la suite de la mort du comte Guillaume III de Nevers, Étienne Ier et le comte Renaud IV de Joigny dévastent le comté de Nevers avant d'être battus en le 17 avril 1165 par le comte Guillaume IV de Nevers, dans une violente bataille à La Marche, entre Nevers et La Charité. En 1165 ou après, Étienne confirme une charte de son frère, Henri, comte de Champagne, en faveur de la monnaie de Meaux.

Etienne le Bâtisseur

Sur la colline de Sancerre, Étienne Ier fait construire une citadelle de pierre armée de 6 tours. Il fait remplacer et renforcer les fortifications en bois de la ville. Entre 1180 et 1190, il fait bâtir la Tour maîtresse du Château de Châtillon-Coligny. Étienne de Sancerre fonde le prieuré Grandmontain de Charnes (attesté en 1167) à Bannay.

Etienne le Croisé

Comme de nombreux membres de sa famille, il prit part aux Croisades. En 1169, une délégation diplomatique, menée par Frédéric de la Roche, Archevêque de Tyr, cherchant des alliances et des soutiens financiers en Europe, lui offre les mains de la fille du roi de Jérusalem, Amaury Ier, Sibylle. Il accepte et se dirige vers la Terre Sainte, à la fin de l'an 1170, accompagné d’Hugues III de Bourgogne et d'un trésor, cadeau du roi Louis VII. Étienne débarque en Palestine à l'été 1171. Il est pressenti pour devenir, un jour, roi de Jérusalem, par les droits de sa future épouse, étant l'héritier légitime d'Amaury Ier, Baudouin IV, fils de ce dernier, ayant contracté la lèpre. La Haute Cour de Jérusalem, conseil féodal, l'invita à régler le partage des domaines d'Henri, sans héritier mâle, entre ses trois filles. Étienne Ier divisa l'héritage équitablement, mais ordonna aux plus jeunes de rendre hommage à leur aînée. Étienne Ier trouve que la situation du royaume chrétien est compromise, et aussi que la princesse n’est pas de son goût ; il invoque cent prétextes pour retarder le mariage. Ce dernier n'eut jamais eu lieu. Menacé par Amauri et les barons de Terre Sainte, il s’enfuit de Jérusalem et quitte la région pour Constantinople. Il est pris sur la route et rançonné par un parti de Mleh, prince des Montagnes (arméniennes), qui l'arrêta près de Mamistra, en Cilicie, ville peu éloignée d'Iconium, avant de regagner la France.

À son retour, en 1176, il épouse Béatrix. Redevenu veuf en 1179, le comte Étienne Ier et les cottereaux (pillards) flamands envahissent la région de Lorris en 1180 dans le but de détruire l'influence de Philippe d'Alsace, comte de Flandre, sur son neveu, le roi de France, et de rétablir l'autorité de la reine-mère, sa sœur, Alix de Champagne.

Le 14 mai 1181, il est au château de Provins. Il s'allie avec les comtes de Flandre, de Hainaut, l’archevêque de Reims, les comtes de Champagne, de Blois et de Chartres, de Nevers et le duc de Bourgogne contre Philippe Auguste. Les coalisés devaient attaquer le domaine royal par le Nord et par le Sud, du côté du Vermandois et du Beauvaisis, en même temps que par le Berry et l’Orléanais. Dans l’été de 1181, Étienne de Sancerre s’était emparé de Saint-Brisson sur Loire et menaçait Orléans. Grâce au roi d’Angleterre et à ses fils, Philippe Auguste reprit Saint-Brisson, d’où il expulsa son oncle, emporta Châtillon-sur-Loire, une des forteresses du comte de Sancerre et le réduisit lui-même à implorer la paix. Entre 1181 et 1185, le comte Étienne prêta ses armes à celui qu'il venait de battre, le comte de Flandre, et fait partie de la Ligue des barons et seigneurs révoltés contre le roi de France, Philippe Auguste (Ligue de Philippe, comte de Flandre, du duc de Bourgogne, Guillaume, archevêque de Reims, et de Thibaut, comte de Blois.). Il mène une bande de mercenaires-brigands (Cottereaux et Paillers), appelée les Brabançons (2)  et ravage la vicomté de Bourges ainsi que l'Orléanais.

Le roi, aidé des confrères de la Paix (3) de Notre-Dame, organisation militaire formée en 1182, au Puy, sous le patronage de la Vierge, réussit à le mettre hors d'état de nuire en 1184.Philippe-Auguste prit à sa solde une armée de Brabançons, auxquels il livra le Sancerrois, où ils firent un butin immense ; mais le comte se tira d'affaire, encore une fois, en employant la médiation du roi d'Angleterre. Philippe Auguste lors de la reconquête du Sancerrois rase le village de Sury-ès-Bois, qui se retrouve propriété des Brabançons du roi.

Lors de l'expédition du roi, en Berry, destinée à punir Ebbes VI de Charenton qui s'était mis, sur ces vieux jours, à opprimer les clercs et à s'emparer des biens de l'Église, Étienne Ier aurait combattu à côté de ce dernier.

Etienne fut l’ennemi le plus acharné de Philippe Auguste, pendant les cinq années que dura la coalition (1181-1185).

Il épouse en troisièmes noces Aénor en 1187.

Un parlement eut lieu entre les rois de France et d'Angleterre sous Vormel de Gisors, le 21 janvier 1188, et la ligue chrétienne fut sur-le-champ proclamée. Notre comte Thibaut V de Blois, ses frères de Champagne et de Sancerre, ses neveux Milon de Mouçon, comte de Bar, et Renaud de Bar, évêque de Chartres, prirent la croix.

En 1190, avant son deuxième départ pour l'Orient lors de la troisième croisade avec ses frères et Philippe Auguste, le comte Étienne Ier affranchit les serfs de son domaine. Son neveu Louis I de Blois en fera de même en 1196. Étienne octroie aux habitants de Barlieu une charte sur le modèle de "la charte de Lorris" .

Étienne Ier s'embarque, pour la deuxième fois, en compagnie de son frère et de son neveu, les comtes Thibaut V et Henri II de Champagne. Ils parviennent devant Acre le 27 juillet1190 et débarquent chez les Francs avec 10 000 hommes, ainsi que Jean de Pontigny, Raoul de Clermont, Bernard de Saint-Valéry, Érard de Chacenay, Robert de Boves, Alain de Fontenay, Gautier d'Arzillières, Guy de Châteaudun, Jean d'Arcis, etc.. Étienne Ier serait mort de maladie ou décédé au combat au côté de son frère Thibault, au cours du siège de Saint-Jean-d'Acre, en octobre 1190, ou en janvier 1191, ou encore le 7 septembre 1191. Son fils, Guillaume, lui succède.


Descendance

Étienne et Béatrix, sa seconde épouse, eurent deux fils :
• A1 Guillaume Ier de Sancerre, (1176 - † 1217), comte de Sancerre.
• A2 Jean de Sancerre, (1178 - décédé vers 1200).
Étienne et Aénor, sa troisième femme, eurent :
• A3 Étienne de Sancerre (1180 ou 1190 - † 1252), Grand bouteiller de France à partir de 1248.





(1) La Maison de Sancerre est une famille noble française, aujourd'hui éteinte. Connue depuis le XIIe siècle, elle est issue d'une branche cadette de la Maison de Blois-Champagne. En effet, en 1152, à la mort de Thibaut IV de Blois, son fils Étienne devient comte de Sancerre. Le Comté sera détenu jusqu'en 1419 par ses descendants directs.

Cette famille féodale a joué un grand rôle au cours du Moyen Âge, en particulier lors des Croisades et de la guerre de Cent Ans, avant de s'éteindre, en 1419, avec la mort de la comtesse Marguerite de Sancerre.


Armes maison de Sancerre




(2) Au Moyen Âge, on appelait Brabançons des bandes de troupes mercenaires qui, une fois licenciées, devenaient des brigands qui parcouraient la France en y commettant les plus affreux désordres. On les appelait encore Routiers, Écorcheurs et Cottereaux.






(3) Les Capuchonnés ou Confrérie des Capuchons (Capuciati) sont des paciaires, des partisans de la Paix de Dieu; une organisation de guerriers dévoués au maintien de la paix et de l'ordre dans France de la fin du XIIe siècle. Eux-mêmes se présentaient comme les Confrères de la Paix (« Confrérie de la paix de Marie»).

Ils ont d'abord été organisés au Puy en 1182 et ont participé activement à l'appui de Philippe Auguste contre Étienne Ier de Sancerre et ses mercenaires brabançons qui ravageaient alors l'Orléanais en 1184. Ce mouvement parti d’Auvergne, se répandit dans une grande partie de la France et finit par remettre en cause l’ordre social, avant d’être exterminé par le clergé et la noblesse. Il eut un grand retentissement dans le Nord-Ouest de l’Europe au tournant du XIIIe siècle.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 13:54

1171 – 1173: Hugues III de Bourgogne


Hugues III, né en 1148, mort à Tyr le25 août 1192, duc de Bourgogne de 1162 à1192, fils de Eudes II, duc de Bourgogne, et de Marie de Blois.


Il régna d'abord sous la tutelle de sa mère, puis s'en dégagea. Il combattit le comte de Chalon en 1166, aidé par Louis VII de France. En 1171, Hugues partit, avec le comte Étienne Ier de Sancerre, combattre en Terre sainte. De retour en France, il lutta contre le comte de Nevers (1174), puis contre le seigneur de Vergy qui lui refusaient l'hommage.
Après la chute de Jérusalem, il s'engagea dans la troisième croisade, participa à la bataille d'Ascalon et à la prise d'Acre.Philippe II Auguste, lorsqu'il rentra en France, lui confia le commandement du détachement français (près de 10 000 hommes). Il combat au côté de Richard Cœur de Lion et meurt à Tyr.


En 1165, il épouse en premières noces Alix de Lorraine (1145 - †1200), fille deMatthieu Ier, duc de Lorraine, et de Judith de Hohenstaufen, aussi appelée Berthe (1123 - 1195), et eu :

• Eudes III (1166 - †1218), duc de Bourgogne ;
• Alexandre (1170 - †1205), seigneur de Montagu, auteur de la branche des seigneurs deMontagu ;
• Douce (1175 - †1219/), mariée en 1196 avec Simon de Semur (†1219) seigneur de Luzy ;
• Alix de Bourgogne (1177 - 1220), mariée à Béraud VII, seigneur de Mercœur.


Il répudie Alix en 1183 et se remarie en 11842 avec Béatrice d'Albon (1161 - †1228), héritière du Dauphiné, fille de Guigues V d'Albon, dauphin de Viennois et de Béatrice de Montferrat et eu :

• André Guigues VI (1184 - †1237), dauphin de Viennois ;
• Mahaut (1190 † 1242), mariée en 1214 à Jean Ier (1190 † 1267), comte de Châlon et d'Auxonne ;
• Anne (1192 † 1243), mariée en 1222 à Amédée IV (1197 † 1253), comte de Savoie.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 14:02

1176 : Guillaume de Montferrat



Guillaume de Montferrat (ca 1135/45 - †1177), ou Guillaume Longue Epée (Guiglielmo Lungaspada) et un comte de Jaffa et d’Ascalon de 1176 à 1177, fils de Guillaume V marquis de Montferrat et de Judith Babenberg.

Famille

Il est issu d'une famille de croisés. Son père a participé à la seconde croisade, reviendra en Terre Sainte à l'avènement de Baudouin V, son frère Conrad participera à la troisième croisade et sera roi de Jérusalem, et son autre frère Boniface participera à la quatrième croisade.
Les trois frères sont cousins du roi Louis VII de France et neveux de l'empereur Conrad III et cousins de l'empereur Frédéric Barberousse

Biographie

Bien qu'il soit un fils aîné, il n'est pas encore marié à l'âge de trente ans. En 1167, son père avait essayé de les marier, lui et son frère Conrad, avec respectivement une fille d'Henri II d'Angleterre et une sœur de Guillaume Ier d'Écosse, mais les noces n'avaient pas pu être célébrées, le mariage anglais probablement pour une question de consanguinité (Judith de Babenberg étant parente d'Aliénor d'Aquitaine) et le mariage écossais parce que la princesse fut mariée entre temps à un autre.
En 1175, le problème de la succession du royaume se pose de manière accrue : le roi, Baudouin IV est atteint de la lèpre, il n'a et ne peut avoir ni épouse ni enfants, et il n'a que deux sœurs, Sybille, âgée de seize ans, et Isabelle, âgée de trois ans. Le mariage de Sibylle devient une nécessité pour le royaume, afin de lui apporter un successeur capable de prendre ses destinées en mains après la disparition de Baudouin.

Le choix des barons se porte sur la personne de Guillaume de Montferrat, fils et héritier du marquis Guillaume V de Montferrat. D'une part, il est considéré par ses contemporains comme « le plus haut homme qui fut au monde ». Guillaume de Tyr le présente comme un homme d'une grande générosité, d'une intelligence brillante et d'une grande expérience du métier des armes. Ensuite, ses parentés avec les souverains français et germaniques sont un atout pour obtenir des renforts d'Europe.
Une ambassade est envoyée à Montferrat et le père et le fils consentent au projet de mariage. Guillaume Longue Épée débarque à Sidon en octobre 1176, prête immédiatement le serment d'allégeance à Baudouin, reçoit la main de Sibylle et est investi du comté de Jaffa et d'Ascalon.

Au milieu du printemps 1177, mal acclimaté à la Palestine et peu immunisé à ses infections, il contracte une maladie. Pendant deux mois, le comte lutte contre la maladie, mais finit par succomber à Ascalon en juin 1177. Son fils posthume Baudouin deviendra roi de Jérusalem.

Bien que fils aîné de Guillaume V, il n'a pas régné sur le Montferrat puisqu'il mourut avant son père. Il est parfois appelé Guillaume VI de Montferrat puisqu'il était censé prendre la succession de son père à la tête du marquisat. Sa mort reporte la succession de Montferrat sur ses frères plus jeunes, Conrad puis Boniface Ier.



Mariage et enfants

Il épouse en octobre 1176 Sibylle de Jérusalem (v. 1159 † 1190), future reine de Jérusalem, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et d'Agnès de Courtenay, qui donne naissance à :
• Baudouin V (1177 † 1186), roi de Jérusalem.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 15:11

1179 : Geoffroy de Lusignan




Geoffroy de Lusignan (1150 † 1224),comte de Jaffa et d'Ascalon (1186-1193), seigneur de Vouvant et Mervent, de Montcontour et de Soubise, fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan, et de Bourgogne de Rançon.


Il vint en Terre Sainte et, lorsque son frère Guy devint roi de Jérusalem, reçut les comtés de Jaffa et d'Ascalon. Il combattit à la bataille de Hattin et fut fait prisonnier. Il renonça à ses comtés lorsque son frère mourut et revint en Europe.

Il avait épousé :


1) avant 1200 Eustach(i)e de Chabot, héritière de fiefs à Vouvant et Mervent, d'où
• Geoffroy II de Lusignan, seigneur de Vouvant et Mervent, et de Montcontour, identifié par le roman de Jean d'Arras, vers 1400, au personnage redoutable de Geoffroy-la Grand'Dent, fils de la fée Mélusine


2) vers 1202 Humberge de Limoges, fille d'Adémar V, vicomte de Limoges et de Sarra de Cornouailles
• Guillaume de Lusignan, seigneur de Vouvant et Mervent, et de Montcontour, épousé ca. 1226 Marguerite de Mauléon, d'oú
• Valence de Lusignan, dame de Vouvent et Mervent, et de Montcontour, épousée vers 1247 Hugues III de Parthenay, décédé en 1271
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Lun 7 Mar - 16:02

1186 : Guy de Lusignan


Guy de Lusignan (1159-1194), est un comte de Jaffa et d’Ascalon de 1180 à1186, roi de Jérusalem de 1186 à 1192, et roi à Chyprede 1192 à 1194. Il est fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.


Cadet sans fortune, les intrigues de son frère Amaury (1) lui font épouser la princesse Sibylle de Jérusalem (2), héritière du royaume de Jérusalem. Il montre rapidement ses limites à assurer le gouvernement et l'avenir du royaume, aussi son beau-frère Baudouin le Lépreux l'écarte de la succession et désigne son neveu Baudouin V pour lui succéder. Mais la mort de ce dernier amène Guy de Lusignan et Sibylle au pouvoir. Moins d'un an plus tard, ses maladresses ont apporté le désastre aux croisés, sous la forme de la défaite de Hattin, et Saladin conquiert la plus grande partie du royaume. Seul Conrad de Montferrat le tient en échec devant la ville de Tyr. Guy libéré, la rivalité éclate entre Guy et Conrad, et finit par aboutir à un compromis, où Conrad devient roi de Jérusalem et Guy reçoit l'île de Chypre de Richard Cœur de Lion.


Jeunesse


Sixième fils d’Hugues VIII de Lusignan (la fratrie compte huit frères), il ne brille pas par son intelligence et les membres de sa famille le tiennent pour un peu niais.

Rien ne permettait de suggérer qu’il deviendrait roi. En 1174, son frère Amaury suit l’appel des croisades, part outremer et s’installe dans le royaume de Jérusalem, entre dans l’entourage de la reine-mère, Agnès de Courtenay qui lui procure la charge de connétable du royaume.

À partir de 1174, le roi de Jérusalem est Baudouin IV le lépreux, un jeune homme fort capable de maintenir le royaume, mais atteint d’un mal qui ne lui permet ni de se marier, ni d’assurer sa descendance : la lèpre. À l’extérieur du royaume, l’Égypte est récemment passée de la domination des califes fatimides, en pleine décadence, à Saladin, un soldat kurde qui rêve d’unifier la Syrie musulmane et l’Égypte pour ensuite réduire le royaume de Jérusalem. Baudouin le Lépreux n’a pas de frère, seulement deux sœurs, dont l’une est encore une enfant. Il va donc sans dire que la question du mariage de Sibylle de Jérusalem, la plus âgée des deux sœurs, est primordiale pour l’avenir du royaume. Sibylle est d’abord mariée en 1176 à Guillaume de Montferrat, un homme fort capable, mais qui meurt rapidement de maladie, laissant Sibylle veuve et enceinte d’un fils. Pour Baudouin le lépreux, qui sait que ses jours sont comptés en raison de la lèpre, le remariage de Sibylle est vital pour le royaume.




Comte de Jaffa et d’Ascalon

Sibylle s’est fiancée à Baudouin d’Ibelin, seigneur de Rama, mais pendant que ce dernier est capturé par les musulmans, puis se rend à Byzance pour réunir sa rançon, Amaury de Lusignan vante les qualités de son frère à Agnès de Courtenay et à Sibylle, à tel point que cette dernière ne pense plus à son fiancé. Baudouin le lépreux consent au mariage et une ambassade est envoyée dans le Poitou pour ramener Guy de Lusignan en Terre sainte. Apprenant la nouvelle, Geoffroy de Lusignan, un de ses frères aînés se serait exclamé avec dérision « Si Guy devient roi, pourquoi ne deviendrais-je pas Dieu ». Arrivé en Palestine en 1180, il épouse Sibylle au mois d’avril et est investi par le roi des comtés de Jaffa et d’Ascalon. Sans connaître et comprendre la politique du royaume, il se rapproche à la cour de Renaud de Châtillon, un seigneur venu outremer pour vivre de brigandages et de rapines et qui avait épousé la dame d’Outre-Jourdain, et de Gérard de Ridefort (3) , maître de l’Ordre du Temple, également prêt à toutes les provocations envers les musulmans.

La maladie de Baudouin s’aggravant en 1182, le roi lui confie la régence du royaume, mais Guy se rend rapidement impopulaire auprès des barons et des sujets du royaume. En octobre 1183, Saladin envahit la Galilée. Guy de Lusignan convoque l’ost et se porte à la rencontre de l’armée sarrasine, qu’il rejoint aux Fontaines de Tubanie (bataille d'Al-Fule) (4). Les vivres manquent pour l’armée, et l’infanterie rechigne à rester et parle de se replier. Un convoi de ravitaillement arrive, mais est intercepté par Saladin, mais des éclaireurs découvrent que les eaux d’une rivière proche, le Nahr Jâlûd sont très poissonneuses et permettent le ravitaillement de l’armée. Résistant aux provocations de l’armée Saladin qui aurait voulu que l’armée franque se lance dans une charge qui aurait donné le même résultat que la bataille de Hattin quatre ans plus tard, les barons restent groupés, au grand mécontentement de l’infanterie. Certains disent que les barons, jaloux de Guy de Lusignan, ne voulaient pas lui offrir une victoire éclatante au début de sa régence, d’autres affirment que les barons les plus puissants avaient éventé le piège de Saladin. Mais le mécontentement populaire, déçu d’avoir laissé l’armée de Saladin partir sans dommage, se retourne contre Guy de Lusignan qui est disgracié. Le roi lui retire la régence et, pour être sûr qu’il ne lui succède pas, associe au trône Baudouinet, le fils de Guillaume de Montferrat et de Sibylle. Baudouin le lépreux meurt en mars 1185, probablement le 16, son neveu lui succède, sous la régence du comte Raymond III de Tripoli, mais meurt à son tour à Saint-Jean-d’Acre en septembre 1186.


Roi de Jérusalem

Le problème de la succession au trône se pose dans les termes suivants : d’un côté, il y a Sibylle et Guy, les plus proches parents des derniers rois, mais exclus de la succession par Baudouin le Lépreux, de l’autre il y a Raymond III, le régent nommé par Baudouin et qui avait montré ses capacités. La monarchie de Jérusalem est une monarchie semi élective, semi héréditaire. Effectivement, les premiers rois avaient été choisis par l’assemblée des barons, et même si l’habitude avait été prise de choisir le plus proche parent du défunt roi, ce choix devait être approuvé par l’assemblée des barons. Cela n’a pas toujours été une formalité, et on a vu les barons imposer au roi Amaury Ier la séparation de son épouse avant de monter sur le trône. De nombreux barons rejettent Guy de Lusignan, mais celui-ci dispose de soutiens de taille : Renaud de Châtillon, maître de l’importante seigneurie d'Outre-Jourdain,Gérard de Ridefort, maître de l’Ordre du Temple, Héraclius (5), patriarche de Jérusalem et plus secrètement Josselin III de Courtenay (6), oncle de Baudouin le Lépreux.

Ce dernier persuade Raymond III de Tripoli de rejoindre ses partisans à Tibériade en attendant que l’assemblée des barons se réunisse, laissant les Templiers conduire le corps du petit roi à Jérusalem. Raymond écarté, Josselin en profite pour prendre le contrôle de Saint-Jean-d’Acre et de Beyrouth, et Raymond appelle les barons à s’assembler à Naplouse. À Jérusalem, Sibylle a le champ libre et persuade Héraclius de la sacrer reine, mais l’impopularité de Guy de Lusignan fait que le patriarche n’ose pas le couronner. C’est alors que Sibylle prend la couronne pour la poser sur la tête de son mari en annonçant qu’elle le voulait pour son seigneur et son roi.

Mais le nouveau roi n’est toujours pas approuvé par l’assemblé des barons et, apprenant la nouvelle du couronnement et conscient que s’entêter pourrait provoquer une guerre civile, Raymond se désiste et propose comme alternative de sacrer Onfroy IV de Toron (7), marié à Isabelle (08), la dernière sœur de Baudouin le lépreux. Onfroy, effrayé par cette perspective, s’enfuit de Naplouse, rejoint Jérusalem où il prête allégeance à Guy et à Sibylle. N’ayant pas d’autre choix, les barons doivent accepter l’avènement de Guy de Lusignan, à l’exception de quelques-uns, comme Baudouin d’Ibelin, seigneur de Rama, qui laisse toutes ses possessions à son fils Thomas et s’exile à Antioche en affirmant « qu’il ne voulait pas encourir le blâme de la perdition » du royaume et que « Guy ne sera pas roi un an ».

L’un des principaux seigneurs du royaume, Renaud de Châtillon possède la seigneurie d’Outre-Jourdain, un fief qui s’étend au-delà du fleuve Jourdain et va jusqu’à la mer Rouge. C’est un point de passage obligé pour les caravanes musulmanes qui voyagent de l’Égypte à Damas, ainsi que pour les musulmans d’Afrique et d’Andalousie qui font le pèlerinage à la Mecque. Cette situation rend la seigneurie très rémunératrice, en raison des douanes perçues, mais le seigneur Renaud, qui ne peut se passer de ses activités de brigandage, ne peut se résoudre à attendre la fin de la trêve conclue entre le royaume et Saladin, s'empare d'une importante caravane, pille ses marchandises et fait prisonnier ses membres. Saladin, dans un premier temps, respecte la trêve et envoie une ambassade à Guy de Lusignan pour demander réparation ; Guy accepte et ordonne à Renaud de Châtillon de restituer les biens et les prisonniers. Renaud refuse de céder et, fait nouveau dans le royaume de Jérusalem, le roi est incapable de faire respecter ses ordres. Devant la gravité de l'attaque, Saladin, ne peut perdre la face vis-à-vis du monde islamique et envahit la Galilée en juin 1187. Guy de Lusignan convoque l'ost et se dirige à Hattin, mais négligeant les conseils de prudence de Raymond de Tripoli, charge l'armée de Saladin en suivant les conseils de Gérard de Ridefort et de Renaud de Châtillon. Le 4 juillet 1187, l'armée franque est écrasée et anéantie par celle de Saladin. De nombreux Francs, dont Guy de Lusignan, Gérard de Ridefort, Renaud de Châtillon, qui est immédiatement décapité, sont faits prisonniers.

Saladin en profite pour conquérir le royaume, en commençant par les ports, puis par la ville de Jérusalem et la Galilée. Seul Conrad de Montferrat, qui a mis Tyr en état de défense, le tient en échec et Saladin doit lever le siège le 2 janvier 1188. Saladin libère Guy de Lusignan au cours de l’été, espérant que son esprit brouillon neutralise l'efficacité de Conrad de Montferrat, mais ce dernier ne tombe pas dans le piège et refuse à Guy l’accès à la ville de Tyr. Devenu roi sans royaume, rejeté par l’ensemble des barons qui lui reprochent le désastre de Hattin, Guy de Lusignan décide avec quelques chevaliers de reprendre la ville de Saint-Jean-d’Acre et l’assiège le 29 août. La troisième croisade, dirigée par les rois Philippe II Auguste, de France et Richard Cœur de Lion, d’Angleterre, le rejoint et est ravitaillée par Conrad de Montferrat, qui a mis de côté sa rivalité avec Guy.

Sibylle de Jérusalem meurt pendant le siège au cours de l’été 1190, et la ville capitule le12 juillet 1191. La rivalité reprend entre Guy et Conrad avec plus d’intensité, car Guy, soutenu par Richard Cœur de Lion, a juridiquement perdu ses droits au trône en devenant veuf, tandis que Conrad, soutenu par Philippe Auguste, a épousé Isabelle de Jérusalem, la sœur de Sibylle, pour revendiquer la couronne, avec le soutien de nombreux barons. Les 27 et 28 juillet 1191, une assemblée de barons et de prélats du royaume de Jérusalem décident que Guy de Lusignan reste roi, mais ne pouvant en aucun cas transmettre le royaume à ses héritiers et que Conrad de Montferrat soit l'héritier du royaume.

Philippe Auguste repart en France, laissant un contingent conduit par Hugues III de Bourgogne et Richard poursuit la conquête du littoral, mais ses hésitations l'empêchent de reprendre Jérusalem. Il entreprend des négociations avec Saladin et Conrad, pour ne pas rester à l'écart négocie également avec Saladin. En février 1192, des partisans génois tentent de lui livrer Acre, tenue par des partisans de Lusignan, mais échouent. Mais de plus en plus de barons croisés rejoignent le camp de Conrad et, en 1192, le roi Richard est contraint de reconnaître Conrad de Montferrat roi de Jérusalem, vendant l'île de Chypre à Guy de Lusignan à titre de compensation.




Roi de Chypre

Guy de Lusignan ne renonce pas à la couronne de Jérusalem et tente des coups de mains à plusieurs occasions, à tel point qu'Henri II de Champagne (9), le successeur de Conrad assassiné le 28 avril 1192, oblige Amaury de Lusignan à renoncer à sa charge de connétable.
Il s'installe néanmoins à Chypre emmenant avec lui un grand nombre de Francs qui avaient perdu leurs fiefs en Palestine. Il leur distribue des domaines, mais en trop grand nombre car son successeur devra effectuer une redistribution pour s'assurer un domaine royal suffisant pour subvenir à ses besoins. Il meurt en avril 1194, laissant Chypre à son frère Amaury II.


Mariage et enfants

Il épouse en avril 1180 la princesse Sibylle de Jérusalem (1159 † 1190), fille d’Amaury Ier, roi de Jérusalem et d’Agnès de Courtenay. De ce mariage sont nés :
• Alice de Lusignan († 1190)
• Marie de Lusignan († 1190).
• deux autres enfants.




(1) Amaury II de Lusignan, né vers 1145dans le Poitou, décédé à Saint-Jean-d'Acre le 1er avril 1205, est le quatrième fils deHugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignanet comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.

D’abord connétable du royaume de Jérusalem, il succède à son frère Guy de Lusignan comme seigneur de Chypre de1194 à 1205, est sacré roi de Chypre en1194, puis épouse Isabelle Ire de Jérusalem et devient roi de Jérusalem de1197 à 1205.




(2) Sibylle de Jérusalem (°1159 † 1190), reine de Jérusalem de 1186 à 1187, est une fille d'Amaury Ier de Jérusalem et d'Agnès de Courtenay. Elle était sœur de Baudouin IV le lépreux.b

De son premier mariage, célébré en octobre 1176, avec Guillaume Longue Epée de Montferrat (v.1150 † 1177), elle a eu :
• Baudouin V ou Baudouinet (1177 † 1186), roi de Jérusalem
Elle se remarie ensuite en avril 1180 avec Guy de Lusignan (1159 † 1194), et a :
• Alice de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190)
• Marie de Lusignan († St. Jean d'Acre, septembre ou 21 octobre 1190).
• deux autres enfants.




(3) Gérard de Ridefort, ou encore Girard de Ridefort, né en Flandre dans lesannées 1140, et mort le 4 octobre 1189 devant Acre, est le dixième maître de l'Ordre du Temple. Soutenant Guy de Lusignan contre Raymond III de Tripoli, il contribue à la reprise de la guerre entreSaladin et le roi, à l'encontre de la politique menée depuis Amaury Ier. Ayant fourni le prétexte des hostilités, il pousse le roi à entreprendre la bataille de Hattin, et est par là l'un des principaux responsables de la chute du Royaume de Jérusalem.




(4) La bataille du gué de Jacob (Al-Fule)se déroula en 1183, entre les forces deGuy de Lusignan et celles de Saladin.







(5) Héraclius ou Eracles d'Auvergne (1128-1190/91), prélat français originaire d'Auvergne ou du Gévaudan[réf. nécessaire], est archevêque de Césarée, puis patriarche latin de Jérusalemde 1180 à 1191.




(6) Josselin III de Courtenay, mort avant 1200, est un comte titulaire d'Edesse, un sénéchal du royaume de Jérusalem et le fils de Josselin II de Courtenay, comte d'Edesse, et de Béatrice de Saône.

Il avait épousé Agnès de Milly, fille d'Henri Bubalus qui lui avait donné deux filles :
• Béatrix, mariée à Guillaume de Lusignan, seigneur de Valence, puis en 1208 à Othon V de Henneberg († 1245).
• Agnès, mariée à Guillaume de Mandélée.




(7) Onfroy IV de Toron, né vers 1166, mort vers 1192, seigneur de Toron (1179-1183), puis d'Outre-Jourdain et de Montréal (1187-1189), fils d'Onfroy III de Toron et d'Étiennette de Milly. Il était également le beau-fils des second et troisième maris de sa mère, Miles de Plancy et Renaud de Châtillon.




(08) Isabelle Ire de Jérusalem (1172 † 1205) est une reine de Jérusalem de 1192 à1205, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène. Cette princesse puis reine était fort peu intéressée par les affaires politiques, mais n'en a pas moins été mariée quatre fois selon les nécessités du royaume et a été obligée pour les mêmes raisons de se séparer de son premier mari.

Elle épouse en premières noces au krak de Moab en novembre 1183 Onfroy IV, seigneur de Toron. Ils n’ont pas eu d’enfant et les barons du royaume l’obligent à se séparer de son mari

Elle est remariée à Acre le 24 novembre 1190 à Conrad de Montferrat († 1192), seigneur de Tyr, marquis de Montferrat puis roi de Jérusalem et donne naissance à une fille posthume :

• Marie de Montferrat (été 1192 † 1212), reine de Jérusalem, mariée à Jean de Brienne.

Veuve, elle se remaria le 5 mai 1192 avec Henri II de Champagne (1166 † 1197), comte de Champagne et roi de Jérusalem, et eut pour enfants :

• Marie de Champagne (1193 † avant 1205), fiancée à Guy de Lusignan, fils d'Amaury II
• Alix de Champagne (1195 † 1246), fiancée à Jean de Lusignan, fils d'Amaury II, mariée successivement (1210) à Hugues Ier de Lusignan roi de Chypre, (1225) à Bohémond V,prince d'Antioche et (1241) à Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (v. 1196 † 1250), fiancée à Hugues de Lusignan mariée vers 1213 à Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Vénisy.


De nouveau veuve, elle épousa à Acre en janvier 1198 Amaury II de Lusignan, déjà roi de Chypre et eut :
• Sybille de Lusignan (1198 † après 1225), mariée à Léon II, prince d'Arménie
• Mélisende de Lusignan(† après 1249), mariée à Bohémond IV, prince d'Antioche
• Amaury de Lusignan (1201 † 1205)



(9) Henri de Champagne (29 juillet 1166 † 10 septembre 1197), comte palatin de Champagne (Henri II 1181-1197) et roi de Jérusalem (1192-1197), est un fils d'Henri Ier, comte de Champagne et deMarie de France.

Marié le 5 mai 1192 avec Isabelle de Jérusalem, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène, il laisse trois filles :
• Marie, née vers 1193 et morte avant 1205.
• Alix de Champagne (vers 1195 †1247), qui épousera successivement Hugues Ier de Lusignan roi de Chypre, Bohémond V, prince d'Antioche et Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (vers 1196† 20 décembre 1250) qui épousera en 1215 Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venizy
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 8 Mar - 14:29

1187 : Conrad de Montferrat


Conrad de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici) (1), né vers 1145/47 et assassiné le 28 avril 1192, est seigneur de Tyr de 1187 à 1192, marquis de Montferrat de 1190 à 1192 et roi de Jérusalem en 1192, fils de Guillaume V, marquis de Montferrat et de Judith de Babenberg.


Jeunesse


Il y a peu d'information sur la jeunesse de Conrad, les premiers documents qui se composent de fragments ou de nouvelles peu importantes datent de 1160. Comme nouvelle, bien que confuse, il y a l'évocation d'un traité de mariage entre les filles du roi anglais Henri II et un fils de Guillaume V. En 1172, Conrad apparait en compagnie de Frédéric Barberousse lors d'un conflit communal. Hormis qu'ils soient parents, il est de tradition que les Aleramici soient pro-impériaux.


Avec et contre Frédéric Barberousse


Frédéric Barberousse battu, Conrad prend part aux négociations de paix, escortant les légats du pape Alexandre III jusqu'à Modène. Il passe la presque totalité de l'année 1176 en Toscane et il reçoit l'année suivante des fiefs et des terres entre Marturi et Poggibonsi de sa sœur Agnès. Encore fidèle à Frédéric Barberousse, on le retrouve à Assise deux ans plus tard à la suite de l'Empereur mais c'est la dernière fois qu'il fait partie de son entourage.

Après sa rupture avec le chancelier impérial Christian Ier von Buch (2), Conrad se retourne contre l'Empereur organisant une révolte qui échoue. Il est fait prisonnier par le chancelier et doit payer une forte rançon et c'est à partir de ce moment que sa famille commence à se lier avec les Comnène de Byzance.

Avec l'aide de ceux-ci, en septembre 1179, Conrad constitue une grande armée qui attaque et bat les troupes allemandes commandées par Christian qui est fait prisonnier et confié au frère de Conrad, Boniface (3). Le projet de l'empereur byzantin est sans aucun doute de conduire Christian en Orient mais la défaite de l'antipape Innocent III en 1180 et la crise de la politique orientale en Italie met fin au projet et Christian est libéré en échange d'une forte rançon.

Christian relâché et les plans de politiques extérieurs revus, Conrad juge plus raisonnable de se rapprocher de l'Empire. On le retrouve, comme délégué impérial, à représenter Frédéric à Tortona en 1183.



Conrad, Marquis


Lorsque son petit-fils Baudouin V devient roi de Jérusalem, à la mort de Baudouin IV le lépreux en 1185, Guillaume V de Montferrat se rend en Terre sainte, laissant la régence à son fils Conrad. Ce dernier le suit peu après, laissant la régence de Montferrat à son frère Boniface, mais dérouté par les tempêtes, il arrive à Constantinople en 1186.

L’annonce de la mort de son neveu l’incite à différer son voyage en Terre Sainte et il s’installe à Constantinople, reçoit un commandement militaire de l'empereur byzantin, Isaac II Ange, qui le marie également à sa sœur Théodora. Il conduit les troupes qui mettent fin à la révolte du général Alexis Branas (4). Il aurait également été fait césar de l’empire. Impliqué dans un meurtre, il quitte secrètement Constantinople au mois de mai ou de juin 1187, et prend la direction d’Acre, abandonnant ainsi son épouse.

Son navire arrive en vue de Saint-Jean-d’Acre le 13 juillet 1187, mais il se rend compte avant que le navire ne rentre dans le port que celui-ci est aux mains des musulmans. En effet, Saladin vient d’écraser l’armée franque à Hattin le 4 juillet et entreprend de prendre les cités côtières les unes après les autres. Conrad se rend alors à Tyr, et il y débarque pendant les négociations de reddition de la ville. Sa présence remonte le moral des Francs, qui mettent fin aux pourparlers. Conrad prend en main la défense de la ville et la défend contre Saladin, refusant même de l’échanger contre la vie de son propre père, qui compte parmi les prisonniers de Hattin. Ne pouvant que constater l’absence de résultat, Saladin lève le siège de la ville le 2 janvier 1188.

En juillet 1188, Saladin fait libérer Guy de Lusignan, espérant que la médiocrité de ce dernier va neutraliser l’intelligence et la bravoure de Conrad. Mais ce dernier ne tombe pas dans le piège et refuse à Guy l'accès de Tyr. Devenu roi sans terre, Guy se met à assiéger Acre, qui est prise le 12 juillet 1191 après un siège de 22 mois et l'arrivée de la troisième croisade, menée par Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Mettant de côté son antagonisme vis-à-vis de Guy de Lusignan, Conrad n'hésite à leur prêter main forte et à les ravitailler. Mais il assure en même temps ses droits au trône en épousant Isabelle de Jérusalem le 24 novembre 1190, tandis que Guy de Lusignan, qui était roi de Jérusalem par son mariage avec Sibylle de Jérusalem, se retrouve veuf.

Saint-Jean-d'Acre se rend le 12 juillet, et la querelle entre Guy de Lusignan, soutenu par Richard Cœur de Lion et quelques barons, et Conrad de Montferrat, soutenu par Philippe Auguste et la plupart des barons de Terre Sainte, est ravivée. Les 27 et 28 juillet 1191, une assemblée de barons et de prélats du royaume de Jérusalem décident que Guy de Lusignan reste roi, mais ne pouvant en aucun cas transmettre le royaume à ses héritiers et que Conrad de Montferrat soit l'héritier du royaume.

Philippe Auguste repart en France, laissant un contingent conduit par Hugues III de Bourgogne et Richard poursuit la conquête du littoral, mais ses hésitations l'empêchent de reprendre Jérusalem. Il entreprend des négociations avec Saladin et Conrad, pour ne pas rester à l'écart négocie également avec Saladin. En février 1192, des partisans génois tentent de lui livrer Acre, tenue par des partisans de Lusignan, mais échouent. Mais de plus en plus de barons croisés rejoignent le camp de Conrad et, en 1192, le roi Richard est contraint de reconnaître Conrad de Montferrat roi de Jérusalem, vendant l'île de Chypre à Guy de Lusignan à titre de compensation.

Peu après, le 28 avril 1192, Conrad est assassiné par deux Ismaëliens. Selon certains, c'est Saladin qui l'aurait fait tuer, mais d'autres thèses affirment que l'organisateur du meurtre est le chef des Nizârites, en représailles à la confiscation des marchandises lui appartenant et arraisonné par un navire croisé. La fille de Conrad, Marie de Montferrat (5), nait posthume au cours de l'été 1192. Pour ne pas laisser le royaume sans roi, sa veuve Isabelle, enceinte, avait été remariée le 2 mai 1192 à Henri II de Champagne.

Conrad est sujet des chansons des troubadours Bertran de Born et Peirol.



Famille


Il est cousin de Louis VII de France et de l'empereur Frédéric Barberousse, et issu d’une famille de croisés. Son frère aîné Guillaume était venu en Terre sainte en 1176 avait épouséSibylle de Jérusalem, mais était mort peu après. Leur père, le marquis Guillaume V, qui avait déjà combattu en Terre Sainte en 1147 s’y rend de nouveau en 1185, lorsque son petit-fils Baudouin V en devient roi, et y reste quelque temps, puisqu’il y est toujours lors de la bataille de Hattin où il est capturé par Saladin.


Mariages et enfants


Sa première épouse n’est pas connue. En 1186, le chroniqueur byzantin Niketas Choniates mentionne que Conrad était veuf depuis peu de temps, sans nommer l’épouse morte. Une allusion du chroniqueur Ralph de Coggeshall dans son récit mentionnant l’arrestation de Richard Cœur de Lion lors de son retour de croisade laisse supposer que cette première épouse est parente de Meinhard II de Görtz.

Il se remarie ensuite au début de l’année 1187 avec Theodora, sœur de l’empereur Isaac II Ange.

On ne sait ni quand ni sous quel prétexte ce mariage est annulé, mais il le fut, car Théodora est encore vivante en 1195 et Conrad épouse en troisièmes noces le 24 novembre 1190 Isabelle (1172-1206), reine de Jérusalem que les barons du royaume ont contraint à se séparer d’Onfroy IV de Toron. De ce mariage est née :

• Marie (1192-1212), reine de Jérusalem, mariée à Jean de Brienne († 1237)

Une de ses épouses est une protagoniste du Le Décaméron (Journée I, 5).




(1)  Les Alérame, en italien les Aleramici, connus aussi sous le nom antique des Aleramidi, furent une importante famille féodale piémontaise dont les diverses branches gouvernèrent leMontferrat, Saluces, Savone et d'autres terres comprises entre la Ligurie et le Piémont.

(2) Christian Ier von Buch ou Chrétien de Bûche (vers 1130 - 23 août 1183 à Tusculum) a étéévêque de Mayence.




(3) Boniface de Montferrat de la famille desAlérame (Aleramici) (vers 1150 - 4 septembre 1207) (en italien Bonifacio del Monferrato) était marquis de Montferrat et roi de Thessalonique de 1205à 1207. Il fut aussi l’un des chefs de la quatrième croisade.

Boniface a d'abord été marié vers 1170 à Helena del Bosco. Ils ont eu trois enfants:

• Guillaume VI (1173-1225), marquis de Montferrat.
• Béatrice mariée à Henry II del Carretto, marquis de Savone,
• Agnès de Montferrat (en) mariée à Henri Ier de Constantinople en 1207.

Selon Nicétas Choniatès, Boniface se marie, fin 1186-début 1187, avec Jeanne de Châtillon, fille de Renaud de Châtillon et sa première épouse la princesse Constance d'Antioche.

Certaines sources affirment qu’en 1197, Boniface épouse Éléonore, une des filles de son cousin Humbert III de Savoie. Si tel est le cas, elle est morte en 1202. Usseglio est sceptique quant à ce mariage1. Il est à noter que, dans ses chansons, Vaqueiras, ne fait aucune allusion à cette épouse.
En 1204 à Constantinople, il se marie avec Marguerite de Hongrie, fille du roi Bela III de Hongrie, elle est la veuve de l’empereur Isaac II Ange. Ils ont un fils:

• Démétrios, né en 1205, roi de Thessalonique






(4) Alexis Branas (mort en 1187), fils de Michel Branas et de Marie Comnène, la petite nièce de l'empereur Alexis Ier Comnène, stratège byzantin originaire d'Andrinople (Thrace), époux d'Anna Comnène Vatatzina, nièce de l'empereur Manuel Ier Comnène.




(5) Marie de Montferrat (1192/11931 † 1212),reine de Jérusalem de 1205 à 1212, était la fille de Conrad de Montferrat et d'IsabelleIre de Jérusalem, reine de Jérusalem.

Le 28 avril 1192, alors que la rivalité entreGuy de Lusignan et Conrad de Montferratest sur le point de trouver un terme, et queRichard Cœur de Lion s'apprête à terminer la troisième croisade et à rentrer en Angleterre, Conrad de Montferrat est assassiné à Tyr par deux Hashshâshîn. Sa mère est remarié en hâte le 5 mai avecHenri II de Champagne, comte de Champagne et neveu des deux roisPhilippe Auguste et Richard Cœur de Lion, alors qu'elle était déjà visiblement enceinte2. Marie est ainsi une enfant posthume, née au cours de l'été 1192.

Henri II de Champagne meurt en 1197,Amaury II de Lusignan, déjà roi de Chyprelui succède et épouse Isabelle de Jérusalem, et meurt le 1er avril 1205. Isabelle meurt peu après et Marie devint reine de Jérusalem, à l'âge de treize ans, tandis qu'Hugues Ier de Lusignan, issu d'un premier mariage d'Amaury, devient roi de Chypre. Le demi-frère de sa mère, Jean d'Ibelin, seigneur de Beyrouth, exerce la régence au nom de Marie, avec sagesse et à la satisfaction des habitants des royaumes. À défaut de pouvoir mener des opérations de reconquête des territoires perdus en 1187, il maintient le royaume dans ses limites, pratiquant une politique de paix avec Al-Adil, le frère de Saladin qui avait fini par prendre sa succession en éliminant les autres héritiers.

En 1209, Marie est âgée de dix sept ans, la régence doit bientôt prendre fin et le conseil de régence considère que la présence d'un roi devient nécessaire. L’assemblée des barons et des prélats décide de demander conseil à Philippe Auguste, roi de France, qui propose un de ses fidèles, Jean de Brienne, un cadet d'une famille champenoise. Doué d'une grande bravoure, rappelant celle des premiers croisés, et d'une grande sagesse, ce chevalier est cependant impécunieux et âgé de quarante ans. Pour remédier à son manque de fortune et pour lui permettre de financer ses obligations de souverain (cour et ost), Philippe Auguste et le pape Innocent III lui versent chacun la somme de 40 000 livres tournois.

Le mariage est célébré le 4 septembre 1210, puis les époux sont sacrés roi et reine de Jérusalem le 3 octobre 1210 dans la cathédrale de Tyr. Jean de Brienne continue la politique de paix de Jean d'Ibelin. En 1212, Marie de Montferrat donne naissance à une fille, Isabelle(1212 † 1228) ou Yolande, mais meurt peu de temps après, probablement de la fièvre puerpérale. Jean conserve la couronne, mais en devenant bailli ou régent du royaume au nom de sa fille, appelée Isabelle II, qu'il marie plus tard (en 1225) à l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen.

La lignée de Marie s'éteint en 1268, avec la mort de son arrière-petit-fils Conradin (ou Conrad III de Jérusalem), exécuté en Italie du Sud sur l'ordre de Charles d'Anjou, qui s'empare de son royaume de Sicile. Après lui, les descendants de sa demi-sœur cadette (Alix de Champagne) héritent de son royaume.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 8 Mar - 22:36


 





Frédéric Ier Barberousse , empereur romain germanique



Frédéric Barberousse



Frédéric Barberousse (en allemand : Friedrich I., Barbarossa, 1122 –10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi des Romains, roi d'Italie,duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen (1), duc de Souabe (2) de 1147 à1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur germanique en 1155. Il a gagné son surnom du fait de son éblouissante barbe rousse.



Naissance


Frédéric Ier Barberousse est né en 1122. Le lieu de naissance du prince est encore incertain. D'après la seule source contemporaine, la Welfe (3) Judith de Bavière a donné naissance à son premier enfant dans un château près d'Altdorf. Comme il était courant à cette époque pour la mère de donner naissance à son enfant dans son pays d'origine, il est probable que Frédéric soit né sur les terres de sa mère. Toutefois, on ignore si Frédéric était effectivement ce premier enfant, car la mortalité infantile était élevée à l'époque.


Biographie

Frédéric, fils du Hohenstaufen Frédéric II le Borgne, duc de Souabe, et de Judith, fille de Henri le Noir de Bavière, descend des deux lignées concurrentes dominant le Saint-Empire de cette époque. À 25 ans, à la mort de son père en 1147, il lui succéda comme duc de Souabe sous le nom de Frédéric III. Il semble avoir poursuivi les efforts de son père pour accroître l'influence de la maison Hohenstaufen, tandis que son oncle, Conrad III, roi d'Allemagne, s'employait à renforcer le pouvoir royal. Frédéric adopta, semble-t-il, une position neutre lors des démêlés juridiques entre Conrad et les Welfes, et même empêcha une procédure de Conrad contre les Welfes.


Les jeunes années

• Les circonstances de son élection à la dignité impériale

À la mort subite de Conrad III le 15 février 1152 à Bamberg, il a 30 ans. Frédéric, duc de Souabe, fut alors élu à la dignité de roi des Romains dès le 4 mars 1152 à Francfort-sur-le-Main et couronné le 9 mars 1152 par l'archevêque de Cologne Arnold II von Wied dans la chapelle palatine (4) d'Aix-la-Chapelle.

Ce déroulement inhabituellement rapide s'explique, car Conrad III en avait déjà planifié les étapes préalablement à son voyage du couronnement à Rome. Ceci avait été initialement prévu dans la perspective de l'élection et du couronnement de son propre fils, alors qu'il était courant de régler les problèmes dynastiques avant de partir pour un long voyage, qui comportait toujours des risques. D'après la tradition et le témoignage écrit de Othon de Freising (5), Conrad décida ensuite, dans l'intérêt de l'empire, de passer outre les règles de succession dynastiques et de favoriser l'élection de son neveu à la place de son fils (prénommé également Frédéric, qui n'avait alors que six ans). Il aurait prétendument craint qu'un épisode de régence ne permette pas d'obtenir la paix désirée dans le contexte du conflit avec Henri le Lion (6). La recherche historique n'a pu éclaircir ce point, le témoignage d'Othon de Freising sur les circonstances de l'élection étant postérieur de cinq ans à l'évènement, alors que Frédéric était déjà établi et encensé. Il est plus vraisemblable que le duc de Souabe sut établir, par sa diplomatie extrêmement habile, un équilibre des intérêts entre les factions partiellement rivales qui garantissent de façon satisfaisante le rang et la réputation de chacun des princes et lui assura leur soutien lors de l'élection.

Des chroniques relatent plusieurs rencontres entre Frédéric et les grands de l'empire pendant la vacance du trône. Au cours de ces entretiens, l'impétrant était en mesure de promettre diverses charges et territoires aux princes pour amener ses interlocuteurs à soutenir sa candidature. Ceci concernait en particulier les partisans de son cousin Henri le Lion, qui était probablement un concurrent supplémentaire. Après l'accession au trône de Frédéric, leur oncle commun, Welf VI (7), reçut entre autres la suzeraineté sur plusieurs domaines ainsi que des territoires en Italie (les biens de la comtesse Mathilde de Toscane (08), le duché de Spolète (9), le margraviat de Toscane, les îles de Sardaigne et de Corse). Un parent Wittelsbach, le comte Conrad II de Dachau a reçu le titre de margrave de Moravie.

Le beau-frère d'Henri le Lion, Bertold IV de Zähringen (10), reçut le titre de recteur de Bourgogne (une charge impériale) ayant autorité sur des villes du Jura suisse. Barberousse lui donna par ailleurs l'assurance de le conforter dans ses droits par une expédition militaire, si lui-même pourvoyait mille cavaliers. Après cet isolement qui ne prit fin définitivement qu'en 1156, son cousin Henri le Lion reçut pour prix de son vote de soutien le duché de Bavière qu'il convoitait et qui fut repris aux Babenberg par édit princier lors de la Diète de Goslar en1154.

Le duc Vladislav de Bohème (11) fut nommé roi de Bohème par anticipation de futurs services.

Il faut rajouter que les princes électeurs durent voir en Frédéric, apparenté aux deux clans ennemis de Hohenstaufen et de Welf, le candidat le plus à même de les réconcilier : il était du côté maternel en parenté avec les Welf car sa mère Judith était fille du duc de Bavière Henri le Noir et sœur de Welf VI. Il était également Hohenstaufen par son père, cousin de Conrad III et neveu d’Henri Jasomirgott (12) et de l'évêque Otto von Freising. C'est pourquoi Otto le qualifia de « pierre angulaire ».

Le programme de Barberousse est révélé dans l'annonce de l'élection du pape Eugène III par Wibald (13), abbé de Stavelot-Malmedy : le rétablissement des privilèges de l'Église et la suzeraineté de l'empire en est le principe essentiel (honor imperii et sacrum imperium). Il ne s'agit cependant de rien de nouveau : certains passages de l'annonce se trouvaient déjà à peu de choses près dans les écrits de Conrad III et dans la sommation papale de janvier 1152.


• Premiers pas dans la politique impériale

Frédéric se consacra dans un premier temps à la pacification de l'empire et assécha la concurrence pour la couronne impériale. Il tint une première Diète à Dortmund après la Pâques 1152, où furent présents l'archevêque de Cologne Arnold II, le duc de Saxe Henri le Lion, le duc Welf IV et Albrecht l'Ours. Le roi s'y présentait pour la première fois comme le suzerain de la partie saxonne de l'empire. Il ordonna la construction de son palais à Lautern, en Rhénanie (qui deviendra « Kaiserslautern »). Une nouvelle Diète fut appelée en juin de la même année pendant la tournée d'empire à Mersebourg. Il fut question du conflit entre l'archevêque de Brême, Hartwich, et Henri le Lion autour du droit de fonder un évêché sur la côte de la mer Baltique.

C'est seulement lors de la Diète de Goslar en 1154 que fut accordé à Henri le droit de fonder des évêchés sur son territoire.

À Mersebourg, Frédéric intervint dans la querelle de succession de la couronne danoise au profit de Sven III, contre Knut, qui était lié aux Welf. Le problème le plus crucial de la politique impériale, le conflit entre Henri le Lion et Henri Jasomirgott pour le duché de Bavière fut évoqué mais ne fut pas encore résolu. L'expansion des Welfes en Allemagne du Nord a ainsi été circonscris.

La tournée d'empire s'arrêta après Mersebourg à Ratisbonne. Frédéric y reçut l'hommage de la noblesse bavaroise et appela à une expédition contre la Hongrie. Les princes, contestant ses chances de succès, s'y opposèrent. Le roi voulait probablement profiter de cette expédition pour détourner les Babenberg (14) de leur combat contre les Welfes en Bavière.


• Préparation du couronnement

Lors de la Diète de Wurtzbourg, en octobre 1152, Barberousse fixa la date de son voyage à Rome à l'automne 1154. Les raisons souvent avancées pour expliquer le choix d'une date si tardive touchent au souhait de Barberousse de régler la dispute entre les Babenberg et les Welfes pour le titre de duc de Bavière. Une fois la date connue, des négociations entre Barberousse et la curie romaine ont commencé afin de déterminer les conditions du couronnement. Le traité de Constance, dénommé d'après l'endroit où il fut paraphé en mars 1153 par Frédéric, fut l'aboutissement de ces discussions. Barberousse y promet de soumettre la commune romaine insurgée, de restituer la ville à l'autorité papale et de ne signer aucune paix avec les Romains et les Normands sans l'accord du Pape, de rétablir et renforcer le pouvoir spirituel du pape sur l'Église romaine ainsi que de circonvenir toute velléité byzantine en Italie. En contrepartie, le Pape y promet de couronner Frédéric et de le soutenir dans l'exercice du pouvoir impérial, d'excommunier les éléments subversifs du Reich et de s'associer à l'expulsion des Byzantins hors d'Italie. Frédéric a obtenu en outre, dans le cadre des négociations, que le pape démette les archevêques de Mayence, Minden, Hildesheim et Eichstätt, trop proches des Welfes, et les remplace par des personnalités qui lui soient favorables.

Malgré les conditions du traité de Constance, Barberousse avait rouvert en septembre 1153 les négociations en vue d'une alliance avec Constantinople, qui languissaient depuis la mort de Conrad III. Le roi a proposé d'épouser une princesse byzantine. Mais les négociations s'appesantissent à nouveau. Anselme de Havelberg (15) est envoyé le 9 mai 1154 à Constantinople pour conclure une possible alliance. Il en revint toutefois prématurément mi-1155 et les relations avec l'empire byzantin sont laissées dans l'ambiguïté, alors que Barberousse se mettait en route pour Rome.
En juin 1154, Frédéric Ier appelle la Diète à Goslar. Henri le Lion obtint pendant la réunion le droit d'investir des évêques dans ses territoires sur la mer Baltique. Barberousse se prononça également en sa faveur au sujet du duché de Bavière, sans pour autant mettre un terme au conflit.


• Premier voyage à Rome

L'armée se mit en mouvement pour Rome en octobre 1154. La situation s'était entre-temps dégradée en Italie du Sud, comme Roger II venait de mourir. Son fils Guillaume Ier (16) ne fut pas reconnu par le pape Adrien IV (17) mais entreprit cependant des négociations avec la curie. Adrien craignait une fois encore une invasion byzantine en Italie et a rappelé avec insistance à Frédéric les termes du traité de Constance. En outre, Adrien s'est retrouvé dans un conflit aigu avec le Sénat romain. Frédéric et Adrien se sont rencontrés une première fois à Sutri, où le roi germanique a refusé de se plier au protocole de soumission, c'est-à-dire de mener le cheval du pape par la bride. Cet incident semble toutefois s'être arrangé assez vite. Sur leur route commune vers Rome, le roi et le pape rencontrèrent une délégation du Sénat, qui réclamait la reconnaissance de la nouvelle charte de la ville ainsi que le paiement de 5 000 livres d'or et soutenait qu'à l'avenir l'empereur pourrait recevoir sa couronne de la ville de Rome. Ces prétentions furent rejetées par le roi. Sur ces entrefaites, Rome ferma ses portes au roi et au pape (le Vatican se tenant en dehors de la cité profane). Barberousse fut couronné empereur le 18 juin 1155 par Adrien IV dans la basilique Saint-Pierre de Rome. La population romaine se souleva juste après le couronnement pour capturer le pape. Les troupes impériales et papales combattirent tard dans la nuit contre les Romains. Après que le calme fut rétabli, Barberousse ne chercha pas à mater la rébellion, malgré le traité de Constance, ni à rétablir le pouvoir du pape sur la ville.

Une expédition contre les Normands en Sicile fut également abandonnée. Pourtant les envoyés de Constantinople, que Barberousse avait reçus peu après le couronnement à Ancône pour négocier les projets de mariage et d'alliance, en avaient fait une exigence. Les princes refusèrent comme l'empereur de participer à l'expédition. Les pourparlers finirent aussi par tomber dans l'impasse, selon toute vraisemblance, car l'empereur byzantin prit contact avec les insurgés dans les Pouilles et abandonna les discussions avec Frédéric Ier.

À la suite de cette violation du traité de Constance, la rupture fut consommée entre la papauté et l'empire, et plusieurs démêlés s'ensuivirent. La position de Frédéric se dégrada en Italie. La rébellion dans les Pouilles prit de l'ampleur, avec l'aide des Byzantins. Les Normands affrontèrent Constantinople avec succès et lui reprirent Brindisi juste après que les Byzantins l'eurent réoccupée. À cette suite, le pape Adrien conclut le traité de Benevento (18) avec les Normands en 1156. Les Normands, lors des années suivantes, firent leur preuve comme bras armé temporel du pape, surtout dans son conflit avec la cité romaine, ce qui remit en cause le rôle de l'empereur germanique. Le traité de Bénévent constitua de ce fait une étape importante dans le processus de séparation entre la papauté et l'empire.



• Mariages et premières réformes de l’Empire

Après avoir initialement tranché à Goslar en faveur d’Henri le Lion pour l'attribution du duché de Bavière, Frédéric a commencé à négocier en septembre 1155 avec Henri Jasomirgott sur la compensation à lui attribuer pour cette perte. N'ayant pu s'entendre avec lui, Barberousse autorisa les princes de Bavière à prêter serment de fidélité à Henri le Lion en octobre à Ratisbonne. Le duché n'a cependant officiellement quitté les mains des Babenberg que le 8 septembre 1156. Comme Henri Jasomirgott ne voulait pas abandonner son fief, un compromis aurait été trouvé à la Pentecôte 1156, qui sera retranscrit en septembre dans le Privilegium minus : les Babenberg reçoivent l'Autriche, l'ancien margraviat étant élevé au rang de duché tandis qu'Henri le Lion reçoit le reste de la Bavière. Cet accord constitue les fondations de l'Autriche comme territoire indépendant.
Au jour du 2 mars 1147, Frédéric a épousé Adèle ou Adélaïde de Vohbourg, la fille du margrave Diepold III de Cham-Vohbourg  et héritière du pays de Eger. Ce mariage sans enfant fut annulé en mars 1153 à Constance, ce qui n'empêcha pas Frédéric de donner le pays d'Eger à son cousin Frédéric de Rothenbourg. L'empereur épousa en seconde noce le17 juin 1156 à Jouhe, près de Dole, Béatrice de Bourgogne (19) (1145 - 1184), encore mineure, fille du comte Rainald III et d'Agathe de Lorraine (fille du duc de Lorraine Simon Ier), et héritière depuis cette année de la Franche-Comté. Ce mariage lui rapporta la même année le titre de comte de Bourgogne et lui permit un passage des Alpes plus facile par l'ouest, mais sans vraiment agrandir son influence dans la région. Leur couronnement comme roi et reine de Bourgogne se tint respectivement le 30 juillet 1178 à Arles pour lui et en août 1178 à Vienne pour elle.

Pendant cette période, Barberousse a profondément changé l'organisation impériale. Ainsi fut pérennisé le fodrum , impôt impérial que dut acquitter la noblesse italienne de façon régulière. Ceci permit, avec le financement des cités italiennes, d'affermir le trésor impérial. L'armée a été également réformée. À côté de la noblesse d'épée, qui prêtait serment de soutien au combat, furent recrutés de plus en plus de mercenaires.

Barberousse a renforcé son emprise territoriale, essentiellement grâce à l'extension du domaine impérial en Thuringe et à la fondation des villes de Pegau et Chemnitz.




La politique italienne de Frédéric

• Le conflit avec la Papauté s’intensifie

La première expédition en Italie (1154/1155) n'avait pas seulement pour objectif de ceindre la couronne impériale mais poursuivait également le dessein, comme les cinq expéditions suivantes, d'assurer une domination impériale sans partage sur les terres d'empire, en particulier sur les cités lombardes.

L'objectif se résume par l'expression des légistes, honor imperii , qui signifie, de façon simplifiée, le pouvoir suzerain de l'empereur. Le concept de sacrum imperium (empire saint) fut développé corollairement par la chancellerie impériale.

Avant une expédition, Frédéric devait au préalable rassembler ses alliés. C'est pourquoi il s'attacha à améliorer ses relations avec les Babenberg (à qui il avait repris la Bavière) en tentant, sans succès, de rétablir leur parent par alliance, Vladislav II (20), sur le trône de Bohème à l'été 1157.

Il éleva ensuite le duc Vladislav à la dignité de Roi de Bohème.

Barberousse s'assura aussi de la bienveillance de l'archevêque de Brême en intervenant en sa faveur contre l'archevêché de Lund, qui était soutenu par le pape et en concurrence avec Brême pour la primauté sur l'Église du nord, puis en s'abstenant d'agir pour la libération de l'archevêque Eskil après sa capture lors d'un retour de Rome à travers la Bourgogne. Dans le même temps, il tenta de jouer un rôle dans le conflit de succession au Danemark.

Barberousse convoqua une Diète à Besançon pour octobre 1157, en premier lieu pour souligner sa volonté d'étendre sa domination à la Bourgogne. Deux légats du pape y exigèrent la libération d'Eskil, toujours détenu par des partisans de l'empereur. Un passage incident de la lettre du pape Adrien IV, qui décrivait le territoire de l'empire comme un beneficium (21), créa le scandale.

Cela pouvait être traduit par bienfait ou par fief et Rainald de Dassel (22), le chancelier d'empire depuis 1156 et l'un des plus proches hommes de confiance de Frédéric, le traduisit par fief, ce qui ne souleva, à vrai dire, aucune remarque de la part des légats.

On fouilla les bagages des légats et on trouva de nombreux privilèges préremplis à l'attention de l'épiscopat allemand, dont l'émission par le pape faisait fi de l'autorité de l'empereur sur l'Église.

Ces deux provocations servirent à Frédéric à lancer une campagne de propagande dénonçant ces attaques, qui lui permit de gagner le soutien d'une grande partie de l'épiscopat allemand. Les évêques allemands interdirent au clergé de faire appel à la curie romaine.

L'influence du pape fut ainsi réduite, ce qui profita à l'empereur comme aux évêques à la recherche d'une plus grande autonomie par rapport à Rome. Une déclaration du pape Adrien IV en juin 1158, qu'il n'avait pas voulu dire fief, mais bienfait (Beneficium : non feudum, sed bonum factum), ne changea rien à l'expansion du climat hostile à son égard.

Un contact avec Henri le Lion ne put pas plus empêcher la deuxième expédition en Italie.


• Le deuxième voyage en Italie

L'armée de Frédéric attaqua Milan en septembre 1158. Il convoqua une diète en novembre à Roncaglia pour régler l'administration de l'Italie. L'empereur fit élaborer par une commission composée d'érudits des écoles de droit de Bologne (qui était réputée pour ses juristes) les lois de Roncaglia.

Ces lois s'inspirèrent majoritairement du droit romain et consacrèrent la primauté du droit impérial sur le jus commune. Les cités durent en conséquence faire accréditer leurs conseils auprès de l'empereur, ce qui provoqua ultérieurement l'indignation de nombreuses villes. Cette Diète est le point de départ d'une restructuration de la politique italienne par Barberousse. Lors de la Diète et de la pause hivernale qui suivit se heurtèrent de plein fouet les conceptions de l'État de l'empereur et du pape ; après que Frédéric a étendu ses réformes administratives aux territoires italiens revendiqués par le pape, en particulier les territoires de la comtesse Mathilde et différents évêchés, et entamé des négociations avec la ville de Rome, une délégation papale a été envoyée à la cour au printemps 1159 pour exiger le retrait des nouvelles règles. Barberousse refusa au motif que les évêques ne professaient pas leur magistère sur leur propre territoire mais que leur résidence était au contraire située en terres de l'empire, sur lesquelles lui, l'empereur, avait pleine et entière souveraineté. Dans le même temps, le pape entra en discussion avec Milan qui préparait derechef une campagne contre l'empereur. Barberousse recevait, en parallèle à la légation papale, une députation romaine.



• Le schisme

Frédéric envoya à Adrien le comte palatin Othon de Wittelsbach. Adrien IV mourut cependant le 1er septembre 1159 avant que le comte ne puisse entrer activement en contact. Le conclave des cardinaux fut divisé, si bien que Roland Bandinelli, sous le nom d'Alexandre III, pour le parti italien et Victor IV (23) pour le parti impérial revendiquèrent l'investiture. Alexandre a été soutenu par la plupart des cardinaux pendant que Victor était préféré par le peuple romain. Frédéric appela un concile en 1160 à Pavie pour résoudre la question de l'élection. Cette initiative reflète la conception frédéricienne de la fonction impériale, qui souhaite se rattacher en partie à la fonction telle que pratiquée dans l'Antiquité tardive et surtout à la tradition des empereurs francs. Selon celle-ci, l'empereur est le bailli de l'Église et est amené à trancher les élections pontificales incertaines. Toutefois, le droit pour l'empereur de convoquer un concile était déjà débattu à l'époque. Concomitamment, Alexandre envoya un courrier dans tout le monde chrétien pour faire connaître sa revendication du pontificat. Le concile se réunit en février 1160 en la cathédrale de Pavie. Les partisans d'Alexandre n'y ont pas été admis, aussi Victor fut-il confirmé conformément aux attentes. Dans l'ensemble, la décision ne fut pas respectée en Occident en raison du faible nombre de participants. Les clergés italiens et français, notamment, mais aussi une partie du clergé allemand, ne reconnurent pas l'autorité du concile et donc celle de Victor.

Le schisme eut des conséquences en dehors de l'empire, surtout en Angleterre et en Allemagne. Frédéric avait déjà invité Henri II et Louis VII en 1159, dans l'optique d'imposer Victor. Cette tentative a échoué et les deux rois reconnurent officiellement Alexandre. En attendant, les confrontations militaires se poursuivirent en Italie. Après que Milan eut une nouvelle fois capitulé en mars 1162 et été détruite, Frédéric apparut au sommet de sa puissance militaire en Italie. Après la victoire, les reliques de Milan furent remises au chancelier de Barberousse, Rainald von Dassel qui était en même temps évêque de Cologne. Dans ces circonstances favorables, il envisagea une campagne en Sicile, pour y tirer profit d'un soulèvement de la noblesse. On arrêta cependant les préparatifs en juin, après que le roi normand eut vaincu la noblesse et que les combats entre Pise et Gênes eurent accaparé la flotte nécessaire. Frédéric développa alors ses efforts diplomatiques en direction de la France. Il visait un traité d'amitié et au-delà la reconnaissance de Victor par la France, où avait fui Alexandre. On s'accorda sur une rencontre en août 1162 entre l'empereur, le roi et les deux papes au pont de Saint-Jean-de-Losne sur la Saône. Si un pape devait ne pas se présenter, l'autre serait reconnu comme seule autorité officielle. Alexandre refusa de s'y rendre et Louis VII proposa un délai. Frédéric convoqua un concile au lieu de la rencontre, et Louis se considéra comme dégagé de sa promesse. Lors du concile, Frédéric et ses partenaires ne purent imposer Victor IV, ce qui constitue une des plus grandes défaites politiques de l'empereur Barberousse.

Le schisme apparut tout d'abord résolu à la mort de Victor, en avril 1164. Rainald de Dassel fit cependant élire pape le cardinal Guido de Crémone (Guido da Crema) deux jours plus tard, sans en référer à l'empereur, sous le nom de Pascal III (24) à Lucques. Cette démarche provoqua une opposition massive, surtout en Italie du nord, ce qui suscita la fondation de l'Alliance de Vérone mais également en Allemagne. De très nombreux clercs et évêques allemands, en particulier en Bourgogne, reconnurent Alexandre III. Des seigneurs laïcs se tournèrent également vers le parti d'Alexandre. Le plus important d'entre eux était Raoul de Zähringen (25), qui avait conclu une alliance avec Louis VII en 1162. Raoul s'est décidé à cause du fait que son frère Berthold IV avait perdu de nombreux droits en Bourgogne et qu'on lui avait refusé l'investiture à l'archevêché de Mayence. Frédéric Ier réagit à cette situation critique croissante par des efforts diplomatiques redoublés. Le cœur du projet était une nouvelle croisade pour la libération de Jérusalem, conjointement avec les rois français et anglais. Elle devait permettre de réduire le fossé entre les royaumes chrétiens et parallèlement détendre la relation avec Alexandre. Rainald von Dassel se rendit à la Pâques1165 à la cour anglaise, à Rouen, et négocia le mariage de deux filles d’Henri II avec un fils de Barberousse et Henri le Lion. La négociation se poursuivit de façon inattendue lorsque Rainald gagna les îles Britanniques et y convainquit Henri II d'abjurer Alexandre et de reconnaître Pascal III. Les raisons de ce basculement sont à rechercher dans la querelle entre Henri et Thomas Becket. Rainald se rendit dès son retour d'Angleterre pour la prestation de serment de Wurzbourg, du nom de la ville où se tenait l'assemblée d'empire : Frédéric et de nombreux princes et évêques, mais pas tous, ont juré de ne jamais reconnaître Alexandre III ou ses successeurs comme pape. La cérémonie s'est tenue avec pour arrière-plan l'espoir d'action concertée avec l'Angleterre contre le pape. Au cours de l'assemblée, Barberousse démit de ses fonctions l'archevêque de Mayence, Conrad Ier de Wittelsbach (26). Il essaya ultérieurement de développer son influence dans la région de Salzbourg, où Alexandre trouvait du soutien.

Parallèlement au conflit politique, Barberousse tenta de doter la partie allemande de l'empire d'une dimension théologique supplémentaire. Les ossements des trois rois mages furent transportés à Aix-la-Chapelle. À la Noël 1165, Charlemagne est sanctifié à Aix-la-Chapelle, afin d'obtenir ainsi une plus grande légitimité pour l'empire par la sainteté de son fondateur, d'autant que Charlemagne jouait un grand rôle dans la conception de Frédéric du rôle impérial. Mais cet acte n'eut que peu de répercussions en dehors de l'empire.

Le serment de Wurzbourg n'eut que des effets limités. Henri II n'entreprit rien d'actif contre Alexandre, sans compter qu'il avait un besoin pressant de l'appui du pape romain à cause du scandale provoqué par l'assassinat de Thomas Becket en 1170 (dans lequel il avait au minimum une part de responsabilité), car ce dernier recueillait le soutien de la majorité de l'épiscopat anglais.
En mai 1166 mourut Guillaume Ier de Sicile. Les conflits de succession qui suivirent limitèrent la capacité d'action des Normands et Alexandre III ne put plus compter sur leur aide. Frédéric tira parti de cette situation et lança sa quatrième campagne italienne, à laquelle il avait déjà obligé une grande partie des princes allemands lors de la Diète d'Ulm (mars 1166), après avoir réglé la querelle de Tubingen. Rainald de Dassel et l'archevêque Christian de Mayence dirigèrent une armée dans l'ouest de la péninsule italienne, près de Rome, et vainquirent le contingent italien à la bataille de Tusculum pendant que Barberousse assiégeait Ancône, finissait par l'enlever puis poussait jusqu'aux Pouilles. Il se porta ensuite vers Rome, qui fut prise en juillet 1167. Pascal couronna l'impératrice à Saint-Pierre et Alexandre III s'enfuit à Bénévent, déguisé en pèlerin. C'est dans ces circonstances qu'une violente épidémie (probablement la malaria) se répandit dans le camp, à laquelle succombèrent quelques personnalités importantes comme le duc Frédéric IV de Souabe (27)(Rothenbourg), fils du roi Conrad, Welf VII (28), fils du duc Welf VI ainsi que l'archevêque Rainald de Cologne, Les Prince-Évêques Alexandre II de Liège et Herman de Brême, l'évêque Gottfried III de Spire et de nombreux nobles. Frédéric ne put que ramener en Allemagne les restes de l'expédition. Les cités nord-italiennes exploitèrent la défaite de l'empereur. Elles constituèrent dès 1167 la Ligue lombarde (29), fidèle au pape, aussitôt financée par Constantinople et les Normands.

En Allemagne, le désastre de 1167 eu pour conséquences que Barberousse récupéra de très nombreux territoires des princes morts durant l'épidémie, en particulier les fiefs de la maison ducale welfe en Haute-Souabe après qu'Henri le Lion eut failli à verser les sommes promises à son oncle Welf. Il se constitua ainsi une ceinture territoriale Hohenstaufen et royale entre la Bavière welfe et les territoires Zähringer autour de Freibourg. Barberousse avait depuis 1156 déjà accru son influence dans la région mosello-rhénane et dans les parties adjacentes de la Hesse, à travers la remise du palatinat rhénan, y compris la franchise sur de nombreux héritages saliens, à son demi-frère Conrad, la mise à l'écart des archevêchés de Trèves et Mayence comme l'activation habile des territoires royaux dans la région. Il avait également créé une terre d'empire dans le Wetterau autour de Gelnhausen et Friedberg. Une autre avancée de la politique impériale fut l'extension forcée de la liberté d'or à l'évêché de Wurtzbourg en 1168, ce qui permit de le doter de la dignité ducale, sans pour autant transformer le territoire en duché. L'évêque de Wurtzbourg obtenait naguère son titre du duc de Franconie.



• La réconciliation avec le Pape et les cités

Dans cette situation, Frédéric accentua les négociations avec Alexandre III. Un anti-pape, Calixte III (30), fut malgré tout de nouveau élu après la mort de Pascal III à l'automne 1168. Barberousse se prépara dans le même temps à la réconciliation avec Alexandre : à la Pentecôte 1169, il fit élire son fils cadet Henri comme successeur au trône impérial. Ce dernier devait vraisemblablement reconnaître Alexandre, pendant que Frédéric maintenait son refus de principe, afin de permettre une réunification lors de la succession. Frédéric tenta de surcroît d'impliquer les cours française et anglaise comme intermédiaires entre lui et le pape.

Barberousse ne suivit cependant pas exclusivement cette politique de détente, mais au contraire s'engagea encore plus loin dans la confrontation. Il adressa un reproche retentissant en mars 1172 à la ligue lombarde et aux partisans d'Alexandre, en les accusant de vouloir transmettre l'Empire romain à Constantinople. Cela lui était nécessaire pour lancer la cinquième campagne italienne qui était dirigée non contre Rome, mais contre les villes italiennes du Nord. Le siège d'Alexandrie échoua. Des négociations de paix se tinrent en 1175 à Montebello, qui se conclurent par un traité de paix entre l'empereur et la ligue lombarde. Les cités se soumirent officiellement, mais les décisions les concernant seront prises désormais par une commission de conciliation paritaire. L'accord ne fut que de courte durée, car Barberousse exigea la destruction d'Alexandrie et les cités réclamèrent la participation du pape aux discussions.

Frédéric demanda à l'automne 1175 des troupes fraîches en provenance d'Allemagne. Henri le Lion, notamment, le prince le plus important et suzerain de la proche Bavière, refusa de les envoyer. Il avait à Chiavenna posé comme condition à cet envoi que Goslar lui soit dévolue, avec ses abondantes mines d'argent.


• Le traité de Vienne

Le 29 mai 1176 à Legnano les troupes impériales commandées par Frédéric affrontèrent les troupes de la ligue Lombarde commandées par Alberto da Giussano (31). Les troupes impériales subirent une défaite décisive.

Après une entremise des cisterciens, Barberousse envoya à l'automne 1176 une délégation à Alexandre III qui devait négocier à Anagni une paix exceptionnelle. Le pape ne voulut cependant passer aucun accord sans toutes les parties en conflit, qui aurait réuni non seulement la ligue lombarde mais aussi les autres cités italiennes, la Sicile et Constantinople. La Curie abandonna cependant assez vite son exigence d'inclure l'empire d'Orient, après que Manuel Ier eut subi une défaite en 1176 face aux musulmans et se révéla trop faible pour servir les intérêts d'Alexandre. Vers la fin des négociations fut abordé le délicat problème de la reconnaissance mutuelle, c'est-à-dire l'abandon du serment de Wurtzbourg et de l'excommunication de Barberousse prononcé par Alexandre III le 24 mars 1160 dans la cathédrale Santa Maria d'Anagni dans le Latium. L'empereur promit le retrait des territoires revendiqués par le pape et la restitution des biens de la princesse Mathilde. Alexandre III promit de conserver leur validité aux ordinations conférées par les évêques schismatiques.

Ces conclusions ne concernaient cependant ni les villes ni la Sicile. Les négociations se poursuivirent avec elles à Chioggia. Au cours de celles-ci, Barberousse réussit à obtenir du pape qu'il renonce à quelques-unes des réclamations territoriales qui avaient été acceptées à Anagni. L'empereur obtint ainsi de conserver un droit d'exploitation du territoire de la reine Mathilde pendant 15 ans et la question de savoir si un territoire en particulier relevait des États pontificaux fut renvoyée au cas par cas à un tribunal arbitral pour règlement. En contrepartie, Frédéric promit une trêve, à la ligue lombarde pour six ans et à Guillaume II de Sicile pour quinze ans. L'empereur, le pape, Guillaume II  (32)roi des Pouilles et de Sicile, protecteur de l'Église se rencontrèrent à Venise en 1177 sous la patronage du doge Sebastian Ziani pour signer le traité. Grâce à son adresse politique, Venise ne s'était pas entremise dans la lutte qui opposait le pape et l'empereur et c'est pour cette raison qu'elle fut retenue comme siège du traité.

L'impact de ce traité en matière de droit international est discuté par les historiens. D'un côté, l'empereur dut revoir largement à la baisse ses prétentions initiales, qui se seraient traduites par un élargissement de ses compétences sans précédent depuis l'époque d'Henri III. La dissociation entre les parties italienne et allemande de l'Empire furent accentuées. La question de la prééminence du pape ou de l'empereur resta non résolue, bien que le pape sortit renforcé des discussions et l'empereur affaibli. Et surtout, la revendication impériale sur Rome était de facto abandonnée.

D'un autre côté, il apparut clairement que le pape était intéressé par un accord avec l'empereur, ce qui affaiblissait la position de ses alliés lombards dans les pourparlers de paix à suivre. Après l'expiration de l'armistice de Venise, Barberousse et la ligue lombarde conclurent la paix de Constance  (33)en 1183. L'empereur dut certes accepter de nombreuses revendications des villes, mais les relia fermement au maintien de la ligue lombarde dans la structure de l'empire. Elle devint une sorte de fédération d'intérêt, légitimée par l'empereur, entre villes de l'Italie du Nord. Il réussit à commuer l'exercice du droit régalien en contributions financières régulières des villes, ce qui marque certes un recul des droits impériaux en deçà du niveau de l'époque salienne mais permit cependant de bénéficier de leur richesse et d'établir une domination supérieure à celle que détenait Conrad III. Les villes lombardes obtinrent le droit d'élire leurs consuls, qui devaient toutefois être agréés par l'empereur tous les cinq ans. La Toscane commença à s'affirmer dans les années qui suivirent les traités de paix comme la nouvelle puissance en Italie. L'empire commença alors à conforter sa position en Italie centrale pour compenser les pertes subies en Lombardie.



Le procès contre Henri le Lion

Dans les dernières années de Frédéric, les relations entre lui et son cousin guelfe Henri le Lion n'ont cessé de se dégrader. L'étape la plus importante de cette dégradation fut franchie lorsque Henri refusa à Chiavenna d'envoyer des troupes pour la cinquième expédition italienne. En outre, Henri conclut en 1175 ou 1176 avec Welf VI un contrat de succession, qui devait garantir à Henri la possession des territoires italiens de son oncle. Barberousse acheta en 1178 à Welf VI ses territoires au nord des Alpes et lui en rendit immédiatement une partie comme fief.

En janvier 1179 à la Diète de Worms, l'empereur accusa Henri le Lion de divers abus. Henri lança immédiatement une contre-attaque, accusant l'archevêque de Cologne, allié de Barberousse, d'avoir saccagé la région de Hamelin. La querelle juridique se déroula donc formellement entre Henri le Lion et l'archevêque. Il n'y eut aucun débat effectif, étant donné que le Lion ne se rendit à aucune séance du tribunal.

Après une première sentence en juin 1179, l'assemblée des princes réunie à Wurtzbourg en janvier 1180 prononça la mise au ban (34) de l’empire de Henri : ses fiefs impériaux lui furent confisqués, son territoire scindé en deux : la partie septentrionale fut remise en avril 1180 pour partie à l’archevêque de Cologne Philipp von Heinsberg (duché de Westphalie) et pour partie à l’ascanien (35) Bernard d'Anhalt (36) (Saxe). Au sud, Barberousse plaça à la tête du duché de Bavière le compte palatin Othon de Wittelsbach (37).

Henri le Lion s'opposa à sa condamnation par contumace les armes à la main, provoquant la levée de l'armée impériale contre lui. Il dut assez vite se soumettre à l'empereur, en novembre 1181, après que la noblesse saxonne, ses alliés slaves ainsi que danois se furent désolidarisés et que la ville de Lübeck eut ouvert ses portes à l'empereur. Il fut rejugé fin 1181 à la Diète de Erfurt, où les princes, manifestement, contraignirent l'empereur à un jugement relativement plus modéré, limitant le bannissement à trois ans.

Fort de sa mainmise sur la Westphalie, Philipp von Heinsberg devint le prince le plus puissant de la moitié nord de l'Allemagne, ce qui posa problème à Barberousse. L'archevêque était vraisemblablement l'accusateur du procès contre Henri le Lion. Dès 1165, Barberousse avait essayé de limiter le pouvoir de Philipp. Le soutien apporté à différents princes au sud des Pays-Bas, dans la région de Meuse-Moselle et aux villes d'Aix-la Chapelle et de Duisbourg ne put cependant vraiment freiner le surcroît de puissance de Philipp. Cela montre les faiblesses structurelles de la politique allemande de Barberousse : la chute d'Henri le Lion profitait tout autant à ses vassaux qu'à lui-même.
En 1184, Barberousse conclut une alliance avec Philippe Ier de Flandre contre le roi de France Philippe Auguste, à laquelle se joignit également le roi Henri II d'Angleterre. Le fils de Barberousse, Henri VI, devait mener une campagne contre la France qui fut cependant annulée, car Baudouin V de Hainaut (38) refusa le passage des troupes sur son territoire. Barberousse craignait d'entrer pour cela en conflit avec Baudoin, car il avait aussi besoin de lui comme contrepoids à Philipp von Heinsberg.

En riposte, l'archevêque de Cologne, soutenu par le pape Urbain III, entra en opposition directe avec Barberousse en contestant la succession impériale qu'il organisait.

L'empereur nomma derechef son fils régent en Italie, afin de se concentrer sur l'Allemagne. En novembre 1186 à Gelnhausen, la majeure partie de l'épiscopat allemand apporta son soutien à l'empereur, une défaite pour l'archevêque et le pape. Philipp von Heinsberg fit encore échouer en 1187 une alliance de l'empereur avec le roi de France Philippe Auguste contre le roi anglais Henri II, mais dut finalement se soumettre en mars 1187 à la Diète de Mayence.


La Pentecôte de Barberousse en 1184

La diète tenue par Frédéric Barberousse à la Pentecôte 1184 compte parmi les principales diètes de tout le Moyen Âge. Le motif en était l'adoubement de ses fils Henri et Frédéric. Plus de 40 000 chevaliers se rendirent à Mayence qui ne pouvait contenir une telle foule, tant et si bien que les chevaliers durent camper sur des îles en bordure du Rhin. Presque tous les princes et l'intégralité de l'élite spirituelle prirent part à la fête, parmi lesquels les ducs de Bohême, d'Autriche, et de Saxe, le comte palatin et le landgrave de Thuringe, les archevêques de Trèves, Brême et Besançon, ainsi que les évêques de Ratisbonne, Cambrai,Liège, Metz, Toul, Verdun, Utrecht, Worms, Spire, Strasbourg, Bâle, Constance, Coire,Würzburg, Bamberg, Münster, Hildesheim et Lubeck. Le trouvère Guiot de Provins, invité pour l'occasion, raconte qu'il fut comblé de cadeaux. Un chroniqueur écrivit au sujet de la fête que « c'était la plus grande qui fût jamais fêtée en Allemagne ».


Croisade et mort

On décida également d'une croisade à la Diète de Mayence en 1188. Frédéric partit donc en 1189 avec Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion pour la troisième croisade. Il concéda auparavant de très larges privilèges urbains et commerciaux à un établissement commercial situé sur la rive occidentale de l'Alster, qui avait été fondé par le comte Adolf III de Schauenburg et Holstein. Cette décision marque la naissance de Hambourg, encore que l'authenticité de cet acte soit débattue.

L'autorité sur l'Empire en son absence échut à son fils Henri VI. Barberousse a provoqué Saladin en duel par une lettre du 26 mai 1188, dont le rendez-vous était fixé au 1er novembre dans la plaine égyptienne de la Zoan. Après deux batailles victorieuses contre les musulmans, dont son dernier combat à la bataille d'Iconium, Frédéric s'est noyé le 10 juin 1190 dans le fleuve Saleph (actuellement Göksu, eau bleue), en Anatolie, avant qu'il n'ait pu rencontrer Saladin. Les circonstances de sa mort sont mal connues : on a rapporté entre autres qu'il avait voulu se rafraîchir, après l'échauffement de la bataille, en prenant un bain ; d'après d'autres sources, son cheval se serait affolé lors de la traversée du fleuve et Frédéric aurait été emporté au fond par le poids de son armure. D'autres ont également spéculé sur un possible infarctus causé par le choc thermique, au regard de son âge.

Son fils Frédéric de Souabe tenta, avec quelques acolytes, d'enterrer Barberousse à Jérusalem. Mais le corps ne put être conservé dans le vinaigre et fut traité selon la technique du mos Teutonicus (39). On enterra donc les chairs de l'empereur dans l'église Saint-Pierre à Antioche, ses os dans la cathédrale de Tyr et ses entrailles à Tarse.



Programme de gouvernement et idées personnelles

La plus importante source pour la compréhension des premières années de règne de Barberousse est l'œuvre de l'évêque Othon de Freising, Gesta Friderici (« Les hauts faits de Frédéric »). Dans celle-ci, le thème d'une lutte contre le déclin de l'Empire (notamment au regard de l'affaiblissement impérial en Italie du Nord) et le rétablissement de l'entente entre l'empire et la papauté joue un rôle central. Frédéric y apparaît comme le Sauveur après la querelle des investitures. Un autre thème est la confiance des Hohenstaufen envers les Saliens, ce qui leur garantira en retour l'accès à la dignité impériale, qui a échappé, en revanche, aux ennemis des Saliens.

Il ressort avant tout de l'annonce de l'élection de Frédéric le dessein, fondé sur la théorie des deux glaives, de restaurer les privilèges de l'Église et l'honneur de l'Empire (honor imperii). Il s'agit assurément avec cette formulation de la réappropriation du texte justinien, à laquelle Conrad III avait déjà eu recours. Barberousse fut également le premier empereur médiéval à incorporer l'antique Code justinien afin d'établir la primauté impériale en terres d'empire italiennes, naturellement avec un succès limité. C'est aussi à cause de son intérêt tout particulier pour le rétablissement de la primauté de l'Empire en Italie que Barberousse, par « realpolitik », souhaitait au début de bons rapports entre l'Empire et la papauté: il pensait que le soutien papal faciliterait le retour des territoires italiens devenus de facto autonomes dans le giron de l'empire.

Cette approche se reflète dans la recherche d'un équilibre des pouvoirs entre Empire et Église que manifeste le traité de Constance. Cependant, cette représentation des deux royaumes égaux en titre, le spirituel et le temporel, était mise à mal dès le traité de Benevento. Celui-ci faisait de la ville de Rome et de sa population une nouvelle puissance, et du roi de Sicile un protecteur alternatif du pape. Barberousse eut de plus en plus la conviction qu'être reconnu par la population romaine légitimait sa dignité d'empereur, ce qui accrut le conflit avec la papauté, qui ne pouvait reconnaître que le sacre par le pape lui-même. L'élaboration du concept de sacrum imperium par la chancellerie staufer en 1157 peut se comprendre comme une réponse au fossé grandissant avec la papauté.

La prétention de Barberousse à une souveraineté totale a été surtout contestée par deux parties: la papauté, en particulier sous Alexandre III, qui revendiquait pour elle-même la primauté devant la puissance temporelle et contestait au Kaiser toute autorité spirituelle, et les autres souverains qui revendiquaient, au moins sur leur territoire, une autorité indépendante de l'empire. Ceci valant notamment pour le roi de France.

La question de savoir dans quelle mesure Frédéric revendiquait pour lui-même la domination universelle est débattue entre historiens et l'était déjà par ses contemporains. Il n'a certes tenté d'intégrer au Reich qu'un seul territoire, la Sicile, mais il a exprimé une prétention à la protection de Rome ainsi qu'à l'extension de son autorité sur tout le monde chrétien.

La référence à Charlemagne, dont il a appelé à la canonisation en 1165, est un élément important dans la conception de son rôle impérial qu'avait Barberousse. Par ce biais, il a ouvertement essayé de lutter contre la coalition naissante des souverains francs, autour d'une France qui prenait de l'assurance, et de contrecarrer la prétention de l'empereur byzantin à la domination sur la chrétienté. L'appel à Charlemagne présentait aussi un avantage généalogique, dès lors que les Staufer étaient parents des Saliens, eux-mêmes parents des carolingiens. Ce lien permettait aussi à Barberousse de revendiquer un droit dynastique à la charge impériale, de relier plus étroitement les éléments principaux de l'autorité impériale (couronnement par le pape, souveraineté sur la ville de Rome et protection de l'Église) et ainsi de rabaisser le rôle du pape. Même la croisade de Barberousse peut être vue comme une référence à Charles et à son combat contre les païens.

À l'intérieur, Frédéric défendait un renforcement de l'autorité royale dans la structure féodale du Reich. C'est en conséquence au travers du roi lui-même que doit s'exercer l'autorité suprême, à l'exclusion de tous autres, et sur laquelle repose en définitive l'édifice féodal. La division de la Bavière et l'éviction d'Henri le Lion illustrent cette volonté de pouvoir absolu.


Descendance

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.

Second mariage avec Béatrice Ire de Bourgogne :

• Rainald ou Renaud (* 1161 † 1164), enterré à Lorsch
• Béatrice (* 1162, † début 1174 ou 1179), enterrée à Lorsch
• Guillaume (* 1163 † 1164), enterré à Lorsch
• Frédéric V de Souabe (* 16 juillet 1164 à Pavie; † 28 novembre 1169/1170), duc de Souabe, enterré à Lorsch
• Henri VI (* 1165; † 1197), empereur germanique, roi de Sicile, ∞ Constance de Sicile (* 1154; † 1198), fille du roi Roger II. Il est le père de l'empereur germanique Frédéric II.
• Conrad (* 1167; † 1191) dit Frédéric VI de Souabe, duc de Souabe
• Agnès (* octobre/novembre 1168 ou 1174 ; † 8 octobre 1184), enterrée à la cathédrale de Spire
• Conrad II de Souabe (* 1169 † 1196), duc de Souabe et de Franconie
• Othon Ier (* 1171 † 1200), comte palatin de Bourgogne, ∞ Marguerite de Blois († 1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
• Sophie (* 1175 † ? ), ∞ Guillaume, marquis de Montferrat
• Philippe Ier de Souabe (* 1177 † 1208), duc de Souabe, roi de Germanie / roi des Romains, ∞ 1197 Marie de Byzance (* 1181; † 1208), fille de l'empereur Isaac II Ange.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mar 8 Mar - 22:47

(1) Les Hohenstaufen ou, de façon plus usitée en Allemagne, Staufer sont une famille noble du Saint-Empire romain germanique.



Armoiries de Hohenstaufen




(2) Après la réforme des comtés dans la Francie orientale, le Duché de Souabe est formé en 915. Il s'étendait du Massif des Vosges jusqu'à la rivière Lech et à la ville de Chiavennaen Italie. À la mort du duc Conradinsans héritiers en 1268, la lignée desHohenstaufen s'éteint et le duché deSouabe se désintègre en plusieurscomtés, villes et abbayes libres, dont la plupart existaient encore jusqu'au Reichsdeputationshauptschluss en1803







(3) Les Welf (en allemand: Welfen) sont une dynastie germanique remontant à l'époquecarolingienne, à l'origine de la faction politique italienne des Guelfes.




(4) Une chapelle palatiale ou chapelle palatine est une chapelle située dans un château ou unpalais, et dont l'usage est dédié à celui du souverain.

La chapelle palatine d’Aix-la-Chapelleétait la chapelle privée de Charlemagnesituée à Aix-la-Chapelle, une ville d'Allemagne dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Commencée vers 792, consacrée en 804 et achevée en 805, elle fait partie du palais d'Aix-la-Chapelle. Elle contient les restes de Charlemagne et a été le site de couronnements pendant environ 600 ans. Elle a été intégrée dans l'actuelle cathédrale d'Aix-la-Chapelle.


Trône de Charlemagne dans la chapelle palatine.


Vue sur le trône dans son environnement à l'étage.



Niveau inférieur de la Chapelle palatine.




Lustre de Frédéric Barberousse





(5) Otton de Freising, né à Klosterneuburg en1112, mort le 28 septembre 1158 à l'abbaye de Morimond où il est inhumé, était un évêque et chroniqueur allemand. Historien de Frédéric Barberousse, il est aussi un des grands théoriciens de l'histoirede l'époque médiévale.
Fils de Léopold III d'Autriche, margrave d'Autriche, et d'Agnès de Germanie, fille de l'empereur empereur Henri IV, Otton appartient à la dynastie germanique des Babenberg.




(6) Henri le Lion (1129/1131-1195; enallemand, Heinrich der Löwe) fut duc de Saxe à partir de 1142 et duc de Bavière à partir de 1156. Il était le plus riche des nobles allemands, au moins jusqu'à l'enrichissement de la dynastie rivale des Hohenstaufen pendant le règne de Frédéric Ier.
Le lion est son animal héraldique.

En premières noces, il épousa en 1147 Clémence de Zähringen, avec qui il a trois enfants,
• Henri mort jeune accidentellement
• Gertrude de Bavière, (née en 1152 ou plus probablement 1155 - † 1197), épouse en 1166 Frédéric IV de Souabe et en 1177 Knut VI de Danemark.
• Richenza († 1168) fiancée en 1167 à Knut VI de Danemark

Il divorce d'avec elle en 1162.

Le 1er février 1168 il épousa en secondes noces Mathilde d'Angleterre (1156-1189), fille deHenri II (1133-1189), dit Henri Courtemanche, roi d'Angleterre, et d'Aliénor (1122-1204), duchesse d'Aquitaine. Elle donne naissance à six enfants:

• Richenza (II) dite Mathilde (née en 1172 † 1209/1210) fiancée en 1184 à Guillaume le Lion roi d'Écosse, elle épouse en 1189 Geoffroy III du Perche et en 1204 Enguerrand III de Coucy.
• Henri (1173 -† 1227), comte palatin du Rhin,
• Lothaire (né 1174/1175 - † 1190)
• Otton IV (1174 -† 1218), empereur romain germanique
• un fils anonyme né en 1182 † jeune
• Guillaume de Lunebourg (1183 -† 1214), duc de Lunebourg, tige de la maison de Brunswick.


Par ailleurs il a une fille illégitime
• Mathilde († 1219) qui épouse Henri Borwin Ier de Mecklembourg




(7) Welf VI (né entre le 16 décembre1114/15 décembre 1116- mort àMemmingen 14/15 décembre 1191), noble germanique qui fut duc de Spolètede 1152 à 1160 et de 1167 à 1171 etmarquis de Toscane de 1152 à 1171

Welf VI, est le troisième fils d'Henri IX de Bavière et de Wulfhilde de Saxe c'est un membre de l'illustre famille des Welfs.

Weld épouse avant 1133 Uta de Calw (morte en 1196) duchesse de Schauenburg, fille deGottfried Ier comte palatin du Rhin et de son épouse Liutgarde de Zähringen, dont un fils unique:
• Welf VII (mort à Sienne 12 septembre 1167) et inhumé à Steingaden. Duc de Spolète de1160 à sa mort.




(08) Mathilde de Toscane, aussi appelée comtesse Mathilde ou Mathilde de Canossa et parfois Mathilde de Briey(née v. 1045-1046 à Mantoue et morte le24 juillet 1115 à Bondeno di Roncore), est une princesse qui a joué un rôle très important pendant la querelle des Investitures.

Mathilde est la fille de Boniface III, marquis de Toscane, et de Béatrice de Bar, fille de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie, et de Mathilde de Souabe. Elle naît vers 1045-1046 et son prénom est un hommage à sa grand-mère maternelle.

en 1069, Mathilde épouse Godefroid III le Bossu († 1076), fils de godefroy II de Basse-Lotharingie dit le Barbu et Doda d’origine inconnue, qui devient lui aussi duc de Basse-Lorraine. Une fille nommée Béatrice naît de ce mariage, mais elle meurt dès janvier 1071.

En 1089, à l'incitation du nouveau pape Victor III, Mathilde accepte de se remarier à 43 ans avec Welf II de Bavière, un jeune garçon de 17 ans. Il s'agit d'une union politique destinée à renforcer les liens entre le pape et les Welfs, eux aussi en conflit avec l'empereur Henri IV du Saint-Empire.




(9) Ville d'Italie, dans la province de Pérouse, Spolète fut le siège d'un duché lombard puis franc et d'un principauté assez importante qui fut incorporée aux États de l'Église en 1228.

• 570, Spolète est annexé par le Royaume lombard.
• 776 - 776, le Royaume est annexé par Charlemagne soutenu par l'église.
• 842, Spolète redevient duché margrave franc.
• V.949, Bérenger IIe reprend Spolète.
• 1075 – 1122, Querelle des Investitures.
• 1201 - 1201, Otton IVe
• 1213, Le duché passe sous le contrôle pontifical.




(10) Berthold IV de Zähringen, né vers 1125, mort le 8 décembre 1186, est duc de Zähringen de1152 à 1186 et comte de Boulogne de 1183 à 1186. Il était fils de Conrad Ier, duc de Zähringen et de Clémence de Namur.

Peu après son avènement, soutenu par l'empereur Frédéric Barberousse, il prépare la conquête du comté de Bourgogne qui était revenu Béatrice Ire de Bourgogne après la mort de son père, mais finalement Frédéric préfère épouser l'héritière légitime du comté qui échappe ainsi à Berthold. En compensation, il reçut en 1156 le titre de recteur de Bourgogne et l'autorité sur les villes de Genève et Lausanne, puis sur Zurich en 1173. En 1157, Berthold avait fondé la ville de Fribourg. Du fait de sa seconde union, il devient également comte de Boulogne du droit de sa femme.

Il épouse en premières noces en 1183 Edwige (? - 1183), fille d'Hermann comte de Frobourg dont il a :
• Berthold V de Zähringen,
• Agnès, (1160/70 - 1er/10 mai 1236/39), elle épouse Egon IV d'Urach, (vers 1165 - 12/27 janvier 1230/36),
• Anne, elle épouse Ulrich III, (? - 1227) comte de Kybourg, elle obtenait Fribourg, en Suisse.
Il se remarie en 1183 Ide de Lorraine († 1216), fille de Mathieu d'Alsace et de Marie de Blois,
comte et comtesse de Boulogne, mais n'eurent pas d'enfants.




(11) Vladislav II Premysl (environ 1110 – 18 janvier 1174) est prince puis roi de Bohême de 1140 à 1172, Fils aîné de Vladislav Ier et de Richenza de Berg.

Vladislav II eut deux épouses :
1. en 1140, Gertrude de Babenberg (1120-1151), d'où :
• Richza (1142- ?), épouse le prince Iaroslav II de Loutsk
• Bedřich/Frédéric
• Svatopluk (?-1169), qui épousa une fille de Géza II de Hongrie
• Vojtěch ou Adalbert de Bohême archevêque de Salzbourg
• Agnès (morte le 7 juin 1228), abbesse de Saint Georges de Prague

2. en 1155, Judith de Thuringe (?-1174), fille de Louis Ier landgrave de Thuringe, d'où :
• Ottokar.
• Vladislav
• Richeza (morte le 19 avril 1182), épouse Henri de Babenberg, duc de Mödling




(12) Henri II d'Autriche dit Jasomirgott(1107 – 13 janvier 1177) est comte palatin du Rhin (1140-1141), duc deBavière (1143-1156) et margrave (1141-1156) puis duc d'Autriche (1156-1177) de la maison de Babenberg, Fils du margrave Léopold III et d'Agnès de Franconie, il devient en 1140 comte palatin du Rhin.

En 1142, il épouse Gertrude de Saxe, fille de l'empereur du Saint-Empire Lothaire III de Supplimbourg1. Elle meurt l'année suivante, sans descendance.
Henri II d'Autriche se remarie en 1149 avec Théodora Comnène, une nièce de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène, dont il a :

• Agnès (1154-1182), mariée en 1167 au roi Étienne III de Hongrie, puis au duc Herman II de Carinthie (mort en 1181)
• Léopold V (1157-1194)
• Henri (1158-1223), duc de Mödling, marié en 1177 à Rixa de Bohême (morte en 1182)




(13) Wibald, né en 1098 et mort en 1158, estabbé de Stavelot (1130-1158), du Mont-Cassin (1137) et de Corvey en Saxe(1146-1158). Il est également un proche conseiller de Lothaire III († 1137) et deConrad III († 1152), souverains germaniques. Wibald meurt en 1158 enMacédoine au retour d'une ambassade à Byzance. Il est le véritable fondateur de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy.



(14) La maison de Babenberg est une des maisons nobles qui a gouverné le Margraviat d'Autriche (ou Ostarrichi), puis le Duché d'Autriche.



(15) Anselme de Havelberg est un ecclésiastique et écrivain religieux du XIIe siècle, évêque de Havelberg, puis archevêque de Ravenne, mort près de Milan le 12 août 1158.




(16) Guillaume Ier de Sicile (de la Maison de Hauteville), dit Guillaume le Mauvais, est le second roi normand de Sicile de 1154 à1166. Il doit sa mauvaise réputation au chroniqueur Hugues Falcand.

Guillaume est le quatrième fils du roi Roger II de Sicile et de la princesse ibérique Elvire de Castille. Il est l’époux de Marguerite de Navarre qui lui donnera trois enfants :
• Roger d’Apulie
• Guillaume de Sicile, son Héritier
• Henri de Capoue




(17) Nicolas Breakspear (ou Breakspeare) (né vers 1100 à Abbots Langley, Hertfordshire et mort le 1er septembre 1159 à Anagni) est le 169e pape de l'Église catholique sous le nom d’Adrien IV de 1154 à 1159. C'est le seul pape d'origine anglaise.




(18) Le Traité de Bénévent est un important traité conclu en 1156 entre la papauté d'Adrien IV et le royaume normand de Sicile. Après les années de relations turbulentes, les papes se résignèrent finalement à conclure la paix avec les rois de la dynastie de Hauteville.



(19) Béatrice Ire de Bourgogne d'Ivrée ouBéatrix de Bourgogne-Ivrea (1143 - 1184) fut comtesse de Bourgogne puisimpératrice consort du Saint-Empire et reine consort de Germanie par mariage en1156 avec Frédéric Barberousse.

elle est fille unique du comte Renaud III de Bourgogne et d'Agathe de Lorraine (fille du duc Simon Ier de Lorraine)

En 1156, elle épouse l'Empereur Frédéric Barberousse à Wurtzbourg et lui apporte en dot le comté de Bourgogne. Ils ont de nombreux enfants dont :
• Béatrice (v. 1161-1174)
• Le futur duc Frédéric V de Souabe (16 juillet 1164 à Pavie; † 28 novembre 1169/1170)
• Le futur Empereur germanique Henri VI du Saint-Empire (1165-1197) qui succède au titre d'Empereur à son père
• Le futur duc Frédéric VI de Souabe(1167; † 20 janvier 1191)
• Le futur comte Othon Ier de Bourgogne(1167-1200) qui épouse en 1192 la comtesse Marguerite de Blois (v. 1170-1231) et qui succède au titre de comte de Bourgogne de Frédéric Barberousse
• Conrad de Hohenstaufen futur Conrad II de Souabe (1172-1196)
• Rainald (1173-† en bas-âge)
• Wilhelm (1176-† en bas-âge)
• le futur duc Philippe Ier de Souabe(1176-1208)
• Agnès (†1184).




(20) Vladislav II Premysl (environ 1110 – 18 janvier 1174) est prince puis roi de Bohême de 1140 à 1172, Fils aîné de Vladislav Ier et de Richenza de Berg

Vladislav II eut deux épouses :

1. en 1140, Gertrude de Babenberg (1120-1151), d'où :
• Richza (1142- ?), épouse le prince Iaroslav II de Loutsk
• Bedřich/Frédéric
• Svatopluk (?-1169), qui épousa une fille de Géza II de Hongrie
• Vojtěch ou Adalbert de Bohême archevêque de Salzbourg
• Agnès (morte le 7 juin 1228), abbesse de Saint Georges de Prague
2. en 1155, Judith de Thuringe (?-1174), fille de Louis Ier landgrave de Thuringe, d'où :
• Ottokar.
• Vladislav
• Richeza (morte le 19 avril 1182), épouse Henri de Babenberg, duc de Mödling




(21) Bénéfice, du latin beneficum, bienfait. Ce mot fut mis en usage, après l'établissement desBarbares dans l'empire romain, par les rois goths et lombards. Il s'appliquait aux terres que ces princes donnaient en récompenses à ceux de leurs leudes (membre de la haute bourgeoisie,liés au roi par une serment et des dons) qui s'étaient distingués, qui avaient bien fait la guerre. Les possesseurs des bénéfices devaient en échange le service militaire et une redevance en argent ou en nature. Les bénéfices, d'abord amovibles, devinrent ensuite, pour la plupart viagers, et enfin héréditaires, à partir de 877.

Au IXe siècle, le nom de bénéfice avait fait place à celui de fief. Quand les bénéfices militaires eurent cessé d'exister, le nom de bénéfice s'appliqua encore aux fonds de terre et aux revenus affectés à certaines charges ou dignités ecclésiastiques, et ces sortes de bénéfices se sont conservés en France jusqu'à la Révolution française.




(22) Rainald von Dassel ou Reinold de Dassel, ou encore Renaud de Dassel (* entre 1114 et 1120 -14 août 1167 à Rome) a été archevêque de Cologne et archichancelier d'Italie.




(23) Victor IV (Ottaviano Crescenzi Ottaviani, signori di Monticelli), né à Tivoli en Italie en 1095,antipape de 1159 à 1164.

Ottaviano Crescenzi Ottaviani appartenait à une branche cadette de l'importante famille noble des Crescenzi.




(24) Pascal III, de son vrai nom Guido da Crema, né à Crema en Lombardie vers 1100, et mort àRome le 20 septembre 1168, a été antipape de 1164 à 1168.



(25) Raoul de Zähringen ou Rudolf von Zähringen (vers 1135 - 5 août 1191 à Herdern près de Fribourg en Suisse) a été évêque de Mayence et prince-évêque de Liège.
Raoul de Zähringen était le fils du duc Conrad Ier de Zähringen et de Clémence de Luxembourg-Namur.




(26) Conrad Ier de Wittelsbach, né vers 1120/1125 et mort le 25 octobre 1200 à Riedfeld près de Neustadt an der Aisch, fut cardinal et archevêque de Mayence (sous le nom de Conrad Ier) et de Salzbourg(sous le nom de Conrad III). Il est le Fils du comte palatin Othon V von Scheyern-Wittelsbach




(27) Frédéric IV de Souabe dit Frédéric de Rothenbourg de la maison des Hohenstaufen (1145; † 19 août 1167 à Rome) était duc de Souabe, succédant à son cousin Frédéric Barberousse, Empereur romain germanique en 1152et duc de Franconie comme son père de 1152 à sa mort.

Frédéric de Rothenbourg est le fils deConrad III de Hohenstaufen et de sa femme Gertrude de Sulzbach et ainsi donc l'héritier direct à couronne. Cependant, sur son lit de mort, Conrad III bien conseillé par les deux seules personnes présentes dans la pièce, son neveu Frédéric Barberousse et l'évêque de Bamberg, désigne Frédéric Barberousse comme successeur et lui transmet les insignes impériaux.




(28) Welf VII (né vers 1135 – mort le 12 septembre 1167) est le fils unique et homonyme de Welf VI, Duc de Spolète et Margrave de Toscane, et d'Uta, fille de Gottfried de Calw, comte palatin du Rhin. C'est un membre de la maison des Welf.



(29) Les Ligues lombardes étaient des alliances militaires actives aux XIIe et XIIIe siècles. Fondées par les cités du nord de l'Italie, principalement de Lombardie, ces ligues visaient à contrecarrer les ambitions hégémoniques des empereurs germaniques. Cette dénomination fut reprise en 1984 par un nouveau parti politique italien d'extrême droite.



(30) Calixte III (Alonso de Borja i Llançol, plus connu sous le nom de Alfonso Borgia), né à Canals dans le royaume de Valence le 31 décembre 1378, mort le 6 août 1458 à Rome, est un cardinal espagnol du XVe siècle, évêque de Valence, élu pape le 8 avril 1455 et couronné le 20. Candidat de compromis, âgé, il est généralement jugé comme faible, en particulier à cause de son népotisme.



(31) Alberto da Giussano est une figure légendaire du XIIe siècle, d'homme en armes.

Une tradition tardive et sans doute inventée par des chroniqueurs de Milan au XIVe siècle lui attribue l'exploit d'avoir organisé et commandé la Compagnie de la Mort qui lors de la bataille de Legnano du 29 mai 1176 avait victorieusement défendu le Carroccio de la Ligue lombarde contre l'armée impériale germanique de Frédéric Barberousse.




(32) Guillaume II de Sicile, aussi nommé Guillaume le Bon (né en 1154 à Palerme et mort le 18 novembre 1189 dans la même ville), est le fils de Guillaume le Mauvais, de la dynastie des Hauteville, et de Marguerite de Navarre. Roi de Sicile de 1166 à 1189, Guillaume II est surnommé « le Bon » en raison de sa politique de clémence et de justice envers les communes et les barons de Sicile, en opposition avec le règne de son père, fils de Guillaume Ier de Sicile et Marguerite de Navare.

En 1177, Guillaume épouse la princesse Jeanne d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, alors âgée de onze ans. Il eut deux enfants :
• Bohémon de Sicile
• Tancrède de Lecce, son héritier




(33) La paix de Constance est un traité entre l’empereur du Saint-Empire romain germanique et les communes italiennes qui a été signé le 25 juin 1183.
Ce traité marque le début de l'essor des communes italiennes.




(34) La mise au ban de l'Empire est au Moyen Âge une mesure de proscription prise à l'encontre d'un individu ou d'une communauté (typiquement : une ville ou une contrée), et dont l'autorité était reconnue dans tout le Saint Empire et les états de langue allemande. Cette peine était infligée au Moyen Âge sur décision de l'empereur, puis jusqu'au XVIIIe siècle par le Reichskammer, la cour suprême du Saint-Empire romain germanique.




(35) La Maison d'Ascanie est l'une des plus anciennes familles allemandes, qui constitue la souche de la maison d'Anhalt.

Elle tire son nom du château d'Ascanie, dans le comté d'Aschersleben (dans le land de Saxe-Anhalt). Elle régna dans la principauté d'Anhalt au XIe siècle, et donna ensuite des souverains au Brandebourg (1143-1320) et à la Saxe. Hedwige de Ballenstedt, fille d’Albert Ier de Brandebourg et princesse de la Maison d'Ascanie, épousa en 1147 le margrave Othon de Misnie.

Les ducs ascaniens de Saxe formèrent deux branches, celle de Saxe-Wittemberg qui s'éteignit en 1422, et celle de Saxe-Lauenbourg qui finit en 1689.

Les plus illustres rejetons de cette lignée sont, outre Catherine la Grande (impératrice de toutes les Russies), les margraves Jean Ier et Othon III de Brandebourg, fondateurs de la Marche de Brandebourg au XIIIe siècle.




(36) Bernard III de Saxe né en 1140, décédé le 9 février 1212, est duc de Saxe et comte d'Anhalt de 1180 à sa mort.

Il est le fils d'Albert Ier de Brandebourg et de Sophie de Winzenbourg.
Il épouse Brigitte (ou Jutta), fille du roiKnut V de Danemark, puis Sophie, fille du landgrave Louis II de Thuringe, puis, entre 1173 et 1177, Judith Piast († 1174), fille du duc de Pologne Mieszko III le Vieux. Du premier mariage :
• Henri Ier, comte d'Anhalt ;
• Albert Ier, duc de Saxe ;
• Sophie, abbesse de Gernrode ;
• Magnus ;
• Hedwige, épouse en 1204 le comte Ulrich de Wettin ;
• Jean, prévôt de Halberstadt.




(37) Othon Ier de Bavière dit Le Grand(1117 - 1183) régna sur le duché de Bavière de 1180 à 1183. Membre de la dynastie des Wittelsbach, fils d'Othon II de Wittelsbach et de Heilika de Pettendorf, Othon Ier de Bavière épousa en 1157 Agnès, fille de Louis Ier, comte de Looz et d'Agnès de Metz.

De cette union naîtront :
• Othon VI (mort en 1178)
• Ulrich III
• Sophie de Bavière (morte en 1238), mariée avec le landgrave HermannIer de Thuringe en 1196
• Louis Ier de Bavière
• Agnès de Bavière (morte en 1200), mariée avec le comte Henri Ier von Plain en 1177
• Richardis de Bavière (morte en1231), mariée avec le comte OttonIer de Gueldre en 1185
• Élisabeth de Bavière (morte en1190), mariée avec le comte Berthold III von Vohbrug
• Mathilde de Bavière, mariée avec le comte Ratport II von Ortenburg
• Heilika de Bavière, mariée avec le comte Adalbert von Dillingen, puis avec le comte Thierry III d'Halgraf à partir de 1165

Les rois de Bavière, les ducs en Bavière, Élisabeth de Wittelsbach, mais aussi les actuels princes de Bavière sont les descendants directs d'Othon Ier de Bavière.

Il est enterré à l'abbaye de Scheyern.




(38) Baudouin V de Hainaut (vers 1150 -17 décembre 1195 à Mons), dit « Baudouin le Courageux », fut comte de Hainaut de 1171 à 1195, comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII de Flandre de 1191 à 1194 et marquis de Namur sous le nom de Baudouin Ierde 1187 à 1195, ainsi que seigneur de Beaumont (Hainaut). Il est le fils du comte Baudouin IV de Hainaut et d'Alix de Namur.

De son mariage avec Marguerite Ire de Flandre il eut 7 enfants :
• Isabelle (°1170 †1190) ∞ Philippe II de France
• Baudouin (°1171 †1205), comte de Flandre, de Hainaut et empereur latin de Constantinople
• Yolande (°1175 †1219) ∞ Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople
• Philippe Ier le Noble, marquis de Namur (°1175 †1212)
• Henri (°1176 †1216), empereur latin de Constantinople
• Sybille (°1179 †1217) ∞ Guichard IV sire de Beaujeu
• Eustache de Flandre (de) (†1219), régent du royaume de Thessalonique




(39) Le mos Teutonicus (locution latine, littéralement « usage teuton », rappelant l'origine germanique de cette coutume), parfois appelé mos gallicus, désigne une technique funéraire d'excarnation utilisée dans l'Europe médiévale. Consistant à séparer les os de la chair du cadavre, cette technique hygiénique permet ainsi pour les grands seigneurs et prélats mourant loin de leur communauté de rapatrier leurs os avant que leur corps ne soit putréfié.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Mer 9 Mar - 10:46

Léopold V de Babenberg


Léopold V de Babenberg (1157 – 31 décembre 1194 à Graz) ou Léopold V le vieux est duc d'Autriche de 1177 à sa mort et duc de Styrie de 1192 à sa mort. Il est le fils d'Henri II Jasomirgott et de la princesse byzantine Théodora Comnène.


Le 17 août 1186 est négocié l'acte de Georgenberg, par lequel Léopold V hérite en 1192 de la Styrie et de quelques territoires en Haute-Autriche. C'est un premier pas en direction de l'Autriche actuelle.
Léopold est surtout resté célèbre pour sa participation à la troisième croisade, durant laquelle il entre en conflit avec Richard Cœur de Lion soit à Acre, soit à Ascalon selon les sources. Lors du voyage de retour en 1192, le roi d'Angleterre doit s'arrêter à Vienne, où il est capturé à Erdberg (IIIearrondissement Landstrasse actuel). Le roi est gardé pendant un certain temps à Dürnstein avant d'être livré à l'empereur Henri VI. La rançon énorme de six mille « Eimer » d'argent (environ 100 000 marks d'argent ou, selon les sources 23,3 tonnes) est utilisée pour la construction de la fonte de monnaie viennoise, d'une nouvelle enceinte fortifiée ainsi que pour la fondation des villes nouvelles de Wiener Neustadt et Friedberg.

Pour cet acte, le duc est excommunié et puni de l'interdit par le pape Célestin III(1). Cependant, cette décision n'a apparemment jamais été publiée. L'évêque de Vérone est envoyé pour transmettre à Léopold V les conditions pour lever l'excommunication : Léopold V doit libérer les otages anglais, repayer la rançon et partir en Terre sainte en croisade pour la même durée que la captivité de Richard Ier.

Les conditions ne sont pas encore remplies quand Léopold V commence déjà à préparer la nouvelle croisade. Cependant, il est blessé lors d'un tournoi et se casse la jambe. Il promet alors au prêtre d'Hartberg de remplir toutes les conditions nécessaires pour la levée de l'excommunication en cas de guérison. Un peu plus tard, il promet également à l'évêque de Salzbourg Adalbert (2) de se soumettre au pape. L'excommunication est levée, mais Léopold V ne guérit plus. Il meurt le 31 décembre 1194 de ses blessures et est enterré à l'abbaye d'Heiligenkreuz. Ses États sont divisés entre ses deux fils : l'aîné, Frédéric (3), reçoit l'Autriche, et le cadet, Léopold (4), la Styrie.


Léopold V épouse en 1172 Hélène (v.1158-1199), fille du roi Géza II de Hongrie, dont :
• Frédéric (1174-1199),
• Léopold VI (1176-1230)


Selon la légende, lors du siège de Saint-Jean-d'Acre (1191), la tuniqueblanche de Léopold se retrouve couverte de sang. Lorsqu'il retire saceinture, une bande blanche apparaît au milieu du rouge, ce qui serait à l'origine du drapeau de l'Autriche. En réalité, le drapeau n'a été adopté qu'au XIIIe siècle par Frédéric II.





(1) Célestin III (Giacinto di Pietro di Bobone), né à Rome vers 1106, connu d'abord sous le nom de cardinal Hyacinthe (diacre du titre de Sainte-Marie), pape du14 avril 1191 à sa mort le 8 janvier 1198, fut élu à 85 ans. Il était membre de la célèbre famille Orsini.




(2) Adalbert de Bohême (* 1145; † 8 avril1200), archevêque de Salzbourg.
Vojtěch, baptisé sous le nom d'Adalbert en souvenir de son homonyme Adalbert de Prague, était le second fils du roi Vladislav II de Bohême. Il fut élu, sous-diacre encore, comme successeur de son oncle maternel Conrad II de Babenberg à l'archevêché de Salzbourg le 1er novembre 1168 sous le nom d'Adalbert III.




(3) Frédéric Ier le Catholique (v. 1175 –16 avril 1198) est le fils aîné de Léopold V et d'Hélène de Hongrie (v. 1158 -1199). Il succède à son père en 1195 et devient duc d'Autriche. Il participe à la croisade de 1197, lancée par l'empereur Henri VI du Saint-Empire, et meurt en revenant de Palestine. Son frère cadet Léopold, qui avait déjà hérité de la Styrie, devient duc d'Autriche et réunit sur sa tête le patrimoine des Babenberg.




(4) Léopold VI d'Autriche, dit le Glorieux(1176 – 26 juillet 1230 à San Germano), est duc de Styrie en 1194 et duc d’Autriche de 1198 à 1230. Sous son règne, l’Autriche des Babenberg atteint son apogée. Il est le protecteur des ordres mendiants et de l’ordre deschevaliers Teutoniques. Pris dans les querelles entre le pape et lesHohenstaufen, il prend parti pour les empereurs et échoue dans sa tentative de faire de Vienne un évêché contre la domination de Passau.

[…]

Il se croise et se rend en Palestine en1209-1210, puis participe en 1211 avec le comte de Juliers et d'autres seigneurs allemands à la croisade contre les Albigeois. En 1213, il conduit des troupes en Espagne contre les Almohades. En 1217, il retourne en Palestine avec André II de Hongrie pour la cinquième croisade. En décembre, ils échouent à prendre la forteresse du Mont-Thabor, qui domine la plaine d’Acre. L'année suivante, ils participent à la campagne contre l'Égypte. Au mois d'août 1218, ils attaquent la citadelle de Damiette. Léopold prend le commandement de l'armée à la mort du comte de Berg et réussit le 26 août à se rendre maître de la tour. Il entreprend, au mois d'octobre suivant, le siège de la ville de Damiette, mais rembarque pour l'Autriche avant la prise de la ville par Jean de Brienne en décembre1219. Avant de partir, il fait don cinq mille marcs d'argent aux chevaliers Teutoniques, pour l'acquisition d'une terre, et de cinquante marcs d'or aux Templiers, gratifiés également de cinq cents marcs d'argent par le comte de Chester.

Léopold épouse en 1203 une princesse byzantine, Théodora Ange, morte en 1246, qui lui donne :
• Marguerite (1204-1266), femme de Henri II de Souabe, puis d'Ottokar II de Bohême
• Agnès (1205-1226), mariée à Albert Ier de Saxe
• Léopold (1207-1216)
• Henri, duc de Mödling (1208-1228)
• Gertrude (1210-1241), épouse d'Henri le Raspon
• Frédéric (1211-1246)
• Constance (1212-1243), épouse d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Jeu 10 Mar - 0:57

Phlippe Auguste , roi de France




Philippe II dit Philippe Auguste, Roi de France (1165-1223),
par Louis-Félix Amiel (1802-1864). Peinture conservée à Versailles,
musée national du château et des Trianons


 Philippe II dit « Philippe Auguste », né le 21 août 1165 à Paris et mort à Mantes le14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie des Capétiens. Il est le fils héritier de Louis VII et d'Adèle de Champagne.

Le surnom d'« Auguste » lui fut donné par le moine Rigord (1) après que Philippe II eut ajouté au domaine royal en juillet 1185(Traité de Boves) les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois et également parce qu'il était né au mois d'août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu'il a accru considérablement le domaine.

Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton (2) le nomme « Philippe le Magnanime » dans sa chronique La Philippide rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord que Philippe II lui avait demandé d'expurger, la jugeant moins laudatrice qu'il le souhaitait.

Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.
Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de1204, Rex Franciæ, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs. Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (Philippe roi des Francs - ou des Français), à la différence par exemple de Richardus rex Angliæ (Richard roi d'Angleterre), mais comme Henri roi des Romains.


Le régne

Les débuts : une affirmation rapide (1179-1189)

• Roi à quinze ans

La naissance de Philippe Auguste, en 1165, est accueillie comme un miracle par la famille royale. En effet, Louis VII attend depuis près de trente ans un héritier et c'est sa troisième épouse, Adèle de Champagne, qui lui donne tardivement ce fils tant espéré. Une attente qui vaut au futur Philippe II le surnom de Dieudonné. Il est baptisé dès le lendemain de sa naissance dans la chapelle Saint-Michel du palais de la Cité à Paris par l'évêque Maurice de Sully (3) en présence de trois parrains et trois marraines.

Comme tous les premiers rois capétiens depuis Hugues Capet, Louis VII, accablé par la maladie, pense à associer son fils à la couronne au printemps 1179, puis à lui laisser le pouvoir le 28 juin 1180. Mais la cérémonie du sacre est retardée à la suite d'un accident de chasse du jeune prince dont la vie est menacée. L'état de santé du prince est suffisamment grave pour que Louis VII se déplace en Angleterre, malgré sa santé déclinante, et aille se recueillir sur la tombe de Thomas Becket, l'archevêque de Cantorbéry mort en 1170 et devenu un saint thaumaturge (4).

Complètement remis sur pied et en l'absence de son père de plus en plus souffrant, Philippe est associé à la couronne et sacré le 1er novembre 1179 à Reims par son oncle l'archevêque Guillaume aux Blanches Mains (5). Le Jeudi de l'Ascension 29 mai 1180 à Saint-Denis, lors de la consécration de son épouse Isabelle de Hainaut (6) comme reine de France, il reçoit une seconde fois l'onction sainte par l'archevêque de Sens, Guy Ier de Noyers, successeur de Guillaume aux Blanches Mains, au grand dam de ce dernier, qui accusa d'usurpation son pair.

Pour échapper à l’emprise de sa mère et de ses oncles maternels, il se rapproche de son parrain Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui lui donne sa nièce Isabelle en mariage. Le 28 avril 1180, l'évêque Roger de Laon bénit les jeunes époux en l'abbaye d'Arrouaise près de Bapaume. Isabelle, fille de Baudouin V de Hainaut (7) lui apporte l'Artois en dot. Puis, le 28 juin 1180, trois mois avant la mort de son père, il signe le traité de Gisors (08) avec Henri II d'Angleterre. Ces deux événements renforcent la position du jeune roi face aux maisons de Flandre et de Champagne.

La mort de son père survient le18 septembre 1180 et laisse Philippe seul roi, à quinze ans. Confronté à l'affaiblissement du pouvoir royal, Philippe se révèle rapidement à la hauteur du défi. À l'intérieur du domaine, l'une de ses premières décisions est totalement contraire à la politique suivie par son père : l'expulsion des juifs et la confiscation de leurs biens (17 avril 1182) tranche avec la protection que Louis VII avait accordée à la communauté juive. La raison officiellement donnée désigne les juifs responsables de calamités diverses, mais l'objectif réel est surtout de renflouer les caisses royales, bien mal en point en ce début de règne. Ces mesures, au demeurant populaires, ne dureront pas : l'interdiction du territoire (d'ailleurs difficile à faire respecter) cesse en 1198, et l'attitude conciliatrice qu'avait adoptée Louis VII redevient bientôt la norme. Cependant, le pape Innocent III condamne quelques activités des juifs en France et exhorte Philippe Auguste dans la lettre Etsi non displiceat en 1205 à les sanctionner pour montrer la ferveur de sa foi chrétienne (en latin : « in eorum demonstret persecutione fervorem quo fidem prosequitur Christianam »).

• Un nœud de rivalités

Dès 1181, le conflit avec les barons est ranimé, mené par le comte de Flandre, Philippe d'Alsace avec lequel Philippe s'est brouillé. Il parvient toutefois à contrer les ambitions du comte en brisant les alliances que ce dernier a nouées avec le landgrave de Brabant, Godefroy de Louvain (9), et l'archevêque de Cologne, Philippe de Heinsberg. En juillet 1185, le traité de Boves (10) confirme au roi la possession du Vermandois, de l'Artois et de l'Amiénois.

Les Plantagenêts sont l'autre préoccupation majeure de Philippe Auguste. Les possessions d'Henri II d'Angleterre, également comte d'Anjou, comprennent la Normandie, le Vexin et la Bretagne. Après deux ans de combats (1186-1188), la situation reste indécise. Philippe cherche habilement à profiter des rivalités entre les fils du roi d'Angleterre, Richard avec lequel il se lie d'amitié, et son cadet Jean sans Terre. Une paix de statu quo est finalement négociée, alors que le pape Grégoire VIII (11), après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, appelle à la croisade. Philippe Auguste est peu motivé par une telle aventure mais ne peut opposer un refus au pape. Il prend la croix et invoque les dangers qui menacent son royaume pour surseoir. La mort d'Henri II en juillet 1189 clôt cet épisode. Le roi ne peut plus se dédire, il se prépare au départ en Terre sainte.




La troisième croisade et la rivalité avec Richard Ier dit « Cœur de Lion »

• Une croisade écourtée

Philippe Auguste et Richard partent ensemble pour la troisième croisade, qui mobilise également la plupart des grands barons de France. Ils embarquent à la fin de l'été 1190, Philippe de Gênes et Richard de Marseille. Mais ils sont surpris par les tempêtes d'hiver en Méditerranée et doivent attendre plusieurs mois en Sicile, à Messine. Là, la rivalité entre les deux rois se ranime autour des projets de mariage de Richard, qui rompt ses fiançailles avec Alix (12) (demi-sœur de Philippe) et s'engage avec Bérengère de Navarre (13). Philippe Auguste quitte Messine dès qu'il le peut, le 30 mars 1191.

Il arrive à Acre le 20 avril 1191 et participe au siège de la cité, contrôlée par les musulmans. Richard n'arrive qu'en juin, après un détour par Chypre : les renforts anglais sont les bienvenus mais les querelles reprennent immédiatement entre les deux rois. Pour aggraver la situation, ils sont tous deux victimes de la suette (14) et d'une forte fièvre, ils perdent cheveux et ongles. Philippe Auguste perd également l'usage d'un œil. Les opérations militaires avancent toutefois : les Français percent une première fois les murs d'Acre le 3 juillet, sans succès ; puis ce sont les Anglais qui échouent. Affaiblis, les assiégés capitulent le 12 juillet 1191.

La croisade ne fait que commencer, pourtant Philippe décide de prendre le chemin du retour. La mort du comte de Flandre survenue le 1er juin lors du siège de Saint-Jean-d'Acre rouvre le dossier sensible de la succession flamande. Le fait qu'il n'ait qu'un seul héritier l'invite par ailleurs à la prudence. C'est dans un état de santé délabré et très atteint physiquement que Philippe passe par Rome pour obtenir du pape l'autorisation de quitter la croisade. Le roi rentre à Paris le 27 décembre 1191.



• La succession flamande

Il s'agit là de la première préoccupation de Philippe à son retour de croisade. La mort du comte de Flandre, sans descendance, suscite les convoitises de trois prétendants : Baudouin, comte de Hainaut, Éléonore de Vermandois (15), comtesse de Beaumont, et Philippe Auguste lui-même.

Au terme de tractations, Baudouin est désigné comme héritier du comté de Flandre après paiement de cinq mille marcs d'argent. Cependant, Philippe Auguste confirme par une charte de 1192 le Valois et le Vermandois à Eléonore, qui doivent revenir au roi après la mort de celle-ci. Enfin, le roi reçoit Péronne et l'Artois, au nom de son fils Louis, comme héritage de la reine Isabelle de Hainaut morte en1190. Les positions royales au nord sont donc considérablement renforcées.


• L’affaire du mariage

Après la disparition de la reine Isabelle, Philippe Auguste sait qu'il doit se remarier au plus vite. La succession dynastique n'est en effet pas assurée : son seul fils, Louis (16), n'a que quatre ans et vient de survivre à une grave maladie. Le choix d'Ingeburge de Danemark (17) s'organise autour de la nécessité pour le roi Philippe de mettre un empêchement aux ambitions des souverains britanniques, une politique française menée depuis bientôt un siècle par ses prédécesseurs.

Sœur du roi Knut VI (18), âgée de dix-huit ans, Ingeburge n'est qu'une des nombreuses épouses possibles pour Philippe. Pourtant cette union avec la maison royale danoise lui permettrait de fragiliser la dynastie anglo-normande. En effet, Ingeburge descend par les femmes du roi Harold II mort à la bataille d'Hastings contre Guillaume de Normandie, futur roi d'Angleterre et fondateur de la dynastie anglo-normande. Philippe II pense avoir trouvé un moyen de pression avec l'antériorité des droits de sa future épouse Ingeburge, droits qu'il aurait envisagé de faire valoir par la force et avec le concours des princes danois.

Un accord est conclu sur une dot de dix mille marcs d'argent dont une large partie est versée le jour du mariage par les plénipotentiaires danois présents à la cérémonie, la princesse est amenée en France, Philippe la rencontre à Amiens le 14 août 1193 et l'épouse le jour même. Le lendemain, Philippe fait écourter la cérémonie du couronnement de la reine et expédie Ingeburge au monastère de Saint-Maur-des-Fossés. Le roi annonce qu'il souhaite faire annuler le mariage.

Les raisons de cette séparation précipitée, suivie pour Ingeburge de sept ans de captivité et, pour Philippe, du refus absolu de reconnaître sa place de reine, sont restées inconnues et ont donné lieu à toutes les spéculations possibles de la part des contemporains comme des historiens.
Les sources britanniques prétendent que le roi Philippe avait conçu un dégoût immédiat pour son épouse, ce qui est contredit par le fait qu'il se soumettra plus tard et à de nombreuses reprises à ses obligations d'époux, même lorsqu'il le nia pour n'avoir pas à reprendre Ingeburge à ses côtés en qualité de reine de France.

Les historiens français ont pensé que les Danois avaient pour leur part rejeté tout projet d'envahir l'Angleterre, ce qui rendait le mariage de Philippe II subitement inintéressant pour lui, car d'une part il n'obtenait plus le concours des Danois pour envahir l'Angleterre et en plus il devait rendre la dot de son épouse ce qui était au moins une aussi grande torture pour un roi qui comptait la moindre rentrée d'argent.

C'est pourquoi la version selon laquelle le roi Philippe aurait été mal remis de la suette qu'il avait contractée à la croisade ne peut être totalement écartée.

Toujours est-il que pour défendre l'annulation du mariage, Philippe souhaite faire valoir, comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut dont il avait également souhaité se séparer avant de reculer devant la pression populaire, un lien de parenté prohibé par l'Église.

Ingeburge ne pourra faire appel à un soutien populaire, puisqu'elle ne parle pas un mot de français ; elle est tout juste capable de s'exprimer dans un latin assez rudimentaire. Une assemblée d'évêques et de barons donne aisément raison au roi, qui se remarie à la hâte avec Agnès de Méranie (19), jeune noble bavaroise, dès juin 1196.

Mais le nouveau pape Innocent III, élu en 1198, ne l'entend pas de cette oreille. Souhaitant affirmer son autorité, il enjoint Philippe Auguste de renvoyer Agnès et de rendre sa place à Ingeburge. En l'absence de réaction du roi, l'interdit est lancé sur le royaume à partir du 13 janvier 1200 et le pape excommunie Philippe Auguste. Philippe laisse toutefois la cause en suspens, Ingeburge reste captive, désormais dans la tour d'Étampes. Le roi organise finalement une cérémonie de réconciliation, et l'interdit est levé par le légat pontifical Octavien lors du concile de Nesle en Vermandois le 7 septembre 1200. Mais la cérémonie ne rend pas tout à fait sa place à Ingeburge, et la procédure d'annulation du mariage se poursuit, Philippe étant désormais bigame. Le concile de Soissons qui se réunit en mars1201 se conclut cependant par l'échec de Philippe Auguste, qui abrège lui-même les débats et renonce à faire casser le mariage. Finalement, en juillet 1201, Agnès de Méranie meurt à Poissy en donnant à Philippe un deuxième héritier mâle, Philippe (après avoir donné naissance à une fille, Marie, en 1198), reconnu comme tel par le pape en novembre 1201. La crise est momentanément close et la succession dynastique est assurée.

Philippe reprend la procédure d'annulation du mariage en 1205, cette fois sur motif de non consommation dans le temps, un motif rejeté par l'Église catholique puisque Ingeburge put attester des visites régulières de son époux dans les lieux où il la retient captive.
Il est probable que son opiniâtreté à obtenir la séparation tienne à la naissance en 1205 de son troisième fils, Pierre Charlot (20) qui resta de ce fait illégitime et dont l'éducation fut confié en1212 à l'Église catholique probablement après le décès de sa mère, la « dame d'Arras ».

Constatant définitivement que ces projets débouchent sur une impasse gênante, le roi met fin brutalement aux négociations de rupture en 1212 (comme en 1201) et, résigné, rend sa place, sinon d'épouse, du moins de reine en titre, à la malheureuse Ingeburge.


• La lutte contre Richard Cœur de Lion

Richard Cœur de Lion poursuit la croisade après le départ de Philippe : il reprend les principaux ports palestiniens, jusqu'à Jaffa, et rétablit le royaume latin de Jérusalem, bien que la ville proprement dite lui échappe. Il négocie finalement une trêve de cinq ans avec Saladin et rembarque au mois d'octobre 1192. Les tempêtes d'hiver le surprennent de nouveau : échoué à Corfou, il est capturé par le duc d'Autriche Léopold V, qui le remet entre les mains de l'empereur germanique Henri VI, son ennemi. Pour la libération de Richard, l'empereur demande une rançon de cent mille marcs d'argent, plus cinquante mille marcs pour l'aider à conquérir la Sicile.

Philippe profite de la situation pour négocier avec Jean sans Terre, le frère cadet de Richard, qui a pris le contrôle du royaume anglo-normand. Espérant récupérer la couronne anglaise grâce au soutien de Philippe, il prête hommage en 1193. Puis, alors que Philippe Auguste attaque les possessions des Plantagenêts, Jean cède au roi de France l'est de la Normandie (le Vexin Normand), Le Vaudreuil, Verneuil et Évreux, moyennant mille marcs d'argent, par un accord écrit, en janvier 1194. Par sa finesse diplomatique et militaire, Philippe tient son rival en respect.

Richard est finalement libéré le 2 février 1194. Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, a payé les deux tiers de la rançon demandée, soit cent mille marcs d'argent, le solde devant être versé plus tard. Sa riposte est immédiate : après deux mois passés en Angleterre, il débarque en Normandie le 12 mai 1194 ; s'engage alors une guerre d'escarmouches. Le 10 mai, Philippe met le siège devant Verneuil, qui refuse de se soumettre. Quand lui parvient l'annonce du massacre de la garnison française d'Évreux, que Jean, réconcilié avec son frère, vient de lui livrer, il abandonne le siège, le 28 mai, et pousse vers Évreux, qu'il détruit. De son côté, Richard reprend Loches après huit jours de siège, le 14 juin. Puis, le 5 juillet, Philippe s'apprêtant à mettre le siège devant le château de Vendôme, il lui dresse un guet-apens près de Fréteval, au cours duquel il s'empare des bagages de Philippe, du sceau royal et de son chartrier (événement à l'origine de la création de la garde des archives royales, appelées Trésor des Chartes (21)). Les deux souverains conviennent d'une trêve le 23 juillet 1194, mais celle-ci n'est pas respectée. En 1195, la guerre se déplace dans le Berry, où les deux armées se rencontrent, près d'Issoudun. Alors que l'on s'apprête au combat, Richard va trouver Philippe et lui prête hommage pour le duché de Normandie et les comtés d'Anjou et de Poitiers. Un traité de paix est signé à Gaillon le 15 janvier 1196 : Richard cède Gisors et le Vexin normand à Philippe, qui lui abandonne les différentes conquêtes qu'il a faites en Normandie et ses prétentions sur le Berry et l'Auvergne.

Ayant perdu sa principale place forte avec Gisors, Richard entame la construction de Château-Gaillard, ce qui rallume la guerre. Richard prend et détruit le château de Vierzon, dans le Berry, et se fait livrer à prix d'argent le château de Nonancourt. De son côté, Philippe s'empare, à l'automne 1196, des châteaux de Dangu et d'Aumale, et reprend Nonancourt. Richard envahit le Vexin (1197-1198), ravageant les bords de Seine au-dessous de Paris. Philippe est battu en septembre 1198 entre Gamaches et Vernon. Le 26 septembre 1198, Richard s'empare des châteaux de Boury et de Courcelles, puis bat près de Gisors les troupes de Philippe, venu au secours de ces places fortes. Les deux rois cherchent des soutiens, tandis que le nouveau pape Innocent III (22), qui souhaite mettre sur pied une nouvelle croisade, les pousse à négocier. Le 13 janvier 1199, entre Les Andelys et Vernon, ils conviennent en présence du légat d'une trêve de cinq ans, d'ailleurs mal respectée. La situation se règle brusquement : lors du siège du donjon du château de Châlus-Chabrol (Limousin) le 26 mars 1199, Richard est frappé par un carreau d'arbalète. Il succombe à sa blessure quelques jours plus tard, le 6 avril, à quarante-et-un ans et au faîte de sa gloire.


Les grandes conquêtes (1199-1214)


• Les victoires face à Jean Sans Terre
La succession de Richard Cœur de Lion ne va pas de soi : face à Jean sans Terre (23) le jeune Arthur de Bretagne (24)(âgé de douze ans), fils de son frère aîné Geoffroy II de Bretagne (25) mort en 1186, est un prétendant sérieux. Philippe Auguste profite de cette rivalité et, comme il avait pris position pour Jean contre Richard, il prend cette fois position pour Arthur contre Jean. Il reçoit l'hommage du duc Arthur Ier de Bretagne  pour les possessions françaises des Plantagenêt au printemps 1199. Ceci lui permet de négocier en position de force avec Jean sans Terre, et le traité du Goulet (26), en mai 1200, est favorable à Philippe Auguste. Le traité est scellé par le mariage entre Louis de France et Blanche de Castille(27), nièce de Jean.

Les hostilités ne cessent pas vraiment, et se concentrent désormais en Aquitaine. Philippe se rapproche donc d'une part d'Arthur, et convoque Jean, son vassal au titre du traité du Goulet, pour ses actions en Aquitaine et à Tours. Jean ne se présente naturellement pas, et la cour de France prononce la confiscation de ses fiefs.

La suite se joue sur le terrain militaire. Philippe part dès le printemps 1202 à l'assaut de la Normandie tandis qu'Arthur s'attaque au Poitou. Mais le jeune duc est surpris par Jean sans Terre lors du siège de Mirebeau, et fait prisonnier avec ses troupes. Arthur de Bretagne disparaît dans les mois qui suivent, probablement assassiné début 1203. Philippe s'assure alors le soutien des vassaux d'Arthur et reprend son action en Normandie au printemps 1203. Il démantèle le système des châteaux normands, prend Le Vaudreuil, et entame le siège de Château-Gaillard en septembre 1203. De son côté, Jean fait l'erreur de quitter la Normandie pour rentrer en Angleterre, en décembre 1203. Château-Gaillard tombe le 6 mars 1204.

Philippe Auguste peut alors envahir l'ensemble de la Normandie : Falaise, Caen, Bayeux, puis Rouen qui capitule et dont le capitaine et gouverneur Pierre de Préaux signe l'acte de capitulation, après 40 jours de siège, le 24 juin 1204 en constatant que le secours de Jean n'arrive pas. Verneuil et Arques tombent immédiatement après et parachèvent le succès de Philippe, qui vient de prendre toute la Normandie en deux ans de campagne. Philippe se tourne alors vers la vallée de la Loire, il prend d'abord Poitiers en août 1204, puis Loches et Chinon en 1205. Jean et Philippe conviennent finalement d'une trêve à Thouars, à compter du 13 octobre 1206. Pour Philippe Auguste, l'objectif est désormais de stabiliser ces conquêtes rapides.


• La consolidation des conquêtes

Toute la période qui s'étale de 1206 à 1212 voit Philippe Auguste s'efforcer de consolider ses conquêtes territoriales. La domination capétienne est acceptée en Champagne, en Bretagne et en Auvergne, mais le comté de Boulogne et la Flandre posent problème.

Renaud de Dammartin (28), comte de Boulogne, est une première source de préoccupation. Malgré les attentions de Philippe Auguste, qui marie notamment en 1210 son fils Philippe Hurepel (29) à Mathilde, fille de Renaud, ce dernier négocie avec le camp ennemi, et les soupçons de Philippe prennent corps lorsque le comte entreprend de fortifier Mortain, en Normandie occidentale. En 1211, Philippe passe à l'offensive, il prend Mortain, Aumale et Dammartin. Renaud de Dammartin s'enfuit auprès du comte de Bar-le-Duc et ne constitue plus un danger immédiat.

En Flandre s'ouvre une période d'incertitude : Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut, prend part à la quatrième croisade à partir de l'été 1202, participe à la prise de Constantinople et est élu empereur du nouvel empire latin fondé en mai 1204. Mais il est fait prisonnier par les Bulgares en 1205 et tué peu après. Philippe (30), frère de Baudouin et comte de Namur, qui assure la régence en Flandre, jure finalement fidélité à Philippe Auguste, contre l'avis de ses conseillers. Le roi, pour stabiliser le comté, marie la seule héritière de Baudouin, sa fille Jeanne (31), à Ferrand de Flandre (32), en 1211. Philippe pense pouvoir compter sur son vassal.

Enfin, les affaires germaniques constituent un autre enjeu majeur. Après la mort de l'empereur Hohenstaufen, Henri VI, en 1197, un nouvel empereur doit en effet être désigné par le pape Innocent III. Deux candidats sont déclarés : d'une part, Otton de Brunswick (33), soutenu par son oncle Jean sans Terre et favori du pape Innocent III et, d'autre part, Philippe de Souabe (34), frère d'Henri VI, soutenu par Philippe Auguste et couronné roi de Germanie en 1205. Ce dernier est toutefois assassiné en juin 1208 : désormais sans rival, Otton est couronné empereur en octobre 1209. Innocent III regrette d'ailleurs vite son choix puisque le nouvel empereur exprime bientôt ses ambitions italiennes. Otton est excommunié en 1210, et Philippe Auguste négocie avec Frédéric II du Saint-Empire, le fils d'Henri VI, couronné roi de Germanie à Mayence en 1212 par Siegfried II von Eppstein (35), évêque de Mayence, un allié que Philippe Auguste espère bien opposer à l'ambition d'Otton.


• Bouvines, l’apogée du règne

L'incroyable réussite de Philippe Auguste amène bientôt ses rivaux à s'unir. L'opposition se cristallise en 1212 : on y compte naturellement Jean sans Terre et Otton de Brunswick. Renaud de Dammartin est le véritable artisan de la coalition : lui qui n'a plus rien à perdre se rend à Francfort pour trouver l'appui d'Otton, puis en Angleterre où il fait hommage à Jean, qui le rétablit officiellement dans ses possessions anglaises. Les hostilités entre Philippe et Jean reprennent immédiatement.
À la même époque, les premières opérations de la Croisade contre les Albigeois, menée par des barons, voient se quereller le comte de Toulouse et les croisés. Philippe Auguste remet cette question à plus tard et se concentre sur le danger anglais. Il réunit ses barons à Soissons le 8 avril 1213, charge son fils Louis de conduire l'expédition contre l'Angleterre et obtient le soutien de tous ses vassaux, sauf un : Ferrand, le comte de Flandre qu'il a lui-même installé deux ans plus tôt. Philippe cherche alors de nouveaux soutiens, notamment auprès d’Henri de Brabant (36). Après une période d'hésitation, le pape Innocent III choisit par contre de soutenir Jean, un soutien moral mais non négligeable. Les préparatifs du conflit se prolongent : le projet initial de Philippe, qui souhaite envahir l'Angleterre, prend l'eau lorsque sa flotte est assaillie et en partie détruite par la coalition ennemie (37) à Damme, en mai 1213. Les mois suivants voient Philippe et Louis s'acharner contre les comtés de Boulogne et de Flandre. Les villes du nord sont presque toutes ravagées.

En février 1214, Jean débarque enfin sur le continent, à La Rochelle, espérant prendre Philippe à revers. Une stratégie qui fonctionne d'abord, puisque Jean gagne des partisans parmi les barons du Limousin et dans le Poitou. En mai 1214, il remonte jusqu'à la vallée de la Loire et prend Angers. Philippe, toujours engagé en Flandre, confie alors à Louis la riposte contre Jean. Le jeune prince se tourne immédiatement vers la forteresse de la Roche-aux-Moines. À son approche, Jean est pris de panique : le soutien des barons poitevins vacille, tandis qu'on annonce que Louis est accompagné de 800 chevaliers. Le roi d'Angleterre fuit le 2 juillet, la déroute anglaise est totale. Mais la coalition n'a pas encore perdu : c'est au nord que tout doit se jouer.

L'affrontement final entre les armées de Philippe et la coalition, conduite par Otton, est désormais inévitable, après plusieurs semaines d'approche et d'évitement. Philippe entend couper ses ennemis des renforts en provenance d'Allemagne et tente de surprendre Otton par le nord-est. L'empereur a vent de la manœuvre et se déplace à Mortagne, à quelques lieues de l'armée royale. Philippe Auguste est conscient de son infériorité numérique, une partie importante de son armée se bat près d'Angers contre les Anglais. Et vient d'ailleurs de remporter, le 2 juillet, la victoire de La Roche aux Moines, avec le fils du roi, Louis VIII Le Lion, à sa tête. Philippe, ayant observé le terrain lors de son avancée, fait mine de se replier sur Lille. Otton pense qu'il veut éviter la bataille, et ses armées coalisées pensent que l'ennemi fuit. L'armée française se dirige vers le pont sur la Marque, à Bouvines, le dimanche 27 juillet 1214, — pont que l'intendance franchit. Un dimanche, l'interdiction de combattre est absolue pour les chrétiens, mais Otton IV, excommunié en 1210, décide de passer à l'offensive, espérant surprendre l'ennemi sur ses arrières. Arrivée proche d'un étang sur sa droite et d'un bois sur sa gauche, un véritable entonnoir, l'armée française, après une pause, se retourne brusquement. Etang à gauche et bois à droite. On ne peut pas se battre ni dans l'un, ni dans l'autre. Elle se déploie en ligne, et sur cette ligne, l'infériorité numérique est effacée. Une perfection tactique. L'armée d'Otton, en effet, n'a plus l'espace nécessaire pour déployer ses effectifs, donc son surnombre. Entravée dans ses manœuvres, devenue bien trop nombreuse pour ne pas être obligée de se gêner puis de se piétiner, elle subit le retournement. L'aile droite française s'engage contre les chevaliers flamands, conduits par Ferrand. Puis, au centre, Philippe et Otton se font face. Dans la mêlée de cavalerie, Philippe est désarçonné, il chute, mais ses chevaliers le protègent, lui offrent un cheval frais, et le roi reprend l'assaut. Ceux des gens d'armes d'Otton qui ne voient pas et comprennent pas ce qui se passe en première ligne, commencent à voir des fuyards se débander. Otton est sur le point d'être capturé, il s'enfuit sous un déguisement. Enfin, sur l'aile gauche, les partisans de Philippe viennent à bout de Renaud de Dammartin, capturé après une longue résistance. Le sort vient de basculer en faveur de Philippe, malgré l'infériorité numérique de ses troupes (1 300 chevaliers et 4 000 à6 000 sergents à pieds, contre 1 300 à 1 500 chevaliers et 7 500 sergents à pieds pour la coalition). La victoire est totale : l'empereur est en fuite, les hommes de Philippe ont fait 130 prisonniers, dont cinq comtes, notamment le traître honni, Renaud de Dammartin, et le comte de Flandre, Ferrand.

La coalition est dissoute dans la défaite. Le 18 septembre 1214, à Chinon, Philippe signe une trêve de statu quo pour cinq ans avec Jean qui continue de harceler ses positions au sud. Le roi anglais retourne en Angleterre en 1214. Par ce traité de Chinon (38), Jean sans Terre abandonne toutes ses possessions au nord de la Loire : le Berry et la Touraine, avec le Maine et l'Anjou retournaient dans le domaine royal, qui couvre désormais le tiers de la France, et, singulièrement agrandi se trouve libéré de toutes les menaces.


Après la victoire (1214-1223)


• L’expédition anglaise de son fils Louis

La victoire est totale sur le continent, et les ambitions royales ne s'arrêtent pas là. En effet, Philippe Auguste souhaite aller plus loin contre Jean d'Angleterre. Il fait ainsi valoir que Jean doit être privé du trône, rappelant sa trahison envers Richard en 1194, et le meurtre de son neveu Arthur. Faisant valoir une interprétation — que certains jugent contestable — de la généalogie de son épouse Blanche de Castille, Louis, mais surtout parce que les barons, voulant écarter Jean sans Terre, ont proposé la couronne au fils de Philippe, conduit une expédition en Angleterre. Le débarquement a lieu en mai 1216 et Louis, à la tête de troupes nombreuses (1 200 chevaliers, plus de nombreux rebelles anglais), conquiert le royaume anglais, notamment Londres où il s'installe. Seuls Windsor, Lincoln et Douvres résistent. Mais malgré l'accueil chaleureux réservé à Louis par une majorité d'évêques anglais, le soutien du pape à Jean demeure ferme, et Louis est excommunié. Finalement, Jean meurt subitement d'une grave indigestion, le 19 octobre 1216. Les barons anglais — anciens alliés de Jean et anciens de Louis — font alors couronner Henri III (39), âgé de neuf ans. Innocent III vient aussi de mourir, mais son successeur Honorius III (40) continue de défendre les loyalistes. Les évêques retirent bientôt leur soutien à Louis et les rebelles s'assagissent. Le prince revient chercher des appuis en France début 1217 et retourne en Angleterre. Il est battu sur terre par Guillaume le Maréchal (41) à Lincoln, puis sur mer lorsque les renforts que lui envoie Blanche de Castille sont anéantis à la bataille des Cinq-îles (42). Louis accepte de négocier la paix, celle-ci est conclue en septembre 1217 et son excommunication est levée.

L'attitude de Philippe Auguste quant à cette expédition est ambiguë. En tout cas le roi ne la soutient pas officiellement. Blanche de Castille le convainc de payer pour lever une armée de secours, en menaçant de mettre ses deux fils en gage. Mais il est peu vraisemblable d'imaginer qu'il n'ait pas donné son assentiment à celle-ci, du moins à titre privé.


• La croisade contre les Albigeois

Déclenchée en 1208, la croisade contre les hérétiques albigeois a tourné à l'affrontement entre Simon IV de Montfort, qui conduit la croisade composée de barons du nord, et Raymond VI (43), comte de Toulouse, qui soutient secrètement les hérétiques. Par ailleurs, Pierre II d'Aragon (44) a des vues sur la région et encourage le camp du comte de Toulouse avant d'être lui-même défait et tué par Simon de Montfort à Muret, en1213.

Après la bataille de la Roche-aux-Moines, Louis part une première fois pour le Midi en avril1215, et aide Simon de Montfort à consolider ses positions. Celui-ci devient finalement comte de Toulouse, avec l'accord du pape Honorius III et de Philippe Auguste, à qui il prête hommage. Mais la ville de Toulouse résiste, son siège dure, et Simon y meurt en avril 1218. Le pape désigne son fils Amaury de Montfort (45) comme successeur et enjoint à Philippe Auguste d'envoyer une nouvelle expédition. Louis part en mai 1219, rejoint Amaury au siège de Marmande, dont les habitants sont massacrés. Après quarante jours d'ost, Louis rentre sans avoir pu prendre Toulouse. Une nouvelle expédition est envoyée par Philippe en 1221, sous les ordres de l'évêque de Bourges et du comte de la Marche, sans plus de succès .

Il faut souligner l'envergure assez faible de ces différentes expéditions. Malgré les appels réitérés d'Innocent III et de ses successeurs, Philippe, trop occupé par les affaires de Flandre et la lutte contre Jean sans Terre, se garde d'intervenir personnellement dans le Midi pour mettre fin à l'hérésie albigeoise. Toutefois, dans ses relations avec la papauté, il rappelle avec constance ses droits de suzerain sur le comté, et autorise enfin son fils à se croiser en 1219. Il faut attendre le règne de ses successeurs pour que le problème albigeois soit réglé.


• La paix

Après Bouvines, les opérations militaires se déroulent en Angleterre ou dans le Midi de la France. Le domaine, et plus largement l'ensemble du nord de la Loire, reste en paix, selon les termes de la trêve conclue à Chinon en 1215, originellement pour cinq ans, et prolongée en 1220 avec la garantie de Louis, une association qui marque le début de la transition de Philippe à son fils et héritier.
Si les conquêtes par les armes cessent, Philippe étend néanmoins son influence en profitant des cas de successions problématiques. C'est le cas en Champagne lors de l'accession de Thibaut IVb(46), qui lui permet d'asseoir sa suzeraineté. C'est le cas surtout lorsque le roi récupère certaines terres comme Issoudun, Bully, Alençon, Clermont-en-Beauvaisis, ainsi que le Ponthieu.

La prospérité du royaume à la fin du règne de Philippe Auguste est un fait établi. On estime ainsi l'excédent annuel du Trésor à 25 210 livres en novembre 1221. À cette même date, le Trésor a dans ses caisses157 036 livres, soit plus de 80 % du revenu annuel ordinaire global de la monarchie. Le testament de Philippe Auguste, rédigé en septembre 1222, confirme ces chiffres, puisque la somme de ses legs s'élève à 790 000 livres parisis, soit près de quatre ans de revenus ! Ce testament est rédigé alors que l'état de santé de Philippe fait craindre la mort. Celle-ci survient finalement dix mois plus tard.

• Mort de Philippe Auguste

Alors qu'il se trouve à Pacy, Philippe décide d'assister à la réunion ecclésiastique organisée à Paris pour la préparation de nouvelles croisades, contre l'avis de ses médecins. Il ne survit pas à la fatigue du voyage et meurt le 14 juillet 1223, à Mantes. Son corps est amené à Paris, et ses funérailles sont rapidement organisées, à Saint-Denis, en présence des grands du royaume. Pour la première fois, le corps du roi de France revêtu de tous les regalia (47) est exposé à la vénération du peuple avant sa sépulture dans un rite solennel inspiré de celui des rois d'Angleterre. C'est donc le premier souverain français dont la mort ait été mise en scène, marquant symboliquement le dernier acte de souveraineté du monarque.

Philippe auguste et l’exercice du pouvoir : l’invention de la nation et de l’Etat

Les conquêtes

À sa mort, Philippe II laisse à son fils et successeur Louis VIII un domaine royal considérablement agrandi.


Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son
avènement (1180) et sa mort (1223).



Le contraste est saisissant entre l'avènement de Philippe, sous une quasi-tutelle des barons, avec un domaine qui fait de lui le roi de l'Île-de-France plus que de la France, et la fin de son règne, avec un domaine agrandi, auxquels il faut ajouter de nombreux territoires soumis par hommage de leurs possesseurs. Le rival anglais est repoussé dans une Guyenne parcellaire, loin, très loin de Paris. Ces conquêtes sont notamment permises par le développement important de l'ost royal qui compte en 1202 : en temps de paix 3 043 hommes (257chevaliers, 2 000 sergents à pied et 267 à cheval, 133 arbalétriers à pied et 86 à cheval, 300 mercenaires) ; en temps de guerre ce nombre s'accroît de 8 054 sergents.

Ces gains territoriaux font de Philippe Auguste un roi rassembleur, dont l’œuvre est continuée par Louis VIII. Il faut attendre la guerre de Cent Ans pour assister à un recul important des possessions royales françaises. Stabiliser ces conquêtes passe cependant par autre chose encore que de simples victoires militaires ou diplomatiques.

Et là se situe bien le grand succès de Philippe : en même temps qu'il agrandit le territoire, il parvient à raffermir le pouvoir royal dans ces nouvelles terres, condition indispensable de la pérennité de ces nouvelles possessions. Cet objectif est atteint, d'abord, par une nouvelle politique de fortifications et de châteaux : Philippe fait dresser leur inventaire et lance à ses frais des constructions dans le domaine et les fiefs. Les mottes castrales disparaissent, remplacées par des donjons en pierre que Philippe veut polygonaux ou cylindriques, pour une meilleure résistance aux engins de siège, et pour éviter les angles morts à la défense. De nombreuses tours sont ainsi construites. Vers la fin du règne, le plan évolue vers un donjon circulaire, surmontant une forteresse quadrangulaire avec des tours rondes à chaque coin, dont le Louvre est le meilleur exemple
Cela n'est pas tout. La stabilisation des conquêtes passe aussi par de nouveaux modes d'administration du territoire.


La révolution administrative : baillis, prévôts et sénéchaux

Pour échapper à la spirale du morcellement, conséquence du système féodal, Philippe Auguste entreprend très tôt de mettre sur pied une nouvelle structure administrative lui permettant d'exercer directement son pouvoir sur le territoire. Philippe organise en fait ce système à l'occasion de son départ en croisade, par une ordonnance-testament de 1190, afin de régler les questions d'organisation du pouvoir en son absence. Le roi met dès lors en valeur les baillis, vieille création d'origine anglo-normande dont le rôle, dans les territoires français, n'était pas clairement défini jusqu'ici. Philippe s'inspire notamment des réformes administratives d'Henri II d'Angleterre, menées en 1176. La Flandre se dote d'ailleurs d'un corps similaire au même moment.

Cette réforme s'achève aux alentours de 1200, quand l'appellation baillivi devient courante, sinon officielle, dans les actes royaux. Nommés par le roi, ils sont une douzaine qui parcourent le domaine au gré des besoins, afin de rendre la justice, mais aussi d'ébaucher une comptabilité du royaume, un domaine qui connaît des progrès décisifs dans la seconde moitié du règne. À la différence du système féodal, les baillis n'ont pas d'attache géographique précise (cela évolue après Philippe Auguste). Leur activité n'est donc pas liée à la possession de terres, ils n'exercent pas de pouvoir en propre, mais représentent le roi. Par ailleurs, ils sont rémunérés directement par le souverain, et soumis à un contrôle très important, avec obligation de rendre des comptes trois fois l'an, relève que le niveau de salaire des baillis se situe entre 10 sous et une livre, soit plus, par exemple, que les chevaliers mercenaires (10 sous). Un indice à la fois de l'importance de leur statut, et du prix de leur fidélité…
Les baillis sont assistés par les prévôts, autre vieille institution au rôle flou jusqu'ici. Ceux-ci sont par contre rattachés à une zone précise, où ils jugent les affaires courantes (les baillis jugeant surtout en appel) et dressent des comptes locaux.

Dans certaines des régions conquises pendant le règne (Anjou, Maine, Touraine, Poitou,Saintonge), Philippe Auguste confie les fonctions administratives aux sénéchaux. Ce titre auparavant héréditaire devient d'ailleurs non transmissible à partir de 1191. À la différence du bailli, le sénéchal est un baron local : le risque de voir ce dernier prendre une importance locale considérable, voire dangereuse pour le roi, existe donc au même titre que dans le système féodal. C'est pourquoi ce régime est souvent supprimé (notamment en Normandie, dès l'annexion), pour être remplacé par celui des baillis.

La naissance d’une idéologie royale

Grâce à sa grande victoire de Bouvines (48), Philippe Auguste achève son règne dans un enthousiasme populaire important. Dans ce contexte, l'idéologie royale progresse, signe peut-être le plus manifeste de l'émergence d'un État sous le règne de Philippe.

On a beaucoup commenté l'utilisation croissante des termes Francia et rex Franciæ (roi de France) dans les textes contemporains, ceux des chroniqueurs du XIIe siècle comme des princes étrangers et de ses propres sujets. Selon Marie Thérèse Jones-Davies, la formule rex Franciæ remplace officiellement le titre de rex Francorum (roi desFrancs) dès 1181, dans un acte où il est appeléPhilippus Dei gratia Franciæ rex. Toutefois, nous ne disposons que d'une copie du XIIIe siècle de cet acte. Pour Bernard Guenée et Anne Lombard-Jourdan, on rencontre les expressions rex Franciæ à partir de 1190 et regnum Franciæ en 1205. Pour Alain Derville, c'est au début du XIIIe siècle qu'apparaît l'expression rex Franciæ45. D'autres progrès idéologiques sont évidents.

Surtout, la fin du règne voit se développer une véritable tentative de propagande royale, à travers les chroniques officielles. Déjà, à partir de 1186, Rigord, moine de Saint-Denis rédige une chronique en latin, dans la tradition de Suger, qu'il offre à Philippe en 1196. Ces Gesta Philippi Augusti sont ensuite complétées jusqu'en 1208. Cette œuvre n'est pas une commande du roi, mais elle n'en reste pas moins une chronique quasi-officielle, à la gloire de Philippe (sauf quelques critiques touchant à l'affaire du mariage). C'est d'ailleurs Rigord qui, le premier, donne à Philippe le surnom d’Augustus, en référence au mois de sa naissance et à ses premières conquêtes qui l'élèvent, pour l'auteur, au rang des empereurs romains. Rigord se fonde en fait sur une interprétation très personnelle de l'étymologie d’Augustus, qu'il rattache au verbe augeo (augmenter, enrichir), en référence à l'agrandissement et à l'enrichissement du royaume par Philippe.

Philippe Auguste confie par la suite à un nouveau chroniqueur la tâche d'expurger la chronique de Rigord de ses passages critiques, et de la continuer. Guillaume le Breton, clerc et proche du souverain, s'acquitte de cette tâche. Il se voit ensuite confier la rédaction d'un véritable monument à la gloire du roi, à partir de 1214 : une chronique en vers, la Philippide, dans le style du poème épique, alors très en vogue (notamment depuis l’Alexandreis de Gautier de Châtillon, épopée à la gloire d'Alexandre). Plusieurs versions de la Philippide se suivent, la dernière étant achevée en 1224, un an après la mort du roi. Dans cette œuvre unique, Philippe est désormais représenté en héros, le vainqueur de Bouvines y est célébré dans toute sa majesté. L'évolution au fil du règne est importante, bien que les deux chroniques officielles restent des témoignages très isolés dans l'ensemble de la production littéraire du règne de Philippe Auguste.

La chronique de Rigord et sa continuation par Guillaume le Breton sont ensuite traduites par Primat pour les Grandes Chroniques de France. C'est dans cette forme, plutôt que dans celle de la Philippide, que l'image de Philippe passe à la postérité.

Enfin, on peut également noter la contribution de Gilles de Paris qui, dans son Karolinus, poème à la gloire de Charlemagne écrit à l'intention du roi Louis VIII, fait descendre Philippe et Louis VIII de Charlemagne, unissant donc les dynasties carolingienne et capétienne, et faisant de lui le premier vrai représentant d'un genus royal, à la base de l'idée de transmission de la royauté par le sang qui connaît après Philippe Auguste un essor important.

Contrairement à ses prédécesseurs, Philippe II n'a pas associé son fils au trône : à sa mort, le passage de la couronne à Louis VIII n'a pas fait l'objet d'un vote ni même d'une approbation de principe de la part des pairs du royaume. On peut considérer que, d'une certaine façon, la couronne de France est devenue héréditaire ce 14 juillet.

Le bienfaiteur de Paris

Le règne de Philippe Auguste est une période de vives améliorations pour Paris. Si la cour est encore itinérante, Paris acquiert cependant un statut particulier dont les différents travaux accomplis témoignent. Un grand pas est effectué sous Philippe dans l'invention de la capitale. Quelques faits à retenir :
• 1181 : Philippe Auguste transfère la foire Saint-Lazare (situé dans les faubourgs du nord de la ville, près de la léproserie Saint-Lazare) au centre de Paris, à l'emplacement même des futures Halles. Deux bâtiments couverts sont élevés pour assainir le nouveau marché en 1183. Très intéressé par le développement de ce marché central, Philippe réglemente lui-même sur le commerce des denrées essentielles (viande, pain et vin).
• 1186 : Philippe fait paver les rues principales de Paris.
• 1187 : le cimetière des Saints-Innocents est assaini, drainé, nivelé et muni d'un mur d'enceinte.
• 1190 : avant de partir à la croisade, Philippe fait commencer la construction d'un mur d'enceinte sur la rive droite.
• 1194 : après la perte des archives royales lors de la bataille de Fréteval et la récupération de celles-ci par Richard Cœur de Lion, Philippe les fait reconstituer. À partir de cette date, un exemplaire de ces archives restera en permanence à Paris.
• 1200 : charte royale créant l'Université de Paris, un statut qui permet aux maîtres et écoliers parisiens de disposer d'une liberté et d'une sécurité importantes ; désormais, ceux-ci relèvent en particulier de la juridiction ecclésiastique. Ces privilèges permettent un essor rapide des écoles parisiennes.
• 1202 : achèvement de la construction de la tour neuve, à l'entrée ouest de la ville, le futur Louvre.
• 1209-1210 : travaux sur le Petit Châtelet, sur la rive gauche (nouvelles cheminées, portes, poternes, ajout d'une prison de trois étages).
• 1209-1212 : construction de la partie rive gauche de l'enceinte de Paris.
L'expansion de Paris ne se résume pas aux travaux menés par Philippe Auguste. C'est également sous son règne que sont créés l'hospice Sainte-Catherine (1185) et l'hôpital de la Trinité (1202). Les travaux de Notre-Dame de Paris, entamés en 1163, progressent aussi à bon rythme. En 1182, le chœur est achevé et le maître-autel est consacré le 19 mai. Puis, la façade ouest est décorée, la galerie des rois est achevée dans les années 1220, la grande rose est entamée dans la foulée, tandis que le parvis est agrandi à la même époque.

L'essor de Paris est confirmé par les estimations démographiques, qui estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants  à 50 000 vers1200, ce qui en fait la plus grande ville d'Europe, hors l'Italie.


Descendance de Philippe Auguste

• Avec Isabelle de Hainaut, comtesse d'Artois (1170-1190, mariage en 1180), fille deBaudouin V de Hainaut :
1- Louis VIII (1187-1226), et postérité ;
2- et 3- des jumeaux (nés et morts en 1190).

• Avec Ingeburge de Danemark (1176-1238, mariage en 1193), fille de Waldemar Ier, roi de Danemark (1157-1182), sœur de Knut VI, roi de Danemark (1182-1202). Répudiée en1193, rétablie officiellement en 1200 (dans les faits, elle ne retrouve jamais sa place conjugale), sans postérité ;

• Avec Agnès de Méranie (v.1172-1201, mariage en 1196), fille de Berthold IV de Méranie, donne naissance à trois enfants naturels, dont les deux survivants sont néanmoins reconnus héritiers légitimes de Philippe Auguste par le pape Innocent III :


4- Marie (v. 1198-1224), qui épousa en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis se remaria en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v.1165-1235), et postérité ;
5- Philippe Hurepel (1200-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216 Mathilde de Dammartin (v.1202-1259), d'où deux enfants : Jeanne et Albéric ;
6- Jean-Tristan (mort-né en 1201) ;
Avec « une certaine dame d'Arras » :
7- Pierre Charlot (1205-1249), évêque de Noyon.


L’image de Phippe Auguste

Plus généralement, la figure de Philippe II, telle que célébrée par les chroniqueurs du temps, a été en grande partie occultée par la concurrence de saint Louis, devenu — et pour longtemps — le modèle royal par excellence dès la fin du XIIIe siècle. Il n'en reste pas moins que la victoire de Bouvines reste parmi les éléments les plus essentiels de la mythologie nationale française, grâce aux Grandes Chroniques de France ou, bien plus tard, par les manuels scolaires de la IIIe République. L'église Saint-Pierre de Bouvines, bâtie en 1882, a d'ailleurs été pourvue entre 1887 et 1906, de vingt-et-un vitraux retraçant le déroulement de la bataille, des pièces aujourd'hui classées.

Les autres traces du règne de Philippe Auguste ont quant à elles disparu progressivement. L'enceinte de Philippe Auguste subsiste à l'état de vestiges qui parsèment Paris, le Louvre médiéval a été dégagé et intégré au musée dans les années 1990. Enfin, toujours à Paris, une avenue et une station de métro continuent de commémorer le vainqueur de Bouvines.

La personnalité de Philippe II reste contrastée et énigmatique. Il n'a pas été inféodé ni soumis aux évènements qu'il a pourtant souvent lui-même suscités. Il n'a jamais capitulé, et quand il a enduré du fait de ses propres erreurs il a été capable de réparer pour le bien du royaume.
Pour se libérer de la tutelle de sa mère et du clan champenois il se marie alors qu'il est lui-même mineur avec une héritière non pubère qui lui amène dans sa corbeille une dot considérable, l'Artois. Soucieux de sa descendance, d'un tempérament très affirmé mais brouillon, il décide de se séparer d'Isabelle de Hainaut qui ne lui a pas donné d'enfant. Puis, il se ravise comprenant qu'il va commettre l'irréparable comme son père Louis VII qui a perdu l'Aquitaine pour avoir laissé partir la duchesse Aliénor. Il se rabiboche avec sa jeune épouse et garde l'Artois, en plus d'un héritier.

Philippe II poursuit un but unique : l'accroissement du royaume et de ses possessions. Il cherchera toute sa vie à récupérer l'Aquitaine et l'Anjou en jouant pour cela le ferment de la division entre Henri II d'Angleterre et ses fils, jusqu'à l'achèvement complet de ses objectifs après Bouvines. D'autre part, il est un suzerain loyal et honnête qui n'use pas de sa puissance pour conquérir par les armes. Ainsi, il défend l'héritage artésien de son fils Louis et même il cherche à accroître l'Artois en rachetant des parcelles et en désintéressant les châtelains.

Philippe II reste marqué par ce qu'il estime être une dépossession territoriale qui réduit le royaume de France au compromis permanent avec des barons plus puissants et plus riches que le roi de France. À l'instar d'un bourgeois ou d'un hobereau, il fait grossir son capital en achetant des terres, contraint les serfs à payer leur affranchissement. Philippe II est l'initiateur de l'état français, pour autant le trésor du royaume est sa fortune personnelle dont il dispose à son gré. Ainsi, dans son testament il répartit la moitié du trésor à des œuvres caritatives de son choix et laisse l'autre moitié à son fils pour qu'il en dispose dans la gestion de l'état.

Ingeborg de Danemark fut une épine dans son talon. Il ne l'aimait pas, il chercha à s'en débarrasser le plus rapidement possible, ce fut sa plus grande erreur car elle tint bon jusqu'au bout dans ses réclamations. Par son refus du divorce, son refus d'entrer en religion, son refus de retourner au Danemark elle l'empêcha de vivre auprès d'Agnès de Méranie dont il eut des enfants considérés comme illégitimes.

À cet égard, on peut observer qu'il se conduisit envers Ingeborg de Danemark de la même façon qu'il s'était conduit avec Isabelle de Hainaut, avec mépris et arrogance. Isabelle de Hainaut avait su lui tenir tête, elle s'était positionnée en victime n'hésitant pas à mettre le peuple de son côté. C'est sans doute ce qu'a voulu éviter Philippe II en enfermant immédiatement Ingeborg à Étampes, en ne lui laissant pas le temps d'organiser auprès du peuple sa défense. Son rôle de victime serait apparu clairement, il aurait été contraint de la reprendre près de lui comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut. Or, il ne voulait plus Ingeborg pour épouse et ne voulait pas cette fois se voir contraint à reprendre une épouse dont il ne voulait plus et qui cette fois ne lui rapportait aucune terre. C'est sans doute là qu'Ingeborg a joué de malheur. Ne rapportant qu'une dot assez faible pour un roi de France, et aucune terre, elle n'avait aucun moyen de pression dont elle aurait pu user pour obliger Philippe II à la respecter.

Comme quelques historiens l'ont avancé, le rejet d'Ingeborg pourrait s'expliquer par le fait que ce mariage ne lui rapportait pas tant qu'il l'avait espéré, une alliance notamment pour battre les Plantagenêt. Il n'est pas exclu qu'il ait estimé avoir été filouté sur les termes d'un contrat non écrit entre le Danemark et la France. Toutefois il faut observer que Valdemar II de Danemark, le frère d'Ingeborg, intercèdera sans relâche auprès de la France pour faire libérer sa sœur, et ira même plaider sa cause auprès du Pape, en vain. Secundo, Valdemar II de Danemark épouse en 1214 après la bataille de Bouvines et après la libération de sa sœur Ingeborg, Bérengère de Portugal sœur de Ferrand de Portugal qui avait rejoint la coalition contre Philippe II à Bouvines. Ce mariage est intéressant car il se conclut à un moment où Ferrand de Flandre est captif dans les geôles du Louvre.
Ingeborg n'a jamais été reine de France qu'en titre puisqu'elle n'a jamais exercé et à aucun moment, les fonctions de reine ou de régente. On peut voir le mariage de son frère Valdemar avec la sœur du prisonnier Ferrand de Flandre soit comme un remerciement tacite de la France pour la neutralité du Danemark à la bataille de Bouvines, soit comme une ultime provocation de la part du souverain danois, quoi qu'il en soit la conclusion d'un long épisode de gel diplomatique.

Philippe II fut un grand manipulateur d'hommes, il eut plus de difficultés à convaincre les femmes de sa bonne foi.

Utilisation de mercenaires

À partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, les mercenaires sont presque toujours présents dans les armées royales. Ils sont considérés comme les précurseurs de l'armée de métiers. Philippe Auguste utilisera les mercenaires après ces rivaux Plantagenêt. Mais il réussit par deux fois à retourner les troupes de routiers de ceux-ci. Aux alentours de 1194 il récupéra Lambert Cadoc (49), un gallois recruté par Richard Cœur de Lion. Cadoc lui restera fidèle durant 20 ans. Ensuite, au printemps 1204, en guerre contre le roi Jean sans Terre, Philippe Auguste négocie le ralliement de Lupicaire (50) et de sa troupe.



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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Jeu 10 Mar - 1:08

(1) Rigord (Rigordus) est un moine de Saint-Denis, médecin et historien, né entre 1145 et 1150 dans le Bas-Languedoc, peut-être à Alais, mort à Saint-Denis au plus tôt en novembre 1207, au plus tard en novembre 1209. C'est lui qui, le premier, donna à Philippe II de France le surnom d'« Auguste ».



(2) Guillaume Le Breton, né vers 1165dans le Léon et mort en 1226, était un prêtre et chroniqueur breton.

Il fut le chapelain et le biographe du roi de France Philippe Auguste dont il rédigea une biographie décomposée en chants La Philippide, entre 1214 et 1224 ainsi que l'éloge funèbre. Guillaume le Breton dédia La Philippide à Pierre Charlot, le fils naturel de Philippe II, dont il fut chargé par le roi de l'éducation et ajouta une dédicace à son poème à l'attention deLouis VIII.

Guillaume Le Breton est aussi le continuateur, jusqu'en 1224, de la Gesta Philippi Augusti de Pierre Rigord, plus tard incorporée dans les Grandes Chroniques de France.

À la demande du roi, il réécrivit dans La Philippide l'histoire de son règne de manière plus édulcorée, passant ainsi sous silence de nombreux faits qui ternissaient son image de roi vertueux, notamment concernant l'emprisonnement de sa seconde épouse Ingeborg de Danemark dont Guillaume le Breton dit que le roi s'en était séparé tout en lui versant de quoi subvenir à ses besoins pendant plus de six ans, alors qu'elle était restée prisonnière pendant vingt ans dans le plus cruel dénuement ainsi qu'en attestait Rigord.


(3) Maurice de Sully, né entre 1105 et 1120 àSully-sur-Loire, dans l'actuel département du Loiret (France) et décédé le11 septembre 1196 à Paris, est un homme d'Église français. Évêque de Paris de 1160à 1196, il entreprend en 1163 le chef-d’œuvre monumental qui immortalisera son nom, la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.



(4) La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison. Les saints sont réputés thaumaturges, ainsi que, traditionnellement, les rois de France et les rois d'Angleterre, qui pouvaient guérir les écrouelles (scrofule) dès leursacre.

Du grec « celui qui fait des tours d'adresse » il devient, à l'époque chrétienne, « celui qui fait des miracles », le terme s'appliquant essentiellement aux miracles de guérison.
1. thauma qui signifie: dieu, prodige
2. urgein qui signifie: produire, opérer

Par extension, un thaumaturge est une personne qui prétend accomplir des miracles, défier les lois de la nature (synonyme magicien).

Le titre de thaumaturge est donné à celui qui guérit de manière miraculeuse. Dans l'Europe christianisée, de nombreuses traditions locales évoquent des saints réputés pour les guérisons qu'ils apportent. Leur popularité a été telle que des chapelles leur ont été dédiées, qu'ils sont représentés sous forme de statues ou mis en scène dans des tableaux. Souvent issus de la tradition orale, un certain nombre de thaumaturges a cependant été reconnu par l'Église catholique. Leurs guérisons sont chaque fois attribuées à Dieu : en effet, dans la religion catholique, le saint n'a pas de pouvoir magique, il bénéficie d'un don accordé par Dieu ; en guérissant, il accomplit la volonté de Dieu.


(5) Guillaume de Champagne, dit Guillaume de Blois ou Guillaume aux Blanches Mains, né en 1135, mort en 1202 à Laon, fut évêque de Chartres (1164-1176)archevêque de Sens (1169-1176), puis archevêque de Reims (1176-1202). À ce titre, il fut le premier duc et pair de Reims.




(6)  Isabelle de Hainaut, née le 23 avril 1170, morte le 15 mars 1190 à Paris, fille du comte Baudouin V de Hainaut (vers 1150-1195) et de Marguerite Ire de Flandre(1145-1194), dite Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre. Elle est, par son mariage avec le roi Philippe II de France reine des Francs de 1180 à 1190. Elle mit au monde un fils, Louis qui deviendra Louis VIII de France.




(7)  Baudouin V de Hainaut (vers 1150 -17 décembre 1195 à Mons), dit « Baudouin le Courageux », fut comte de Hainaut de 1171 à 1195, comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII de Flandre de 1191 à 1194 et marquis de Namur sous le nom de Baudouin Ier de 1187 à 1195, ainsi que seigneur de Beaumont (Hainaut). Il est le fils du comte Baudouin IV de Hainaut et d'Alix de Namur.

De son mariage avec Marguerite Ire de Flandre il eut 7 enfants :
• Isabelle (°1170 †1190) ∞ Philippe II de France
• Baudouin (°1171 †1205), comte de Flandre, de Hainaut et empereur latin de Constantinople
• Yolande (°1175 †1219) ∞ Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople
• Philippe Ier le Noble, marquis de Namur (°1175 †1212)
• Henri (°1176 †1216), empereur latin de Constantinople
• Sybille (°1179 †1217) ∞ Guichard IV sire de Beaujeu
• Eustache de Flandre (de) (†1219), régent du royaume de Thessalonique


(08) le 28 juin 1180, le troisième traité de Gisors est un accord d'assistance défensive et offensive signé entre Philippe Auguste et Henri II Plantagenêt.




(9) Godefroid III de Louvain, né vers 1140, mort le 10 ou le 21 août 1190, fut comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie (Godefroy VII) de 1142 à 1190. Il était fils de Godefroy II, comte de Louvain, de Bruxelles, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie, et de Luitgarde de Sulzbach (Bavière).

Il épousa en premières noces en 1155 Marguerite de Limbourg (1135 † 1172), fille d'Henri II, comte de Limbourg, et de Mathilde de Saffenberg. Ils eurent :

• Henri Ier (1165 † 1235), premier duc de Brabant ;
• Albert (1166 † assassiné à Reims 1192), archidiacre, puis évêque de Liège.
Veuf, il se remaria vers 1180 à Imaine de Looz († ca 1214), fille de Louis Ier, comte de Loozet d'Agnès de Metz. Ils eurent :
• Guillaume, seigneur de Perwez et de Ruysbroek (1199-1224), né vers 1180, il testa en octobre 1219, mourut après le 1er août 1224 et fut enterré en l'église cistercienne de Villers-la-Ville. Sans alliance connue, il eut au moins un fils naturel, Henri de Stalle (décédé en 1277), auteur de la famille de ce nom, autrefois titulaire du fief éponyme, situé commune d'Uccle, admise aux Lignages de Bruxelles et aujourd'hui éteinte ;
• Godefroid de Louvain († 1225), qui passa une grande partie de sa vie en en Angleterre à partir de 1196.




(10) Le traité de Boves de juillet 1185est un traité entre le roi de FrancePhilippe Auguste et le Comte  Philippe Ier de Flandre. Il est aussi appelé Paix d'Amiens. Il a été signé à Boves dans la Somme.
Le traité met fin au conflit entre le roi et le comte au sujet de l'héritage d'Élisabeth de Vermandois (prénommée aussi Mabile), l'épouse du Comte Philippe. Cela concerne surtout la possession de l'Artois, qui revenait également à Éléonore la sœur d'Élisabeth.
Depuis, Éléonore avait épousé Mathieu de Beaumont, chambellan du roi. Philippe-Auguste avait promis de défendre ses droits.




(11) Grégoire VIII (Alberto di Morra) est un prélat italien qui naquit à Benevento et devint cardinal de Saint-Laurent en Lucina, pape du 21 octobre 1187 au17 décembre 1187, date de sa mort. Il est appelé « Ensis Laurentii » dans la prophétie de saint Malachie.
Avant de devenir pape, il fut chanoine régulier de l'abbaye Saint-Martin de Laon. Devenu pape en octobre 1187, il leva l'excommunication du roi Henri II d'Angleterre qui avait fait assassiner Thomas Becket.

Il émit peu de temps après son accession à la papauté la bulle Audita tremendi qui appelait à la troisième croisade contre les musulmans menés par Saladin, qui venait de conquérir Jérusalem. Il mourut avant de voir le début de celle-ci.




(12) Adèle de France (Adélaïde ou encore Alix) (octobre 1160 - † après janvier 1213) est la fille du roi Louis VII de France (1120 - † 1180) et de sa deuxième épouse Constance qui meurt le lendemain de la naissance de sa fille.

Après avoir tenté de la donner pour femme à Jean sans Terre, frère de Richard Cœur de Lion, le roi Philippe-Auguste la maria le 20 août 1195 à Guillaume II Talvas (vers 1178-1221), comte de Ponthieu. Elle apporta dans sa dot le comté d'Eu, le comté d'Arques et un prêt de 5000 marcs.

Elle eut avec lui :
• Marie de Ponthieu (avant 1199 - † 1250), qui épousa Simon de Dammartin († 1239),comte d'Aumale et de Dammartin et hérita du comté de Ponthieu. En deuxième mariage, Marie de Ponthieu épousa Mathieu de Montmorency († 1250).
• Probablement aussi (filiation incertaine) : Jean II de Ponthieu (1199 - † 1214)




(13) Bérengère de Navarre (1163-1230), première née du roi Sanche VI de Navarre dit « le Sage » (Sancho El Sabio), fut l'épouse de Richard Cœur de Lion.

La date de naissance est incertaine. On la situe entre 1163 et 1165. Bérengère de Navarre a entre 26 ans et 28 ans lorsque Richard Ier Plantagenêt la demande en mariage. Elle ne possède aucune terre en propre. Apparentée aux comtes du Maine par sa grand-mère, elle n'a pas de lien de parenté direct avec Richard Ier d'Angleterre et donc pas de motif d'annulation du mariage à redouter du pape. Le royaume de Navarre pour petit qu'il soit est la cible de l'appétit des royaumes puissants. Bien que considérée comme âgée pour un premier mariage, la main de Bérengère n'en est pas moins convoitée, ce qui explique — par la crainte pour l'autonomie du royaume — la résistance du roi de Navarre à faire contracter un mariage à sa fille aînée.

Leur mariage est célébré à Limassol, le 12 mai 1191, en la chapelle St George. La sœur de Richard, Jeanne, l’a suivi de Sicile, et assiste à la cérémonie. L'évêque d'Evreux couronne la nouvelle reine.




(14) La suette est une ancienne maladie infectieuse épidémique caractérisée par une fièvre importante, une transpiration profuse et une mortalité élevée.

On en distingue deux variétés :
• la suette anglaise (en latin : sudor anglicus) qui a sévi sur un mode épidémique à cinq reprises aux XVe et XVIe siècles en Angleterre ;
• la suette miliaire, ainsi dénommée car elle s'accompagne d'une éruption cutanée en forme de grains de mil.

Cette maladie appartient à l'histoire de la médecine : en effet aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis le milieu du XVIe siècle pour la suette anglaise, et le début du XXe siècle pour la forme miliaire. Son agent causal reste par conséquent hypothétique. Certains arguments cliniques et épidémiologiques suggèrent le diagnostic rétrospectif (a) d'une infection à hantavirus.

(a)  un diagnostic rétrospectif (ou rétrodiagnostic ou diagnostic posthume) est l'identification, a posteriori d'une maladie chez un patient décédé, qui peut être une personnalité historique. Ce type de diagnostic utilise des sources primaires anciennes, médicales ou non médicales, et se fait grâce aux connaissances, aux méthodes et aux classifications nosologiques modernes. Il peut aussi s'agir, de manière plus générale, d'une tentative pour désigner sous un nom moderne un ancien fléau sanitaire aux définitions floues et mal établies.


(15) Éléonore de Vermandois, née vers 1148/1149, morte en juin 1213, fille de Raoul Ier, comte de Vermandois et de Valois, et de Pétronille d'Aquitaine.
À la mort de sa sœur Élisabeth (1183), son beau-frère Philippe d'Alsace conserva les comtés de Vermandois et de Valois, mais dut les céder à Philippe II Auguste en 1185.

Elle fut mariée quatre fois :
1. En 1162 avec Godefroy de Hainaut († 1163), comte d'Ostrevent, fils du comte Baudouin IV de Hainaut.
2. En 1164, avec Guillaume IV († 1168), comte de Nevers.
3. En 1171 avec Mathieu d'Alsace (v. 1137 † 1173), comte de Boulogne.
4. En 1175 avec Mathieu III († 1208) comte de Beaumont-sur-Oise.


(16) Louis VIII dit « le Lion », né le 5 septembre 1187 à Paris et mort le8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il était le fils du roi Philippe II (1165-1223), dit « Philippe Auguste » et d'Isabelle de Hainaut (1170-1190). Par sa mère, il est le premier roi de France qui descende à la fois d'Hugues Capet et de son compétiteur malheureux, Charles de Basse-Lotharingie. Le court règne de Louis VIII fut cependant marqué par deux brillantes campagnes : l’une contre les Anglais en Guyenne, l’autre contre Raymond VII de Toulouse.

Il est le premier roi capétien à ne pas avoir été sacré roi du vivant de son père. Il avait cependant été désigné par Philippe II dans son testament rédigé en 1190 comme devant lui succéder. Le testament n'ayant pas été contesté après cette date, la cérémonie de l'adoubement des barons — héritage rituel des Capétiens — devenait inutile. L'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, le sacre à Reims le6 août 1223.

Le royaume de France ayant été mis en interdit par le concile de Dijon le 6 décembre 1199 à effet des 40 jours suivant Noël, aucun mariage ni enterrement religieux ne pouvait être célébré par un prêtre dans tout le royaume dès le mois de janvier 1200, ce qui conduisit Philippe II à faire célébrer le mariage de son fils Louis dans les terres du roi Jean Ier d'Angleterre dont Blanche de Castille était la nièce.

Leurs enfants connus sont :
• Philippe, fiancé en 1217 à Agnès II de Donzy(septembre 1209-1218), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, mort à 9 ans, sans postérité ;
• Louis IX (1214-1270), roi de France, et descendance à nos jours ;
• Robert Ier (28 septembre 1216- 8 février 1250) comte apanagiste d'Artois qui épouseMahaut de Brabant, et postérité ;
• Jean (21 juillet 1219-1232) comte d'Anjou et du Maine, sans postérité ;
• Alphonse (1220-1271) comte apanagiste de Poitiers qui épouse Jeanne, comtesse de Toulouse (1220 † 1271), sans descendance ;
• Philippe Dagobert (20 février 1223-1232), sans postérité ;
• Isabelle (1225-1270), fiancée à Hugues de la Marche, puis en 1252 fondatrice et abbesse des Clarisses de Longchamp (béatifiée), sans descendance ;
• Étienne (Paris 27 décembre 1225-novembre 1226/1227), sans postérité ;
• Charles Ier de Sicile (Vendôme mars 1227-7 janvier 1285). Fils posthume, Louis IX lui transfère l'apanage d'Anjou de son frère Jean (mort en 1232) comte apanagiste d'Anjou,roi de Sicile, puis de Naples, de Jérusalem, comte de Provence. En 1246, Charles épouse Béatrice de Provence (1234 † 1267) et en 1268, il se remarie avec Marguerite de Bourgogne (1248 † 1308), et postérité.




(17) Ingeburge de Danemark ou encore Ingeborg ouIsambour1, reine des Francs appartenant à la dynastie desCapétiens.

Née en 1174, elle est la fille de Valdemar Ier, "le grand", roi de Danemark et de Sophie de Polock.
Le 14 août 1193 en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens2, Ingeburge devient reine de France en épousant le roi Philippe II "Auguste", veuf d'Isabelle de Hainaut. Sa dot est fixée à 10 000 marcs d'argent.

[…]

Pour s’épargner une toujours possible annulation en consanguinité (cf. Louis VII de France et Aliénor d’Aquitaine), le jeune roi de France veuf d’Isabelle de Hainaut depuis deux ans cherche une nouvelle reine et une épouse pour consolider sa fragile descendance. Son choix se porte sur le Danemark gouverné par Knud VI de Danemark qui accepte le mariage de sa sœur Ingeburge avec le roi de France. La dot est âprement débattue et fixée à 10 000 marcs d’argent, une lourde charge pour un petit royaume.

Le 14 août 1193, le mariage fut célébré à Amiens et Ingeburge fut couronnée reine le lendemain. Les témoins du mariage dirent que le roi était fébrile la veille de la cérémonie et que le lendemain même de ses noces, Philippe, sans qu’il ne s’en explique demanda aux ambassadeurs du Danemark de repartir avec Ingeburge, ce qu’ils refusèrent en quittant le royaume de France sur le champ. La reine fut d’abord conduite au prieuré de Saint-Maurpuis à l'Abbaye Sainte-Calixte de Cysoing et Philippe II entama une procédure d’annulation de mariage. […]

La résistance inattendue d’Ingeburge dont Philippe pensait venir à bout rapidement fut pour la reine de France répudiée et déchue le début d’une longue captivité qui dura 20 ans pendant laquelle elle subit toutes sortes d’humiliations, de sévices psychologiques et de privations extrêmes passant de couvent en prison. La papauté consacra au dénouement de cette tragédie matrimoniale et politique pas moins de quatre conciles qui conclurent tous à la vanité des arguments en faveur de l’annulation puisqu’il n’y avait pas de consanguinité, que le mariage avait été consommé, que l’épouse persistait à vouloir rester dans les liens du mariage au contraire de l’époux qui les avait bafoués sciemment.




(18) Knut VI de Danemark, né en 1163 et mort le 12 novembre1202, fut roi de Danemark de 1182 à 1202.  Knud VI était le fils aîné de Valdemar Ierde Danemark et de Sophie de Polock, et le frère d'Ingeburge, épouse répudiée du roi de France Philippe Auguste.




(19) Agnès ou Marie de Méranie, ou Agnès d'Andechs née vers 1172, morte le 19 juillet 1201 à Poissy), est une fille de Berthold IV, duc de Méranie, et d'Agnès de Wettin. Elle est devenue reine des Francs par son mariage avec Philippe II de France.

Elle donne naissance à trois enfants :
• Marie (1199-1224), qui épouse en 1206 Philippe Ier, comte de Namur (1175-1212), puis en 1213 avec Henri Ier, duc de Brabant (v.1165-1235),
• Philippe Hurepel (1197-1234), comte de Clermont et de Boulogne, qui épouse en 1216Mathilde de Dammartin (v.1202-1259) et hérite du comté de Boulogne.
• Un fils mort quelques jours après sa naissance (Juillet 1201).

En juillet 1201, Agnès de Méranie meurt en donnant naissance à un troisième enfant qui meurt peu après sa naissance. Philippe Auguste parvient à faire reconnaître du pape la légitimité des enfants nés d'Agnès - c'est Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, qui contre-signe l'acte.
Elle est inhumée en l'abbaye royale de Saint-Corentin à Septeuil à une quinzaine de kilomètres au Sud de Mantes. Son décès causa au roi qui l'aimait une douleur immense.




(20) Pierre dit Carolus ou Charlot ou Pierre Ier Charlot, fils naturel de Philippe-Auguste et d'« une certaine dame d'Arras », né entre 1205 et 1209, décédé le 9 octobre 1249. Il fut évêque (de 1240 à 1249) et comte de Noyon, pair de France.

Malgré sa naissance illégitime, son père obtint in indult (par indulgence) du pape Honorius III l'autorisation à détenir des bénéfices ecclésiastiques. Il eut pour précepteur Guillaume le Breton qui lui dédia sa "Philippide", après la mort de son père, sous le titre Petro Karloto Philippi regis Francorum filio.

En 1232, il fut nommé trésorier de l'église Saint-Martin de Tours et se fit dispenser de l'obligation d'y résider, ceci pour lui permettre de poursuivre des études de théologie. Il fut titulaire en 1235 des offices de trésorier de Saint-Frambaud de Senlis et de Saint-Fursy de Péronne. Le pape lui conféra le sous-diaconat et il fut nommé évêque de Noyon en 1240. Il fut choisi en 1243 avec Robert de Cressonsacq, l'évêque de Beauvais, pour clore le différend qui existait entre le chapitre de Noyon et le seigneur Simon de Nesle. Il fut aussi chancelier de Charles Ier de Sicile. Ayant accompagné le roi Louis IX à l'occasion de la septième croisade en Terre sainte, il mourut lors d'un naufrage vers Damiette et fut inhumé dans le chœur de la cathédrale de Noyon.




(21) Le Trésor des Chartes sont les archives anciennes de la Couronne de France.

Le 5 juillet 1194, Philippe Auguste affronte Richard Cœur de Lion aux abords de la forêt deFréteval (près de Vendôme). Richard lui inflige une cuisante défaite, à l'issue de laquelle le roi de France perd ses équipages, son trésor et ses archives, dont le sceau royal, qu'il transportait dans ses campagnes militaires.

Philippe Auguste est contraint de reconstituer ses archives, les registres et archives particulières de la couronne royale, et en 1204, il confie cette mission à Gauthier de Nemours, alors grand chambellan du roi. Après sa mort, en 1220, le garde des sceauxGuérin est chargé de poursuivre son travail1.
À partir de 1231, les documents sont entreposés au palais royal.

[…]  On appelait « layettes » les coffres qui renfermaient ces archives.




(22) Lotario, de la famille des comtes de Segni, (Gavignano, 1160 – Pérouse, 1216), élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom d'Innocent III, est considéré comme l'un des plus grands papes du Moyen Âge.

Théologien et homme d'action, préoccupé de remplir au mieux sa fonction de pape, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire2. Il chercha à exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer son autorité suprême, gage selon lui de la cohésion de la Chrétienté ; à cette fin, à partir de 1199, il développa la lutte contre les hérésies, qu'il confia en 1213 à l’Inquisition, tribunal ecclésiastique d'exception. Une de ses œuvres majeures fut de soutenir Dominique de Guzmán ainsi que saint François d'Assise et ses frères mendiants et de valider leur première règle. Ce pape fut également celui du plus important concile du Moyen Âge, le IVe concile du Latran, qui statua entre autres sur les dogmes, les sacrements, la réforme de l'Église, la conduite des prêtres et des fidèles, la croisade, le statut des Juifs et des homosexuels.

C'est sous son pontificat qu'eut lieu la quatrième croisade, qui échappa au pouvoir de la papauté et se termina par le sac de Constantinople par les Croisés, événement qui creusa le fossé entre orthodoxes et catholiques.




(23) Jean (24 décembre 1166 ou 1167 – 18/19 octobre 1216) fut roi d'Angleterre,seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1199 à sa mort.

Cinquième et dernier fils du roi Henri IId'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, Jean n'était pas destiné à monter sur le trône ou à recevoir un quelconque territoire en héritage ; il fut donc surnommé Jean sans Terre par son père. Cela changea après la révolte ratée de ses frères aînés entre 1173 et 1174 et il devint le fils préféré d'Henri II qui le fit seigneur d'Irlande en 1177 et lui accorda des terres sur le continent. La mort de trois de ses frères (Guillaume, Henri et Geoffroy) et l'accession au trône de Richard Ier en 1189 en fit l'héritier apparent. Jean tenta sans succès de prendre le pouvoir alors que son frère participait à la Troisième croisade mais il devint finalement roi en 1199.

Jean eut cinq enfants légitimes, tous avec Isabelle d'Angoulême. Il eut également plusieurs enfants illégitimes avec diverses maîtresses dont au moins neuf garçons et trois filles. Parmi ceux-ci, les plus connus sont Richard Fitz Roy et Jeanne qui épousa le prince gallois Llewelyn en 1205.

• Henri III (1er octobre 1207 – 16 novembre 1272),épouse Eléonore de Provence en 1236 ; cinq enfants dont le roi Edouard Ier
• Richard ( 5 janvier 1209 – 2 avril 1272)
a) épouse Isabel Marshal en 1231, 4 enfants
b) épouse Sancie de Provence en 1257, 2 enfants
c) épouse Béatrice de Falkenbourg en 1269, aucun enfant
• Jeanne (22 juillet 1210 – 4 mars 1238), épouse Alexandre II d’Ecosse en 1221, aucun enfant
• Isabelle (1214 – 1er décembre 1241), épouse Frédéric II du Saint-Empire en 1235, 4 enfants
• Aliénor (1215 – 13 avril 1275)
a) épouse Guillaume le Maréchal en 1224, aucun enfant
b) épouse Simon V de Montfort en 1238, 7 enfants



(24) Arthur Ier de Bretagne ou Arthur Plantagenêt (29 mars 1187 –3 avril 1203), fils posthume de Geoffroy Plantagenêt et de la duchesse Constance de Bretagne, fut duc de Bretagne de 1201 à sa mort, et héritier désigné au trône du Royaume d’Angleterre, devant succéder à Richard Cœur de Lion.



(25) Geoffroy II de Bretagne ou Geoffroy Plantagenêt (né le 23 septembre 1158 - mort le 19 août 1186 à Paris2 à l'âge de 27 ans), est le fils du roi d’Angleterre, duc de Normandie et comte d’Anjou Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine. Geoffroy est intronisé duc de Bretagne à Rennes en 1169 du fait de sa fiancée Constance de Bretagne. Son père assure l'administration comme baillistre du duché jusqu'en 1181. Le court règne personnel de ce prince (1181-1186) est marqué par l'influence angevine de la dynastie Plantagenêt et la codification de nouvelles coutumes :l'Assise au comte Geoffroy, le premier acte législatif pris à l'échelle du duché par un duc de Bretagne.

Geoffroy est le jeune frère de Guillaume, comte de Poitiers (1153-1156), de Henri le Jeune Roi (1155-1183), de Mathilde, duchesse de Saxe (1156-1189), et Richard Ier Cœur de Lion (1157-1199). Il est également le frère aîné d'Aliénor, reine de Castille (1161-1214), de Jeanne, reine de Sicile (1165-1199) et de Jean sans Terre (1166-1216).

Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, est anciennement reine de France par son mariage à Louis VII de France, Geoffroy est donc le demi-frère maternel de Marie de France (1145-1198) et d'Alix de Blois (1150-1195).

Son père, le roi d'Angleterre Henri II, eut quelques enfants illégitimes de diverses maîtresses. Geoffroy est donc le demi-frère paternel de Geoffroy, archevêque d'York (1151-1212), de Guillaume de Longue-Épée (1176-1226) et de Morgan (après 1180 – après 1213).

Par son union avec Constance, duchesse de Bretagne, Geoffroy II laissait deux très jeunes enfants, Aliénor et Arthur, fils posthume destiné à hériter du duché. Le nouveau roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion, continua la politique paternelle de sujétion de la Bretagne et s’empara de la duchesse en 1197 à Carhaix. Une réaction des Bretons mit son armée en déroute. C’est pourquoi, Arthur de Bretagne fut confié au roi de France, Philippe Auguste pour assurer sa sécurité. Aliénor prisonnière de Jean sans Terre mourut en 1241. Constance se maria en troisièmes noces avec Guy de Thouars et eut Alix.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Jeu 10 Mar - 1:15

(26) Le traité du Goulet est un traité de paix conclu, selon le chroniqueur Rigord, le jeudi18 mai 1200 à Gueuleton (actuelle île du Goulet) près de Vernon. La plupart des historiens donnent cependant comme date pour le traité le 22 mai. Le roi d'Angleterre, Jean d'Angleterre dit Jean sans Terre, reconnait la suzeraineté du roi de France sur les possessions continentales des Plantegenêt.


(27) Blanche de Castille, née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille, et morte le 27 novembre 1252 à Melun, reine de France, est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt : elle est donc la nièce des rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre.

Selon la volonté de sa grand-mère Aliénor d'Aquitaine, et pour sceller la paix entre la France et l'Angleterre, l'une de ses petites-filles devait épouser le prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste. Durant l'hiver de 1199-1200, Aliénor, quoiqu’octogénaire, se rend donc à la cour de Castille, où elle choisit Blanche plutôt que sa sœur Urraca. En avril 1200, Blanche et sa grand-mère arrivent à Bordeaux, escortées d'une nombreuse députation espagnole.

Le mariage est donc célébré le 23 mai 1200 en Normandie, alors sous domination anglaise, en l'église de Port-Mort. En l'absence des deux rois, la cérémonie est présidée par l'archevêque de Bordeaux. Blanche a douze ans et Louis treize ans.

Elle donne au roi douze enfants dont des jumeaux. Elle donne naissance à de nombreux fils, parmi lesquels le futur saint Louis, ce qui efface les attentes d'héritier mâle lors des règnes précédents de Louis VII et Philippe Auguste. Cette nombreuse descendance, couplée avec son esprit et sa grande piété, font d'elle une reine très appréciée. Cinq de ses enfants seulement atteignent l'âge adulte, quatre meurent durant l'adolescence et les autres en bas âge.

• Une fille (1205-1205), sans postérité ;
• Philippe de France (9 décembre 1209-29 novembre 1218), fiancé en 1217 à Agnès II de Donzy (septembre 1205-1225), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, sans postérité ;
• Alphonse et Jean, frères jumeaux, nés le 26 janvier 1213 à Lorrez-le-Bocage-Préaux, morts jeunes, sans postérité ;
• Louis IX (1214-1270), roi de France, et descendance à nos jours ;
• Robert Ier (28 septembre 1216- 8 février 1250)comte apanagiste d'Artois qui épouse Mathilde de Brabant, et postérité ;
• Jean (21 juillet 1219-1232) comte d'Anjou et du Maine, sans postérité ;
• Alphonse (1220-1271) comte apanagiste de Poitiers et de Toulouse qui épouse Jeanne, comtesse de Toulouse (1220 † 1271), sans descendance ;
• Philippe Dagobert (20 février 1223-1232), sans postérité ;
• Isabelle de France (1225-1270) fiancée à Hugues de Lusignan, puis en 1252 fondatrice et abbesse des Clarisses de Longchamp (béatifiée), sans descendance ;
• Étienne (Paris 27 décembre 1225-novembre 1226/1227), sans postérité ;
• Charles Ier de Sicile (Vendôme mars 1227-7 janvier 1285). Fils posthume, Louis IX lui transfère l'apanage d'Anjou de son frère Jean (mort en 1232). Comte apanagiste d'Anjou,roi de Sicile, puis de Naples, de Jérusalem, comte de Provence. En 1246, Charles épouse Béatrice de Provence (1234 † 1267) et en 1268, il se remarie avec Marguerite de Bourgogne (1248 † 1308), et postérité.



(28) Renaud de Dammartin, né vers 1165, mort en 1227, fut comte de Boulogne de1190 à 1227, comte de Dammartin de1200 à 1214, comte d'Aumale de 1204 à1206 et comte de Mortain de 1206 à1214. Il était fils d'Alberic III de Dammartin, comte de Dammartin, et de Mathilde de Clermont.

Il n'a pas eu d'enfants de Marie de Châtillon. D'Ide de Lorraine, il eut une fille :
• Mathilde de Dammartin (1202 † 1260), comtesse de Boulogne, d'Aumale et de Dammartin, fille des précédents, mariée à :
1. en 1218 à Philippe Ier Hurepel de France (1200 † 1234), comte de Clermont-en-Beauvaisis
2. en 1235 à Alphonse III, roi de Portugal (1210 † 1279)




(29) Philippe, dit « Hurepel » ou le « Hérissé », né vers 1197 et mort en1234, est le fils de Philippe II Auguste,roi de France, et d'Agnès de Méranie. Il est comte de Clermont, de Boulogne,d'Aumale et de Dammartin.

En 1216, son père lui fait épouser Mathilde de Dammartin (v.1202-1259),comtesse de Boulogne et de Dammartin, fille de Renaud de Dammartin et d'Ide de Lorraine. De cette union naissent :
• Jeanne (1219 † 1252), mariée à Gaucher de Châtillon († 1250),comte de Nevers, mais n'eurent pas de postérité
• Albéric (1222-ap.1284), comte de Clermont, qui abandonnera toutes ses possessions à sa sœur pour s'installer en Angleterre.




(30) Philippe Ier de Hainaut, dit le Noble, né en1175, mort en 1212, fut marquis de Namurde 1195 à 1212. Il était second fils de Baudouin V, comte de Hainaut et de Namur, et de Marguerite Ire d'Alsace, comtesse de Flandre.

[….] Philippe assura la régence des comtés Flandre et de Hainaut en l'absence de son frère aîné Baudouin (1171 † 1205) parti en croisade puis pendant la minorité de ses nièces Jeanne et Marguerite. En guerre contre la France, il fut fait prisonnier et ne recouvra la liberté qu'en se mariant avec Marie de France (ils n’eurent aucun enfant), fille de Philippe II Auguste et d'Agnès de Méranie , et en envoyant ses nièces, en otage à la Cour de France.




(31) Jeanne de Flandre ou Jeanne de Hainaut ou Jeanne de Constantinople1, née à une date inconnue entre 1194 et 1200, et morte le 5 décembre 1244, comtesse de Flandre et de Hainaut de 1205 à 1244 est une femme politique du Moyen Âge qui gouverna la Flandre et le Hainaut dans la première moitié du XIIIe siècle. Elle était la fille ainée de l'empereur Baudouin de Constantinople et de Marie de Champagne.

Ses parents étant morts aux Croisades, elle est élevée à Paris sous la tutelle du roi Philippe Auguste, qui la marie à Ferrand de Portugal en 1212.

Vers 1227 (ou 1228), Jeanne met au monde une fille, Marie. Celle-ci, qui sera leur unique enfant, est promise à Robert d'Artois, frère du roi de France Louis IX. Mais cette fille unique mourra en 1236. Ferrand de Portugal meurt le 27 juillet 1233 à Noyon […]

En 1237, Jeanne épouse en secondes noces Thomas II de Savoie (v. 1199-1259), fils du comte de Savoie Thomas Ier(1178-1233) et de Béatrice Marguerite de Genève (†1257), et surtout oncle de la reine Marguerite de Provence, épouse de Louis IX.



(32) Fernand ou Ferdinand de Portugal ou de Bourgogne, dit Ferrand de Flandre (en Portugais Dom Fernando) (24 mars 1188 - † Noyon, 4 mars ou 26 juillet 1233). Infant de Portugal et comte de Flandre et de Hainaut de 1212 à 1233 par son mariage avec la comtesse Jeanne de Flandre et de Hainaut, dite de Constantinople.

Il est le fils du roi de Portugal Sanche Ier de Portugal et de Douce d'Aragon.



(33)  Otton de Brunswick, (1175/1176 probablement en Brunswick - † 19 mai1218 à Harzburg), comte de Poitou, (1196-1198), élu sous le nom d'Otton IV, empereur des Romains en 1209 et déposé en 1215 et duc de Souabe (1208-1212). Il est inhumé en l'église Saint-Blaise de Brunswick. C'est le dernier grand représentant de la puissante famille des Welf (guelfes).

Fils du duc de Bavière et de Saxe, Henri le Lion, et de Mathilde d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, et d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine.

Le 23 juillet 1212, il avait épousé Béatrice de Souabe, fille de Philippe de Souabe, son malheureux rival, et devient ainsi duc de Souabe. Mais comme cette dernière avait trouvé la mort un mois après son mariage, il s'était remarié deux ans plus tard avec Marie de Brabant, fille d'Henri Ier.



(34) Philippe Ier de Souabe né Philippe de Hohenstaufen (août 1177 - mort le21 juin 1208 à Bamberg), roi des Romains de 1198 à 1208, élu peu de temps avant Otton IV de Brunswick. Il fut aussi marquis de Toscane (1195 1208) et Duc de Souabe (1196-1208). Il fut le seul roi allemand à être assassiné durant son règne.

• 1176 il naît de l'empereur germanique Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne ;
• 1197 il épouse Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur de Byzance Isaac II Ange, qui lui donne sept enfants dont trois meurent en bas-âge :
• Béatrice (1198-1212) qui épouse en 1212 le futur empereur germanique Othon IV de Brunswick, et meurt la même année ;
• Cunégonde (1200-1248) qui épouse en 1224 le roi VenceslasIer de Bohême (1205-1253) ;
• Marie (1201-1235) qui épouse leduc Henri II de Brabant (1207-1248) ;
• Élisabeth (1202-1235) qui épouse en 1219 le roi Ferdinand III de Castille et de Léon (v.1200-1252).
• 1198 au mois de mars au cours de la diète tenue à Mühlhausen, il est élu roi des Romains ce qui déplait au pape Innocent III. Ce dernier, prenant le parti d'Otton IV de Brunswick (en échange de promesses exorbitantes : plus d'intervention impériale dans les élections épiscopales en Germanie, abandon de toute idée de suzeraineté sur la ville de Rome, renoncement à toute souveraineté sur la Sicile qui redeviendrait vassale du Saint-Siège, etc.), le fait élire roi des Romains à Cologne le 9 juin 1198, puis couronner le 12 juillet 1198.
• 1208 le 21 juin, il meurt poignardé à l'âge de 32 ans à Bamberg (250 km au nord de Munich en Bavière) par son allié Otton de Wittelsbach († 5 mars 1209), comte palatin de Bavière, qu'il avait mortellement offensé en lui refusant la main de sa fille. Philippe de Souabe ne sera jamais couronné empereur et son épouse meurt le 27 août de la même année.



(35) Siegfried von Eppstein ou Sigefroi II de Mayence (né vers 1165 à Eppstein enHesse, et mort le 9 septembre 1230 àErfurt), est un cardinal allemand de l'Église catholique du XIIIe siècle, nommé par le pape Innocent III. Il est le deuxième fils du comte Gottfried I (ou III) von Hainhausen, seigneur d'Eppstein.



(36)  Henri Ier de Brabant, dit le Courageux ou le Guerroyeur, né vers 1165, mort àCologne le 5 septembre 1235, est duc de Brabant de 1183 à 1235, comte de Louvain, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie de 1190 à 1235. Il est fils de Godefroid III, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie, et de Marguerite de Limbourg.

Il a épousé en premières noces en 1179 Mathilde de Boulogne (1170 † 1210), fille cadette deMathieu d'Alsace et de Marie de Blois, comte et comtesse de Boulogne. Ils ont :
• Adélaïde (1190 † 1265), comtesse de Boulogne, mariée à :
1. en 1206 à Arnoul III († 1223), comte de Looz
2. en 1225 à Guillaume X de Clermont (1195 † 1247), comte d'Auvergne
3. Arnould de Wesemael, maréchal de Brabant.
• Marie (1190 † 1270), mariée à :
1. Othon IV (1177 † 1218), empereur germanique
2. en 1220 Guillaume Ier (1167 † 1223), comte de Hollande
• Marguerite (1192 † 1231), mariée en 1206 à Gérard III († 1229), comte de Gueldre
• Mathilde (1200 † 1267), mariée :
1. en 1212 à Henri V († 1214), comte palatin du Rhin
2. en 1224 à Florent IV (1210 † 1234), comte de Hollande, fils de Guillaume Ier de Hollande
• Henri II (1207 † 1248), duc de Brabant
• Godefroid (1209 † 1254), premier seigneur de Gaasbeek
Veuf, il se remarie en 1213 à Marie de France (1198 † 1224), fille de Philippe II Auguste, roi de France, et d'Agnès de Méranie. Ils ont :
• Élisabeth († 1272), mariée en 1233 à Thierry de Clèves (1214 † 1244), seigneur de Dinslaken puis en 1246 à Gérard II de Wassenberg († 1255)
• Marie, morte jeune


(37) La bataille navale de Damme s'est déroulée le 30 et le 31 mai 1213durant le conflit entre Capétiens et Plantagenêt. Le succès du raid anglais mit fin à une menace d'invasion française de l'Angleterre.

Damme est situé sur l'estuaire du Zwin, ce bras de mer (de nos jours ensablé), à l'époque dans le comté de Flandre (actuellement en Belgique). C'était alors le port de Bruges.






(38) Le traité de Chinon est un traité signé entre le roi de France Philippe II Auguste et le roi d'Angleterre Jean sans Terre le 18 septembre 1214 à Chinon, après la défaite des coalisés le 27 juillet à Bouvines.




(39) Henri III (1er octobre 1207 - 16 novembre 1272) fut roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine de 1216 à sa mort.

Fils du roi Jean d'Angleterre et d'Isabelle d'Angoulême, Henri III monta sur le trône à l'âge de neuf ans alors que la première guerre des barons faisait rage.

En 1236, il épousa Éléonore de Provence, la fille du comte Raimond-Bérenger IV de Provence et de Béatrice de Savoie. La différence d'âge était importante, Éléonore avait 12 ans contre 28 pour Henri III, mais l'historienne Margaret Howell note que le roi « était généreux, chaleureux et débordait d'affection pour son épouse ». Il lui offrit de riches présents et s'intéressa personnellement à son installation dans sa nouvelle résidence. Il la fit participer à sa vie religieuse et lui transmit son admiration pour Édouard le Confesseur.  

Malgré les inquiétudes sur une possible stérilité de la reine, Henri III et Éléonore eurent cinq enfants.

• Edouard ( 17/18 juin 1239 – 7 juillet 1307, épouse
a) Eléonore de Castille en 1254, 14 enfants dont le Roi Edouard II
b) Marguerite de France en 1299, 3 enfants

• Marguerite (29 septembre 1240 – 26 février 1275), épouse Alexandre III d’Ecosse en 1251, 3 enfants
• Béatrice (25 juin 1242 – 24 mars 1275), épouse Jean II de Bretagne en 1260, 6 enfants
• Edmond ( 16 janvier 1245 – 5 juin 1296), épouse
a) Aveline de Forz en 1269, aucun enfant
b) Blanche d’Artois en 1276, 3 enfants

• Catherine, (25 novembre 1253 -  3 mai 1257) , née sourde


(40) Honorius III (Rome, date inconnue - Rome18 mars 1227), né Cencio Savelli fut papede 1216 à 1227. Il lança la cinquième croisade qui avait été décidée par son prédécesseur lors du concile de Latran. Il soutint également la croisade des albigeois.


(41) Guillaume le Maréchal (William Marshal en anglais) (vers 1145 – 1219, Caversham), 1ercomte de Pembroke, est un chevalier anglo-normand et un tournoyeur réputé. Il est surnommé « le meilleur chevalier du monde ». En effet, Guillaume participa à cinq batailles au cours de sa vie, à l'époque du Moyen Âge central où la chose était rare et où l'on considérait qu'un chevalier ayant survécu à deux batailles était un vétéran aguerri. Sa vie a donné lieu à une célèbre biographie de l'historien Georges Duby, centrée sur sa loyauté à l'égard de ses suzerains ennemis, les rois d'Angleterre et de France.

Chevalier anglo-normand, il est le fils né en Angleterre de Jean le Maréchal et de Sybille de Salisbury, sa seconde épouse. Le surnom de Maréchal remonte à son grand-père Gilbert le Maréchal, maréchal de la cour du roi Henri Ier Beauclerc, charge familiale héréditaire.
Il épousa Isabelle de Clare (vers 1171 – 1220), fille de Richard de Clare dit Strongbow († 1176), comte de Pembroke et de Buckingham. Ils eurent cinq fils et cinq filles. Leurs fils n'eurent aucune descendance :

• Guillaume dit le Jeune († 1231), 2e comte de Pembroke. Époux en secondes noces d'Aliénor d'Angleterre (1215 – 1275), fille cadette du roi d'Angleterre Jean Ier. Elle sera ensuite l'épouse de Simon V de Montfort. Sans descendance ;
• Richard († 1234), 3e comte de Pembrocke, qui héritera des terres paternelles de l'honneur deLongueville. Mort des suites d'une blessure reçue au combat à Kilkelly, Irlande. Sans descendance ;
• Gilbert († 1241), ecclésiastique, 4e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Gauthier († 1245), 5e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Anseau ou Anselme († 1245), 6e comte de Pembroke. Sans descendance ;
• Maheut (Maud), épouse d'Hugues Bigot qui deviendra 3e comte de Norfolk, puis épouse de Guillaume IV de Warenne, 5e comte de Surrey ;
• Isabelle († 1240), épouse de Gilbert de Clare, 5e comte d'Hertford et 6e de Gloucester ; puis elle épouse Richard de Cornouailles, comte de Cornouailles puis roi des Romains, frère cadet du roi Henri III d'Angleterre ;
• Ève, épouse de Guillaume (V) de Briouze, seigneur de Brecknock (mourut 1230 en Galles) ;
• Sybille, épouse de Guillaume de Ferrières, comte de Derby ;
• Jeanne.
Sa devise était : « Dieu aide le Maréchal ».



(42)  La bataille navale de Sandwich ou bataille des Cinq-Ports ou des Cinq-Îles ou de South Foreland est livrée le 24 août 1217 pendant la Première Guerre des barons, (1215-1217) au large de la ville de Sandwich, dans leKent, Royaume-Uni.







(43) Raymond VI (VIII) de Toulouse (Saint-Gilles (Gard), 27 octobre 1156 -Toulouse, 2 août 1222) fut comte de Melgueil (Raymond IV) de 1173 à 1190puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne,marquis de Gothie et de Provence de1194 à 1222. Il était fils de Raymond V, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Constance de France, sœur du roi Louis VII.

Raymond VI épouse successivement :

1. le 12 septembre 1172, Ermessinde Pelet († 1176), héritière du comté de Melgueil, veuve de Pierre Bernard de Sauve et fille de Bernard Pelet, seigneur d’Alais, et deBéatrice, comtesse de Melgueil.
2. vers 1180, Béatrice de Béziers, fille de Raimond Ier Trencavel, vicomte de Béziers, et de Saure. Elle est répudiée en 1193, après avoir donné naissance à :
• Constance, mariée à Sanche VII († 1234), roi de Navarre, puis à Pierre V Bermond, seigneur d’Anduze
3. en 1193 avec Bourgogne de Lusignan, fille d’Amaury II, roi de Chypre et de Jérusalem, et d’Echive d’Ibelin. Elle est répudiée en 1196.
4. en octobre 1196, Jeanne d'Angleterre (1165-1199), fille d'Henri II Plantagenêt (1133 † 1189), roi d’Angleterre et d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine, qui donne naissance à :
• Raymond VII (1197 † 1249), comte de Toulouse
• un fils mort né le 4 septembre 1199
5. en janvier 1203 Éléonore d'Aragon (v. 1182 † 1226), fille d’Alphonse II, roi d’Aragon, et de Sancha de Castille.

Le comte de Toulouse eut aussi au moins deux enfants naturels dont la mère n'est pas identifiée : 1) Bertrand, vicomte de Bruniquel, Monclar et Salvagnac, marié en 1224 avec Comtorisse de Rabastens et tige des Toulouse-Bruniquel éteints en 1577 ; 2) Indie, mariée à Guillaume, vicomte de Lautrec, puis en 1226 à Bernard II de L’Isle-Jourdain ; 3) Guillemette, mariée à Hugues d'Alfaro, sénéchal d'Agenais, à laquelle il a cédé Montlaur et Saint-Jorydans un testament de 1209.




(44) Pierre II d'Aragon dit le Catholique (encatalan Pere el Catòlic, en castillan Pedroel Católico), né v. 1174-1176 peut-être àTarragone et mort le 14 septembre 1213 à la bataille de Muret, fut roi d'Aragon etcomte de Ribagorce de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre II, comte de Barcelone, de Gérone, de Besalú, de Pallars Jussà de 1196 à 1213 sous le nom de Pierre I de Barcelone, comte de Gévaudan de 1196 à 1213, seigneur de Montpellier et baron d'Aumelas de 1204 à 1213.

En juillet 1204, Pierre II épousa Marie de Montpellier, veuve de Bernard IV de Comminges et fille unique de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier. Cependant, à cause d'une forte antipathie l'un pour l'autre, les deux époux se séparèrent rapidement. En 1206, Pierre II réclama l'annulation du mariage, afin d'épouser Marie de Montferrat, mais le pape Innocent III s'y opposa. Les Montpellierains durent recourir à un subterfuge pour aboutir à la naissance de l'infant Jacques en 1208. Ce dernier resta le seul enfant du couple. Pierre II eut d'autres enfants, mais illégitimes : Constance (1205 - 1252), mariée au sénéchal de Catalogne Guillermo Ramón II de Moncada, et Pedro de Rege, chanoine sacristain à Lérida.


(45)  Amaury VI de Montfort (v. 1195 † 1241),comte de Montfort, comte titulaire de Toulouse, vicomte d'Albi, vicomte de Béziers et de Carcassonne, connétable de France, est le fils de Simon IV et d'Alix de Montmorency.

Amaury de Montfort épousa en 1214 à Carcassonne Béatrix de Viennois (v. 1205 † après 1248), fille de Guigues VI André de Bourgogne, dauphin du Viennois, et de Béatrice de Sabran. Le mariage ne fut consommé qu'en 1220, et donna naissance à :
• Jean († 1249), comte de Montfort,
• Marguerite, mariée à Jean III comte de Soissons,
• Laure, mariée à Ferdinand de Castille, comte d'Aumale, puis à Henri de Grandpré, seigneur de Livry,
• Adela (1230 † 28 mars 1279), mariée à Simon II de Clermont, seigneur de Nesle,
• Pernelle († 1275), abbesse de Port-Royal.


(46) Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Posthume » puis « Thibaud le Chansonnier », né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de1201 à 1253 (sous le nom de Thibaud IV), et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibaud Ier).

Il était fils de Thibauld III, comte de Champagne, et de Blanche de Navarre (1177-1229). Son parrain fut Philippe Auguste, roi de France qui l'éduqua à la cour.

Vers 1220, il épousa Gertrude de Dabo(1204 † v. 1225), fille d'Albert II de Dabo-Moha, comte de Dabo, de Moha et de Metz, et veuve de Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en espérant s'approprier le comté de Metz. Après l'échec de cette tentative, il répudia Gertrude.
En 1223, il épousa en secondes noces Agnès de Beaujeu, cousine du futur Saint-Louis qui fut sa compagne de jeux à la cour de France et mourut en 1231. Elle était fille de Guichard IV, sire de Beaujeu et de Sibylle de Hainaut, fille de Baudouin V de Hainaut. Ils eurent :

• Blanche (1226 † 1283), mariée en 1236 avec Jean Ier le Roux († 1286), duc de Bretagne

En 1232, il épousa en troisième noces Marguerite de Bourbon (1211-1256), fille d'Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et d'Alix de Forez qui lui donnera :
• Eléonore (1233 † jeune)
• Thibaut II (1238 † 1270), comte de Champagne et roi de Navarre,
• Béatrice (1242 † 1295), mariée en 1258 à Hugues IV (1212 † 1272), duc de Bourgogne
• Pierre, mort en 1265
• Marguerite († 1306), mariée en 1255 à Ferry III († 1302) duc de Lorraine
• Henri Ier le Gros (1244 † 1274), comte de Champagne et roi de Navarre.


(47)  Les regalia (ou régalia) sont un ensemble d'objets symboliques de royauté. Chaque royauté a ses propres regalia qui ont une histoire souvent légendaire. Ils sont conservés précieusement comme des trésors et se constituent par ajouts successifs. On peut les classer en trois catégories :

• instruments liturgiques ;
• vêtements royaux ;
• instruments du sacre.

Le terme latin de « regalia » a fait l'objet de plusieurs critiques1 : il n'a pas de singulier, n'était pas utilisé à l'époque royale en France, renvoyait dans le vocabulaire juridique aux droits souverains des empereurs sous lesHohenstaufen. Certains auteurs préconisent donc les termes d'ornements ou d'insignes royaux2 (terme utilisé sous l'Ancien Régime et la Restauration), voire d'honneurs (terme utilisé sous le Premier Empire).


(48) La bataille de Bouvines est une bataille qui se déroula le dimanche27 juillet 1214 près de Bouvines, dans le comté de Flandre (aujourd'hui dans le département du Nord), en France, et opposant les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par quelques milices communales et soutenues parFrédéric II de Hohenstaufen, à une coalition constituée de princes et seigneurs français, menée par Jean sans Terre, duc d'Aquitaine, de Normandie et roi d'Angleterre, et soutenue par l'empereur du Saint-Empire Otton IV. La victoire est emportée par le roi de France et marque le début du déclin de la prédominance seigneuriale.










(49) Lambert Cadoc appelé également Seigneur de Gaillon1, est un archer gallois, chef deroutiers au service de Philippe Auguste1, mort en 1231.

Durant 20 ans, il participe à la plupart des guerres de Philippe Auguste. Il s’illustre notamment lors de la conquête de la Normandie, en étant l'un des grands artisans de la prise de Château Gaillard en 1204. Le roi le récompense largement en fiefs (Gaillon) et le nomme bailli de Pont-Audemer. En 1220, il déplaît au roi, qui le dépossède de ses biens et le fait emprisonner. En 1227, la régente Blanche de Castille le fait libérer.






(50)  Lupicaire est un chef de routiers (a)  du XIIe siècle, au service de Jean sans Terre d'abord, puis de Philippe Auguste.

(a) Les compagnies de mercenaires recrutées du XIIe siècle au XIVe siècle, privées d'employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une « route » (« troupe » en français de l'époque).


Dernière édition par Lanaelle du Chastel le Dim 11 Sep - 19:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Jeu 10 Mar - 15:43

Hugues III de bourgogne


Hugues III, né en 1148, mort à Tyr le25 août 1192, duc de Bourgogne de 1162 à1192, fils de Eudes II, duc de Bourgogne, et de Marie de Blois.


Il régna d'abord sous la tutelle de sa mère, puis s'en dégagea. Il combattit le comte de Chalon en 1166, aidé par Louis VII de France. En 1171, Hugues partit, avec le comte Étienne Ier de Sancerre, combattre en Terre sainte. De retour en France, il lutta contre le comte de Nevers (1174), puis contre le seigneur de Vergy qui lui refusaient l'hommage.

Après la chute de Jérusalem, il s'engagea dans la troisième croisade, participa à la bataille d'Ascalon et à la prise d'Acre. Philippe II Auguste, lorsqu'il rentra en France, lui confia le commandement du détachement français (près de 10 000 hommes). Il combat au côté de Richard Cœur de Lion et meurt à Tyr.


En 1165, il épouse en premières noces Alix de Lorraine (1145 - †1200), fille de Matthieu Ier, duc de Lorraine, et de Judith de Hohenstaufen, aussi appelée Berthe (1123 - 1195), et eu :
• Eudes III (1166 - †1218), duc de Bourgogne ;
• Alexandre (1170 - †1205), seigneur de Montagu, auteur de la branche des seigneurs deMontagu ;
• Douce (1175 - †1219/), mariée en 1196 avec Simon de Semur (†1219) seigneur de Luzy ;
• Alix de Bourgogne (1177 - 1220), mariée à Béraud VII, seigneur de Mercœur1.

Il répudie Alix en 1183 et se remarie en 1184 avec Béatrice d'Albon (1161 - †1228), héritière du Dauphiné, fille de Guigues V d'Albon, dauphin de Viennois et de Béatrice de Montferrat et eu :
• André Guigues VI (1184 - †1237), dauphin de Viennois ;
• Mahaut (1190 † 1242), mariée en 1214 à Jean Ier (1190 † 1267), comte de Châlon et d'Auxonne ;
• Anne (1192 † 1243), mariée en 1222 à Amédée IV (1197 † 1253), comte de Savoie.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Jeu 10 Mar - 15:49

Robert II de Dreux



Robert II de Dreux, né vers 1154, mort le 28 décembre 1218, comte de Dreux, de Brie et de Braine, fils de Robert Ier, comte de Dreux, et d'Agnès de Baudement, dame de Braine.

Il participe à la troisième croisade et se signale à la bataille d'Arsur et au siège d'Acre (1191). Revenu en France, il combat les Anglais (1195-1198), puis mène des troupes à la Croisade des Albigeois en 1210 et participe au siège de Termes (1). Il aide son frère Philippe,évêque de Beauvais, en lutte contre le comte de Boulogne et commande l'aile gauche de l'armée du roi Philippe Auguste lors de la bataille de Bouvines(1214).

Robert II de Dreux et Yolande de Coucy, son épouse, sont inhumés en la nécropole familiale de l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine

Marié en premières noces en 1177 (et séparé en 1181) avec Mahaut de Bourgogne (1150 † 1192), fille de Raymond de Bourgogne, comte de Grignon, et d'Agnès de Montpensier ; mariage sans postérité.
Marié en secondes noces en 1184 avec Yolande de Coucy (v. 1164 † 1222), fille de Raoul Ier, seigneur de Coucy et d'Agnès de Hainaut, d'où :
• Robert III Gasteblé (1185 † 1234), comte de Dreux
• Eléonore (1186 † ap. 1248), mariée à Hugues III de Châteauneuf-en-Thymerais († 1229), puis àRobert de Saint-Clair
• Pierre Mauclerc (v.1187 † 1250), duc de Bretagne
• Isabelle (1188 † ap. 1242), mariée à Jean II de Pierrepont (1205 † 1251), comte de Roucy
• Alix (1189 † 1258), mariée vers 1200 à Gaucher IV de Mâcon († 1219), seigneur de Salins (fils deGéraud Ier de Mâcon), puis en 1221 à Renaud III de Choiseul (1195 † 1239)
• Philippa (1192 † 1242), mariée en 1219 à Henri II de Bar (1190 † 1239)
• Henri, archevêque de Reims (1193 † 1240)
• Agnès (1195-1258), mariée à Etienne II de Bourgogne, comte d'Auxonne († 1241)
• Yolande (1196-1239), mariée à Raoul II de Lusignan, comte d'Eu († 1250)
• Jean (1198 † 1239), comte de Mâcon et de Vienne
• Jeanne (1199 † 1272) religieuse, abbesse de Fontevraud
• Geoffroy (1200-1219)




(1) Le siège de Termes est une opération militaire de Simon de Montfort au cours de ses campagnes visant à conquérir les vicomtés de Béziers, d'Albi et de Carcassonne au cours de la guerre connue comme la Croisade des albigeois.











Philippe de Dreux

Philippe de Dreux, né en 1158, mort le2 novembre 1217, évêque de Beauvais, fils de Robert Ier de France, comte de Dreux, et d'Agnès de Baudement, dame de Braine.

Prélat belliqueux, ce soldat mitré du XIIe siècle alla deux fois guerroyer en Terre sainte (en 1179 et pendant la troisième croisade) et resta la seconde fois prisonnier à Bagdad. Ne cherchant que rencontres et batailles, il se signala aux combats d'Arsouf et de Saint-Jean-d'Acre où il fut pris par les Musulmans en 1190.

À son retour en Occident, il combattit les Anglais en se mesurant à Richard IerCœur de Lion (1197). Ils le firent prisonnier près de Milly le 19 mai 1197. Il resta longtemps en prison et fut délivré en 1202.

Il prit part à la croisade contre les Albigeois en 1209, et se signala en 1214auprès de Philippe-Auguste à la bataille de Bouvines.

Interprétant d'une manière digne du temps les lois canoniques qui défendaient aux prêtres de verser le sang, il renonça à l'épée et aux armes tranchantes et n'utilisa plus que sa masse d'arme pour assommer ses ennemis.

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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 14:41

Pierre II de Courtenay



Pierre II de Courtenay (vers 1165 † 1219), est un seigneur de Courtenay (1183-1219), un comte de Nevers, (1185-1199),d'Auxerre et de Tonnerre (1185-1219) et unempereur latin de Constantinople (1216-1219). Il est fils de Pierre de France, seigneur de Courtenay, et d'Élisabeth de Courtenay.



Il succède à son père dans la seigneurie de Courtenay et son cousin le roi Philippe II Auguste, qui l'apprécie ainsi que sa fidélité, lui fait épouser en 1184 Agnès, héritière des comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. L'année suivante, il en devient le comte, à la mort de son beau-frère Guillaume V de Nevers (1).

Il s'engage dans la troisième croisade aux côtés du roi Philippe Auguste et du roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, et revient en France au cours de l'année1193. Bien que sa première épouse, Agnès Ire de Nevers, soit décédée en1192 ou au début du mois de février 11932 laissant une fille, Mathilde, Pierre conserve le comté de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. Il se remarie en 1193 avec Yolande de Hainaut, fille de Baudouin VIII, comte de Flandre et de de Hainaut, et de Marguerite Ire de Flandre, tandis qu'il fiance sa fille Mathilde avec son beau-frère Philippe Ier de Hainaut, comte de Namur.
En 1196, il doit faire face à la rébellion de son beau-frère Guillaume de Brienne (2) qui, à la tête d'une armée champenoise, ravage ses terres de l'Auxerrois et assiège Vézelay (Pierre a fait fortifier Auxerre d'une deuxième enceinte en 1193).

En 1199, une guerre l'oppose à l'un de ses vassaux, Hervé IV de Donzy (3). Battu à Cosne-sur-Loire, Pierre est fait prisonnier et n'est libéré qu'en échange du mariage d'Hervé avec Mathilde de Courtenay5 et de la cession du comté de Nevers. À titre viager, Pierre garde les comtés d'Auxerre et de Tonnerre.

Le 15 octobre 1212, son beau-frère Philippe de Hainaut, marquis de Namur, meurt en désignant sa sœur Yolande, femme de Pierre, pour lui succéder. Ces derniers désignent rapidement leur fils aîné Philippe, pour assurer la régence du marquisat.

Le 16 juin 1216 c'est un autre beau-frère, Henri de Hainaut (4) , second empereur latin de Constantinople, qui meurt. Les barons de l'empire proposent alors le trône au roi André II de Hongrie, neveu du défunt, qui le refuse, puis à Pierre de Courtenay, qui l'accepte. En effet, il ne peut espérer à la cour de France qu'un rôle de second plan en raison de son rang et de ses possessions, et cette élection lui offre une chance de s'élever. Il reçoit les ambassadeurs à Courson-les-Carrières et vend ou engage une partie de ses domaines pour financer son expédition. Il se rend à Rome où il souhaite se faire couronner par le pape Honorius III, mais ce dernier est réticent, car il ne veut pas empiéter sur les droits du patriarche de Constantinople et craint que les empereurs suivants profitent de ce précédent pour émettre des prétentions sur Rome et l'empire d'Occident. Aussi Pierre et Yolande ne sont pas sacrés dans la basilique Saint-Pierre, mais dans celle de Saint-Laurent qui se trouve hors des murs de Rome.

Pour défendre son empire, il ne réussit à réunir que cinq mille hommes. Pour les convoyer il s'adresse aux Vénitiens qui lui demandent de s'emparer de Durazzo, occupée par Théodore Ange Comnène Doukas (5) , despote d'Épire (6) . Pendant que son épouse Yolande se rend directement à Constantinople, Pierre et les Vénitiens assiègent Durazzo, mais la ville, très bien défendue et suffisamment ravitaillée résiste. Comme le siège de la ville est un échec, les Vénitiens refusent de transporter son armée à Constantinople et Pierre décide de rejoindre Salonique par la voie terrestre. Il négocie le libre passage avec Théodore Ange, mais ce dernier l'attaque, détruit une partie de son armée et le capture. Il resta emprisonné pendant deux ans jusqu'à sa mort, annoncée en 1219.

Qualifié par les chroniqueurs d'emporté, chaud et violent et qui ne pouvait s'empêcher de se conduire avec impétuosité allant jusqu'à des extrémités fâcheuses envers les évêques et les églises, il a régulièrement été excommunié.


De sa première épouse Agnès Ire, comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, il a eu :
• Mathilde (1188 †1257), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, mariée en 1199 àHervé IV de Donzy, puis en 1226 à Guigues IV de Forez († 1241)


De sa seconde épouse Yolande de Hainaut, impératrice de Constantinople, il a eu :
• Marguerite (1194 † 1270), mariée à Raoul Ier (en), comte d'Issoudun puis d'Eu († 1219), puis Henri Ier (en), comte de Vianden
• Philippe II (1195 † 1226), margrave de Namur, mort de maladie pendant la croisade contre les Albigeois.
• Sibylle (1197 † 1210), nonne
• Élisabeth (1199 † ap.1269), mariée à Gaucher, fils de Millon III, comte de Bar-sur-Seine, puis en 1220 à Eudes de Bourgogne, seigneur de Montagu
• Yolande (1200 † 1233), mariée en 1215 à André II de Hongrie (1176 † 1235), roi de Hongrie
• Robert (1201 † 1228), empereur latin de Constantinople. Il perd presque tous les territoires conquis par son frère Henri. Épouse Eudoxie fille de Baudouin de Neuville.
• Agnès (1202 † ap.1247), mariée en 1217 à Geoffroy II de Villehardouin († 1246), prince de Morée
• Marie (1204 † 1222), mariée en 1219 à Théodore Ier Lascaris († 1222), empereur de Nicée
• Henri (1206 † 1229), marquis de Namur.
• Éléonore (1208 † 1230), mariée à Philippe Ier de Montfort († 1270), seigneur de Castres
• Constance (1210 †), nonne à Fontevrault
• Baudouin II (1218 † 1273), empereur latin de Constantinople. Il en est chassé par Michel VIII Paléologue le 25 juillet 1261. Épouse en 1234 Marie de Brienne fille de Jean Ier co-titulaire de Jérusalem.






(1)  Guillaume V de Nevers, né en 1168, mort en 1181, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre (1176-1181), fils de Guy, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et de Mahaut de Bourgogne






(2) Guillaume de Brienne († 1199) était Seigneur de Pacy-sur-Armançon. Il était le fils d'Érard II, comte de Brienne, et d'Agnès de Montbéliard.

Il épouse vers 1188 Eustachie de Courtenay, fille de Pierre de France, seigneur de Courtenay, et d'Elisabeth de Courtenay dont deux enfants :
• André de Brienne († vers 1215).
• Helvise de Brienne qui épousa le Vicomte Jean de Saint Florentin.

En 1196, Pierre II de Courtenay, Comte d'Auxerre, d'un naturel violent et prenant facilement les armes, ayant besoin d'argent, aurait tenté de se servir sur les terres de ses vassaux.
Guillaume, qui était son beau-frère, se rebella contre lui et, à la tête d'une armée de Champenois, à laquelle on pouvait compter ses frères, parcourut toutes les terres de Pierre et ruina plusieurs de ses places de la vallée de la Cure, dont des villages dépendant de l'abbaye de la Madeleine. Il assiégea ensuite Vezelay, mais sans réussir à prendre la place, se contentant de brûler les villages alentour, dont Précy sous Pierre-Perthuis, Foissy, Asquins, Versigny, Varigny et Blannay. Pierre fut alors contraint à la paix et dû renoncer à ses projets belliqueux.

Finalement, en 1199, ils étaient réconciliés, car lors de la donation que Guillaume fit aux abbayes de Pontigny et de Quincy, il choisit, pour caution de la rente qu'il cédait, son beau-frère.
La date exacte du décès de Guillaume, qui s'est produite durant cette année 1199, n'est pas connue, mais à la fin de cette année son épouse Eustachie en confirmant la donation que son mari avait faite aux abbayes de Pontigny et de Quincy, précise qu'il était alors mourant.
Enfin, en octobre 1200, le Comte de Champagne Thibaut III de Champagne donne à l'abbaye Saint-Michel de Tonnerre la somme de 20 sous de rente pour le repos de l'âme de son cher et familier Guillaume de Brienne5 espérant racheter par ce moyen le repos de l’âme du défunt, qui de son vivant avait causé de grands dommages aux moines.






(3) Hervé IV de Donzy, mort en 1222, est un seigneur de Donzy et un comte de Nevers de 1199 à 1222. Il était fils d'Hervé III († 1187), seigneur de Donzy, et de Mathilde Gouët, fille de Guillaume IV Gouët, d'Alluyes (1125, France - 1171) et Élisabeth de Champagne (Isabelle de Blois).







(4) Henri Ier de Hainaut, dit d'Angre, né en 1176, mort le 11 juin 1216 est un empereur de Constantinople de 1206 à1216 et fils de Baudouin V, comte de Hainaut, marquis de Namur, et de Marguerite Ire, comtesse de Flandre.







(5) Théodore Ier Ange Doukas Comnène(, né entre 1180 et 1185, mort après 1252) fut despote d’Épire et de Thessalie de 1215 à 1230, ainsi que de Thessalonique et d’une bonne partie de la Macédoine et de la Thrace occidentale de 1224 à 1230. Déposé, il demeura la véritable puissance derrière le trône durant les règnes de ses fils Jean et Démétrios sur Thessalonique de 1237 à 1246.

On sait peu de choses sur la jeunesse de Théodore, sinon qu’il appartenait à une famille aristocratique ayant des liens avec les dynasties impériales des Comnène, desDoukas et des Ange. Après la chute de Constantinople aux mains des croisés, il servit l’empereur Théodore Ier Laskaris àNicée jusqu’à ce qu’il soit rappelé en Épire par son demi-frère Michel auquel il succéda en 1215 et dont il poursuivit la politique d’expansion territoriale. Allié à la Serbie, il étendit son pouvoir sur la Macédoine, menaçant le royaume latin de Thessalonique. La capture de l’empereur Pierre II de Courtenay en 1217 lui permit d’encercler la ville qui tomba en 1224.

Devenu maitre de Thessalonique, Théodore se fit proclamer « empereur », espérant conquérir Constantinople et se posant en rival de l’empereur Jean III Vatatzès qui poursuivait le même objectif à Nicée. Ses plans durent toutefois être mis de côté devant la menace que faisait planer l’Empire bulgare. En 1230, il fut fait prisonnier par le tsar Ivan Assen II lors de la bataille de Klokotnitca. Il resta sept ans en prison où il fut aveuglé, après avoir comploté contre le tsar ; ses possessions furent divisées entre son neveu Michel II Doukas, qui devint despote d’Épire, et ses frères Manuel et Constantin  qui reçurent respectivement Thessalonique et l’Acarnanie. Il fut libéré en 1238 lorsqu’Ivan II Assen épousa sa fille Irène. Il évinça alors son frère Manuel du trône de Thessalonique et, ne pouvant régner lui-même en raison de sa cécité, il le remplaça par son fils ainé, Jean Doukas Comnène , qui régna de 1238 à 1244.

En 1241, Jean III Vatatzès l’invita à Nicée. Traité avec grand honneur, il devint en pratique le prisonnier de l’empereur qui l’amena avec lui dans sa campagne pour reconquérir Thessalonique. Jean Vatatzès força Théodore à négocier avec son fils, Jean, lequel dut abandonner le titre impérial pour celui de despote et reconnaitre la suzeraineté de Nicée. Cinq ans plus tard, Jean Vatatzès devait retourner à Thessalonique pour renverser l’impopulaire Démétrios, frère de Jean qui lui avait succédé, et annexer la ville à son territoire.

En 1252, Théodore, retiré à Vodena, incita son neveu le despote d’Épire Michel II à attaquer Jean III Doukas Vatatzès, mais l’offensive échoua lors de la bataille de Pélagonia. Théodore fut alors emprisonné à Nicée où il mourut vers 1253.
[…]

De son épouse, Maria Petraliphaina, Théodore eut quatre enfants122 :
1. Anna Angelina Komnene Doukaina qui épousa le roi Étienne Radoslave de Serbie,
2. Jean Komnenos Doukas qui devint empereur de Thessalonique en 1237,
3. Irène Komnene Doukaina, qui épousa Ivan Assen,
4. Demetrios Komnenos Doukas, qui devint souverain de Thessalonique en 1244.






(6) Le Despotat d’Épire fut l’un des États successeurs de l’Empire byzantin après la conquête de Constantinople et la mise en place de l'Empire latin d'Orient sur les terres principales de l'Empire Byzantin par la quatrième croisade en 1204. Fondé par Michel Comnène Doukas, le nouvel État se voulut, à l’instar de l’Empire de Nicée et de l’Empire de Trébizonde, le successeur légitime de l’Empire byzantin. Centre de résistance et havre pour les réfugiés grecs contre les envahisseurs latins après la défaite, il ne réintégra l’empire restauré qu’en 1323. Grec par ses origines, puis italien, serbe et albanais par conquête, il tenta de maintenir son identité jusqu’à sa chute aux mains des Ottomans en 1479.
Centré sur la province d’Épire et l’Acarnanie, au nord-ouest de la Grèce, et sur la partie occidentale de la Macédoine grecque, il s’étendait également en une mince bande sur la Thessalie et de la Grèce occidentale jusqu’à Naupacte (aujourd’hui Lépante) au sud. Sous Théodore Comnène Doukas et l’éphémère Empire de Thessalonique, le despotat s’étendit pour incorporer brièvement la partie centrale de la Macédoine ainsi que la Thrace jusqu’à Didymotique et Andrinople (aujourd’hui Edirne).
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 14:54

Albéric Clément



Albéric Clément, maréchal de France (?-1191),
Henri Decaisne, 1844.




Albéric Clément, né au XIIe siècle et mort le 3 juillet 1191, est un militaire français. Il est le premier maréchal de France en 1190.




Blason de la famille Clément


Il est fils de Robert III, gouverneur dePhilippe Auguste en 1168, d'une famille du Gâtinais, et d'Hersende de Mez (plus tard Mez-le Maréchal) à Dordives (Loiret), dont il hérite la seigneurie. Neveu de Garmand, évêque d'Auxerre, il est fait maréchal de France par Philippe Auguste vers 1190(d'après les registres de Philippe Auguste) - maréchal de France et non pas du roi, comme écrit le père Daniel. Cette confusion tient du fait qu'il ne commande pas en chef une armée lors du siège de Saint-Jean-d'Acre.


Il meurt à Saint-Jean-d'Acre lors de la troisième croisade, le 3 juillet 1191. Il est probablement inhumé à l'abbaye de Cercanceaux, à Souppes. Sans alliance, il est le frère d'Henri Ier Clément.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 16:08

Philippe de Flandre


Philippe Ier de Flandre, dit Philippe d'Alsace, né en 1143, et mort à Saint-Jean d'Acre (Royaume de Jérusalem) le1er juin 1191, est un monarque français.

Fils du comte de Flandre Thierry d'Alsace et de Sibylle d'Anjou (†1165), il fut comte de Flandre de 1157 à 1191 et comte de Vermandois par mariage de 1167 à 1185, puis à titre viager de 1186 à 1191.

Son règne débute en tant que comte associé dès 1157, particulièrement durant les croisades de son père. Il met fin au piratage des côtes flamandes en battant le comte Florent III de Hollande (1163). Par héritage, il récupère le pays de Waes (au nord de Gand) et celui des Quatre-Métiers (Flandre impériale).

Il avait pour saint Gossuin d'Anchin (vers 1089-1169), abbé de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin, une vénération toute filliale, l'accompagnant toujours dans ses voyages. Son mariage en 1156 avecÉlisabeth de Vermandois porte la puissance flamande à son extension maximale. En effet, le comte de Vermandois, Raoul II, frère d'Élisabeth, mais aussi époux de Marguerite d'Alsace, sœur de Philippe, est atteint de la lèpre. Son mariage n'étant pas consommé est rompu. Vers 1167, Raoul abdique en faveur de sa sœur, Élisabeth. […]


La stérilité de son couple, la mort en 1174 du sage Robert d'Aire, assassiné sur ordre du seigneur Jacques Ier d'Avesnes, et celles de ses frères (en 1173, Mathieu, comte de Boulogne et en 1176 Pierre de Flandre, évêque de Cambrai), sans héritier mâle, marquent le début d'une politique plus imprudente. Avant de se croiser, en 1177, il désigne formellement sa sœur Marguerite et son beau-frère Baudouin V de Hainaut comme héritiers.


D'une maitresse dont le nom est resté inconnu, il est le père de :
• Thierry de Flandre (mort en 1207), (appelé Baudouin, chevalier d'Amiens par Guillaume de Tyr). En 1203 à Marseille, il aurait épousé la « Damsel de Chypre », une fille d'Isaac Doukas Comnène (vers 1155-1195), empereur usurpateur de Chypre. Il participa en tant que chef des croisés flamands à la quatrième croisade.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 16:20

Philippe II de Champagne


Henri de Champagne (29 juillet 1166 † 10 septembre1197), comte palatin de Champagne (Henri II 1181-1197) et roi de Jérusalemj.u. (1192-1197), est un fils d'Henri Ier, comte de Champagne et de Marie de France.
En 1181, il succède à son père à la tête des comtés de Troyes et de Meaux dont l'union forme le comté de Champagne depuis 1125. En 1183, il s'allie avec le comte de Flandre Philippe d'Alsace contre le roi de France Philippe Auguste. Cette coalition, menée par Philippe d'Alsace et regroupant Henri II et sa grand-tante, la reine Adèle de Champagne, Hugues III de Bourgogne et Baudouin V de Hainaut (beau-père de Philippe Auguste), engage des hostilités contre le roi de France. Ce dernier réagit avec beaucoup de vigueur et oblige les coalisés à déposer les armes.

Ayant participé à l'assemblée de Vézelay en juillet 1190 en faveur de la troisième croisade, il décide de se croiser. Dans son testament, il déclare que s'il ne revient pas de Terre sainte, le comté de Champagne reviendra à son frère Thibaut III. Il débarque en avant-garde devant Saint-Jean-d’Acre le 27 juillet 1190 et rejoint les forces qui assiègent la ville. Ses deux oncles Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion (sa mère est en effet fille de Louis VII de France et d'Aliénor d'Aquitaine, donc sœur de Philippe par son père et de Richard par sa mère) rejoignent le siège respectivement le 20 avril et le 7 juin 1191. Après la prise de la ville, Philippe Auguste repart en France, et Henri de Champagne reste en Terre Sainte où il participe à la bataille d’Arsouf (7 septembre 1191).

Roi de Jérusalem


À la mort de Conrad de Montferrat, assassiné le 28 avril 1192, les barons du royaume le choisirent comme roi et lui firent épouser le 5 mai 1192 la veuve de Conrad, Isabelle de Jérusalem de la maison d'Anjou, qui était encore enceinte de Marie de Montferrat. Ce choix met fin à la rivalité entre les partisans Capétiens et Plantagenêt, les premiers partisans de Conrad de Montferrat, les seconds de Guy de Lusignan. Ce dernier reçoit l’île de Chypre à titre de compensation de la perte du royaume de Jérusalem. Une expédition se prépare en direction de Jérusalem pour reprendre la ville, quand Richard apprend que son frère Jean sans Terre se révolte ; il doit alors quitter la Terre sainte pour rentrer en Angleterre, après avoir négocié le 2 septembre 1192 un accord avec Saladin pour garantir le libre accès des pèlerins dans la ville Sainte.

La première tâche d’Henri de Champagne est de raffermir le pouvoir royal. Guy de Lusignan et les Pisans tentent de s’emparer de Saint Jean d’Acre mais échouent, et Henri chasse les Pisans de la ville. Jugeant le connétable Amaury de Lusignan trop lié à son frère Guy, Henri lui ordonne de laisser sa charge et de rejoindre Chypre. À la mort du patriarche de Jérusalem, les chanoines du Saint-Sépulcre choisissent son successeur sans consulter le roi, alléguant qu’il n’a pas été régulièrement sacré à Jérusalem. Henri les fait arrêter, mais doit les relâcher et reconnaître l’élection.

En 1195, il intervient avec succès dans les affaires d’Antioche. Le prince d’Arménie Léon II avait capturé par surprise le prince Bohémond III d’Antioche et ne voulait le relâcher que contre la cession d’Antioche ; ce que refusait la noblesse, le clergé et le peuple d’Antioche. Henri parvient à réconcilier les deux ennemis et à négocier le mariage de Raymond IV d’Antioche et d’Alix d’Arménie. Il fait ensuite alliance avec les Ismaéliens nizârites contre les Ayyoubides, puis se réconcilie avec le royaume de Chypre, dont le roi est maintenant Amaury II de Lusignan.

En 1197, l’empereur germanique Henri VI décide de combattre en Terre Sainte, espérant reprendre Jérusalem à la faveur des luttes de succession qui déchirent l’empire ayyoubide après la mort de Saladin. Des premiers contingents allemands débarquent à Acre au mois d’août 1197 ; mais sans encadrement ils sèment le trouble dans la ville. Ils se lancent en Galilée mais, mal préparés, échappent de peu au désastre. Pendant ce temps le sultan d’Égypte, Malik Al-Adel, assiège et prend Jaffa. Le 10 septembre, Henri de Champagne organise l’envoi d’une armée de secours, lorsqu’il tombe accidentellement d’une fenêtre de son palais à Saint Jean d’Acre et meurt.


Marié le 5 mai 1192 avec Isabelle de Jérusalem, fille d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène, il laisse trois filles :
• Marie, née vers 1193 et morte avant 1205.
• Alix de Champagne(vers 1195 † 1247), qui épousera successivementHugues Ier de Lusignan roi de Chypre, Bohémond V, prince d'Antiocheet Raoul de Soissons.
• Philippe de Champagne (vers 1196 † 20 décembre 1250) qui épousera en 1215Érard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venizy.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 16:32

Thibaut V , comte de Blois et de Chartres


Thibaut V de Blois, dit le Bon, né en 1130, mort en 1191, fut comte de Blois, de Châteaudun et de Chartres de 1152 à 1191. Il était fils de Thibaut IV le Grand, comte de Champagne, de Blois et de Chartres, et deMathilde de Carinthie.

Il devient sénéchal de France en 1152 et hérita des comtés de Blois et de Chartres, tandis que ses frères Henri Ier et Étiennereçurent la Champagne, pour l'aîné, et Sancerre pour le troisième des frères.
Le 26 mai 1171 à Blois, il envoya au bûcher 31 hommes, femmes et enfants appartenant à la communauté juive de la ville, condamnés à mort pour crime rituel (1) (première attestation d'une condamnation à mort pour accusation de meurtre rituel (2) ).

En 1189, Thibaud s'engagea dans la troisième croisade et fut tué lors dusiège d'Acre.

Il épouse d'abord Sibylle de Château-Renard, puis, en1164, la capétienne Alix (1150 † 1195), fille de Louis VII, roi de France, et d'Aliénor d'Aquitaine. Elle lui donne sept enfants :
• Thibaut, mort jeune ;
• Louis († 1205), comte de Blois, de Chartres et de Clermont, marié àCatherine de Clermont ;
• Henri, mort jeune ;
• Philippe, mort jeune ;
• Marguerite (1170 † 1230), comtesse de Blois et de Châteaudun, mariée vers 1183 avec Hugues III d'Oisy, vicomte de Cambrai († 1189), puis vers1190 avec Othon Ier, comte de Bourgogne († 1200), et enfin avec Gautier II d'Avesnes, seigneur de Guise († 1246) ;
• Adélaide, abbesse de Fontevraud en 1190 ;
• Isabelle († 1248), comtesse de Chartres et de Romorantin, mariée à Sulpice d'Amboise, puis à Jean de Montmirail, vicomte de Cambrai (†1244).




(1) L'accusation de meurtre rituel à l'encontre des Juifs (hébreu : alilat dam « accusation de sang ») est une allégation antijuive ou antisémite selon laquelle les Juifs assassineraient des enfants non juifs à des fins rituelles, la confection de pains azymes pour la Pâque étant la plus fréquemment citée. Plus tard, cette motivation rituelle est abandonnée et le meurtre serait dû à la nature diabolique des Juifs.
Il s'agit de l'une des allégations antijuives les plus anciennes de l'Histoire : il y aurait en effet eu plus de 150 accusations et, probablement, des milliers de rumeurs.




(2) La légende des crimes rituels (les Anglais disent blood libel) attribue à des minorités déterminées et socialement rejetées des meurtres contre les membres du groupe majoritaire, le plus souvent des enfants. Calomniant ceux qu'elle proclame les auteurs, elle provoque et justifie oppression et persécution. Ses colporteurs profitent des enlèvements qu'on n'a pu éclaircir, des accidents et des décès et pour les expliquer ils proposent des boucs émissaires. De telles légendes ne sont pas seulement le résultat de légendes populaires, enracinées dans la superstition, mais, dans un but de propagande, elles sont aussi construites et utilisées de façon réfléchie par des groupes d'intérêts religieux, politiques, régionaux ou locaux. Des pogroms, des lynchages et des meurtres camouflés en jugements en sont souvent le résultat.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 16:54

Etienne Ier de Sancerre ,

Étienne Ier de Blois-Champagne (1133-1190 ou 1191, † à Saint-Jean-d'Acre), premier comte de Sancerre et troisième fils de Thibaut IV de Blois, Comte de Blois, et de Mathilde de Carinthie.

Sa première épouse fut Adélais de Donzy († entre 1160 et 1169) qui ne lui donnera pas d’enfants

Étienne et Béatrix, sa seconde épouse, eurent deux fils :
• A1 Guillaume Ier de Sancerre, (1176 - † 1217), comte de Sancerre.
• A2 Jean de Sancerre, (1178 - décédé vers 1200).
Étienne et Aénor, sa troisième femme, eurent :
• A3 Étienne de Sancerre (1180 ou 1190 - † 1252), Grand bouteiller de France à partir de 1248.




Raoul Ier de Coucy ,


Raoul de Coucy, (après 1142 - † 1191), sire de Coucy, seigneur de Marle, de La Fère, de Crécy (sur-Serre), de Vervins, de Pinon, de Landouzy (La-Ville), de Fontaine (lès-Vervins).
Il partit pour la Terre sainte où il périt au siège de Saint-Jean-d'Acre (appelée Ptolèmaïs pendant l'Antiquité), en novembre 1191.

Son arrière-grand-père :Enguerrand de Bovescomte d'Amiens, seigneur de Boves, de la Fère et de Marle, devint possesseur vers 1085 du château de Coucy dont il devint vicomte ou châtelain, et en donna le nom à ses descendants.


La maison de Boves tirait son origine de Dreux ou Drogon, seigneur de Boves. Ce dernier, vraisemblablement père d'Enguerrand de Boves, s'illustra sous les règnes des rois Robert II et de Henri Ier.
Raoul est le petit-fils de Thomas de Marle († 1130), fils d'Enguerrand de Boves et d'Ade de Marle, seigneur de Boves, de Marle, de la Fère et comte d'Amiens. Il mourut à Laon en 1130.


Son père, Enguerrand II de Coucy († avant1147), fils de Thomas de Marle, épousa en 1132 Agnès de Beaugency, cousine du roi Louis VII de France, et fille de Mahaut ou Mathilde de Vermandois, elle-même fille d'Hugues Ier de Vermandois, frère du roi Philippe Ier de France. S'étant croisé, ainsi qu'Évrard de Breteuil, son beau-frère, il accompagna le roi Louis le Jeune à la deuxième croisade.

Raoul Ier de Coucy s'est marié :
• En premières noces avec Agnès de Hainaut († entre 1168 et 1173), dite la Boiteuse, fille du comte Baudouin IV de Hainaut († 1171) et tante d'Isabelle de Hainaut, première femme de Philippe Auguste.
Il eut pour enfants :
• Yolande de Coucy (v. 1161- † 18 mars 1222), mariée en 1184 à Robert II de Dreux, (v. 1154 - † 28 décembre 1218), frère d'Alix II de Dreux (1156 - († ap. 1217)
• Isabeau, mariée en premières noces à Raoul, comte de Roucy, et en secondes noces à Henri III († 1211), comte de Grandpré.
• Ade, mariée à Thierry, seigneur de Beure (Diederich III van Beveren).

• En secondes noces avec Alix II de Dreux(† ap. 1217), fille de Robert Ier de Dreux, frère du roi Louis VII de France, et d'Adèle de Dreux († ap. 1210). Il eut pour enfants :
• Enguerrand III de Coucy, (1182 - † 1243), dit le Bâtisseur ou le Grand
• Thomas de Coucy-Vervins († 1252/1253), fut l'auteur de la branche des Coucy-Vervins. Il épousa Mahaut de Rethel († ap. 1255), fille de Hugues II de Rethel († v.1227), comte de Rethel et de Félicité de Broyes, († 1257) dame de Beaufort
• Raoul évêque de Noyon
• Robert de Pinon, (1185 - † ap. 1234), sire de Pinon, qui épousa Élisabeth (v. 1205 - †1219), vicomtesse de Mareuil, fille de Robert de Pierrepont et d'Eustachie de Roucy(1170 - † 1221)
• Agnès de Coucy,(† 1214 ou après), mariée à Gilles de Beaumetz, châtelain deBapaume. Elle épousa en secondes noces Robert de Wavrin2, seigneur de Lillers et sénéchal de Flandre.


Histoire

Raoul de Coucy, se voyant veuf, et désireux d'enfant mâle, reprit une seconde alliance avec Alix II de Dreux, princesse de sang royal, qui était sa parente au quatrième degré car la mère de Raoul, Agnès de Beaugency, était la fille de Mahaut (ou Maud ou Mathilde) de Vermandois, fille ainée de Hugues de France dit le Grand, frère du roi Philippe Ier. Alix II de Dreux était fille de Robert Ier de Dreux, comte de Dreux, petit-fils du roi Philippe Ier, et nièce du roi Louis VII le Jeune. Alix II de Dreux eut pour mère Agnès de Baudement, comtesse de Braine, troisième femme de son père Robert Ier de Dreux, et pour frère Robert II le Jeune († 28 décembre 1218), comte de Dreux et de Braine, qui fut marié avec Yolande de Coucy, fille aînée de notre Raoul et d'Agnès de Hainaut sa première épouse. Par ses deux mariages, Raoul devint beau-père d'un grand prince, gendre d'un fils de France, et cousin germain par sa femme du roi Philippe Auguste.

[…]

Toutefois avant que de partir en Terre Sainte avec le roi Philippe Auguste, il fit un partage de ses terres et seigneuries entre les enfants nés de lui et de cette Alix II de Dreux, sa seconde épouse. Voici son testament3 dont l'original est en latin :

« Moi, Raoul, Seigneur de Coucy, veux qu'il soit notoire de tous, présents et futurs, qu'étant prêt à partir pour Jérusalem, et craignant qu'il ne s'élève quelques difficultés entre mes enfants, au sujet de la part de chacun d'eux, j'ai disposé de mes biens, selon que j'ai jugé convenable, et après avoir pris le conseil des gens de probité qui me sont attachés. J'ai donc donné à Enguerrand, mon fils aîné, toutes mes terres et seigneuries, pour être par lui possédées paisiblement, et sans réclamation quelconque, excepté les démembrements qui en ont été faits en faveur de mes autres enfants, et qui sont tels. Je veux que Thomas, mon fils, ait en libre et tranquille possession, et sans être inquiété de personne, Vervins, Fontaine et Landouzy; et qu'il retire annuellement sur les droits de vinage de Vervins et de Landouzy soixante livres en monnaie, telle qu'on l'emploie dans lesdits vinage, et dans ses possessions, il sera homme-lige de son frère Enguerrand. J'ai assigné à Raoul, qui possède un titre clérical, quarante livres de rente, à prendre sur mes revenus de Roye, et ce, tout le temps de sa vie. Quant à Robert, il aura pour sa part tous les biens qui m'ont été apportés en mariage par sa mère, et ma terre de Pinon, avec la redevance entière d'un certain bois que l'on nomme vulgairement le passage de Pinon; et il tiendra tous ces biens à la charge de plein hommage à son frère Enguerrand ; et s'il arrive que ledit frère Enguerrand vienne à mourir sans héritier, sa part retournera à Thomas son frère; et si au contraire un desdits enfants, quel qu'il soit, vient à décéder sans laisser d'héritier, sa part retournera entièrement à l'ainé. Pour ce qui est de ma fille Agnès, je lui donne mille et six cents livres, monnaie d'Artois, à prendre sur les revenus de Marle et Crécy; laquelle somme elle fera l'espace de huit ans à recevoir, à commencer seulement trois ans échus après mon départ. Ainsi, le jour de saint Remi de chaque année, elle recevra cent livres à Marle, et les cent autres livres restantes à Crécy ; et l'on chargera l'église de Prémontré du soin de lui faire toucher ses revenus. Et s'il arrive que, pendant mon voyage d'outre-mer, je vienne à décéder, si de même ladite Agnès, ma fille, cesse de vivre avant d'être mariée, tout ce qui lui restera d'argent comptant sera partagé en deux moitiés, dont une sera donnée à Alix, sa mère, qui est mon épouse, et l'autre sera léguée en aumône aux Hospitaliers, aux Templiers et à l'église de Prémontré, pour être partagés par égale part. Et enfin s'il nous arrive, à Alix, ma femme ainsi qu'à moi, de mourir, une moitié de ladite somme passera à fils aîné, et l'autre aura la première destination. J'entends que mes possessions, ainsi que les droits d'Alix ma femme, ne furent aucunement grevés, voulant que mes arrangements, même signés de moi, faisant tout le temps je vivrai dépendants de ma volonté; or, pour que cet acte de partage de mes biens soit authentique et irrévocable (à moins cependant que je me sois porté à y changer quelque chose), j'ai voulu qu'il fut écrit, et scellé de mon sceau. Fait l'an de l'incarnation de JC 1190. »

Car il fut tué au siège de la ville d'Acre l'an mille cent quatre-vingt-onze, et son corps apporté en l'abbaye de Foigny en Thiérache. Ensuite de quoi, Alix sa veuve envoya la commune de Marle au secours de Robert, seigneur de Pierrepont, en vue guerre qu'il eut l'an mille cent quatre-vingt-quinze dans le diocèse de Laon à l'encontre de Nicolas, seigneur de Rumigny. Et en l'année mille deux cent sept elle approuva toutes les aumônes que le même Raoul, son mari, avait octroyées sur son douaire à l'Église de Prémontré. Bref, elle vivait encore en l'année mille deux cent douze, comme enseigne un accord passé lors entre Thomas et Robert ses enfants, auquel elle assista.
Extrait de Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy - Paris 1631 - BNF
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 17:01

Hugues IV de Campdavaine

Hugues IV de Campdavaine (†Constantinople 1205), fils d'Anselme, comte de Saint-Pol de 1165 à 1205, puis seigneur de Didymotique en Thrace. Il participa à la 3e et 4e croisade.

Il participa avec Philippe d'Alsace, comte de Flandre, à la troisième croisade où il se distingua lors de la prise de Saint-Jean d'Acre.

Il reçut en 1194 de Philippe Auguste, les terres de Pont-Sainte-Maxence, de Verneuil et de Pontpoint, en raison de ses services rendus.

En 1202, il s'engagea pour la quatrième croisade, où il participa à la prise de Constantinople, le 12 avril 1204. Il reçut l'épée de connétable par le nouvel empereur Baudouin qui lui donna aussi la place forte de Didymotique, en Thrace.

Il mourut de la goutte en 1205. Il eut des funérailles somptueuses à Constantinople et son corps fut ramené en France où il fut inhumé dans l'Abbaye de Cercamps.

Avec Yolande, fille de Baudouin IV de Hainaut, veuve d'Yves III, comte de Soissons, il eut deux filles:
• Elisabeth, mariée à Gaucher III de Châtillon (ou Gauthier), fils de Guy II de Châtillon-sur-Marne.
• Eustachie, mariée à Jean, châtelain de Bruges, après avoir été fiancé à Arnould II, comte de Guines.







Jean Ier de Ponthieu



Jean Ier Montgommery (1141 - 1191) fut comte de Ponthieu à partir de 1147 à la mort de son père Guy II de Ponthieu et du vivant de son grand-père Guillaume Ier de Ponthieu.
Fils de Guy II de Ponthieu (1115 - 1147), comte de Ponthieu, et petit-fils d'Hélène de Bourgogne (1085 † 1141).

Il fit don d'une partie de ses forêts (l'actuel bois de Bonance, sur la commune de Grand-Laviers) à la maladrerie des Frères du Val, une léproserie fondée à Abbeville par les abbés de Saint-Riquier.
Il adopta des armoiries semblables à celles des ducs de Bourgogne, qui étaient ses cousins germains par sa grand-mère maternelle.

À peine au pouvoir, il eut une guerre avec Bernard III, seigneur de Saint-Valery, car il avait fortifié le Crotoy, Domart, Berneuil et de Bernaville qui hébergeait pillards et incendiaires. Après différentes hostilités, le roi Louis le Jeune ordonna que les parties s'accordent devant son conseil. Il fut décidé que l'affaire, très embrouillée, serait réglée par duel. Avant que le duel eût lieu, les parties se mirent finalement d'accord en mai 1150 : le Crotoy demeurait au comte et Domart, Berneuil et Bernaville allaient au seigneur de Saint-Valery.

En 1166, Jean consentit à la cession que son aïeul avait faite au roi d'Angleterre Henri II, des châteaux d'Alençon et de la Roche-Mabile, pour y stationner des garnisons normandes et anglaises. En 1168, Jean ayant refusé le passage des troupes d'Henri II d'Angleterre sur ses terres, car ce dernier était en guerre avec Louis le Jeune, Henri II d'Angleterre brûla plusieurs possessions de Jean dont le Vimeu.

En 1173, Jean soutint le parti de Henri au Court-Mantel, révolté contre le roi d'Angleterre, son père.
Le 9 juin 1184, il confirma le droit de commune aux habitants d'Abbeville accordé en 1130 par son aïeul, Guillaume.

En 1190, il partit pour la Terre-Sainte avec le roi Philippe Auguste. Il mourut au Siège de Saint-Jean-d'Acre (1191). Il fut inhumé à l'abbaye de Saint-Josse-aux-Bois.

Il épousa :
1. Mahaut
2. Laure, fille de Bernard III de Saint Valéry, dont il se sépara, ce qui lui valut une menace d'excommunication.
3. Béatrice, fille d'Anselme de Campdavaine, comte de Saint-Pol, et d'Eustachie de Champagne
De ces trois épouses, seule Béatrix donna naissance à des enfants2 :
• Guillaume II († 1221), comte de Ponthieu
• Adèle, mariée à Thomas, seigneur de Saint-Valéry et de Domart
• Marguerite, mariée à Enguerrand de Piquigny, vidame d'Amiens ou avoué héréditaire de l'évêché
• Hélène, mariée à Guillaume d'Estouteville
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Ven 11 Mar - 18:45

Richard Cœur de Lion , roi d’Angleterre


Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion (8 septembre 1157, palais de Beaumont à Oxford – 6 avril 1199, château de Châlus Chabrol) fut roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, comte du Maine et comte d'Anjou de 1189 à sa mort en 1199. Il fut aussi mécène de troubadours et auteur de poèmes.
Fils d’Henri II d'Angleterre et d’Aliénor d'Aquitaine, Richard est élevé dans le duché d'Aquitaine à la cour de sa mère, ce qui lui vaut dans sa jeunesse le surnom de Poitevin. Il devient comte de Poitiers à l'âge de onze ans et duc d’Aquitaine lors de son couronnement à Limoges. Après la mort subite de son frère aîné le roi Henri le Jeune en 1183, il devient héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, de la Normandie et du Maine.
Pendant son règne, qui dure dix ans, il ne séjourne que quelques mois dans le royaume d’Angleterre et n'apprend jamais l'anglais. Il utilise toutes ses ressources pour partir à la troisième croisade, puis pour défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il a prêté allégeance au roi Philippe, constituent la plus grande partie de son héritage Plantagenêt.

Les Anglais l’appellent Richard Ier, les Français Richard Cœur de Lion, dans les régions occitanes, il est surnommé Oc e No, et les Sarrasins, Melek-Ric ou Malek al-Inkitar (roi d'Angleterre).
En son temps, il est considéré comme un héros, et souvent décrit comme tel dans la littérature. Il est aussi un poète et un écrivain célèbre à son époque, notamment pour ses compositions en occitan, sa langue maternelle.

Biographie

A. Famille et enfance



Richard naît probablement au palais de Beaumont en Angleterre. Troisième fils d’Henri II d’Angleterre (l’aîné, appelé Guillaume, né en 1153, est mort à l’âge de trois ans) et d'Aliénor d'Aquitaine, Richard n’est pas destiné à succéder à son père. Il est cependant le fils préféré de sa mère (qui avait eu deux filles de son premier époux, le roi Louis VII de France) et, lorsque ses parents se séparent, il devient son héritier à la couronne d’Aquitaine en 1168, puis au titre de comte de Poitiers.

En 1169, il est fiancé à Adèle de France (fille du roi de France Louis VII le jeune) Son père Henry II la fit venir en Angleterre, pour prendre possession des terres constituant sa dot (comté d'Aumale et comté d'Eu), mais, dès qu'elle fut nubile, il aurait abusé d'elle, en aurait fait sa maîtresse et retarda le mariage. Par le traité de paix signé le 30 septembre 1174 à Montlouis entre Tours et Amboise, le roi Henri II renouvela à Louis VII, la promesse du mariage entre Adèle et son fils Richard, mais il ne s'y tint pas, et en 1177, le pape Alexandre III intervint pour le sommer, sous peine d'excommunication, de procéder au mariage convenu. Le Berry devait être sa dot. Il renouvela sa promesse en décembre 1183 et au carême 1186, mais ne tint toujours pas ses promesses. Entre temps Adèle aurait donné la vie à un fils.

Après la mort du roi Henri II Plantagenêt, le 6 juillet 1189, son fils et successeur Richard fit venir Adèle à Rouen en février 1190, mais en 1191, il avertit le roi de France Philippe-Auguste qu'il ne saurait prendre sa sœur comme femme à cause du déshonneur dont il l'accusait.


B. Révolte contre son père Henri II

Comme les autres enfants légitimes d’Henri II Plantagenêt, Richard montre peu de respect pour son père et manque de clairvoyance à long terme ainsi que du sens des responsabilités.

En 1170, son frère Henri « le Jeune » (1) est couronné roi d’Angleterre, avant la mort de son père. Il est ainsi dénommé pour le différencier de son père, puisqu’il ne règne pas encore. Vers 1170, Richard reçoit le comté de Poitiers et le duché d'Aquitaine, lors de cérémonies d'investiture à Saint-Hilaire de Poitiers, puis à Limoges. En 1173, Richard rejoint ses frères Geoffroy II de Bretagne (2), époux de Constance de Bretagne, et Henri le Jeune dans leur révolte contre leur père. Déjà dotés de fiefs par leur père, ils espèrent le remplacer effectivement au pouvoir, poussés en cela par leur mère. Henri II envahit l’Aquitaine deux fois, et à dix-sept ans, Richard est le dernier de ses fils à lui tenir tête. Finalement, il refuse un combat face-à-face, et lui demande son pardon. En 1174, Richard renouvelle ses vœux de soumission à son père.

Après son échec, Richard va mater les nobles mécontents d’Aquitaine, spécialement en Gascogne. Il fonde Marmande en 1182, s’y installe et construit de nombreux châteaux forts dans les environs (Soumensac). Il se taille une affreuse réputation de cruauté, avec de nombreuses accusations de viols et de meurtres. Les rebelles espèrent détrôner Richard et appellent ses frères à l’aide. Henri II a peur que cette guerre entre ses trois fils ne conduise à la destruction de son royaume, et il lance son armée à son aide. Le 11 juin 1183, Henri le Jeune meurt, et son père Henri II est toujours sur son trône.

Richard a une raison majeure de s’opposer à son père. Ce dernier a pris comme maîtresse la princesse Adèle, fille du roi Louis VII, alors qu’elle lui était promise. Cela rend aux yeux de l’Église le mariage avec Richard techniquement impossible. Mais Henri, voulant éviter un incident diplomatique, ne confesse pas son erreur de conduite. Quant à Richard, il ne renonce au mariage qu’en 1191.


C. La troisième croisade


a) préparatifs

Très absent de son royaume d’Angleterre, Richard préfère se consacrer à ses possessions françaises et à la croisade en Terre sainte.

Peu après son accession au trône (1189), il décide de se joindre à la troisième croisade, inspirée par la perte de Jérusalem, prise par Saladin. Mais, craignant que le roi de France, Philippe Auguste, n’usurpe ses territoires en son absence, il le persuade de se joindre à lui. Les deux rois prennent la croix le même jour.
Richard est accusé de faire peu pour l’Angleterre, se contentant d’épuiser les ressources du royaume en empruntant à des juifs pour financer ses expéditions en Terre sainte. Il relève également les taxes, et dépense la majeure partie du trésor de son père. Il rassemble et emprunte autant d’argent qu’il le peut, libérant par exemple le roi d’Écosse de son hommage en échange de dix mille marcs, et vendant nombre de charges officielles et autres droits sur des terres. Par ailleurs, c’est grâce aux réformes importantes de son père en matière de législation et de justice qu’il lui sera possible de quitter l’Angleterre pendant une longue période.

En 1190, Richard part finalement pour la troisième croisade avec son ami le seigneur de Sablé et futur Grand-Maitre templier, Robert de Sablé (3) (qui passa dix-neuf ans à sa cour). Il s'embarque avec Philippe Auguste à Marseille, laissant Hugues, évêque de Durham, et Guillaume de Mandeville comme régents. Guillaume de Mandeville, qui meurt rapidement, est remplacé par Guillaume Longchamp. Mécontent de cette décision, le frère de Richard, Jean, se met à manigancer contre Guillaume.

Pendant l'été 1190, Richard décide de débarquer près de Naples tandis que Philippe Auguste gagne directement Messine le 16 septembre. De la région de Naples, il gagne Messine par voie terrestre en passant par Amalfi, Salerne et Mileto, où il est agressé par des gens du cru. Selon Roger de Hoveden (4), Richard s'était écarté de sa suite et avait molesté un paysan ; aussitôt, tous les habitants du village l'attaquent et il ne doit sa survie qu'à la rapidité de sa fuite.

b) passade de la croisade par la Sicile


En septembre 1190, Richard et Philippe sont en Sicile. En 1189, le roi Guillaume II de Sicile est mort. Son héritière, sa tante Constance, future reine Constance Ire de Sicile (5), est mariée à l’empereur Henri VI. Mais immédiatement après la mort de Guillaume, son cousin Tancrède de Lecce (6) se rebelle, prend le contrôle de l’île, et début 1190, est couronné roi de Sicile. Il est préféré par le peuple, et par le pape, mais il est en conflit avec les nobles de l’île. L’arrivée de Richard accentue les difficultés. Tancrède a emprisonné la veuve de Guillaume, la reine Jeanne, la sœur de Richard, et ne lui donne pas l’argent qu'elle a hérité selon la volonté du défunt. Richard réclame la libération de sa sœur et la remise de son héritage. Pendant ce temps, la présence de deux armées étrangères cause des troubles parmi la population, exaspérée notamment par le comportement des soldats envers les femmes. En octobre, la population de Messine se révolte, demandant que les étrangers quittent l’île. Une rixe éclate le 3 octobre entre des soldats et des habitants de la ville, « ramas de Grecs et de ribauds, gens issus de sarrasins » qui conspuaient les pèlerins tout en les traitant de « chiens puants ». Richard attaque Messine et la prend le 4 octobre 1190. Après l’avoir pillée et brûlée, Richard y établit son camp. Il y reste jusqu’en mars 1191, quand Tancrède accepte finalement un traité. Celui-ci est signé, toujours en mars, par Richard, Philippe et Tancrède. En voici les termes :

• Jeanne doit être libérée, recevoir sa part d’héritage ainsi que la dot que son père avait donnée à feu Guillaume,
• Richard et Philippe reconnaissent Tancrède comme légalement roi de Sicile et souhaitent conserver la paix entre leurs royaumes,
• Richard proclame officiellement son neveu Arthur de Bretagne, le fils de Geoffroy et de Constance de Bretagne, comme son héritier, et Tancrède promet de marier dans le futur une de ses filles à Arthur, quand il sera majeur (Arthur a alors quatre ans).

Le traité ébranle les relations entre l’Angleterre et le Saint-Empire romain germanique, et cause la révolte de Jean sans Terre, qui espère être proclamé héritier à la place de son neveu. Bien que sa révolte échoue, Jean continue dès lors de comploter contre son frère.



c) passage de Richard par Chypre

Richard et Philippe reprennent la mer. En avril, Richard s'arrête sur l’île byzantine de Rhodes pour éviter une tempête. Il la quitte en mai, mais une nouvelle tempête amène sa flotte à Chypre, où trois de ses navires s'échouent. L'attitude hostile du prince Isaac Doukas Comnène, qui régnait sur Chypre après s'être détaché de l'empire byzantin en 1184, provoque, le 6 mai 1191 le débarquement de la flotte de Richard dans le port de Lemesos (aujourd'hui Limassol). Il tente de s'entendre avec le Grec pour le ravitaillement d'Acre, mais devant la perfidie de ce dernier (Isaac était en fait de mèche avec Saladin), Richard entreprend la conquête de l'île. Les quelques catholiques romains de l’île se joignent à Richard, ainsi que ses nobles, révoltés par les sept années du joug tyrannique d’Isaac.

Après avoir été défait à Kolossi (à l'ouest de Limassol), Isaac réorganise sa défense à Trémithoussia, sur la route menant à la capitale Nicosie, où se livre une bataille décisive le 21 mai 1191. Isaac est vaincu et fait prisonnier par Richard, qui devient le nouveau maître de Chypre. Il pille l’île et massacre ceux qui tentent de lui résister. Pendant ce temps, la promise de Richard, Bérangère de Navarre, première-née du roi Sanche VI de Navarre, l’a enfin rejoint sur sa route vers la Terre sainte. Leur mariage est célébré à Limassol, le 12 mai 1191. La sœur de Richard, Jeanne, l’a suivi depuis la Sicile et assiste à la cérémonie. Le mariage ne produit pas d’héritier, et les opinions divergent sur l’entente entre les époux. La malheureuse Bérangère ne reverra l’Angleterre qu’après la mort de Richard.

Cette conquête de Chypre allait avoir un impact très important sur l'Orient latin. D'un côté, l'île, pleine de ressources, allait constituer un centre de ravitaillement assuré pour l'Orient latin (et notamment pour Acre encore assiégée) et une escale sûre pour les armadas italiennes (maîtresses de la mer) et les autres croisades. D'un autre côté, elle allait participer au déclin de l'Orient latin en attirant les colons et barons syriens : entre les terres pleines de richesse de l'île et celles sans cesse exposées au danger de la Palestine, le choix était évident pour nombre de chevaliers, d'autant plus que le clan des Lusignan, futurs maîtres de Chypre, n'hésitait pas à multiplier les offres de terres et autres baronnies.


d) la croisade en Terre Sainte

Avant de partir pour Acre et pour seulement 25 000 marcs d'argent, Richard vend l'île de Chypre à son ami Robert de Sablé, le grand-maître de l'ordre du Temple. Les Templiers y installeront pendant quelques années leur première base en Orient avant de la vendre à Guy de Lusignan. Richard, avec presque toute son armée, quitte Chypre pour la Terre sainte au début de juin. En son absence, Chypre doit être gouvernée par Richard Kamvill.
Richard arrive à Acre en juin 1191 avec son ami le grand-maître de l'ordre du Temple Robert de Sablé, deux mois après Philippe Auguste. La ville, assiégée depuis deux ans par les Francs (eux-mêmes encerclés par l'armée de Saladin), commence à être à bout. L'arrivée du roi Richard, à la fois fabuleux combattant et tacticien, amène la chute d'Acre en juillet 1191. C'est lors de cette victoire que Richard va s'illustrer sombrement en massacrant 3 000 prisonniers musulmans, parce que Saladin tardait à lui remettre une relique de la Vraie Croix, 2 500 prisonniers chrétiens ainsi qu'une rançon convenue (20 août 1191, après le départ de Philippe Auguste). Après cet acte de barbarie qui va renforcer le jihad et rendre entre autres les futures négociations très difficiles (notamment pour la restitution de Jérusalem), Richard part conquérir le littoral avec Robert de Sablé et ses Templiers, mais il reste le seul chef de toute l'armée franco-anglaise (le roi de France est parti avec sa propre maison, laissant toutes ses troupes sous la houlette du duc de Bourgogne). Richard a aussi tout fait pour imposer comme roi de Jérusalem Guy de Lusignan (celui-ci étant originaire du Poitou, et donc son vassal) au détriment de l'énergique Conrad de Montferrat, sauveur de Tyr en pleine débâcle franque et soutenu ardemment par tous les barons syriens.
Lors de leur conquête du littoral sud, Richard, Robert et leurs troupes furent harcelés sans cesse par les troupes de Saladin. Les croisés ne tombèrent pas dans le piège de la poursuite et restèrent solides. Cependant, Saladin, ayant reçu des renforts turcomans, engagea la bataille d'Arsouf dans une position stratégique très favorable : les croisés étant encerclés, adossés à la mer. Richard ne perdit pas son calme et tenta une habile manœuvre d'encerclement pour écraser totalement l'armée adverse. Mais un hospitalier et un chevalier anglais chargèrent pour la gloire, entraînant avec eux quelques autres chevaliers. Richard dut alors charger avec toute la cavalerie pour éviter une désorganisation possiblement fatale, et après de durs combats, la victoire fut pour Richard. Celle-ci ne fut pas complète cependant et ne conduisit qu'à disperser et repousser l'armée ennemie, Richard n'ayant pu réaliser le mouvement tournant qui lui aurait permis une victoire décisive. Saladin détruisit alors des places fortes (Jaffa notamment) avant l'arrivée des croisés. Le littoral conquis et certaines places fortes reconstruites (Jaffa, Ascalon…), Richard partit vers Jérusalem en plein hiver. Mais il renonça finalement au siège, sous l'insistance notamment des barons syriens : la saison était mauvaise et ces derniers savaient qu'ils ne pourraient tenir Jérusalem une fois tous les croisés repartis. Le roi revint par la suite à deux reprises, mais avec son armée affaiblie, tandis que celle de Saladin était toujours plus grande et plus forte, il renonça alors qu'il pensait toujours que la ville était à portée de main. Il est vrai qu'il avait reçu de graves nouvelles d'Angleterre et qu'il ne pensait qu'à rejoindre son royaume.

Il finit par embarquer le 9 octobre 1192, après avoir bâclé la paix avec Saladin (celui-ci, conscient des difficultés de Richard, tergiversait intelligemment) et mis à la tête d'Acre son neveu, le comte Henri II de Champagne (Conrad de Montferrat avait été assassiné par la secte des Assassins, et Guy de Lusignan dit « Sa Simplesse », devenu trop embarrassant pour les croisés, fut nommé à la tête du Royaume de Chypre).


e) capture et retour de Richard dans ses terres

À la suite des manœuvres du roi français Philippe, le duc Léopold V de Babenberg capture Richard sur son chemin de retour, près de Vienne, à l’automne1192. Richard l’a en effet publiquement insulté durant la croisade. Emprisonné à Dürnstein, il est ensuite livré à l’empereur Henri VI qui réclame une rançon de cent cinquante mille marcs d’argent, équivalant à deux années de recettes du royaume d’Angleterre. Bien que les conditions de sa captivité ne soient pas strictes, il est frustré par l’impossibilité de voyager librement. De cet emprisonnement est tirée la légende de Blondel.

L’empereur le libère en février 1194 contre un premier versement de cent mille marcs d’argent que sa mère, Aliénor d'Aquitaine, réussit à rassembler péniblement. L’empereur lui extorque également un serment d’allégeance de la couronne d’Angleterre à l’Empire avec le devoir de payer un tribut de cinq mille livres sterling par an. Le 20 mars 1194, Il débarque au port de Sandwich et retrouve l'Angleterre.

Il prend une à une les forteresses de son frère Jean, le château de Nottingham est le dernier à tomber car durant son absence, son frère Jean fut près de conquérir le trône.

Il débarque à Harfleur le 13 mai et prend le chemin pour Verneuil sur Avre assiègée par Philippe Auguste. Auparavant, Jean qui voit son frère arriver si tôt en Normandie se rallie à son frère à Lisieux. Richard campe à l'Aigle, le roi de France Philippe se sentant menacé profite des fêtes de la Pentecôte (29 mai) pour fuir, sacrifiant son arrière garde. Dés lors le but de Richard est de reprendre le contrôle des forteresses objet du traité signé en janvier entre Philippe et Jean, où d'en empêcher la prise, car tous les gouverneurs n'ont pas accepté les clauses de ce traité. Il descend sur l'Anjou.

Philippe se venge de la trahison de Jean en brûlant Evreux. Il réalise un peu tard le dessin du roi d'Angleterre quand celui-ci a reprit la place forte de Loches. Fin juin, Philippe prend le château de Fréteval et tourne son Ost sur la forteresse de Vendôme. Richard campe alors à moins d'une lieue et fait dire à Philippe qu'il l'attend. Profitant de la nuit Philippe lève le camp, son armée suit péniblement la rive gauche du Loir...Complètement désorganisée elle est cueillie au petit matin à quelques kilomètres de Fréteval. Philippe qui s'était éloigné de l'itinéraire pour se reposer dans un châtelet sur une île du Loir parviendra à fuir avec une poignée d'hommes, mais ses sceaux royaux, son trésor et ses chartes feront partie du butin récupéré par Richard.
Après son départ en mai 1194, il ne retournera pas en Angleterre.

En janvier 1196, Richard assiège Gaillon dont Lambert Cadoc est le châtelain. Lambert Cadoc repère Richard du haut de la tour et le vise avec son arbalète : le trait atteint le roi au genou et tue son cheval. Ironiquement, c'est Richard lui-même qui a recruté Lambert Cadoc, avec d'autres mercenaires, dans le Pays de Galles, pour combattre le roi de France ; mais une partie de ces Gallois, dont Lambert Cadoc, poussés par leur haine des Normands et des Saxons, ont fait défection et rejoint l'autre camp.

Durant plusieurs années de guerre, Richard parvient à redresser la situation et à défendre efficacement la Normandie. Il fait construire à cet effet une série de châteaux dont le célèbre Château-Gaillard près des Andelys, sur la rive droite de la Seine, mais aussi la forteresse d’Arques-la-Bataille, ainsi que les châteaux de Radepont dans la vallée de l’Andelle, Montfort-sur-Risle dans la vallée de la Risle, Orival sur la Roche Fouet surplombant la Seine en amont de Rouen au-dessus d’Elbeuf, et fait améliorer le château de Moulineaux surplombant la Seine en aval de Rouen. Cependant, le pape lui impose une trêve qui profite à Philippe Auguste.



D. mort de Richard à Châlus

Le 26 mars 1199, Richard assiège le château de Châlus Chabrol possession du vicomte Adémar V de Limoges, dit Boson. Il est atteint par un carreau d'arbalète tiré par un chevalier de petite noblesse limousine, Pierre Basile (7). La flèche est retirée mais la gangrène s'installe. Richard meurt le 6 avril 1199, onze jours après sa blessure. Son corps est enterré en l’abbaye de Fontevraud (située non loin de Saumur), son cœur embaumé est enfermé dans un reliquaire et enterré dans un tombeau surmonté d'un gisant à son effigie en la cathédrale de Rouen. C'est en « remembrance d'amour pour la Normandie » qu'il en avait fait don à cette ville, et ses entrailles sont déposées en l'église (actuellement ruinée) du château de Châlus Chabrol. Philippe de Cognac (Cool, fils illégitime supposé de Richard Cœur de Lion, le venge en assassinant Adémar.

Jean succède à Richard sur le trône d’Angleterre. Cependant les territoires continentaux le rejettent, au début, lui préférant leur neveu Arthur de Bretagne, fils de leur frère Geoffroy, dont les droits sont techniquement meilleurs que les siens.



Autour de Richard

A. Caractère et réputation

Richard est très respecté par son plus grand rival militaire, Saladin, ainsi que par l’empereur Henri, mais il est également haï par nombre de ses anciens amis, en particulier le roi Philippe Auguste.
Il se soucie peu de sa propre sécurité : la blessure reçue lors du siège de Châlus, qui aura raison de lui, ne se serait pas produite s’il avait été correctement protégé par une armure ; par la suite, l'infection aurait pu être évitée. Un incident très similaire s’était déjà produit dix ans auparavant, lorsque, combattant contre son père, il avait rencontré, désarmé, Guillaume le Maréchal, et avait dû le supplier pour avoir la vie sauve.


B. Richard et les arts


Richard est un mécène et protecteur des troubadours et trouvères de son entourage il est également poète. Il est lui-même intéressé par l'écriture et la musique, et on lui attribue deux poèmes qui nous sont parvenus. Le premier est un sirventès, Dalfin je us voill desrenier, le second est une complainte, Ja nuns hons pris.




(1) Henri dit le Jeune ou le jeune roi (28 février1 1155 – 11 juin 1183), prince angevin, roi d'Angleterre conjointement avec son père à partir de 1170, est le fils et héritier présomptif d'Henri II d'Angleterre de 1156 à 1183. Il tient son surnom de son couronnement anticipé du vivant de son père. Henri naît à Londres, le 28 février 1155. Il est le deuxième des cinq fils d'Henri II, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine. À la mort de son frère aîné Guillaume, en décembre 1156, il devient l'héritier du trône d'Angleterre. Mari de Marguerite de France, aucun enfant.




(2) Geoffroy II de Bretagne ou Geoffroy Plantagenêt (né le 23 septembre 1158 - mort le 19 août 1186 à Paris2 à l'âge de 27 ans), est le fils du roi d’Angleterre, duc de Normandie et comte d’Anjou Henri IIPlantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine,duchesse d’Aquitaine. Geoffroy est intronisé duc de Bretagne à Rennes en1169 du fait de sa fiancée Constance de Bretagne.

Geoffroy est le jeune frère de Guillaume, comte de Poitiers (1153-1156), de Henri le Jeune Roi (1155-1183), de Mathilde, duchesse de Saxe (1156-1189), et de Richard Ier Cœur de Lion (1157-1199). Il est également le frère aîné d'Aliénor, reine de Castille (1161-1214), de Jeanne, reine de Sicile (1165-1199) et de Jean sans Terre (1166-1216).

Sa mère, Aliénor d'Aquitaine, est anciennement reine de France par son mariage à Louis VII de France, Geoffroy est donc le demi-frère maternel de Marie de France (1145-1198) et d'Alix de Blois (1150-1195).
Son père, le roi d'Angleterre Henri II, eut quelques enfants illégitimes de diverses maîtresses. Geoffroy est donc le demi-frère paternel de Geoffroy, archevêque d'York (1151-1212), de Guillaume de Longue-Épée (1176-1226) et de Morgan (après 1180 – après 1213)
.
Par son union avec Constance, duchesse de Bretagne, Geoffroy II laissait deux très jeunes enfants, Aliénor- et Arthur, fils posthume destiné à hériter du duché.




(3) Robert IV de Sablé, seigneur de Sablé, un des principaux barons du Maine, alors sous domination anglaise, est le onzième maître de l'Ordre du Temple qu'il a dirigé de 1191 à sa mort en 1193. Il a combattu au côté de Richard Cœur-de-Lion pendant la troisième croisade. Il a aussi laissé une œuvre poétique.

Robert IV de Sablé est le fils de Robert III de Sablé1, et de Dame Hersende d'Anthenaise de Chaouches et deMalicorne, fille de Savary Ierd'Anthenaise.

En 1174, Robert IV de Sablé épousa Clémence de Mayenne, fille de Geoffroy III de Mayenne et d'Isabelle de Meulan, née vers 1160.

Robert eut de ce mariage :
1. Geoffroi, dit Geoffroy de Cornillé, du nom d'une seigneurie angevine, en la Boissière-Saint-Florent,
2. Marguerite, dite Marguerite de Sablé, (1175-1238), femme de Guillaume des Roches ;
3. Philippe, femme de Geoffroi Marteau.

Il était certainement veuf lorsqu'il entra dans l'ordre du Temple




(4) Roger de Hoveden, ou Roger de Howden, est un chroniqueur anglais vivant entre la seconde moitié du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle.




(5) Constance de Sicile, de la famille des Hauteville, née en 1154, fut reine consort de Germanie puis impératrice consort du Saint-Empire et enfin reine de Sicile. Elle est la fille posthume du roi normand Roger II de Sicile, (mort en février 1154) et de Beatrix de Rethel.

Son neveu, le roi Guillaume le Bon, la donne en mariage au prince impérial germanique Henri de Hohenstaufen, fils de l'empereur germanique Frédéric Barberousse (1186). La mort prématurée et sans descendance légitime de son neveu en 1189 plonge le royaume siciliano-normand dans de graves problèmes de succession lorsque l'empire germanique prétend à l'héritage du royaume par mariage et Constance est un moment prisonnière du candidat normand, Tancrède de Lecce, couronné roi à Palerme au début de l'année 1190. Capturée à Salerne, elle est ramenée à Palerme puis éloignée à Naples avant d'être finalement libérée par son mari, Henri de Hohenstaufen, vainqueur de Tancrède et couronné enfin roi le 25 décembre 1194 ; Constance devient dès lors reine de Sicile. Elle ne peut empêcher le pillage des richesses de l'île par les troupes germaniques et la sévère répression de son mari envers la noblesse normande. Cependant, à la mort de ce dernier en 1197, elle renvoie un certain nombre de seigneurs germaniques installés dans le royaume. Mère du futur roi de Sicile, Frédéric de Hohenstaufen, la « stupor mundi », elle meurt peu de temps après son époux, le 27 novembre 1198, après avoir confié par testament la régence du royaume de Sicile au pape Innocent III.




(6) Tancrède de Lecce, né vers 1138 et mort le 20 février 1194 à Palerme, est un roinormand de Sicile.

Tancrède est le fils bâtard du prince Roger de Hauteville, duc d'Apulie, fils aîné du roi Roger II de Sicile, et d'Emma, fille du comte Achard II de Lecce.




(7) Pierre Basile est, selon les chroniqueurs Roger de Wendover et Bernard Itier (Ithier), bibliothécaire de l'abbaye Saint-Martial de Limoges, le chevalier Limousin qui blessa mortellement Richard Cœur de Lion lors du siège du château de Châlus-Chabrol le26 mars 1199 d'un carreau d'arbalète qui atteignit le roi d'Angleterre à la base du cou.




(Cool Philippe de Faulconbridge, dit de Cognac (vers 1180 - † après 1201) serait le fils naturel de Richard Cœur de Lion et d'une maîtresse dont le nom est resté inconnu.
Son père lui fait épouser Amélie de Jarnac, héritière par son père Ithier V de Cognac, des seigneuries de Cognac, Merpins et Archiac, et par sa grand-mère Nobilie, des seigneuries de Jarnac et Châteauneuf.
Ces domaines resteront aux Anglais jusqu'en 1242, date à laquelle Henri III d'Angleterre, fils aîné de Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême, les donne à sa mère, alors remariée à Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême.

Seul enfant connu de Richard Cœur de Lion, il venge son père en assassinant le vicomte Adémar V de Limoges qu'il considérait comme responsable de sa mort au siège du château de Châlus.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 17:00





Guy de Lusignan , roi de Jérusalem  (voir notes plus haut)

Geoffroy de Lusignan , comte de Jaffa, puis roi de Jérusalem (voir note plus haut)

Conrad de Montferrat , prince titulaire de Galilée (voir note plus haut)





Hugues II de Saint-Omer ,prince titulaire de Galilée.

Hugues II de Saint-Omer (v. 1150 † après 1204) fut un prince titulaire de Galilée et de Tibériade de 1187 à 1204, il était fils de Gautier de Saint-Omer, prince de Galilée, et d'Echives de Bures.

À la mort de son père, sa mère se remaria avec Raymond III, comte de Tripoli, qui devint ainsi prince de Galilée et de Tibériade. En 1187, les chevaliers du royaume de Jérusalem furent battus à Hattin et Saladin reconquit une bonne partie du royaume, et notamment la principauté de Galilée. Raymond III meurt peu après, mais Hugues II n'hérite que d'un titre.

Il est le héros de l'Ordène de chevalerie, poème racontant son emprisonnement par Saladin.

Il épousa Marguerite d'Ibelin, fille de Balian d'Ibelin et de Marie Comnène, mais n'eut pas d'enfants. En 1204, il cède ses droits à son frère Raoul, et s'installe dans l'empire latin de Constantinople. Il meurt dans les années qui suivent, car sa veuve se remarie en 1210 avec Gautier III de Brisebarre, seigneur de Césarée.





Onfroy IV de Toron  

Onfroy IV de Toron, né vers 1166, mort vers 1192, seigneur de Toron (1179-1183), puis d'Outre-Jourdain et de Montréal (1187-1189), fils d'Onfroy III de Toron et d'Étiennette de Milly. Il était également le beau-fils des second et troisième maris de sa mère, Miles de Plancy et Renaud de Châtillon.

Les Toron étaient une des premières familles croisées et membres de la faction des barons, à l'opposé des nouveaux venus qui venaient d'Europe pour combattre et s'allier à la famille royale. Onfroy devint seigneur de Toron à la mort de son grand-père Onfroy II de Toron.

En 1180, il devint fiancé d'Isabelle de Jérusalem, fille du roi Amaury Ier, à la condition que Toron soit annexé au royaume. En novembre 1183, Onfroy adolescent et Isabelle, âgée de onze ans furent mariés au krak de Montréal, qui fut peu après assiégé par Saladin. La mère d'Onfroy convainquit Saladin d'épargner la tour où vivaient les jeunes mariés, mais il continua à bombarder le reste du château. Baudouin IV de Jérusalem arriva alors avec son armée et fit lever le siège.

En 1186, quand Baudouin V mourut, Renaud de Châtillon tenta de convaincre Onfroy de prétendre au trône selon les droits de son épouse, que la reine douairière Marie et la faction Ibelin voulait couronner. Cependant, Onfroy, connu comme peu ambitieux et peu conflictuel, décrit comme calme et même efféminé, ne se pensa pas fait pour le trône. Il préféra soutenir Guy de Lusignan, le mari de Sibylle, la demi-sœur d'Isabelle, à qui il jura fidélité. Renaud et les autres familles suivirent son choix, et même les Ibelin, même si Guy était arrivé récemment d'Outremer.

Guy se révéla être un roi très médiocre, et Saladin envahit le royaume en 1187. Onfroy fut capturé à la bataille de Hattin, fut libéré et retourna au krak pour en préparer la défense. Il fut de nouveau capturé quand le krak tomba en 1189, mais recouvra la liberté.


Les barons de Jérusalem s'étaient résignés à accepter Guy de Lusignan comme roi à cause du manque d'autres candidats (dû à la défection d'Onfroy). En 1190 pendant la troisième croisade, l'archevêque de Pise et l'évêque de Beauvais annulèrent le mariage d'Isabelle et d'Onfroy, au prétexte qu'Isabelle n'avait pas l'âge requis et avait été contrainte par son beau-frère Baudouin IV. L'annulation était au profit de Conrad de Montferrat, qui voulait épouser Isabelle pour prétendre au trône. Onfroy et Isabelle formaient un couple soudé et Isabelle ne voulait pas se séparer et préférait Onfroy à Conrad plus âgé, mais Onfroy ne voulait pas de conflit avec les autres barons. Il fut aussi intimidé par un chevalier français, Guy de Senlis, qui le défia, défi qu'Onfroy ne releva pas. Conrad épousa Isabelle et obtint le trône, avec l'appui des Ibelins et des autres barons.

Onfroy combattit bientôt avec Richard Cœur de Lion, d'abord à la conquête de Chypre, puis contre Saladin. Parlant l'arabe, il participa aux pourparlers entre Richard et Saladin. En 1192, Conrad de Montferrat fut tué par des Assassins, et Richard et Onfroy furent suspectés d'avoir commandité le crime, mais c'est peu probable. Isabelle épousa Henri II de Champagne, malgré les protestations d'Onfroy qui estimait que l'annulation de son mariage n'était pas valable.

Il mourut peu après, et la seigneurie de Toron fut revendiquée par sa sœur Isabelle (mariée à Roupen III, prince d'Arménie). Cette revendication se transmit à la famille de Montfort, dont les membres furent seigneurs de Toron et de Tyr.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 17:13

Renaud Granier (ou Grenier)



Renaud Granier (ou Grenier) (né vers1130 - mort en 1202) était comte de Sidon
Débuts

Renaud était le fils de Géraud Granier (ou Grenier) et Agnès de Bures, et petit-fils de Eustache Granier (ou Grenier). En 1170, il épousa Agnès de Courtenay, qui avait été déjà mariée trois fois: tout d'abord avec Renaud de Marash, qui la laissa veuve; deuxièmement à Amaury Ier de Jérusalem, Comte de Jaffa et d'Ascalon et futur roi de Jérusalem, avec lequel elle eut deux enfants, Baudouin et Sibylle, et enfin à Hugues d'Ibelin, qui venait de mourir. Son mariage avec Amaury fut annulé en 1163 quand il fut découvert que les deux époux étaient apparentés avec un degré de consanguinité prohibé. […]

Si, comme il semble, Renaud était toujours marié à Agnès lorsqu'Amaury mourut en 1174 et que son fils Baudouin IV, lépreux et âgé de 13 ans seulement, lui succéda, Renaud aurait donc été le beau-père du roi. Lorsqu'il fallut élire le bailli du royaume, Renaud a soutenu la candidature de Raymond III de Tripoli (cousin germain d'Amaury) contre Milon de Plancy.

Renaud était présent à la bataille du mont Gisard en 1177, mais pas à la bataille du gué de Jacob en 1179, étant arrivé trop tard avec ses troupes. Selon Guillaume de Tyr, il aurait pu sauver de nombreux rescapés de la bataille s'il avait continué sa route, mais suivant l'avis des premiers fuyards qu'il croisa, il retourna à Sidon, laissant de nombreux rescapés se faire tuer dans une série d'embuscades. Il participa à la défense du royaume quand Saladin envahit le territoire en 1183 ; là Guillaume de Tyr le cita parmi ceux qui « se distinguèrent par leurs prouesses au combat ». Sa femme était parfois présente lors des campagnes militaires, s'occupant du roi lépreux, son fils malade mais déterminé


Luttes pour le pouvoir

Durant cette période, Baudouin IV régnait tout seul, sans avoir besoin d'un régent. Cédant aux caprices de sa sœur Sybille devenue veuve, mais aussi dans l'espoir de s'attirer l'aide du roi d'Angleterre Henry II, Baudouin la maria en 1180 à un noble Poitevin, Guy de Lusignan, vassal des Anjou, et dont le frère aîné Amaury II de Lusignan s'était déjà fait une place à la cour de Jérusalem. Comme Baudouin IV voyait sa santé décliner, il désigna Guy comme régent, cédant au parti de celui-ci mené par Agnès de Courtenay et Aimery de Lusignan, bien que Raymond de Tripoli et ses alliés y aient été très défavorables. Peu après, le roi perdit ses illusions quant aux capacités de Guy et lui retira la régence. En 1183 il fit couronner roi Baudouin V, le jeune fils de sa sœur Sibylle et de son premier mari, Guillaume de Montferrat, pour tenter d'empêcher Guy de lui succéder. Renaud était favorable à cette décision et était présent au couronnement.

Agnès mourut probablement dans la seconde moitié de 1184, et Baudouin IV expira lors du printemps de la même année. Baudouin V, avec Raymond III de Tripoli comme régent, fut roi pendant moins d'un an jusqu'à sa mort en 1186. Renaud faisait partie des nobles qui tentèrent, aux côtés de Raymond III de Tripoli, d'empêcher Guy et Sybille de régner, en vain.


La bataille de Hattin et la troisième croisade


La dispute pour le pouvoir entre Guy et Raymond menaça la sécurité du Royaume, Guy projetant d'assiéger la ville de Tibériade, fief de Raymond qui lui-même s'allia avec Saladin. Balian d'Ibelin, un autre allié de Raymond, suggéra que Guy envoie une ambassade à Raymond, réfugié dans sa place forte de Tripoli, espérant que les deux se réconcilient avant que l'inévitable se produise (Saladin était en plein préparatifs de guerre). Renaud accompagna Balian, Gérard de Ridefort (Grand Maître des Templiers), Roger de Moulins (Grand Maître des Hospitaliers), et l'archevêque de Tyr à Tripoli. Le premier mai, Templiers et Hospitaliers furent défaits par le fils de Saladin Al-Afdhal à la bataille de Cresson ; Balian s'était retiré dans son fief de Naplouse et Renaud dans son château de Beaufort, et n'étaient donc pas présents lors du combat. Raymond eut vent de la défaite, alla au-devant des débris de l'ambassade à Tibériade, et la raccompagna à Jérusalem.

Le point d'orgue de l'invasion fut la bataille de Hattin. Ce fut une défaite totale des Croisés; Renaud put fuir l'encerclement des troupes musulmanes avec Balian et Josselin III d'Édesse, le frère de son épouse Agnès alors décédée. Sur l'autre aile de l'armée, Raymond III de Tripoli parvint également à forcer le passage. Renaud arriva à Tyr où il prit brièvement le pouvoir pour organiser la défense. Le Continuateur de Guillaume de Tyr, connu aussi sous le nom de Chronique d'Ernoul, rapporte qu'il négociait la reddition de la ville avec Saladin lorsque Conrad de Montferrat arriva : Saladin avait déjà donné à Renaud ses bannières pour qu'elles flottent sur les tours de la ville, mais Renaud avait peur que les habitants ne tiennent pas parole si Saladin n'était pas lui-même présent. Conrad jeta ces bannières dans le fossé et expulsa Renaud. Néanmoins tout ceci est discutable : les chroniqueurs arabes ne disent rien de tout ceci, et dans les faits Conrad et Renaud étaient des alliés très proches. Renaud en tout cas quitta bien Tyr pour sa forteresse de Beaufort (Sidon, son fief principal, avait été prise à la suite de la bataille de Hattin), peu après que Raymond III fut parti pour Tripoli : chaque noble avait comme priorité de défendre son propre territoire.
En 1189, Saladin mit le siège devant Beaufort. Renaud essaya de gagner du temps par la ruse et offrit de se retirer à Damas et de se convertir à l'islam. Il possédait en effet de bonnes connaissances de l'histoire musulmane et de la langue arabe qui charmèrent Saladin. Mais sa ruse démasquée par Saladin, il cria aux défenseurs, en arabe, de se rendre, en ajoutant en français, de continuer la lutte. Selon la Chronique d'Ernoul, Saladin tortura Renaud jusqu'à la capitulation de la place, bien qu'en réalité le château ne fut pris qu'un an après, le 22 avril 1190; en échange de la liberté de Renaud retenu prisonnier à Damas.

Renaud joua alors un rôle important dans la politique de la troisième croisade. Il apporta son soutien à l'annulation du mariage d’Onfroy IV de Toron et d’Isabelle de Jérusalem, pour que Isabelle puisse épouser Conrad de Montferrat. Ses connaissances en arabe en firent un diplomate efficace : il négocia avec Saladin pour le compte de Conrad en 1191-92, et aida en 1192 à la négociation de la paix entre Richard Cœur de Lion et Saladin. Sidon lui fut restituée en 1197 en gage d'amitié par Saladin.



Vie personnelle


Dans l'ouvrage Lignages d'Outremer, il est dit que Renaud était extrêmement laid mais particulièrement intelligent. Comme d'autres barons francs, il parlait l'arabe. Il était passionné de littérature arabe et était ami avec le frère de Saladin Al Adil. Lorsqu'il négocia pour le compte de Conrad auprès d'Al Adil, Richard Cœur de Lion, qui soutenait son adversaire Guy de Lusignan, l'apprit par Onfroi de Toron et se détacha alors de Renaud. Cela, ajouté au fait qu'il avait fui à la bataille de Hattin, fit que les chroniqueurs occidentaux l'accusèrent même, ainsi que Raymond de Tripoli, à tort, de s'être converti secrètement à l'islam.

Plusieurs années après la mort d'Agnès, probablement après 1190, il épousa Helvis d'Ibelin, fille de ses amis Balian et Marie Comnène. Il eut trois enfants, apparemment tous de son mariage avec Helvis, bien que certains historiens considèrent que les deux filles aient été d'Agnès : c'est possible en ce qui concerne Agnès, l'aînée, qui aurait porté ainsi le prénom de sa mère, chose courante à l'époque.

• Agnès, mariée à Raoul de Saint-Omer et de Tibériade (sans postérité finale).
• Euphémie, morte en bas âge.
• Balian Granier (ou Grenier), marié à Ide de Reynel, et succéda à Renaud à Sidon en 1202.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 17:36

Balian d’Ibelin



Balian d'Ibelin (vers 1142-3 – 1193), est un croisé influent du Royaume de Jérusalem, membre de la maison d'Ibelin. Il est connu pour avoir assuré ladéfense de Jérusalem en 1187 et participé à la troisième croisade.

Le nom de Balian vient d'une déformation du nom de Barisan par la prononciation en français du XIIe siècle. Balian d'Ibelin est parfois appelé Balian le jeune (du vivant de son père) ; Balian de Rama, mais ce sont ses frères, puis l'un de ses neveux qui sont seigneurs de Ramla ; ou Balian deNaplouse.

L'origine du prénom Balian est donc de style médiéval. C'est un prénom masculin d'étymologie latine qui serait d'après toute vraisemblance parenté à l'ancien français vaillant qui signifie valeureux ou robuste.




armoiries de la maison d'Ibelin




Sa jeunesse


Balian d'Ibelin est le troisième fils de Balian le vieux d'Ibelin, seigneur d'Ibelin et de Rama, connétable du comté de Jaffa et d'Helvis (ou Alvis) de Rama. En latin, son nom est écrit Balian, Barisan,  Barisanus, Balianus,  Balisan et Balisanus. Les sources arabes l'appellent : Balian ibn Barzan, qui se traduit par « Balian fils de Barzan, ou Barisan ». La date précise de sa naissance est inconnue, mais il est majeur en 1158, donc a au moins 15 ans, alors que dans la première charte qui parle de lui en 1155, il ne l'est pas.

La seigneurie d'Ibelin (Yebna en arabe, Yavneh en hebreu) est un des arrières-fiefs du Royaume de Jérusalem. Ses frères aînés sont Hugues et Baudouin. Leur sœur Ermengarde épouse Elinard de Bures, prince de Galilée et de Tibérias. Son père, Balian ou Barisan, à l'origine connétable d'Hugues II du Puiset, comte de Jaffa, avait refusé de suivre ce dernier dans sa révolte contre le roi et en a été récompensé par la main de Helvis, héritière de Rama, et la concession du château d’Ibelin.
À la mort d’Hugues, le frère aîné de Balian, en 1170, Rama passe à Baudouin, qui lui donne Ibelin.


Seigneur d’Ibelin


Baudouin et Balian soutiennent Raymond III de Tripoli contre Miles de Plancy pour la régence pendant la minorité de Baudouin IV. Alors que Raymond III et une armée croisée attaquent des possessions de l'émir d'Alep, Saladin attaque le Royaume de Jérusalem depuis le sud. Baudouin IV, accompagné de plusieurs seigneurs dont Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain, Baudouin et Balian d'Ibelin, Renaud de Grenier, comte de Sido, et Josselin III de Courtenay, l’oncle du roi, se précipite avec son armée à Ascalon pour la défendre; Saladin, constatant qu'il n'y a plus d'armée entre lui et Jérusalem, envahit et fait piller le pays. Rejoint par les Templiers d'Eudes de Saint-Amand, maître de l'Ordre du Temple, Baudouin IV en profite pour faire effectuer à son armée de cinq cents chevaliers et de quelques milliers de soldats un mouvement tournant et attaque par le flanc l'armée de Saladin, désorganisée par le pillage, et lui inflige une sévère défaite.

Au cours de cette même année, Balian épouse Marie Comnène, veuve du roi Amaury Ier, et reçoit la seigneurie de Naplouse, qui est le douaire (1) de la reine Marie.

En 1183, il soutient Raymond III de Tripoli contre Guy de Lusignan, époux de Sibylle de Jérusalem, pour la régence durant la maladie de Baudouin IV le lépreux. Il est parmi les barons qui conseillent le couronnement de Baudouin V du vivant de Baudouin IV, afin d'empêcher que Guy de Lusignan (1159-1194) ne succède au roi. C’est Balian qui porte le fils de Sibylle, encore bébé, pendant la cérémonie.

Baudouin V devient roi en 1185, mais meurt l'année suivante, et Raymond choisit comme successeur Onfroy IV de Toron, qui refuse la couronne en faveur de Guy. Balian prête hommage à Guy de Lusignan à contrecœur, tandis que son frère Baudouin refuse de le faire. Ce dernier sait bien que s'il ne lui fait pas hommage, Guy saisira sa terre.


Bataille de Hattin


À la bataille de Hattin (1187), Balian et Josselin III d'Édesse commandent l'arrière-garde de l'armée croisée. Mais l'armée est balayée par l'armée de Saladin. Cette défaite est un désastre pour le royaume chrétien. Le roi Guy et de nombreux barons sont faits prisonniers, et la plupart des châteaux et villes du royaume tombent entre les mains des musulmans. Balian est l'un des rares barons à pouvoir s'enfuir vers Tyr.



Jérusalem


Lorsque Balian s'échappe après la défaite de Hattin, il obtient de Saladin un sauf-conduit qui l'autorise à se rendre à Jérusalem afin d'emmener sa femme et ses enfants vers Tripoli. Il y est autorisé, mais à la condition de faire serment de quitter la ville et de ne plus prendre les armes contre Saladin. Les habitants de Jérusalem, effrayés par la nouvelle de la défaite, le supplient de rester pour assurer la défense. Le patriarche Héraclius (2)  le relève de son engagement vis-à-vis de Saladin. Nullement rancunier, Saladin accepte ses excuses, autorise sa femme et ses enfants à se rendre à l'abri à Tripoli et leur assigne même une escorte. Avec le patriarche, il organise la défense de Jérusalem, que Saladin assiège deux mois plus tard. Il ne peut cependant défendre la ville, par manque d'hommes, de vivres et de matériels. Dans toute la ville, il ne peut trouver que quelques chevaliers, peut-être deux, et il doit adouber soixante fils de bourgeois.

Après une défense énergique, les chefs chrétiens de Jérusalem sont d'avis de capituler. Balian d'Ibelin se rend alors auprès de Saladin et lui déclare que les habitants préféreraient détruire la cité et les lieux saints, tuer leurs enfants et leurs femmes puis se battre à mort contre les musulmans, plutôt que laisser la ville être prise de force. Après négociation, Balian obtient de Saladin la vie sauve des habitants en échange d'une rançon de dix pièces d'or par homme, cinq par femmes et deux par enfant. Ceux qui ne peuvent pas payer deviennent esclaves des musulmans.
Ibelin, Naplouse, Rama et toutes les autres terres de Balian sont conquises par Saladin. Après la paix qui suit la troisième croisade, Saladin accorde en compensation à Balian la petite seigneurie de Caymont, au sud d'Acre.


La troisième croisade


Après la mort de Sibylle de Jérusalem, Balian d'Ibelin commence par soutenir Guy de Lusignan dans sa lutte contre Conrad de Montferrat pour le royaume. Puis il négocie, avec Marie Comnène, le mariage de sa belle-fille Isabelle de Jérusalem avec Conrad, lui apportant une légitimité dans ses prétentions au trône. Saint-Jean-d'Acre, assiégé par les croisés se rend le 12 juillet 1191, et la querelle entre Guy de Lusignan, soutenu par Richard Cœur de Lion, et Conrad de Montferrat, soutenu par Philippe Auguste et la plupart des barons de Terre sainte, est ravivée. Les 27 et 28 juillet 1191, les plus grands barons de Terre sainte, toujours hostiles au roi Guy, Marie Comnène, la reine veuve d’Amaury Ier de Jérusalem, Balian d'Ibelin, son nouvel époux, le légat apostolique, archevêque de Pise, le corps entier des Pisans, enfin les Français et tous ceux qui, par raison ou par calcul, demandent un nouveau roi influent et respecté, désignent le marquis de Montferrat, Conrad de Montferrat, l'héroïque défenseur de Tyr, comme seul capable de sauver le royaume. Ils veulent qu'il reçoive la couronne avec la main de la fille d'Amaury et Marie Comnène, Isabelle de Jérusalem. Devant la volonté des barons, Richard Cœur de Lion finit par accepter Conrad comme roi et vend Chypre à Guy de Lusignan qui en devient le roi. Après la mort de Conrad et le remariage d'Isabelle avec Henri II de Champagne, Balian devient un des conseillers du nouveau roi.

Balian d'Ibelin meurt en 1193.


Mariage et descendance


Balian d'Ibelin épouse en 1177 Marie Comnène (1154-1217), nièce de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène, veuve d'Amaury Ier, roi de Jérusalem, et a :


• Jean d'Ibelin (mort en 1236), seigneur de Beyrouth et d'Arsur, connétable et bailli du royaume de Jérusalem, et bailli de Chypre.
• Philippe d'Ibelin (mort en 1227), régent du royaume de Chypre
• Helvis d'Ibelin (morte en 1216), mariée à Renaud de Grenier, comte de Sidon, puis à Guy de Montfort, seigneur de Castres
• Marguerite d'Ibelin, mariée à Hugues II de Saint-Omer († 1204), prince titulaire de Galilée, puis à Gautier III de Brisebarre († 1229), seigneur de Césarée.




(1)Le douaire, soit coutumier soit préfix, est un terme de droit ancien désignant la portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait. La bénéficiaire est dite douairière. Le douaire est un élément fondamental du droit des gens mariés sous l'Ancien Régime.
Le terme douaire est aujourd'hui toujours utilisé en anthropologie de la parenté pour désigner les biens donnés lors d'une alliance par le mari à son épouse. Le droit musulman possède un terme comparable, le mahr, avec cependant quelques différences dans sa définition juridique





(2) Héraclius ou Eracles d'Auvergne (1128-1190/91), prélat français originaire d'Auvergne ou du Gévaudan, est archevêque de Césarée, puis patriarche latin de Jérusalemde 1180 à 1191.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 21:08

Jean d’Ibelin


Jean d'Ibelin (né vers 1179 - mort en1236) , surnommé le vieux seigneur de Beyrouth, est un important noble croisé du XIIIe siècle qui assure à plusieurs reprises le gouvernement du royaume de Jérusalem. Il était le fils aîné deBalian d'Ibelin, seigneur d’Ibelin et de Naplouse, et de Marie Comnène, veuve du roi Amaury Ier de Jérusalem.

Biographie


Son père, qui s’était illustré entre autres lors de la défense de Jérusalem, avait reçu la seigneurie de Caymont en compensation de la perte de ses domaines d’Ibelin et de Naplouse et meurt en 1193. Sa mère est également celle de la reine Isabelle de Jérusalem qu’elle a eu lors d’un premier mariage, ce qui place Jean d’Ibelin au premier rang de la noblesse du royaume.

Le mari d’Isabelle, Henri II de Champagne (1), doit faire face aux intrigues de Guy de Lusignan, qui n’a pas renoncé au royaume de Jérusalem, et ordonne à Amaury de Lusignan, à la fois frère de Guy de Lusignan et connétable du royaume, de renoncer à sa charge, jugeant les deux incompatibles. Amaury se rend à Chypre où il succède à Guy et Henri de Champagne donne la charge de connétable à Jean d’Ibelin en 1196. Henri de Champagne meurt accidentellement à Acre le 10 septembre 1197, et les barons choisissent pour roi Amaury II de Lusignan, déjà roi de Chypre.

Dès le mois d’octobre 1197, Amaury reprend les hostilités contre les musulmans et prend les villes de Sidon et de Beyrouth. Il rend Sidon à son ancien propriétaire, Renaud de Grenier et donne Beyrouth à Jean d’Ibelin2. Mais Jean d’Ibelin reste le chef de file de la noblesse et, quand le roi accuse Raoul de Tibériade d’avoir commandité une attaque commise contre lui par quatre chevaliers germaniques et décide de le bannir, la noblesse choisit Jean d’Ibelin pour protester et demander que Raoul soit jugé par ses pairs, conformément aux lois du royaume.

Durant cette période, Beyrouth devient la résidence principale de la famille d'Ibelin et le sera pour le reste du siècle. Il fait reconstruire la cité, qui avait été complètement détruite durant la conquête du royaume par Saladin, et y construisit un riche palais. Beyrouth est quasiment un état indépendant sous son autorité ; en 1207, Jean ajouta la seigneurie d'Arsouf à ses possessions par son mariage avec Mélisende d'Arsouf.


Régent de Jérusalem


Amaury II de Lusignan meurt le 1er avril 1205 et la reine Isabelle le suit de peu dans la tombe. L’héritière du royaume de Jérusalem, Marie de Montferrat, n’a que treize ans et l’assemblée des barons désigne Jean d’Ibelin comme régent.

Il négocie avec Gautier de Montbéliard (2), régent du royaume de Chypre, le mariage entre Hugues Ier de Chypre (3) et Alix de Champagne-Jérusalem. Il y avait déjà eu des fiançailles en 1194 entre Hugues et ses deux frères avec Alix et ses deux sœurs, afin de rapprocher les deux royaumes opposés par une brouille. Le frère d'Hugues, Guy, était alors fiancé à Marie de Champagne-Jérusalem, sœur d’Alix. La mort d’Henri II de Champagne avait alors amené le roi de Chypre sur le trône de Jérusalem. Mais les deux couronnes s’étaient de nouveau séparées par la mort d’Amaury II et les régents estiment nécessaire d’allier les deux royaumes et concluent le mariage d’Hugues et d’Alix en 1210.

En 1207, la guerre reprend contre les Musulmans, après que les Hospitaliers du comté de Tripoli tentent de s’emparer de Homs, mais Jean d’Ibelin préfère rester à l’écart du conflit. En 1208, Marie de Montferrat est âgée de dix-sept ans et Jean d’Ibelin réunit l’assemblée des barons pour lui choisir un mari, et décident de demander conseil à Philippe Auguste, roi de France. Celui-ci désigne un de ses chevaliers, Jean de Brienne qui débarque à Saint Jean d’Acre en septembre 1210, épouse Marie de Montferrat le 13 octobre 1210 et est sacré le même jour.

La régence prend fin et Jean d’Ibelin reprend son rôle de chef de file de la noblesse d’Orient. En 1217, avec la fin de la trêve avec Al-Adel (4), sultan d’Égypte, et l’arrivée des contingents de la cinquième croisade, il participe au siège de la forteresse de Thabor puis au siège de Damiette dans le delta du Nil.


Régent de Chypre


Hugues Ier de Lusignan, roi de Chypre, meurt le 10 janvier 1218, laissant le trône à un fils de quelques mois, Henri Ier de Chypre (5). La régence est confiée à la mère, Alix de Jérusalem, et la baillie du royaume à Philippe d’Ibelin (6), le frère cadet de Jean. En 1223, une dispute tranchée par l’assemblée des barons de Chypre écarte Alix de la régence, laissant Philippe seul régent. Ce dernier meurt à la fin de l’année 1227 et Jean d’Ibelin lui succède comme régent. Le 21 juillet, l’empereur Frédéric II (7) également roi de Jérusalem, ayant épousé la fille de Jean de Brienne, débarque à Limassol à la tête de la sixième croisade. En tant que suzerain du royaume et soutenu par quelques barons chypriotes dissidents, il somme Jean d’Ibelin de rendre les comptes de la régence, ainsi que de lui remettre la place forte de Beyrouth. Si Jean d’Ibelin accède à la première demande, il refuse pour la seconde, estimant que cela ne peut se faire que devant l’assemblée des barons du royaume de Jérusalem et se retire à Beyrouth.


Chef de l’opposition baronniale


Après des négociations avec le sultan Al-Kamil (08), Frédéric II obtient la rétrocession de Jérusalem, mais devant le mécontentement général qu’il a suscité par ses maladresses et ses brutalités, il confie la gérance du royaume de Jérusalem à Jean d’Ibelin, tout en laissant une solide garnison à Saint Jean d’Acre. Il fiance le jeune roi de Chypre à Alix de Montferrat et vend la régence à cinq barons chypriotes qui comptent parmi ses partisans. Pour finir de payer, ces derniers écrasent Chypre d’impôts et particulièrement les domaines de Jean d’Ibelin et de ses proches. Appelé par Philippe de Novare, Jean d’Ibelin débarque à Chypre à la tête d’une armée et défait les régents le 14 juillet 1229 devant Nicosie. Les régents se retranchent dans le château de Dieu d’Amour et ses rendent au bout de dix mois. Jean d’Ibelin fait preuve de clémence pour pacifier l’île.

Frédéric II envoie Riccardo Filangieri (9) à la tête d’une escadre, échoue à débarquer sur Chypre, mais occupe Acre et Tyr et prend la ville de Beyrouth fin 1230. Le 25 février 1232, Jean d’Ibelin débarque et assiège les Impériaux retranché dans la ville de Beyrouth, lesquels assiègent encore le château de Beyrouth. Ibelin réussit à faire passer un contingent qui relève la garnison.



Maire de Saint Jean d’Acre


À Acre, les partisans de Jean Ibelin parviennent à soulever la ville qui se constitue en commune sur le modèle des communes lombardes et toscanes. Les Acrois élisent maire Jean d’Ibelin. Ce dernier est cependant battu par Filangeri à Casal-Imbert le 3 mai 1232. Profitant de cette victoire et de l’affaiblissement de l’armée chypriote, Filangeri occupe le royaume de Chypre. Mais Henri Ier de Lusignan et Jean d’Ibelin gardent courage, débarquent à Famagouste le 10 juin 1232 et battent les Impériaux à Agridi le 15 juin. Les quelques rescapés se retranchent dans le château de Cérines qui se rend en juin 1233.

Richard Filangieri contrôlait toujours Jérusalem et Tyr, et avait le soutien de Bohémond IV d'Antioche, des Chevaliers Teutoniques, des Chevalier de l'Hôpital et des marchands pisans. Jean d'Ibelin était soutenu par les établissements de Beyrouth, Césarée et Arsouf, les Chevaliers du Temple et la communauté marchande génoise. Aucune des deux factions ne prit l'avantage, et en 1234 le pape Grégoire IX (10) excommunie Jean et ses partisans, décision annulée peu après, mais la paix ne put être rétablie. L’éviction des partisans de l’empereur pose également un problème juridique, car le royaume se retrouve sans roi. Pour pallier cette carence, la princesse Alix de Champagne-Jérusalem, fille de la reine Isabelle, nièce de Jean d’Ibelin, veuve d’Hugues Ier de Chypre et tante de Conrad, le roi en titre, est nommée régente, et le gouvernement du royaume est assuré par la commune d’Acre, dirigée par Jean d’Ibelin. En 1236, ce dernier fait une chute de cheval qui le blesse gravement. Il règle sa succession, se fait Templier et meurt à Saint Jean d’Acre. Après sa mort, le royaume, sans personnalité forte, sombre dans l’anarchie féodale.


Mariage et enfants


Il s'était marié en premières noces vers 1201 avec Helvis († 1208), fille de Raymond, seigneur de Nephin, qui avait donné naissance à cinq fils morts jeunes.

Il se remarie en 1209 avec Mélisende, dame d'Arsouf, veuve de Thierry d'Orca, et fille de Guy, seigneur d'Arsouf, qui donne naissance à :

• Balian d'Ibelin († 1247), qui lui succéda comme seigneur de Beyrouth
• Jean d'Ibelin (1212 † 1258), seigneur d'Arsouf et connétable de Jérusalem
• Raoul d’Ibelin
• Hugues d'Ibelin († 1238)
• Baudouin d'Ibelin († 1266)
• Guy d'Ibelin connétable de Chypre
• Isabelle d'Ibelin, nonne



(1) Henri de Champagne (29 juillet 1166 - † 10 septembre 1197), comte palatin de Champagne (Henri II, 1181-1197) et roi de Jérusalem (1192-1197), est un fils d’Henri Ier, comte de Champagne et de Marie de France.

Marié le 5 mai 1192 avec Isabelle de Jérusalem, fille d’Amaury Ier, roi de Jérusalem, et de Marie Comnène, il laisse trois filles :

• Marie, née vers 1193 et morte avant 1205
• Alix de Champagne (vers 1195 - † 1247), qui épousera successivement Hugues Ier de Lusignan, roi de Chypre, Bohémond V, prince d’Antioche et Raoul de Soissons
• Phiippe de Champagne (vers 1196 - † 20 décembre 1250) qui épousera en 1215 Erard de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venizy.


(2) Gautier de Montbéliard, mort en 1212, est un fis d’Amédée II de Montfaucon, comte de Montbéliard, et de Béatrice de Grandson-Joinville. Il est régent de Chypre de 1205 à 1210, puis connétable du royaume de Jérusalem de 1210 à 1212.

Il s’engage dans la quatrième croisade en 1199, mais la quitte en 1201 pour soutenir son neveu Gautier III de Brienne,qui, marié à Elvire de Lecce, revendique le royaume de Sicile contre les Hohenstaufen. Il ne semble pas avoir accompagné son neveu jusqu’au bout, puisque, le 1er avri 1205, à la mort du roi Amaury II de Lusignan, il est déjà marié à la fille ainée de ce dernier et est choisi comme régent du royaume de Chypre au nom de son beau-frère Hugues Ier.

Il épouse avant 1205 Bourgogne de Lusignan, fille d’Amaury II de Lusignan, roi de Chypre, et d’Echive d’Ibelin qui donne naissance à :

• Eudes († 1247) seigneur de Tibérias par son mariage avec Eschiva de Bures, et bailli (a) du royaume de Jérusalem
• Echive, mariée d’abord à Gérard de Montaigu († 1229), seigneur de Gergy, puis en 1231 à Balian d’Ibelin (†1247), seigneur de Beyrouth.

(a) le bailli administre le royaume en l’absence du roi ou pendant sa minorité, dans les fonctions d’un régent, par exemple pendant la captivité de Baudouin II ou pendant la minorité ou la maladie de Baudouin IV. Au XIIIe siècle, il dirigea le royaume comme un roi, et était l’homme le plus puissant du royaume, alors que les rois étaient des monarques étrangers ne vivant pas en Terre Sainte.


(3) Hugues Ier de Lusignan (1193 - † 1218), est un roi de Chypre de 1205 à 1218, fils d’Amaury II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, et d’Echive d’Ibelin.

Il avait épousé en 1210 Alix de Champagne (1195 - †1246), fille d’Henri II de Champagne, roi de Jérusalem, et d’Isabelle de Jérusalem, qui donne naissance à :

• Marie de Lusignan († 1251), mariée en 1233 à Gautier IV (1200 - †1244) comte de Brienne et de Jaffa et d’Ascalon
• Isabelle de Lusignan (†1264), mariée en 1233 avec Henri de Poitiers-Antioche († 1276) ; de ce mariage est issu Hugues III de Poitiers, fondateur de la seconde maison de Lusignan
• Henri Ier de Lusignan (1217 - † 1253), roi de Chypre


(4) Al-Adel : Al-Malik al-‘Âdil Sayf ad-Dîn Safadin (dit “Le Juste”), (né en 1143 - mort en 1218), est un sultan ayyoubide de 1200 à 1218. Après avoir vécu dans l’ombre de son frère Saladin, il profite de luttes de pouvoir entre les fils de ce dernier pour se poser en arbitre des querelles de ses neveux, puis finit par les éliminer pour devenir le sultan suprême de l’empire ayyoubide.


(5) Henri Ier de Lusignan dit le Gros (1217 - † 1254), roi de Chypre (1218-1254), est le fis d’Hugues Ier et d’Alix de Champagne.

Il a épousé :

1. Vers 1229, Alix (1210 - † 1233), fille de Guillaume VI, marquis de Montferrat et de Berta di Clavesana, sans postérité

2. En 1237, Stéphanie (v.1220 - †1249), fille de Constantin, seigneur de Barbaron, sans postérité

3. en 1250, Plaisance d’Antioche (1235 - † 1261), fille de Bohémond V dont il a un fils :
• Hugues II (1252 - †1267), roi de Chypre.



(6) Plusieurs nobles de la famille d'Ibelin ont porté le prénom de Philippe :
• Philippe d'Ibelin (mort en 1227), un régent de Chypre
• Philippe d'Ibelin (1253-1318), un sénéchal du royaume de Chypre
• Philippe d'Ibelin (mort en 1304), un connétable de Chypre



(7) Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône et mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino(près de San Severo), régna sur le Saint-Empire de 1220 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec lapapauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, legrec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.


1. Première épouse : Constance d’Aragon (1179 – 23 juin 1222), file du roi Alphonse II d’Aragon et veuve du roi Aymeric de Hongrie. Mariage le 15 août 1209 à Messine.

• Henri II, ou Henri VII de Germanie (1211 – 12 février 1242), duc de Souabe

2. Deuxième épouse : Isabelle II de Jérusalem (Yolande de Brienne), reine de Jérusalem (1212 – 25 avril 1228). Mariage le 9 novembre 1225 à Brindisi.

• Marguerite (novembre 1226 – août 1227)
• Conrad IV, roi des Romains et de Jérusalem (25 avril 228 – 21 mai 1254)

3. Troisième épouse : Isabelle d’Angleterre (1217 – 1er décembre 1241), fille du roi Jean d’Angleterre. Mariage le 15 juillet 1235 à Worms

• Jordanus (1236-1236)
• Agnès (1237-1237)
• Marguerite de Sicile (1237-1270), mariée à Albert, comte palatin de Saxe, margrave de Misnie
• Charles-Othono (Henri) (18 janvier 1238 – mai 1254)

Enfants de Bianca Lancia (1210-1246), qui pourrait avoir épousé l’empereur en secret :
• Constance de Hohenstaufen (1230-1307), qui épousa Jean III Doukas Vatatzès, empereur de Byzance
• Manfred Ier de Sicile (1232-1266), roi de Sicile, tué à la bataille de Bénévent
• Yolande (Violente) de Souabe (1233-1264), qui épousa Riccardo Sanseverino, comte de Caserte

Enfant illégitime d’une comtesse sicilienne :

• Frédéric de Pettorano (né en 1212), qui s’enfuit en Espagne avec sa femme et ses enfants en 1238/1240

Enfants illégitimes d’Adélaïde (Adelheid) d’Urslingen (v.1195 – v. 1234) :

• Enzio (Henri), roi de Sardaigne (1215-1272)
• Catarina di Merano (1216/1218 – 1272), mariée une première fois avec un inconnu puis avec Giacomo del Carreto (Jacopo Caretto), marquis de Noli et de Finale, margrave de Savone.

Enfant illégitime de Mathilde ou Marie d’Antioche (1200-1225), elle-même peut-être fille illégitime de Bohémond III d’Antioche :

• Frédéric, prince d’Antioche et podestat de Florence (1221-1256), tué à la bataile de Foggia

Enfant illégitime de Manna, nièce de l’archevêque Berardo de Messine :

• Richard, comte de Chieti (1225 – 26 mai 1249) tué à la bataille de Fossalta

Enfant illégitime de Richina (Ruthina) de Beilstein-Wolfsölden (v.1205-1236) :

• Marguerite de Souabe (1230-1298), mariée à Thomas d’Aquin, comte d’Acerra

Autres enfants illégitimes :

• Gerhard (mort en 1255)
• Selvaggia (1223-1244), épousa Ezzelino III da Romano, podestat de Vérone
• Blanchefleur (1226-1279), dominicaine à Montargis, France


(08) Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn “le Parfait” (v.1177 - † 8 mars 1238) est un vice-roi d’Egyptee sous le règne de son père Al-Ade puis un sultan ayyoubide d’Egypte de 1218 à 1238 et de Syrie de 1237 à 1238. Il est le neveu de Saladin.


(9) Richard Filangeri (Riccardo filangieri en italien ; † 1244) fut dans la première moitié du XIIIe siècle, maréchal d’empire du royaume de Sicile (sous dominations des Hohenstaufen) et du Saint-Empire romain germanique, alors dirigés par le roi-empereur Frédéric de Sicile, et participa à la sixième croisade.

La famille Filangeri est une grande famille de la noblesse italienne, de Nocera en Campanie ; d’origine normande et issue du baronnage italo-normand, cette famille bien implanté dans le mezzogiorno depuis le milieu du XIe siècle occupa une place importante dans l’histoire du royaume de Sicie et du Royaume de Naples, même après la chute des Hauteville à la fin du XIIe siècle, évincés par Les Hohenstaufen.

L’origine de la famille est à l’origine un surnom normand pris par les frères Robert, Guillaume, Roger et Tancrède, fils d’Anger (Filii Angerii en latin) : « Fitz Anger », c’est-à-dire, « fils [d’] Anger ».

A l’origine de cette famille, un noble normand du nom de Roger d’Arnes (nommé aussi Tichel), qui semblerait appartenir à la famille ducale normande (incertain) et à la famille Hautevile. Roger d’Arnes serait mort le 2 novembre 1023.

On lui connait au moins trois enfants, trois fils qui quittèrent le duché de Normandie pour l’Italie du Sud : Turgis, Anger et un certain Silvanus, qui auraient suivi Robert Guiscard vers 1046.

• Turgis est devenu en Italie comte de Sanseverino et de Rota ; il meurt en novembre 1081. En 1067, il est excommunié par le pape Alexandre II. En effet, avec deux autres normands Guillaume de Hauteville et Guimond de Moulins, il s’était emparé des biens appartenant à l’archevêché de Salerne. Trugis est à l’originei de la branche familiale des Sanseverino

• Anger, valeureux guerrier et compagnon de Robert Guiscard avec qui il arrive en Italie et faisant probablement partie de la bande de ce dernier en Calabre. Il reçoit plus tard des terres dans la région de Salerne et meurt en avril 1104. Il fut inhumé dans l’église de Cava de’Tirreni (près de Salerne). Anger est à l’origine de la branche familiale des Filangieri et des Candida ou de Candie.

Quatre fils d’Anger prennent plus tard le surnom de « Fitz Anger », « Fils [d’]Anger », qui donne plus tard le nom de famille italien : Filangeri. Le cadet de ces frères Tancrède Fitz Anger (Tancredi Filangieri en italien), est mentionné comme faisant partie des principaux barons normands présent lors du couronnement à Palerme de Roger II de Sicile (1130).


(10) Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ouHugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 22:07

Bohémond III d’Antioche



Bohémond III dit le bègue, né entre 1142 et 1149, mort en 1201, prince d’antioche (1163-1201), fils de Raymond de Poitiers, prince d’Antioche, et de Constance d’Antioche.

Il succède à sa mère en 1163, son beau-père Renaud de Châtillon étant prisonnier à Alep depuis trois ans et devant le rester encore seize ans. Au cours d’un engagement contre Nur ad-Din, il fut lui-même fait prisonnier, mais fut libéré l’année suivante, sur une intervention diplomatique de l’empereur Manuel Ier Comnène. Bohémond fit une visite de reconnaissance à Byzance (1165) et, au cours des entrevues avec Manuel Ier, accepta de recevoir à Antioche un patriarche grec, qui fut Athanase II. Mécontent, le patriarche latin Aymeri de Limoges quitta la vile en jetant l’interdit sur la ville. Ce n’est qu’à la mort d’Athanase (1170) qu’il reviendra dans la ville.

Après la bataille de Hattin (1187), Saladin envahit les états croisés, néanmoins Bohémond résista victorieusement aux assauts de celui-ci grâce à  l’aide d’une flotte sicilienne. Raymond III de Tripoli mourut peu après, ayant nommé comme héritier Raymond IV, le fils ainé de Bohémond, mais, au bout de deux ans, Bohémond préféra rappeler son héritier auprès de lui et nomme son second fils Bohémomnd IV à la tête du comté de Tripoli. Malheureusement, Raymond mourut en 1199.

En 1194, Bohémond fut capturé par Léon II (1), roi d’Arménie, qui voulut le libérer seulement en échange de la ville, mais le patriarche Aymeri de Limoges, soutenu par les populations latine et grecque, refusa de livrer la ville et repoussa une attaque arménienne. Le conflit se termina par le mariage de Raymond IV avec Alix d’Arménie, nièce de Léon II, et par la libération de Bohémond.

Bohémond III mourut en 1201, et la lutte pour la succession d’Antioche s’ouvrit entre Bohémond IV et Raymond-Roupen (2) d’Antioche, le fils de Raymond IV.

Bohémond épousa en premières noces vers 1169 Orgueilleuse de Harenc (décédée en 1175) et eut :

• Raymond IV, comte de Tripoli, mort en 1199
• Bohémond IV, comte de Tripoli et prince d’Antioche, né en 1172, mort en 1233.


Veuf, il se remaria vers 1176 avec Théodora Comnène, et eut :
• Constance qui mourut  en bas âge
• Philippe, mariée à Baudoin Patriarch
• Manuel de Poitiers, né en 1176, mort en 1211


En 1180, il se sépara de Théodora pour épouser Sibylle dont il eut :

• Alix de Poitiers, mariée en 1204 avec Guy Ier Embriaco, seigneur du Gibelet († 1233)
• Guillaume de Poitiers, cité en 1194


Ayant été excommunié pour sa séparation et son troisième mariage, il dut se séparer de Sibylle. En 1199, il épouse Isabelle et eut :

• Bohémond de Poitiers, mort en 1244, qui fut seigneur de Botron, ayant épousé l’héritière de la Seigneurie.





(1) Léon II ou Levon II dit «le Grand » (v.1150 - †1219), est un prince des Montagnes roupénide ayant régné de 1187 à 1199, avant d’être sacré roi d’Arménie en 1199. Il est un fils de Stéphane, prince roupénide, et de Rita de Barberon, et le frère et successeur de Roupen III. Ses grands-pères étaient Léon Ier, prince des Montagnes, et Smbat, seigneur héthoumide de Barbaron.

Il a épousé le 3 février 1188 en premières noces une Isabele, dont on ne connait pas grand-chose, mis à part qu’elle était nièce de Sibylle, la troisième femme du prince Bohémond III d’Antioche. Les époux se séparent en 1206, mais une fille était née entre temps :

• Rita (après 1195 - † 1220), mariée en avril 1214 à Jean de Brienne ( † 1237)

En secondes noces, il épouse le 28 janvier 1210 sibylle (1199 - † 1225), fille d’Amaury II, Roi de Chypre, et d’Isabelle Ier, reine de Jérusalem. De ce mariage nait :

• Isabelle (1216 - †1252), reine d’Arménie, mariée en 1221 à Philippe d’Antioche († 1225) puis en 1226 à Héthoum Ier de Barbaron (1215 - † 1270)




(2)  Raymon-Roupen d’Antioche, né en 1199, mort en 1221, prince d’Antioche (1216-1219) fils de Raymond IV comte de Tripoli et d’Alix d’Arménie.

Son père était déjà mort lorsque son grand-père Bohémond III d'Antiochemourut (1201), et bien qu'il soit fils du fils aîné, son oncle Bohémond IV profita de son jeune âge pour s'emparer de la principauté. Une première tentative pour l'installer sur le trône d'Antioche, organisée par le patriarche latin d'Antioche Pierre d'Angoulême échoua en 1208. Une seconde tentative, organisée en 1216 par son successeur Pierre de Locedio, réussit et Raymond-Roupen devint prince d'Antioche, mais en 1219, Bohémond IV parvint à reprendre le contrôle de la principauté à son neveu qui fut mis en prison. Après la mort de son grand-oncle maternel Léon II roi d'Arménie, il tenta de se faire reconnaître roi, s'empara de Tarse, mais fut pris et tué.
Raymond-Roupen avait épousé peu avant 1210 Helvis de Lusignan, fille d'Amaury II de Chypre et avait eu :

• Marie d'Antioche, dame de Toron (1215 † après 1240), mariée à Philippe de Montfort,seigneur de Castres, de Tyr et de Toron († 1270).
• Eschive d'Antioche, (1216 † 1262), mariée à Héthoum, seigneur de Lampron (1220 † 1250), de la famille des Héthoumides.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 22:34

Bohémond ,  comte de Tripoli


Bohémond IV de Poitiers, dit « le Borgne », né en 1172, mort en 1233,comte de Tripoli (1189-1233) et prince d'Antioche (1201-1216 et 1219-1233), fils de Bohémond III d'Antioche et d'Orgueilleuse de Harenc.

Son frère aîné Raymond IV, adopté parRaymond III de Tripoli, lui a succédé dans ce comté en 1187, mais leur père préfère rappeler Raymond à Antioche, et place Bohémond à la tête du comté. Raymond meurt en 1199, laissant un fils à peine né, Raymond-Roupen. Aussi, à la mort de Bohémond III, Bohémond IV écarte son neveu de la succession et ajoute la principauté d'Antioche à son comté de Tripoli.

Bohémond déjoue en 1207 une première tentative du patriarche latin d'Antioche Pierre d'Angoulême pour établir Raymond Roupen sur le trône d'Antioche, mais en 1216, une seconde tentative du patriarche Pierre de Locedio réussit, et Bohémond doit se contenter de Tripoli.

En 1219 seulement, soutenu par l'importante population grecque de la ville, il peut reprendre Antioche et mettre son neveu en prison, où il meurt peu après.

Bohémond est excommunié plusieurs fois, en raison de la vengeance qu'il exerce sur les patriarches. Il meurt en 1233.

Durant la croisade de Frédéric II Hohenstaufen (sixième croisade, 1228-1229) il réussit à éviter que sa principauté ne tombe sous la suzeraineté germanique en affirmant qu'il ne tient ce fief que de l'empereur d'Orient (ce qui est juridiquement vrai depuis la soumission en droit puis en fait des princes d'Antioche aux Grands Comnènes. Cette déclaration est aussi appuyée par la forte communauté hellénique d’Antioche qui joue un rôle important dans le maintien de la ville hors de la domination du royaume arménien de Cilicie.


Il épouse en premières noces Plaisance († 1217), fille d'Hugues III Embriaco, seigneur du Giblet et d'Étiennette de Milly. De cette union naissent :

• Raymond, bailli d'Antioche, né en 1195, tué à Tortose en 1213,
• Bohémond V († 1252), prince d'Antioche,
• Philippe († 1226), roi d'Arménie,
• Henri, († 1272), ancêtre des rois de Chypre.

Il épouse en secondes noces en 1218 Mélisende de Lusignan, fille d'Amaury II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, d'où naissent :

• Orgueilleuse, morte jeune,
• Helvis,
• Marie qui prétendit au trône de Jérusalem.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 23:30

Robert IV de Sablé , maitre de l’Ordre du Temple




Blason de Robert de Sablé en tant que
Grand Maître de l'Ordre du Temple


Robert IV de Sablé, seigneur de Sablé, un des principaux barons du Maine, alors sous domination anglaise, est le onzième maître de l'Ordre du Temple qu'il a dirigé de 1191 à sa mort en 1193. Il a combattu au côté de Richard Cœur-de-Lion pendant la troisième croisade. Il a aussi laissé une œuvre poétique.

Origine

Robert IV de Sablé est le fils de Robert III de Sablé, et de Dame Hersende d'Anthenaise de Chaouches et de Malicorne, fille de Savary Ierd'Anthenaise.


Cour du roi d’Angleterre

Il passa dix-neuf ans à la cour d'Henri II d'Angleterre et de Richard Cœur-de-Lion où il devint très ami avec Richard. Chevalier, attiré par la bataille, il partit aussi se battre en Espagne, au Portugal et en Sicile


Croisade

Alphonse-Victor Angot dit l’abbé Angot (historien français) raconte comment, le 6 juin 1189, alors que Robert était sur le point de partir pour la croisade, l'abbé d'Évron, Geoffroi, vint lui demander la reconnaissance de deux deniers de rente et d'une procuration sur la terre de Cadoin. Il fut reçu par son fils, Robert se trouvant empêché de le faire lui-même à cause des préparatifs de son voyage. Mais il le conduisit ensuite dans son donjon et lui montra de là la terre chargée de la redevance ; enfin à genoux et sans consentir à se relever, il lui servit le vin de l'hospitalité. Il eut l'assurance de la fraternité des religieux en présence d'Emma, sa mère, et de Geoffroi, son fils, qu'il pria de ne jamais manquer à ses devoirs envers les moines. Il partit alors.
Richard Cœur de Lion le nomma, avec Gérard, archevêque d'Auch, Bernard, évêque de Bayonne, Richard de Chamvil, Guillaume d'Oléron, membre de son conseil pour le gouvernement de la flotte Anglaise, Normande, Bretonne et d'Aquitaine et l'exercice de la justice. Le seigneur de Sablé eut spécialement la charge de la flotte. Il assista au cours du voyage à la constitution du douaire ainsi qu'au mariage de la reine d'Angleterre Bérangère de Navarre avec son ami Richard sur l'île de Chypre.


Ordre du temple

Arrivé à Chypre, il fut reçu dans l’Ordre du Temple où il établit plus tard la première base solide des Templiers en Orient en achetant l'île à son ami le roi Richard pour seulement 25 000 marcs d'argent.

Quelques mois plus tard, meurt le maître de l'ordre Gérard de Ridefort, mais le poste de maître reste vacant plusieurs mois, les Templiers en profitant pour réformer certains points de la Règle qui concernent en particulier les mesures disciplinaires à prendre en cas de manquement à ses responsabilités du dirigeant suprême de l'Ordre. Ce n'est donc probablement qu'en octobre 1191 que Robert de Sablé — un homme neuf — qui s'était fait remarquer par ses divers exploits en Espagne, en Sicile ainsi qu'au Portugal contre le roi du Maroc est élu maître de l'Ordre du Temple quelques mois seulement après son admission en juin 1189.

Ami du souverain d'Angleterre, Richard Cœur de Lion, il participe à la prise de Saint-Jean-d'Acre le 13 juillet 1191; à la conquête du littoral palestinien puis enfin à la bataille d'Arsoufoù Saladin subit une lourde défaite. Robert de Sablé est de tous les combats contre Saladinet meurt le 23 septembre 1193 au moment où est signée la trêve de trois ans entre Richard et le sultan d'Égypte qui autorise l'entrée des pèlerins à Jérusalem.

Le Templier fait parvenir de Terre sainte une épine de la Sainte Couronne (1), cette relique est toujours vénérée aujourd'hui le lundi de Pâques dans l'Abbaye de Solesmes. Une dalle funéraire attribuée à Robert de Sablé est visible dans l'église abbatiale de l'Abbaye de Solesmes située près de la ville de Sablé-sur-Sarthe dans le sud de la Sarthe


Fondations

Quand il se décida à suivre son ami le roi Richard à la troisième croisade, il s'y prépara par de pieuses fondations. Celle de l'Abbaye du Perray-aux-Nonnains, à Écouflant, sous le vocable de Notre-Dame pour les Bénédictins, est datée à tort de l'an 1120 ; elle est plus certainement de l'année 1189, par les titres de seigneur de Briollay que prend le fondateur, et par toutes les circonstances du texte. Le fondateur et patron lui attribue des terres et des privilèges dans les paroisses d'Écouflant, de Briollay et de Saint-Silvain. La seconde fondation, celle du Bois-Renou, dite plus tard d'abbaye du Perray-Neuf, fut faite aussi en1189, par Robert IV, en présence de sa mère et sa femme, avec le concours pour un tiers de Pierre de Brion. Il en sera question de nouveau, quand Guillaume des Roches (2) et Marguerite de Sablé (3), sa femme, la transféreront à Précigné

Famille




Blason de Robert de Sablé


Robert IV était le fils de Robert III de Sablé et de Emma ou Hersende.
En 1174, Robert IV de Sablé épousa Clémence de Mayenne, fille de Geoffroy III de Mayenne et d'Isabelle de Meulan, née vers 1160. Juhel III de Mayenne, son frère, lui donna pour dot la seigneurie d'Angon dans le Cotentin, près de Coutances. Elle paraît plusieurs fois dans les actes de son mari, mais n'est pas connue plus tard que 1189. Elle ne figure pas à côté de sa belle-mère Emma ou Hersende dans sa dernière charte, quand il partit pour la croisade en 1190. Il était certainement veuf lorsqu'il entra dans l'ordre du Temple.

Robert eut de ce mariage :

1. Geoffroi, dit Geoffroy de Cornillé, du nom d'une seigneurie angevine, en la Boissière-Saint-Florent, dont Robert le Bourguignon avait donné le domaine au Ronceray, et que Geoffroi, dernier du nom, attribua pour la part qui lui restait à l'abbaye du Perray-Neuf en 1190. Il fit encore un don à l'abbaye du Perray, en Écouflant, au mois d'août1200 ;
2. Marguerite, dite Marguerite de Sablé, (1175-1238), femme de Guillaume des Roches ;
3. Philippe, femme de Geoffroi Marteau. […] le nom Geoffroi Martel ou Marteau qui lui est donné expressément dans les chartes de l'hôtel-Dieu d'Angers. Le 8 janvier 1195, en effet, Geoffroi Marteau, sur le conseil de Philippe (de Sablé), sa femme, concède à l'aumônerie tout ce que lui avait donné Foulque de Mastac, son père, sur Femart et le Piré. Il fut père :

1. de Guillaume Marteau, seigneur d'Arvert et chevalier, mort avant le 7 juin 1225
2. de Foulque de Mastas, qui à son tour confirma ses donations
3. de Robert de Sablé, seigneur de Mastas (Matha) et Mornac en Saintonge, Ce dernier était père de Foulque de Mastas qui devait 200 livres en 1252 pour la rançon de son père et devait hommage à Henri III d'Angleterre, roi d'Angleterre, pour une terre de l'île d'Oléron assignée à son frère Geoffroi.


Robert IV avait vers 1170 un sceau armorié sans doute de l'écu chargé d'un aigle qu'on voit encore sur la statue tombale de son père.




(1) La Sainte Couronne ou couronne du Christ est, selon la traditionchrétienne, la couronne d'épines posée sur la tête du Christ avant sacrucifixion.




(2) Guillaume des Roches, né vers 1155 - 1160 à Longué-Jumelles en Anjou, mort le 15 juillet 1222, seigneur deLongué-Jumelles et de Château-du-Loir, Seigneur de Sablé et sénéchal d'Anjou et du Maine pour les sénéchaussées de l'Anjou et les sénéchaussées du Maine de 1199 à 1222. Il fut nommé vicomte d'Anjou et sénéchal héréditaire par le roiJean sans Terre.

Né vers 1155 ou entre 1155 - 1160, on ignore tout de son enfance. Comme il fait une fondation pour Henri II d'Angleterre, on peut croire qu'il le servit dès qu'il fut en âge de le faire (c'est-à-dire vers 1180).

Il fut d'abord un chevalier au service de l'Empire Plantagenêt et du roi angevin d'Angleterre, Jean sans Terre.

Il était certainement au service de Richard Ier d'Angleterre dit Richard Cœur-de-Lion, fils d'Henri II, et l'on sait qu'il était déjà habile aux armes et expérimenté dans les affaires, assez avancé dans la faveur du prince pour qu'il le choisît le second des quatre délégués chargés de négocier la paix avec Philippe-Auguste, le 8 juillet 1193, au sortir de sa captivité.

Guillaume épousa en premières noces Philippe, dont la mère se nommait Hilaire ; il donna dans ce temps-là à l'abbaye de la Boissière deux prés à Longue-Île, que Célestin Port identifie avec l'île de Blaison. Il n'y a pas d'autre allusion à ce mariage qui ne lui donna pas d'héritier.

Veuf vers 1190, en 1201, il se marie avec Marguerite de Sablé, la fille et l'héritière de Robert IV de Sablé. Par ce mariage, il devient un des plus grands barons d'Anjou et du Maine avec les fiefs de La Suze, Briollay, Mayet, Louplande, Genneteil et Précigné.

Guillaume des Roches n'avait pas eu d'enfants de sa première femme Philippe, fille d'Hilaire. De Marguerite de Sablé, il eut :

1. Robert des Roches, qui reprit le nom traditionnel des aînés, cité dans plusieurs chartes de Marmoutier en 1202 et1204, mais qui mourut vers ce temps-là sans alliance
2. Jeanne, mariée dès 1214 à Amaury Ier de Craon, qui fut sénéchal d'Anjou, de Touraine et du Maine, et mourut en 1226, père de Maurice IV de Craon, de Jeanne et d'Isabelle
3. Clémence des Roches de Mondoubleau, du nom de sa grand-mère Clémence de Mayenne ; elle épousa :

1a)Thibault, comte de Blois et de Clermont, veuf de Mahaut d'Alençon, mort sans enfants en 1218 ;
2b) Geoffroi VI, vicomte de Châteaudun (1220) ; les époux vivaient en 1245 ; ils eurent : a) Jeanne,comtesse de Montfort-l’Amaury ; b) Clémence, vicomtesse de Châteaudun, dame de Montdoubleau.


Malgré ce que rapporte l'enquête du XIVe siècle sur le partage des filles des barons d'Anjou, de Touraine et du Maine, savoir que l'aînée avait toutes les baronnies ou terres nobles, et les jeunes seulement une rente, Guillaume, qui avait perdu l'unique héritier présomptif de son immense fortune, fit un partage ratifié par Philippe-Auguste.

• Jeanne, l'aînée, outre la sénéchaussée héréditaire, eut le château de Sablé,
Briollay, Châteauneuf-sur-Sarthe, Précigné, Brion ;
• Clémence, fille cadette, reçut Château-du-Loir, Mayet, La Suze, Louplande, les forêts et autres dépendances, réserve faite sur les deux lots du douaire de Marguerite, veuve du sénéchal.

Celui-ci avait trouvé que sa fortune était assez considérable pour doter deux familles.


(3) Marguerite de Sablé, Dame du Lude et de Durtal, née en1175 et morte en 1238, fille aînée du baron angevin Robert IV de Sablé, seigneur de La Suze et de Briollay et deClémence de Mayenne.

En 1191, Marguerite de Sablé devint la seconde épouse de Guillaume des Roches, seigneur de Longué-Jumelles et de Château-du-Loir, Seigneur de Sablé, Sénéchal d'Anjou de 1199 à 1222, du Maine et de Touraine. Il devint un des plus grands barons de l'Anjou.

En 1193, à la mort de son père, tué en Terre sainte durant une croisade en Palestine, Marguerite hérite, en tant que fille aînée, de ses seigneuries et de ses terres et domaines, faisant d'elle l'une des plus riches héritières de l'Anjou et du Maine.

Marguerite de Sablé, contribua à soutenir financièrement des deux abbayes que son père avait fondées. Par un acte de 12002, Marguerite donna des terres, des jardins, des cens sur les fours banaux, les bois, les prairies d’Écouflant à l'abbaye du Perray-aux-Nonnains (Son frère, Geoffroy de Cornillé, y ajouta des rentes en blé sur Vauchrétien.

En 1209, Marguerite de Sablé et son mari, Guillaume des Roches transfert définitivement l'abbaye du Perray-Neuf sur son site actuel de Précigné à côté de la cité de Sablé.

Marguerite de Sablé est décédée en 12385. Elle fut inhumée dans sa sépulture en l'abbaye du Perray-aux-Nonnains à Écouflant qu’elle avait dotée de son domaine définitif. Son cœur fut porté dans l'abbaye de Bonlieu, près du tombeau de son mari.

Descendance :
• Robert des Roches, mort enfant, en 1204 ;
• Jeanne des Roches, (1195 - 1240/1241), en 1212, elle épouse Amaury Ier de Craon, seigneur de Craon, d'Ingrandes et de Chantocé ;
• Clémence des Roches de Mondoubleau, (1200 - 1259/1260), elle épouse en 1217 Thibaud VI, comte de Blois dit le Jeune. Le 11 mai 1219, elle épouse Geoffroy IV, Vicomte de Châteaudun, Seigneur de Mondoubleau et de Saint-Calais.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Sam 12 Mar - 23:44

Garnier de Naplouse , maitre de l’ordre Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem



Garnier de Naplouse aussi connu sous le nom de Garnier de Syrie est le 10e supérieur de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Initialement profès de l'Ordre des Hospitaliers à Naplouse, sa patrie, il fut investi, en 1177, de la charge de précepteur ou commandeur de l'Hôpital de Jérusalem par Roger de Moulins alors Grand Maître des Hospitaliers. Bien qu'il fût percé de coups à la funeste bataille de Hattin en 1187, qui décida du sort de Jérusalem, Garnier de Naplouse parvint toutefois à gagner la ville d'Ascalon et s'y rétablit de ses blessures.
Trois ans plus tard, en 1190, il est à son tour promu à la dignité de Grand Maître, après la mort du prédécesseur Hermangard d'Asp.

Garnier de Naplouse participa à la Bataille d'Arsouf et ne mourut qu'un an plus tard vers la fin l'an 1192, sans avoir cessé de combattre pour la défense de la Terre sainte.


Blason de Garnier de Naplouse
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 0:45








Enrico Dandolo , doge de Venise

Enrico Dandolo, en latin Henricus Dandulus, (né en 11071 àVenise – mort en mai 1205 à Constantinople) fut le 41e doge de Venise, élu en 1192.
Enrico Dandolo est élu alors qu'il est âgé de 85 ans. Il réussit cependant à obtenir d'importantes concessions pour Venise lors de la quatrième croisade dont il est l'un des acteurs majeurs. Sa politique assurera la domination de Venise sur plusieurs territoires du bassin oriental de la Méditerranée : Venise devient une grande puissance européenne et maritime. Il est considéré comme l'un des plus grands doges de Venise (1).

Carrière diplomatique et juridique

Né à Venise, il est le fils du puissant juriste et membre de la cour ducale, Vitale Dandolo, qui était un proche conseiller du doge Vital II Michele (38e doge de Venise). Son oncle, également nommé Enrico Dandolo, a été patriarche de Grado, le plus haut rang religieux à Venise.

Le premier rôle politique important de Dandolo a lieu pendant les années de crise de 1171 et 1172. En mars 1171, le gouvernement byzantin saisit les biens de milliers de Vénitiens qui vivent dans l'empire avant de les emprisonner. Le doge Vital II Michele organise une expédition à laquelle participe Dandolo qui échoue en raison de la peste au début de 1172. Lors  son retour à Venise, Michele est tué par une foule en colère. Dandolo est nommé ambassadeur à Constantinople l'année suivante, Venise cherchant, sans succès, à parvenir à un règlement diplomatique de ses différends avec Byzance.

À partir d'octobre 1176, il occupe la fonction de juge à la cour dogale, probablement pendant tout le règne de Sebastian Ziani (2). En 1178, il participe à l'élection du doge suivant, son prédécesseur Orio Mastropiero (3).

La reprise des négociations avec Constantinople engagées en 1182 conduit finalement à un traité en 1186. Enrico Dandolo est présent en 1183 à Constantinople pour négocier le rétablissement du quartier vénitien dans la ville.

Avant d'être doge, Enrico Dandolo sera aussi ambassadeur : à Ferrare, deux fois auprès du roi Guillaume II de Sicile (4) et en 1183 à Constantinople. Il est également avocat pour des monastères vénitiens.


Le dogat

Enrico Dandolo devient doge à quatre-vingt-cinq ans. Son élection, le 1er juin 1192, est probablement le résultat d'un accord entre les factions adverses qui préfèrent mettre en place une personne âgée susceptible de mourir dans un bref délai

• Politique intérieure
Le dogat de Dandolo est marqué notamment par une réforme judiciaire jetant les bases du code civil vénitien, et l'introduction du grosso, une monnaie d'argent qui connait une large diffusion


• Politique extérieure
Dandolo réussit à conclure des accords avec Vérone, Trévise, avec le patriarche d'Aquilée, avec le roi d'Arménie et avec les empereurs d'orient et d'occident ; il remporte une guerre contre Pise qui soutenait la rébellion de la population de la Dalmatie. Une expédition contre la cité rebelle de Zara est cependant un échec.


Quatrième croisade

Vers 1201 - 1202 la politique qui avait caractérisé l'Adriatique au cours des dix années précédentes s'était apaisée et le dogat de Dandolo était dans une phase déclinante. De nouveaux évènements arrivèrent à maturation qui allait impliquer Venise et son doge.

En 1198, le pape Innocent III est élu. Il lance une croisade, la quatrième, qui aurait dû partir de Venise en 1201. Cependant, lorsque les croisés arrivent dans la lagune, ils ne sont pas en mesure de payer les Vénitiens. Dandolo, fin politique, leur demande alors d'aider Venise à reconquérir Zadar en échange d'un délai de paiement. Les croisés acceptent et la flotte prend le large sous le commandement d'Enrico Dandolo.

• L’accord avec Alexis IV

Après la capture de Zadar, le prince de Constantinople Alexis IV (5) dont le père a été déposé par son oncle Alexis III, promet aux hommes de l'argent et des terres s'ils l'aident à reconquérir le pouvoir. L'expédition change d'objectif, transformant l'expédition religieuse que fut la quatrième croisade en une invasion de mercenaires à la solde d'une faction.

En 1203 la flotte se dirige vers Constantinople, avec l'objectif officiel de placer sur le trône Alexis IV.

Constantinople est assiégée en juillet 1203 et Alexis III chassé au profit d'Alexis IV. La situation dégénère cependant et la guerre éclate en 1204 entre les croisés et le nouvel empereur Alexis V Doukas Murzuphle (6) qui a détrôné Alexis IV. Constantinople est prise d'assaut le 12 avril et l'empire partagé entre les vainqueurs. Venise reçoit finalement les trois huitièmes des territoires de l'empire d'orient, un quartier de Constantinople et achète les droits sur la Crète à Boniface de Montferrat. Dandolo envoie à Venise des d'œuvres d'art, dont les quatre chevaux de Saint-Marc, récupérés lors du pillage de la ville.

La mort

Enrico Dandolo ne retourne pas à Venise : il reste à Constantinople pour combattre les Bulgares et participe ainsi à la Bataille d'Andrinople (7) en 1205. Il meurt en mai 1205 à l'âge de 97 ans et il est enterré à Constantinople dans la basilique Sainte-Sophie, où une stèle funéraire portant son nom est visible dans la galerie ouest.
On raconte qu'après la prise de Constantinople, le 29 mai 1453 par les armées de Mehmed II, ses os auraient été déterrés et donnés aux chiens.
Descendance

Il fut marié à une femme du nom de Contessa, d'une famille inconnue (peut-être Minotto).

On ne lui connait avec certitude qu'un fils, Ranier qui occupe les fonctions de vice-Doge au cours de l'absence de son père à Constantinople et qui meurt en 1209 lors de la guerre contre Gênes pour le contrôle de la Crète. Un certain Fantino, décrit (de façon erronée) comme le second patriarche de Constantinople, lui est aussi attribué par des généalogistes tardifs ainsi que d'autres enfants, mais il s'agit probablement de personnages fictifs. Trois autres doges, Giovanni Dandolo, Francesco Dandolo et Andrea Dandolo portent le même patronyme mais appartiennent à d'autres branches de la famille.


(1) Le doge de Venise est le dirigeant de la république de Venise. Il incarne de manière symbolique le bon fonctionnement de l'État.




(2) Sebastian Ziani (italien : Sebastiano Ziani), mort à Venise le13 avril 1178) est le 39e doge de Venise, élu en 1172.

Sebastian Ziani est le fils de Marino Ziani. Juge, diplomate àConstantinople, recteur de Šibenik, il est très riche ayant fait du commerce avec l'orient, activité qu'il poursuit même après son élection au dogat.

Il est le premier doge élu par l'assemblée restreinte des nobles et non par l'assemblée populaire. Son élection a lieu six mois après la mort de son prédécesseur, après unconclave de trois jours. Il est élu le 29 septembre 1172, à l'âge de 60 ans, en concurrence avec Orio Mastropiero. Il semble que ce soit le premier doge à distribuer de l'argent au peuple après son élection, instaurant un usage qui survivra jusqu'à la chute de la république et son dernier doge Ludovico Manin.

Son premier acte est la condamnation à mort de l'assassin de son prédécesseur.




(3) Orio Mastropiero est le 40e doge de Venise élu en 1178.

Avant d'être doge, Orio Mastropiero est ambassadeur auprès de l'empire byzantin et de Guillaume II de Sicile. Il soutient la révolte au cours de laquelle est tué le 38e doge Vital II Michele. Les doges, qui étaient jusqu'ici élus par une assemblée populaire, sont à présent élus par une commission de onze membres ; Mastropiero est le premier à être élu selon ce nouveau système mais refuse la charge et c'est Sebastian Ziani qui est élu.

Orio Mastropiero est finalement élu doge en 1178, après l'abdication de Ziani, par une assemblée de quarante membres.




(4) Guillaume II de Sicile, aussi nommé Guillaume le Bon (né en 1154 à Palerme et mort le 18 novembre 1189 dans la même ville), est le fils de Guillaume le Mauvais, de la dynastie des Hauteville, et de Marguerite de Navarre. Roi de Sicile de 1166 à 1189, Guillaume II est surnommé « le Bon » en raison de sa politique de clémence et de justice envers les communes et les barons de Sicile, en opposition avec le règne de son père.  Il est le fils de Guillaume Ier de Sicile et de Marguerite de Navarre.
[…]

Le caractère de Guillaume est celui d'un lettré. C'est un roi « bon » mais peu attiré par la guerre. Cependant, le qualificatif de « bon » peut également cacher un manque certain d'autorité, notamment face aux barons normands d'Italie.

Guillaume poursuit la politique étrangère de son père. Il entretient de bons rapports avec le pape Alexandre III et l'empereur byzantin Manuel Comnène.
En 1177, Guillaume épouse la princesse Jeanne d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, alors âgée de onze ans.

En 1184, il donne sa tante Constance de Hauteville au fils aîné de Barberousse, le futur Henri VI. Cette union donnera ensuite à la dynastie souabe des prétentions au trône de Sicile.

En 1189, Guillaume II meurt à trente-cinq ans, sans enfant légitime. Deux prétendants revendiquent alors la couronne de Sicile : son cousin Tancrède de Lecce et Henri VI, fils de Barberousse.




(5) Alexis IV Ange (en grec byzantin: Αλέξιος Δ' Άγγελος), né vers 1182 et mort le 8 février 1204 à Constantinople, est un empereur byzantin (1203-1204), fils d'Isaac II Ange.

Il est emprisonné en 1195 par son oncle Alexis III Ange, qui a détrôné son père et pris le pouvoir.

Il réussit à s'évader en 1201, se réfugiant à la cour de son beau-frère Philippe de Souabe. Il y rencontre en 1202 Boniface de Montferrat, un des principaux chefs de la quatrième croisade, avec lequel il conclut une alliance pour rétablir son père sur le trône. En échange de l'aide des Croisés, il promet de rétablir l'union religieuse avec Rome et d'aider les Latins dans leur lutte contre les Turcs.

Après le siège de Constantinople en 1203, Isaac II est rétabli sur son trône.
Alexis IV est couronné coempereur le 1er août 1203 au côté de son père Isaac II Ange. Devant l'état du Trésor, il doit lever de nouveaux impôts et faire fondre les objets de culte. Les Byzantins sont scandalisés et quelques-uns d'entre eux en profitent pour allumer un incendie dans le quartier sarrasin de Constantinople : l'incendie se propage et ravage la quasi-totalité de la ville. Le père et le fils sont renversés le 28 janvier 1204, et très brièvement remplacés durant trois jours par Nicolas Kanabos, élu par une assemblée du Sénat et par des prêtres, avant la prise du pouvoir par un usurpateur Alexis V Doukas Murzuphle.

Ce dernier fait jeter Alexis IV en prison et l'étrangle de ses propres mains le 8 février 1204. Pour faire croire à une chute, il fait ensuite meurtrir son cadavre à coup de masse.




(6) Alexis V Doukas surnommé Murzuphle (dont les sourcils se rejoignent), est un empereur byzantin mort en décembre1204
Membre de la famille noble Doukas de filiation inconnue, il semble être le principal responsable de la révolte de Jean Comnène le Gros en 1200 ou 1201, ce qui est peut-être la raison pour laquelle il se trouve en prison lors de l'avènement d'Alexis IV durant la période troublée de la Quatrième croisade. Libéré, il est nommé protovestiaire (service de la garde-robe impériale).

Il renverse Isaac II, Alexis IV et Nicolas Kanabos en janvier1204, au cours du second siège de Constantinople. Il renforce les remparts de Constantinople et la garde de la ville. Les croisés s'emparent cependant de la ville le 12 avril 1204. Ayant vainement tenté de mobiliser ses sujets, Alexis V tente une contre-offensive, qui échoue. Il s'enfuit alors avec sa maîtresse Eudocie Ange, troisième fille d'Alexis III et cherche refuge chez ce dernier. D'abord bien reçu, il épouse Eudocie mais Alexis III lui fait ensuite arracher les yeux. Séparé de son épouse et fuyant il est capturé en novembre 1204 par les croisés commandés par Thierry de Loos, amené à Constantinople et jugé par Baudouin Ier de Flandre.

Ce dernier le condamne à « avoir les os brisés, comme il les avait brisés au jeune Alexis ». On le fait monter au haut de lacolonne de Théodose on l'attache à une planche avant de le précipiter dans le vide.




(7) La bataille d'Andrinople a eu lieu le 14 avril 1205. Elle a mis aux prises les Bulgares, menés par le tsar Kalojan, et les croisés de Baudouin Ier. La victoire revient aux Bulgares, grâce à une embuscade réussie menée avec l'aide de leurs alliés coumans et grecs. Environ 300 chevaliers périssent, dont Louis de Blois, duc de Nicée. Baudouin lui-même est capturé et aveuglé ; il mourra en captivité. Après cette bataille, les Bulgares envahissent la majeure partie de la Thrace et de la Macédoine. À Baudouin succède son frère cadet Henri de Hainaut, qui devient empereur le 20 août 1205.

Le déroulement de la bataille est principalement connu grâce aux Chroniques de Geoffroi de Villehardouin.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 21:22

Boniface Ier de Montferrat

 

Boniface de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici) (vers 1150 - 4 septembre 1207) (en italien Bonifacio del Monferrato) était marquis de Montferrat et roi de Thessalonique de 1205 à 1207. Il fut aussi l’un des chefs de la quatrième croisade

La jeunesse


Boniface est le troisième fils de Guillaume V de Montferrat et Judith de Babenberg (fille de Conrad III de Hohenstaufen), né après le retour de son père de la deuxième croisade. Boniface appartient donc à la famille des Aleramici (1). Il est le jeune frère de Conrad Ier de Jérusalem.

Il apparaît, pour la première fois, dans un document rédigé à Turin, le 14 juin 1178. On sait peu de chose sur les premières années de sa vie. Selon certains historiens, vers 1182, année dont on le sait loin de Montferrat, il pourrait être en Ligure, lieu où le troubadour provençal Raimbaut de Vaqueiras chante les aventures chevaleresques de son seigneur. L’artiste reste à la cour de Boniface une grande partie de sa vie.
Comme le reste de sa famille, il soutient son cousin Frédéric Ier Barberousse dans ses guerres contre les communes lombardes.

Boniface est membre du conseil de régence créé par Humbert III de Savoie (2) pour son jeune fils Thomas (3). En 1190 Boniface en compagnie du comte de Savoie, rend l’hommage à Henri VI, empereur, pour lequel Boniface occupe de nombreuses charges au point d’être récompensé par l’acquisition de plusieurs fiefs en 1191.


Boniface devient marquis

Le 19 novembre 1191, Otton Ier du Carretto lui vend la seigneurie de Albissola; le 5 juillet 1192, le marquis Bérenger de Busca lui concède une partie de Cossano Belbo et de Loreto. Conrad et son père Guillaume V meurent, Boniface reste l’unique héritier et en 1192, il devient marquis.

Fidèle à Henri VI, il passe plusieurs mois aux côtés de l’empereur en Allemagne, lequel lui accorde le fief d’Alexandrie. En 1194 il commande une expédition navale pour conquérir Gaète qui a pour objectif la conquête de la Sicile orientale. Il est dans la suite d’Henri lors de son couronnement à Palerme, le 25 décembre, l’accompagnant lors de son retour avant de rentrer dans le Montferrat en 1196, où il s’engage pleinement dans les guerres contre les communes de l’Italie.

Il obtient arbitrairement de l’empereur la ville d’Asti mais avec la mort d’Henri VI, les habitants s’allient à Alexandrie et se révoltent occupant Castello di Annone.
En juin 1199 Boniface se voit contraint de s’allier avec Asti, Alexandrie, Vercelli, Milan et Plaisance pour participer à une expédition dans le nord de la Lombardie.
La participation aux croisades

Lorsque le premier chef choisi pour mener la quatrième croisade, (Thibaut III de Champagne (4)), meurt en 1201, Boniface est pressenti, c’est un guerrier expérimenté et sa famille est déjà implantée en Orient : son neveu Baudouin et son frère Conrad ont été Rois de Jérusalem. Après s’être rendu à Paris pour discuter avec Philippe Auguste, vers septembre, Boniface reçoit le commandement de l’expédition, ne rentrant qu’occasionnellement dans le Montferrat afin de régler au mieux les difficultés avec Alba, Asti et Alexandrie et voyageant fréquemment pour terminer les préparatifs de la croisade qui doit partir de Venise.
L'armée croisée est très endettée auprès de la République de Venise qui a accepté de fournir les navires. Boniface accepte donc de réduire pour elle les cités rebelles de Trieste, Moglie, et Zara. Le Pape est courroucé de cette attaque contre des villes chrétiennes. Il devient alors évident que le véritable chef de la croisade est le doge vénitien Enrico Dandolo, et non plus Boniface.

Boniface ne participe pas à la prise de Zara, première ville à subir l’attaque des croisés. Le motif est inconnu mais on peut supposer que le marquis est resté à Venise pour négocier avec Philippe de Souabe (5) et Alexis, fils de l’empereur de Byzance, qui a un rôle important dans la décision de mettre à sac la capitale de l’Empire d’orient en1204. La proposition d’Alexis acceptée, le 20 avril, avec le doge Enrico Dandolo, Boniface embarque en direction du gros de la flotte chrétienne qui se trouve encore à Corfou, avec l’objectif de se diriger vers Constantinople.

L’usurpateur Alexis III est renversé en juillet et Alexis est couronné co-empereur avec son père. La situation évolue rapidement, les Byzantins en désaccord avec les croisés provoquent une rébellion qui conduit à la mort d’Alexis IV et à la proclamation d'Alexis V Doukas au début de 1204. Les Vénitiens se mettent d’accord avec les autres chefs croisés pour se partager l’Empire, et saccagent Constantinople en avril.

Boniface est considéré comme le principal prétendant au trône impérial, mais sa candidature s’oppose aux vues des Vénitiens, inquiets du pouvoir que peut prendre un parent du roi Philippe et allié de Gênes, qui optent donc pour Baudouin de Hainaut . Demandant en vain que lui soit reconnue la souveraineté sur les territoires asiatiques, Bonifacio conquiert Didymotique et assiège Andrinople. Pour empêcher une guerre interne entre les croisés, le doge et les autres chefs conviennent de confier au marquis de Montferrat la Macédoine méridionale, entre Mosinopoli et Thessalonique. Boniface devient donc roi de Thessalonique et vend ses droits sur la Crète à Venise, après une négociation menée par Marco Sanudo.

Après avoir instauré un gouvernement en Macédoine, il avance jusqu’en Thessalie et capture Alexis III qu’il envoie en exil dans le Montferrat, l'ex-empereur est emprisonné dans l'abbaye de Lucedio près de Trino.

Par la suite, Boniface descend jusqu’à Athènes et Thèbes, assiégeant aussi Corinthe, tous les territoires conquis sont confiés à ses compagnons d’armes.
Sa mort

Alors qu’il assiège Nauplie, il reçoit la nouvelle qu’à Thessalonique une révolte a éclatée. À toute hâte, il revient sur ses pas, découvrant que la révolte a déjà pris fin. Sa seconde femme Marguerite de Hongrie, qui lui a donné son fils Démétrios, s’est réfugiée dans la forteresse de Thessalonique.
Inquiet de la menace des Bulgares, qui ont attaqué Thessalonique pendant la rébellion, il décide de créer une force composée de croisés. Prenant la tête de l’expédition avec Henri de Hainaut, Boniface est tué, le 4 septembre 1207, alors qu’il revient d’une incursion sur les monts du Rhodopes dans le territoire bulgare.
Le royaume de Thessalonique passe à sa femme Marguerite et à son fils Démétrios


Mariage et descendance

Boniface a d'abord été marié vers 1170 à Helena del Bosco. Ils ont eu trois enfants:
• Guillaume VI (1173-1225), marquis de Montferrat.
• Béatrice mariée à Henry II del Carretto, marquis de Savone,
• Agnès de Montferrat (en) mariée à Henri Ier de Constantinople en 1207.

Selon Nicétas Choniatès, Boniface se marie, fin 1186-début 1187, avec Jeanne de Châtillon, fille de Renaud de Châtillon et sa première épouse la princesse Constance d'Antioche.

Certaines sources affirment qu’en 1197, Boniface épouse Éléonore, une des filles de son cousin Humbert III de Savoie. Si tel est le cas, elle est morte en 1202. Usseglio est sceptique quant à ce mariage1. Il est à noter que, dans ses chansons, Vaqueiras, ne fait aucune allusion à cette épouse.

En 1204 à Constantinople, il se marie avec Marguerite de Hongrie, fille du roi Bela III de Hongrie, elle est la veuve de l’empereur Isaac II Ange. Ils ont un fils:
• Démétrios, né en 1205, roi de Thessalonique


(1) Les Alérame, en italien les Aleramici, connus aussi sous le nom antique des Aleramidi, furent une importante famille féodale piémontaise dont les diverses branches gouvernèrent le Montferrat, Saluces, Savone et d'autres terres comprises entre la Ligurie et le Piémont.





(2) Humbert III de Maurienne ou plus couramment Humbert III de Savoie, dit « le Bienheureux » ou « le Saint », né le 1er avril ou1er août 1136 au château d'Aveillane et mort le 4 mars 1189 à Chambéry, est le 8e comte de Maurienne, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais, marquis de Suse et d'Italie (comte de Turin) et il est le second Humbertiens à porter le titre de comte de Savoie, de 1148 à 1189. Il est le fils du comte et marquis Amédée III. Sa vocation religieuse lui permet d'être béatifié en 1836.

Á la suite du décès de sa troisième femme, au moment de son retrait dans l'abbaye d'Hautecombe, il fait la demande d'être enterré à Hautecombe. En 1178, la naissance d'un fils, lui donne enfin l'occasion, avec la permission de sa femme, de se retirer à Hautecombe, où il reprit semble-t-il l'habit de moine. La Chronique de Savoye, qui reste une hagiographie officielle, ne fait pas mention ce retour vers la fin dans les ordres12. Le comte Humbert III meurt le 4 mars 1189. Selon ses volontés, il est enterré dans l'enceinte du cloître de l'abbaye. On trouve ainsi l'origine de la nécropole de la maison de Savoie.

Son tombeau est déménagé dans l'église au XVIIIe siècle. Il est détruit lors du saccage de l'abbaye, sous l'occupation du duché par les troupes révolutionnaires françaises11. L'ensemble est reconstruit par Charles-Félix11. En 1954, les tombes sont transférées dans le sanctuaire dédié à la maison de Savoie, selon la volonté du roi d'Italie Humbert II.

La succession d'Humbert a été une question primordiale de son règne avec notamment ses quatre mariages. Il devient père d'un garçon, Thomas, en 1177. Lorsqu’ Humbert s'éteint en 1189, son fils est encore mineur, il n'a que 12 ans. La Cour de Savoie choisie pour tuteur, le marquis de Montferrat, Boniface, cousin de son père, c'est aussi un partisan gibelin, ce qui permet au comté de se rapprocher du parti de l'Empereur. L'empereur Frédéric Barberousse meurt en l'an 1190.

Humbert se marie 4 fois :

1. en 1151 avec Faidiva de Toulouse ou Faydive, Faidive (1135-1154), fille d'Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et marquis de Provence (1103-1148) et de Faidiva d'Uzès. Elle meurt trois ans plus tard sans avoir donné d'héritier ;

2. en 1155 Gertrude de Flandres, fille de Thierry d'Alsace, comte de Flandre et de Sibylle d'Anjou. Le mariage est annulé au motif de l'infertilité de la comtesse en 1162

3. en 1164 avec Clémence de Zähringen († 1167), fille de Conrad Ier, duc de Zähringen, et de Clémence de Namur. Deux ans plus tôt, elle s'était séparée de son premier époux Henri le Lion, duc de Bavière et de Saxe. Humbert et Clémence eurent trois filles :
• Sophie (1165-1202), mariée à Azzo VI d'Este (1170 † 1212) ;
• Alix ou Alice, Adélaïde (1166 † 1174), promise à Jean d'Angleterre, futur roi, mais morte avant la cérémonie. Selon certaines sources, il semble qu'elle ait été l'aînée et peut être considérée comme héritière du comté. En effet, la dote était le comté de Savoie tout entier, puisque aucun héritier mâle ne pouvait reprendre la succession d'Humbert ;
• Éléonore (1167-1204), mariée en 1197 à Boniface Ier († 1207), marquis de Montferrat et roi de Thessalonique ;

4. en 1177 avec Béatrice de Vienne (1160 † 1230), fille de Gérard Ier, comte de Mâcon et de Vienne, et de Maurette de Salins. Le couple eut deux enfants :
• Thomas Ier (1178 † 1233), comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne,
• une fille, morte à l'âge de sept ans.

La vocation religieuse du comte en font un personnage très tôt célébré, notamment par l'église d'Ivrée. Les moines cisterciens, dont il prit l'habit, l'inscrivent dans leur calendrier comme un bienheureux. En 1838, la confirmation de la béatification est rendue par le pape Grégoire XVI.
Son culte est célébré le 4 mars. Aujourd'hui, en Savoie, il est par contre célébré le 27 avril au côté d'un autre saint de la maison de Savoie, Amédée IX.




(3) Thomas Ier de Savoie, dit « le Gibelin » ou encore « L'Ami des communes », né le 27 mai 1178 au château de Charbonnières   et mort le 1er mars 1233 à Moncalieri, fut le 9e comte de Savoie et de Maurienne et marquis en Italie de 1189 à 1233.

[…]

Vers 1196, probablement en mai, le comte Thomas Ier épouse Béatrice-Marguerite de Genève (que l'on trouve mentionnée sous les formes Béatrice de Genève ou Marguerite de Faucigny), fille de Guillaume Ier de Genève, comte de Genève et de Vaud, et Marguerite-Beatrix de Faucigny, fille d'Aymon Ier, sire de Faucigny. Certains historiens ont distingué Béatrix de Genève et Marguerite de Faucigny, et considèrent qu'il y eut deux mariages. Ils auront dix enfants dont 8 fils selon les historiens, Eugene L. Cox ou plus récemmentDemotz. Les époux et historiens Leguay relèvent que la nombreuse progéniture du comte peut être un avantage. L'aîné héritera des titres et droits de son père, quand à ses fils puinés, ils intègreront les ordres.

• Amédée ou Amadeus (1197 † 1253), futur comte de Savoie de 1233 à 1253 ;
• Béatrix, (1198 † 1266), mariée en 1219 à Raymond Bérenger, comte de Provence. Ils eurent quatre filles qui furent toutes reines ;
• Marguerite (1212 † 1273), mariée en 1218 à Hartmann IV († 1264), comte de Kybourg ;
• Humbert († 1223 en Hongrie) ;
• Aimon ou Aymon († 1238 ou 1242, peut-être de la lèpre), Apanagé en Vieux Chablais ainsi que Moudon, seigneur de Chillon, de Villeneuve ;
• Thomas II, (1199 † 1259), Apanagé en Piémont (1235 à 1259), comte de Flandre (1237-1244) ;
• Guillaume (parfois William) († 1239), évêque de Valence (1224-1239), doyen de Vienne, puis prince-évêque de Liège et de Winchester (1238-1239) ;
• Pierre, dit le Petit Charlemagne, (1203 † 1268), futur comte de Savoie de 1263 à 1268 ;
• Boniface (1207 † 1270), évêque de Belley (1232-1241), archevêque de Canterbury (1246-1270) ;
• Philippe Ier (1207 † 1285), archevêque de Lyon et évêque de Valence (1246-1267), puis comte de Savoie de 1268 à 1285 ;

D'autres enfants sont parfois ajouté à la fratrie, ainsi le site des Archives départementales de Savoie et Haute-Savoie en indique cinq de plus :
• Aymon († 1238), seigneur de Valley ;
• Humbert († 1226) ;
• Amédée († 1268) évêque de Maurienne (1230-1268) (en réalité fils du comte Guillaume Ier de Genève) ;
• Alice, abbesse de Saint-Pierre à Lyon en 1250
• Agathe, abbesse de Saint-Pierre à Lyon ;

Ainsi que deux ou trois enfants illégitimes (bâtards), dont les deux garçons — Berold et Benoît — sont mentionnés dans l'Histoire généalogique de la royale maison de Savoie (1660), du généalogiste Samuel Guichenon:
• Avita, peut-être illégitime, mariée en 1237 à Baudouin de Reviers († 1262), 7e comte de Devon ;
• Berold ;
• Bénédict ;




(4) Thibaud III de Champagne né le 3 janvier 1179, il est le fils cadet d'Henri le Libéral et de Marie de France. Il est mort àTroyes le 24 mai 1201.

En 1197, il devient comte de Champagne à la place de son frère Henri II qui l'a désigné comme successeur.

Le 1er juillet 1199, il épouse à Chartres Blanche de Navarre, fille du roi de Navarre Sanche VI de Navarre et de Sancha de Castille, parfois nommée Béatrice de Castille († 1179).

À la suite de l'appel du pape Innocent III, Thibaut III décide de se croiser en novembre 1199 en compagnie de son beau-frère le comte de Flandre Baudouin, et de son cousin le comte Louis de Blois, fils de sa tante Alix de France (1150-1195). C'est lui qui est désigné comme chef de la quatrième croisade.
En 1200, son épouse Blanche met au monde une fille baptisée Marie. C'est pendant la préparation de son expédition en Terre sainte que Thibaut III meurt dans palais de Troyes le 24 mai 1201. Quelques jours plus tard, le 30 mai 1201, Blanche qui était enceinte, met au monde un fils, le futur Thibaut IV de Champagne, dit le Chansonnier, qui deviendra Thibaut Ier de Navarre.




(5) Philippe Ier de Souabe né Philippe de Hohenstaufen(août 1177 - mort le 21 juin 1208 à Bamberg), roi des Romains de 1198 à 1208, élu peu de temps avant Otton IV de Brunswick. Il fut aussi marquis de Toscane (1195 1208) et Duc de Souabe (1196-1208). Il fut le seul roi allemand à être assassiné durant son règne.

• 1176 il naît de l'empereur germanique Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne

• 1197 il épouse Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur de Byzance Isaac II Ange, qui lui donne sept enfants dont trois meurent en bas-âge :
• Béatrice (1198-1212) qui épouse en 1212 le futur empereur germanique Othon IV de Brunswick, et meurt la même année
• Cunégonde (1200-1248) qui épouse en 1224 le roiVenceslas Ier de Bohême (1205-1253) ;
• Marie (1201-1235) qui épouse le duc Henri II de Brabant (1207-1248) ;
• Élisabeth (1202-1235) qui épouse en 1219 le roiFerdinand III de Castille et de Léon (v.1200-1252).

• 1198 au mois de mars au cours de la diète tenue à Mühlhausen, il est élu roi des Romains ce qui déplait au pape Innocent III. Ce dernier, prenant le parti d'Otton IV de Brunswick (en échange de promesses exorbitantes : plus d'intervention impériale dans les élections épiscopales en Germanie, abandon de toute idée de suzeraineté sur la ville de Rome, renoncement à toute souveraineté sur la Sicile qui redeviendrait vassale du Saint-Siège, etc.), le fait élire roi des Romains à Cologne le 9 juin 1198, puis couronner le 12 juillet 1198.

• 1208 le 21 juin, il meurt poignardé à l'âge de 32 ans à Bamberg (250 km au nord de Munich en Bavière) par son allié Otton de Wittelsbach († 5 mars 1209), comte palatin de Bavière, qu'il avait mortellement offensé en lui refusant la main de sa fille. Philippe de Souabe ne sera jamais couronné empereur et son épouse meurt le 27 août de la même année.

• Réélu à Francfort le 11 novembre 1208, Otton IV de Brunswick peut alors recevoir la couronne impériale du pape Innocent III le 4 octobre 1209.
• Parmi les actes qu'il a octroyés, on peut noter la confirmation de la charte d'Albert de Cuyck aux bourgeois deLiège datée du 3 juin 1208.

• Philippe de Souabe, dans les actes de sa propre chancellerie se faisait appeler Philippe II de Souabe en référence à l'empereur romain Philippe du IIIe siècle.


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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 21:35

Baudouin IX de Flandre

Baudouin de Flandre et de Hainaut aussi nomméBaudouin de Constantinople (° 1171 - † 1205 ou 1206) est un comte de Flandre (Baudouin IX) de 1194 à 1205, uncomte de Hainaut (Baudouin VI) de 1195 à 1205 et unempereur de Constantinople (Baudouin Ier) de 1204 à 1205. Il est fils de Baudouin V, comte de Hainaut, et de Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre.


Le comte de Flandre et de Hainaut


Il hérite de la Flandre (amputée de l’Artois depuis 1191) à la mort de sa mère le 15 novembre 1194 et du Hainaut à celle de son père le 18 décembre 1195, réunissant en sa personne les deux branches de la Maison de Flandre qui s’étaient séparées après la mort de Baudouin VI.

S’il prête rapidement hommage à Compiègne à Philippe Auguste, il reste dans une prudente attente dans le conflit franco-anglais, mais est obligé par le roi de France à donner des garanties supplémentaires à sa foi : le roi reçoit le serment des barons flamands de lui rester fidèle ; la menace d’un anathème plane sur le comte en cas de parjure ; enfin, les fiefs de Boulogne, Guînes et Oisy sont cédés à la Couronne. Taxé de faiblesse à son retour par les Flamands, Baudouin s’allie alors à Richard Cœur de Lion et demande au roi de France le retour à la Flandre de Lens, Arras,Hesdin, Bapaume, Saint-Omer et Aire. Devant le refus du roi, Baudouin entre en Artois, tandis que le duc Richard occupe les forces françaises en Normandie et met le siège devant Arras. Philippe Auguste réagit, repousse Baudouin jusqu’à l’Yser, mais le comte fait alors ouvrir les écluses sur le camp français. Le roi de France, enserré par les eaux et les armées flamandes n’a d’autre choix que de céder aux exigences de Baudouin, promesses qu’il fait rétracter par son conseil sitôt revenu à Paris. Baudouin prend à nouveau les armes et occupe Aire et St-Omer.

La comtesse Marie intervient alors et s’entremet entre le comte, son mari et le roi de France, son oncle. Son intervention débouche sur la conférence de Péronne en janvier 1199, où les deux parties arrivent à un accord : le roi conserve les terres au-delà du Fossé Neuf, tandis que Baudouin IX garde ou recouvre Douai, Ardres, Lillers, La Gorgue, Richebourg, Aire, Saint-Omer, l’avouerie de Béthune et l’hommage du comté de Guînes. Ce succès renforce la popularité du comte auprès de ses barons et de ses villes.


Le croisé

Le comte entend alors la prédication à la croisade d’Erluin et de Pierre de Roussy, envoyés en Flandre par le pape. Baudouin IX et son épouse Marie de Champagne prennent alors solennellement la Croix le 23 février 1200en l’église St-Donat de Bruges, suivis par une foule de chevaliers flamands. Baudouin prend, avec Thibaud de Champagne, Louis de Blois et Hugues IV de Campdavaine la tête de l’expédition. Avant le départ, il confie à son frère Philippe, comte de Namur, la régence de Flandre, assisté d’un conseil composé du chancelier Gérard, prévôt de Saint-Donat, son oncle, de Baudouin de Comines, des châtelains de Bruges, de Gand et de Lille.

Les armées gagnent Venise où un accord a été trouvé avec la république maritime pour transporter les Croisés en Orient : la moitié des conquêtes devra aller à la ville de saint Marc. Les Croisés prennent d’abord Zara comme paiement aux Vénitiens, puis à la demande de Philippe de Souabe, la croisade est détournée pour secourir son beau-frère Alexis Ange dont le père Isaac II a été renversé à Constantinople par son frère, devenu Alexis III. Le détournement est appuyé par le doge de Venise Enrico Dandolo. Chalcédoine en Bithynie est rapidement investie, puis Galata, et les Croisés arrivent donc sous les murs de Constantinople. Alexis III s’enfuit, Isaac II est libéré par les Grecs et doit céder aux conditions exigées par les Croisés pour l’aide accordée à son fils devenu Alexis IV.

Dès avril 1204, la situation se dégrade: les indemnités promises ne sont pas payées. La position d’Alexis IV est devenue intenable et il a été renversé en janvier par Alexis Murzuphle. L'énergique Alexis V renforce les défenses de la ville et refuse toute négociation. Le lundi de Pâques 1204, les Croisés prennent et saccagent alors l’antiqueByzance, dont Baudouin est rapidement élu empereur avec l'appui des Vénitiens.


L’empereur de Constantinople

Couronné Baudouin Ier premier empereur latin de Constantinople le 16 mai 1204, le nouveau souverain respecte les accords passés pendant le siège de la ville avec Dandolo : les Vénitiens reçoivent les trois huitièmes de la ville et de l'Empire.

Baudouin se heurte rapidement aux réticences des Grecs et à l’intervention des Bulgares, appelés à l’aide. Il assiège Andrinople qui s’est soulevée, mais qui espère l’arrivée du tsar des Bulgares Jean Kalojan. Le comte de Blois, désobéissant à l’empereur, se porte au-devant d’eux, ce qui contraint Baudouin à lui prêter secours. Le 15 avril 1205, les Francs sont battus devant Andrinople, le comte de Blois est tué. Baudouin est fait prisonnier selon Geoffroi de Villehardouin, même si les chroniqueurs Meyer et Raynaldi reconnaissent ignorer s’il est mort au champ d’honneur ou en prison.

Si l’on en croit un autre chroniqueur, Nicétas Khoniatès, Baudouin aurait été détenu à Tarnovo (Bulgarie), puis aurait été abandonné dans une vallée pieds et mains coupées, et serait mort après une agonie de trois jours. Cette version est contestée, et il est plus probable que l’empereur flamand soit mort en prison. L'historien byzantin Georges Acropoliteprétend que son crâne fut transformé en coupe à boire par Kaloyan.

Sa disparition, suivie six semaines plus tard de celle de Dandolo, nonagénaire et aveugle3, entraîna un partage des terres conquises et des querelles que son successeur, son frère Henri, ne sut éviter.

Mariage et descendance

Il avait épousé le 6 janvier 1186 Marie de Champagne (1174 † 1204), fille d'Henri Ier le Libéral, comte de Champagne et de Marie de France. Il laissait deux fillettes, à la merci de leur ambitieux suzerain :
• Jeanne (1199-1200 † 1244), comtesse de Flandre et de Hainaut, mariée à :
1. en 1212 Ferrand de Portugal (1188 † 1233)
2. en 1237 Thomas II de Savoie (1199 † 1259), prince de Piémont
• Marguerite II (ca.1202 † 1280), comtesse de Flandre et de Hainaut, mariée à :
1. vers 1212 (séparés en 1221) Bouchard d'Avesnes (1182 † 1244)
2. en 1223 Guillaume II de Dampierre (1196 † 1231)

l’aventure du faux Baudouin

Sa mort incertaine permit en 1225 à un imposteur, Bertrand Cordel, de se faire passer en Flandre pour l'empereur, censé avoir échappé à la mort en Bulgarie. Le difficile contexte flamand de l'après Bouvines et la captivité du comte Ferrand permit l'aventure.
Fils d’un vassal de Clarembaut de Capes, natif de Rains, près de Vitry-sur-Marne, Bertrand Cordel était saltimbanque et jongleur. Après Bouvines, vers 1220, les Franciscains ont commencé à arriver en Flandre, accompagnés d'un grand prestige. La rumeur plaçait parmi eux d'anciens croisés flamands revenus au pays. C’est dans ce contexte qu’en 1225, un baron crut reconnaître Baudouin IX en Bertrand, qui vivait de mendicité publique et passait pour ermite dans le bois de Glançon, près de Valenciennes. Bertrand, installé dans un hôtel de cette ville, finit par jouer le jeu (27 mars 1225). Des personnalités dirent le reconnaître et lui apprirent vraisemblablement des rudiments de la vie de l’empereur et de la manière de bien se comporter. La crédulité du peuple fut correctement exploitée et une immense émotion parcourut les comtés de Flandre et de Hainaut. Il fut acclamé à Valenciennes, à Tournai, à Lille, ses entrées à Bruges et à Gand furent magnifiques. Il y était revêtu de tous les attributs impériaux.
La comtesse Jeanne, fille de Baudouin, dut alors se réfugier au Quesnoy avec quelques fidèles. On tenta même de l’enlever. Elle put néanmoins gagner Mons, alors que l’imposteur régnait à sa place (avril-mai 1225), entouré des barons dont il servait les intérêts. Jeanne de Constantinople tenta pour le confondre de le faire venir au Quesnoy, mais Bertrand déclina l’invitation. Cependant, grâce au témoignage de Josse de Materen, un des franciscains, ancien croisé, qui avait accompagné le grand comte jusqu’à sa mort en Bulgarie, elle fut convaincue de son bon droit. Elle en appela au jugement du roi Louis VIII, qui ne pouvait que s’alarmer car le roi Henri III d'Angleterre avait déjà pris contact avec le faux-Baudouin : le roi le convoqua à Péronne, tandis que Jeanne rassemblait toutes les personnes ayant connu son père, dont tous les franciscains qui durent reprendre contact avec le monde pour témoigner, contrairement à leurs vœux. L’enquête fut présidée par l’évêque Guérin de Senlis. Bertrand ne put se soustraire à la convocation du suzerain capétien : il fut accueilli comme s’il était le comte, mais l’imprécision de ses réponses au roi et à Guérin furent décisives : devant les barons flamands ébahis, il ne sut pas dire quand, où et par qui il aurait été fait chevalier, ni quand et dans quelle chambre il aurait épousé Marie de Champagne ! Comme preuve définitive, la nuit suivante il s’enfuit de la cour comme un voleur, ne doutant plus de la pensée du roi (30-31 mai 1225).
Retrouvé en Bourgogne ou réfugié à Valenciennes, il fut ramené en Flandre, où il fut condamné à mort et étranglé à Lille (fin septembre 1225). Son cadavre fut exhibé au gibet de Loos.
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MessageSujet: Re: LISTE DES PRINCIPAUX CHEFS CROISES   Dim 13 Mar - 21:39

Louis de Blois et de Chartres



Louis de Blois (1171 ou 1172 - tué à la bataille d'Andrinople, 14 avril 1205), futcomte de Blois, de Chartres, de Châteaudun et de de Clermont de 1191 à 1205. Il est fils de Thibaut V, comte de Blois, de Châteaudun et de Chartres, et d'Alix de France, elle-même fille du roi Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine.

Louis de Blois est ainsi le neveu et cousin germain de Philippe Auguste et le neveu de Richard Cœur de Lion.

Il commence par s'allier à Richard Cœur de Lion pour combattre Philippe Auguste. Le 7 juin 1196, il signe une charte de franchise à la ville de Châteaudun, laquelle engageait l'abolition du servage dans la ville :

« Moi, Louis, comte de Blois, fais savoir que les hommes n’ont plus à payer la taille. Il sera permis aux bourgeois d’élire douze d’entre eux pour diriger la ville. Si un habitant veut vendre ce qu’il possède, qu’il le vende, s’il veut s’éloigner de la ville, qu’il parte librement. Nul ne fera la corvée ».

Il décide de prendre la croix en 1191, s'engage en 1202 dans la quatrième croisade qui prend Byzance en 1204. Il reçoit alors le titre de « duc de Nicée », titre qui resta théorique car les croisés échouèrent à prendre la ville qui devint la capitale d'un empire grec. Le 14 avril 1205, le nouvel empereur de Constantinople Baudouin Ier livre bataille près d'Andrinople contre le royaume de Bulgarie. C'est une sévère défaite, où Louis de Blois trouve la mort.

Il épouse Catherine de Clermont, fille de Raoul Ier le Roux, comte de Clermont, et d'Alix de Breteuil. Le couple a pour enfant :
• Thibaut VI († 1218), comte de Blois, de Chartres, de Châteaudun et de Clermont ;
• Jeanne, citée en 1202.
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