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 LES SITES REMARQUABLES

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Lanaelle
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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Lun 12 Juin - 14:17

♦ La fresque « La Résurrection »


Il faut changer de transept pour continuer la visite et découvrir la 3ème fresque de Signol.





La fresque montre la scène de Jésus ressuscitant à la sortie du tombeau. Sans la toucher, il désigne la pierre tombale rectangulaire. Ce tombeau ressemble d’ailleurs plus à la sortie d’un temple. D’après les Evangiles, nous savons que l’entrée du tombeau était protégée par une pierre circulaire. Pourquoi Émile  Signol, peintre spécialiste des scènes religieuses, fait-il une entorse aux écrits officiels en dessinant une dalel rectangulaire ?


C’est en tout cas la seconde fresque qui est signée Émile Signol avec un N inversée. Le doute n’est plus permis. Il s’agit bien d’un acte volontaire que le peintre nous soumet pour attiser notre curiosité. Tous ces indices entrent dans un jeu de lecture que le peintre veut nous imposer. Mais lequel ?


♦ La fresque « L’Ascension »


Enfin, à la droite du transept sud, la dernière fresque de  Signol présente la scène de l’Ascension. Jésus s’élève dans les cieux parmi les 11 apôtres en adoration.




♦ Disposition des fresques


La disposition des fresques joue certainement un rôle important dans le message de Signol, car rien ne semble être laissé au hasard.



Sur un plan il est facile de constater que les fresques aux N inversés s’opposent aux N normaux. «L’Arrestation (N inversé) » s’oppose à la «La Crucifixion (N normal) » et « La Résurrection (N inversé) » s’oppose à «l’Ascendion (N normal) ».  Que veut nous dire Signol ?

On retrouve d’ailleurs l’étude de cette disposition dans les feuillets supplémentaires associés au Serpent Rouge. Remarquez le P et le S de chaque côté du méridien.
Il et alors intéressant de revenir sur cette strophe :



Remarquez le jeu de mot «chœur » qui devrait s’écrire «cœur » mais que l’on traduit ici par le chœur de Saint Sulpice, où le rayon du soleil s’arrête pour marquer les équinoxes de printemps et d’automne. C’est à ce point que la vision divine de Signol apparait en passant du P de Saint Pierre au S de Saint Sulpice mais peut être aussi au S comme Soleil.



Nombreux sont ceux qui ont toujours considéré le Serpent Rouge comme un simple essai d’un auteur sans intérêt. Cette étude montre à quel point l’opuscule est subtil et profond. Je n’oublie pas non plus tous ces visiteurs en mal de mystères qui viennent découvrir le Saint Sulpice du Da Vinci Code et je leur dis :

Soyez attentifs, curieux et surtout conservez votre propre jugement. Un récit fabuleux est là, sous vos yeux, impalpable, qui dépasse la fiction puisque bien réel et son auteur n’est certainement pas Dan Brown


Extrait du Serpent Rouge (dernière strophe) :


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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:11





Les liens avec l’énigme de Rennes-Le-Château





Lorsque le chercheur débutant commence à étudier Rennes-Le-Château, sa première analyse est bien sûr l’étude de la vie de Bérenger Saunière et de ses mystères. Ce n’est que bien plus tard que sa quête le conduire à l’église Saint Sulpice au travers du Serpent Rouge.


Cette démarche est toutefois déroutante pour beaucoup car, comment expliquer et justifier un lien logique et important entre un petit village de l’Aude et une église parisienne mondialement connue  comme Saint Sulpice ?


Le défi a très certainement gêné de nombreux chercheurs car les réponses sont loin d’être évidentes. Mais d’où vient cette difficulté d’analyse ? On peut aujourd’hui dresser 5 raisons à cela :

• La distance géographique entre Rennes-Le-Château et l’église Saint Sulpice a écarté naturellement cette dernière pendant très longtemps des chercheurs audois.

• L’hermétisme du Serpent Rouge a toujours classé cet opuscule dans la rubrique «ésotérisme », empêchant du même coup une analyse historique plus large et plus complète.

Gérard de Sède a fait monter  Bérenger Saunière à Paris pour visiter le Louvre et l’église Saint Sulpice. Non seulement on a retrouvé aucune trace du passage de Saunière à Paris, mais il est très difficile de comprendre pourquoi et par quel lien notre fameux curé aurait terminé sa quête à Saint Sulpice…    

• La période Plantard / Cherisey et les dossiers secrets ont ajouté une histoire à l’histoire dont le résultat est un réel labyrinthe ésotérico-historique mêlant Saint Sulpice et la dynastie mérovingienne.      

• Le récent succès du roman Da Vinci Code a fini par répandre un rideau de fumée ou  le public a finalement perdu tous ses repères. Les symboles et les références se mélangent entre vérité historique et fiction.      

Et pourtant des liens forts existent, directs ou non. Certains sont clairs comme ceux du Serpent Rouge, d’autres sont allégoriques ou de l’ordre de la coïncidence, mais on ne peut les éluder. Voici les plus connus :



                                                                           


Allons plus loin…


♦ Le Serpent Rouge


Le lien le plus clairement exprimé entre Rennes-Le-Château et l’église Saint Sulpice nous est donné par ce mystérieux opuscule «le Serpent Rouge » composé de 13 strophes relativement hermétiques pour un non initié. L’exactitude de ce document n’est plus à mettre en doute. Nous savons aujourd’hui qu’il était une pièce authentique d’un dossier que Pierre Plantard utilisa largement pour satisfaire ses ambitions personnelles et mégalomaniaques et qu’il l’habilla de plusieurs autres feuillets.


Ce poème décrit un voyage à  la première personne dans lequel le personnage central évolue d’allégorie en allégorie pour culminer un fameux 17 janvier, fête de Saint Sulpice.


C’est ainsi que l’on peut lire à  la strophe 8 :



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:13

L’allusion à Saint Sulpice est ici très claire. Il s’agit bien sûr de la fameuse fresque de Eugène Delacroix peinte en 1861 dans la chapelle des Saints Anges. L’entrée de cette chapelle est dédiée à la Station VII où on peut lire «Retire moi de la boue que je n’y reste pas enfoncé ». il s’agit en fait d’une citation biblique extraite du Psaume 69, (Ps69(68) ;15).


A noter qu’un détail ici m’interpella. La sentence [color=#7b68ee]« JÉSUS ÉPUISÉ RETOMBE »○1/color] contient un anagramme : JÉSUS SUBI MORTE ÉPÉE

Cet anagramme que je livre ici fait ressortir les mots clés « MORTE ÉPÉE » utilisé pour décoder le grand parchemin…




La fresque représente une scène mythique où Héliodore est chassé du Temple de Salomon alors qu’il voulait forcer la trésorerie. 2 anges et un cheval divin se chargent de le punir.

Les allusions continuent à la strophe 10 :




Encore une fois, l’allusion à Saint Sulpice est très claire. Les transepts nord et sud ont été peints par Émile Signol entre 1872 et 1876. Les peintures se composent de 4 fresques :

«Résurrection » et «Ascension » sur le transept sud
« Trahison de Judas » et « Mort de Jésus » sur le transept nord

Les transepts et donc les 4 fresques sont situés autour de la ligne de cuivre du gnomon marquant l’ancien méridien de midi.

Sur chaque transept et en hauteur, un vitrail en forme de rose présente un P entrelacé dans un S. ces initiales qui furent traduite par Dan Brown dans le Da Vinci Code « PS » alias [color=#cef6ec]Prieuré de Sion, sont en fait les initiales de Saint Pierre et Saint Sulpice, patrons des lieux. Mais on peut lire aussi Saint Pierre.




Selon le Serpent Rouge, Olier devait être initié puisqu’il se mord instinctivement la paume, comprenant aussi la vérité.

Mais on peut aussi penser qu’il ne connut jamais cette vérité puisqu’il se mord la paume dans son cercueil, et donc après sa mort…

La piste se confirme en tout cas puisque l’on trouve un poulpe sur le bénitier droit à l’entrée de la nef.



Enfin à la strophe 13 , certainement pour ceux qui n’avaient pas encore compris que l’intrigue se passe à Saint Sulpice :




♦ Le 17 janvier


Nous avons vu précédemment que le Serpent Rouge cite clairement le 17 janvier. Ceci confirme que cette date a son importance dans l’affaire. Mais le lien principal est bien sûr Saint Sulpice puisque cette église est dédiée à Saint Sulpicius, archevêque de Bourges au VIe siècle, et dont la fête se déroule le 17 janvier, jour de sa mort en l’an 647.


Cette date hautement symbolique plane tout au long de l’histoire de Rennes-Le-Château, comme par exemple sur la tombe de Jean Vie dans le petit cimetière de l’église de Rennes-Les-Bains.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:15

♦ Le prieuré de Sion


Pierre Plantard s’est servi très largement de l’église Saint Sulpice pour  justifier les fondements du Prieuré de Sion moderne et ses racines mérovingiennes. Nous savons aujourd’hui que ses ambitions étaient plus que douteuses puisqu’elles consistaient à installer sa descendance et lui-même dans une lignée mérovingienne afin d’espérer un quelconque pouvoir. Cette mégalomanie le conduira à manipuler des documents authentiques, pour le plus grand malheur des chercheurs, mais aussi pour le plus grand bonheur des affairistes et des vendeurs d’histoires.


L’aspect intéressant est que Plantard a certainement utilisé une source de document tout à fait passionnante, et dont l’analyse aujourd’hui très parcellaire, devrait nous réserver encore beaucoup de surprises. On peut bien sûr tirer un trait sur la thèse «Plantardienne » que l’on retrouve dans les dossiers secrets. Mais ce n’est pas si simple car pour arriver à une telle érudition et une telle précision, Plantard a certainement disposé d’une source d’information extrêmement bien fournie…En fait un certain dossier provenant de Noël Corbu


Par exemple, si l’on considère que les liens entre Rennes-Le-Château, le Serpent Rouge et l’église Saint Sulpice sont incontestables, alors il faut aussi intégrer l’histoire mérovingienne intimement liée à Saint Sulpice…


C’est aussi dans les dossiers secrets où l’on apprend que l’église Saint Sulpice est en réalité construite sur les vestiges d’un ancien temple païen consacré à Isis et qu’une statue de la déesse aurait été vénérée comme la Vierge Marie, jusqu’à sa destruction, en 1514.


Enfin, Dan Brown, auteur du Da Vinci Code, autre manipulateur, se servira du vitrail PS pour romancer l’existence du Prieuré de Sion




Les fameuses initiales PS, ou plus exactement SP sont visibles dans une rosace de l’un de transepts. La lecture y est double car on peut lire Saint Pierre ou Saint Pierre et Saint Sulpice. L’autre transept est dédié à Saint Sulpice.



Ceci nous montre que l’histoire de Rennes-Le-Château a souvent été manipulée pour des causes mégalomaniaques ou mercantiles. Mais ceci n’enlève rien à la beauté mystérieuse de l’affaire. Ul besoin de roman ou de trucage. Comme nous le verrons par la suite, il suffit d’observer. Le mystère est là, sous vos yeux…


♦ Origine mérovingienne



Le fil conducteur utilisé par Plantard et par Gérard de Sède repose sur la lignée mérovingienne et la descendance du roi perdu Dagobert II. Cette thèse aurait pu s’arrêter là, puisque nous savons aujourd’hui que Pierre plantard a falsifié avec son complice le marquis de Cherisey, certains documents.

Mais nous savons aussi qu’il s’est servi d’un dossier très fourni (les dossiers secrets) et dont l’origine serait Noël Corbu qui lui-même l’aurait obtenu d’un prêtre…Or si le rattachement des mérovingiens à Plantard apparait comme un montage bien orchestré, il est indéniable que l’église Saint Sulpice trouve ses fondations à l’époque mérovingienne.


Nous revoilà donc au point de départ sur cet aspect. Où est la part du vrai et la part du faux ? L’origine mérovingienne de Saint Sulpice est-elle une donnée importante dans l’affaire de Rennes-Le-Château. Il est probable que oui.


♦ 1645-1646 Une coïncidence curieuse


Le 15 août 1645, les plans de reconstruction de l’église furent adoptés et ce fut Anne d’Autriche, régente et veuve de Louis XIII qui posa la première pierre le 20 février 1646, accompagné de Louis XIV âgé de 8 ans. Incontestablement Olier fut en 1646 l’initiateur de cette renaissance culturelle.


Mais en 1645 une autre aventure fabuleuse se déroula dans le confin du Razès. Un berger nommé Ignace Paris découvrit selon la légende, un trésor fabuleux…


Comment alors ne pas faire le lien entre tout ce petit monde : Le Baron de Hautpoul propriétaire des terres, Nicolas Pavillon et Jean-Jacques Olier élève de Saint Vincent de Paul.


Comment alors ne pas soupçonner quelques financements secrets menés discrètement par la très honorable Compagnie du Saint Sacrement

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:17

♦ Olier et Saint Vincent de Paul


Saint Vincent de Paul, fondateur des lazaristes, assista en permanence Jean-Jacques Olier dans la création de la compagnie du Saint Sacrement et c’est un personnage indissociable de l’histoire de Saint Sulpice au 17e siècle. Il mourut dans l’église le ]2 avril 1657. On trouve bien évidemment sa statue dans une chapelle qui lui fut dédiée en 1825.


Saint Vincent de Paul est aussi connu pour avoir disparu mystérieusement 1 ou 2 ans, en prétendant qu’il avait été emprisonné en Tunisie. Ses dires n’ont jamais pu être confirmés.




Curiseusement on retrouve Saint Vincent de Paul à Notre Dame de Marceille où son effigie trône au fond des jardins. Curieux, peut-être pas car des lazaristes occupèrent le Sanctuaire à la fin du 19e siècle.



♦ Olier et Nicolas Pavillon



Nicolas Pavillon, tout comme Jean-Jacques Olier, fut l’élève de Saint Vincent de Paul. Mais Nicolas Pavillon fut aussi confrère de la Compagnie du Saint Sacrement, en même temps qu’évêque d’Alet-Les-Bains près de Rennes-Le-Château ) à partir de 1637


Le trait d’union avec Rennes-Le-Château est ainsi tout tracé.


♦ Le méridien de Paris, Bourges


Le méridien du midi joue un rôle très important dans le mystère. Et la phrase décodée du grand parchemin :

« BERGERE PAS DE TENTATION….A MIDI POMMES BLEUES »




Nous indique une marche à suivre combinant ce fameux méridien de midi qui passe non loin de l’église Saint Sulpice et non loin de la Cathédrale de Bourges historiquement liée à Saint Sulpicius.



♦ Les fresques de Signol


Émile Signol est né en 1804 et décède en 1892 à Montmorency. Il obtint le Prix de Rome en 1830 et devint académicien en 1860. Rigoureux dans sa peinture, il se bat contre le romantisme et l’impressionnisme. Signol réalisa entre 1872 et 1879 pour l’église Saint Sulpice, 4fresques réparties sur les 2 transepts nord et sud.


• Sur le transept sud :  « Ascension » (1876)
• Sur le transept sud :  « Résurrection  » (1876)
• Sur le transept nord : « Crucifixion  » (1872)
• Sur le transept nord : « Arrestation  » (1879)


On devine ici l’intention de l’artiste qui utilise les titres de chacune des fresques pour construire l’acrostiche : ARCA un mot hautement significatif dans l’énigme puisque qu’il faut le relier à ARCADIE, ARQUES, ARC, et ARCHE…


Tout comme Delacroix, Signol est lié au Serpent Rouge et donc à  l’énigme de Rennes-Le-Château. Mais un autre lien plus discret est celui du mystère des deux N inversés et du méridien de Saint Sulpice qui cour au milieu de ses 4 fresques.







Comme nous  le verrons par la suite, Signol comme Delacroix nous ont laissé un mystère allégorique que l’on ne peut mesurer que si l’on apprécie leurs œuvres dans un tout et en relation avec Rennes-Le-Château.


Il faut alors se rappeler de la strophe 10 du Serpent rouge :




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:19

♦ Les fresques de Delacroix



Eugène Delacroix (1798-1863) reçu la commande de la fresque de Saint Sulpice le 28 avril 1849 par la direction des Beaux-arts et il s’y consacra de 1855 à 1861




12 années furent nécessaires pour mener à bien ce projet.


Il composa ainsi pour la chapelle des Saints Anges (Chapelle 1) 3 fresques : 2 fresques murales et un plafond circulaire. Perfectionniste et passionné, il mit au point spécialement pour le lieu, une technique à base d’huile et de cire vierge.


Ces trois œuvres géniales sont extraites d’épisodes bibliques très célèbres :


• A droite en entrant : « Héliodore chassé du Temple »
• A gauche en entrant : «Le combat de Jacob avec l’Ange »
• Au plafond : « Saint Michel triomphant de Lucifer »


Héliodore chassé du Temple


C’est la peinture la plus célèbre des 3 et son titre exact est «Héliodore terrassé et battu de verges ». elle représente la célèbre histoire d’Héliodore chassé du Temple de Salomon par les Anges, alors qu’il vint pour forcer la trésorerie. Cette histoire est relatée dans le second livre des Maccabées (2Mc3) situé en l’an 170 avant JC.



L’épisode d’Héliodore…


Alors que le trésor sacré du Temple allait être violé par le ministre de Séleucus, les femmes se lamentaient car le sort semblait inéluctable.


Tout semblait perdu, quand soudain «L’esprit de Dieu » tout-puissant se fit voir par des marques bien sensibles, de sorte que tous ceux qui avaient osés obéir à Héliodore, furent renversés par une vertu divine. Ils furent tout à coup frappés d’une frayeur qui les mit hors d’eux-mêmes.






Un cheval apparu alors, monté par un homme aux armes d’or, habillé magnifiquement, et qui, bondissant avec impétuosité sur Héliodore, le frappa en lui donnant plusieurs coups de pied. Deux jeunes hommes apparurent en même temps, pleins de force et de beauté, brillants de gloire et richement vêtus. Se tenant aux côtés d’Héliodore, ils le fouettèrent et le frappèrent sans relâche.






La peinture montre effectivement un  Temple de Salomon magnifique, d’architecture polychrome. Sur les premières marches de l’escalier conduisant à la trésorerie, Héliodore est renversé sous  un cheval qui le maintien de son sabot divin pour le livrer aux verges des deux anges. Ceux-ci fouettent avec vigueur, investis d’une puissance céleste. Le cavalier, d’une beauté angélique, conserve une attitude solennelle et avec le calme des Cieux. En haut de l’escalier, plusieurs personnages contemplent avec horreur et ravissement le travail des divins bourreaux.

Il faut remarquer que les personnages ont les genoux DROIT découverts. Or le genoux GAUCHE dénudé est un signe d’initié en franc-maçonnerie. Delacroix ici choisit le droit 5 fois mais ce n’est peut-père qu’un hasard…




Pour apprécier la subtilité des symboles et les paraboles du Serpent Rouge, il faut alors revenir à la strophe 8 où on peut lire :







Remarquons aussi que Delacroix s’est sans doute inspiré d’une fresque de Raphaël se trouvant à la cité du Vatican dans la  Chambre d’Héliodore et datant de 1514. On y retrouve les anges et le cheval de Dieu dans la même position.


Raphaël peint aussi cette scène avec une extrême énergie et une puissance dramatique. Au centre, à l’arrière-plan le grand maître agenouillé, « prie le ciel de conserver ses biens à ceux qui les avaient déposés ». A gauche, à côté du groupe des veuves et des orphelins, Raphaël représenta Jules II soutenu par des porteurs. L’un d’eux est peut être un autoportrait de Raphaël.


Une gravure de 1861

Par une coïncidence extraordinaire, j’ai pu acquérir en 2008 une gravure originale publiée dans une revue de l’époque : «Le Monde illustré » et parue en 1861.


Le dessin à la plume est d’une extrême finesse et est signé d’un certain  E.Morin. sa précision permet de découvrir des détails de construction qu’il est difficile d’appréhender sur l’œuvre peinte.


Mais surtout, il est intéressant de découvrir le début d’un article écrit à l’occasion de l’inauguration des fresques de Delacroix et qui parle d’un éclairage de Midi si particulier…Il faut croire que l’article fut édité par un connaisseur qui connaissait l’importance de ce détail…




Curieux tout de même de lire un journaliste parlé justement de l’éclairage de la chapelle des Saints Anges «le jour du midi » et d’insister justement sur certains détails que l’on ne peut  pas apprécier dans les autres chapelles.


Extrait du journal «Le Monde illustré » 1861


Cet article est-il l’écho d’une autre critique plus précise sur ce point ?


Malheureusement, ce vitrail aurait peut-être disparu durant la commune de Paris, en mai 1871 lors de l’explosion de la  poudrière du Luxembourg.

En effet, de nombreux vitraux de l’église Saint Sulpice furent détruits puis remplacés.


Ci-dessous, une autre gravure d’Héliodore datant du XIXe siècle et extraite de la Gazette des Beaux- Arts (juillet décembre 1861).




Il faut rappeler que la phrase clé met en évidence «le cheval de Dieu » (celui d’Héliodore) et  le Jour du Midi. L’information est importante car selon certaines sources, il aurait existé dans la chapelle des Saints Anges, un vitrail représentant en plus d’Adam et Eve, un serpent jetant des pommes bleues. Le soleil du midi des 17 janviers créait alors une belle lumière bleue qui tombait sur  la fresque, offrant  à l’initié des détails que l’on ne peut voir ailleurs.



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:22

Le combat de Jacob avec l’Ange


C’est la peinture la plus mystérieuse des 3 et certainement l’un de ses chefs d’œuvre. Peinte sur le mur de gauche, la scène est issue d’un épisode biblique ou plus exactement d’un verset de la Genèse (Gn32,23-33)



Jacob (qui veut dire «Celui qui supplante ») est un personnage de l’Ancien Testament qui se caractérise par ses fourberies et par ses mensonges, jusqu’à ce combat légendaire. Par ruse, il alla même jusqu’à ravir le droit d’aînesse à son frère Ésaü. Jacob accompagne les troupeaux et autres présents destinés à calmer la colère de son frère Ésaü.

Mais un étranger l’arrête et un combat s’engage. Ce combat qui dura jusqu’à l’aube et dont on ne connait pas le motif, se passa dans le ravin de Yabboq. Touché au nerf de la cuisse, Jacob est réduit à l’impuissance.


Son adversaire ange ou Dieu, lui dit : « On ne t’appellera plus Jacob mais Israël car tu as lutté avec Dieu et avec les Hommes et tu l’as emporté ». Jacob lui demande : «De grâce, indique-moi ton nom ». « Et pourquoi me demande tu mon nom ? » dit-il



Sur ce Jacob fut bénit et il appela cet endroit « Phanuel » qui veut dire « Face de Dieu » puisqu’il vit Dieu en face.





Delacroix, avec tout son talent, arrive à nous communiquer la force de cette scène. Dans une épaisse végétation, Jacob combat un ange. L’homme naturel et l’homme surnaturel luttent chacun selon sa nature. Jacob est incliné en avant comme un bélier, bandant toute sa musculature. L’ange se prête complaisamment au combat, calme, doux, comme un être qui peut vaincre sans effort. Au premier plan, gisent, sur le terrain, les vêtements et les armes dont Jacob s’est débarrassé pour lutter corps à corps avec l’homme mystérieux envoyé par Dieu.


Une anomalie cependant est l’absence d’arc alors que le carquois et les flèches sont présentent (anomalie révélée par P. Sylvain). Certains auteurs ont vu ici une allusion par omission (méthode classique chez Boudet) à Arques, village situé près de Rennes-Le-Château. Mais une autre anomalie est encore plus flagrante : la présence d’un chapeau dont le style est plutôt anachronique…





Les fresques d’Eugène Delacroix ont fasciné ses contemporains mais l’artiste ne put profiter longtemps de son succès, puisqu’il mourut 2 ans après avoir terminé la Chapelle des Saints Anges.


Les journaux de l’époque publièrent parfois des gravures représentant ces chefs d’œuvres.


En voici une, dessinée par Mr Boccourt et gravé par Mr Sotain. Elle est extraite de la gazette des beaux-Arts de juillet-décembre 1861.




Merci à Cédric pour sa contribution.



Saint Michel triomphant de Lucifer


Elle a été réalisée à l’huile sur toile marouflée, sous la voûte. C’est la peinture la plus classique des trois car ce thème biblique «L’archange Michel terrassant le Démon » fut repris de très nombreuses fois par les artistes. Comme pour Saint Antoine, Saint Michel est un personnage que l’on retrouve très facilement autour de Rennes-Le-Château.




Cette légende est traitée de façon épisodique dans la bible, comme par exemple dans un verset de Saint Jude où il est question d’une contestation entre l’Archange Michel et le Diable touchant le corps de Moïse. Mais il est étonnant de voir que cet épisode a eu plusieurs versions au cours du temps. Car la cène est aussi connue en remplaçant Lucifer par un dragon. C’est ainsi que l’on voir cohabiter dans la même église d’Espéraza les deux représentations.


Il est à noter quel dans le combat de Saint Michel, la lance ou l’épée est symbole de verticalité.





Allégories à Rennes-Le-Château…


Eugène Delacroix travailla énormément à la fin de sa vie sur ces 3 peintures entre 1855 et 1861. Ces réalisations correspondant à une commande de la ville de Paris faite en 1849, permis à Delacroix de s’exprimer comme il le souhaitait. De toute évidence, les thèmes choisis forment une unité. Les représentations sont toutes en rapport avec des anges en altercation avec un personnage légendaire : Jacob, Lucifer ou Héliodore. Les anges, au nombre de 4, rappellent aussi les 4 anges de Saunière sur son bénitier


Mais curieusement la chapelle des Saints Anges, décorées de ces 3 légendes, inspire aussi 3 allégories liées à 3 combats :




Delacroix, peintre génial et insaisissable


Au début du projet, Delacroix étudia 4 possibilités : une étape du chemin de croix, la mise au sépulcre, l’apocalypse, et l’ange renversant l’armée des Syriens. Selon son journal, il travailla alors sur un jeu de miroir entre l’élévation de la croix, et la descente au tombeau. Mais curieusement et sans aucune explication, ni aucune trace dans son journal, il décida de changer complètement de thème. C’est ainsi qu’il opta pour «La lutte de Jacob avec l’ange » et « Héliodore chassé du temple ».


Voici un réel mystère. Pour quelle raison et par quelle influence il changea pour ces 2 thèmes clés ? Lui aurait-on conseillé un message bien différent ou mieux adapté ?
On dispose toutefois d’une piste car comme le rapporte Maurice Barrès dans son livre «Le mystère en pleine lumière », Delacroix se serait entretenu avec le curé de Saint Sulpice :


«Il va à la partie héroïque du drame angélique, et le 2 Octobre 1849, le jour même de la fête des Anges, dans un entretien avec le curé de Saint Sulpice, il s’arrêta à trois grands sujets : La lutte de Jacob avec l’ange, Héliodore chassé du Temple par les anges, et puis pour le plafond, l’archange Michel qui terrasse Lucifer.Durant douze ans il va y travailler de tout son instinct et de toute sa science. »



Delacroix mit 12 ans pour achever son œuvre en 1861 et il mourut 2 ans plus tard, épuisé par le travail de peinture sur échafaudage dans un lieu humide et obscure. Ce qui fit dire à Barrès que cette chapelle constituait le Testament de Delacroix.


Eugène Delacroix eut aussi un grand admirateur :
Charles Baudelaire, qui fut baptisé à Saint Sulpice.
Quelques mois après la mort de son ami Delacroix, il lui dédia un hommage saisissant…




A propos de la chapelle des Saints Anges, il écrivit :


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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 20:31

1861 – Une date et un nombre remarquable


♦ Un peu de numérologie pour se détendre…



La fresque « Héliodore chassé du temple » date de 1861, vérifiable en bas et à droite de la peinture de Delacroix. Mais ce nombre recèle quelques curiosités :







♦ Vous doutez toujours ?


Regardez plutôt cette autre coïncidence troublante et inédite. Si l’on prête attention à la numérotation des chapelles (de 1 à 23 dans le sens inverse des aiguilles du montre) et que l’on conserve celles attribuées à Signol et à Delacroix, peintres cité dans le Serpent Rouge, on retrouve 1861


Ce nombre est incontestablement porteur d’une grande signification puisque visiblement sont premier rôle est de relier Delacroix et Signol. Ceci est d’ailleurs un élément de plus qui atteste de la cohérence du Serpent Rouge (pour ceux qui en douteraient encore…)




Cette relation numérique entre la date de la fresque de Delacroix, sa chapelle et celles de Signol impliquent plusieurs constats :

• Jusqu’à présent, hormis le serpent rouge, aucun code clair n’avait pu être trouvé dans l’église de Saint Sulpice. Il s’avère que ce n’est pas si simple…

Le serpent rouge cite clairement les 2 peintres Signol et Delacroix, mais rien jusqu’à présent ne prouvait qu’ils aient été conscients de leur implication. Visiblement cet agencement particulier prouverait qu’l y a eu concertation entre les 2 peintres pour s’attribuer les chapelles qui avaient un sens dans leur numérotation.

• De même que dans les anciens sanctuaires, les chapelles sont établies autour de l’église, entre les murs transversaux chargé de compenser la poussée des voûtes. Il y a donc une codification exacte qui identifie ce qui est dans l’église chapelle et ce qui ne l’est pas. Leur numérotation et donc tout aussi rigoureuse ce qui exclut un quelconque hasard.

• Si Delacroix nous a laissé 3 allégories et une allusion au Temple de Salomon, quel est donc le message de Signol ? Il est peu probable qu’il s’agisse uniquement de nous indiquer l’importance du méridien


Il est aussi amusant de voir un début de jeu de mot entre SIGNOL et DELACROIX qui rappelle étrangement « le Signe de la croix » évoqué également sous une autre tournure dans le Serpent Rouge.





Il est vrai que Saunière et Boudet ont écrit dans l’église de Rennes-Le-Château, sous le signe de croix des 4 anges et au-dessus d’Asmodée :


PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS




Il s’agit bien sûr du signe de la croix, DELACROIX… qu’il faut faire pour vaincre Asmodée, le diable du bénitier.






Voici donc un superbe jeu de mots reliant le bénitier à Delacroix et donc à la chapelel des Saints Anges :

«Le signe de la croix » ou «Le signe DELACROIX »




♦ Style corinthien et la fresque de Saunière


Un détail dans la fresque en relief de Saunière, au-dessus du confessionnal, n’a jamais reçu d’hypothèse convaincante sur sa présence. Ce détail est le reste d’un chapiteau corinthien dans le paysage au pied de la colline. Se pourrait-il qu’il s’agisse d’une allusion aux multiples chapiteaux corinthiens de Saint Sulpice et donc une allusion à l’église Saint Sulpice ?










♦ Style saint-sulpicien


Incontestablement, l’environnement de Bérenger Saunière baigne dans une atmosphère sainte sulpicienne.


Il suffit pour s’en rendre compte, d’observer les différentes représentations religieuses et les symboles que le prêtre a utilisé pour la décoration de la villa Béthanie ou dans le statuaire de son église.


[centerIMG]https://img4.hostingpics.net/pics/173541stsulpice1202.jpg[/IMG][/center]

On y trouve de nombreux sacrés cœurs, des cœurs enflammés, mais aussi des représentations du Christ sur pied, très caractérisitues. Un autre exemple très clair se trouve à Antugnac, le Christ d’Antugnac.








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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 13 Juin - 21:31




L’EGLISE SAINT-ROCH – Un sanctuaire

Son histoire, une construction en pointillés
Chapelles, tableaux, sculptures, plafonds, vitraux…
♦ Chapelle des fonts baptismaux de la première travée
♦ ♦ La chapelle de la Vierge
♦ ♦ La chapelle Sainte-Clotilde
De nombreux personnages illustres
Marie-Madeleine est omniprésente
♦ ♦ La chapelle Marie-Madeleine
♦ ♦ La chapelle des Âmes-du-Purgatoire
Les Templiers sont parmi nous
Les Templiers sont parmi nous
♦ ♦ La mémoire templière
♦ ♦ Deux Créquy Blanchefort réunis dans la Chapelle Saint Etienne
  ► La famille Créquy-Blanchefort


L’EGLISE SAINT ROCH – Deux chapelles particulières

Lorsqu’une chapelle en cache deux
♦ ♦ La Chapelle de la Vierge
♦ ♦ La Chapelle de l’Adoration (de l’Arche…)
♦ ♦ La Chapelle du Calvaire


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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:30








De l’extérieur, Saint-Roch n’est pas l’église la plus flamboyante de Paris. Elle n’est pas non plus mise en avant par les brochures touristiques. Mais cette sobriété n’est qu’apparente, et l’absence de médiatisation est révélatrice de son importance. Car ce lieu de culte possède une relation très privilégiée avec l’Histoire et l’énigme de Rennes. De la même manière que l’église Saint Sulpice appartient aux Templiers et à leurs secrets. Bien sûr, comme pour Saint Sulpice où les liens avec Rennes savent être discrets, Saint-Roch utilise les mêmes registres. Il est donc nécessaire de prendre du recul pour pouvoir apprécier tous ses chefs d’œuvre et toutes ses allégories qui la rendent si importante et si proche de l’affaire. Sans connaissance et sans une vision globale, il est impossible de détecter la moindre anomalie ou le plus petit clin d’œil. Et pourtant, la paroisse est très bavarde. Apprenons à la lire et à  l’écouter, car elle appartient à notre patrimoine, un patrimoine unique.


Saint Roch comme Saint-Sulpice sont reliés à l’affaire de Rennes-Le-Château et au Haut-Razès. Ces lieux de culte conservent une mémoire, la mémoire d’un grand Secret dont la France est dépositaire…








L’église est située au 284 rue Saint Honoré dans le 1er arrondissement de Paris. Sa façade sobre, son absence de flèche et de clocher la fondent littéralement dans le quartier. Cette église est pourtant très importante et mériterait mieux. Il est vrai que Saint Sulpice bénéficia d’une médiatisation accentuée par l’auteur Dan Brown et son DA Vinci Code ce qui n’est pas le cas de Saint Roch…






Son histoire, une construction en pointillés
La construction commença en 1209 avec l’église St Honoré et ce furent des meuniers et des boulangers qui l’édifièrent en l’honneur de leur saint patron. Puis ce fut une chapelle dédiée à Saint Nicolas construite en 1217 par les mariniers du port de la rivière de Seine. Les tuiliers et les maraîchers la transformèrent ensuite en la chapelle Sainte Suzanne au XVIe siècle.


L’église Saint Roch est aujourd’hui bâtie sur une petite colline à  l’emplacement précis de cette petite chapelle Sainte-Suzanne du XVIe siècle, et c’est Louis XIV qui posa la première pierre en 1653 en présence de sa mère Anne d’Autriche suite à la construction des Tuileries. La paroisse fut la volonté du roi, des seigneurs et des jardiniers du Louvre. Son architecte, Jacques Lemercier, formé à la Sorbonne, élabora pour elle des plans ambitieux. Car Saint Roch est l’une des plus spacieuses églises de Paris, profonde de 126 m. Elle fut élevée à l’extrémité d’une perspective qui, au-delà du chœur, faisait déjà s’aligner deux premières chapelles axiales : les chapelles de la Vierge et de Communion (appelée aussi de l’Adoration).


Saint Roch a été aussi voulu de type médiéval, mais la construction de l’édifice fut erratique et dura plus de 83 ans. Interrompus en 1660 faute de financement alors que le transept et la dernière travée de la nef étaient achevés, les travaux ne reprirent qu’en 1701 sous la direction de Jules Harouin-Mansart (1646-1708), puis de [colord0a9f5]Pierre Bullet[/color] (1639-1716). L’arrière du chœur ellipsoïdal de la Chapelle de la Vierge sera alors construit, mais le chantier est une nouvelle fois arrêté pour ne preprendre qu’en 1719 grâce aux dons d’un riche banquier… un certain John Law



Saint-Roch n’est vraiment achevée qu’en 1740. Du fait de la longueur de sa construction, les styles classique et baroque s’y côtoient. La façade sobre est de Robert de Cotte qui édifia deux étages en 1753. Plusieurs styles se mélangent entre le baroque et le classicisme. Le niveau inférieur est orné de colonnes doriques alors que le niveau supérieur présente un jeu de colonnes corinthiennes.





Une originalité est la Chapelle du Calvaire située à  l’arrière de la Chapelle de la Vierge. Elle ne sera construite qu’en 1760 sur les plans de Louis-Etienne Boullée.

Jean-Baptiste Marduel, curé de la paroisse entre 1750 et 1770, la dotera d’un décor composé de peintures et de sculptures. Il fera aussi appel aux meilleurs artistes de son temps comme Falconet, Pierre Vien, Doyen et Boullée. La chapelle du Calvaire sera alors profondément remaniée au milieu du XIXe siècle.


Le 5 octobre 1795, des combats eurent lieu sur le parvis durant l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV. Le général Bonaparte fit mitrailler les insurgés impliqués dans l’un des complots royalistes qui ont scandé la vie du Directoire. L’église sera malheureusement, comme beaucoup d’autres, dépouillée de ses aménagements sous la Révolution.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:32

Après le vandalisme, Saint Roch s’enrichira à nouveau d’œuvres d’art exceptionnelles. Cette fois, les peintures et les sculptures sont signées Devéria, Brisset, Challe, Scheffer, Schnetz… Si l’on rajoute les œuvres venant des églises détruites, on peut dire que Saint Roch est devenu au fil du temps un musée de l’art religieux entre le XVIIIe et XIXe siècle.






Peu à peu la paroisse récupérera une partie de son patrimoine. La ville de Paris commandera d’ailleurs l’essentiel des peintures de la nouvelle décoration qui accompagneront les monuments sculptés et tableaux provenant des églises détrites. La paroisse rassemble aujourd’hui un important patrimoine du XVIIe et XVIIIe siècle faisant d’elle l’une des églises les plus riches de Paris.


Connue aussi comme « La paroisse des artistes » du fait des très nombreuses personnalités inhumées, Saint-Roch est aujourd’hui classée au titre des monuments historiques depuis le 7 novembre 1914.



Chapelles, tableaux, sculptures, plafonds, vitraux…


L’église est alignée selon un axe nord-est auquel on a ajouté trois chapelles, dont celle de la Vierge juste derrière le chœur. Cet édifice présente également une autre particularité, l’absence du clocher résultant de travaux de démolition entrepris au XIXe siècle lors de l’aménagement du passage Saint-Roch. La richesse de la paroisse est nettement perceptible par les nombreuses chapelles décorées, la qualité des œuvres peintes, des sculptures ainsi que des plafonds.





Il faut prendre son temps pour découvrir les très nombreuses merveilles qui ornent le lieu du culte. Surplombant l’entrée principale, au-dessus d’un des deux tambours de porte et dans la pénombre, une «Déposition de Croix » de grande qualité reste très discrète. A côté de la Vierge Marie, Marie-Madeleine et Jésus sont dans la lumière et transcendent la scène. L’église rassemble d’ailleurs de nombreuses œuvres liées à Marie-Madeleine.





♦ Chapelle des fonts baptismaux de la première travée


La chapelle est ornée de deux œuvres de Théodore Chassériau, peintes en 1853 et dont l’une représente Saint Philippe baptisant l’eunuque de la reine d’Ethiopie Candace.




L’ange du Seigner s’adressa à Philippe et lui dit : «Va vers le sud, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte ».

Il se leva et s’en alla. Or un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, Reine d’Éthiopie, et surintendant de tous ses trésors, était venu en pèlerinage à Jérusalem, et il s’en retournait, assis sur son char, en lisant à haute voix le prophète Isaïe.

Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d’eau, et l’eunuque dit : « Voici de l’eau. Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? »
Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans  l’eau et Philippe avec l’eunuque, et il le baptisa.



D’origine apostolique (c’est-à-dire fondée par un apôtre), l’Église d’Éthiopie est la plus ancienne des Églises d’Afrique. Selon la tradition elle aurait été fondée par Saint Mathias, le disciple qui remplaça Judas au sein du collège des Apôtres. Par la suite, l’église éthiopienne entretint d’étroits contacts avec l’Église d’Alexandrie. Lorsque l’Égypte tomba aux mains de l’Islam dès 640 ap. J
-C. Les chrétiens d’Éthiopie se trouvèrent coupés des grands courants du christianisme pendant presque mille ans !

D’après l’histoire biblique, la tradition chrétienne de l’Éthiopie est très ancienne. 1000 ans avant la venue du Christ, la reine de Saba (ancien nom de l’Éthiopie) rendit visite au roi Salomon à Jérusalem pour éprouver sa sagesse. Le voyage s’effectua   «avec un grand faste, avec des chameaux chargés d’épices et de beaucoup d’or et de pierres précieuses » (1 Rois 10,1-13). Le roi s’éprit de la reine et, de leurs amours, naquit un fils. Le fils devint roi d’Éthiopie sous le nom de Ménélik 1er et fonda la dynastie du Lion de Juda dont se réclamèrent les rois d’Éthiopie jusqu’à l’empereur Haïlé Sélassié mort en 1975. Toujours selon la Bible, après l’Ascension du Christ et l’effusion de l’Esprit-Saint lors de la Pentecôte, un ange conduisit le diacre Philippe à la rencontre de l’intendant de la reine Candace d’Éthiopie, venu en pèlerinage à Jérusalem.


Des récits donnent pour descendance à la reine de Saba[/] et au roi Salomon, un fils qui répond au nom de Menelek et qui aurait emporté l’Arche d’Alliance de Jérusalem jusqu’en Éthiopie où selon la tradition du pays, elle se trouverait encore. L’histoire de l’Arche de l’Alliance commence avec le livre de l’Exode, qui la décrit comme le coffre confectionné par les Israélites dans le Sinaï pour transporter les deux tables de la Loi. Une description détaillée de l’Arche apparait dans le texte à deux reprises : (Exode. 25, 10-16 et Exode. 37n 1-9)






Elle est figurée longue de deux coudées et demie (environ un mètre quinze), assemblée en bois d’acacia. Revêtue d’or sur toutes ses faces, à l’intérieur comme à l’extérieur, elle est entourée par une couronne dorée, et munies à ses pieds de quatre anneaux d’or servant à y engager deux barres de transport en acacia. Deux chérubins ailés fondus sont placés face à fce sur le couvercle ou propitiatoire.







Les stations du Chemin de Croix sont très luxueuses. Elles sont de grande dimensions et de grande qualité, en bas-relief sur plâtre. Sur l’une d’elles, on peut retrouver la célèbre séquence de l’Arrestation de Jésus et sa trahison par Judas.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:37

La scène porte d’ailleurs un autre nom qui la lie très solidement aux parchemins et à la stèle de la Marquise de Blanchefort : « L’ÉPÉE ». en effet, elle illustre les mots clés : « MORTE ÉPÉE », indispensable au décryptage du grand parchemin et que l’on retrouve aussi dissimulée sur la stèle de Blanchefort. On aperçoit au premier plan et à drtoie, Saint Pierre tirant son épée du fourreau. Jésus lui ordonnera de la garder morte…


Pierre tira son épée et se précipita avec les autres pour frapper Malchus. Mais, avant que les soldats n’aient pu accourir à la défense du serviteur du grand prêtre, Jésus leva la main vers Pierre en un geste d’interdiction et lui parla sévèrement : « Pierre, rengaine ton épée. Quiconque tire l’épée périra par l’épée… D’où l’expression MORTE ÉPÉE »



Cette scène a aussi été reprise par le peintre Signol sur l’une des 4 fresques de l’église Saint Sulpice, une fresque qui porte sa signature avec un N inversé :

EM. SIG ИOL 1879



Sur la chaire, un détail montre une balance, symbole de justice et les  Table de la Loi. Cette association est classique dans la Franc-maçonnerie. Seule subsiste la partie supérieure de la chaire qui est du XVIIIe siècle de Cimon Calle (1758). Elle sera remaniée à deux reprises.





Tous les plafonds sont finement peints d’or et de couleurs chaudes rendant l’église chaleureuse et riche.







♦ ♦ La chapelle de la Vierge



Cette chapelle est considérée comme un chef-d’œuvre architectural et artistique unique. De conception baroque, les arcades en plein cintre sont surmontées d'un tambour percé de vitraux à motifs baroques. L’ensemble est coiffé d’une magnifique coupole ovale peinte par Jean-Baptiste Pierre (1714-1789). A cette architecture s’ajoutent des chefs-d’œuvre de la sculpture, dont « La Nativité » de Michel Auguier et en déambulatoire embelli de peintures des XVIIIe et XIXe siècles.


Le déambulatoire de la chapelle de la vierge est constitué de nombreuses chapelles ornées de toiles de grande qualité comme sur la partie droite : déposition de Croix d’après Charles Le Brun, La Vierge et l’Enfant Jésus de Lucien Joulin (1860), le Christ chassant les marchands du Temple de Jean-Baptiste Thomas (1822), Christ et les enfants de Victor Schnetz (1830), Christ en croix de Louis Lombart d’après Philippe de Champaigne (1680) ou La Prophétie d’Isaïe de Louis-Félix Legendre (1835).







L’église est un réel musée avec sur la partie gauche : Le Triomphe de Mardochée de Jean Restout (1755), Déposition de croix d’après Dirck van Baburen, L’Évanouissement de la Vierge d’Alexandre Dupuy-Delaroche (1859), Apparition de la Vierge à Antoine Botta de Paolo Brusco (1817), Jésus ressuscitant la fille de Jaïre de Pierre-Claude-Antoine Delorme (1817), le Christ et le Centurion de Michel-Ange Challe (1579), le Christ d’Henri Scheffer (environ 1845) et Madeleine au désert d’après Guido Reni.










C’est Jules Hardouin-Mansart qui construira la Chapelle de la Vierge entre 1706 et 1710. La coupole est décorée d’une scène de l’Assomption par Jean-Baptiste Pierre en 1756.






♦ ♦ La chapelle Sainte-Clotilde


Poursuivons avec un personnage inattendu dans sa représentation :

« La Glorification de Sainte Clotilde »
D’Achille Devéria (vers  1850)



Une autre peinture murale dans la chapelle représente Clotilde, la seconde épouse de Clovis : «Sainte Clotilde priant au tombeau de Saint Martin »

Clotilde (465-545) est une princesse burgonde, devenue reine des Francs en épousant Clovis, qu’elle contribue à convertir au christianisme. On la voit ici honorée par des anges qui la portent aux cieux.






On retrouve ici une connexion avec Clovis et les Mérovingiens, un axe de recherche important dans l’affaire de Rennes.

N’oublions pas non plus un livre codé, celui de Jules Verne, Clovis Dardentor… dans lequel un certain capitaine Bugarach



De nombreux personnages illustres


Il est extraordinaire de voir défiler dans une paroisse autant de grandes figures de notre histoire. Beaucoup y reposent.


Dans cette longue liste nous trouvons : Molière, le célèbre jardinier de Versailles et de Vaux-Le-Vicomte , Le Nostre, Diderot, l’Amiral de Grasse, Bossuet, l’inventeur d’un langage méthodique basé sur les signes gestuels l’abbé de l’Épée, Vauban, Manzoni, Corneille, etc…


L’église renferme également les restes du monument en marbre de Pierre Mignard (1744), sculpté par Jean-Baptiste II Lemoyne.






Il y a aussi la présence de Marie Anne de Bourbon, princesse de Conti (1666-1739), dite «la première Mademoiselle de Blois », légitimée en 1667 et nommée par son mariage princesse de Conti  en 1680, princesse douairière de Conti en 1685, princesse de Conti  première douairière en 1709. C’est la fille naturelle de Louis XIV et de Louise de La Vallière, et qui fut confiée à l’épouse du ministre Colbert. La princesse était la fille préférée du roi et toute sa vie elle sera très proche de sa mère qu’elle visitera fréquemment en son couvent.


Marie-Anne de Bourbon épousa à 13 ans, le 16 janvier 1680 Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti a l’âge de 18 ans. C’est le premier mariage entre un prince de sang et un enfant naturel du roi. A cette occasion, le Roi consentit à sa fille une dot d’un million de livres. Il sait également qu’en mariant sa fille légitimée à un prince de sang, il déshonore pour longtemps les membres des branches cadettes de la famille royale qui s’étaient révoltées pendant sa minorité…


Elle est donc le maillon qui mêle le sang royal et avec celui de la famille de Conti qui s’est illustrée lors de la Fronde et dont une autre Marie Anne de Bourbon est devenue célèbre, la duchesse de longueville (1619-1679), sœur du Grand Condé et du prince de Conti, proche de Nicolas Pavillon, et très liée à l’abbaye de Port-Royal.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:39

Marie-Madeleine est omniprésente


Marie-Madeleine est sans aucun doute le personnage le plus  représenté dans l’église Saint-Roch.


De nombreux tableaux la représentent dans des scènes religieuses, parfois très classique, parfois beaucoup moins…


On la voit par exemple ici, dans une grotte, pénitente avec ses attributs, une croix, un livre, un crâne et une pierre servant d’autel.


Marie-Madeleine pénitente (artiste inconnu)


D’autres représentations sont carrément étonnantes…


Marie-Madeleine est encore présente ici sur cette très belle Pietà.


Chapelle de la Compassion : « Jésus descendu de la Croix » de Sébastien Cornu (1859)


Alors que les autres personnages sont dans la pénombre ou en second plan, Jésus et Marie-Madeleine sont mis en valeur par la lumière…


Le baise main de Marie-Madeleine est en réalité le centre du tableau…


Les saintes femmes découvrent le tombeau vide alors qu’un ange annonce la nouvelle divine…

Chapelle des monuments : «Les Saintes femmes au tombeau » d’Auguste Charpentier (vers1850)


Le mythe du tombeau vide est décidemment largement décliné dans la paroisse Saint Roch…

Une scène plus rare est celle de l’apparition à Marie-Madeleine du Christ jardinier. Marie-Madeleine vient de constater que le corps du Christ a disparu. Près de la grotte qui sert de tombeau, elle rencontre Jésus en jardinier. Telle est la version des Evangiles excepté qu’ici le jardinier ne ressemble absolument pas à l’effigie traditionnelle de Jésus.



L’artiste Guillon-Lethière a voulu de façon discrète exagérer cette non ressemblance suggérant ainsi que le corps du Christ avait bel et bien été subtilisé…




A droite dans la grotte, un sarcophage de pierre ouvert montre que le corps du Christ a disparu. Il ne reste que le linceul…




♦ La chapelle Marie-Madeleine



Cette chapelle est particulièrement étonnante par la présence de deux œuvres exceptionnelles.


La première une peinture murale à gauche, comporte une scène plutôt rare :
Marie-Madelaine écoute le sermon de Jésus.



Chapelle Sainte-Marie-Madeleine : «Sainte Madeleine écoutant le sermon du Christ » de Pierre Brisset (1851-52)


La scène est ici d’une grande modernité. Le personnage central, Marie Madeleine parait poser pour un photographe ou peintre qui fige littéralement l’action.


L’ambigüité est éclatante, car on ne sait pas qui est le personnage clé du tableau… S’agit-il de Marie-Madeleine ou de Jésus faisant son sermon ? Sans doute les deux…


La peinture murale à droite présente la mort de Marie-Madeleine.


Un contraste saisissant est alors créé avec le tableau précédent. L’objectif est de mettre mal à l’aise en opposant la vie à la mort dans une atmosphère très réelle.


Ces fresques de grande qualité artistique ont été exécutées par Pierre Brisset entre 1851 et 1852.


Cette scène de Marie-Madeleine est rare et poignante. On la voit gisante au sol devant un lieu de prière. Des anges s’apprêtent à lui donner une auréole. Au loin l’horizon laisse deviner une présence de mer suggérant une grotte non loin de la Méditerranée.



La mort de Sainte Marie-Madeleine de Pierre brisset 1851
(The death of Saint Mary of Magdala)




Pierre-Nicolas Brisset, 2ème Prix de Rome en 1837, peint à 41 ans cette admirable mort de Marie-Madeleine. De ce corps dont l’esprit s’élevait si souvent au ciel grâce aux anges que nous voyons en haut de la toile, se dégage la pureté d’une sensualité admirable. La lumière est zénithale dans ce désert. Ses bras et ses épaules dessinent l’esquisse d’un cœur pour celle qui aima le Christ de la  plus pure des ferveurs. La main gauche repose sur le sol, tournée vers le ciel, proche de la croix où elle se trouvait quand mourut le Christ.


♦ La chapelle des Âmes-du-Purgatoire


L’un des tableaux les plus étonnants se trouve dans la Chapelle des Âmes-du-Purgatoire. Exécuté par l’artiste Chrétien entre 1833 et 1834, un commentaire l’annonce comme une représentation des âmes dans le purgatoire mais ce n’est pas le plus important. Le titre de ce tableau suffit à lui seul et pose le problème : «La Religion et les âmes du purgatoire ».



Curieux titre ! Comme s’il fallait confronter un mythe typiquement chrétien : «Le purgatoire » avec un thème théologique : «La religion »… La toile possède effectivement plusieurs lectures. Au centre, un personnage vêtu de blanc, signe de pureté, brandit une coupe. A ses côtés, les deux Marie identifiables par les couleurs de leurs tuniques sont pratiquement à genoux devant elle.
Il s’agit en fait de Marie-Madeleine brandissant vers le ciel la coupe du Christ, le Graal


Nous avons là véritablement un hymne à Marie-Madeleine qu’une lumière divine vient sublimer. Elle est au centre de la scène, rayonnante et mystérieuse, tenant une grande croix, un attribut classique. De nombreux objets très symboliques l’entourent. A ses pieds, les clous et la couronne d’épines rappellent le Christ, des palmes et une mitre papale symbolisent le pouvoir de Rome. A gauche, une crosse et une mitre d’évêque représentent le pouvoir de l’église. Derrière plus discrètement les Tables de la Loi sont suggérées. Enfin, Marie-Madeleine est assise sur une pierre parallélépipédique rappelant une pierre tombale.


Le tableau est d’une très grande qualité artistique et technique. Admirez également son cadre d’or orné de croix templières… au bas du tableau, le purgatoire et le feu symbolisent la souffrance des Hommes que seule la foi peut apaiser, mis en valeur par un contraste saisissant entre la vie terrestre et le monde divin.




«La Religion et les âmes du purgatoire » 1833-1834- toile de Chrétien




Le tableau est intéressant à plus d’un titre, car rappelons que nous sommes au début du 19e siècle, une période où la foi chrétienne est très présente. Or ici l’artiste mélange délibérément plusieurs mythes qui ont toujours été traités par l’église de Rome avec beaucoup de précautions. En fait, nous avons sous les yeux un extrait des trésors spirituels que les passionnés de Rennes connaissent bien…



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:44

Les Templiers sont parmi nous




Les Templiers sont parmi nous



♦ La mémoire templière

Il est incontestable que l’église Saint Roch conserve une mémoire templière. Le lien commence avec plusieurs personnages issus de grandes familles françaises ayant des racines avec les croisades. A titre d’exemple une plaque posée en la mémoire du  Comte de Grasse (1722-1788) décédé juste avant la Révolution et Chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, Commandeur de l’Ordre de Saint Louis.





Nous avons aussi dans cette église la présente des Chevaliers de Saint Louis.


Une plaque est disposée à la mémoire de Charles Pandin (1742-1823), marquis de Rommefort, Lieutenant-colonel du régiment d’Agenois, Chevalier de Saint-Louis.





L’Ordre royal et militaire de  Saint-Louis est un ordre honorifique français créé en avril 1693 par Louis XIV pour récompenser les officiers les plus valeureux.
Par un curieux hasard, de nombreux Chevaliers de Saint Louis ont des descendances liées à l’Ordre des Templiers et aux croisades.





On peut admirer aussi un tableau étonnant : Geoffroi de Bouillon victorieux. Nous voici projetés à  l’époque de la première Croisade (1096-1099). La date de cette gigantesque expédition fut fixée au 15 août 1096. C’est à cette époque que commencèrent à apparaitre quelques personnages célèbres qui initialisèrent la première Croisade. Ce fut notamment le cas de Pierre l’ermite, précepteur de Godefroi de Bouillon et du  pape Urbain II, qui dès 1095 commencèrent à parcourir la France et l’Allemagne pour faire passer un message : «Il faut rendre aux chrétiens le tombeau du Christ et arracher la Terre Sainte aux mains des musulmans… »



Godefroy de Bouillon victorieux par Claude Vignon (1593-1670)


Les croisés se ruent alors en direction de Jérusalem : ils prennent Nicée en juin 1097 qu’ils remettent aux  Byzantins. Ils battent les Turcs à Dorylée et s’emparent d’Edesse avant d’assiéger Antioche. En 1099 les croisés arrivent à Jérusalem et ils sont frappés par la beauté de la ville si lumineuse. La chute de la cité sera suivie d’horribles scènes de massacres et de pillages. L’extrême barbarie des croisés traumatisera d’ailleurs tout le Proche-Orient durant très  longtemps. A la suite de cette victoire, Godefroy de Bouillon est choisi par ses pairs pour devenir roi de Jérusalem. Il refusera le titre considérant que personne ne peut prétendre être roi dans la ville du Christ. Il meurt l’année suivante et c’est son frère Baudouin, comte d’Edesse, qui se fait couronner roi à Bethléem sous le nom de Baudouin Ier.


Le tableau est à plus d’un titre étrange. Godefroy de Bouillon vient de s’emparer de Jérusalem et un ange lui propose la couronne de la ville devenue chrétienne. Godefroy de Bouillon la refuse, mais un détail surprend. Alors qu’il se refuse à devenir roi dans la ville du Christ, il et représenté avec la couronne christique sur la tête. Et pour surenchérir le message, son visage se rapproche de celui de Jésus. En réalité ce symbole nous amène à une autre affaire, celle de l’ascendance de Godefroy de Bouillon, e sa supposée relation avec la lignée mérovingienne, et surtout à une certaine  lignée christique. Nous voici replongé dans l’un des affaires du Prieuré de Sion soulevée en son temps par un livre best-seller international « L’Enigme sacrée » et écrit par trois auteurs anglais : Michael Baignent, Richard Leigh et Henry Lincoln.


Le second élément étrange est son costume. Claude Vignon (1593-1670) nous montre Godefroy de Bouillon dans un habit de général romain, mais avec quelques détails tenant plus du folklore wisigoth. Les peux d’ours ou de renard sur l’épaule et autour des mollets ajoutent une touche exotique et conquérante. On devine surtout l’intention de l’artiste en suggérant ce mélange romain et wisigoth… Le trésor de Jérusalem emporté par le Romain Titus en l’an 70, puis le trésor de Rome emporté par les Wisigoth d’Alaric en l’an 410 ap. J.-C. n’est pas loin…



Suite à cette victoire, Godefroy de Bouillon ordonne la construction de l’abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion sur les ruines d’une ancienne église byzantine datant du IVe siècle et située sur «la colline haute » du mont Sion, en dehors des murs de Jérusalem et au sud de la porte de Sion. Cette ancienne église que l’on appelait aussi «la mère de toutes les églises » devint ainsi l’église du Saint Sépulcre.


Détail du tableau de Claude Vignon «Godefroy de Bouillon victorieux »


Un détail du tableau donne une information sur l’identité des seigneurs, barons et chevaliers qui participèrent à la Croisade. Un bouclier rassemble leur blason, des armes qui sont aussi celles de plusieurs grandes familles françaises actuelles.


Par la suite, les conseillers prêtres de Godefroi furent secrètement et fortement à  l’origine de la création de l’ordre des Chevaliers du Temple. C’est ainsi qu’en 1118, Hugues de Payen, Bisol de Saint-Omer et Hugues de Champagne créèrent l’ordre du  Temple, un ordre non seulement religieux, mais également militaire, un fait unique pour l’époque. Un an plus tard Hugues de Payen devenait le premier Grand Maitre templier entre 1119 et 1136.


L’ordre de chevalerie deviendra aussi une organisation administrative gérant des biens et beaucoup d’argent. Elle deviendra très rapidement puissante et extrêmement riche attisant la convoitise et générant l’inquiétude des puissants. L’Ordre des Templiers sera éradiqué par Philippe le Bel et le pape Clément V. Un écusson à gauche de la toile nous apprend que l’œuvre fut offerte par l’Association Paternelle des Chevaliers de Saint Louis le 25 août 1822.







♦ Deux Créquy Blanchefort réunis dans la Chapelle Saint Etienne


Comme s’il fallait s’en étonner, dans un lieu à la fois Templier et fortement lié à Rennes-Le-Château, l’entrée de la paroisse conserve la mémoire d’une descendance de  la famille Créquy-Blanchefort, une très ancienne famille qui possède des racines templières.


Mais contrairement à ce qui est lu habituellement sur la description de l’église Saint Roch, il n’y a pas un seul Créquy Blanchefort, mais deux. Car leur mémoire est trompeuse. En levant les yeux, vous pourrez d’abord lire l’épitaphe d’un premier personnage : François De Blanche Fort de Créquy (1625-1687). Notez que Blanchefort s’écrit ici en deux mots. Un autre personnage y est associé :
Catherine de Rougé du Plessis Bellière (1641-1713).


Et par un assemblage astucieux, on trouve dessous un imposant tombeau et un statuaire en marbre qui rend hommage à un autre personnage : Charles Duc de Créquy (1623-1987)


Car il faut observer la disposition de l’ensemble : la main de la statue du Duc de Créuquy nous montre l’épitaphe de François de blanchefort de Créquy et de Catherine de rougé dont les armoiries ci-dessous ne laissent aucun doute sur ses relations templières…





Un autre fait important est que Charles Duc de Créquy fut l’un des mécènes de Nicolas Poussin, mais ce n’est pas tout. Son arrière-grand-père était en charge de l’ordre des Templiers. N’oublions pas non plus le lien fort avec Rennes-Le-Château et la marquise de Blanchefort, dame d’Hautpoul, d’Auxillon, décédée le 17 janvier 1781 à Rennes-Le-Château comme l’indique sa stèle mystérieuse.




François de Blanchefort de Créquy (1625-1687)


Connu dans les livres d’Histoire par son titre de Maréchal de Créquy, c’était un homme de guerre durant le règne de Louis XIV. Il s’illustra dans de très nombreuses campagnes qui jalonnèrent le XVIIe siècle à partir de la guerre de Trente Ans.




Décédé à Paris le 3 février 1687, il est inhumé dans l’église des Jacobins Saint-Honoré, une chapelle édifiée par sa veuve, où fut placé son tombeau. L’Église Saint-Roch a conservé dans la Chapelle des monuments de la première travée son buste en arbre, vestige de son tombeau.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:46

Né en 1625 dans la famille de Créquy, une famille de la noblesse remontant au Xe siècle pour la branche Créquy et au XIIIe siècle pour la branche Blanchefort, héritière d’une grande tradition militaire, François de Créquy se fait remarquer très jeune lors de la guerre de Trente Ans où il se distingua si particulièrement qu’à l’âge de 26 ans il est nommé Maréchal de camp et qu’il devient lieutenant-général avant d’avoir atteint 30 ans. François de Créquy était considéré comme l’un des plus brillants jeunes officiers et gagna les faveurs de Louis XIV par sa fidélité envers la Cour lors de la Fronde entre 1652 et 1653. Continuant dans les guerres de Flandre et de Catalgogne, il se fait remarquer par ses victoires et est nommé maréchal de France en 1668. En 1670, il s’empare de la Lorraine. En 1675, il est battu par Charles de Lorraine à Consarbrück et à Phillippsbourg. En 1676, il prend la ville de Bouillon et s’empare de Fribourg en 1677. Plus tard, il dirige le siège de Luxembourg secondé par Vauban et prend la ville le 4 juin 1684, permettant à Louis XIV de l’annexer temporairement et de s’y prendre avec sa nouvelle épouse, la marquise de Maintenon.



Charles III Duc de Créquy (1623-1687)


Il naquit en 1623 et disparut le 13 février 1687. Chevalier, marquis de Créquy, marquis de la Marine, prince puis duc de Poix et Pair de France, gouverneur de Lorraine, il est surnommé le « Duc de Créquy ». C’est un aristocrate militaire et un diplomate français du XVIIe siècle. Après le roi, c’était l’un des hommes les plus puissants de France.


Catherine de Rougé du Plessis-Bellière (1107-1794]

innocente Catherine de Rougé, duchesse d’Elbeuf, princesse de Lorraine et du Saint-Empire, marquise de Fougeray, de Faÿ-lès-Nemours, marquise de Coëtanfao, de la Roche-Giffart, baronne de Rostrenen, vicomtesse de Beauva et de Doullens, dame de Moreuil, de la Cour de la Raie, de Kervillio, d’Hardecourt-aux-bois,etc.






Les liens avec l’Ordre des Templiers et des Hospitaliers sont faciles à mettre en évidence. Parmi les personnages célèbres, Grands Maitres de la lignée Blanchefort ou Blanquefort nous avons :


Guy de Blanchefort (1446-1513)

Il naquit à Bois-Lamy, commune de Moutier-Malcard (l’actuelle Creuse) après 1446, et disparu en mer Méditerranée en 1513. Il fut le 42e Grand Maitre de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1512-1513)


Il faut  noter que la lignée Blanchefort est liée à la famille Rochechouart, une grande famille française, très ancienne et qui resta près du pouvoir jusqu’à aujourd’hui durant toute notre Histoire de France. Une tour étrange située à Saint Amand-Montrond sur le méridien secret rappelle l’importance.

Guy I de Blanchefort mort en 1356 à Poitiers eut un fils : Guy II de Blanchefort mort après 1432 eut un fils avec N. de Rochechouart : Guy III de Blanchefort mort en 1460



Bertrand de Blanquefort ou Blanchefort (1156-10169) :

Il est le fils de Godefroi Seigneur de Blancafort, issu d’une célèbre famille de Guyenne connue depuis le XIe siècle, et qui tire son nom d’un ancien château situé dans le Bordelais. Godefroi légua aux Templiers de ce lieu tous ses biens et le droit d’usage de toutes ses terres. Sa famille s’unira aux  de Goth, une grande famille de Gascogne. L’un des fils deviendra le pape Clément V, celui-là même par lequel l’Ordre des Templiers  sera interdit puis éradiqué avec la forte complicité de Philippe le Bel.




Bertrand de Blanquefort est le 6ème Grand Maitre de l’Ordre des Templiersentre 1156 et 1169


La famille de Blanquefort était puissante au Moyen Âge, elle régnait sur les châtellenies de Blanquefort, Bourg, et de nombreuses seigneuries du Haut-Médoc, et celle de Veyrines. Les plus anciennes mentions des Blanquefort remontent à la fin du XIe siècle : Alméric et Arnaud de Blanquefort se trouvaient au nombre des dix chevaliers qui s’unirent à Othon, neveu du duc d’Aquitaine, et prirent le titre de défenseurs et protecteurs de l’abbaye de La Sauve. Bertrand de Blanquefort fut Maitre de l’Ordre du Temple de 1153 à 1168. Pendant le XIIIe siècle, les seigneurs de Blanquefort étaient classés parmi les plus hauts barons de la Guyenne et leurs possessions s’étendaient jusque sur les bords du bassin d’Arcachon. On cite un certain Bernard de Blanquefort seigneur d’Audenge le 14 novembre 1308. D’après l’abbé Baurein la terre de Blanquefort appartenait dès l’an 1322 à Gaillard de Durfort, second fils d’Arnaud de Durfort et de Marquèse de Got (ou Goth), nièce de Clément V. Les Durfort resteront seigneurs de Blanquefort, avec quelques éclipses dues aux guerres franco-anglaises des XIe et XVe siècles, jusqu’à la Révolution.


Le château le plus ancien du XI-XIIe siècle est bâti sur un plan barlong enveloppé de six fortes tours rondes très rapprochées les unes des autres. Autour de ce bâtiment central se sont développées des lices enveloppées par une enceinte polygone se rapprochant de l’ovale flanqué de neuf tours de saillies et de dimensions différentes, sans doute au XIVe siècle. Autour de cette enceinte existe un premier fossé entouré d’une chaussée large d’une dizaine de mètre ayant servi de terre-plein et prise aux dépens d’un second fossé. Peu de forteresses étaient aussi bien protégées : une rivière au nord, une rivière au sud, des marais de tous les côtés, et deux vallums enveloppant deux fossés pleins d’eau. On a trouvé dans le sol, à l’emplacement d’une barbacane disparue, des carreaux émaillés du moyen âge. La date des dernières modifications nous est donné par la porte gothique de l’escalier dont l’architecture rappelle la transition entre les XIVe et XVe siècles.



Armoiries de Créquy :
D’or, au créquier de gueules. (Artois, Picardie)

Créquier : Arbre à sept branches nues terminées par une feuille plate et par des racines à sa tige. C’est un cerisier sauvage dont le fruit est nommé crique en patois picard. Les auteurs sont partagés sur l’origine de l’arbre ; les uns disent que c’est un prunier sauvage croissant aux environs du château de Créquy, en Artois ; les autres que c’est un arbre unique de son espèce en Orient. Dom du Plessis, dans sa Description géographique et historique de la Haute-Normandie, tome I, page 172, prétend que le mot Créquier vient du teutonique Kerch, qui signifie une église, et ajoute que Créquier signifie un chandelier à sept branches…




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 15 Juin - 16:48

► La famille Créquy-Blanchefort


Antoine de Créquy-Blanchefort : Antoine de Blanchefort fut institué héritier de tous les biens de la branche aînée de la Maison de Créquy par son oncle, le cardinal, cela sur permission du roi, à charge pour lui de porter les armes de Créquy. Il est donc la souche des Créquy-Blanchefort. Il épousa Chrétienne d’Aguerre et eut un enfant : Charles Ier de Créquy.


Charles Ier de Créquy (1573-1638) : Charles de Créquy, de Blanchefort, de Canaples, comte de Sault, prince de Poix, duc de Lesdiguières, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du Roi, lieutenant-général de ses armées, gouverneur du Dauphiné. Il est né en 1573. Sa carrière militaire, brillante, débuta en 1594 quand il se porta volontaire au siège de Laon. Il servait en 1597, dans l’armée de Savoie, sous les ordres de Lesdiguières ; il s’empara d’Aiguebelle, fut blessé à la journée des Molettes, fut fait prisonnier à la Tour Charbonnières en 1598. Il tua un duel, en 1599, don Philippin, bâtard de Savoie. En 1601, il fut de l’ambassade du Maréchal de Biron ; en 1604, il était gouverneur des places-fortes picardes, Péronne, Roye, Montdidier. Mestre-du-camps en 1601, il succéda à son beau-père Lesdiguières  à la lieutenance de Dauphiné, en 1610. Il combattit encore dans toutes les guerres que mena le roi Louis XIII. En 1620, il fut au Pont-de-Cé, conserva les villes d’Alençon et du Mans, sauva même la vie au révolté de Saint-Aignan, abandonné par la reine-mère et que le roi voulait juger. En 1621, il fut blessé au siège de Saint-Jean-d’Angély, fut fait maréchal en 1622, année où son beaupère fut fait connétable. Il combattit contre les réformés à Montpellier, participa en 1625 à des opérations en Piémont. En 1629 et 1630, il s’illustra en forçant le passage de Suse, prit la ville, Pignerol, Miolans, Montmélia. Envoyé en ambassade extraordinaire à Rome en 1633, il étonne par sa magnificence. En 166, il combattait contre les Espagnols en Italie, mais fut tué le 17 mars 1638, alors qu’il tentait de secourir la ville de Brême. Il fut inhumé en Dauphiné, mais un monument lui fut érigé, à Paris, en l’église des Feuillants. Il épousa en 1595, Madeleine de Bonne, fille de François, duc de Lesdiguières et de Claudine de Béranger, et en décembre 1623, Françoise de Bonne, sa belle-sœur, fille du Duc et de Marie Vignon. Il eut 4 enfants : François de Bonne-de-Créquy (seigneur d’Agout, de Vesc, de Montlaur,  de Mautauban, duc de Lesdiguières, qui continua la branche des Lesdiguières), Charles II de Créquy, Françoise de Créquy (mariée le 15 septembre 1609 à Maximilien de Béthune, morte le 13 février 1657) et Madeleine de Créquy, née vers 1609, mariée le 11 juillet 1617 à Nicolas de Neufville, duc de Villeroi, morte le 31 janvier 1675.



Charles II de Créquy (-1630) : il fut du vivant de son père, sire de Créquy et de Canaples. Mestre-du-camp du Régiment des Gardes, il servit sous les ordres de son père et mourut de la blessure qu’il reçut au siège de Chambéry dans la nuit du 14 au 15 mai 1630. Il épousa, en mai 1620, Anne de Roure, fille de Claude, seigneur de Bonneval et de Marie d’Albert de Luynes, et qui mourut le 18 février 1686. Il eut 4 enfants : Charles III de Créquy, François de Créquy (mort jeune), Alphonse (comte de Canaples, devint duc de Lesdiguières et Pair de France par l’extinction de la branche ainée de sa Maison. Né vers 1626, il fut reçu au Parlement et prit séance en qualité de pair de France le 11 février 1704. Il mourut le 5 août 1711 sans postérité. Il épousa le 12 septembre 1702 Gabrielle-Victoire de Rochechouart, fille de Louis, duc de Vivonne et d’Antoinette de Mesmes), François de Créquy.


Charles III de Créquy de Blanchefort (1624-1687) : Duc de Créquy, pair de France, suite à  l’élévation des terres de Créquy, Fressin, Sains et Wambercourt à la duché-pairie, survenue en 1653. Il est né le 24 mars 1624. Charles de Créquy mourut à Paris le 13 février 1687 et fut inhumé dans l’église du couvent des Capucines. Son monument a été sculpté par Mazeline et Hurtelle.  Il épousa Armande de Saint-Gelais, fille et héritière de Gilles marquis de Lansac. Il eut une fille : Madeleine, mariée le 3 avril 1675 à Charles-Belgiue-Hollande de la Trémouille, prince de Tarente et de Talpont. Elel mourut le 12 août 1707.


François de Créquy (1629-1687) : Fils de Charles II et d’Anne de Roure, sire de Créquy, marquis de Marines et maréchal de France, fut l’une des plus grandes figures de la famille. Il naquit le 2 octobre 1629. François de Créquy mourut en son hôtel de la rue Saint-Nicaise à Paris le 3 février 1687. Il fut inhumé dans l’église des Jacobins, une chapelle édifiée par sa veuve, où fut placé son tombeau dessiné par Lebrun et réalisé par A. Coysvox, J. Joly, N. Coustou. Il épousa en 1657 Catherine de Rougé, fille de Jacques, marquis de Fay et de Suzanne du Bruc. Elle mourut le 5 avril 1713. Il eut 2 enfants : François-Joseph de Créquy, Nicolas-Charles (sire de Créquy, marquis de Blanchefort, naquit en 1669. Il servit d’abord dans les mousquetaires, mais dut être trépané, en 1685, suite à une chute de cheval. Colonel du régiment d’Anjou le 28 août 1688, il fut campagne de Palatinat en 1689, d’Allemagne en 1690, d’Italie en 1691, de  Belgique en 1692, prenant part au siège de Namur et à la bataille de Steenbecque. Elevé au grade de brigadier le 30 mars 1693, il servit deux années en Flandre et fut promu maréchal de camp  le 3 février 1696. Il mourut, à Tournai, le 16 mars de la même année)[/color]










Cet amoncellement de décorations, de boisseries, de sculptures et de tableaux, sont les fruits de plusieurs siècles de travail d’artistes, d’architectes et d’Hommes d’Eglise dévoués, qui consacrèrent leur vie à réunir dans cette paroisse les plus belles œuvres délaissées autour de Saint Roch. Mais ce lieu surprenant et riche cache bien d’autres secrets qu’il faut préserver. Saint Roch conserve une autre mémoire, celle d’un patrimoine très ancien et secret…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 16 Juin - 22:39







De l’extérieur, Saint Roch n’est pas l’église la plus flamboyante de Paris. Elle n’est pas non plus mise en avant par les brochures touristiques. Mais cette sobriété n’est qu’apparente, et l’absence de médiatisation est révélatrice de son importance. Car ce lieu de culte possède une relation très privilégiée avec l’Histoire et l’énigme de Rennes. De la même manière que l’église Saint Sulpice appartient aux Lazaristes et à leurs codifications, l’église Saint Roch appartient aux Templiers et à  leurs secrets. Bien sûr, comme pour Saint Sulpice où les liens avec Rennes savent être discrets, Saint Roch utilise les mêmes registres. Il et donc nécessaire de prendre du recul pour pouvoir apprécier tous ses chefs d’œuvre et toutes ses allégories qui la rendent si importante et si proche de l’affaire. Sans connaissance et sans une vision globale, il est impossible de détecter la moindre anomalie ou le plus petit clin d’œil. Et pourtant, la paroisse est très bavarde. Apprenons à lire et à écouter, car elle appartient à notre patrimoine, un patrimoine unique.


Saint Roch comme Saint Sulpice sont reliés à  l’affaire de Rennes-Le-Château et au Haut-Razès. Ces lieux de culte conservent une mémoire, la mémoire d’un grand Secret dont la France est dépositaire…






Lorsqu’une chapelle en cache deux


L’église Saint Roch possède une particularité dans son architecture et il faut l’observer de haut pour se rendre compte de l’agencement très particulier voulu par les concepteurs. Derrière le chœur, trois chapelles sont alignées dans le prolongement de la nef.


Depuis le chœur vers le fond de l’église, on trouve d’abord la Chapelle de la Vierge. De forme circulaire, elle est surmontée d’une vaste coupole ovale peinte par Jean-Baptiste Pierre : «Le Triomphe de la Vierge ». Derrière cette rotonde entourée d’un large déambulatoire, une seconde chapelle plus petite semble terminer l’édifice de Saint Roch : La Chapelle de l’Adoration. En fait il s’agit d’un trompe-l’œil et les rares descriptions de l’église sont erronées, car il existe en réalité trois chapelles, la dernière étant la Chapelle du Calvaire.


La confusion provient de la Chapelle de l’Adoration que l’on assimile à celle du Calvaire, cette dernière étant peu connue et pourtant bien réelle.  Il faut dire que celle-ci est très peu médiatisée et de plus inaccessible au public. Pourtant elle réserve aussi une belle surprise. Entre la chapelle de l’Adoration et la Chapelle du Calvaire, deux parties latérales prolongent l’édifice religieux pour former en T vers deux autres niches du culte.




♦ La Chapelle de la Vierge


C’est Jules Hardouin-Mansart qui construira la Chapelle de la Vierge entre 1706 et 1710. La coupole est décorée d’une scène de l’Assomption par Jean-Baptiste Pierre en 1756.






Il faut noter que le plan officiel est incomplet.

Il faut notamment agrandir la dernière chapelle, celle du Calvaire qui est en réalité beaucoup plus grande comme on peut le vérifier sur l’image satellite.


L’église Saint Roch est aujourd’hui constituée de trois chapelles alignées derrière le chœur.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 16 Juin - 22:41

♦ La Chapelle de l’Adoration (de l’Arche…)


Nous voici sur l’une des deux chapelles les plus mystérieuses de Saint Roch et il n’existe aucun équivalent connu à ce jour. Sa description reste très discrète et très peu d’information existe sur sa réelle histoire. Construite sur des fonds provenant de John Law, la chapelle de l’Adoration (ou Chapelle de la Communion) sera achevée en 1717. En prolongement de la Chapelle de la Vierge, on y accède par le déambulatoire entourant cette dernière. Son atmosphère baigne dans une semi-obscurité, sans doute aussi pour y ajouter une certaine solennité. Car l’objectif de ce lieu est de présenter une copie réelle des Trésors du Temple de Salomon.



On peut y découvrir l’Arche d’Alliance dans ses dimensions telles que décrites dans l’Ancien Testament. L’Arche est posée sur la Table des Pains de proposition. De chaque côté, deux chandeliers à 7 banches font référence à la Ménorah.





1717, l’année d’achèvement de cette chapelle, n’est pas une date quelconque. Elle rappelle que le 24 juin 1717 (2x17), jour de la fête de la Saint-Jean, quatre loges londoniennes («L’Oie et le Grill », «Le Gobelet et les Raisins », « Le Pommier » et «La Couronne ») se réunirent et formèrent  la Première Grande Loge, la «Grand Loge de Londres et de Westminster ». C’est l’acte de Naissance de la Franc-maçonnerie moderne, dite spéculative. Dans la même année, des loges furent aussi fondées en Russie. En France, la Première loge maçonnique dont les documents sont connus et attestés, date de 1732. Les fondations de la Grande Loge de France sont très vite posées en 1736. Elle deviendra en 1773 «Le  Grand Orient de Paris ».



L’Arche d’Alliance fut réalisée en 1754 et provoquait l’admiration de Diderot, paroissien de l’église Saint Roch. Mais qui était John Law ?


John Law (1671-1729)
L’inventeur de la crise financière.




Saint-Simon écrivit de lui : « Il tenait, par son papier ; un robinet de finances qu’il laissait couler à propos sur qui le pouvait soutenir ».


Fils d’un riche orfèvre d’Édimbourg, John Law, écossais, s’expatria en 1694 après un duel au cours duquel il tua son adversaire. Après un long voyage à travers l’Europe, il étudia les systèmes bancaires et compris qu’un frein au développement économique était la non-circulation du papier-monnaie afin de développer les échanges. En 1715, arrivé à Paris, Law s’assura la protection du régent Philippe d’Orléans et utilisa son appui en 1716 pour fonder un établissement bancaire privé « la Banque générale ». L’idée est géniale. Cet organisme bancaire émettra des billets convertibles à vue et acceptés dans toutes les caisses publiques. C’est la naissance du système Law.

A la mort de Louis XIV, en 1715, les caisses de l’Etat sont vides. John Law met alors son idée à exécution. La banque émettra du papier-monnaie contre de l’or et prêtera à  l’Etat le métal récupéré. La solution séduit le Régent qui autorise en 1716 l’ouverture de la Banque générale qui deviendra Banque Royale en 1718. L’opération est ingénieuse, mais la banque est fragile puisque, ayant prêté son or à l’Etat, elle est dans l’incapacité de faire face à d’éventuelles demandes de reconversion de ses billets. Pour poursuivre ses activités, Lax met alors en place en système ingénieux. En 1717, Law se vit aussi confier le recouvrement des impôts et créa à cette occasion « la Compagnie d’Occident » qui obtint le monopole du commerce avec la Louisiane. En 1719, la Compagnie d’occident racheta les privilèges de quelques anciennes compagnies coloniales pour former la Compagnie perpétuelle des Indes. Les actions de sa compagnie peuvent être souscrites par apports de rentes sur l’Etat ou par paiement comptant, et la banque accepte de prêter des billets à cette fin. Law obtint pour elle le monopole des monnaies et l’adjudication de la Ferme générale des impôts. L’opération bat son plein et les spéculateurs s’y laissent prendre. Le cours des actions de la Compagnie s’envole et la cadence d’émission des billets s’accélère. Mais la réalité des mines d’or du Mississippi et plus généralement la solidité de l’entreprise sont bientôt mises en doute.


Le 5 janvier 1720, Law fut promu contrôleur général des finances, mais il était trop tard. Cette promotion ne lui permit pas de sauver son système de la faillite et la spéculation se retourne. Law qui a réuni la Banque à la Compagnie a beau faire, en mai 1720 l’expérience prend fin. C’est la banqueroute. Les détenteurs de billets et d’actions sont ruinés et Law s’enfuit hors de France. Seule subsiste, grâce au pouvoir royale, la Compagnie des Indes ; réorganisées en 1722. Elle disparaitra en 1769. Ruiné, Law gagna Venise où il mourut en 1729.



De chaque côté, deux vitraux représentent Mgr Denis Affre à gauche, et Saint-Denis l’Aréopagite à droite. Les vitraux furent élaborés à la Manufacture de Sèvres d’après des cartons de Régnier en 1849.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 16 Juin - 22:44

Denis l’Aréopagite est un  Athénien dont le nom est mentionné au verset 34 du chapitre 17 du livre des Actes des Apôtres. Le converti de Paul, il aussi est considéré comme le premier évêque d’Athènes.  A partir du IXe siècle, les parisiens l’ont aussi identifié à leur premier évêque, Denis de Paris martyrisé au IIIe siècle sous le règne de l’empereur Dèce.






Dans la Chapelle de la Vierge, des vitraux entourent la coupole et apportent une lumière diffuse et colorée. L‘un d’eux est dédié à l’ARCA, l’Arche d’Alliance. C’et en détaillant sa représentation que deux symboles importants sont apparus. A gauche, nous trouvons un chrisme Alpha-Oméga (le début et la fin de toute chose). A droite il s’agit du symbole Saint-sulpicien.

Pour retrouver un même exemple, il suffit d’observer les armoiries de l’Institut de Formation Théologique de Montréal des prêtres de Saint Sulpice (IFTM).




Le M superposé au A signifie à l’origine Avé Maria mais il a ensuite été repris par les lazaristes…


L’école IFTM est intimement liée au Grand Séminaire de Montreal. En 1878, ce séminaire devient une faculté de théologie rattachée à l’Université Laval de Québec. Cette faculté obtiendra la reconnaissance civile en 1920. En 1925, elle obtient son statut canonique à titre de faculté de l’Université de Montréal. Jusqu’en 1967, elle fut l’œuvre des prêtres de Saint-Sulpice sise au Grand Séminaire de Montréal.






Les curiosités ne s’arrêtent pas à l’Arche elle-même, mais aussi à ses décorations qui représentent une transposition de la passion du Christ au royaume d’Egypte. Un commentaire dans la paroisse présente l’Arche d’Alliance comme le tabernacle de la chapelle de la Communion. Sans doute est-ce le résultat d’une mauvaise interprétation… C’est en fait la chapelle qui était le tabernacle symbolique. Car en réalité, le tabernacle au sens biblique est tout à fait autre chose.




Le Tabernacle originel est la tente qui abritait l’Arche d’Alliance à  l’époque de Moïse. C’était un lieu de culte mobile pour les Hébreux depuis le temps de la sortie d’Egypte puis de la conquête du pays de Canaan. L’Arche sera ensuite installée dans le Temple de Salomon aux alentours du Xe siècle av. J.-C.
« Tabernacle » est dérivé du latin tabernaculum signifiant une tente ou une hutte.


C’est Moïse qui reçut les instructions pour  la construction du Tavernacle et elles sont détaillées dans la bible (livre d’Exode, chapitres 25 à 27).




Le Tabernacle était une construction faite d’une série de planches de bois d’acacia recouvertes ou plaquées d’or, reposant sur des socles d’argent et solidement retenues ensemble par des barres de même bois également recouvertes d’or. Cette construction avait 10 coudées de large, 10 coudées de haut et 30 coudées de long, et était ouverte sur la façade est. Elle était recouverte par une grande toile de lin blanc, entrelacée de figures de chérubins, en bleu, en pourpre et en écarlate. L’ouverture de la façade était fermée par une courtine d’une toile semblable à celle de la couverture, et était appelée « la porte »  ou premier voile. Un autre rideau de la même toile, pareillement brodé de figures de chérubins, appelé «  le Voile » (ou Second Voile), était suspendu de manière à diviser le Tabernacle en deux appartements. Le premier de ces appartement, le plus grand, qui avait 10 coudées de large et 20 coudées de long, était appelé le « Saint ». Le second appartement, celui qui était en arrière, de 10 coudées de long et de 10 coudées de large, était appelé le « Très Saint ». Ces deux appartements constituaient le tabernacle proprement dit ; et une tente fut élevée au-dessus pour  l’abriter. Cette tente était faite d’une couverture de drap (cachemire) de poil de chèvre, d’une autre de peaux de béliers teintes en rouge, et d’une autre de peaux de veaux. Le Tabernacle était entouré d’une cour ou « Parvis ». Ce Parvis de 50 coudées de large et 100 coudées de long était formé par une clôture de courtines de lin, suspendues par des agrafes d’argent, placées au sommet de poteaux de bois ayant 5 coudées de haut, qui étaient eux-mêmes enchâssés dans de pesants socles de cuivre, et tendues, comme la tente qui couvrait le Tabernacle avec des cordes et des épingles. L’enclos tout entier était une place sainte, et, en conséquence, appelée le « Lieu Saint » ou le « Parvis du Tabernacle ». Son ouverture était du côté Est, comme la porte du tabernacle, et on l’appelait la « Porte ». Cette « Porte » était de lin blanc, entremêlé de bleu, de pourpre et d’écarlate.


En dehors du Tabernacle et de son « Parvis », se trouvait le « Camp » d’Israël, qui l’entourait de tous côtés, à une distance respectueuse. Le mobilier du « Parvis » ne comprenait que deux meubles principaux : « l’Autel d’airain ou l’autel des sacrifices *(Ex 27 v 1-08) » et la « Cuve d’airain *(Ex 30 v  17-21) », avec leurs ustensiles respectifs. En dedans de la porte, et immédiatement en face d’elle, se trouvait «l’Autel d’airain ». Cet autel était en bois, recouvert de cuivre, et avait 5 coudées carrées et 3 coudées de haut. Divers ustensiles appartenaient à son service : « vases à feu », appelés encensoirs, pour transporter le feu à « l’Autel des parfums », bassins pour recevoir le sang, fourchettes, pelles, etc. Entre l’Autel d’airain et la porte du Tabernacle, était la « Cuve ». Elle était faite de cuivre poli et contenait de l’eau. Les sacrificateurs s’y lavaient avant d’entrer dans le Tabernacle. Le mobilier du Tabernacle se composait d’une « table », d’un « chandelier », d’un «Autel des parfums » dans le « Saint » ; et de l’ « Arche » dans le « Très Saint ».





Dans le premier appartement du Tabernacle, le « Saint », du côté droit en entrant côté Nord, se trouvait la « Table des pains de proposition ». Elle était en bois recouvert d’or et sur cette table étaient placés douze pains sans levain en deux piles, avec de l’encens au sommet de chaque pile (Lévitique chapitre 24 : verset 6 et 7). Les sacrificateurs seuls pouvaient manger de ce pain ; du côté opposé à la « Table des pains de proposition », se trouvait le « Chandelier », fait d’or pur battu (martelé), ayant sept branches et une lampe à chaque branche. C’était la seule lumière dans le « Saint », car la lumière naturelle était obscurcie par les voiles et les courtines et il n’y avait aucune fenêtre. Ses sept lampes étaient nettoyées, arrangées et pourvues d’huile par le Souverain Sacrificateur lui-même qui, en même temps, offrait l’encens sur l’ « Autel d’or ».

Plus loin, tout près du «Voile » se trouvait un petit autel de bois recouvert d’or, appelé «l’Autel d’or » ou «l’Autel des parfums ». là, il n’y avait pas de feu, sauf lorsque le sacrificateur en apportait dans les encensoirs qui étaient placés au sommet de cet «Autel d’or », et qu’il émiettait l’encens dessus. Il se produisait alors une fumée odoriférante ou parfum qui, remplissant le « Saint », pénétrait aussi au-delà du « Second Voile, dans le « Très Saint » ou « Saint des Saints ».


Au-delà du « Voile, dans le « Très Saint », il n’y avait qu’un seul meuble l’ « Arche d’Alliance » fait de bois recouvert d’or, muni d’un couvercle d’or pur, appelé le «Propitiatoire ». Par-dessus et de la même masse étaient deux chérubins en or battu. Dans cette « Arche » sous le Propitiatoire étaient placés le vas d’or contenant la manne, la verge d’Aaron qui avait fleuri, et les deux Tables de la Loi (Epître aux Hébreux chapitre 9 verset 4). Une lumière surnaturelle apparaissait sur le Propitiatoire et brillait entre les chérubins, représentant la présence divine. C’était la seule lumière du « Très Saint »



Il existe dans le désert d’Araba au nord d’Eilat, dans le parc de Timna une réplique grandeur nature du Tabernacle. La reconstitution est fidèle à la description biblique.


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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 16 Juin - 22:45

♦ La Chapelle du Calvaire



La Chapelle du Calvaire est tout aussi mystérieuse que la précédente, d’autant que son accès prévu de chaque côté de la chapelle de la Vierge est aujourd’hui fermé au public.  Pourtant ce large espace cache d’autres curiosités et des œuvres importantes. Pour quelle raison a-t-on voulu soustraire au regard des visiteurs cette impressionnante grotte officielle ?


Sur la gauche, des peintures murales non visibles représentent le Christ et des enfants, à droite autre œuvre «la Résurrection de Lazare » a été exécutée par un anonyme au milieu du XVIIIe siècle.


Dans l’axe central et donc visible depuis la Chapelle de la Vierge au travers d’une large voute, un Christ en Croix est illuminé par la lumière extérieure. Fait de marbre en 1684 par Michel Anguier il provient de la Sorbonne. A ses côtés, la Vierge également en marbre est l’œuvre de Frédéric Bognio exécutée en 1856.





Le plus étonnant se situe aux pieds du Christ. Officiellement, il s’agit d’un autel que l’on reconnait à son plan devant les escaliers, mais il faut reconnaitre que son aspect est tout à fait original. Encore plus étrange, la présence d’une ouverture au-dessus pouvant symboliser une grotte et un tombeau. De chaque côté deux portes s’ajoutent au mystère.


La représentation de ce tombeau christique est en tout cas très décalée avec le caveau fermé par une pierre ronde et que les évangiles nous décrivent. Voici donc qu’il s’agit de la grotte christique la plus importante connue à ce jour et de plus au centre de Paris. Celle de l’église d’Espéraza construite par l’abbé Rivière parait bien modeste à côté de celle-ci, mais il est vrai que les moyens financiers n’étaient certainement pas les mêmes




Toujours dans la même chapelle condamnée au public, la 14ème station du Chemin de Croix. Le décor est très soigné et la mise au tombeau en plâtre a été réalisé par Louis-Pierre Deseine en 1807. A côté, un vitrail, représente la Mort de Saint Joseph réalisé vers 1800. La chapelle  s’enfonce ensuite sur les parties latérales dans lesquelles deux autres chapelles ont été construites. Il est d’ailleurs amusant de constater que tous ses aménagements n’apparaissent pas clairement sur le plan présenté au public. Ils sont néanmoins très visibles sur l’image satellite…



Cet aspect très  luxueux, presque design, résulte d’un aménagement moderne et d’une reconstruction faisant suite à la Révolution. A l’origine, la chapelle était destinée au peuple parisien et à leur ferveur. Une gravure du 19e siècle montre d’ailleurs cette même chapelle dans une atmosphère beaucoup plus théâtrale et qui devait certainement impressionner les paroissiens.


Le décor du Calvaire fut aménagé d’après la volonté de [color=#00bfff93Jean-Baptiste Mardue[/color], curé de la paroisse de 1749 à 1789. Quant à la réalisation, elle fut confiée à l’architecte néoclassique Etienne Louis Boullée (1728-1799) et au sculpteur Etienne Maurice Falconet (1716-1791).


A cette époque, il existait une Marie Madeleine présente à côté de deux soldats romains et un ciel orageux était éclairé par une lumière céleste provenant de l’extérieur. Tout était pensé pour impressionner et rendre la scène dramatique. Sous le groupe sculpté, Boullée avait installé un tombeau en marbre bleu turquin surmonté d’un tabernacle en colonne tronquée. Il faut évidemment s’interroger sur l’origine exacte de cette scène qui donnait une part belle à Marie Madeleine…On peut aussi remarquer que la mise au tombeau était déjà présente à côté du calvaire.





Il existe aussi un tableau étonnant qui reprend cette scène sous une forme encore plus théâtrale. Il s’agit de «La Chapelle du Calvaire à  l’église Saint Roch à Paris » par Nicolas Bernard Lépicié. La transposition du décor est assez fidèle, mais toute référence à l’édifice de l’église a été supprimée. On découvre alors une scène surréaliste où les symboles prennent de l’importance. L’autel en forme de tombeau sombre est surmonté d’un reste de colonne antique, entouré de deux  lampes laissant échapper une légère fumée. Quelques personnages et un moine plongés dans leurs prières montrent leur fascination devant la scène.


«La chapelle du Calvaire à  l’église Saint-Roch de Paris » par Nicolas Bernard Lépicié
(Paris, 1735-1784)
(Paris, musée Carnavalet), huile sur toile, H. 1,280 x L. 0,970 m. Don de M. Bertel Orn, consul général de Suède au musée de Pau en 1955 ; dépôt au Musée de Pau au musée Carnavalet en 1977



Le mythe de la grotte associée au Christ a évolué au cours des siècles. Or on peut constater que, non seulement le mythe est toujours présent, mais il est devenu très confidentiel. Au 19e siècle la Chapelle du Calvaire était accessible aux paroissiens. Plus maintenant. Comme beaucoup d’œuvres artistiques et architecturales, la Chapelle  ne sera pas épargnée par la Révolution. Le décor pillé et considérablement altéré sera malgré tout reconstruit en 1849 mais avec un accès contrôlé.


Finalement, la cascade de chapelles, alignées l’une derrière l’autre, permet d’offrir aux paroissiens la vue qu’il souhaite adaptée à ses croyances. Les bâtisseurs de cathédrales avaient du génie. Placé au centre de la Chapelle de la Vierge, vous pourrez admirer un superbe marbre montrant la scène de la nativité. Au fond, par le jeu des ouvertures et des voutes, le regard pourra se prolonger sur la Chapelle du Calvaire où la Vierge Marie pleure auprès du christ en croix (Marie Madeleine était aussi présente il y a un siècle). Admirez alors le jeu des perspectives offrant dans une seule scène, la Nativité et la Crucifixion, la naissance et la mort, la vie et la résurrection…





Mais si l’on se place au centre de la Chapelle de l’Adoration tout change. Devant vous l’Arche d’Alliance rappelle que le Christianisme trouve ses racines dans le Judaïsme et le Christ en crois est toujours présent au-dessus de l’Arche…
Symbole immuable et éternel,  le Christ surplombe l’Arche, alliance divine avec les hommes…




Mais là s’arrête la visite du simple paroissien. Plus loin d’autres secrets sont présents mais ils sont réservés aux initiés. La grotte du Calvaire n’est visible que lorsque l’on est dans la chapelle, et rien ne soupçonne sa présence depuis l’extérieur.








Levez ensuite les yeux, une croix templière, tout près, rappelle que l’Ordre des moines soldats, l’Ordre des Chevaliers du Temple continue de veiller sur les lieux…


L’église Saint Roch renferme des trésors qu’il convient d’interpréter… Elle parle et il suffit de l’écouter…


Si l’église Saint Sulpice délivre un codage, celle de Saint Roch conserve la mémoire d’un grand secret…




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 0:43







Une peu d’histoire…
♦ Qui étaient les Augustins ?
♦ Pourquoi l’ordre des Augustins est-il lié à l’affaire ?
A l’intérieur, un écrin de couleur
La chaire retrouvée
Autres curiosités

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 10:45

Limoux et son église de l’Ordre des Augustins




Il existe de nombreuses richesses méconnues à Limoux, et si de plus elles trouvent un lien avec l’affaire de Rennes-Le-Château, alors il ne faut pas hésiter à s’y rendre pendant qu’il en est encore temps. Ces chefs d’œuvres sont encore visibles, mais pour combien d’années encore ?


Vue de l’extérieur, la façade de pierre parait bien triste et  bien fragile, écrasée entre deux bâtiments modernes. Cette petite église des Augustins semble résister à des années d’oubli. Pourtant il faut aller la visiter, car vous serez émerveillé par son charme et ses riches décorations.




Le fronton sculpté date la fin du XIVe siècle. Au centre, porté par deux anges, un blason célèbre la couronne christique et deux cœurs enflammés. Nous sommes devant l’une des paroisses de Limoux, celle dédiée aux Augustins.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 10:46

Une peu d’histoire…

L’église fut construite au XIVe siècle. A l’intérieur, le retable, le maitre autel et la chaire datant de 1695, sont classés monuments historiques depuis 1970.

Limoux, comme d’ailleurs de nombreuses communes du Razès, possède un passé riche et tourmenté. Son histoire religieuse passe d’abord en l’an 1000 par l’abbaye de Saint-Hilaire. La région est alors sous le règne du Vicomte de Carcassonne Roger 1er. Mais d’autres épisodes vont marquer la population avec la crise albigeoise. Alors que Limoux dépend du Comte du Razès, elle est prise au XIIIe siècle par Simon de Montfort lors de la croisade contre les Albigeois et rejoint la couronne en 1296. Durant la guerre sanglante, Dominique de Guzman prie avec ses compagnons dans le monastère de Prouilhe fondé en 1206. Les églises de Saint-Martin et de ND de Marceille vont naitre à cette période. En 1317, le Pape Jean XXII crée un siège épiscopal à Limoux, mais il est déplacé à Alet après l’opposition des religieuses de Prouilhe. Limoux va alors accueillir des couvents mendiants : en 1270 les frères mineurs, en 1306 les Augustins et en 1325 les Dominicains.

Mais  les troubles continuèrent. Ce fut au XIVe siècle, le Prince Noir, qui dévasta la ville. Puis au XVIe siècle, les catholiques et les calvinistes s’opposeront, entrainant 30 ans de guerre civile et un ralentissement de son essor industriel. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que Limoux retrouve le calme et la prospérité. Les Doctrinaires arrivent en 1640 et la révolution ferme les couvents et vend leurs biens. ND de Marceille échappera par miracle à ce sort.



Une fois franchie l’arcade de pierre, un porche nous attend avec un second fronton. Une inscription latine l’accompagne :


DOMUS MEA
DOMUS ORATIONIS EST




Il est amusant de retrouver ici une phrase que les passionnés connaissent déjà puisqu’il s’agit d’une formule existant sur le porche de l’église de Saunière :


DOMUS MEA DOMUS
ORATIONIS VOCABITUR


Traduction : «Ma maison sera appelée maison de prière ». Ce sont les paroles prononcées par Jésus lorsqu’il chasse les marchands du Temple, selon l’Évangile de Marc au chapitre 11, verset 17. Et Jésus poursuit : « mais vous en avez fait une caverne de brigands »




En fait il s’agit de la même référence, mais extrait de deux évangiles différents.


♦ Qui étaient les Augustins ?


«Les Augustins » était un ordre catholique que l’on nomme aussi «Ordre de Saint-Augustin » et qui rassemble des mendiants religieux. Il fut approuvé définitivement au concile de Lyon en 1274. Bâti sur le modèle dominicain, c’est avant tout un ordre mendiant qui sera confirmé comme tel en 1567 par le Pape Pie V.

L’ordre se décline en familles regroupant des croyants aux affinités différentes. On y trouve par exemple des chanoines réguliers, les ermites de Saint-Augustin créés en 1256, les ermites Récollets créés en Espagne en 1588, les Augustins pieds nus créés en 1574, ou les Dominicains.


Les Augustins pieds nus (Augustins déchaussés) se répandirent en Italie et en France où ils formèrent une Congrégation répondant au nom de «Petits pères ». Prêchant la pauvreté, la chasteté et l’obéissance ils se consacraient essentiellement à la prédication comme d’ailleurs les autres familles. Cet ordre disparaitra à la Révolution.


La vie de l’ordre de Saint Augustin est organisée selon un principe communautaire classique, mais les préceptes sont issus de Saint-Augustin. L’ordre sera reconnu officiellement lors du IIe  Concile de Lyon en 1274.


Les Augustines sont la branche féminine de l’ordre. Dédiées entièrement aux malades et aux hôpitaux, on les trouve à l’Hôtel-Dieu à Paris. Les Ursulines ou les Sœurs de la Visitation sont des déclinaisons de cet ordre.


Les Augustins arrivèrent donc à Limoux vers 1306 et comme beaucoup d’ordres mendiants à cette époque, il était riche, possédant une église, un couvent et même une école. Pierre d’Assalit, augustin du couvent de Limoux, deviendra même évêque d’Alet en 1421.



Les guerres de religion et la Révolutioin signeront la fin de l’ordre. Un incendient violent va aussi contribuer à leur déclin à Limoux.


Une toile située à ND de Marceille témoigne de la violence des flammes. L’incendie eut lieu le 15 septembre 1685 et ravagea la ville.


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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 10:51

♦ Pourquoi l’ordre des Augustins est-il lié à l’affaire ?



Il existe de nos jours 4 raisons essentielles (ce qui ne veut pas dire que ce sont les seules) :


Ambroise Frédeau (1589-1673) – Il fut moine ermite peintre de l’ordre des ermites de Saint-Augustin. Il travailla au couvent des augustins de Toulouse et fut un excellent ami de Poussin. Mais surtout il est habilement cité par Gasc dans l’un de ses opuscules comme étant l’auteur de Saint Antoine à ND de Marceille.

Mathieu Frédeau – Très probablement le  frère de lai d’Ambroise Frédeau et son aîné. Egalement moine augustin et peintre itinérant. On retrouve mystérieusement sa signature sur le Saint Antoine contrairement à ce qu’affirme Henri Gasc dans son opuscule.


Saint-Augustin – Considéré aujourd’hui comme le père de l’Église catholique, il était avant tout un philosophe chrétien. Le fait essentiel de sa biographie qui nous occupe et qu’il assista au pillage de Rome par Alaric chef des Wisigoths le 24 août 410.

Le mystère de Valcros – Initialisé par Alfred Weysen après la découverte d’un Saint Augustin bien mystérieux.

Pour plus de détails sur cet épisode passionnant, se référer à l’aventure du tableau Saint-Antoine à Notre Dame de Marceille.



A l’intérieur, un écrin de couleur

A l’intérieur de la chapelle des Augustins, le spectacle est au rendez-vous. Derrière le portail grisâtre se cache un écrin richement décoré. Malgré le temps et l’humidité qui attaquent les murs et les plafonds, les décorations des voûtes ont conservé tout leur éclat.



On peut alors admirer ces peintures décoratives qui rappellent Notre Dame de Marceille. Elles nous donnent ainsi un échantillon de ce que pouvaient être ces lieux il y a plusieurs siècles.



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 10:53

La chaire retrouvée

Cette église cache un autre lien fort avec Notre Dame de Marceille. La chaire possède en effet une extrême ressemblance avec celle dessinée sur la gravure célèbre de Reynié et Certain datée de 1830.




La gravure de qualité exceptionnelle détaille l’intérieur de Notre Dame de Marceille en 1830. Or un mobilier très important a été remplacé lors des rénovations engagées par Henri Gasc. Il s’agit de la chaire qui n’existe plus aujourd’hui sous cette forme.





La chaire était à l’origine suspendue au mur à une légère hauteur. On la retrouve positionnée ainsi l’église des Augustins à Limoux. D’ailleurs Gasc la décrit de façon très  imagée en la nommant «La lanterne des anciens palais de justice ».


En la remplaçant, Henri Gasc avait certainement un plan précis. En construisant à ND de Marceille une chaire constituée d’une niche encastrée dans le mur plutôt qu’une corrbeille suspendue, il pouvait aménager plus facilement un accès très discret à une pièce fermée située en sous-sol. Cette cache aurait contenu un dépôt découvert des années auparavant par hasard par Gaudéric Mèche. Il est à noter que ce local existe bien puisqu’il a été confirmé par un chercheur, l’ayant visité. Son accès est malheureusement aujourd’hui condamné.




Admirez comme le dessinateur prit un soin extrême à détailler ce mobilier. Ceci permet de mesurer quel niveau d’exactitude nous pouvons accorder à cette gravure artistique. Il ne s’agit pas d’un banal dessin issu de l’imagination de l’artiste, mais plutôt d’un réel instantané de l’époque.



Autres curiosités



La paroisse est dédiée à l’ordre des augustins. Il est donc normal de trouver une représentation de Saint-Augustin. En fait, tout le retable est dédié à la vie du Saint.

Il est par exemple représenté à gauche de l’autel sur un bas-relief en plein ravissement.


S’il fallait une confirmation, nous retrouvons la même scène et le même personnage à Notre dame de Marceille sur la peinture au-dessus de l’entrée principale.


Le ravissement de Saint-Augustin représente l’apothéose du Saint devant le mystère de la Sainte Trinité



La XIIe station du chemin de croix, on peut admirer une belle représentation de Marie-Madeleine qui complète la scène.






Remarquez sa façon de croiser les doigts… un grand classique dans les représentations de la sainte.


Le retable et ses décorations murales sont le clou du spectacle.  Son aspect imposant avec les colonnes de marbres blanc, les bas-reliefs et les sculptures gracieuses



Le haut du retable


Toute cette décoration semble avoir été construite pour mettre en valeur deux scènes. L’une est en haut sous la forme d’une peinture,  la seconde est juste en dessous dans un immense bas-relief.


La toile, à elle seule mérite l’attention. La peinture anonyme trône largement en hauteur comme si elle était portée aux anges.


En haut, un Saint-Augustin évêque porte une auréole et s’agenouille devant le Christ. A sa gauche, une femme donne le sein à un enfant. Il s’agit de la Vierge Marie allaitant l’enfant Jésus. Au fond, un paysage imaginaire est visible au travers une ouverture accompagnée d’une inscription latine :


HINC LACTOR AB VBERE


Il s’agit d’une inscription mariologique qui se traduit par : «Je m’approche de sa poitrine». Saint Augustin est agenouillé devant le miracle de la vie et de la mort. La Vierge Marie est représentée ici comme une simple mère allaitant son enfant. L’allégorie va jusqu’à ne pas la représenter auréolée…Etonnant pour un lieu hautement religieux


La mariologie est une branche de la théologie chrétienne qui étudie la place qu’il faut donner à Marie, mère de Jésus, dans le mystère du Salut du monde.






Au-dessous, un bas-relief en marbre blanc de taille imposante évoque l’extase mystique de l’évêque Saint-Augustin.






En haut d’un mur latéral, isolé et inaccessible, un curieux blason orne la paroisse.



Ce signe est en fait un chrisme intégrant un « quatre de chiffre », mais il est plus difficile de dire à qui appartient cette signature.

Serait-on en présence d’un symbole de reconnaissance ésotérique lié aux bâtisseurs de la paroisse ? C’est fort probable puisqu’il s’agit sans doute de la signature des compagnons qui participèrent à sa construction…






Combien de temps ce témoignage de notre histoire résistera-t-il encore ? Impossible de répondre, mais une chose est sût : la piste de ND de Marceille et des frères Frédeau nous oblige à reconsidérer cette petite paroisse qui conserve toujours la mémoire de l’ordre des Augustin…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Sam 17 Juin - 20:04









LES ROULERS UN SITE PARTICULIER POURQUOI ?

Un site insolite et Sacré
♦ Allusion au livre de Boudet ?
♦ Le centre du petit cercle
Les Roulers aujourd’hui
♦ Un Rouler a définitivement tremblé
♦ Nostalgie…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Dim 18 Juin - 10:38


Les sites curieux ne manquent pas dans le Haut-Razès et certains sont plus célèbres que d’autres dans l’affaire de Rennes-le-Château. C’est le cas des Roulers que l’on appelle aussi « les Roches Tremblantes ».


Leur célébrité vient d’une curiosité géologique qui a donné à ces pierres volumineuses le pouvoir de trembler en les poussant, du moins selon la rumeur locale. Car il faut le reconnaitre : il est très difficile, voire impossible, de les bouger à la force d’un seul homme.

Surtout, c’est grâce à Henri Boudet et au mystérieux communiqué de la S.E.S.A de 1906 par E. Tisseyre que l’on doit leur renommée.


Mis après tout, pourquoi tant de curiosités pour ces roches ?




Un site insolite et Sacré


Les Roulers sont situés à environ 500 m du [color#7b68ee]« Fauteuil du Diable »[/color] dans les hauteurs de Rennes-Les-Bains. Cette curiosité porte également le nom de « Rochers Branlants du Pla de la Coste » et c’est Boudet qui leur donna ce nom curieux de « Roulers ».

Pour y accéder en voiture, il faut prendre la D14 jusqu’à la sortie de Rennes-Les-Bains et tourner à gauche après le pont. Une route vous mènera alors non loin d’un chemin de randonnée qu’il faut prendre à droite. La suite est balisée…



Localisation GPS :
42°54’35’’ N
2°18’52’’  E
Altitude : 458 m





Il est clair que ce lieu n’aurait pas attiré autant l’attention, si une borchure n’avait pas présenté ces pierres insolites. Et pas n’importe quelle brochure : le communiqué de la S.E.S.A de 1906 par E. Tisseyre. Voici que dans ces quelques pages, les roches tremblantes sont citées à côté de la Stèle de Blanchefort.


Il n’en faut pas plus pour considérer que ces roches doivent révéler un intérêt tout particulier dans l’affaire, mais lequel ? S’agit-il d’attirer l’attention sur leur gravure publiée dans «La Vraie Langue Celtique » ?


La géologie du lieu est particulière et des traces d’activité marine sont très nettes. N’oublions pas que le secteur était le fond de la mer il y a des millions d’années.  Les pierres possèdent des traces d’érosion et de mouvement des eaux sous-marines. Mas ceci n’explique absolument pas la présence de plusieurs roches en bord de crête dont l’une a été levée tel un menhir. Elles ont certainement été installées ici par la main de l’homme dans des temps très anciens. Par qui et pourquoi ? La réponse est perdue dans le fond des âges.




Visiblement, le site a préoccupé nos curés du Razès. Nous trouvons par exemple une photo, sans doute d’Alfred Saunière, muni d’un parapluie blanc et posant au pied d’une roche. Le cliché a-t-il été pris par Boudet ? Oui selon sa source ? Nous savons qu’il était passionné de photographie et qu’il possédait un laboratoire.



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Dim 18 Juin - 10:39

♦ Allusion au livre de Boudet ?


C’est incontestable. Le site des Roulers près du «Pla de la Côte » est important. On le trouve dessiné par Edmond Boudet dans «La Vraie Langue Celtique » de Boudet.






Quant à Boudet, il décrit le lieu en page 236-237 et ses précisions peuvent encore être parfaitement vérifiées sur place. D’ailleurs son sentiment est tout aussi clair. Ces roches ont été posées là à une fin très particulière. Elles sont pour lui le signe d’un gouvernement divin et druidique… Surtout, elles participent à un immense alignement de roches faites par l’homme et qui dessine le Cromleck de Rennes-Les-bains…










♦ Le centre du petit cercle



Comme cela a déjà été expliqué dans le thème Géométrie Sacré 1, le cercle est une forme divine. Le centre est vu comme l’origine, la création de toute chose, le départ vers le multiple, l’endroit d’où l’esprit va rayonner. Le centre est Dieu. Boudet l’exprime très bien page 245 :






Et de ce principe sacré, il va expliquer le Cromleck celtique. Ce dernier est la représentation concrète de leur croyance. Mais il faut aussi lire Boudet entre les lignes lorsqu’il nous affirme que la principale subsistance corporelle est le Blé (la précieuse céréale) et le pain ( ??).
On peut lire au paragraphe suivant :






Et voici la conclusion à demi-mot de son raisonnement :







Les Roulers seraient une représentation divine et donc le centre d’un cercle : le centre est Dieu. Or Les Roulers sont situés près du hameau du Cercle et de « la source du Cercle ». Le centre du Cromleck se trouve donc sur ce hameau formant le point central et délimitant ainsi un petit cercle dans le grand cercle.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Dim 18 Juin - 10:40

Les Roulers aujourd’hui

Il suffit de comparer une photo de 1900 avec aujourd’hui pour s’apercevoir que la nature a considérablement changé le site.








La végétation était à l’époque, très différente à cet endroit, faire de maquis et d’herbes sauvages. Le climat du 20e siècle a certainement favorisé la pousse de nouvelles essences d’arbres, mais surtout au siècle dernier les terres étaient cultivées alors qu’aujourd’hui elles sont laissées à l’abandon…




Les Roches Tremblantes sont aujourd’hui en pleine forêt et on a du mal à trouver l’horizon.


En observant en détail la photo actuelle, on s’aperçoit que des pins ont poussé entre les pierres, faisant éclater celles-ci. Ceci est un point important qui vaut pour beaucoup de recherche dans le Haut-Razès. Se fier à la végétation ou au contexte visuel aujourd’hui est une profonde erreur. On voit ici que les «Roulers » représentaient certainement un point de mire très intéressant sur Rennes-Les-Bains et ses environs, mais qui a maintenant totalement disparu dans les arbres.




♦ Un Rouler a définitivement tremblé


La bêtise n’a parfois pas de nom. L’un des Roulers devait payer sa réputation. C’est courant 2007 que le petit club castel-rennais était chagriné de voir que le célèbre profil de roches n’était plus. L’un des menhirs dû se mesurer à un visiteur malveillant qui le fit basculer pour le coucher irrémédiablement. Dans sa chute, il se brisa en deux. Notre monde moderne aura eu raison de ces derniers vestiges, vieux de plusieurs siècles…
Bouet a certainement dû se retourner dans sa tombe…















Si l’on examine de près les roches de ce secteur, elles portent toutes les signes d’érosion par les eaux. La pierre est polie de façon irrégulière formant des  crevasses ou des stries qui rappellent les fonds marins. Ces menhirs ne seraient donc pas taillés à la main comme souvent on l’imagine, mais plutôt choisis parmi d’autres pierres pour être posés là et levés. Un travail titanesque que Boudet souligne dans son livre.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Dim 18 Juin - 10:41

♦ Nostalgie…


Boudet nous parle aussi de l’une des pierres pleines de souvenirs gravés. Il est curieux de rapporter plus d’un siècle après le même témoignage…





♦ Non loin de là, une curiosité


Juste à quelques mètres des Roulers, d’autres pierres curieuses s’amoncellent. Certaines sont manifestement taillées et de forme parallépipédique  comme issues d’une ancienne construction. Mais surtout, deux dalles très allongées sont posées au sol entre d’autres pierres plates. Le tout forme une sorte de canalisation rudimentaire des fondations, un lavoir ou pourquoi pas, un abreuvoir.











Elles sont tout de même fascinantes ces pierres du Cromleck posées par la main de l’homme, sur la crête de Rennes-Les-Bains. Mais dans quel but ? Et pourquoi Boudet cite les Roulers avec autant d’insistance dans son livre… Nous avons vu qu’elles représentent le centre d’un cercle sacré et si le centre est l’origine de toute chose, voici  un début de piste que  l’on ne peut ignorer…


Après plusieurs siècles en équilibre, ces pierres ont encore certainement beaucoup de choses à nous dire…



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mar 20 Juin - 22:44







LA CROIX DE ROUBY A COUIZA – Un monument découvrir…

Un oratoire bien discret
La Croix Rouby et une tombe

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mer 21 Juin - 11:26



Nous sommes très loin d’avoir fait l’inventaire de tous ces témoignages du passé qui entourent Rennes-Le-Château et ici il ne faut pas le prendre au sens figuré. En effet, il existe à vol d’oiseau de Rennes, un petit monument étrange et peu connu du public. Il s’agit d’une croix protégée dans un petit édifice maçonné. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Mais ce qui étonne au premier regard se trouve sur son socle de pierre. Un texte visiblement ancien, très chargé et en couleur, accompagne cette croix.


C’est par un pur hasard que Patrick Merle, chercheur passionné, me présenta sa localisation exacte en janvier 2010 mais celle-ci était déjà connue depuis fort longtemps et surtout par les couizanais. Compte tenu des échanges animés sur le forum à propos de la traduction de son texte gravé, j’en profite pour publier ces quelques images qui viendront je l’espère  compléter le sujet.


Ce monument n’est d’ailleurs pas seul car une autre surprise réside en contre bas…


Je tiens à remercier Patrick Merle pour m’avoir fait découvrir ce lieu peu banal et ses relations étranges avec l’affaire de Rennes à lire également sur http://sudinsolite.com l’article de Michel Azens qui initialisa le sujet.





Un oratoire bien discret

Nous sommes à Couiza et cette croix apparait comme une rescapée parmi toutes celles qui disparurent certainement suite aux vandalismes ou à la récupération des fers forgés et des pierres. Car il est rare de pouvoir observer dans un bel état de conservation un monument public méconnu du XVIIIe siècle.




Celui-ci a été incontestablement protégé par sa position discrète et son accès difficile.


Pour le découvrir, le plus simple est de traverser un champ à la sortie de Couiza. Une petite maison apparaît alors en bordure du pré. Mais encore une fois, seul un curieux averti est capable de deviner son existence. De loin, le monument ressemble à une petit maison ou à un abri de fortune. Il faut faire l’effort de contourner l’édifice pour comprendre que la petite maison est en réalité une véritable construction allongée sur sa hauteur et toute en pierres ocres.





Une première constatation doit être faite. Comme d’autres belles coïncidences visibles dans la région, la croix regarde exactement Rennes-Le-Château perché au sommet de sa colline.


En effet, juste au-dessus de la petite toiture, entre ciel et terre, le village envouté domine Couiza.





On ne peut qu’être étonné par ce calvaire peu ordinaire. En fait il s’agit d’une croix commémorative servant à rappeler qu’ici un miracle se serait produit en 1765.



En fait de miracle, il s’agit de la mésaventure d’un certain Rouby qui glissa malencontreusement du chemin étroit. Après une chute de plus d’une dizaine de mètres, le malheureux eut la vie sauve et s’en tira avec de nombreuses contusions.




Pour remercier le ciel d’être toujours vivant, Mr Rouby fit poser cette croix à l’endroit même de sa chute. La croix est en fer forgé, haute de plus d’un mètre. Une couronne d’épine et un cœur enflammé décorent son centre. Elle repose sur un socle de marbre allongé et gravé en plusieurs endroits.



L’état de conservation général de l’oratoire est étonnant. Aussi bien la maçonnerie, que le fer forgé, ou le texte gravé dont il reste encore de la peinture, ne laissent pas supposer que cette croix a tout de même 2 siècles et demi d’existence soit quelques années avant la Révolution.










Au centre, un cartouche dans le style d’époque fournit l’auteur du monument, Jean Vasserot :
(d’ailleurs cité par Louis Fédié «La Croix votive de Laroque, à Couiza ») :


CONDIDIT :J.V.  (Jean Vasserot)



Plus bas, un texte en ancien languedocien raconte l’anecdote de Mr Rouby, victime du précipice, mais surtout miraculé…







La date du 26 mai 1765 correspond peut être à l’accident de Mr Rouby, date à  laquelle il décida de poser cette croix. Le 19 août 1765 correspond sans doute à l’inauguration du monument commémoratif.





La Croix Rouby et une tombe

Mais ce monument curieux n’aurait pas conservé longtemps mon attention si une autre surprise n’était pas présente à ce même endroit. En effet, pratiquement invisible depuis la croix et en contrebas de celle-ci, un petit monument funéraire se devine sous la végétation et les broussailles.


Sa position est d’ailleurs étonnante car il est très exactement situé sous la croix. A croire que l’emplacement de cette tombe fut choisi en fonction de la chute de Mr Rouby. L’ancien chemin en bord de la falaise est étroit et dangereux. Et pour accéder à la tombe il faut faire un large détour en reprenant la départementale 613 de Couiza vers Coustaussa.





La croix de Couiza s’appelle en réalité «La Croix de la Roque », sans doute pour ses fondations rocheuses. Elle repose effectivement sur un massif rocheux très impressionnant et qui se termine de façon brutale près de la route, expliquant le ravin.





L’accès à la tombe est excessivement dangereux, aussi bien pour les  piétons, que pour les automobilistes qui essaieraient de ralentir pour l’observer. En effet, l’entrée du caveau se trouve dans un virage et pour y accéder, il faut longer à pied une route régulièrement fréquentée sans trottoir. Son accès difficile explique certainement pourquoi ce monument est pratiquement méconnu.





Ce qui semblait être une tombe classique vue d’en haut, apparait ici comme un petit jardin funéraire clôturé par un grillage. Un portillon ruiné ouvre sur un escalier de pierre, ajoutant à l’ambiance solennelle du lieu. L’endroit qui date de 1910 semble être aujourd’hui à l’abandon.




Mais la surprise est bien au rendez-vous. Voici le troisième tombeau anormal lié à la
Famille Raynaud. Ceux-ci sont en effet situés aux alentours de Rennes-Le-Château et en dehors des cimetières communaux.


Mais surtout ils participent à une configuration topographique très particulière. J’y reviendrais.

ICI REPOSE
RAYNAUD Célestin
J.B.Fois
DECEDE LE 15 MAI 1910
DANS SA 92ème ANNEE

IL FUT MON SECOND PERE
P.P.L.




Car il ne faut surtout pas oublier la stèle d’Elisabeth Raynaud qui malheureusement n’est plus visible aujourd’hui dans le musée de Rhedae et qui était si particulière. Son texte était émaillé de N inversé et un sceau de Salomon était apposé en guise de signe de reconnaissance. Voici ce style d’indice que certains cherchent visiblement à  occulter petit à petit au public et aux chercheurs. Tout est lié… Ne l’oublions pas… Et aucune piste n’est à sous-estimer…








La Croix de Rouby est-elle liée à l’affaire de Rennes ?


Directement non, mais il est indéniable que sa position jumelée avec les fameuses tombes Raynaud, engendre des questions et c’est normal.


On ne peut rejeter l’étude d’une curiosité sous prétexte qu’il existe un rapport très improbable avec l’affaire de Rennes. C’est la meilleure manière de passer à côté de découvertes insoupçonnées.





La croix de la Roque reste en tout cas une très belle promenade pour les aventuriers en herbe, mais attention au précipice car ce dernier et bien réel…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mer 21 Juin - 12:05








ALET-LES-BAINS – La mairie, un cuisinier et une grotte…

♦ Un cuisinier prestigieux
♦ Une grotte artificielle dans le jardin de la mairie

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mer 21 Juin - 22:36




Après de nombreuses années de randonnées dans le Razès, on croit avoir tout vu, tout visité…Quelle erreur magistrale !
Ceux qui affirment connaitre les moindres recoins de cette région si particulière ne peuvent être pris au sérieux.

Chaque promenade offre aux curieux infatigables d’étonnants petits détails qui une fois approfondis, amènent souvent à la découverte de belles histoires et à son lot de questions.




Voici un exemple qui est aussi un complément à notre cher mystère de Rennes…


Car qui aurait pu croire que le jardin de la mairie d’Alet protège une curieuse construction rappelant, entre autres, un certain aménagement de l’insolite curé Bérenger Saunière ?





Alet-Les-Bains est connu pour ses thermes, son ancienne abbaye du XIIe siècle, son eau minérale et surtout pour son évêque Nicolas Pavillon. La commune est aujourd’hui un petit village audois d’environ 460 habitants, situé à 6 km au sud de Limoux. Sa mairie est installée avenue Nicolas Pavillon, dans une ancienne maison de maitre.




Le premier étonnement débute à l’entrée où un superbe portail de château met en valeur le nom du domaine, «Villa Livadia ». Juste derrière, un arbre disproportionné semble garder une grande maison bourgeoise dans le pur style du 19e siècle, la mairie d’Alet.




Puis le regard se tourne vers une pancarte clouée sur ce gigantesque arbre centenaire. De nombreux touristes ont certainement croisé cet arbre majestueux, ainsi que ce panneau, mais sans se demander qui  était réellement Mr Cubat et pourquoi eut-il la saugrenue idée de planter un arbre des Rocheuses au milieu du parc de la mairie.
Le Wellingtonia géant est en fait un Séquoia connu pour posséder le volume le plus imposant de la planète. Celui-ci fut planté en 1896, alors que Saunière finissait la restauration de son église Marie-Madeleine.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mer 21 Juin - 22:38

♦ Un cuisinier prestigieux


Peu de gens le savent, mais Pierre Cubat (1847-1922) fut un très grand chef cuisinier qui partagea sa vie entre la Russie (à Saint Petersbourg) et la France.


Pierre Cubat naquit dans l’Aude à Alet en 1844. Son avenir était déjà tout tracé puisque ses frères Louis et André étaient déjà des cuisiniers reconnus. Plein de talent et surtout ambitieux, il comprit très rapidement que pour faire une belle carrière dans l’art culinaire il fallait se rapprocher des tables les plus réputées et les plus somptueuses de son époque. Après un apprentissage à Carcassonne il monta à Paris vers 1867 et entra au Café Anglais sous la direction d’Adolphe Dugléré. Un premier fait marquant fut sa participation à la réalisation d’un diner, celui des 3 empereurs (Alexandre II, Guillaume Ier et le Prince de Bismarck).




Mais Paris n’était qu’une étape. Il partit ensuite pour la  Russie à Saint Petersbourg et commença une carrière chez un grand-duc.


Alors que son talent s’affirmait de jour en jour, un invité inhabituel vint déjeuner : le Tsar Alexandre II. A ce moment un concours de cuisine avait lieu au palais impérial et Pierre Cubat eut l’autorisation d’y participer. Il put ainsi montrer tout son savoir-faire durant une semaine. L’empereur, convaincu par cette cuisine plus tournée vers les saveurs plutôt que vers la décoration dont il avait l’habitude, nommé Cubat chef cuisinier.


C’est un nouveau tournant pour sa carrière. Installé au Palais d’hiver de Saint Petersbourg, Pierre Cubat pouvait enfin rayonner et c’est ce qu’il fit. Sa cuisine talentueuse s’adapta très vit aux fêtes grandioses et aux réceptions princières. Mariages et galas se succédaient lui permettant à chaque fois de se surpasser. Sa renommée était enfin là, sublimée par toutes les célébrités de l’Empire qui défilaient à sa table.


Le 13 mars 1881 le Tsar Alexandre II est assassiné.



Pierre Cubat continua pendant deux ans à travailler pour Alexandre III au palais, mais le cœur n’y était plus. Il choisit alors de revenir dans l’Aude en 1883 et d’investir dans un vignoble. Mais ce projet prit fin très vite. Ruiné par le phylloxéra (un puceron qui ravage les vignes) Pierre Cubat fut contraint de trouver une autre voie.




Après cet échec, le chef cuisinier repartit donc pour la Russie et de nouveau Saint Petersbourg, là où il excella parmi les plus grands du pouvoir impérial. Il prit la responsabilité du café de Paris et côtoya à nouveau de célèbres personnages de l’Empire.





Cette fois-ci le succès est de retour. Il ouvrit également le restaurant « Cubat » et sur cette réussite retrouvée, le Prince Orloff l’embaucha à son service. Pourtant le cuisinier a d’autres rêves…


Ce fut en effet à Paris que Pierre Cubat voulut poursuivre sa carrière, car l’homme était ambitieux. Il acheta au 25 avenue des Champs-Elysées un hôtel, «La Païva », encore visible aujourd’hui. Ce lieu de grand luxe fut construit par l’une des femmes les plus en vue du Paris du 19e siècle : «La Païva » (1819-1884). Née à Moscou, elle fit fortune en rencontrant le riche pianiste Henri Herz qui lui fit connaitre Franz Liszt et Richard Wagner. L’hôtel était tout simplement un établissement de charme (« On paie et on y va… »Païva). De son vrai nom, Esther Lachmann, la marquise de Païva, une demi-mondaine, grande amatrice de bijoux et de diamants, avait aussi du gout pour la décoration et de l’architecture. Son hôtel qui couta une fortune rivalise avec les plus prestigieux salons de l’époque. Meubles, tapisseries, dorures, peintures et orfèvreries font de cet endroit un véritable écrin où s’encanaille toute la haute aristocratie parisienne et étrangère. Tout rappelle la marquise, qui dit-on, dormait entre deux coffres, l’un d’or et l’autre de bijoux…




L’hôtel de la Païva fut construit entre 1856 et 1865 par la marquise de la Païva qui épousa un riche Portugais, le marquis de Païva, mais il se suicida un an plus tard. Elle épousa ensuite son bailleur de fonds, un cousin de Bismarck, le comte prussien Henckel von Donnersmarck, multimillionnaire. Son rêve pouvait alors se réaliser : construire sa propre maison sur la plus belle avenue du Monde. Elle fit venir un architecte célèbre Pierre Mangain et fit construire un hôtel où elle recevra des célèbrités comme les Goncourt, Théophile Gautier ou Gambetta…

En achetant ce joyau en 1895 (aujourd’hui classé aux monuments historiques), Pierre Cubat poursuivait son idée : convertir cet établissement fermé depuis 10 ans en un luxueux restaurant, le plus renommé d’Europe, rien que çà…


C’est aussi en 1896 qu’il fit construire à Alet-Les-Bains, son village d’enfance, une maison de maitre, la Villa Livadia, du nom d’un palais d’été russe.


Son rêve finit par se réaliser. L’Hôtel Païva devint effectivement un restaurant de luxe, attirant toute la haute bourgeoisie parisienne. Le Tsar Nicolas II viendra même y déjeuner à l’occasion de l’inauguration du pont Alexandre III.


Mais sa cuisine reste chère et le talentueux cuisinier était plus doué dans l’art culinaire qu’en affaire. La visite du Tsar fut à nouveau pour lui une occasion de revenir en Russie, ce qu’il fit. Son frère Louis reprendra La Païva, mais le restaurant fermera définitivement ses portes en 1903.




Le Tsar Nicolas II lui offrit une belle carrière et une rente en tant que lieutenant-colonnel de l’armer russe (Kamer-Fourrier). Mais nous sommes en 1905 et la Révolution russe se prépare.


Pierre Cubat n’attendra pas les premiers évènements violents. Il revint en France en 1905  et passera une partie de sa retraite dans sa résidence principale à Alet, la Villa Livadia. Très affecté par le massacre de la famille impériale de Russie, il décéda le 6 octobre 1922, à  l’âge de 78 ans. Il fut enterré dans le cimetière d’Alet avec son uniforme de Kamer-Fourrier.


A la mort de Pierre Cubat, sa veuve légua la maison d’Alet à la commune. Roger Peyrefitte, le célèbre écrivain, y séjournera et la mairie finira par s’y installer.
(biographie extraite du discourt rendu en son honneur en 1957 à l’académie culinaire de France)


Le 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II et tous les membres de sa famille, retenus prisonniers par  les bolcheviks, sont assassinés sans jugement à Ekaterineburg, à l’est de l’Oural. Ce fait sera ressenti comme un véritable symbole et la fin de plusieurs siècles de l’histoire russe (équivalent à l’exécution de Charles Ier en Angleterre ou de Louis XVI en France).


Le tsar qui régna à partir de 1894, abdiqua en 1917, mais sa demande de droit d’asile lui sera refusée par les Britanniques. Transféré en Sibérie, il sera fait prisonnier par les bolcheviks. Une sentence de mort fut alors prononcée secrètement pour le Tsar et sa famille par Yakov Sverdlov.


La police secrète bolchevik assassinera le tsar et sa famille ainsi que quelques serviteurs dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 dans une pièce de la maison Ipatiev à Ekaterinburg.


Le massacre de la famille Romanov, d’abord nié puis justifié, fut très mal vécu par l’ensemble des pays occidentaux, marquant le début d’un siècle d’instabilité et de conflits. Nicolas II fut tué pour ce qu’il représentait et non pour ce qu’il fit. Il était connu pour être un bon loyal, généreux et humaniste.


Après des années de recherches, leurs restes furent retrouvés 80 ans plus tard dans une forêt et ensevelis dans la nécropole impériale de la cathédrale Pierre et Paul, à Saint-Pétersbourg.

Le 27 août 2010 la décision de la Cour suprême autorisa la réouverture d’une enquête sur le meurtre du Tsar et de sa famille, ce qui permettra peut-être au peuple russe de connaitre enfin la vérité sur cette période noire de leur histoire.





Vous l’aurez compris. Cette maison fut construite par un cuisinier prestigieux qui côtoya les plus grands puissants d’Europe entre 1870 et 1905, devenant même un intime de la famille du Tsar Nicolas II.



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Mer 21 Juin - 22:39

♦ Une grotte artificielle dans le jardin de la mairie


Les curiosités ne sont pourtant pas terminées. A gauche en entrant dans le jardin, une discrète rocaille se cache dans le décor végétal.




En fait il ne s’agit pas d’une rocaille, mais d’une grotte artificielle faite d’une pierre de rivière qui ne manque pas de rappeler celle qu’utilisa Bérenger Saunière pour construire sa caverne dans le jardin de l’église entre 1892 et 1893.


La grotte de Saunière reconstituée aujourd’hui


Selon les témoignages des villageois Saunière partait tôt le matin avec une hôte et revenait le soir, son panier rempli de roches que l’on trouve dans le lit des rivières. La légende raconte qu’il aurait utilisé ce stratagème pour cacher le transport d’objets de toute autre nature…




Nous voici donc devant un détail qui plonge immanquablement le passionné de Rennes vers de nouvelles interrogations. Cette fausse caverne à 3 ouvertures fut construite sans doute vers 1896 avec la villa, soit 3 ans après Saunière, et par notre célèbre cuisinier franco-russe.


S’agit-il d’une mode répandue à cette époque ou de toute autre chose ? Car on ne peut s’empêcher de rapprocher ces constructions de celles qu’effectua le prêtre Jean Rivière à Espéraza dans son église.





Rappelons que l’abbé Rivière construisit deux grottes dans sa paroisse, l’une représentant Lourde et l’autre une sépulture du Christ, ceci après avoir reçu la confession de Saunière peu avant sa disparition.




Au fond de la caverne de Cubat, une petite cavité faisant office de tabernacle et fermée par deux volets métalliques, protège un culte. Aucun doute, cette grotte comme celle de Saunière avait pour vocation le recueillement religieux et pourquoi pas initiatique.


D’ailleurs, il existe un détail qui a son importance : cet emplacement fut choisi sans doute du fait de la présence d’une source, comme le veut tout lieu initiatique. En effet, si l’on observe l’image et la paroi sous le tabernacle, une petit rigole fait le tour de la grotte et passe devant la troisième petite ouverture (voir l’image ci-dessous). La source existe toujours, mais elle est aujourd’hui détournée vers une fontaine publique extérieure, de l’autre côté du mur.



On ne peut  malheureusement plus affirmer avec certitude si cette grotte avait quelques similitudes avec celle de l’abbé Saunière, cette dernière ayant été entièrement reconstruite. Mais une chose est certaine, Saunière n’était pas l’unique bâtisseur de fausse grotte en cette fin du 19e siècle. Une autre caverne existe également à Campagne sur Aude dans l’ancien Hôpital Sanitaire, sans oublier celle du champion hors catégories des cavernes religieuses artificielles, l’abbé de Carol, le père Louis de Coma

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 14:22







LE BUGARACH – Sacrée montagne ou Montagne Sacrée ?



Une montagne par comme les autres
 ♦ Une légende et une montagne née…
 ♦ Une géologie très particulière
 ♦ Le village Bugarach
Le mystérieux Bugarach
 ♦ La légende de l’Ermite non loin de Galamus
 ♦ De mystérieux grondements
 ♦ Phénomènes vibratoires et désagréments
 ♦ L’Affaire Daniel Bettex
 ♦ D’autres récits étranges…
 ♦ Le Bugarach inspire Jules Vernes…
 ♦ Recherches mystérieuses à Camp sur Agly
 ♦ Le Bugarach inspire la rencontre du 3ème type…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:48







Le Haut Razès et son histoire sont indissociables d’un symbole naturel et fascinant, le Mont Bugarach. A quelques kilomètres au Sud-Ouest de la colline envoutée dominée par Rennes-Le-Château, au Sud-Ouest de Rennes-Les-Bains, une montagne dite sacre surplombe tous les autres reliefs du Languedoc.


Entourée de mystères et de légendes, utilisée par les anciens comme un repère très important, en proie aux fantasmes sectaires, citée par de grands auteurs du 19e siècle, née d’une géologie particulière, la célèbre montagne occitane continue d’imposer son influence séculaire…




Merci à André Douzet pour ses recherches sur la mythologie du Bugarach et sur l’affaire Bettex, sans qui cette montagne serait encore bien brumeuse…




Une montagne par comme les autres

Quelle étrange montagne que le Bugarach.A la fois méconnue et sacrée, à la fois inquiétante et attirante, elle ne laisse personne indifférente. Les chercheurs débutants ne l’intègrent en général jamais dans l’énigme de Rennes et pourtant… Bien sûr, comment pourrait-on croire qu’une montagne aux allures finalement classiques influencerait autant un secret historique et tant de fantasmes… Sa géologie montre qu’elle est issue d’un plissement inversé peu banal. Même Jules Verne ne manqua pas de s’en servir dans l’un de ses romans… Voulait-il aussi nous montrer l’importance de ce lieu ? L’énigme ne cesse de nous le prouver…

Situer dans les Corbières, le Bugarach représente la fin de la chaine provenant de Saint-Antoine de Galamus à l’ouest de l’Agly. En effet, depuis le Bugarach, on accède aux Pyréennes-Orientales par les gorges de Galamus, un étroit canyon creusé dans le calcaire qui s’étale sur 2 km entre les communes de Cubières-sur-Cinoble et Saint-Paul-de-Fenouillet. Autour on trouve les hameaux du Linas et de la Vialasse, les fermes des Capitaines, des Bringots, des Gascous, de la Génivrière, du Mas et de la Serre.



A ses pieds, un petit village du même nom, Bugarach (autrefois Pech de Tauzé), est fier d’avoir comme gardien ce géant sacré. La plus haute extrémité émerge de la crête rocheuse tournée vers le Nord. Elle forme le Pech de Bugarach (en occitan) qui culmine à 1231 m. son autre particularité est qu’il est situé à environ 3 km du Méridien 0. C’est aussi le point le plus haut des Corbières… Comment ne pas imaginer qu’il fascina les différentes populations durant des siècles, voir durant des millénaires ?


Il n’existe aucun concurrent montagneux à proximité et sa silhouette très reconnaissable est facilement repérable non seulement depuis Rennes-Le-Château, mais depuis tout le Razès. Son aspect aride et tourmenté a aussi certainement participé aux différentes légendes. C’est le paradis des buses et de rapaces qui nichent dans les creux escarpés et sauvages de sa roche grise et sèche. Battue par les vents, la cime est inhospitalière et la vie animale est pratiquement inexistante.




Les randonneurs expérimentés et les aventuriers de la moyenne altitude peuvent accéder au sommet par deux sentiers de buis et de buissons qui contournent les flancs du mont, l’un en direction de Saint Louis, l’autre par Linas. Mais quel que soit la direction, le point final laissera sans voix l’explorateur. En haut de cette impressionnante masse grise et abrupte, un belvédère domine la vallée des  Corbières. La vue est alors époustouflante et le panorama qui surgit après l’effort d’ascension, quel que soit la couleur du ciel, devient la plus belle des récompenses. Ajoutons à ceci que le lieu rend mal à l’aise ceux qui décident de s’en approcher. Simple trouble dû à l’isolement et au dépaysement, ou réelles sensations de mal-être, les témoignages confirment la présence d’anomalies comportementales et visuelles.


Vous l’aurez compris, cette montagne dite « enchantée » n’est pas comme les autres et toute l’Occitanie la surnomme le Pech…



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:50

 ♦ Une légende et une montagne née…



Toute géologie imposante possède ses légendes, le Bugarach a la sienne…


On raconte que jadis l’Aude était une immense plaine fertile où vivaient fées et lutins en guerre constante avec des dragons et des serpents qui envahissaient la région. Dans ce décor peu engageant, une fée Nore]/b] et deux lutins, Bug et Arach, firent naitre la légende. Alors que Cers, fils d’Eol, père des vents et des tempêtes, ravageaient régulièrement les terres et les récoltes, les arbres et les maisons, la fée Nore se résolut à implorer le grand dieu Jupiter. Emu par une telle audace et peut-être par la grâce de la fée, le dieu des éclairs jura de calmer les colères de Cers, son petit-fils. Mais les lutins Bug et Arach, impatients firent aussi une démarche équivalente. Ils gravirent la montagne pour se rapprocher du maitre de l’Olympe. Ce dernier, surpris par un tel courage, dressa alors un promontoire rocheux mettant ainsi à l’abri du vent toute la plaine du Roussillon et le plateau des Corbières. Le mont Bugarach était né… La fée Nore devint le Pic de Nore, alors que Bug et Arach formèrent le pic de Bugarach…



Cette légende est-elle celle à l’origine du nom « Bugarach » ? Rien ne le prouve. Il est d’ailleurs étrange de trouver des références de dieux grecs rencontrant des personnages féériques d’Europe du Nord… Nous verrons que « étrange » est bien le second nom du Bugarach…


D’après le Dictionnaire toponymique de l’abbé Sabarthès de 1916, la commune Bugarach s’appelait de 1298 à 1500, Bigarach et Malet, mais l’étymologie du nom Bugarach nous offre aussi une autre version passionnante : « Bourg de l’Arche » ou « Buc de l’Arche », Buc voulant dire cime en occitan. Une légende voudrait en effet que l’Arche d’Alliance soit dissimulée dans les creux de la montagne, cette dernière servant à un repérage sophistiqué…







 ♦ Une géologie très particulière


Le relief du Haut Razès se situe en moyenne entre 300 m et 700 m. c’est une région extrêmement variée sur le plan géologique et donc propice à toutes sortes d’anomalies. Mais pourquoi sur ce terrain à la géologie capricieuse une seule montagne décida de se hisser à 1230 m, une altitude qui sort très nettement de la moyenne ? Un fait géologique est en tout cas  incontestable :

Les scientifiques expliquent la construction du Bugarach par l’exposé suivant : Le Pech est une montagne dite « inversée » dût à une tectonique violente et chaotique qui donna naissance aux Pyrénées.
A l’époque tertiaire, la plaque ibérique heurta le socle européen. Le choc de ces deux plaques fut à l’origine de la formation des Pyrénées. Sous l’effet de ce choc cataclysmique, la région du Burgarach subit de lourdes transformations : « sous la pression venue du Sud, coincées entre la plaque ibérique et le socle européen, les roches sédimentaires se plissèrent, se froissèrent et se chevauchèrent : une lame de Calcaire jurassique (- 135 millions d’années) vint se poser sur les Grès et les Marnes du  Crétacé (- 15 millions d’années). L’ordre des couches géologiques ou strates fut ainsi inversé »


Ce sont donc ces forces telluriques inimaginables qui sculptèrent le Pech. Les rochers affleurent faisant apparaitre leurs couleurs grises et bleutées si caractéristiques. Les cassures furent telles que les pierres sont aujourd’hui coupantes comme des rasoirs, affutés par le vent de Cers depuis des millénaires. L’ensemble forme un lieu à la fois beau et glacé, imposant et désertique, vertigineux et sacré. Les anciens devaient inévitablement vénérer son sommet, véritable phare du Pays d’Oc.









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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:51

 ♦ le Pech de Bugarach et la Pique Grosse


On cite souvent le Pech de Bugarach comme le sommet incontournable mais une autre masse rocheuse côtoie le titan sous le nom de «la Pique Grosse ». Elle est d’ailleurs souvent utilisée avec la crête rocheuse pour illustrer le Bugarach tant son aspect est spécifique. Le Bugarach a donc deux sommets : la Pique Grosse s’élevant à 1081 m et qui concurrence le second, le Pech à 1230 m.




Le Bugarach vu de dessus se présente comme un croissant (pour certainis un corbeau) dessiné par la crête rocheuse. La Pique Grosse se situe au milieu de la crête Ouest et elle est facilement reconnaissable par son aspect en forme de bosse ou de cloche renversée. Le Pech de Bugarach est sur la crête Est.











La Pique Grosse n’est pas signalée sur la carte de Cassini mais on la trouve sur des cartes plus anciennes. Seul le Pic de Bugarach au centre de la formation rocheuse et le village sont indiqués sur la carte.





Vue de Rennes-Le-Château, la Pique Grosse et située en avant-plan sur la partie droite de la montagne. C’est aussi à cet endroit que fut construit en 1800 un appareil de transmission basé sur la télégraphie aérienne. Cet instrument n’existe plus aujourd’hui… D’autre part on prétend souvent que le Bugarach est posé sur le méridien 0, mais le mont est situé en fait à environ 3 km à l’Ouest…





 ♦ le village Bugarach


Près du mont sacré, un charmant petit village affiche fièrement son nom :  Bugarach. Le village pourrait savoir vu le jour avant l’an 800 et selon l’abbé Sabarthès, il aurait été baptisé Villa Burgaragio (889), Bugaaragium (1231), Ecclésia de Burgairagio (1259), Bugaragium (1347), Sainte Marie de Bigarach (1194), Bigarach et malet (1298), locus de Brigaragio (1377), Bugaraich (1594), Beugarach (1647) et Bugarach en 1781…


C’est vers 1215 durant la conquête par les troupes françaises de Simon de Montfort, que le petit bourg avec d’autres de la région, sera offert au sénéchal Pierre de Voisins pour le compte de Toulouse et du Razès. Un château ruiné du XVIe siècle y est même présent rappelant un passé médiéval très tourmenté.


Du fait de l’isolement du village et de l’éloignement des grandes bourgades, les habitants y trouvaient refuge. C’est notamment le cas au XVIe siècle, une période agitée où les guerres de religion n’épargnaient ni les catholiques, ni les protestants.


Plus tard, les hommes de Bugarach furent recrutés pour se battre en Pologne (Haute Silésie) sous le drapeau de [color:c981=#2 e9afe]Louis XV et c’est en tant que prisonniers qu’ils apprirent le façonnage du chapeau. L’art de la chapellerie fut alors amené dans le Razès par les Bugarachois qui le transmirent ensuite à Espéraza sous la forme d’une industrie prospère. C’est ainsi qu’à la fin du 19e siècle on trouvait toute une population travaillant dans ces usines, dont Marie Dénarnaud la fidèle complice de Bérenger Saunière. Aujourd’hui le village compte 150 habitants et profite paisiblement de son activité touristique et de son héritage historique.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:52

Le mystérieux Bugarach

Derrière son aspect froid et solitaire, le Bugarach cache des secrets, des mystères et des légendes. Signalons aussi que, du fait de sa masse rocheuse et de sa géologie, une météo locale particulière semble habiter ce lieu. Parfois la montagne se couvre d’une brume qui prend des couleurs étranges en fonction du soleil. A d’autres moments, une couronne de nuage entoure le sommet, une scène de  Jules Vernes appellera le chapeau du Bugarach dans son roman «Clovis Dardentor ». Tout ceci fait partie du quotidien local, mais des histoires bien plus étranges entourent le Pech. Rien d’étonnant si l’on considère que cette montagne isolée fascina obligatoirement nos lointains ancêtres…


Le Bugarach est drapé de mystères : énergie vibratoire, survols extraterrestres, trésors enfoui, grottes et aménagements souterrains, bruits assourdissants, rencontres inhabituelles, pannes répétitives… Tout ceci peut faire sourire et les médias ne manquent pas de ridiculiser les rapporteurs de ces faits étranges. Enfin cette ambiance décalée amène inévitablement sectes et marginaux qui  attendent la fameuse année 2012 et son fameux cataclysme sous  la protection du  massif sacré.


Pourtant, parmi ces histoires à la Prévert certains témoignages restent particulièrement troublants. Voici quelques récits qui mettent en lumière plusieurs aspects de ce lieu devenu mythique…


 ♦ La légende de l’Ermite non loin de Galamus


Il était une fois, dans la Haute Vallée de l’Aude, sur le Bugarach, un ermite hirsute et chevelu, qui vivait là en parfaite harmonie. Sans doute fasciné par le lieu sacré, il souhaitait comme beaucoup d’ermites rencontrer Dieu… La région possède en effet une certaine tradition dans les ermitages. Celui de Galamus, non loin du Bugarach, est impressionnant pour sa construction à flanc de falaise.  Un certain prêtre Joseph Chiron y passa même quelques années avant que l’ermitagne ne soit abandonné en 1936.


La rumeur populaire rapporte que naguère une cérémonie célébrait la vie de ces ermites. C’est ainsi qu’à Bugarach, le jour du mercredi des Cendres, un jeune du village se déguisait en ermite hirsute, chevelu et barbu. A la façon de la fête d’Halloween, il allait avec un groupe de jeunes frapper de porte en porte pour demander pitance. Ceux qui avaient l’audace de refuser se voyaient alors aspergés d’un mélange d’eau et de cendres mêlées…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:53

 ♦ De mystérieux grondements

Le Bugarach fait aussi l’objet de mystérieux grondements. Les témoignages parlent de bruits assourdissants comme des effondrements. Il est tentant de relier ce phénomène à une quelconque activité irrationnelle, mais il est beaucoup plus crédible d’imaginer qu’il s’agit simplement d’une géologie en constante évolution. Du fait de sa constitution inversée, la montagne pourrait être creuse et ainsi former des poches qui par l’effet des gaz et des pressions telluriques, rendent instables les couches rocheuses. Le bruit serait alors le résultat d’une onde de choc dont l’origine interne se propagerait à l’extérieur comme un tremblement de  terre, mais très localisé et invisible. Les grottes et les failles agiraient alors comme des caisses de résonnance. Les spécialistes parlent aussi de phénomènes telluriques générant de l’énergie et donc des dégagements de vapeur d’où la présence épisodique d’une couronne de nuages posée autour du Bugarach…







 ♦ Phénomènes vibratoires et désagréments


Tous les promeneurs du Bugarach vous le diront. Après quelques heures de marche, une sensation désagréable d’être épié et suivi se fait sentir. Un sentiment de mal-être s’installe, surtout au sommet. De plus, les appareils électroniques augmentent bizarrement leur probabilité de tomber en panne. Le site est d’ailleurs interdit de survol aérien pour cause de dérèglement inexpliqué des instruments de bord. Des accidents aériens eurent lieu au cours des cinquante dernières années.


Nous sommes peut-être encore dans le fantasme amplifié par les rumeurs et les témoignages invérifiables. Mais une chose est certaine, la géologie des lieux et le concentré de minerais ferreux comme le cobalt, le cuivre, l’or, l’uranium, ou le manganèse peuvent engendrer des phénomènes vibratoires et des perturbations magnétiques. Un état d’anxiété serait alors aussi explicable, amplifié par l’étrangeté du site, le silence pesant et l’absence d’animaux. Une règle évidente s’impose : ne partez jamais seul à l’ascension du mont sacré…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:55

 ♦ L’Affaire Daniel Bettex


L’affaire de Rennes regorge de sous affaires qui a elles seules pourraient remplir plusieurs tomes dans une bibliothèque. D’ailleurs les romanciers ne s’y trompent pas en s’abreuvant dans ces sources inépuisables. Le problème des chercheurs est de plus entier. Après tant d’années d’investigations, d’enquêtes et de colportages, il devient très difficile de s’y retrouver. Sommes-nous en présence de pures légendes enflées par la rumeur populaire ? Quel crédit peut-on accorder à des témoignages repris auteur après auteur ?


Comme tout fin limier le ferait, la seule solution est de baliser les faits et de tenter de réunir des faisceaux de présomption. Heureusement, sur ce plan la matière première et les indices ne manquent pas. Nous disposons aujourd’hui d’une telle masse d’information que la traiter objectivement représente déjà un exploit…


Le Bugarach fait ainsi l’objet de plusieurs énigmes qui s’imbriquent. La plus marquante est certainement l’affaire Bettex.


La montagne sacrée a toujours fasciné les aventuriers, or c’est en 1960 que cette fascination se concrétise par une fièvre exploratrice du site. Mais elle ne débute pas sans raison. Elle résulte en réalité de plusieurs concours de circonstances.


Daniel Bettex est un passionné de la tragédie cathare et de l’Histoire du Languedoc. Ce Suisse, spécialisé dans la sécurité des sites publics comme les aéroports, s’investit donc comme tout chercheur le ferait dans sa passion, le catharisme. Naturellement diriger vers le Haut Razès, Bettex prend contact avec la Société du Souvenir et des Etudes Cathares. Il rencontre alors Déodat Roché, un éminent spécialiste de la question qui lui conseille le fameux site du Bugarach.



Aucune exploration récente n’a été entreprise et tout reste à faire. C’est ainsi que Bettex contacte une autre passionnée érudite, Lucienne Julien, Secrétaire Générale de la société, et avec qui il aura d’excellents échanges. Daniel Bettex bénéficiera notamment d’un accès documentaire privilégié et très important expliquant vraisemblablement la qualité de ses recherches.


Bettex va commencer par l’étude d’anciens registres et de vieux manuscrits sur la région. Il recherche des mines abandonnées et enquête sur de possibles souterrains sur la commune de Bugarach. Ce travail durera des années avec L. Julien et des visites régulières sur le terrain apporteront de quoi alimenter la recherche. Mais il ne faut pas s’y tromper. Il ne s’agit pas de recherches empiriques et hasardeuses. Les deux chercheurs sont des érudits experts dans leurs domaines. Ensemble, leur force d’analyse sera décuplée permettant la production d’une étude plus qu’intéressante.


C’est dans le cadre de ces recherches documentaires qu’une notice inédite sera retrouvée : »Mémoire sur la mythologie appliquée au Pech de Thauze ».  Il s’agit d’une thèse universitaire oubliée dont son intérêt réside surtout dans le fait que l’étudiant s’appuya sur des archives historiques remontant jusqu’au 15e siècle. Cette thèse tendrait à prouver une corrélation entre certains sujets mythologiques et des lieux bien précis du Bugarach. Bettex ne manque pas de rebondir sur cette étude providentielle, d’autant que le document est accompagné de plusieurs découvertes fortuites faites dans cette région depuis deux siècles. Nous arrivons ainsi au cœur du mystère de Thauze : des témoignages et des restes archéologiques au Bugarach confirmeraient certains mythes celui d’un monde souterrain perdu dans les profondeurs de la montagne.

Le mythe en question est celui de l’Agartha (la Terre creuse), une vaste étendue souterraine formée de réseaux, de conduits naturels, de cavités, grottes et lacs. Des aménagements s’y seraient développés ou auraient été engloutis lors d’une catastrophe géologique. Ce mythe rejoint celui de l’Atlantide, un monde perdu et oublié décrit par Platon, ou celui de Jules Verne dans « Voyage au centre de la Terre ». bien sûr, il s’agit d’un mythe, mais on peut se poser la question suivante : pourquoi une telle piste de recherches s’est développée au Bugarach ? Il faut d’ailleurs noter que le Bugarach n’est pas le seul site en France où ces légendes existent. L’Ardèche, le Pilat ou l’Ariège offrent des récit similaires.



La carte de l’Argatha fait aujourd’hui sourire mais elle passionna les scientifiques et les romanciers du 19e siècle comme Jules Verne






Parmi les promeneurs et les chercheurs qui ont randonné sur le Bugarach, un sentiment général ressort : cette montagne est truffée de grottes, d’avens et de galeries. Deux cavité complexes  (le Bufo Fret et le Font de Dozt) située au pied du pic sont d’ailleurs bien connues des spéléologues, mais elles restent dangereuses du fait des crues subites.


Il faut aussi prendre en compte les témoignages étranges de personnes ou d’animaux qui disparurent dans des cavités profondes et que l’on retrouva quelques jours ou quelques semaines plus tard, la mémoire défaillante, parfois les cheveux blancs, mais la plupart du temps avec un bon physique. Lorsque les témoins se font plus précis on trouve des descriptions de lacs immenses, d’étranges créatures et même de trésors. S’agit-il d’épisodes fantasques créés par le cerveau pour se protéger d’une expérience extrêmement traumatisante ou d’une réalité à considérer…On regrettera toutefois que ces témoignages ne soient pas poursuivis par une expédition de spéléologues aguerris. Et pour cause, le témoin est souvent incapable de retrouver l’entrée…




Mais revenons à Daniel Bettex. Eut-il suffisamment d’indices pour échafauder ses recherches de terrain ou bien avait-il fini par se convaincre à force d’y croire ?
Le fait est que ses convictions prirent un tournant décisif en étudiant des gravures rupestres. Sa thèse devint plus précise, mais aussi plus mythique : Le Bugarach cache un accès à un monde souterrain qui aurait été obstrué. Une rivière souterraine s’écoulerait tranquillement dans les profondeurs permettant un passage navigable vers d’autres sites…Mieux, cet accès aurait été aménagé…


On rejoint ici le mythe du fleuve souterrain s’écoulant en Arcadie, cette connaissance cachée que Nicolas Poussin exprima sur sa toile «Les Bergers d’Arcadie version I » grâce au Dieu Alphée. Tout ceci serait resté dans l’oubli si cet aventurier plutôt marginal s’était arrêté là, mais les faits qui se produisirent ensuite participèrent certainement à sa légende.




Daniel Bettex était convaincu non seulement qu’il existe un accès au monde souterrain du Bugarach, mais qu’une piste réelle mène à sa localisation. A ce stade  on pourrait affirmer que le scientifique suisse tomba dans son propre piège, qu’à force de travail il finit par croire au mythe. Seulement voilà, il ne travaillait pas seul et ses travaux étaient régulièrement validés par L. Julien, une scientifique renommée. Etait-elle tombée aussi dans le piège de l’auto persuasion ?


Des photos prises par Daniel Bettex dans une cavité existeraient et montreraient des signes étranges et un coffre posé sur un brancard…Nous voici revenus au mythe de l’Arche sous le Bugarach. La rumeur populaire prit bien sûr le relais mais il n’en demeure pas moins que Bettex cherchait une cavité au flanc de la montagne et le témoignage de L. Julien le confirme.


Ajoutons qu’il existe des graffitis bien mystérieux posés sur un mur dans les ruines du château de Bugarach et que Bettex exploitait également. L’affaire prit alors une tournure plus épique. Confiant à L. Julien que ses recherches allaient aboutir et qu’il était à quelques mois seulement pour dégager un accès, il ne put s’empêcher de révéler qu’un trésor inouï y était enfoui. Nous sommes alors en 1988. Le chercheur suisse en proie à une excitation fébrile et inhabituelle confiera qu’il touche au but.


Trois jours plus tard on apprendra que Bettex succomba. Et là encore le mystère continue…Plusieurs version s’affrontent…Est-il décédé dans sa cavité ? Dans un jardin près du Bugarach ? Etait-il trop affaibli ? Est-il décédé d’une crise cardiaque ? Nous ne saurons jamais, une discrétion sans doute voulue par sa famille.

Quelques mois plus tard sa complice tentera de reprendre les travaux à l’aide d’un groupe de la Société du Souvenir et des Etudes Cathares. Le ministère de la culture est également contacté. La réponse sera sans appel : « Il est hors de question que quiconque reprenne de telles recherches et de plus il est strictement interdit de creuser dans le Bugarach. Le trou de Bettex sera obstrué puis bétonné… »


La conclusion de cet épisode tragique alimentera évidemment les fantasmes les plus fous. Mais comment ne pas imaginer que ce sont de telles décisions qui engendrent des excès. Si les autorités voulaient interdire, pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? Et pourquoi bétonner sans explications ? Doit-on cimenter un site de recherche issue de plusieurs années d’investigations ? Encore une fois, nous sommes confrontés à des décisions soient imbéciles, soient parfaitement guidées, l’une et l’autre étant tout à fait inquiétantes…


Daniel Bettex disparut le 9 février 1988 à 76 ans

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:57

Situé dans l’Etat mexicain de Chihuahua, Naïca est un petit village consacré à l’exploitation minière. Le 4 décembre 1999 une galerie à 200m de profondeur traversa une grotte de 40m sur 20m contenant des cristaux d’une taille inconnue à ce jour…



 ♦ D’autres récits étranges…


Un berger raconte une étrange promenade. Lors d’une randonnée au pied du Bugarach, il découvrit une grotte. Il y pénétra pour la visiter et chose étonnante, il se mit à suivre un parcourt accidenté assez long qui visiblement s’enfonçait dans la montagne. Au bout de la visite il découvrit une chapelle taillée dans la roche et 5 silos à blés construits en briques rouges. De retour chez lui, il fit part de sa découverte puis retourna sur les lieux avec des témoins. Malheureusement il ne retrouva jamais la fameuse grotte…


Un chasseur se promenant avec son chien dans le Bugarach, fit une rencontre peu ordinaire. Alors que le chien aboyait, son propriétaire accouru pensant débusquer un gibier. Il vit son chien grogner au pied d’une galerie. En regardant vers le haut de la paroi rocheuse, le chasseur vit alors une sphère verte empêchant les visiteurs d’aller plus loin. Le maitre tira son chien par le collier et s’enfuit à toutes jambes…





 ♦ Le Bugarach inspire Jules Vernes…


Fallait-il que cette montagne soit si importante pour que même Jules Vernes se l’approprie dans l’une de ses aventures « Clovis Dardentor ». récit peu connu, il représente néanmoins un parfait exemple de codages que le romancier appliqua pour qui voudra bien le suivre dans ce dédale. Pour commencer il faut rappeler que le livre fut publié en 1896, une date particulièrement symbolique intégrant le fameux 681. Bérenger Saunière est alors en pleine finition de son église.


Par hasard évidemment, mais alors comment expliquer ce titre Clovis, qui fit reculer les Wisigoths vers les Pyrénées et Dardentor qui nous donne un joli jeu de mot avec « Clovis d’or ardent »…ou de façon plus précise « l’or du rejeton ardent Clovis les mérovingiens ». Pour comprendre cette belle parabole il faut retourner à l’histoire des Mérovingiens, de leurs descendances mystérieuses et de Sigibert IV le fils (rejeton) du roi perdu Dagobert II.



Le hasard se poursuit avec un autre personnage central, le capitaine Bugarach à bord de son bateau l’Argélés et qu’il faut lire à l’envers pour découvrir «sélégral » ou tout simplement «c’est les Graals »…Rappelons aussi que près du Bugarach il existe un hameau au nom de « Les capitaines »…Etc.


Voici décidément un hasard bien tenace…Les passionnés auront bien compris qu’il ne s’agit absolument pas de quelques capricieuses coïncidences, mais plutôt d’un écrivain génial initié au secret de Rennes. D’autres suivront aussi le même chemin comme Edgard Poe ou Maurice Leblanc…





Jules Verne naquit le 8 février 1828 à Nantes et disparu le 24 mars 1905 à Amiens. Il publia son premier roman en 1863 chez l’éditeur Pierre Jules Hetzel et son œuvre sera complétée durant 40 ans par 64 volumes dédiés à ses Voyages extraordinaires…Son œuvre colossale sera traduite dans le monde entier…







 ♦ Recherches mystérieuses à Camp sur Agly


Les alentours du Bugarach ne sont pas en reste de mystères. A Camp su Agly, un petit village à l’Ouest du Bugarach, d’étranges fouilles furent menées par le CNRS vers 1980. Officiellement le projet s’appelait « gisement du néolithique final dans le Fenouillèdes ». L’objectif était de fouiller dans le flanc Ouest du Pech, à partir de la grotte de Chincholle.


Mais curieusement le site attira une quinzaine de chercheurs d’origines très diverses dont des américains et des israéliens. La NASA aurait même participé à l’aventure. On peut tout de même s’interroger sur cet engouement de la célèbre administration américaine à creuser sur un site si peu connu pour son caractère archéologique. Les traces néolithiques étaient-elles le seul prétexte ? Le fait est que l’on peut visiter aujourd’hui, non sans risque, ce site perforé par 20 puits d’environ 100 m de profondeur et interconnectés.


Ce projet resta actif jusqu’en 2002, date à laquelle les chercheurs auraient criés un jour au téléphone sur la place du village : « on a trouvé ».


Le lendemain le site était désert. Des témoins racontent d’ailleurs que suite à ce départ soudain et incompréhensible, du matériel et des documents avaient été laissé sur place, ce qui fit le bonheur de certains…

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Jeu 22 Juin - 23:58

 ♦ Le Bugarach inspire la rencontre du 3ème type…



On ne peut terminer ce tour d’horizon du Bugarach sans évoquer le film « Rencontre du troisième type » écrit et réalisé par Steven Spielberg et qui sorti en France le 24 février 1978. François Truffaut y joue le rôle d’un ufologue confronté à une série d’événement du 3ème type. Mais le plus intéressant consiste en une vision obsédante qui finit par détruire la vie d’un technicien et de quelques personnes choisies par des visiteurs d’un autre monde. Cette vision se concrétisera par une montagne énigmatique isolée en plein désert et qui deviendra le lieu d’une rencontre extraterrestre.


Comment ne pas avoir derrière cette fable, une allusion très claire au fameux Bugarach audois et que Spielberg transposa par la Tour du Diable, une montagne étrange, bien réelle, située dans le Wyoming, et qui servit dans le film de piste d’atterrissage à OVNI…




A la marge de l’énigme de Rennes je ne peux résister au charme de ces quelques clichés dont nous ne saurons probablement jamais s’ils sont issus d’un trucage au non.
Quoiqu’il en soit ils font aujourd’hui partie du mythe du Bugarach et participent au dossier des ufoloques…



photo prise au pied du Bugarach


Fantasme ou réalité, la montagne sacrée cristallise toutes les passions. Mais le plus étrange est que cette influence n’est pas récente, elle remonte certainement à la nuit des temps…







Les observations ne manquent sur le Pech de Bugarach. Régulièrement tourné en dérision par les médias, des images et des films sont pourtant là pour témoigner. C’est en 201 qu’un randonneur allemand accompagné d’un groupe espagnol habitué aux circuits de montagne ont réussi à capturer une vidéo particulièrement étonnante. C’était le 28 mars 2012









Le Bugarach entre aussi dans l’énigme de rennes au travers d’autres chapitres que sont l’art pictural et les alignements topographiques. En effet, la montagne sacrée a été représentée par plusieurs artistes pour suggérer le Haut Razès en commençant par Nicolas Poussin avec les Bergers d’Arcadie II ou Téniers le Jeune avec les 7 péchés capitaux.


Les alignements autour du Bugarach représentent aussi un sujet très important. Nos ancêtres exploitèrent son sommet et les alentours pour poser des repères fondamentaux, preuve que le Bugarach cache de nombreux secrets…




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 23 Juin - 13:18





LE CHATEAU DU BEZU – Un lieu rempli de légendes et de mystères…


Où est situé le château du Bézu ?
Un peu d’étymologie
Un peu d’histoire…
♦ Les seigneurs d’Albedun et les Templiers
♦ Les seigneurs d’Albedun et les seigneurs locaux
♦ Les seigneurs d’albedun épargnés par les persécutions cathares
♦ Le château a-t-il appartenu aux Templiers
♦ De la fausse monnaie…
♦ Le château ruiné… puis les Hautpoul…


Le château du Bézu : un instant de grâce… Par delà les cimes…


Au pied du château, les Tipliés, le Bézu et Saint-Just-et-le-Bézu
Le château du Bézu aujourd’hui

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 23 Juin - 21:31





Dans la région du Haut-Razès, il existe un lieu parmi d’autres remplis d’histoire et de légendes : le Château du Bézu que l’on appelle aussi Albezu, Albezus ou D’Albedum. Situé à une altitude de 823 m sur une crête rocheuse, il domine deux vallées dont l’une est traversée par une très ancienne voie romaine…




La légende la plus célèbre concerne celle d’un puits situé dans les ruines de la métairie des Baruteaux. Cette cavité abriterait une cloche d’argent qui se mettrait à tinter chaque nuit du 12 au 13 octobre. La date n’est pas fortuite puisqu’elle fait référence à celle qui sonna le glas à un Ordre aujourd’hui célèbre : les Templiers. Les Chevaliers du Temple furent effectivement arrêtés dans tout le royaume de France le vendredi 13 octobre 1307. La légende ne s’arrête pas là, puisque suite au tintement de la cloche, des apparitions fantomatiques quitteraient le petit cimetière pour se diriger vers le château…Si cette histoire populaire peut prêter à sourire, elle a au moins le mérite de dresser le décor… Templiers, château, et mystères sur fond des deux Rennes…


Il est vrai que le château d’Albedun rassemble de nombreux faits intrigants liés à ses seigneurs et à la période tourmentée de la croisade albigeoise. Le plus surprenant concerne leur fortune. Les seigneurs d’Albedun disposaient en effet de ressources financières importantes sans que l’on connaisse vraiment la provenance. C’est un fait : ils prêtèrent à plusieurs occasions de l’argent aux Comtes de Carcassonne et firent des dons aux Templiers. D’autre part, ils n’eurent jamais besoin d’emprunter. Ce constat historique pose à lui seul un sérieux problème…


Quel statut très particulier avait ces seigneurs pour qu’ils soient protégés par les Templiers et possesseurs d’une immunité durant la crise albigeoise ?  Les récits autour du château intègrent même une affaire de fausse monnaie…









Où est situé le château du Bézu ?


Le château du Bézu se trouve à 7 km à  l’Est de Quillan, tout près de la petite commune de Saint-Just-et-le-Bézu. La structure complète de l’édifice a bien sûr disparu, mais il reste de belles  ruines qui témoignent de l’importance et de la majesté de la construction.


Agrippée à une arête dorsale calcaire orientée Est-Ouest, la forteresse possède une position dominante hautement stratégique. De son nid d’aigle, la vue y est extraordinaire et on peut facilement imaginer en son temps une première fonction : surveiller les deux vallées qui l’entourent : la vallée de la Blanque et la vallée de Casserats. D’ailleurs une ancienne voie de communication romaine existe encore, et elle menait par-delà les Pyrénées, vers l’Espagne.




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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 23 Juin - 21:32

Un peu d’étymologie


Quel curieux nom que « le Bézu »…Nombreux sont les auteurs qui tentèrent une explication sur les origines de cette appellation qui sonne presque avec « bizarre »… Si l’on remonte aux premiers temps romains et celtiques, le lieu du Bézu s’appelait Albedunum qui signifie «Fort », «Forteresse » ou «Château » d’Albios (de Al Bios). Ce procédé qui consiste à terminer les noms en « unum » et caractéristique des Romains qui eux-mêmes s’en inspirèrent des Celtes.


De siècle en siècle, le nom évolua pour devenir successivement Albesun, Albedin ou Albedine, Albedun, Al Bedu, Al Bezu, et enfin se francisa en «Le Bézu…


De même la commune toute proche, Saint-Just-et-le-Bézu, s’écrivait «Sanctus Justus Buzani ». On y retrouve cette même consonance «Buzani » ou « Bezoni »…Bézu. Autre piste, le préfixe « Al » qui proviendrait des Sarazins… Al bedunum…Al Bedu… Finalement tout ceci montre le tiraillement des noms de lieu-dit qui évoluèrent sans cesse selon les peuples et les invasions, qu’elles soient celtiques, romaines, wisigothes, sarrasines… et même mérovingiennes…N’oublions pas également que la langue utilisée dans la région ne cessa de basculer entre l’Hispanique et l’occitan.





Un peu d’histoire…


Les seigneurs d’Albedun occupaient le château au Moyen-Âge entre le XIe et le XIIIe siècle, et appartenaient au Comté du Razès et aux puissants comtes de Carcassonne. Ils possédaient et géraient les terres depuis le Bas-Razès jusqu’au Fenouillèdes et au Pays de Sault.


Leurs noms sont cités dans plusieurs chartes de la région et leur histoire commence en 1060 sous le règne du roi des Francs, Philippe Ier, quatrième de la dynastie dite des Capétiens directs. Rappelons que la première croisade date de 1099. Ces seigneurs se nomment Pierre Ier d’Albedun, Bernard Ier, Pierre II, Bernard Sermon Ier, Bernard II, Bertrand et Bernard Sermon II.

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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 23 Juin - 21:34

♦ Les seigneurs d’Albedun et les Templiers


Il est surtout passionnant d’analyser les rapports qu’ils entrainaient avec les Templiers. Certains seigneurs étaient en effet en étroite relation avec les Chevaliers de Campagne-sur-Aude. Ces liens privilégiés sont d’ailleurs très surprenants dans le contexte de l’époque. Plusieurs auteurs rejettent fermement cette relation. Même la carte IGN 1:25000 sème la confusion, indiquant le château du Bézu comme le château des Templiers...Pourtant ce n’est pas simple…


Bernard Sermon Ier d’Albedun s’inscrit parfaitement dans ces particularités remarquables. En 1147, Bernard Sermon prêta au vicomte de Carcassonne 3000 sous ugoniens, avec comme gage Campagne-sur-Aude.


Puis en 1151, il disparut au nom des Templiers et donna à l’Ordre une somme d’argent très importante. Quel pacte existait-il entre Bernard Sermon et  les Chevaliers du Temple ? Dans le recueil d’actes templiers un écrit exprime parfaitement ce compromis. A la date du 22 février 1151 on peut lire :




Ce n’est pas tout, puisque durant un demi-siècle la famille Bernard Sermon continuera à alimenter financièrement les Templiers comme s’il s’agissait d’un remboursement de dette, ou du prix à payer en échange d’un service…mais lequel ? On sait par exemple que Bernard Sermon et ses fils effectuèrent de nombreuses donations en faveur du monastère de Fontfroide entre les années 1160 et 1198. Etait-ce pour financer la croisade ? Mais alors, d’où Bernard Sermon sortait-il son argent ?


Autre fait historique surprenant : Bernard Sermon Ier reçut des Templiers le village entier d’Espéraza, ainsi que ses environs. Que représentait pour les Templiers le seigneur d’Albedun pour qu’un tel cadeau lui soit fait ? A cette époque rien n’était engagé sans une monnaie d’échange…Le mystère est donc entier…



♦ Les seigneurs d’Albedun et les seigneurs locaux


Des actes officiels montrent que les seigneurs d’Albedun étaient témoins de serments de fidélité entre les seigneurs locaux du Pays de Sault, et les vicomtes de Carcassonne, Raimond de Trencavel en 1152, puis Roger de Béziers en 1176 et 1177.



En effet, en 1067, Bernard Sermon, prêta fidélité au comte de Barcelone, Raymond Bérenger Ier, qui racheta les droits des comtés de Carcassonne et du Razès appartenant aux héritiers du défunt, le comte Roger de Carcassonne mort la même année. Et en 1147, Bernard Sermon prêta à Roger de Béziers, vicomte de Carcassonne, la somme de 3000 sous ugoniers avec comme gage Campagne-Sur-Aude



Pourquoi le castrum d’Albedun était-il systématiquement impliqué dans des accords seigneuriaux ?



♦ Les seigneurs d’albedun épargnés par les persécutions cathares


Nous sommes en 1209 et toute la région est meurtrie par la crise albigeoise. Les Cathares sont persécutés au nom de la foi chrétienne, et un vent de violence et de massacres souffle dans tout le Sud-ouest. Pourtant, alors que la famille des seigneurs d’Albedun avait adopté la foi cathare, ceux-ci furent comme préservés des conflits…



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MessageSujet: Re: LES SITES REMARQUABLES   Ven 23 Juin - 21:36

LA CROISADE DES ALBIGEOIS


Au XIIe et XIIIe siècle, l’Eglise catholique confie aux cisterciens et aux ordres mendiants, franciscains et dominicains, le soin de combattre l’hérérise. Les cathares sont en ligne de mire dans le Midi de la France.


Face à l’échec de reconversion des cathares, et ceci malgré les prédications de Saint Dominique, le pape Innocent III lance en 1208 la première croisade contre les «Albigeois » ou cathares, qui se déroulera sur le territoire de la chrétienté occidentale. L’objectif est double : mater l’hérésie qui s’installe, et soumettre les seigneurs du Sud qui deviennent trop indépendants et autonomes. Le roi de France Philippe Auguste ne voudra jamais participer directement à cette croisade, mais il donnera le champ libre à ses vassaux d’agir.


Béziers abrite alors des cathares et est tenue par les Trencavel, les vassaux des comtes de Toulouse excommuniés par le pape en raison de leur trop grande tolérance. Le 22 juillet 1209, la croisade contre les Albigeois et le catharisme est impitoyable. Elle se traduit par le sac et l’incendie de Béziers, et par le massacre d’une grande partie de sa population, femmes et enfants compris.


La guerre devient alors inévitable et durera 20 ans entre 1209 et 1229. le Duc de Bourgogne, le comte de Nevers, et le comte de Saint Pol prennent le commandement des troupes levées par le pape. alors que des croisés regagnent leurs terres, un personnage va se distinguer suite à la prise de Carcassonne, Simon IV de Montfort. il deviendra le chef de la croisade, une décision qui s’impose aussi par le fait que les comtes et le Duc de Bourgogne refusent de prendre les terres de Trencavel pour ne pas froisser le roi. Simon de Montfort s’attaquera à la conquête du pays d’oc et des années de terreur meurtriront à jamais la région. Des buchers s’allumeront un peu partout. 140 cathares périront en 1210 à Minerve.


La guerre se poursuivra tout au long du XIIIe siècle dans le midi, et une terrible institution créée en 1231 se mettra en place : l’inquisition, instrumentée par les dominicains. On ne comptera plus les procès, les tortures et les buchers.


C’est à Villerouge-Termenès que « le dernier Bon Homme » achèvera son ultime voyage par le feu en 1322. Les derniers hérétiques furent emprisonnés jusqu’à ce qu’à partir de 1329 on n’entendit plus parler de cathares en pays occitan…






On aurait pu croire que les relations templières des seigneurs d’Albedun étaient épisodiques et limitées à une courte période. Il n’en est rien, car la crise albigeoise va encore démontrer la particularité de cette seigneurie.

1209 est l’année au Simon de Montfort arrive avec ses troupes dans le pays d’oc. Après avoir assiégé le château de la Pomarède au diocèse de Toulouse, il entre dans la vallée de l’Aude. Le château de Coustaussa étant abandonné, il poursuit vers Albedun et trouve Bernard Sermon II prêt à abandonner sa forteresse. Mais contre toute attende, ce dernier sera autorisé à rester. Car l’enjeu est de taille, la famille des seigneurs d’Albedun se rapprochant peu à peu de la foi cathare. Bernard Sermon II laissa finalement son château  à Simon de Montfort en 1210. La position stratégique de la fortification en hauteur et dominant les vallées fut sans doute l’une des raisons. Curieusement, Bernard Sermon II ne sera nullement inquiété et sera même autorisé à rejoindre son château.


Ce dernier alla même jusqu’à cacher sur ses terres en 1229 un important évêque cathare, Guilhabert de Castres, ainsi qu’un Parfait, Guillaume Bernard Hunaud. Une première confiscation de ses biens intervint, mais lors d’un procès en 1229 les représentants du Pape et du Roi rendirent à Bernard Sermon tout ce qu’il possédait et que  le vicomte de Béziers possédait à Espéraza. L’affaire continua malgré tout et en 1231, le Roi de France confisqua le château d’Albedun et le donna à Pierre de Voisins, lieutenant de Simon de Montfort. Cette donation sera confirmée en 1248.  Pourtant Bernard Sermon ne fut jamais accusé d’hérésie et fut même autorisé à garder des terres.




Simon de Montfort est issu d’une famille de rang baronnial d’Ile-de-France par son père et du  baronnage anglo-normand par sa mère. En 1202, il embarque pour la quatrième croisade. Il en ramènera un morceau de la Sainte Croix qu’il offrira au monastère de Hautes Bruyères. En 1209 il fait partie des croisés contre les cathares, participant aux sièges de Béziers et de Carcassonne. Puis il ne tarde pas à devenir vicomte de Béziers et de Carcassonne. En 1213, il défait l’armée du roi Pierre II d’Aragon qui est tué à la bataille de Muret. Il meurt au cours du siège de Toulouse par une perrière. Sa cruauté envers les cathares reste célèbre.



Guilhabert de Castres résida 3 ans, de 1229 à 1232, au château d’Albedun avant de se réfugier à Montségur. Il ne fut pas le seul, car d’autres représentants de la religion cathare se réfugièrent dans la forteresse réputée aussi imprenable que Peyrepertuse.


Soufflant le chaud et le froid, Bernard Sermon II ne cessera de se rebeller en rejetant la suzeraineté de Simon de Montfort comme en 1211. Et à chaque fois, le seigneur d’Albedum réservera un épisode de soumission, renouvelant son hommage à Simon de Montfort. Est-ce l’intelligence de ce comportement qui le préservera de toute violence ? Tout aussi surprenant, il se distinguera aussi par ses nombreux pèlerinages à Montségur… de quoi agacer encore plus les persécuteurs. Bénéficiait-il d’une protection particulière ?


Il faut dire que le château servit aussi de repaire aux seigneurs d’Aniort, vicomtes de Sault, qui luttèrent vaillamment contre les armées de Simon de Montfort et durant la guerre de Trencavel.


Bernard Sermon II ne fut jamais soupçonné d’hérésie, ni même de complicité avec des fugitifs cathares. Le fait est d’autant plus remarquable que nous somme dans des moments forts de la crise albigeoise : encore deux ans et l’inquisition se mettait en place avec son cortège d’horreurs et les buchers. Bernard Simon alla même à Montségur en 1244 pour y recevoir la bénédiction de l’évêque cathare Guilhabert.


Quel est donc le secret de cette seigneurie qui traversa la guerre contre l’hérésie cathare sans être accusé ou même soupçonnée, et qui continua à vivre avec leurs familles sans qu’aucune terre ne soit réquisitionnée ?

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