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 BATAILLES DES CROISES

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Lanaelle
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MessageSujet: BATAILLES DES CROISES   Lun 22 Fév - 14:34







• Siège de Nicée (Mai-26 juin 1097)
• Bataille de Dorylée (1er juillet 1097)
• Siège d'Antioche (1097-1098)
• Prise de Jérusalem (1099)
• Première bataille de Ramla (1101)
• Premier siège d'Ascalon (1102)
• Seconde bataille de Ramla (1102)
• Bataille de Harran (1104)
• Troisième bataille de Ramla (1105)
• Bataille de Dyrrhachium (1107)
• Siège de Tripoli (1102-12 juillet 1109)
• Bataille du Champ du Sang (1119)
• Bataille de Azaz (1125)
• Bataille de Ba'rin (1137)
• Siège d'Edesse (1144)
• Bataille de Dorylée (1147)
• Bataille de Bosra (1147) (1147)
• Mont Cadmus (1148)
• Siège de Damas (1148)
• Bataille d'Inab (1149)
• Bataille d'Aintab (1150)
• Second siège d'Ascalon (1153)
• Bataille du gué de Jacob (1157)
• Bataille d'Harenc (1165)
• Al-Babein (1167)
• Bataille du mont Gisard (1177)
• Bataille de Marj Ayoun (1179)
• Bataille du gué de Jacob (1179)
• Bataille de Belvoir (1182)
• Bataille d'Al-Fule (1183)
• Siège de Kérak (1183)
• Bataille de Cresson (1187)
• Bataille de Hattin (3-4 juillet 1187)
• Siège de Jérusalem (1187)
• Bataille d'Arsouf (1191)
• Siège de Saint-Jean-d'Acre (1191)
• Siège de Damiette (1218)
• Bataille de Damiette (1250)
• Bataille de Mansourah (1250)
• Bataille de Fariskur (1250)
• Bataille d'Aïn Djalout (3 septembre 1260)
• siège d’Antioche (1268)
• Siège de Tunis (1270)
• Siège de Tripoli (1289)
• Siège de Saint-Jean-d'Acre (1291)
• Siège de Ruad)




Batailles



Première croisade
Xérigordon · Nicée · Dorylée (1er) · Antioche (1er) · Ma'arrat al-Numan · Jérusalem (1er) ·Ascalon (1er)

Période intermédaire
Mélitène · Mersivan · Héraclée (1er) ·Héraclée (2e) · Ramla (1er) · Ramla (2e) ·Artah · Ramla (3e) · Tripoli (1er) · Sidon ·Shaizar · Al-Sannabra · Sarmin ·Champ du Sang · Hab · Yibneh · Azâz · Ba'rin · Shaizar (2e) · Édesse · Bosra

Deuxième croisade
Dorylée (2e) · Éphèse · Méandre ·Mont Cadmus · Damas

Période intermédiaire
Inab · Aintab · Ascalon (2e) · Lac Huleh ·Al-Buqaia · Bilbeis (1er) · Harenc · Al-Babein ·Bilbeis (2e) · Damiette (1er) · Montgisard ·Marj Ayoun · Gué de Jacob · Belvoir · Al-Fule ·Kérak · Cresson · Hattin · Jérusalem (2e) · Tyr

Troisième croisade
Iconium · Saint Jean d'Acre (1er) · Arsouf ·Jaffa

Quatrième croisade
Constantinople

Cinquième croisade
Jérusalem (3e) · Damiette (2e)

Sixième croisade

Suite de la Sixième croisade
Jérusalem (4e) · La Forbie

Septième croisade
Damiette (3e) · Mansourah · Fariskur

Huitième croisade
Tunis

Neuvième croisade

Chute des Etats-Latins d'Orient
Jérusalem (2e) · Ruad · Antioche (2e) ·Krak des Chevaliers · Tripoli ·Saint-Jean-d'Acre (2e)











La croisade des Albigeois est en fait principalement une guerre de sièges, et l'on ne compte réellement que deux batailles : Montgey (1211) et Muret (1213) :



• Sac de Béziers (22 juillet 1209)
• Premier siège de Carcassonne (août 1209)
• Siège de Minerve (juillet 1210)
• Siège de Termes (août-novembre 1210)
• Siège de Lavaur (mars-avril 1211)
• Bataille de Montgey (avril 1211)
• Premier siège de Castelnaudary (1211)
• Siège de Hautpoul (avril 1212)
• Bataille de Muret (12 septembre 1213)
• Premier siège de Toulouse (1215)
• Siège de Beaucaire (1216)
• Second siège de Toulouse (1218)
• Siège de Marmande (1219)
• Troisième siège de Toulouse (1219)
• Second siège de Castelnaudary (1220)
• Siège de Montréal (1221)
• Siège d'Avignon (1226)
• Second siège de Carcassonne (1240)
• Premier siège de Montségur (1241)
• Second siège de Montségur (1244)
• Siège de Quéribus (1255)





les batailles

Croisade des barons (1209)
Béziers · Carcassonne

Guerre du Languedoc (1209-1213)
Minerve · Termes · Lavaur · Montgey · 1er Toulouse · Castelnaudary · Muret

Révolte du Languedoc (1216-1223)
Beaucaire · 2e Toulouse

Intervention royale (1226-1229)
Marmande · 3e Toulouse · Avignon · Montségur










• Bataille de Lyndanisse (1219)
• Bataille du Soleil (1236)
• Bataille du lac Peïpous (1242)
• bataille de Skuodas (1259) (contrôle de la Samogitie)
• Bataille de Durbe (1260)












• Bataille de Nicopolis (1396)
• Bataille de Varna (1444)
• Siège de Vienne (1529)
• Bataille de Lépante (1570)
• Bataille de Vienne (1683)
• Siège d'Alger (1541) (1541)












• Bataille de Sudomer (20 mars 1420)
• Bataille de Nemecky Brod (6 janvier 1422)
• Bataille de Usti nad Labem (1426)
• Bataille de Tachov (1427)




SOURCES : Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_batailles_des_Croisades


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 14:43









Le siège de Nicée dura du 14 mai au19 juin 1097, au cours de la première Croisade. C’est la première action militaire des croisés contre les musulmans et cette victoire signe l'arrêt de la progression de l’Islam dans cette région.



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Au cours du XIe siècle, l’affaiblissement du califat, le pouvoir central de l’Islam, amène l’arrivée au premier plan de dirigeants turcs qui se taillent des fiefs dans l’empire musulman induisant un morcellement politique de l’empire. Cette arrivée des Turcs s’accompagne d’un fanatisme et de persécutions vis-à-vis des peuples non musulmans. Dès 1009, le calife fatimide Al-Hakim fait détruire des églises chrétiennes à Jérusalem.

Les turcs saljûqides s’installent en Anatolie, fondent le sultanat de Roum et commencent à s’emparer de territoires byzantins. Le sultan Alp Arslan occupe l’Arménie en 1064 et détruit Ani, l’une de ses capitales. L’empereur byzantin Romain IV Diogène, tente de relever la situation, mais son armée est anéantie à Manzikert en 1071 et il est capturé. Cette victoire permet la conquête définitive de l’Arménie, et prépare celle d’Édesse et d’Antioche. À Byzance, le général Michel Doukas profite de la vacance impériale pour monter sur le trône et se proclamer empereur. Sans opposition, les Seldjoukides n’ont aucun mal à s’emparer de l’Anatolie, prendre en 1081 la ville de Nicée à quelques dizaines de kilomètres de Byzance et à y établir leur capitale en 1081. La ville d’Antioche est prise en 1085 et Édesse en 1087.

Pour les pèlerins chrétiens, cette prise de possession de l'Anatolie par les Seldjoukides se traduit par de plus grandes difficultés à atteindre Jérusalem, les rançonnages, les persécutions, voire les meurtres sont autant d’obstacles sur la route des Lieux saints. De plus les Byzantins voient avec une grande inquiétude la présence des Turcs aux portes de leur capitale sans qu’ils puissent vraiment s’y opposer militairement et envoient des messages au pape Urbain II afin d’obtenir de l’aide de la part des Occidentaux. Les messagers sont reçus au concile de Plaisance en mars 1095, et le 27 novembre de la même année, le pape profite du concile de Clermont pour lancer un appel à la chrétienté afin de combattre les Turcs et de délivrer les Lieux Saints








L'empire byzantin en 1081


Tandis que les barons d’Europe s’organisent pour partir en croisade, de nombreuses personnes issues des couches humbles de la population partent en direction de l’Orient, assemblés en croisade populaire, sous la conduite de quelques chefs tel Pierre l’Ermite. Ces croisés, peu ou mal armés, atteignent Constantinople le 1er août 1096 et s’établissent dans le camp de Civitot sur la rive asiatique de la mer de Marmara. Sans la moindre discipline, certaines bandes vont piller les environs de Nicée. Un certain Renaud prend le château de Xérigordon, à proximité de Nicée, mais sa troupe est massacrée par Kılıç Arslan, sultan de Nicée qui attire ensuite les croisés restés à Civitot et les massacre 21 octobre.

Kılıç Arslan reprend alors un conflit contre un voisin oriental, Danichmend, en laissant famille et trésor à Nicée. L’enjeu de ce conflit est la souveraineté de la région au nord d’Edesse, et Kılıç Arslan entend soumettre un arménien, Gabriel qui s’est emparé de la ville de Malatya et faire en même temps une démonstration de force destinée à assagir Danichmend.

Pendant ce temps, la croisade des barons arrive à Constantinople en avril 1097 et des premières dissensions apparaissent entre l’empereur byzantin et les croisés. Ces litiges aplanis, les croisés traversent le Bosphore et se regroupent à Nicomédie.







La cité bénéficie de solides défenses, six kilomètres de remparts avec 240 tours et, au sud-ouest, le lac Ascanios (1) qui empêche l'accès de ce côté en assurant un approvisionnement en eau.

Pour parvenir à Nicée, Godefroy de Bouillon fait élargir la route reliant Nicomédie à Nicée et l’empereur Alexis Ier Comnène s’engage à assurer un ravitaillement régulier. Après une étape à Nicomédie du 1er au 3 mai 1097, le 4 mai les croisés s'avancent vers Nicée. La ville est atteinte le 6 mai. Les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon s'installent au nord, les Normands de Bohémond de Tarente à l'est, et les troupes de Raymond de Saint-Gilles, arrivées le 16 mai, au sud. Entre-temps un premier assaut a lieu le 14 mai.

Enfin, les survivants de la croisade populaire, autour de Pierre l'Ermite, arrivent avec un contingent byzantin commandé par Manuel Boutoumitès. Alexis Comnène fait également venir des machines de sièges et la ville est bientôt cernée aux trois quarts. Seule subsiste libre la porte sud de la ville, par laquelle Kılıç Arslan tente de faire parvenir des renforts, mais l’armée de Raymond de Saint-Gilles et d’Adhémar de Monteil, arrivée peu après sur les lieux, les surprend et anéantit cette troupe de renforts.

Les assiégés tentent une sortie le 16 mai, mais elle est repoussée et ils laissent environ 200 hommes sur le champ de bataille. Profitant de ce succès, Raymond tente de miner une tour de l’enceinte en la faisant saper par ses mineurs. Cette tour s’écroule enfin au cours d’une nuit, mais les Turcs réussissent à réparer la brèche et les croisés n’ont d’autre choix que de faire un siège en règle. L’arrivée de l’armée de Robert Courteheuse, duc de Normandie permet de réaliser un blocus complet du côté terrestre, mais les Nicéens peuvent encore se ravitailler par des barques naviguant sur le lac Ascanios.





En pleine campagne à Malatya, Kiliç Arslan reçoit des nouvelles lui annonçant l'arrivée de la Croisade des barons mais il s'en soucie d'abord assez peu. Lorsque la gravité de la situation se confirme, il convient d'une trêve avec son adversaire pour repousser les occidentaux, les Franj.

Du côté turc, si Kilij Arslan a expédié quelques renforts symboliques aux premières alertes, il est trop tard lorsqu'il arrive en vue de la ville. Son avant-garde est battue par un contingent mené par Raymond et Robert de Flandre le 20 mai. Le 21 mai, Kılıç Arslan tente de percer les lignes adverses, mais la bataille qui se termine tard le soir est sanglante et il doit renoncer.

Kılıç Arslan se replie sur Konya, désormais nouvelle capitale du sultanat. Il aurait transmis aux assiégés un message sibyllin suggérant de se rendre aux Byzantins plutôt qu'aux Francs qui l'année précédente avaient fait de terribles ravages et qui s'« amusaient » à catapulter les têtes de soldats turcs morts dans les précédents combats.

Le 3 juin, le dernier contingent croisé, mené par Robert Courteheuse et Étienne II de Blois complète le dispositif franc. Une tour de siège est montée par les Toulousains, et poussée vers la Porte Gonatas, pendant que les sapeurs œuvrent en sous-sol. Mais la tour est endommagée, et ne parvient pas au contact de la muraille.







L'empereur byzantin Alexis Ier, qui a suivi sans accompagner les Croisés, arrive avec des bateaux qui permettent d'établir un blocus sur le lac Ascanios : les Turcs ravitaillaient en effet la ville par le lac depuis le début du siège. Deux mille peltastes, commandés par Taticius (2) et Tzitas, arrivent aussi sur les lieux.

Alexis Ier avait fait mener des négociations secrètes par Boutoumitès (3), qui aboutirent la reddition de la ville.

Dans la nuit du 25 au 26 juin des membres turcs de l'armée byzantine pénètrent dans la ville par le lac, et au petit matin, alors que les Francs préparent l'assaut décisif, ils ont la surprise de voir l'étendard impérial flotter sur les remparts, décevant leur espoir de mettre à sac la ville.







Boutoumites, nouveau duc de Nicée, interdit aux Croisés d'entrer par groupes de plus de dix dans la ville.

Malgré les cadeaux de l'empereur en or, chevaux et autres, les Croisés partirent plein de rancœur, le 26 juin. Le premier contingent était mené par Bohémond de Tarente, Tancrède de Hauteville, Robert Courteheuse, Robert de Flandre, accompagnés par Taticius. Godefroy de Bouillon, Baudoin de Boulogne, Étienne de Blois et Hugues de Vermandois composaient le second. Taticius était chargé d'assurer le retour à l'Empire des villes prises. Les Croisés avaient cependant le moral au plus haut : Étienne de Blois écrit à sa femme Adela qu'il espérait être à Jérusalem cinq semaines plus tard.












Pour les Croisés, la prise de Nicée est la première action militaire contre l’Islam, et leur permet de continuer sur la route de Jérusalem. Le 1er juillet, les Croisés battent Kılıç Arslan à la bataille de Dorylée, et atteignent Antioche en octobre. Ils atteignent Jérusalem deux ans plus tard et fondent une série d’état chrétiens en Syrie, qui se perpétuent pendant près de deux siècles. Mais la rancœur et la méfiance s’est installée entre les Francs et la Byzantins et sera la cause de nombreuses mésententes, voire de trahison, pendant les siècles suivants.

Parmi les pertes franques de ce siège, Robert, comte de Gand (mort au combat du 21 mai) Baudouin de Mons, Baudouin Cauderons, Guillaume Ier l'Ancien, comte de Lyon et de Forez et Gui de Porsenne.




L'empire byzantin au XIIe siècle

Pour les Grecs, cette prise est la première action d'envergure de reconquête de l’Asie Mineure. Avant la Croisade, les Turcs sont presque aux portes de Byzance, bien qu'Alexis Comnène leur ait repris la Bithynie. Après le passage de la croisade, Alexis Comnène profite de ce que les Seldjoukides soient aux prises avec les Croisés pour reprendre de nombreux territoires côtiers de l’Asie Mineure, jusqu’à Trébizonde au nord et la Cilicie au Sud.

Le sultanat de Roum (4) a subi un premier revers, qui ne met pas en cause son existence, mais son importance. Il survit pendant plus de trois siècles, mais d’autres États alors vassaux gagnent en prestige et en puissance lors des combats contre les croisés, tels les émirats d’Alep (5), de Mossoul (6) et de Damas (7).










(1) Le lac d'Iznik (en turc İznik Gölü) est situé dans la province de Bursa en Turquie. Il a une surface de 290 km2 et sa profondeur maximale est d'environ 80 m. Son ancien nom, lac Ascanion, semble dériver d'un mot assyrien, ashguzai ou ashkuzai, signifiant « scythe ».





(2) Tatikios est un général byzantin d’Alexis Ier Comnène.
Il est le fils d’un turc fait prisonnier à une date inconnue par Jean Comnène le père d’Alexis. Il est don d’origine servile ce qui ne l’empêche pas de devenir rapidement un ami et confident du futur empereur dont il partage les jeux étant enfant.
[…]

Avec l’avènement d’Alexis au trône, en 1081, Tatikios devient l’un des principaux officiers du nouveau basileus. […]

Il est surtout connu pour son rôle d’intermédiaire entre l’empereur et les Croisés lors de la première croisade. C’est lui qui en décembre 1096 ravitaille les troupes de Godefroy de Bouillon qui campent devant Constantinople. Il commande en juin 1097 le contingent byzantin qui assiège Nicée avec les troupes de la première croisade. Il sert d’intermédiaire entre les négociations qui s’établissent entre Turcs et Croisés et parvient, avec l’aide de Manuel Boutoumitès, à persuader les assiégés de se rendre aux byzantins et non aux chefs de la croisade.
[…]





(3) Manuel Boutoumitès (1086 - 1112) est un important général byzantin ainsi qu'un diplomate sous le règne d'Alexis Ier Comnène. C'est aussi l'un des plus fidèles partisans de ce dernier. Il joue un rôle déterminant dans la reprise par les Byzantins de Nicée aux dépens desSeldjoukides, dans la reconquête de la Cilicie et agit en tant qu'envoyé de l'empereur lors de plusieurs missions auprès des chefs croisés.




(4) Le sultanat de Roum (c'est-à-dire du « pays des Romains1 »; en arabe : el-Salācika el-Rūm ; en perse : Salcūkiyân-e Rūm ; en turc : Anadolu Selçuklu Devleti, Anadolu Selçuklu Saltanatı ou Rum Selçukluları) ou sultanat d'Iconiumest un sultanat seldjoukide établi de1077 à 1307 en Anatolie à la suite de la bataille de Mantzikert.




(5)Emirat d'Alep : En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie face aux Byzantins.
D'abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville d'Alep est confiée à partir du Xe siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.




(6)Emirat de Mossoul :  Avec la conquête de l'empire sassanide au VIIe siècle, les Arabes occupent la Mésopotamie ainsi que la ville de Ninive, qu'ils rebaptisent Al-Mawssil, que les européens ont transcrit en Mossoul.
D'abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville est confiée à partir du Xe siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.




(7)Emirat de Damas :  En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie aux Byzantins. Damas devient ensuite la capitale du califat omeyyade. Quand les abbassides prennent le pouvoir, ils installent le califat à Bagdad et nomment des gouverneurs à Damas.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 15:17




La bataille de Dorylee est une bataille livrée le 1er juillet 1097 qui oppose lescombattants de la première croisade aux forces du sultanat de Roum. Elle s’achève par la victoire des croisés et la déroute des Seldjoukides.





Le 29 novembre 1095, le pape profite du concile de Clermont pour lancer un appel à la chrétienté afin de l’enjoindre à délivrer les Lieux saints. Les barons se lancent dans l’expédition au cours de la seconde moitié de l’année 1096, arrivent séparément à Constantinople au printemps 1097, s’y regroupent et assiègent Nicée du 6 mai au 26 juin1097.

Après la reddition de Nicée, cédée aux Byzantins, les croisés quittent la ville entre le 26 et le 29 juin et poursuivirent leur chemin vers la Palestine en traversant en diagonale le plateau anatolien.

Pour des questions d'approvisionnement les croisés se répartissent en deux armées. La première armée se composait de deux corps, le premier corps, commandé par le duc de Normandie Robert Courtheuse, se composait d'une majorité de Normands mais aussi de Bretons et d'Angevins et le second corps, commandé par Bohémond de Tarente et Tancrède de Hauteville, se composait des Normands d'Italie et d'Italiens. La seconde armée se composait également de deux corps, le premier, mené par Godefroy de Bouillon, est constitué de Wallons, de Rhénans et de Français du nord et le second, commandé par Raymond de Saint-Gilles, comte de Rouergue et de Toulouse, est composé d’une majorité de Provençaux, mais aussi de guerriers originaires d'Auvergne, du Limousin, du Languedoc et de Gascogne.

Le sultan du Roum, Kilidj Arslan, avait sous-estimé la nouvelle croisade après sa victoire sur la croisade populaire à Civitot et était parti combattre son voisin Danichmend à l’est, lui disputant la suprématie dans la région de Malatya, alors possédée par un prince arménien, Gavril. N’ayant pas réagi suffisamment tôt à la nouvelle menace, il avait perdu sa capitale, Nicée, et décide de faire la paix avec Danichmend, son adversaire de la veille, pour avoir les mains libres contre les croisés et bat le rappel des Turcs seldjoukides. Une alliance est même conclue avec Danichmend, qui lui apporte le concours de ses armées.






Le 1er juillet 1097, l'avant-garde des croisés, les Normands d'Italie de Bohémond arrive à la hauteur de la ville de Dorylée, dans une zone montagneuse propice aux embuscades, et est assailli par les forces de Kiliç Arslan. « Les nôtres se demandaient d’où avait pu sortir une telle multitude de Turcs, d’Arabes et de Sarrasins », nous dit l’auteur anonyme de la Geste des Francs. René Grousset estime que les Turcs épiaient les croisés depuis Nicée et avaient choisi un moment où Bohémond et ses soldats s’étaient écartés du reste de la troupe. Bohémond fait aussitôt mettre sa troupe dans une position défensive en cercle. Dès l'aube, les archers montés turcs commencent à harceler les croisés. Face à la tactique turque de harcèlement et de replis, les puissantes charges de la cavalerie franque se révèlent vaines, Bohémond opte pour la défensive, comptant sur la qualité des armures franques pour tenir jusqu'à l'arrivée des renforts vers lequel des messagers furent envoyés dès le début de la bataill4. Durant cette phase défensive, les « femmes furent d’un grand secours (aux croisés) en apportant de l’eau à boire aux combattants et en ne cessant de les encourager au combat et à la défense ».

En effet, dès l'annonce de la bataille, laissant en arrière l'infanterie, la chevalerie des autres corps se précipite en plusieurs escadrons vers le champ de bataille. Godefroy de Bouillon arrive le premier avec une cinquantaine d'hommes, puis Hugues de Vermandois, enfin Adhémar de Monteil et Raymond de Saint-Gilles. Ces deux derniers, à l’initiative d’Adhémar, effectuent un mouvement tournant pour prendre les Turcs à revers, qui commencent à se retrouver eux-mêmes encerclés par les croisés. Kilidj Arslan prend peur et fait replier son armée sur des collines, pensant que les croisés n'oseront pas venir l'attaquer sur des positions aussi fortes.

S'étant aperçu que les Turcs et leurs alliés Arabes se sont bien retranchés, les chefs croisés se réunissent et montent un plan d'attaque qui va leur donner la victoire. Deux corps de croisés devront attaquer les Turco-Arabes par les deux flancs, un autre de front et, enfin, un dernier devra surgir sur les arrières. L'offensive connaît un succès retentissant. Toutes les attaques auront lieu dans le même temps. Au centre des croisés, les Provençaux de Raymond de St-Gilles attaquèrent de front et enfoncèrent les Turco-Arabes. Aux deux ailes des croisés, les Normands de Normandie et d'Italie, emmenés par Bohémond, Tancrède et Robert Courteheuse, les Flamands de Robert de Flandre, les Français de Hugues de Vermandois et les Bas-Lorrains de Godefroy de Bouillon obtinrent le même succès. Enfin, surgissant sur les arrières de l'ennemi, les Provençaux d'Adhémar écrasèrent la réserve des Turco-Arabes. Non seulement enfoncés sur tous les fronts et commençant à être encerclés de toute parts, les Turco-Arabes paniquèrent et se mirent à fuir dans toutes les directions. L'armée de Kilidj Arslan n'existait plus. Poursuivant les bandes de fuyards à travers les roches, les croisés en firent un grand massacre.










Dans la poursuite, les croisés s'emparèrent de l'ancien camp des Turco-Arabes et, du coup, purent se rendre maîtres d'une grande quantité de vivres, de tentes magnifiquement ornées, d'immenses trésors, toutes sortes de bêtes de somme et, surtout, d'un grand nombre de chameaux.

Après cette défaite, Kılıç Arslan n’a plus les moyens de s’opposer militairement à la progression des croisés et va faire le vide devant eux, leurs coupant toute possibilité de ravitaillement en route, mais ne réussit pas à les empêcher d’atteindre la Cilicie, où les Arméniens chrétiens accueilleront les croisés, puis Antioche. Profitant de la débâcle seldjoukide, l’empereur byzantin Alexis Comnène envoie son beau-frère Jean Doukas faire la conquête de l’Ionie, la Lydie et la Phrygie, permettent à Byzance de reprendre une partie des territoires perdus à la suite de la bataille de Manzikert (1) .


Enfin cette bataille, premier engagement réel entre les Francs et les Turcs, annonce les prémices d’un changement des rapports de force au Proche-Orient. La tactique des Turcs consiste à utiliser des archers à cheval pour harceler de loin une armée et se retirer dès que les assaillis se mettent à charger. Cette tactique, qui avait fait le succès des Seldjoukides face aux armées syriennes, byzantines et arméniennes durant le siècle précédent, est totalement inefficace contre les Francs, et les flèches turques sont sans effet sur les lourdes armures des Croisés.




(1)  La bataille de Manzikert  eut lieu le26 août 1071 et vit l’armée byzantinede l’empereur Romain IV Diogène être mise en déroute par l’armée du sultanseldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert [ou Mantzikert] actuellement Malazgirt en Turquie, au nord du lac de Van.




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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 16:10





Le premier siège d'Antioche eut lieu du 21 octobre 1097 au 2 juin 1098. Le second siège lui succède lorsque les musulmans tentèrent de reprendre la ville aux croisés et dura du 7 juin au 28 juin 1098.







Antioche avait été prise par les Seldjoukides à l'Empire byzantin peu auparavant, en 1085. Les fortifications byzantines dataient de l'époque de Justinien et avaient récemment été réparées et renforcées. Les Seldjoukides avaient pris la ville par trahison de fait les murailles étaient restées intactes. Pour avoir déjà combattu les Croisés en Anatolie en 1097 et sachant qu'ils approchaient d'Antioche, Yaghi Siyan, gouverneur depuis 1088, demanda sans succès l'aide des États musulmans voisins. Avant l'arrivée des Croisés, il fit emprisonner Jean l'Oxite, patriarche orthodoxe d'Antioche et chassa les populations grecques et arméniennes. Il permit aux citoyens syriens orthodoxes de rester.







Les Croisés atteignirent l'Oronte le 20 octobre 1097. Les trois chefs, Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente et Raymond IV de Toulouse, n'étaient pas d'accord sur ce qu'il convenait de faire. Raymond voulait lancer l'assaut, Godefroy et Bohémond préférant assiéger la ville. Bohémond s'installa au nord-est, face à la Porte Saint Paul. À l'ouest, Raymond plaça son camp face à la Porte du Chien, et Godefroy face à la Porte du Duc. Au sud, il y avait les Tours des Deux Sœurs, et plus loin sur les hauteurs, se dressaient la citadelle et la Porte de Fer. Au nord-ouest la Porte Saint-Georges n'était pas bloquée par les croisés et continuait d'être utilisée pour ravitailler la ville.







À la mi-novembre, Tancrède, neveu de Bohémond, arriva avec des renforts. Une flotte génoise avait abordé le port de Saint-Syméon, apportant des vivres. Le siège s'éternisa et en décembre Godefroy tomba malade. Les approvisionnements diminuèrent à l'approche de l'hiver. À la fin du mois Bohémond et Robert II de Flandre partirent vers le sud avec 20 000 hommes pour s'approvisionner. En leur absence, Yaghi Siyan tenta une sortie le 29 décembre. Raymond parvint à le repousser, sans réussir à s'emparer de la ville. De leur côté, Bohémond et Robert furent attaqués par l'armée de Duqaq de Damas, qui marchait au secours d'Entiché. Les Croisés sortirent vainqueur, mais ne purent ramener à Antioche que peu de vivres.

Le mois s'achève sous de sombres présages : la terre trembla le 30 décembre, et il y eut une aurore boréale la nuit suivante. Dans les semaines qui suivirent, les conditions climatiques furent tellement mauvaises et froides, que Duqaq rebroussa chemin sans engager le combat.






En raison du manque de nourriture, un homme sur sept et environ 700 chevaux périrent. Si quelques chevaliers moururent de faim, d'autres mangèrent des chevaux. Les chrétiens locaux, ainsi que Siméon, le patriarche orthodoxe de Jérusalem exilé à Chypre, envoyèrent des vivres, mais insuffisamment pour empêcher la famine. Des chevaliers et des soldats désertèrent, parmi lesquels Pierre l'Ermite, qui fut rattrapé et ramené par Tancrède, perdant ainsi son prestige.







En 1098, l'armée des Francs qui faisait siège d'Antioche était gravement menacée par la famine. Le roi Tafur (1) eut alors l'idée de faire cuire ou rôtir les cadavres des infidèles des lieux. Pire, ses troupes se mirent à écumer les environs, tuant et massacrant des habitants pour pouvoir les dévorer, semant ainsi l'effroi parmi la population. Les troupes de Tafur se montaient à ce moment à plus ou moins dix mille hommes. Ces faits sont attestés dans la Chanson d'Antioche (2). On se mit bientôt à étriper et vider les soldats turcs. Un horrible festin eut alors lieu sous les remparts de la ville d'Antioche. Tafur avait invité les chevaliers à partager ses agapes. Certains parlent à ce propos d'opération psychologique destinée à effrayer les défenseurs de la ville. Attirés par l'odeur de la chair humaine ainsi grillée, il y eut bientôt 20 000 défenseurs de la ville, incrédules, contemplant du haut des remparts l'abominable repas. Une chronique anonyme de l'époque évoque les pratiques cannibales des Tafurs : « Alors, ils ouvraient les cadavres, parce que, dans leurs ventres, on trouvait des besants cachés. Ou bien, ils en découpaient la chair en morceaux, et ils la faisaient cuire pour la manger ».

Raoul de Caen rapporte dans ses écrits : « À Maarrat, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés ».

Albert d'Aix consigne dans ses chroniques après la bataille de Maara : « Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués mais aussi les chiens. »

Bohémond de Tarente, pour se débarrasser des espions « en fît mettre à la broche et rostir plusieurs comme pour viande préparée au souper de lui et des siens ».






En février, le général et légat byzantin Tatizius, qui était resté jusque-là auprès des croisés en tant que conseiller et représentant d'Alexis Ier, finit par partir. Selon Anne Comnène, qui a probablement parlé en personne avec le général, les croisés refusaient d'écouter ses conseils et Bohémond l'aurait informé que les autres chefs, le soupçonnant de travailler secrètement pour les Turcs, projetaient de le tuer. Pour ne pas avoir à tenir l'engagement de rendre Antioche à Byzance après sa prise, Bohémond, cria à la trahison et à la couardise. Ayant des projets personnels sur la ville, ce fut probablement lui qui organisa la fuite de Tatizius. Godefroy et Raymond ne voulurent pas accéder à ses désirs, mais très populaire dans l'armée, Bohémond finit par avoir gain de cause. Durant ces événements, Yaghi Siyan continuait à demander de l'aide à ses voisins, et une armée sous les ordres de Ridwan arriva d'Alep. Comme Duqaq avant lui, il fut vaincu, à Harrim le 9 février.





En mars, sous la conduite par Edgar Atheling, une flotte anglaise partie de Byzance, aborda à Saint-Symeon, apportant du matériel pour construire des machines de siège. Sur la route d'Antioche, un détachement musulman parvint à s'en saisir, avant d'être récupéré par Godefroy. Bien que les croisés prétendissent ne pas avoir reçu une aide directe de Byzance, des machines de siège, ainsi qu'un fort pour bloquer la Porte Saint-Georges, toujours utilisée pour ravitailler la ville, furent construits. Enfin le siège commençait à être efficace. L'approvisionnement de la ville était coupé, alors que celui des croisés redevenait suffisant.





En avril, une ambassade fatimide arriva d'Égypte, espérant conclure la paix avec les chrétiens, qui étaient, somme toute, les ennemis de leurs propres ennemis : les Seldjoukides. Pierre l'Ermite, parlant arabe, fut envoyé pour entamer les négociations. Les Fatimides, pensant que les croisés étaient simplement des mercenaires, agissant pour le compte des byzantins, étaient prêts à leur laisser la Syrie s'ils acceptaient de ne pas attaquer la Palestine. Bien que parfaitement acceptable pour l'Égypte et Byzance, les croisés ne pouvaient accepter cet accord qui excluait de leur livrer Jérusalem. Les Fatimides furent toutefois reçus avec hospitalité et reçurent de nombreux présents, pris aux Turcs battus en mars.





Le siège se poursuivit et à la fin de mai 1098, une armée musulmane sous les ordres de Kerbogha,atabeg de Mossoul, approcha d'Antioche. Cette armée était plus importante que les précédentes. À Kerbogha s'étaient joints Ridwan et Duqaq et son armée incluait aussi des troupes de Perse et de Mésopotamie. Les croisés disposèrent de temps pour les recevoir, car Kerbogha décida de récupérer Edesse, alors occupée depuis 1098 par Baudouin de Boulogne, mais qui tint bon.

Les croisés comprirent qu'ils devaient prendre la ville avant l'arrivée de Kerbogha, s'ils voulaient avoir quelques chances de survie. Bohémond établit secrètement le contact avec Firouz (3), un garde arménien qui dirigeait la Tour des Deux Sœurs. Celui-ci, qui avait eu un différend avec Yaghi Siyan, lui promit d'ouvrir les portes de la ville. Bohémond proposa aux autres chefs croisés, de prendre la ville s'ils acceptaient de la lui laisser ensuite. En colère, Raymond rappela que la ville devait être rendue à Alexis, comme ils s'y étaient engagés à Constantinople en 1097, mais Godefroy, Tancrède et Robert, jugeant la situation désespérée, acceptèrent.

Cependant, le 2 juin, Étienne II de Blois et d'autres croisés désertèrent l'armée. Plus tard le même jour, Firouz demanda à Bohémond de feindre d'aller au-devant de l'armée de Kerbogha et de faire demi-tour la nuit. Ce fut fait, Firouz donna accès à la tour qu'il gardait au groupe d'hommes commandé par Bohémond. Les chevaliers croisés, au moyen d'échelles, escaladèrent les remparts et ouvrirent les portes. Ils furent rejoints par les chrétiens orientaux restant dans la ville qui ouvrant d'autres portes, participèrent aux combats contre la garnison turque. Totalement débordés, les Seldjoukides furent massacrés. Des méprises se produisirent lors des combats du fait que les chrétiens orientaux portaient un costume proche de celui des musulmans et des chrétiens orientaux furent tués par les croisés notamment le propre frère de Firouz. Yaghi Siyan fut pris par des chrétiens syriaques en dehors de la ville. Il fut décapité et sa tête apportée à Bohémond.











Au soir du 3 juin, les croisés contrôlaient la ville, excepté la citadelle qui restait entre les mains de Shams ad-Daulah, le fils de Yaghi Siyan. Jean l'Oxite (4)  fut réinstallé comme patriarche d'Antioche par Adhémar de Monteil, le légat du pape, qui souhaitait conserver des bonnes relations avec Byzance, et particulièrement parce que Bohémond revendiquait la ville pour lui-même. Cependant, la ville n'avait que peu de vivres, et l'armée de Kerbogha était en route. Celui-ci arriva seulement deux jours plus tard. Il essaya, en vain, de prendre la ville le 7 juin, et le 9 juin il établit à son tour un siège autour de la ville.

Beaucoup de croisés avaient déserté avant l'arrivée de Kerbogha et rejoint Étienne de Blois à Tarse. Étienne avait vu l'armée musulmane s'établir autour d'Antioche et assurait que tout espoir était perdu, et les déserteurs confirmèrent ses dires. En route pour Constantinople, il croisa Alexis, qui envoyait de l'aide aux croisés, et l'assura que les croisés survivants étaient voués à la mort et comme Alexis apprit de Pierre d'Alipha (5) qu'il y avait une troupe Seldjoukide proche en Anatolie, ils décidèrent de revenir à Constantinople plutôt que de risquer une bataille.





Le 10 juin, un obscur moine du nom de Pierre Barthélémy (6) prétendit avoir eu des visions de Saint André (7), qui lui révélait que la Sainte Lance se trouvait dans la ville. Les croisés affamés avaient souvent des visions et un autre moine du nom d'Étienne de Valence parla lui aussi de visions du Christ et de la Vierge Marie. Le 14 juin, un météore fut aperçu en train de tomber dans le camp ennemi, ce qui fut perçu comme un bon présage. Bien qu'Adhémar soit sceptique, car il avait vu une relique de la Sainte Lance à Constantinople, Raymond crut Pierre. Raymond, Raymond d'Aguilers, Guillaume d'Orange et d'autres commencèrent à creuser dans la cathédrale Saint-Pierre, et quand ils l'eurent vidée, Pierre descendit dans le puits et remonta avec une pointe de lance. La Sainte Lance fut remise entre les mains de Raymond, comte de Toulouse. Raymond le prit comme un signe de Dieu et se prépara au combat. Pierre eut une autre vision dans laquelle Saint André demandait aux croisés de jeûner pendant cinq jours (bien qu'ils soient déjà affamés), après quoi ils seraient victorieux.

Bohémond était sceptique sur la Sainte-Lance, mais sa découverte avait remonté le moral des croisés. Il est possible que Pierre relatât ce que Bohémond désirait, plutôt que ce que Saint André désirait. Bohémond savait, par des espions, que l'armée de Kerbogha était divisée entre plusieurs factions, et qui ne formerait pas un ensemble coordonné pendant la bataille. Le 27 juin, Bohémond envoya Pierre l'Ermite en pourparlers avec Kerbogha, mais tous savaient que la bataille était inévitable.

Bohémond divisa ses forces en six divisions : il en commanda une, et les cinq autres furent commandées par Hugues de Vermandois et Robert de Flandre, Godefroy de Bouillon, Robert de Normandie, Adhémar de Monteil, Tancrède et Gaston IV de Béarn. Raymond qui tomba malade, resta pour garder la citadelle qui était maintenant aux mains d'Ahmed Ibn Merwan, un agent de Kerbogha.






Le lundi 28 juin, les croisés sortirent d'Antioche. La surprise du chef de l'armée turque, Kerbogha, fut telle qu'il resta un bon moment cloué sur place ; lui qui s'attendait voir sortir un "seul petit bataillon au moral complètement abattu", quelle ne fut pas sa surprise d'en voir sortir en trombe non pas un mais six bataillons en excellente condition et que c'étaient eux qui menaient l'attaque ; il en restait ébahi, incapable de réagir tant leur sortie était foudroyante, redoutable et massive.

Emmenés par le très fougueux Anselme II d'Ostrevent, seigneur de Ribemont, au lieu de se mettre en ligne pour un dernier combat, Kerbogha vit soudainement suivre non pas une petite bande mais un premier bataillon, celui d'Hugues Ier de Vermandois, suivi de Raymond d'Aguilers qui portait la Sainte-Lance, puis un autre, etc.

Kerbogha, contre l'avis de ses généraux, avait fait l'erreur de préférer attendre pour attaquer ensuite en bloc un unique bataillon et pouvoir se délecter de les voir se faire tailler en pièces. L'énorme erreur du Turc était d'en avoir très fortement sous-estimé le nombre. Il tentera bien d'attirer les croisés en terrain rocheux, afin que ses archers en criblent les premiers rangs de flèches. Un détachement les attaqua sur leur aile gauche, non protégée, mais Bohémond constitua rapidement une septième division qui les prit à revers.

Les Turcs leur infligèrent bien de nombreuses pertes parmi lesquelles le porte étendard d'Adhémar de Monteil. Kerbogha fit même mettre le feu à la prairie face aux croisés. Mais rien ne les découragera, mus par l'idée que Saint Georges, Saint Démétrios et Saint Maurice combattaient à leur côté. Les premiers croisés atteignaient déjà la garde de Kerbogha, quand Duqaq de Damas s'enfuit avec les renforts qu'il amenait à Kerbogha. La plupart des Turcs paniquèrent et bientôt, toute l'armée musulmane battit en retraite.





Comme Kerbogha fuyait, la citadelle se rendit, mais à Bohémond plutôt qu'à Raymond. Comme prévu, Bohémond réclama la ville pour son compte, bien qu'Adhémar et Raymond s'y opposassent. Hugues de Vermandois et Baudouin de Hainaut furent envoyés à Constantinople, mais Baudouin fut tué dans une embuscade. Cependant, Alexis ne fut pas intéressé d'envoyer un détachement pour réclamer la cité aussi tardivement dans l'été. À Antioche, Bohémond plaida qu'Alexis avait déserté la croisade et que cela invalidait les serments. Les Français du nord, les Provençaux du sud de la France et les Normands d'Italie se considéraient comme trois peuples distincts et chacun voulait augmenter son influence, causant des frictions, mais l'ambition personnelle fut aussi une source de friction.

Bientôt une épidémie, probablement de typhus, se déclara, et le légat Adhémar mourut le 1er août. En septembre, les chefs de la Croisade écrivirent à Urbain II, lui demandant de prendre personnellement le contrôle d'Antioche, mais celui-ci refusa. Le reste de l'année fut passée à prendre le contrôle de la région autour d'Antioche, bien qu'ils n'avaient que peu de chevaux, et que les paysans musulmans refusaient de les approvisionner. Les chevaliers et les soldats commencèrent à demander de poursuivre leur route vers Jérusalem. Finalement Raymond prit la tête de la Croisade, laissant la principauté d'Antioche à Bohémond.


Le siège d'Antioche devint rapidement légendaire, et au XIIe siècle fut le sujet d'une chanson de geste, la chanson d'Antioche.




(1) Le nom de Tafurs est donné à des bandes de combattants chrétiens actifs durant la première croisade, et auxquels sont prêtés de nombreuses atrocités.

Leur nom proviendrait d'une variante de trutani (« vagabond », « mendiant »), épithète que leur chef, le « roi Tafur », normand, dont on sait peu de choses quant à l'origine, s'est approprié. Il dirigeait avec Pierre l'Ermite la bande de civils, les Ribauds qui se joignirent à la première croisade et qui furent responsables de quantité de méfaits. Cette troupe peu disciplinée fut souvent comparée à une bande de brigands, détrousseurs et violeurs.

La vérité est peut-être moins négative que cela : les Croisés les estimaient beaucoup car ils étaient de très bons combattants et bien souvent les chevaliers eurent recours à eux pour les sortir de situations difficiles.

On prête notamment aux Tafurs des actes d'anthropophagie, commis dans un but de survie. Les seuls témoignages de ces actes proviennent de Raoul de Caen et d'une Chronique anonyme de la première croisade. Ces affirmations sont cependant à prendre avec du recul, Raoul de Caen étant considéré comme une source peu fiable.
En 1098, l'armée des Francs qui faisait le siège de la ville d'Antioche était gravement menacée par la famine. Le roi Tafur eut alors l'idée de faire cuire ou rôtir les cadavres des infidèles des lieux. Pire, ses troupes se mirent à écumer les environs, tuant et massacrant des habitants pour pouvoir les dévorer, semant ainsi l'effroi parmi la population. Les troupes de Tafur se montaient à ce moment à plus ou moins dix mille hommes. Ces faits sont attestés dans la Chanson d'Antioche. On se mit bientôt à étriper et vider les soldats turcs. Un horrible festin eut alors lieu sous les remparts de la ville d'Antioche. Tafur avait invité les chevaliers à partager ses agapes. Certains parlent à ce propos d'opération psychologique destinée à effrayer les défenseurs de la ville. Attirés par l'odeur de la chair humaine ainsi grillée, il y eut bientôt 20 000 défenseurs de la ville, incrédules et n'en croyant pas leurs yeux, à contempler du haut des remparts l'abominable repas.

Mais il s'agit peut-être ici d'une légende née de rumeurs entretenues par Bohémond de Tarente au début du siège d'Antioche. Celui-ci sait qu'il y a des espions turcs dans les environs alors il met en scène des marmites où il fait bouillir des corps afin de semer l'effroi chez l'ennemi en se faisant passer pour des anthropophages. Il est éventuellement possible que certains croisés poussés dans les ultimes retranchements de la survie aient pu sombrer dans de telles pratiques mais il ne s'agissait sûrement pas alors de pratiques faites avec plaisir au grand jour dans des marmites. Bohémond de Tarente va de ce fait inspirer la peur chez les musulmans qui vont se faire écho de cette découverte.

À la suite de ces faits, la rumeur de l'anthropophagie des envahisseurs chrétiens se répandit au sein du monde musulman et l'image des chrétiens démons-cannibales survécut longtemps, restant collée à la réputation des croisés.

Après la prise de Jérusalem en 1099, lorsque Godefroy de Bouillon devint le dirigeant du Royaume de Jérusalem, ce fut Tafur, reconnu comme le combattant le plus éminent de la troupe des croisés, qui eut le privilège de déposer la couronne royale sur la tête du nouveau monarque. Ainsi, d'après l'historien Norman Cohn, auteur du livre Les fanatiques de l'Apocalypse. Courants millénaristes révolutionnaires du XIe au XVIe siècle, Tarfur dépose, sur la tête du chevalier franc, une couronne qu'il « fait à l'aide d'une branche de ronces, en souvenir de la couronne d'épine. Godefroy lui prête alors allégeance, et jure qu'il ne reçoit Jérusalem que des mains de Dieu et du roi Tarfur ». Toujours selon cet historien : « Ces incidents, purements fictifs, indiquent à quel point le roi mendiant était devenu le symbole de l'immense espoir irraisonné qui avait soutenu la plebs pauperum tout au long de ses indicibles déboires jusqu’à la ville Sainte ».





(2) La Chanson d'Antioche est une chanson de geste du XIIe siècle, en ancien français, qui relate les événements autour de la conquête d'Antioche par les Croisés en 1098 lors de la première croisade.

Elle comporte 9 000 vers en laisses. Elle décrit la prédication de la première croisade, les préparatifs, les adieux larmoyants, l'arrivée à Constantinople et le siège d'Antioche.

La version originale (perdue) a été composée par un témoin visuel, Richard le Pèlerin, un jongleur français du Nord de la France ou un Flamand. Il aurait commencé l'écriture au cours du siège qui dura huit mois.

Ce texte a été traduit en occitan et complété par Grégori Bechada vers 1125 et en latin par Albert d'Aix vers 1120.




(3) Firouz était un Arménien chargé de la Tour des « Deux Sœurs », à Antioche pour le compte de Yagi Shian, un Turc seldjoukide. Lors de la Première Croisade (1098), Firouz fit parvenir au camp croisé sa volonté d'aider les assaillants. C'est grâce à lui que les premiers croisés purent pénétrer dans la ville et ainsi en prendre possession.




(4) Jean l'Oxite est un religieux de l'Église grecque orthodoxe ayant vécu à la fin du XIeet au début du XIIe siècle, patriarche melkite d'Antioche de 1089 à 1100, soit au temps de la première croisade, sous le nom de « Jean IV » ou « Jean V ».




(5) Pierre d'Alipha est un mercenaire qui a servi une grande partie de sa carrière auprès de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène, jouant un grand rôle dans les relations de celui-ci avec les Croisés.



(6) Pierre Barthélemy, né à Marseille et mort le 20 avril 1099, est un moine, soldat et mystique français, inventeur supposé de la relique connue comme la « Sainte Lance ».

En décembre 1097, lors du siège d'Antioche, Pierre a des visions, principalement de saint André. Pierre revendique que ce dernier l’incite à rejoindre l'église Saint-Pierre d'Antioche et, qu'à l'intérieur, le saint lui montre où trouver la relique de la Sainte Lance. Saint André aurait alors demandé à Pierre d'indiquer aux dirigeants de la croisade où se trouve la lance.

Pierre n'informe pas immédiatement les dirigeants et se rend régulièrement où se trouve la Relique jusqu'en juin 1098, puis il commence à perdre la vue en février 1098, probablement à cause de la famine qui afflige les Croisés, même s'il pense alors qu'il est puni par l'apôtre.

Après la conquête d'Antioche, par les croisés, Pierre, avec l'un des dirigeants, commence l'excavation du sol de l'église. Le 14 juin 1098, Pierre affirme avoir découvert la Lance et avoir été visité une fois de plus par saint André dans la nuit, qui lui a dit de mettre en place un jour de fête en l'honneur de la découverte.

De nombreuses personnes, dont le légat Adhémar de Monteil, estiment que Pierre Barthélemy est un charlatan et qu'il a simplement fabriqué la « Sainte Lance ». Après la mort de Mgr de Monteil, en 1098, Pierre affirme qu'il a eu une vision dans laquelle ce dernier lui confirme l'authenticité de la Lance.

La découverte de la Lance est d'abord considéré comme un bon présage, elle est créditée d'assurer la victoire des croisés, tout comme saint André l'a promis lors d'une vision.

Néanmoins, la réputation de Pierre Barthélemy est ternie par beaucoup de nobles qui ne croient pas à cette découverte. Il prétend plus tard que le Christ lui a rendu visite et lui a indiqué que les croisés doivent marcher pieds nus à Jérusalem.

Après différentes visions du Christ, de saint André et d'Adhemar qui lui révèlent la colère divine à cause des nombreux vices et péchés commis par les Croisés, Barthélemy décide de passer par l'ordalie par le feu. Il est gravement brûlé, mais affirme qu'il n'est pas blessé à cause de cette épreuve, grâce au Christ qui lui est apparu dans le feu, mais qu'il a été blessé par la suite, lorsqu'une une foule se précipita vers lui. Il meurt de ses blessures le 20 avril 1099.




(7) Saint André désigne plusieurs saints ou bienheureux dans le christianisme
André († vers 62), originaire de Bethsaïde en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade, apôtre et martyr, dit « le protoklite » (premier appelé) ; fêté le 30 novembre. C'est le plus célèbre des saints nommés André.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 16:36




Le siège de Jérusalem lors de la première croisade dura du 7 juin au15 juillet 1099. La situation est alors singulière : partis pour libérer les lieux saints de la domination turque seldjoukide afin de pouvoir rétablir la route des pèlerinages, ils se retrouvent face à une ville reprise entre-temps par les Fatimides qui n'y avaient jamais fait obstacle.






Après la prise d'Antioche le 3 juin1098, les croisés sont restés dans la région jusqu'à la fin de l'année. Le légat pontifical Adhémar de Monteil était mort, et Bohémond de Tarente avait réclamé Antioche pour son compte. Baudouin de Boulogne s'était installé à Édesse où il avait jeté les bases du comté. Il y avait des dissensions entre les chefs croisés sur la conduite à tenir ; Raymond IV de Toulouse, mécontent d'avoir été mis à l'écart lors de l'attribution d'Antioche, avait quitté la ville pour assiéger Ma'arrat al-Numan (1). À la fin de l'année, une petite armée de chevaliers et de soldats commença à marcher sur Jérusalem.







Fin décembre ou début janvier, Robert II de Normandie et Tancrède, neveu de Bohémond, acceptèrent de devenir vassaux de Raymond, qui était suffisamment riche pour les payer. Godefroy de Bouillon, qui disposait des revenus du comté d'Édesse, refusa d'en faire autant. Le 5 janvier 1099, Raymond démantela la forteresse de Ma'arrat, et le 13 janvier, l'armée reprit sa marche vers le sud, nu-pieds et vêtus en pèlerins, suivie par Robert et Tancrède. Longeant la côte méditerranéenne, ils rencontrèrent peu de résistance, les seigneurs musulmans locaux préférant acheter la paix en les approvisionnant. Les musulmans sunnites préférèrent aussi la domination des Croisés à celle des Fatimides chiites.

Raymond projeta de prendre la ville de Tripoli pour se tailler un fief analogue à celui de Bohémond. Il commença par assiéger la ville voisine d'Arqa du 14 février au 13 mai, ville qu'il ne prit pas. De leur côté, Godefroy et aussi Robert II de Flandre, qui avaient refusé d'être vassaux de Raymond, ainsi que les croisés restant à Lattaquié (2), prirent le chemin du sud en février. Bohémond les accompagna quelque temps, puis retourna rapidement à Antioche. À cette date, Tancrède quitta le service de Raymond et se joignit à Godefroy, pour une raison inconnue. Une autre troupe, mais alliée à Godefroy, prit un autre chemin sous la conduite de Gaston IV de Béarn.

Godefroy, Robert, Tancrède et Gaston arrivèrent à Arqa en mars, alors que le siège se prolongeait. La situation était tendue, non seulement entre les chefs croisés, mais aussi au sein du clergé : depuis la mort d'Adhémar de Monteil, le 1er août 1098, il n'y avait pas vraiment de chef religieux, et après la découverte de la Sainte-Lance par Pierre Barthélémy, des accusations de fraudes s'échangeaient entre les différentes factions cléricales. Finalement, en avril, Arnoulf de Roeux mit Pierre au défi d'une ordalie par le feu. Pierre subit l'épreuve et mourut de ses brûlures, discréditant ainsi la Sainte-Lance et sapant définitivement l'autorité de Raymond sur la Croisade.






Le siège d'Arqa prit fin le 13 mai, quand les croisés quittèrent les lieux, sans avoir pris la ville. Les Fatimides avaient tenté de faire la paix, à la condition que les croisés ne continuassent pas jusqu'à Jérusalem, mais ceux-ci rejetèrent évidemment cette offre ; apparemment, le gouverneur fatimide de Jérusalem ne comprenait pas pourquoi les croisés étaient venus jusqu'en Terre Sainte. Ils arrivèrent à Tripoli où le dirigeant de la ville leur donna de l'argent et des chevaux. Selon la chronique anonyme Gesta Francorum, il aurait émis aussi le vœu de se convertir auchristianisme si les croisés réussissaient à prendre Jérusalem à ses ennemis fatimides. Continuant leur route vers le sud, les croisés dépassèrent Beyrouth le 19 mai, Tyr le 23 mai et changèrent de direction à Jaffa, gagnant le 3 juin Rama abandonné par ses habitants. L'évêché de Rama-Lydda y fut établi à l'église Saint-Georges (un héros de la croisade populaire), avant de continuer vers Jérusalem. Le6 juin Godefroy envoya Tancrède et Gaston prendre Bethléem, où Tancrède planta sa bannière sur l'église de la Nativité. Le 7 juin, les croisés atteignirent enfin Jérusalem. Beaucoup pleurèrent en voyant enfin la ville pour laquelle ils avaient entrepris un si long voyage.

De même qu'au siège d'Antioche, les croisés ont probablement plus souffert pendant le siège que les habitants de la ville, à cause du manque de vivres et d'eau autour de Jérusalem. La ville s'était bien préparée pour le siège, et le gouverneur avait fait expulser de nombreux chrétiens à l'approche des troupes croisées. De l'estimation de 7 000 chevaliers ayant pris part à la croisade, il n'en restait qu'environ 1 500, avec environ 12 000 fantassins (sur peut-être 20 000 au départ). Godefroy, Robert de Flandre et Robert de Normandie (qui a maintenant quitté Raymond pour rejoindre Godefroy), encerclèrent la ville au nord et au sud, tandis que Raymond installait son camp à l'ouest, face à la Tour de David et à la colline de Sion. Un premier assaut le 13 juin fut un échec. Sans eau ni nourriture, de nombreux hommes et animaux mouraient de soif et de faim, et les croisés surent que le temps leur était compté. Heureusement, peu après le premier assaut, plusieurs navires chrétiens, notamment génois abordèrent à Jaffa, et les croisés purent s'approvisionner pour quelque temps. Les croisés allèrent chercher du bois en Samarie pour construire des machines de siège. Ils avaient peu de vivres et à la fin du mois de juin, ils apprirent qu'une armée fatimide marchait vers eux.







Pendant le siège, plusieurs tentatives avaient été faites, mais furent toutes repoussées. Trois machines de siège furent terminées et amenées près des murs dans la nuit du 14 juillet. La tour de Godefroy de Bouillon atteint la première les murs. Auger de Membrède, un Béarnais, et deux flamands de Tournai, des frères du nom de Lethalde (Lethold) et Engelbert furent les premiers à mettre le pied dans la ville, suivi par Godefroy, son frère Eustache, Tancrède et leurs hommes. La tour de Raymond fut retardée par un fossé, mais comme les croisés avaient déjà pénétré dans la ville, les gardes musulmans se rendirent et leur ouvrirent les portes.

Une fois les croisés entrés dans la ville, tous les musulmans qui n'avaient pas fui furent passés au fil de l'épée. Les juifs furent brûlés dans leurs synagogues. Les tueries durèrent jusqu'au matin suivant. Le comte de Toulouse Raymond assura la population de sa protection. Le bilan varie selon les sources : pour les chrétiens, 10 000 morts, pour les musulmans, de 3000 à 70 000. Tancrède avait demandé le quart du Temple pour lui et accorda sa protection aux habitants et soldats, mais ne put empêcher le massacre de ces derniers par les autres croisés. Le gouverneur de Jérusalem s'était barricadé dans la Tour de David, qu'il donna à Raymond en échange de la vie sauve pour lui et ses hommes, ils purent se rendre à Ascalon avec la population civile femmes et enfants selon le récit de l'émir d'Ascalon .





Après le massacre, Godefroy de Bouillon devient Advocatus Sancti Sepuchri (Avoué du Saint Sépulchre) le 22 juillet, refusant d'être roi dans la ville où mourut le Christ. Raymond ayant refusé de prendre aucun titre, Godefroy le convainquit d'accepter la Tour de David. Raymond partit alors en pèlerinage et, en son absence Daimbert de Pise, opposé à Raymond à cause du soutien de ce dernier envers Pierre Barthélémy, fut élu le 1er août premier patriarche latin de Jérusalem (les prétentions du patriarche grec furent ignorées). Le 5 août, après avoir enquêté auprès des survivants de la ville, Arnoul de Roeux découvrit la relique de la Sainte Croix.

Le 12 août, Godefroy conduisit une armée, avec la Sainte Croix, combattre l'armée fatimide à Ascalon. Ce fut une victoire croisée, mais après la victoire, la plupart des croisés considérèrent leur vœu accompli et retournèrent en Europe. Cependant, leur victoire permit la création du royaume latin de Jérusalem (3).


(1) La ville de Ma`ârra an-Nu`mân est une ville de Syrie sur la route d’Alep à Hama, dans la province d'Idlib.

Appelée Arra dans l’antiquité, c'est le site d'une forteresse utilisée au temps des croisades et connue sous le nom de La Marre. Son nom actuel est la combinaison de son nom traditionnel et du nom de son premier gouverneur musulman Nu`mân ben Bachir, un des compagnons du prophète Mahomet.




(2) Lattaquié est une ville de Syrie en arabe : al-Lāḏiqīya,  en latin : Laodicea ad Mare, en grec : Λαοδίκεια ἡ Πάραλος,Laodicée proche de la mer), chef-lieu du gouvernorat homonyme. Cette ville est établie sur un site très anciennement occupé, proche de l'ancienne Ougarit. La cité qui fut un chef-lieu de satrapie sous le royaume séleucide portait alors le nom de Laodicée de Syrie ou Laodicée de la merparce qu'elle a été refondée par Séleucos Ier qui a donné à la ville le nom de sa mèreLaodicé et de sa fille.

Après la domination romaine et byzantine, elle fit partie, à l’époque des croisades, de la principauté d'Antioche, avant de retomber aux mains des Mamelouks puis des Turcs (Empire ottoman). Pendant l'entre-deux-guerres, elle est la capitale d'un éphémère État des Alaouites sous mandat français.

Elle doit son importance ancienne et actuelle, d’une part au fait qu’elle possède le seul port bien protégé de la côte syrienne et, d’autre part, à la proximité de la vallée fertile de l’Oronte, ce qui a entraîné la création d’une industrie alimentaire et textile.




(3)  Le royaume de Jérusalem était unroyaume chrétien créé en Orient en1099 au terme de la première croisadeet disparu en 1291.
Il s'agit de l’État latin d'Orient le plus méridional. Le royaume, à partir du règne de Baudouin Ier, s’étend sur laPalestine, dominant le littoral de Gazaet Daron jusqu'à Beyrouth. Vers l’intérieur, le royaume va jusqu’à la vallée du Jourdain. Plus tard, l’autre rive du Jourdain sera occupée jusqu’à la mer Rouge, formant la terre d’Outre-Jourdain.

Le royaume de Jérusalem se partageait en un domaine royal et quatre fiefs principaux. Ces fiefs principaux, ainsi que le domaine royal, avaient eux-mêmes des vassaux.

Les principaux fiefs du royaume de Jérusalem étaient :
• le comté de Jaffa, comprenant :
• la seigneurie d'Ascalon
• la seigneurie d'Ibelin
• la seigneurie de Rama
• la seigneurie de Mirabel
• la seigneurie d'Outre-Jourdain, ou de Montréal
• la principauté de Galilée, ou de Tibériade, comprenant :
• la seigneurie de Banias
• la seigneurie de Beyrouth
• la seigneurie d'Haifa
• la seigneurie de Nazareth
• la seigneurie de Toron
• le comté de Sidon

Les seigneuries dépendantes du domaine royal étaient :
• la seigneurie d'Arsouf
• la seigneurie de Blanchegarde
• la seigneurie de Bethsan
• la seigneurie de Caymont
• la seigneurie de Césarée
• la seigneurie d'Hébron, comprenant :
• la seigneurie de Bethgibelin
• la seigneurie de Naplouse
• la seigneurie de Sabaste

Il y eut également quelques seigneuries détachées du domaine royal :
• la seigneurie d'Acre ou de Josselin
• la seigneurie de Tyr



Armoiries du royaume de Jérusalem


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 22:00





Le 7 septembre 1101, 260 chevaliers et 900 fantassins du Royaume de Jérusalem, commandés par le roi Baudouin, mettent en déroute une armée fatimide dix fois supérieure en nombre tout en perdant eux-mêmes un tiers de leurs effectifs.







• Siège d'Ascalon (1099), mené par l'armée croisée commandée par Godefroy de Bouillon, pendant la première croisade.
• Siège d'Ascalon (1153), également appelé second siège d'Ascalon, prise par les Francs.







Le 17 mai 1102, une armée égyptienne de près de 20 000 hommes, commandée par Charaf, le fils du vizir Al-Afdhal, arrive en Palestine et parvient à surprendre les troupes de Baudouin Ier de Jérusalem à Rama, près du port de Jaffa. Le roi n’échappe à la capture qu’en se cachant parmi les roseaux. La plupart des 500 chevaliers sont tués ou capturés. Charaf peut reprendre Jérusalem, mais par son indécision laisse des renforts Francs arriver par mer, et doit retourner en Égypte. En1103 et 1104, le vizir du Caire lancera de nouvelles expéditions contre les Francs qui échoueront (rivalité entre la flotte et l’armée de terre, mort du général, etc.).


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 22:36




La bataille de Harran est une bataille qui a opposé les musulmans aux Francs le 7 mai 1104. Si les Francs avaient remporté cette bataille, la route de Mossoul et éventuellement celle de Bagdad leur aurait été ouverte, mais cette défaite marque l’arrêt de leur expansion en Orient.






En 1104, les croisés sont fermement installés en Terre sainte et les décès ou les captures des principaux chefs croisés n’ont pas réussi à mettre en péril leur installation. En effet, contrairement aux émirats musulmans où la disparition du prince signifiait des luttes de succession et de pouvoir, alors qu’au sein des États latins d'Orient, à la mort ou à la capture du prince, un successeur ou un régent était automatiquement nommé.

Durant l’année 1103, une guerre civile secoue le sultanat seldjoukide.Barkiyârûk, sultan depuis 1104, est aux prises avec son frère Muhammad qui réclame un fief, prétendant partager le sultanat, et à son oncle Sanjar qui profite de la guerre entre ses deux neveux pour se rendre indépendant. En janvier 1104, Barkiyârûk se rend compte que cette guerre mène le sultanat à la ruine et accepte un partage avec son frère. Il lui confie la région de Mossoul, le Jazira et la suzeraineté nominale sur la Syrie. Barkiyârûk marque clairement son désintérêt des affaires syriennes, et Muhammad ne réussit pas à se rendre maître de son fief et à se faire reconnaître suzerain des émirs syriens.


Profitant de cette situation anarchique, Baudouin du Bourg, comte d’Édesse décide de s’emparer de la forteresse de Harran. Cette place forte, si elle est prise, ouvre aux croisés la route de Mossoul et de Bagdad. Comme Baudouin ne dispose pas de forces suffisantes pour prendre Harran, il demande l’aide de son vassal Josselin de Courtenay, seigneur de Turbessel, et de ses voisins, Bohémond de Tarente, prince d’Antioche, et Tancrède de Hauteville. La situation locale est également propice, car Harran était gouverné par un Turc, Qarâjâ qui s’était rendu impopulaire et avait été tué et renversé par un de ses lieutenant, Muhammad d’Isfahan, lui-même assassiné par Jawali, un fidèle de Qarâjâ. L’émir de Mossoul, Jekermish est aux prises avec un de ses voisins et ennemi, Il Ghazi ibn Ortoq.






Baudouin et Josselin amènent à Harran tous leurs chevaliers francs ainsi que les milices de la ville d’Édesse. Bohémond et Tancrède viennent avec trois mille cavaliers et sept mille fantassins. Lorsque les troupes franques arrivent aux abords de la place forte, au printemps 1104, celle-ci sort de troubles qui avaient eu pour résultat des réserves de vivres amoindries. Les Francs pensent alors qu’un blocus de la ville suffira à la faire tomber et négligent d’installer des mangonneaux pour entamer les fortifications, perdant ainsi un temps précieux. Lorsque la ville est sur le point de se rendre, au début du mois de mai, une querelle éclate entre Baudouin et Bohémond à propos du premier étendard à dresser sur la muraille et les Francs décident de remettre au lendemain la prise de possession de la ville.










De leur côté, Soqman ibn Ortoq, le frère d’Il Ghazi, et Jekermish mettent fin à leur inimitié et se réconcilient pour faire front commun aux Francs. Soqman, avec sept mille cavaliers turcomans, et Jekermish, avec trois mille cavaliers turcs, arabes et kurdes font leur jonction à Khâbûr et se dirigent vers Harran. Les Francs, qui prévoient de prendre possession de la ville, se portent à la rencontre de l’armée musulmane en apprenant son arrivée imminente.

Selon les chroniqueurs Albert d’Aix, Ibn al-Athir et Raoul de Caen, il semble que les Francs prévoient un vaste mouvement d’encerclement. Le corps d’armée composé des forces d’Édesse est chargé d’engager le combat contre les Turcs, tandis que les forces d’Antioche doivent attendre que le combat soit engagé pour encercler les forces turques. Mais dès le premier choc, les Turcs recourent à leur tactique habituelle, la fuite simulée, et l’armée d’Édesse se met à poursuivre les Turcs, loin de l’armée d’Antioche et droit dans une embuscade où ils se retrouvent face à dix mille turcs qui n’ont pas de difficultés à battre les Francs, épuisés par la poursuite.

Les Normands d’Antioche n’ont aucun mal à défaire les troupes turques envoyées en leurre, mais lorsqu’ils voient revenir l’armée d’Édesse en déroute et poursuivis par les Turcs, ils comprennent que la bataille est perdue et profitent de la nuit tombante pour fuir à leur tour et parviennent à revenir à Édesse.






L’armée d’Édesse est entièrement détruite ou capturée et ses chefs, Baudouin du Bourg et Josselin de Courtenay sont capturés, après que leurs chevaux se soient embourbés en tentant de traverser le Balîkh, une rivière entre Harran et le champ de bataille. Les soldats qui réussissent à franchir cette rivière sont en proie aux habitants d’Harran qui, apprenant la victoire musulmane, se mettre à battre la campagne pour tuer les Francs isolés.

Pour la première fois, les Francs que les populations locales croyaient invincibles subissent une grave défaite qui met définitivement fin à leur expansion dans l'arrière pays syrien. L'issue de cette bataille nuit considérablement à leur prestige auprès des populations chrétiennes d’Orient. Leurs rivaux et leurs ennemis profitent de l'affaiblissement de la principauté d'Antioche pour regagner du territoire : les Turcs d’Alep reprennent Artâh et les Byzantins s'emparent de la Cilicie et Lattakié.

Mais les vainqueurs de la bataille ne parviennent pas à exploiter leur victoire, car ils se disputent immédiatement les prisonniers et se séparent. Jekermish assiège Édesse, défendue par Tancrède de Hauteville, qui a réussi à rejoindre la ville et à la mettre en état de défense. Cela donne à Bohémond de Tarente le temps de lever une armée à Antioche et à marcher sur Édesse, obligeant Jekermish à lever le siège. Soqman est appelé par le cadi Fakhr al-Mulk et marche avec son armée pour dégager Tripoli assiégé par Raymond de Saint-Gilles, mais meurt à Baalbek d’une angine.
Tancrède de Hauteville assure la régence d’Edesse et, afin de conserver les revenus du comté, manœuvre pour prolonger la captivité de Baudouin qui ne sera libéré qu’en 1108. Une brouille opposera alors Tancrède et Baudouin, à tel point qu’on verra Baudouin du Bourg allié à Jawali, alors émir de Mossoul, affronter Tancrède allié à Ridwan, sultan d’Alep, au mois d’octobre 1108, conflit qui causera la mort de deux mille Francs.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 22:40

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Le 27 août 1105, Baudouin Ier de Jérusalem repousse une offensive fatimide appuyée par l’atabek de Damas.






• En 1081, les Normands, menés par Robert Guiscard, battirent les troupesbyzantines d'Alexis Ier Comnène,
• En 1107, Bohémond de Tarente assiégea sans succès la ville


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 23:01





Le siège de Tripoli, ville qui se trouve actuellement au nord du Liban, est un siège commencé en 1102 par Raymond de Saint-Gilles et qui prend fin le 12 juillet 1109 avec la prise de la ville, qui permet la constitution du comté de Tripoli.








À l’arrivée de la première croisade en Orient, la ville de Tripoli et ses environs appartiennent à Fakhr al-Mulk Abû ’Ali ’Ammâr, de la famille des Banû ’Ammâr. Cette famille possédait Tripoli depuis quelques générations et avaient réussi en 1070 à prendre son indépendance en pratiquant une politique de souplesse en jouant des rivalités entre les turcs seldjoukides et les égyptiens fatimides. Fakhr al-Mulk poursuivit cette politique, lorsque les Croisés quittent Antioche pour de rendre vers Jérusalem, il a eu le bon sens de ne pas les traiter en ennemis, même lors du siège de ’Arqa, qui lui appartenait, et alla même jusqu’à les ravitailler. Après la fondation duroyaume de Jérusalem, il s’apprête à continuer cette politique d’équilibre, cette fois entre les nouveaux états émergents, le royaume de Jérusalem, d’une part et les émirats d’Alep et de Damas d’autre part. Jusqu’en 1102 ce calcul se révèle profitable, car Antioche et Jérusalem n’ont pas de vues particulières sur Tripoli et sa région, mais est remis en question par le retour du comte de Toulouse, dont l’objectif est de se tailler une principauté entre la principauté d’Antioche et le royaume de Jérusalem.





Après la prise d’Antioche, l’animosité entre Bohémond de Tarente, qui revendique la ville pour son propre usage, ayant été l’instrument principal de la prise de la ville, et Raymond de Saint-Gilles, qui se fait le défenseur des droits de l’empire byzantin sur la ville. La prise de Maarat (13 janvier1099) ne fait qu’aggraver les dissensions, car Bohémond s’est emparé de la plus grande partie du butin. Finalement, Bohémond reste à Antioche, tandis que les autres croisés, Godefroy de Bouillon, Raymond de Saint-Gilles. Tancrède de Hauteville, Hugues de Vermandois et Robert Courteheusecontinuent la route vers Jérusalem.

Une ambassade est envoyée à l’émir de Tripoli pour lui demander un tribut et un ravitaillement pour les Croisés pendant leur traversée de l’émirat. Mais les envoyés, constatant l’opulence de la ville, persuadent le comte de Saint-Gilles qu’un tribut plus important peut-être réclamé. Raymond de Saint-Gilles décide alors d’assiéger ’Arqa, afin de faire céder Fakhr al-Mulk. D’autres membres de son armée parcourent le pays pour le piller, et prennent également le Château de Tortose (17 février 1099), puis Maraqiya. Pendant ce temps, Godefroy de Bouillon met le siège devant Jabala. Pour tenter de les inciter à quitter sa principauté, l’émir de Tripoli fit courir le bruit de l’arrivée imminente de l’armée du khalife de Bagdad, ce qui incite les croisés à se regrouper devant ’Arqa. La nouvelle s’avère fausse et Godefroy de Bouillon, furieux d’avoir dû abandonner son siège décide de repartir sur Jérusalem, obligeant le comte de Toulouse à faire de même, le 13 mai 1099.







Après la prise de Jérusalem (15 juillet 1099), certains des chefs de la croisade se sont taillés des fiefs, tels Bohémond de Tarente, devenu prince d’Antioche etBaudouin de Boulogne, devenu comte d’Édesse. Les barons qui ont pris Jérusalem élisent l’un des leurs pour conserver la ville : ils choisissent Godefroy de Bouillon et évincent Raymond de Saint-Gilles. Tancrède de Hauteville reste à Jérusalem et conquit la principauté de Galilée, tandis qu’Hugues de Vermandois et Robert Courteheuse rentrent en Europe.

En mai 1100, Raymond de Saint-Gilles se rend à Constantinople, et en mars 1101, il décide d’accompagner à travers l’Anatolie une croisade de secours qui vient d’arriver. Mais les croisés, principalement des Lombards, n’écoutant pas les conseils de leur guide, prennent Ankara, puis se font massacrer le 5 août 1101 par les troupes de Kiliç Arslan.



Les États Latins d'Orient en 1102.
Le comté de Tortose correspondau futur comté de Tripoli




Le comté de Tortose correspond au futur comté de Tripoli.
C’est l’année suivante, en1102, que Raymond de Saint-Gilles décide de se consacrer à la constitution d’un fief pour son compte. Il ne dispose plus que de trois cent hommes et de l’hostilité du régent d’Antioche, Tancrède de Hauteville. Mais il reste une zone non occupée par les Croisés, où il lui est possible de fonder une principauté, autour de Tripoli.





En février 1102, Raymond profite du passage d’une armée de Croisés pour prendre le port de Tortose. Ce port, déjà pris en février 1099, avait été repris par les Musulmans en 1101, pendant que le comte accompagnait une croisade en Anatolie. Une fois la ville prise, le 18, les croisés lui laissent la ville, et se dirigent vers Jérusalem. Raymond y installe son quartier général en entreprend la conquête des environs de Tripoli.

En 1103, une escadre génoise permet à Raymond de s’emparer d’une autre port, situé au sud de Tripoli, celui de Gibelet, qui se rend le 28 avril 1104. La ville sera par la suite confiée à un génois, Hugues Embriaco qui en fera une colonie génoise.

Avec Tortose et Gibelet, le comte de Saint Gilles possède maintenant les deux places fortes qui délimitent le futur comté de Tripoli, dont il reste à conquérir la capitale. Afin de contrôler l’accès terrestre de la ville, Raymond fait édifier, avec l’aide que l’empereur Alexis Ier Comnène lui envoie, un château situé sur un éperon rocheux en face de la ville : le Mont-Pèlerin, ou Qal’at Sanjîl (La forteresse de Saint Gilles) comme le nomment les musulmans. Durant ces évènements, Elvire de Castille, l’épouse de Raymond, donne naissance à un fils, Alphonse Jourdain. Au mois d’août ou en septembre 1104, Fakhr al-Mulk tente une sortie pour détruire le château, mais ne parvient qu’à incendier les faubourgs du Mont-Pèlerin. Raymond de Saint-Gilles meurt six mois plus tard, le 28 février 1105.

La mort de Raymond ne met pas fin au siège, bien au contraire, car son cousin Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne prend sa succession. Comme son prédécesseur, il dispose du soutien de Byzance, qui le ravitaille par voie maritime et dont la flotte met en déroute celle de Tripoli en 1106. Les Francs en profitent pour s’emparer de places fortes dans l’arrière-pays. L’émir de Tripoli sait maintenant qu’il ne peut pas se sortir seul de cette situation, mais se refuse à demander de l’aide à Tughtekîn, l’émir de Damas avec qui il est brouillé, ou aux Fatimides qui revendiqueraient la suzeraineté, voire l’annexion de la ville. Son choix se porte sur Soqman ibn Ortoq, l’ancien cadi de Jérusalem mais vainqueur de la bataille de Harran (printemps 1104), avant que cette dernière ne soit prise par les Croisés. Mais Soqmân meurt subitement à Palmyre, alors qu’il conduisait une importante armée sur Tripoli.

Le blocus de la ville est de plus en plus étroit, et son ravitaillement se fait de plus en plus difficile. Fakhr al-Mulk fait saisir tous les vivres de sa ville pour les partager entre tous les habitants et impose les richesses pour financer la défense de la ville. Mais les bourgeois de la ville voient ses richesses partir ainsi, ses activités commerciales paralysées par le siège et certains d’entre eux quittent la ville, prêtent allégeance aux Francs et leur indiquent par quels sentiers la ville est ravitaillée. Le blocus devient total et l’émir, après avoir demandé l’extradition des traîtres, les fait assassiner (1106).

Au printemps 1108, le cadi Fakhr el-Moulk, lassé d’attendre les secours du sultanSaljûqide Muhammed Ier, se rend à Bagdad, escorté de 500 cavaliers et de nombreux serviteurs chargés de cadeaux (fin mars). Il passe par Damas, dominée à la mort de Dukak par l’atabek Tughtekin, qui l’accueille à bras ouvert. À Bagdad, le sultan le reçoit en grande pompe, mais préfère régler en premier lieu le problème deMossoul. Fakhr el-Moulk, de retour à Damas en août, apprend que Tripoli a été donnée par les notables, las de l’attendre, au vizir d’Égypte Al-Afdhal .

Les débris de l’émirat de Tripoli échappent alors à Fakhr el-Moulk, à qui il ne reste que Gabala. La ville est occupée par les Fatimides et Toghtekin assiège ’Arqa. En mars 1108, Guillaume Jourdain attaque l’armée de Damas, qui lève le siège d’Arqa, puis continue le siège pour son compte et prend la ville au bout de trois semaines de siège. Durant l’été 1108, quatre mille chevaliers et sergents provençaux arrivent en renfort, mais ils sont conduits par Bertrand de Saint-Gilles, le fils de Raymond IV, qui revendique le comté.

Pour éviter que les dissensions ne fassent échouer le siège, Baudouin de Boulogne,roi de Jérusalem vient en personne arbitrer le litige, avec mille chevaliers et soldats. Tancrède de Hauteville, prince d’Antioche, ne souhaite pas être en reste et vient également avec sept cents soldats. Le roi décide que le comté doit être partagé en deux, la partie nord, avec Tortose et ’Arqa revenant à Guillaume et la partie sud, avec Tripoli et Gibelet revenant à Bertrand.

Ce litige et sa résolution permettent la plus grande concentration de soldats autour de Tripoli depuis le début du siège. De plus, une escadre de soixante dix navires génois croise au large de la ville. Ce sont les meilleures conditions pour tenter un assaut de la ville, d'autant plus que les Égyptiens, après s'être emparés de la ville, n'avaient pas cherché à y envoyer une armée de secours. Voyant cela, les habitants de Tripoli décident de négocier la reddition de la ville, plutôt que d'attendre l'assaut final. Ils obtiennent de Baudouin la vie sauve, ainsi que la possibilité de quitter la ville librement, pour ceux qui le désirent, ou d'y rester, moyennant un impôt à payer aux Francs. Les forces terrestres, conduites par Baudouin, Bertrand et Tancrède respectent ces conditions, au contraire des Génois qui pillent la ville, détruisent sa bibliothèque, le Dar-em-Ilm, et massacrent une partie de la population.










Avec la prise de la ville, c'est le comté de Tripoli qui prend possession de sa capitale. Le comté devait être divisé en deux, mais l'assassinat de Guillaume Jourdain peu après donne la totalité du comté à Bertrand. Les dernières forteresses musulmanes sont prises, telles Banyas et Jabala, prises par Tancrède en revenant sur Antioche. Bertrand tente de prendre Baalbek, mais y renonce face à l'arrivée de l'armée deToghtekîn.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Ven 1 Avr - 23:24




Nommée en latin Ager sanguinis, labataille du champ du sang1 opposa le 28 juin 1119 les Croisés d'Antiochecontre les Alépins dans la plaine de Sarmada, à mi-chemin entre les deux villes.










La bataille de l'Ager Sanguinis, ou Champ du Sang, ou bataille de Sarmada, ou bataille de Balat, opposa la principauté croisée d'Antioche et le gouverneur Ortoqide d'Alep en 1119.

Le Turc Ortoqide Il-Ghazi se rendmaître d’Alep et défait l’armée d’Antioche près d’Artah. Roger de Salerne est tué et le nombre des morts est si grand que le lieu de la bataille prend le nom d’ager sanguinis, Le «Champ du Sang» dans le latin des chroniqueurs de l'époque.





Antioche et les autres États latins d'Orient étaient constamment en guerre contre les états musulmans du nord de la Syrie et de l'Irak, notamment Alep et Mossoul. La mort de Ridwan d'Alep en 1113 donna quelques années de calme à la région. Mais le Normand Roger de Salerne, régent d'Antioche pour le compte de Bohémond II, ne sut pas profiter de la mort de Ridwan.

En 1117, l'Ortoqide Il-Ghâzi devintAtabeg (gouverneur) d'Alep. En 1118, Roger captura la ville d'Azaz, ce qui exposa Alep aux attaques des chrétiens. Il-Ghâzi riposta en envahissant la principauté d'Antioche en 1119. Roger de Salerne fit alors appel au roi de Jérusalem Baudouin IIet au comte Pons de Tripoli. L'expérience avait montré que le regroupement de toutes les forces franques (Jérusalem, Antioche, Tripoli et Edesse) permettait de repousser toutes les invasions musulmanes, et que les défaites précédentes étaient dues au fait qu'un des princes francs avaient voulu faire campagne contre les musulmans tout seul.

Roger de Salerne se dirigea vers le pont de Fer, sur l'Oronte, tout près de la citadelle d'Artah. Cette citadelle permettait, si l'on s'y installer, de surveiller Antioche et ses environs, et d'attendre l'arrivée du roi Baudouin II et de ses renforts. Mais les châtelains d'outre-Oronte, dont les bandes turcomanes dévastaient les terres, persuadèrent Roger d'entrer en campagne seul.

Roger de Salerne sortit donc d'Artah, malgré les supplications de Bernard de Valence, le patriarche latin d'Antioche, de rester à Artah et d'attendre l'arrivée de Baudouin II et de ses renforts. Mais Roger ne voulut pas attendre leur arrivée.






Roger et ses forces passèrent l'Oronte le 20 Juin, pour s'installer à mi-chemin entre Antioche et Alep dans une plaine appelée Ager Sanguinis (le champ du sang), tout près du défilé de Sarmadda. Il-Ghâzi, pressé par ses émirs, marcha sur le château d'El-Atharib le vendredi 27 au matin. Lorsqu'un petit détachement commandé par Robert du Vieux-Pont voulut alors briser le siège, Il-Ghâzi fit semblant de battre en retraite, stratagème turc habituel qui marcha une fois de plus. Les gens de Robert s'élancèrent à sa poursuite, quittèrent le château et tombèrent dans l'embuscade.





Il-Ghâzi attendait aussi des renforts de Tughtekin, l'émir Bourride de Damas, mais lui aussi se trouva fatigué d'attendre, aussi encercla-t-il le camp de Roger dans la nuit du 27-28 juin 1119. L'armée de Roger était forte d'environ 3 700 hommes d'après Guillaume de Tyr (700 chevaliers et 3 000 fantassins, dont des turcopoles formant 3 «batailles» commandées par Roger, Geoffroy le Moine et Guy Fresnel. Dès que les musulmans (dont le nombre n'est précisé par aucun chroniqueur mais possédant certainement une nette supériorité, situation habituelle lors des Croisades, peut-être autour de 40 000) arrivèrent, le cadi Abou El-Fadl Ibn El-Khachab, portant le turban de sa dignité mais brandissant une lance, caracola devant les combattants. Ils commencèrent par être stupéfaits d'être harangués par un lettré mais à la fin de sa prédication passionnée sur les devoirs et mérites des combattants de la guerre sainte, si l'on en croit Kamal Ed-Din, le chroniqueur contemporain d'Alep, ces massacreurs professionnels éclatèrent en larmes et coururent au combat. Le matin du 28 juin, l'armée normande engagea le combat avec avantage mais les Turcs reprirent vite le dessus. Robert de Saint-Lô et les turcopoles furent rejetés sur la ligne de Roger, qui fut disloquée. Durant la mêlée, Roger fut tué d'un coup d'épée en plein visage au pied de la grande croix ornée de pierres précieuses qui lui servait d'étendard. Le reste de l'armée fut complètement taillé en pièces: deux chevaliers seulement survécurent... L'un d'eux, Renaud Mazoir, se réfugia dans le château de Sarmada pour attendre le roi Baudouin mais fut plus tard pris par Il-Ghâzi. Parmi les autres prisonniers figura apparemment Guillaume le Chancelier, qui plus tard raconta la bataille. Tel fut le massacre que plus tard on appela cette défaite Ager Sanguinis, en latin «le Champ du Sang».







Les Alépins triomphent. Pourtant, Il-Ghâzi n'avance pas jusqu'à Antioche, qui, l'ignorant, se prépare à soutenir un siège et où le patriarche Bernard organise la défense tant bien que mal. Les Francs, qui se méfient des chrétiens syriens, arméniens et grecs habitant la ville, les désarment et leur interdisent de quitter leurs maisons. Mais Il-Ghâzi, occupé à célébrer sa victoire, ne songe pas à profiter de son avantage.

L’armée de Baudouin II de Jérusalem arrive alors à Antioche, écartant le danger. Il-Ghâzi est repoussé par Baudouin II et Pons le 14 août 1119 et Baudouin s'attribue la régence d'Antioche. La défaite du Champ du Sang affaiblit considérablement Antioche qui subit de nombreuses attaques sarrasines durant la décennie suivante. Finalement, la principauté doit accepter la suzeraineté de l'Empire byzantin.

Les Latins rétablissent quelque peu leur situation face aux Musulmans de Syrie par leur victoire d'Azaz en 1125, 6 ans plus tard.

Le nom de «Champ du Sang» est peut-être une référence biblique faisant allusion au lopin acheté par Judas avec les 30 deniers gagnés en livrant le Christ. Les Actes des Apôtres racontent que Judas s'y pendit et qu'on nomma le lieu «acheldemach» en araméen, ce qui donne «ager sanguinis» dans la Vulgate latine.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 11:47





La bataille d'Azâz oppose, en 1125, les armées seldjoukides d'Alep, de Damas et de Homs qui assiègent Azâz, dans le Nord de la Syrie, aux forces franques coalisées.
L'armée croisée, répartie et treize détachements, mène trois batailles de front :

• à droite, les chevaliers d'Antioche ;
• au centre ceux de Tripoli et d'Edesse ;
• à gauche les forces du roi de Jérusalem.

Serré de près par l'ennemi, le roi de Jérusalem feint habilement la retraite puis fait volte-face pour reprendre l'avantage, et grâce à la vivacité de l'attaque, taille en pièces une armée d'élite qui perd quinze émirs et plusieurs milliers d'hommes.
Les Francs remportent la victoire et récoltent un butin considérable. Selon Guillaume de Tyr, les Turcs perdirent deux mille hommes dans cette bataille, et les Chrétiens que vingt-quatre.











La bataille de Ba'rin (ou Mont Ferrand) se déroula en juin 1137. L'armée du roi de Jérusalem Foulque V d'Anjou y fut défaite par l'atabeg deMossoul Zengi. Celui-ci s'empara alors définitivement du château de Baarin. Foulque d'Anjou, qui s'était laissé enfermer dans la forteresse, dut verser 50.000 dinars pour pouvoir se retirer avec le reste de ses troupes.





L'atabeg Zengi, depuis son accession au pouvoir, poursuivait l'unification de la Syrie sous son égide. À la mi-juin 1137, il tenta sans succès de forcerHoms, dépendance du royaume bouride de Damas. Le 11 juillet, apprenant que les Francs accouraient afin de le surprendre, il se retira et marcha sur Montferrand.

À l'annonce des mouvements de Zengi autour de Homs, le jeune comte de Tripoli avait en effet fait appel à son oncle Foulque V, également son suzerain. Tous deux marchèrent alors vers Montferrand, dont la garnison, étroitement pressée, ne pouvait espérer tenir seule longtemps face à l'armée alépine. Les Francs choisirent une route directe et impraticable afin de traverser le Jebel Nosairi. L'armée alépine, qui se préparait lever le siège de Montferrand, les surprit à la sortie du défilé. L'armée franque était de plus gênée par une longue colonne de ravitaillement. Elle fut donc mise en déroute sans pouvoir se déployer convenablement. Selon Ibn-Al Athir, "de part et d'autre, on montra beaucoup de bravoure". Plus de 2000 Francs périrent selon Kemal-Al Din, et le convoi de ravitaillement tomba sans coup férir. Le roi et une poignée de Francs réussirent à s'extraire avec peine, et s'enfermèrent dans la forteresse.






Devant la levée de tout l'arrière ban de Syrie et de Palestine, afin de constituer une grande armée de secours, Zengi, qui n'était pas arrivé à prendre la forteresse d'assaut malgré tous ses efforts, préféra négocier. Il accorda des conditions clémentes aux assiégés. Entre le 10 et le 20 août, il remit en liberté les prisonniers et offrit une robe d'honneur à Foulque à sa sortie de Montferrand. Par la suite, les Francs regrettèrent d'avoir livré le château lorsqu'ils rencontrèrent l'armée de secours. Les croisés ne devaient jamais reprendre Ba'arin.





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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 12:04




Le siège d'Edesse se déroula du 28 novembre au 24 décembre 1144. La ville tomba aux mains de Zengi, atabeg de Mossoul et d'Alep, qui s'empara finalement de tout le comté d'Edesse.





Le comté d'Edesse est le tout premier des Etats latins d'Orient. Il est créé par Baudouin de Boulogne en 1098 lors de la première croisade. Le plus septentrional des possessions croisées, c'est aussi le avancé dans le monde islamique et le moins peuplé. Il est le plus en butte aux contre-attaques turques. Son souverain Jocelyn II de Courtenay, est en conflit avec Raymond II de Tripoli et Raymond de Poitiers, prince d'Antioche. Ainsi il ne peut compter que sur lui-même pour défendre ses possessions. De plus le roi de Jérusalem Foulque d'Anjou décède en 1143, laissant comme héritier un enfant de 13 ans, Baudouin III. La régence est assurée par sa mère Mélisende.






Zengi commença la campagne par une diversion. Il enleva en effet plusieurs châteaux aux Ortoquides dans le Diyarbékir, prétextant l'alliance de Jocelyn avec ces derniers. Jocelyn préférait résider à Turbessel, à l'ouest de l'Euphrate, et la garnison d'Edesse était très réduite. À l'annonce de la reprise des hostilité entre Zengi et les Ortoquides, les Francs furent rassurés et ne renforcèrent pas Edesse. Profitant du fait que la ville était ainsi pratiquement laissée sans défense, Zengi accourut à marche forcée à ses portes le 28 Novembre 1144.






La défense est menée par l'évêque latin Hugues II, l'évêque arménien Jean et l'évêque jacobite Basile. À l'annonce du siège, Jocelyn ne peut qu'appeler au secours les autres princes francs. Sans l'aide de ces derniers, il sait qu'il ne peut dégager Edesse. La régente Mélisende lui envoie des renforts, mais Raymond d'Antioche, son ennemi personnel, occupé en Cilicie contre les Byzantins, ignore ses demandes pressantes. Zengi fait construire des machines de siège et creuser des mines. Il doit hâter le siège pour s'emparer de la ville avant l'arrivée des renforts de Mélisende. Le 24 Décembre, une partie du mur s'écroule. L'assaut des troupes de Zengi permet alors de s'emparer de la ville basse. Des milliers d'habitants sont massacrés. Le reste se réfugie dans la citadelle (citadelle de Maniakès), qui se rend le 26 Décembre.







Zengi s'empare de Saruj en Janvier 1145. L'arrivée de l'armée envoyée par Mélisende a rejoint Jocelyn. De plus des troubles à Mossoul le poussent à abandonner la campagne. Ainsi une partie du comté d'Edesse reste aux mains des Croisés (à l'ouest de l'Euphrate), autour de la seigneurie de Turbessel. Mais petit à petit, ce territoire est vendu aux Byzantins ou conquis par les Musulmans. Les Byzantins se révélant incapables de tenir les positions acquises auprès des Croisés, toute la région tombe bientôt aux mains des Turcs.

La mort de Zengi, assassiné dans la nuit du 14 au 15 Septembre 1146 par un eunuque, semble pourtant donner à Jocelyn l'opportunité de reconquérir Edesse. La ville basse est réoccupée en Octobre 1146 avec la complicité de la population, composée de Chrétiens indigènes (Arméniens). Mais l'expédition aboutit à un désastre. La citadelle refusant de se rendre, Jocelyn doit entreprendre un siège en règle pour réduire sa garnison. L'arrivée sur ces entrefaites de Nur al-Din, fils de Zengi, l'oblige à évacuer définitivement Edesse. L'armée chrétienne subit un désastre en évacuant la ville, et la population d'Edesse est massacrée et déportée (3 novembre 1146). Selon la chronique de Michel le Syrien, 30 000 habitants périrent au total pour les deux sièges, et 16 000 furent emmenés en esclavage.

La nouvelle de la première chute d'Edesse a alors déjà atteint l'Europe. Le 1er Décembre 1145, Eugène III proclame la bulle papale Quantum praedecessores, appelant à la Deuxième Croisade. Le roi de France Louis VII et l'empereur germanique Conrad III répondent à cet appel, mais l'expédition se termine par un échec cuisant devant Damas (juillet 1148) .La ville d'Edesse ne sera jamais réoccupée par les Croisés et le comté d'Edesse est définitivement perdu. Cette victoire musulmane amorce la reconquête de la Syrie franque.







La seconde bataille de Dorylée eut lieu à Dorylée le 25 octobre 1147pendant la deuxième croisade. Conrad III, manquant de provisions, stoppa afin que ses troupes puissent se reposer. Celles-ci furent quasiment réduites à néant par une attaque des turcs seljoukides. Par conséquent, les croisé allemands se retrouvèrent incapables de poursuivre leur croisade et Conrad rejoint les forces de Louis VII de France avec les 2 000 hommes qui lui restait.





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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 12:12



La bataille du mont Cadmos oubataille du défilé de Pisidie oubataille de Laodicée est une défaite de l'armée franque de Louis VII de France face aux Turcs seldjoukides deRum lors de la deuxième croisade, le6 janvier 1148.




L’indiscipline de l’élément populaire, surtout dans la croisade allemande, provoque des incidents au passage de l’armée croisée dans les Balkans. Le basileus craint que les troupes des croisés ne renforcent la principauté d'Antioche, où il veut rétablir sa suzeraineté, et qu’elles affaiblissent l’alliance germano-byzantine contreRoger II de Sicile. En effet, pendant que Conrad II et Louis VII refusent de prêter hommage au basileus à l’automne 1147, et retiennent ainsi les troupes byzantines, Roger II s’empare de Corfou et de Céphalonie, pilleCorinthe et Thèbes. Manuel IerComnène doit conclure un traité avec le sultan de Rum. Sans l’appui byzantin, la traversée de l’Asie mineure est difficile. Français et Allemands, qui ne s’entendent pas, cheminent séparément. L’armée de Conrad est battue à la bataille de Dorylée, le 25 octobre 1147.

Les débris de l'armée de Conrad parviennent à se réunir à l'armée du roi de France. Les deux armées laissent sur la gauche le chemin suivi par les premiers croisés, s'avancent ensemble jusqu'à Philadelphie, en Lydie ; mais dans cette ville les Allemands, qui avaient perdu leur bagage, et se voyaient encore exposés à de nouvelles calamités, se décident en grand nombre à retourner à Constantinople ; l’empereur, réconcilié avec Manuel, gagne Acre sur des vaisseaux byzantins. Les troupes de Louis VII suivent le littoral, se reposent sur les bords de la mer Égée, et prennent ensuite la route de l'Orient. Les Francs rejettent l'offre que leur fait Manuel de les protéger contre les Musulmans, et continuent leur marche. Les Turcs, après avoir mis en lieux sur le butin fait sur l'armée de Conrad, les attendent sur les rives du Méandre, mais les Francs forcent le passage et marchent sur Laodicée du Méandre, qu'ils atteignent le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, puis s'engagent dans les montagnes qui séparent la Phrygie de la Pisidie.




L'avant-garde franque, commandée par le Poitevin Geoffroy de Rancon, dépasse imprudemment le lieu fixé pour le rendez-vous général de l'armée ; la colonne où se trouve le roi, ignorant cette circonstance, et n'apercevant pas ceux qui la précédent, lorsqu'elle arrive à l'endroit convenu, se porte plus en avant. Les guerriers français marchent avec confiance, persuadés que leurs compagnons occupaient les hauteurs devant eux. Mais les Turcs profitent d'un moment où les Francs avaient rompu leurs rangs, jettent de côté arcs et carquois, et se précipitèrent sur eux, le sabre à la main. Les Francs se trouvent alors dans un étroit défilé, bordé d'un côté de précipices profonds et de l'autre de rochers escarpés. Chevaux, hommes, bagages, tout est poussé dans l'abime. Le roi Louis VII parvient à s'échapper de la mêlée, gagne une éminence, s'adosse contre un arbre et résiste seul à plusieurs assaillants. La nuit venue, le roi profite de l'obscurité pour rejoindre l'avant-garde de son armée, où déjà on le croyait mort. Après la bataille, l'armée du roi de France, qui a subi de lourdes perdes, parvient difficilement à rejoindre Attalia le 20 janvier. Le roi de France doit abandonner les non-combattants et s’embarquer pour Antioche avec ses chevaliers. Les mauvais rapports entre les croisés et Byzance et entre les croisés eux-mêmes ont réduit de trois-quarts les forces de la croisade.




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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 12:44




Le siège de Damas eut lieu pendant la deuxième croisade. Il commença le24 juillet 1148 et fut levé quatre jours plus tard. Ce siège fut le point final d'une défaite majeure des croisés et mena au démantèlement de la croisade.






Les deux principaux contingents des forces chrétiennes ayant répondu aux appels du pape Eugène III et de Bernard de Clairvaux étaient menés par Louis VII de France et Conrad III de Hohenstaufen. Les forces de Conrad III incluaient Boleslas IV le Frisé et Vladislav II de Bohême, ainsi que son neveu Frédéric de Souabe qui allait devenir plus tard Frédéric Barberousse. L'appel à cette croisade était consécutif à la perte du comté d'Édesse le 24 décembre 1144. Les croisés traversèrent l'Europe pour arriver finalement à Constantinople en septembre et octobre 1147.

Les forces de Louis VII et Conrad III firent face à de nombreux revers tout au long de la traversée de l'Anatolie et la majeure partie de leurs armées fut détruite. À la suite de cela, Louis abandonna ses troupes et prit le bateau vers Antioche où vivait l'oncle de sa femme Aliénor d'Aquitaine, le prince Raymond d'Antioche. Ce dernier espérait de Louis un soutien militaire face aux turcs Seldjoukides qui menaçaient la principauté, mais Louis refusa et alla à Jérusalem afin d'honorer son vœu de croisade. Conrad, accablé par la maladie, allait déjà regagner Constantinople mais rejoignit pourtant Jérusalem quelques semaines plus tard, au début d'avril1148. L'objectif premier de la croisade était Édesse mais, à Jérusalem, la cible choisie par Baudouin III et l'Ordre du Temple était Damas .





Le concile d'Acre fut formé à la demande de la haute cour de Jérusalem à Acre le 24 juin 1148. Ce fut la plus grande réunion dans l'histoire de cette cour : Conrad, Othon de Freising, Henri II d'Autriche, le futur Frédéric Barberousse et Guillaume V de Montferrat représentant le Saint-Empire romain germanique. Louis, Thierry d'Alsace, plusieurs ecclésiastes et des seigneurs séculiers représentant la France. De Jérusalem étaient présents le roi Baudouin III, la reine Mélisende, le patriarche Foucher, le maître de l'Ordre du Temple Robert de Craon, le maître de l'Ordre de l'Hôpital Raymond du Puy, le connétable Manassès de Hierges, Onfroy II de Toron, Philippe de Milly, le seigneur de Césarée Gautier Ierde Grenier et Balian d'Ibelin .

Quelques-uns des barons natifs de Jérusalem pointèrent du doigt le fait qu'il serait irréfléchi d'attaquer Damas car les Bourides étaient leurs alliés contre les Zengides. Zengi assiégea la ville en 1140 et Mu'in ad-Din Unur, un mamelouk agissant en qualité de vizir pour le jeune Mujir ad-Din Abaq, négocia une alliance avec Jérusalem par l'entremise du chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh. Conrad, Louis et Baudouin insistèrent car Damas était une ville sainte pour les chrétiens. À l'instar de Jérusalem et Antioche, ce serait une conquête notable aux yeux des Européens de confession chrétienne. En juillet, l'armée rassemblée à Tibériade, aux effectifs estimés à 50 000 hommes, se mit en marche vers Damas, longeant la mer de Galilée par Baniyas.

Un débat parmi les historiens vit le jour car certains considèrent que l'attaque de Damas était inévitable. Quelques historiens, tel que Martin Hoch, voient la campagne comme une décision logique et une conséquence de la politique étrangère de Damas s'alignant avec les Zengides. Le roi Baudouin III avait déjà lancé par le passé une attaque contre Damas pour capturer la ville et cela aurait aidé à déstabiliser les relations diplomatiques entre les Bourides et le royaume de Jérusalem.





Les croisés décidèrent d'attaquer Damas par l'ouest, voulant disposer des vergers comme source d'approvisionnement. Ils arrivèrent à Daraiya le 23 juillet, avec l'armée de Jérusalem en avant-garde, suivie par Louis et ensuite Conrad en arrière-garde. Les forces musulmanes étaient préparées à l'attaque et harassèrent l'armée croisée pendant son avancée à travers les vergers des alentours de Damas le 24 juillet. Les vergers étaient défendus par des tours et des murailles et les croisés étaient constamment visés par des flèches et des lances le long du chemin étroit sur lequel ils se trouvaient.

Grâce à une charge menée par Conrad, les croisés réussirent à avancer et à chasser les défenseurs derrière la rivière Barada et dans Damas. Étant arrivés au pied de la muraille de la cité, ils installèrent le siège immédiatement, utilisant le bois disponible dans les vergers. Dans Damas, les habitants barricadèrent les artères majeures, se préparant pour ce qu'ils voyaient comme un assaut inévitable. Unur, qui avait demandé de l'aide de la part de Saif ad-Din Ghazi I d'Alep et de Nur ad-Din de Mossoul, mena lui-même une charge contre le camp croisé. Les croisés furent repoussés vers les vergers où ils étaient de nouveau susceptibles de subir des embuscades. Selon Guillaume de Tyr, les croisés décidèrent le 27 juillet de se diriger vers les plaines situées à l'est de Damas, une zone moins fortifiée mais plus pauvre en ressources alimentaires.

Il y avait des dissensions dans les deux camps. Unur ne pouvait faire confiance à Saif ad-Din ou Nur ad-Din, craignant qu'ils prennent possession de la ville en retour de l'aide apportée. En ce qui concerne les croisés, ils ne s'entendaient pas sur celui qui allait prendre le contrôle de la ville en cas de victoire. Guy Ier de Brisebarre, seigneur de Beyrouth, était le choix des barons locaux mais Thierry d'Alsace, le comte de Flandre, voulait la ville et était supporté par Baudouin, Louis et Conrad. Il a été rapporté par certains qu'Unur avait tenté de résoudre la situation de manière détournée, promettant également de briser son alliance avec Nur ad-Din si les croisés rebroussaient chemin. Cependant, Saif ad-Din et Nur ad-Din arrivèrent à Homs et entamèrent des négociations avec Unur à propos de la possession de Damas, ce que ni Unur ni les croisés souhaitait. Apparemment, Saif ad-Din aurait également écrit aux croisés, les intimant à rebrousser chemin au plus vite. Les renforts de Nur ad-Din leur coupant la route, il était impossible aux croisés de revenir à leur position initiale. Les chefs croisés locaux refusèrent de continuer le siège, forçant les trois rois à abandonner la ville. D'abord Conrad, puis le reste de l'armée, décidèrent de rentrer à Jérusalem le 28 juillet, devant subir le harcèlement des archers seljoukides pendant toute la durée de leur retraite.










Des dissensions apparurent parmi les forces croisées, chacun se sentant trahi par l'autre, et des rancœurs perdurèrent longtemps après ce cuisant échec. En effet, un nouveau plan fut échafaudé afin d'attaquer Ascalon mais il fut abandonné à cause du manque de confiance ambiant, résultant de l'échec précédent. À la suite de ces événements, Conrad retourna à Constantinople pour renforcer son alliance avec Manuel Ier Comnène.

Un autre résultat de cette croisade fut que Damas, ne faisant plus confiance aux croisés, passa dans les mains de Nur ad-Din en 1154. En Europe, Bernard de Clairvaux se sentit humilié par ce revers et, lorsqu'il vit que son appel à une nouvelle croisade échoua, il tenta de se désengager de l'échec de la deuxième croisade.











La bataille d'Inab se déroula le 29 juin1149 entre le sultan Nur ad-Din etRaymond, prince d'Antioche.

Nur ad-Din, sultan d'Alep depuis la mort de son père Zengi en 1146, décide d'attaquer la principauté d'Antioche tout en défendant Damascontre la deuxième croisade en 1147 lancée par le pape Eugène III lorsque les Croisés perdirent le comté d'Édesse en 1144. En juin 1149, Nur ad-Din envahit Antioche et assiège la forteresse d'Inab avec l'aide de Mu'in ad-Din Unur de Damas et des Turcomans. Il possède une force d'environ 6 000 hommes qui se trouve au pied de la forteresse, principalement de la cavalerie.

Inab est défendue par le prince Raymond qui s'était allié à Ali ibn-Wafa, le chef des Assassins et lui-même ennemi du Nur ad-Din. Dans la journée du 29 juin, Nur ad-Din bat l'armée d'Antioche. Raymond et Ali ibn-Wafa sont tués dans la bataille. La plupart des territoires d'Antioche sont donc ouverts et surtout le plus important: celui qui conduit à laMéditerranée.

Le sultan assiège alors la ville d'Antioche mais sans succès car la ville est défendue par la femme de Raymond, Constance, et le Patriarche. Le roi Baudoin III de Jérusalem décide de marcher sur Antioche pour la libérer du siège.

Après la victoire d'Inab, Nur ad-Din devint un héros du monde islamique et eut pour but de détruire tous les États latins d'Orient. Il construisit alors de nombreuses mosquées et écoles religieuses à Alep.



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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 13:04




Le second siège d'Ascalon de 1153est un épisode guerrier de la deuxième croisade qui voit la ville d'Ascalon, dernier bastion fatimide en Palestine, prise par les croisés du Royaume de Jérusalem après un siège d'environ 5 mois.




Le siège d'Ascalon par Baudouin III de Jérusalem
(issu des «Passages d'outremer» de Sébastien Mamerot ,
Bibliothèque nationale de France)







Le siège d'Ascalon de 1153 succède de 5 ans au siège de Damas qui a été une grosse défaite pour le roi Baudouin III de Jérusalem. Voulant effacer cet échec cuisant, Baudouin III décida alors de lancer une attaque sur Ascalon, dernière place forte du littoral résistant encore aux croisés et constituant une menace pour le royaume de Jérusalem.

Ascalon était une ville fortifiée s'adossant à la mer. Brièvement prise par les chrétiens aux Fatimides en1102 après un premier long siège, la ville était repassée sous le contrôle de ces derniers à la suite de la révolte de sa population en juillet 1102. Ses habitants étaient exercés au métier des armes, et l’Égypte fatimide assurait son ravitaillement en vivres, armes et soldats.

Au début de l’année 1150, Baudouin III se rendit tout d'abord à Gaza («Gadres»), afin de relever cette ville, ruinée à l'époque. L’emplacement avait été choisi stratégiquement afin de couper tout lien terrestre entre Ascalon, situé à 20 kilomètres au nord, et l’Égypte. La construction d'une forteresse fut rapidement achevée et confiée aux Templiers. Dès ce moment, Ascalon se trouva isolée et son approvisionnement ne put se faire que par la mer.





Baudouin III et son armée arrivèrent devant Ascalon le 25 janvier 1153, accompagnés par les Templiers de Bernard de Tramelay, les Hospitaliers de Raymond du Puy, le clergé de Jérusalem et sous la protection de la «Vraie Croix», symbole du royaume croisé de Jérusalem.

Tandis que Géraud de Sidon assurait le blocus de la ville à l’aide de quinze galères, la ville était attaquée à l'aide d'un grand nombre d'engin de siège, puis, au bout de 2 mois, par « une tour roulante d'une immense hauteur, semblable à une forteresse avec sa garnison », construite grâce aux renforts de pèlerins venus d’Occident.

Au cinquième mois de siège, une flotte d'environ soixante-dix navires fatimides fit se replier les galères franques participant au blocus.

C'est en tentant d'incendier la tour roulante que les assiégés créèrent eux-mêmes une brèche dans leurs propres remparts. En effet les fatimides, encouragés par cette victoire navale, entassèrent une grande quantité de bois, d'huile, de soufre et d'autres matières combustibles entre la tour et les murailles, et enflammèrent le tout. Le vent, « qui venait de l'orient », poussa l'incendie, qui dura un jour et une nuit, contre la ville. Les pierres calcinées du rempart s'écroulèrent le lendemain.

Ici se place un évènement qui reste assez mystérieux: alors que la victoire semblait assurée, Bernard de Tramelay et quarante Templiers se ruèrent seuls dans la brèche tandis que leur frères d'armes en interdisaient l’accès aux autres combattants. Selon certaines chroniques, c'est afin de protéger le roi d'une possible embuscade que les templiers agirent de la sorte; selon d'autres, les Templiers furent victime de leur cupidité. Quoi qu'il en soit, les templiers et Bernard de Tramelay furent massacrés et la brèche comblée grâce à des matériaux fournis par la flotte égyptienne. Les cadavres des quarante frères du Temple et de Bernard de Tremelay furent pendus aux murailles de la ville.









Alors que le découragement gagnait les armées franques et Baudouin III en personne, les évêques intervinrent et s'opposèrent à la retraite. Le lendemain, les forces fatimides opérèrent une sortie tandis que l'armée chrétienne, exhortée par les prêtres, se ruait devant les murailles. Une véritable bataille s’engagea devant la ville, qui se solda par de nombreuses pertes dans les rangs fatimides. Devant le désastre, des ambassadeurs furent désignés pour proposer une capitulation à Baudouin, ce qui fut accepté. Les musulmans abandonnèrent la ville le troisième jour.






La ville fut intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III, et devint une tête de pont pour les armées chrétiennes en partance pour l’Égypte pendant les deux décennies suivantes.

Ascallon fut reprise par Saladin le 4 septembre 1187. Après la capitulation d’Acre en1191, Ascalon tomba aux mains de Richard Cœur de Lion, qui y construisit une forteresse menaçant l’Égypte. Saladin exigea qu'elle soit démantelée en préalable à la paix de 1192. Pressé de rentrer en Angleterre, Richard Cœur de Lion céda et la ville fut une seconde fois rasée.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 13:21




La bataille du gué de Jacob ou bataille du lac Méron a lieu le 19 juin 1157. Elle voit la défaite de 80 Templiers dont le Grand-Maître Bertrand de Blanquefort est fait prisonnier par Nur ad-Din.



La forteresse construite au Gué de Jacob en
1179 et le site de la bataille de 1157.







Baudouin III de Jérusalem, qui vient de lever le siège de Panéas, rentre à Jérusalem. Arrivé sur les bords du Jourdain au lieu dit le Gué de Jacob il tombe sur une embuscade tendue par l'émir de Damas Nur ad-Din. Le roi de Jérusalem parvient à s'échapper de justesse et à se réfugier seul dans laforteresse de Safed, mais son escorte de Templiers est faite prisonnière. Bertrand de Blanquefort est libéré avec plus de 10 000 captifs en juin 1159, par une coalition marchant sur Alep, dirigée par Manuel Ier Comnène l'empereur byzantin, Baudouin III de Jérusalem et Renaud de Châtillon, prince d'Antioche.








La bataille de Harim, de Harenc ou deArtah est une victoire de Nur ad-Dind'Alep sur une coalition de princes croisés, de l'empire byzantin et du prince Thoros II d'Arménie, survenue entre le 10 et le 12 août 1164.

Le roi de Jérusalem Amaury Ier est alors en Égypte où il fait siège deBilbeis, pour soutenir le vizir Shawarcontre l'intervention de Shirkuh, envoyé par le Zengide Nur ad-Din. Ce dernier rassemble ses forces pour faire diversion en Syrie. Il obtient l'aide de son frère Qutb ad-Dîn Mawdûd de Mossoul et celle des Artukides et commence à mettre le siège devant les forteresses franques d'Artah et de Harenc. Konstantinos Kalamanos, gouverneur byzantin de Cilicie, Thoros, prince d'Arménie, Raymond III de Tripoli, Bohémond III d'Antioche, Josselin III d'Édesse et les Templiers se rassemblent pour lever le blocus.


Nur ad-Din se retire à leur approche. Les chrétiens attaquent son aile droite : elle feint de prendre la fuite, et dans le temps qu'ils sont occupés à la poursuivre, le reste des Musulmans fond sur eux le sabre à la main, et en font un affreux carnage. Soixante chevaliers du Temple sont tués ; dix mille chrétiens seraient restés sur le champ de bataille, selon le chroniqueur kurde Ali Ibn al-Athîr. De nombreux prisonniers sont emmenés à Alep, dont Raymond III de Tripoli, Bohémond III d'Antioche, Josselin III d'Édesse et Hugues VIII de Lusignan. Nur ad-Din prend Harim et Panyas le 18 octobre suivant.





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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 13:37




La bataille de Montgisard est une importante bataille livrée entre Saladin et Baudouin IV le Lépreux le 25 novembre 1177. Baudouin IV, au cours de cette bataille réussit avec des effectifs réduits à repousser Saladin qui cherche à envahir le royaume de Jérusalem.



Charles-Philippe Larivière : La Bataille de
Montgisard, 1177







En 1177, Philippe d’Alsace, comte de Flandre arrive en Terre sainte avec une armée. À cette époque, le royaume de Jérusalem et l’empire byzantin projettent de s’allier pour organiser une campagne commune contre l’Egypte, gouvernée par Saladin. Une escadre byzantine aborde peu après à Saint-Jean-d’Acre, mais Baudouin, gravement atteint de lèpre ne peut pas prendre la tête de l’armée du royaume et propose à Philippe d’Alsace d’en prendre le commandement. Celui-ci refuse, prétendant qu’il est venu à Jérusalem pour faire ses dévotions et défendre le royaume et non porter la guerre dans des états voisins. Son refus fait échouer l’expédition et les byzantins retournent chez eux.

Philippe d’Alsace quitte Jérusalem, et se rend en octobre 1177 à Tripoli, où il aide le comte Raymond III à assiéger sans succès la forteresse de Hama au début du mois de septembre 1177. Il se rend ensuite à Antioche et, avec le prince Bohémond III d’Antioche, il assiège à la fin du mois de novembre la forteresse de Harenc.





Baudouin IV avait également envoyé des troupes au siège de Hama, dégarnissant le royaume, car il ne restait plus à Jérusalem que cinq cent chevaliers, comprenant les garnisons des Templiers et des Hospitaliers. En apprenant le projet d’attaque franco-byzantine, Saladin avait quitté Damas pour l’Egypte, afin d’organiser la défense et la résistance du pays. Plus tard, ses espions lui apprennent l’abandon de cette expédition, puis le siège de Hama, qui occupe la plus grande partie de l’armée franque. Entre le 18 et le 23 septembre, il pénètre dans le royaume de Jérusalem avec son armée forte de trente mille soldats, évite la forteresse de Gaza dont les Templiers avaient renforcé la garnison et marche sur Ascalon.

Dès qu’il apprend la nouvelle, le roi part avec toutes les troupes qu’il a pu trouver au-devant de Saladin et arrive à Ascalon peu avant Saladin. Avant de partir, Baudouin avait convoqué l’arrière ban du royaume, mais celui-ci est capturé par l’armée de Saladin avant d’arriver à Ascalon. Saladin met le siège devant Ascalon, Baudouin tente une sortie mais doit battre retraite immédiatement. Saladin s’avise que le royaume est sans défense, lève le siège d'Ascalon et poursuit sa route vers Ramla, qu’il prend sans aucun mal, la ville ayant été évacuée, et l’incendie, puis assiège Mirabel et Lydda. Pensant que la défense du royaume est totalement paralysée, Saladin autorise ses soldats à se disperser pour piller la région et, ne voulant pas s'encombrer de prisonniers, en fait égorger un certain nombre.

À Ascalon, Baudouin IV décide de tenter le tout pour le tout, malgré son infériorité numérique. Il demande à Eudes de Saint-Amand, maître de l'Ordre du Temple, retranché avec quatre-vingt Templiers à Gaza de venir le rejoindre. Avec les quelques seigneurs qui sont avec lui, Renaud de Châtillon, le seigneur d'Outre-Jourdain, Baudouin d'Ibelin, seigneur de Ramla, son frère Balian d'Ibelin, seigneur de Mirabel, Renaud Grenier, comte de Sidon, et Josselin III de Courtenay, l’oncle du roi, il dispose d’une armée de cinq cents chevaliers et de quelques milliers de soldats.

Il quitte Ascalon, suit une route en arc de cercle pour contourner l’armée de Saladin et le rejoint en un lieu nommé Mons Gisardus (Tell el-Jezer), près de Ramla. Il attaque l’armée ennemie par le nord alors que Saladin le croit toujours au sud-ouest. Bénéficiant de l’effet de surprise et voulant à tout prix venger le massacre des prisonniers, l’armée franque charge celle de Saladin, amollie et alourdie par le butin. Taqi al-Din tente de contenir la charge ennemie mais plusieurs émirs, dont son propre fils, sont tués, et le reste finit par prendre la fuite.

C’est ensuite aux mille Mamelouks de la garde personnelle de Saladin de tenter de contenir la charge franque, mais ils sont tous tués. Les prisonniers survivants en profitent pour se libérer et attaquer leurs gardiens. Saladin lui-même échappe de peu à la mort, ordonne à tous de prendre la fuite et profite de la nuit qui tombe pour échapper aux chevaliers croisés.

Saladin repart alors vers l'Égypte, tout en étant harcelé pendant sa retraite par les Bédouins. Il ne réussit à rentrer qu'avec seulement le dixième de son armée et arrive au Caire le 8 décembre 1177, à temps pour démentir la nouvelle de sa mort. Baudoin le suit jusque dans la péninsule du Sinaï mais fut incapable de prendre l'avantage.











Cette bataille a eu un énorme retentissement dans la chrétienté et contribué pour beaucoup au prestige de Baudouin le Lépreux, que l’on compare bientôt à Godefroy de Bouillon, Raymond IV de Toulouse dit de Saint-Gilles ou à Tancrède de Hauteville.

Mais les Francs n’ont pas réussi à tirer avantage de cette victoire et vont subir des défaites au cours des deux années suivantes. Le 10 mars 1179, en revenant d’un raid, il manque d’être capturé à Panéas au cours d’un affrontement où est tué le connétable Onfroy II de Toron. Le 10 juin 1179, l’ost est battu à Marj Ayoun et de nombreux soldats sont tués ou fait prisonniers. Enfin le 29 août 1179, Saladin assiège et détruit le Chastelet du Gué de Jacob, forteresse que Baudouin venait de faire édifier pour garder la frontière. Mais les deux royaumes sont épuisés et en 1180, une trêve est conclue entre les deux rois.

Saladin a également perdu sur le champ de bataille de Mongisard une superbe édition du Coran calligraphiée qui lui fut rendue lors de la trêve obtenue après l'assaut de Saladin sur le Krak de Moab commandé par Renaud de Chatillon. Celui-ci dévalisait toutes les caravanes venant d'Égypte et qui étaient destinées à Damas.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 13:57




La bataille de Marj Ayoun est une victoire de l'Ayyoubide Saladin contre une armée croisée conduite par le roi Baudouin IV de Jérusalem. Le roi chrétien, atteint de la lèpre, a échappé de peu à la capture.






En 1177, Saladin avait tenté d'envahir le royaume de Jérusalem depuis l'Égypte. Baudouin, avec une armée très réduite avait réussi à prendre son armée par surprise et à lui infliger une cuisante défaite.

En 1179, Saladin essaie de nouveau, à la tête d'une armée venant de Damas. De plus la sécheresse qui sévit en Syrie diminue dangereusement les récoltes des états musulmans. Saladin installe son armée à Banias et envoie des raids pour piller les villages et les campagnes autour de Sidon, pour ramener ce qu'ils pouvaient en récolte et détruire le reste. Les fermiers et les villageois pillés ne sont plus en mesure de payer les loyers et les impôts à leurs seigneurs. Si la politique de destruction de Saladin n'est pas interrompue, le royaume de Jérusalem va sensiblement s'appauvrir.

En réaction, Baudouin IV marche à la tête de son armée en direction de Tibérias, au bord de la mer de Galilée. Il poursuit sa route vers Safed, puis vers le château de Toron, situé à une vingtaine de kilomètres à l'est de Tyr. Rejoint par les Templiers menés parEudes de Saint-Amand et un détachement du comte Raymond III de Tripoli, Baudouin prend la direction du nord.







Du haut d'un mont haut de 900 mètres que Guillaume de Tyr nomme Mesaphar, les Francs repèrent le camp de Saladin. Baudouin et son conseil décident de descendre sur la plaine et de l'attaquer en premier. Alors que les troupes franques descendent du plateau, les chevaliers et les fantassins se séparent. Après quelques heures, la chevalerie rencontre des troupes sarrasines commandées par Farrukh-Shâh, neveu de Saladin, qui reviennent d'un raid et les chevaliers croisées, au nombre de six cents défont aisément la trentaine de soldats musulmans le 9 juin. Mais quelques éclaireurs leur échappent et arrivent au camp de Saladin, et les soldats croisés ne peuvent maitriser les troupeaux ramenés par les pillards qui fuient vers le camp ayyoubide.

Croyant la bataille gagnée, les Francs baissent leur garde. Les troupes croisés restent dispersés, les Templiers et les chevaliers de Tripoli patrouillent entre Marj Ayoun et la Litani, tandis que l'infanterie se repose de sa marche forcée, faite plus tôt dans la journée.

Saladin, alerté par les troupeaux en fuite puis avertit par les rescapés de l'escarmouche, donne l'alarme et met son camp en état de défense, craignant une incursion franque. En raison de la dispersion des troupes franques, cette incursion ne vient pas et Saladin décide d'attaquer les Croisés. Mal préparés au combat, les Francs sont sévèrement battus. Ce sont d'abord les troupes templières et celle de Tripoli qui reçoivent le gros des troupes musulmanes et qui sont rapidement désorganisées. Très rapidement, le reste de l'armée franque prend la fuite. Baudouin IV échappe de peu à la capture. Incapable de monter un cheval à cause de la lèpre, il est évacué par un chevalier alors que sa garde se fraie un chemin à travers les lignes sarrasines. De nombreux rescapés francs fuient et trouvent refuge au château de Beaufort à environ huit kilomètres au sud du champ de bataille. Les fuyards croisent les troupes que Renaud de Sidon apporte en renfort, et lui assurent de l'inutilité de poursuivre plus avant. Grave erreur, car il aurait pu intimider les soldats de Saladin et diminuer le nombre des pertes.


Les témoins de la bataille attribuent la défaite à Eudes de Saint-Amand, maître de l'Ordre du Temple, qui est capturé au cours de la bataille et qui meurt en captivité le 9 octobre 1179. Aux dires de l'Estoire d'Éracles, il serait allé de l'avant en entrainant les chevaliers de Tripoli au lieu de rester aux côtés du roi, causant la dispersion des troupes du royaume.







Saladin profite de son avantage pour assiéger le Chastelet que Baudouin IV venait de faire édifier au Gué de Jacob. Durant les années qui suivent, les chefs francs deviennent plus prudents, et les campagnes suivantes, la bataille de Belvoir (1182) et la bataille d'Al-Fule (1183) sont de nature strictement défensive.





(1) Chehab : Les Chehab ((ar) : شهاب) sont une famille libanaisenoble. Chehab est une famille princière dont le fief est le Wadi El Taym, leur lignée remonte à la branche des Banû-Makhzum de la tribu de Qurayshde la Mecque. Le titre princier leur a été attribué par le premier calife de l'Islam Abou Bakr As-Siddiq en633 et confirmé par le second calife Omar ibn al-Khattâb. Connue pour ses guerriers, la famille a participé à l'islamisation de la Grande Syrie à la tête des armées du calife Omar ibn al-Khattâb. Ce dernier leur avait proposé en 635 de gouverner Damas et sa région, mais ils ont préféré s'installer au sud de la Syrie dans la vallée de l'Hauran.

Pendant les croisades, les Chehab avec leur armée forte de 20000 guerriers volent au secours des armées arabes, remportent des batailles décisives en 1170 et conquièrent la région allant de la vallée de la Bekaa jusqu'à Safed, région qui leur sera ordonnée en 1172 par le roi Nur ad-din Zengi, ce sera désormais le fief de la famille. Le 10 avril 1179, ils dirigent l'armée dans la Bataille de Marj Ayoun assurant la victoire sur le roi Baudoin IV et le comte Onfroy II de Toron.

En 1281, le sultan Mamelouk Qalawun fait appel aux Chehab pour défendre le royaume contre les invasions Mongols, ils répondent à l'appel en envoyant une armée de 9000 soldats qui participent à la défaite de l'armée Mongole d'Abaqa lors de la deuxième bataille de Homs.

Ils ont été appelés à gouverner le Liban en 1697 en succédant à la Dynastie des Maan. Les Chehab sont d’origine Musulmane Sunnite. Les Druzes du Mont-Liban leur reprochaient leur support donné aux chrétiens et à l’installation des Chrétiens Maronites dans le Mont-Liban. Quelques-uns des membres de la famille Chehab se sont même convertis au christianisme maronite vers la fin du XVIIIe siècle.

Les Chehab ont aussi méthodiquement contribué au rapprochement du Liban avec les puissances européennes de l’époque et renforcé le rôle économique du Liban. Des liens culturels ont été établis avec l’Italie, le Royaume-Uni et l’Autriche, et la culture française était particulièrement répandue.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 14:11




Jérusalem a été et est encore considérée par beaucoup comme l'une des villes les plus saintes dans le monde. Pour cette raison, Chrétiens et Musulmans se sont battus pour le contrôle de la ville sainte pendant plusieurs siècles. Vers 1095, les Chrétiens d'Europe ont marché vers la Terre Sainte pour reprendre le contrôle de Jérusalem. En 1099, les Croisés atteignent leur objectif et prennent Jérusalem aux Musulmans. Bien que la ville sainte fût en proie à des troubles après la Première croisade, les Croisés vainquirent toute armée qui s'opposait à eux durant de nombreuses années. Saladin, une des figures plus connues de l'histoire musulmane, a été en mesure de reprendre Jérusalem en 1187, après près d'un siècle sous autorité chrétienne. De nombreux chercheurs pensent que la prise de contrôle par l'Islam de la ville sainte peut être attribuée à la victoire musulmane sur les croisés au Pont des Filles de Jacob en Syrie, bataille du gué de Jacob, qui eut lieu en 1179 entre le sultan musulman Saladin et le roi chrétien Baudouin IV de Jérusalem. Le site est également connu sous le nom latin Vadum Iacob et en hébreu moderne Ateret.










Saladin, l'un des plus célèbres souverains islamiques, était Sultan d'Égypte et, en 1174, sultan de Syrie après la prise de contrôle de Damas. Après avoir pris le pouvoir en Syrie, Saladin promet d'établir un empire islamique autour de Jérusalem. Naturellement, le but était de reprendre la ville sainte aux Croisés, pas important vers une fin du Jihad. Toutefois, un tel plan prendrait la Terre Sainte sans conflit militaire majeur. Baudouin IV prit le contrôle du Royaume de Jérusalem à l'âge de treize ans, après la mort de son père Amaury Ier en 1174, année d'arrivée au pouvoir de Saladin. Baudouin était un farouche partisan du christianisme et, par conséquent, le plus gros problème à surmonter pour Saladin. Bien que Baudouin ait été un chef riche et puissant, il fut frappé par la lèpre à un très jeune âge. Après près de trois ans sur le trône de Jérusalem, Baudouin fut confronté à son premier défi militaire. Saladin envahit le royaume chrétien vers 1177 mettant en déroute les Croisés. Alors que Saladin était près de vingt ans plus âgé et plus expérimenté que Baudouin, le jeune monarque chrétien put surmonter des situations stressantes. Baudouin et ses Croisés rusèrent face aux Musulmans au Montgisard le 25 novembre 1177. Comme un auteur de la croisade l'écrivit à propos du Montgisard, « il s'agissait d'une réalisation remarquable – la seule défaite en bataille rangée que Saladin eut subi avant l'arrivée de Richard Cœur de lion et la troisième croisade4.» À la fin de la bataille, Saladin fut contraint de fuir en Égypte après avoir échappé de peu à la mort. Alors que la victoire entraîna d'importantes pertes pour les armées de Baudouin, son image à travers le Royaume gagna en force. En fait, certains Chrétiens au Proche-Orient en étaient même venus à croire que "le « miracle » de sa victoire [au Montgisard] apparaî[ssai]t comme un signe d'autorité divine."





Le Gué de Jacob se trouve à une centaine de miles au nord de Jérusalem, sur le Jourdain, passage stratégique pour sa traversée, principale voie menant à Acre (Israël) et Damas. Le Gué Jacob était également l'un des passages les plus sûrs pour traverser le Jourdain et, en raison de son emplacement et de son importance, était utilisé par les Chrétiens de Palestine et les musulmans de Syrie, carrefour majeur entre les deux civilisations. Au XIIè siècle, Baudouin et Saladin contestaient continuellement le territoire sur lequel se situait le Gué de Jacob. Comme une initiative stratégique audacieuse et à la suite de sa victoire au Montgisard, Baudouin décida de faire marche vers le Gué de Jacob et de construire une forteresse défensive sur son territoire. Le roi et ses Croisés émirent l'hypothèse qu'une telle fortification pourrait protéger Jérusalem d'une invasion du nord et mettrait sous pression le bastion de Saladin à Damas. Entre octobre 1178 et avril 1179, Baudouin entreprit les premières étapes de la construction de sa nouvelle ligne de défense, une fortification appelée Chastellet, au Gué de Jacob. Alors que la construction était en cours, Saladin devint pleinement conscient de la tâche qu'il aurait à surmonter au Gué de Jacob s'il devait protéger la Syrie et conquérir Jérusalem. Il était alors incapable d'arrêter la construction du Chastellet par la force militaire parce qu'une grande partie de ses troupes était postée au nord de la Syrie, réprimant les rébellions musulmanes. Comme l'écrivit un auteur, « Saladin a toujours pris soin de se représenter lui-même comme le champion de l'Islam contre les intrus européens, bien qu'en fait il ait passé une grande partie, sinon plus, de sa carrière impliqué dans une guerre contre… d'autres Musulmans.» Par conséquent, le sultan se tourna vers la corruption et offrit à Baudouin 60 000 dinars pour en interrompre la construction. Baudouin refusa, mais Saladin fit une contre-offre de 100 000 dinars. Le roi chrétien refusa de nouveau et continua à construire le Chastellet. À l'été 1179, les forces de Baudouin avaient construit un mur de pierre aux proportions massives. « Le château disposait désormais d'un formidable mur de dix mètres de haut – ce qu'un arabe contemporain décrivit plus tard comme « un rempart inexpugnable de pierre et de fer » – et un seul tour, mais il était encore en travaux».





Après que Baudouin eut refusé les deux pots de vin, Saladin se détourna des soulèvements dans le nord de la Syrie et se concentra sur le Gué de Jacob et le Chastellet. Il savait pertinemment que tout nouveau marché ou négociation serait vain et que plus il attendrait et plus Baudouin pourrait terminer son imposante fortification. En 1179, quelques mois seulement après le début de la construction du Chastellet, Saladin convoqua une grande armée musulmane pour marcher au sud-est en direction du Gué de Jacob. Le plan était simple : faire le siège du château et de ses habitants avant que des renforts de Jérusalem ou de l'un des territoires voisins n'arrivent. Baudouin, en revanche, était situé à Tibériade, une province située sur le Lac de Tibériade, à environ une demi-journée de marche du Gué de Jacob. Si une attaque devait advenir sur son projet, les renforts pourraient arriver assez rapidement. En outre, la fortification au Gué de Jacob, du moins ce qui avait été achevé, était relativement solide et était susceptible de tenir jusqu'à ce que les secours arrivent en cas de siège. Comme un auteur des croisades le soutient et le demande avec curiosité, « le siège était effectivement une course – les Musulmans pouvaient-ils venir à bout des défenses de la forteresse avant que les forces latines n'arrivent ?





Le 23 août 1179, Saladin arrive au Gué de Jacob et ordonne à ses troupes de tirer des flèches sur le château, initiant ainsi le siège de celui-ci. Alors que les archers distrayaient les hommes à l'intérieur de la fortification, les mineurs creusaient un tunnel, afin d'ouvrir une brèche dans les murs de pierre et de fer, à l'angle nord-est du Chastellet. Une fois le tunnel creusé, les forces de Saladin placèrent de gros morceaux de bois dans le tunnel et y mirent le feu. Ce procédé, appelé sape, était une méthode où les piliers de soutènement des tunnels sont brûlés, fragilisant les fondations, obligeant les murs à s'effondrer sous leur propre poids. Pour Saladin et ses troupes, la sape échoua d'abord, les tunnels n'étant pas assez larges. Aussi, les troupes furent forcées d'éteindre le feu avec des seaux d'eau et furent payées une pièce d'or par seau pour le faire. Une fois l'incendie éteint, et les tunnels élargis, les mineurs reçurent l'ordre de rallumer le feu. Au même moment, Baudouin, ayant appris cette attaque, demanda des renforts de Jérusalem. Toutefois, les communications entre Baudouin et le Chastellet étaient lentes et, à cette époque, le siège durait depuis plusieurs jours.

Les forces de Baudouin à l'intérieur du château commencèrent à renforcer les portes principales entourant le château. Peu de temps après, les musulmans rallumèrent le feu dans le tunnel sous le château et les murs s'effondrèrent. Ainsi, les tentatives des Croisés pour refortifier le château furent vaines et, environ six jours après le début du siège, Saladin et ses troupes entrèrent dans le Chastellet. Le 30 août 1179, les envahisseurs musulmans avaient pillé le château au Gué de Jacob et tué la plupart de ses résidents. Le même jour, moins d'une semaine après que les renforts eurent été appelés, Baudouin avec le soutien de son armée partit de Tibériade, pour seulement découvrir la fumée couvrant l'horizon au-dessus du Chastellet. De toute évidence, il était trop tard pour sauver les 700 chevaliers du Temple, architectes et ouvriers du bâtiment qui avaient été tués et les 800 autres qui avaient été faits prisonniers. Baudouin et ses renforts retournèrent en direction de Tibériade et Saladin ordonna la démolition des restes de fortification.









Saladin revendiqua une victoire militaire au Chastellet, alors que ses troupes ont été victimes d'un autre ennemi. Immédiatement après le siège, les 700 Croisés tués au Gué de Jacob furent jetés dans le puits qui alimentait en eau le Chastellet. En raison de la chaleur d'août, les cadavres dans la fosse commencèrent à se décomposer et, ensuite, une épidémie fit subir au corps d'officiers de Saladin d'importantes pertes ; par ailleurs, dix officiers supérieurs de Saladin moururent de cette épidémie.

Toutefois, ce revers n'a pas diminué les prouesses militaires de Saladin. En 1180, Saladin et Baudouin ont signé une trêve. Puis, sept ans après que la paix eut été instaurée entre les Musulmans et les Croisés, Saladin s'empara de Jérusalem aux dépens des Chrétiens après la Bataille de Hattin en 1187. Comme le suggèrent certains spécialistes, après la conquête réussie de Saladin au Gué de Jacob en 1179, Jérusalem fut extrêmement vulnérable parce que "l'entrée dans le Royaume via la traversée du fleuve Jourdain immédiatement au sud du lac de Tibériade… fut utilisée par Saladin en 1182, 1184 et 1187, car pratiquement sans défense. ». Saladin demeurait militairement et politiquement couronné de succès au Proche-Orient après la prise de Jérusalem jusqu'à une rencontre militaire avec Richard Cœur de Lion, après quoi il fut contraint de faire la paix en 1192. Il mourut l'année suivante. En revanche, Baudouin IV n'a pas réussi à réaliser un quelconque retour. La lèpre ôta la vie au jeune roi et il mourut à l'âge de vingt-trois ans en 1185, l'empêchant de se racheter face aux Croisés de l'échec au Gué de Jacob.






Aujourd'hui, la plupart des informations connues des historiens et des spécialistes de la bataille du Gué de Jacob découlent des vestiges archéologiques découverts sur le site.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 14:22




La bataille de Belvoir eut lieu en juillet1182, entre la deuxième et la troisième croisade. Le chateau de Belvoir est situé approximativement à 10 kilomètres au sud du lac de Tibériade, sur la rive occidentale du Jourdain. La bataille eut lieu à proximité du château et d'une petite bourgade.


Parti du Caire le 11 mai, Saladin est à Damas le 22 juin sans avoir connu d'opposition de la part des Francs. En juillet il envahit la Samarie et la Galilée. Il arrive aux environs de Tibériade le 20 juillet et ses troupes pillent les environs de Baisan, Jenin et Acre. Les Francs se portent à leur rencontre. Il s'ensuit une bataille indécise entre Belvoir et le village de Forbelet.











La bataille du gué de Jacob se déroula en 1183, entre les forces de Guy de Lusignan et celles de Saladin.






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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 14:39





La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près dulac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées parGuy de Lusignan, aux forces deSaladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.






Après le décès, à Acre, du jeune roiBaudouin V de Montferrat, âgé de huit ans, le régent Raymond III de Tripoliest destitué, le trône de Jérusalem échoit à Guy de Lusignan, nouvel époux de Sibylle, la sœur du roiBaudouin IV le Lépreux, décédé le 16 mars 1185.

Fin 1186 ou début de 1187, Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal, brise la trêve en vigueur depuis près de six ans entre Francs et musulmans en s'emparant d'une caravane, pourtant sous forte escorte, qui se rend du Caire à Damas. Il en massacre les hommes en armes et emprisonne les commerçants et les caravaniers dans sa citadelle de Kérak. Par la suite, il attaque d'autres caravanes de pèlerins allant à La Mecque, et projette même de détruire le lieu sacré de l'Islam.

Saladin essaie de se montrer patient et fait preuve de diplomatie, préférant se consacrer entièrement à la gestion de son pays. Son empire est délabré par de nombreuses années de guerre civile entre seigneurs arabes et les croisés. Il vient d'achever l’unification des musulmans, et même la ville deMossoul, qu’il a assiégée à plusieurs reprises, a signé la paix (en 1186). La trêve, qu'il a personnellement signée avec Raymond de Tripoli, doit lui permettre de préparer la riposte, et il estime que le moment de la rompre n'est pas encore arrivé. Il envoie donc des émissaires porteurs de messages d’indignation à Renaud de Châtillon, mais le somme de respecter la trêve, de relâcher les prisonniers et de restituer les biens saisis. Méprisant, Renaud lui conseille de demander à Mahomet de venir les sauver.

Ne pouvant laisser cet affront impuni, Saladin réunit un peu plus de 12 000 soldats à Damas, puis dès le mois de mars assiège la citadelle de Al-Karak puis la citadelle de Shaubak, avant de se diriger vers Banias près deTibériade. Les troupes musulmanes rencontrent par hasard une délégation de barons francs, qu'elles tuent ou font prisonniers.

De leur côté, les croisés s’enlisent dans leurs querelles internes. En mars1187, Raymond de Tripoli, fort de la trêve de quatre ans signée avecSaladin et sûr de son soutien, refuse de prêter hommage au nouveau roi de Jérusalem. Celui-ci, désireux de se débarrasser de son rival qu'il accuse de complaisance envers les musulmans, se prépare à attaquerTibériade, qui appartient à la femme du comte de Tripoli. Alerté, ce dernier conclut une alliance avec Saladin qui débloque la ville.

Le 30 avril 1187, conformément à leur alliance, Saladin demande à Raymond de Tripoli de laisser ses éclaireurs faire une reconnaissance du côté du lac de Tibériade. Le comte, embarrassé, ne peut refuser. Il exige cependant que les soldats musulmans quittent son territoire avant le soir et ne s’en prennent ni aux biens, ni aux personnes. Le 1er mai, 7 000 cavaliers passent sous les murs de la ville. Le soir même, alors qu'ils font le chemin en sens inverse, ils rencontrent 150 chevaliers de l'Ordre du Temple qui ont attaqué une colonne près de Séphorie, au nord de Nazareth. C'est le massacre. Seuls trois Templiers parviennent à s'enfuir, dont le maître de l'Ordre, Gérard de Ridefort.

À la suite de ce désastre, Raymond de Tripoli se repent et met ses forces à la disposition de Guy de Lusignan. Le 24 juin, les Francs sont prêts. Ils ont réuni une grande armée constituée de 2 000 chevaliers (dont 1 200 Templiers commandés parGérard de Ridefort et Hospitaliers, menés par le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse) et 13 000 fantassins. Ils sont soutenus par 40 000 mercenaires, en majorité des musulmans, dont 2 500 cavaliers et 7 000 fantassins payés et armés par les Templiers. En face, de nouvelles troupes ont rejoint Saladin, qui dispose au total de plus de 60 000 soldats.





Le 2 juillet, dans l'après-midi, l'armée des Francs arrive à Séphorie. Ils sont à l'abri de toute attaque et disposent là de vivres en quantité et d'eau à volonté, grâce aux fontaines de la cité. Pour forcer les Francs à venir à lui, Saladin attaque la cité deTibériade où se trouve toujours la comtesse Échive de Bures, l'épouse de Raymond de Tripoli. Ses troupes réussissent à prendre la ville basse, qui est incendiée, et poussent la population à se réfugier dans la forteresse, tout en laissant passer des messagers qui rejoignent l'armée franque à Séphorie, distante d'environ vingt-sept kilomètres de Tibériade. Saladin espère ainsi pousser les Francs à l’affrontement.

Le soir même de l'attaque, le roi réunit un conseil. Face à la menace qui pèse sur Tibériade, les trois beaux-fils de Raymond de Tripoli veulent que l'armée vole au secours de leur mère, mais Raymond s'oppose à eux : selon lui, il convient d'attendre Saladin en position de force. Les Sarrasins seraient alors épuisés par leur progression sur des routes poussiéreuses et brûlantes, ainsi que par le manque cruel d'eau. Il déclare qu'il « préférerait perdre Tibériade et tout ce qu'elle renferme plutôt que l'unique armée du Royaume ». Renaud de Châtillon accuse Raymond de lâcheté. Néanmoins, c'est lui qui emporte la décision à la fin du conseil.

Après la fin du conseil, Gérard de Ridefort va s'entretenir personnellement avec le roi sous sa tente pour le convaincre de changer d'avis. Il rappelle la réputation de traîtrise de Raymond de Tripoli et argue que concéder une victoire aux Sarrasins alors que l'armée était si proche serait un signe de faiblesse. Il laisse également entendre que si le roi ne laisse pas ses hommes venger les morts de la fontaine de Cresson, les Templiers risquent fort de déserter. Guy de Lusignan se range à l'avis du Maître de l'Ordre.

L'armée franque, divisée en trois corps, se met en route à l'aube du 3 juillet. Les hommes souffrent de la chaleur et les réserves d'eau sont vite épuisées. Saladin a pris soin de faire combler les puits et d'empoisonner les trous d'eau. Sans jamais engager le combat, des cavaliers les harcelèrent de tous côtés de leurs flèches, et ralentissent la marche. Cette tactique réussit si bien, qu'au soir du 3 juillet, le roi propose de rejoindre le village de Hattin où se trouve l'un des rares points d'eau. Mais Saladin devine le projet et lui barre la route. À la nuit tombée, les Francs sont obligés de bivouaquer parmi les pierres brûlantes, sur le sable desséché. Leurs outres sont vides. Toute la nuit, ils sont harcelés, et doivent veiller pour la troisième nuit consécutive.







Mouvement des troupes jusqu’à la  bataille


Au matin du 4 juillet, la journée s'annonce encore plus chaude que la veille. De plus, les Francs se trouvent sous le vent. Saladin positionne ses troupes afin de bloquer toute tentative de sortie, et fait mettre le feu aux broussailles. Le vent pousse la fumée et le feu vers les croisés. Sans eau pour se rafraîchir, les Francs étouffent sous leurs imposantes cuirasses. Ils mènent cependant des combats pour tenter de percer les lignes ennemies et de gagner les rives du lac de Tibériade.

Peu à peu, les Francs sont repoussés et contraints de se rassembler sur une élévation appelée les Cornes de Hattin, un piton basaltique dominant la plaine voisine. Raymond de Tripoli réussit à se créer une sortie vers Séphorie en emmenant avec lui le fils du prince d'Antioche, ses chevaliers et quelques barons syriens. Quelques détachements réussissent également à s'enfuir vers Tyr. Le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse, blessé, réussit à gagner Ascalon avec quelques cavaliers évitant ainsi une mort certaine.

Le reste des forces défendent leur position élevée sur les Cornes de Hattin. Selon les récits des chroniqueurs, la bataille est terrible et les morts nombreux des deux côtés. La chute de la tente royale symbolise la défaite franque, alors que le roi et ses grands barons parviennent à trouver refuge dans la forteresse de Tibériade.











Le lendemain, 5 juillet, sans espoir de secours, les barons sortent de la forteresse et se rendent à Saladin. Parmi les prisonniers de marque :

• Guy de Lusignan, roi de Jérusalem ;
• Amaury II de Lusignan, connétable du royaume de Jérusalem ;
• Geoffroy de Lusignan, comte de Jaffa et d'Ascalon ;
• Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain ;
• Gérard de Ridefort, grand-maître de l'Ordre du Temple ;
• Onfroy IV de Toron, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal ;
• Guillaume de Montferrat.


Le roi de Jérusalem est conduit à Damas, avec les autres nobles capturés, en vue d'être libérés contre rançon. Tous les Templiers et Hospitaliers survivants, à peu près 300, sont immédiatement mis à l'écart et décapités en place publique, sauf les grands-maîtres, le templier Gérard de Ridefort est fait prisonnier avant d'être libéré moyennant rançon et l'hospitalier Garnier de Naplouse réussit à fuir jusqu'à Ascalon. Les autres chevaliers francs sont faits prisonniers, mais leurs vies sont épargnées, hormis celle de Renaud de Châtillon, décapité par Saladin. Les soldats turcs et musulmans au service des Francs, les turcopoles, considérés comme traîtres et renégats, sont massacrés sans pitié. Les autres combattants francs sont faits prisonniers et réduits en esclavage.





Un peu plus de 30 000 soldats meurent en une journée des deux côtés. La fine fleur de la chevalerie franque est décimée, et les défenses du royaume de Jérusalem quasiment réduites à néant. Les musulmans infligent auxcroisés une dure défaite psychologique, car ils ont perdu la relique de la Vraie Croix, emblème de la chrétienté.

La Palestine passe sous le règne de Saladin. Lors du seul mois de juillet, il prend la citadelle de Tibériade (le 6 juillet), les cités de Saint-Jean-d'Acre, de Césarée deSidon et de Jaffa. Cette dernière résiste plus longtemps à l’armée d'al-Adel venue d’Égypte mais finit par tomber, et ses habitants sont vendus en esclavage. Le 6 août, c'est au tour de Beyrouth, avant Ascalon le 4 septembre etGaza le 5. Le 20, Saladin commence le siège de Jérusalem, qui n'est plus défendue que par 6 000 hommes levés en hâte parmi les habitants et dirigés par Balian d'Ibelin.

La ville sainte tombe le 2 octobre 1187. Elle n'est pas pillée, et les habitants qui en ont les moyens sont libérés ; les autres finiront esclaves. Les Templiers négocient leur sortie. Saladin conclut un marché avec notamment Balian d'Ibelin qui promettait de détruire les lieux saints musulmans si la ville et ses habitants n'étaient pas épargnés. Cependant, Saladin en tenant sa promesse a évité de verser du sang. De même qu'il avait permis aux chevaliers d'Acre et d'Ascalon de s'exiler à Tyr, ceux deJérusalem rejoignent aussi Tyr, dernier bastion de la résistance franque.

En novembre, Saladin vient mettre le siège devant Tyr, défendue par le baronConrad de Montferrat. Les Francs réussissent à incendier une partie de la flotte musulmane, et obligent Saladin à abandonner le siège, son importante armée devant être démobilisée à l'entrée de l'hiver. Sur le chemin du retour, il s'empare encore des villes de Lattaquié, Tartous, et Safed en territoire syrien.

Hattin modifie considérablement l'équilibre des forces au détriment des chrétiens. Cependant, cette défaite des croisés, une fois connue en Occident, va provoquer un vigoureux sursaut des principaux souverains de la chrétienté : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, étant le seul qui obtiendra quelques résultats. Des renforts considérables vont commencer à affluer. La troisième croisade commence peu après.




Les États latins d'Orient en 1190 : trois ans après Hattin,
les possession franques en Palestine sont réduites à Tyr,
Tripoli et Antioche


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 14:58




Le siège de Jérusalem par l’armée deSaladin eut lieu du 20 septembre au 2 octobre 1187, et se termina par la reprise de Jérusalem aux croisés, la chute presque totale du royaume de Jérusalem. Ce fut, malgré le rétablissement officialisé du droit de passage des pèlerinages chrétiens (objet principal de la première croisade), une cause de la troisième croisade.




Le royaume de Jérusalem, affaibli par des querelles intestines, fut totalement vaincu à la bataille de Hattin le 4 juillet1187. La fine fleur de la noblesse du royaume fut emprisonnée, y compris le roi Guy de Lusignan. Dans un premier temps, la Ville Sainte est épargnée, car Saladin préfère consacrer l’été à prendre les différents ports du royaume, Saint-Jean-d’Acre, Sidon, Beyrouth et Ascalon, et d'autres places fortes comme Naplouse, Jaffa, le château de Toron, afin d'empêcher le débarquement de renforts venus d'Europe. Les survivants de la bataille et quelques réfugiés s’enfuirent à Tyr, la seule cité qui résiste aux assauts de Saladin, grâce à l’arrivée opportune deConrad de Montferrat.




À Tyr, Balian d’Ibelin, seigneur de Rama et de Naplouse – le noble de plus haut rang ayant pu s’échapper après la défaite de Hattin – avait demandé à Saladin un sauf-conduit vers Jérusalem pour retrouver sa femme Marie Comnène et sa famille. Saladin accéda à sa requête, à la condition que Balian ne se soulève pas contre lui et qu’il ne reste pas plus d’une journée à Jérusalem. Toutefois, après son arrivée dans la ville sainte, le patriarche Héraclius, la reine Sibylle et le reste des habitants le prièrent de prendre en charge la défense de la ville. Héraclius, affirmant qu’il restait à Jérusalem dans l’intérêt du christianisme, lui proposa d’absoudre son serment, ce que Balian accepta.

Via une délégation de bourgeois, il diffusa la nouvelle de sa décision à Saladin stationné à Ascalon : Balian refusait l’offre du sultan pour négocier la reddition de Jérusalem. Saladin organisa néanmoins une escorte pour conduire Marie, leurs enfants et tout leur personnel de maison à Tripoli. Selon le chroniqueur Ali Ibn al-Athîr, Balian étant le seigneur de plus haut rang restant à Jérusalem, il était considéré par les musulmans comme ayant un rang « plus ou moins égal à celui d’un roi ».

La situation à Jérusalem était déplorable. La ville était peuplée de réfugiés fuyant l’armée de Saladin, et il en arrivait chaque jour davantage. Il y avait moins de quatorze chevaliers dans toute la ville, alors Balian en adouba soixante parmi les rangs des écuyers et des bourgeois. Il se prépara au siège inévitable en amassant des fonds et des vivres. Les armées de Syrie et d’Égypte se réunirent sous le commandement de Saladin, et après le vain et bref siège de Tyr, le sultan arriva aux abords de Jérusalem le 20 septembre.






Les négociations entre Balian et Saladin furent menées par l’intermédiaire de Youssef Batit, un membre du clergé de l’Église orthodoxe. L’Orthodoxie avait été pratiquement neutralisée pendant le règne de l’Église catholique romaine et leurs membres savaient qu’ils auraient plus de liberté si la ville revenait aux musulmans. Saladin préférait s’emparer de la ville sans effusions de sang pour se différencier des croisés de 1099, mais les assiégés refusaient de quitter leur ville sainte, jurant de la détruire dans un combat à mort plutôt que de la concéder pacifiquement. C’est ainsi que commença le siège de Jérusalem.

L’armée de Saladin faisait face à la tour de David et à la porte de Damas. Les archers criblaient les remparts de leurs flèches, alors que les quelques arbalétriers francs décochaient leurs carreaux. Des engins de siège furent conduits près des murs, mais furent à chaque fois repoussés, sous le feu nourri des trébuchets. Pendant des jours, les escarmouches demeurèrent vaines. Le 26 septembre, Saladin déplaça son campement vers un autre endroit de la ville, au mont des Oliviers, où il n’y avait aucune porte d’envergure depuis laquelle les croisés pouvaient contre-attaquer. Les murs étaient sans cesse pilonnés par les catapultes, les mangonneaux, le feu grégeois, les arbalètes et les flèches. Une partie du mur fut sapée, et s’effondra le 29 septembre. Les troupes de Saladin se portèrent au niveau de la brèche, où les attendaient les derniers hommes capables de se battre. Après plusieurs heures de combat le long d'un front statique, les croisés ne purent repousser les troupes de Saladin, mais les musulmans ne réussirent pas non plus à entrer dans la ville. Les musulmans surpassaient largement en nombre les croisés mais cet avantage ne put clairement s'exprimer dans la mesure où la brèche ne permettait qu'à peu d'hommes d'entrer en contact, et bientôt il ne resta plus que quelques dizaines d’hommes capables de manier les armes et de défendre le mur ; on ne trouva plus personne, même en leur promettant une solde plus importante.

Les civils étaient désespérés. Selon un passage de la Continuation de Guillaume de Tyr probablement écrit par Ernoul, un écuyer de Balian, le clergé organisa une procession où les participants marchèrent pieds nus le long des murs, comme ils l’avaient fait à l’extérieur des remparts lors de la première croisade en 1099. Sur le Golgotha, les femmes rasèrent les cheveux de leurs enfants, après les avoir baigné jusqu’au menton dans des bassins d’eau froide. Ces pénitences avaient pour but de détourner de la ville la colère de Dieu, mais « Notre Seigneur ne daigna pas écouter les clameurs et les prières faites dans la ville. Car la puanteur de l’adultère, de la fantaisie dégoûtante et du péché contre nature, ne laissa pas leurs prières s’élever vers Dieu. »








À la fin du mois de septembre, Balian partit avec quelques cavaliers à la rencontre de Saladin pour parlementer, lui offrant la reddition qu’il avait initialement déclinée. Saladin s’apprêtait à refuser, car alors qu’ils parlaient, ses hommes avaient escaladé les remparts, et hissé leurs couleurs. Peu après, cependant, les croisés repoussèrent l’attaque. Saladin dut consentir, et les deux parties s’accordèrent sur la passation pacifique de la ville. Le sultan proposa une rançon de 20 besants pour un homme, 10 pour une femme et 5 pour un enfant, mais ceux ne pouvant payer seraient vendus comme esclaves. Balian objecta en vain qu’il y avait beaucoup trop de personnes n’ayant pas les ressources nécessaires, car il y avait peut-être jusqu’à 20 000 réfugiés venant de tout le royaume.

Balian retourna à Jérusalem et calcula que 7 000 habitants pouvaient être rachetés avec l’argent de la trésorerie d’Henri II d’Angleterre, gardé par les Hospitaliers. Cet argent devait être utilisé par Henri pour financer un pèlerinage ou une croisade, en pénitence du meurtre de Thomas Becket, mais le roi n’arriva jamais, et son trésor avait déjà été entamé pour payer des mercenaires pour la bataille de Hattin.

Balian et Saladin se réunirent à nouveau, et le sultan fut d’accord pour baisser la rançon à 10 besants pour un homme, 5 pour une femme et 1 pour un enfant. Balian soutint que cela était toujours trop cher, et Saladin suggéra une rançon de 100 000 besants pour tous les habitants. Balian rétorqua que c’était impossible, et Saladin demanda une rançon de pas moins de 50 000 besants pour 7 000 habitants. Finalement, il fut décidé que Saladin libèrerait 7 000 habitants pour 30 000 besants ; deux femmes ou dix enfants pouvaient prendre la place d’un seul homme pour le même prix.





Le 2 octobre, Balian rendit les clés de la tour de David – la citadelle. Il fut annoncé que chaque habitant avait à peu près un mois pour payer sa rançon, s’il le pouvait (le délai allait de 30 à 50 jours, selon les sources). Saladin fut généreux et en libéra quelques-uns qui furent soumis à l’esclavage ; son frère Saladin fit de même ; Balian et Héraclius, ne voulant pas être perçus comme étant moins généreux que leurs ennemis, en libérèrent beaucoup d’autres avec leur propre fortune. Ils se proposèrent comme otages en échange des citoyens restants (au moins plusieurs milliers) qui n’avaient pas payé leur rançon, mais Saladin refusa.

Saladin s'arrangea pour que les habitants quittassent Jérusalem en file indienne afin d’éviter un massacre similaire à celui survenu lors de la capture de la ville par les croisés en 1099. Les habitants ayant payé leur rançon marchèrent en trois colonnes ; les templiers et les hospitaliers guidèrent les deux premières ; Balian et le patriarche guidèrent la troisième. Balian fut autorisé à rejoindre sa femme et sa famille à Tripoli. Héraclius eut la permission d’évacuer quelques biens d'église et quelques reliques, ce qui scandalisa le chroniqueur musulman Imad al-Din al-Isfahani – le patriarche s’était pourtant acquitté de sa rançon.





Quelques réfugiés partirent d’abord à Tripoli, où l’entrée leur fut refusée et où les possessions qu’ils avaient rapportées de Jérusalem leur furent volées. Beaucoup d’entre eux partirent à Antioche, en Cilicie ou à Byzance. Les autres réfugiés partirent en Égypte, et purent embarquer à bord de navires italiens en partance pour l’Europe.

Saladin rétablit le libre passage des pèlerinages chrétiens à Jérusalem, et permit au Saint-Sépulcre de rester aux mains des chrétiens. Pour consolider la légitimité musulmane de Jérusalem, plusieurs lieux saints, dont celui qui deviendra lamosquée al-Aqsa, furent purifiés avec de l’eau de rose. Saladin partit ensuite à la conquête de quelques forts qui lui résistèrent encore, dont Belvoir, Kerak etMontréal, et retourna à Tyr pour l’assiéger une deuxième fois.

Entre-temps, les nouvelles de la défaite désastreuse de Hattin arrivèrent en Europe grâce à l’archevêque de Tyr et grâce à d’autres pèlerins et voyageurs, alors que Saladin était en train de conquérir le reste du royaume pendant l’été de l’année1187. Une nouvelle croisade fut immédiatement planifiée ; le 29 octobre, le pape Grégoire VIII publia la bulle Audita tremendi, avant même qu’il n’ait eu vent de la chute de Jérusalem. En France et en Angleterre, la dîme saladine fut instaurée pour financer les charges. La troisième croisade qui en résulta ne fut pas prête avant1189, et partit en trois contingents différents, menés par Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste et Frédéric Barberousse.





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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 15:14




La bataille d'Arsouf eut lieu le 7 septembre 1191, à Arsouf (ou Arsour selon l'orthographe que l'on pouvait trouver à l'époque, aujourd'hui Apollonie), en Terre sainte, dans le cadre de la Troisième croisade. Elle opposa une armée croisée forte de 20 000 hommes commandée par Richard Ier d'Angleterre, renforcée par des contingents de Chevaliers de l'Ordre du Temple dirigés par Robert de Sablé et des Chevaliers de l'Ordre de L'Hôpital menés par Garnier de Naplouse, à une armée Ayyoubide forte de 20 000 hommes (dont une majorité montée), commandée par Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb. Il s'agit de la première victoire croisée depuis 14 ans, la dernière datant de 1177, quand Baudouin IV de Jérusalem réussit à repousser une force ayyoubide également dirigée par Saladin.

Après une série de raids et d'escarmouches menées par les forces de Saladin, les deux armées se rencontrèrent dans la plaine d'Arsouf, au matin du 7 septembre 1191. Les forces de Richard résistèrent aux nombreuses charges de cavalerie sarrasines ayant tenté de détruire la cohésion de l'armée croisée. Subitement, lorsque les Hospitalliers se débandèrent, les Sarrasins continuèrent à avancer, jusqu'à ce que Richard rallie ses forces avant de victorieusement contre-attaquer.







Après la chute de Jérusalem, une troisième croisade avait été lancée à partir de l'Europe. L’entreprise semblait aisée pour les croisés, mais des querelles entre les rois de France et d’Angleterre retardent leur départ. À elle seule, l'armée allemande de l’empereur Frédéric Barberousse pouvait inquiéter Saladin, mais la noyade accidentelle de ce dernier entraîne la dispersion de son armée. Les rois Français et anglais Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ainsi que le grand-maitre de l'Ordre du Temple, Robert de Sablé arrivent enfin en Terre Sainte au printemps 1191 et permettent la prise de Saint-Jean-d’Acre assiégée depuis deux ans.

Philippe Auguste retourne alors en France, en laissant sur place une partie des troupes françaises (10 000 hommes sous le commandement du duc Hugues III de Bourgogne). Des négociations sont entamées entre Saladin et Richard Cœur de Lion, à propos de la libération des défenseurs d’Acre en échange de la restitution de la Vraie Croix et du versement d’indemnités mais, trouvant que Saladin fait traîner les choses, Richard ordonne le massacre des prisonniers musulmans, commettant ainsi une faute politique qui révolte les populations musulmanes.

Ayant détruit l’option diplomatique, il s’engage avec son allié le Grand-maitre Templier, Robert de Sablé dans la reconquête du littoral palestinien et quittent Saint-Jean-d’Acre le 22 août 1191 en direction de Caïffa. Dès la sortie de la ville, l’armée croisée est assaillie par les cavaliers musulmans qui sont repoussés, et l’armée se regroupe en une masse compacte et protégée par les armures que les musulmans ne parviennent à entamer. Le ravitaillement est assuré par la flotte qui suit l’armée, laquelle ne s’éloigne pas des côtes. Après avoir pris sans encombre Caïffa, évacuée la veille par sa garnison, les Francs continuent leur route et arrivent en vue d'Arsouf le 5 septembre. Richard envoie un émissaire à Saladin pour des pourparlers et ce dernier, désirant gagner du temps délègue son frère Al-Adel. Onfroy IV de Toron sert d’interprète, mais les négociations n’aboutissent pas, et l’armée repart vers Arsouf le 7 septembre.











Le poète Ambroise fait une description précise de l’ordre de marche de l’armée : d’abord les Templiers mené par Robert de Sablé, suivis des troupes angevines et bretonnes, puis Guy de Lusignan avec les chevaliers poitevins, les Normands, les Anglais, les Français avec le chevalier flamand Jacques d’Avesnes et les barons capétiens avec le comte Robert II de Dreux, son frère Philippe, évêque de Beauvais et Guillaume des Barres, et à l’arrière garde les Hospitaliers mené par Garnier de Naplouse. Henri II, comte de Champagne, garde le flanc gauche de l’armée, face à la plaine, et Richard Cœur de Lion et Hugues III de Bourgogne patrouillent en permanence le long de la colonne, prêts à faire face au danger qui peut venir de n’importe où.

Quand l’armée croisée atteint les abords d’Arsouf, Saladin donne le signal de l’attaque et les cavaliers turcs, au nombre de trente mille selon les dires d’Ambroise, encerclent les croisés et les criblent de flèches. Les soldats, protégés par leurs armures n’ont que peu de perte, mais de nombreux chevaux sont tués. Un moment les croisés sont au bord du désastre rappelant celui de la bataille de Hattin. Mais Richard, bien que piètre politique, met en œuvre ses qualités de stratège. Il ordonne aux Hospitaliers de l’arrière-garde de tenir coûte que coûte, et adopte dans un premier temps une attitude défensive, et interdit aux chevaliers de poursuivre les Turcs, qui tentent leur technique de la fuite simulée. La discipline est telle que les chrétiens obéissent. Faisant preuve d'adresse, les archers et les arbalétriers de Richard infligèrent des pertes notables aux cavaliers turcs.

Mais comme les troupes ne peuvent tenir indéfiniment et que les pertes s’accumulent, il commence à mettre en place une charge destinée à entourer les cavaliers turcs pour les anéantir. Au moment où les chevaliers chrétiens entourent les cavaliers ayyoubides, les sons des trompettes devaient indiquer aux croisés d’infléchir leur charge vers l’intérieur afin de tailler en pièces les soldats musulmans et d'anéantir l’armée de Saladin. Mais l’impatience d’un Hospitalier et du chevalier anglais Thomas Carrew déstabilise la manœuvre qui devient une charge directe, qui balaye l’armée de Saladin, mais ne peut pas l’empêcher de se replier. Les archers musulmans, qui étaient descendus de leur monture et qui se trouvent en première ligne sont décapités ou renversés, et achevés par les sergents. La charge croisée enfonce ensuite les cavaliers turcs qui prennent la fuite. Craignant un piège, Richard interdit la poursuite et leur ordonne de faire demi-tour, tandis que Saladin regroupe ses troupes, au nombre de vingt mille soldats, sur une colline voisine. Ils attaquent la cavalerie franque qui revient vers Arsouf et tuent un certain nombre de chevaliers dont Jacques d’Avesnes, mais les Francs font volte-face et chargent à nouveau, dispersant encore les troupes sarrasines, lesquelles fuient une nouvelle fois et se réfugient dans des collines boisées. Conscient qu’il est dangereux de continuer dans ce terrain couvert, Richard ordonne de nouveau la fin de la poursuite.





Progression de la troisième croisade de Césarée à Jaffa.[/color]






La supériorité militaire, qui appartenait aux Musulmans depuis les années 1170, revient de nouveau aux Francs pour une longue période, selon l’historien René Grousset qui parle de soixante ans, mais il convient de nuancer cette durée, car il y a la défaite du comte de Bar à Gaza (1239) et la Bataille de Forbie (1244) qui contredisent cet avis. À vrai dire, il n’y a eu pratiquement aucune véritable bataille en rase campagne dans les décennies qui suivent. L’avenir montre même que, sans le soutien d’une armée croisée venue d’Europe, les Francs d’Orient n’ont pas vraiment les moyens militaires de se lancer dans des campagnes : on verra notamment le roi Amaury II de Lusignan y renoncer lorsque la quatrième croisade est détournée sur Constantinople.

Saladin, qui n’a pas réussi à vaincre les croisés, ni par le harcèlement, ni par la bataille, voit son prestige diminué auprès de ses troupes. Il tente de défendre Ascalon, mais ses émirs refusent de le suivre et il doit se résoudre à pratiquer la tactique de la terre brulée, en ordonnant la destruction de Jaffa, d’Ascalon et de Ramla.

Richard Cœur de Lion n’exploite pas son succès. Il entreprend la reconstruction de Jaffa, alors qu’il aurait pu surprendre l’armée de Saladin à Ascalon, ou reprendre Jérusalem, mal défendue par une garnison trop faible et des fortifications qui n’ont pas encore été réparées depuis le siège de 1187.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 15:37




Le Siège de Saint-Jean-d'Acre en1191 est une opération militaire de la troisième croisade (1189-1191). Après la défaite écrasante de Hattin, la prise de Saint-Jean-d'Acre est la première opération de reconquête du royaume de Jérusalem, qui permettra à ce dernier de se maintenir encore un siècle.





Le 4 juillet 1187, Saladin écrase l’armée franque conduite par Guy de Lusignan, roi de Jérusalem. Le roi et la plupart de la noblesse qui a survécu à la bataille sont faits prisonniers. Le lendemain, il prend le château de Tibériade, puis, plutôt que s’attaquer immédiatement à Jérusalem, il préfère prendre les différents ports du royaume de Jérusalem pour couper les Croisés d’éventuels renforts.

Le 8 juillet, il arrive devant les murs de Saint-Jean d'Acre, défendue par Josselin III de Courtenay. Ce seigneur, il est vrai sans grands moyens militaires, mais aussi sans grand courage, ne cherche pas à résister et négocie dès le lendemain la reddition de la ville avec Saladin. Malgré l’hostilité des bourgeois et du bas peuple de la ville, qui faillit dégénérer en émeute, cette dernière est livrée à Saladin le 10 juillet.

Les termes de la reddition prévoient la vie sauve aux habitants chrétiens de la ville ainsi que la conservation de leur possession, Saladin voulant garder intact ce comptoir commercial qui apporte la richesse à ses états, mais la plupart des habitants chrétiens refusent d’y rester et émigrent, sans être inquiétés. Saladin part ensuite à la conquête des autres cités côtières, puis de la ville de Jérusalem, qu’il prend le 2 octobre 1187.

Le 13 juillet, un navire amenant un croisé, Conrad de Montferrat, se présente devant Saint-Jean-d’Acre. Étonné de voir la ville aux mains des musulmans, il parvient à échapper aux galères égyptiennes et aborde à Tyr alors assiégé et sur le point de se rendre. La venue de Conrad redonne du courage aux habitants, Conrad organise la résistance et tient en échec Saladin, qui doit se résoudre à lever le siège (2 janvier 1188).

Saladin comprend rapidement le danger que représente Conrad pour ses projets de conquête du royaume. Aussi remet-il en juillet 1188 en liberté Guy de Lusignan, après lui avoir fait jurer solennellement de ne plus prendre les armes contre les musulmans, espérant que la médiocrité de Guy allait neutraliser l’intelligence et la bravoure de Conrad. À deux reprises (1188 et avril 1189), Guy tente de prendre le commandement des forces croisées, Conrad de Montferrat refuse de lui ouvrir les portes de Tyr.





Guy de Lusignan, devenu roi sans royaume, discrédité auprès des barons de Terre Sainte, renie la parole qu'il a donné à Saladin et, le 20 août 1189, prend avec quelques chevaliers fidèles la direction du port de Saint-Jean-d'Acre pour l'assiéger. Saladin n'aurait eu aucune peine à écraser la petite armée mais il assiégeait le château de Beaufort, âprement défendu par Renaud de Sidon et croit à une manœuvre de diversion destiné à lui faire lever le siège. Il se ravise le 26 août, mais quand il atteint Acre le 29 août, les croisés sont solidement retranchés dans un camp à moins d'un kilomètre de la ville.

Dès le 1er septembre, des flottes de croisés arrivent autour d’Acre, renforçant la petite armée de Guy de Lusignan et assurant aux croisés la maîtrise des mers et interdisant aux musulmans le ravitaillement de la ville par mer. Faute d’effectifs suffisant, les croisés ne peuvent cependant pas empêcher une armée commandée par Taqi ad-Din, neveu de Saladin, de pénétrer dans la ville, le 15 septembre 1189. Le 18, Saladin tente une attaque contre les Francs mais ceux-ci, solidement retranchés dans leur camp repoussent les assaillants et ne se laissent pas attirer en rase campagne. Le 4 octobre, les Francs attaquent le camp de Saladin, mais aucun des deux camps n’obtient de succès décisif. Lors de cette attaque le grand-maître de l'Ordre du Temple Gérard de Ridefort fut capturé puis exécuté devant Acre, il fut remplacé dans ses fonctions deux ans plus tard par Robert de Sablé, grand ami du roi Richard, ayant passé dix-neuf ans à sa cour.

Les cadavres s’accumulant entre les deux camps génèrent des épidémies et Saladin atteint de dysenterie, éloigne son camp pour se protéger de ces maladies. Les croisés, maintenant en effectif suffisant, en profitent pour entourer complètement la ville, interdisant son ravitaillement terrestre. Une guerre de tranchée s’installe alors entre les deux armées, et donne parfois l’occasion à une fraternisation relative entre les deux camps. Cependant, Saladin décide d’appeler l’ensemble du monde arabe au jihad, pour en finir définitivement. L’hiver 1189-90 se montre particulièrement rude pour les assiégeants, chez qui sévit la disette et Conrad de Montferrat entreprend d’assurer des convois de ravitaillement pour les croisés, malgré sa rivalité avec Guy de Lusignan.

Au printemps, les croisés entreprennent la construction de tours mobiles qui sont envoyées à l’assaut de la ville le 27 mai 1190. Les défenseurs de la ville, ne pouvant pas empêcher leur avancée, envoient un messager, nageur intrépide qui traverse les lignes croisées et prévient Saladin. Le 5 mai, ce dernier réussit à faire détruire les tours. L’annonce de la venue de l’armée de Frédéric Barberousse, empereur germanique, avec de deux cent à deux cent soixante mille hommes, oblige Saladin à envoyer une partie de son armée pour le contrer. Des sergents croisés en profitent pour attaquer le camp et mettent en déroute les troupes, mais ils s’attardent à piller le camp et ne peuvent résister à un retour de Saladin qui a rassemblé ses troupes, et la moitié d’entre eux sont tués (25 juillet 1190).

Frédéric Barberousse, victorieux des Turcs à Iconium en mai 1190, se noie en Cilicie en traversant le Selef (10 juin). Éprouvée par les difficultés du chemin, puis par une épidémie qui se déclare à Antioche, son armée se disperse. Quelques centaines de chevaliers seulement participent avec Frédéric de Souabe au siège d’Acre.











Le 27 juillet, le comte Henri II de Champagne arrive avec un premier détachement de croisés et annonce la future arrivée des rois Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ainsi que le grand-maître de l'Ordre du Temple, Robert de Sablé. Frédéric de Souabe et Henri de Champagne font construire une tour mobile et tentent un nouvel assaut en septembre et en octobre, mais la tour est détruite vers le 15 octobre, incendiée par des feux grégeois.

Une tentative d’attaque du camp de Saladin se solde par un échec en novembre, et une galère égyptienne réussit en février 1191 à forcer le blocus maritime, à entrer dans le port d’Acre et à renouveler la garnison.

Le 20 avril 1191, le roi de France Philippe Auguste débarque au voisinage d’Acre avec ses troupes. Le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion et le grand-maître templier Robert de Sablé le rejoignent le 8 juin, avec 25 galères, après s’être emparé de Chypre. Richard qui désire rencontrer Saladin, entre en contacts avec son frère al-Adel, mais sans résultats.

Malgré la rivalité entre les rois français et anglais, amplifiée par la querelle qui oppose Guy de Lusignan à Conrad de Montferrat, plusieurs assauts sont tentés, les 14, 17 et 22 juin ainsi que les 2 et 11 juillet. Le 15 juillet, la flotte de Richard Cœur de Lion coule le dernier navire égyptien, interdisant définitivement le ravitaillement de la ville. Le 3 juillet, averti par les habitants d’Acre qu’ils ne pourront plus tenir longtemps, Saladin tente de forcer le blocus en attaquant les camps croisés, mais échoue.





Dès le 3 juillet, les commandants de la ville, Qarâqûsh et Al-Meshtûb, savent qu’ils ne peuvent plus résister longtemps au siège et enjoignent Saladin à négocier la reddition de la ville. Ce dernier, d’abord réticent, veut tenter une ultime attaque contre les Francs, mais la plupart de ses émirs refuse de continuer le combat et la ville risque de se mutiner contre le sultan. Il accepte les négociations, mais refuse les exigences des croisés, qui veulent la restitution de la Vraie Croix et du royaume de Jérusalem dans ses frontières antérieures à 1187, contre la libre sortie de la garnison, ainsi que la restitution de la Sainte Croix, le paiement d'une rançon et la libération des prisonniers chrétiens. Une négociation s’engage entre les croisés et la garnison qui, malgré l’opposition de Saladin, ouvre les portes de la ville.

Il s'engage alors une discorde entre les anciens habitants chrétiens de la ville et les croisés qui occupent leurs maisons. Philippe Auguste tranche le litige en ordonnant que les maisons soient restituées à leurs propriétaires s'ils sont en mesure d'en prouver la possession, mais en contrepartie, devront loger les soldats croisés.





Philippe Auguste quitte la Palestine en août. Par rapport à Richard Cœur de Lion, c'est un roi croisé qui faisait preuve de sens politique et de retenue, qualité dont Richard est dépourvu. D'une part, Philippe n'accorde que peu d'importance à la Terre Sainte, d'autre part il ne peut politiquement pas se permettre de laisser le royaume de France trop longtemps sans son roi.

Le 20 août, trouvant que l'exécution des conditions de reddition s'éternisait et craignant une traîtrise, Richard fait massacrer la garnison de la ville, 2700 soldats, avec près de 300 femmes et enfants de leur famille, ce qui entraîne la cessation du versement de la rançon, la restitution de la Croix et la libération des prisonniers. Le lendemain, il quitte Acre pour marcher sur Jaffa, laissant la garde de la ville et du trésor à deux de ses familiers, Bertram de Verdun et Étienne de Longchamps.

Richard et son allié le Grand-maître Templier, Robert de Sablé marchent vers le sud, le long de la côte, tandis que Saladin leur barre la route de Jérusalem.

Richard et Robert obtiendront en revanche quelques succès, notamment dans la plaine côtière d’Arsouf, au nord de Jaffa (septembre), mais Richard ne peut pas exploiter son succès, par exemple en marchant sur Jérusalem qui n’était pas en état de se défendre face à la totalité de l'armée croisée. Richard accordait une importance cruciale aux voies de ravitaillement, or ces dernières étant extrêmement difficiles à sécuriser en Terre Sainte, et encore plus particulièrement aux abords de Jerusalem, il décide de repousser l'assaut sur la ville et de se concentrer sur d'autres objectifs "mineurs" (Darum et Jaffa). Les hésitations de l'armée croisée permettent à Saladin de réparer les murailles de la ville et de l’approvisionner, ce qui les privera de leur chance d'attaquer Jerusalem. Soucieux de rentrer en Angleterre (son frère Jean Sans Terre menaçant d'usurper la couronne), Richard insiste pour parvenir à un accord rapide auprès d’al-Adel. Il réclame Jérusalem, le territoire à l’ouest du Jourdain et la vraie croix, que les musulmans ont prise à Hattin. Saladin refuse en bloc, mais ouvre les négociations. Richard propose alors de donner sa sœur, veuve du roi de Sicile, en mariage à al-Adel. Il donnerait les terres qu’il contrôle, d’Acre à Ascalon, à sa sœur, tandis que Saladin céderait ses possessions du littoral à son frère. La croix leur serait confiée, et les prisonniers des deux camps seraient libérés. L’accord plaît à al-Adel. Saladin accepte, conscient qu’il s’agit d’une ruse. Son refus aurait déplu à al-Adel, et provoqué la discorde entre les frères. Richard, démasqué, doit reculer : sa sœur refuse d’épouser un musulman !

Saladin, de son côté, engage des pourparlers avec Conrad de Montferrat qui entretient des rapports tendus avec Richard, le soupçonnant de vouloir le priver de ses possessions, et qui va jusqu’à proposer au sultan une alliance contre Richard. Il sera assassiné peu après par des ismaëliens de la secte des Assassins. Les négociations entre Richard et Saladin traîneront encore un an.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 15:42





Le Siège de Damiette se déroula en 1218, entre les forces de Jean de Brienne et celles d'Al-Kamel, vice-roi d'Égypte.

En 1218, Jean de Brienne, comprend l’inutilité d’attaquer et d’assiéger directement Jérusalem, décide de s’attaquer à des ports égyptiens, Alexandrie ou Damiette, pour ensuite négocier l’échange de ce port contre Jérusalem. La flotte franque débarque devant Damiette le 29 mai 1218, réussit à forcer le passage sur le Nil le 24 août 1218. Malik al-Adil meurt le 31 août, et ses fils lui succèdent, Malik al-Kamel en Egypte et Malik al-Mu’azzamen Syrie.

Le pape Honorius III confie à Pélage Galvani la direction religieuse de la cinquième croisade, en train d'assiéger Damiette, en Égypte. Il y débarque à la fin du mois de septembre 1218, peu après que les croisés ont réussi à prendre la tour contrôlant l’accès au Nil, permettant ainsi aux navires croisés de patrouiller sur le bras oriental du Nil. Il prétend immédiatement assurer la direction de la cinquième croisade, soutenu par les croisés italiens, et entre en conflit avecJean de Brienne, roi de Jérusalem, qui est soutenu par les barons syriens et les croisés français.

Al-Kamel, le sultan ayyoubide d’Égypte se trouve dans une position délicate, car un de ses vassaux allié à un de ses frères tente de le renverser et, pour avoir les mains libres, propose à deux reprises l’échange des anciens territoires du royaume de Jérusalem, l’Outrejourdain excepté, contre le départ des Francs d’Égypte, échange qui est somme toute l’objectif de la cinquième croisade. Mais Pélage repousse à chaque fois ces offres de paix.

La garnison de Damiette, affaiblie par la disette et les épidémies, ne résiste que de moins en moins aux assauts croisés, les mangonneaux des Hospitaliers entament les remparts et la ville est prise le 5 novembre 1219. La lutte fait aussitôt rage entre les factions croisés pour le contrôle de la ville. Le 21 décembre 1219, les Italiens tentent de chasser les Français de la ville. Le 6 janvier 1220, ces derniers prennent leur revanche et chassent les Italiens. Une trêve est acceptée par les rivaux le 2 février 1220, ceux-ci ne s’entendent pas sur le sort de la ville. Les Italiens souhaitent y établir une colonie qui leur permettra d’y faire du commerce, tandis que les Français souhaitent l’échanger contre Jérusalem et les possessions du royaume perdues en 1187. Un quartier de la ville est attribué à Jean de Brienne, mais Pélage décide d’excommunier les chrétiens qui s’y établiraient. De guerre lasse et comprenant qu’il ne peut tirer aucun avantage, Jean de Brienne quitte la croisade, en en laissant la direction complète à Pélage.




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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 15:52





La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte. Durant plusieurs affrontements à proximité de Mansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans. Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IX fut même fait prisonnier au cours de la retraite.







Après la prise de Damiette, les croisés hésitent entre aller prendre Alexandrie pour isoler l’Égypte, ou attaquer directement Le Caire. Cette option l’emporta quand les renforts amenés par Alphonse de Poitiers arrivèrent d'Europe. Les croisés progressent vers le sud à partir du 21 décembre.

Mansourah était la seule ville protégeant Le Caire, aussi les Ayyoubides décidèrent de la défendre. Ils purent bloquer les croisés sur un bras du Nil qui protégeait Mansourah.






Pendant plus d’un mois, les croisés restent bloqués, toutes leurs tentatives de franchissement du bras du Nil, notamment par la construction d’une digue, échouent. À la faveur d’une complicité, l’armée franque franchit ce bras du Nil par un gué, le matin du 8 février.

Malgré les conseils de prudence des templiers, Robert d’Artois qui commande l’avant-garde, est pressé par son ancien gouverneur Fourcaut du Merle qui l'entraîne par la bride. Ils se jettent sur les Turcs, suivis des Templiers du grand-maître Guillaume de Sonnac et des Hospitaliers de Jean de Ronay. Ils bousculent le petit corps gardant la rive ; sans attendre le gros de l’armée, Robert d’Artois exploite son avantage, entraînant à sa suite les Templiers, et traverse presque sans opposition le camp sarrasin. L’émir Kahreddin est tué. Les croisés entrent par surprise à l’intérieur de Mansourah et se répandent dans la ville, quand les mamelouks turcs, qui s’étaient repliés, sont repris en main par leur chef Rukn ad-Dîn Baybars (Baybars l’Arbalétrier). Les assaillants sont tous massacrés, dont le comte de Salisbury, à l’exception de quelques chevaliers, dont Guillaume de Sonnac qui y perd un œil.

En arrière, le gros de l’armée croisée affronte les Sarrasins dès sa traversée du fleuve et réussit à repousser la cavalerie adverse qui l’avait contre-attaquée. Dès le lendemain (9 février), Baybars attaque les croisés qui résistent et installent leur camp devant Mansourah.

Une nouvelle bataille générale a lieu le 11 février. Les mamelouks utilisent du feu grégeois. Si Charles d’Anjou est sauvé de la capture par Louis IX, qui remporte la victoire3, Robert d'Artois, Guillaume de Sonnac et Jean de Ronay sont tués.










Le 5 avril, touchés par une épidémie, privés de ravitaillement par la perte de leur flotte, capturée par les Mamelouks, les croisés font retraite. Le 7 avril, le roi est fait prisonnier. Alors que les Mamelouks réclament le prix fort pour le libérer ainsi que d'autres prisonniers croisés, Louis IX décide de négocier. Début mars, il se dit prêt à accepter la proposition faite en 1249 par le sultan Malik al-Salih Ayyoub de rendre Damiette en échange de Jérusalem. Mais le nouveau sultan al-Mu'adham, qui vient d’arriver en Égypte, refuse. À la mi-mars, les galères égyptiennes détruisent ou capturent les nefs de la flotte franque, coupant toute retraite vers Damiette.

Louis IX est le premier souverain français à être capturé sur un champ de bataille.

Le 6 mai 1250, Damiette est restituée aux musulmans. Louis IX est libéré contre le retrait de ses troupes du territoire égyptien et du paiement d’un million de dinars de rançon. Fin mai, tous les Francs ont quitté le pays.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 15:57




La bataille de Fariskur eut lieu le 6 avril 1250 durant la septième croisade.





Elle opposa les Croisés français menés par Saint Louis à une armée égyptienne. Les Français reculaient depuis l'échec du siège de Mansourahoù ils n'avaient pas pu donner suite à leur difficile victoire lors de la bataille de Mansourah. À la suite d'une trahison dans le camp croisé, les Égyptiens sortent victorieux, et Louis IXest capturé avec son armée et échangé contre une grosse rançon (en partie payée par l'Ordre du Temple) et la reddition de Damiette dont la capture avait été la seule vraie victoire de la Croisade. Cette bataille marqua la fin de la septième croisade.




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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 16:13




La bataille d'Aïn Djalout1 oppose le3 septembre 1260 les Mamelouks et les Mongols près de Jénine enPalestine. Elle se termine par la défaite des Mongols.







L'armée mongole menée par Houlagou Khan, sous le règne du grand khanMöngke, après avoir conquis l'Irak du califat abbasside et la Syrie des Mamelouks d'Égypte, menace l'ensemble du Moyen-Orient. Mais la mort de Möngke perturbe le déroulement de la campagne mongole ; une partie de l'armée quitte la Syrie, où ne restent que des effectifs limités sous la direction du gouverneur de la région[réf. nécessaire]2, Ketboğa.







Sayf ad-Dîn Qutuz, le sultan mamelouk, décide d'attaquer les Mongols en Syrie.
Le 26 juillet 1260, l'avant-garde égyptienne quitte Le Caire. La route directe versDamas est tenue par les croisés qui, contre toute attente (le choix fut influencé par le fait que les Mongols venaient de ravager les environs de Sidon en représailles à une opération de razzia de Julien de Sidon), concluent une trêve, acceptent de laisser passer les Mamelouks sur leurs terres et fournissent même du ravitaillement.
Les Mamelouks peuvent donc avancer en Syrie. Surpris, les Mongols avec à leur tête le gouverneur de la région, Ketboğa vont à leur rencontre avec quelques auxiliaires Arméniens et Géorgiens. L'affrontement a lieu à Aïn Djalout, entreNazareth et Jénine.






Au premier assaut, les Mamelouks s'enfuient, attirant les Mongols vers le fond de la vallée dont les hauteurs sont occupées par des unités d'infanterie recrutées localement.

Lorsque Ketboğa se rend compte du traquenard, il stoppe la poursuite et fait manœuvrer le gros de ses troupes. Tandis que ses premiers rangs s'enfoncent dans l'avant-garde mamelouke, ses cavaliers légers opèrent un mouvement tournant vers les collines de Galilée afin d'attaquer l'aile gauche.

L'avant-garde mamelouke est décimée, mais le gros des forces parvient à décrocher. Durant une grande partie de la matinée, la bataille est confuse, le sultantente de reformer son aile gauche en y transférant des hommes de l'aile droite et en lançant des assauts violents.

Galvanisés par les appels du sultan qui monte en première ligne avec sa garde personnelle, les Mamelouks réussissent à tenir devant l'armée mongole et la mettent en échec.

Ketboğa tente de rétablir la situation qui tourne à son désavantage, mais en vain ; il est contraint de reculer jusqu'au village de Boisin près du Jourdain. Les Mamelouks donnent un dernier assaut, qui oblige les Mongols et leurs alliés à s'enfuir. En ce qui concerne Ketboga, on ignore s'il est tué durant ce dernier combat ou s'il est fait prisonnier puis exécuté.












On rapporte ces paroles au chef mongol :


« Que le khan ne soit pas affligé par la perte de son armée. Qu'il s'imagine que pendant une année les femmes de ses soldats n'ont pas été enceintes et que les juments n'ont pas pouliné. Longue vie au Khan ! »


Ce fut la première grande défaite des Mongols. Elle marqua la fin de leur avance vers l'Ouest. En 1260, une tentative mongole pour reprendre la Syrie avorta.
Elle augmenta le prestige des Mamelouks et leur permit de conserver le contrôle de la Syrie (jusqu'au moment de la conquête ottomane au XVIe siècle).


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 16:30





La huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX, futur « saint Louis », en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient.





Depuis le passage de Louis IX en Terre sainte, pendant la septième croisade, les Mongols avaient envahi le Proche-Orient et conquis les émirats d’Alep et de Damas. Les Francs d’Orient avaient réagi diversement vis-à-vis des Mongols, la principauté d'Antioche et le royaume d’Arménie s’alliant avec eux alors que le royaume de Jérusalem et le comté de Tripoli faisaient alliance avec les Mamelouks. Mais la mort du grand khan Mongka fait revenir les Mongols dans leur pays d’origine pour régler les problèmes de succession. La question réglée, Hulagu, le khan mongole de Perse, revient et exige l’allégeance des Mamelouks qui refusent. Finalement, le sultan mamelouk Qutuz bat les Mongols à Aïn Djalout le 3 septembre1260 et conquiert les émirats de Damas et d’Alep, encerclant les États francs. Qutuz est détrôné peu après par Baybars, qui ne cache pas sa volonté de rejeter tous les Francs de Syrie.

Louis IX suit de très près les événements d’Orient et, quand le pape Urbain IV décide la levée d’un impôt extraordinaire sur une durée de trois ans pour soutenir financièrement l’Orient chrétien, Louis IX soutient cette initiative et la porte à cinq ans malgré l’impopularité de cette mesure. Toutefois, craignant une invasion mongole de la Russie par la Horde d'or, personne ne se risque à partir en croisade. Ce danger écarté, le roi de France envoie des ambassades auprès d’Hulagu afin de conclure une alliance et une action militaire concertée contre l’Égypte mamelouke.

Baybars attaque de son côté les restes des États latins d'Orient et prend Nazareth,Haïfa, Toron et Arsouf en 1265. Hugues III, roi de Jérusalem, débarque à Saint-Jean-d'Acre pour défendre la ville alors que Baybars est monté jusqu’en Arménie qui est à l’époque contrôlée par les Mongols.

Les Francs d’Outremer, occupés à leurs querelles internes et sans souverain depuis trente ans refusent de reconnaître l’autorité d’Hugues III et ne réagissent que mollement aux avancées de Baybars. En 1268, c’est Jaffa qui est prise. La guerre de siège qui prévalait jusqu’alors, grâce aux forteresses édifiées et restaurées par Louis IX lors de son séjour en 1250-1254, se transforme peu à peu en guerre de position.





À l’annonce de ces nouvelles, les papes Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV appellent l’Occident à la croisade. Dès le mois d’avril 1266, le roi de NavarreThibaut II, le duc de Brunswick Albert Ier, le duc de Bavière Louis II et le margrave de Misnie Henri Ier l’Illustre annoncent leur intention de partir combattre en Terre Sainte au printemps 1267. Cependant, une partie des forces du royaume de France est occupée à soutenir Charles d’Anjou en train de conquérir le royaume de Sicile et de combattre Manfred de Hohenstaufen. Ce n’est qu’en 1266 que ce dernier est vaincu et que Louis IX annonce son intention de se croiser le 24 mars 1267, transformant ces départs ponctuels en croisade organisée mais la retardant de trois ans. Cette annonce place le pape Clément IV dans l’embarras. Il souhaite que le roi reste en son royaume afin de maintenir la paix en Occident et, sachant la santé du roi fragile, craint une issue fatale à une telle expédition. D’autre part, les Francs d’Orient ne cachent pas leur besoin de renforts immédiats même s’ils sont limités. Finalement, le pape accepte et confie la prédication de la croisade au cardinal de Sainte-Cécile Simon de Brie, légat pontifical en France et futur pape Martin IV, puis à Raoul de Grosparmy, cardinal et évêque d’Albano. Bien que la nouvelle croisade soit mal accueillie, Louis IX fixe le départ pour la première quinzaine de mai 1270 à partir d’Aigues-Mortes.



Parcours de la huitième croisade






En septembre 1269, Jacques, roi d’Aragon, qui s’est couvert de gloire en reprenant aux musulmans d’Espagne les îles Baléares (1229) et le royaume de Valence(1238), envoie ses deux bâtards Fernando Sanchez et Pedro Fernandez en Terre Sainte. Les chevaliers de Saint-Jean et du Temple ont grand peine à les empêcher de commettre des imprudences face aux provocations de Baybars qui cherche à attirer les croisés dans des pièges. Ils finissent par rentrer chez eux sans avoir obtenu de résultat notable.





Malgré les critiques et les refus d’anciens chevaliers croisés en 1248, un certain nombre d'entre eux se croisent : Alphonse de Poitiers, le frère du roi, Charles d’Anjou, son autre frère, Robert II d’Artois, neveu du roi, Thibaut II, roi de Navarre, Jean Ier le Roux, duc de Bretagne, Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche, Jean II de Nesle, comte de Soissons, et Guy III de Châtillon, comte de Saint-Pol.

Le 13 juillet 1270, alors que la flotte fait relâche à Cagliari en Sardaigne, Louis IX annonce que le premier objectif de la croisade est Tunis. On ne sait pourquoi Louis IX a pris cette décision, ni qui l’y a incité. La raison communément admise est que ce fut son frère Charles d’Anjou. Ce dernier avait en effet des griefs contre la cour de Tunis, qui accueille les partisans des Hohenstaufen et qui avait convaincu les émirs hafsides de ne plus verser à la Sicile le tribut que ces derniers versaient aux Hohenstaufen. Mais, même si ces perspectives ainsi que celle d’installer un protectorat sur Tunis pouvaient intéresser le roi angevin de Sicile, elles avaient le grand défaut de retarder la reconquête de l’Empire latin de Constantinople où se situaient les ambitions de Charles.

Une autre explication de la décision royale d’opter pour Tunis comme objectif préliminaire de la croisade est l’opposition de Louis IX au projet de son frère Charles d’Anjou d’effectuer un détour par Constantinople. En mars 1270, ce dernier avait rassemblé en Sicile une flotte destinée à apporter de l'aide à la Morée en lutte contre l’empereur byzantin. Ne souhaitant néanmoins pas mécontenter son frère, Charles d’Anjou commande en mai, à partir de ses possessions en Italie méridionale, l’envoi de vivres, de blé et de bestiaux en Sardaigne. Déjà à ce moment-là, il ne pouvait ignorer les intentions que le roi de France révélerait le 12 juillet car ce dernier aurait décidé la concentration de ses croisés en Sicile plutôt qu’à Cagliari s’il avait voulu soutenir les ambitions orientales de son frère, le roi de Sicile. Pour rassurer les croisés qui l’ont accompagné, Louis IX les réunit et précise aux membres de cette grande assemblée que l’Église approuve son projet, puisque cette croisade apporte une indulgence plénière semblable à celle liée à l’expédition vers Jérusalem.

Il a été avancé que le sultan de Tunis était prêt à recevoir le baptême si une force militaire chrétienne était présente pour lui éviter le courroux de son peuple. Si cela s’était réalisé, l’approvisionnement de l’Égypte, en partie assuré par les Hafsides, aurait été amoindri et Tunis aurait peut-être pu servir de base terrestre pour attaquer l’Égypte. On sait qu’une ambassade tunisienne était venue à la cour de France à l’automne 1269, mais on ne connaît pas la teneur des tractations.

Quelles que soient les raisons du détournement de la croisade sur Tunis, celui-ci est une grave erreur stratégique pour les Latins d’Orient. Le 22 juillet 1270, le khan de Perse élimine ses cousins du Turkestan et peut envisager une opération concertée avec Louis IX contre les Mamelouks.





Parti de Cagliari le 15 juillet 1270, la flotte de Louis IX débarque devant Tunis le 18 juillet et, même si l’effet de surprise a partiellement joué, les fortifications de Tunis ont pu être réparées et l’approvisionnement de la ville assuré. Une langue de terre qui contrôle l’entrée du port de Tunis est occupée, mais la situation s’avère intenable car ils ne disposent pas d’eau potable. Le 21 juillet, la plaine de Carthage, disposant de plusieurs puits, est occupée, puis la ville de Carthage prise d’assaut le 24 juillet.

Mais, contrairement aux espérances, l’émir de Tunis ne fait pas mine de se convertir, se retranche dans la ville et appelle les Mamelouks à son secours. Baybars, qui a cru que la croisade viserait l’Égypte, a fait mettre le delta en état de défense, puis organise une expédition de secours vers Tunis. Le commandeur du Temple annonce l’arrivée prochaine de Charles d’Anjou et Louis IX décide de l’attendre afin de pouvoir attaquer Tunis avec un maximum de forces. Les musulmans harcèlent en permanence le camp croisé et Louis IX interdit qu’on les poursuive, craignant des pièges. La canicule rend le séjour sous tente insupportable, l’eau des puits n’est pas toujours potable et la maladie se répand rapidement dans le camp. Le 2 août, elle emporte Jean Tristan, le fils du roi, puis le roi lui-même le 25 août, le lendemain de l’arrivée des navires de Charles d’Anjou.

Le nouveau roi, Philippe III, est trop inexpérimenté pour prendre le commandement et, de toute manière, également malade. Aussi Charles d’Anjou prend-il la direction des opérations et réussit à s’emparer du camp musulman le 24 septembre. Le frère de Louis IX connaissait les méthodes d’évitement et de harcèlement employées par les Sarrasins. Trois jours après le décès du roi de France, il fit se rassembler des navires de commerce et des bateaux rapides sur un étang proche de Tunis.

Effrayés par la perspective d’un débarquement en masse, les musulmans renoncèrent à leur tactique. Ils se massèrent en groupe de combat, permettant aux Croisés de livrer une véritable bataille au cours de laquelle le roi de Sicile et le comte Robert II d’Artois fondirent sur eux et les mirent en pièces.









Les morts sont nombreux du fait des maladies : Raoul de Grosparmy, le légat du pape, Alphonse de Brienne, comte d’Eu, Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême, le sire de Fiennes, Mathieu III de Montmorency, le maréchal Gautier de Nemours ou le chambellan Mathieu de Villebéon.

Mais Charles d’Anjou ne souhaite pas la prise de la ville et l’émir de Tunis, dont l’armée est également décimée par les épidémies, souhaite négocier. Un accord est conclu le 30 octobre. L’émir verse une indemnité de 210 000 onces d’or, reprend le versement du tribut dû au roi de Sicile, chasse les partisans gibelins de sa cour, accorde la liberté de commerce aux marchands chrétiens et le droit de prêcher et de prier publiquement dans les églises aux religieux chrétiens. En échange, l’armée croisée évacue Tunis en laissant les armes de siège. Le 10 novembre 1270, le prince héritier Édouard d’Angleterre arrive sur les lieux mais, voyant que la paix a été conclue, repart immédiatement en Terre Sainte mener la neuvième croisade. L’armée embarque le 11 novembre et fait relâche le 14 devant Trapani. Dans la nuit du 15 au 16, une tempête particulièrement violente se déchaîne et une quarantaine de navires sombrent. Les croisés conviennent de rentrer en France pour se préparer à une nouvelle croisade qui ne verra jamais le jour.

En septembre 1272, Charles d'Anjou forme une ambassade composé du juriste Robert l'Enfant, Matteo de Riso de Messine et Nicolò de Ebdemonia de Palerme afin de recueillir le tribut que le sultan Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir devait payer. Il adjoint à cette ambassade des hommes de confiance comme Giovanni da Lentini et Jacques de Taxi. Il demande à ce dernier de faire retour en Sicile du bois des engins de guerre laissés en Tunisie quand les armées croisées retournèrent en Sicile.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 16:47




Le siège de Saint-Jean-d'Acre est une opération militaire livrée en 1291qui se solda par la prise de la ville et la fin de la présence franque en Terre sainte. Cette date, qui symbolise la perte des dernières positions latines en Orient, est fréquemment considérée par les historiens comme celle de la fin des croisades médiévales.








Profitant des discordes entre les différentes factions de la ville de Tripoli, le sultan mamelouk Qala'ûn avait pris la ville de Tripoli le 28 avril 1289.

Henri II, roi de Chypre et de Jérusalemréussit cependant à négocier en mars1289 une trêve de dix ans avec Qala'ûn, lequel meurt le 6 décembre1290. Son fils Al-Ashraf Khalil n'attend qu'une occasion pour reprendre les hostilités. L'ancien royaume



Une croisade de pèlerins non combattants arrive alors à Saint-Jean-d'Acre. Ils n'ont aucune expérience militaire et ils imaginent que leur bonne volonté suffirait à reprendre Jérusalem. Sans connaissance de la situation politique de la Terre sainte, ils accusent les Latins d'Orient de complaisance à l'égard des musulmans, n'hésitant pas à les qualifier de traîtres à la cause chrétienne. Ils refusent le principe de la trêve. Par sécurité, une interdiction de quitter la ville leur est intimée.

Ils vont passer à l'action dès le 13 mars1291, en massacrant des paysans musulmans venus en ville vendre leur production5. Ils ne s'arrêtent pas à ce premier massacre. Ils décident d'envahir le bazar et ils égorgent les marchands supposés musulmans.

Atterrés, les consuls de la ville et les grand-maîtres des Ordres militaires préférèrent avertir directement le sultan Al-Ashraf, lequel réclame le châtiment des coupables. Seul Guillaume de Beaujeu, grand maître de l'Ordre du Temple plaide pour l'exécution des criminels. Les autres membres du conseil de Saint-Jean-d'Acre sont persuadés que le sultan se contentera d'excuses. De plus, ces derniers ne croient pas à la déclaration de guerre du mamelouk, pensant qu'il s'agit uniquement de menaces. Par conséquent, ils envoient des ambassadeurs chargés de présents pour l'amadouer. Al-Ashraf les jette en prison.





Le sultan Al-Ashraf arrive devant Saint-Jean-d'Acre le 5 avril 1291 et entame immédiatement le siège. En plus d'une armée de 220 000 soldats, il dispose de nombreuses machines de siège. La ville abrite 30 000 à 40 000 habitants, dont16 000 soldats.

Le sultan commence par placer ses quatre énormes catapultes à des emplacements stratégiques, face aux plus importantes tours de défense de la ville, et des mangonneaux et balistes dans les intervalles. Le 15 avril, Guillaume de Beaujeu tente une sortie à la tête de Templiers. Ils surprennent les avant-postes, mais leurs chevaux trébuchent dans les cordages et les musulmans se ressaisissent. Les Templiers parviennent difficilement à retourner en ville et leur tentative d'incendier une des catapultes a échoué. Ils retentent l'opération quelques jours après, mais les mamelouks, prévenus, les tiennent encore en échec.

Le 4 mai, le roi Henri II débarque à Saint-Jean-d'Acre, avec 200 chevaliers, 500 fantassins et des vivres en quantité. Le courage des assiégés remonte et Henri II, en tant que roi de Jérusalem essaye de traiter avec le sultan, qui ne veut rien savoir, exige la reddition pure et simple de la ville, mais accorde la vie sauve aux habitants. Le 7 mai, Henri repart vers Chypre, en laissant son armée sur place.



Plan de la ville de Saint Jean
d’Acre au XIIe siècle


Le bombardement de la ville par les machines mamelouks s'intensifie, et des esclaves creusent des mines sous les principales tours. Le 15 mai, une partie de la Tour Neuve s'écroule. Guillaume de Beaujeu fait construire une tour en bois (ou chat) pour combler la brèche, mais n'y arrive que de manière incomplète. Une tempête au large empêche l'évacuation des femmes et des enfants par la mer. Les quelques navires déjà partis sont obligés de revenir se réfugier au port. Le vendredi 18 mai 1291, à l'aube, les Musulmans lancent l'assaut. Ils prennent pied sans problème dans la Tour Neuve, puis se divisent en deux groupes pour s'emparer de la zone entre les deux enceintes et bombarder les assiégés de feux grégeois et de flèches.

Guillaume de Beaujeu, grand-maître du Temple, et Jean de Villiers, grand-maître de l'Ordre des Hospitaliers, longtemps rivaux et réconciliés à l'heure du danger, défendaient le point le plus menacé, la Porte Saint-Antoine. Atteint d'une flèche sous l'aisselle, Guillaume se retire du combat. Des croisés lui crient : "Pour Dieu, sire, ne partez pas, car la ville sera bientôt perdue !", ce à quoi Guillaume répond « Seigneurs, je ne peux plus, car je suis mort, voyez le coup. » On l'emporte à la Commanderie du Temple où il expire quelques heures plus tard. Jean de Villiers, également grièvement blessé, est transporté sur un navire en direction de Chypre. Les Mamelouks prennent alors la Porte Saint-Antoine et se ruent dans la ville, massacrant les habitants. Certains tentent de fuir avec les navires dont quelques-uns, surchargés, coulent.

10 000 habitants ont pu se réfugier dans la Voûte d'Acre, la citadelle des Templiers, qui tient encore. Cette citadelle donne sur la mer et les rescapés peuvent embarquer et se réfugier à Chypre. Pendant dix jours, la citadelle résiste aux bombardements incessants, avant de succomber à son tour, le 28 mai.









Cette prise marque la fin de la présence franque en Terre sainte. En effet, la bailli de Tyr et sa garnison évacuent peu après cette place-forte, qui passait pourtant pour l'une des mieux fortifiées de Terre Sainte. Le nouveau grand-maître des Templiers, Thibaud Gaudin, ainsi que les Templiers s'étaient repliés à Sidon. Sa population est évacuée et Thibaud part pour Chypre, prétendant aller chercher des renforts, mais, en fait, il ne revint jamais. Sidon est prise le 14 juillet. Se fiant aux promesses de paix du sultan, les habitants de Beyrouth lui ouvrirent les portes le 21 juillet et furent réduits à l'esclavage. Les Templiers qui tenaient la commanderie sont pendus haut et court.

Les 3 et 14 aoûts suivants, les places fortes de Tortose et de Château-Pèlerin sont évacuées sans combat. Seules deux cités en Terre sainte restent chrétiennes : l'îlot d'Arouad, au sud de Tortose, est tenu par les Templiers, et la ville de Gibelet, dont le seigneur, Pierre Embriaco, était un ami du sultan. Celui-ci la lui avait rendue en 1289 après l'avoir prise au comte de Tripoli. Ces deux ports sont abandonnés en 1302.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 16:52

LES BATAILLES DES CROISADES



Batailles de la Croisade des Albigeois



La croisade des Albigeois est en fait principalement une guerre de sièges, et l'on ne compte réellement que deux batailles : Montgey (1211) et Muret (1213) :




• Sac de Béziers (22 juillet 1209)
• Premier siège de Carcassonne (août 1209)
• Siège de Minerve (juillet 1210)
• Siège de Termes (août-novembre 1210)
• Siège de Lavaur (mars-avril 1211)
• Bataille de Montgey (avril 1211)
• Premier siège de Castelnaudary (1211)
• Siège de Hautpoul (avril 1212)
• Bataille de Muret (12 septembre 1213)
• Premier siège de Toulouse (1215)
• Siège de Beaucaire (1216)
• Second siège de Toulouse (1218)
• Siège de Marmande (1219)
• Troisième siège de Toulouse (1219)
• Second siège de Castelnaudary (1220)
• Siège de Montréal (1221)
• Siège d'Avignon (1226)
• Second siège de Carcassonne (1240)
• Premier siège de Montségur (1241)
• Second siège de Montségur (1244)
• Siège de Quéribus (1255)






les batailles

Croisade des barons (1209)
Béziers · Carcassonne

Guerre du Languedoc (1209-1213)
Minerve · Termes · Lavaur · Montgey · 1er Toulouse · Castelnaudary · Muret

Révolte du Languedoc (1216-1223)
Beaucaire · 2e Toulouse

Intervention royale (1226-1229)
Marmande · 3e Toulouse · Avignon · Montségur






SOURCE : Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_batailles_des_Croisades


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 17:12








Le siège de Béziers, en occitan « lo chaple de Besièrs » ou « grand masèl », est une opération militaire particulièrement meurtrière de la croisade des Albigeois et de l'histoire de France.





Après que la prédication pour lutter contre l'hérésie cathare se fut révélée être un échec, et après l'assassinat de Pierre de Castelnau le 14 janvier 1208, le légat du pape Innocent III décide de lancer une croisade contre les Cathares. Le comte Raymond VI de Toulouse, chef d'une des régions atteintes par l'hérésie, ayant fait amende honorable et rejoint la croisade, les croisés décident d'attaquer les vicomtés de Béziers, du Razès, d'Albi et de Carcassonne, tenues par Raimond-Roger Trencavel.

Quand la croisade arrive à Montpellier, Raimond-Roger se présente et demande une entrevue avec Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux et légat du pape. Il réaffirme son attachement à la foi romaine, et tente de négocier avec la croisade, mais le légat exige une soumission totale. Le jeune vicomte refuse, jugeant l'exigence inacceptable. Raimond-Roger retourne à Béziers le 21, la met en état de siège pour qu'elle puisse résister pendant au moins quarante jours.

Il promet d'envoyer rapidement une armée de secours. Il est compréhensible que le seigneur de Béziers n'ait pas estimé nécessaire d'y rester puisque la ville était très bien défendue et qu'il lui fallait préparer la défense du reste de sa seigneurie.
La croisade est forte d'environ 20 000 hommes. Alors qu'elle approche de la ville, Renaud de Montpeyroux, évêque de Béziers, tente une ultime médiation. Arnaud Amaury exige que les cathares lui soient livrés. L'évêque a dressé une liste de 222 noms d'hérétiques, mais on ne sait sur quels critères il s'est appuyé. L'évêque fait remarquer les difficultés morales et matérielles de cette entreprise, et l'abbé de Cîteaux exige que tous les catholiques sortent de la ville pour ne pas partager le sort des cathares. La population et les consuls (ou capitouls) de la ville repoussent cette exigence, se sentant à l'abri dans la ville, et refusant de se désolidariser de leurs concitoyens. Seuls l'évêque et quelques catholiques quittent la ville.

La croisade atteint la ville le 22 juillet. Les fortifications paraissant trop solides pour être prises d'assaut, l'armée commence à s'installer et se prépare à un siège qui promet d'être long. La journée étant particulièrement chaude, des ribauds en profitent pour se rafraîchir et se baigner dans l'Orb. Quelques téméraires Biterrois tentent alors une sortie, sans doute pour narguer l'armée assaillante. Mais l'assaut tourne mal, les Biterrois se trouvent rapidement submergés et refluent vers la ville en désordre, incapables d'empêcher leurs poursuivants d'y pénétrer. Les ribauds envahissent la ville et commencent à massacrer les habitants, n'épargnant même pas ceux qui se sont réfugiés dans les églises. C'est seulement à ce moment qu'Arnaud Amaury et les chevaliers sont avertis de la prise de la ville. Quand ils arrivent, c'est pour constater que le pillage a commencé. Ils tentent de chasser les ribauds de la ville. Pour se venger, les ribauds mettent alors le feu à la ville.











La prise-éclair et le massacre de Béziers fait l'effet d'un coup de tonnerre, et la nouvelle se répand dans toute l'Europe. C'est une grande surprise pour tous car la ville était puissamment fortifiée et rien ne laissait penser qu'elle ne tiendrait pas longtemps.

Les chroniqueurs estiment le nombre de morts entre 15 000 et 22 000. Le chroniqueur Pierre des Vaux de Cernay parle de 7 000 personnes massacrées dans la seule église Sainte-Madeleine. Ces chiffres sont manifestement exagérés, la population de Béziers à l'époque n'excédant pas 14 500 habitants. Certains estiment le nombre de morts à la moitié de la population, Jacques Berlioz à quelques centaines. Le massacre de la ville de Béziers est entré dans la mémoire locale sous le nom de grand masèl (grande boucherie en occitan).

L'autre conséquence de la prise de la ville est que le vicomte Raimond-Roger Trencavel est paralysé dans son combat. Secourir Béziers n'a plus de sens, et il ne lui reste plus qu'à se retrancher dans Carcassonne pour attendre la fin de la quarantaine, mais le manque d'eau l'oblige à capituler le 15 août 1209. Ses vicomtés sont alors remises par élection à Simon de Montfort qui tenta de refuser cette charge. Trencavel mourut en prison, probablement assassiné, dès décembre 1209.







Lors de la prise de Béziers par la première Croisade des Albigeois, en 1209, le chef de la Croisade, Arnaud Amaury (ou Arnaud Amalric), légat pontifical et abbé de Cîteaux, aurait déclaré, selon le chroniqueur cistercien Césaire de Heisterbach :
« Massacrez-les, car le seigneur connaît les siens  », parole que la tradition historiographique a transmise sous la forme de « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Cette citation est largement soumise à caution : seul Césaire, un moine allemand de l'abbaye cistercienne de Heisterbach, l'affirme dans son recueil Dialogues des miracles écrit entre 1219 et 1223, alors que les sources locales et contemporaines n'en soufflent mot. Les historiens catholiques concluent généralement à l'inauthenticité de la phrase. Par exemple Ph. Tamizey de Larroque, en 1866, dans un article qui reproduit les diverses sources. Jacques Berlioz, dans son ouvrage consacré à cette citation, l'estime vraisemblable. Il conclut en plus qu'elle correspond tout à fait à la mentalité de l'époque.

Le déroulement du siège montre qu'Arnaud Amaury n'est mis au courant de la prise de la ville qu'après le début du massacre. Il ne peut donc pas donner les directives qui lui sont attribuées. Il faut cependant reconnaître que lorsqu'il exige au début du siège que tous les catholiques sortent de la ville pour ne pas partager le sort des cathares, il n'est pas très loin dans l'esprit de cette directive.

Selon Michel Roquebert, le massacre de la population aurait été prémédité, afin de susciter la terreur et faciliter la reddition des prochaines villes à assiéger.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 19:38




Le siège de Carcassonne est une opération militaire qui met fin à la première croisade des Albigeois.






Depuis près d'un demi-siècle, le catharisme s'était implanté et développé en Occitanie, au point d'inquiéter les autorités religieuses. Le pape Innocent III avait envoyé un légat Pierre de Castelnau auprès du comte Raymond VI de Toulouse, mais devant la mollesse de ce dernier à combattre l’hérésie, l’avait excommunié. Pierre de Castelnau avait ensuite été assassiné le 14 janvier 1208 alors qu’il quittait la région pour revenir à Rome. Le pape avait alors décidé de prêcher une croisade contre les cathares.

De nombreux seigneurs français se croisent, et l’expédition démarre au printemps 1209. Le 18 juin 1209, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et rejoint la croisade, pour protéger ses états, et la croisade se tourne contre une autre région, les vicomtés de Béziers et de Carcassonne, tenues par le vicomte Raymond-Roger Trencavel.

Ce dernier comptait sur la ville de Béziers pour retenir les Croisés. Les murailles étaient suffisamment solides, la ville suffisamment ravitaillée et armée pour espérer résister à un assaut le temps de la quarantaine. En effet, les croisés étaient tenus à assurer quarante jours de services militaires, et le vicomte Trencavel tablait sur une diminution de l'effectif de l'armée croisée au bout de cette période. Mais l’imprudence de quelques Biterrois livra la ville aux croisés après seulement quelques jours de siège (22 juillet 1209). La ville est pillée et incendiée et sa population massacrée, semant la consternation et frappant de terreur les Occitans.

Un certain nombre de seigneurs et de cités occitans préfèrent alors cesser la résistance et rejoignent la croisade, qui quitte les ruines de Béziers le 26 juillet en direction de Carcassonne.















En temps normal, Carcassonne abrite trois à quatre mille habitants, mais de nombreux paysans, fuyant la croisade, s'y sont réfugiés. En période de canicule, les conditions sanitaires risquent de se dégrader dangereusement. Les croisés arrivent au pied de la ville dans l'après-midi du samedi 1er août et établissent un campement. Raymond-Roger, profitant du désordre de ces derniers, veut tenter une sortie, mais le seigneur Pierre Roger de Cabaret l'en dissuade, voulant éviter l'erreur qui perdit Béziers. Il l'incite au contraire à rester vigilant en cas d'attaque, ou si les croisés tentent de prendre leurs points d'eau. La journée du dimanche 2 août se passe sans évènement notable.

À l'aube du 3 août, les croisés attaquent le Bourg, l'un des quartiers excentrés de Carcassonne. La veille, Trencavel l'avait fait évacuer, car trop difficile à défendre, et la prise et l'incendie du Bourg ne compromet pas la défense de la ville. Le même jour, les croisés occupent la rive gauche de l'Aude, coupant la cité de son approvisionnement en eau, sans que Trencavel ne tente quelque chose pour les en empêcher.





Peu après, Pierre II, roi d'Aragon, se présente à Carcassonne. De fait, en tant que comte de Barcelone, il est le suzerain de Trencavel et voit avec une grande inquiétude une armée croisée intervenir dans une région où il projette d'accroître son influence. Son objectif est donc que tout rentre dans l’ordre le plus rapidement possible, que les croisés retournent dans le nord.

Arrivant dans le camp des croisés, il se rend auprès de Raymond VI, son beau-frère. Puis il demande au légat pontifical Arnaud Amaury, l'autorisation de se rendre dans la ville et de parlementer avec Trencavel. Le légat accepte, espérant faire l'économie d'un siège si le roi parvient à convaincre le vicomte de l'inutilité de la résistance. Pierre II se rend dans la ville, accompagné de trois chevaliers. Trencavel énonce les maux que les croisés ont causés à ses états, et demande au roi son assistance, comme le doit tout suzerain en faveur de son vassal. Mais Pierre lui fait remarquer la faible importance de ses troupes et lui rappelle que le pape lui avait demandé de chasser les hérétiques et qu'il n'en avait rien fait. En réalité, le roi d'Aragon ne veut pas se brouiller avec l'Église.

À la fin de l'entretien, il consent à ce que Pierre II négocie une reddition dans les meilleures conditions. Mais le roi se heurte à l'intransigeance d'Arnaud-Amaury qui exige une reddition sans condition, consentant seulement la liberté de Trencavel et de onze chevaliers. Trencavel refuse cette offre, jurant qu'il préfère laisser ses gens et lui-même se faire tuer que d'accepter une pareille honte. N'ayant rien obtenu, le roi repart le 6 août vers l'Aragon.





Le 7 août, les croisés attaquent de nouveau l'autre faubourg de Carcassonne, le Castellar. Les ribauds jettent des fagots dans les fossés et les croisés pénètrent dans le faubourg, sous une pluie de pierres, carreaux d'arbalètes et de flèches. Les pertes importantes les obligent à battre retraite.

Les croisés mettent alors en place des machines de siège et bombardent le faubourg. Une brèche est ouverte dans le rempart, et les Français envahissent le Castellar. Les défenseurs sont repoussés vers la ville, tentent une contre-attaque avec des renforts de la ville, mais doivent céder le faubourg.

Les jours qui suivent, le manque d’eau commence à se faire cruellement sentir dans la ville. Les puits sont à sec, et les points d’eau inaccessibles, car tenus par les croisés. Le 14 août, un messager2 des croisés se présente à la tête d’une délégation de trente chevaliers et demande à parlementer avec Raymond-Roger. Lui démontrant qu’il ne pouvait espérer recevoir des secours, il l’exhorte à venir négocier la reddition de la ville. Trencavel se rend au camp des croisés pour négocier, mais il est retenu comme otage.

En effet, ni Trencavel ni les croisés n’avaient intérêt à ce que la ville soit prise d’assaut puis mise à sac comme Béziers. Raymond Roger Trencavel se devait de protéger les populations qui s’étaient mises sous sa protection et négocier les meilleures conditions pour ces dernières. De leur côté, les croisés savaient qu’ils devaient confier les vicomtés à l’un des leurs, qui devait disposer de suffisamment de revenus pour financer la suite de la lutte contre le catharisme.

Après les négociations, la reddition de la ville est fixée au 15 août. Trencavel se donne comme unique otage pour garantir la reddition. Le quinze août, tous les habitants de Carcassonne doivent quitter la ville en ne portant que leurs seuls vêtements et en abandonnant toutes les possessions, y compris les armes et les chevaux pour les combattants. Même les Parfaits, pourtant reconnaissables à leur maigreur, ne sont ni inquiétés ni appréhendés.





Après la prise de la ville, Arnaud Amaury ne relâche pas son otage, mais le jette en prison, en dépit de son loyalisme. Plusieurs chevaliers murmurent contre le traitement indigne qui lui est infligé, mais aucun n'ose s'opposer au légat. Trencavel meurt en prison le 10 novembre 1209. La vicomtesse et son fils se réfugient dans le comté de Foix, mais Raimond II Trencavel n'aura qu'une vie d'exilé, avant de faire sa soumission définitive en 1247. Les Carcassonnais se dispersent et se réfugient dans la Montagne Noire, le Lauragais, Toulouse ou l'Espagne.


Après discussions et négociations, les vicomtés sont confiées à Simon IV de Montfort. La première croisade des Albigeois se termine, et les barons commencent à rentrer chez eux, ayant effectué leurs quarante jours de service. Simon de Montfort devra désormais faire la conquête des vicomtés avec des effectifs diminués et changeants, qui n'hésitent pas à quitter le champ d'une action militaire le quarantième jour de leur service, quelle qu'en soit l'issue.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 20:17






Le siège de Minerve est une opération militaire de Simon de Montfort au cours de ses campagnes visant à conquérir les vicomtés de Béziers, d'Albi et de Carcassonne. C'est aussi l'occasion du premier bûcher de cathares.





À la fin du printemps 1210, cela fait neuf mois que Simon de Montfort a reçu les vicomtés d'Albi, de Béziers et de Carcassonne, ainsi que la mission de continuer la lutte contre les hérétiques. Il a remporté quelques succès, mais n'a pas encore reçu l'investiture de son nouveau suzerain, Pierre II, roi d'Aragon et comte de Barcelone. De plus, ses succès restent fragiles tant qu'il ne contrôle pas les trois principales forteresses montagnardes : Minerve, Termes et Cabaret.

Au contraire de Pierre Roger de Cabaret, de Raymond de Termes et d'Aimery de Montréal, qui s'étaient toujours mutuellement soutenus, Guilhem IV de Minerve avait préféré faire cavalier seul. Il avait également offert asile à de nombreux réfugiés, chevaliers faydits, Parfaits ou Cathares. Méprisant Aymeri III, vicomte de Narbonne, ainsi que les consuls de cette ville, qui collaboraient avec les envahisseurs, il n'hésitait pas à lancer contre eux des raids aussi bien pour les affaiblir que pour s'approvisionner, la population qu'il protégeait étant un peu plus importante que ce que lui permettaient ses ressources.

Ayant décidé de mettre fin à ces exactions, et aussi pour se débarrasser d'une rivale commerciale, une délégation de Narbonnais vient voir Simon de Montfort au début du mois de juin 1210, et lui demande de les débarrasser de Minerve. Simon profite de l’occasion et leur demande une importante contribution en argent et en hommes pour mettre le siège.





Son armée et lui arrivent sur les lieux le 15 juin. La configuration des lieux ne permet aucun assaut et Simon doit se résoudre à entamer un siège. Simon divise son armée en quatre corps, qui entourent la cité. Chacun de ces corps possède un mangonneau (1) ou un trébuchet (2). Celui de Simon est nommé la "Malvoisine" (Malavesina en occitan) en raison de sa taille, et s’attaque à un chemin couvert qui permet aux habitants d’accéder à un puits. Guilhem de Minerve n’ignore pas que l’accès à ce puits peut se révéler capital : il n’a pas plu au printemps, l’été est torride et quand les citernes seront vides, ce puits sera le seul point d’eau. Si son accès est perdu, il n’a plus qu’à souhaiter un orage. Aussi décide-t-il d’organiser une sortie dans le but de détruire la machine.

Une poignée de volontaires, munis de bois sec enduit de poix et d'étoupe, sortent de la ville durant la nuit du 27 juin, escaladent la falaise, surprennent les sentinelles et mettent le feu à la « Malvoisine ». Mais ils n’ont pas remarqué un servant qui s’était écarté et qui donne l’alarme. Les soldats accourent et repoussent les volontaires, dont on ne sait s’ils sont massacrés sur place ou s'ils parviennent sains et saufs dans Minerve, et éteignent l’incendie. La machine réparée, le bombardement reprit, et le puits est bientôt enfoui sous les décombres de la tour qui le protégeait.

Peu après les citernes sont vides. Le temps reste au beau fixe, aucun orage ne vient secourir la ville. La soif, la maladie et le fracas des bombardements achèvent de démoraliser la population, et Guilhem, après conseil de ses lieutenants, demande à parlementer. Simon de Montfort et Guilhem de Minerve commencent à conclure un accord de reddition, quand le légat Arnaud Amaury revenant de Toulouse se présente dans le camp des croisés. Simon déclare alors qu’il n’est que le bras séculier et armé de l’Église, et qu’il s’en remet aux ordres du légat.

Arnaud Amaury, étant moine et prêtre, n’ose pas prononcer la condamnation à mort des hérétiques1 et déclara que le seigneur du château et les habitants et défenseurs de la ville pourront quitter librement la ville, même les hérétiques, s’ils voulaient se réconcilier avec l’Église et lui obéir.

À Robert Mauvoisin, l’un des lieutenants de Simon de Montfort, qui proteste et déclare que les croisés étaient venus pour extirper l’hérésie et prétendant que les cathares n’abjureraient que par peur de la mort et non par foi, l’abbé répondit : « ne craignez rien, car je crois que très peu se convertiront ».

Le 22 juillet, Guilhem ouvre les portes de la ville aux croisés qui entrent, conduits par Arnaud Amaury. Montfort prend possession du château. La maison des Parfaits abrite environ cent cinquante Parfaits qui refusent d’abjurer, à l’exception de trois femmes qui échappent au supplice grâce à Mathilde de Garlande (3), la mère de Bouchard de Marly (4) qui se trouvait dans le camp croisé et qui parvient in extremis à les persuader d'abjurer et de se réconcilier à l'Église. Les autres sont brûlés sur ordre de Montfort, conformément à la sentence du légat.









Pour Simon de Montfort, Minerve est le premier des trois châteaux qui lui donneront un réel contrôle sur ses vicomtés. La prise de Termes ne tardera pas, et Pierre Roger de Cabaret livrera ensuite le château sans combattre.

Le bûcher de Minerve est le premier d'une longue série qui finira par avoir raison du catharisme et qui se terminera en 1321 avec celui de Guillaume Bélibaste (5). De nos jours, un monument, réalisé par l'artiste Jean-Luc Séverac et représentant une colombe, se dresse à Minerve, en l'honneur des cent cinquante Parfaits brûlés.






(1)  Le terme mangonneau (dérivé du mot greco-latin manganon, qui signifie « machine de guerre ») désigne un engin militaire offensif à contrepoids fixe de l'époque médiévale, une sorte de catapulte, un engin de siège utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des châteaux forts, très proche du trébuchet.





Mangonneau à roues de carrier








(2) Le trébuchet fait partie des pièces d’artillerie médiévales dites à contrepoids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été utilisé auMoyen Âge, soit pour détruire la maçonneriedes murs, soit pour lancer des projectilespar-dessus les fortifications. Il est parfois appelé « trébuchet à contrepoids » afin de le différencier d'une arme plus ancienne qu’on appelait « trébuchet à traction », une version primitive de l’engin où la force de propulsion était fournie par des hommes et non par uncontrepoids.

Le trébuchet à contrepoids est apparu dans la première partie du XIIe siècle dans les pays du pourtour méditerranéen à la fois dans les terres chrétiennes et dans les régions contrôlées par les musulmans1. Il pouvait lancer des projectiles de trois cents livres (140 kg) et les projeter à grande vitesse contre les fortifications ennemies.
[…]




Une réplique devant le château des Baux-de-Provence






(3)  Mathilde de Garlande (parfois dite aussi Mahaut de Garlande, morte le16 mars 1224, dame de Verneuil (Eure), est une femme de la grande noblesse, proche des familles royales françaises et anglaises. Elle est la fille de Guillaume de Garlande († après 1191) et d'Idoine de Chaumont.

Veuve d'Hugues de Gallardon, elle épouse Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly (mort le 27 août 1204 à Constantinople), fils cadet de Mathieu Ier de Montmorency. De cette union sont nés :

• Bouchard de Marly († 13 septembre 1226)
• Mathieu de Marly
• Guillaume de Marly († 28/29 novembre 1229/30), chanoine de Notre-Dame de Paris
• Marguerite de Marly, épouse d'Aymeri III, vicomte de Narbonne3 († 1239)

À la suite du départ en croisade de son époux qui lui laisse de fortes sommes d'argent pour des œuvres pieuses, elle fonde en 1204 un prieuré qui deviendra l'abbaye de Port-Royal des Champs.

Soutenue par Philippe Auguste puis Louis VIII, elle en fait une véritable abbaye cistercienne. Mathilde de Garlande n'a jamais été abbesse de Port-Royal, en revanche elle s'est attachée à procurer à sa fondation des garanties d'indépendance.







(4) Bouchard de Marly († 13 septembre 1226), était seigneur de Marly, de Montreuil-Bonnin, de Saissac, de Saint-Martin-en-Languedoc et de Picauville. Chevalier croisé, il s'illustra pendant la croisade des Albigeois.

Son père, Mathieu de Montmorency avait participé à la 4ème croisade et, contrairement à l'ensemble des barons franciliens conduit par Simon IV de Montfort, l'avait suivi jusqu'à Constantinople. Il était mort peu après la prise de la ville, le 27 août 1204.

Bouchard de Marly participe par des donations à la fondation de l'abbaye de Port-Royal des Champs en 1204.

En 1209, il s'engage dans la croisade des Albigeois où il retrouve Simon IV de Montfort, qui est l'époux d'Alix de Montmorency, une de ses cousines.

Vers 1209, il épouse Mathilde de Châteaufort, fille de Gasce de Poissy, seigneur deChâteaufort, et de Constance de Courtenay, fille de Pierre Ier de Courtenay. De ce mariage naquirent :
• Thibaut († 1247), abbé des Vaux-de-Cernay
• Pierre († 1240), sire de Marly
• Bouchard II († 1250), sire de Marly
• Mathieu († 1234)
• Mabile mariée à Guillaume Étendard († 1271), sénéchal de Lombardie, puis maréchal de Sicile





(5)  Guillaume Bélibaste, né vers 1280 à Cubières-sur-Cinoble, est le dernier "bon homme" ou "parfait"cathare connu. Il fut brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès.

Il naît à Cubières-sur-Cinoble dans une famille acquise à la cause cathare. Vers 1305, dans une bagarre, il assassine Barthélémy Garnier, un berger de Villerouge-Termenès. Reconnu coupable, il fuit en abandonnant femme, enfant et biens.

Pour se racheter, il se rend auprès des cathares où il est initié et bientôt ordonné "parfait" à Rabastens chez Philippe d'Alayrac, où il fait la connaissance de Raymond de Castelnau, l'un des derniers parfaits de l'époque. Capturé avec ses compagnons et enfermé au "Mur", la prison de Carcassonne, il parvient à s'enfuir en Catalogne, où, après avoir passé quelque temps en Empurdan il se fixe bientôt près de Valence, dans la cité médiévale de Morella. Il exerce sa fonction de prédicateur auprès d'une petite communauté cathare, constituée notamment d'exilés occitans, dont la plupart établis à San Mateo sont des réfugiés originaires du village de Montaillou en haute Ariège. Il fait quelques entorses à la règle, en ayant notamment un enfant avec sa concubine, Raymonde Marty. En début de grossesse craignant de voir son autorité spirituelle s'effondrer, il fait endosser la paternité de l'enfant à Pierre Maury, berger de Montaillou et son ami d'enfance, en organisant leur mariage précipité, qu'il casse rapidement par jalousie tout en faisant croire que l'enfant est le fruit des joies de la nuit de noce.

Belibaste est trahi par Arnaud Sicre, un "fidèle cathare" agent double envoyé par l'Inquisition, motivé à la fois par la désir de venger la mort de sa mère, brûlée au bucher en tant que fidèle hérétique mais également par cupidité. Sicre le convainc de rentrer enLanguedoc pour se faire ré-ordonner "parfait", il est arrêté sur la route de Tirvia, incarcéré au château deCastelbòn (près de Seu d'Urgell) qui appartenait au Comte de Foix, jugé à Carcassonne, et brûlé vif dans la cour du château de Villerouge-Termenès qui appartenait à l'archevêque de Narbonne. Le choix de Villerouge semble dicté par la volonté de montrer la puissance de la justice qui avait condamné par contumace Guilhèm Belibaste pour le meurtre d'un berger originaire précisément de Villerouge.





Le château de Villerouge-Termenès, où Belibaste fut brûlé vif.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 20:35




Le siège de Termes est une opération militaire de Simon de Montfort au cours de ses campagnes visant à conquérir les vicomtés de Béziers, d'Albi et deCarcassonne au cours de la guerre connue comme la Croisade des albigeois.





Les Croisades albigeoises se sont déclenchées au cours de l'été 1209 à l'appel du pape Innocent III et déferlèrent sur la Vicomté de Raymond-Roger Trencavel seul, puisque Raymond VI de Toulouse avait (temporairement) pu protéger ses terres. À l'automne, alors que Béziers, Carcassonne, et globalement la plaine de l'Aude avaient été conquises, et que l'essentiel des troupes croisées repartirent puisque leur quarantaine était faite, un des seigneurs croisés fut investi des droits sur la Vicomté par les barons croisés, et nommé à la tête des troupes chargées de passer l'hiver. Son nom : Simon de Montfort. Il avait ensuite remporté quelques succès, mais qui étaient restés fragiles, car il n’avait pas encore été reconnu comme vicomte par son suzerain, Pierre II, roi d’Aragon et comte de Barcelone. De plus, il ne pouvait pas espérer contrôler ses nouveaux états sans contrôler les trois principales places fortes montagnardes, Minerve, Termes et Cabaret. Les seigneurs de ces places-fortes, tel le vieux Raymond de Termes, ne reconnaissaient pas Simon de Montfort comme leur nouveau suzerain, ce d'autant plus qu'ils étaient de renommés protecteurs de cathares et souhaitaient lutter contre la Croisade. De ce fait, avec l'arrivée de nouveaux contingents de "pèlerins" au printemps, Simon de Montfort avait en 1210 pour objectif de réduire ces îlots de résistance au nord et au sud de Carcassonne. Après une opération mise en échec contre Cabaret au printemps, Simon avait assiégé Minerve, et le 22 juillet 1210, avec l’aide des habitants de Narbonne, pris la cité, dont le seigneur était resté isolé des autres seigneurs Languedociens. Un premier bûcher de 140 cathares y fut alors dressé.

Après cette prise, le seigneur Aimery de Montréal fait sa soumission et livre son château en échange de domaines dans la plaine languedocienne. Simon de Montfort réunit alors son conseil et décide de se tourner contre Termes. Les Narbonnais annoncèrent ne pas participer au siège. La plupart des croisés qui avaient participé au siège de Minerve déclaraient également avoir terminé leur quarantaine et quittaient l’Occitanie pour retourner chez eux. Fort heureusement, Robert II, comte de Dreux, et Guillaume II, comte de Ponthieu, rejoignent les croisés à la tête d’importants contingents.









En 1210, le château de Termes, ou plutôt l'agrégat d'habitats fortifiés qui enserrent le "donjon" seigneurial situé tout au sommet, se trouve sur un piton rocheux entouré d’abîmes profonds formés par la rivière "Le Sou", et le ruisseau de Caulière. Les Gorges du Termenet défendent naturellement le site au nord, et là, à l'extrémité de la crête qui descend du château, se dresse une petite fortification, nommée le Termenet. Raimond de Termes semble bien préparé au siège puisque les moissons ont pu être faites, des mercenaires et spécialistes de la guerre ont été recrutés, tandis que la présence de nombreux cathares n'est pas attestée au cours du siège. Le bûcher de Minerve vient alors de se produire et il est permis de penser que si des cathares étaient présents, ils ont pu être évacués au préalable pour le plus grand nombre. Simon de Montfort arrive au pied du château le premier août et installe son camp face à l'accès sud des fortifications et surtout à l'Est, sur l'emplacement actuel du village, sur les rares terrains plats, près de l'eau.

Contre les actions de Simon de Montfort, les seigneurs de Termes et de Cabaret s’étaient toujours soutenus mutuellement, contrairement au seigneur de Minerve. Les premiers contingents accompagnants Simon de Montfort sont certes déjà à Termes, mais d'autres doivent escorter Guillaume de Contres et les engins de siège qu'il faut convoyer depuis Carcassonne. Pierre Roger de Cabaret, prévenu par ses espions, attaque les engins stationnés sous la cité de Carcassonne mal gardés, surprend les sentinelles et commence la destruction des machines. Prévenu, Guillaume de Contres accourt avec quelques chevaliers engage un âpre combat contre Pierre Roger, puis le met en fuite. Les machines, qui ne sont qu’endommagées sont réparées et le convoi part, cette fois sous bonne garde, avec un contingent de croisés bretons venant d’arriver.









Simon de Montfort choisit d'attaquer Termes par le côté le plus évident au sud. C'est le côté le moins pentu, mais plusieurs niveaux de défense sont présents puisque le chroniqueur Pierre des Vaux de Cernay fait mention de deux faubourgs fortifiés dominés tout en haut par le donjon seigneurial. Les travaux de sape et la mise en action des engins de siège croisés affaiblissent le premier rempart jusqu'à créer une brèche. L'assaut est alors donné, mais les défenseurs de Termes choisissent d'incendier ce premier faubourg et de se retirer plus haut, derrière la défense du second faubourg. Le feu éteint, quand les croisés investissent les lieux, ils subissent une contre-attaque qui les rejette. Les combats vont se poursuivre sur ce côté, mais sans avancées stratégiques pour les croisés : toute portion de rempart affaiblie étant rapidement consolidée par les méridionaux.



Le début du siège de Termes en 1210

Devant cette résistance sur le front sud, Simon de Montfort va chercher à mieux investir la forteresse, et chercher à bloquer le site au mieux, afin d'éviter tous ravitaillements, notamment en eau. Cela l'incite à s'intéresser au front nord, du côté des gorges et du fortin du Termenet. Pour ce faire, il envoie 300 hommes et 5 chevaliers sur la crête entre le château et le fortin du Termenet. Ces hommes protègent un mangonneau qui est installé avec beaucoup de difficultés. Une fois fonctionnelle, cette machine bombarde le Termenet, et obtient la fuite des défenseurs. Le mangonneau peut ensuite être retourné, et rapproché du château afin de l'attaquer directement. Les méridionaux font alors une sortie afin d'incendier le mangonneau. Ces 80 hommes mettent apparemment les 300 croisés en fuite, sauf le chevalier Guillaume de L'Ecureuil, qui, miraculeusement, met en échec la sortie des assiégés. L'étau croisé se resserre donc autour de la forteresse, et, l'accès à l'eau des sources dans les gorges du Termenet étant entièrement bloqué, la garnison ne dispose plus que de l'eau des citernes et de l'eau des pluies, parfois rares en zone méditerranéenne.
En l'absence d'autres réels progrès pour les croisés, le siège s'éternise. Simon de Montfort doit faire face à des départs puisque bon nombre de croisés ont effectué leur quarantaine. De plus, Pierre Roger de Cabaret harcèle les renforts et les convois d’approvisionnement destinés au camp croisé, si bien que les vivres commencent à manquer aux assiégeants.



Suite et fin du siège de Termes en 1210





À cause de ce manque d’eau, Raimond de Termes doit se résoudre à entamer des négociations. Simon de Montfort, lui-même en difficulté comme nous l'avons vu, cherche également à se dégager de cette situation. Raimond de Termes propose de livrer son château, pourvu qu'il puisse garder le reste de sa terre, et que le château de Termes lui soit restitué le jour de Pâques de l’année suivante. Cette proposition relativement avantageuse pour les défenseurs est encore en discussion quand les contingents des comtes de Dreux, de Ponthieu, de l’archevêque de Bordeaux et des évêques de Beauvais et de Chartres commencent à plier bagage, ayant terminé leur quarantaine. Simon voyant son armée fondre avant la reddition effective, les supplie de rester quelques jours supplémentaires, mais seul Renaud de Bar, évêque de Chartres accepte de rester. Au vu de la situation, Simon de Montfort se résout à devoir accepter les conditions proposées par Raimond de Termes. Simon essaye d'obtenir une reddition à effet immédiat, mais Raimond lui promet de rendre le château le lendemain matin. La nuit qui suit, un orage éclate et remplit les citernes du château.






Le lendemain, quand Guy Ier de Lévis se présente pour prendre possession du château, Raimond de Termes refuse de se rendre. L’évêque de Chartres, pressé de partir, suggère alors à Simon d’accepter n'importe quelles conditions, pourvu que Raimond de Termes rende au moins provisoirement son château. Il propose pour arriver à cette fin, d’envoyer en délégation l’évêque de Carcassonne, un méridional dont la mère était cathare et le frère, Guilhem de Roquefort, parmi les défenseurs du château, mais Raimond refusa de céder.

Après le départ des Chartrains, Simon reste seul avec ses troupes, dont le moral est bas, et soumis au mauvais temps qui commence à se déchaîner. Mais il s’obstine, aidé par le renfort d'un contingent de croisés de Lorraine, et comme la prise d’assaut s’avère impossible avec ses maigres effectifs, le bombardement continue, démantelant les fortifications. Les assiégeants s’aperçoivent que les assiégés mettent moins d'ardeur à colmater les brèches, et Simon fait construire une chatte8pour saper le rempart.

À l’intérieur du château, au fond des citernes, l’eau du fait de sa rareté était devenue putride. L’orage survenu au moment de la reddition les avait certes remplies, mais l’eau était devenue insalubre, et la mollesse que les soldats de Montfort constataient parmi les défenseurs du château était due à la dysenterie en train de décimer la garnison. Voyant que tout était perdu, Raimond de Termes décide de faire évacuer le château de nuit, mais l’alerte et donnée et les fuyards sont poursuivis. Le seigneur est capturé, et le château est pris sans autre problème.






L’une des choses, que Simon de Montfort n’acceptait pas, était le manquement à la parole donnée. Raimond de Termes paye cher d’être revenu sur son engagement de se rendre et est jeté en prison à Carcassonne. Il y meurt trois ans plus tard. Les sources ne nous informent guère de la présence ou non de sa famille, dont son fils ainé Olivier de Termes.

La chute de Termes, après celle de Minerve, a un énorme retentissement en Occitanie et porta un rude coup à l’esprit de résistance des méridionaux protégeant les cathares : "Lorsque l'on sut partout que Termes était tombé, les châteaux les plus forts furent abandonnés, tout l'Albigeois tomba, sans un seul coup donné!"(Guilhem de Tudèle, La Canso, Chanson de la croisade des Albigeois, début XIIIe s). L’obstination de Simon de Montfort devient légendaire, et il gagne une réputation d’invincibilité. Les châteaux de Coustaussa, Albedun, Puivert, abordé par les croisés, se rendent quasiment immédiatement, mais, toutefois, Simon de Montfort évite d'engager son armée contre d'autres forteresses de montagne au sud, difficiles d'accès et loin de ses bases de ravitaillement afin d'éviter un nouveau siège prolongé. Les seigneurs du Pays de Sault ou de Fenouillèdes ne sont ainsi pas directement attaqués. Ensuite, Simon se rendit en Albigeois où la ville de Castres refait sa soumission. Dans les alentours de Carcassonne, il ne reste plus que les châteaux de Lastours pour parfaire le contrôle des vicomtés Trencavel, mais lPierre Roger de Cabaret, esseulé les livrera sans coup férir au début de 1211.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 20:52




Le siège de Lavaur est une opération militaire de Simon de Montfort au cours de ses campagnes visant à conquérir le comté de Toulouse, lors de la croisade des Albigeois.






Lavaur est une ancienne cité ayant appartenu aux Trencavel. En 1181, le pape Alexandre III avait chargé Henri de Marsiac, abbé de Clairvaux et cardinal d’Albano de combattre lecatharisme avec le soutien du comteRaymond V de Toulouse. La cité de Lavaur, déjà connue comme un repaire de cathares, avait été assiégée et Adélaïde, femme de Roger II Trencavel, avait fini par leur ouvrir les portes et leur livrer deux évêques cathares qui s’y étaient réfugiés. Ces deux derniers avaient abjuré, et le cardinal d’Albano était reparti satisfait, sans se douter que l’hérésie allait reprendre de plus belle. Par la suite, la ville était passée sous le contrôle des comtes de Toulouse, et elle est tenue en 1211 par une veuve, Guiraude de Laurac, appelée plus communément Dame Guiraude. La ville est également redevenue un centre cathare important.

De son côté, Simon de Montfort vient de parachever la conquête des vicomtés Trencavel, avec les prises de Minerve, Termes et Cabaret. Il peut alors songer à attaquer le comté de Toulouse. De plus, un des seigneurs occitans qui lui avait prêté hommage, Aymeri de Montréal, frère de Guiraude, renie son allégeance, se révolte et se réfugie à Lavaur.

Simon de Montfort dispose des forces de Pierre II de la Chapelle, évêque de Paris, et d'Enguerrand III, sire de Coucy, qui sont venus participer à la croisade.







Simon de Montfort atteint la ville avec son armée à la fin du mois de mars 1211, mais le faible effectif de son armée ne lui permet pas de l’encercler entièrement. Seul un côté est réellement attaqué. Guiraude de Laurac demande du secours à son suzerain, le comte Raymond VI de Toulouse, qui envoie Raymond de Ricaud, son sénéchal, avec quelques chevaliers et fantassins. Puis il bat le rappel de son armée, mais se met inexplicablement en attente des évènements, alors qu’il aurait pu vaincre sans peine Simon de Montfort s’il l’avait attaqué pendant le siège.

Son comportement peut être expliqué par le fait qu’il se rendait compte qu’il ne pouvait peut-être pas compter sur tous ses sujets. En effet, après les prêches de Folquet de Marselha, évêque de Toulouse, une confrérie s’était créée à Toulouse, la « confrérie blanche ». Cette confrérie envoie une armée de cinq mille hommes pour prêter main forte à Simon de Montfort, qui peut ainsi compléter son siège. Une mauvaise nouvelle lui parvient peu après. Une armée de pèlerins allemands et frisons, qui venait le rejoindre, est attaquée par Raymond-Roger, comte de Foix, et Guiraud de Pépieux dans le village de Montgey et entièrement anéantie.

Pendant ce temps, Lavaur tient bon sous le pilonnage des pierrières et des mangonneaux, et dispose de vivres et d’eau en suffisance. Les habitants comptent sur une autre intervention du comte de Foix, mais ce dernier s’est replié dans son comté, n’ayant pas les moyens nécessaires pour attaquer le camp des croisés. Montfort fait construire une chatte pour atteindre les remparts et les saper. L’opération ne se fait pas sans difficultés ; les habitants creusent des contre-sapes. Finalement une brèche est pratiquée dans le rempart et permet aux soldats de Simon de Montfort de pénétrer dans la ville le 3 mai 1211. Submergés par le nombre, Aymeri de Montréal, Raymond de Ricaud et leurs soldats sont capturés.










Comme la place est prise d’assaut, le sort des défenseurs et de la population est à la discrétion du vainqueur, en l’occurrence Simon de Montfort. De la garnison, il forme deux groupes : d’un côté Aymeri de Montréal et les chevaliers faydits (1), au nombre de quatre-vingts, de l’autre Raymond de Ricaud, les soldats envoyés de Toulouse et les soldats de Lavaur. Les premiers avaient dans le passé prêté allégeance à Simon de Montfort et avaient renié leur parole en rejoignant Lavaur et en la défendant contre Montfort. Pour ce dernier, c’est un acte de félonie qu’il ordonne de punir par la mort1. Les défenseurs venus de Toulouse avaient seulement obéi à leur seigneur, le comte Raymond, et ne pouvaient être accusés de félonie : ils sont envoyés et incarcérés à Carcassonne comme prisonniers de guerre. La cas de Dame Guiraude(2) est différent : vassale de Raymond VI, elle aurait dû subir le sort de Raymond de Ricaud et de ses soldats, mais elle est considérée comme hérétique, livrée aux soldats, lynchée, jetée dans un puits et tuée à coups de pierres jetées dans celui-ci.

Ce siège ouvre la conquête du comté de Toulouse. La cruauté et la fermeté dont Simon de Montfort fait alors preuve va semer la terreur sur le comté et faciliter ses conquêtes. Le comte Raymond VI de Toulouse a montré sa trop grande prudence en n’attaquant pas le camp des croisés. D’une part il a déçu les seigneurs occitans, d’autre part il a manqué une occasion de porter un grave revers aux croisés.






(1) Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedociens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois. Ils furent partie prenante dans la résistance occitane menée contre l'occupation et l'établissement des croisés venus du nord.

Les seigneurs languedociens qui étaient punis de faidiment pouvaient l'être pour deux raisons différentes.

Soit ils étaient des croyants cathares et donc coupables directement d'hérésie, soit ils refusaient de prêter allégeance aux meneurs de la croisade, ce qui faisait d'eux (aux yeux des croisés) des protecteurs des hérétiques (ce qui était dans certains cas vrai, certains parfaits et parfaites étant parfois des membres de leur famille).

Un seigneur ou chevalier punis de faidiment voyait ses terres mises en proie et pouvait donc se les faire confisquer par les croisés. De nombreux faydits ainsi pourchassés rejoignirent le maquis et prirent une part active dans la résistance à l'occupation de l'Occitanie par les croisés.
Le devenir de ces chevaliers fut très différent. En effet, on ne reste pas nécessairement faydit à vie.
Certains moururent pour leurs terres ou s'exilèrent à la cour du roi d'Aragon, comme Géraud de Niort un temps. D'autres cherchèrent aussi à faire la paix avec l'Égliseafin de recouvrer leurs terres et leurs droits en échange de promesses de combattre les hérétiques à leur tour ou alors de prendre la croix pour aller en Terre saintecomme ce fut le cas, par exemple, d'Olivier de Termes, de Bernard-Othon de Niort (qui alla jusqu'à Rome se faire absoudre par le Pape...).

Parmi les faydits célèbres, on compte : Raymond VI de Toulouse et son filsRaymond VII, Raimond Trencavel, Pierre-Roger de Mirepoix, le défenseur deMontségur et Olivier de Termes.







(2) Guiraude de Lavaur, dite aussi Guiraude de Laurac ou Dame Guiraude ( ? - 3 mai 1211) est une figure emblématique de la résistance à la Croisade des Albigeoiset des victimes de cette dernière. Guiraude (ou Géralde) de Lavaur est, à bien d'autres titres encore, l'un des personnages les plus représentatifs de l'aristocratielanguedocienne du début du XIIIe siècle.
Fille de Blanche de Paracol et de Sicard II (détenteur de l'importante seigneurie de Laurac et Montréal), Guiraude passe sa jeunesse dans un milieu favorable aucatharisme, qui doit la marquer comme il le fait pour ses sœurs (Esclarmonde, Mabilia, etc.)

Esclarmonde, Navarre et Guiraude de Laurac ont pour frère Aimery de Montréal. Ce dernier se soumet une première fois à Simon de Montfort après le siège deCarcassonne, mais il entre en dissidence à l'automne 1209. Après le siège de Minerve, il livre ses seigneuries et prête hommage au nouveau maître de la région. Toutefois, jugeant que ce dernier ne lui a pas confié des domaines suffisant à compenser la perte de sa terre ancestrale, il change encore de camp et participe, au printemps 1211, à la défense de Lavaur, dont Guiraude est la châtelaine (elle semble veuve de Guilhem Peyre à cette époque).

Le 3 mai, jour de la Sainte-Croix, la ville tombe. Guiraude, présentée comme l'incarnation même de l'hospitalité courtoise par La Chanson de la Croisade, subit un supplice horrible, pour avoir résisté aux Croisés :






Ainsi, Dame Guiraude, âme charitable, est jetée poignets liés au fond d'un puits avant d'être lapidée. Le site du supplice se trouve aujourd'hui à l'Esplanade du Plô (site exact de l'ancien castrum), où une stèle commémorative lui est dédiée, ainsi qu'aux victimes du siège de Lavaur (400 hérétiques ont été conduits au bûcher, quatre-vingts chevaliers, dont Aymeri, ont été pendus). Sur la stèle figure la colombe cathare, allégorie de la paix. En outre, des rues ou restaurants vauréens portent le nom de Guiraude, Dame Guiraude, ou bien encore Guiraude de Laurac (c'est le cas de la médiathèque).


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 20:58








La bataille de Montgey, en avril 1211, voit la victoire du comte Raymond-Roger de Foix sur une armée decroisés comprenant une majorité d'Allemands et de Frisons.







Commencée depuis 1208, la croisade contre les Albigeois commence à prendre un caractère international en 1211. Les croisés originaires du royaume de France sont rejoints par des chevaliers qui affluent de divers pays d'Europe. Beaucoup de ces soldats se trouvent aux ordres d'un évêque et ne doivent le service militaire que pour une durée limitée.

En avril 1211, Simon de Montfort, le futur vainqueur de la bataille de Muret, assiège Lavaur, dans le comté deToulouse. Du fait de la résistance opiniâtre des méridionaux, Simon éprouve beaucoup de difficultés à faire capituler Lavaur. Une puissante armée croisée se trouvant à Carcassonne, Simon décide de l'appeler à l'aide. Se composant en majorité d'Allemands et de quelques Frisons, cette armée de croisés sort de Carcassonne et marche en direction de Lavaur. Mis au courant de l'itinéraire de marche de ces croisés, Roger-Raymond de Foix décide de les prendre en embuscade. Cependant, pour détruire cette armée, il faut au comte de Foix un nombre comparable de combattants. Sa troupe personnelle de chevaliers méridionaux n'étant pas suffisante, le comte de Foix recrute un fort contingent de paysans et l’amalgame à son armée. On peut être surpris de ce recrutement, le peu d'entraînement et d'expérience des paysans méridionaux en matière militaire en faisant des soldats peu efficaces. Malgré tout, la motivation de ces paysans est forte devant une croisade s'attaquant à leur culture, et c'est l'occasion de se venger des violences perpétrées par les croisés. Surtout, l'attaque devant être menée par embuscade, en évitant donc une bataille rangée qui aurait été suicidaire, une victoire est possible.






L'embuscade est montée dans le bois qui borde Montgey. Roger-Raymond de Foix ayant parfaitement camouflé ses troupes dans le bois, la surprise est totale pour les croisés allemands et frisons. Au signal du comte de Foix, les paysans et chevaliers sortent du bois, attaquent vigoureusement les Allemands et les Frisons et les massacrent. Au soir de la bataille, tous les croisés allemands et frisons sont tués, blessés ou faits prisonniers. La défaite des croisés allemands et frisons est totale. Aussi cruel que les croisés, Roger-Raymond de Foix ordonne à ses soldats de couper les oreilles et le nez de chaque prisonnier. Simon de Montfort dut poursuivre le siège de Lavaur sans ces renforts.




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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 21:11




Le siège de Castelnaudary est une opération militaire, de Simon de Montfort, en 1211, au cours de ses campagnes contre les Albigeois et visant à conquérir le comté de Toulouse.





En juin 1211, Simon IV de Montfort a tenté en vain d’assiéger Toulouse et a été contraint de lever le siège. Puis, profitant de la venue d’un contingent de croisés conduits par Thiébaut Ier, comte de Bar et de Luxembourg, il effectue une chevauchée dans lecomté de Foix, en représailles de la bataille de Montgey. Puis il part dans le Quercy recevoir l’hommage de Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors et comte de Quercy. Mais les Occitans profitent de cet éloignement de Montfort pour s’agiter. Sicard de Puylarens a repris son château et Raymond VI de Toulouse mobilise de nouveau ses troupes.
Un certain nombre de barons de l’entourage de Simon sont découragés de devoir reconquérir sans arrêt le pays et parlent d’abandonner leurs nouveaux fiefs pour rentrer chez eux. D’autres proposent de se retrancher dans Carcassonne ou Fanjeaux, une des plus puissantes places fortes du pays. Seul Hugues de Lacy propose une place assez faible, afin d’attirer l’armée ennemie. Ce plan séduit Simon de Montfort qui choisit Castelnaudary.





Avant de se rendre dans Castelnaudary, Simon de Montfort apprend avec espoir qu'il peut compter sur Guy de Lacy et sa troupe d'une cinquantaine de chevaliers . Simon de Montfort est à peine installé dans la ville que l’armée du comte de Toulouse survient et installe son camp. Les habitants des faubourgs de la ville vont immédiatement rendre hommage au comte de Toulouse, qui occupe les faubourgs. La nuit, Montfort effectue une sortie et déloge les partisans de Toulouse.

Bien que l’armée occitane manque d’homogénéité et est partagée entre Raymond VI de Toulouse, qui joue la prudence, et Raymond-Roger de Foix, toujours prêt à lancer l’assaut contre la ville, sa supériorité numérique met Montfort dans une position désespérée. Savary de Mauléon, sénéchal du Poitou pour le roi d'Angleterre, rejoint aussi l'armée toulousaine avec une bande de routiers.
Montfort envoie Guy Ier de Lévis à Carcassonne et à Béziers pour réquisitionner les milices des deux villes, mais elles refusent de venir, ainsi que le vicomte de Narbonne Aymeri III. En effet, la plupart des cités languedociennes jouent un attentisme prudent en attendant de connaître le vainqueur.
Ils réussissent cependant à préparer un convoi de vivres pour les assiégés, à trouver trois cents volontaires et font route vers Castelnaudary, rejoints par Bouchard de Marly qui a obtenu une armée de l’évêque de Cahors. Le convoi est attaqué par le comte de Foix à Saint-Martin-Lalande, à quelques kilomètres de Castelnaudary. Pour Simon de Montfort, c’est un dilemme : faut-il rester dans la ville et perdre ses alliés et le ravitaillement dont il a besoin, ou les secourir et risquer de perdre la ville. Il choisit alors d’attaquer le comte de Foix, ne laissant que cinq chevaliers et quelques sergents pour défendre Castelnaudary. Les routiers du comte de Foix avaient commencé le pillage du convoi et sont totalement pris au dépourvu par l’armée de Montfort. Après d’âpres combats, l’armée de Raymond-Roger de Foix doit s’enfuir et se réfugier dans le camp du comte de Toulouse, mais Simon de Montfort, dans l’euphorie de la victoire et des retrouvailles, perd du temps et une occasion d’investir le camp.
Ses effectifs restent insuffisants face à l’armée de Toulouse, et Simon repart à Carcassonne lever de nouvelles troupes. Il est en train d’accueillir un nouveau contingent de croisés, conduit par Alain de Roucy, quand il apprend que le comte de Toulouse a levé le siège et incendié son camp











Ce siège est une victoire pour Simon de Montfort, qui a déjoué l'offensive du comte de Toulouse, mais elle est principalement due à l'indécision de ce dernier. Mais la noblesse occitane, persuadée que Raymond VI va reprendre l'offensive, reprend ses châteaux. En quelques semaines, les croisés perdent une cinquantaine de places fortes. L'arrivée de nouveaux contingents de croisés va permettre à Montfort de reprendre l'initiative et de reconquérir le terrain perdu.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 21:41




La bataille de Muret (en occitanbatalha de Murèth) eut lieu le12 septembre 1213 près de Muret, dans la plaine à 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des Albigeois. C'est une bataille importante où se sont affronté Raymond VI, comte de Toulouse et ses alliés comme Raymond-Roger, comte de Foix ainsi que Pierre le Catholique, roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier mais aussi Bernard IV de Comminges contre les Croisés et les troupes de Philippe II de France, commandées par Simon de Montfort.



Lassé de l'ingérence et des assauts du parti du pape et des Croisés, et renforcé par le prestige de la victoire de Las Navas de Tolosa sur les Maures(1212), le roi d'Aragon ose finalement soutenir son allié toulousain, tolérant envers les Cathares. Le roi et ses vassaux ou alliés attaquent la forteresse de Muret conquise en 1212 par Simon de Montfort. Celui-ci est en claire infériorité numérique, mais la place tient. Pierre II d'Aragon est tué dans la bataille, son fils est fait prisonnier par les Croisés et les milices toulousaines sont massacrées. Simon de Montfort, en gagnant la bataille de Muret, va marquer le prélude de la domination française sur l'Occitanie et la fin de l'expansion de la Couronne d'Aragon au nord.





Depuis quatre ans, une armée de Croisés opère dans les possessions du sud de la France dans le but d'éradiquer l'hérésie cathare. Après les sièges de Béziers et de Carcassonne (1209), Simon IV de Montfort a accepté de poursuivre la lutte. Il avait d'abord fait la conquête des vicomtés de Raymond-Roger Trencavel, puis s'était attaqué au comte de Toulouse. La croisade tourne rapidement à la guerre de conquête. Le roi Pierre II d'Aragon, également comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, était alors suzerain d'un certain nombre de seigneurs languedociens, dont le vicomte Trencavel. Inquiet de la venue de cette croisade qui nuisait à son influence et à ses ambitions, il se propose plusieurs fois en médiateur entre les belligérants, et ne reconnut Simon de Montfort comme vicomte de Carcassonne et de Béziers que du bout des lèvres. Ne voulant pas se brouiller avec l'Église, il ne pouvait pas soutenir militairement le comte de Toulouse.


D'autre part, il était également en lutte contre les Maures d'Espagne, qu'il battit à Las Navas de Tolosa le 17 juillet 1212. Auréolé de ce prestige, il plaide la cause du comte de Toulouse auprès du pape Innocent III, qui décida d'ouvrir le concile de Lavaur. Ce concile n'aboutit pas et, le 21 janvier 1213, le roi d'Aragon prend officiellement Raymond VI, comte de Toulouse, Raymond-Roger, comte de Foix, et Gaston VI, vicomte de Béarn sous sa protection et reçoit leur hommage.


Philippe II Auguste, roi de France, dont les droits sur le sud du royaume étaient lésés par cet hommage, voulut envoyer son fils Louis prêter main-forte, mais doit au dernier moment l'envoyer combattre le roi d'Angleterre, ce qui oblige Simon à attendre d'autres contingents de Croisés, menés par les évêques d'Orléans etd'Auxerre. Pendant ce temps, le château de Pujols est assiégé puis pris par les Languedociens et les Catalans ; sa garnison est massacrée.

À la fin du mois d'août 1213, Pierre II, qui a fini ses préparatifs, franchit les Pyrénées, rejoint ses nouveaux alliés et commence le 8 septembre le siège de Muret, défendu par une trentaine de chevaliers de Simon. La ville est rapidement prise, mais Pierre II doit modérer l'ardeur de ses soldats qui veulent prendre également le château. Il souhaite que Montfort puisse atteindre et entrer dans le château à la tête de ses troupes pour ensuite mieux le vaincre, et il craignait que si le château était pris avant l'arrivée de Simon de Montfort, ce dernier ne change ses plans.


Effectivement, Simon IV de Montfort qui se trouvait alors à Fanjeaux, lève une troupe de mille cavaliers, arrive à Muret le 11 septembre et entre dans le château.





Carte de la croisade des Albigeois à la date
de la bataille de Muret en 1213.






Plan de la cité de Muret en 1213,
œuvre de F. X. Hernández.







Les deux évêques, moins confiants que Simon de Montfort en la victoire, tentent d'entrer en pourparlers avec Pierre d'Aragon pour le convaincre de cesser de soutenir les barons languedociens et gascons. Le roi d'Aragon, croyant déceler dans cette démarche une faiblesse de Montfort, renonce à son premier plan consistant à attendre l'affaiblissement des assiégés dans Muret et décide de livrer bataille le lendemain. Le comte de Toulouse s'y oppose, connaissant le talent stratégique de Simon de Montfort, mais Pierre II le traite de lâche. De son côté, Simon, voyant que les vivres ne lui permettent de tenir que quelques jours, décide également de livrer bataille le lendemain.


Au matin, il sort de la ville avec tous ses chevaliers qui se regroupent dans la plaine à proximité de la Porte de Salles. Il répartit ses troupes en trois batailles de 300 hommes, l'une commandée par Guillaume des Barres, la seconde par Bouchard de Marly et la troisième par lui-même. Les trois bataillons suivent la Louge vers le sud, évitant les milices toulousaines qui, à défaut de les intercepter, auraient pu sonner l'alarme. Cette manœuvre donne au contraire l'impression d'une fuite. Traversant la rivière plus loin, ils continuent en direction du camp opposé, et rencontre la cavalerie ennemie à proximité. Le comte de Toulouse, manifestant son opposition, ne prend pas part à la bataille et reste au camp avec ses 900 hommes.


L'armée alliée au Comte de Toulouse est composée de deux bataillons, l'un dirigé par le comte de Foix et composé de 200 Aragonais et 400 Fuxéens, l'autre de 700 Aragonais dirigés par Pierre II. Le bataillon de Guillaume des Barres charge aussitôt celui du comte de Foix, qu'il enfonce sans peine et qui reflue sur la ligne de Pierre d'Aragon. C'est alors que la charge de Bouchard de Marly arrive sur le lieu et continue de désorganiser les deux bataillons adverses. La mêlée est violente et tumultueuse. Rapidement deux chevaliers, Alain de Roucy et Florent de Ville, décident de viser la tête de la coalition et tuent un héraut d'armes, qui portait les habits du roi : il était courant qu'un seigneur choisisse avant la bataille d'échanger ses habits avec un de ses chevaliers pour partager la position de ses hommes et ne pas être avantagé par rapport à eux. Cette coutume est très chevaleresque mais catastrophique sur le plan stratégique. Les chevaliers se seraient étonnés que le « tueur des Maures » ait été aussi faible. Les Aragonais crurent alors que leur roi était mort et commençaient à désespérer, c'est pourquoi Pierre II proclama haut et fort qu'il était bien vivant et en pleine forme, et que le tueur de Maures allait leur montrer comment il avait gagné Las Navas de Tolosa. Mais cette bravade lui coûta cher, il se retrouva vite submergé par les Croisés et fut tué peu après par un seigneur d'Artois Alain de Renty. Pendant ce temps, Simon de Monfort et son bataillon effectuaient un mouvement tournant pour attaquer l'ennemi sur son flanc droit.



Plan de la bataille de Muret


Raymond VI de Toulouse, constatant la catastrophe des opérations telle qu'il l'avait craint, prit alors la fuite vers Toulouse avec ses 900 hommes, sans combattre. Les survivants des deux premières lignes fuirent alors en direction de la Garonne. Les milices toulousaines, qui n'avaient pas du tout pris part à la bataille et essayaient de s'emparer de la ville et du château ne cessèrent pas leurs assauts pour autant. Les Croisés s'attaquèrent alors aux milices toulousaines qui ne s'y attendaient pas et les massacrèrent : la plupart seraient morts sous les coups des Croisés ou noyés en essayant d'embarquer précipitamment vers Toulouse. Cet épisode est en tout cas le véritable drame et la grande catastrophe de la croisade des Albigeois : la majorité des hommes toulousains en âge de combattre y sont morts. Les Toulousains n'en ont cependant pas tenu pour responsable Raymond VI qui a tenté d'éviter une attaque frontale face à Simon de Montfort, mais bien Pierre II qui s'est révélé trop sûr de lui et très téméraire.












Le fils de Pierre II, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier. Mais le pape demande à Simon de rendre Jacques d'Aragon à son royaume et impose une trêve, empêchant Simon d'exploiter immédiatement son avantage. Simon de Monfort met Jacques sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Catalogne.

Cette défaite et la mort de Pierre II met fin aux velléités d'intervention de la Couronne d'Aragon contre la croisade. Elle renforce indirectement la monarchie capétienne, comme le feront plus directement l'année suivante les deux batailles de la Roche-aux-Moines contre l'Angleterre et Bouvines contre l'Empire germanique. Les comtes de Foix et de Comminges repartent sur leurs terres. Le comte de Toulouse part pour l'Angleterre rencontrer Jean Sans Terre et laisse aux consuls de Toulouse le soin de négocier avec les chefs de la croisade.

En 1218, les Toulousains se vengèrent de Simon de Montfort qui mourut écrasé par un boulet lancé par une pierrière lors du siège de la ville.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 21:51




Le premier siège de Toulouse est une opération militaire de Simon IV de Montfort dans le but de conquérir le comté de Toulouse sur le comte Raymond VI







En 1211, le comte Simon de Montfort a achevé la prise de contrôle des vicomtés Trencavel (Béziers, Albi, Carcassonne et Razès) en prenant les principales places fortes (Minerve,Termes et Cabaret). La lutte contre les cathares peut y être menée à bien, mais il reste des régions où le catharisme est fortement implanté. Il s’agit des possessions du comte Raymond VI de Toulouse (Toulousain, Rouergue, Quercy, …).

Raymond avait tenté de faire amende honorable au concile de Saint-Gilles, mais le légat du pape Arnaud Amaury avait décidé de le faire tomber et l’y avait fait condamner et avait confirmé son excommunication. Selon les règles de l’Église et de la féodalité, les biens d’un excommunié appartenaient au premier seigneur capable de les conquérir. Aussi Arnaud Amaury avait incité Simon de Montfort à le faire, lequel avait commencé par prendre Lavaur.






Raymond de Toulouse, prévoyant le siège, avait fait incendier Castelnaudary puis avait emmené les paysans, les récoltes et le bétail afin de nuire au ravitaillement de Simon de Montfort. Simon de Montfort bénéficie d’un bataillon de croisés, menés parThiébaut Ier, comte de Bar et de Luxembourg. La route menant à Toulouse et venant de Carcassonne était gardée par le château de Montferrand, tenue par Baudouin de Toulouse, le frère de Raymond VI. Mais ne disposant que d’effectifs insuffisants, il se rend après deux assauts et fait allégeance auprès de Montfort. D’autres forteresses se rendent à la suite de Montferrand, et Simon de Montfort approche de Toulouse dans la première moitié du mois de juin 1211.

Les consuls envoient une délégation auprès de Simon de Montfort et du légat Arnaud Amaury, protestant contre le siège qui se prépare, affirmant l’attachement de la population à la foi romaine et rappelant que cinq mille d’entre eux avaient contribué à la prise de Lavaur. Les chefs de la croisade leur demandent alors de chasser leur comte, ce à quoi les consuls répondent qu’ils ne le peuvent, étant tenus par le serment de fidélité, et que l’église ne leur avait pas ordonné de rompre ce serment. Arnaud Amaury leur déclare que s’ils ne rejettent pas leur comte, les chrétiens de Toulouse seront assimilés à des hérétiques ou à des receleurs d’hérétiques. Sur ce, la délégation rentre en ville et toute la population toulousaine décide de faire front commun face aux croisés.

Le 15 juin, Simon et son armée se présente à Montaudran pour franchir l’Hers, mais une armée réunie par les comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges lui barre le passage. Ne pouvant forcer le passage, Simon de Montfort feint de battre retraite, traverse par un autre pont que les Toulousains n’avaient pas terminé de détruire et attaque l’armée des trois comtes qui ne tarde pas à fuir. À la fin de la journée, l’armée de Simon de Montfort et du comte de Bar s’installe devant la ville de Toulouse.

Sans machine de guerre, Simon de Montfort fait combler les fossés et fait confectionner de grandes targes pour protéger ses soldats quand ils s’approchent des remparts. Les Toulousains font une sortie pour s’emparer de ces targes, mais n’en emportent que deux et laissent plusieurs morts sur le champ de bataille. Contre l’avis du comte de Toulouse, le chef des routiers organise une sortie au moment de la sieste, mais l’alerte est donnée par Simon de Neauphle et les routiers sont repoussés.
Au bout de deux semaines, le siège n’a pas avancé, le ravitaillement de l’armée de plus en plus difficile. Aussi Simon de Montfort se rend compte qu’il n’arrive à rien, et lève le siège le 29 juin.









Ce siège est un échec pour Simon de Montfort qui, pour se venger du comte de Foix qui soutient le comte de Toulouse et qui a massacré des croisés à Montgey, effectue une chevauchée dans le comté de Foix afin d’affaiblir ce dernier. En revenant dans les vicomtés Trencavel, il va trouver ces dernières au bord de la révolte, et apprendre que Raymond VI de Toulouse regroupe une armée pour le combattre. Vainqueur à Castelnaudary, Montfort va devoir reconquérir ses vicomtés de Carcassonne, de Béziers et d’Albi avant de pouvoir reprendre l’offensive et de remporter l’écrasante victoire de Muret. En fait, cet échec à Toulouse n’aura fait que retarder la victoire de Simon de Montfort.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 22:03




Le siège de Beaucaire est une opération militaire de la croisade des Albigeois.







À l’issue du IVe concile de Latran, le 14 décembre 1215, le comte Raymond VI de Toulouse avait été dépossédé de ses états. La plus grande partie (comtés de Toulouse, d’Agen, de Rouergue, de Quercy et de Lodève) avaient été donnés à Simon IV de Montfort tandis que le marquisat de Provence était destiné à Raymond VII de Toulouse, sous condition de bonne conduite.

Quelques mois se sont écoulés. Simon de Montfort s’est rendu à Paris pour rendre hommage de ses nouvelles terres à Philippe II Auguste, roi de France, et Raymond VI s’est réfugié à Gênes, avec son fils. De Gênes, le père et le fils décident de ne pas attendre pour prendre possession du marquisat de Provence et débarquent à Marseille où ils aident les consuls et la population de la ville en lutte contre l’évêque de Marseille. En remerciement, ils obtiennent une armée qui leur permet d’occuper le marquisat de Provence.

Lorsqu’il avait rendu sa sentence à propos des biens de Raymond VI, le pape n’avait pas évoqué la ville de Beaucaire. Cette ville appartenait aux archevêques d’Arles et en avaient confié la garde aux comtes de Toulouse. En 1215, l’archevêque l’avait reprise et confiée à Simon de Montfort, qui y avait laissé une garnison commandée par Lambert de Limoux. Comme elle n’était pas expressément mentionnée dans la sentence, Simon de Montfort la considérait comme sa possession. Comme la ville était limitrophe du marquisat, Raymond VII la revendiquait comme sienne. La situation de la ville au bord du Rhône en faisait une cité riche et stratégiquement importante.





Soutenu par une armée d’Avignonnais et de Tarasconnais, le futur Raymond VII se rend à Beaucaire, où les habitants, enthousiastes, lui ouvrent les portes, à la fin du mois de mai 1216. Lambert de Limoux tente de s’opposer aux troupes du comte de Toulouse, mais la supériorité numérique de ceux-ci et des habitants l’oblige à se replier dans le château où il se retranche, et se trouve rapidement assiégé. Il a cependant le temps d’envoyer des messages à Simon de Montfort, qui se trouve en Île-de-France et à son frère Guy de Montfort, qui se trouve à Toulouse.

Dès qu’il est prévenu, Guy bat le rappel des troupes et marche sur Beaucaire. Il arrive à Nîmes le 3 juin, En chemin, il apprend que Bellegarde, à quelques kilomètres au sud de Beaucaire, a ouvert ses portes aux troupes de Raymond. Le 4 juin, il commence par prendre le village pour éviter que ses ennemis disposent d’une base pouvant les prendre à revers. Pour tenter d’intimider son ennemi, Raymond sort ses troupes et les deux armées s’observent, sans livrer le combat. Le lendemain, c’est Simon de Montfort qui arrive sur les lieux.

Raymond de Toulouse ne dispose pas de suffisamment d’effectif pour engager la bataille en rase campagne, aussi se retranche-t-il dans la ville, dont il avait organisé la défense et le ravitaillement avant l’arrivée de Montfort. Simon de Montfort le sait et se prépare à un siège qui promet d’être long. Le château est isolé, et les vivres et l’eau risquent de manquer. La ville, elle, est arrosée par le Rhône et continue d’être ravitaillée. Montfort pour ravitailler son armée, doit faire escorter les convois, car la région n’est pas sûre et les provençaux les attaquent périodiquement. Cela diminue d’autant les effectifs pour le siège.

Montfort tente de prendre d’assaut la ville à trois reprises mais est repoussé à chaque fois. Alors que les troupes de Raymond sont pleins d’entrain et de courage, la lassitude et le découragement gagne l’armée de Simon de Montfort. De plus, pendant le mois d’août, Lambert de Limoux fait savoir à Simon de Montfort que les vivres et l’eau commencent à manquer, et qu’il va devoir capituler. Des messagers venant du Languedoc apprennent que le Toulousain s’agite. Aussi les barons de Montfort lui conseillent de mettre fin au siège, afin de régler la situation du comté de Toulouse. Simon de Montfort s’y résigne et négocie avec le comte de Toulouse la levée du siège en échange de la vie sauve pour la garnison de Lambert de Limoux.









Ce siège est un grave échec pour Simon de Montfort et met à mal sa réputation d’invincibilité. De plus la lassitude et le découragement de ses troupes commencent à se faire sentir. Ce ne sont plus les intrépides de la bataille de Muret ou de Castelnaudary, mais des hommes usés par sept ans de guerres continuelles et d’opération sans cesse à recommencer.

À partir de ce moment, Simon de Montfort va accumuler les erreurs. Il va exiger des garanties et des sommes importantes de la ville de Toulouse, transformant une animosité en haine. À la fin de l’année 1217, la ville se révolte, et Simon de Montfort trouve la mort au cours du siège.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 22:14





Le siège de Toulouse de 1218 est une opération de Simon IV de Montfort qui tentait de reprendre la ville de Toulouse qui s’était révolté contre lui. C’est au cours de ce siège que Simon de Montfort trouva la mort.






Le siège de Beaucaire (été 1216) est le premier échec de Simon de Montfort et avait réduit à néant sa réputation d’invincibilité. Il avait également mis en évidence la lassitude de ses barons et de ses soldats après sept ans de guérilla permanente. Nombre d’entre eux lui conseillaient la modération, mais Simon apprend que le comte Raymond VI de Toulouse marche sur Toulouse à la tête d’une armée. Simon envoie une avant-garde qui est capturée par les Toulousains, puis y conduit son armée à marche forcée1 et devance l’armée de Raymond VI.

Les Toulousains, dans une position difficile, car capturer le détachement d’avant-garde est une signe de rébellion ouverte, envoient une délégation, que Montfort capture immédiatement. En fureur Simon de Montfort parle d’imposer une lourde amende à la ville ou de la mettre à sac. Foulques de Marselha, évêque de Toulouse et ami de Montfort se pose en médiateur et apaise sa colère. Pendant que l’évêque Foulques parlemente avec la population, l’armée de Montfort pénètre dans la ville et met le feu au quartier juif, pour désorganiser ses opposants, mais la ville se couvre de barricades et il doit se replier dans le Château Narbonnais. Mais les notables toulousains savent que sans le soutien de l’armée, il leur est impossible de résister à l’armée française. Aussi décident-ils de négocier la reddition de la ville. Quand les soldats français capturés sont libérés par les Toulousains, Simon de Montfort jette le masque et exerce une forte répression dans la ville : occupation des points stratégiques de la ville, arrestations brutales, déportation des notables, et rançon de trente mille marcs d’argent. Le résultat de ces exactions est de transformer l’animosité de Toulouse envers Montfort en haine.


Au mois de novembre 1216, Simon de Montfort quitte la ville et va marier son fils Guy avec Pétronille de Comminges, comtesse de Bigorre. Puis il revient à Toulouse pour les fêtes de Noël 1216 et institue un nouvel impôt pour financer son armée. Au début de 1217, il part combattre Raymond Roger, comte de Foix, reprend quelques châteaux pris par des chevalier faydits dans les Corbières. En juin 1217, il part en Provence déloger Raymond VII qui tient le marquisat. Il prend la ville de Crest à Aymar II de Poitiers, comte de Valentinois et le soumet, enlevant à Raymond VII son principal allié, quand il reçoit un message de son épouse Alix de Montmorency, restée au Château Narbonnais de Toulouse, qui lui apprend que Toulouse s'est de nouveau révoltée et qu'elle a ouvert ses portes à l'armée de Raymond VI.





En effet, le comte Raymond VI, que Simon de Montfort pensait être en Provence, était en fait en Aragon. Dès le départ de Montfort pour la Provence, Raymond rassemble une armée et des chevaliers faydits et se dirige vers Toulouse. Rejoints par les comtes de Foix et de Comminges, il met en déroute une petite troupe commandée par Joris, un Languedocien fidèle de Montfort. Le 12 septembre, il parvient à proximité de Toulouse et envoie des messagers à des alliés vivant en ville. Le 13, il avance en évitant les garnisons laissées par Montfort et entre dans Toulouse sous les acclamations de la foule. Alix de Montmorency, restée au Château-Narbonnais, ne peut empêcher l’entrée de l’armée, mais envoie des messagers à Simon et à Guy de Montfort. Pendant ce temps, les Toulousains se dépêchent de remettre la ville en état de défense, et de reconstruire les fortifications démantelées par Simon de Montfort.

Guy de Montfort arrive sur place le 22 septembre, accompagné d’Alain de Roucy, d’Hugues de Lacy, de Guy de Lévis et de Foucault de Berzy. Voyant que la muraille à proximité de la porte de Montoulieu est encore en ruines, il y tente un assaut, mais il est repoussé par le comte de Foix. Début octobre, Simon de Montfort arrive à son tour devant la ville et organise un assaut, mais probablement prévenu par un espion, le comte de Comminges repousse l’assaut et tente de blesser son gendre2. Après l’échec de ce second assaut, Simon de Montfort doit se résigner à un siège qui promet de durer longtemps.

Le lendemain, il investit le faubourg Saint-Cyprien, situé sur l’autre rive de la Garonne et qui permet le ravitaillement de Toulouse. Mais ce même jour, Toulouse reçoit des renforts sous la forme de contingents catalans et aragonais. Simon de Montfort, lui, ne reçoit que quelques renforts languedociens, et les Toulousains reprennent le faubourg. De part et d’autre se construisent des pierrières et desmangonneaux. L’hiver se passe avec un seul assaut, infructueux. Toulouse est trop grande et trop bien défendue pour être pris d’assaut, et les effectifs français sont trop faibles pour assurer un blocus efficace.

Le jour de Pâques, le 15 avril 1218, les Toulousains tentent une sortie qui se termine en bataille sanglante, sans faire évoluer la situation. Au début du mois de mai, des contingents de croisés, conduits par Michel de Harnes, un seigneurartésien, et Gautier de Langton, un seigneur anglais, viennent rejoindre Simon de Montfort. Il en profite pour tenter de reprendre le faubourg Saint-Cyprien, mais les Toulousains avaient prévu l’attaque et dressé des barricades dans le faubourg. Fin mai, un orage éclate et des pluies diluviennes tombent, faisant grossir la Garonne qui déborde et inonde le faubourg Saint-Cyprien, le débarrassant de ses barricades et emportant les ponts. Simon de Montfort peut enfin occuper le faubourg et empêcher le ravitaillement de la ville. Le 2 juin, Montfort tente d’attirer les troupes toulousaines à l’extérieur de la ville, mais Raymond-Roger de Foix réussit à sauver la situation. Les croisés reçoivent un nouveau contingent mené par le comte de Soissons, tandis que Raymond VII entre dans la ville avec ses troupes.

Simon ordonne la construction d’une tour en bois pour prendre la ville, et les Toulousains tentent une sortie le 25 juin pour la détruire. Une fois de plus la mêlée est sanglante. Au cours des combats, Simon aperçoit son frère Guy tomber, son cheval tué. Il se porte à son secours quand il reçoit sur la tête une énorme pierre lancée d’un mangonneau toulousain. Il est tué sur le coup.

Amaury VI de Montfort, son fils aîné, prend immédiatement la direction des opérations, mais le moral des troupes croisées chute, et le contingent du comte de Soissons quitte le siège sa quarantaine achevée. Il tente un dernier assaut, le1er juillet 1218. À contrecœur et sur le conseil de son oncle Guy et de ses barons, il lève le siège de la ville le 25 juillet.










L’échec de ce siège confirme l’arrêt de l’expansion des Montfort en Occitanie, déjà mis au jour avec le siège de Beaucaire. En dehors de l’intervention du prince Louisen 1219, Amaury de Montfort ne va cesser de perdre du terrain, avant de céder tous ses droits sur le Languedoc au prince, devenu roi de France entre temps. Mais ces victoires ne feront que retarder l’annexion de l’Occitanie : les vicomtés de Béziers, d’Albi et de Carcassonne sont rattachées au domaine royal dès 1226, au cours de la croisade du roi Louis VIII le Lion, et le comté de Toulouse entre dans l’apanage du prince capétien Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis et gendre de Raymond VII, en 1249, avant d’être rattaché à la Couronne en 1271.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 22:22




Le siège de Marmande est une opération militaire d’Amaury VI de Montfort lors de la croisade des Albigeois en 1219, qui trouva sa conclusion avec l’arrivée du prince Louis de France, fils de Philippe Auguste, et qui se termina par le massacre de la population de la ville.





Depuis l’échec du siège de Toulouse et la mort de son père, Amaury VI de Montfort se trouve dans une situation désespérée. Le moral de ses troupes est au plus bas, les seigneurs languedociens commencent à se révolter et le comte Raymond VII de Toulouse entreprend une campagne de reconquête. Les faibles effectifs de l’armée d’Amaury ne lui permettent pas de s’y opposer, et plusieurs barons conseillent à Amaury la négociation. Le pape Honorius III avait envoyé une ambassade au roi Philippe Auguste, mais l’effet ne s’en fera sentir qu’au cours de l’année suivante.






Aux alentours de Noël, Alix de Montmorency, veuve de Simon de Montfort et mère d’Amaury, et Bouchard de Marly arrivent avec un petit contingent de croisés. Ce renfort lui permet de faire un raid dans les Corbières, puis il tente de surprendre la ville de Marmande, en Agenais, mais sans succès.
Il entreprend alors le siège de la ville, au début de l’année 1219. Raymond VII ne juge pas utile d’intervenir, faisant confiance aux capacités des défenseurs et de ses deux chefs : Centule d’Astarac et Arnaud de Blanquefort. Raymond préférait également continuer le combat contre les croisés se trouvant à Carcassonne. En effet, certains d’entre eux, conduits par Foucauld de Berzy, effectuaient des raids dévastateurs dans les terres du comte. Avec le comte de Foix, Raymond surprend la troupe de Foucault de Berzy près de Baziège et la massacre.

Au printemps, le roi Philippe Auguste envoie son fils à la tête d’une importante troupe : une vingtaine d’évêques, une trentaine de comtes, six cents chevaliers et dix mille archers2. Cette armée arrive à Marmande le 2 juin 1219. Dès le premier assaut, les ouvrages avancés de la défense de la ville sont emportés. Pour Centule d’Astarac, le commandant de la place forte, l’avenir est nettement moins assuré, avec la venue du fils du roi. Il entreprend des négociations et accepte la reddition de la ville le 10 juin, en échange de la vie sauve pour lui et ses soldats. Le légat pontifical réclame pourtant la mort de Centule, comme hérétique et parjure, mais des barons protestent, estimant contraire à leur honneur de violer la parole donnée. Le comte d’Astarac et ses soldats sont considérés comme des prisonniers de guerre, mais les soldats du roi avaient profité de cette discussion entre le roi et le légat pour entrer dans la ville et commencer le pillage et le massacre. Cinq mille habitants sont massacrés et la ville est incendiée.








Cette victoire reste sans lendemain. Amaury de Montfort s’est montré incapable de prendre la ville avant l’intervention royale. L’annonce de la prise de Marmande, ainsi que celle du massacre, rend méfiantes les populations occitanes, qui refusent d’accorder foi à la parole royale. Ainsi Toulouse refuse peu après d’ouvrir ses portes au prince, qui met le siège devant la ville, mais ne réussit pas à la prendre. Au début du mois d’août, le prince Louis quitte le sud du royaume, et Amaury de Montfort subit d’autres revers, avant de devoir renoncer en 1224 et quitter à son tour le Languedoc.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 22:38




Montségur (Montsegur en occitan, le Mont Sûr) est une commune française, située dans le département de l'Ariège en régionLanguedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Le village est surtout réputé pour son châteaudit « cathare ».


Ses habitants sont appelés lesMontséguriens.


Au Moyen Âge, Montségur et sa région, passent successivement de la domination des comtes de Toulouse, à celle des vicomtes de Carcassonne, et enfin celle des comtes de Foix.


Trois forteresses se succèderont au sommet de la montagne (appelée aussi pog ou pech) qui surplombe le village actuel. De la première forteresse, on sait peu de choses si ce n'est qu'elle était en ruines aux alentours de 1204. La suivante fut celle de la période cathare. Le village appelé « Castrum » était à cette époque au sommet de la montagne, dans la forteresse. En juillet 1241, un premier siège eut lieu, mais la forteresse ne fut pas prise. Après un siège de 10 mois en 1244, le village fut détruit. 200 « bons-hommes » et « bonnes-femmes » furent brulés vifs sur un bûcher. Le château fut vraisemblablement restauré et remanié vers la fin du XIIIe siècle, pour donner la forteresse actuelle. Un nouveau village fut également construit à l'emplacement actuel.


L'Ahnenerbe, groupe de recherches mystique et ésotérique nazi, créé par Himmler, chercha dans le château cathare de Montségur la trace du Saint-Graal qui aurait été prétendument dissimulé ici par les Cathares avant leur disparition.







Le château de Montségur a été assiégé à plusieurs reprises. Le siège le plus important est celui de 1243-1244, qui s'acheva par la prise du château et le bûcher de deux cents cathares.


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Montségur est un fief qui appartient au XIIe siècle à la famille de Pareille. Son château était probablement en ruine en 1200. Vers 1204, pour une raison inconnue, le diacre cathare de Mirepoix demande à son seigneur de rebâtir le château. Certains supposent que les « Parfaits » (nom que les Inquisiteurs donnaient ironiquement aux Cathares mais que le peuple occitan préférait appeler les Bonnes Dames et les Bons Hommes), informés des projets d’Innocent III à leur encontre, auraient voulu disposer d’un refuge.

Avec l’occupation des vicomtés Trencavel, puis du comté de Toulouse par les troupes de Simon de Montfort, Montségur devient un centre cathare important. Bien que connaissant cette situation, Montfort ne se préoccupa pas de ce château, qui lui aurait fait perdre beaucoup de temps alors qu’il avait tant à faire pour contrôler ses conquêtes. Le château servait ainsi de refuge aux périodes les plus sombres de la lutte, pour se vider en période de paix, les prêtres cathares repartant dans les plaines.


Vers 1230, peu avant l’institution de l’Inquisition, l’évêque cathare Guilhabert de Castres demande au seigneur Raimond de Péreille l’autorisation de faire de Montségur la capitale des Cathares. Après une longue réflexion1, Raimond accepte. Le château devient alors un centre cathare important, hébergeant plusieurs centaines de Bonnes Dames et de Bons Hommes. De ce fait, il devient un véritable lieu de pèlerinage pour les fidèles cathares. Leur Église, riche, aide Raimond de Péreille à recruter des soldats pour défendre le château. Le seigneur avait également fait venir un chevalier faydit, Pierre-Roger de Mirepoix, lui avait confié le commandement du château et lui avait donné la main de sa fille Philippa.






En 1243, le concile catholique de Béziers décide d’intensifier la lutte contre les Cathares et décide de prendre le château, comprenant qu’aucune autre action ne serait efficace sans avoir obtenu, auparavant, la chute de Montségur. Il voulait également répondre au massacre des Inquisiteurs à Avignon et et châtier ses instigateurs. Le concile confie la lutte à Hugues des Arcis, sénéchal de Carcassonne. Venu en reconnaissance sur les lieux, Hugues comprend que le château, construit sur une montagne escarpée, ne peut être pris d’assaut. Il commence donc le siège autour au mois de mai 1243 après avoir établi un cordon de sécurité, qui se révèlera cependant inefficace, car il n’empêchera jamais le seigneur de Péreille de communiquer avec l’extérieur. L’été et l’automne s’écoulent sans que des actions importantes soient entreprises, Hugues des Arcis cherche les point faibles de la forteresse et Raymond de Péreille attend les secours du comte Raymond VII de Toulouse si ce n'est de l'Empereur ennemi farouche du pape.


Le comte de Toulouse, toujours excommunié, cherche alors à rentrer en grâce auprès du pape et n’a pas, de toutes les façons, les moyens militaires pour déloger l’assaillant. Hugues des Arcis, l’hiver venu, ne plie pas bagages pour autant. Il a désormais un plan. Le long de la crête, à environ un kilomètre, il y a le Roc de la Tour sur lequel est construit un petit fortin. Des hommes l'escaladent de nuit et massacrent dans leur sommeil les soldats de la garnison. La prise de cette défense avancée permet à une partie de l’armée de s’installer à la même altitude que celle de la forteresse. En novembre 1243, Durand, évêque d’Albi, arrive avec un nouveau contingent de soldats. Leurs connaissances techniques leur permettent d’installer une pierrière sur le Roc de la Tour et de bombarder une barbacane qui, située sur la crête, défend l’accès au château.

En janvier 1244, Péreille et Mirepoix font venir L'ingénieur Bertrand de la Bacalaria, envoyé par le comte de Toulouse, construit plusieurs machines pour contrer celle des Français. En février, la barbacane, qui vient de subir depuis trois mois les bombardements est prise par les assaillants. Démoralisé, manquant de soldats, Raimond de Péreille, avec le consentement de l'evêque cathare Bertrand Marty décide de négocier la reddition du château. Les pourparlers commencent le 1ermars. Hugues d’Arcis accepte les conditions demandées par Raimond de Péreille :

• reddition de la forteresse au bout de quinze jours,
• pardon à tous les défenseurs, y compris ceux qui ont participé au massacre d’Avignonnet, à condition qu'ils comparaissent devant l’Inquisition qui leur fera subir, éventuellement, une peine légère,
• vie sauve à tous les autres habitants du château à condition qu'ils abjurent leur foi cathare,
• ceux qui s'y refuseront seront brûlés.






La forteresse est livrée le 16 mars. Certains des Cathares, au nombre de deux cent quinze à deux cent vingt, refusent d’abjurer et sont livrés aux flammes. Le château est confié en 1245 à Guy II de Lévis seigneur de Mirepoix, qui le fait rebâtir peu après. Après le bûcher, l’Église cathare est complètement désorganisée. Ses dernières citadelles, Quéribus et Niort se rendent en 1255 et les derniers Bons Hommes se réfugient en Lombardie.

Auparavant et pendant le siège, vers Noël 1243, plusieurs Cathares avaient quitté le château et s'étaient glissé entre les lignes françaises, emportant le trésor des Cathares pour le cacher dans une grotte du Sabarthès. De même quatre Bons Hommes avaient quitté secrètement le château au moment de la reddition. Ces faits, dont la finalité demeure encore mystérieuse, ont donné lieu à de nombreuses spéculations à propos du « Trésor » et des « mystères » cathares.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 22:57








• Bataille de Lyndanisse (1219)
• Bataille du Soleil (1236)
• Bataille du lac Peïpous (1242)
• bataille de Skuodas (1259) (contrôle de la Samogitie)
• Bataille de Durbe (1260)





SOURCES : Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_batailles_des_Croisades


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 23:17





La bataille de Lyndanisse est une bataille qui s'est produite le 15 juin 1219 entre Valdemar II de Danemark, sous ordre du pape, et les Estoniens. Elle permet notamment à Valdemar II d'établir le territoire de l'Estonie danoise lors des croisades baltes.


En juillet, Valdemar II, accompagné de l'archevêque Anders Sunesen , de l'évêque Theoderich von Treyden et de ses vassaux Albert Ier de Saxe et Wislaw Ier de Rügen, vogue vers Revala , une province de l'Estonie du nord. Les croisés campent à Lyndanisse et y érigent un château, Castrum Danorum . Les Estoniens envoient plusieurs négociateurs alors qu'ils rassemblent une armée pour combattre les Danois.

Le 15 juin 1219, Les Estoniens attaquent les Danois près du château après l'heure du souper. Présents sur cinq fronts, ils prennent complètement par surprise les croisés, qui courent dans toutes les directions. Theoderik, pris pour le roi par les Estoniens, est tué. Les Danois sont sauvés par leurs vassaux Wendes, alors que Wislaw Ier mène une rapide contre-attaque arrêtant l'avancée estonienne et permettant aux croisés de se regrouper et de repousser les Estoniens.







La bataille de Šiauliai, aussi appeléebataille du Soleil ou bataille de Saule, (Lithuanien : Saulės Mūšis,Letton : Saules kauja ou Kauja pie Saules) se déroula le 21 septembre1236 à proximité de la ville de Šiauliai, qui se trouve de nos jours dans la région de Joniškis en Lituanie. Le recueil Chronicum Livoniae parHermann de Wartberge mentionne que la bataille fit rage en terram Sauleorum, sans qu'il ait été prouvé que terram Sauleorum soit Šiauliai.

Les chevaliers Porte-Glaive (1) de l'Ordre Livonien (2), conduits par leur maître Volquin, se trouvaient en situation préoccupante dans les années 1230, avec des difficultés financières et en effectifs. En 1236, Volquin conduisit une campagne militaire vers le sud avec le prince de Pskov contre la Samogitie. Accompagnés par une force saisonnière de croisés de l’Holstein, les chevaliers s'emparèrent de domaines en Samogitie, les Samogitiens ayant reculé devant l'attaque. À leur retour vers le nord, les chevaliers Porte-Glaive durent faire face à des attaques de Samogitiens au passage d'une rivière. Pour ne pas perdre de montures en ces terrains marécageux, les Holsteiners refusèrent de combattre à pied, ce qui força la troupe à passer la nuit sur place et y monter un camp. Mais le lendemain matin, une troupe plus nombreuse de Samogitiens, menés par le duc Vykintas, et Lituaniens emmenés par le duc Mindaugas, attaqua les croisés. Les fantassins qui accompagnaient les chevaliers purent pour la plupart fuir, tandis que ces derniers, dont Volquin, tombèrent au cours de la bataille. Les croisés et chevaliers qui tentèrent de fuir vers Rīga furent tués par les Semigalliens, bien qu'il ne soit pas certain qu'ils prirent part à la bataille elle-même.


Après cette bataille, ce qui restait de l’ordre des chevaliers Porte-Glaive accepta d'être incorporé dans l’ordre des chevaliers teutoniques en 1237.











(1)  Les Chevaliers Porte-Glaive ou Frères de l'Épée (en latin : Fratres Militiae Christi, « frères de l'armée du Christ », en allemand : Schwertbrüder) sont un ordre militaire organisé en 1202 à Dünamünde par Albert de Buxhoeveden, évêque de Livonie, et composé de « moines guerriers » germaniques dans le but de christianiser les populations baltes. Leur règle se fonde principalement sur celle des Templiers. Ils sont connus également sous le nom de Milice du Christ de Livonie ou simplement d'Ordre livonien. Les membres de cet ordre portaient une robe de serge blanche avec la chape noire ; deux glaives rouges croisés de noir étaient brodés sur la poitrine, et un autre à l'épaule gauche.



Des Porte-Glaives.





(2)  L'ordre de Livonie, ou ordre Livonien, est un ordre militaire composé de chevaliers Porte-Glaive représentant la branche de la Confédération de Livonie de l'ordre Teutonique des chevaliers teutoniques.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Sam 2 Avr - 23:49




La bataille du lac Peïpous(russe : Ледовое побоище, « Bataille sur la glace ») opposa, le 5 avril 1242, l'ordre Teutonique au 13e prince de Novgorod, Alexandre Nevski, pour qui ce fut une victoire décisive.






Avec le soutien du pape et de l'empereur du Saint-Empire romain germanique, les chevaliers teutoniques tentent d'étendre leur domination, sous couvert de religion, vers l'Est. Ils sont lancés dans leur croisade nordique avec l'appui des chevaliers Porte-Glaive qui ont intégré l'ordre pour ne pas disparaître et des danois, et viennent de conquérir l'Estonie. Leur objectif est maintenant Novgorod et bien d'autres territoires russes, de religion orthodoxe, à l'époque vassaux indociles des Mongols de la Horde d'or.





Espérant exploiter la faiblesse de la Russie dans le sillage des invasions mongoles et suédoises, les chevaliers occupent Pskov, Izborsk et Koporye à l'automne 1240.
Quand ils approchent de Novgorod, les habitants rappellent le jeune prince local, âgé d'une vingtaine d'années Alexandre Nevski, que le vietché avait banni à Pereslavl quelques mois plus tôt. L'avance des teutoniques est stoppée. Pendant la campagne de 1241, Alexandre réussit à reprendre Pskov et Koporye.

Au printemps 1242, les chevaliers teutoniques reprennent leur offensive après avoir battu un détachement de reconnaissance des Novgorodiens à 18 km au sud de la forteresse de Dorpat. La guerre se poursuit jusqu'à l'hiver 1242, malgré les conditions climatiques, qui veulent que toute armée médiévale cesse le combat pendant l'hiver.

Dans l'espoir de surprendre l'armée de Novgorod, la force principale des chevaliers teutoniques, menée par le grand maître de l'ordre Hermann de Dorpat, emprunte un itinéraire très audacieux et très dangereux également : il fait traverser à son armée l'étendue gelée du lac Peïpous en direction de Pskov.







Les chevaliers germaniques sont à l'avant-garde, suivis par une milice de fantassins estoniens. La décision se fera avec l'aide de la cavalerie lourde, la reine des batailles de l'époque.

En face, les forces russo-mongoles sont en position sur les berges et attendent l'ennemi. Ils disposent d'une très grande supériorité numérique, mais cela ne fait pas peur aux Teutoniques, habitués de ce genre de situation et comptant avant tout sur la supériorité de leur armement et leur valeur militaire.

L'orgueil des moines-soldats allemands va pourtant causer leur perte. Les Russes ont prévu de maintenir l'ennemi sur le lac coûte que coûte, en tenant fermement les positions sur les berges. L'infanterie russe doit encaisser le premier choc des chevaliers teutoniques, sans reculer. Les archers mongols, alliés de circonstance des Russes, commandés par le frère d'Alexandre Nevski, sont placés à l'aile droite et soigneusement camouflés. La cavalerie se tient en arrière, en réserve.








Les chevaliers du Prince-évêque Hermann de Dorpat chargent l'adversaire mais échouent à obtenir une victoire immédiate. Ils sont pris en enfilade, sous les flèches meurtrières des Mongols, ce qui les gêne beaucoup.
Les miliciens estoniens prennent peur et abandonnent le camp teutonique, ce qui ne complique pas beaucoup plus la situation de l'assaillant. En effet, la cavalerie lourde des Teutoniques semble prendre l'avantage sur l'infanterie faiblement protégée des Russes et Alexandre Nevski doit lancer toute sa cavalerie à l'attaque, pour soutenir son infanterie sévèrement malmenée.

Contrairement à la théorie la plus connue, la glace du lac ne se serait en fait jamais rompue parce qu'elle ne soutenait plus le poids des armures et des destriers teutons. Donald Ostrowski, auteur de Alexander Nevskii’s "Battle on the Ice": The Creation of a Legend, attribue cet ajout au film Alexandre Nevski de 1938, parSergueï Eisenstein.

Seul le grand maître, quelques évêques et une poignée de chevaliers réussissent à retourner à Dorpat, après la bataille. 400 chevaliers, dont une vingtaine de l’ordre teutonique, ont péri dans la bataille.






Cette bataille met définitivement fin à l'expansion croisée vers la Russie. En effet, pour la première fois depuis bien longtemps, les principautés russes sont de nouveau victorieuses et cela a pour conséquence de maintenir la chrétienté orthodoxe, mais rien de plus.
En effet les principautés russes apparaissent à ce moment comme des États à respecter par les chevaliers teutons, mais elles ont payé cette victoire au prix fort. Elles sont vassalisées par les Mongols et les Tatares qui déferlent alors sur toute l'Europe centrale et orientale la même année. La principauté de Kiev ainsi que les royaumes de Pologne et de Hongrie sont dévastés. Tous les Russes se retrouvent sous le joug des cavaliers de la steppe, qui ne sont chassés qu'après la bataille de Koulikovo Polié, en 1380.

Depuis cette époque, Alexandre Nevski garde une stature de héros national, bien qu'il ne puisse prétendre à la place d'honneur, Dimitri Ier Donskoï étant le vrai libérateur de tous les Russes. Néanmoins, ce personnage historique est encore récupéré, du temps de l'URSS stalinienne, alors que le péril hitlérien s'amplifie, et mis en scène dans un très grand film épique de Sergueï Eisenstein.

Quant aux chevaliers teutoniques ils doivent reculer face aux Russes, mais leur puissance est à peine entamée. Ils tournent tous leurs efforts vers la Prusse orientale qui est totalement convertie au catholicisme et germanisée en quelques années. Marienbourg et son château, devient le centre politique du nouvel état teutonique, en expansion. Ce n'est qu'en 1410, après la bataille de Grunwald, que la puissance teutonique est définitivement brisée par les forces polono-lituaniennes, nouvelle grande puissance militaire de l'époque.









La Bataille de Durbe (letton : Durbes kauja, lituanien : Durbės mūšis,allemand : Schlacht an der Durbe) est une bataille médiévale qui se déroula près de Durbe, à 23 km à l'est de Liepāja, dans l'actuel Lettonie lors de la Croisade de Livonie. Le 13 juillet 1260, les Samogètes battent les forces réunies de l'Ordre Teutonique de Prusse et de l'Ordre Livonien de Livonie. 150 chevaliers furent tués dont le Grand-maître Burchard von Hornhausen et le maréchal prussien Henrik Botel. C'était de loin la plus grande défaite des Chevaliers auXIIIe siècle, la seconde étant la Bataille de Aizkraukle où 71 chevaliers furent tués. La bataille inspira le Grand soulèvement prussien (qui se termina en 1274), la rébellion des Sémigaliens (reddition en 1290), des Coures(reddition en 1267) et des Osiliens (reddition en 1261). La bataille a défait une vingtaine d'années de conquête de la Livonie, et il fallut une trentaine d'années à l'Ordre Livonien pour qu'il rétablisse son contrôle.







L'Ordre Livonien combattait les Samogètes depuis 1253, lorsque Mindaugas fut couronné Roi de Lituanie et transféra des territoires de Samogitie à l'Ordre. Les Samogètes n'ont pas reconnu ce transfert et combattirent pour leur indépendance. Pour les chevaliers, la Samogitie était une région stratégique importante car elle séparait physiquement les ordres Prusse et Livonien. Après que les Samogètes eurent tués 12 chevaliers près du nouvellement construit Château de Klaipėda(Klaipėda) en 1257, une trêve de deux ans fut conclue. Dès l'expiration de la trêve, les Samogètes envahirent le Kurzeme et battirent les chevaliers lors de la Bataille de Skuodas en 1259. Ce succès encouragea les Sémigaliens à se rebeller. Les chevaliers tentèrent de renforcer leur position stratégique et attaquèrent Tērvete dans l'espoir de transformer le poste avancé sémigalien en un château teutonique. Après l'échec de l'attaque, ils construisirent une forteresse à proximité de Dobele et Maïovka (possible actuelle Jurbarkas) en Samogitie. Les Sémigaliens attaquèrent Dobele, mais en raison de la faible tactique du siège subirent de lourdes pertes. Les Samogètes n'attaquèrent pas directement Maïovka mais construisirent une forteresse à proximité, empêchant le château d'être approvisionné et harcelant en permanence la garnison7.






Le Grand Maître Livonien Burchard von Hornhausen organisa une importante armée pour une campagne contre les Samogètes. Le 25 janvier 1260, les Chevaliers obtinrent une bulle pontificale du Pape Alexandre IV, bénissant la croisade ainsi qu'un traité de paix avec Siemovit Ier de Mazovie. Lorsque les armées de la Prusse et de l'Ordre Livonien et leurs alliés se sont réunis au château Memel, ils prévoyaient de renforcer le siège de Maïovka assiégée. Cependant, ils apprirent qu'une importante force samogète marchait sur le Kurzeme] et les chevaliers décidèrent de marcher vers l'actuel Lettonie pour arrêter les Samogètes. Ils se rencontrèrent sur la rive sud du lac Durbe.

Les chevaliers étaient en proie à des dissensions internes. Ainsi, les Danes d'Estonie refusèrent de descendre de leurs lourds chevaux qui n'étaient pas adaptés au combat en terrain marécageux. Quand la bataille commença, les Coures locaux abandonnèrent les chevaliers parce que les chevaliers n'acceptaient pas de libérer les Coures capturés dans le camp samogète. Pierre de Duisbourg a même prétendu que les Coures avaient attaqué les chevaliers par l'arrière. Les Estoniens et les autres populations locales ont rapidement suivi les Coures et ont abandonné les chevaliers. Après cette trahison, les chevaliers se sont trouvés encerclés et subirent de lourdes pertes. Près de 150 chevaliers périrent tout comme des centaines de chevaliers séculiers ou des soldats de rang inférieur.
Bien que la bataille soit décrite en détail dans la Livonian Rhymed Chronicle, aucune source contemporaine ne mentionne le chef des Samogètes. Seul Simon Grunau, dans sa chronique écrite vers 1517–1526, mentionna que c'était Treniota. En 1982 l'historien Edvardas Gudavičius publia une étude affirma que Treniota n'était pas un Samogète et qu'il ne pouvait avoir commandé une armée samogète. Inga Baranauskienė a soutenu que la bataille fut conduite par Alminas, vieux samogète élu avant 1256.












Il s'ensuivit de nombreuses rébellions contre l'ordre Teutonique sur tous les territoires baltes, dont le Grand soulèvement prussien, qui dura de 1260 à 1274. La province du Zemgale se rebella durant 30 ans, tandis que le Kurzeme se rendit en 1267. Les Coures avec les Samogètes attaquèrent les Châteaux Teutoniques à l'ouest de la Rivière Venta. Le 3 février 1261, sur le chemin du retour, les païens vainquirent de nouveau les chevaliers près de Lielvārde, tuant 10 chevaliers. La rébellion des Osiliens fut réprimée en 1261. Ces batailles ont rendu à néant une vingtaine d'années de conquête de la Livonie et il fallut une trentaine d'années à l'Ordre Livonien pour rétablir son contrôle.
Au lendemain de la défaite, le grand-duc Treniota est soupçonné d'avoir convaincu son oncle Mindaugas, Roi de Lituanie, de faire chuter le christianisme et de briser la paix avec l'Ordre Teutonique. Treniota organisa des campagnes militaires en Livonie et obtînt le soutien des Lituaniens. En 1263, Treniota assassina Mindaugas, usurpant le trône lituanien et la nation est revenue au paganisme. L'instabilité qui s'ensuivit empêcha le Grand-duché de Lituanie de profiter pleinement de la fragilité des Ordres. Bien que les Ordres se préoccupaient de la reconquête des territoires rebelles, jusqu'en 1280, ils ne posaient pas un grand danger en Lituanie. En ce sens la bataille permit de gagner du temps pour le nouvel État lituanien lui permettant de se renforcer et de se développer avant de combattre la croisade.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Dim 3 Avr - 10:44










• Bataille de Nicopolis (1396)
• Bataille de Varna (1444)
• Siège de Vienne (1529)
• Bataille de Lépante (1570)
• Bataille de Vienne (1683)
• Siège d'Alger (1541) (1541)





SOURCES : Wikipedia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_batailles_des_Croisades


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Dim 3 Avr - 11:11





La bataille de Nicopolis a lieu le25 septembre 1396 (certains la datent du 28) sur la rive droite (sud) du Danube (aujourd'hui Nikopol en Bulgarie). Le sultan ottoman Bayezid Ier (Bajazet en français), fils de Mourad Ier) et le prince Stefan Lazarevic deSerbie2 battent une croisade menée par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie.





La bataille constitue un des tournants de la conquête des Balkans par les armées de l’Empire Ottoman. Alors que les Paléologues rivalisent avec les Cantacuzène pour le pouvoir à Constantinople, ces derniers demandent par deux fois — en 1346 et en 1352 — l’aide de l’armée ottomane pour combattre leurs rivaux. Lors de sa dernière intervention, cette armée, au lieu de franchir de nouveau le Bosphore, décide de s’installer en Thrace. Les Ottomans conquièrent la Thrace et asservissent la Bulgarie et la Serbie.

Le basileus Manuel II Paléologue et le roi de Hongrie Sigismond Ier, relayés par le pape Boniface IX, demandent l’organisation d’une croisade qui repousserait les forces ottomanes au-delà du Bosphore. La France et l’Angleterre, qui observent à cette époque une trêve dans les combats de la guerre de Cent Ans, répondent dans un premier temps à l’appel bien qu’en définitive seule la France envoie 10 000 soldats - dont 1 000 chevaliers et écuyers - auxquels viennent s’ajouter des troupes d'Allemands, d’Alsaciens, de Tchèques, de Transylvains et de Valaques, ainsi que des chevaliers teutoniques menés par leur Grand Prieur Frédéric de Hohenzollern.







• Sigismond Ier de Luxembourg, roi de Hongrie,
• Jean sans Peur, comte de Nevers, fils de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, commandant de l'ost français
• Gui de La Trémoïlle (1346-1397), dit le vaillant, Grand Chambellan héréditaire de Bourgogne, et conseiller favori de Philippe le Hardi
• Jacques II de Bourbon, comte de la Marche, comte de Castres
• Jean de Vienne, amiral de France,
• Jean II Le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France,
• Philippe d'Artois, comte d'Eu, connétable de France,
• Guillaume III de GUENAND, seigneurs des Bordes, porte-oriflamme de la France,
• Enguerrand VII de Coucy
• Regnault de Roye, chambellan du roi,
• Philibert de Naillac, grand maître des Hospitaliers de Rhodes
• Nicolas de Gara, grand palatin de Hongrie,
• Mircea, prince de Valachie,
• Henri de Bar, gendre d'Enguerrand de Coucy
• Stephen II Lacković, ban croate
• Vuk Branković, seigneur médiéval serbe
• Humbert le Bâtard, demi-frère d'Amédée VIII
• Ivan Sratsimir, roi du Tsarat de Vidin





• Bayezid Ier, sultan ottoman
• Stefan Lazarevic, prince serbe, Stefan était chrétien mais à la suite de la bataille de Kosovo Polje 1389, il était devenu vassal et beau-frère de sultan Bayezid Ier









Les armées alliées à la Hongrie établissent leur jonction à Bud (Buda) en juillet.

Sigismond propose aux chefs chrétiens une stratégie plutôt défensive, conseillant d'attendre l'armée de Bayezid plutôt que de se porter au-devant des troupes ottomanes. Toutefois cette stratégie est rejetée, lors du discours d'Enguerrand de Coucy, porte-parole des chevaliers français. « Pour conquérir toute la Turquie, et pour aller en l'Empire de Perse… ».

Sur leur route vers Nicopolis, les croisés capturent Vidin, puis prennent la ville de Rachova (Oryahovo en Bulgarie) dont une partie des habitants est gardée en otage, contre l'avis de Sigismond. Cet épisode marque le début d'une méfiance entre Hongrois et Français qui durera pendant toute la croisade.

Les croisés sont alors accusés de pillage et de maltraitance en traversant les territoires musulmans. Toutefois, il faut garder à l'esprit que les chroniqueurs de l'époque recherchaient une raison à l'échec de la croisade, en blâmant l'immoralité des croisés. Leurs affirmations sont sujettes à caution.

Les croisés continuent vers Nicopolis, prenant quelques places, mais délaissant une citadelle d'où partiront des messagers pour prévenir le sultan turc Bayezid de l'arrivée de l'armée chrétienne.






Nicopolis est une cité fort bien défendue par des tours et de fortes murailles et les croisés n'ont apporté aucun engin de siège. Après avoir tenté quelques échelades, sans succès, et échoué dans une tentative de sape, il apparaît que la cité ne pourra être prise par la famine qu'après un long siège.

Ainsi qu'ils l'avaient déjà fait pendant leur voyage, les nobles de l'armée chrétienne s'installent dans un faste confortable, profitant de la vie pendant que dure le siège. Ceux-ci pensent que le sultan Bayezid se trouve loin, peut-être même de l'autre côté du Bosphore. La suffisance du commandement est telle qu'il néglige d'organiser des missions de reconnaissance. Ce sont donc les fourrageurs, chargés de rapporter du foin pour les chevaux, qui les premiers signalent des opérations de l'armée ottomane. Ces premiers rapports sont même négligés, notamment par Boucicaut, craignant que la nouvelle ne démoralise les croisés.

En réalité, le sultan assiège Constantinople et est en mesure d'accourir au secours de Nicopolis dès l'annonce de son siège. Les Ottomans sont d'autant mieux renseignés que le duc de Milan Gian Galeazzo Visconti les a informés des mouvements de l'armée chrétienne.

Sigismond finit par envoyer le comte Jean de Maroth en reconnaissance; ce dernier confirme à son retour que l'armée de Bayezid opère près de Tirnovo, à une centaine de kilomètres du camp croisé. La nouvelle est apprise par les habitants de Nicopolis, qui la célèbrent dans la joie. Malgré cela, le commandement chrétien reste persuadé que le sultan n'attaquera pas.







À l'annonce de l'arrivée de l'armée turque, les croisés s'affolent et se préparent en toute hâte. Certains sont encore en train de dîner, d'autres sont saouls, et la confusion s'installe dans plusieurs unités. À ce moment, les prisonniers de Rachowa sont tous exécutés, un acte de barbarie dénoncé jusqu'en Europe occidentale.

Jean de Nevers et les chevaliers français ont exigé de constituer l'avant-garde de l'armée chrétienne, par vanité, et ceci contre l'avis du commandement hongrois et valaque, pourtant plus familier des stratégies turques pour les avoir affrontées sur les champs de bataille. Sigismond alors divise ses troupes en trois parties:

Nicolas de Gara au centre, à la tête des troupes hongroises, allemandes, tchèques, alsaciennes et flamandes ainsi que les Chevaliers Teutoniques; le flanc droit de cette armée, les Transylvains menés par Stefan Lazkovitch et les Valaques sur le flanc gauche. Sigismond commande directement la réserve.

En face, Bayezid aligne son avant-garde composée d'archers à pied (azab) et de janissaires, qui masque le champ de pieux destiné à briser l'assaut de la cavalerie adverse. Le gros de l'armée ottomane, en particulier sa cavalerie (archers ou akindjiet sipahis), et ses alliés serbes reste caché derrière les collines.

La première charge de la chevalerie française se heurte à la présence des pieux et doit poursuivre le combat sans ses chevaux. Les chevaliers, cuirassés dans leurs harnois, résistent aux volées de flèches de l'archerie ottomane et enfoncent l'infanterie adverse. Les Ottomans comptent de très nombreuses victimes et la chevalerie française entend pousser son avantage. Elle attaque et défait la cavalerie ottomane qui fuit vers l'arrière-garde.

Bien que toujours à pied, les chevaliers poursuivent les fuyards en direction des collines et finissent par tomber sur le gros de l'armée de Bayezid. Ils sont écrasés par le nombre ; de nombreux chevaliers sont tués — dont Jean de Vienne et Regnaut de Roye— et les principaux chefs de guerre français sont capturés — Jean de Nevers, Enguerrand de Coucy, Boucicaut, Philippe d'Artois…

Voyant l'ost français en difficulté7, Sigismond tente de rétablir l'équilibre avec l'infanterie restante. Toutefois l'entrée en jeu de la cavalerie lourde serbe de Stefan Lazarevic fait pencher la balance en faveur des Ottomans et Sigismond, comprenant que l'issue de la bataille ne fait plus de doute, choisit de s'échapper. Escorté par le nouveau grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Philibert de Naillac, et quelques chevaliers hospitaliers, il rejoint les bouches du Danube, d'où il embarque sur un des vaisseaux de la flotte vénitienne.

La bataille est terminée et l'ost des croisés capitule.






En représailles de l'exécution des mille otages de Rachova, en Bulgarie et des lourdes pertes que son armée a dû essuyer dans cette bataille, le sultan Bayezid fait massacrer la plupart des prisonniers croisés, soit environ trois mille.

Seuls les plus fortunés sont épargnés et réduits en esclavage dans l'attente du paiement de rançons très élevées : par exemple, le duc Philippe le Hardi doit payer la somme astronomique de100 000 florins pour la libération de son fils Jean, et est obligé d'emprunter l'argent à son banquier Dino Rapondi. La somme réclamée par Bayezid pour la libération de ses 24 prisonniers de marque aurait atteint 200 000 ducats. Certains chevaliers français, tels Gui de La Trémoïlle, Philippe d'Artois ou Enguerrand de Coucy meurent néanmoins en captivité ou sur le chemin du retour.

Dans les cours française et bourguignonne, au-delà de la consternation née lorsque la nouvelle de la défaite arrive par un chevalier picard du nom de Jacques de Heilly8, on fête le retour des chevaliers rançonnés comme de véritables héros et on s'empresse d'imputer la débâcle à Sigismond ou à la lâcheté de certains alliés qui auraient fui le combat - les Valaques ou les Transylvains… Pour sa part, Sigismond n'a guère à souffrir de la défaite de la croisade qu'il avait appelée de ses vœux puisqu'il sera élu « empereur romain germanique » en 1433.

La défaite de Nicopolis marque la fin des croisades pour l'Europe Occidentale. Les combats continuent à l'ouest - jusqu'à l'achèvement de la reconquista dans la Péninsule ibérique - et en Méditerranée mais les nations des Balkans doivent désormais lutter seules face à l'avancée ottomane, avec les conséquences que l'on connaît : la chute de Constantinople le 29 mai 1453.


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MessageSujet: Re: BATAILLES DES CROISES   Dim 3 Avr - 11:39




La bataille de Varna a eu lieu le 10 novembre 1444 entre Varna et Kaliakra dans l'Est de ce qui est actuellement la Bulgarie. Elle oppose les forces du sultan Murad II aux croisés commandés par Ladislas III Jagellon, roi de Pologne et de Hongrie. La bataille se solda par une victoire ottomane.





Après leur défaite à Belgrade en 1440, les Ottomans ont signé une trêve de dix ans avec la Hongrie que cette dernière ne respectait pas, puisqu'elle s'est entendue avec la République de Venise et le pape Eugène IV pour organiser une nouvelle croisade. Murad II, rappelé au pouvoir par le Grand Vizir Çandarlı Halil Hayreddin Pacha, décida donc de mener son armée sur les terres occidentales. Des bateaux français et italiens firent traverser le Bosphore à son armée.

L'armée chrétienne commandée par les voïvodes de Transylvanie et de Valachie, Jean Hunyadi et Vlad Dracul, était principalement formée de Hongrois, de Roumains et de Polonais, mais comptait aussi des détachements tchèques, croates, serbes, bulgares et russes, ainsi qu'un détachement français commandé par le légat papal Julien Cesarini.

La flotte vénitienne ne pouvait pas empêcher le transport des renforts turcs en provenance d'Asie Mineure. À cause de cela, Venise a été accusée de trahison et d'avoir laissé traverser le Bosphore aux turcs, chose qu'elle niera toujours.

Le 9 novembre, les Chrétiens sont alertés de la présence d'une énorme armée turque autour de Kaliakra, Jean Hunyadiva en reconnaissance l'examiner. Réalisant que les forces turques surpassent largement en nombre celles des Chrétiens, il convoque immédiatement un conseil de guerre. Cesarini est favorable à un retrait, les Turcs ayant l'avantage du terrain. Mais la fuite aurait laissé la possibilité aux Turcs de harceler sans relâche les Chrétiens, de plus la fierté du roi Ladislas et de Hunyadi leur interdisait la fuite. Cesarini propose alors de camper sur une position défensive et d'attendre des renforts moldaves, génois et grecs par la Mer Noire, de manière à prendre les Turcs à revers. Tous approuvent sauf Hunyadi qui préfère une attaque frontale pour paniquer l'ennemi. « S'échapper est impossible, se rendre est impensable. Battons-nous avec courage et honorons nos armes », dit-il.

Les Chrétiens, lancés dans un combat désespéré, se battent bravement et font de terribles dégâts dans les rangs turcs ; à tel point que la victoire aurait pu leur appartenir si le jeune roi de Pologne n'avait pas commis l'erreur de se lancer à la tête d'un petit contingent vers Murad, voulant le faire prisonnier. Le sultan apeuré est sur le point de fuir quand les Janissaires le retiennent et taillent en pièces le roi polonais dont la tête fut exposée dans la capitale ottomane.

Après cet épisode désastreux, les Chrétiens sont démoralisés, d'autant qu'une tempête empêche la venue de la flotte des Byzantins, des Moldaves et des Génois. L'armée chrétienne se dégage de la nasse de Kaliakra et fuit devant les Musulmans. Autant d'hommes périrent au cours de la bataille que lors de la fuite. Toutefois les pertes sévères infligées aux forces du sultan par les croisés retardèrent son avancée en Europe.









Plan de la bataille de Varna










Le siège de Vienne de 1529 est l'un des épisodes les plus marquants des guerres entre l’Empire ottoman et le Saint-Empire.

Il représente l’avance extrême à l’ouest des campagnes militaires ottomanes en Europe, et peut être signalé comme celui qui finalement arrêta les forces ottomanes, malgré leur conquête de parties de la Hongrie appartenant à la Maison d'Autriche.









Le sultan Soliman I avait lancé une expansion de son empire :
• en 1521, il prit Belgrade ;
• en 1522, il s'empara de Rhodes, tenu par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et de Rhodes ;
• En 1526, à la suite de la bataille de Mohácscontre les Impériaux et le royaume de Hongrie, il prit Buda et la majeure partie de la Hongrie ;
• En 1527, il prit aux Vénitiens la Bosnie, la Croatie, la Slavonie et la Dalmatie.

Voyant le Saint-Empire comme un ennemi puissant, il avait l’intention de lancer une attaque directement contre le siège de l'Empire à Vienne. Dans le Saint-Empire, l’archiduc Ferdinand considérait l’avance ottomane ; le reste de l’Europe occidentale faisait de même, même si elle n'était pas toute — notamment François Ier — favorable à Ferdinand.

Au printemps de 1529, Soliman mobilisa une armée d’au moins 100 000 hommes et 500 pièces d’artillerie. Il y avait au moins 20 000 janissaires, plus des chevaliers hongrois se battant pour leur nouveau maître. Soliman agit en tant que commandant en chef et nomma son grand vizir Ibrahim comme seraskier, avec la responsabilité de la coordination.

Les pluies de printemps furent particulièrement importantes cette année-là, rendant les routes boueuses et difficiles pour les centaines de chameaux. Deux cents canons durent rebrousser chemin. Les Turcs comptaient sur les mineurs des Balkans pour abattre les murs de la forteresse.





La population de la ville réagit avec terreur quand la nouvelle lui parvint des atrocités commises par les forces ottomanes sur les populations civiles mais se transforma en volonté farouche de résister. Ferdinand partit pour la relative sécurité de la Bohème suivant le refus par son frère Charles Quint de l’aider. Il désigna comme commandant le duc Frédéric qui donna le contrôle de la défense à un mercenaire allemand de 70 ans nommé Nicolas, comte von Salm.

Il vint avec 1000 lansquenets et 700 mousquetaires espagnols. Prenant charge de la garnison de 23 000 soldats, 2 000 cavaliers et 75 canons il fit renforcer en hâte les murs de plus de 300 ans. Il ordonna le creusement de magasins à l’épreuve du feu et des barricades au cas où les murs tomberaient.

Afin de ménager les réserves de nourriture il ordonna à 4 000 femmes, enfants et vieillards de sortir de la ville dans une colonne escortée. Cependant la basse Autriche était sillonnée par les éclaireurs ottomans et la plus grande partie de ce groupe fut massacrée puis soumise au supplice du pal. Les enfants et les jeunes femmes furent réduits en esclavage.
















L’armée turque arriva en septembre. Une partie était malade et parmi les valides un tiers étaient de la cavalerie légère donc peu utiles pour un siège. Les émissaires furent reçus par Von Salm qui refusa de se rendre.

Le lendemain 300 canons ouvrirent le feu simultanément, les servants ayant fait de gros efforts pour garder la poudre sèche, mais le résultat fut négligeable. Des flèches enflammées eurent peu d’effet.

La réponse fut un raid surprise d’une centaine de cavaliers sous Eck von Reischach, qui tua deux équipes de canonniers avant de retourner dans la sécurité des murs. Le bombardement continua avec toujours aussi peu de résultats et il n’y avait aucun indice d’assaut.







Le 1er octobre, un mineur chrétien qui avait réussi à s’échapper dans la ville rapporta que la véritable raison pour la canonnade était de couvrir les bruits de creusement de tunnels de sape vers la cité. La porte carinthienne, l’une des quatre portes, était la cible apparente. Niklas Salm, un expert en tunnel, prit rapidement des mesures ingénieuses contre ces efforts, incluant de placer des seaux d’eau et des pois secs près des celliers proche de la porte. Quand ils bougèrent, une alarme fut donnée et des contre-mineurs commencèrent à creuser, découvrant six tunnels. Certains avaient déjà des tonneaux de poudre et d’autres avec encore les mineurs pour les ottomans. Comme l’utilisation de pistolets était impossible ce fut un combat à l’arme blanche. Ceux qui revenaient étaient couverts de sang. Un baril explosa, tuant des dizaines d'hommes de chaque côté.

La majorité des mines furent découvertes avant que le moindre dommage puisse être fait, mais le creusement continuel épuisa les défenseurs et le 5 octobre deux mines explosèrent près de la porte du sel, laissant assez de place pour qu’une compagnie de soldats puisse y pénétrer. Les janissaires s’y engouffrèrent mais ils furent accueillis par les piquiers et durent faire retraite après de fortes pertes.

La nuit suivante les Impériaux répliquèrent avec une nouvelle forme d’assaut. Des douzaines et peut-être des centaines de volontaires portant des capes noires et des bombes artisanales sortirent en silence pour se glisser jusqu’au camp ottoman, les jetèrent sur les tentes avant de s’enfuir. Deux mille Turcs périrent dans leur sommeil.
Le combat continua sans répit. Une autre explosion à la porte de Carinthie amena une attaque par les janissaires qui fut repoussée par les arquebusiers et les guerriers bohémiens avec des épées à deux mains.





Le 11 octobre la pluie continuait et d’autres chameaux tombèrent malades. Les Viennois commençaient à monter des canons sur les toits y compris ceux « royaux » qui avaient plus de portée que ceux des Turcs. La nourriture des assiégeants se faisait rare. Beaucoup de soldats turcs étaient malades à cause de la pluie ininterrompue. Soliman tint un conseil de guerre et il fut décidé d'un assaut final.

Le 14 octobre l’attaque commence avec seraskier, Ibrahim menant la charge personnellement vers la porte carinthienne avec les bachi-bouzouks, une milice, suivi des janissaires qui, pour la première fois, avaient une promesse de butin alors qu’ordinairement la ferveur devait suffire. Soliman ordonna l’attaque trois fois sans tenir compte des pertes. Salm vint lui-même participer mais fut immédiatement blessé grièvement et mourut sept mois plus tard.

Entamé le 16 octobre, le retour de l'armée turque fut éprouvant pour cette troupe démoralisée : beaucoup de soldats, déjà malades, moururent épuisés, d'autant plus que les routes boueuses étaient devenues quasiment impraticables.


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