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 UN PEU D'HISTOIRE

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Lanaelle
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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Jeu 20 Avr - 21:10

♦♦ La duchesse de Longueville et Nicolas Pavillon…




Ces biographies montrent clairement, comme s’il fallait le démontrer, l’imbrication politique et religieuse entre le pouvoir royal, plusieurs familles princières, Port-Royal et les jansénistes. Vous aurez deviné qu’n fil rouge est discrètement tiré entre le Haut-Razès et la vallée de Chevreuse, entre un évêque charismatique, Nicolas Pavillon, janséniste pur et dur qui usa de son influence sur certains cercles familiaux et aristocratiques, et les cercles jansénistes de Port-Royal. Vous aurez aussi compris qu’en guise de décor, on trouve la Fronde, une rébellion aristocratique et populaire contre le pouvoir du Roi et soutenue par on ne sait quel financement d’origine mystérieuse…






Une preuve de l’attachement que laDuchesse de Longueville portait à M. d’Alet, Nicolas Pavillon, existe dans une lettre qu’elle écrivit durant la maladie de son cher évêque d’Alet vers 1675 :





♦♦ La duchesse de Longueville et Jean Loret



La duchesse de Longueville, véritable trait d’union entre tous les personnages de notre intrigue au XVIIe siècle, était aussi la protectrice de Jean Loret, un personnage particulièrement important pour les historiens puisqu’il constitue un témoin extrêmement pertinent de son temps et de cette période trouble.

Jean Loret était journaliste avant l’heure. Durant la Fronde, il collectionna les faits politiques, les rumeurs, les intrigues et les histoires de son temps pour écrire des lettres hebdomadaires en vers durant 15 ans entre le 4 mai 1650 et le 28 mars 1665. Ce sont les «Lettres de Loret ».







D’abord destinées à la duchesse de Longueville, elles connurent très vite un vif succès, obligeant Loret à les publier. C’est ainsi que la gazette «La Muse historique » naquit. Sur un ton à la fois naïf, burlesque et caricatural, elle amusait toute la cour et le jeune roi.


Jean Loret travailla d’abord pour la duchesse de Longueville, puis pour Mazarin et enfin pour Nicolas Fouquet.


Les lettres apportent aujourd’hui un témoignage fondamental sur cette période troublée de la Fronde. Jean Loret disparut quelques jours après la parution de sa dernière lettre en 1665.


Il est donc facile d’admettre que Mme de Longueville était tout simplement la protectrice de Jean Loret puisqu’il était au début son gazetier personnel.


Au cœur de la Fronde et du mouvement janséniste, Jean Loret était obligatoirement au fait des principales nouvelles et des moindres rumeurs qui circulaient non seulement à Port-Royal mais aussi dans le Razès. C’était un proche de la famille Longueville, de Conti et donc de Pavillon mais aussi de Nicolas Fouquet puisqu’il travailla pour lui…







Comment alors ses lecteurs réagirent lorsqu’il fit paraitre dans deux lettres datées la première du [color=#FDBFB7] 24 septembre 1661, et la seconde du 29 octobre 1661, l’information qu’un trésor exceptionnel avait été trouvé dans le diocèse d’Alet… fable diront certains…


Rappelons que la mystérieuse lettre parlant du projet de Nicolas Poussin date du 17 avril 1656. Elle fut envoyée de Rome et rédigée par l’abbé Louis Fouquet, ecclésiastique âgé de 23 ans. Son destinataire n’est autre que son frère Nicolas Fouquet, alors surintendant des finances du Roi Louis XIV. Or, il est troublant de constater que le château de Vaux-le-Vicomte fut commandé par Nicolas Fouquet en 1656, année de la lettre mystérieuse…



Nicolas Fouquet n’eut pas le temps de profiter de son château. Trois semaines plus tard, le 5 septembre 1661 à Nantes, sur un ordre de Louis XIV, d’Artagnan, capitaine des mousquetaires du roi, arrêta le Surintendant pour le déférer devant les juges d’une cour d’exception spécialement constituée. L’affaire Fouquet qui commença dans le Haut-Razès éclata finalement au grand jour générant l’un des plus belles résurgences de l’énigme de Rennes.



Jean Loret écrivait dans sa 38ème lettre du 24 septembre 1661, ces quelques vers :






Jean Loret était visiblement très prudent et avait bien compris que l’arrestation du surintendant Fouquet cache en réalité une importante affaire d’Etat dont il vaut mieux se taire…




Il n’était pas facile durant cette époque troublée de conter des faits subersifs même en vers. Certains mots étaient bannis de crainte de subir les représailles du roi et il valait mieux détourner en dérision le propos comme savait si bien le faire Molière. Voici un exemple où habilement et de façon burlesque Jean Loret cite Port-Royal en s’amusant autour d’un bonnet de cardinal






Plus proche de l’énigme, une première lettre du 24 septembre 1661 contient un court extrait annonçant clairement la couleur. Il pleut des écus d’or dans la région toulousaine et ils seraient généreusement distribués à des amis toulousains. Bien sûr Jean Loret, à l’affut des moindres rumeurs, prend des précautions et comme il le dit lui-même, il préfère s’arrêter là craignant le ridicule de la fausse annonce…
Mais qui donc est ce boiteux qui seul pourrait confirmer ce fait ?






Dans sa lettre du 29 octobre 1661, Jean Loret est plus précis, possédant certainement des informations de la province du Razès. Ce n’est pas à Toulouse mais à Alet qu’il pleut des écus et l’évêque concerné et bien sûr Nicolas Pavillon.



D’autre part notre journaliste du XVIIe siècle confirme qu’un procès a été nécessaire dans cette affaire. Il s’agit bien sûr du conflit entre le baron d’Hautpoul propriétaire des terres et Pavillon , ce dernier se condisérant dans son droit de récupérer les précieux écus puisque c’est un don de Dieu… Nicolas Pavillon usa visiblement de cette richesse pour améliorer le quotidien des pauvres et des souffrants…





Devant de telles révélations incompréhensibles pour la cour et le roi, soupçonné de jouer le jeu de Pavillon et des jansénistes, protégé par la duchesse de Longueville, la réaction ne se fit pas attendre : Colbert le raya aussitôt de la liste des pensionnés et le Roi le chassa de la Cour. 4 ans plus tard, juste après la parution de sa dernière lettre, Jean Loret décédait dans la disgrâce et la misère… Le journaliste du Siècle des lumières avait perdu définitivement son éloquence…






En 1653 et à la demande de la Sorbonne, les 5 propositions sont déclarées officiellement hérétiques par une bulle papale (Bulle Cum occasione d’Innocent X). la gravure « le jansénisme foudroyé » d’Albert Flamen est une allégorie représentant le climat du moment. En haut le pape et à gauche le roi foudroient une chimère à plusieurs têtes symbolisant le jansénisme. Mais le plus intéressant se situe à droite où l’on aperçoit 2 personnages. L’un porte un coffre et l’autre, un diable ailé qui n’est pas s’en rappeler le bestiaire de Téniers le Jeune, emporte un plat plein de pièces. A leurs pieds, un tas de richesse, vaisselles, pierreries et monnaies…
Y avait-il déjà en 1653 des rumeurs de richesses détenues par les jansénistes ?




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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Jeu 20 Avr - 21:11

La boîte à Perette


« La boîte à Perrette » fut créée en 1695. Nous l’appellerions aujourd’hui «la caisse noire ». selon la légende, c’est Pierre Nicole qui aurait confié à sa servante Perrette des fonds destinés à soutenir les jansénistes lors des persécutions. La servante aurait alors caché l’argent dans son pot à lait rappelant bien sûr la fable de Jean de la Fontaine. Il est plus probable qu’à la fin du XVIIe siècle, une caisse de secours fut mise en place dans le milieu janséniste. Après la condamnation et la destruction de Port-Royal, les jansénistes furent pourchassés et s’exilèrent en Hollande ou dans le diocèse d’Auxerre. Cette somme d’argent qui ce transmettait de personne à personne permit d’assurer des aides, les charges du mouvement et un journal « Nouvelles Ecclésiastiques ».   Un système fiscal appelé la Tontine permettait le transfert de fonds par legs testamentaires. Dans son testament, le gestionnaire des fonds léguait une somme à une personne étrangère  à sa famille. Les fonds étaient placés de manière sûre  en rente sur l’Etat. Très important au XVIIe siècle, ces fonds furent dispersés à la Révolution puis reconstitués pour être aujourd’hui gérés par la Société de Port-Royal, une association qui regroupe les descendants des familles jansénistes et des chercheurs attachés à Port-Royal-des –Champs.


La Boîte à Perrette a nourri au cours du XVIIIe et XIXe siècles de nombreux fantasmes car personne ne connaissait exactement son montant ni son affectation. On l’appelait le «trésor de guerre » des jansénistes…
   



-  Nicolas Pavillon disparait et Port-Royal pleure…


Nul doute que le célèbre évêque d’Alet avait des relations très étroites avec Port-Royal. Non seulement il représentait parmi les 4 évêques un leader incontesté du jansénisme, mais l’abbaye de Port-Royal le considérait comme un apôtre…Il suffit de lire pour s’en convaincre l’extrait d’un journal manuscrit de Port-Royal après son décès.







Nicolas Pavillon était vénéré en tant qu’évêque janséniste affilié à Port-Royal, mais aussi en tant que simple prêtre d’Alet. Avec une richesse inespérée aux  origines sulfureuses, il fit des travaux conséquents à Alet et il savait être généreux.


Mais cette richesse insolente et sa position de rebelle envers le pouvoir participa certainement à la haine que Louis XIV montrera quelques années plus tard en détruisant Port-Royal.







Pavillon représentait certainement pour le Roi et le plus haut responsable des rebellions. Entre le procès Pavillon-Hautpoul, la Fronde, l’affaire de la Régale, l’affaire Fouquet, les jansénistes et Port-Royal, Louis XIV ne pouvait qu’être excédé.

Il laissera éclater sa colère à partir de 1679 sur les malheureux de Port-Royal…











Port-Royal c’est aussi une rébellion contre la politique totalitaire d’un roi.
Mais derrière cet épisode tourmenté, un évêque particulièrement aimé de ses partisans et de ses fidèles d’Alet, menait une bataille dans l’ombre.

Nicolas Pavillon, grâce à des ressources financières bien mystérieuses a-t-il participé au financement de la Fronde et du courant janséniste.
On pourrait le penser…Quand on sait tout ce qu’il fit pour sa région d’Alet, le contraire serait étonnant…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Ven 21 Avr - 10:53











Au préalable simple monastère cistercien, Port-Royal devient au XVIIe siècle l’un des hauts lieux de la réforme catholique et de la contestation politique et religieuse. Face aux condamnations incessantes du roi et du pape, le lieu attire de nombreux érudits qui trouvent là l’occasion d’exprimer une autre pensée.


Alors que la marquise de Sévigné qualifiait l’abbaye de Port-Royal « d’affreux désert », il est étonnant d’observer le nombre de personnalités religieuses, intellectuelles et du monde de l’art, qui vinrent chercher la plénitude et l’isolement dans l’enceinte du monastère.

Le siècle des lumières fut l’occasion d’une réelle effervescence à Port-Royal avec la prestigieuse  famille Arnaud, et ses abbesses dont  Mère Angélique, ses maitres spirituels comme l’abbé de Saint-Cyran et de Sacy, les maitres des petites Ecoles dont Pierre Nicole. Il faut aussi y ajouter la centaine de Solitaires dont  Arnauld d’Andilly et    Mme de Sévigné, Mme de Lafayette ou la duchesse de Longueville, la Rochefoucauld, Boileau, Perrault, etc…

Mais surtout dans cette longue liste, on trouve 3 personnages qui vont définitivement permettre à Port-Royal de devenir un cas unique, chacun maitre dans sa discipline. En effet, sciences, lettres et arts vont s’y réunir et s’incarner sous les noms prestigieux de    Jean Racine, Blaise Pascal et Philippe de Champaigne.



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:43

 Quand les sciences, les lettres et l’art se croisent à Port-Royal

-  Trois érudits et une abbaye, Pascal, Racine et Champaigne

Qui aurait pu imaginer une telle rencontre dans un lieu tel qu’une abbaye ? Et qui connait aujourd’hui le parcourt étonnant de ces trois personnages qui excellaient dans leurs disciplines ? Comment le Roi-Soleil, que l’on admire tant aujourd’hui, a-t-il pu avoir si peu de considération pour ces intellectuels, jusqu’à violer les sépultures des religieuses et des Solitaires ?







Il fut un enfant prodige et un scientifique hors norme. A l’origine de nombreuses découvertes, son génie déconcerta les plus grands savants de son temps et même aujourd’hui, il est cité comme une référence dans de nombreux domaines scientifiques et littéraires.




Paradoxalement, il est plus connu pour ses écrits et notamment pour ses pensées…

Attaché à Port Royal, il est aussi mystérieusement impliqué dans l’affaire de Rennes…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:44

1623  - Enfant prodige


Blaise Pascal naquit le 19 juin 1623 à Clairmont (Clermont-Ferrand) en Auvergne. Son père, Etienne Pascal (1588-1651) était président à la Cour des Aides et se passionnait pour les sciences et les mathématiques. Sa mère, Antoinette Begon disparut alors que Blaise n’avait que 3 ans. Blaise avait aussi deux sœurs, Jacqueline née en 1625 été Gilberte née en 1620.


Enfant prodige, Blaise fit preuve d’une vivacité d’esprit étonnante. Très vite détecté par son père, ce dernier emmena ses enfants à Paris et entreprit lui-même de donner son éducation. A 11 ans, Blaise écrivit un traité des sons et à 12 ans, il retrouva seul les 32 premières propositions d’Euclide en démontrant la dernière (la somme des angles d’un triangle est  égale à deux angles droits). Stupéfié, son père l’emmena à l’Académie des sciences fondée par le philosophe Marin Mersenne. Ils se réunirent au couvent des minimes Place Royale, aujourd’hui Place des Vosges à Paris. La famille s’installa alors dans l’aristocratique Faubourg Saint Germain près du Luxembourg.
Mais son père, désorienté par tant de facilité pour les sciences, préféra l’orienter en priorité vers le latin et le grec, de peur qu’il ne délaisse les langues au profit des sciences…


A 16 ans, il composa un Traité des Sections Coniques qui conduit à son théorème de Pascal. Une anecdote raconte que Descartes, voyant le manuscrit, crut qu’il était de son père.


En 1638, son père Etienne Pascal, opposé aux dispositions fiscales de     Richelieu, quitta Paris avec sa famille pour échapper à la Bastille. Mais heureusement, en 1639, sa fille Jacqueline fit preuve de diplomatie envers le cardinal. Elle eut l’honneur d’interpréter une comédie devant lui. La pièce et sa prestation ayant eu du succès, elle en profita pour implorer la grâce de son père qui lui fut accordée. Ceci permit à la famille de s’installer à Rouen et Etienne Pascal devint commissaire délégué par le roi pour l’impôt et la levée des tailles.


En janvier 1640, le chevalier Séguier, Etienne Pascal et l’intendant de Normandie furent à la tête d’une répression qui devint sanglante. Cette répression commença suite à une émeute à Rouen provoquée par la misère et les impôts élevés. Cette même année parue la première œuvre de Blaise Pascal, «Essai pour les coniques » qu’il confectionna en s’inspirant des idées de  Desargues. Il découvrit ainsi le   théorème de l’hexagramme mystique… qui conduira aux fameuses géométries projectives (théorie de la 3D moderne)


En 1642, Pascal qui a 19 ans eut une idée géniale. Son père surintendant de la généralité de Rouen, passait beaucoup de temps aux calculs comptables (les comptes se faisaient manuellement avec des jetons). Blaise Pascal qui l’aidait dans ses travaux eut alors l’idée d’une machine pour faciliter et fiabiliser ces opérations répétitives. Il construisit alors une machine arithmétique, l’ancêtre de nos calculettes actuelles.



En 1639, Pascal révolutionne l’arithmétique puisqu’il démontre la possible automatisation des additions et des soustractions par un système mécanique. Cette machine qui est en réalité un automate réalise en plus les reports des retenues à l’aide de roues dentées. On l’appellera la Pascaline.  Fabriquée dans de nombreux modèles et dans différents matériaux (cuivre, ébène, ivoire), se sera toutefois un échec commercial du fait de son coût élevé (100 livres).


Jusqu’en 1652, Pascal se livra à de nombreux travaux sur la pression atmosphérique et sur les lois des liquides. Le 19 septembre 1648, Pascal entreprit avec son beau-frère, Florian Périer, l’expérience du Puy de Dôme démontrant de manière irréfutable l’existence du vide et de la pesanteur de l’air. Son amour des sciences lui permit d’aborder des travaux très variés : il inventa notamment la presse hydraulique et un véhicule pour le transport des tonneaux. Il étudia le triangle arithmétique et la théorie de la cycloïde. Il travailla aussi avec  Fermat et créa une nouvelle science, celle des probabilités.




Tout le prédisposait à devenir un scientifique de premier plan, mais sa santé fragile l’empêchait de mener à bien ses expériences complexes.


Un événement va pourtant orienter Pascal et sa sœur vers un autre destin. En janvier 1646, son père tombe sur une plaque verglacée et se démet la cuisse. Il est alors soigné par deux gentilshommes, les frères Deschamps, qui lui prêtent des ouvrages  jansénistes. Blaise et sa sœur Jacqueline auront ainsi de fréquentes conversations et seront ébranlés par les idées de ces Messieurs de Port Royal. La famille Pascal lira ensuite Le Discours de la réformation de l’homme intérieur écrit en 1628  par Cornelius Jansen et L’Augustinus.




Les expériences vont continuer et avec son père il refait le test de Torricelli sur le vide remettant en cause le concept d’Aristote selon lequel « la nature a horreur du vide », une révolution scientifique pour l’époque.


Pascal était aussi un très mauvais malade. Du fait de sa santé précaire, il rejetait systématiquement les ordonnances de ses médecins en déclarant « la maladie est l’état naturel du chrétien ». on état n’ira qu’en empirant . En réalité, Pascal souffre d’un mal nerveux et douloureux qui le laisse chaque jour plus épuisé. On lui recommande le repas mais le mal est profond. Il a des maux de tête, des maux de ventre et des problèmes de circulation. On lui imbibe ses bas dans de l’eau-de-vie pour le réchauffer et il est sujet à une profonde hypocondrie qui affecte son caractère. Il devint irritable et coléreux.

Après la mort de son père, Pascal changea d’environnement et durant 3 ans, de 1651 à 1654, il préféra fréquenter les salons parisiens comme celui de Mme de Sablé. Riche et célèbre, il mena alors une vie mondaine avec notamment le chevalier de Méré et Damien Mitton. Il acheta une maison somptueusement meublée et se faisait conduire dans Paris avec une voiture tirée par quatre ou six chevaux. Il passait son temps en compagnie de femmes et de joueurs qui lui rappelaient ses recherches sur les probabilités. C’est durant cette période qu’il côtoya la Rochefoucauld et les libertins.
En 1652, Blaise Pascal se rapprocha de Port Royal, influencé par l’une de ses sœurs, Jacqueline Marie Pascal, devenue religieuse auprès de Mère Angélique.


La nuit du 23 novembre 1654 sera pour Blaise une nuit d’extase mystique. Pascal connait en effet une illumination qui va bouleverser son existence. Il écrit immédiatement pour lui-même une notre brève appelée le Mémorial et qu’il coud soigneusement sur son manteau. Il la portera sur lui cachée jusqu’à la fin de sa vie. C’est un serviteur qui la découvrira par hasard après sa mort.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:46

Jacqueline Pascal (1625-1661)

Sœur de Blaise Pascal, elle pratiqua très jeune la poésie. Un poème sur la grossesse de la Reine lui vaudra d’être reçu à la cour. Elle composa ensuite une pièce qu’elle jouera devant Richelieu et obtiendra ainsi la grâce de son père. Elle poursuivra son travail littéraire avec Corneille et sous l’influence de l’abbé Saint-Cyran, la famille Pascal se rapprochera de Port Royal en 1646. De retour à Paris avec Blaise, ils fréquentèrent les jansénistes ce qui orientera Jacqueline vers les religieuses de Port Royal. Elle y entrera le 4 janvier 1652 sous le nom de Jacqueline de Saint-Euphémie. Son frère Blaise, influencé par sa sœur, se rapprochera des jansénistes sous la direction  spirituelle d’Antoine Singlin.







Lors de la répression exigeant des religieuses la signature du Formulaire d’Alexandre VII en 1661, elle refusa de transiger. On lui doit à cette occasion une célèbre citation qu’elle écrira à Antoine Arnauld : « Puisque les évêques ont des courages de filles, les filles doivent avoir des courages d’évêques ». elle signa finalement sous la contrainte et décède peu après, en octobre 1661.



     ◘◘  Pascal en contact avec le Razès et Nicolas Pavillon



Enjanvier 1656, Pascal est sollicité par ses amis jansénistes pour intervenir dans le conflit qui les oppose aux jésuites et  à la Sorbonne. Il fait alors un séjour à Port Royal où il rencontre Antoine Arnauld. Cette prise de position donnera lieu à une publication célèbre « Les Provinciales ». L’ouvrage est en réalité composé de  18 lettres.


A ce moment les jansénistes reconnaissent comme hérétiques les «Cinq Propositons » mais nient qu’elles figurent réellement dans l’ouvrage de Jansénius. Blaise Pascal intervient alors en publiant «Les Provinciales »,
Un chef-d’œuvre pamphlétaire dans lequel il attaque la morale laxiste des Jésuites et défend la rigueur des « Solitaires » de Port Royal… Pour la première fois un problème philosophique éternel est posé : la destinée face à la vie morale…



Une première lettre parait le 23 janvier et son titre est plutôt déconcertant :


Les Provinciales, ou Lettres escrites par Louis de Montalte à un provinciale de ses amis …



17 lettres suivront et seront pubiées une par une par une  anonymement, sous le pseudonyme de  Louis de Montalte… Très riches sur le plan littéraire, les 3 premières lettres défendent  Arnauld, et les suivantes attaquent directement la «morale » de  la Compagnie de Jésus, autrement dit les Jésuites.





Le 24 mars 1657 la 18èmeet dernière lettre Provinciale est publiée (une 19ème lettre dont on n’a qu’une ébauche est souvent incluse avec les autres).


Mais en réalité, ces lettres fictives sont adressées à un ami provincial janséniste qui n’est autre que Nicolas Pavillon, évêque d’Alet. Le 18 octobre, les Provinciales sont condamnées par le pape et mises à l’index.


L’ouvrage crée vite des remous et la querelle janséniste durera plus de 10 ans.
En 1660, Les Provinciales sont brûlées par le roi et en 1661, sur le point de mourir,     Mazarin recommande au jeune Louis XIV de détruire la « secte » janséniste, dangereuse pour la paix religieuse et également pour la paix politique…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:47

    ◘◘  Un portrait peu connu et particulièrement étrange


Parmi les quelques portraits classiques de Blaise Pascal, celui-ci est particulièrement déroutant et énigmatique.

On y voit  Blaise Pascal en habit religieux et en arrière-plan, au travers d’une ouverture triangulaire (et non derrière un pan de rideau), l’abbaye de Port Royal.


Une croix celtique enflammée fait office de soleil (à ne pas confondre avec la croix latine rouge sur le scapulaire blanc des religieuses). Cette croix est placée au sommet du triangle…




Ses mains tiennent plusieurs feuillets évoquant sans doute les 18 lettres  Provinciales


Cette toile non signée proviendrait de l’évêché de Toulouse…


La croix celtique enflammée pourrait être une allusion au Roi-Soleil vu comme un ennemi par les jansénistes, mais ce symbole est semble-t-il inconnu des documents  et de l’iconographie répertoriée à Port Royal…


Quant à l’ouverture en triangle, elle représente un indice très important mais qui sera traité dans un autre sujet tant la coïncidence mérite d’être développée. En réalité, cet indice indiquerait un lieu très précis(*)…



Voici donc un portrait unique qui prouverait les activités secrètes que Pascal entretenait avec le très respecté évêque d’Alet,     Nicolas Pavillon…





(*) Cette piste sera révélée dans les mois qui viennent. Elle constitue sans aucun doute un élément très important mais aussi complexe de l’énigme et qu’il faut traiter de façon entière et sérieuse tant ses implications sont à la fois précises et déroutantes…



    ◘◘  Pascal et ses dernières années


En 1659, Pascal tomba sérieusement malade. Puis en 1661, alors que  Louis XIVinterdisait le mouvement janséniste à Port Royal, Pascal recommanda instamment aux jansénistes de ne pas signer le Formulaire. Le décès de sa sœur Jacqueline en 1661 lui fera prendre du recul sur le combat janséniste et il retournera à ses activités scientifiques. Il participa notamment à l’assèchement des marais poitevins, à  la demande du Duc de Rouannez.


En 1662, la maladie de Pascal devint plus violente. Le 29 juin, il est amené chez sa sœur Gilberte Perier au faubourg Saint Marcel, dans sa  paroisse de Saint Etienne au Mont. Conscient du fait qu’il lui reste peu de temps à vivre, il songe à trouver un hôpital pour les maladies incurables, mais ses médecins le déclarent intransportable. Le 17 août 1662 à Paris, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrême onction.



Il meurt alors dans d’atroces souffrances le matin du 19 août au n°8 de la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont (devenue le N°2 de la rue Rollin). Ses derniers mots furent « Puisse Dieu ne jamais m’abandonner ».


A la fin de sa vie Pascal avait le projet d’écrire à l’intention des Mondains une Apologie de la religion chrétienne. Après une publication partielle en 1670 ses notes seront triées par le chanoine Louis Périer et déposées à l’abbaye de Saint-Germain-des-Près. Reliées 20 ans plus tard, ces liasses formeront le fameux manuscrit des   Pensées de Pascal qui sont aujourd’hui le plus bel exemple de littérature classique du XVIIe siècle.



Beaucoup de spéculations eurent lieu à propos de son état de santé chancelante. Cancer de l’estomac ou tuberculose avait été envisagé à son époque. Mais l’autopsie révéla de graves problèmes stomacaux et abdominaux accompagnés d’une lésion cérébrale expliquant peut-être ses maux de tête chronique. L’autopsie révéla même que : « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoïde… avec une abondance de cervelle dont la substance était si solide et si condensée… ».


Des recherches en 1970 montreraient plutôt une insuffisance rénale chronique et une possible maladie génétique.




masque mortuaire de Blaise Pascal



Blaise Pascal est aujourd’hui enterré dansl’église Saint-Etienne-du-mont à Paris. Il avait 39 ans.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:49

    ◘◘  Le chainon manquant, Pascal-Poussin


L’une des questions fondamentales que l’on se pose après avoir compris l’implication de Pascal dans le Jansénisme et donc l’importance de ses relations avec Nicolas Pavillon, est la suivante : Blaise Pascal  et Nicolas Poussin se sont-ils rencontrés ? Ont-ils eu des échanges directs ou indirects ? La question est fondamentale puisque l’éventualité d’une telle rencontre ouvre une piste passionnante sur l’élaboration et la codification des Bergers d’Arcadie II.


Ce chainon manquant se concrétise en la personne de la reine Christine de Suède, véritable trait d’union entre plusieurs cercles d’érudit et de religieux qui échangèrent au milieu du XVIIe siècle entre les pays nordiques, la France et l’Italie…



Christine de Suède échangea notamment par courrier avec Pascal. Elle finira par s’installer à Rome et créera ce qui deviendra à sa mort l’    Académie d’Arcadie…




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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:51







Il fut un homme de lettre d’une grande érudition. Enfant de Port Royal, éduqué par les maitres des Petites Ecoles, il sut profiter de cet enseignement unique à son époque pour devenir un dramaturge reconnu et célèbre.

Auteur de nombreuses pièces, Membre de l’Académie Française, Trésorier de France, il fut aussi historiographe du Roi Louis XIV.

Il est l’exemple de ce que Port Royal pouvait donner de mieux à quelques enfants privilégiés qui eurent la chance de connaitre l’abbaye et son enseignement innovant.



Jean Racine naquit dans une famille d’écrivains et de notables. Son père greffier à Paris, décéda en 1643 et sa mère en 1641. Orphelin à 3 ans, il fut donc recueilli par ses grands-parents et resta chez eux jusqu’à la mort de son grand-père en 1649. Sa grand-mère entra alors à l’abbaye de Port Royal et Racine la rejoindra. Il reçut donc une solide éducation janséniste aux Petites Ecoles. On lui enseigne la littérature et surtout l’apprentissage du grec et du latin. Ses maitres furent  Claude Lancelot, Pierre Nicole, Antoine Le Maistre, ainsi que  Jean Hamon. Cependant, le théâtre y est très peu présent car les jansénistes le méprisaient.


A 18 ans, cultivé mais pauvre, il étudia la philosophie au collège d’Harcourt et utilisa le réseau janséniste. Il découvrit la vie mondaine grâce à un cousin et écrivit ses premiers poèmes. Tentant de concilier ses aspirations littéraires avec la carrière ecclésiastique, c’est un échec et il choisit de se consacrer entièrement à la littérature.


En 1660, il reçut une pension du roi grâce à des odes «La Convalescence du Roi », « la Renommée aux Muses » et « la Nymphe de la Seine » et en 1664, il fut introduit à la cour, grâce à un poème à l’éloge de Louis XIV. Molière joua une de ses pièces, la Thébaïde, la même année.
En 1665, son premier succès fut Alexandre le Grand et la pièce plait au roi car elle est à son honneur. Mais elle fut retirée à Molière pour être jouée par une troupe de comédiens plus prestigieux à l’Hôtle de Bourgogne, ce qui entrainera une brouille définitive entre Molière et lui. Racine publia ensuite deux pamphlets contre Port Royal et ses anciens maitres qui désapprouvent fortement sa carrière théâtrale. Il se brouilla alors avec Port Royal.


Il enchaina ensuite de grands succès au théâtre comme la tragédie Andromaque, la comédie les Plaideurs, Britannicus en En 1669 , Bérénice en En 1670, Bajazet en  1672, Mithridate en  1673, Iphigénie en 1674 et Phèdre en  1677.

Mais ébranlé par les critiques et les cabales, Racine renonça au théâtre malgré le succès populaire de son chef-d’œuvre Phèdre. membre de l’Académie française depuis 1673, Racine fut également trésorier de France, ce qui  lui assura un revenu. Enfin, il fut historiographe du roi en 1677 en même temps que Boileau.


Il épousa en 1677 Catherine de Romanet qui lui donnera 7 enfants mais c’est un mariage d’intérêt. A la demande de Madame de Maintenon, il écrivit encore deux tragédies bibliques, Esther en 1689 et Athalie en 1691 pour un pensionnat pour jeunes filles à Saint-Cyr.


Racine qui était très critiqué depuis 1666 sur ses mœurs légères et son théâtre par Pierre Nicole, changea toutefois ses positions avec les persécutions dont fit l’objet les jansénistes. Finalement il se réconcilia  avec eux et les soutint notamment dans leurs démêlés avec le pouvoir royal. Sa présence aux funérailles d’ Antoine Arnauld en 1694 démontra son profond attachement à Port Royal et à ses anciens maitres. Il écrivit un Abrégé de l’Histoire de Port-Royal paru après sa mort. En 16961, il fut nommé conseiller-secrétaire du roi, auquel il fit très souvent la lecture.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:53

Jean Racine disparut rue des Marais-Saint-Germain à Paris (Paroisse Saint-Sulpice) le21 avril 1699 à l’âge de 59 ans, des suites d’un abcès ou d’une tumeur au foie.


Par testament il demanda à être enterré au cimetière des Champs au pied de la tombe de M. Hamon.


La stèle de Jean Racine à l’abbaye de Port-Royal des Champs
     


Louis XIV accéda à la demande qu’il avait formulée d’être inhumé à Port-Royal, auprès de la tombe de son ancien maitre Jean Hamon.

Sa stèle est encore visible à Port-Royal des Champs…




Après la destruction de Port Royal par Louis XIV en 1710, le transfert du corps eut lieu furtivement, durant la nuit. Ses restes sont exhumés de nuit le 2 décembre 1711 et réinhumés à l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris.


Le même exemple se retrouve pour la famille Arnauld. Pour que la profanation soit évitée, les corps des Arnauld furent exhumés et transportés, par les soins d’Arnaud de Pomponne, dans la crypte de l’église Saint-Martin de Palaiseau, qui fut jusqu’à la Révolution un lieu de pèlerinage janséniste.



 ◘◘◘ Deux inséparables Pascal et Racine…


Rappelez-vous… l’époque de nos nouveaux francs… deux personnages nous étaient familiers… tellement familiers que l’on y prêtait plus attention…
Et pourtant ils symbolisent Port-Royal…


Nous avions chaque jour sous nos yeux Pascal et Racine, en d’autres termes, deux personnages représentatifs de Port-Royal sans que nous le sachions vraiment… sauf pour certains…


Le Pascal, billet de 500 francs avait comme image de fond  l’abbaye de Port-Royal. Son filigrane était le masque mortuaire de Blaise Pascal.


Mais nous avions aussi dans notre porte-monnaie le Racine, billet de 50 francs avec aussi comme image de fond Port-Royal des Champs




On pourrait en rester là sur cette coïncidence qui n’en est pas une. Ce binôme historique serait-il tant lié que même leur tombeau aurait été réuni ? C’est pas un pur hasard que je visitais une église parisienne où je devais rencontre une nouvelle fois les inséparables de Port-Royal




Les corps de Blaise Pascal et Jean Racine sont aujourd’hui inhumés dans la Basilique Saint Geneviève à Paris (église Saint-Etienne-du-Mont). Leur buste se font face et sur chaque pilier du cœur une plaque rappelle qu’ici s’est terminé le parcours de deux hommes exceptionnels que l’on a fini par réunir dans cette basilique dans la plus grande discrétion…



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 14:55





Philippe de Champaigne fut, avec son contemporain Nicolas Poussin, un grand maitre de la peinture française. Sa renommée dépassa les frontières de son vivant et son œuvre participa de façon très importante au développement du classicisme français au 17e siècle.

Mais surtout il était ami avec Nicolas Poussin. De Champaigne à Paris et Poussin à Rome, nul doute qu’ils se voyaient et s’appréciaient…



Philippe de Champaigne naquit le 26 mai 1602 à Bruxelles d’une famille pauvre. Jeune, il refusa de rejoindre l’atelier de Rubens à Anvers et préféra devenir l’élève de Jacques Fouquières, un peintre paysagiste de Bruxelles. Attiré par Rome, il préféra pourtant s’arrêter à Paris en 1621 et s’installa au quartier Latin. C’est là qu’il rencontrera Nicolas Poussin avec lequel il se liera d’amitié. Il travailla alors pour         Georges Lallemand et Nicolas Duschesne dont il épousera la fille en 1628.


Après la mort de son protecteur Nicolas Duschesne, il travailla pour la reine mère, Marie de Médicis, ainsi que pour  Richelieu. Il sera d’ailleurs le seul autorisé à peindre le cardinal en habit. Il le peindra 11 fois.


Durant cette période il est alors avec Simon Vouet le peintre le plus réputé du royaume. Il décore le Palais-Cardinal, le dôme de la chapelle de la Sorbonne et d’autres bâtiments de Paris, dont l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Il faut plusieurs tableaux pour la cathédrale ND de Paris dont son vœu de Louis XIII, en 1638. Il y  dessine également plusieurs cartons pour des tapisseries et devient ainsi premier  peintre de la reine avec une pension de 1 200 livres.


En 1648, il devint membre fondateur de l’Académie royal de peinture et de sculpture.
A partir de 1648, il se rapprocha des milieux jansénistes et devint le peintre de Port Royal à Paris puis de Port-Royal des Champs. Après que sa fille paralysée fut miraculeusement soigné au couvent de Port-Royal, il peignit le célèbre et atypique Ex-voto en 1662. Ce tableau maintenant au musée du Louvre, représente sa fille avec la mère supérieur Catherine-Agnès Arnauld.

Après 1654, un concurrent arriva pourtant, Charles Le Brun mais sa notoriété est déjà installée. Il décore l’appartement d’Anne d’Autriche au Val-de-Grâce ainsi que le réfectoire de l’hôpital.

En 1655, il fut nommé professeur et en 1657, il peignit une série de 3 grands tableaux pour l’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris. A partir de 1654 il participa à la décoration des Tuileries, sous la direction de Charles Le Brun.
Il consacra la fin de sa vie à la pédagogie et participa à plusieurs conférences. Il commente plusieurs œuvres dont celles du Titien.

Il meurt le 12 août 1674 à Paris.












Paysagiste et portraitiste accompli, Philippe de Champaigne est avant tout un peintre du sacré. Son style classique, influencé au départ par Rubens, devint au fil du temps de plus en plus austère et inclassable. Son œuvre est immense et méconnue car il reçut de nombreuses demandes privées et publiques répondant à des congrégations et des églises françaises. A la Révolution, beaucoup de ses toiles furent heureusement protégées dans les musées. Quant aux nombreux portraits, ils furent souvent intégrés dans les collections de leurs descendants, rendant la diffusion de son œuvre confidentielel et difficile à quantifier…


Inspiré d’une pensée visuelle faite pour transmettre un message spirituel, Philippe de Champaigne contribua, tout autant que Nicolas Poussin, à  l’élaboration des grands chefs-d’œuvre du XVIIe siècle.






Iincontestablement, le trio Pascal, Racine et Champaigne hissa Port-Royal au-delà d’une simple abbaye janséniste. Le niveau d’érudition illumina la France entière en plein XVIIe sièclle et nous héritons encore aujourd’hui de cet immense travail intellectuel, scientifique et artistique…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 20:44






 L’abbaye de Port-Royal des Champs aujourd’hui






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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 21:44






Tout près de Paris, au creux de la vallée de Chevreuse, l’abbaye n’est plus. Seuls quelques souvenirs sont soigneusement protégés dans un petit musée et quelques ruines témoignent. Mais pour ceux qui connaissent son histoire et sa tragédie, Port-Royal hante encore les lieux. Le site qui est l’un des plus beaux d’Île-de-France, respire la paix et la solitude. Chaque détour invite à la méditation, à la réflexion et on se surprend à guetter dans les couloirs musée des Granges, les pas de  Pascal et de  Racine.


Le domaine des Granges est entouré d’un très beau parc de 10 ha qui domine les ruines de l’abbaye de Port-Royal. Le site chargé d’histoire attire de plus en plus de curieux. Nombreux sont ceux qui, après avoir visité le faste de Versailles, veulent comprendre la tragédie qui s’est déroulé ici, à quelques kilomètres de la galerie des glaces…

Est-il possible de ressentir la douleur de ces hommes et de ces femmes qui virent quelques siècles d’Histoire du monastère s’effacer sous leurs yeux dans le crépitement des flammes ? On entendrait presque les coups de pioches dans le cimetière, les cris des religieuses et les aboiements des chiens affamés. Pierre par pierre, l’église et le cloitre furent démontés, des pierres utilisées aujourd’hui au château de Versailles…






Le site de Port-Royal des Champs est aujourd’hui un ensemble constitué des ruines de l’abbaye de Port-Royal des Champs, du musée national de Port-Royal, anciennement « musée des Granges » et d’un vaste domaine forestier et paysager.
Le site est aujourd’hui classé aux Monuments Historiques.









Dans le bâtiment restant qui sert aujourd’hui de musée national de Port-Royal des Champs, anciennement musée des Grandes, la bibliothèque conserve encore toute sa fraicheur. Les riches boiseries mettent en valeur les portraits des habitants de ce lieu hautement historique et des citations peintes rappellent aux visiteurs que la mémoire de Port-Royal doit rester à tout jamais dans les esprits. Le mobilier témoigne aussi, les chaises brodées portent des noms illustres comme Philippe de Champaigne ou Marie Angélique.

Il faut noter qu’après le saccage colossal que subit l’abbaye, c’est une chance inouïe de pouvoir contempler aujourd’hui ces quelques restes encore intacts…









La boiserie porte aussi la mémoire des religieuses qui se recueillaient chaque jour dans ces murs.












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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 21:47

L’abbaye de Port-Royal a été détruite en 1711 sur ordre de Louis XIV.

Son édification datait du XIIIe siècle (1204). Malgré un riche passé du monastère, on ne peut en voir aujourd’hui que les fondations remises à jour.

Seulement ont été conservés les bâtiments qui pouvaient être réutilisés pour l’exploitation agricole, principalement le colombier et l’ancien moulin.




L’oratoire style néo-gothique qui se dresse à la place du chœur de l’ancienne abbaye a été construit en 1891 en hommage à l’abbaye détruite…




Encore une fois on retrouve réunies pour l’éternité les deux figures emblématiques de Port-Royal, Pascal et Racine, disposées de chaque côté de l’oratoire…




Les fondations de l’abbatiale ont été remises à jour après la Révolution par le Duc de Luynes. Un petit oratoire néo-gothique a été ajouté à  la fin du XIXe siècle à  l’emplacement du chevet.









Sur la porte de l’oratoire un court texte rappelle aux curieux le désastre qui débuta avec la dispersion en 1709…


Cet oratoire a été édifié en 1891 sur l’emplacement du Sanctuaire de l’église de Port-Royal des Champs détruite en 1709.




C’est l’abbé Grégoire qui en 1809 célèbre le premier centenaire de la dispersion. La Société de Port-Royal, avec Augustin Gazier, organise en 1909 les manifestations du bicentenaire. En 2009, pour la première fois une commémoration au niveau national est organisée aussi bien pour la journée du guichet que pour la dispersion, les deux événements marquants de Port-Royal.




Comment conclure sur cette page à la fois illustre et sombre de notre histoire ?
On retiendra bien sûr un gâchis énorme et cette fin impitoyable.
Mais l’esprit de Port-Royal vit toujours car derrière la pensée religieuse, il y a aussi des valeurs qui sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité.
Le refus de la pauvreté, du faux semblant, du luxe insolent, la recherche d’une meilleure éducation, de la connaissance et le respect de l’Homme furent une constante préoccupation.


Comment ne pas être intrigué quand on voit que la Fronde fut dirigée par quelques rebelles faisant partie de la sphère de Nicolas Pavillon ?
Comment ne pas se poser des questions quand on voit que le procès Pavillon/Hautpoul, l’affaire de la régale, les écus du Loret à Alet, et l’affaire Fouquet gravitent irrémédiablement autour des deux Rennes ?


Les Solitaires et les religieuses qui oeuvrèrent tant pour Port-Royal et ses pensées humanistes finirent dans une fosse. Ainsi l’avaient voulu Dieu et le roi, ce roi que l’on nomme Roi-Soleil et qui n’hésita pas à bruler de ses rayons ses pauvres âmes…L’affaire de Rennes serait-elle vraiment maudite ?

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Sam 22 Avr - 22:36



L’affaire Nicolas Fouquet :  Splendeur et déchéance



Nicolas Fouquet, jusqu’où ne montera-t-il pas ?
Le temps de la splendeur
- 1653 – Nicolas Fouquet est nommé Surintendant des finances
- 1661 -  Mazarin disparait et Colbert décide d’abattre Fouquet
- Le 17 août 1661 Vaux-le-Vicomte s’embrase
 Le temps de la déchéance
- Le 5 septembre 1661, Fouquet est arrêté à Nantes
- Louis XIV est excédé par des affaires qui naissent sans cesse
- Le temps des disgrâces
- Le 7 septembre 1661, Colbert commence l’instruction
- Le 3  mars 1662, l’instruction est ouverte
- Le 3 mars 1663, la cour s’assouplit
- 1664 – Un procès fleuve et un dossier vide
- Le 14 avril 1664 – Premier contact après l’arrestation
- 1665-1666 – Le Roi pille Vaux le Vicomte
- 1673 – Marie-Madeleine Fouquet peut rentrer à Vaux Le Vicomte[/color]
- 1680 – Nicolas Fouquet meurt et Marie-Madeleine survit

 L’affaire Nicolas Fouquet : Mystères et liens secrets avec le Razès

 Deux frères Fouquet sont postés dans le Razès
- Comment a-t-on pu en arriver là ?
- La famille Fouquet se partage entre Paris et l’Aude
 La lettre mystérieuse de Louis Fouquet impliquant Poussin
 Louis XIV achète les Bergers d’Arcadie
- La malédiction continue
 Masque de fer ou loup de velours ?
- La création du mythe
- Le lien avec Fouquet
- Eustache Danger, simple valet… ?
- Quelques repères autour de l’affaire Fouquet…



 l’affaire Nicolas Fouquet : le Château de Vaux le Vicomte



 Un château digne d’un roi
- 1641 – Nicolas Fouquet achète un vieux château à Vaux
- De 1653 à 1654 – Travaux d’adduction d’eau
- 1655 – Le domaine est clôt
- Le 2 août 1656 – Le marché est signé
- 1658 – La toiture est achevée et les décorations commencent
- Le 17 août 1661, une dernière fête en l’honneur de Louis XIV…
 Vaux-le-Vicomte, un joyau qui inspirera Versailles
- Un jardin à la française signé Le Nôtre
 Le château après l’arrestation
- A partir de 1968 – Le château attire les visiteurs et le cinéma
 Ces hommes illustres qui participèrent à l’aventure
- Louis LE VAU (1612-1670)
- André LE NÔTRE (1613-1700)
- Charles LE BRN (1619-1690)
- Jean-Baptiste POQUELIN, dit MOLIERE (1622-1673)
- Jean DE LA FONTAINE (1621-1695)
 Quelques repères autour du Château de Vaux le Vicomte


 L’affaire Nicolas fouquet : allons plus loin dans l’énigme


 Des gravures et des peintures…
- Une gravure pleine de symboles
- Marie-Madeleine… sa fidèle épouse
- Un portrait qui rime avec mystère…
- Temple de Salomon et Ménorah
- La manne de Nicolas Poussin
- Richesse au plafond
 Le salon ovale cache quelques secrets…
- Observons maintenant le sol et son carrelage

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:26




Nicolas Fouquet (1615-1680)
Surintendant des finances de Louis XIV




Personnage incontournable du XVIIe siècle, il fascine les historiens, les romanciers et les amateurs de mystères pour sa vie paradoxale partagée entre richesse insolente, déchéance absolue et affaire d’Etat.




Une chose est certaine, il restera une énigme pour les historiens tant que ceux-ci n’auront pas relié son parcours et ses intrigues avec l’affaire de Rennes-Le-Château…


Devenu immensément riche sans explication satisfaisante, arrêté, jugé lors d’un procès interminable manipulé par Colbert et le Roi, condamné à l’exil, puis mis au secret à vie par Louis XIV, mort dans une geôle humide à Pignerol, celui qui  bâtit Vaux-le-Vicomte, l’un des plus beaux châteaux de France, disparu dans l’oubli en emportant un secret capital. Le Roi exprimera le souhait alors d’acheter un tableau «Les Bergers d’Arcadie II ». Ce sera fait en 1685, cinq ans après la mort de Fouquet. Louis XIV confinera la toile à Versailles dans sa chambre privée jusqu’à sa mort…


Comprendre sa destinée et les rouages de cette tragédie, c’est assimiler un peu plus l’affaire des deux Rennes lors de l’une de ses plus belles résurgences du XVIIe siècle. L’histoire de Fouquet donnera naissance à une légende sous  la plume d’Alexandre Dumas, «Le masque de fer ». Ce récit basé sur une histoire véridique est la suite logique d’une afffaire d’Etat, l’affaire Fouquet, conséquence d’un grand secret qui couve depuis des siècles dans l’Aude.

Ses mystères et ses démêlés avec Louis XIV ne peuvent être assimilés et compris que lorsque l’on prend la peine de remonter les pièces du puzzle, là où elles sont nées, dans le Haut Razès, non loin de Rennes-le-Château…
[/b]





Nicolas Fouquet, jusqu’où ne montera-t-il pas ?



Nicolas Fouquet (1615-1680) est issu d’une famille fortunée de parlementaires et qui par ces hautes fonctions, fut toujours proche du pouvoir royal.  Très entreprenante et docile envers tout ce qui concerne les services et les charges de l’Etat, la famille Fouquet savait parfaitement mener la politique en tirant le meilleur partie, l’argent. Son père, François Fouquet (à ne pas confondre avec l’un de ses frères prénommé également François), travaillait dans les affaires maritimes et commerciales. c'était aussi un homme de confiance du cardinal de Richelieu.


A partir de 1648 les finances de la France sont au plus mal. Le trésor royal que l’on appelle déjà l’Etat fait banqueroute et une crise sans précédent est annoncé. Les dettes contractées auprès des financiers privés ne seraient pas remboursées et la levée des impôts ne suffit plus à combler les déficits chroniques. Ironie de l’Histoire, cette situation que beaucoup d’historiens et d’économistes étudièrent en nous démontrant que ce cas d’école est parfaitement impossible dans notre monde moderne, n’a jamais été aussi actuel en ce début du 21e siècle.
Le règne de Louis XIV n’est pas seul responsable. Les guerres dépensières, le luxe outrancier, le gaspillage, les grands travaux artistiques et architecturaux, et les dépenses sans compter de la Cour, viennent s’ajouter à l’incompétence des Surintendants aux finances successifs nommés depuis la mort d’Henri IV. Le mal est profond, la confiance n’est plus, et l’épargne fuit le territoire français… Un refrain que l’on connait bien aujourd’hui…




Le cardinal Mazarin va alors nommer en 1653 sur ordre du Roi, un Surintendant des Finances répondant au nom de Nicolas Fouquet. Sa mission est claire : «renflouer les caisses royales qui sont désespérément vides ». Fouquet est à ce moment de sa vie en pleine ascension sociale et politique, donnant raison à l’emblème de sa famille qui n’est autre qu’un écureuil et une devise :



Mazarin ne s’en doute pas, cette nomination de  Fouquet à la plus haute fonction comme  Surintendant va faire éclater une affaire d’Etat qui couve depuis très longtemps dans l’Aude. Elle aura des répercussions dans toute la politique du royaume. Echaudé par plusieurs autres affaires et surtout par la Fronde qui saigne la France, Louis XIV décidera de gouverner définitivement seul pour ne plus dépendre de ses ministres… «L’Etat c’est moi » dira-t-il…[/center]

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Dernière édition par Lanaelle le Lun 24 Avr - 22:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:30

Le temps de la splendeur


En novembre 1650, Nicolas Fouquet franchit un seuil important en achetant pour 450.000 livres la charge de procureur général de Parlement de Paris, avec la bénédiction de Mazarin et de la régente, entrant ainsi dans l’élite de la robe. Fouquet peut alors confirmer son statut social par son second mariage, le 5 février 1651 à Saint-Nicolas des Champs. Marie-Madeleine de Castille n’a que 17 ans,  et Nicolas a 36 ans. Sa dot de 100.000 livres est inférieur à celle de Marie Fouché, sa première femme, mais elle apporte un vaste cercle de relations. Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil donnera à Nicolas Fouquet une fortune d’environ 1.500.000 livres et l’important fief de Belle-Assise.


L’homme est intelligent, vif, rusé, audacieux, calculateur, aimant le luxe, l’argent et surtout il est fidèle à la royauté. Doté d’un charisme très important et il sait être charmeur et galant, surtout auprès des femmes. Ces qualités vont évidemment tomber au mieux dans une période difficile où la confiance des argentiers doit rapidement revenir dans le royaume. Il faut ajouter à ce tableau une facette très importante du personnage. Enjoué, généreux, ardent, il aime la vie, et surtout les arts qu’il affectionne.


Ses passions portent sur les lettres, les arts, la poésie, les fleurs et les jardins, les tableaux, les tapisseries, les livres et les statues. C’est un épicurien qui apprécie toutes les formes de beauté et de volupté. Son rang le conduira à côtoyer les plus grands commeLa Fontaine, Molière, Le Nôtre, Poussin, Puget, Le Brun, La Quintinie, etc. Il savait aussi se faire apprécier, associant son intelligence à une grande fidélité et à une amitié débordante. Eminent  bibliophile et protecteur des lettres, Nicolas Fouquet avait réuni l’une des plus belles bibliothèques de l’époque, et finançait par ailleurs la bibliothèque du collège des Jésuites de Paris.

Devant de tels éloges, se pouvait-il qu’il ait quelques défauts ? Oui, sans doute et c’est ce que les grands hommes ont tous : la soif du pouvoir et de l’argent. Ces penchants vieux comme le monde l’amèneront en enfer…


Marie-Madeleine de Castille (1636-1716)

Seconde femme de Nicolas Fouquet elle est l’unique héritière de sa mère. Son frère unique disparut très jeune et ses deux sœurs furent carmélites. Connue pour sa grande beauté, elle est peinte et sculptée par de grands artistes. Elle servit de modèle pour L’amour fixé » de Charles Le Brun et une «Charité », sculptée par Michel Anguier pour orner le château de Saint-Mandé. Il existe aussi une Madeleine dans l’église Saint-Etienne de Maincy qui est selon les Archives de l’art français, le vrai portrait de Madame Fouquet. Cette œuvre de Le Brun disparaitra en 1793. Marie-Madeleine vit dans un premier temps comme une princesse et tient un salon littéraire.





Deux petites pièces en vers de La Fontaine lui seront adressées. Extrêmement dévouée, elle aide son mari à devenir le principal serviteur du roi, mais son attitude reste partagée. Certains la voient comme une aristrocrate fière et insolente. Pour d’autres, Marie-Madeleine Fouquet est spirituelle, cultivée et tient le rang d’une vraie princesse…


Avant d’épouser Marie-Madeleine de Castille, Nicolas Fouquet avait comme première épouse Louise Fourché de Guéhillac, fille du président du Parlement de Rennes qui disparut à 22 ans.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:33

- 1653 – Nicolas Fouquet est nommé Surintendant des finances



Nicolas Fouquet est nommé Surintendant des Finances par    Anne d’Autriche en 1653.  Sa fortune personnelle ne s’élève encore, d’après sa propre estimation, qu’à 1.600.000 livres, y compris la valeur de sa charge de procureur général, sur laquelle il doit encore plus de 400.000 livres. Dès  1653, il se met à la tâche. Il faut impérativement rétablir la confiance et faire réapparaitre l’épargne pour alimenter le trésor royal. Les recettes sont connues de tous  les économistes, mais il va y associer un talent exceptionnel. Ayant déjà des capitaux propres, il va mettre en œuvre un vieil adage : «L’argent appelle l’argent ». il va alors négocier chaque emprunt sur le marché des capitaux pour le compte u roi tout en le garantissant sur ses fonds propres. Le premier spéculateur était né, prenant au passage pour chaque opération un fort bénéfice. C’est ainsi que très rapidement, à coup d’emprunt il parvint chaque jour à trouver l’argent frais nécessaire aux besoins de l’administration, de la guerre, et des fêtes de la Cour. Même Mazarin en profita largement, animé d’une immense avidité.


Sa charge l’amène aussi à collaborer très fréquement avec l’intendant privé du cardinal Mazarin, Jean-baptiste Colbert. Descendant d’une famille de grands marchands banquiers (et non d’humbles drapieirs selon un contresens devenu légende) c’est un homme politique bien différent.




Austère, l’esprit plus gestionnaire et plus comptable, Colbert n’aime pas Fouquet à l’esprit insouciant, volage et contre la rigueur qu’impose la fonction d’un financier en pleine crise économique. Pourtant, il va autant le jalouser que le haïr et le combattre.


Il faut noter que Colbert est aussi un homme d’argent et étant au cœur de toutes les affaires, il fait aussi des profits considérables.


Lorsqu’on analyse le parcourt fulgurant de  Fouquet durant cette période, on ne peut être qu’émerveillé par une telle réussite. Tout lui sourit et sa position d’ardent et loyal défenseur du roi et du cardinal le prédestine à de très hautes fonctions. Rêvait-il de devenir premier ministre ? Certainement ! Et même plus encore, mais c’était sans compter un problème de taille. Louis XIV est très loin d’être naïf, et son ambition doublée d’une volonté à mettre en place une politique sans partage, va surprendre le Surintendant. Une autre faiblesse joue en défaveur contre Fouquet : sa réussite et sa richesse attirent l’envie, la jalousie et la crainte de voir ce faiseur d’or arriver au pouvoir. D’autant que des soupçons sur une fortune acquise trop rapidement vont naitre dans les esprits malveillants et des rumeurs de complots vont apparaitre.

Sa femme Marie-Madeleine de Castille tient un salon littéraire où des grandes personnalités se croisent comme Georges de Brébeuf, l’abbé de Boisrobert, Paul Scarron, Jean Ogier de Gombauld, le président de Périgny, Samuel Isarn, Charles Faucon de Ris, Pierre Corneille, Madeleine de Scudéry, Gilles Ménage, Paul Pellisson, Philippe Quinault, Mazarin, le duc d’Orléans, Henriette de France, Henriette d’Angleterre, le roi Louis XIV. Il y a aussi des artistes comme Le Brun, La Fontaine, Madame de Sévigné, Corneille, Molière… Le salon des Fouquet devient le centre du mouvement littéraire français…


Marie-Madeleine et Nicolas Fouquet vécurent entre 1651 et 1658 au n°5 de la Rue de Montmorency, dans l’hôtel de Castille qu’elle lui apporta en dot. Cet hôtel particulier qui a appartenu jusqu’en 1624 à la famille des Montmorency fut détruit vers 1900.



Selon Fouquet, son emploi de Surintendant lui rapportera de 1653 à 1661 3.150.000 livres, et donc à peu près 400.000 livres par an. Sa fortune est alors telle qu’il peut s’offrir la construction d’un magnifique château, Vaux-le-Vicomte, à partir de 1653. Le domaine de dépat, acheté avant son accession à la surintendance, n’est constitué que de friches et d’un vieux château.

A partir de 1658, les Fouquet s’installent dans l’hôtel de Narbonne, puis d’Emery. Ils sont alors voisins de la demeure de Mazarin Fouquet achète également une grande propriété à Saint-Mandé.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:35

- 1661 -  Mazarin disparait et Colbert décide d’abattre Fouquet


En mars 1661, à la mort de        Mazarin, Fouquet ne doute pas que sa contribution décisive au redressement des finances du royaume, lui vaudra de succéder au cardinal en qualité de Premier Ministre. Sûr de lui dans sa capacité à démonter au roi que les finances ne sont plus un problème, il n’a plus qu’à attendre la succession du Cardinal qui ne saurait tarder. Son  esprit calculateur va pourtant oublier une donnée importante. Car au même moment, Louis XIV, âgé de 22 ans, décide de supprimer cette fonction et par conséquent d’en priver Fouquet. En effet, le Roi, échaudé par la Fronde et les  jansénistes qui empoisonnent son autorité, veut supprimer les ministres. Son objectif est de gouverner seul pour mieux maitriser les traitrises et les complots. C’est aussi à cette période que Colbert décide d’abattre le Surintendant «de se revêtir de sa dépouille et’ de s’élever sur ses ruines ».

Un autre problème est celui d’une guerre de pouvoir entre deux hommes très différents et très influents : Fouquet et Colbert. Ce dernier jalouse le Surintendant qui brille par sa facilité déconcertante à faire rentrer de l’argent. Il envie cet homme à qui tout réussit et qui en plus risque d’obtenir le poste de Premier ministre qu’il convoite tant. C’est à partir de cette période que Colbert fera tout pour déstabiliser Fouquet.




Colbert ira même jusqu’à utiliser les travaux que réalise Fouquet dans sa propriété de Belle-Ile-en-Mer pour démonter au roi qu’un complot d’ampleur nationale est en marche. Il est vrai que le Surintendant est ambitieux. Cette propriété devient peu à peu une véritable forteresse. Une immense poudrière y sera même construite.


Fouquet reçoit des avertissements de ses amis et de sa famille lui conseillant d’être plus discret sur son luxe et ses ambitions, mais rien ni fait. Sûr de lui et de son succès, le Surintendant poursuit sa quête de pouvoir en agissant naïvement pour le bien de l’Etat et du roi.


A force de persuasion, Louis XIV finit par prendre sa décision et décide en mai 1661 d’emprisonner Fouquet. Il faut pour cela que le Surintendant verse dans les caisses royales l’argent frais qu’il a promis de fournir et qu’il vende sa charge de Procureur Général au Parlement de Paris. Cette charge le soustrait en effet à toutes juridictions autres que celle de ses pairs. Un plan précis est alors organisé pour l’arrestation, car il faut éviter le moindre scandale à Paris, le peuple ne comprendrait pas.


Comme pour savourer sa vengeance, le roi va alors exprimer à Fouquet son désir de retourner à Vaux Le Vicomte pour y admirer les derniers embellissements dont toute la Cour parle avec éloges.





- Le 17 août 1661 Vaux-le-Vicomte s’embrase



Le château de Vaux-le-Vicomte est un bijou d’architecture et de raffinement. Même si  les vraies raisons de l’arrestation de Fouquet ne sont pas directement liées à ce domaine féérique, il rendra incontestablement fou de jalousie    Louis XIV, lui qui rêve d’un château encore à l’état de projet, Versailles…




C’est donc à Vaux, dans le décor tout juste achevé du plus beau château du royaume, que le 17 août 1661, Fouquet offrit à son roi une fête inégalée et une soirée fastueuse : plus de 30 buffets, 1200 jets d’eau, des loteries où tous les numéros sont gagnants, et deux feux d’artifice l’un tiré dans les jardins, le second depuis le clocheton du château… La table du Roi est servie en or massif, et        Molière y joue une pièce pour la première fois : «Les Fâcheux ». les promenades dans les jardins, le souper digne des rois, les danses sous une musique de Lully sont un enchantement.
Ces fastes sont souvent présentés comme la cause principale de la chute de Fouquet, mais la décision du roi était déjà prise depuis quelques mois, largement influencée par Colbert. Voltaire lui-même contribua à cette légende en écrivant :

   «Le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était le Roi de France ;
A 2 heures du matin, il n’était plus rien… »



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:36

 Le temps de la déchéance


- Le 5 septembre 1661, Fouquet est arrêté à Nantes


Trois semaines plus tard, la Cour est à Nantes pour  les Etats de Bretagne et un plan va se mettre en place. Le 5 septembre 1661 et sur ordre du Roi, d’Artagnan, capitaine des mousquetaires, arrête le Surintendant Fouquet à Nantes pour le déférer devant les juges d’une cour d’exception spécialement constituée. Le motif est confus : supposition de malversation, mais sans plainte et sans informations complémentaires. Fouquet extrêmement surpris ne peut  être qu’étonné devant une si légère accusation et comme pour calmer le roi, il propose de lui remettre Belle-Ile.


En attendant, Fouquet est jeté dans une prison nantaise. Il parviendra malgré tout à prévenir sa famille et ses amis. Malheureusement, durant cette courte période, des documents seront laissés à la portée de Colbert. Sa femme va aussitôt réagir devant l’abus de pouvoir du roi. Dans un courrier qui lui est adressé elle va dénoncer le despotisme et son comportement, bafouant les lois du royaume :




- Louis XIV est excédé par des affaires qui naissent sans cesse


Il est clair qu’à ce moment Louis XIV est excédé par toutes ces affaires qui naissent dans son royaume et dont il ne comprend rien. Ceci va le conforter dans l’installation  de la monarchie absolue de droit divin. S’opposer au roi revient à s’opposer à la volonté divine, rendant légitime le bannissement et l’arrestation immédiate. Surtout Louix XIV ne veut pas que Fouquet lui échappe car il veut savoir…


Ce que l’on sait moins, c’est que Louis XIV et Colbert sont littéralement obsédés par cette affaire Fouquet dont ils veulent connaitre les origines. Car sous les termes de malversations prononcés par l’accusation, le roi et son nouveau ministre savent que des agissements occultes naissent dans l’Aude depuis fort longtemps. Le procès Nicolas Pavillon/Hautpoul , les Jansénistes dont Pavillon en est un leader et l’abbaye de Port-Royal sont autant de sujets qui trouvent à chaque fois leurs origines dans le Haut-Razès entre Limoux, Alet, Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains. N’oublions pas non plus que François Fouquet (1611-1673) archevêque de Narbonne et Louis Fouquet (1633-1702) Evêque d’Agde ont été mis en place dans la région du Languedoc pour des raisons bien précises, des faits que Louis XIV et Colbert ne peuvent ignorer... Ils savent donc qu'i’ y a anguille sous roche…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:38

- Le temps des disgrâces


Un orage va se déchainer sur la famille Fouquet, ses amis et certains s’insurgent. Un ami, Hugues de Lionne demande au roi que Marie-Madeleine ne soit pas séparée de son mari. Quant à elle, sa demande est de se faire emprisonner avec son époux, mais rien n’y fait. Alors que la justice du roi ne peut toujours rien reprocher à Nicolas Fouquet, sa femme est exilée à Limoges en 1661. Ses beaux-frères Louis et François Fouquet sont confinés dans leurs diocèses. Tout se met en place pour empêcher la concertation entre les proches. Belle-Ile se rend sans résistance aux troupes royales et des scellés sont posés sur toutes les résidences de Fouquet et de celles de ses clients.


Gilles Fouquet, son frère écuyer est déchu de sa charge de Premier écuyer de France, et Basile Fouquet, dit «l’abbé Fouquet », chef de la police secrète de Mazarin, doit s’exiler en Guyenne. Des amis très proches comme  Pellison sont emprisonnés, d’autres sont assignés en résidence. Hugues de Lionne, son ami, demande au roi de partager la disgrâce du surintendant, mais Louis XIV refuse.



La rage du roi ne s’arrête pas là. Les enfants de Nicolas Fouquet dont un bébé de deux mois, sont pris à leur mère. La reine-mère    Anne d’Autriche choquée par une telle violence qu’elle-même n’explique pas, interviendra pour qu’ils ne soient pas jetés à la rue.


Tous les biens sont saisis et Marie-Madeleine, dépouillée de ses meubles et de tous ses effets, doit emprunter pour survivre. Un ami dévoué lui prêtera 2000 louis ce qui lui permettra de partir pour Limoges.

Après l’arrestation de Fouquet, une métomorphose se produisit au niveau du caractère de Marie-Madeleine. Elle montre un courage, une abnégation et un dévouement qui honoreront sa mémoire, allant jusqu’à se faire emprisonner avec Fouquet un an avant sa mort. Elle parvint aussi à récupérer une faible partie des biens de sa famille et de son mari, agissant d’une part pour le bien de ses enfants devenus proscrits, d’autre part pour donner de l’argent aux pauvres.


- Le 7 septembre 1661, Colbert commence l’instruction


Fouquet est alors transféré au château d’Angers où il sera incarcéré plusieurs mois. Son procès ne s’ouvrira qu’en 1662 laissant à Colbert le temps des perquisitions. Obsédé par le motif de l’inculpation, Colbert va jouer le rôle à la fois de commissaire,  de juge d’instruction et d’enquêteur, contre tout respect des procédures juridiques. Tout au long des recherches, il fait porter au roi en toute irrégularité des pièces inventoriées dont certaines sont conservés et d’autres rendues après quelques jours.

Tous les comptes sont analysés et les registres financiers sont saisis. Premier coup de théâtre : Colbert découvre derrière un miroir à Saint-Mandé le plan de défense de Fouquet. Il s’agit d’instruction en cas de prise, rédigées par Fouquet lui-même en 1657, à une époque où  il pensait que Mazarin avait juré sa perte. Le mémoire détaille un scénario étrange : en cas d’emprisonnement et de mise au secret de Fouquet, les gouverneurs amis s’enfermeraient dans la citadelle et menacerait d’entrer en dissidence pour obtenir sa libération.


Il faut à ce propos faire une remarque. Soit ce document est issu d’un complot organisé par Colbert, soit le plan est authentique et on peut se demander de quoi Fouquet avait peur. On relève également un engagement pris par les adjudicataires des gabelles de verser une pension annuelle de 120 000 livres à un bénéficiaire dont le nom est laissé en blanc. Il s’agirait alors d’un pot-de-vin… Par la suite, Fouquet accusera Colbert d’avoir fait  placer chez lui un document issu des papiers de Mazarin. D’ailleurs, cette pièce ne sera pas mentionné dans un premier procès-verbal établi avant la visite de Colbert, mais trouvée lors d’une visite minutieuse des lieux par ce dernier.


Le 12 septembre, Louis XIV supprime la surintendance et la remplace par un conseil royal des finances. Colbert a alors la voie libre et prend le poste de Fouquet au Conseil avec le rang de ministre. Il peut maintenant instituer une juridiction ‘exception par édit royal de novembre 1661 portant création et établissement d’une chambre de justice, pour la recherche des abus et malversations commises dans les finances de Sa Majesté. Elle est composé de magistrats de la Chambre des comptes. La recherche des abus et des malversations remontera jusqu’en 1635.
Le 1er décembre, Fouquet est transféré au château d’Amboise ; la populatioin l’injurie sur son passage.



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:39

- Le 3  mars 1662, l’instruction est ouverte


Pour faciliter la tenue des séances, Fouquet est emprisonné à la  Bastille. Ironie de l’Histoire, cette prison servira plus tard à ses petits-fils, le maréchal et le chevalier de Belle-Isle. L’acharnement ira encore plus loin. Nicolas Fouquet n’ayant plus de biens, le roi pousse l’humiliation jusqu’à lui faire payer les frais de nourriture et ses gardes, une procédure tout à fait exceptionnelle mise en place sans décision de justice. Le monarque use de son droit divin.


L’instruction du procès de Fouquet s’ouvre le 3 mars 1662, mais la procédure s’embourbe rapidement. Les interrogatoires débutent le lendemain alors que Fouquet n’a pas connaissance des pièces saisies et qu’aucun acte de procédure ne lui a été notifié. En mai, il est inculpé et le 6 juillet, un arrêt du Conseil lui interdit de se pourvoir devant le parlement malgré sa qualité d’ancien procureur général. Il ne sera pas confronté aux témoins avant le 18 juillet et on ne lui accordera un conseil que le 7 septembre. Le 18 octobre marque une étape importante : la cour rend un arrêt imposant que la procédure se déroule désormais par écrit.


Le président désigne une liste de rapporteurs, mais l’interférence du roi est évidente. Alors que Madame de Maupéou agit pour le compte de son fils, elle en récuse deux comme elle en a le droit.  Louis XIV refusera toute modification répliquant qu’il avait précisément choisi ces magistrats. Le 10 décembre, Colbert fait remplacer Lamoignon, jugé favorable à  l’accusé, et lui substitue Pierre Séguier, dont la haine pour Fouquet n’est plus à démontrer.




Sa femme Marie-Madeleine séjourne à Saintes plus de six mois, éloignée de sa famille et séparée de ses enfants. Son calvaire est alors terrible et elle se plaint de ne pas recevoir de nouvelles. Fidèle à son mari devant l’épreuve, elle tentera désespérément d’infléchir la décision du roi. Tous les soirs, au sortir de son dîner, elle se jette à ses pieds en pleurs «Sire, Sire miséricorde ! » et le roi chaque soir, la relevant chuchote quelques mots et passe outre. La reine-mère est elle-même troublée par tant de haine et tente d’obtenir un peu de clémence en parlant de Madame Fouquet. Mais le roi reste inflexible. Le procès doit avoir lieu car il doit permettre de comprendre. Il en va de son pouvoir. Pourtant Marie-Madeleine ne désarme pas et avec sa belle-mère, elles se tiennent presque chaque jour à la porte de l’Arsenal, où siège la chambre de justice.

Pendant des années, pour payer les dettes de son mari, Marie-Madeleine de Castille devra engager les biens qui lui viennent de sa famille.



 Nicolas Fouquet se bât également du fond de sa cellule. Il rédige des lettres «Les Défenses » qui paraissent en novembre 1662. Marie-Madelaine se charge alors de les diffuser mais elles sont vite saisies.


Lettre de Nicolas Fouquet à sa femme, datée du 12 février 1662 et écrite de La Bastille


Elle fait alors installer une imprimerie dans sa propriété de Montreuil-sous-Bois d’où elle publie les brûlots contre Colbert et le pouvoir. Les imprimeries clandestines vont aussi se multiplier malgré les arrestations.


- Le 3 mars 1663, la cour s’assouplit

Pour éviter des défauts de procédure, la cour accepte le  3 mars 1663 de communiquer à Fouquet les pièces de son choix. Il pourra ainsi utiliser que celles qu’il aura étudiées. Au  même moment, sa meilleure amie, la marquise du Plessis-Bellière, est emprisonnée et des complices sont condamnés à mort par contumace pour lèse-majesté.


Pellison, embastillé, publie en cachette un «Discours au roi par un de ses fidèles sujets sur le procès de M. Fouquet » dont Luis XIV prend connaissance. Quant à La Fontaine, il écrit sans nom d’auteur, une « Elégie aux Nymphes de Vaux ».


Dans un courrier au roi du 15 décembre 1663, Marie-Madeleine lui rappelle qu’elle est une «Femme séparée de biens et qu’il n’en tient pas compte. Car Marie-Madeleine montre après cette disgrâce un courage et un dévouement qui honorent sa mémoire. S’efforçant de concert avec la mère de Fouquet d’exciter la pitié des juges et de désarmer la colère du roi elle tente tout pour adoucir le jugement. Devant les réclamations des créanciers du Surintendant, la mise aux enchères de ses biens est ordonnée

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:41

- 1664 – Un procès fleuve et un dossier vide


Le procès va être long et complexe d’autant que le jugement est entièrement manipulé par Colbert et    Louis XIV qui font pression sur les magistrats. La consigne est claire : Fouquet doit être à tout prix condamné et les juges cherchent inlassablement la faille qui permettra de prononcer un verdict sans contestation. Surtout, Louis XIV espère que les séances feront éclater la vérité… comprendre enfin l’origine exacte de cette richesse…


Un homme intègre va toutefois faire contre mesure en faveur de Nicolas Fouquet. Il s’agit du juge Olivier Lefèvre d’Ormesson, un ascendant du célèbre écrivain         Jean d’Ormesson. «La cour rend des arrêts, non des services » dira l’intègre d’Ormesson. Mais c’est peine perdue, car le jugement n’est pas équitable. Des documents sont falsifiés et la conduite des séances se fait uniquement à charge.





Malgré 3 ans de procès, les magistrats et l’accusation ne parviendront jamais à démontrer les malversations, ni à comprendre réellement d’où vient la fortune. Car l’ancien Surintendant a réponse à tout sans jamais se contredire. Le procès fleuve génèrera d’ailleurs d’importantes écritures car tout est enregistré.

Le jugement est truqué et Fouquet le sait. L’enjeu est d’autant plus grave qu’il risque sa tête, car trahir la confiance du roi pour enrichissement personnel est passible de la peine capitale. Serait-ce la durée du procès, ou le manque de preuve qui bénéficia à  l’accusé ? Le fait est que les juges votèrent le bannissement à vie, c’est-à-dire l’exil hors de France pour ne plus jamais y revenir. Tous ses biens seront aussi confisqués.

Un fait unique dans l’histoire de France va alors se produire et il s’explique parfaitement dans le contexte de l’énigme de Rennes. Le Roi détenteur du droit de grâce va briser la sentence des juges, non pour l’alléger, mais pour la modifier habilement: Louis XIV décrète la prison à vie  dans la sinistre forteresse de Pignerol. par ce déni de justice le Roi va donc affirmer son autorité, et du même coup, mettre sous les verrous et au secret un personnage intrigant et mystérieux, Nicolas Fouquet. Car au bout de trois ans et une enquête soutenue, Louis XIV ne comprend toujours pas le fond de l’affaire. D’où vient exactement la fortune de Fouquet ? Qui sont ses complices ? Quel était sa réelle motivation ? S’agit-il d’un complot d’Etat avorté comme le prétend Colbert ? Ou s’agit-il de tout autre chose de plus occulte ?

Il faut dire que Louis XIV enregistre les affaires étranges qui échappe à sa volonté depuis de nombreuses années : Nicolas Pavillon et le procès  Hautpoul, les Jansénistes et encore Nicolas Pavillon, l’abbaye de Port-Royal et maintenant Nicolas Fouquet et sa richesse insolente. Le roi veut savoir. Il veut connaitre ces dessous d’affaires qu’il ne maitrise pas. Mais il est loin d’être naïf, car des ponts communs existent entre ces différents épisodes. Comment pourrait-il en être autrement ? Hautpoul, les frères Fouquet dont l’un est en poste dans l’Aude à ND de Marceille, Pavillon, évêque d’Alet les Bains… tout ramène à l’Aude et au Razès. Il n’est d’ailleurs pas le seul à se douter de quelques anguilles sous roches. Colbert a aussi des doutes puisqu’il fera ré-ouvrir les mines de Blanchefort en 1666


Isoler et mettre au secret Nicolas Fouquet était donc une manière efficace d’en savoir plus. Fouquet, escorté par cent mousquetaires, fut envoyé à Pignerol, une petite place forte des Alpes savoyardes. Il y restera enfermé et étroitement surveillé dans le donjon de la forteresse jusqu’à sa mort le 23 mars 1680.





- Le 14 avril 1664 – Premier contact après l’arrestation


Le 14 avril 1664, les gardiens autorisent Nicolas Fouquet à serre sa femme et ses enfants dans ses bras. Madame Fouquet viendra au- devant de son mari à Charenton sous la haute surveillance de d’Artagnan. Ce sera malheureusement la dernière étreinte avant 15 ans sans qu’ils puissent même les apercevoir.

Le 23 mai 1664, Madame Fouquet donne requête à la chambre pour avoir des meubles, mais on lui répond que l’on ne veut pas délibérer là-dessus. Les juges ordinaires et les simples greffiers ne sont pas les seuls à s’acharner contre Fouquet et sa femme : un grand serviteur de l’Etat, Chamillart écrit à Colbert ceci :


]


La machine judiciaire est lancée depuis 3 ans et pourtant elle continue de broyer la famille Fouquet. De nouveau, Nicolas ne peut plus voir ses avocats et l’administration roayle s’en prend désormais à toute la famille. Le cousin de Marie-Madeleine, Jeannin de Castille, fut l’une des principales victimes de la chambre de justice qui lui infligea une amende de 8.000.000livres. [i[« Cette amende met un terme à une carrière facile et brillante »[/i] écrira D.Dessert.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Lun 24 Avr - 22:44

- 1665-1666 – Le Roi pille Vaux le Vicomte


Toujours sous la volonté du roi, la vente du mobilier de Vaux et la résidence de Saint-Mandé se déroule de 1665 à septembre 1666, mais entre-temps, Louis XIV s’est largement servi. Pour lui-même, il fait prélever d’innombrables objets précieux, des tapisseries, des étoffes de brocart, des tables de marbre, des vases de vermeil, des carreaux de marbre rare. Tout ce qui a de la valeur et qui peut être porté est transféré au Louvre… Les orangers en pot et des milliers d’arbrisseaux sont envoyés à Versailles et aux  Tuileries…Louis XIV met la main sur les plus belles pièces de collections et va jusqu’à faire remplacer l’écureuil des Fouquet par des fleurs de lys sur les tapisseries.


Finalement, vidé de ses valeurs, Vaux est abandonné par les créanciers à Mme Fouquet ainsi que les seigneuries de Melun et de Belle-Ile-en-Mer, contre le paiement sous 10 ans de 1.250.000 livres de dettes.




- 1673 – Marie-Madeleine Fouquet peut rentrer à Vaux Le Vicomte


Après 10 ans d’exil, Marie-Madeleine de Castille peut enfin rentrer à Vaux en 1673. Le château est totalement pillé et dégradé. Armée d’un courage exemplaire et avec son fils aîné, le comte de Vaux, elle reprend le domaine en main. Des œuvres qu’elle avait commandées sont vendues, ce qui lui permet de rembourser en totalité les dettes de son mari. Elle devra aussi attendre 6 ans avant que Louis XIV ne daigne lui permettre une visite à son époux.


Outre le Château de Vaux-le-Vicomte, elle récupère une centaine de milliers de livres, la maison de Saint-Mandé, Belle-Ile-en-Mer, le manoir et la terre de La Guerche à Saint-Brévin-les-Pins, le Château de Largoët à Elven, Trévérec, le château de Cantizac à Séné, Bouy-le-Neuf, Lanvaux, Keroual, la terre de Coët-Canton, la forêt de Trédion, les domaines du Grand Auvers, des Moulins-Neufs à Lézigné, de Maincy, la vicomté de Melun, des parts dans la société des toiles d’Amérique, l’exploitation des bois de Normandie, ses offices d’huissiers au Parlement de Paris et d’huissier conseiller en Hôtel de Ville. Le patrimoine est vaste…

C’est en tout cas grâce à l’intervention de Mme de Montespan que Mme Fouquet pourra rendre enfin visite à son mari en mai 1679. Ils ne se sont pas vus depuis 15 ans et Marie-Madeleine poussant son amour jusqu’à ses retranchements demandera à se faire enfermer avec lui. Elle y restera jusqu’à la mort de Nicolas Fouquet le 3 avril 1680. Après avoir partagé un an sa captivité, elle ferma les yeux de celui qui voulut briller plus fort que le roi…et en emportant ses secrets…


Nicolas Fouquet est inhumé en l’église du couvent des Dames de Sainte-Marie, grande rue Saint-Antoine, à Paris. Marie-Madeleine n’a alors que 37 ans.





L’ancienne chapelle de la Visitation est devenue temple protestant du Marais en 1802. Elle fut conçue par François Mansart et construite entre 1632 et 1634. c’est dans la crypte créée en 1665 qu’était entreposé les sépultures des Fouquet. Elles furent ensuite emmurées dans un caveau pour les protéger. Outre Nicolas Fouquet, sont aussi inhumés son frère Basile, et son père François Fouquet.




- 1680 – Nicolas Fouquet meurt et Marie-Madeleine survit


Marie-Madeleine de Castille est encore jeune et survivra à son mari 36 ans. Luttant dans un premier temps pour sauver les restes de la fortune familiale, l’épreuve fut longue et semée de luttes judiciaires. Ses biens furent à nouveau saisi par le roi ou donnés sans son avis à des œuvres pieuses. Heureusement, du fait de sa situation matrimoniale, le roi finit par lui céder une partie. Le château de Largoët fut vendu à Michel de Trémeurec. La baronnie de Lanvaux, les terres et le château de Cantizac furent vendus au roi le 21 janvier 1681. En 1684, elle donna les seigneuries de Vaux et de Melun à son fils et conserva Belle-Ile-en-Mer jusqu’en 1704, date à laquelle le roi finit par l’acheter.


En 1705, le comte de Vaux, son fils, disparu sans héritier et sa mère décida de vendre le Château de Vaux-le-Vicomte au maréchal Claude Louis Hector de Villars, duc et pair de France pour 500.000 livres. Courageuse et battante, Marie-Madeleine continuera à ironiser sur le compte du roi en évoquant certaines promesses non tenues. Pour cela, elle imprimera un petit livre dans les Pays-Bas, à Utrecht, mais l’ourage sera censuré. On peut notamment y lire l’une de ses plaintes, un dernier combat pour la mémoire de son mari et la réhabilitation de ses enfants.



Saint-Simon, le célèbre mémorialiste parlera d’elle comme une femme admirable et charitable. Née en 1633 dans l’ancien hôtel de Montmorency, elle disparut le 12 décembre 1716 à Paris, à 83 ans, dans sa maison dite de l’Arcade, à côté de l’abbaye du Val-de-Grâce. Elle fut inhumée dans la chapelle Fouquet du couvent de la Visitation-Saint-Marie, à Paris, avec son mari.


Nicolas Fouquet eut  5 enfants de Marie-Madeleine de Castille, et ils ne furent jamais admis à la cour jusqu’à la mort de Louis XIV :


François Fouquet (1652-1656)

Louis Nicolas Fouquet de Vaux (1654-1705), vicomte de Melun et comte de Vaux. C’est lui qui restaura Vaux après les pillages et les actes de vandalisme. Il se maria en 1689 avec Marie-Jeanne Guyon du Chesnoy, fille de Madame Guyon, une mystique française, riche héritière. Dès 1683, à court d’argent, il vendit au Roi des termes de marbre blanc attribués à Nicolas Poussin, puis en 1699 des statues antiques et modernes.


Marie-Madeleine Fouquet (1656-1720), se maria le 21 juillet 1683, avec Emmanuel de Crussol d’Uzès, chevalier, marquis de Montsalès.

Charles Armand Fouquet (1637-1734), entra dans la congrégation de l’Oratoire. Il devint grand vicaire du
diocèse d’Agde et supérieur du séminaire de Saint-Magloire.

Louis Fouquet (1661-1738), marquis de Belle-Isle, baron de Villars, fut
 chevalier de Saint-Jean de Jérusalem.







Rédigés un demi-siècle plus tard, Saint-Simon écrira dans ses Mémoires une épitaphe en hommage  à ce Surintendant pas comme les autres :

«Après avoir été huit ans Surintendant des Finances, pays de dix-neuf ans de prison les millions que le Cardinal Mazarin avait pris, la jalousie de M. Le Tellier et Colbert, un peu trop de galanteries et de splendeur »…


De cette folle dépense puisée dans les secrets du Razès, il nous reste Vaux-le-Vicomte, un merveilleux château qui inspira Versailles, un lieu poignant où l’on sent à chaque instant le poids de l’histoire, l’aventure d’un homme qui se brula les ailes en voulant s’approcher au plus près du roi Soleil…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 13:18



(voir l’original sur le site : http://www.rennes-le-chateau-archive.com/)


Numéro 1
François Fouquet (1551-1590)
Conseiller au parlement de Paris
Épouse en 1580 : Marie de Benigne (15.. -1600)

Numéro 2
François Fouquet (1587-1640)
Conseiller d’Etat
Epouse en 1610 : Marie de Maupeou d’Ableiges (1610-1681)


Numero 3 : les enfants de François Fouquet (n°2)
François Fouquet (1611-1671)
Archevêque de Narbonne
Anne Fouquet (1683 - ?)
Sœur de la Visitation
Nicolas Fouquet (1615-1680)
Vicomte de Vaux et de Melun ; marquis de Belle Isle
Seigneur de Maincy ; Surintendant des Finances
a) épouse en 1640 : Marie Fouché de Quehillac (1619-1641)
b) épouse en 1651 : Marie-Madeleine de Castille (1672-1716)
Il aura 5 enfants
Marie Elisabeth Fouquet (1619 -1982)
Sœur de la Visitation
• Elisabeth Angélique Fouquet (1620 - ?) [/color]
Sœur de la Visitation
Marie-Thérèse Fouquet (1621 - ?)
Sœur de la Visitation
Basile Fouquet (1623-1680)
Abbé prieur de Barbeaux
Yves Fouquet (1628-1251)
Seigneur de Mézières
Agnès Louise Fouquet (1630- ?)
Sœur de la Visitation
Madeleine Augustine Fouquet (1632- ?)
Sœur de la Visitation
Louis Fouquet (1633-1702)
Evêque d’Agde
Gilles Fouquet (1637-1664)
Premier écuyer de la Grande Ecurie
Epouse en 1660 : Anne d’Aumont

Numéro 4 les enfants de Nicolas Fouquet

Marie Fouquet (1640-1716)
Comte de Vaux
Epouse en 1657 : Armand de Bethune (1640-1717)
Duc de Charost (Numero 5)

Louis Nicolas Fouquet (1653-1707)
Comte de Vaux
Epouse en 1681 : Jeanne Marie Guyon ( ?-1736)
Marie Madeleine Fouquet (1656-1720)
Epouse en 1683 : Emmanuel de Crussol d’Uzès
Marquis de Montsalès et Balagier
Charles armand Fouquet (1657-1734)
Abbé prieur de Mauregard
Louis Fouquet (1661-1738)
Marquis de Belle Isle
Epouse en 1686 : Catherine Agnès de Levis-Charlus
( ?-1729)
Ils auront 5 enfants




Numéro 6 : enfants de Louis Fouquet et Catherine de Levis-Charlus
Charles Louis Auguste Fouquet de Belle Isle (1684-1761)
Pair et Maréchal de France, duc de Gisors
Prince du Saint Empire
Membre de l’Académie Française
a) épouse en 1711 : Henriette Françoise de Durfort-Civrac (1678-1723)
b) épouse en 1719 : Marie-Casimire Thérèse de Bethune (1709-1755)
               •      Marie Anne Madeleine Fouquet (1685-1734)
Epouse en 1723 : Marc Antoine Valon, Marquis de Montmain
Marie Madeleine  Fouquet (1686-1749)
Epouse en 1722 : Louis Marquis de La Vieuville
Marie-Louise Fouquet (1692- ?)
Chanoinesse de Poulangis
Louis Charles Armand Fouquet (1693-1747)
Chevalier de Belle Isle

Numero 7 : fils de charles Louis Auguste Fouquet de Belle Isle
Louis Marie Fouquet (1732-1758)
Comte de Gisors
Epouse en 1753 : Hélène Julie Rosalie Mancini-Mazarin (1740-1780)
Dite Mademoiselle de Nevers


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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:46

 Deux frères Fouquet sont postés dans le Razès


Tout le monde connait la fin tragique de  Nicolas Fouquet. Devenue immensément riche alors qu’il gérait les finances royales, le Roi demande de revoir les derniers embellissements qui ont été effectués dans la demeure de Fouquet. Ce véritable joyau d’architecture est le château de Vaux-le-Vicomte, un lieu de prestige ou trois artistes de grande renommée, trois mais de longue date, vont contribuer à l’excellence : le peintre         Le Brun, le jardinier Le Nôtre, et l’architecte Le Vau.


Le 16 août 1661 en l’honneur de son roi et pour  lui faire découvrir les derniers embellissements, Fouquet organisa une soirée exceptionnelle : 30 buffets et un repas royal préparé par les plus grands cuisiniers. 1200 jets d’eau animent les bassins et les cascades et deux feux d’artifice viendront couronner le tout.


La légende prétend que cette fête rendit fou de jalousie    Louis XIV. Vexé et agacé par tant de luxe, le roi aurait ensuite signé l’arrêt du Surintendant. Comme l’écrivit Voltaire : «Le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était le roi de France ; à 2 heures du matin, il n’était plus rien ».


Mais l’histoire est en réalité tout autre et bien plus occulte. Cette décision avait été prise par le Roi longtemps à l’avance, alimenté par Colbert qui lui rapportait régulièrement les excès de Fouquet et toutes les anomalies financières… Le Roi attendait simplement une occasion et Fouquet la lui apporta sur un plateau d’or. Quittant prestement la fête, Louis XIV refusa l’hospitalité et retourna au château de Fontainebleau finir sa nuit. Trois semaines plus tard, Fouquet était arrêté.


- Comment a-t-on pu en arriver là ?

Pour comprendre la décision de Louis XIV il faut se remettre dans le contexte historique. Son long règne est soumis à des agitations en France qui mettent à l’épreuve le pouvoir monarchique et l’Etat. Hormis les guerres, ce sont autant d’épisodes plus ou moins importants qui trouvent leurs racines dans l’affaire de Rennes et qui vont engendrer l’affaire d’Etat :

L’affaire du procès de          Blaise de Hautpoul contre Nicolas Pavillon. Le baron se plaint en effet que des gens du Roi (de Nicolas Pavillon) traversent ses terres sans autorisation. Le procès sera long et complexe et obligera Louis XIV à intervenir…

L’affaire de la «régale » (1673). Même si cette affaire est postérieure à celle de Fouquet, elle montre une fois encore les liens étroits entre le pouvoir et le Razès. Seuls deux évêchés refusèrent de payer cet impôt, Nicolas Pavillon, évêque d’Alet, et François de Caulet, évêque de Pamiers, tous deux jansénistes.


Les Jansénistes et        l’abbaye de Port Royal.


Jean de Loret, gazetier, écrit dans son journal «La Muze Historique » : « il pleut des Louis d’or à Alet »…Cette nouvelle parue dans deux lettres a certainement perturbé le Roi et Colbert. Alet étant de plus l’évêché de Nicolas Poussin.

La Fronde, deux révoltes l’une populaire et l’autre dite « des princes », met à feu et à sang la France.

L’affaire Fouquet et sa richesse insolente…


Louis XIV est excédé par une suite d’affaires dont il ne comprend ni les rouages, ni les véritables origines, et qui trouvent toutes leurs racines dans l’Aude.


Cette arrestation n’est pas due à la simple jalousie d’un roi, ou comme on le lit trop souvent, pour couper les ailes à un ministre trop zélé et trop ambitieux. Les vraies raisons sont profondes et enfouies du côté des deux Rennes.


Il convient de s’interroger sur la fortune de  Nicolas Fouquet. Officiellement, le Surintendant aurait profité de sa position de ministre des Finances pour détourner à son profit les sommes nécessaires à son ambition. Ainsi, il puisait dans ses propres deniers pour faire face aux dépenses de l’Etat et de son souverain. Il récupérait ses fonds en se payant sur les recettes de l’Etat, les impôts notamment. Bien sûr, il y trouvait son compte et se rémunérait au passage. Fouquet aurait donc confondu son patrimoine personnel et celui du royaume.


Si on observe les courbes des revenus et des dépenses de l’Etat, elles s’effondrent entre 1658 et 1661. Elles traduisent clairement le dysfonctionnement des finances de la France qui s’arrête à  l’arrestation de Fouquet. S’il n’y a aucune dépense, il n’y a pas non plus de revenu…Comment Fouquet a-t-il pu accumuler une telle fortune sans mouvement d’argent enregistré ? Cette question sera au cœur du procès et aucune réponse n’en sortira…



L’autre accusation consiste à l’élévation des fortifications à Belle Ile en Mer et dont il était propriétaire. Colbert cria à la trahison alors que Fouquet déclara vouloir simplement doter Belle Île du plus grand port fortifié du royaume. Tout ceci ne sera jamais prouvé, malgré les manipulations et la mauvaise foi incessante de  Colbert décidé à faire tomber le Surintendant.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:53

- La famille Fouquet se partage entre Paris et l’Aude

Nicolas Fouquet est issu d’une famille de 15 enfants dont 6 garçons eurent des destinées importantes. Deux d’entre eux vont en plus être impliqués dans l’affaire de Rennes. L’arbre généalogique à partir du grand-père de Nicolas Fouquet se définit ainsi :

François III Fouquet (1551-1590), conseiller au Parlement de Paris
♦♦ François IV Fouquet (1587-1640), fils du précédent,
magistrat et homme d’affaires français. Il eut 6 fils dont Nicolas
 Fouquet.
François V Fouquet (1611-1673), frère aîné de Nicolas, évêque de Bayonne, d’Agde puis archevêque de Narbonne
►► Nicolas Fouquet (1615-1680), procureur général du Parlement de Paris et Surintendant des finances. Il a deux petits-fils :
     ►►►► Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle (1684-1761), maréchal de France, petit-fils de Nicolas Fouquet
     ►►►► Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle (1693-1747), petit-fils de Nicolas Fouquet
►►Louis Fouquet (1633-1702), évêque d’Agde ; en succession de son frère aîné et auteur de la lettre mystérieuse adressée à Nicolas Poussin
►► Basile Fouquet (1622-1680), dit «l’abbé Fouquet », chef de la police secrète de Mazarin
►► Yves Fouquet (1628-1651), conseiller au Parlement de Paris, mort précocement
►► Gilles Fouquet (1637-1694), Premier écuyer de France




Son père, François Fouquet IV magistrat et homme d’affaires français, fut également ami de St Vincent de Paul, associant ses activités d’affaires à des ordres religieux comme « La Compagnie de Jésus »… (les Jésuites)

Il est étonnant de voir l’intégration de cette famille dans les clés du pouvoir, allant de ministres à évêque et Archevêque, en passant par le renseignement.

Nicolas Fouquet a deux frères qui vont jouer un rôle important dans l’affaire.

D’abord  François Fouquet qui joua un rôle très important dans le diocèse d’Alet et surtout à  Notre Dame de Marceille.



Il fut littéralement propulsé en  1656 Coadjuteur de Narbonne par son frère Nicolas, puis en 1659 Archevêque de Narbonne. Il put ainsi récupérer très vite la gestion du canton de Limoux et par voie de conséquence, l’administration de ND de Marceille. Gérant seul le Sanctuaire,  il n’eut aucun mal à effectuer tous les aménagements nécessaires dont la crypte sous la chaire.


Un autre frère, Louis Fouquet est l’auteur d’une lettre très mystérieuse parlant de Poussin à propos d’un projet très particulier, et expédié le 17 avril 1656 à l’attention de son frère Nicolas.


Deux mois plus tard, le 2 août 1656, Nicolas Fouquet signa le marché de Vaux le Vicomte. Il est évident que cette lettre fut décisive dans son choix de construire Vaux-le-Vicomte…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:55

François Fouquet (1611-1673)


Evêque de Bayonne en 1637
Evêque d’Agde en 1643
Coadjuteur de Narbonne en 1656
Archevêque de Narbonne en 1659




Frère de Nicolas Fouquet et prélat, il est propulsé coadjuteur et archevêque de Narbonne par Nicolas.
Administrant seul
ND de Marceille de 1659 à sa mort, il réalise des travaux dans le Sanctuaire dont la réalisation d’une crypte.

Emporté par la tourmente de son frère Nicolas en 1661, il est exilé à Alençon, laissant un pouvoir à son vicaire général Jean Dagen, secrétaire particulier de Nicolas Pavillon.


François Fouquet, frère de Nicolas Fouquet est l’aîné des 12 enfants de François IV Fouquet et de Marie de Maupéou. Ayant acheté un office de conseiller au Grand Conseil en 1632, il le changea pour celui de conseiller au parlement de Paris. Sa famille le destina pourtant très jeune à une carrière ecclésiastique. Nommé évêque de Bayonne en 1637,  il fut sacré le 25 mars 1639 dans l’église du Grand-Jésus de la rue Saint-Antoine à Paris, par Claude de Rueil, évêque d’Angers. Il combattit alors la coutume basque de la cohabitation avant mariage.

Nommé abbé et baron de Saint-Sever à la mort d’Etienne de Virazel, évêque de Saint-Brieuc le 21 juin 1641, il résigna en faveur de François de Rebé en 1656. il fut de plus prieur de Chassignoles, ainsi que prieur et seigneur de Cassan qu’il réforma et fit entrer dans la congrégation de France en avril 1660.

Le 26 juin 1643, il permuta le siège de Bayonne avec celui de Jean Dolce, évêque d’Agde, ce qui fut confirmé par une bulle d’Urbain VIII. il prit possession par procureur le 18 janvier 1644 et fit son entrée solennelle dans Agde le 17 avril suivant. Il prêta enfin serment de fidélité au roi au mois de septembre 1648.

Pendant son pontificat on bâtit une nouvelle église sous l’invocation de Saint Joseph dans l’île de Sète, achevée en 1652. A Agde, il lança aussi la construction d’un séminaire près de l’église Saint-André et établit un hôpital.

Le [/b]17 septembre 1956[/b], il fut nommé coadjuteur de Claude de Rebé, archevêque de Narbonne avec promesse de succession. Il céda l’évêché d’Agde à son frère Louis Fouquet qui, question d’âge ne fut sacré qu’en 1659.  François Fouquet succéda à Claude de Rebé à la mort de celui-ci le 17 mars qu’en 1659, et prit ainsi la présidence des Etats du Languedoc. Il prêta serment au roi pour son nouveau siège le 26 mars, et fit son entrée solennelle à Narbonne le 2 mai 1660. en août 1661, il présida l’assemblée du clergé et visita entre 1659 et 1660 l’ensemble de ses paroisses. Il dirigea les travaux du synode du diocèse de Narbonne.

Enveloppé dans la disgrâce de son frère le surintendant, il fut exilé à Alençon en 1661, laissant un pouvoir général à son vicaire général Jean Dagen, le secrétaire particulier de Nicolas Pavillon. la présidence des Etats fut désormais tenue par le second ecclésiastique de la province du Languedoc, Charles-François d’Anglure de Bourlemont puis Pierre de Bonzi, archevêque de Toulouse.

Cependant , François Fouquet continua à se préoccuper de son diocèse :  il fonda en 1672 un hôpital pour les incurables. Il poussa l’abbaye bénédictine de Caunes ainsi que le prieuré de Notre-Dame de Lamourguier à adhérer à la congrégation de Saint-Maur en 1662. il avait projeté d’établir un séminaire à Limoux, ainsi qu’une maison de missionnaires pour le Bas-Razès à Notre-Dame de Marceille qu’il confia aux doctrinaires. A Alençon, il fit l’acquisition d’une maison pour les Jésuites en 1672.

La famille Fouquet, à commencer par François IV, le père de l’archevêque de Narbonne et surintendant, était proche de Saint Vincent de Paul. On peut rappeler que trois des sœurs du prélat entrèrent chez les Visitandines, dont le couvent de Paris avait pour aumônier Monsieur Vincent, et François Fouquet appellera l’une d’entre elles pour fonder un maison de cet ordre dans son diocèse de Bayonne (1640).

Il ouvrit le premier séminaire du diocèse de Narbonne, qu’il confia à la direction des pères lazaristes, congrégation créée par Vincent de Paul, comme les Filles de la Charité dont il obtint de celui-ci l’installation à Narbonne en 1659, les premières étant Françoise Carcireux, Anne Denoual et Marie Chesse, pour se consacrer aux malades et aux pauvres de l’hôpital Saint-Paul. Enfin, comme Monsieur Vincent, il fit  partie de la Compagnie du Saint-Sacrement.

François Fouquet mourut en exil le 19 octobre 1673. il fut inhumém dans l’église des Clarisses d’Alençon, au pied du maitre-autel. les Etats du Languedoc célébrèrent un service en son honneur le 9 janvier 1674 ; le cardinal Pierre de Bonzi officia, et l’oraison funèbre fut prononcée par Hyacinthe Serroni, évêque de Mende. Son tombeau fut détruit durant la Révolutioon, mais on aurait retrouvé sa dépouille lors de travaux en 1825.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:56

Louis Fouquet (1633-1702)

Evêque-comte d’Agde en 1659
Aumônier du roi

Frère de Nicolas Fouquet et prélat, il est l’auteur
d’une lettre énigmatique adressée à Nicolas, son frère
à propos d’un projet très particulier.


Il séjourna à Rome entre 1655 et 1656.
Il était Chevalier de l’Ordre du Saint Esprit et de l’Ordre de Saint Michel


Louis Fouquet, frère de Nicolas Fouquet est né le 4 février 1633 et fut évêque-comte d’Agde et aumônier du roi. Son emprise dans le Languedoc est donc claire. Comme ses frères, il fréquenta les Jésuites du collège de Clermont, puis Saint-Vincent de Paul. Il fut ensuite docteur de la faculté d’Orléans, puis conseiller au Parlement de Metz en 1652 où son frère Gilles lui succédera.

Il séjourna à Rome entre 1655 et 1655. «Fort riche en bénéfices », comme note Saint-Simon, il est alors abbé de Saint-Martin d’Autun, du Jard, de Ham, de Sorèze et de Vézenlay. De 1659 à 1702, il devint évêque-comte d’Agde. A l’assemblée du clergé de [b[1660 à 1661[/b],  il se démarqua pour ses positions antiprotestantes et antijansénistes, dans la stricte orthodoxie prônée par le monarque.

Après son frère Basile, Louis fut chancelier des ordres du roi, et donc de l’ordre de Saint-Michel et de l’Ordre du Saint-Esprit. en 1660, il  devint aumônier du roi et maitre de son oratoire, une charge achetée à un cousin de la famille.

En 1661, l’arrestation de son frère le Surintendant entraina sa propre disgrâce : il est alors exilé à Villefranche-de-Rouergue puis en 1668, à Issoudun. les vicaires généraux administrèrent son bénéfice, jusqu’à son retour dans son diocèse, où il fut assigné à résidence. Vers la fin de sa vie, âgé et infirme, il dut confier la direction  de son diocèse à son neveu, l’abbé Charles-Armand Fouquet, qui la garda jusqu’à la mort de son oncle. Il disparut le 4 février 1702.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:57

Basile Fouquet (1622-1680)

Agent de Mazarin
Frère de Nicolas Fouquet





Septième fils de Fouquet, il devint abbé mais sans grande conviction. Agent de Mazarin, celui que l’on appelait «l’abbé Fouquet » était le chef de sa police secrète et avait sous ses ordres une cinquantaine de personnes.
Chancelier des ordres du roi, tant que Mazarin était vivant, il fut disgracié en 1661 avec son frère Nicolas.
Il fut abbé commendataire de la riche abbaye bénédictine de Barbeau où il se retira en 1678 pour y mourir à  la fin de sa carrière. Il était aussi abbé de Rigny et de Nouaillé.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mar 25 Avr - 23:59

 La lettre mystérieuse de Louis Fouquet impliquant Poussin

Comment peut-on relier Poussin à l’affaire Fouquet et à l’énigme de Rennes ? Commençons par une mystérieuse lettre…

C’est à partir d’une lettre énigmatique retrouvée dans les archives de la famille Cossé-Brissac et de plusieurs faits troublants, que l’on peut entrevoir la fabuleuse trame historique sur fond arcadien et sur fond d’affaire d’Etat.


Cette lettre, connue depuis 1862, date du  17 avril 1656. Elle fut envoyé de Rome et rédigée par  l’abbé Louis Fouquet alors âgé de 23 ans. Son destinataire n’est autre que son frère  Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV.
Voici l’extrait :



Dit autrement : Louis Fouquet informe son frère Nicolas qu’après avoir remis à Poussin son courrier, il projeta avec le peintre «certaines choses » qu’il promit de détailler. Louis Fouquet confia que ce projet donnerait à Nicolas et par Poussin, un pouvoir que, ni les rois, ni personne à l’avenir, ne pourrait lui retirer. De plus ce projet aurait l’avantage d’être peu coûteux, il pourrait même se révéler être une richesse inégalée sur terre…

Cette lettre retrouvée dans les archives de la famille Cossé-Brissac confirme qu’une affaire de la plus haute importance était déjà en route 4 ans avant l’arrestation du Surintendant. Par ailleurs Louis Fouquet séjourna à Rome un an entre 1655 et 1656. Il est alors abbé de Saint-Martin d’Autun, du Jard, de Ham, de Sorèze et de Vézelay et sa mission dans la capitale italienne est fixée par son frère Nicolas qui le charge de collecter diverses œuvres d’art.   Nicolas Poussin va alors l’aider. C’est dans ce contexte qu’il va aussi surveiller l’ambassadeur M. de Lionne et vérifier les acquisitions.


Cette lettre inexplicable est tout simplement ignorée des historiens ? Qui initia l’autre ? Poussin ou l’abbé Louis Fouquet ? Et de quel projet pouvait-il s’agir ? Ce courrier montre en tout cas que    Nicolas Fouquet fut mis dans le secret par son frère Louis à propos d’un projet hors norme. Or il est troublant de constater que le marché du Château de Vaux le Vicomte fut signé par Nicolas Fouquet le 2 août 1656 soit 3 mois après cette fameuse lettre, un marché qui engage le Surintendant pour 600.000 (le château- et 257.000 livres (les communs)…


Comment ne pas supposer que le Surintendant prit sa décision de construire le château suite aux révélations de son frère Louis et de Nicolas Poussin ? Comblé par ce secret qui tombe au bon moment, il prit certainement confiance et décida d’investir…



 Louis XIV achète les Bergers d’Arcadie

- La malédiction continue

Après l’arrestation en 1661 et parallèlement à l’instruction de Colbert, le roi poursuivit également ses investigations. Persuadé que Fouquet est au centre d’un vaste complot impliquant des mouvements d’argent occultes, il se mit à fouiller dans les papiers de son ex-surintendant. A-t-il trouvé quelques éléments intrigants ?

Le fait est que quelques années plus tard, le Roi exprima la volonté d’acquérir la seconde version des «Bergers d’Arcadie » de Nicolas Poussin. Finalement, après 5 ans de recherche, Louis XIV réussit à acheter le  tableau en 1685 et il fut baptisé        «Pasteurs d’Arcadie » comme l’attestent les comptes des bâtiments du Roi.


Présentée dans son « petit appartement » privé à Versailles de façon à e pas trop l’exposer en public, le tableau ne quittera plus cet emplacement jusqu’à sa mort en 1715. En fait il ne fut déplacé qu’en 1803, date à laquelle le Louvre devint, sous l’empire, Le Musée Napoléon.



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 0:02

 Masque de fer ou loup de velours ?


- La création du mythe

Histoire extraordinaire de l’histoire de France, l’homme au masque de fer généra les passions et les romans. Le mystère entourant son existence ainsi que les différents films et romans n’ont cessé d’exciter les imaginations. Surtout, cette affaire serait tombée depuis longtemps dans l’oubli s’il n’y avait pas eu une connexion avec Nicolas Fouquet. L’histoire subit très vite une caricature en ne relevant que son aspect exceptionnel du masque de fer, mais il faut savoir que cette affaire comporte de nombreuses énigmes, une affaire dans l’affaire…




L’énigme démarre le 19 novembre 1703 à la Bastille, au terme d’une longue captivité d’un prisonnier dont nul ne connaissait ni le nom, ni le motif de l’incarcération. L’intrigue apparait lors de son enterrement dans le cimetière de  l’église Saint-Paul sous le nom de  Marchiali et sous une fausse indication d’âge. Voltaire amplifiera le fait pour dénoncer l’absolutisme du pouvoir royal. L’homme au masque de fer serait en réalité un homme au masque de velours (on peut facilement imaginer que le port d’un masque de fer entrainerait rapidement une septicémie).

Il faut toutefois remonter au règne de Louis XIV pour trouver une autre trace passionnante. Le 4 septembre 1687, une  gazette janseniste informe qu’un officier, M. de Saint-Mars, conduisit par ordre du roi un prisonnier d’Etat au fort de l’île Sainte-Marguerite, en Méditerranée (en face de Cannes). Ordre est donné de ne pas révéler son nom et de le tuer s’il le prononce. Le prisonnier enfermé dans une chaise à porteurs et portant un masque de fer était depuis longtemps à Pignerol…




- Le lien avec Fouquet


Parmi les nombreuses thèses sur l’identité exacte du prisonnier, l’une d’elle concerne  Fouquet. Selon Paul Lacroix (1836), le masque de fer ne serait autre que le Surintendant Nicolas Fouquet, incarcéré à Pignerol en 1665. Officiellement mort d’une apoplexie à 65 ans le 23 mars 1680 les tenants de cette thèse affirment que cette date serait fausse et le corps d’un codétenu, un certain Dauger qui servait de valet à Fouquet, aurait été donné pour celui du Surintendant. Cette mise en scène aurait été organisée par  Colbert et Louvois afin d’empêcher la libération de Fouquet qu’il était sur le point d’obtenir. Cette hypothèse est mise en doute par le fait que si Fouquet avait survécu jusqu’en 1703, il aurait eu 88 ans ce qui est peu probable pour l’époque.

Mais une lettre janséniste donne une indication intrigante : « tous les hommes que l’on croit morts ne le sont pas… ». Fait remarquable, cette lettre est écrite par Louis Fouquet, frère de Nicolas Fouquet. Placée sous surveillance, la famille Fouquet avait bien sûr tout intérêt à se taire. D’ailleurs aucun certificat de décès  ne sera retrouvé…


- Eustache Danger, simple valet… ?


Eustache Dauger (ou Danger) fut arrêté près de Dunkerque en juillet 1669 et enfermé à Pignerol au secret absolu.  Saint-Mars voulut le donner comme valet à Lauzun, interné dans la forteresse entre 1671 et 1681, mais Louvois refusa. Ce dernier accepta néanmoins qu’il soit employé comme domestique de  Nicolas Fouquet, suite à la mort d’un de ses deux valets, Champagne. La consigne était stricte : « Vous devez vous abstenir de le mettre avec M. de Lauzun, ni avec qui que ce soit autre que M.Fouquet ». Louvois écrira même à Fouquet le 23 novembre 1679, en lui promettant un assouplissement de son régime de détention à condition de respecter la consigne : «Sa Majesté est en disposition de donner dans un peu de temps des adoucissements fort considérables à votre prison, mais, comme elle désire auparavant être informée si le nommé Eustache que l’on vous a donné pour vous servir n’a point parlé devant l’autre valet (un nommé La Rivière) qui vous sert de ce à quoi il a vu auparavant que d’être à  Pignerol… »


A la mort de Fouquet, en 1680, Saint-Mars découvrit une galerie creusée par Lauzun et qui permettait aux deux prisonniers de se rencontrer. Lauzen et Dauger ont donc pu être en contact. Louvois ordonna alors à Saint-Mars de faire croire à Lauzun que Dauger et l’autre valet de Fouquet, La Rivière, ont été libérés. Mais en réalité, ils furent enfermés.  Voici ses mots : «… de les enfermer tous les deux dans une chambre où vous puissiez répondre à Sa Majesté qu’ils n’auront aucune communication avec qui que ce soit, de vive voix ou par écrit et que M. de Lauzun ne pourra point s’apercevoir qu’ils sont renfermés ».


Lauzun sera libéré le 22 avril 1681, mais Danger et La Rivière demeureront enfermés au secret absolu. Qu’avaient donc appris La Rivière et Danger pour être condamnés au secret ? Dauger fut arrêté sur la base d’une lettre de cachet entachée de nombreuses irrégularités. Tout montre d’ailleurs que son arrestation fut minutieusement organisée par Louvois, alors secrétaire d’Etat de son père, Michel Le Tellier.



On ne sait rien de ce Dauger. Dans une lettre qu’il envoie à Saint-Mars pour faire préparer son cachot à Pignerol, Louvois indique : « ce n’est qu’un valet ». L’intéressé savait pourtant lire puisqu’il fut autorisé à recevoir des livres de piété. Dès lors, si l’identification entre le Masque de Fer et Dauger est désormais la plus généralement admise, les spéculations se sont portées sur l’identité véritable de Dauger et sur le secret qu’il détenait…

[size=13]Cette hypothèse permettra à de nombreux auteurs, parmi lesquels Alexandre Dumas dans le Vicomte de Bragelonne, à mêler le sort de Fouquet à celui du Masque de Fer. Rédigés un demi-siècle plus tard, les Mémoires de Saint-Simon contiennent cette épitaphe inspirée par la vie incroyable de Nicolas Fouquet, qui…
«après avoir été 8 ans Surintendant des Finances, pays de 19 ans de prison les millions que le cardinal Mazarin avait pris, la jalousie de M.M. Le Tellier et Colbert, une peu trop de galanterie et de splendeur ».


De la réussite fulgurante de Fouquet, il reste Vaux le Vicomte

[centerIMG]http://img4.hostingpics.net/pics/501716vauxlevicomte.jpg[/IMG][/center]



Cette allégorie poétique circula sous le manteau sans être imprimée de peur des représailles…La fable ne fut publiée pour la 1ère fois qu’en 1861
La Fontaine ne verra jamais la réaction de ses lecteurs…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 0:05

- Quelques repères autour de l’affaire Fouquet…









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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:05



 Un château digne d’un roi

Devenu immensément riche alors qu’il gérait les finances royales, Fouquet décide alors de construire une demeure digne de son rang. Il rêve d’un château qui éblouira le Roi. Ce rêve deviendra réalité puisqu’un véritable joyaux d’architecture va naitre :
Le château de Vaux-le-Vicomte, un chef-d’œuvre unique, un château et un jardin, les plus beaux de France.

Grand amateur d’art et d’excellence, Fouquet va recruter trois artistes qui vont sublimer le lieu : le peintre décorateur  Charles Le Brun, le jardinier André Le Nôtre, et l’architecte  Louis Le Vau. Nicolas Fouquet fait aussi l’acquisiton de nombreuses propriétés de Vaux et de la Vicomté de Melun. Grâce aux artistes de renom qu’il embauche, il bâtit entre 1657 et 1661 un domaine fastueux, surnommé désormais le «premier Versailles du Grand Siècle ».

Tout le monde connait la fin tragique de Nicolas Fouquet. Le Roi demande de revoir les derniers embellissements de ce lieu d’exception et le 16 août 1661 Nicolas Fouquet organise en l’honneur de son Roi une fête exceptionnelle. Pas moins de 30 buffets, 1200 jets d’eau, des loteries et deux feux d’artifice éblouiront la Cour… La table du Roi est servie avec des couverts en or et Molière joue une pièce inédite. Vexé par tant d’arrogance, Louis XIV partira avant les premières danses pour rejoindre le château de Fontainebleau et y terminer sa nuit. Fouquet ne le sait pas encore, mais il vient de signer son arrestation. Il ne pourra finalement jamais profiter de son palais, un autre l’attend, d’abord celui de la justice, puis celui de Pignerol…beaucoup plus humide…









La visite du château ne manque pas de nostalgie et d’émotion. Comme figé à cette fameuse nuit d’août 1661, le lieu conserve un témoignage poignant d’une période faste et excessive de la Cour où un homme ambitieux et surdoué profita de richesses aux origines mystérieuses et occules…





- 1641 – Nicolas Fouquet achète un vieux château à Vaux


C’est en 1641 que Fouquet, jeune parlementaire, devient propriétaire d’un vieux château à Vaux. Situé à mi-chemin entre le château de Vincennes et le château de Fontainebleau, il présente une position stratégique certaine. Le site est alors constitué d’une petite fortification et d’une grande ferme dont des écuries, une grange et une bergerie. Le château dans un style médiéval classique était entouré d’une fosse pleine d’eau agrémenté d’un pont-levis.


Le petit château d’origine et la ferme n’étaient pas situés à l’emplacement des constructions actuelles. Le lieu exact fut choisi en fonction du confluent de deux rivières qui se coupent à angle droit. L’une d’elles se nomme l’Ancoeur et son lit est aujourd’hui remplacé par le grand canal  au fond du jardin. De très grands travaux furent nécessaires pour préparer le terrain et remettre le futur château dans une position dominante et bien orienté. Les premiers travaux sont importants. Il faut araser des collines et détruire plusieurs maisons aux alentours.[/color]






- De 1653 à 1654 – Travaux d’adduction d’eau

Les futurs bassins et fontaines qui agrémenteront l’immense parc réclament un volume d’eau très important. Il fallut donc l’amener à travers un réseau de conduites depuis les rivières. Tout un travail préliminaire de tranchées fut engagé pour poser ensuite les canalisations et tous les systèmes de pompage hydraulique. Il fallut aussi aplanir le terrain et allonger le grand parterre.





- 1655 – Le domaine est clôt

Pour protéger l’immense domaine une clôture fut construite en 1655. En parallèle on réalisa le petit canal, les bassins et les fontaines, et les grandes terrasses.







- Le 2 août 1656 – Le marché est signé


Cette date est importante puisqu’elle engage Fouquet sur de grosses sommes d’argent destinées à la construction du château. C’est aussi en 1656 que l’architecte Daniel Gittard achève les fondations. Les façades qui devaient être de brique comme cela se fait habituellement à cette époque, sont modifiées par Fouquet qui préféra choisir la pierre blanche de Creil. Ce choix judicieux apportera tout le charme que l’on connait aujourd’hui à l’édifice. Selon la luminosité, les murs renvoient des couleurs ocres et jaunes qui enchantent les lieux.


Le 2 août 1656 se synchronise donc avec un autre évènement d’importance dans l’affaire de Rennes et ce n’est pas un hasard. En effet, le 17 avril 1656, soit trois mois avant cette signature, Nicolas Fouquet reçoit de son frère Louis Fouquet alors à Rome, la fameuse lettre informant d’un projet très particulier vu avec Poussin. Cette lettre sera décisive et précipitera les évènements.





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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:11

Daniel Guittard








Il naquit en 1625 à Blandy. Architecte du roi, il fut aussi élève de Louis Le Vau. Ses réalisations sont très nombreuses. Il participa notamment à  la construction de plusieurs hôtels particuliers, ainsi qu’à des édifices religieux parisiens comme le noviciat de l’Oratoire en 1655 ou le couvent et l’église des Bénédictines du Saint-Sacrement en 1658. Surtout il intervint comme par hasard à l’église Saint Sulpice en 1660. Etrange ce bâtisseur qui construisit les fondations et les jardins de Vaux le Vicomte et qui travailla à Chantilly pour le Grand Condé. Notons que le Grand Condé recevait à Chantilly les mêmes cercles que Fouquet comme La Fontaine, Bossuert, Madame de La Fayette, ou Madame de Sévigné. En 1671, il fut l’un des premiers membres de l’Académie royale d’architecture que vient de créer Louis XIV. Il est disparut à Paris, dans sa maison de la rue des Saint-Pères, le  15 décembre 1686


- 1658 – La toiture est achevée et les décorations commencent

A côté de l’architecte Louis Le Vau, le maitre-maçon chargé de la construction est  Michel Villedo. Les travaux de maçonnerie et de charpente sont terminés en 1657. La toiture est finalement posée en 1658 mettant le château hors d’eau. Les aménagements intérieurs peuvent alors commencer.

C’est au tour de Charles Le Brun d’entrer en scène. Il s’installe dans le château dès septembre 1658 et réalise les chefs-d’œuvre picturaux.









Dès lors, le tout Paris vient visiter les lieux, fasciné par l’ampleur du chantier, le luxe et les nouveautés artistiques mises en œuvre. Le cardinal  Mazarin viendra le 25 juin 1659, ainsi que Louis XIV, Monsieur  Philippe de France son frère, et la reine mère  Anne d’Autriche le 14 juillet.


Les réceptions sont nombreuses, prétextes à des salons où les érudits et les grands esprits du moment aiment débattre, se rencontrer et échanger.  O y découvre Jean de la Fontaine, Madame de Sévigné, Scarron ou Paul  Pellisson.

On dit souvent que la fête du 17 août fut la première et la seule… Rien de plus faux. Pour preuve, Fouquet organisa une fête le 12 juillet 1661 en l’honneur de la reine mère d’Angleterre Henriette de France.







Au-dessus de l’entrée principale, une magnifique sculpture donne le to. Au milieu de deux lions symbole de puissance, deux anges présentent un blason couronné.





Pour comprendre sa signification, le plus simple est de comparer ce blason à celui de Louis XV sur sa statue à Reims. Ces deux décorations sont très ressemblantes, mais de quoi s’agit-il ? L’ensemble est composé d’une couronne royale en chef et de deux colliers, l’un entourant l’autre. Le plus petit est celui de l’Ordre de Saint-Michel et le plus grand est celui de l’Ordre du Saint-Esprit.

L’Ordre du Saint-Esprit fut durant les deux siècles et demi de son existence l’ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie française. L’ordre fut institué par Henri III en 1578, supprimé sous la Révolution o1791, rétabli sous la Restauration en 1814 et définitivement aboli en droit en 1830. Mais pour bien comprendre son importance et les liens qui se cachent derrière le blason il faut examiner le second collier, celui de L’Ordre de Saint Michel fondé 110 ans plus tôt.

L’ordre de Saint Michel est un ordre de chevalerie, fondé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI.Les membres de l’ordre de Saint-Michel se disaient chevaliers de l’ordre du Roi et le siège était établi à l’abbaye du Mont Saint-Michel.
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Parmi des noms célèbres, on trouve des personnages liés à l’affaire de Rennes ou ayant une attache dans le Languedoc comme :
Louis de Bourbon († 1487), comte de Roussillon et amiral de France en 1469.

René de Cossé (1460-1540), seigneur de Brissac et de Cossé en Anjou. Rappelons que c’est dans la famille Cossé-Brissac que fut retrouvée la lettre mystérieuse parlant de Poussin et envoyée à Nicolas Fouquet par son frère Louis.

Jean VIII de Créquy (1505-1555) et Antoine de Créquy. La famille de Créquy est liée à la famille de Blanchefort.

Pierre de Dax (1526-1600), seigneur de La Serpent, de Mornac, de Leuc, Bouriège Teissonière, Araignon, Croux, capitaine de cent hommes d’armes des ordonnances du roi, gouverneur militaire pour le roi des diocèses de Limoux et d’Alet en 1573, capitaine d’une compagnie de chevaux légers que lui donna le 21 mai 1574, Henri 1er duc de Montmorency et de Damville, maréchal puis connétable et pair de France, gouverneur du Languedoc, décédé en 1600 au château de La Serpent et inhumé en l’église Saint-Etienne de La Serpent.

Pierre de Donadieu (1560-1605), Sieur du Puycharic. Noble militaire français, gouverneur du château d’Angers pendant les Guerres de religion. Issu d’une famille narbonnaise, fils de Jean de Donadieu et de Madeleine de Hautpoul, il était le frère de Jean, évêque de Saint-Papoul et de François de Donadieu.

Galiot de Genouillac (1465-1546), Grand Ecuyer de France, Grand Maitre de l’artillerie, sénéchal d’Armagnac, gouverneur du Languedoc

Charles Le Brun (1619-1690) artiste-peintre et décorateur français, premier peintre du roi, directeur de l’Académie royale de Peinture, et de Sculpture, et de la Manufacture royale des Gobelins. Il s’est surtout illustré dans la décoration du château de Versailles et de la galerie des Glaces, mais aussi à Vaux le Vicomte

Michel de Montaigne (1533-1592], chevalier en 1577

Charles de Roquefeuil, fait chevalier de l’ordre du roi par lettres du 12 février 1570. il est le fils de Charles de Roquefeuil, seigneur baron de Roquefeuil et de Blanquefort et de Blanche de Lettes de Montpezat.



Nous voici donc arrivé à la branche de la fameuse    marquise de Blanchefort, la dame de Niort et    Roquefeuil, celle qui cristallisa pendant des années l’énigme de Rennes autour d’une mystérieuse pierre, sa stèle mortuaire soit disant retrouvée et burinée par Bérenger Saunière. Marie de Négri d’Ablès fut l’épouse de François d’Hautpoul (1689-1753), le dernier seigneur de Rennes-Le-Château. Voir la famille des Hautpoul.


Les immenses façades sont prétextes à poser des décorations sculptées et gravées. Au-dessus d’une porte de l’entrée, deux médaillons romains présentent d’illustres personnages romains qui curieusement croisèrent le règne de l’empereur  Titus. Rappelons que Titus est célèbre pour son long siège et le saccage de  Jérusalem en l’an 70 qui permit de ramener les trésors du Temple à Rome, entre autre… la Ménorah.



[center]


A gauche, Hadrianus (Hadrien) (76-136) empereur romain de la dynastie des Antonins. Succédant en 117 à Trajan il régna jusqu’à sa mort. Humaniste, lettré, poète, philosophe, il rompt avec la politique expansionniste de Rome, s’attachant à pacifier et à organiser l’Empire tout en consolidant les frontières.
A droite, Julia Caesaris (39 av. J.-C. – 14) fille de l’empereur Auguste et de sa seconde femme Scribonia. Elle épousa successivement Marcus Claudius Marcellus, Agrippa et Tibère[/b

Coïncidence historique, c’est vers 1600 que Pompéi fut découverte par hasard en creusant un canal. Mais à cette époque on ne connaissait pas encore le nom de la cité. Les travaux de déblaiement ne commencèrent qu’en 1748 et les fouilles débutèrent en 1860 à Pompéi, en 1927 à Herculanum.







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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:13

- Le 17 août 1661, une dernière fête en l’honneur de Louis XIV…

Le château est enfin pratiquement terminé et Fouquet veut montrer à son roi les derniers embellissements et surtout sa puissance et son apogée en brillant de mille feux. La fête est organisée par        François Vatel, un maitre dans l’art de la table et de l’organisation des festivités. Molière utilisera les dernières techniques pour présenter sa pièce au roi : «Les Fâcheux », sur une musique de Lully et Méchain. La suite sera tragique. Après avoir touché les cieux, Nicolas Fouquet connaitre l’enfer et y restera.


Nous sommes en plein été et la journée a été belle et chaude. La soirée s’annonce exceptionnelle. Vaux le Vicomte attend le Roi et sa cour et tout  est préparé avec minutie. Arrivé vers 18h et après s’être reposé d’une route longue et fatigante, le Roi peut enfin prendre conscience du cadre enchanteur : les bassins, les cascades, les grottes et les jets d’eau, offrent un spectacle grandiose et surtout novateur pour l’époque. André Le Nôtre est alors au sommet de sa perfection et de son art dans la conception des jardins. Après la promenade, une collation est offerte, puis c’est le tour d’un spectacle donné près du bois. Molière s’apprête à offrir sa dernière pièce, une comédie-ballet alors inédite. La pièce terminée, c’est au tour des feux d’artifice d’éclairer la soirée. Il est tiré depuis les jardins et arrose d’une pluie d’or, les fontaines et les plans d’eau. Alors que le Roi reprend le chemin du grand salon ovale,  une autre salve est tirée depuis le clocheton qui domine le château…


Cette fête deviendra un modèle du genre et ses grands principes seront repris à Versailles. Le roi avale sa colère. Cette profusion de richesse alors qu’il ne sait encore comment financer son futur palais de Versailles, ne seront évidemment qu’un élément de plus la décision d’arrêter et de juger Fouquet…



 Vaux-le-Vicomte, un joyau qui inspirera Versailles

Louis XIV éblouit par tant de grâce à la vue du château de Vaux ne pouvait qu’ordonner le trio Le Brun, Le Nôtre et Le Vau de continuer sur le champ l’application de leur art et de leur savoir sur un autre projet digne de la démesure du Roi : Versailles. Du pavillon de chasse de Louis XIII au fond d’un marécage, le site deviendra le plus beau palais d’Europe,  un lieu que l’on ne présente plus aujourd’hui. Vaux le Vicomte fut ainsi si le prélude et l’inspiration de Louis XIV pour son futur château…[/size]


- Un jardin à la française signé Le Nôtre

Fouquet laissa partout son empreinte en choisissant ce qu’il y avait de plus beau, de plus raffiné et de plus à jour pour l’époque. Vaux le Vicomte ce sont aussi des jardins à la française créés par André Le Nôtre, avec des canaux et au fond une forêt dans laquelle on peut se perdre. Pour sublimer ce décor, une pièce centrale est chargée de la mise en scène. Le salon ovale, volume principale du château, s’ouvre sur les jardins à perte de vue…




Les jardins de Vaux le Vicomte s’articule autour d’une perspective étalée sur plus de 3 km. Le château de Vaux est aligné sur un axe qui suit le prolongement des jardins et ajoute une dimension d’harmonie à l’ensemble. Le Nôtre va faire preuve d’une créativité sans limite, utilisant les grottes, les pelouses, les jets d’eaux, les bosquets et les courbe de buis. Il va littéralement sculpter le paysage et le modeler en jouant sur les perspectives et les effets d’optiques pour fasciner le promeneur. L’espace et rythmé par des terrasses successives disposées de façon à rapprocher l’horizon. Les bassins et les plans d’eaux servent aux reflets et aux jeux de lumière.  C’est en cela que Le Nôtre est l’inventeur du jardin à la française et les paysagistes d’aujourd’hui lui doivent tout.



Ce sont au total 40 hectares de jardins et de nature que Le Nôtre va domestiquer pour le bonheur des hôtes de Fouquet…



L’ordre et l’harmonie que dégagent les jardins préfigure le style baroque qui deviendra très apprécié par Louis XIV et sa Cour. Tout est en équilibre parfait entre la nature, l’architecture et les décors.




Depuis la grille d’entrée jusqu’à la statue d’Hercule s’étend 1500 mètres de jardins. Sur cet ensemble en terrasse, le château domine selon la volonté de Fouquet. Tout est étudié en respectant des jeux d’optique afin de rapprocher les horizons. Ainsi, les grottes très éloignées au fond du jardin paraissent près du château. Mais au fur et à mesure que l’on s’en approche, elles s’éloignent pour au final apparaitre de l’autre côté du canal.


En examinant les gravures, on peut malheureusement s’apercevoir que de nombreux éléments de décor ont aujourd’hui disparu…



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:14

 Le château après l’arrestation

Après l’arrestation de Fouquet, sa disgrâce et son enfermement à vie, son château fut mis sous scellés. En réalité, le Roi se servit généreusement et le réquisitionna pour habiller Versailles. Les meubles, les tapisseries, les statues, les tableaux et les orangers seront déménagés. Pour faire bonne figure, le Roi achètera tout de même quelques biens. Madame Fouquet, passera 10 ans de sa vie après son exil à se battre contre Louis XIV afin de récupérer quelques valeurs.
Elle put ainsi habiter Vaux-Le-Vicomte avec son fils aîné, mais elle le perdra en 1705. Cet évènement tragique poussera Mme Fouquet à vendre le Château de Vaux la même année.


Le domaine sera acheté par le plus grand chef militaire du Royaume, le Maréchal de Villars (1653-1734), Duc et Pair de France. Le militaire était un passionné de Vaux. Il avait notamment l’habitude de s’y délasser après ses campagnes militaires avec son épouse. Vaux-le-Vicomte prend alors le nom de Vaux-le-Villars. Les jardins sont modifiés ; le gazon remplace les parterres de broderies. En 1734 à la mort du Maréchal de Villars, la propriété passe à son fils qui la conserve 30 ans mais l’abandonne. Il s’en débarrasse en mettant Vaux en vente.


En 1734, le fils du Maréchal vendit le domaine au Duc Gabriel du Choisel-Praslin (1712-1758), dont les descendants conservèrent la propriété pendant plus d’un siècle avant de la mettre en vente, après trente années d’un nouvel abandon. A la demande du Duc de Praslin, l’architecture Jean-Baptiste Berthier se livre à une nouvelle distribution du premier étage du château. C’est la veuve du Duc Renaud-César-Louis, fils et héritier du précédent, qui réussit à sauver le château durant les heures noires de la Révolution française. Elle convainc la Commission temporaire des Arts de la nécessité de la conservation du château.


En 1847, un drame sanglant eut lieu. Le duc assassine son épouse et se suicide. Le domaine est alors laissé quasiment à  l’abandon avant d’être mis en vente par le sixième Duc de Praslin.


Le 6 juillet 1875, un amateur averti,        Alfred Sommier, acheta Vaux le Vicomte qui était alors aux enchères publiques. Le château était vide et en perdition. Une partie des dépendances tombait en ruine et le célèbre jardin avait disparu. C’est alors qu’un immense travail de restauration fut engagé.





A la mort d’Alfred Sommier en 1908 et au prix d’efforts considérables, le château et le jardin retrouvèrent leur aspect d’origine. Son fils, Edme Sommier et sa belle-fille achevèrent son œuvre. Aujourd’hui ses descendants directs, Patrice et Cristina de Vogüé, poursuivent la sauvegarde de Vaux le Vicomte.


Le château est aujourd’hui resplendissant et a retrouvé son éclat d’antan, mais ce résultat à nécessité la volonté de plusieurs générations de passionnés.



- A partir de 1968 – Le château attire les visiteurs et le cinéma

Patrice de Voguë, actuel propriétaire, reçoit le château de son père le comte Jean de Voguë, lui-même rentier d’Edme Sommier. Afin d’assurer l’entretien du domaine et de jardins classés aux Monuments historiques, l’arrière-petit-fils d’Alfred Sommier et son épouse décidèrent d’en ouvrir les portes au public. C’est ainsi qu’environ  200.000 visiteurs chaque année découvrent ou se laissent séduire par ce patrimoine unique français, un « souvenir » que nous laissa en héritage le malheureux Fouquet.


On ne compte plus les longs métrages à succès tournés dans l’enceinte du château :  «La folie des grandeurs », «Les mariés de l’an II », «Moonraker », «Valmont », «La fille de d’Artagnan », «L’allée du roi », «Ridicule », «Marquise », «L’homme au masque de fer », «Les visiteurs 2 », «Vatel », «Le roi danse », «Vidocq », «Le Pacte des loups », «Marie-Antoinete », «Les Aristots », «Molière »…




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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:15

Ces hommes illustres qui participèrent à l’aventure


- Louis LE VAU (1612-1670)





D’une famille d’architectes et entrepreneurs, il fut le principal réalisateur de l’urbanisation de l’Ile Saint-Louis à Paris, naguère inondable. Après avoir élevé divers hôtels dans la capitale, il construisit les châteaux, aujourd’hui disparus, de Saint-Sépulcre, du Raincy, du Sucy-en-Brie, et modifia le château de Meudon. Vaux le Vicomte et l’institut sont ses deux chefs-d’œuvre qui ont défié le temps. Il réalisa pour le Roi, à Versailles, les grandes lignes des transformations successives qui ont fait d’un rendez-vous de chasse, le plus célèbre palais du monde.





- André LE NÔTRE (1613-1700)






C’est le plus célèbre architecte de jardins de France. Sa première œuvre fut le jardin de Vaux le Vicomte. A partir de ce premier coup de maitre, les commandes affluèrent, principalement de propriétaires désireux de moderniser l’environnement de leur hôtel ou de leur château : Sceaux, Chantilly, Marly , St-Cloud, Bellevue, Meudon, Montjeu et d’autres ; beaucoup ont été détruits ; la commande la plus célèbre est celle des jardins de Versailles où Louis XIV fit exécuter ses volontés. Caractéristiques de ses travaux, le schéma géométrique, les vastes perspectives, l’usage des plans et jeux d’eau ainsi que des statues, créèrent le cadre imposant du Grand Siècle.

Cette manière de disposer l’espace traversera les frontières grâce à ses élèves et ses suiveurs : Desgots, Lebouteux, Leblond, Girard, Charbonnier ; des fenêtres de tous les palais d’Europe, la vue sera récompensée par un «jardin à la française ».


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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:17

- Charles LE Brun (1619-1690)





Ce peintre étudie à Rome en compagnie de Poussin. De retour à Paris, il poursuit la composition d’œuvres de chevaler, mais se lance aussi dans la décoration de grands ensembles comme l’Hôtel Lambert. Fouquet fait appel à lui pour diriger la décoration de Vaux le Vicomte. Il dessine meubles et statues, dirige la manufacture de tapisseries fondée par le Surintendant à Maincy, paroisse de Vaux le Vicomte et distribue à ses élèves ou compagnons, les décors à peindre dans le château dont il se réserve les sujets majeurs. Il n’eut pas le tems de peindre la coupole du Salon. Le «Palais du Soleil », œuvre dont l’ampleur n’avait encore eu aucun précèdent dans l’art français.


Après la chute de Fouquet, il devint le protégé de Colbert et de Louis XIV. Premier peintre du Roi, directeur des Gobelins et chancelier de l’Académie, en 1665, il présida à la décoration de Versailles et exerça, jusqu’à la mort de Colbert, une quasi dictature sur les arts.






- Jean-Baptiste POQUELIN, dit MOLIERE (1622-1673)







Auteur dramatique français, né à Paris, fils d’un tapissier, valet de chambre du Roi ; il fut l’élève des jésuites du collège de Clermont, avant de se tourner vers le théâtre. Il créa, avec une famille de comédiens, les Béjart, l’Illustre Théâtre (1643) qui échoua.  Il dirigea alors pendant 15 ans (1643-1658) une troupe de comédiens ambulants. A partir de 1659, il s’installa à Paris. Il joua à Vaux le Vicomte en 1661 : l’Ecole des Maris puis une comédie-ballet écrite pour la fête du 17 août : les Fâcheux. Protégé par la famille royale, il donna pour les divertissements de la Cour et pour le public parisien de nombreuses pièces en vers ou en prose.

Ses chefs-d’œuvre sont celles de ses pièces om, s’attaquant à la société, il campe des personnages  pour mieux s’en moquer. Ses comédies sont les Précieuses Ridicules (1659), l’Ecole des maris (1661), l’Ecole des femmes (1662), Dom Juan, l’Amour Médecin (1665), le Misanthrope, le Médecin malgré lui (1666), l’Avare (1668), le Tartuffe (1669), le Bourgeois Gentilhomme (1670), les Fourberies de Scapin (1671), les Femmes Savantes (1672), le Malade Imaginaire(1673) ; Molière mourut lors de la quatrième représentation de cette pièce.






- Jean DE LA FONTAINE (1621-1695)






Ce grand poète français, né à Château-Thierry fut successivement le protégé de Fouquet puis, faute de la générosité de Louis XIV, qui ne l’aimait guère, celui de la duchesse douainière d’Orléans, de Mme de la Sablière et de M. et Mme d’Hervart. Lors de la disgrâce de Fouquet, il publia l’Elégie aux Nymphes de Vaux, courageux plaidoyer en faveur de l’ami qui avait contribué à lui faire  choisir la carrière poétique. Ses contes en vers lui avaient donné la célébrité lorsqu’il commença à  publier ses Fables, qui parurent de 1668 à 1694. Ces récits tirés d’une parfaite observation de la vie s’achèvent presque tous par un avis lucide, riche de bon sens : ces morales sont si répandues qu’elles font aujourd’hui office de proverbes.


Sensuel et aimant les chastes bergeries, volage et célébrant la fidélité, courtisan mais amis sincère, sa vie est l’image même de son œuvre qui unit en une harmonie parfaite l’art et le naturel.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 17:19

Quelques repères autour du Château de Vaux le Vicomte













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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 21:29



Quelques flâneries dans le château sont suffisantes pour recueillir de belles perles. Car il suffit de creuser pour s’apercevoir que l’histoire du grand public est bien souvent éloignée de la réalité et efface volontairement ou non, des sujets gênants ou difficiles à intégrer dans le canevas officiel. En voici quelques-uns. Bien qu’il soit impossible de les présenter tous, voici un «best of » autour de Vaux…A chacun de se faire une idée…



Des gravures et des peintures…

- Une gravure pleine de symboles


Une gravure célèbre montre Nicolas Fouquet en habit d’ecclésiastique, entouré de plusieurs personnages symboliques. A droite, une représentation de la justice, du pouvoir et de la fécondité.



A l’extrême gauche, nous trouvons l’Abondance. De la main droite, elle tient une corne de fruits, symbole d’abondance et de richesse. De la main gauche, une autre corne est remplie cette fois-ci de bijoux et de pierreries. La main tient aussi un compas, symbole des mathématiciens et des géomètres…La géométrie sacrée n’est pas loin. Le personnage tenant dans sa main un miroir tient en respect une couleuvre représentant Colbert. Le serpent perfide est prêt à s’emparer de sa richesse, mais il ne peut rivaliser avec l’intelligence de Fouquet.


Que viennent faire ses bijoux et compas dans l’allégorie ? La grande partie des richesses connues de Fouquet était essentiellement composée d’immobilier et de terres… officiellement seulement…




- Marie-Madeleine… sa fidèle épouse


Une autre gravure célèbre montre la seconde épouse de Nicolas Fouquet, Marie-Madeleine, coupant les ailes du Cupidon. Cette œuvre titrée «L’amour fixé » décrit sous une forme allégorique l’amour inconditionnel de Marie Madeleine envers Nicolas.





Sur la gauche un mouton ou une brebis, comme l’on voudra, regarde une pomme sur laquelle est marquée : «A la plus belle ». l’allusion concerne bien sûr Marie-Madeleine, une femme réputée pour sa beauté. La pomme est aussi une référence au mythe du berger Pâris…
(voir les Pommes Bleues)

Dans la mythologie grecque, Dionysos Bacchus, Dieu de la vigne et du vin, créa une pomme d’or et l’offrit à Aphrodite, sa maitresse. Eris, Déesse de la discorde, la jeta au milieu des invités des noces de Pélée et de Thétis dont elle ne faisait pas partie et roula jusqu’aux pieds du prince berger Pâris, fils de Priam et roi de Troie. La pomme portait la mention «A la plus belle ». Héra, Athéna et Aphrodite qui revendiqueront le fruit, s’en remettront à la décision de Zeus et au jugement de Pâris. Aphrodite, la plus belle des mortelles, sera élue.



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 21:31

- Un portrait qui rime avec mystère…


L’un des plus célèbre portrait de  Nicolas Fouquet est certainement celui-ci. On y voit le Surintendant des finances au sommet de sa gloire, assis dans un fauteuil de ministre. Préalablement procureur général au Parlement de Paris, il est choisi en  1653 par le cardinal  Mazarin et devient l’un des hommes les plus puissants du royaume de France, après le roi lui-même et le cardinal de Richelieu.




Pourtant ce portrait élaboré entre 1656, achat de Vaux et 1661, année de son arrestation, comporte un détail plutôt incongru. Comme dans le cas du portrait de       Blaise Pascal avec en fond de toile l’ouverture d’une grotte, l’important semble être ici le décor. La scène est exagérément sombre, une lourdeur accentuée par  l’habit officiel et un rideau noir derrière lui. Quelle étrange atmosphère… lui qui aimait la vie, l’art et les lettres. Ce portrait ne le ressemble pas, mais sans doute l’objectif est tout autre. Dans sa main gauche, un billet qu’il vient de rédiger montre qu’une transaction est en cours. Observez maintenant à sa droite. Derrière lui, un pan de rideau est légèrement soulevé, laissant entrevoir une seconde scène, celle d’un tableau.


Le symbole est suffisamment clair. C’est en soulevant le voile noir qu’une scène étrange apparait. On y voit deux personnages affairés dans une tenue antique. L’un d’eux, un outil à la main, porte son regard vers le bas comme pour suggérer que l’essentiel est au sol. Que font-ils exactement ? Le site est en tout cas dangereux si l’on en juge par l’atèle que porte l’un des ouvriers au pied. Le rideau entrouvert ne permet pas de comprendre, mais la scène est suffisamment précise pour intriguer…

Car la volonté de l’artiste n’est pas ici d’amener un élément décoratif à l’ensemble du portrait, mais plutôt de montrer un détail important de la composition. L’œil est d’abord attiré par le visage de Fouquet, largement illuminé, mais ensuite tout est fait pour nous amener vers deux autres éléments : le billet dans sa main et ces mystérieux personnages…




Or une autre coïncidence saute aux yeux. Ce personnage barbu ne serait-il pas l’un des bergers arcadiens de Nicolas Poussin ? Avouez que la ressemblance est frappante. Il faut rappeler que la lettre mystérieuse envoyée de Rome et rédigée par  l’abbé Louis Fouquet date du 17 avril 1656. Son destinataire n’est autre que son frère  Nicolas Fouquet, l’informant d’un projet hors norme établi avec  Poussin. Nous sommes alors dans un faisceau de coïncidences, car c’est le 2 août 1656 que le marché du château de Vaux le Vicomte et signé, soit 3 mois plus tard. De même, les       Bergers d’Arcadie II date de la même période…1655


Le personnage barbu de Fouquet ne serait-il pas la clé permettant de rejoindre le tableau arcadien de Poussin ? Nous aurions alors une preuve de plus reliant Fouquet à l’Arcadie…Mais a-t-on vraiment besoin de le démontrer une nouvelle fois ?





- Temple de Salomon et Ménorah


S’agit-il d’un clin d’œil ? Très belle surprise en tout cas que de découvrir au détour d’un appartement de Fouquet un tableau plutôt symbolique.
« La circoncision » de Tomaso Vincidor.

Cette peinture qui était visible en 2007 dans une salle du château de Vaux ne l’est plus aujourd’hui…
Il reviendra peut-être… En attendant il est archivé au Louvre…



La scène se déroule dans le Temple de Salomon. La Ménorah est visible au centre.




- La manne de Nicolas Poussin


Autre surprise…Un second tableau célèbre était également visible en 2007 : «la manne » de Nicolas Poussin. Le vrai titre du tableau est «Les Israélites recueillant la manne dans le désert ». Ce tableau réalisé par Poussin à Rome en 1639 fut commandé par Paul Fréart de Chantelou.



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 21:33

Richesse au plafond

Les références à la richesse surdimensionnée de Fouquet ne manquent pas. Dans une des pièces, un plafond richement décoré montre au pied d’un personnage mythologique une vaisselle d’or. Vases, coupes et assiettes précieuses sont clairement représentées au milieu des dorures.





 Le salon ovale cache quelques secrets…


Le salon ovale est sans conteste la plus belle pièce du château. Ses courbes harmonieuses mettent en valeur les nombreuses décorations qui habillent les murs et les corniches. Quant aux immenses portes voutées et aux fenêtres placées autour de la pièce, elles ajoutent une luminosité unique et différente selon l’heure du jour. Ce salon fut considéré comme très original pour l’époque et ses larges dimensions permirent d’accueillir de nombreux banquets. A une hauteur de 18 mètres au plafond sphérique aurait dû accueillir une majestueuse peinture, mais les évènements tragiques arrêteront net tous les projets.






Le projet de peinture sous-plafond existe encore sous la forme d’un dessin. Il fut élaboré par Le Brun. Une gigantesque ronde de personnages mythologiques tourne autour d’un cercle de lumière symbolisant le Roi-Soleil et la monarchie.




Sans aucun doute voulu par Fouquet, le sujet choisi n’est pas inspiré des Evangiles mais de la mythologie grecque et romaine, comme d’ailleurs toutes les décorations du château. Un point de plus qui a dû certainement dérouter Louis XIV…


Mais il faut se concentrer sur le dessin très chargé pour s’apercevoir que les personnages sont en réalité placés sur un immense serpent qui fait le tour de la rotonde et qui se mort la queue. Il s’agit d’une représentation de l’ouroboros.




En alchimie, l’ouroboros est un sceau purificateur. Il symbolise l’éternelle unité de toutes choses et le cycle de la vie, de la naissance à la mort. C’est un symbole très ancien que l’on rencontre dans plusieurs cultures sur tous les continents. La représentation la plus ancienne connue est égyptienne et date du XVIe siècle avant notre ère. Des exemples existent sur une des chapelles dorées de Toutankhamon…

La rotonde ovale est dédiée aux signes du zodiaque. Entre les fenêtres et en bordure de plafond des fresques haut-relief décorent la salle. La richesse des sculptures et leur complexité témoignent du savoir-faire des artistes recrutés par Fouquet.




L’une des fresques haut-relief concerne l’épopée gauloise et le prestige de l’histoire de France. Un coq, symbole national est posé sur un casque ailé. Différents objets accompagnent la représentation dont un ensemble d’instruments de musique à bois, une trompette, une balance romaine, et un livre ouvert…





Et si l’on se rapproche du livre, 3 nombres apparaissent, séparés par un trait horizontal et assortis d’une croix :

Voir de quoi ravir les passionnés de codes et de numérologie…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Mer 26 Avr - 21:35

- Observons maintenant le sol et son carrelage


Après avoir levé les yeux au plafond, il faut maintenant observer avec attention le vaste sol carrelé. Au premier regard tout parait normal et il faut être très attentif pour remarquer ces quelques anomalies qui ont l’âge du château. En se tenant près de l’ouverture côté sud, 5 axes sont gravés en profondeur dans le carrelage.




Les 5 axes semblent parallèles, mais en réalité ils ne le sont pas. Ils pourraient respecter une quelconque symétrie de la pièce. Pas du tout. Les 5 traits traversent de façon peu esthétique le salon et ne sont même pas dans l’alignement du château. Chaque axe comporte des signes et des symboles difficilement interprétables. Comme pour repérer une distance ou un angle, l’axe central est accompagné du signe du taureau et d’une indication…




Le salon ovale rend hommage aux signes du zodiaque. On pourrait donc imaginer que ces représentations sont destinées à fournir quelques repères pour les férus d’astrologie. Mais l’orientation du château ne correspond à aucun alignement céleste. On pourrait aussi penser que le soleil a été  utilisé pour ce repérage, mais il n’y a aucune trace de gnomon ou de tout autre instrument d’astronomie.




Des flèche sont aussi présentent et montrent que le système gravé au sol a été réfléchi et non improvisé.




Si l’on trace les 5 axes sur le plan de Vaux, on peut observer qu’ils ont été tracés selon un système de visée dont le point d’observation est situé à l’extérieur du salon côté sud. Mais surtout    l’axe milieu repéré par le taureau est parfaitement orienté vers le Nord. Quant à l’axe noté (4), ci-dessous est exactement dans l’orientation du château.






Ces axes sont donc bien des directions géographiques et l’axe milieu représente le méridien qui passe par le centre du Château de Vaux le Vicomte.

Prenons maintenant du recul, ou plutôt de la hauteur et traçons l’axe sur lequel a été orienté le château (l’axe 4). Cette orientation confirme l’angle de 7° trouvé avec le nord sur l’axe milieu du salon. Mais il y a beaucoup plus étonnant…




L’axe qui oriente le château traverse une petite commune qui touche le domaine de Vaux et qui porte un nom prédestiné…Saint-Germain-Laxis… ou si l’on préfère… Saint Germain  L’axe (axis = axe en latin)


Or si l’on prolonge cet axe vers la frontière nord de la France, la surprise est au rendez-vous. Car la droite rencontre à l’extrémité nord un autre tracé très important :
Le méridien 0… l’axe croise très exactement le méridien 0 à la frontière nord de la France.  Au sud, l’axe traverse Agde, la ville des frères Fouquet…


Il suffit ensuite de prolonger l’axe (4) perpendiculaire du château pour s’apercevoir qu’il s’inscrit dans un système déjà étudié par ailleurs… les méridiens et la géographie sacrée de la France… L’axe perpendiculaire croise à  l’Est le sommet de l’hexagone régulier, là où se trouve la latitude de Paris. Coïncidence magnifique… Cet axe traverse aussi Chartres et Rennes…





Dans leur univers de perfection et de symbolisme, Nicolas Fouquet, André Le Nôtre, Louis Le Vau et Charles Le Brun, ne laissèrent rien au  hasard. Le Château de Vaux le Vicomte devait être un hymne à la beauté à l’harmonie à la sensualité aux arts et à l’histoire de notre civilisation. C’est pourquoi tout s’y rapporte en commençant par ces références à Rome et à Athènes jusqu’à l’orientation des jardins et du château qui respectent une tradition séculaire…

Les grands de l’époque ne s’y sont pas trompés, en commençant par Louis XIV qui tomba sous le charme de tant de beauté innovante, et par tous les intellectuels et les érudits qui foulèrent ce lieu exceptionnel. Vaux fera naitre Versailles, deux palais aux origines occultes et aux racines audoises… C’est grâce aux efforts de plusieurs générations que ce message laissé à Vaux nous parvient aujourd’hui pour notre plus grand plaisir…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Jeu 27 Avr - 12:11




Sa vie, le règne d’une femme libre et passionnée


La reine Christine de Suède, une féministe libre de penser
- Une très jeune Reine
- 1644 – une reine pour la paix
- 1648 – une reine passionnée par les arts et les sciences
- 1654 – la reine Christine abdique et se convertit
- 1655 – la reine Christine arrive à Rome pour la première fois
- 1656-1657  -   la reine Christine, une femme intrigante…
- 1660  - la reine Christine décide de revenir en Suède
- 1668 -  La Reine Christine reste à Rome



CHRISTINE DE SUEDE : ses mystères arcadiens
Descartes, Pascal, Poussin et d’autres …



La reine Christine et Descartes
- 1619 – Mysticisme et Rose-Croix…
- Le mystère de la mort de Descartes
- Descartes et Poussin, un parallèle étonnant
La reine Christine de Suède initie une Académie arcadienne
- L’Académie d’Arcadie
La reine Christine et l’énigme de Rennes
- Deux tableaux particulièrement évocateurs…
- Quelques repères…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Jeu 27 Avr - 12:22

La reine Christine de Suède, une féministe libre de penser



La Reine Christine de Suède (1626-1689)




Inconnue dans l’Histoire de France, ce personnage exceptionnel du XVIIe siècle
facilita pourtant l’échange entre des artistes, des intellectuels et des religieux
de toute l’Europe en créant de réels forums de discussion et en développant
une vraie culture scientifique et littéraire qui dépassa les frontières.




Elle fut un trait d’union très important entre les scientifiques
et les érudits des pays nordiques, la France et l’Italie. A ce titre, elle eut des
échanges étroits avec Descartes, Pascal.

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Jeu 27 Avr - 12:46

Nous sommes au XVIIe siècle, le siècle du classicisme, de l’ordre et de la grandeur. C’est aussi une période que l’on sait au cœur de l’énigme de Rennes.

Durant le début du siècle, la France domine l’Europe par les arts, les lettres et les armes. C’est le temps où artistes, intellectuels, théologiens, religieux, savants échangent et s’affrontent. C’est le siècle où l’on se pose des questions sur tout, c’est le temps de la philosophie et de la théologie, c’est le temps des architectes, du baroque et de la préciosité. Versailles rayonne et devint l’un des plus beaux joyaux du monde. Les découvertes scientifiques vont aussi de bon train, Louis XIV prendra même l’initiative de commander une Académie des Sciences qui deviendra l’Observatoire de Paris, construit par Claude Perrault en 1668, un observatoire qui sublime un méridien, celui de Paris, une référence dans le monde. En plein règne du roi Soleil, une ère resplendissante de la monarchie absolue s’installe. La cour du roi est alors le plus grand centre intellectuel de France et tout est pensé pour cultiver la grandeur et la magnificence divine de Sa Majesté.


C’est aussi le temps des grands maitres qui décorent les plus beaux bâtiments de Paris, c’est le temps de Nicolas Poussin et Téniers le Jeune qui deviendront deux grandes figures du siècle, et bien plus tard, de l’énigme de Rennes.

Mais toute période prestigieuse possède aussi ses excès. Le XVIIe siècle représente l’intolérance, l’affaiblissement du protestantisme et des Grandes du royaume. La monarchie absolue de droit divin fait place à une religion obscure. C’est le siècle de Bossuet, de Pascal, de Descartes, d’Arnault, du cardinal de Bérulle, de Saint Vincent de Paul…Les théologiens se réaffirment et des querelles théologiques naissent entre jésuites et jansénistes.


Le XVIIe siècle est le temps de l’intransigeance et du totalitarisme royal. Ce sont les guerres qui n’en finissent pas, qui affaiblissent le pouvoir et qui ruinent les caisses de l’Etat. Ce sont aussi des révoltes comme la Fronde dénonçant l’impôt injuste et la misère, face à une caste plus préoccupée par l’apparence et le luxe. Ce sont la pauvreté populaire, les famines et des fléaux comme la peste qui décimeront des cités. Toulouse fut de celles-ci. Ce sont des crises d’Etat avec l’affaire Fouquet, véritable résurgence de l’énigme, des condamnations pour hérésie avec le jansénisme et des révoltes d’évêques menées par Nicolas Pavillon. C’est enfin Port-Royal, ses religieuses et ses Messieurs les solitaires qui paieront très cher l’intransigeance d’un roi…

Derrière cette fresque intense et trouble, l’affaire de Rennes est présente et incontournable. Tout nous ramène immanquablement au Haut-Razès et à sa mythologie. Si quelques personnages impliqués dans l’affaire ne semblent pas avoir officiellement de lien historique, il suffit de chercher dans leurs entourages et des surprises vous y attendent…Des surprises que certains appelleront comme d’habitude « de belles coïncidences »…


Voici un bel exemple avec Christine de Suède, un personnage qui manquait à étudier pour tirer des liens entre tout ce petit monde du XVIIe siècle castel-rennais…

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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Ven 28 Avr - 11:31





- Une très jeune Reine


Kristina Vasa (son nom suédois) naquit le 18 décembre 1626 à Stockholm. Son père est Gustave II Adolphe, et sa mère, Marie-Eléonore de Brandebourg, est la fille de Jean III Sigismond de Hohenzollern.  Son père disparut malheureusement alors qu’elle n’avait que 6 ans lors de la bataille de Lützen en 1632. Elle fut élevée comme un garçon et accéda très vite au trône.






Gustave II, son père, avait bien préparé cette successions puisqu’ayant perdu deux enfants en bas âge, il avait pris soin de supprimer la dévolution masculine avec l’accord des nobles dès 1627.


Kristina Vasa devint ainsi sans contestation la très jeune reine Christine sous la tutelle du chancelier Axel Oxenstierna.
Dès lors, la jeune souveraine reçut un enseignement très strict de son précepteur Johannes Matthiae, lui-même dirigé par un grand maitre de la maison royale, Axel Baner. Elle étudia le français, l’italien, le grec, le latin, l’Histoire, la pratique des arts, le dessin, la peinture, la musique ainsi que plusieurs sports comme l’équitation et l’escrime. Elle se passionnera plus tard pour la chasse à l’ours mais une seule formation est absente : les armes. Aimée de son père, elle fut détestée par sa mère, Marie-Eléonore de Brandebourg. A demi folle, elle fut écartée du conseil de régence.


En 1632, l’Europe se déchire. Nous sommes alors en pleine guerre de Trente Ans (1618-1648) et Axel Oxenstierna (équivalent au cardinal de Richelieu pour la France) largement occupé avec ce conflit, dût rester en Allemagne jusqu’en 1636, laissant la jeune reine relativement seule. Sa tante Catherine, comtesse des Deux-Ponts, prit la relève.


- 1644 – une reine pour la paix


Le contexte politique et sa sagesse vont alors favoriser la construction géopolitique de la Suède. Dès 1644, la reine qui a sa majorité prend le pouvoir et met rapidement à l’écart le chancelier Oxentierna dès le traité de Westphalie signé.


Son absence d’éducation militaire lui permit aussi de choisir très facilement les options de paix. Elle mit donc fin aux conflits armés avec le Danemark en 1645 grâce au traité de Brömsebro. La Suède obtint alors lors de la négociation, les îles de Ösel et de Gotlant, le Jämtland et le Hegedalen en Norvège. La paix de Westphalie signée en 1648 donne aussi à la Suède l’île de Rügen, Wismar, Verden et Brême, ainsi qu’une partie de la Poméranie et l’embouchure de l’Oder. La Suède devint ainsi la première puissance nordique.


C’est en 1650 qu’eut lieu son couronnement. Son entourage sera alors occupé à lui chercher un roi et surtout  une dynastie, car avec elle, la lignée des Vasa s’arrête. Charles X Gustave de Suède est le premier prétendant dans la liste, mais la reine Christine qui a été éduquée avec des valeurs de liberté et d’indépendance, déteste les liens du mariage. Même si elle se rapprocha de Magnus-Gabriel de La Gardie, elle finit par le marier avec la sœur de Charles-Gustave, sa cousine. Dès lors, son entourage comprend que la souveraine mène son destin et non celui qui était prévu par ses devoirs de reine…


- 1648 – une reine passionnée par les arts et les sciences


Enfin installée dans la paix, la Suède peut s’épanouir économiquement. La reine qui marque un désintérêt à la politique va alors se consacrer entièrement à ses passions, les arts et les sciences. C’est une femme de caractère et elle impose son rythme.


Ce changement de politique intérieur et sa passion eurent alors des conséquences parmi la communauté des grands intellectuels d’Europe. En effet, artistes, savants, théologiens et philosophes, vont trouver là une occasion précieuse de favoriser l’échange et la réflexion, le tout orchestré par une souveraine assoiffée de connaissance dans tous les domaines. Des grands noms français y participeront…


Attirée par les lettres, les mathématiques, les sciences, la peinture et la sculpture, elle invite en Suède des célébrités comme le philosophe scientifique René Descartes, le père Marin Mersène, l’érudit Samuel Bochard, le poète français de Saint-Simon, l’humaniste Claude Saumaise, l’architecte Simon de la Vallée  ou le documentaliste Gabriel Naudé  qui fonda sa bibliothèque. Elle avouera d’ailleurs dans ses mémoires avoir été fortement impressionnée par Descartes.

D’un esprit curieux et universel, elle correspond aussi avec les plus grands esprits français dont l’astronome Pierre Gassendi, Leibnitz, Spinoza  et surtout Blaise Pascal avec qui elle échangera de nombreux courriers.


Tous ces savants, intellectuels et religieux vont alors défiler dans son royaume auprès de sa cour. On découvre aussi des personnages inattendus comme le prince de Condé ou la princesse Palatine. Les journées sont consacrées à la tenue de salons permettant à ce petit monde érudit d’échanger et de créer, à l’image d’un véritable forum d’idées. On débat sur les dernières découvertes, les projets artistiques en cours ou les dernières thèses philosophiques et théologiques. Les sujets ne manquent dans ce milieu du XVIIe siècle…


La reine invita René Descartes à sa cour en octobre 1649, et lui demanda même des leçons régulières de philosophie et de géométrie. Les cours avaient lieu dans la bibliothèque glaciale de son palais, à   5 heures du matin
Ces leçons se finiront tragiquement puisque Descartes tombera malade d’une pneumonie et mourra le 11 février 1650 à l’âge de 53 ans. Du moins, c’est la thèse officiellement admise, car, nous le verrons plus loin, un réel mystère entoure sa disparition, un mystère impliquant l’entourage de la reine et peut-être même un religieux…






Christine de Suède et sa cour dans la bibliothèque de son Palais en Suède (la reine est à la table de gauche en robe sombre)
Tableau exécuté par Dumesnil Louis Michel (1680-1746) au début du 18ème siècle et exposé à Versailles.
A droite, la reine Christine de Suède (robe sombre) avec Descartes qui donne une leçon de géométrie,
A ses côtés, la princesse Palatine et le prince de Condé, à gauche le père Marin Mersenne.






Dans ce tableau exposé au château musée de Versaillles, on y découvre Descartes, debout à droite, faisant une démonstration de géométrie à la Reine Christine de Suède (face à lui). A ses côtés se tient le prince de Condé, frère de la  duchesse de Longueville impliqué dans la Fronde, la princesse Palatine (Elisabeth de Bavière) et le père Marin Mersenne.


La scène est très représentative des réunions de salon qui se déroulaient sur invitation de la reine. Sa cour très variée était composée aussi bien de savants que de religieux ou d’intellectuels. L’échange est alors à son comble et porte sur tous les sujets en plein mouvement.
Il faut rappeler que nous sommes vers l’année 1650, une date très symbolique pour l’énigme de Rennes. C’est une époque riche en évènements, une période où  les Bergers d’Arcadie II de  Nicolas Poussin prennent naissance…

Notons aussi que 18 ans plus tard [color:3e70=#4169 E1]      Louis XIV créa l’Académie des sciences à l’                  Observatoire de Paris, l’objectif étant de rassembler les plus grands savants de l’époque. La reine Christine était en avance sur son temps…




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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Ven 28 Avr - 11:35

- 1654 – la reine Christine abdique et se convertit

Ce détournement de la vie politique coutera à  la reine en crédibilité et favorisera les critiques, d’autant que l’anoblissement en masse qu’elle prodigue vide les caisses de la Suède. Son caractère intransigeant va toutefois permettre d’éviter les conflits politiques internes. Son mode de vie et sa liberté d’expression ne sont pas non plus du goût des protestants luthériens.  Opposés au mariage malgré une liaison avec le comte Magnus de la Gardie, la reine Christine s’opposera à la noblesse suédoise, soucieuse des intérêts nationaux.


En 1650 le problème de la succession reste entier pour le pouvoir royal suédois, d’autant que la reine semble vouloir conserver sa liberté à tout prix. Elle se désintéresse peu à peu de la gouvernance et envisage finalement l’abdication dès 1651. C’est alors son cousin Charles-Gustave qui sera désigné comme successeur et prince héritier.


Cette décision publiée le 11 février 1654 devint effective le6 juin 1654.les raisons exactes ne furent jamais clairement expliquées, la thèse officielle étant une lassitude du pouvoir et des difficultés financières qui l’amèneront à être discréditée. Le 6 juin 1654, après dix ans de règne, Christine de Suède qui a 28 ans, abdique solennellement à Uppsala au profit de son cousin, Charles X Gustave.
La dynastie des Vasa est définitivement éteinte…

Mais ceci n’explique pas sa conversion brutale au catholicisme alors que la Suède protestante est opposée aux traditions de Rome. Les évènements vont en tout cas se précipiter. Pour assurer ses futures ressources financières, la reine Christine négocia d’abord son abdication contre des donations ( les villes de Norrköping et de Wolgast, les îles de Gotlantd, Öland, et Ösel, et quelques domaines en Poméranie).


Après son abdication, sous l’influence de son médecin personnel Pierre Bourdelot et des Jésuites, elle quitta la Suède pour de longues pérégrinations à travers l’Europe, gagnon le surnom de «reine ambulante ». Habillée en homme, voyageant avec une suite réduite de douze personnes, elle traversa l’Allemagne et la Hollande protestante pour parvenir en août aux Pays-Bas espagnols, premier pays catholique de son itinéraire. Elle sera reçue par l’archiduc Léopold et le commanditaire de Téniers le Jeune


Son séjour de 11 mois à Anvers et à Bruxelles lui vaudra la réputation de femme libertine et scandaleuse. C’est à Bruxelles qu’elle se convertit au catholicisme, la ville où Téniers le Jeune était installé depuis 1653. Passionnée par la peinture, elle rencontra très certainement le maitre. Elle lui acheta même des toiles. Une anecdote raconte que le prix ayant été jugé par la reine insuffisant, elle envoya à Téniers, selon un usage fréquent, son portrait en médaille avec une chaine en or.


- 1655 – la reine Christine arrive à Rome pour la première fois


La rupture avec sa religion natale ne se déroula pas sans poser quelques problèmes. La conversion d’une reine protestante symbolise la victoire du catholicisme et le nouveau pape Alexandre VII ne put rater l’occasion d’exiger de sa part une abjuration publique.

La cérémonie terminée, elle fut accueillie avec faste à Rome le 20 décembre 1655. Le pape lui déroula le tapis rouge et le collège des cardinaux qui l’attendait à la porte de la ville l’accompagna avec la noblesse romaine jusqu’à la basilique de Saint-Pierre où elle se prosterna devant l’autel.


Dès lors, elle habitera au palais Farnèse que le duc de Parme mettra à disposition. Elle rencontrera également le Cardinal Decio Azzolino avec lequel elle entretiendra une relation sentimentale à jusqu’à la fin de sa vie.






- 1656-1657  -   la reine Christine, une femme intrigante…



Malgré quelques précautions lors de son abdication, les rentes que lui versait la Suède étaient très espacées et irrégulières. Ce problème financier l’obligea à retourner dans son pays natal pour renégocier,  mais il faut traverser la France pour rejoindre Hambourg.

Elle obtint l’autorisation de Mazarin et quitta Rome le 20 juillet 1656 sur une galère papale. Son arrivée se fit à Marseille et elle finit par atteindre Paris le 8 septembre.


La reine Christine est un personnage gênant pour le pouvoir royal de France. Son caractère insoumis, ses critiques contre les répressions et son contact étroit avec les intellectuels et les religieux d’Europe en font une personne qu’il faut ménager et installer hors de France rapidement. Un projet entre elle et Mazarin est alors échafaudé pour lui offrir le trône de Naples, mais il faut pour cela rallier le pape à cette idée. Mazarin avait en tête un plan secret : récupérer ce territoire de Naples à la mort de la reine. Une autre solution aurait été d’installer Philippe d’Anjou, frère de Louis XIV, pour fonder une dynastie Bourbon qui aurait ainsi servi de contrepoids à la puissance de l’Espagne.

Mais ce projet n’aboutit pas. Elle fut écartée du trône de Naples et en compensation, la reine Christine retourna en Italie après avoir emprunté d’importantes sommes d’argent à Mazarin…


Son voyage fut de courte durée puisqu’elle resta bloquée à Pesaro, une peste sévissant dans la capitale romaine. Prétexte ou non, c’est en tout cas à cette occasion que la reine douta de la sincérité de Mazarin et décida de revenir une nouvelle fois en France.Elle sera accueillie, en août 1656 à Lyon par le duc de Guise, avant de se rendre à Paris qui lui consacrera une semaine de cérémonies et de divertissements.








Une autre affaire va alors devenir célèbre dans la vie de cette reine. En effet, des soupçons de trahison naissent dans son entourage. En parfait détective elle va alors surveiller certains courriers et finalement tendre un piège au traitre. Il s’agit de son grand écuyer Monaldeshi qui alerta les Espagnols de son alliance avec les Français.










Pris avec des lettres compromettantes, l’écuyer sera condamné par la reine et assassiné sans pitié au château de Fontainebleau.


Le 10 novembre 1657, la reine Christine fait venir le père Le Bel, supérieur du couvent des Mathurins d’Avon, dans la galerie des Cerfs pour qu’il confesse le malheureux marquis. Mais ce dernier clame l’indulgence de sa souveraine. Christine de Suède, intransigeante, confirme son verdict. L’écuyer est alors mis à  mort à trois reprises par l’épée et par trois de ses gardes. Il agonisera dans d’atroces souffrances dans la galerie des Cerfs.
Ce crime lui vaudra le surnom de «Sémiramis suédoise » et embarrassera Louis XIV et Mazarin. Pourtant les rapports entre la France et la reine ne seront pas modifiés…


S’il n’est absolument pas démontré que Christine de Suède soit impliquée de près ou de loin à la disparition de Descartes, elle montre en tout cas ici sa froideur face à une décision de condamnation à mort. Assassinat ou jugement d’une souveraine dans un cas de hautre trahison ? La question continue de partager les historiens…



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MessageSujet: Re: UN PEU D'HISTOIRE   Ven 28 Avr - 11:50

- 1660  - la reine Christine décide de revenir en Suède


En quittant la France pour l’Italie, le pouvoir royal de Louis XIV est soulagé.
Le 15 mai 1658, elle est de nouveau à Rome, mais elle a perdu beaucoup de sa popularité.

Le 3 février 1660, un fait imprévu va pourtant lui faire changer ses plans immédiats. En effet, son cousin Charles-Gustave disparut subitement laissant la couronne de Suède à son fils qui n’a que 5 ans. A nouveau, le problème de succession se pose. La reine Christine est alors obligée de retourner en Suède. Elle quitte Rome le 20 juillet 1660 pour la Suède.


Mais sa conversion au catholicisme va embarrasser le chancelier suédois et sa demande de rétablissement des droits héréditaires fut un échec.  Elle fit une nouvelle tentative en  1666 sans succès. En  1668, Jean Casimir, roi de Pologne, décida d’abdiquer. La monarchie polonaise étant élective, Christine de Suède posa sa candidature comme dernier rejeton de la dynastie Vasa. Ce sera encore un échec.
Christine de Suède est une reine sans pouvoir et sans tr^^one.


- 1668 -  La Reine Christine reste à Rome


En octobre 1668, elle décida de s’installer définitivement à Rome au Palais Mazarin, puis au Palais Riario dans le quartier «Trastevere au Riario alla Lungara » qui est aujourd’hui le Palais Corsini et qu’elle transformera en musée. C’est à cet endroit qu’elle put certainement contempler l’’œuvre du Guercin « ET IN ARCADIA EGO », une toile qui inspira peut-être Nicolas Poussin.


En effet, Poussin visita Venise et très certainement Bologne où il ne put manquer d’admirer l’œuvre du Guercin qui sera plus tard transportée au Palais Corsini à Rome.


ET IN ARDACIA EGO
Du Guerchin

(peint entre 1618 et 1620)

C’est sans doute la première peinture connue où apparait la devise :
«ET IN ARCADIA EGO »




Elle fut réalisée par Giovanni Francesco Barbieri dit «il Guercio » car il louchait.
Peintre italien né à cento en 1591, il mourut à Bologne en 1666]/b]. L’œuvre est aujourd’hui exposée dans la Galleria Corsini à Rome.

On suppose que la formule «ET IN ARCADIA EGO » fut inspirée par le prélat Giuliio Rospigliosi, un grand amateur protecteur des arts et qui deviendra le pape Clément IX mais il s’agit d’une hypothèse.







C’est un lieu extraordinaire pour les expositions et en tant que généreuse protectrice des arts, elle y installa ses plus belles collections. Peintures, tapisseries, sculptures, dessins, médailles, viendront enchanter le public. Elle côtoie des artistes italiens comme Le Bernin et de nombreux musiciens renommés. Elle ouvrira même un théâtre public romain, le Tor di Nova. Sa collection d’art et sa cour d’artistes lui vaudront une grande renommée à travers l’Europe. Cette collection inestimable sera d’ailleurs après son décès récupérée par le Vatican.


Attirée aussi par les sciences alchimiques, elle aménagea plusieurs laboratoires pour elle-même et ses invités spécialisés dans ce domaine. Elle se rapprocha des travaux de Borelli et de Campiani, des travaux qui touchent à l’astrologie et à  l’alchimie.


En 1674, elle créa en s’inspirant du poète napolitain Holstenius, l’Académie Clémentine (Académie du Riario) basée sur le modèle de l’Académie Française et qui deviendra juste après sa mort l’Accademia dell’Arcadia (l’Académie d’Arcadie), une société savante composée de poètes et d’érudits.






Mais l’absorption de la reine Christine pour les arts ne l’empêchait pas de rester consciente des conflits de son époque. Elle s’inquiéta notamment à partir de 1679 de la politique menée en France contre le protestantisme et le jansénisme. Elle sera aussi très critique envers le pouvoir royal français et les persécutions destinées à abjurer les familles protestantes.


Elle écrit notamment à Louix XIV pour dénoncer les régiments de dragons qui commettent des excès envers le protestantisme, une religion qui s’apprête à révoquer l’Edit de Nantes. Connus sous le nom de « dragonnade » ces régiments n’hésitaient pas à violer et à tuer pour exiger la conversion au catholicisme…





A  la fin de sa vie, la reine sombre dans le mysticisme et protège Miguel de Molinos jusqu’à son arrestation et sa condamnation en 1685, ce qui lui vaudra d’être accusée de quiétisme par l’ambassadeur de France.


Elle décéda le 19 avril 1689 à Rome en léguant tous ses biens au cardinal Azzolino auquel elle vouait un amour platonique…Finalement, elle aura été reine de Suède de 1632 à 1654. Le pape, en reconnaissance de sa conversion, lui accorda contre sa volonté des funérailles grandioses et une sépulture au Vatican, dans la crypte de la Basilique Saint-Pierre de Rome.

La Reine laissa de nombreuses lettres et quelques écrits dont ses mémoires « Ma vie dédiée à Dieu qu’elle n’acheva pas. La plupart ont été recueillis dans les Mémoires de Johann Archenholz Amsterdam 1751-1579[/i]


Il faut noter que c’est la seule femme qui fut déposée dans la crypte des papes à la basilique Saint Pierre de Rome, ce qui représente en soi en fait extraordinaire.

La reine Christine de Suède représenteraiti donc pour les autorités du Vatican un personnage si particulier qu’elle eut le droit de reposer pour l’éternité, et contre son gré, auprès des papes ? Voici un fait historique qui doit nous faire réfléchir…



Le monument funéraire de la reine Christine à Saint-Pierre de Rome
Carlo Giuseppe Fontana et Jean-Baptiste Théodon







Femme de caractère, intelligente et passionnée, sa vie cache en réalité certains mystères que l’on ne peut connaitre qu’en étudiant en détail ses relations et ses influences. Protégée par les papes, appréciée  par les érudits, attachées à un lien culturel entre les pays du nord et du sud de l’Europe, finalement installée à Rome, elle représente un chainon manquant entre plusieurs personnalités marquantes de l’affaire de Rennes comme Pascal et Poussin…[/b]

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